שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Shevuot, Ner Mitzva (8/10)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Ce passage poursuit : des hommes d'élévation, peu nombreux, ne voulurent pas profiter, et celui qui reçoit afin de se tenir dans la Torah sans empêchement est permis. À Lod, les sages disent que l'étude est grande parce qu'elle amène à l'acte ; les commentateurs objectent que la finalité, l'acte, est plus grande. Le Chla pose le principe qui se lève des paroles de Rachi et de Rabbenou Tam : pour soi l'acte est préférable, sauf à qui ne sait pas encore les lois ; enseigner est préférable, car c'est étude et acte. Une mitsva qu'autrui ne peut faire, ou qui s'impose maintenant, interrompt l'étude, même pour celui qui enseigne.

Aussi : prendre un salaire de rabbinat afin de tenir une yechiva, non l'inverse ; enrichir le chef de yechiva comme le grand kohen, donateur et receveur pour le Nom des cieux.

ובודאי היו בני עלייה בישראל שאכלו עפר ולא רצו להנות, כעובדא דיונתן בן עמרם בפרק קמא דבתרא (ח, א), וכר' חנינא בן דוסא (ברכות לד, ב), וכר' אלעזר בן פדת (מגילה כח, א), שהיו עניים גדולים, ובודאי היו נותנין להם ממון הרבה והם לא רצו להנות. אלו הם בני עליה והנם מועטים.

אמנם מי שנהנה ומקבל כדי שיוכל להחזיק בתורת ה' בלי מניעה, רשאי:

Et certainement il y avait des hommes d'élévation en Israël qui mangèrent de la poussière et ne voulurent pas profiter, comme le fait de Yonatan ben Amram au premier chapitre de Batra (8,a), et comme Rabbi Hanina ben Dosa (Berakhot 34,b), et comme Rabbi Eleazar ben Pedat (Megila 28,a), qui étaient de grands pauvres, et certainement on leur donnait beaucoup d'argent et eux ne voulurent pas profiter. Ceux-ci sont les hommes d'élévation et les voici peu nombreux.

Toutefois celui qui profite et reçoit afin de pouvoir se tenir dans la Torah de ה' sans empêchement, est permis :

זה הכלל אני מוסר לכם אתם בניי יצ"ו, אם תזכו אתם וזרעיכם וזרע זרעיכם להחזיק ישיבה והנהוג ליקח שכר רבנות, תקחו שכר רבנות כדי להחזיק ישיבה ולהעמיד תלמידים, ולא תחזיקו ישיבה בשביל לקח שכר רבנות, כי אז היה קורדום ח"ו. ותכלית הדבר הוא, שיהיה לומד תורה לשם שמים, ולא בשביל טעם כבוד, ולא טעם ממון.

ואם לבסוף הכבוד בא שמהנים אותו, יכול לקבל לכדי צרכו וצורך ביתו. ואף אם הוא ביותר מכדי צרכו, רשאי לקבל ובתנאי כפול ומכופל אם בעסק תורתו לא נתכוון רק לשם שמים לא זולתם, ואחר כך בא הכבוד מאליו לו.

ולא יעשה שום תחבולה והידור אחר זה, רק מאליהן באו נדיבים וכוונתם לשם שמים לא בשביל איזה דבר ואיזה טעם, אז רשאי לקבל:

Cette règle je vous transmets, vous mes fils, que leur Rocher les garde, si vous méritez, vous et votre descendance et la descendance de votre descendance, à tenir une yechiva et que l'usage est de prendre un salaire de rabbinat, vous prendrez un salaire de rabbinat afin de tenir une yechiva et d'établir des élèves, et vous ne tiendrez pas une yechiva afin de prendre un salaire de rabbinat, car alors ce serait un kardom (hache), à Dieu ne plaise. Et la finalité de la chose est qu'il étudie la Torah pour le Nom des cieux, et non pour un motif d'honneur, et non un motif d'argent.

Et si à la fin l'honneur vient qu'on lui fasse profiter, il peut recevoir à hauteur de son besoin et du besoin de sa maison. Et même s'il est plus que son besoin, il est permis de recevoir, et à condition doublée et redoublée : si dans l'occupation de sa Torah il n'a visé que pour le Nom des cieux et non autre chose, et ensuite l'honneur lui est venu de soi-même.

Et il ne fera aucune ruse ni aucun embellissement après cela, seulement d'eux-mêmes sont venus des généreux et leur intention est pour le Nom des cieux, non pour quelque chose et quelque raison, alors il est permis de recevoir :

ובדבר זה יתיישב מה שכתב רש"י בפרק סדר תעניות אלו (תענית) ריש דף כ"א (א) וזה לשונו, מלך ר' יוחנן מינהו ראש ישיבה, מנהג הוא מי שהוא ראש ישיבה היו מגדלין אותו משלהם ומעשירין אותו, כדאמרינן גבי כהן גדול בסיפרא וביומא (יח, א), והכהן הגדול מאחיו (ויקרא כא, י), גדלהו משל אחיו, עד כאן לשונו. וכבר הקדמתי שהמקבל יהיה תורתו לשם שמים, וגם הנותן יתן לשם שמים ורחמנא לבא בעי.

ומכל מקום החיוב על המקבל ללמוד ביתר שאת ויתר עוז, לא יפסוק פומיה מגירסא יומם ולילה ממש ללמוד וללמד לשמור ולעשות ולקיים:

Et par cette chose se résoudra ce qu'a écrit Rachi au chapitre Seder Taanitot Elu (Taanit) au commencement du folio 21 (a), et voici son langage : il régna, Rabbi Yo'hanan le nomma chef de yechiva, c'est un usage : celui qui est chef de yechiva, on l'élevait des leurs et on l'enrichissait, comme nous disons au sujet du grand kohen dans le Sifra et dans Yoma (18,a), et le grand kohen plus que ses frères (Lévitique 21,10), élève-le des biens de ses frères, jusqu-ici son langage. Et j'ai déjà fait précéder que le receveur, que sa Torah soit pour le Nom des cieux, et aussi le donateur donnera pour le Nom des cieux, et le Miséricordieux désire le cœur.

Et néanmoins l'obligation est sur le receveur d'étudier avec plus d'élévation et plus de force, que sa bouche ne cesse pas de l'étude jour et nuit vraiment, pour étudier et enseigner, pour garder et faire et accomplir :

כבר נתבאר בכלל עסק תורה לשמה הוא שהתלמוד יביאנו לידי מעשה, ובדבר זה נפל מחלוקת בין חכמי ישראל. איתא בסוף פרק קמא דקידושין (מ, ב), וכבר היו רבי טרפון וזקנים מסובין בעליית בית נתזה בלוד.

נשאלה שאלה זו בפניהם, תלמוד גדול, או מעשה גדול. נענה ר' טרפון ואמר, מעשה גדול.

נענה ר' עקיבא ואמר, תלמוד גדול. נענו כולם ואמרו, תלמוד גדול שהתלמוד מביא לידי מעשה, עד כאן.

והקשו כמה מפרשים מאחר שהמעשה הוא התכלית, וידוע כי תכלית הוא גדול מהדבר המביא לתכלית, אם כן לפ"ז המעשה גדול, וכתבו מה שכתבו:

Il a déjà été expliqué, en général l'occupation de Torah pour elle-même c'est que l'étude l'amènera à l'acte, et en cette chose est tombée une divergence entre les sages d'Israël. Il est à la fin du premier chapitre de Kiddoushin (40,b), et déjà étaient Rabbi Tarfon et les anciens accoudés au grenier de Beit Nitza à Lod.

Cette question fut posée devant eux : l'étude est-elle grande, ou l'acte est-il grand. Rabbi Tarfon répondit et dit, l'acte est grand.

Rabbi Akiva répondit et dit, l'étude est grande. Ils répondirent tous et dirent, l'étude est grande parce que l'étude amène à l'acte, jusqu-ici.

Et plusieurs commentateurs ont objecté : puisque l'acte est la finalité, et il est connu que la finalité est plus grande que la chose qui amène à la finalité, s'il en est ainsi selon ceci l'acte est grand, et ils ont écrit ce qu'ils ont écrit :

ואני אין לי אלא להקדים דברי רבותינו מפרשי התלמוד שעל פיהם אנו חיים, והם רש"י ותוספות. איתא במסכת ב"ק סוף פרק קמא (יז, א), תנו רבנן, וכבוד עשו לו במותו (דה"ב לב, לג), זה חזקיה מלך יהודה שיצאו לפניו שלשים וששה אלף חלוצי כת,ף דברי ר' יהודה.

אמר ליה ר' נחמי', והלא לפני אחאב עשו לו כן. אלא שהניחו ספר תורה על מטתו ואמרו, קיים זה מה שכתוב בזה.

והאידנא נמי עבדינן הכי. אפוקי מפקינא, אנוחי לא מנחינא.

ואיבעית אימא, אנוחי נמי מנחינא, קיים לא אמרינן. אמר רבה בר חנא, הוה אזלינא בהדיה דרבי יוחנן למשאל שמעתתא כי הוה עייל לבית הכסא, והוה בעינא מיניה מילתא.

לא פשיט לן עד דמשי ידיה ומנח תפילין ומברך והדר אמר לון, אפי' קיים אמרינן, לימד לא אמרינן. והאמר מר גדול תלמוד תורה שהתלמוד מביא לידי מעשה.

לא קשיא, הא למיגמר, הא לאגמורי, עד כאן. פירש רש"י, מביא לידי מעשה, אלמא מעשה עדיף.

למיגמר לעצמו מעשה עדיף, אבל לאגמורי לאחריני עדיף ממעשה, הילכך לימד לא אמרינן, עד כאן לשונו:

Et moi je n'ai qu'à faire précéder les paroles de nos maîtres les commentateurs du Talmud, par la bouche de qui nous vivons, et ils sont Rachi et Tossefot. Il est dans le traité Baba Kama a la fin du premier chapitre (17,a), nos maîtres ont enseigné : et ils lui firent honneur à sa mort (II Chroniques 32,33), c'est Hizkiya roi de Yehuda, que sortirent devant lui trente-six mille hommes aux épaules dégagées, paroles de Rabbi Yehuda.

Rabbi Nehemia lui dit : et n'est-ce pas que devant Ahab on lui fit ainsi. Mais c'est qu'ils placèrent un sefer Torah sur son lit et dirent : celui-ci a accompli ce qui est écrit en celui-ci.

Et maintenant aussi nous faisons ainsi. Nous le faisons sortir, nous ne le plaçons pas.

Et si tu veux dire, nous le plaçons aussi, 'il a accompli' nous ne disons pas. Rabba bar Hanna dit : j'allais avec Rabbi Yo'hanan pour demander des enseignements lorsqu'il entrait aux latrines, et j'avais besoin de lui d'une chose.

Il ne nous résolut pas jusqu'à ce qu'il se lava les mains et posa les tefilin et béni et ensuite il nous dit : même 'il a accompli' nous disons, 'il a enseigné' nous ne disons pas. Et le maître n'a-t-il pas dit : grande est l'étude de la Torah parce que l'étude amène à l'acte.

Ce n'est pas difficile : ceci est pour apprendre, ceci est pour enseigner, jusqu-ici. Rachi a expliqué : amène à l'acte, d'où l'acte est préférable.

Pour apprendre pour soi-même l'acte est préférable, mais pour enseigner à d'autres c'est préférable à l'acte, c'est pourquoi 'il a enseigné' nous ne disons pas, jusqu-ici son langage :

זה לשון תוספות, והאמר מר גדול תלמוד תורה שמביא לידי מעשה, פירש בקונטרס, אלמא מעשה עדיף. וקשה לר"ת, דאדרבה מהכא דייק סוף פ"ק דקידושין (מ, ב) תלמוד גדול ממעשה גבי זקינים שהיו מסובין בעליית בית נתזה בלוד, ונשאלה שאלה זו בפניהם תלמוד גדול או מעשה גדול, ונמנו כולם ואמרו תלמוד גדול שמביא לידי מעשה.

ואומר ר"ת דה"פ, והאמר מר שהתלמוד מביא לידי מעשה, וכיון שאנו אומרים קיים הרי אנו אומרים שלמד, דאי לא שלמד האיך קיים שתלמוד מביא לידי מעשה. ולא מסיק אדעתיה השתא לחלק בין למד ללימד.

ומשני הא לאגמורי, דלימוד ודאי לא אמר, דהא ודאי עדיף שמביא את הרבים לידי מעשה כשמלמדם. ובשאלתות דרב אחאי גאון לא גרסינן קיים.

אמר לימד לא אמר, אלא גר' ומנח תפלין והדר אמר לן. ותו לאו פריך תלמודא והיאך הוה מנח תפלין תחלה קודם שהיה אמר להם השמועה, והלא תלמוד גדול ממעשה.

ומשני, הא למגמר הא לאגמורי. דליגמר לנפשיה, תלמוד עדיף שמביא לידי מעשה.

אבל לאגמורי לאחריני לא עדיף ולפיכך היה מניח תפלין תחלה, עד כאן לשונם:

Voici le langage des Tossefot : et le maître n'a-t-il pas dit grande est l'étude de la Torah qui amène à l'acte, il a expliqué dans le Kontres (Rachi), d'où l'acte est préférable. Et c'est difficile pour Rabbenou Tam, car au contraire c'est d'ici que l'on déduit à la fin du premier chapitre de Kiddoushin (40,b) que l'étude est plus grande que l'acte, au sujet des anciens qui étaient accoudés au grenier de Beit Nitza à Lod, et cette question fut posée devant eux, l'étude est-elle grande ou l'acte est-il grand, et ils furent comptés tous et dirent l'étude est grande parce qu'elle amène à l'acte.

Et Rabbenou Tam dit que voici le sens : et le maître n'a-t-il pas dit que l'étude amène à l'acte, et puisque nous disons 'il a accompli' voici nous disons qu'il a appris, car s'il n'a pas appris comment a-t-il accompli, puisque l'étude amène à l'acte. Et il ne lui vint pas à l'esprit maintenant de distinguer entre il a appris et il a enseigné.

Et il résout : ceci est pour enseigner, car enseigner certainement il n'a pas dit, car cela est certainement préférable puisqu'il amène les nombreux à l'acte lorsqu'il les enseigne. Et dans les Sheiltot de Rav Ahai Gaon nous ne lisons pas 'il a accompli, il a dit il a enseigné nous ne disons pas', seulement la leçon est : et il posa les tefilin et ensuite il nous dit.

Et ensuite le Talmud objecte : et comment posait-il les tefilin d'abord avant de leur dire l'enseignement, n'est-ce pas que l'étude est plus grande que l'acte. Et il résout : ceci est pour apprendre, ceci est pour enseigner.

Car apprendre pour soi-même, l'étude est préférable puisqu'elle amène à l'acte. Mais enseigner à d'autres n'est pas préférable et c'est pourquoi il posait les tefilin d'abord, jusqu-ici leur langage :

והנה מתחלה אפרש דברי התוס', כי יש להקשות לפירוש ר"ת למה ליה לתלמודא למימר כלל הא למיגמר דמעשה עדיף, כיון דבין הך דהכא לימד לא אמרינן, ובין דהתם תלמוד גדול שמביא כו' איירי תרווייהו בלאגמורי, לא הוי ליה למימר אקושייתו אלא הך דהכא דאפשר קיים בלא לימוד היינו בלאגמורי. והנה יש עוד דקדוק בדברי התוס' במה שאמרו ולא מסיק אדעתיה השתא לחלק בין למד ללימד, מאי קאמרי, פשיטא דהמקשה לא אסיק אדעתיה מה שמתרץ לו המתרץ:

Et voici d'abord j'expliquerai les paroles des Tossefot, car il y a à objecter selon l'explication de Rabbenou Tam : pourquoi le Talmud a-t-il besoin de dire du tout 'ceci est pour apprendre, que l'acte est préférable', puisque tant celle d'ici 'il a enseigné nous ne disons pas', que celle de là 'l'étude est grande parce qu'elle amène etc.', toutes deux traitent d'enseigner, il n'avait à dire sur sa difficulté que celle d'ici, qu'il est possible 'il a accompli' sans enseignement, c'est-à-dire sans enseigner à d'autres. Et voici il y a encore une précision dans les paroles des Tossefot en ce qu'ils ont dit 'et il ne lui vint pas à l'esprit maintenant de distinguer entre il a appris et il a enseigné', que disent-ils, il est évident que l'objecteur n'a pas eu à l'esprit ce que le résolvant lui résout :

והנה אלו השני דברים יתורצו כאחד, דבודאי המקשה שהקשה הלא אי אפשר לקיים אם לא למד מאחד שאי אפשר לבוא לידי מעשה אלא ע"י לימוד, בודאי שיכול לבוא לידי מעשה אם לימד אף שלא למד אחרים, כי מה תלוי קיום מעשה שלו בלימוד אחרים, ואין תלוי אלא בלימוד של עצמו שיודע את המעשה אשר יעשה, וא"כ מה הקשה בודאי יתרצו לו שלימוד אחרים לא אמרינן. אלא הענין הוא, בודאי גם המקשה ידע זה, רק שלא אסיק אדעתיה לחלק בין למד ללימד בענין המאמר תלמוד גדול שמביא לידי מעשה, והיה סובר שמה שאמרו תלמוד גדול, כולל הן למד הן לימד ותרווייהו שוו במעלה, על כן מקשה שפיר והאמר מר כו', כלומר מאחר שקיים א"כ על כרחך למד.

ואף אם תמצי לומר שלא לימד, מכל מקום למד ולימד שניהם שוין במעלה ומאחר ששניהם שוין במעלה והם גדולים ממעשה, א"כ למה קיים אמרינן ולימד לא אמרינן. על כן הוצרך לתרץ הא דקאמר תלמוד גדול היינו בלימוד, אבל בלמד מעשה גדול, וחלוקים הם במעלה.

למד ולימד, מעשה עדיף. מלמד ולימד עדיף ממעשה, על כן קיים אמרינן, לימד לא אמרינן:

Et voici ces deux choses seront résolues ensemble, car certainement l'objecteur qui a objecté : n'est-il pas impossible d'accomplir s'il n'a pas appris, du fait qu'il est impossible de venir à l'acte sinon par l'étude, certainement il peut venir à l'acte s'il a appris même s'il n'a pas enseigné d'autres, car de quoi dépend l'accomplissement de son acte dans l'enseignement d'autres, et cela ne dépend que de l'étude de lui-même qu'il sache l'acte qu'il fera, et s'il en est ainsi qu'a-t-il objecté, certainement on lui résoudra que l'enseignement d'autres nous ne disons pas. Mais le sujet est, certainement aussi l'objecteur savait cela, seulement il ne lui vint pas à l'esprit de distinguer entre il a appris et il a enseigné au sujet de la parole 'l'étude est grande parce qu'elle amène à l'acte', et il tenait que ce qu'ils ont dit 'l'étude est grande' comprend tant il a appris que il a enseigné et tous deux sont égaux en degré, c'est pourquoi il objecte bien 'et le maître n'a-t-il pas dit etc.', c'est-à-dire puisque 'il a accompli', s'il en est ainsi de force il a appris.

Et même si tu trouves à dire qu'il n'a pas enseigné, néanmoins il a appris et il a enseigné tous deux sont égaux en degré, et puisque tous deux sont égaux en degré et ils sont plus grands que l'acte, s'il en est ainsi pourquoi 'il a accompli' disons-nous et 'il a enseigné' ne disons-nous pas. C'est pourquoi il a fallu résoudre : ce qu'il a dit 'l'étude est grande' c'est dans l'enseignement, mais dans 'il a appris' l'acte est grand, et ils sont divisés en degré.

Il a appris et il a enseigné, l'acte est préférable. Celui qui enseigne et il a enseigné est préférable à l'acte, c'est pourquoi 'il a accompli' nous disons, 'il a enseigné' nous ne disons pas :

ואין להקשות על ר"ת מאחר שהתלמוד של לאגמורי עדיף ממעשה מאחר שמביא לידי מעשה, א"כ תלמוד של למגמר שמביא את עצמו לידי מעשה יהיה ג"כ גדול ממעשה. זה אינו קושיא, כי המעשה הוא התכלית על כן עדיף יותר מהלימוד כמ"ש לעיל שהקשו המפרשים רק בלאגמורי התלמוד עדיף ממעשה משום שיש בלאגמורי שני ענינים תלמוד ומעשה, דהיינו הדברי תורה שלומד, והמעשה הטוב הוא שמלמד לחבירו, והמלמד לחבירו תורה כאלו ילדו (סנהדרין צט, ב).

וזהו ביאור מביא לידי מעשה לפי מסקנא, כלומר שבתלמוד זה יש בו מעשה ג"כ. אבל בלמגמר שאין בו אלא תלמוד, אז מעשה עדיף.

ורש"י פירש, מביא לידי מעשה, אלמא מעשה עדיף, הוא כפשוטו לגמרי, תלמוד מביא לידי מעשה, א"כ המעשה הוא התכלית, והתכלית עדיף. וסרה תלונות המפרשים:

Et il n'y a pas à objecter sur Rabbenou Tam : puisque l'étude d'enseigner est préférable à l'acte puisqu'elle amène à l'acte, s'il en est ainsi l'étude d'apprendre qui amène soi-même à l'acte serait aussi plus grande que l'acte. Ceci n'est pas une difficulté, car l'acte est la finalité, c'est pourquoi il est plus préférable que l'étude, comme j'ai écrit plus haut que les commentateurs ont objecté, seulement dans enseigner l'étude est préférable à l'acte parce qu'il y a dans enseigner deux sujets, étude et acte, c'est-à-dire les paroles de Torah qu'il étudie, et l'acte bon c'est qu'il enseigne à son compagnon, et celui qui enseigne à son compagnon la Torah c'est comme s'il l'a engendré (Sanhédrin 99,b).

Et c'est l'explication de 'amène à l'acte' selon la conclusion, c'est-à-dire que dans cette étude il y a aussi de l'acte. Mais dans apprendre où il n'y a que de l'étude, alors l'acte est préférable.

Et Rachi a expliqué : amène à l'acte, d'où l'acte est préférable, c'est entièrement selon le sens simple, l'étude amène à l'acte, s'il en est ainsi l'acte est la finalité, et la finalité est préférable. Et les plaintes des commentateurs se sont écartées :

אך עתה באתי ליישב קושיות התוס' שהקשו על רש"י דמהכא דייק בסוף פ"ק דקידושין (מ, ב) וזה לשונו, ויש מפרשים דאדם שלא למד עדיין ובא לימלך אם ילמוד תחלה או יעסוק במעשה, אומרים לו למוד תחלה לפי שאין עם הארץ חסיד. אבל אדם שלמד כבר המעשה, טוב יותר מהתלמוד, עד כאן לשונם.

וכן היא סברת רש"י, וסבירא ליה דהכי פירושו, התלמוד גדול, כלומר שיש לו דין קדימה שיותר טוב שילמד, ממה שירדוף אחר המצות מי שעדיין אינו בקי בדינים וילמוד הדינים, לפי שמביא לידי מעשה שידע מה לעשות, ואם לא ילמוד אזי יהיו נעלמים ממנו כמה דינים ויעשה כמה איסורים, ויהיו נעלמים ממנו כמה מצות מעשיות ולא ידע לקיימם. והתכלית האמתי הוא המעשה.

אבל מי שלמד כבר ויודע כל המעשים והדינים, אזי טוב יותר לרדוף ולחפש אחר איזה מצוה מהלימוד, כי מעשה המצות הם התכלית, על כן מקשה שפיר בסוף פ"ק דבבא קמא דקיים עדיף מהלימוד, כי התכלית הוא המעשה. ומשיב המתרץ, למגמר עדיף התלמוד ממעשה, משום שאז בהלימוד יש ג"כ מעשה, תרווייהו איתנהו ביה.

ולאגמורי, המעשה עדיף ויקדמנו, אם לא מי שעדיין אינו יודע דיני המעשיות אז יקדים הלימוד. והלימוד גדול להקדימו כדי שידע לבא לידי מעשה, פירוש כי המעשה הוא התכלית:

Mais maintenant je suis venu résoudre les difficultés des Tossefot qui ont objecté sur Rachi, car c'est d'ici que l'on déduit à la fin du premier chapitre de Kiddoushin (40,b), et voici son langage : et il y a des commentateurs qu'un homme qui n'a pas encore appris et vient demander conseil s'il apprendra d'abord ou s'occupera de l'acte, on lui dit apprends d'abord parce qu'il n'est pas de pieux ignorant. Mais un homme qui a déjà appris, l'acte est meilleur que l'étude, jusqu-ici leur langage.

Et ainsi est le raisonnement de Rachi, et il tient que voici son explication : l'étude est grande, c'est-à-dire qu'elle a un droit de précédence, qu'il est mieux qu'il apprenne, que de poursuivre les mitsvot, celui qui n'est pas encore expert dans les lois, et il apprendra les lois, parce que cela amène à l'acte qu'il sache quoi faire, et s'il n'apprend pas alors plusieurs lois lui seront cachées et il fera plusieurs interdits, et plusieurs mitsvot d'acte lui seront cachées et il ne saura pas les accomplir. Et la finalité vraie est l'acte.

Mais celui qui a déjà appris et sait tous les actes et les lois, alors il est mieux de poursuivre et de chercher après quelque mitsva que l'étude, car l'acte des mitsvot est la finalité, c'est pourquoi il objecte bien à la fin du premier chapitre de Baba Kama que 'il a accompli' est préférable à l'étude, car la finalité est l'acte. Et le résolvant répond : pour apprendre, l'étude est préférable à l'acte, parce qu'alors dans l'étude il y a aussi de l'acte, tous deux sont en elle.

Et pour enseigner, l'acte est préférable et il le fera précéder, si ce n'est celui qui ne sait pas encore les lois des actes, alors il fera précéder l'étude. Et l'étude est grande pour la faire précéder afin qu'il sache venir à l'acte, explication : car l'acte est la finalité :

ואפשר שכוונת התוס' שם בסוף פרק קמא דקידושין שמביאין זה היש מפרשים דאדם שלא למד כו', מביאין אותם ליישב דברי רש"י, וכאלו היו אומרים ויש מפרשים ליישב דברי רש"י דאדם שלא למד וכו'. כי גם שם בזה הדיבור של ויש מפרשים כו' הקשו על רש"י וכתבו פירוש ר"ת כו'.

ואח"כ כתבו ויש מפרשים כו'. הרי מבוארים דברי רש"י ודברי ר"ת:

Et il est possible que l'intention des Tossefot là à la fin du premier chapitre de Kiddoushin qui apportent ce 'il y a des commentateurs, un homme qui n'a pas appris etc.', ils les apportent pour résoudre les paroles de Rachi, et comme s'ils disaient 'et il y a des commentateurs pour résoudre les paroles de Rachi, un homme qui n'a pas appris etc.'. Car aussi là dans ce commentaire de 'et il y a des commentateurs etc.' ils ont objecté sur Rachi et ont écrit l'explication de Rabbenou Tam etc.

Et ensuite ils ont écrit 'et il y a des commentateurs etc.'. Voici sont éclaircies les paroles de Rachi et les paroles de Rabbenou Tam :

ובעיני יותר מחוורים דברי רש"י לפי מה שפירשתיו מפירוש ר"ת, כי לפי ר"ת עדיין קשה קושיית המפרשים הלא התכלית הוא חשוב יותר מהקודם. קושיא זו היא קשה בסברת המקשה שלא ידע לחלק בין למגמר בין לאגמורי, ובודאי בבוא התירוץ הוא ניחא כמו שכתבתי ודוק:

Et à mes yeux les paroles de Rachi sont plus claires selon ce que je les ai expliquées que l'explication de Rabbenou Tam, car selon Rabbenou Tam est encore difficile la difficulté des commentateurs : n'est-ce pas que la finalité est plus importante que ce qui précède. Cette difficulté est difficile dans le raisonnement de l'objecteur qui n'a pas su distinguer entre apprendre et enseigner, et certainement à la venue de la résolution cela va bien comme j'ai écrit, et examine :

הכלל העולה מדברי שניהם, כי לא המדרש הוא עיקר רק המעשה (אבות א, יז), על כן להשתדל אחר מעשים טובים שישנם לעשותם עדיף יותר מלהתעסק בלימוד. והני מילי בלימוד של עצמו, אבל ללמד אחרים אז הלימוד יותר עדיף כי הוא כלול מתלמוד וממעשה, שזה בעצמו מעשה טוב מה שמלמד אחרים.

ומי שאינו יודע דינים את המעשה אשר יעשה, אז התלמוד גדול. רצוני לומר, התלמוד מוקדם שיותר טוב שילמוד כדי שידע הדינים את אשר יעשה, כי כן מוכרח ליישב דברי רש"י.

ומסתברא שגם ר"ת מודה בזה, אף שמפרש הסוגיות בענין אחר:

Le principe qui se lève des paroles des deux, car ce n'est pas le midrach qui est le principal seulement l'acte (Avot 1,17), c'est pourquoi s'employer après les bonnes actions qu'il y a à les faire est plus préférable que de s'occuper de l'étude. Et ces paroles sont dans l'étude de soi-même, mais enseigner à d'autres alors l'étude est plus préférable car elle est composée d'étude et d'acte, que ceci même est une bonne action ce qu'il enseigne à d'autres.

Et celui qui ne sait pas les lois, l'acte qu'il fera, alors l'étude est grande. Je veux dire, l'étude est antérieure, qu'il est mieux qu'il apprenne afin qu'il sache les lois ce qu'il fera, car ainsi il est nécessaire pour résoudre les paroles de Rachi.

Et il est raisonnable que aussi Rabbenou Tam en convient, même s'il explique les suggiot d'une autre manière :

וכל זה לא נאמר, אלא בהזדמן לו מעשה מצוה שיכולה להתקיים ע"י אחרים. אבל אם אי אפשר ע"י אחרים, יעשה המצוה ואח"כ יחזור ללימודו, כך כתב הרמב"ם (הל' תלמוד תורה ג, ד) והובא בטור יורה דעה סי' רמ"ו.

כל שכן במצוה המוטלת עליו עתה לעשות, שיבטל מלימודו ויעשה המצוה. לא מבעיא בלימוד של עצמו, כי זה מבואר במסכת פסחים פרק אלו עוברין בירושלמי (ג, ז) שהביא האשרי' שם בענין ההולך לעשות עירוב כדי לילך ללמוד לפני רבו ונזכר שיש חמץ בביתו, חוזר ומבערו ולא סגי בביטול.

ואמר בירושלמי, בכאן שנה רבי דמעשה גדול מן התלמוד כו', עיין שם, והובא בבית יוסף סי' תמ"ד. אלא אפי' במלמד לאחרים ומצוה רמיא עליה לעשותו, צריך להקדים מעשה המצוה, ואח"כ יחזור ללמודו:

Et tout ceci n'a été dit que lorsqu'il lui arrive un acte de mitsva qui peut être accompli par d'autres. Mais s'il est impossible par d'autres, il fera la mitsva et ensuite il reviendra à son étude, ainsi a écrit le Rambam (lois de l'étude de la Torah 3,4) et cela a été apporté dans le Tour Yore Dea siman 246.

À plus forte raison dans une mitsva qui lui est imposée maintenant à faire, qu'il interrompe de son étude et fasse la mitsva. Non seulement dans l'étude de soi-même, car ceci est expliqué dans le traité Pessahim chapitre Elu Ovrin dans le Yerouchalmi (3,7) que l'Asheri (Rabbenou Acher) a apporté là au sujet de celui qui va faire un erouv afin d'aller étudier devant son maître et il se souvient qu'il y a du hamets dans sa maison, il revient et le brûle et il ne suffit pas d'une annulation.

Et il a dit dans le Yerouchalmi : ici Rabbi a enseigné que l'acte est plus grand que l'étude etc., vois là, et cela a été apporté dans le Beit Yossef siman 444. Mais même dans celui qui enseigne à d'autres et qu'une mitsva est jetée sur lui à la faire, il faut faire précéder l'acte de la mitsva, et ensuite il reviendra à son étude :

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