« Vois, moi je place devant vous » (Devarim 11,26). Le Sfat Emet rapporte de son aïeul qu'il est fixe en chaque homme d'Israël la capacité de discerner et de choisir seulement la bénédiction. C'est pourquoi l'on bénit chaque jour « qui donne au coq (se'hvi) le discernement ». Le Saint béni soit-Il enseigne « et tu choisiras la vie », et le libre choix a été donné à Israël par cette parole. Même la malédiction est dans la main de l'homme pour en faire une bénédiction, lorsqu'il se repent et reçoit les souffrances avec amour. On ne s'interrompt pas dans la lecture des malédictions, comme si la malédiction était une chose à part, car tout est pour le bien.
Aussi : la mitsva révèle le point de vitalité enfoui en toute chose ; le don du cœur et le désir (kessef) ouvrent l'intériorité en tout lieu ; le troisième repas du Chabbat maintient le désir d'attachement toute la semaine
תרל"א
5631 (תרל״א)
אא"ז מו"ר ז"ל הגיד פי' ראה אנכי נותן לפניכם. שנקבע בכל איש ישראל שיוכל להבחין ולבחור רק בהברכה.
וע"ז מברכין בכל יום נותן לשכוי בינה כו'. וכן במד' שהקב"ה מלמד לנו ובחרת בחיים.
וכל מאמר ה' נעשה כן. וניתן הבחירה לישראל במאמר ובחרת כו':
Mon aïeul, mon maître et enseignant, de mémoire bénie, à expliqué le sens de 'Vois, moi je place devant vous' (Deutéronome 11,26) : il est fixe en chaque homme d'Israël la capacité de discerner et de choisir seulement la bénédiction. C'est pourquoi on bénit chaque jour 'qui donne au coq (sekhvi) le discernement (de distinguer entre le jour et la nuit)'.
De même dans le Midrach, le Saint béni soit-Il nous enseigne 'et tu choisiras la vie' (Deutéronome 30,19). Et toute parole du Nom se réalise ainsi ; et le libre choix à été donné à Israël par la parole 'et tu choisiras', etc.
ובמדרש שלא לפסוק בקללות ואל תקוץ לא תעשו קוצין קוצין. כי אין הרצון להיות הקללות.
ורק שעי"ז ישוב האדם ועושה מזה ג"כ ברכה. וכן איתא בזוה"ק שיסורין לאדם כשמקבלן באהבה ושב להש"י בחושבו כי ה' עשה עמו חסד בזה שעי"ז יתעורר לשוב.
עי"ז עושה אותם יסורין של אהבה. וז"ש נותן לפניכם ב' וקללה שגם הקללה ביד האדם לעשותה ברכה כנ"ל.
וז"ש שלא לפסוק ולפרוד שהקללה דבר בפ"ע רק הכל לטוב כנ"ל:
Et dans le Midrach : qu'il ne faut pas s'interrompre dans la lecture des malédictions, et 'ne t'en irrité pas' - ne les fais pas par morceaux, par fragments. Car le désir n'est pas qu'il y ait les malédictions ; c'est seulement que par elles l'homme se repente et en fasse lui aussi une bénédiction.
De même il est enseigné dans le Zohar saint que les souffrances, lorsque l'homme les reçoit avec amour et revient vers le Nom béni soit-Il en pensant que le Nom lui à fait une bonté en ceci que par elles il s'éveillera à revenir - par cela il en fait des souffrances d'amour. Et c'est ce que dit 'je place devant vous' bénédiction 'et malédiction' : que même la malédiction est dans la main de l'homme pour en faire une bénédiction, comme ci-dessus.
Et c'est ce qu'ils ont dit, qu'il ne faut pas interrompre ni séparer, comme si la malédiction était une chose à part - or tout est pour le bien, comme ci-dessus.
ובמדרש נר מצוה כו' נרך בידי נרי בידך כו'. כי בכל דבר יש נקודה חיות מחי החיים.
רק שבעוה"ז נסתר הפנימיות. וזה המבוקש מאיש ישראל לעורר ולגלות הפנימיות שיש בכל דבר ע"י המצות.
שבכל מעשה נמצא ממצות הש"י עשה או ל"ת. וע"י המצוה מקרב כל המעשים אליו ית'.
וזה נרי בידך כי צריך כל אדם להאיר הנקודה הטמונה וכאלו היא במאסר עד שיגבור האדם להאיר מהחשיכה. ונקודה זו היא הברכה בעצמה אשר תשמעו כשמדבק עצמו בנקודה הנ"ל שבכל דבר אז רואה שזה הברכה.
וזה ראה כו' ע"י הביטול לנקודה הנ"ל. וכן בשבת כ' ויברך כי זה היא בחי' שבת להיבטל ולהיכלל לנקודה הנ"ל ושם שורה ברכה.
אחז"ל כלי מחזיק ברכה שלום. והיא הנקודה מהש"י שמהוה כל ונק' שלום שהיא שלימות כל הנבראים והיא הברכה:
Et dans le Midrach : 'la mitsva est une lampe (et la Torah une lumière)' (Proverbes 6,23), etc., 'ta lampe est dans ma main et ma lampe dans ta main', etc. Car en toute chose il y a un point de vitalité provenant du Vivant des vivants ; seulement, en ce monde-ci l'intériorité est cachée.
Et voici ce qui est demande à l'homme d'Israël : éveiller et révéler l'intériorité qui est en toute chose au moyen des mitsvot ; car dans tout acte se trouve l'une des mitsvot du Nom béni soit-Il, positive où négative (lo taasse). Et par la mitsva il rapproche tous les actes de Lui, béni soit-Il.
Et c'est 'ma lampe est dans ta main', car chaque homme doit illuminer le point enfoui, comme s'il était dans une prison, jusqu'à ce que l'homme prévale pour l'illuminer depuis les ténèbres. Et ce point est la bénédiction elle-même, 'que vous écouterez' (Deutéronome 11,27) : lorsqu'il s'attaché au point susdit qui est en toute chose, alors il voit que c'est la bénédiction.
Et c'est 'Vois', etc., par l'annulation (bitoul) vers le point susdit. De même au sujet du Chabbat il est écrit 'et Il bénit' (Genèse 2,3), car c'est la dimension du Chabbat : s'annuler et s'inclure dans le point susdit, et la réside la bénédiction.
Nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : le récipient qui contient la bénédiction est la paix (chalom). Et c'est le point provenant du Nom béni soit-Il qui fait exister le tout, et il est appelé chalom, car il est la perfection de toutes les créatures, et il est la bénédiction.
במדרש כי ירחיב. מתן אדם ירחיב לו כו' הקב"ה מתיר אסורים כו'.
פשוט מי שנותן נדבת לבו להש"י זה עצמו מרחיב לו. כי כל המיצר נעשה רק מהסתרת החיצוניות ורק לנסיון.
וכשאדם גובר רצונו ומניחו בעבור רצון הש"י. זה עצמו פותח הפנימיות ומבטל ההסתר.
וזה ירחיב לו. וכתי' בכל אות נפשך וכבר כתיב ואמרת אוכלה בשר כו'.
אך המפ' דקדקו שלא כ' אות גופך רק נפשך עי' בר"מ אלשיך. ובכל אות נפשך הוא כמ"ש ואהבת כו' בכל לבבך כו' נפשך א"כ מאחר שכ' בכל אות נפשך ע"כ הכוונה לשמים.
וז"ש כי אם לא יתבטל מפנימיות הדביקות להש"י אף ברצון זה אז יוכל לאכול. ולא שיבטל עי"ז אהבה העיקרית.
וז"ש בכל אות נפשך כו'. ואז כשעיקר האהבה נדבקת בו להש"י.
זה מתיר האיסור וכח סט"א שיש בכל דבר גשמיות. וז"ש ה' מתיר אסורים כי הוית כל דבר ממנו רק שהנקודה סתומה וצריכין להרחיבה.
וזה תלוי בנקודה שבאדם כפי הרחבתה בנפשו. כן מתגלה אליו בכל מקום כנ"ל.
וז"ש כי ירחיב כו' גבולך. שתתפשט הנקודה ותתרחב בכל נפש האדם כנ"ל:
Dans le Midrach sur 'lorsqu'Il élargira' (Deutéronome 12,20) : 'le don d'un homme lui fait de la place' (Proverbes 18,16), etc., 'le Saint béni soit-Il délie les entraves (matir assourim)', etc. Simplement : celui qui donne l'offrande de son cœur au Nom béni soit-Il, cela même lui fait de la place.
Car toute étroitesse (metsar) ne provient que de l'occultation de l'extériorité, et seulement pour l'épreuve ; et lorsque l'homme surmonte sa volonté et la dépose au profit de la volonté du Nom béni soit-Il, cela même ouvre l'intériorité et annule l'occultation - et c'est 'il lui fait de la place'. Et il est écrit 'selon tout le désir de ton âme' (nafchekha), alors qu'il est déjà écrit 'et tu diras : je mangerai de la viande', etc.
Mais les commentateurs ont précise qu'il n'est pas écrit 'le désir de ton corps' mais 'de ton âme' - vois le Rav Moche Alchikh. Et 'selon tout le désir de ton âme' est comme il est écrit 'et tu aimeras... de tout ton cœur... de ton âme' ; ainsi donc, puisqu'il est écrit 'selon tout le désir de ton âme', l'intention vise nécessairement le Ciel.
Et c'est ce qu'il dit : que si l'homme ne se détache pas de l'intériorité de l'attachement (dvekout) au Nom béni soit-Il, même dans ce désir-la, alors il pourra manger - sans annuler par cela l'amour essentiel. Et c'est 'selon tout le désir de ton âme', etc.
Et alors, lorsque l'amour essentiel s'attaché en lui au Nom béni soit-Il, cela délie l'interdit et la force du sitra a'hra (l'autre côté) qui se trouve en toute chose matérielle. Et c'est 'le Nom délie les entraves', car l'existence de toute chose vient de Lui, seulement le point est scellé et il faut l'élargir.
Et cela dépend du point qui est dans l'homme : selon son élargissement en son âme, ainsi Il se révèle à lui en tout lieu, comme ci-dessus. Et c'est ce que dit 'lorsqu'Il élargira... ta frontière' : que le point se déploie et s'élargisse dans toute l'âme de l'homme, comme ci-dessus.
כי ירחק כו' המקום כו' ונתת בכסף כו' והלכת כו' בכל אשר תאוה כו'. הכלל כי ע"י הרצון והחשק לדבוק בה' אחד יוכל להתדבק בכ"מ שהוא כי מלכותו בכל משלה.
אך שיש ריחוק והסתר ע"י החיצוניות. והעצה הרצון והתשוקה לקרב לה'.
והכתוב מבטיחו כי יבא. וכסף לשק נכסוף נכספתי.
וצרת פי' להיות נחקק ומצויר היטב בלב שיהי' עיקר החיות בפנימיות לבבו רק להש"י. ובידך הוא הכח ועיקר החיות כו'.
ונתת הכסף כו'. פי' שלא לשכוח אהבת ה' ותשוקה הנ"ל אף בכל מעשיו וגם כפשוטו בכל אשר תאוה כו'.
בקר צאן יין שכר. יהי' נזכר אהבה העיקרית לה' ואז אל המקום כו'.
ואף שלא יוכל לבא בפועל מ"מ מחשבה טובה הקב"ה מצרפה. והשאר אונסא כמאן דעביד.
ויוכל להאמין כי נדבק בשורש נפשו אף שאינו בפועל כנ"ל:
'Lorsque sera éloigné de toi le lieu... et tu donneras en argent... et tu iras... vers tout ce que ton âme désire', etc. (Deutéronome 14,24-26).
Le principe est que, par la volonté et le désir ardent de s'attacher au Nom Un, l'homme peut s'attacher (à Lui) en tout lieu où qu'il soit, car Sa royauté domine sur tout ; seulement il y a un éloignement et une occultation par l'extériorité, et le conseil est la volonté et le désir ardent de se rapprocher du Nom. Et l'Écriture lui promet qu'il viendra.
Et 'argent' (kessef) est une expression de désir ardent : 'tu as ardemment désire' (nikhsof nikhsafta, Genèse 31,30). 'Et tu lieras (l'argent)' (vetsarta) signifie : être grave et bien dessine dans le cœur, en sorte que l'essentiel de la vitalité dans l'intériorité de son cœur soit uniquement pour le Nom béni soit-Il. 'Et dans ta main' - c'est la force et l'essentiel de la vitalité, etc. 'Et tu donneras l'argent', etc., signifie : ne pas oublier l'amour du Nom et le désir susdit, même dans tous ses actes, et aussi selon le sens simple 'en tout ce que ton âme désire', etc. : gros bétail, petit bétail, vin, boisson forte - que soit rappelé l'amour essentiel du Nom, et alors 'vers le lieu', etc. Et même s'il ne peut venir effectivement (en acte), néanmoins la bonne pensée, le Saint béni soit-Il la joint (à l'acte), et le reste est cas de force majeure, considéré comme s'il l'avait accompli.
Et il peut croire qu'il est attaché à la racine de son âme, même s'il ne l'est pas en acte, comme ci-dessus.
בספורנו פי' פשוט בפ' ראה כו'. כי אין לאיש ישראל דרך ממוצע רק לידע אם יקבל עול מ"ש בכל מעשיו למסור נפשו לה' אחד.
הברכה. ואם לא כן.
הקללה ע"ש. ויש לפרש ג"כ תיבת לפניכם כמ"ש הרב הק' ז"ל מפרשיסחא על פסוק ואלה המשפטים כו' תשים לפניהם.
להיות משפטי ה' קודם להוית האדם וחביבים מהויתו ע"ש. כן ג"כ להיות הסתכלות זה בב' הדרכים קודם הוית האדם.
וגם כפשוטו קודם כל מעשה להסתכל היטב שיהי' בדרך הטוב לש"ש. ואז יזכה לראות איזה דרך הטוב כמ"ש רמב"ן ז"ל ע"פ הדבר אשר יקשה כו' תקריבון אלי כו' ע"ש בפ' ואתחנן:
Dans le Sforno, une explication simple sur la section Réé, etc. : il n'y a pas pour l'homme d'Israël de voie intermédiaire - seulement de savoir que s'il accepté le joug du Royaume des cieux dans tous ses actes, en livrant son âme au Nom Un, c'est la bénédiction ; et sinon, la malédiction - vois la-bas. Et l'on peut aussi expliquer le mot 'devant vous' (lifnekhem) comme l'à dit le saint Rabbi de mémoire bénie de Przysucha sur le verset 'et voici les lois... que tu placeras devant eux' (Exode 21,1) : que les lois du Nom soient antérieures à l'existence de l'homme et plus chères que son existence - vois la-bas.
De même ici : que ce regard sur les deux voies soit antérieur à l'existence de l'homme. Et aussi selon le sens simple : avant tout acte, bien regarder afin d'être dans la voie du bien, pour l'amour du Ciel (le-chem chamayim) ; et alors il méritera de voir quelle est la bonne voie, comme l'à dit le Ramban de mémoire bénie sur 'l'affaire qui sera trop difficile... vous me la rapporterez', etc. - vois la-bas dans la section Vaethanan.
אא"ז מו"ר ז"ל הגיד בסעודה ג' של שבת היא בחי' קשה עלי פרידתכם. ויש לאדם להשתוקק שלא ישכח ממנו הארת השבת כל ימי השבוע כו'.
ואיתא וינפש וי אבדה נפש. והקשה הרב בע"ש ז"ל כי זה שייך בסוף שבת ולא בההתחלה.
ותי' כי ע"י שיודע האדם זה שאחר שבת יסולק ממנו הארת נשמה יתירה יתאמץ ביתר עוז להתדבק בשבת קודש עוד בו נשמתו ע"ש הובאו דבריו בס' זכרון זאת. וי"ל עוד כפשוטו שזה עצמו בחי' שבת שתוך ימי השבוע ג"כ יזכור וישתוקק למה שנאבד ממנו כמ"ש זכור כו' יום השבת כו'.
וממילא כפי השתוקקות כל ימות החול. כמו כן מקבל השבת בשמחה.
ועיקר הדברים שיש לאדם להשתוקק תמיד לדבוק בשורש החיים שלא להיות נפרד משורש נשמתו בה' אחד. וזה עצמו בחי' שבת ותשובה ששב הכל לראשיתו ושורשו.
וזה התשובה בסעודה ג' בשבת ע"י השתוקקות הנ"ל להיות נדבק בשורשו כל ימות החול ג"כ אף שנסתלק ממנו כענין שכ' שימני כחותם. והיא בחי' תפילין בחול כמ"ש בסה"ק:
Mon aïeul, mon maître et enseignant, de mémoire bénie, à enseigné : le troisième repas du Chabbat est la dimension de 'pénible m'est votre séparation'. Et l'homme doit désirer ardemment que l'illumination du Chabbat ne s'oublié pas de lui durant tous les jours de la semaine, etc.
Et il est enseigné 'et Il se reposa (vayinafach)' : 'malheur, l'âme est perdue' (vay avda nefech). Et le Rav du Beit Aharon, de mémoire bénie, à objecte que cela se rapporte à la fin du Chabbat et non à son début ; et il à répondu que, du fait que l'homme sait qu'après le Chabbat lui sera retirée l'illumination de l'âme supplémentaire (nechama yetera), il redoublera de vigueur pour s'attacher au saint Chabbat tant que son âme est encore en lui - vois la-bas, ses paroles sont rapportées dans le livre Zikhron Zot.
Et l'on peut encore expliquer selon le sens simple que ceci même est la dimension du Chabbat : qu'au sein des jours de la semaine aussi il se souvienne et désire ardemment ce qui lui à été perdu, comme il est écrit 'souviens-toi... du jour du Chabbat', etc. Et de ce fait, selon l'intensité du désir durant tous les jours profanes, de même il reçoit le Chabbat avec joie.
Et l'essentiel des choses est que l'homme doit toujours désirer ardemment s'attacher à la racine de la vie, ne pas être séparé de la racine de son âme dans le Nom Un. Et ceci même est la dimension du Chabbat et de la techouva (repentir), par laquelle tout revient à son commencement et à sa racine.
Et c'est le repentir du troisième repas du Chabbat, par le désir susdit d'être attaché à sa racine durant tous les jours profanes aussi, même s'il lui à été retiré, dans le sens de ce qui est écrit 'place-moi comme un sceau' (Cantique 8,6). Et c'est la dimension des tefilin en semaine, comme il est écrit dans les livres saints.
תרל"ב
5632 (תרל״ב)
ב"ה ראה עירבוב דברים
Avec l'aide du Ciel. Réé - propos mêlés.
בברכה כתי' אשר כו' ובק' אם לא תשמעו כי הקללה נעשה ע"י החטא אבל אין לה מקום בל"ז. כי מאתו לא תצא הרעות כו'.
ואדרבא הרשות ביד אדם להפוך גם הקללה לברכה וז"ש נותן לפניכם כו' ברכה וק' שגם הקללה ביד האדם כו'. וז"ש ז"ל שהכל בבחירות האדם.
כי גם בעוסקו בעוה"ז. אם כל רצונו מגעגע להתדבק בהש"י.
עי"ז עצמו יש עלי' לכל הדברים שעוסק בהם. וע"ש זה נקרא רצון מל' ריצה שלא בהדרגה.
שע"י הרצון יכולין להפוך הכל אל רצונו לעלות להש"י כנ"ל. וכתי' כי ירחיב ה' וכו' גבולך כו' שזה התרחבות נקודה הפנימיות.
שיש בכל איש ישראל נקו' פנימיות להש"י. גם יותר מזה אף בכל דבר כנודע.
רק שצריך האדם להרחיב נקודה הנ"ל שתתפשט בכל דבר. והיתר בשר תאוה.
היינו שיהי' כח ביד איש ישראל שלא להתדבק בגשמיות אף שאוכל ושותה כמ"ש במד' ה' מתיר אסורים שכל איסור ע"י שמאסר האדם ומתדבק בגשמיות וסט"א. אבל הש"י התיר זה כנ"ל רק שצריך להיות הרצון להש"י.
כנראה מלשון הפסוק כי ירחק ממך המקום כו'. שהגם שהתיר בשר תאוה מטעם שא"י להקריב תמיד.
מ"מ צריך להיות הקדמת הרצון שהי' מתרצה יותר להעלות להש"י רק ע"י שמרוחק כנ"ל. ובחירת האדם לבד בכלל להיות בוחר במצות ה' ובדרך התורה.
רק בכל דבר יש טוב ורע שצריך האדם להיות רצונו לעשות הדבר לש"ש ולהתדבק רק בבחי' הטוב שיש בה. וז"ש במד' שיש דרך שתחילתו קוצים וסופו מישור כו'.
שצריך האדם ליישר הדרך שיש בו קוצים ג"כ [אם שאין הפשט כן. ע' פנים לתורה]:
Dans la bénédiction il est écrit 'que (vous écouterez)' (acher), et dans la malédiction 'si vous n'écoutez pas' (im lo), car la malédiction ne se produit que par la faute, mais sans cela elle n'à pas de lieu ; car de Lui ne sort pas le mal, etc. Et bien au contraire, il est au pouvoir de l'homme de transformer même la malédiction en bénédiction.
Et c'est ce que dit 'je place devant vous... bénédiction et malédiction' : que même la malédiction est dans la main de l'homme, etc. Et c'est ce qu'ils ont dit, de mémoire bénie, que tout est dans le libre choix de l'homme ; car même quand il s'occupe de ce monde-ci, si toute sa volonté languit de s'attacher au Nom béni soit-Il, par cela même il y a une élévation pour toutes les choses dont il s'occupe.
Et c'est pourquoi cela s'appelle ratson (volonté), de l'expression ritsa (course), sans progression graduelle : car par la volonté on peut tout transformer selon sa volonté pour monter vers le Nom béni soit-Il, comme ci-dessus. Et il est écrit 'lorsque le Nom élargira... ta frontière', etc. : c'est l'élargissement du point intérieur.
Car il y a en chaque homme d'Israël un point intérieur (dirige) vers le Nom béni soit-Il, et plus encore : même en toute chose, comme il est connu. Seulement l'homme doit élargir le point susdit pour qu'il se déploie en toute chose.
Et la permission de la viande de désir (bassar taava), c'est-à-dire qu'il y ait une force dans la main de l'homme d'Israël de ne pas s'attacher à la matérialité même lorsqu'il mange et boit, comme il est dit dans le Midrach 'le Nom délie les entraves' - car tout interdit vient de ce que l'homme est emprisonné et s'attaché à la matérialité et au sitra a'hra ; mais le Nom béni soit-Il à permis cela, comme ci-dessus, à condition seulement que la volonté soit (dirigée) vers le Nom béni soit-Il, comme il ressort du langage du verset 'lorsque sera éloigné de toi le lieu', etc. : que, bien qu'Il ait permis la viande de désir en raison de ce que l'on ne peut sacrifier constamment, néanmoins il faut qu'il y ait préséance de la volonté, qu'il aurait préfère davantage élever (la chose) vers le Nom béni soit-Il, n'était qu'il en est éloigné, comme ci-dessus. Et le libre choix de l'homme, de façon générale, consiste à choisir les mitsvot du Nom et la voie de la Torah ; seulement, en toute chose il y a du bien et du mal, et l'homme doit vouloir faire la chose pour l'amour du Ciel et s'attacher uniquement à la dimension du bien qui s'y trouve.
Et c'est ce que dit le Midrach, qu'il y a une voie dont le début est épines et la fin plaine unie, etc. : que l'homme doit aplanir la voie qui comporte aussi des épines [bien que ce ne soit pas la le sens simple ; vois Panim la-Torah].
תרל"ג
5633 (תרל״ג)
ראה אנכי נותן כו' היום. פי' שהבחירה ביד האדם לבחור טוב או רע.
ואמר אא"ז מו"ר ז"ל שע"ז מברכין הנותן לשכוי בינה כו'. ונראה פי' היום שיש בכל יום בחירה חדשה.
כי אחר שחוטא האדם מסתלקת הבחירה מהאדם כמ"ש ז"ל הרשעים ברשות לבם. ומ"מ הקב"ה מחדש בכל יום מ"ב ונותן בחירה חדשה לאדם בכל יום שיוכל להיות טוב מחדש כמ"ש לא יכשל בה ביום שובו כו':
'Vois, moi je place... aujourd'hui' (Deutéronome 11,26). Cela signifie que le libre choix est dans la main de l'homme, de choisir le bien où le mal.
Et mon aïeul, mon maître et enseignant, de mémoire bénie, à dit que c'est à ce propos qu'on bénit 'qui donne au coq le discernement', etc. Et il apparaît que le sens de 'aujourd'hui' est qu'il y a chaque jour un choix nouveau.
Car après que l'homme à faute, le libre choix se retire de l'homme, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : les méchants sont au pouvoir de leur cœur. Néanmoins le Saint béni soit-Il renouvelle chaque jour l'œuvre du commencement (maasse berechit) et donne chaque jour à l'homme un choix nouveau, afin qu'il puisse redevenir bon à neuf, comme il est écrit 'il n'y trébuchera pas au jour de son retour', etc.
במדרש שמור תשמרון נרך בידי ונרי בידך כו'. דכתיב שמור כו' יום השבת.
וקשה מה צריך שבת שמירה. רק כי שבת ניתן לישראל כמ"ש כנס"י יהי' בן זוגך.
ואין השבת מתרחק מבנ"י בכל מקומות מושבותיהם. ושבת נותן חיות לכל העולמות כמ"ש ויכלו השמים כו' ויכל כו' פי' שנעשה כלי.
כמ"ש ז"ל כלי מחזיק ברכה. ועיקר הברכה שנתמלאו כל צבא שמים וארץ בחיות פנימיות.
כי כל הוא מדה כמ"ש וכל בשליש עפר הארץ. בת יכיל.
והיינו שבש"ק מתמלאים כל הנבראים מחיות השי"ת שיורד שפע חיות לכל הנבראים כ"א כפי מדתו. והשבת ניתן לב"י.
וצריכין להיות נקי לקבל הארת שבת כראוי להיות בטל גוף ונפש האדם אל חיות הפנמיות כנ"ל. ורש"י פי' [*ישעי' ז'] השמר והשקט הוי נח כיין על שמריו ע"ש.
כמו היין שאם השמרים במקומם עוד מוסיפין כח להיין. כמו כן גוף האדם בהיותו נכנע ונשפל עד למטה.
נותן עוז לחיות אלקי אשר בקרבו. [סיום המאמר חסר והמשכיל יבין כ"ד לאשורו]:
Dans le Midrach : 'garder vous garderez' - 'ta lampe est dans ma main et ma lampe dans ta main', etc. Car il est écrit 'garde... le jour du Chabbat', et il est difficile (de comprendre) : en quoi le Chabbat à-t-il besoin d'être garde ?
Seulement, le Chabbat à été donné à Israël, comme il est dit : 'l'assemblée d'Israël (Knesset Israël) sera ta compagne (ben zoug)' ; et le Chabbat ne s'éloigné pas des enfants d'Israël en tous les lieux de leurs demeures. Et le Chabbat donne vitalité à tous les mondes, comme il est dit 'et furent achevés les cieux' (Genèse 2,1), 'et Il acheva' (vayekhal), etc. - ce qui signifie qu'il devint récipient (keli), comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : 'un récipient qui contient la bénédiction'.
Et l'essentiel de la bénédiction est que toute l'armée des cieux et de la terre s'emplit de vitalité intérieure. Car 'tout' (kol) est une mesure, comme il est dit 'et (Il mesura) à la mesure (bachalich) la poussière de la terre' (Isaie 40,12) - 'une mesure (bat) contient'.
C'est-à-dire qu'au saint Chabbat toutes les créatures s'emplissent de la vitalité du Nom béni soit-Il, car un flux (chefa) de vitalité descend vers toutes les créatures, chacune selon sa mesure. Et le Chabbat à été donné aux enfants d'Israël ; et il faut être pur pour recevoir l'illumination du Chabbat comme il convient, que le corps et l'âme de l'homme soient annulés devant la vitalité intérieure, comme ci-dessus.
Et Rachi à expliqué [Isaie 7] 'garde-toi et sois tranquille' - sois pose comme le vin sur sa lié - vois la-bas : de même que le vin, si la lie reste à sa place, ajoute encore de la force au vin, de même le corps de l'homme, lorsqu'il est soumis et abaisse jusqu'en bas, donne vigueur à la vitalité divine qui est en lui. [La conclusion de l'enseignement manque, et l'homme avisé comprendra ces choses correctement.]
כי ירחיב כו' גבולך ואמרת א' בשר כו'. במד' אגילה ואשמחה בחסדך כו' מדבר ביוסף מבית הסורים כו' למלוך כו'.
ובישראל מיצי"מ עד כי ירחיב העמדת במרחב רגלי כו'. כי בנ"י נבראו להאיר לכל הנבראים ונקראים עדים [ולכן איתא שבנ"י מעידין על הקב"ה כי הכל שלו.
ובנ"י קנין א' ומעידין זע"ז]. אך כי בנ"י מרוחקין בעצם בריאתם מגשמיות.
והי' יצ"מ עצה מנורא עלילה איך שבנ"י יוכלו לקרב הכל אליו. וע"י שהיינו במצרים בצער תוך החומר והשי"ת הוציאנו ביד חזקה.
הי' זה עצה שנוכל אח"כ לקרב גם החומר והגשמיות אליו ית'. וזה כי ירחיב שנקודה הפנימיות תתרחב לקרב הכל אל הפנימיות.
את גבולך. כי חוקי התורה הם גבולים וגדר שלא יעשה האדם דבר האסור.
אך בנ"י צריכין להוסיף גבול בדברים המותרין. וזה סייג לתורה והיא תורה שבע"פ.
וכפי מה שיש לאדם גבול וגדר משלו בכח היראה אשר בו יוכל לעשות עניני עוה"ז ג"כ כי הגבול ישמרנו. וז"ש כי ירחיב כו' אוכלה בשר.
ובאלשיך מדייק דלא פי' תאוה הגוף רק נפשך. כי בוודאי עיקר הרצון בהיתר בשר תאוה כדי לקרב התאוות אל הש"י ולעבודתו.
וכ"ז הי' ע"י יצ"מ. שעי"ז זכו אח"כ להתרחב כמ"ש בכל עצב יהי' מותר.
ועוד עתה כל המ"ז שבאין אל האדם דיקא בעת עבודתו להש"י. הוא לטובה שבהתגבר עליהם מתחברין אליו.
כדי שיוכל להיות טוב גם בעוסקו בדברים זרים בעניני עוה"ז:
'Lorsqu'Il élargira... ta frontière, et tu diras : je mangerai de la viande', etc. Dans le Midrach : 'je jubilerai et me réjouirai en Ta bonté' (Psaumes 31,8) - cela parle de Yossef, sorti de la maison des prisonniers... pour régner, etc. ; et pour Israël, depuis la sortie d'Égypte jusqu'à 'lorsqu'Il élargira' : 'Tu as établi au large mes pieds', etc.
Car les enfants d'Israël ont été créés pour illuminer toutes les créatures, et ils sont appelés 'témoins' (edim) [et c'est pourquoi il est enseigné que les enfants d'Israël témoignent sur le Saint béni soit-Il que tout est à Lui ; et les enfants d'Israël sont une possession (kinyan) du Nom et témoignent l'un pour l'autre]. Seulement, les enfants d'Israël sont, par l'essence de leur création, éloignés de la matérialité.
Et la sortie d'Égypte fut un conseil du 'Redoutable en action' (nora alila) : comment les enfants d'Israël pourraient rapprocher tout de Lui. Et par le fait que nous avons été en Égypte dans la souffrance, au sein de la matière, et que le Nom béni soit-Il nous à fait sortir d'une main forte, ce fut un moyen pour que nous puissions ensuite rapprocher aussi la matière et la matérialité de Lui, béni soit-Il.
Et c'est 'lorsqu'Il élargira' : que le point intérieur s'élargisse pour rapprocher tout vers l'intériorité. 'Ta frontière' (et gvoulekha) : car les lois de la Torah sont des frontières et une barrière (gader), afin que l'homme ne fasse pas une chose interdite ; mais les enfants d'Israël doivent ajouter une frontière dans les choses permises - et c'est 'une haie (sayag) pour la Torah', qui est la Torah orale (Torah chebeal pe). Et selon la mesure où l'homme possède une frontière et une barrière qui lui sont propres, par la force de la crainte qui est en lui, il pourra s'occuper aussi des affaires de ce monde-ci, car la frontière le preservera.
Et c'est ce que dit 'lorsqu'Il élargira... je mangerai de la viande'. Et l'Alchikh précise qu'il n'à pas dit 'le désir du corps' mais 'ton âme' - car assurément l'essentiel de l'intention dans la permission de la viande de désir est de rapprocher les désirs du Nom béni soit-Il et de Son service.
Et tout cela fut par la sortie d'Égypte, par laquelle ils méritèrent ensuite de s'élargir, comme il est dit 'dans toute peine il y aura profit' (Proverbes 14,23). Et de plus, maintenant, toutes les pensées étrangères (mahchavot zarot) qui viennent à l'homme précisément au moment de son service du Nom béni soit-Il, c'est pour son bien : car en les surmontant, elles se joignent à lui, afin qu'il puisse être bon même quand il s'occupe de choses étrangères dans les affaires de ce monde-ci.
ראה כו' היום. הוא בכל יום ויום כי הקב"ה מחדש בכל יום מ"ב וכשנתחדש הבריאה נמשך ברכה חדשה.
ולכן בכל יום יש לבחור א' מהדרכים. וההתחדשות ניתן לבנ"י כדכת' החודש כו' לכם.
ובחי' היום היא ההתחדשות אנכי נותן לפניכם כו' וממילא הברכה וקללה נמסר בידכם. וחז"ל דרשו היום סתם על שבת דכתי' בי' ג"פ היום.
וי"ל כנ"ל כי התחדשות הבריאה בשבת עלי' לכל הברואים לשורשם והיא בחי' היום כנ"ל. ולכן ויברך אלקים כו' יום השביעי כו'.
כלי מחזיק ברכה שלום. והיינו התכללות כל הנבראים להיות מוכנים לקבל חיות מחי החיים.
כי הקב"ה חפץ חסד הוא. ומאן דאכיל דלאו דילי' בהית לאסתכולי באפי'.
לכן עשה הקב"ה להיות נמשך החיות מחדש ע"י עבודת האדם לבטל עצמו למקורו כנ"ל. והוא ענין שבת שמתחדש בו חיות כל ימי השבוע ע"י הביטול להשי"ת.
וז"ש נותן לפניכם כמ"ש במד' שנמסר הכל ביד האדם. גם פי' לפניכם להיות בטל כל חיי האדם להשי"ת חי החיים.
ואז בכחו להמשיך ברכה. ובמד' שמור תשמרון כו' נרך בידי כו' ע"ש.
פי' כי האדם צריך לשמור מצות הש"י וממילא נשמר הוא ממנו ית' כי ע"י שמניח צרכיו ועוסק בחפצי שמים עי"ז לא יבא לידי חסרון ח"ו:
'Vois... aujourd'hui' : c'est en chaque jour, car le Saint béni soit-Il renouvelle chaque jour l'œuvre du commencement, et lorsque la création est renouvelée, une bénédiction nouvelle se déverse. C'est pourquoi chaque jour il y a à choisir l'une des voies.
Et ce renouvellement à été donné aux enfants d'Israël, comme il est écrit 'ce mois-ci... est à vous' (Exode 12,2). Et la dimension de 'aujourd'hui' est le renouvellement : 'moi je place devant vous', etc., et de ce fait la bénédiction et la malédiction sont remises entre vos mains.
Et nos Sages de mémoire bénie ont interprété 'aujourd'hui', sans plus, comme se rapportant au Chabbat, car il y est écrit trois fois 'aujourd'hui'. Et l'on peut dire comme ci-dessus : car le renouvellement de la création au Chabbat est une élévation de toutes les créatures vers leur racine, et c'est la dimension de 'aujourd'hui', comme ci-dessus.
C'est pourquoi 'et Dieu bénit... le septième jour', etc. 'Un récipient qui contient la bénédiction est la paix (chalom)' : c'est-à-dire l'inclusion de toutes les créatures, pour être prêtes à recevoir la vitalité du Vivant des vivants. Car le Saint béni soit-Il aime la bonté (hafets 'hessed).
Et 'celui qui mange ce qui n'est pas à lui à honte de regarder son visage' (maan de-akhil de-lav dilei bahit le-istakoulei be-apei) ; c'est pourquoi le Saint béni soit-Il à fait que la vitalité se déverse à neuf par le service de l'homme qui s'annule devant sa source, comme ci-dessus. Et c'est le sujet du Chabbat, où se renouvelle la vitalité de tous les jours de la semaine par l'annulation devant le Nom béni soit-Il.
Et c'est ce que dit 'Il place devant vous', comme il est dit dans le Midrach que tout à été remis dans la main de l'homme. 'Devant vous' (lifnekhem) signifie aussi : que toute la vie de l'homme soit annulée devant le Nom béni soit-Il, le Vivant des vivants ; et alors il à le pouvoir de faire descendre la bénédiction. Et dans le Midrach 'garder vous garderez... ta lampe est dans ma main', etc. - vois la-bas : cela signifie que l'homme doit garder les mitsvot du Nom béni soit-Il, et de ce fait il est lui-même garde par Lui, béni soit-Il, car du fait qu'il délaisse ses besoins et s'occupe des affaires du Ciel, par cela il n'en viendra pas au manque, à Dieu ne plaise.
« Quand Hachem élargira ta frontière » (Devarim 12,20) : « selon tout le désir de ton âme tu mangeras de la viande ». Rachi : on ne convoite la viande que dans l'aisance. Le Sfat Emet rapporte du Baal Chem Tov qu'une étincelle de l'âme est dans l'aliment, « leur âme en eux défaille ». D.ieu fait justice aux opprimés : le point d'âme dans le minéral-végétal-animal est en prison ; en donnant du pain aux affamés, Il l'élève jusqu'au parlant. La frontière est ce point saint limité que le service élargit ; avec le daat, les kelim s'élargissent pour élever toutes les créatures vers l'esprit de vie.
Aussi : le libre choix chaque jour et l'égalité d'âme (hachtavout) face à la rigueur ; extirper les racines de l'idolâtrie avec l'aide du Ciel ; les deux chemins toujours devant le tsadik, le Chabbat repos après l'effort.
כי ירחיב ה' כו' גבולך כו' בכל אות נפשך ת"ב. פרש"י למדך ד"א שלא יתאוה לבשר רק מתוך רחבת ידים ועושר.
ובמד' עושה משפט לעשוקים נותן לחם כו' מתיר אסורים כו' ע"ש. דאיתא בס' קטן מבעש"ט ז"ל ע"פ רעבים גם צמאים נעשם בהם תתעטף.
שקשה למה עשה הש"י להיות תאוה וחשק למאכלים אלו. וע"כ שיש איזה ניצוץ מנפש האדם באותו מאכל.
וז"ש נפשם בהם תתעטף לכך רעבים וצמאים כו' ע"ש. והם דברי אלקם חיים.
כי איך יש מזון לנפש אדם באלו הדברים. אם לא הי' [*בהם] שייכות לנפש האדם.
עי"ז ע"מ לעשוקים כי הנקודה בדצ"ח הוא בבית אסורים שנעשקה נקודה זו בתוך הדברים הטבעיים ועי"ז שנותן לחם לרעבים עי"ז עולין לבחי' מדבר עד שעולין למקומם [לכן נק' מדבר שהוא סוף העליות ונמצא הוא מנהיג כולם כמ"ש כל שתה תחת רגליו ]. ה' מתיר אסורים כנ"ל.
אך זה הוא אחר שכ' ירחיב ה' כו' גבולך. והוא רוח הקדושה שיש בנפש האדם.
וי"ל גבולך כי הקב"ה א"ס. ובכל נברא.
מכ"ש באדם. נתן הקב"ה נקודה קדושה ויש לה גבול.
אך ע"י עבודת האדם יכול להרחיבה בעזר השי"ת. לכן נק' הפנימיות גבול שהוא סוף המדרגות שבאדם.
וכן בהמ"ק נק' גבולנו כמ"ש ותטענו בגבולנו שהוא הפנימיות שבכל הארצות. וז"ש כי ירחיב שכשאדם זוכה להרחבת הדעת שבו כמ"ש בזוה"ק ע"פ ויוצר רוח אדם בקרבו שהקב"ה מוסיף כח נשמת האדם בתוכו כשזוכה לעלות ממדרגה למדרגה נפש רוח נשמה כו'.
ועי"ז צריך לקרב שאר הנבראים ג"כ. כי כפי התרחבות הנשמה כן צריך להתרחב הכלים.
והוא הנפש והגוף להעלות בחי' דצח"מ לרוח חיים שבקרבו:
'Quand l'Éternel élargira ta frontière' (Deutéronome 12,20) etc., 'selon tout le désir de ton âme tu mangeras de la viande'. Rachi explique : cela t'enseigné une règle de conduite (derekh erets), que l'on ne convoite la viande que dans l'aisance et la richesse.
Et dans le Midrach : 'Il fait justice aux opprimés, Il donne du pain (aux affamés), Il délie les enchaînés' etc. (Psaumes 146,7), vois-y.
Car il est écrit dans un petit livre du Baal Chem Tov, de mémoire bénie, sur le verset 'affamés et aussi assoiffés, leur âme en eux défaille' (Psaumes 107,5) : il est difficile de comprendre pourquoi le Saint, béni soit-Il, à fait qu'il y ait désir et envie pour ces aliments. Il faut donc dire qu'il y a quelque étincelle de l'âme de l'homme dans cet aliment même.
Et c'est ce que dit 'leur âme en eux défaille', c'est pourquoi ils sont affamés et assoiffés etc., vois-y. Et ce sont paroles du Dieu vivant.
Car comment y aurait-il nourriture pour l'âme de l'homme dans ces choses, s'il n'y avait en elles un rapport avec l'âme de l'homme ? Par cela 'Il fait justice aux opprimés', car le point (d'âme) dans le domem-tsomeah-haï (minéral-végétal-animal) est en prison, ce point ayant été opprime au sein des choses naturelles ; et par le fait qu'Il 'donne du pain aux affamés', par la elles s'élèvent au niveau du medaber (le parlant, l'humain) jusqu'à monter à leur place [c'est pourquoi il est appelé medaber, qui est le terme des élévations, et il se trouve qu'il les conduit tous, comme il est écrit 'tu as tout mis sous ses pieds' (Psaumes 8,7)]. 'L'Éternel délie les enchaînés', comme dit.
Mais cela vient après qu'il est écrit 'l'Éternel élargira ta frontière', et c'est l'esprit de sainteté qui est dans l'âme de l'homme. On peut expliquer 'ta frontière' : car le Saint, béni soit-Il, est infini (ein sof), et dans chaque créature, à plus forte raison dans l'homme, le Saint, béni soit-Il, à placé un point saint qui a une limite (guevoul).
Mais par le service de l'homme, il peut l'élargir avec l'aide du Ciel. C'est pourquoi l'intériorité est appelée 'frontière', car elle est le terme des degrés qui sont dans l'homme.
De même le Temple est appelé 'notre frontière', comme il est écrit 'tu nous as plantes dans notre frontière', qui est l'intériorité de toutes les terres. Et c'est ce que dit 'quand Il élargira' : lorsque l'homme mérite l'élargissement de la connaissance (daat) qui est en lui, comme il est dit dans le saint Zohar sur le verset 'Il forme l'esprit de l'homme en son sein' (Zacharie 12,1), que le Saint, béni soit-Il, ajoute la force de l'âme de l'homme en lui lorsqu'il mérite de s'élever de degré en degré, nefech, roua'h, nechama etc.
Et par cela il faut aussi rapprocher les autres créatures ; car selon l'élargissement de l'âme, ainsi les kelim (réceptacles) doivent s'élargir, à savoir l'âme et le corps, pour élever le niveau du domem-tsomeah-haï-medaber (minéral-végétal-animal-parlant) vers l'esprit de vie qui est en son sein.
תרל"ה
5635 (תרל״ה)
במדרש אין מפסיקין בתוכחות ואל תקוץ ל"ת תוכחות קוצין קוצין כו'. דכתיב אנכי נותן כו' היום ברכה וקללה.
פי' שבכל יום ניתן לבנ"י בחירה חדשה. א"כ לעולם ביד האדם להפוך הרע לטוב.
ואין לדבר סוף. וז"ש אין מפסיקין קוצין קוצין כי אין אחרית וסוף להקללה.
כמאמר שקר אין לו רגלים. כי בסוף מתהפך לטוב.
והאמת כי אין הרע יורד משמים. אך לכל השפעה מוכרח להיות תערובת מטו"ר וכל שיש התחדשות ברכה נמשך ג"כ אחריו הקללה.
וז"ש נותן לפניכם כו'. שהכל ביד האדם.
וביאור הענין ואל תקוץ בתוכחתו. היא מדת השתוות.
שמשבחין מאוד מדה זו. והיינו לקבל כל המאורעות בשוה כי אם אין האדם משתנה בפגעו בו מדה"ד אין לה קיום להקללה וחולפת ועוברת ממנו.
אך ח"ו אם האדם מתפעל יותר מדאי. בזה נוסף קיום וחיזוק להרע.
וז"ש אין מפסיקין שלא יפסיק מדביקות ובטחון שיש לו בהקב"ה אף שיעבור עליו מה שיעבור כנ"ל:
Dans le Midrach : 'On ne fait pas de pause dans les remontrances (tokhahot)', et 'ne rejette pas (la réprimande)' (Proverbes 3,11) : les remontrances viennent par petits morceaux (kotsin kotsin) etc. Car il est écrit 'Voici, je place devant vous aujourd'hui bénédiction et malédiction' (Deutéronome 11,26).
Explication : chaque jour est donné aux enfants d'Israël un libre choix nouveau. Ainsi, toujours il est au pouvoir de l'homme de retourner le mal en bien, et la chose n'à pas de fin.
Et c'est ce que dit 'on ne fait pas de pause, par morceaux', car la malédiction n'à ni terme ni fin, selon l'adage 'le mensonge n'à pas de jambes', car à la fin elle se retourne en bien. Et la vérité est que le mal ne descend pas du ciel ; mais toute influence (chefa) doit nécessairement comporter un mélange de bien et de mal (tov va-ra), et chaque fois qu'il y a renouvellement de bénédiction, la malédiction est aussi entraînée à sa suite.
Et c'est ce que dit 'Il place devant vous' etc., car tout est au pouvoir de l'homme. Et l'explication de la chose 'et ne rejette pas sa réprimande' : c'est la qualité de l'égalité d'âme (hachtavout), que l'on loue grandement, à savoir recevoir tous les événements avec égalité ; car si l'homme ne change pas lorsque l'attribut de rigueur (midat ha-din) l'atteint, la malédiction n'à pas de subsistance, elle s'écoule et passe loin de lui.
Mais, à Dieu ne plaise, si l'homme se laisse trop affecter, par cela s'ajoute subsistance et renforcement au mal. Et c'est ce que dit 'on ne fait pas de pause' : qu'il n'interrompe pas l'attachement (devekout) et la confiance (bitahon) qu'il à dans le Saint, béni soit-Il, même si passe sur lui ce qui doit passer, comme dit.
ברש"י אבד תאבדון מכאן לעוקר ע"ז שצריך לשרש אחרי'. והוא כלל לכל עקרית מדה ותאוה רעה.
לבד הביטול במעשה. צריכין לעקור כל רשימה רעה בלב.
והאמת כי לזה צריכין סייעתא דשמיא. ואפשר לכך נאמר מקודם אבד לשון ציווי ואח"כ תאבדון.
שע"י הביטול במעשה ומבקשין לעקור השורש. זוכין לסיוע הקב"ה.
והיא הבטחה שאח"כ תאבדון. ועיקר הפירוש שצריכין לשרש אחרי' הוא כי תכלית הכוונה בכל דבר צריך להיות לענין הנוגע בשורש למעלה.
כי אין הכוונה כדי לתקן עצמו לעלות למדרגה. רק כדי לבער שורש הרע ולתקן שורש הטוב כמאמר שצדיקים מקיימין העולם כו'.
וז"ש שצריך לשרש אחרי'. והוא בעזר הבורא ב"ה וב"ש כמ"ש מחה תמחה אתם מלמטה ואני למעלה כו' וז"ש אבד תאבדון כנ"ל:
Dans Rachi : 'Détruire vous détruirez' (Deutéronome 12,2) : de la on apprend que celui qui déraciné l'idolâtrie doit en extirper les racines (litt. arracher ce qui vient après elle). Et c'est une règle générale pour tout déracinement d'un mauvais trait de caractère et d'un mauvais désir : outre l'annulation dans l'acte, il faut extirper toute trace mauvaise dans le cœur.
Et la vérité est que pour cela il faut l'aide du Ciel (siata di-chmaya). Et c'est peut-être pourquoi il est dit d'abord 'détruis' à l'impératif, puis 'vous détruirez' : car par l'annulation dans l'acte et en cherchant à extirper la racine, on mérite l'aide du Saint, béni soit-Il ; et c'est une promesse qu'ensuite 'vous détruirez'.
Et l'essentiel de l'explication qu'il faut en extirper les racines, c'est que le but de l'intention en toute chose doit se rapporter à ce qui touche la racine en haut. Car l'intention n'est pas de se réparer soi-même pour monter en degré, mais seulement d'anéantir la racine du mal et de réparer la racine du bien, selon l'adage que les justes font subsister le monde etc.
Et c'est ce que dit qu'il faut en extirper les racines. Et cela se fait avec l'aide du Créateur, béni soit-Il et béni soit Son Nom, comme il est écrit 'effacer tu effaceras' (Exode 17,14) : vous d'en bas, et Moi d'en haut etc.
Et c'est ce que dit 'détruire vous détruirez', comme dit.
תרל"ז
5637 (תרל״ז)
במדרש ואל תדברו גבוהות כו'. דכתיב נותן לפניכם היום בו"ק.
פי' שבכל עת וזמן יש ב' הדרכים לפני האדם. כמ"ש בספרי משל לזקן שעומד על פרשת דרכים ומזהיר זה הדרך תחילתו קוצים וסופו מישור כו'.
נמצא הצדיק ג"כ עומד תמיד באמצעיות ב' הדרכים ימין ושמאל. וז"ש הגדול מחבירו יצרו גדול כו'.
ואמרו חכמים לעתיד לבא הקב"ה מביא יצה"ר ושוחטו צדיקים נדמה להם כהר ובוכין איך יכלנו להלחם בו. ורשעים נדמה להם כחוט השערה ובוכין איך לא יכלנו לכבוש חוט שערה כזה.
והענין כי לעולם יש רק חוט השערה. והצדיקים שגוברים עליו פוגעין אח"כ בחוט השערה אחרת וכן לעולם עד שמתרבה ונעשה כהר.
אבל זה הרשע הנשאר עומד. הרי הוא עומד בחוט השערה אחת.
וזה ענין הצדיקים אין להם מנוחה כו'. וז"ש שלא יתגאה האדם בהיותו נתעלה באיזה מדרגה.
כי גם שם יש לפניו שני הדרכים כנ"ל. אמנם עי"ז מרויחין הצדיקים הברכה בהיותם מניחין דרך הרע ובוחרים בדרך הטוב.
והוא השכר שלעתיד. וכן בש"ק מעין עוה"ב שנק' יום מנוחה.
ומנוחה הוא רק אחר היגיעה. וכפי היגיעה בימי המעשה ובעוה"ז.
כן המנוחה בש"ק ובעוה"ב. והאמת כי מנוחת הצדיק בשבת היא אות ועדות למנוחתו בעוה"ב.
וע"ז הענין אמרו יגעתי ומצאתי. יגעתי בחול ומצאתי בשבת.
כי כן יסד המלך שאין השכר בעת המעשה הטובה. אמנם בעבור היגיעה זוכה אח"כ בזמן המנוחה אז תשלומין של היגיעה בזמן המוכן ליגיעה ועבודה בכלל ובפרט:
Dans le Midrach : 'et ne dites pas de choses hautaines' etc. (I Samuel 2,3).
Car il est écrit 'Il place devant vous aujourd'hui bénédiction et malédiction'. Explication : en tout temps et toute époque, les deux chemins sont devant l'homme, comme il est dit dans le Sifri : parabole d'un vieillard qui se tient à la croisée des chemins et avertit : 'ce chemin, son début est épines et sa fin est plaine' etc.
Il se trouve que le juste aussi se tient toujours au milieu des deux chemins, à droite et à gauche. Et c'est ce que disent nos sages : 'celui qui est plus grand que son compagnon, son penchant est plus grand' etc.
Et les sages ont dit : dans l'avenir, le Saint, béni soit-Il, amènera le mauvais penchant (yetser ha-ra) et l'égorgera ; aux justes il apparaîtra comme une montagne et ils pleureront : comment avons-nous pu le combattre ? et aux méchants il apparaîtra comme un fil de cheveu et ils pleureront : comment n'avons-nous pu maîtriser un tel fil de cheveu ? Et l'explication : en vérité il n'y a jamais qu'un fil de cheveu ; les justes qui le surmontent rencontrent ensuite un autre fil de cheveu, et ainsi toujours, jusqu'à ce qu'il s'accumule et devienne comme une montagne.
Mais ce méchant qui est resté immobile, voici qu'il se tient face à un seul fil de cheveu. Et c'est le sens de 'les justes n'ont pas de repos' etc.
Et c'est ce que dit le Midrach : que l'homme ne s'enorgueillisse pas d'avoir été élève à quelque degré, car la aussi les deux chemins sont devant lui, comme dit. Toutefois, par cela les justes gagnent la bénédiction, en laissant le chemin du mal et en choisissant le chemin du bien ; et c'est la récompense de l'avenir.
De même le saint Chabbat, avant-goût du monde à venir, est appelé jour de repos (menuha) ; et le repos ne vient qu'après l'effort (yeguia). Et selon l'effort durant les jours ouvrables et en ce monde, ainsi est le repos le saint Chabbat et dans le monde à venir.
Et la vérité est que le repos du juste le Chabbat est signe et témoignage de son repos dans le monde à venir. Et sur ce sujet ils ont dit : 'j'ai peine et j'ai trouvé' : j'ai peine en semaine et j'ai trouvé le Chabbat.
Car ainsi le Roi à établi que la récompense n'est pas au moment de la bonne action ; mais en raison de l'effort, on mérite ensuite, au temps du repos, le paiement de l'effort, au temps préparé pour l'effort et le service, dans le général et dans le particulier.
בפסוק אבד תאבדון כו' ל"ת כן לה' כו'. ויש לפרש דקאי עמ"ש מקודם ואבדתם כו' שמם מן המקום ההוא.
אבל סטרא דקדושה נודע כי בכל מקום שיש השראת קדושה נשאר לעולם רשימה. לכן אף שבהמ"ק חרב מ"מ לשכנו תדרשו כמ"ש ציון היא דורש כו' מכלל דבעיא דרישה.
עי"ז ובאת שמה. כי ע"י הזכירה שמבקשין בנ"י תמיד בפה ובלב בכל יום תמיד בנין בהמ"ק.
עי"ז יתעורר כח הרשימה הנשאר קיים לעולם ויהי' הגאולה עי"ז במהרה בימינו אמן:
Sur le verset 'détruire vous détruirez' etc., 'vous ne ferez pas ainsi pour l'Éternel' etc. (Deutéronome 12,4).
On peut expliquer que cela se rapporte à ce qui est écrit auparavant 'et vous ferez périr leur nom de ce lieu-la'. Mais du côté de la sainteté (sitra de-kedoucha), il est connu qu'en tout lieu où il y a eu résidence de sainteté, une trace (rechima) demeure à jamais.
C'est pourquoi, bien que le Temple soit détruit, néanmoins 'sa demeure vous rechercherez', comme il est écrit 'c'est Sion, nul ne s'en enquiert' (Jérémie 30,17) : d'où l'on déduit qu'elle requiert une recherche (dericha). Par cela 'et tu viendras la'.
Car par le souvenir, en ce que les enfants d'Israël demandent toujours, de la bouche et du cœur, chaque jour et constamment, la construction du Temple, par cela s'éveille la force de la trace qui demeure subsistante à jamais, et la délivrance viendra par la, bientôt et de nos jours, amen.
תרל"ח
5638 (תרל״ח)
במדרש נרי בידך כו'. וזה אנכי נותן לפניכם כו' בו"ק.
פי' שהברכה שהקב"ה מחדש בכ"י מ"ב. והוא ניתן ביד בנ"י.
כי הם ראשונים לקבל השפע מהבורא ית'. וכפי מה שהם מוכנים לקבל הטובה כך מתברך הבריאה בכללות.
וצריך כל איש ישראל לידע כי כל העולם מתברך בשבילו. וכן ח"ו להיפוך מעוכב השפע ע"י חסרון המקבלים.
וז"ש נותן לפניכם היום בכל יום כו'. ונקודה התחדשות היורד משמים בכל יום ע"ז אמרו נרי בידך.
וע"ז ניתקן כל ברכות השחר וק"ש ותפלה בכל יום הכנה לקבל הברכה היורד משמים בכל יום כנ"ל. וכתיב לפניכם כי נקודה זו הכללית יורדת לכללות בנ"י כשמתאחדין להיות אחד.
לכן ביום השביעי דמתאחדין בי' שורה הברכה והיום הוא שבת כמ"ש במ"א. וז"ש במד' שמור תשמרון כו' כל המצוה כו' ק"ש שבת.
שהם מצות כלליות. והוא קיום הבריאה בכלל שע"ז אמרו צדיקים מקיימים העולם שנברא בעשרה מאמרות:
Dans le Midrach : 'Ma lampe est dans ta main' etc. Et c'est 'Voici, je place devant vous bénédiction et malédiction'.
Explication : la bénédiction que le Saint, béni soit-Il, renouvelle chaque jour, œuvre du commencement (maasse berechit), est remise entre les mains des enfants d'Israël, car ils sont les premiers à recevoir l'influence (chefa) du Créateur, qu'Il soit béni. Et selon qu'ils sont prêts à recevoir le bien, ainsi la création dans son ensemble est bénie.
Et chaque homme d'Israël doit savoir que le monde entier est béni grâce à lui ; et de même, à Dieu ne plaise, à l'inverse, l'influence est retenue par le manque des receveurs. Et c'est ce que dit 'Il place devant vous aujourd'hui', chaque jour etc.
Et sur le point de renouvellement qui descend du ciel chaque jour, ils ont dit 'Ma lampe est dans ta main'. Et pour cela ont été institués toutes les bénédictions du matin, le Chema et la prière, chaque jour, en préparation à recevoir la bénédiction qui descend du ciel chaque jour, comme dit.
Et il est écrit 'devant vous' : car ce point général descend vers l'ensemble des enfants d'Israël lorsqu'ils s'unissent pour être un. C'est pourquoi le septième jour, où ils s'unissent, la bénédiction réside, et ce jour est le Chabbat, comme il est dit ailleurs.
Et c'est ce que dit le Midrach : 'garder vous garderez... tout le commandement...' le Chema, le Chabbat, qui sont des commandements généraux (mitsvot kelaliyot), et c'est la subsistance de la création dans son ensemble ; c'est de cela qu'ils ont dit que les justes font subsister le monde qui a été créé par dix paroles.
גם פרשנו הפסוק ע"פ מ"ש רש"י אבד ואחר כך תאבדון שצריך לשרש אחרי'. כי כמו שכח הקדושה ועבודת האדם אין לו שיעור.
כמו כן זה לעומת זה עשה כו'. וכפי מה שאדם מתחיל לבער הרע שבקרבו נולד לו תמיד מיני התנגדות אל עבודת הבורא באופנים שונים.
ובכל עת ניתן לפניו מחדש ב' הדרכים ברכה וקללה. אמנם באמת היא הבטחה ג"כ אבד ואח"כ תאבדון.
שבסוף יהיו זוכין לאבד לגמרי כל מיני עבודות זרות אותן האנשים אשר התחילו גם עתה לאבד את היצה"ר. אף כי א"י לגמור עתה הכל.
יהיו מקוים לעתיד בעזרת הבורא ית':
Nous avons aussi expliqué le verset selon ce que dit Rachi : 'détruis', puis 'vous détruirez', qu'il faut en extirper les racines. Car de même que la force de la sainteté et le service de l'homme n'ont pas de mesure, de même 'Il à fait celui-ci en face de celui-là' (Ecclésiaste 7,14 : le mal face au bien) etc.
Et à mesure que l'homme commence à anéantir le mal qui est en lui, naissent pour lui sans cesse des sortes d'oppositions au service du Créateur, de façons diverses. Et en tout temps sont placés devant lui à nouveau les deux chemins, bénédiction et malédiction.
Toutefois, en vérité, c'est aussi une promesse : 'détruis' puis 'vous détruirez', qu'à la fin ils mériteront d'anéantir complètement toutes sortes de cultes étrangers, ces hommes qui ont déjà commencé maintenant à anéantir le mauvais penchant. Bien qu'ils ne puissent tout achever à présent, ils seront exaucés dans l'avenir avec l'aide du Créateur, qu'Il soit béni.
בפסוק כי ירחיב כו' תאוה נפשך. ותאות הגוף לא נזכר.
לכן התיר הכתוב בכל אות נפשך תאכל כמ"ש במ"א מזה. וראי' לזה אזהרת הדם רק חזק כו'.
אם כי אין לנו תאוה לדם כלל. מזה הוכחה שהכתוב מדבר מתאות הנפש.
שאין אנו יודעין מזו התאוה עדיין. כי בוודאי לעולם יש ב' הדרכים.
וכפי שאדם מתעלה ממדרגה למדרגה. כך נמצא אצלו שם ג"כ מיני תאוות אשר לא טובים המה כמובן:
Sur le verset 'quand Il élargira... ton âme désirera'. Le désir du corps n'est pas mentionné.
C'est pourquoi l'Écriture à permis 'selon tout le désir de ton âme tu mangeras', comme je l'ai expliqué ailleurs à ce sujet. Et une preuve en est la mise en garde au sujet du sang : 'seulement sois ferme (à ne pas manger le sang)' etc.
(Deutéronome 12,23), alors que nous n'avons aucun désir du sang. De la, une démonstration que l'Écriture parle du désir de l'âme, ce désir que nous ne connaissons pas encore.
Car assurément, il y a toujours les deux chemins ; et à mesure que l'homme s'élève de degré en degré, il se trouve chez lui, la aussi, des sortes de désirs qui ne sont pas bons, comme on le comprend.
תרל"ט
5639 (תרל״ט)
במדרש משל לזקן היושב בפרשת דרכים ומזהיר דרך זה תחילתו מישור וסופו קוצים כו' דתורה נמשלה לפרשת דרכים כדאיתא בגמרא סוטה נמשלה התורה באור כו' משל להולך בדרך כו' הגיע לפרשת דרכים ניצול מהכל ע"ש. כי התורה היא חיות הכל.
נמצא כל הדרכים שורשם מן התורה. רק שאח"כ מתפשטין הענפים כל כך עד שנעשים אח"כ סיגים.
וז"ש תחילתו מישור. כי באמת מאין יש תענוגי עוה"ז רק באמת זה התענוג הוא סוף כח השורש.
וכיון שכאן הוא סיומו נתפשט אח"כ לרע וסופו קוצים. אבל דרכים הטובים לוקחים הטוב והישרות לתוכם שמקבלין הארת התורה וסופם מישור.
אבל אלו הדרכים מרחקין עצמם מהשורש כנ"ל. ובזה שנתן לנו הבורא ית' התורה.
ממילא כל הדרכים לפנינו. נותן לפניכם היום הוא התחדשות שיש בכל יום דכ' מחדש בטובו כו'.
וע"י שיש התחדשות נמצא פרשת דרכים בידינו כנ"ל ובמ"א הארכנו:
Dans le Midrach : parabole d'un vieillard assis à la croisée des chemins qui avertit : 'ce chemin, son début est plaine et sa fin est épines' etc. Car la Torah est comparée à une croisée de chemins, comme il est dit dans la Guemara Sota : la Torah est comparée à une lumière etc. ; parabole de celui qui marche sur le chemin (dans l'obscurité) etc., il arrive à une croisée de chemins et est sauvé de tout, vois-y.
Car la Torah est la vitalité de tout. Il se trouve que tous les chemins ont leur racine dans la Torah, sauf qu'ensuite les rameaux se déploient tant qu'ils deviennent finalement des scories (siguim).
Et c'est ce que dit 'son début est plaine'. Car en vérité, d'où viennent les plaisirs de ce monde ?
En vérité ce plaisir est le terme de la force de la racine ; et puisque c'est ici son achèvement, il se déploie ensuite vers le mal, et 'sa fin est épines'. Mais les bons chemins prennent en eux le bien et la droiture, car ils reçoivent l'illumination de la Torah, et leur fin est plaine.
Mais ces mauvais chemins s'éloignent de la racine, comme dit. Et par cela que le Créateur, qu'Il soit béni, nous à donné la Torah, de ce fait tous les chemins sont devant nous. 'Il place devant vous aujourd'hui' : c'est le renouvellement qui a lieu chaque jour, comme il est écrit '(Il) renouvelle dans Sa bonté (l'œuvre du commencement)' etc.
Et parce qu'il y a renouvellement, la croisée des chemins se trouve entre nos mains, comme dit, et nous avons développé ailleurs.
במדרש אם שמור תשמרון כו' כל המצוה ק"ש שבת כו'. בשם אמו"ז ז"ל ענין אמרם שקולה שבת ציצית ככל המצות.
הפי' שכל מצוה יש לה ענין מיוחד. רמ"ח נגד רמ"ח אברים.
אבל אלה המצות הם מביאין הארה וקדושה לכל הרמ"ח אברים ע"כ. וז"ש שמור תשמרון שע"י מצות אלו נשמר כל האדם.
ולפרש סמיכות המד' לכאן. דכתיב הברכה אשר תשמעו כי השי"ת כן רוצה לברך את בנ"י תמיד אבל כל ברכה צריך שמירה כמ"ש יברכך ה' וישמרך.
שצריך להיות שלא יהי' ח"ו נגרר שום רע ע"י הברכה. כמ"ש ושבעת השמרו לכם.
ולכן ע"י שמירת המצות. האדם נשמר.
ובכחו לקבל הברכות. ולכך הברכה הוא אשר תשמעו:
Dans le Midrach : 'si garder vous garderez... tout le commandement...' le Chema, le Chabbat etc. Au nom de mon grand-père et maître, de mémoire bénie, le sens de ce qu'ils ont dit : le Chabbat et les tsitsit valent chacun tous les commandements.
L'explication : chaque commandement à un sens particulier, 248 commandements positifs face aux 248 membres. Mais ces commandements-la apportent illumination et sainteté à tous les 248 membres, fin de citation.
Et c'est ce que dit 'garder vous garderez' : par ces commandements l'homme tout entier est préserve (nichmar). Et pour expliquer le rapport du Midrach avec ce verset-ci : car il est écrit 'la bénédiction, que vous écouterez' ; car le Saint, béni soit-Il, veut ainsi bénir constamment les enfants d'Israël, mais toute bénédiction requiert une préservation (chemira), comme il est écrit 'l'Éternel te bénira et te gardera' (Nombres 6,24).
Car il faut qu'aucun mal, à Dieu ne plaise, ne soit entraîne à la suite de la bénédiction, comme il est écrit 'et tu seras rassasié... prenez garde à vous' (Deutéronome 11,15-16). C'est pourquoi, par la garde des commandements, l'homme est préserve et à le pouvoir de recevoir les bénédictions ; et c'est pourquoi la bénédiction est 'ce que vous écouterez'.
תר"מ
5640 (תר״מ)
במדרש שמעו כו' אל תגבהו. אל תגבי' את הטובה מלבוא בעולם.
כי הברכה וקללה שניתן ביד בנ"י היא ברכת כל העולם. ובכחן של ישראל להמשיך הברכה לכל העולם.
והברכה אשר תשמעו כי כל הברכות הם בתורה. ובמדרש תנחומא לב חכם ישכיל כו' ועל שפתיי יוסיף לקח.
כי כפי יגיעת בנ"י בתורה נפתח שורש התורה כמ"ש נותן התורה תמיד. והיא חיות העולם שיכולין בנ"י לעורר בכל יום אשר ע"ז נאמר נותן לפניכם היום כמ"ש מחדש בטובו בכל יום כמ"ש במ"א.
ולכן צריך איש הישראלי לשום על לבו אשר הכל מסור בידו ולא יעכב הטובה מלבא בעולם כי בו תלוי. וצריכין להיות תמיד מוכן לשמוע דבר ה' כמ"ש אשר תשמעו.
שמיעה היא האזנה להאזין תמיד לקבל דבר ה'. וכפי הבנה לקבל כך נשפע משמים.
וכתי' והקללה אם ל"ת כו' אחרי א-להים אחרים כו'. פי' כי לולי שנפלו בנ"י בחטא ע"ז.
לא הי' נמצא הקללה בעולם והי' תיקון הכולל:
Dans le Midrach : 'écoutez... ne vous élevez pas avec hauteur' (Jérémie 13,15). N'empêche pas le bien (litt. n'élève pas trop haut le bien pour l'empêcher) de venir dans le monde.
Car la bénédiction et la malédiction remises entre les mains des enfants d'Israël sont la bénédiction du monde entier ; et il est au pouvoir d'Israël d'attirer la bénédiction sur le monde entier. Et 'la bénédiction, que vous écouterez', car toutes les bénédictions sont dans la Torah.
Et dans le Midrach Tan'houma : 'un cœur sage rend habile... et ajoute à mes lèvres du savoir' (Proverbes 16,23). Car selon l'effort des enfants d'Israël dans la Torah s'ouvre la racine de la Torah, comme il est dit '(Il) donne la Torah' constamment.
Et c'est la vitalité du monde que les enfants d'Israël peuvent éveiller chaque jour, ce dont il est dit 'Il place devant vous aujourd'hui', comme il est écrit '(Il) renouvelle dans Sa bonté chaque jour', comme dit ailleurs. C'est pourquoi l'homme d'Israël doit mettre en son cœur que tout est remis entre ses mains, et qu'il n'empêche pas le bien de venir dans le monde, car il en dépend.
Et il faut être toujours prêt à écouter la parole de l'Éternel, comme il est dit 'que vous écouterez'. L'écoute (chemia) est le fait de prêter l'oreille (haazana), d'écouter constamment pour recevoir la parole de l'Éternel ; et selon la compréhension pour recevoir, ainsi l'influence descend du ciel.
Et il est écrit 'et la malédiction, si vous n'écoutez pas... en allant après d'autres dieux' etc. Explication : n'eut été la chute des enfants d'Israël dans la faute de l'idolâtrie, la malédiction ne se trouverait pas dans le monde, et la réparation aurait été totale (tikoun ha-kolel).
בפסוק אבד תאבדון. לעוקר ע"ז שצריך לשרש אחרי'.
כבר כ' במ"א מזה רק בשביל מה שנתחדש בו. סמיכות הפסוק ל"ת כן לה' אלקיכם ופירש"י שלא יגרמו העוונות לחרבן בהמ"ק.
והענין הוא כי אם הי' מקוים כראוי אבד תאבדון. והיו משרשין אחר כל ע"ז לעקור כל שורש ע"ז לא היו באין אח"כ לידי ירידה.
ולא הי' חרב בהמ"ק. כי כפי הקיום סור מרע בשלימות.
כך יוכל אח"כ להיות ועשה טוב. וכן הוא ללמוד לכל פרט.
כי כפי הנהגות הכלל כך הפרט. וכבר כ' פי' לשרש אחרי' לעשות לשם שמים.
כמו במצוה. כן בסור מרע צריך להיות הכוונה לעקור שורש הרע למעלה.
לשם ה':
Sur le verset 'détruire vous détruirez' : celui qui déraciné l'idolâtrie doit en extirper les racines. J'ai déjà écrit ailleurs à ce sujet, seulement j'ajoute ce qui s'est renouvelé en cela : le rapprochement du verset 'vous ne ferez pas ainsi pour l'Éternel votre Dieu', et Rachi explique que les fautes ne provoquent pas la destruction du Temple.
Et la chose est : si l'on avait accompli comme il convient 'détruire vous détruirez', et si l'on avait extirpe après toute idolâtrie pour déraciner toute racine d'idolâtrie, on n'en serait pas venu ensuite à la déchéance, et le Temple n'aurait pas été détruit. Car selon l'accomplissement de 'écarte-toi du mal' (sour me-ra) en perfection, ainsi pourra-t-on ensuite réaliser 'et fais le bien' (asse tov).
Et il en est de même à apprendre pour chaque particulier : car selon les conduites de l'ensemble, ainsi le particulier. Et j'ai déjà écrit l'explication qu'il faut en extirper les racines, agir pour le nom du Ciel : de même que dans l'accomplissement d'un commandement, de même dans 'écarte-toi du mal', l'intention doit être de déraciner la racine du mal en haut, pour le nom de l'Éternel.
תרמ"א
5641 (תרמ״א)
« Vois, je place devant vous aujourd’hui la bénédiction et la malédiction » (Deutéronome 11,26) : « aujourd’hui » signifie chaque jour, car Il renouvelle l’œuvre de la création. Après la faute, bien et mal se mêlent ; si les premières Tables étaient restées, il n’y aurait eu que le bien. Pour le Sfat Emet, l’essentiel est ce renouvellement quotidien, malgré l’accusateur qui s’oppose à la lumière. Une force nouvelle et un esprit de pureté sont donnés chaque jour à qui espère en Lui, tandis que le mauvais penchant se renforce. Chacun accepte donc le joug du royaume des cieux dès l’éveil, en donnant la première part de la force au Saint béni soit-Il.
Aussi : l’incitateur et le mauvais penchant à haïr jusqu’à le tuer, ce qui affaiblit sa force sur tout Israël ; le Temple détruit par la dislocation de l’unité, et rebâti par l’amour d’Israël, le Chabbat éveillant cette unité.
ראה אנכי נותן לפניכם היום בו"ק. היום הוא בכל יום כדאיתא מחדש בטובו בכל יום.
רק אחר החטא יש תערובות טו"ר. לכן יורד זה לעומת זה כמ"ש ביום טובה הי' בטוב וביום ר' ראה.
וזה שאמר להם מרע"ה כי אם היו נשארים הלוחות ראשונות הי' רק טוב. ועכשיו יש בו"ק.
והי' בשוה. ועתה בעונותינו אמרו חז"ל בכל יום קללתו מרובה בו'.
אמת כי עכ"ז עיקר ההתחדשות [*יש] (שיש) בכל יום. רק ממילא יש ג"כ שטן והתנגדות להארה היורדת בכל יום.
וכן בלב האדם בפרט אחז"ל בכל יום יצרו מתגבר עליו. והיתכן שלא יהי' התגברות הזאת ליצ"ט בכפלים.
רק ע"י שניתן כח חדש ורוח טהרה בכל יום לכל איש ישראל המיחלים אליו ית' ממילא כמ"ש ז"ל הגדול מחבירו יצרו גדול ממנו. כן היצה"ר מתגבר בכל יום.
לכן צריך כ"א לקבל עמ"ש בכל יום ויום. וכתי' טוב לגבר כו' עול בנעוריו.
הפי' לתת ראשית הכח להש"י. והוא כולל ראשית הזמן היינו ימי הנעורים.
וגם בכל יום ממש משננער האדם. וכן בכלל ישראל דורות הראשונים האבות ודור המדבר שהקדימו נעשה לנשמע והקבלה שקיבלו עליהם עודנו מקיים אחריתנו בדורות השפלים.
ובכח הראשית הזאת הי' להם חיזוק גם אחר החטא כמ"ש במד' תנחומא המשל שנתפשר הרב עם עבד הנאמן ע"ש. וזה שהראה לנו מרע"ה כי נותן לפניהם בו"ק.
שהגם שנולד הקללה. עכ"ז יש לנו עוד כח ע"י התורה לבחור בטוב.
כמ"ש במד' הטובה יתירה שאמר לנו לבחור בטוב הוא יתרון הכח שיש להיצר טוב. ואיתא כי לא רצה הקב"ה לברוא העולם בא' רק בב' שהיא לשון ברכה ע"ש.
והלא התורה התחילה באנכי. היינו שהתורה יש לה תוספות כח להיות יורדת ומסייעה בכל אלה המקומות ולתקן הכל כמ"ש אין עבירה מכבה תורה:
Vois, je place devant vous aujourd'hui la bénédiction et la malédiction (Deutéronome 11,26). 'Aujourd'hui' signifie chaque jour, comme il est enseigné qu'Il renouvelle dans Sa bonté chaque jour [l'œuvre de la création]. Ce n'est qu'après la faute qu'il y a mélange de bien et de mal (tov ve-ra).
C'est pourquoi 'l'un en face de l'autre' descend, comme il est écrit 'au jour du bonheur sois dans le bien et au jour du malheur vois' (Ecclésiaste 7,14). Et c'est ce que leur dit Moche notre maître : car si les premières Tables étaient restées, il n'y aurait eu que le bien, et maintenant il y a bénédiction et malédiction, alors que cela était à égalité.
Et à présent, à cause de nos fautes, nos Sages ont dit : chaque jour sa malédiction dépasse [celle de la veille]. En vérité, malgré tout, l'essentiel est le renouvellement qui se fait chaque jour.
Seulement, du coup il y a aussi un accusateur (Satan) et une opposition à la lumière qui descend chaque jour. Et de même dans le cœur de l'homme en particulier, nos Sages ont dit : chaque jour son mauvais penchant se renforce contre lui.
Et serait-il possible que ce renforcement pour le bon penchant ne soit pas au double ? Seulement, du fait qu'une force nouvelle et un esprit de pureté sont donnés chaque jour à chaque homme d'Israël qui espère en Lui, béni soit-Il, cela va de soi, comme l'ont dit nos Sages : celui qui est plus grand que son prochain, son penchant est plus grand que lui.
Ainsi le mauvais penchant se renforce chaque jour. C'est pourquoi chacun doit accepter le joug du royaume des cieux chaque jour.
Et il est écrit 'il est bon pour l'homme [de porter] le joug dans sa jeunesse' (Lamentations 3,27). Le sens est de donner la première part de la force au Saint béni soit-Il.
Et cela inclut le commencement du temps, c'est-à-dire les jours de la jeunesse, et aussi chaque jour même, des que l'homme s'éveille. Et de même dans l'ensemble d'Israël : les premières générations, les Patriarches et la génération du désert, qui ont fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons', et l'engagement qu'ils ont pris sur eux nous maintient encore, nous leur postérité, dans les générations abaissées.
Et par la force de ce commencement, ils ont eu un renforcement même après la faute, comme il est dit dans le Midrach Tan'houma : la parabole du maître qui s'est réconcilie avec le serviteur fidèle, vois la-bas. Et c'est ce que Moche notre maître nous à montré : qu'Il place devant eux bénédiction et malédiction.
Bien que la malédiction soit née, malgré tout nous avons encore la force, par la Torah, de choisir le bien. Comme il est dit dans le Midrach : le bien supplémentaire, qu'Il nous à dit de choisir le bien, c'est le surcroît de force qu'à le bon penchant.
Et il est enseigné que le Saint béni soit-Il n'à pas voulu créer le monde avec [la lettre] aleph mais avec beit, qui est un terme de bénédiction (berakha), vois la-bas. Or la Torah à commencé par anokhi [avec aleph] !
C'est-à-dire que la Torah à un surcroît de force pour descendre et aider en tous ces endroits et tout réparer, comme il est dit : la transgression n'éteint pas la Torah.
בפרשה של המסית צריך כל אדם להכין עצמו למצוה זו כי הוא ענין נכבד להיות מתפעל האדם להתהפך כרגע לשונא ממש ע"י ההסתה לקיים לא תחמול ולא תכסה. ומכ"ש שזה קאי על היצה"ר וסט"א שהוא המסית ומדיח.
ואם נעשה האדם שונא ממש ע"י הסתה. יוכל להרוג אותו.
כמ"ש אח"כ כי הרוג תהרגנו ע"י השנאה כנ"ל. הרוג הוא בפרטות מה שמסית לו.
ותהרגנו הוא לגמרי שע"י נסיון אחד זוכה להתקדש בכל. ועוד ידך תהי' כו' ויד כל העם באחרונה.
פי' כמ"ש כל ישראל ערבים זה בזה. א"כ מכ"ש שמה שגובר א' והורג היצה"ר שבו מזכה לכל ישראל שלא יהי' עוד כח להיצה"ר באותו דבר כמו מקודם.
וזה עצמו צריך להוסיף כח לכל עובד ה' במה שיודע שע"י תגבורת שלו יחליש כח היצה"ר נגד כל ישראל כפי הכח של הנסיון:
Dans la section de l'incitateur (mesit), chaque homme doit se préparer à cette mitsva, car c'est une chose considérable que l'homme s'émeuve au point de se transformer à l'instant en véritable ennemi, par l'incitation, pour accomplir 'tu n'auras pas pitié et tu ne couvriras pas' (Deutéronome 13,9). Et à plus forte raison que cela s'applique au mauvais penchant et au sitra ahara (l'autre côté), qui est l'incitateur et l'egareur.
Et si l'homme devient un véritable ennemi par l'incitation, il pourra le tuer, comme il est écrit ensuite 'car tu le tueras' (Deutéronome 13,10), par la haine comme ci-dessus. 'Tuer' (harog) porte sur le détail de ce à quoi il l'incite, et 'tu le tueras' (tehargenou) est [le tuer] entièrement, car par une seule épreuve on mérite de se sanctifier en tout. Et encore 'ta main sera [la première contre lui]... et la main de tout le peuple en dernier' (Deutéronome 13,10).
Le sens, comme il est dit : tout Israël est garant l'un de l'autre. Si donc, à plus forte raison, le fait que l'un l'emporte et tué le mauvais penchant qui est en lui procure un mérite à tout Israël, de sorte que le mauvais penchant n'ait plus de force sur cette chose comme auparavant.
Et cela même doit ajouter de la force à tout serviteur de Hachem, sachant que par sa propre victoire il affaiblit la force du mauvais penchant contre tout Israël, selon la force de l'épreuve.
בפסוק לא תעשון כן לה' אלקיכם פרש"י להקריב בכל מקום ד"א אזהרה לנותץ אבן כו' שלא יגרמו עונות להחריב בהמ"ק כו'. וכל הפי' א' הם כי ע"י בהמ"ק היו בנ"י בשורש האחדות.
כי כן צריכין בנ"י להיות כ"ג אחד בהמ"ק א'. ולכך ע"י שעברו והקריבו בבמות.
נתפרד האחדות ונהרס החיבור ונחרב בהמ"ק. וכמו כן ע"י שנאת חנם נתפרד האחדות של הנפשות ונחרב הבית.
והכל ענין א'. כי זה בכלל לשכנו תדרשו ע"י התכללות באחדות.
כיון שע"י שנאת חנם נחרב. כ"ש שע"י אהבת ישראל יהי' נבנה בעזה"י.
ושבת מוכן לזה. כמ"ש מו"ז ז"ל דכתי' כי לא באתם ע"ע אל המנוחה כו' הנחלה וש"ק יום מנוחה ונחלה כו'.
וביאור הדברים כי בהמ"ק וא"י הביא אחדות לבנ"י ולכן מקודם שלא הי' להם זה האחדות. הבמות מותרין.
ובש"ק מתעורר האחדות:
Sur le verset 'vous ne ferez pas ainsi pour Hachem votre Dieu' (Deutéronome 12,4), Rachi explique : offrir en tout lieu ; autre interprétation : mise en garde contre celui qui abat une pierre [du Temple], afin que les fautes ne causent pas la destruction du Temple. Et toutes ces explications sont une seule et même, car par le Temple les enfants d'Israël étaient à la racine de l'unité.
Car ainsi les enfants d'Israël doivent être : un grand prêtre unique, un seul Temple. Et c'est pourquoi, du fait qu'ils ont transgressé et offert sur les hauts lieux (bamot), l'unité s'est disloquée, le lien s'est détruit et le Temple à été détruit.
Et de même, par la haine gratuite l'unité des âmes s'est disloquée et la Maison à été détruite. Et tout est une seule et même chose.
Car cela fait partie de 'vous rechercherez Sa demeure' (Deutéronome 12,5), par l'inclusion dans l'unité. Puisque c'est par la haine gratuite qu'elle fut détruite, à plus forte raison par l'amour d'Israël sera-t-elle rebâtie, avec l'aide du Ciel.
Et le Chabbat y est propice, comme l'à dit mon grand-père, de mémoire bénie : car il est écrit 'car vous n'êtes pas encore venus au repos... [ni] à l'héritage' (Deutéronome 12,9), et le saint Chabbat est jour de repos et d'héritage.
Et l'explication des choses : car le Temple et la terre d'Israël ont apporté l'unité aux enfants d'Israël ; c'est pourquoi auparavant, lorsqu'ils n'avaient pas cette unité, les hauts lieux étaient permis. Et au saint Chabbat l'unité s'éveille.
תרמ"ב
5642 (תרמ״ב)
במדרש אין מפסיקין בקללות כו' מוסר ה' כו' א"ת כו' הענין דיש כמה מכאובים לרשע. אבל מוסר ה' היא לצדיקים ועמך כולם צדיקים.
וע"ז אמר דהע"ה גם כי אלך כו' לא אירא כו' שבטך כו' שידע שהיסורים שלו מה' המה. וז"ש אנכי נותן לפניכם כו' בו"ק לידע שגם העונשין לכלל ישראל מה' המה.
והסימן דעמו אנכי בצרה ובכ"מ שגלו שכינה עמהם. ולכן אין מפסיקין שלא להפרישן להיות רצועה לאלקאה רק להפכן ליסורין של אהבה כמ"ש במ"א.
והנה זה עצמו הפי' נותן לפניכם כו' בו"ק. כי גם הקללה בידן של ישראל.
כי בוודאי אם היו בנ"י מתוקנים כראוי היו מתקנים הכל בבחי' הטוב בלבד. ולא היו צריכין להיות בגלות.
וע"י החטא ע"כ צריכין לתקן הקללות וכל אלה הגליות ודרכים המקלקלים כמ"ש חז"ל משחרב בהמ"ק בכל יום קללתו מרובה מחבירו. אבל בוודאי צריכין לידע ולהאמין כי בעזה"י יתוקנו כל אלה המקומות ע"י בנ"י:
Dans le Midrach : on n'interrompt pas [la lecture] dans les malédictions... 'le châtiment de Hachem [ne le rejette pas]' (Proverbes 3,11)... 'ne lis pas [ainsi]'... Le sens : il y a bien des douleurs pour le méchant, mais le châtiment de Hachem est pour les justes, et 'ton peuple, ils sont tous justes' (Isaie 60,21).
Et sur cela David, roi d'Israël, à dit 'même si je marche [dans la vallée de l'ombre de la mort] je ne crains pas [le mal]... ton bâton [et ton appui, ils me reconfortent]' (Psaumes 23,4), car il savait que ses souffrances viennent de Hachem. Et c'est ce que dit 'je place devant vous... bénédiction et malédiction', pour savoir que même les châtiments de l'ensemble d'Israël viennent de Hachem.
Et le signe : 'Je suis avec lui dans la détresse' (Psaumes 91,15), et partout où ils furent exilés la Chekhina fut avec eux. C'est pourquoi on n'interrompt pas, afin de ne pas les séparer [comme] pour en faire une courroie pour frapper, mais au contraire pour les transformer en souffrances d'amour, comme je l'ai écrit ailleurs.
Et voici que cela même est le sens de 'je place devant vous... bénédiction et malédiction'. Car même la malédiction est entre les mains d'Israël.
Car assurément, si les enfants d'Israël étaient parfaitement en ordre, ils repareraient tout dans le seul aspect du bien, et ils n'auraient pas besoin d'être en exil. Et par la faute, il faut donc réparer les malédictions et tous ces exils et ces voies qui détériorent, comme l'ont dit nos Sages : depuis que le Temple fut détruit, chaque jour sa malédiction dépasse celle de la veille.
Mais assurément il faut savoir et croire qu'avec l'aide du Ciel tous ces endroits seront réparés par les enfants d'Israël.
הברכה אשר תשמעו ובקללה כ' אם. ע"פ מאמרם ז"ל כי מחשבה טובה הקב"ה מצרפה למעשה לכן כשמוכנים לשמוע.
הברכה חל ומסייע לצאת מכח אל הפועל. והקללה רק כשעוברין במעשה ח"ו:
[Pour] la bénédiction [il est écrit] 'que vous écouterez' (Deutéronome 11,27), et pour la malédiction il est écrit 'si' (Deutéronome 11,28). Selon la parole de nos Sages : la bonne pensée, le Saint béni soit-Il la joint à l'acte.
C'est pourquoi, lorsqu'on est prêt à écouter, la bénédiction s'applique et aide à passer de la puissance à l'acte. Et la malédiction n'est que lorsqu'on transgresse par l'acte, à Dieu ne plaise.
תרמ"ג
5643 (תרמ״ג)
במדרש תנחומא ראה אנכי שבחרתי בטוב האיך אני משונה כו'. דכתי' נותן לפניכם היום בו"ק.
היינו שבכל הארה היורדת משמים בכל יום יורד ג"כ איזה התנגדות מסט"א. וזה ענין תערובת טו"ר שנעשה אחר החטא.
שאין שום מדרגה שלא יהי' צריך בירור. ולכן מרע"ה שנשאר בכחן של ישראל של קודם החטא.
והי' כולו טוב כמ"ש כי טוב הוא. לכן כתי' לפניכם.
שכשיורד מבחי' מרע"ה לפרטי בנ"י יש בו תערובות. אך גם זה עצמו התחזקות לבנ"י ע"י שבפעם הראשון הי' כולו טוב.
וזה העדות שנשאר כך אצל מרע"ה כלל הדעת של בנ"י. ממילא יכולין גם אנו תוך התערובות להתדבק בטוב ובשורש הראשון.
וזה שכ' בברכה אשר תשמעו שזה בוודאי לעולם יש בכלל ישראל. רק הקללה היא בלשון ספק אם לא תשמעו שהיא רק תערובות של שקר שעי"ז צריכין לייגע בכל יום לברר האמת והאוכל מתוך השקר והפסולת:
Dans le Midrach Tan'houma : 'Vois, moi qui ai choisi le bien, comment serais-je différent...'. Car il est écrit 'je place devant vous aujourd'hui bénédiction et malédiction'.
C'est-à-dire que dans toute lumière qui descend des cieux chaque jour descend aussi quelque opposition du sitra ahara. Et c'est la question du mélange de bien et de mal qui s'est produit après la faute, de sorte qu'il n'y a aucun niveau qui n'ait besoin de tri (berour).
C'est pourquoi Moche notre maître, qui est demeure dans la force d'Israël d'avant la faute, et qui était tout entier bien, comme il est écrit 'car il était bon' (Exode 2,2), c'est pourquoi il est écrit 'devant vous' : car lorsque cela descend du niveau de Moche notre maître vers les particuliers d'Israël, il y a en cela du mélange. Mais cela même est un renforcement pour les enfants d'Israël, du fait que la première fois ce fut tout entier bien.
Et c'est le témoignage qu'est demeure ainsi auprès de Moche notre maître l'ensemble de la connaissance (daat) d'Israël. Du coup, nous aussi pouvons, au sein du mélange, nous attacher au bien et à la racine première.
Et c'est ce qui est écrit pour la bénédiction 'que vous écouterez', car cela assurément existe toujours dans l'ensemble d'Israël. Seule la malédiction est formulée en terme de doute, 'si vous n'écoutez pas', car elle n'est qu'un mélange de mensonge, par quoi il faut peiner chaque jour pour trier le vrai et le comestible d'entre le mensonge et le déchet.
תרמ"ד
5644 (תרמ״ד)
במדרש שמעו כו' אל תגבהו כו'. כי הנה הרשעים אומרים עזב ה' את הארץ.
וע"ז נבראו בנ"י להעיד על הקב"ה כי הוא מחדש בכל יום מ"ב. ונותן ברכה בכל יום.
והיא התורה שנותנת חיים כו' והארת התורה שמתחדש בכל יום תלוי בבנ"י השומעים. כמ"ש שמעה עמי ואדברה.
לכן אחז"ל ב"ק יוצאת מהר חורב כו'. שכביכול הקב"ה משמיע בכל יום ד"ת והוא עלבון שאין כולנו מוכנים לשמוע דבר ה'.
וכפי מה שבנ"י מוכנים לשמוע כך מתגלה הארת התורה. ומזה ניתן ברכה לכל הבריאה.
וז"ש אשר תשמעו. ולכן אמר שמעו כו' אל תגביהו הטובה מלבוא בעולם.
ובאמת השגחת הקב"ה וב"ש בעולם הוא כפי הכנת בנ"י כמ"ש אתם עדי ואני אל. וז"ש ראה אנכי נותן שצריך האיש הישראלי לראות התחדשות שיש בכל יום.
והוא תלוי בכם וז"ש לפניכם:
Dans le Midrach : 'Écoutez... ne vous élevez pas...' (Jérémie 13,15). Car voici, les méchants disent 'Hachem à abandonné la terre' (Ezechiel 8,12).
Et c'est pour cela que les enfants d'Israël ont été créés : pour témoigner du Saint béni soit-Il, qu'Il renouvelle chaque jour l'œuvre de la création et donne bénédiction chaque jour. Et c'est la Torah, qui donne la vie... et la lumière de la Torah qui se renouvelle chaque jour dépend des enfants d'Israël qui écoutent, comme il est écrit 'écoute mon peuple et je parlerai' (Psaumes 50,7).
C'est pourquoi nos Sages ont dit : une voix céleste (bat kol) sort du mont Horev [chaque jour]... car pour ainsi dire le Saint béni soit-Il fait entendre chaque jour des paroles de Torah, et c'est un affront que nous ne soyons pas tous prêts à entendre la parole de Hachem. Et selon ce que les enfants d'Israël sont prêts à entendre, ainsi se révèle la lumière de la Torah.
Et de cela est donnée bénédiction à toute la création. Et c'est ce que dit 'que vous écouterez'.
C'est pourquoi il dit 'écoutez... n'élevez pas' le bien [pour l'empêcher] de venir dans le monde. Et en vérité la providence du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina dans le monde est selon la préparation des enfants d'Israël, comme il est écrit 'vous êtes mes témoins et je suis Dieu' (Isaie 43,12).
Et c'est ce que dit 'Vois, moi je place' : que l'homme d'Israël doit voir le renouvellement qui se fait chaque jour. Et cela dépend de vous, et c'est ce que dit 'devant vous'.
בפסוק לשכנו תדרשו. הוא גם על זמן הזה כאשר חכמים הגידו דבעי דרישה.
וכמו שדרשו חז"ל לא תעשון כן שלא יגרמו עונותיכם לבהמ"ק שיחרב. כמו כן ע"י מעש"ט שדורשין השראת השכינה הוי בכלל מצות בנין בהמ"ק.
ואבותינו הראשונים מרוב התשוקה שהי' להם זכו להמשיך השכינה למטה. מכ"ש עתה אשר כבר הוציאו הראשונים זאת מכח אל הפועל.
בנקל לנו לעורר הראשונות בכח התשוקה:
Sur le verset 'vous rechercherez Sa demeure' (Deutéronome 12,5). Cela vaut aussi pour l'époque actuelle, comme les Sages l'ont dit, qu'elle requiert recherche (dericha).
Et de même que nos Sages ont expliqué 'vous ne ferez pas ainsi', que vos fautes ne causent pas la destruction du Temple, de même par les bonnes actions qui suscitent le repos de la Chekhina, cela entre dans la catégorie de la mitsva de bâtir le Temple. Et nos premiers ancêtres, par l'abondance du désir qu'ils avaient, ont mérité de faire descendre la Chekhina ici-bas.
À plus forte raison maintenant que les premiers ont déjà fait passer cela de la puissance à l'acte, il nous est aisé d'éveiller les [choses] premières par la force du désir.
תרמ"ה
5645 (תרמ״ה)
בפסוק בנים אתם לה"א לא תתגודדו. דרשו חז"ל לא תעשו אגודות אגודות כו'.
דאיתא במשנה חביבין ישראל שנק' בנים למקום חיבה יתירה נודעת להם שנקראו בנים למקום כו'. פי' שצריכין בנ"י לעורר זו המדרגה להיות נק' בנים.
כי בוודאי לא על הגופים חל שם בנים. רק בהיותם אגודה אחת וגם במה שנבדלין מחוקות העמים כפי' הפשוט לא תתגודדו.
וזה תלוי בזה. ועי"ז יכולין לבא לבחי' בנים.
והקב"ה נתן להם דעת להשיג זאת המדרגה. והיא בחי' השבת דכ' ביני ובין בנ"י אות הוא.
ולכן מתיחדין בשבת ברזא דא'. ונפרשין מן האומות.
ואז חל עליהם שם שמים. והיא בחי' הנשמה יתירה היורדת בשבת.
ונק' בנים כידוע שבימי המעשה היא בחי' עבדים ובשבת בחי' בנים. ונק' כנסי' שהוא לשם שמים פי' שיחול על הכנסי' שם השם ב"ה כנ"ל.
[וכ' ל"ת ככל אשר אנחנו עושים כו' איש כל הישר כו' כי לא באתם ע"ע אל המנוחה כו' הנחלה כו'. הוא רמז להנ"ל שנק' שבת יום מנוחה במה שנבדלין מהתערובות ומקבלין הנשמה יתירה והיא בחי' נחלה שאין לה הפסק בחי' בנים כנ"ל.
ובימי עבודה הוא כ"א כפי כח עצמותו. וזה איש כו' הישר בעיניו.
אבל בש"ק הוא הביטול והכל רק בהנהגה עליונה. וזה המנוחה וכן הי' בבהמ"ק תמיד שנק' מנוחה ונחלה ששם היו נבדלין מן האומות ונעשין אגודה א' בבית מקדשו ית' כנ"ל]:
Sur le verset 'vous êtes des fils pour Hachem votre Dieu... ne vous faites pas d'incisions (lo titgodedou)' (Deutéronome 14,1). Nos Sages ont expliqué : ne faites pas des factions, des factions (agoudot agoudot).
Car il est enseigné dans la Michna : chéris sont les enfants d'Israël, qui sont appelés fils de l'Omniprésent ; un amour supplémentaire leur est fait connaître, du fait qu'ils sont appelés fils de l'Omniprésent (Avot 3,14). Le sens : les enfants d'Israël doivent éveiller ce niveau, [pour mériter] d'être appelés fils.
Car assurément ce n'est pas sur les corps que s'applique le nom de fils, mais lorsqu'ils sont une seule union (agouda), et aussi en ce qu'ils se distinguent des coutumes des peuples, selon le sens simple de 'lo titgodedou'. Et l'un dépend de l'autre.
Et par cela ils peuvent parvenir au niveau de fils. Et le Saint béni soit-Il leur a donné la connaissance (daat) pour atteindre ce niveau.
Et c'est le niveau du Chabbat, dont il est écrit 'entre moi et les enfants d'Israël c'est un signe' (Exode 31,17). C'est pourquoi ils s'unifient le Chabbat dans le secret de l'Un (raza de-ehad) et se séparent des nations, et alors s'applique sur eux le Nom des cieux.
Et c'est le niveau de l'âme supplémentaire (nechama yetera) qui descend le Chabbat. Et ils sont appelés fils, comme on le sait, car dans les jours ouvrables ils sont au niveau de serviteurs et au Chabbat au niveau de fils.
Et [le rassemblement] est appelé 'assemblée' (kenessia), qui est [au] Nom des cieux, c'est-à-dire que sur l'assemblée s'applique le Nom de Hachem béni soit-Il, comme ci-dessus. [Et il est écrit 'vous ne ferez pas comme tout ce que nous faisons... chacun ce qui est droit [à ses yeux]... car vous n'êtes pas encore venus au repos...
[ni] à l'héritage' (Deutéronome 12,8-9). C'est une allusion à ce qui précède : que le Chabbat est appelé jour de repos en ce qu'ils se séparent du mélange et reçoivent l'âme supplémentaire, et c'est le niveau d'héritage qui n'à pas d'interruption, le niveau de fils comme ci-dessus.
Et dans les jours de travail chacun est selon la force de son essence propre, et c'est 'chacun... ce qui est droit à ses yeux'. Mais au saint Chabbat, c'est l'annulation (bitoul), et tout n'est que sous la conduite d'en haut.
Et c'est le repos. Et de même était-ce toujours dans le Temple, qui est appelé repos et héritage, car la ils étaient séparés des nations et devenaient une seule union dans la Maison de Son sanctuaire, béni soit-Il, comme ci-dessus.]
תרמ"ו
5646 (תרמ״ו)
בברכה כתי' אשר תשמעו ולהיפוך כ' אם. כי הטוב בבנ"י בעצם.
והחטא במקרה. לכן בישראל מחשבה טובה מצרפין ולא לרעה.
כי בכלל בוודאי שמעו וקיבלו בנ"י. לכן גם אם כי נפלו אח"כ מזה.
יש להם בכל יום בחירה חדשה כמ"ש אנכי נותן לפניכם היום. אנכי מצד קבלת התורה נתחדש לבנ"י בכל יום אלה ב' הדרכים.
וכך צריך להיות קבלת מלכות שמים בק"ש בכל יום היינו אשר תשמעו. ולכן אף שנמצא איזה חטא כי גם בצדיק כתי' אין צדיק כו' א"י טוב ולא יחטא.
רק שהוא בדרך עראי:
Pour la bénédiction il est écrit 'que vous écouterez', et à l'inverse il est écrit 'si'. Car le bien est dans les enfants d'Israël par essence, et la faute par accident.
C'est pourquoi en Israël la bonne pensée est jointe [à l'acte] et non pas pour le mal. Car dans l'ensemble, assurément, les enfants d'Israël ont écoute et accepté.
C'est pourquoi, même s'ils sont ensuite tombés de cela, ils ont chaque jour un choix nouveau, comme il est écrit 'moi je place devant vous aujourd'hui'. [Le mot] 'anokhi', du fait de la réception de la Torah, renouvelle pour les enfants d'Israël chaque jour ces deux voies.
Et ainsi doit être la réception du royaume des cieux dans le Chema chaque jour, c'est-à-dire 'que vous écouterez'. C'est pourquoi, même si l'on trouve quelque faute, car même au sujet du juste il est écrit 'il n'est pas de juste [sur terre qui fasse le bien et ne faute point]' (Ecclésiaste 7,20), ce n'est que de façon passagère.
בפסוק עשר תעשר כו' ואכלת לפני ה"א כו' למען תלמד ליראה כו'. אמר אמו"ז ז"ל להוכיח מזה כי אכילת מצוה מביא יראת שמים.
וכ"כ באכילת שבת שהיא אכילת מצוה. והענין כי יש תערובות טו"ר במאכל.
וצריך בירור. אבל אכילת המעשר א"צ בירור.
וכמו כן אכילת שבת לכן מביא יראה כו'. וביאור הדברים כי המזון צריך להיות מזון בנפש כמו בגוף.
ורק התערובות מעכב. לכן כשנתברר הטוב מהפסולת.
אז עוד המאכל מוסיף קדושה. וכמו כן בש"ק כמ"ש בפרשה הקודמת לא לרעתך נתתי לך השבת כו'.
כי בשבת הוא כולו טוב. לכן אתה אוכל כו' ואני נותן לך שכר כו'.
וכמו שהמעשר הי' מניח קדושה לכל התבואות כמ"ש מו"ז ז"ל כי התרומה והמעשר מניחין הקדושה בכל השיריים. ונ"ל רמז לזה עשר תעשר שיהי' המעשר דבוק בהשיריים שכל תבואות זרעך יהי' מעושרין.
וכמו כן השבת נותן ברכה על כל ימי השבוע. והנה גם בזה"ז יכולין לקבל הארה מדורות הראשונים.
שהיו דורות הראשונים המעשר והחלק גבוה שניטל מכל דורות בנ"י. וכ"כ בספרי תלמד ליראה כו' ה"א כל הימים אף בח"ל.
ע"ש שנדחקו בפי'. אבל הפשוט כמ"ש שנשאר מדורות הראשונים הארות גם לכל הדורות.
ובפרט ע"י המצות שתיקנו חז"ל. תפלות במקום תמידין.
וע"י שמשתוקקין לקיים מצות המקדש וכל העוסק בתורת עולה כאלו הקריב. ובמ"א פרשנו כי ירחק ממך המקום כו' על דורות אלו.
ונתת בכסף היינו הרצון והתשוקה. כנ"ל:
Sur le verset 'tu dimeras [avec exactitude]... et tu mangeras devant Hachem ton Dieu... afin que tu apprennes à craindre [Hachem ton Dieu tous les jours]' (Deutéronome 14,22-23). Mon grand-père, de mémoire bénie, à dit de prouver de la que manger [d'un aliment] de mitsva apporte la crainte des cieux.
Et il en va de même du repas du Chabbat, qui est un repas de mitsva. Et la chose : il y a un mélange de bien et de mal dans la nourriture, et il faut un tri.
Mais manger de la dîme ne requiert pas de tri, et de même le repas du Chabbat ; c'est pourquoi cela apporte la crainte... Et l'explication des choses : la nourriture doit être nourriture pour l'âme comme pour le corps, et seul le mélange y fait obstacle.
C'est pourquoi, lorsque le bien à été trie du déchet, alors la nourriture ajoute encore de la sainteté. Et de même au saint Chabbat, comme il est écrit dans la section précédente : ce n'est pas pour ton malheur que je t'ai donné le Chabbat...
Car au Chabbat tout est bien ; c'est pourquoi tu manges... et je te donne une récompense... Et de même que la dîme laissait de la sainteté à toutes les récoltes, comme l'à dit mon grand-père, de mémoire bénie : car le prélèvement (terouma) et la dîme déposent la sainteté dans tout le reste.
Et il me semble qu'il y a la une allusion, 'asser te'asser' (tu dimeras avec exactitude) : que la dîme soit attachée au reste, de sorte que toute récolte de ta semence soit dîmée. Et de même le Chabbat donne bénédiction sur tous les jours de la semaine.
Et voici que, même à l'époque actuelle, on peut recevoir une lumière des premières générations, car les premières générations étaient la dîme et la part [réservée] à Dieu, prélevée sur toutes les générations d'Israël. Et ainsi il est écrit dans le Sifri : 'tu apprendras à craindre...
Hachem ton Dieu tous les jours', même hors de la terre [d'Israël]. Vois la-bas où ils se sont efforcés dans l'explication ; mais [selon] le sens simple, comme je l'ai dit, il est demeure des premières générations des lumières aussi pour toutes les générations.
Et en particulier par les mitsvot qu'ont instituées nos Sages : les prières à la place des sacrifices perpétuels. Et du fait qu'on aspire à accomplir les mitsvot du Temple, et [selon] 'quiconque s'occupe de la Torah de l'holocauste, c'est comme s'il l'avait offert'.
Et ailleurs nous avons expliqué 'si le lieu est trop éloigné de toi...' (Deutéronome 14,24) au sujet de ces générations. 'Et tu donneras en argent' (Deutéronome 14,25), c'est-à-dire la volonté et le désir, comme ci-dessus.
תרמ"ז
5647 (תרמ״ז)
במדרש מה כ' למעלה שמור תשמרון. מהו כל המצוה זו ק"ש שבת כו' ד"א שמור המצות תשמרון הנפשות ע"ש.
פי' זו ק"ש דאחר פ' והי' א"ש כתי' שמור תשמרון כו' כל המצוה הזאת וקאי על פרשת והי' א"ש. ושבת מטעם דשקול נגד כל המצות.
אבל ביאור הענין הוא דהמד' מפ' שמור תשמרון שזה עצמו המבוקש מבנ"י להיות שמירת הנפש וגוף תלוי בשמירת המצות. ובוודאי הש"י מסר הבחירה לבני אדם.
ומ"מ כ"א כפי מה שמאמין בו ית' ומבקש לצאת מן הבחירה להיות נמסר ביד הבורא ית' בעצמו זוכה לכך ומכ"ש כלל ישראל שזכו למשוך תורה מן השמים. וז"ש אנכי נותן לפניכם כו'.
והלא ברכה וקללה נמצא לכל העולם. אך לבנ"י אנכי נותן דייקא שיהי' תלוי הברכה והקללה בשמירת התורה ומצות וזה אנו מקבלים בכל יום על עצמנו בפרשת והי' א"ש כו'.
וז"ש שמור תשמרון כו' ד"א זו שבת משום דהשבת ג"כ אות ע"ז שנמשך הברכה מש"ק על ימי המעשה וזה ניתן לבנ"י כי בימי המעשה ההנהגה ע"י הטבע והמלאכים. ולבנ"י ניתן בש"ק הברכה על כל ימי המעשה כנ"ל:
Dans le Midrach : qu'est-il écrit plus haut ? 'Vous garderez [tout le commandement]' (Deutéronome 11,22). Qu'est-ce que 'tout le commandement' ?
C'est le Chema, le Chabbat... Autre interprétation : garde les mitsvot, tu garderas les âmes, vois la-bas.
Le sens : c'est le Chema, car après la section 'et il sera, si vous écoutez' (Deutéronome 11,13) il est écrit 'garder vous garderez... tout ce commandement', et cela porte sur la section 'et il sera, si vous écoutez'. Et le Chabbat, parce qu'il équivaut à toutes les mitsvot.
Mais l'explication de la chose : le Midrach expliqué 'garder vous garderez', que cela même est ce qui est demande des enfants d'Israël, que la garde de l'âme et du corps dépende de la garde des mitsvot. Et assurément Hachem à remis le libre choix aux hommes.
Et néanmoins, chacun selon ce qu'il croit en Lui, béni soit-Il, et demande à sortir du [libre] choix pour être remis entre les mains du Créateur béni soit-Il lui-même, mérite cela ; à plus forte raison l'ensemble d'Israël, qui a mérité de faire descendre la Torah des cieux. Et c'est ce que dit 'moi je place devant vous...'.
Or bénédiction et malédiction se trouvent pour le monde entier ! Mais c'est aux enfants d'Israël que 'moi je place' précisément, de sorte que la bénédiction et la malédiction dépendent de la garde de la Torah et des mitsvot.
Et cela, nous l'acceptons chaque jour sur nous-mêmes dans la section 'et il sera, si vous écoutez'. Et c'est ce que dit 'garder vous garderez...'.
Autre interprétation : c'est le Chabbat, parce que le Chabbat est aussi un signe de cela, que la bénédiction se prolonge du saint Chabbat sur les jours ouvrables. Et cela est donné aux enfants d'Israël : car dans les jours ouvrables la conduite se fait par la nature et les anges, mais aux enfants d'Israël est donnée au saint Chabbat la bénédiction sur tous les jours ouvrables, comme ci-dessus.
« Ne méprise pas Sa réprimande » (Proverbes 3,11) : on ne fait pas de pause au milieu des malédictions, car il est écrit « Vois, Moi Je place [devant vous] ». Pour le Sfat Emet, toute la conduite envers Israël est par la force de la Torah, et tout est pour le bien. La Torah, vitalité de tout, se ramifie depuis l'Arbre de Vie au carrefour des chemins et montre toujours comment faire le bien désormais. Le Saint reprend celui qui se retournera vers le bien ; même en exil, si l'on revient, les châtiments se retournent en amour, et l'on achève le but sans pause.
Aussi : rechercher Sa demeure après avoir déraciné la sitra ahara ; l'élargissement qui permet la viande de désir et les délices du Chabbat ; la dîme et le Chabbat qui reçoivent l'abondance sans déchet
במדרש אל תקוץ בתוכחתו כו' אין מפסיקין בקללות. דכתי' ראה אנכי נותן כו'.
פי' שכל הנהגתו ית' עם בנ"י הוא בכח התורת וממילא הכל לטובה. ובתנחומא משל לזקן היושב בפרשת דרכים כו' ע"ש.
והיא התורה כדאיתא בסוטה תורה אור הגיע לפרשת דרכים ניצול מכולן ע"ש שפי' בגמ' זה ת"ח דמסיק שמעתתא אליבא דהילכתא ופי' זה כי התורה היא חיות הכל והכל נברא ומתקיים בתורה. ולכן לעולם בכל מקום נמצא דרך התורה.
רק שמתפרש מעץ החיים ענפים לכאן ולכאן והכל מהתורה לכן נק' פרשת דרכים וכמ"ש טוב וישר ה' ע"כ יורה חטאים בדרך לכן בערי מקלט הי' כתוב מקלט מקלט כו' וכמו כן התורה אחז"ל שקולטת כמ"ש וזאת התורה ע"ש. והיינו שלעולם התורה מורה דרך איך להטיב מכאן ולהבא אפי' אם כבר יצא מדרך השוה.
ודרך הברכה הוא לצדיק גמור. ודרך הקללה אפי' למי שקילקל ולכן כ' אשר תשמעו.
כי אפי' הקללה היא אם לא תשמעו והי' העונש כדי להחזירנו למוטב לשמוע כדאיתא במדרש והי' עקב תשמעון שבע"כ נשמע לבסוף. וכתי' את אשר יאהב ה' יוכיח.
ולא כתי' אוהב כי בוודאי התוכחה ע"י החטא. אך השי"ת מוכיח מי שיודע שע"י התוכחה יתהפך למוטב ויבא להיות נאהב אח"כ ולכן התוכחה שבא מאתו ית' בכח התורה לא ע"י רצועה בישא.
היא לטוב כמ"ש טובת תוכחת מגולה כו'. פי' אפי' בגלות שהאהבה מסותרת והתוכחת מגולה.
אעפ"כ אם נשוב לפניו ית' יתהפכו כל העונשין לאהבה. ולכן אין מפסיקין בקללות שצרין לראות לגמור המכוון ולשוב לפניו יתברך על ידי התוכחה ואז מתהפך לברכה כנ"ל:
Dans le Midrach : 'Ne méprise pas Sa réprimande' etc. (Proverbes 3,11) - on ne fait pas de pause au milieu des malédictions (Meguila 31b).
Car il est écrit 'Vois, Moi Je place [devant vous]' etc. (Deut.
11,26). Explication : toute la conduite du Béni-Soit-Il envers Israël est par la force de la Torah, et par conséquent tout est pour le bien.
Et dans le Tan'houma, une parabole d'un vieillard assis au carrefour des chemins etc., voir la. Et [ce vieillard] est la Torah, comme il est enseigné dans Sota : 'la Torah est lumière' - [quand] il parvient au carrefour il est sauvé de tous, voir la, où la Guemara explique que cela vise un lettre (talmid 'hakham) qui conclut la discussion selon la halakha.
Et l'explication : la Torah est la vitalité de tout, et tout à été créé et se maintient par la Torah. C'est pourquoi toujours, en tout lieu, se trouve la voie de la Torah.
Seulement qu'elle se ramifie depuis l'Arbre de Vie, en rameaux vers ici et vers la, et tout est de la Torah - c'est pourquoi on l'appelle 'carrefour des chemins' (parachat derakhim). Et comme il est écrit 'Bon et droit est le Nom, c'est pourquoi Il enseigné aux pécheurs le chemin' (Ps.
25,8). C'est pourquoi dans les villes de refuge il était écrit 'Refuge, refuge' etc.
[le long des routes] ; et de même la Torah, nos Sages ont dit qu'elle accueille (protège), comme il est écrit 'et voici la Torah', voir la. Et cela signifie que la Torah montre toujours le chemin, comment faire le bien désormais, même si l'on est déjà sorti de la voie droite.
Et la voie de la bénédiction est pour le juste parfait ; et la voie de la malédiction [est] même pour celui qui a faute - c'est pourquoi il est écrit 'que vous écouterez' (acher tichmeou, Deut. 11,27).
Car même la malédiction est 'si vous n'écoutez pas' (Deut. 11,28), et le châtiment est afin de nous ramener au bien, à écouter, comme il est enseigné dans le Midrach 'et ce sera, ekev [en conséquence de] ce que vous écouterez' (Deut.
7,12) - que malgré nous nous écouterons à la fin. Et il est écrit 'celui que le Nom aime, Il le reprend' (Proverbes 3,12).
Et il n'est pas écrit 'aime' [au présent] - car assurément la réprimande vient à cause de la faute. Mais le Saint reprend celui dont Il sait que par la réprimande il se retournera vers le bien et viendra à être aime ensuite.
C'est pourquoi la réprimande qui vient de Lui, par la force de la Torah, non par une 'lanière mauvaise', est pour le bien, comme il est écrit 'meilleure est la réprimande découverte [que l'amour caché]' (Proverbes 27,5). Explication : même en exil, où l'amour est caché et la réprimande découverte, malgré cela, si nous revenons devant Lui, tous les châtiments se retourneront en amour.
C'est pourquoi on ne fait pas de pause au milieu des malédictions, car nous devons veiller à achever le but visé et à revenir devant Lui par la réprimande, et alors cela se retourne en bénédiction, comme ci-dessus.
תרמ"ח
5648 (תרמ״ח)
בפסוק לשכנו תדרשו אחז"ל דרוש ע"פ נביא דרוש ותמצא ואח"כ יאמר לך נביא כמ"ש בדהע"ה עד אמצא מקום לה' כו' ע"ש בספרי. דהנה כתי' אשר יבחר ה' ולא גילה להם המקום מיד רק שיהי' בכח דרישת בנ"י כי א"י ובהמ"ק תלוי' בעבודת בנ"י וז"ש חז"ל דבעי' דרישה.
וכמו שכ' באאע"ה לך לך כו' אשר אראך ולא גילה לו מיד כמו כן פרטות מקום המקדש היו צריכין בנ"י לדרוש. ומקודם כתי' אבד תאבדון כו' לנקות א"י מכל פסולת ואח"כ לשכנו תדרשו כי הנה במקדש כ' מנוחה ונחלה דכמו דיש בשבת מנוחה שהיא הקדושה המתגלה בזמן ומתעברין מיני' כל חשכות הזמן לכן נק' מנוחה.
כמו כן יש בעולם מקום בהמ"ק דהוא מנוחה שסט"א אין לה שליטה בשם. וכמו כן בנפשות רוה"ק נק' מנוחה כמ"ש גבי ברוך ומנוחה לא מצאתי ע"ש.
והאדם צריך לדרוש לאותן המקומות והזמנים והנפשות שהקדושה מתגלה בהם וזה לשכנו תדרשו. ובאמת כל זו המצוה שייך בכל אדם שצריכין מקודם לעקור מנפשו כל הסט"א.
ואחר כך לשכנו תדרשו. מכ"ש בכלל ישראל לדרוש ולבקש להתחנן להקב"ה שיחזיר לנו הנבואה ורוה"ק ישרה בינינו כימי קדם:
Sur le verset 'Vous rechercherez Sa demeure' (Deut. 12,5), nos Sages ont dit : recherche par la bouche d'un prophète ; recherche et tu trouveras, et ensuite le prophète te dira, comme il est écrit chez David 'jusqu'à ce que je trouve un lieu pour le Nom' etc.
(Ps. 132,5), voir la dans le Sifri.
Car voici, il est écrit 'que le Nom choisira', et Il ne leur révéla pas le lieu aussitôt, mais [voulut] que ce soit par la force de la recherche d'Israël ; car la Terre d'Israël et le Temple dépendent du service d'Israël, et c'est ce que nos Sages ont dit qu'une recherche est requise. Et de même qu'il est écrit au sujet d'Abraham notre père 'Va-t'en' etc. 'vers [la terre] que Je te montrerai', et Il ne la lui révéla pas aussitôt - de même les détails du lieu du Temple, Israël devait les rechercher.
Et auparavant il est écrit 'vous détruirez entièrement' etc. (Deut.
12,2), pour nettoyer la Terre d'Israël de tout déchet, et ensuite 'vous rechercherez Sa demeure'. Car voici, au sujet du Temple il est écrit 'repos et héritage' (Deut.
12,9). Car de même qu'il y a dans le Chabbat un repos, qui est la sainteté se révélant dans le temps, et toute l'obscurité du temps s'en retire - c'est pourquoi on l'appelle repos (menouha) - de même il y a dans le monde le lieu du Temple, qui est repos, où la sitra ahara (l'autre côté) n'à aucune emprise sur le Nom.
Et de même dans les âmes, l'esprit saint (roua'h ha-kodech) est appelé repos, comme il est dit au sujet de Baroukh [ben Neria] 'et de repos je n'ai pas trouvé', voir la. Et l'homme doit rechercher ces lieux, ces temps et ces âmes où la sainteté se révèle, et c'est 'vous rechercherez Sa demeure'.
Et en vérité tout ce commandement s'applique à chaque homme, qui doit d'abord déraciner de son âme toute la sitra ahara, et ensuite 'rechercher Sa demeure'. À plus forte raison pour l'ensemble d'Israël : rechercher, demander et implorer le Saint-Béni-Soit-Il qu'Il nous rende la prophétie et que l'esprit saint repose parmi nous comme aux jours d'antan.
תרמ"ט
5649 (תרמ״ט)
במדרש כי ירחיב כו' את גבולך כו'. אגילה ואשמחה כו' ראית את עניי כו' העמדת במרחב רגלי כו'.
הענין היא כי כל מה שהקב"ה הביא נסיונות ויסורים על בנ"י הכל לטובה כמ"ש להטיבך באחריתך. ולאשר בנ"י הוכנו ונבראו לברר כבודו ית' בכל העולמות ובכל הגשמיות.
לכן הוצרכו מקודם להיות בכור הברזל ובגלות מצרים וכשהוציאנו השי"ת משם הרחיב אותנו. במרחב רגלי.
היא דרגא תחתונה שנק' רגלי להיות גם שם התרחבות הדעת. ולכן התיר לנו אח"כ בשר תאוה שניתן לבנ"י כח חירות שלא להיות נאסר ונאטם ע"י הגשמיות.
ומה שהי' מקודם אסור התיר להם כמ"ש במד' ה' מתיר אסורים ע"ש. והענין הוא כי הכל תלוי בעבודת האדם שהוא עולם קטן.
בפרט איש ישראל. וכמו שיש באדם מקומות שקשה למצוא שם הקדושה כמו כן נמצא ברואים שנאסרו ומטמטמים לב האוכל אותם.
וכפי מה שנעשה חירות ותיקון בנפשות בנ"י כן הותר להם אותן המינים. ולכן לעתיד איתא שיהי' מותר החזיר כאשר יהי' תיקון השלם.
ולכן כי ירחיב כו' הותר להם בשר תאוה שיוכלו להיות דבוק בקדושה ולא יזיק להם הבשר. ומה"ט ג"כ בשבת שהוא יום מנוחה וחירות מצוה להתענג כי אין התענוגים מזיקין לנפש.
וגם זה תלוי כפי היגיעה בימי המעשה. ראית את עניי כו' זה בימי המעשה העמדת במרחב הוא ש"ק.
וכמו כן בעוה"ז. העמדת במרחב בעוה"ב.
והכל ענין א'. ולכן מזכירין בבהמ"ז יצ"מ על שהוצאתנו כו' שע"י יצ"מ ונעשו בני חורין אין המזון מזיק וממילא יכולין למצוא פנימיות המזון להנפש כמ"ש מזה לעיל בפ' עקב ע"ש:
Dans le Midrach : 'Lorsque [le Nom] élargira' etc. 'ta frontière' etc. (Deut.
12,20). 'Je me réjouirai et j'exulterai' etc. 'Tu as vu ma misère' etc. 'Tu as place mes pieds au large' etc. (Ps.
31,8-9). Le sens est que tout ce que le Saint-Béni-Soit-Il à fait venir d'épreuves et de souffrances sur Israël, tout est pour le bien, comme il est écrit 'pour te faire du bien à ta fin' (Deut.
8,16). Et puisque Israël à été préparé et créé pour manifester Sa gloire dans tous les mondes et dans toute la matérialité, ils durent d'abord être dans le creuset de fer et dans l'exil d'Égypte ; et quand le Nom nous en fit sortir, Il nous élargit. 'Au large [Tu as place] mes pieds' - c'est le degré le plus bas, appelé 'mes pieds', afin que la aussi il y ait un élargissement de la connaissance (daat).
Et c'est pourquoi Il nous permit ensuite la viande de désir (bassar taava), car il fut donné à Israël une force de liberté, pour ne pas être enchaîne et bouche par la matérialité. Et ce qui était auparavant interdit, Il le leur permit, comme il est dit dans le Midrach 'le Nom délie les captifs [matir assourim]', voir la.
Et le sens est que tout dépend du service de l'homme, qui est un petit monde (olam katan), en particulier le Juif. Et de même qu'il y a dans l'homme des lieux où il est difficile d'y trouver la sainteté, de même il se trouve des créatures qui furent interdites et qui obstruent le cœur de celui qui les mange.
Et selon la mesure de liberté et de rectification (tikoun) accomplie dans les âmes d'Israël, ainsi leur furent permises ces espèces. Et c'est pourquoi il est enseigné que pour l'avenir le porc sera permis, quand sera accomplie la rectification complète.
Et c'est pourquoi 'lorsqu'Il élargira' etc. Il leur permit la viande de désir, afin qu'ils puissent être attachés à la sainteté et que la viande ne leur nuise pas.
Et pour ce même motif, le Chabbat, qui est jour de repos et de liberté, il est ordonné de s'y délecter (le-hitaneg), car les délices ne nuisent pas à l'âme. Et cela aussi dépend selon l'effort des jours ouvrables. 'Tu as vu ma misère' etc. - cela se rapporte aux jours ouvrables ; 'Tu as place [mes pieds] au large' est le saint Chabbat.
Et de même dans ce monde-ci : 'Tu as place [mes pieds] au large' [se rapporte] au monde à venir. Et tout est une seule et même chose.
Et c'est pourquoi l'on mentionne dans le Birkat ha-mazon la sortie d'Égypte, 'car Tu nous as fait sortir' etc. : car par la sortie d'Égypte nous sommes devenus des hommes libres, [de sorte que] la nourriture ne nuit pas, et par conséquent on peut trouver l'intériorité de la nourriture pour l'âme, comme je l'ai dit à ce sujet plus haut dans la section Ekev, voir la.
תרנ"ב
5652 (תרנ״ב)
בפסוק עשר תעשר כו' ואכלת לפני ה"א כו' למען תלמד ליראה כו'. כבר כ' בשם מו"ז ז"ל כי יש ללמוד מזה שמאכילת מצוה באין ליראה את ה' וביאר כי המאכל כשהוא מבורר מפסולת מביא יראה.
וע"י המעשר שניתן הראשית לשמו ית' נשאר קדושה גם בהשיריים ומתברר. וכמו כן בשבת א"צ בירור עכ"ד ז"ל.
ומצאתי שדבר אמת בפיו וכדבריו מפורש במד' תנחומא בפ' זו בזכות שני דברים בנ"י מתחטאין לפני המקום בזכות המעשר דכתי' ושמחת כו' ובזכות שבת דכתי' והתענג על ה'. וכמו כן בגמ' דשבת עשירים שבא"י במה הם זוכין בזכות המעשר.
ובח"ל בזכות השבת ע"ש. והענין הוא דהשפע הבאה מלמעלה הוא קודש רק כשמתלבש בדרך הטבע ניתוסף בו פסולת.
וזה רמז הפסוק היוצא השדה שנה שנה. ולא כתי' היוצא מן השדה לרמוז כי עיקר הבירור צריכין ע"י שהשפע יוצא אל השדה ומשם אל בני אדם.
ולכן המן שהי' לחם מן השמים לא הי' בו פסולת. אבל לחם מן הארץ השפע מתלבש בטבע ובזמן לכן צריך בירור.
ורמזו חז"ל כשם שא"א לבר בלי תבן כך א"א לחלום בלי דברים בטלים. ושניהם ענין א' הם כי החלום ג"כ בא ע"י מלאך.
ועד שבא אל האדם מתערבין בו דברים בטלים כמ"ש בזוה"ק. וכמו כן הנהגת הטבע הוא ע"י מלאך.
ורמז כי ה"ש"ד"ה גי' שד"י כמ"ש חז"ל ע"ש שאמר לעולמו די. והוא שפע הבאה בגבול וצימצום ע"י המלאך.
אכן ע"י המעשר זוכין לקבל שפע פנימיות בלי פסולת כמ"ש ובחנוני נא כו' והריקותי לכם ברכה עד בלי די. פי' שלא יהי' בהתלבשות הטבע והצימצום.
וכמו כן בשבת ההנהגה ע"י הקב"ה בעצמו למעלה מהטבע והזמן. וזה רמז היום לא תמצאוהו בשדה.
וזה שרמזו חז"ל בזכות ב' דברים מתחטאים כו' להיות מתעלין מן הטבע ומקבלין משלחן גבוה בלי תערובת פסולת. וכמו כן בגמ' הנ"ל עשירים במה זוכין דהעשירות צריך בירור דכתי' ברכת ה' כו' תעשיר ולא יוסיף עצב עמה.
משמע דבעשירות מתערב פסולת וצריך זכות להיות זך בלי פסולת מסט"א שהוא העצבון. וע"ז אמרו בזכות המעשר ובזכות השבת זוכין לקבל ברכת ה' בלי עצב.
וז"ש ויברך א' את יום השביעי פי' שיהי' יום השבת כלי שעל ידו יהי' הברכה בעולם. וכשמקבלין הברכה ע"י השבת הוא בקדושה בלי עצב.
וזהו השמח בחלקו פי' למעט חלק הסט"א שהיא העצבון רק כמ"ש והתענג על ה'. וז"ש בזוה"ק יתרו כיון דלא אשתכח בי' מנא מה ברכתא כו' אלא כולהו ברכאין בשביעאה תליין פי' שמפרש הפסוק כנ"ל שהשי"ת נותן הברכה על ידי השבת.
ומעין זה הוא בכל המצות שהם לברר ולתקן כל המעשים מתערובת הפסולת כמ"ש ז"ל רצה הקב"ה לזכות את ישראל הרבה להם תו"מ. וז"ש הברכה אשר תשמעו.
[מ"ש לעיל פי' והריקותי כו' בלי די מצאתי אח"ז בס' מאור עינים בשם הר' ר' זושא ז"ל ע"ש פ' ואתחנן]:
Sur le verset 'Tu prélèveras la dîme' etc. 'et tu mangeras devant le Nom ton Dieu' etc. 'afin que tu apprennes à craindre' etc. (Deut.
14,22-23). J'ai déjà écrit au nom de mon grand-père et maître, de mémoire bénie, que l'on peut apprendre de ceci que de la consommation liée à une mitsva on parvient à la crainte du Nom ; et il à expliqué que la nourriture, lorsqu'elle est purifiée du déchet, apporte la crainte.
Et par la dîme, dont la première part est donnée pour Son Nom, la sainteté demeure aussi dans les restes, qui deviennent purifiés. Et de même, le Chabbat, aucune purification n'est nécessaire - ainsi ses paroles, de mémoire bénie.
Et j'ai trouvé qu'il disait vrai, et que ses paroles sont explicites dans le Midrach Tan'houma sur cette section : 'Par le mérite de deux choses Israël se rend agréable devant l'Omniprésent : par le mérite de la dîme, comme il est écrit "et tu te réjouiras" etc., et par le mérite du Chabbat, comme il est écrit "et tu te délecteras dans le Nom" (Isaie 58,14).' Et de même dans la Guemara de Chabbat : les riches de la Terre d'Israël, par quoi le méritent-ils ? Par le mérite de la dîme.
Et [ceux] hors de la Terre, par le mérite du Chabbat, voir la. Et le sens est que l'abondance (chefa) qui vient d'en haut est sainte ; seulement, lorsqu'elle se revêt dans la voie de la nature, un déchet s'y ajoute.
Et c'est ce que le verset indique : 'ce qui sort [dans] le champ, année par année' (Deut. 14,22).
Et il n'est pas écrit 'ce qui sort du champ', pour indiquer que la purification essentielle est requise par le fait que l'abondance sort vers le champ et de la vers les hommes. Et c'est pourquoi la manne, qui était pain venu du ciel, n'avait en elle aucun déchet ; mais le pain venu de la terre - l'abondance s'y revêt de la nature et du temps, c'est pourquoi il requiert purification.
Et nos Sages ont indiqué : de même qu'il est impossible d'avoir du grain sans paille, de même il est impossible de rêver sans propos vains. Et les deux sont une seule et même chose, car le rêve aussi vient par l'intermédiaire d'un ange, et avant qu'il ne parvienne à l'homme, des propos vains s'y mêlent, comme il est dit dans le saint Zohar.
Et de même la conduite de la nature se fait par l'intermédiaire d'un ange. Et il à indique que ha-sadeh (le champ, השדה) à la valeur numérique de Chaddai (שדי), comme l'ont dit nos Sages, parce qu'Il dit à Son monde 'assez' (dai) - et c'est l'abondance qui vient dans la limite et la contraction (tsimtsoum) par l'intermédiaire de l'ange.
Cependant, par la dîme on mérite de recevoir une abondance intérieure sans déchet, comme il est écrit 'et éprouvez-Moi donc' etc. 'et Je répandrai sur vous une bénédiction jusqu'à ce qu'il n'y ait plus assez de place' (ad bli dai, Malachie 3,10). Explication : elle ne sera pas dans le revêtement de la nature ni dans la contraction.
Et de même le Chabbat, la conduite se fait par le Saint-Béni-Soit-Il Lui-même, au-dessus de la nature et du temps. Et c'est ce qu'indique 'aujourd'hui vous ne le trouverez pas dans le champ' (Exode 16,25).
Et c'est ce qu'ont indiqué nos Sages, 'par le mérite de deux choses ils se rendent agréables' etc. - être élèves au-dessus de la nature et recevoir de la table d'en haut sans mélange de déchet. Et de même dans la Guemara susdite : les riches, par quoi le méritent-ils - car la richesse requiert purification, comme il est écrit 'la bénédiction du Nom' etc. 'elle enrichit, et Il n'y ajoute pas de peine' (Proverbes 10,22).
Cela implique que dans la richesse un déchet se mêle, et qu'un mérite est requis pour être pur sans déchet de la sitra ahara, qui est la tristesse (itsavon). Et sur cela ils ont dit : par le mérite de la dîme et par le mérite du Chabbat on mérite de recevoir la bénédiction du Nom sans peine.
Et c'est 'et Dieu bénit le septième jour' (Genèse 2,3) : signifiant que le jour du Chabbat soit un vase (keli) par lequel la bénédiction sera dans le monde. Et quand on reçoit la bénédiction par le Chabbat, elle est dans la sainteté, sans peine.
Et c'est 'celui qui se réjouit de sa part' (Avot 4,1) : signifiant diminuer la part de la sitra ahara, qui est la tristesse, seulement comme il est écrit 'et délecte-toi dans le Nom'. Et c'est ce que dit le saint Zohar [sur] Yitro : 'puisqu'il ne s'y trouve pas de manne, quelle bénédiction ?' etc. 'mais toutes les bénédictions dépendent du septième' - signifiant qu'il expliqué le verset comme ci-dessus, que le Nom donne la bénédiction par l'intermédiaire du Chabbat.
Et de ce genre il en est dans tous les commandements, qui sont pour purifier et rectifier tous les actes du mélange du déchet, comme ont dit nos Sages 'le Saint à voulu conférer du mérite à Israël, c'est pourquoi Il leur a multiplié Torah et commandements' (Makot 3,16). Et c'est la bénédiction 'que vous écouterez'.
[Ce que j'ai écrit plus haut, l'explication de 'et Je répandrai' etc. 'sans assez de place', je l'ai trouvée ensuite dans le livre Meor Einayim au nom de Rabbi Reb Zoucha, de mémoire bénie, sur la section Vaethanan.]
תרנ"ג
5653 (תרנ״ג)
במדרש אל תקוץ בתוכחתו. אין מפסיקין בקללות לא לרעתך נתתי לך ברכות וקללות כו'.
כמ"ש במ"א כי העולם נברא בב' לשון ברכה הלואי שיתקיים כמ"ש שם במד'. אבל התורה התחילה בא' אנכי.
והוא הדרך שבה יוכל אדם לתקן גם כל מה שקילקל כמ"ש תורת ה' תמימה לכן משיבת נפש. פי' כי הכל מתקיים בכח התורה א"כ לעולם יכולין לתקן עצמו ע"י התורה.
ואפי' כשאדם נופל בחטאו ובכ"מ שהוא. מ"מ הלא לעולם יש משפט ע"פ התורה מה לעשות ובזה משיב נפשו.
וכמו שמצינו בעזרא כשחטאו בנשים נכריות התחזקו ואמרו יש מקוה לישראל כו' וכתורה יעשה. וז"ש אנכי נותן בחי' התורה שהתחיל בה אנכי.
וזה תיקון לברכה וקללה. וז"ש בספרי משל לדרך שתחילתו קוצים וסופו מישור ע"ש.
והלא התורה דרכי' דרכי נועם וחלילה שיהי' תחילתה קוצים. אך הרבותא שהתורה יכולה לתקן.
אפי' מי שבא לעקמומית. התורה מיישרת דרכיו.
כמ"ש בכל דרכיך דעהו פי' עשה כתורה. והוא הדעת.
והוא יישר אורחותיך. ולכן כתיב בברכה אשר תשמעו ולא אם תשמעו.
לומר שלעולם אפי' שכבר לא שמעת ח"ו מ"מ עתה שמעו ותחי נפשכם. וז"ש בפ' והי' א"ש אחר כל העונשים ושמתם כו' דברי אלה כו' ובזה תוכלו לחזור לברכה.
ולכן אין מפסיקין בקללות רק להיות סופו מישור ולטובתך נתתי כמ"ש:
Dans le Midrach : 'Ne méprise pas Sa réprimande' (Proverbes 3,11). 'On ne fait pas de pause au milieu des malédictions' (Meguila 31b). 'Ce n'est pas pour ton mal que Je t'ai donné bénédictions et malédictions' etc. Comme je l'ai écrit ailleurs, le monde à été créé avec le mot 'bénédiction' - 'pourvu qu'il subsiste', comme il est dit la dans le Midrach.
Mais la Torah à commencé par un aleph, 'Anokhi' (Moi, Exode 20,2). Et c'est la voie par laquelle un homme peut rectifier aussi tout ce qu'il à abîmé, comme il est écrit 'la Torah du Nom est parfaite (temima), c'est pourquoi elle restaure l'âme' (Ps.
19,8). Explication : puisque tout se maintient par la force de la Torah, on peut donc toujours se rectifier par la Torah.
Et même lorsqu'un homme tombe dans sa faute et en quelque lieu qu'il soit, malgré cela, voici qu'il y a toujours un jugement selon la Torah sur ce qu'il faut faire, et par cela il restaure son âme. Et comme nous le trouvons chez Ezra, lorsqu'ils fautèrent avec des femmes étrangères, ils se renforcèrent et dirent 'il y a un espoir pour Israël' etc. 'et qu'il soit fait selon la Torah' (Ezra 10,2-3).
Et c'est 'Moi Je place [devant vous]', l'aspect de la Torah, qui a commencé par 'Anokhi'. Et c'est la rectification pour la bénédiction et la malédiction.
Et c'est ce [que dit] le Sifri : une parabole d'un chemin dont le début est épines et la fin plaine, voir la. Or, les 'voies [de la Torah] sont des voies d'agrément' (Proverbes 3,17), et il serait impensable que son début soit épines.
Mais la chose remarquable est que la Torah est capable de rectifier ; même celui qui est venu à la tortuosité, la Torah redresse ses voies, comme il est écrit 'dans toutes tes voies connais-Le' (Proverbes 3,6) : signifiant agis selon la Torah, qui est la connaissance (daat), et Lui redressera tes sentiers. Et c'est pourquoi il est écrit au sujet de la bénédiction 'que vous écouterez' (acher tichmeou) et non 'si vous écoutez' (im tichmeou) : pour dire que toujours, même si tu n'as déjà pas écouté, à Dieu ne plaise, malgré cela écoutez maintenant et votre âme vivra.
Et c'est ce [que dit] la section 'Et ce sera, si [vous écoutez]' après tous les châtiments : 'et vous placerez' etc. 'ces Miennes paroles' etc. [et] par cela vous pourrez revenir à la bénédiction.
Et c'est pourquoi on ne fait pas de pause au milieu des malédictions, mais afin que sa fin soit plaine et 'pour ton bien Je [les] ai données', comme je l'ai écrit.
בפסוק בנים אתם כו' ול"ת קרחה ב"ע למת. ובמשנה חביבין ישראל שנק' בנים חיבה יתירה נודעת להם כו' פי' הקב"ה נתן לנו אותות ומצות שעל ידיהם יהי' לנו דביקות בכח הנשמות שמצד זה נקראו בנים.
כי כל המצות שנק' אות כמו מילה שבת תפילין כולם הם לעורר הפנימיות וכח הנשמה. וכמ"ש שם לטוטפות בין עיניכם כמו כן כתי' כאן ול"ת קרחה בין עיניכם שלא להתדבק בגשמיות להסתיר הדעת והתקשרות הנשמה.
כי כל הגשמיות נק' מת שאין לו קיום. אבל הנשמה היא החיות כמ"ש ויפח באפיו נשמת חיים כו'.
ז"ש ולא תשימו קרחה ב"ע למת. וכמו כן כתי' אח"כ ל"ת כל תועבה כי מאכלות אסורות מטמטמים הלב שלא תוכל הנשמה להתגלות בגוף האדם כנ"ל.
וכן איתא בתיקונים בנים מסטרא דנשמתין אפרוחין רוחין ביצים נפשין ע"ש:
Sur le verset 'Vous êtes des fils [pour le Nom votre Dieu], et vous ne ferez pas de tonsure [entre vos yeux] pour un mort' (Deut. 14,1).
Et dans la Michna : 'Cheris sont Israël, car ils sont appelés fils ; un amour encore plus grand leur fut fait connaître' etc. (Avot 3,14).
Explication : le Saint nous à donné des signes et des commandements par lesquels nous avons un attachement par la force des âmes, du côté desquelles [aspect] ils sont appelés fils. Car tous les commandements qui sont appelés 'signe' - comme la circoncision, le Chabbat, les tefilin - tous sont pour éveiller l'intériorité et la force de l'âme.
Et comme il est dit la 'pour frontaux entre vos yeux' (Deut. 6,8), de même il est écrit ici 'et vous ne ferez pas de tonsure entre vos yeux' : ne pas s'attacher à la matérialité au point de cacher la connaissance (daat) et le lien de l'âme.
Car toute la matérialité est appelée 'mort', n'ayant pas de permanence ; mais l'âme est la vitalité, comme il est écrit 'et Il insuffla dans ses narines une haleine de vie' etc. (Genèse 2,7).
C'est 'et vous ne ferez pas de tonsure entre vos yeux pour un mort'. Et de même il est écrit ensuite 'tu ne [mangeras] aucune abomination' (Deut.
14,3), car les aliments interdits obstruent le cœur, de sorte que l'âme ne peut se révéler dans le corps de l'homme, comme ci-dessus. Et ainsi est-il enseigné dans les Tikounim : 'fils' du côté des nechamot (âmes) ; 'oisillons' - rouhin (esprits) ; 'œufs' - nefachin (âmes vitales), voir la.
תרנ"ד
5654 (תרנ״ד)
בפסוק ראה אנכי נותן. אנכי היא התורה.
וגם כפשוטו כחו של מרע"ה לפניכם כחן של ישראל. וכתי' מחדש בטובו בכל יום מ"ב.
בטובו הוא התורה וגם מרע"ה וישראל. כדאיתא יבא טוב ויקבל טוב מטוב לטובים.
שהברכה בא בכל יום מהקב"ה באמצעיות התורה וישראל ומשה רבינו ע"ה. וז"ש במד' אל תגביהו את הטובה מלבוא לעולם כי הברכה לפניכם היא.
וגם זה עצמו הפי' ראה כו' היום. שצריך האדם לראות בכל יום כי הברכה תלוי בשמיעת התורה ומצות:
Sur le verset 'Vois, Moi Je place [devant vous]' (Deut. 11,26). 'Anokhi' (Moi) est la Torah.
Et aussi selon le sens simple : la force de Moché notre maître est devant vous, la force d'Israël. Et il est écrit 'Il renouvelle dans Sa bonté chaque jour [l'œuvre de la Création]' (liturgie du matin). 'Dans Sa bonté' (be-touvo) est la Torah, et aussi Moché notre maître et Israël, comme il est enseigné : 'que le bon vienne et reçoive le bien du Bon pour les bons' (Menahot 53b).
Car la bénédiction vient chaque jour du Saint-Béni-Soit-Il par l'intermédiaire de la Torah, d'Israël et de Moché notre maître, la paix sur lui. Et c'est ce [que dit] le Midrach : 'n'écartez pas le bien [ne l'empechez pas] de venir dans le monde', car la bénédiction est devant vous.
Et cela même est aussi l'explication de 'Vois' etc. 'aujourd'hui' (Deut. 11,26) - que l'homme doit voir chaque jour que la bénédiction dépend de l'écoute de la Torah et des commandements.
עוד במדרש אין מפסיקין בקללות משום דכתיב מוסר ה' בני אל תמאס. כי הקב"ה נתן כל הנהגות בנ"י ע"פ התורה.
ולכן מקבלין בנ"י הברכה וגם הקללה ע"פ התורה. ואין עונש איש ישראל כמו עונש הרשעים אבל גם הוא תורה ולכן נק' מוסר ה'.
וכמו בקבלת הטובה אין השפע בא לבנ"י ע"י אמצעיים רק מהקב"ה בעצמו וזה אות השבת כמ"ש במ"א. כמו כן העונשין של בנ"י לא נמסרו לשליח.
וז"ש אנכי נותן אנכי היא התורה וכ"כ עמו אנכי בצרה. וע"ז כתי' אוהבו שחרו מוסר.
שגם המוסר יש בו אור ושחר. היפוך מ"ש חושך שבטו שונא בנו.
וע"ז אמר דהע"ה שבטך ומשענתך המה ינחמוני. וכל העונשים של בנ"י להעביר ליכלוך העונות כדאי' בזוה"ק שלח ה' ממית כו' וכי שמא דא ממית רק שהוא ממית הסט"א וחשכות הגוף להאיר הנשמה ע"ש.
וזה ג"כ פי' הכ' ראה אנכי נותן כו'. פי' שיכולין לקבל התורה דרך הברכה כשזוכין לכך.
ואם לאו יצטרכו לקבל התורה ע"י העונשין ח"ו. ולכן אין מפסיקין בקללות כי סופם לבא לידי ברכה כי הוא מוסר ה' וכמ"ש אשר יאהב ה' יוכיח פי' בעצמו:
Encore dans le Midrach : 'On ne fait pas de pause au milieu des malédictions' parce qu'il est écrit 'la correction du Nom, mon fils, ne la dédaigne pas' (Proverbes 3,11). Car le Saint à placé toute la conduite d'Israël selon la Torah.
Et c'est pourquoi Israël reçoit la bénédiction et aussi la malédiction selon la Torah. Et le châtiment du Juif n'est pas comme le châtiment des méchants, mais lui aussi est Torah, et c'est pourquoi on l'appelle 'la correction (moussar) du Nom'.
Et de même que, dans la réception du bien, l'abondance ne vient pas à Israël par des intermédiaires mais du Saint-Béni-Soit-Il Lui-même - et c'est le signe du Chabbat, comme je l'ai écrit ailleurs - de même les châtiments d'Israël ne furent pas remis à un envoyé. Et c'est 'Moi Je place [devant vous]' (Anokhi noten) - 'Anokhi' est la Torah, et ainsi 'Je suis avec lui dans la détresse' (Ps.
91,15). Et sur cela il est écrit 'celui qu'Il aime, Il le corrige des l'aube' (Proverbes 13,24) : que la correction aussi renferme lumière et aube (chahar), à l'oppose de ce qui est écrit 'qui épargne sa verge hait son fils' (Proverbes 13,24).
Et sur cela David à dit 'Ta verge et Ton bâton, ce sont eux qui me consolent' (Ps. 23,4).
Et tous les châtiments d'Israël sont pour retirer la souillure des fautes, comme il est enseigné dans le saint Zohar [sur] Chelah : 'le Nom envoie [et] fait mourir' etc. - et ce Nom fait-il mourir ? Mais Il fait mourir la sitra ahara et l'obscurité du corps, pour illuminer l'âme, voir la.
Et c'est aussi l'explication du verset 'Vois, Moi Je place [devant vous]' etc. Explication : on peut recevoir la Torah par la voie de la bénédiction quand on le mérite ; et sinon, ils devront recevoir la Torah par l'intermédiaire des châtiments, à Dieu ne plaise.
Et c'est pourquoi on ne fait pas de pause au milieu des malédictions, car leur fin est de parvenir à la bénédiction, car c'est la correction du Nom, et comme il est écrit 'celui que le Nom aime, Il le reprend' - signifiant Lui-même.
On ne fait pas de pause dans les malédictions. Selon le Sfat Emet, « la correction de l'Éternel, ne méprise pas » : bénédictions et malédictions font connaître la bonne voie. Les souffrances d'Israël sont Torah et enseignement ; sans interruption de l'étude ni de la prière, ce sont des souffrances d'amour, où l'homme trouve Torah et prière. « Anokhi » est la Torah : qui s'y adonne pour elle-même, elle lui fait connaître sa faute et illumine les yeux d'Israël. Selon l'occupation à la Torah, on voit chaque jour la conduite du Créateur ; à chaque faute, on est puni aussitôt et l'on comprend comment réparer.
Aussi : gratification au terme du service, à plus forte raison quand l'homme achève sa mission ; le Chabbat comme gratification et âme supplémentaire selon les jours ouvrables ; la Torah après l'Égypte, et la même règle en chaque exil.
בפסוק בנים אתם לה"א. ופליגי בברייתא ר"מ אומר אם נוהגין מנהג בנים ור"י אומר ב"כ וב"כ קרוין בנים כדאיתא בקדושין ל"ו.
ויש להקשות האיך אפשר הבן להתחלף הלא זה החילוק בין בן לעבד כדאיתא בזוה"ק עבד אי לא יפלח כדחזי יעביר לי'. אבל ברא או יקטלוני' או יעבד רעותי' ואיך יוכל להשתנות מעבד לבן.
אבל התירוץ הוא כמ"ש במ"א כי בוודאי בנים קאי על הנשמה ולא על הגוף שבא מט"ס. וכפי זיכוך הגוף זוכין להארת הנשמה.
ונק' בנים. וז"ש אם אתה נוהג מנהג בנים שנמשך הגוף אחר כח הנשמה.
חל על הגוף גם הארת הנשמה. ואם לאו מסתלק הארת הנשמה ח"ו.
ובשבת שהוא יומא דנשמתא נק' בנ"י בנים לעולם:
Sur le verset "Vous êtes des fils pour l'Éternel votre Dieu" (Deut 14,1). Il y a une controverse dans la beraita: Rabbi Meir dit -- [seulement] s'ils se conduisent selon la conduite de fils; et Rabbi Yehouda dit -- dans les deux cas [qu'ils se conduisent bien où mal] ils sont appelés fils, comme il est dit dans Kidouchin 36.
Et il y a lieu de questionner: comment le fils pourrait-il changer [de statut]? N'est-ce pas la la différence entre un fils et un serviteur, comme il est dit dans le saint Zohar: un serviteur, s'il ne sert pas comme il convient, on le remplace; mais un fils, où bien ils le tueront, où bien il fera Sa volonté -- et comment pourrait-il se transformer de serviteur en fils?
Mais la réponse est comme nous l'avons écrit ailleurs: car assurément le terme "fils" se rapporte à l'âme et non au corps, qui provient de mem-têt-samekh (le côté inférieur). Et selon l'affinement du corps, on mérite l'illumination de l'âme, et [alors] on est appelé fils.
C'est ce que dit [le verset]: si tu te conduis selon la conduite de fils -- que le corps se laisse entraîner après la force de l'âme -- alors se pose aussi sur le corps l'illumination de l'âme; et sinon, l'illumination de l'âme se retire, à Dieu ne plaise. Et le Chabbat, qui est "le jour de l'âme", ils sont appelés enfants d'Israël, fils pour toujours.
בפסוק עשר תעשר כו' ואכלת לפני ה"א כו' למען תלמד ליראה כו'. מו"ז ז"ל אמר ללמוד מכאן דאכילה בקדושה לפני ה' מתקן האדם להיות ירא שמים.
וכמו כן סעודת שבת שנקרא סעודתא דמהימנותא לפי שמתקן הגוף להיות נמשך אחר הקדושה ודפח"ח. וז"ש במד' רעה אמונה על הפרשת המעשרות וגם תורתך בתוך מעי ע"ש.
כי המעשרות הי' מתקן המאכל וניזון האדם בקדושה. לכן נסמך עשר תעשר למאכלות אסורות שמקודם.
וזה רמז המעשר דאיתא עוה"ז נברא בה' ועוה"ב בי'. וכבר כתבנו במ"א כי זה האותות שנתן הקב"ה בבנ"י אות המילה ביו"ד לרמוז שהם בני עוה"ב.
ולפי שא"י בעוה"ז להתקדש לגמרי כמו בעוה"ב נתן לנו מצות לאחוז בהם בדרך הקודש. וכן שבת שהיא מעין עוה"ב.
ובזוה"ק דיש לכל איש ישראל אות ברית מילה ושבת. מילה ותפילין והם ב' יודין משם הוי' ושם אדנות.
והם תיקון ברית הלשון והמעור. ולכן כתי' עשר תעשר לרמוז על ב' הבריתות שניתקנו בכח המעשרות.
ולכן הי' מצות וידוי אחר המעשרות כדכתי' בפ' כי תכלה לעשר כו' ואמרת לפני ה' כו' ביערתי כו'. שנפתח פיו של איש ישראל.
וזה שרמזו במד' תנחומא שאמר איוב אם לא הפרשתי מעשרות תמו דברי איוב שלא אוכל להתוודות ע"ש. וכמו כן ניתקן ברית המעור שנתראו לפני ה' ג"ע בשנה כדכתי' יראה כל זכורך.
ומעין זה יש בשבת כמ"ש במד' תנחומא בב' דברים מתחטאין בנ"י לפני המקום בזכות שבת ומעשרות ע"ש:
Sur le verset "Tu prélèveras la dîme (asser te'asser)... et tu mangeras devant l'Éternel ton Dieu... afin que tu apprennes à craindre..." (Deut 14,22-23). Mon grand-père, de mémoire bénie, à dit qu'on apprend d'ici que manger en sainteté devant l'Éternel réparé l'homme pour qu'il devienne craignant le Ciel.
De même le repas du Chabbat, appelé "le repas de la foi" (seoudata de-mehimnouta), car il répare le corps pour qu'il se laisse entraîner après la sainteté -- et ce sont paroles pleines de grâce de la bouche du sage. C'est ce que dit le Midrach: "Fais paître la foi" (Ps 37,3) -- au sujet du prélèvement des dîmes; et aussi "ta Torah au-dedans de mes entrailles" (Ps 40,9), vois la.
Car les dîmes réparaient la nourriture et l'homme était sustente en sainteté. C'est pourquoi "asser te'asser" est placé à la suite des aliments interdits qui précèdent.
Et c'est l'allusion de la dîme, comme il est dit: ce monde-ci à été créé par la lettre hé et le monde à venir par la lettre youd. Et nous avons déjà écrit ailleurs que ce sont la les signes que le Saint, béni soit-Il, à donnés aux enfants d'Israël: le signe de la circoncision par le youd, pour faire allusion qu'ils sont les fils du monde à venir.
Et puisqu'il n'est pas possible en ce monde de se sanctifier entièrement comme dans le monde à venir, Il nous à donné des commandements par lesquels nous saisir sur la voie de la sainteté. Ainsi le Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir.
Et il est dit dans le saint Zohar que chaque homme d'Israël possède le signe de l'alliance de la circoncision et le Chabbat. La circoncision et les tefilin -- ce sont deux youd, du Nom Havaya (yod-hé-vav-hé) et du Nom de seigneurie (Ad-nout).
Et ils sont la réparation de l'alliance de la langue et de l'alliance du sexe. C'est pourquoi il est écrit "asser te'asser", pour faire allusion aux deux alliances qui sont réparées par la force des dîmes.
Et c'est pourquoi le commandement de la confession (vidouy) suit les dîmes, comme il est écrit dans la section "Quand tu auras achève de prélever la dîme... tu diras devant l'Éternel... j'ai enlève..." (Deut 26,12-13), car la bouche de l'homme d'Israël s'ouvre alors. C'est ce à quoi ils ont fait allusion dans le Midrach Tan'houma: Job dit "si je n'ai pas prélève les dîmes, que finissent les paroles de Job" -- [c'est-à-dire] que je ne puisse me confesser, vois la.
De même fut réparée l'alliance du sexe, par le fait qu'ils se montraient devant l'Éternel trois fois l'an, comme il est écrit "que tout mâle paraisse [devant l'Éternel]" (Ex 23,17). Et quelque chose de cet ordre se trouve dans le Chabbat, comme il est dit dans le Midrach Tan'houma: par deux choses les enfants d'Israël s'attachent tendrement devant l'Omniprésent, par le mérite du Chabbat et des dîmes, vois la.
תרנ"ו
5656 (תרנ״ו)
את הברכה אשר תשמעו. השמיעה היא כלי מחזיק ברכה דאיתא חרשו נותן לו דמי כולו א"כ השמיעה היא שלימות האדם.
והענין הוא כי עוה"ז אינו בשלימות. והאדם שהוא תכלית הבריאה הוא נברא רק לשמוע דבר ה'.
וזה השלימות שלו שהוא כלי מוכן לכבודו ית"ש. וכפי הכנה שלו לשמוע מצות הבורא זה השלימות.
ובזה זוכה לקבל הברכות. ולכן השבת כ' בו ויברך כו' יום השביעי.
כי בכל מ"ב הי' איזה בריאה וכשנגמר כל הבריאה אז האדם מוכן לקבל מצות ה' וזה השבת. וכן נאמר היום אם בקולו תשמעו היינו שבת שנק' היום.
ולכן כל המלאכות בו בטלים. ושבת יעשה כולו תורה.
והתורה ניתנה בשבת שהוא היום שמוכן האדם לשמוע ולקבל דברי תורה לכן בו הברכה. וקודם החטא שהקדימו בנ"י נעשה לנשמע היו מוכנים לקבל הברכה גם בבחי' המעשה.
ועתה הכל רק בכח השמיעה. לכן כתיב אשר תשמעו:
"La bénédiction, que vous écouterez" (Deut 11,27). L'écoute est le vase qui contient la bénédiction, car il est enseigné: celui qui rend sourd [son prochain] lui verse la valeur de [l'homme] tout entier (Baba Kama 85b) -- donc l'écoute est la perfection de l'homme.
Et l'affaire est ainsi: ce monde-ci n'est pas dans la perfection; et l'homme, qui est la finalité de la création, n'à été créé que pour écouter la parole de l'Éternel. C'est la sa perfection: être un vase prêt pour la gloire du Nom, qu'Il soit béni.
Et selon sa préparation à écouter les commandements du Créateur, telle est cette perfection; et par cela il mérite de recevoir les bénédictions. C'est pourquoi il est écrit du Chabbat "et Il bénit... le septième jour" (Gen 2,3): car durant toute l'œuvre de la Genèse (maasse berechit) il y eut telle où telle création, et quand toute la création fut achevée, alors l'homme fut prêt à recevoir les commandements de l'Éternel -- et c'est cela le Chabbat.
De même il est dit "aujourd'hui, si vous écoutez Sa voix" (Ps 95,7), c'est-à-dire le Chabbat, appelé "aujourd'hui"; c'est pourquoi tous les travaux y cessent, et le Chabbat doit être consacré tout entier à la Torah. Et la Torah fut donnée un Chabbat, qui est le jour où l'homme est prêt à écouter et à recevoir les paroles de la Torah -- c'est pourquoi la bénédiction s'y trouve.
Et avant la faute, lorsque les enfants d'Israël firent précéder "nous ferons" à "nous écouterons", ils étaient prêts à recevoir la bénédiction aussi dans l'aspect de l'action; mais désormais tout n'est plus que par la force de l'écoute. C'est pourquoi il est écrit "que vous écouterez".
בפסוק כי ירחיב כו' תאוה נפשך לאכול בשר בכל אות נפשך תאכל בשר. ורש"י כ' למדך ד"א שלא לאכול בשר רק מתוך רחבת ידים ועושר.
דכל מה שכופל הפסוק בכל אות נפשך בכל אות נפשך וכי התיר הכ' למלאות התאוה. אכן אין ריבוי אחר ריבוי בתורה אלא למעט.
כי באמת כל תאוה יש לה שורש בנפש אך תאות הגוף מכסה על תאות הנפש שלא יהי' ניכר העיקר. ואיתא בשם הבעש"ט בפסוק רעבים גם צמאים נפשם בהם תתעטף ופי' למה ברא הקב"ה להיות לאדם רעבון וצמאון לאלה הדברים רק שיש בהם ניצוצות השייכים אל הנפש כו'.
וזה פ' נפשם בהם תתעטף כי עיקר רצון הנפש מעוטף ומכוסה ומלובש ברעבון וצמאון של הגוף. ולכן לעתיד כתי' לא רעב ללחם ולא צמא למים כ"א לשמוע כו' דברי ה'.
כי יתגלה רעבון וצמאון העיקר הגנוז ולכן יתבטל רעבון וצמאון הגשמיי. כי הנה האלקים עשה האדם ישר.
והגם כי יש גם ליצה"ר חלק באדם שאור שבעיסה. מ"מ אם האדם בר דעת ואינו נשתנה ומקבל כל בחי' שבו את שלו.
ממילא משהו הבא אל הגוף ויצה"ר בטל וטפל אל הנפש. וזה עצמו הפי' בכל אות נפשך דייקא להיות התאוה בנפש וגוף.
ולא יבטל הגוף תשוקת הנפש. ובזה עצמו מתמעט תאות הגוף.
אבל כשגובר תאות הגוף הרי אינו בכל אות נפשך. וזהו הריבוי אחר ריבוי למעט תאות הגוף כנ"ל.
ובאמת אין זוכין לזה רק כי ירחיב ה' כו' גבולך וכמ"ש במד' העמדת במרחב רגלי ולכן אחז"ל אין ע"ה רשאי לאכול בשר. דאין לך בן חורין אלא העוסק בתורה ואז יש לו חירות שאין הנפש מתאסר בתאות הגוף.
וזה נק' רחבת ידים ועושר. כי אין עני אלא מתורה ומצות.
ופי' רחבת ידים כדאיתא בזוה"ק בפסוק אשר תמצא ידך לעשות בכחך פי' בכח הנשמה ע"ש. כי יד הוא הכח להיות הנשמה ונפש שולטת באדם.
לכן בשבת שנק' רחובות ובו יש כח הנשמה יתירה מצוה לאכול בשר ולשתות יין. ובס' זאת זכרון פי' ע"ד רמז כצבי וכאיל תאכלנו כי הצבי ישן בעין א' ועין א' מביט תמיד לאחוריו.
כן בשעת אכילה צריכין שלא לשכוח תורת ה' ולזכור בכל פעם עבודת ה' ע"ש:
Sur le verset "Quand l'Éternel élargira [ton territoire]... et que ton âme désirera manger de la viande, tu mangeras de la viande selon tout le désir de ton âme" (Deut 12,20). Et Rachi écrit: cela t'enseigné une règle de conduite (derekh erets), qu'on ne mange de la viande que dans l'aisance et la richesse.
Car pourquoi le verset répété-t-il "selon tout le désir de ton âme... selon tout le désir de ton âme" -- le verset aurait-il permis d'assouvir le désir? Mais en vérité, il n'y a pas d'amplification après amplification dans la Torah si ce n'est pour restreindre.
Car en vérité tout désir à sa racine dans l'âme; seulement le désir du corps recouvre le désir de l'âme, en sorte que l'essentiel ne se laisse pas discerner. Et il est rapporté au nom du Baal Chem Tov, sur le verset "affamés et assoiffés aussi, leur âme en eux défaillait (tit'ataf)" (Ps 107,5) -- il expliqué: pourquoi le Saint, béni soit-Il, à-t-Il créé chez l'homme la faim et la soif de ces choses?
Seulement parce qu'il s'y trouve des étincelles qui appartiennent à l'âme. Et c'est le sens de "leur âme en eux tit'ataf (s'enveloppe)": car l'essentiel du désir de l'âme est enveloppe, recouvert et revêtu dans la faim et la soif du corps.
C'est pourquoi il est écrit pour l'avenir "point de faim de pain ni de soif d'eau, mais [la soif] d'entendre les paroles de l'Éternel" (Amos 8,11): car se révélera la faim et la soif de l'essentiel caché, et alors s'annulera la faim et la soif du matériel. Car voici, "Dieu à fait l'homme droit" (Eccl 7,29); et bien que le mauvais penchant ait lui aussi une part dans l'homme -- le "levain dans la pâte" -- néanmoins, si l'homme est doté de discernement et ne se laisse pas altérer, et que chaque aspect en lui reçoit ce qui lui revient, alors d'elle-même la petite part qui vient au corps et au mauvais penchant devient annulée et secondaire par rapport à l'âme.
Et c'est la même le sens de "selon tout le désir de ton âme" précisément: que le désir soit dans l'âme et dans le corps, et que le corps n'annule pas l'aspiration de l'âme; et par cela même se restreint le désir du corps. Mais lorsque le désir du corps l'emporte, ce n'est plus "selon tout le désir de ton âme".
Voilà l'amplification après amplification, pour restreindre le désir du corps, comme ci-dessus. Et en vérité on ne mérite cela que "lorsque l'Éternel élargira ton territoire", comme il est dit dans le Midrach "Tu as mis mes pieds au large" (Ps 31,9).
C'est pourquoi nos Sages ont dit qu'un ignorant (am ha-arets) n'à pas le droit de manger de la viande: car "il n'est d'homme libre que celui qui s'adonne à la Torah" (Avot 6,2), et alors il possède la liberté, l'âme n'étant pas emprisonnée dans le désir du corps. Et c'est cela l'aisance et la richesse; car "il n'est de pauvre qu'en Torah et en commandements".
Et le sens de "l'aisance des mains (rehavat yadayim)" est comme il est dit dans le saint Zohar sur le verset "ce que ta main trouvera à faire, fais-le par ta force" (Eccl 9,10) -- il expliqué: par la force de l'âme, vois la. Car la "main" est la force pour que l'âme (nechama et nefech) domine dans l'homme.
C'est pourquoi le Chabbat, appelé "les placés larges (rehovot)", et où se trouve la force de l'âme supplémentaire (nechama yetera), il est un commandement d'y manger de la viande et de boire du vin. Et dans le livre "Zot Zikaron" il expliqué par voie d'allusion "tu le mangeras comme la gazelle et comme le cerf" (Deut 12,22): car la gazelle dort d'un œil et de l'autre œil regarde constamment derrière elle; de même, au moment de manger, il faut ne pas oublier la Torah de l'Éternel et se rappeler à chaque fois le service de l'Éternel, vois la.
בפסוק בנים אתם כו' עם קדוש אתה כו' ובך בחר. והם ג' בחי' כי האדם כולל כל העולמות.
והנשמות נק' בנים אבל נשתלחו בעולמות התחתונים ונתלבשו במלבושים שונים. ועם קדוש אתה היא מדרגה למטה מבחי' בנים.
ואעפ"כ היא בחי' עליונה שאין שם מגע נכרי והם קדושים ומובדלים. אבל בך בחר ה' היא עולם שלמטה שאנחנו בין האומות ולכן צריכין בחירה ע"ז כמ"ש בחרתנו מכל העמים.
ואמר לא תתגודדו דרשו חז"ל ל"ת אגודות אגודות. כי כשמתאחדין כאחד זוכין לבחי' בנים ולכן בש"ק דמתאחדין בי' זוכין לבחי' נשמה יתירה ונק' בנים:
Sur le verset "Vous êtes des fils... tu es un peuple saint... et c'est toi qu'Il à choisi" (Deut 14,1-2). Ce sont trois aspects, car l'homme comprend tous les mondes.
Les âmes sont appelées "fils", mais elles ont été envoyées dans les mondes inférieurs et se sont revêtues de vêtements divers. "Tu es un peuple saint" est un degré en dessous de l'aspect "fils"; et néanmoins c'est un aspect élève, où nul contact étranger n'atteint, et ils sont saints et séparés.
Mais "c'est toi que l'Éternel à choisi" est le monde d'en bas, où nous sommes parmi les nations, et c'est pourquoi il faut la un choix, comme nous disons "Tu nous as choisis d'entre tous les peuples". Et il est dit "vous ne vous ferez pas d'incisions (lo titgodedou)" (Deut 14,1); nos Sages ont interprété: ne formez pas des groupes séparés (agoudot agoudot).
Car lorsqu'ils s'unissent comme un, ils méritent l'aspect "fils"; c'est pourquoi le saint Chabbat, où ils s'unissent en Lui, ils méritent l'aspect de l'âme supplémentaire et sont appelés "fils".
תרנ"ז
5657 (תרנ״ז)
במדרש מוסר ה' בני אל תמאס. דכתי' מקודם כאשר ייסר איש את בנו ה"א מיסרך.
כי כל היסורים העוברים על בנ"י הכל לטובה להיטיבך באחריתך. וכמו שהיו יסורי המדבר הכנה לא"י כמו כן כל יסורי הגלות.
ז"ש אנכי נותן לפניכם כי גם הקללות הם בכח התורה שנק' טוב והם לטובה. וע"ז רמזו בספרי שיש דרך שתחילתו קוצים וסופו מישור.
כי בוודאי הברכה הוא כולו מישור כמ"ש ברכת ה' כו' ולא יוסיף עצב עמה. רק אפי' הקללות הם סופן מישור כמ"ש מה דעבדין מן שמי' לטב.
מן שמים הוא הבא בכח התורה. ולכן אין מפסיקין בקללות.
א"ת קוצין. שלא להפרידן מן כח האחדות שהם מוסר ה' בכח התורה כנ"ל:
Dans le Midrach: "La correction de l'Éternel, mon fils, ne la méprise pas" (Prov 3,11). Car il est écrit auparavant "comme un homme corrige son fils, l'Éternel ton Dieu te corrige" (Deut 8,5).
Car toutes les souffrances qui passent sur les enfants d'Israël sont entièrement pour le bien, "pour te faire du bien dans ton avenir" (Deut 8,16). Et de même que les souffrances du désert furent une préparation à la Terre d'Israël, de même toutes les souffrances de l'exil.
C'est ce que dit "Voici, je place devant vous [bénédiction et malédiction]" (Deut 11,26): car même les malédictions sont par la force de la Torah, appelée "bien", et elles sont pour le bien. Et c'est ce à quoi ils ont fait allusion dans le Sifri: il est une voie dont le commencement est des épines et dont la fin est une plaine unie.
Car assurément la bénédiction est tout entière plaine unie, comme il est écrit "la bénédiction de l'Éternel... et Il n'y ajoute pas de peine" (Prov 10,22); mais même les malédictions ont pour fin une plaine unie, comme il est dit "ce que le Ciel fait, c'est pour le bien". "Du Ciel" -- c'est ce qui vient par la force de la Torah.
C'est pourquoi on ne fait pas de pause dans [la lecture des] malédictions. Ne lis pas "épines (kotsim)" [comme séparées] -- afin de ne pas les séparer de la force de l'unité, car elles sont la correction de l'Éternel par la force de la Torah, comme ci-dessus.
ובמדרש תנחומא משל למלך שקנה לו עבד והתנה אם אתה עושה רצוני כו' מאכילך ומשקך ואם א"א עושה רצוני כו' מיסרך עשה העבד יותר ממה שהתנה ואח"כ סרח והתפשר עמו ע"ש. הנמשל הוא כי הברכות והקללות הם אשר תשמעו ואם לא תשמעו.
אבל בנ"י הקדימו נעשה לנשמע. וזה יותר ממה שהתנה.
ובאמת קודם החטא היו בנ"י למעלה מאלו שתי הדרכים. לכן אחר החטא הוכיחן מרע"ה אנכי נותן לפניכם בו"ק.
כי מקודם היו למעלה מכל זה כי נעשה קודם השמיעה הוא בחי' בנים שנמשכו אחר מעשה אביהן מעצמן בלי שום ציווי. וכן יהי' לעתיד כמ"ש שם במדרש בעוה"ז נתתי לכם ברכה וקללה ולעתיד כל רואיהם יכירום כי הם זרע ברך ה' הוא בחי' בנים כנ"ל:
Et dans le Midrach Tan'houma, une parabole: un roi qui s'acheta un serviteur et posa cette condition: "si tu fais ma volonté... je te nourrirai et te ferai boire; et si tu ne fais pas ma volonté... je te châtierai." Le serviteur fit plus que ce qui avait été stipulé, puis se corrompit, et [le roi] se reconcilia avec lui, vois la. Le sens en est que les bénédictions et les malédictions sont "que vous écouterez" et "si vous n'écoutez pas".
Mais les enfants d'Israël firent précéder "nous ferons" à "nous écouterons", et cela est plus que ce qui avait été stipulé. Et en vérité, avant la faute, les enfants d'Israël étaient au-dessus de ces deux voies.
C'est pourquoi, après la faute, Moche notre maître les reprit: "Voici, je place devant vous bénédiction et malédiction". Car auparavant ils étaient au-dessus de tout cela, car "nous ferons" avant l'écoute est l'aspect "fils", qui se laissent entraîner d'eux-mêmes après l'action de leur père, sans aucun ordre.
Et ainsi en sera-t-il pour l'avenir, comme il est dit la dans le Midrach: en ce monde-ci je vous ai donné bénédiction et malédiction, mais pour l'avenir "tous ceux qui les verront les reconnaîtront, car ils sont la semence bénie de l'Éternel" (Is 61,9) -- c'est l'aspect "fils", comme ci-dessus.
והנה כתי' הברכה אשר תשמעו ואמו"ז ז"ל אמר כי בשבת דכתי' ויברך כו' את יום השביעי בוודאי הוא שהש"ק מוכן לבנ"י לשמוע דבר ה' לכן הוא מבורך כו'. והענין הוא כמ"ש בזוה"ק כיון דלא אשתכח בי' מנא מה ברכתא אשתכח בי' אלא כולא ברכאין בשביעאה תלי'.
פי' שבשבת הוא מקור הברכות למעלה מהתפשטות הברכות בגשמיות. וכן פי' הברכה אשר תשמעו שהוא שורש הברכות התורה שנק' ראשית שכל העולם נברא ומתקיים בכח התורה.
וכשבנ"י שומעין התורה ומצות הם מקבלין עיקר הברכה. ולא זו הברכה רק גם הקללות אם לא תשמעו גם זה בכח התורה דכתי' כאשר ירד הגשם כו' כן כו' דברי אשר יצא מפי לא ישוב כו' עשה כו' אשר חפצתי כו'.
כן התורה ומצות שנתן לנו הקב"ה בע"כ יעשו את רצון הבורא ית' אם תשמעו יהי' בטובתן וא"ל יהי' שלא בטובתן והכל כדי לגמור רצונו ית' וזה אנכי נותן לפניכם היום. ע"י נתינת התורה ממילא יהיו ברכות וקללות.
ולבסוף יתקרבו בנ"י ויקיימו מצות ה' כמ"ש עשה כו' אשר חפצתי והצליח א' שלחתיו:
Et voici, il est écrit "la bénédiction, que vous écouterez"; et mon grand-père maternel, de mémoire bénie, à dit qu'au Chabbat, dont il est écrit "et Il bénit... le septième jour", assurément c'est parce que le saint Chabbat est disposé pour que les enfants d'Israël écoutent la parole de l'Éternel -- c'est pourquoi il est béni. Et l'affaire est comme il est dit dans le saint Zohar: puisqu'il ne s'y trouve pas de manne, quelle bénédiction s'y trouve donc?
Mais toutes les bénédictions dépendent du septième [jour]. L'explication: le Chabbat est la source des bénédictions, au-dessus du déploiement des bénédictions dans le matériel.
De même le sens de "la bénédiction, que vous écouterez": c'est la racine des bénédictions, la Torah, appelée "commencement (rechit)", car tout le monde à été créé et subsiste par la force de la Torah. Et quand les enfants d'Israël écoutent la Torah et les commandements, ils reçoivent l'essentiel de la bénédiction.
Et non seulement cette bénédiction, mais aussi les malédictions "si vous n'écoutez pas" -- cela aussi est par la force de la Torah, comme il est écrit "de même que la pluie descend... ainsi... ma parole qui sort de ma bouche ne revient pas [sans effet]... elle accomplit... ce que j'ai voulu" (Is 55,10-11). Ainsi la Torah et les commandements que le Saint, béni soit-Il, nous à donnés accomplissent nécessairement la volonté du Créateur, qu'Il soit béni: si vous écoutez, ce sera pour votre bien, et sinon, ce sera sans votre bien -- et tout cela afin d'accomplir Sa volonté, qu'Il soit béni.
Et c'est "voici, je place devant vous aujourd'hui": par le don de la Torah, il y aura nécessairement bénédictions et malédictions. Et à la fin, les enfants d'Israël se rapprocheront et accompliront les commandements de l'Éternel, comme il est dit "elle accomplit... ce que j'ai voulu et fait réussir ce pour quoi je l'ai envoyée".
תרנ"ח
5658 (תרנ״ח)
הברכה אשר תשמעו. ולא כ' אם תשמעו.
ובמדרש שמור תשמרון נרי בידך ונרך בידי אם אתה משמר נרי אני משמר נרך. והנה שמור תשמרון היא ציווי כי שכר מצוה מצוה פי' הקב"ה רוצה זה השכר שבא ע"י המצוה והוא בעצמו תכלית המצוה כי זה רצון המלך.
וכן איתא במד' כל המצות לצרף את בנ"י. וכמ"ש רצה הקב"ה לזכות א"י הרבה להם תו"מ.
כי מה איכפת להקב"ה שוחט מן העורף או מן הצואר. אבל כל מה שברא הקב"ה הכל להיטיב ונתן לנו המצות כדי שעי"ז נהי' כלים לקבל הטובה והברכה.
נמצא כי זה עיקר מצות המלך. וכן בספרי איתא לפי שנאמר החיים והמות נתתי לפניך הברכה והקללה ואמרו בנ"י הואיל ויש לפנינו ב' דרכים בדרך שנרצה נלך ת"ל ובחרת בחיים למען תחי' כו'.
פי' כי רצונו ית' הוא זה למען תחי'. ואין כוונת הפסוק לעשות ע"מ לקבל פרס.
רק המכוון מאתו למען תחי'. ובאמת הברכה אשר תשמעו שע"י קיום המצות בעוה"ז נזכה לשמוע מצות ה' מפיו של הקב"ה לעתיד לבא.
כדאיתא במד' שמוע בעוה"ז תשמע לעתיד לבא. וזה עיקר השכר מהלכים בין העומדים כנ"ל:
"La bénédiction, que vous écouterez" -- et il n'est pas écrit "si vous écoutez". Et dans le Midrach: "vous garderez soigneusement (chamor tichmeroun)" (Deut 11,22) -- ma lampe est dans ta main et ta lampe est dans ma main; si tu gardes ma lampe, je garderai ta lampe.
Or "vous garderez soigneusement" est un ordre, car "la récompense d'un commandement est un commandement" (Avot 4,2): l'explication en est que le Saint, béni soit-Il, désire cette récompense qui vient par le commandement, et elle est elle-même la finalité du commandement, car telle est la volonté du Roi. Et de même il est dit dans le Midrach: tous les commandements sont [donnés] pour affiner les enfants d'Israël; et comme il est dit "le Saint, béni soit-Il, à voulu faire mériter Israël, c'est pourquoi Il leur a multiplié Torah et commandements" (Makkot 23b).
Car qu'importe au Saint, béni soit-Il, qu'on égorge par la nuque où par la gorge? Mais tout ce que le Saint, béni soit-Il, à créé, c'est entièrement pour [faire] du bien, et Il nous à donné les commandements afin que par eux nous devenions des vases aptes à recevoir le bien et la bénédiction.
Il se trouve donc que c'est la l'essentiel du commandement du Roi. Et de même il est dit dans le Sifri: puisqu'il est dit "j'ai placé devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction" (Deut 30,19), et que les enfants d'Israël ont dit "puisque nous avons devant nous deux voies, nous irons par la voie que nous voudrons", c'est pourquoi l'Écriture enseigne "et tu choisiras la vie, afin que tu vives".
L'explication: car telle est Sa volonté, qu'Il soit béni -- "afin que tu vives". Et l'intention du verset n'est pas d'agir dans le but de recevoir une récompense; mais ce qui est visé par Lui, c'est "afin que tu vives".
Et en vérité "la bénédiction, que vous écouterez": par l'accomplissement des commandements en ce monde-ci, nous mériterons d'entendre les commandements de l'Éternel de la bouche du Saint, béni soit-Il, dans le monde à venir, comme il est dit dans le Midrach: "écoute" en ce monde-ci, "tu écouteras" pour le monde à venir. Et c'est la l'essentiel de la récompense -- "je te donnerai d'aller parmi ceux qui se tiennent [ici]" (Zac 3,7), comme ci-dessus.
תרנ"ט
5659 (תרנ״ט)
במדרש אין מפסיקין בקללות מוסר ה' כו' אל תמאס לא לרעתך נתתי לפניכם ברכות וקללות אלא להודיעך איזה דרך טובה. דכתי' אשרי הגבר אשר תיסרנו י' ומתורתך תלמדנו.
שהיסורים לבנ"י הם עצמם תורה ולימוד ואחז"ל יסורים שאין בהם ביטול תורה ותפלה הם יסורים של אהבה. היינו שימצא האדם תורה ולימוד מתוך היסורים וגם לבא לתפלה בכח היסורים.
אנכי נותן לפניכם אנכי הוא התורה וכל העוסק בתורה לשמה אורייתא מודיעת לי' חובא. וכן הוא בכלל בנ"י.
כי הרשעים טח מראות עיניהם. ואין יכולין לראות האמת.
ובנ"י התורה מאיר עיניהם ומגלה להם דרך הטוב ודרך הרע לידע ליזהר מהם. וצריך איש ישראל להיות שמח ביסורים שבאין בכח התורה.
ובאמת כפי עסק התורה כך רואה האדם בכל יום התנהגות הבורא ית' שמו עמו בפרט. ובכל חטא נענש מיד ומבין לתקן מעשיו:
Dans le Midrach: on ne fait pas de pause dans les malédictions -- "la correction de l'Éternel... ne méprise pas" (Prov 3,11): ce n'est pas pour ton malheur que j'ai placé devant vous bénédictions et malédictions, mais pour te faire connaître quelle est la bonne voie. Car il est écrit "heureux l'homme que Tu corrigés, o Éternel, et à qui Tu enseignés ta Torah" (Ps 94,12): les souffrances des enfants d'Israël sont elles-mêmes Torah et enseignement; et nos Sages ont dit: des souffrances qui ne comportent pas d'interruption de l'étude de la Torah ni de la prière sont des souffrances d'amour (Berakhot 5a).
C'est-à-dire que l'homme trouve Torah et enseignement au sein des souffrances, et qu'il parvient aussi à la prière par la force des souffrances. "Voici, je place devant vous (anokhi)" -- "anokhi" est la Torah; et quiconque s'adonne à la Torah pour elle-même, la Torah lui fait connaître sa faute.
Et ainsi en est-il pour l'ensemble des enfants d'Israël: car les méchants, leurs yeux sont enduits de voir, et ils ne peuvent voir la vérité; mais les enfants d'Israël, la Torah illumine leurs yeux et leur révélé la voie du bien et la voie du mal, pour qu'ils sachent s'en garder. Et l'homme d'Israël doit se réjouir des souffrances qui viennent par la force de la Torah.
Et en vérité, selon l'occupation à la Torah, ainsi l'homme voit chaque jour la conduite du Créateur, que Son Nom soit béni, avec lui en particulier; et à chaque faute il est puni aussitôt et comprend [comment] réparer ses actions.
בפסוק העניק תעניק לו כו' וזכרת כי עבד היית כו'. איתא במדרשים ומה רשעים שנמכרו בגנבתם אמר הקב"ה העניק תעניק צדיקים שעושין רצונו של מקום עאכו"כ שיפרע להם הקב"ה שכר טוב.
כי זאת משפט התורה כאשר משלים עבודתו צריכין להעניקו ומכ"ש כשמשלים האדם שליחותו בעוה"ז יש לו הענקה. ויש פלוגתא בגמ' חד אמר אם נתברך הבית בגללו מעניקין לו וח"א אפי' לא נתברך.
ומסתמא הם ב' מיני הענקה למי שנתברך ולמי שלא נתברך אעפ"כ כל אדם עושה שליחות הבורא ית' שמו בעולם. והגם כי היגיעה בעוה"ז השפל בא ע"י חטא הראשון שמקום אדה"ר הי' בג"ע.
ומ"מ הרי אפי' מי שנמכר בגניבתו יש לו הענקה. והנה שבת הוא מעין עוה"ב ולכן יש בו בחי' הענקה לבנ"י והוא בחי' הנשמה יתירה לכל א' כפי עבודתו בימי המעשה.
וכמו שזכו בנ"י אחר העבודה במצרים לקבלת התורה שהיא ג"כ הענקה כמו כן בכל גלות הגם שבא ע"י החטאים מ"מ דין הענקה להם:
Sur le verset "tu le gratifieras richement (ha'aneik ta'anik)... et tu te souviendras que tu as été esclave..." (Deut 15,14-15). Il est dit dans les Midrachim: si pour des méchants qui ont été vendus à cause de leur vol le Saint, béni soit-Il, à dit "tu le gratifieras richement", des justes qui font la volonté de l'Omniprésent, à plus forte raison le Saint, béni soit-Il, leur versera-t-Il une bonne récompense.
Car telle est la règle de la Torah: lorsqu'[un serviteur] achève son service, on doit le gratifier; et à plus forte raison, lorsque l'homme achève sa mission en ce monde-ci, il reçoit une gratification. Et il y a une controverse dans la Guemara: l'un dit que si la maison à été bénie à cause de lui on le gratifie, et l'autre dit même si elle n'à pas été bénie [on le gratifie] (Kidouchin 17b).
Et il s'agit vraisemblablement de deux sortes de gratification, pour celui à cause de qui il y eut bénédiction et pour celui à cause de qui il n'y en eut pas; néanmoins tout homme accomplit la mission du Créateur, que Son Nom soit béni, dans le monde. Et bien que le labeur en ce monde d'en bas soit venu à cause de la première faute -- car le lieu d'Adam était le jardin d'Éden -- néanmoins, voici que même celui qui a été vendu pour son vol reçoit une gratification.
Et voici, le Chabbat est un avant-goût du monde à venir, c'est pourquoi il comporte un aspect de gratification pour les enfants d'Israël, et c'est l'aspect de l'âme supplémentaire pour chacun selon son service durant les jours ouvrables. Et de même que les enfants d'Israël méritèrent, après le service en Égypte, de recevoir la Torah, qui est elle aussi une gratification, de même dans chaque exil, bien qu'il vienne à cause des fautes, néanmoins la règle de la gratification leur est appliquée.
תרס"א
5661 (תרס״א)
« Afin que tu apprennes à craindre Hachem » (Devarim 14,23). Le Sfat Emet rapporte de son grand-père maternel que la crainte de D.ieu vient du repas de Chabbat. Hors de la terre, l'essentiel est la crainte, par laquelle on mérite la joie ; en terre d'Israël, l'essentiel est la joie, du sein de laquelle on mérite la crainte. Les jours ouvrables, la joie procède de la crainte ; au Chabbat, jour de joie où l'âme supplémentaire (nechama yetera) se dévoile, la crainte procède de la joie. Le service de la joie vient de l'âme, la crainte du corps ; au Chabbat et au Temple, c'est la crainte de la sublimité (yirat ha-romemout).
Aussi : la dîme accolée aux aliments interdits, Torah dite liberté qui dévoile l'intériorité ; trois aspects d'Israël, fils, peuple saint et choisi : nechama, roua'h et nefech ; âmes envoyées apprendre la royauté (mal'hout), sans tonsure entre les yeux pour le corps dit mort.
בפסוק למען תלמד ליראה את ה'. כבר כתבתי בשם מו"ז ז"ל כי כמו כן מסעודת שבת בא יראת ה' כו'.
והענין הוא דפעם א' כתיב עבדו את ה' בשמחה ופ"א כתיב עבדו את ה' ביראה ובזוה"ק כאן כד ישראל שראן בארעא דישראל כו'. דכתי' כמה פעמים ושמחתם לפני ה' אלקיכם דאיתא שמחתי מתוך יראתי ויראתי מתוך שמחתי.
ובחוץ לארץ העיקר היראה. ומכח היראה זוכין לשמחה.
ובא"י העיקר השמחה. ומתוך השמחה זוכין ליראה.
וכן הוא בימי המעשה שמחתי מתוך יראתי ובש"ק שנק' יום שמחה כמ"ש ז"ל וביום שמחתכם אלו השבתות אז יראתי מתוך שמחתי. ובאמת עיקר השמחה בהתגלות כח הנשמה.
ובש"ק דיש נשמה יתירה יומא דנשמתין הוא השמחה כמ"ש שמחתני כו' בפעלך במעשי ידיך ארנן זהו הנשמות מעשה ידיו של הקב"ה כמ"ש ונשמות אני עשיתי. וכמו כן בא"י ובמקדש זכו להארת הנשמה כמ"ש נותן נשמה לעם עלי'.
עבודת השמחה מצד הנשמה ומצד הגוף היראה. וזה יגיעת בשר להכניע הגוף שלא לבא לידי חטא כמ"ש בשר שלא נתייגע ביראה כו'.
ובהכנעת הגוף זוכין להארת הנשמה גם בימי המעשה. ובשבת ומקדש שזוכין אל היראה מתוך השמחה הוא יראה גדולה מזו בחי' יראת הרוממות.
וע"ז כת' למען תלמד ליראה כו':
Sur le verset 'afin que tu apprennes à craindre le Nom' (Deutéronome 14,23). J'ai déjà écrit au nom de mon grand-père maternel, de mémoire bénie, que de même c'est du repas de Chabbat que vient la crainte du Nom, etc.
Le sens en est ceci : une fois il est écrit 'Servez le Nom dans la joie' (Psaumes 100,2), et une autre fois il est écrit 'Servez le Nom dans la crainte' (Psaumes 2,11) ; et dans le saint Zohar ici : quand Israël réside en terre d'Israël, etc. Car il est écrit plusieurs fois 'et vous vous réjouirez devant le Nom votre Dieu', comme on l'enseigné : ma joie procédé de ma crainte et ma crainte procédé de ma joie.
Hors de la terre [d'Israël], l'essentiel est la crainte, et c'est par la force de la crainte que l'on mérite la joie ; mais en terre d'Israël l'essentiel est la joie, et c'est du sein de la joie que l'on mérite la crainte. De même il en est ainsi durant les jours ouvrables : ma joie procédé de ma crainte ; et au saint Chabbat, appelé 'jour de joie', comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie sur 'et au jour de votre joie' (Nombres 10,10) : ce sont les Chabbats, alors ma crainte procédé de ma joie.
Et en vérité l'essentiel de la joie est dans le dévoilement de la force de l'âme (nechama). Au saint Chabbat, où il y a une âme supplémentaire (nechama yetera), jour des âmes, c'est la joie, comme il est écrit 'car tu m'as réjoui, le Nom, par ton œuvre, par les ouvrages de tes mains je chanterai' (Psaumes 92,5) : ce sont les âmes, œuvre des mains du Saint béni soit-Il, comme il est écrit 'et les âmes, c'est moi qui les ai faites' (Isaie 57,16).
De même, en terre d'Israël et au Temple, ils méritèrent l'illumination de l'âme, comme il est écrit 'Il donne une âme au peuple qui est sur elle' (Isaie 42,5). Le service de la joie provient du côté de l'âme, et du côté du corps la crainte.
C'est la 'peine de la chair' pour soumettre le corps afin qu'il n'en vienne pas à la faute, comme il est dit 'la chair qui ne s'est pas fatiguée dans la crainte', etc. Et par la soumission du corps on mérite l'illumination de l'âme même durant les jours ouvrables.
Mais au Chabbat et au Temple, où l'on mérite la crainte à partir de la joie, c'est une crainte plus grande que celle-ci, l'aspect de la crainte de la sublimité (yirat ha-romemout). C'est à ce sujet qu'il est écrit 'afin que tu apprennes à craindre', etc.
ונסמך פרשת עשר תעשר לפרשת מאכלות אסורות דכמו שבאותן המינים טמאים מתטמטם נפש האוכלם ולכן נק' מאכלות אסורות שנאסר בהם הנפש וגם כח החיות שבו וניצוץ הק' נאסר בהם וא"י להתגלות. כמו כן יש אכילה דקדושה שהיא בחי' חירות ומתרחב נפש האוכלם וכתי' בהם ואכלת לפני ה"א וכן הוא בעונג שבת.
ואיתא במשנה שלשה שאכלו על שלחן א' ואמרו עליו ד"ת כאלו אכלו משלחנו של מקום שנאמר זה השלחן אשר לפני ה'. כי באמת מלא כל הארץ כבודו והכל ברא ע"י התורה כדאיתא בשביל התורה שנק' ראשית א"כ צריך להיות בכל מקום תורה.
וכן הוא האמת רק שהטבע מסתיר האמת. וע"י העסק בתורה שנק' חירות נגלה הפנימיות והוא השלחן אשר לפני ה'.
וזה מצד כח בנ"י שנק' בני חורין וניתן להם התורה. וכמו כן בהסתר הזמן השבת מביא חירות.
וכמו כן בבחי' עולם א"י ובהמ"ק הביאו חירות שזה עיקר החירות להסיר הסתרת הטבע ושיתגלה הפנימיות:
La section 'tu prélèveras la dîme' (Deutéronome 14,22) à été accolée à la section des aliments interdits : car de même que par ces espèces impures l'âme de celui qui les mange s'obstrue, et c'est pourquoi on les appelle 'aliments interdits' (ma'akhalot assourot), du fait que l'âme y est entravee, ainsi que la force vitale qui s'y trouve et l'étincelle sainte y sont entravees et ne peuvent se dévoiler. De même il existe une nourriture de sainteté, qui est de l'ordre de la liberté, et l'âme de celui qui la mange s'élargit ; il est écrit à leur sujet 'et tu mangeras devant le Nom ton Dieu' (Deutéronome 14,23), et ainsi en est-il du délice du Chabbat (oneg Chabbat).
On enseigné dans la Michna : trois qui ont mangé à une même table et ont dit sur elle des paroles de Torah, c'est comme s'ils avaient mange de la table de l'Omniprésent, comme il est dit 'ceci est la table qui est devant le Nom' (Ezechiel 41,22 ; Avot 3,3). Car en vérité 'toute la terre est pleine de sa gloire' (Isaie 6,3), et tout à été créé par le moyen de la Torah, comme on l'enseigné : c'est pour la Torah, appelée 'commencement' (Genèse 1,1), [que le monde fut créé] ; si donc il en est ainsi, il doit y avoir de la Torah en tout lieu.
Et c'est bien la la vérité, seulement la nature dissimulé la vérité. Par l'étude de la Torah, appelée 'liberté', l'intériorité se dévoile, et c'est 'la table qui est devant le Nom'.
Cela provient de la force des enfants d'Israël, appelés 'fils libres', et à qui la Torah à été donnée. De même, dans la dissimulation du temps, le Chabbat apporte la liberté.
De même, dans l'ordre du monde, la terre d'Israël et le Temple apportèrent la liberté, car c'est la l'essentiel de la liberté : ôter la dissimulation de la nature et que se dévoile l'intériorité.
בפסוק בנים אתם כו' עם קדוש אתה כו' ובך בחר ה'. והם ג'.
בחי' בבנ"י. והוא כמ"ש קוב"ה ואורייתא וישראל כולהו חד.
בנים אתם מצד חלק ה' עמו והיא נשמת אלקי ממעל מצד זה נק' בנים. עם קדוש אתה הוא מצד קדושת התורה ומצותי' שמביאין קדושה ופרישות לאיש ישראל להיות נבדלים במאכלם ובכל מעשיהם מכל האומות.
ובך בחר ה' הוא בחי' עצם נפשות בנ"י שהם מוכנים לעבודת הבורא ית' לכן בחר ה' בהם וג' בחי' אלו הם נשמה ורוח ונפש:
Sur le verset 'vous êtes des fils', etc. (Deutéronome 14,1), 'tu es un peuple saint', etc., 'et c'est toi que le Nom à choisi' (Deutéronome 14,2).
Ce sont trois aspects dans les enfants d'Israël. C'est comme on l'à dit : le Saint béni soit-Il, la Torah et Israël sont tous un. 'Vous êtes des fils' : du côté de 'la part du Nom est son peuple' (Deutéronome 32,9), c'est-à-dire l'âme divine d'en haut ; de ce côté on les appelle 'fils'. 'Tu es un peuple saint' : c'est du côté de la sainteté de la Torah et de ses commandements, qui apportent sainteté et séparation à l'homme d'Israël, pour qu'ils soient distincts dans leur nourriture et dans toutes leurs actions de toutes les nations. 'Et c'est toi que le Nom à choisi' : c'est l'aspect de l'essence même des âmes des enfants d'Israël, qui sont disposées au service du Créateur, béni soit-Il ; c'est pourquoi le Nom les a choisis.
Et ces trois aspects sont nechama, roua'h et nefech.
תרס"ב
תרס״ב
ושמחתם שם לפני ה"א. כבר כתבנו כי עיקר השמחה בהארת הנשמה דעיקר השמחה בג"ע שהשמחה במעונו.
ולכן בש"ק שבא נשמה יתירה מג"ע הוא זמן שמחה וכמו כן כשבא אדם לבהמ"ק קיבל נשמה יתירה. ושלש פעמים יראה לקבל נפש רוח נשמה.
לכן בסוכות והיית אך שמח כל השמחה בשלימות. וכפי כח הנשמה כך נחלש הגוף.
וזה היראה שחל על הגוף. וב' בחי' אלו השמחה והיראה הם בחי' זכור ושמור בשבת.
זכור במוחא בחי' מ"ע נר מצוה להאיר הנשמה ושמור מצות ל"ת להכניע הגוף. וקודם החטא הי' האדם בג"ע שגם הגוף הי' מעשה ידיו של הקב"ה ואחר החטא הכל בכח הנשמה בלבד:
'Et vous vous réjouirez la devant le Nom votre Dieu' (Deutéronome 12,7). Nous avons déjà écrit que l'essentiel de la joie est dans l'illumination de l'âme, car l'essentiel de la joie est au jardin d'Éden, la où 'la joie est en sa demeure'.
C'est pourquoi au saint Chabbat, où vient une âme supplémentaire depuis le jardin d'Éden, c'est un temps de joie ; de même, lorsque l'homme venait au Temple, il recevait une âme supplémentaire. Et 'trois fois [par an] il paraîtra' (Deutéronome 16,16) pour recevoir nefech, roua'h et nechama.
C'est pourquoi à Souccot 'tu seras vraiment joyeux' (Deutéronome 16,15) : toute la joie dans sa plénitude. Et à mesure de la force de l'âme, le corps s'affaiblit ; c'est la la crainte qui s'applique au corps.
Ces deux aspects, la joie et la crainte, sont l'aspect de 'souviens-toi' (zakhor) et 'garde' (shamor) au Chabbat. 'Souviens-toi', dans le cerveau (mocha), aspect du commandement positif, 'la lampe du commandement' (Proverbes 6,23) pour illuminer l'âme ; et 'garde', commandement négatif, pour soumettre le corps. Avant la faute, l'homme était au jardin d'Éden, où le corps aussi était œuvre des mains du Saint béni soit-Il ; et après la faute, tout ne subsiste que par la force de l'âme seule.
תרס"ד
תרס״ד
בפסוק בנים אתם כו' ול"ת קרחה ב"ע למת. בזוהר הק' (ויחי ושלח) דנשמתא אשתלח לעלמא דא כמו בן המלך דשדר לי' לכפר למילף אורחי' דהיכלא דמלכא כיון דאיתרבי שדר בגיני' למיתי להיכלא דמלכא.
אינון בני כפר בכאין. חד פקח הוי תמן אמר מה לכו למבכי וכי לאו בן מלכא הוא כו' כך משה פקח הוי אמר בנים אתם כו' ע"ש ויחי רמ"ה ע"ב ושלח קנ"ט ב'.
וזהו צריך כל איש ישראל לידע ולזכור תמיד כי נשתלח רק בעוה"ז ללמוד דרך המלכות. כי באמת הנשמות בנים.
ובעוה"ז שנתלבש בגוף הוא בחי' עבדים אבל כל רצונו ומחשבתו צריך להיות לחזור למקומו. כמ"ש בזוה"ק ע"פ החכם עיניו בראשו כי לכן עשה הקב"ה בחכמה עינים בראש להסתכל תמיד אל השורש.
היפך מכסיל בחושך הולך שכל רצונו ומחשבתו בעלמא דחשוכא. וע"ז כתיב והיו לטוטפת בין עיניכם.
וזה הרמז ולא תשימו קרחה ב"ע למת. כי כל עניני הגוף שנק' מת שעומד למות.
כל אלה הדברים לא יערבבו את האדם מעיקר התכלית שנשתלח מעולם העליון. ובאמת אם המיתה עצמה אינה מעצבת את האדם שיודע שכל עוה"ז רק לבוא לשלימות שיחזור לעולם העליון מתוקן.
ממילא כל דאגות ויסורים שבעוה"ז אין מערבבין אותו ולא יפסקו ויעשו קרחה בין עיניכם שהוא הסתכלות המוח שבראש. ועכ"פ צריך אדם לראות כשמניח באמת התפילין שהוא זכרון והארת הנשמה לא יסיח דעתו מצד הגוף.
וכמו כן בשבת קודש שא"צ תפילין שהוא עצמו אות ומאיר בו הארת הנשמה לא יסיח דעתו. וזה בחי' זכור ושמור.
לזכור השורש הנ"ל ולשמור שלא להרהר במלאכת עוה"ז כמ"ש בס' הבהיר שמור מן ההירהור. וכן כשעומד בתפלה כמו שרמזו חז"ל אפי' נחש כרוך על עקבו שהיא בחי' המיתה לא יפסיק:
Sur le verset 'vous êtes des fils', etc. (Deutéronome 14,1), et 'vous ne ferez pas de tonsure entre vos yeux pour un mort' (Deutéronome 14,1).
Dans le saint Zohar (Vayehi et Chelah) : l'âme est envoyée en ce monde comme le fils du roi que l'on envoie au village pour apprendre les usages du palais du roi ; lorsqu'il à grandi, on envoie à cause de lui [le chercher] pour qu'il vienne au palais du roi. Ces fils du village pleuraient.
Il y avait la un homme avisé (pikeah), il dit : pourquoi pleurez-vous ? N'est-il pas le fils du roi, etc. ?
Ainsi Moché était avisé, il dit 'vous êtes des fils', etc. Vois la, Vayehi 245b et Chelah 159b.
Voici ce que tout homme d'Israël doit savoir et se rappeler toujours : qu'il n'à été envoyé en ce bas monde que pour apprendre le chemin de la royauté (malkhout). Car en vérité les âmes sont des fils ; mais en ce monde, où l'âme s'est revêtue d'un corps, c'est l'aspect de serviteurs ; cependant tout son désir et sa pensée doivent tendre à retourner à sa place, comme il est écrit dans le saint Zohar sur le verset 'le sage à ses yeux dans sa tête' (Ecclésiaste 2,14) : car c'est pour cela que le Saint béni soit-Il à placé avec sagesse les yeux dans la tête, pour regarder toujours vers la racine ; à l'inverse de 'l'insensé marche dans les ténèbres' (Ecclésiaste 2,14), dont tout le désir et la pensée sont dans le monde des ténèbres.
À ce propos il est écrit 'et ce sera un signe (totafot) entre tes yeux' (Deutéronome 6,8). Et c'est l'allusion de 'vous ne ferez pas de tonsure entre vos yeux pour un mort' : car toutes les affaires du corps, appelé 'mort' parce qu'il est voué à mourir, toutes ces choses ne doivent pas troubler l'homme [en le détournant] du but essentiel pour lequel il à été envoyé depuis le monde d'en haut.
Et en vérité, si la mort elle-même n'attriste pas l'homme, qui sait que tout ce bas monde n'est que pour parvenir à la plénitude, afin qu'il retourne réparé au monde d'en haut, alors du coup tous les soucis et souffrances de ce monde ne le troublent pas, ne l'interrompent pas et ne font pas une 'tonsure entre vos yeux', qui est le regard du cerveau qui est dans la tête. En tout cas l'homme doit veiller, lorsqu'il pose vraiment les tefillin, qui sont le souvenir et l'illumination de l'âme, à ne pas détourner sa pensée du côté du corps.
De même au saint Chabbat, où l'on n'à pas besoin des tefillin, car il est lui-même un signe (ot) et l'illumination de l'âme y brille, qu'il ne détourne pas sa pensée. C'est l'aspect de 'souviens-toi' et 'garde' : se souvenir de la racine susdite, et garder de ne pas penser au travail de ce bas monde, comme il est écrit dans le livre ha-Bahir : 'garde', de la pensée [parasite].
De même, lorsqu'il se tient en prière, comme l'ont fait allusion nos maîtres de mémoire bénie : 'même si un serpent est enroule sur son talon' (Berakhot 30b), ce qui est l'aspect de la mort, il ne doit pas s'interrompre.