שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Asara Maamarot, First Maamar (2/4)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Ce passage poursuit le procès des Égyptiens devant Alexandre : ils plaident selon le révélé et selon le caché. Le Chla dit pourquoi ils apportent « et le Nom donna grâce au peuple » : pour eux Sa main s'est pour ainsi dire retirée, l'argent leur est acquis, et les punir de mer et d'argent serait deux peines. Il écrit que l'influx ne cesse jamais : l'ordre n'est que puissance, depuis l'alliance entre les morceaux ils étaient disposés à asservir, et qui a pensé fauter est comme s'il l'avait fait. Guévihah ben Pessissa réclame le salaire de six cent mille hommes pendant quatre cent trente ans ; ils s'enfuient. Cette année-là, une chemita, enseigne qu'Il renouvelle le monde chaque jour.

Aussi : « connais le D.ieu de ton père », unité, noms et secret d'Atsilout ; trois catégories de ceux qui s'éloignent de la kabbale, d'après le Min'hat Yehouda ; qui s'y adonne mérite la vie du monde à venir même s'il s'y trompe

הענין חכמי ישראל הבינו כי המצריים התובעים לפני אלכסנדרוס המה יטענו נגלה ונסתר, כי היה קשה לחכמי ישראל למה מביאים הפסוק (שם לו) וה' נתן את חן העם במצרים וגו', ולא הפסוק הקודם לו ובני ישראל עשו כדבר משה וישאלו ממצרים כלי כסף וכלי זהב ושמלות. וכך היה הענין, הם תבעו לפני אלכסנדרוס המאמין בקדמון העולם, ולפי סברתו בודאי ישראל גזלנים ח"ו, אבל אם ברא הש"י העולם אזי ברצונו נתן וברצונו נטל וכמאמר ר' יצחק המובא בריש רש"י על החומש, המצרים לאחר שראו אותות ומופתים אז הכירו מציאות הש"י וחדוש עולם והשגחה ויכולת, ועכ"ז היו מפוקפקים בקצת כמו שאפרש, וחשבו שאלכסנדרוס אף אם יאמר למצריים ולטעמיך הלא אתם מודים בחדוש, מכל מקום יודה לסברתם דהא דעתו וסברתו יותר רחוק:

Voici la chose : les sages d'Israël comprirent que les Égyptiens qui portaient plainte devant Alexandre allaient plaider à la fois selon le révélé et selon le caché. Car il était difficile aux sages d'Israël de comprendre pourquoi ils apportent le verset (ibid.

36) 'et le Nom donna grâce au peuple aux yeux des Égyptiens etc.', et non le verset qui le précède, 'et les enfants d'Israël firent selon la parole de Moché et ils demandèrent aux Égyptiens des objets d'argent, des objets d'or et des vêtements'. Et voici ce qu'il en était : ils portaient plainte devant Alexandre, qui croyait à l'éternité du monde, et selon son opinion Israël était certainement composée de voleurs, à Dieu ne plaise ; mais si le Nom béni soit-Il a créé le monde, alors c'est par Sa volonté qu'Il a donné et par Sa volonté qu'Il a repris, comme le dit Rabbi Yits'hak rapporté au début de Rachi sur le Houmach.

Les Égyptiens, après avoir vu les signes et les prodiges, reconnurent alors l'existence du Nom béni soit-Il, la création du monde, la providence et Sa puissance ; et malgré cela ils demeuraient partiellement dans le doute, comme je vais l'expliquer. Et ils pensaient que même si Alexandre disait aux Égyptiens 'selon votre propre raisonnement, ne reconnaissez-vous pas vous-mêmes la création du monde ?', il se rangerait malgré tout à leur opinion, puisque son propre avis et son propre raisonnement sont encore plus éloignés.

ועתה אפרש סברת המצריים. אמת שהש"י חידש ומשגיח ומשדד, מכל מקום בראשית נתן הקב"ה לצבא השמים כח ויכולת והעולם כמנהגו נוהג, וכביכול זזה ידו מהם כל זמן שאינו משדד אז הם מנהיגים בכח שהושם להם בעת הבריאה.

אבל אמתת הענין הוא כמו שכתבתי שרגע אחד אין הקב"ה מונע שפעו מהם ולא זזה ידו מהם, רק כח וגבורה נתן בהם, כלומר כח הכנה זה מוכן לזה, וזה לזה, והכל דוקא כשירצה הבורא וכמו שכתבתי לעיל. והנה המצריים כפי סברתם כל זמן שהמערכת אין משודד אז כביכול זזה ידו ונמצא הוא קנוי למקבל השפל מהמערכת, אף שביד הבורא לשדד, מכל מקום שכירות ליומא מכר הוא (ב"מ נו, ב), וע"כ הוקשה להם אמרת דינו של הקב"ה, הלא הדין והסברא הוא כדי רשעתו (דברים כה, ב) משום רשעה אחת אתה מחייבו ואי אתה מחייבו משום שתי רשעיות כדאיתא בכתובות (לז, א) ובמכות (ד, ב), ואם כן למה נענשו מיתה וממון המצרים על הים, ומלקות וממון אותן שנשארו במצרים, כי אף הם היו נלקין כמו שכתב רש"י בפרשת בשלח (שמות יד, כה).

בשלמא לפי אמונתנו האמיתית לא קשה, דהא לא זזה ידו ותמיד יתברך שופע, ולא שייך לומר במוחלט שענשם ולקח מהם ממון, רק מנע מהם ממון. והמצרים רצו להוכיח דאין הענין כן, דא"כ למה כתב וה' נתן את חן העם שזה הלשון אין שייך אלא כשהוא קנוי למצרים.

ע"כ הוצרך למציאת חן שישאילום, אלא הוה ליה למימר וה' נתן הממון הראוי למצרים לישראל, על כן קראו תגר ח"ו על דין שלמעלה שאין בדין לענש בשתים. וגביהה בן פסיסא אמר אני אלך ואדון ואשיב לו ג"כ על החקירות.

ואם ח"ו ינצחוני, אמרו אתם שאני הדיוט ולא שלחתם אותי לנסתרות כי לא ידענו שאתם תטענו נסתרות, ואז יצוה המלך לשמוע מה בפיכם, ודו"ק:

Et maintenant je vais expliquer l'opinion des Égyptiens. Il est vrai que le Nom béni soit-Il a créé le monde, qu'Il exerce Sa providence et qu'Il bouleverse l'ordre de la nature ; malgré cela, au commencement le Saint béni soit-Il a donné à l'armée des cieux force et pouvoir, et le monde suit son cours habituel, et pour ainsi dire Sa main s'est retirée d'eux : tout le temps qu'Il ne bouleverse pas cet ordre, ce sont eux qui dirigent par la force qui leur a été placée au moment de la création.

Mais la vérité de la chose est comme je l'ai écrit : pas un seul instant le Saint béni soit-Il ne retient d'eux Son influx, et Sa main ne s'est pas retirée d'eux ; Il a seulement placé en eux force et puissance, c'est-à-dire une force de disposition, celui-ci étant disposé pour celui-là et celui-là pour cet autre, et le tout uniquement lorsque le Créateur le veut, comme je l'ai écrit plus haut. Or les Égyptiens, selon leur opinion, tiennent que tant que l'ordre astral n'est pas bouleversé, alors pour ainsi dire Sa main s'est retirée, et il se trouve que le bien est acquis à celui qui, en bas, le reçoit de cet ordre ; et bien qu'il soit au pouvoir du Créateur de bouleverser cet ordre, malgré tout 'la location d'un jour est une vente' (Baba Metsia 56b).

C'est pourquoi le jugement du Saint béni soit-Il leur paraissait difficile : le droit et le raisonnement veulent que ce soit 'selon la mesure de sa faute' (Devarim 25,2) - pour une seule faute tu le condamnes, mais tu ne le condamnes pas pour deux fautes, comme il est dit dans Ketoubot (37a) et dans Makot (4b). Or s'il en est ainsi, pourquoi les Égyptiens furent-ils punis à la mer de la mort et de leur argent, et ceux qui restèrent en Égypte de la flagellation et de leur argent - car eux aussi furent frappés, comme l'écrit Rachi dans la paracha Bechala'h (Chemot 14,25) ?

Certes, selon notre foi véritable, il n'y a pas de difficulté, car Sa main ne s'est pas retirée et Il répand toujours Son influx, et l'on ne peut pas dire de manière absolue qu'Il les a punis et leur a pris de l'argent, mais seulement qu'Il leur a retenu cet argent. Et les Égyptiens voulaient prouver qu'il n'en est pas ainsi : car s'il en était ainsi, pourquoi est-il écrit 'et le Nom donna grâce au peuple' ?

Cette expression ne convient que si l'argent est acquis aux Égyptiens, et c'est pourquoi il a fallu trouver grâce pour qu'ils le prêtent ; sinon, il aurait fallu dire 'et le Nom donna à Israël l'argent qui revenait aux Égyptiens'. C'est pourquoi ils protestèrent, à Dieu ne plaise, contre le jugement d'en haut, puisqu'il n'est pas conforme au droit de punir de deux peines.

Et Guévihah ben Pessissa dit : j'irai, je plaiderai et je leur répondrai aussi sur les matières spéculatives ; et si, à Dieu ne plaise, ils me vainquent, dites, vous, que je suis un homme du commun et que vous ne m'avez pas envoyé pour les matières cachées, car nous ne savions pas que vous plaideriez sur le caché ; et alors le roi ordonnera d'entendre ce que vous avez à dire. Et comprends bien cela.

נחזור לענין, גביהה בן פסיסא השיב ע"כ אין הפשט בפסוק (שמות יב, לו) וה' נתן את חן העם כדבריכם, (ומ"ש נתן את חן הוא כדפירש"י (שם) אם שאל אחד א"ל קח שנים), רק האמת המוחלט שאין במערכת רק הכח ולא הפועל, וזה מוכח מפסוק (שם מ) ומושב בני ישראל אשר ישבו במצרים ת"ל שנה. וקשה הלא לא ישבו רק רד"ו שנה.

ואם רצה לומר עם שאר הארצות, לימא כך בהדיא. אלא הענין לעולם אין שום דבר בפועל זולת יתברך, והכל אינו אלא בכח.

על כן יסוד הדברים מכח עצם המערכת אינו אלא כח כדפירשתי, ואז מתורץ הקושיא דת"ל שנה במצרים, כי מברית בין הבתרים היו המצרים בכח מוכנים לשעבד באברהם ובזרעו ולקיחת פרעה את שרה הוא מוכיח ע"ז, ובמצרים שהם תוקעים במערכת אז הדין אצלו חישב לעשות עבירה ולא עשאה כאלו עשאה (ירושלמי פאה א, א), כי כח שלמעלה אינו אלא כח. והוסיף גביהה בן פסיסא לומר שהוא כן חישב לעשות כאלו עשאה, תנו שכר ס' רבוא עבודת ת"ל שנה, ואף אם הממון שלקחנו בשכר פעולת זמן שהיינו במצרים, מכל מקום אנו מבקשים שכר כל ת"ל שנה.

ולא היה סיפק בידם והוצרכו לברוח:

Revenons à notre sujet. Guévihah ben Pessissa répondit : par conséquent, le sens du verset (Chemot 12,36) 'et le Nom donna grâce au peuple' n'est pas selon vos paroles - et ce qui est écrit 'donna grâce' est comme l'explique Rachi (ibid.) : si l'un demandait un objet, on lui disait prends-en deux.

Mais la vérité absolue est qu'il n'y a dans l'ordre astral que la puissance et non l'acte, et cela se prouve du verset (ibid. 40) 'et le séjour des enfants d'Israël qui demeurèrent en Égypte fut de quatre cent trente ans'.

Et c'est difficile, car ils n'y demeurèrent que deux cent dix ans (רד"ו) ; et s'il voulait dire en comptant aussi les autres pays, qu'il le dise explicitement. Mais voici la chose : jamais rien n'existe en acte hormis Lui béni soit-Il, et tout n'est qu'en puissance.

C'est pourquoi le fondement des choses, du côté de l'essence même de l'ordre astral, n'est que puissance, comme je l'ai expliqué ; et alors se résout la difficulté des quatre cent trente ans en Égypte, car depuis l'alliance entre les morceaux les Égyptiens étaient en puissance disposés à asservir Avraham et sa descendance, et l'enlèvement de Sarah par Pharaon le prouve. Et en Égypte, où ils s'enfoncent dans l'ordre astral, alors le jugement à leur égard est que celui qui a pensé commettre une transgression sans la commettre, c'est comme s'il l'avait commise (Yerouchalmi Pea 1,1), car la force d'en haut n'est que puissance.

Et Guévihah ben Pessissa ajouta de dire : puisqu'il en est ainsi, que celui qui a pensé faire est comme s'il l'avait fait, donnez le salaire du travail de six cent mille hommes pendant quatre cent trente ans ; et même si l'argent que nous avons pris était le salaire du travail du temps où nous fûmes en Égypte, malgré tout nous réclamons le salaire de la totalité des quatre cent trente ans. Et ils n'eurent pas de quoi répondre et durent s'enfuir.

וסיפר שאותה שנה שביעית היתה, רצה לומר המורה אחידוש העולם ומחדש בכל יום תמיד, כי כשם שנאמר בשבת בראשית (שמות כ, י), כך נאמר בשביעית (ויקרא כה, ב), נשמע מכל הלין כי ה' הוא הא-להים אין עוד מלבדו, שאין שום יכולת כי אם יכלתו ולו לבד היכולת:

Et il est raconté que cette année-là était une année sabbatique (chemita), c'est-à-dire celle qui enseigne la création du monde et qu'Il le renouvelle chaque jour constamment ; car de même qu'il est dit au sujet du Chabbat de la création (Chemot 20,10), de même il est dit au sujet de la septième année (Vayikra 25,2). On entend de tout cela que le Nom est Elokim, il n'y en a point d'autre en dehors de Lui, car il n'existe aucun pouvoir sinon le Sien, et à Lui seul appartient la puissance.

נחזור לביאור הפסוק. עוד פירוש הפסוק מה שכתוב (דה"א כח, ט) דע את א-להי אביך, בענין אחדותו יתברך וידיעת שמותיו וסוד האצילות אמר, דע כמו שאמר הפסוק (תהלים צא, יד) אשגבהו כי ידע שמי הוא סוד לימד חכמת הקבלה אשר מחכימת פתי ומי שלא ראה אור החכמה זו לא ראה מאורות מימיו, כי אז יבין וישכיל סוד אחדותו ברוך הוא וסוד השגחתו וענייני התוארים הנזכרים בתורה הנעלמים מחכמי הפילוסופים, אשר עין ראתה כל אלה:

Revenons à l'explication du verset. Autre explication de ce qui est écrit (Divrei Hayamim I 28,9) 'connais le Dieu de ton père' : c'est au sujet de Son unité béni soit-Il, de la connaissance de Ses noms et du secret d'Atsilout qu'il a dit 'connais', comme le dit le verset (Tehilim 91,14) 'je l'élèverai car il connaît Mon nom'.

C'est là le secret : il a enseigné la sagesse de la kabbale, qui rend sage le simple ; et celui qui n'a pas vu la lumière de cette sagesse n'a jamais vu de luminaires de sa vie. Car alors il comprendra et saisira le secret de Son unité béni soit-Il, le secret de Sa providence et le sens des attributs mentionnés dans la Torah, cachés aux sages philosophes, tandis que son œil a vu tout cela.

ויען כי הרבה בני אדם פורשים מזו החכמה, וכל הפורש ממנה פורש מהחיים הנצחיים הרוחניים, על כן אעתיק דברי החכמים חכמי האמת מה שכתבו על ענין הזה:

Et puisque beaucoup d'hommes se détournent de cette sagesse, et que quiconque s'en détourne se détourne de la vie éternelle et spirituelle, je vais donc recopier les paroles des sages, les sages de la vérité, sur ce sujet.

הרב בעל מנחת יהודה בהקדמתו להמערכת כתב וזה לשונו, ראוי שיחפוץ האדם בחיים כדי לראות בטוב שנאמר (תהלים לד, יג) מי האיש החפץ חיים [אוהב ימים] לראות טוב, והטוב הזה לא יושג כי אם באמצעות התורה שנאמר (משלי ד, ב) כי לקח טוב נתתי לכם תורתי אל תעזובו, ותפס לשון לקח לומר תקחו הטוב אם תורתי אל תעזובו. ויש למצות טעמים נסתרים אשר טועמיהם טועמים בעולם הזה מהטוב הגנוז לצדיקים לעתיד לבוא שעליו נאמר (תהלים לא, כ) מה רב טובך אשר צפנת ליראיך וגו'.

וכמו שהטוב ההוא גנוז לצדיקים בלבד ועליו אמר הנביא (ישעיה סה, יג) הנה עבדי יאכלו ואתם תרעבו וגו', כך מגנזי התורה לא יתהנו אלא יחידי הסגולה, ראיתי בני עליה והנם מועטים, ורוב העולם הרחיקו מחכמת הקבלה דרכיהם, ויש בזה כתות אם להיות בעיניהם מאוסה שלא יחפוץ כסיל בתבונה כי אם בהתגלות לבו רצה לומר בדברים הגלוים והוא הפשט, ולא די לנו הצער הזה, אלא שכופרים בה ואומרים שאין בתורה אלא פשטה. ואם לחשבם כי מי ומי הוא אשר יבא אל שער המלך.

ואם מפני פחדם משגיאה לחשבם כי שגגתה עולה זדון:

Le maître auteur du Min'hat Yehouda, dans son introduction au Maarékhet, a écrit, et voici ses paroles : il convient que l'homme désire la vie afin de voir le bien, ainsi qu'il est dit (Tehilim 34,13) 'quel est l'homme qui désire la vie, [qui aime les jours,] pour voir le bien' ; et ce bien ne s'obtient que par le moyen de la Torah, ainsi qu'il est dit (Michlei 4,2) 'car je vous ai donné un bon acquis, ma Torah, ne l'abandonnez pas'. Et il a employé le terme 'acquis' pour dire : vous prendrez le bien si vous n'abandonnez pas ma Torah.

Et les mitsvot ont des raisons cachées, dont ceux qui les goûtent goûtent en ce monde du bien réservé aux tsadikim pour le monde à venir, celui dont il est dit (Tehilim 31,20) 'combien est grand Ton bien que Tu as réservé à ceux qui Te craignent etc.'. Et de même que ce bien est réservé aux tsadikim seuls, et que le prophète a dit à son sujet (Yechayahou 65,13) 'voici que Mes serviteurs mangeront et vous, vous aurez faim etc.', de même, des trésors cachés de la Torah ne jouiront que les rares élus : j'ai vu des hommes d'élévation, et ils sont peu nombreux.

Et la plupart des gens ont éloigné leurs voies de la sagesse de la kabbale, et il y a en cela plusieurs catégories. Soit qu'elle est méprisable à leurs yeux, car 'le sot ne désire pas l'intelligence, mais seulement l'épanchement de son cœur', c'est-à-dire les choses révélées, qui sont le sens simple - et ce chagrin ne nous suffit pas, mais ils la renient encore et disent qu'il n'y a dans la Torah que son sens simple.

Soit parce qu'ils s'estiment indignes, se disant : qui donc est celui qui peut venir à la porte du roi ? Soit par crainte de se tromper, estimant que l'erreur y équivaut à une faute délibérée.

ומי שהוא מכת הראשונה אוי לו ולמזלו, נח לו שלא נברא. בא וראה בספר התקונים של הזוהר (תקון כ"ד) וזה לשונו, בראשית תמן יבש, ודא איהו (ישעיה יט, ה) נהר יחרב ויבש, בההוא זמנא דאיהו יבש ואיהו יבשה צווחין בגין לתתא ביחודא ואמרין שמע ישראל וכו' ואין קול ואין עונה הדא הוא דכתיב (משלי א, כח) אז יקראונו ולא אענה, והכי מאן דאסתלק קבלה וחכמתא מאורייתא דבעל פה ומאורייתא דבכתב וגרים דלא ישתדלו בהון ואמרי דלא אית אלא פשט באורייתא ובתלמודא בודאי כאלו אסתלק נביאי מההוא נהר ומההיא גן, ווי ליה טב ליה דלא אתברי בעלמא ולא יוליף ההוא אורייתא דבכתב ודבע"פ, דאתחשיב ליה כאלו אחזרי עלמא לתהו ובהו וגרים עניותא בעלמא ואורך גלותא, עכ"ל:

Et celui qui appartient à la première catégorie, malheur à lui et à son sort : mieux vaudrait pour lui n'avoir pas été créé. Viens et vois dans le livre des Tikounim du Zohar (Tikoun 24), et voici ses paroles : 'Berechit' - là, il est desséché, et c'est ce qui est dit (Yechayahou 19,5) 'le fleuve tarira et séchera' ; en ce temps où il est desséché et où elle est desséchée, ils crient en bas pour l'unification et disent 'écoute Israël etc.', et il n'y a ni voix ni réponse, ainsi qu'il est écrit (Michlei 1,28) 'alors ils m'appelleront et je ne répondrai pas'.

Et de même, celui qui écarte la kabbale et cette sagesse de la Torah orale et de la Torah écrite, et qui fait que l'on ne s'y adonne plus, et qui dit qu'il n'y a dans la Torah et dans le Talmud que le sens simple - celui-là, assurément, c'est comme s'il écartait le flux de ce fleuve et de ce jardin. Malheur à lui !

Mieux vaudrait pour lui n'avoir pas été créé au monde et n'avoir pas étudié cette Torah écrite et orale, car cela lui est compté comme s'il ramenait le monde au tohu-bohu ; et il cause la pauvreté dans le monde et l'allongement de l'exil. Jusqu-ici ses paroles.

ועוד בספר הנזכר (זהר ח"ג קמט, ב), ותנח התיבה בחודש השביעי על הרי אררט (בראשית ח, ד), ודאי האי קרא מכללא דאורייתא נפיק ואתי בסיפור בעלמא, דמה איכפת לן אי דשרי בהאי או בהאי, דהא באתר חד לשרי. אלא ללמד על הכלל כלו יצא, ומאן דאמר דההוא סיפור דאורייתא לאחזאה סיפור בעלמא קא אתיא תפח רוחיה, דא"ה לאו איהו אורייתא עילאה דקשוט, אלא ודאי אורייתא קדישא עילאה, היא אורייתא דקשוט.

תא חזי מלך בשר ודם לאו איהו יקרא דיליה דלשתמע מילי דהדיוטי בפומיה, כל שכן למכתב ליה, ואי סלקא בדעתך דמלכא עילאה קודשא בריך הוא לא הוה ליה מילין קדישין למיכתב ולמיעבד מנייהו אורייתא, אלא דאיהו כנש מלין דהדיוטין כגון מלין דעשו, מלין דהגר, מילין דלבן ביעקב, מילין דאתון, מילין דבלעם דבלק, מילין דזמרי וכל שאר ספורים דכתיבים ועביד מינייהו אורייתא, אי הכי אמאי אקרי תורת אמת (מלאכי ב, ו), תורת ה' תמימה עדות ה' נאמנה פקודי ה' ישרים מצות ה' ברה יראת ה' טהורה (תהלים יט, ח-י), וכתיב (שם יא) הנחמדים מזהב ומפז רב וגו', ואילין אינון מילי דאורייתא. אלא ודאי תורת ה' אקרי תורת תמימה תורת אמת, וכל מלה ומלה אתיא לאחזאה מילין אחרנין עילאין.

וההוא מלה דההוא ספור לא לאתחזאה על גרמא קא אתיא, אלא לאחזאה על כללא קא אתיא כמה דאתמר, עכ"ל. הנה מבואר העונש המגיע לאיש כזה:

Et encore dans le livre mentionné (Zohar III 149b) : 'et l'arche se posa au septième mois sur les montagnes d'Ararat' (Berechit 8,4) - assurément ce verset semble sortir du corps de la Torah et venir comme un simple récit ; car que nous importe qu'elle se soit posée ici ou la, puisqu'il fallait bien qu'elle se pose quelque part ? Mais c'est pour enseigner sur l'ensemble qu'il est sorti.

Et celui qui dit que ce récit de la Torah ne vient que pour rapporter un simple récit, que son esprit expire ; car s'il en était ainsi, ce ne serait pas la Torah suprême de vérité. Mais assurément la Torah sainte et suprême, elle est une Torah de vérité.

Viens et vois : un roi de chair et de sang, ce n'est pas son honneur que des paroles vulgaires soient entendues de sa bouche, à plus forte raison qu'il les écrive. Et s'il te venait à l'esprit que le roi suprême, le Saint béni soit-Il, n'avait pas de paroles saintes à écrire et dont faire une Torah, mais qu'Il a rassemblé des paroles vulgaires telles que les paroles d'Essav, les paroles de Hagar, les paroles de Lavan à Yaakov, les paroles de l'ânesse, les paroles de Bilam et de Balak, les paroles de Zimri et tous les autres récits qui sont écrits, et qu'Il en a fait une Torah - s'il en est ainsi, pourquoi est-elle appelée 'Torah de vérité' (Malakhi 2,6), 'la Torah du Nom est parfaite, le témoignage du Nom est fidèle, les ordonnances du Nom sont droites, la mitsva du Nom est pure, la crainte du Nom est limpide' (Tehilim 19,8-10), et il est écrit (ibid.

11) 'plus désirables que l'or et que l'or fin en abondance etc.' - et ce sont là les paroles de la Torah. Mais assurément la Torah du Nom est appelée Torah parfaite, Torah de vérité, et chaque parole vient montrer d'autres choses supérieures ; et cette parole de ce récit ne vient pas se montrer pour elle-même, mais elle vient montrer l'ensemble, comme il a été dit.

Jusqu-ici ses paroles. Voici donc exposé le châtiment qui atteint un tel homme.

ומי שהוא מהכת השני עליו אמר החכם ע"ה (משלי כד, ז) ראמות לאויל חכמות בשער לא יפתח פיהו. ופירוש מצד שבעיני האויל רמות החכמות כוונתו יתרשל מללומדם, וזהו סיבה כי בחכמה הנשגבה ורמה והיא חכמת הקבלה אשר הוא שער לה' לא יפתח פיו:

Et celui qui appartient à la seconde catégorie, c'est de lui que le sage, la paix soit sur lui, a dit (Michlei 24,7) 'les sagesses sont trop élevées pour le sot, à la porte il n'ouvre pas la bouche'. Et l'explication est que, du fait qu'aux yeux du sot les sagesses sont trop hautes, son intention devient de se relâcher de leur étude ; et c'est la cause pour laquelle, dans la sagesse sublime et élevée, qui est la sagesse de la kabbale et qui est la porte vers le Nom, il n'ouvre pas la bouche.

ומי שהוא מהכת השלישי כוונתו רצויה ומעשיו אינם רצוים, כי לא מפני זה ראוי להתרשל ממנה, וה' הטוב יכפר בעדו, כי על כל פשעים תכסה אהבה והשגיאה ההיא ערבה לפני ה'. בא וראה בספר הזוהר (ח"ג פה, ב) זה לשונו, האי מאן דתאובתיה למלעי באורייתא ולא אשכח מאן דיוליף ליה וכו', כל מלה ומלה סלקא וקודשא בריך הוא חדי בההיא מלה וקביל לה וגמר לה סחרניה דההוא נחלא ואתעבידו מאילין מילין אילנין רברבין ואתקרין ערבי נחל הדא הוא דכתיב (משלי ה, יט) באהבתה תשגה תמיד, עכ"ל:

Et celui qui appartient à la troisième catégorie, son intention est bonne mais ses actes ne sont pas bons, car ce n'est pas une raison pour se relâcher d'elle ; et le Nom, qui est bon, lui pardonnera, car l'amour couvre toutes les fautes, et cette erreur est agréable devant le Nom. Viens et vois dans le livre du Zohar (III 85b), voici ses paroles : celui dont le désir est de peiner dans la Torah et qui ne trouve pas qui la lui enseigne, etc., chaque parole monte, et le Saint béni soit-Il se réjouit de cette parole, la reçoit et la plante autour de ce torrent ; et de ces paroles se font de grands arbres, appelés 'saules du torrent', ainsi qu'il est écrit (Michlei 5,19) 'par son amour tu erreras constamment'.

Jusqu-ici ses paroles.

ועוד מבואר זה יותר בספר המכונה לר' נחוניה בן הקנה ז"ל וזה לשונו, שאלו תלמידיו לר' רחומאי מאי דכתיב (חבקוק ג, א) תפלה לחבקוק הנביא על שגיונות, תפלה, תהלה מבעי ליה. אלא כל המפנה לבו מעסקי העולם ומסתכל במעשה המרכבה מקובל לפני הקב"ה כאלו מתפלל כל היום שנאמר תפלה.

מאי שגיונות כמא דאת אמר (משלי יט, ה) באהבתה תשגה תמיד, ומאי ניהו מעשה מרכבה, עכ"ל. ועוד בספר הנזכר זה לשונו, אמר ר' רחומאי מאי דכתיב (שם ו, כג) ודרך חיים תוכחת מוסר, מלמד שכל הרגיל במעשה מרכבה ובמעשה בראשית אי אפשר שלא יכשל שנאמר (ישעיה ג, ו) והמכשלה הזאת תחת ידיך דברים שאין אדם יכול לעמוד בהן אלא אם כן יכשל בהן והתורה אומרת תוכחת מוסר אבל באמת זוכה לדרך חיים, עכ"ל:

Et cela est encore plus explicite dans le livre attribué à Rabbi Né'hounia ben Hakana, de mémoire bénie, et voici ses paroles : ses disciples demandèrent à Rabbi Ré'houmaï : que signifie ce qui est écrit (Habakouk 3,1) 'prière de Habakouk le prophète sur les erreurs' ? 'Prière' ? il aurait fallu dire 'louange' ! Mais quiconque détourne son cœur des occupations de ce monde et contemple l'œuvre du char (maasse merkava) est reçu devant le Saint béni soit-Il comme s'il priait toute la journée, et c'est pourquoi il est dit 'prière'.

Que sont les 'erreurs' ? Comme tu le dis (Michlei 19,5) 'par son amour tu erreras constamment'.

Et qu'est-ce donc ? C'est l'œuvre du char.

Jusqu-ici ses paroles. Et encore dans le livre mentionné, voici ses paroles : Rabbi Ré'houmaï a dit : que signifie ce qui est écrit (ibid.

6,23) 'et le chemin de la vie, ce sont les remontrances de la discipline' ? Cela enseigne que quiconque est habitué à l'œuvre du char et à l'œuvre de la création ne peut pas ne pas y trébucher, ainsi qu'il est dit (Yechayahou 3,6) 'et que cette pierre d'achoppement soit sous ta main' - ce sont des choses que l'homme ne peut maîtriser à moins d'y trébucher ; et la Torah dit 'remontrances de la discipline', mais en vérité il mérite par là le chemin de la vie.

Jusqu-ici ses paroles.

הנה מבואר מזה כי מצדה יזכה העוסק בה לחיי העולם הבא אפילו שישגה בה, וראוי שלא יתרשל ממנה אף על פי שיבאו עליו תוכחת מוסר, כי מה תוחלתנו בעולם הזה אלא לקנות חיי העולם הבא:

Voici donc expliqué par là que celui qui s'y adonne mérite grâce à elle la vie du monde à venir, même s'il s'y trompe ; et il convient de ne pas s'en relâcher, même si des remontrances de la discipline viennent sur lui, car quel est notre espoir en ce monde sinon d'acquérir la vie du monde à venir ?

ותועלותיה ידועות, כי מלבד היות האדם מצדה יודע את קונו ויודע סתרי תורה וטעמי המצות המתוקים מדבש ונופת צופים אשר מצדם היא משיבת נפש, כי הנפש מתחזקת בהם ומתבודדת עם קונה, ג"כ ימשך ממנה עשיית המצות כתקונן ובאהבה רבה והיא המלהבת אותו לעשות בשלימות, ועל זה אמר החכם (שה"ש ח, ז) מים רבים לא יוכלו לכבות את האהבה ונהרות לא ישטפוה. ועוד יגיע לנו ממנה תועלת נמרץ בענין התפילות:

Et ses utilités sont connues. Car outre que l'homme, grâce à elle, connaît son Créateur, connaît les secrets de la Torah et les raisons des mitsvot, plus douces que le miel et que le rayon de miel, raisons par lesquelles elle restaure l'âme - car l'âme se fortifie par elles et s'isole avec son Créateur -, il en découle aussi l'accomplissement des mitsvot selon leur ordre véritable et avec un grand amour, et c'est elle qui l'enflamme pour agir en perfection ; et c'est à ce sujet que le sage a dit (Chir Hachirim 8,7) 'des eaux abondantes ne pourraient éteindre l'amour et des fleuves ne l'emporteraient pas'.

Et il nous en vient encore un profit considérable en matière de prières.

בוא וראה בספר הזוהר (ח"ג רפה, א) זה לשונו, בעי בר נש לסדר שבחא דמאריה מתתא לעילא לסלקא יקרא דמאריה לאתר עמיקתא דבירא נגיד ונפיק, לבתר יעיר להמשוכי מעילא לתתא, מההוא שקיא דלעילא לכל דרגא ודרגא עד דרגא תתאה לאמשכא ברכאן מלעילא לתתא. לבתר בעי לקשרא קשרא בכלא קשרא דמהימנותא, ודא היא בר נש דאוקיר לשמא קדישא לשמא דמאריה, ועל דא כתיב (ש"א ב, ל) כי מכבדי אכבד ובוזי יקלו.

ומאי ובוזי יקלו, דא הוא מאן דלא ידע ליחדא שמא קדישא ולקשרא קשרא דמהימנותא ולאמשכא ברכאן לאתר דאצטריך ולאוקיר שמא דמריה, וכל מאן דלא ידע לאוקיר שמא דמאריה טב ליה דלא אתברי, עכ"ל:

Viens et vois dans le livre du Zohar (III 285a), voici ses paroles : l'homme doit ordonner la louange de son Maître du bas vers le haut, pour faire monter la gloire de son Maître jusqu'au lieu profond du puits d'où elle coule et sort ; ensuite il doit s'éveiller pour attirer d'en haut vers le bas, depuis cet arrosage d'en haut, vers chaque degré et chaque degré jusqu'au degré le plus bas, afin d'attirer les bénédictions d'en haut vers le bas. Ensuite il doit nouer le nœud dans le tout, le nœud de la foi.

Et voilà l'homme qui honore le nom saint, le nom de son Maître ; et à ce propos il est écrit (Chmouel I 2,30) 'car ceux qui M'honorent, Je les honorerai, et ceux qui Me méprisent seront méprisés'. Et que signifie 'ceux qui Me méprisent seront méprisés' ?

C'est celui qui ne sait pas unifier le nom saint, nouer le nœud de la foi, attirer les bénédictions au lieu requis et honorer le nom de son Maître ; et quiconque ne sait pas honorer le nom de son Maître, mieux vaudrait pour lui n'avoir pas été créé. Jusqu-ici ses paroles.

ואומר אני, אם לא למד היאך ידע ליחד ולקשר קשרין ולהמשיך ברכאן. ועל זה אמר דוד המלך ע"ה לבנו (דה"א כח, ט) ואתה שלמה בני דע את א-להי אביך ועבדהו:

Et je dis : s'il n'a pas étudié, comment saura-t-il unifier, nouer les nœuds et attirer les bénédictions ? Et c'est à ce sujet que le roi David, la paix soit sur lui, a dit à son fils (Divrei Hayamim I 28,9) 'et toi, Chelomo mon fils, connais le Dieu de ton père et sers-Le'.

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