Ce passage poursuit : la table tient lieu d’autel, celui qui mange tient lieu de kohen, l’aliment tient lieu de sacrifice, uniquement dans la sainteté du manger. Le Chla copie son père, dans Emek Berakha : viser les berakhot de la table d’une intention complète, car l’aliment amène à la hauteur du cœur, « et ton cœur s’élèvera et tu oublieras » (Devarim 8,14). À l’heure du manger le cœur s’attache au Saint plus que tout le jour, « et ils virent Elokim et ils mangèrent et ils burent » (Chemot 24,11). L’homme se sanctifie à sa table : il mange devant Hachem pour toute âme, l’âme vitale par l’aliment, l’âme intellectuelle par les mitsvot du repas.
Aussi : un mort jugé encore après des années pour les berakhot de la table sans intention ; les transgresseurs d’Israël dans leurs corps, un crâne sans tefilin, par un manger grossier ; retirer la main d’un repas de plaisir.
הייתי מאריך בשלחן, וגלגלתי בדברים ובאתי מענין לענין, ואחזור לענין הראשון שהשלחן במקום מזבח, והאוכל במקום כהן, והמאכל במקום קרבן. ודבר זה אינו כי אם בקדושת האכילה, ולא הזכרתי רק מעט.
ולהשלים הענין, הנה מקום אתי פה להעתיק דברי קדושת אדוני אבי מורי זלה"ה, שדיבר מזה בספר עמק ברכה עם הגהות שחברתי, ולבסוף הגה"ה גדולה קונטרס שחברתי בילדותי ע"פ הסוד מהעניינים הנזכרים שם:
J'allongeais au sujet de la table, et j'ai enchaîné les propos et suis allé de sujet en sujet, et je reviendrai au premier sujet : que la table est à la place de l'autel, et celui qui mange à la place du kohen, et l'aliment à la place du sacrifice. Et cette chose n'est que dans la sainteté du manger, et je n'ai mentionné que peu.
Et pour achever le sujet, voici j'ai ici un lieu pour copier les paroles de sainteté de mon seigneur mon père mon maître, de mémoire bénie pour la vie du monde à venir, qui a parlé de cela dans le sefer Emek Berakha avec les gloses que j'ai composées, et à la fin une grande glose, un opuscule que j'ai composé dans ma jeunesse selon le secret des sujets mentionnés là :
יכוין בברכות השלחן בכוונה גמורה, ואז יאכל בו בקדושה ובטהרה:
Qu'il vise dans les berakhot de la table d'une intention complète, et alors il y mangera dans la sainteté et dans la pureté :
סעיף א' ויכוין בברכות השלחן יותר משאר ברכות, כי המאכל והמשתה מביא האדם לידי גסות הטבע וגובה הלב, ויבוא מזה שישכח את הש"י, כמו שאמר משה רבינו ע"ה (דברים ח, יד) ורם לבבך ושכחת וגו'. לפיכך צריך האדם להתבונן התבוננות יתירה בברכת השלחן, כדי שיהא שלחנו השלחן אשר לפני ה', וימשוך לבו לתאות הש"י ולא לצד תאות המאכל והמשתה.
וצריך שיזכור העיקר במקום שהיא סיבה שישכחנו, כמו שהאריך בדברים כאלה בשלחן ארבע, ולא העתקתי לשונו כדי שלא להאריך:
Paragraphe 1. Et qu'il vise dans les berakhot de la table plus que dans les autres berakhot, car l'aliment et la boisson amène l'homme à la grossièreté de la nature et à la hauteur du cœur, et il viendra de cela qu'il oublie le Saint, béni soit-Il, comme a dit Moché notre maître, que la paix soit sur lui (Deutéronome 8,14) : et ton cœur s'élèvera et tu oublieras etc.
C'est pourquoi l'homme doit contempler une contemplation plus grande dans la berakha de la table, afin que sa table soit la table qui est devant ה', et il attirera son cœur vers le désir du Saint, béni soit-Il, et non vers le côté du désir de l'aliment et de la boisson. Et il doit se souvenir de l'essentiel au lieu même qui est une cause qu'il L'oublie, comme il a allongé en de tels propos dans le Shoulhan Arba, et je n'ai pas copié son langage afin de ne pas allonger :
ובספר חסידים כתב, מעשה באדם אחד שמת לפני זמנו כמה שנים. לאחר שנים הרבה נתגלה בחלום לאחד מקרוביו.
שאל לו איך נוהג בעולם שאתה שם. אמר לו בכל יום דנין אותי על שלא הייתי מדקדק בברכת המוציא וברכת הפירות וברכת המזון בכוונת הלב, ואומרים לי להנאתך נתכוונת.
שאלו והלא אין משפט לרשעים אלא י"ב חודש, וכבר עברו עליך יותר, ועדיין דנין אותך. אמר לו אין דנין אותי פורעניות חזקים כמו בי"ב חדשים, עכ"ל:
Et dans le Sefer Hassidim il a écrit : un fait d'un homme qui est mort avant son temps de plusieurs années. Après beaucoup d'années il s'est révélé en rêve à l'un de ses proches.
Il lui demanda comment il en va dans le monde où tu es. Il lui dit : chaque jour on me juge pour ce que je n'étais pas minutieux dans la berakha du hamotsi et la berakha des fruits et Birkat haMazon avec l'intention du cœur, et l'on me dit : c'est pour ton plaisir que tu as visé.
Ils lui demandèrent : or n'y a-t-il de jugement pour les méchants que douze mois, et déjà plus ont passé sur toi, et encore on te juge. Il lui dit : on ne me juge pas des châtiments forts comme dans les douze mois, jusqu-ici son langage :
וצריך לכוין לבו בתחלת פתיחתו על מה שהוא מברך, אם על הפת או על הפירות או על היין או על השכר:
Et il doit viser son cœur au commencement de son ouverture sur ce sur quoi il bénit, si sur le pain ou sur les fruits ou sur le vin ou sur la bière :
הכלל העולה, שבעת האוכל יהיה לבו של אדם מדובק בהש"י ותר מכל היום. וזהו בנה אב (שמות כד, יא) ויחזו את א-להים ויאכלו וישתו.
ביאורו, שהיו מתבוננים ורואים הכבוד בלב בעוד שהיו אוכלים ושותים. וכבר האריכו בזה בעל שלחן ארבע שער ב', ובעל תולעת יעקב בסוד ברכת הנהנין זיל קרי בהו:
Le principe qui ressort : qu'à l'heure du manger le cœur de l'homme soit attaché au Saint, béni soit-Il, plus que tout le jour. Et ceci est un paradigme (Exode 24,11) : et ils virent Elokim et ils mangèrent et ils burent.
Son explication : qu'ils contemplaient et voyaient la Gloire dans le cœur tandis qu'ils mangeaient et buvaient. Et déjà ont allongé en cela l'auteur du Shoulhan Arba, porte 2, et l'auteur du Tolaat Yaakov dans le secret de la berakha des jouissances, va, lis en eux :
קדוש יהיה, כי לא על הלחם לבדו יחיה:
Il sera saint, car ce n'est pas sur le pain seul qu'il vivra :
סעיף ב' צריך האדם להתקדש על שלחנו בסעודתו. אמרו רז"ל (יבמות כ, א) קדושים תהיו לי (ויקרא יט, ב), קדש עצמך במותר לך.
על כן לא יהיה גרגרן ובלען, אלא כאוכל לפני מלך הכבוד, מי זה מלך הכבוד ה' צבאות הוא מלך הכבוד סלה. וסימנך (דברים יד, כג) ואכל"ת לפנ"י י"י א-להי"ך, רצוני לומר שתחשוב בשעת אכילתך שאתה אוכל לפני א-להים, ושאין מחיצה מפסקת בינך לבין יתברך, ובודאי מחשבה כזו מביא האדם לידי קדושה וטהרה ומלבשתו ענוה ויראה, ויהיה מורא שמים עליו, ולא תהיה אז אכילתו למלא תאותו, (כי האוכל למלא תאותו הוא מסלק ממנו המורא והבושה), רק אשר יאכל לכל נפש הוא לבדו יעשה לו והיותר יחרים.
ורצוני לומר לכל נפש, כי לאדם ב' נפשות הנפש החיונית, והנפש המשכלת. החיונית ניזונית ומתקיימת אצלו במאכל ובמשקה הגשמים.
והמשכלת אין לה הנאה מהמאכלים הגשמיים, רק מתפרנסת בדברי מחשביים שכליים כי לחמם הם, (כמו שנתפרנסה נפשו של משה רבינו ע"ה ארבעים יום, לחם לא אכל ומים לא שתה זה שלש רגלים), והוא שיכוין אל המצות הנוהגים בסעודה ובזה היא מקויימת אצל הגוף, ובכל מה שיאכל וישתה בורר לה מנה יפה מיוחדת לה:
Paragraphe 2. L'homme doit se sanctifier à sa table dans son repas.
Ont dit Razal (Yevamot 20a) : soyez saints pour Moi (Lévitique 19,2), sanctifie-toi dans ce qui t'est permis. C'est pourquoi il ne sera pas glouton et avaleur, mais comme celui qui mange devant le Roi de gloire, qui est ce Roi de gloire : ה' Tsevaot, Il est le Roi de gloire, selah (Psaumes 24,10).
Et pour signe (Deutéronome 14,23) : et tu mangeras devant ה' ton Elokim, je veux dire que tu penses à l'heure de ton manger que tu manges devant Elokim, et qu'il n'y a pas de cloison qui sépare entre toi et Lui, béni soit-Il, et certainement une telle pensée amène l'homme à la sainteté et à la pureté et le vêt d'humilité et de crainte, et la crainte du Ciel sera sur lui, et alors son manger ne sera pas pour remplir son désir (car celui qui mange pour remplir son désir écarte de lui la crainte et la honte), seulement ce qu'il mangera pour toute âme, cela seul il se fera, et le surplus il le mettra à l'interdit. Et je veux dire pour toute âme, car l'homme a deux âmes : l'âme vitale, et l'âme intellectuelle.
La vitale se nourrit et se maintient chez lui par l'aliment et la boisson corporels. Et l'intellectuelle n'a pas de plaisir des aliments corporels, seulement elle se nourrit de propos contemplatifs intellectuels, car ils sont leur pain (comme s'est nourrie l'âme de Moché notre maître, que la paix soit sur lui, quarante jours, du pain il n'a pas mangé et de l'eau il n'a pas bu, cela trois fois), et c'est qu'il vise aux mitsvot qui se pratiquent au repas et par cela elle est maintenue auprès du corps, et en tout ce qu'il mangera et boira il trie pour elle une belle part qui lui est propre :
כי אם היא סעודת מצוה, מהמצוה ההיא תהיה חלק הנפש והמנה אשר בה תתקיים. או שיכוין אל המצות התלויות בסעודה ההיא מכשרות המאכלים והרחקת האסורים לפי דרכי התורה.
או שיכוין אל ברכותיהם. או להסעיד הגוף ולהבריאו לעמוד לשרת לפני א-להיו בתושיות התורה והעבודה, ולצאת ולבוא בכל דבר שבקדושה.
כי באמת הכוונות האלו הנכבדות והרוחניות, יעמידו הנפש הנכבדת ויקיימו אותה, כי היא קודש ומן הקדשים תאכל:
Car si c'est un repas de mitsva, de cette mitsva-là sera la part de l'âme et la portion par laquelle elle se maintiendra. Ou qu'il vise aux mitsvot qui dépendent de ce repas-là, de la cacherout des aliments et de l'éloignement des interdits selon les voies de la Torah.
Ou qu'il vise à leurs berakhot. Ou à soutenir le corps et le rendre sain pour se tenir à servir devant son Elokim dans les ressources de la Torah et du service, et pour sortir et entrer en toute chose de sainteté.
Car en vérité ces intentions honorables et spirituelles établiront l'âme honorable et la maintiendront, car elle est sainte et des choses saintes elle mangera :
והוא טעם (דברים ח, ג) כי לא על הלחם לבדו וגו' כי על כל מוצא פי ה' יחיה האדם, רצוני לומר המצות התלויות בסעודה יחיה האדם, ר"ל מקיימים הנפש בגוף על הדרך הנזכר לעיל:
Et c'est la raison (Deutéronome 8,3) : car ce n'est pas sur le pain seul etc., car sur toute sortie de la bouche de ה' l'homme vivra, je veux dire : les mitsvot qui dépendent du repas, l'homme vivra, c'est-à-dire elles maintiennent l'âme dans le corps selon la voie mentionnée plus haut :
ודומה לזה כתב בעל תולעת יעקב בסוד ברכת הנהנין, על מאמר שאמר ר"י משום רשב"י (ברכות מו, א) בעל הבית בוצע כו', כתב וזה לשונו, לכן ראה זה הקדוש להבליע לנו זאת ההערה בענין הסעודה, והודיענו כי כוונתו באכילתו תהיה לקיום גופו לעבוד את בוראו, שכבר ידעת כי אין קיום הנפש בגוף ואין פעולותיה נגלית בו כי אם ע"י האכילה והשתיה. וכבר כתבנו בפתיחת ספר זה, כי אין המאכל ומשתה מועיל לנשמה, אבל באמצעות האכילה יתמיד הבריאה בגוף ותוכל לפעול פעולתיה עם הגוף, וצורך גדול לפרסם מעלת הנפש ושלימותיה.
לכן צריך האדם כשישב לאכול על שלחנו, לכוין שיהיה גופו בריא למען תוכל הנפש לפעול פעולותיה על ידו, ובה תהיה נפשו קשורה למעלה ומחשבתו משוטטת בדברים העליונים הקיימים, כדי שתתקיים נפשו בקיומם, עד כאן לשונו לעניינינו. ואם שהוא האריך בו יותר, לקצר אני צריך.
וכבר האריך בדברים כאלה בעל העקידה בפרשת הקרבנות שער כ"ד בפרשת וירא שי"ט, ובפרשת ויחי של"ב, עיין שם:
Et semblable à cela a écrit l'auteur du Tolaat Yaakov dans le secret de la berakha des jouissances, sur le dit que Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rashbi (Rabbi Shimon bar Yohai) (Berakhot 46a) : le maître de maison rompt etc., il a écrit et voici son langage : c'est pourquoi ce saint a vu à nous glisser cette remarque au sujet du repas, et il nous a fait savoir que son intention dans son manger sera pour le maintien de son corps afin de servir son Créateur, car tu sais déjà qu'il n'y a pas de maintien de l'âme dans le corps et que ses actions ne se révèlent pas en lui sinon par le manger et le boire. Et déjà nous avons écrit dans l'introduction de ce sefer, que l'aliment et la boisson n'aident pas à la nechama, mais que par l'intermédiaire du manger la création persiste dans le corps et elle pourra agir ses actions avec le corps, et il y a un grand besoin de faire connaître l'excellence de l'âme et ses perfections.
C'est pourquoi l'homme doit, lorsqu'il s'assied pour manger à sa table, viser que son corps soit sain afin que l'âme puisse agir ses actions par son moyen, et par là son âme sera liée en haut et sa pensée parcourra les choses supérieures qui subsistent, afin que son âme se maintienne dans leur maintien, jusqu-ici son langage pour nos sujets. Et bien qu'il ait allongé davantage, je dois raccourcir.
Et déjà à allongé en de tels propos l'auteur de l'Akeda dans la section des sacrifices, porte 24, dans la paracha Vayera page 319, et dans la paracha Vayehi 332, vois là :
והאיש הנלבב, כל ימיו אוכל סעודות מצוה, שאין כוונתו בלחם אשר הוא אוכל רק להבריא ולהעמיד גופו נכון ומזומן לעבוד הנפש החכמה. לשון הטור בסימן רל"א, וכן בכל מה שיהנה בעולם הזה לא יכוין להנאתו אלא לעבודת הבורא ית', כדכתיב (משלי ג, ו) בכל דרכיך דעהו ואמרו רז"ל (אבות ב, יב) כל מעשיך יהיו לשם שמים וכו', עד שאפילו היה צמא ורעב אם אכל ושתה להנאתו אינו משובח, אלא יתכוין שיאכל כדי חיותו כדי לעבוד את בוראו:
Et l'homme de cœur, tous ses jours mange des repas de mitsva, car son intention n'est pas dans le pain qu'il mange, seulement à rendre sain et à établir son corps prêt et disposé à servir l'âme sage. Langage du Tour au siman 231 : et de même en tout ce dont il jouira en ce monde il ne visera pas à son plaisir mais au service du Créateur, béni soit-Il, comme il est écrit (Proverbes 3,6) : dans toutes tes voies connais-Le, et ont dit Razal (Avot 2,12) : que toutes tes actions soient au nom du Ciel etc., jusqu'à ce que même s'il avait soif et faim, s'il a mangé et bu pour son plaisir il n'est pas loué, mais qu'il vise à manger selon le besoin de sa vie afin de servir son Créateur :
ודומה לזה כתב הבחיי בתחלת פרשת וארא על פסוק (משלי כח, יד) אשרי אדם מפחד תמיד, שלמה המלך ע"ה יצוה בכתוב הזה על האדם שיהיה מפחד תמיד בכל עניינו ובכל פעולותיו ושיסתכל ויתבונן בתכליתם וכו', עד לכך הזכיר אדם ולא איש, לפי שלשון אדם נגזר מאדמה, וכאלו אמר אשרי הנגזר מאדמה המקורץ מחומר שמניח החומר ונמשך אל השכל, שהוא מפחד תמיד בכל ענייניו ובכל פעולותיו ונותן לבו אל תכליתם, כי מי שעושה כן לא יחטא לעולם בענין המאכל והמשתה שאין ראוי שיכוין אדם בזה לחוש הטעם למלאות התאוה כי בענין הזה הוא משותף עם הבהמה אלא שיכון אל התכלית ומה הוא התכלית שיהיה גופו בריא וחזק שיוכל לעבוד השם יתברך, וכל הנשאר זולתו אל התכלית הזה הנה זה חטא, עד כאן לשונו:
Et semblable à cela a écrit le Ba'hya au début de la paracha Vaera sur le verset (Proverbes 28,14) : heureux l'homme qui craint toujours, Shelomo le roi, que la paix soit sur lui, commande dans cet écrit à l'homme qu'il soit toujours craintif dans toutes ses affaires et dans toutes ses actions et qu'il regarde et contemple leur fin etc., jusqu'à : c'est pourquoi il a mentionné adam et non ish, parce que le langage adam est tiré de adama (terre), et comme s'il disait : heureux celui qui est tiré de la terre, formé du limon, qui laisse le limon et se tire vers l'intellect, lui qui craint toujours dans toutes ses affaires et dans toutes ses actions et donne son cœur à leur fin, car celui qui fait ainsi ne péchera jamais au sujet de l'aliment et de la boisson, car il n'est pas convenable que l'homme vise en cela au sens du goût pour remplir le désir, car en cette affaire il est associé à la bête, mais qu'il vise à la fin, et quelle est la fin : que son corps soit sain et fort afin qu'il puisse servir le Nom, béni soit-Il, et tout le reste hors cette fin, voici cela est une faute, jusqu-ici son langage :
ובפרק הרואה (ברכות יג, א) אמרו רז"ל, איזה פרשה קטנה שכל גופי התורה תלויה בה, בכל דרכיך דעהו (משלי ג, ו), עד כאן. וכתב בעל ראשית חכמה בשער הקדושה בשם הראב"ן ז"ל, לעולם יפחות אדם משליש מאכלו וכו', עד וכן ראוי למי שהוא רוצה להתקדש, שלא יאכל אכילתו אלא לרפואה כדי שלא יחלה ויתבטל מהתורה ומהמצות, לכן ראוי שלא ימלא נפשו מהמאכלים גסים, ואפילו מדברים טובים לא ישלים תאותו, ואפילו בשבת, כי אכילה רבה גורם להרבות שינה כמו שאמרו ז"ל בפרק קמא דיומא (יח, א) לא היו מאכילין אותו הרבה שהמאכל מביא את השינה, וכאשר יתלמד להסתפק במעוט, ימצא מרגוע לנפשו ויתקדש בתורה, ולא יבא להפיח בהיותו לומד, עכ"ל:
Et au chapitre haRoéh (Berakhot 13a) ont dit Razal : quelle petite section de laquelle tous les corps de la Torah dépendent : dans toutes tes voies connais-Le (Proverbes 3,6), jusqu-ici. Et l'auteur du Reshit 'Hokhma a écrit dans la porte de la sainteté au nom du Raavan (Rabbi Eliezer ben Natan), de mémoire bénie : toujours l'homme diminuera d'un tiers de son aliment etc., jusqu'à : et de même il convient à celui qui veut se sanctifier, qu'il ne mange son manger que pour guérison afin qu'il ne tombe pas malade et ne soit pas empêché de la Torah et des mitsvot, c'est pourquoi il convient qu'il ne remplisse pas son âme d'aliments grossiers, et même des bonnes choses il n'achèvera pas son désir, et même le Chabbat, car un grand manger cause d'augmenter le sommeil comme ont dit, de mémoire bénie, au premier chapitre de Yoma (18a) : on ne le nourrissait pas beaucoup, car l'aliment amène le sommeil, et lorsqu'il s'accoutumera à se contenter de peu, il trouvera du repos pour son âme et se sanctifiera dans la Torah, et il ne viendra pas à émettre un vent tandis qu'il étudie, jusqu-ici son langage :
ונלע"ד דאל זה כיוונו רז"ל במה שאמרו (פרק קמא דר"ה (יז, א)), פושעי ישראל בגופם מאי נינהו. אמר רב קרקפתא דלא מנח תפילין.
וקשה לי לפום ריהטא, מנ"ל לומר פושעי ישראל בגופם שהוא מי שאינו מניח תפילין, דלמא מי שעשה שאר עבירה בגופו במרד ובמעל, הרוצח או גנב או נאף וכדומה שעושה האדם בידים או בגופו נקרא כן:
Et il m'apparaît selon mon humble avis que c'est à cela que Razal ont visé dans ce qu'ils ont dit (premier chapitre de Roch Hachana (17a)) : les transgresseurs d'Israël dans leurs corps, que sont-ils. A dit Rav : un crâne qui ne pose pas de tefilin.
Et cela m'est difficile à première vue : d'où avons-nous de dire que les transgresseurs d'Israël dans leurs corps c'est celui qui ne pose pas de tefilin, peut-être celui qui a fait une autre transgression dans son corps dans la révolte et la trahison, le meurtrier ou le voleur ou l'adultère et de telles choses qu'un homme fait de ses mains ou de son corps, est appelé ainsi :
אלא נראה לי, איזה עבירה שבעולם שהיה אומר שהוא פירוש של פושעי ישראל בגופן, היה קשה מנא ליה הא, דלמא אחרת. ועוד למה אמר התנא בגופן, לימא פושעי ישראל סתם.
ומפני זה הוצרך לפרש פושעי ישראל בגופן, קרקפתא דלא מנח תפילין. וזה הפירוש הוא פירוש מבורר על מלת בגופן, כי כשימלא כריסו באכילה גסה הרי הוא פושע בגופו, רצוני לומר פשיעתו היתה עם גופו שהכניס לתוך גופו יותר מן הראוי.
ומן הידוע כי מילוי כרס גורם להרבות שינה, ומביא ג"כ לידי הפחה כנזכר בסמוך, ומתוך כך לא יוכל להניח תפילין כדאמרינן (בפרק ר"א דמילה (שבת קל, א)) תפילין צריכין גוף נקי כו', ופירשו אביי ורבא שלא יפיח בהם ושלא יישן בהם. על כן קראו לאותן האנשים החטאים בנפשותם פושעי ישראל בגופם, כי מכח שפשעו בגופן במאכל ובמשתה המותרים שהכניסו לתוך גופם, והיה אפשר להם לאכול אכילה בינונית, והם עברו ולא נזהרו ואכלו אכילה גסה כסוס כפרד אין הבין, ומתוך כך בא להם השינה או הפחה וזה גורם להם שאינם יכולים להניח תפילין כדלעיל, אע"פ שהם נאנסים אח"כ בשינה או בהפחה, נקראו פושעי ישראל כי בדבר אשר זדו עליו בתחלה נענשים עליו בסוף, כי היה להם לאכול לשובע נפשם, רצוני לומר לקיום הנפש בלבד לעמוד לפני ה' לשרתו ולברך בשמו, ולא למלא תאותם יותר מדאי:
Mais il m'apparaît : n'importe quelle transgression au monde qu'il dirait être l'explication des transgresseurs d'Israël dans leurs corps, il serait difficile : d'où a-t-il cela, peut-être une autre. Et encore, pourquoi le tanna a-t-il dit dans leurs corps, qu'il dise les transgresseurs d'Israël sans précision.
Et à cause de cela il a été nécessaire d'expliquer : les transgresseurs d'Israël dans leurs corps, un crâne qui ne pose pas de tefilin. Et cette explication est une explication claire sur le mot dans leurs corps, car lorsqu'il remplit son ventre d'un manger grossier, voici il est transgresseur dans son corps, je veux dire : sa transgression a été avec son corps, qu'il a fait entrer dans son corps plus que le convenable.
Et il est connu que le remplissage du ventre cause d'augmenter le sommeil, et amène aussi à émettre un vent comme mentionné tout près, et de là il ne pourra pas poser de tefilin comme nous disons (au chapitre Rabbi Eliezer deMila (Chabbat 130a)) : les tefilin ont besoin d'un corps net etc., et ont expliqué Abaye et Rava : qu'il n'y émette pas de vent et qu'il n'y dorme pas. C'est pourquoi ils ont appelé ces hommes-là qui pèchent contre leurs âmes les transgresseurs d'Israël dans leurs corps, car par la force qu'ils ont transgressé dans leurs corps dans l'aliment et la boisson permis qu'ils ont fait entrer dans leurs corps, et il leur était possible de manger un manger moyen, et eux ont transgressé et ne se sont pas gardés et ont mangé un manger grossier comme un cheval comme un mulet sans intelligence (Psaumes 32,9), et de là leur est venu le sommeil ou le vent et cela leur cause qu'ils ne peuvent pas poser de tefilin comme plus haut, bien qu'ils soient contraints ensuite par le sommeil ou par le vent, ils ont été appelés transgresseurs d'Israël, car dans la chose sur laquelle ils ont agi avec présomption au début ils sont punis à la fin, car ils devaient manger à la satiété de leur âme, je veux dire pour le maintien de l'âme seulement, pour se tenir devant ה' afin de Le servir et de bénir en Son Nom, et non pour remplir leur désir plus que de mesure :
ועוד כי מקרה לילה הוא לבא לידי קרי מי שאוכל אכילה גסה, כי ההיא דאמרינן בריש פרק קמא דקידושין (ב, ב) דדרא דמיכלא יתירא לאתויי לידי זיבה, ודרכא דמשתיא יתירא לאתויי לידי זיבה, עד כאן. ומסתמא הוא גם כן לענין קרי, כי תועבת ה' גם שניהם:
Et encore, car un accident de nuit c'est de venir à l'émission pour celui qui mange un manger grossier, car cela que nous disons au début du premier chapitre de Kiddoushin (2b) : qu'une génération d'aliment excessif amène au flux, et qu'une voie de boisson excessive amène au flux, jusqu-ici. Et vraisemblablement c'est aussi pour l'émission, car l'abomination de ה' sont aussi tous deux :
והמשכיל יתן אל לבו ענין זה, ויפרוש מתאותו ולא ימלא בטנו ותאותו כבהמה, כי איזהו גבור הכובש את יצרו (אבות ד, א), ואם יצרו מפתהו שיאכל ישבר כחו ויכבשהו מתאותו ואז שורה עליו יראה וקדושה דכתיב (תהלים לד, י) יראו את ה' קדושיו. וכך כתב רבינו יונה, שבעודו תאב לאכול יניח מתאותו לכבוד הבורא.
וגם בזה זובח יצרו ומתכפר לו, כי בודאי זובח התאות הגשמים וכו':
Et l'intelligent donnera à son cœur ce sujet, et il se séparera de son désir et ne remplira pas son ventre et son désir comme une bête, car qui est un héros : celui qui dompte son penchant (Avot 4,1), et si son penchant le séduit qu'il mange, qu'il brise sa force et le dompte hors de son désir, et alors reposent sur lui la crainte et la sainteté, comme il est écrit (Psaumes 34,10) : craignez ה', Ses saints. Et ainsi a écrit Rabbenou Yona : que tandis qu'il désire encore manger, il laissera son désir pour l'honneur du Créateur.
Et aussi en cela il sacrifie son penchant et il lui est pardonné, car certainement il sacrifie les désirs corporels etc. :
ובעל ראשית חכמה בשער הקדושה האריך בזה הרבה, וסוף דבריו, ועל זה הדרך אמרו רז"ל (גיטין ע, א) סעודה שהנאתך משוך ידך הימנה. ושתי תקנות גדולות בענין זה, הא' שלא תזיקנו אכילתו.
והב' כניעת היצר ושבירת התאוה וכו'. וכתב בספר שלחן ארבע זה לשונו, ואת רעבון בתיכם קחו ולכו (בראשית מב, לג), בא להורות וללמד דעת האדם שאין ראוי לאכול אלא לשבר רעבונם בלבד, לא למלא כריסם ולהמשיך אחר חוש הטעם הנבזה והנמאס, כי חרפה היא לנו והבל גמור, ודבר שאין שום עיקר בו.
וכן אמרו רז"ל במסכת גיטין (ע, א) סעודה שהנאתך משוך ידך ממנה. ודומה לזה אמר (ויקרא יט, ב) קדושים תהיו, פרושים תהיו, קדש עצמך בראוי לך (יבמות כ, א), עכ"ל:
Et l'auteur du Reshit 'Hokhma dans la porte de la sainteté a allongé beaucoup en cela, et la fin de ses paroles : et selon cette voie ont dit Razal (Gittin 70a) : un repas dont tu as le plaisir, retire ta main de lui. Et deux grandes dispositions en cette affaire : la première, que son manger ne lui nuise pas.
Et la seconde, l'abaissement du penchant et le brisement du désir etc. Et il a écrit dans le sefer Shoulhan Arba, voici son langage : et la faim de vos maisons prenez et allez (Genèse 42,33), il vient pour instruire et enseigner à l'homme qu'il n'est pas convenable de manger sinon pour briser leur faim seulement, non pour remplir leur ventre et se tirer après le sens du goût, vil et répugnant, car c'est une honte pour nous et une vanité complète, et une chose qui n'a aucun fondement.
Et ainsi ont dit Razal dans le traité Gittin (70a) : un repas dont tu as le plaisir, retire ta main de lui. Et semblable à cela Il a dit (Lévitique 19,2) : soyez saints, soyez séparés, sanctifie-toi dans ce qui t'est convenable (Yevamot 20a), jusqu-ici son langage :
ועוד אמרו רז"ל (במסכת ברכות (כט, ב)), אמר אליהו לרב יודא אחוה דרב, לא תרתח ולא תחטא, לא תרוי ולא תחטי. ופירשו תלמידי ר"י, לא תרוי ולא תחטא, כלומר לא תשבע כדי שלא תבא לידי חטא, כי כשאדם שבע ונמשך אחר תענוגיו שוכח ענייני הבורא יתברך:
Et encore ont dit Razal (dans le traité Berakhot (29b)) : Eliahou a dit à Rav Youda frère de Rav : ne t'emporte pas et tu ne pècheras pas, ne t'enivre pas et tu ne pècheras pas. Et ont expliqué les élèves de Rabbenou Yona : ne t'enivre pas et tu ne pècheras pas, c'est-à-dire ne te rassasie pas afin que tu ne viennes pas à la faute, car lorsqu'un homme est rassasié et se tire après ses délices, il oublie les affaires du Créateur, béni soit-Il :