שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Rosh HaShanah, Ner Mitzva (3/5)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Il faut s'éveiller à la techouva avant d'entendre le chofar. Le Zohar interdit de mentionner faute, péché ou transgression à Roch Hachana, et le Tolaat Yaakov l'appuie : des versets de châtiment font souvenir des fautes. Le Zohar, à Pinhas, demande de détailler chaque faute pour que le jugement soit remis au seul Roi. Le Chla distingue : rien dans la prière, confession hors d'elle. Il rapporte de Rabbi Chelomo Rofe que l'interdit vise la confession générale de celui qui n'a pas commis ces fautes, et des disciples du Ari Z"L que le maître se confessait à voix basse aux sonneries du chofar dites assis ; même alors, on détaille les fautes commises.

Aussi : les signes alimentaires comme éveil à la prière ; aller au fleuve pour jeter les fautes et rappeler la ligature ; ordonner la prière et l'oubli de « le Roi saint »

להיות ירא וחרד ויעורר בתשובה קודם שמיעת השופר. והיה מן הראוי ג"כ שיתודה, אמנם אמרו בזוהר שלא להזכיר בראש השנה שום חטא ועון ופשע.

וזה לשון תולעת יעקב, שנינו בפרק בתרא דר"ה אין מזכירין מלכיות זכרונות ושופרות של פורענות. דע, כי כמו שיש מלכיות זכרונות ושופרות של טובה בהר ה' ובמקום קדשו, כן יש כנגדן של פורענות חוץ למחנה שכינה.

והמזכיר אותם ביום ראש השנה שמדת הדין מתוחה, גורם שיזכרו עונותיו וידעו מזלו. ומטעם זה קבלו אנשי האמת שלא נזכיר ביום הזה בתפילתינו שום חטא ועון ואשמה ורשע מכל מה שחטאנו לפניו, שלא יתן פתחון פה לשטן העומד במארב חצרים, פן מצא לו עדים באיבה והציל עינינו.

וסמכוה על מה שכתוב (תהלים לט, ב) אמרתי אשמרה דרכי מחטא בלשוני אשמרה לפי מחסום בעוד רשע לנגדי, עד כאן לשונו:

Il faut être craignant et tremblant, et s'éveiller à la techouva avant d'entendre le chofar. Il aurait convenu également de se confesser, mais le Zohar a dit de ne mentionner à Roch Hachana aucune faute, aucun péché ni aucune transgression.

Voici les paroles du Tolaat Yaakov : nous avons appris au dernier chapitre de Roch Hachana que l'on ne mentionne pas des versets de royauté, de souvenir et de chofar qui parlent de châtiment. Sache que, de même qu'il existe des versets de royauté, de souvenir et de chofar qui relèvent du bien, sur la montagne de ה' et dans le lieu de Sa sainteté, de même il en existe en face qui relèvent du châtiment, hors du camp de la Chekhina (Présence divine).

Et celui qui les mentionne le jour de Roch Hachana, alors que la mesure de rigueur est tendue, fait que l'on se souvienne de ses fautes et que l'on scrute son sort. Pour cette raison, les hommes de vérité ont reçu comme tradition de ne mentionner en ce jour, dans nos prières, aucune faute, aucun péché, aucune culpabilité ni aucune méchanceté de tout ce que nous avons fait devant Lui, afin de ne pas donner prise à l'accusateur qui se tient en embuscade dans les cours, de peur qu'il ne trouve contre nous des témoins par hostilité ; et Il a délivré nos yeux.

Ils ont appuyé cela sur ce qui est écrit (Tehilim 39,2) : j'ai dit : je garderai mes voies de pécher par ma langue, je garderai ma bouche d'une muselière tant que le méchant est devant moi. Jusqu-ici ses paroles.

אמנם בזוהר פרשת פנחס (ח"ג רלא, א) משמע להיפך, דאיתא שם בההוא יומא של ראש השנה קיימין שבעים קתדראין למידן דינא לעלמא, כמה אינון מארי תריסין מקטרגים דקיימי לעילא, אלו מיימינים לזכות, ואלו משמאלים לחובה לאדכרא חובין דעלמא, חובין דכל חד וחד, ועל דא אצטריך בר נש לפרשה חוביה כל חד וחד כמה דאיהו, בגין דמאן דמפרש חטאוי לא אתמסר דינוי אלא בידא דמלכא קודשא בריך הוא בלחודוי, וכל בי דינא בדילין ממנו. ועל דא אצטריך לון לפרשא חובין דכל שייפא ושייפא וכל דעביד בפרט, הה"ד (תהלים לב, ה) חטאתי אודיעך וגו'.

לבתר (שם), ואתה נשאת עון חטאתי סלה, עד כאן לשונו:

Cependant, dans le Zohar, section Pinhas (tome 3, 231a), il ressort le contraire, car il y est dit : en ce jour de Roch Hachana se tiennent soixante-dix sièges pour juger le monde ; combien sont-ils, les maîtres du bouclier, les accusateurs qui se tiennent en haut, ceux-ci penchant à droite pour l'acquittement et ceux-là penchant à gauche pour la condamnation, afin de rappeler les fautes du monde, les fautes de chacun. C'est pourquoi l'homme doit détailler sa faute, chacune telle qu'elle est, car celui qui détaille ses fautes, son jugement n'est remis qu'entre les mains du Roi, le Saint béni soit-Il, Lui seul, et tout tribunal s'en écarte.

C'est pourquoi ils doivent détailler les fautes de chaque membre et tout ce qu'ils ont fait en particulier, comme il est écrit (Tehilim 32,5) : je Te fais connaître ma faute, etc. Et ensuite (ibid.) : et Toi, Tu as porté la faute de mon péché, sela.

Jusqu-ici ses paroles.

ונראה שיש לחלק בין הזכרת וידויין בתפלה, שמה לא יזכיר כדי שלא ימצא השטן מקום לקטרג על התפלה. אבל להתודות כך בלא תפלה, יתודה.

והחסיד מהר"ר שלמה רופא יצ"ו תירץ, דמה שאסרו בזוהר להזכיר חטא ועון ופשע, היינו מי שלא חטא אלו החטאים, רק שמתודה כדרך המתודים בסתם חטאתי עויתי פשעתי, וידוי כזה פותח פיו לשטן. אבל מי שיש עליו איזה חטאים אשר חטא, נודע כי כל חטא עושה רושם למעלה ורישומו ניכר, על כן יקדים הוא ויפרשם.

וכן משמע קצת לשון הזוהר שאמר לפרטא חובין דכל שייפא ושייפא, פירוש שצריך להתוודות על כל עבירה בכל אבר ואבר מאיבריו לתקן מה שפגם:

Il semble qu'il faille distinguer entre mentionner des confessions dans la prière, où l'on ne mentionnera rien afin que l'accusateur ne trouve pas matière à accuser la prière, et se confesser ainsi hors de la prière : là, qu'il se confesse. Et l'homme pieux notre maître Rabbi Chelomo Rofe, que son Rocher le garde et le fasse vivre, a répondu que ce que le Zohar a interdit de mentionner, faute, péché et transgression, vise celui qui n'a pas commis ces fautes-là et qui se confesse seulement à la manière de ceux qui se confessent en termes généraux : j'ai fauté, j'ai commis une iniquité, j'ai transgressé ; une telle confession ouvre la bouche de l'accusateur.

Mais celui qui porte des fautes qu'il a réellement commises, on sait que toute faute laisse une trace en haut et que sa marque est visible, celui-là doit prendre les devants et les détailler. C'est aussi ce qu'indique quelque peu le langage du Zohar qui dit de détailler les fautes de chaque membre : cela signifie qu'il faut se confesser sur chaque transgression commise par chacun de ses membres, pour réparer ce qu'il a endommagé.

אח"כ מצאתי בכתבי הקודש דקונטרס תלמידי דהאר"י ז"ל וזה לשונו, בענין וידוי ראש השנה הנזכר בספר הזוהר דבעי בר נש לפרטא חטאוי, ובמקום אחר נראה להיפך. מורי ז"ל היה נוהג להתוודות בלחש בין שפתיו שלא ישמעו דבריו, ואמר כי מקום הזוהר האוסר אינו אוסר אלא בקול רם.

והמקום המתיר הוא בלחש בין שפתיו שלא ישמעו דבריו אפי' בלחש לא היה מתיר אלא בעת תקיעת שופר מיושב, והטעם כי אז השטן מעורבב כבר והוידוי של אדם עולה למעלה ע"י קול ובאמצעיתו ולא יש קטרוג עליו. גם נהג לבכות בראש השנה ויום כפור, ואמר כי מי שאינו בוכה אין נשמתו טובה ושלימה, עד כאן לשונו:

Ensuite j'ai trouvé dans les écrits saints du recueil des disciples du Ari, de mémoire bénie, et voici ses paroles : au sujet de la confession de Roch Hachana mentionnée dans le Zohar, selon laquelle l'homme doit détailler ses fautes, alors qu'à un autre endroit il apparaît le contraire. Mon maître, de mémoire bénie, avait coutume de se confesser à voix basse, entre ses lèvres, sans que ses paroles soient entendues, et il disait que le passage du Zohar qui interdit n'interdit qu'à voix haute, tandis que le passage qui permet parle de la voix basse entre les lèvres, sans que ses paroles soient entendues.

Et même à voix basse, il ne le permettait qu'au moment des sonneries du chofar dites assis ; la raison en est qu'alors l'accusateur est déjà troublé, et que la confession de l'homme monte en haut par le son et par son intermédiaire, sans qu'il y ait d'accusation contre lui. Il avait aussi coutume de pleurer à Roch Hachana et à Kippour, et il disait que celui qui ne pleure pas n'a pas une nechama bonne et complète.

Jusqu-ici ses paroles.

ונראה בעיני, שגם באותו פעם לא יתודה בסתם חטאתי עויתי פשעתי, רק יפרט חטאיו שעשה לקיים כל התירוצים הנ"ל. ויהיה זריז שלא יבטל ח"ו שמיעת הקולות.

ונראה בעיני טוב, שיתודה ויפרט חטאיו בין תשר"ת לתש"ת, ובין תש"ת לתר"ת, שאז מפסיקין קצת בלאו הכי. ובשעה שמתודה יבכה ויתחרט במאוד ויבקש מחילה מהש"י ומודה ועוזב ירוחם:

Et il me semble que, même en ce moment-là, il ne se confessera pas en termes généraux, j'ai fauté, j'ai commis une iniquité, j'ai transgressé, mais qu'il détaillera les fautes qu'il a commises, afin de satisfaire toutes les réponses ci-dessus. Qu'il soit prompt, pour ne pas manquer, à Dieu ne plaise, l'audition des sonneries.

Et il me semble bon qu'il se confesse et détaille ses fautes entre tachrat (tekia-chevarim-teroua-tekia) et tachât (tekia-chevarim-tekia), et entre tachât et tarât (tekia-teroua-tekia), car alors, de toute façon, on marque un peu d'interruption. Et au moment où il se confesse, qu'il pleure, qu'il se repente profondément et qu'il demande pardon au Saint béni soit-Il ; celui qui avoue et abandonne sa faute obtiendra miséricorde.

זה לשון הטור סימן תקפ"ג, אמר אביי השתא דאמרת סימנא מילתא היא, יהא איניש רגיל למיכל בריש שתא, אתרוגא קרא רבויא כרתי סלקא ותמרי. רוביא פירש רש"י, תלתן.

רוביא, ירבו זכיותינו. כרתי, יכרתו שונאינו.

סלקא, יסתלקו עונינו. תמרי, יתמו שונאינו.

וקרא מפני שממהר להיות גדל. ומזה רבו המנהגים כל מקום ומקום לפי מנהגו, כמו באשכנז שרגילין לאכול בתחילת הסעודה תפוח מתוק בדבש לומר תתחדש עלינו שנה טובה ומתוקה.

ובפרובינצא נוהגין להביא על השלחן כל מיני חידוש. ואוכלין ראש כבש והריאה לומר נהיה לראש ולא לזנב, והריאה לפי שהיא קלה.

והר"ר מאיר מרוטנבורק היה רגיל לאכול ראש איל זכר לאילו של יצחק, עד כאן לשונו:

Voici les paroles du Tour, section 583 : Abaye a dit : puisque tu dis qu'un signe est chose réelle, que chacun prenne l'habitude de manger au début de l'année de l'etrog, de la courge, du fenugrec (rouvia), du poireau (karti), de la bette (silka) et des dattes (tamri). Rouvia, Rachi explique : le fenugrec.

Rouvia : que nos mérites se multiplient. Karti : que nos ennemis soient retranchés.

Silka : que nos fautes se retirent. Tamri : que nos ennemis prennent fin.

Et la courge, parce qu'elle pousse rapidement. De là se sont multipliées les coutumes, chaque lieu selon la sienne, comme en Achkenaz où l'on a l'habitude de manger au début du repas une pomme douce dans du miel en disant : que soit renouvelée sur nous une année bonne et douce.

En Provence, on a coutume d'apporter sur la table toutes sortes de fruits nouveaux. Et l'on mange une tête de mouton et le poumon, en disant : que nous soyons à la tête et non à la queue ; et le poumon parce qu'il est léger.

Et notre maître Rabbi Meir de Rothenbourg avait l'habitude de manger une tête de bélier mâle, en souvenir du bélier de Yitshak. Jusqu-ici ses paroles.

ולכאורה יש להקשות במה שכתב, רוביא ירבו זכיותינו, אמת כי לשון רוביא מורה על ירבו, אבל איך נרמז שם שזכיותינו ירבו, דלמא זכיות דעלמא. וכן בכרתי יכרתו שונאינו, איך נרמז שם שונאינו דלמא חלילה וחס להיפך:

À première vue, il y a lieu de poser une difficulté sur ce qu'il a écrit : rouvia, que nos mérites se multiplient. Il est vrai que le mot rouvia évoque l'idée de multiplication, mais où est-il fait allusion la à ce que ce soient nos mérites qui se multiplient, peut-être s'agit-il des mérites du monde ?

De même pour karti, que nos ennemis soient retranchés : où est-il fait allusion la à nos ennemis, peut-être, à Dieu ne plaise, le contraire ?

אלא הענין הוא, שאין שום רמז באכילת הפרי, רק הפרי היא סימן שיזכור האדם ויתעורר בתשובה ויתפלל על הדבר הזה, רצוני לומר כשמשים רוביא על שלחנו ואכלו, אז הוא לו למזכיר שיתפלל על שירבו זכיותינו. וכשרואה כרתי, אז הוא למזכיר ורמז שיתפלל על הכרתת שונאינו.

נמצא העיקר הוא ההתעוררות והתפילה, ולאחר שהתפלל ואוכל דבר זה אז הוא רושם שתתקיים תפלתו:

En vérité, la chose est ainsi : il n'y a aucune allusion dans la consommation du fruit ; le fruit est seulement un signe destiné à ce que l'homme se souvienne, s'éveille à la techouva et prie sur ce sujet. Je veux dire : lorsqu'il pose du rouvia sur sa table et qu'il en mange, cela lui rappelle de prier pour que nos mérites se multiplient ; et lorsqu'il voit du karti, cela lui rappelle et lui fait allusion de prier pour le retranchement de nos ennemis.

Il s'avère donc que l'essentiel est l'éveil et la prière, et une fois qu'il a prié et qu'il mange cette chose, c'est alors une marque que sa prière s'accomplira.

וקרוב לזה הוא מה שכתב הפרדס בשער הגוונים פ"א וזה לשונו, כאשר ירצה לפעול פעולה ויצטרך אל המשכת הדין, אז יתלבש האדם ההוא בבגדים אדומים ויצייר צורת ההוויה באודם, וכן לכל הפעולות וההמשכות. וכאשר יצטרך חסד ורחמים, יתעטף לבנים.

ולנו בזה ראיות ברורות מהכהנים שהמשכתם מצד החסד, ובגדיהם בגדי לבן להורות על השלום. וזה ענין כהן גדול ביום הכפורים שהיה מעביר זהבים ולבש לבנים, מפני שעבודת היום בבגדי לבן.

ונתנו טעם לדבר, שאין קטיגור נעשה סניגור. הורו בפירוש על הנדרש כו'.

והעד הנאמן בזה, אבני החשן י"ב אבנים מתייחסים לפי המשכת י"ב שבטי ישראל ממקום גבוה. ואין להרחיק הענין הזה, שהרי בעלי טבע אמרו, כי אם יביט האדם בעיניו מרוצת המים הרבים יתעורר בו הלבנה, עד שהחולים שאין להם ישוב ושנתם אינה ערבה בעיניהם ירוצו לפניהם סלוני המים כדי שיתעורר הלבינה ויגביר הלחה וישן.

וכן הענין בזה, כאשר ישוטט המעיין בשכלו, ימצא אל הענין הזה עשר ידות, כי מהגוונים הנראים לעינים או המצטיירים בשכל בגופני יתפעל הרוחני, והנפש תעורר לרוח, והרוח לנשמה, והנשמה ממציאות למציאות עד שיתעלה אל מקום יניקתם ויתעורר לפי מציאות ציורם, יען שהם כמים הפנים לפנים, ושעל ידה המקור יראה הפנים באודם ויושפע עליה אודם. וכן אם לובן, לובן, כי ההתעוררות והפנים התחתונים היא ע"י בני האדם, עד כאן לשונו.

כלל העולה, העיקר הוא התפלה, ודברים אלו המה למזכיר ולהתעורר מלמעלה:

Proche de cela est ce qu'a écrit le Pardes, dans la Porte des couleurs, chapitre 1, et voici ses paroles : lorsque quelqu'un voudra accomplir une action et qu'il lui faudra attirer la rigueur, alors cet homme se vêtira de vêtements rouges et se représentera la forme du Nom en rouge ; et de même pour toutes les actions et toutes les attirances. Et lorsqu'il aura besoin de bonté et de miséricorde, il s'enveloppera de blanc.

Nous en avons des preuves claires à partir des kohanim, dont l'attirance vient du côté de la bonté et dont les vêtements sont des vêtements blancs, pour indiquer la paix. Et tel est le sens de ce que faisait le kohen gadol le jour de Kippour, qui ôtait les vêtements d'or et revêtait les blancs, parce que le service du jour se fait en vêtements blancs.

On en a donné comme raison que l'accusateur ne peut devenir défenseur : ils ont enseigné explicitement ce qui est ici recherché, etc. Et le témoin fidèle en cela, ce sont les pierres du pectoral, douze pierres qui correspondent à l'attirance des douze tribus d'Israël depuis un lieu élevé.

Et il ne faut pas écarter cette chose, car les savants de la nature ont dit que si l'homme regarde de ses yeux le cours des eaux abondantes, la pituite s'éveille en lui, au point que, pour les malades qui n'ont pas de repos et dont le sommeil ne leur est pas agréable, on fait couler devant eux des conduits d'eau afin que la pituite s'éveille, que l'humeur prenne le dessus et qu'ils s'endorment. Il en va de même ici : lorsque celui qui réfléchit promènera son intelligence, il trouvera à cette chose dix fois plus de force, car par les couleurs vues par les yeux ou représentées dans l'intelligence, le corporel agit sur le spirituel : le nefech éveille le roua'h, le roua'h la nechama, et la nechama passe d'un degré d'existence à un autre jusqu'à s'élever au lieu de leur allaitement, et cela s'éveille selon la nature de leur représentation, car ils sont comme l'eau qui reflète le visage face au visage ; par elle, la source montre le visage en rouge et le rouge se déverse sur elle.

Et de même, s'il s'agit du blanc, c'est le blanc, car l'éveil et les visages d'en bas se font par les hommes. Jusqu-ici ses paroles.

Ce qui ressort en résumé : l'essentiel est la prière, et ces choses ne servent que de rappel et d'éveil d'en haut.

זה לשון הבית יוסף, כתב המדרכי בריש ר"ה שהיה מנהגו של רבינו האי ז"ל לומר על כל דבר ודבר כענין מה שכתב רבינו, ועל הקרא כתב שאומר יקרע גזר דיננו. אבל מדברי רבינו אין נראה שצריך לומר שום דבר, אלא שם אותן הדברים רומז על העניינים ההם.

והר"ר אבודרהם כתב כדברי המרדכי. וכתב עוד, יש אומרים בלשון תפלה יהי רצון מלפניך י"י א-להינו וא-להי אבותינו שיקראו לפניך זכיותינו, ושיקרע גזר דיננו.

יהי רצון מלפניך י"י א-להינו וא-להי אבותינו שיתרבו זכיותינו. וכן כולם.

עד כאן לשונו. ולפי מ"ש צדקו דברי רבינו האי.

ובודאי רבינו האי אומר בלשון תפלה כיש אומרים שהביא האבודרהם, והכי נהוג:

Voici les paroles du Beit Yosef : le Mordekhai a écrit au début du traité Roch Hachana que la coutume de notre maître Haï, de mémoire bénie, était de dire sur chaque chose une formule dans le sens de ce qu'a écrit notre maître, et sur la courge (kara) il a écrit qu'il dit : que soit déchiré le décret de notre jugement. Mais des paroles de notre maître il ne ressort pas qu'il faille dire quoi que ce soit ; seulement, le nom de ces choses fait allusion à ces sujets.

Et notre maître Rabbi Aboudraham a écrit comme le Mordekhai. Il a encore écrit : certains disent en forme de prière : qu'il soit Ta volonté, ה' notre Dieu et Dieu de nos pères, que nos mérites soient lus devant Toi et que soit déchiré le décret de notre jugement ; qu'il soit Ta volonté, ה' notre Dieu et Dieu de nos pères, que nos mérites se multiplient.

Et ainsi pour tous. Jusqu-ici ses paroles.

Et selon ce que j'ai écrit, les paroles de notre maître Haï sont justes. Et assurément notre maître Haï dit en forme de prière, comme l'opinion des 'certains disent' rapportée par l'Aboudraham, et telle est la coutume.

וכן מה שנוהגין לילך להנהר לומר הפסוק (מיכה ז, יט) תשליך במצולת ים חטאתינו כו', הוא מנהג ותיקין, באם הוא באופן שזכרתי למעלה שמתעורר בתשובה שלימה בלבו ומשליך מעליו גילוליו אז נופלים הם במצולות ים.הגה"הומצאתי כוונה נכונה אף לפי פשוטו של הענין, וז"ל נוהגים לילך אצל ימים ונהרות משום דאיתא במדרש (עי' סנהדרין פט, ב וב"ר נו, ד) בשעה שבא אברהם ויצחק לעקידה גירה בהם השטן ורצה לפתותם שלא ילכו, לא השגיחו בו. מה עשה, עשה נהר גדול לפניהם לעכבם שלא יוכלו לעבור הנהר להר המוריה, נכנסו במים עד צוארם נשאו עיניהם למרום ואמרו (תהלים סט, ב) הושיענו א-להים כי באו מים עד נפש, אז גער ה' בשטן וחזרו לאחוריהם, עד כאן לשון המדרש.

ומשום זה הולכים לנהרות לזכור העקידה, ואגב זה רואים דגים חיים לפי שאנו נמשלים כדגים חיים הללו שנאחזו פתאום במצודה, ואומרים אגב זה תשוב תרחמינו, עכ"ל:עוד שמעתי רמז גדול ונכון, כי הולכים למים שיש שם דגים, יען כי להדגים אין גבינים ועיניהם תמיד פקוחות, כדי להתעורר עיני פקיחא דלעילא שרומז על רחמים גדולים, והנה לא ינום ולא יישן שומר ישראל רק עיניו פקוחות, ועל זה נאמר (תהלים מד, כד) עורה למה תישן, וכתיב (שם עד, א) למה יעשן אפך בצאן מרעיתך, כי קשה העשן לעינים וגורם שיהיו סגורות ואנחנו מתפללים שיהיו פקוחות: וזה לשון הזוהר בפרשת אמור (ח"ג קא, ב), תשליך במצולת ים כל חטאתם, מאן מצולת ים.

אלא רזא יקירא הוא, והא אוקמוה רבי שמעון אמר, כל אינון דאתא מסטרא תקיפא ואתאחדו בזינין בישין בכתרין תתאין כגון עזאזל ביומא דכפורי דאיהו אקרי מצולת ים כזפטא דכספא כד בחנין ליה בנורא, הדא הוא דכתיב (משלי כה, ד) הגו סינים מכסף. האי מאינון מצולת ים הוא, ומצולת ים אקרי.

מצולת מההוא ים קדישא, מצולת זוהמא דכספא, ועל דא כל אינון חטאין דישראל שדיין לגביה והוא קביל להון וישתארון בגויה. מאי טעמא, בגין דאיהו חטאה.

מאי חטאה, גרעינא, וע"ד הוא גרעינא דכלא. ונטל גרעינא דגופא ודנפשא, בהאי יומא נחית האי מצולת ים זוהמא דכספא ונטיל זוהמא דגופא.

מאן הוא זוהמא דגופא, דא יצר הרע דאקרי מזוהם מנוול, עד כאן לשונו:

De même, la coutume d'aller au fleuve pour dire le verset (Mikha 7,19) : Tu jetteras dans les profondeurs de la mer nos fautes, etc., est une coutume des hommes scrupuleux : si c'est de la manière que j'ai mentionnée plus haut, en s'éveillant à une techouva complète dans son cœur et en rejetant de lui ses idoles, alors elles tombent dans les profondeurs de la mer. Glose : j'ai trouvé une intention juste même selon le sens simple de la chose, et voici ses paroles : on a coutume d'aller auprès des mers et des fleuves parce qu'il est dit dans le Midrach (voir Sanhédrin 89b et Bereshit Rabba 56,4) qu'au moment où Avraham et Yitshak allaient à la ligature, l'accusateur les a provoqués et a voulu les détourner pour qu'ils n'y aillent pas, et ils ne lui ont prêté aucune attention.

Que fit-il ? Il plaça devant eux un grand fleuve pour les retarder, afin qu'ils ne puissent pas traverser le fleuve vers le mont Moriah.

Ils entrèrent dans l'eau jusqu'au cou, levèrent les yeux vers le ciel et dirent (Tehilim 69,2) : sauve-nous, Dieu, car les eaux sont montées jusqu'à l'âme. Alors ה' rabroua l'accusateur, et ils s'en retournèrent.

Jusqu-ici les paroles du Midrach. C'est pour cela que l'on va aux fleuves, pour se souvenir de la ligature, et par là même occasion on voit des poissons vivants, parce que nous sommes comparés à ces poissons vivants qui sont pris soudainement dans le filet, et l'on dit à cette occasion : reviens et aie pitié de nous.

Fin de la glose. J'ai encore entendu une allusion grande et juste : on va vers des eaux où il y a des poissons parce que les poissons n'ont pas de paupières et que leurs yeux sont toujours ouverts, afin d'éveiller les yeux ouverts d'en haut, ce qui fait allusion à une grande miséricorde ; et voici, Il ne sommeille ni ne dort, le gardien d'Israël, mais Ses yeux sont ouverts.

Sur cela il est dit (Tehilim 44,24) : réveille-Toi, pourquoi dors-Tu ? et il est écrit (ibid. 74,1) : pourquoi Ta colère fume-t-elle contre le troupeau de Ton pâturage ?

Car la fumée est pénible aux yeux et fait qu'ils se ferment, tandis que nous prions pour qu'ils soient ouverts. Et voici les paroles du Zohar dans la section Emor (tome 3, 101b) : Tu jetteras dans les profondeurs de la mer toutes leurs fautes ; qu'est-ce que les profondeurs de la mer ?

C'est un secret précieux, et on l'a déjà établi. Rabbi Chimon a dit : tous ceux qui viennent du côté puissant et qui se sont attachés aux espèces mauvaises, aux couronnes inférieures, comme Azazel le jour de Kippour, celui-là est appelé profondeur de la mer, semblable à la scorie de l'argent lorsqu'on l'éprouve au feu, ainsi qu'il est écrit (Michle 25,4) : ôte les scories de l'argent.

Celui-là fait partie de ces profondeurs de la mer, et il est appelé profondeur de la mer : profondeur de cette mer sainte, profondeur de la souillure de l'argent. C'est pourquoi toutes ces fautes d'Israël sont jetées vers lui, il les reçoit et elles demeurent en lui.

Pour quelle raison ? Parce qu'il est lui-même faute.

Qu'est-ce que faute (heta) ? Un noyau ; et c'est pourquoi il est le noyau de tout.

Il prend le noyau du corps et de l'âme. En ce jour, cette profondeur de la mer, souillure de l'argent, descend et prend la souillure du corps.

Qu'est-ce que la souillure du corps ? C'est le mauvais penchant, qui est appelé souillé et répugnant.

Jusqu-ici ses paroles.

רבי אליעזר אומר לעולם יסדר אדם תפלתו ואחר כך יתפלל (ר"ה לה, א), ואוקימנא בברכות של ראש השנה ויום כפור ושל פרקים שכל אדם חייב להסדיר תפלתו כדי שלא יטעה. ואפילו היחידים, כל שכן ש"ץ שאימת הציבור יתירה עליו.

לכן כל אדם יחזור וילמוד התפלה והקרוב"ץ מקודם להיות שגורים בפיו בראש השנה בשעת התפלה. וכן ילמוד בניו ובני ביתו סדר התפלה וסדר הברכות והמלכיות וזכרונות ושופרות, כדי שלא יצטרך בראש השנה להפסיק בתפלתו להראות להם אז הסדר:

Rabbi Eliezer dit : que l'homme ordonne toujours sa prière, et ensuite qu'il prie (Roch Hachana 35a). Et nous avons établi que cela concerne les bénédictions de Roch Hachana, de Kippour et des fêtes, car tout homme est tenu d'ordonner sa prière pour ne pas se tromper.

Et si cela vaut même pour les particuliers, à plus forte raison pour l'officiant, sur qui la crainte du public pèse davantage. C'est pourquoi chacun doit revoir et étudier au préalable la prière et les kerovets (poèmes liturgiques insérés dans la prière), afin qu'ils soient courants dans sa bouche à Roch Hachana au moment de la prière.

De même, qu'il enseigne à ses fils et aux gens de sa maison l'ordre de la prière, l'ordre des bénédictions, ainsi que des versets de royauté, de souvenir et de chofar, afin qu'il n'ait pas besoin, à Roch Hachana, d'interrompre sa prière pour leur montrer alors l'ordre.

ואי שכח זכרנו ומי כמוך וכתוב בספר, מסיק באורח חיים (תקפב, ה) ובמרדכי שאין מחזירין אותו. אבל המלך הקדוש המלך המשפט, אם שכח מחזירין אותו, לפי שהם כתובים בתלמוד (שם א):

Et s'il a oublié 'souviens-Toi de nous', 'qui est comme Toi' et 'inscris dans le livre', il ressort du Orah Haim (582,5) et du Mordekhai qu'on ne le fait pas recommencer. Mais 'le Roi saint' et 'le Roi du jugement', s'il les a oubliés, on le fait recommencer, parce qu'ils sont écrits dans le Talmud (ibid.

1).

שכח המלך הקדוש, חוזר לראש. שכח המלך המשפט, חוזר להשיבה.

ואם עקר רגליו חוזר לראש. וב[טור] אורח חיים סימן קי"ח (וכן בהג"ה לשו"ע) כתב, אחי הר"ר יחיאל כו', משמע שם שאם שכח לומר המלך המשפט אינו חוזר, כי דוקא להם שהיו אומרים האל המשפט קאמר תלמודא דחוזר, אבל אנו שרגילים לומר כל ימות השנה מלך אוהב צדקה ומשפט אינו חוזר, כי מה הפרש יש בין המלך המשפט למלך אוהב צדקה ומשפט.

והרא"ש הסכים ג"כ לזה, וכן משמע מלשון אורח חיים דהלכות ראש השנה שלשון הגמרא כל השנה כולה האל הקדוש, האל אוהב צדקה ומשפט:

S'il a oublié 'le Roi saint', il retourne au début. S'il a oublié 'le Roi du jugement', il retourne à la bénédiction 'ramène nos juges'.

Et s'il a déjà reculé ses pieds, il retourne au début. Et dans le Tour Orah Haim, section 118 (ainsi que dans la glose du Choulhan Aroukh), il est écrit : mon frère notre maître Rabbi Yehiel, etc.

Il ressort de là que celui qui a oublié de dire 'le Roi du jugement' ne recommence pas, car c'est uniquement pour eux, qui disaient 'le Dieu du jugement', que le Talmud dit qu'il recommence ; mais nous, qui avons l'habitude de dire toute l'année 'roi qui aime la justice et le droit', il ne recommence pas, car quelle différence y a-t-il entre 'le Roi du jugement' et 'roi qui aime la justice et le droit' ? Et le Roch a lui aussi été d'accord avec cela, et c'est ce qui ressort du langage du Orah Haim dans les lois de Roch Hachana, puisque le langage de la Guemara est : toute l'année entière, 'le Dieu saint', 'le Dieu qui aime la justice et le droit'.

במרדכי סוף פ"ק דברכות (סימן לג), וכן בסמ"ג (עשין יט) כתב, טעה וחתם אוהב צדקה ומשפט חוזר כו', ולא הזכיר בדבריו טעה וחתם מלך אוהב צדקה ומשפט. וכך כתב הר"ר יונה סוף פ"ק דברכות בהדיא דאין צריך לחזור:

Dans le Mordekhai, à la fin du premier chapitre de Berakhot (section 33), ainsi que dans le Semag (commandements positifs 19), il est écrit : s'il s'est trompé et a conclu par 'qui aime la justice et le droit', il recommence, etc. ; et il n'a pas mentionné dans ses propos le cas de celui qui s'est trompé et a conclu par 'roi qui aime la justice et le droit'. Et ainsi a écrit notre maître Rabbi Yona a la fin du premier chapitre de Berakhot, explicitement, qu'il n'est pas nécessaire de recommencer.

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