Ce passage poursuit l'avertissement d'Avodat haKodech : Chelomo oppose la philosophie, femme étrangère, à la Torah fiancée ; après Talmud et décisionnaires, la Kabbale élève la nechama vers Beit-El. Le Chla trouve quinze voies pour l'occupation de la Torah, de l'étude avec un sage jusqu'à prier D.ieu pour la sagesse. Quiconque s'occupe de Torah lichma (pour elle-même) mérite beaucoup de choses : elle lui devient élixir de vie, sinon élixir de mort. Lichma, c'est accomplir « et vous les enseignerez » comme un serviteur fidèle qui lit la lettre du roi, et ouvrir le sefer pour l'acte, les qualités et la connaissance, pour l'unification du Saint, béni soit-Il, et de Sa Che'hina.
Aussi : la finalité de la sagesse est techouva et bonnes actions, sans se couronner de la Torah ; dire une chose au nom de celui qui l'a dite ; faire jouir le disciple des sages, qui reçoit pour se fortifier dans la Torah
ומה מאוד האריך הרב המקובל בספרו עבודת הקודש בחלק התכלית פרק ט"ו וי"ו וי"ז וי"ח וי"ט ופ"א מחלק סתרי תורה, בפרקים אלו גילה קלונם ברבים והזהיר במאוד מאוד מהם. ואמר, כי שלמה המלך ע"ה יסד ספר משלי ברוח הקודש על שתי נשים אחת אהובה והאחת שנואה, השנואה היא הפילוסופיא אשה המנאפת, והיא אשה זרה אשר אמריה החליקה, והיא המפתת את האדם ולא ידע כי בנפשו הוא מביאו לידי מינות.
והאשה המשכלת אשה יראת ה' היא תתהלל, היא תורה ציוה לנו משה מורשה, אל תקרי מורשה, אלא מאורסה (ברכות נז, א). ובזוהר פרשת כי תצא (ח"ג רעז, א) גילה כי אית שדים תלמידי חכמים, וכנגדן בארץ מארי פילסופים דישראל.
ואית שדים כבהמות, וכנגדן בארץ עמי הארץ כו', עיין שם. אח"כ סיים ואית אחרנין מארי סתרי תורה, אינון ירתין נשמתין מסטרא דמלכותא קדישא דאיהי כלילא מי' ספירין כו'.
על כן אשרינו מה טוב חלקנו ומה נעים גורלנו למלא כרסנו ממקרא משנה תלמוד ופוסקים, ואחר כך לעסוק בחכמת הקבלה ואז מתקדש בקדושה גדולה, ואז נשמתו תלך בדרך סלולה ההולך בית אל מקום אשר שם היה אהלה תתרומם ותתגדל ברוב גדולה, ומכל מאורות העליונים כלולה:
Et combien le rav kabbaliste s'est étendu dans son sefer Avodat hakodech, dans la partie de la Finalité, chapitres 15 et 16 et 17 et 18 et 19, et chapitre 81 de la partie Secrets de la Torah ; dans ces chapitres il a révélé leur honte en public et a averti très très fort contre eux. Et il a dit que Shelomo le roi, que la paix soit sur lui, a fondé le sefer des Proverbes par l'esprit saint sur deux femmes, l'une aimée et l'une haie : la haïe est la philosophie, femme adultère, et elle est une femme étrangère dont les paroles sont lisses, et elle est celle qui séduit l'homme, et il ne sait pas que c'est au prix de son âme qu'elle l'amène à l'hérésie.
Et la femme intelligente, femme craignant ה', elle sera louée : elle est Torah que Moché nous a commandée en héritage ; ne lis pas moracha (héritage), mais meorasa (fiancée) (Berakhot 57,a). Et dans le Zohar, paracha Ki Tetse (tome 3, 277,a), il a révélé qu'il y a des shedim (démons) disciples des sages, et en face d'eux sur terre les maîtres philosophes d'Israël.
Et il y a des shedim comme des bêtes, et en face d'eux sur terre les ignorants etc., vois là. Ensuite il a conclu : et il y en a d'autres, maîtres des secrets de la Torah, ceux-là héritent des nechamot du côté de la Malkhout sainte qui est composée de 10 sefirot etc.
C'est pourquoi heureux sommes-nous, combien bonne est notre part et combien agréable notre sort, de remplir notre ventre d'Écriture, Michna, Talmud et décisionnaires, et ensuite de s'occuper de la sagesse de la Kabbale, et alors il se sanctifie d'une grande sainteté, et alors sa nechama ira sur le chemin aplani qui va à Beit-El, le lieu où était sa tente : elle s'élèvera et s'agrandira en grande grandeur, et de toutes les lumières supérieures elle est composée :
מצאתי כי ט"ו דרכים צריכים לעסק התורה. הדרך הא' שיהיה הלימוד עם חכם גדול ובחברת חבירים חשובים, ואמרו רז"ל (תענית ז, א), חרב אל הבדים (ירמיה נ, לו), אלו תלמידי חכמים שעוסקים בתורה בד בבד, רצו לומר ביחיד.
הדרך ב' שיהיה עיון בספרים שחברום גדולי חכמי ישראל שדבריהם רבי הכללות עם הקצור, ולא יושגה לחבורי רבוי הדברים כאילן רב העלים ומעט הפרי. הדרך ג' שיכוין האדם למה שיקרא וישנה לדעת הפירושים והמכוון במאמרים.
הדרך הד' שיכוין תמיד לעשות סימנים למה שיקרא וישנה או ילמוד. הדרך הה' שיעיין ויקרא תמיד בקבוץ אחד, ולא היום בקבוץ אחד ומחר בזולתו באותו ענין.
הדרך הו' שיעיין תמיד בספרים יפה הכתיבה ויפי הקשירה, ויהיה מקום העיון יפה הבנין. הדרך הז' שיהיה העסק בתורה בקול והדבור המוחש שישמע מה שמוציא מפיו, ולא בחשאי ובקול נמוך כאוב מארץ.
אבל בהנעת כלי הדיבור כולם וכל כחות הגוף. וכתב הרמב"ם (הל' תלמוד תורה ג, יב), כל המשמיע קולו בשעת תלמודו, תלמודו מתקיים.
והקורא בלחש, במהרה שוכח. הדרך הח' שיהיה הלמוד בשיר בין במקרא בין במשנה, ולזה תמצא ספרי המשנה הקדומים כתובים עם הנקוד והטעמים.
הדרך הט' שיהיו הספרים מכתיבה אשורית. הדרך הי' שיהיו הספרים מכתיבה גסה ולא דקה.
הדרך הי"א שילמד לזולתו. הדרך הי"ב שיהיו תלמידים ותלמוד בשובה ונחת ובישוב הדעת ומתינות, ולא יהיה אדם נמהר בעסק התורה.
הדרך הי"ג שיהיה העסק בתורה לשמה, להשלים רצון האל ולהתקרב אליו. הדרך הי"ד שייחד ויקבע זמן מוגבל לעסק התורה, יפנה בו מחשבתו מכל עסק ומחשבה זולתה.
הדרך הט"ו להתפלל לאל שיתן לו חכמה ובינה וזכירה טובה. אלה הם דרכי ה' ישרים ילכו בם, עד כאן לשונו:
J'ai trouvé que 15 voies sont nécessaires à l'occupation de la Torah. La première voie : que l'étude soit avec un grand sage et en compagnie de compagnons considérables, et Razal (nos Sages, de mémoire bénie) ont dit (Taanit 7,a) : épée sur les badim (Jérémie 50,36), ce sont les disciples des sages qui s'occupent de Torah bad be-vad, c'est-à-dire en solitaire.
La deuxième voie : que l'examen soit dans les sefarim que les grands sages d'Israël ont composés, dont les paroles sont riches de généralités avec la concision, et que l'on n'atteigne pas les compositions de multitude de paroles, comme un arbre riche en feuilles et peu de fruit. La troisième voie : que l'homme vise ce qu'il lit et répète, pour connaître les commentaires et l'intention dans les dits.
La quatrième voie : qu'il vise toujours à faire des signes pour ce qu'il lit et répète ou étudie. La cinquième voie : qu'il examine et lise toujours dans un seul recueil, et non aujourd'hui dans un recueil et demain dans un autre sur le même sujet.
La sixième voie : qu'il examine toujours dans des sefarim de belle écriture et de belle reliure, et que le lieu de l'examen soit de bel édifice. La septième voie : que l'occupation de la Torah soit à voix et par la parole sensible, qu'il entende ce qu'il fait sortir de sa bouche, et non en chuchotant et à voix basse comme un spectre de la terre.
Mais par le mouvement de tous les instruments de la parole et de toutes les forces du corps. Et le Rambam a écrit (lois de Talmud Torah 3,12) : quiconque fait entendre sa voix à l'heure de son étude, son étude se maintient.
Et celui qui lit à voix basse oublie bientôt. La huitième voie : que l'étude soit en chant, tant dans l'Écriture que dans la Michna, et pour cela tu trouveras les sefarim anciens de la Michna écrits avec les points et les accents.
La neuvième voie : que les sefarim soient d'écriture assyrienne. La dixième voie : que les sefarim soient d'écriture grosse et non fine.
La onzième voie : qu'il enseigne à autrui. La douzième voie : que les disciples et l'étude soient dans le calme et la tranquillité et dans le recueillement de l'esprit et la lenteur, et que l'homme ne soit pas précipité dans l'occupation de la Torah.
La treizième voie : que l'occupation de la Torah soit lishma (pour elle-même), pour accomplir la volonté de Dieu et se rapprocher de Lui. La quatorzième voie : qu'il réserve et fixe un temps délimité pour l'occupation de la Torah, qu'il y détourne sa pensée de toute affaire et pensée autre qu'elle.
La quinzième voie : prier Dieu qu'Il lui donne sagesse et intelligence et bonne mémoire. Telles sont les voies de ה', droites, ils y marcheront (Osée 14,10), jusqu-ici son langage :
ברוך אתה ה' א-להינו מלך העולם אשר קדשנו במצותיו וצונו לעסוק בתורה לשמה
Béni sois-Tu ה' notre Elokim, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot et nous a commandés de nous occuper de Torah lishma
ר' מאיר אומר, כל העוסק בתורה לשמה זוכה לדברים הרבה. ולא עוד כו' (אבות ו, א).
וגרסינן נמי בפרק חלק (סנהדרין) דף צ"ט (ב), א"ר אלכסנדראי, כל העוסק בתורה לשמה כאלו עושה שלום בפמליא של מעלה ובפמליא של מטה, שנאמר (ישעיה כז, ה) או יחזק במעזי יעשה שלום לי. ורב אמר כאלו בנה פלטרין של מעלה ופלטרין של מטה, שנאמר (ישעיה נא, טז) ואשים דברי בפיך ובצל ידי כיסיתך וגו'.
ורב יוחנן אמר, כאלו מגין על כל העולם כולו, שנאמר (שם) ובצל ידי כסיתיך. ורבי יהושע בן לוי אמר, כאלו מקרב גאולה לישראל, שנאמר (שם) ולאמור לציון עמי אתה:
Rabbi Meir dit : quiconque s'occupe de Torah lishma mérite beaucoup de choses. Et non seulement cela etc.
(Avot 6,1). Et nous lisons aussi au chapitre Helek (Sanhédrin) folio 99 (b) : Rabbi Alexandri a dit, quiconque s'occupe de Torah lishma, c'est comme s'il faisait la paix dans la famille d'en haut et dans la famille d'en bas, il est dit (Isaie 27,5) ou qu'il saisisse Ma force, qu'il fasse la paix avec Moi.
Et Rav a dit : c'est comme s'il bâtissait des palais d'en haut et des palais d'en bas, il est dit (Isaie 51,16) et J'ai mis Mes paroles dans ta bouche et à l'ombre de Ma main Je t'ai couvert etc. Et Rabbi Yo'hanan a dit : c'est comme s'il protégeait le monde entier, il est dit (là) et à l'ombre de Ma main Je t'ai couvert.
Et Rabbi Yehoshoua ben Levi a dit : c'est comme s'il rapprochait la délivrance pour Israël, il est dit (là) et pour dire à Sion tu es Mon peuple :
וכשיעסוק בה לשמה נעשית לו סם חיים, כדגרסינן פ"ק דתענית דף ז' (א) תניא רבי בנאה אומר, כל העוסק בתורה לשמה תורתו נעשית לו סם חיים, שנאמר (משלי ג, יח) עץ חיים היא וגו', ואומר (שם ח) רפאות תהי לשרך וגו', ואומר (משלי ח, לה) כי מוצאי מצא חיים ויפק רצון מה'. אבל אם אינו עוסק בה לשמה, היא לו סם מות, דאמרו רז"ל (תענית ז, א) כל העוסק בתורה שלא לשמה נעשית לו סם המות, שנאמר (דברים לב, ב) יערוף כמטר לקחי, ואין עריפה אלא הריגה שנאמר (דברים כא, ד) וערפו שם את העגלה וגו'.
וענין לשמה, הכוונה שיעסוק בתורה לקיים מה שצונו הש"י (דברים יא, יט) ולמדתם אותם. ויחשוב שהתורה היא כמו כתב המלך שכותב לעבדיו מה יעשו ומה ימנעו שלא לעשות, כן נתן הקב"ה התורה לעמו ישראל עבדיו הנאמנים.
על כן כשקורא בתורה נביאים כתובים או במשנה ותלמוד ופוסקים יעשה מוסכם כל מה שאמצא שם מה לעשות ומה שלא לעשות הנני אקיים כעבד נאמן, ומה שלא יהיה סיפק בידי לקיים מאיזה מניעה ואוכל לגרום שיקיימו אחרים כן אעשה בזריזות. וזהו שאנו אומרים בברכת אהבה רבה ותן בלבינו להבין ולהשכיל לשמוע ללמוד וללמד לשמור ולעשות ולקיים:
Et lorsqu'il s'occupe d'elle lishma, elle lui devient un élixir de vie, comme nous lisons au premier chapitre de Taanit folio 7 (a) : il est enseigné, Rabbi Benaa dit, quiconque s'occupe de Torah lishma, sa Torah lui devient un élixir de vie, il est dit (Proverbes 3,18) elle est un arbre de vie etc., et il dit (là 8) elle sera guérison pour ton nombril etc., et il dit (Proverbes 8,35) car celui qui Me trouve à trouvé la vie et il obtient la faveur de ה'. Mais s'il ne s'occupe pas d'elle lishma, elle lui est un élixir de mort, car Razal ont dit (Taanit 7,a) : quiconque s'occupe de Torah qui n'est pas lishma, elle lui devient un élixir de mort, il est dit (Devarim 32,2) yaarof (יערוף) comme la pluie mon enseignement, et il n'est d'arifa (עריפה) que tuerie, il est dit (Devarim 21,4) et ils rompirent la nuque là à la génisse etc.
Et le sujet de lishma, l'intention est qu'il s'occupe de Torah pour accomplir ce que le Nom, qu'Il soit béni, nous a commandés (Devarim 11,19) et vous les enseignerez. Et qu'il pense que la Torah est comme une lettre du roi qui écrit à ses serviteurs ce qu'ils doivent faire et ce dont ils doivent s'abstenir ; ainsi le Saint, béni soit-Il, a donné la Torah à Son peuple Israël, Ses serviteurs fidèles.
C'est pourquoi lorsqu'il lit dans la Torah, les Prophètes, les Écrits, ou dans la Michna et le Talmud et les décisionnaires, il fera convenu : tout ce que je trouverai là de ce qu'il faut faire et de ce qu'il ne faut pas faire, me voici je l'accomplirai comme un serviteur fidèle, et ce qui ne sera pas en mon pouvoir d'accomplir par quelque empêchement, et que je pourrai causer que d'autres l'accomplissent, ainsi je ferai avec diligence. Et c'est ce que nous disons dans la berakha Ahava Rabba : et mets dans notre cœur de comprendre et d'intelliger, d'entendre, d'apprendre et d'enseigner, de garder et de faire et d'accomplir :
ואלו הדברים אשר דברתי כוללים הן הדינים שלומד, דהיינו מצות עשה ולא תעשה איסור והיתר טומאה וטהרה זכות וחובה. אבל אם ילמוד איזה דרכי מוסר והנהגת מדות ישרות, ילמדם על מנת לקיים.
ודברי תורה שהם מענייני חקירות וידיעות והשגות, ילמדם בשביל שידע שמו יתברך וגדולתו ומסתרי מצותיו, ואז יתלהב לבבו ליראה אותו ולאהבה אותו. וזהו שסיים בברכת אהבה רבה, והאר עינינו בתורתך ודבק לבינו במצותיך ויחד לבבנו לאהבה וליראה את שמך:
Et ces choses que j'ai dites comprennent les lois qu'il étudie, c'est-à-dire commandements positifs et négatifs, interdit et permis, impureté et pureté, innocence et culpabilité. Mais s'il étudie quelques voies de morale et conduite de qualités droites, qu'il les étudie afin de les accomplir.
Et les paroles de Torah qui sont des sujets d'investigations et de connaissances et d'appréhensions, qu'il les étudie afin de connaître Son Nom, qu'Il soit béni, et Sa grandeur et les secrets de Ses mitsvot, et alors son cœur s'enflammera à Le craindre et à L'aimer. Et c'est ce qu'il a conclu dans la berakha Ahava Rabba : et éclaire nos yeux dans Ta Torah et attache notre cœur à Tes mitsvot et unifie notre cœur à aimer et à craindre Ton Nom :
ומה טוב הוא כשפותח הספר יאמר, הנני רוצה ללמוד כדי שיביאני התלמוד לידי מעשה ולידי מדות ישרות ולידי ידיעת התורה. והריני עושה לשם יחוד קב"ה ושכינתיה.
זהו הנקרא תורה לשמה:
Et combien bon est-il, lorsqu'il ouvre le sefer, qu'il dise : me voici je veux étudier afin que l'étude m'amène à l'acte et à des qualités droites et à la connaissance de la Torah. Et me voici je le fais pour l'unification du Saint, béni soit-Il, et de Sa Chekhina.
C'est cela qui est appelé Torah lishma :
וגרסינן במסכת ברכות פרק היה קורא (ברכות דף י"ז) (א), מרגלא בפומיה דרב, תכלית חכמה תשובה ומעשים טובים, שלא יהא קורא ושונה ובועט באביו ובאמו ובמי שהוא גדול ממנו בחכמה, שנאמר (תהלים קיא, י) ראשית חכמה וגו'. ללומדיהם לא נאמר, אלא לעושיהם, לעושיהם לשמה.
וכל העושין שלא לשמה, נוח להם שלא נבראו. על כן יש לו לאדם לעסוק בתורה לשמה, ולא יתגדל בה ולא ליהנות גופו ממנה, כמו ששנינו בפ"ד מאבות (מ"ה) ר' צדוק אומר, אל תעשם עטרה להתגדל בהם, ולא קרדום לחתוך.
וכן היה הלל אומר (שם), ודאשתמש בתגא חלף. הא כל הנהנה מדברי תורה נוטל חייו מן העולם:
Et nous lisons dans le traité Berakhot, chapitre Il lisait (Berakhot folio 17) (a) : c'était courant dans la bouche de Rav : la finalité de la sagesse est techouva et bonnes actions, afin qu'il ne soit pas lisant et répétant et donnant des coups de pied à son père et à sa mère et à celui qui est plus grand que lui en sagesse, il est dit (Psaumes 111,10) le commencement de la sagesse etc. Il n'a pas été dit pour ceux qui les étudient, mais pour ceux qui les font, pour ceux qui les font lishma.
Et tous ceux qui font ce qui n'est pas lishma, mieux leur vaudrait de n'avoir pas été créés. C'est pourquoi l'homme doit s'occuper de Torah lishma, et qu'il ne s'engrandisse pas par elle et que son corps n'en jouisse pas, comme nous avons appris au chapitre 4 d'Avot (michna 5) : Rabbi Tsadok dit, n'en fais pas une couronne pour t'engrandir par elles, ni une hache pour couper.
Et ainsi Hillel disait (là) : et celui qui se sert de la couronne disparaît. Voici, quiconque jouit des paroles de Torah ôte sa vie du monde :
וגרסינן במסכת נדרים פרק קונם דף ס"ב (א), תניא לאהבה את ה' א-להיך (דברים ל, ו), שלא יאמר אדם אקרא כדי שיקראוני חכם, אשנה כדי שיקראוני רב, אשנה כדי שאהיה זקן ואשב בישיבה. אלא למוד מאהבה וסוף הכבוד לבא, שנאמר (משלי ז, ג) קשרם על גרגרותיך וגו'.
ואומר (שם ג, יז) דרכיה דרכי נועם וגומר. ואומר (שם יח) עץ חיים וגו'.
ר"א אומר, עשה דברים לשם פועלן, ודבר בהן לשמן. אל תעשם עטרה להתגדל בהם, ולא קרדום לחתוך בהם.
וקל וחומר, מה בלשצר שלא נשתמש אלא בכלי קודש שנעשו כלי חול נעקר מן העולם, מי שנשתמש בכתרה של תורה על אחת כמה וכמה:
Et nous lisons dans le traité Nedarim, chapitre Konam, folio 62 (a) : il est enseigné : pour aimer ה' ton Elokim (Devarim 30,6), que l'homme ne dise pas : je lirai afin qu'on m'appelle sage, je repetrai afin qu'on m'appelle rav, je repetrai afin d'être ancien et de siéger à la yechiva. Seulement étudie par amour, et à la fin l'honneur viendra, il est dit (Proverbes 3,3) lie-les sur ta gorge etc.
Et il dit (là 3,17) ses voies sont voies de douceur etc. Et il dit (là 18) un arbre de vie etc.
Rabbi Eliezer dit : fais les choses pour le Nom de Celui qui les a faites, et parle d'elles pour elles. N'en fais pas une couronne pour t'engrandir par elles, ni une hache pour couper par elles.
Et à plus forte raison : Belshatsar, qui ne s'est servi que d'ustensiles sacrés qui étaient devenus ustensiles profanes, a été arraché du monde ; celui qui s'est servi de la couronne de Torah, à plus forte raison combien et combien :
ואש הוא עד אבדון המתגאה בדברי תורה, כמו שהאריכו רז"ל מאוד בזה, ולהביא דבריהם היריעה קצר מהכיל, רק יהיה עניו ושפל ברך ומצוה גוררת מצוה (אבות ד, ב), כי כשיהיה בו מדה זו שאינו מתפאר בדברי תורה, נמצא יודה על האמת ולא יחזיק בשקר וזהו יסוד עמוד התורה. ויקבל האמת ממי שאמרו הן גדול הן קטן:
Et c'est un feu jusqu'à la perdition pour celui qui s'enorgueillit des paroles de Torah, comme Razal se sont beaucoup étendus là-dessus, et pour apporter leurs paroles la feuille est trop courte pour contenir ; seulement qu'il soit humble et bas de genou, et une mitsva en entraîne une mitsva (Avot 4,2), car lorsqu'il aura en lui cette qualité de ne pas se glorifier des paroles de Torah, il se trouve qu'il avouera la vérité et ne tiendra pas au mensonge, et c'est le fondement de la colonne de la Torah. Et qu'il reçoive la vérité de celui qui l'a dite, qu'il soit grand ou petit :
עוד ינצל מעבירה גדולה שיאמר דבר בשם אמרו, ולא יגזול דעת האומרו, כי גזילה זו יותר גזילה מגזילת ממון. כי נפש הוא חובל, רצוני לומר הנשמה, כי נשמות של ישראל והתורה הן אחת כאשר יתבאר לקמן בארוכה.
ומה מאוד גדול עבירה זו בעיני, האומר פשט הכתוב בספר או אשר שמע, ולא מזכיר שם האומר או הכותב:
Encore, il sera sauvé d'une grande transgression : qu'il dise une chose au nom de celui qui l'a dite, et qu'il ne vole pas l'attribution de celui qui l'a dite, car ce vol est plus vol que le vol d'argent. Car c'est une âme qu'il met en gage, je veux dire la nechama, car les nechamot d'Israël et la Torah sont une, comme il sera expliqué plus bas en longueur.
Et combien cette transgression est grande à mes yeux : celui qui dit un sens simple écrit dans un sefer ou qu'il a entendu, et ne mentionne pas le nom de celui qui l'a dit ou de celui qui l'a écrit :
ובענין להנות מדברי תורה, כבר זכרתי דברי רז"ל בזה והרמב"ם במסכת אבות (ד, ה) במשנה דר' צדוק הנ"ל הפריז מאוד על המדה לדבר בגנות הנהנים מכח תורתם, מכל מקום יש בחינות חילוקים בזה. בודאי מי שלומד תורה על מנת שיהיה לו שם גדול ויהיה מכובד ויהנו אותו בני אדם, או מחזיק ישיבה כדי שיהיה לו הכנסה, אז עונשו גדול.
אבל הלוקח והנהנה כדי שיוכל ללמוד ולא יתבטל להטריח אחר מזונותיו, זה בודאי מותר, ופסוק מלא (דה"ב לא, ד) לתת מנת הכהנים למען יחזקו בתורת ה':
Et au sujet de jouir des paroles de Torah, j'ai déjà mentionné les paroles de Razal là-dessus et le Rambam dans le traité Avot (4,5) sur la michna de Rabbi Tsadok mentionnée plus haut a beaucoup dépassé la mesure pour parler en blâme de ceux qui jouissent par la force de leur Torah ; toutefois il y a des aspects de distinctions en ceci. Certes, celui qui étudie la Torah afin d'avoir un grand nom et d'être honoré et que les hommes le fassent jouir, ou qui tient une yechiva afin d'avoir un revenu, alors son châtiment est grand.
Mais celui qui prend et jouit afin de pouvoir étudier et de ne pas s'interrompre à se fatiguer après sa nourriture, ceci est certes permis, et un verset entier (II Chroniques 31,4) : de donner la part des kohanim afin qu'ils se fortifient dans la Torah de ה' :
ובפרק קמא דברכות (י, ב), אמר אביי ואיתימא ר' יצחק, הרוצה ליהנות יהנה כאלישע, ושאינו רוצה ליהנות אל יהנה כשמואל הרמתי, שנאמר (ש"א ז, יז) ותשובתו הרמתה כי שם ביתו, וא"ר יוחנן שכל מקום שהלך שם ביתו עמו, ע"כ הענין כי שמואל לא היה צריך לאותו דבר, ואלישע היה צריך. עוד שם (ברכות שם), עובר עלינו תמיד (מל"ב ד, ט), א"ר יוסי בר חנינא משום ראב"י, כל המארח תלמיד חכם בתוך ביתו ומהנהו מנכסיו, מעלה עליו הכתוב כאלו מקריב תמידין.
ובפרק המוכר את הספינה (ב"ב עה, א), מי שעיניו צרות בת"ח בעולם הזה, מתמלאות עשן לעולם הבא. ופירש רש"י, שעיניו צרות, שלא להנותו מנכסיו.
ובפרק חלק (סנהדרין) דף צ"ב (א), כל שאינו מהנה תלמיד חכם מנכסיו, אינו רואה סימן ברכה לעולם. הא קמן שראוי להנות ולעזור לתלמיד חכם, ומי שאינו עושה כן ונשא עונו:
Et au premier chapitre de Berakhot (10,b) : Abaye a dit, et certains disent Rabbi Yitshak : celui qui veut jouir, qu'il jouisse comme Elisha, et celui qui ne veut pas jouir, qu'il ne jouisse pas comme Shmouel de Rama, il est dit (I Samuel 7,17) et son retour était à Rama car là était sa maison, et Rabbi Yo'hanan a dit : tout lieu où il allait, sa maison était avec lui ; jusqu-ici le sujet, car Shmouel n'avait pas besoin de cette chose, et Elisha en avait besoin. Encore là (Berakhot là) : il passe chez nous toujours (II Rois 4,9), Rabbi Yosse bar Hanina a dit au nom de Rabbi Eliezer ben Yaakov : quiconque héberge un disciple des sages dans sa maison et le fait jouir de ses biens, l'Écriture le considère comme s'il offrait des offrandes perpétuelles.
Et au chapitre Celui qui vend le navire (Baba Batra 75,a) : celui dont les yeux sont étroits envers le disciple des sages en ce monde, ils se remplissent de fumée pour le monde à venir. Et Rachi a expliqué : dont les yeux sont étroits, pour ne pas le faire jouir de ses biens.
Et au chapitre Helek (Sanhédrin) folio 92 (a) : quiconque ne fait pas jouir un disciple des sages de ses biens ne voit jamais de signe de berakha. Voici devant nous qu'il convient de faire jouir et d'aider le disciple des sages, et celui qui ne fait pas ainsi portera son iniquité :
וגרסינן בירושלמי דמעשר שני פרק בתרא (ה, ג), רבי יונה יהיב מעשר לר' אחא, לא משום דהוה כהן, אלא משום דהוה לעי באורייתא וכו'. ובירושלמי דשקלים סוף פרק ה' (הלכה ד), ר' חמא בר חנינא ור' הושעיא הוו מטיילין באילין כנישתא דלוד.
אמר רב חמא לר' הושעיא, כמה ממון שיקעו אבותי כאן. אמר ליה, כמה נפשות שיקעו אבותיך כאן, מי לא הוו בני אנשא דילעון באורייתא.
ר' אבין עבד אילון תרעיא דסדרא. רבה, אתא ר' מני לגביה.
אמר ליה, חמי מה עבדית. אמר ליה, וישכח ישראל את עושהו ויבן היכלות (הושע ח, יד), מי לא הוו אינשי דילעון באורייתא, עד כאן.
הנך רואה בעיניך שהחכמים האלו גינו לאשר הוציאו ממונם לבנין בית הכנסת עם שהוא מצוה רבה, וקראום שוכחי עושיהם על שלא בחרו היותר טוב שהוא לתתו לעוסקים בתורה:
Et nous lisons dans le Talmud de Jérusalem de Maasser Sheni, dernier chapitre (5,3) : Rabbi Yona donnait la dîme à Rabbi Aha, non parce qu'il était kohen, mais parce qu'il peinait dans la Torah etc. Et dans le Talmud de Jérusalem de Shekalim, fin du chapitre 5 (halakha 4) : Rabbi Hama bar Hanina et Rabbi Hoshaya se promenaient dans ces synagogues de Lod.
Rav Hama dit à Rabbi Hoshaya : combien d'argent mes pères ont-ils enfoncé ici. Il lui dit : combien d'âmes tes pères ont-ils enfoncées ici, n'y avait-il pas des hommes qui peineraient dans la Torah.
Rabbi Avin fit ces portes de la grande maison d'étude. Rabbi Mani vint à lui.
Il lui dit : vois ce que j'ai fait. Il lui dit : et Israël a oublié son Faiseur et a bâti des palais (Osée 8,14), n'y avait-il pas des hommes qui peineraient dans la Torah, jusqu-ici.
Tu vois de tes yeux que ces sages ont blâmé ceux qui ont dépensé leur argent à bâtir une synagogue, bien que ce soit une grande mitsva, et les ont appelés ceux qui oublient leur Faiseur, pour n'avoir pas choisi le meilleur, qui est de le donner à ceux qui s'occupent de Torah :
ובספר הזוהר פרשת ויחי (ח"א רמב, א) אמרו, זבולן זכה ואקדים בברכאן על דאפיק פתא מפומא, ויהיב לפומיה דיששכר. מהכא אוליפנא, מאן דסעיד למריה דאורייתא, נטיל ברכאן מעילא ותתא.
ולא עוד, אלא דזכי לתרי פתורי מה דלא זכי בר נש אחרא. זכי לעותרא דיתברך בהאי עלמא, וזכי למהוי ליה חולקא בעלמא דאתי וכו':
Et dans le sefer du Zohar, paracha Vayehi (tome 1, 242,a) ils ont dit : Zevouloun a mérité et a précédé dans les berakhot, parce qu'il a fait sortir le pain de sa bouche et l'a donné à la bouche de Yissakhar. De là nous apprenons : quiconque soutient le maître de Torah reçoit des berakhot d'en haut et d'en bas.
Et non seulement cela, mais il mérite deux tables, ce qu'un autre homme ne mérite pas. Il mérite la richesse pour être béni en ce monde, et il mérite d'avoir une part dans le monde à venir etc. :
ובויקרא רבה סוף פרשת בהר (לד, טז), ר' טרפון יהיב לר' עקיבא שית קנטרין כסף. אמר ליה, זיל זבון לך חדא אוסיא.
פירוש, שדה, דנהויי לעיין באורייתא ומתפרנסין מינה. נסב יתהון ופליג יתהון לספרייא ולמתנייא ולאילן דלעין באורייתא.
לבתר יומין קם עמיה, אמר ליה אחמי לי אוסיא דזבנת. אחמי ליה ספרייא ומתנייא ואילין דלעאן באורייתא, עד כאן:
Et dans Vayikra Rabba, fin de la paracha Behar (34,16) : Rabbi Tarfon donna à Rabbi Akiva six kentrin d'argent. Il lui dit : va, achète-toi une usia.
Explication : un champ, afin que nous peinions dans la Torah et nous en nourrissions. Il les prit et les répartit aux scribes et aux maîtres de Michna et à ceux qui peinent dans la Torah.
Après des jours il se tint avec lui, il lui dit : montre-moi l'usia que tu as achetée. Il lui montra les scribes et les maîtres de Michna et ceux qui peinent dans la Torah, jusqu-ici :
ובמסכת יומא (עא, א), הרוצה לנסך יין על גבי מזבח, ימלא גרונו של תלמידי חכמים יין. ובמסכת כתובות (קה, ב), המביא דורון לתלמיד חכם, כאלו מקריב ביכורים:
Et dans le traité Yoma (71,a) : celui qui veut faire une libation de vin sur l'autel, qu'il remplisse de vin le gosier des disciples des sages. Et dans le traité Ketouvot (105,b) : celui qui apporte un don à un disciple des sages, c'est comme s'il offrait des prémices :
הרי שמצוה גדולה וראויה למי שמהנה את התלמיד חכם, והתלמיד חכם רשאי לו לקבל למען יחזיק בתורת ה'. ואלו לא היה תלמיד חכם רשאי לקבל, א"כ היה הנותן עובר על (ויקרא יט, יד) לפני עור לא תתן מכשול, ולמה יחשב להנותן למצוה גדולה, אדרבה יחשב לו לעבירה.
אלא כדפירשתי:
Voici donc que c'est une grande mitsva et digne pour celui qui fait jouir le disciple des sages, et le disciple des sages a le droit de recevoir afin de se fortifier dans la Torah de ה'. Et si le disciple des sages n'avait pas le droit de recevoir, s'il en était ainsi le donateur transgressait (Lévitique 19,14) tu ne mettras pas d'embûche devant un aveugle, et pourquoi serait-ce compte au donateur pour une grande mitsva, au contraire cela lui serait compté pour transgression.
Seulement, comme je l'ai expliqué :