« et sous ses pieds », « écrits par le doigt d'Elokim » et d'autres désignations empruntées au corps : le Chla enseigne qu'elles ne se rapportent ni à D.ieu, qui n'est ni un corps ni une force dans un corps, ni à Ses sefirot. Il rapporte d'Arougat HaBossem quatre espèces d'action : celle qui se vise elle-même, celle qui est empruntée, celle qui fait connaître son objet, et l'action apparente, où une lumière se révèle par le moyen de quelque chose. Il rapporte du Chaarei Ora que main et pied sont des réalités intérieures dont nulle créature ne conçoit la nature ; les membres de l'homme sont des signes, et celui qui en purifie un en fait un trône.
Aussi : selon le chant Yigdal, Il n'a pas la ressemblance du corps ni celle de l'ange ; les patriarches sont le Char ; le Pardes : « oreille » désigne une force spirituelle qui examine les paroles
מן הדברים המתמיהים בדברי תורתנו הוא מה שכתוב בתורה (שמות כד, י) ותחת רגליו כו', (שם לא, יח) כתובים באצבע אלקים כו', (שם ט, ג) יד ה', (דברים יא, יב) עיני ה', (במדבר יא, א) אזני ה', וכיוצא בדברים האלה, אשר הם כינויים אל הגוף ודבר זה לא יתייחס בו ית', כי אינו גוף ולא כח בגוף, ולכן לא יתייחסו הענינים האלה גם בספירותיו, והם רחוקות מכל גדרי הגוף, שאם לא כן נמצא שהוא נשמה אל ספירותיו והוא כח בהם, וח"ו יהיה כח בגוף חלילה וחלילה, לכן ראוי להרחיק גדרי הגוף הספירות, וחייבנו בזה כמו שחייבנו בהרחקתו מעצם האין סוף. ולא זו שמרוחק מגדרי הגוף, אפילו מרוחק מענין מהות המלאך, כמו שתקן בעל שיר יגדל כו' אין לו דמות הגוף ואינו גוף, דלפום ריהטא זו ואין צריך לומר זו אמר.
אלא פירושו, שאין לו דמות הגוף, ואין לו אפילו דמות ממה שאינו גוף דהיינו המלאך וק"ל:
Parmi les choses étonnantes dans les paroles de notre Torah, il y a ce qui est écrit dans la Torah (Exode 24,10) 'et sous ses pieds' etc., (ibid. 31,18) 'écrits par le doigt d'Elokim' etc., (ibid.
9,3) 'la main de ה'', (Deutéronome 11,12) 'les yeux de ה'', (Nombres 11,1) 'les oreilles de ה'', et d'autres expressions semblables, qui sont des désignations empruntées au corps ; or cela ne saurait se rapporter à Lui, béni soit-Il, car Il n'est ni un corps ni une force dans un corps. C'est pourquoi ces notions ne se rapportent pas non plus à Ses sefirot, qui sont éloignées de toute définition corporelle.
Car s'il n'en était pas ainsi, il se trouverait qu'Il serait une âme pour Ses sefirot et une force en elles, et à Dieu ne plaise Il serait une force dans un corps, à Dieu ne plaise et à Dieu ne plaise. Il convient donc d'écarter des sefirot les définitions du corps, et nous y sommes tenus comme nous sommes tenus de L'écarter, Lui, de l'essence même de l'Ein Sof (l'Infini).
Et non seulement Il est éloigné des définitions du corps, mais Il est même éloigné de la notion de ce qu'est un ange, comme l'a formulé l'auteur du chant Yigdal etc. : 'Il n'a pas la ressemblance du corps et Il n'est pas un corps'. Car à première vue, après avoir dit ceci, il n'avait pas besoin de dire cela.
Mais voici son explication : Il n'a pas la ressemblance du corps, et Il n'a même pas la ressemblance de ce qui n'est pas un corps, c'est-à-dire l'ange, et cela est facile à comprendre.
ואם כן צריכין אנחנו להתבונן בהתוארים הנזכרים בו יתברך, מה הכוונה בהם. ועל דרך הפשט יתבארו קצת התוארים ממה שכתוב בספר ערוגת הבשם, מצאנו חלוקה בפועל והיא מד' מינים, היינו פועל מכוון לעצמו, ופועל מכוון למה שהושאל, ופועל מכוון לפרסם עניינו, ופועל ידומה, שאינה פועל יפעלהו ואין בו אלא גילוי ענין הפעל ההוא על ידי דבר מה.
משל המין הראשון, (בראשית מד, ד) הם יצאו את העיר, (שמות לו, ח) ויעשו כל חכם לב, ודומיהם, שהפעל מכוון עצמו מהפועל אותו:
S'il en est ainsi, nous devons examiner les attributs mentionnés à Son sujet, béni soit-Il, et ce qu'ils veulent dire. Selon le sens simple, une partie de ces attributs s'expliquera d'après ce qui est écrit dans le livre Arougat HaBossem : nous avons trouvé une division dans l'action, et elle comporte quatre espèces, à savoir une action qui se vise elle-même, une action qui vise ce pour quoi elle est empruntée, une action qui vise à faire connaître son objet, et une action apparente, qui n'est pas une action qu'un agent accomplit, mais où il n'y a que la manifestation du contenu de cette action par le moyen de quelque chose.
Exemple de la première espèce : (Genèse 44,4) 'ils sortirent de la ville', (Exode 36,8) 'et tous les sages de cœur firent', et leurs semblables, où l'action elle-même est visée par celui qui l'accomplit.
ומשל המין הב', (איוב טו, לה) הרה עמל וילד און, שהושאל ההריון אל המחשבה, והלידה אל המעשה. וכן (שמות טו, יז) תביאמו ותטעמו, שהושאל הנטויה אל הקיום במקום רשום.
ומזה (דברים כט, יט) כי אז יעשן אף ה' וחרה אפו, כוונתם התעוררות דין לפי המקבלים. וכן הושאלו דיבור ואמירה וקול אלקים להשגת הנבואה, כי ממקורותיהם הנעלמות ירדו דרך המדרגות עד אזן הנביאים.
ויושאלו ג"כ אמירה ודיבור אל החפץ והמחשבה, כמה (ש"א כ, ד) מה תאמר נפשך, ומזה (בראשית א, ג) ויאמר אלקים יהי אור, (ישעיה מז, ח) אומרה בלבבה, (בראשית כד, נא) ותהי אשה לבן אדוניך, (קהלת א, טז) כאשר דיבר ה' דברתי אני עם לבי. וקריאה הושאלה אל ההשפעה, כמו (תהלים מב, ו) תהום אל תהום קורא, (ישעיה ו, ג) וקרא זה אל זה, תרגום יונתן ומקבלין דין מדין.
וכן לרז"ל (ברכות ו, א) מנין שהקב"ה מניח תפילין, הושאלה הנחת תפילין אל היותו יתברך מתייחד במדותיו להשפיע לפי התעוררת התחתונים בהניחם התפילין, כנודע לחכמי לב. וכאלה רבות אצל רבותינו על צד השאלה והשיתוף, כאמרם רז"ל (שהש"ר א, טז) על (שה"ש א, ב) ישקני וגומר, יזיינני יטהרני ידביקני, כי ענין יש קני הוא יזיינני נגד יצה"ר כאמרם רז"ל (סוכה נב, ב) אם פגע בך מנוול כו', מלשון (איוב ב, כד) יברך מנשק ברזל, והוא גם כן יטהרני מחלאת הרעות הנפסדות כמשיק שני גבים זה לזה והם טהורים, ידביקני שהוא ענין הצלחת הנפש, ואתם הדבקים וגו' (דברים ד, ד) :
Exemple de la deuxième espèce : (Job 15,35) 'concevoir la peine et enfanter le mal', où la conception est empruntée pour désigner la pensée, et l'enfantement pour désigner l'acte. De même (Exode 15,17) 'Tu les feras venir et Tu les planteras', où la plantation est empruntée pour désigner l'établissement durable en un lieu déterminé.
De cela relève (Deutéronome 29,19) 'car alors fumera la colère de ה' et s'enflammera Sa colère' : l'intention est l'éveil de la rigueur selon ceux qui la reçoivent. De même, la parole, le dire et la voix d'Elokim sont empruntés pour désigner l'obtention de la prophétie, car depuis leurs sources cachées ils descendent par les degrés jusqu'à l'oreille des prophètes.
Le dire et la parole sont également empruntés pour désigner la volonté et la pensée, comme (I Samuel 20,4) 'ce que dira ton âme' ; et de cela relèvent (Genèse 1,3) 'et Elokim dit : que la lumière soit', (Isaie 47,8) 'elle dit en son cœur', (Genèse 24,51) 'qu'elle soit femme pour le fils de ton maître, comme ה' l'a dit', (Ecclésiaste 1,16) 'j'ai parlé, moi, avec mon cœur'. L'appel est emprunté pour désigner l'influx, comme (Psaumes 42,8) 'l'abîme appelle l'abîme', (Isaie 6,3) 'et l'un appelait à l'autre', que le Targoum Yonatan (traduction araméenne) rend par 'et ils reçoivent l'un de l'autre'.
De même chez nos Sages (Berakhot 6a) : 'd'où sait-on que le Saint béni soit-Il met les tefilin ?' La pose des tefilin est empruntée pour désigner le fait qu'Il s'unifie, béni soit-Il, dans Ses mesures pour répandre l'influx selon l'éveil des êtres d'en bas lorsqu'ils mettent les tefilin, comme le savent les sages de cœur. Il y a beaucoup de choses semblables chez nos maîtres, par voie d'emprunt et de sens partagé, comme ce qu'ont dit nos Sages (Midrach Cantique 1,16) sur (Cantique 1,2) 'qu'il me baise' etc. : 'qu'il m'arme, qu'il me purifie, qu'il m'attache'.
Car le sens de 'qu'il me baise' (ישקני) est 'qu'il m'arme' contre le mauvais penchant, comme ont dit nos Sages (Souka 52b) 'si ce misérable t'a assailli' etc., du langage de (Job 20,24) 'il fuira devant l'arme de fer'. Et c'est aussi 'qu'il me purifie' de la souillure des mauvaises choses corrompues, à la manière de celui qui met en contact deux bassins l'un avec l'autre, et ils sont purs. 'Qu'il m'attache', ce qui est la réussite de l'âme : 'et vous qui êtes attachés' etc.
(Deutéronome 4,4).
ומשל המין הג,' (אסתר ג, א) גדל המלך אחשורוש וגו', פרסם בו ענין הגדולה. וכן (בראשית כו, יג) עד כי גדל מאוד, כלומר פרסם במעשיו ענין גדלתו, כאמרם רז"ל (בר"ר סד, ז) שהיו אומרים זבל פרדותיו של יצחק, ולא כספו וזהבו של אבימלך, וזה מפני שכבר כתב ויגדל האיש וילך הלוך וגדל.
ומזה לדעתי (ישעיה נד, טו) הן גור יגור אפס מאותי, כלומר יראה וימצא בלעדי מי שיפרסם מציאות המגור ובאר איך ומה נסיים (שם טז) כל כלי יוצר עליך לא יצלח וגו'. ומזה (בראשית כב, א) והאלקים נסה את אברהם, פרסם בו ענין הנסיון עד שהכירו הכל היותו מנוסה.
וכן (שם יב) עתה ידעתי כי ירא וגו', פרסמתי בעולם ושמתי בגבול ידיעה שידעו הכל כי ירא אלקים אתה. ומזה ג"כ (תהלים לד, ה) גדלו לה' אתי, פרסמו ענין הגדולה.
וכן (שם) ונרוממה שמו. (דברים לב, נא) לא קדשתם אותי.
(שםם ח, י) ושבעת וברכת. (ישעיה כד, טו) באורים כבדו את ה'.
(שמות לא, יג) לדעת כי אני ה' מקדישכם. ובתיקון התפילות, ורוח כל בשר תפאר ותרומם כו', כולם ענין פרסום הדבר.
ובדברי רז"ל (ב"מ נט, ב) נצחוני בני, פרסומו היותי נצחי ובלתי משתנה ושכן יהיה דברי אשר יצא מפי אחרי רבים להטות (שמות כג, ב). וכן (ירמיה יג, ז) במסתרים תבכה נפשי, עניינו פרסום הבכי במקום המסתרים, וכאשר הבינוהו יודעי בינה:
Exemple de la troisième espèce : (Esther 3,1) 'le roi Assuérus éleva' etc. : il fit connaître en lui la grandeur. De même (Genèse 26,13) 'jusqu'à ce qu'il devint très grand', c'est-à-dire qu'il fit connaître par ses actes sa grandeur, comme ont dit nos Sages (Bereshit Rabba 64,7) : ils disaient 'le fumier des mules d'Its'hak, et non l'argent et l'or d'Avimelekh' ; et cela parce qu'il est déjà écrit 'et l'homme devint grand, et il alla grandissant'.
De cela relève à mon avis (Isaie 54,15) 'voici que celui qui attaque n'est rien sans Moi', c'est-à-dire : on verra et on trouvera que sans Moi personne ne fait connaître l'existence de la peur ; et il a expliqué comment et de quelle manière en concluant (ibid. 16) 'aucune arme forgée contre toi ne réussira' etc.
De cela relève (Genèse 22,1) 'et Elokim éprouva Abraham' : Il fit connaître en lui l'épreuve, jusqu'à ce que tous reconnurent qu'il était éprouvé. De même (ibid.
12) 'maintenant Je sais que tu crains' etc. : J'ai fait connaître dans le monde et J'ai placé dans le domaine de la connaissance, de sorte que tous sachent que tu crains Elokim. De cela relève également (Psaumes 34,4) 'exaltez ה' avec moi' : faites connaître la grandeur.
De même (ibid.) 'et élevons Son Nom' ; (Deutéronome 32,51) 'vous ne M'avez pas sanctifié' ; (ibid. 8,10) 'et tu mangeras à satiété et tu béniras' ; (Isaie 24,15) 'dans les contrées de la lumière, honorez ה'' ; (Exode 31,13) 'pour savoir que Je suis ה' qui vous sanctifie'.
Et dans l'ordonnance des prières : 'et l'esprit de toute chair glorifiera et exaltera' etc. Tous relèvent de la notion de faire connaître la chose.
Et dans les paroles de nos Sages (Baba Metsia 59b) 'Mes fils M'ont vaincu' : c'est faire connaître que Je suis éternel et immuable, et qu'ainsi demeure Ma parole sortie de Ma bouche, 'suivre la majorité' (Exode 23,2). De même (Jérémie 13,17) 'dans les lieux cachés mon âme pleurera' : son sens est la manifestation du pleur dans les lieux cachés, ainsi que l'ont compris ceux qui savent discerner.
ומשל המין הרביעי, הוא מעלות השחר עד צאת הכוכבים, כי גם לילה גם יומם הכוכבים יהלו אורם על ענין אחד. אמנם אור השמש לא יתן את העין לראות זוהר הכוכבים ביום, ועל ידי שקיעת השמש יתגלה אור הכוכבים ויראה כאלו הם פועלים פועל היציאה.
וזה ענין (שמות יא, ד) אני יוצא בתוך מצרים, כלומר שעל ידי מכת בכורות שבה היה המבחן בין טיפה של בכור לשאינה בכור, ידמה כאלו האל יתברך יוצא בתוך מצרים. ומזה (שמות יט, כא) וירד ה' על הר סיני, עם היות מלא כל הארץ כבודו, עניינו שעל ידי המראות הגדולות שהיו באותו המעמד הנבחר נראה שירד שם ענין א-להי.
ומזה (בראשית יח, כא) ארדה נא ואראה. (שם יח, לג) וילך ה'.
(שם כח, יג) והנה ה' נצב עליו. (שם לה, יג) ויעל מעליו אלקים.
(ישעיה לג, י) עתה אקום יאמר ה', ודומיהן. שאין עניינם העתקתו יתברך ממקום למקום, אלא התגלות אורו על ידי דבר מה במקום זולת מקום אחר שהיה נעלם במקום ההוא.
וכן מזה מה שאמרו רז"ל שאין הקב"ה עושה דבר עד שמסתכל בפמליא של מעלה, ואמרו ג"כ (סנהדרין לח, ב) עד שנמלך בפמליא של מעלה. עניינם שממה שאנו רואים השכר והעונש מתמזגים בדרך מדרגות פמליא של מעלה שהן ככ לי ניגון נערך בשלם שבפנים נראה כאלו הוא מעיין ומסתכל ונמלך בהן, וכן בכל פעולותיו יתברך, עכ"ל (ספר ערוגת הבשם), וישמע חכם ויוסיף לקח:
Exemple de la quatrième espèce : c'est ce qui se passe depuis le lever de l'aube jusqu'à la sortie des étoiles. Car de nuit comme de jour, les étoiles font briller leur lumière de la même manière.
Seulement, la lumière du soleil ne permet pas à l'œil de voir l'éclat des étoiles pendant le jour, et c'est par le coucher du soleil que la lumière des étoiles se révèle et qu'il paraît comme si elles accomplissaient l'action de sortir. Tel est le sens de (Exode 11,4) 'Je sors au milieu de l'Égypte', c'est-à-dire que par la plaie des premiers-nés, où se fit le discernement entre la goutte du premier-né et celle qui ne l'est pas, il paraît comme si Dieu béni soit-Il sortait au milieu de l'Égypte.
De cela relève (Exode 19,20) 'et ה' descendit sur le mont Sinaï', bien que toute la terre soit remplie de Sa gloire : son sens est que par les grandes visions qui eurent lieu lors de ce rassemblement choisi, il parut qu'une réalité divine descendait là. De cela relèvent (Genèse 18,21) 'je descendrai donc et je verrai', (ibid.
18,33) 'et ה' s'en alla', (ibid. 28,13) 'et voici que ה' se tenait au-dessus de lui', (ibid.
35,13) 'et Elokim monta d'auprès de lui', (Isaie 33,10) 'maintenant Je Me lèverai, dit ה'', et leurs semblables : leur sens n'est pas qu'Il se déplace, béni soit-Il, d'un lieu à un autre, mais que Sa lumière se révèle par le moyen de quelque chose en un lieu plutôt qu'en un autre, où elle était cachée. De cela relève aussi ce qu'ont dit nos Sages, que le Saint béni soit-Il ne fait rien avant de regarder la cour d'en haut, et ils ont dit également (Sanhédrin 38b) qu'Il ne fait rien avant de prendre conseil auprès de la cour d'en haut.
Leur sens est le suivant : puisque nous voyons la récompense et le châtiment se composer selon les degrés de la cour d'en haut, lesquels sont comme des instruments de musique accordés de la manière la plus parfaite qui soit, il paraît comme s'Il examinait, regardait et prenait conseil auprès d'eux ; et il en va de même dans toutes Ses actions, béni soit-Il. Jusqu-ici ses paroles (livre Arougat HaBossem), et que le sage entende et augmente son savoir.
והרמב"ם במורה נבוכים חלק ראשון ביאר כל התוארים, ואמר שהם שמות מושאלים בהש"י, וביאר כל תואר ותואר לענין מה מושאל בהש"י, ביארם בטוב טעם ודעת על דרך הפשט. והרב המקובל בעל עבודת הקודש בחלק התכלית השיג עליו ובארם על פי הסוד לענין מה מושאלים:
Et le Rambam, dans le Guide des égarés, première partie, a expliqué tous les attributs, et il a dit qu'ils sont des noms empruntés appliqués à Dieu béni soit-Il ; il a expliqué chaque attribut, montrant à quelle notion il est emprunté à Son sujet, béni soit-Il, et il les a expliqués avec bon goût et bon sens, selon le sens simple. Et le maître kabbaliste, auteur de Avodat Hakodech, dans la partie de la Finalité, l'a critiqué et les a expliqués selon le secret, montrant à quelle notion ils sont empruntés.
וזה לשון ספר שערי אורה, דע כי אמתת עצם הבורא יתברך איננה מושגת לזולתו, ואין בכל המוני מעלה יודע מקומו, כל שכן עצם אמתתו. הלא תראה מלאכי מעלה מה הם אומרים, ברוך כבוד ה' ממקומו בכל מקום שהוא, ואם עליונים כך, תחתונים על אחת כמה וכמה.
ואם כן כל אותן עניינים שאנו קורין בתורה, כגון יד ורגל אזן ועין ושאר כל כיוצא בהם מה הוא:
Voici les paroles du livre Chaarei Ora : sache que la vérité de l'essence du Créateur béni soit-Il n'est saisie par nul autre que Lui, et parmi toutes les légions d'en haut nul ne connaît Son lieu, à plus forte raison l'essence de Sa vérité. Ne vois-tu pas ce que disent les anges d'en haut : 'bénie soit la gloire de ה' depuis Son lieu', en quelque lieu qu'Il soit.
Et si les êtres d'en haut en sont là, les êtres d'en bas à plus forte raison. S'il en est ainsi, toutes ces notions que nous lisons dans la Torah, telles que main et pied, oreille et œil, et toutes les autres semblables, que sont-elles donc ?
דע והאמן, כי כל אותן העניינים אף על פי שהם מורים ומעידים על גדולתו ואמתתו, אין כל בריה יכולה לדעת ולהתבונן מהות אותו הדבר הנקרא יד ורגל וכיוצא בהם, ואם אנו עשוים בצלם ובדמות אל יעלה בדעתך כי עין בצורת עין, או יד בצורת יד. אבל הם ענינים פנימים, ופנימים לפנימים, באמיתת מציאות ה' יתברך אשר מהם המקור והשפע יוצא לכל הנמצאים.
אבל אין מהות יד כמהות יד, ולא תבניתם שוה, כמו שכתוב (ישעיה מ, כה) ואל מי תדמיוני ואשוה:
Sache et crois que toutes ces notions, bien qu'elles enseignent et témoignent de Sa grandeur et de Sa vérité, aucune créature ne peut connaître ni concevoir la nature de cette chose appelée main ou pied et leurs semblables. Et si nous sommes faits à l'image et à la ressemblance, ne va pas t'imaginer qu'il s'agisse d'un œil ayant forme d'œil, ou d'une main ayant forme de main.
Mais ce sont des réalités intérieures, et intérieures aux intérieures, dans la vérité de l'existence de ה' béni soit-Il, et c'est d'elles que la source et l'influx sortent vers tous les êtres. Mais la nature de cette main n'est pas la nature de notre main, et leur structure n'est pas semblable, comme il est écrit (Isaie 40,25) 'à qui Me comparerez-vous, que Je lui sois égal ?'
ודע והבן ואיננו דמיון מצד העצם והתבנית, אלא כוונת צורת האברים שבנו שהם עשוים בדמיון סימנים עניינים סתומים עליונים שאין הדעת יכולה לדעתם, אלא כדמיון זכרון מי שכותב ראובן בן יעקב, שהרי אין אלו האותיות ואין זו הצורה עצמה של ראובן בן יעקב וצורתו ותבניתו ומהותו, אלא זכרון שזה ראובן בן יעקב הכתוב הוא סימן כנגד אותו עצם ותבנית הידוע הנקרא ראובן בן יעקב. ולפי שהשם יתברך ויתעלה רצה לזכותנו, ברא בגוף האדם כמה אברים נסתרים ונגלים כדמיון סימן למעשה מרכבה, ואלו יזכה אדם לטהר אבר מאבריו יהיה אותו אבר כדמיון כסא לאותו דבר עליון הפנימיי הנקרא בשם זה, אם עין עין, אם יד יד, וכן לכל השאר.
כיצד, כגון שנזהר ונשמר אדם אחד במראה עיניו שלא יביט ולא יסתכל בדבר ערוה ולא בשאר כל דבר של גנאי, אלא בכל דבר שהוא קדושת ה' ועבודתו. אז אותו עין נעשית כמו כסא לאותו דבר הנקרא למעלה עין, וכן היד, וכן הרגל, ושאר כל האברים:
Sache et comprends qu'il n'y a pas de ressemblance du côté de l'essence et de la structure ; l'intention est plutôt que la forme des membres qui sont en nous est faite à la manière de signes désignant des réalités supérieures et fermées que l'entendement ne peut connaître. C'est seulement à la manière d'un rappel, comme celui qui écrit 'Reouven fils de Yaakov' : car ces lettres ne sont pas, et cette forme n'est pas, l'essence même de Reouven fils de Yaakov, ni sa forme, ni sa structure, ni sa nature ; mais c'est un rappel, et ce 'Reouven fils de Yaakov' écrit est un signe correspondant à cette essence et à cette structure connue qu'on appelle Reouven fils de Yaakov.
Et parce que le Nom béni et exalté a voulu nous rendre méritants, Il a créé dans le corps de l'homme plusieurs membres, cachés et révélés, à la manière d'un signe pour l'œuvre du Char céleste. Et si l'homme mérite de purifier l'un de ses membres, ce membre deviendra comme un trône pour cette réalité supérieure et intérieure appelée de ce nom : si c'est un œil, l'œil ; si c'est une main, la main ; et ainsi pour tout le reste.
Comment cela ? Par exemple, si un homme prend garde et se préserve dans la vue de ses yeux, de sorte qu'il ne regarde ni ne contemple aucune chose de nudité ni aucune autre chose honteuse, mais seulement ce qui relève de la sainteté de ה' et de Son service, alors cet œil devient comme un trône pour cette réalité appelée en haut 'œil' ; et de même la main, et de même le pied, et tous les autres membres.
וע"ז אמרו רז"ל (בר"ר מז, ו) האבות הן המרכבה. ולא אמרו כל אחד מהאבות הם המרכבה, אלא האבות.
כיצד, אברהם אבינו ע"ה לקח בטהרה צד ימין וירש ימין של מעלה שהוא מדת החסד, וע"ז נאמר (בראשית יב, ט) ויסע אברם הלוך ונסוע הנגבה. ויצחק לקח בטהרה מדת צד שמאל שהוא הפחד, ועל זה נאמר (שם לא, נג) וישבע יעקב בפחד אביו יצחק.
ויעקב לקח בטהרה קו האמצעי, וע"ז נאמר (שם כה, כז) ויעקב איש תם יושב אוהלים, בין אהל אברהם ובין אהל יצחק. נמצא ג' האבות כסא למרכבה.
וכן הוא בראקאנטי פרשת ויחי, והובא ג"כ בספר עבודת הקודש:
Et c'est à ce sujet qu'ont dit nos Sages (Bereshit Rabba 47,6) : 'les patriarches sont le Char'. Et ils n'ont pas dit que chacun des patriarches est le Char, mais 'les patriarches'.
Comment cela ? Abraham notre père, que la paix soit sur lui, a pris en pureté le côté droit et a hérité du droit d'en haut, qui est la mesure de 'hessed (la bonté) ; et c'est à ce sujet qu'il est dit (Genèse 12,9) 'et Avram partit, allant et cheminant vers le sud'.
Its'hak a pris en pureté la mesure du côté gauche, qui est la crainte ; et c'est à ce sujet qu'il est dit (ibid. 31,53) 'et Yaakov jura par la crainte de son père Its'hak'.
Et Yaakov a pris en pureté la ligne du milieu ; et c'est à ce sujet qu'il est dit (ibid. 25,27) 'et Yaakov, homme intègre, habitant sous les tentes', entre la tente d'Abraham et la tente d'Its'hak.
Il se trouve que les trois patriarches sont un trône pour le Char. Ainsi est-il écrit dans le Récanati, section Vayehi, et cela est rapporté également dans le livre Avodat Hakodech.
אמנם עדיין אנו צריכין למודעי בדברי הזוהר ובדברי חכמי האמת המדברים בענין האצילות דברים מתמיהים בכינויים, כמו אב ואם בן ובת וכיוצא בהם, ואומרים בענין תפארת ומלכות לשון זיווג כאיש עם אשתו, והיסוד הוא ברית המעור אבר התשמיש המייחד יחוד גמור, ודבק איש באשתו (בראשית ב, כד). והקימותי את בריתי (שם יז, ז) הוא יסוד ברית מילה, אמר והקימותי בלשון קימה, כביכול מבשרי אחזה אלוה (איוב יט, כו).
והזכיר גם כן ענין חיבוק ונישוק, ומרומז ג"כ בפסוק (שה"ש ב, ו) שמאלו תחת לראשי וימינו תחבקני, וכתיב (שם א, ב) ישקני מנשיקות פיהו. דברים כאלה צריכים אנחנו לידע ולהבינם אותם:
Cependant, nous avons encore besoin d'un éclaircissement dans les paroles du Zohar et dans les paroles des sages de la vérité, qui disent au sujet de l'Atsilout (le monde de l'Émanation) des choses étonnantes par leurs désignations, comme père et mère, fils et fille, et leurs semblables ; et ils emploient au sujet de tiferet et de malkhout un langage d'union comme celui d'un homme avec sa femme. Et le yessod est l'alliance de la chair, le membre de l'union, qui unit d'une union complète : 'et il s'attachera à sa femme' (Genèse 2,24). 'Et J'établirai Mon alliance' (ibid.
17,7), c'est le yessod, l'alliance de la circoncision ; il a dit 'J'établirai' en un langage de dressement, si l'on peut dire, car 'de ma chair je verrai Dieu' (Job 19,26). Il a mentionné également la notion d'étreinte et de baiser, ce qui est aussi suggéré dans le verset (Cantique 2,6) 'sa gauche est sous ma tête et sa droite m'étreint', et il est écrit (ibid.
1,2) 'qu'il me baise des baisers de sa bouche'. De telles choses, nous devons les connaître et les comprendre.
והנה אעתיק דברי הפרדס מה שכתב בזה בשער ערכי הכינויים, אמר כי הדברים הם תואר אל ענין נסתר לא ממש ראיה ושמיעה, ואין ספק כי לא נקרא העין עין, והאוזן אוזן, והפה פה בלשוננו הקדש על דרך מקרה והזדמן, או על דרך הסכמה כשאר לשונות. וראיה לזה, היות לשונינו זה נקרא לשון קודש, ירצה ודאי היותו המצאה א-להים, ולא כשאר הלשונות.
ואין ספק שהוא הלשון המציא הקב"ה כשהמציא עולמו, אז ודאי קדם אל העולם:
Je vais donc recopier les paroles du Pardes, ce qu'il a écrit à ce sujet dans la porte des valeurs des désignations. Il a dit que ces mots sont la désignation d'une réalité cachée, et non pas réellement une vue et une audition.
Il n'y a pas de doute que l'œil n'a pas été appelé 'œil', ni l'oreille 'oreille', ni la bouche 'bouche' dans notre langue sainte par hasard et par rencontre fortuite, ni par convention comme dans les autres langues. La preuve en est que notre langue est appelée langue sainte : cela signifie assurément qu'elle est une invention divine, et non comme les autres langues.
Et il n'y a pas de doute que c'est cette langue que le Saint béni soit-Il a produite lorsqu'Il a produit Son monde ; elle a donc certainement précédé le monde.
עוד אמר, וכאשר זרח אור אברהם חלק הקב"ה ע' אומות לע' שרים לע' לשון, ובחר בנו והיה הדיבור לנו בחלקנו שהוא גורלנו א' גורל קדוש, ולשון קודש הסכמה אלהית על האוזן שנקרא אוזן, ועל הפה שנקרא פה, להורות על הכחות שהם צל על ראשו נאצל האבר מכחו העליון המאציל עליו. ועתה לפי האמת, אין המכוון באזן אל אזן הגופני, אלא על הפעולה הנפעלת על ידי האזן מכח השפע השופע עליו, ועל כזה נאמר (תהלים צד, ט) הנוטע אזן הלא ישמע, אם יוצר עין הלא יביט.
פירוש, אחר שבריאת אברי אדם הוא על ידי גלגל האלפ"א בית"א קדושות שואבות שפע מכחות העליונים, השרשים המתאחדים בשרש השרשים הוא בהכרח היות באות ההוא כח הפעולה הנפעלת על ידי האבר הנברא, וכן בשרש השופע באות. וכן מעילה לעלול עד למעלה.
כי מהפעולות נודעו הכחות, ואחר שכחם הראיה והשמיעה, חיוב היות בשרש ההוא כח שמיעה וכח ראיה, ולא ראיה ושמיעה גופניית, אמנם יהיה דבר רוחני ומשל. כמו שהאנשים שכאשר ישמעו קול דבר באזניהם יבחנו הענין הנשמע אליהם.
כן הכח העליון המקבל הקול ההוא ובוחן אותו אם ראוי שיקובל אם לא, זה יקרא אזן. ועל זה נאמר (איוב לד, ג) כי אזן מלין תבחן:
Il a dit encore : lorsque brilla la lumière d'Abraham, le Saint béni soit-Il répartit les soixante-dix nations entre soixante-dix princes et soixante-dix langues, et Il nous a choisis, et la parole nous échut dans notre part, qui est notre lot, un lot saint. La langue sainte est une convention divine portant sur l'oreille, qu'elle soit appelée 'oreille', et sur la bouche, qu'elle soit appelée 'bouche', pour enseigner les forces qui sont comme une ombre au-dessus de sa tête, le membre étant émané de la force supérieure qui l'émane.
Et maintenant, selon la vérité, ce qui est visé par 'oreille' n'est pas l'oreille corporelle, mais l'action qui s'accomplit par l'oreille, par la force de l'influx qui se déverse sur elle. C'est à ce sujet qu'il est dit (Psaumes 94,9) 'Celui qui plante l'oreille n'entendrait-il pas ?
Celui qui forme l'œil ne regarderait-il pas ?' Explication : puisque la création des membres de l'homme se fait par la roue des lettres saintes de l'alphabet, qui puisent l'influx des forces supérieures, racines qui s'unifient dans la racine des racines, il y a nécessairement dans cette lettre la force de l'action accomplie par le membre créé, et de même dans la racine qui se déverse dans la lettre. Et ainsi de la cause à l'effet jusqu'en haut.
Car c'est par les actions que les forces sont connues ; et puisque leur force est la vue et l'audition, il faut qu'il y ait dans cette racine une force d'audition et une force de vue, non pas une vue et une audition corporelles, mais une réalité spirituelle et une image. De même que les hommes, lorsqu'ils entendent de leurs oreilles le son d'une parole, examinent ce qu'ils ont entendu, ainsi la force supérieure qui reçoit ce son et l'examine pour savoir s'il convient qu'il soit reçu ou non, c'est cela qu'on appelle 'oreille'.
Et c'est à ce sujet qu'il est dit (Job 34,3) 'car l'oreille examine les paroles'.