Ce passage poursuit les pratiques de la veille de Roch Hachana, veille de Roch Hodech où l'on comparaît en jugement dès le lendemain : il faut être craintif, recevoir les quarante coups de flagellation devant trois hommes d'Israël et le reste de la techouva. Pour le Chla, on se rase et l'on s'enveloppe de blanc pour manifester la confiance dans la bonté de D.ieu. Il rapporte du Seder HaYom qu'il faut s'immerger au mikve ce jour-là pour rejeter les impuretés de l'année. Il juge convenable de s'abstenir de relations cette nuit-là afin que l'immersion demeure ; si l'épouse doit s'immerger, on s'unit avec crainte pour la mitsva, puis on s'immerge au matin.
Aussi : si Roch Hachana tombe un mardi, la havdala de celui qui jeûne ; le tour du cimetière et la tsedaka aux tombes ; les sonneries du chofar, leurs intentions et l'ordre tachrat, tachât, tarât
וערב ראש השנה שהוא ערב ראש חודש לא גרע מערב ראש חודש דעלמא, אדרבה כל שכן ערב ראש חודש זה ושהוא יום אחרון בשנה ושהוא למחר יעמוד בדין צריך להיות ירא וזוחל בכובד ראש והכנעה מן היום האיום הבא עלינו. וילקה מלקות ארבעים בפני ג' מישראל במקום בית דין, ויתר ענייני תשובה.
וכל המרבה הרי זה משובח:
Et la veille de Roch Hachana, qui est aussi une veille de Roch Hodech (nouvelle lune), n'est en rien moindre qu'une veille de Roch Hodech ordinaire ; au contraire, à plus forte raison cette veille de Roch Hodech qui est le dernier jour de l'année et où l'on doit comparaître en jugement dès le lendemain : il faut être craintif et tremblant, avec gravité et soumission, devant le jour redoutable qui vient sur nous. Il recevra les quarante coups de flagellation devant trois hommes d'Israël, tenant lieu de tribunal, ainsi que le reste des pratiques de techouva.
Et quiconque en fait davantage est digne de louange.
ואח"כ יטול צפרניו ויגלח וילבש לבנים ויתעטף לבנים להראות על הבטחון שבטוח בחסד האל ית' בדימוס. מכל מקום יהא מורא שמים עליו, ולא יהיה לבו פנוי מהרהורי תשובה ומדביקות הש"י בקיום התורה והמצות:
Ensuite il se coupera les ongles, se rasera, revêtira des vêtements blancs et s'enveloppera de blanc, pour manifester la confiance qu'il place dans la bonté de Dieu, béni soit-Il, quant à son acquittement. Malgré tout, la crainte du Ciel demeurera sur lui, et son cœur ne sera pas vide de pensées de techouva ni de l'attachement au Nom, béni soit-Il, par l'accomplissement de la Torah et des mitsvot.
וכתב בסדר היום, גם צריך שיטהר עצמו וגופו ממש שירחץ ויטהר ויטבול במי מקוה, אע"פ שאין דרכו בכך כל השנה, ביום הזה הנורא צריך על כל פנים לטבול להשליך מעליו כל הטומאות וכל המחשבות זרות שנתדבקו עמו כל ימות השנה, ובכל רגל ורגל חייב אדם לטהר עצמו (ר"ה טז, ב) ק"ו בראש השנה שצריך אדם לחפש אחר הטהרה והקדושה להתיצב לפני א-להיו יתב' מן הבא בידו. וכדי שתעלה לו טבילתו עד המחרת, היה נראה לי ראוי וכדאי שלא לשמש מטתו בלילה הזה, ובפרט מי שאינו מוכרח לה.
ומי שצריך לה, צריך לחזור ולטבול בשחרית כדי שימצא בטהרה בשעת הדין כמי שעומד ומצפה לרחמי שמים הגדולים, דלכולי עלמא אין דנין אלא ביום, עד כאן לשונו:
Il est écrit dans le Seder HaYom : il faut aussi se purifier soi-même et purifier son corps même, se laver, se rendre pur et s'immerger dans les eaux d'un mikve, même si l'on n'en a pas l'habitude toute l'année ; en ce jour redoutable il faut en tout cas s'immerger, pour rejeter de soi toutes les impuretés et toutes les pensées étrangères qui se sont attachées à l'homme durant toute l'année. À chaque fête de pèlerinage l'homme est tenu de se purifier (Roch Hachana 16b), et à plus forte raison à Roch Hachana, où l'homme doit rechercher la pureté et la sainteté pour se tenir devant son Dieu, béni soit-Il, autant qu'il en a les moyens.
Et afin que son immersion lui demeure acquise jusqu'au lendemain, il m'a paru convenable et juste de ne pas avoir de relations conjugales cette nuit-là, en particulier pour celui qui n'y est pas tenu. Et celui qui en a besoin devra s'immerger de nouveau au matin, afin de se trouver en état de pureté à l'heure du jugement, comme celui qui se tient dans l'attente de la grande miséricorde du Ciel, car de l'avis de tous on ne juge que de jour.
Jusqu-ici ses paroles.
ואם הוא ליל טבילה, נראה לי שהוא כמעט מצוה הבאה בעבירה כשיפרוש מאשתו, רק יזדווג עמה באימה וביראה ובקדושה יתירה, ולא ינהוג עם אשתו הרבה שחוק רק לקיים מצות עונה ויחזור ויטבול בשחרית:
Et si c'est la nuit où son épouse doit s'immerger, il me semble que se séparer d'elle serait presque une mitsva accomplie par une transgression ; qu'il s'unisse plutôt à elle avec effroi, avec crainte et avec une sainteté accrue, et qu'il n'use pas avec sa femme de beaucoup de légèreté, mais seulement pour accomplir la mitsva du devoir conjugal, puis qu'il retourne s'immerger au matin.
אם חל ראש השנה ביום ג', מי שמתענה הפסקה ביום א' וביום ב' שלפניו ב' ימים ולילות, אזי יעמוד במוצאי שבת אצל מי שמבדיל ויכוון לצאת עמו בברכה ויענה אמן ובזה יוצא שפיר אפילו כשאינו טועם מכוס הבדלה. ואף שבתרומת הדשן סי' קנ"ד יש דרכים בדבר עיין שם.
ראיתי העולם נוהגין להבדיל במוצאי יום ב' לאחר התענית, אבל בענין זה שנכנס היום טוב של ראש השנה, אם יבדיל א"כ צריך לברך יקה"ז דהיינו יין קידוש הבדלה זמן והוא מילתא דתמיהה. על כן יהיה נזהר להדר אחר מי שעושה הבדלה כמו שכתבתי, ויעמוד אצלו:
Si Roch Hachana tombe un mardi, celui qui jeûne sans interruption le dimanche et le lundi qui le précèdent, deux jours et deux nuits, se tiendra à la sortie du Chabbat auprès de quelqu'un qui récite la havdala, aura l'intention de s'acquitter avec lui de la bénédiction et répondra amen : il s'acquitte ainsi parfaitement, même s'il ne goûte pas à la coupe de la havdala. Et bien que dans le Teroumat HaDechen, paragraphe 154, il y ait plusieurs voies en la matière, voir là-bas.
J'ai vu que les gens ont l'usage de faire la havdala à l'issue du lundi, après le jeûne ; mais dans ce cas où entre le Yom Tov de Roch Hachana, s'il fait la havdala il devra réciter le יקה"ז, c'est-à-dire yayin, kiddouch, havdala, zman - vin, sanctification, séparation et bénédiction du temps - ce qui est une chose étonnante. C'est pourquoi il prendra soin de rechercher quelqu'un qui fait la havdala comme je l'ai écrit, et il se tiendra auprès de lui.
נוהגין לילך על בית הקברות בערב ראש השנה ובערב יום כפור, ומקיפין אותו. כמו שכתוב באגודה פרק ואלו מגלחין, מעשה באשה אחת שחלה בנה, הקיפה העזרה.
מכאן נראה להקיף בית הקברות, ומרבים שם בתחינות ונותנים שם צדקה לעניים:
On a l'usage d'aller au cimetière la veille de Roch Hachana et la veille de Yom Kippour, et d'en faire le tour, comme il est écrit dans le Agouda, chapitre 'Veelou meguilhin' : il arriva qu'une femme dont le fils était malade fit le tour du parvis du Temple. De là il apparaît qu'il faut faire le tour du cimetière.
On y multiplie les supplications et on y donne la tsedaka aux pauvres.
והגאון מהרש"ל ז"ל נהג שהיה נותן צדקה טרם שהתחיל להקיף, ואמר שכן הוא נכון, שהרי מרבים שם בתחינות, לכן יש ליתן קודם לכן הצדקה על דרך (ב"ב י, א) רבי אלעזר הוה יהיב פרוטה לעני והדר מצלי:
Et le gaon Maharchal, de mémoire bénie, avait l'usage de donner la tsedaka avant de commencer à faire le tour, et il disait qu'il en est bien ainsi, car on multiplie la-bas les supplications ; il faut donc donner la tsedaka auparavant, à la manière de ce qui est rapporté (Baba Batra 10a) : Rabbi Elazar donnait une pièce à un pauvre, puis priait.
עוד מצאתי הולכים על הקברות להשתטח על קברי הצדיקים לומר, אם אין אתה מרחם עלינו הרינו חשובים כמתים הללו. ועוד טעם אחר למה אנו משתטחים על קברי המתים, כדי שיבקשו המתים רחמים עלינו, כעובדא דר' מאני דמשתטח על מערתא דאבוה.
וכן כלב השתטח על קברי אבות, וכן משמע בפרק אלו נאמרין, עד כאן:
J'ai encore trouvé que l'on va aux tombes pour se prosterner sur les tombes des tsadikim et dire : si Tu n'as pas pitié de nous, nous voici comptés comme ces morts. Et il y a une autre raison pour laquelle nous nous prosternons sur les tombes des morts : afin que les morts demandent miséricorde pour nous, comme le fait de Rabbi Mani qui se prosternait sur la grotte de son père.
De même Calev se prosterna sur les tombes des patriarches, et ainsi ressort-il du chapitre 'Elou neemarin'. Jusqu-ici.
כתוב בסמ"ק בהלכות תפילה סימן י"א, וכן כתב הר"י פרק אין עומדין, וזה לשונו, ונהגו העולם לשחות בראש השנה ויום כפורים באמצע הברכות של יום כמו בזכרנו ובמי כמוך ובכן תן פחדך, אך לא ישחה בסוף הברכה אלא באמצע. אבל בסוף הברכה זוקפין להודיע שאין כורעין בברכות הללו, אלא שנהגו לשחות באמצעיתן משום דרחמי ננהו, עד כאן לשונו:
Il est écrit dans le Semak (Sefer Mitsvot Katan), lois de la tefila, paragraphe 11, et ainsi a écrit le Ri au chapitre 'Ein omdin', voici ses paroles : les gens ont pris l'usage de s'incliner à Roch Hachana et à Yom Kippour au milieu des bénédictions propres au jour, comme dans Zokhrenou, dans Mi khamokha et dans Ouvekhen ten pahdekha ; mais on ne s'inclinera pas à la fin de la bénédiction, seulement en son milieu. À la fin de la bénédiction on se redresse, pour faire savoir que l'on ne s'agenouille pas dans ces bénédictions, mais que l'usage est seulement de s'incliner en leur milieu, parce que ce sont des paroles de miséricorde.
Jusqu-ici ses paroles.
וזה לשון הטור והשלחן ערוך (או"ח קיג, ב), הנוהגין לשחות בראש השנה וביום כיפורים כשאומרים זכרנו ומי כמוך, צריכין לזקוף כשמגיעים לסוף הברכה, עד כאן. וכתב על זה מהרמ"א בהג"ה, ואף על גב דבאבות כורע בסוף הברכה, מכל מקום צריך לזקוף מעט בסוף זכרנו כדי שיהיה נראה שחזר וכורע משום חיוב, עד כאן לשונו.
ונראה לי, אף כשזוקף לא יהיה בקומה זקופה, רק בכובד ראש ובכפיפה. ואין זה בכלל השתחויה אף כשהראש כפוף.
וגם בכל ימות השנה ראוי לנהוג כן, מכל שכן בימים הנוראים:
Et voici les termes du Tour et du Choulhan Aroukh (Orah Haim 113,2) : ceux qui ont l'usage de s'incliner à Roch Hachana et à Yom Kippour lorsqu'ils disent Zokhrenou et Mi khamokha doivent se redresser lorsqu'ils arrivent à la fin de la bénédiction. Jusqu-ici.
Et le Rama a écrit là-dessus dans sa glose : bien que dans la bénédiction des Pères on s'incline à la fin de la bénédiction, il faut malgré tout se redresser un peu à la fin de Zokhrenou, afin qu'il apparaisse que l'on s'incline de nouveau au titre de l'obligation. Jusqu-ici ses paroles.
Et il me semble que même lorsqu'il se redresse, ce ne sera pas en pleine stature, mais avec gravité et le corps fléchi. Et cela n'entre pas dans la catégorie de la prosternation, même lorsque la tête est inclinée.
Il convient d'agir ainsi tous les jours de l'année, et à plus forte raison durant les Jours redoutables.
כתב המרדכי והביאו בית יוסף בסי' תקפ"ב, בראש השנה ויום כפורים מותר להשמיע קולם בתפילתם ואפילו בצבור, עד כאן. וכתב מהרמ"א (או"ח קא, ג) בהגה"ה על זה, וכן נוהגים.
ומכל מקום יזהירו שלא להגביה קולם יותר מדאי, עד כאן. ומה מאוד מגונה בעיני מה שנוהגין בקצת הקהילות שהקהל צועקין בהרמת קול בראש השנה וביום כפור בתפילתם, כי לא הותר רק בהשמעת קול בקצת.
ומי שמתפלל בלחש משובח ביותרהגה"הוקצת יש הוכחה מעובדא דחנה ועלי שיש להתפלל בשמיעת קול, דכתיב (ש"א א, יג) ויחשבה עלי לשכורה. ומקשים העולם, ממה נפשך עלי או חנה אחד מהם עשה שלא כדין, אם עלי עשה כדין שזילזל בחנה, אם כן חנה עשתה נגד הדין, ואם חנה עשתה כדין שלא הרימה קולה, אם כן עלי שלא כדין פגע בכבודה.
ומתרצים שזה המעשה היה בראש השנה כמו שאמרו רז"ל (ר"ה יא, א) חנה נפקדה בראש השנה, ועלי היה סובר שהיא מתפללת תפילת ראש השנה, על כן גער בה מה שלא השמיעה את קולה, כי בראש השנה וביום כיפורים משמיעים קול בתפילה. אבל באמת חנה לא היתה אז מתפללת תפילת ראש השנה, רק התפללה בצרכיה, דהיינו שיהיו לה בנים, ובתפלה זו לא שייך שתשמיע קולה, כי אין הדברים נאמרים להשמיע קול בתפילות ראש השנה ויום כפורים רק התפילה המסורה לרבים דבקיאי בהו ולא מטעו מהדדי, נמצאו צדקו שניהם.
ומזה התירוץ היה מוכח דטוב להשמיע קול בתפילת ראש השנה ויום כפורים:אמנם לפי תירוץ אחר ששמעתי בזה הענין לא מוכח מידי, וזהו כי עלי היה צודק במה שחשבה לשכורה, כי היה כל כך בלחש שלא ניכר הדיבור רק שפתיה נעות. ומה שעשתה חנה כן היתה מוכרחת בדבר, כי היתה יראה אולי ישמע עלי בדקות השמיעה שלו מה שהיא מדברת, והיא דברה ענין שלא ניתן להשמע ובל יודע לשום איש.
וזהו שאמרו רז"ל במסכת ברכות פרק אין עומדין (לא, ב) אם ראה תראה (ש"א א, יא), אמר רבי אליעזר, אמרה חנה לפני הקדוש ברוך הוא, רבונו של עולם, אם ראה מוטב, ואם לאו תראה, אלך ואסתתר בפני אלקנה בעלי, וכיון דמסתתרנא משקו לי מי סוטה, ואי אתה עושה תורתך פלסתר שנאמר (במדבר ה, כח) ונקתה ונזרעה זרע, עד כאן, ואלו היה עלי שומע זה לא היה משקה אותה והוא היה הכהן::
Le Mordekhi a écrit, et le Beit Yossef l'a rapporté au paragraphe 582 : à Roch Hachana et à Yom Kippour il est permis de faire entendre sa voix dans la prière, et même en public. Jusqu-ici.
Et le Rama a écrit là-dessus dans sa glose (Orah Haim 101,3) : et tel est l'usage. Malgré tout, on avertira de ne pas trop élever la voix.
Jusqu-ici. Et combien est laid à mes yeux l'usage de certaines communautés où l'assemblée crie à pleine voix à Roch Hachana et à Yom Kippour dans sa prière, car on n'a permis que de faire entendre un peu la voix.
Et celui qui prie à voix basse est le plus digne de louange. Glose : il y a aussi une certaine preuve, tirée du récit de Hanna et de Eli, qu'il faut prier en faisant entendre sa voix, car il est écrit (I Samuel 1,13) : et Eli la prit pour une femme ivre.
Les gens objectent : de toute manière, d'Eli ou de Hanna, l'un des deux a agi contrairement à la loi ; si Eli a agi selon la loi en la méprisant, alors Hanna a agi contre la loi ; et si Hanna a agi selon la loi en n'élevant pas la voix, alors Eli a porté atteinte à son honneur contrairement à la loi. On répond que ce fait eut lieu à Roch Hachana, comme l'ont dit nos maîtres (Roch Hachana 11a) : Hanna fut visitée à Roch Hachana ; et Eli pensait qu'elle récitait la prière de Roch Hachana, c'est pourquoi il la réprimanda de n'avoir pas fait entendre sa voix, car à Roch Hachana et à Yom Kippour on fait entendre sa voix dans la prière.
Mais en vérité Hanna ne récitait pas alors la prière de Roch Hachana ; elle priait seulement pour ses propres besoins, à savoir d'avoir des enfants, et dans une telle prière il ne convient pas de faire entendre sa voix, car ce qui a été dit de faire entendre la voix dans les prières de Roch Hachana et de Yom Kippour ne vaut que pour la prière confiée au public, que tous connaissent bien et où l'on ne s'induit pas en erreur les uns les autres. Il se trouve ainsi que tous deux avaient raison.
Et de cette réponse il ressortait qu'il est bon de faire entendre sa voix dans la prière de Roch Hachana et de Yom Kippour. Toutefois, selon une autre réponse que j'ai entendue sur ce sujet, il n'y a là aucune preuve : Eli avait raison de la prendre pour une femme ivre, car elle priait si bas que sa parole ne se distinguait pas, seules ses lèvres remuaient.
Et si Hanna agit ainsi, c'est qu'elle y était contrainte, car elle craignait que Eli, avec la finesse de son ouïe, n'entendit ce qu'elle disait, et elle disait une chose qui ne devait être entendue ni connue de personne. C'est ce qu'ont dit nos maîtres dans le traité Berakhot, chapitre 'Ein omdin' (31b) : 'Si Tu vois, Tu verras' (I Samuel 1,11) - Rabbi Eliezer a dit : Hanna dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître du monde, si Tu vois, tant mieux ; et sinon, Tu verras : j'irai me tenir à l'écart à l'insu d'Elkana mon mari, et puisque je me serai ainsi isolée, on me fera boire les eaux de la sota (la femme soupçonnée d'adultère), et Tu ne feras pas de Ta Torah une chose mensongère, car il est dit (Nombres 5,28) : elle sera déclarée innocente et concevra une descendance.
Jusqu-ici. Or si Eli avait entendu cela, il ne lui aurait pas fait boire ces eaux, lui qui était le kohen.
שלשה ימים קודם ראש השנה וכן קודם יום כפור צריך הש"ץ וכל מי שנברר מהקהל להתפלל או לתקוע צריכין להפריש עצמן מכל דבר המביאים לידי טומאה, וצריכים טהרה ביותר, שכן כתב הזוהר בפרשת ויקרא (ח"ג יח, א) וזה לשונו, ר' אלעזר ור' אבא הוו יתבי, א"ר אלעזר חמינא לאבא ביומי ראש השנה ויום כפור דלא בעי למשמע צלותא מכל בר נש אלא אי קאים עליה תלתא יומין קודם לדכאה ליה, דר"ש הוה אמר הכי בצלותא דהאי בר נש דאנא מדכנא אתכפר עלמא, וכל שכן בתקיעת שופר דלא מקבל תקיעותא דבר נש דלאו איהו חכים למתקע ברזא דתקיעא, עד כאן לשונו. הרי רשב"י לא רצה לשמוע התפילה משום אדם בבית הכנסת בראש השנה ויום כפור אלא א"כ היה בוחן אותו ג' ימים קודם יום טוב, שהיה בודק אותו אם הוא הגון להתפלל הן מחמת מעשיו הן מחמת ידיעת הכוונה.
וזהו שאמר אלא אי קאים עליה כו', פירש עמד עליו וידע עניינו. על כן צריך להיות הש"ץ התוקע בעל תשובה גמור.
וגם ילמוד התפילה וכוונת התקיעות ביותר:
Trois jours avant Roch Hachana, et de même avant Yom Kippour, l'officiant ainsi que tous ceux que la communauté a désignés pour prier ou pour sonner du chofar doivent se séparer de tout ce qui conduit à l'impureté, et il leur faut une pureté accrue, car ainsi est-il écrit dans le Zohar sur la paracha Vayikra (tome 3, 18a), voici ses termes : Rabbi Elazar et Rabbi Abba étaient assis. Rabbi Elazar dit : j'ai vu que mon père, aux jours de Roch Hachana et de Yom Kippour, ne voulait entendre la prière d'aucun homme, à moins de s'être tenu auprès de lui trois jours auparavant pour le purifier ; car Rabbi Chimon disait ainsi : par la prière de cet homme que je purifie, le monde est expié.
Et à plus forte raison pour la sonnerie du chofar, car il ne recevait pas les sonneries d'un homme qui n'est pas savant au point de sonner selon le secret de la sonnerie. Jusqu-ici ses paroles.
Voilà que Rabbi Chimon bar Yohai ne voulait entendre la prière d'aucun homme à la synagogue à Roch Hachana et à Yom Kippour, sauf s'il l'avait examiné trois jours avant le Yom Tov, vérifiant s'il était digne de prier, tant du fait de ses actes que du fait de sa connaissance des intentions. C'est ce qu'il a dit : 'à moins de s'être tenu auprès de lui', ce qui veut dire qu'il se tenait auprès de lui et connaissait ce qu'il en était.
C'est pourquoi l'officiant et celui qui sonne doivent être des hommes de techouva accomplie. Et il apprendra aussi la prière et les intentions des sonneries avec un soin particulier.
נוהגין להקרות לפני התוקע ולומר תקיעה שברים תרועה תקיעה, וכן בכל הקולות, והוא מנהג יפה כדי שלא יטעה התוקע. אמנם יש ג"כ סוד בדבר, כי התקיעות מעוררים העניינים הגנוזים שלמעלה, וכשהמקרא אומר תקיעה יכוון לסוד התקיעה, וכן כשאומר שברים או תרועה יכוון לסודיהן, ובכל סדר וסדר לפי סודו, ועל ידיעה זו תוקע התוקע, על כן צריך המקרא להיות אדם גדול ובקי בסודות וצדיק, והתוקע עושה הפעולה של תקיעה על התעוררות דעתו, ויועיל זה אף כשהתוקע בעצמו אינו בקי בסודות.
ובודאי היה יותר טוב אם גם התוקע היה בעל סוד, אמנם גם זה יכשר. ולפי זה ראוי ג"כ שתקיעה הראשונה יאמר ג"כ המקרא תקיעה, ולא כמו שנוהגין שהתקיעה הראשונה מתחיל התוקע מעצמו:
On a l'usage de dicter devant celui qui sonne en disant : tekia, chevarim, teroua, tekia, et de même pour toutes les sonneries ; c'est un bel usage, afin que celui qui sonne ne se trompe pas. Toutefois il y a aussi un secret en la chose, car les sonneries éveillent les réalités cachées d'en haut ; lorsque celui qui dicte dit 'tekia', il dirigera son intention vers le secret de la tekia, et de même lorsqu'il dit 'chevarim' ou 'teroua', il dirigera son intention vers leurs secrets, et dans chaque série selon son secret propre ; et c'est sur cette connaissance que sonne celui qui sonne.
C'est pourquoi celui qui dicte doit être un homme grand, expert dans les secrets, et tsadik ; celui qui sonne accomplit l'acte de la sonnerie sur l'éveil de la pensée de l'autre, et cela est efficace même lorsque celui qui sonne n'est pas lui-même expert dans les secrets. Il serait certes préférable que celui qui sonne fût lui aussi maître du secret, mais ainsi cela convient également.
Et selon cela, il convient aussi que pour la première tekia celui qui dicte dise également 'tekia', et non comme le veut l'usage, où celui qui sonne commence de lui-même la première tekia.
כל מה דאפשר למעבד לכוין אל הסודות צריך להדר ולזרז, וכמוזכר בספר תולעת יעקב וזה לשונו, ובויקרא רבה (כט, ד) אשרי העם יודעי תרועה (תהלים פט, טז), א"ר יאשיה וכי אומות העולם אינם יודעים להריע, כמה קרנים יש להם, כמה סלפינים כמה בוקיני' יש להם ואתה אומר אשרי העם יודעי תרועה. אלא אשרי העם אלו ישראל שיודעים לרצות את בוראם בתרועה.
מה עושה הקב"ה עומד מכסא דין ויושב על כסא רחמים, עד כאן. הנה ביארו ע"ה כי מה שכתוב אשרי העם יודעי תרועה אין הכוונה בו הידיעה להריע, כי אם הידיעה בה לרצות המצוה בתרועה ההיא, וזה אי אפשר כי אם בידיעת כוונתו ורצותו בה, והיודעים זה הם ישראל, כי הם יודעים דרך ה' אשר הורם ולהם בלבד גלה סודו, ולזה יודעים לרצות בוראם ולשנות דעתו מרעה לטובה.
לפיכך צריך התוקע לדעת טעם הדבר ולכוין אליו כי הוא סרסור בין ישראל לאביהם שבשמים לכפר בעדם לבטל הדין ולהמשיך הרחמים, וזהו עשיית הטוב בעיני ה' כי כפי התעוררות העולה מלמטה מתעורר נגדו למעלה. ואם הדברים עולים כהוגן ובכוונה שלימה, הנה גורם להתעוררות הרחמים מסיבה לסיבה.
והעושה כן, מוצא חן בעיני השם, עד כאן לשונו:
Tout ce qu'il est possible de faire pour diriger l'intention vers les secrets, il faut le rechercher et s'y empresser, comme il est mentionné dans le livre Toleat Yaakov, voici ses termes : dans le Vayikra Rabba (29,4) : 'Heureux le peuple qui connaît la teroua' (Psaumes 89,16) - Rabbi Yochiya a dit : les nations du monde ne savent-elles donc pas sonner ? Combien de cors ont-elles, combien de trompettes, combien de buccins ont-elles, et tu dis 'heureux le peuple qui connaît la teroua' !
Mais 'heureux le peuple', ce sont Israël, qui savent rendre leur Créateur favorable par la teroua. Que fait le Saint, béni soit-Il ?
Il se lève du trône de justice et s'assied sur le trône de miséricorde. Jusqu-ici.
Voilà qu'ils ont expliqué, de mémoire bénie, que ce qui est écrit 'heureux le peuple qui connaît la teroua' ne vise pas la connaissance de la manière de sonner, mais la connaissance qui permet de rendre la mitsva agréable par cette teroua ; et cela n'est possible que par la connaissance de son intention et de la faveur qu'elle procure. Ceux qui connaissent cela, ce sont Israël, car ils connaissent la voie du Nom qui leur a été enseignée, et c'est à eux seuls qu'Il a révélé Son secret ; c'est pourquoi ils savent rendre leur Créateur favorable et changer Sa pensée du mal vers le bien.
Il faut donc que celui qui sonne connaisse la raison de la chose et y dirige son intention, car il est l'intermédiaire entre Israël et leur Père qui est aux cieux, pour les expier, annuler la rigueur et faire couler la miséricorde. Et c'est cela accomplir ce qui est bon aux yeux du Nom, car selon l'éveil qui monte d'en bas s'éveille en face de lui ce qui est en haut.
Et si les choses montent comme il convient et avec une intention parfaite, voilà qu'il provoque l'éveil de la miséricorde, de cause en cause. Et celui qui agit ainsi trouve grâce aux yeux du Nom.
Jusqu-ici ses paroles.
כתב במהרי"ל, אין יוצאין כי אם בשמיעת קול שופר מתחילה ועד סוף, ולא יאמר האדם כבר שמעתי השיעור, אלא ישמע הקול מתחילה ועד סוף. ואפילו להקיא אסור, כדי שישמעו את הקול שלם מתחילה ועד סוף.
ולא יפסיק אפילו כמלא נימא. וכן יזהרו שלא ישיחו שיחת חולין מתחילת התקיעה מיושב עד סוף התקיעה מעומד כדי לצרפם אהדדי.
ועל כן יש סוברים שאותו שתוקע מיושב יתקע ג"כ מעומד, עד כאן:
Il est écrit dans le Maharil : on ne s'acquitte qu'en entendant le son du chofar du début jusqu'à la fin, et l'homme ne dira pas : j'ai déjà entendu la mesure requise ; il entendra plutôt le son du début jusqu'à la fin. Il est même interdit de vomir, afin que l'on entende le son entier du début jusqu'à la fin.
Et l'on n'interrompra pas, fût-ce de l'épaisseur d'un cheveu. De même, on prendra garde de ne pas tenir de propos profanes depuis le début des sonneries dites assis jusqu'à la fin des sonneries dites debout, afin de les joindre les unes aux autres.
C'est pourquoi certains estiment que celui qui sonne assis sonnera aussi debout. Jusqu-ici.
בענין סדר התקיעות על סדר הברכות יש מחלוקת בין הפוסקים כמבואר בטור ובבית יוסף סי' תקצ"ב, ואשרי לעדה הקדושה שבוחרים בדרך המובחר, דהיינו לתקוע תשר"ת תש"ת תר"ת למלכיות, ותשר"ת תש"ת תר"ת לזכרונות, ותשר"ת ותש"ת ותר"ת לשופרות וכן נוהגין בארץ ישראל:
Au sujet de l'ordre des sonneries selon l'ordre des bénédictions, il existe une controverse parmi les décisionnaires, comme cela est exposé dans le Tour et dans le Beit Yossef, paragraphe 592. Heureuse la sainte communauté qui choisit la voie la meilleure, à savoir de sonner tachrat (tekia, chevarim, teroua, tekia), tachât (tekia, chevarim, tekia) et tarât (tekia, teroua, tekia) pour Malkhouyot, tachrat, tachât et tarât pour Zikhronot, et tachrat, tachât et tarât pour Chofarot ; et tel est l'usage en terre d'Israël.
ומה שכתב הבית יוסף בשלחן ערוך ריש סי' תקצ"ב (א) וזה לשונו, מחזיר ש"צ התפילה ותוקעין על סדר הברכות למלכיות תשר"ת פעם אחת, לזכרונות תש"ת, לשופרות תר"ת. ועכשיו נוהגין לתקוע למלכיות תשר"ת ג' פעמים.
לזכרונות תש"ת ג' פעמים. לשופרות תר"ת ג' פעמים.
עד כאן לשונו. אין טעם וריח למנהג הזה, כי בזה לא סרו כל הספיקות, על כן אין להשגיח בזה, ואגב שיטפא לא דק.
וכבר נתפשט המנהג עתה בארץ ישראל לתקוע תשר"ת תש"ת תר"ת למלכיות, וכן לזכרונות, וכן לשופרות:
Et ce qu'a écrit le Beit Yossef dans le Choulhan Aroukh au début du paragraphe 592 (alinéa 1), voici ses termes : l'officiant répète la prière et l'on sonne selon l'ordre des bénédictions : pour Malkhouyot tachrat une seule fois, pour Zikhronot tachât, pour Chofarot tarât. Et maintenant l'usage est de sonner pour Malkhouyot tachrat trois fois, pour Zikhronot tachât trois fois, pour Chofarot tarât trois fois.
Jusqu-ici ses paroles. Cet usage n'a ni goût ni parfum, car par lui tous les doutes ne sont pas levés ; il ne faut donc pas s'y arrêter, et c'est par entraînement de la plume qu'il n'a pas été précis.
Et l'usage s'est déjà répandu maintenant en terre d'Israël de sonner tachrat, tachât, tarât pour Malkhouyot, de même pour Zikhronot, et de même pour Chofarot.
והמהדרין מן המהדרין תוקעין מאה קולות, וכן נוהגין ג"כ אנחנו ק"ק אשכנזים שבירושלים ע"ה תוב"ב. ותוקעין ל' קולות מיושב, ול' קולות על הברכות כדלעיל, ול' קולות אחר עלינו לשבח.
אחר כך אומרים שיר הכבוד אנעים זמירות, ולאחר אנעים זמירות תוקעין תשר"ת תש"ת תר"ת, ומנהג יפה ומהודר הוא:
Et les plus scrupuleux d'entre les scrupuleux sonnent cent sons, et tel est aussi notre usage, à nous la sainte communauté des achkénazim de Jérusalem, la ville sainte, qu'elle soit bâtie et rétablie promptement de nos jours. On sonne trente sons assis, trente sons sur les bénédictions comme il a été dit plus haut, et trente sons après Alenou lechabeah.
Ensuite on dit le chant de gloire Anim zemirot, et après Anim zemirot on sonne tachrat, tachât, tarât ; c'est là un usage beau et paré.