Ce passage poursuit : il a encore écrit qu'un œuf ne s'annule pas, avis des Cha'arei Doura et du Séfer ha-Terouma, surtout aujourd'hui où l'on ne vend pas un panier d'œufs ensemble. Le Chla objecte qu'il apporte comme loi le din du Beit Yosef sur les limoni (citrons) d'un non-juif, le goût du couteau s'annulant dans le tonneau. Selon le Beit Yosef comme Rabbi Éphraïm, « la pièce elle-même devient nevelah (charogne) » ne vaut que pour viande et lait, et l'on n'annule que le goût du couteau. Nous tenons comme Rabbenou Tam dans tous les interdits de la Torah : soixante contre tout le légume âcre ; si elle a absorbé un interdit, le tout devient nevelah.
Aussi : poissons rôtis ou cuits dans une assiette ; radis tranché au couteau de viande ; attente d'une heure puis six heures entre viande et fromage.
וכתב עוד דביצה אינה בטילה. וכן דעת השערים וס"ת וב"ה, וכל שכן בזמן הזה שאינו בנמצא למכור סל ביצים ביחד, עד כאן לשונו:
Et il a écrit encore de-beitza einah betelah (qu'un œuf ne s'annule pas). Ve-khen da'at (et ainsi l'avis de) ha-Shearim (Shaarei Dura, les Portes) ve-S"T (Sefer ha-Terumah, Livre de l'offrande) u-V"H, u-kol she-ken (et à plus forte raison) bi-zeman ha-zeh (en ce temps-ci) she-eino be-nimtza (qu'il ne se trouve pas) de vendre un sal (panier) d'œufs ensemble, ad kan leshono (jusqu'ici son langage) :
כלל נ"ז בדין דגים שעלו בקערה כו', באם נצלו אסורין לכתחלה, ובדיעבד יש לסמוך אהמתירין. ורש"ל לא חילק בין לכתחילה ודיעבד, רק בנתבשלו פסק להיתר, ובנצלו פסק לאיסור.
וכתב, אבל העולם נהגו איסור בנתבשלה, וחלילה להתיר בשניהם מאחר, שהתוספות אשר מימיהם אנו שותים פסקו לאיסור בנתבשלו:
Klal 57 : be-din dagim she-alu be-ke'arah (dans la loi des poissons qui sont montés dans une assiette) etc., ba-im nitzlu (s'ils ont été rôtis) asurin lekhathilah (interdits à priori), u-vediavad (et a posteriori) yech lismokh a-ha-matirin (il y a à s'appuyer sur ceux qui permettent). Et Rashal (Maharshal, Rabbi Shelomo Luria) lo hilak (n'a pas distingué) bein lekhathilah u-vediavad, rak (seulement) be-nitbashlu (pour ceux qui ont été cuits) pasak le-heter (il a décidé pour le permis), u-ve-nitzlu pasak le-issur (et pour ceux rôtis il a décidé pour l'interdit).
Et il a écrit : aval ha-olam nahagu issur (mais le monde à pratiqué l'interdit) be-nitbashlah, ve-halilah lehatir (et loin de permettre) bi-sheneihem (dans les deux) me-ahar (puisque) she-ha-Tosafot acher mimeihem anu shotim (dont nous buvons les eaux) pasku le-issur be-nitbashlu :
עוד שם, כתב בהג"ה שערי דורא דטוב ליזהר ליתן המים תחלה לתוך הכלי שמדיחין בו, ואח"כ יש ליתן בו הקערות. ורש"ל באיסור והיתר שלו חולק, וכתב דכלי חרס בולע אף בכלי שני.
ואם אחד יש בו שיורי מאכל, נתמחה בכלי שני ונבלע בכלי חרס. וכתב שם בשם מהרי"ח, דכלי שני מבליע כלי חרס, אבל אינו מפליטו.
משמע שבעירוי אף מפליט כלי חרס, עיין שם:
Od sham (encore là), il a écrit be-hagaha (dans la glose) Shaarei Dura de-tov lehizaher (qu'il est bon de prendre garde) de mettre l'eau d'abord tokh ha-keli she-medihin bo (dans l'ustensile dans lequel on rince), ve-ahar kakh (et ensuite) yech liten bo ha-ke'arot (il y a à y mettre les assiettes). Et Rashal be-Issur ve-Heter shelo holek (dans son Interdit et permis diverge), ve-katav de-keli hères bolea (qu'un ustensile de terre absorbe) af be-keli sheni (même dans un second ustensile).
Ve-im ehad yech bo shiyurei ma'akhal (et si l'un d'eux a des restes d'aliment), nitmaha be-keli sheni (ils se dissolvent dans le second ustensile) ve-nivla be-keli hères (et sont absorbés dans l'ustensile de terre). Ve-katav sham be-shem Mahari"h, de-keli sheni mavlia keli hères (qu'un second ustensile fait absorber un ustensile de terre), aval eino maflito (mais ne l'extrait pas).
Mashma (cela implique) she-be-iruy (que par versement) af maflit keli hères (il extrait même d'un ustensile de terre), ayen sham (vois là) :
עוד שם, בדין אם תחבו כף של בשר בן יומו לקדירה של חלב שאינו בן יומו או איפכא, ויש שם קטנית או ירקות, אין לאכלם לא עם בשר ולא עם חלב כו'. אבל לשומו בכלי של אחד מהן, אין להקפיד.
ורש"ל פסק שלא לתת אלא לקערה חדשה, או לאכול מהקדירה בכף, או ללפות בו בלחם, עד כאן לשונו:
Od sham, be-din im tahavu kaf shel basar ben yomo (dans la loi s'ils ont enfoncé une cuiller de viande du jour) le-kederah shel halav she-eino ben yomo (dans une marmite de lait qui n'est pas du jour) o ipkha (ou l'inverse), ve-yech sham kitnit o yerakot (et il y a là des légumineuses ou des légumes), ein le-okhlam lo im basar ve-lo im halav (on ne les mange ni avec de la viande ni avec du lait) etc. Aval lesumo be-keli shel ehad mehen (mais de le mettre dans un ustensile de l'un d'eux), ein lehakpid (il n'y a pas à être pointilleux).
Et Rashal pasak she-lo laten ela le-ke'arah hadashah (de ne mettre que dans une assiette neuve), o le'ekhol me-ha-kederah be-kaf (ou de manger de la marmite avec une cuiller), o lilfot bo be-le'hem (ou d'y tremper du pain), ad kan leshono :
כלל ס"א צנון שחתכו בסכין של בשר, אסור לאכול בכותח. הרא"ש אינו אוסר, רק קולף מקום החתך.
והרשב"א אוסר כולו, וכך כתב הר"ן, וכך כתב רש"ל ז"ל דכולו אסור, וכן כתב דכן משמע לישנא דמהרא"י:
Klal 61 : tzenon she-hatkhu be-sakin shel basar (un radis qu'on a coupé avec un couteau de viande), assur le'ekhol be-kutah (interdit à manger avec du kutah, trempette laitière). Ha-Roch (Rabbenu Acher) eino oser, rak kolef mekom ha-hetekh (seulement on pèle l'endroit de la coupure).
Ve-ha-Rashba (Rabbi Shelomo ben Aderet) oser kulo (interdit le tout), ve-kakh katav ha-Ran (Rabbenu Nissim), ve-kakh katav Rashal z"l (zikhrono livrakha, de mémoire bénie) de-kulo assur, ve-khen katav de-khen mashma lishna de-Maharai (que ainsi implique le langage de Maharai, Morenu ha-Rav Rabbi Yisrael Isserlein) :
כן אם חתכו בסכין של אינו יהודי שהיינו צריך לאוסרו, פסק רמ"א כדברי הפוסקים דסגי בנטילה. ורש"ל פסק לאסור כולו.
וגם בקרי"ן פסק הכי:
Ken im hatkhu be-sakin shel eino Yehudi (ainsi s'ils l'ont coupé avec un couteau d'un non-juif) she-hayinu tzarikh le-osro (que nous aurions dû l'interdire), pasak Rema (Rabbi Moché Isserles) ke-divrei ha-poskim de-sagia be-netilah (que cela suffit par un prélèvement d'épaisseur). Et Rashal pasak le'esor kulo.
Ve-gam be-krin (קרי"ן, raifort) pasak hakhi (il a décidé ainsi) :
עוד שם, ואם עבר ובשלו צריך ס' נגד הסכין, ולא נגד הסכין כולו רק נגד מקום הסכין שנגע בצנון. ורש"ל כתב היכא שחתכו בשר רותח בסכין חולבת, אע"ג דלא אמרינן חם קצתו חם כולו לענין מוליך בליעתו אפי' בכלי מתכות, מכל מקום ראוי להחמיר ולשער נגד כל הסכין היכא שחתך בה בסתם, אפי' אמר שעד כך וכך חתכתי, כי דרך הסכין להוליך ולהביא בכולו ולא רמיא עלי' לאדכורי.
אבל תחב כף בקדירה לאקראי, אם ברור לו עד כמה תחב, לא משערינן יותר ממה שנכנס. ואם לא ברור לו, משערינן בסתם דדרך לתחוב בקדירה דהיינו ראש הכף.
ומכל מקום גם לענין הסכין לא משערינן נגד הקתא, עכ"ל:
Od sham, ve-im avar u-vishlo (et s'il a transgressé et l'a cuit) tzarikh 60 neged ha-sakin (il faut soixante contre le couteau), ve-lo neged ha-sakin kulo rak neged mekom ha-sakin she-naga ba-tzenon (et non contre le couteau tout entier, seulement contre l'endroit du couteau qui a touché le radis). Et Rashal a écrit heikha she-hatkhu basar roteah be-sakin halevet (là où l'on a coupé de la viande brûlante avec un couteau laitier), af al gav de-lo amrinan ham katzato ham kulo (bien que l'on ne dise pas : sa partie est chaude, tout est chaud) le-inyan molikh belia'to (quant à transporter son absorption) afilu be-keli matakhot (même dans un ustensile de métal), mi-kol makom ra'ui lehahmir (néanmoins il convient d'être rigoureux) u-lesha'er neged kol ha-sakin (et de mesurer contre tout le couteau) heikha she-hatah bah be-stam (là où il a coupé avec lui de façon non précisée), afilu amar she-ad kakh ve-kakh hatakhti (même s'il a dit : jusqu'ici et jusqu'ici j'ai coupé), ki derekh ha-sakin leholikh u-lehavi be-kulo (car la voie du couteau est d'aller et de venir dans tout son corps) ve-lo ramya alav le-adkurei (et il ne lui incombe pas de s'en souvenir).
Aval tahav kaf bi-kederah le-akra'i (mais s'il a enfoncé une cuiller dans une marmite par occasion), im barur lo ad kamah tahav (s'il lui est clair jusqu'où il a enfoncé), lo mesha'arinan yoter mi-mah she-nikhnas (l'on ne mesure pas plus que ce qui est entré). Ve-im lo barur lo, mesha'arinan be-stam de-derekh lithov bi-kederah dehainu roch ha-kaf (l'on mesure selon l'ordinaire, dont la voie est d'enfoncer dans la marmite, c'est-à-dire la tête de la cuiller).
U-mi-kol makom gam le-inyan ha-sakin lo mesha'arinan neged ha-katta (et néanmoins aussi quant au couteau l'on ne mesure pas contre le manche), ad kan leshono :
עוד שם, הביא דברי בית יוסף שכתב בשם שבולי לקט על הלימוני של גוי, אע"פ שנחתכו בסכין של גוי וחריפי דומיא דצנון, מכל מקום מאחר שממלאין חביות גדול, ורבים מהם נחתכו בסכין אחד, בטל בהם טעם הסכין. ודאי הראשון והשני שנחתך בהן היה מדינא לאסור, אך מאחר שאין מכירין בטלים הם ברוב אחרים שנחתכו אח"כ באותו הסכין, ע"כ.
וכך כתב הארוך כלל ל"ח, עכ"ל:
Od sham, il a apporté divrei Beit Yosef (les paroles de Maison de Yosef) she-katav be-shem Shibolei ha-Leket (qui a écrit au nom des Épis de glanure) al ha-limoni shel goi (sur le limoni, citrons, d'un non-juif), af al pi she-nehetkhu be-sakin shel goi (bien qu'ils aient été coupés avec un couteau de non-juif) ve-harifei dumya de-tzenon (et qu'ils sont âcres à la manière du radis), mi-kol makom me-ahar she-memal'in haviyot gadol (néanmoins puisque l'on remplit un grand tonneau), ve-rabbim mehem nehetkhu be-sakin ehad (et que beaucoup d'entre eux ont été coupés avec un seul couteau), batel bahem ta'am ha-sakin (le goût du couteau s'annule en eux). Vaday ha-rishon ve-ha-sheni she-nehtakh bahen hayah mi-dina le'esor (certainement le premier et le second qui y ont été coupés étaient d'après le din à interdire), akh me-ahar she-ein makirin betelim hem be-rov aherim she-nehetkhu ahar kakh be-oto ha-sakin (mais puisque l'on ne les reconnaît pas, ils s'annulent dans la majorité des autres coupés ensuite avec ce couteau-là), ad kan.
Ve-kakh katav ha-Arokh (l'Interdit et permis long) klal 38, ad kan leshono :
ומצאתי כתוב על זה, וקשה על המחבר שמביא דין זה של בית יוסף שבטל בהם טעם הסכין כו' אליבא דהלכתא. וזה אינו, בשלמא לדעת בית יוסף הדין כך, דהוא פסק כר' אפרים (חולין צו, ב תוד"ה אם יש) דלא אמרינן חתיכה עצמה נעשה נבלה אלא בבשר וחלב, ומשום הכי היכא שחתך ירקות חריפין בסכין של גוי אינו צריך לבטל רק טעם הסכין הבלוע בירק.
אבל אנו דקיימא לן (עי' ביו"ד צט, ג) כר"ת דאמרינן חתיכה עצמה נעשית נבלה בכל האיסורין שבתורה, ומשום הכי היכא שחתכו ירק חריף בסכין של גוי מצרכינן ס' נגד כל הירק. וכך כתב הב"י עצמו בלשון הזה בסימן צ"ו, אבל אם חתך בסכין של גוי צריך ס' נגד כל הצנון, דדין זה קאי אליבא דר"ת.
וכן יש לי להביא ראיה עוד מטור אורח חיים בהלכות פסח (סימן תמז) שכתב, וזיתים שכובשים בשאר ימות השנה כו' עד ולא שייך ביה ביטול, דבכוליה סכין משערינן, וא"כ חזרו הזיתים כולו חמץ, עכ"ל:
U-matzati katuv al zeh (et j'ai trouvé écrit là-dessus), ve-kasheh al ha-mehaber (et c'est difficile contre l'auteur) she-mevi din zeh shel Beit Yosef she-batel bahem ta'am ha-sakin etc. eliba de-hilkheta (selon la halakha décidée). Ve-zeh eino (et ceci n'est pas).
Bi-shlama le-da'at Beit Yosef ha-din kakh (soit, selon l'avis de Beit Yosef la loi est ainsi), de-hu pasak ke-R. Ephraim (Hullin 96b, Tosafot s.v. im yech) de-lo amrinan hatikhah atzmah na'aset nevelah (que l'on ne dit pas : la pièce elle-même devient nevelah, charogne) ela be-basar ve-halav (sinon dans la viande et le lait), u-mishum hakhi heikha she-hatah yerakot harifin be-sakin shel goi (et à cause de cela, là où l'on a coupé des légumes âcres avec un couteau de non-juif) eino tzarikh levatel rak ta'am ha-sakin ha-balua ba-yerek (il ne faut annuler que le goût du couteau absorbé dans le légume).
Aval anu de-kaima lan (mais nous, qui tenons) (voir Yore Dea 99,3) ke-Rabbenu Tam de-amrinan hatikhah atzmah na'aset nevelah be-khôl ha-issurin she-ba-Torah (que l'on dit : la pièce elle-même devient nevelah dans tous les interdits de la Torah), u-mishum hakhi heikha she-hatkhu yerek harif be-sakin shel goi matzrikhinan 60 neged kol ha-yerek (et à cause de cela, là où l'on a coupé un légume âcre avec un couteau de non-juif, nous exigons soixante contre tout le légume). Ve-kakh katav ha-Beit Yosef atzmo bi-lashon ha-zeh be-siman 96 : aval im hatah be-sakin shel goi tzarikh 60 neged kol ha-tzenon (mais s'il a coupé avec un couteau de non-juif, il faut soixante contre tout le radis), de-din zeh kai eliba de-Rabbenu Tam (car cette loi se tient selon Rabbenu Tam).
Ve-khen yech li lehavi re'ayah od mi-Tur Orah 'Hayim be-hilkhot Pesah (siman 447) she-katav, ve-zeitim she-kovshim bi-she'ar yemot ha-shanah (et des olives que l'on confit aux autres jours de l'année) etc. jusqu'à : ve-lo shayakh beih bitul, de-be-kuleih sakin mesha'arinan (et l'annulation n'a pas lieu en cela, car l'on mesure contre tout le couteau), ve-im ken hazru ha-zeitim kulo hametz (et s'il en est ainsi les olives sont devenues tout entières hametz), ad kan leshono :
אף שזה הדין תימה בעיני ולא אוכל לישבו, דלמה חזרו הזיתים כולו חמץ, דהא לא שייך לומר חתיכה עצמה נעשה נבלה אלא כשבלע איסור, אבל בלע היתר כגון חמץ בעת היתרו, לא שייך לומר נעשה נבילה, אלא היא כולו חמץ. וכמו שהדין בבצלים וירקות שבלועים מבשר ובשלם בחלב, אם ידוע כמה בשר בלוע בבצלים ובירקות אין צריך ס' אלא כנגד הבשר, דלא שייך לומר חתיכה נעשית נבלה הואיל ועדיין כולו היתר, ולכן אין צריך לשער רק נגד מה שבלע, א"כ תימה על הטור למה חזרו הזיתים כולו חמץ.
והנה אניח דבר זה עתה. מכל מקום בבלע איסור כמו בכאן בלימוני שחותכין בסכין של גוי, אז הכל נעשה נבלה:
Af she-zeh ha-din temah be-einai ve-lo ukhal le-yashevo (même que cette loi est un étonnement à mes yeux et que je ne puis la résoudre), de-lamah hazru ha-zeitim kulo hametz (pourquoi les olives sont-elles devenues tout entières hametz), de-ha lo shayakh lomar hatikhah atzmah na'aset nevelah ela ke-she-bala issur (car voici l'on ne peut dire : la pièce elle-même devient nevelah, sinon lorsqu'elle a absorbé un interdit), aval bala heter ke-gon hametz be-et hetero (mais si elle a absorbé un permis, par exemple du hametz au temps de son permis), lo shayakh lomar na'aset nevelah, ela hi kulo hametz (l'on ne peut dire qu'elle est devenue nevelah, seulement elle est tout entière hametz). U-khemo she-ha-din bi-vetzalim ve-yerakot she-blu'im mi-basar u-vishlam be-halav (et comme la loi des oignons et des légumes absorbés de viande et qu'on les a cuits dans du lait), im yadua kamah basar balua ba-betzalim u-va-yerakot ein tzarikh 60 ela ke-neged ha-basar (s'il est connu combien de viande est absorbée dans les oignons et les légumes, il ne faut soixante que contre la viande), de-lo shayakh lomar hatikhah na'aset nevelah ho'il ve-adayin kulo heter (car l'on ne peut dire : la pièce devient nevelah, puisqu'elle est encore tout entière un permis), ve-lakhen ein tzarikh lesha'er rak neged mah she-bala (et c'est pourquoi il ne faut mesurer que contre ce qu'elle a absorbé), im ken temah al ha-Tur lamah hazru ha-zeitim kulo hametz.
Ve-hine aniah davar zeh atah (et voici je laisserai cette affaire maintenant). Mi-kol makom be-bala issur kemo be-khan be-limoni she-hotkhin be-sakin shel goi (néanmoins lorsqu'elle a absorbé un interdit, comme ici dans le limoni que l'on coupe avec un couteau de non-juif), az ha-kol na'aset nevelah (alors le tout devient nevelah) :
עוד שם, בדין בשר רותח שחתכו בסכין חולבות בן יומו, דצריך ס' נגד הסכין. וכתב, ונראה לי דדוקא אם חותך בשר רותח שהוא על האש, או שהסירו מהאש ועדיין בכלי ראשון.
אבל אם כבר הניח בכלי שני, מעתה כבר עבר רתיחתו וא"צ רק קצת קליפה כו'. משמע אפילו אם חם שהיד סולדת.
דאם אין היד סולדת, אף בהסירו מן האש לא היה נאסר. אבל רש"ל חולק, וזה לשונו באיסור והיתר שלו, ולא שייך כלי שני אלא במים ורוטב וכל דבר הצלול שמתערב מיד כאחת ונתקרר במהרה, אבל לא בחתיכת בשר או דג וכל דבר שהוא גוש, דכל זמן שהיד סולדת בו עומד בחמימתו ומפליט ומבליע שפיר.
ומשום הכי נראה דדוחן ואורז ג"כ אחר שנתערו מקדירה לקערה, כל זמן שהיד סולדת בהן חמין הן ככלי ראשון, ונפקא מינה לענין בשר בחלב כו':
Od sham, be-din basar roteah she-hatkhu be-sakinim halevot ben yomo (dans la loi de viande brûlante qu'on a coupée avec des couteaux laitiers du jour), de-tzarikh 60 neged ha-sakin. Ve-katav, ve-nir'eh li de-davka im hoteh basar roteah she-hu al ha-ech (et il m'apparaît que précisément s'il coupe de la viande brûlante qui est sur le feu), o she-hesiru me-ha-ech ve-adayin be-keli rishon (ou qu'on l'a ôtée du feu et qu'elle est encore dans un premier ustensile).
Aval im kevar hiniah be-keli sheni, me-atah kevar avar retihato (mais s'il l'a déjà posée dans un second ustensile, désormais son ébullition est déjà passée) ve-ein tzarikh rak ketzat kelipah (et il ne faut qu'un peu de pelure) etc. Mashma afilu im ham she-yad soledet (cela implique même s'il est chaud au point que la main s'en retire).
De-im ein ha-yad soledet, af be-hesiro min ha-ech lo hayah ne'esar (car si la main ne s'en retire pas, même lorsqu'on l'a ôtée du feu elle n'aurait pas été interdite). Aval Rashal holek, ve-zeh leshono be-Issur ve-Heter shelo : ve-lo shayakh keli sheni ela be-mayim ve-roteb ve-khôl davar ha-tzalul she-mitarev miyad ke-ahat ve-nitkarer bi-meherah (et un second ustensile n'a lieu que dans l'eau et le jus et toute chose claire qui se mêle aussitôt comme une seule et se refroidit vite), aval lo be-hatikhat basar o dag ve-khôl davar she-hu gush (mais non dans une pièce de viande ou de poisson et toute chose qui est un bloc), de-kol zeman she-ha-yad soledet bo omed be-hamimuto u-maflit u-mavlia shapir (car tout le temps que la main s'en retire il se tient dans sa chaleur et expulse et absorbe bien).
U-mishum hakhi nir'eh de-dohan ve-orez gam ken ahar she-nit'aru mi-kederah le-ke'arah (et à cause de cela il apparaît que le millet et le riz aussi, après qu'on les a versés de la marmite dans l'assiette), kol zeman she-ha-yad soledet bahen hamin hen ke-keli rishon (tout le temps que la main s'en retire ils sont chauds comme un premier ustensile), ve-nafka minah le-inyan basar be-halav (et il en sort une différence pratique quant à la viande dans le lait) etc. :
כלל ס"ב בדין דם ביצים, אם הוא ספק אם היה הדם על החלבון או על החלמון, הוי ספיקא דרבנן ולקולא, משום דס"ל דם ביצים דרבנן. אבל רש"ל כתב באיסור והיתר שלו שמצא כתוב וזה לשונו, שמעתי ממהרי"ו י"ץ שאנו קיימא לן דדם ביצים דאורייתא, ע"כ מצאתי, וכן נראה עיקר, מאחר שסתם תוספות ואשר"י מסופקים אם הוא דאורייתא כו', עכ"ל:
Klal 62 : be-din dam beitzim (dans la loi du sang des œufs), im hu safek im hayah ha-dam al ha-helbon o al ha-helmon (s'il y a doute si le sang était sur le blanc ou sur le jaune), havi sefeika de-rabbanan u-le-kula (c'est un doute rabbinique et [l'on va] à l'indulgence), mishum de-savir la dam beitzim de-rabbanan (parce qu'il tient que le sang des œufs est rabbinique). Aval Rashal a écrit be-Issur ve-Heter shelo she-matza katuv ve-zeh leshono : shamati mi-Mahari"v y"tz (j'ai entendu de Mahari Weil, Rabbi Yaakov Weil, yishmerehu Tsur, que son Rocher le garde) she-anu kaima lan dam beitzim de-oraita (que nous tenons que le sang des œufs est de la Torah), ad kan matzati, ve-khen nir'eh ikar (et ainsi il apparaît que c'est l'essentiel), me-ahar she-stam Tosafot ve-Asheri mesupakim im hu de-oraita (puisque le stam des Tosafot et l'Asheri sont dans le doute s'il est de la Torah) etc., ad kan leshono :
כלל ע' בדין שוחט תרנגולת ומצא בה ביצים גמורים, דנוהגין למלחן אפילו הקליפה החיצונה קשה, אבל אין למלחן עם בשר. וכך כתב רש"ל.
וכתב אם מלחן עם בשר, נעשית נבילה. ואם נתבשלה עם אחרות, צריכות ס"א נגדה והיא:
Klal 70 : be-din shohet tarnegolet u-matza bah beitzim gemurim (dans la loi de celui qui égorge une poule et y trouve des œufs achevés), de-nohagin lemolhan afilu ha-kelipah ha-hitzonah kashah (que l'on a l'usage de les saler même si la coquille extérieure est dure), aval ein limolhan im basar (mais il ne faut pas les saler avec de la viande). Ve-kakh katav Rashal.
Ve-katav im melahan im basar, na'aset nevelah (si on les a salées avec de la viande, elle devient nevelah). Ve-im nitbashlah im aherot, tzerikhot 61 negdah ve-hi (et si elle a été cuite avec d'autres, elles ont besoin de soixante-et-un contre elle et elle) :
עוד שם, כשיש להם חלבון ונתערב בחלב, יש לסמוך ארש"י והרשב"א והרא"ש דבכה"ג לית בהו משום בשר בחלב. אבל רש"ל פסק כרשב"ם, שפירש ביצים גמורים שנגמרה הקליפה לגמרי, אבל לא נתקשה הקליפה כדרך ביצה הנמכרת בשוק, דין בשר עליה לכל דבר.
וכתב שכן הוא דעת מהרא"י. וגם כתב שמהאי טעמא נוהגים שאפילו בגמר קליפתן לגמרי אין אוכלין בחלב, דדלמא לא נתקשה לגמרי, כי כן הוא בנמצא, עכ"ל:
Od sham, ke-she-yech lahem helbon ve-nitarev be-halav (lorsqu'elles ont du blanc et qu'il s'est mêlé dans du lait), yech lismokh a-Rachi ve-ha-Rashba ve-ha-Roch de-be-khai gavna leit behu mishum basar be-halav (il y a à s'appuyer sur Rachi et le Rashba et le Roch, qu'en telle manière il n'y a pas en elles à cause de viande et lait). Aval Rashal pasak ke-Rashbam, she-peresh beitzim gemurim she-nigmerah ha-kelipah le-gamrei (qui a expliqué : des œufs achevés dont la coquille s'est achevée entièrement), aval lo nitkashah ha-kelipah ke-derekh beitzah ha-nimkeret ba-shuk (mais la coquille ne s'est pas durcie à la manière d'un œuf vendu au marché), din basar aleha le-khôl davar (la loi de la viande est sur elle pour toute chose).
Ve-katav she-ken hu da'at Maharai. Ve-gam katav she-me-haï ta'ama nohagin she-afilu be-gmar kelipatan le-gamrei ein okhlin be-halav (et il a aussi écrit que pour cette raison l'on a l'usage, même à l'achèvement entier de leur coquille, de ne pas [les] manger avec du lait), de-dilma lo nitkashah le-gamrei, ki ken hu be-nimtza (de peur qu'elle ne se soit pas durcie entièrement, car ainsi est-ce dans ce que l'on trouve), ad kan leshono :
כלל ע"א בדין החלב מן בהמה שנשחטה ונמצאת טריפה, פסק אם הוא טריפות שאפשר שלא אירע לה אלא עתה, כגון ניקב קרום של מוח וכיוצא בזה, מותרות. רש"ל פסק כמהרא"י לאסור כל טריפות תוך ג' ימים:
Klal 71 : be-din ha-halav min behemah she-nishhatah ve-nimtzet terefah (dans la loi du lait d'une bête que l'on a égorgée et qui s'est trouvée terefah), pasak im hu terefut she-efshar she-lo ir'ah lah ela atah (il a décidé : si c'est une terefah qu'il est possible qu'elle ne lui soit arrivée que maintenant), ke-gon nikav kerum shel moah ve-khayotze ba-zeh, mutarot (par exemple le voile du cerveau a été percé et ce qui lui ressemble, elles sont permises). Rashal pasak ke-Maharai le'esor kol terefut tokh 3 yamim (d'interdire toute terefah dans les trois jours) :
כלל ע"ד כתב הר"ן דבר שיש לו מתירין שנפל ברוטב, אי חזר אותו רוטב ונפל לרוטב אחרת אוסרת באלף. ולפי מה שנתבאר הטעם דדבר שיש לו מתירין בטל, ואינו אוסר רק ממשו של איסור, הוא הדין רוטב זו נמי בטילה.
ועוד דלפי דבריו, איסור שאינו מחמת עצמו רק מחמת שבלע איסור אחר, שייך בזה דבר שיש לו מתירין, ואין כן דעת מהרא"י ז"ל בתרומת הדשן סימן ק"ע, שכתב על החתיכה הבלועה מדם דלא מקרי דבר שיש לו מתירין, דאין איסור מחמת עצמו אלא מחמת דם הבלוע בו, ונראה דיש לסמוך אדברי מהרא"י מאחר דאיסור דרבנן הוא דאינו בטל. ועוד סברא זו נמי אמרינן לענין חשיבות חתיכה הראוי להתכבד, עכ"ל:
Klal 74 : katav ha-Ran davar she-yech lo matirin she-nafal be-roteb (le Ran a écrit : une chose qui a des permis, qui est tombée dans un jus), i hazar oto roteb ve-nafal le-roteb aheret oseret be-elef (si ce jus-là est ensuite tombé dans un autre jus, il interdit dans mille). U-lefi mah she-nitba'er ha-ta'am de-davar she-yech lo matirin batel (et selon ce qui a été expliqué, la raison qu'une chose qui a des permis s'annule), ve-eino oser rak mamasho shel issur (et qu'elle n'interdit que la substance même de l'interdit), hu ha-din roteb zo nami betelah (c'est la même loi, ce jus-ci aussi s'annule).
Ve-od de-lefi devarav, issur she-eino mahamat atzmo rak mahamat she-bala issur aher (et encore, selon ses paroles, un interdit qui n'est pas de par lui-même mais seulement de par ce qu'il a absorbé un autre interdit), shayakh ba-zeh davar she-yech lo matirin (il y a lieu en cela de [la catégorie] chose qui a des permis), ve-ein ken da'at Maharai z"l be-Terumat ha-Deshen (Offrande de la cendre) siman 170, she-katav al ha-hatikhah ha-blu'ah mi-dam de-lo mikrei davar she-yech lo matirin (qui a écrit sur la pièce absorbée de sang qu'elle n'est pas appelée chose qui a des permis), de-ein issur mahamat atzmo ela mahamat dam ha-balua bo (car il n'y a pas d'interdit de par elle-même, seulement de par le sang absorbé en elle). Ve-nir'eh de-yech lismokh a-divrei Maharai me-ahar de-issur de-rabbanan hu de-eino batel (et il apparaît qu'il y a à s'appuyer sur les paroles de Maharai, puisque c'est un interdit rabbinique qu'il ne s'annule pas).
Ve-od sevara zo nami amrinan le-inyan hashivut hatikhah ha-re'uyah lehitkabed (et encore ce raisonnement-ci, nous le disons aussi quant à l'importance d'une pièce digne d'être servie en honneur), ad kan leshono :
אבל רש"ל הביא מהרא"י בהגה"ה ש"ד שלו סימן מ"א בלשון אחר וזה לשונו, מצאתי כתוב בשר ששהה ג' ימים בלא מליחה ונתערבה בשאר חתיכות בטל ברוב, ע"כ. ויראה הטעם, דלא חשיבא שיש לו מתירין הואיל ומותר לצלות אף קודם לכן, ולמה שהוא נאסר דהיינו בישול עדיין הוא אסור כו', עד ויראה דאפילו היתה חתיכה הראויה להתכבד מכל מקום בטילה, לפי שאינו שורשו של איסור אלא מחמת דם הבלוע בה, מהרא"י ז"ל.
מכאן מוכח להדיא דדבר שיש לו מתירין לא בטל אפילו באלף, אפי' אינו אסור מחמת עצמו, עד כאן לשון רש"ל. פירוש לדבריו, הואיל והוצרך מהרא"י לכתוב טעם אחר על היתר דדבר שיש לו מתירין, ומה שכתב רמ"א ועוד סברא זו אמרינן כו', שאני הכא דיהיה לו היתר:
Aval Rashal hevi Maharai be-hagaha Shaarei Dura shelo siman 41 bi-lashon aher ve-zeh leshono : matzati katuv basar she-shahah 3 yamim beli melihah ve-nitarevah bi-she'ar hatikhot batel be-rov (j'ai trouvé écrit : de la viande qui a séjourné trois jours sans salage et s'est mêlée parmi d'autres pièces s'annule dans la majorité), ad kan. Ve-yir'eh ha-ta'am, de-lo hashiva she-yech lo matirin ho'il u-mutar litzlot af kodem la-khen (et la raison apparaît : qu'elle n'est pas considérée comme ayant des permis, puisqu'il est permis de rôtir même auparavant), u-le-mah she-hu ne'esar dehainu bishul adayin hu assur (et pour ce en quoi elle est interdite, c'est-à-dire la cuisson, elle est encore interdite) etc., jusqu'à : ve-yir'eh de-afilu hayetah hatikhah ha-re'uyah lehitkabed mi-kol makom betelah (et il apparaît que même si c'était une pièce digne d'être servie en honneur, néanmoins elle s'annule), lefi she-eino shoresho shel issur ela mahamat dam ha-balua bah, Maharai z"l.
Mi-kan mukhah le-hedya de-davar she-yech lo matirin lo batel afilu be-elef, afilu eino assur mahamat atzmo (d'ici il est prouvé explicitement qu'une chose qui a des permis ne s'annule pas même dans mille, même si elle n'est pas interdite de par elle-même), ad kan leshon Rashal. Perush li-devarav (explication de ses paroles) : ho'il ve-hutrakh Maharai likhtov ta'am aher al heter de-davar she-yech lo matirin (puisque Maharai a été contraint d'écrire une autre raison pour le permis de la chose qui a des permis), u-mah she-katav Rema ve-od sevara zo amrinan etc., sha'ani hakha de-yihyeh lo heter (et ce qu'a écrit le Rema : et encore ce raisonnement-ci nous le disons etc., ici c'est différent, car elle aurait un permis) :
עוד שם, דדבר המתקלקל אם ישהנו, לא מקרי דבר שיש לו מתירין, ובטל. ורש"ל חולק:
Od sham, de-davar ha-mitkalkel im yeshahenu (qu'une chose qui se gâte si on la fait attendre) lo mikrei davar she-yech lo matirin, u-batel. Et Rashal holek :
עוד שם, חמץ בפסח לא מקרי דבר שיש לו מתירין. רש"ל חולק:
Od sham, hametz be-Pesah lo mikrei davar she-yech lo matirin. Rashal holek :
כלל ע"ה בענין בישול גוים, פסק אם חתה ישראל בגחלים אף לאחר שנתבשל כמאכל בן דרוסאי ע"י גוי שרי, ודלא כשאר פוסקים שכתבו דצריך לחתות קודם שיתבשל כמאכל בן דרוסאי. וכתב בית יוסף דנקטינן כוותייהו כו'.
ורש"ל פסק דצריך:
Klal 75 : be-inyan bishul goyim (au sujet de la cuisson des non-juifs), pasak im hatah Yisrael be-gehalim (il a décidé : si un Israël a attisé dans les charbons) af le-ahar she-nitbashel ke-ma'akhal Ben Drosai (même après qu'il a été cuit comme un aliment de Ben Drosai, à un tiers) al yedei goi shari (par un non-juif, c'est permis), ve-lo ke-she'ar poskim she-katvu de-tzarikh lahatot kodem she-yitbashel ke-ma'akhal Ben Drosai (et non comme les autres décideurs qui ont écrit qu'il faut attiser avant qu'il soit cuit comme un aliment de Ben Drosai). Ve-katav Beit Yosef de-naktinan kevataihu (que nous tenons comme eux) etc.
Et Rashal pasak de-tzarikh :
עוד שם, פסק דעשיית האש או שגירת התנור מועיל לענין בישולי גוים. ורש"ל מוכיח מדברי מהרא"י דאין מותר אלא במחתה בגחלים שמקרב בישולו, אבל בכהאי גוונא לא מקרב בישוליה ואין מותר אלא בפת, והא ראיה דהשלכת קיסם לא מהני בבישול גוים אלא בפת:
Od sham, pasak de-asiyat ha-ech o shegirat ha-tanur mo'il le-inyan bishulei goyim (il a décidé que le faire du feu ou le chauffer du four sert quant aux cuissons des non-juifs). Et Rashal mokhiah mi-divrei Maharai de-ein mutar ela be-mahatah be-gehalim she-mekarov bishulo (qu'il n'est permis que par l'attisement dans les charbons qui rapproche sa cuisson), aval be-khai gavna lo mekarov bishuleih ve-ein mutar ela be-pat (mais de cette manière-ci cela ne rapproche pas sa cuisson, et il n'est permis que pour le pain), ve-ha re'ayah de-hashlakhat kisam lo mehani be-bishul goyim ela be-pat (et voici la preuve : que le jeter d'un copeau ne sert pas dans la cuisson des non-juifs, sinon pour le pain) :
בפרק אין מעמידין (ע"ז לח, א) אמר רב אסי אמר רב דגים קטנים מלוחים אין בהם משום בשולי גוים. וזה לשון התוס' (ד"ה דגים קטנים) אומר רבי יודא דמדקאמר מלוחים דמשמע שאין מלוחים אסירי, א"כ צריך לומר דמיירי בגדולים קצת שעולים לפעמים על שולחן מלכים.
דאי לא תימא הכי תקשי לן להא דאמר, איכא בינייהו דגים קטנים, פירוש דלמ"ד נאכל כמות שהוא חי יש בו משום בישולי עובדי כוכבים, ולמ"ד אינו עולה דגים קטנים אין בו משום בישולי עובדי כוכבים והלכה כתרוייהו לקולא, וא"כ אמאי נקט מלוחים אפי' אין מלוחים נמי, עכ"ל:
Be-perek Ein Ma'amidin (Avoda Zara 38a) amar Rav Asi amar Rav : dagim ketanim meluhim ein bahem mishum bishulei goyim (les petits poissons salés n'ont pas en eux à cause des cuissons des non-juifs). Ve-zeh leshon ha-Tosafot (s.v. dagim ketanim) : omer Rabbi Yuda de-mid-ka'amar meluhim de-mashma she-ein meluhim asiri (dit Rabbi Yuda : du fait qu'il a dit salés, cela implique que ceux qui ne sont pas salés sont interdits), im ken tzarikh lomar de-miyeri bi-gedolim ketzat she-olim lif'amim al shulhan melakhim (s'il en est ainsi il faut dire qu'il s'agit de [poissons] un peu grands, qui montent parfois à la table des rois).
De-i lo teima hakhi tikshe lan le-ha de-amar, ika bainaihu dagim ketanim (car si tu ne dis pas ainsi, cela nous est difficile contre ce qui a été dit : il y a entre eux les petits poissons), perush de-le-man de-amar ne'ekhal ke-mot she-hu haï yech bo mishum bishulei ovedei kokhavim (explication : selon celui qui dit : mangé comme il est cru, il y a en lui à cause des cuissons des serviteurs d'étoiles, idolâtres), u-le-man de-amar eino oleh dagim ketanim ein bo mishum bishulei ovedei kokhavim (et selon celui qui dit : il ne monte pas, les petits poissons n'ont pas en eux à cause des cuissons des serviteurs d'étoiles), ve-halakha ki-tervaihu le-kula (et la loi est comme les deux à l'indulgence), ve-im ken amai nakat meluhim afilu ein meluhim nami (et s'il en est ainsi pourquoi a-t-il pris salés, même s'ils ne sont pas salés aussi), ad kan leshono :
והבית יוסף סימן קי"ג הקשה ג"כ קושיא זו, ותירץ דדגים קטנים שנמלחו עולים על שלחן מלכים, ואפ"ה שרי משום דאז נאכלין כמות שהן חיין. ובשלא נמלחו, שרי משום דאז אין עולין על שלחן מלכים.
וכתב הבית יוסף שהעלה זה התירוץ מדברי הרשב"א. והנה לדברי כולם דגים קטנים שהם קטנים ממש אין בהן משום בשולי גוים, אבל רבותינו הנ"ל הניחו מקום להתגדר, כי יש שני ענייני דגים קטנים, האחד הדגים שדרכם להתגדל אינם עולים לשלחן מלכים בעודם קטנים עד שנתגדלו.
אמנם יש עוד ענין שני של דגים קטנים, דהיינו שיש מין דגים שנשארו לעולם בקטנותן ואינן גדולים, ואלו עולים על שלחן מלכים ואסירי. ועל אלו אמר רב יוסף כשהן מלוחין אין בהן משום בישול גוים, הא אינן מלוחין אסירי, וראוי לחוש לזה:
Ve-ha-Beit Yosef siman 113 hikshah gam ken kushya zo (a aussi objecté cette difficulté), ve-teretz de-dagim ketanim she-nimlehu olim al shulhan melakhim (et il a répondu que les petits poissons qui ont été salés montent à la table des rois), ve-af al pi hakhi shari mishum de-az ne'ekhalin ke-mot she-hen hayin (et même ainsi c'est permis, parce qu'alors ils se mangent comme ils sont crus). U-vi-she-lo nimlehu, shari mishum de-az ein olim al shulhan melakhim (et lorsqu'ils n'ont pas été salés, c'est permis parce qu'alors ils ne montent pas à la table des rois).
Ve-katav ha-Beit Yosef she-hé'elah zeh ha-terutz mi-divrei ha-Rashba. Ve-hine le-divrei kulam dagim ketanim she-hem ketanim mamash ein bahen mishum bishulei goyim (et voici, selon les paroles de tous, les petits poissons qui sont petits vraiment n'ont pas en eux à cause des cuissons des non-juifs), aval rabotenu ha-nizkarim le-eil hinuhu makom lehitgader (mais nos maîtres mentionnés ci-dessus ont laissé un lieu à se clore, à innover une rigueur), ki yech shenei inyanim dagim ketanim (car il y a deux affaires de petits poissons), ha-ehad ha-dagim she-darkam lehitgadel einam olim le-shulhan melakhim be-odam ketanim ad she-nitgadlu (l'une : les poissons dont la voie est de grandir, ils ne montent pas à la table des rois tant qu'ils sont encore petits, jusqu'à ce qu'ils aient grandi).
Omnam yech od inyan sheni shel dagim ketanim, dehainu she-yech min dagim she-nish'aru le'olam be-katnutan ve-einan gedolim (cependant il y a encore une seconde affaire de petits poissons, c'est-à-dire qu'il y a une espèce de poissons qui restent à jamais dans leur petitesse et ne sont pas grands), ve-élu olim al shulhan melakhim ve-asiri (et ceux-ci montent à la table des rois et sont interdits). Ve-al élu amar Rav Yosef ke-she-hen meluhin ein bahen mishum bishul goyim, ha einan meluhin asiri (impliquant : s'ils ne sont pas salés ils sont interdits), ve-ra'ui lahush le-zeh (et il convient de s'en soucier) :
כלל ע"ו ולענין המנהג, כתב מהרא"י בהגה"ת שערי דורא רבים, נוהגים להקל להמתין רק שעה אחת אחר סעודת בשר וסלקו וברכו, ואח"כ אוכלים גבינה כו'.הגה"ה(ודעו בני יצ"ו, דזה המנהג שנתפשט בהמתנת שעה רע מאד בעיני, דבהדיא פסקו הרמב"ם והרא"ש להמתין ו' שעות. והבית יוסף באורח חיים סימן קע"ג כתב, דכן נהגו העולם, וכן פסק הרשב"א בתורת הבית.
וכתבו הרמב"ם והרשב"א, ששיעור זה צריך להמתין אף לאחר בשר עוף, עד כאן לשון הבית יוסף. על כן אל תפנו אל מנהג ארציכם בזה):
אמנם הצנועים מושכים ידיהם עד ו' שעות. וכתב רש"ל, ומכל מקום נראה דאפילו ששהה שש שעות, מכל מקום אסור לאכול אחריו גבינה עד שסילקו ובירכו מפני מראית עין, וכך קבלתי, עכ"ל:
Klal 76 : u-le-inyan ha-minhag, katav Maharai be-hagahot Shaarei Dura : rabbim nohagin lehakel lehamtin rak sha'ah ahat ahar seudat basar ve-sileku u-verkhu, ve-ahar kakh okhlim gevinah (beaucoup ont l'usage d'être indulgents d'attendre seulement une heure après un repas de viande, et ils ont retiré et béni, et ensuite ils mangent du fromage) etc. Hagaha (glose) : (u-de'u banai yitzv"o (et sachez mes fils, yishmerehem Tsuram ve-Goalam, que leur Rocher et leur Rédempteur les garde), de-zeh ha-minhag she-nitpashet be-hamtanat sha'ah ra me'od be-einai (que cet usage qui s'est étendu d'attendre une heure est très mauvais à mes yeux), de-be-hedya pasku ha-Rambam ve-ha-Roch lehamtin 6 sha'ot (car explicitement le Rambam et le Roch ont décidé d'attendre six heures).
Ve-ha-Beit Yosef be-Orah 'Hayim siman 173 a écrit de-ken nahagu ha-olam (qu'ainsi le monde à pratiqué), ve-khen pasak ha-Rashba be-Torat ha-Bayit (Loi de la maison). Ve-katvu ha-Rambam ve-ha-Rashba, she-shiur zeh tzarikh lehamtin af le-ahar basar of (que cette mesure, il faut attendre même après de la viande de volaille), ad kan leshon ha-Beit Yosef.
Al ken al tifnu el minhag artzekhem ba-zeh (c'est pourquoi ne vous tournez pas vers l'usage de votre pays en ceci)) : omnam ha-tzenu'im moshkhim yedeihem ad 6 sha'ot (cependant les modestes retirent leurs mains jusqu'à six heures). Ve-katav Rashal, u-mi-kol makom nir'eh de-afilu she-shahah shesh sha'ot, mi-kol makom assur le'ekhol aharav gevinah ad she-sileku u-verkhu mipnei mar'it ayin (néanmoins il apparaît que même s'il a attendu six heures, néanmoins il est interdit de manger après lui du fromage jusqu'à ce qu'ils aient retiré et béni, à cause de l'apparence aux yeux), ve-kakh kibalti (et ainsi j'ai reçu), ad kan leshono :