Ce passage poursuit l'aumône à qui l'on sait une conduite de mitsva, même s'il est mauvais dans le reste : Rabbi Yonatan ben Amram dit « pourvois-moi comme le chien et comme le corbeau », Noa'h les ayant pourvus malgré leur faute dans l'arche. Pour le Chla, on donne au pauvre le pain par voie d'honneur et d'un visage affable. Le Zohar lit « n'est-ce pas rompre pour l'affamé ton pain » (Yechaya 58,7) : étendre une nappe afin qu'il n'ait pas honte, comme on invite un hôte. Celui qui a pitié du pauvre et lui rend l'âme est compté comme s'il avait créé cette âme, ainsi Avraham : « les âmes qu'ils avaient faites à 'Haran ».
Aussi : s'affliger à table du Temple détruit, psaume Sur les fleuves de Bavel avant Birkat haMazon ; ne pas bénir sur table vide ni y laisser couteau ou pain entier ; Birkat haMazon à voix haute, intention et vêtement de dessus
ואפשר דזה היה כוונת רבי יונתן בן עמרם בפרק השותפין (ב"ב ח, א) כשפתח רבי אוצרותיו ומנע שלא יכנסו שם עמי הארץ, והוא לא רצה לפרסם את עצמו, אמר פרנסני ככלב וכעורב. ופירשו רש"י ותוספות (ד"ה ככלב וכעורב) מה שפירשו.
ויש לפרש דהכי קאמר, הנה הכלב והעורב חטאו בתיבה כמו שאמרו רז"ל (סנהדרין קח, ב) ג' שמשו בתיבה חם וכלב ועורב כו', ועל כל זאת פרנסם נח, כן תפרנסני. פרנסיה רבי.
ואע"פ שנצטער אח"כ, מכל מקום כשיודעים בו איזה דבר טוב והנהגת מצוה, אף שגרוע הוא בשאר מילי נותנים לו בתורת צדקה, ומזהירין אותו שיטול ידיו ויברך לפני אכילה ולאחר אכילה, טוב וישר:
Et il est possible que ce fut l'intention de Rabbi Yonatan ben Amram au chapitre HaChoutafin (Bava Batra 8a), lorsque Rabbi ouvrit ses trésors et empêcha que les ignorants n'y entrent, et lui ne voulut pas se faire connaître, il dit : pourvois-moi comme le chien et comme le corbeau. Et Rachi et Tossefot (s.v. comme le chien et comme le corbeau) ont expliqué ce qu'ils ont expliqué.
Et l'on peut expliquer qu'ainsi il dit : voici, le chien et le corbeau ont fauté dans l'arche, comme ont dit Razal (Sanhédrin 108b) : trois ont usé de relations dans l'arche, 'Ham et le chien et le corbeau etc., et malgré cela Noa'h les a pourvus, ainsi pourvois-moi. Rabbi le pourvut.
Et bien qu'il ait ensuite souffert, toutefois lorsque l'on sait de lui quelque chose de bon et une conduite de mitsva, même s'il est mauvais dans le reste, on lui donne à titre d'aumône, et on l'avertit qu'il se lave les mains et bénisse avant le manger et après le manger, c'est bon et droit :
וכשנותנים לעני פרוסת לחם, נותנים לו דרך כבוד ובסבר פנים יפות. וזה לשון הזוהר (ח"ב קצח, א) ר' יודא פתח, (ישעיה נח, ז) הלא פרוס לרעב לחמך, תא חזי זכאה חולקיה דבר נש, כד מסכנא איערע לגביה דבר נש, מאן דמקבל ליה לההוא דורנא בסבר אפין זכאה חולקיה.
תא חזי מאן דחייס למסכנא ואתיב ליה לנפשיה, קב"ה סליק עליה כאלו הוא בראה לנפשיה, ועל דא אברהם דהוה חייס לכל עלמא סליק עליה קב"ה כאלו הוא ברא לון, דכתיב (בראשית יב, ה) ואת הנפש אשר עשו בחרן. ואע"ג דאוקמינא הלוא פרוס, מאי פרוס, למפרס ליה מפה בנהמא ומזונא למיכול.
דבר אחר, הלא פרוס כמה דאת אמר (דניאל ה, כח) פריס פריסה, דבעי למפרס פריסין דנהמא קמיה, בגין דלא לכסיף. ויפרוס קמיה בעינא טבא כו'.
על כן הענין כשפורס לו מפה הוא דרך כבוד כמזמין אורח ושמח עמו:
Et lorsqu'on donne au pauvre un morceau de pain, on le lui donne par voie d'honneur et d'un visage affable. Et voici le langage du Zohar (II 198a) : Rabbi Yehouda ouvrit, (Isaie 58,7) n'est-ce pas rompre pour l'affamé ton pain.
Viens et vois, heureux le lot de l'homme, lorsqu'un pauvre se présente à lui : celui qui reçoit ce don d'un visage affable, heureux son lot. Viens et vois, celui qui a pitié du pauvre et lui rend l'âme, le Saint, béni soit-Il, le compte comme s'il avait créé cette âme, et pour cela Avraham, qui avait pitié de tout le monde, le Saint, béni soit-Il, le compte comme s'il les avait créés, il est écrit (Genèse 12,5) : et les âmes qu'ils avaient faites à 'Haran.
Et bien que nous ayons établi 'n'est-ce pas rompre', que signifie rompre : étendre pour lui une nappe avec du pain et de la nourriture à manger. Autre chose : n'est-ce pas rompre, comme tu dis (Daniel 5,28) Pères, elle a été rompue, car il faut étendre des morceaux de pain devant lui, afin qu'il n'ait pas honte.
Et qu'il étende devant lui d'un bon œil etc. C'est pourquoi l'affaire, lorsqu'on étend pour lui une nappe, c'est une voie d'honneur, comme celui qui invite un hôte et se réjouit avec lui :
בזוהר פרשת תרומה (ח"ב קנז, ב) מאן דאתעדן על פתוריה ומתענג באינון מיכליה, אית לה לאדכרא ולדאגא על קדושא דארעא קדישא, ועל היכלא דמלכא דקא איתחריב. ובגין ההוא עציבא דאיהו קא אתעציב על פתוריה בההוא חדוה ומשתי' דתמן, קב"ה חשיב עליה כאלו בנה ביתיה ובנה כל אינון חרבי דבי מקדשא, זכאה חולקיה, עד כאן.
על כן נוהגין לומר מזמור (תהילים קל״ז:א׳) על נהרות בבל כו' קודם ברכת המזון, ובפרט כי השלחן במקום המזבח, אבל בעונותינו הרבים לא יש המזבח בעצמו, יזכור אוי לבנים שגלו מעל שלחן אביהם (ברכות ג, א), וגלות שלחן מכח לנח"ש שגרמה, כמו שאיתא בזוהר איכ"ה ואיבה אשית וגו' (בראשית ג, טו), ראשי תיבות איכ"ה ישב"ה בד"ד העי"ר (איכה א, א). ובשבת וביו"ט אומרים מזמור (תהילים קכ״ו:א׳) בשוב ה' את שיבת ציון וגו':
Dans le Zohar, paracha Terouma (II 157b) : celui qui se delicie à sa table et se délecte de ces aliments-là, il lui faut se souvenir et s'affliger de la sainteté de la terre sainte, et du palais du Roi qui a été détruit. Et à cause de cette affliction dont il s'afflige à sa table, dans cette joie et cette boisson qui sont là, le Saint, béni soit-Il, le compte comme s'il avait bâti Sa maison et bâti toutes ces ruines du Temple, heureux son lot, jusqu-ici.
C'est pourquoi l'on a coutume de dire le psaume (Psaumes 137,1) Sur les fleuves de Bavel etc. avant Birkat haMazon, et en particulier parce que la table est à la place de l'autel, mais par nos nombreux péchés l'autel lui-même n'est pas, qu'il se souvienne : malheur aux fils qui ont été exilés de dessus la table de leur père (Berakhot 3a), et l'exil de la table est par la force du נח"ש qui l'a causée, comme il est dans le Zohar Eikha, et Je mettrai une inimitié etc. (Genèse 3,15), initiales איכ"ה ישב"ה בד"ד העי"ר (Lamentations 1,1).
Et le Chabbat et à Yom Tov l'on dit le psaume (Psaumes 126,1) Quand ה' ramènera le retour de Tsion etc. :
ולא יברך על שלחן ריקם, כדאיתא בפרק חלק (סנהדרין צב, א) כל שאינו משייר פת על שלחנו, אין רואה סימן ברכה לעולם כו'. ובזוהר פרשת תרומה (ח"ב קנז, ב) אמר הטעם, שאין הברכה העליונה שורה על האין אלא על היש, והעד השלחן אשר לפני ה' מסודר בלחם הפנים תמיד אשר באמצעיתו היתה הברכה מתפשטת במזונות העולם כדרך יש מיש, וכענין כד הקמח (מל"א יז, יב), ואסוך שמן (מל"ב ד, א), שהיה הכל יש מיש:
Et qu'il ne bénisse pas sur une table vide, comme il est au chapitre 'Helek (Sanhédrin 92a) : quiconque ne laisse pas de pain sur sa table ne voit jamais de signe de berakha etc. Et dans le Zohar, paracha Terouma (II 157b), il a dit la raison : la berakha supérieure ne repose pas sur le néant mais sur l'existant, et le témoin est la table qui est devant ה', disposée avec le pain de proposition toujours, par le milieu de laquelle la berakha se répandait dans les nourritures du monde, à la manière de l'existant à partir de l'existant, et comme l'affaire de la cruche de farine (I Rois 17,12) et de la fiole d'huile (II Rois 4,1), que tout était de l'existant à partir de l'existant :
ושם בפרק חלק אמר, דוקא דליכא שלימה בהדיה, אבל איכא שלימה בהדיה הוא כעובד עבודה זרה, שהיו עורכים לגד שלחן. פירש רש"י (ד"ה דאיכא שלימה) שמביא שלימה לאחר שאכל נותר על השולחן כו'.
משמע מדבריו, דאין אסור אלא להביא שלימה, אבל אם כבר מונח אינו צריך להסירה, וכן הוא בשלחן ערוך (או"ח קפ, ב). אבל לישנא דסתמא משמע, דאסור היכא דאיכא שלימה בהדיה.
וכך כתב מהר"י ווייל סימן מ' וזה לשונו, מכאן נראה שיש להסיר פת שלם מהשלחן כשמברכין ברכת המזון. ועוד דאין ברכה מצויה בדבר שלם, דהוי כמו דבר שבמידה שאין הברכה מצויה, ע"כ.
זה לשון הרא"ש בברכות פרק כיצד מברכין, ויש מקומות נוהגין שלוקחין הבשר והלחם ונותנין לפני המברך, עכ"ל:
Et là, au chapitre 'Helek, il a dit : précisément lorsqu'il n'y a pas de pain entier avec lui, mais s'il y a un pain entier avec lui, il est comme un servant d'idolâtrie, car ils dressaient une table pour Gad. Rachi a expliqué (s.v. lorsqu'il y a un entier) : qu'il apporte un pain entier après qu'il a mangé, un reste sur la table etc.
Il ressort de ses paroles que l'interdit n'est que d'apporter un pain entier, mais s'il est déjà posé il n'est pas besoin de l'ôter, et ainsi est-il dans le Choulhan Aroukh (Orah 'Hayim 180,2). Mais le langage simple indique qu'il est interdit lorsqu'il y a un pain entier avec lui.
Et ainsi a écrit Mahari Weil, siman 40, et voici son langage : d'ici il apparaît qu'il faut ôter le pain entier de la table lorsqu'on bénit Birkat haMazon. Et encore, la berakha ne se trouve pas dans une chose entière, car c'est comme une chose mesurée, dans laquelle la berakha ne se trouve pas, jusqu-ici.
Voici le langage du Roch (Rabbenou Acher) dans Berakhot, chapitre Keitsad Mevarkhin : et il y a des lieux où l'on a coutume de prendre la viande et le pain et de les placer devant celui qui bénit, jusqu-ici ses paroles :
וצריך לסלק הסכין מעל השלחן בשעת ברכה, משום שהשלחן הוא מזבח (חגיגה כז, א) וכתיב (שמות כ, כב) לא תבנה אתהן גזית, וכתיב (מל"א ו, ז) ומקבות והגרזן כל כלי ברזל לא נשמע בבית בהבנותו. ועוד מביא הבית יוסף טעמים סימן ק"פ, וכתב דלא ידע לחלק בין שבת וחול.
אמנם מנהגן של ישראל תורה, עד כאן. ובתולעת יעקב כתב טעם לדבר, כי אסור הנפת ברזל על המזבח, כי הברזל היה כחו של עשו, על כן יסולק מעל המקדש כו'.
ובשבת ששלום בכל, אין שטן ואין פגע רע והכחות ההם שובתות, אין לסלקו כי אין לעוררם כלל, על כן בשבת אין לזכור בחורבן הבית רק בבנין המקדש שיבנה, ואז יתכן גם לדברי ה"ר שמחה שמביא בית יוסף:
Et il faut écarter le couteau de dessus la table à l'heure de la berakha, parce que la table est un autel (Haguiga 27a), et il est écrit (Exode 20,22) : tu ne les bâtiras pas en pierres taillées, et il est écrit (I Rois 6,7) : et le marteau et la hache, aucun outil de fer ne fut entendu dans la Maison lors de sa construction. Et encore le Beit Yossef apporte des raisons, siman 180, et il a écrit qu'il ne savait pas distinguer entre Chabbat et jour ouvrier.
Toutefois la coutume d'Israël est Torah, jusqu-ici. Et dans le Tolaat Yaakov il a écrit une raison à la chose : car il est interdit de brandir le fer sur l'autel, car le fer était la force d'Esav, c'est pourquoi on l'écarte de dessus le sanctuaire etc.
Et le Chabbat, où la paix est en tout, il n'y a ni satan ni malheur et ces forces se reposent, il n'y a pas à l'écarter car il n'y a pas à les éveiller du tout, c'est pourquoi le Chabbat il ne faut pas se souvenir de la destruction de la Maison mais seulement de la construction du Temple qui sera bâti, et alors cela convient aussi aux paroles de Rabbi Simha qu'apporte le Beit Yossef :
לאחר מים אחרונים כשירצה לברך ברכת המזון, יאמר הריני מוכן ומזומן לקיים מצות עשה של ברכת המזון, שנאמר (דברים ח, י) ואכלת ושבעת וברכת את ה' א-להיך על הארץ הטובה אשר נתן לך. לשם יחוד קוב"ה ושכינתיה ע"י ההוא טמיר ונעלם.
ויהיה במחשבה כשאומר זה, הלימוד של רז"ל מזה הפסוק, דת"ר בפרק ג' שאכלו (ברכות מח, ב), מניין לברכת המזון מן התורה, שנאמר (דברים ח, י) ואכלת ושבעת וברכת, זו ברכת הזן. את ה' א-להיך, זו ברכת המזון.
על הארץ, זו ברכת הארץ. הטובה, זו בונה ירושלים, וכן הוא אומר (דברים ג, כה) ההר הטוב הזה והלבנון.
אשר נתן לך, זו הטוב והמטיב. רבינא אומר כו', עיין שם:
Après les eaux dernières, lorsqu'il voudra bénir Birkat haMazon, qu'il dise : me voici prêt et disposé à accomplir la mitsva positive de Birkat haMazon, il est dit (Deutéronome 8,10) : et tu mangeras et tu seras rassasié et tu béniras ה' ton Elokim pour la terre bonne qu'Il t'a donnée. Pour l'unification du Saint, béni soit-Il, et Sa Chekhina, par Celui qui est caché et dissimulé.
Et qu'il ait en pensée, lorsqu'il dit cela, l'enseignement de Razal de ce verset, car nos maîtres ont enseigné au chapitre Trois qui ont mangé (Berakhot 48b) : d'où Birkat haMazon de la Torah, il est dit (Deutéronome 8,10) : et tu mangeras et tu seras rassasié et tu béniras, c'est la berakha de Qui nourrit. ה' ton Elokim, c'est Birkat haMazon. Pour la terre, c'est la berakha de la terre.
La bonne, c'est Qui construit Yerouchalaim, et ainsi il dit (Deutéronome 3,25) : cette bonne montagne et le Liban. Qu'Il t'a donnée, c'est le Bon et Qui fait le bien.
Ravina dit etc., vois là :
וראיתי ממדקדקים, נזהרים לשום בגד עליון בשעת ברכת המזון כמו בשעת תפלה, ומנהג טוב היא, בפרט כשיש זימון, שהמברך יתעטף בבגד העליון, ואז מורא שמים עליו, והכל כדי שלא יתגאה כשאכל ושבע ודשן:
Et j'ai vu parmi les minutieux, qu'ils prennent garde à mettre un vêtement de dessus à l'heure de Birkat haMazon comme à l'heure de la tefila, et c'est une bonne coutume, en particulier lorsqu'il y a invitation à bénir à plusieurs, que celui qui bénit s'enveloppe du vêtement de dessus, et alors la crainte du Ciel est sur lui, et le tout afin qu'il ne s'enorgueillisse pas lorsqu'il a mangé et s'est rassasié et s'est engraissé :
וזה לשון אבא מורי זלה"ה בעמק ברכה דף ס"ו ע"ב, ויען דברכת המזון היא מצות עשה מן התורה, ראוי לכוון בה ביותר ובדקדוק מלותיה שלא יבלעם ובקול רם, כי הקול מעורר הכוונה:
Et voici le langage de mon père mon maître, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, dans Emek Berakha page 66b : et puisque Birkat haMazon est une mitsva positive de la Torah, il convient d'y viser davantage et avec minutie de ses mots, de ne pas les avaler, et à voix haute, car la voix éveille l'intention :
זה לשון ראשית חכמה בשער הקדושה פרק ט"ו, ובענין ברכת המזון ראוי שיחשוב כשיברך שהוא מקיים בזה מצות עשה, ולכן צריך שלא יברך בקלות ראש או מתנמנם שלא בכונה, אלא יכין עצמו לקראת א-להיו ויברך ביראה ואהבה כדרך כל המצות הצריכות יראה ואהבה כו', עד ואהבה הוא שיזכור החסד הגדול שעשה עמו השם ושהטיב עמו להכין לו פרנסתו אע"פ שלא היה ראוי לכך מצד עוונותיו, והיינו אומרו הזן את העולם כלו בטובו בחן ובחסד וברחמים כו', רוצה לומר בחסדו זן לכל, בין לרעים בין לטובים. ויתן אל לבו סוד (ברכות ז, א) ישמעאל בני ברכני, כי אם היות שהוא יתברך ויתעלה אינו צריך לנו, כי הוא ברא השמים ושמי השמים הארץ וכל אשר בה, והכל צריכין לו והוא אינו צריך להם, אלא שחשקו שיתברך ע"י התחתונים, כדי שיהיה בהם הכנה להשפיעם מטובו.
לכן ראוי לנו שאנו בניו לעשות רצון אבינו לברכו בחשק ואהבה, ולברך מלה במלה בנחת ובמתון לתת לו שבח, כענין שהנחלת לאבותינו ארץ חמדה ברית ותורה וכו'. ויברך בקול רם, רצה לומר שישמיע קולו לבני ביתו שלא יברך בלחש, כי אמירת הברכות בקול מעורר הכוונה ומביא זכירה.
אם בראש חודש, יזכיר יעלה ויבא. בשבת, רצה וכיוצא.
והאומר בלחש, שוכח הכל, ע"ד שאמרו רז"ל (עירובין נד, א) בעסק התורה שצריך להוציא בפה, שנאמר (משלי ד, כב) כי חיים הם למוצאיהם, וכן (שמ"ב כג, ה) ערוכה בכל ושמורה כמו שדרשו בעירובין (שם), וכן לענין הברכות, עד כאן לשונו:
Voici le langage de Reshit 'Hokhma dans la porte de la sainteté, chapitre 15 : et au sujet de Birkat haMazon, il convient qu'il pense, lorsqu'il bénit, qu'il accomplit par là une mitsva positive, et c'est pourquoi il ne faut pas qu'il bénisse avec légèreté ou en somnolant sans intention, mais qu'il se prépare à la rencontre de son Elokim et qu'il bénisse dans la crainte et l'amour, comme la voie de toutes les mitsvot qui requièrent crainte et amour etc., jusqu'à : et l'amour, c'est qu'il se souvienne de la grande bonté que le Nom a faite avec lui et qu'Il lui a fait du bien en lui préparant sa subsistance, bien qu'il n'en fut pas digne du côté de ses fautes, et c'est ce qu'il dit : Qui nourrit le monde entier dans Sa bonté, par la grâce et par le 'Hessed et par les compassions etc., c'est-à-dire que dans Son 'Hessed Il nourrit chacun, les mauvais comme les bons. Et qu'il mette à son cœur le secret de (Berakhot 7a) : Yishmael mon fils, bénis-Moi, car bien que Lui, béni et élevé soit-Il, n'ait pas besoin de nous, car Il a créé les cieux et les cieux des cieux, la terre et tout ce qui s'y trouve, et tous ont besoin de Lui et Lui n'a pas besoin d'eux, seulement Il a désiré d'être béni par les inférieurs, afin qu'il y ait en eux une préparation pour qu'Il les influence de Sa bonté.
C'est pourquoi il nous convient, à nous Ses fils, de faire la volonté de notre Père, de Le bénir avec désir et amour, et de bénir mot à mot avec douceur et lenteur pour Lui donner louange, comme l'affaire de : Tu as fait hériter à nos pères une terre désirée, alliance et Torah etc. Et qu'il bénisse à voix haute, c'est-à-dire qu'il fasse entendre sa voix aux gens de sa maison, qu'il ne bénisse pas à voix basse, car le dire des berakhot a voix éveille l'intention et amène le souvenir.
S'il est Roch Hodesh, qu'il mentionne Yaaléh veYavo. Le Chabbat, Retse et ce qui s'ensuit.
Et celui qui dit à voix basse oublie tout, à la manière de ce qu'ont dit Razal (Erouvin 54a) au sujet de l'étude de la Torah, qu'il faut faire sortir par la bouche, il est dit (Proverbes 4,22) : car ils sont vie pour ceux qui les trouvent, et de même (II Samuel 23,5) : disposée en tout et gardée, comme ils ont interprété dans Erouvin (là), et de même au sujet des berakhot, jusqu-ici son langage :
בברכת הזימון יאמר, ברוך הוא וברוך שמו, אבל לא בברכה ביחיד, רק יתחיל ברוך אתה ה' וכו', וכן משמע באורח חיים סימן קצ"ב וסימן ר', וכן משמע באבודרהם, וכן הוא בכלבו סימן כ"ה, וכך כתב מוהר"ן בהדיא בפירוש ברכת המזון שלו:
Dans la berakha de l'invitation, qu'il dise : béni soit-Il et béni soit Son Nom, mais pas dans la berakha en solitaire, seulement qu'il commence : béni sois-Tu ה' etc., et ainsi il ressort dans Orah 'Hayim siman 192 et siman 200, et ainsi il ressort dans Aboudraham, et ainsi est-il dans le Kolbo siman 25, et ainsi a écrit explicitement Moharan dans son commentaire de Birkat haMazon :
כתב שבולי לקט והביאו הבית יוסף בסימן קפ"ג, כל אחד מהמסובים חייב לומר בלחש עם המברך כל ברכה וברכה ואפי' החתימות, וכן הוא בשלחן ערוך (קפג, ז). וכתב על זה מורי ז"ל (בהג"ה שם), ויקדים לסיים קצת קודם המברך כדי שיענה אמן:
A écrit Shibolei haLeket, et le Beit Yossef l'a apporté au siman 183 : chacun des convives est tenu de dire à voix basse avec celui qui bénit chaque berakha et même les conclusions, et ainsi est-il dans le Choulhan Aroukh (183,7). Et mon maître de mémoire bénie a écrit là-dessus (dans la glose là) : et qu'il précède à terminer un peu avant celui qui bénit, afin de répondre Amen :
כתבו הפוסקים, שאין להזכיר בברכת המזון בברכה ג' שום מלכות שמים, לפי שאין ראוי להזכיר מלכות של עולם אצל מלכות בשר ודם. מפני זה הטעם כתב מורי בשלחן ערוך שלו סימן קפ"ח (בהג"ה סעיף ג), כשאומרים יעלה ויבא ביום טוב או בראש חודש אין לומר כי אל מלך חנון וכו', אלא כי אל חנון וכו', וכן הוא באבודרה"ם:
Les décideurs ont écrit qu'il ne faut mentionner dans Birkat haMazon, dans la 3e berakha, aucune royauté des cieux, parce qu'il n'est pas convenable de mentionner la royauté du monde à côté de la royauté de chair et de sang. Pour cette raison mon maître a écrit dans son Choulhan Aroukh, siman 188 (dans la glose, alinéa 3) : lorsqu'on dit Yaaléh veYavo à Yom Tov ou à Roch Hodesh, il ne faut pas dire car El roi clément etc., mais car El clément etc., et ainsi est-il dans Aboudraham :
אין לומר רוענו בחולם, אלא רענו בשב"א. אין לומר שבכל יום, אלא בכל בלא שי"ן.
ועונין אמן אחר הרחמן שבברכת המזון, אע"פ שאין בו הזכרת השם. וכן אחר כל תחינה ובקשה, אע"פ שאין בה ברכה והזכרת השם.
וכן מצינו בירמיה הנביא שאמר אמן אחר בקשה, שנאמר (ירמיה כח, ו) אמן כן יעשה ה'. וכן אמרינן אמן אחר קדושה, כך כתב הכלבו בסימן צ"ט:
Il ne faut pas dire רוענו avec 'holam, mais רענו avec sheva. Il ne faut pas dire שבכל יום, mais בכל sans le chin.
Et l'on répond Amen après le Ra'hman qui est dans Birkat haMazon, bien qu'il n'y ait pas en lui de mention du Nom. Et de même après toute supplication et demande, bien qu'il n'y ait pas en elle de berakha ni de mention du Nom.
Et ainsi nous trouvons chez Yirmeya le prophète qu'il a dit Amen après une demande, il est dit (Jérémie 28,6) : Amen, ainsi fasse ה'. Et ainsi nous disons Amen après la Kedousha, ainsi a écrit le Kolbo au siman 99 :
כתוב בשלחן ערוך סימן קפ"ח (י) היה אוכל ויצא שבת, מזכיר של שבת בברכת המזון, דאזלינן בתר התחלת הסעודה. והוא הדין לראש חודש ופורים וחנוכההגה"ה(אמר לי מורי מהר"ש ז"ל מלובלין דכך הם פסקן של דברים, מי שמשכה סעודתו של שבת לתוך הלילה, יזכיר רצה בברכת המזון, מפני שמצוה להוסיף אשבת.
ואף אם היה ראש חודש בשבת ואין בהוספתו מצוה, אפילו הכי מאחר שמוסיף אשבת, וכל זמן שהוא שבת אז הוא ראש חודש, על כן הוא יזכיר של ראש חודש גם כן. אבל ראש חודש שחל באמצע השבוע, ונמשכה סעודתו לתוך הלילה, לא יזכיר ראש חודש, מאחר שאין עתה ראש חודש, ואין בהוספתו שום מצוה.
וכשחל ראש חודש ביום א', ונמשכה סעודתו במוצאי שבת, אז לא יזכיר רצה, אלא אומר יעלה ויבא, מאחר דבאמת עתה ראש חודש, ושבת כבר הלך לו אלא שהוא הוסיף מדעתו, לא נכון לעשות העיקר טפל, והטפל עיקר. ואין לומר, יאמר רצה וגם יעלה ויבא, אי אפשר לעשות כן, דהא הנך סתרי אהדדי.
דאם יאמר רצה משוי ליה לשבת, ובמה שאומר יעלה ויבא משוי ליה ליום א', ודו"ק עד כאן הג"ה)::
Il est écrit dans le Choulhan Aroukh siman 188 (10) : s'il était en train de manger et que le Chabbat est sorti, il mentionne celui du Chabbat dans Birkat haMazon, car nous suivons le commencement du repas. Et la même loi pour Roch Hodesh et Pourim et 'Hanouka.
Glose : (mon maître Moharash de mémoire bénie, de Lublin, m'a dit que tel est le fondement des choses : celui dont le repas du Chabbat s'est prolongé dans la nuit mentionnera Retse dans Birkat haMazon, parce qu'il est mitsva d'ajouter au Chabbat. Et même s'il y avait Roch Hodesh le Chabbat et qu'il n'y a pas de mitsva dans son ajout, malgré cela, puisqu'il ajoute au Chabbat, et tout le temps que c'est Chabbat alors c'est Roch Hodesh, c'est pourquoi il mentionnera aussi celui de Roch Hodesh.
Mais Roch Hodesh qui tombe en milieu de semaine, et dont le repas s'est prolongé dans la nuit, il ne mentionnera pas Roch Hodesh, puisqu'à présent ce n'est plus Roch Hodesh, et il n'y a dans son ajout aucune mitsva. Et lorsque Roch Hodesh tombe le dimanche, et que son repas s'est prolongé à la sortie du Chabbat, alors il ne mentionnera pas Retse, mais il dit Yaaléh veYavo, puisqu'en vérité maintenant c'est Roch Hodesh, et le Chabbat s'en est déjà allé, seulement lui a ajouté de son propre chef : il n'est pas correct de faire de l'essentiel l'accessoire et de l'accessoire l'essentiel.
Et qu'on ne dise pas : qu'il dise Retse et aussi Yaaléh veYavo, il est impossible de faire ainsi, car ceux-ci se contredisent l'un l'autre. Car s'il dit Retse il en fait un Chabbat, et par ce qu'il dit Yaaléh veYavo il en fait un dimanche, et examine bien.
Jusqu-ici la glose.) :
וטוב לומר אחר יראו את ה' קדושיו (תהלים לד, י), הודו לה' כי טוב וגומר (שם קלו, א), ופסוק (ירמיה יז, ז) ברוך הגבר אשר יבטח בה' וגו', אחר ברכת המזון סמוך לברכה שמברכין על הכוס. כתב מוהר"ן בפירוש ברכת המזון שלו, שראוי לומר פסוק (תהלים קטז, יג) כוס ישועות אשא ובשם ה' אקרא, לרמוז לסעודה לעתיד שיעשה הקב"ה לצדיקים, ודוד המלך ע"ה יברך ויאמר כוס ישועות אשא ובשם ה' אקרא (פסחים קיט, ב):
Et il est bon de dire, après Craignez ה', Ses saints (Psaumes 34,10), Rendez grâce à ה' car Il est bon etc. (Psaumes 136,1), et le verset (Jérémie 17,7) : béni l'homme qui se confie en ה' etc., après Birkat haMazon, tout près de la berakha que l'on bénit sur la coupe.
A écrit Moharan dans son commentaire de Birkat haMazon, qu'il convient de dire le verset (Psaumes 116,13) : la coupe des salvations j'élèverai et au nom de ה' j'appellerai, pour faire allusion au repas de l'avenir que le Saint, béni soit-Il, fera pour les tsadikim, et David le roi, que la paix soit sur lui, bénira et dira : la coupe des salvations j'élèverai et au nom de ה' j'appellerai (Pessahim 119b) :
כתוב בשבולי לקט, האי מאן דאכיל שביעת גרון (רצה לומר כזית או כביצה), לא פטר שביעת כרס, דלא אתי דרבנן ומפיק דאורייתא וכו', ואכלת זו אכילה, ושבעת זו שתייה, א"כ לא מחויב לברך ברכה דאורייתא אלא א"כ ישתה אם הוא צריך לשתייה, אבל אם אינו צריך לשתייה לא אמרה תורה שישתה אלא לתיאבון. הלכך, האוכל עם אחרים שאכלו ושתו והוא אוכל וצריך לשתייה ולא שתה, לא מצי למיפטר אחרים שאכלו ושתו, דאיהו חייב מדרבנן, ואינהו מחייב מדאורייתא, ולא אתי דרבנן ומפיק דאורייתא, עד כאן:
Il est écrit dans Shibolei haLeket : celui qui mange une satiété de gosier (c'est-à-dire une olive ou un œuf) n'exempte pas une satiété de ventre, car le rabbinique ne vient pas faire sortir celui qui est tenu de la Torah etc., et tu mangeras, c'est le manger, et tu seras rassasié, c'est le boire, dès lors il n'est tenu de bénir une berakha de la Torah que s'il boit, s'il a besoin de boire, mais s'il n'a pas besoin de boire, la Torah n'a pas dit qu'il boive sinon pour l'appétit. Par conséquent, celui qui mange avec d'autres qui ont mangé et bu, et lui mange et a besoin de boire et n'a pas bu, il ne peut pas exempter les autres qui ont mangé et bu, car lui est tenu de par les rabbins, et eux sont tenus de la Torah, et le rabbinique ne vient pas faire sortir celui qui est tenu de la Torah, jusqu-ici :