Ce passage poursuit : la raison de la netila est un soupçon d'impureté, de peur que l'on touche à la terouma (prélèvement sacerdotal). Selon le Chla, le décret demeure car bientôt le Temple sera reconstruit ; hamotsi ou non, les mains ordinaires ont rendu le pain impur. Rachi dans Yoma et les élèves de Rabbenou Yona tiennent qu'il faut une netila pour le peu de pain mangé afin de donner goût à la boisson, sans hamotsi, car on bénit sur l'essentiel. Les Tossefot et le Roch lient netila et hamotsi seulement après un hesséah ha-daat (détournement de l'esprit) pour manger. Faute d'explicite chez les décideurs, il est bon de se laver sans bénir.
Aussi : oubli de la première berakha : avaler puis bénir, ou écarter le fruit ; doute péri haetz ou haadama : Bore péri haadama, chéhakol acquitte même pain et vin ; doute s'il a béni : seule Birkat haMazon
ועוד דזיל בתר טעמא, דטעם נטילה משום סרך טומאה, פירוש שמא יגע בתרומה ויטמאנה. ואע"ג דתרומה בזמן הזה ליתא, גזרינן אטו מהרה יבנה בית המקדש משום דתרומה חמירא ונימא דכולא חדא גזירה משום סרך תרומה, לכשיבנה בית המקדש, א"כ מה לי נגיעה הטעונה המוציא, מה לי נגיעה שאינה טעונה המוציא, והלא בין כך ובין כך נטמאה בנגיעת סתם ידים, דאטו דמשום שהוא טפילה לשתייה ופטורה מברכת המוציא לאו פת הוא.
וראייה לזאת הסברא, מה שהוצרכו רז"ל נטילה לדבר שטיבולו במשקה, (עיין לעיל כלל ה' סימן ה' (צ"ל א)), אעפ"י שהמשקה טפל לאותו דבר שמטבלין בו, וק"ל:
Et encore, va selon la raison : la raison de la netila est à cause d'un soupçon d'impureté, explication : de peur qu'il touche à la terouma et la rende impure. Et bien que la terouma n'existe pas en ce temps-ci, nous décrétions à cause de : bientôt le Temple sera reconstruit, parce que la terouma est sévère, et nous dirons que tout est un seul décret à cause du soupçon de terouma, pour lorsque le Temple sera reconstruit.
S'il en est ainsi, que m'importe un contact qui requiert hamotsi, que m'importe un contact qui ne requiert pas hamotsi, et voici que de toute façon elle a été rendue impure par le contact de mains ordinaires. Est-ce que parce qu'il est accessoire à la boisson et exempt de la berakha du hamotsi, ce n'est pas du pain ?
Et une preuve pour ce raisonnement : ce que Razal ont requis une netila pour une chose dont le trempage est dans un liquide (vois plus haut klal 5 siman 5 (il faut dire 1)), bien que le liquide soit accessoire à cette chose dans laquelle on trempe, et c'est simple :
וכך משמע מפירוש רש"י ממה שפירש ביומא (בפרק אמר להם הממונה (ל, א)) על ברייתא, והביאו הטור בסימן קע"ז זה לשונם שם, תנו רבנן, הלכה בסעודה, אדם יוצא להטיל מים לידו אחת ונכנס, דיבר עם חבירו והפליג נוטל שתי ידיו ונכנס, וכשהוא נוטל לא יטול מבחוץ מפני החשד כו', עד אמר רב חסדא לא אמרן אלא לשתות, אבל לאכול נוטל מבחוץ כו'. פירש רש"י ז"ל, הלכה בסעודה, כלומר הלכה זו אמרו בהלכות סעודה.
אדם יוצא מתוך הסעודה להשתין מים נוטל ידו אחת, אותה ששפשף בה ניצוצות. והפליג שעה נוטל שתי ידיו, דכיון שהפליג שעה או שתים, הסיח דעתו מסעודתו ולא נזהר לשמור ידיו והן עסקניות.
לא יטול מבחוץ, שלא יאמרו עליו שלא נטל. לא אמרן דלא יטול מבחוץ אלא שלא צריך עוד לאכול, אלא לשתות הוא נכנס שהיו רגילין להאריך לשהות בשתייה אחר המזון, (פירוש לפירושו, היינו לאחר שסלקו ידיהם מן הפת קודם שיברכו ברכת המזון), ומיהו צריך ליטול שמא יתן פרוסה לתוך פיו, עד כאן לשונו:
Et ainsi s'entend de l'explication de Rachi, de ce qu'il a expliqué dans Yoma (au chapitre Amar lahem haMemoune (30a)) sur une beraita, et le Tour l'a apportée au siman 177, voici leur langage là : nos maîtres ont enseigné, une halakha au repas : un homme sort pour uriner, [il lave] une main et entre ; il a parlé avec son compagnon et s'est éloigné, il lave ses deux mains et entre ; et lorsqu'il lave, qu'il ne lave pas au-dehors à cause du soupçon etc., jusqu'à : Rav Hisda a dit, nous n'avons dit cela que pour boire, mais pour manger il lave au-dehors etc. Rachi de mémoire bénie a expliqué : une halakha au repas, c'est-à-dire cette halakha, ils l'ont dite dans les lois du repas.
Un homme sort du milieu du repas pour uriner, il lave une main, celle avec laquelle il a frotté les gouttes. Et il s'est éloigné une heure, il lave ses deux mains, car puisqu'il s'est éloigné une heure où deux, il a détourné son esprit de son repas et n'a pas pris garde à garder ses mains, et elles sont affairées.
Qu'il ne lave pas au-dehors, afin qu'on ne dise pas de lui qu'il n'a pas lavé. Nous n'avons dit qu'il ne lave pas au-dehors que lorsqu'il n'a plus besoin de manger, mais c'est pour boire qu'il entre, car ils avaient l'habitude de s'attarder à rester à boire après l'aliment (explication de son explication : c'est-à-dire après qu'ils ont retiré leurs mains du pain avant de bénir Birkat haMazon), toutefois il faut laver de peur qu'il mette un morceau dans sa bouche, jusqu-ici son langage :
הא לך בהדיא לפירוש רש"י דזה אין צריך לאכול עוד, והעיקר שהוא חוזר ונכנס הוא לשתות, כדפירש רש"י בהדיא, ואפ"ה צריך נטילה לכי יאכל פת שהוא טפל לשתייה. ופשיטא דהנטילה אינה משום ברכת המוציא, מדנקט רש"י בפירושו בהאי לישנא שמא יתן פרוסה לתוך פיו, ולא נקט לישנא קלילא שמא יברך ברכת המוציא בלי נטילה, שמע מינה דסבירא ליה לרש"י אליבא דברייתא זו, דאין צריך לברך ברכת המוציא על פת זו מטעם שהיא טפילה לשתייה, כי אינו צריך עוד לאכול אלא לשתות הוא נכנס כדפירש רש"י כנזכר.
ומה שהוא אוכל עכשיו מעט פת, הוא אוכל כדי להטעים השתיה כדלעיל, ומעיקרא ודאי נמי הוא דצריך לברך בימיהם ביין שלאחר המזון, דהלכה פסוקה היא דיין בתוך המזון אינו פוטר יין שלאחר המזון, וא"כ ברכת המשקה פוטר את הפת הואיל והיא טפילה כדין כל שהוא עיקר ועמו טפילה מברך על העיקר כו', אפילו הכי ס"ל דצריך נטילה כמו לעיקר אכילת פת ממש מטעם דסרך תרומה במקומה עומד כדלעיל:
Voici pour toi explicitement selon l'explication de Rachi que celui-ci n'a plus besoin de manger, et l'essentiel pour lequel il revient et entre est pour boire, comme Rachi l'a expliqué explicitement, et même ainsi il faut une netila lorsqu'il mangera du pain qui est accessoire à la boisson. Et il est évident que la netila n'est pas à cause de la berakha du hamotsi, du fait que Rachi a pris dans son explication ce langage : de peur qu'il mette un morceau dans sa bouche, et n'a pas pris le langage léger : de peur qu'il bénisse la berakha du hamotsi sans netila.
Tu entends de là que Rachi tient, selon cette beraita, qu'il n'est pas besoin de bénir la berakha du hamotsi sur ce pain, pour la raison qu'il est accessoire à la boisson, car il n'a plus besoin de manger, mais c'est pour boire qu'il entre, comme Rachi l'a expliqué comme mentionné. Et ce peu de pain qu'il mange maintenant, il le mange afin de donner goût à la boisson comme plus haut.
Et dès le départ certainement aussi il faut bénir en leurs jours sur le vin d'après le repas, car c'est une halakha tranchée que le vin au sein du repas n'exempte pas le vin d'après le repas. Et s'il en est ainsi, la berakha de la boisson exempte le pain puisqu'il est accessoire, selon la loi : tout ce qui est essentiel et avec lui un accessoire, il bénit sur l'essentiel etc., même ainsi il tient qu'il faut une netila comme pour l'essentiel d'une consommation de pain véritable, pour la raison que le soupçon de terouma demeure à sa place comme plus haut :
וכן פירשו נמי שם בהדיא תלמידי רבינו יונה בסוף פרק אלו דברים (מב, ב ברי"ף), גבי ברייתא דהפליג דלעיל דמייתי לה רב אלפסי התם זה לשונו, ובכאן יש להקשות היכי קאמר לא אמרן אלא לשתות, והרי אין צריך נטילת ידים לשתיה. וי"ל שדרכם הי' בשעת שתייה לאכול מעט כדי שיוכלו לשתות, ולפיכך אמרו דצריך נטילה מפני אותו המעט שאוכל.
וצריך שיעשה בפנים שיראו חביריו שהעיקר היא השתייה יחשדו אותו שאינו נותן על לבו ליטול ידיו, כמו אם יהיו אוכלים. אבל כשהעיקר הוא האכילה, לא יחשדו אותו שלא נטל ידיו [ומותר], מפי מורי הרב נר"ו, עד כאן לשונו:
Et ainsi ont aussi expliqué explicitement là les élèves de Rabbenou Yona a la fin du chapitre Elou devarim (42b dans le Rif), au sujet de la beraita de il s'est éloigné ci-dessus que Rav Alfasi y apporte, voici son langage : et ici il y a à objecter : comment dit-il, nous n'avons dit cela que pour boire, et voici qu'il n'est pas besoin de netilat yadayim pour la boisson. Et l'on peut dire que leur voie était, à l'heure de la boisson, de manger un peu afin de pouvoir boire, et c'est pourquoi ils ont dit qu'il faut une netila à cause de ce peu qu'il mange.
Et il faut qu'il le fasse à l'intérieur afin que ses compagnons voient : l'essentiel étant la boisson, ils le soupçonneraient de ne pas prendre à cœur de se laver les mains, comme s'ils mangeaient. Mais lorsque l'essentiel est le manger, ils ne le soupçonneront pas de n'avoir pas lavé ses mains [et c'est permis], de la bouche de mon maître le rav, que son Rocher et son Rédempteur le gardent, jusqu-ici son langage :
מדכתבו שדרכם היה בשעת שתייה לאכול מעט כדי שיוכלו לשתות, הנה לפירוש זה אע"ג דאין המאכל לפניו, כלפניו דמי, הואיל והיה דרכם בכך כנזכר בסמוך. והנה א"כ בודאי ס"ל דאין צריך לברך המוציא על אותה פת שאוכלין בשעת שתייה כדי שיוכל לשתות, כדין כל שהוא עיקר ועמו טפילה דמברך על העיקר וכו', ואפ"ה כתבו דצריך נטילה מפני אותו המעט שאוכל.
שמע מינה בהדיא דסברי ליה לתלמידי דרבינו יונה, דצריך נטילת ידים לפת אפי' כשהוא טפילה ואינה טעונה ברכת המוציא, אפ"ה צריך ליטול ידיו, והיינו נדון דידן ממש:
Du fait qu'ils ont écrit que leur voie était, à l'heure de la boisson, de manger un peu afin de pouvoir boire, voici selon cette explication : bien que l'aliment ne soit pas devant lui, c'est comme s'il était devant lui, puisqu'ainsi était leur voie comme mentionné tout près. Et voici, s'il en est ainsi, certainement ils tiennent qu'il n'est pas besoin de bénir hamotsi sur ce pain que l'on mange à l'heure de la boisson afin de pouvoir boire, selon la loi : tout ce qui est essentiel et avec lui un accessoire, il bénit sur l'essentiel etc., et même ainsi ils ont écrit qu'il faut une netila à cause de ce peu qu'il mange.
Tu entends de là explicitement que les élèves de Rabbenou Yona tiennent qu'il faut netilat yadayim pour le pain même lorsqu'il est accessoire et qu'il ne requiert pas la berakha du hamotsi, même ainsi il faut se laver les mains, et c'est exactement notre cas :
ואין להקשות ממה שפירשו התוספות בפרק ערבי פסחים (פסחים קב, א ד"ה כשהן יוצאין) ובפרק כסוי הדם (חולין פו, ב ד"ה אסור) והרא"ש בפרק כסוי הדם, על ההיא דהפליג דלעיל, מדטעון נטילת ידים הוא הדין ברכת המוציא. דהמובן מתוך דבריהם דסבירא להו דנטילת ידים וברכת המוציא תלוים זה בזה.
דיש לתרץ דאין רצון המפרשים הנזכרים לומר כמ"ש מדטעין נטילה הוא הדין ברכת המוציא שיהא צריך לברך ברכת המוציא עכ"פ, דהיינו דקאי בין אלאכול ובין אלשתות הנזכרים לעיל בדברי רב חסדא:
Et l'on ne soulèvera pas de difficulté de ce qu'ont expliqué les Tossefot au chapitre Arvei Pessahim (Pessahim 102a s.v. כשהן יוצאין) et au chapitre Kissouy haDam (Houlin 86b s.v. אסור) et le Roch au chapitre Kissouy haDam, sur celle de il s'est éloigné ci-dessus : du fait qu'il requiert netilat yadayim, c'est la même loi pour la berakha du hamotsi. Car ce que l'on comprend de leurs paroles est qu'ils tiennent que netilat yadayim et la berakha du hamotsi dépendent l'une de l'autre.
Car il y a à résoudre : ce n'est pas la volonté des commentateurs mentionnés de dire, comme ce qu'ils ont écrit : du fait qu'il requiert une netila c'est la même loi pour la berakha du hamotsi, qu'il faille bénir la berakha du hamotsi en tout cas, c'est-à-dire que cela porte tant sur pour manger que sur pour boire mentionnés plus haut dans les paroles de Rav Hisda :
אלא נראה לעניות דעתי דכך רצו לומר, כי מאחר דנחשב ההיא דהפליג להיסח הדעת לענין נטילת ידים כדתני בהדיא בברייתא דהפליג, הכי נמי נחשב הפלגה זו להיסח הדעת לענין המוציא היכי דשייך המוציא, כגון שיצא באמצע הסעודה והפליג ונכנס לאכול, דאז נוטל ידיו כדתניא בברייתא הנזכרת, והיינו אבל לאכול דאמר רב חסדא דלעיל. ועל זה כתבו התוספות והרא"ש מדטעין נטילת ידים הוא הדין ברכת המוציא, דהוי היסח הדעת לענין המוציא, שצריך לחזור ולברך המוציא כמו לענין נטילת ידים לפי דעת הברייתא זאת הסוברת דלא אמרינן לקיבעא קמא קא הדר, (והתוספות כתבו שם ואין הלכה כאותה ברייתא, אלא אפילו ברכה לכתחלה לא צריך, דקיימא לן כרב חסדא דאמר לקיבעא קמא הדר).
אבל אלשתות דקאמר רב חסדא, לא איירי התוספות והרא"ש כלל. ולא בעו עתה להשמיענו במה שאמרו מדטעין נטילת ידים הוא הדין ברכת המוציא רק להוכיח מההיא להפליג דין אחר אשר הם בו שם במקום הנזכר, והוא דהיסח הדעת בסעודה צריך לברך לפניו ולא לאחריו, אשר על זה הולך וסובב כל דבור תוספות ההוא הנזכר.
וזהו שכתבו שם אחר שכתבו מדטעין נטילת ידים, ומשמע דהוא הדין ברכת המוציא כנ"ל, סיימו דבריהם ז"ל אבל ברכת המזון לא קאמר כו':
Mais il apparaît selon mon humble avis que c'est ainsi qu'ils ont voulu dire : puisque celle de il s'est éloigné est considérée comme un hesséah ha-daat pour l'affaire de netilat yadayim, comme il est enseigné explicitement dans la beraita de il s'est éloigné, ainsi aussi cet éloignement est considéré comme un hesséah ha-daat pour l'affaire du hamotsi là où le hamotsi s'applique, comme s'il est sorti au milieu du repas et s'est éloigné et est entré pour manger, car alors il lave ses mains comme il est enseigné dans la beraita mentionnée, et c'est : mais pour manger, que Rav Hisda a dit plus haut. Et sur cela les Tossefot et le Roch ont écrit : du fait qu'il requiert netilat yadayim, c'est la même loi pour la berakha du hamotsi, car c'est un hesséah ha-daat pour l'affaire du hamotsi, qu'il faut revenir et bénir hamotsi comme pour l'affaire de netilat yadayim selon l'avis de cette beraita qui tient que nous ne disons pas : il revient à la première fixation, (et les Tossefot ont écrit là : et la halakha n'est pas comme cette beraita, mais même une berakha à priori il n'est pas besoin, car nous tenons comme Rav Hisda qui a dit : il revient à la première fixation).
Mais quant à pour boire que Rav Hisda a dit, les Tossefot et le Roch n'en ont pas traité du tout. Et ils n'ont pas maintenant voulu nous enseigner, par ce qu'ils ont dit : du fait qu'il requiert netilat yadayim c'est la même loi pour la berakha du hamotsi, que seulement pour prouver de celle de il s'est éloigné une autre loi dont ils s'occupent là au lieu mentionné, et c'est qu'un hesséah ha-daat au repas requiert de bénir avant lui et non après lui, autour de quoi va et tourne tout ce propos des Tossefot mentionné.
Et c'est ce qu'ils ont écrit là, après qu'ils ont écrit : du fait qu'il requiert netilat yadayim, et il s'entend que c'est la même loi pour la berakha du hamotsi comme ci-dessus, ils ont achevé leurs paroles de mémoire bénie : mais Birkat haMazon il n'a pas dit etc. :
הרי לך בהדיא שכל עיקרם בזה הדבור ההוא להשמיענו דהיסח הדעת צריך לברך על מה שרוצה לאכול, ולא על מה שאכל כבר, ולאפוקי מיש מפרשים דהיסח הדעת מזקיק ברכה אחרונה על מה שאכל כבר, דהיינו ברכת המזון, (ע"ל בחלק י"ב בסימן ז' מביא פירוש רש"י והתוספות והרא"ש שחולקים בזה). דאי לא תימא הכי, ותאמר מה שכתבו התוספות והרא"ש מדטעין נטילת ידים הוא הדין ברכת המוציא וכו', הוא קאי ג"כ על מה שאמר שם רב חסדא, לא אמרן אלא לשתות, ופירושו שדרכם היה בשעת שתייה לאכול מעט כדי למתק השתייה כדלעיל.
א"כ תמה על עצמך, איך כתבו התוספות והרא"ש על זה מדטעין נטילת ידים הוא הדין ברכת המוציא, והלא איירי הכא דהשתייה היא עיקר והפת טפילה לה, וכי לית להו הא דתנן (ברכות פ"ו מ"ז) כל שהוא עיקר ועמו טפילה מברך על העיקר ופוטר את הטפילה, כדלעיל בפנים:
Voici pour toi explicitement que tout leur essentiel dans ce propos-là est de nous enseigner qu'un hesséah ha-daat requiert de bénir sur ce qu'il veut manger, et non sur ce qu'il a déjà mangé, et pour exclure certains commentateurs [qui tiennent] qu'un hesséah ha-daat oblige une berakha finale sur ce qu'il a déjà mangé, c'est-à-dire Birkat haMazon (vois plus haut dans la partie 12 au siman 7, il apporte l'explication de Rachi et des Tossefot et du Roch qui divergent en cela). Car si tu ne dis pas ainsi, et que tu dises que ce qu'ont écrit les Tossefot et le Roch : du fait qu'il requiert netilat yadayim c'est la même loi pour la berakha du hamotsi etc., cela porte aussi sur ce qu'a dit là Rav Hisda : nous n'avons dit cela que pour boire, et son explication : que leur voie était à l'heure de la boisson de manger un peu afin d'adoucir la boisson comme plus haut.
S'il en est ainsi, étonne-toi toi-même : comment les Tossefot et le Roch ont-ils écrit sur cela : du fait qu'il requiert netilat yadayim c'est la même loi pour la berakha du hamotsi, et voici qu'il s'agit ici de ce que la boisson est l'essentiel et le pain lui est accessoire, et n'ont-ils pas cela qu'ont enseigné (Berakhot chapitre 6 michna 7) : tout ce qui est essentiel et avec lui un accessoire, il bénit sur l'essentiel et exempte l'accessoire, comme plus haut dans le corps :
אלא ודאי על כרחך צריך לומר מה שכתבו התוספות והרא"ש מדטעין נטילת ידים הוא הדין ברכת המוציא, הוא קאי דוקא על אבל לאכול שאמר רב חסדא בלבד כדלעיל, דאז הנטילה וברכת המוציא באין כאחד, לסברת ברייתא זו דסברא דלא אמרינן לקיבעא קמא הדר, ועל זה כתבו התוס' והרא"ש, מדטעין נטילת ידים הוא הדין ברכת המוציא, אבל לא ברכת המזון. וכל עיקרם להוכיח מכאן דהיסח הדעת מזקיק ברכה ראשונה על מה שרוצה לאכול, אבל למפרע על מה שאכל כבר לא, מדלא הוזכר שם בברייתא ג"כ ברכת המזון.
אבל אלשתות דקאמר רב חסדא דנוטל גם כן ידיו כדלעיל בברייתא דהפליג, לא אמרו התוס' והרא"ש מדטעין נטילת ידים ה"ה ברכת המוציא, דהא אין טעון ברכת המוציא אליבא דכולי עלמא, אפילו אי ס"ל דהוה היסח הדעת לענין נטילת ידים מכל מקום הואיל והשתייה היא עיקר והפת טפילה לשתייה היא פוטרת הפת מברכת המוציא מכח כל שהוא עיקר ועמו טפילה כדלעיל, ומבואר למבין:
Mais certainement, de force, il faut dire que ce qu'ont écrit les Tossefot et le Roch : du fait qu'il requiert netilat yadayim c'est la même loi pour la berakha du hamotsi, cela porte uniquement sur mais pour manger que Rav Hisda a dit seulement, comme plus haut, car alors la netila et la berakha du hamotsi viennent ensemble, selon l'avis de cette beraita qui tient que nous ne disons pas qu'il revient à la première fixation, et sur cela les Tossefot et le Roch ont écrit : du fait qu'il requiert netilat yadayim c'est la même loi pour la berakha du hamotsi, mais non Birkat haMazon. Et tout leur essentiel est de prouver d'ici qu'un hesséah ha-daat oblige une première berakha sur ce qu'il veut manger, mais rétroactivement sur ce qu'il a déjà mangé, non, du fait que Birkat haMazon n'a pas non plus été mentionnée là dans la beraita.
Mais quant à pour boire que Rav Hisda a dit, qu'il lave aussi ses mains comme plus haut dans la beraita de il s'est éloigné, les Tossefot et le Roch n'ont pas dit : du fait qu'il requiert netilat yadayim c'est la même loi pour la berakha du hamotsi, car voici qu'il ne requiert pas la berakha du hamotsi selon tous les avis, même s'ils tiennent que c'est un hesséah ha-daat pour l'affaire de netilat yadayim, néanmoins puisque la boisson est l'essentiel et le pain est accessoire à la boisson, elle exempte le pain de la berakha du hamotsi en vertu de tout ce qui est essentiel et avec lui un accessoire comme plus haut, et c'est clair pour qui comprend :
ומכל מקום הואיל ולא מצינו בשום פוסק מפורש בהדיא שצריך ליטול בפת טפילה דנדון דידן, טוב בעיני שמי שרוצה לאכול פת בשעת שתייה כדי שיוכל לשתות הרבה לתיאבון, שיטול ידיו ולא יברך על נטילת ידים, ואז יסולק מכל ספיקות דברכות אינן מעכבות. וטוב מזה מי שלא אוכל בשעת שתייה משום מתוק השתייה כלל, כי אם כששותה בתוך הסעודה דהיינו לאחר ברכת המוציא וקודם ברכת המזון.
כי שמא מתוך כך יבא לידי מעילה, כי לא בקיאינן השתא שפיר מתי אוכלין משום מתוק השתייה, או משום מילוי כרס. אם לא יודע בבירור גמור שהוא אוכל אותו כדי למתק השתיה, אז יאכל בלי ברכה.
והמחמיר תבא עליו ברכה:
Et néanmoins, puisqu'on n'a trouvé chez aucun décideur d'explicite clairement qu'il faille se laver pour le pain accessoire de notre cas, il est bon à mes yeux que celui qui veut manger du pain à l'heure de la boisson afin de pouvoir boire beaucoup avec appétit, se lave les mains et ne bénisse pas sur netilat yadayim, et alors il sera écarté de tous les doutes, car les berakhot n'empêchent pas. Et mieux que cela, celui qui ne mange pas du tout à l'heure de la boisson à cause de l'adoucissement de la boisson, sinon lorsqu'il boit au sein du repas, c'est-à-dire après la berakha du hamotsi et avant Birkat haMazon.
Car peut-être que de là il viendra à une faute, car nous ne sommes pas maintenant bien compétents [à distinguer] quand on mange à cause de l'adoucissement de la boisson, ou à cause du remplissage du ventre. S'il ne sait pas en une clarté complète qu'il le mange afin d'adoucir la boisson, alors qu'il mange sans berakha.
Et celui qui est rigoureux, que la berakha vienne sur lui :
הכלל הח' הוא מה שכתב הטור בסימן קע"ב זה לשונו, שכח והכניס לתוך פיו בלא ברכה ראשונה, אם הם משקין, בולען ומברך עליהם מיד בבליעתן, והוי כמו עובר להנאתן, וזהו לדעת הרא"ש ז"ל. ואחרים חולקים עליו, שסוברים שבולען ואינו מברך עליהם ברכה ראשונה שכבר עברה, ומעוות לא יוכל לתקן הוא (קהלת א, טו).
ופסק מורי בשלחן ערוך שלו (קעב, א) דמברכין עליהן. ואם הם פירות שכשיוציאם מפיו נמאסו, מסלקן לצד אחד ומברך, ואחר כך בולען.
ואם אינם נמאסין, כגון פולין, פולטן מפיו עד שיברך:
Le 8e principe est ce qu'a écrit le Tour au siman 172, voici son langage : il a oublié et a introduit dans sa bouche sans première berakha, s'il s'agit de boissons, il les avalé et bénit sur elles aussitôt à leur déglutition, et c'est comme avant leur jouissance, et ceci est selon l'avis du Roch de mémoire bénie. Et d'autres divergent de lui, qui tiennent qu'il les avalé et ne bénit pas sur elles de première berakha, car elle est déjà passée, et ce qui est tordu ne pourra être redressé (Kohelet 1,15).
Et mon maître a décidé dans son Choulhan Aroukh (172, 1) que l'on bénit sur elles. Et s'il s'agit de fruits qui, lorsqu'il les sortira de sa bouche, seront devenus repoussants, il les écarte d'un côté et bénit, et ensuite il les avalé.
Et s'ils ne deviennent pas repoussants, comme des fèves, il les crache de sa bouche jusqu'à ce qu'il bénisse :
הכלל הט' אם הוא מסופק בפרי אם הוא פרי העץ או פרי האדמה, יברך בורא פרי האדמה (ברכות פ"ו מ"ב). ועל הכל שאמר שהכל יצא (שם), ואפילו על הפת ויין, כך כתב הטור בסימן ר"ב ובסימן ר"ו.
וכך כתב השלחן ערוך (רב, יח בהג"ה. רו, א).
ועיין לעיל בכלל ה' סימן י"ג (צ"ל ט), ובכלל ג' סימן ג' (צ"ל ב):
Le 9e principe : s'il est en doute sur un fruit, s'il est péri haetz ou péri haadama, il bénira Bore péri haadama (Berakhot chapitre 6 michna 2). Et sur tout, s'il a dit chehakol, il s'est acquitté (la), et même sur le pain et le vin, ainsi a écrit le Tour au siman 202 et au siman 206.
Et ainsi a écrit le Choulhan Aroukh (202, 18 dans la glose. 206, 1).
Et vois plus haut au klal 5 siman 13 (il faut dire 9), et au klal 3 siman 3 (il faut dire 2) :
הכלל הי' הוא מה שכתב השלחן ערוך בסימן ר"ד (צ"ל רט, ג) ובסימן קפ"ד (סעיף ד), כל הברכות אם נסתפקו אם בירך אם לאו, אינו מברך לא בתחלה ולא בסוף. חוץ מברכת המזון, מפני שהיא של תורה:
Le 10e principe est ce qu'a écrit le Choulhan Aroukh au siman 204 (il faut dire 209, 3) et au siman 184 (alinéa 4) : toutes les berakhot, s'ils ont été en doute s'il a béni ou non, il ne bénit ni au début ni à la fin. Hormis Birkat haMazon, parce qu'elle est de la Torah :