À la fin de Sota : depuis que le Sanhédrin a été aboli, le chant a été aboli de la maison des banquets, il est écrit (Yechaya 24,9) : on ne boira plus le vin avec le chant. Le Chla tient que le chant est interdit, bouche ou instrument, sauf louanges et le jour des noces pour les mariés ; le chant des haleurs et des bouviers est permis pour le travail, celui des tisserands est interdit, et les décisionnaires interdisent dans tout cas. La joie du chant amène au rire, interdit en ce monde-ci selon Rabbenou Yona ; surtout en exil on fuit les instruments même par occasion. Celui qui prend garde verra la consolation de Sion.
Aussi : selon Chemouel le pieux sans péché ne jeûne pas, aujourd’hui l’on jeûne pour nos fautes ; jeûne de rêve aussitôt le jour même, même le Chabbat ; sur toute détresse on crie, on sonne, on jeûne et l’on fouille ses actions
בסוף סוטה (פ"ט מי"א) תנן, משבטלו סנהדרין בטל השיר מבית המשתאות, שנאמר (ישעיה כד, ט) בשיר לא ישתו יין. ואסור בין בכלי בין בפה, אם לא שמשורר בפה דברי שירות ותשבחות.
ואין היתר אלא לשמח חתן וכלה ביום חתונתם, אז מותר אף כלי שיר. והחמירו מאוד, בסוף סוטה איתא שם, אמר רב, אודנא דשמענא זמרא תעקר.
אמר רבא, זמרא בביתא חורבא בסיפא, שנאמר (צפניה ב, יד) קול ישורר בחלון חורב בסף כו'. אמר רב הונא, זמרא דנגדי ודבקרי שרי, דגרדאי אסור.
פירש רש"י, זמרא דנגדי, מושכי ספינות בחבל. שרי, שאינו אלא לזרזם במלאכתן.
ודבקרי, שמזמרים בשעה שחורשין, ואינו אלא לכוון השוורים לתלמיהן שהולכין לקול השיר שערב עליהן. דגרדאי, אינו אלא לשחוק, עד כאן לשונו.
על כן ירחיק אדם עצמו מזה כמטחוי קשת. ואף שהטור סימן תק"ס כתב משם התוספות וזה לשונו, והתוס' מפרשים דאפילו בלא משתה נמי, ודווקא למי שרגיל בכך, כההיא דאיתא בירושלמי ריש גלותא הוה קאי ודמיך בזמר, פירש בשכבו ובקומו היו מזמרים לפניו, עד כאן.
מכל מקום כל הפוסקים סתמו דבריהם, משמע דסבירא להו בכל ענין אסור. וכן מסתבר דלא גרע מהא זמרא דגרדאי דאסור:
À la fin de Sota (chapitre 9, michna 11) nous avons appris : depuis que le Sanhédrin a été aboli, le chant a été aboli de la maison des banquets, il est écrit (Isaie 24,9) : on ne boira plus le vin avec le chant. Et c'est interdit, que ce soit avec un instrument ou de la bouche, sauf s'il chante de la bouche des paroles de chants et de louanges.
Et il n'y a de permission que pour réjouir le marié et la mariée le jour de leurs noces, alors même l'instrument de musique est permis. Et ils ont été très sévères ; à la fin de Sota il est rapporté là : Rav a dit : l'oreille qui entend un chant, qu'elle soit arrachée.
Rava a dit : un chant dans la maison, une ruine à la fin, il est écrit (Tsephania 2,14) : une voix chantera à la fenêtre, la ruine sera sur le seuil, etc. Rav Houna a dit : le chant des haleurs et des bouviers est permis, celui des tisserands est interdit.
Rachi a expliqué : le chant des haleurs, ceux qui tirent les bateaux à la corde. Permis, car ce n'est que pour les stimuler dans leur travail.
Et celui des bouviers, qui chantent au moment où ils labourent, et ce n'est que pour diriger les bœufs dans leurs sillons, car ils vont au son du chant qui leur est agréable. Celui des tisserands, ce n'est que pour le rire.
Jusqu-ici ses paroles. C'est pourquoi l'homme s'éloignera de cela d'une portée d'arc.
Et même si le Tour, chapitre 560, a écrit au nom des Tossefot, et voici ses termes : et les Tossefot expliquent que même sans banquet aussi, et cela vise uniquement celui qui en a l'habitude, comme ce qui est rapporté dans le Talmud de Jérusalem : l'Exilarque se tenait et se couchait avec le chant, il a expliqué : à son coucher et à son lever on chantait devant lui. Jusqu-ici.
Quoi qu'il en soit, tous les décisionnaires ont laissé leurs paroles sans précision, il ressort qu'ils tiennent que dans tout cas c'est interdit. Et ainsi il est raisonnable, car cela n'est pas moindre que le chant des tisserands qui est interdit.
ועוד יש חשש בשמחת שיר, שיבואנו לידי שחוק, ואמרו בריש פרק אין עומדים (ברכות לא, א) אסור לאדם שימלא שחוק פיו בעולם הזה. וזה לשון הבית יוסף סוף סימן תק"ס, ומפרש רבינו, דבימי הגלות דוקא קאמר, וכן פירש הרמב"ן בתורת האדם.
אבל הר"ר יונה פירש, דשלא בימי הגלות נמי קאמר, שהשמחה יתירה מרגילה את האדם לשכוח המצות, עד כאן לשונו. ומסתבר לי כהר"ר יונה, מדאמר אסור לאדם שימלא שחוק פיו בעולם הזה, הוי ליה למימר אסור לאדם שימלא שחוק פיו בעת החורבן.
אלא שמע מינה למלאות שחוק פיו אסור לעולם, אם לא בעת הגאולה ממש. על כן מחויב האדם למנוע מאוד מלמלאות פיו בשחוק, ובפרט בעת הגלות דאית ביה תרתין.
וכן יברח מכלי שיר אפילו באקראי דאית ביה איסור משום הגלות לפי פשטן של דברי הפוסקים. וגם החשש הזה שיבא למלאות פיו שחוק.
ונזהר יראה בנחמת ציון:
Et il y a encore un risque dans la joie du chant, qu'elle nous amène au rire ; et ils ont dit au début du chapitre Ein omdim (Berakhot 31,a) : il est interdit à l'homme de remplir sa bouche de rire en ce monde-ci. Et voici le langage du Beit Yossef à la fin du chapitre 560 : et notre maître explique qu'il n'a parlé que des jours de l'exil, et ainsi a expliqué le Ramban dans Torat haAdam.
Mais Rabbenou Yona a expliqué qu'il a aussi parlé hors des jours de l'exil, car la joie excessive habitue l'homme à oublier les mitsvot. Jusqu-ici ses paroles.
Et il me paraît raisonnable comme Rabbenou Yona, du fait qu'il a dit : il est interdit à l'homme de remplir sa bouche de rire en ce monde-ci ; il aurait dû dire : il est interdit à l'homme de remplir sa bouche de rire au temps de la destruction. Apprends de là que remplir sa bouche de rire est interdit pour toujours, sinon au temps même de la délivrance.
C'est pourquoi l'homme est tenu de s'abstenir beaucoup de remplir sa bouche de rire, et surtout au temps de l'exil, où il y a deux [raisons]. Et de même il fuira les instruments de musique même par occasion, car il y a en cela un interdit à cause de l'exil selon le sens simple des paroles des décisionnaires.
Et aussi ce risque qu'il en vienne à remplir sa bouche de rire. Et celui qui prend garde verra la consolation de Sion.
מענין תענית, בפ"ק דתענית דף י"א (א), אמר שמואל כל היושב בתענית נקרא חוטא. סבר כי האי תנא דתניא ר' אליעזר הקפר ברבי אומר, מה תלמוד לומר (במדבר ו, יא) וכפר עליו מאשר חטא על הנפש, וכי באיזה נפש חטא זה.
אלא שציער עצמו מן היין. והלא דברים ק"ו, ומה זה שלא ציער עצמו אלא מהיין נקרא חוטא, המצער עצמו מכל דבר ודבר על אחת כמה וכמה.
רבי אליעזר אומר, נקרא קדוש, שנאמר (שם ה) קדוש יהיה גדל פרע שער ראשו. ומה זה שלא ציער עצמו אלא מדבר אחד נקרא קדוש, המצער עצמו מכל דבר ודבר על אחת כמה וכמה.
ולשמואל, הא איקרי קדוש. ההוא אגידול פרע קאי.
ולרבי אליעזר הא נקרא חוטא, ההוא דסאיב נפשיה. ומי אמר רבי אליעזר הכי, והאמר רבי אליעזר לעולם ימוד אדם עצמו כאלו קדוש שרוי בתוך מעיו, שנאמר (הושע יא, ט) בקרבך קדוש לא אבוא בעיר.
לא קשיא, הא דמצי לצעורי נפשיה, הא דלא מצי לצעורי נפשיה. ריש לקיש אמר, נקרא חסיד, שנאמר (משלי יא, יז) גומל נפשו איש חסיד, עד כאן:
Du sujet du jeûne, dans le premier chapitre de Taanit, folio 11 (a), Chemouel a dit : quiconque s'assied dans un jeûne est appelé pécheur. Il tient comme ce tanna, car il a été enseigné : Rabbi Eliezer HaKappar, fils de Rabbi, dit : que vient enseigner (Bamidbar 6,11) : et il fera expiation pour lui pour avoir péché sur l'âme ; et sur quelle âme celui-ci a-t-il péché ?
Seulement il s'est affligé lui-même du vin. Et n'est-ce pas un raisonnement à plus forte raison : si celui-ci, qui ne s'est affligé que du vin, est appelé pécheur, celui qui s'afflige de chaque chose et chose, à plus forte raison.
Rabbi Eliezer dit : il est appelé saint, il est écrit (là, 5) : il sera saint, il laissera croître en liberté la chevelure de sa tête. Et si celui-ci, qui ne s'est affligé que d'une seule chose, est appelé saint, celui qui s'afflige de chaque chose et chose, à plus forte raison.
Et pour Chemouel, n'est-il pas appelé saint ? Cela vise la croissance de la chevelure.
Et pour Rabbi Eliezer, n'est-il pas appelé pécheur ? Cela vise celui qui s'est souillé.
Et Rabbi Eliezer a-t-il dit ainsi ? Or Rabbi Eliezer a dit : toujours l'homme se mesurera comme si un saint résidait dans ses entrailles, il est écrit (Osée 11,9) : le Saint est au milieu de toi, Je n'entrerai pas dans la ville.
Pas de difficulté : ceci, lorsqu'il peut affliger son âme ; cela, lorsqu'il ne peut pas affliger son âme. Reish Lakish a dit : il est appelé pieux, il est écrit (Proverbes 11,17) : qui fait du bien à son âme est un homme pieux.
Jusqu-ici.
וזה לשון התוספות, אמר שמואל כל היושב בתענית נקרא חוטא, וקשיא דאמרינן בפרק החובל (ב"ק צ, ב) החובל בעצמו רשאי, אבל אחרים שחבלו בו חייב, ומפרש התם הא דקאמר החובל בעצמו רשאי, אמר שמואל ביושב בתענית, אלמא משמע דשמואל קאמר דיושב בתענית לא נקרא חוטא. וי"ל דודאי הוא חוטא כדאמרינן הכא מק"ו מנזיר כו', אבל מכל מקום המצוה שהוא עושה בתענית גדול יותר מהעבירה ממה שהוא מצער נפשיה, דמצוה לדור דאמרינן (סוטה ב, א) הרואה סוטה בקלקולה יזיר עצמו מהיין, מכל מקום יש קצת חטא.
מידי דהוה אמתענה תענית חלום בשבת (ברכות לא, ב), דקורעים גזר דינו ונפרעים ממנו תענית של שבת. ומאי תקנתיה, ליתיב תענית לתעניתו, עד כאן לשונם:
Et voici le langage des Tossefot : Chemouel a dit : quiconque s'assied dans un jeûne est appelé pécheur ; et c'est une difficulté, car nous disons dans le chapitre HaHovel (Baba Kama 90,b) : celui qui se blesse lui-même est permis, mais d'autres qui l'ont blessé sont tenus ; et on explique là ce qu'il a dit : celui qui se blesse lui-même est permis : Chemouel a dit : cela vise celui qui s'assied dans un jeûne ; donc il ressort que Chemouel dit que celui qui s'assied dans un jeûne n'est pas appelé pécheur. Et l'on peut dire : certes il est pécheur, comme nous disons ici d'après le raisonnement à plus forte raison du nazir, etc. ; mais quoi qu'il en soit, la mitsva qu'il fait par le jeûne est plus grande que la transgression de ce qu'il afflige son âme, car c'est une mitsva pour la génération, comme nous disons (Sota 2,a) : celui qui voit une sota dans sa dégradation, qu'il s'interdit le vin ; quoi qu'il en soit, il y a un peu de péché.
À la manière de celui qui jeûne un jeûne de rêve le Chabbat (Berakhot 31,b), car on déchire son décret et on se paie de lui le jeûne du Chabbat. Et quel est son remède ?
Qu'il s'asseye un jeûne pour son jeûne. Jusqu-ici leurs paroles.
ולי נראה, אף שמואל מודה מי שפגם את עצמו באיזה עבירה חמורה או קלה, בודאי צריך לסגף עצמו ורשאי להחמיר על עצמו להתענות עד אשר יודע בבירור שאין בו סיג ורושם כתם מהעבירה. ודברי שמואל לא נאמרו אלא במי שהוא חסיד קדוש וטהור ולא טעם טעם חטא, איש כזה לא יתענה.
וענין מאשר חטא על הנפש הוא כך, זה שקיבל עליו גזירות בודאי היה משער בעצמו כמה זמן צריך להנזר כדי לזכך את עצמו, ובזה עשה מצוה שהזיר את עצמו, ובכלות זה הזמן שקצב על עצמו לא יוסיף לענות נפשו בכדי. והנה כשנטמא במת, אזי הדין הוא שהימים הראשונים יפלו, נמצא גרם לעצמו עינוי יותר ממה שהוא קוצב, ובזה המותר חטא על הנפש.
ורבי אליעזר סבירא ליה, לעולם נקרא קדוש במצי לצעורי נפשיה. וריש לקיש סבר, נקרא חסיד.
ואנן האידנא בעו"ה מליאי עון, אף על מי שלא חטא בחמורים, מכל מקום הכל באבק לשון הרע ובשיחה בטילה וביטול תלמוד תורה ובהרבה מדות מגונות ועבירות שאדם דש בעקביו, על כן יתענה ויתענה אף לשמואל. והלואי שיספיק, אולי ירחם הש"י:
Et il me paraît : même Chemouel reconnaît que celui qui s'est endommagé par quelque transgression, grave ou légère, doit certainement s'affliger, et il lui est permis de se montrer sévère pour jeuneer jusqu'à ce qu'il sache clairement qu'il n'y a plus en lui de scorie ni de trace de tache de la transgression. Et les paroles de Chemouel n'ont été dites que de celui qui est pieux, saint et pur, et qui n'a pas goûté le goût du péché ; un homme tel que celui-ci ne jeûne pas.
Et le sujet de 'pour avoir péché sur l'âme' est ainsi : celui qui a pris sur lui des décrets estimait certainement en lui-même combien de temps il fallait s'abstenir pour se purifier, et en cela il a fait une mitsva en s'interdisant ; et à l'achèvement de ce temps qu'il s'est fixé, qu'il n'ajoute plus à affliger son âme pour rien. Et voici, lorsqu'il s'est souillé par un mort, alors la loi est que les premiers jours tombent ; il se trouve qu'il s'est causé une affliction de plus que ce qu'il s'était fixé, et en cela le surplus est un péché sur l'âme.
Et Rabbi Eliezer tient : toujours il est appelé saint, lorsqu'il peut affliger son âme. Et Reish Lakish tient : il est appelé pieux.
Et nous, aujourd'hui, à cause de nos nombreuses fautes, sommes remplis d'iniquité ; même celui qui n'a pas péché dans les fautes graves, quoi qu'il en soit tout est dans la poussière de la méchanceté de langue, et dans le bavardage vain, et dans l'annulation de l'étude de la Torah, et dans beaucoup de traits vilains et de transgressions que l'homme foule de son talon ; c'est pourquoi qu'il jeûne et jeûne, même selon Chemouel. Et puisse cela suffire ; peut-être le Saint, béni soit-Il, aura pitié.
ולפי מה שכתבתי נמצא, לרבי אליעזר ולריש לקיש אפילו כשלא חטא ומתענה נקרא קדוש וחסיד, וזהו דוקא במצי לצעורי נפשיה, כענין מר בריה דרבינא כולה שתא הוה יתיב בתעניתא כו', כדאיתא בפסחים (סח, ב). אבל בלא מצי צעורי, על זה אמר שם ריש לקיש בעצמו, אין תלמיד חכם רשאי לישב בתענית מפני שממעט במלאכת שמים, וזה מיירי כשלא חטא.
אבל כשחטא, יצטער ויצטער ויסבל. ועוד הארכתי בפסק הזה ובביאור הסוגיות בחלק תורה שבכתב בפרשת נשא, זיל קרי ביה:
Et d'après ce que j'ai écrit, il se trouve : pour Rabbi Eliezer et pour Reish Lakish, même lorsqu'il n'a pas péché et qu'il jeûne, il est appelé saint et pieux ; et cela uniquement lorsqu'il peut affliger son âme, comme le sujet de Mar, fils de Ravina, qui toute l'année s'asseyait dans un jeûne, etc., comme il est rapporté dans Pessahim (68,b). Mais lorsqu'il ne peut pas affliger, c'est sur cela que Reish Lakish lui-même a dit là : un disciple sage n'est pas permis de s'asseoir dans un jeûne, parce qu'il diminue l'ouvrage des cieux ; et ceci traite de lorsqu'il n'a pas péché.
Mais lorsqu'il a péché, qu'il s'afflige et s'afflige et endure. Et je me suis encore étendu sur cette décision et sur l'explication des discussions dans la partie Torah écrite, paracha Nasso ; va, lis-y.
בפרק קמא דשבת (יא, א) אמר רב חמא בר גוריא אמר רב, יפה תענית לחלום כאש לנעורת. ואמר רב חסדא, ובו ביום.
ואמר רב יוסף, ואפילו בשבת. ויש לדבר זה סוד גדול, שצריך לראות לבטל הגזירה מיד דוקא באותו היום.
והנה דבר פשוט שתכף אחר החלום לא יטעום מאומה אף שהוא באמצע הלילה, ולא די כשיתחיל להתענות כשיאור היום כמו בשאר תעניתים. וראיה מהא דנמצא כתוב בשם הרי"ח, שאם אדם ישן בצהרים וחלם חלום רע שצריך תענית, שיש לו להתענות מעת לעת.
מצאתי בקוב"ץ וכך כתב מהר"י בשם מהר"ש, שהתענה בשבת כשהיה ישן שינת צהרים ובא לו חלום שמתענים עליו, אז היה מתענה מאותו חצי יום שבת ואילך עד חצי הלילה, ואז הבדיל. ואומר שזה עולה ליום שלם.
ואח"כ ביום ראשון היה מתענה תענית לתעניתו, עד כאן מצאתי. הרי שתכף מתחיל להתענות.
אלא אף זו נראה לי, שיפרוש מאשתו ולא ישמש מטתו. כי כשמראים לו חלום רע צריך להיות בתשובה ובדאגה ובצער, וק"ו שלא ינהוג קלות ראש.
ואפי' בשבת שהוא זמן עונה, גם כן נראה לי כן, דאם הותר לו להתענות ולבטל עונג שבת וג' סעודות, ק"ו דבר זה. וכן יתבאר לקמן דבעת צרה כגון בשנת רעבון אסור לשמש מטתו, וכן עתה עת צרה להחולם:
Dans le premier chapitre de Chabbat (11,a), Rav Hama bar Guria a dit au nom de Rav : un jeûne est bon pour un rêve comme le feu pour l'étoupe. Et Rav Hisda a dit : et le jour même.
Et Rav Yossef a dit : et même le Chabbat. Et il y a à cette chose un grand secret : il faut veiller à annuler le décret aussitôt, précisément ce jour-là.
Et voici, c'est une chose simple : tout de suite après le rêve, qu'il ne goûte rien, même s'il est au milieu de la nuit ; et il ne suffit pas qu'il commence à jeuneer lorsque le jour éclaire, comme dans les autres jeûnes. Et une preuve de ce qui se trouve écrit au nom du Ri'h : si un homme dort à midi et rêve un mauvais rêve qui demande un jeûne, il doit jeuneer d'un temps à l'autre, un jour entier.
J'ai trouvé dans un recueil, et ainsi a écrit le Mahari (notre maître le Rav Y.) au nom du Maharash (notre maître le Rav Ch.) : il jeuneait le Chabbat lorsqu'il dormait le sommeil de midi et qu'un rêve pour lequel on jeûne lui venait ; alors il jeuneait depuis cette moitié du jour de Chabbat et ensuite jusqu'à minuit, et alors il faisait la havdala. Et il dit que cela compte pour un jour entier.
Et ensuite, le dimanche, il jeuneait un jeûne pour son jeûne. Jusqu-ici j'ai trouvé.
Voici qu'il commence à jeuneer tout de suite. Mais encore ceci me paraît : qu'il se sépare de sa femme et qu'il n'ait pas de rapport conjugal.
Car lorsqu'on lui montre un mauvais rêve, il doit être dans la techouva, dans le souci et dans la peine, et à plus forte raison qu'il ne se conduise pas à la légère. Et même le Chabbat, qui est le temps du devoir conjugal, il me paraît ainsi aussi : car s'il lui a été permis de jeuneer et d'annuler le délice du Chabbat et les trois repas, à plus forte raison cette chose.
Et ainsi il s'expliquera plus bas qu'au temps de détresse, comme en année de famine, il est interdit d'avoir un rapport conjugal ; et de même maintenant, c'est un temps de détresse pour celui qui a rêve.
ומענין זה שצריך להיות בו ביום ולהתחיל תכף ומיד לעסוק בתשובה ותפילה והתעוררות, ישר בעיני המנהג שראיתי מהותיקין להטיב החלום תכף ומיד בשחרית, ולא כמו שנוהגים רוב העולם שמטיבין החלום לאחר התענית כי זריזין מקדימין למצוות (פסחים ד, א). ואין לומר שזכות התענית יסייע להיות תפילתן של המטיבין נשמע.
זה אינו, כלום הש"י אמר לדניאל מיום אשר שמת אל לבך להתענות כו'. כן בכאן, מאחר שקיבל התענית והתחיל להתענות.
והא ראיה, דמצד הדין היה ראוי לכל המתענה לומר ענינו בערבית שקודם התענית, אף שאוכל אחר שהתפלל ערבית, מחויב להתפלל ענינו בערבית שחרית ומנחה. אלא משום שמא יאחזנו בולמוס חששו לברכה לבטלה ותקנו שלא יאמר ענינו אלא במנחה דיום התענית.
אבל לענין הטבה זמנה תכף:
Et de ce sujet, qu'il faut que ce soit le jour même et commencer tout de suite à s'occuper de techouva, de tefila et d'éveil : l'usage que j'ai vu chez les assidus me paraît droit, d'améliorer le rêve tout de suite au matin, et non comme en usent la plupart du monde, qui améliorent le rêve après le jeûne, car les zélés devancent les mitsvot (Pessahim 4,a). Et l'on ne dira pas que le mérite du jeûne aidera à ce que la tefila de ceux qui améliorent soit entendue.
Cela n'est pas : le Saint, béni soit-Il, n'a-t-Il pas dit à Daniel : depuis le jour où tu as mis à ton cœur de jeuneer, etc. Ainsi ici, dès lors qu'il a accepté le jeûne et a commencé à jeuneer.
Et voici une preuve : du côté de la loi, il convenait à tout jeûnant de dire Anenou à Arvit avant le jeûne ; même s'il mange après avoir prié Arvit, il est tenu de prier Anenou à Arvit, à Shaharit et à Minha. Seulement, de peur qu'une faim vorace ne le saisisse, ils ont craint une berakha en vain, et ils ont institué qu'on ne dise Anenou qu'à Minha du jour du jeûne.
Mais pour l'amélioration, son temps est tout de suite.
אחר כתבי זה, מצאתי להחכם הר"ר שלמה אלמולי שכתב בספר פתרון החלומות שחיבר וזה לשונו, ועוד תקנו לומר אחר ההטבה (קהלת ט, ז) לך אכול בשמחה לחמך ושתה בלב טוב יינך כי כבר רצה א-להים את מעשיך. והכוונה בפסוק הזה, לפי שכל החולמים שעושים להם הטבה זאת, נוהגין להתענות ביום, ובלילה אחר התענית עושים ההטבה, ולכן אומרים לו אחר הכל עתה אחר שעשית כל זה לך אכול ולא תתענה יותר, שכבר רצה א-להים את מעשיך במה שעשית בתעניתך ובתשובתך.
ולפי זה, מי שעושים לו הטבה ולא התענה, או מי שמטיבין בבקר שעדין אינו זמן אכילה, אין לומר הכתוב הזה איך שיהיה נוהגין הכל לאומרו. וכתב הר"מ ז"ל, שאין לאומרו, מפני שבראשי תיבות אב"ל, ואם ירצו לאומרו יאמרו אותו בהפוך לך בשמחה אכול לחמך, או לך אכול לחמך בשמחה, עד כאן לשונו.
ואני מסכים עם הר"מ שלא לאומרו וייטב חלומו בשחרית מטעם שכתבתי:
Après que j'eus écrit ceci, j'ai trouvé chez le sage Rabbi Chelomo Almoli, qui a écrit dans le sefer Pitron haHalomot qu'il a composé, et voici ses termes : et encore ils ont institué de dire après l'amélioration (Kohelet 9,7) : va, mange dans la joie ton pain et bois d'un bon cœur ton vin, car déjà Elokim a agre tes œuvres. Et l'intention dans ce verset : parce que tous les rêveurs à qui l'on fait cette amélioration ont l'usage de jeuneer le jour, et la nuit après le jeûne on fait l'amélioration ; c'est pourquoi on lui dit après tout : maintenant, après que tu as fait tout cela, va, mange, et ne jeûne plus, car déjà Elokim a agre tes œuvres, par ce que tu as fait dans ton jeûne et dans ta techouva.
Et d'après cela, celui à qui l'on fait l'amélioration et qui n'a pas jeûné, ou celui à qui l'on améliore le matin, alors que ce n'est pas encore le temps de manger, on ne doit pas dire ce verset ; quoi qu'il en soit tous ont l'usage de le dire. Et haRam (Rabbi Moché), de mémoire bénie, a écrit qu'il ne faut pas le dire, parce qu'en initiales c'est אבל (deuil) ; et s'ils veulent le dire, qu'ils le disent à l'envers : va dans la joie, mange ton pain, ou : va, mange ton pain dans la joie.
Jusqu-ici ses paroles. Et je suis d'accord avec haRam de ne pas le dire, et que son rêve soit amélioré au matin, pour la raison que j'ai écrite.
וזה לשון הרמב"ם ריש הלכות תענית (א, א-ד), מצות עשה מן התורה לזעוק ולהריע בחצוצרות על כל צרה שלא תבוא על הציבור, שנאמר (במדבר י, ט) על הצר הצורר אתכם והרעותם בחצוצרות. כלומר, כל דבר שייצר לכם, כגון בצורת ודבר וארבה וכיוצא בהן, זעקו עליהם והריעו.
ודבר זה מדרכי תשובה הוא, שבזמן שתבא צרה ויזעקו עליה ויריעו ידעו הכל שבגלל מעשיהם הרעים הורע להן ככתוב (ירמיה ה, כה) עונותיכם הטו וכו', וזהו שיגרום להם להסיר הצרה מעליהם. אבל אם לא יזעקו ולא יריעו, אלא יאמרו דבר זה ממנהג עולם אירע לנו, וצרה זו נקרה נקרית, הרי זו דרך אכזריות, וגורמת להם להדבק במעשיהם הרעים, ותוסיף הצרה צרות אחרות.
הוא שכתוב בתורה (ויקרא כו, כג-כד) והלכתם עמי (ב)קרי. והלכתי גם אני עמכם בחמת קרי.
כלומר, כשאביא עליכם צרה כדי שתשובו, אם תאמרו שהוא קרי, אוסיף לכם חמת אותו קרי. ומדברי סופרים להתענות על כל צרה שתבוא על הציבור, עד שירוחמו מן השמים, עד כאן לשונו:
Et voici le langage du Rambam au début des lois du jeûne (1,1-4) : c'est une mitsva positive de la Torah de crier et de sonner des trompettes sur toute détresse qui ne viendra pas sur la communauté, il est écrit (Bamidbar 10,9) : contre l'oppresseur qui vous opprime, vous sonnerez des trompettes. C'est-à-dire : toute chose qui vous serre, comme sécheresse, peste et sauterelles et ce qui leur ressemble, criez sur elles et sonnez.
Et cette chose est des voies de la techouva : car au temps où une détresse vient, et qu'ils crient sur elle et sonnent, tous sauront que c'est à cause de leurs mauvaises actions que le mal leur a été fait, comme il est écrit (Jérémie 5,25) : vos iniquités ont fait décliner, etc. ; et c'est cela qui leur causera d'écarter la détresse de dessus eux. Mais s'ils ne crient pas et ne sonnent pas, et disent seulement : cette chose nous est arrivée par l'usage du monde, et cette détresse est un hasard qui est advenu, voici que c'est une voie de cruauté, et cela les fait s'attacher à leurs mauvaises actions, et la détresse ajoutera d'autres détresses.
C'est ce qui est écrit dans la Torah (Vayikra 26,23-24) : et vous marcherez avec Moi par hasard ; et Moi aussi Je marcherai avec vous dans la fureur du hasard. C'est-à-dire : lorsque J'apporterai sur vous une détresse afin que vous reveniez, si vous dites que c'est un hasard, J'ajouterai pour vous la fureur de ce hasard.
Et des paroles des scribes, de jeuneer sur toute détresse qui viendra sur la communauté, jusqu'à ce qu'ils soient pris en pitié depuis les cieux. Jusqu-ici ses paroles.
הרי כשגוזרין תענית בשביל איזה צרה אית ביה תרתי. חדא, התשובה שעושים.
ועוד מקיימים מצות עשה דרבנן שציוו להתענות בעת צרה, וגדולה מצות עשה זו של רבנן כי נובע ממצות עשה דאורייתא (עי' במדבר י, ט) כי יבא הצר הצורר והריעותם וגו'. והתענית בכלל ההרעה:
Voici : lorsqu'on décrète un jeûne à cause de quelque détresse, il y a en cela deux [choses]. L'une : la techouva qu'ils font.
Et encore : ils accomplissent une mitsva positive des Rabbins, qui ont ordonné de jeuneer au temps de détresse ; et grande est cette mitsva positive des Rabbins, car elle découle d'une mitsva positive de la Torah (voir Bamidbar 10,9) : lorsque viendra l'oppresseur qui opprime, vous sonnerez, etc. Et le jeûne est compris dans le sonner.
ומצות עשה זו מוטלה ג"כ על יחיד שאירע לו איזה צרה, שיגזור תענית על עצמו ויפשפש במעשיו. וכן יעשו כל השייכים והנלוים לצרה הזאת, ואז ימצא מקבל התענית בשביל תשובה, ותשובה זו עושה כמצווה ועושה.
ויאמר בקבלת תענית, הנני מקבל עלי תענית יחיד להתענות למחר כאשר צווני ה' א-להי. לשם יחוד קב"ה ושכינתיה על ידי ההוא טמיר ונעלם.
ויתכן הלשון דכאשר צוני ה' א-להי, על דרך דאיתא בפ' במה מדליקין (שבת כג, א) על ענין נוסח הברכה של מצות דרבנן שאומרים וצונו, והיכן צונו. רב אויא אמר, מלא תסור (דברים יז, יא).
רב נחמיא אמר, (שם לב, ז) שאל אביך ויגדך זקניך ויאמרו לך, עד כאן:
Et cette mitsva positive incombe aussi à l'individu à qui est arrivée quelque détresse, qu'il décrète un jeûne sur lui-même et qu'il fouille dans ses actions. Et ainsi feront tous ceux qui tiennent et sont joints à cette détresse ; et alors il se trouvera acceptant le jeûne à cause de la techouva, et cette techouva agit comme celui à qui l'on a commandé et qui fait.
Et il dira dans l'acceptation du jeûne : me voici, je prends sur moi un jeûne individuel, de jeuneer demain, comme me l'a commandé ה' mon Elokim. Pour l'unification du Saint, béni soit-Il, et de Sa Chekhina, par Celui qui est caché et dérobé.
Et le langage 'comme me l'a commandé ה' mon Elokim' convient, à la manière de ce qui est rapporté dans le chapitre Bameh madlikin (Chabbat 23,a), au sujet de la formule de la berakha des mitsvot des Rabbins, où l'on dit 'et Il nous a commandé' : et où nous a-t-Il commandé ? Rav Avya a dit : de 'tu ne t'écarteras pas' (Devarim 17,11).
Rav Nehemia a dit : (là 32,7) interroge ton père et il te racontera, tes anciens et ils te diront. Jusqu-ici.