שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Taanit, Torah Ohr (9/16)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

« Aux saules qui sont en son milieu nous avons suspendu nos harpes » (Tehilim 137,2) : au sens simple, ils les ont suspendues aux saules ; le poète liturgique de Souccot y voit les impies, sans goût ni parfum. Selon le Chla, « aravim » désigne aussi les garants : tout Israël sont garants les uns des autres, et celui qui peut protester et ne proteste pas en répond. Il rapporte du Midrach Tehilim qu'au don de la Torah, le Saint béni soit-Il a pris les petits enfants pour garants de leurs pères. À Babel on a pleuré cette garantie, saisis pour les fautes d'autrui, et les geôliers ont demandé des paroles de chant.

Aussi : les aravim comme erev rav et la harpe de David pour le veau d'or ; le deuil de Jérusalem et de la Che'hina qui mène à la techouva ; les tsadikim comme sanctuaires, leur disparition étant une troisième destruction

על ערבים בתוכה תלינו כנורותינו, הוא כפשוטו, שתלו הכינורות על ערבי נחל. אבל רמזו בזה רמזים מה שנתקיים (עי' איוב ל, לא) והיה כנורי לאבל תלו בהערבים.

הנה הפייטן דסוכות מפרש ד' מיני כתות אדם בישראל, וערבי נחל הם הרשעים שאין בהם טעם וריח. ואחר כך רמז שנית, ואם תאמר למה ימותו צדיקים עם רשעים, על ערבים בתוכה כו', כי כל ישראל ערבים זה בזה, ומי שיש בידו למחות כו' (ע"ז יח, א):

'Aux saules qui sont en son milieu nous avons suspendu nos harpes' (Psaumes 137,2) : cela s'entend au sens simple, qu'ils ont suspendu les harpes aux saules du torrent. Mais ils ont fait la des allusions à ce qui s'est accompli (voir Job 30,31) 'et ma harpe est devenue deuil' - ils l'ont suspendue aux saules.

Or le payetan (poète liturgique) de Souccot explique quatre catégories d'hommes en Israël, et les saules du torrent sont les impies, qui n'ont ni goût ni parfum. Puis il a fait une seconde allusion : et si tu demandes pourquoi les tsadikim meurent avec les impies, [la réponse est] 'sur les aravim qui sont en son milieu' etc., car en hébreu le même mot désigne les saules et les garants, et tout Israël sont garants les uns des autres, et celui qui a le pouvoir de protester et ne proteste pas etc.

(Avoda Zara 18a).

אי נמי, רומז להא דאיתא במדרש תהלים (ח, ד), בני אם ערבת לרעך בישראל (משלי ו, א), הכתוב מדבר בשעת מתן תורה, אמר הקב"ה לישראל, תנו לי ערבים שתקיימו את התורה. אמרו לו, הרי אבות ערבים בנו.

אמר להם הקב"ה, חייבים הם לי ולואי שיעמדו בעצמן. משל כו', לא את אבותינו כרת ברית (דברים ה, ג).

הביאו לי מי שאינו חייב לי, התינוקות. מיד הביאו התינוקות מדדי אמותיהן, ומעוברת שלהן עמדה כריסן כמראה זכוכית וראו להקב"ה.

אמר להם הקב"ה, ערבים אתם על אבותיכם שאם אינן מקיימין את התורה אתם נתפסים עליהם. אמרו, הן כו' מפי עוללים ויונקים יסדת עוז כו' (תהלים ח, ג).

ותשכח תורת אלקיך אשכח בניך גם אני (הושע ד, ו). מהו גם אני, מצטער אני עליהם שהם מחסירים עצמם ואינן מקיימים את התורה.

דבר אחר, א"ר חייא כביכול אף אני משתכח שיהיו התינוקות מברכין אותי, שנאמר גם אני כו', עד פתחו אלו ואלו ואמרו שירה, הדא הוא דכתיב מפי עוללים ויונקים יסדת עוז. על זה בא הרמז בבואם לבבל ששם החרש והמסגר כדאיתא בפרק אחד דיני ממונות (סנהדרין לח, א), צדקה עשה הקב"ה עם ישראל שהקדים גלות צדקיה, ועוד גלות יכניה קיימת כו' כי הם היו בעלי תורה, ואז זכרו ג"כ בבני ציון היקרים ובכו הרבה בכה על הערבות אשר נתפס בעונם, ותחת שפתחו ואמרו שירה כדלעיל, גרם החטא כי שם שאלונו שובינו דברי שיר:

Ou encore, cela renvoie à ce qui est rapporté dans le Midrach Tehilim (8,4) : 'Mon fils, si tu t'es porté garant pour ton prochain' (Proverbes 6,1) - le verset parle du moment du don de la Torah. Le Saint béni soit-Il dit à Israël : donnez-Moi des garants attestant que vous accomplirez la Torah.

Ils Lui dirent : voici que les pères sont nos garants. Le Saint béni soit-Il leur dit : ils Me sont eux-mêmes redevables, et plût au Ciel qu'ils tiennent debout pour eux-mêmes.

Parabole etc. 'Ce n'est pas avec nos pères que l'Éternel a conclu cette alliance' (Deutéronome 5,3). Amenez-Moi celui qui ne M'est pas redevable : les petits enfants.

Aussitôt ils amenèrent les nourrissons du sein de leurs mères, et le ventre de leurs femmes enceintes devint transparent comme du verre, et ils virent le Saint béni soit-Il. Le Saint béni soit-Il leur dit : vous êtes garants pour vos pères ; s'ils n'accomplissent pas la Torah, c'est vous qui en répondrez.

Ils dirent : oui, etc. 'De la bouche des enfants et des nourrissons Tu as fondé la force' etc. (Psaumes 8,3). 'Tu as oublié la Torah de ton Dieu, Moi aussi J'oublierai tes fils' (Osée 4,6).

Que signifie 'Moi aussi' ? Je souffre pour eux, car ils se privent eux-mêmes et n'accomplissent pas la Torah.

Autre explication : Rabbi Hiya a dit, pour ainsi dire, Moi aussi Je suis oublié, en ce que les enfants ne Me bénissent plus, comme il est dit 'Moi aussi' etc., jusqu'à : les uns et les autres ouvrirent la bouche et dirent un chant, et c'est ce qui est écrit 'De la bouche des enfants et des nourrissons Tu as fondé la force'. C'est à cela que se rapporte l'allusion lors de leur venue à Babel, où se trouvaient 'le charpentier et le forgeron', comme il est rapporté au chapitre Ehad dinei mamonot (Sanhédrin 38a) : le Saint béni soit-Il a fait une faveur à Israël en avançant l'exil de Tsidkiyahou alors que l'exil de Yekhonia subsistait encore etc., car ceux-là étaient des maîtres en Torah ; et alors ils se souvinrent aussi des fils de Sion, les précieux, et l'on pleura beaucoup - on pleura sur la garantie mutuelle du fait de laquelle on avait été saisi pour leurs fautes ; et au lieu qu'ils ouvrent la bouche et disent un chant comme plus haut, la faute fit que 'là nos geôliers nous demandaient des paroles de chant'.

אי נמי, על הערבים ערב רב תלינו כנורותינו, רצה לומר כשהיינו טובים אז היה נשכח פקודת העגל, כי תליית כנור של דוד היה תיקון לזה כאשר הארכתי בהג"ה בעמק ברכה. ואני המגיה כתבתי ענין הכנור לקמן במסכת סוכה, ועיין שם שייך לכאן.

ועתה כי גלינו לבבל, בא יום פקודה ובכינו על זה כי שם שאלונו כו', דכתיב דברי שיר:

Ou encore : 'sur les aravim' - c'est le erev rav (la multitude mêlée sortie d'Égypte) - 'nous avons suspendu nos harpes'. C'est-à-dire : quand nous étions bons, le compte de la faute du veau d'or était alors oublié, car la suspension de la harpe de David était une réparation pour cela, comme je l'ai développé dans une glose dans Emek Berakha.

Et moi, le correcteur, j'ai écrit le sujet de la harpe plus loin dans le traité Souca ; vois-y, cela se rattache à ici. Mais maintenant que nous avons été exilés à Babel, le jour du compte est venu et nous avons pleuré sur cela, car 'là ils nous demandaient' etc., ainsi qu'il est écrit 'des paroles de chant'.

דברי, דאיתא במדרש שקטעו הלויים אצבעותיהם, על כן לא יוכלו לשאול מהם לשורר ביד. וזהו משיר, מקצת ולא כולו, כי שיר הלוים היה ביד ובפה.

ומה שאמר כי מוסף על מה שאמרו גם בכינו, רצה לומר ריבוי בכיה. והרבו כל כך בבכיה שלא יוכלו לדבר, כי שם כו' ומהם נלמוד אנחנו איך נשיר את שיר ה' כו'.

זמרא מנלן דאסור כו', ועיין כל הסוגיא ברי"ף דברכות, והוכיח הרבה מעניינים כאלה:

'Des paroles' : car il est rapporté dans le midrach que les leviim se sont coupé les doigts, c'est pourquoi on ne pouvait plus leur demander de chanter avec l'instrument. Et c'est le sens de 'une part du chant' : une partie et non la totalité, car le chant des leviim se faisait à la fois avec l'instrument et avec la bouche.

Quant à ce qu'il dit 'nous avons aussi pleuré', c'est en surplus de ce qui a été dit : cela veut dire une abondance de pleurs. Et ils pleurèrent tant qu'ils ne pouvaient plus parler, car 'là' etc.

Et d'eux nous apprenons, nous aussi, 'comment chanterions-nous le chant de l'Éternel' etc. 'D'où savons-nous que la musique est interdite' etc. - vois toute la sougya (discussion talmudique) dans le Rif de Berakhot : il y apporte de nombreuses preuves de ce genre.

אם אשכחך כו', שכחה אמר נגד הגלות הזה הארוך העומד לשכוח אמר לא אשכחך, וכנגד בבל אמר אזכור מיד, על כן בפרשת עמלק הזהירה התורה (דברים כה, יז-יט) זכור כו' ואל תשכח, רצה לומר הן תהיה הגאולה בקירוב או באיחור. על כן התפלל אח"כ אבל אתה ה' זכור מיד לבני אדום, שלא תאריך הגלות:

'Si je t'oublie' etc. : c'est de l'oubli qu'il a parlé face à cet exil-ci, qui est long et risque de faire oublier, et il a dit 'je ne t'oublierai pas' ; et face à Babel il a dit 'je me souviendrai' immédiatement. C'est pourquoi, dans la section d'Amalek, la Torah a averti (Deutéronome 25,17-19) 'souviens-toi' etc. 'et n'oublie pas', c'est-à-dire que la délivrance soit proche ou tardive.

C'est pourquoi il a ensuite prié : 'mais Toi, Éternel, souviens-Toi' immédiatement 'des fils d'Edom', afin que Tu ne prolonges pas l'exil.

אי נמי, אם אשכחך כו' חיוב גדול להתאבל תמיד על ירושלים, דהיינו הכבוד שגלה. וזהו (ישעיה סו, י) שישו וגו' כל המתאבלים עליה, רצה לומר על השכינה.

גם בזכות הדביקות וקדושה שהיה לנו אז, יתעורר לתשובה, כי עתה שנפלה עטרת ראשינו אוי נא לנו כו'. משא"כ בזמן בית המקדש הביאו קרבנות לכפר.

גם יזכור אז היינו טהורים ודבקים בשכינה, ואנחנו עתה טמאים ומרוחקים וסתם תפלתינו, ובחינות אלף כאלה, על דא ודאי בכינו, ומביא לתשובה. והנה כתיב (דברים ו, יב) השמר לך פן תשכח את ה' אלקיך, על זה אמר אם אשכח העונות מלתקנה, תשכח ימיני כו', הימין שהוא לו החביבה דהיינו ימינו של הקב"ה הפשוטה לקבל שבים.

והחורבן השיב אחור ימינו מפני שלא עשו תשובה רק מפני אויב כמו שכתבתי במקום אחר:

Ou encore : 'si je t'oublie' etc. - c'est une grande obligation de porter constamment le deuil de Jérusalem, c'est-à-dire de la gloire qui est partie en exil. Et c'est le sens de (Isaie 66,10) 'réjouissez-vous... vous tous qui portez son deuil', c'est-à-dire le deuil de la Chekhina (la Présence divine).

De plus, par le mérite de l'attachement et de la sainteté que nous avions alors, on s'éveille à la techouva, car maintenant que la couronne de notre tête est tombée, malheur à nous etc. Il n'en allait pas de même du temps du Temple, où l'on apportait des sacrifices pour expier.

Il se souviendra aussi qu'alors nous étions purs et attachés à la Chekhina, tandis que nous sommes maintenant impurs, éloignés, et que notre prière est obstruée, et mille considérations de ce genre : sur cela assurément nous avons pleuré, et cela conduit à la techouva. Or il est écrit (Deutéronome 6,12) 'garde-toi d'oublier l'Éternel ton Dieu' ; à ce propos il a dit : si j'oublie les fautes au point de ne pas les réparer, 'que ma droite m'oublie' etc. - la droite qui Lui est chère, c'est-à-dire la droite du Saint béni soit-Il, tendue pour recevoir ceux qui reviennent.

Et lors de la destruction Il a retiré Sa droite en arrière, parce qu'ils n'ont pas fait techouva sinon à cause de l'ennemi, comme je l'ai écrit ailleurs.

אם לא אזכרכי. זה קאי אשבתות וימים טובים שאינם בעשיית תשובה בפועל, מכל מקום זכרון מקרא קודש לקדש המעשים ולעורר בלב.

ושמחה הם ימים טובים (דברים טז, יד) ושמחת בחגך, וראש המועדים הוא שבת. והנה שכח ה' שבת ומועד, והזכרה זו יתוקן:

'Si je ne me souviens de toi' : cela se rapporte aux Chabbat et aux Yom Tov, où l'on n'accomplit pas de techouva par des actes ; malgré tout, le souvenir de la convocation sainte sert à sanctifier les actes et à éveiller le cœur. Et 'la joie' désigne les Yom Tov, (Deutéronome 16,14) 'et tu te réjouiras en ta fête' ; et la tête des fêtes, c'est Chabbat.

Or l'Éternel a fait oublier Chabbat et fête, et ce souvenir sera réparé.

ואמר תדבק לשוני לחכי, כי החיך טועם, וכתיב (תהלים לה, כח) ולשוני תהגה צדקתך, ורומז על חיוב ברכת המזון, ואז מזכירין ירושלים בראש חודש ויום טוב ושבת בהזכרה דברכת המזון:

Et il a dit 'que ma langue s'attache à mon palais', car c'est le palais qui goûte, et il est écrit (Psaumes 35,28) 'et ma langue redira Ta justice' ; cela fait allusion à l'obligation du birkat hamazon (bénédiction après le repas), car on y mentionne Jérusalem, à Roch Hodech, à Yom Tov et à Chabbat, dans les mentions propres du birkat hamazon.

אי נמי, על ראש שמחתי רומז על פשט איכה יעיב כדכתיב בדרוש חזון התעבה בית המקדש שלמעלה הרוחני והשליחו לארץ. ובית המקדש שלנו נקרא ראש ושמחה.

נקרא ראש, כדכתיב (ישעיה ב, ב) נכון יהיה הר בית ה' בראש ההרים. ושמחתם לפני ה' אלקיך (ויקרא כג, מ), דרשו רז"ל (סוכה מג, א) זהו במקדש שניטל הלולב ז' ימים ואז שמחת בית השואבה.

ועל ירושלים שלמטה אנו מעלים עליה את שלמעלה בהזכרה, שהרי אנו אומרים המעלות ממטה למעלה, זכרוננו וזכרון אבותינו ומשיח וירושלים וזכרון עמך בית ישראל הוא תפארת ישראל המושלך משמים. וכן בשבת ברצה, נחמת ציון ועל גבה בנין ירושלים שלמעלה:

Ou encore : 'au sommet de ma joie' fait allusion au sens simple de 'comment a-t-Il couvert de nuées' (Lamentations 2,1), comme je l'ai écrit dans le derouch de Hazon : Il a rejeté comme abominable le Temple d'en haut, le Temple spirituel, et l'a projeté à terre. Et notre Temple est appelé 'tête' et 'joie'.

Il est appelé 'tête', ainsi qu'il est écrit (Isaie 2,2) 'la montagne de la maison de l'Éternel sera établie au sommet des montagnes'. 'Et vous vous réjouirez devant l'Éternel votre Dieu' (Lévitique 23,40) : nos maîtres ont expliqué (Souca 43a) qu'il s'agit du Temple, où l'on prenait le loulav sept jours, et où avait lieu alors la simhat beit hachoéva (réjouissance du puisement de l'eau). Et sur la Jérusalem d'en bas nous faisons monter celle d'en haut par la mention, puisque nous énonçons les élévations du bas vers le haut : notre souvenir, le souvenir de nos pères, du machiah et de Jérusalem, et le souvenir de Ton peuple la maison d'Israël - c'est la splendeur d'Israël jetée du ciel.

De même, le Chabbat dans 'Retse', il y a la consolation de Sion et, au-dessus d'elle, la construction de la Jérusalem d'en haut.

זכור ה' לבני אדום כו'. באדום אמר בני, ובבבל אמר בת בבל.

דוגמא לזה באיכה (ב, א. ד, ב) תמצא בת ציון ובני ציון.

אי נמי, כנגד ילידי זנונים דהושע ילדה בת לא רוחמה, וילדה בן לא עמי. הבת נגד גלות בבל.

ומה שכתיב שם (הושע א, ז) ואת בית יהודה ארחם, כן היה בבבל. ובני יכני' אסיר בנו, שנולד בבית האסורין.

שלתיאל, שנשאל אל על אלתו כו', כדאיתא בפרק אחד דיני ממונות (סנהדרין לח, א), ומעשה דבוסתינאה:

'Souviens-Toi, Éternel, des fils d'Edom' etc. À propos d'Edom il dit 'fils', et à propos de Babel il dit 'fille de Babel'.

On trouve un exemple semblable dans Lamentations (2,1 ; 4,2) : 'fille de Sion' et 'fils de Sion'. Ou encore, cela correspond aux enfants de prostitution d'Osée : elle enfanta une fille, Lo-Rouhama, et elle enfanta un fils, Lo-Ami.

La fille correspond à l'exil de Babel. Et ce qui est écrit là (Osée 1,7) 'et j'aurai pitié de la maison de Yehouda', ainsi en fut-il à Babel.

Et parmi les fils de Yekhonia : Assir son fils, qui naquit en prison ; Chaltiel, ainsi nommé parce que Dieu fut sollicité au sujet de Son serment etc., comme il est rapporté au chapitre Ehad dinei mamonot (Sanhédrin 38a), ainsi que l'épisode de Boustanaï.

אי נמי, יש בזה רמז נפלא. רז"ל אמרו (פסחים פז, ב), למה פיזר הקדוש ברוך הוא ישראל בכל העולם, כדי שיתוספו עליהם גרים, כי הקדוש ברוך הוא לחפץ לזכות כל מעשי ידיו, וכמו שאמרו (מגילה י, ב) מעשי ידי טבעו בים.

והנה לאדום יש אחיזה בישראל ויצא מהם צנור גדול עמוד קדושה, ולהם בן שממנו נבנה העולם. משא"כ בבל, והוא כדאיתא בחלק (סנהדרין צו, ב) מבני בניו של סיסרא למדו תורה בירושלים.

מבני בניו של סנחריב למדו תורה ברבים כו'. מבני בניו של המן כו'.

ואף מבניו של אותו רשע בקש הקב"ה להכניסן תחת כנפי השכינה, אמרו מלאכי השרת כו', עד (ירמיה נא, ט) רפינו את בבל ולא נרפתה. והנה מנירון קיסר יצא ר' מאיר שנקרא רבי נהוראי שמאיר עיני חכמים, ובתורתו של ר' מאיר היה כתוב כתנות אור במקום עור.

וזה סוד (תהלים קלז, ז) זכור ה' לבני אדום האומרים ער"ו ער"ו עד היסוד, דהיינו להתם חטאת ולנקות הקליפה מכל וכל. וער"ו אותיות עו"ר, על כן אמר יום ירושלים.

וקשה מה זה שאמר יום. אלא אור יממא הוא כדאיתא ריש פסחים (פסחים ב, א), כי נתהפך לאור.

אבל בבל לא נרפתה לגמרי, אבל רפינו מעט דהיינו תלמוד בבלי. ובפרק זה בורר (סנהדרין כד, א), מאי בבל, א"ר יוחנן בלולה במקרא במשנה בתלמוד.

פירש ר"ת כו' עיין בתוס' (ד"ה בלולה). וידוע תורה שבע"פ סוד נקיבה, ור' מאיר לבלר תורה שבכתב היה סוד זכר.

גם ב"ת למפרע תלמוד בבלי. ולא נרפתה בבל, כדאיתא שם בזה בורר (סנהדרין כד, א) במחשכים הושיבני וגו' (איכה ג, ו), אמר ר' ירמי' זה תלמודא של בבל.

אי נמי, מה שאמר יום ירושלים, רמז כשחטא דוד בבת שבע נעשה פרצה בבית דוד, ויתקן בביאת הגואל. והנה שם כתיב (ש"ב יב, ג) [ו]לרש אין כל כי אם כשבה, כי אנחנו בגלות כשה אחת כו'.

ושם כתיב ואני [אעשה אֶת הַדבָר הַזה נגד כל יִשרָאֵל ו]נגד השמש, כן בחורבן ליטא שמשא והוכרחה להאיר, וזהו יום, תצרף לר"ש עם יו"ם, תמצא ירושלים. אי נמי, בת ובן על דרך שיר ושירה, לאחר גלות אדום זה שיר חדש לשון זכר, אמן:

Ou encore, il y a là une allusion admirable. Nos maîtres ont dit (Pessahim 87b) : pourquoi le Saint béni soit-Il a-t-Il dispersé Israël dans le monde entier ?

Afin que des convertis se joignent à eux ; car le Saint béni soit-Il désire donner du mérite à toutes les œuvres de Ses mains, comme ils ont dit (Meguila 10b) 'les œuvres de Mes mains se noient dans la mer'. Or Edom a une prise en Israël, et il en est sorti un grand canal, une colonne de sainteté, et ils ont un fils par lequel le monde à été bâti.

Il n'en va pas de même de Babel. Et c'est ce qui est rapporté au chapitre Helek (Sanhédrin 96b) : des descendants de Sisra ont étudié la Torah à Jérusalem ; des descendants de Sanheriv ont enseigné la Torah en public etc. ; des descendants de Haman etc.

Et même les fils de ce mécréant, le Saint béni soit-Il a voulu les faire entrer sous les ailes de la Chekhina, mais les anges du service dirent etc., jusqu'à (Jérémie 51,9) 'nous avons voulu guérir Babel, mais elle n'a pas guéri'. Or de Néron César est issu Rabbi Meir, qui est appelé Rabbi Nehorai parce qu'il illumine les yeux des sages ; et dans la Torah de Rabbi Meir il était écrit 'des tuniques de lumière' (אור) au lieu de 'de peau' (עור).

Et c'est le secret de (Psaumes 137,7) 'Souviens-Toi, Éternel, des fils d'Edom qui disaient : ער"ו ער"ו, mettez à nu, mettez à nu, jusqu'aux fondations' - c'est-à-dire achever la faute et nettoyer la kelipa (l'écorce, force d'impureté) de fond en comble. Et ער"ו a les mêmes lettres que עו"ר, la peau ; c'est pourquoi il dit 'le jour de Jérusalem'.

Et il y a une difficulté : que vient faire ici le mot 'jour' ? Mais 'la lumière, c'est le jour', comme il est rapporté au début de Pessahim (Pessahim 2a), car cela s'est changé en lumière.

Babel, en revanche, n'a pas été guérie complètement, mais nous l'avons un peu guérie, c'est-à-dire le Talmud de Babel. Et au chapitre Zé Borer (Sanhédrin 24a) : qu'est-ce que Bavel ?

Rabbi Yo'hanan a dit : mélangée (belula) d'Écriture, de michna et de talmud. Rabbenou Tam a expliqué etc., vois dans Tossefot (au mot belula).

Et l'on sait que la Torah orale est le secret du féminin, tandis que Rabbi Meir, scribe de la Torah écrite, était le secret du masculin. De plus, ב"ת, la fille, lu à l'envers, donne les initiales de Talmud Bavli.

Et Babel n'a pas guéri, comme il est rapporté là, au chapitre Zé Borer (Sanhédrin 24a) : 'Il m'a fait asseoir dans les ténèbres' (Lamentations 3,6) - Rabbi Yirmeya a dit : c'est le talmud de Babel. Ou encore, ce qu'il dit 'le jour de Jérusalem' fait allusion à ceci : lorsque David fauta avec Bat-Cheva, une brèche s'ouvrit dans la maison de David, et elle sera réparée à la venue du libérateur.

Or il est écrit là (II Samuel 12,3) 'et le pauvre n'avait rien, sinon une petite brebis', car nous sommes en exil comme une brebis unique etc. Et il est écrit là : 'et moi [je ferai cette chose devant tout Israël et] devant le soleil' ; de même, lors de la destruction, le soleil fut maudit et contraint d'éclairer, et c'est cela 'le jour'.

Joins ר"ש avec יו"ם, tu trouves ירושלים. Ou encore, 'fille' et 'fils' vont à la manière de chir et chira, le chant au masculin et au féminin : après cet exil d'Edom, ce sera un chant nouveau, au masculin.

Amen.

דרוש להספד מיתת הצדיקים ולחורבן בית המקדש

Derouch pour l'éloge funèbre à la mort des tsadikim et pour la destruction du Temple

משנכנס א"ב ממעטין בשמחה א"ב ראשי תיבות אדום בבל הם שני חורבנות

'Dès qu'entre le mois d'Av (א"ב) on diminue la joie' : א"ב sont les initiales d'Edom et de Bavel, qui sont les deux destructions.

ועשו לי מקדש ושכנתי בתוכם (שמות כה, ח), הם הצדיקים שהם הבתי מקדשות, על כן לא אמר בתוכו רק בתוכם. ואמרו רז"ל (ר"ה יח, ב), כה אמר ה' צום הרביעי כו', עד צום השביעי (זכריה ח, יט) זהו צום גדליה, ללמדך ששקולה מיתת צדיקים כשריפת בית א-להינו.

ובאיכה רבתי (א, לז) מצינו, שסילוקן של צדיקים קשה לפני הקב"ה יותר ממאה תוכחות חסר שתים שבמשנה תורה, ומחורבן בית המקדש. בתוכחות כתיב (דברים כח, נט) והפלא ה' את מכותך, ובחורבן בית המקדש כתיב (איכה א, ט) ותרד פלאים, אבל בסילוקן של צדיקים כתיב (ישעיה כט, יד) לכן כה אמר ה' הנני יוסיף להפליא את העם הזה הפלא ופלא וכל כך למה ואבדה חכמת חכמיו ובינת נבוניו תסתתר, עד כאן לשונם.

הנה בתוכחות לא כתיב רק פלא אחד, ובחורבן בית המקדש שתים, כי פלאים תרתי משמע, ובסלוקן של צדיקים כתיב ג' פלאות. ואין זה סותר למה שאמרו לעיל שקולה מיתת צדיקים כשריפת בית א-להינו, ובמדרש זה משמע שהוא ביותר.

כי הנה הצדיק הוא ג"כ בית המקדש ממש כמו שכתוב ושכנתי בתוכם. והנה היו שתי מקדשות שחרבו, וכל אחד הוסיף יגון ואנחה, כי לאחר חורבן בית שני נסתלקה השכינה ביותר למעלה למעלה, ואין לנו אלא התורה הזאת.

וסילוק הצדיק הוא חורבן שלישי. וזהו ענין שתי פלאות במקדשות, כי היו שתים.

ובצדיק ג', כי הוא חורבן השלישי:

'Ils Me feront un sanctuaire et Je résiderai parmi eux' (Exode 25,8) : ce sont les tsadikim, qui sont les sanctuaires ; c'est pourquoi il n'est pas dit 'en lui' mais 'parmi eux'. Et nos maîtres ont dit (Roch Hachana 18b) : 'Ainsi a dit l'Éternel : le jeûne du quatrième mois' etc., jusqu'à 'le jeûne du septième' (Zacharie 8,19) - c'est le jeûne de Guedalia, pour t'enseigner que la mort des tsadikim pèse autant que l'incendie de la maison de notre Dieu.

Et dans Eikha Rabbati (1,37) nous trouvons que la disparition des tsadikim est plus dure devant le Saint béni soit-Il que les cent malédictions moins deux du Deutéronome, et plus dure que la destruction du Temple. Au sujet des malédictions il est écrit (Deutéronome 28,59) 'l'Éternel rendra extraordinaires tes plaies' ; au sujet de la destruction du Temple il est écrit (Lamentations 1,9) 'elle est descendue de façon extraordinaire' ; mais au sujet de la disparition des tsadikim il est écrit (Isaie 29,14) 'c'est pourquoi voici, Je continuerai à étonner ce peuple, étonnement sur étonnement, et pourquoi tout cela ?

Parce que la sagesse de ses sages a péri et que l'intelligence de ses hommes intelligents s'est cachée' - jusqu-ici leurs paroles. Or, dans les malédictions, il n'est écrit qu'un seul 'étonnement' ; dans la destruction du Temple, deux, car le pluriel en implique deux ; et dans la disparition des tsadikim, il en est écrit trois.

Et cela ne contredit pas ce qui a été dit plus haut, que la mort des tsadikim pèse autant que l'incendie de la maison de notre Dieu, alors que ce midrach laisse entendre que c'est davantage. Car voici, le tsadik est lui aussi un véritable Temple, comme il est écrit 'et Je résiderai parmi eux'.

Or il y eut deux sanctuaires qui furent détruits, et chacun ajouta chagrin et gémissement, car après la destruction du second Temple la Chekhina s'est retirée encore plus haut, et il ne nous reste que cette Torah. Et la disparition du tsadik est une troisième destruction.

Voilà le sens des deux étonnements pour les sanctuaires, car ils furent deux ; et des trois pour le tsadik, car il est la troisième destruction.

מכל מקום נשמע מכאן הצדיק הוא רמז כמו המשכן והמקדש. בחנוכת המשכן במיתת נדב ואביהוא אמר משה רבינו ע"ה (ויקרא י, ג) הוא אשר דבר ה' לאמר בקרובי אקדש, פירש רש"י היכן דבר, ונקדש בכבודי (שמות כט, מג).

אמר משה, יודע הייתי שיתקדש הבית במיודעיו, והייתי סובר בי או בך כו'. ויש להקשות, מהו הענין להתקדש במיודעיו של הקב"ה ביום שמחת לבו כביכול בהקמת המשכן, הלא בשעת חדוה חדוה.

וכעין זה יש קושיא בזוהר (ח"ג ד, ב) שאומר בפסוק (ויקרא א, א) ויקרא אל משה וידבר ה' אליו מאוהל מועד, ולא כתיב ויקרא אל משה מאהל מועד. אלא הקב"ה קרא למשה ודיבר אתו מאהל מועד להודיעו מה יהיה בסופו וכי יהיה נחרב, וזהו ויקרא.

וכמו כן בחורבן (ישעיה כב, יב) ויקרא ה' א-להים צבאות ביום ההוא לבכי ולמספד, גם בכאן קשה בשעת חדוה חדוה:

En tout cas, nous apprenons de là que le tsadik est désigné par allusion comme le michkan (le tabernacle) et le Temple. Lors de l'inauguration du michkan, à la mort de Nadav et Avihou, Moche notre maître, que la paix soit sur lui, a dit (Lévitique 10,3) 'c'est ce qu'a dit l'Éternel : Je serai sanctifié par ceux qui sont proches de Moi'.

Rachi a expliqué : où l'a-t-Il dit ? 'Et il sera sanctifié par Ma gloire' (Exode 29,43). Moche dit : je savais que la maison serait sanctifiée par ceux qui Lui sont familiers, et je pensais que ce serait par moi ou par toi etc.

Et il y a lieu de demander : quel est le sens d'être sanctifié par les familiers du Saint béni soit-Il le jour de la joie de Son cœur, pour ainsi dire, lors de l'érection du michkan ? Au moment de la joie, la joie !

Il y a une question semblable dans le Zohar (tome III, 4b), qui dit à propos du verset (Lévitique 1,1) 'Il appela Moche, et l'Éternel lui parla depuis la tente d'assignation', alors qu'il n'est pas écrit 'Il appela Moche depuis la tente d'assignation'. Mais le Saint béni soit-Il appela Moche et lui parla depuis la tente d'assignation pour lui faire savoir ce qu'il en serait à la fin, et qu'elle serait détruite : c'est cela 'Il appela'.

De même, lors de la destruction (Isaie 22,12) 'et le Seigneur, l'Éternel des armées, appela en ce jour aux pleurs et à la lamentation' - là aussi c'est difficile : au moment de la joie, la joie !

אלא הענין הוא, הצדיק הוא כמו בית המקדש, וידוע כי המקדש שלמטה מכוון נגד מקדש של מעלה, כן כשנתחנך המשכן למטה רצה הקב"ה לחנך גם כן שלמעלה, ולקח את נדב ואביהוא שהיו היותר המקודשים ובזה נתחנך למעלה כי הם לא מתו מחמת חטא כמובן בפשטן של דברים, רק אדרבא נכנסו בהשגה גדולה ומופלאה ונשארו נשמתם דבוקה למעלה כמו שפירשתי במקומו פסוק באחרי מות (ויקרא טז, א) בקרבתם לפני ה', לא כתיב במקריבים, אלא הם עצמם קרבו, והאש זרה הוא בעודם בגופם בחומרם, על כן נדבק נשמתם למעלה, ואז נתחנך המשכן שלמעלה. כי כמו שיש למטה כהן גדול אהרן, כן למעלה כהן גדול הוא מיכאל המקריב נשמתם של צדיקים במזבח שלמעלה, כנרמז בפסוק (שם ט, ד) כי היום ה' נרא"ה אליכ"ם, הם אותיות אהרן מיכאל:

Mais voici de quoi il s'agit : le tsadik est comme le Temple, et l'on sait que le sanctuaire d'en bas est disposé exactement en face du sanctuaire d'en haut. Ainsi, lorsque le michkan fut inauguré en bas, le Saint béni soit-Il voulut inaugurer aussi celui d'en haut, et Il prit Nadav et Avihou, qui étaient les plus sanctifiés, et par cela fut inauguré celui d'en haut.

Car ils ne sont pas morts à cause d'une faute, comme on le comprendrait au sens simple des choses ; au contraire, ils sont entrés dans une compréhension grande et prodigieuse, et leur âme est restée attachée en haut, comme je l'ai expliqué en son lieu sur le verset d'Aharei Mot (Lévitique 16,1) 'lorsqu'ils s'approchèrent devant l'Éternel' - il n'est pas écrit 'lorsqu'ils offrirent', mais eux-mêmes se sont approchés ; et le feu étranger, c'est qu'ils étaient encore dans leur corps, dans leur matière. C'est pourquoi leur âme s'est attachée en haut, et alors fut inauguré le michkan d'en haut.

Car de même qu'il y a en bas un kohen gadol, Aharon, de même en haut le kohen gadol est Mikhael, qui offre les âmes des tsadikim sur l'autel d'en haut, comme il est fait allusion dans le verset (ibid. 9,4) 'car aujourd'hui l'Éternel vous apparaît' (כי היום ה' נרא"ה אליכ"ם) - ce sont les lettres d'Aharon Mikhael.

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