שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Shaar HaOtiyot, Kedushat HaAchilah, Emek Beracha (2/6)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

« Le tsadik mange à satiété de son âme » (Proverbes 13,25). Le Chla rapporte le Sefer Hassidim et le Rambam : le sage se reconnaît à son manger, un plat ou deux selon le besoin de sa vie. Il faut prendre garde à la multiplication du manger : le remplissage du ventre cause plusieurs maux ; on se souvient que tout va aux latrines et que multiplier la chair multiplie le ver. La paracha de la manne enseigne « selon son manger », ni moins ni plus : le surplus va à la perte, fourmille de vers et empue. Le disciple sage saisit la ligne moyenne, pain au poids, pour le maintien de l’âme et du corps au service du Nom.

Aussi : la Torah n’a été donnée qu’aux mangeurs de la manne ; le repas des disciples des sages à la sixième heure ; l’ivresse perd corps et intelligence, la joie du vin aux repas de mitsva ouvre le secret de la Torah

וזה לשון ספר חסידים סימן ג', צדיק אוכל לשובע וגו' (משלי יג, כה), כשם שהחכם ניכר בחכמתו ובדעותיו והוא מובדל בהם משאר העם, כן צריך שיהא ניכר במעשיו במאכלו ובמשקהו ובבעילתו ובעשות צרכיו בהילוכו ובדבריו במשאו ובמתנו, ויהיו כל המעשים האלו נאים ומתוקנים ביותר. לא גרגרן, אלא אוכל מאכל הראוי לו להברות את גופו, ולא יאכל ממנו אכילה גסה, ולא יהיה רודף למלאות את בטנו כאלו שממלאים כריסם ממאכל ומשתה עד כמעט שגופן וכריסם נבקעת, ועליהם נאמר בקבלה (מלאכי ב, ג) וזריתי פרש על פניכם וכו' פרש חגיכם, אלו בני אדם שאוכלים ושותים ועושים כל ימיהם כחגים, (בפרק שואל (שבת קנא, ב) ונרוץ הגלגל אל הבור, זה פרש וכה"א וזריתי פרש על פניכם פרש חגיכם.

אמר רב הונא אלו בני אדם שמניחין דברי תורה, ועושין כל ימיהם כחגים. אמר ר"ל לאחר ג' ימים כרסו נבקעת ונופלת לו על פניו ואומר לו טול מה שנתת בי), ואומרים זה לזה נאכל ונשתה לרוב כי מחר נמות, וזה מאכל רשעים וכו'.

אבל החכם אינו אוכל כי אם תבשיל אחד או שנים, ואוכל ממנו כדי חייו לא עד שימלא כריסו. הוא שאמר שלמה המלך ע"ה (משלי יג, כה) צדיק אוכל לשובע נפשו, ע"כ.

וכן הוא ברמב"ם בפ"ה מהלכות דעות (הל"א) עיין עליו:

Et voici le langage du Sefer Hassidim siman 3 : le tsadik mange à satiété etc. (Proverbes 13,25).

De même que le sage est reconnu à sa sagesse et à ses opinions et qu'il en est séparé du reste du peuple, ainsi il faut qu'il soit reconnu à ses actes, à son manger et à sa boisson, à son union, à faire ses besoins, à sa marche, à ses paroles, à son commerce, et que tous ces actes soient beaux et très bien ordonnés. Pas un glouton, mais il mange un aliment qui lui convient pour rendre sain son corps, et il n'en mangera pas un manger grossier, et il ne poursuivra pas à remplir son ventre comme ceux qui remplissent leur ventre de manger et de boisson jusqu'à ce que presque leur corps et leur ventre se fendent, et sur eux il est dit dans la tradition (Malachie 2,3) : et Je répandrai le fumier sur vos visages etc., le fumier de vos fêtes, ce sont les hommes qui mangent et boivent et font tous leurs jours comme des fêtes (au chapitre Shoël (Chabbat 151b) : et la roue court vers la fosse, c'est le fumier, et ainsi il est écrit : et Je répandrai le fumier sur vos visages, le fumier de vos fêtes.

Rav Houna a dit : ce sont les hommes qui laissent les paroles de Torah et font tous leurs jours comme des fêtes. Rech Lakich a dit : après trois jours son ventre se fend et lui tombe sur le visage et lui dit : prends ce que tu as mis en moi), et ils se disent l'un à l'autre : mangeons et buvons à profusion car demain nous mourrons, et c'est le manger des méchants etc.

Mais le sage ne mange qu'un plat ou deux, et il en mange selon le besoin de sa vie, non jusqu'à remplir son ventre. C'est ce qu'a dit le roi Shelomo, que la paix soit sur lui (Proverbes 13,25) : le tsadik mange à satiété de son âme, jusqu-ici.

Et ainsi est-il dans le Rambam au chapitre 5 des lois de Deot (paragraphe 1), vois-le :

שמעינן מכל זה, שצריך ליזהר ברבוי אכילה. וכן אמרו חז"ל (בפרק אין עומדין (ברכות לב, א)) מילוי כריסו זיני בישי.

פירוש, מילוי הכרס גורם כמה מיני רעות. ואם יצרו מפתהו שיאכל למלא בטנו ותאותו, ישיב אמריו לו מה יתרון לאדם ברוב אכילה ושתיה, הלא לפי רוב האכילה והשתייה ירבה קיא צואה אם ימלא הבטן גש"ם, על הארץ יורק דרך מעלה או דרך מטה, מיהר צוא"ה להפתח לפני המטה, או אז יכנע יצרו הרע המפתה את האדם לילך חוץ לשיטה.

ותוכחת מוסר זה רמזו לנו רז"ל במה שאמרו (בפ' כיצד מברכין (במה מדליקין, שבת כה, ב)) איזהו עשיר מי שיש לו בית הכסא סמוך לשלחנו. רצו לומר, איזהו עשיר במעלות המדות ובמעלות התרוממות, מי שיש לו בית הכסא סמוך לשלחנו, רצו לומר סמוך לשישב לאכול על שלחנו, יש לו בית הכסא במחשבתו, ויאמר בלבו למה לי רוב זבחים הרוג בקר ושחוט צאן, ואם כל דגי הים יאסף לי מה יועיל לי, מאחר שאין לזה תכלית ניסא, כי אחרי כל המאכלים באים לבית הכסא, אין בין אכילות בהמות חיות ועופות, הכל ישוב למקום הטינופת:

Nous entendons de tout cela qu'il faut prendre garde à la multiplication du manger. Et ainsi ont dit nos Sages, de mémoire bénie (au chapitre Ein Omdin (Berakhot 32a)) : le remplissage de son ventre, zinei bishi.

Explication : le remplissage du ventre cause plusieurs espèces de maux. Et si son penchant le séduit à manger pour remplir son ventre et son désir, qu'il lui rende ses paroles : quel avantage à l'homme dans le trop de manger et de boire, n'est-il pas que selon le trop du manger et de la boisson se multiplient vomi et excrément, s'il remplit le ventre de pluies (גש"ם), sur la terre cela est vomi par en haut ou par en bas, l'excrément (צוא"ה) s'est hâté de s'ouvrir devant le lit, ou alors son mauvais penchant qui séduit l'homme à sortir hors de la ligne sera soumis.

Et cette remontrance de morale, Razal nous l'ont indiquée dans ce qu'ils ont dit (au chapitre Ketsad Mevarkhin (Bameh Madlikin, Chabbat 25b)) : qui est riche, celui qui a des latrines près de sa table. Ils ont voulu dire : qui est riche dans les degrés des qualités et dans les degrés de l'élévation, celui qui a des latrines près de sa table, ils ont voulu dire : près de s'asseoir pour manger à sa table, il a les latrines dans sa pensée, et il dira en son cœur : à quoi me sert le trop des sacrifices, tuer le bœuf et égorger le mouton, et si tous les poissons de la mer s'assemblent pour moi que me profiteront-ils, puisqu'il n'y a à cela nulle fin extraordinaire, car après tous les aliments ils viennent aux latrines, il n'y a pas de différence entre les nourritures de bêtes, de bêtes sauvages et d'oiseaux, tout retourne au lieu de l'ordure :

ודרשו רז"ל (תדא"ר כו) על פסוק (ישעיהו מח, י) צרפתיך ולא בכסף בחנתיך בכור עוני, מה הכור הזה אפילו אתה נותן לו כל עצים שבעולם הרי הוא שורפן ומפסידין. כך גרונו של אדם, אפילו אתה נותן לו כל אכילות שבעולם, הרי הוא מפסידן.

והחכם עיניו בראשו ויזכור זה כשישב לאכול, ואז ודאי לא ימשוך אחר תאותו:

Et Razal ont interprété (Tana deBei Eliyahou Rabba 26) sur le verset (Isaie 48,10) : Je t'ai affiné et non par l'argent, Je t'ai éprouvé au creuset de la misère : qu'est-ce que ce creuset, même si tu lui donnes tous les bois du monde, voici qu'il les brûle et les perd. Ainsi le gosier de l'homme, même si tu lui donnes toutes les nourritures du monde, voici qu'il les perd.

Et le sage, ses yeux sont dans sa tête, et il se souviendra de cela lorsqu'il s'assoira pour manger, et alors certes il ne se tirera pas après son désir :

עוד יזכור בשעת אכילה, שכל מה שהוא מרבה באכילה מרבה בשר לרימה (אבות ב, ז), שזהו אחריתו כמו שאמרו רז"ל (שם (ד, ד)) שתקות אנוש רימה. וכאשר יזכור האדם שני דברים אלו בשעת אכילה, הא' שסוף אכילה לבית הכסא, והב' שהמרבה בשר מרבה רימה, אז ודאי ימשוך ידו מאכילה מרובה, ולא יאכל כי אם כדי חייו:

Encore il se souviendra à l'heure du manger que tout ce qu'il multiplie dans le manger, il multiplie de la chair pour le ver (Avot 2,7), car c'est sa fin comme ont dit Razal (là (4,4)) : l'espoir de l'homme est le ver. Et lorsque l'homme se souviendra de ces deux choses à l'heure du manger, la première que la fin du manger est aux latrines, et la seconde que celui qui multiplie la chair multiplie le ver, alors certes il retirera sa main d'un manger abondant, et il ne mangera que selon le besoin de sa vie :

וכל זה הנזכר כאן בסמוך, הוא נרמז בפרשת המן. שכבר ידעת שהיה להם בכל יום די מחסורם, וכמו שאמר הכתוב (שמות טז, טז) לקטו ממנו איש לפי אכלו, רצה לומר במלות לפי אכלו כפי שיעור אכילה לכל איש, דהיינו כדי חייו ולא פחות ולא יותר, וכמו שאומר הכתוב אח"כ (שם יח) וימודו בעומר ולא העדיף המרבה וגו', והיה זה הפלא לעורר לבות האנשים וללמד דעת את העם שאין עודפות במי שמרבה אכילה יותר מכדי חייו הואיל והכל הולך לאיבוד, כנזכר בסמוך בשם המדרש גרונו של אדם כו' הרי הוא מפסיד.

והממעיט לא החסיר, כלומר גם הממעיט לא חסר לו דבר, הואיל והחייה את נפשו עד עת קצו. ואמר אח"כ (שם כ) ולא שמעו אל משה, רצה לומר שהיו רודפים אחר המותרות ולא כיוונו רק אל מלוי הבטן אשר יורק דרך מעלה או דרך מטה, כנזכר לעיל.

מה כתיב בתריה (שם), וירם תולעים וגו', בא להורות לשעה ולדורות שכל מי שעושה כן לא זכר אחריתו, כי רבוי המאכלים מרבים בשר ורימה אחר מותו. ואמר עוד (שם) ויבאש, אפילו בחייו, כי רבוי המאכלים מרבים קיא צואה בקיץ ובחורף.

וסר"ח העוד"ף ותעלה באשו וצחנתו על אפ"ו ועל חמתו, קל וחומר במותו:

Et tout cela mentionné ici tout près est indiqué dans la paracha de la manne. Car tu sais déjà qu'ils avaient chaque jour assez de leur manque, et comme a dit l'Écriture (Exode 16,16) : ramassez-en chacun selon son manger, il a voulu dire par les mots selon son manger : selon la mesure du manger pour chaque homme, c'est-à-dire selon le besoin de sa vie, ni moins ni plus, et comme dit l'Écriture ensuite (la 18) : et ils mesurèrent à l'omer et celui qui avait beaucoup n'eut pas de trop etc., et ce fut le prodige pour éveiller les cœurs des hommes et pour enseigner la connaissance au peuple, qu'il n'y a pas de surplus chez celui qui multiplie le manger plus que le besoin de sa vie, puisque tout va à la perte, comme mentionné tout près au nom du Midrach : le gosier de l'homme etc., voici qu'il perd.

Et celui qui avait peu n'eut pas de manque, c'est-à-dire aussi celui qui avait peu, rien ne lui manqua, puisqu'il a fait vivre son âme jusqu'à l'heure de sa fin. Et il a dit ensuite (la 20) : et ils n'écoutèrent pas Moché, il a voulu dire qu'ils poursuivaient les choses superflues et ne visaient qu'au remplissage du ventre qui est vomi par en haut ou par en bas, comme mentionné plus haut.

Qu'est-il écrit après (la) : et il fourmilla de vers etc., il vient enseigner pour l'heure et pour les générations que quiconque fait ainsi n'a pas souvenu de sa fin, car la multiplication des aliments multiplie la chair et le ver après sa mort. Et il a dit encore (là) : et il empua, même de son vivant, car la multiplication des aliments multiplie vomi et excrément en été et en hiver.

Et le surplus empua (סרח העודף), et sa puanteur et sa corruption montèrent sur son nez et sur sa fureur, à plus forte raison à sa mort :

הלא יזכור האדם כל זה מדי אכלו ומדי שתותו, ולא ימלא כריסו עד כדי השגת תאותו. וזה יהיה שלומו וטובתו כי יאכל כפי תועלתו, ולא כפי תולעת"ו.

וביחוד הלומדים שהם פרושים יותר משאר העם, מן הראוי שינהגו ג"כ הפרישות הזה בעצמם לבלתי יתגאלו בפת בג התענוגים המותרים, כי אם אשר הוא לקיום נפשם וגופם הוא לבדו יעשה להם ולא יותר, כמו שהוא נרמז בפרשת המן כאמור:

Voici que l'homme se souviendra de tout cela à chaque fois qu'il mange et à chaque fois qu'il boit, et il ne remplira pas son ventre jusqu'à l'atteinte de son désir. Et cela sera sa paix et son bien, car il mangera selon son profit, et non selon son ver (תולעתו).

Et surtout les étudiants, qui sont plus séparés que le reste du peuple, il convient qu'ils pratiquent aussi cette séparation en eux-mêmes, afin de ne pas se souiller dans le mets royal des plaisirs permis, mais seulement ce qui est pour le maintien de leur âme et de leur corps, cela seul leur sera fait et pas plus, comme il est indiqué dans la paracha de la manne comme dit :

ולזה אמרו רז"ל (תנחומא בשלח כ) לא נתנה תורה אלא לאוכלי המן. רצה בזה, שראוי לכל בעל תורה שיהיה מאוכלי המן, כלומר שינהיג בעצמו הפרישות הכתוב באוכלי המן, שיהיה להם בכל יום די מחסורם לא פחות ולא יותר והכל במדה כדי חייהם, שנאמר (שמות טז, יח) וימודו בעומר וגו', כדלעיל:

Et pour cela ont dit Razal (Tanhuma Bechalah 20) : la Torah n'a été donnée qu'aux mangeurs de la manne. Il a voulu par là qu'il convient à tout maître de Torah d'être des mangeurs de la manne, c'est-à-dire qu'il conduise en lui-même la séparation écrite chez les mangeurs de la manne, qu'ils aient chaque jour assez de leur manque, ni moins ni plus, et le tout à la mesure selon le besoin de leur vie, il est écrit (Exode 16,18) : et ils mesurèrent à l'omer etc., comme plus haut :

ואפשר דלכוונה זו אמרו בפרק קמא דשבת (י, ב) ובפרק קמא דפסחים (יב, ב), סעודת תלמידי חכמים שעה ששית. בשכבר ידעת כי שעה ששית היא חצי היום, כן יתנהג התלמיד חכם באכילתו בחצות, רצוני לומר אכילה אמצעית בינונית, לא שיאכל אכילה גסה, ולא שיחסיר נפשו מכל טובה.

אלא יתכוון באכילתו לקיום נפשו ולהברות גופו כדי שיהא בריא וחזק לעבודת השם יתברך, כנזכר בתחילת הסעיף:

Et il est possible que pour cette intention ils ont dit au premier chapitre de Chabbat (10b) et au premier chapitre de Pessahim (12b) : le repas des disciples des sages, la sixième heure. Car tu sais déjà que la sixième heure est la moitié du jour, ainsi le disciple sage se conduira dans son manger à midi, je veux dire un manger moyen, intermédiaire, qu'il ne mange pas un manger grossier, et qu'il ne prive pas son âme de tout bien.

Mais qu'il vise dans son manger au maintien de son âme et à rendre sain son corps afin qu'il soit sain et fort pour le service du Nom, béni soit-Il, comme mentionné au début du paragraphe :

סוף דבר התלמיד חכם יאחוז בקו האמצעי, שיהיה ענין אכילתו מחצית השקל בשקל הקודש, לו שקול ישקל לחמו, פת במשקל יאכל, ומים במשורה ישתה, הוא לבדו יעשה לו לכדי חייו ההכרחיים, והיותר יחרים. ואפילו בשבת לא יאכל יותר מדאי, כמו שכתב הטור אורח חיים (בסימן רצ"א):

En somme le disciple sage saisira la ligne moyenne, que l'affaire de son manger soit la moitié du chekel au chekel du Sanctuaire, que son pain lui soit pesé, il mangera du pain au poids, et il boira de l'eau à la mesure, cela seul lui sera fait pour le besoin de sa vie nécessaire, et le surplus il le mettra à l'interdit. Et même le Chabbat il ne mangera pas trop, comme a écrit le Tour Orah 'Hayim (au siman 291) :

וכן יש כמה מאמרים מרז"ל מסייעין לזה, ומרחיקים התענוגים מבעלי תלמידי חכמים, ומהם ראשונה ברייתא דקנין תורה (אבות ו, ד-ה), כך היא דרכה של תורה פת במלח תאכל וכו'. אל תתאוה לשלחנם של מלכים וכו'.

ודוד המלך ע"ה אמר (תהלים קיט, א), טוב לי כי עניתי למען אלמד חקיך. (ג"כ בספר תוצאות חיים כתב בשם ה"ר שלמה הלוי אלקב"ץ רבו של בעל הפרדס, שבמקום אכילה גסה והלעטה, לילית מצויה שם, על כן שומר נפשו ירחק).

ושאר המחברים וכתבי הקודש המדברים בזה דומות למרובות והנם למשא להביאם, יעויין במקומותיהם חיים הם למוצאיהם:

Et ainsi il y a plusieurs dits de Razal qui aident à cela, et éloignent les plaisirs des maîtres disciples des sages, et parmi eux d'abord la baraita de Kinian Torah (Avot 6,4-5) : telle est la voie de la Torah, tu mangeras du pain avec du sel etc. Ne désire pas la table des rois etc.

Et le roi David, que la paix soit sur lui, a dit (Psaumes 119,71) : il m'est bon d'avoir été affligé afin que j'apprenne Tes décrets. (Aussi dans le sefer Totsot 'Hayim il a écrit au nom de Rabbi Shelomo haLevi Alkabetz, maître de l'auteur du Pardes, qu'au lieu d'un manger grossier et d'un gavage, Lilith s'y trouve, c'est pourquoi celui qui garde son âme s'éloignera).

Et les autres auteurs et les écrits saints qui parlent de cela sont semblables à de nombreux, et les apporter est une charge, que l'on voie en leurs lieux, ils sont vie pour ceux qui les trouvent :

יזהר מריבוי שתיה, פן יבא לידי חורבה ושאייה:

Qu'il prenne garde à la multiplication de la boisson, de peur qu'il n'en vienne à la ruine et à la désolation :

סעיף ג' כמו שצריך ליזהר מרבוי אכילה כדלעיל (סעיף ב'), כן צריך ליזהר מרבוי שתייה, כי השכרות מפסיד גופו של אדם ומאביד שכלו וגורם לו כל רעות שבעולם, כמו שמצינו בנח שגרם לו השכרות רעה וקלון, והיתה לו סבה לקלל זרעו. ואמרו רז"ל (במסכת סנהדרין (ע, א)) י"ג ווין נאמרו ביין, ויחל נח ויטע כרם וישת מן היין וישכר וכו' (בראשית ט, יט).

הכוונה בי"ג ווי"ן אלו, כתב בספר ראשית חכמה בשער הקדושה מפני שכולם באו להורות אוי ווי, והם י"ג להורות שפגם באחדות שאחד עולה י"ג וכו':

Paragraphe 3. De même qu'il faut prendre garde à la multiplication du manger comme plus haut (paragraphe 2), ainsi il faut prendre garde à la multiplication de la boisson, car l'ivresse perd le corps de l'homme et fait périr son intelligence et lui cause tous les maux du monde, comme nous trouvons en Noah que l'ivresse lui causa mal et honte, et elle lui fut une cause de maudire sa lignée.

Et Razal ont dit (dans le traité Sanhédrin (70a)) : treize vav (ווין) ont été dits au sujet du vin : et Noah commença et planta une vigne et but du vin et s'enivra etc. (Genèse 9,20).

L'intention de ces treize vav, il a écrit dans le sefer Reshit 'Hokhma à la porte de la sainteté, parce qu'ils sont tous venus pour enseigner oy vaï, et ils sont treize pour enseigner qu'il a entamé l'unité, car ehad (אחד) monte à treize etc. :

ובמדרש בפרשת נזיר (ב"ר י, ב), אל תירא יין כי יתאדם (משלי כג, לא), הזהירה רוח הקודש על היין שלא ישתכר אדם. למה, כי יתאדם, שאחריתו דם שעובר עבירה שיתחייב עליה מיתה.

דבר אחר, כי יתאדם לדם נידה ודם זיבה, כי יתן בכוס עינו, בכיס כתיב, ע"י הכוס יתן עינו בכיס, לשון נקי דברה תורה, לומר שיבא על הערוה. יתהלך במישרים, סוף אשתו אומרת לו כשושנה אדומה ראיתי ואינו פורש.

אמר ר' אסי, אם תלמיד חכם הוא, סוף שמטמא את הטהור ומטהר את הטמא. דבר אחר, יתהלך במישרים, סוף שהוא מתיר את העבירות ועושה אותן הפקר כמישור, משיח עם האשה בסוף מנבל את פיו בדברים רעים בשכרות ואינו מתבייש וכו':

Et dans le Midrach à la paracha Nazir (Bamidbar Rabba 10,2) : ne regarde pas le vin car il rougit (Proverbes 23,31), le souffle de sainteté a averti au sujet du vin qu'un homme ne s'enivre pas. Pourquoi, car il rougit, que sa fin est le sang, qu'il transgresse une faute dont il sera tenu de mort.

Autre chose : car il rougit, vers le sang des menstrues et le sang du flux, car il met dans la coupe son œil, il est écrit poche (כיס), par là coupe il mettra son œil dans la poche, la Torah a parlé un langage net, pour dire qu'il viendra sur l'union interdite. Il marchera dans les droits : à la fin sa femme lui dit : comme une rose rouge j'ai vu, et il ne se sépare pas.

Rabbi Asi a dit : s'il est un disciple sage, à la fin il déclare impur le pur et déclare pur l'impur. Autre chose : il marchera dans les droits, à la fin il autorise les fautes et les rend sans maître comme une plaine, il converse avec la femme, à la fin il avilit sa bouche de mauvaises paroles dans l'ivresse et n'a pas honte etc. :

למדנו שאין טוב יוצא מהיין, והוא הדין שאר משקין שהאדם שותה דרך שכרות. ובפרט לומדי תורה צריכין ליזהר יותר מן השכרות, כי השכרות מביא לידי רבוי שינה ומתוך [זה] יבואו להתבטל מדברי תורה:

Nous avons appris que rien de bon ne sort du vin, et la même loi pour les autres boissons que l'homme boit par voie d'ivresse. Et surtout les étudiants de Torah doivent prendre garde davantage à l'ivresse, car l'ivresse amène à la multiplication du sommeil, et de là ils en viendront à se détourner des paroles de Torah :

וגם גנאי הוא לתלמיד חכם כשהוא שיכור, יותר משאר העם. ואמרו במדרש הנעלם ז"ל, אמר רב יצחק, מעולם אין היצר הרע מפתה אלא באכילה ושתייה, ומתוך שמחת היין, אז שולט באדם.

בצדיק מה כתיב ביה, (משלי יג, כה) צדיק אוכל לשובע נפשו, ואינו משתכר לעולם, דא"ר יודא האי צורבא מדרבנן דמרוי קרינא עליה (שם יא, כב) נזם זהב באף חזיר. ולא עוד, אלא שמחלל שם שמים וכו', שאין היצה"ר מתעורר אלא מתוך היין שנאמר (בראשית יט, לג) ותשקנה את אביהן יין:

Et c'est aussi une honte pour le disciple sage lorsqu'il est ivre, plus que pour le reste du peuple. Et ils ont dit dans le Midrach haNeelam, de mémoire bénie : Rav Yitshak a dit : jamais le mauvais penchant ne séduit sinon par le manger et la boisson, et de là joie du vin, alors il domine l'homme.

Du tsadik, qu'est-il écrit de lui (Proverbes 13,25) : le tsadik mange à satiété de son âme, et il ne s'enivre jamais, car Rabbi Youda a dit : ce jeune des rabbins qui s'enivre, je lis sur lui (là 11,22) : un anneau d'or au nez d'un porc. Et non seulement cela, mais il profane le Nom des cieux etc., car le mauvais penchant ne s'éveille que du vin, il est écrit (Genèse 19,33) : et elles firent boire du vin à leur père :

וכבר הבאתי לעיל בסעיף שלפני זה (ד"ה וז"ל ספר חסידים) בשם ספר חסידים והוא מדברי הרמב"ם בספר המדע ז"ל (ה, א), כשם שהחכם ניכר בחכמתו ובדעותיו והוא מובדל מהם משאר העם, כך צריך שיהיה ניכר במעשיו במאכלו ובמשקהו וכו':

Et je l'ai déjà apporté plus haut dans le paragraphe d'avant celui-ci (s.v. et voici le langage du Sefer Hassidim) au nom du Sefer Hassidim, et ce sont les paroles du Rambam dans le sefer haMada, de mémoire bénie (5,1) : de même que le sage est reconnu à sa sagesse et à ses opinions et qu'il en est séparé du reste du peuple, ainsi il faut qu'il soit reconnu à ses actes, à son manger et à sa boisson etc. :

וזה לשון הרמב"ם בהלכות דעות פ"ה (ג), כשהחכם שותה יין, אינו שותה אלא כדי לשרות אכילה שבמעיו, וכל המשתכר הרי הוא חוטא ומגונה ומפסיד חכמתו. ואם נשתכר בפני עם הארץ, הרי זה חילול השם.

ובלאו הכי כל בר דעת ירחיק עצמו מן השכרות הרחק כמטחוי קשת, כדי שלא יבא מתוך כך לידי בזיון ובושת, כי לפעמים יעשה אדם דבר בשעת שכרות או ידבר דבר, אם יתן איש מלא ביתו כסף וזהב לא יעשה אותו דבר או לא ידבר דבר כזה כשאינו שכור, וכל העבירות הגדולות הם בעיניו למישור והוא חוטא בבלי דעת, ותם לריק כחו וכספו וזמנו, ויפסיד השכל, גם תפלתו תועבה. אשרי מי שלא היה שכור מימיו:

Et voici le langage du Rambam dans les lois de Deot chapitre 5 (3) : lorsque le sage boit du vin, il ne boit que pour tremper le manger qui est dans ses entrailles, et quiconque s'enivre, voici qu'il est fautif et vil et il perd sa sagesse. Et s'il s'est enivré devant un homme du peuple, voici que c'est une profanation du Nom.

Et hors de cela, tout homme de jugement s'éloignera de l'ivresse, un éloignement comme une portée d'arc, afin de ne pas en venir par là à l'humiliation et à la honte, car parfois un homme fera une chose à l'heure de l'ivresse ou dira une chose, si un homme donnait sa maison pleine d'argent et d'or il ne ferait pas cette chose ou ne dirait pas une telle chose lorsqu'il n'est pas ivre, et toutes les grandes fautes sont à ses yeux comme une plaine, et il faute sans savoir, et sa force et son argent et son temps s'achèvent en vain, et il perdra l'intelligence, aussi sa tefila est une abomination. Heureux celui qui n'a jamais été ivre de ses jours :

ואני מלמד זכות לקדושים אשר בארץ המה הגבורים אשר מעולם אנשי השם ומשרתיו, ששתו לפעמים הרבה יותר מדאי בסעודות גדולות, בפרט בסעודות מצוה, בודאי היתה כוונתם בזה לשם שמים, כי מתוך משתה היין הוו מבדחי טובא, ומתוך כך אומרים דברי תורה על השלחן הרבה מאוד וכפלים לתושיה:

Et moi j'enseigne le mérite des saints qui sont dans le pays, ce sont les héros d'autrefois, les hommes du Nom et Ses serviteurs, qui ont parfois bu beaucoup trop aux grands repas, surtout aux repas de mitsva, certes leur intention en cela était pour le Nom des cieux, car de la beuverie du vin ils étaient très joyeux, et de là ils disent des paroles de Torah à table, beaucoup, et le double pour l'intelligence :

וההיא דאמרינן בפרק המוציא (שבת עז, ב) ר' זעירא אשכח לרבי יודא דהוה קאי אפיתחא דבי חמוה, וחזיתיה דהוה בדיחא דעתיה, ואי בעי מיניה כל חללי עלמא הוה א"ל כו'. שמע מינה דמתוך שמחה מגלה החכם רזי התורה, והטעם הוא כי ברבות השמחה יתחזק הכח השכלי שיש בנפש ואז הוא יותר מוכן לגלות תעלומות חכמה, וכההוא דאמרינן (בפ"א דיני ממונות (סנהדרין לח, א)) אגברי חמרא אדרדקי כי היכי דלימרי מילתא וכו', עד יין ניתן בע' אותיות, וסוד ניתן בע' אותיות, נכנס יין יצא סוד, עד כאן.

רצו בזה שע"י משתה היין יצא דברי תורה הנקראת סוד, שנאמר (תהלים כה, יד) סוד ה' ליראיו. ועל כן אמרו ניתן בע' אותיות, ולא אמרו בגימטריא ע' (כי פירוש רש"י (ד"ה בשבעים) על מלת [סוד] ניתן, כך חשבונו בגימטריא) רמזו בזה על נתינת התורה שהיא נתונה במספר זה כי שבעים פנים לתורה וק"ל:

Et celle que nous disons au chapitre haMotsi (Chabbat 77b) : Rabbi Zeira trouva Rabbi Youda qui se tenait à l'entrée de la maison de son beau-père, et il le vit que son esprit était joyeux, et s'il lui demandait tous les creux du monde il les lui dirait etc. Entends de là que de la joie le sage révèle les secrets de la Torah, et la raison est que par l'abondance de la joie se renforce la force intellectuelle qui est dans l'âme, et alors il est plus prêt à révéler les mystères de la sagesse, et comme celle que nous disons (au premier chapitre des lois des biens (Sanhédrin 38a)) : donnez du vin aux enfants afin qu'ils disent une parole etc., jusqu'à : yayin (יין, vin) est donné en soixante-dix lettres, et sod (סוד, secret) est donné en soixante-dix lettres, le vin est entré, le secret est sorti, jusqu-ici.

Ils ont voulu par là que par la beuverie du vin sortent les paroles de Torah qui est appellee secret, il est écrit (Psaumes 25,14) : le secret de ה' est pour ceux qui Le craignent. Et c'est pourquoi ils ont dit : il est donné en soixante-dix lettres, et ils n'ont pas dit en guematria soixante-dix (car l'explication de Rachi (s.v. bechivim) sur le mot [sod] il est donné : tel est son compte en guematria), ils ont indiqué par là le don de la Torah qui est donnée en ce nombre, car il y a soixante-dix visages à la Torah, et c'est facile :

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