שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Pesachim, Matzah Shemurah (4/13)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Ce passage poursuit : le récit de la sortie d'Égypte impressionne en haut, éveille la délivrance et la paix, au secret de la Che'hina dans les inférieurs. Le Chla lit « qu'ils rendent grâce à Hachem de Sa bonté et de Ses merveilles pour les fils de l'homme » (Tehilim 107,8) : louer la bonté déjà faite éveille encore une influence ; il a commencé au singulier « Sa bonté » et achevé au pluriel « Ses merveilles ». Du récit naît un devekout (attachement) ; les ténèbres qui séparent s'en vont, et c'est la vraie délivrance. Il rapporte du Midrach que même le pauvre d'Israël s'accoude, car le Saint béni soit-Il les a fait s'accouder.

Aussi : lier jour et nuit par le récit et « lui, cette nuit-ci » ; Rabbi Elazar ben Azaria sur « les jours de ta vie » ; le Lieu révélé et caché, quatre fils ensemble

מבואר מזה המאמר, שדברי הסיפור עושין רושם למעלה, ומתעוררין כח הגאולה כמו ההם, והקב"ה חדי בההוא סיפורא וגורם להתעוררות גאולה, בענין סוד שכינה בתחתונים צורך גבוה שבארתי בארוכה במקומם. ואז גורם שלום למעלה יחזיק במעוזי שלום, ואחר כך שלום בכל.

ועל זה אמר הפסוק (תהלים קז, ח) יודו לה' חסדו ונפלאותיו לבני אדם. ויהיה על דרך הפסוק (תהלים ג, ט) לה' הישועה על עמך ברכתך סלה, הכוונה כי ישועתינו היא לה', כביכול לו הישועה גם כן בסוד השכינה בגלות, נמצא מגיע תועלת הישועה לו, על כל זאת על עמך ברכתך סלה, אנחנו עמו צריכין לברכו כאלו לא היה רק צרכנו לבד ולא לצרכו.

כי לפי האמת גם מה שהיא צרכו היא צרכנו כנודע להבאים בסוד ה'. וזהו שאמר יודו לה' חסדו, אף על פי שהוא חסדו של הקב"ה, כלומר החסד מגיע אליו, מכל מקום נפלאותיו על בני אדם להודות ולהלל.

Il est clarifié de cet enseignement que les paroles du récit font impression en haut, et éveillent la force de la délivrance comme celles-là, et le Saint béni soit-Il se réjouit de ce récit et cause l'éveil de la délivrance, dans l'affaire du secret de la Chekhina dans les inférieurs, besoin d'en haut, que j'ai expliqué longuement à leurs places. Et alors cela cause la paix en haut : il tiendra dans mes forteresses, paix (Isaie 27,5), et ensuite paix en tout.

Et sur cela le verset a dit (Psaumes 107,8) : qu'ils rendent grâce à ה' de Sa bonté et de Ses merveilles pour les fils de l'homme. Et ce sera à la manière du verset (Psaumes 3,9) : à ה' le salut, sur Ton peuple Ta berakha, sela.

L'intention est que notre salut est à ה', comme s'il était possible le salut est aussi à Lui au secret de la Chekhina en exil, il se trouve que le profit du salut Lui parvient ; malgré tout cela, sur Ton peuple Ta berakha, sela : nous, Son peuple, devons Le bénir comme si ce n'était que notre besoin seul et non Son besoin. Car selon la vérité, même ce qui est Son besoin est notre besoin, comme il est connu à ceux qui entrent dans le secret de ה'.

Et ceci est ce qu'il a dit : qu'ils rendent grâce à ה' de Sa bonté, bien que ce soit la bonté du Saint béni soit-Il, c'est-à-dire que la bonté Lui parvient, néanmoins Ses merveilles sont pour les fils de l'homme, pour rendre grâce et louer.

עוד יש לפרש, לפי מה שמובן ממאמר הזוהר הנ"ל כי כשמשבחין להש"י בחסד שעשה, אז בא התעוררות שיושפע עוד, על כן התחיל בלשון יחיד חסדו, ומסיים בלשון רבים ונפלאותיו. אלא כשיודה על החסד שעשה, אז יבא מצד התעוררותו עוד השפעה להוסיף על הראשון, זהו ונפלאותיו.

הגהה פסח רמוז 'פה' 'סח', שיהיה סח לספר, ואז יהיה נעשה מן 'סח' 'חס', דחס רחמנא ויפרקיניה. וכלל הענין הוא, כי מצד סיפור נפלאותיו אז נעשה דביקות בינו יתברך לבינינו, ומסתלק החשך והענן המפסיקים ומבדילים בינו לבינינו.

זהו הגאולה האמיתית, כי אז יתגלה לנו הוא לנו לא-להים ואנחנו לו לעם, כמו שנאמר (ישעיה כה, ט) ואמר ביום ההוא הנה א-להינו זה קוינו לו זה ה' קוינו לו נגילה ונשמחה בישועתו. ותיבת זה הוא כמורה באצבע, זה הוא ונשמחה בישועתו, כלומר הישועה שהיא מאתו להושיענו.

וגם פירוש בישועתו בישועת עצמו כביכול כמו שכתבתי, כי אז יתגדל ויתקדש שמיה רבא כו'. זהו הרמז כל המספר כו' הרי זה משובח, כלומר זה ה' יתברך הוא וישתבח ויתפאר ויתקדש, ואנחנו דבוקים בו להראות זה אלי, זה ה' קוינו כו'.

וזהו סוד ויסב א-להים את העם (שמות יג, יח), שסיבב אותנו, ואין הפסק בינינו. ובמדרש (שמו"ר כ.

טז) ויסב א-להים את העם וגו', מכאן אמרו אפילו עני שבישראל לא יאכל עד שיסב, כי כן הסיבן הקב"ה, הרי מבואר סוד הסיבה ובזה נשלמו הארבע תשובות.

On peut encore expliquer, selon ce qui se comprend de l'enseignement du Zohar mentionné plus haut, que lorsqu'on loue le Saint, béni soit-Il, pour la bonté qu'Il a faite, alors vient l'éveil pour qu'il soit encore influence ; c'est pourquoi il a commencé au singulier "Sa bonté", et achevé au pluriel "et Ses merveilles". Seulement, lorsqu'on rendra grâce pour la bonté qu'Il a faite, alors viendra de son éveil encore une influence pour ajouter sur la première : ceci est "et Ses merveilles".

Glose : Pessa'h est allude par 'פה' 'סח', qu'il y ait sah pour raconter, et alors sera fait de 'סח' 'חס', car le Miserieux a eu pitié et le délivrera. Et le principe de l'affaire est que du côté du récit de Ses merveilles alors se fait un devekout (attachement) entre Lui, béni soit-Il, et nous, et s'en vont les ténèbres et le nuage qui interrompent et séparent entre Lui et nous.

Ceci est la vraie délivrance, car alors Il se révélera à nous : Il est pour nous Elokim et nous sommes pour Lui un peuple, comme il est dit (Isaie 25,9) : et l'on dira en ce jour-là : voici notre Elokim, c'est Celui que nous avons espéré, c'est ה' que nous avons espéré, nous exulterons et nous nous réjouirons de Son salut. Et le mot זה est comme montrant du doigt : ceci est, et nous nous réjouirons de Son salut, c'est-à-dire le salut qui vient de Lui pour nous sauver.

Et aussi le sens de "de Son salut" : du salut de Lui-même, comme s'il était possible, comme j'ai écrit, car alors sera magnifié et sanctifié Son grand Nom, etc. Ceci est l'allusion : quiconque raconte etc., voici זה est loué, c'est-à-dire זה, ה' béni soit-Il, Il est, et qu'Il soit loué et glorifie et sanctifié, et nous sommes attachés à Lui pour montrer זה אלי, c'est ה' que nous avons espéré, etc.

Et ceci est le secret de : et Elokim fit faire un détour au peuple (Exode 13,18), qu'Il nous a entourés, et il n'y a pas d'interruption entre nous. Et dans le Midrach (Chemot Rabba 20,16) : et Elokim fit faire un détour au peuple etc., de là ils ont dit : même le pauvre d'Israël ne mangera pas jusqu'à ce qu'il s'accoude, car ainsi le Saint béni soit-Il les a fait s'accouder ; voici, le secret de l'accoudement est clarifié, et par cela les quatre réponses sont achevées.

מעשה ברבי אלעזר כו' עד הגיע זמן קריאת שמע של שחרית. צריך להזכיר יציאת מצרים בימים ובלילות, כי יציאת מצרים מפרסם חידוש העולם המורה אמציאותו ואחדותו יתברך.

והנה אמרו רבותינו (ברכות יא, ב) צריך לכלול מדת יום בלילה ומדת לילה ביום בברכות של קריאת שמע, דהיינו בשחרית יוצר אור ובורא חושך, ובערבית בדברו מעריב ערבים בחכמה פותח שערים, להורות כי אל אחד בראם, לא כהמינים האומרים מי שברא יום לא ברא לילה. והוקבעו אלו הברכות קודם קריאת שמע ה' א-להינו ה' אחד.

ולאחר קריאת שמע, אמת ויציב שחרית, אמת ואמונה ערבית, ושם הוזכר יציאת מצרים שהוא מופת על זה. והנה קישור יום ולילה רואין בחכמת הבריאה, שהחמה עם שקיעתה סמוך ללילה היא מתאדמת ומתנוצצת, והיום כשמגיע זמנו לבוא אז מקודם נתחשך, כמו שכתב התרגום על וימש חשך.

ועל כן כתב הזוהר שצריך לקשר הלילה ביום וכן היום בלילה, בדברי תורה ובקדושות. וזו היתה כוונת אלו התנאים הקדושים, בודאי התחילו מבערב לקשר הלילה ביום, ולא פסקו כל הלילה עד שהתקשרו גם כן יום בלילה.

וזה החיוב חל ביותר בלילה ההוא לעשות כן בסיפור יציאת מצרים ובנפלאות המורים על זה כדפירשתי. ואפשר עוד לומר רמז גדול בכאן, כי ראיתי ברוב הנוסחאות המדוייקות איתא, כל אותו הלילה.

וקשה אותה הלילה הוי ליה למימר, כי לילה לשון נקיבה. * עוד קשה, איך דברו התלמידים בפני רבותיהם הגיע זמן קריאת שמע של שחרית, וכי רבותיהם לא ראו זה.

או מה בכך אם הגיע זמן קריאת שמע, מאחר שהתחילו בהיתר לדבר בדברי תורה ואין השעה עוברת, למה יפסיקו.

Histoire de Rabbi Elazar etc. jusqu'à : le temps de la lecture du Chema du matin arriva. Il faut mentionner la sortie d'Égypte les jours et les nuits, car la sortie d'Égypte publie le renouvellement du monde qui indique Son existence et Son unité, béni soit-Il.

Et voici, nos maîtres ont dit (Berakhot 11,b) : il faut inclure l'attribut du jour dans la nuit et l'attribut de la nuit dans le jour dans les berakhot du Chema, c'est-à-dire au matin : qui forme la lumière et crée les ténèbres, et au soir en disant : qui fait tomber les soirs avec sagesse, ouvre les portes, pour enseigner qu'un seul El les a créés, non comme les hérétiques qui disent : celui qui a créé le jour n'a pas créé la nuit. Et ces berakhot ont été fixées avant le Chema : ה' notre Elokim, ה' est Un.

Et après le Chema : Emet veyatsiv le matin, Emet veemouna le soir, et là est mentionnée la sortie d'Égypte qui est une preuve de cela. Et voici, le lien du jour et de la nuit, on le voit dans la sagesse de la création : le soleil à son coucher, proche de la nuit, rougit et étincelle, et le jour, lorsque son temps arrive de venir, alors auparavant il s'est assombri, comme a écrit le Targoum sur : et les ténèbres se palpèrent (Exode 10,21).

Et c'est pourquoi le Zohar a écrit qu'il faut lier la nuit au jour et de même le jour à la nuit, par des paroles de Torah et des saintetés. Et telle était l'intention de ces Tannaim saints : certainement ils commencèrent dès le soir à lier la nuit au jour, et ils ne cessèrent pas toute la nuit jusqu'à ce qu'ils aient lié aussi le jour à la nuit.

Et cette obligation s'applique davantage en cette nuit-là de faire ainsi par le récit de la sortie d'Égypte et par les merveilles qui l'indiquent, comme j'ai expliqué. Et il est encore possible de dire une grande allusion ici, car j'ai vu dans la plupart des versions exactes qu'il est dit : toute אותו הלילה.

Et difficulté : il aurait dû dire אותה הלילה, car nuit est un langage féminin. * Encore une difficulté : comment les disciples ont-ils parlé devant leurs maîtres : le temps du Chema du matin est arrivé, et leurs maîtres n'ont-ils pas vu cela ? Ou qu'importe si le temps du Chema est arrivé, puisque ils ont commencé avec permission à parler de paroles de Torah et l'heure ne passe pas, pourquoi interrompraient-ils.

ועל זה אביא הקדמה קטנה, כתיב (שמות יב, מב) ליל שמורים הוא לה' וגו' הוא הלילה הזה שמורים לה', וקשה בזה הפסוק הכפל וגם הלשון הוא הלילה, הוי ליה למימר היא הלילה. ויש בזה סודות נפלאים, ביאר קצת מהם בזוהר פרשת בא, והאריך בביאורו הפרדס בשער האצילות פרק שני עיין שם.

והיו אלו החכמים השלמים עוסקים בסודות של אותו הלילה, כלומר תיבת הוא הלילה, ובודאי גלו סודות נפלאות מה שגלו עד שהגיע הרצון מהם שגם התלמידים יפלפלו בחכמה ויגידו לפי השגתם, כי כמה פנים לתורה. ואז אמרו, רבותינו הגיע זמן קריאת שמע של שחרית, זה לא היתה הודעה רק תשובה על פלפולם, וכוונתם הגיע זמן קריאת שמע של שחרית, כלומר ליל נקרא בזמן קריאת שמע של ערבית, ובהגעת קרוב זמן קריאת שמע של שחרית נקרא לילה, וגם לשון זכר כנודע מדת לילה נקיבה ומדת יום זכר, ואפשר כוונתם היה כמו שפירש בזוהר (ח"ב לח, ב) וזה לשונו כתיב כי יהיה נערה בתולה, מאי טעמא, משום דכל זמן דלא קבילה זכר אתקריאת נער, מדקבלת זכר אתקרי נערה.

אוף הכי ליל דעד לא קבילת זכר, ואף על גב דכתיב שמורים ליהו"ה דכר הוה זמין לאתחבר עמה, ובשעתא דאתחבר עמה דכר כתיב הוא הלילה הזה ליהו"ה ליל שמורים דכר ונוקבא, ובגין כך כתיב הוא הלילה הזה. ובתר דאשתכחו דכר ונוקבא, לית לשבחא אלא לדכורא, עכ"ל.

והפרדס שם האריך בביאורה עיין שם.

Et sur cela j'apporterai une petite introduction. Il est écrit (Exode 12,42) : c'est une nuit de gardes pour ה' etc., c'est cette nuit-ci, gardes pour ה'.

Et difficulté dans ce verset : la répétition, et aussi le langage הוא הלילה, il aurait dû dire היא הלילה. Et il y a en cela des secrets merveilleux ; il en a expliqué quelques-uns dans le Zohar, paracha Bo, et le Pardes a allongé dans son explication au Chaar haAtsilout, chapitre deux, vois là.

Et ces sages parfaits s'occupaient des secrets de אותו הלילה, c'est-à-dire du mot הוא הלילה, et certainement ils ont révélé des secrets merveilleux, ce qu'ils ont révélé, jusqu'à ce que vienne d'eux la volonté que aussi les disciples argumentent en sagesse et disent selon leur saisie, car il y a plusieurs faces à la Torah. Et alors ils ont dit : nos maîtres, le temps du Chema du matin est arrivé ; ceci n'était pas une information, seulement une réponse à leur argumentation, et leur intention : le temps du Chema du matin est arrivé, c'est-à-dire leil est appelé au temps du Chema du soir, et à l'approche du temps du Chema du matin elle est appelée laila, et aussi langage masculin, comme il est connu : l'attribut de la nuit est féminin et l'attribut du jour est masculin.

Et il est possible que leur intention était comme a expliqué le Zohar (tome 2, 38,b), et voici son langage : il est écrit : si une jeune fille vierge (Deutéronome 22,23), quelle est la raison ? Parce que tout le temps qu'elle n'a pas reçu le mâle elle est appelée נער, dès qu'elle a reçu le mâle elle est appelée נערה.

De même leil, tant qu'elle n'a pas reçu le mâle, et bien qu'il soit écrit "gardes pour ה'", le mâle était prêt à s'unir à elle, et au moment où le mâle s'est uni à elle il est écrit "c'est cette nuit-ci pour ה', nuit de gardes", mâle et femelle, et à cause de cela il est écrit הוא הלילה הזה. Et après que mâle et femelle se trouvent, il n'y a à louer que le mâle.

Jusqu-ici son langage. Et le Pardes la a allongé dans son explication, vois là.

אמר רבי אלעזר בן עזריה הרי אני כו'. משנה היא בברכות (יב, ב).

וקודם לזה תנן התם מזכירין יציאת מצרים בלילות, ופירש רש"י פרשת ציצית. והנה יש מפרשים ולא זכיתי, נצחתי.

משמע מדבריהם שסבירא להו חכמים חולקין עם רבי אלעזר בן עזריה לענין דינא. וקשה, למה לא חלקו לעיל כשאמר מזכירין כו'.

עוד קשה, מאחר שרבי אלעזר בן עזריה לא ידע הדרוש דבן זומא, מדוע חלק אחכמים. אלא נראה דאינם חלוקים בגוף הדין, רק בן זומא וחכמים משמעות דורשין איכא בינייהו, ותרווייהו סבירא להו ימי חייך הם החיים הקצובים.

וסבירא ליה לבן זומא הם הימים, פירוש הלילות אינם בכלל החיים, וכדאיתא בפרק רבי עקיבא (שבת פט, ב) שלעתיד יצחק אבינו יסלק מחשבון חיי בני אדם פלגא דלילוותא. וחכמים אומרים ימי חייך כוללים עולם הזה בכלל, דהיינו הימים והלילות, ועולם הזה נקרא ימי חייך מפני שיש לעולם הזה קצבה וכל להביא כו'.

ובזה יתבאר לישנא דהרי אני כבן שבעים שנה, דשבעים שנה הם הקצוב, כמו שנאמר (תהלים צ, י) ימי שנותינו בהם שבעים שנה, ואם היה רבי אלעזר בן עזריה בן שבעים שנה ממש היה לו לזכור ומסתבר ליה לדרוש כבן זומא לאוקמי ימי חייך על קצבה זו. פרשת ציצית רומז בפרטית לגאולת מצרים עיין ברש"י פרשת שלח לך.

Rabbi Elazar ben Azaria a dit : voici je suis etc. C'est une michna dans Berakhot (12,b).

Et avant cela on a enseigné là : on mentionne la sortie d'Égypte les nuits, et Rachi a expliqué : la paracha des tsitsit. Et voici, il y a des commentateurs [qui expliquent] "et je n'ai pas mérité" : je n'ai pas vaincu.

Il ressort de leurs paroles qu'ils tiennent que les Sages sont en désaccord avec Rabbi Elazar ben Azaria quant à la loi. Et difficulté : pourquoi n'ont-ils pas divergé plus haut lorsqu'il a dit "on mentionne" etc.

Encore une difficulté : puisque Rabbi Elazar ben Azaria ne connaissait pas le droush de Ben Zoma, pourquoi a-t-il diverge des Sages. Seulement, il paraît qu'ils ne sont pas en désaccord sur le corps de la loi, seulement entre Ben Zoma et les Sages il y a une différence de signification des interprétations, et tous deux tiennent que "les jours de ta vie" sont la vie allotie.

Et Ben Zoma tient que ce sont les jours, c'est-à-dire les nuits ne sont pas comprises dans la vie, et comme il est dans le chapitre Rabbi Akiva (Chabbat 89,b) : que dans l'avenir Yitshak notre père retirera du compte de la vie des fils de l'homme la moitié des nuits. Et les Sages disent : "les jours de ta vie" comprennent ce monde-ci en général, c'est-à-dire les jours et les nuits, et ce monde-ci est appelé "les jours de ta vie" parce que ce monde-ci a une limite, "et tous pour amener" etc.

Et par cela s'expliquera le langage de "voici je suis comme un fils de soixante-dix ans", car soixante-dix ans sont l'alloti, comme il est dit (Psaumes 90,10) : les jours de nos années en eux sont soixante-dix ans ; et si Rabbi Elazar ben Azaria avait été un fils de soixante-dix ans vraiment, il aurait dû se souvenir et il lui aurait paru raisonnable d'interpréter comme Ben Zoma pour établir "les jours de ta vie" sur cette limite. La paracha des tsitsit fait allusion en particulier à la délivrance d'Égypte, vois dans Rachi, paracha Chelah Lekha.

ברוך המקום ברוך הוא ברוך שנתן תורה לעמו ישראל ברוך הוא כנגד כו' חכם כו' רשע כו'. יש בכאן כמה קושיות, קשה מה ענין שם שיתוף מקום לכאן.

עוד קשה הכפולות, ברוך המקום ברוך הוא, וכן אחר כך ברוך שנתן תורה ברוך הוא. עוד קשה לישנא כנגד, הוה ליה למימר התורה דברה מארבע בנים.

עוד קושיא גדולה שהקשו המפרשים, שתשובת ארבע בנים הנזכר בכאן בהגדה אינם כמו התשובה הנזכרת אצלם בתורה. ובעל זבח פסח וספר מעשה ה' ישבו הענין בדוחק.

עוד קשה מה שייכות אין מפטירין על שאלת החכם מה העדות. עוד קשה, הלא כי ישאלך בנך מחר מה העדות והחקים האמור בפרשת ואתחנן קאי אכל התורה, ולא על ענייני הפסח.

והכי פירושו דקרא, אם ישאלך בנך מחר מה העדות וכו', כלומר מי מחייבנו לשומרם, השיב תשיב לו עבדים היינו והוציאנו הקדוש ברוך הוא, נמצא נעשינו לו עבדים יתברך, על כן חובה עלינו לקיים ככל אשר צונו, וצדקה תהיה לנו כי נשמור וגו'. עוד קשה, לפי סברת המגיד שקאי אדיני פסח, אם כן מהו זה שאמר אף אתה אמור לו כהלכות הפסח, כאלו החכם לא היה מזכיר מהלכות פסח, וזה אינו לפי סברתו.

עוד קשה מה שאמר אלו היה שם לא היה נגאל, לא נגאלת הוה ליה למימר, דהא מדבר עמו בנוכח. עוד קשה מה שאמר את פתח לו, מהו לשון פתיחה, אתה תגיד לו היה לו למימר.

עוד קשה, בתשובת הרשע מביא מאמצע הפסוק בעבור זה ולא מביא רישא דקרא כמו אחר כך באינו יודע לשאול. עוד קשה לישנא דאף אף המוזכר דווקא בתשובת החכם והרשע.

Béni soit le Lieu, béni soit-Il, béni soit Celui qui a donné la Torah à Son peuple Israël, béni soit-Il, en regard de etc. le sage etc. le méchant etc. Il y a ici plusieurs difficultés.

Difficulté : quelle est l'affaire du Nom d'association Lieu ici. Encore une difficulté : les doublons, béni soit le Lieu, béni soit-Il, et de même ensuite béni soit Celui qui a donné la Torah, béni soit-Il.

Encore une difficulté : le langage "en regard de", il aurait dû dire : la Torah a parlé de quatre fils. Encore une grande difficulté que les commentateurs ont soulevée : que les réponses des quatre fils mentionnées ici dans la Haggada ne sont pas comme la réponse mentionnée auprès d'eux dans la Torah.

Et l'auteur du Zevah Pessa'h et le sefer Maasse ה' ont résolu l'affaire de manière forcée. Encore une difficulté : quel rapport à "on ne conclut pas" avec la question du sage "que sont les témoignages".

Encore une difficulté : voici, "lorsque ton fils t'interrogera demain : que sont les témoignages et les décrets", dit dans la paracha Vaethanan, porte sur toute la Torah, et non sur les affaires de Pessa'h. Et voici le sens du verset : si ton fils t'interroge demain : que sont les témoignages etc., c'est-à-dire qui nous oblige à les garder, tu lui répondras : nous étions esclaves et le Saint béni soit-Il nous a fait sortir, il se trouve que nous sommes devenus Ses serviteurs, béni soit-Il, c'est pourquoi c'est une obligation pour nous d'accomplir selon tout ce qu'Il nous a commandé, et ce sera pour nous une justice que nous gardions etc.

Encore une difficulté : selon l'avis du Maggid que cela porte sur les lois de Pessa'h, alors qu'est-ce que ceci qu'il a dit : toi aussi dis-lui comme les lois de Pessa'h, comme si le sage ne mentionnait pas des lois de Pessa'h, et ceci n'est pas selon son avis. Encore une difficulté : ce qu'il a dit "s'il avait été là il n'aurait pas été délivré", il aurait dû dire "tu n'aurais pas été délivré", car il parle avec lui à la deuxième personne.

Encore une difficulté : ce qu'il a dit "toi, ouvre-lui", quel est le langage d'ouverture, il aurait dû dire "toi tu lui diras". Encore une difficulté : dans la réponse au méchant il apporte du milieu du verset "à cause de ceci" et n'apporte pas le début du verset comme ensuite chez celui qui ne sait pas interroger.

Encore une difficulté : le langage אף אף mentionné justement dans la réponse du sage et du méchant.

בהפסוקים מהבנים יש גם כן כמה קושיות, קשה למה לא חשיב הבנים בסדר שסדרם בעל המגיד והוא סדר נכון, מתחלה מזכיר החכם ואחר כך הרשע שהוא גם כן חכם רק הוא חכם להרע, ואחר כך התם ששואל גם כן במקצת, ואחר כך האינו יודע לשאול ששם יד לפה. והתורה מתחילה מרשע ואח"כ שאינו יודע לשאול, ואחר כך התם ואח"כ בסוף פרשת ואתחנן שאלת החכם.

ועוד קשה, בשאלת בן רשע דיבר בלשון רבים, והיה כי יאמרו אליכם בניכם, ובשאר בנים בלשון יחיד. עוד קשה, בתשובת בן רשע כתיב ואמרתם ולא כתיב אליהם כמו בשאר הבנים שהיה הדיבור לו לנוכח והגדת לבנך ואמרת אליו.

עוד קשה, בפסוק של אינו יודע לשאול והגדת לבנך ביום ההוא לאמר, תיבת לאמר מיותר הוא דהא כתיב והגדת, על כן אני אומר, בעל המגיד הרגיש בקושיות ההם, ומתוכם הבין פנימיות הענין שהתורה דברה כנגד ארבעה בנים אף שבאמת לא הוזכר בתורה לענין פסח רק שלושה בנים, כי מה העדות הכתוב בואתחנן קאי אכל התורה כמו שכתבתי לעיל, מכל מקום נרמז גם כן הבן החכם לענין פסח. וזה שעשה הקדמה לדבריו, והודיעו מעלת התורה שהיא בתכלית השלימות, וכמו שדרשו רבותינו ז"ל (ירושלמי סוכה פרק ד') כי לא דבר רק הוא מכם, ואם הוא רק הוא מכם שנעלם ממנו, אבל הנותן התורה הוא ברוך הוא יודע כי לא דבר רק הוא, והתורה דוגמא להש"י הנותנה בענין זה.

Dans les versets des fils il y a aussi plusieurs difficultés. Difficulté : pourquoi n'a-t-il pas compté les fils dans l'ordre que les a ordonnés l'auteur du Maggid, et c'est un ordre correct : d'abord il mentionne le sage, et ensuite le méchant qui est aussi sage seulement il est sage pour le mal, et ensuite le simple qui interroge aussi en partie, et ensuite celui qui ne sait pas interroger, qui met la main à la bouche.

Et la Torah commence par le méchant, et ensuite celui qui ne sait pas interroger, et ensuite le simple, et ensuite à la fin de la paracha Vaethanan la question du sage. Et encore une difficulté : dans la question du fils méchant Il a parlé au pluriel, "et lorsque vos fils vous diront", et aux autres fils au singulier.

Encore une difficulté : dans la réponse au fils méchant il est écrit "et vous direz" et il n'est pas écrit "à eux" comme aux autres fils où la parole était à lui en face : "et tu raconteras à ton fils" et "et tu lui diras". Encore une difficulté : dans le verset de celui qui ne sait pas interroger, "et tu raconteras à ton fils en ce jour-là pour dire", le mot "pour dire" est superflu, car il est écrit "et tu raconteras" ; c'est pourquoi je dis : l'auteur du Maggid a senti ces difficultés, et de leur sein il a compris l'intériorité de l'affaire : que la Torah a parlé en regard de quatre fils, bien qu'en vérité il n'ait été mentionné dans la Torah pour l'affaire de Pessa'h que trois fils, car "que sont les témoignages" écrit dans Vaethanan porte sur toute la Torah comme j'ai écrit plus haut, néanmoins le fils sage est aussi allude pour l'affaire de Pessa'h.

Et ceci qu'il a fait une introduction à ses paroles, et il a fait connaître le mérite de la Torah qui est au comble de la perfection, et comme ont interprété nos maîtres, de mémoire bénie (Yerouchalmi Soucca, chapitre 4) : car ce n'est pas une chose vide pour vous (Deutéronome 32,47), et s'il est vide, c'est de vous, qu'elle nous est cachée, mais Celui qui donne la Torah, Il est béni, Il sait que ce n'est pas une chose vide, et la Torah est un modèle pour le Saint, béni soit-Il, qui la donne, en cette affaire.

וזהו שאמר ברוך המקום ברוך הוא, הש"י נגלה ונסתר, נגלה מצד פעולותיו אשר מצד פעולותיו בעולמו נקרא מקום כי הוא מקומו של עולם, ונסתר מצד מהותו שאף מלאכי השרת שואלין איה מקום כבודו, ואינו נודע אלא לעצמו, וזהו ברוך הוא. ולעומת זה נתן התורה נגלה ונסתר, נגד הנגלה לנו ולבנינו ולכל ישראל אמר ברוך שנתן התורה לעמו ישראל, ונגד דבר הרק ממנו ונודע לו אמר ברוך הוא.

והקדים בעל המגיד הקדמה זו על מה שרוצה להוציא תעלומות מענין ארבעה בנים, התחיל ואמר כנגד ארבעה בנים דברה תורה, רצה לומר שהתורה מיירי שכל הבנים הם ביחד במסיבה אחת. כי בהיות ישראל בארצם כחול אשר על שפת הים, היו הרבה מנויים על פסח אחד למאות כדאיתא במדרש רבה דאיכה, ואין ספק שבכל קיבוץ וקיבוץ היו מעורבים קודש וחול כל הבנים הללו, וזהו שאמר כנגד ארבעה בנים, רצה לומר כשהם כולם יושבים ממולו.

ובהקדמה זו יעלה לנו תירוץ לקושיות הנתונים כאשר נבאר.

Et ceci est ce qu'il a dit : béni soit le Lieu, béni soit-Il : le Saint, béni soit-Il, est révélé et caché ; révélé du côté de Ses actions, lesquelles du côté de Ses actions dans Son monde Il est appelé Lieu, car Il est le lieu du monde, et caché du côté de Son essence, que même les anges du service demandent : où est le lieu de Sa gloire, et Il n'est connu qu'à Lui-même, et ceci est "béni soit-Il". Et en regard de cela Il a donné la Torah révélée et cachée : en regard du révélé à nous et à nos fils et à tout Israël, il a dit "béni soit Celui qui a donné la Torah à Son peuple Israël", et en regard de la chose vide de nous et connue de Lui, il a dit "béni soit-Il".

Et l'auteur du Maggid a fait précéder cette introduction sur ce qu'il veut extraire des mystères de l'affaire des quatre fils ; il a commencé et a dit : en regard de quatre fils la Torah a parlé, c'est-à-dire que la Torah traite que tous les fils sont ensemble dans une même séance. Car lorsque Israël était dans leur pays, comme le sable qui est sur le bord de la mer, ils étaient beaucoup d'inscrits sur un seul pessa'h, par centaines, comme il est dans le Midrach Rabba d'Eikha, et il n'y a pas de doute qu'en chaque rassemblement étaient mêlés saint et profane, tous ces fils, et ceci est ce qu'il a dit "en regard de quatre fils", c'est-à-dire lorsqu'ils sont tous assis en face de lui.

Et par cette introduction nous montera une résolution aux difficultés posées, comme nous expliquerons.

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