« Et même Atarot et Divon » : le Tour, au siman 285, et Rachi veulent que l'on lise trois fois même ce qui n'a pas de Targoum ; l'usage est d'être strict comme Rachi. Il paraît au Chla de lire Birkat Kohanim trois fois puis le Targoum, pour ceux qui lisent ainsi Reouven et Chimon, car ces versets sont égaux, et il se peut que ce Targoum ne soit pas reçu du Sinaï. Les kabbalistes tiennent pour plus élu d'achever deux fois Écriture et une fois Targoum la veille du Chabbat après midi, puis d'écouter le chalia'h tsibour (officiant). Il a reçu de lire chaque paracha ouverte ou fermée, et de s'arrêter même au milieu du verset.
Aussi : contemplation des mitsvot, secrets et morales, et le cahier Torah Chébikhtav ; correction du sefer Torah la veille du Chabbat et sortie d'un autre pour une lettre ; parachiot de Yom Tov et érouvei hatserot sans berakha
כתב הטור סימן רפ"ה, ואפילו עטרת ודיבון. פירש רש"י, אע"פ שאין בו תרגום.
ולפירש זה, אפילו ראובן ושמעון וכיוצא בזה צריך לקרותו ג' פעמים. ויש מפרשים דנקט עטרת לפי שיש ספרים שכתוב בהן תרגום ירושלמי, ונקט עטרת ודיבון אף על פי שאין צריך כל כך תרגום.
ולפי זה ראובן ושמעון אין צריך לקרותו ג' פעמים. מכל מקום נהגו להחמיר כרש"י:
Le Tour a écrit au siman 285 : et même Atarot et Divon. Rachi a expliqué : bien qu'il n'y ait pas de Targoum.
Et selon cette explication, même Reouven et Shimon et ce qui est semblable, il faut le lire trois fois. Et il y a des commentateurs qui disent qu'il a pris Atarot parce qu'il y a des livres où est écrit le Targoum de Jérusalem, et qu'il a pris Atarot et Divon bien qu'il n'y ait pas tant besoin de Targoum.
Et selon ceci, Reouven et Shimon, il n'est pas besoin de le lire trois fois. Quoi qu'il en soit, on a l'usage d'être strict comme Rachi :
נראה בעיני לקרות פסוקים (במדבר ו, כד-כו) יברכך ה' כו', יאר ה', ישא ה' כו' [שלוש] פעמים, ואח"כ התרגום לאותן הנוהגים להחמיר לקרוא ראובן ושמעון ג' פעמים, כי אלו פסוקים עם פסוקי ראובן ושמעון כו' שוים הם וכדמשמע ברבינו יונה שכתב וזה לשונו, ואפילו עטרת ודיבון, יש מפרשים דנקט זה הפסוק מפני שאין לו תרגום, וקאמר שאפילו הפסוקים שאין להם תרגום צריך לקרות אותם ג' פעמים. וזה אינו נראה, שהרי מצינו פסוקים אחרים הרבה שאין להם תרגום כגון פסוקים של ברכת כהנים ואחרים הרבה ולמה לא הזכירום כו', שמע מינה לפי הנוהגים להחמיר לקרוא ראובן ושמעון ג' פעמים יקראו ג"כ ברכת כהנים ג' פעמים, ואע"ג דאית ליה תרגום כמו שנמצא בחומשים שלנו תרגום על אלה הפסוקים, אפשר שזה התרגום אינו מקובל מסיני, על כן יקרא המקרא ג' פעמים וגם התרגום אולי הוא תרגום מקובל ולא היה מגולה בימי רבינו יונה:
Il paraît à mes yeux de lire les versets (Nombres 6,24-26) Que ה' te bénisse etc., Que ה' fasse luire, Que ה' lève etc., trois fois, et ensuite le Targoum, pour ceux qui ont l'usage d'être stricts à lire Reouven et Shimon trois fois, car ces versets avec les versets de Reouven et Shimon etc. sont égaux, et comme il s'entend de Rabbenou Yona qui a écrit et voici son langage : et même Atarot et Divon, il y a des commentateurs qui disent qu'il a pris ce verset parce qu'il n'a pas de Targoum, et il dit que même les versets qui n'ont pas de Targoum, il faut les lire trois fois. Et ceci n'apparaît pas, car voici que nous trouvons beaucoup d'autres versets qui n'ont pas de Targoum, comme les versets de Birkat Kohanim et beaucoup d'autres, et pourquoi ne les ont-ils pas mentionnés etc. : tu en apprends que selon ceux qui ont l'usage d'être stricts à lire Reouven et Shimon trois fois, ils liront aussi Birkat Kohanim trois fois, et bien qu'elle ait un Targoum, comme l'on trouve dans nos livres du Pentateuque un Targoum sur ces versets, il se peut que ce Targoum ne soit pas reçu du Sinaï, c'est pourquoi il lira l'Écriture trois fois et aussi le Targoum, peut-être est-il un Targoum reçu et qu'il n'était pas révélé aux jours de Rabbenou Yona :
אחר כותבי זה, מצאתי בסידור מהר"ר הירץ ז"ל שכתב, ברכינו בברכה המשולשת, לדעתי משולשת בתורה היינו משום דלית ליה תרגום וצריך לשלש המקרא, משא"כ בברכה אחרת שנים מקרא ואחד תרגום. והכי נמי מסתברא, מדאמר הכתובה ע"י משה ולא ע"י המתרגם, עד כאן לשונו:
Après que j'eus écrit ceci, j'ai trouvé dans le sidour de Maharar Hirz, de mémoire bénie, qu'il a écrit : Bénis-nous par la berakha triple, à mon avis elle est triple dans la Torah, c'est-à-dire parce qu'elle n'a pas de Targoum et qu'il faut tripler l'Écriture, ce qui n'est pas le cas d'une autre berakha, deux fois Écriture et une fois Targoum. Et ainsi aussi cela est raisonnable, de ce qu'il a dit : celle qui est écrite par Moche et non par le traducteur, jusqu-ici son langage :
עוד כתב הטור שם (רפה), מצוה מן המובחר שישלים אותה קודם שיאכל בשבת, ואם לא השלים אותה קודם האכילה ישלים אותה אחר אכילה קודם המנחה, ומשם ואילך כיון שמתחילין אחרת עבר זמנה על זאת. וזה לשון הבית יוסף, מצוה מן המובחר שישלים אותה קודם שיאכל וכו', וכן כתבו שם (ברכות ח, ב) התוס' (ד"ה ישלים) והרא"ש מדאמרינן במדרש שצוה רבי את בניו אל תאכלו לחם בשבת עד שתגמרו כל הפרשה, ומשמע מדבריהם שלא צוה אלא שלא יאחרו מלקרותה עד אחר אכילה, אבל אם הקדימו וקראוהו קודם שבת בכלל מצוה מן המובחר נמי הוא, וכן נראה מדברי הרמב"ם בפי"ג (כה) מהלכות תפילה.
ומדברי ההגהות שם נראה קצת, דדוקא בשבת קודם אכילה הוא דהוי מצוה מן המובחר, ולא קודם לכן, עד כאן לשונו:
Le Tour a encore écrit là (285) : la mitsva de la plus choisie est qu'il l'achève avant qu'il mange le Chabbat, et s'il ne l'a pas achevée avant le repas, qu'il l'achève après le repas avant minha, et de là et ensuite, puisque l'on commence une autre, son temps est passé pour celle-ci. Et voici le langage du Beit Yossef : la mitsva de la plus choisie est qu'il l'achève avant qu'il mange etc., et ainsi ont écrit là (Berakhot 8,b) les Tossefot (aux paroles commençant Il achèvera) et le Roch (Rabbenou Acher), de ce que l'on dit dans le Midrach que Rabbi a ordonné à ses fils : ne mangez pas de pain le Chabbat jusqu'à ce que vous ayez terminé toute la paracha, et il s'entend de leurs paroles qu'il n'a ordonné que de ne pas retarder de la lire jusqu'après le repas, mais s'ils l'ont anticipée et l'ont lue avant le Chabbat, cela aussi est compris dans la mitsva de la plus choisie, et ainsi il paraît des paroles du Rambam au chapitre 13 (25) des lois de la tefila.
Et des paroles des notes là, il paraît un peu que c'est précisément le Chabbat avant le repas que c'est la mitsva de la plus choisie, et non auparavant, jusqu-ici son langage :
אבל כבר מוכח בספרי המקובלים לקרות שנים מקרא ואחד תרגום בערב שבת, וזהו הבחיר שבמצוה מהמובחר שישלים בערב שבת שנים מקרא ואחד תרגום, ובשעת קריאת התורה בציבור אזניו יהיה לספר תורה לשמוע הש"ץ מה שקורא הש"ץ מהתורה והוא ישתוק רק ישמע ויתכוון. ומה שאמרו ישלים עם הציבור, לא שיקרא עם הציבור דהיינו עם הש"ץ, אלא רצו לומר צריך להשלים לקורא שמו"ת עם הציבור, כלומר כל זמן שהסדרא זו היא עם הציבור, דהיינו מיום א' ואילך עד מנחה של יום השבת הבא שמתחיל סדרא אחרת, כי תמיד משבת מנחה לשבת מנחה נוהגת סדרא, ואחר כך עבר זמנה של זו.
וכל זה הוא לענין דינא, אבל למצוה מהמובחר ימתין בקריאת שמו"ת עד ערב שבת אחר חצות ואז ישלים שמו"ת:
Mais il est déjà prouvé dans les livres des kabbalistes de lire deux fois Écriture et une fois Targoum la veille du Chabbat, et c'est le plus élu dans la mitsva de la plus choisie qu'il achève la veille du Chabbat deux fois Écriture et une fois Targoum, et à l'heure de la lecture de la Torah en public ses oreilles seront au sefer Torah pour entendre le chalia'h tsibour (officiant) ce que le chalia'h tsibour lit de la Torah, et lui se taira, seulement il écoutera et aura l'intention. Et ce qu'ils ont dit : qu'il achève avec le public, ce n'est pas qu'il lise avec le public, c'est-à-dire avec le chalia'h tsibour, mais ils ont voulu dire qu'il faut achever de lire deux fois Écriture et une fois Targoum avec le public, c'est-à-dire tout le temps que cette section est avec le public, c'est-à-dire du premier jour et ensuite jusqu'à minha du Chabbat suivant où commence une autre section, car toujours de minha du Chabbat à minha du Chabbat une section a cours, et ensuite le temps de celle-ci est passé.
Et tout ceci est pour le droit, mais pour la mitsva de la plus choisie il attendra pour la lecture de deux fois Écriture et une fois Targoum jusqu'à la veille du Chabbat après midi, et alors il achèvera deux fois Écriture et une fois Targoum :
ובדברי רבינו יונה מצאתי מבואר וזה לשונו, לעולם ישלים אדם פרשיותיו עם הציבור כו', כלומר שקודם שיקראו הציבור הפרשה בבית הכנסת יקרא אותה בביתו, עד כאן לשונו. ומה שאמרו עם הציבור, פירושו קודם הציבור.
כמו ותיקין היו קורין עם הנץ החמה, וכתב שם רבינו יונה וזה לשונו, כלומר קודם הנץ החמה, וכדאמרינן (שבת יח, א) ערב שבת עם חשיכה, ואין רצונו לומר חשיכה ממש, אלא קודם חשיכה, עד כאן לשונו:
Et dans les paroles de Rabbenou Yona j'ai trouvé explicitement, et voici son langage : que l'homme achève toujours ses parachiot avec le public etc., c'est-à-dire qu'avant que le public lise la paracha à la synagogue, il la lira chez lui, jusqu-ici son langage. Et ce qu'ils ont dit avec le public, son explication est : avant le public.
Comme les vatikin (pieux de l'aube) lisaient avec le lever du soleil, et Rabbenou Yona a écrit là et voici son langage : c'est-à-dire avant le lever du soleil, et comme l'on dit (Chabbat 18,a) : veille du Chabbat avec l'obscurité, et il ne veut pas dire l'obscurité même, mais avant l'obscurité, jusqu-ici son langage :
עוד יש חילופי מנהגים, יש שקורין כל מקרא ומקרא שנים מקרא ואחד תרגום, ויש שמשלימין כל הסדרא שני פעמים מקרא ופעם השלישי תרגום:
Il y a encore des divergences d'usages : il y en a qui lisent chaque verset et verset deux fois Écriture et une fois Targoum, et il y en a qui achèvent toute la section deux fois Écriture et la troisième fois le Targoum :
אמנם קבלתי דרך המובחר לעשות כפשוטה דלשנא דגמרא, לקרוא כל פרשה ופרשה שנים מקרא ואחד תרגום, ופרשה נקרא הן פרשה פתוחה או סתומה לא ששם הסדרא כולה נקראת פרשה, רק על דרך שכתב רש"י בויקרא (א, א ד"ה ויקרא) ליתן ריוח בין פרשה לפרשה, וזהו פרשה פתוחה או סתומה. וכן לשון הגמרא דברכות דף ט' (עי' בע"ב) ק"ן פרשיות שבספר תהלים כו'.
ובזה מדוקדק הלשון שאמרו, לעולם ישלים אדם פרשיותיו כו', דקשה למה כינה הפרשה, הוה ליה למימר לעולם ישלים אדם הפרשיות כו'. אלא אין פירוש לשון פרשה על הסדרא, רק הפרשיות פתוחות או סתומות.
ויען כי אין ההתחלה בקריאת שמו"ת בכולה בשוה, כי לענין דינא מותר להתחיל בקריאת שמו"ת מיום א' ואילך, זה מתחיל היום וזה מתחיל למחר וזה אח"כ, עד שלזה יש מועט פרשיות לקרות ולזה יותר, ולזה אמר שישלים כל אחד פרשיותיו עם הציבור, וק"ל:
Cependant j'ai reçu que la voie de la plus choisie est de faire selon le simple du langage de la Guemara : lire chaque paracha et paracha deux fois Écriture et une fois Targoum, et paracha s'appelle soit une paracha ouverte soit une paracha fermée, non que le nom de toute la section s'appelle paracha, seulement selon la voie qu'a écrite Rachi sur Vayikra (1,1, aux paroles commençant Vayikra) : pour donner un espace entre une paracha et une paracha, et c'est une paracha ouverte ou fermée. Et ainsi le langage de la Guemara de Berakhot page 9 (vois au verso) : cent cinquante parachiot qui sont dans le livre des Psaumes etc.
Et par ceci le langage qu'ils ont dit est précis : que l'homme achève toujours ses parachiot etc., car il est difficile : pourquoi a-t-il désigné la paracha, il aurait dû dire : que l'homme achève toujours les parachiot etc. Seulement, l'explication du langage paracha n'est pas sur la section, seulement les parachiot ouvertes ou fermées.
Et parce que le commencement de la lecture de deux fois Écriture et une fois Targoum n'est pas égal chez tous, car pour le droit il est permis de commencer la lecture de deux fois Écriture et une fois Targoum du premier jour et ensuite, celui-ci commence aujourd'hui et celui-là commence demain et celui-là ensuite, jusqu'à ce que l'un ait peu de parachiot à lire et l'autre davantage, et pour cela il a dit que chacun achève ses parachiot avec le public, et c'est léger :
וקבלתי אפילו כשהפרשה מסיימת באמצע הפסוק כמו אחרי המגפה דפרשת פנחס (במדבר כו, א) ובעציון גבר דפרשת דברים (ב, ח) שם יפסיק ויקרא שמו"ת:
Et j'ai reçu : même lorsque la paracha s'achève au milieu du verset, comme après la plaie de la paracha Pinhas (Nombres 26,1) et à Étsyon Gaver de la paracha Devarim (2,8), là il s'arrêtera et lira deux fois Écriture et une fois Targoum :
וכשקורא שנים מקרא ואחד תרגום, ישים לבו ועיניו להתבונן במה שקורא, הן ממצות התורה הן במדות הן בדרכי מוסר הן בכל תועלת אשר יוכל להוציא מכל ענין וענין, ויקרא כדי ללמוד וללמד לשמור ולעשות ולקיים. וראוי להתבונן תמיד בשלש אלה, החוט המשולש לא ינתק.
דהיינו, נר מצוה, תרי"ג מצות. ותורה אור, דהיינו להיות חכם ומבין באיזה סודות התורה.
ודרך חיים תוכחת מוסר, היינו המוסרים והמדות והתועלות כל אחד ימצא בשכלו ויתבונן כפי רוחב דעתו:
Et lorsqu'il lit deux fois Écriture et une fois Targoum, qu'il place son cœur et ses yeux à contempler ce qu'il lit, soit des mitsvot de la Torah, soit des qualités, soit des voies de morale, soit de toute utilité qu'il pourra extraire de chaque sujet et sujet, et qu'il lise afin d'apprendre et d'enseigner, de garder et de faire et d'accomplir. Et il convient de contempler toujours en ces trois-ci, le cordon triple ne se rompra pas (Ecclésiaste 4,12).
C'est-à-dire : Ner Mitsva, six cent treize mitsvot. Et Torah Or, c'est-à-dire être sage et comprenant en quelques secrets de la Torah.
Et Derekh 'Hayim Tokhéhat Moussar, c'est-à-dire les morales et les qualités et les utilités, chacun les trouvera par son intelligence et contemplera selon la largeur de son esprit :
ואתם בניי יצ"ו, אפתח לכם שער בכל סדרא וסדרא משלש אלה, וממנו תראו וכן תעשו להוסיף כהנה וכהנה, כי התורה אין לה ערך. ויען שהיה הדבר כאן הפסק גדול בענין שאנו עוסקים בו עתה, על כן אעשה מזה קונטריס בפני עצמו בעזה"י, ויקרא שמו תורה שבכתב ויהיה נקבע זה הקונטרס בהשלמת עשרת הדברות:
Et vous, mes fils, que leur Rocher les garde et les fasse vivre, je vous ouvrirai une porte dans chaque section et section de ces trois-ci, et de là vous verrez et ainsi vous ferez pour ajouter de telles et de telles, car la Torah n'a pas de mesure. Et parce que la chose ici serait une grande interruption dans le sujet dont nous nous occupons maintenant, c'est pourquoi j'en ferai un cahier à part avec l'aide du Ciel, et son nom sera Torah Chébikhtav, et ce cahier sera fixé à l'achèvement des Dix Paroles :
מצוה גדולה ומצוה דרבים היא מי שזוכה ומזכה לקורא הסדרא בתורה בערב שבת, כדי להגיה שלא יחסר אפילו אות אחת ולא יעדיף אפילו אות אחת ולא ישתנה אפילו אות אחת, ואפילו בחסירות ויתירות שקים לן בגווייהו צריך לדקדק לראות שיהיה הכל כתיקונו. ואמרו רז"ל (עי' מנחות ל, א) הגיה אות אחת ולא שינה מעלה עליו כאלו כתבה, ומצוה גוררת מצוה כי אז מזכה את הדברים שיוצאין ידי חובתם בספר תורה כשירה והברכות הן כתיקונן, מה שאין כן ספר תורה אפילו חסר אות אחת היא פסולה:
C'est une grande mitsva et une mitsva du public, celui qui mérite et fait mériter de lire la section dans la Torah la veille du Chabbat, afin de corriger qu'il ne manque pas même une seule lettre et qu'il n'en ajoute pas même une seule lettre et qu'il n'en soit changée même une seule lettre, et même dans les défectives et les pleines dont le statut nous est établi, il faut examiner pour voir que tout soit en son ordre. Et ont dit nos Sages de mémoire bénie (vois Menahot 30,a) : celui qui a corrigé une lettre et n'a pas changé, on lui attribue comme s'il l'avait écrite, et une mitsva en entraîne une mitsva, car alors il fait mériter que l'on s'acquitte de son obligation avec un sefer Torah valide et que les berakhot soient en leur ordre, ce qui n'est pas ainsi d'un sefer Torah : même s'il manque une seule lettre, il est invalide :
והואיל ואתא לידי דבר זה, אימא ביה מלתא. תמיהה גדולה בעיני על מורי הוראה שנתפשט הוראה זו ביניהם, וכן הוא בלבוש מלכות סימן קמ"ג, אהא דמוציאין ספר תורה אחרת כשנמצא טעות בספר תורה זהו דוקא בטעות גמור שנשתנה משמעות הענין, אבל כשלא נשתנה הענין, לא, מנין להם דבר זה, דאפילו אות אחת שחסר הספר תורה פסולה.
ומה שכתב רמ"א (או"ח קמג, ד) דמשום חסירות ויתירות אין להוציא ספר תורה אחרת כו', זהו דווקא בחסירות ויתירות שהתיבה נקראת כמות שהיא נתנה מפי הקב"ה. וגם מטעם שכתב רמ"א (שם) שאין ספרי תורות שלנו מדוייקים כל כך שנאמר שהאחרת תהיה יותר כשירה, וזהו לא שייך אלא בחסירות ויתרות, לפי שאין בקיאין בהם כל כך, אבל בשינוי קריאת התיבה וטעות גמור הידוע שהוא טעות, אף שלא נשתנה הענין כגון כבש כתב כשב, או כשב כתב כבש, פשוט בעיני שצריך להוציא אחרת:
Et puisqu'est venue en mes mains cette chose, que je dise en elle une parole. Un grand étonnement est à mes yeux sur les décideurs chez qui s'est répandue cette décision, et ainsi est-il dans le Levouch Malkhout au siman 143, sur ceci que l'on sort un autre sefer Torah lorsqu'on trouve une erreur dans le sefer Torah : ceci est précisément dans une erreur complète où le sens du sujet a changé, mais lorsque le sujet n'a pas changé, non : d'où leur vient cette chose, car même une seule lettre qui manque, le sefer Torah est invalide.
Et ce qu'a écrit le Rema (Rabbi Moche Isserlès, Orah 'Hayim 143,4) que pour cause de défectives et de pleines on ne sort pas un autre sefer Torah etc., ceci est précisément dans les défectives et les pleines où le mot se lit comme il a été donné de la bouche du Saint, béni soit-Il. Et aussi pour la raison qu'a écrite le Rema (là) : que nos rouleaux de Torah ne sont pas si exacts que l'on dise que l'autre sera plus valide, et ceci ne s'applique que dans les défectives et les pleines, parce qu'on n'y est pas si experts, mais dans un changement de la lecture du mot et une erreur complète dont on sait que c'est une erreur, même si le sujet n'a pas changé, comme כבש il a écrit כשב, ou כשב il a écrit כבש, il est simple à mes yeux qu'il faut en sortir un autre :
ודבר זה שלא נשתנה הענין המוזכר, לענין אחר הוזכר, לענין קריאת המגילה והובא בטור אורח חיים סימן תר"ץ, ירושלמי (מגילה פ"ב ה"ב יט, ב), אין מדקדקין בטעיותיה. רבי יצחק בר אבא ורב חננאל הוו יתבי קמיה דרב, חד קרי יהודים, וחד קרי יהודיים, ולא הדר חד מנהון.
ויש אומרים דווקא בטעות כי האי שהלשון והענין אחד, אבל טעות אחר לא, שאם כן לא קראה כולה. וכן הוזכר זה הדבר בבית יוסף בסימן קמ"ב לענין החזן או הקורא שטעה בקריאה, וזה לשונו שם, כתב הכלבו קרא וטעה אפילו באות אחת מחזירין אותו עד שיקרא בדקדוק, והני מילי הקורא שבירך, אבל על החזן אין לחוש אם לא קרא בדקדוק, עד כאן:
Et cette chose que le sujet n'a pas changé, mentionnée, a été mentionnée pour un autre sujet, pour le sujet de la lecture de la Megila, et elle a été apportée dans le Tour Orah 'Hayim siman 690, Talmud de Jérusalem (Megila chapitre 2, halakha 2, 19,b) : on n'examine pas minutieusement ses erreurs. Rabbi Yitshak bar Abba et Rav Hananel étaient assis devant Rav, l'un lisait יהודים, et l'un lisait יהודיים, et aucun d'eux n'est revenu.
Et il y en a qui disent : précisément dans une erreur comme celle-ci, où la langue et le sujet sont un, mais une autre erreur, non, car si ainsi, il n'a pas lu le tout. Et ainsi cette chose a été mentionnée dans le Beit Yossef au siman 142 au sujet du hazan ou du lecteur qui a erré dans la lecture, et voici son langage là : a écrit le Kol Bo : il a lu et a erré, même en une seule lettre, on le fait revenir jusqu'à ce qu'il lise avec exactitude, et ces paroles sont pour le lecteur qui a béni, mais quant au hazan, il n'y a pas à s'inquiéter s'il n'a pas lu avec exactitude, jusqu-ici :
ואין טעם בדבריו, דקריאה בציבור כתקנה לא תליא בברכה, שהרי בימי חכמי התלמוד שהיה הראשון מברך ברכה ראשונה והאחרון ברכה אחרונה, היעלה על דעת שלא היו מקפידים בקריאת האמצעיים. ומיהו אפשר לקיים דבריו בטעות שאין המשמעות משתנה, ואפילו בטעות כזה מחזירין לקורא, וכן נראה מדברי א"ח, עד כאן.
אבל לענין טעות בכתיבת ספר תורה, בודאי אפילו אות אחת פוסלהגה"הובית יוסף סימן קמ"ב הביא את הירושלמי דאפילו לענין הקריאה אות אחת מעכב, דגרסינן בירושלמי דפרק הקורא עומד, טעה בין תיבה לתיבה מחזירין אותו אפי' טעה בין אם לואם, עכ"ל: אם הוא טעות בודאי, וצריך להוציא אחרת.
ומשום אלו החששות, אמרתי מצוה גדולה להגיה ספר תורה בכל ערב שבת ובכל ערב יום טוב וכן בכל הקריאה:
Et il n'y a pas de raison dans ses paroles, car la lecture en public comme il convient ne dépend pas de la berakha, car voici : aux jours des sages du Talmud, que le premier bénissait la première berakha et le dernier la dernière berakha, viendrait-il à l'esprit qu'ils n'étaient pas minutieux dans la lecture des intermédiaires. Toutefois il est possible de maintenir ses paroles dans une erreur dont le sens ne change pas, et même dans une telle erreur on fait revenir le lecteur, et ainsi il paraît des paroles de Orhot 'Hayim, jusqu-ici.
Mais au sujet d'une erreur dans l'écriture du sefer Torah, certainement même une seule lettre l'invalide. Glose : et le Beit Yossef au siman 142 a apporté le Talmud de Jérusalem, que même au sujet de la lecture une seule lettre empêche, car nous apprenons dans le Talmud de Jérusalem du chapitre HaKorè Omed : s'il a erré entre un mot et un mot, on le fait revenir, même s'il a erré entre אם et ואם, jusqu-ici son langage.
S'il est une erreur certaine, et il faut en sortir un autre. Et à cause de ces craintes, j'ai dit : c'est une grande mitsva de corriger le sefer Torah chaque veille du Chabbat et chaque veille de Yom Tov et ainsi à chaque lecture :
זה לשון בית יוסף סוף סימן רפ"ה, כתב מהר"ר ישראל בכתביו סימן ק"ע, דדווקא פרשת השבת חייב להשלים, אבל אין צריך לקרות פרשת יו"ט, וכן כתב בתרומת הדשן סימן כ"ג. ואף על פי שכתב דלפירוש ר"ח אפשר שטעם שחייב להשלים פרשיותיו כדי שיהא רגיל במה שהציבור קורין, ואם כן היה צריך להשלים פרשיות של יום טוב ומוספין.
כבר כתב דלשאר גאונים אין צריך, ושקרוב בעיניו שלא נהגו רבותינו להשלים, וכן עמא דבר, עד כאן לשונו. אכן בתשובת מהר"ם מינץ נוטה דגם פרשיות של יום טוב ומוספין ישלים, וכן אני נוהג.
משום דאם תמצא לומר שאינו מדינא, מכל מקום מקבל שכר כקורא בתורה:
Voici le langage du Beit Yossef à la fin du siman 285 : a écrit Maharar Israël dans ses écrits, siman 170, que précisément la paracha du Chabbat il est tenu d'achever, mais il n'est pas besoin de lire la paracha de Yom Tov, et ainsi a-t-il écrit dans le Teroumat haDéchen siman 23. Et bien qu'il ait écrit que selon l'explication de Rabbenou Hananel il est possible que la raison qu'il est tenu d'achever ses parachiot soit afin qu'il soit habitué à ce que le public lit, et s'il en est ainsi il faudrait achever les parachiot de Yom Tov et des moussafim (lectures supplémentaires).
Il a déjà écrit que selon les autres Géonim il n'est pas besoin, et qu'il est proche à ses yeux que nos maîtres n'avaient pas l'usage d'achever, et ainsi le peuple use, jusqu-ici son langage. Cependant dans la techouva du Maharam Mintz il incline que aussi les parachiot de Yom Tov et des moussafim il achèvera, et ainsi j'use.
Parce que si tu trouves à dire que ce n'est pas de la halakha, quoi qu'il en soit il reçoit une récompense comme un lecteur dans la Torah :
עירובי חצירות מצוה גדולה אמרו רז"ל (שבת יד, ב) בשעה שתיקן שלמה המלך ע"ה ערובי חצירות יצאה בת קול ואמרה (משלי כג, טו) בני אם חכם לבך וכו'. וככה עושין, גובין פת מכל בית ובית ונותנים אותו באחד מבתי החצירות, שעתה אנו רואים כאלו כולן דרין באותו בית:
Érouvei hatserot (fusion des cours) est une grande mitsva : ont dit nos Sages de mémoire bénie (Chabbat 14,b) : à l'heure où Chelomo le roi, que la paix soit sur lui, a institué les erouvei hatserot, une voix céleste est sortie et a dit (Proverbes 23,15) : mon fils, si ton cœur est sage etc. Et ainsi l'on fait : on collecte du pain de chaque maison et maison et on le place dans une des maisons des cours, que maintenant nous voyons comme si toutes habitaient dans cette maison-là :
וכתב האגור בסימן תרס"א, נשאל גדול הדור מהר"ר יעקב מולין על שיש מנהג בקצת קהילות מאשכנז שעושין עירובי חצירות בפת ותולין הפת שעשוי כמין מצה בבית הכנסת ומניחין אותו שם כל השנה איך יוצאים בו, הא לא הוי מקום פתא ולא מקום לינה. והשיב כי הרבה גדולים ערערו על זה, ובסוף מצאו בתשובת מהר"ם שישב המנהג, אבל לא נודע להרב הנזכר הטעם, עד כאן לשונו.
ומהרי"ל לא היה סומך לכתחילה על השיתוף שנעשה על הצבור בערב פסח, אולי נתקלקל ואתי לידי תקלה, והיה רגיל להניח עירוב בכל ערב שבת וערב שבת, וכן היה נוהג מהרש"ל ז"ל. ומי שמערב בהאי גוונא, צריך לזכות הפת על ידי אחר, ולא יזכה ע"י בנו הקטן אפילו אינו סמוך על שלחן אביו, ולא על ידי בנו הגדול הסמוך על שלחנו, ולא על ידי אשתו.
וכשמזכין בו, צריכין להגביהו מן הארץ טפח:
Et l'Agour a écrit au siman 661 : on a demandé au grand de la génération, Maharar Yaakov Molin (le Maharil), au sujet qu'il y a un usage dans quelques communautés d'Achkenaz qu'ils font erouvei hatserot avec du pain et qu'ils suspendent le pain fait comme une sorte de matsa à la synagogue et le laissent là toute l'année, comment s'acquittent-ils par lui, n'est-ce pas que ce n'est pas le lieu du pain ni le lieu de coucher. Et il a répondu que beaucoup de grands ont contesté ceci, et à la fin ils ont trouvé dans une techouva du Maharam qui a établi l'usage, mais la raison n'a pas été connue au maître mentionné, jusqu-ici son langage.
Et le Maharil ne s'appuyait pas d'emblée sur le chitouf (association) fait pour le public la veille de Pessa'h, peut-être s'est-il détérioré et l'on viendrait à un accident, et il avait l'habitude de déposer un erouv chaque veille du Chabbat et veille du Chabbat, et ainsi usait le Maharshal (Rabbi Chelomo Louria), de mémoire bénie. Et celui qui fait l'erouv de cette manière, il faut faire acquérir le pain par un autre, et il ne fera pas acquérir par son fils petit, même s'il n'est pas à la table de son père, ni par son fils grand qui est à sa table, ni par sa femme.
Et lorsqu'on fait acquérir par lui, il faut l'élever de terre d'un empan :
ושאלו לפני מהר"י סג"ל, מתי שאוכל רפתא דערוב. והשיב, מנהגי להניח עירובי חצירות ושיתוף מבואות בכל ערב שבת וערב שבת, ובליל שבת ובשחריתו אני מניחו ללחם המשנה תחת הפת שאני בוצע עליו.
וכן היה נוהג מורינו מהרש"ל ז"ל:
Et l'on a demandé devant Mahari Segal : quand est-ce qu'il mange le pain de l'erouv. Et il a répondu : mon usage est de déposer erouvei hatserot et chitouf des ruelles chaque veille du Chabbat et veille du Chabbat, et dans la nuit du Chabbat et à son matin je le place pour le double pain sous le pain sur lequel je romps.
Et ainsi usait notre maître le Maharshal, de mémoire bénie :
ולענין ברכה לברך אשר קדשנו במצותיו וצונו על מצות עירוב, נראה לי שלא יברך, אם לא שיעשה מוסכם בלבו שלא יהיה זוכה עולם בעירוב שעושין הקהל, ואז כשהוא שוכח לעשות עירוב לא יטלטל. ולולי זה, אני חוכך לברכה לבטלה.
על כן יעשה המצוה ולא יברך, כי הברכות אינן מעכבות:
Et au sujet de la berakha, de bénir Qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot et nous a ordonné sur la mitsva de l'erouv, il me paraît qu'il ne bénira pas, à moins qu'il décide dans son cœur qu'il ne bénéficie jamais de l'erouv que fait la communauté, et alors lorsqu'il oublie de faire un erouv il ne transportera pas. Et sans ceci, je suis hésitant pour une berakha en vain.
C'est pourquoi il fera la mitsva et ne bénira pas, car les berakhot n'empêchent pas :