שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Asara Maamarot, Fifth Maamar (1/2)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

« Pour chaque mesure dont le Nom, béni soit-Il, te mesure, remercie-Le abondamment » (Berakhot 54a). Selon le Chla, cela vient de celui qui sert dans la crainte et l'amour, sans craindre sa propre personne ni se servir lui-même : dans la détresse, il reçoit les souffrances avec amour et sert perpétuellement. L'homme accompli tend l'épaule au joug, se réjouit qu'Il soit un juge de vérité, et bénit le mal avec joie comme le bien, car D.ieu l'a pensé pour le bien, même caché aux hommes. Aucun mal ne descend d'en haut : les souffrances nettoient les fautes. Il s'assoit solitaire et se tait, sans crier ni se plaindre.

Aussi : hillel n'exclut pas la détresse de sa maison mais le cri ; le Ran enseigne que la détresse laisse reconnaître la vérité et amène à la techouva ; même l'annulation de l'étude est souffrance d'amour

עבודה נצחיית

Service perpétuel

פירוש בכל מדה ומדה שמודד לך הש"י הוי מודה לו (ברכות נד, ,א) זה נמשך מהעובד האמיתי ביראה ובאהבה, שאינו ירא את עצמו ועובד את עצמו, רק ירא ואוהב את ה'. נמצא שאינו זז מעבודתו, אף בעת הצר לו מקבל היסורין באהבה, ונמצא עובד תמיד בנצחיי אינו זז מעבודתו בשום ענין:

Explication : 'Pour chaque mesure dont le Nom, béni soit-Il, te mesure, remercie-Le abondamment' (Berakhot 54a). Cela découle de celui qui sert véritablement, dans la crainte et dans l'amour, qui ne craint pas sa propre personne et ne se sert pas lui-même, mais craint et aime uniquement le Nom.

Il en résulte qu'il ne bouge pas de son service : même à l'heure où il est dans la détresse, il reçoit les souffrances avec amour ; il se trouve donc servir toujours, perpétuellement, sans bouger de son service en aucune circonstance.

והנה גודל המדה הוא לקבל יסורין באהבה, כתוב בתורה ושנוי בנביאים ומשולש בכתובים, וגרסינן בתלמוד ומבואר בדברי חכמים הראשונים והאחרונים בענין יסורין הבאים על האדם שאין טוב לאדם השלם שיתעצב ביסורים להיות בועט בהם חלילה, רק יקבלם באהבה בסבר פנים יפות, ויט שכמו לסבול עול התלאות מאורעות הבאות לקראתו, וישיש וישמח בחשבו כי הוא ית' דיין אמת כל דרכיו משפט אל אמונה ואין עול (דברים לב, ד), את אשר יאהב ה' יוכיח (משלי ג, יב), וכאשר ייסר איש את בנו ה' אלקיך מייסרך (דברים ח, ה):

Or la grandeur de cette qualité, recevoir les souffrances avec amour, est écrite dans la Torah, répétée dans les Prophètes et dite une troisième fois dans les Écrits ; nous l'apprenons dans le Talmud, et elle est expliquée dans les paroles des Sages, les premiers comme les derniers, au sujet des souffrances qui viennent sur l'homme : il n'est pas bon pour l'homme accompli de s'attrister dans les souffrances au point de les repousser du pied, à Dieu ne plaise, mais il doit les recevoir avec amour et d'un visage avenant, tendre son épaule pour porter le joug des épreuves et des événements qui viennent à sa rencontre, et exulter et se réjouir en pensant qu'Il est, béni soit-Il, un juge de vérité, 'toutes Ses voies sont justice, Dieu de fidélité et sans iniquité' (Deutéronome 32,4), 'celui que le Nom aime, Il le reprend' (Proverbes 3,12), 'comme un homme corrige son fils, le Nom ton Dieu te corrige' (Deutéronome 8,5).

גם יחשוב, כי אין רע יורד מלמעלה, אלא כל מה דעביד קודשא בריך הוא לטב עביד (ברכות ס, ב) למרק עונותיו למען הטיב לו באחריתו, כי אין יסורין בלא עון (שבת נה, א). וגרסינן בספרי (עי' ספרי ואתחנן ז) תניא ר' אליעזר בן יעקב אומר כל זמן שאדם שרוי בשלוה אין מתכפרין לו מעונותיו כלום, וע"י יסורין הוא מתרצה לפני המקום, שנאמר (משלי ג, יב) כי את אשר יאהב ה' יוכיח.

גם היסורין סיבה לאדם להתעורר בתשובה כמו שאיתא בפרק קמא דברכות (ה, א) אמר רבא ואיתימא רב חסדא, אם רואה אדם יסורין באים עליו יפשפש במעשיו כו'. ובפרק חלק (סנהדרין קא, א) אמר ר' עקיבא חביבין יסורין, כתיב (מל"ב כא, א) בן שתים עשרה שנה מנשה במלכו, וחמשים וחמש שנים מלך בירושלים.

וכתיב (שם ב) ויעש הרע בעיני ה'. ואומר (משלי כה, א) גם אלה משלי שלמה אשר העתיקו וגו', וכי חזקיה מלך יהודה לכל העולם למד תורה ולבנו לא היה לומד.

אלא לומר לך, כל עמל שעמל בו וכל טורח שטרח בו לא העלהו למוטב אלא יסורין, שנאמר (דה"ב לג, י-יג) וידבר ה' על מנשה אל עמו ולא הקשיבו. ויבא ה' עליהם שרי הצבא אשר למלך אשור וילכדו את מנשה בחוחים ויאסרוהו בנחשתים ויוליכוהו בבלה.

וכהצר לו חלה את פני ה' א-להיו ויכנע מאוד מפני א-להי אבותיו. [ויתפלל אליו] ויעתר לו וישמע תחינתו וישיבהו ירושלים למלכותו וידע מנשה כי ה' הוא הא-להים.

מאי עבדי ליה כו', עיין שם. הרי לך שהיסורין מביאין לידי תשובה:

Qu'il pense aussi qu'aucun mal ne descend d'en haut, mais que tout ce que fait le Saint béni soit-Il, Il le fait pour le bien (Berakhot 60b), afin de nettoyer ses fautes pour lui faire du bien à la fin, car il n'y a pas de souffrances sans faute (Chabbat 55a). Et nous apprenons dans le Sifri (voir Sifri Vaethanan 7) : il a été enseigné, Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : tant que l'homme demeure dans la tranquillité, rien de ses fautes ne lui est expié, et c'est par les souffrances qu'il devient agréé devant l'Omniprésent, il est dit (Proverbes 3,12) 'car celui que le Nom aime, Il le reprend'.

Les souffrances sont aussi une cause qui pousse l'homme à s'éveiller à la techouva, comme il est rapporté au premier chapitre de Berakhot (5a) : Rava a dit, et certains disent Rav Hisda : si un homme voit des souffrances venir sur lui, qu'il examine ses actes, etc. Et au chapitre Helek (Sanhédrin 101a) Rabbi Akiva a dit : les souffrances sont précieuses.

Il est écrit (II Rois 21,1) 'Menache avait douze ans à son avènement, et il régna cinquante-cinq ans à Jérusalem'. Et il est écrit (ibid.

2) 'il fit le mal aux yeux du Nom'. Et il est dit (Proverbes 25,1) 'voici encore des proverbes de Salomon, que transcrivirent, etc.' : se peut-il que Hizkiya roi de Yehouda ait enseigné la Torah au monde entier et n'ait pas enseigné à son propre fils ?

Mais c'est pour te dire que toute la peine qu'il s'est donnée pour lui et tout l'effort qu'il a fourni pour lui ne l'ont pas ramené au bien, et que seules les souffrances l'y ont ramené, il est dit (II Chroniques 33,10-13) 'le Nom parla à Menache et à son peuple, mais ils n'écoutèrent pas. Alors le Nom fit venir contre eux les chefs de l'armée du roi d'Achour, qui prirent Menache avec des crochets, le lièrent de chaînes de bronze et le menèrent à Babel.

Dans sa détresse, il implora la face du Nom son Dieu et s'humilia profondément devant le Dieu de ses pères. [Il pria vers Lui] et Il se laissa fléchir, entendit sa supplication, le ramena à Jérusalem dans sa royauté, et Menache reconnut que le Nom est Dieu.' Que lui ont-ils fait, etc., vois-y.

Voilà donc pour toi que les souffrances amènent à la techouva.

ובפרק חלק (צ"ל בר"ר ט, ח) והנה טוב מאוד (בראשית א, לא), אמר רב הונא זו מדת יסורין. טובה מאוד, אתמהה.

אלא שעל ידיה באין הבריות לחיי העולם הבא. וכן שלמה אמר (משלי ו, כג) ודרך חיים תוכחת מוסר.

ובפרק קמא דברכות (ה, א) ג' מתנות טובות נתן הקב"ה לישראל, וכולן לא נתנן אלא ע"י יסורין. תורה וארץ ישראל ועולם הבא כו'.

להודיענו כי ביסורי הגוף גובר הנפש שהוא הפכו. ועל כן בחר אברהם אבינו בזרעו שיפלו בגלות על עונם, כדי שלא יפלו בגיהנם, כדאיתא בב"ר פרשה מ"ד (כא) עיין שם.

כי טוב לישראל לענות גופם ביסורים וצרות וגליות, ולא יענש נפשם בעונש הנצחי:

Et au chapitre Helek (il faut lire : Bereshit Rabba 9,8) : 'et voici, c'était très bon' (Genèse 1,31), Rav Houna a dit : ceci désigne la mesure des souffrances. Très bon ? je m'en étonne !

Mais c'est que par elles les créatures parviennent à la vie du monde à venir. Et de même Salomon a dit (Proverbes 6,23) 'et le chemin de la vie, ce sont les reproches de la discipline'.

Et au premier chapitre de Berakhot (5a) : trois dons précieux le Saint béni soit-Il a donnés à Israël, et Il ne les a donnés que par des souffrances : la Torah, la terre d'Israël et le monde à venir, etc. Cela pour nous faire savoir que par les souffrances du corps se renforce l'âme, qui est son contraire.

C'est pourquoi Avraham notre père a choisi pour sa descendance qu'elle tombe en exil pour ses fautes, afin qu'elle ne tombe pas dans la géhenne, comme il est rapporté dans Bereshit Rabba, section 44 (21), vois-y. Car il vaut mieux pour Israël que leur corps soit affligé par des souffrances, des détresses et des exils, plutôt que leur âme ne soit punie du châtiment éternel.

והעיקר שהיסורין מביאין לידי תשובה. והר"ן בדרשותיו בדרוש העשירי נותן טעם לשבח על זה, כי כשהאדם בימי שלוה אינו מכיר ובוחן הדברים על אמיתתן מפני הדמיון הנטוע באדם כו' שהוא טורדו ומראה לו תמיד העולם הזה ותאוותיו.

אבל כאשר צר לו, אינו יכול לפתותו על דרך זה. ולפיכך מכיר האמת על בוריה, ומבקש ה' לא להמלט מהצרה לבד, אלא בכל לבבו ובכל נפשו שהשכל נוטה למה שבטבעו לנטות כשאין לו מונע כו':

L'essentiel est que les souffrances amènent à la techouva. Et le Ran, dans ses Derachot, dans la dixième homélie, en donne une belle raison : lorsque l'homme est dans des jours de tranquillité, il ne reconnaît ni n'examine les choses selon leur vérité, à cause de l'imagination implantée en l'homme, etc., qui le détourne et lui montre constamment ce monde-ci et ses désirs.

Mais lorsqu'il est dans la détresse, elle ne peut plus le séduire de cette manière. C'est pourquoi il reconnaît la vérité dans sa pureté, et il recherche le Nom non pas seulement pour échapper à la détresse, mais de tout son cœur et de toute son âme, car l'intellect penche vers ce vers quoi il penche par nature lorsque rien ne l'en empêche, etc.

וזהו סוד יסורין של אהבה, כי אי אפשר לאיזה צדיק שעם היות שאיננו חוטא והוא מקיים המצות כולן, שלא יטרידוהו מעט תאות העולם מהתדבק בבוראו. ומפני זה הש"י מביא לפעמים יסורין על הצדיקים אעפ"י שלא נכשלו בעבירה, אלא כדי שיוסיפו להתרחק מענייני העולם הזה, ושלא יתפתו אליו כלל כו' עיין שם:

Et tel est le secret des souffrances d'amour : il est impossible qu'un tsadik, bien qu'il ne pèche pas et qu'il accomplisse toutes les mitsvot, ne soit pas un peu détourné par les désirs de ce monde de s'attacher à son Créateur. C'est pourquoi le Nom, béni soit-Il, amène parfois des souffrances sur les tsadikim, bien qu'ils n'aient pas trébuché dans une faute, mais afin qu'ils s'éloignent davantage des affaires de ce monde et ne se laissent nullement séduire par lui, etc., vois-y.

ובפרק השוכר את הפועלים (ב"מ פה, ב) רבי אלעזר בר שמעון קביל עליו יסורין. וכן רבינו הקדוש יסורין גדולים ועצומים עיין שם:

Et au chapitre Hasokher et hapoalim (Baba Metsia 85b) : Rabbi Elazar bar Chimon a accepté sur lui des souffrances. Et de même notre saint maître, Rabbi Yehouda le Prince, des souffrances grandes et puissantes, vois-y.

נשמע מכל הלין, שיסורים הם טוב לאדם. על כן כשם שמברכין על הטובה בשמחה ובטוב לבב מרוב כל, כן מברכין על הרעה בשמחה (ברכות נד, א), כי א-להים חשבה לטובה, אף שזה נעלם מבני אדם:

ובמעלה זו זכה הילל הזקןהגה"הובכתבי הקודש של תלמידי האר"י ז"ל מצאתי, הילל חי ק"ך שנה כמו משה רבינו ע"ה, כמו שהזכירו רז"ל (בר"ר ק, י), כי היה נשמתו ענף גדול ממשה רבינו ע"ה. וכמו שמשה רבינו ע"ה עניו מכל האדם, כן הילל.

ודבר זה נרמז במסכת שבת פרק רבי עקיבא (פט, א), כשעלה משה למרום, אמר לו הקב"ה, אין שלום בעירך. השיב לו בענוה, רבש"ע, כלום יש עבד שנותן שלום לרבו.

אמר הקב"ה היה לך לעזרני, ראשי תיבות הל"ל, וכשתצרף יו"ד של היה הוא הילל במלואו, כי לפעמים נכתב כך, ולפעמים כך, ולכל ענין יש סוד. וסוד גדול תמצא שני שמות בשם של ע"ב ביחד שם החמישי ושם הששי הם מה"ש לל"ה, והם אותיות משה הלל:, כדתניא (ברכות ס, א) מעשה בהלל הזקן שהיה מהלך בדרך ושמע קול צווחה בעיר, אמר מובטחני שאין זה בביתי, עליו אמר הכתוב (תהלים קיב, ז) משמועה רעה לא ירא נכון לבו בטוח בה'.

והקשה בספר תפילה למשה איך התנשא הילל לאמר שמובטח שאין זה בתוך ביתו, בהיות כי אין אדם צדיק בארץ כו' ואין חטא בלא מירוק יסורין. ואף אם היה באפשריות להיות נמצא אדם בלא חטא כלל, היתכן שישבח הוא את עצמו, וכבר נודע ומפורסם בתלמוד מדת ענוה שהיה בהילל, והאריכו בפרק במה מדליקין (שבת ל, ב) בכמה מעשיות גדולות של מידת ענוה דהילל:

Il ressort de tout cela que les souffrances sont un bien pour l'homme. C'est pourquoi, de même que l'on bénit sur le bien avec joie et d'un cœur heureux plus que tout, de même bénit-on sur le mal avec joie (Berakhot 54a), car Dieu l'a pensé pour le bien, même si cela reste caché aux hommes.

Et c'est à ce niveau que parvint Hillel l'Ancien. Glose : Dans les écrits saints des disciples du Ari, de mémoire bénie, j'ai trouvé que Hillel vécut cent vingt ans comme Moché notre maître, la paix sur lui, ainsi que nos Sages l'ont mentionné (Bereshit Rabba 100,10), car son âme était une grande branche de celle de Moché notre maître, la paix sur lui.

Et de même que Moché notre maître était le plus humble de tous les hommes, ainsi était Hillel. Cette chose est suggérée dans le traité Chabbat, chapitre Rabbi Akiva (89a) : lorsque Moché monta en haut, le Saint béni soit-Il lui dit : n'y a-t-il pas de salutation de paix dans ta ville ?

Il lui répondit avec humilité : Maître du monde, un serviteur donne-t-il le salut à son maître ? Le Saint béni soit-Il dit : tu aurais dû m'aider, היה לך לעזרני, dont les initiales forment הל'ל, et lorsque tu y ajoutes le youd de היה, cela donne הילל en plein, car parfois il s'écrit ainsi et parfois ainsi, et chaque chose a son secret.

Et tu trouveras un grand secret : deux noms du Nom de soixante-douze, côté à côté, le cinquième nom et le sixième nom, qui sont מה'ש לל'ה, et ce sont les lettres de משה הלל, Moché Hillel. Jusqu-ici la glose.

Comme il a été enseigné (Berakhot 60a) : il arriva que Hillel l'Ancien marchait en chemin et entendit un cri dans la ville ; il dit : je suis assuré que ceci n'est pas dans ma maison. Sur lui le verset dit (Psaumes 112,7) 'il ne craint pas une mauvaise nouvelle, son cœur est ferme, confiant dans le Nom'.

Et l'auteur du livre Tefila léMoshe a soulevé cette difficulté : comment Hillel s'est-il élève au point de dire qu'il était assuré que cela n'était pas dans sa maison, alors qu''il n'est pas d'homme juste sur terre' etc., et qu'il n'y a pas de faute sans le nettoyage des souffrances ? Et même s'il était possible qu'il se trouve un homme sans aucune faute, se peut-il qu'il se loue lui-même, alors que la qualité d'humilité de Hillel est connue et répandue dans le Talmud, et qu'ils se sont étendus au chapitre Bame madlikin (Chabbat 30b) sur plusieurs grands récits de la qualité d'humilité de Hillel ?

אלא הענין הוא, שהילל שמח ביסורין לקבל אותם בסבר פנים יפות, ובזו המידה הרגיל ג"כ בני ביתו. לזה כששמע קול צוחה בעיר שהיו צועקים על הצרה שהיא בעיר, אמר מובטחני שאין זה בביתי, רצה לומר הצווחה, ולא היה שולל הצרה חלילה, כי הצרה אפשר שהיה שתהיה ג"כ בביתו, אבל הצווחה והצעקה עליה היה מובטח שלא היתה בביתו, כי הורגלו לקבל הצרה בטוב לבב.

על זה אמר, עליו הכתוב אומר משמועה רעה לא ירא, רצה לומר כי לא אמר הכתוב שמועה רעה לא ישמע, אשר בזה האופן היה שולל השמועה רעה. אך אמר משמועה רעה לא ירא, רמז שאף אם ישמע שמועה רעה לא ירא ממנה, כי יודע הוא שלטובתו שמע השמועה למרק עוונותיו:

Mais voici la chose : Hillel se réjouissait dans les souffrances, pour les recevoir d'un visage avenant, et il avait habitué de même les gens de sa maison à cette qualité. C'est pourquoi, lorsqu'il entendit un cri dans la ville, où l'on criait à cause de la détresse qui était dans la ville, il dit : je suis assuré que ceci n'est pas dans ma maison, voulant dire : le cri.

Il n'excluait pas la détresse, à Dieu ne plaise, car il était possible que la détresse fût elle aussi dans sa maison ; mais du cri et de la clameur poussés à son sujet, il était assuré qu'ils n'étaient pas dans sa maison, car ils étaient habitués à recevoir la détresse d'un cœur heureux. C'est sur cela qu'il est dit : sur lui le verset dit 'il ne craint pas une mauvaise nouvelle', c'est-à-dire que le verset n'a pas dit 'il n'entendra pas de mauvaise nouvelle', ce qui aurait exclu la mauvaise nouvelle elle-même ; il a dit 'il ne craint pas une mauvaise nouvelle', allusion au fait que même s'il entend une mauvaise nouvelle, il n'en a pas peur, car il sait que c'est pour son bien qu'il a entendu cette nouvelle, afin de nettoyer ses fautes.

הרי שאין לאדם השלם לצעוק ולהתרעם על יסורין, רק ישב בדד וידום, אשר האריכות להביא ראיות על הסכמת ענין זה הוא דברי מותר, כאשר כל דברי ספרי חבורי החכמים מלאים מזה. גם בכל חכמי הגוים הפילוספים עלה המוסכם כן.

וכבר הביא החכם הר"מ אלבילדה בספרו שערי דמעה שש ראיות פילוסופיות על זה עיין שם:

Il ressort donc que l'homme accompli ne doit ni crier ni se plaindre des souffrances, mais s'asseoir solitaire et se taire. S'étendre à apporter des preuves de l'accord général sur ce sujet serait paroles superflues, car tous les propos des livres composés par les Sages en sont remplis.

Chez tous les sages des nations, les philosophes, on s'est également accordé ainsi. Et déjà le sage Rabbi Moché Albelda a apporté dans son livre Chaaré Dima six preuves philosophiques sur ce point, vois-y.

ואפילו יסורין שיש בהן ביטול תורה מוכח במסקנא בפרק קמא דברכות דהם יסורין של אהבה. דאיתא שם (ה, א) פליגו בה ר' יעקב בר אידי ור' אחא בר חנינא, חד אמר אלו הם יסורין של אהבה כל שאין בהן ביטול תורה, שנאמר (תהלים צד, יב) אשרי הגבר אשר תייסרנו יה ומתורתך תלמדנו.

וחד אמר אלו הן יסורין של אהבה שאין בהן ביטול תפילה, שנאמר (שם סו, כ) ברוך ה' אשר לא הסיר תפלתי וחסדו מאתי. א"ל רב אחא בריה דרב חייא בר אבא הכי אמר ר' חייא בר אבא א"ר יוחנן, אלו ואלו יסורים של אהבה הן, שנאמר (משלי ג, יב) כי את אשר יאהב ה' יוכיח.

אלא מה תלמוד לומר ומתורתך תלמדנו, אל תיקרי תלמדנו, אלא תלמדנו דבר זה מתורתך. תלמדנו קל וחומר משן ועין.

מה שן ועין שהן אחד מאבריו של אדם עבד יוצא בהן לחירות. יסורין שממרקין כל גופו של אדם על אחת כמה וכמה.

והיינו דר' שמעון בן לקיש, דאמר רשב"ל נאמר ברית במלח, ונאמר ברית ביסורין. נאמר ברית במלח, דכתיב (ויקרא ב, יג) לא תשבית מלח ברית.

ונאמר ברית ביסורין דכתיב (דברים כח, סט) אלה דברי הברית. מה ברית האמור במלח, מלח ממתקת את הבשר.

אף ברית האמור ביסורין, ממרקין כל עונותיו של אדם, עד כאן לשונם:

Et même des souffrances qui comportent l'annulation de l'étude de la Torah, il est prouvé dans la conclusion du premier chapitre de Berakhot qu'elles sont des souffrances d'amour. Car il y est rapporté (5à) : Rabbi Yaakov bar Idi et Rabbi Aha bar Hanina divergent à ce sujet.

L'un dit : ce sont des souffrances d'amour, toutes celles qui ne comportent pas d'annulation de l'étude de la Torah, il est dit (Psaumes 94,12) 'heureux l'homme que Tu corriges, Ya, et à qui Tu enseignes Ta Torah'. Et l'autre dit : ce sont des souffrances d'amour, celles qui ne comportent pas d'annulation de la tefila, il est dit (ibid.

66,20) 'béni soit le Nom qui n'a pas écarté ma prière ni Sa bonté de moi'. Rav Aha, fils de Rav Hiya bar Abba, leur dit : ainsi a dit Rabbi Hiya bar Abba au nom de Rabbi Yo'hanan : les unes et les autres sont des souffrances d'amour, il est dit (Proverbes 3,12) 'car celui que le Nom aime, Il le reprend'.

Alors que vient enseigner 'et Tu lui enseignes Ta Torah' ? Ne lis pas 'Tu lui enseignes' mais 'Tu nous enseignes cette chose à partir de Ta Torah' : Tu nous l'enseignes à fortiori à partir de la dent et de l'œil.

Si la dent et l'œil, qui ne sont qu'un seul des membres de l'homme, font sortir l'esclave en liberté, les souffrances qui nettoient tout le corps de l'homme, à plus forte raison. Et c'est là l'enseignement de Rabbi Chimon ben Lakich, car Rabbi Chimon ben Lakich a dit : le terme d'alliance est dit à propos du sel, et le terme d'alliance est dit à propos des souffrances.

Il est dit alliance à propos du sel, comme il est écrit (Lévitique 2,13) 'tu ne feras pas cesser le sel de l'alliance'. Et il est dit alliance à propos des souffrances, comme il est écrit (Deutéronome 28,69) 'voici les paroles de l'alliance'.

De même que l'alliance dite à propos du sel, le sel adoucissant la viande, ainsi l'alliance dite à propos des souffrances : elles nettoient toutes les fautes de l'homme. Jusqu-ici leurs paroles.

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