Ce passage poursuit l’explication de « le témoignage de Hachem est fidèle » (Tehilim 19,8) sur la Torah écrite et sur la Torah orale. Selon le Chla, qui rapporte le Hayat, Israël voyait au Sinaï les lettres de la voix, gravées en flammes de feu : cette vue témoigne que Hachem est au milieu de nous. « Rendant sage le simple » : les lettres rendent sages ; qui lit pour le Nom des cieux, même sans comprendre, s’attache à la sagesse, c’est pourquoi il est interdit de dire la Torah écrite de bouche. Sur la Torah orale, עדו"ת vaut תלמו"ד : signes de bouche à bouche, pour que les nations qui copient l’écrite ne s’en emparent pas.
Aussi : les vingt-quatre livres, Mikdach Yah, cause de la providence et du pardon en exil ; ne pas hâter les lettres, même doublées ; les noms d’autres dieux ont une sainteté en leur racine, et le sofer suit le Targoum
גם נוכל לפרש זה הפסוק (תהלים יט, ח) של עדות ה' נאמנה וגו' על תורה שבכתב בפני עצמו, וכן על תורה שבעל פה בפני עצמו. על תורה שבכתב, אותיותיה מעידות בנו שזכינו לראות את כבודו, כמו שכתוב בפרשת יתרו (שמות כ, טו) וכל העם רואים את הקולות, כי היו רואים את הנשמע.
ובפרשת ואתחנן (דברים ד, יב) קול דברים אתם שומעים ותמונה אינכם רואים זולתי קול. וזה לשון החייט במערכות אלהות סוף ד' קצ"ה, יש לדקדק במלת זולתי קול, והלא לא שייך ראיה בקול, וגם כן אינה ממין התמונה לשיאמר זולתי קול.
ומכח קושיא זו יש בהכרח לומר, כי גם בקול התמונה היו רואים, והתמונה ההיא שהיו משיגים כל ישראל במעמד הר סיני לא היתה תמונת אדם, אלא תמונת אותיות אשר מהם נעשה הקול והדבור. וכבר הודעתיך כי הם כחות אלהיות חיים.
ומאחר שיש לנו שורש אמתי, כי שום דבר שיצא מהש"י ויתעלה שמו לא ישוב ריקם בין במחשבתו בין בדבורו, כי הכל עושה פרי בין לטוב בין למוטב, עד שאמרו כי מחשבתו להעניש הרשעים מתהוים כחות דין, ולהיפך נהפך, אם כן דברו הטוב אשר דבר ביד משה עבדו כשאמר אנכי ה' אלקיך וכל עשרת הדברות, אותו הדבור עצמו היו שומעים ורואים בעיניהם האותיות של אותו הדבור, כי היו נרשמות ונחצבות בלהבי אש, שנאמר (תהלים כט, ז) קול ה' חוצב להבות אש, והיו רואים אותם בעיניהם. ולזה אמר הכתוב (שמות כ, טו) וכל העם רואים את הקולות ואת הלפידים ואת ההר וכו'.
ורש"י ז"ל פירש, רואים את הנשמע, מה שאין הפה יכול לדבר וכו'. אולי כיון לזה, עד כאן לשונו.
וכתיב בפרשת ואתחנן (דברים כ, ה-ו), ויהי כשמעכם את הקול וגו'. הן הראנו ה' א-להינו את כבודו ואת קולו שמענו וגומר.
הרי שראיית האותיות הם עדות שיהו"ה בקרבנו והראנו את כל אלה:
Aussi nous pourrons expliquer ce verset (Psaumes 19,8) de le témoignage de ה' est fidèle etc. sur la Torah écrite à elle seule, et de même sur la Torah orale à elle seule. Sur la Torah écrite, ses lettres témoignent en nous que nous avons mérité de voir Sa gloire, comme il est écrit dans la paracha Yitro (Shemot 20,15) et tout le peuple voient les voix, car ils voyaient ce qui s'entend.
Et dans la paracha Vaethanan (Devarim 4,12) une voix de paroles vous entendez, et une image vous ne voyez pas, hors une voix. Et voici le langage du Hayat dans Maarekhet Elokut, fin du dalet 195 : il y a à préciser dans le mot hors une voix, et n'est-ce pas que la vue ne convient pas à une voix, et aussi elle n'est pas de l'espèce de l'image pour que l'on dise hors une voix.
Et par la force de cette difficulté il y a nécessairement à dire que aussi dans la voix ils voyaient l'image, et cette image-là que tout Israël atteignait au stationnement du mont Sinaï n'était pas une image d'homme, mais une image de lettres dont a été faite la voix et la parole. Et je t'ai déjà fait savoir qu'elles sont des forces divines vivantes.
Et puisqu'il y a pour nous une racine vraie, que nulle chose sortie du Nom, béni soit-Il et que Son Nom soit exalté, ne retournera vide, que ce soit dans Sa pensée, que ce soit dans Sa parole, car tout fait un fruit, que ce soit pour le bien, que ce soit pour le mieux, jusqu'à ce qu'ils aient dit que Sa pensée de châtier les méchants, des forces de jugement se forment, et à l'inverse c'est inversé, s'il en est ainsi Sa bonne parole qu'Il a parlée par la main de Moché Son serviteur, lorsqu'Il a dit Je suis ה' ton Elokim et toutes les Dix Paroles, cette parole même ils l'entendaient et voyaient de leurs yeux les lettres de cette parole, car elles étaient gravées et taillées dans des flammes de feu, il est dit (Psaumes 29,7) la voix de ה' taille des flammes de feu, et ils les voyaient de leurs yeux. Et pour cela le verset a dit (Shemot 20,15) et tout le peuple voient les voix et les torches et la montagne etc.
Et Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : ils voient ce qui s'entend, ce que la bouche ne peut dire etc. Peut-être a-t-il vise ceci, jusqu-ici son langage.
Et il est écrit dans la paracha Vaethanan (Devarim 20,5-6) : et il fut lorsque vous entendîtes la voix etc. Voici, ה' notre Elokim nous a montré Sa gloire, et Sa voix nous avons entendu etc.
Voici que la vue des lettres est un témoignage que ה' est au milieu de nous et qu'Il nous a montré toutes ces choses.
ואמר מחכימת פתי, להשמיענו גודל מעלת אותיות התורה שהן מחכימות, כמו שאמרו אותיות מחכימות. והאריך מאוד בזה הפרדס בשער האותיות פרק ראשון ופרק שני, והעתקתי מהם בתולדות אדם בחקירה של לשון קודש, הסתכל מה שכתוב למעלה כי מצטרך לכאן.
ושם מבואר פי הקורא את התורה לשם שמים להתבונן דבר מה, אף על פי שאינו מבין ולא עלתה בידו רק קריאת האותיות ונשאר פתי כמו שהיה, על כל זאת יש לו דביקות בחכמה ויועיל לו לעתיד. וזהו מחכימת פתי.
ולכך תורה שבכתב אסור לאומרה בעל פה (גיטין ס, ב), כדי שיתדבק בראיית אותיותיה:
Et Il a dit rendant sage le simple, pour nous faire entendre la grandeur du rang des lettres de la Torah, qu'elles rendent sages, comme ils ont dit : les lettres rendent sages. Et le Pardes a beaucoup allongé en ceci, dans la porte des Lettres, premier chapitre et deuxième chapitre, et j'en ai copié dans Toldot Adam, dans la recherche de la langue sainte ; considère ce qui est écrit plus haut, car cela est nécessaire ici.
Et là il est expliqué le sens de celui qui lit la Torah pour le Nom des cieux afin de considérer quelque chose, bien qu'il ne comprenne pas et qu'il n'ait abouti en sa main que la lecture des lettres et qu'il soit resté simple comme il était, malgré tout il a une adhésion dans la sagesse et cela lui profitera pour l'avenir. Et c'est rendant sage le simple.
Et c'est pourquoi la Torah écrite, il est interdit de la dire de bouche (Gittin 60,b), afin qu'il s'attache dans la vue de ses lettres.
וכן כתוב בספר כד הקמח באות תי"ו תורה וזה לשונו, קריאת תורה מצוה גדולה היא אע"פ שלא יבין מה שקורא, ובלבד שידע שהוא קורא. כי פעמים שיקרא אדם פרשה אחת מן התורה ולא יתבונן בעצמו שקרא כלל מתוך שהוא מחשב בדברים אחרים.
ולכך קריאת התורה כשיודע שהוא קורא מצוה גדולה היא, ושכר גדול יש לו בזה. והוא שדרשו בפ"ק דעבודה זרה (יט, ב), לעולם לגרס איניש אף על גב דלא ידע מאי קאמר, שנאמר (תהלים קיט, כ) גרסה נפשי לתאבה וכו', והאריך הרבה:
Et ainsi il est écrit dans le sefer Kad haKemah, à la lettre tav, Torah, et voici son langage : la lecture de la Torah est une grande mitsva, bien qu'il ne comprenne pas ce qu'il lit, pourvu qu'il sache qu'il lit. Car parfois un homme lira une paracha de la Torah et ne considérera pas en lui-même qu'il a lu du tout, parce qu'il pense à d'autres choses.
Et c'est pourquoi la lecture de la Torah, lorsqu'il sait qu'il lit, est une grande mitsva, et il a un grand salaire en ceci. Et c'est ce qu'ils ont expresse au premier chapitre de Avoda Zara (19,b) : toujours qu'un homme récite, même s'il ne sait pas ce qu'il dit, il est dit (Psaumes 119,20) mon âme s'est broyée de désir etc., et il a beaucoup allongé.
ומצאתי כתוב והפלא שאמר הכתוב (יהושע א, ח) והגית בו יומם ולילה וגו', יורה כי ההגייה לבד והיא הקריאה בה תבוא אל זה הסגולה, וכל שכן אם יהיה עם זה טוב ההבנה בעצמה ממנה ומהשגת תעלומותיה. וגם לנביאים וכתובים תדבק הסגולה הזאת, והוא בשלא ישתנו ללשון אחר, אך שיהיו בלשון הקודש.
והקדמונים קראו הארבע ועשרים מקדש יה, והטיבו אשר דברו, כי כמו שהיה המקדש סבה להתמדת השכינה בתוך בני ישראל ככתוב (שמות כה, ח) ועשו לי מקדש ושכנתי בתוכם, כן הספר הזה המקדש בעבורו היתה ההשגחה האלהית באומה בהרבות הקריאה בו, והיא סיבת קיומה בזמן הגלות הארוך הזה. וכמו שהמקדש בעבודות הנעשות בו הוא סיבה שיכפר ה' עונותינו, כן העוסק בספר הזה המקדש בכוונה רצויה וזכירתו ושמירתו בלבבות היא סיבה שיסלח ה' עונותינו, שנאמר (ירמיה לא, לב) נתתי תורתי בקרבם וגו' כי אסלח לעונם:
Et j'ai trouvé écrit, et c'est merveilleux ce qu'a dit le verset (Yehoshoua 1,8) et tu méditeras en elle jour et nuit etc., cela enseigne que la méditation seule, et c'est la lecture en elle, parviendra à cette vertu, et à plus forte raison s'il y a avec ceci la bonne compréhension en elle-même d'elle et de l'atteinte de ses profondeurs. Et aussi aux Prophètes et aux Écrits cette vertu s'attache, et c'est à condition qu'ils ne soient pas changés en une autre langue, mais qu'ils soient dans la langue sainte.
Et les Anciens ont appelé les vingt-quatre Mikdash Yah, et ils ont bien parlé, car comme le Sanctuaire était une cause à la permanence de la Chekhina au milieu des fils d'Israël, comme il est écrit (Shemot 25,8) et ils Me feront un sanctuaire et Je demeurerai au milieu d'eux, ainsi ce livre, le sanctuaire, à cause de lui la providence divine était dans la nation par la multiplication de la lecture en lui, et elle est la cause de son maintien au temps de cet exil long. Et comme le Sanctuaire, par les services qui y sont faits, est une cause que ה' expie nos fautes, ainsi celui qui s'occupe de ce livre, le sanctuaire, dans une intention désirée, et son souvenir et sa garde dans les cœurs, est une cause que ה' pardonne nos fautes, il est dit (Yirmeyahou 31,32) J'ai mis Ma Torah au milieu d'eux etc., car Je pardonnerai leur faute.
ומפני שהספר הזה המקדש משתוה בסגולותיו למקדש, הוא הדין שנחלק לג' חלקים. תורה, כנגד קודש הקדשים שהוא כנגד עולם השכל לא-להי ישראל והמלאכים הקדושים.
נביאים, כנגד ההיכל והוא מקום השלחן והמנורה והמזבח הקטרת, שהוא כנגד עולם הגלגלים. כתובים, כנגד האולם והעזרות שהוא כנגד עולם השפל.
וקראוהו מקדש יה, לפי שהוא מקדש בגלות הזה שכביכול אין השם שלם, והעסק וההגייה והקריאה בהם לבד הוא מהעבודה האמתית הראויה לא-להים, ומה שימשך ההשפעה האלהית וההשגחה בסגולה דבקה בהם, כמו שראינו בנסיון והחוש כי כשהתעסקו בספר הזה המקדש בגלות בבל ככתוב (נחמיה ח, ח) ויקרא בספר תורת הא-להים, מפורש ושום שכל ויבינו במקרא היו מעניינים ודביקות מהשגחות האלהית בהם שעלו מן הגולה, עד כאן:
Et parce que ce livre le sanctuaire s'égale dans ses vertus au Sanctuaire, c'est la même loi qu'il soit divisé en trois parties. Torah, en regard du Saint des saints, qui est en regard du monde de l'intellect, pour l'Elokim d'Israël et les anges saints.
Prophètes, en regard de la salle, et c'est le lieu de la table et du chandelier et de l'autel de l'encens, qui est en regard du monde des sphères. Écrits, en regard du vestibule et des cours, qui est en regard du monde bas.
Et ils l'ont appelé Mikdash Yah, parce qu'il est un sanctuaire dans cet exil où, pour ainsi dire, le Nom n'est pas complet, et l'occupation et la méditation et la lecture en eux seuls est du service véritable digne à Elokim, et de quoi se poursuit l'influx divin et la providence, dans une vertu attachée en eux, comme nous l'avons vu par l'expérience et le sens : car lorsqu'ils se sont occupés de ce livre le sanctuaire dans l'exil de Bavel, comme il est écrit (Nehemia 8,8) et il lut dans le livre de la Torah de l'Elokim, expliquant et donnant du sens, et ils comprenaient dans la Lecture, ils étaient occupés et une adhésion des providences divines en eux, qu'ils sont montés de l'exil, jusqu-ici.
ואשרי להאדם שישתדל בכל שבוע לילך לבית הכנסת לקרות בפרשה מתוך ס"ת. וקבלתי, דהא דאיתא במסכת ברכות (ח, א) ובמסכת שבת (י, א) רב אמי ורב אסי אף על גב דהוו להו תליסר בי כנשתא כו' לא הוו גרסא אלא ביני עמודי, דהפירוש הוא בין עמודים של ספר תורה שהיתה פתוחה לפניהם ולומדים ממנה ומדקדקים באותיותיה.
וכשהגיע זמן תפלה היו מתפללים ופניהם לספר תורה:
Et heureux l'homme qui s'efforce chaque semaine d'aller à la synagogue pour lire dans la paracha depuis un sefer Torah. Et j'ai reçu : ceci qu'il y a dans le traité Berakhot (8,a) et dans le traité Chabbat (10,a), Rav Ami et Rav Asi, bien qu'ils eussent treize synagogues etc., n'avaient d'étude que entre les piliers, l'explication est : entre les piliers du sefer Torah qui était ouvert devant eux, et ils étudiaient de lui et précisaient dans ses lettres.
Et lorsqu'arrivait le temps de la tefila, ils priaient et leurs faces vers le sefer Torah.
עוד מוסר אחר צריך אני להודיע, אותן שאומרים במרוצה דברי התורה מכח ששגור בפיהם, כגון י"ב פרשיות של י"ב נשיאים, מאחר שהדברים כפולים ומכופלים קורין אח"כ במהירות, עבירה גדולה היא בידם, כי כל אות ואות תולין בו רבבי רבבות עולמות רוחניות, ולא לחנם נכפלו הדברים.הגה"הגם בתורה שבעל פה בפוסקים כשלמדתי תורה אצל רב הגאון והחסיד מהר"ר שלמה זלה"ה היינו עומדים בטור אורח חיים סימן ל"ו בענין חסירות ויתירות של ד' פרשיות, בכור מלא, זכור מלא, הוציא מלא כו' עד גמר כל הסימן, הי' קורא מלה במלה, ואני הייתי קורא הכל במהירות מאחר שאין שם דבר הצריך עיון או פשט. וגער בי הרב החסיד במאוד מאוד, ואמר, צריך להחשיב דברי תורה ולאמרם בנחת ובאימה וביראה כי הדברים שמחים לפני הקב"ה:
ואשרי המדבק עצמו בהבל פיו וראיית עיניו באותיות התורה:
Encore un autre avertissement je dois faire savoir : ceux qui disent en courant les paroles de la Torah parce qu'elles sont courantes dans leur bouche, comme les douze parachiot des douze nesiim, puisque les choses sont doubles et redoublées ils lisent ensuite avec rapidité, c'est une grande transgression en leur main, car chaque lettre et lettre, des myriades de myriades de mondes spirituels y sont suspendus, et ce n'est pas pour rien que les choses ont été doublées. Glose : aussi dans la Torah orale, dans les décisionnaires, lorsque j'ai étudié la Torah chez le Rav, le gaon et le hassid, notre maître le Rav Rabbi Shelomo, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, nous en étions au Tour Orah 'Hayim, siman 36, au sujet des défectives et des pleines des quatre parachiot, bekhor plein, zakhor plein, hotzi plein etc., jusqu'à la fin de tout le siman, il lisait mot à mot, et moi je lisais tout avec rapidité, puisqu'il n'y a là rien qui demande un examen ou un pchat.
Et le Rav hassid m'a réprimandé beaucoup beaucoup, et il a dit : il faut estimer les paroles de Torah et les dire avec calme et avec crainte et avec révérence, car les paroles se réjouissent devant le Saint, béni soit-Il. Et heureux celui qui s'attache lui-même dans le souffle de sa bouche et la vue de ses yeux dans les lettres de la Torah.
עוד בכלל אותיות מחכימות והם קדושות, הוא אפילו שמות של א-להים אחרים שנראה לכאורה שאין בהם קדושה. אך תדע שגם בזה יש קדושה, כי אפילו סטרא אחרא סטרא דמסאבא, מכל מקום בשרשה יש קדושה, ויש לה אחיזה למעלה בראשה.
וזהו סוד רישיה דעשו הוא בעיטפיה דיצחק, וסמאל ס"ם הוא רע. אבל א"ל קודש.
והארכתי בענין זה במקום אחר, והוצאתי מזה דין אחד. כי נשאלתי במקום שיש ספק באיזה שם אם הוא חול או קודש כיצד יעשה הסופר, אם יקדש אותו, או לא.
וקבלתי הלכה למעשה, לילך אחר התרגום, כפי הסכמת התרגום כן יעשה. ולי נראה, שגם יתכן לומר לשם קדושה אני כותב, ויחשוב הסופר בלבו, אם שם זה קודש, הנני כותב לשם קדושות כו'.
ואף אם הוא חול, אני כותב לשם קדושה שבראשו ובשרשו, וק"ל. וזהו גם בכלל מחכימת פתי (תהלים יט, ח), שאפי' בפתיות יש חכמה בראשו:
Encore, dans l'ensemble des lettres qui rendent sages et qui sont saintes, c'est même les noms d'autres dieux, dont il semble à première vue qu'il n'y a pas en eux de sainteté. Mais sache que aussi en ceci il y a de la sainteté, car même la sitra ahara, côté de l'impureté, toutefois dans sa racine il y a de la sainteté, et elle a une prise en haut dans sa tête.
Et c'est le secret : la tête d'Essav, elle est dans l'enveloppement d'Yitzhak, et Samael, ס"ם il est mauvais. Mais א"ל est saint.
Et j'ai allongé sur ce sujet ailleurs, et j'en ai tiré une loi. Car on m'a demandé, dans un lieu où il y a un doute sur quelque Nom, s'il est profane ou saint, comment fera le scribe, s'il le sanctifiera, ou non.
Et j'ai reçu en halakha pour la pratique : aller après le Targoum, selon l'accord du Targoum ainsi il fera. Et il me paraît qu'il est aussi possible de dire : pour le Nom de sainteté je l'écris, et le scribe pensera dans son cœur : si ce Nom est saint, me voici écrivant pour le Nom des saintetés etc.
Et même s'il est profane, je l'écris pour la sainteté qui est dans sa tête et dans sa racine, et c'est léger. Et c'est aussi dans l'ensemble de rendant sage le simple (Psaumes 19,8), que même dans la simplicité il y a de la sagesse dans sa tête.
גם בכלל מחכימת פתי הוא צריך שתדע, כי לא דבר רק, ואם רק הוא מכם. והנה בכל מקום שצריך לפרש סירוס המקרא או מקרא קצר וכיוצא בזה, הכל בערך הבנתינו.
אבל לפי האמת מי שהיה מבין חכמת ורמיזת הלשון באיזה דקדוקים דקים, אז הוא מבין הענין בלי סירוס. ומכח שהדבר רק ממנו, צריכין אנחנו לסרס או להיפך וכיוצא בזה.
אבל חכמה גדולה היא נסתרת שהדבר הוא כפשוטו בלא סירוס. וכן אני מאמין אפי' במשניות שאומר בגמרא חסורי מחסרא כו', זהו לפי ערך הבנתינו.
אבל רבינו הקדוש חיבר המשניות ברוח הקודש ובמליצות לשון מובחר ועמוק עמוק הרמוז בו. ואלו היה מובן, אז לא צריכין לחסר, על כן לשון המשנה לא זזה ממקומה.
וזהו ענין (שבת סג, א) אין מקרא יוצא מידי פשוטו, שכל הדברים הם כפשוטן ממש מי שמבינם, ולא דבר רק, רק ממנו, וצריכין אנחנו לסרס:
Aussi dans l'ensemble de rendant sage le simple, il faut que tu saches : car ce n'est pas une chose vide, et si elle est vide, c'est de vous. Et voici, en tout lieu où il faut expliquer une inversion du verset ou un verset court et ce qui est semblable, tout est selon la mesure de notre compréhension.
Mais selon la vérité, celui qui comprendrait la sagesse et l'allusion de la langue dans quelques précisions fines, alors il comprend le sujet sans inversion. Et parce que la chose est vide de nous, nous avons besoin d'inverser ou de retourner et ce qui est semblable.
Mais c'est une grande sagesse cachée que la chose est selon son simple, sans inversion. Et ainsi je crois, même dans les michnayot dont on dit dans la Guemara : il manque, il est déficient etc., ceci est selon la mesure de notre compréhension.
Mais notre saint maître a composé les michnayot dans l'esprit saint et dans des éloquences de langue choisie et profonde, profonde, ce qui y est allude. Et si c'était compris, alors on n'aurait pas besoin de manquer, c'est pourquoi le langage de la michna n'a pas bougé de sa place.
Et c'est le sujet de (Chabbat 63,a) un verset ne sort pas des mains de son pchat, que toutes les choses sont selon leur simple même, pour qui les comprend, et ce n'est pas une chose vide, seulement de nous, et nous avons besoin d'inverser.
אחר כתבי זה, מצאתי כדברי בספר ארזי לבנון דף י"ג, אמרו רבותינו ז"ל אין מקרא יוצא מידי פשוטו. ובאמרו אין מקרא יוצא, לא אמר מקרא נדרש כפשוטו.
למדנו, כי אף על פי שיש לתורה שבעים פנים, אין כל אחד מהם מכחיש הפשט, ואולי הפשט אחד מן השבעים. ואם כן אין רשות לשום חכם לפרש בו פירוש שנכחש את הפשט שאמרו ז"ל הוא פשט המפרשים האומר מקרא זה חסר ד' או ב' תיבות או חציו נוסף ללא צורך, אלא מקרא כמות שהוא.
ובאמת יש פסוקים הרבה שאנו צריכים להוסיף בהם תיבה אחת או שתים כדי להבין פשוטו, ולא מפני המקרא, אלא מפני חסרונו שאין אנו מבינים לשון הקודש, אלא כענין שידמה ללשון שאנו שקועים בו בגלותינו:
Après que j'ai écrit ceci, j'ai trouvé selon mes paroles dans le sefer Arzei Levanon, folio 13 : ont dit nos maîtres, de mémoire bénie, un verset ne sort pas des mains de son pchat. Et en disant un verset ne sort pas, il n'a pas dit un verset s'explique selon son pchat.
Nous avons appris : que bien que la Torah ait soixante-dix faces, aucune d'elles ne dément le pchat, et peut-être le pchat est-il une des soixante-dix. Et s'il en est ainsi, il n'y a pas permission à aucun sage d'expliquer en lui une explication qui dément le pchat.
Ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie, c'est le pchat ; les commentateurs qui disent ce verset manque de quatre ou de deux mots, ou sa moitié est ajoutée sans besoin, seulement le verset tel qu'il est. Et en vérité il y a beaucoup de versets auxquels nous avons besoin d'ajouter un mot ou deux afin de comprendre son pchat, et ce n'est pas à cause du verset, mais à cause de notre manque, que nous ne comprenons pas la langue sainte, seulement à la manière de ce qui ressemble à la langue dans laquelle nous sommes plongés dans notre exil.
גם מן החיוב לידע ולהודיע ענייני סוגיות התלמוד ורש"י ותוספות שהם כולם בחכמה, אך שלא להפסיק בכאן, אחבר קונטרס אחד כפי השגת יד שכלי באם יהיה א-להים עמדי תורה שבעל פה, ושם אשימנו אצל הקונטרס שנקרא שמו תורה שבכתב, זכור זכרתיך במסכת שבת. וזהו מחכימת פתי, אף על פי שמבין ומשכיל הפסוק, מכל מקום הוא פתי שמסרס ומהפך כל כך מעלת האותיות, והאותיות מחכימות.
גם עדות ה' נאמנה כו' קאי אתורה שבעל פה. וכן עדו"ת בגימטריא תלמו"ד, והיא עדות בין השם יתברך לבינינו.
והקדוש ברוך הוא צוה תורה שבעל פה לא תכתובהגה"הואפילו עתה שנתנה התורה שבעל פה לכתוב (גיטין ס, א) משום עת לעשות לי"י (תהלים קיט, קכו), נתן הקב"ה שנאה בלב האומות שאינם חפיצים בהעתקת תורה שבעל פה, ואז ישארו הסימנים בידינו, ברוך הוא וברוך שמו:, והטעם, כי הקדוש ברוך הוא נתן בזה סימנים לישראל להבדיל כדרך שנתן יעקב סימנים לרחל כדי שלא ירמאו אותו (מגילה יג, ב). וכן כתיב אצל התורה (משלי א, ד), לתת לפתאים ערמה.
והענין, בשביל אומות העולם שלא יעתיקו אותה, כי גלוי וידוע לפניו יתברך שיעתיקו תורה שבכתב ויאמרו שלנו הוא. אבל לעתיד ישאל הקדוש ברוך הוא ויאמר ביד מי הם הסימנים שמסרתי מפה אל פה, זהו משלי.
ואז יבואו ישראל בסימניהם. וכן מבואר במדרש (שמו"ר מז, א) שהביאו התוספות (ד"ה אתמוהי) במסכת גיטין פרק הניזקין (גיטין דף ס') (א) וזה לשונו, אכתוב לכם רובי תורתי כמו זר נחשבו (הושע ח, יב) שאומות העולם כתבו את התורה.
אם היה נכתב הכל לישראל, היו אומות העולם הכל כותבין. ולהכי אמר רחמנא אכתוב לכם רובי תורתי, בתמיה, והלא מה שכתבתי לכם כמו זר נחשבו שהעתיקו זרים, עד כאן:
Aussi il est une obligation de savoir et de faire savoir les sujets des discussions du Talmud et de Rachi et des Tossefot, qu'ils sont tous dans la sagesse, mais afin de ne pas interrompre ici, je composerai un cahier selon l'atteinte de la main de mon intellect, si Elokim est avec moi, Torah orale, et là je le placerai auprès du cahier dont le nom est Torah écrite, souviens-toi je me suis souvenu de toi dans le traité Chabbat. Et c'est rendant sage le simple : bien qu'il comprenne et intelligibilise le verset, toutefois il est simple, lui qui inverse et retourne tant le rang des lettres, et les lettres rendent sages.
Aussi le témoignage de ה' est fidèle etc. porte sur la Torah orale. Et de même עדו"ת en guematria תלמו"ד, et elle est un témoignage entre le Nom, béni soit-Il, et nous.
Et le Saint, béni soit-Il, a ordonné : la Torah orale, tu ne l'écriras pas. Glose : et même maintenant que la Torah orale a été donnée à écrire (Gittin 60,a) à cause de un temps de faire pour ה' (Psaumes 119,126), le Saint, béni soit-Il, a mis une haine dans le cœur des nations, qu'elles ne désirent pas la copie de la Torah orale, et alors les signes resteront en nos mains, béni soit-Il et béni soit Son Nom.
Et la raison : car le Saint, béni soit-Il, a donné en ceci des signes à Israël pour distinguer, comme Yaakov a donné des signes à Rachel afin qu'on ne le trompe pas (Megilla 13,b). Et ainsi il est écrit auprès de la Torah (Mishlei 1,4) : pour donner aux simples de la ruse.
Et le sujet : à cause des nations du monde, afin qu'elles ne la copient pas, car c'est révélé et connu devant Lui, béni soit-Il, qu'elles copieront la Torah écrite et diront : elle est à nous. Mais dans l'avenir le Saint, béni soit-Il, demandera et dira : en la main de qui sont les signes que J'ai transmis de bouche à bouche, c'est Mishlei.
Et alors Israël viendront avec leurs signes. Et ainsi il est expliqué dans le Midrach (Shemot Rabba 47,1) que les Tossefot ont apporté (mots d'entrée : est-ce étonnant) dans le traité Gittin, chapitre HaNizakin (Gittin folio 60) (a), et voici son langage : J'écrirais pour vous la majorité de Ma Torah, comme un étranger ils ont été comptés (Hoshea 8,12), que les nations du monde ont écrit la Torah.
Si tout avait été écrit pour Israël, les nations du monde écriraient tout. Et c'est pourquoi le Mericordieux a dit : J'écrirais pour vous la majorité de Ma Torah, en étonnement, et n'est-ce pas que ce que J'ai écrit pour vous, comme un étranger ils ont été comptés, que des étrangers ont copié, jusqu-ici.
ועל זה רומז מאמרם ז"ל ריש מסכת עבודה זרה (ב, ב), שלעתיד יקח הקדוש ברוך הוא ספר תורה בחיקו כו' ויאמר לאומות כלום יש בכם מגיד זאת, ואין זאת אלא תורה, שנאמר (דברים ד, מד) וזאת התורה אשר שם משה. קשה למה האריך בלשון שלילה אין זאת אלא תורה כו', הוה למימר וזאת היא תורה שנאמר וזאת התורה כו':
Et sur ceci fait allusion leur parole, de mémoire bénie, au début du traité Avoda Zara (2,b) : que dans l'avenir le Saint, béni soit-Il, prendra un sefer Torah dans Son sein etc. et dira aux nations : y a-t-il parmi vous qui raconte ceci, et ceci n'est rien d'autre que Torah, il est dit (Devarim 4,44) et ceci est la Torah que Moché a placée. Difficulté : pourquoi a-t-il allongé dans un langage de négation, ceci n'est rien d'autre que Torah etc., il aurait dû dire : et ceci est Torah, il est dit et ceci est la Torah etc.
מתחלה אקדים. הנה התורה נקראת על שם הקדוש ברוך הוא תורת י"י, ונקראת על שם משה תורת משה.
והענין, תורה שבכתב כולה שמותיו יתברך, ותורה שבעל פה סוד כלת משה שנבאר לקמן נקראת על שמו. וכבר נודע כי זה וזאת הם תורה שבכתב ושבעל פה הנקראים איש ואשה.
תורה שבכתב נקרא זה, אספקלריא המאירה. ותורה שבעל פה זאת.
ולעתיד ישאל הקדוש ברוך הוא אחר הסימנים שהוא תורה שבעל פה. על זה אמר אין זאת בלשון שלילה, לשאול שאין הכוונה על התורה שבכתב, אלא הכוונה על תורה שנאמר בה וזאת התורה אשר שם משה שהיא תורה שבעל פה וק"ל.
וזהו מחכימת פתי לתת לפתאים ערמה להצילם מרמאות וסימנין דאורייתא הן:
D'abord je prémettrai. Voici, la Torah est appelée au nom du Saint, béni soit-Il, Torah de ה', et elle est appelée au nom de Moché, Torah de Moché.
Et le sujet : la Torah écrite, toute entière Ses Noms, béni soit-Il, et la Torah orale, secret de l'épouse de Moché que nous expliquerons plus bas, est appelée à son nom. Et il est déjà connu que זה et זאת sont la Torah écrite et la Torah orale, qui sont appelés homme et femme.
La Torah écrite est appelée זה, le miroir lumineux. Et la Torah orale, זאת.
Et dans l'avenir le Saint, béni soit-Il, demandera après les signes, qui sont la Torah orale. Sur ceci il a dit אין זאת dans un langage de négation, pour demander que l'intention n'est pas sur la Torah écrite, mais l'intention est sur une Torah dont il est dit en elle et ceci est la Torah que Moché a placée, qui est la Torah orale, et c'est léger.
Et c'est rendant sage le simple, pour donner aux simples de la ruse, afin de les sauver de la tromperie, et les signes de la Torah, eux ils sont.