Ce passage poursuit : après les latrines, on lave deux fois, car Acher Yatsar interrompt entre le lavage et Al Netilat Yadayim, et de même les Tehilim. Des gens de Tehilim s'appuient sur le Roch au chapitre Kisouy haDam : on n'a pas trouvé de souci d'interruption entre l'acte et la berakha dernière. Le Chla dit que c'est une généralisation vaine ; le Roch ne traite que du repas des disciples de Rav et de Birkat haMazon, pas du lavage du matin. Cette berakha des mitsvot tombe dès que les mains sont nettes ; ayant commencé le lavage, on l'achève d'abord, car on ne passe pas sur les mitsvot.
וגדול מזה כתב הטור או"ח סימן קפ"ה וזה לשונו, מי שיצא מבית הכסא ורצה ליטול ידיו לאכילה, שאלו לרש"י אם צריך ליטול ב' פעמים. והשיב, שאלתי את רבי יעקב בר יקר, ואמר שצריך ליטול ב' פעמים, ולברך על הראשונה אשר יצר, ועל השנייה על נטילת ידים וכו', ועד והר"ם מרוטנבורג היה נוהג כר' יעקב בר יקר.
דאי בנטילה אחת אשר יצר ואחר כך על נטילת ידים היה הפסק, (פירוש שמפסיק באשר יצר בין הנטילה לברכת על נטילת ידים), כן היה נוהג אדוני אבי הרא"ש ז"ל, עד כאן לשונו. והלא דברים קל וחומר, ומה ברכת אשר יצר שאינה אלא ברכה אחת, והיא גם היא באה לטהרת הידים, (כלומר שמטהר ידיו על שיצא גם כן מבית הכסא, דהוי דומיא דטהרת ידים לסעודה בלא בית הכסא) כמו שכתב הבית יוסף בהגהותיו בסימן הנזכר, אפילו הכי חשיבי הפסק בין הנטילה לברכת על נטילת ידים.
תחינות ובקשות או תהילים שהפסקתן מרובה, וגם אינן מעין הנטילה כברכת אשר יצר, כל שכן דהוי הפסקהגה"הואם תאמר שיש להפך הסברא ולומר, אדרבה אמירת תהילים שהן דברי רשות, דאי בעי אומרו עתה ואי בעי לא אומרו עתה לא חשיבי למהוי הפסק, אבל ברכת אשר יצר לאחר שיצא מבית הכסא הואיל וחל עליו חובת הברכה עתה, הוי הפסק טפי משום דהוי מילתא דחיובא, והוא על דרך (יבמות קד, ב) כל הראוי לבילה אין בילה מעכבת בו כו'. וגם כן על דרך שכתב הטור אורח חיים בסימן ס"ה גבי הפסק דקריאת שמע במבואות המטונפות, וזה לשונו שם, ור"י פסק אם שהה כדי לגמור את כולה חוזר לראש, דודאי היכא שהפסיק באמצע בלא אונס שאם היה רוצה היה יכול לקרות, בהא קיימא לן שאפילו שהה כדי לגמור את כולה חוזר למקום שפסק, אבל זה שהוצרך לפסוק מפני המקום שאיננו ראוי לקרות, אם שהה כדי לגמור כולה חוזר לראש, וכן בהלל ותפלה ומגילה, עד כאן לשונו.
אף כאן בעית למימר, הואיל וברכת אשר יצר היא מילתא דחיובא לומר אותה עתה אחר יציאת בית הכסא, הוי הפסק טפי, על כן כתבו הפוסקים מי שיצא מבית הכסא ורצה ליטול ידיו לאכילה דצריך ליטול ב' פעמים משום דאשר יצר מפסיק בין הנטילה לברכת על נטילת ידים כדלעיל בפנים, והוא הדין גבי נטילת שחרית הוי ברכת אשר יצר גם כן הפסק בין הנטילה ובין ברכת על נטילת ידים, משום דהוי מילתא דחיובא. אבל אם הפסיק בדברי הרשות בין הנטילה דאכילה וברכתה, והוא הדין אם הפסיק בנטילת שחרית בין הנטילה וברכתה בדבר הרשות, או אפילו באמירת תהילים דמיקרי גם כן דברי רשות, הואיל ואינה חובה עליו לומר אותה עתה, אין הכי נמי לא מיחשב הפסק בנטילת אלו:זה אינו, דודאי לענין הפסק נחשבת ברכת אשר יצר גם כן לדברי הרשות, כי היא אינה נופלת תחת הזמן, רק אימת שעושה צרכיו מברך אותה, ואם לא היה עושה צרכיו עתה קודם הסעודה לא היה מברך אותה, וא"כ היא נכנסת בגדר דברי הרשות.
וכן הוא בהדיא בשלחן ערוך בסימן קע"ח (ז) וזה לשונו, אדם שישן בתוך סעודתו שינת עראי, לא הוי הפסק. (הג"ה) וכן אם הפסיק בשאר דברי רשות כגון שהוצרך לנקביו וכיוצא בזה, עד כאן לשונם.
וא"כ הואיל ומצינו לדברי הרא"ש וסייעתו דסבירא ליה דאשר יצר מפסיק בין הנטילה וברכתה גבי מי שיצא מבית הכסא ורצה ליטול ידיו לאכילה כדלעיל בפנים, הוא הדין דסבירי להו נמי שאסור להפסיק בינה לבין ברכתה בשום דבר אף בדברי רשות, כי ברכת אשר יצר נקראת דברי הרשות לענין הפסקה כדלעיל, ואי הכי גבי מי שיצא מבית הכסא ורצה ליטול ידיו לאכילה דצריך ליטול ב' פעמים משום הפסקות אשר יצר:ואם כן לפי זה אפילו אם תחשב אמירת תהלים לדברי הרשות, אי הכי הוי הפסק בין הנטילה וברכתה דשחרית כמו שמצינו דברכת אשר יצר הוי הפסק בין הנטילה דאכילה וברכתה אע"פ שנחשבה לדברי הרשות כדלעיל, ובודאי שם נטילה חד הוא, ומה שמפסיק כאן הוא מפסיק כאן וקל להבין, עד כאן הג"ה::
Et plus grand que cela, le Tour a écrit en Orah 'Hayim siman 185, et voici son langage : celui qui est sorti des latrines et a voulu laver ses mains pour manger, on a demandé à Rachi s'il faut laver 2 fois. Et il a répondu : j'ai demandé à Rabbi Yaakov bar Yakar, et il a dit qu'il faut laver 2 fois, et bénir sur la première Acher Yatsar, et sur la seconde Al Netilat Yadayim etc., et jusqu'à : et le Maharam de Rotenburg (notre maître Rabbi Meir) avait l'usage comme Rabbi Yaakov bar Yakar.
Car si en un seul lavage Acher Yatsar et ensuite Al Netilat Yadayim, ce serait une interruption (explication : qu'il interrompt par Acher Yatsar entre le lavage et la berakha Al Netilat Yadayim), ainsi avait l'usage mon maître mon père le Roch (Rabbenou Acher), que sa mémoire soit une bénédiction, jusqu-ici son langage. Et ne sont-ce pas des choses à plus forte raison : et quoi, la berakha Acher Yatsar qui n'est qu'une seule berakha, et elle aussi vient pour la purification des mains (c'est-à-dire qu'il purifie ses mains aussi pour être sorti des latrines, ce qui est semblable à la purification des mains pour le repas sans latrines) comme l'a écrit le Beit Yossef dans ses gloses au siman mentionné, même ainsi on la considère une interruption entre le lavage et la berakha Al Netilat Yadayim.
Supplications et requêtes ou Tehilim dont l'interruption est abondante, et qui ne sont pas non plus de l'espèce du lavage comme la berakha Acher Yatsar, à plus forte raison que c'est une interruption. Glose : et si tu dis qu'il y a à inverser le raisonnement et à dire, au contraire l'énonciation de Tehilim qui sont paroles facultatives, que s'il veut il les dit maintenant et s'il veut il ne les dit pas maintenant, elles ne sont pas considérées pour être une interruption, mais la berakha Acher Yatsar après qu'il est sorti des latrines, puisque l'obligation de la berakha est tombée sur lui maintenant, est davantage une interruption parce que c'est une chose d'obligation, et c'est selon la voie de (Yevamot 104b) tout ce qui est propre au mélange, le mélange n'y fait pas obstacle etc.
Et aussi selon la voie de ce qu'a écrit le Tour Orah 'Hayim au siman 65 au sujet de l'interruption de Keriat Chema (lecture du Chema) dans les ruelles souillées, et voici son langage là : et le Ri a décidé, s'il a tardé le temps de l'achever tout entier il revient au début, car certainement là où il a interrompu au milieu sans contrainte, que s'il avait voulu il aurait pu lire, en ceci nous tenons que même s'il a tardé le temps de l'achever tout entier il revient à l'endroit où il s'est arrêté, mais celui-ci qui a été contraint de s'arrêter à cause du lieu qui n'est pas propre à la lecture, s'il a tardé le temps de l'achever tout entier il revient au début, et de même pour le Hallel et la tefila et la Megila, jusqu-ici son langage. Ici aussi tu voudrais dire : puisque la berakha Acher Yatsar est une chose d'obligation de la dire maintenant après la sortie des latrines, elle est davantage une interruption, c'est pourquoi les décideurs ont écrit : celui qui est sorti des latrines et a voulu laver ses mains pour manger, qu'il faut laver 2 fois parce qu'Acher Yatsar interrompt entre le lavage et la berakha Al Netilat Yadayim comme ci-dessus dans le corps, et la même loi pour le lavage du matin, la berakha Acher Yatsar est aussi une interruption entre le lavage et la berakha Al Netilat Yadayim, parce que c'est une chose d'obligation.
Mais s'il a interrompu par des paroles facultatives entre le lavage du repas et sa berakha, et la même loi s'il a interrompu au lavage du matin entre le lavage et sa berakha par une chose facultative, ou même par l'énonciation de Tehilim qui sont aussi appelés paroles facultatives, puisqu'il n'est pas une obligation sur lui de les dire maintenant, alors oui, ce n'est pas compté comme interruption dans ces lavages. Ceci n'est pas : car certainement au sujet de l'interruption, la berakha Acher Yatsar est aussi considérée comme paroles facultatives, car elle ne tombe pas sous le temps, seulement quand il fait ses besoins il la bénit, et s'il n'avait pas fait ses besoins maintenant avant le repas il ne l'aurait pas bénie, et s'il en est ainsi elle entre dans la catégorie des paroles facultatives.
Et ainsi est-il explicitement dans le Choulhan Aroukh au siman 178 (7) et voici son langage : un homme qui a dormi au milieu de son repas un sommeil passager, ce n'est pas une interruption. (Glose) et de même s'il a interrompu par d'autres paroles facultatives, comme s'il a été contraint d'aller à ses besoins et de semblables, jusqu-ici leur langage.
Et s'il en est ainsi, puisque nous avons trouvé selon les paroles du Roch et de ceux qui le soutiennent, qu'il tient qu'Acher Yatsar interrompt entre le lavage et sa berakha pour celui qui est sorti des latrines et a voulu laver ses mains pour manger comme ci-dessus dans le corps, la même loi ils tiennent aussi qu'il est interdit d'interrompre entre elle et sa berakha par aucune chose même par des paroles facultatives, car la berakha Acher Yatsar est appelée paroles facultatives au sujet de l'interruption comme ci-dessus, et s'il en est ainsi pour celui qui est sorti des latrines et a voulu laver ses mains pour manger, qu'il faut laver 2 fois à cause des interruptions d'Acher Yatsar. Et s'il en est ainsi selon ceci, même si tu comptes l'énonciation de Tehilim comme paroles facultatives, s'il en est ainsi c'est une interruption entre le lavage du matin et sa berakha, comme nous avons trouvé que la berakha Acher Yatsar est une interruption entre le lavage du repas et sa berakha bien qu'elle ait été considérée comme paroles facultatives comme ci-dessus, et certainement le nom lavage est un, et ce qui interrompt ici interrompt ici, et c'est facile à comprendre, jusqu-ici la glose.
וכי יאמרו אנשי תהלים שיש להם על מה שיסמוכו במה שמפסיקין בתהלים בין הנטילה ובין הברכה, והוא מה שכתב הרא"ש (בפרק כיסוי הדם, והביאו בית יוסף בסימן קע"ט) גבי עובדא דתלמידי דרב, וזה לשונו שם, דלא מצינו שיש חשש הפסק בין מעשה לברכה אחרונה וכו', ומשמע להו מה שכתב הרא"ש כאן דלא מצינו שיש חשש הפסק בין מעשה לברכה וכו', כללא הוא:
Et que les gens de Tehilim disent qu'ils ont sur quoi s'appuyer en ce qu'ils interrompent par Tehilim entre le lavage et la berakha, et c'est ce qu'a écrit le Roch (au chapitre Kisuy haDam (couverture du sang), et le Beit Yossef l'a apporté au siman 179) au sujet de l'incident des disciples de Rav, et voici son langage là : que nous n'avons pas trouvé qu'il y ait un souci d'interruption entre l'acte et la berakha dernière etc., et il s'entend pour eux que ce qu'a écrit le Roch ici, que nous n'avons pas trouvé qu'il y ait un souci d'interruption entre l'acte et la berakha etc., est une règle générale.
ואני אומר על אותן אנשים האומרים כן, כלל"ת חנם לא תאבה להם ולא תשמע אליהם. כי מה שכתב הרא"ש במקום הנזכר דלא מצינו שיש חשש הפסק בין מעשה לברכה וכו', הוא קאי דווקא על מעשה דתלמידי דרב שהביא שם בגמרא בפרק כיסוי הדם (חולין פו, ב), (ואינו כללא על מקום אחר כמו בנדון דידן), זה לשונו שם, דתלמידי דרב הוו יתבו בסעודה והוה קאי עלייהו רב ייבא סבא.
אמר להו, הב לן ונברך, לסוף אמרו ליה הב לן ונשתי. אמר להו הכי אמר רב, כיון דאמריתו הב לן ונברך אתסר לכו למשתי, מאי טעמא, דאסחיתו דעתייכו, עד כאן.
ופירש רש"י (ד"ה כיון דאמר), אסחיתו דעתייכו משתיה ואסור למשתי עד לאחר ברכת המזון. אבל התוספות והרא"ש כתבו שם, דהיסח הדעת אינו מזקיק ברכה אחרונה על מה שאכל.
ופירשו, אסור לכו למשתי, אם לא תברכו בורא פרי הגפן, אבל על ידי ברכת פרי הגפן שרי למשתי קודם לברכת המזון, והביאו ראיות לקיים פירוש זה, (עיין לעיל בסוף חלק א' בכלל ז' מהי' כללים). ועל זה קאי הרא"ש שם וכתב, דלא מצינו שיש חשש הפסק בין מעשה לברכה אחרונה, כלומר אף על גב דהסיחו דעתם מאכילה ושתיה במה שאמרו הב לן ונברך, מכל מקום אין חשש הפסק בזה להיות אסור להם לאכול ולשתות עוד בסעודה זו עד שיברכו ברכת המזון (שהיא הברכה האחרונה שהזכיר הרא"ש), דיכול להפסיק בין מעשה דאכילה שאכל תחילה, ובין ברכה אחרונה רצה לומר ברכת המזון שיברך עליה לסוף:
Et moi je dis sur ces hommes qui disent ainsi : כלל"ת חנם (une généralisation vaine), tu ne consentiras pas à eux et tu ne les écouteras pas (Deutéronome 13,9). Car ce qu'a écrit le Roch au lieu mentionné, que nous n'avons pas trouvé qu'il y ait un souci d'interruption entre l'acte et la berakha etc., cela porte précisément sur l'acte des disciples de Rav qu'il a apporté là dans la Guemara au chapitre Kisuy haDam (Chullin 86b), (et ce n'est pas une règle générale pour un autre lieu comme dans notre cas), voici son langage là : que les disciples de Rav étaient assis au repas et Rav Yeiva Sava se tenait auprès d'eux.
Il leur dit : donnez-nous et nous bénirons. À la fin ils lui dirent : donnez-nous et nous boirons.
Il leur dit : ainsi a dit Rav, puisque vous avez dit donnez-nous et nous bénirons, il vous est interdit de boire. Quelle est la raison : car vous avez détourné vos esprits, jusqu-ici.
Et Rachi a expliqué (dibour ha-mathil puisque vous avez dit) : vous avez détourné vos esprits de la boisson et il est interdit de boire jusqu'après Birkat haMazon. Mais les Tossefot et le Roch ont écrit là, que le détournement de l'esprit n'oblige pas à une berakha dernière sur ce qu'il a mangé.
Et ils ont expliqué : il vous est interdit de boire, si vous ne bénissez pas Bore Peri haGefen, mais au moyen de la berakha du fruit de la vigne il est permis de boire avant Birkat haMazon, et ils ont apporté des preuves pour établir cette explication (vois plus haut à la fin de la partie 1, à la règle 7 des 10 règles). Et sur ceci porte le Roch là et il a écrit, que nous n'avons pas trouvé qu'il y ait un souci d'interruption entre l'acte et la berakha dernière, c'est-à-dire même bien qu'ils aient détourné leur esprit de la nourriture et de la boisson par ce qu'ils ont dit donnez-nous et nous bénirons, néanmoins il n'y a pas de souci d'interruption en ceci pour qu'il leur soit interdit de manger et de boire encore dans ce repas jusqu'à ce qu'ils bénissent Birkat haMazon (qui est la berakha dernière que le Roch a mentionnée), car il peut interrompre entre l'acte de manger qu'il a mangé d'abord, et la berakha dernière, c'est-à-dire Birkat haMazon qu'il bénira dessus à la fin.
וכדי להעמידך על האמת בזה, הנני מביא לך דברי הרא"ש הנזכרים בסמוך, ומה שהוסיף עליהם שם במקום הנזכר. וזה לשונו, ויש מפרשים שאסור למשתי עד דברכיתו ברכת המזון.
ולא נהירא כו', עד אלמא היסח הדעת זוקקו לברכה ראשונה אם רוצה לאכול או לשתות, לפי שכבר נסתלקה ברכה ראשונה כשהסיח דעתו מלאכול או לשתות. אבל אין היסח דעת מזקיקו לברך על מה שאכל ושתה קודם שיאכל וישתה פעם אחרת, דממה נפשך אם יאכל פעם אחרת יברך ברכת המזון על שתי סעודות, דלא מצינו שיש חשש הפסק בין מעשה לברכה אחרונה, רק בין ברכה ראשונה למעשה חשו להפסק, כגון בין נטילת ידים וברכת המוציא.
אבל אחר אכילה, כל זמן שאין רעב מאותה אכילה, מצי לברך וכו'. הרי לך בהדיא דכל דברי הרא"ש האמורים בענין זה לא איירי אלא במילי דסעודה בלבד.
וממילא נמשך מזה, דאותה בבא דקאמר דלא מצינו שיש חשש הפסק בין מעשה לברכה אחרונה שהיא כדמות מצעתא בדברי הרא"ש הנזכרים, מדבר בהפסק דבין מעשה אכילה שאכל תחילה ובין ברכה אחרונה והוא ברכת המזון שיברך עליה בסוף, דאז הויא האי בבא דמצעתא הנזכרת דבר הלמד מעניינה, רצה לומר שכל הבבות האמורים בענין זה בין לפניה בין לאחריה מדברים בהפסק מילי דסעודה דוקא, אם בהפסק שבין אכילה וברכת המזון כמו שכתוב לפניה, או בהפסק שבין נטילת ידים וברכת המוציא כמו שכתב לאחריה כנזכר כאן. אבל ענין הפסק דבין נטילת ידים דשחרית וברכתה דנדון דידן, לא נזכר כאן כלל:
Et afin de t'établir sur la vérité en ceci, me voici t'apportant les paroles du Roch mentionnées à côté, et ce qu'il a ajouté sur elles la au lieu mentionné. Et voici son langage : et il y a qui expliquent qu'il est interdit de boire jusqu'à ce que vous ayez béni Birkat haMazon.
Et cela n'est pas clair etc., jusqu'à : voici que le détournement de l'esprit l'oblige à une berakha première s'il veut manger ou boire, parce que déjà la berakha première s'est retirée lorsqu'il a détourné son esprit de manger ou de boire. Mais le détournement de l'esprit ne l'oblige pas à bénir sur ce qu'il a mangé et bu avant qu'il mange et boive une autre fois, car de toute façon s'il mange une autre fois il bénira Birkat haMazon sur deux repas, car nous n'avons pas trouvé qu'il y ait un souci d'interruption entre l'acte et la berakha dernière, seulement entre la berakha première et l'acte ils ont craint l'interruption, comme entre le lavage des mains et la berakha haMotsi.
Mais après avoir mangé, tout le temps qu'il n'a pas faim de cette nourriture, il peut bénir etc. Voici pour toi explicitement que toutes les paroles du Roch dites en ce sujet ne traitent que des affaires du repas seulement.
Et de soi-même il s'ensuit de ceci, que cette clause qui dit que nous n'avons pas trouvé qu'il y ait un souci d'interruption entre l'acte et la berakha dernière, qui est comme une clause médiane dans les paroles du Roch mentionnées, parle de l'interruption entre l'acte de manger qu'il a mangé d'abord et la berakha dernière qui est Birkat haMazon qu'il bénira dessus à la fin, alors cette clause médiane mentionnée est une chose apprise de son sujet, c'est-à-dire que toutes les clauses dites en ce sujet, tant avant elle qu'après elle, parlent de l'interruption des affaires du repas précisément, soit dans l'interruption entre le manger et Birkat haMazon comme il est écrit avant elle, soit dans l'interruption entre le lavage des mains et la berakha haMotsi comme il a écrit après elle comme mentionné ici. Mais le sujet de l'interruption entre le lavage des mains du matin et sa berakha, qui est notre cas, n'est pas mentionné ici du tout.
ועוד דאי הוה דעת הרא"ש במה שכתב כאן דלא מצינו שיש חשש הפסק בין מעשה לברכה אחרונה גם על מעשה הנטילה דנדון דידן, שאינו חושש להפסק דבין מעשה הנטילה של שחרית וברכתה, כך הוה ליה למימר, דלא מצינו בשום מקום שיש חשש הפסק כו', דאז היה המובן מזה שהיה כולל אפילו שאר הפסקות דבין מעשה וברכה, דהיינו כגון בין נטילה של שחרית וברכתה, אף על פי שלא נזכרת כאן. ומדלא כתב כן, רק כתב דלא מצינו שיש חשש הפסק בלי שום מקום, שמע מינה שקאי על אותו ענין דתלמידי דרב דוקא, ולא על הפסק דמעשה הנטילה דשחרית וברכתה, דלא נזכר שם בההוא עובדא כלל.
ועוד היכא מצית אמרת דבכלל דלא מצינו שיש חשש הפסק בין מעשה לברכה אחרונה כו' שכתב הרא"ש במקום הנזכר, הוא גם כן נדון דידן, דהיינו מעשה דנטילת שחרית וברכתה, אם כן מה שייך שם ברכה אחרונה לגבי נטילת שחרית, והלא ברכה אחת היא השייך לגבה:
Et encore, si c'était l'avis du Roch dans ce qu'il a écrit ici, que nous n'avons pas trouvé qu'il y ait un souci d'interruption entre l'acte et la berakha dernière, aussi sur l'acte du lavage de notre cas, qu'il ne se soucie pas de l'interruption entre l'acte du lavage du matin et sa berakha, ainsi aurait-il du dire : que nous n'avons pas trouvé en aucun lieu qu'il y ait un souci d'interruption etc., alors l'entendu de ceci aurait été qu'il englobait même les autres interruptions entre acte et berakha, c'est-à-dire comme entre le lavage du matin et sa berakha, bien qu'elle ne soit pas mentionnée ici. Et du fait qu'il n'a pas écrit ainsi, seulement il a écrit que nous n'avons pas trouvé qu'il y ait un souci d'interruption sans aucun lieu, apprends de là que cela porte sur ce sujet des disciples de Rav précisément, et non sur l'interruption de l'acte du lavage du matin et sa berakha, qui n'est pas mentionnée là dans cet incident du tout.
Et encore, comment peux-tu dire que dans l'ensemble de ce que nous n'avons pas trouvé qu'il y ait un souci d'interruption entre l'acte et la berakha dernière etc. qu'a écrit le Roch au lieu mentionné, il y a aussi notre cas, c'est-à-dire l'acte du lavage du matin et sa berakha, s'il en est ainsi quelle appartenance y a-t-il là à une berakha dernière relativement au lavage du matin, et n'est-ce pas une seule berakha qui lui appartient.
ועוד דכי מעיינת ביה שפיר דלא דמיא הא להא אפילו כי אוכלא לדנא, וכרחוק מזרח ממערב רחוקים זה מזה. דבשלמא דאינו חושש הרא"ש להפסק דבין מעשה האכילה לברכה אחרונה דהיינו ברכת המזון, דבהכי איירי הרא"ש התם, משום דטעמא רבה אית ביה, דמאחר שהדין נותן דכל כמה דאינו רעב מחמת אותה אכילה מצי לברך כדלעיל בדברי הרא"ש, וא"כ לפי זה אפילו הוה ליה היסח הדעת בנתיים מה בכך, הואיל ולא עבר זמן ברכת המזון שנתנו חז"ל, דהיינו כל זמן שאינו רעב וכו', כי עוד חזון למועד ואין השעה עוברת.
אבל בנדון דידן, דהיינו ברכת נטילת שחרית (שהיא ברכת המצות), דזמן הראוי הוא קודם נטילה כשאר ברכות מצות, דכל הברכות כולן עובר לעשייתן, רק שאין אנו יכולים להזכיר השם עד אחר הנטילה תקנו לברך אחר הנטילה כדלעיל בשם מהר"י אבוהב, אם כן מיד שידינו נקיות אחר הנטילה חל עלינו זמן ברכה של על נטילת ידים, א"כ למה נפסיק בכדי, הואיל והגיע זמנה מצוה שאפשר לקיימנה, נקיימנה:
Et encore, lorsque tu l'examines bien, ceci n'est pas semblable à cela même comme un petit vase à une grande jarre, et comme l'est est loin de l'ouest ils sont loin l'un de l'autre (Psaumes 103,12). Car d'accord que le Roch ne se soucie pas de l'interruption entre l'acte de manger et la berakha dernière qui est Birkat haMazon, car de ceci traite le Roch là, parce qu'il y a en lui une grande raison, car puisque la loi donne que tout le temps qu'il n'a pas faim à cause de cette nourriture il peut bénir comme ci-dessus dans les paroles du Roch, et s'il en est ainsi selon ceci, même s'il avait un détournement de l'esprit entre-temps, qu'importe, puisque n'est pas passé le temps de Birkat haMazon que nos Sages ont donné, c'est-à-dire tout le temps qu'il n'a pas faim etc., car encore une vision pour le terme (Habacuc 2,3) et l'heure ne passe pas.
Mais dans notre cas, c'est-à-dire la berakha du lavage du matin (qui est une berakha des mitsvot), dont le temps propre est avant le lavage comme les autres berakhot des mitsvot, car toutes les berakhot sont over le-asiyatan (avant leur exécution), seulement que nous ne pouvons pas mentionner le Nom jusqu'après le lavage, ils ont institué de bénir après le lavage comme ci-dessus au nom de Mahar"i Abuhav (notre maître Rabbi Yitshak Abuhav), s'il en est ainsi aussitôt que nos mains sont nettes après le lavage, le temps de la berakha Al Netilat Yadayim tombe sur nous, s'il en est ainsi pourquoi interromprions-nous pour rien, puisque son temps est arrivé, une mitsva qu'il est possible d'accomplir, accomplissons-la.
הגם דאמירת תהלים או בקשות ותחינות גם כן מצוה לאמרם, וכל המוסיף לבקש הרחמים זכות הוא לו, מכל מקום ראוי לברך על הנטילה קודם, לפי שהיא מצוה ראשונה שהתחיל בה, ואמרו רז"ל (ירושלמי פסחים י, ה) מי שהתחיל במצוה אומרים לו גמור, והיינו טעמא (פסחים סד, ב) דאין מעבירין על המצות כמו שפירשו בו המפרשים, דלא יניח מצוה שבאה לידו ראשונה כדי לעשות מצוה אחרת. וזהו גם כן טעם סדר הסרת תפילין כנזכר בטור בסימן כ"ח, וזה לשון הכלבו בדף ט', ומניח לתוך כלי של ראש, ואחר כך של יד, כדי שיפגע של יד תחלה כשירצה ללבשן, שאם יפגע לשל ראש תחלה יהיה צריך להניחן ואין לאדם להניח מצוה הבאה לידו ויתעסק במצוה אחרת וכו'.
ואמרינן נמי במשנה בפרק כיסוי הדם (חולין פו, ב) שחט מאה חיות במקום אחד כיסוי אחד לכולם, עד ר' יודא אמר שחט חיה יכסנה, ואחר כך ישחט את העוף. וכתב הר"ן על זה שם זה לשונו, בגמרא יליף לה מקרא (ויקרא יז, יג), וטעמיה משום דשני מינין חלוקין הם, ראוי לכסות דמו של ראשון לגמור מצותו לגמרי (כי הכיסוי הוא גמר מצות השחיטה), קודם שיתחיל בשני, עד כאן לשונו.
אלמא היכא שמצות חלוקות, צריך לגמור מצוה ראשונה ואחר כך יתחיל בשנייה. הכא נמי בנדון דידן, הואיל והתחיל לעסוק במצות הנטילה, ראוי לו שיגמרנה דהיינו לברך עליה ברכת נטילת ידים תחילה מיד אחר נטילה בביתו, או בבית הכנסת בבואו שמה קודם שיתחיל שאר דברים אעפ"י שהם ג"כ סיפר שבחו של מקום, (וזאת הברכה אשר בירך על הנטילה היא גמרה של הנטילה שהתחיל בה).
ובפרט שהפסק אמירת תהלים בעת ההיא הוא הפסק כדי (הג"ה, רצה לומר חנם בלא מצוה) כי אינה מצוה התלויה בשעה זו דוקא, כי יכול לאחר זמן אמירת תהלים עד אחר ברכת על נטילת ידים כדלעיל, וכדלקמיה בפנים תכף:
Bien que l'énonciation de Tehilim ou de requêtes et de supplications soit aussi une mitsva de les dire, et quiconque ajoute à demander les miséricordes, c'est un mérite pour lui, néanmoins il convient de bénir sur le lavage d'abord, parce que c'est la première mitsva par laquelle il a commencé, et ont dit Razal (Yerushalmi Pessahim 10,5) celui qui a commencé une mitsva, on lui dit achève, et c'est la raison de (Pessahim 64b) on ne passe pas sur les mitsvot, comme l'ont expliqué les commentateurs, qu'il ne laisse pas une mitsva qui est venue à sa main en premier afin de faire une autre mitsva. Et c'est aussi la raison de l'ordre du retrait des tefilin comme mentionné dans le Tour au siman 28, et voici le langage du Kolbo à la page 9 : et il dépose dans un récipient celui de tête, et ensuite celui du bras, afin qu'il rencontre celui du bras d'abord lorsqu'il voudra les mettre, car s'il rencontrait celui de tête d'abord il devrait les déposer, et l'homme n'a pas à laisser une mitsva qui vient à sa main et à s'occuper d'une autre mitsva etc.
Et nous disons aussi dans la Michna au chapitre Kisuy haDam (Chullin 86b) : il a égorgé cent bêtes sauvages en un seul lieu, un seul recouvrement pour toutes, jusqu'à Rabbi Yehuda a dit : il a égorgé une bête sauvage, qu'il la recouvre, et ensuite il égorgera l'oiseau. Et le Ran (Rabbenou Nissim) a écrit là-dessus la, voici son langage : dans la Guemara on l'apprend d'un verset (Lévitique 17,13), et sa raison est parce que ce sont deux espèces distinctes, il convient de recouvrir le sang du premier pour achever sa mitsva entièrement (car le recouvrement est l'achèvement de la mitsva de l'abattage), avant qu'il commence par le second, jusqu-ici son langage.
Donc là où les mitsvot sont distinctes, il faut achever la première mitsva et ensuite il commencera la seconde. Ici aussi dans notre cas, puisqu'il a commencé à s'occuper de la mitsva du lavage, il lui convient de l'achever, c'est-à-dire de bénir dessus la berakha du lavage des mains d'abord aussitôt après le lavage dans sa maison, ou à la synagogue en y arrivant avant qu'il commence d'autres choses bien qu'elles soient aussi le récit de la louange du Lieu, (et cette berakha qu'il a bénie sur le lavage est l'achèvement du lavage par lequel il a commencé).
Et en particulier que l'interruption de l'énonciation de Tehilim à cette heure est une interruption pour rien (glose : c'est-à-dire en vain sans mitsva) car ce n'est pas une mitsva qui dépend précisément de cette heure, car il peut retarder le temps de l'énonciation de Tehilim jusqu'après la berakha Al Netilat Yadayim comme ci-dessus, et comme plus bas dans le corps aussitôt.