שפת אמת

Sefat Emet — Devarim - Ki Tavo

Rabbi Yehouda Aryeh Leib Alter de Gour - enseignements sur la Torah
En bref

« Ce jour-ci, Hachem t'ordonne d'accomplir les statuts. » Le Midrach Tan'houma enseigne que Moché institua la prière, prévoyant l'interruption des prémices (bikourim). Le Sfat Emet rapporte de son aïeul que la prière donne chaque jour le commencement au Nom béni, comme les prémices ; Rachi et le Midrach expliquent « ce jour-ci » : chaque jour comme nouveau. L'homme a le pouvoir de renouveler toute chose, car D.ieu renouvelle à chaque instant l'œuvre du commencement, et le Point de vitalité ne vieillit jamais, mais la kelipa et ce monde-ci le cachent. Par les mitsvot, qui sont une lampe dans l'action, il illumine ce Point et trouve l'aspect de « ce jour-ci » même dans l'action.

Aussi : la bénédiction des mitsvot dite « avant » comme précédence et action de grâce ; imprimer vision et écoute de la parole celée, daat des deux penchants, pour que Moché entre au pays

תרל"א

5631 (תרל״א)

ב"ה

Avec l'aide du Ciel (be-ezrat Hachem).

במדרש תנחומא היום הזה ה' כו' מצוך לעשות את החקים כו' לכו נרננה כו' נשתחוה ונכרעה כו' צפה מרע"ה שביכורים עתידין ליפסק תיקן תפלה כו'. אא"ז מו"ר ז"ל פי' שגם תפלה הוא ליתן הראשית בכל יום להש"י כמו ביכורים כו' ע"ש.

אך השייכות להיום הזה צריך ביאור. ובמד' וברש"י הביאו היום הזה בכל יום יהי' בעיניך כחדשים.

וכי הרצון להטעות להאדם אף שבאמת אינו התחדשות ח"ו. אך בכח האדם לחדש כל דבר.

כי וודאי יש בחי' התחדשות בכל דבר שהרי הקב"ה מחדש בכל יום תמיד מ"ב ופי' תמיד בכל רגע. וגם כי הלא אין דבר בלתי חיות הש"י והנקודה שממנו ת' לעולם לא יתישן כי דבריו חיים ונובעין תמיד.

אך כי החושך יכסה ארץ הקליפה חיצוניות היא המסתרת נקודה הנובעת. דכ' אין כל חדש תחת השמש והיא הטבע ועוה"ז שמסתיר ההתחדשות.

אך בכח האדם להאיר הנקודה מהחשיכה וז"ש היום הזה ה"א מצוך לעשות פי' למצוא בחי' היום הזה שהיא התגלות האור בחי' אספקלריא דנהרא. גם תוך המעשה ממש שהיא המסתיר הנקודה הנ"ל.

והיא ע"י מצות דכ' נר מצוה שכיון שמצוה הוא במעשה גשמיי ויש בה חיות הש"י בהציוי לעשותה בכח האדם להתדבק על ידה באור הגנוז כנ"ל כמ"ש במ"א. וז"ש את החוקים כו' כלומר ע"י המצות הש"י נותן לך כח למצוא בחי' היום הזה גם במעשה.

והוא גם בחי' שבת דכ' לעשות השבת. כי כ' ששת ימי המעשה יהי' סגור כו'.

ופי' אא"ז מו"ר ז"ל פי' הפונה קדים כענין שכ' בנ"י קדמו במחשבה ע"ש. והוא כנ"ל שבשבת נתגלה המקור והשורש שמשם נמשך תמיד חיות חדש לכל הנבראים.

וי"ל כן הפי' מתעטרין בנשמתין חדתין שנתחדש החיות שבנשמת בנ"י. ופ' לעשות השבת שצריכין להביא בחי' התחדשות הנ"ל של השבת תוך ימי המעשה כמ"ש בר"ח שער הקדושה ע"ש וכמ"ש במ"א פי' וביום השבת יפתח גם בימי המעשה ע"י בחי' יום השבת כנ"ל.

וכפי מה שהאדם מברר החיות שבכל דבר ובעיניו כחדשים נתגלה לו ההתחדשות באמת וז"ש שמוע בישן תשמע בחדש. שכפי מה שמאמין שיש בחי' גנוזה מהש"י אף שנסתר מבחוץ כך זוכה להתגלות הפנימיות כנ"ל.

וכן נשתחוה ונכרעה. פי' השתחוי' שרוצה להכניע עצמו ונכרעה לשון נפעל שכפי הרצון באמת זוכה להתגלות האמת להיות נכנע באמת לאמיתו:

Dans le Midrach Tan'houma : "Ce jour-ci, le Nom, etc., t'ordonné d'accomplir les statuts etc. ; venez, chantons etc. ; prosternons-nous et agenouillons-nous etc." Moché notre maître, que la paix soit sur lui, prévit que les prémices (bikourim) seraient un jour interrompues, et il institua la prière, etc. (Midrach Tan'houma, Ki Tavo 1).

Mon aïeul, mon maître et rabbi de mémoire bénie à expliqué que la prière aussi consiste à donner le commencement (la prémice) chaque jour au Nom béni, comme les prémices, etc., vois-y. Mais le rapport avec "ce jour-ci" demande une explication.

Et dans le Midrach et dans Rachi ils citent "ce jour-ci" : chaque jour ils seront à tes yeux comme nouveaux. Est-ce à dire que l'on veut tromper l'homme, alors qu'en vérité il n'y a pas de renouvellement, à Dieu ne plaise ?

Mais il est au pouvoir de l'homme de renouveler toute chose. Car assurément il y a un aspect de renouvellement en toute chose, puisque le Saint béni soit-Il renouvelle chaque jour, continuellement, l'œuvre du commencement (maasse berechit), et "continuellement" signifie à chaque instant.

Et de plus, il n'est aucune chose sans la vitalité du Nom béni, et le Point d'où elle jaillit toujours jamais ne vieillit, car Ses paroles sont vivantes et jaillissent continuellement. Mais "les ténèbres couvrent la terre" (Isaie 60,2) : la kelipa (écorce, force qui voile), l'extériorité, est ce qui caché le Point jaillissant.

Comme il est écrit "rien de nouveau sous le soleil" (Qohelet 1,9) : c'est la nature et ce monde-ci qui cachent le renouvellement. Mais il est au pouvoir de l'homme d'illuminer le Point depuis les ténèbres, et c'est ce que dit "ce jour-ci le Nom ton Dieu t'ordonné d'accomplir" : l'explication est de trouver l'aspect de "ce jour-ci", qui est la révélation de la lumière, l'aspect du miroir éclairant (aspaklaria de-nahara).

Même au sein de l'action elle-même, qui est ce qui caché le Point susdit. Et cela se fait par les mitsvot, comme il est écrit "la mitsva est une lampe" (Proverbes 6,23) : puisque la mitsva s'accomplit dans une action matérielle et qu'elle contient la vitalité du Nom béni dans l'ordre de l'accomplir, il est au pouvoir de l'homme de s'attacher par elle à la lumière celée (or ganouz), comme dit plus haut et comme je l'ai écrit ailleurs.

Et c'est ce que dit "les statuts etc.", à savoir : par les mitsvot, le Nom béni te donne la force de trouver l'aspect de "ce jour-ci" même dans l'action. Et c'est aussi l'aspect du Chabbat, comme il est écrit "pour faire le Chabbat" (Exode 31,16).

Car il est écrit "les six jours ouvrables il sera ferme etc." (Ezechiel 46,1). Et mon aïeul, mon maître et rabbi de mémoire bénie à expliqué "[la porte] tournée vers l'orient (kadim)" dans le sens de ce qui est écrit "Israël à précédé (kadmou) dans la pensée", vois-y (Hidouchei haRim).

Et c'est comme dit plus haut : au Chabbat, la Source et la Racine se révèlent, d'où découle continuellement une vitalité nouvelle pour toutes les créatures. Et l'on peut dire que telle est l'explication de "ils sont couronnes d'âmes nouvelles" (neshamtin hadtin) : que la vitalité se renouvelle dans l'âme d'Israël.

Et l'explication de "faire le Chabbat" : qu'il faut introduire l'aspect susdit de renouvellement du Chabbat au sein des jours ouvrables, comme il est écrit dans le Rechit 'Hokhma, Chaar haKedoucha, vois-y, et comme je l'ai écrit ailleurs sur "et le jour du Chabbat il s'ouvrira" (Ezechiel 46,1) : cela s'ouvre aussi durant les jours ouvrables, par l'aspect du jour du Chabbat, comme dit plus haut. Et selon que l'homme clarifié (mevarer) la vitalité en toute chose et qu'à ses yeux elles sont comme nouvelles, le renouvellement lui est véritablement révélé ; et c'est ce que dit "si tu écoutes (chamoa) dans l'ancien, tu entendras (tichma) dans le nouveau" (Berakhot 40a).

Car selon que l'on croit qu'il y a un aspect celé du Nom béni, même s'il est dissimulé à l'extérieur, ainsi mérite-t-on la révélation de l'intériorité, comme dit plus haut. Et de même "prosternons-nous et agenouillons-nous" : l'explication de la prosternation (hichtahavaya), c'est que l'on veut se soumettre soi-même ; et "agenouillons-nous" (nikhra'à) est à la forme passive (nifal), car selon la volonté véritable on mérite la révélation de la vérité, étant réellement soumis en toute vérité.

בשם אא"ז מו"ר ז"ל עמ"ש ולא שכחתי מלברכך על הפרשת מע' כו'. דברכת מצות עובר לעשיתן ובגמ' לישנא דאקדומי הוא כו'.

ולמה נקט לשון עובר. אך כי מסברא צריך להיות הברכה אחר קיום המצוה שנותן שבח והודי' שזכה לקיים המצוה.

רק דרך איש ישראל שקודם כל דבר מקדים ההודי' אל הש"י. וזה למי שלא בא לכלל שכחה ח"ו:

Au nom de mon aïeul, mon maître et rabbi de mémoire bénie, sur ce qui est écrit "et je n'ai pas oublié de Te bénir" (Deutéronome 26,13), au sujet du prélèvement de la dîme (maasser) etc. Car la bénédiction sur les mitsvot se dit "avant leur accomplissement" (over le-assiyatan), et dans la Guemara le terme "over" est une expression de precedence (Pessahim 7b), etc.

Pourquoi emploie-t-il le terme "over", qui d'ordinaire signifie le passé ? En effet, logiquement, la bénédiction devrait être après l'accomplissement de la mitsva, donnant louange et action de grâce d'avoir mérité d'accomplir la mitsva.

Seulement, la voie de l'homme d'Israël est, avant toute chose, de faire précéder l'action de grâce envers le Nom béni. Et cela vaut pour celui qui n'en est pas venu à l'oubli, à Dieu ne plaise.

ולא נתן ה' לכם לב לדעת כו' אזנים לשמוע כו' וברש"י ומד' כשאמר הקב"ה מי יתן והי' לבבם זה ליראה כו' הי' להם לומר תן כו' והלא בשעת מתן תורה פנים בפנים דיבר ה' כו' ואיתא לא הי' בהן סומא וחרש כו' ומה ולא נתן כו' אך הרצון והמבוקש מבנ"י להיות נטבע הראי' והשמיעה לדבר ה' אשר נצפן ונגנז תוך כל דבר קטן וגדול. ובשעת מתן תורה הי' התגלות וכ' לב לדעת ופי' דעת שצריכין להבחין ולדבוק בהרגשת הפנימיות (א"כ) [*אכן] החיצוניות מסתיר כענין עה"ד טו"ר.

אבל אז הי' התגלות. וז"ש מי יתן והיי' לבבם ב' יצרים.

וז"ש ג"כ במד' שרמז להם מרע"ה על שלא ביקשו מהש"י שיכנוס מרע"ה עמהם לא"י. וי"ל כנ"ל שמרע"ה רצה שיביאו בחי' הדעת גם במקום הנסתר ונכסה שיהי' הכל אחד אצלם להבין ולראות ולשמוע דבר ה' בכל מעשה קטן וגדול.

ואז הי' יכול לכנוס לא"י ג"כ והמש"י:

"Et le Nom ne vous à pas donné un cœur pour connaître etc., des oreilles pour entendre etc." (Deutéronome 29,3). Et dans Rachi et le Midrach : lorsque le Saint béni soit-Il à dit "qui donnera que leur cœur soit ainsi pour Me craindre etc." (Deutéronome 5,26), ils auraient dû dire "Donne-[le nous] etc." ; or, au moment du don de la Torah, "face à face le Nom à parlé etc." (Deutéronome 5,4), et il est enseigné qu'il n'y avait parmi eux ni aveugle ni sourd etc. ; alors quoi, "il n'à pas donné etc." ?

Mais la volonté et ce qui est demande à Israël, c'est que soient imprimées la vision et l'écoute de la parole du Nom, laquelle est celée et cachée au sein de toute chose, petite et grande. Et au moment du don de la Torah il y eut révélation, et il est écrit "un cœur pour connaître (daat)" ; et l'explication de "daat" : qu'il faut discerner et s'attacher au ressenti de l'intériorité ; mais, en effet, l'extériorité caché, à la manière de l'Arbre de la connaissance du bien et du mal (ets ha-daat tov va-ra).

Mais alors il y avait révélation. Et c'est ce que dit "qui donnera que leur cœur (levavam) soit ainsi" : le mot écrit avec deux "beth", allusion aux deux penchants (yetsarim).

Et c'est aussi ce que dit le Midrach, que Moché notre maître leur fit allusion au fait qu'ils n'avaient pas demandé au Nom béni que Moché entre avec eux en Terre d'Israël. Et l'on peut dire, comme plus haut, que Moché voulait qu'ils introduisent l'aspect de la daat même dans le lieu caché et dissimulé, de sorte que tout soit un pour eux : comprendre, voir et entendre la parole du Nom dans toute action, petite et grande.

Et alors il aurait pu, lui aussi, entrer en Terre d'Israël ; et l'homme intelligent comprendra (ve-hamaskil yavin).

תרל"ב

5632 (תרל״ב)

במדרש מרע"ה תיקן תפלה במקום ביכורים כו' אא"ז מו"ר ז"ל פי' נתינת הראשית בכל דבר נק' מצות ביכורים וכן תפלה מועיל על כל היום כו'. וכ' היום הזה כו' מצוך לעשות כו' פרשנו להביא התחדשות ע"י שמבטל הכל אל השורש וההתחלה כי שם יש תמיד התחדשות כדכ' מחדש בכל מ"ב.

וכן הי' המצוה לספר יצ"מ. והיינו בכל יום.

וכל אדם במקום שהוא צריך לזכור ראשית שלו שהי' ט"ס. וכן כשבאנו לא"י הי' צריכין לזכור שהקב"ה הוציאנו ממצרים והביאנו לא"י וכמו כן יש יצ"מ לכל איש ישראל ולכך מזכירין יצ"מ בכל יום.

והכל להיות דבוק בהתחלות השורש של כל דבר כנ"ל:

Dans le Midrach : Moché notre maître institua la prière à la place des prémices (bikourim), etc. Mon aïeul, mon maître et rabbi de mémoire bénie à expliqué : donner le commencement (la prémice) en toute chose s'appelle la mitsva des bikourim, et de même la prière est efficace pour toute la journée, etc.

Et il est écrit "ce jour-ci etc. t'ordonné d'accomplir etc." : nous avons expliqué qu'il s'agit d'introduire le renouvellement en annulant (mevatel) tout vers la Racine et le Commencement, car la il y a toujours renouvellement, comme il est écrit "Il renouvelle chaque jour l'œuvre du commencement (maasse berechit)". Et de même il y a la mitsva de raconter la sortie d'Égypte (yetsiat Mitsraim), et cela chaque jour.

Et tout homme, la où il se trouve, doit se souvenir de son propre commencement, qui était une goutte putride (tipa serouha). Et de même, lorsque nous sommes venus en Terre d'Israël, il fallait se souvenir que le Saint béni soit-Il nous à fait sortir d'Égypte et nous à amenés en Terre d'Israël ; et de même il y a une sortie d'Égypte pour chaque homme d'Israël, et c'est pourquoi l'on mentionne la sortie d'Égypte chaque jour.

Et tout cela pour être attaché aux commencements, à la Racine de toute chose, comme dit plus haut.

במדרש אם שמוע תשמע אשרי ששמועותיו לי כו' דלתותי דלת לפנים מדלת כו' פי' שמועותיו להיות מוכן תמיד לקבל ולהאזין דברי הש"י. שיש בכל דבר קול דבר ה' שכ"ד במאמר נברא ונגנז בו כח דבר ה' וזה שצריכין למצוא הארה הגנוזה כנ"ל.

ויש פנימיות יותר ויותר עד אין שיעור. וז"ש דלתותי שלא יסבור שכבר בא להאמת רק לידע תמיד שעומד אצל הפתח.

ודלת מלשון דלות שעי"ז נפתח לו דלת לפנים מדלת כנ"ל. ובפרט באיש ישראל יש נשמת חיים ששומע תמיד קול התורה רק שגם זה נסתר להאדם.

וז"ש שמוע תשמע שישמע הנשמע לו. [צו דער הערין דעם דערהער] ועוד במד' לשמור מזוזת פתחי כמו שהמזוזה קבוע כו' ע"ש.

פי' שצריך האדם להיות מוכן תמיד בלי העסק רק לשמוע דבר הש"י. וממילא נפתח לו כשיש עת רצון רק שיהי' האדם עומד תמיד אצל הפתח כנ"ל וזהו ששמועותיו לי שכל החושים יהיו מוכנים לקבל ולהאזין דבר השי"ת לא לדבר אחר:

Dans le Midrach : "si tu écoutes, tu entendras" (Deutéronome 28,1), "heureux celui dont les écoutes (chemouotav) sont pour Moi etc.", "Mes portes (daltotai)", une porte en-deçà d'une porte, etc. (Devarim Rabba 7,2).

L'explication de "ses écoutes" : être toujours prêt à recevoir et à prêter l'oreille aux paroles du Nom béni. Car il y a en toute chose la voix de la parole du Nom, puisque toute chose (kol davar) fut créée par une parole (maamar) et que la force de la parole du Nom y est celée ; et c'est cela qu'il faut trouver : l'illumination celée, comme dit plus haut.

Et il y a une intériorité toujours plus profonde, sans mesure. Et c'est ce que dit "Mes portes", au pluriel : que l'on ne pense pas être déjà parvenu à la vérité, mais que l'on sache toujours que l'on se tient seulement à l'entrée.

Et "delet" (porte) est de la même racine que "dalout" (pauvreté, humilité), car par cela s'ouvre à lui une porte en-deçà d'une porte, comme dit plus haut. Et en particulier, dans l'homme d'Israël il y a une âme de vie (nichmat 'hayim) qui entend toujours la voix de la Torah, seulement cela aussi est caché à l'homme.

Et c'est ce que dit "chamoa tichma" (écouter tu entendras) : qu'il entende ce qui déjà s'entend en lui. [En yiddish : entendre l'entente ; tsou der heren dem derher.] Et encore dans le Midrach : "pour garder les mezouzot de Mes entrées" (Proverbes 8,34) : de même que la mezouza est fixée en place, etc., vois-y.

L'explication : que l'homme doit être toujours prêt, sans autre occupation, sinon à écouter la parole du Nom béni. Et de soi cela s'ouvre à lui lorsqu'il y a un temps de faveur (et ratson), pourvu que l'homme se tienne toujours à l'entrée, comme dit plus haut.

Et c'est le sens de "dont les écoutes sont pour Moi" : que tous les sens soient prêts à recevoir et à prêter l'oreille à la parole du Nom béni, et à rien d'autre.

תרל"ג

5633 (תרל״ג)

ב"ה תבא בקיצור ערבובי דברים

Avec l'aide du Ciel. Ki Tavo, en bref ; propos mêlés.

בערתי הקודש כו' הבית כו'. יש להבין דהא המצוה הנתינה לכהן ולוי ואין עיקר המצוה הביעור מהבית כמובן.

וי"ל כי הפרשת תרומה ומעשר להיות ניתן חלק לגבוה ומפריש הראשית להש"י ועי"ז נמשך הכל אחר נקודה הפנימיות, וכן בכלל האדם צריך לתת החכמה ומוח שבראש שהיא התרוממות והראשית שבאדם צריך להיות להש"י. כמ"ש ז"ל פי' הנסתרות לה"א.

כי במעשה גשמיות אין להכניס בו החכמה והרצון וצריך להפריש המחשבה והשכל להשי"ת. ועי"ז עצמו שאינו מכניס החכמה לתוך מעשה גשמיי עי"ז יש חיבור ועלי' גם לגשמיות.

וכענין זה כתב אא"ז מו"ר ז"ל בענין עליות שבת שאף שאין לחצוניות עלי' ממש מ"מ זה עליותו מה שמניח לפנימיות לעלות ע"ש. וזה י"ל בערתי הקודש ביעור הוא ג"כ לשון הבערה שעי"ז שיודע שמעשיו בגשמיות רחוקין ועומד מרחוק ומפריש המחשבה קודש לה'.

עי"ז עצמו מוסיף כח בהקדושה כנ"ל. ועי"ז שאינו מכניס החכמה למעשה גשמיי.

עי"ז החכמה במקומה ומאירה גם לכל מעשיו כנ"ל:

"J'ai élimine ce qui est saint etc. de la maison etc." (Deutéronome 26,13). Il y a lieu de comprendre : puisque la mitsva est le don au Cohen et au Levi, l'essentiel de la mitsva n'est pas l'élimination (biour) hors de la maison, comme on le sait.

Et l'on peut dire que le prélèvement de la terouma et de la dîme (maasser) consiste à donner une part au Très-Haut et à prélever le commencement (la prémice) pour le Nom béni, et par cela tout est entraîné à la suite du Point intérieur. Et de même, en général, l'homme doit donner la sagesse ('hokhma) et le cerveau qui est dans la tête, qui sont l'élévation et le commencement dans l'homme : ceux-ci doivent être pour le Nom béni.

Comme l'ont expliqué nos Sages de mémoire bénie sur "les choses cachées sont à l'Éternel notre Dieu" (Deutéronome 29,28). Car dans une action matérielle on ne doit pas y faire entrer la sagesse et la volonté, et il faut réserver la pensée et l'intellect pour le Nom béni.

Et par cela même, qu'il ne fait pas entrer la sagesse dans une action matérielle, il y a jonction et élévation, même pour le matériel. Et dans ce sens, mon aïeul, mon maître et rabbi de mémoire bénie à écrit au sujet des élévations du Chabbat : que bien que l'extériorité n'ait pas d'élévation à proprement parler, néanmoins son élévation consiste en ce qu'elle laisse l'intériorité s'élever, vois-y.

Et l'on peut dire ceci pour "j'ai élimine ce qui est saint" : "biour" est aussi une expression d'embrasement (havara), car du fait qu'il sait que ses actions dans le matériel sont éloignées et qu'il se tient à distance, et qu'il réserve la pensée comme sainte pour le Nom, par cela même il ajoute de la force à la sainteté, comme dit plus haut. Et du fait qu'il ne fait pas entrer la sagesse dans une action matérielle, par cela la sagesse demeure à sa place et illumine aussi toutes ses actions, comme dit plus haut.

תרל"ד

5634 (תרל״ד)

במדרש תנחומא כי מרע"ה ראה שלא יהי' מצות ביכורים בגלות תיקן ג' תפלות בכל יום. ופי' מו"ז ז"ל כי מצות ביכורים היא ליתן את הראשית מהכל להש"י וכן התפלות בשינוי הזמנים ערב ובוקר וצהרים כו'.

כי הכל תלוי בהראשית כמ"ש ז"ל טוב אחרית ד' כשהוא מראשיתו טוב. וכן מראשית השנה נידון מה יהי' בסופה אינו דווקא בר"ה רק כל שינוי ודבר חדש נמשך הכל אחר הראשית.

וכל דבר בראשיתו צריך שמירה. כי בתחילת שבא הדבר מן השורש אל האדם עומד לחסרון.

וגם כי כל המקבל צריך שמירה שלא יבא לידי גבהות לכן כל מי שיש בו בחי' ראש צריך שמירה. והעצה היא קבלת מלכותו ית' להתדבק בו ולהחזיר אליו הראשית לזכור כי הכל שלו.

לכן מיד שבאו לארץ הי' המצוה ביכורים. וכן בפרט בכ"ד שע"ז כ' בראשית ברא פירשו ז"ל בשביל תורה וחלה כו' כ"ד שנקרא ראשית שזה קיום העולם כנ"ל.

לכן נסמכה פרשת ביכורים לזכירת עמלק דכ' ראשית גוים עמלק לכך א' עדי אובד כנ"ל שמהראשית עומד להיות אובד [כמ"ש נגד שמי' אבד שמי' כשאינו בטל לשמו ית' ולכבודו כמ"ש על עמלק שאין שמו ית' שלם עד שימחה שם עמלק שמתנגד לשמו ית' כנ"ל]. אבל בנ"י ע"י שנותנין הראשית להשי"ת יש להם אחרית כנ"ל.

וחז"ל דרשו מרשית שנה שרשה בתחילתה כו' הכל כמ"ש לעיל כי ע"י ההכנעה להש"י יש קיום להראשית וכלל הדבר כל הארה שמביאה בושה והכנעה לאדם הוא דבר של קיימא:

Dans le Midrach Tan'houma : puisque Moché notre maître vit que la mitsva des prémices n'existerait pas en exil, il institua trois prières chaque jour. Et mon aïeul de mémoire bénie à expliqué que la mitsva des prémices consiste à donner le commencement de tout au Nom béni, et de même les prières, au changement des temps : soir, matin et midi, etc.

Car tout dépend du commencement, comme l'ont dit nos Sages : "meilleure est la fin d'une chose que son commencement" (Qohelet 7,8), lorsque son commencement est bon. Et de même, "des le commencement de l'année" (Deutéronome 11,12) il est juge ce qu'il adviendra à sa fin ; ce n'est pas seulement à Roch Hachana, mais tout changement et toute chose nouvelle, le tout est entraîné à la suite du commencement.

Et toute chose, en son commencement, requiert une protection (chemira). Car, au début, lorsque la chose vient de la Racine vers l'homme, elle est exposée au manque.

Et aussi, tout recevant requiert une protection, afin de ne pas en venir à l'orgueil ; c'est pourquoi quiconque possède l'aspect de "tête/commencement" (roch) requiert une protection. Et le conseil, c'est l'acceptation de Sa royauté, qu'Il soit béni, pour s'attacher à Lui et Lui restituer le commencement, se souvenant que tout est à Lui.

C'est pourquoi, des qu'ils vinrent en Terre d'Israël, il y eut la mitsva des prémices. Et de même, en particulier, en toute chose : car à ce sujet il est écrit "Berechit bara" (au commencement Dieu créa), et nos Sages ont expliqué que ce fut pour la Torah, la halla, etc., toute chose qui est appelée "rechit" (commencement), car c'est la subsistance du monde, comme dit plus haut.

C'est pourquoi la section des prémices est accolée au souvenir d'Amalek, comme il est écrit "Amalek est le commencement (rechit) des nations" (Nombres 24,20) ; c'est pourquoi il est dit "jusqu'à sa perte (adei oved)", comme dit plus haut : que des le commencement il est voué à être perdu. [Comme il est écrit : face au Ciel il périt, lorsqu'il n'est pas annulé devant Son Nom, qu'Il soit béni, et devant Sa gloire ; comme il est dit au sujet d'Amalek que Son Nom, qu'Il soit béni, n'est pas complet tant que le nom d'Amalek n'est pas efface, lui qui s'oppose à Son Nom béni, comme dit plus haut.] Mais Israël, du fait qu'ils donnent le commencement au Nom béni, ont une fin (aharit), comme dit plus haut.

Et nos Sages ont interprété "des le commencement (me-rechit) de l'année" en lisant "racha" (appauvrie) en son début, etc. ; tout cela comme dit plus haut : par la soumission (hakhnaa) envers le Nom béni, le commencement à une subsistance ; et la règle générale, c'est que toute illumination qui apporte à l'homme la honte et la soumission est chose durable.

ולא נתן ה'. לכם לב לדעת ועינים כו' ואזנים לשמוע כו'.

וקשה כי דור המדבר הוא דור דיעה שעמדו על הר סיני. אך לא כתיב לא נתן לכם דעת כו'.

רק הכלים לב ועינים ואזנים. כי בוודאי כשעמדו על הר סיני היו כמו בלי גוף כמ"ש נפשי יצאה בדברו והם ממש דור דיעה בלי גוף ותיקון הגוף ניתן לבנ"י כשנכנסו לא"י.

והכלל שהקב"ה נתן לבנ"י ב' אלו הדברים תורה הקדושה שמלמדת לאדם דעת איך לצאת מחומר הגוף והגשמיות. וא"י ובהמ"ק היא לקרב הגשמיות וחומר הגוף ג"כ אל הקדושה להיות חיבור הנשמה והגוף ביחד.

כמ"ש כי תבאו ונטעתם כו' וזה תיקון הגוף הי' חסר להם קודם ביאת הארץ. וכן עתה בגלות שהשאיר לנו הקב"ה התורה הקדושה.

ובהמ"ק אין לנו. לכן א"א להתקיים בקדושה רק כפי ביטול הגוף לצאת מהגשמיות ע"י הדעת מהתורה ותיקון הגוף הוא בגלות כנ"ל.

ועל ב' אלו הבחי' מבקשין שיבנה בהמ"ק כו' ותן חלקינו בתורתך. והם ב' האותות שצריך להיות בכל איש ישראל ברית מילה ותפילין ובש"ק מילה ושבת כמ"ש חז"ל.

והם ב' ענינים הנ"ל והם תורה שבכתב ושבע"פ. ושבת הוא בחי' א"י ובהמ"ק ויש בו תיקון הגוף.

לכן יכולין לקבל בחי' נשמה יתירה והיא הארת הנשמה בגוף כנ"ל:

"Et le Nom ne vous à pas donné un cœur pour connaître, des yeux etc., et des oreilles pour entendre etc." (Deutéronome 29,3). Et c'est difficile, car la génération du désert est la génération de la connaissance (dor dea), qui se tint au mont Sinaï.

Mais il n'est pas écrit "il ne vous à pas donné la connaissance (daat) etc.", seulement les instruments (kelim) : le cœur, les yeux et les oreilles. Car assurément, lorsqu'ils se tinrent au mont Sinaï, ils étaient comme sans corps, comme il est écrit "mon âme est sortie à Sa parole" (Cantique 5,6) ; et ils étaient véritablement la génération de la connaissance, sans corps ; et la réparation du corps (tikoun ha-gouf) fut donnée à Israël lorsqu'ils entrèrent en Terre d'Israël.

Et la règle, c'est que le Saint béni soit-Il à donné à Israël ces deux choses : la sainte Torah, qui enseigne à l'homme la connaissance (daat), comment sortir de la matière du corps et du matériel ; et la Terre d'Israël avec le Temple (Beit ha-Mikdach), pour rapprocher aussi le matériel et la matière du corps de la sainteté, afin qu'il y ait jonction de l'âme et du corps ensemble. Comme il est écrit "quand vous viendrez au pays et planterez etc." (Lévitique 19,23) ; et cette réparation du corps leur manquait avant l'entrée au pays.

Et de même maintenant, en exil, où le Saint béni soit-Il nous à laissé la sainte Torah, mais nous n'avons pas de Temple. C'est pourquoi il est impossible de subsister dans la sainteté sinon selon l'annulation du corps (bitoul ha-gouf), pour sortir du matériel, par la connaissance issue de la Torah ; et la réparation du corps demeure inaccomplie en exil, comme dit plus haut.

Et pour ces deux aspects nous demandons "qu'Il rebâtisse le Temple etc." et "donne notre part dans Ta Torah". Et ce sont les deux signes (otot) qui doivent être en chaque homme d'Israël : la circoncision (brit mila) et les tefilin ; et le Chabbat saint : la mila et le Chabbat, comme l'ont dit nos Sages.

Et ce sont les deux thèmes susdits, à savoir la Torah écrite et la Torah orale (tora che-bikhtav ve-che-be-al-pe). Et le Chabbat est l'aspect de la Terre d'Israël et du Temple, et il comporte la réparation du corps.

C'est pourquoi l'on peut recevoir l'aspect de l'âme supplémentaire (nechama yetera), qui est l'illumination de l'âme dans le corps, comme dit plus haut.

תרל"ה

5635 (תרל״ה)

היום הזה ה"א מצוך. ברש"י ובמד' תנחומא להיות בכל יום חדשים כו'.

פרשנו כבר שהתחדשות הימים הוא לפי עבודת האדם. והענין שיש ג' בחי' עולם שנה נפש והם תלוין זה בזה.

וכפי מה שמתפשט כח הנשמה בגוף בא התחדשות החיות בנפש האדם וכמו כן מתחדש הזמן ובכלל הבריאה ג"כ. ומצות ביכורים הי' על זה התחדשות ובמקום זה תיקנו תפלות כו'.

והמצוה להזכיר יצ"מ היא ג"כ כנ"ל שכמו שבנ"י לא באו למקומם הראוי עד שירדו למצרים וביררו כל אותן המקומות. וכמו כן נמצא דברים אלו לכל פרטי הבריאה וכענין ג"ש ערלה באילן.

ולכן ע"י מצות ביכורים והסיפור ביצ"מ יכול לפדות הפירות מסט"א להיות חל עליו הקדושה. ונסמכה פרשת ביכורים למחית עמלק.

כי ביכורים היא לתת הראשית להקב"ה. ועמלק היא היפוך זה כדכ' ראשית גוים עמלק.

פי' שמקודם מלחמת עמלק היו בנ"י מתקנים כלל הבריאה להיות נכנעים תחת הקדושה. אבל עמלק המציא לו ראשית אחר שאין לו אחרית כדכ' ואחריתו עדי אובד והיא חיות הרשעים שבא מסט"א שמדמה לרשעים כאילו יש להם ראשית לבד הקדושה.

וכל עבודת בנ"י רק לבטל זה ולברר כי כל הראשית היא להשי"ת בלבד:

"Ce jour-ci le Nom ton Dieu t'ordonné." Dans Rachi et le Midrach Tan'houma : qu'ils soient chaque jour nouveaux, etc. Nous avons déjà expliqué que le renouvellement des jours est selon le service (avoda) de l'homme.

Et l'idée : il y a trois aspects, monde (olam, espace), année (chana, temps) et âme (nefech), et ils dépendent l'un de l'autre. Et selon que la force de l'âme se déploie dans le corps, vient le renouvellement de la vitalité dans l'âme de l'homme, et de même le temps se renouvelle, ainsi que l'ensemble de la Création.

Et la mitsva des prémices portait sur ce renouvellement, et à sa place on institua les prières, etc. Et la mitsva de mentionner la sortie d'Égypte est aussi comme dit plus haut : de même qu'Israël n'est parvenu au lieu qui lui convenait qu'après être descendu en Égypte et avoir clarifié (birer) tous ces lieux.

Et de même, ces choses se trouvent en tous les détails de la Création, à la manière des trois années d'orla (fruits interdits) de l'arbre. Et c'est pourquoi, par la mitsva des prémices et le récit de la sortie d'Égypte, on peut racheter les fruits du côté autre (sitra ahara, force du mal) afin que la sainteté se pose sur eux.

Et la section des prémices est accolée à l'effacement d'Amalek. Car les prémices consistent à donner le commencement au Saint béni soit-Il, et Amalek est l'oppose de cela, comme il est écrit "Amalek, commencement des nations".

L'explication : avant la guerre d'Amalek, Israël réparait l'ensemble de la Création pour qu'elle soit soumise sous la sainteté. Mais Amalek s'est inventé un autre commencement qui n'à pas de fin, comme il est écrit "et sa fin, jusqu'à la perdition" (Nombres 24,20) ; c'est la vitalité des méchants, qui provient du côté autre (sitra ahara), qui fait croire aux méchants qu'ils possèdent un commencement en dehors de la sainteté.

Et tout le service d'Israël n'est que d'annuler cela et de clarifier que tout commencement est au Nom béni seul.

במדרש שמוע תשמע לכנוס דלת לפנים מדלת לשקוד על דלתותי כו'. כי צריך האדם לידע שכל הפתיחה שנפתח בו איזה פתח בלבו כמו כן נפתח בשורשו למעלה וכל המכוון צריך להיות על פתח השורש שהשמיעה תגרום שמיעה פנימיות אח"כ כנ"ל:

Dans le Midrach : "chamoa tichma" (écouter tu entendras), pour entrer, une porte en-deçà d'une porte, "pour veiller à Mes portes etc." (Proverbes 8,34). Car l'homme doit savoir que chaque ouverture, lorsque s'ouvre en lui quelque entrée dans son cœur, s'ouvre de même en sa racine, en haut ; et toute l'intention doit porter sur l'entrée de la Racine, de sorte que l'écoute entraîne ensuite une écoute intérieure, comme dit plus haut.

אא"ז מו"ר ז"ל הגיד בשם הרה"ק מפרשיסחא ז"ל על הפסוק ולא נתן ה' לכם לב לדעת כו' עד היום הזה. כי כל הניסים ונפלאות שעשה עמהם הש"י.

מ"מ הואיל והי' שלא ע"פ הטבע הי' רק לשעה. אבל אחר שגמר להם כל התורה ונעשה מכל ההתנהגות תורה נעשה מזה בנין קבוע לדורות עכ"ד ז"ל.

והוא ענין היום הזה היינו התלבשות כל ההארות במעשים טובים שמכל מעשיהם נעשה תורה. והוא באמת עיקר הזכות הגדול לבנ"י בקבלת התורה כי התורה אין לה שיעור כמאמר ונעלמה מעיני כל חי.

רק שבנ"י זכו להלביש התורה שמכל מעשיהם נעשה לבוש לאור התורה בתורה ומצות שבתורה זו שלפנינו. והבן.

וזה י"ל ג"כ ה' האמרת היום פי' שנעשה מעשרה מאמרות תורה שלימה כמ"ש במ"א ענין ע"מ וע' הדברות:

Mon aïeul, mon maître et rabbi de mémoire bénie à rapporté au nom du saint rabbi de Pchiskha de mémoire bénie, sur le verset "et le Nom ne vous à pas donné un cœur pour connaître etc., jusqu'à ce jour" (Deutéronome 29,3) : que tous les miracles et prodiges que le Nom béni accomplit avec eux, néanmoins, puisqu'ils étaient hors du cours de la nature, n'étaient que passagers. Mais après qu'Il leur eut achevé toute la Torah et que de toute la conduite de vie il se fit une Torah, il s'en fit un édifice permanent pour les générations.

Fin de ses paroles, de mémoire bénie. Et c'est le sens de "ce jour-ci" : à savoir le revêtement (hitlabchout) de toutes les illuminations dans les bonnes actions, de sorte que de toutes leurs actions se fait une Torah.

Et c'est en vérité le grand mérite essentiel d'Israël dans la réception de la Torah, car la Torah n'à pas de mesure, selon le dit "elle est cachée aux yeux de tout vivant" (Job 28,21). Seulement, Israël à mérité de revêtir la Torah, de sorte que de toutes leurs actions se fait un vêtement pour la lumière de la Torah, par la Torah et les mitsvot de cette Torah qui est devant nous.

Comprends-le. Et l'on peut dire de même ceci pour "tu as fait dire au Nom aujourd'hui" (Deutéronome 26,17) : l'explication, c'est que des dix paroles (assara maamarot) de la Création se fait une Torah complète, comme je l'ai écrit ailleurs, au sujet des dix paroles et des dix commandements (asseret ha-dibrot).

En bref

« Abaisse Ton regard » (Devarim 26,15) : dans le Midrach, celui qui apporte les prémices (bikourim) se tient debout et demande en faveur de tout Israël. Bien que cela soit écrit à propos de la mitsva de l'élimination (bi'our) dans « Quand tu auras achevé de prélever la dîme » (Devarim 26,12), selon le Sfat Emet il apparaît que toutes les mitsvot, les prélèvements (teroumot) et les dîmes (maasserot) jusqu'à la fin du bi'our dépendent des prémices, première mitsva. C'est pourquoi l'Écriture a rattaché « quand tu auras achevé de prélever la dîme » après la mitsva des prémices, car tout dépend du commencement (rechit).

Aussi : les bénédictions gardées jusqu'à ce qu'elles atteignent l'homme ; une porte à l'intérieur d'une porte et la mezouza face à la Sitra Ahara ; les trois prières instituées par Moché quand les prémices cessent.

במדרש זה שמביא ביכורים עומד ומבקש בעד כל ישראל השקיפה כו'. הגם שזה נכתב במצות ביעור בפ' כי תכלה לעשר.

אבל נראה כי כל המצות תרומות ומעשרות עד סוף הביעור הכל תלוי במצות ביכורים שהיא מצוה ראשונה. לכן סמכן הכ' כי תכלה לעשר אחר מצות ביכורים כי הכל תלוי בהראשית:

Dans le Midrach : celui qui apporte les prémices (bikourim) se tient debout et demande en faveur de tout Israël, "Abaisse Ton regard..." (Deutéronome 26,15). Bien que cela soit écrit à propos de la mitsva de l'élimination (bi'our) dans le passage "Quand tu auras achève de prélever la dîme" (Deut.

26,12), il apparaît que toutes les mitsvot, prélèvements (teroumot) et dîmes (maasserot) jusqu'à la fin du bi'our, tout dépend de la mitsva des prémices qui est la première mitsva. C'est pourquoi l'Écriture à rattaché "quand tu auras achève de prélever la dîme" après la mitsva des prémices, car tout dépend du commencement (rechit).

ובאו עליך כל הברכות האלה והשיגוך. כי יש ברכה שאין המתברך יכול לקבל והקב"ה שומר את הברכה.

ובוודאי מכל דבר טוב נשאר הברכה. וכשהוא אינו מוכן לזה יתן לו הקב"ה לעת הראוי או לפעמים בעוה"ב כשא"י לקבלו בעוה"ז מול זאת נאמר והשיגוך.

[וכמדומה לי כי שמעתי כזה בשם הרב מפרשיסחא ז"ל]:

"Et toutes ces bénédictions viendront sur toi et t'atteindront" (Deut. 28,2).

Car il est une bénédiction que celui qui est béni ne peut recevoir, et le Saint béni soit-Il garde cette bénédiction. Et assurément, de toute bonne chose il reste la bénédiction.

Et lorsqu'il n'y est pas dispose, le Saint béni soit-Il la lui donnera au moment approprié, où parfois dans le monde à venir lorsqu'il ne peut la recevoir en ce monde ; c'est en regard de cela qu'il est dit "et elles t'atteindront". [Et il me semble avoir entendu une chose semblable au nom du Rav de Przysucha, de mémoire bénie.]

תרל"ו

5636 (תרל״ו)

במדרש לשקוד על דלתותי דלת לפנים מדלת כו' מזוזות פתחי כמו מזוזה קבוע כו'. כי בכל פתיחת פתח חדש נולד כח הסט"א ג"כ כמ"ש לפתח חטאת רובץ לכן צוה לקבוע מזוזה בפתח כמ"ש בזוה"ק זז מות.

והיא התערובות שנעשה אחר חטא הראשון. והעצה דלת לפנים מדלת היא כמו חותם בתוך חותם שאין שם מגע נכרי.

וביאור הדברים שאם זוכה אדם להשיג השגה בלב צריך לשמור שלא לבא ח"ו לידי גסות רק להיות יודע ברור כי עודנו עומד אצל הפתח. כי באמת זה עיקר פתיחות הלב זה שיודע שפלותו ושיזכור רוממות אל וכמה הוא רחוק מהאמת.

והנה ב' פתחים אלו הם ב' הדלתין שבשם הוי' ב"ה [והנקודה שבתוך הדלתין הן הן המזוזות והבן]. ואם הפתיחה הוא כראוי מביא לאדם לידי תשובה והוא פתיחת דלת הפנימיות ועי"ז מגרש סט"א ולכן מסיים מוצאי מצא חיים.

ז"ש אם שמוע תשמע שכל שמיעה צריך להביא שמיעה אחרת כמ"ש כבר בפי' אשרי אדם שומע לי ששמועותיו לי שזה כח הכנה לשמוע דבר ה' הוא יותר ממה שכבר שמע. ואין לזה שיעור רק לעולם יהי' מוכן לשמוע ולבטל עצמו להשפעת השי"ת.

וז"ש שאינו זז מן הפתח כו'. והיא הצלה מסט"א כנ"ל.

וכן פרשנו מ"ש שוב יום א' לעני מיתתך היא קודם הנפילה. והבן:

Dans le Midrach : "veiller à Mes portes" (Prov. 8,34) - une porte à l'intérieur d'une porte, "les montants de Mes entrées" comme un montant fixe.

Car à chaque ouverture d'une porte nouvelle naît aussi la force de la Sitra Ahara (l'Autre Côté), comme il est écrit "à l'entrée le péché est tapi" (Gen. 4,7) ; c'est pourquoi Il à ordonné de fixer une mezouza à l'entrée, comme il est dit dans le saint Zohar : "zaz mavet" (la mort s'écarte, jeu de mots sur mezouza).

Et c'est le mélange de bien et de mal survenu après la première faute. Et le conseil d'une porte à l'intérieur d'une porte est comme un sceau à l'intérieur d'un sceau, où nul contact étranger n'atteint.

Voici l'explication : si l'homme mérite d'atteindre une compréhension dans le cœur, il doit veiller à ne pas en venir, à Dieu ne plaise, à la grossièreté (l'orgueil), mais à savoir clairement qu'il se tient encore auprès de l'entrée. Car en vérité ceci est l'essentiel de l'ouverture du cœur : savoir sa bassesse et se souvenir de l'élévation de Dieu et combien il est loin de la vérité.

Or ces deux entrées sont les deux "dalet" du Nom de Havaya béni soit-Il [et le point à l'intérieur des "dalet", ce sont précisément les montants (mezouzot), comprends-le]. Et si l'ouverture se fait comme il convient, elle amène l'homme au repentir (techouva), qui est l'ouverture de la porte de l'intériorité, et par cela il chasse la Sitra Ahara ; c'est pourquoi il conclut "celui qui Me trouve à trouvé la vie" (Prov.

8,35). C'est le sens de "si écouter tu écoutes" (im chamoa tichma) : toute écoute doit amener une autre écoute, comme je l'ai déjà expliqué sur "heureux l'homme qui M'écoute" (Prov.

8,34) - que ses écoutes soient à Moi, c'est-à-dire que la force de disposition à écouter la parole de Dieu soit plus grande que ce qu'il à déjà entendu. Et cela n'à pas de mesure : que toujours il soit dispose à écouter et à s'annuler devant l'influx du Saint béni soit-Il.

C'est le sens de "il ne s'écarte pas de l'entrée". Et c'est le salut face à la Sitra Ahara comme dit.

Ainsi avons-nous expliqué ce qui est dit "repens-toi un jour avant ta mort" (Avot 2,10) : c'est avant la chute. Comprends-le.

את ה' האמרת היום כו' וה' האמירך כו' וזה נוהג בכל יום כי ביד בנ"י לעורר רצון עליון ע"י זה התעוררות שלהם. וכ"כ אני לדודי ודודי לי פי' שע"י התקרבותינו אליו זוכין להתקרבות מן השמים כמ"ש כה' אלקינו בכל קראינו אליו.

לכן בימים אלו שבנ"י מתעוררין בתשובה הוא עת רצון בשמים:

"Tu as fait dire aujourd'hui à l'Éternel... et l'Éternel t'à fait dire..." (Deut. 26,17-18).

Cela vaut chaque jour, car il est au pouvoir des enfants d'Israël d'éveiller la volonté d'en haut par leur propre éveil. Ainsi est-il écrit "je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi" (Cant.

6,3) : c'est-à-dire que par notre rapprochement vers Lui nous méritons un rapprochement depuis les cieux, comme il est écrit "comme l'Éternel notre Dieu chaque fois que nous L'appelons" (Deut. 4,7).

C'est pourquoi en ces jours où les enfants d'Israël s'éveillent au repentir, c'est un temps de faveur (et ratson) dans les cieux.

והותירך ה' לטובה כו'. פי' שלא יבא האדם ע"י רוב טובה לנפילה ח"ו ע"י התנשאות וכדומה רק שיהי' נשאר כמו שהי' מקודם.

עוד ע"י גבוה יותר שאף שיתן הש"י רוב השפעת שכל ובינה אל ישכח האדם מכל צורכי הגוף וישאר בעוה"ז לקשר הארת הנשמה גם בגוף והבן:

"Et l'Éternel te fera surabonder en bien" (Deut. 28,11).

Explication : que l'homme n'en vienne pas, par l'abondance de bien, à la chute, à Dieu ne plaise, par l'orgueil et le semblable, mais qu'il demeure tel qu'il était auparavant. Autre sens, plus élevé : que même si le Saint béni soit-Il donne une abondance d'influx d'intellect (sekhel) et de discernement (bina), l'homme n'oublié pas tous les besoins du corps et demeure en ce monde pour relier l'illumination de l'âme (nechama) aussi au corps.

Comprends-le.

עוד פי' והותירך כי ע"י רוב חסדי ה' צריך האדם לקבל הכנעה רבה מזה החסד עליון שיהי' בעיני עצמו כמותר כמ"ש לשארית נחלתו מי שמשים עצמו כשיריים. אך לפעמים ע"י שפלות בעיניו מגרע בעבודת הבורא.

לכן נאמר והותירך רק לטובה כנ"ל. והבן כי קצרתי בכל זה ממיעוט פנאי:

Autre explication de "et Il te fera surabonder" : par l'abondance des bontés ('hessed) de Dieu, l'homme doit recevoir de cette bonté suprême une grande soumission (hakhna'à), au point d'être à ses propres yeux comme un surplus (motar), comme il est dit "au reste de son héritage" (Michee 7,18) - celui qui se fait comme un reste (chirayim). Mais parfois, par bassesse à ses yeux, il diminue dans le service du Créateur ; c'est pourquoi il est dit "et Il te fera surabonder" seulement "en bien", comme dit.

Comprends-le, car j'ai été bref en tout cela faute de loisir.

ונתנך ה' כו' עליון במד' מה שמן צף למעלה כו'. כי זאת הברכה אשר אם נשמע בקול ה' ממילא ניתן האדם עליון על כל אף שהוא שפל עולה למעלה כמו השמן.

וביאור הדברים. כי אחז"ל הקב"ה למעלה ומשאו למטה היפוך ב"ו שמשאו על כתיפו.

ולכן בנ"י שהם קרובין למלך והם נושאין כל הנבראים לכן הם למעלה ג"כ מכולם דכ' תורה אור בר מצוה. ואור תורה היא חיות כל העולם ובנ"י ע"י המצות ועבודת הבורא עי"ז ממשיכין האור אחר הפתילה.

וכמו שמן מעורב במים אשר הפתילה מוצאת מיד אף טפה קטנה של שמן ומעלת אותה מהמים. כמו כן עולה כל עבודה קטנה שבלב איש ישראל עד למעלה והוא אורה לעולם כנ"ל:

"Et l'Éternel te placera au-dessus..." (Deut. 28,1) ; dans le Midrach : comme l'huile qui surnage au-dessus.

Car telle est la bénédiction : si nous écoutons la voix de Dieu, l'homme est de lui-même place au-dessus de tout ; même s'il est bas, il monte vers le haut comme l'huile. Voici l'explication : nos Sages ont dit que le Saint béni soit-Il est en haut et Sa charge en bas, à l'inverse de l'homme de chair et de sang dont la charge est sur son épaule.

C'est pourquoi les enfants d'Israël, qui sont proches du Roi et qui portent toutes les créatures, sont eux aussi au-dessus de tous ; car il est écrit "la Torah est lumière, la mitsva est lumière" (Prov. 6,23).

Et la lumière de la Torah est la vitalité de tout le monde, et les enfants d'Israël, par les mitsvot et le service du Créateur, attirent par cela la lumière après la mèche. Et de même que l'huile mêlée à l'eau, dont la mèche trouve aussitôt la moindre petite goutte d'huile et l'élève hors de l'eau, ainsi s'élève tout petit service dans le cœur de l'homme d'Israël jusqu'en haut, et c'est une lumière pour le monde, comme dit.

תרל"ז

5637 (תרל״ז)

במדרש אשרי שומע לי לשקוד ע"ד דלת לפנים מדלת כו' ובמד' תנחומא שמוע בעוה"ז תשמע בעוה"ב כי הגוף מלבוש הנשמה וצריך מקודם פתיחת הלב הגשמיי ואח"כ צריך לפתיחות שורש נשמתו וזהו בא ממילא. וכפי עבודת האדם בימי המעשה נפתח לו בש"ק מעין עוה"ב לכן שמוע תשמעו בקולי ר"ת שבת.

גם פי' תשמע לאחרים ע"ש במד' דאיתא מקודם יקבל עליו עול מלכות ש' ואח"כ עול מצות. כי באמת התפשטות השכל וההשגה תוך המעשים זה בחי' עול מצות ומקודם פ' שמע היא הבנה והשגת הדעת כמ"ש דע כו' אלקי אביך.

אח"כ שמע תשמעו היא להשמיע בפה להכניס דברים אלו לאיברי הגוף הוא באמת ע"י כח הפה שבנ"י כחן בפה. וזה בחי' ועבדהו במצות כמ"ש לעבדה ולשמרה בעשה ול"ת כו' וכפי התפשטות הדעת במעשים כמו כן מתרבה הדעת.

וז"ש במד' ע"י שעונין אמן בעוה"ז זוכה לענות אמן בעוה"ב. ופרשנו כבר.

ותוכן הדברים כמו שהי' המצוה שהלוים יאמרו וכל העם יענו אמן. היינו שאף פשוטי ב"א שא"י להבחין שזה ברכה וזה קללה אעפ"כ ע"י ענית אמן שמבקשין להימשך אחר אנשי אמת יש להם תיקון, וכמו כן באדם עצמו ע"י התמשכות כלי המעשה אחר הדעת שבו ועונה אמן בע"כ.

והשי"ת משלם לו ג"כ שהשכל והדעת מתעלה ג"כ אף למקום שלמעלה מהשגתו כמו שהמשיך המעשה להיבטל להדעת ובמ"א הארכנו בפי' ב' עולמות אלו:

Dans le Midrach : "heureux qui M'écoute" (Prov. 8,34) - veiller à Mes portes, une porte à l'intérieur d'une porte.

Et dans le Midrach Tan'houma : "écouter" en ce monde, "tu écouteras" dans le monde à venir ; car le corps est le vêtement de l'âme, et il faut d'abord l'ouverture du cœur matériel, puis il faut l'ouverture de la racine de son âme, et celle-ci vient d'elle-même. Et selon le service de l'homme durant les jours ouvrables, s'ouvre pour lui au saint Chabbat comme un avant-goût du monde à venir ; c'est pourquoi "écouter vous écouterez ma voix" (chamoa tichme'où be-koli) - les initiales forment Chabbat.

On peut aussi expliquer "tu feras entendre aux autres", vois-le dans le Midrach où il est dit : d'abord il prend sur lui le joug de la royauté des cieux, puis le joug des mitsvot. Car en vérité le déploiement de l'intellect et de la compréhension à l'intérieur des actes, c'est l'aspect du joug des mitsvot ; et auparavant, le passage du "Chema" est compréhension et saisie de la connaissance (daat), comme il est écrit "connais... le Dieu de ton père" (I Chron.

28,9). Ensuite "écouter vous écouterez", c'est faire entendre par la bouche, faire entrer ces paroles dans les membres du corps ; cela se fait en vérité par la force de la bouche, car la force des enfants d'Israël est dans la bouche.

Et c'est l'aspect de "sers-Le" par les mitsvot, comme il est dit "pour la cultiver et la garder" (Gen. 2,15), par le positif et le négatif ; et à mesure du déploiement de la connaissance dans les actes, de même la connaissance se multiplie.

C'est ce que dit le Midrach : parce qu'ils répondent "amen" en ce monde, on mérite de répondre "amen" dans le monde à venir. Et nous l'avons déjà expliqué.

La teneur en est : de même que la mitsva était que les Lévites disent et que tout le peuple réponde "amen" - c'est-à-dire que même les gens simples, incapables de discerner ceci comme bénédiction et cela comme malédiction, néanmoins par la réponse "amen", par laquelle ils cherchent à se laisser entraîner à la suite des hommes de vérité, ont une réparation (tikoun) - de même dans l'homme lui-même, par l'entraînement de l'instrument (kli) de l'acte à la suite de la connaissance qui est en lui, et il répond "amen" malgré lui. Et le Saint béni soit-Il le lui paie de même, que l'intellect et la connaissance s'élèvent aussi, même vers un lieu au-dessus de sa compréhension, de même qu'il à entraîne l'acte à s'annuler devant la connaissance.

Ailleurs nous nous sommes étendus sur l'explication de ces deux mondes.

מצות ביכורים הי' הכנה לר"ה כי הוא מעצרת עד החג ומסתמא רוב ביכורים הי' קודם ר"ה שאחר הסוף מפירות השנה היו מחזירין הראשית להשי"ת והוא התדבקות אחרית הדבר בראשיתו. לכן הביכורים נק' ראשית ואחז"ל בראשית ברא בשביל מצות ביכורים ע"ש.

כי זה קיום העולם מה שמעוררין תמיד ראשית הכח שבא מהש"י. ולכן הי' המצוה אחר שבאו לא"י יזכרו הראשית שהש"י הוציאנו ממצרים ועשה לנו ניסים עד שהביאנו לא"י שהוא תכלית התיקון.

ועתה הנה הבאתי כו'. ועתה לשון תשובה שבוודאי אחר השגת האמת צריכין לשוב בתשובה כי עיקר התשובה היא התדבקות בראשית.

ושורש הראשית ניתן לבנ"י כמ"ש שנק' ראשית תבואתו והיינו שיש להם הכח להתדבק תמיד בראשית. וז"ש ונתנך ה"א עליון כו' כמ"ש במד' שדומין לשמן שצף למעלה כו'.

ועתה שאין לנו ביכורים בפועל צריכין לתקן הכל בתשובה בלב:

La mitsva des prémices était une préparation à Roch Hachana, car elle va de Chavouot (Atseret) jusqu'à la fête de Souccot, et vraisemblablement la plupart des prémices étaient apportées avant Roch Hachana ; car après la fin des fruits de l'année, on rendait le commencement (rechit) au Saint béni soit-Il, et c'est l'attachement de la fin de la chose à son commencement. C'est pourquoi les prémices sont appelées "rechit", et nos Sages ont dit : "Au commencement (Berechit) Il créa" - pour la mitsva des prémices appelées rechit, vois-le.

Car c'est la subsistance du monde, ce que l'on éveille toujours : la force première qui vient du Saint béni soit-Il. C'est pourquoi la mitsva était, après qu'ils furent venus en terre d'Israël, qu'ils se souviennent du commencement : que le Saint béni soit-Il nous à fait sortir d'Égypte et nous à fait des miracles jusqu'à nous amener en terre d'Israël, qui est la finalité de la réparation.

"Et maintenant, voici j'ai apporté..." (Deut. 26,10) - "et maintenant" (ve-ata) est un terme de repentir, car assurément, après avoir atteint la vérité, il faut revenir en repentir, car l'essentiel du repentir est l'attachement au commencement.

Et la racine du commencement à été donnée aux enfants d'Israël, comme il est écrit qu'Israël est appelé "prémice de Sa récolte" (Jer. 2,3) ; c'est-à-dire qu'ils ont la force de s'attacher toujours au commencement.

C'est le sens de "l'Éternel ton Dieu te placera au-dessus", comme dit le Midrach qu'ils ressemblent à l'huile qui surnage au-dessus. Et maintenant que nous n'avons plus de prémices dans les faits, nous devons tout réparer par le repentir dans le cœur.

במדרש בפסוק ול"נ ה' לכם לב לדעת כו' כשאמר הקב"ה מי יתן והי' לבבם כו' הי' להם לומר אתה תן משל לחבר כו' עכנא כו' ע"ש. וקשה למה לא אמר מרע"ה אתה תן.

אכן ביאור הענין כי בוודאי מדרגת מרע"ה הי' למעלה ממדרגתם ובנ"י אמרו לא אוסיף לשמוע כו'. ואם היו שומעים הכל בעצמם הי' באמת תיקון הגמור והיו בנ"י כמלאכים והי' להם לב אחד וזאת הי' וודאי במתנה מהש"י.

אמנם באמת רצונו ית' הי' שבנ"י יתקנו ב' הלבבות כמ"ש והי' לבבם זה כו'. והוא תיקון עה"ד טו"ר ולכן לא נתן ה' לכם מצידו בלי תערובת טו"ר ונק' לב.

אבל הוצרכו בנ"י לסבב כמה דרכים בכל המסעות והנסיונות שעבר עליהם והוא הסדר שסידר מקודם הברכות והקללות והם בחי' עה"ד טו"ר. אעפ"כ אחר שתיקנו הכל זכו לבא לבחי' זו כמ"ש עד היום הזה.

אך שבנ"י א"י להשיג זאת רק ע"י נסיונות מקודם לעבור ב' הדרכים ולתקן ב' הלבבות. לכן אמר להם מרע"ה שכיון שבחרו להם זה הדרך ע"כ ישמרו מאוד כל המצות למען תשכילו כו' כי הם צריכין ישועה כי דרך זה מסוכן הוא, ולא חשב להם זאת לחטא מה שלא אמרו אתה תן רק שהראה להם שבחרו להם הדרך לעבור דרך אותו עכנא לתקן הכל:

Dans le Midrach, sur le verset "et l'Éternel ne vous à pas donné un cœur pour connaître..." (Deut. 29,3) : lorsque le Saint béni soit-Il dit "qui donnera que leur cœur soit ainsi..." (Deut.

5,26), ils auraient dû dire "Toi, donne-le" ; parabole d'un ami... le serpent (akhna)..., vois-le. Et la difficulté est : pourquoi Moche notre maître n'à-t-il pas dit "Toi, donne-le" ?

Or voici l'explication : assurément, le degré de Moche notre maître était au-dessus de leur degré, et les enfants d'Israël avaient dit "je n'écouterai plus..." (Deut. 5,22).

S'ils avaient tout entendu par eux-mêmes, ce serait en vérité la réparation achève, et les enfants d'Israël auraient été comme des anges, et ils auraient eu un cœur unique - et cela aurait certes été un don du Saint béni soit-Il. Mais en vérité Sa volonté, qu'Il soit béni, était que les enfants d'Israël réparent les deux cœurs, comme il est dit "que ce leur cœur soit..." ; c'est la réparation de l'Arbre de la connaissance du bien et du mal.

C'est pourquoi "l'Éternel ne vous à pas donné" de Son côté un cœur sans mélange de bien et de mal, appelé "lev" (cœur). Mais les enfants d'Israël ont du parcourir bien des chemins dans toutes les étapes et les épreuves qu'ils ont traversées ; c'est l'ordre qu'Il avait ordonné d'abord, les bénédictions et les malédictions, qui sont l'aspect de l'Arbre de la connaissance du bien et du mal.

Néanmoins, après avoir tout réparé, ils méritèrent de parvenir à cet aspect, comme il est dit "jusqu'à ce jour". Seulement, les enfants d'Israël ne peuvent atteindre cela que par des épreuves préalables, pour parcourir les deux chemins et réparer les deux cœurs.

C'est pourquoi Moche notre maître leur dit : puisqu'ils ont choisi pour eux ce chemin, qu'ils gardent donc très soigneusement toutes les mitsvot "afin que vous réussissiez..." (Deut. 29,8), car ils ont besoin de salut, ce chemin étant perilleux.

Et il ne leur a pas compte comme faute de n'avoir pas dit "Toi, donne-le", mais il leur a montré qu'ils avaient choisi pour eux le chemin de passer par ce serpent (akhna) pour tout réparer.

תרל"ח

5638 (תרל״ח)

במדרש תנחומא ראה מרע"ה שהביכורים עתידין ליבטל תיקן ג' תפלות בכל יום. כי מצות ביכורים הוא לתת הראשית להבורא ית' ועי"ז נמשך הכל אחר השורש ויש בו ברכה לכן כ' אח"כ ושמחת בכל הטוב כו' כיון שקיים המצוה בהתחלת הענין.

ועיקר השמחה היא באדם כשכל מעשיו דבקים בשורשן והעמדת כל דבר על מקומו מביא שמחה. וכמו כן עתה ע"י התפלות בשינוי זמנים מביא התחדשות בהזמן וז"ש היום הזה ה"א מצוך לעשות שיעוררו בנ"י ההתחדשות בהעשי'.

ועי"ז שזוכרין התחלת הכח מהבורא ית' לכן מזכירין יצ"מ בביכורים לזכור מה שהי' בהתחלה ארמי אובד כו'. וכמו כן בכל יום קודם התפלה מזכירין יצ"מ וקי"ס ועי"ז מעוררין ההתחדשות:

Dans le Midrach Tan'houma : Moche notre maître vit que les prémices étaient destinées à cesser avec l'exil ; il institua trois prières chaque jour. Car la mitsva des prémices consiste à donner le commencement (rechit) au Créateur, qu'Il soit béni, et par cela tout est entraîné à la suite de la racine et il y a en cela une bénédiction ; c'est pourquoi il est écrit ensuite "et tu te réjouiras de tout le bien..." (Deut.

26,11), puisqu'il à accompli la mitsva au début de l'affaire. Et l'essentiel de la joie est chez l'homme lorsque tous ses actes sont attachés à leur racine, et remettre chaque chose à sa place apporte la joie.

De même maintenant, par les prières selon les changements de temps, cela apporte un renouvellement dans le temps ; c'est le sens de "ce jour, l'Éternel ton Dieu t'ordonné de faire" (Deut. 26,16) - que les enfants d'Israël éveillent le renouvellement dans l'action.

Et parce qu'ils se souviennent du commencement de la force venant du Créateur, qu'Il soit béni, c'est pourquoi on mentionne la sortie d'Égypte dans les prémices, pour se souvenir de ce qui était au commencement : "un Araméen voulait faire périr..." (Deut. 26,5).

De même chaque jour, avant la prière, on mentionne la sortie d'Égypte et la traversée de la mer (keriat yam souf), et par cela on éveille le renouvellement.

במדרש שמוע תשמע. לשקוד על דלתותי כו'.

כ"כ במ"א. והעיקר לשמור הפתח בכל זמן אף כי יעלה אדם לכמה מדרגות צריך לזכור שהוא עני עומד בפתח.

כי כל עבודת האדם בעוה"ז הדומה לפרוזדור רק הכנה לכנוס לטרקלין ויש דלת לפנים מדלת. וז"ש אשרי כו' לשקוד על דלתותי אף שמאשרין אותו א"כ הוא איש צדיק אעפ"כ לשקוד ע"ד וזה אשוריו בשעה ששמועותיו לי שזאת השמיעה היא יותר חביב מהמדרגה שמשיג ע"י השמיעה.

לכן אם שמוע תשמע תמיד כנ"ל. שלא תהי' זז מהפתח כנ"ל:

עוד במד' העונה אמן בעוה"ז זוכה לענות אמן בעוה"ב. והיינו ע"י הביטול שמבקש להיות נמשך אחר האמת אף שאינו מבין הדבר על בוריו.

זוכה גם לע"ל להיות נמשך אחר מקומות שלמעלה ממדרגתו. וזאת האמונה היא שאמרו בא חבקוק והעמידן על אחת וצדיק באמונתו יחי'.

פי' אף שהוא צדיק אעפ"כ ע"י אמונה שרודף תמיד לבטל עצמו עוד יותר ויותר להבורא ית' שיודע שעדיין מבחוץ. עי"ז יש קיום לעבודתו עד עתה.

וקיום כל המעשים טובים הוא ע"י ההכנעה וביטול עצמו. עי"ז מתקיים העבודה.

ואמרו גדול העונה אמן יותר מהמברך כו'. אמן הוא הרצון להיות נמשך אחר האמת והרצון יוכל להיות בשלימות לעשות באמת כרצונו ית'.

אבל המעשה א"א להיות בלי חסרון וע"י הרצון והאמונה מתקיים המעשה כנ"ל:

Dans le Midrach : "si écouter tu écoutes", "veiller à Mes portes". J'ai déjà écrit ailleurs.

L'essentiel est de garder l'entrée en tout temps ; même si l'homme s'élève à plusieurs degrés, il doit se souvenir qu'il est un pauvre se tenant à l'entrée. Car tout le service de l'homme en ce monde, semblable à un vestibule, n'est qu'une préparation pour entrer dans la salle (traklin), et il y a une porte à l'intérieur d'une porte.

C'est le sens de "heureux... veiller à Mes portes" : bien qu'on le déclare heureux (mechachrin), donc qu'il est un homme juste, néanmoins qu'il veille à Mes portes ; et son bonheur (ichouro) est à l'heure où "ses écoutes sont à Moi", car cette écoute lui est plus chère que le degré qu'il atteint par l'écoute. C'est pourquoi "si écouter tu écoutes" toujours, comme dit, afin de ne pas t'écarter de l'entrée, comme dit.

Encore dans le Midrach : celui qui répond "amen" en ce monde mérite de répondre "amen" dans le monde à venir. C'est-à-dire par l'annulation (bitoul) par laquelle il cherche à se laisser entraîner à la suite de la vérité, même s'il ne comprend pas la chose à fond ; il mérite aussi, pour l'avenir, d'être entraîné à la suite de lieux au-dessus de son degré.

Et cette foi (emouna) est ce dont ils ont dit : "Vint Habaqouq et les ramena à une seule règle : le juste vivra par sa foi" (Hab. 2,4).

Explication : bien qu'il soit juste, néanmoins par la foi qui le pousse toujours à s'annuler encore et encore davantage devant le Créateur, qu'Il soit béni, sachant qu'il est encore au-dehors - par cela son service jusqu'à présent subsiste. Et la subsistance de toutes les bonnes actions se fait par la soumission et l'annulation de soi ; par cela le service subsiste.

Et ils ont dit : plus grand est celui qui répond "amen" que celui qui bénit. "Amen" est la volonté d'être entraîné à la suite de la vérité ; et la volonté peut être parfaite, faire vraiment selon Sa volonté, qu'Il soit béni.

Mais l'acte ne peut être sans défaut, et par la volonté et la foi l'acte subsiste, comme dit.

תרל"ט

5639 (תרל״ט)

בקיצור. עיקר חביבות מצות ביכורים הראשונים שהביאו בנ"י בכניסתם לארץ כמ"ש כבר טעם סמיכות הפרשה אחר מחיות עמלק שהוא ראשית גוים שהפריד עצמו משורש החיים.

ובנ"י מיד שנכנסו לארץ ישראל נחלתם. הביאו ביכורים להתדבק בשורש העליון.

ואחר מחיות עמלק יכולין להביא אלה הביכורים כראוי. ובכל שנה ע"י מצות הביכורים נתעורר כח ביכורים הראשונים כנ"ל.

וז"ש במד' שראה שביכורים עתידין לפסוק תיקן סדר תפלה היינו להתעורר כח הראשית הנ"ל. ובכל יום מתחדש זה הכח כמ"ש מחדש בטובו בכל יום מ"ב.

וזה ההתחדשות הוא לבנ"י כמ"ש החודש הזה לכם. ובכל שינוי זמנים ערב בוקר צהרים צריכין להתדבק בשורש כמ"ש לשקוד על דלתותי יום יום מכלל שיש בכל יום פתיחות דלתות לבנ"י.

וגם אחר שזוכין לגמור המצוה צריכין להתדבק בשורש. וזה הוידוי לא עברתי ממצותיך ולא שכחתי כו'.

כי אין הכוונה שיתפאר איש ישראל בעשיות מצות הבורא ית' רק לתת הודאה ושבח על שזכה לגמור כל מצות המעשרות כתיקונם. כשמחזיר הראשית והסוף אליו ית' מתברך:

En bref. L'essentiel de la préciosité de la mitsva des prémices : les premières qu'apportèrent les enfants d'Israël à leur entrée dans le pays, comme j'ai déjà expliqué la raison de la proximité de la section après l'effacement d'Amalek, qui est "le premier des peuples" (Nomb.

24,20) - lui qui s'est séparé de la racine de la vie. Et les enfants d'Israël, aussitôt entrés en terre d'Israël leur héritage, apportèrent des prémices pour s'attacher à la racine suprême.

Et après l'effacement d'Amalek, ils peuvent apporter ces prémices comme il convient. Et chaque année, par la mitsva des prémices, s'éveille la force des premières prémices, comme dit.

C'est le sens du Midrach : il vit que les prémices étaient destinées à cesser et institua l'ordre de la prière - c'est-à-dire pour éveiller la force du commencement susdite. Et chaque jour cette force se renouvelle, comme il est écrit "Il renouvelle dans Sa bonté chaque jour l'œuvre du commencement" (prière du matin).

Et ce renouvellement est pour les enfants d'Israël, comme il est dit "ce mois-ci est à vous" (Ex. 12,2).

Et à chaque changement de temps - soir, matin, midi - il faut s'attacher à la racine, comme il est dit "veiller à Mes portes jour après jour" (Prov. 8,34), d'où l'on déduit qu'il y a chaque jour des ouvertures de portes pour les enfants d'Israël.

Et même après avoir mérité d'achever la mitsva, il faut s'attacher à la racine ; c'est la confession "je n'ai pas transgresse Tes commandements et je n'ai pas oublié..." (Deut. 26,13).

Car l'intention n'est pas que l'homme d'Israël se glorifie d'accomplir les mitsvot du Créateur, qu'Il soit béni, mais de donner reconnaissance et louange d'avoir mérité d'achever toutes les mitsvot des dîmes selon leur règle. Lorsqu'il rend le commencement et la fin à Lui, qu'Il soit béni, il est béni.

בפסוק ונתנך ה"א עליון כו' ובאו עליך כו' הברכות כו' והשיגוך כו' והותירך כו' כי אלה הברכות הם בשורש העליון לכן א"י לקבל אלה הברכות עד שמתרומם מקודם. כמ"ש ונתנך עליון כו' אח"כ יכולין להשיג הברכות [פי' כי כפי עליות האדם כך יורד לעומת זה ברכה משורש הנשמה].

ומ"מ מתברך גם הגשמיות וז"ש והותירך שזה יהי' רק בחי' שיריים וטפל. כמ"ש חז"ל בפסוק לבדד ישכון אעפ"כ בגוים לא יתחשב שנוטלין עם כל אחד.

כמו כן אע"פ שמתרומם האדם למעלה מהגשמיות אעפ"כ יהי' הברכה גם בגשמיות. ואמת גם באדם עצמו צריך להיות הגשמיות טפל ומותר וז"ש והותירך ועי"ז יוכל להיות הברכה גם בהגשמיות כנ"ל.

ובמ"א כ' מזה באורך:

Sur le verset "et l'Éternel ton Dieu te placera au-dessus... et viendront sur toi... les bénédictions... et elles t'atteindront... et Il te fera surabonder..." : ces bénédictions sont dans la racine suprême, c'est pourquoi on ne peut recevoir ces bénédictions qu'après s'être élève d'abord, comme il est dit "et Il te placera au-dessus", puis on peut atteindre les bénédictions [explication : car à mesure des élévations de l'homme, en regard descend une bénédiction depuis la racine de l'âme]. Néanmoins, la matérialité aussi est bénie ; c'est le sens de "et Il te fera surabonder" - que cela ne soit que l'aspect d'un reste (chirayim) et d'un accessoire (tafel).

Comme l'ont dit nos Sages sur le verset "il demeure à part" (Nomb. 23,9) - et néanmoins "il ne sera pas compte parmi les nations", car ils prennent leur part avec chacun.

De même, bien que l'homme s'élève au-dessus de la matérialité, néanmoins la bénédiction sera aussi dans la matérialité. Et en vérité, même dans l'homme lui-même, la matérialité doit être accessoire et surplus ; c'est le sens de "et Il te fera surabonder", et par cela la bénédiction peut être aussi dans la matérialité, comme dit.

Et ailleurs j'ai écrit sur cela plus longuement.

תר"מ

5640 (תר״מ)

En bref

« Tu prendras des prémices (merechit) » : le verset détaille chaque acte de la mitsva des prémices (bikourim) pour donner récompense sur chaque chose. Selon le Sfat Emet, la vitalité de tout vient par le point premier, et tous n’ont été créés que pour accompagner ce commencement (rechit). La force d’Israël est d’y adhérer toujours, comme l’huile qui flotte en haut, et par la force de la prise dans ce commencement ils peuvent effacer le souvenir d’Amalek, « la première des nations », inverse des prémices. Par les prémices s’élève la force d’Israël, comme « lorsque Moché élevait sa main, Israël l’emportait » ; maintenant encore on l’éveille par la prière, car la force d’Israël est dans la bouche.

Aussi : bénédictions et malédictions du mont Guerizim acceptées volontairement ; une porte en dedans d’une porte, aspect de la techouva aux jours d’Eloul ; plus grand est celui qui répond Amen, emouna sans interruption

מצות ביכורים חשובה מאוד אשר הפסוק פורט כל מעשה ולקחת מראשית כמ"ש חז"ל אדם רואה כו' כורך גמי אח"כ ושמת בטנא כו' והלכת כו' לתת שכר על כל דבר ודבר. כי חיות הכל ע"י נקודה הראשית ויש לכל אחיזה בנקודה זו.

שכולם נבראו רק לצוות לזה להיות הכנה לזה הראשית. וכחן של ישראל לדבוק תמיד באותו ראשית כמ"ש במ"ד בפ' ונתנך ה"א עליון שהם תמיד צפין למעלה כמו השמן.

לכן נק' ראשית תבואתו כלומר שהראשית דבוק בהם. ובכח אחיזה בזה הראשית יכולין למחות זכר עמלק דכ' ראשית גוים עמלק שהוא היפוך הביכורים כמ"ש במ"א לכן סמכו הכתוב ענין לו.

ורמזו חז"ל בפסוק ותרומת ידך אלו הביכורים שע"י מצות הביכורים מתרומם כחן של ישראל ומתקיים מ"ש כאשר ירים משה ידו וגבר ישראל. וגם עתה יכולין לעורר זה הכח ע"י התפלה שכחן של ישראל בפה כמ"ש במד' תנחומא:

La mitsva des prémices (bikourim) est très importante, car le verset détaille chaque acte : 'tu prendras des prémices (merechit)', comme l'ont dit nos Sages : l'homme voit (un fruit qui mûrit), il l'entoure de jonc, puis 'tu le mettras dans un panier', 'et tu iras', etc. - pour donner récompense sur chaque chose. Car la vitalité de tout vient par le point premier (la racine), et chaque chose à une prise dans ce point ; car tous n'ont été créés que pour l'accompagner, pour être une préparation à ce commencement (rechit).

Et la force d'Israël est d'adhérer toujours à ce commencement, comme il est dit dans le Midrach sur le passage 'et Il te placera très haut' (Deut 26,19) - qu'ils flottent toujours en haut, comme l'huile. C'est pourquoi il est appelé 'la première de sa récolte' (rechit tevouato), c'est-à-dire que le commencement leur est attaché.

Et par la force de la prise dans ce commencement, ils peuvent effacer le souvenir d'Amalek, car il est écrit 'la première des nations, Amalek' (rechit goyim Amalek, Nombres 24,20), qui est l'inverse des prémices, comme il est expliqué ailleurs ; c'est pourquoi l'Écriture à rapproché ce sujet de lui. Et nos Sages ont fait allusion dans le verset 'et le prélèvement de ta main' (Deut 12,17) - ce sont les prémices - car par la mitsva des prémices s'élève la force d'Israël, et s'accomplit ce qui est dit 'lorsque Moche élevait sa main, Israël l'emportait' (Exode 17,11).

Et maintenant encore on peut éveiller cette force par la prière, car la force d'Israël est dans la bouche, comme il est dit dans le Midrach Tan'houma.

בברכות וקללות של הר גריזים והר עיבל דכ' ראה אנכי נותן לפניכם כו' ברכה וקללה. כי לא הי' בכח היסורין והעונשים לחול על בנ"י רק כי המה קיבלו אותם מעצמם ומרצונם.

וזה המשך הפסוק שיאמרו הלוים ארור כו' וענו כו' אמן אח"כ כתיב והי' א"ש כו'. פי' שכל זה קיבלו עליהם בנ"י ברצונם.

ק"ו ממה שמצינו בגדולי ישראל שקראו ליסורים לבא עליהם לכפר על בנ"י. מכ"ש כללות בנ"י בוודאי קיבלו עליהם העונשין אם יעברו ח"ו רצונו.

וגם פשוטי בנ"י ענו אמן כי לא הי' מדרגתם לקבל מרצונם רק שנמשכו אחרי הגדולים. ויתכן לומר כי השבטים בעצמם עמדו על ההרים כמ"ש ואלה יעמדו כו' שמעון ולוי כו'.

ובזה יובן שפיר מאמר המד' בפ' ויחי עדות על ראובן שלא חטא הואיל ונעשה עד במאמר ארור שוכב כו' אשת אביו כנ"ל ע"ש:

À propos des bénédictions et malédictions du mont Guerizim et du mont Eival, car il est écrit 'Vois, je place devant vous... bénédiction et malédiction' (Deut 11,26). Car les souffrances et les châtiments n'avaient pas le pouvoir de s'abattre sur les enfants d'Israël, sinon parce qu'eux-mêmes les ont acceptés d'eux-mêmes et de leur propre volonté.

Et telle est la suite du verset : que les Lévites diront 'Maudit...' et [le peuple] répondra 'Amen', puis il est écrit 'Et il arrivera si tu écoutes', etc. Explication : tout cela, les enfants d'Israël l'ont accepté sur eux volontairement.

À fortiori (kal va-homer) d'après ce que nous trouvons chez les grands d'Israël, qui appelaient les souffrances à venir sur eux pour expier pour les enfants d'Israël : à plus forte raison l'ensemble des enfants d'Israël à certainement accepté sur lui les châtiments s'ils transgressaient, à Dieu ne plaise, Sa volonté. Et même les gens simples d'Israël ont répondu 'Amen', car ils n'étaient pas au niveau d'accepter de leur propre volonté, mais ils se sont laissés entraîner à la suite des grands.

Et l'on peut dire que les tribus elles-mêmes se tenaient sur les monts, comme il est écrit 'et ceux-ci se tiendront... Siméon et Levi', etc.

(Deut 27,12). Et par la se comprend bien le propos du Midrach sur la section Vayehi : un témoignage sur Reouven qu'il n'à pas faute, puisqu'il est devenu témoin par la formule 'Maudit celui qui couche avec la femme de son père', comme ci-dessus ; vois la.

תרמ"א

5641 (תרמ״א)

במדרש תנחומא ראה מרע"ה שביכורים עתידין ליבטל תיקן ג' תפלות. כי [*ע"י] הביכורים התעורר ההתחדשות בעולם ע"י שנתנו הראשית אליו ית' והעלו כל דבר לשורשו נתעורר להם התחדשות החיות מן השורש.

שע"ז נאמר מחדש בטובו בכ"י מ' בראשית. ולכן כ' אח"כ ושמחת בכל הטוב שזכו ע"י הביכורים להטוב הגנוז הנ"ל שבו נברא העולם.

ועכשיו שאין לנו בהמ"ק וביכורים צריכין לעורר הכל ע"י תפלה. כמ"ש אני מעיר השחר שהיא התעוררות שצריך כ"א להביא התחדשות לעולם בכל יום.

כמ"ש היום הזה כו' מצוך לעשות וכמ"ש במ"א באורך. והנה בזמן בהמ"ק הי' מתקיים הכל במעשה.

ועכשיו רק בבחי' נשמע שהיא העבודה בתורה ק"ש ותפלה לשעבד הגוף אל הדברים שמוציאים בפה. כי נשמע לעולם נשאר בישראל.

רק נעשה שקלקלנו. לכן לעתים נפסק כח זה בזמן הגלות והמעשה והגוף מעכב.

אבל בזמן בהמ"ק הי' מתעורר חיות והתחדשות במעשה ממש ולא הי' הגוף מעכב. ועכשיו כ' נשתחוה נכרעה נברכה שהוא מיני הכנעה לבטל הגוף בע"כ להדעת:

Dans le Midrach Tan'houma : Moche notre maître à vu que les prémices étaient destinées à être abolies (avec la destruction du Temple), et il institua les trois prières. Car par les prémices s'éveillait le renouvellement dans le monde, du fait qu'ils donnaient le commencement (la racine) à Lui, béni soit-Il, et élevaient chaque chose à sa racine ; s'éveillait alors pour eux le renouvellement de la vitalité depuis la racine.

C'est de cela qu'il est dit 'Il renouvelle par Sa bonté chaque jour continuellement l'œuvre du commencement' (liturgie). C'est pourquoi il est écrit ensuite 'et tu te réjouiras de tout le bien' (Deut 26,11) - car par les prémices ils ont mérité le bien caché mentionné, par lequel le monde à été créé.

Et maintenant que nous n'avons ni Temple ni prémices, il faut tout éveiller par la prière, comme il est dit 'moi, j'éveille l'aube' (Ps 57,9), c'est l'éveil que chacun doit avoir pour apporter du renouvellement au monde chaque jour, comme il est dit 'ce jour-ci... Il t'ordonné d'accomplir' (Deut 26,16), et comme il est expliqué ailleurs longuement.

Or au temps du Temple tout s'accomplissait dans l'acte, tandis que maintenant seulement dans l'aspect du 'nous écouterons' (nichma), qui est le service par la Torah, le Chema et la prière, pour asservir le corps aux choses que l'on prononce par la bouche. Car le 'nichma' demeure toujours en Israël ; seul le 'naase' (l'acte) est ce que nous avons abîme.

C'est pourquoi parfois cette force s'interrompt au temps de l'exil, et l'acte et le corps font obstacle. Mais au temps du Temple, la vitalité et le renouvellement s'éveillaient dans l'acte même, et le corps ne faisait pas obstacle.

Et maintenant il est écrit 'prosternons-nous, agenouillons-nous, ployons le genou' (liturgie), ce sont des formes de soumission pour annuler le corps, malgré lui, devant la connaissance (daat).

במדרש אם שמוע ת' דלת לפנים מדלת כו' לשקוד על דלתותי כו' מזוזת פתחי כשם שהמזוזה קבוע כו' א"א עושה כן דע שאתה מקבל פני השכינה. דלת לפנים מדלת הוא בחי' התשובה דאיתא מקום שבע"ת עומדין אצ"ג יכולים לעמוד [כי יש ה' עלאה וה' תתאה ועל ה' עילאה נאמר פותח יד בתשובה ופתחו לי כחודה של מחט הוא היו"ד שתוך הה"א ואז הדלת נפתח].

כי בכל תפלה שאדם צריך להתפלל. וכשנפתח לו אז שעת הכושר לעורר תפלה ורחמים רבים על מעשיו הקודמים ולתקן הקילקולים מכבר.

כי כשנפתח קצת השגה לאדם אז הזמן שלא להתגאות ח"ו רק לתקן מעשיו הקודמים ונפתח לו דלת לפנים מדלת כנ"ל. ואמר להיות קבוע על הדלת כמזוזה ואז דע שאתה מקבל פני השכינה.

היא הבטחה גדולה כי לעולם אין תפלה חוזרת ריקם וצריך האדם להיות עומד אצל הפתח עד שנפתח לו. ויש זמנים שפותחין משמים כמו באלול ועשי"ת שהם ימי רצון.

ולפי מה שאדם דופק כל ימי השנה כך נפתח לו באלה הימים. אם כי וודאי כל השב פותחין לו עתה.

אבל כל התפלות שלא הי' להם עלי' כל השנה מתעלין ג"כ עכשיו. ובימים אלו מבקשין בשמים שיתעוררו בנ"י בתשובה כמ"ש קול דודי דופק פ' לי כו' היא בימים אלו שראשי נמלא טל.

[הוא פתיחת י"ג מדה"ר שהם בג' בחינות גי' טל כידוע לי"ח] שהם ימי רצון:

Dans le Midrach : 'Si tu écoutes' - la Torah - 'une porte en dedans d'une porte', 'veiller à mes portes'... 'les montants de mon entrée' ; de même que la mezouza est fixée... on ne fait pas ainsi avec un homme - sache que tu reçois la face de la Chekhina. 'Une porte en dedans d'une porte' est l'aspect de la techouva (repentir), car il est enseigné : la où se tiennent les repentants (baalei techouva), les justes parfaits ne peuvent se tenir. [Car il y a un Hé supérieur et un Hé inférieur, et sur le Hé supérieur il est dit 'Il ouvre la main' dans la techouva, et 'ouvrez-moi comme la pointe d'une aiguille' - c'est le youd qui est à l'intérieur du Hé, et alors la porte s'ouvre.] Car dans chaque prière que l'homme doit prier : lorsqu'elle s'ouvre à lui, c'est alors le moment propice pour éveiller prière et grande miséricorde sur ses actes antérieurs, et réparer les dégâts d'autrefois.

Car lorsqu'une certaine compréhension s'ouvre à l'homme, c'est alors le temps de ne pas s'enorgueillir, à Dieu ne plaise, mais de réparer ses actes antérieurs, et s'ouvre à lui 'une porte en dedans d'une porte' comme ci-dessus. Et il à dit d'être fixe à la porte comme une mezouza, et alors 'sache que tu reçois la face de la Chekhina'.

C'est une grande promesse, car jamais une prière ne revient à vide, et l'homme doit se tenir à l'entrée jusqu'à ce qu'elle s'ouvre à lui. Et il y a des temps où l'on ouvre depuis le Ciel, comme durant Eloul et les dix jours de repentir (aseret yemei techouva), qui sont des jours de faveur (yemei ratson).

Et selon ce que l'homme frappe tous les jours de l'année, ainsi lui ouvre-t-on en ces jours. Bien que certes à tout repentant on ouvre maintenant, toutes les prières qui n'avaient pas eu d'élévation durant toute l'année s'élèvent également maintenant.

Et en ces jours on demande au Ciel que les enfants d'Israël s'éveillent au repentir, comme il est dit 'la voix de mon bien-aimé frappe : ouvre-moi', etc. (Cant 5,2) - c'est en ces jours 'où ma tête s'est remplie de rosée' [c'est l'ouverture des treize attributs de miséricorde, qui sont en trois aspects, valeur numérique de tal (rosée), comme il est connu aux initiés] qui sont des jours de faveur.

במדרש גדול העונה אמן כו'. הענין בקיצור כי בחי' א"י הוא אמונה שבדור המדבר הי' הכל בהתגלות עין בעין כו' בחי' אמת הנהגת מרע"ה.

ואח"כ התחיל בחי' אמונה ובחי' זו אין לה הפסק כלל בכל הדורות כמ"ש העמידן על אחת. ובחי' זו גדולה מאוד לפני השי"ת לכן אמרו גדול עונה אמן יותר מן המברך.

כי המברך הוא לפי השגה שלו והנמשך אחריו בדרך אמונה אין לו הפסק כלל. ובכניסתם לארץ שקיבלו עליהם התורה באלה ובשבועה.

ואיתא בילקוט וענו הלוים בקול רם גז"ש דכ' התם משה ידבר והא' יעננו בקול כו' ע"ש. הכלל שהי' חביב לפניו ית' שעה זו כמו קבלת התורה בהר סיני.

רק שם הי' בחי' תורה שבכתב ועתה תו' שבע"פ. וכ' וזבחת שלמים.

ולא יש שלמי ציבור רק בשבועות ובשעת מתן תורה. וקבלה זו הי' בחי' תורה שבע"פ מצד התעוררות בנ"י מעצמם.

לכן כ' הסכת ושמע דרשו בתנחומא עשו כתות. פי' ע"י התאספות בנ"י יזכו לשמוע דברי אלקים חיים.

וזה הכח נשאר לעולם בישראל ומקודם ניתן עשרת הדיברות בע' לשון כמ"ש חז"ל ה' יתן אומר כו'. אח"כ באמצעיות בנ"י השלים כל התורה שהיא התפשטות עשרת הדברות לכל הפרטים ונתפרש ג"כ בע' לשון כמ"ש רש"י פי' באר היטב.

ובכח זה עמדו נגד מלכי כנען לכן כ' למען אשר תבוא כו'. וזה הי' בכח בנ"י בעצמם שהאמינו וקיבלו עליהם הברית והאלה.

לכן שם נעשו בנ"י ערבים זה לזה שזה הקבלה הי' מצד התכללות בנ"י בעצמם ואמונתם בה' והיא בחי' תושבע"פ ואמונה:

Dans le Midrach : 'Grand est celui qui répond Amen', etc. Le sujet en bref : l'aspect de la terre d'Israël (eretz Israël) est la emouna (foi).

Car dans la génération du désert tout était en révélation manifeste, 'œil dans œil', etc., l'aspect de la vérité, la conduite de Moche notre maître. Puis à commencé l'aspect de la emouna, et cet aspect n'à aucune interruption dans toutes les générations, comme il est dit 'Il les a tous fondés sur un seul principe' (d'après Habaquq 2,4 : le juste vit par sa foi).

Et cet aspect est très grand devant le Saint béni soit-Il, c'est pourquoi ils ont dit : plus grand est celui qui répond Amen que celui qui bénit. Car celui qui bénit l'est selon sa propre compréhension, tandis que celui qui le suit par la voie de la foi n'à aucune interruption.

Et lors de leur entrée en terre d'Israël, ils acceptèrent sur eux la Torah par imprécation et par serment. Et il est rapporté dans le Yalkout : 'et les Lévites répondront à voix haute' - analogie de termes (guezera chava), car il est écrit la 'Moche parlait et Dieu lui répondait par une voix', etc., vois la.

En règle générale, cette heure Lui était chère comme la réception de la Torah au mont Sinaï. Seulement, la c'était l'aspect de la Torah écrite, et ici la Torah orale.

Et il est écrit 'et tu sacrifieras des sacrifices de paix (chelamim)' (Deut 27,7) ; or il n'y a de chelamim communautaires qu'à Chavouot et au moment du don de la Torah. Et cette acceptation était l'aspect de la Torah orale, du côté de l'éveil des enfants d'Israël d'eux-mêmes.

C'est pourquoi il est écrit 'sois attentif et écoute' (Deut 27,9) - ils ont expliqué dans le Tan'houma : faites des groupes (kitot). Explication : par le rassemblement des enfants d'Israël ils mériteront d'entendre les paroles du Dieu vivant.

Et cette force est restée pour toujours en Israël. Et d'abord les dix commandements furent donnés en soixante-dix langues, comme l'ont dit nos Sages 'Dieu donne une parole' (Ps 68,12), etc.

Puis, par l'intermédiaire des enfants d'Israël, Il à complète toute la Torah, qui est le déploiement des dix commandements en tous leurs détails, et elle fut expliquée également en soixante-dix langues, comme le dit Rachi 'il l'expliqua clairement' (Deut 27,8). Et par cette force ils tinrent face aux rois de Canaan, c'est pourquoi il est écrit 'afin que tu viennes', etc.

Et cela advint par la force des enfants d'Israël eux-mêmes, qui ont cru et accepté sur eux l'alliance et l'imprécation. C'est pourquoi la les enfants d'Israël devinrent garants (arevim) les uns des autres, car cette acceptation était du côté de l'inclusion des enfants d'Israël eux-mêmes et de leur foi en Dieu, et c'est l'aspect de la Torah orale et de la foi.

תרמ"ב

5642 (תרמ״ב)

במדרש לשקוד על דלתותי ב' דלתות. הוא בחי' עובדא ומילולא שצריכין לעבוד בכל יום לתקן בחי' חיצוניות ופנימיות העולם.

והנה כ' דלתותי יום יום. ויתכן לפרש כי יום יום הם הדלתות.

כאשר חכמים הגידו שס"ה ימים נגד שס"ה ל"ת וכל יום מזהיר לאדם כו' ע"ש. והוא בחי' שס"ה גידים הממשיכין חיות לכל הקומה והקב"ה מחדש בכל יום מ"ב.

ומחדש משמע דרך חדש בכל יום. וכ"כ הפותח בכל יום דלתות שערי מזרח והם בחי' אורות משונות זו מזו.

ויתכן לפרש יוצר אור מלשון צורה שבכל יום מאיר באופן וציור אחר רק שצריך האדם לחפש בכל יום ההתחדשות שנמצא תמיד. ודרך רמז אמרנו בפ' אשרי כו' שומע לי לשקוד.

ע"פ מ"ש חז"ל בפסוק מקל שקד שבא הפורענות במהירות כזמן הוצאת שקדים כ"א יום מי"ז בתמוז עד ט' באב. א"כ בוודאי מכ"ש שנגמר הישועה הבאה משמים בכ"א יום והם מר"ה עד הו"ר.

ובאלה הימים יש לשקוד על דלתות התורה ועבודה. שומע לי בר"ה לשמוע קול שופר והיא התעוררות שבא משמים באלה הימים:

Dans le Midrach : 'veiller à mes portes' - deux portes. C'est l'aspect de l'acte et de la parole (ouvda où-miloula), car il faut servir chaque jour pour réparer l'aspect extérieur et intérieur du monde.

Or il est écrit 'mes portes, jour après jour'. Et l'on peut expliquer que 'jour après jour', ce sont les portes, comme les Sages l'ont dit : les 365 jours correspondent aux 365 interdits (lo taasse), et chaque jour avertit l'homme, etc., vois la.

Et c'est l'aspect des 365 tendons qui font descendre la vitalité dans toute la stature du corps, et le Saint béni soit-Il renouvelle chaque jour l'œuvre du commencement. Et 'renouvelle' signifie une voie nouvelle chaque jour.

Et ainsi il est écrit 'Celui qui ouvre chaque jour les portes des orients', qui sont l'aspect de lumières différentes les unes des autres. Et l'on peut expliquer 'Il forme la lumière' (yotser or) du terme 'forme' (tsoura), car chaque jour Il éclaire d'une manière et d'une figure autre, mais l'homme doit chercher chaque jour le renouvellement qui s'y trouve toujours.

Et par voie d'allusion nous avons dit sur le passage 'Heureux... celui qui m'écoute pour veiller' (Prov 8,34), d'après ce qu'ont dit nos Sages sur le verset 'un bâton d'amandier (chaked)' (Jer 1,11) - que le châtiment vint avec rapidité, comme le temps de floraison des amandes, vingt et un jours, du 17 Tamouz au 9 Av. Si donc, à plus forte raison, s'accomplit le salut qui vient du Ciel en vingt et un jours, qui sont de Roch Hachana a Hochana Rabba.

Et en ces jours il faut veiller aux portes de la Torah et du service. 'Celui qui m'écoute' - à Roch Hachana, pour écouter la voix du chofar, qui est l'éveil qui vient du Ciel en ces jours.

בפסוק ה' האמרת וה' האמירך. עיין באבן עזרא.

ויש להעמיק יותר זה הפי' ע"פ הידוע כי אורייתא וקוב"ה וישראל חד. וז"ש במד' אנכי אנא נפשאי כתבית יהבית.

כי התורה אלקית ממש ובנ"י עשו כביכול מקוב"ה אורייתא וכן בנ"י נעשו בחי' תורה ודו"ק היטב:

Sur le verset 'tu as fait dire à Dieu... et Dieu t'à fait dire' (Deut 26,17-18). Vois Ibn Ezra.

Et l'on peut approfondir davantage cette explication d'après ce qui est connu : que la Torah, le Saint béni soit-Il et Israël sont un. Et c'est ce qui est dit dans le Midrach 'Moi (Anokhi) : Moi-même, Je Me suis écrit et donne' (Chabbat 105à) - car la Torah est véritablement divine, et les enfants d'Israël ont fait, pour ainsi dire, du Saint béni soit-Il une Torah, et de même les enfants d'Israël sont devenus l'aspect de la Torah ; comprends-le bien.

במדרש תנחומא לכו נרננה צפה מרע"ה שביכורים עתידין להיבטל ותיקן שלש תפלות כו'. דכ' והשתחוית לפני ה'.

וכנראה שזה הי' כנתינת שכר שע"י הביכורים זכה כ"א להיות מוכן להשתחות לפני ה'. וכעין זה מצאתי באוה"ח לפי דרש שלו ע"ש.

כן י"ל לפי פשוטו שע"י הביכורים שמסרו הראשית לה' באו להכנעה האמיתית מה שעתה צריכין ליגע בהרבה יגיעות בשר ג"פ ביום נשתחוה נכרעה נברכה וכולי האי ואולי נזכה להכנעה אמיתית. ובבהמ"ק ע"י ביכורים פ"א בשנה נתבטל כל האדם אליו ית'.

ונראה שמצות ביכורים הי' הכנה לראש השנה כי רובן הביאו מסתמא קודם ר"ה. וכ' מראשית כמ"ש שם מראשית השנה.

וי"ל דע"ז כ' תחת אשר לא עבדת כו' בשמחה כו' כי אז זכו לעבודת ה' ע"י מצות ביכורים שנאמר בו ושמחת. ועתה צריכין לעבוד ע"י יסורים כדמסיים ועבדת את אויבך כו' בעירום ובחוסר כו'.

וחלילה שיהי' רק עונש רק הפי' שעתה בא עבודת ה' באמצעיות היסורים והרדיפות האויבים וחוסר כל. והם ב' דרכים דכ' מרשית ודרשו כל שנה שרשה בתחילתה כו'.

שבזמן המקדש הי' ע"י הראשית כנ"ל בשמחה. ועתה בעוה"ר היא בחי' מרשית ע"י יסורין והכנעה.

השי"ת יחזירנו למדרגה הראשונה בשמחת עולם על ראשם:

Dans le Midrach Tan'houma : 'Venez, chantons' (Ps 95,1) - Moche notre maître à prévu que les prémices étaient destinées à être abolies et il institua les trois prières, etc., car il est écrit 'et tu te prosterneras devant Dieu' (Deut 26,10). Et il apparaît que ce fut comme une récompense : par les prémices, chacun à mérité d'être prêt à se prosterner devant Dieu.

Et j'ai trouvé quelque chose de semblable dans le Or ha-'Hayim selon son commentaire, vois la. De même peut-on dire selon le sens simple : que par les prémices, par lesquelles ils remettaient le commencement (la racine) à Dieu, ils parvenaient à la soumission véritable - ce qu'aujourd'hui nous devons acquérir au prix de nombreux efforts de la chair, trois fois par jour 'prosternons-nous, agenouillons-nous, ployons le genou', et à force de tout cela peut-être mériterons-nous une soumission véritable.

Et au Temple, par les prémices une fois l'an, tout l'homme s'annulait devant Lui, béni soit-Il. Et il apparaît que la mitsva des prémices était une préparation à Roch Hachana, car la plupart les apportaient vraisemblablement avant Roch Hachana.

Et il est écrit 'des prémices (merechit)', comme il est dit la 'depuis le commencement de l'année (merechit ha-chana)' (Deut 11,12). Et l'on peut dire que c'est de cela qu'il est écrit 'parce que tu n'as pas servi... dans la joie', etc.

(Deut 28,47) - car alors ils méritaient le service de Dieu par la mitsva des prémices, dont il est dit 'et tu te réjouiras'. Et maintenant nous devons servir par les souffrances, comme il conclut 'et tu serviras ton ennemi... dans la nudité et le dénuement', etc.

(Deut 28,48). Et à Dieu ne plaise que ce ne soit qu'un châtiment ; l'explication est plutôt que maintenant le service de Dieu vient par l'intermédiaire des souffrances, des persécutions des ennemis et du dénuement total.

Et ce sont deux voies, car il est écrit 'merechit' et ils ont interprété 'toute année qui est pauvre (rachah) à son début', etc. (Roch Hachana 16b) - qu'au temps du Temple c'était par le commencement (rechit) comme ci-dessus, dans la joie, tandis que maintenant, par nos nombreuses fautes, c'est l'aspect de 'merachit' (pauvreté) par les souffrances et la soumission.

Que le Saint béni soit-Il nous ramène au premier niveau, avec une joie éternelle sur leur tête (Isaie 35,10).

תרמ"ג

5643 (תרמ״ג)

בענין מצות ביכורים ואח"כ מעשר עני ואח"כ היום הזה כו' מצוך ודרשו חז"ל המביא ביכורים עושה יום הזה כו'. הגם כי כ' אצל מעשר עני השקיפה כו'.

ופרשנו כי הכל תלוי בהראשית לכן סמוך לי' כי תכלה לעשר שטוב אחרית דבר הוא מראשיתו. והנה מצות ביכורים הוא להתדבק בכח הראשית כמ"ש ראשית בכורי אדמתך תביא כו'.

וכ' בזוה"ק שכפי שמירת הראשית אין מתערב אח"כ פסולת לכן כ' אח"כ ל"ת גדי בחלב אמו. שכשבנ"י קבלו התורה שהוא יום הביכורים הי' חירות רק שע"י החטא בא תערובת טו"ר וכפי מה שמתדבקין בכח הראשית מתברר התערובות.

וע"י הבאת הביכורים לבהמ"ק מתעורר גם בשמים ראשיתן של ישראל. כדאי' בשביל בנ"י שנק' ראשית.

וכמו שהקב"ה חיבב את בנ"י ומסר להם הראשית של כל הבריאה כמ"ש חז"ל שעלו במחשבה קודם הכל. על אחת כמה וכמה שיש לנו ליתן כל הראשית אליו ית' תמיד.

וז"ש ה' האמרת וה' האמירך פרש"י לשון חשיבות שצריכין בנ"י לזכור תמיד בהש"י ולהחזיר כל ראשית וכל דבר חשוב אליו ית' וכמו כן הקב"ה מחבב את בנ"י יותר מכל מה שברא בעולם. ובמד' תנחומא ראה מרע"ה שבהמ"ק עתיד לחרוב וביכורים עתידין ליפסק ותיקן שלש תפלות כו'.

כי אמרו חז"ל הפאה והביכורים אין להם שיעור. כי התדבקות עד השורש והראשית היא מאין סוף ואין תכלית.

וזה הרמז של פאה וביכורים לתת הראשית והתכלית האחרית להש"י כמ"ש בשכבך ובקומך. וזה המשך כי תכלה לעשר אחר מצות הביכורים.

ובכל עת הבאת הביכורים התדבקו בשורש הראשית ממדרגה למדרגה עד שורש התורה שהיא יום הביכורים. ובכל יום יש הארה מקבלת התורה כמ"ש אנכי מצוך היום ומחדש בכל יום בטובו מ"ב.

רק הגשמיות והתערובות מכסה וע"י מצות אלו מתברר הטוב. [וז"ש וענית ואמרת עני' היא על התורה שניתן בסיני שהוא התעוררות מלמעלה ה' האמירך.

וע"י התעוררות שלמטה היא בחי' תורה שבע"פ את ה' האמרת]. ועתה תפלות במקום תמידין איתקון וע"י ג' תפלות זוכין לעורר התחדשות מהארת החיות של התורה שבכל יום.

וכנראה שבהבאת ביכורים פעם א' בשנה ניתקן מה שצריכין עתה ג"פ בכל יום. וז"ש שעתידין ביכורים לפסוק שאז הי' התחברות עד שורש הראשית בלי הפסק בעבודת בהמ"ק שנק' נחלה ואמרו חז"ל נחלה אין לה הפסק:

À propos de la mitsva des prémices, puis de la dîme du pauvre (maasser ani), puis 'ce jour-ci... Il t'ordonné' (Deut 26,16), et nos Sages ont interprété : celui qui apporte les prémices fait de 'ce jour-ci', etc.

Bien qu'il soit écrit à propos de la dîme du pauvre 'regarde d'en haut', etc. (Deut 26,15).

Et nous avons expliqué que tout dépend du commencement (la racine), c'est pourquoi lui est accolé 'quand tu achèveras de dîmer' (Deut 26,12) - car la bonne fin d'une chose vient de son commencement. Or la mitsva des prémices consiste à adhérer à la force du commencement, comme il est dit 'les prémices des primeurs de ta terre tu apporteras' (Exode 23,19).

Et il est écrit dans le saint Zohar que, selon la garde du commencement, il ne se mêle ensuite aucun rebut ; c'est pourquoi il est écrit ensuite 'tu ne cuiras pas un chevreau dans le lait de sa mère' (ibid.). Car lorsque les enfants d'Israël reçurent la Torah, qui est le jour des prémices, il y eut liberté ; seulement, par la faute vint le mélange du bien et du mal (tov va-ra), et selon ce qu'ils adhèrent à la force du commencement, le mélange se clarifie.

Et par l'apport des prémices au Temple s'éveille aussi dans les cieux le commencement (la racine) d'Israël, comme il est enseigné : 'à cause des enfants d'Israël qui sont appelés rechit'. Et de même que le Saint béni soit-Il à chéri les enfants d'Israël et leur a remis le commencement de toute la création, comme l'ont dit nos Sages qu'ils sont montés dans la pensée avant toute chose - à plus forte raison devons-nous donner tout le commencement à Lui, béni soit-Il, en permanence.

Et c'est ce que dit 'tu as fait dire à Dieu et Dieu t'à fait dire' - Rachi explique : un terme d'importance (chachivout) - que les enfants d'Israël doivent se souvenir toujours du Saint béni soit-Il et Lui restituer tout commencement et toute chose importante, et de même le Saint béni soit-Il chérit les enfants d'Israël plus que tout ce qu'Il à créé dans le monde. Et dans le Midrach Tan'houma : Moche notre maître à vu que le Temple était destiné à être détruit et les prémices à cesser, et il institua les trois prières, etc.

Car nos Sages ont dit : la pea (coin du champ) et les prémices n'ont pas de mesure, car l'adhésion jusqu'à la racine et le commencement provient de l'Infini (ein sof) et est sans terme. Et c'est l'allusion de la pea et des prémices : donner le commencement et la fin ultime au Saint béni soit-Il, comme il est dit 'quand tu te couches et quand tu te lèves' (Deut 6,7).

Et telle est la suite de 'quand tu achèveras de dîmer', après la mitsva des prémices. Et à chaque apport des prémices ils adhéraient à la racine du commencement, de niveau en niveau, jusqu'à la racine de la Torah qui est le jour des prémices.

Et chaque jour il y a une irradiation du don de la Torah, comme il est dit 'Moi, Je t'ordonné aujourd'hui' (Deut 26,16), et Il renouvelle chaque jour par Sa bonté l'œuvre du commencement ; seuls la matérialité et le mélange le recouvrent, et par ces mitsvot le bien se clarifie. [Et c'est ce que dit 'tu prendras la parole et tu diras' (ve-anita ve-amarta) - la 'réponse' (ania) porte sur la Torah donnée au Sinaï, qui est un éveil d'en haut : 'Dieu t'à fait dire' ; et par l'éveil d'en bas, qui est l'aspect de la Torah orale : 'toi, tu as fait dire à Dieu'.] Et maintenant les prières ont été instituées à la place des sacrifices perpétuels (temidin), et par les trois prières on mérite d'éveiller le renouvellement depuis l'irradiation de la vitalité de la Torah qui est chaque jour.

Et il apparaît que par l'apport des prémices une fois l'an se réparait ce dont nous avons besoin maintenant trois fois par jour. Et c'est ce que dit 'les prémices sont destinées à cesser' - car alors il y avait une union jusqu'à la racine du commencement, sans interruption, dans le service du Temple qui est appelé 'héritage' (nahala), et nos Sages ont dit : un héritage n'à pas d'interruption.

En bref

« Grand est celui qui répond amen ». Le Sfat Emet a déjà écrit qu’à l’entrée en Terre d’Israël commença l’aspect de la foi (emouna), matière de la Torah orale. « Et les Lévites répondront », puis « et tout le peuple répondra » : les Lévites s’attachent à la réception du Sinaï, les simples sont entraînés par le amen. Ceux qui s’attachent au Nom et éveillent les voix de la Torah dans les cieux reçoivent une aide du Ciel. Le dixième du mois, la première mitsva prise en Égypte prépara les commandements à l’entrée dans le pays, racine de la Torah orale ; Moché désira ce jour, et la grandeur s’attribue essentiellement à ce dixième.

Aussi : servir dans la joie en exil pour la délivrance, « me-rov kol » selon le Ari Z"L ; trois prières à la place des prémices, pour éveiller la racine ; la Torah en don après quarante ans, deux portes d’audition

במדרש גדול העונה אמן כו'. כבר כתבנו כי בכניסתן לא"י התחיל בחי' אמונה שהוא ענין תורה שבע"פ.

וכ' וענו הלוים אח"כ וענו כל העם שהם מדרגות זו למעלה מזו. וענית הלוים הי' התדבקות לקבלת התורה מסיני ופשוטי בנ"י התמשכו ע"י ענית האמן.

וכמו כן לעולם ע"י הדבקים בהש"י ומעוררין בשמים הקולות של התורה כמ"ש קול רם הי' בוודאי סיוע ועזר מן השמים שניתן להם. וזה נעשה בעשור לחודש ע"י שקיבלו עליהם מצוה הראשונה במצרים הי' הכנה לקבלת המצות בכניסתן לארץ שהוא שורש תושבע"פ כמ"ש נר מצוה.

ולכן נתאוה מרע"ה למה שנעשה ביום הזה כמ"ש והי' ביום אשר תעברו שהי' שמחה לפניו ית' במרום. ולפי דעתי יתכן שיש חלק גדול לזה במה שקבעו שבת הגדול למה שנעשה בזה היום.

והגם שהט"ז כ' שלא יחסו הגדולה בעבור זה. האמת יורה דרכו כי מה שקבעו בש"ק יש טעמים הרבה.

והעיקר כי לא בכל עת יכולין לעורר מה שנעשה בדורות הראשונים. רק בש"ק מתעורר מה שנעשה בימים קדמונים.

אבל עיקר יחוס הגדולה היא בעשור לחודש שהי' שורש המצות ובחי' תושבע"פ:

Dans le Midrach : " Grand est celui qui répond amen ", etc. Nous avons déjà écrit qu'à leur entrée en Terre d'Israël commença l'aspect de la foi (emouna), qui est la matière de la Torah orale (Torah chebeal-pe).

Et il est écrit " et les Lévites répondront ", puis " et tout le peuple répondra " (Deut 27,14-15) - ce sont des degrés l'un au-dessus de l'autre. La réponse des Lévites était un attachement à la réception de la Torah depuis le Sinaï, et les simples parmi les enfants d'Israël étaient entraînés par la réponse du amen.

De même il en est toujours : par ceux qui s'attachent au Nom (béni soit-Il) et éveillent dans les cieux les voix de la Torah, comme il est écrit " une voix puissante " (Deut 5,19), il y a certainement une aide et un secours du Ciel qui leur est donné. Et cela se produisit le dixième du mois : par le fait qu'ils prirent sur eux la première mitsva en Égypte, ce fut une préparation à recevoir les commandements à leur entrée dans le pays, ce qui est la racine de la Torah orale, comme il est écrit " la mitsva est une lampe " (Prov 6,23).

C'est pourquoi Moche notre maître (que la paix soit sur lui) désira ce qui se produisit en ce jour, comme il est écrit " et ce sera au jour où vous passerez " (Deut 27,2) - car il y avait une joie devant Lui (béni soit-Il) dans les hauteurs. Et selon mon avis, il se peut que ceci ait une grande part dans le fait qu'on ait fixe le Chabbat ha-Gadol (le grand Chabbat) en fonction de ce qui se produisit en ce jour.

Bien que le Taz ait écrit qu'on n'attribue pas la grandeur à cause de cela, la vérité montre son chemin : car ce qu'on a fixé au saint Chabbat à de nombreuses raisons. Et l'essentiel est qu'on ne peut pas en tout temps éveiller ce qui s'est produit dans les premières générations ; c'est seulement au saint Chabbat que s'éveille ce qui s'est produit aux jours anciens.

Mais l'attribution essentielle de la grandeur est au dixième du mois, qui fut la racine des commandements et l'aspect de la Torah orale.

בפסוק תחת אשר ל"ע כו' בשמחה כו'. יש ללמוד מזה דמכ"ש במדה טובה כשבנ"י עובדין להשי"ת בגלות בשמחה אע"פ שהם בחוסר כל מזה יבא הגאולה בעזה"י.

ולכן נכתב סיבת הגלות לידע איך לתקן זה ע"י ההיפוך להתחזק בשמחת עבודת הש"י גם מתוך היסורין. ובאמת הי' רצון המקום ב"ה וב"ש שנעבוד לפניו מתוך הרוב כל.

ואיתא שיש נסיון בבחי' העושר ויש בבחי' עניות ושנסיון העושר קשה משל העוני. והראי' שלא יכולנו לעמוד בנסיון העשירות.

ומתוך העניות יהי' הגאולה במהרה בימינו. וזה כמ"ש במשנה המקיים התורה מעוני סופו לקיימה מעושר ומבטלה מעושר סופו לבטלה מעוני.

ושניהם נתקיים בנו כי ע"י שלא עבדנו בשמחה כו'. ומ"מ יתקיים גם הסיפא שע"י שמתחזקים בגלות לקיים התורה סופנו לקיימה מעושר.

ואיתא בשם האר"י ז"ל פי' מרוב כל להיות שמח בעבודת הש"י יותר מכל מיני טוב שבעולם ע"ש דפח"ח. ולפי דברינו הנ"ל נאמר כי זה עצמו העצה להישאר גם במדריגת העושר.

אם החשק והרצון יותר בעבודת הש"י מכל הרוב טוב שיש לו. ממילא מתקיים גם הרוב כל.

וזה ענין השבח תורה וגדולה במ"א פי' שצריך להיות כלי שיוכל לקבל טובת עוה"ז ושלא לפשוע בתורה עי"ז. וזהו הברכה והשיגוך כו' והותירך ה' לטובה כו' פי' שיהי' נשאר בעבודת הבורא גם כשיהי' לו כל הטוב.

אך כשפשענו מתוך השביעה. צריכין אנו לתקן בבחי' העניות והיסורים.

וז"ש והשיבך כו' מצרים באניות בדרך א"א כו' לא תוסיף עוד לראותה. כי הש"י רצה שנהי' לגמרי בני חורין ועתה צריכין לחזור לעבוד מתוך היסורין והמצרים.

וזה נק' דרך רחוק כמ"ש היתה כאניות כו' ממרחק תביא לחמה כו'. ובזוהר חדש דורש א"ת באניות אלא בעניות ע"ש והכל אחד כמ"ש:

Sur le verset " parce que tu n'as pas [servi ton Dieu] " etc. " dans la joie " etc.

(Deut 28,47). Il y a à apprendre de la, à plus forte raison dans la mesure du bien : quand les enfants d'Israël servent le Nom (béni soit-Il) en exil dans la joie, bien qu'ils soient dans le manque de tout, de cela viendra la délivrance avec l'aide du Ciel.

C'est pourquoi la cause de l'exil à été écrite, pour savoir comment réparer cela par l'inverse : se renforcer dans la joie du service du Nom, même au sein des souffrances. Et en vérité, la volonté de l'Omniprésent (béni soit-Il et béni soit Son Nom) était que nous Le servions au sein de " l'abondance de tout " (me-rov kol, Deut 28,47).

Et il est enseigné qu'il y a une épreuve dans l'aspect de la richesse et une dans l'aspect de la pauvreté, et que l'épreuve de la richesse est plus dure que celle de la pauvreté. La preuve : nous n'avons pas pu tenir dans l'épreuve de la richesse.

Et c'est de la pauvreté que viendra la délivrance, rapidement de nos jours. Et c'est comme il est dit dans la Michna : " celui qui accomplit la Torah dans la pauvreté finira par l'accomplir dans la richesse, et celui qui l'annule dans la richesse finira par l'annuler dans la pauvreté " (Avot 4,9).

Et les deux se sont réalises en nous : car parce que nous n'avons pas servi dans la joie, etc. Néanmoins se réalisera aussi la fin (sefa) : car parce que nous nous renforçons en exil pour accomplir la Torah, notre fin sera de l'accomplir dans la richesse.

Et il est rapporté au nom du Ari (de mémoire bénie) l'explication de " me-rov kol " : être joyeux dans le service du Nom plus que toutes les sortes de bien du monde - vois la, paroles de la bouche du sage. Et selon nos paroles ci-dessus, disons que ceci même est le conseil pour rester aussi au degré de la richesse : si le désir et la volonté sont plus dans le service du Nom que dans toute l'abondance du bien qu'il possède, alors automatiquement se maintient aussi " l'abondance de tout ".

Et c'est le sens de la louange " Torah et grandeur " en un autre lieu : qu'il faut être un réceptacle (kli) capable de recevoir le bien de ce monde sans faillir à la Torah par cela. Et c'est la bénédiction " et elles t'atteindront " etc.

" et ה' te fera surabonder pour le bien " etc. (Deut 28,2.11), c'est-à-dire qu'il restera dans le service du Créateur même lorsqu'il aura tout le bien.

Mais lorsque nous avons fauté au sein de la satiété, nous devons réparer par l'aspect de la pauvreté et des souffrances. Et c'est ce qui est dit " et ה' te fera retourner en Égypte sur des navires (be-oniyot), par le chemin dont [je t'ai dit] tu ne le reverras plus " (Deut 28,68).

Car le Nom voulait que nous soyons totalement des hommes libres, et maintenant nous devons revenir servir au sein des souffrances et des détresses (metsarim). Et cela est appelé " chemin lointain ", comme il est écrit " elle est comme les navires [du marchand], de loin elle apporte son pain " (Prov 31,14).

Et dans le Zohar Hadach on explique : ne lis pas " be-oniyot " (sur des navires) mais " be-aniyout " (dans la pauvreté) - vois la ; et tout est un, comme il est écrit.

תרמ"ד

5644 (תרמ״ד)

במדרש תנחומא בפסוק בואו נשתחוה ונכרעה נברכה כו' ראה מרע"ה שבהמ"ק עתיד ליחרב וביכורים עתידין לפסוק תיקן ג' תפלות שתפלה חביבה לפני הקב"ה שמרע"ה אחר שגזר עליו שלא יכנוס התפלל כו'. כי בזמן המקדש הי' לבנ"י התדבקות אל השורש והיו ממשיכין ממנו תמיד התחדשות החיות.

ומצות הביכורים הי' מביא ברכה לכל הפירות כדכ' ושמחת בכל הטוב. שע"י המצוה היו מקבלין בנ"י הטוב הנשפע להם מהשי"ת בשמחה.

כי כל הדבוק אל השורש מביא שמחה. דכ' לישרי לב שמחה דאלקים עשה האדם ישר וכשמקבלין כל הדברים בלי השתנות מביא שמחה.

וחז"ל דרשו בכל הטוב שביכורים צריכין שירה ע"ש. שזה כל השירה התדבקות הדברים בשורשן בלי השתנות.

וע"י שמעלין הכל עד שורש הראשית כאשר מצינו שקורא כל סדר יצ"מ עד התחלת יעקב אע"ה ארמי אובד אבי כו'. כנראה שהיו מעוררין ע"י הביכורים ראשית כחן של בנ"י בני בכורי ישראל.

ע"י שהביאו הראשית אליו ית' נתעורר בשמים זכותן של בנ"י שנק' ראשית תבואתו. ועתה שאין לנו בהמ"ק מ"מ ע"י תורה ותפלה יכולין ג"כ לעורר השורש.

כאשר מצינו במרע"ה שע"י התפלה זכה שהראהו הקב"ה בהמ"ק. והיינו שהראהו כל מה שהיו מעוררין בנ"י בעבודת המקדש ראה הוא בכח התפלה והתשוקה שהי' לו.

וכמו שהראה לבנ"י אז כח מצות הביכורים והוידוי היום הזה ה' מצוך כו' שהראה להם בחוש הראות כנ"ל. וכמו כן גם עתה שנחרב המקדש ע"י התפלה יכולין לעורר השורש.

נכרעה נברכה ע"י הכנעה וביטול להשורש מתדבקין וממשיכין ברכה. נברכה מלשון מבריך ומרכיב וממילא נמשך ברכה ג"כ.

ובכח שכתב לפני ה' עושנו. להתדבק בכח הנשמה שהיא חלק אלקי ממעל שנק' מעשי ידיו של הקב"ה כדכ' ונשמות אני עשיתי.

וזה הג' תפלות לעורר דביקות נר"נ בשמים כנ"ל:

Dans le Midrach Tan'houma, sur le verset " Venez, prosternons-nous et inclinons-nous, agenouillons-nous (nivrekha) " etc. (Ps 95,6) : Moche notre maître vit que le Temple était destiné à être détruit et que les prémices (bikourim) étaient destinées à cesser, il institua trois prières ; car la prière est chère devant le Saint béni soit-Il, puisque Moche notre maître, après qu'il eut été décrété sur lui qu'il n'entrerait pas, pria, etc.

Car au temps du Temple, les enfants d'Israël avaient un attachement à la racine et en tiraient continuellement le renouvellement de la vitalité (hiyout). Et la mitsva des prémices apportait la bénédiction à tous les fruits, comme il est écrit " et tu te réjouiras de tout le bien " (Deut 26,11) : car par la mitsva les enfants d'Israël recevaient dans la joie le bien qui s'épanchait vers eux depuis le Nom.

Car tout ce qui est attaché à la racine apporte la joie, comme il est écrit " pour les cœurs droits, joie " (Ps 97,11), car " Dieu (Elokim) à fait l'homme droit " (Eccl 7,29), et lorsqu'on reçoit toutes les choses sans altération, cela apporte la joie. Et nos Sages ont expliqué " de tout le bien " : que les prémices requièrent un chant (chira) - vois la ; car tout le chant est l'attachement des choses à leur racine sans altération.

Et par le fait qu'on élève tout jusqu'à la racine du commencement (rechit), comme nous trouvons qu'il lit tout l'ordre de la sortie d'Égypte jusqu'au début de Yaakov notre père : " un Araméen [voulait faire] périr mon père " etc. (Deut 26,5).

Il apparaît qu'ils éveillaient par les prémices la force première (rechit koham) des enfants d'Israël, " mon fils premier-né, Israël " (Ex 4,22). Par le fait qu'ils apportaient le commencement (rechit) vers Lui, s'éveillait dans les cieux le mérite des enfants d'Israël appelés " le commencement de Sa récolte " (Jer 2,3).

Et maintenant que nous n'avons pas de Temple, néanmoins par la Torah et la prière nous pouvons aussi éveiller la racine, comme nous trouvons chez Moche notre maître : par la prière il mérita que le Saint béni soit-Il lui montrât le Temple. C'est-à-dire qu'Il lui montra tout ce que les enfants d'Israël éveillaient dans le service du Temple - il le vit par la force de la prière et du désir ardent qu'il avait.

Et de même qu'Il montra alors aux enfants d'Israël la force de la mitsva des prémices et de la confession : " aujourd'hui ה' ton Dieu t'ordonné " etc. (Deut 26,16), qu'Il leur montra par le sens de la vue comme ci-dessus.

De même aussi maintenant que le Temple est détruit, par la prière on peut éveiller la racine. " Agenouillons-nous, inclinons-nous (nivrekha) " : par la soumission et l'annulation (bitoul) à la racine, on s'attaché et on tire la bénédiction ; " nivrekha " est du langage de " greffer et enter " (mavrikh), et automatiquement en découle aussi la bénédiction (berakha).

Et par ce qui est écrit " devant ה' notre faiseur (osenou) " (Ps 95,6) : s'attacher par la force de l'âme (nechama), qui est une part divine d'en haut, appelée " l'ouvrage des mains " du Saint béni soit-Il, comme il est écrit " et les âmes, c'est Moi qui les ai faites " (Is 57,16). Et ce sont les trois prières, pour éveiller l'attachement (dvekout) du nefech-roua'h-nechama (NaRaN) dans les cieux, comme ci-dessus.

בפסוק ולא נתן ה' לכם לב כו' ואזנים לשמוע כו'. דכ' היום הזה נהיית לעם.

והגם דחז"ל דרשו על כל יום יהי' בעיניך כחדשים. מ"מ הפשוט ג"כ אמת דבסוף הארבעים שנה ניתן להם התורה במתנה.

כדאיתא במד' גבי מ' יום שהי' מרע"ה במרום ויתן א"מ ככלותו דרשו ששכח עד שנתנה לו הקב"ה לבסוף במתנה ע"ש בפ' כי תשא. והנה בנ"י מכח החטא נחשב להם יום לשנה ולא יכלו לתקן עד סוף מ' שנה.

כי ענין מ' יום וודאי הי' כמו יצירת הוולד שהיא במ' יום. כן סדר התרי"ג מצות שבתורה שמסודרים נגד האברים והגידין והם בסדר וציור קומה שלימה.

שמקודם קיבלו התורה בכלל אבל בפרטות לסדר כל מצות התורה שזה בחי' תורה שבע"פ. זה ניתן להם בסוף ואז ממש נעשו הוי' חדשה כדכ' נהיית לעם וז"ש ולא נתן כו' לכם לב כו' ואזנים כו'.

ועמ"ש במ"א עוד מזה ובשם הרב מפרשיסחא ז"ל:

Sur le verset " et ה' ne vous à pas donné un cœur [pour connaître] " etc. " ni des oreilles pour entendre " etc.

(Deut 29,3). Car il est écrit " ce jour tu es devenu un peuple " (Deut 27,9).

Et bien que nos Sages aient expliqué " chaque jour ils seront à tes yeux comme nouveaux " (cf. Rachi Deut 26,16), néanmoins le sens simple est aussi vrai : qu'à la fin des quarante ans la Torah leur fut donnée en don (matana).

Comme il est rapporté dans le Midrach à propos des quarante jours où Moche notre maître fut dans les hauteurs : " et Il donna à Moche [comme Il eut achevé] " (Ex 31,18), " ke-khaloto " - ils ont expliqué qu'il oubliait, jusqu'à ce que le Saint béni soit-Il la lui donnât finalement en don - vois la dans la section Ki Tissa. Or les enfants d'Israël, à cause de la faute, un jour leur fut compté pour une année, et ils ne purent réparer avant la fin des quarante ans.

Car la matière des quarante jours était certainement comme la formation de l'embryon (velad) qui se fait en quarante jours ; ainsi est l'ordre des 613 commandements de la Torah, qui sont ordonnés face aux membres et aux tendons (guidin) et sont dans l'ordre et le dessin d'une stature complète (koma chelema). Car d'abord ils reçurent la Torah en général, mais dans le détail - ordonner tous les commandements de la Torah, ce qui est l'aspect de la Torah orale - cela leur fut donné à la fin, et alors ils devinrent vraiment une existence nouvelle (havaya hadacha), comme il est écrit " tu es devenu un peuple ".

Et c'est ce qui est dit " et [ה'] ne vous à pas donné un cœur " etc. " ni des oreilles " etc.

Et vois ce que j'ai écrit ailleurs encore à ce sujet, et au nom du Rav de Przysucha (de mémoire bénie).

תרמ"ה

5645 (תרמ״ה)

בתנחומא בפ' היום הזה ה' כו' מצוך. בואו נשתחוה כו' צפה מרע"ה שביכורים עתידין להתבטל תיקן שלש תפלות בכל יום ע"ש.

כי מצות הביכורים הוא שבנ"י יעלו הכל אל השורש בכח הראשית. כמ"ש בראשית ברא כו' דרשו חז"ל בשביל בנ"י שנק' ראשית ובזכות תרומות ומעשרות כו'.

והכל א' כי הקב"ה ברא העולם באופן זה שע"י שיהי' עליות הראשיות אליו ית' יתקיים כל המשויר. ולא כל הרוצה ליטול השם יטול.

ורק בנ"י הם יכולין להעלות הראשית אליו ית'. ובזה מקיימין כל העולם וע"ז אמרו ליתן שכר טוב לצדיקים שמקיימין העולם כו'.

והקב"ה וב"ש השליט בנ"י על כל התחתונים כדי שיוכלו להעלות כולם אליו ית'. ובנ"י המה ממליכים אותו ית' ומשליטין אותו על הכל.

וז"ש את ה' האמרת כו' וה' האמירך וכ' היום שבכל יום יש ב' אלו הפעולות שעושין בנ"י את הקב"ה חטיבה א' בק"ש ה' אחד. וכמו כן הקב"ה עושה אותם חטיבה אחת וכל השפע באה רק להם וממילא המה שולטין על כל.

וזהו התפלה אד' שפתי תפתח והיא בחי' ה' האמירך כנ"ל. וכשבהמ"ק הי' קיים הי' נגלה כ"ז גם בחצוניות והיו מעלין ג"כ הראשית בגשמיות.

מראשית כל פרי האד' הוא כולל כל פרי אדמה ממש ע"י אשר תביא מארצך כו'. כי א"י היא הראשית מכל ארצות ומשם מביאין ראשית למקדש ועתה מתקיים בפנימיות נפשות בנ"י עבודה שבלב זו תפלה:

Dans le Tan'houma, sur le verset " aujourd'hui ה' [ton Dieu] " etc. " t'ordonné " (Deut 26,16).

" Venez, prosternons-nous " etc. : Moche notre maître prévit que les prémices étaient destinées à être annulées, il institua trois prières chaque jour - vois la. Car la mitsva des prémices consiste en ce que les enfants d'Israël élèvent tout vers la racine par la force du commencement (rechit).

Comme il est écrit " be-rechit (au commencement) Il créa " etc. (Gen 1,1), nos Sages ont expliqué : pour les enfants d'Israël appelés " rechit ", et par le mérite des prélèvements et des dîmes (teroumot où-maasserot) etc.

Et tout est un : car le Saint béni soit-Il à créé le monde de cette manière que par les élévations des premiers (rechiyot) vers Lui se maintienne tout le reste. Et " ce n'est pas quiconque veut prendre le Nom qui le prendra " (cf.

Berakhot 16b) ; seuls les enfants d'Israël peuvent élever le commencement vers Lui. Et par cela ils maintiennent le monde entier, et à ce sujet on a dit " donner bonne récompense aux justes qui maintiennent le monde " etc.

(Avot). Et le Saint béni soit-Il (et béni soit Son Nom) à donné aux enfants d'Israël le pouvoir sur tous les êtres inférieurs, afin qu'ils puissent tous les élever vers Lui.

Et les enfants d'Israël Le font régner (mamlikhim) et Le rendent souverain sur tout. Et c'est ce qui est dit " tu as fait proclamer (hé-emarta) ה' [ton Dieu ce jour] " etc.

" et ה' t'à fait proclamer " etc. (Deut 26,17-18).

Et il est écrit " ce jour ", car chaque jour il y a ces deux actions que font les enfants d'Israël : ils font du Saint béni soit-Il une entité unique (hativa à'hat) par le Chema " ה' est un " ; et de même le Saint béni soit-Il fait d'eux une entité unique, et toute l'abondance (chefa) ne vient qu'à eux, et automatiquement ils dominent sur tout. Et c'est la prière " Seigneur, ouvre mes lèvres " (Ps 51,17), qui est l'aspect de " ה' t'à fait proclamer " comme ci-dessus.

Et quand le Temple existait, tout ceci se révélait aussi à l'extérieur, et ils élevaient aussi le commencement (rechit) dans le matériel : " des prémices de tout fruit du sol " (Deut 26,2), cela inclut vraiment tout fruit du sol, par " que tu apporteras de ta terre " etc. Car la Terre d'Israël est le commencement (rechit) de toutes les terres, et de la on apporte le commencement au Temple ; et maintenant cela se maintient dans l'intériorité des âmes des enfants d'Israël : " le service du cœur, c'est la prière " (cf.

Taanit 2a).

תרמ"ו

5646 (תרמ״ו)

במדרש א"ש תשמע אשרי אדם שומע לי ששמועותיו לי כו' דלתותי. אל תעמוד בפתח החיצון להתפלל דלת לפנים מדלת.

אמו"ז אמר בשם הרב מפרשיסחא ז"ל שיעיר שני פתחים הוא פתח א' לצאת מעוה"ז והב' לכנוס בעולם עליון. ונראה כי הב' הוא מתת אלקים כענין כאמרו יגעתי ומצאתי תאמין.

פי' מו"ז ז"ל דלכך אמרו ומצאתי לומר שלא כפי היגיעה בכחו להשיג זאת רק בשכר היגיעה נותנין לו במתנה. וביאר בזה המדרש בפ' תשא ככלתו לדבר כו' שאחר שיגע מרע"ה מ' יום כו' ניתנה לו התורה במתנה כו'.

ונראה שכמו כן הי' אחר מ' שנה של דור המדבר שזכו אח"כ ליתן להם במתנה. וז"ש ולא נתן ה' לכם כו' עד היום הזה.

וזה ענין ב' השמועות מקודם לשמוע מצות ה' כפשטן. ואח"כ זוכין לשמוע הפנימיות ואז אשרי א' שומע לי דייקא שהיא שמיעה הב' דלת שלפנים מדלת.

וכמו כן כפי היגיעה בימי המעשה בדלת החיצון כך זוכין בש"ק למתנה הנ"ל של שער הפנימי כדכ' ביום השבת יפתח ונק' מתנה טובה בבית גנזי:

Dans le Midrach : " [si] tu écoutes " - " heureux l'homme qui m'écoute (choméa li) ", dont les auditions (chemouotav) sont pour Moi etc., " mes portes (daltotai) ". " Ne te tiens pas à la porte extérieure pour prier " - une porte en-deçà d'une porte.

Mon aïeul, mon maître à dit au nom du Rav de Przysucha (de mémoire bénie) qu'il éveille deux portes : l'une est la porte pour sortir de ce monde, et la seconde pour entrer dans le monde supérieur. Et il paraît que la seconde est un don de Dieu (Elokim), à la manière de ce qui est dit " je me suis fatigue et j'ai trouvé, crois[-le] " (Meguila 6b).

Mon aïeul-maître (de mémoire bénie) à expliqué : c'est pourquoi ils ont dit " et j'ai trouvé ", pour dire que ce n'est pas selon l'effort, par sa propre force, qu'il atteint cela, mais qu'en récompense de l'effort on le lui donne en don (matana). Et il à expliqué par la le Midrach de la section [Ki] Tissa " comme Il eut achevé de parler " etc. : qu'après que Moche notre maître se fut fatigue quarante jours etc., la Torah lui fut donnée en don etc.

Et il paraît que de même il en fut après les quarante ans de la génération du désert, qui méritèrent ensuite qu'on la leur donnât en don. Et c'est ce qui est dit " et ה' ne vous à pas donné [un cœur] " etc.

" jusqu'à ce jour " (Deut 29,3). Et c'est la matière des deux auditions : d'abord entendre les commandements de ה' selon leur sens simple (kifchoutan), et ensuite on mérite d'entendre l'intériorité (pnimiyout), et alors " heureux l'homme qui m'écoute " précisément - qui est la seconde audition, la porte en-deçà de la porte.

Et de même, selon l'effort dans les jours de labeur à la porte extérieure, ainsi on mérite au saint Chabbat le don susdit de la porte intérieure, comme il est écrit " au jour du Chabbat elle sera ouverte " (Ez 46,1), et cela est appelé " un bon don dans ma maison de trésors (beit guenazai) " (Chabbat 10b).

בפסוק יצו ה' אתך כו' הברכה באסמיך כו' יקימך כו' לעם קדוש כו' וראו כל ע"ה כו' ויראו כו'. שעיקר הברכה המיוחדת לבנ"י א"י לחול עד שמתרוממים ונבדלין מכל האומות כמ"ש חז"ל בדבר הסמוי מן העין.

ובבהמ"ק שהיו נבדלין מאומות הי' הברכה. וכמו כן בש"ק פורס סוכת שלום.

וגם בכל יום יש מצות מסוגלים לזה כמו הטלית שמתעטפין בו. וכשבנ"י נבדלין ויש בהם הברכה ממילא וראו כע"ה כו' ויש להם ג"כ יראת שמים ע"י בנ"י ז"ש ויראו ממך כלומר על ידך.

כי מה לנו שיראו ע"ה מאתנו:

Sur le verset " [que] ה' ordonné avec toi [la bénédiction] " etc. " la bénédiction dans tes greniers (asameikha) " etc., " il t'établira " etc.

" en peuple saint " etc., " et tous les peuples de la terre verront " etc. " et ils craindront " etc.

(Deut 28,8-10). Car la bénédiction particulière aux enfants d'Israël ne peut se poser (se réaliser) que lorsqu'ils s'élèvent et se distinguent (nivdalim) de toutes les nations, comme l'ont dit nos Sages : [la bénédiction ne repose] que sur ce qui est caché à l'œil (davar ha-samouy min ha-ayin, Baba Metsia 42a).

Et dans le Temple, où ils étaient séparés des nations, il y avait la bénédiction. Et de même au saint Chabbat, [Il] étend la souccah de paix (soukat chalom).

Et aussi chaque jour il y a des mitsvot propices à cela, comme le talith dont on s'enveloppe. Et lorsque les enfants d'Israël sont séparés et qu'il y a en eux la bénédiction, automatiquement " tous les peuples de la terre verront " etc. ; et ils ont aussi la crainte du Ciel (yirat chamayim) par les enfants d'Israël.

C'est ce qui est dit " et ils te craindront (ve-yareou mimekha) ", c'est-à-dire par toi (al yadekha). Car que nous importe que les peuples de la terre nous craignent [par eux-mêmes] ?

תרמ"ז

5647 (תרמ״ז)

בתנחומא היום הזה ה"א מצוך כו'. ג' תפלות במקום ביכורים ע"ש.

מכלל שנא' ה"א מצוך לעשות. א"כ בכח איש ישראל לעשות התחדשות בכל יום.

ובמד' לשקוד על דלתותי יום יום כו' א"כ יש פתיחת שער בכל יום. דלתותי לשון רבים הם ג' זמנים שמיוחדין לתפלה בכל יום ויום.

והקב"ה מחדש בטובו שהוא התורה בכל יום מ"ב. וזה הכח ניתן לבנ"י בקול ודיבור למצוא זה התחדשות.

את ה' האמרת וה' האמירך. כי בנ"י מעידין על הבורא ית' כי הכל במאמרו קיים כמ"ש במשנה ליתן שכר טוב לצדיקים שמקיימין העולם שנברא בע"מ.

פי' שמבררין שכח המאמרות מקיים העולם ושהכל ברא לכבודו. אכן באמת דרשו בראשית בשביל בנ"י שנק' ראשית היינו שכל המאמרות הי' בעבור בנ"י וזה ה' האמירך.

והכל א' כי ברא הכל בעבור בנ"י שיעידו עליו ית'. והנה הדיבור הוא עיקר ההנהגה וזה נתן השי"ת לנו כמ"ש מגיד דבריו כו'.

וזהו ה' האמירך. וכמו כן בנ"י צריכין למסור כל הפה והלשון אליו ית' כמ"ש הפה לא נברא אלא להודות לך.

וזהו את ה' האמרת שפיהם של בנ"י רק בשבחים והודאות בתורה ותפלה אליו ית'. יה"ר שנזכה להוציא אלה הכחות אל הפועל בב"א.

ובזמן המקדש בכח הקרבנות הי' כל זה בפועל ממש. וכן ע"י הביכורים דכ' וענית ואמרת.

והשתחוית. ושמחת בכל הטוב.

לשון נפעל שממילא נפתח הפה של כל איש ישראל להיות מלא בהלל ושבח אליו ית'. ורמזו במשנה מי שא"י מקרין אותו.

וזה עצמו מה שביכורים טעונין שירה הגם שא"א שירה [*אלא] על היין רק שזה הי' כהוראות שעה למעלה מסדר ומדרגה הרגילות. מיהו בגמ' ערכין (ד' י"א) הקשו כן ע"ש ובתוס' שהניחו בדוחק:

Dans le Tan'houma : " aujourd'hui ה' ton Dieu t'ordonné " etc. Trois prières à la place des prémices - vois la.

De ce qu'il est dit " ה' ton Dieu t'ordonné d'accomplir " (Deut 26,16), il s'ensuit qu'il est au pouvoir de l'homme d'Israël de faire un renouvellement (hithadchout) chaque jour. Et dans le Midrach : " veiller à mes portes jour après jour " etc.

(Prov 8,34), donc il y a une ouverture de porte chaque jour. " Mes portes (daltotai) " au pluriel : ce sont les trois temps consacrés à la prière chaque jour.

Et le Saint béni soit-Il renouvelle dans Sa bonté - qui est la Torah - chaque jour l'œuvre du commencement (maasse berechit). Et ce pouvoir à été donné aux enfants d'Israël, par la voix et la parole (kol ve-dibbour), pour trouver ce renouvellement.

" Tu as fait proclamer ה' et ה' t'à fait proclamer " (Deut 26,17-18). Car les enfants d'Israël témoignent sur le Créateur (béni soit-Il) que tout subsiste par Sa parole (be-maamaro), comme il est dit dans la Michna " donner bonne récompense aux justes qui maintiennent le monde qui a été créé par dix paroles " (Avot 5,1) : c'est-à-dire qu'ils clarifient (mevararin) que la force des paroles (maamarot) maintient le monde, et que tout Il l'à créé pour Sa gloire.

Cependant en vérité ils ont expliqué " be-rechit " : pour les enfants d'Israël appelés " rechit ", c'est-à-dire que toutes les paroles furent pour les enfants d'Israël, et c'est " ה' t'à fait proclamer ". Et tout est un : car Il à tout créé pour les enfants d'Israël afin qu'ils témoignent sur Lui (béni soit-Il).

Or la parole (dibbour) est l'essentiel de la conduite (hanhaga), et cela le Nom nous l'à donné, comme il est écrit " Il annonce Ses paroles [à Yaakov] " etc. (Ps 147,19).

Et c'est " ה' t'à fait proclamer ". Et de même les enfants d'Israël doivent remettre toute la bouche et la langue à Lui (béni soit-Il), comme il est écrit " la bouche n'à été créée que pour Te rendre grâce ".

Et c'est " tu as fait proclamer ה' " : que la bouche des enfants d'Israël n'est que dans les louanges et les actions de grâce, dans la Torah et la prière vers Lui. Que ce soit Sa volonté que nous méritions de faire sortir ces forces à l'acte (mi-koa'h el ha-poel), rapidement de nos jours, amen.

Et au temps du Temple, par la force des sacrifices, tout ceci était en acte réellement. Et de même par les prémices, comme il est écrit " tu répondras et tu diras " (Deut 26,5), " et tu te prosterneras ", " et tu te réjouiras de tout le bien " (Deut 26,10-11) - au mode passif (nifal), car automatiquement s'ouvre la bouche de chaque homme d'Israël pour être pleine de louange et d'éloge vers Lui.

Et ils ont fait allusion dans la Michna : " celui qui ne sait pas [lire], on le lui fait réciter (makrin oto) " (Bikourim 3,7). Et cela même est ce que les prémices requièrent un chant (chira), bien qu'on ne dise le chant [*que] sur le vin ; seulement ceci était comme une instruction ponctuelle (horaat chaa), au-dessus de l'ordre et du degré habituels.

Toutefois dans la Guemara Arakhin (folio 11) ils ont posé cette difficulté - vois la, et dans les Tossafot qui l'ont laissée avec peine (be-do'hak).

במדרש יפתח ה' לך כו' אוצרו הטוב ג' מפתחות בידו של הקב"ה ע"ש. והם בני חיי מזוני שהם למעלה מהנהגת הטבע לכן לא בזכותא תלי'.

וזה מיוחד רק לבנ"י וע"ז כ' מה רב טובך אשר צפנת. ומזה יש התגלות בכל שבת כדכ' ביום השבת יפתח.

כי בחול ההנהגה ע"י מלאך. ובש"ק כביכול בידו של הקב"ה בעצמו.

ולכן הג' סעודות מיוחדים לאלה הג' בח"מ [ובליל ש"ק יתכן שהוא בחי' מזוני. וביום השבת חיי.

ובסעודה ג' בני כפי מ"ש בתיקונים בכמה מקומות ע"ש ד' ס"ז סע"ב. ולכן בליל שבת בעי למיטעום מכלא דבי' שרי' ברכה במזוכי כנ"ל] ומיני' מתברכין ימי המעשה ג"כ כנ"ל:

Dans le Midrach : " [que] ה' ouvre pour toi " etc. " son bon trésor " (Deut 28,12) : trois clés sont dans la main du Saint béni soit-Il - vois la.

Et ce sont : enfants, vie, subsistance (bane, hayye, mezone), qui sont au-dessus de la conduite de la nature, c'est pourquoi cela ne dépend pas [seulement] du mérite (lav bi-zkhouta talya, cf. Moed Katan 28à).

Et cela est propre uniquement aux enfants d'Israël, et à ce sujet il est écrit " combien est grand Ton bien que Tu as réserve [pour ceux qui Te craignent] " (Ps 31,20). Et de cela il y a une révélation chaque Chabbat, comme il est écrit " au jour du Chabbat elle sera ouverte " (Ez 46,1).

Car en semaine la conduite se fait par un ange (malakh), mais au saint Chabbat, pour ainsi dire, [elle est] dans la main du Saint béni soit-Il Lui-même. C'est pourquoi les trois repas (seoudot) sont consacrés à ces trois - enfants, vie, subsistance (bane-hayye-mezone).

[Et la nuit du saint Chabbat, il se peut que ce soit l'aspect de la subsistance (mezone) ; et au jour du Chabbat, la vie (hayye) ; et au troisième repas, les enfants (bane), selon ce qui est écrit dans les Tikounim en plusieurs endroits - vois la, folio 67, colonne 2. Et c'est pourquoi la nuit du Chabbat il faut goûter de tout ce en quoi réside la bénédiction, dans la subsistance (mezone) comme ci-dessus.] Et de la sont bénis aussi les jours de labeur, comme ci-dessus.

תרמ"ח

5648 (תרמ״ח)

En bref

« Heureux l'homme qui m'écoute » : le Midrach lit « mes portes » comme une porte en-deçà de la porte. Le Sfat Emet enseigne que D.ieu désire les justes : une ouverture dans le cœur n'est qu'une allusion (remez), et il faut veiller à la porte intérieure, car Il compte tes pas. Par le labeur de la bouche dans la Torah et la prière on mérite l'âme vivante (nefech haya) ; la nechama est cette porte, et les trois prières font mériter nefech-roua'h-nechama. Ces forces sont dans le cœur d'Israël : l'ouverture du cœur les fait sortir de la puissance à l'acte, l'intention pour le Ciel en fait un réceptacle (kli) pour Sa volonté, et les bénédictions viennent d'elles-mêmes.

Aussi : une porte d'en bas signe celle d'en haut, tefillin et deux statures ; génération du désert dans la vérité, celle du pays dans la foi et le amen ; prières à la place des prémices et Israël appelé rechit

במדרש א"ש תשמע אשרי א' שומע לי. ששמועותיו לי.

דלתותי דלת לפנים מן הדלת כו' מוצאי מצא חיים ולא עוד אלא שיוצא טעון ברכות ויפק רצון מה'. הענין הוא כדאיתא הקב"ה מתהא את הצדיקים.

וכשאדם מרגיש איזה פתיחות שער בלב אל יעמוד עצמו רק לידע כי הוא רק רמז. וצריך לשקוד עוד על הדלת שלפנים מדלת שהקב"ה מונה פסיעותך כענין שכ' לתת לו שכר על כל דיבור ודיבור.

מוצאי מצא חיים. דאיתא בזוה"ק ישרצו המים כו' נפש חי' כי ע"י היגיעה בפה בתורה ותפלה זוכין לנפש חי'.

ויש נפש רוח נשמה והיא דלת לפנים מדלת. וכבר כתבתי כי דלתותי יום יום הם הג' תפלות כדאיתא במד' נשתחוה ונכרעה נברכה כו' שהם נגד ג' תפלות ולזכות על ידן לנר"נ.

וז"ש כי הוא אלקינו בחי' נשמת אלקי. ואנחנו עם מרעיתו בחי' רוח.

אדם אתם. וצאן ידו בחי' נפש.

והכל אם בקולו תשמעו שהוא ע"י התורה ותפלה. כי כל אלה הכחות נמצאים בלב איש ישראל רק שצריכין לזכות לפתיחות הלב להוציאו מן הכח אל הפועל.

אכן כ' שומע לי להיות הכוונה לשם שמים כדי להיות כלי לעשות רצונו ית'. לכן צריך האדם להיות מוכן תמיד לידע רצונו ית'.

וזה ששמועותיו לי. וכשהוא כלי מתוקן זוכה ממילא לכל הברכות וז"ש ולא עוד אלא שאתה יוצא טעון ברכות.

וכן הוא ענין הפרשה א"ש תשמע ובאו עליך מעצמם וזה והשיגוך כשתהי' כלי מוכן לקבל תבוא הברכה בהיסח הדעת:

Dans le Midrach : " [si] tu écoutes (im chamoa tichma) " - " heureux l'homme qui m'écoute (choméa li) ", dont les auditions (chemouotav) sont pour Moi, " mes portes (daltotai) " - une porte en-deçà de la porte, etc. " celui qui me trouve à trouvé la vie ", et de plus il sort charge de bénédictions et obtient la faveur de ה' (Prov 8,35).

Le sens est comme il est rapporté : le Saint béni soit-Il désire les justes (mit'avé). Et quand l'homme ressent quelque ouverture de porte dans le cœur, qu'il ne s'arrête pas la, mais qu'il sache que ce n'est qu'une allusion (remez).

Et il doit encore veiller (lichkod) à la porte qui est en-deçà de la porte, car le Saint béni soit-Il compte tes pas (pesiotekha), à la manière de ce qui est écrit, pour lui donner récompense pour chaque parole. " celui qui me trouve à trouvé la vie " : comme il est rapporté dans le saint Zohar sur " que les eaux grouillent " etc.

" d'âme vivante (nefech haya) " (Gen 1,20) - car par le labeur de la bouche dans la Torah et la prière on mérite l'âme vivante (nefech haya). Et il y a nefech, roua'h, nechama, et elle [la nechama] est la porte en-deçà de la porte.

Et j'ai déjà écrit que " mes portes jour après jour " (Prov 8,34) sont les trois prières, comme il est rapporté dans le Midrach " prosternons-nous, agenouillons-nous, inclinons-nous (nichta'havé ve-nikhraa nivrekha) " etc. (Ps 95,6), qui correspondent aux trois prières, et par elles mériter le nefech-roua'h-nechama (NaRaN).

Et c'est ce qui est dit " car Il est notre Dieu (Elokenou) " - l'aspect de " l'âme divine (nichmat Eloka) " ; " et nous sommes le peuple de Son pâturage (am mareito) " - l'aspect du roua'h : " vous êtes des hommes (adam atem) " (Ez 34,31) ; " et le troupeau de Sa main (tzon yado) " - l'aspect du nefech (Ps 95,7). Et tout cela [se réalise] " si vous écoutez Sa voix " (Ps 95,7), ce qui est par la Torah et la prière.

Car toutes ces forces se trouvent dans le cœur de l'homme d'Israël, seulement il faut mériter l'ouverture du cœur pour la faire sortir de la puissance à l'acte (min ha-koa'h el ha-poal). Cependant il est écrit " qui m'écoute " - que l'intention soit pour le Ciel (le-chem chamayim), afin d'être un réceptacle (kli) pour faire Sa volonté (béni soit-Il).

C'est pourquoi l'homme doit être toujours prêt à connaître Sa volonté (béni soit-Il). Et c'est " dont les auditions sont pour Moi ".

Et quand il est un réceptacle réparé (kli metoukan), il mérite automatiquement toutes les bénédictions, et c'est ce qui est dit " et de plus tu sors charge de bénédictions ". Et de même est la matière de la section [de la Torah] : " [si] tu écoutes ", " et elles viendront sur toi " (Deut 28,2) d'elles-mêmes ; et c'est " et elles t'atteindront (ve-hissigoukha) " (Deut 28,2) : quand tu seras un réceptacle prêt à recevoir, la bénédiction viendra à l'improviste (be-hessea'h ha-daat).

עוד יובן דלת לפנים מדלת. לידע כי בכל פתיחת שער שלמטה הוא סימן לשער שלמעלה.

וכן הוא באדם כי הגוף הוא כלי וחיצוניות לפנימיות הנשמה. וכ' יקימך ה' לו לעם קדוש כו' וראו כל ע"ה כו'.

פי' כי לקומת הגוף היא יש מכוון קומת הנשמה וז"ש ואולך א' קוממיות ב' קומות והוא הקומה שיהי' לעתיד בנ"י מחיצתן לפנים ממה"ש א"כ יהי' רוחניי וזה לעם קדוש. וז"ש וראו כל ע"ה כי שם ה' נקרא עליך ודרשו חז"ל זו תפילין שבראש.

פי' התפילין שצונו הש"י להניח על הראש הוא למצוא ולעורר בכח התפילין פנימיות התפילין שבראש עצמו רק שא"י לע"ע להתגלות וע"י התפילין יש בהם קצת הרגשה. אבל לעתיד יתגלה שם ה' נק' עליך ממש והם עצמם התפילין.

ומסיים הפ' והותירך ה' לטובה. כלומר אע"פ שיהי' להם הציור הרוחניי שלמעלה מהמלאכים אעפ"כ יתרון זה יהי' להם שגם ציור הגוף יתקיים ויהי' הברכה למעלה ולמטה כאחד.

וכל זה השכר כשמעשה האדם היא כמו כן בב' הבחינות כמ"ש שמוע תשמע דרשו חז"ל שמוע בעוה"ז תשמע בעוה"ב. ואם הוא רק פרעון שכר א"כ למה נכתב בהציווי רק שצריך להיות השמועה בעוה"ז ולידע ולזכור כי יש בשמיעה זו שורש למעלה ובעוה"ב דלת לפנים מדלת כנ"ל.

וכן הוא בש"ק שמוע תשמע בקול ר"ת שבת כדאיתא כל דברי שבת כפולין מנחתו כפולה כו'. והיינו כנ"ל כי בשבת יש עלי' ודביקות לכל התחתונים לשוב לשורשם לכן הוא מעין עוה"ב ויורד בו הנשמה יתירה ומתגלה הארה מעין לעתיד.

לכן א"צ תפילין בשבת כמ"ש חז"ל שהם עצמם אות כנ"ל:

On peut encore comprendre " une porte en-deçà de la porte " : savoir que dans toute ouverture de porte d'en bas il y a un signe de la porte d'en haut. Et de même il en est chez l'homme, car le corps est un réceptacle (kli) et l'extériorité pour l'intériorité de l'âme (nechama).

Et il est écrit " ה' t'établira pour Lui en peuple saint " etc. " et tous les peuples de la terre verront " etc.

(Deut 28,9-10). L'explication : car à la stature du corps correspond la stature de l'âme, et c'est ce qui est dit " et Je vous ai fait marcher tête haute (komemiyout) " (Lev 26,13) - deux statures (komot) ; c'est la stature que les enfants d'Israël auront à l'avenir, leur enceinte étant en-deçà des anges de service (mehitzatan lifnim mi-malakhei ha-charet), si bien qu'il sera spirituel, et c'est " en peuple saint ".

Et c'est ce qui est dit " et tous les peuples de la terre verront que le nom de ה' est appelé sur toi " (Deut 28,10) ; et nos Sages ont expliqué : ce sont les tefillin de la tête (Berakhot 6a). L'explication : les tefillin que le Nom (béni soit-Il) nous à ordonné de poser sur la tête servent à trouver et à éveiller, par la force des tefillin, l'intériorité des tefillin qui est dans la tête elle-même, sauf que jusqu'à présent elle ne peut se révéler, et par les tefillin il y en a en eux quelque perception (hargacha).

Mais à l'avenir se révélera que " le nom de ה' est appelé sur toi " vraiment, et ce sont eux-mêmes les tefillin. Et le verset conclut " et ה' te fera surabonder pour le bien " (Deut 28,11), c'est-à-dire : bien qu'ils aient la représentation spirituelle qui est au-dessus des anges, néanmoins cet avantage sera le leur, que la représentation du corps subsistera aussi, et la bénédiction sera en haut et en bas comme une seule chose.

Et toute cette récompense [advient] lorsque l'action de l'homme est de même dans les deux aspects, comme il est écrit " écouter, tu écouteras (chamoa tichma) " (cf. Deut 28,1) : nos Sages ont expliqué " chamoa " en ce monde, " tichma " dans le monde à venir.

Et si ce n'est qu'un paiement de récompense, pourquoi donc est-ce écrit dans le commandement ? [C'est] plutôt qu'il faut que l'audition soit en ce monde, et savoir et se souvenir qu'il y a dans cette audition une racine en haut et dans le monde à venir, une porte en-deçà de la porte comme ci-dessus.

Et de même il en est au saint Chabbat : " chamoa tichma be-kol " (écouter tu écouteras la voix) - les initiales (rachei tevot) forment שבת (Chabbat), comme il est rapporté : toutes les choses du Chabbat sont doubles - son offrande (min'hato) est double etc. Et c'est comme ci-dessus : car au Chabbat il y a une élévation et un attachement (aliya où-dvekout) pour tous les [êtres] inférieurs, [les faisant] retourner à leur racine ; c'est pourquoi il est un avant-goût du monde à venir, et il y descend l'âme supplémentaire (nechama yetera) et se révèle une illumination (heara) de l'avant-goût du futur.

C'est pourquoi on n'à pas besoin des tefillin au Chabbat, comme l'ont dit nos Sages, car ils sont eux-mêmes un signe (ot) comme ci-dessus.

במדרש גדול העונה אמן לפני הקב"ה כו'. כי הנה דור המדבר היו כולם בבחי' אמת לאמיתו.

ודור באי הארץ הי' בבחי' אמונה אספקלריא שאינה מאירה ואין האמת מבורר וצריכין להאמין וע"י האמונה לזכות אל האמת. וזה הי' עניית האמן בכניסת א"י.

דאיתא בגמ' בא דוד והעמידן על אחת עשרה כו' בא חבקוק והעמידן על אחת וצדיק באמונתו יחי'. ומסתמא הי"א דברים הם מכוונים מול הי"א ארורים שבפרשה שהם המחשכים את האמת וע"י קבלת י"א דברים אלו זוכין אל האמת.

ואח"כ מצאתי בס' רבינו בחיי ג"כ מזה. ופשוטי בנ"י שלא זכו לכל הי"א ע"י עניית אמן הי' להם חלק בזה הברית כמ"ש וצדיק באמונתו יחי':

Dans le Midrach : " grand est celui qui répond amen devant le Saint béni soit-Il " etc. Car voici, la génération du désert étaient tous dans l'aspect de la vérité en sa vérité (émet la-amito).

Et la génération qui entra dans le pays était dans l'aspect de la foi (emouna) - un miroir qui n'éclaire pas (aspaklaria che-eina meira) - où la vérité n'est pas claire et l'on doit croire, et par la foi mériter la vérité. Et c'était la matière de la réponse du amen à l'entrée en Terre d'Israël.

Comme il est rapporté dans la Guemara : David vint et les établit sur onze [principes] etc., Habakkuk vint et les établit sur un seul : " et le juste vivra par sa foi (be-emounato) " (Hab 2,4 ; cf. Makot 24à).

Et vraisemblablement les onze choses sont ordonnées face aux onze " maudit soit (arour) " de la section (Deut 27,15-26), qui obscurcissent la vérité, et par la réception de ces onze choses on mérite la vérité. Et ensuite j'ai trouvé dans le livre de Rabbenou Ba'hya également à ce sujet.

Et les simples parmi les enfants d'Israël qui ne méritèrent pas les onze [principes], par la réponse du amen ils eurent une part à cette alliance (berit), comme il est écrit " et le juste vivra par sa foi ".

במדרש תנחומא התקין מרע"ה ג' תפלות במקום ביכורים ע"ש. דכ' והי' אמונת עתך דרשו חז"ל אמונת סדר זרעים כו'.

כי ע"י הפרשת מצות התלויות בארץ הי' כל אכילתם בקדושה. כי כל החטאים נמשכו מתערובת טוב ורע ועל ידי הפרשת הראשית הי' ניתקן ונתברר הטוב.

ואיתא במד' גדול כח מעשרות שמהפך הקללה דכ' השקיפה והיא לשון קללה. ועתה שאין לנו מצות אלו צריכין להתדבק בעתות וזמנים שנפתחים בכל יום וזה עתיך.

אבל בזמן שהי' בהמ"ק קיים הי' למעלה מן הזמן. ולא מצינו מצות תפלה בפרטות בתורה רק בכאן.

ובשעת הבאת הביכורים הי' בחי' סידור שבחו של מקום ובסוף בוידוי מעשר הי' בקשת צרכנו. דאיתא אין עומדין להתפלל רק מתוך שמחה של מצוה.

וביכורים הי' שמחה של מצוה דכ' והי' כי תבוא והי' לשון של שמחה:

Dans le Midrach Tan'houma : Moche notre maître (que la paix soit sur lui) institua trois prières à la place des prémices (bikourim) - vois la. Car il est écrit " et sera la foi (emounat) de tes temps " (Is 33,6) : nos Sages ont expliqué " emouna " - c'est l'ordre Zeraim (des semences) etc.

(Chabbat 31à). Car par le prélèvement des mitsvot dépendant de la terre (mitsvot ha-teluyot ba-aretz), toute leur nourriture était dans la sainteté.

Car toutes les fautes découlent du mélange du bien et du mal, et par le prélèvement du commencement (rechit) le bien était réparé et clarifié. Et il est rapporté dans le Midrach : grande est la force des dîmes (maasserot) qui renverse la malédiction, car il est écrit " abaisse ton regard (hachkifa) " (Deut 26,15), qui est un langage de malédiction.

Et maintenant que nous n'avons pas ces mitsvot, nous devons nous attacher aux temps et aux moments (itot où-zmanim) qui s'ouvrent chaque jour, et c'est " tes temps (itekha) ". Mais au temps où le Temple existait, c'était au-dessus du temps.

Et nous ne trouvons pas la mitsva de la prière en détail dans la Torah, sauf ici. Et au moment de l'apport des prémices, c'était l'aspect de l'ordonnancement de la louange de l'Omniprésent (sidour chivho chel makom), et à la fin, dans la confession de la dîme (vidouy maasser), c'était la demande de nos besoins.

Comme il est rapporté : on ne se lève pour prier que dans la joie d'une mitsva (simcha chel mitsva, cf. Berakhot 31a).

Et les prémices étaient une joie de mitsva, car il est écrit " et ce sera quand tu viendras (ve-haya ki tavo) " (Deut 26,1), et " ve-haya " est un langage de joie.

תרמ"ט

5649 (תרמ״ט)

בענין מצות ביכורים ובמד' שתיקן משה רבינו ע"ה תפלות במקום ביכורים ע"ש בתנחומא. כי מצות ביכורים היא להביא הראשית למקדש ועי"ז נתחדש הפנימיות דכ' בראשית ברא ודרשו חז"ל בשביל ישראל שנק' ראשית.

ולמה נתכנו כאן בשם ראשית. ועוד קשה ובשביל ישראל נבראו כל האומות.

אך הפי' שכן ברא הש"י עוה"ז להיות לו בו ראשית וחלק וכמ"ש בת"ד אלי' על הקב"ה עשיר ושמח בחלקו. כי בוודאי של יכול הש"י לברוא העולם באופן שיכירו הכל את כבוד מלכותו ית'.

אך הלא יש לו אלפים ורבבות עולמות ורק רוצה הקב"ה להיות עדות בעולם שהוא ית' בראו וזה הראשית מקיים כל העולם אפי' שיהי' רשעים וכופרים מתקיים הכל ע"י הראשית. ולכן הכל תלוי בעבודת בנ"י שע"י מתעורר פנימיות חיות העולם.

ולכן איתא במשנה כשהביאו ביכורים דיברו הלוים בשיר ארוממך ה' כי דליתני כו'. כי הי' כמו חנוכת הבית.

וכמו כן בכל יום אומרים מזמור שיר חנוכת. פי' חנוכת הבית אינו דוקא על בהמ"ק רק כל מעשה בראשית בנין ביתו של הקב"ה.

וע"י עבודת בנ"י בתורה ותפלה מתחנך ומתחדש הבנין כי הכל בכ"ב אתוון נברא ויש חינוך במעשה כמו שהי' בביכורים ויש בדיבור בתפלה. שמעתי מפי מו"ז ז"ל פי' כי דליתני הוא לשון שפלות ולשון הגבהה ורוממות ע"ש בעניני חנוכה.

ונ"ל כי ע"ז משבחין שע"י שהש"י ברא אותנו בעולם הזה השפל ועי"ז באין תמיד להתחדשות. וזה ענין מזמור שיר חנוכת.

ולכן מבקשין בו מה בצע כו' להיות תיקון השלימות יזמרך כו' ולא ידום. כי בעוה"ז יש לעולם עלי' וירידה והוא ירידה שצורך עלי' כמ"ש.

וכ' והי' כי תבא פי' להיות עיקר שמחת בנ"י בכניסתם לארץ כדי שיביאו ביכורים ושיבררו כבוד מלכותו בעולם. והוא עצמו מצות הביכורים להיות ראשית כל דבר לשמו ית'.

וכן אמר מור"ז ז"ל כי לכן תפלות במקום ביכורים בראשית היום כשניעור האדם משנתו יזכור מיד בהש"י. וכמ"ש שיהי' לו השמחה בהחזרת נשמתו בעולם כדי לעבוד אותו ית' כל היום:

Au sujet de la mitsva des prémices (bikourim), et dans le Midrach : Moche notre maître (que la paix soit sur lui) institua des prières à la place des prémices - vois la dans le Tan'houma. Car la mitsva des prémices consiste à apporter le commencement (rechit) au Sanctuaire, et par cela se renouvelle l'intériorité (pnimiyout), comme il est écrit " be-rechit (au commencement) Il créa " (Gen 1,1) et nos Sages ont expliqué : pour les enfants d'Israël appelés " rechit ".

Et pourquoi sont-ils désignés ici du nom de " rechit " ? Et il y a une autre difficulté : " et pour Israël furent créées toutes les nations ".

Mais l'explication est qu'ainsi le Nom (béni soit-Il) à créé ce monde-ci pour y avoir un commencement et une part, comme il est écrit dans le Tanna de-vei Eliyahou au sujet du Saint béni soit-Il : riche et joyeux de sa part (samea'h be-helko). Car assurément le Nom (béni soit-Il) aurait pu créer le monde de manière que tous reconnaissent la gloire de Sa royauté (béni soit-Il).

Mais voici, Il à des milliers et des myriades de mondes, et le Saint béni soit-Il veut seulement qu'il y ait un témoignage dans le monde qu'Il l'à créé (béni soit-Il), et ce " rechit " maintient tout le monde ; même s'il y a des méchants et des renégats (kofrim), tout subsiste par le " rechit ". C'est pourquoi tout dépend du service des enfants d'Israël, par lequel s'éveille l'intériorité de la vitalité du monde (pnimiyout hiyout ha-olam).

Et c'est pourquoi il est rapporté dans la Michna : quand on apportait les prémices, les Lévites disaient dans le chant " je T'exalté ה' car Tu m'as relève (dilitani) " etc. (Ps 30,2).

Car c'était comme une inauguration de la maison (hanoukat ha-bayit). Et de même chaque jour on dit " psaume, chant d'inauguration [de la maison] (mizmor chir hanoukat) " (Ps 30,1).

L'explication : " hanoukat ha-bayit " ne concerne pas seulement le Temple, mais toute l'œuvre du commencement (maasse berechit) est la construction de la maison du Saint béni soit-Il. Et par le service des enfants d'Israël dans la Torah et la prière, la construction est inaugurée et renouvelée, car tout à été créé par les vingt-deux lettres (bekhav-bet otiyot), et il y a une inauguration (hinoukh) dans l'action, comme c'était le cas pour les prémices, et il y en a une dans la parole, dans la prière.

J'ai entendu de la bouche de mon aïeul-maître (de mémoire bénie) l'explication que " dilitani " est un langage d'abaissement (chiflout) et un langage d'élévation et d'exaltation (hagbaha ve-romemout) - vois la, dans les matières de Hanoukka. Et il me paraît que c'est de cela qu'on loue : que par le fait que le Nom (béni soit-Il) nous à créés dans ce monde inférieur (chafal), par cela nous venons continuellement au renouvellement.

Et c'est la matière de " mizmor chir hanoukat ". Et c'est pourquoi on y demande " quel profit (ma betza) " etc.

(Ps 30,10), pour qu'il y ait la réparation de la perfection : " [afin] qu'il Te chante (yezamerkha) " etc. " et ne se taise point " (Ps 30,13).

Car en ce monde le monde à toujours une montée et une descente, et c'est une descente en vue d'une montée (yerida tzorekh aliya), comme il est écrit. Et il est écrit " et ce sera quand tu viendras (ve-haya ki tavo) " (Deut 26,1) : l'explication est que l'essentiel de la joie des enfants d'Israël à leur entrée dans le pays était afin d'apporter les prémices et de clarifier la gloire de Sa royauté dans le monde.

Et c'est cela même la mitsva des prémices : être le commencement (rechit) de toute chose pour Son Nom (béni soit-Il). Et de même à dit mon aïeul-maître (de mémoire bénie) : c'est pourquoi les prières sont à la place des prémices, au commencement du jour ; quand l'homme s'éveille de son sommeil, il doit se souvenir aussitôt du Nom (béni soit-Il).

Et comme il est écrit, qu'il ait la joie du retour de son âme (nechama) dans le monde afin de Le servir (béni soit-Il) tout le jour.

בפסוק יפתח ה"א לך כו' את השמים כו'. דכ' השמים ש' לה' והארץ נתן לב"א.

כי גם בטבע נסתר חכמתו ית' כמ"ש כולם בחכמה עשית. וע"ז כ' ה' יתן חכמה.

אבל מפיו דעת ותבונה היא בחי' התורה שנק' שמים. והיא הנהגה פנימיות שלא נתגלה בעולם רק לבנ"י.

וכמ"ש במד' המשל בא בנו ונתן לו פרוסה מתוך פיו. והיא אות השבת שנתן לנו השי"ת כי בימי המעשה ההנהגה ע"פ התלבשות הטבע כמו שהי' בכל יום מעשה חדשה.

והגם שהי' במאמרו ית' רק שנתלבש במעשה. לכן כ' והארץ נתן בתוספת ו' כי וודאי יש בארץ ג"כ המשכה כמ"ש ה' בחכמה יסד ארץ.

אבל בשבת לא הי' רק ויברך ויקדש. ולכן אומרים פורס סוכת שלום עלינו והיא ממש כמאמרם ז"ל פרוסה מתוך פיו כביכול.

והכל ע"י התורה כמ"ש אוצרו הטוב ואין טוב אלא תורה. כדכ' לקח טוב נתתי לכם פי' שבנ"י מקבלין הכל בכח התורה והיא טוב בלי פסולת.

שאחר החטא נתערב טוב ורע בעולם. אבל בנ"י בכח התורה זוכין לאוצרו הטוב:

Sur le verset " [que] ה' ton Dieu ouvre pour toi " etc. " les cieux " etc.

(Deut 28,12). Car il est écrit " les cieux, les cieux sont à ה', et la terre Il l'à donnée aux fils de l'homme (li-vnei adam) " (Ps 115,16).

Car même dans la nature Sa sagesse (béni soit-Il) est cachée, comme il est écrit " Tu les as tous faits avec sagesse " (Ps 104,24). Et sur cela il est écrit " ה' donne la sagesse " ; mais " de Sa bouche [viennent] la connaissance et l'entendement (daat où-tevouna) " (Prov 2,6) est l'aspect de la Torah, appelée " cieux (chamayim) ".

Et c'est une conduite intérieure (hanhaga pnimiyout) qui ne se révèle pas dans le monde, sinon aux enfants d'Israël. Et comme il est écrit dans le Midrach : la parabole - son fils vint et il lui donna un morceau (perousa) de sa propre bouche.

Et c'est le signe du Chabbat (ot ha-Chabbat) que le Nom (béni soit-Il) nous à donné, car aux jours ouvrables la conduite se fait par le revêtement (hitlabchout) de la nature, comme il en était chaque jour une œuvre nouvelle. Et bien que ce fut par Sa parole (béni soit-Il), sauf que cela s'est revêtu dans l'action.

C'est pourquoi il est écrit " et la terre (ve-ha-aretz) Il l'à donnée " avec l'ajout d'un vav (ו), car assurément il y a aussi dans la terre une effusion (hamchakha), comme il est écrit " ה' par la sagesse à fondé la terre " (Prov 3,19). Mais au Chabbat il n'y eut que " Il bénit et sanctifia " (Gen 2,3).

Et c'est pourquoi on dit " Il étend la souccah de paix (soukat chalom) sur nous ", et c'est littéralement comme le disent nos Sages (de mémoire bénie) : un morceau de Sa bouche, pour ainsi dire (kivyakhol). Et tout [advient] par la Torah, comme il est écrit " Son bon trésor (otzaro ha-tov) " (Deut 28,12), et il n'y a de " bon " que la Torah (cf.

Berakhot 5a). Comme il est écrit " car je vous ai donné un bon enseignement (leka'h tov) " (Prov 4,2), l'explication : les enfants d'Israël reçoivent tout par la force de la Torah, qui est un bien sans déchet (pesolet).

Car après la faute, le bien et le mal se sont mélangés dans le monde, mais les enfants d'Israël, par la force de la Torah, méritent Son bon trésor.

תר"ן

5650 (תר״ן)

במדרש אשרי אדם שומע לי כו' על דלתותי דלת לפנים מדלת כו' שהקב"ה מונה פסיעותיך כו'. שמיעה היא התאספות כל הכחות ואברים לשמוע דבר ה' ואם הוא כנסי' לש"ש זוכה לשמוע.

כמ"ש ששמועותיו לי. וב' דלתות הם כדאיתא בגמ' מי שיש בו תורה ואין בו יראת שמים כאלו נמסרו לו מפתחות פנימיות ולא החיצוניות.

א"כ יש מפתח חיצוני ופנימי. ובאמת ב' מפתחות אלו הם א' בידינו וא' ביד הקב"ה כמ"ש פתחי לי אחותי כו'.

וכ' פתחו לי שערי צדק. וכפי מה שאדם פותח מפתח החיצון ע"י יראת שמים כך פותחין לו פתח הפנימי שער התורה.

וז"ש שהקב"ה מונה פסיעותיך שכפי הילוך האדם ממדרגה למדרגה כך פותחין לו שערי בינה בתורה:

Dans le Midrach : " heureux l'homme qui m'écoute " etc. " à mes portes (daltotai) " - une porte en-deçà de la porte, etc. - car le Saint béni soit-Il compte tes pas (pesiotekha) etc.

L'audition (chemia) est le rassemblement de toutes les forces et de tous les membres pour écouter la parole de ה', et si c'est un rassemblement pour le Ciel (le-chem chamayim), on mérite d'entendre, comme il est écrit " dont les auditions sont pour Moi ". Et les deux portes sont comme il est rapporté dans la Guemara : celui qui a la Torah mais n'à pas la crainte du Ciel (yirat chamayim), c'est comme si on lui avait remis les clés intérieures et non les extérieures (cf.

Chabbat 31à-b). Il y a donc une clé extérieure et une clé intérieure.

Et en vérité, ces deux clés, l'une est dans notre main et l'autre dans la main du Saint béni soit-Il, comme il est écrit " ouvre-moi, ma sœur (pit'hi li à'hoti) " etc. (Cant 5,2).

Et il est écrit " ouvrez-moi les portes de la justice (chaarei tzedek) " (Ps 118,19). Et selon la mesure où l'homme ouvre la clé extérieure par la crainte du Ciel, ainsi lui ouvre-t-on la porte intérieure, la porte de la Torah (chaar ha-Torah).

Et c'est ce qui est dit " le Saint béni soit-Il compte tes pas " : car selon la marche de l'homme d'un degré à l'autre, ainsi lui ouvre-t-on les portes de la compréhension (chaarei bina) dans la Torah.

תרנ"א

5651 (תרנ״א)

במדרש לשקוד על דלתותי דלת לפנים מדלת. דכ' פתחי לי אחותי כו' דרשו חז"ל פ' כחודה של מחט ואפתח לכם כפתחו של היכל ואולם.

א"כ יש ב' דלתות והיינו דכ' א"א שומע לי שזוכה שנפתח לו מלמעלה הפתח. ובאמת פתחי לי נאמר בזמן הגלות כדכ' אני ישנה כו'.

ואז צריכין בנ"י לפתוח פתח החיצון שהוא הכנה אל הגאולה. ומעין זה יש לעולם בימי המעשה נאמר ג"כ פתחי לי כו' [וכ"א בתיקונים].

ובשבת היא הפתח מלמעלה. ומעין זה יש בכל יום ג"כ כפי הכנת האדם לפתוח לבו לתפלה כך פותחין לו מלמעלה.

לשמור מזוזת פתחי כ' במדרש כמו שמזוזה אינה זזה מהפתח כך לא תהי' זז מן בתי כנסיות כו'. פי' שהגם שיש זמני תפלה מ"מ הכנת האדם אל התפלה צריך להיות כל היום לשמור הוא להשתוקק להיות מוכן לתפלה ולפתיחת לבו מן השמים.

והיא שעה ראשונה ששהו החסידים הראשונים לפני התפלה שעה היא רצון והשתוקקות. ואחר התפלה לשמור אותה הפתיחה והרשימה שקיבל בתפילה שלא תאבד ממנו ושתהי' קשורה בו כל הימים:

Dans le Midrach : " veiller (lichkod) à mes portes " - une porte en-deçà de la porte. Car il est écrit " ouvre-moi, ma sœur (pit'hi li à'hoti) " etc.

(Cant 5,2), et nos Sages ont expliqué : ouvre-Moi une ouverture comme le chas d'une aiguille (ke-houda chel ma'hat) et J'ouvrirai pour vous comme l'ouverture du hekhal et du oulam (le Sanctuaire et le vestibule, cf. Chir ha-Chirim Rabba 5,2).

Il y a donc deux portes, et c'est ce qui est écrit " heureux l'homme qui m'écoute " : il mérite qu'on lui ouvre d'en haut la porte. Et en vérité, " pit'hi li " est dit au temps de l'exil (galout), comme il est écrit " je dors [mais mon cœur veille] (ani yechena) " etc.

(Cant 5,2). Et alors les enfants d'Israël doivent ouvrir la porte extérieure, qui est une préparation à la délivrance (geoula).

Et un avant-goût de cela existe toujours aux jours ouvrables : il est dit aussi " pit'hi li " etc. [et ainsi dans les Tikounim].

Et au Chabbat, c'est la porte [ouverte] d'en haut. Et un avant-goût de cela existe aussi chaque jour : selon la préparation de l'homme à ouvrir son cœur à la prière, ainsi lui ouvre-t-on d'en haut.

" veiller aux montants (mezouzot) de mes portes " (Prov 8,34), il est écrit dans le Midrach : de même que la mezouza ne bouge pas de la porte, ainsi tu ne bougeras pas des maisons de prière (batei knesiyot) etc. L'explication : bien qu'il y ait des temps [fixés] de prière, néanmoins la préparation de l'homme à la prière doit se faire tout le jour ; " veiller " (lichmor), c'est aspirer (le-hichtokek) à être prêt à la prière et à l'ouverture de son cœur depuis les cieux.

Et c'est la première heure où les premiers pieux (hassidim ha-richonim) s'attardaient avant la prière (cf. Berakhot 30b) - une heure de volonté (ratzon) et de désir ardent (hichtokekout).

Et après la prière, veiller sur cette ouverture et cette empreinte (recima) qu'il à reçue dans la prière, afin qu'elle ne se perde pas de lui et qu'elle reste liée à lui tous les jours.

En bref

« Sois attentif et écoute, aujourd’hui tu es devenu un peuple » (Devarim 27,9). La Guemara Berakhot lit « Brisez vos cœurs pour écouter », initiales de « faites-vous des groupes ». Le Sfat Emet enseigne que Moché a réparé les enfants d’Israël : « tu es devenu » signifie qu’ils sont devenus comme une créature nouvelle, réparés du sein des souffrances. Le Zohar lit que le cœur s’est brisé pour le service ; il faut briser le cœur et l’âme pour mériter les paroles de la Torah, et celui qui livre son âme pour elle devient entièrement Torah. « Hasket » tient aussi la voie du repos par la collectivité : brisement des jours ouvrables et rassemblement du Chabbat.

Aussi : les bénédictions dans le monde caché, reçues par élévation ; la prière qui ouvre l’illumination du Temple ; les quarante ans qui achèvent la réception de la Torah pour l’action

בפסוק הסכת ושמע כו' היום הזה נהיית כו'. בגמ' ברכות [ס"ג] כתתו לבבכם לשמוע ר"ת עשו כתות כו'.

דהנה מרע"ה תיקן את בנ"י קודם הסתלקותו כמ"ש בפרשה זו את ה' האמרת היום. היום הזה ה"א מצוך כו'.

ומפורש ביותר ולא נתן ה' לכם לב לדעת ועינים כו' ואזנים כו' עד היום הזה. א"כ נראה כי ביום הזה ניתקנו בנ"י נהיית הוא שנעשו כברי' חדשה.

וכמו שהתנה הקב"ה עמנו א"ש ת' כו' והייתם לי סגולה. אכן בנ"י עברו עליהם כמה יסורים באלה המ' שנים עד שזכו לזה התיקון כמ"ש לחם לא אכלתם כו' ומתוך היסורין ניתקנו.

וכ"כ בזוה"ק תרומה נהיית תברתא לבך לפולחנא דקוב"ה מלשון נהייתי ונחלתי. ולכן כמו שנעשה אז כך הוא תמיד ולכן צריכין לכתת הלב ונפש לזכות לדברי תורה.

ואיתא בגמ' זאת התורה א' כי ימות אין התורה מתקיימת אלא במי שממית עצמו עלי'. והנה הפסוק אומר זאת התורה היינו מי שבאמת מוסר נפשו על התורה נעשה כולו תורה ממש.

כמ"ש על ר"ע ממתים ידך ה' כו' חלקם בחיים ע"ש בגמ' ובמד' תנחומא פ' זו. פי' שנעשה כולו תורה שכל תורה שבע"פ הוא בחכמי ישראל.

וחלקם בחיים ממש. וע"ז כ' וה' האמירך כמ"ש במ"א שנעשו מבנ"י תורה ממש.

וזה הוא באנשים גדולים ומעין זה בכל איש ישראל כפי מה שמבטל ומכתת גופו כך זוכה לתורה. וכ"ז נעשה בדור הראשון שאחר כל היסורים זכו כמ"ש לב לדעת עינים ואזנים כו' היינו שנתהפך כל גופם תורה.

אכן יש עוד פי' הסכת עשו כתות והוא דרך המנוחה שיכולין ג"כ לזכות לתורה ע"י כח כללות בנ"י. וכך הי' מוכן קודם החטא.

וע"ז הוכיח מרע"ה את בנ"י כדאיתא במד' שכשאמר הקב"ה מי יתן והי' לבבם זה הי' להם לומר אתה תן. פי' מי יתן הוא בחי' תשובה שהי' גלוי לפניו ית' שעתידין לחטוא ולהתקרב ע"י תשובה.

ומשה רבינו ע"ה הי' חפץ שיתתקנו בנ"י בבחי' צדיקים גמורים. והם ב' מדרגות ושניהם כלולים בתיבת הסכת.

והיא בחי' מחלוקת לש"ש וכנסי' לש"ש. והם בחי' ימי המעשה בבירור תיקון הגוף שצריך כתיתה.

ויום שבת מנוחה היא כנסי' לש"ש. ועיין בתיקונים תיקון כ"א נ"ט ע"א וע"ב שכ' דסובלין כמה מכתשין בצלותא כו'.

ותלמידי דבי רב א"צ שחיטה רק אסיפתן מתירתן ע"ש והיא כמ"ש ב' הבחי' כתתו. ועשו כתות כתות כנ"ל:

Sur le verset 'Sois attentif et écoute... aujourd'hui tu es devenu [un peuple]...' (Deut. 27,9).

Dans la Guemara Berakhot [63b]: 'Brisez (kittetou) vos cœurs pour écouter' - initiales (rashei tevot) de 'faites-vous des groupes (kitot)...'. Car voici: Moche notre maître - que la paix soit sur lui - à réparé (tikoun) les enfants d'Israël avant sa disparition, comme il est écrit dans cette paracha 'tu as fait proclamer aujourd'hui l'Éternel [pour ton D.ieu]' (Deut.

26,17), 'aujourd'hui l'Éternel ton D.ieu t'ordonné...' (Deut. 26,16), et plus explicitement encore: 'l'Éternel ne vous à pas donné un cœur pour connaître, ni des yeux [pour voir], ni des oreilles [pour entendre], jusqu'à ce jour' (Deut.

29,3). Ainsi il apparaît qu'en ce jour les enfants d'Israël ont été réparés - 'tu es devenu (nehiit)' signifie qu'ils sont devenus comme une créature nouvelle.

Et de même que le Saint béni soit-Il à conclu avec nous [l'alliance]... 'et vous serez pour Moi un trésor (segoula)' (Ex. 19,5).

Cependant les enfants d'Israël ont traverse plusieurs souffrances durant ces quarante années jusqu'à mériter cette réparation, comme il est écrit 'vous n'avez pas mangé de pain...' (Deut. 29,5), et c'est du sein des souffrances qu'ils ont été réparés.

Ainsi est-il écrit dans le Zohar saint (Terouma): 'tu es devenu (nehiit)' - ton cœur s'est brisé (tavarta) pour le service du Saint béni soit-Il - du langage de 'j'ai été brisé (neheiti) et malade' (Dan. 8,27).

C'est pourquoi, de même qu'il en fut alors, ainsi en est-il toujours, et c'est pourquoi il faut briser (lekhatet) le cœur et l'âme pour mériter les paroles de la Torah. Et il est enseigné dans la Guemara: 'Ceci est la Torah: un homme (adam) s'il meurt [dans une tente]' (Nb.

19,14) - la Torah ne se maintient que chez celui qui se fait mourir sur elle. Et voici, le verset dit 'Ceci est la Torah', c'est-à-dire que celui qui livre véritablement son âme pour la Torah devient entièrement Torah, littéralement.

Comme il est dit au sujet de Rabbi Akiva: 'des mortels, par Ta main, Éternel... leur part est dans la vie' (Ps. 17,14) - vois-le dans la Guemara et dans le Midrach Tan'houma de cette paracha.

L'explication: il devient entièrement Torah, car toute la Torah orale (torah che-be-al pe) est [contenue] dans les sages d'Israël, et 'leur part est dans la vie' littéralement. Et sur cela il est écrit 'et l'Éternel t'à fait proclamer (heemirekha)' (Deut.

26,18), comme je l'ai expliqué ailleurs, que des enfants d'Israël sont devenus Torah littéralement. Et cela concerne les grands hommes, et une part de cela [existe] en chaque homme d'Israël: selon la mesure où il annule et brisé son corps, ainsi il mérite la Torah.

Et tout cela s'est produit dans la première génération qui, après toutes les souffrances, à mérité, comme il est écrit 'un cœur pour connaître, des yeux et des oreilles...' - c'est-à-dire que tout leur corps s'est transforme en Torah. Cependant il y a encore une explication: 'sois attentif (hasket)' - fais des groupes (kitot), et c'est la voie du repos (menouha) par laquelle on peut aussi mériter la Torah grâce à la force de la collectivité (kelalout) des enfants d'Israël.

Et ainsi cela était prêt avant la faute. Et sur cela Moche notre maître à reproche aux enfants d'Israël, comme il est enseigné dans le Midrach: lorsque le Saint béni soit-Il dit 'qui donnera (mi yitten) que leur cœur soit ainsi [pour Me craindre]' (Deut.

5,26), ils auraient dû dire 'Toi, donne'. L'explication: 'qui donnera' est l'aspect de la techouva (repentir), car il était révélé devant Lui - qu'Il soit béni - qu'ils étaient destinés à fauter et à se rapprocher par la techouva.

Et Moche notre maître - que la paix soit sur lui - désirait que les enfants d'Israël soient réparés selon l'aspect des justes parfaits (tsaddikim guemourim). Et ce sont deux degrés, tous deux inclus dans le mot 'hasket'.

Et c'est l'aspect de 'la controverse pour le nom du Ciel (le-chem chamayim)' et 'le rassemblement pour le nom du Ciel'. Et ce sont l'aspect des jours ouvrables (yemei ha-maase), dans le raffinement (birour) de la réparation du corps qui nécessité le brisement (ketita).

Et le jour du chabbat, repos, est le rassemblement pour le nom du Ciel. Et vois dans les Tikounim (Tikoun 21, 59à et b) qu'il est écrit qu'ils subissent plusieurs coups (makhtechin) dans la prière (tselota)...

Et les disciples de la maison d'étude (talmidei de-vei rav) n'ont pas besoin d'abattage rituel (chehita), leur seul rassemblement les rend permis - vois-le. Et c'est comme les deux aspects mentionnés: 'brisez (kattetou)' et 'faites-vous des groupes (kitot)', comme ci-dessus.

תרנ"ב

5652 (תרנ״ב)

בענין הברכות שלא נזכרו בפי' וחז"ל אמרו כי כל הארורים התחילו בברכה. נראה כי הברכות הם מעלמא דאתכסיא.

וכ"כ יצו כו' הברכה באסמיך בדבר הסמוי מן העין. והכלל כי עיקר ברכה המיוחדת לבנ"י הוא בעוה"ב.

והעונשים והקללות לבנ"י הם רק בעוה"ז בגשמיות ולא בפנימיות אכן כשבנ"י זכאין זוכין לקבל בעוה"ז ג"כ המשכה מעולם העליון לכן כ' ונתנך ה"א עליון אח"כ כתיב ובאו עליך כו' הברכות כו' והשיגוך. משמע כי הברכות הם למעלה מהשגת האדם רק שבנ"י מתעלין ויכולין לקבל הברכות.

וכן הוא בש"ק דכ' ויברך את יום הש' ופי' בזוה"ק דכולא ברכאין בי' תליין. הגם שאינו ניכר בעוה"ז כי לא אשתכח בי' מנא רק הברכה הוא באתכסיא רק שיש עלי' לבנ"י בש"ק ויכולין לקבל הברכות:

Au sujet des bénédictions (berakhot) qui n'ont pas été mentionnées explicitement - et nos Sages ont dit que toutes les malédictions (arourim) ont commencé par une bénédiction. Il apparaît que les bénédictions relèvent du monde caché (alma de-itkasya).

Ainsi est-il écrit 'l'Éternel ordonnera... la bénédiction dans tes greniers (asamekha)' (Deut. 28,8) - dans la chose dérobée à l'œil (samouy min ha-ayin).

Et le principe: l'essentiel de la bénédiction propre aux enfants d'Israël est dans le monde à venir (olam ha-ba). Et les châtiments et malédictions pour les enfants d'Israël ne sont que dans ce monde-ci (olam ha-ze), dans la matérialité, et non dans l'intériorité (penimiyout).

Cependant, quand les enfants d'Israël sont méritants, ils méritent de recevoir aussi dans ce monde l'influx (hamchakha) du monde supérieur, c'est pourquoi il est écrit 'l'Éternel ton D.ieu te placera au-dessus (elyon)' (Deut. 28,1), puis il est écrit 'et viendront sur toi... les bénédictions... et t'atteindront (ve-hissigoukha)' (Deut.

28,2). Cela indique que les bénédictions sont au-dessus de la perception de l'homme, seulement les enfants d'Israël s'élèvent et peuvent recevoir les bénédictions.

Et il en est de même le saint chabbat (chabbat kodech), où il est écrit 'et Il bénit le jour [septième]' (Gen. 2,3), et il est expliqué dans le Zohar saint que toutes les bénédictions y sont suspendues, bien que cela ne soit pas perceptible dans ce monde car 'il ne s'y trouve pas de nourriture (mana)' - la bénédiction étant dans le caché (be-itkasya) - seulement il y a une élévation pour les enfants d'Israël le saint chabbat et ils peuvent recevoir les bénédictions.

במדרש אשרי אדם שומע לי בשעה ששמועותיו לי כו'. פי' כי אין הכוונה אל השכר שיהי' לו מכח השמיעה.

רק האושר והתהלה הוא בשעה זו ששמועותיו לי. כמ"ש במשנה יפה שעה א' בתשובה ומעש"ט בעוה"ז מכל חיי עוה"ב.

שעה הוא רצון וזה עצמו ג"כ פי' שמוע תשמע להיות השמיעה עיקר המכוון שלא לשם דבר אחר. וזה בשעה ששמועותיו לי לשמי.

וממילא נמצאין לו כל הברכות לכן כ' ובאו עליך כו' הברכות כו' והשיגוך משמע בהיסח הדעת וכ"פ בספורנו ע"ש. וגם והי' לשון שמחה להיות האדם שש ושמח בשמיעתו לש"ש:

Dans le Midrach: 'Heureux l'homme qui M'écoute' (Prov. 8,34) - à l'heure où son écoute est pour Moi...

L'explication: l'intention n'est pas la récompense qu'il aura par la force de l'écoute, mais le bonheur (ocher) et la louange sont à cette heure même où son écoute est pour Moi. Comme il est dit dans la Michna: 'Meilleure est une seule heure de repentir et de bonnes actions en ce monde que toute la vie du monde à venir' (Avot 4,17). 'Heure' (chaa) est [expression de] volonté (ratson).

Et c'est cela même l'explication de 'si tu écoutes vraiment (chamoa tichma)' (Deut. 28,1): que l'écoute soit l'objectif essentiel, non en vue d'autre chose.

Et c'est 'à l'heure où son écoute est pour Moi', pour Mon nom. Et de ce fait toutes les bénédictions se trouvent chez lui, c'est pourquoi il est écrit 'et viendront sur toi... les bénédictions... et t'atteindront' - ce qui indique [qu'elles viennent] par inadvertance (be-hessah ha-daat), et ainsi l'expliqué le Sforno - vois-le.

Et aussi 've-haya' est une expression de joie (simha), l'homme étant allègre et joyeux dans son écoute pour le nom du Ciel.

במדרש תנחומא שהתורה נמשלה למים ע"ש שחושב כמה דברים ומה מים מי שא"י לשוט בהם נטבע כו' ע"ש. והענין הוא כי יש מים שיכולין לעבור בהם וכמו כן פשיטות התורה שיש לפי השגות האדם עד טיבורו עד צוארו.

אבל יש מים עמוקים שאין להם סוף ונקראו מי שטו שא"י לעבור רק היודע לשוט. והוא מי שיכול לבטל עצמו ולהיות קל ע"פ המים שממית עצמו על התורה ואז יכול לרדת במים עמוקים האלו.

ובאמת הכל זוכין בכח התורה שמלמדת איך לכנוס לעמקי תהום. כי הלא א"י ללמוד לשוט רק במים כמו כן התורה מלמדת איך לבטל עצמו ולעלות לפנימיות התורה.

וזה שמוע תשמעו כי אין סוף לחדרי תורה:

Dans le Midrach Tan'houma: la Torah est comparée à l'eau - vois-le, qui énumère plusieurs choses, et [dit] 'de même que l'eau, celui qui ne sait pas y nager se noie...' - vois-le. Et le propos est qu'il y a des eaux que l'on peut traverser, et de même le sens simple (pchitout) de la Torah, qui existe selon les perceptions de l'homme: jusqu'au nombril, jusqu'au cou.

Mais il y a des eaux profondes qui n'ont pas de fond, appelées 'eaux de nage (mei chatou)', que l'on ne peut traverser sinon celui qui sait nager. Et c'est celui qui sait s'annuler et devenir léger à la surface des eaux, celui qui se fait mourir sur la Torah, et alors il peut descendre dans ces eaux profondes.

Et en vérité tous méritent par la force de la Torah qui enseigne comment entrer dans les profondeurs de l'abîme (omkei tehom). Car on ne peut apprendre à nager que dans l'eau; de même la Torah enseigné comment s'annuler et s'élever vers l'intériorité de la Torah.

Et c'est 'si vous écoutez vraiment (chamoa tichmeou)', car il n'y a pas de fin aux chambres de la Torah.

תרנ"ג

5653 (תרנ״ג)

ב"ה מפ' תבא ולחתונת בני שי'

Avec l'aide du Ciel. De la paracha Tavo et pour le mariage de mon fils - qu'il vive.

במדרש תנחומא בואו נשתחוה ונכרעה כו' שתיקן משה רבינו ע"ה ג' תפלות כשראה שבהמ"ק עתיד לחרוב וביכורים עתידים לפסוק כו' שגדולה תפלה כקרבנות שמשה רבינו התפלל אעברה ונאמר לו עלה וראה כו' ע"ש. הענין הוא דכ' נשתחוה ונ' נברכה לפני ה'.

וחז"ל דרשו בכ"מ שנא' לפני ה' בעזרה. א"כ נראה כי ע"י התפלות זוכין להתגלות הארת בהמ"ק.

ובאמת מרע"ה פעל זאת ולא על חנם התפלל הרבה תפלות אעברה נא ואראה כו'. רק שהכין אל הדורות שראה בתפלה א"י כמו שהי' רואה ע"י ביאת בהמ"ק במעשה כך זכה לראות בכח הדיבור ותפלה.

וכ"ה בכל ג' תפלות דכ' תלפיות ודרשו חז"ל תל שכל פיות פונין כו'. ובאמת כשבא איש ישראל לבהמ"ק נפתח פיו בתהלת ה' כמ"ש וענית ואמרת עני' הוא אל מה שמתעורר מן השמים בבואו לפני ה'.

וכמו כן בהתעוררות פיהן של ישראל למטה בתפלה נפתח להם שערי בהמ"ק. ולכן צריכין לכוון בתפלה נגד בית המקדש כי הכל בא בזכות בהמ"ק.

וכמו שהי' בהמ"ק באמצע העולם שמשם אורה ושמחה יוצאת לכל מקום כדכ' משוש כל הארץ. כן הי' באמצע דורות העולם לתת אור ושמחה לדורות שלפני' ולאחרי' וכמו שזכו הראשונים בהשתוקקות לבם לבהמ"ק למצא הארת בהמ"ק כמו אבות ומשה רבינו ע"ה.

כמו כן עתה בדורות שלנו ע"י זכירת בהמ"ק יכולין להתדבק בהארת בהמ"ק. ולכן בכל שמחה צריכין להזכיר בהמ"ק.

וכמו כן בשמחת נשואין מברכין שוש תשיש לומר שכל השמחה הוא מבהמ"ק שהשמחה במעונו. ובזמן המקדש השמחה הי' בשלימות.

ועתה זוכין אל השמחה ע"י האבילות של בהמ"ק כמ"ש שישו כו' משוש כל המתאבלים ואמרו חז"ל המתאבל על ירושלים זוכה ורואה בנחמת ירושלים. והגם דהפי' הוא על לעתיד מ"מ גם זה אמת שע"י התאבלות זוכה להרגיש שמחה מירושלים כמ"ש במ"א פי' הפ' נהפך לאבל מחולנו:

Dans le Midrach Tan'houma: 'Venez, prosternons-nous et inclinons-nous...' (Ps. 95,6) - que Moche notre maître - que la paix soit sur lui - institua trois prières lorsqu'il vit que le Temple (beit ha-mikdach) était destiné à être détruit et que les prémices (bikourim) étaient destinées à cesser... car la prière est aussi grande que les sacrifices, puisque Moche notre maître pria 'que je passe [et voie le bon pays]' (Deut.

3,25) et il lui fut dit 'monte et vois...' (Deut. 3,27) - vois-le.

Le propos est qu'il est écrit 'prosternons-nous et inclinons-nous, agenouillons-nous devant l'Éternel' (Ps. 95,6).

Et nos Sages ont interprété: partout où il est dit 'devant l'Éternel', [il s'agit] du parvis (azara). Ainsi il apparaît que par les prières on mérite la révélation de l'illumination (heara) du Temple.

Et en vérité Moche notre maître accomplit cela, et ce n'est pas en vain qu'il pria de nombreuses prières 'que je passe donc et que je voie...'. Seulement il prépara [cela] pour les générations: car il vit dans la prière ce qu'il ne [pouvait voir en acte] - de même qu'il voyait par la venue au Temple en acte, ainsi mérita-t-il de voir par la force de la parole (dibour) et de la prière.

Et il en est de même des trois prières, car il est écrit 'talpiyot' (Cant. 4,4) et nos Sages ont interprété: 'la colline (tel) vers laquelle toutes les bouches (piyot) se tournent...' Et en vérité, lorsqu'un homme d'Israël venait au Temple, sa bouche s'ouvrait dans la louange de l'Éternel, comme il est écrit 'tu prendras la parole et tu diras (ve-anita ve-amarta)' (Deut.

26,5) - la 'réponse (aniya)' est [en réponse] à ce qui s'éveille depuis les cieux lorsqu'il vient devant l'Éternel. Et de même, par l'éveil des bouches d'Israël en bas dans la prière, les portes du Temple leur sont ouvertes.

C'est pourquoi il faut orienter la prière face au Temple, car tout vient par le mérite du Temple. Et de même que le Temple était au centre du monde, d'où la lumière et la joie sortent vers tout lieu, comme il est écrit 'joie de toute la terre' (Ps.

48,3), ainsi était-il au centre des générations du monde, pour donner lumière et joie aux générations qui le précédaient et le suivaient. Et de même que les premiers méritèrent, par l'aspiration (hichtokekout) de leur cœur vers le Temple, de trouver l'illumination du Temple - comme les patriarches et Moche notre maître - de même aujourd'hui, dans nos générations, par le souvenir du Temple on peut s'attacher à l'illumination du Temple.

C'est pourquoi dans toute joie il faut mentionner le Temple. Et de même, dans la joie des noces (nissouin) on bénit 'réjouis-toi (choch tassich)', pour dire que toute la joie provient du Temple, car 'la joie est en Sa demeure (ba-simha bi-meono)'.

Et au temps du Temple la joie était dans sa plénitude. Et maintenant nous méritons la joie par le deuil (avelout) du Temple, comme il est écrit 'réjouissez-vous... de toute joie, vous tous qui portez son deuil' (Isaie 66,10), et nos Sages ont dit: celui qui porte le deuil de Jérusalem mérite et voit sa consolation.

Et bien que l'explication porte sur l'avenir, néanmoins il est aussi vrai que par le deuil on mérite de ressentir la joie de Jérusalem, comme je l'ai expliqué ailleurs sur le verset 'notre danse s'est changée en deuil' (Lam. 5,15).

בפסוק עשיתי ככל מצותך השקיפה ממ"ק כו'. פירשו חז"ל שמחתי ושימחתי בו משמע שזה תכלית המצות.

ופי' שימחתי הוא לגרום שמחה לפניו במרום. זה גמר המצוה לעשות נ"ר לפניו ית"ש שאמר ונעשה מצותו ואז זוכין לברכה.

ואמרו חז"ל גדולה מתנת עניים שמהפכת מדה"ד לרחמים דכל השקפה לרעה חוץ מהשקיפה כו'. וזאת מדת אברהם אע"ה דכ' בי' וישקף וכן דרשו חז"ל על המשקוף זה אברהם ע"ש.

והיא מדת עין טוב הוא יבורך. ועליו נא' שומר הברית והחסד לאוהביו כי אברהם אע"ה זכה שניתן לו ברית מילה.

והוא היוד שניתן באיש למתק מדת הדין. להפך האש לחסד ואור זרוע לצדיק.

ובזכות זה ניתן לו הארץ כמ"ש וכרות עמו הברית לתת כו'. לתת לזרעו פי' בזכות זרע קודש שנולדו בכח חתימת אות ברית קודש שזה מיתוק הדין והיא בחי' התגברות החסד על הדין כמ"ש גבר עלינו חסדו.

וכן הוא בא"י כי היא על דינא קיימא ולכן אין כל אומה מוכן לא"י זולת בנ"י ע"י ברית מילה כמ"ש מזה בפ' שלח ע"ש. ולכן ניתן הביכורים והמעשרות לבנ"י לתקן תבואת הארץ בכח המעשר והראשית שהוא בחי' ברית הנ"ל.

ואז יש שמחה כשנמתק הדין והחסד גובר. וזה הרמז אין אומרים שירה אלא על היין פי' כשגוברין על מדה"ד.

וכן הוא שמחת חתן וכלה ע"י מיתוק הדין ומשוש חתן על כלה כו'. וברבינו בחיי כ' דלכך כ' ממעון קדשך כי השמחה במעונו לכן הרקיע שנק' מעון מיוחד לשמחה ע"ש.

ולכן השמחה בסוכות אחר גמר המשפט וגבר עלינו חסדו אז השמחה בשלימות. וזה ג"כ נרמז במ"ש חז"ל משבטלו סנהדרין בטל השיר ע"ש:

Sur le verset 'j'ai fait selon tout ce que Tu m'as ordonné; regarde (hachkifa) depuis Ta sainte demeure (mi-meon kodchekha)...' (Deut. 26,13-15).

Nos Sages ont expliqué: 'je me suis réjoui et j'ai réjoui par elle [la dîme]' - ce qui indique que c'est la finalité des mitsvot. Et l'explication de 'j'ai réjoui' est de provoquer la joie devant Lui, en haut.

C'est l'achèvement de la mitsva: causer un contentement (nahat roua'h) devant Lui - qu'Il soit béni et Son nom - qui dit et Sa volonté fut faite; et alors on mérite la bénédiction. Et nos Sages ont dit: grande est l'aumône aux pauvres (matnat aniyim) qui transforme la mesure de rigueur (midat ha-din) en miséricorde (rahamim), car tout 'regard (hachkafa)' est pour le mal, sauf 'regarde depuis [Ta sainte demeure]...'.

Et c'est la mesure d'Abraham notre père - que la paix soit sur lui - dont il est écrit 'et il regarda (va-yachkef)' (Gen. 18,16), et de même nos Sages ont interprété sur 'le linteau (machkof)': c'est Abraham - vois-le.

Et c'est la mesure du bon œil (ayin tova): 'lui sera béni' (Prov. 22,9).

Et sur lui il est dit 'Il garde l'alliance et la bonté ('hessed) pour ceux qui L'aiment' (Deut. 7,9), car Abraham notre père mérita que lui soit donnée la circoncision (brit mila).

Et c'est le youd qui fut place dans l'homme (ich) pour adoucir la mesure de rigueur, pour transformer le feu (ech) en bonté, et 'la lumière est semée pour le juste' (Ps. 97,11).

Et par ce mérite le pays (ha-arets) lui fut donné, comme il est écrit 'et Il conclut avec lui l'alliance pour donner...' (Neh. 9,8). 'Pour donner à sa descendance' - l'explication: par le mérite de la semence sainte (zera kodech) qui naquit par la force du sceau du signe de l'alliance sainte (ot brit kodech), qui est l'adoucissement de la rigueur, et c'est l'aspect de la domination de la bonté sur la rigueur, comme il est écrit 'sa bonté l'à emporté sur nous (gavar aleinou hasdo)' (Ps.

117,2). Et de même en est-il en Terre d'Israël (erets Israël), car elle 'se tient sur la rigueur (al dina kayma)'; c'est pourquoi aucune nation n'est apte à la Terre d'Israël hormis les enfants d'Israël, par la circoncision, comme je l'ai [écrit] à ce sujet dans la paracha Chelah - vois-le.

C'est pourquoi les prémices (bikourim) et les dîmes (maasrot) furent données aux enfants d'Israël pour réparer la récolte du pays par la force de la dîme et des prémices (rechit), qui sont l'aspect de l'alliance susmentionnée. Et alors il y a joie, quand la rigueur est adoucie et que la bonté l'emporte.

Et c'est l'allusion: 'on ne dit le cantique (chira) que sur le vin' - l'explication: quand on l'emporte sur la mesure de rigueur. Et de même est la joie du marié et de la mariée (hatan ve-kala) par l'adoucissement de la rigueur, et 'la joie du marié sur la mariée...'.

Et dans Rabbenou Behaye il est écrit que c'est pourquoi il est écrit 'depuis Ta sainte demeure (mi-meon kodchekha)', car la joie est dans Sa demeure (bi-meono); c'est pourquoi le firmament nomme 'meon' est réservé à la joie - vois-le. C'est pourquoi la joie à Souccot est après l'achèvement du jugement (michpat), et 'sa bonté l'à emporté sur nous' - alors la joie est dans sa plénitude.

Et cela aussi est allusionne dans ce que nos Sages ont dit: depuis que le Sanhédrin fut aboli, le chant (chir) cessa - vois-le.

במדרש על פסוק ויקרא משה כו' כשם שקיבל התורה בקריאה כן מסרו בקריאה כו' ע"ש. הענין הוא כי עתה בסוף מ' שנה נגמר קבלות התורה בשלימות.

כי כל דור המדבר הי' בחי' קבלת התורה וכמ"ש במ"א כי כמו שהי' מ' יום בהר כמו יצירת הולד שהוא מ' יום כן הוא ציור רמ"ח ושס"ה שהם פנימיות האדם. וכמו כן הי' מ' שנה בקבלת בנ"י ממשה רבינו.

וכמו שבסוף מ' יום ניתן לו התורה במתנה כמ"ש במד' כן ניתן עתה לבנ"י במתנה כמ"ש ולא נתן ה' לכם כו' עד היום הזה. ועתה עמדו על דעת משה בשלימות וזה קריאה לשון חבה ודביקות.

ועתה התחיל קיום התורה במעשה שזה העיקר כמ"ש במד' הלומד ואינו מקיים מוטב לו שנהפכה שליתו על פניו. פי' כמו גמר הולד בבטן האם ונעשה כלי מ"מ התכלית הוא לצאת לעולם להשתמש בכלי זה.

כמו כן התורה הי' משלמת האדם ונעשה כלי לקיים מצות התורה וזה העיקר ודו"ק:

Dans le Midrach sur le verset 'et Moche appela [tout Israël]...' (Deut. 29,1): de même qu'il reçut la Torah par un appel (keria), ainsi la transmit-il par un appel - vois-le.

Le propos est que maintenant, à la fin des quarante ans, s'achève la réception de la Torah dans sa plénitude. Car toute la génération du désert était dans l'aspect de la réception de la Torah, comme je l'ai [expliqué] ailleurs: de même qu'il y eut quarante jours sur la montagne, semblables à la formation de l'enfant (yetsirat ha-valad) qui est de quarante jours, ainsi est le dessin des 248 [membres] et 365 [tendons] qui sont l'intériorité de l'homme.

Et de même il y eut quarante ans dans la réception par les enfants d'Israël de Moche notre maître. Et de même qu'au bout de quarante jours la Torah lui fut donnée en cadeau (matana), comme il est dit dans le Midrach, ainsi elle fut donnée maintenant aux enfants d'Israël en cadeau, comme il est écrit 'l'Éternel ne vous à pas donné [un cœur pour connaître]... jusqu'à ce jour' (Deut.

29,3). Et maintenant ils se tiennent à la compréhension (daat) de Moche dans sa plénitude, et c'est [le sens de] 'keria', expression d'affection (hiba) et d'attachement (devekout).

Et maintenant commença l'accomplissement de la Torah dans l'action (maase), qui est l'essentiel, comme il est dit dans le Midrach: celui qui apprend et n'accomplit pas, mieux vaut pour lui que son placenta (chilyato) se soit retourne sur sa face. L'explication: de même que l'achèvement de l'enfant dans le ventre de sa mère le rend un vase (keli), néanmoins la finalité est de sortir au monde pour se servir de ce vase; de même la Torah parachevait l'homme et le rendait un vase pour accomplir les mitsvot de la Torah, et c'est l'essentiel - et comprends bien (ve-dok).

תרנ"ד

5654 (תרנ״ד)

En bref

« Amalek, prémice (rechit) des nations, et sa fin ira jusqu’à la perdition » (Bamidbar 24,20) : le Sfat Emet joint les prémices à l’effacement d’Amalek. Israël apporte toute sa prémice au Nom, Premier sans fin ; attachés au Saint béni soit-Il, ils sont inclus dans le Commencement qui n’a pas de terme. « Les mains sont les mains d’Esau » (Berechit 27,22) ; d’Israël : « élevez vos mains vers le sanctuaire » (Tehilim 134,2), pour annuler le corps devant l’âme (nechama) et, par la Torah et les commandements, l’élever vers elle. Quand le Temple est détruit, le conseil est la prière, acte et parole ensemble ; quand le nom d’Amalek sera effacé, Son grand Nom se fera connaître dans le monde.

Aussi : un bien caché en toute chose se révèle par les commandements ; l’huile : les tsadikim ne se mélangent pas, les baalei techouva remontent ; les portes de la bina, alliance de la langue et de la chair

סמיכת מצות ביכורים למחיות עמלק דכ' ראשית גוים ע' ואחריתו עדי אובד. ובנ"י כל הראשית שלהם מביאין אל הש"י שהוא ראשון שאין לו סוף ותכלית.

כי כל שיש לו ראשית יש לו תכלית אבל בנ"י הדבקים בהקב"ה נכללין בהראשית שאין לו תכלית. והנה כ' הידים ידי עשו כי הידים הם ראשית בנין הגוף.

אבל בבנ"י כ' שאו ידיכם קודש שכל מה שברא הקב"ה הוא בחכמה. ולכן נבראו הידים בזה האופן להעלות אותם אל הראש.

לרמוז כי צריכין לבטל הגוף אל הנשמה כי הגוף יסודו מעפר וסופו לעפר אבל הנשמה היא חלק אלקי ממעל ובנ"י בכח התורה והמצות יכולין להעלות הגוף וכל מעשה הגוף אל הנשמה ובזאת גם הגוף יהי' דבוק בחיים. ובמד' תנחומא היום הזה כו' מצוך לעשות הה"ד נשתחוה ונכרעה כו' ראה מרע"ה שבהמ"ק עתיד לחרוב וביכורים להתבטל תיקן שלש תפלות.

דעיקר כחן של ישראל בפה כדאיתא עשו מתגאה בירושתו על חרבך תחי' והידים ידי עשו שהוא כח הגוף. אבל בנ"י מתגאין במ"ש ונצעק אל ה' בזה עצמו שאין להם הכח רק מה שניתן להם מן השמים בזה אנו בוחרים וחפצים ומה יפה ירושתינו.

וע"ז רמזו הוי זנב לאריות ולא ראש לשועלים כמו עמלק ראשית גוים אכן בזמן המקדש שגברה ידן של בנ"י על אדום הי' מעלין גם הגוף ומעשה הגוף אל הראש. והוא בחי' [*מלה] דקיימא בעובדא כי באמת הכל נברא בכ"ב אותיות התורה כידוע כמ"ש בשביל התורה שנק' ראשית וכשנתקיים כל מצות התורה בשלימות הי' תיקון כל המעשים להיות נמשכים אחר הדעת והתורה.

וז"ש וכתבת על האבנים כו' למען אשר תביא כו'. והמפרשים נתקשו בפי' הפסוק ע"ש ברמב"ן.

ולענ"ד נראה פי' למען על סיום הפסוק כאשר דיבר ה'. פי' וכתבת כו' בעברך למען אשר ביאתכם לא"י יהי' כאשר דיבר ה' שיהי' נמשך אחר דרך התורה ואלקותו ית"ש.

והי' תיקון העשי'. כי באמת עוה"ז היא בחי' קטנות כמ"ש במד' בראשית אלה קצות דרכיו כו' ע"ש.

כי ולגדולתו אין חקר כתיב ונקודה א' שירדה מאתו ית' להתלבש בטבע היא קיום כל הטבע. והכל רמז הקב"ה באדם שהגוף הוא השפל שבו והנשמה שהיא נקודה פנימיות מחי' כל הגוף.

והרי הקטן יש לו גוף וגם משהו דעת המתלבש בטבע הגוף. אבל הגדול יש לו דעת לידע את מהות גופו ועצמותו.

וכמו כן כל העולם הי' בחי' קטנות זולת המתנה שנתן לנו הקב"ה בכח התורה ומצות להתדבק באלקותו ית"ש והוא בחי' גדלות. וכשימחה שמו של עמלק יתפרסם שמו הגדול ית"ש בעולם.

ולכן איתא לכוון בברכת אהבה במאמר וקרבתנו לשמך הגדול במחיות עמלק. ועתה שגבר ידו של אותו הרשע וחרב בהמ"ק אין לנו כח לתקן העובדא כראוי ולבטל הגוף אל הראש.

לכן העצה ע"י תפלה שהוא בחי' עובדא ומלולא באחת כדאיתא בזוה"ק תרומה כי עקימת שפתים מעשה הוי. ובביכורים הי' התיקון במעשה ממש כמ"ש מצוך לעשות ורמזו חז"ל ותרומת ידך אלו הביכורים:

La juxtaposition du commandement des prémices (bikourim) à l'effacement d'Amalek, car il est écrit 'Amalek, prémice (rechit) des nations, et sa fin ira jusqu'à la perdition' (Nombres 24,20). Or Israël apporte toute sa prémice au Nom, béni soit-Il, qui est le Premier sans fin ni terme.

Car tout ce qui a un commencement à une fin, mais Israël, attachés au Saint béni soit-Il, sont inclus dans le Commencement qui n'à pas de terme. Et voici, il est écrit 'les mains sont les mains d'Esau' (Genèse 27,22), car les mains sont le commencement de la construction du corps.

Mais au sujet d'Israël il est écrit 'élevez vos mains vers le sanctuaire' (Psaumes 134,2), car tout ce que le Saint béni soit-Il à créé, Il l'à créé avec sagesse. C'est pourquoi les mains furent créées de cette manière, afin de les élever vers la tête, pour faire allusion au fait qu'il faut annuler le corps devant l'âme (nechama) ; car le corps à son fondement dans la poussière et sa fin est la poussière, mais l'âme est une part divine d'en haut.

Et Israël, par la force de la Torah et des commandements, peut élever le corps et toute action du corps vers l'âme, et par cela le corps aussi sera attaché à la vie. Et dans le Midrach Tan'houma : 'ce jour-ci ... te commande de faire', ainsi qu'il est écrit 'prosternons-nous et inclinons-nous ...' : Moche notre maître vit que le Temple était destiné à être détruit et les prémices à être abolies, il institua les trois prières.

Car la force essentielle d'Israël est dans la bouche, comme il est enseigné : Esau s'enorgueillit de son héritage 'par ton épée tu vivras' (Genèse 27,40), et 'les mains sont les mains d'Esau', ce qui est la force du corps ; mais Israël s'enorgueillit de ce qui est écrit 'nous avons crie vers ה'' (Deutéronome 26,7) : par cela même qu'ils n'ont de force que ce qui leur est donné du Ciel, c'est cela que nous choisissons et désirons, et comme notre héritage est beau. Et sur ceci ils ont fait allusion : 'sois plutôt queue des lions que tête des renards' (Avot 4,15), tandis qu'Amalek est 'prémice des nations'.

Cependant au temps du Temple, lorsque la main d'Israël l'emportait sur Edom, on élevait aussi le corps et l'action du corps vers la tête. Et c'est l'aspect de [*la parole] qui subsiste dans l'acte, car en vérité tout fut créé par les vingt-deux lettres de la Torah, comme on le sait, selon ce qui est dit 'grâce à la Torah appelée rechit (commencement)' ; et quand tous les commandements de la Torah étaient accomplis dans leur perfection, il y avait une réparation (tikoun) de toutes les actions, pour qu'elles soient entraînées à la suite de la connaissance (daat) et de la Torah.

Et c'est ce qui est dit 'tu écriras sur les pierres ... afin que tu apportés ...' (Deutéronome 27,3). Les commentateurs ont eu de la difficulté à expliquer ce verset, voir le Ramban.

Et selon mon humble avis, il semble que 'afin que' (lemaan) se rapporte à la fin du verset 'comme ה' à parlé' : c'est-à-dire 'tu écriras ... lors de ton passage' afin que votre entrée en terre d'Israël soit 'comme ה' à parlé', c'est-à-dire entraînée à la suite de la voie de la Torah et de Sa divinité, béni soit Son Nom ; et ce fut la réparation de l'action. Car en vérité ce monde-ci est l'aspect de la petitesse (katnout), comme il est dit dans le Midrach Berechit 'ce sont les extrémités de Ses voies' (Job 26,14), voir la-bas.

Car 'Sa grandeur est insondable' est écrit (Psaumes 145,3), et un seul point qui est descendu de Lui, béni soit-Il, pour se revêtir dans la nature est le maintien de toute la nature. Et le Saint béni soit-Il à tout fait allusion dans l'homme : le corps est ce qu'il y a de plus bas en lui, et l'âme, qui est un point intérieur, fait vivre tout le corps.

Et voici, le petit enfant à un corps et aussi un peu de connaissance qui se revêt dans la nature du corps ; mais le grand (l'adulte) possède la connaissance de connaître l'essence de son corps et de son être. De même, tout le monde était l'aspect de la petitesse, hormis le don que nous à donné le Saint béni soit-Il par la force de la Torah et des commandements pour nous attacher à Sa divinité, béni soit Son Nom, et c'est l'aspect de la grandeur (gadlout).

Et quand le nom d'Amalek sera efface, Son grand Nom, béni soit-Il, se fera connaître dans le monde. C'est pourquoi il est enseigné d'avoir l'intention, dans la bénédiction de l'amour (Ahava), aux mots 'et Tu nous as rapprochés de Ton grand Nom', à l'effacement d'Amalek.

Et maintenant que la main de ce mécréant l'à emporté et que le Temple est détruit, nous n'avons pas la force de réparer l'acte comme il convient et d'annuler le corps devant la tête. C'est pourquoi le conseil est par la prière, qui est l'aspect de l'acte et de la parole en une seule chose, comme il est dit dans le Zohar (Terouma) : 'le mouvement des lèvres est considéré comme un acte'.

Et dans les prémices la réparation était dans l'acte réel, comme il est dit 'te commande de faire', et nos Sages ont fait allusion : 'le prélèvement de ta main (teroumat yadekha), ce sont les prémices'.

ועמ"ש חז"ל בפ' הגדתי היום שאיני כפוי טובה דכ' ושמחת בכל הטוב כו' כי יש טוב הגנוז בכל דבר ובשמירת מצות התורה נתגלה זה הטוב. והרשעים במחשך מעשיהם כופין הקערה על פי' ונכסה הטוב כמ"ש וימנע מרשעים אורם.

וז"ש הגדתי היום שהוא המשכה והתגלות הטוב וזה שאיני כפוי טובה. וז"ש היום הזה ה"א מצוך כו':

Et sur ce que nos Sages ont dit sur 'j'ai déclare aujourd'hui' (Deutéronome 26,3) - que je ne suis pas ingrat - car il est écrit 'tu te réjouiras de tout le bien' (Deutéronome 26,11) : c'est qu'il y a un bien caché (ganouz) en toute chose, et par l'observance des commandements de la Torah ce bien se révèle. Les mécréants, dans l'obscurité de leurs actes, retournent le plat sur son ouverture et le bien est recouvert, comme il est dit 'et aux mécréants leur lumière est refusée' (Job 38,15).

Et c'est ce qui est dit 'j'ai déclare aujourd'hui', qui est l'attraction et la révélation du bien, et c'est cela 'je ne suis pas ingrat'. Et c'est ce qui est dit 'ce jour-ci ה' ton Dieu te commande ...' (Deutéronome 26,16).

במדרש אם שמוע תשמע. ונתנך ה"א עליון כו'.

התורה נמשלה לשמן תורק מה שמן אינו מתערב בשאר משקין כך אין ישראל מתערבין עם האומות ד"א מה השמן אפי' אתה מערבו במשקין צף למעלה כך בנ"י ונתנך עליון כו'. נראה שהם בחי' צדיקים ובעלי תשובות.

כי הצדיקים שד"ת נבלעים בדמם א"י כלל להתערב והם בחי' שמן זית זך. אך גם ע"י החטא שפשעו בד"ת נתערבו בין האומות אעפ"כ כשחוזרין לעסוק בתורה התורה מעלה אותם מטומאה לטהרה וצפין למעלה.

וע"ז כ' קחו עמכם דברים עי"ז ושובו אל ה' כי כשנדבקים בתורה מתבררין ועולין מכל טומאה. וז"ש שמוע תשמע בישן ובחדש.

לרמוז למדרגת צדיקים ובעלי תשובות:

Dans le Midrach : 'si tu écoutes attentivement' (Deutéronome 28,1), 'ה' ton Dieu te placera au-dessus ...'. La Torah est comparée à l'huile qui se déverse : de même que l'huile ne se mélange pas aux autres liquides, ainsi Israël ne se mélange pas aux nations.

Autre explication : de même que l'huile, même si tu la mélangés aux liquides, remonte à la surface, ainsi Israël - 'Il te placera au-dessus ...'. Il apparaît qu'il s'agit de l'aspect des justes (tsadikim) et des repentants (baalei techouva).

Car les justes, chez qui les paroles de Torah sont absorbées dans leur sang, ne peuvent aucunement se mélanger, et ils sont l'aspect de l'huile d'olive pure. Mais aussi, par la faute qu'ils ont commise dans les paroles de Torah, ils se sont mélangés parmi les nations ; malgré cela, quand ils reviennent s'occuper de la Torah, la Torah les élève de l'impureté à la pureté et ils remontent à la surface.

Et sur ceci il est écrit 'prenez avec vous des paroles' - par cela - 'et revenez à ה'' (Osée 14,3), car lorsqu'ils s'attachent à la Torah ils sont clarifiés et remontent de toute impureté. Et c'est ce qui est dit 'si tu écoutes attentivement (chamoa tichma)' - dans l'ancien et dans le nouveau, pour faire allusion au niveau des justes et des repentants.

במדרש אשרי א' שומע לי כו' ששמועותיו לי לשקוד ע"ד אל תעמוד בדלת החיצון להתפלל ע"ש כל המדרש. ומ"ש אל תהי זז מבתי כנסיות ובתי מדרשות קשה לפרש כפשוטו להיות כל היום והלילה בבת"כ וב"מ.

אלא וודאי רמז המדרש כי אלה השערים והדלתות הם פתחי שערי בינה ודיעה שבלב ונפש. וכמו שהמזוזה קבוע בדלת כמו כן ברית מילה קבוע בפתח האדם.

ויש ברית הלשון וברית המעור שני שערים ולהם ב' דלתות שהרי לא כ' דלתי שהי' משמע ג"כ שנים רק דלתותי רק שיש לכל פתח ב' דלתות במילה ופריעה. וגם בפה השפתים והשיניים.

וברית מילה נק' בית הכנסת שהוא התקשרות כל הגוף וברית הלשון בית המדרש. והנה דלת החיצון הוא תיקון הגוף שהגשמיות מסתיר ומכסה הפנימיות ובשבירת הטבע והגשמיות הוסר המכסה ואז נקרא אדם וצריך להיות שוקד לשמוע דבר ה' והיא פתיחות הפנימיות.

וזה הרמז בשעה ששמועותיו לי שמקודם עדיין לא הי' מוכן לשמיעה זו. ובאמת כפי פעולת האדם להסיר מכסה החיצוניות כך נפתח לו שערי פנימיות.

וז"ש שהקב"ה מונה פסיעותיך ונותן לך שכר. שעל כל פסיעה קטנה שמרחק עצמו מן הגשמיות נגלה לו הארה פנימיות שזה לעומת זה עשה.

ובכל נפש ישראל נגנז אור תורה אבל הוא כמו יין שצריך חותם בתוך חותם ואשרי אדם שומע:

Dans le Midrach : 'Heureux l'homme qui m'écoute' (Proverbes 8,34), dont les écoutes sont pour moi, pour veiller ; à ce sujet : 'ne te tiens pas à la porte extérieure pour prier', voir tout le Midrach. Et ce qui est dit 'ne t'écarte pas des synagogues et des maisons d'étude' est difficile à expliquer selon le sens simple, à savoir être tout le jour et la nuit dans la synagogue et la maison d'étude.

Mais assurément le Midrach fait allusion au fait que ces portails et ces portes sont les ouvertures des portails de la compréhension (bina) et du savoir (deia) qui sont dans le cœur et l'âme. Et de même que la mezouza est fixée à la porte, ainsi l'alliance de la circoncision (brit mila) est fixée à l'ouverture de l'homme.

Et il y a l'alliance de la langue et l'alliance de la chair : deux portails, et ils ont deux portes, car il n'est pas écrit 'ma porte' (dalti), ce qui aurait aussi pu signifier deux, mais 'mes portes' (daltotai) - c'est que chaque ouverture à deux portes : dans la circoncision, la mila et la peria ; et de même dans la bouche, les lèvres et les dents. Et l'alliance de la circoncision est appelée synagogue (beit haknesset), qui est le rattachement de tout le corps, et l'alliance de la langue est la maison d'étude (beit hamidrach).

Et voici, la porte extérieure est la réparation du corps, car la matérialité dissimulé et recouvre l'intériorité, et par le brisement de la nature et de la matérialité le voile est ôte, et alors on est appelé 'homme' (adam), et il faut veiller à écouter la parole de ה', ce qui est l'ouverture de l'intériorité. Et c'est l'allusion 'à l'heure où ses écoutes sont pour moi', car auparavant il n'était pas encore prêt à cette écoute.

Et en vérité, selon l'action de l'homme pour ôter le voile de l'extériorité, ainsi lui sont ouverts les portails de l'intériorité. Et c'est ce qui est dit que le Saint béni soit-Il compte tes pas et te donne récompense : car pour chaque petit pas par lequel il s'éloigné de la matérialité, une illumination intérieure se révèle à lui, car 'Il à fait celui-ci en face de celui-là' (Ecclésiaste 7,14).

Et dans chaque âme d'Israël est cachée la lumière de la Torah, mais elle est comme du vin qui a besoin d'un sceau dans un sceau ; et heureux l'homme qui écoute.

תרנ"ה

5655 (תרנ״ה)

המשך מצות ביכורים למחיות עמלק דכ' ראשית גוים ע' ואחריתו עדי אובד כמ"ש בפרוח רשעים כ' עשב כו' להשמידם ע"ע. כי עמלק היא חלק הסט"א מוץ ותבן שנתערב ע"י החטא כמ"ש ארורה האדמה כו' בעצבון תאכלנה כו' וקוץ ודרדר תצמיח רמז מלחמה לה' בעמלק מדר דר על דרדר הנ"ל.

שלעולם צריכין מלחמה להעביר הפסולת ותערובות מחלק הסט"א לכן עשו הי' בכור ויצא ראשונה כמו הקש שגדל מקודם. ואח"כ בא האוכל ונאבד מעשו הבכורה כמ"ש ויבז.

ויעקב בזכותו זכה אל הבכורה כמ"ש בני בכורי ישראל. וע"י מצות הביכורים שמביאין הראשית לבהמ"ק מוציאין הפירות מארור לברוך.

ולכן כ' אח"כ ושמחת בכל הטוב היפך ממ"ש בעצבון תאכלנה. וע"ז כ' אכל בשמחה לחמך כו' כי כבר רצה אלקים כו' כשנותנין הראשית לשמים.

ולכן מזכירין יצ"מ על הביכורים כמ"ש בחג הפסח מזה. כי הגזירה הי' בעצבון תאכלנה כל ימי חייך אך ביצ"מ הכין הקב"ה לנו שע"י זכירת יצ"מ כבר יצאנו בגלות מצרים ידי עצבון.

וז"ש לחם עוני שעונין עליו דברים כמ"ש וענית ואמרת כו' וע"י זכירה זו מוציא הלחם מארור לברוך. רמז לדבר כ' התם כל ימי חייך וכ' למען תזכור כו' יום צמא"מ כל ימי חייך:

Suite du commandement des prémices lié à l'effacement d'Amalek, car il est écrit 'Amalek, prémice des nations, et sa fin ira jusqu'à la perdition', comme il est dit 'quand les mécréants fleurissent comme l'herbe ... c'est pour les détruire à jamais' (Psaumes 92,8). Car Amalek est la part du Sitra A'hra (l'autre côté), la balle et la paille qui se sont mélangées par la faute, comme il est dit 'maudite soit la terre ... c'est dans la peine que tu en mangeras ... et elle fera pousser épines et chardons' (Genèse 3,17-18) - allusion à 'guerre à ה' contre Amalek de génération en génération (mi-dor dor)', du 'chardon (dardar)' susmentionné.

Car il faut toujours une guerre pour retirer le rebut et les mélanges de la part du Sitra A'hra ; c'est pourquoi Esau fut le premier-né et sortit le premier, comme la paille qui pousse d'abord ; puis vient l'aliment, et Esau perdit l'aînesse, comme il est dit 'et il méprisa' (Genèse 25,34) ; et Yaacov, par son mérite, obtint l'aînesse, comme il est dit 'mon fils premier-né, Israël' (Exode 4,22). Et par le commandement des prémices, qui consiste à apporter la prémice au Temple, on fait sortir les fruits de la malédiction vers la bénédiction.

C'est pourquoi il est écrit ensuite 'tu te réjouiras de tout le bien', à l'oppose de 'dans la peine tu en mangeras'. Et sur ceci il est écrit 'mange avec joie ton pain ... car déjà Dieu à agréé ...' (Ecclésiaste 9,7), lorsqu'on donne la prémice au Ciel.

C'est pourquoi on mentionne la sortie d'Égypte à propos des prémices, comme on le mentionne à la fête de Pessa'h à ce sujet. Car le décret était 'dans la peine tu en mangeras tous les jours de ta vie', mais lors de la sortie d'Égypte le Saint béni soit-Il nous à préparé que, par le souvenir de la sortie d'Égypte, nous sommes déjà sortis de la peine de l'exil d'Égypte.

Et c'est ce qui est dit 'pain de misère (le'hem oni)', sur lequel on répond (onin) des paroles, comme il est dit 'tu prendras la parole et tu diras ...' (Deutéronome 26,5), et par ce souvenir on fait sortir le pain de la malédiction vers la bénédiction. Allusion à la chose : la-bas il est écrit 'tous les jours de ta vie' (Deutéronome 16,3), et il est écrit 'afin que tu te souviennes ... du jour de ta sortie du pays d'Égypte tous les jours de ta vie'.

והנה אחז"ל תרומת ידך אלו הביכורים. וכבר כתבנו מזה ע"פ המד' עשו מתגאה בירושתו ובנ"י מתגאין ונצעק אל ה'.

כי זה כח הקול נק' יד רמה כמ"ש בזוה"ק שיש יד הגדולה והחזקה ויד רמה. כי גם הלשון נק' יד כמ"ש מות וחיים ביד לשון כי יד הוא מקום ורשות כמ"ש ויד תהי' לך.

וכ' כאשר ירים משה ידו וגבר ישראל זה כח פיהן של בנ"י. וזה היפוך מעמלק שסומך על כח זרועו כו' אבל בנ"י מתרוממים בכח התורה.

וע"ז כ' ואתה מרום לעולם ה' כמ"ש במד' קדושים רוממות אתה נוהג בעולמך. והרוממות שבא בכח התורה והקב"ה קיים לעד היפוך ממ"ש בעמלק להשמדם ע' עד.

וזה מצות הביכורים להביא הראשית להקב"ה כמ"ש שאו ידיכם קודש. זה פי' תרומת ידך להרים הכח לאבינו שבשמים כמ"ש חז"ל ירים משה ידו לומר לך כשישראל מסתכלין כלפי מעלה ומשעבד' לבן לאביהם שבשמים מתגברין.

ואין לגבור על עמלק רק בזה הכח מאתו ית' כמ"ש מלחמה לד' בעמלק. [ויש רמז למ"ש לעיל בחי' יד רמה במה שהתחיל הכ' והי' כי תבא כמ"ש בתיקונים בהקדמה ד' ט' כי והי' בחי' יד רמה]:

Et voici, nos Sages ont dit : 'le prélèvement de ta main, ce sont les prémices'. Nous avons déjà écrit à ce sujet d'après le Midrach : Esau s'enorgueillit de son héritage et Israël s'enorgueillit de 'nous avons crie vers ה''.

Car cette force de la voix est appelée 'main élevée (yad rama)', comme il est dit dans le Zohar qu'il y a 'la main grande et forte' et 'la main élevée'. Car la langue aussi est appelée 'main', comme il est dit 'mort et vie sont au pouvoir (be-yad) de la langue' (Proverbes 18,21), car 'main' (yad) désigne un lieu et un domaine, comme il est dit 'tu auras un endroit (yad)' (Deutéronome 23,13).

Et il est écrit 'lorsque Moche levait sa main, Israël l'emportait' (Exode 17,11) - c'est la force de la bouche d'Israël. Et c'est l'oppose d'Amalek qui s'appuie sur la force de son bras ..., tandis qu'Israël s'élève par la force de la Torah.

Et sur ceci il est écrit 'et Toi, Tu es élève à jamais, ה'' (Psaumes 92,9), comme il est dit dans le Midrach Kedochim 'Tu exercés l'élévation dans Ton monde'. Et l'élévation qui vient par la force de la Torah, alors que le Saint béni soit-Il subsiste à jamais, est l'oppose de ce qui est dit d'Amalek 'pour les détruire à jamais'.

Et c'est le commandement des prémices : apporter la prémice au Saint béni soit-Il, comme il est dit 'élevez vos mains vers le sanctuaire'. Telle est l'explication de 'le prélèvement de ta main' : élever la force vers notre Père qui est aux Cieux, comme l'ont dit nos Sages 'Moche levait sa main' - pour t'enseigner que lorsqu'Israël regarde vers le haut et soumet son cœur à leur Père qui est aux Cieux, ils l'emportent.

Et l'on ne peut vaincre Amalek que par cette force venant de Lui, béni soit-Il, comme il est dit 'guerre à ה' contre Amalek'. [Et il y a une allusion à ce qui est dit plus haut, l'aspect de la 'main élevée', dans le fait que le verset commence par 've-haya ki tavo (et ce sera quand tu viendras)', comme il est dit dans les Tikounim, dans l'introduction, folio 9, que 've-haya' est l'aspect de la 'main élevée'.]

במדרש תנחומא נשתחוה ונכרעה נברכה והלא כריעה בכלל השתחוי' כו' אלא שראה משה שבהמ"ק עתיד ליחרב וביכורים להתבטל ותיקן ג' תפלות כו'. כי כשהי' בהמ"ק קיים כשעלה איש ישראל לפני ה' בעזרה נתבטל לגמרי ונדבק אל השורש.

ועתה צריכין למצוא מעט דביקות ע"י ג' תפלות בכל יום כולי האי ואולי וזה רמז ג' הלשונות נשתחוה ונכרעה נברכה. כי בבוקר השתחואה להיות עכ"פ מודה בטובת הבורא ית' ענין ברכת השחר.

ובמנחה כריעה היא הרגשה ביותר להכניע ולהכריע עצמו אליו ית"ש עד שבערב נתבטל לגמרי אל השורש. וזה ת' ערבית השבת הנפש אליו ית"ש וזה נברכה להיות נרכב ונברך אל השורש.

וכן הוא בכלל ימי האדם בימי הנעורים להכניע עצמו עכ"פ להודות ולהכיר חסדו ית'. וכשבא בימים מבין ומכריע עצמו להיות רוב מעשיו בעבודת הבורא.

וכשבאים לימי זקנה נתבטלין לגמרי אליו ית"ש. וזה זקן שקנה חכמה פי' שעושה עיקר מן החכמה ויודע כי הכל הבל רק לעשות רצונו ית"ש בעולם.

ואלה הג' בחינות הם בחי' נר"נ. כי האדם כלול מתלת עלמין כמ"ש בזוה"ק שלח.

והנפש שהיא נטבע בגוף בחי' עולם העשי' שרובו רע צריך עכ"פ להכניע עצמו. ובחי' הרוח הכרעה לגבור הטוב על הרע.

ובחי' הנשמה להיבטל לגמרי אליו ית"ש. לכן צריך כל אדם להיות לו ג' בחי' הנ"ל נשתחוה ונכרעה נברכה:

Dans le Midrach Tan'houma : 'prosternons-nous, inclinons-nous, agenouillons-nous' - or l'inclinaison n'est-elle pas comprise dans la prosternation ? ... Mais Moche vit que le Temple était destiné à être détruit et les prémices à être abolies, et il institua les trois prières.

Car lorsque le Temple existait, quand un homme d'Israël montait devant ה' dans le parvis, il s'annulait entièrement et s'attachait à la racine. Et maintenant il nous faut trouver un peu d'attachement par les trois prières chaque jour, 'tant et si bien, et peut-être'.

Et c'est l'allusion des trois expressions 'prosternons-nous, inclinons-nous, agenouillons-nous'. Car le matin, la prosternation : être du moins reconnaissant du bienfait du Créateur, béni soit-Il - c'est le thème des bénédictions du matin.

Et à Minha, l'inclinaison est un ressenti plus profond, pour se soumettre et se plier vers Lui, béni soit Son Nom, jusqu'à ce que le soir on s'annule entièrement vers la racine. Et c'est la prière du soir (Arvit) : le retour de l'âme (nefech) vers Lui, béni soit Son Nom, et c'est 'agenouillons-nous (nivrekha)' : être greffe (nirkav) et béni (nivrakh) vers la racine.

Et de même dans l'ensemble des jours de l'homme : aux jours de la jeunesse, se soumettre du moins pour rendre grâce et reconnaître Sa bonté, béni soit-Il. Et lorsqu'il avance en jours, il comprend et se plie à faire que la plupart de ses actes soient au service du Créateur.

Et lorsqu'il arrive aux jours de la vieillesse, il s'annule entièrement vers Lui, béni soit Son Nom. Et c'est 'un vieillard (zaken) qui a acquis la sagesse' (Kidouchin 32b), c'est-à-dire qu'il fait de la sagesse l'essentiel et sait que tout est vanité, sinon faire Sa volonté, béni soit Son Nom, dans le monde.

Et ces trois aspects sont l'aspect de nefech-roua'h-nechama. Car l'homme est composé de trois mondes, comme il est dit dans le Zohar (Chelah).

Et le nefech, qui est enfoncé dans le corps, aspect du monde de l'action (Assia) qui est en majeure partie mauvais, doit du moins se soumettre. Et l'aspect du roua'h : l'inclinaison, pour faire l'emporter le bien sur le mal.

Et l'aspect de la nechama : s'annuler entièrement vers Lui, béni soit Son Nom. C'est pourquoi tout homme doit avoir ces trois aspects susmentionnés : prosternons-nous, inclinons-nous, agenouillons-nous.

תרנ"ו

5656 (תרנ״ו)

במדרש תנחומא היום הזה ה"א מצוך לעשות. הה"ד נשתחוה ונכרעה נברכה ראה מרע"ה כי הקרבנות וביכורים עתידין לפסוק תיקן ג' תפלות כו'.

כי אחז"ל היום הזה בכל יום יהי' בעיניך כחדשים ובקרא כ' היום הזה ממש. רק כפי מה שנתברר בעוני בנ"י כך מתקיים התחדשות והראשית כי בנ"י נק' ראשית.

וכ' ונתנך לראש ולא לזנב היינו שיש להם דביקות בראש ושורש ושם יש התחדשות תמיד. והתגלות הראשית והתחדשות בעולם תלוי בבנ"י וזה כריתות הברית שכרת הש"י עם בנ"י וכמ"ש אתם עדי ואני אל כשאתם עדי אני אל מתגלה האלקות.

והיא בכח התורה ומצות כמ"ש מצוך לעשות את החקים כו' פי' באמצעיות החוקים תעשו היום הזה. ובהבאת ביכורים למקדש נתגלה הראשית והתחדשות לכל העולם כמ"ש משוש כל הארץ.

ועתה צריך להיות ע"י תפלה. וזה סמיכת מצות ביכורים למחיות עמלק כי כל מלחמת עמלק ימ"ש לבטל זה הראשית כמ"ש קרך בדרך ויזנב בך.

שרוצה להפיל קרירות באיש ישראל להיות מוטבע בטבע ובמקרה שהיא בחי' זנב. אבל בנ"י צריכין להיות תמיד דבקים בראש ולא לזנב כנ"ל.

וכשימחה שמו של עמלק יתגלה אלקותו ית"ש בעולם: כ' אני לדודי ודודי לי כי באמת הקב"ה רם ונשא ואיך יוכל ב"ו בעוה"ז לעשות לפניו נחת רוח.

רק בעבור שהצדיקים משתוקקין שיהי' נמצא דרך שנוכל לעשות לפניו נ"ר בעבור זה המציא כביכול שיהי' מציאות לזה כמ"ש את ה' האמרת וה' האמירך. וזה אני לדודי שבנ"י נבראו בעולם רק לשמו ית'.

ודודי לי שכל המציאות והדרכים שעשה הקב"ה שיוכל ב"ו לעבדו הכל הי' רק בעבור בנ"י. ובימים אלו בר"ה שמתחדש בריאת העולם צריכין בנ"י להכין עצמם לזה ההשתוקקות וכמ"ש דרשו ה' בהמצאו שזה הזמן שנתחדש זה המציאות בעולם:

Dans le Midrach Tan'houma : 'ce jour-ci ה' ton Dieu te commande de faire'. C'est ce que dit le verset 'prosternons-nous, inclinons-nous, agenouillons-nous' ; Moche notre maître vit que les sacrifices et les prémices étaient destinés à cesser, et il institua les trois prières.

Car nos Sages ont dit : 'ce jour-ci' - chaque jour ils seront à tes yeux comme nouveaux, alors que le verset écrit 'ce jour-ci' précisément. Seulement, selon ce qui est clarifié dans l'affliction (oni) d'Israël, ainsi se réalise le renouvellement et la prémice, car Israël est appelé 'rechit (prémice)'.

Et il est écrit 'Il te placera à la tête et non à la queue' (Deutéronome 28,13), c'est-à-dire qu'ils ont un attachement à la tête et à la racine, et la il y a toujours du renouvellement. Et la révélation de la prémice et du renouvellement dans le monde dépend d'Israël, et c'est l'alliance que le Nom, béni soit-Il, à conclue avec Israël, comme il est dit 'vous êtes Mes témoins et Je suis Dieu' : quand vous êtes Mes témoins, Je suis Dieu - la divinité se révèle.

Et cela est par la force de la Torah et des commandements, comme il est dit 'te commande de faire les statuts ...', c'est-à-dire : au moyen des statuts vous ferez 'ce jour-ci'. Et par l'apport des prémices au Temple, la prémice et le renouvellement se révélaient au monde entier, comme il est dit 'joie de toute la terre' (Psaumes 48,3).

Et maintenant cela doit se faire par la prière. Et c'est la juxtaposition du commandement des prémices à l'effacement d'Amalek, car toute la guerre d'Amalek - que son nom soit efface - vise à annuler cette prémice, comme il est dit 'il t'à rencontré (kar'kha) en chemin et t'à attaque à l'arrière (va-yezanev)' (Deutéronome 25,18).

Car il veut jeter de la froideur (kerirout) dans l'homme d'Israël, pour qu'il soit enfoncé dans la nature et le hasard (mikre), qui est l'aspect de la 'queue'. Mais Israël doit toujours être attaché à la tête et non à la queue, comme susdit.

Et quand le nom d'Amalek sera efface, Sa divinité, béni soit Son Nom, se révélera dans le monde. Il est écrit 'je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi' (Cantique 6,3).

Car en vérité le Saint béni soit-Il est élevé et exalté, et comment un être de chair et de sang, en ce monde, pourrait-il faire devant Lui un contentement de l'esprit (nahat roua'h) ? Seulement, parce que les justes aspirent à ce qu'il se trouve un moyen par lequel nous puissions Lui faire un contentement de l'esprit, pour cela Il à pour ainsi dire créé qu'il y ait une possibilité à cela, comme il est dit 'tu as fait dire à ה' ... et ה' t'à fait dire ...' (Deutéronome 26,17-18).

Et c'est 'je suis à mon bien-aimé' : Israël n'à été créé dans le monde que pour Son Nom, béni soit-Il. Et 'mon bien-aimé est à moi' : toute la réalité et les voies que le Saint béni soit-Il à faites pour qu'un être de chair et de sang puisse Le servir, tout cela n'était que pour Israël.

Et en ces jours de Roch Hachana, où la création du monde se renouvelle, Israël doit se préparer à cette aspiration, comme il est dit 'cherchez ה' pendant qu'Il se trouve' (Isaie 55,6), car c'est le temps où cette réalité s'est renouvelée dans le monde.

תרנ"ז

5657 (תרנ״ז)

En bref

« Et il arrivera, si tu écoutes vraiment. » Le Midrach : « Heureux l'homme qui m'écoute » (Proverbes 8,34), écoutes « pour moi », une porte en-dedans d'une autre. Le Sfat Emet : « Hachem ouvrira pour toi son bon trésor » (Devarim 28,12), trésor en-dedans d'un trésor ; les jours de l'œuvre restent fermés, le Chabbat ouvre la porte intérieure, et seules les âmes d'Israël méritent ce trésor. Le Chabbat et Israël se témoignent ; ce monde-ci est un vestibule (prozdor), et pour les fils du monde à venir la salle s'ouvre. Ils demandent l'abondance sainte à sa racine avant qu'elle se revête dans la nature ; ce bon trésor est la Torah, et l'écoute « pour moi » demeure, les cieux ouvrant la porte intérieure.

והי' א"ש תשמע במד' אשרי א' שומע לי אשריו לאדם בשעה ששמועותיו לי כו' לשקוד על דלתותי דלת לפנים מדלת כו'. אם אתה עושה כן דע שאתה מקבל פני השכינה כו'.

פי' בשעה ששמועותיו לי אז עיקר האשרי כמ"ש במשנה יפה שעה א' בתומ"ט בעוה"ז מכל חיי עוה"ב. וא"א לפרש כי יפה הוא בעוה"ז שהרי מסיים דיעה שעה א' של קורת רוח בעוה"ב מכל חיי עוה"ז.

אבל הפי' כי האדם סולם מצב ארצה ורא' מגיע השמימה ושורש נשמת האדם למעלה חלק אלקי ממעל. וכשעושה למטה מצוה ותורה מעורר כח הנשמה למעלה וזה אשריו ושם מקבל פני השכינה.

וז"ש דע שאתה מקבל אע"פ שאינו מרגיש למטה. וזה שמוע תשמע דלת לפנים מדלת כשזוכה בשמיעה שלמטה לעורר שמיעת הנשמה למעלה.

וכמ"ש א' יעשה א' האדם וחי בהם בחיי עלמא כמ"ש מזה בפ' אחרי ע"ש. לכן שמיעה שני' כ' תשמע שהיא בא ממילא ע"י זו השמיעה שלמטה.

וזה ענין גדול העונה אמן יותר מן המברך דאתא בגמ' עלה א"ר נהוראי השמים כן הוא תדע שגוליירין מתגרין במלחמה וגבורים נוצחין. הרמז כי עיקר הנצחון בכח השורש שלמעלה בשמים וכל העבודה למטה הוא רק בחי' גוליירין מתגרין במלחמה ומתעורר כח הגבורה שבשמים.

ועניית אמן היא המשכת הסכמה משמים כמ"ש אמן כן יאמר ה'. וכ' המתברך בארץ יתברך באלוקי אמן.

וזה עיקר הנצחון בהסכמה מן השמים:

"Et il adviendra, si tu écoutes vraiment (ve-haya im shamoa tishma)". Dans le Midrach : "Heureux l'homme qui m'écoute (Proverbes 8,34)" -- heureux l'homme à l'heure où ce qu'il entend est pour moi, etc., "pour veiller à mes portes", une porte en-dedans d'une autre porte, etc.

Si tu agis ainsi, sache que tu reçois la face de la Chekhina, etc. Explication : à l'heure où ce qu'il entend est pour moi, alors la est l'essentiel du "heureux", comme il est dit dans la Michna : "Une seule heure de retour et de bonnes œuvres (be-techouva où-maasim tovim) en ce monde vaut mieux que toute la vie du monde à venir (Avot 4,17)." Et l'on ne peut pas expliquer que le mieux soit en ce monde-ci, car elle conclut : "Une seule heure de sérénité (korat roua'h) dans le monde à venir vaut mieux que toute la vie de ce monde." Mais l'explication est que l'homme est une échelle dressée à terre dont le sommet atteint les cieux (Genèse 28,12), et la racine de l'âme de l'homme est en haut, "une part divine d'en haut" (Job 31,2).

Et lorsqu'il accomplit en bas une mitsva et la Tora, il éveille la force de l'âme en haut, et c'est la son "heureux", et la il reçoit la face de la Chekhina. C'est ce que dit : sache que tu reçois -- bien qu'il ne le ressente pas en bas.

Et c'est "écouter tu écouteras (shamoa tishma)", une porte en-dedans d'une autre porte : lorsqu'il mérite par l'écoute d'en bas d'éveiller l'écoute de l'âme en haut. Comme il est écrit "que l'homme les accomplisse et vive par elles (Lévitique 18,5)" -- dans la vie éternelle, comme nous l'avons écrit à ce sujet dans la paracha Aharei, vois-y.

C'est pourquoi la seconde écoute est écrite "tishma (tu écouteras)", car elle vient d'elle-même par le moyen de cette écoute d'en bas. Et c'est le grand sujet : "celui qui répond Amen est plus grand que celui qui bénit", qui vient dans la Guemara ; à ce propos Rabbi Nehorai dit : Par le ciel, il en est ainsi ; sache-le, car les soldats auxiliaires (goulyarin) engagent le combat et les vaillants remportent la victoire.

L'allusion : l'essentiel de la victoire est dans la force de la racine d'en haut, dans les cieux, et tout le service d'en bas n'est que du niveau des auxiliaires qui engagent le combat et éveillent la force de la vaillance qui est dans les cieux. Et la réponse Amen est l'attraction de l'assentiment depuis les cieux, comme il est dit "Amen, ainsi dira le Nom (ה')".

Et il est écrit "celui qui se bénit sur la terre se bénira par le Dieu d'Amen (Elokei amen) (Isaie 65,16)". Et c'est l'essentiel de la victoire : l'assentiment venu des cieux :

בפסוק ובאו עליך כל הברכ' האלה והשיגוך כ"ת בקול ה"א. כל הברכות הוא שורש הברכות.

כדאיתא בזוה"ק על ברכת השבת כיון דלא אשתכח בי' מזונא מה ברכתא אשתכח בי' אלא כולהו ברכאין בשביעאי תליין כו'. ולכן פורט הכ' אח"כ ששה ברכות פרטיות ברוך בעיר בשדה פרי בטנך טנאך בבואך בצאתך.

מול ששת ימי המעשה. אבל כל הברכות הוא שורש הברכות והוא ברכת שבת שאין הכל מוכנים לקבל אלה הברכות רק בנ"י בכח התורה.

כי תשמע בקול כו' עי"ז והשיגוך כמ"ש את הברכה א' תשמעו כמ"ש מזה בפ' ראה. [ויתכן לומר כי בעבור זה אומרים אלה הברכות במוש"ק.

ושוב מצאתי מזה בסידור ר' הירץ ז"ל במש"ק שם]:

Sur le verset "Toutes ces bénédictions viendront sur toi et t'atteindront, si tu écoutes (ki tishma) la voix du Nom ton Dieu (Deutéronome 28,2)". "Toutes les bénédictions" est la racine des bénédictions.

Comme il est rapporté dans le saint Zohar au sujet de la bénédiction du Chabbat : puisqu'il ne s'y trouve pas de nourriture, quelle bénédiction s'y trouve-t-il ? Mais toutes les bénédictions dépendent du septième (jour), etc.

C'est pourquoi le verset détaille ensuite six bénédictions particulières : béni dans la ville, dans les champs, le fruit de ton ventre, ta corbeille, à ton entrée, à ta sortie -- en face des six jours de l'œuvre. Mais "toutes les bénédictions" est la racine des bénédictions, et c'est la bénédiction du Chabbat, car tous ne sont pas prêts à recevoir ces bénédictions, seuls les enfants d'Israël par la force de la Tora.

"Car tu écouteras la voix, etc." : par cela "et elles t'atteindront", comme il est écrit "la bénédiction, si vous écoutez (Deutéronome 11,27)", comme nous l'avons écrit à ce sujet dans la paracha Reeh. [Et il est possible de dire que c'est pour cette raison que l'on récite ces bénédictions à la sortie du Chabbat (motsaei Chabbat).

Et j'ai ensuite trouve à ce sujet dans le Siddour de Rabbi Hirtz, de mémoire bénie, à la sortie du Chabbat, la-bas] :

במדרש ויקרא משה א"כ ישראל כו'. כשם שקיבל מרע"ה התורה בקריאה ויקרא כו' ביום השביעי מתוך הענן כמו כן מסר לבנ"י התורה בקריאה.

זש"ה בני א' תקח אמרי אימתי אתה בני אם תקח אמרי משל למלך שא"ל בנו סיימני בתוך המדינה א"ל לבוש פורפירא שלי ועטרה שלי וידעו הכל שאתה בני כו'. פי' קריאה היא לשון חיבה ודביקות וכמו שמרע"ה נזדכך באלה הששה ימים נתכסה ונתקדש בענן ועלה לדביקות עליון ונעשה כולו תורה.

כן זכו בנ"י אחר המ' שנה במדבר נזדככו להיות כולם תורה ונתחברו אל מרע"ה ז"ש ויקרא משה כו'. וע"ז הדביקות בעצם התורה כ' תקח אמרי להיות לו קנין בתורה.

וע"ז אמרו חז"ל במ"ח דברים התורה ניקנית להיות דבקים בעצם התורה כמ"ש ומצותי תצפון אתך בעצם. ואז זוכין לבחי' בנים כדאיתא במשנה חביבין ישראל שנק' בנים למקום חיבה יתירה נודעת להם שנק' בנים כו'.

ואין דעת אלא תורה שע"י היגיעה בתורה זוכין להארת הנשמה כי בחי' בנים אינו הגופים רק הנשמות וע"י התורה זוכין לנשמה. וכדאיתא שע"י תורה ומצות מכין אדם לעצמו לבושים לנשמה ורוח ונפש.

ולא זו בעוה"ב אבל אותן שיש להם קנין בתורה אם תקח אמרי זוכין גם בעוה"ז למלבושים של הנר"נ ולחלוקא דרבנן וז"ש לבוש פורפירא שלי וכל רואיהם יכירו שהם זרע ברוכי ה' כנ"ל. [ומ"ש לעיל בענין ויקרא יש לרמוז בפסוק ישקני מנשיקות פיהו וכתבנו במ"א כי פי' פיהו פיו ויפי סירסורו כעין שכ' במד' איכה בפסוק פיהו מריתי.

ויובן לפמ"ש כאן כי בנ"י נתדבקו בדביקות עליון בתורה ע"י משה רבינו ויקרא אל משה. ויקרא משה אל כ' ישראל.

וע"ז מבקשים (חסר במקור)

Dans le Midrach : "Et Moché appela tout Israël, etc. (Deutéronome 29,1)".

De même que notre maître Moché -- que la paix soit sur lui -- reçut la Tora par un appel, "Il appela (va-yikra), etc." au septième jour du sein de la nuée (Exode 24,16), de même il transmit aux enfants d'Israël la Tora par un appel. C'est ce que dit le verset : "Mon fils, si tu prends mes paroles (Proverbes 2,1)" -- quand es-tu mon fils ?

Si tu prends mes paroles. Parabole d'un roi dont le fils lui dit : fais-moi reconnaître au milieu de la province.

Il lui dit : revêts ma pourpre et ma couronne, et tous sauront que tu es mon fils, etc. Explication : "appeler" est un terme d'affection et d'attachement (dvekout), et de même que notre maître Moché s'affina durant ces six jours, fut couvert et sanctifie dans la nuée, s'éleva à l'attachement suprême et devint tout entier Tora, ainsi les enfants d'Israël méritèrent, après les quarante ans dans le désert, de s'affiner pour devenir tous entiers Tora et de s'unir à notre maître Moché.

C'est ce que dit "Et Moché appela, etc.". Et sur cet attachement à l'essence même de la Tora il est écrit "tu prends mes paroles", pour avoir une acquisition (kinyan) dans la Tora.

Et à ce sujet nos sages, de mémoire bénie, ont dit : par quarante-huit choses la Tora s'acquiert -- pour être attachés à l'essence de la Tora, comme il est écrit "et tu enfouiras mes commandements en toi (Proverbes 2,1)" dans l'essence. Et alors on mérite le niveau de "fils", comme il est dit dans la Michna : "Aimes sont les enfants d'Israël qui sont appelés fils de l'Omniprésent ; une affection supplémentaire leur est connue en ce qu'ils sont appelés fils, etc.

(Avot 3,14)". Et "connaissance (daat)" n'est autre que la Tora, car par l'effort dans la Tora on mérite l'illumination de l'âme ; car le niveau de "fils" n'est pas les corps mais les âmes, et par la Tora on mérite l'âme.

Et comme il est enseigné : par la Tora et les mitsvot l'homme se prépare des vêtements pour la nechama, le roua'h et la nefech. Et non pas seulement dans le monde à venir, mais ceux qui ont une acquisition dans la Tora -- "si tu prends mes paroles" -- méritent aussi en ce monde les vêtements de la nefech-roua'h-nechama (naran) et le manteau des sages (halouka de-rabbanan).

C'est ce que dit "revêts ma pourpre", et tous ceux qui les voient reconnaîtront qu'ils sont une descendance bénie du Nom (ה'), comme ci-dessus. [Et ce qui a été dit ci-dessus au sujet de "va-yikra", on peut y faire allusion dans le verset "Qu'il me baise des baisers de sa bouche (Cantique 1,2)", et nous avons écrit ailleurs que l'explication de "pihou" est "sa bouche (piv) et la beauté (yofi) de son intermédiaire (sarsour)", à la manière de ce qui est écrit dans le Midrach Eikha sur le verset "sa bouche, je me suis révolte (pihou mariti)".

Et cela se comprend selon ce que nous avons dit ici : que les enfants d'Israël se sont attachés à l'attachement suprême dans la Tora par notre maître Moché -- "Il appela vers Moché" ; "Et Moché appela vers tout Israël". Et à ce sujet ils demandent (manque dans l'original)

תרנ"ח

תרנ"ח (année 5658)

במדרש אשרי א' שומע לי כו' לשקוד כו' דלת לפנים מדלת. העיקר עבודה בכל יום תורה ותפלה שומע לי בחי' תורה וזה ק"ש בכל יום שמע ישראל.

לשקוד ע"ד היא תפלה. ולכן ק"ש קודם התפלה כמ"ש בגמ' עץ חיים תאוה באה.

וכל התורה צריך להיות כדי להתקרב על ידה להקב"ה זה שומע לי לשמי כדי לשקוד על דלתותי. וכשהתפלה מתוך דברי תורה זוכה לכנוס דלת לפנים מדלת.

וכ"כ במד' אם שמוע לתורה ומצות תשמע את תפלתך. ועל ב' אלו כ' את ה' האמרת וה' האמירך.

כי בנ"י זכו שניתנה להם התורה זה האמרת כי המה תבעו בלב עד שזכו שגילה להם הקב"ה עשרת הדיברות. וה' האמירך בחי' תפלה כמו שמקדימין ה' שפתי תפתח כי זה הכח נפתח משמים בלב איש ישראל שיוכל לפתוח פיו לפני ה'.

וזה בחי' תורה שבעל פה אשר נטע בתוכינו. וב' אלו צריך איש ישראל לעורר בכל יום:

Dans le Midrach : "Heureux l'homme qui m'écoute, etc., pour veiller, etc., une porte en-dedans d'une autre porte." L'essentiel du service, chaque jour, est la Tora et la prière. "Qui m'écoute" est le niveau de la Tora, et c'est le Chema Israël de chaque jour, "Écoute Israël".

"Veiller à mes portes" est la prière. Et c'est pourquoi le Chema précède la prière, comme il est dit dans la Guemara "l'arbre de vie, le désir vient (Proverbes 13,12)".

Et toute la Tora doit servir à se rapprocher par elle du Saint béni soit-Il : c'est "qui m'écoute" -- pour mon Nom, afin de veiller à mes portes. Et lorsque la prière jaillit du sein des paroles de Tora, on mérite d'entrer une porte en-dedans d'une autre porte.

Et ainsi il est écrit dans le Midrach : si tu écoutes la Tora et les mitsvot, tu seras écoute dans ta prière. Et sur ces deux (choses) il est écrit "tu as fait dire au Nom, et le Nom t'à fait dire (Deutéronome 26,17-18)".

Car les enfants d'Israël méritèrent que la Tora leur soit donnée : c'est "tu as fait dire", car ils la réclamèrent dans leur cœur jusqu'à mériter que le Saint béni soit-Il leur révélé les dix Paroles. Et "le Nom t'à fait dire" est le niveau de la prière, comme on fait précéder "Seigneur, ouvre mes lèvres (Psaume 51,17)", car cette force s'ouvre depuis les cieux dans le cœur de l'homme d'Israël pour qu'il puisse ouvrir sa bouche devant le Nom.

Et c'est le niveau de la Tora orale qu'Il à plantée en nous. Et ces deux (choses), l'homme d'Israël doit les éveiller chaque jour :

תרנ"ט

תרנ"ט (année 5659)

בספרי עשה מצוה כו' שבשכרה תיכנס לארץ. וכן דרש בפסוק ויביאנו אל המקום הזה בהמ"ק בזכות זה ויתן לנו את הארץ הזאת ע"ש.

דכ' וירוממך לרשת ארץ כי בנ"י זכו אל א"י במתנה מן השמים לכן תכלית כניסת א"י היא זה התרוממות אל השורש. וזה מצות ביכורים שנק' ראשית כמ"ש חז"ל תרומת ידך אלו הביכורים.

ידך היא המקום והרשות. ובהמ"ק נקרא המקום שהוא שורש כל המקומות ומשם ניתן להם א"י.

ולכן סמכו למחיות עמלק כמ"ש בהכרת רשעים תראה כשמתרומם אל השורש. וברשעים כ' בפרוח כו' כמו עשב כו' להשמדם כו'.

ואתה מרום לעולם שנחלת ישראל באה מן השמים. וכ"כ ותרם כראם קרני כו' ותבט עיני בשורי כח הרשעים מלמטה כמו עשב ואין להם תקומה.

אבל כחן של ישראל ע"י הביטול אל השורש ומלמעלה למטה זוכין אל הירושה של א"י למטה ואז כשזה קם זה נופל. וכ"כ והי' בהניח כו' בארץ אשר ה"א נותן לך כו' תמחה את זכר עמלק:

Dans le Sifri : accomplis une mitsva, etc., dont la récompense sera que tu entrés en Terre (d'Israël). Et de même il exposé sur le verset "et il nous fit venir en ce lieu (Deutéronome 26,9)" -- le Temple (beit ha-mikdach) -- : par le mérite de cela "et il nous donna cette terre", vois-y.

Car il est écrit "et il t'élèvera pour hériter la terre (Deutéronome 28,1)" : car les enfants d'Israël méritèrent la Terre d'Israël en don depuis les cieux ; c'est pourquoi le but de l'entrée en Terre d'Israël est cette élévation vers la racine. Et c'est la mitsva des prémices (bikourim) qui sont appelées "premier (rechit)", comme l'ont dit nos sages : "le prélèvement de ta main (Deutéronome 12,17)", ce sont les prémices.

"Ta main" est le lieu et le domaine. Et le Temple est appelé "le Lieu (ha-makom)", car il est la racine de tous les lieux, et c'est de la que leur fut donnée la Terre d'Israël.

C'est pourquoi l'on a accolé l'effacement d'Amalek, comme il est écrit "dans la perte des méchants tu verras (Psaume 91,8)", lorsqu'on s'élève vers la racine. Et au sujet des méchants il est écrit "quand ils fleurissent, etc., comme l'herbe, etc., pour être détruits, etc.

(Psaume 92,8)". "Et Toi, tu es élève pour l'éternité (Psaume 92,9)" -- car l'héritage d'Israël vient des cieux.

Et ainsi il est écrit "Tu as élève ma corne comme celle du reem (buffle), etc., et mon œil à contemple, etc. (Psaume 92,11)" : la force des méchants est d'en bas, comme l'herbe, et ils n'ont pas de subsistance ; mais la force d'Israël vient par l'annulation (bitoul) vers la racine, et de haut en bas ils méritent l'héritage de la Terre d'Israël en bas ; et alors, quand celui-ci se lève, celui-là tombe.

Et ainsi il est écrit "et il arrivera, quand il te fera reposer, etc., dans la terre que le Nom ton Dieu te donne, etc., tu effaceras le souvenir d'Amalek (Deutéronome 25,19)" :

בפסוק ולא שכחתי פרש"י ולא שכחתי מלברכך על הפרשת מעשרות. מה שתולה הברכה בזה.

כי עיקר קיום המצות לעשותו בשמחה ואהבה. וכפי מה שמשתוקק האדם כל היום לקיים המצות כך יכול לעשותם באמת.

לכן מקדימין ברכה אל המצוה להראות החביבות וזה הכנה אל המצוה. ובזה יש ברכה בהמצוה ונשאר הארת המצוה באדם כל היום.

וכמ"ש חז"ל המצות שקיבלו עליהם בשמחה עדיין עושין בשמחה. כן הוא בכל פרט כשעושין המצוה בשמחה נשאר כח המצוה באדם לעולם.

וזה לא שכחתי שאין לאדם לשכוח לעולם חביבות המצוה. לא שכחתי קודם מעשה המצוה ולא נשכח ממני אחר עשיות המצוה וזה ענין ברכת המצות:

Sur le verset "et je n'ai pas oublié (Deutéronome 26,13)", Rachi commente : "et je n'ai pas oublié" de te bénir à propos du prélèvement des dîmes. Pourquoi fait-il dépendre la bénédiction de cela ?

Car l'essentiel de l'accomplissement des mitsvot est de les faire dans la joie et l'amour. Et selon le désir que l'homme éprouve tout au long du jour d'accomplir les mitsvot, ainsi peut-il les accomplir en vérité.

C'est pourquoi l'on fait précéder la bénédiction de la mitsva, pour montrer l'affection, et c'est une préparation à la mitsva. Et par cela il y a une bénédiction dans la mitsva, et l'illumination de la mitsva demeure dans l'homme tout le jour.

Comme l'ont dit nos sages, de mémoire bénie : les mitsvot qu'ils ont acceptées sur eux dans la joie, ils les accomplissent encore dans la joie. Il en est ainsi pour chaque détail : lorsqu'on accomplit la mitsva dans la joie, la force de la mitsva demeure dans l'homme à jamais.

Et c'est "je n'ai pas oublié" : l'homme ne doit jamais oublier l'affection de la mitsva -- "je n'ai pas oublié" avant l'accomplissement de la mitsva, et elle ne sera pas oubliée de moi après l'accomplissement de la mitsva ; et c'est le sens de la bénédiction des mitsvot :

במדרש והי' אם שמוע תשמע זש"ה אשרי אדם שומע לי ששמועותיו לי כו' לשקוד על דלתותי לכנוס דלת לפנים מדלת ע"ש. דכ' יפתח ה"א לך את אוצרו הטוב.

מכלל שיש אוצר לפנים מאוצר. ולבנ"י מוכן אוצר הטוב כמ"ש ששת ימי המעשה יהי' סגור וביום השבת יפתח.

שאין ימי המעשה מוכנים לקבל הארת שער החצר הפנימי רק יום השבת. כמו כן בנפשות אין כל הנפשות זוכין לאוצר הטוב רק בנ"י.

וז"ש יפתח ה"א לך. ולכן השבת אות מיוחד לבנ"י כמ"ש שבת וישראל מעידין זה על זה.

ואיתא עוה"ז דומה לפרוזדור בפני עוה"ב ובנ"י שהם בני עוה"ב נפתח להם הטרקלין. וכן בש"ק שהיא מעין עוה"ב נפתח בו שער הפנימי ולכן נק' מתנה טובה בבית גנזי.

ובנ"י כשמתפללין להמשיך ברכה לעולם צריכין לכנוס דלת לפנים מדלת. פי' לבקש שפע קודש מעולם העליון שורש הברכה קודם שנתפשט ומתלבש בדרך הנהגת הטבע.

וזה אוצרו הטוב שהיא התורה שנק' טוב ובאמת זה תלוי בעבודת האדם לפי שבנ"י מקבלין עול תורה ומצות בפנימיות הלב. זה אם שמוע תשמע כמ"ש שמעי בת כו' אח"כ והטי אזנך להיות נקבע בעומק הלב.

ז"ש שומע לי כ"מ שנאמר לי קיים לעולם שיהי' נשאר בו דבר של קימא. ז"ש ששמועותיו לי שכל כח השמיעה מתלבש בשמיעת דברי תורה לכן מדה במדה פותחין משמים ג"כ שער הפנימי:

Dans le Midrach : "Et il arrivera, si tu écoutes vraiment" -- c'est ce que dit le verset "Heureux l'homme qui m'écoute (Proverbes 8,34)", dont les écoutes sont pour moi, etc., pour veiller à mes portes, pour entrer une porte en-dedans d'une autre porte, vois-y. Car il est écrit "le Nom ouvrira pour toi son bon trésor (Deutéronome 28,12)" : d'où l'on déduit qu'il y a un trésor en-dedans d'un trésor.

Et pour les enfants d'Israël est préparé le bon trésor, comme il est dit : les six jours de l'œuvre il sera ferme, et au jour du Chabbat il sera ouvert (Ezechiel 46,1) -- car les jours de l'œuvre ne sont pas prêts à recevoir l'illumination de la porte du parvis intérieur, seul le jour du Chabbat. De même pour les âmes : toutes les âmes ne méritent pas le bon trésor, seuls les enfants d'Israël.

C'est ce que dit "le Nom ouvrira pour toi". Et c'est pourquoi le Chabbat est un signe particulier aux enfants d'Israël, comme il est dit : le Chabbat et Israël se témoignent l'un de l'autre.

Et il est enseigné : ce monde-ci ressemble à un vestibule (prozdor) devant le monde à venir (Avot 4,16), et pour les enfants d'Israël, qui sont les fils du monde à venir, la salle (traklin) s'ouvre. Et de même le saint Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir, la porte intérieure s'y ouvre, et c'est pourquoi il est appelé "un bon présent dans ma chambre de trésors (Chabbat 10b)".

Et les enfants d'Israël, lorsqu'ils prient pour attirer la bénédiction sur le monde, doivent entrer une porte en-dedans d'une autre porte. Explication : demander l'abondance sainte du monde supérieur, la racine de la bénédiction, avant qu'elle ne se répande et ne se revête dans la voie de la conduite de la nature.

Et c'est "son bon trésor", qui est la Tora appelée "bon (tov)". Et en vérité cela dépend du service de l'homme, car les enfants d'Israël reçoivent le joug de la Tora et des mitsvot dans l'intériorité du cœur.

C'est "si tu écoutes vraiment (im shamoa tishma)", comme il est écrit "écoute, ma fille, etc. (Psaume 45,11)", puis "et tends ton oreille", pour que cela se fixe dans la profondeur du cœur.

C'est ce que dit "qui m'écoute" : partout où il est dit "pour moi (li)", c'est établi pour l'éternité, en sorte qu'il en reste en lui une chose durable. C'est ce que dit "dont les écoutes sont pour moi", car toute la force de l'écoute se revêt dans l'écoute des paroles de Tora ; c'est pourquoi, mesure pour mesure, on ouvre aussi depuis les cieux la porte intérieure :

תר"ס

תר"ס (année 5660)

במדרש תנחומא היום הזה ה"א מצוך. ראה מרע"ה שבהמ"ק עתיד לחרב וביכורים יתבטלו תיקן ג' תפלות ע"ש.

דהקב"ה מחדש בכל יום מ"ב. וזה ההתחדשות מתלבש בטבע והטבע מסתיר זאת הנקודה כמ"ש אין כל חדש ת' השמש שאינו במילואו והתגלות תחת השמש.

אבל בנ"י הם כלים לעורר ולקבל זה התחדשות. ולכן היום הזה ה"א מצוך לעשות לתקן ולגמור זה התחדשות כמ"ש אתם עדי נאום ה'.

וע"י מצות הביכורים שכ' בי' תרומת ידך זו תנופה הרימו זאת הנקודה והוציאו מכח אל הפועל. ונק' ביכורים וראשית וכמו כן בנ"י נק' ראשית תבואתו שמוציאין מכח אל הפועל זאת הראשית.

וע"ז אמרו צדיקים מקיימים העולם שנברא בעשרה מאמרות. ונסמך פ' ביכורים למחיות עמלק כי זה עיקר מלחמת עמלק להשכיח זאת הנקודה וע"ז כ' ראשית גוים ע' ואחריתו ע' אובד.

כי גם לכל האומות יש איזה נקודה ראשית המחי' אותם אבל היא נטבעת בחומר ועמלק נוטל זה הראשית ומאבדו. וע"ז אמרו הרשעים מאבדים העולם שנברא בי' מאמרות שמתבטל בהם אותו ההארה בחשכות הטבע.

וכן ארמי אובד אבי שרוצין הרשעים להשכיח זה התחדשות בעולם ולכן נסמך לא תשכח. והי' כי תבא.

שעיקר הביכורים בחי' הזכרון לעורר הפנימיות וההתחדשות. ובנ"י זכו לזה ע"י יצ"מ כמ"ש החודש הזה לכם.

ולכן מזכירין יצ"מ בביכורים. וכמו כן עתה ע"י הג' תפלות שמעידין בנ"י ומבררין זאת ההתחדשות שהקב"ה מחדש בכל יום ומקדימין ג"כ ק"ש וסמיכות גאולה לתפלה שבכח יצ"מ נזכה למצוא זאת ההתחדשות:

והנה כ' לא עברתי ממצו' ולא שכחתי פי' חז"ל לא שכחתי מלברכך ולהזכיר שמך עליו. והענין הוא כי תכלית המצות להתדבק באלקותו ית"ש.

ז"ש תמיד זכירה במצות למען תזכרו ועשיתם וזכרתם את כל מצות ה' שהוא לעורר שורש המצוה. וזה רמז הברכה שקודם המצוה שלא לעשות המצות ברגילות רק מרוב התלהבות כמ"ש בזוה"ק שלח בני מהמנותא חדאין במילין ומתברכין מילין בגויהו ומסתכלין עיקרא חד ושורשא חד.

וכמ"ש נר מצוה ותורה אור ואחז"ל העושה מצוה כאילו מדליק נר לפני הקב"ה. והעיקר לעורר כח התורה אור ע"י המצוה שהיא הדלקת הנר.

ואמרו המדליק צריך שידליק עד שתהי' שלהבת עולה מאלי'. שע"י המצוה בדחילו ורחימו חל עליו נועם ה' והיא הברכה.

ז"ש לא שכחתי ע"י שלא עברתי ממצותיך פי' לעשות המצוה בלי שום פני' ולא שכחתי פי' בשעת עשיות המצוה להיות מצות אנשים מלומדה ויש עושה מצוה ושוכח וא"י מה עושה. אבל כשהוא ברצון שלם היא בחי' זכרון וברכה כנ"ל.

שאז המצוה כלי מחזיק ברכה ולכן השקיפה ממעון קדשך וברך כו':

Dans le Midrach Tan'houma : "En ce jour le Nom ton Dieu te commande (Deutéronome 26,16)". Notre maître Moché vit que le Temple était destiné à être détruit et que les prémices seraient abolies ; il institua les trois prières, vois-y.

Car le Saint béni soit-Il renouvelle chaque jour l'œuvre de la Création (maase berechit). Et ce renouvellement se revêt dans la nature, et la nature dissimulé ce point, comme il est dit "il n'y a rien de nouveau sous le soleil (Ecclésiaste 1,9)" -- car il n'est pas dans sa plénitude ni dans sa révélation sous le soleil.

Mais les enfants d'Israël sont les vases (kelim) pour éveiller et recevoir ce renouvellement. C'est pourquoi "en ce jour le Nom ton Dieu te commande" de faire, de réparer et d'achever ce renouvellement, comme il est dit "vous êtes mes témoins, dit le Nom (Isaie 43,10)".

Et par la mitsva des prémices, où il est écrit "le prélèvement de ta main" -- c'est la tenoufa (élévation) -- ils élèvent ce point et le font passer de la puissance à l'acte. Et elles sont appelées "prémices" et "premier (rechit)" ; de même les enfants d'Israël sont appelés "premier de sa récolte (Jérémie 2,3)", car ils font passer de la puissance à l'acte ce "premier".

Et à ce sujet ils ont dit : les justes maintiennent le monde qui fut créé par dix paroles (Avot 5,1). Et la paracha des prémices est accolée à l'effacement d'Amalek, car c'est la l'essentiel de la guerre d'Amalek : faire oublier ce point.

Et à ce sujet il est écrit "premier des nations est Amalek, et sa fin est la perdition (Nombres 24,20)". Car toutes les nations ont aussi un certain point "premier" qui les fait vivre, mais il est enfoncé dans la matière, et Amalek prend ce "premier" et le fait périr.

Et à ce sujet ils ont dit : les méchants font périr le monde qui fut créé par dix paroles, car par eux cette illumination s'annule dans l'obscurité de la nature. Et de même "un Araméen faisait périr mon père (Deutéronome 26,5)" : car les méchants veulent faire oublier ce renouvellement dans le monde ; c'est pourquoi (le texte) est accolé à "n'oublié pas (Deutéronome 25,19)".

"Et il arrivera, quand tu viendras (Deutéronome 26,1)" : car l'essentiel des prémices est le niveau du souvenir, pour éveiller l'intériorité et le renouvellement. Et les enfants d'Israël méritèrent cela par la sortie d'Égypte, comme il est écrit "ce mois-ci est pour vous (Exode 12,2)".

C'est pourquoi l'on mentionne la sortie d'Égypte lors des prémices. Et de même maintenant, par les trois prières, les enfants d'Israël témoignent et clarifient ce renouvellement que le Saint béni soit-Il renouvelle chaque jour ; et l'on fait aussi précéder le Chema et la jonction de la délivrance à la prière (semikhat gueoula li-tefila), car par la force de la sortie d'Égypte nous mériterons de trouver ce renouvellement.

Et voici, il est écrit "je n'ai pas transgresse tes commandements et je n'ai pas oublié (Deutéronome 26,13)", que nos sages, de mémoire bénie, expliquent : je n'ai pas oublié de te bénir et de mentionner ton Nom sur lui. Et le sens est que le but des mitsvot est de s'attacher à Sa divinité, béni soit Son Nom.

C'est ce que dit : toujours le souvenir dans les mitsvot, "afin que vous vous souveniez et accomplissiez", "et vous vous souviendrez de tous les commandements du Nom (Nombres 15,39-40)", ce qui est éveiller la racine de la mitsva. Et c'est l'allusion de la bénédiction qui précède la mitsva : ne pas accomplir les mitsvot par habitude, mais avec une grande ferveur, comme il est écrit dans le Zohar Chelah : les fils de la foi (bnei mehemnouta) se réjouissent dans les paroles (de Tora), et les paroles se bénissent entre elles, et elles contemplent une racine unique et une source unique.

Et comme il est écrit "la mitsva est une lampe et la Tora une lumière (Proverbes 6,23)", et nos sages ont dit : celui qui accomplit une mitsva, c'est comme s'il allumait une lampe devant le Saint béni soit-Il. Et l'essentiel est d'éveiller la force de "la Tora-lumière" par la mitsva, qui est l'allumage de la lampe.

Et ils ont dit : celui qui allume doit allumer jusqu'à ce que la flamme monte d'elle-même. Car par la mitsva accomplie dans la crainte et l'amour (bi-dhilou où-rehimou), la douceur du Nom se pose sur lui, et c'est la bénédiction.

C'est ce que dit "je n'ai pas oublié" : par le fait que "je n'ai pas transgresse tes commandements" -- explication : accomplir la mitsva sans aucune intention intéressée -- "et je n'ai pas oublié" -- explication : au moment de l'accomplissement de la mitsva, ne pas être dans "une mitsva d'hommes apprise par routine (Isaie 29,13)", car il en est qui accomplissent une mitsva et l'oublient et ne savent pas ce qu'ils font ; mais lorsque c'est par une volonté pleine, c'est le niveau du souvenir et de la bénédiction, comme ci-dessus. Car alors la mitsva est un vase qui contient la bénédiction, et c'est pourquoi "regarde depuis ta sainte demeure et bénis, etc.

(Deutéronome 26,15)" :

En bref

« Heureux l'homme qui écoute » (Proverbes 8,34) : veiller à mes portes, une porte à l'intérieur d'une porte. Le Sfat Emet enseigne que ce sont les portes de la Torah et de la prière, écrite et orale, ouvertes chaque jour. Ne pas bouger des synagogues et des maisons d'étude, comme la mezouza, c'est se souvenir du service du Créateur en tout temps et y introduire tout ce qui passe, car Il a tout créé pour Sa gloire. On reçoit alors la face de la Che'hina : « car qui me trouve a trouvé la vie ». L'assiduité (chekida) aux portes, même fermées les jours ouvrables, fait mériter cette vie.

Aussi : les enfants d'Israël sont appelés reichit parce qu'ils donnent la prémice, Amalek la prend pour lui ; Moché institua trois prières quand les bikourim cesseraient ; en exil on tâtonne dans la Torah, et l'âme reste suspendue face au corps.

במדרש א"ש תשמע אשרי אדם שומע כו' ששמועותיו לי לשקוד על דלתותי דלת לפנים מדלת כו' מזוזת פתחי כשם שאין המזוזה זז מן הפתח כך לא תהי' זז מבתי כנסיות ומדרשות. ממשמע שנאמר דלתותי יום יום נשמע שבכל יום יש פתיחת ב' הדלתות והם בעצמם נק' יום יום כענין שנא' יום יום יעמס לנו כמ"ש בזוה"ק פ' מקץ שנתים ימים ע"ש.

והם שערי תורה ותפלה בחי' תורה שבכתב ושבע"פ. והם דלת לפנים מדלת.

ומ"ש שלא תהי' זז מן בת"כ ובתמ"ד וכי יהי' אדם כל היום בבית הכנסת. אך הפי' לזכור בעבודת הבורא ית"ש בכל עת וכל מה שעובר לפניו יתבונן בו להכניסו לעבודת הבורא זה ענין בתי כנסיות.

ואח"כ יוכל למצוא בו תורה ללמוד ממנו עבודת הבורא כי כל מה שברא הקב"ה לכבודו ברא למילף מיני' חכמתא סגיאה כמ"ש בזוה"ק. ומבטיח הפסוק אם תעשה כן תקבל פני השכינה מוצאי מצא חיים.

ולשקוד על דלתותי היא היגיעה אפי' כשנסתם הדלת דכ' שער החצר הפנימית כו' ימי המעשה יהי' סגור. ביום השבת וחודש יפתח הם ב' דלתות הנ"ל שנפתחים בזמנים מקודשים.

אבל נפשות בנ"י הקדושים גם בימי המעשה ע"י השקידה על הדלתות זוכין למצוא חיים ולקבל פני השכינה כמ"ש המדרש. ובחי' בתי כנסיות ומדרשות הנ"ל עליהם נרמז הסכת ושמע דרשו חז"ל הס ואח"כ כתת.

הס בחי' בית הכנסת וכתת בתי מדרשות. והם בחי' שמירה וזכירה:

Dans le Midrach : 'À[chrei] i[ch] tichma' (heureux l'homme qui écoute) etc., dont les paroles entendues sont pour moi, 'pour veiller à mes portes' (Proverbes 8,34), une porte à l'intérieur d'une porte etc., 'à garder les montants de mes entrées' : de même que la mezouza ne bouge pas de l'entrée, ainsi ne bouge pas des synagogues et des maisons d'étude. De ce qu'il est dit 'mes portes jour après jour', on comprend que chaque jour il y a l'ouverture des deux portes, et elles-mêmes sont appelées 'jour jour', comme dans ce qui est dit 'jour après jour Il porte pour nous notre fardeau' (Psaumes 68,20), ainsi qu'il est écrit dans le Zohar (parachat Miketz, sur 'deux années de jours', Genèse 41,1), vois-y.

Ce sont les portes de la Torah et de la prière, l'aspect de la Torah écrite et de la Torah orale. Et elles sont 'une porte à l'intérieur d'une porte'.

Et ce qui est dit qu'il ne bouge pas des synagogues et des maisons d'étude : un homme reste-t-il donc toute la journée à la synagogue ? Mais l'explication est de se souvenir du service du Créateur, qu'Il soit béni, en tout temps ; et tout ce qui passe devant lui, qu'il le considère pour l'introduire dans le service du Créateur : voilà le sens des synagogues.

Et ensuite il pourra y trouver une Torah, pour en apprendre le service du Créateur, car tout ce que le Saint béni soit-Il à créé, Il l'à créé pour Sa gloire, pour en tirer une grande sagesse, comme il est écrit dans le Zohar. Et le verset promet : si tu fais ainsi, tu recevras la face de la Chekhina, 'car qui me trouve à trouvé la vie' (Proverbes 8,35).

Et 'veiller à mes portes', c'est l'effort, même lorsque la porte est fermée, car il est écrit 'la porte du parvis intérieur etc. sera fermée les six jours ouvrables, et le jour du Chabbat et à la néoménie elle sera ouverte' (Ezechiel 46,1) : ce sont les deux portes susdites qui s'ouvrent aux temps sanctifiés. Mais les âmes des enfants d'Israël, les saints, même durant les jours ouvrables, par l'assiduité (chekida) aux portes, méritent de trouver la vie et de recevoir la face de la Chekhina, comme le dit le Midrach.

Et sur l'aspect des synagogues et maisons d'étude susdites il est fait allusion dans 'Sois attentif et écoute' (haskeit ouchema, Deutéronome 27,9) : nos Sages ont expliqué 'has' (fais silence) puis 'katet' (brisé, analyse) ; 'has' est l'aspect de la synagogue, et 'katet' les maisons d'étude. Et ce sont les aspects de la garde (chemira) et du souvenir (zekhira).

תרס"א

5661 (תרס״א)

ולקחת מראשית. בנ"י נק' ראשית לפי שנותנין הראשית אל הבורא ית"ש.

ועמלק ראשית גוים שלוקח לעצמו הראשית לכן אחריתו ע' אובד. וכ' בראשית ברא בתורה שנק' ראשית דרכו שמלמדת להתדבק בראשית.

ונתקיים בבנ"י בפועל ראשית תבואתו שמעלין אליו הראשית. כי כל מה שברא הקב"ה לכבודו.

לכן יש כל אלה השינוים בזמנים ובנ"י מתפללין ג' תפלות בכל שינוי הזמן נעשה התחדשות שיבין האדם שהכל מהבורא ית"ש שמשנה עתים. וכמו כן ראשית הצמחים בכל שנה ושנה הכל עדות אל הבורא אשר לו הראשית והאחרית:

'Et tu prendras des prémices (mereichit)' (Deutéronome 26,2). Les enfants d'Israël sont appelés 'reichit' (commencement, prémice) parce qu'ils donnent la prémice au Créateur, qu'Il soit béni.

Et Amalek est 'le commencement des nations' (Nombres 24,20), qui prend pour lui-même la prémice, c'est pourquoi 'sa fin est de périr' (adei oved). Et il est écrit 'Bereichit bara' : par la Torah, qui est appelée 'commencement de Sa voie' (Proverbes 8,22) et qui enseigne à s'attacher au Commencement.

Et cela s'est réalise en acte chez les enfants d'Israël : 'prémice de Sa récolte' (Jérémie 2,3), car ils élèvent vers Lui la prémice. Car tout ce que le Saint béni soit-Il à créé, Il l'à créé pour Sa gloire.

C'est pourquoi il y a tous ces changements dans les temps, et les enfants d'Israël prient trois prières ; à chaque changement de temps se produit un renouvellement, afin que l'homme comprenne que tout provient du Créateur béni qui change les époques. Et de même la prémice des végétaux, chaque année : tout est un témoignage sur le Créateur à qui appartiennent le commencement et la fin.

במדרש תנחומא ראה מרע"ה שבהמ"ק עתיד לחרב וביכורים עתידין לפסוק תיקן ג' תפלות נשתחוה ונכרעה נברכה כו' ע"ש. דאיתא בזוה"ק כ' עבדו את ה' בשמחה וכ' ביראה כאן כד שראן בארעא קדישא כו'.

דכ' והי' כי תבא אז השמחה למעלה ולמטה. דכ' לו הגדלת השמחה משמע דיש בשמחה קטנות וגדלות.

והוא בחי' מיעוט הירח וחוזרת ומתגדלת. והכל בעבור בנ"י עשה הקב"ה כן שבכח עבודת בנ"י השמחה מתגדלת ובנ"י משתתפין בשמחה זו בבהמ"ק.

וכמו כן בגלות משתתפין בירידתה. ולכן עתה עיקר פולחנא ביראה נשתחוה נכרעה.

דלפעמים כד כייף אינש דעתי' טפי מעלי. ולפעמים כד פשיט דעתי' טפי מעלי כדאיתא בגמ'.

ופרש"י משום נשא לבבינו אל כפים והוא עצמו בחי' תרומת ידך אלו הביכורים שהיא כח התרוממות בנ"י. וכמו כן בשבת קודש זמן השמחה כמ"ש ז"ל ביום שמחתכם אלו השבתות ולכן אומרים ישמחו במלכותך שומרי שבת.

ובימי המעשה ומכ"ש בגלות כד כייף אינש דעתי' טפי מעלי נשתחוה נכרעה נברכה. וב' הבחי' הם עדות על בנ"י דכ' גם בתוכחה והיו בך לאות ולמופת כו'.

שגם הגלות הוא אות. וכמו בביכורים הי' מצות מקרא פרשה להתודות לפני הקב"ה ולהעיד כי קיים הבטחתו שנשבע לאבותינו והכניסנו לא"י ובהמ"ק.

כמו כן בגלות צריך להעיד ולהתודות כי קיים בנו כל התראות שהתרה בנו ולקבל העונש באהבה ולהשתוקק לחזור לבית מקדשו. ובזמן המקדש היו בנ"י מתרוממים יותר מכל האומות לעדות על ה' וישראל.

ובגלות שפלות בנ"י למטה מכל האומות וגם זה עדות על דבקות בנ"י בהקב"ה. ולכן הקב"ה מנהיג בנ"י כפי מעשיהם ולכן עולים ויורדין.

ולכן מונין ללבנה שיש בה עלי' וירידה. וכל האומות העולם כמנהגו נוהג ע"פ הטבע רק הנהגת בנ"י כפי מעשיהם וזה ברית התוכחה של פרשה זו:

Dans le Midrach Tan'houma : Moche notre maître, sur lui la paix, vit que le Temple était destiné à être détruit et que les prémices (bikourim) étaient destinées à cesser ; il institua trois prières, 'prosternons-nous, inclinons-nous, agenouillons-nous' (cf. Psaumes 95,6) etc., vois-y.

Car il est enseigné dans le Zohar : il est écrit 'Servez ha-Chem dans la joie' (Psaumes 100,2) et il est écrit 'dans la crainte' (Psaumes 2,11) ; ici la joie, c'est quand ils demeurent sur la Terre sainte etc. Car il est écrit 'Et il adviendra quand tu entreras dans le pays' (Deutéronome 26,1), alors advient la joie en haut et en bas.

Car il est écrit 'Tu as multiplie la joie' (Isaie 9,2), ce qui implique qu'il y a dans la joie petitesse (katnout) et grandeur (gadlout). C'est l'aspect de la diminution de la lune, qui revient ensuite grandir.

Et tout cela, le Saint béni soit-Il l'à fait pour les enfants d'Israël : par la force du service des enfants d'Israël la joie grandit, et les enfants d'Israël participent à cette joie dans le Temple. Et de même, dans l'exil, ils participent à sa descente.

C'est pourquoi maintenant l'essentiel du service est dans la crainte : 'prosternons-nous, inclinons-nous'. Car parfois, quand l'homme incline davantage son esprit dans l'humilité, cela est meilleur ; et parfois, quand il redresse son esprit, cela est meilleur, comme il est enseigné dans la Guemara.

Et Rachi explique : à cause de 'élevons notre cœur avec les paumes vers le Ciel' (Lamentations 3,41) ; et c'est cela même l'aspect de 'l'offrande de ta main' (teroumat yadekha), à savoir les prémices, qui sont la force d'élévation des enfants d'Israël. Et de même au saint Chabbat, temps de la joie, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'au jour de votre joie' (Nombres 10,10), ce sont les Chabbats ; c'est pourquoi l'on dit 'Ils se réjouiront de Ta royauté, ceux qui gardent le Chabbat'.

Et durant les jours ouvrables, et à plus forte raison en exil, quand l'homme incline son esprit c'est meilleur : 'prosternons-nous, inclinons-nous, agenouillons-nous'. Et ces deux aspects sont un témoignage sur les enfants d'Israël, car il est écrit aussi dans la réprimande (tokhaha) 'et elles seront sur toi un signe et un prodige etc.' (Deutéronome 28,46) : que même l'exil est un signe.

Et de même que pour les prémices il y avait le commandement de réciter la parocha (mikra bikourim) pour rendre grâce devant le Saint béni soit-Il et témoigner qu'Il à accompli Sa promesse jurée à nos pères et nous à introduits en Terre d'Israël et au Temple, de même en exil il faut témoigner et confesser qu'Il à accompli sur nous tous les avertissements dont Il nous à avertis, et recevoir le châtiment avec amour, et aspirer à revenir à Sa maison sanctifiée. Et au temps du Temple les enfants d'Israël étaient élèves plus que toutes les nations, en témoignage sur ha-Chem et Israël.

Et en exil l'abaissement des enfants d'Israël est au-dessous de toutes les nations, et cela aussi est un témoignage sur l'attachement des enfants d'Israël au Saint béni soit-Il. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il conduit les enfants d'Israël selon leurs actes, et c'est pourquoi ils montent et descendent.

Et c'est pourquoi l'on compte selon la lune, en laquelle il y a montée et descente. Et toutes les nations du monde suivent leur cours selon la nature, seule la conduite des enfants d'Israël est selon leurs actes : c'est l'alliance de la réprimande de cette parocha.

במדרש והי' א"ש תשמע. אשרי א"ש לי לשקוד ע"ד כו'.

דלתותי יום יום משמע שבכל יום יש פתיחת דלתות אלו והם ב' דלתות לצדיקים ולבעלי תשובה. הפותח בכל יום דלתות שערי מזרח.

ובוקע חלוני רקיע בקוע הוא בכח כמו שהקב"ה חותר חתירה לבעלי תשובה: לשמור מזוזות פתחי משמע דקאי על זמנים מיוחדים שנפתח שערים גדולים כמו אלול ותשרי דכ' בהמצאו.

רק שצריך האדם כל ימיו לשמור ולהשתוקק לפתיחת השערים האלה ואז כשבאו ימי רצון אלו מרגיש בהם הארה. וכפי מה ששוקד על הדלתות יום יום.

כך זוכה לפתיחות הנפתחים בימים מיוחדים. כנ"ל:

Dans le Midrach : 'Et il adviendra si (im chamoa) tu écoutes' : heureux l'homme qui m'écoute, pour veiller à mes portes etc. 'Mes portes jour après jour' implique que chaque jour il y a l'ouverture de ces portes, et ce sont deux portes : pour les justes et pour les repentants (baalei techouva). Celui qui ouvre chaque jour les portes des entrées de l'orient, et fend les fenêtres du firmament : 'bokea' est un terme de force, de même que le Saint béni soit-Il creuse un passage (hatira) pour les repentants. 'Garder les montants de mes entrées' implique que cela se rapporte à des temps particuliers où s'ouvrent de grandes portes, comme Eloul et Tichri, dont il est écrit 'lorsqu'Il se laisse trouver' (Isaie 55,6).

Seulement, l'homme doit tous ses jours garder et aspirer à l'ouverture de ces portes ; et alors, quand viennent ces jours de faveur, il y ressent une illumination. Et selon ce qu'il veille aux portes jour après jour, ainsi il mérite les ouvertures qui se produisent aux jours particuliers, comme ci-dessus.

תרס"ב

5662 (תרס״ב)

במדרש והי' א"ש תשמע אשרי א' שומע לי כו' לשקוד ע"ד דלת לפנים מדלת כו'. התורה אומרת זה אשרי שומע לי שע"י התורה זוכה לכנוס דלת לפנים מדלת שהיא פנימיות העולם.

כמו דאיתא הקב"ה מחדש בכל יום מעשה בראשית מכ"ש שהתורה מתחדשת בכל יום וכמ"ש אנכי מצוך היום בכל יום מחדש. והתפלות בכל יום הם לקבל ב' ההתחדשות דלתותי הנפתחים בכל יום.

ולכן צריכין לעמוד בתפלה מתוך דברי תורה שמלמדת לאדם להתפלל בדלת שלפנים מדלת לכן תיקנו ק"ש קודם התפלה. ואיתא במדרש שראה מרע"ה שבהמ"ק עתיד לחרב ובכורים יתבטלו תיקן ג' תפלות בכל יום הגם דאיתא תפלות אבות תקנום זה הי' קודם קבלת התורה ותיקנו פתיחות דלת החיצון.

ואח"כ ע"י התורה ניתקן פתיחות דלת הפנימי והי' מתקיים בבהמ"ק ע"י עבודת הקרבנות. ועתה תיקן מרע"ה ג' תפלות נגד התמידין.

וכ"כ ולעבדו בכל לבבכם. עבודה שבלב זו תפלה ובכל לבבכם ב' לבבות בחי' דלת לפנים מדלת שבאדם כ' וייצר ב' יצירות ושניהם מתחדשין בכל יום.

ולכן כ' בפרשה זו א"ש תשמע כו' ונתנך ה"א עליון פי' שע"י התורה מתרוממין בנ"י להיות נמשך אחר הנהגה פנימיות דלת לפנים מדלת כמ"ש לעיל:

Dans le Midrach : 'Et il adviendra si tu écoutes' : heureux l'homme qui m'écoute etc., pour veiller à mes portes, une porte à l'intérieur d'une porte etc. C'est la Torah qui dit cela : heureux qui m'écoute, car par la Torah on mérite d'entrer dans une porte à l'intérieur d'une porte, qui est l'intériorité du monde.

Comme il est enseigné : le Saint béni soit-Il renouvelle chaque jour l'œuvre de la Création ; à plus forte raison la Torah se renouvelle-t-elle chaque jour, comme il est écrit 'que Moi je te commande aujourd'hui' (Deutéronome) : chaque jour renouvelée. Et les prières, chaque jour, sont pour recevoir ces deux renouvellements, 'mes portes' qui s'ouvrent chaque jour.

C'est pourquoi il faut se tenir en prière à partir des paroles de la Torah, qui enseigne à l'homme à prier dans la porte qui est à l'intérieur de la porte ; c'est pourquoi ils ont institué le Chema avant la prière. Et il est enseigné dans le Midrach que Moche notre maître vit que le Temple était destiné à être détruit et que les prémices seraient abolies ; il institua trois prières chaque jour.

Bien qu'il soit enseigné que 'les patriarches ont institué les prières', cela était avant le don de la Torah, et ils instituèrent l'ouverture de la porte extérieure. Et ensuite, par la Torah, fut instituée l'ouverture de la porte intérieure, qui se réalisait au Temple par le service des sacrifices.

Et maintenant Moche notre maître institua trois prières correspondant aux sacrifices perpétuels (temidin). Et ainsi il est écrit 'et Le servir de tout votre cœur' (Deutéronome 11,13) : le service du cœur, c'est la prière ; et 'de tout votre cœur' (bekhol levavkhem), avec deux cœurs, l'aspect d'une porte à l'intérieur d'une porte qui est dans l'homme, car il est écrit 'et Il forma' (vayitzer, avec deux yod) deux formations, et les deux se renouvellent chaque jour.

C'est pourquoi il est écrit dans cette parocha 'si tu écoutes etc., et ha-Chem ton D.ieu te placera au-dessus (elyon)' (Deutéronome 28,1) : l'explication est que par la Torah les enfants d'Israël s'élèvent pour être entraînés à la suite de la conduite intérieure, une porte à l'intérieur d'une porte, comme ci-dessus.

איתא בזוהר חדש שהנחמה הרמוזה בתוכחה זו היא מ"ש והיו חייך תלואים לך מנגד. שהקב"ה שם חלקינו בחיים וזה נשמת חיים שבנפשות בנ"י.

והתורה והמצות הם עצות שיתדבק האדם בהנשמה כמ"ש כי הוא חייך. וכ"כ א' יעשה א' האדם וחי בהם שע"י המצות מתדבק בנשמה כי הגוף הוא בחי' מיתה שעומד למיתה.

וז"ש חז"ל וחי בהם לעוה"ב פי' ע"י שמביאין חיות הנשמה בגוף לכן יתקיים לעתיד לבא וסופן להחיות. ונקראים חיים הצדיקים גם במיתתן פי' הגופיות כמ"ש לעיל פ' שופטים.

אבל כשחוטאין וא"י להתדבק בחיות הנשמה ע"ז כ' חייך תלוים לך בגלותינו עתה שהגם שיודעין ומבינים כח הנשמה אבל הוא מנגד ואין יכולין להמשיך כראוי הגוף אחר הנשמה. ז"ש ולא תאמין בחייך אבל הנשמה תלוי' ומצפה להאיר אל הגוף:

Il est enseigné dans le Zohar Hadach que la consolation allusive dans cette réprimande est ce qui est écrit 'et ta vie sera suspendue devant toi' (telouyim lekha mineged, Deutéronome 28,66) : car le Saint béni soit-Il à placé notre part dans la vie, et c'est le souffle de vie (nichmat 'hayim) qui est dans les âmes des enfants d'Israël. Et la Torah et les commandements sont des conseils pour que l'homme s'attaché à l'âme, comme il est écrit 'car elle est ta vie' (Deutéronome 30,20).

Et ainsi il est écrit 'que l'homme accomplira et vivra par eux' (Lévitique 18,5) : que par les commandements il s'attaché à l'âme, car le corps est un aspect de mort, étant voué à la mort. Et c'est ce qu'ont dit nos Sages : 'et il vivra par eux', dans le monde à venir ; l'explication : parce qu'ils font entrer la vitalité de l'âme dans le corps, c'est pourquoi il subsistera dans le futur à venir, et leur fin est de revivre.

Et les justes sont appelés vivants même dans leur mort, c'est-à-dire dans leur corporeite, comme il est écrit ci-dessus, parachat Choftim. Mais lorsqu'ils fautent et ne peuvent s'attacher à la vitalité de l'âme, sur cela il est écrit 'ta vie sera suspendue devant toi', dans notre exil maintenant, où, bien qu'ils sachent et comprennent la force de l'âme, elle est néanmoins 'en face' (mineged), et ils ne peuvent entraîner comme il convient le corps à la suite de l'âme.

C'est ce qui est dit 'et tu ne croiras pas en ta vie' (Deutéronome 28,66) ; mais l'âme est suspendue et attend d'illuminer le corps.

תרס"ד

5664 (תרס״ד)

בפסוק תחת אשר לא ע' את ה"א בשמחה כו' מרוב כל. פי' האר"י ז"ל להיות שמחת עבודת ה' יותר מרוב כל.

כי בכל המדות צריכין לעבוד את ה' כמ"ש עבדו א"ה בשמחה וכ' עבדו א"ה ביראה. וכשאדם שרוי בטובה צריכה להיות עבודת ה' בשמחה ושיתגדל שמחת עבודת ה' יותר מכל השמחות ויתבטל שמחת הגוף לעבודת ה' וכמו כן בגלות ויסורים צריך להיות יראת ה' ופחד ודאגה מחסרון תיקון הנפש בעבודת ה'.

ויתגבר זו הדאגה ויתבטל דאגות יסורי הגוף. וכ' צרור המור דודי לי דרשו חז"ל אע"פ שמצר ומימר לי בין שדי ילין.

שגם מתוך היסורים והגלות יכולין להתקרב אל ה'. ואיתא בגמ' כ' ברית במלח וברית ביסורים מה המלח ממתק את הבשר [ובילקוט גורס ממתק את הקרבן] כך יסורים ממתקים את הגוף.

פי' כשעובדין את הבורא מתוך היסורים. היסורים מסייעין לעבודת הבורא כמו הכהן והמלח בבהמ"ק הי' מסייעין להקרבן:

Sur le verset 'parce que tu n'as pas servi ha-Chem ton D.ieu dans la joie etc. par abondance de tout (merov kol)' (Deutéronome 28,47). Le Ari, de mémoire bénie, explique : que la joie du service de ha-Chem soit plus grande que par abondance de tout.

Car dans toutes les mesures (midot) il faut servir ha-Chem, comme il est écrit 'Servez ha-Chem dans la joie' (Psaumes 100,2) et il est écrit 'Servez ha-Chem dans la crainte' (Psaumes 2,11). Et quand l'homme demeure dans le bien-être, le service de ha-Chem doit être dans la joie, et la joie du service de ha-Chem doit grandir plus que toutes les joies, et la joie du corps s'annuler au profit du service de ha-Chem.

Et de même, en exil et dans les souffrances, il faut qu'il y ait crainte de ha-Chem, effroi et inquiétude à cause du manque de réparation (tikoun) de l'âme dans le service de ha-Chem ; et que cette inquiétude l'emporte et que les inquiétudes des souffrances du corps s'annulent. Et il est écrit 'Mon bien-aimé est pour moi un sachet de myrrhe' (Cantique 1,13) : nos Sages ont expliqué 'bien qu'Il me presse et m'amertume (metzar oumemar), il reposera entre mes seins' : que même du sein des souffrances et de l'exil on peut se rapprocher de ha-Chem.

Et il est enseigné dans la Guemara : il est écrit 'alliance' à propos du sel et il est écrit 'alliance' à propos des souffrances ; de même que le sel adoucit la chair (et dans le Yalkout la version est : adoucit le sacrifice), ainsi les souffrances adoucissent le corps. L'explication : lorsqu'on sert le Créateur du sein des souffrances, les souffrances assistent le service du Créateur, de même que le Cohen et le sel, au Temple, assistaient le sacrifice.

בפסוק והיית ממשש בצהרים כ' ימשש העור באפילה. כי הנה בנ"י נבראו להאיר לכל העולם וניתן להם התורה ומצות תורה אור.

והמצות הם להמשיך אור התורה גם בגוף. כי הנשמה אור תורה וע"י נר מצוה מאיר אור הנשמה בגוף.

כי הגוף מחשיך אור הנשמה לכן הכסיל בחושך הולך שהוא חשכת הטבע. ובנ"י בכח התורה ומצות הם מאירים את הטבע.

וכ"כ וזרח בחושך אורך ואפלתך כצהרים. וכ"כ החושך יכסה א' ועליך יזרח ה'.

והלכו גוים לאורך. אבל עתה בגלות הגם שיש לנו התורה ועוסקים בתורה ותפלה אין מרגישין האור תורה וממששין בתורה כעור באפלה.

אעפ"כ צריכין עכ"פ למשש בתורה שגם העור הממשש באפילה הקב"ה מצליח לו הדרך וע"ז מבקשין גל עיני כו':

Sur le verset 'et tu tâtonneras en plein midi comme l'aveugle tâtonne dans l'obscurité' (Deutéronome 28,29). Car voici, les enfants d'Israël ont été créés pour illuminer le monde entier, et il leur a été donné la Torah et les commandements, 'la Torah est lumière' (Proverbes 6,23).

Et les commandements servent à faire descendre la lumière de la Torah jusque dans le corps aussi. Car l'âme est lumière de Torah, et par 'le commandement est une lampe' (Proverbes 6,23) la lumière de l'âme illumine le corps.

Car le corps obscurcit la lumière de l'âme, c'est pourquoi 'le sot marche dans les ténèbres' (Ecclésiaste 2,14) : ce sont les ténèbres de la nature. Et les enfants d'Israël, par la force de la Torah et des commandements, illuminent la nature.

Et ainsi il est écrit 'ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme le midi' (Isaie 58,10). Et ainsi il est écrit 'car voici, les ténèbres couvriront la terre, mais sur toi se lèvera ha-Chem' (Isaie 60,2), 'et des nations marcheront à ta lumière' (Isaie 60,3).

Mais maintenant, en exil, bien que nous ayons la Torah et que nous nous occupions de Torah et de prière, nous ne ressentons pas la lumière de la Torah et nous tâtonnons dans la Torah comme l'aveugle dans l'obscurité. Malgré cela, il faut à tout le moins tâtonner dans la Torah, car même l'aveugle qui tâtonne dans l'obscurité, le Saint béni soit-Il lui fait réussir le chemin ; et sur cela l'on demande 'dévoile mes yeux pour que je contemple les merveilles de Ta Torah' (Psaumes 119,18) etc.

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