שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Pesachim, Matzah Shemurah (3/13)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Le paragraphe « ha la'hma » est en Targum : pourquoi « lachana habaah » en langue sainte, puis « be-ar'a deYisrael » en Targum, et « lachana habaah benei 'horin » tout en langue sainte ? Pourquoi « kol dikhfin » invite-t-il après le Kiddouch ? Le Chla pose que Pessa'h ne lie pas encore Israël pleinement, jusqu'au don de la Torah, et que le Targum, Nogah selon l'Ari Z"L, est proche de la langue sainte. La délivrance de Pessa'h reste au secret du Targum ; à Chavouot ils entrent dans la langue sainte. Le Rambam : on dit ce paragraphe en exil ; « lachana habaah » vise la terre d'Israël, « benei 'horin » le Temple futur, essence de la langue sainte.

Aussi : les quatre langues de délivrance répondent aux quatre questions ; matsa et 'hamets, quarante-neuf faces ; le maror, monde femelle ; le récit joyeux de la sortie d'Égypte selon le Zohar.

פיסקא זו נתחברה בלשון תרגום, וצריך ליתן טעם על זה. והמפרשים כתבו מה שכתבו.

עוד צריך להתבונן מאחר שחובר בלשון תרגום, למה סיים לשנה הבאה בארעא דישראל. והנה לשנה הבאה לשון קודש, ואח"כ בארעא דישראל חזר לתרגום.

ואחר כך אמר לשנה הבאה בני חורין כולן בלשון הקודש. גם צריך לידע מה זה שאומר כל דכפין ייתי ויכול, אם מזמן אורחים היה לו להזמינם קודם שישב לשלחן קודם שמתחיל לשתות כוס של קידוש.

הנה לבאר זה אקדים שתי הקדמות. א' שאף שנכנסו ישראל לקדושה בחג הפסח עדיין לא נתקשרו לגמרי בקדושה עד אחר שספרו ימי הספירות, שהם כאשה הסופרת ימי ליבון, ואח"כ היה הזיווג והתקשרות, דהיינו קבלת התורה כמו שכתב הזוהר.

וכתב הזוהר שמטעם זה אין גומרין הלל בכל שבעת ימי פסח כמו בסוכות, לפי שעדיין לא נתקשרו קשר שלם באמונה העליונה בכלל כמו שנקשרו אחר כך. כי בשני ימים ראשונים שלום בכל, ושלוש מעלות הרובצים על הבאר בחבור אחד.

אבל בשאר הימים לא זכו עדיין ישראל להשתלם בהם, כי עדיין לא נתנה תורה המחברת ביניהם, ולפיכך אין גומרין בהם את ההלל. אבל בימי החג, שכבר זכו ישראל לקבל התורה, כל הימים העליונים שהם על ישראל לעין כל, בסוד שבעה ענני כבוד, והכל בחבור שלם, לפיכך גומרין את ההלל.

הקדמה ב' הוא מה שבאר הא-להי האר"י ז"ל כי אונקלוס הגר שתירגם, נשמתו מצד נוגה שהיא קליפה המתקרבת להקדושה, כמו שנאמר ונוגה לו סביב, והיא קליפה הנאכלת עם הפרי, לכך התרגום קרוב ללשון הקודש. ונראה בעיני שזהו ענין שאין מלאכי השרת נזקקין ללשון תרגום אלא הם משתמשים בלשון הקודש, ומכל מקום נזקקין גם כן לשאר לשונות זולת ללשון תרגום.

והענין כי הוא דרך משל, מלך מדבר כל צרכו עם משרתיו עבדי ביתו, אבל עם שריו אינו מדבר רק מועט כדרך המלך ודתו. והטעם שלא יחשבו כי הם משתוים עמו וחברותא להם יחד, מה שאין כן עם עבדיו לא שייך לחשוב כן על כן לא חש.

על כן מלאכי השרת נזקקין אף לכל לשונות, כי לא יגיע להם מזה שום חשש, מה שאין כן בתרגום חוששין שלא להזקק ולהשתתף. ומזה יובן כשנגאלו ישראל ויצאו לחירות למטה, ודוגמתו למעלה חירות מהקליפות, לא היה חירות לגמרי.

אם למטה שהרי עדיין היו יראים ממצרים כאשר באמת רדפו אחריהם עד יום שביעי של פסח, ואם החירות של מעלה עדיין לא היה נגמר לגמרי עד חג שבועות זמן מתן תורתינו. נמצא בפסח אף שבחר בנו ורוממנו מכל לשון, לא היה בעצם עד מתן תורה.

והיינו אז בסוד התרגום. ולא היתה גאולה רק גוי בקרב גוי, מעורבים בלשונות הגוים עד מתן תורה, אז היה התרוממות מכל לשון ממש, דהיינו נכנסו בסוד לשון קודש.

וזהו מה שאמרו במכילתא (שמות יט, ג) כה תאמר להם בלשון קודש, ואז חירות על הלוחות חירות לגמרי, כל העוסק בתורה נקרא בן חורין (אבות ו, ב). ועתה אף שנכנסו בקדושה היה דרך משל עבדי ה' ולא עבדי פרעה, כעבד כנעני שנכנס לברית ועדיין אינו משוחרר.

וכשקבלו התורה נכנסו בסוד לשון הקודש. ועיקר התורה בארץ ישראל, ואז לשון הקודש בעצם בארץ הקדושה.

ואחר כך כשחטאו וגלו ונטרדו מלשון הקודש, מכל מקום לא נדחו לגמרי, רק ירדו לבבל לסוד התרגום. ואם תאמר הלא בגלות מצרים לא היו אף בסוד התרגום, אם כן כשחטאו וגלו אח"כ למה (לא) נדחו גם כן ממדריגות התרגום, ויש לומר אף שגלו מכל מקום נשאר עליהם עול התורה והמצוות, על כן לא נדחו לגמרי, והיו בבבל ונתחבר התלמוד בלשון תרגום.

Ce paragraphe fut composé en langue de Targum, et il faut en donner une raison. Et les commentateurs ont écrit ce qu'ils ont écrit.

Il faut encore examiner : puisqu'il fut composé en langue de Targum, pourquoi a-t-il terminé לשנה הבאה בארעא דישראל. Et voici, לשנה הבאה est langue sainte, et ensuite בארעא דישראל il est revenu au Targum.

Et ensuite il a dit לשנה הבאה בני חורין, le tout en langue sainte. Il faut aussi savoir ce que c'est que ce qu'il dit כל דכפין ייתי ויכול : s'il invite des hôtes, il aurait dû les convier avant de s'asseoir à table, avant de commencer à boire la coupe de Kidouch.

Voici, pour expliquer ceci, je ferai précéder deux introductions. Première : que même si Israël sont entrés dans la sainteté à la fête de Pessa'h, ils ne se sont pas encore entièrement liés dans la sainteté jusqu'après qu'ils eurent compté les jours des sefirot, qui sont comme une femme qui compte les jours de blanchiment, et ensuite fut le zivoug (union) et la liaison, c'est-à-dire la réception de la Torah, comme l'a écrit le Zohar.

Et le Zohar a écrit que pour cette raison l'on ne termine pas le Hallel tous les sept jours de Pessa'h comme à Souccot, parce qu'ils ne se sont pas encore liés d'un lien complet dans la foi supérieure en général comme ils se sont liés ensuite. Car aux deux premiers jours il y a paix en tout, et les trois degrés qui s'accroupissent sur le puits sont en une seule union.

Mais aux autres jours Israël n'avaient pas encore mérité de s'y achever, car la Torah qui les joint n'avait pas encore été donnée, et c'est pourquoi l'on n'y termine pas le Hallel. Mais aux jours de la fête, où Israël ont déjà mérité de recevoir la Torah, tous les jours supérieurs qui sont sur Israël sont à la vue de tous, au secret des sept nuées de gloire, et le tout est en une union complète, c'est pourquoi l'on termine le Hallel.

Seconde introduction : c'est ce qu'a expliqué le divin Ari, de mémoire bénie : que Onkelos le convert qui a traduit, sa nechama est du côté de Nogah, qui est une kelipa (écorce) qui s'approche de la sainteté, comme il est écrit (Ezechiel 1,4) et une clarté autour de Lui, et c'est la kelipa qui se mange avec le fruit, c'est pourquoi le Targum est proche de la langue sainte. Et il me paraît que c'est le sujet de ce que les anges du service ne s'occupent pas de la langue de Targum, mais ils se servent de la langue sainte, et toutefois ils s'occupent aussi des autres langues hormis la langue de Targum.

Et le sujet : c'est par voie de parabole : un roi parle tout son besoin avec ses serviteurs, esclaves de sa maison, mais avec ses ministres il ne parle que peu, selon la voie du roi et de sa loi. Et la raison : afin qu'ils ne pensent pas qu'ils sont égaux à lui et qu'ils ont compagnie ensemble ; ce qui n'est pas ainsi avec ses esclaves, il n'est pas applicable de penser ainsi, c'est pourquoi il n'y a pas pris garde.

C'est pourquoi les anges du service s'occupent même de toutes les langues, car il ne leur viendra de cela aucun souci ; ce qui n'est pas ainsi pour le Targum : ils craignent de s'en occuper et de s'y associer. Et de ceci on comprendra : lorsque Israël furent rachetés et sortirent à la liberté en bas, et son analogue en haut, la liberté des kelipot, ce n'était pas une liberté entière.

Soit en bas, car ils craignaient encore l'Égypte, comme en vérité ils les poursuivirent jusqu'au septième jour de Pessa'h ; soit la liberté d'en haut n'était pas encore entièrement achevée jusqu'à la fête de Chavouot, temps du don de notre Torah. Il en résulte qu'à Pessa'h, même s'Il nous a choisis et nous a élevés au-dessus de toute langue, ce n'était pas en essence jusqu'au don de la Torah.

Et c'était alors au secret du Targum. Et ce n'était une délivrance que nation au sein d'une nation (II Samuel 7,23), mêlés aux langues des nations jusqu'au don de la Torah ; alors fut l'élévation au-dessus de toute langue vraiment, c'est-à-dire ils entrèrent au secret de la langue sainte.

Et c'est ce qu'ils ont dit dans la Mekhilta (Exode 19,3) : ainsi tu leur parleras en langue sainte, et alors liberté sur les tables est une liberté entière : quiconque s'occupe de Torah est appelé homme libre (Avot 6,2). Et maintenant, même s'ils sont entrés dans la sainteté, c'était par voie de parabole serviteurs de ה' et non serviteurs de Pharaon, comme un esclave cananéen qui est entré dans l'alliance et n'est pas encore affranchi.

Et lorsqu'ils reçurent la Torah ils entrèrent au secret de la langue sainte. Et l'essentiel de la Torah est en terre d'Israël, et alors la langue sainte est en essence dans la terre sainte.

Et ensuite, lorsqu'ils fautèrent et furent exilés et chassés de la langue sainte, toutefois ils ne furent pas entièrement rejetés, seulement ils descendirent à Babel au secret du Targum. Et si tu dis : n'est-ce pas qu'en l'exil d'Égypte ils n'étaient même pas au secret du Targum, si donc lorsqu'ils fautèrent et furent exilés ensuite, pourquoi ne furent-ils pas aussi rejetés des degrés du Targum ?

On peut dire : même s'ils furent exilés, toutefois le joug de la Torah et des mitsvot resta sur eux, c'est pourquoi ils ne furent pas entièrement rejetés, et ils étaient à Babel et le Talmud fut composé en langue de Targum.

וכתב הרמב"ם בנוסח ההגדה, כי בזמן בית המקדש לא היו אומרים נוסח פיסקא זו של הא לחמא כו', רק כשגלו. וזהו ענין כל דכפין ייתי וייכול, כלומר לא כזמן בית המקדש שלא היו אוכלים אלא למנוייו בשביל קרבן פסח, אבל עתה מותר לבוא מי שירצה.

ומה שאומרים כל דצריך ייתי ויפסח, רצה לומר אף אפיקומן שהוא במקום הפסח, אין צריך דוקא להיות מנויים לכתחילה קודם אפיה. אח"כ כשרצה לדבר מארץ ישראל אמר בלשון הקודש לשנה הבאה, כי ארץ ישראל הוא לשון הקודש כדפירשתי.

ואמר בארעא דישראל בלשון תרגום כי זה נתקן בע' שנה שהיו בבבל, ואף שחזרו לארץ ישראל לא היה לגמרי לשון הקודש, כי לא חזר לאיתנו לתיקונו הראשון, כמו שאמרו רז"ל (יומא כא) ואכבד (חגי א, ח) חסר ה', כי ה' דברים חסרו בבית שני. אח"כ נתוסף זו הבבא השתא עבדי לשנה הבאה בני חורין שהוא על המקדש שלעתיד נהיה בני חורין משוחררים לגמרי, לא כעבד שנכנס לברית.

ואמר הדיבור כולו בלשון הקודש, כי אז יהיה עצם לשון הקודש.

Et le Rambam a écrit dans le texte de la Haggada, qu'au temps du Temple on ne disait pas le texte de ce paragraphe de הא לחמא etc., seulement lorsqu'ils furent exilés. Et c'est le sujet de כל דכפין ייתי וייכול : c'est-à-dire non comme au temps du Temple où l'on ne mangeait que pour ses inscrits à cause du sacrifice de Pessa'h, mais maintenant il est permis à qui voudra de venir.

Et ce que l'on dit כל דצריך ייתי ויפסח, cela veut dire : même l'afikoman qui est à la place du pessa'h, il n'est pas besoin d'être justement inscrits dès le premier abord avant la cuisson. Ensuite, lorsqu'il voulut parler de la terre d'Israël, il dit en langue sainte לשנה הבאה, car la terre d'Israël est la langue sainte comme je l'ai expliqué.

Et il dit בארעא דישראל en langue de Targum, car ceci fut institué dans les soixante-dix ans qu'ils étaient à Babel, et même s'ils revinrent en terre d'Israël, ce n'était pas entièrement la langue sainte, car elle n'est pas revenue à sa vigueur, à son premier tikoun, comme ont dit Razal (Yoma 21) : et Je serai glorifie (Aggée 1,8) manque un hé, car cinq choses manquèrent au Second Temple. Ensuite fut ajoutée cette clause השתא עבדי לשנה הבאה בני חורין, qui porte sur le Temple de l'avenir : nous serons hommes libres, affranchis entièrement, non comme un esclave qui est entré dans l'alliance.

Et il a dit toute la parole en langue sainte, car alors ce sera l'essence de la langue sainte.

פיסקא מה נשתנה כו'. [זה ירמוז בעל ההגדה מענין מערכות השמים].

הקשה הזבח פסח מאי טעמא לא הזכיר פסח וד' כוסות, ובתשובת עבדים היינו השיב ענינים אחרים ולא תשובה על שאלתו. עוד קשה, ואלו לא הוציא כו', מה הרויחו עתה אנשי גלות במה שנגאלו כבר.

עוד קשה, עדיין אנו ובנינו כו', למה לא היה אפשר להוציא אותנו אם לא הוציא את אבותינו, ופירש מה שפירש. וכן החכם בעל מעשה ה'.

ולי נראה בפסקא עבדים היינו, יגיד טעמים על ד' שאלות שבמה נשתנה, ואז לא יקשה למה שאל אלו שאלות ולא אחרות, כי לא היה בכאן שואל ומשיב, רק החכם המסדר ההגדה סידר השאלות עצמו הוא מותיב והוא מפרק. והוא סידר בכאן עניינים המביאים לדבר גדול ארבע לשונות של גאולה, והוצאתי והצלתי וגאלתי ולקחתי מה הם משמשות, ונראה שרומזים לד' דברים של גאולה מענין גדולת הנס.

א' שידוד המערכת, זהו והוצאתי אתכם מתחת סבלות מצרים, וסבלות מצרים הוא חוזק המערכת שלהם. ב' שפטים בא-להיהם, שהוא השר האדיר למעלה ממערכת כונס השמים, וזהו והצלתי מעבודתם, ממי שהם עובדים.

ג' שהשידוד והמשפט היה על צד היותר חזק שאפשר, ולא כמו שיש סוברים ששידוד המערכת בימי המן היה יותר גדול, כי הפיל פור (אסתר ג,ז), ונהפך וגו', ואלו לעבדים ולשפחות נמכרו היה להם דיו, והקב"ה שידד להיפך, מה שאין כן כאן שלא היה רק ישראל נצולים ועדיין נשאר מצרים. והנה יש קושיות למה יציאת מצרים נחשב ליותר נס מנס המן, שכן חוייבנו מן התורה לזכור יציאת מצרים בכל יום ויום.

ומתרצינן כי בימי המן כבר קבלו ישראל התורה, ואין כל כך חידוש לשדד המערכה כימי צאת מצרים שעדיין לא קבלו התורה. ועל זה בא הכתוב להודיע שאינו כן שיהיה באפשר להיות נס יותר גדול משידוד מערכת של מצרים, וזהו וגאלתי אתכם, דהיינו השידוד היה בזרוע נטויה והשפטים בא-להיהם היו גדולים.

ד' ולקחתי אתכם לי לעם והייתי לכם לא-להים, כי מכח פרסומי ניסי על ידי ישראל ומצות סיפור יציאת מצרים, גורמים ועתה יגדל נא כח אדני כמו שיבוא לקמן בביאור כל המרבה לספר כו'. ועל זה באה התשובה עבדים היינו לפרעה במצרים, עם קשה ומלך קשה מצד המערכה, ואין עבד יכול לברוח, ויוציאנו ה' משם, זהו והוצאתי.

ועל כן הטיבול המורה חירות כדרך השר, בחרו בטיבול על שם וטבלתם בדם אשר בסף, שבזה היה משודד המערכת כנודע.

Paragraphe מה נשתנה etc. [Ceci, l'auteur de la Haggada y fait allusion au sujet des ordonnances des cieux.] L'auteur du Zevah Pessa'h a objecté : pour quelle raison n'a-t-il pas mentionné Pessa'h et les quatre coupes, et dans la réponse עבדים היינו il a répondu d'autres sujets et non une réponse à sa question.

Encore c'est difficile : et s'Il n'avait pas fait sortir etc., que gagnent maintenant les gens de l'exil de ce qu'ils ont déjà été délivrés. Encore c'est difficile : encore nous et nos enfants etc., pourquoi n'aurait-il pas été possible de nous faire sortir s'Il n'avait pas fait sortir nos pères ; et il a expliqué ce qu'il a expliqué.

Et de même le sage, auteur de Maasse ה'. Et il me paraît que dans le paragraphe עבדים היינו, il dira des raisons sur les quatre questions qui sont dans מה נשתנה, et alors on ne demandera pas pourquoi il a posé ces questions et non d'autres, car il n'y avait pas ici un questionneur et un répondant, seulement le sage qui a ordonné la Haggada a ordonné les questions : lui-même objecte et lui-même résout.

Et il a ordonné ici des sujets qui amènent à une grande chose : les quatre langues de délivrance, et Je vous ferai sortir, et Je vous sauverai, et Je vous délivrerai et Je vous prendrai, à quoi elles servent ; et il paraît qu'elles font allusion à quatre choses de la délivrance touchant la grandeur du miracle. Première : le bouleversement de l'ordonnance, c'est et Je vous ferai sortir de sous les fardeaux d'Égypte (Exode 6,6), et les fardeaux d'Égypte sont la force de leur ordonnance.

Deuxième : des jugements en leurs dieux, c'est le prince puissant au-dessus de l'ordonnance rassembleuse des cieux, et c'est et Je vous sauverai de leur service (ibid.), de celui qu'ils servent. Troisième : que le bouleversement et le jugement étaient du côté le plus fort possible, et non comme il en est qui pensent que le bouleversement de l'ordonnance aux jours de Haman était plus grand, car il jeta le pour (Esther 3,7), et cela fut renversé etc., et s'ils avaient été vendus comme esclaves et servantes cela leur eût suffi, et le Saint, béni soit-Il, a bouleversé à l'inverse ; ce qui n'est pas ainsi ici, où ce n'était que Israël sauvés et l'Égypte restait encore.

Et voici, il y a des difficultés : pourquoi la sortie d'Égypte est-elle comptée pour un plus grand miracle que le miracle de Haman, puisque nous sommes tenus par la Torah de nous souvenir de la sortie d'Égypte chaque jour. Et l'on résout : car aux jours de Haman Israël avaient déjà reçu la Torah, et il n'y a pas tant de nouveauté à bouleverser l'ordonnance qu'aux jours de la sortie d'Égypte où ils n'avaient pas encore reçu la Torah.

Et sur ceci le verset vient faire savoir qu'il n'en est pas ainsi qu'il soit possible qu'il y ait un miracle plus grand que le bouleversement de l'ordonnance d'Égypte, et c'est et Je vous délivrerai (Exode 6,6), c'est-à-dire le bouleversement était à bras étendu et les jugements en leurs dieux étaient grands. Quatrième : et Je vous prendrai pour Moi pour peuple et Je serai pour vous Elokim (Exode 6,7), car par la force de la publication des miracles par Israël et la mitsva du récit de la sortie d'Égypte, ils causent : et maintenant, que s'accroisse donc la force du Seigneur (Nombres 14,17), comme il viendra plus bas dans l'explication de quiconque multiplie à raconter etc.

Et sur ceci vient la réponse : nous étions esclaves de Pharaon en Égypte, peuple dur et roi dur du côté de l'ordonnance, et un esclave ne peut fuir, et ה' nous a fait sortir de là : c'est et Je vous ferai sortir. Et c'est pourquoi le trempage qui indique la liberté à la manière du prince, ils ont choisi le trempage au nom de et vous tremperez dans le sang qui est dans le bassin (Exode 12,22), car par ceci l'ordonnance était bouleversée, comme on le sait.

ואלו לא הוציא הקדוש ברוך הוא כו'. כבר מבואר בזוהר והביא הענין באריכות והוסיף נופך בעל צרור המור פרשת בא, ענין שהיו ישראל כמעט נאבדים בקליפה, ונכנסו למ"ט פנים טמא שהוא סוד החמץ, ואלו נכנסו רגע ביותר חלילה נאבדו.

וזהו והצלתי אתכם מעבודתם שהיא עבודת מצרים, ולא הספיק בצקם להחמיץ, ונגאלו בסוד נ' שערי בינה, על כן בין מצה לחמץ אינו רק נקודה אחת עיין שם. וזהו ואלו לא הוציא הקב"ה וכו', וזהו תשובה על שאלת הלילה הזה כולו מצה.

Et s'Il n'avait pas fait sortir, le Saint, béni soit-Il, etc. Déjà c'est expliqué dans le Zohar, et l'auteur du Tseror haMor, paracha Bo, a apporté le sujet en longueur et y a ajouté un enrichissement : le sujet que Israël étaient presque perdus dans la kelipa, et ils étaient entrés dans quarante-neuf faces impures, qui est le secret du hamets, et s'ils étaient entrés un instant de plus, à D.ieu ne plaise, ils auraient été perdus.

Et c'est et Je vous sauverai de leur service (Exode 6,6), qui est le service d'Égypte, et leur pâte n'eût pas le temps de fermenter, et ils furent délivrés au secret des cinquante portes de Bina ; c'est pourquoi entre matsa et hamets il n'y a qu'un seul point, vois là. Et c'est et s'Il n'avait pas fait sortir, le Saint, béni soit-Il, etc., et c'est une réponse à la question : cette nuit-ci tout entier matsa.

ואפילו כולנו חכמים. רוצה לומר על דרך שפירשתי וגאלתי, שאף אם לאחר מתן תורה היה, לא היה נס גדול כזה, וזהו שאומרים ואפילו כולנו חכמים כו'.

וזהו תשובה על הלילה הזה כולו מרור, דקשה למאי נפקא מיניה אוכלים מרור על שם וימררו, למאי נפקא מינא עושים זכר לוימררו, אלא הענין גאולת מצרים לא היה עולם זכר אלא עולם נקיבה כאשר נאמר לקמן, ומאחר שירדנו לקליפה לא עלינו מכל וכל. ואם היה עולם זכר לא היה הגלות עוד כאשר יהיה באחרונה, ומה שיש גלות הוא מזה, וכן מה שנתעורר גאולה והצלה הוא מגאולת מצרים ודו"ק.

עוד יש לפרש ועיקר, דבאמת במצרים היה הנס גדול מאוד דבר והיפוכו, כאשר יענו כן ירבה, ועל כן אכילת מרור שהוא חסא, ודו"ק.

Et même si nous étions tous sages. Cela veut dire selon la voie que j'ai expliquée pour et Je vous délivrerai : que même si c'était après le don de la Torah, il n'y aurait pas eu un miracle aussi grand, et c'est ce que l'on dit : et même si nous étions tous sages etc.

Et c'est une réponse à cette nuit-ci tout entier maror ; car il est difficile : à quoi cela aboutit-il que l'on mange le maror au nom de et ils rendirent amer (Exode 1,14) ; à quoi cela aboutit-il que l'on fasse un souvenir de et ils rendirent amer. Seulement le sujet : la délivrance d'Égypte n'était pas un monde mâle mais un monde femelle, comme il sera dit plus bas, et puisque nous sommes descendus dans la kelipa, nous n'en sommes pas montés tout à fait.

Et s'il avait été un monde mâle, il n'y aurait plus d'exil, comme il en sera à la fin ; et ce qu'il y a d'exil vient de ceci, et de même ce qui s'éveille de délivrance et de salut vient de la délivrance d'Égypte ; et approfondis. On peut encore expliquer, et c'est l'essentiel : qu'en vérité en Égypte le miracle était très grand, chose et son inverse : plus on les opprimait, plus ils se multipliaient (Exode 1,12) ; c'est pourquoi la consommation du maror, qui est hassa (laitue), et approfondis.

וכל המספר כו' הרי זה משובח. זה לשון הזוהר פרשת בא (מ, ב) פקודא דא לספר בשבחא דיציאת מצרים, דאיהו חיובא על בר נש לאשתעי שבחא לעלמין.

אוקימנא כל בר נש דאשתעי ביציאת מצרים ובההוא סיפור חדי בחדוה, זמין איהו למחדי בשכינתא לעלמא דאתי דהוא חדו מכלא, דהאי איהו בר נש דחדי במריה, וקב"ה חדי בההוא סיפור. ביה שעתא כניש קב"ה לכל פמליא דיליה ואמר לון, זילו ושמעו ספורא דשבחא דילי דקא משתעו בני וחדון בפורקנן.

כדין כלהו מתכנשין ומתיין ומתחברין בהדייהו דישראל, ושמעי ספורא דשבחא דקא חדאן ברזא דפורקנא דמריהון, כדין אתיין ואודן ליה לקב"ה על כל אינון נסין וגבורן, ואודאין ליה על עמא קדישא דאית ליה בארעא דחדאן בחדוה דפורקנא דמאריהון. כדין אתוסיף חילא וגבורתיה לעילא, וישראל בההוא ספורא יהבי חילא למאריהון, כמלכא דאתוסיף חילא וגבורתא כד משבחין גבורתיה ואודין ליה, וכלהו דחלין קמיה ואסתלק יקריה על כלא.

ובגין כך אית לשבחא ולאשתעי בספורא כמה דאתמר. בגוונא דא חובה איהו על בר נש לאשתעי תדיר קמיה קב"ה בכל אינון נסין דעביד.

ואי תימא אמאי איהו חובתא, והא קב"ה ידע כלא, כל מה דהוה ויהוי לבתר דנא, אמאי פרסומי דא קמיה על מה דאיהו ידע. אלא ודאי אצטריך לבר נש לפרסומי ולאשתעי קמיה בכל מה דאיהו עביד, בגין דאינון מלין סלקין, וכל פמליא דלעילא מתכנשי וחמאן לון, ואודאין כלהו להקב"ה, ואסתלק יקריה עלייהו לעילא ותתא.

כגוונא דא מאן דאשתעי ומפרש חטאוי על כל מה דעבד, אי תימא למאי אצטריך. אלא מקטרגא קאים תדיר קמיה קב"ה בגין לאשתעי חובא בני נשא ולמתבע עליהון דינא, כיון דאקדים בר נש ומפרט חטאוי כל חד וחד, לא אשאיר פטרא דפומא לההוא מקטרגא, ולא יכיל למתבע עליה דינא, דהא תדיר תבע דינא בקדמיתא ולבתר משתעי ומקטרגא פלוני עבד כך.

ועל דא אצטריך ליה לבר נש לאקדמא לפרט חטאוי. כיון דמקטרגא חמי דא, לית ליה פטרא דפומא עליה, וכדין אתפרש מיניה מכל וכל.

אי תב בתיובתא יאות, ואי לאו, הא מקטרגא אתשכח עליה, ואמר פלוני דאתא לקמך בתוקפא דאפין, בעיט במאריה, חובוי כך וכך. על דא יאות לאזדהרא בכל הני, בגין דאשכח עבדא מהימנא קמי קב"ה.

עד כאן לשונו.

Et quiconque raconte etc., voici celui-ci est loué. Ceci est le langage du Zohar, paracha Bo (40,b) : ce commandement est de raconter dans la louange de la sortie d'Égypte, car c'est une obligation sur l'homme de raconter la louange à jamais.

Nous avons établi : tout homme qui raconte la sortie d'Égypte et, dans ce récit, se réjouit d'une joie, il est destiné à se réjouir avec la Chekhina dans le monde à venir, qui est la joie de tout ; car celui-ci est un homme qui se réjouit en son Maître, et le Saint, béni soit-Il, se réjouit de ce récit. À cette heure le Saint, béni soit-Il, rassemble toute Sa suite et leur dit : allez et écoutez le récit de Ma louange que racontent Mes enfants, et réjouissez-vous de notre délivrance.

Alors tous se rassemblent et viennent et s'associent avec Israël, et ils entendent le récit de louange dont ils se réjouissent au secret de la délivrance de leur Maître ; alors ils viennent et rendent grâce au Saint, béni soit-Il, pour tous ces miracles et ces puissances, et ils Lui rendent grâce pour le peuple saint qu'Il a sur terre, qui se réjouissent de la joie de la délivrance de leur Maître. Alors s'accroît la force et Sa puissance en haut, et Israël par ce récit donnent de la force à leur Maître, comme un roi dont s'accroissent la force et la puissance lorsque l'on loue ses puissances et qu'on lui rend grâce, et tous craignent devant lui et sa gloire s'élève au-dessus de tout.

Et à cause de cela il y a à louer et à raconter dans le récit, comme on l'a dit. De cette manière c'est une obligation sur l'homme de raconter toujours devant le Saint, béni soit-Il, tous ces miracles qu'Il a faits.

Et si tu dis : pourquoi est-ce une obligation, et voici le Saint, béni soit-Il, sait tout, tout ce qui fut et ce qui sera après ceci, pourquoi cette publication devant Lui de ce qu'Il sait. Seulement, certes il est nécessaire à l'homme de publier et de raconter devant Lui tout ce qu'Il a fait, parce que ces paroles montent, et toute la suite d'en haut se rassemble et les voit, et tous rendent grâce au Saint, béni soit-Il, et Sa gloire s'élève sur eux en haut et en bas.

De cette manière, celui qui raconte et détaille ses fautes sur tout ce qu'il a fait : si tu dis, à quoi cela est-il nécessaire. Seulement, l'accusateur se tient toujours devant le Saint, béni soit-Il, afin de raconter la faute des hommes et de réclamer sur eux le jugement ; dès lors que l'homme a précédé et détaillé ses fautes une à une, il n'a pas laissé d'ouverture de bouche à cet accusateur, et il ne peut réclamer sur lui le jugement, car toujours il réclame d'abord le jugement et ensuite il raconte et accuse : un tel a fait ainsi.

Et pour cela il est nécessaire à l'homme de précéder à détailler ses fautes. Dès lors que l'accusateur voit ceci, il n'a pas d'ouverture de bouche sur lui, et alors il se sépare de lui tout à fait.

S'il est revenu en techouva, c'est bien ; et sinon, voici l'accusateur se trouve sur lui, et il dit : un tel qui est venu devant Toi avec dureté de visage a donné un coup de pied à son Maître, ses fautes sont telles et telles. Pour cela il convient de prendre garde à toutes ces choses, afin qu'il se trouve un serviteur fidèle devant le Saint, béni soit-Il.

Jusqu-ici ses paroles.

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