שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Chullin, Derekh Chayim (3/16)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Ce passage poursuit l'appui de la coutume : Yaakov institua Arvit de jour, et, pour qui décide comme la Michna à la sortie des étoiles, ce fut à cause de la détresse ; ensuite il lit Keriat Chema entier. Au premier chapitre de Berakhot, le Chla objecte : rabbins et Rabban Gamliel, en quoi divergent-ils, si tous tiennent a priori à la sortie des étoiles et après coup jusqu'à l'aube. Il écarte les résolutions de Rabbenou Yona qui dispenseraient Keriat Chema après minuit. « Et dans ton couché » (Devarim 6,7) est toute la nuit ; les Sages n'ont limité à minuit qu'a priori, à cause d'un éloignement, et la halakha est comme eux.

Aussi : celui qui vient du champ le soir ; l'heure du repas d'après les Tossefot, le Tour, Rabbi Ovadia et Rabbenou Yona

אל יקל בעיניך מה שקורא ק"ש ומתפלל עם הצבור, כי יש סמך למנהגם שהתירו בשעת הדחק אף שמקדימין הרבה. ויש להביא ראיה מיעקב אבינו, ויפגע במקום (בראשית כח, יא), תיקן תפילת ערבית והתפלל והיה עוד היום גדול, כי בפתע פתאום בא השמש שקעה החמה, אמר הקב"ה, צדיק זה בא לבית מלוני ויפטר בלא לינה (סנהדרין צה, ב).

ואין לומר שיעקב אבינו ע"ה התפלל אבל לא קרא קריאת שמע עד הלילה, זה אינו, דכבר פסקו הפוסקים (עי' רמב"ם הל' תפלה ז, יח. ושו"ע או"ח רלו, ב) כר' יוחנן לסמוך גאולה לתפילה אפי' של ערבית, ולא כרבי יהושע בן לוי דאמר תפלה באמצע תקנום (ברכות ד, ב).

וזה לשון התוספות בפרק תפלת השחר (ברכות כו, ב), יעקב תיקן תפילת ערבית, תימה, דאמר בפרק גיד הנשה (חולין צא, ב) וילך חרנה (בראשית כח, י), כי מטא לחרן בעי למיהדר, אמר, אפשר שעברתי במקום כו'. אלמא דהתם מוכח דהתפלל ערבית ביום, מאחר שהתפלל כבר והוה דעתיה למיהדר, וקשה למתניתין מפ"ק דקאמר שאינו זמן תפלה עד צאת הכוכבים.

ולפי מה שפירשנו דקיימא לן כר' יהודה דאמר עד פלג המנחה, ניחא, ויפה מנהג שלנו, דאדרבה טוב להתפלל מבעוד יום קצת, עכ"ל:

Que cela ne soit pas léger à tes yeux, ce qu'il lit Keriat Chema (lecture du Chema) et prie avec la communauté, car il y a un appui à leur coutume qu'ils ont permise à l'heure de la détresse même lorsqu'ils avancent beaucoup. Et il y a à apporter une preuve de Yaakov notre père : et il rencontra le lieu (Genèse 28,11), il institua la tefila d'Arvit et pria et le jour était encore grand, car soudain soudain vint le soleil, le soleil se coucha, dit le Saint, béni soit-Il : ce tsadik est venu à la maison de Mon gîte et il partirait sans nuitée (Sanhédrin 95,b).

Et l'on ne dira pas que Yaakov notre père, que la paix soit sur lui, a prié mais n'a pas lu Keriat Chema jusqu'à la nuit, cela n'est pas, car déjà les décideurs ont décidé (vois Rambam lois de la tefila 7,18, et Choulhan Aroukh Orah 'Hayim 236,2) comme Rabbi Yo'hanan de juxtaposer la délivrance à la tefila même celle d'Arvit, et non comme Rabbi Yehoshoua ben Levi qui a dit : la tefila, ils l'ont instituée au milieu (Berakhot 4,b). Et voici le langage des Tossefot au chapitre Tefilat haShahar (Berakhot 26,b) : Yaakov institua la tefila d'Arvit, étonnement, car il a dit au chapitre Gid haNashé (Chullin 91,b) : et il alla à Haran (Genèse 28,10), lorsqu'il parvint à Haran il voulut revenir, il dit : est-il possible que j'aie passé un lieu etc.

Donc là il est prouvé qu'il pria Arvit de jour, puisque déjà il avait prié et son intention était de revenir, et c'est difficile pour la Michna du premier chapitre qui dit que ce n'est pas le temps de la tefila jusqu'à la sortie des étoiles. Et selon ce que nous avons expliqué que la halakha est comme Rabbi Yehuda qui a dit jusqu'au plag haMinha (moitié de la Minha), cela va bien, et belle est notre coutume, qu'au contraire il est bon de prier un peu encore de jour, jusqu-ici leur langage.

ולפי הפוסקים דפסקינן כמתניתין בצאת הכוכבים דווקא, ומצדדין טעם למנהג מפני הדוחק כו', צריך לומר דיעקב עשה כן מפני הדוחק, דהיינו שהיה מצטער על שעבר על מקום אבותיו ולא התפלל, יהיב דעתיה למיהדר והלך בזריזות לחזור למקום אבותיו ולהתפלל, והקב"ה הבוחן לבות עשה לו זה הנס של קפיצת הדרך, על כן הוצרך להתפלל מיד לקיים מצוה זו. הרי שיש סמך למנהג מפני הדוחק:

Et selon les décideurs chez qui nous décidons comme la Michna, précisément à la sortie des étoiles, et qui présentent une raison à la coutume à cause de la détresse etc., il faut dire que Yaakov a fait ainsi à cause de la détresse, c'est-à-dire qu'il était affligé d'avoir passé le lieu de ses pères et de n'avoir pas prié, il mit son intention à revenir et marcha avec zèle pour retourner au lieu de ses pères et prier, et le Saint, béni soit-Il, qui éprouve les cœurs, lui fit ce miracle du saut du chemin, c'est pourquoi il fut contraint de prier aussitôt pour accomplir cette mitsva. Voici qu'il y a un appui à la coutume à cause de la détresse.

ואח"כ בצאת הכוכבים יקרא קריאת שמע כולה שאז היא זמן דאורייתא, ואז שניהם כאחד טובים, וקורא אני עליהם (ישעיה מח, יג) יעמדו יחדיו:

Et ensuite à la sortie des étoiles il lira Keriat Chema tout entier, car alors c'est le temps de la Torah, et alors tous deux ensemble sont bons, et je proclame sur eux (Isaie 48,13) : ils se tiendront ensemble.

בפרק קמא דברכות (ד, ב), תניא, חכמים עשו סיג לדבריהם, כדי שלא יהא אדם בא מן השדה בערב ואומר, אלך לביתי, ואוכל קימעא ואשתה קימעא ואישן קימעא ואח"כ אקרא קריאת שמע ואתפלל, וחוטפתו שינה, נמצא ישן כל הלילה. אלא אדם בא מן השדה בערב, נכנס לבית הכנסת, אם רגיל לקרות קורא, ואם רגיל לשנות שונה, וקורא ק"ש ומתפלל, ואוכל פתו ומברך.

וכתבו שם תוספת (ד"ה וקורא ק"ש) על זה, והובא ג"כ בבית יוסף (או"ח רלה) זה לשונם, מכאן משמע שמשעה שהגיע זמן קריאת שמע של לילה, שאין לו לאכול סעודה עד שיקרא ק"ש ויתפלל ערבית, עד כאן לשונם. משמע מהתוספת, דווקא משהגיע זמן ק"ש של ערבית אין לו לאכול, אבל אם עדיין לא הגיע זמן ק"ש, כגון שהיה שעה או חצי שעה קודם לילה ודאי, דהיינו צאת הכוכבים, יכול להתחיל לאכול:

Au premier chapitre de Berakhot (4,b), il est enseigné : les Sages ont fait une clôture à leurs paroles, afin qu'un homme ne vienne pas du champ le soir et dise : j'irai à ma maison, et je mangerai un peu et je boirai un peu et je dormirai un peu et ensuite je lirai Keriat Chema et je prierai, et le sommeil le saisit, il se trouve qu'il a dormi toute la nuit. Mais un homme vient du champ le soir, entre à la synagogue, s'il a l'habitude de lire il lit, et s'il a l'habitude d'étudier il étudie, et il lit Keriat Chema et prie, et mange son pain et bénit.

Et les Tossefot ont écrit là-dessus (dibour ha-mathil et il lit Keriat Chema), et cela a été apporté aussi dans le Beit Yossef (Orah 'Hayim 235), voici leur langage : de là il s'entend que depuis l'heure où est arrivé le temps de Keriat Chema de la nuit, il n'a pas à manger un repas jusqu'à ce qu'il lise Keriat Chema et prie Arvit, jusqu-ici leur langage. Il s'entend des Tossefot : précisément une fois arrivé le temps de Keriat Chema d'Arvit il n'a pas à manger, mais si le temps de Keriat Chema n'est pas encore arrivé, comme s'il y avait une heure où une demi-heure avant la nuit certaine, c'est-à-dire la sortie des étoiles, il peut commencer à manger.

וכך כתב הטור בסימן רל"א על ההיא ברייתא שלא יהא אדם בא מן השדה בערב ויאמר אוכל קימעא וכו', וזה לשונו, אלמא כשהגיע זמן קריאת שמע אסור לקבוע סעודתו עד שיתפלל, עד כאן. ומדכתב משהגיע זמן קריאת שמע, משמע אבל קודם זמן קריאת שמע, מותר להתחיל לאכול.

וכן כתב רבינו עובדיה בפירוש המשנה, וזה לשונו במשנה קמייתא דמסכת ברכות, ומיהו לכתחילה משהגיע עונת קריאת שמע של ערבית דמתניתין, דהיינו מצאת הכוכבים, אסור לסעוד וכל שכן לישן, עד שיקרא ק"ש ויתפלל וכו'. הרי לך בהדיא שכתב בפירושו דהיינו מצאת הכוכבים אסור לסעוד, משמע אבל קודם שהגיע זמן צאת הכוכבים, מותר לאכול:

Et ainsi a écrit le Tour au siman 231 sur cette beraita (enseignement tannaitique) qu'un homme ne vienne pas du champ le soir et dise je mangerai un peu etc., et voici son langage : donc lorsque est arrivé le temps de Keriat Chema il est interdit de fixer son repas jusqu'à ce qu'il prie, jusqu-ici. Et du fait qu'il a écrit une fois arrivé le temps de Keriat Chema, il s'entend mais avant le temps de Keriat Chema, il est permis de commencer à manger.

Et ainsi a écrit Rabbenou Ovadia dans le commentaire de la Michna, et voici son langage à la première Michna du traité Berakhot : toutefois lekhatehila (a priori) une fois arrivée l'heure de Keriat Chema d'Arvit de la Michna, c'est-à-dire depuis la sortie des étoiles, il est interdit de prendre un repas et à plus forte raison de dormir, jusqu'à ce qu'il lise Keriat Chema et prie etc. Voici pour toi explicitement qu'il a écrit dans son commentaire : c'est-à-dire depuis la sortie des étoiles il est interdit de prendre un repas, il s'entend mais avant que soit arrivé le temps de la sortie des étoiles, il est permis de manger.

ומיהו הר"י כתב בריש משנה של ברכות נגד זה, זה לשונו שם, חכמים אומרים כו', עד תדע דהא אמרינן לקמן כדי שלא יהא אדם בא מן השדה בערב כו', ורצו לומר שאפילו כשיבא מן השדה קודם, אין לו לומר כיון שלא הגיע עדיין עונת זמן קריאת שמע, אוכל ואשתה תחילה. אלא יש לו לקרות תחילה ולשנות עד יציאת הכוכבים, ויקרא קריאת שמע ויתפלל, ואח"כ יאכל כו'.

מכלל דבריו אתה למד, דקודם זמנה נמי אסור לאכול:

Toutefois le Ri (Rabbenou Yona) a écrit au début de la Michna de Berakhot contre cela, voici son langage là : les Sages disent etc., jusqu'à tu sauras car voici nous disons plus bas afin qu'un homme ne vienne pas du champ le soir etc., et ils ont voulu dire que même lorsqu'il vient du champ auparavant, il n'a pas à dire puisque n'est pas encore arrivée l'heure du temps de Keriat Chema, je mangerai et je boirai d'abord. Mais il a à lire d'abord et à étudier jusqu'à la sortie des étoiles, et il lira Keriat Chema et priera, et ensuite il mangera etc.

De l'ensemble de ses paroles tu apprends que même avant son temps il est aussi interdit de manger.

וכתב הבית יוסף על זה בסימן הנזכר, דהיינו דווקא כמו חצי שעה קודם כמו שאמרו בתפלת המנחה, עד כאן. וכך כתב השלחן ערוך (רלה, ב).

ובדברי הרב רבינו יונה מוכח בהדיא בברייתא זו, שמיירי בבא מן השדה קודם שהגיע זמן קריאת שמע, דאם בהגיע זמן ק"ש, איך אמר אם רגיל לקרות קורא, לשנות שונה, והדר קורא קריאת שמע, כי בודאי בהגיע זמן קריאת שמע בודאי צריך לקרות ק"ש בתחילה, ואח"כ יקרא וישנה. וזהו תשובה נצחת על התוספת והמרדכי והטור ור' עובדיה.

אלא על כרחך מיירי בשלא הגיע עדיין זמנה. וכן משמע לישנא דבא מן השדה בערב, ולא אמר בלילה, אלא רצו לומר בשעת שקיעת החמה, ומאותו הטעם אסור להתחיל לאכול כו'.

ובזו הברייתא לא יש מחלוקת, אף רבן גמליאל דמתניתין דסבירא ליה בסוף זמן עד עמוד השחר ולא שייך הרחקה, מכל מקום בזה הסייג בתחלת זמנה לא פליג. וכך כתב רבינו יונה ריש ברכות:

Et le Beit Yossef a écrit là-dessus au siman mentionné : c'est-à-dire précisément comme une demi-heure auparavant comme ils ont dit pour la tefila de Minha, jusqu-ici. Et ainsi a écrit le Choulhan Aroukh (235,2).

Et des paroles du rav Rabbenou Yona il est prouvé explicitement dans cette beraita qu'elle traite de celui qui vient du champ avant que soit arrivé le temps de Keriat Chema, car si c'est lorsque est arrivé le temps de Keriat Chema, comment a-t-il dit s'il a l'habitude de lire il lit, d'étudier il étudie, et ensuite il lit Keriat Chema, car certainement lorsque est arrivé le temps de Keriat Chema certainement il faut lire Keriat Chema d'abord, et ensuite il lira et étudiera. Et ceci est une réponse décisive contre les Tossefot et le Mordekhai et le Tour et Rabbi Ovadia.

Mais force est qu'elle traite de ce que son temps n'est pas encore arrivé. Et ainsi s'entend le langage : il vient du champ le soir, et il n'a pas dit la nuit, mais ils ont voulu dire à l'heure du coucher du soleil, et de cette raison-là il est interdit de commencer à manger etc.

Et dans cette beraita il n'y a pas de discussion, même Rabban Gamliel de la Michna qui tient que la fin du temps est jusqu'à l'aube et qu'un éloignement n'y a pas lieu, néanmoins en cette clôture au commencement de son temps il ne diverge pas. Et ainsi a écrit Rabbenou Yona au début de Berakhot.

ולפי זה יש להקשות במשנה ראשונה דברכות, רבנן ורבן גמליאל במאי פליגי, מאחר דגם רבן גמליאל סבירא ליה דלכתחילה צריך לקרות קריאת שמע מיד כשהגיע זמן ק"ש בצאת הכוכבים, ובדיעבד אם לא קרא בודאי יודו רבנן דאף לאחר חצות יקראו. שאם נאמר שלא יקרא כלל, קשה כיון דקריאת שמע דאורייתא, היאך יכולים חכמים לפטור הימנה:

Et selon cela il y a à objecter dans la première Michna de Berakhot : les rabbins et Rabban Gamliel, en quoi divergent-ils, puisque aussi Rabban Gamliel tient que lekhatehila il faut lire Keriat Chema aussitôt que est arrivé le temps de Keriat Chema à la sortie des étoiles, et bediavad (après coup) s'il n'a pas lu certainement les rabbins conviendront que même après minuit ils liront. Car si l'on dit qu'il ne lira pas du tout, c'est difficile puisque Keriat Chema est de la Torah, comment les Sages peuvent-ils en dispenser.

והרב רבינו יונה בריש ברכות נתעורר על קושיא זו, ותירץ בה שינויי דחיקי. מתחלה תירץ, דרבנן סבירא להו דלאחר חצות קורא בלא ברכות, ופלפל על זה.

ואח"כ תירץ, דרבנן ס"ל דלא יקרא כלל, ויש כח ביד חכמים לעקור דברי תורה. וזה לשונו, ונראה למורי הרב נר"י דסבירא להו לרבנן, שאפילו ק"ש שהיא מן התורה כל הלילה, אינו קורא אותה אחר חצות, שיכולין חכמים לפטרו ממצות עשה כל זמן שעושין כן משום סייג, או משום קיום המצוה עצמה.

דהא חזינן בלולב שמצותו מן התורה יום ראשון (ויקרא כג, מ), ואפילו הכי כשחל יום ראשון בשבת פטרו חכמים ליטלו משום גזירה דשמא יעבירנה ד' אמות ברשות הרבים (סוכה מג, א). וגבי סדין בציצית נמי אעפ"י שהתורה חייבה אותו והתירה כלאים לענין הציצית, דכתיב (דברים כב, יא) לא תלבש שעטנז, וסמיך ליה (שם יב) גדילים תעשה לך, דאלמא משמע שהסדין שהיא של פשתן עם התכלת שהוא צבוע על הצמר מותר מן התורה, אפי' הכי היו פוטרין אותו ב"ש גזירה משום כסות לילה.

כלומר, שאעפ"י שאם היה לובש אותו ביום מחויב להטיל בו ציצית מן התורה, אפילו הכי פטרו אותו שילבשנו בלא ציצית, כיון דלילה אינו זמן של ציצית, דמצות ציצית אינה נוהגת אלא ביום, דכתיב (במדבר טו, לט) וראיתם אותו וזכרתם, דמשמע כל זמן שיש בו ראייה יש בו זכירה, וכל זמן שאין בו ראייה אין בו זכירה, וגזרו יום אטו לילה. הרי שחייב מן התורה שלא ללבוש טלית של פשתן ביום בלא ציצית של תכלת, ואפי' הכי פטרו אותו ב"ש ללובשו בלא תכלת משום גזירה דשמא ילבש אותו בלילה ויעבור משום לא תלבש שעטנז, ובהא הלכה כב"ש.

הכי נמי אעפ"י שמצות קריאת שמע כל הלילה מן התורה, אפילו הכי פטרו אותו חכמים משום סייג כדכתיבנא, עד כאן לשונו:

Et le rav Rabbenou Yona au début de Berakhot s'est éveillé sur cette difficulté, et il a résolu en elle des résolutions forcées. D'abord il a résolu : les rabbins tiennent qu'après minuit il lit sans berakhot, et il a discuté là-dessus.

Et ensuite il a résolu : les rabbins tiennent qu'il ne lira pas du tout, et il y a pouvoir dans la main des Sages d'arracher les paroles de la Torah. Et voici son langage : et il apparaît à mon maître le rav, que sa lumière brille, que les rabbins tiennent que même Keriat Chema qui est de la Torah toute la nuit, il ne la lit pas après minuit, que les Sages peuvent le dispenser d'un precept positif tout le temps qu'ils font ainsi à cause d'une clôture, ou à cause du maintien de la mitsva elle-même.

Car voici nous voyons pour le loulav dont la mitsva est de la Torah le premier jour (Lévitique 23,40), et même ainsi lorsque le premier jour tombe un Chabbat les Sages l'ont dispensé de le prendre à cause d'un décret que peut-être il le transportera 4 coudées dans le domaine public (Soucca 43,a). Et au sujet du drap en tsitsit aussi, bien que la Torah l'ait tenu et ait permis le kilayim (mélange) pour l'affaire des tsitsit, il est écrit (Deutéronome 22,11) : tu ne te vêtiras pas de shaatnez, et à côté (ibid.

12) : des franges tu te feras, donc il s'entend que le drap qui est de lin avec le tekhelet (bleu) qui est teint sur la laine est permis de la Torah, même ainsi Beit Shamaï le dispensaient, décret à cause d'un vêtement de nuit. C'est-à-dire, que bien que s'il le portait de jour il soit tenu d'y mettre des tsitsit de la Torah, même ainsi ils l'ont dispensé de le porter sans tsitsit, puisque la nuit n'est pas le temps des tsitsit, car la mitsva de tsitsit ne s'applique que de jour, il est écrit (Nombres 15,39) : et vous le verrez et vous vous souviendrez, il s'entend tout temps où il y a vue il y a souvenir, et tout temps où il n'y a pas vue il n'y a pas souvenir, et ils ont décrété le jour à cause de la nuit.

Voici qu'il est tenu de la Torah de ne pas porter un talith de lin de jour sans tsitsit de tekhelet, et même ainsi Beit Shamaï l'ont dispensé de le porter sans tekhelet à cause d'un décret que peut-être il le portera la nuit et transgressera à cause de tu ne te vêtiras pas de shaatnez, et en ceci la halakha est comme Beit Shamaï. Ainsi aussi bien que la mitsva de Keriat Chema soit toute la nuit de la Torah, même ainsi les Sages l'ont dispensé à cause d'une clôture comme nous avons écrit, jusqu-ici son langage.

ודבריו דחוקים בעיני, דודאי יש כח ביד חכמים לעקור דברי תורה בשביל איזה חשש שיבא מצד אחר, כגון לולב בשבת, גזירה שמא יעבירנו ד' אמות ברשות הרבים שהיא איסור מצד אחר, ויהי' מצוה הנעשית בעבירה. וכן ציצית בסדין, גזרו משום שלא יהיה נעשית ע"י זה עבירה מצד אחד.

אבל לבטל מצות קריאת שמע אחר חצות בשביל שיהא זריז לקרות פעם אחרת קודם חצות, מאי אולמא הך מהך, ועתה מבטלו מק"ש בודאי, ופעם אחר אם יבטל הוא ספק, זהו דוחק. ועוד קשה לכל פירושיו, מה השיב רבן גמליאל לבניו שהחכמים עשו משום הרחקה אבל בדין חייב, מכל מקום לפי פירוש הר"י ז"ל סבירא להו לרבנן דלא יקרא, ויחיד ורבים הלכה כרבים, א"כ איך חייב לבניו לקרות, מאחר שרבנן ס"ל דלא יקרא, ורבן גמליאל הורה לבניו דהלכה כרבים כדאיתא בגמרא (ברכות ט, א) בפירוש המשנה זו, וזהו תמיה גדולה על רבינו יונה:

Et ses paroles sont forcées à mes yeux, car certainement il y a pouvoir dans la main des Sages d'arracher les paroles de la Torah à cause de quelque crainte qui viendra d'un autre côté, comme le loulav le Chabbat, décret que peut-être il le transportera 4 coudées dans le domaine public qui est un interdit d'un autre côté, et ce serait une mitsva faite par une transgression. Et de même les tsitsit dans le drap, ils ont décrété afin que par cela ne soit pas faite une transgression d'un côté.

Mais d'annuler la mitsva de Keriat Chema après minuit afin qu'il soit zélé à lire une autre fois avant minuit, en quoi celle-ci est-elle plus forte que celle-là, et maintenant il l'annule de Keriat Chema à coup sûr, et une autre fois s'il l'annulera c'est un doute, ceci est forcé. Et encore c'est difficile pour toutes ses explications : que répondit Rabban Gamliel à ses fils, que les Sages ont fait à cause d'un éloignement mais en droit il est tenu, néanmoins selon l'explication du Ri, de mémoire bénie, les rabbins tiennent qu'il ne lira pas, et un seul et des nombreux, la halakha est comme les nombreux, s'il en est ainsi comment a-t-il tenu ses fils de lire, puisque les rabbins tiennent qu'il ne lira pas, et Rabban Gamliel a enseigné à ses fils que la halakha est comme les nombreux comme il est dans la Guemara (Berakhot 9,a) dans l'explication de cette Michna, et ceci est un grand étonnement sur Rabbenou Yona.

ואין לי לתרץ דבריו אלא לומר, שלא היה גורס במשנה אם לא עלה עמוד השחר חייבין אתם לקרות, אלא היה גורס רשאין אתם לקרות, וגירסא זו יש באיזה נוסחאות. ורש"י בגמרא (ט, א ד"ה כוותי) כתב, לא גרסינן רשאין (לפנינו; מותרים) אלא חייבין, ואפילו גירסת רשאין לא אתי שפיר לפי שיטת רבינו יונה, דהדרא קשיא לדוכתא דאין כח ביד חכמים לעקור מצות קריאת שמע דאורייתא.

מה תאמר, שעשו כן בשביל הרחקה, א"כ איך נתנו הרשות ביד אדם, היה להם לגזור כמו כל הגזירות:

Et je n'ai à résoudre ses paroles que de dire qu'il ne lisait pas dans la Michna : si l'aube n'est pas montée vous êtes tenus de lire, mais il lisait : vous êtes permis de lire, et cette version se trouve en quelques recensions. Et Rachi dans la Guemara (9,a dibour ha-mathil comme moi) a écrit : nous ne lisons pas permis (devant nous : autorisés) mais tenus, et même la version permis ne vient pas bien selon le système de Rabbenou Yona, car la difficulté revient à sa place qu'il n'y a pas pouvoir dans la main des Sages d'arracher la mitsva de Keriat Chema de la Torah.

Que diras-tu, qu'ils ont fait ainsi à cause d'un éloignement, s'il en est ainsi comment ont-ils donné la permission dans la main de l'homme, il leur fallait décréter comme tous les décrets.

על כן אין נראה בעיני כל הדברים, ואעפ"י שאין אני כדאי לחלוק אפי' אתלמיד דתלמידיו עד י' דורות, מכל מקום מלאני לבי לעיין במשנה הזו שהיא משנה ראשונה דשתא סדרא משנה, ואומר שהניח לי הרב מקום להתגדר, וקבל האמת ממי שאמרו:

C'est pourquoi toutes ces choses ne paraissent pas à mes yeux, et bien que je ne sois pas digne de diverger même d'un disciple de ses disciples jusqu'à 10 générations, néanmoins mon cœur m'a rempli d'examiner cette Michna qui est la première Michna des six ordres de la Michna, et je dis que le rav m'a laissé un lieu pour m'y distinguer, et reçois la vérité de celui qui l'a dite.

והנני אפרש המשנה כפי אשר פירשוה בגמרא שיש ג' מחלוקות בדבר. ר' אליעזר סבירא ליה, עד סוף האשמורה הראשונה.

וחכמים אומרים, עד חצות. ורבן גמליאל אומר, עד שיעלה עמוד השחר, ופליגי בקרא דובשכבך (דברים ו, ז).

ר' אליעזר ס"ל ובשכבך פירוש זמן שהולכים לשכוב, והוא עד שליש הלילה, שהוא סוף האשמורה הראשונה, ואח"כ כלה זמן קריאת שמע דלילה. וחכמים ורבן גמליאל סבירא להו ובשכבך פירושו כל זמן ששוכבין על המטה, וזהו כל הלילה.

רק חכמים החמירו משום הרחקה, עד חצות. ובניו של רבן גמליאל שבאו מבית המשתה ואמרו לו לא קרינו את שמע, היו מסופקים בדעת החכמים אם הם מפרשים ובשכבך כמו ר' אליעזר, רק שרבנן סבירא להו שדרך בני אדם לילך ולשכוב הוא עד חצות הלילה, ומכאן ואילך כלה זמן קריאת שמע, נמצא שהן פטורין מקריאת שמע, כי אף שרבן גמליאל סבירא ליה כל הלילה, יחיד ורבים הלכה כרבים כדאיתא בגמרא.

או רבנן ס"ל כרבן גמליאל בפירוש ובשכבך, שפירושו כל זמן ששוכבין דהיינו כל הלילה זמן ק"ש, ממילא מה שאמרו חכמים עד חצות הוא דווקא לכתחילה משום הרחקה, אבל בדיעבד מחויב לקרות עד שיעלה עמוד השחר. והשיב להם רבן גמליאל, חייבים אתם לקרות אם לא עלה עמוד השחר, כי דברי חכמים אינם אלא לכתחילה ומשום הרחקה:

Et me voici expliquant la Michna selon ce qu'ils l'ont expliquée dans la Guemara, qu'il y a 3 discussions en la chose. Rabbi Eliezer tient : jusqu'à la fin de la première veille.

Et les Sages disent : jusqu'à minuit. Et Rabban Gamliel dit : jusqu'à ce que monte l'aube, et ils divergent sur le verset : et dans ton couché (Deutéronome 6,7).

Rabbi Eliezer tient : et dans ton couché, explication : le temps où l'on va se coucher, et c'est jusqu'au tiers de la nuit, qui est la fin de la première veille, et ensuite s'achève le temps de Keriat Chema de la nuit. Et les Sages et Rabban Gamliel tiennent : et dans ton couché, son explication est tout le temps où l'on est couché sur le lit, et ceci est toute la nuit.

Seulement les Sages ont aggravé à cause d'un éloignement, jusqu'à minuit. Et les fils de Rabban Gamliel qui vinrent de la maison du festin et lui dirent nous n'avons pas lu le Chema, étaient en doute sur l'avis des Sages s'ils expliquent et dans ton couché comme Rabbi Eliezer, seulement que les rabbins tiennent que la voie des fils de l'homme d'aller se coucher est jusqu'à minuit, et de là et ensuite s'achève le temps de Keriat Chema, il se trouve qu'ils sont dispensés de Keriat Chema, car même que Rabban Gamliel tienne toute la nuit, un seul et des nombreux, la halakha est comme les nombreux comme il est dans la Guemara.

Ou les rabbins tiennent comme Rabban Gamliel dans l'explication de et dans ton couché, que son explication est tout le temps où l'on est couché, c'est-à-dire toute la nuit est le temps de Keriat Chema, de soi-même ce qu'ont dit les Sages jusqu'à minuit c'est précisément lekhatehila à cause d'un éloignement, mais bediavad il est tenu de lire jusqu'à ce que monte l'aube. Et Rabban Gamliel leur répondit : vous êtes tenus de lire si l'aube n'est pas montée, car les paroles des Sages ne sont que lekhatehila et à cause d'un éloignement.

ולענין הקושיא במאי פליגי רבן גמליאל וחכמים, מאחר ששניהם סבירא להו דלכתחילה יקרא בצאת הכוכבים, ובדיעבד סבירא להו דיקרא עד שיעלה עמוד השחר. נראה בעיני דפלוגתייהו היא בלכתחילה, אם אינו רוצה לאכול ולישן בלילה ההוא סבירא להו לרבנן דאפי' הכי אסור להתמהמה לכתחילה יותר מהחצות משום הרחקה.

ורבן גמליאל לא חייש, כמו בתפילה שרשאי לאדם להמתין מלהתפלל בכל זמן שהוא זמן תפלה. ומה שכתבנו למעלה דרבן גמליאל מודה להאי ברייתא דלמעלה, היינו כדתניא שלא יאמר אוכל קימעא ואישן קימעא וחוטפתו שינה, אבל אם לא ירצה לאכול ולא לשתות ולא לישן ס"ל לרבן גמליאל דלכתחילה זמנה כל הלילה, ורבנן סבירא להו עד חצות ולא יותר, גזירה משום שמא ישן, מאחר שהלילה עלולה לזה:

Et pour l'affaire de la difficulté : en quoi divergent Rabban Gamliel et les Sages, puisque tous deux tiennent que lekhatehila il lira à la sortie des étoiles, et bediavad ils tiennent qu'il lira jusqu'à ce que monte l'aube. Il paraît à mes yeux que leur discussion est lekhatehila, s'il ne veut pas manger et dormir cette nuit-là les rabbins tiennent que même ainsi il est interdit de tarder lekhatehila plus que minuit à cause d'un éloignement.

Et Rabban Gamliel n'y craint pas, comme pour la tefila qu'il est permis à l'homme d'attendre pour prier en tout temps qui est temps de tefila. Et ce que nous avons écrit plus haut que Rabban Gamliel convient à cette beraita d'en haut, c'est comme il est enseigné qu'il ne dira pas je mangerai un peu et je dormirai un peu et le sommeil le saisit, mais s'il ne voudra pas manger ni boire ni dormir, Rabban Gamliel tient que lekhatehila son temps est toute la nuit, et les rabbins tiennent jusqu'à minuit et pas plus, décret à cause que peut-être il dormira, puisque la nuit y est sujette.

גם יש לומר דפליגי בהתחיל בהיתר, בעוד היום גדול התחיל בסעודה גדולה עד תוך הלילה, דסבירא להו לרבנן דמחויב להפסיק בהגיע חצות לילה משום הרחקה. ורבן גמליאל סבירא להו דאין צריך להפסיק, ואז יבא הכל על נכון.

ויהיה איך שיהיה, ההלכה כרבנן (רמב"ם הל' תפלה א, ט. שו"ע או"ח רלה, ג), וצריך אדם להרחיק מן העבירה ולחשוש כל החששות:

On peut aussi dire qu'ils divergent lorsqu'il a commencé dans le permis, tandis que le jour était encore grand il a commencé un grand repas jusqu'au milieu de la nuit, que les rabbins tiennent qu'il est tenu d'interrompre lorsque arrive minuit à cause d'un éloignement. Et Rabban Gamliel tient qu'il n'est pas besoin d'interrompre, et alors tout viendra correctement.

Et que ce soit comme ce sera, la halakha est comme les rabbins (Rambam lois de la tefila 1,9, Choulhan Aroukh Orah 'Hayim 235,3), et l'homme doit s'éloigner de la transgression et craindre toutes les craintes.

ענין קריאת שמע דלילה וסודה, יתבאר לקמן אי"ה בבית התפלה

Sujet de Keriat Chema de la nuit et son secret, il sera expliqué plus bas, si Dieu veut, dans la Maison de la tefila.

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