Ce passage poursuit la comparaison du corps à l'étui et de la nechama au livre : s'il lui obéit, la mort ne le domine pas. Le Chla nomme vêtements de lumière, or avec un aleph, cet étui encore pur et subtil ; sans la faute, l'homme allait de lumière en lumière, élevé avec le corps, car son monde-ci est une empreinte du monde à venir. Le serpent sépare le aleph : désormais or avec un ayin, peau et chair, et la mort est de nature, le salaire de la transgression étant la transgression elle-même. On ne mérite la lumière qu'en quittant ces vêtements pour la Torah et les mitsvot.
Aussi : le talon d'Adam harichone obscurcissait le soleil ; Samael jette la souillure et la mort monte par les fenêtres des quatre vav-tav ; Beit Chamai, Beit Hillel et les générations pressées d'être créées selon Rachi
הנה דימו הגוף אל התיק, והנשמה אל הספר, ומצילין הגוף מן המות שהוא הדליקה עמה, הואיל והוא דבק עמה ונשמע אליה, ואינו מעלה לה כלל, ראוי שלא ישלוט בו המות, כמו שאינו שולט בה, ויתקיימו שניהם יחד. וכמו שמצינו שלא שלט האויב במעשה ידי הצדיקים, וכל שכן מן הראוי שלא ישלוט בהם לולא החטא, כדאמרינן פרק קמא דסוטה (ט, א) דרש רב חנינא בר פפא מאי דכתיב רננו צדיקים בה' לישרים נאוה תהלה, אל תקרי נאוה תהלה אלא נווה תהלה, זה משה ודוד שלא שלטו שונאים במעשה ידיהם.
דוד, דכתיב טבעו בארץ שעריה. משה, דאמר מר משנבנה בית המקדש ראשון נגנז אוהל מועד קרשיו בריחיו עמודיו ואדניו, היכא, אמר רב חסדא אמר אבימי תחת מחילות ההיכל, עד כאן.
וכל שכן שאין ראוי שישלוט האויב שהוא המות וההפסד במעשה ידיו של הקב"ה:
Voici qu'ils ont comparé le corps à l'étui et la nechama au livre, et l'on sauve le corps de la mort, qui est l'incendie, avec elle : puisqu'il lui est attaché et lui obéit, et ne s'élève nullement contre elle, il convient que la mort ne le domine pas, de même qu'elle ne la domine pas, et que tous deux subsistent ensemble. Et de même que nous trouvons que l'ennemi n'a pas dominé l'œuvre des mains des tsadikim, à plus forte raison aurait-il convenu qu'il ne les domine pas s'il n'y avait pas eu la faute, comme il est dit au premier chapitre de Sota (9a) : Rav Hanina bar Papa a exposé : que signifie le verset Réjouissez-vous, tsadikim, en ה' ; aux hommes droits sied la louange (Psaumes 33,1) ?
Ne lis pas naava tehila, la louange sied, mais navé tehila, demeure de la louange : ce sont Moche et David, dont les ennemis n'ont pas dominé l'œuvre de leurs mains. David, ainsi qu'il est écrit : Ses portes se sont enfoncées dans la terre (Eikha 2,9).
Moche, car le maître a dit : lorsque fut construit le premier Temple, la tente d'assignation fut cachée, ses planches, ses barres, ses colonnes et ses socles. Où donc ?
Rav Hisda a dit au nom d'Avimi : sous les galeries souterraines du sanctuaire. Jusqu-ici.
Et à plus forte raison ne convient-il pas que l'ennemi, qui est la mort et la corruption, domine l'œuvre des mains du Saint béni soit-Il.
וזה היה הענין כתנות אור באל"ף, שאף התיק של הספר דהיינו הגוף היה זך ודק. ובפסיקתא פרשת בחדש השלישי (יא, י), ובויקרא רבה פרשת אחרי מות (כ, ב), ובמדרש משלי אמר ר' לוי משום ר' שמעון בר מנסיא תפוח עקבו של אדם הראשון היה מכהה גלגל חמה.
ואל תתמה, בנוהג שבעולם אדם עושה שני דיסקרין אחד לו ואחד לבן ביתו, של מי הוא עושה יפה, לא שלו, כך אדם הראשון נברא לתשמישו של הקדוש ברוך הוא, וגלגל חמה לתשמישן של בריות, לא כל שכן שיהא תפוח עקיבו של אדם הראשון מכהה גלגל חמה. וקל וחומר הוא, ומה אם תפוח עקיבו מכהה גלגל חמה, קלסתר פניו על אחת כמה וכמה, עד כאן:
Et tel était le sens des vêtements de lumière, or avec un aleph (אור) : même l'étui du livre, c'est-à-dire le corps, était pur et subtil. Et dans la Pesikta, section Bahodech hachlichi (11,10), dans Vayikra Rabba, section Aharei Mot (20,2), et dans le Midrach Michlei, R.
Levi a dit au nom de R. Chimon bar Mansya : la rondeur du talon d'Adam harichone, le premier homme, obscurcissait le disque du soleil.
Et ne t'en étonne pas : dans l'usage du monde, un homme fabrique deux plats, l'un pour lui et l'un pour un membre de sa maison ; pour lequel des deux le fait-il beau ? N'est-ce pas pour le sien ?
De même, Adam harichone fut créé pour l'usage du Saint béni soit-Il, et le disque du soleil pour l'usage des créatures : à plus forte raison la rondeur du talon d'Adam harichone obscurcissait-elle le disque du soleil. Et c'est un raisonnement à fortiori : si la rondeur de son talon obscurcissait le disque du soleil, l'éclat de son visage, combien plus encore.
Jusqu-ici.
ועוד בניי יצ"ו אשכילכם בינה מהו הענין של כתנות אור, ומהו האור. כמו שהאור מתרבה והולך עד בלי ערך מאור לאור ומאור לאור, כי קח נר אחד ותדליק בו עץ, ואותו עץ עץ אחר, עד בלי סוף וגבול יתגבר האור.
כן היתה בריאת אדם תיכף לתכליתו. להיפך ממה שעתה אחר שחטא נאמר (קהלת ז, א) טוב יום המות מיום הולדו, כי בעוד אשר הוא חי חיי הבל, דהיינו חיי עולם הזה, אז בחושך הולך עד יום המות, בהסתלק ממנו זוהמת החומר הבא מצד הנחש אז זוכה באור העליון הנקרא עולם הבא שהוא הבא לאדם לאחר מיתה, בשלא חטא היה הטוב הזה מגיע לו בעת יצירתו לדבק באור העליון בהנצחיות.
כי כן נשמתו היה מסוד ד"ו פרצופין בבינה סוד עולם הבא, שהוא שורש גן עדן העליון סוד קודש קדשים, אחר כך נלקח גופו ממקום הקודש ממקום מזבח של מטה המכוון נגד של מעלה, והיה מקומו בגוף ונפש בגן עדן שלמטה שהוא מסתעף משורש הבנין של מעלה גילוי הד"ו פרצופין, דהיינו הבנין במקומו אשר נעשה אדם, ונחתם בחותמות אלו, ויחדיו יהיו תמים הגוף והנפש. והיה הולך מדביקות לדביקות מהשגה להשגה, עד שהיה בא לכלל לקיחה כמו חנוך ואליהו ואלף מעלות יותר מזה, באופן שהיה תמיד חיות נצחי להאיר מאור לאור.
כי עולם הזה שלו הוא רושם מעולם הבא, כמו אצילות הבנין במקומו הוא באחדות אחד עם שרשם הנעלם בבינה, ובעת העליה עולה האצילות שבמקומו לשרשם בבינה, כן היה הסתלקות האדם בלי מיתה רק עילוי ולקיחה למעלה בגוף ונפש, כי הכל נצחי:
Et encore, mes fils, que leur Rocher les garde et les fasse vivre, je vais vous faire comprendre ce qu'est l'affaire des vêtements de lumière, et ce qu'est cette lumière. De même que la lumière se multiplie et va croissant hors de toute proportion, de lumière en lumière et de lumière en lumière : prends une bougie et allume avec elle un morceau de bois, et avec ce bois un autre bois, et sans fin ni limite la lumière ira se renforçant.
Ainsi la création de l'homme le portait-elle aussitôt à sa finalité. C'est le contraire de ce qu'il en est maintenant, après qu'il a fauté, dont il est dit : Le jour de la mort vaut mieux que le jour de la naissance (Kohelet 7,1) ; car tant qu'il vit d'une vie de vanité, c'est-à-dire de la vie de ce monde-ci, il marche dans les ténèbres jusqu'au jour de la mort ; et lorsque se retire de lui la souillure de la matière, qui vient du côté du serpent, alors il mérite la lumière supérieure appelée monde à venir, celui qui vient à l'homme après la mort.
S'il n'avait pas fauté, ce bien lui serait parvenu dès l'heure de sa formation, pour s'attacher à la lumière supérieure dans l'éternité. Car ainsi sa nechama provenait du secret des dou partsoufin (les deux visages accolés) dans Bina, secret du monde à venir, qui est la racine du gan éden supérieur, secret du saint des saints.
Ensuite son corps fut pris du lieu saint, du lieu de l'autel d'en bas qui est dirigé face à celui d'en haut, et sa place, corps et nefech, était dans le gan éden d'en bas, lequel se ramifie à partir de la racine du Binyan (l'édifice des sefirot d'en haut), révélation des dou partsoufin, c'est-à-dire le Binyan en son lieu, là où l'homme fut fait ; et il fut scellé de ces sceaux, et ensemble le corps et le nefech étaient intègres. Il allait d'attachement en attachement et de compréhension en compréhension, jusqu'à parvenir à être pris comme Hanokh et Eliyahou, et mille degrés au-dessus de cela, de sorte qu'il y avait toujours une vie éternelle pour éclairer de lumière en lumière.
Car son monde-ci est une empreinte du monde à venir : de même que l'Atsilout du Binyan en son lieu ne fait qu'un avec sa racine cachée dans Bina, et qu'à l'heure de la montée l'Atsilout qui est en son lieu monte vers sa racine dans Bina, ainsi le départ de l'homme devait-il se faire sans mort, mais seulement comme une élévation et une prise vers le haut, avec le corps et le nefech, car tout est éternel.
ובעוד היותו בגן עדן היתה מלאכתו נעשית מאליה לא היה צריך לחרישה ולזריעה ולשום מלאכה, והכל היה מצד הקדושה, ולא היה שום חסרון בכל הבריאה, כי כן הוא מהכרח טבע הרוחניות, מאחר שהוא הכל בשלימות, שיהיה השפע הולך ונוקב בכל העולמות, כמו (הושע ב, כג) אענה נאם ה' את השמים והם יענו את הארץ וברכה בכל, ושלום חותם כל הברכות כי היה הכל בשלימות, ואין שטן ואין פגע רע, והיה תמיד בנצחיות. וענין הנצחיות שלא יפסק מהשגה להשגה ומהשגה להשגה, כי אין סוף וגבול להשגה בו יתברך, וזהו ענין עולם הבא לעתיד לבא ילכו מחיל אל חיל.
נמצא למי שעיני שכל לו רואה כי אדם מעת בריאתו בא לתכליתו, אם היה נשמר במעלתו היה רואה תיכף עולמו, כי גן עדן שלמטה רושם מגן עדן שלמעלה, והיתה התורה אז גם כן רוחניית, והיה עוסק בה ומקיים מצוותיה והכל ברוחניות, ועיין באורך בפרדס פרק ו' משער הנשמה, נמצא תורתו קיימת נצחיית ומלאכתו נעשית מאליה:
Et tant qu'il était dans le gan éden, son ouvrage se faisait de lui-même : il n'avait besoin ni de labour, ni de semailles, ni d'aucun travail, et tout venait du côté de la sainteté, et il n'y avait aucun manque dans toute la création. Car ainsi l'exige la nature du spirituel : dès lors que tout est dans la perfection, l'abondance va et pénètre dans tous les mondes, comme il est dit : J'exaucerai, dit ה', les cieux, et eux exauceront la terre (Hochea 2,23), et la berakha est en tout ; et la paix scelle toutes les berakhot, car tout était dans la perfection, il n'y avait ni satan ni rencontre mauvaise, et c'était toujours dans l'éternité.
Et le sens de cette éternité est qu'il ne cesserait pas d'aller de compréhension en compréhension et de compréhension en compréhension, car il n'y a ni fin ni limite à la compréhension de Lui, béni soit-Il ; et tel est le sens du monde à venir : dans l'avenir ils iront de force en force (Psaumes 84,8). Il se trouve que celui qui a des yeux dans l'intelligence voit que l'homme, dès l'instant de sa création, parvenait à sa finalité : s'il s'était gardé dans son degré, il aurait vu aussitôt son monde, car le gan éden d'en bas est une empreinte du gan éden d'en haut.
Et la Torah aussi était alors spirituelle, il s'y adonnait et accomplissait ses mitsvot, et tout dans la spiritualité ; vois longuement dans le Pardes Rimonim, chapitre 6 de la Porte de la nechama. Il se trouve que sa Torah subsistait éternellement et que son ouvrage se faisait de lui-même.
והענין כבר כתבתי למעלה, כי העונש והשכר אינם הסכמיים רק טבעיים, כי מטבע הדביקות למעלה לפתוח המקור ולהמשיך הברכה מראש המחשבה עד סופה, ומשם מתפשטת אל התחתונים. וזה הטוב לא היה פוסק רק נצחיי, והיה הולך האדם מנצחיות לנצחיות, כי היה מתחכם ומתחכם בלי סוף, וזהו בעצמו הטוב שנשפע לו, כי זה הטוב היה מתרבה מטוב לטוב, והוא הוא בעצמו על דרך שכתבתי למעלה (בבית חכמה ב' ד"ה ואתם בניי) כי שכר מצוה היא המצוה בעצמה.
זו היתה כוונת הבריאה באדם שנעשה בצלם ובדמות, וציווהו הקדוש ברוך הוא שלא יאכל מעץ הדעת טוב ורע. והענין כי אצילות הבנין הוא כלול מדין ורחמים, והם עומק טוב ועומק רע המוזכר בספר יצירה, רוצה לומר השרשים שמהם נמשך הטוב ומהם נמשך הרע.
לא חס ושלום שיש שם רע, כי לא יגורך רע (תהלים ה, ה), רק מותרות הקדושה שפירשנו למעלה בהתעורר אדם יעשה אותם רע, והוא מרירת הקליפות שפירשנו למעלה, ואז הרע מכלה את עצמו. והאדם נברא ממקדש שלמטה וממקדש של מעלה באופן שיהיה כולו טוב, ואז היה חי נצחי ועולמו היה עולם שכולו טוב בלי הפסק כדפירשנו.
ואלו המותרות היו שומרי הפרי נכנעים ובטלים, ועל כן היה מצווה שלא לעורר כוחותם. ואז כמו שנשמתו גבוה על גבוה כדפירשתי, כן תיק הנשמה שהוא לבוש הגוף היה אור, וזהו כתנות אור:
Et la chose, je l'ai déjà écrite plus haut : la punition et la récompense ne sont pas de convention mais de nature, car il est dans la nature de l'attachement d'en haut d'ouvrir la source et d'attirer la berakha depuis le commencement de la Pensée jusqu'à sa fin, et de là elle se répand vers les êtres d'en bas. Et ce bien ne cessait pas, il était éternel, et l'homme allait d'éternité en éternité, car il devenait sage et toujours plus sage sans fin ; et cela même est le bien qui lui était accordé, car ce bien allait croissant de bien en bien, et il est lui-même, selon ce que j'ai écrit plus haut (dans Beit 'Hokhma 2, au passage commençant par Ve-atem banai), la récompense de la mitsva, qui est la mitsva elle-même.
Telle était l'intention de la création dans l'homme, qui fut fait à l'image et à la ressemblance, et le Saint béni soit-Il lui ordonna de ne pas manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Et voici : l'Atsilout du Binyan est composé de din et de rahamim (rigueur et miséricorde), qui sont la profondeur du bien et la profondeur du mal mentionnées dans le Sefer Yetsira, c'est-à-dire les racines d'où découle le bien et d'où découle le mal.
Non pas, à Dieu ne plaise, qu'il y ait là du mal, car le mal ne séjourne pas auprès de Toi (Psaumes 5,5), mais ce sont les surplus de la sainteté que nous avons expliqués plus haut : lorsque l'homme les éveille, il en fait un mal, et c'est l'amertume des kelipot que nous avons expliquée plus haut, et alors le mal se consume lui-même. Et l'homme fut créé du sanctuaire d'en bas et du sanctuaire d'en haut, de telle sorte qu'il fut tout entier bien ; il vivait alors d'une vie éternelle et son monde était un monde tout entier bien, sans interruption, comme nous l'avons expliqué.
Et ces surplus étaient les gardiens du fruit, soumis et annulés, et c'est pourquoi il lui était ordonné de ne pas éveiller leurs forces. Et alors, de même que sa nechama était haut au-dessus de haut comme je l'ai expliqué, ainsi l'étui de la nechama, qui est le vêtement du corps, était lumière, et tels sont les vêtements de lumière.
אבל אדם ביקר בל ילין (תהלים מט, כא) מצד הנחש נרגן מפריד אלוף. ובבראשית רבה (כ, ב) איש תהפוכות ישלח מדון (משלי טז, כח), זה נחש שהפך דברים על בוראו, ונרגן שרגן דברים על בוראו, שאמר (בראשית ג, ד) לא מות תמותון.
ורמז דבר כי הפריד האל"ף, רצה לומר היה ראוי להיות כתנות אור באל"ף, ועתה במחשכים כמתי עולם כי חושך ולא אור, רק כתנות עור בעי"ן, ואז הוא עיור שלא ראה, רצה לומר כי נעשה גשמי עור ובשר. ואז יש בו הטבע גשמיי שאמרו הפילוסופים כל מורכב סופו להפסד והיא המיתה.
ועונש המיתה לא היה הסכמיי רק בטבע, כי שכר עבירה עבירה היא העבירה בעצמה, כי פסק עצמו ממקור החיים, ואחר כך הוליד תולדות והתולדות תולדות והכל מטיפה סרוחה, כי נעשית הטיפה סרוחה מצד זוהמת הנחש. ואילו לא היתה הזוהמא, היתה הטיפה קדושה כבור סיד שאינו מאבד טפה:
Mais l'homme dans la splendeur ne passe pas la nuit (Psaumes 49,21), à cause du serpent, le médisant qui sépare les intimes (Michlei 16,28). Et dans Bereshit Rabba (20,2) : L'homme de perversité répand la discorde (Michlei 16,28), c'est le serpent qui a renversé des paroles sur son Créateur ; et le médisant, c'est celui qui a murmuré des paroles contre son Créateur, en disant : Vous ne mourrez point (Bereshit 3,4).
Et il y a là une allusion : il a séparé le aleph. C'est-à-dire qu'il aurait fallu que ce fussent des vêtements de or avec un aleph (אור, lumière), et maintenant nous sommes dans les ténèbres comme les morts du monde, car c'est ténèbre et non lumière : seulement des vêtements de or avec un ayin (עור, peau) ; et alors il est aveugle et ne voit pas, c'est-à-dire qu'il est devenu matériel, peau et chair.
Il y a des lors en lui la nature matérielle dont les philosophes ont dit que tout composé finit par se corrompre, et c'est la mort. Et le châtiment de la mort n'était pas de convention mais de nature, car le salaire d'une transgression est la transgression elle-même : il s'est retranché lui-même de la source de la vie.
Ensuite il engendra des descendants, et ces descendants d'autres descendants, et tout à partir d'une goutte putride, car la goutte est devenue putride à cause de la souillure du serpent. Et s'il n'y avait pas eu cette souillure, la goutte aurait été sainte, comme une citerne enduite de chaux qui ne perd pas une goutte.
והנה הנחש בעדות שקר שהעיד על בוראו, מן העץ הזה אכל וברא את העולם (ב"ר יט, ד), הפריד אל"ף מן אדם ומן אמת. כיצד, רמזתי למעלה (ד"ה וכשהוא) וירא א-להים את כל אשר עשה והנה טוב מאד (בראשית א, לא), החותם אמת, ומאד הוא אדם, והיה הכל טוב ולא רע.
רק מכח נחש וכח הסמאל נתפתו אדם וחוה והוציאו הרע מכח אל הפועל, ומה שהיה האדם ראוי להיות אמת כלומר נצחיי, עתה כרוך בו ההעדר. ונפרד אל"ף מן אדם, ונשאר דם המורה על אדמומית תוקף הדין, ונפרד אל"ף מן אמת ונשאר מת, ונעשה מן דמות דם מות, דם מצד אדם, מות מצד חוה גרמה מיתה לעולם:
Et voici, le serpent, par le faux témoignage qu'il a porté sur son Créateur, disant : de cet arbre Il a mangé et Il a créé le monde (Bereshit Rabba 19,4), a séparé le aleph de adam (אדם) et de émet (אמת, vérité). Comment cela ?
Je l'ai indiqué plus haut (au passage commençant par Ou-khechehou) : Elokim vit tout ce qu'Il avait fait, et voici, c'était très bien (Bereshit 1,31) : le sceau est émet, et meod (מאד, très) est adam ; tout était bien et non mal. Seulement, par la force du serpent et la force de Samael, Adam et Hava furent séduits et firent passer le mal de la puissance à l'acte ; et ce qui, chez l'homme, devait être émet, c'est-à-dire éternel, est désormais lié à la privation.
Le aleph s'est séparé de adam et il est resté dam (דם, sang), qui indique la rougeur de la force du din ; le aleph s'est séparé de émet et il est resté met (מת, mort) ; et de demout (דמות, ressemblance) se sont faits dam et mavet (מות, mort) : dam du côté d'Adam, mavet du côté de Hava, qui a causé la mort au monde.
ובזוהר איכה (עי' ח"א קצט, א) אמר ר' חנינא התורה למדה הקדוש ברוך הוא לאדם הראשון, דכתיב (איוב כח, כז) אז ראה ויספרה הכינה וגם חקרה ויאמר לאדם. והיו מלאכי השרת מקלסין לפניו, עד שראה סמאל בשמים, וקנא לו וירד מן השמים כדמות צל על נחש.
ולא היה נראה, רק צל הנחש נראה, וצל עליו תוקפא וחילא דיליה. קריב ההוא נחש לגבי אתתא דדעתה קלה מן האיש, מכאן דאתתא לא אתפתת אלא באתתא אחרת.
ויאמר אל האשה אף כי אמר א-להים (בראשית ג, א), מיד פתח באף, מהכא בתחילת דבריו של אדם ניכר מי הוא, כך הוא פתח באף לידע מי הוא. נטל סימן זה, אם תקבל ואם לא תקבל, והמשיכה בדברים עד שפתחה באות מ"ם ואמרה (שם ב) מפרי עץ הגן נאכל.
מיד נטל הנחש האות ושם אותו על זרועו השמאלי, והיה ממתין ו"ת מפיה, כדי להיות מות נכון לפניהם. התחיל לפתותה עד דכתיב (שם ו) ותרא האשה בטעמא סגי ותקיף, מלמד שפרחו ו"ת וסלקו להתחבר באות מ', ואות מ' היתה עולה ויורדת ולא היתה רוצה להיותה מתחברת עמם, עד שנתפתתה.
ויהבת ו"ת ד' זימנין ואקיפו לאות מ' לארבע סטרין, דכתיב (שם) ותק"ח מפריו ותאכ"ל ותת"ן גם לאשה עמה ויאכל ותפקחנ"ה, הא ארבע זמנין ו"ת, מלמד שסבבו לאות מ' לארבע צדדים והמ"ם באמצע, מות מכל סטרין, כמה דאת אמר (ירמיה ט, כ) כי עלה מות בחלונינו, בחלונינו דא סמאל דאיהו חד מחלוני שמים, ועל דא (תהלים פט, מט) מי גבר יחיה ולא יראה מות. מיד שלט בה והטיל בה זוהמא.
נחת קודשא בריך הוא למחמי, מיד (בראשית ג, ח) ויתחבא האדם ואשתו. תא חזי, קודם שחטאו היתה עטרת השכינה על ראשיהם להיות בשבילם שורה על העולם, כיון שחטאו כביכול תשש כוחם ואסתלקת ולא שליטת, עד כאן:
Et dans le Zohar sur Eikha (voir tome I, 199a) : R. Hanina a dit : le Saint béni soit-Il enseigna la Torah à Adam harichone, ainsi qu'il est écrit : Alors Il la vit et la raconta, Il l'établit et même la sonda (Iyov 28,27), et Il dit à l'homme.
Et les anges de service faisaient son éloge devant lui, jusqu'à ce que Samael le vit dans les cieux et le jalousa. Il descendit des cieux sous la forme d'une ombre sur le serpent, et il n'était pas visible : seule l'ombre du serpent était visible, et il l'ombragea de sa force et de sa puissance.
Ce serpent s'approcha de la femme, dont l'esprit est plus léger que celui de l'homme ; d'ici qu'une femme n'est séduite que par une autre femme. Il dit à la femme : Même si Elokim a dit...
(Bereshit 3,1) : aussitôt il commença par af (אף, qui signifie même, mais aussi colère), et d'ici qu'au début des paroles d'un homme on reconnaît qui il est ; ainsi celui-ci commença par af, pour faire savoir qui il était. Il prit ce signe, qu'elle acceptât ou qu'elle n'acceptât pas, et il l'entraîna en paroles jusqu'à ce qu'elle commençât par la lettre mem, disant : Du fruit des arbres du jardin nous mangeons (Bereshit 3,2).
Aussitôt le serpent prit cette lettre et la posa sur son bras gauche, et il attendait de sa bouche le vav et le tav, afin que mavet, la mort, fût prêt devant eux. Il commença à la séduire, jusqu'à ce qu'il soit écrit : Et la femme vit (Bereshit 3,6), avec un accent ample et fort : cela enseigne que le vav et le tav s'envolèrent et montèrent pour se joindre à la lettre mem ; et la lettre mem montait et descendait, ne voulant pas s'unir à eux, jusqu'à ce qu'elle fut séduite.
Elle donna vav et tav quatre fois, et ils entourèrent la lettre mem des quatre côtés, ainsi qu'il est écrit : Elle prit (ותקח) de son fruit et elle mangea (ותאכל), et elle en donna (ותתן) aussi à son mari avec elle, et il mangea, et leurs yeux s'ouvrirent (ותפקחנה) : voilà quatre fois vav-tav. Cela enseigne qu'ils entourèrent la lettre mem des quatre côtés, le mem au milieu : mavet de tous les côtés, comme il est dit : Car la mort est montée par nos fenêtres (Yirmeya 9,20) ; nos fenêtres, c'est Samael, qui est l'une des fenêtres des cieux ; et à ce sujet : Quel homme vivra et ne verra pas la mort (Psaumes 89,49).
Aussitôt il domina sur elle et jeta en elle la souillure. Le Saint béni soit-Il descendit pour voir, et aussitôt : L'homme et sa femme se cachèrent (Bereshit 3,8).
Viens et vois : avant qu'ils n'aient fauté, la couronne de la Chekhina était sur leurs têtes, afin que par eux elle repose sur le monde ; des qu'ils eurent fauté, pour ainsi dire leur force faiblit, elle se retira et ne domina plus. Jusqu-ici.
ופירוש מה שאמר עלה מות בחלונינו, כי סופי תיבות ותקח מפריו ותאכל ותתן הוא חלון. וענין החלון שיבא לו אורה אינה עתה אלא מצד המות, וזהו עלה מות בחלונינו, כי לא יכול אדם עתה לזכות באור אם לא בהתפשטות כתנות עור ובשר שהם מטפה סרוחה מצד זוהמת הנחש ולובש מחלצות בגדי כבוד הנעשים מתורה וממצוות, אשר נבאר עניינם לקמן בעזר השם יתברך.
ונתהפך הפסוק והנה טוב מאוד לענין מה שאמרו במדרש (ב"ר ט), והנה טוב מאוד זה המות, וביש מקומות זה היצר הרע, והכל ענין אחד, והוא ענין נפלא כאשר אבארהו:
Et voici l'explication de ce qui est dit, la mort est montée par nos fenêtres : les lettres finales de ותקח מפריו ותאכל ותתן forment halon (חלון, fenêtre). Et le sens de cette fenêtre, par laquelle la lumière lui vient, est qu'elle ne lui vient désormais que du côté de la mort, et c'est là que la mort est montée par nos fenêtres.
Car l'homme ne peut désormais mériter la lumière qu'en se dépouillant des vêtements de peau et de chair, qui viennent d'une goutte putride, du côté de la souillure du serpent, et en revêtant des habits d'apparat, vêtements de gloire faits de Torah et de mitsvot, dont nous expliquerons le sens plus loin avec l'aide du Nom, béni soit-Il. Et le verset et voici, c'était très bien se retourne au sens de ce qu'ils ont dit dans le Midrach (Bereshit Rabba 9) : et voici, c'était très bien, c'est la mort ; et en d'autres endroits : c'est le mauvais penchant.
Tout cela est une seule et même chose, et c'est un point admirable, comme je vais l'expliquer.
והנה מקודם אחקור חקירה אחת. הקדוש ברוך הוא ברא את העולם בשביל האדם, והנה עשה את האדם ישר, מכל מקום נתן בו כח שיכול להטות מדרך הטוב לעורר הרע, וכאשר היה באמת.
ואם כן איך ברא את העולם עבורו, מאחר שלא יהיה בהחלט טוב, נמצא בטל התכלית:
Et d'abord j'examinerai une question. Le Saint béni soit-Il a créé le monde pour l'homme, et Il a fait l'homme droit ; malgré cela Il a mis en lui une force par laquelle il peut dévier de la voie du bien et éveiller le mal, comme il en fut en vérité.
Si tel est le cas, comment a-t-Il créé le monde pour lui, dès lors qu'il ne serait pas absolument bon ? Il se trouve que la finalité est annulée.
אמנם יתבאר כל זה, ואקדים במסכת עירובין (יג, ב) תנו רבנן שני שנים ומחצה נחלקו בית שמאי ובית הלל, הללו אומרים נוח לו לאדם שלא נברא יותר משנברא, והללו אומרים נוח לו לאדם שנברא יותר משלא נברא, נמנו וגמרו, נוח לו לאדם שלא נברא יותר משנברא, ועכשיו שנברא יפשפש במעשיו, ואמרי לה ימשמש במעשיו, עד כאן. ויש להקשות על הללו שאמרו נוח לאדם שנברא, הלא פסוק מלא בקהלת מנגד דבריהם שאמר (ד, ב-ג) ושבח אני את המתים שכבר מתו מן החיים אשר הם חיים עדנה.
וטוב משניהם את אשר עדן לא היה, וזה ממש נוטה להללו שאמרו טוב שלא נברא משנברא. וכן תירגם התרגום ושפיר מן תרויהון ית דעד כאן לא הוה ולא אתברי כו':
Mais tout cela va être expliqué, et je commencerai par ce qui est dit dans le traité Erouvin (13b) : nos maîtres ont enseigné : pendant deux ans et demi, Beit Chamai et Beit Hillel ont été en désaccord. Les uns disaient : il eût mieux valu pour l'homme ne pas être créé plutôt que d'être créé ; et les autres disaient : il vaut mieux pour l'homme avoir été créé plutôt que de ne pas l'avoir été.
Ils votèrent et conclurent : il eût mieux valu pour l'homme ne pas être créé plutôt que d'être créé ; mais maintenant qu'il a été créé, qu'il scrute ses actes ; et certains disent : qu'il examine ses actes. Jusqu-ici.
Et il y a lieu d'objecter contre ceux qui disaient qu'il vaut mieux pour l'homme avoir été créé : n'y a-t-il pas un verset explicite dans Kohelet contre leurs paroles, qui dit : Et je loue les morts qui sont déjà morts plus que les vivants qui sont encore en vie ; et meilleur que les deux est celui qui n'a pas encore été (4,2-3) ? Cela penche exactement du côté de ceux qui disaient qu'il vaut mieux ne pas être créé qu'être créé.
Et ainsi a traduit le Targoum : et meilleur que les deux est celui qui jusqu'à présent n'a pas été et n'a pas été créé, etc.
ופסוק זה הואיל ואתא לידן אתעורר בו, איך שייך לומר וטוב משניהם את אשר עדן לא היה, כי אם לא היה אז היה אין והעדר ואפיסה, ואיך שייך לומר טוב על דבר שאינו במציאות:
Et puisque ce verset nous est tombé entre les mains, arrêtons-nous-y : comment peut-on dire et meilleur que les deux est celui qui n'a pas encore été ? Car s'il n'a pas été, il n'était alors que néant, privation et inexistence ; et comment peut-on dire d'une chose qui n'est pas dans l'existence qu'elle est bonne ?
וזה לשון הרב אבן עזרא, ורבים תמהו איך יאמרו וטוב למי שלא נברא, וכן אמרו החכמים ז"ל (בתי מדרשות א פרק היכלות רבתי לד, ב) אשרי מי שלא נברא. ואינו תימה בעבור קיצור הלשון לדבר כי אם על דרך דמיונות, כמו שיאמרו חכמי שקול הדעת כי כל דבר הוא יש או אין, ואם הוא דבר יש איך הוא אין, עד כאן לשונו:
Et voici les paroles du Rav Even Ezra : beaucoup se sont étonnés, comment peut-on dire qu'il est bon pour celui qui n'a pas été créé ? Et de même nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Batei Midrachot I, chapitre Heikhalot Rabbati 34b) : heureux celui qui n'a pas été créé.
Mais il n'y a là rien d'étonnant, en raison de la concision de la langue, qui ne parle que par voie de comparaisons, comme le disent les maîtres du raisonnement : toute chose est être ou néant, et si elle est une chose étante, comment serait-elle néant ? Jusqu-ici ses paroles.
ורש"י כתב את אשר עדן לא היה אשר ראה את המעשה, ראיתי במדרש קהלת (עי' קה"ר א, לה) אלו תתקע"ד דורות שקמטו להבראות ולא נבראו. ולפי זה היה מתורץ כי היו במציאות, כי קומטו להבראות אבל לא נבראו:
Et Rachi a écrit sur celui qui n'a pas encore été, lui qui a vu l'œuvre : j'ai vu dans le Midrach Kohelet (voir Kohelet Rabba 1,35) qu'il s'agit des neuf cent soixante-quatorze générations (תתקע"ד) qui furent pressées d'être créées et ne furent pas créées. Et selon cela, la difficulté est résolue, car elles étaient dans l'existence, ayant été pressées d'être créées mais n'ayant pas été créées.