שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Taanit, Torah Ohr (11/16)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Ce passage poursuit l'enseignement sur la méditation de la mort. Le verset (Tehilim 89,49) « Quel est l'homme qui vivra et ne verra pas la mort » désigne celui qui vivra sans être comme un mort, s'il médite la mort d'autres plus justes que lui : il verra, sera saisi de crainte, et le vivant le mettra dans son cœur. Le Chla enseigne que, voyant qu'une génération s'en va et qu'une génération vient, l'homme place toujours cela devant ses yeux et se dit : si ce n'est maintenant, quand ? Ainsi il sera tous ses jours dans la techouva.

Aussi : le veau qui fuyait l'abattage et les quatre degrés de la création ; l'interdiction de la couronne à la mort d'un talmid ''hakham ; la mort du tsadik qui expie comme une saignée et comme Kippour

ועל זה אמר הפסוק (תהלים פט, מט) מי גבר יחיה ולא יראה מות. וקשה מי הוא זה שרואה את המות שלו, הלא כבר נסתמו עיניו.

אלא הכי פירושו, מי גבר יחיה שלא יהיה כמת, דהיינו כמו הרשעים שאף בחייהם קרוים מתים, אם לא יראה מות, כלומר שלא יתבונן במות של אחרים הצדיקים ממנו. וכן אמר הפסוק (שם מט, י) ויחי עוד לנצח, כי יראה חכמים ימותו, כלומר יזכו לחיים הנצחיים כשיראה ויתבונן במיתת החכמים, ויראה ויתפחד ויחשוב, אם בארזים נפלו שלהבת מה יעשו אזובי הקיר, ואז יתאונן אדם החי ויגבר על חטאיו, ואיזה גבור הכובש את יצרו (אבות ד, א).

זהו שאמר והחי יתן אל לבו, כלומר יתן אל לבו במה שהוא חי, והצדיק ממנו מת והוא סופד עליו וקובר אותו ובוכה עליו, להיפך היה ראוי להיות לספוד הוא עליו ולקבור הוא אותו ולבכות עליו:

Et c'est à ce sujet que le verset dit (Psaumes 89,49) : Quel est l'homme qui vivra et ne verra pas la mort. C'est difficile : qui donc voit sa propre mort, puisque ses yeux sont déjà fermés ?

Mais voici le sens : quel est l'homme qui vivra sans être comme un mort, c'est-à-dire comme les méchants qui, même de leur vivant, sont appelés morts, s'il ne voit pas la mort, autrement dit s'il ne médite pas sur la mort d'autres plus justes que lui. De même le verset dit (ibid.

49,10) : Il vivra encore à jamais, car il verra que les sages meurent, c'est-à-dire qu'il méritera la vie éternelle lorsqu'il verra et méditera la mort des sages, qu'il verra, sera saisi de crainte et se dira : si la flamme est tombée sur les cèdres, que feront les hysopes du mur ? Alors l'homme vivant se lamentera et l'emportera sur ses fautes, et quel est le héros ?

Celui qui maîtrise son penchant (Avot 4,1). C'est ce que dit le verset : et le vivant le mettra dans son cœur, c'est-à-dire qu'il mettra dans son cœur ceci, qu'il est vivant tandis que celui qui est plus juste que lui est mort, et que c'est lui qui fait son éloge funèbre, qui l'enterre et qui pleure sur lui, alors que ce serait le contraire qui conviendrait : que ce soit l'autre qui fasse son éloge, qui l'enterre et qui pleure sur lui.

דוגמא לענין (ב"מ פה, א) העגל שנתחבא תחת צל כנפיו של רבינו הקדוש כי ברח מהשחיטה, ואמה לו רבינו הקדוש זיל כי לכך נוצרת. ונענש רבינו הקדוש על זה.

וקשה הלא רבינו הקדוש דיבר בטוב, כי תכלית הבהמה היא לשחיטה שזה היא מעלה לה שעולה ממדריגת בהמה לאדם הניזון ממנה ומתחזק אבר מול אבר. אלא הענין הוא כך, אמת הדבר הוא בעליית מדריגה, כי כן ברא הקב"ה בעולמו ד' מדריגות והגבוה אוכל את שתחתיו, דהיינו דומם צומח חי מדבר.

הצומח אוכל הדומם, כי הצומח יונק מהעפר, נמצא שב העפר שהוא הדומם למעלת הצומח. אחר כך החי בהמות שדי וכל החיות אוכלים הצומח, ובזה שב הצומח למעלת החי.

ואח"כ האדם המדבר אוכל גם את החי, כי בזה שב החי למעלת האדם המדבר. והני מילי כשיש יתרון להאדם החי, אבל אם הוא בור עם הארץ, (אבות ב, ה) אין בור ירא חטא ולא עם הארץ חסיד, אז נמשל כבהמות נדמה, ומכל שכן כשהוא רשע חוטא אזי אמור יאמר בעל החי מאי חזית דדמך דידך סומק טפי, אדרבה אנא עדיפנא.

וזה המעשה של העגל הנה כי הבעל שלו שרצה לאוכלו היה עם הארץ, על כן היה בורח מהשחיטה. ורבינו הקדוש לא הרגיש בזה:

Un exemple de la chose (Baba Metsia 85a) : le veau qui alla se cacher à l'ombre du pan du vêtement de notre saint maître Rabbi, car il fuyait l'abattage, et notre saint maître lui dit : va, car c'est pour cela que tu as été créé. Et notre saint maître fut puni pour cela.

C'est difficile : n'a-t-il pas parlé à bon droit, puisque la finalité de l'animal est d'être abattu, ce qui constitue pour lui une élévation, car il monte du degré de l'animal à celui de l'homme qui s'en nourrit et qui fortifie membre par membre ? Mais voici la chose.

Il est vrai qu'il y a là une élévation de degré, car ainsi le Saint béni soit-Il a créé dans Son monde quatre degrés, le supérieur mangeant celui qui est en dessous de lui, à savoir l'inerte (domem), le végétal (tsomeah), le vivant (haï) et le parlant (medaber). Le végétal mange l'inerte, car le végétal tête de la terre, et il se trouve que la terre, qui est l'inerte, s'élève au degré du végétal.

Ensuite le vivant, les bêtes des champs et tous les animaux mangent le végétal, et par là le végétal s'élève au degré du vivant. Ensuite l'homme, le parlant, mange aussi le vivant, car par là le vivant s'élève au degré de l'homme parlant.

Mais tout cela vaut lorsque l'homme vivant a une supériorité. En revanche, s'il est un rustre et un ignorant, et il est dit (Avot 2,5) : un rustre ne craint pas la faute et un ignorant n'est pas pieux, alors il est semblable aux bêtes qui périssent, et à plus forte raison lorsqu'il est un méchant qui pèche, car alors l'animal pourra bien dire : qu'as-tu vu pour penser que ton sang est plus rouge ?

Au contraire, moi je vaux mieux. Et dans cette affaire du veau, celui à qui il appartenait et qui voulait le manger était un ignorant, c'est pourquoi il fuyait l'abattage, et notre saint maître ne s'en était pas aperçu.

כן בנדון דידן יתן אל לבו במה שהוא חי וזה הצדיק ממנו מת, ואז יתעורר במאוד. וכענין שפירש רש"י בפסוק (ויקרא י, ג) הוא אשר דבר ה' לאמר בקרובי אקדש ועל פני כל העם אכבד.

לא כמו בדורינו כשרואים מת מוטל לפניו, אזי מתעורר מעט מיעוטא דמיעוטא. וכאשר יסתם הגולל כבר נשכח מלבו.

ואני אומר דרך הלצה, הם מקיימים ועל פני כל העם אכבד, כלומר כל זמן שהמת מוטל לפני העם אזי אכבד ויש קצת התעוררות. לא כן, רק ישים תמיד בלבו בראותו דור הולך ודור בא והמיתה היא תמידית, זה ישים תמיד נגד עיניו, ויחשוב אם לא עכשיו אימתי אולי ימות פתע פתאום, כי מה יתרון יש לו במה שהוא חי.

ועל זה תנן (אבות ב, י) שוב יום אחד לפני מיתתך, ובזה יהיה כל ימיו בתשובה:

De même dans notre cas, qu'il mette dans son cœur ceci, qu'il est vivant tandis que ce juste plus grand que lui est mort, et alors il s'éveillera puissamment. C'est dans le sens de ce qu'a expliqué Rachi sur le verset (Lévitique 10,3) : C'est ce dont a parlé le Nom en disant : par ceux qui Me sont proches Je serai sanctifié et devant tout le peuple Je serai honoré.

Il n'en va pas comme dans notre génération, où, lorsqu'on voit un mort étendu devant soi, on ne s'éveille qu'un tout petit peu, et dès que la pierre du tombeau est refermée la chose est déjà oubliée du cœur. Et je dis par manière de boutade : ils accomplissent le verset devant tout le peuple Je serai honoré, c'est-à-dire que tant que le mort est étendu devant le peuple, alors Je serai honoré et il y a un peu d'éveil.

Il n'en est pas ainsi : il faut au contraire qu'il place toujours dans son cœur, en voyant qu'une génération s'en va et qu'une génération vient et que la mort est permanente, qu'il place toujours cela devant ses yeux, et qu'il se dise : si ce n'est maintenant, quand ? Peut-être mourra-t-il soudainement, car quel avantage a-t-il en ceci qu'il est vivant.

Et c'est à ce sujet que nous avons appris (Avot 2,10) : repens-toi un jour avant ta mort, et ainsi il sera tous ses jours dans la techouva.

בפרק השואל (שבת קנג, א) אחים לי בהספדאי דהתם קאימנא. יש לפרש על דרך שאמרו רז"ל (עי' אבת רבתי ג, ו) הסופד על המת לא ימעט משבחו, גם לא ירבה בשבחו הרבה יותר ממה שיש בו, כי אדרבה בזה גורם להזכיר עון המת.

על זה אומר תספיד עלי באותן שבחים דהתם קאימנא, כלומר שאני עומד בהם אשר קיימתים בחיי:

Dans le chapitre HaChoel (Chabbat 153a) : échauffez-vous pour moi dans mon éloge funèbre, car je me tiendrai là. On peut l'expliquer dans le sens de ce qu'ont dit nos maîtres (voir Evel Rabbati 3,6) : celui qui fait l'éloge d'un mort ne doit pas diminuer sa louange, et il ne doit pas non plus multiplier ses louanges bien au-delà de ce qui était réellement en lui, car au contraire il provoque par là que l'on rappelle la faute du mort.

C'est à ce sujet qu'il dit : fais mon éloge avec ces louanges-là dont je me tiendrai là, c'est-à-dire celles auxquelles je me tiens, que j'ai accomplies de mon vivant.

ועל דרך זה נוכל לומר הא דתנן (אבות א, יז) לא מצאתי לגוף טוב אלא שתיקה כו', וכל המרבה דברים מביא חטא. קשה, למה אמר לשון לגוף, הוה ליה למימר לאדם.

אלא רומז להמת שאז הוא גוף בלא נשמה, ואז שתיקותו יפה מדיבורו להרבות בשבחים שאין בו, כי בזה מביא חטא עליו, על כן צריך ליזהר:

Et de la même façon nous pouvons expliquer ce que nous avons appris (Avot 1,17) : je n'ai rien trouvé de meilleur pour le corps que le silence, etc., et quiconque multiplie les paroles amène la faute. C'est difficile : pourquoi a-t-il employé le terme pour le corps ?

Il aurait dû dire pour l'homme. Mais il fait allusion au mort, qui est alors un corps sans nechama, et alors son silence vaut mieux que la parole qui multiplierait à son sujet des louanges qui ne sont pas en lui, car par là on amène sur lui la faute.

C'est pourquoi il faut y prendre garde.

בפרק קמא דגיטין (ז, א), א"ל ריש גלותא לרב הונא כלילא, מנלן דאסור. א"ל מדרבנן, דתנן בפולמוס של אספסיינוס גזרו על עטרות חתנים ועל האירוס.

אדהכי קם רב הונא לאפנויי, א"ל רב חסדא קרא כתיב (יחזקאל כא, לא) כה אמר ה' הסר המצנפת והרם העטרה זאת לא זאת השפל הגבוה והגבוה השפיל. וכי מה ענין מצנפת אצל עטרה.

אלא לומר לך, בזמן שמצנפת בראש כהן גדול, עטרה בראש כל אדם. נסתלק מצנפת מראש כהן גדול, נסתלקה עטרה מראש כל אדם.

אדהכי אתא רב הונא, אשכחינהו דהוו יתבי, א"ל הא-להים מדרבנן, אלא חסדא שמך וחסדאין מילך, עד כאן:

Au premier chapitre de Guitin (7a) : l'exilarque dit à Rav Houna, la couronne (kelila), d'où savons-nous qu'elle est interdite ? Il lui répondit : d'ordre rabbinique, car nous avons appris que lors de la guerre de Vespasien ils ont décrété contre les couronnes des mariés et contre le tambourin (irous).

Sur ces entrefaites Rav Houna se leva pour s'écarter un instant. Rav Hisda lui dit : c'est un verset qui est écrit (Ezechiel 21,31) : ainsi a dit le Nom, ôte la mitre et enlève la couronne, ceci ne sera plus ceci, abaisse ce qui est haut et élève ce qui est bas.

Or quel rapport y a-t-il entre la mitre et la couronne ? C'est pour t'enseigner que tant que la mitre est sur la tête du kohen gadol (le grand prêtre), la couronne est sur la tête de tout homme, et dès lors que la mitre est ôtée de la tête du kohen gadol, la couronne est ôtée de la tête de tout homme.

Sur ces entrefaites Rav Houna revint et les trouva assis. Il leur dit : par Dieu, c'est bien d'ordre rabbinique ; mais Hisda est ton nom et gracieuses sont tes paroles.

Jusqu'ici.

וקשה איך הבין רב הונא המשנה, כי הוא אמר קרא כתיב, ובמשנה אמרו שבפולמוס אספסיינוס גזרו. עוד קשה, למה נקיט כהן גדול דוקא, והתורה כתבו דאותה של כהן הדיוט קרויה מגבעות, כדכתיב (עי' שמות כח, מ) ועשית להם מגבעות.

ומפרש ריב"א (גיטין שם תוד"ה בזמן) משום דלכהן הדיוט לא היה ציץ והיתה גדולה קרויה מגבעות, אבל של כהן גדול היתה קטנה וקרויה מצנפת. מיהו אומר ר"י, דאשכחן בלשון תלמוד דקרי נמי מצנפת לשל הדיוט, בפרק אמר להם הממונה (יומא כה, א) דאמר נוטל מצנפתו של אחד מהן.

ואפילו היו שוות, נקט הכא בראש כהן גדול לפי שאין איסור אלא לחתנים כדמפרש כעין כהן גדול שהוא ראש ושר בישראל, עד כאן לשונם. עוד קשה, איך אמר רב הונא לר"ח חסדאין מילך, והוא לא סבירא ליה כן:

Et c'est difficile : comment Rav Houna a-t-il compris la michna ? Car l'autre a dit, c'est un verset qui est écrit, alors que dans la michna ils ont dit que c'est lors de la guerre de Vespasien qu'ils ont décrété.

Autre difficulté : pourquoi a-t-il pris précisément le kohen gadol, alors que la Torah écrit que celle du kohen ordinaire s'appelle migbaot, des bonnets, comme il est écrit (voir Exode 28,40) : et tu leur feras des bonnets. Le Riva explique (Guitin, là-bas, Tossefot début bizman) que c'est parce que le kohen ordinaire n'avait pas de tsits, la plaque frontale, et que la sienne était grande et s'appelait migbaat, tandis que celle du kohen gadol était petite et s'appelait mitsnefet, la mitre.

Toutefois le Ri dit que l'on trouve dans la langue du Talmud que l'on appelle aussi mitsnefet celle du kohen ordinaire, au chapitre Amar lahem hamemouné (Yoma 25a), où il est dit qu'il prend la mitsnefet de l'un d'eux. Et même si elles étaient identiques, il a pris ici sur la tête du kohen gadol, parce que l'interdiction ne porte que sur les mariés, comme il l'explique, à l'instar du kohen gadol qui est tête et prince en Israël.

Jusqu'ici leurs paroles. Autre difficulté : comment Rav Houna a-t-il pu dire à Rav Hisda que gracieuses sont tes paroles, alors que lui-même n'était pas de cet avis ?

הנה דברי ריש גלותא יש להבין על שני דרכים, אם כפשוטן כלילא מנלן דאסור משום החורבן. או יש בהם רמז על תלמיד חכם שמיתתו גם כן כחורבן הבית ומחויבין להתאבל עליו כל ישראל.

והיה מקובל הריש גלותא דאז כלילא אסור לכולי עלמא בימי הספידו ואבלו, מה שאין כן כלילא דאסור מחמת חורבן הבית אינו אסור אלא לחתן דוקא, כמו שכתבו התוספות, וכמבואר בטור אורח חיים סימן תק"ס שלא אסרו אלא כשיש ריבוי שמחה. וטעם איסור כלילא באבל תלמיד חכם לכולי עלמא, משום שעליו נאמר (איכה ה, טז) נפלה עטרת ראשינו וגו', ורז"ל אמרו (ברכות יז, א) צדיקים יושבים ועטרותיהן בראשיהן וכו'.

וכבר נודע שהנשמה בבואה לזה העולם היא ערומה, והאדם מלביש אותה במעשיו בצאתה מגופו. אם הוא חוטא, אז מלבישה בבגדים צואים הנעשים מהעבירות.

ואם הוא צדיק, מלבישה בבגדי כבוד הנארגין ממעשי המצות, והם סוד בגדי תלמידי חכמים. ומגודל המצות ופנימיותה נעשים עטרות, וכל צדיק משים עטרה על ראשו אותה העטרה הנעשית מגודל מצותיו.

זהו שאמרו ועטרותיהן, ולא ועטרות, רק עטרותיהן שעשו בעצמם. והתלמיד חכם נקרא כהן גדול כאמרו רז"ל (מנחות קי, א) כל העוסק בתורה כאלו הקריב כל הקרבנות שבעולם, שנאמר (ויקרא ז, לז) זאת התורה לעולה ולמנחה וגו'.

הרי תלמיד חכם הוא כהן וקוראהו כהן גדול, כי מעלת הלימוד היא אפי' יותר ממעלות כהונה גדולה כמו שאמרו רז"ל (הוריות יג, א) תלמיד חכם ממזר קודם כהן גדול עם הארץ, וכהן גדול שלמעלה מיכאל מקריב נשמתו, על כן כשמת רבי בטלה הכהונה כו'. כך הוא טעם האיסור, מכל מקום שאל מנלן לנו:

Voici que les paroles de l'exilarque peuvent se comprendre de deux façons. Ou bien selon leur sens simple : la couronne, d'où savons-nous qu'elle est interdite, en raison de la destruction du Temple ?

Ou bien elles contiennent une allusion au talmid 'hakham, le sage de la Torah, dont la mort est elle aussi comme la destruction du Temple et sur lequel tout Israël est tenu de porter le deuil. Et l'exilarque tenait par tradition que, dans ce cas, la couronne est interdite à tous durant les jours de son éloge funèbre et de son deuil, tandis que la couronne interdite en raison de la destruction du Temple n'est interdite qu'au marié précisément, comme l'ont écrit les Tossefot, et comme cela est expliqué dans le Tour, Orah Haim, section 560, qu'ils n'ont interdit que là où il y a une grande joie.

Et la raison pour laquelle la couronne est interdite à tous lors du deuil d'un talmid 'hakham, c'est qu'à son sujet il est dit (Lamentations 5,16) : la couronne de notre tête est tombée, etc., et nos maîtres ont dit (Berakhot 17a) : les justes sont assis et leurs couronnes sur leurs têtes, etc. Et il est déjà connu que la nechama, lorsqu'elle vient en ce monde, est nue, et que l'homme la revêt par ses actes lorsqu'elle sort de son corps.

S'il est pécheur, il la revêt alors de vêtements souillés faits des transgressions ; et s'il est un tsadik, il la revêt de vêtements d'honneur tissés des actes des mitsvot, et tel est le secret des vêtements des sages. Et de la grandeur des mitsvot et de leur intériorité se font des couronnes, et chaque tsadik pose sur sa tête cette couronne faite de la grandeur de ses mitsvot.

C'est ce qu'ils ont dit : leurs couronnes, et non pas des couronnes, mais seulement leurs couronnes, celles qu'ils ont faites eux-mêmes. Et le talmid 'hakham est appelé kohen gadol, comme l'ont dit nos maîtres (Menahot 110a) : quiconque s'occupe de Torah, c'est comme s'il avait offert tous les sacrifices du monde, il est dit (Lévitique 7,37) : voici la Torah pour l'holocauste et pour l'oblation, etc.

Voici donc que le talmid 'hakham est kohen, et il l'appelle kohen gadol, car le mérite de l'étude est même supérieur au mérite de la grande prêtrise, comme l'ont dit nos maîtres (Horayot 13a) : un talmid 'hakham mamzer, né d'une union interdite, passe avant un kohen gadol ignorant ; et le kohen gadol d'en haut, Mikhael, offre son âme, c'est pourquoi lorsque Rabbi mourut la prêtrise cessa, etc. Telle est donc la raison de l'interdiction ; toutefois il demandait, d'où l'apprenons-nous ?

ואז יתבאר המאמר. רב הונא הבין דברי ריש גלותא כפשוטו, איסור כלילא מחמת חורבן הבית.

והשיב לו כפשוטו, דתנן וכו'. רב חסדא הבין דברי ריש גלותא על תלמיד חכם שמיתתו כחרבן הבית, ועליו אומר ג"כ נפלה עטרת ראשינו אשר בעבור זה יש טעם כלילא לאסור, מכל מקום שואל מנלן, היכן רמיזא.

הביא על זה הפסוק הסר מצנפת וכו', כי שקולה מיתת צדיקים כשריפת בית אלקינו והוא ככהן גדול שהיה מצנפת בראשו, כדברי ריב"א. ומה שמקשה ר"י מלשון הגמרא דפרק אמה להם הממונה כו', אינו קושיא, לשון חכמים לחוד ולשון תורה לחוד:

Et alors le passage s'explique. Rav Houna a compris les paroles de l'exilarque selon leur sens simple, l'interdiction de la couronne en raison de la destruction du Temple, et il lui a répondu selon le sens simple, car nous avons appris, etc.

Rav Hisda, lui, a compris les paroles de l'exilarque comme portant sur le talmid 'hakham dont la mort est comme la destruction du Temple, et au sujet duquel il est dit lui aussi, la couronne de notre tête est tombée, ce qui fournit une raison d'interdire la couronne ; toutefois il demandait, d'où cela, et où en est-il fait allusion ? Il a apporté à ce sujet le verset, ôte la mitre, etc., car la mort des justes pèse autant que l'incendie de la maison de notre Dieu, et le talmid 'hakham est comme un kohen gadol qui avait la mitre sur la tête, selon les paroles du Riva.

Quant à la difficulté que soulève le Ri à partir de la langue de la Guemara du chapitre Amar lahem hamemouné, etc., ce n'est pas une difficulté : la langue des sages est une chose et la langue de la Torah en est une autre.

אך יש קושיא על ריב"א על הקרא, מאי טעמא באמת הזכיר הקרא מצנפת הרומז לכהן גדול, יאמר מגבעות והיה די ג"כ בזה לומר כל זמן שהמגבעות על הכהנים כו'. על כן בדרך הפשט כאשר הבין רב הונא, אז צריכין לומר כפירוש ר"י שהחתן דומה לכהן גדול.

ולפי הדרך הנסתר שהבין ר"ח, אזי אסור לכולי עלמא, וצריכים לומר כפירוש ריב"א. והזכיר הקרא ג"כ, כי התלמיד חכם הוא כהן גדול, וכשהוא בעולם הזה אז (ויקרא טז, ד) מצנפת בד קודש יצנוף ככהן גדול, ומצנפת נראה קטנה, אמנם לאחר מותה נעשית עטרה גדולה וכמו שאמרו עטרותיהן בראשיהן.

נמצא דברי רב הונא ודברי רב חסדא שניהם אמיתיים, אלו ואלו דברי א-להים חיים. דברי רב הונא הם לפי פשטן של דברים, ודברי רב חסדא הם לפי רמיזתן.

ולאחר ששמע רב הונא דברי רב חסדא והבין רמיזותיו, אמר הא-להים, כלומר אמת מה שאתה אומר, כי אני מבין דבריך שאתה מדבר מדרבנן, כלומר ממיתת החכמים ובזה חסדאין מי לךהגה"האמר המגיה, ענין פשט של כלילא יש לחוש שיש בו חסרון טעות סופר, ויראתי מלשלוח יד כי כן נצטויתי מן אדוני אבי זצ"ל שלא לשנות, ומכל שכן כי גם עלי יש דרך טוב וישר מה שחידשתי בפשט הזה שלא לעמוד בצידו בלי רשותו::

Mais il y a une difficulté sur le Riva à partir du verset : pour quelle raison, en vérité, le verset a-t-il mentionné la mitre, qui fait allusion au kohen gadol ? Qu'il dise les bonnets, cela aurait suffi également pour dire, tant que les bonnets sont sur la tête des kohanim, etc.

C'est pourquoi, selon la voie du sens simple, telle que l'a comprise Rav Houna, il faut dire comme l'explication du Ri, que le marié ressemble au kohen gadol. Et selon la voie cachée qu'a comprise Rav Hisda, c'est alors interdit à tous, et il faut dire comme l'explication du Riva.

Et le verset l'a mentionné aussi parce que le talmid 'hakham est un kohen gadol : lorsqu'il est en ce monde, alors (Lévitique 16,4) d'une mitre de lin sacrée il se coiffera, comme le kohen gadol, et la mitre paraît petite ; mais après sa mort elle devient une grande couronne, comme ils ont dit, leurs couronnes sur leurs têtes. Il se trouve que les paroles de Rav Houna et les paroles de Rav Hisda sont toutes deux vraies, les unes et les autres sont paroles du Dieu vivant.

Les paroles de Rav Houna sont selon le sens simple des choses, et les paroles de Rav Hisda sont selon leur allusion. Et après que Rav Houna eut entendu les paroles de Rav Hisda et compris ses allusions, il dit : par Dieu, c'est-à-dire, vrai est ce que tu dis, car je comprends tes paroles, que tu parles d'ordre rabbinique, c'est-à-dire de la mort des sages, et en cela gracieuses sont tes paroles.

Glose : dit le correcteur, quant au sens simple de l'affaire de la couronne, il y a lieu de craindre qu'il ne s'y trouve une erreur de copiste, et j'ai craint d'y porter la main, car il m'a été ainsi ordonné par mon seigneur mon père, que son souvenir soit une bénédiction, de ne rien changer ; et à plus forte raison parce que moi aussi j'ai une voie bonne et droite, une explication nouvelle que j'ai trouvée dans ce sens simple, que je ne veux pas placer à côté de la sienne sans sa permission.

וכי יהיה באיש חטא משפט מות ותלית אותו על עץ (דברים כא, כב). בתקונים פירש זה הפסוק על מיתת צדיק, זהו כי יהיה באיש, אין איש אלא חשוב.

ואמר ותלית על עץ, כלומר לא תחשוב שיהא בן מות, רק מצד שכל אדם מוכרח למות מסיבת עץ שאכל ממנו אדם הראשון וגרם מיתה לעולם:

Lorsqu'il y aura chez un homme une faute passible de mort et qu'on l'aura pendu à un arbre (Deutéronome 21,22). Dans les Tikounim, ce verset est expliqué au sujet de la mort du tsadik.

C'est le sens de lorsqu'il y aura chez un homme (ich), car le mot ich ne désigne qu'un personnage important. Et il dit, et tu le pendras à un arbre, c'est-à-dire : ne pense pas qu'il soit passible de mort, mais seulement du fait que tout homme est contraint de mourir à cause de l'arbre dont Adam a mangé et qui a entraîné la mort dans le monde.

בזוהר פרשת פנחס (ח"ג ריח, א) האריך מאוד, ואמר שכנסת ישראל הם כולם כאיש אחד, כמו שאבריו של אדם הם רבים ומתייחדים ונעשים איש אחד, וכשאבר אחד נלקה אז מרגישים כל האברים. כן הם ישראל ערבים זה בזה ומתייחדים, וכמו כשיש מרעין בגופו של אדם אזי מלקין הזרוע דהיינו הקזת הדם וכולן מתרפאים, כך בישראל הם חוטאים אז לוקח הקב"ה הזרוע של ישראל שהוא הצדיק וממית אותו, ומיתת הצדיק מכפר:

Dans le Zohar, paracha Pinhas (III, 218a), il s'étend longuement et dit que l'ensemble d'Israël est tout entier comme un seul homme : de même que les membres d'un homme sont nombreux, qu'ils s'unissent et forment un seul homme, et que lorsqu'un membre est atteint tous les membres le ressentent, ainsi en est-il d'Israël, qui sont garants les uns des autres et s'unissent. Et de même que, lorsqu'il y a des maux dans le corps d'un homme, on frappe le bras, c'est-à-dire que l'on pratique une saignée, et tous les membres sont guéris, ainsi en Israël : lorsqu'ils pèchent, le Saint béni soit-Il prend le bras d'Israël, qui est le tsadik, et le fait mourir, et la mort du tsadik expie.

על זה אומר על הא דאיתא בפרק ואלו מגלחין (מו"ק כח, א) רבא אתחזי לרב סעורם אחוהי, ושאלו על מיתתו. והשיב לו, כריבדא דכוסילתא.

הענין, רב סעורם שאלו מחמת איזה חטא מת. והשיב, שלא מת רק כדי לכפר על ישראל כריבדא דכוסילתא המוזכר בזוהר.

ועל זה רמז (ויקרא א, ה) והקריבו בני אהרן הכהנים את הדם, תלמיד חכם הוא שפתי כהן ישמרו דעת ותורה יבקשו מפיהו (מלאכי ב, ז), וכהן גדול של מעלה מקריב אותו, והוא הדם אשר בו נתכפרו ישראל כריבדא דכוסילתא אסוותא לכל הגוף:

C'est à ce sujet qu'il parle à propos de ce qui est rapporté au chapitre Veelou mégualhin (Moed Katan 28a) : Rava apparut à Rav Séorim son frère, et celui-ci l'interrogea sur sa mort ; il lui répondit, comme la piqûre de la lancette du saigneur. Voici la chose : Rav Séorim lui demandait pour quelle faute il était mort, et il répondit qu'il n'était mort que pour expier pour Israël, comme la piqûre de la lancette mentionnée dans le Zohar.

Et c'est ce à quoi il est fait allusion (Lévitique 1,5) : et les fils d'Aaron, les kohanim, offriront le sang. Le talmid 'hakham est celui dont il est dit, les lèvres du kohen garderont la connaissance et l'on recherchera la Torah de sa bouche (Malachie 2,7), et le kohen gadol d'en haut l'offre, et il est le sang par lequel Israël a été expié, comme la piqûre de la lancette qui est un remède pour tout le corps.

במדרש רבה (כ, יב) אמר רבי חייא בר אבא, באחד בניסן מתו בניו של אהרן. ולמה הזכיר מיתתן ביום הכפורים, אלא מלמד שכשם שיוה"כ מכפר, כך מיתתן של צדיקים מכפרת.

ומנין שיום הכפורים מכפר, שנאמר (ויקרא טז, ל) כי ביום הזה יכפר עליכם לטהר אתכם וגו'. ומנין שמיתתן של צדיקים מכפרת, דכתיב (ש"ב כא, יד) ויקברו את עצמות שאול, וכתיב (שם) ויעתר א-להים לארץ אחרי כן, עד כאן לשונו:

Dans le Midrach Rabba (20,12) : Rabbi Hiya bar Abba a dit, c'est le premier nissan que sont morts les fils d'Aaron. Et pourquoi mentionne-t-on leur mort à Kippour ?

Cela enseigne que, de même que Kippour expie, ainsi la mort des justes expie. Et d'où savons-nous que Kippour expie ?

Il est dit (Lévitique 16,30) : car en ce jour il expiera pour vous afin de vous purifier, etc. Et d'où savons-nous que la mort des justes expie ?

Il est écrit (II Samuel 21,14) : et ils enterrèrent les ossements de Chaoul, et il est écrit (ibid.) : et Dieu se laissa fléchir pour le pays après cela. Jusqu'ici ses paroles.

יש להקשות במה שאמר ומנין שיוה"כ מכפר, הלא קורא אותו בשם כפורים, ואיך אומר מנין שמכפר. עוד קשה, מאחר שלמד מיתת צדיקים שמכפרת מדהזכיר מיתתן ביום הכפורים, א"כ מה זה שאמר אחר כך ומנין שמיתת צדיקים מכפרת:

Il y a lieu d'objecter sur ce qu'il dit, et d'où savons-nous que Kippour expie : ne l'appelle-t-il pas du nom même de Kippourim, les expiations ? Comment peut-il donc dire, d'où savons-nous qu'il expie ?

Autre difficulté : puisqu'il apprend que la mort des justes expie du fait que l'on mentionne leur mort à Kippour, alors que signifie ce qu'il dit ensuite, et d'où savons-nous que la mort des justes expie ?

ענין הספידא יקרא דשכבי או יקרא דחיי שהזכירו רז"ל (סנהדרין מו, ב), אף שהדברים כפשוטן על הכבוד המדומה, מכל מקום רומזים לכבוד האמתי הוא כבוד הנשמה שמחמת ההפסד יתעוררו העם לעשות תשובה כמו שנבאר, ואז תהיה נשמת המת זוכה והוא יקרא דשכבי, כי הוא מזכה אחריני המתעוררים לתשובה וזהו יקרא דחיי, ותכלית ההספד ומצותו הוא שיתעוררו בתשובה כמו שכתב רש"י בפסוק (שמות כט, מג) ונקדש בכבודי, כשהקב"ה עושה דין ביריאיו כו':

Quant à la question de l'éloge funèbre, s'il est un honneur pour les morts ou un honneur pour les vivants, que nos maîtres ont mentionnée (Sanhédrin 46b), bien que les choses se prennent selon leur sens simple, portant sur l'honneur illusoire, elles font néanmoins allusion à l'honneur véritable, qui est l'honneur de la nechama : du fait de la perte, le peuple s'éveillera à faire techouva, comme nous l'expliquerons, et alors la nechama du mort en sera méritante, et c'est là l'honneur des morts, car il rend méritants d'autres qui s'éveillent à la techouva, et c'est là l'honneur des vivants. Et la finalité de l'éloge funèbre et de sa mitsva est qu'ils s'éveillent à la techouva, comme l'a écrit Rachi sur le verset (Exode 29,43) : et il sera sanctifié par Ma gloire, lorsque le Saint béni soit-Il exerce Son jugement sur ceux qui Le craignent, etc.

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