« Tous les biens meubles s'acquièrent par méchikha (tirage), et quiconque tient sa parole, l'esprit des Sages se plaît en lui » (Michna Cheviit 10, 9). Le Chla explique que la clause finale porte même sans tirage et sans argent, car s'il a donné de l'argent il reçoit Mi shepara (imprécation des Sages), et le mot « tous » le montre. Cette Michna anonyme appuie Rabbi Yo'hanan : les paroles ont en elles un manque de foi. Tous les décideurs ont décidé comme lui, même à deux cours, contre le Baal haMaor. Rabbi Yosse fils de Rabbi Yehouda l'allude : « un hin juste », que ton hen et ton non soient justes.
Aussi : la promesse d'un petit don lie, un don abondant n'a pas de manque de foi ; allonger le délai pour demeurer une lèvre de vérité ; l'iska proche de la perte comme du gain
תנן בסוף מסכת שביעית (י, ט), כל המטלטלין נקנין במשיכה, וכל המקיים את דברו רוח חכמים נוחה הימנו. על כרחך הא שאינו מקיים את דברו, אין רוח חכמים נוחה הימנו.
ואין לפרש הסיפא דקאי ארישא ולפרש המשנה כך, המטלטלין ניקנין במשיכה ולא במעות, ומכל מקום במעות בלא משיכה וחוזר אין רוח חכמים נוחה הימנו, דאז יכולין לומר כשלא היתה משיכה ולא מעות רק דברים בעלמא אינו בכלל שאין רוח חכמים נוחה הימנו, זה אינו, דעל כרחך צריכין לפרש דהסיפא כל המקיים את דברו כו' קאי אף בלא מעות, דאי בנתן מעות, לא סגי במה שאין רוח חכמים נוחה הימנו, אלא צריך לקבל מי שפרע, כדתנן בפרק הזהב (בבא מציעא מד, א). אלא על כרחך הסיפא איירי אף שלא משך ולא נתן המעות.
ואף שלפום ריהטא פשוטה דמשנה לא משמע כן, מכל מקום תתפרש המשנה היטב כשנדייק הוספת תיבת כל, שאמר כל המטלטלים וכל המקיים. אלא הכי פירושו, כל המטלטלין, הן מטלטלין גמורין הן מטלטלין שאינם גמורים והם טבעא, רק שכנגד טבעא אחרת נקראין מטלטלין, קונין במשיכה, כהא דתנן ריש הזהב (שם) הזהב קונה את הכסף כו':
Nous avons appris à la fin du traité Sheviit (10, 9) : tous les biens meubles s'acquièrent par meshikha (tirage), et quiconque tient sa parole, l'esprit des Sages se plaît en lui. Nécessairement, celui qui ne tient pas sa parole, l'esprit des Sages ne se plaît pas en lui.
Et l'on ne peut pas expliquer la clause finale comme portant sur la clause initiale et expliquer la Michna ainsi : les biens meubles s'acquièrent par meshikha et non par argent, et néanmoins avec de l'argent sans meshikha, s'il se rétracte, l'esprit des Sages ne se plaît pas en lui, car alors on pourrait dire que lorsqu'il n'y a eu ni meshikha ni argent, seulement des paroles seules, il n'est pas dans le cas où l'esprit des Sages ne se plaît pas en lui. Ceci n'est pas, car nécessairement il faut expliquer que la clause finale, quiconque tient sa parole etc., porte même sans argent, car s'il a donné de l'argent, il ne suffit pas que l'esprit des Sages ne se plaise pas en lui, mais il doit recevoir Mi shepara (imprécation des Sages), comme nous avons appris au chapitre haZahav (Bava Metsia 44a).
Seulement, nécessairement la clause finale traite même de lorsqu'il n'a pas tiré et n'a pas donné l'argent. Et bien que selon une lecture rapide le sens simple de la Michna ne s'entende pas ainsi, néanmoins la Michna s'explique bien lorsque nous précisons l'ajout du mot כל, qu'il a dit tous les biens meubles et quiconque tient.
Seulement voici son explication : tous les biens meubles, qu'ils soient des meubles complets ou des meubles qui ne sont pas complets et qui sont tavea (monnaie), seulement que face à une autre monnaie ils sont appelés meubles, s'acquièrent par meshikha, comme ce que nous avons appris au début de haZahav (ibid.) : l'or acquiert l'argent etc. :
אח"כ אמר בסיפא, וכל המקיים את דברו, רצו לומר בלא משך, ומקיים את דברו בכל ענין, הן היה מעות הן לא היה מעות, אז רוח חכמים נוחה הימנו. ואם לאו, אין רוח חכמים נוחה הימנו, ולא נחית עתה לחילוק זה בין מעות ללא מעות לענין מי שפרע, כי אין כאן מקומו האמיתי.
ומכל מקום הראה בלישנא דכל שמדבר ג"כ בלא משך ובלא מעות:
Ensuite il a dit dans la clause finale : et quiconque tient sa parole, ils ont voulu dire sans qu'il ait tiré, et il tient sa parole en toute manière, qu'il y ait eu de l'argent ou qu'il n'y ait pas eu d'argent, alors l'esprit des Sages se plaît en lui. Et sinon, l'esprit des Sages ne se plaît pas en lui, et il n'entre pas maintenant dans cette distinction entre argent et sans argent quant à Mi shepara, car ce n'est pas ici son vrai lieu.
Et néanmoins il a montré par le langage de כל qu'il parle aussi sans tirage et sans argent :
נמצא סתם משנה זו מסייע לר' יוחנן בפרק הזהב (בבא מציעא דף מ"ט) (א) דאפליגו רב ורבי יוחנן בדברים בעלמא. רב סבר, אין בהם משום מחוסרי אמנה.
ור' יוחנן סבר, יש בהם משום מחוסרי אמנה. ואין לפרש המשנה אליבא דרב ולומר דהסיפא לא מיירי רק שלא משך אבל נתן מעות, ובהא דווקא כשחוזר אין רוח חכמים נוחה הימנו:
Il en résulte que cette Michna anonyme appuie Rabbi Yo'hanan au chapitre haZahav (Bava Metsia folio 49a), où Rav et Rabbi Yo'hanan ont divergé au sujet des paroles seules. Rav tient : il n'y a pas en elles de manque de foi.
Et Rabbi Yo'hanan tient : il y a en elles de manque de foi. Et l'on ne peut pas expliquer la Michna selon Rav et dire que la clause finale ne traite que de lorsqu'il n'a pas tiré mais a donné de l'argent, et que précisément en cela, lorsqu'il se rétracte, l'esprit des Sages ne se plaît pas en lui :
ומה שהקשיתי הלא מחוייב לקבל מי שפרע, נאמר דזהו בעצמו פירושו של אין רוח חכמים נוחה הימנו, כלומר שצריך לקבל לטותא דרבנן, וכמו שכתבו התוספות בפרק הזהב ריש (בבא מציעא דף מ"ח) (א) אהא דאיתא שם בברייתא דר' שמעון הנושא ונותן בדברים וחוזר אין רוח חכמים נוחה הימנו. ואמר רבא, אנו אין לנו אלא אין רוח חכמים נוחה הימנו.
וכתב התוספות (ד"ה ואמר רבא) ואם תאמר מאי קמ"ל רבא, בברייתא נמי הכי קתני החוזר בו אין רוח חכמים נוחה הימנו. וי"ל דאשמועינן דאין רוח החכמים לאו היינו מי שפרע דקתני ברישא, עד כאן לשונם.
א"כ נאמר גם כן אליבא דרב דהוא סובר כהוה אמינא דתלמודא, ומפרש המשנה ענין רוח חכמים על מי שפרע, על כרחך זה אינו כן, והוה אמינא זה בטל ולא מסתבר בשום פנים, דהא בדף מ"ט כשמקשה ארב מהך ברייתא דר' שמעון שאמר החוזר בדברים אין רוח חכמים נוחה הימנו, אומר כתנאי, ולא אמר רב מפרש רוח חכמים לענין מי שפרע, אלא על כרחך לא מסתבר כלל לפרש כן. ואף שהתלמודא שמביא דברי רבא היה כדי שלא לפרש כן וכדברי התוספות דלעיל, זה עשה תלמודא בשביל תלמיד טועה שלא יטעה כן, אבל חלילה לרב לפרש כן.
נמצא סתם המשנה דשביעית נוטה לדברי ר' יוחנן:
Et ce que j'ai objecté : n'est-il pas tenu de recevoir Mi shepara, nous dirons que c'est cela même l'explication de l'esprit des Sages ne se plaît pas en lui, c'est-à-dire qu'il doit recevoir la malédiction des rabbins, et comme ont écrit les Tossefot au chapitre haZahav, au début (Bava Metsia folio 48a) sur ce qui est là dans la beraita de Rabbi Shimon : celui qui négoce par paroles et se rétracte, l'esprit des Sages ne se plaît pas en lui. Et Rava a dit : nous n'avons que l'esprit des Sages ne se plaît pas en lui.
Et les Tossefot ont écrit (dibour ha-mathil et Rava a dit) : et si tu dis, que vient-il nous apprendre, Rava, dans la beraita aussi ainsi enseigne-t-elle : celui qui se rétracte, l'esprit des Sages ne se plaît pas en lui. On peut dire qu'il nous a enseigné que l'esprit des Sages n'est pas Mi shepara qu'enseigne la clause initiale, jusqu-ici leur langage.
S'il en est ainsi, nous dirons aussi selon Rav qu'il tient comme l'hypothèse initiale du Talmud, et qu'il explique la Michna, le sujet de l'esprit des Sages, comme Mi shepara. Nécessairement ceci n'est pas ainsi, et cette hypothèse initiale est nulle et n'est raisonnable en aucune façon, car au folio 49, lorsqu'on objecte contre Rav de cette beraita de Rabbi Shimon qui a dit : celui qui se rétracte dans les paroles, l'esprit des Sages ne se plaît pas en lui, il dit : c'est comme un différend de Tannaim, et il n'a pas dit : Rav explique l'esprit des Sages quant à Mi shepara ; seulement, nécessairement il n'est pas du tout raisonnable d'expliquer ainsi.
Et bien que le Talmud qui apporte les paroles de Rava l'ait fait afin de ne pas expliquer ainsi et selon les paroles des Tossefot ci-dessus, ceci le Talmud l'a fait pour un disciple qui se trompe, afin qu'il ne se trompe pas ainsi, mais loin de Rav d'expliquer ainsi. Il en résulte que la Michna anonyme de Sheviit penche vers les paroles de Rabbi Yo'hanan :
והנה כבר פסקו כל הפוסקים כר' יוחנן, ולא הבאתי המשנה הזו רק למילף מינה דאפילו בתרי תרעי המקיים את דברו רוח חכמים נוחה הימנו, דהא סתמא תנן כל המקיים את דברו, משמע באיזה ענין שיהיה הוא עומד ומקיים. ודלא כבעל המאור וסיעתו הסוברים דבתרי תרעי אם חוזר אינו בכלל מחוסר אמנה, רק כרוב פוסקים דסבירא להו דאפילו בתרי תרעא אם חוזר הוא מחוסר אמנה ואין רוח חכמים נוחה הימנו, כמו שהביאם הבית יוסף בחושן משפט סימן ר"ד, וכן הסכים מהרמ"א ז"ל בהג"ה שלחן ערוך (סעיף יא):
Et voici, déjà tous les décideurs ont décidé comme Rabbi Yo'hanan, et je n'ai apporté cette Michna que pour en apprendre que même à deux cours, celui qui tient sa parole, l'esprit des Sages se plaît en lui, car anonymement nous avons appris : quiconque tient sa parole, cela s'entend en quelque manière que ce soit, il se tient et accomplit. Et non comme le Baal haMaor et son école qui tiennent qu'à deux cours, s'il se rétracte, il n'est pas dans le cas de manque de foi, seulement comme la majorité des décideurs qui tiennent que même à deux cours, s'il se rétracte, il manque de foi et l'esprit des Sages ne se plaît pas en lui, comme les a apportés le Beit Yossef dans Hochen Michpat siman 204, et ainsi a convenu le Rema (Rabbi Moché Isserles), de mémoire bénie, dans la glose du Choulhan Aroukh (alinéa 11) :
ודבר זה רמיזא אפילו באורייתא, כדאיתא פרק הזהב (בבא מציעא דף מ"ט) (א), תניא ר' יוסי ברבי יודא אומר, מה תלמוד לומר (ויקרא יט, לו) הין צדק, והלא הין בכלל איפה היה. אלא לומר לך, שיהא הן שלך ולאו שלך צדק.
ופירש רש"י (ד"ה אלא שיהא), כלומר כשאתה מדבר הן או לאו, קיים דברך והצדק אותם, עד כאן. ומהך ברייתא מקשה שם ארב דס"ל דברים אין בהם משום מחוסרי אמנה, ואוקמא אביי שלא ידבר אחד בפה ואחד בלב.
ופירש רש"י (ד"ה שלא ידבר), בשעה שהוא אומר הדיבור לא יהא בדעתו לשנות. אבל אם נשתנה השער לאחר זמן, והוא חוזר בו, לפי שינוי השער אין כאן חסרון אמנה, עד כאן לשונו.
והנה אוקימתא דאביי היא אליבא דרב, אבל לפי רבי יוחנן דהלכתא כוותיה אפילו בזה הענין בתרי תרעי, החוזר הוא מחוסר אמנה כסברת רוב הפוסקים. וגם רב מודה כשהוא בחד תרעא דהוה מחוסר אמנה.
ואפשר דבהכי מפרש המשנה דסוף שביעית דלעיל, וסבירא ליה דאף שתנא התנא סתם כל המקיים, הלא אין למדין מהכללות אפילו במקום שנאמר חוץ (עירובין כט, א), וק"ל:
Et cette chose est alludée même dans la Torah, comme il est au chapitre haZahav (Bava Metsia folio 49a), il a été enseigné : Rabbi Yosse fils de Rabbi Yehouda dit : que vient enseigner (Lévitique 19,36) : un hin juste (הין צדק), et le hin n'était-il pas compris dans l'efa. Seulement pour te dire : que ton hen (הן, oui) et ton non soient justes.
Et Rachi a expliqué (dibour ha-mathil seulement que soit) : c'est-à-dire lorsque tu parles oui ou non, tiens ta parole et justifie-les, jusqu-ici. Et de cette beraita on objecte là contre Rav qui tient que les paroles n'ont pas en elles de manque de foi, et Abaye l'a établi : qu'il ne parle pas une chose de la bouche et une autre du cœur.
Et Rachi a expliqué (dibour ha-mathil qu'il ne parle pas) : à l'heure où il dit la parole, qu'il n'ait pas dans l'esprit de changer. Mais si le cours a changé après un temps, et qu'il se rétracte, selon le changement du cours il n'y a pas ici de manque de foi, jusqu-ici son langage.
Et voici, l'établissement d'Abaye est selon Rav, mais selon Rabbi Yo'hanan, dont la halakha est comme lui, même dans ce sujet à deux cours, celui qui se rétracte manque de foi selon l'avis de la majorité des décideurs. Et aussi Rav convient que lorsqu'il est à un seul cours, il manque de foi.
Et il est possible que par cela il explique la Michna de la fin de Sheviit ci-dessus, et qu'il tienne que bien que le tanna ait enseigné anonymement quiconque tient, voici l'on n'apprend pas des généralités même là où il est dit hormis (Erouvin 29a), et c'est simple :
וכן המבטיח לחבירו בדבור בעלמא לעשות לו איזה טובה או איזה שירות, או ליתן לו מתנות חנם, מחוייב להיות נאמן בדיבורו. ובמתנה לא אמרן, אלא במתנה מועטת, שהרי סמכה דעתו של מקבל כשהבטיחו.
אבל מתנה מרובה, אין בה חסרון אמנה, שהרי לא האמין זה שיתן לו דברים אלו עד שיקנה אותו בדברים שהם נקנים בהם:
Et de même celui qui promet à son compagnon par une parole seule de lui faire quelque bien ou quelque service, ou de lui donner des dons gratuits, est tenu d'être fidèle à sa parole. Et pour un don, nous n'avons dit cela que pour un don petit, car voici l'esprit du receveur s'est appuyé lorsqu'on le lui a promis.
Mais un don abondant, il n'y a pas en lui de manque de foi, car voici celui-ci n'a pas cru qu'on lui donnerait ces choses jusqu'à ce qu'on les lui acquière par les choses par lesquelles elles s'acquièrent :
זה לשון ראשית חכמה, אם הוא חייב לפרוע לכך לזמן, יאריך הזמן בתחילה כדי שלא יצא שקרן. ושמעתי שעל זה נאמר (משלי יב, יט) שפת אמת תכון לעד ועד ארגיעה לשון שקר.
רצה לומר, מי שהוא שפת אמת תכון לעד, פירוש שמאריך הזמן הרבה כדי שבאמצעות הזמן ישלים דיבורו. אמנם מי שהוא אומר ברגע הזה כעת מחר, לשון שקר, והכוונה על קיצור הזמן הוא לשון שקר, שאפשר שלא תזדמן לו בקשתו וימצא שקרן, עד כאן לשונו:
Voici le langage de Rechit 'Hokhma : s'il est tenu de rembourser telle chose à terme, qu'il allonge le délai au début afin de ne pas sortir menteur. Et j'ai entendu que sur cela il est dit (Proverbes 12,19) : une lèvre de vérité s'établit à jamais, et un instant une langue de mensonge.
Il a voulu dire : celui qui est une lèvre de vérité s'établit à jamais, explication : qu'il allonge beaucoup le délai afin que par le moyen du temps il accomplisse sa parole. Mais celui qui dit en cet instant : comme maintenant, demain, une langue de mensonge, et l'intention porte sur le raccourcissement du temps, c'est une langue de mensonge, car il est possible que sa demande ne se présente pas à lui et qu'il se trouve menteur, jusqu-ici son langage :
ואם הענין של משא ומתן באמונה כ"כ אפילו בהבטחה בעלמא, קל וחומר בנו של ק"ו אלף פעמים שיהיה אדם נזהר שלא יבוא לידי גזל ולא לידי ספק גזל אפילו בפחות מפרוטה, כי אין עון שנאוי כמו גזל. ועונש דור המבול לא נחתם אלא על הגזל, שנאמר (בראשית ו, יג) כי מלאה הארץ חמס, וכדפירש רש"י שם (ד"ה כי מלאה):
Et si le sujet du commerce dans la foi est à ce point même pour une promesse seule, à plus forte raison, fils d'à plus forte raison, mille fois, qu'un homme prenne garde de ne pas en venir au vol et pas même à un doute de vol, même pour moins d'une prouta, car il n'y a pas de faute aussi détestée que le vol. Et le châtiment de la génération du Déluge n'a été scellé que sur le vol, il est dit (Genèse 6,13) : car la terre s'est remplie de violence, et comme a expliqué Rachi là (dibour ha-mathil car elle s'est remplie) :
ודע כי אי אפשר להיות לאדם לא פחות ולא יותר ממה שקצב לו הש"י ברוך הוא מדי שנה בשנה. ולא יאמר האדם, אם כן אשב בטל כי הנגזר לי מהש"י על כל פנים היה יהיה.
זה אינו, דכבר אמרה תורה (דברים טו, יח) וברכך ה"א בכל אשר תעשה, ואמרו רז"ל (ספרי ראה ע) יכול אפילו יושב בטל, תלמוד לומר אשר תעשה. וע"י עשיה מעוטה מזמין לו הש"י הנקצב לו.
אבל אם הוא לוקח וגוזל וחומס מה שלא ציוה ה', הוא עושה עבירה גדולה בחנם, והוא כדמות ענין שכפה ר' יוחנן בן זכאי לבר אחתיה ליתן צדקה (ב"ב י, א), כי ידע כי נגזר להיות ניזק בממונו, כפה אותו לטובתו שילך בדרך צדקה:
Et sache qu'il n'est pas possible qu'il y ait pour un homme ni moins ni plus que ce que lui a fixé le Saint, béni soit-Il, d'année en année. Et que l'homme ne dise pas : s'il en est ainsi je siégerai oisif, car ce qui m'est décrété du Saint, béni soit-Il, de toute façon sera.
Ceci n'est pas, car déjà la Torah a dit (Deutéronome 15,18) : et te bénira ה' ton Elokim en tout ce que tu feras, et ont dit Razal (Sifrei Reeh 70) : on aurait pu penser même s'il siège oisif, il est dit : ce que tu feras. Et par une action petite, le Saint, béni soit-Il, lui amène ce qui lui a été fixé.
Mais s'il prend et vole et spolie ce que ה' n'a pas commandé, il fait une grande transgression pour rien, et c'est à la ressemblance du sujet où Rabbi Yo'hanan ben Zakkai a contraint le fils de sa sœur à donner la tsedaka (Bava Batra 10a), car il savait qu'il était décrété qu'il soit lésé dans son argent, il l'a contraint pour son bien afin qu'il aille par la voie de la tsedaka :
ועונש הגזל גדול במאוד, אף כשמת אין לו מנוחה עד שהשיב ישיב את הגזילה להנגזל או ליורשי הנגזל, וכל זה בסוד הגלגול. וסוד זה רמזו (ב"ק קג, א) יוליכנו אחריו למדי, כלומר שיראה בחייו לתקן אפילו לילך בדרך רחוקה, כדי שלאחר מותו לא יוכרח להתגלגל רחוק רחוק:
Et le châtiment du vol est très grand, même lorsqu'il meurt il n'a pas de repos jusqu'à ce qu'il restitue, il restituera le vol à celui qui a été volé ou aux héritiers de celui qui a été volé, et tout ceci dans le secret du gilgoul (réincarnation). Et ce secret, ils l'ont allude (Bava Kama 103a) : qu'il l'apporte après lui jusqu'à Mède, c'est-à-dire qu'il voie de son vivant à réparer, même d'aller par un chemin lointain, afin qu'après sa mort il ne soit pas contraint de se réincarner loin, loin :
ומתיקוני אנשי כנסת הגדולה בסדר התפלות נראה גודל ענין הגזל. הנה תכלית השנה היא י' ימי תשובה, ותכלית י' ימי תשובה הוא יום כפורים, ותכלית יום כפורים הוא תפילת נעילה ואז יום כפורים כי יום כפורים מכפר בסופו, ושם קבעו אנשי כנסת הגדולה לומר בנוסח התפילה ותתן לנו ה' א-להינו באהבה את יום צום הכיפורים הזה קץ ומחילה וסליחה על כל עונותינו למען נחדל מעושק ידינו:
Et des tikounim des hommes de la Grande Assemblée dans l'ordre des tefilot, apparaît la grandeur du sujet du vol. Voici, l'aboutissement de l'année est les dix jours de techouva, et l'aboutissement des dix jours de techouva est le jour de Kippour, et l'aboutissement du jour de Kippour est la tefila de Néilah (clôture), et alors c'est le jour de Kippour, car le jour de Kippour expie à sa fin, et là les hommes de la Grande Assemblée ont fixé de dire dans la formule de la tefila : et Tu nous as donné, ה' notre Elokim, avec amour, ce jour du jeûne de Kippour, terme et pardon et rémission pour toutes nos fautes, afin que nous cessions de l'oppression de nos mains :
ואל יחשוב האדם כשנושא ונותן באמונה שהוא חסר, אדרבא הקב"ה מברך מעשה ידיו, כדגרסינן בויקרא רבה (טו, ז) א"ר לוי ברכות מברכין בעליהן, קללות מקללין בעליהן. כיצד, (דברים כה, טו) אבן שלימה [וצדק] יהיה לך, אם עשית כן, יהיה לך מה לישא וליתן, מה ליקח מה למכור, שכן הוא אומר יהיה לך, הוי ברכות מברכין בעליהן.
קללות כיצד, (שם יג) לא יהיה לך בכיסך וגומר, (שם יד) לא יהיה לך בביתך איפה וגומר, אמר הקב"ה, אני אמרתי אבן שלימה וצדק יהיה לך, אם עשית כן, יהיה לך מה לישא וליתן. ואם לא, לא יהיה לך מה לישא וליתן, שכן כתיב לא יהיה לך, הוי קללות מקללין בעליהן, עד כאן.
ובמסכת תמיד דף כ"ח (א), תניא רבי אומר, איזו היא דרך ישרה שיבור לו האדם, יאהב את התוכחות וכו'. ויש אומרים, יחזיק באמונה יתירה, שנאמר (תהלים קא, ו) עיני בנאמני ארץ לשבת עמדי וגו', עד כאן:
Et que l'homme ne pense pas, lorsqu'il négoce dans la foi, qu'il est en manque ; au contraire le Saint, béni soit-Il, bénit l'ouvrage de ses mains, comme nous lisons dans Vayikra Rabba (15, 7) : Rabbi Levi a dit : les berakhot bénissent leurs possesseurs, les malédictions maudissent leurs possesseurs. Comment.
(Deutéronome 25,15) : une pierre entière et juste tu auras ; si tu as fait ainsi, tu auras de quoi négocier, de quoi acheter, de quoi vendre, car ainsi il dit : tu auras ; voici les berakhot bénissent leurs possesseurs. Les malédictions, comment.
(ibid. 13) : tu n'auras pas dans ta bourse etc., (ibid.
14) : tu n'auras pas dans ta maison d'efa etc. Le Saint, béni soit-Il, a dit : J'ai dit une pierre entière et juste tu auras ; si tu as fait ainsi, tu auras de quoi négocier.
Et si non, tu n'auras pas de quoi négocier, car ainsi il est écrit : tu n'auras pas ; voici les malédictions maudissent leurs possesseurs, jusqu-ici. Et dans le traité Tamid folio 28a, il a été enseigné : Rabbi dit : quelle est la voie droite que l'homme se choisira, qu'il aime les réprimandes etc.
Et il y a qui disent : qu'il tienne une foi extraordinaire, il est dit (Psaumes 101,6) : Mes yeux sont sur les fidèles de la terre, pour qu'ils siègent avec Moi etc., jusqu-ici :
ובכלל משא ומתן באמונה אמרו גם כן, כשימכור אדם סחורתו לא ישבח אותם יותר מדאי, וכשיקנה לא יפליג בגנותה. וכל הדובר אמת בלבבו ואינו רוצה לדבר שקר, אפילו דברים שיחשוב וידבר, אע"פ שלא יתכוון להם, מכל מקום דבריו מתקיימין, שנאמר (איוב כב, כח) ותגזור אומר ויקם לך.
ומי שהוא איש אמת בכל משאו ומתנו, הן במקח וממכר הן בהלואה, לעולם יאמר בפעם ראשון סוף דעתו, וירגיל אותם המתעסקים עמו שידעו כולם שלא ישנה את דבריו ולא יעדיף ולא יחסר:
Et dans l'ensemble du commerce dans la foi, ils ont dit aussi : lorsqu'un homme vend sa marchandise, qu'il ne la loue pas trop, et lorsqu'il achète, qu'il n'exagère pas dans son blâme. Et quiconque dit la vérité dans son cœur et ne veut pas dire de mensonge, même des choses qu'il pensera et dira, bien qu'il ne les vise pas, néanmoins ses paroles se réalisent, il est dit (Job 22,28) : tu décréteras une parole et elle se lèvera pour toi.
Et celui qui est un homme de vérité dans tout son commerce, tant dans l'achat et la vente que dans le prêt, qu'il dise toujours la première fois le terme de son avis, et qu'il habitue ceux qui traitent avec lui à ce qu'ils sachent tous qu'il ne changera pas ses paroles, et qu'il n'ajoutera pas et ne diminuera pas :
ריבית, כמה לאוין ואזהרות על זה, ועל המלוה ועל הלוה ואף הערב והעדים עוברים. ובסמ"ג הוסיף, דאף הסופר עובר.
וגם המלוה בריבית חי' לא יחיה בתחיית המתים, ומי זה הוא שיאבד כל הנ"ל עבור כסף הנמאס. ורבים בחשיכה יתהלכו, שעושין שטר עיסקא, כלומר היתר ואינו עושין כפי הדין.
גם הלוה לפעמים אינו מבין, וההיתר אינו אלא חוכא וטלולה, ואיך יעלה על לבם להטעות עין עליון ית':
L'intérêt, combien d'interdits et d'avertissements sur cela, et le prêteur et l'emprunteur et même le garant et les témoins transgressent. Et dans le Sémag (Sefer Mitsvot Gadol) il a ajouté : même le scribe transgresse.
Et aussi le prêteur à intérêt, il ne vivra pas dans la résurrection des morts, et qui est celui qui perdra tout ce qui est mentionné pour de l'argent détesté. Et beaucoup marchent dans l'obscurité, qui font un acte d'iska (contrat d'association), c'est-à-dire une permission, et ils ne font pas selon la loi.
Aussi l'emprunteur parfois ne comprend pas, et la permission n'est que rire et moquerie, et comment montera-t-il sur leur cœur de tromper l'œil du Très-Haut, béni soit-Il :
על כן אנכי מצוך, כאשר ראית ממני כן תעשה להבין ולהסביר ללוה באם הוא עם הארץ. ובזה הנוסח, בפנינו בא פלוני ופלוני ואמרו לנו הוו עלי עדים נאמנים כו', איך קבלנו מאה זהובים מיד כו', להתעסק בהם ולהרויח עשרים וכו', ויהיה באחריות המלוה עד הרוחת סך זה, ועל זה קבלנו שכר עמלנו בשוה.
ולאחר הרוחת סך זה פעם אחת, יהיה באיזה זמן שיהיה אזי הכל ביחד דהיינו מאה ועשרים זהובים על אחריותנו הלווים. וז' פעמים סך הנ"ל יהיה לזמן פלוני, ואין אנחנו הלווים נאמנים לו על הקרן ולא על הריוח עד שנשבע על ספר תורה ערומה בין אשרי ללמנצח, וכל מה שיחמיר בעל השטר.
ואם לא נשבע כנ"ל, אזי אנחנו מחוייבים לשלם מאה ועשרים זהובים לזמן הנ"ל, ואח"כ כל שופרא דשטרא. וצריך ליזהר ליתן לו שכר עמלו, ואם מתנה בתחילה על שכר עמלו ליתן לו דבר מועט, סגי:
C'est pourquoi moi je te commande : comme tu as vu de moi, ainsi tu feras, pour faire comprendre et expliquer à l'emprunteur s'il est un ignorant. Et selon cette formule : devant nous sont venus un tel et un tel et nous ont dit : soyez sur moi témoins fidèles etc., comment nous avons reçu cent pièces d'or de la main etc., pour nous en occuper et gagner vingt etc., et ce sera à la responsabilité du prêteur jusqu'au gain de cette somme, et pour cela nous avons reçu le salaire de notre peine à part égale.
Et après le gain de cette somme une fois, ce sera, à quelque temps que ce soit, alors le tout ensemble, c'est-à-dire cent vingt pièces d'or, à notre responsabilité à nous les emprunteurs. Et sept fois la somme mentionnée sera pour tel terme, et nous les emprunteurs ne sommes pas crus par lui ni sur le capital ni sur le profit jusqu'à ce que nous jurions sur un sefer Torah nu entre Achrei et Lamnatseah, et tout ce que le maître de l'acte aggravera.
Et si nous ne jurons pas comme mentionné, alors nous sommes tenus de payer cent vingt pièces d'or au terme mentionné, et ensuite toutes les clauses de l'acte. Et il faut prendre garde de lui donner le salaire de sa peine, et s'il stipule au début sur le salaire de sa peine de lui donner une petite chose, cela suffit :
והנה כענין זה העיסקא אין שום פקפוק, דהא קרוב להפסד כמו קרוב לשכר. ומה שכתבתי בהנוסח שלא יהיה נאמן כי אם בשבועה על ספר תורה, אף שמדינא אינו מחוייב לישבע כי אם היסת, אף כשטענו המלוה ברי לי שהרווחת, ואם אינו טענו ברי לי אינו מחוייב רק לקבל חרם, מכל מקום רשאי מתחילה להתנות, כן כהא דתנן (עי' ב"מ צד, א) מתנה אדם עם שומר שכר להיות כשואל.
אבל לעשות כמו שרוב המוניים עושין שמתנין שלא יהיה הלווים נאמנים אלא ע"פ עדים, הרחק תרחק מהכיעור הזה, כי אז הוא קרוב לשכר ורחוק להפסד. וכבר עשיתי פסק גדול על זה, והבאתי דברי תרומת הדשן מה שכתב בענין זה, ובארתי דבריו וכתבתי מה שנראה בעיני.
ואתם בניי אל תצאו מזה ויהיה יראת שמים בלבבכם להבין ולהסביר ללוה ענין העיסקא היטב, ואז תהיו יוצאים ידי שמים, ויברככם ה' בממון בכפליים:
Et voici, selon cette manière de l'iska, il n'y a aucun doute, car voici il est proche de la perte comme il est proche du gain. Et ce que j'ai écrit dans la formule, qu'il ne soit cru que par un serment sur un sefer Torah, bien que de la loi il ne soit tenu de jurer que le serment de hesset (serment rabbinique), même lorsque le prêteur lui a réclamé : il m'est clair que tu as gagné, et s'il ne lui a pas réclamé il m'est clair, il n'est tenu que de recevoir un herem (interdit), néanmoins il est permis de stipuler au début, ainsi comme ce que nous avons appris (voir Bava Metsia 94a) : un homme stipule avec un gardien salarié d'être comme un emprunteur.
Mais de faire comme font la plupart des gens du commun, qui stipulent que les emprunteurs ne soient crus que par des témoins, éloigne, éloigne-toi de cette laideur, car alors il est proche du gain et loin de la perte. Et déjà j'ai fait une grande décision sur cela, et j'ai apporté les paroles du Teroumat haDeshen sur ce qu'il a écrit en ce sujet, et j'ai expliqué ses paroles et j'ai écrit ce qui m'a paru.
Et vous, mes fils, ne sortez pas de ceci, et que la crainte du Ciel soit dans vos cœurs pour faire comprendre et expliquer à l'emprunteur le sujet de l'iska bien, et alors vous serez quittes envers le Ciel, et ה' vous bénira en argent au double :