Le mérite de la volonté, agréée des mondes sans colère, est le sommet d'un degré éminent ; Razal ont dit que celui qui se met en colère est comme un servant d'idolâtrie : « il n'y aura pas en toi d'el zar ». Le Chla rapporte du Zohar que l'homme se connaît à sa colère : s'il garde la nechama, il est intègre ; s'il l'arrache, un el zar repose en lui. Il explique le secret de la volonté : le monde est créé dans Sa bonne volonté ; la colère est tirée de l'el zar et parole ou acte dans la colère est offrande au sitra a'hra. Celui qui se met en colère n'a pas de part dans la Torah.
Aussi : la colère des rabbins, bonne pour l'honneur de la Torah ; Papasterita qui saisit ce qu'on jette dans la colère pour en faire offrande ; on ne transmet le Nom qu'à qui ne se met pas en colère
דעו בני, כי מעלת הרצון רצוני לומר שיהיה עולמות מרוצה לא יתקצף ולא יתכעס, הוא רום מעלה ממעלות הרמות, ובהיפך מדה רעה וגרועה, מדת הכעס אין רעה בעולם כרעה זו, עד שאמרו רז"ל במסכת שבת פרק האורג (קה, ב) שהכועס כעובד עבודה זרה ועליו נאמר (תהלים פא, י) לא יהיה בך אל זר:
Sachiez, mes fils, que le mérite de la volonté, je veux dire qu'il soit agréé des mondes, qu'il ne s'irrite pas et ne se mette pas en colère, c'est le sommet d'un degré parmi les degrés éminents, et à l'inverse une qualité mauvaise et vile, la qualité de la colère, il n'est pas de mal dans le monde comme ce mal-là, jusqu'à ce que Razal aient dit dans le traité Chabbat, chapitre HaOreg (105b), que celui qui se met en colère est comme un servant d'idolâtrie, et sur lui il est dit (Psaumes 81,10) : il n'y aura pas en toi d'el zar (dieu étranger) :
ובזוהר פרשת תצוה (ח"ב קב, א) האריך בזה, אמר שם על פסוק (ישעיה ב, כב) חדלו לכם מן האדם אשר נשמה באפו זה לשונו, כד ברא הקב"ה לבר נש, עביד ליה בדיוקנא עילאה ונפח ליה רוחא קדישא דכליל בתלת כמה דאוקימנא דאית ביה נפש רוח ונשמה, ועילה מכל נשמה דאיהי חילא עילאה למנדע ולמנטר פקודוי דקודשא בריך הוא. ואי ההיא נשמתא קדישא אעיל לה בפולחנא אחרא, האי איהו מסאב לה ונפיק מפולחנא דמריה, בגין דתלת חילין אילין כלהו חד, נפש רוח נשמה משתתפי כחדא והוו חד, וכלהו כגוונא דרזא עלאה, על דא נאמר (משלי יג, כ) הולך את החכמים יחכם.
ואי חזינן להאי בר נש דהוי ביה אילין דרגין כלהו עד לא קיימי בקיומה למנדע אן איהו, במאי אתיידע לקרבא בר נש בהדיה, אי בגין לאתמנעי מיניה ברוגזיה ממש ידע ליה וישתמודע מאן איהו. אי ההוא נשמתא קדישא נטר בשעתא דרוגזיה, לא יעקר לה מאתרה בגין למשרי תחותיה ההוא אל זר, דא איהו בר נש כדקא יאות, דא איהו עבדא דמאריה, דא איהו גבר שלים:
Et dans le Zohar, paracha Tetsave (vol. 2, 102a) il s'est étendu sur ceci, il a dit là sur le verset (Isaie 2,22) : cessez pour vous de l'homme dont le souffle est dans son nez, voici son langage : lorsque le Saint, béni soit-Il, créa l'homme, Il le fit à l'image supérieure et lui insuffla un esprit saint compris en trois, comme nous avons établi qu'il y a en lui âme, esprit et nechama, et au-dessus de tout, la nechama, qui est une force supérieure pour connaître et pour garder les commandements du Saint, béni soit-Il.
Et si cette nechama sainte, il l'introduit dans un autre service, voici celui-ci la souille et il sort du service de son Maître, parce que ces trois forces, toutes sont une, âme, esprit, nechama s'associent comme une et elles sont une, et toutes sont à la manière du secret supérieur, sur cela il est dit (Proverbes 13,20) : celui qui va avec les sages devient sage. Et si nous voyons cet homme en qui sont tous ces degrés, avant qu'ils se tiennent dans leur tenue pour savoir où il est, par quoi se reconnaît-on pour approcher un homme de lui, ou pour s'abstenir de lui : par sa colère même on le connaît et on reconnaît qui il est.
Si cette nechama sainte, il la garde à l'heure de sa colère, il ne l'arrache pas de sa place afin de faire reposer sous elle cet el zar, voici celui-ci est un homme comme il convient, voici celui-ci est le serviteur de son Maître, voici celui-ci est un homme intègre :
ואי ההוא בר נש לא נטיר לה, ואיהו עקר קדושה דא עילאה מאתריה, למשוי באתר דסטרא אחרא, ודאי דא איהו בר נש דמריד במאריה ואסור לאיתקרבא בהדיה ולאתחברא עמיה, ודא איהו (איוב יח, ד) טורף נפשו באפו, איהו טריף ועקר נפשו בגין רוגזיה ואשרי בגויה אל זר. ועל דא כתיב חדלו לכם מן האדם אשר נשמה באפו, דההיא נשמתא קדישא טריף לה וסאיב לה בגין אפו, אשר נשמה מחליף באפו, כי במה נחשב הוא עובד אלילים איתחשב ההוא בר נש, ומאן דאשתעי בהדיה כמאן דאתחבר בעבודה זרה ממש.
מאי טעמא, בגין דעבודת גלולים ממש שרי בגוויה. ולא עוד, אלא דעקר קדושה עילאה מאתריה ושארי באתריה עבודת אלילים אל זר.
מה אל זר כתיב ביה (ויקרא יט, ד) אל תפנו אל האלילים, כגוונא דא אסור לאסתכלא באנפוי. ואי תימא, הא רוגזא דרבנן.
רוגזא דרבנן טב איהו בכל סטרין, דהא תנינין דאורייתא אשא הוא, ואורייתא קא מרתחי ליה, דכתיב (ירמיה כג, כט) הלא כה דברי כאש נאם ה', רוגזא דרבנן במילי דאורייתא, רוגזא דרבנן למיהב יקרא לאורייתא, וכלא לפלחנא דקודשא בריך הוא. אבל אי במילין אחרינן, לאו פולחנא דקב"ה הוא, בגין דכל חטאים דקא עביד בר נש איהו עבודת אלילים ממש, ואסור לקרבא בהדיה בהאי:
Et si cet homme ne la garde pas, et qu'il arrache cette sainteté supérieure de sa place, pour la placer dans le lieu du sitra a'hra (l'Autre Côté), certes voici celui-ci est un homme qui se rebelle contre son Maître et il est interdit de s'approcher de lui et de s'associer avec lui, et ceci est (Job 18,4) : il déchire son âme dans sa colère, il déchire et arrache son âme à cause de sa colère et il fait reposer en lui un el zar. Et sur cela il est écrit : cessez pour vous de l'homme dont le souffle est dans son nez, car cette nechama sainte, il la déchire et la souille à cause de sa colère, lui qui échange la nechama contre sa colère, car en quoi est-il compté : cet homme est compté comme un servant d'idoles, et quiconque parle avec lui est comme celui qui s'associe à l'idolâtrie même.
Quelle est la raison : parce que l'idolâtrie même repose en lui. Et non seulement cela, mais il arrache la sainteté supérieure de sa place et repose à sa place l'idolâtrie, el zar.
Qu'est-il écrit de l'el zar (Lévitique 19,4) : ne vous tournez pas vers les idoles, de même il est interdit de regarder son visage. Et si tu dis : voici la colère des rabbins.
La colère des rabbins est bonne de tous les côtés, car nous avons appris que la Torah est un feu, et la Torah le fait bouillir, comme il est écrit (Jérémie 23,29) : n'est-ce pas ainsi, Ma parole est comme le feu, oracle de ה', la colère des rabbins est dans les paroles de Torah, la colère des rabbins est pour donner honneur à la Torah, et le tout est pour le service du Saint, béni soit-Il. Mais si c'est dans d'autres paroles, ce n'est pas le service du Saint, béni soit-Il, parce que toutes les fautes que l'homme fait, il est idolâtrie même, et il est interdit de s'approcher de lui en cela :
ואי תימא, הא שעתא הוה דעבר, והדר אהדר. לאו הכי, דכיון דעקר קדושה דנפשיה מיניה ומאתריה, וההוא אל זר אתתקף ביה ולא שביק ליה.
[בר] כד אתיא (לפנינו אתכדי) בר נש מכל וכל ועקר ליה לעלמין, ולבתר אשתדל לאתקדשא ולאמשכא קדושה עליה כדין ולואי דאתקדש, א"ל ר' יוסי, אתקדש ממש. אמר ליה תא חזי, בשעתא דאיהו עקר קדושה דנפשיה ושריא באתריה ההוא אל זר, אסתאב בר נש ואקרי טמא וסאיב למאן דקריב בהדיה, וההיא קדושה ערקת מיניה.
וכיון דערקת מיניה זמנא חדא, כמה יעבד בר נש עד דתתוב לאתריה. אמר ליה, אי הכי כמה מסאבין אינון דמתדכאן.
אמר ליה שאני מסאבין אחרא דלא יכול למעבד יתיר, אבל דא שנייא מכלא, וכלא גופא סאיב מגו ומבר, ונפשא כולא מסאיב. ושאר מסאבו דעלמא, לאו איהו, אלא גופא לבר בלחודוי, ובגין דא חדלו לכם מן אדם אשר נשמה באפו, דאחליף קדושה דמארי' בגין אפו ודא הוא מסאבו דמסאיב כלא, כי במה נחשב הוא, במה עבודת אלילים ודאי נחשב איהו.
תא חזי, האי איהו רוגזא דאיהו עבודת אלילים סטרא אחרא, כמה דאמינא דבעא בר נש לאסתמרא מיניה ולאתפרשא מעלוי, ועל דא כתיב (שמות לד, יז) א-להי מסכה לא תעשה לך, בגין לאבאשא לגרמך. וכתיב בתריה (שם יח), את חג המצות תשמור, דא סטרא דקדושה דבעא בר נש לנטרא ליה, ולא יחליף ליה בגין סטרא אחרא.
ואי יחליף ליה האי, איהו מסאב, וסאיב לכל מן דקריב בהדיה, את חג המצות תשמור דא איהו אתר דאקרי שמור, ובגין כך כתיב תשמור, עכ"ל:
Et si tu dis : voici c'était une heure qui a passé, et ensuite il est revenu. Il n'en est pas ainsi, car dès lors qu'il a arraché de lui et de sa place la sainteté de son âme, cet el zar s'est fortifié en lui et ne le lâche pas.
Seulement lorsqu'un homme vient entièrement (devant nous : lorsqu'il advient) et l'arrache à jamais, et ensuite s'efforce de se sanctifier et d'attirer sur lui la sainteté, alors, si seulement il se sanctifiait. Rabbi Yose lui dit : il se sanctifie vraiment.
Il lui dit : viens et vois, à l'heure où il arrache la sainteté de son âme et que cet el zar repose à sa place, l'homme est souillé et est appelé impur et il souille celui qui s'approche de lui, et cette sainteté a fui de lui. Et dès lors qu'elle a fui de lui une fois, combien l'homme fera-t-il jusqu'à ce qu'elle retourne à sa place.
Il lui dit : s'il en est ainsi, combien d'impurs y a-t-il qui sont purifiés. Il lui dit : les autres impuretés sont différentes, qu'il ne peut pas faire plus, mais celle-ci diffère de tout, et tout le corps est souillé du dedans et du dehors, et l'âme tout entière est souillée.
Et le reste de l'impureté du monde n'est pas ainsi, seulement le corps au-dehors seul, et à cause de cela : cessez pour vous de l'homme dont le souffle est dans son nez, qui a échangé la sainteté de son Maître à cause de sa colère, et ceci est l'impureté qui souille tout, car en quoi est-il compté, il est certes compté comme idolâtrie. Viens et vois, ceci est la colère qui est idolâtrie, sitra a'hra, comme j'ai dit qu'un homme doit se garder d'elle et se séparer d'elle, et sur cela il est écrit (Exode 34,17) : tu ne te feras pas de dieux de métal fondu, afin de ne pas te faire du mal.
Et il est écrit à sa suite (ibid. 18) : tu garderas la fête des pains sans levain, ceci est le côté de la sainteté qu'un homme doit garder, et qu'il ne l'échange pas à cause du sitra a'hra.
Et s'il l'échange, celui-ci est impur, et il souille quiconque s'approche de lui ; tu garderas la fête des pains sans levain, ceci est un lieu appelé "garde", et à cause de cela il est écrit "tu garderas", jusqu-ici son langage :
וזה לשון הראשית חכמה בשער הענוה פרק ב', וכאשר יסתכל האדם במה שביאר הרשב"י ע"ה במאמר הזה, שהכועס עוקר כל הקדושה שבו שהם נפש ורוח ונשמה, ומפני ששלשתם קשר אחד קראם הכתוב (איוב יח, ד) נפשו טורף נפשו וגו', וזהו שאמר דתלת חילין כלהו חד. והשמיענו הרשב"י ע"ה במאמר הזה גודל העונש, שלא נאמר שאין הפגם אלא בנפש לבד אבל לא בשאר, שאין הדברים כן, אלא כל הקדושה שבו מסתלקת, שכיון שמשרה בו הקליפה, הקדושה בורחת שהוא מכניס ומשליט שפחה במקום גבירתה, דכיון שהוא עון עבודת אלילים ממש, ודומה לחטא עבודת אלילים שעשו ישראל שהכניסו צלם בהיכל שברחה השכינה משם כנודע.
ולכן כיון שמשרה בתוכו אל זר שהוא עבודת אלילים באופן שמטמא גופו ונפשו, דין הוא שישכח תלמודו, שהשכחה היא הקליפה, כאמרו (בראשית מ, כג) ולא זכ"ר שר המשקים את יוסף וישכחהו. ושכינה אינה חשובה כנגדו, כמו שפירש במאמר הזה בסופו בענין את חג המצות דא סטרא דקדושא:
Et voici le langage de Reshit 'Hokhma dans la porte de l'humilité, chapitre 2 : et lorsque l'homme regardera ce qu'a expliqué le Rashbi (Rabbi Shimon bar Yohai), que la paix soit sur lui, dans ce dit, que celui qui se met en colère arrache toute la sainteté qui est en lui, qui sont âme et esprit et nechama, et parce que les trois sont un seul lien, l'Écriture les a appelés (Job 18,4) son âme : il déchire son âme, etc., et c'est ce qu'il a dit : ces trois forces, toutes sont une. Et le Rashbi, que la paix soit sur lui, nous a fait entendre dans ce dit la grandeur du châtiment, qu'on ne dise pas que le défaut n'est que dans l'âme seule mais pas dans le reste, que les choses ne sont pas ainsi, mais toute la sainteté qui est en lui se retire, car dès lors que la kelipa (écorce) repose en lui, la sainteté fuit, car il introduit et établit une servante à la place de sa maîtresse, puisqu'il est l'iniquité de l'idolâtrie même, et il ressemble à la faute d'idolâtrie qu'ont faite Israël lorsqu'ils ont introduit une idole dans le Sanctuaire, que la Chekhina a fui de là comme il est connu.
Et c'est pourquoi, dès lors qu'il fait reposer en lui un el zar qui est idolâtrie, de manière qu'il souille son corps et son âme, c'est justice qu'il oublie son étude, car l'oubli est la kelipa, comme il a dit (Genèse 40,23) : et le chef des échansons ne se souvint pas (זכ"ר) de Yosef et l'oublia. Et la Chekhina n'est pas considérée en face de lui, comme il a expliqué à la fin de ce dit au sujet de : tu garderas la fête des pains sans levain, ceci est le côté de la sainteté :
והענין שגם זה לעומת זה עשה הא-להים (קהלת ז, יד), כמו ששכינה היא כוללת כל המדות העליונות, וע"י התראות וממשלות עילת העילות כמבואר בשער היראה פרק א', גם אל זר שהוא כנגדה בו כללות כל כחות הטומאה, והוא הכופר בהשגחה כמו שבארנו בשער היראה פרק ח', לכן אמר (נדרים כב, א) כל מיני גיהנם, שכלם נמשכו מקליפה זו, ושאר כל העונשים מבוארים בזה. והנה השכינה אינה שורה אלא על לב נשבר ונדכה, וכיון שהוא כועס הרי לבו מתגאה עליו, ומיד אל זר שורה עליו, והוא כלל הטומאה:
Et l'affaire est que ceci aussi, en face de cela, Elokim l'a fait (Kohelet 7,14), de même que la Chekhina comprend toutes les qualités supérieures, et par les manifestations et les dominations de la Cause des causes comme il est expliqué dans la porte de la crainte, chapitre 1, aussi l'el zar qui est en face d'elle a en lui l'ensemble de toutes les forces de l'impureté, et il est celui qui nie la providence comme nous avons expliqué dans la porte de la crainte, chapitre 8, c'est pourquoi il a dit (Nedarim 22a) toutes les espèces de Guehinnom, que toutes ont été tirées de cette kelipa, et tout le reste des châtiments sont expliqués en ceci. Et voici la Chekhina ne repose que sur un cœur brisé et écrasé, et dès lors qu'il se met en colère, voici son cœur s'enorgueillit sur lui, et aussitôt l'el zar repose sur lui, et il est l'ensemble de l'impureté :
ולכן אמר אסור לאתחברא בהדיה, מפני שעבודת גלולים קרויה זבחי מתים, ותקרובת עבודת אלילים מטמאה או במשא או באוהל אליבא דר' יהודה בן בתירא, כמו שאמרו במסכת חולין פרק קמא (יג, א) על שחיטת נכרי נבילה ומטמאה במשא, אמרו שם, דתניא ר' יהודה בן בתירא אומר, מנין לתקרובת עבודת אלילים שהיא מטמאה במשא, שנאמר (תהלים קו, כח) ויצמדו לבעל פעור ויאכלו זבחי מתים, מה מת מטמא באוהל, אף תקרובת עבודת אלילים מטמא באהל, עד כאן לשונם:
Et c'est pourquoi il a dit : il est interdit de s'associer avec lui, parce que l'idolâtrie est appelée sacrifices des morts, et l'offrande d'idolâtrie souille soit par le port soit par la tente selon Rabbi Yehuda ben Beteira, comme ils ont dit dans le traité Hulin, premier chapitre (13a), sur l'immolation d'un non-juif : c'est une nevela (charogne) et elle souille par le port, ils ont dit là, comme il est enseigné : Rabbi Yehuda ben Beteira dit, d'où que l'offrande d'idolâtrie souille par le port, comme il est dit (Psaumes 106,28) : et ils s'attachèrent à Baal Peor et ils mangèrent des sacrifices de morts, de même que le mort souille dans une tente, ainsi l'offrande d'idolâtrie souille dans une tente, jusqu-ici leur langage :
ושמעתי מפי מהר"ר יצחק אשכנזי ע"ה, שטורף נפשו פירושו שעושה אותה טריפה. ואפשר לדקדק פירוש זה בלשון הזוהר, דקאמר ההיא נשמתא קדישא טריף לה וסאיב לה בגין אפיה, ואמרו סאיב לה, מאחר שהוא טריפה והטריפה נקראת מתה, שטריפה אינה חיה י"ב חודש, ודאי שמטמא ג"כ הכועס, כי נפשו הקדושה היתה שוכנת בלבו, וכיון שהכניס הקליפה היא סירכא נאחזת בה ומטמא את הנפש.
וכן אמר למטה, ונפשא וכלא מסאב. ואינו דומה אל הבהמה שהיא טריפה שאינה מטמאה אם נשחטה בסכין כשר, אבל כאן עושה אותה נבילה ששוחט הנפש בסכין פגום שהוא סמאל סם אל זר.
ואפשר לדקדק פירוש זה ג"כ בלשון הזוהר, שאמר ודא איקרי טורף נפשו באפו איהו טריף ועקר נפשיה בגין רוגזיה, ואמר ועקר, היינו עיקור הסימנין שהיא מה' דברים המפסידין את השחיטה שעושין אותה נבילה ומטמא במשא. וכמו שעיקר הסימנין הוא עקירת הדבר שלא כסדר הנהוג חוץ מהטבע, כן הכועס, שעיקר הקדושה טבעה לדור באדם שלכך נברא, וזה על כרחה עוקר אותה ממקומה, נמצא במלת טורף ב' פירושים ושניהם אמת.
ונמצא על דרך זה, שהכועס שהוא כהן ומטמא עצמו בטמא מת, שכל הנשמות הן מצד אברהם הנקרא כהן, כמו שפירשתי בפרשת משפטים שבת כהן היא בת אברהם, וכיון שכועס ממית נשמתו, והמת מטמא, נמצא כהן מטמא בטמא מת, עד כאן לשון הראשית חכמה:
Et j'ai entendu de la bouche de notre maître le rav Rabbi Yitshak Ashkenazi, que la paix soit sur lui, que "il déchire son âme" s'explique : il en fait une treifa (déchirure qui rend impropre). Et il est possible de préciser cette explication dans le langage du Zohar, qu'il dit : cette nechama sainte, il la déchire et la souille à cause de sa colère, et ils ont dit : il la souille, dès lors qu'elle est treifa et que la treifa est appelée morte, car une treifa ne vit pas 12 mois, certes celui qui se met en colère souille aussi, car son âme sainte résidait dans son cœur, et dès lors qu'il a introduit la kelipa, elle est une sircha (adhérence) qui s'y accroche et souille l'âme.
Et ainsi il a dit plus bas : et l'âme et le tout est souillé. Et cela ne ressemble pas à la bête qui est treifa, qui ne souille pas si elle a été immolée avec un couteau valide, mais ici il en fait une nevela, car il immole l'âme avec un couteau défectueux qui est Samael (סם אל זר).
Et il est possible de préciser cette explication aussi dans le langage du Zohar, qu'il a dit : et ceci est appelé il déchire son âme dans sa colère, il déchire et arrache son âme à cause de sa colère, et il a dit : et il arrache, c'est l'arrachement des simanim (signes de la gorge), qui est des 5 choses qui invalident l'immolation, qui en font une nevela et elle souille par le port. Et de même que l'essentiel des simanim est l'arrachement de la chose hors de l'ordre habituel, hors de la nature, ainsi celui qui se met en colère, car l'essentiel de la sainteté, sa nature est de résider dans l'homme, c'est pour cela qu'il a été créé, et celui-ci contre son gré l'arrache de sa place, il se trouve dans le mot טורף deux explications et les deux sont vraies.
Et il se trouve de cette manière que celui qui se met en colère, qui est kohen, se souille lui-même par l'impureté du mort, car toutes les nechamot sont du côté d'Avraham qui est appelé kohen, comme j'ai expliqué dans la paracha Mishpatim, qu'une fille de kohen est fille d'Avraham, et dès lors qu'il se met en colère il fait mourir sa nechama, et le mort souille, il se trouve un kohen qui se souille par l'impureté du mort, jusqu-ici le langage de Reshit 'Hokhma :
והנה באתי לבאר הענין, מדוע ככה רעת הכעס ורוממות הרצון. ובהתבאר הענין, בודאי יגיע מזה התעוררות גדול.
סוד הרצון גדול ונורא במאוד, בארתיו בהקדמה תולדות אדם בארוכה סוד עלה ברצונו ברוך הוא לברוא את העולם ברצונו הטוב בנדבה בלי הכרח, רק משלימות מדת טובו להטיב לזולתו, והוא רוצה בקיומם ובטובתם. ואף שזה לעומת זה עשה הא-להים (קהלת ז, יד) ברא טוב וברא רע, זה הרע בשביל הטוב.
כי אלו לא היה מדת רע שהוא הדין, לא נתקיים הטוב, ובבחינה זו מדת הדין מתהפך למדת הרחמים, והדבר זה מבואר בארוכה בהקדמת הנ"ל, והכל נכלל ברצון הטוב, ובזה מובן סוד האחדות. ואין רע יורד מלמעלה אלא למי שמעורר אותו וממשיך אותו על עצמו ומפריד את עצמו מהאחדות, אז הדין דין, והוא דין אמת להיות הרע מכלה את עצמו בר מינן להיות כי התעורר החימה והכעס שהוא היפך הרצון, כי כן שורש פורה של הרע ס"א סמאל הוא אל זר, והנמשך ממנו הוא אף וחימה כו' בר מינן, כוחות הכעס, כאשר מצינו בנחש שליח סמאל, התחילה באף כמו שאמרו רז"ל (בר"ר יט, ב) ד' התחילו באף, וסימנא קנא"ה, קרח נחש אופה המן, וכולם מרכבתו של סמאל המורד באדונו אדון עולם יתברך שמו.
ואז מבוארים דברי רז"ל בגמרא ובזוהר שהטעם בו אל זר, כי הרצון מורה על אחדותו יתברך, והכעס הוא נמשך מאל זר המורד בו ונעשה במה, ואסור להסתכל בו, ומה שעושה האדם בכעס הן דבור הן מעשה מכל תקרובת לההוא סטרא אחרא אל זר:
Et voici je suis venu expliquer l'affaire, pourquoi ainsi le mal de la colère et l'élévation de la volonté. Et lorsque l'affaire sera expliquée, certes il en viendra un grand éveil.
Le secret de la volonté est grand et terrible à l'extrême, je l'ai expliqué dans l'introduction Toldot Adam en long, le secret de : il est monté dans Sa volonté, béni soit-Il, de créer le monde, dans Sa bonne volonté, en don, sans contrainte, seulement de la perfection de l'attribut de Sa bonté pour faire du bien à un autre, et Il veut leur existence et leur bien. Et même que ceci en face de cela, Elokim l'a fait (Kohelet 7,14), Il a créé le bien et Il a créé le mal, ce mal est pour le bien.
Car si l'attribut du mal, qui est le din, n'était pas, le bien ne se serait pas maintenu, et sous cet aspect l'attribut du din se renverse en attribut des miséricordes, et cette chose est expliquée en long dans l'introduction mentionnée ci-dessus, et le tout est compris dans la bonne volonté, et par ceci est compris le secret de l'unité. Et aucun mal ne descend d'en haut sinon vers celui qui l'éveille et l'attire sur lui-même et se sépare lui-même de l'unité, alors le din est din, et c'est un din de vérité que le mal se consume lui-même, loin de nous, parce qu'il a éveillé la fureur et la colère qui est l'inverse de la volonté, car ainsi la racine florissante du mal, le sitra a'hra, Samael, il est el zar, et ce qui est tiré de lui est la colère et la fureur etc., loin de nous, les forces de la colère, comme nous trouvons dans le serpent, envoyé de Samael, il a commencé par אף, comme ont dit Razal (Bereshit Rabba 19,2) : 4 ont commencé par אף, et le signe est קנא"ה : Korah, na'hach, ofe, Haman, et tous sont la merkeva (char) de Samael qui se rebelle contre son Seigneur, Seigneur du monde, béni soit Son Nom.
Et alors sont expliquées les paroles de Razal dans la Guemara et dans le Zohar, que la raison en lui est el zar, car la volonté indique Son unité, béni soit-Il, et la colère est tirée de l'el zar qui se rebelle contre Lui et devient une bama (autel), et il est interdit de le regarder, et ce que l'homme fait dans la colère, soit parole soit acte, est tout offrande à ce sitra a'hra, el zar :
ובזוהר בהיכל אחד מהיכלות הטומאה אמרו (ח"ב רסג, ב) זה לשונם, ועילא מילין אתייחד ממנה פפסטריטא, וכמה גרדיני נימוסין, והאי ממנא דעלייהו נטלין מילין בישין, והכי נמי נטלין כל אלין דזריק בר נש בידוי כד רוגזיא שריא עלוי, דהא כדין האי ממנא פפסטריטא נקיט האי מלה דזריק בר נש ברוגזיה וסליק ואמר, דא הוא קרבנא דפלניא דקריב לסטרא דילן. בגין דכל סטרא דנייחא, איהו מסטרא דימינא ומסטרא דמהינותא.
וכל סטרא דרוגזא, איהו מסטרא אחרא בישא, סטרא מסאבא. ועל דא מאן דאשדי מן ידוי מידי ברוגזא, כל אלין נטלין לה להאי מלה דאזדריק וסלקין לה לעילא ואתקריב לההוא סטרא, ואמרה, דא קרבנא דפלנייא, וכרוז קארי בכל אינון רקיעין ואמרי, ווי לפלנייא דאסטי בתר אל זר ופלח לאל אחר.
וכרוזא קארי זמנא תניינא ואמר, אוי להם כי נדדו ממני וגומר (הושע ז, יג), זכאה איהו בר נש דאסתמר מאורחוי ולאיסטיא לימינא ולשמאלא, ולא ינפול בגו בירא עמיקא דלא יכיל לסלקא מיניה, עד כאן לשונם:
Et dans le Zohar, dans un palais des palais de l'impureté, ils ont dit (vol. 2, 263b) voici leur langage : et au-dessus des paroles s'est distingué d'elle Papasterita, et plusieurs gardiens des lois, et ce préposé qui est sur eux, ils prennent les mauvaises paroles, et de même ils prennent toutes celles qu'un homme jette de ses mains lorsque la colère repose sur lui, car alors ce préposé Papasterita saisit cette chose qu'un homme jette dans sa colère et il monte et dit : ceci est l'offrande d'un tel qui a offert à notre côté.
Parce que tout côté de repos est du côté de la droite et du côté de la foi. Et tout côté de colère est du côté autre, mauvais, côté impur.
Et sur cela, quiconque jette de sa main quelque chose dans la colère, tous ceux-ci la prennent, cette chose qui a été jetée, et ils la font monter en haut et elle est offerte à ce côté, et elle dit : ceci est l'offrande d'un tel, et un héraut crie dans tous ces firmaments et ils disent : malheur à un tel qui s'est écarté après el zar et a servi un autre dieu. Et le héraut crie une seconde fois et dit : malheur à eux car ils ont fui loin de Moi, etc.
(Osée 7,13), heureux est l'homme qui se garde de ses voies et de s'écarter à droite et à gauche, et qu'il ne tombe pas au-dedans d'un puits profond dont il ne peut monter, jusqu-ici leur langage :
הרי מבואר סוד הכעס וסוד הרצון, וברצון שלמעלה הכל טוב לא יגור במגוריו רע, ואצילות מדת הדין קדוש וטהור והוא לתכלית עצם הטוב. ובזה יובן מאמר הזוהר הנ"ל בענין רוגזא דרבנן טב איהו לכבוד קיום אורייתא.
אבל מי שכועס מצד כעס, אז הוא אל זר:
Voici, le secret de la colère et le secret de la volonté sont expliqués, et dans la volonté d'en haut tout est bien, le mal ne séjournera pas dans Ses demeures, et l'Atsilout de l'attribut du din est saint et pur et il est pour le but de l'essence même du bien. Et par ceci sera compris le dit du Zohar mentionné ci-dessus au sujet de la colère des rabbins, elle est bonne, pour l'honneur de la tenue de la Torah.
Mais celui qui se met en colère du côté de la colère, alors il est el zar :
והנה כבר פירשתי שהעולם נברא ברצון, ונודע כי בתורה נברא העולם כמו שאמרו רז"ל (בר"ר א, א) שהיה הקב"ה מסתכל בתורה וברא העולם. והנחש שהתחיל באף (בראשית ג, א) כפר בבריאה יש מאין, שאמר מן העץ הזה אכל וברא את העולם (בר"ר יט, ד).
על כן הכועס אין לו חלק בתורה, כמו שאיתא בפסחים (סו, ב) כל הכועס אם חכם הוא חכמתו מסתלקת, אם נביא נבואתו מסתלקת. ובמסכת קדושין (עא, א), אין מוסרין את השם אלא מי שעומד באמצע ימיו ואינו כועס.
ומביא בראשית חכמה מעשה מהחסיד ר' יעקב אשכנזי ז"ל שהיה חכם מופלא בחכמה, ורצה ללמד חכמתו לר' יודא החסיד, וקודם ניסהו בענין הכעס. והיתה קבלה בידם, שלא למסור החכמה אלא למי שינסוהו בכעס ולא יכעוס, ונסהו ו' פעמים וכו':
Et voici j'ai déjà expliqué que le monde à été créé par la volonté, et il est connu que par la Torah le monde à été créé, comme ont dit Razal (Bereshit Rabba 1,1) que le Saint, béni soit-Il, regardait dans la Torah et a créé le monde. Et le serpent qui a commencé par אף (Genèse 3,1) a nié la création yech me-ayin (l'être à partir du néant), car il a dit : de cet arbre Il a mangé et a créé le monde (Bereshit Rabba 19,4).
C'est pourquoi celui qui se met en colère n'a pas de part dans la Torah, comme il est dans Pesahim (66b) : quiconque se met en colère, s'il est sage sa sagesse se retire, s'il est prophète sa prophétie se retire. Et dans le traité Kidouchin (71a), on ne transmet le Nom qu'à celui qui se tient au milieu de ses jours et ne se met pas en colère.
Et Reshit 'Hokhma apporte un récit du pieux Rabbi Yaakov Ashkenazi, de mémoire bénie, qui était un sage extraordinaire en sagesse, et il voulut enseigner sa sagesse à Rabbi Yuda le pieux, et auparavant il l'éprouva au sujet de la colère. Et ils avaient une tradition en leurs mains, de ne transmettre la sagesse qu'à celui qu'on éprouve dans la colère et qui ne se met pas en colère, et il l'éprouva 6 fois, etc. :