Ce passage poursuit l'enseignement : viande, poissons et légumes au sein du repas n'exigent pas de bénédiction, le pain les exemptant ; les fruits en exigent toujours ; lahmaniyot et pat haba be'hisnin dépendent de l'intention. Le Chla distingue la molita farcie de viande, poissons ou fromage, sur laquelle l'Agour fait bénir hamotsi et Birkat haMazon même sans repas fixé, de celle de sucre, amandes et noix, Bore minei mezonot s'il n'a pas fixé de repas : les uns accompagnent le pain et rassasient, les autres viennent en dessert. Viande et poissons nourrissent comme le pain, ainsi pour les trois repas et la soucca.
Aussi : le pain ébouillanté après pétrissage puis cuit, et les pains fins, reçoivent hamotsi ; miettes dans l'eau qui blanchit et pain trempé dans le vin rouge, sans volume d'olive en une miette, perdent la forme du pain
אלא להורות בא, שאלו הדברים הבאים בתוך הסעודה מחמת הסעודה כגון בשר ודגים וירקות וכו', או הבאים שלא מחמת הסעודה כמו פירות תאנים וענבים וכו', אינם תלוים בדעת האוכל, רק מיד בהבאתם על השלחן תוך הסעודה הם נכרים בעצמם מי מהם באים מחמת הסעודה, ומי מהם הבאים שלא מחמת הסעודה. דהיינו בשר ודגים וירקות וכו' הם מובאים לעולם לצרכי סעודה, כי על כן קראו רז"ל לאלו הדברים מחמת סעודה, ואינו מברך עליהם לעולם כשאכלן תוך הסעודה, כי הפת פוטרן.
ופירות תאנים וענבים וכו' הם מובאים לעולם שלא לצורך סעודה, ומברך עליהן אף בתוך הסעודה. ואין אלו מב' מינים הללו, דהיינו בשר ודגים ופירות, תלויים בכוונת האוכל.
אבל לחמניות וכיסנין דלעיל, אינם תלויים בהבאה, רק הם תלויים ועומדים בדעת האוכל. אם אוכלן בתורת מזון, או בתורת קינוח כדלעיל.
על כן נקט הטור גבייהו לשון ואי אכיל וכו', להורות שהם תלויים בדעת האוכל אם אוכלן לשבוע או לקנוח כנ"ל:
Seulement cela vient pour enseigner que ces choses qui viennent au sein du repas à cause du repas, comme viande et poissons et légumes etc., ou celles qui viennent non à cause du repas comme des fruits, figues et raisins etc., ne dépendent pas de l'intention de celui qui mange, seulement dès leur apport sur la table au sein du repas elles se reconnaissent d'elles-mêmes lesquelles d'entre elles viennent à cause du repas, et lesquelles d'entre elles viennent non à cause du repas. C'est-à-dire viande et poissons et légumes etc. sont toujours apportés pour les besoins du repas, c'est pourquoi Razal ont appelé ces choses à cause du repas, et l'on ne bénit jamais sur elles lorsqu'on les a mangées au sein du repas, car le pain les exempte.
Et des fruits, figues et raisins etc. sont toujours apportés non pour le besoin du repas, et l'on bénit sur eux même au sein du repas. Et ceux-ci des 2 espèces mentionnées, c'est-à-dire viande et poissons et fruits, ne dépendent pas de l'intention de celui qui mange.
Mais les lahmaniyot et les kisnin ci-dessus ne dépendent pas de l'apport, seulement ils dépendent et se tiennent de l'intention de celui qui mange : s'il les mange à titre d'aliment, ou à titre de dessert comme ci-dessus. C'est pourquoi le Tour a pris à leur sujet le langage : et s'il les mange etc., pour enseigner qu'ils dépendent de l'intention de celui qui mange, s'il les mange pour se rassasier ou pour dessert comme mentionné plus haut :
ועם זה מתורץ ג"כ מה שהקשיתי לעיל, למה לא זכרו שם המפרשים במילתא דרב פפא לחמניות ופת הבאה בכיסנין בתוך שאר מאכלים שדבר שם שהובאו בתוך הסעודה, אם הם קרויים מחמת הסעודה, או לא. מפני שבאלו דברים אינו יכול להחליט הדין בשעת הבאתן אם לברך עליהן או לא, כמו באינך, כי זה הדבר תלוי בדעת האוכל באיזה אופן הוא, אם אוכלן בתורת מזון, או בתורת כיסנין כמו שכתבתי לעיל:
Et par cela se résout aussi ce que j'ai objecté plus haut : pourquoi les commentateurs n'ont-ils pas mentionné là, dans le dire de Rav Papa, les lahmaniyot et le pat haba bekhisnin parmi les autres aliments dont il a parlé là, qui ont été apportés au sein du repas, s'ils sont appelés à cause du repas, ou non. Parce que pour ces choses on ne peut pas trancher la loi à l'heure de leur apport, s'il faut bénir sur elles ou non, comme pour les autres, car cette affaire dépend de l'intention de celui qui mange, de quelle manière il est : s'il les mange à titre d'aliment, ou à titre de kisnin comme j'ai écrit plus haut :
ועם זה מפורש יפה מה קרוי מחמת הסעודה ושלא מחמת הסעודה, שכתב הטור בסימן הנזכר. וגם מתורצים יפה הב' קושיות שהקשיתי על דברי הטור לעיל בסמוך בענין זה, ודי בזה עתה למבין ויודה על האמת, עד כאן הג"ה:
Et par cela est bien expliqué ce qui s'appelle à cause du repas et non à cause du repas, qu'a écrit le Tour au siman mentionné. Et aussi se résolvent bien les 2 difficultés que j'ai objectées sur les paroles du Tour plus haut à côté sur ce sujet, et cela suffit maintenant pour qui comprend et reconnaîtra la vérité, jusqu-ici la glose :
ה' חלוט שחלטו אחר לישתו ואח"כ אפייה בתנור, פסק השלחן ערוך (או"ח קסח, יד) שהוא פת גמור ומברך עליהם המוציא. שמענו מזה, שאותן גלוסקאות שקורין בלשון אחר איב"ר זאטנ"י זעמ"ל, מברך עליהם המוציא:
5. Le pain ébouillanté qu'on a ébouillanté après son pétrissage et ensuite cuit au four, le Choulhan Aroukh a décidé (Orah 'Hayim 168,14) que c'est un pain complet et l'on bénit sur eux hamotsi.
Nous avons entendu de cela que ces pains fins qu'on appelle en une autre langue eiber zatni zemel, l'on bénit sur eux hamotsi :
ו' כתב בית יוסף בסוף סימן הנזכר בשם האגור, המולייתא שקורין פשטיד"א הנאפה בתנור בבשר או בדגים או בגבינה, מברכין עליהם המוציא וברכת המזון, עד כאן. וכן הוא בשלחן ערוך (שם יז).
ומשמע שהאגור מיירי בכל ענין מברכין עליהן המוציא, אפילו לא קבע סעודה עליהן. דאי איירי דוקא בדקבע סעודתו עליהם, אבל אי לא קבע סעודתו עליהן ברכתם בורא מיני מזונות, היה צריך לפרש.
ומדלא פירש וכתב סתם מברכין עליהם המוציא וכו', משמע דאיירי בכל ענין מברכין עליהן המוציא, אפי' לא קבע סעודה עליהן:
6. Le Beit Yossef a écrit à la fin du siman mentionné au nom de l'Agour : la molita (tourte farcie) qu'on appelle pashtida, cuite au four avec de la viande ou des poissons ou du fromage, l'on bénit sur elles hamotsi et Birkat haMazon, jusqu-ici.
Et ainsi est-il dans le Choulhan Aroukh (là, 17). Et il ressort que l'Agour traite en tout cas : l'on bénit sur elles hamotsi, même s'il n'a pas fixé un repas dessus.
Car s'il ne traitait que du cas où il a fixé son repas dessus, mais s'il n'a pas fixé son repas dessus leur berakha est Bore minei mezonot, il aurait dû préciser. Et du fait qu'il n'a pas précisé et a écrit simplement : l'on bénit sur elles hamotsi etc., il ressort qu'il traite en tout cas : l'on bénit sur elles hamotsi, même s'il n'a pas fixé un repas dessus :
ונראה לענ"ד דאין זה מנגד למה שכתבתי בכלל זה סימן א' בשם הטור, מפת הבאה בכיסנין שהם מלאים צוקרא ושקדים ואגוזים דמברך עליהם בורא מיני מזונות אם לא קבע סעודה עליהם. דנוכל לחלק שפיר בין מולייתא הנעשית בבשר או בדגים או בגבינה, ובין מולייתא הנעשית מציקרא ושקדים ואגוזים, בשכבר ידעת כי הבשר או הדגים או הגבינה וכדומה מהדברים שמלפתין בהן את הפת ורגילין לבא בתוך הסעודה אין טעונין ברכה לא לפניהם ולא לאחריהם כשבאים בתוך הסעודה, מהטעם דהם עצמם מזון ואינם באים לקינוח סעודה, אלא להשביע, ועל כן ברכת המוציא שבירך תחלה וברכת המזון שמברך בסוף פוטר אותה, כמו שאבאר זה לקמן כלל ד' סימן א' בס"ד, א"כ ראו מפני זה, כשהן ממולאין בפת שקורין פשטיד"א, שיברך עליו המוציא, דלקביעות סעודה הן עשוין.
אבל כשהמולייתא נעשית מצוקר"א ושקדים ואגוזים וכדומה מהדברים שאין מלפתין בהן הפת, הואיל והן טעונין ברכה כשהן באין בתוך הסעודה בפני עצמן, מטעם דלקינוח סעודה ולהנאת עצמם הם באים ולא להשביע כדלקמן, שמע מינה דאין להם שייכות לפת כלל, א"כ ראוי מפני זה אף כשהם ממולאות בתוך הפת אין לברך עליהן המוציא אם לא קבע סעודה עליהן, כך נראה לי מתוך הסברה:
Et il apparaît selon mon humble avis que ceci ne s'oppose pas à ce que j'ai écrit dans ce principe au siman 1 au nom du Tour, du pat haba bekhisnin qui sont remplis de sucre et d'amandes et de noix, que l'on bénit sur eux Bore minei mezonot s'il n'a pas fixé un repas dessus. Car nous pouvons bien distinguer entre une molita faite avec de la viande ou des poissons ou du fromage, et une molita faite de sucre et d'amandes et de noix, car tu as déjà su que la viande ou les poissons ou le fromage et ce qui leur ressemble, des choses dont on accompagne le pain et qui ont l'habitude de venir au sein du repas, n'ont besoin d'une berakha ni avant elles ni après elles lorsqu'elles viennent au sein du repas, pour la raison qu'elles sont elles-mêmes aliment et ne viennent pas pour dessert du repas, mais pour rassasier, et c'est pourquoi la berakha du hamotsi qu'il a bénie d'abord et Birkat haMazon qu'il bénit à la fin l'exemptent, comme je l'expliquerai plus bas, principe 4 siman 1 avec l'aide du Ciel, donc ils ont vu pour cela que, lorsqu'elles sont farcies dans du pain qu'on appelle pashtida, qu'il bénisse sur lui hamotsi, car elles sont faites pour la fixation du repas.
Mais lorsque la molita est faite de sucre et d'amandes et de noix et ce qui leur ressemble, des choses dont on n'accompagne pas le pain, puisqu'elles ont besoin d'une berakha lorsqu'elles viennent au sein du repas par elles-mêmes, pour la raison qu'elles viennent pour dessert du repas et pour leur propre plaisir et non pour rassasier comme plus bas, on entend de là qu'elles n'ont aucun rapport au pain du tout, donc il convient pour cela que même lorsqu'elles sont farcies dans le pain l'on ne bénisse pas sur elles hamotsi s'il n'a pas fixé un repas dessus, ainsi m'apparaît-il d'après le raisonnement :
ונוכל ללמוד סברה זו ממה שאמרו רז"ל בפרק הישן (סוכה כז, א) והביאו הבית יוסף בסימן רצ"א וזה לשונו, אפילו אי הוה אמרינן דנפיק בג' סעודות במיני תרגימא, בפירי לא נפיק. ומיני תרגימא פירשו שם התוספות (ד"ה במיני) שהם כמו בשר ודגים וכיוצא בהם, דברים שמלפתין בהן את הפת.
וכך כתב השלחן ערוך בדין ג' סעודות בסימן רצ"א (ה) וזה לשונו, ויש אומרים שיכול לעשות בדברים שמלפתין את הפת בבשר ודגים, אבל לא בפירות, עד כאן. וכתב בהג"ה בתשב"ץ סימן קמ"ד על מה שכתוב בפנים, פירות לא בעי סוכה, זה לשון הגה"ה שם, ודוקא פירות הוא דלא בעי סוכה, אבל בשר ודגים וגבינה ושאר דברים חוץ מפירות בעי סוכה, אע"פ דלא הוי פת בסוכה, אם השלים במיני תרגימא יצא.
ומיני תרגימא היינו בשר וכיוצא בזה. ומדמהני השלמה שמע מינה בעי סוכה וכו':
Et nous pouvons apprendre ce raisonnement de ce qu'ont dit Razal au chapitre Celui qui dormait (Soucca 27a), et le Beit Yossef l'a apporté au siman 291 et voici son langage : même si nous disions qu'il s'acquitte des 3 repas par des minei targima (mets d'accompagnement), par des fruits il ne s'acquitte pas. Et minei targima, les Tossefot ont expliqué là (s.v. par des minei) qu'ils sont comme viande et poissons et ce qui leur ressemble, des choses dont on accompagne le pain.
Et ainsi a écrit le Choulhan Aroukh dans la loi des 3 repas au siman 291 (5) et voici son langage : et il y a qui disent qu'il peut le faire avec des choses dont on accompagne le pain, viande et poissons, mais non avec des fruits, jusqu-ici. Et il a écrit dans une glose du Tachbets (Rabbi Shimshon bar Tsadok) siman 144 sur ce qui est écrit dans le corps : les fruits n'exigent pas de soucca, voici le langage de la glose là : et précisément les fruits n'exigent pas de soucca, mais viande et poissons et fromage et les autres choses hors des fruits exigent une soucca, bien que ce ne soit pas du pain dans la soucca, s'il a complété par des minei targima il s'est acquitté.
Et minei targima, c'est viande et ce qui lui ressemble. Et du fait que le complément est efficace, on entend de là qu'ils exigent une soucca etc. :
הא קמן דיש חילוק בין בשר ודגים, ובין פירות לענין ג' סעודות, ולענין השלמה, ולענין דבעי סוכה. שאפילו מי שסובר שאינו יכול לעשות בפירות ג' סעודות, או השלמה בסוכה, אפ"ה מודה שיכול לעשות בבשר ודגים, וכן הם צריכין סוכה.
וטעם כולם הוא, מפני שהם דומים לפת מצד אחר דמיזן זייני כמו פת, אע"ג דאין סועדין הלב כמו פת. כמו כן נוכל לחלק ביניהן ג"כ בנידון דידן:
Voici devant nous qu'il y a une distinction entre viande et poissons, et les fruits, quant aux 3 repas, et quant au complément, et quant à ce qu'ils exigent une soucca. Que même celui qui tient qu'il ne peut pas faire avec des fruits les 3 repas, ou le complément dans la soucca, même ainsi convient qu'il peut le faire avec viande et poissons, et de même ils ont besoin d'une soucca.
Et la raison de tous est qu'ils ressemblent au pain d'un autre côté, car ils nourrissent comme le pain, bien qu'ils ne sustentent pas le cœur comme le pain. De même nous pouvons aussi distinguer entre eux dans notre cas :
כללא דמילתא, בשר ודגים וגבינה וירקות חשיבי מעיקר ומחמת הסעודה, וא"כ כשהם ממולאים בפשטיד"א ראוי לברך עליהן המוציא וג' ברכות, אף כי עיקר כוונתו הוא שיהא ממולא בבשר ודגים וכיוצא בזה, כי אין הבשר והדגים והירקות מבטלין אותן מתורת לחם גמור, כי עיקרם הוא שמלפתין עמהם הפת ובכלל לחם הם, שהרי בברכת המוציא לחם מן הארץ פוטרן בכל הסעודות אפילו הן בעין:
Le principe de l'affaire : viande et poissons et fromage et légumes sont considérés comme l'essentiel et à cause du repas, et donc lorsqu'ils sont farcis dans une pashtida il convient de bénir sur elles hamotsi et les 3 berakhot, même si son intention principale est qu'elle soit farcie de viande et de poissons et ce qui leur ressemble, car la viande et les poissons et les légumes ne les font pas sortir du statut de pain complet, car leur essentiel est qu'on accompagne avec eux le pain et ils sont dans l'ensemble du pain, puisque par la berakha hamotsi le'hem min haarets on les exempte dans tous les repas même lorsqu'elles sont telles quelles :
מה שאין כן כשהן ממולאים בפירות, כי הפירות אינם מעיקר הסעודה ועיקר כוונתו הוא על פירות, רצוני לומר שיהא ממולא באותן הפירות, ע"כ בטלו מתורת לחם גמור מלברך עליהן המוציא וג' ברכות, אם לא קבע עלייהו סעודתו. ואע"ג דמולייתא הם עיקר כדאמרן, ולעולם מברכין על העיקר ופוטר את הטפילה כדלקמן סוף חלק זה, וא"כ הוה לן לברך על פת כיסנין דלעיל ועל מולייתא זו כברכת הפירות הממולאים בתוכה.
אפילו הכי מברכין עליהן בורא מיני מזונות, או המוציא בדקבע, דמין דגן חשיבי ליה אינשי ואזלינן בתריה, דכי היכי דבמעשה קדירה חשיבי חמשת המינין ומברכין עליהן בורא מיני מזונות אפילו עירב בהן שאר מינין הרבה יותר מהן, כדלקמן בפנים כלל ג' סימן א', וכלל ה' סימן י"א, הכי נמי במאפה תנור חשיבי ומברכין עליהן בורא מיני מזונות, או המוציא בדקבע:
Ce qui n'est pas ainsi lorsqu'elles sont farcies de fruits, car les fruits ne sont pas de l'essentiel du repas et son intention principale est sur les fruits, je veux dire qu'elle soit farcie de ces fruits-là, c'est pourquoi ils sont sortis du statut de pain complet, de bénir sur elles hamotsi et les 3 berakhot, s'il n'a pas fixé sur elles son repas. Et bien que la molita soit l'essentiel comme nous avons dit, et que toujours l'on bénit sur l'essentiel et que cela exempte l'accessoire comme plus bas à la fin de cette partie, et donc nous aurions dû bénir sur le pain kisnin ci-dessus et sur cette molita comme la berakha des fruits farcis en elle.
Même ainsi l'on bénit sur elles Bore minei mezonot, ou hamotsi s'il a fixé [un repas], car les gens les considèrent comme espèce de blé et nous allons après lui. Car de même que dans un mets de marmite les cinq espèces sont considérées et l'on bénit sur elles Bore minei mezonot même s'il y a mêlé d'autres espèces beaucoup plus qu'elles, comme plus bas dans le corps, principe 3 siman 1, et principe 5 siman 11, de même aussi dans un cuit au four elles sont considérées et l'on bénit sur elles Bore minei mezonot, ou hamotsi s'il a fixé [un repas] :
ז' כתב בית יוסף (קסח ד"ה כתבו התוס') בשם התוספות (ברכות לז, ב ד"ה תוריתא) והמרדכי (סימן קיט), כשנותנים פירורים במים והמים מתלבנים מחמת הפרורים אזיל ליה תוריתא דנהמא, (פירוש תורת צורת הלחם). וכן היה רגיל ר' דוד ממי"ץ לשרות פירורים מן הלחם בלילה, כדי לאכלם בשחר בלא ברכת המוציא, ובלא ברכת המזון, שלא לאחר כדי שיחזיק ראשו ויוכל להגיד ההלכה, עד כאן.
פירוש, ולא היה באחד מאותן הפירורים כזית בפירור אחד, אעפ"י שיש בין כולם כזית, אפ"ה לא היה מברך עליהן המוציא וג' ברכות אלא בורא מיני מזונות ומעין ג', הואיל ולית להו תוריתא דנהמא. אבל אם יש באחד מן הפירורין כזית בפירור אחד, מברך עלייהו המוציא וג' ברכות אע"ג דאזיל ליה תוריתא דנהמא, כמבואר בהדיא בבית יוסף במה שכתב על מה שהביא המרדכי דלעיל וזה לשונו, שם ונראה דהיינו דווקא בפירורין או בפרוסה שאין בה כזית, אבל בפרוסה שיש בה כזית לא, ופשוט הוא, עד כאן.
מה שכתב הבית יוסף שאין בה כזית, שפירושו שאין באחד מהפירור או מהפרוסה כזית שלם במקום אחד. וכן מה שכתב אבל בפרוסה שיש בה כזית וכו', ג"כ פירושו שיש כזית שלם בפרוסה אחת בלא צירוף שאר פרוסות:
7. Le Beit Yossef a écrit (168 s.v. les Tossefot ont écrit) au nom des Tossefot (Berakhot 37b s.v. torita) et du Mordekhai (siman 119) : lorsqu'on met des miettes dans l'eau et que l'eau blanchit à cause des miettes, torita denahama s'en est allé (explication : le statut de la forme du pain).
Et ainsi avait l'habitude Rabbi David de Mets de tremper des miettes de pain la nuit, afin de les manger au matin sans la berakha du hamotsi et sans Birkat haMazon, pour ne pas tarder afin qu'il tienne sa tête et puisse dire la halakha, jusqu-ici. Explication : et il n'y avait pas dans l'une de ces miettes un volume d'olive dans une seule miette, bien qu'il y ait entre toutes un volume d'olive, même ainsi il ne bénissait pas sur elles hamotsi et les 3 berakhot mais Bore minei mezonot et une berakha à la manière des trois, puisqu'elles n'ont pas torita denahama.
Mais s'il y a dans l'une des miettes un volume d'olive dans une seule miette, l'on bénit sur elles hamotsi et les 3 berakhot bien que torita denahama s'en soit allé, comme il est expliqué explicitement dans le Beit Yossef en ce qu'il a écrit sur ce qu'a apporté le Mordekhai ci-dessus et voici son langage : là, et il apparaît que c'est précisément pour des miettes ou une tranche où il n'y a pas de volume d'olive, mais pour une tranche où il y a un volume d'olive, non, et c'est simple, jusqu-ici. Ce qu'a écrit le Beit Yossef où il n'y a pas de volume d'olive, son explication est qu'il n'y a pas dans l'une des miettes ou de la tranche un volume d'olive entier en un seul endroit.
Et de même ce qu'il a écrit mais pour une tranche où il y a un volume d'olive etc., aussi son explication est qu'il y a un volume d'olive entier dans une seule tranche sans joindre les autres tranches :
וכתב עוד המרדכי, וכן השורה פתו ביין אין מברכין עליו המוציא, שיצא מתורת לחם הואיל וסמוק דומה לפת הבאה בכיסנין, ומברך בורא מיני מזונות דמיזן זיין, עד כאן לשון בית יוסף שם:
Et le Mordekhai a encore écrit : et de même celui qui trempe son pain dans le vin, l'on ne bénit pas sur lui hamotsi, car il est sorti du statut de pain puisqu'il est rougéci, semblable au pat haba bekhisnin, et l'on bénit Bore minei mezonot car il nourrit, jusqu-ici le langage du Beit Yossef la :
הג"ה וכל זה מיירי דלית ביה פירור אחד דאית ביה כזית, כדלעיל בהגהתי בסמוך. תיבת וסמוק הכתוב בפנים בשם המרדכי, עיין ברוב ספרי המרדכי (סימן קיט) שכתוב ונמוק במקום וסמוק, אבל מה אעשה שהבית יוסף ומוהר"ם בשולחן ערוך (עי' או"ח קסח, יב) תופסין עיקר הגירסא יין אדום וסמוק:
Glose : et tout ceci traite du cas où il n'y a pas en lui une miette où il y a un volume d'olive, comme plus haut dans ma glose à côté. Le mot וסמוק (et il est rougéci) écrit dans le corps au nom du Mordekhai, vois dans la majorité des livres du Mordekhai (siman 119) qu'il est écrit ונמוק (et il est dissous) à la place de וסמוק, mais que puis-je faire, le Beit Yossef et Moharam (le Rema) dans le Choulhan Aroukh (vois Orah 'Hayim 168,12) tiennent pour principale la leçon : vin rouge et il est rougéci :
והחילוק שבין גירסת נמוק, לגירסת סמוק, הוא זה. דלגירסת וסמוק, לכך אין מברכין המוציא על אלו הפירורין הואיל ונשתנו ממראיתם וקבלו מראית האודם מהיין האדום, ודומין לפת הבאה בכיסנין, על כן מברכין עליה בורא מיני מזונות.
אבל אם לא היה יין אדום, היו מברכין עליו המוציא. ולגירסת ונמוק, אף אם לא היה היין אדום, אין מברכין עליהן המוציא, הואיל ונמוק ונימוח:
Et la distinction entre la leçon נמוק et la leçon סמוק est celle-ci. Selon la leçon וסמוק, c'est pourquoi l'on ne bénit pas hamotsi sur ces miettes puisqu'elles ont changé de leur apparence et ont reçu l'apparence du rouge du vin rouge, et elles ressemblent au pat haba bekhisnin, c'est pourquoi l'on bénit sur elle Bore minei mezonot.
Mais s'il n'était pas du vin rouge, l'on bénissait sur lui hamotsi. Et selon la leçon ונמוק, même si le vin n'était pas rouge, l'on ne bénit pas sur elles hamotsi, puisqu'il est dissous et fondu :
ונראה שלכן תופסין הבית יוסף ומוהר"ם ז"ל הגרסא של וסמוק לעיקר, לפי דלגרסת ונמוק איירי המרדכי דשריית הפת הוא ביין לבן, אם כן הוי קשה לפי זה מאי שנא השורה פתו ביין לבן, מהשורה פתו במים, דכתב המרדכי גבי מים כשהמים מתלבנים מחמת הפירורים אז אמרינן דאזיל להו תוריתא דנהמא כנזכר, ה"נ גבי השורה פתו ביין לבן נימא הכי דלא אזיל תוריתא דנהמא אלא א"כ היין מתלבן במראות הלחם מחמת הפירורין. ואין לומר דאין הכי נמי, דמה שכתב המרדכי וכן השורה פתו ביין אין מברכין עליו המוציא שיצא מתורת לחם הואיל ונמוק, כוונתו לומר כן כמו במים, דסתמא דמלתא הואיל ונמוק כבר נתלבן היין מחמת פת ואזיל להו תוריתא דנהמא, דא"כ ליערבינהו וליתנינהו, והכי הוי ליה למרדכי למימר, כשנותנין פירורין במים או ביין והמים או היין מתלבנים מחמת הפירורים אזיל ליה תוריתא דנהמא וכו'.
ועוד מאי האי דקאמר, הואיל ונימוק דומה לפת הבאה בכסנין, הא טעמא דנמוק אינו אלא משום דאזיל ליה תוריתא דנהמא. ועוד טעמא דדומה לפת הבאה בכיסנין למה לי, כיון דאזיל ליה תוריתא דנהמא:
Et il apparaît que c'est pourquoi le Beit Yossef et Moharam, de mémoire bénie, tiennent la leçon וסמוק pour principale, car selon la leçon ונמוק le Mordekhai traiterait du trempage du pain dans du vin blanc, donc il serait difficile selon cela : en quoi diffère celui qui trempe son pain dans du vin blanc, de celui qui trempe son pain dans l'eau, car le Mordekhai a écrit quant à l'eau : lorsque l'eau blanchit à cause des miettes alors nous disons que torita denahama s'en est allé comme mentionné, de même quant à celui qui trempe son pain dans du vin blanc nous dirions ainsi que torita denahama ne s'en va que si le vin blanchit aux apparences du pain à cause des miettes. Et l'on ne dira pas : il en est bien ainsi, que ce qu'a écrit le Mordekhai et de même celui qui trempe son pain dans le vin, l'on ne bénit pas sur lui hamotsi car il est sorti du statut de pain puisqu'il est נמוק, son intention est de dire ainsi comme pour l'eau, que de prime abord puisqu'il est נמוק le vin a déjà blanchi à cause du pain et torita denahama s'en est allé, car alors qu'il les joigne et les enseigne ensemble, et ainsi le Mordekhai aurait dû dire : lorsqu'on met des miettes dans l'eau ou dans le vin et que l'eau ou le vin blanchissent à cause des miettes, torita denahama s'en est allé etc.
Et encore, qu'est-ce que ceci qu'il dit : puisqu'il est נימוק il ressemble au pat haba bekhisnin, or la raison de נמוק n'est que parce que torita denahama s'en est allé. Et encore, la raison il ressemble au pat haba bekhisnin, pourquoi me faut-elle, puisque torita denahama s'en est allé :
אלא בודאי מהא מוכח דגירסת רבותינו בעלי השלחן ערוך היא העיקרית. ובתחלה אתא המרדכי לאשמועינן דהשורה פתו במים דלא אמרינן אזיל להו תוריתא דנהמא, אלא א"כ נתלבנו המים מחמת הפירורין.
והוא הדין השורה פתו ביין לבן, דלא אמרינן אזיל ליה תוריתא דנהמא אלא אם כן נתלבן היין במראית תואר לחם מחמת פירורין, דטעם אחד לשניהם. ואחר כך בא לאשמועינן, דהשורה פתו ביין אדום, אף אם לא נתלבן היין מחמת הפירורין, אף על פי כן יצא מתורת לחם, הואיל וסמוק ודומה לפת הבאה בכיסנין, אע"פ שתיבות אדום אינו בשום מרדכי, רק הגירסא השורה פתו ביין, מכל מקום ממקומו הוא מוכרע דמיירי ביין אדום דווקא כמו שכתבתי.
וע"כ גם אחרי כן גורסין, הואיל וסמוק:
Mais certainement de ceci il est prouvé que la leçon de nos maîtres les auteurs du Choulhan Aroukh est la principale. Et d'abord le Mordekhai est venu nous enseigner que celui qui trempe son pain dans l'eau, nous ne disons pas que torita denahama s'en est allé, que si les eaux ont blanchi à cause des miettes.
Et de même celui qui trempe son pain dans du vin blanc, nous ne disons pas que torita denahama s'en est allé que si le vin a blanchi à l'apparence de l'aspect du pain à cause des miettes, car une seule raison pour les deux. Et ensuite il est venu nous enseigner que celui qui trempe son pain dans du vin rouge, même si le vin n'a pas blanchi à cause des miettes, même ainsi il est sorti du statut de pain, puisqu'il est סמוק et ressemble au pat haba bekhisnin, bien que les mots rouge ne soient dans aucun Mordekhai, seulement la leçon est celui qui trempe son pain dans le vin, toutefois de son endroit il est décidé qu'il traite précisément de vin rouge comme j'ai écrit.
Et c'est pourquoi aussi ensuite ils lisent : puisqu'il est סמוק :
ואם תאמר אי טעמא דיין אדום משום שנשתנו הפירורין ממראיתן ולית בהו תואר לחם דומיא דפת הבאה בכיסנין, א"כ אפילו אי אית בהו כזית לברך עלייהו בורא מיני מזונות ומעין ג', ולא המוציא וג' ברכות, כמו על פת הבאה בכיסנין:
Et si tu dis : si la raison du vin rouge est parce que les miettes ont changé de leur apparence et qu'il n'y a pas en elles l'aspect du pain, à la ressemblance du pat haba bekhisnin, donc même s'il y a en elles un volume d'olive, bénir sur elles Bore minei mezonot et une berakha à la manière des trois, et non hamotsi et les 3 berakhot, comme sur le pat haba bekhisnin :