Le troisième maamar porte sur la crainte et l’amour intérieurs, le quatrième sur le service, besoin d’en haut pour le Nom. Le but de la création, dit le Chla, est de servir Hachem, « pour la travailler et la garder » (Berechit 2,15). Israël est affiné en Égypte pour être Ses serviteurs ; Chemot 20,2 dit « qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte », non « qui ai créé le monde », car l’Égypte a rendu public la création et le service. Le service se trouve par crainte et par amour, extérieurs (il se craint et s’aime lui-même) et intérieurs (il craint et aime le Nom) ; chacun se divise en deux : deux qui sont quatre au-dehors, deux qui sont quatre au-dedans.
Aussi : la crainte du dehors (récompense et châtiment), porte vers l’intérieur ; la crainte des juges et des épreuves du temps ; l’amour extérieur jusqu’aux cieux et, pour le Sémag, aimer sans attendre de récompense
מאמר ג' יראה ואהבה פנימית מאמר ד' העבודה צורך גבוה לשם ה'.
Troisième maamar (discours) : la crainte et l'amour intérieurs. Quatrième maamar : le service divin est un besoin d'en haut, pour le Nom de ה'.
אלו השני מאמרים מקושרים כאשר אפרש, על כן אפרשם בפעם אחת. תכלית בריאת האדם בשביל לעבוד ה' א-להינו כמו שכתוב בבריאת האדם (בראשית ב, טו) לעבדה ולשמרה.
וכשנתקלקל אדם והדורות שאחריו ובחר הקב"ה בהאבות, צירף את זרעם בכור הברזל במצרים והיה שם עבדים ובזה נצרף הסיג מהם להיות נקיים לעבודת הש"י. ולכך הרגילם הקב"ה בעבדות כדי שאח"כ כשיוצאים מעבדות פרעה יהיו לעולמים עבדי ה' כמו שכתוב (ויקרא כה, נה) כי לי בני ישראל עבדים עבדי הם, שקנאם לו לעבדים כשפדה אותם מבית עבדים.
על כן אמר הפסוק (שמות כ, ב) אנכי ה' א-להיך אשר הוצאתיך מארץ מצרים מבית עבדים, ולא אמר אשר בראתי את העולם, אלא הענין שבמצרים נתפרסם ג"כ חידוש העולם ונתגלה תכלית החידוש שהוא בשביל עבודה, על כן אמר אשר הוצאתיך מארץ מצרים מבית עבדים. אמנם כמוס בכאן עוד ענין בעומק זה הענין, ויתבאר בסוף הדרוש הזה (ד"ה ועתה יתבאר):
Ces deux maamarot sont liés, comme je vais l'expliquer ; c'est pourquoi je les expliquerai en une seule fois. Le but de la création de l'homme est de servir ה' notre Dieu, comme il est écrit au sujet de la création de l'homme (Genèse 2,15) : pour la travailler et la garder.
Et lorsque Adam se corrompit, ainsi que les générations qui vinrent après lui, et que le Saint béni soit-Il choisit les Pères, Il affina leur descendance dans le creuset de fer en Égypte, où ils furent esclaves ; ainsi la scorie fut retirée d'eux par l'affinage, afin qu'ils soient purs pour le service du Nom béni soit-Il. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il les accoutuma à la servitude, afin qu'ensuite, en sortant de la servitude de Pharaon, ils soient à jamais les serviteurs de ה', comme il est écrit (Lévitique 25,55) : Car les enfants d'Israël sont Mes serviteurs, ce sont Mes serviteurs - car Il les a acquis pour Lui comme serviteurs lorsqu'Il les a rachetés de la maison de servitude.
C'est pourquoi le verset dit (Exode 20,2) : Je suis ה' ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude - et il n'a pas dit : qui ai créé le monde. Mais la raison en est qu'en Égypte fut également rendu public le fait que le monde à été créé, et que fut révélé le but de cette création, qui est le service divin ; c'est pourquoi il a dit : qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude.
Toutefois se cache ici encore un point, dans la profondeur de ce sujet, et il sera expliqué à la fin de ce développement (au passage commençant par : Et maintenant cela sera expliqué) :
והנה העבודה מצינו בתורה בשני פנים, דהיינו מיראה ומאהבה, והאריכו רז"ל בזה, גם המחברים. גם בארו כי יש עבודת חוץ, ויש עבודת פנים, דהיינו יראה ואהבה חצונית, ויראה ואהבה פנימית.
יראה ואהבה חצונית הוא שירא את עצמו ואוהב את עצמו. והיראה והאהבה הפנימית הוא שירא את הש"י ואוהב את הש"י:
Or le service divin, nous le trouvons dans la Torah sous deux aspects, à savoir par crainte et par amour, et nos Sages se sont étendus là-dessus, ainsi que les auteurs. Ils ont aussi expliqué qu'il existe un service extérieur et un service intérieur, c'est-à-dire une crainte et un amour extérieurs, et une crainte et un amour intérieurs.
La crainte et l'amour extérieurs, c'est qu'il se craint lui-même et s'aime lui-même. Et la crainte et l'amour intérieurs, c'est qu'il craint le Nom béni soit-Il et aime le Nom béni soit-Il :
ולאחר עיוני בהבנת דבר מתוך דבר בדרוש הנחמד הזה, יגעתי ומצאתי כי העבודה תתחלק לשנים שהן ארבע בחוץ, ולשנים שהן ד' בפנים. רצוני לומר, כי יראה חיצונית ואהבה חיצונית כל אחד יתחלק לב' חלקים ונקראים חוץ וחיצון.
החוץ יותר חוצה מהחיצון, והחיצון מתקרב לפנימי, הרי שנים שהן ארבע בחוץ, וכן שנים שהן ד' בפנים. כי יראה פנימית ואהבה פנימית כל אחד יתחלק לשני חלקים, ונקראים פנים, ולפני ולפנים, הרי שנים שהן ד' בפנים, ועתה אפרשם אחת לאחת:
Après avoir approfondi, en déduisant une chose d'une autre dans ce beau développement, j'ai peiné et j'ai trouvé que le service divin se divise en deux qui sont quatre au-dehors, et en deux qui sont quatre au-dedans. Je veux dire que la crainte extérieure et l'amour extérieur, chacun se divise en deux parties, appelées le dehors et l'extérieur.
Le dehors est plus au-dehors que l'extérieur, et l'extérieur se rapproche de l'intérieur : voilà deux qui sont quatre au-dehors ; et de même deux qui sont quatre au-dedans. Car la crainte intérieure et l'amour intérieur, chacun se divise en deux parties, appelées l'intérieur et le plus intime : voilà deux qui sont quatre au-dedans.
Et maintenant je vais les expliquer une par une :
היראה שהיא עבודת חוץ היא אשר יראת א-להים בלבו, אמנם הוא ירא מעבור על מצותיו שלא יענישהו העונשים ההם המתחייבים מהעבירות ההם אשר הוזהר עליהם. וגם בבוא המצוה מעשית לידו, יקיימנה למען לא ימנע ממנו השכר המתחייב ומיועד מהמצוה ההיא.
נמצא זה עובד מאהבת שכר, ומיראת העונש. ואמרו בסוטה פרק היה נוטל (כב, ב) פרוש מאהבה, פרוש מיראה.
ופירש רש"י ז"ל, פרוש מאהבת שכר מצות ולא מאהבת מצות בוראו ומיראה של עונשין ע"כ. והנה העבודה על זה הדרך עם שהיא טובה מאוד, שהרי נזהר ושומר עצמו מעשות כל רע למען לא יטמא את עצמו ותגיע טומאתו אל מקדש הקדש, אינה עבודה ולא יראה שלימה, כי זה אינו ירא כי אם את עצמו, ושנינו (אבות א, ג) ויהי מורא שמים עליכם שיובן ממנו לא מורא עצמיכם, והירא ועובד על הדרך שאמרנו אינו ירא כי אם את עצמו שלא יענש בעונשים ההם אשר יתחייבו אל הנפש בעברו עליהם:
La crainte qui est le service du dehors, c'est celle de l'homme qui a la crainte de Dieu dans son cœur, mais qui craint de transgresser Ses commandements de peur qu'Il ne lui inflige les châtiments qui découlent des fautes contre lesquelles il a été averti. Et de même, lorsqu'une mitsva active se présente à lui, il l'accomplit afin de ne pas se voir privé de la récompense qui découle de cette mitsva et lui est promise.
Il se trouve donc que celui-là sert par amour de la récompense et par crainte du châtiment. Et ils ont dit dans le traité Sota, chapitre Haya notel (22b) : un séparé par amour, un séparé par crainte.
Et Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : un séparé par amour de la récompense des mitsvot, et non par amour des mitsvot de son Créateur, et par crainte des châtiments. Jusqu'ici ses paroles.
Or le service accompli de cette manière, bien qu'il soit très bon - car l'homme prend garde et se préserve de faire tout mal afin de ne pas se rendre impur et que son impureté n'atteigne pas le sanctuaire saint -, n'est pourtant ni un service ni une crainte parfaits, car celui-là ne craint que lui-même. Et nous avons appris (Avot 1,3) : Que la crainte du Ciel soit sur vous - d'où l'on comprend : et non la crainte de vous-mêmes ; or celui qui craint et sert de la manière que nous avons dite ne craint que lui-même, pour ne pas être puni de ces châtiments qui échoient à l'âme lorsqu'il les transgresse :
ויש מי שאינו משים ידו אחור מאימת עונשי הנפש, כי יקלו בעיניו לעוצם הסתבכותו בתאוותיו, אבל יניח ידו ועוצר עצמו מאימת מוסרי השופטים הממונים לייסר ולענש העובר על התורה ומצותיה:
Et il en est un qui ne retire pas sa main par crainte des châtiments de l'âme, car ceux-ci sont légers à ses yeux tant il est empêtré dans ses désirs, mais qui retire sa main et se retient par crainte des corrections des juges préposés à corriger et à punir celui qui transgresse la Torah et ses commandements :
עוד יש ירא אבל הוא ליראתו מפגעי הזמן ותלאותיו שלא יחולו עליו ועל בניו ובני ביתו וגם על קניינו ורכושו אשר רכש, ומאימתו שלא יחסר לחמו ולא ימותו בניו בחייו ולא יחולו על גופו יסורין וחלאים רעים ונאמנים שומר ידו מעשות כל רע. ואם שאילו סיבות מונעות האדם מחטוא, מכל מקום ומזה הצד הם טובות, שהרי הוא מאמין שיש אדון משלם גמול לאויביו:
Il en est encore un autre qui craint, mais dont la crainte vient des atteintes du temps et de ses épreuves, de peur qu'elles ne s'abattent sur lui, sur ses enfants et les gens de sa maison, et aussi sur ses biens et sur ce qu'il a acquis ; et par crainte que son pain ne vienne à manquer, que ses enfants ne meurent de son vivant, que ne s'abattent sur son corps des souffrances et des maladies mauvaises et tenaces, il retient sa main de faire tout mal. Et bien que ce soient de telles causes qui empêchent l'homme de fauter, elles sont malgré tout bonnes de ce côté-là, car il croit ainsi qu'il y a un Maître qui rend leur salaire à Ses ennemis :
הנה אין היראה הזאת לבד הנדרשת מהשלמים, ואמנם כל סיבה המונעת את האדם מבוא בדמים ומהתגאל באשמים היא טובה והרשות נתונה לעסוק בה, וכאמרם פרק מקום שנהגו (פסחים נ, ב) לעולם יעסוק אדם בתורה ואפילו שלא לשמה, שמתוך שלא לשמה בא לשמה, כי אמנם היראה הזאת החיצונית פתח והתחלה לבא ממנה אל הקדש פנימה היא היראה הפנימית הטהורה:
Or ce n'est pas cette crainte-là seule qui est requise des hommes accomplis ; toutefois toute cause qui empêche l'homme de se charger de sang et de se souiller par des fautes est bonne, et permission est donnée de s'y adonner, selon ce qu'ils ont dit au chapitre Makom she-nahagou (Pessahim 50b) : que l'homme s'occupe toujours de Torah, même si ce n'est pas pour elle-même, car de ce qui n'est pas pour elle-même il vient à ce qui est pour elle-même. Car en vérité cette crainte extérieure est une porte et un commencement pour parvenir par elle au sanctuaire intérieur, qui est la crainte intérieure et pure :
וכן האהבה שהיא מצד החסד, כי כל אהבת חסד החלק החיצוני ממנה הוא שאדם אוהב את המקום מצד הצלחתו כשרואה את עצמו מוצלח בכל ענייניו יגזור אומר ויקום לו לא תמעד אשוריו בראות את עצמו כל אשר יעשה יצליח משום תשוקת אהבתו בבוראו, או לפעמים עובד את השם כדי שיהיה אהוב בעיני השם וישפיע לו רב טוב להיות לו עושר וכבוד ובנים ובני בנים זהו כעבדים המשמשין את הרב על מנת לקבל פרס (אבות א, ג), וגם לענין יראה מסיים (שם) ויהא מורא שמים עליכם. הנה עבודת האהבה שהזכרתי היא עבודת חוץ, אע"פ שהוא דרך ומבוא לבא לידי אהבה הפנימית שמתוך שלא לשמה בא לשמה, מכל מקום זו האהבה אינה מגעת אלא עד לשמים.
משא"כ האהבה הפנימית שהיא החסד באמת, מעל השמים. ובפרק מקום שנהגו (פסחים נ, ב) רבא רמי, כתיב (תהלים נז, יא) כי גדול עד שמים חסדך, וכתיב (שם קח, ה) כי גדול מעל שמים חסדך, הא כיצד.
כאן בעושין לשמה, וכאן בעושין שלא לשמה:
Il en va de même de l'amour, qui relève du 'hessed (la bonté) ; car dans tout amour de bonté, la part extérieure consiste en ce que l'homme aime le Lieu du fait de sa réussite : lorsqu'il se voit prospère dans toutes ses affaires, qu'il décrète une parole et qu'elle se réalise pour lui, que ses pas ne chancellent pas, lorsqu'il voit que tout ce qu'il fait réussit, de là vient l'élan de son amour pour son Créateur. Ou bien parfois il sert le Nom afin d'être aimé aux yeux du Nom et que celui-ci répande sur lui un grand bien, pour avoir richesse, honneur, enfants et petits-enfants : cela ressemble aux serviteurs qui servent le maître afin de recevoir une récompense (Avot 1,3) ; et pour ce qui est de la crainte aussi, il conclut là-bas : Que la crainte du Ciel soit sur vous.
Ainsi, le service d'amour que j'ai mentionné est un service du dehors ; bien qu'il soit une voie et une entrée pour parvenir à l'amour intérieur, car de ce qui n'est pas pour elle-même on vient à ce qui est pour elle-même, cet amour-là n'atteint néanmoins que jusqu'aux cieux. Il n'en va pas de même de l'amour intérieur, qui est le véritable 'hessed : celui-là est au-dessus des cieux.
Et au chapitre Makom she-nahagou (Pessahim 50b), Rava soulève une contradiction : il est écrit (Psaumes 57,11) : Car Ta bonté est grande jusqu'aux cieux, et il est écrit (ibid. 108,5) : Car Ta bonté est grande au-dessus des cieux.
Comment cela ? Ici, il s'agit de ceux qui agissent pour elle-même, et là, de ceux qui agissent non pour elle-même :
וכן הוא לשון סמ"ג חלק עשין עשה ג', ואהבת את ה' א-להיך בכל לבבך ובכל נפשך ובכל מאודך (דברים ו, ה), בשלשה עניינים הזהיר הקב"ה את ישראל בעבודתו. במורא, שנאמר (שם יג) את ה' א-להיך תירא.
בקבלת שכר, שנאמר (שם כב, ז) למען ייטב לך והארכת ימים. באהבה, שנאמר ואהבת את ה' א-להיך.
ושלשתן חלוקין זה מזה. כי כמה אנשים עושים מצות המלך שאינם עושים אותה לא מפני אהבת המלך ולא מפני קבלת שכר, אלא מיראת המלך פן יזיקם.הגה"העל זה רמוז בברכות (יז, א), מרגלא בפומיה דאביי, לעולם יהא אדם ערום ביראה.
ערום הזה פירושו כמו שפירשו רז"ל (שבת יד, א) האוחז ספר תורה ערום, נקבר ערום, ערום בלא מצוה. ויהיה על דרך שאמרו רז"ל (ע"ז יט, א), במצותיו חפץ מאוד (תהלים קיב, א), ולא בשכר מצותיו.
על זה אמר שיהיה ערום ביראה, רצה לומר ערום בלא שכר מצוה, שלא יהי' עבודתו לא משום יראת עונש, ולא משום קיבול שכר. וכן אדם הראשון לאחר שחטא, כשהרהר בתשובה נתלבש ביראה זו להיותו ערום ביראה.
זהו הרמז (בראשית ג, י) ואירא כי עירו"ם אנכי: כמו כן אנשים שאומרים לעבוד את הקב"ה פן יזיקם בעולם הזה, ולאחר מיתה פן ידונם בגיהנם, ודאי מדה טובה שירא מלפני הקב"ה כאשר צוהו, אבל זו אינה עיקר העבודה כי עיקר מחשבתו לצורך עצמו.
וכן תראו כי כמה גוים עובדים יהודים, שאינם עובדים אותן לא מפני אהבה ולא מפני יראה אלא כדי לקבל שכר. וכמו כן אנשים שעובדים הקב"ה על דעת שייטב להם בעוה"ז ובעוה"ב, ודאי מדה טובה היא שמאמין בהקב"ה שיתן לו שכר טוב, אבל זו אינה עיקר העבודה, כי עיקר מחשבתו לצורך עצמו.
אבל המעלה הטובה והעליונה מעבודת הבורא היא הכתובה אצל יחוד שמו ואהבת, לעבוד את הבורא מאהבה שלא על מנת לקבל פרס, עכ"ל:
Et telles sont aussi les paroles du Sémag (Sefer Mitsvot Gadol), partie des commandements positifs, commandement 3 : Tu aimeras ה' ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir (Deutéronome 6,5). Le Saint béni soit-Il a enjoint Israël sur Son service en trois points.
Par la crainte, comme il est dit (ibid. verset 13) : Tu craindras ה' ton Dieu. Par la réception d'une récompense, comme il est dit (ibid.
22,7) : afin que tu sois heureux et que tu prolonges tes jours. Par l'amour, comme il est dit : Tu aimeras ה' ton Dieu.
Et ces trois-là diffèrent l'un de l'autre. Car bien des gens exécutent l'ordre du roi sans le faire ni par amour du roi ni pour recevoir une récompense, mais par crainte du roi, de peur qu'il ne leur nuise.
Glose : à cela il est fait allusion dans Berakhot (17a) : Abaye avait coutume de dire : que l'homme soit toujours rusé (ערום) dans la crainte. Ce mot ערום s'explique comme nos Sages l'ont expliqué (Chabbat 14a) : celui qui tient un sefer Torah nu sera enterré nu - nu, c'est-à-dire sans mitsva.
Et ce sera dans le sens de ce qu'ont dit nos Sages (Avoda Zara 19a) sur le verset : Il désire ardemment Ses commandements (Psaumes 112,1) - Ses commandements, et non la récompense de Ses commandements. C'est à ce propos qu'il a dit qu'il soit ערום dans la crainte, c'est-à-dire nu, sans la récompense de la mitsva : que son service ne soit ni par crainte du châtiment, ni pour recevoir une récompense.
De même le premier homme, après avoir fauté, lorsqu'il songea à la techouva, se revêtit de cette crainte, étant ainsi ערום dans la crainte. C'est là l'allusion du verset (Genèse 3,10) : J'ai eu peur car je suis nu (עירו"ם).
Fin de la glose. De même, il est des gens qui disent qu'ils serviront le Saint béni soit-Il de peur qu'Il ne leur nuise en ce monde, et qu'après la mort Il ne les juge dans la géhenne ; c'est certes une bonne qualité que de craindre devant le Saint béni soit-Il comme Il l'a ordonné, mais ce n'est pas l'essentiel du service, car l'essentiel de sa pensée est pour son propre besoin.
Et vous verrez de même que bien des non-Juifs servent des Juifs, et qu'ils ne les servent ni par amour ni par crainte, mais afin de recevoir un salaire. Et de même, il est des gens qui servent le Saint béni soit-Il dans l'idée qu'ils en tireront du bien en ce monde-ci et dans le monde à venir ; c'est certes une bonne qualité que de croire au Saint béni soit-Il qui lui donnera une bonne récompense, mais ce n'est pas l'essentiel du service, car l'essentiel de sa pensée est pour son propre besoin.
Mais le degré bon et supérieur du service du Créateur est celui qui est écrit auprès de l'unification de Son Nom : Tu aimeras - servir le Créateur par amour, sans attendre de récompense. Jusqu'ici ses paroles :