שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Rosh HaShanah, Ner Mitzva (4/5)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Le Chla enseigne que partout Elokim désigne un juge : quiconque rend un jugement de vérité conforme à la vérité devient l'associé du Saint béni soit-Il dans l'œuvre de la Création. Un tribunal digne a la Che'hina avec lui ; tout ce qu'il est défendu de faire à la prière l'est en jugement. Six degrés au trône des juges s'appuient sur les cinq « qui » de Chmouel (I 12,3) jusqu'à « et il dit : témoin » : cinq choses manifestes, une cachée connue du Saint béni soit-Il. Ce sont le pot-de-vin même pour celui qui a raison ; le pot-de-vin après le jugement ; l'emprunt ; le paiement pour juger, sauf le chômage à parts égales ; l'arbitrage qui examine les deux parties.

Aussi : un particulier ne dira pas ses demandes en araméen, les anges du service ne s'occupant que de la langue sainte ; Rabbenou Yona : la communauté n'a pas besoin d'intercesseur ; à la confession, la tête inclinée comme à Modim

לשון אבא מורי ז"ל בספר עמק ברכה (דף פ"א ודף פ"ב) וזה לשונו, יחיד לא יאמר הבקשות בלשון ארמי כמו מחי ומסי וכו', או מרן דבשמיא וכו', משום הא דאמרינן (בפ"ק דמסכת שבת (יב, ב) ובמסכת סוטה בפרק אלו נאמרים (לג, א) והביאו הטור והבית יוסף בסימן ק"א) השואל צרכיו בלשון ארמית אין מלאכי השרת נזקקין לו כו'.הגה"ה(וזה לשון הכל בו סימן ט', אמר רב יהודה, אל ישאל אדם צרכיו בלשון ארמי וכו' (שבת יב, ב). וצריך כל אדם בעל השכל להתבונן במאמר הזה, ולא יטעה לומר שדעת ר"י שיכוין השואל לשאול צרכיו למלאך שיצרף לתפלתו ולהקריבה ולהשמיעה לפני השם יתברך, כמ"ש לא תצווח לא למיכאל ולא לגבריאל אלא לי צוח ואני עני לך.

וכוונת ר"י ידוע למשכילים ומבינים טוב לחש למה אינם מכירים בלשון ארמי ולא בשאר לשונות חוץ מלשון הקודש וכו', עד וזה ביאור המאמר, שבא להעיר האדם לכוין בתפילתו כוונה רצויה ולהסיר מלבו בעת התפילה כל מסך וכל מחשבה מבדלת, ויהיה כלי זך ונקי, ואל תהיה מחשבתו כחלק חק הגוף כלל רק בחלק חק הנפש, ויהיה כולו לה', ולפי שלשון ארמי הוא זר ואינו שגור בפי האדם וטבע הנפש להתערבב בו, ואין הכוונה מצויה להתפלל בלשון ההוא, נאמר שאין מלאכי השרת מכירין בלשון ארמית, רוצה לומר הכחות הטובות אשר מהם נמשכו המעלות הטובות, כי הם נקראים מלאכי השרת וכו'): ומה שאנו אומרים בלשון ארמית בצבור, צבור שאני דבכמה מקומות מצינו זכות רבים עדיף.

ואפשר דאותן המלאכים המסורים לציבור מבינים בכל לשון, לפיכך אומרים אותו בצבור, כך מצאתי בספר תניא:

Paroles de mon père et maître, de mémoire bénie, dans le sefer Emek Berakha (feuillet 81 et feuillet 82), et voici ses paroles : un particulier ne dira pas ses demandes en langue araméenne, comme mehi oumassi (Il frappe et Il guérit), etc., ou maran devichmaya (notre Maître qui est aux cieux), etc., à cause de ce qui est dit (au premier chapitre du traité Chabbat (12b) et dans le traité Sota, au chapitre Elou neemarim (33a), et le Tour et le Beit Yossef l'ont rapporté au chapitre 101) : celui qui demande ses besoins en langue araméenne, les anges du service ne s'occupent pas de lui, etc. Glose (et voici les paroles du Kol Bo, chapitre 9 : Rav Yehouda a dit : que l'homme ne demande pas ses besoins en langue araméenne, etc.

(Chabbat 12b). Tout homme doté d'intelligence doit réfléchir à cet énoncé, et ne pas se tromper en disant que l'avis de Rav Yehouda serait que celui qui demande dirige sa demande vers un ange, pour qu'il joigne sa prière, la présente et la fasse entendre devant le Nom, béni soit-Il, comme il est écrit : ne crie ni vers Mikhael ni vers Gavriel, mais vers Moi crie, et Moi Je te réponds.

L'intention de Rav Yehouda est connue de ceux qui savent et qui comprennent bien le sens caché, à savoir pourquoi les anges ne connaissent ni la langue araméenne ni les autres langues, hormis la langue sainte, etc., jusqu'à : et voici l'explication de cet énoncé, qui vient éveiller l'homme à diriger dans sa prière une intention agréée, et à ôter de son cœur, au moment de la prière, tout écran et toute pensée qui sépare, afin qu'il soit un vase limpide et pur ; que sa pensée ne soit nullement dans la part qui relève du corps, mais uniquement dans la part qui relève de l'âme, et qu'il soit tout entier à ה'. Et puisque la langue araméenne est étrangère, qu'elle n'est pas courante dans la bouche de l'homme, que la nature de l'âme est de s'y embrouiller, et que l'intention n'est pas disponible pour prier dans cette langue, il a été dit que les anges du service ne connaissent pas la langue araméenne, c'est-à-dire les forces bonnes dont découlent les bonnes qualités, car ce sont elles qui sont appelées anges du service, etc.) : et quant à ce que nous disons en langue araméenne en public, le public est différent, car en plusieurs endroits nous avons trouvé que le mérite du grand nombre l'emporte.

Il est possible aussi que les anges préposés à la communauté comprennent toute langue ; c'est pourquoi on le dit en public. Ainsi ai-je trouvé dans le sefer Tanya.

ורבינו יונה כתב בפרק היה קורא טעם אחר, וזה לשונו, והטעם שצרכי צבור שואלין בכל לשון משא"כ בצרכי יחיד, מפני שהצבור אין צריכין מליץ אצל הקב"ה, אבל יחיד צריך מליץ, כענין שנאמר (איוב לג, כג) אם יש עליו מלאך מליץ וגו', ומלאכי השרת אין נזקקין אלא ללשון הקודש, עד כאן לשונו. ולפי זה הא דנקט בגמרא לשון ארמית הוא לאו דוקא, אלא כל לשון שאינו לשון הקודש לשון ארמי קרי ליה.

ונקט לשון ארמי יותר משאר לשונות, לפי שלשון ארמי בימיהם היה כמו לעז שלנו שהכל מבינים אותו:

Rabbenou Yona a écrit, au chapitre Haya Kore, une autre raison, et voici ses paroles : la raison pour laquelle on demande les besoins de la communauté en toute langue, ce qui n'est pas le cas pour les besoins d'un particulier, c'est que la communauté n'a pas besoin d'un intercesseur auprès du Saint béni soit-Il, alors que le particulier a besoin d'un intercesseur, selon ce qu'il est dit (Job 33,23) : s'il y a pour lui un ange intercesseur, etc. ; or les anges du service ne s'occupent que de la langue sainte. Jusqu-ici ses paroles.

Selon cela, le fait que la Guemara ait mentionné la langue araméenne n'est pas restrictif : toute langue qui n'est pas la langue sainte est appelée langue araméenne. Et si elle a mentionné l'araméen plutôt que les autres langues, c'est parce que, de leur temps, l'araméen était comme notre langue vulgaire, que tout le monde comprend.

ומזה הטעם יש מפרשים, שאם לועז הפרשה במקום התרגום מהני, כמו שכתב התניא בסימן י"ו זה לשונו, ומצאתי בשם מורי הרב חביבי ר"י בר בנימין הרופא ז"ל שהלעז שלנו הוא במקום תרגום שלהם, שהתרגום ארמי הוא היה לעז שלהן ויוצא ידי חובתו אם יאמר הפסוק בלעז כמו שאומר אותו בתרגום, שעיקר התרגום היה כדי להשמיע לנשים ולעמי הארץ, ועתה לא היו מבינים כי אם איש איש כלשונו. על כן יראה שכל אדם ילעוז בלשונו במקום התרגום, והוא מצוה מן המובחר, עד כאן לשונו.

וכך כתב הטור בסימן רפ"ה זה לשונו, ואם לומד הפרשה בפירוש רש"י חשוב כמו תרגום, שאין כוונת תרגום אלא שיבין הענין, עד כאן:

C'est pour cette raison que certains commentateurs disent que si l'on lit la paracha dans la langue vulgaire à la place du Targoum (traduction araméenne), cela vaut, comme l'écrit le Tanya au chapitre 16, en ces termes : j'ai trouvé au nom de mon maître, mon cher rav Rabbi Yehouda fils de Binyamin le médecin, de mémoire bénie, que notre langue vulgaire tient lieu de leur Targoum, car le Targoum araméen était leur langue vulgaire ; on s'acquitte donc de son obligation si l'on dit le verset dans la langue vulgaire comme on le dit en Targoum, car l'essentiel du Targoum était de faire entendre le sens aux femmes et aux gens simples, alors qu'aujourd'hui ils ne comprendraient que chacun selon sa propre langue. C'est pourquoi il apparaît que chacun doit lire dans sa langue à la place du Targoum, et c'est là une mitsva accomplie de la plus belle manière.

Jusqu-ici ses paroles. Ainsi a écrit le Tour au chapitre 285, en ces termes : et s'il étudie la paracha avec le commentaire de Rachi, cela est considéré comme le Targoum, car l'intention du Targoum n'est que de faire comprendre le sujet.

Jusqu-ici.

או נקט לשון ארמי לרבותא אע"פ שנתן בסיני, כמו שאמרו רז"ל בפרק א' דמגילה (עי' ג, א) וגרסינן בב"ר (עד, יד) אמר רבי שמואל בר נחמן אל תהי לשון ארמית קלה בעיניך, שמצינו בתורה בנביאים ובכתובים שהקב"ה חולק לו כבוד. בתורה (בראשית לא, מז) יגר סהדותא.

בנביאים (ירמיה י, יא) כדנא תימרון להון. בכתובים (דניאל ב, ד) וידברו הכשדים למלך ארמית, וכל זה לפי שהוא קרוב ללשון הקודש מכל שאר הלשונות כמו שמצינו זה בהקדמת מתורגמן.

(ומענין זה הטעם יש מפרשים מה שאמרו רז"ל (ברכות ח, א) לעולם ישלים וכו' שמו"ת הוא תרגום דוקא ולא שאר פירושים, שהתרגום זכה מפני שניתן בסיני כמו שהביא הבית יוסף זה בסימן רפ"ה בשם מקצת המחברים ע"ש). אפילו הכי אין מלאכי השרת נזקקין לו הואיל והוא אינו לשון הקודש ממש, וק"ו כל שאר הלשונות שאין נזקקין להם אלא ללשון קודש דוקא:

Ou bien la Guemara a mentionné la langue araméenne pour renforcer le propos : bien qu'elle ait été donnée au Sinaï, comme l'ont dit nos maîtres au premier chapitre de Meguila (voir 3a). Et nous apprenons dans Bereshit Rabba (74,14) : Rabbi Chmouel bar Nahman a dit : que la langue araméenne ne soit pas légère à tes yeux, car nous la trouvons dans la Torah, dans les Prophètes et dans les Écrits, et le Saint béni soit-Il lui fait honneur.

Dans la Torah (Genèse 31,47) : yegar sahadouta. Dans les Prophètes (Jérémie 10,11) : kidnâ téméroun lehon.

Dans les Écrits (Daniel 2,4) : et les Kasdim parlèrent au roi en araméen. Tout cela parce qu'elle est plus proche de la langue sainte que toutes les autres langues, comme nous le trouvons dans l'introduction du Métourgueman.

(C'est de ce motif aussi que certains commentateurs expliquent ce qu'ont dit nos maîtres (Berakhot 8a) : que l'homme complète toujours ses portions, deux fois le texte et une fois le Targoum, et qu'il s'agit précisément du Targoum et non des autres commentaires, car le Targoum a mérité cela parce qu'il a été donné au Sinaï, comme le Beit Yossef le rapporte au chapitre 285 au nom de quelques auteurs ; voir là-bas.) Malgré cela, les anges du service ne s'en occupent pas, puisque ce n'est pas exactement la langue sainte ; et à plus forte raison toutes les autres langues, dont ils ne s'occupent pas, car ils ne s'occupent que de la langue sainte.

והטעם הוא שאין מלאכי השרת נזקקין אלא ללשון הקודש, מפני שבו נברא העולם ומלאכי השרת משתמשים בו, משא"כ בשאר הלשונות. וכאשר יתפלל בלשון הקודש ראויה תפילתו להתקבל, ומלאכי השרת עצמם מיישרים ומכניסים אותה תפילה לפנים מן הפרגוד.

וזהו לפירוש הר"י (בפרק היה קורא) כנזכר:

La raison en est que les anges du service ne s'occupent que de la langue sainte, parce que le monde à été créé par elle et que les anges du service s'en servent, ce qui n'est pas le cas des autres langues. Et lorsque l'homme prie en langue sainte, sa prière mérite d'être agréée, et les anges du service eux-mêmes la redressent et la font entrer en deçà du rideau.

Cela vaut selon l'explication de Rabbenou Yona (au chapitre Haya Kore) mentionnée plus haut.

אבל לפירוש הרא"ש, יהיה לשון ארמי הנזכר במימרא דרב יודא ורבי יוחנן דוקא, כמו שהביא הבית יוסף בטור אורח חיים (סימן קי"א) אחר שכתב טעם למה השואל צרכיו בלשון ארמי אין מלאכי השרת נזקקין לו כאמור בסמוך. כתב סמך לזה וזה לשונו, והרא"ש כתב כל זה.

ואח"כ כתב, ולי נראה דאינו קשה, דדוקא בלשון זה קאמר רב יודא דלא ישאל אדם צרכיו. וכן הקשו בתוספות הא דקאמר שאין מלאכי השרת מכירים בלשון ארמית, והלא אפילו מחשבות לב האדם יודעים ומכירים.

אלא לשון זה מגונה בעיניהם להזקק לו, עד כאן לשון הרא"ש. כלומר, דלא אתא רב למעוטי אלא לשון ארמי בלבד לפי שהוא מגונה בעיני המלאכים, ולפיכך אין נזקקין לו.

אבל שאר לשונות אינם מגונים בעיניהם ונזקקין להם, הלכך שפיר דמי לשאול אדם צרכיו בהן, עד כאן לשון בית יוסף:

Mais selon l'explication du Roch, la langue araméenne mentionnée dans l'enseignement de Rav Yehouda et de Rabbi Yo'hanan est prise au sens restrictif, comme le rapporte le Beit Yossef sur le Tour Orah 'Hayim (chapitre 111), après avoir donné la raison pour laquelle les anges du service ne s'occupent pas de celui qui demande ses besoins en langue araméenne, comme il vient d'être dit. Il écrit un appui à cela, en ces termes : le Roch a écrit tout cela, puis il a écrit : et il me semble que cela ne fait pas difficulté, car c'est précisément de cette langue-là que Rav Yehouda a dit que l'homme ne doit pas y demander ses besoins.

De même les Tossefot ont soulevé la difficulté : comment dire que les anges du service ne connaissent pas la langue araméenne, alors qu'ils connaissent et discernent même les pensées du cœur de l'homme ? Mais c'est que cette langue est méprisable à leurs yeux, au point qu'ils refusent de s'en occuper.

Jusqu-ici les paroles du Roch. C'est-à-dire que Rav n'est venu exclure que la seule langue araméenne, parce qu'elle est méprisable aux yeux des anges, et c'est pourquoi ils ne s'en occupent pas ; mais les autres langues ne sont pas méprisables à leurs yeux et ils s'en occupent, si bien qu'il est parfaitement permis d'y demander ses besoins.

Jusqu-ici les paroles du Beit Yossef.

ונשוב לעניינינו. ובשעת הוידוי יעמוד בכפיפת הראש כדרך שהוא שוחה באמרו מודים.

כשיאמר ואתה צדיק אחר הוידוי, יאמר בכוונת לבו, ואז אומר הקב"ה למלאכים בואו וראו כמה חביבין ישראל שמצדיקים עליהם את הדין, כן כתב מהרי"ל. עד כאן לשון אבא מורי ז"ל בספר עמק ברכה:

Revenons à notre sujet. Au moment de la confession, on se tiendra la tête inclinée, de la manière dont on se courbe en disant Modim.

Lorsqu'on dira 'et Toi Tu es juste' après la confession, on le dira avec l'intention du cœur, et alors le Saint béni soit-Il dit aux anges : venez et voyez combien Israël est aimé, eux qui déclarent juste le jugement porté contre eux. Ainsi a écrit le Maharil.

Jusqu-ici les paroles de mon père et maître, de mémoire bénie, dans le sefer Emek Berakha.

עתה נדבר מענין נר מצוה עמוד הדין של מטה

Nous allons parler maintenant du sujet de Ner Mitsva, le pilier du jugement d'en bas.

א-להים, אין א-להים בכל מקום אלא דיין, ואף הדיין קרוי א-להים ראה היאך גדול כחו של דיין אמת שהוא משותף בשמו יתברך, ואמרו רז"ל (שבת י, א) כל הדן דין אמת לאמתו נעשה שותף להקב"ה במעשה בראשית. וא-להים נצב בעדת אל (תהלים פב, א), על כן צריך להיות יראת א-להים על הדיין.

ובפ"ק דסנהדרין (ז, א) א"ר שמואל בר נחמני א"ר יונתן, לעולם יראה דיין עצמו כאלו חרב מונחת לו בין ירכותיו וגיהנם פתוחה לו מתחתיו כו'. וזה לשון הטור חושן משפט, וכל בית דין מישראל שהוא הגון שכינה עמהם, לפיכך צריכין הדיינים לישב באימה וביראה ובעטיפה ובכובד ראש, ואסור להקל ראש ולישב לספר בדבור בטלה אלא בדברי תורה ובחכמה, עד כאן לשונו.

ומכל שכן שאסור לספר בדברי צחוק או לטעום לאכול ולשתות מאומה. זה הכלל, בכל הדברים שמוזהרין שלא לעשות בעת שמתפללין התפילה וצריך להתפלל באימה וביראה, כן מוזהר כשיושב בדין.

ולא כמו שראיתי בעו"ה מנהג איזה דיינים, ואף שדנין דין אמת מכל מקום כשמפסיקין בטעימת איזה מאכל או משקה או באיזה ספור דברים, הרי מסלקין את השכינה מעצמם:

Elokim : partout, le mot Elokim ne désigne rien d'autre qu'un juge, et le juge lui aussi est appelé Elokim. Vois combien est grande la force du juge de vérité, qui est associé au Nom, béni soit-Il.

Nos maîtres ont dit (Chabbat 10a) : quiconque rend un jugement de vérité conforme à la vérité devient l'associé du Saint béni soit-Il dans l'œuvre de la Création. Et il est écrit : Elokim se tient dans l'assemblée divine (Psaumes 82,1) ; c'est pourquoi la crainte de Dieu doit reposer sur le juge.

Au premier chapitre de Sanhédrin (7a), Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yonatan : que le juge se voie toujours lui-même comme si une épée était posée entre ses cuisses et que la géhinom fût ouverte sous lui, etc. Et voici les paroles du Tour Hochen Michpat : tout tribunal d'Israël qui est digne, la Chekhina est avec eux ; c'est pourquoi les juges doivent siéger avec crainte, avec révérence, enveloppés de leur vêtement et avec gravité ; il leur est interdit d'avoir la tête légère et de s'asseoir pour tenir des propos vains, mais seulement des paroles de Torah et de sagesse.

Jusqu-ici ses paroles. À plus forte raison est-il interdit de tenir des propos de moquerie, ou de goûter, de manger et de boire quoi que ce soit.

Voici la règle : tout ce qu'il est défendu de faire au moment où l'on récite la prière, qui doit être dite avec crainte et révérence, est pareillement défendu lorsqu'on siège en jugement. Il n'en va pas comme l'usage que j'ai vu, pour nos nombreux péchés, chez certains juges : bien qu'ils rendent un jugement de vérité, lorsqu'ils s'interrompent pour goûter quelque aliment ou quelque boisson, ou pour tenir quelque conversation, ils écartent d'eux-mêmes la Chekhina.

בענין העטיפה שאינה נהוגה עתה בדיינים, מכל מקום ראיתי מורי החסיד הגאון מוהר"ר שלמה ז"ל כשהיה יושב בדין היה מתעטף בבגד העליון אשר בו הלך לבית הכנסת:

Quant au fait de s'envelopper du vêtement, qui n'est plus l'usage aujourd'hui chez les juges, j'ai néanmoins vu mon maître, le pieux et le génie, notre maître le rav Chlomo, de mémoire bénie : lorsqu'il siégeait en jugement, il s'enveloppait du vêtement de dessus avec lequel il se rendait à la synagogue.

שש מעלות הן לכסא הדיינים, ואני אסמוך אותם על קרא. כתיב בשמואל (א יב, ג) את שור מי לקחתי ואת חמור מי לקחתי ואת מי עשקתי את מי רצותי ומיד מי לקחתי כופר וגומר, עד ויאמר עד.

הנה חמשה מי שאמר שמואל נגד מי אמרם. עוד קשה ויאמר עד, ואמרו רבותינו ז"ל (מכות כג, ב) שהופיע בת קול ויאמר עד.

למאי נפקא מינה:

Il y a six degrés au trône des juges, et je les appuierai sur un verset. Il est écrit dans Samuel (I 12,3) : le bœuf de qui ai-je pris, l'âne de qui ai-je pris, qui ai-je spolié, qui ai-je opprimé, et de la main de qui ai-je pris une rançon, etc., jusqu'à : et il dit : témoin.

Voici donc les cinq 'qui' que Chmouel a énoncés : à l'encontre de quoi les a-t-il dits ? Autre difficulté : 'et il dit : témoin', et nos maîtres ont dit (Makot 23b) qu'une voix céleste retentit et dit : témoin.

Quelle conséquence pratique en tirer ?

כשנחפש בדרכי הצדק והמשפט של דיין הם חמשה דברים גלויים, ואחד דבר שבסתר לא נודע כי אם להש"י היודע מחשבות:

Lorsque nous examinons les voies de la justice et du droit chez un juge, il y a cinq choses manifestes, et une chose cachée, qui n'est connue que du Saint béni soit-Il, qui connaît les pensées.

א שוחד, אפילו לזכות את הזכאי הוא עבירה חמורה, ועל זה רומז הפסוק (תהלים יט, י) משפטי ה' אמת צדקו יחדיו, כלומר אף כששופט משפט אמת צריך לראות צדקו יחדיו, כלומר שני בעלי דברים יהיו שוים בעיניו להצדיק את הצדיק, ולא מסיבת שוחד שהוא חד. ועל זה רמז את שור מי לקחתי כי ידע שור קונה, כלומר הלוקח שוחד הוא יודע את מי שנתן לו השוחד והוא קנה אותו בזה השוחד ואפילו הוא לזכות את הזכאי העידה התורה (דברים טז, יט) כי יעור עיני חכמים:

1. Le pot-de-vin : même pour donner gain de cause à celui qui a raison, c'est une faute grave.

C'est ce qu'indique le verset (Psaumes 19,10) : les jugements de ה' sont vérité, ils sont justes ensemble. C'est-à-dire que même lorsqu'il rend un jugement de vérité, il doit veiller à ce qu'ils soient justes ensemble, c'est-à-dire que les deux parties soient égales à ses yeux pour déclarer juste celui qui a raison, et non par l'effet d'un pot-de-vin (שוחד), qui fait de lui et du donneur un seul être (שהוא חד).

Et c'est ce qu'indique 'le bœuf de qui ai-je pris', car le bœuf connaît son acquéreur : celui qui prend un pot-de-vin sait qui le lui a donné et sait que celui-là l'a acquis par ce pot-de-vin ; et même si c'est pour donner gain de cause à celui qui a raison, la Torah a témoigné (Deutéronome 16,19) qu'il aveugle les yeux des sages.

ב איסור קבלת שוחד אף לאחר הדין, כמו שכתב הרא"ש בפרק זה בורר וזה לשונו, בר חמא קטיל גברא. אמר ליה ר"ג לרב חמא, פוק עיין בדיניה אי ודאי קטיל לכחלינהו לעיניה.

אתו תרי סהדי ואסהידו ביה דודאי קטיל. אזיל איהו ואייתי תרי סהדי ואסהידו בחד מהנך.

חד אמר קמאי דידי גנב קבא דחושלא, וחד אמר לדידי גנב קתא דכורישא. אמר ליה, ר"מ ורבי יוסי הלכה כר' יוסי כו'.

אמר ליה רב פפא, הני מילי היכא דלא סתים לן תנא כרבי מאיר כו'. עד קם בר חמא ונשקיה לכרעיה דרב פפא וקבליה לכרגיה דכולהו שני לדבר בעדו אל המלך לפוטרו מהמס, ובלאו הכי פטירי רבנן מכרגא, הלכך לא הוי כשוחד מאוחר, עד כאן לשונו.

הא לאחר אסור:

2. L'interdiction de recevoir un pot-de-vin même après le jugement, comme l'écrit le Roch au chapitre Zé Borer, en ces termes : Bar Hama avait tué un homme.

L'exilarque dit à Rav Hama : sors et examine son cas ; s'il a certainement tué, qu'on lui aveugle les yeux. Deux témoins vinrent et témoignèrent contre lui qu'il avait certainement tué.

Il alla, lui, et amena deux témoins qui témoignèrent contre l'un de ces témoins-là : l'un dit : devant moi il a volé un kav d'orge décortiquée ; et l'autre dit : à moi il a volé un manche de poireau. Il lui dit : lorsque Rabbi Meir et Rabbi Yossi sont en désaccord, la halakha suit Rabbi Yossi, etc.

Rav Papa lui dit : cela ne vaut que là où le tana ne nous a pas enseigné anonymement comme Rabbi Meir, etc. Jusqu'au passage : Bar Hama se leva, baisa les pieds de Rav Papa et prit sur lui sa taxe de capitation pour toutes ses années, c'est-à-dire de parler en sa faveur devant le roi pour l'exempter de l'impôt ; et de toute façon les sages sont exempts de la capitation, si bien que ce ne fut pas un pot-de-vin postérieur.

Jusqu-ici ses paroles. Il en ressort qu'après le jugement c'est interdit.

ועל זה רומז ג"כ (תהלים יט, י) משפטי ה' אמת צדקו יחדיו, כלומר לפניו ולאחריו. ועל זה רמז את חמור מי לקחתי כי ידע החמור אבוס בעליו, כלומר אינו קנוי לבעליו להכירו רק ידע האכילה שהוא אוכל, כך זה המקבל שוחד אחר הדין לא היה קנוי לבעליו שהרי כשהי' דן לא היה לו שום ידיעה וחבור להבעל דין, רק אח"כ אוכל מה שנתן לו:

C'est cela aussi qu'indique (Psaumes 19,10) : les jugements de ה' sont vérité, ils sont justes ensemble, c'est-à-dire avant et après. Et c'est ce qu'indique 'l'âne de qui ai-je pris', car l'âne connaît la mangeoire de son maître : il n'est pas acquis à son maître au point de le reconnaître, il ne connaît que la nourriture qu'il mange.

De même celui qui reçoit un pot-de-vin après le jugement n'était pas acquis à son donneur, puisque au moment où il jugeait il n'avait aucune connaissance ni aucun lien avec la partie ; c'est seulement après coup qu'il mange ce que celle-ci lui a donné.

ג שוחד שאלה, כמבואר בטור חושן משפט סימן ט' דיין שרגיל לשאול אסור לדון, אם לא שגם הוא מהנה ושואל לו. ועל זה רומז ג"כ צדק יחדיו.

ועל זה רמז את מי עשקתי, כי מי ששואל כלי ואין שואל לו כנגדו נמצא מחויב לו שכר השאלת הכלי, וכשאין נותן לו הוא עושקו, וכמ"ש (ב"מ סא, א) איזהו עושק, זה הכובש שכר שכיר, וכן הוא בענין הזה:

3. Le pot-de-vin sous forme d'emprunt, comme il est exposé dans le Tour Hochen Michpat, chapitre 9 : un juge qui a l'habitude d'emprunter à quelqu'un ne peut le juger, à moins qu'il ne lui rende lui aussi ce service et ne lui emprunte de même.

C'est cela aussi qu'indique 'justes ensemble'. Et c'est ce qu'indique 'qui ai-je spolié', car celui qui emprunte un ustensile sans que l'autre lui emprunte en retour se trouve lui devoir le prix de la location de cet ustensile, et lorsqu'il ne le lui donne pas, il le spolie, comme il est dit (Baba Metsia 61a) : qu'est-ce que la spoliation ? c'est celui qui retient le salaire du salarié.

Il en va de même dans notre cas.

ד איסור לוקח תשלומין בעד פסק דין, כדתנן (בכורות ד, ו) הנוטל שכר לדון דיניו בטלים. וכתב הר"ן בסוף פרק האיש מקדש, דמדתנן דיניו בטלים ולא תנן דינו בטל, משמע דלא אותו דין שידוע שנטל בו שכרו הוא בלבד בטל, אלא כל דינים שדן בטלים, אלא א"כ ידוע שלא נטל בהן שכר, עד כאן לשונו.

וכתב הטור חושן משפט סימן ט', ואם אינו נוטל אלא שכר בטלתו, מותר. במה דברים אמורים, שניכר לכל שאינו נוטל אלא שכר בטלתו כגון שיש לו מלאכה ידוע לעשותה בשעה שיש לו לדון, ואמר לבעלי הדין תנו לי מה שאבטל ממלאכתי, או תנו לי שכר פעולה של אותה מלאכה שאתבטל ממנה, אז הוא מותר, וכגון שיקבל משניהם בשוה, עד כאן לשונו.

וע"ז רומז ג"כ צדקו יחדיו, ששכר בטילה יתנו שניהם בשוה:

4. L'interdiction de prendre un paiement pour une décision de justice, comme nous l'avons appris dans la Michna (Bekhorot 4,6) : celui qui prend un salaire pour juger, ses jugements sont nuls.

Le Ran a écrit, à la fin du chapitre Haïch Mekadech, que du fait que la Michna enseigne 'ses jugements sont nuls' et non 'son jugement est nul', il ressort que ce n'est pas seulement le jugement pour lequel on sait qu'il a pris un salaire qui est nul, mais tous les jugements qu'il a rendus, à moins que l'on ne sache qu'il n'a pas pris de salaire pour eux. Jusqu-ici ses paroles.

Et le Tour a écrit, Hochen Michpat chapitre 9 : s'il ne prend que le salaire de son chômage, c'est permis. En quel cas cela est-il dit ?

Lorsqu'il est manifeste pour tous qu'il ne prend que le salaire de son chômage, par exemple lorsqu'il a un travail connu à accomplir à l'heure où il doit juger, et qu'il dit aux parties : donnez-moi ce dont je me prive en interrompant mon travail, ou donnez-moi le salaire de l'ouvrage dont je me prive ; alors c'est permis, à condition qu'il reçoive des deux parties à parts égales. Jusqu-ici ses paroles.

C'est cela aussi qu'indique 'ils sont justes ensemble' : le salaire du chômage, les deux le donneront à parts égales.

ועל זה אומר את מי רצותי. וכתב הרד"ק רצותי מלשון עשוק ורצוץ, ויונתן תרגם ית מן עשקית וית מן אנסית.

ורבותינו ז"ל דרשו, עשקתי באונס רצותי ברצון כו'. ולענין לקיחה בעד פסק דין, שני הפרושים אמת, שהבעלי דינין נותנין כלומר ברצון אבל באונס, כי מה להם לעשות כי כן יסדו להם הדיינים, על כן אין היתר לזה אלא דוקא כשלוקחין כפי מה שקצבו טובי העיר מקדמת דנא וקיימו וקבלו כן בני העיר שיתנו בעלי דינין בשוה אם יצטרכו לאיזה פסק דין מהדיינים.

והקצוב יותן בשוה, הן לדין של ק' מנה הן לדין מסך קטן יהיו צדקו יחדיו:

C'est à ce sujet qu'il dit 'qui ai-je opprimé'. Le Radak a écrit que ratsoti est du langage de 'spolié et brisé', et Yonatan a traduit : qui ai-je spolié et qui ai-je contraint.

Nos maîtres ont expliqué : 'ashakti' par contrainte, 'ratsoti' de bon gré, etc. Or, pour ce qui est de prendre un paiement en échange d'une décision de justice, les deux explications sont vraies : les parties donnent de bon gré, pour ainsi dire, mais sous la contrainte, car que peuvent-elles faire, puisque les juges le leur ont ainsi imposé ?

C'est pourquoi cela n'est permis que lorsqu'on prend selon ce que les notables de la ville ont fixé depuis longtemps, et que les habitants de la ville ont accepté et établi ainsi : que les parties donnent à parts égales si elles ont besoin de quelque décision des juges. Et la somme fixée sera donnée de façon égale, aussi bien pour un litige de cent mines que pour un litige d'une petite somme, afin qu'ils soient justes ensemble.

ה בוררות, זה בורר לו וזה בורר לו, ועיין בחושן משפט סימן י"ג איך הפליג בגנות הבורר המהפך בזכות מי שבררו ביותר כו'. והכלל העולה מדבריו, שכל אחד מבעלי דינין יציע זכיותיו לפני בורר שלו כדי שיתבררו זכות של שניהם בשוה כו', עיין שם.

וזהו ג"כ רמז צדקו יחדיו, ואז יצא האמת:

5. L'arbitrage : celui-ci en choisit un et celui-là en choisit un.

Vois dans Hochen Michpat, chapitre 13, combien il a insisté sur le blâme de l'arbitre qui retourne tout à l'avantage de celui qui l'a choisi, etc. La règle qui ressort de ses paroles est que chacune des parties expose ses arguments devant son propre arbitre, afin que les droits des deux soient éclaircis à parts égales, etc. ; voir là-bas.

C'est cela aussi qu'indique 'ils sont justes ensemble', et alors la vérité se dégage.

ועל זה אמר מיד מי לקחתי כופר ואעלים עיני מהשני, כלומר כך שמעתי זכיות של השני והתבוננתי בהם כמו בזכיות של אותו שבורר אותי:

C'est à ce sujet qu'il dit 'de la main de qui ai-je pris une rançon' en fermant les yeux sur l'autre partie, c'est-à-dire : j'ai écouté les arguments de l'autre et je les ai examinés comme les arguments de celui qui m'a choisi comme arbitre.

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