שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Toldot Adam, Beit Chochmah (tinyana) (3/6)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Ce passage poursuit : les mitsvot se sont matérialisées, mais elles sortent de la sainteté, car la récompense de la mitsva matérielle est sa racine spirituelle. Pour le Chla, le caché et le révélé sont la même chose : le caché s'est épaissi, et cela même est son dévoilement, « des pommes d'or dans des ciselures d'argent ». Les discussions d'Abaye et de Rava, petite chose, sont réellement la grande chose, l'œuvre du Char, comme le grain de blé d'où pousse un épi. Après la faute, les vêtements de lumière deviennent vêtements de peau, et l'intelligence obscurcie exige le Talmud et de se faire mourir sur elle.

Aussi : Moché comprend de lui-même la Torah orale, initiales de sod et de remez, et elle porte son nom ; deux fois le texte et une fois la traduction, terre d'Israël et Talmud de Babylone ; luminaires, mêmes lettres que lumière-mort

והנה בחינת לעבדה ולשמרה מצות עשה ולא תעשה נתגשמו, אבל מכל מקום יוצאים ממקור הקדושה זה לעומת זה, כי שכר המצוה הגשמיית היא הרוחניית של מצוה. וזהו ענין שאמרו (יומא לט, א) אדם מקדש עצמו מלמטה מעט, מקדשין אותו מלמעלה הרבה.

למשל ציצית עתה שאנו בגשמיות הם אלו החוטים דברים גשמיים, מכל מקום במעלות הסולם עולים למעלה מעלה עד ראש המעלות אשר שם ציצית הם דברים עליונים, עין לא ראתה אתה א-להים זולתך, וכן כל המצות. וזהו שכר מצוה היא המצוה בעצמה, דהיינו השורש, כי השכר אינו הסכמיי רק טבעי, כמו שהארכתי לעיל.

וזהו (דב"ר ו, ד) מצוה גוררת מצוה. וכן בעבירה, עונשה העבירה בעצמה, דהיינו שרשה בקליפה בר מינן, שהרי הנגלה והנסתר בתלמוד ובמעשה הכל אחד מיוחד בסוד לשון קודש, ואף הגשמיות החול הוא חולין שנעשה על טהרת הקודש:

Et voici, l'aspect de 'la travailler et la garder', les mitsvot positives et les mitsvot négatives, se sont matérialisés ; mais en tout état de cause ils sortent de la source de la sainteté, l'un en face de l'autre, car la récompense de la mitsva matérielle est la dimension spirituelle de cette mitsva. C'est le sens de ce qu'ils ont dit (Yoma 39a) : l'homme se sanctifie un peu ici-bas, on le sanctifie beaucoup d'en haut.

Par exemple les tsitsit : maintenant que nous sommes dans la matérialité, ce sont ces fils, choses matérielles ; malgré tout, dans les degrés de l'échelle ils montent toujours plus haut, jusqu'au sommet des degrés, là où les tsitsit sont des choses suprêmes, 'aucun œil n'a vu, hormis Toi, Elokim' (Isaie 64,3), et ainsi de toutes les mitsvot. C'est cela : la récompense de la mitsva est la mitsva elle-même, c'est-à-dire sa racine, car la récompense n'est pas une convention mais une chose naturelle, comme je l'ai développé plus haut.

Et c'est cela (Devarim Rabba 6,4) : une mitsva entraîne une mitsva. De même pour la transgression : sa punition est la transgression elle-même, c'est-à-dire sa racine dans la kelipa (écorce impure), que le Ciel nous en préserve.

Car le révélé et le caché, dans l'étude et dans l'acte, tout est un et unifié dans le secret de la langue sainte ; et même le matériel profane est du profane accompli dans la pureté du sacré.

ובזה יתבאר ענין נגלה ונסתר של כל התורה כלה. הנה העולם סוברים דהנסתר הוא ענין אחר מהנגלה, וזה אינו, רק הוא הוא, שהנסתר נתעבה ונתגשם וזהו גלויו, וכמאמר הפסוק (משלי כה, יא) תפוחי זהב במשכיות כסף דבר דבר על אופניו, רצה לומר כמו שנתקרב הכסף לזהב רק שהוא מדריגה פחותה ממנו, כן הנגלה בערך הנסתר:

Par là s'éclaire la question du révélé et du caché dans la Torah tout entière. Voici, les gens pensent que le caché est une chose autre que le révélé ; il n'en est rien : c'est exactement la même chose, car le caché s'est épaissi et matérialisé, et cela même est son dévoilement.

Ainsi le dit le verset (Proverbes 25,11) : des pommes d'or dans des ciselures d'argent, une parole dite selon ses tournures. C'est-à-dire : de même que l'argent est proche de l'or, seulement qu'il est d'un degré inférieur à lui, ainsi le révélé par rapport au caché.

ובזה יובן המאמר רז"ל במסכת סוכה (כח, א) אמרו עליו על ר' יוחנן בן זכאי שלא הניח מקרא משנה כו', עד דבר גדול ודבר קטן. דבר גדול, מעשה מרכבה.

דבר קטן, הויות דאביי ורבא. ותימא כי זהו חיינו ואורך ימינו ויתד ויסוד שהכל תלוי בו יקראהו דבר קטן.

ובעל עין יעקב הביא דעת הריטב"א והרשב"א עיין שם:

Par là se comprend l'enseignement de nos maîtres dans le traité Souccah (28a) : ils ont dit de Rabbi Yo'hanan ben Zakkai qu'il n'a laissé ni Écriture ni Michna, etc., jusqu'à : une grande chose et une petite chose. Une grande chose, c'est l'œuvre du Char (les mystères de la vision d'Ezechiel) ; une petite chose, ce sont les discussions d'Abaye et de Rava.

Et cela étonne : ce qui est notre vie et la longueur de nos jours, le pieu et le fondement dont tout dépend, il l'appelle une petite chose ! Et l'auteur du Ein Yaakov a rapporté l'avis du Ritva et du Rachba, vois-y.

ולפי דרכי יתכן הענין היטב, כי הנה ההויות ופלפולים מעמידים דיני התלמוד שהם פירוש על תורה שבכתב על בוריון להבין את מעשי המצות אשר יעשה אותם האדם וחי בהם, אשר פירוש זה הפסוק כך הוא, שהחיות הרוחניות הוא בהם ממש, הוא הדבר אשר דברתי שמצוה הגשמיית שכרה רוחניות הנצחיות והיא היא, היום לעשותם ולמחר לקבל שכרם ממש, כי השכר אינו הסכמיי, רק המצוה ממש כדפירשתי, מקדש מעט מלמטה מקדשים מלמעלה הרבה, כמו הכוכב הנראה למטה קטן מאד, כן בחינת המעשה היום לעשותם הוא דבר קטן, אמנם שרשם למעלה במרכבה הוא דבר גדול ונצחיי. והדבר קטן הוא ממש דבר הגדול, כמו גרעין החטה שצומח ממנה שבולת.

הרי מבואר שתורה שבעל פה שהיא הנגלה אשר יעשה האדם, היא בעצמה הנסתר סוד תורה שבכתב, כולם שמותיו מעשה מרכבה:

Selon ma voie, la chose se comprend fort bien. Car voici, les discussions et les subtilités établissent dans leur clarté les lois du Talmud, qui sont l'explication de la Torah écrite, pour comprendre les actes des mitsvot que l'homme accomplira et par lesquels il vivra.

L'explication de ce verset est ainsi : la vitalité spirituelle se trouve réellement en eux. C'est la chose que j'ai dite : la mitsva matérielle a pour récompense la spiritualité éternelle, et l'une est l'autre ; aujourd'hui pour les accomplir et demain pour en recevoir la récompense, réellement, car la récompense n'est pas une convention mais la mitsva elle-même, comme je l'ai expliqué : il se sanctifie un peu en bas, on le sanctifie beaucoup en haut.

Comme l'étoile qui paraît très petite vue d'en bas, ainsi l'aspect de l'acte, 'aujourd'hui pour les accomplir', est une petite chose ; mais leur racine en haut, dans le Char, est une grande chose et éternelle. Et la petite chose est réellement la grande chose, comme le grain de blé d'où pousse un épi.

Voilà donc expliqué que la Torah orale, qui est le révélé que l'homme accomplit, est elle-même le caché, le secret de la Torah écrite : tout cela sont Ses Noms, œuvre du Char.

וזהו ענין (בראשית א, טז) שני מאורות הגדולים את מאור הגדול ואת מאור הקטן, כבר כתבו חכמי האמת שסוד חמה ולבנה הוא סוד תורה שבכתב ותורה שבעל פה, והנה עתה בעת הגשמיות הם מאור גדול ומאור קטן כנזכר לעיל דבר גדול ודבר קטן, אמנם ברוחניות בשרשם הם שני מאורות גדולים משתמשים בכתר תורה אחד. וזהו הענין שמרומז כל תורה שבעל פה בתורה שבכתב, כמו מנלן ומנא הני מילי כו':

C'est le sens de (Genèse 1,16) : les deux grands luminaires, le grand luminaire et le petit luminaire. Les sages de vérité ont déjà écrit que le secret du soleil et de la lune est le secret de la Torah écrite et de la Torah orale.

Or maintenant, au temps de la matérialité, ils sont un grand luminaire et un petit luminaire, comme il a été dit plus haut une grande chose et une petite chose ; mais dans leur dimension spirituelle, à leur racine, ils sont deux grands luminaires qui se servent d'une seule couronne de Torah. Et c'est pourquoi toute la Torah orale est suggérée dans la Torah écrite, comme 'd'où le savons-nous' et 'd'où ces choses', etc.

ומזה יובן הנה ותורה אור כתיב (משלי ו, כג), כי היא מאירה מכבודו. ובמדרש רבה פרשת בראשית (ב"ר ג, ה) א"ר סימון ה' פעמים אור כתיב, כנגד ה' חומשי תורה כו' ע"ש.

ובמסכת סנהדרין פרק זה בורר (כד, א) במחשכים הושבני כמתי עולם (איכה ג, י) א"ר ירמיה זה תלמודא של בבלי. ולפום ריהטא מאוד תמוהה כי הוא אור ומאיר עינינו, וגם התורה היא חיינו ואורך ימינו וקורא אותה מתי עולם.

גם המדרש דרבי סימון שמפרש האור המוזכר בריש התורה על ה' חומשי תורה, וכתיב שם ויבדל (בראשית א, ד), שגנזו הקב"ה, איך שייך גניזה:

De là se comprend ce qui est écrit (Proverbes 6,23) : et la Torah est lumière, car elle éclaire de Sa gloire. Et dans le Midrach Rabba, paracha Bereshit (Bereshit Rabba 3,5) : Rabbi Simon a dit, cinq fois le mot lumière est écrit, correspondant aux cinq livres de la Torah, etc., vois-y.

Et dans le traité Sanhédrin, chapitre Zé Borer (24a) : 'Il m'a fait asseoir dans les ténèbres comme les morts d'autrefois' (Lamentations 3,6) - Rabbi Yirmeya a dit : c'est le Talmud de Babylone. À première vue cela est fort étonnant, car il est lumière et il éclaire nos yeux, et la Torah est notre vie et la longueur de nos jours, et voilà qu'il l'appelle les morts d'autrefois.

Étonnant aussi le midrach de Rabbi Simon, qui explique la lumière mentionnée au début de la Torah comme désignant les cinq livres de la Torah, alors qu'il y est écrit 'et Il sépara' (Genèse 1,4), c'est-à-dire que le Saint béni soit-Il l'a mise en réserve : comment une mise en réserve s'applique-t-elle à cela ?

אלא הענין הכל אחד, והיא היא סבת גניזת אור האדם, דהיינו כתנות אור באל"ף שהארכתי במקום אחר (עי' לקמן בחלק בית דוד) הוא גניזת אור תורה והפשוטו ודרש רבי סימון הכל אחד, מבואר מהנזכר למעלה שתורה בעצמה לשון קודש סוד כולה שמותיו, ומעשה התורה לעבדה ולשמרה היא הכל מעשה מרכבה, ואז התורה כולה אור בהיר, רק כשנתגשם האדם וסילק האור סוד כתנות אור באל"ף רק כתנות אור בעי"ן שהוא עיור ונסתלק עץ חיים וגרם מיתה, כן נתגשמה התורה לעבדה ולשמרה מעשה מצוות הגשמיים, ומכל מקום תפוחי זהב כו':

Mais la chose est une seule : c'est la même cause qui a fait mettre en réserve la lumière de l'homme, c'est-à-dire les vêtements de lumière avec un alef (כתנות אור), sujet que j'ai développé ailleurs (voir plus loin dans la partie Beit David), et qui est la mise en réserve de la lumière de la Torah ; le sens simple et l'exposition de Rabbi Simon sont une seule et même chose. Il ressort de ce qui a été dit plus haut que la Torah elle-même est langue sainte, secret, et qu'elle est tout entière Ses Noms, et que l'accomplissement de la Torah, 'la travailler et la garder', est tout entier œuvre du Char ; alors la Torah tout entière était lumière limpide.

Mais lorsque l'homme s'est matérialisé et que la lumière s'est retirée - secret des vêtements de lumière avec un alef devenus seulement des vêtements de peau avec un ayin (כתנות עור), ce qui est l'aveuglement, l'arbre de vie s'étant retiré et la mort ayant été causée - de même la Torah s'est matérialisée en 'la travailler et la garder', l'accomplissement des mitsvot matérielles ; et malgré tout, des pommes d'or, etc.

לכך תמצא בתורה סוד ורמז, כמו שנתנו דורשי רשומות סימן פרד"ס ראשי תיבות פשט דרוש רמז סוד. וסוד הוא האור הגנוז הנסתר עתה ממנו לסבת הסתלקות אור כתנות אור הוא עצם הלשון קודש.

ורמז הוא מעשי מצות הגשמיים, מאחר שמכל מקום היא היא, כדפירשתי. רמז תורה שבעל פה בתורה שבכתב, כגון כל מנלן ומנא הני מילי, וליכא מידי דלא יהיה רמוז בתורה באר היטב, רק שנתחשך השכל מה שהיה ראוי להיות, ומלאה הארץ דעה אינו רק הלב לדעת ואינה מובנת תורה שבכתב רק אחר היגיעה הגדולה, וכמו שאמרו רז"ל (שבת פג, ב) אין דברי תורה מתקיימין אלא במי שממית עליה, שנאמר (במדבר יט, יד) וזאת התורה אדם כי ימות באוהל, ולזה צריכה תורה שבכתב ביאור ופירוש דהיינו התלמוד, שאלולי כן היתה מבואר בעצמה.

כמו שעינינו רואות בדור אחר דור של הקדמונים שהיה להם שכל בהיר היו מבינים דבר עמוק בלי פירוש, אח"כ לא היו מבינים בלתי פירוש, ואח"כ פירוש על פירוש הכל לפי חשכת השכל. על כן אלו לא חטא אדם והיה שכל בהיר, היה מבין תורה שבכתב, ומתוך הבנה זו היה יודע הכל ולא היה צריך לתורה שבעל פה.

רק מכח שחטא וסילק האור והביא מיתה לעולם, הוצרך לייגע ולהיות לו תורה שבעל פה שהיא הפירוש, ולהמית עצמו עליה, עד שהוצרכה תורה שבע"פ להיות נכתבת. ואז מבואר במחשכים הושיבני כמתי עולם, זהו תלמוד בבלי, רצה לומר החשך והמיתה שהביא לעולם גרם לזה, ואלו היה בית המקדש קיים והיה האור הולך וגובר כלעתיד, אז היה ותורה אור ומשמח את הלב, ולא חשך וממית עצמו עליה, זהו סוד שני מאורות:

C'est pourquoi tu trouves dans la Torah le sod et le remez, comme les interprètes des allusions ont donné le signe פרדס, initiales de pchat (sens simple), drach (exposition), remez (allusion) et sod (secret). Le sod est la lumière mise en réserve, cachée de nous maintenant à cause du retrait de la lumière des vêtements de lumière ; c'est l'essence même de la langue sainte.

Le remez, ce sont les actes des mitsvot matérielles, puisque malgré tout c'est la même chose, comme je l'ai expliqué : l'allusion à la Torah orale dans la Torah écrite, comme tous les 'd'où le savons-nous' et 'd'où ces choses'. Et il n'est rien qui ne soit clairement suggéré dans la Torah ; seulement l'intelligence s'est obscurcie par rapport à ce qu'elle aurait dû être. 'Et la terre sera remplie de connaissance' n'est pas encore réalisé : il n'y a que le cœur pour savoir, et la Torah écrite n'est comprise qu'après un grand labeur, comme l'ont dit nos maîtres (Chabbat 83b) : les paroles de Torah ne subsistent que chez celui qui se fait mourir sur elles, il est dit (Nombres 19,14) : voici la Torah, un homme s'il meurt dans une tente.

C'est pourquoi la Torah écrite a besoin d'une explication et d'un commentaire, c'est-à-dire le Talmud ; sans cela elle aurait été claire d'elle-même. Comme nos yeux le voient, génération après génération chez les anciens : ceux qui avaient une intelligence limpide comprenaient une chose profonde sans commentaire ; ensuite ils ne comprenaient plus sans commentaire ; puis il a fallu un commentaire sur le commentaire, tout cela selon l'obscurcissement de l'intelligence.

Aussi, si l'homme n'avait pas fauté et que son intelligence fût limpide, il aurait compris la Torah écrite, et par cette compréhension il aurait tout su et n'aurait pas eu besoin de la Torah orale. Mais parce qu'il a fauté, qu'il a fait se retirer la lumière et introduit la mort dans le monde, il lui a fallu peiner et avoir la Torah orale, qui est le commentaire, et se faire mourir sur elle, jusqu'à ce qu'il ait fallu que la Torah orale fût mise par écrit.

Alors s'explique 'Il m'a fait asseoir dans les ténèbres comme les morts d'autrefois' : c'est le Talmud de Babylone ; c'est-à-dire que les ténèbres et la mort qu'il a introduites dans le monde ont causé cela. Et si le Temple était debout et que la lumière allât croissant comme dans l'avenir, alors ce serait 'et la Torah est lumière' qui réjouit le cœur, sans ténèbres et sans qu'il faille se faire mourir sur elle.

Tel est le secret des deux luminaires.

וכבר כתב בספר קול בוכים, מאורות אותיות אור מות, וזהו במחשכים הושיבני כמתי עולם, שנעשה מות מן מאורות, ואותיות אור מן מאורות, חשך ולא אור. גם היה ראוי להיות ותורה אור, תורה אחת, ועתה שני תורות:

Et il a déjà été écrit dans le livre Kol Bokhim : le mot luminaires (מאורות) a les mêmes lettres que lumière-mort (אור מות). C'est cela 'Il m'a fait asseoir dans les ténèbres comme les morts d'autrefois' : de מאורות s'est faite la mort (מות), et de מאורות les lettres de la lumière (אור) - ténèbres et non lumière.

De même, il aurait convenu que ce fut 'et la Torah est lumière', une seule Torah, alors que maintenant il y a deux Torah.

וזהו ענין דברים שבכתב אי אתה רשאי לאומרם בעל פה, ודברים שבע"פ אי אתה רשאי לאומרם בכתב (גיטין ס, ב). הענין על דרך דאיתא בפ' הבונה (שבת קד, א) בהנך מילי מעלייתא דדרשו הדרדקי באלפ"א בית"א ואמרו ס"ע סימנים עשה, פירש"י (ד"ה סימנים) בסדר שמועות כדי שלא תשכח כו'.

והנה תורה שבעל פה ארוכה מארץ מדה ומי יוכל לזכרה, אמנם הרמזים כולם הם בתורה שבכתב, ומי שמבינה על בוריה הוא זוכר הכל, כי על הכל יש סימן בה. ותורה שבכתב אין לאומרה בעל פה כי יש כמה רמזים בחסירות ויתרות.

ותורה שבעל פה אין לכותבה, כי העיקר הוא להיות זוכר את הכל. ועל שבכתב מרומז עשה סימנים.

ומפני חטאינו נתחשכנו עד שנחרב הבית ונתוסף ביותר החשך עד שהוצרכו לתלמוד בבלי ולהיותו נכתב. וזהו ענין אור הגנוז בה' חומשי תורה שהם סוד כדפירשתי לעיל, ומשתמשים ברמז וגם זה בקושי גדול איש איש לפי מדרגתו, ואחר שימית עצמו על דברי תורה:

C'est le sens de : les choses écrites, tu n'as pas le droit de les dire oralement, et les choses orales, tu n'as pas le droit de les dire par écrit (Guitin 60b). La chose se comprend selon ce qui se trouve au chapitre HaBoné (Chabbat 104a), parmi ces excellentes choses que les enfants exposaient sur l'alphabet, quand ils ont dit : samekh ayin, fais des signes ; Rachi a expliqué (au mot simanim) : dans l'ordre des enseignements reçus, afin que tu n'oublies pas, etc.

Or la Torah orale est plus longue que la terre en mesure, et qui pourrait la retenir ? Mais les allusions se trouvent toutes dans la Torah écrite, et celui qui la comprend à fond se souvient de tout, car il y a en elle un signe pour toute chose.

Et la Torah écrite ne doit pas être dite oralement, car il y a bien des allusions dans les graphies défectives et pleines ; et la Torah orale ne doit pas être écrite, car l'essentiel est de tout retenir, et au sujet de l'écrite il est suggéré : fais des signes. Mais à cause de nos fautes nous nous sommes obscurcis, jusqu'à ce que le Temple fut détruit et que l'obscurité s'accrût encore, au point qu'il fallut le Talmud de Babylone et qu'il fut mis par écrit.

Et c'est la question de la lumière mise en réserve dans les cinq livres de la Torah, qui sont sod comme je l'ai expliqué plus haut ; on s'en sert par allusion, et cela même avec une grande difficulté, chacun selon son degré, et après s'être fait mourir sur les paroles de Torah.

ורמז גדול נזכר אצל משה רבינו ע"ה (שמות ג, ד) וירא ה' כי סר לראות, משה רבינו ע"ה ראה היטב והוא סוד אספקלריא המאירה, כי קרן אור פניו (שמות לד, כט), פני משה כפני חמה (ב"ב עה, א) שהוא ותורה אור, וכשנתן לו הש"י התורה שבכתב לא היה חשך לפניו, רק שכל בהיר מלא דעה והבין מעצמו תורה שבעל פה, וזהו ס"ר לראות, ראשי תיבות סוד רמז:

Une grande allusion est mentionnée au sujet de Moché notre maître, que la paix soit sur lui (Exode 3,4) : et ה' vit qu'il s'était détourné pour voir. Moché notre maître voyait parfaitement, et c'est le secret du miroir éclairant, car la peau de son visage rayonnait (Exode 34,29), le visage de Moché était comme la face du soleil (Baba Batra 75a), ce qui est 'et la Torah est lumière'.

Et lorsque le Nom, qu'Il soit béni, lui donna la Torah écrite, il n'y avait pas de ténèbres devant lui, mais une intelligence limpide et pleine de connaissance, et il comprit de lui-même la Torah orale. C'est cela 'sar lira'ot' (סר לראות), dont les initiales sont sod (secret) et remez (allusion).

וזהו ענין מדרשם ז"ל (תנחומא תשא טז, א) ויתן אל משה ככלתו (שמות לא, יח), כללים מסר לו והבין מעצמו תורה שבעל פה, כמו שהארכתי במקום אחר בענין (עי' במס' שבועות פרק תו"א) אשה כושית אשר לקח סוד תורה שבע"פ שהוא סוד כלת משה הנרמז ג"כ בתיבת (שמות לא, יח) ככלתו, ככלה שלו, יתבאר לקמן בעזה"י בארוכה (עי' במס' שבועות הנ"ל) :

C'est le sens de leur exposition (Tan'houma Tissa 16,1) : 'et Il donna à Moché quand Il eut achevé' (Exode 31,18) - Il lui transmit des principes généraux, et il comprit de lui-même la Torah orale, comme je l'ai développé ailleurs à propos de (voir traité Chevouot, chapitre Torah Or) 'la femme kouchite qu'il avait prise', qui est le secret de la Torah orale, laquelle est le secret de la fiancée de Moché, suggéré également dans le mot (Exode 31,18) ke-khalotô (ככלתו), c'est-à-dire 'comme sa fiancée' ; cela sera expliqué plus loin, avec l'aide du Ciel, en détail (voir le traité Chevouot mentionné ci-dessus).

ובמדרש רבה סוף פרשת כי תשא (מז, ט) כתב לך (שמות לד, כז), התחילו מלאכי השרת אומרים לפני הקב"ה רבש"ע אתה נותן רשות למשה שיכתוב מה שהוא מבקש, שיאמר לישראל אני נתתי לכם את התורה, אני הוא שכתבתי ונתתי לכם. אמה להם הקב"ה, חס ושלום שמשה עושה הדבר הזה, ואפי' עושה נאמן הוא, שנאמר (במדבר יב, ז) לא כן עבדי משה בכל ביתי נאמן הוא, עד כאן מבואר לענייני.

ועל כן נקרא התורה תורת השם, ונקראת תורת משה, כי משה הבין מעצמו והשיג תורה שבעל פה, על כן נקראת על שמו. (הגה"ה ואל תטעה בדברי לומר כי הקב"ה לא אמר לו בהדיא תורה שבעל פה ח"ו, רק משה השיג רמזי תורה שבכתב, ואמר לו הקב"ה יפה כוונתם, כי כך הוא תורה שבעל פה.

ואמר לו הקב"ה, אותה באר היטיב לו במילתא ובטעמא ובפנים מסבירות בהסברה, כך וכך תאמר לישראל. אבל עיין לקמן במסכת שבועות פרק תורה אור שם ביארתי הענין הזה והמאמרים ההם בביאור ברור):

Et dans le Midrach Rabba, à la fin de la paracha Ki Tissa (47,9) : 'Écris pour toi' (Exode 34,27) - les anges du service commencèrent à dire devant le Saint béni soit-Il : Maître du monde, Tu donnes à Moché la permission d'écrire ce qu'il veut, il dira à Israël : c'est moi qui vous ai donné la Torah, c'est moi qui l'ai écrite et vous l'ai donnée ! Le Saint béni soit-Il leur dit : à Dieu ne plaise que Moché fasse une telle chose ; et même s'il le faisait, il est fidèle, il est dit (Nombres 12,7) : il n'en est pas ainsi de Mon serviteur Moché, dans toute Ma maison il est fidèle.

Jusqu'ici ce qui touche à mon propos. C'est pourquoi la Torah est appelée Torah du Nom, et elle est appelée aussi Torah de Moché, car Moché a compris de lui-même et a saisi la Torah orale, c'est pourquoi elle est appelée de son nom.

(Glose : ne te trompe pas dans mes paroles en disant que le Saint béni soit-Il ne lui aurait pas dit explicitement la Torah orale, à Dieu ne plaise ; seulement Moché a saisi les allusions de la Torah écrite, et le Saint béni soit-Il lui a dit : ils ont bien visé, car telle est la Torah orale. Et le Saint béni soit-Il lui a dit : celle-là, explique-la lui bien, avec les mots, avec les raisons et avec un visage accueillant, en la rendant claire ; ainsi et ainsi tu diras à Israël.

Mais vois plus loin, au traité Chevouot, chapitre Torah Or, où j'ai exposé cette question et ces enseignements avec une clarté parfaite.)

זהו ענין (במדבר יט, יד) וזאת התורה אדם כי ימות באוהל, וכתיב (דברים ד, מד) וזאת התורה אשר שם משה. כי תורת משה שהוא התלמוד שהשיג וכיוון להלכה היא התורה שממית אדם עצמו עליה מרוב הפילפולים וחומרית הסוגית.

והוא הבין תורה שבכתב כולה, כי לא היה חשך לפניו כי קרן אור פניו והוא אספקלריא המאירה, ואמרו רז"ל (תנחומא בשלח י, א) כי שקול נגד ס' רבוא, כי ס' רבוא נשמות, הם ס' רבוא אותיות התורה:

C'est le sens de (Nombres 19,14) 'voici la Torah, un homme s'il meurt dans une tente', et il est écrit (Deutéronome 4,44) 'et voici la Torah que Moché plaça'. Car la Torah de Moché, qui est le Talmud qu'il a saisi et dont il a visé la halakha, est la Torah sur laquelle l'homme se fait mourir lui-même, à force de subtilités et de la lourdeur des sujets.

Et lui a compris toute la Torah écrite, car il n'y avait pas de ténèbres devant lui, puisque la peau de son visage rayonnait et qu'il était le miroir éclairant. Et nos maîtres ont dit (Tan'houma Bechalah 10,1) qu'il équivalait aux six cent mille, car les six cent mille âmes sont les six cent mille lettres de la Torah.

נחזור לענין, התורה שבכתב היא סוד והיא רמז. וסוד היא דבר גדול מעשה בראשית, ורמז היא דבר קטן הוויות דאביי ורבא.

ותורה שבעל פה היא תלמוד והויות דאביי ורבא, ותורה שבכתב לשון הקודש כדפירשתי, ותורה שבע"פ תרגום שהוא מתקרב ללשון קודש. וזהו סוד (ברכות ח, א) שנים מקרא ואחד תרגום, המקרא שהוא תורה שבכתב כולל שנים, ותרגום אחד.

ובמחשכים הושבני, זה תלמוד בבלי הוא התרגום, אבל ארץ ישראל במעלתו בסוד לשון הקודש, והעולם שנברא בלשון קודש המרמז אבן שתיה במקדש שממנו משתיתו של עולם. ובירושלמי פרק קמא דשבת (א, ג) תני בשם רבי מאיר, כל מי שהוא קבוע בארץ ישראל, ואוכל חולין בטהרה, ומדבר בלשון הקודש, וקורא את שמע בבוקר ובערב, מובטח לו שהוא מחיי עולם הבא, עד כאן.

הרי מעלת לשון קודש אצל ארץ ישראל כי משם אורה יוצאה ותורה אור:

Revenons à notre propos : la Torah écrite est sod et elle est remez. Le sod est une grande chose, l'œuvre de la Création ; le remez est une petite chose, les discussions d'Abaye et de Rava.

Et la Torah orale est le Talmud et les discussions d'Abaye et de Rava. La Torah écrite est langue sainte, comme je l'ai expliqué, et la Torah orale est araméen, lequel est proche de la langue sainte.

Tel est le secret (Berakhot 8a) de 'deux fois le texte et une fois la traduction araméenne' : le texte, qui est la Torah écrite, en compte deux, et la traduction une seule. 'Il m'a fait asseoir dans les ténèbres', c'est le Talmud de Babylone, qui est la traduction araméenne ; mais la terre d'Israël est dans son élévation, dans le secret de la langue sainte, et le monde à été créé en langue sainte, ce que suggère la pierre de fondation dans le Temple, à partir de laquelle le monde à été fondé. Et dans le Talmud de Jérusalem, premier chapitre de Chabbat (1,3), il est enseigné au nom de Rabbi Meir : quiconque est établi en terre d'Israël, mange ses aliments ordinaires en pureté, parle la langue sainte et récite le Chema matin et soir, il lui est garanti qu'il est des fils du monde à venir.

Jusqu'ici. Voilà donc l'élévation de la langue sainte auprès de la terre d'Israël, car de là sort la clarté, et la Torah est lumière.

וזהו ענין פרק המדיר (כתובות עה, א) אמר אביי, חד מנייהו עדיף כתרי מינן. אמר רבא, וחד מינן כי סליק להתם עדיף כתרי מינייהו, דהא רבי ירמיה דכי הוה הכא לא הוי ידע מה קאמרו רבנן, כי סליק להתם קרי לן בבלאי טפשאי.

ועל ענין זה יהיה מאמר בחולין פרק גיד הנשה (צב, א) ובגפן שלשה שריגים (בראשית מ, י), א"ר חייא בר אבא אמר רב אלו ג' שרי גאים היוצאים מישראל בכל דור ודור, פעמים שנים כאן ואחד בארץ ישראל. פעמים שנים בארץ ישראל, ואחד כאן, עד כאן:

C'est le sens du chapitre HaMadir (Ketoubot 75a) : Abaye a dit, un seul d'entre eux vaut mieux que deux d'entre nous. Rava a dit, et un des nôtres, quand il monte là-bas, vaut mieux que deux des leurs ; car Rabbi Yirmeya, lorsqu'il était ici, ne savait pas ce que disaient les maîtres, et lorsqu'il est monté là-bas il nous a appelés 'Babyloniens sots'.

Et sur ce sujet porte l'enseignement du traité Houlin, chapitre Guid HaNache (92a) : 'et sur la vigne trois sarments' (Genèse 40,10) - Rabbi Hiya bar Aba a dit au nom de Rav : ce sont les trois princes éminents (שרי גאים, lus dans le mot שריגים) qui sortent d'Israël à chaque génération ; parfois deux ici et un en terre d'Israël, parfois deux en terre d'Israël et un ici. Jusqu'ici.

הענין גם כן שאחד בארץ ישראל שקול כשנים דהכא, ואח"כ מתהפך אחד מכאן שקול כשנים דהתם. והענין הוא כדפירשתי שנים מקרא ואחד תרגום, וארץ ישראל לשון קודש, ושם סוד ושם רמז כדפירשתי, וענין הרמז שהם ענייני תורה שבעל פה אבל הוא בנעימות מצד שיותר מתקרב להשורש כי הוא לשון קודש והוא כענין הלכות פסוקות.

משא"כ בגלות בבל שבא הריחוק ובסוד התרגום, וענין מחשכים מצד זה אדם כי ימות מרוב גירסות ולפעמים משבשת וצריך להוציא אור מהחשך ומכח זה מתרבה המחלוקת:

La chose est également ainsi : un seul en terre d'Israël équivaut à deux d'ici, et ensuite cela s'inverse, un seul d'ici équivaut à deux de là-bas. Et l'explication est comme je l'ai dite : deux fois le texte et une fois la traduction.

La terre d'Israël est langue sainte, et là se trouvent le sod et le remez comme je l'ai expliqué ; et la question du remez, ce sont les sujets de la Torah orale, mais avec douceur, du fait qu'elle est plus proche de la racine, car c'est la langue sainte, et cela est de l'ordre des halakhot tranchées. Il n'en va pas de même dans l'exil de Babylone, où est venu l'éloignement, dans le secret de la traduction araméenne ; et la question des ténèbres, de ce côté-là, c'est 'un homme s'il meurt', à force de versions multiples et parfois corrompues, et il faut faire sortir la lumière des ténèbres, et de ce fait les controverses se multiplient.

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