Le Beit Yossef rapporte du Rambam que l'on bénit les mitsvot « over leasiyatan », immédiatement avant leur accomplissement. Comment alors bénir les tefilin après les avoir posées ? Le Chla dit que l'accomplissement est l'attache à la main et le serrage à la tête : on bénit après la pose sur la kiboret (muscle du bras) ou sur la tête, avant d'attacher ou de serrer, dans la proximité ; une berakha avant la pose serait « avant d'avant ». Nimoukei Yossef lit « over » comme le coureur qui précède de près. Le Rambam n'a mentionné que la main, car il ne bénit qu'une fois ; le Tour et le Roch tiennent deux berakhot.
Aussi : l'examen des tsitsit au gadil et à la tête d'attache, rapporté de son père ; les tsitsit du côté de la tête y restent, comme les planches du Michkan ; la tefila, hors Arvit, dans le talith et les tefilin
אבא מורי ז"ל בעמק הברכה סימן י"ג, יבדוק הציצית ולא במקום הענף חוטין הנפרדין בלבד, אלא גם הגדיל הכרוך ומקום הראש, רצוני לומר מקום שהם תחומים בכנף צריכה בדיקה. וביותר צריך שם בדיקה מבמקום שנפרדים הציצית למטה, כי אם לא נפסוק בחוטין הנפרדין אלא ראש אחד כשר עד שיפסיקו ב' ראשים, משום חשש שמא נפסק חוט אחד.
ואלו נפסק הוא למעלה בראשה, או למטה מראשו במקום הגדול בכל מקום אשר נפסק שם, פסול בפסיקא כל שהוא, וזהו נפסק החוט מעיקרו שאמר רב בגמרא (מנחות לט, א) שהוא פסול, כי בודאי נפסק חוט אחד. וזה לשון בית יוסף בטור אורח חיים סימן י"ב, נפסק החוט מעיקרו פסול.
פירש רש"י (שם ד"ה מעיקרו), ראש המחובר לטלית. דכיון דנפסק במקום חיבורו בכנף, לא נשארו כי אם ג' חוטין, עד כאן.
כתבתי זה להודיע לבני אדם ההמוניים שאינם יודעים ליזהר:
Mon père mon maître, de mémoire bénie, dans Emek haBerakha siman 13 : qu'il examine les tsitsit, et non seulement à l'endroit de la branche, les fils séparés seuls, mais aussi le gadil (partie enroulée) et l'endroit de la tête, je veux dire l'endroit où ils sont attachés dans le coin a besoin d'examen. Et là-bas l'examen est plus nécessaire qu'à l'endroit où les tsitsit se séparent en bas, car si dans les fils séparés un seul bout n'est coupé, c'est valide jusqu'à ce que deux bouts soient coupés, à cause du souci que peut-être un fil a été coupé.
Mais si c'est coupé en haut à sa tête, ou au-dessous de sa tête à l'endroit du gadil, en tout endroit où c'est coupé là, c'est invalide d'une coupure si petite soit-elle, et c'est le fil coupé de sa racine dont a dit Rav dans la Guemara (Menahot 39a) qu'il est invalide, car certainement un fil a été coupé. Et voici le langage du Beit Yossef sur le Tour Orah 'Hayim siman 12 : le fil coupé de sa racine est invalide.
Rachi a expliqué (là, dibour hamathil meikaro) : la tête attachée au talith. Car puisqu'il a été coupé à l'endroit de son attache dans le coin, il n'est resté que 3 fils, jusqu-ici.
J'ai écrit ceci pour faire savoir aux hommes du commun qui ne savent pas à prendre garde :
בענין הנחת הטלית, ראוי שאותן ציציות שבאו ראשונה בצד ראש, שיהיו לעולם לצד הראש, כיון שזכו להיות מעלה אין ראוי שירדו ממעלתן. ועל כן נוהגים לעשות עטרת תפארת, להיכר שהוא חלק הראש שלא יחליפנו ולא ימיר אותו עליונים למטה ותחתונים למעלה:
Au sujet de la pose du talith, il convient que ces tsitsit qui sont venus d'abord du côté de la tête soient à jamais du côté de la tête, puisqu'ils ont mérité d'être en haut il ne convient pas qu'ils descendent de leur rang. Et c'est pourquoi l'on a coutume de faire une ateret tiferet (couronne de splendeur), pour reconnaître que c'est la part de la tête, afin qu'il ne l'échange pas et ne la substitue pas, les supérieurs en bas et les inférieurs en haut :
וראיה לדברי ממאי דאמרינן בירושלמי (שבת סט, ב) והביאו ר"ן במסכת שבת פרק הבונה גבי מה שאמרו חכמי המשנה ז"ל (שבת פי"ב מ"ג) שכותבין קשרי המשכן לידע איזהו בן זוגו, זה לשונו שם, א"ר אמי (שמות כו, ל) והקמות את המשכן כמשפטו, וכי יש משפט לעצים. אלא קרש שזכה לינתן בצפון, ינתן בצפון לעולם.
וכן בדרום, ינתן בדרום. לפיכך רושמין עליהם שלא יחליפו וכו'.
וכעין זה מצאתי במהרי"ל בהלכות סוכה, איך שראה שרבו מהר"ש היה מסמן הדפין למחיצת הסוכה א' ב' ג' כדי לראות סדר עמידתן שלא לשנותן משנה לשנה, עד כאן לשונו:
Et une preuve à mes paroles de ce que nous disons dans le Talmud de Jérusalem (Chabbat 69b) et le Ran (Rabbenou Nissim) l'a apporté dans le traité Chabbat chapitre haBoneh au sujet de ce qu'ont dit les Sages de la Michna, de mémoire bénie (Chabbat ch. 12 michna 3), que l'on écrit les nœuds du Michkan pour savoir lequel est son pair, voici son langage là : a dit Rabbi Ami (Exode 26,30) : et tu dresseras le Michkan selon son ordonnance, et y a-t-il une ordonnance pour des bois.
Seulement une planche qui a mérité d'être placée au nord, qu'elle soit placée au nord à jamais. Et de même au sud, qu'elle soit placée au sud.
C'est pourquoi l'on marque sur elles afin qu'on ne les échange pas etc. Et de cette manière j'ai trouvé dans le Maharil (Moreinu haRav Rabbi Yaakov haLevi) dans les lois de la soucca, comment il a vu que son maître le Maharash marquait les planches de la paroi de la soucca 1 2 3 afin de voir l'ordre de leur station, pour ne pas les changer d'année en année, jusqu-ici son langage :
וכתב רמ"א בהגה"ה (או"ח כא, ג), יש שכתבו שנהגו שלא לשכב בטלית שיש בו ציציות, גם שלא ליתנו לכובס גוים לכבס, והכל שלא יהא מצות בזויות עליו. אך נהגו להקל לשכב בהם, עד כאן לשונו.
ונראה בעיני, שאף הנזהרים זהו בטלית של מצוה שמתעטף בו דווקא בשעת התפלה, אבל לא במלבוש שהוא לובש ויש בו ציצית. ואף אם תמצי לומר שאף בהם נוהגים שלא לשכוב בו, נראה דזהו דווקא שינת הלילה, דהדרך לחלוץ מלבושיו, ואם אינו חולץ נראה כביזוי, אבל לא בשינת היום:
Et le Rema (Rabbi Moché Isserles) a écrit dans la glose (Orah 'Hayim 21,3) : il y en a qui ont écrit que l'on a coutume de ne pas s'étendre dans un talith qui a des tsitsit, aussi de ne pas le donner à un blanchisseur des nations pour le blanchir, et le tout afin que les mitsvot ne soient pas méprisées sur lui. Mais l'on a coutume d'être indulgent pour s'étendre en eux, jusqu-ici son langage.
Et il paraît à mes yeux, que même ceux qui y prennent garde, ceci est dans un talith de mitsva dont il s'enveloppe précisément à l'heure de la tefila, mais non dans un vêtement qu'il porte et qui a des tsitsit. Et même si tu veux dire que même en eux l'on a coutume de ne pas s'y étendre, il paraît que c'est précisément le sommeil de la nuit, car la voie est de retirer ses vêtements, et s'il ne retire pas cela paraît comme un mépris, mais non dans le sommeil du jour :
ענין תפילין, חיוב מצות עשה של תפילין הוא להניח בראשו ובזרוע כל היום, וכן היו עושין חכמי התלמוד. וכשנכנסו לסעודת קבע, חלצו והניחו על השלחן עד זמן ברכה, וחזרו והניחו.
ונתבטל, משום שתפילין צריכין גוף נקי. אך ראיתי בני עליה גם בזמן הזה שמלובשין בתפילין כל היום.
וכתב ראשית חכמה בשער הקדושה, אם אי אפשר לאדם ללובשה בתוך היום מפני חשש נקיות גופו, לפחות בשעת התפילה ראוי ללובשם, כי בשעת התפילה ראוי להתפלל בנקיות הגוף, כי אסור להתפלל אם אינו יכול לעמוד בעצמו עד פרסה כדפירשו בגמרא (עי' ברכות טו, א), וכיון שגופו נקי להתפלל, נקי ג"כ לתפילין. ופירשו בתיקונים (עי' זוהר ח"א כג, ב) ששלימות התפילה היא בעטוף טלית ותפילין, זה לשונם, ואי צלותא סלקא שלימא בעטופא טלית ותפילין על רישי' ודרועא אתמר בהו (דברים כח, י) וראו כל עמי הארץ כי שם ה' נקרא עליך ויראו ממך, שם ידו"ד אוקמי' דאיהו תפילין דרישא, ומאן דחזי שם ידו"ד על רישא בצלותא דאיהי שם ידו"ד מיד כלהון ברחין, הדא הוא דכתיב (תהלים צא, ז) יפול מצדך אלף וגו', עד כאן לשונם.
ועוד בזוהר (ח"א קמא, א) זה לשונו, ועל דא, מאן דלא אתעטף בהאי ולא אתעטר לאתקפא בתפילין בכל יומא, דמי ליה דלא שריה עמיה מהימנותא, ואתעדי מיניה דחילו דמאריה, וצלותיה לאו צלותא בדקא יאות, עד כאן לשונם:
Sujet des tefilin : l'obligation de la mitsva positive des tefilin est de les poser sur sa tête et sur son bras tout le jour, et ainsi faisaient les Sages du Talmud. Et lorsqu'ils entraient à un repas fixe, ils les retiraient et les posaient sur la table jusqu'au temps de la berakha, et ils revenaient et les posaient.
Et cela a été aboli, parce que les tefilin exigent un corps net. Mais j'ai vu des hommes d'élévation aussi en ce temps qui sont vêtus de tefilin tout le jour.
Et Reshit 'Hokhma a écrit dans Chaar haKedousha : s'il est impossible à l'homme de les porter dans le jour à cause du souci de la netteté de son corps, au moins à l'heure de la tefila il convient de les porter, car à l'heure de la tefila il convient de prier dans la netteté du corps, car il est interdit de prier s'il ne peut se retenir jusqu'à une parsa (environ quatre milles) comme ils ont expliqué dans la Guemara (vois Berakhot 15a), et puisque son corps est net pour prier, il est net aussi pour les tefilin. Et ils ont expliqué dans les Tikounim (vois Zohar vol.
1, 23b) que la plénitude de la tefila est dans l'enveloppement du talith et des tefilin, voici leur langage : et si la tefila monte complète dans l'enveloppement du talith et des tefilin sur sa tête et son bras, il est dit d'eux (Deutéronome 28,10) : et tous les peuples de la terre verront que le Nom de ה' est appelé sur toi et ils craindront de toi ; le Nom ידו"ד, ils ont établi que c'est les tefilin de la tête, et quiconque voit le Nom ידו"ד sur la tête dans la tefila qui est le Nom ידו"ד, aussitôt tous fuient, c'est ce qui est écrit (Psaumes 91,7) : il en tombera à ton côté mille etc., jusqu-ici leur langage. Et encore dans le Zohar (vol.
1, 141a) voici son langage : et pour cela, quiconque ne s'enveloppe pas en ceci et ne se couronne pas pour se fortifier dans les tefilin chaque jour, il lui ressemble que la foi ne réside pas avec lui, et la crainte de son Maître est écartée de lui, et sa tefila n'est pas une tefila comme il convient, jusqu-ici leur langage :
ולכן ראוי שכל תפילה תהיה בעטיפת ציצית ותפילין, חוץ מתפילת ערבית. וכבר נתפשט המנהג בארץ ישראל ללבוש תפילין אפילו בתפילת מנחה, וכן ראוי לנהוג, עד כאן לשונו.
וכן נוהגין תפוצת ישראל בכל מלכות ישמעאל, על כן צריך ליזהר בזה. ועל כיוצא בזה הזהיר יודא בן תימא (אבות ה, כ) שיהיה עז כנמר ויעיז פנים נגד המלעיגים, ואל ימנע מלעשות המצוה:
Et c'est pourquoi il convient que toute tefila soit dans l'enveloppement des tsitsit et des tefilin, hors la tefila d'Arvit. Et déjà la coutume s'est étendue dans la terre d'Israël de porter les tefilin même à la tefila de Minha, et ainsi il convient de pratiquer, jusqu-ici son langage.
Et ainsi pratiquent la dispersion d'Israël dans tout le royaume d'Ishmael, c'est pourquoi il faut prendre garde à ceci. Et sur de telles choses Yehuda ben Teima a averti (Avot 5,20) qu'il soit hardi comme un léopard et qu'il montre un visage hardi contre les moqueurs, et qu'il ne s'abstienne pas de faire la mitsva :
כתב אבא מורי ז"ל בעמק הברכה סימן ט"ו, וטוב ליקח מים לרחוץ מקום הנחת תפילין קודם הנחתן, לפי שהוא דבר שבקדושה צריך אתה לקדש את עצמך. וכבר ידעת אמרם ז"ל (בפרק ר"א דמילה (שבת קל, א)), תפילין צריכין גוף נקי וכו', ובכלל דבריהם דברי:
Mon père mon maître, de mémoire bénie, a écrit dans Emek haBerakha siman 15 : et il est bon de prendre de l'eau pour laver l'endroit de la pose des tefilin avant de les poser, parce que c'est une chose de sainteté, tu dois te sanctifier toi-même. Et tu sais déjà leur dit, de mémoire bénie (au chapitre Rabbi Eliezer deMila (Chabbat 130a)) : les tefilin exigent un corps net etc., et dans l'ensemble de leurs paroles sont mes paroles :
וצריך לברך על התפילין של יד אחר הנחת על הקיבורת, קודם קשירה. וכן בשל ראש אחר הנחה על הראש, קודם שמהדקן.
והטעם הוא כמו שפירש הבית יוסף על דברי הרמב"ם שהביא בטור אורח חיים סימן כ"ה וזה לשונו שם, והרמב"ם כתב (הל' תפילין ד, ז) וכל המצות כולם מברך עליהם עובר לעשייתן, לפיכך צריך לברך על תפילה של יד אחר הנחה על הקבורת קודם קשירתם, שקשירתן זו היא עשייתן, עד כאן. ויש לדקדק היכי קאמר דמשום דכל המצות מברך עליהם עובר לעשייתן לפיכך צריך לברך אחר הנחתן, דאדרבא אם יברך קודם הנחה הוה מברך טפי קודם לעשייתן.
וי"ל דבעינן שיברך קודם עשייתן בסמוך, וקשירתן זו היא עשייתן, וכשמברך אחר הנחה וקודם קשירה הוי שפיר קודם לעשייתן, אבל לא יברך קודם הנחה משום דה"ל קודם דקודם, עד כאן:
Et il faut bénir sur les tefilin de la main après la pose sur la kiboret (muscle du bras), avant l'attache. Et de même sur celles de la tête après la pose sur la tête, avant qu'il les serre.
Et la raison est comme l'a expliqué le Beit Yossef sur les paroles du Rambam qu'il a apportées dans le Tour Orah 'Hayim siman 25 et voici son langage là : et le Rambam a écrit (lois des tefilin 4,7) et toutes les mitsvot toutes, on bénit sur elles over leasiyatan (immédiatement avant leur accomplissement), c'est pourquoi il faut bénir sur la tefila de la main après la pose sur la kiboret avant de les attacher, car leur attache, c'est leur accomplissement, jusqu-ici. Et il y a à préciser : comment dit-il que parce que toutes les mitsvot on bénit sur elles over leasiyatan, c'est pourquoi il faut bénir après les avoir posées, car au contraire s'il bénit avant la pose il bénirait davantage avant leur accomplissement.
Et l'on peut dire que nous requérons qu'il bénisse avant leur accomplissement dans la proximité, et leur attache c'est leur accomplissement, et lorsqu'il bénit après la pose et avant l'attache, c'est bien avant leur accomplissement, mais qu'il ne bénisse pas avant la pose parce que ce serait avant d'avant, jusqu-ici :
וכך כתב נימוקי יוסף בהדיא בהלכות תפילין וזה לשונו שם, עובר לעשייתן, קודם לעשייתן, מלשון (ש"ב יח, כג) ויעבור את הכושי, ולא אמר קודם, שהייתי אומר שיקדים הברכה הרבה לעשייתן, אלא עובר, כאשר הרץ לפני חבירו וחבירו מזרז עצמו להשיגו ומקדימו, עד כאן לשונו:
Et ainsi a écrit Nimoukei Yossef explicitement dans les lois des tefilin et voici son langage là : over leasiyatan, avant leur accomplissement, du langage de (2 Samuel 18,23) : et il dépassa le Kushite, et il n'a pas dit avant, car j'aurais dit qu'il avance la berakha beaucoup avant leur accomplissement, seulement over, comme le coureur devant son compagnon et son compagnon se hâte pour l'atteindre et le devance, jusqu-ici son langage :
הא קמן דצריך לברך קודם מעשה המצוה וסמיך ליה. ואי היה מברך על תפילין של יד ושל ראש קודם הנחתן, לא היה סמוך לעשייתן, כי עדיין חסר ב' מעשים קודם גמר עשייתן, דהיינו הנחה וקשירה ביד, והנחה והידוק בראש.
על כן צריך לברך על תפילין של יד אחר הנחה על הקיבורת, קודם שקושרם בזרוע. ובשל ראש, אחר הנחה על הראש, קודם שמהדקן:הגה"הוהידוק הוא שמהדקן ומצמצמן בראשו, כי צריך שיהיה הקשר מאחורי הראש למעלה בעורף, ולא למטה בצואר, שיהא מול עורף ממש מכוין באמצע הראש ולא שיטה לצד פנים לכאן או לכאן כדלקמן בסימן זה.
דבענין זה הוה ב' ברכות שפיר קודם עשייתן, דאי מברך עלייהו אחר קשירה והידוק, לא הוה קודם עשייתן, דקשירתן ביד והידוק בראש זוהי גמר עשייתן, ואי הוה מברך עלייהו קודם הנחה הוה ליה קודם דקודם, ואנן בעינן שיברך קודם לעשייתן בסמוך. וכך כתב הטור בסימן הנזכר בהדיא וזה לשונו, ומברך עליהן משעה שמתחיל להניחם עד שעה שמהדקם בראשו ובזרועו, עד כאן:
Voici devant nous qu'il faut bénir avant l'acte de la mitsva et tout près de lui. Et s'il bénissait sur les tefilin de la main et de la tête avant de les poser, ce ne serait pas proche de leur accomplissement, car encore deux actes manquent avant l'achèvement de leur accomplissement, à savoir la pose et l'attache à la main, et la pose et le serrage à la tête.
C'est pourquoi il faut bénir sur les tefilin de la main après la pose sur la kiboret, avant qu'il les attache au bras. Et sur celles de la tête, après la pose sur la tête, avant qu'il les serre.
Glose : et le serrage est qu'il les serre et les resserre sur sa tête, car il faut que le nœud soit derrière la tête en haut à la nuque, et non en bas au cou, qu'il soit vis-à-vis de la nuque même, aligné au milieu de la tête, et qu'il ne penche pas du côté du visage ici ou la comme plus bas dans ce siman. Car de cette manière les deux berakhot sont bien avant leur accomplissement, car s'il bénit sur elles après l'attache et le serrage, ce ne serait pas avant leur accomplissement, car leur attache à la main et le serrage à la tête, c'est l'achèvement de leur accomplissement, et s'il bénissait sur elles avant la pose ce serait avant d'avant, et nous requérons qu'il bénisse avant leur accomplissement dans la proximité.
Et ainsi a écrit le Tour dans le siman mentionné explicitement et voici son langage : et il bénit sur elles depuis l'heure où il commence à les poser jusqu'à l'heure où il les serre sur sa tête et sur son bras, jusqu-ici :
ומה שהזכיר הרמב"ם זה הדין גבי תפילין של יד בלבד, ולא כלל ג"כ תפילין של ראש שיברך עליהם קודם שמהדקן ואחר הנחתן על הראש, מטעם קודם דקודם דלעיל. הרמב"ם לשיטתיה אזיל (הל' תפילין ד, ה) דסבירא ליה דאין מברכין על שתיהן כי אם ברכה אחת שהיא להניח, (אלא אם כן שיפסיק ביניהם, שאז יברך על של ראש מצות תפילין), וכך כתבו הרבה מהמחברים כמו שאמר הטור והבית יוסף בסימן הנזכר (כה):
Et ce que le Rambam a mentionné cette loi au sujet des tefilin de la main seulement, et n'a pas compris aussi les tefilin de la tête qu'il bénisse sur elles avant qu'il les serre et après les avoir posées sur la tête, à cause de la raison d'avant d'avant ci-dessus. Le Rambam va selon sa méthode (lois des tefilin 4,5), car il tient que l'on ne bénit pas sur les deux sinon une seule berakha qui est lehaniah, (si ce n'est qu'il interrompe entre elles, alors il bénira sur celles de la tête mitsvat tefilin), et ainsi ont écrit beaucoup des auteurs comme l'ont dit le Tour et le Beit Yossef dans le siman mentionné (25) :
אבל הטור דקם בשיטת אביו הרא"ש זצ"ל דמברכין שתי ברכות אף בלא הפסק, על כן נזכרו בדברי שניהם יחדיו כמ"ש עד שעה שמהדקן בראשו ובזרועו כדלעיל, כי כמו קשירה ביד היא גמר עשייתם, כן ההידוק, ורצה לומר שמהדקן לחברן על מקומן הראוי כדלעיל הוא גמר עשייתם בראש. וכן הוא משמע מדקדוק לשון מורי ורבי בשלחן ערוך שלו שכתב בפנים (שו"ע כה, ח) שצריך לברך על תפילין של יד אחר הנחה על הקיבורת קודם קשירתן שקשירתן זו היא עשייתן, עכ"ל הפנים.
וכתב הוא ע"ז (שם בהג"ה) וז"ל, וכן בשל ראש קודם שמהדקן בראשו. על כן מדנקט קודם שמהדקן בראשו, ולא נקט קודם שמניחין בראשו, שמע מינה דסובר שמברך עליהן קודם הידוק דווקא, ולא קודם הנחתן מטעם דלעיל, וזה דקדוק אמיתי וראוי לתת לב אליו, עד כאן לשונו.
וכך כתב ג"כ רבינו יונה בספר היראה וזה לשונו, יניח תפילין של יד בזרוע שמאל למעלה מהפרק שקורין קוברי בלע"ז מטעם כנגד הלב, ויברך להניח תפילין. ואח"כ ישים על ראש כנגד המוח, ויברך על מצות תפילין, עכ"ל:
Mais le Tour qui se tient dans la méthode de son père le Roch (Rabbenou Acher), mémoire du tsadik pour bénédiction, que l'on bénit deux berakhot même sans interruption, c'est pourquoi elles ont été mentionnées dans les paroles des deux ensemble comme il a écrit jusqu'à l'heure où il les serre sur sa tête et sur son bras comme ci-dessus, car de même que l'attache à la main est l'achèvement de leur accomplissement, ainsi le serrage, et il veut dire qu'il les serre pour les joindre à leur endroit convenable comme ci-dessus, c'est l'achèvement de leur accomplissement à la tête. Et ainsi cela ressort de la précision du langage de mon maître et mon rav dans son Choulhan Aroukh qu'il a écrit dans le corps (Choulhan Aroukh 25,8) qu'il faut bénir sur les tefilin de la main après la pose sur la kiboret avant leur attache, car leur attache c'est leur accomplissement, jusqu-ici le langage du corps.
Et il a écrit là-dessus (la dans la glose) et voici son langage : et de même sur celles de la tête avant qu'il les serre sur sa tête. C'est pourquoi, de ce qu'il a pris avant qu'il les serre sur sa tête, et n'a pas pris avant qu'on les pose sur sa tête, entends de là qu'il tient qu'il bénit sur elles avant le serrage précisément, et non avant de les poser, à cause de la raison ci-dessus, et c'est une précision vraie et il convient d'y donner le cœur, jusqu-ici son langage.
Et ainsi a écrit aussi Rabbenou Yona dans Sefer haYira et voici son langage : qu'il pose les tefilin de la main au bras gauche au-dessus de l'articulation que l'on appelle kouvri en langue étrangère, à cause de la raison vis-à-vis du cœur, et qu'il bénisse lehaniah tefilin. Et ensuite qu'il les mette sur la tête vis-à-vis du cerveau, et qu'il bénisse al mitsvat tefilin, jusqu-ici son langage :
כתב עוד אבי מורי זלה"ה, וישים רצועה של יד על התיתורא של יד מיד אחר הקשירה, כדי שלא תזוז ממקומה, הואיל ובירך עליה להניח תפילין. וטוב לעשות כן, דאם היתה זזה ממקומה ולא היה יודע אם זה היה קודם הנחה של ראש או אחר הנחתה, אז היה בא לידי ספק אם צריך לחזור ולברך עליה אם לאו, ועל דרך שכתב שלחן ערוך בסימן כ"ה (סעיף יב) וזה לשונו, אם הותר של יד קודם הנחת של ראש, מהדקן ואין צריך לחזור ולברך עליה.
אבל אם הניח של ראש ואח"כ הותר של יד, מהדק ומברך, עד כאן:
Mon père mon maître, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, à encore écrit : et qu'il mette la lanière de la main sur la titoura (base de la boîte) de la main aussitôt après l'attache, afin qu'elle ne bouge pas de son endroit, puisqu'il a béni sur elle lehaniah tefilin. Et il est bon de faire ainsi, car si elle bougeait de son endroit et qu'il ne savait pas si cela était avant la pose de la tête ou après sa pose, alors il viendrait à un doute s'il faut revenir et bénir sur elle ou non, et selon la voie qu'a écrite le Choulhan Aroukh au siman 25 (alinéa 12) et voici son langage : si celle de la main s'est desserrée avant la pose de celle de la tête, il les serre et il n'a pas besoin de revenir et de bénir sur elle.
Mais s'il a posé celle de la tête et ensuite celle de la main s'est desserrée, il serre et bénit, jusqu-ici :
ותהיה מונחות שם עד אחר גמר הנחת תפילין של ראש, ואז יסירנה ויכרוך הרצועה על זרועו סביב, והתיתורא עצמה תהיה תלויה מכאן ואילך בלי רצועה על גבה. והטעם, כתב מהרי"ל וכתב בספר תולעת יעקב בשם הזוהר והביא הבית יוסף בסימן כ"ז (ב), שצריך לקרב היו"ד אל הבי"ת שלא יקצץ בנטיעות וכו'.
ומיד אחר קשירת תפילין של יד על זרוע, יניח תפילין של ראש קודם גמר כריכת הרצועה על זרועו, ואח"כ משלים הכריכות סביב לזרוע. והטעם, כתב אורחות חיים סימן כ"ה, עד כאן לשונו:
Et elles resteront posées là jusqu'après l'achèvement de la pose des tefilin de la tête, et alors il l'ôtera et enroulera la lanière autour de son bras, et la titoura elle-même sera suspendue désormais sans lanière sur elle. Et la raison, le Maharil a écrit et il est écrit dans Sefer Tolaat Yaakov au nom du Zohar et le Beit Yossef l'a apporté au siman 27 (2), qu'il faut rapprocher le youd du beit afin de ne pas couper dans les plantations etc.
Et aussitôt après l'attache des tefilin de la main sur le bras, qu'il pose les tefilin de la tête avant l'achèvement de l'enroulement de la lanière sur son bras, et ensuite il achève les enroulements autour du bras. Et la raison, Orhot 'Hayim a écrit siman 25, jusqu-ici son langage :
ואנחנו יושבי ארץ ישראל, וכן היושבים בכל מלכות ישמעאל הנמשכים אחרי קבלת הזוהר, נוהגין להניח תפילין של יד מיושב כמבואר בזוהר (ח"א קלב, ב) ובשאר מקובלים שתפילין של יד נגד מדת מלכות שעליה נאמר (ישעיה ו, א) וארא את ה' יושב על כסא רם ונשא, בסוד אשה היושבת תחת בעלה.הגה"הוחכמי סודות נתנו סימן, (שמות יז, טז) כי יד על כס, פירוש תפילין של יד יניח יושב על כסא: ותפילין של ראש מעומד מפני כבודו של מלך שהוא כמשל עולם הזכר.
על כן כורכין רצועות סביב הזרוע שבעה כנגד (אסתר ב, ט) שבעה נערות הראויות לתת לה מאת המלך. ועל פי זה נתפשט המנהג בארצות האלה לעשות הכריכות של רצועות תכף אחר הנחת של יד על הקבורת קודם הנחת של ראש, על כן לא ישים רצועה של יד על התיתורא של יד כלל, מאחר שסובב הרצועה ז' פעמים על הזרוע:
Et nous les habitants de la terre d'Israël, et de même ceux qui habitent dans tout le royaume d'Ishmael qui suivent la réception du Zohar, avons coutume de poser les tefilin de la main assis comme il est expliqué dans le Zohar (vol. 1, 132b) et chez les autres kabbalistes, que les tefilin de la main sont vis-à-vis de l'attribut de Malkhout dont il est dit (Isaie 6,1) : et je vis ה' assis sur un trône haut et élevé, au secret d'une femme qui est assise sous son mari.
Glose : et les sages des secrets ont donné un signe, (Exode 17,16) : car une main sur כס, explication : les tefilin de la main, qu'il les pose assis sur un trône. Et les tefilin de la tête debout à cause de l'honneur du Roi qui est à l'image du monde mâle.
C'est pourquoi l'on enroule les lanières autour du bras sept, en regard de (Esther 2,9) : sept jeunes filles convenables à lui donner de la part du roi. Et d'après ceci la coutume s'est étendue dans ces pays de faire les enroulements des lanières aussitôt après la pose de celle de la main sur la kiboret avant la pose de celle de la tête, c'est pourquoi il ne mettra pas du tout la lanière de la main sur la titoura de la main, puisqu'il fait tourner la lanière 7 fois sur le bras :
וזה לשון התיקונים (תקון מז, פד, א), ויברא א-להים את האדם בצלמו בצלם א-להים ברא אותו (בראשית א, כז), האי פקודא דתפילין תא חזי, כל מאן דאנח תפילין על רישיה ועל דרועא, קלא סליק בכל יומא לכל חיוון מרכבות ואופנים שרפים ומלאכים דמאנין על צלותין הבו יקר לדיוקנא דמלכא דאיהו מאן דאנח תפילין, דעליה אתמר ויברא א-להים את האדם בצלמו בצלם א-להים ברא אותו. בצלמו, בתפילין דרישא כגוונא דתפילין דמאריה עלמא דאינין שכינתיה עילאה תפילין על רישיה, ואיהו עמידא דאמציעותא, ואיהו כללא דתלת ספירין קדמאין ועמודא דאמצעותא כלל שית ספירין ואימא עילאה תפילין על רישא איהו תפילין דאנח קודשא בריך הוא בכל יומא.
תפילין דיד, דא שכינתיה תתאה ואיהו קשירא ליה, ועליה אתמר (שם מד, ל) ונפשו קשורה בנפשו, תרווייהו ביחודא חדא בקטורא חדא רצועה כריכא באצבעא שמאלא דא קידושין דילה, ואיהו טבעת כריכא באצבעא דילה ובה איהי קשירא עימיה ואיהו עמה, עד כאן לשונו:
Et voici le langage des Tikounim (Tikoun 47, 84a) : et Elokim créa l'homme à Son image, à l'image d'Elokim Il le créa (Genèse 1,27). Ce précepte des tefilin, viens et vois : quiconque pose des tefilin sur sa tête et sur son bras, une voix monte chaque jour à tous les vivants, chars et roues, serafim et anges qui sont commis sur les tefilot : donnez honneur à l'image du Roi, qui est quiconque pose des tefilin, dont il est dit : et Elokim créa l'homme à Son image, à l'image d'Elokim Il le créa.
À Son image : dans les tefilin de la tête, à la manière des tefilin du Maître du monde, qui sont Sa Chekhina supérieure, tefilin sur Sa tête, et Il est le pilier du milieu, et Il est l'inclusion des trois premières sefirot, et le pilier du milieu comprend six sefirot, et Ima Ilaa (Mère supérieure) tefilin sur la tête, ce sont les tefilin que le Saint, béni soit-Il, pose chaque jour. Les tefilin de la main : ceci est Sa Chekhina inférieure et Il est lié à elle, et d'elle il est dit (Genèse 44,30) : et son âme est liée à son âme, toutes deux dans une seule unification dans un seul lien, une lanière enroulée au doigt gauche, ceci est ses fiançailles, et c'est un anneau enroulé à son doigt et par lui elle est liée avec Lui et Lui avec elle, jusqu-ici son langage :