La Michna : on bénit sur le principal et l'on exempte l'accessoire, même si les berakhot ne sont pas égales ; le Beit Yossef y joint la berakha finale. Le Chla rapporte du Roch et des Tossefot que l'accessoire est exempté même sans dommage dans la gorge ; le Tour n'a pris le pain avec le poisson salé que pour montrer que même le pain peut être accessoire. Son maître écrit que si l'accessoire est cher on bénit d'abord dessus, et que s'il précède le principal on bénit chehakol. S'il mange du pain pour boire, la berakha de la boisson l'exempte s'il est devant soi, en tête ou habituel ; sinon hamotsi, et la netila reste requise.
Aussi : fruit béni tombé ou perdu : on rebénit et l'on dit « Béni le Nom de la gloire de Son royaume » ; ne pas interrompre entre la berakha et le manger ; moins d'un volume d'olive ou d'un reviit, berakha avant seulement
הכלל הד' הוא מה שכתב הטור בסימן הנזכר, נטל בידו פרי לאוכלו ובירך עליו, ונפל מידו או נמאס ונאבד, צריך לחזור ולברך אעפ"י שהיה מאותו המין לפניו יותר כשבירך על הראשון, רק שלא היה דעתו עליו לאכלו. וכן הוא סברת הרבה גדולים, כמו שהביאם הבית יוסף בסימן הנזכר, וכן פסק מהר"ם בשלחן ערוך שלו (רו, ו).
וצריך לומר ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד על שהוציא שם שמים לבטלה. ואם אמר כשנפל ברוך אתה י' ולא אמר א-להינו, יסיים ויאמר למדני חקיך, שיהיה נראה כקורא בפסוק ואין כאן הוצאת שם שמים לבטלה:
Le 4e principe est ce qu'a écrit le Tour au siman mentionné : il a pris dans sa main un fruit pour le manger et a béni dessus, et il est tombé de sa main ou il est devenu répugnant et s'est perdu, il faut revenir et bénir bien qu'il y avait de cette même espèce davantage devant lui lorsqu'il a béni sur le premier, seulement qu'il n'avait pas en tête de le manger. Et ainsi est l'avis de beaucoup de grands, comme les a apportés le Beit Yossef au siman mentionné, et ainsi a décidé Maharam dans son Choulhan Aroukh (206, 6).
Et il faut dire : Béni le Nom de la gloire de Son royaume à jamais et à perpétuité, parce qu'il a fait sortir le Nom des Cieux en vain. Et s'il a dit lorsqu'il est tombé : Béni sois-Tu ה' et n'a pas dit Elokenou, qu'il achève et dise : enseigne-moi Tes décrets (Psaumes 119,12), afin qu'il paraisse comme lisant dans le verset et qu'il n'y ait pas ici de sortie du Nom des Cieux en vain :
הכלל הה' הוא מה שכתב הטור בסימן הנזכר, שכל אלו הברכות צריך שלא יפסיק בין ברכה לאכילה או לשתייה:
Le 5e principe est ce qu'a écrit le Tour au siman mentionné, que toutes ces berakhot, il faut qu'il n'interrompe pas entre la berakha et le manger ou la boisson :
הכלל הו' הוא מה שכתוב בשלחן ערוך סימן ר"י, דהאוכל פחות מכזית בין מפת בין משאר אוכלים, והשותה פחות מרביעית בין מיין בין משאר משקין, מברך תחלה הברכה הראויה לאותו מין, ולאחריו אינו מברך כלל וכו', עד ויש מסתפקים בברכה אחרונה של יין אם מברכין אותה אפילו על כזית, או ברביעית, לכן טוב ליזהר שלא לשתות אלא או פחות מכזית או רביעית כדי לסלק מן הספק, עד כאן. ומסיק הטור והשלחן ערוך בסימן ק"ץ (סעיף ג), אחר טעימת כוס של ברכת המזון אי אפשר לשתות פחות מכזית, דכל דבר שצריך כוס צריך לשתות ממנו מלא לוגמיו שהוא רוב רביעית, הלכך ישתה רביעית שלם כדי שיברך אחריו ברכה אחרונה, עיין לעיל בכלל ד' סימן י' (צ"ל ז).
וכתב הטור והשלחן ערוך בסימן קפ"ד (סעיף ו) שיעור אכילה לברך עליה ברכת המזון בכזית. וכן הוא בסימן קס"ח (סעיף ט).
ודע כי מהרא"י בפסקים וכתבים שלו בסימן כ"ו כתב, דשיעור כזית הוא חצי ביצה. וכן הוא במהרי"ל בהלכות חלה, ובליקוטי מהרי"ל, ובשלחן ערוך סימן תפ"ו:
Le 6e principe est ce qui est écrit dans le Choulhan Aroukh siman 210 : celui qui mange moins d'un volume d'olive, que ce soit de pain ou des autres aliments, et celui qui boit moins d'un reviit (mesure d'un quart), que ce soit de vin ou des autres boissons, bénit d'abord la berakha qui convient à cette espèce, et après lui il ne bénit pas du tout etc., jusqu'à : et il y a qui sont dans le doute sur la berakha finale du vin, si l'on bénit celle-ci même sur un volume d'olive, ou sur un reviit, c'est pourquoi il est bon de prendre garde à ne boire que ou moins d'un volume d'olive ou un reviit afin d'écarter le doute, jusqu-ici. Et le Tour et le Choulhan Aroukh concluent au siman 190 (paragraphe 3), après la dégustation de la coupe de Birkat haMazon il n'est pas possible de boire moins d'un volume d'olive, car toute chose qui a besoin d'une coupe, il faut en boire une gorgée pleine qui est la majorité d'un reviit, c'est pourquoi qu'il boive un reviit entier afin de bénir après lui une berakha finale, vois plus haut au klal 4 siman 10 (il faut lire 7).
Et le Tour et le Choulhan Aroukh ont écrit au siman 184 (paragraphe 6) que la mesure du manger pour bénir dessus Birkat haMazon est d'un volume d'olive. Et ainsi est-il au siman 168 (paragraphe 9).
Et sache que Mahara"i (Moreno haRav Israël) dans ses Pessakim ou Ketavim au siman 26 a écrit que la mesure du volume d'olive est un demi-œuf. Et ainsi est-il dans le Maharil (Moreno haRav Yaakov haLevi) dans les lois de la halla, et dans les Likoutei Maharil, et dans le Choulhan Aroukh siman 486 :
הג"ה זה נאמר לענין כזית אכילה, אבל כזית הנזכר במשקין בכל מקום, רצו לומר שיעור מה שמפיל זית כשנותנין אותו בכלי מלא משקין. ועיין בתוס' סוכה דף ו' (א ד"ה גפן) ובתוס' דעירובין דף ד' (א ד"ה גפן).
אבל אין רצונם לומר כזית הנאמר במשקין שיהיו כל כך משקין שאלו היו נקרשין שיעמדו על הזית, על כרחך זה אינו, דאם כן היה שיעור כזית הנאמר פה לענין ברכה אחרונה מכוון ממש לרביעית הנזכר פה, דהא איתא בהדיא ריש פרק המוציא יין (שבת עז, א) דרביעית יין לח כשנקרש עומד על כזית, וא"כ מאי האי דכתב השלחן ערוך סימן ר"י (סעיף א) והובא לעיל בפנים כלל ו' וזה לשונו, ויש מסתפקים בברכה אחרונה של יין אם מברכים אותה אפילו על כזית, או ברביעית, לכן טוב ליזהר כו'. והלא אידי ואידי חד שיעור הוא, ודו"ק:
Glose : ceci a été dit au sujet du volume d'olive du manger, mais le volume d'olive mentionné pour les boissons en tout endroit, ils ont voulu dire la mesure de ce qu'une olive déplace lorsqu'on la met dans un récipient plein de boissons. Et vois dans les Tossefot Souccot 6a s.v. gefen et dans les Tossefot d'Erouvin 4a s.v. gefen.
Mais ils n'ont pas voulu dire que le volume d'olive dit pour les boissons soit tant de boissons que si elles se figeaient elles se tiendraient sur l'olive, de force ceci n'est pas, car s'il en était ainsi la mesure du volume d'olive dite ici au sujet de la berakha finale serait ajustée exactement au reviit mentionné ici, car il est dit explicitement au début du chapitre HaMotsi yayin (Chabbat 77a) qu'un reviit de vin liquide lorsqu'il se fige se tient sur un volume d'olive, et s'il en est ainsi qu'est ceci qu'a écrit le Choulhan Aroukh siman 210 (paragraphe 1) et qui a été apporté plus haut dans le corps au klal 6 et voici son langage : et il y a qui sont dans le doute sur la berakha finale du vin si l'on bénit celle-ci même sur un volume d'olive, ou sur un reviit, c'est pourquoi il est bon de prendre garde etc. Et voici que ceci et cela sont une seule mesure, et examine bien :
ושיעור רביעית הלוג, כתב מהרי"ל בסוד האגדה שהוא כמעט מלא ב' קליפות ביצה תרנגולת. והא דאמרינן רביעית הוא ביצה ומחצה, רצונם לומר מתי שמשערין בהפלת ביצה תוך המים לשער כנגד המים היוצאים.
אכן כשממלאים ומשערים בקליפות ביצה, אז הוא כמעט מלא שתי קליפות הביצה, עד כאן לשונו. וכתב מהר"א מפרא"ג בהג"ה סימן קנ"ה זה לשונו, רביעית שיעור ביצה ומחצה, והיא רביעית הלוג שהוא ששה ביצים:
Et la mesure du reviit du log, le Maharil a écrit dans Sod haAgada qu'elle est presque le plein de 2 coquilles d'œuf de poule. Et ceci que nous disons qu'un reviit est un œuf et demi, ils ont voulu dire lorsque l'on mesure par la chute d'un œuf dans l'eau pour mesurer d'après l'eau qui sort.
Mais lorsque l'on remplit et que l'on mesure avec des coquilles d'œuf, alors c'est presque le plein de deux coquilles de l'œuf, jusqu-ici son langage. Et Mahar"A (Moreno haRav Avraham) de Prague a écrit dans la glose siman 155 voici son langage : un reviit est la mesure d'un œuf et demi, et c'est le reviit du log, lequel log est six œufs :
וראוי לכל בעל נפש שישים השיעורים הללו כנגד עיניו מדי אכלו ומדי שתיתו, כדי לברך הברכות כשיעורן [עד כאן הג"ה]:
Et il convient à tout homme scrupuleux de placer ces mesures vis-à-vis de ses yeux à chaque fois qu'il mange et à chaque fois qu'il boit, afin de bénir les berakhot selon leur mesure [jusqu-ici la glose] :
הכלל הז' הוא מה שאמרו חז"ל במשנה פרק כיצד מברכין (פ"ו מ"ז), והביאו הטור בסימן רי"ב, הביאו לפניו מליח תחלה ופת עמו, מברך על המליח ופוטר את הפת, שהפת טפילה לו. זה הכלל, כל שהוא עיקר ועמו טפילה, מברך על העיקר ופוטר את הטפילה, ואעפ"י שאין הברכות שוות, עד כאן לשון המשנה.
וכתב הבית יוסף על זה, שפטרו ג"כ מברכה שלאחריה, והביאו ראיה על זה עיין שם. וזה לשון הטור בסימן הנזכר לא מבעיא אם העיקר מעורב עם הטפל אלא אפילו אם כל אחד לבדו ואפילו פת שהוא חשוב מכל מקום אם טפל כגון שאכל דג מליח ואכל פת עמו שלא יזיקנו בגרונו מברך על הדג ופוטר את הפת שהוא טפל עד כאן לשונו:
Le 7e principe est ce qu'ont dit nos Sages dans la Michna au chapitre Comment bénit-on (6, 7), et le Tour l'a apporté au siman 212 : on a apporté devant lui du salé d'abord et du pain avec lui, il bénit sur le salé et exempte le pain, car le pain lui est accessoire. Voici le principe : tout ce qui est principal et avec lui un accessoire, il bénit sur le principal et exempte l'accessoire, bien que les berakhot ne soient pas égales, jusqu-ici le langage de la Michna.
Et le Beit Yossef a écrit là-dessus, qu'ils l'ont aussi exempté de la berakha qui est après elle, et ils ont apporté une preuve là-dessus, vois là. Et voici le langage du Tour au siman mentionné : non seulement si le principal est mêlé avec l'accessoire, mais même si chacun est à part, et même du pain qui est important, néanmoins s'il est accessoire, comme s'il a mangé du poisson salé et a mangé du pain avec lui afin qu'il ne lui nuise pas dans la gorge, il bénit sur le poisson et exempte le pain qui est accessoire, jusqu-ici son langage :
הג"ה ואל תתחכם יותר לומר מה שאמרו ז"ל כאן כל שהוא עיקר ועמו טפילה מברך על העיקר וכו', הוא איירי דוקא בכהאי גוונא שמאכל העיקר מזיק אותו אם אינו אוכל הטפל עמו או אחריו מיד, כגון שאכל דג מלוח ואוכל פת עמו שלא יזיקנו בגרונו כדלעיל בפנים בסמוך בשם הטור, וכיון שהוא מוכרח לאכול הפת כדי להסיר ההיזק הקדום אז מיקרי שפיר טפל שיפטרנו העיקר בברכתו דלא סגי בלאו הכי, אבל כשאוכל הטפל בלתי שקדם לו היזק בגרונו מהמאכל [נ"א מחמת אוכל] הראשון, רק תאוה נפשו לאכלו בתורת אכילה לשובע או לתענוג וקינוח אז לא מיקרי טפל לפטור בברכת העיקר, כי אין שייכות זה לזה הואיל ויכול לאכול זה בלא זה:
Glose : et ne sois pas trop habile à dire que ce qu'ont dit nos Sages ici : tout ce qui est principal et avec lui un accessoire, il bénit sur le principal etc., ne traite que précisément d'un tel cas où l'aliment principal lui nuit s'il ne mange pas l'accessoire avec lui ou aussitôt après lui, comme s'il a mangé du poisson salé et mangé du pain avec lui afin qu'il ne lui nuise pas dans la gorge, comme plus haut dans le corps tout près au nom du Tour, et puisqu'il est contraint de manger le pain afin d'ôter le dommage antérieur, alors il est bien appelé accessoire que le principal l'exempte par sa berakha, car il n'est pas possible sans cela, mais lorsqu'il mange l'accessoire sans qu'un dommage dans la gorge l'ait précédé de la part de l'aliment [variante : à cause de l'aliment] premier, seulement que son âme a désiré le manger à titre de manger pour la satiété ou pour le plaisir et le dessert, alors il n'est pas appelé accessoire pour être exempté par la berakha du principal, car il n'y a pas de rapport de ceci à cela puisqu'il peut manger ceci sans cela :
דזה אינו, כי משמע בהדיא באשר"י פרק כיצד מברכין, דכל מילי דעיקר וטפל העיקר פוטר את הטפל. ואפילו אם יכול לאכול העיקר לבדו.
שכתב שם בענין דברים הבאים בתוך הסעודה זה לשונו, שלא מחמת הסעודה פירש רש"י (ברכות מא, ב ד"ה שלא מחמת) כגון דייסא כו'. ולא יתכן כלל, דעל דייסא צריך ברכה לפניו, ולא יפטור בברכת המוציא, דאין לך מחמת הסעודה יותר מזו וכו'.
ועוד הקשה הר"ר יוסף, דלעיל (ברכות מא, א) אמרינן דמברך על הצנון ופוטר את הזית משום דצנון הוא עיקר, כל שכן הכא דפת עיקר, עד כאן לשון הרא"ש. מדמדמה הרא"ש דין עיקר וטפל של פת ודייסא, לדין עיקר וטפל של צנון וזית לענין דאתיא ברכת העיקר ופוטר ברכת הטפל, אע"ג דטפילה של דייסא אינה באה מחמת היזק הקדום, כי בודאי הפת שאוכל מקודם אינו מזיקו בגרונו כמו שהוא גבי צנון וזית, דצנון הוא עיקר אכילתו ואינו אוכל הזית אלא כדי למתק מרירתו של הצנון כמו שפירש רש"י התם בגמרא (שם ד"ה שהיה צנון), ואפ"ה מדמה אותם הרא"ש להדדי, שמע מינה בהדיא דס"ל דכל עיקר וטפל שבעולם העיקר פוטר את הטפל, ואפילו אינו אוכל הטפל משום היזק המאכל הראשון:
Car ceci n'est pas, car il s'entend explicitement dans l'Asheri au chapitre Comment bénit-on, que toutes les choses de principal et d'accessoire, le principal exempte l'accessoire. Et même s'il peut manger le principal seul.
Car il a écrit là au sujet des choses qui viennent au sein du repas, voici son langage : qui ne sont pas à cause du repas, Rachi a expliqué (Berakhot 41b s.v. shelo mehamat) comme de la bouillie etc. Et cela n'est pas possible du tout, car sur la bouillie il faut une berakha avant elle, et elle ne sera pas exemptée par la berakha du hamotsi, car tu n'as rien de plus à cause du repas que cela etc.
Et encore le rav Rabbi Yossef a soulevé une difficulté : que plus haut (Berakhot 41a) nous disons qu'il bénit sur le radis et exempte l'olive parce que le radis est principal, à plus forte raison ici que le pain est principal, jusqu-ici le langage du Roch. Du fait que le Roch a comparé la loi de principal et d'accessoire du pain et de la bouillie, à la loi de principal et d'accessoire du radis et de l'olive, au sujet de ce que la berakha du principal vient et exempte la berakha de l'accessoire, bien que l'accessoire de la bouillie ne vienne pas à cause d'un dommage antérieur, car certainement le pain qu'il mange auparavant ne lui nuit pas dans la gorge comme il en est pour le radis et l'olive, car le radis est le principal de son manger et il ne mange l'olive que pour adoucir l'amertume du radis comme Rachi a expliqué là dans la Guemara (là s.v. shehaya tsenon), et même ainsi le Roch les a comparés l'un à l'autre, apprends de là explicitement qu'il tient que tout principal et accessoire au monde, le principal exempte l'accessoire, et même s'il ne mange pas l'accessoire à cause du dommage de l'aliment premier :
ועוד ראיה ברורה ממה שכתבו התוס' על מה שאיתא בגמרא בפרק כיצד מברכין (ברכות מא, ב), רב חסדא ורב המנונא הוו יתבי בסעודה אייתו לקמייהו תמרי ורמוני, שקל רב המנונא בריך אתמרי ברישא וכו'. וכתבו שם התוס' (ד"ה אייתו) וזה לשונם, ולא ללפת בהן את הפת, דאם כן הוו להו פת עיקר והן טפלה, ותנן מברך על העיקר ופוטר את הטפילה, עכ"ל.
הרי לך בהדיא דאם הי' מלפת בהן את הפת, אז הוי הפת פוטר התמרים והרמונים, מטעם דהעיקר פוטר את הטפילה, אע"ג דאין טפילה זו באה להסיר ההיזק הקדום. דבודאי אם אכל הפת לבדו בלא תמרים ורמונים, לא היה הפת מזיק לו בגרונו, ואפ"ה כתבו התוס' דאם היה מלפת בהן הפת ה"ל בזה דין עיקר וטפל דמברך על העיקר וכו':
Et encore une preuve claire de ce qu'ont écrit les Tossefot sur ce qui est dit dans la Guemara au chapitre Comment bénit-on (Berakhot 41b) : Rav Hisda et Rav Hamnouna étaient assis au repas, on apporta devant eux des dattes et des grenades, Rav Hamnouna prit et bénit sur les dattes d'abord etc. Et les Tossefot ont écrit là (s.v. aito) et voici leur langage : et non pour accompagner le pain avec elles, car s'il en était ainsi le pain serait principal et elles accessoires, et nous avons appris dans la Michna : il bénit sur le principal et exempte l'accessoire, jusqu-ici leur langage.
Voici tu as explicitement que s'il avait accompagné le pain avec elles, alors le pain aurait exempté les dattes et les grenades, du fait que le principal exempte l'accessoire, bien que cet accessoire-ci ne vienne pas pour ôter le dommage antérieur. Car certainement s'il avait mangé le pain seul sans dattes ni grenades, le pain ne lui aurait pas nui dans la gorge, et même ainsi les Tossefot ont écrit que s'il avait accompagné le pain avec elles, il y aurait en cela la loi de principal et d'accessoire qu'il bénit sur le principal etc. :
והא דנקט הטור גבי דין עיקר וטפל דלעיל שלא יזיקנו בגרונו וכו'. היינו משום דהטור בא למצוא דלפעמים יכול להיות דאף הפת הוא טפל, לזה אמר ולא יוכל למצוא זה כי אם בכהאי גוונא שאוכל מליח ואוכל פת עמו שלא יזיקנו בגרונו וכו'.
ועיקר כוונת הטור בזה, לאשמועינן דכל דבר שבעולם יכול להיות טפל. לזה אמר ואפילו פת, שהוא חשוב מכל, אם הוא טפל כגון שאכל דג מלוח ואוכל פת עמו כדי שלא יזיקנו בגרונו, מברך על הדג ופוטר את הפת, כיון שהוא טפילה.
ולא תאמר שלעולם אין הפת טפילה מפני חשיבתו, קמ"ל שלפעמים הוא טפילה, וק"ל. עד כאן הג"ה:
Et ceci que le Tour a pris au sujet de la loi de principal et d'accessoire ci-dessus : afin qu'il ne lui nuise pas dans la gorge etc. C'est parce que le Tour est venu trouver que parfois il peut se faire que même le pain est accessoire, pour cela il a dit et il n'a pu trouver cela que dans un tel cas où il mange du salé et mange du pain avec lui afin qu'il ne lui nuise pas dans la gorge etc.
Et l'intention principale du Tour en ceci est de nous enseigner que toute chose au monde peut être accessoire. Pour cela il a dit : et même du pain, qui est important plus que tout, s'il est accessoire comme s'il a mangé du poisson salé et mangé du pain avec lui afin qu'il ne lui nuise pas dans la gorge, il bénit sur le poisson et exempte le pain, puisqu'il est accessoire.
Et tu ne diras pas que jamais le pain n'est accessoire à cause de son importance, ceci vient nous enseigner que parfois il est accessoire, et c'est facile. Jusqu-ici la glose :
וכתב מורי בשלחן ערוך שלו (ריב, א בהג"ה) וזה לשונו, ויש אומרים אם הטפל חביב עליו מברך עליו ואח"כ על העיקר. והא דמברכין על העיקר ופוטר הטפלה, היינו שאכלן ביחד, או שאכל העיקר מתחלה.
אבל אם אכל הטפל תחלה, כגון שרוצה לשתות ורוצה לאכול תחלה כדי שלא ישתה אליבה ריקנא, או שאכל גרעיני גודגניות למתק השתיה, מברך על האוכל תחלה אעפ"י שהוא טפל לשתייה, כי איך יתכן שיפטרנו העיקר אח"כ בברכתו למפרע וכבר היה נהנה בלא ברכה. ואינו מברך עליו רק שהכל הואיל והיא טפל לדבר אחר וכו':
Et mon maître a écrit dans son Choulhan Aroukh (212, 1 dans la glose) et voici son langage : et il y a qui disent que si l'accessoire lui est cher, il bénit dessus et ensuite sur le principal. Et ceci que l'on bénit sur le principal et que l'on exempte l'accessoire, c'est lorsqu'il les a mangés ensemble, ou qu'il a mangé le principal d'abord.
Mais s'il a mangé l'accessoire d'abord, comme s'il veut boire et veut manger d'abord afin de ne pas boire à jeun, ou s'il a mangé des noyaux de cerises pour adoucir la boisson, il bénit sur l'aliment d'abord bien qu'il soit accessoire à la boisson, car comment se pourrait-il que le principal ensuite l'exempte par sa berakha rétroactivement alors qu'il avait déjà joui sans berakha. Et il ne bénit dessus que chehakol puisqu'il est accessoire à une autre chose etc. :
ונראה לעניות דעתי דמכלל שהוא עיקר ועמו טפילה מברך על העיקר וכו' כדלעיל נוציא דין זה, והוא, אותן בני אדם דלפעמים אוכלין את הפת בשעת שתייה כדי שיוכלו לשתות, דאם היה הפת לפניו בשעת ברכת השתייה (דאין הטפילה נפטרת בברכת העיקר כי אם כשתהיה הטפילה לפניו בשעת ברכת העיקר, מדנקט במשנה הנזכר ועמו טפילה וכו', משמע בהדיא שאין ברכת העיקר פוטר הטפילה כי אם כשהטפילה מונח לפניו ג"כ בשעה שבירך על העיקר. וכן משמע בהדיא בתוספת שם (ברכות מד, א) בד"ה באוכלי פירות וכו' עיין שם), דמברך על המשקה לפי מה שהוא, ופוטר את הפת כיון שהיא טפילה לשתייה, דאין לחלק בענין זה בין אוכלין ואוכלין, למשקין ואוכלין, כמו שכתב מהרא"י בתרומת הדשן בתשובת שאלה בסימן ל"א עיין שם.
ואפילו לא היה הפת בתחילה לפניו כשבירך על המשקה, רק דדעתיה עלויה וסבר שיביאו לו, כלפניו דמי ופוטר בברכת המשקה את הפת:
Et il apparaît selon mon humble avis que du principe : tout ce qui est principal et avec lui un accessoire, il bénit sur le principal etc. comme plus haut, nous tirerons cette loi, et c'est : ces gens qui parfois mangent du pain à l'heure de la boisson afin de pouvoir boire, que si le pain était devant lui à l'heure de la berakha de la boisson (car l'accessoire n'est exempté par la berakha du principal que lorsque l'accessoire est devant lui à l'heure de la berakha du principal, du fait que la Michna mentionnée a pris : et avec lui un accessoire etc., il s'entend explicitement que la berakha du principal n'exempte l'accessoire que lorsque l'accessoire est aussi posé devant lui à l'heure où il a béni sur le principal. Et ainsi s'entend-il explicitement dans les Tossefot là (Berakhot 44a) s.v. beokhlei peirot etc., vois là), il bénit sur la boisson selon ce qu'elle est, et exempte le pain puisqu'il est accessoire à la boisson, car il n'y a pas à distinguer en cette affaire entre aliments et aliments, et boissons et aliments, comme a écrit Mahara"i dans le Teroumat haDeshen dans une réponse à une question au siman 31, vois là.
Et même si le pain n'était pas d'abord devant lui lorsqu'il a béni sur la boisson, seulement que son esprit était dessus et qu'il pensait qu'on le lui apporterait, c'est comme s'il était devant lui et il exempte par la berakha de la boisson le pain :
הג"ה עיין בטור יורה דעה סימן י"ט בברכת השחיטה, סימן רס"ה בברכת מילה, ותמצא שם בהדיא כשדעת האדם על דבר אחד, אעפ"י שאינו לפניו כלפניו דמי:
Glose : vois dans le Tour Yoreh Deah siman 19 à la berakha de l'abattage, siman 265 à la berakha de la mila, et tu trouveras là explicitement que lorsque l'esprit de l'homme est sur une chose, bien qu'elle ne soit pas devant lui c'est comme si elle était devant lui :
ואל תתמה שאנו מדמין דין ברכת המצות לדין ברכת הנהנין, דהא הרא"ש בפרק קמא דפסחים (סימן י) והביאו הטור בסימן תל"ב בברכת בדיקת חמץ דהוי ברכת המצות, ומדמה לה לברכת המוציא לסעודה דהויא ברכת הנהנין לענין דכשהתחיל לאכול יכול אחר כך להשיח שיחה בטילה ואין צריך לחזור ולברך המוציא. הכי נמי אם התחיל לבדוק, אין חשש בשביל הברכה אם שח אחר כך שיחה בטילה.
אנן נמי נעביד הכא כדמותנו שאנו מדמין דין ברכת המצוות כגון שחיטה ומילה, לדין ברכת הנהנין [עד כאן הג"ה]:
Et ne t'étonne pas que nous comparions la loi de la berakha des mitsvot à la loi de la berakha des jouissances, car le Roch au premier chapitre de Pessahim (siman 10) et le Tour l'a apporté au siman 432 à la berakha de la vérification du hamets, qui est une berakha des mitsvot, et il l'a comparée à la berakha du hamotsi pour le repas qui est une berakha des jouissances, au sujet de ce que lorsqu'il a commencé à manger il peut ensuite tenir une conversation oiseuse et il n'est pas besoin de revenir et de bénir hamotsi. De même s'il a commencé à vérifier, il n'y a pas de souci pour la berakha s'il a ensuite tenu une conversation oiseuse.
Nous aussi ferons ici à notre ressemblance, que nous comparons la loi de la berakha des mitsvot comme l'abattage et la mila, à la loi de la berakha des jouissances [jusqu-ici la glose] :
או לא היה דעתיה עלה בבירור, וגם לא היה הפת בתחלה לפניו, רק שדרכה בכך להביא תמיד בשעת שתייה מעט אוכל כדי שיוכלו לשתות, כלפניו דמי, (כיון דדרכן בכך כי בריך ברישא אדעתא דהכי בריך. וכן צריכין לומר בגמרא פרק כיצד מברכין על מה שאמרו שם (ברכות מב, ב) לא שנו דיין שלפני המזון פוטר את היין שלאחר המזון, אלא בשבתות וימים טובים, הואיל ואדם קובע סעודתו על היין וכו', עיין שם) ופוטר בברכת המשקה, מידי דהוה אכל מיני מאכל שאנו נוהגין אע"פ שאינם על השלחן בשעה שמברכין ברכת המוציא, שאינם טעונים ברכה כלל, כיון דדרך להביא בסעודה מיני מאכלים, ברכת הפת והמזון פוטרתן:
Ou son esprit n'était pas dessus avec certitude, et aussi le pain n'était pas d'abord devant lui, seulement que telle est leur habitude d'apporter toujours à l'heure de la boisson un peu d'aliment afin de pouvoir boire, c'est comme s'il était devant lui, (puisque telle est leur habitude, lorsqu'il a béni d'abord c'est avec cette intention qu'il a béni. Et ainsi faut-il dire dans la Guemara au chapitre Comment bénit-on sur ce qu'ils ont dit là (Berakhot 42b) : ils n'ont enseigné que le vin d'avant le repas exempte le vin d'après le repas, qu'aux Chabbats et aux Yom Tov, puisqu'un homme fixe son repas sur le vin etc., vois là) et il exempte par la berakha de la boisson, à la manière de toutes les espèces d'aliments que nous avons l'habitude [d'apporter] bien qu'elles ne soient pas sur la table à l'heure où l'on bénit la berakha du hamotsi, qui n'ont besoin d'aucune berakha, puisqu'il est habituel d'apporter au repas des espèces d'aliments, la berakha du pain et de la nourriture les exempte :
אבל אם לא היה הפת לפניו בשעת ברכת המשקה, וגם לא הוה אדעתיה בשעת ברכת המשקה שיביאו לו, רק בתוך השתייה נמלך לאכול פת, וגם אין דרכם בכך להביא בכל עת פת בשעת שתייה, רק לפעמים מביאים ולפעמים אינם מביאים, ודאי דמברך המוציא כשמביאין לו אחר כך, דהואיל והוא נמלך אין לו שייכות לדין טפל ועיקר כלל:
Mais si le pain n'était pas devant lui à l'heure de la berakha de la boisson, et aussi il n'avait pas en tête à l'heure de la berakha de la boisson qu'on le lui apporterait, seulement au milieu de la boisson il s'est ravisé pour manger du pain, et aussi telle n'est pas leur habitude d'apporter en tout temps du pain à l'heure de la boisson, seulement parfois ils apportent et parfois ils n'apportent pas, certainement il bénit hamotsi lorsqu'on le lui apporte ensuite, car puisqu'il s'est ravisé il n'a aucun rapport à la loi d'accessoire et de principal du tout :
אמנם בענין הנטילה, אין לחלק כלל בין איתא לפת לפניו בשעת ברכת המשקה, בין ליתא, דעל כל פנים צריך ליטול כמו לעיקר אכילת פת ממש, כיון דהצריכו חז"ל נטילת ידים לפת סתם ולא חילק בין עיקר לטפל, היכי ניקום אנן ונפלוג מדעתן, אלא אית לן למימר לא פלוג רבנן, (כיון שהוא פת בפני עצמו), ובפרט במידי דשכיח כזה. (וסברא זו של לא פלוג אפילו במידי דרבנן, תמצא ג"כ בתוספות בפרק האיש מקדש (קידושין מה, ב) בד"ה ונמצאת זרה למפרע כו', עיין שם):
Toutefois au sujet de la netila, il n'y a pas à distinguer du tout entre si le pain est devant lui à l'heure de la berakha de la boisson, ou s'il n'y est pas, car de toute manière il faut se laver comme pour le principal d'un manger de pain à proprement parler, puisque nos Sages ont rendu nécessaire netilat yadayim pour le pain simplement et n'ont pas distingué entre principal et accessoire, comment nous lèverions-nous et ferions-nous une distinction de notre avis, seulement il nous faut dire que les Sages n'ont pas distingué, (puisque c'est du pain à part), et surtout en une chose fréquente comme celle-ci. (Et ce raisonnement de : ils n'ont pas distingué, même en une chose rabbinique, tu le trouveras aussi dans les Tossefot au chapitre HaIsh Mekadesh (Kidouchin 45b) s.v. venimtset zara lemafreia etc., vois là) :