Rachi, d'après le Midrach Tan'houma, vise par « la faute de mes talons m'entoure » (Tehilim 49,6) une mitsva légère foulée du talon. Pour le Sfat Emet, D.ieu a créé le monde afin que les créatures se relient par l'homme, « pour Ma gloire Je l'ai créé ». « Vous écouterez » : ressentir l'illumination en chaque chose, le point intérieur, et y attacher tous les actes. Plus une chose s'est éloignée, plus « Ta grande bonté » y est cachée ; relier l'habitude à Sa volonté assemble les maillons de la menora. Cette crainte du Ciel, légère car la plus proche de l'homme, précède l'amour ; les cent bénédictions disent : « et nous, que sommes-nous ? » (Chemot 16,7).
Aussi : l'achèvement de « toute la mitsva » et sa voix intérieure ; le repos du Chabbat obtenu par générosité, puis par la foi.
תרל"א
5631 (תרל״א)
במדרש מנורה של חוליות כו'. וברש"י ממד' תנחומא עון עקבי יסובני כו' בשמרם עקב רב.
מה רב טובך כו' במצוה קלה שאדם דש כו'. כי השי"ת ברא כן העולם להיות מתחברין הנבראים ע"י האדם עד שיהי' הכל מקורב להשי"ת כמ"ש ולכבודי בראתיו כו'.
פי' תשמעון שיהי' מורגש ונשמע ההארה שיש בכל דבר כי בכל דבר יש הארה מהשי"ת והיא נקודה הפנימיות. וצריכין בנ"י לראות שיהיו כל מעשיהם בדביקות החיות מנקודה הנ"ל.
ועי"ז ממשיכין הארה ושמיעת דבר ה' מתוך כל דבר. וזה מצות קלות לדבק גם דברים הרגילין ע"י שעושין הכל רק לרצונו.
כי בכל דבר יש מצוה לה' הן או לאו. ועקב היא מדרגה תחתונה וזה עקב רב שמה שנתרחק יותר נסתר הנקודה מרב טובך כו'.
וזה תכלית רצונו ית' להיות כל הנבראים מחוברין זה בזה עד שגם הסוף ומדרגה התחתונה תהי' נמשכת אחר הראשית וההתחלה כנ"ל. ולזאת הוי זהיר במצוה קלה כו' כי זה כמנורה של חוליות כו' שנקרא בונה מה שמקרב דבר לדבר שיהי' נגמר הכלי.
וכן תכלית הבריאה להיות הכל א' לכבודו ית' ומצוה לשון צותא וחיבור כמ"ש במ"א. ומצוה קלה ממשיך הארה לדבר שפל יותר.
וזהו בחי' יראת שמים להיות נמשך יראתו ית' בכל מעשה קטן וגדול ונק' מצוה קלה. ובגמ' מה ה' שואל כו' כ"א ליראה כו' אטו מילתא זוטרתא כו' לגבי משה כו'.
פי' כי אף שהעיקר יראת שמים שזה היסוד והראשית. אבל מ"מ הוא הכנה לשאר הדברים הנזכרים בפרשה לדבקה ולאהבה כו'.
רק שיראה קודמת לכל ועי"ז יבא לאהבה ג"כ. ומזה עצמו הראי' הכל בידי שמים חוץ מי"ש שהיא מדרגה הקרובה יותר להאדם.
ולכך היא קלה. וצריך אדם לידע כי כפי הרצון מהאדם.
היראה מילתא זוטרתי. רק שילך מדרגה אחר מדרגה.
וז"ש לגבי משה שהוא השלם במדותיו כמ"ש מבקשין כלי גדול ויש לו כו'. וזה עצמו מ"ש מה מאה ברכות.
שזה עיקר היראה לידע כי כל חיות האדם בכחו ית' כגרזן ביד החוצב ואנחנו מה. וממילא מברך להקב"ה קודם כל דבר קטן וגדול וכנ"ל:
Dans le Midrach : une menora faite de maillons (articulations), etc. Et Rachi, d'après le Midrach Tan'houma : 'la faute de mes talons m'entoure' (Ps.
49,6) ; 'lorsqu'on les garde, grande est la récompense' (Ps. 19,12) ; 'que Ta bonté est grande' (Ps.
31,20) - s'agissant d'une mitsva légère que l'homme foule du talon. Car le Nom, béni soit-Il, à créé ainsi le monde pour que les créatures se relient par l'entremise de l'homme, jusqu'à ce que tout soit rapproche du Nom, comme il est écrit 'pour Ma gloire Je l'ai créé' (Is.
43,7). Explication de 'tishmeoun' (vous écouterez) : que soit ressentie et entendue l'illumination présente en chaque chose, car en toute chose il y a une illumination venant du Nom, et c'est le point intérieur.
Les enfants d'Israël doivent veiller à ce que tous leurs actes soient dans l'attachement à la vitalité issue de ce point. Par cela ils font descendre l'illumination et l'écoute de la parole du Nom depuis l'intérieur de chaque chose.
Telle est la mitsva légère : relier même les choses habituelles, en faisant tout uniquement pour Sa volonté, car en toute chose il y a une mitsva envers le Nom, positive où négative. Le talon est un degré inférieur, et c'est 'grande est la récompense du talon' : plus une chose s'est éloignée, plus le point est caché de 'Ta grande bonté'.
Telle est la finalité de Sa volonté, béni soit-Il : que toutes les créatures soient reliées les unes aux autres, jusqu'à ce que même la fin et le degré inférieur soient entraînés à la suite du commencement et du début, comme ci-dessus. C'est pourquoi 'sois vigilant dans une mitsva légère', etc., car cela ressemble à la menora faite de maillons : est appelé 'bâtisseur' celui qui rapproche une chose d'une autre pour que l'ustensile s'achève.
Ainsi la finalité de la création est que tout soit un, pour Sa gloire, béni soit-Il ; et 'mitsva' est du langage de 'tsavta' (compagnie) et de liaison, comme il est écrit ailleurs. Une mitsva légère fait descendre l'illumination vers une chose plus basse.
C'est l'aspect de la crainte du Ciel : que Sa crainte, béni soit-Il, se prolonge dans chaque acte, petit et grand, et cela est appelé mitsva légère. Et dans la Guemara : 'que demande le Nom de toi, sinon de Le craindre' - 'est-ce donc une petite chose ?' - 'pour Moché, oui' (Berakhot 33b).
Explication : bien que l'essentiel soit la crainte du Ciel, qui est le fondement et le commencement, elle est néanmoins une préparation aux autres choses mentionnées dans la paracha - 't'attacher à Lui et L'aimer', etc. ; seulement la crainte précède tout, et par elle on parvient aussi à l'amour. De cela même vient la preuve : 'tout est aux mains du Ciel sauf la crainte du Ciel', qui est le degré le plus proche de l'homme, et c'est pourquoi elle est légère.
L'homme doit savoir que, selon sa volonté, la crainte est une petite chose - pourvu qu'il avance de degré en degré. Et c'est ce qui est dit 'pour Moché', qui est parfait dans ses qualités, comme il est dit : on demande un grand ustensile et il l'à.
Cela même est le sens des cent bénédictions : c'est l'essentiel de la crainte, savoir que toute la vitalité de l'homme est en Sa puissance, béni soit-Il, comme la hache dans la main du bûcheron - 'et nous, que sommes-nous ?' (Ex. 16,7).
Aussitôt il bénit le Saint béni soit-Il avant chaque chose, petite et grande, comme ci-dessus.
במדרש תנחומא כל המצוה כו' חיים הם למוצאיהם כו' אם התחלת במצוה גמור כו'. כי חיות הכל מן התורה ומצות וכפי היגיעה בתורה כן מוציא ממש חיים בנפשו ומעשיו שנתקשר בחי החיים עי"ז.
וז"ש ומצותי תצפון אתך שמכל מצוה ישאר אצלו מעט דביקות. ושלא לעשות ברגילות רק להיות בטל ודבוק לפנימיות המצוה.
וז"ש כל המצוה מלשון מיצוי כמ"ש שם ע"ש במד' וכתי' תשמעו אל מצותי מכלל שהמצוה עצמו משמעת קול כמ"ש חז"ל שכל מצוה אומרת לאבר מיוחד לה ומזכרת האדם ע"ז המצוה לעשותה. ומ"מ נשמעת לאדם כפי הרצון לשמוע ולדבק בפנימיות המצוה כנ"ל:
Dans le Midrach Tan'houma : 'toute la mitsva', etc. ; 'ils sont vie pour ceux qui les trouvent' (Pr. 4,22) ; 'si tu as commencé une mitsva, achève-la', etc.
Car la vitalité de tout provient de la Torah et des mitsvot, et selon l'effort dans la Torah, ainsi l'homme fait réellement jaillir la vie en son âme et en ses actes, se reliant par cela au Vivant des vivants. C'est ce qui est dit 'et mes commandements, tu les mettras en réserve auprès de toi' (Pr.
7,1) - car de chaque mitsva il reste chez lui un peu d'attachement ; et qu'il n'agisse pas par habitude, mais soit efface et attaché à l'intériorité de la mitsva. C'est ce qui est dit 'toute la mitsva' (kol ha-mitsva), du langage de 'mitsouy' (extraction), comme il est expliqué la, vois-y dans le Midrach.
Et il est écrit 'vous écouterez mes commandements' (Deut. 11,13) - d'où l'on déduit que la mitsva elle-même fait entendre une voix, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : chaque mitsva parle au membre qui lui est propre et rappelle à l'homme cette mitsva pour l'accomplir ; et néanmoins elle se fait entendre à l'homme selon sa volonté d'écouter et de s'attacher à l'intériorité de la mitsva, comme ci-dessus.
מנוחת אהבה ונדבה כו' אמת ואמונה כו'. כי לכל איש ישראל יש מנוחה בשבת וחירות משיעבוד היצה"ר כל ימות השבוע וזה זכר ליצ"מ בשבת.
והוא חלק מעוה"ב כמ"ש ז"ל. אך מי שאינו זוכה להרגיש המנוחה צריך להיות בדרך נדבה שיתנדב כמו מלאכתו עשוי' בעבור רצון הקב"ה וז"ש וכבדתו כו'.
ועי"ז זוכה להיות מנוחת אמת ואמונה שיוכל להאמין באמת שיש לו ג"כ מנוחה בש"ק. וע"י האמונה יזכה להיות נגלה אליו כמ"ש מנוחת שלום כו' שלימה שאתה רוצה:
'Un repos d'amour et de générosité... de vérité et de foi', etc. (prière du Chabbat).
Car tout homme d'Israël à un repos le Chabbat et une liberté à l'égard de l'asservissement au mauvais penchant durant tous les jours de la semaine, et c'est un souvenir de la sortie d'Égypte, le Chabbat ; il est une part du monde à venir, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie. Mais celui qui ne mérite pas de ressentir ce repos doit procéder par voie de générosité (nedava) : qu'il se donne comme si son travail était accompli pour la volonté du Saint béni soit-Il - c'est ce qui est dit 'et tu l'honoreras' (Is.
58,13). Par cela il mérite d'avoir un repos de vérité et de foi, pouvant croire en vérité qu'il possède lui aussi un repos le saint Chabbat.
Et par la foi il mérite qu'il lui soit révélé, comme il est dit 'un repos de paix... parfait, que Tu agréés'.
תרל"ב
5632 (תרל״ב)
במדרש הלשון אדם מישראל שיש לו מנורה של פרקים כו'. כי בריאת האדם הי' לחבר ולקשר כ"ד לשורשו.
שכל העולם יש לו חיבור ושייכות להקדושה. וזה המנורה של פרקים נר ה' נשמת האדם.
ובשבת מתגלה הארה הפנימיות בכל דבר וא"צ רק הרצון לקבל ההארה. וז"ש ז"ל המענג שבת נותנין לו משאלות לבו ואמר אא"ז ז"ל לראות עכ"פ להיות משאלות הלב לטוב ולשמים.
ואפשר לומר שגם זה הפי' שנותנין לכל אדם מישראל רצון ומשאלות לב לטובה. אמת גם ע"ז שייך משאלות לב לבקש רצון אמת:
Dans le Midrach, l'expression : un homme d'Israël qui possède une menora faite de segments (perakim), etc. Car la création de l'homme fut pour relier et attacher toute chose à sa racine, car le monde entier à un lien et une appartenance à la sainteté.
Et cette menora faite de segments, c'est 'la lampe du Nom est l'âme de l'homme' (Pr. 20,27).
Le Chabbat, l'illumination intérieure se révèle en toute chose, et il ne faut que la volonté de recevoir cette illumination. C'est ce qu'ont dit nos Sages de mémoire bénie : 'à qui délecte le Chabbat on accorde les demandes de son cœur' (Chabbat 118b) ; et mon grand-père, mon maître, de mémoire bénie, à dit : veiller du moins à ce que les demandes du cœur soient pour le bien et pour le Ciel.
On peut aussi dire que c'est le sens : on donne à chaque homme d'Israël une volonté et des demandes de cœur pour le bien. En vérité, même à ce sujet il convient d'avoir des demandes de cœur : solliciter une volonté vraie.
אא"ז מו"ר ז"ל הגיד פי' הכ' כי תאמר כו' רבים הגוים כו'. אף שיאמרו כן יזכרו ביצ"מ.
וזה לכל איש ישראל אף שיש לו כמה הסתרות צריך להתחזק עצמו לבטוח בהשי"ת ושלא לירא מהם. וזה הבטחה אף למי שיש לו מורך לב כו'.
וי"ל עוד פשוט כי תאמר כפשוטו כי מקודם צריך האדם לידע כי מעצמו אין לו זכות וצריך לירא מהם. רק עכ"ז לא יירא מהם ע"י שיזכור מיצ"מ כנ"ל.
איכה אוכל להורישם היינו מצד עצמו לא הי' בכחו לולי הקב"ה עוזרו כנ"ל:
Mon grand-père, mon maître et enseignant, de mémoire bénie, à énoncé l'explication du verset 'si tu dis... nombreuses sont ces nations', etc. (Deut.
7,17). Même s'ils disent ainsi, qu'ils se souviennent de la sortie d'Égypte.
Cela vaut pour tout homme d'Israël : bien qu'il connaisse maintes occultations, il doit se renforcer pour se confier dans le Nom, béni soit-Il, et ne pas les craindre. C'est une promesse, même pour celui dont le cœur est timoré.
On peut encore expliquer simplement 'si tu dis' selon son sens littéral : d'abord l'homme doit savoir que, par lui-même, il n'à pas de mérite et devrait les craindre ; mais malgré cela qu'il ne les craigne pas, en se souvenant de la sortie d'Égypte, comme ci-dessus. 'Comment pourrai-je les déposséder ?' (Deut. 7,17) - c'est-à-dire que, de son propre chef, il n'en aurait pas la force, n'était le Saint béni soit-Il qui l'assiste, comme ci-dessus.
מה ה"א שואל כו' כ"א ליראה כו'. אף שחושב עוד כמה מעלות.
רק שע"י יראה אמיתית יכולין לבא לכל השאר. וחז"ל למדו מכאן הכל ביד"ש חוץ מיראת שמים.
הפי' שיראה הקדמה לכל דבר. ובאמת הכל מהשי"ת רק שע"י יראה יוכל האדם להרגיש הארת השי"ת שיש בכל דבר.
וחז"ל אמרו על יראה שנק' מפתחות החיצוניות. שהחיצוניות מסתיר הפנימיות והעצה לזה שע"י היראה נופל פחד על החיצוניות ומתגלה הפנימיות כנ"ל.
וכל דבר שמבקשין מהאדם נכלל בהקדמת היראה שעי"ז עוזר השי"ת על השאר. וכן אז"ל אל תקרי מה אלא מאה ולמדו ק' ברכות כו'.
שיש בכל דבר ברכה מהשי"ת ורק ע"י הכנעת האדם לידע כי מה הוא וע"י השפלות והיראה מתדבק בהאחדות והוא כח השי"ת וזה פי' הברכה לדבק כל דבר בשורשו שהוא רק מהשי"ת. וזה א"ת מה אלא מאה כנ"ל:
'Que demande le Nom ton Dieu de toi, sinon de Le craindre', etc. (Deut.
10,12). Bien qu'il énumère encore plusieurs vertus, c'est par une crainte véritable qu'on peut parvenir à tout le reste.
Nos Sages ont déduit d'ici : 'tout est aux mains du Ciel, sauf la crainte du Ciel'. Le sens : la crainte est le préalable à toute chose.
En vérité tout vient du Nom, béni soit-Il ; seulement, par la crainte, l'homme peut ressentir l'illumination du Nom présente en chaque chose. Nos Sages ont dit de la crainte qu'elle est appelée 'les clés extérieures' : l'extérieur caché l'intérieur, et le remède à cela est que, par la crainte, une frayeur s'abat sur l'extérieur et l'intérieur se révèle, comme ci-dessus.
Toute chose que l'on demande à l'homme est comprise dans le préalable de la crainte, par lequel le Nom l'assiste pour le reste. Ainsi ont-ils dit : 'ne lis pas mah (que) mais mea (cent)', et ils en ont déduit les cent bénédictions, etc.
Car en toute chose il y a une bénédiction venant du Nom, et c'est seulement par l'abaissement de l'homme - savoir 'que suis-je' - et par l'humilité et la crainte qu'il s'attaché à l'Unité, qui est la force du Nom. Tel est le sens de la bénédiction : relier chaque chose à sa racine, qui n'est que du Nom.
Et c'est 'ne lis pas mah mais mea', comme ci-dessus.
תרל"ג
5633 (תרל״ג)
ברש"י מצות קלות שאדם דש כו' ובמד' תנחומא בשמרם עקב רב מה רב טובך כו' והטעם כי מצות קלות אין האדם עושה עבור השכר רק לעשות רצון הש"י ולזאת אף כי וודאי הכל במדה ויש שכר יותר על מצוה חמורה. מ"מ הקב"ה צופן שכר טוב ליראיו היינו המקיימים מצותיו עבור יראתו לא עבור השכר.
וז"ש ושמר כו' לך ישמור לך הבטחתו. והכלל כי לכל ישראל יש חלק בעוה"ב ובאמת בנ"י מיוחדים הם להקב"ה.
ורק שצריך האדם להיות אצל האמת. וכפי מה שמקרב עצמו לדרך האמת ממילא זוכה לרב טוב:
Dans Rachi : des mitsvot légères que l'homme foule du talon, etc. ; et dans le Midrach Tan'houma : 'lorsqu'on les garde, grande est la récompense', 'que Ta bonté est grande', etc. La raison : les mitsvot légères, l'homme ne les accomplit pas pour la récompense mais pour faire la volonté du Nom, béni soit-Il.
Aussi, bien que certes tout soit selon la mesure et qu'il y ait davantage de récompense pour une mitsva grave, le Saint béni soit-Il réserve néanmoins une bonne récompense à ceux qui Le craignent - c'est-à-dire ceux qui accomplissent Ses commandements par crainte de Lui, et non pour la récompense. C'est ce qui est dit 'et Il gardera', etc. : pour toi Il gardera Sa promesse.
La règle : tout Israël à une part au monde à venir, et en vérité les enfants d'Israël sont particuliers au Saint béni soit-Il ; seulement, l'homme doit se tenir auprès de la vérité, et selon qu'il se rapproche de la voie de la vérité, il mérite aussitôt une grande bonté.
בפרשת והי' אם שמוע לא נזכר בכל מאודכם. והענין כמ"ש ז"ל מקודם יקבל עליו עול מלכות.
אח"כ עול מצות. דקבלת מלכותו צריך להיות בכל מה שיצוה אותנו כמ"ש נעשה ונשמע.
(ונעשה) [*ונשמע] אם יהי' רצונו ית' שלא לעשות עניני עוה"ז כלום וקבלה זו הכנה (לנשמע) [*לנעשה] שהוא בסדר שניתן לנו בעוה"ז בחי' המצות שתלוין בעניני עוה"ז דווקא לעשותם ג"כ לש"ש ובזה יש נחת רוח להקב"ה ביותר:
Dans la paracha 'Ve-haya im shamoa' (Deut. 11,13), il n'est pas mentionné 'de tout votre pouvoir' (be-khôl meodekhem).
Le point, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : d'abord l'homme accepte sur lui le joug de la royauté, puis le joug des commandements. Car l'acceptation de Sa royauté doit porter sur tout ce qu'Il nous ordonnera, comme il est dit 'nous ferons et nous écouterons' (Ex.
24,7). 'Et nous écouterons' - c'est-à-dire même si Sa volonté, béni soit-Il, était de ne rien faire des affaires de ce monde ; et cette acceptation est une préparation au 'nous ferons', qui est selon l'ordre qui nous à été donné en ce monde, l'aspect des commandements qui dépendent précisément des affaires de ce monde - les accomplir eux aussi pour le Ciel. En cela il y a le plus grand contentement pour le Saint béni soit-Il.
ואיתא בגמ' הרבה עשו כרשב"י ולא עלתה בידן. כר"י ואספת דגנך כפשוטו ועלתה בידן.
והוא פלא מי שעשה כרשב"י איך נאמר ולא עלתה. רק הפי' שלא עלתה בידו להעלות עניני עוה"ז שזה עיקר עבודת האדם.
רק רצון האדם צריך להיות מוכן להיות נפרש מכל עוה"ז אם יהי' כן רצונו ית'. וזה קבלת מ"ש וקבלת עול מצות ושבת קודש ניתן לישראל יום א' לעזוב כל עניני עוה"ז והוא מעין עוה"ב כמ"ש חז"ל והוא סימן כפי מה שמדבק האדם עצמו בקדושת שבת יש לו חלק לעוה"ב והוא קבלת מלכות.
ובימי המעשה קבלת מצות כנ"ל:
Il est enseigné dans la Guemara (Berakhot 35b) : beaucoup ont agi comme Rabbi Chimon bar Yohai et cela ne leur a pas réussi ; comme Rabbi Yichmael - 'tu récolteras ton grain' selon son sens littéral - et cela leur a réussi. C'est étonnant : celui qui a agi comme Rabbi Chimon bar Yohai, comment dire que 'cela n'à pas réussi' ?
Mais le sens est qu'il n'à pas réussi à élever les affaires de ce monde, ce qui est l'essentiel du service de l'homme. Seulement, la volonté de l'homme doit être prête à se séparer de tout ce monde, si telle est la volonté de Lui, béni soit-Il.
C'est l'acceptation du joug de la royauté du Ciel, et l'acceptation du joug des commandements. Le saint Chabbat à été donné à Israël comme un jour pour abandonner toutes les affaires de ce monde, et il est un avant-goût du monde à venir, comme l'ont dit nos Sages ; il est un signe : selon que l'homme s'attaché à la sainteté du Chabbat, il à une part au monde à venir - et c'est l'acceptation de la royauté ; tandis que dans les jours ouvrables, c'est l'acceptation des commandements, comme ci-dessus.
תרל"ד
5634 (תרל״ד)
ב"ה עקב שכחתי הרבה רק קצת שנזכרתי.
Avec l'aide du Ciel (ב״ה). Eikev - j'ai beaucoup oublié, il ne reste que le peu dont je me suis souvenu.
ברש"י מצות קלות שדש בעקב. אף שאין כן הצדק להיות דשין אותם בעקב.
ולמה נקראים ע"ש מעשה רשעים. רק הפי' שיש מצות שתלוין בראש האדם ובלב ובשאר אברים כמ"ש רמ"ח מצות כו'.
ויש נגד העקבים והם מצות קלות. כמו שהראש חשוב מן הרגל ומ"מ קיום האדם על רגליו שהם היסוד שהאדם עומד עליהם.
כמו כן מצות קלות להם הקדימה שכל היסוד עליהם כנ"ל:
Dans Rachi : des mitsvot légères qu'on foule du talon. Bien qu'il ne soit pas juste de les fouler du talon - et pourquoi seraient-elles nommées d'après l'acte des méchants ?
Mais le sens est qu'il y a des mitsvot qui dépendent de la tête de l'homme, du cœur et des autres membres, comme il est dit '248 mitsvot', etc. ; et il y en a qui correspondent aux talons, et ce sont les mitsvot légères. De même que la tête est plus importante que le pied, et néanmoins la tenue de l'homme repose sur ses pieds, qui sont le fondement sur lequel l'homme se tient - de même les mitsvot légères ont la préséance, car tout le fondement repose sur elles, comme ci-dessus.
ובמדרש תנחומא שהי' דוד מתפאר הנחמדים מזהב כו' גם עבדך כו' בשמרם עקב רב. פי' אחר שמזכיר מקודם מדרגות עליונות ואע"פ שידע מכל זה מ"מ הי' שומר המצות קלות ועי"ז הי' נזהר בהם פי' בהחמורות כנ"ל:
Et dans le Midrach Tan'houma : David se glorifiait - 'plus désirables que l'or' (Ps. 19,11), 'aussi Ton serviteur' (Ps.
19,12), 'lorsqu'on les garde, grande est la récompense'. Explication : après avoir mentionné d'abord des degrés élèves, et bien qu'il sut tout cela, il gardait néanmoins les mitsvot légères, et par cela il était scrupuleux dans les mitsvot graves, comme ci-dessus.
תרל"ה
5635 (תרל״ה)
והי' עקב כו' ושמר ה"א לך כו' וקשה כי מה צריך הכתוב זה להודיע כי היתכן שלא יקיים השי"ת הברית והשבועה. ובמד' מאמונתו של ב"ו אתה יודע אמונתו של הקב"ה וביאור הענין כי כמו שמצות הקב"ה ותורתו צריך כח גדול ושמירה בעוה"ז לגבור נגד הסט"א.
כמו כן ממש בשמים צריך הברית והשבועה שנשבע הקב"ה לאבות שמירה והתגברות כח הרחמים נגד הקטרוגים ושרי אומות שלמעלה. והכל תלוי בעבודת האדם למטה.
וכפי האמונה שמתקיימת בישראל לפנים משורת הדין וגוברין נגד יצה"ר ומוסרין נפשם בעבור הקב"ה ותורתו. נותנים כח וקיום בשמים לעשות עמהם לפנים משורת הדין ג"כ.
ושלא להשגיח על הקטרוגים. כמו שהמה אין משגיחין על יצרם הרע כי הכל במדה:
'Et il arrivera, en récompense (eikev)...' 'le Nom ton Dieu gardera pour toi', etc. (Deut.
7,12). Cela fait difficulté : pourquoi l'Écriture doit-elle l'annoncer ?
Se peut-il que le Nom, béni soit-Il, n'accomplisse pas l'alliance et le serment ? Le Midrach dit : 'de la foi d'un mortel tu connais la foi du Saint béni soit-Il'.
Explication de la chose : de même que les commandements du Saint béni soit-Il et Sa Torah requièrent une grande force et une vigilance en ce monde pour l'emporter contre l'Autre Côté (Sitra A'hra), de même exactement, dans les cieux, il faut l'alliance et le serment que le Saint béni soit-Il à jurés aux Patriarches - vigilance et renforcement de la force de la miséricorde contre les accusations et les princes des nations d'en haut. Et tout dépend du service de l'homme ici-bas.
Selon la foi qui se maintient en Israël au-delà de la stricte justice, et selon qu'ils l'emportent contre le mauvais penchant et livrent leur âme pour le Saint béni soit-Il et Sa Torah, ils donnent force et maintien dans les cieux pour qu'on agisse envers eux au-delà de la stricte justice aussi, et pour qu'on ne prête pas attention aux accusations - de même qu'eux ne prêtent pas attention à leur mauvais penchant, car tout est selon la mesure.
שכחתי התחלת המאמר. וסוף הדברים שי"ל פי' עקב תשמעון ע"פ המד' כל המצוה המתחיל אומרים לו גמור כו'.
כי באמת עיקר קיום המצוה הוא כשיגמור כל המצוה כראוי. כי אם בא לידי גאות ופני' על ידי ההתחלה טוב לו שלא הי' מתחיל כלל.
וז"ש עקב תשמעון שישמעו בסוף קיום המצוה. כי שמיעה לשון הבנה והאזנה:
J'ai oublié le début de l'enseignement. Et pour la fin des propos, on peut expliquer 'eikev tishmeoun' (en récompense vous écouterez) d'après le Midrach : 'toute la mitsva' - à celui qui commence on dit : achève, etc.
Car en vérité l'essentiel de l'accomplissement de la mitsva est de l'achever tout entière comme il convient ; car si, par ce commencement, on en vient à l'orgueil et à l'intérêt personnel, mieux vaudrait pour lui n'avoir pas commencé du tout. C'est ce qui est dit 'eikev tishmeoun' : qu'ils écoutent à la fin de l'accomplissement de la mitsva - car 'entendre' est du langage de la compréhension et de l'écoute attentive.
בפסוק כי תאמר כו' רבים הגוים האלה כו' רש"י פי' בלשון שמא תאמר. ומו"ז ז"ל פי' בלשון אף שהוא הבטחה אף שלא יתחזקו כ"כ באמונה מ"מ יתחזקו בהקב"ה.
ולכן נאמר מעט מעט אגרשנו כו' וי"ל עוד כפשוטו כי כשיפול בלב בנ"י פחד מהאומות לא יאמרו כי הוא סימן ח"ו שיוסיפו עי"ז לירא מהם. כי באמת צריכין בנ"י להשגיח על כל מה שנופל בלבם.
אך הכתוב אומר כי הוא רק כדי לזכור ביצ"מ עי"ז נופל בלבם פחד המלחמות כדי שיזכרו חסדי ה' שעשה עמנו במצרים וזכירה זו עצמה היא העצה להינצל מהם וכתי' זכור תזכור כו' שע"י הזכירה מעוררין זכירה בשמים ג"כ שבנ"י מעוררין גאולת מצרים ע"י הזכירה כנ"ל:
Sur le verset 'si tu dis... nombreuses sont ces nations', etc. (Deut.
7,17), Rachi explique dans le sens de 'peut-être diras-tu'. Mon grand-père, de mémoire bénie, l'à expliqué dans le sens de 'même si' - car c'est une promesse : même s'ils ne se renforcent pas tant dans la foi, ils se renforceront néanmoins dans le Saint béni soit-Il ; c'est pourquoi il est dit 'peu à peu Je les chasserai', etc.
(Deut. 7,22).
On peut encore expliquer selon le sens littéral : quand tombe dans le cœur des enfants d'Israël une crainte des nations, qu'ils ne disent pas que c'est un signe, à Dieu ne plaise, qui leur ferait accroître par la leur crainte de ces nations - car en vérité les enfants d'Israël doivent prendre garde à tout ce qui tombe dans leur cœur. Mais l'Écriture dit que c'est seulement afin de se souvenir de la sortie d'Égypte : par cela tombe dans leur cœur la crainte des guerres, afin qu'ils se souviennent des bontés du Nom qu'Il à faites avec nous en Égypte ; et ce souvenir même est le remède pour en être sauvé.
Il est écrit 'te souvenir tu te souviendras', etc. (Deut.
7,18) - car par le souvenir on éveille aussi un souvenir dans les cieux, les enfants d'Israël éveillant la délivrance d'Égypte par le souvenir, comme ci-dessus.
והי' א"ש תשמעו כו'. כי כתי' לשקוד על דלתותי שיש ב' פתחים.
פי' בכל דבר שנפתח קצת השגה לאדם צריך אח"כ להיות פתח ב' לקבל ההשגה כראוי. כי הכפל הוא קיום הדבר.
כמאמר שינה עליו הכתוב לעכב. וזה ענין אמרם ז"ל לקבל עליו עמ"ש תחילה ואח"כ עול מצות כי והי' א"ש היא השמיעה אחר שמע שהיא שמיעה ראשונה.
והאמת כי כל השגה משמים היא. וצריך אח"כ האדם לקבל ההשגה הטוב וזה הוא עבודת האדם.
וקבלת עמ"ש הוא ביטול לגמרי להקב"ה. והי' א"ש הוא המשכות ההשפעה לפרטות.
ולכן הוא קבלת מצות שהם נגד אברי האדם כנ"ל:
'Et il arrivera, si vous écoutez' (Deut. 11,13), etc.
Car il est écrit 'veiller à mes portes' (Pr. 8,34) - qu'il y a deux battants.
Explication : chaque fois qu'une part de compréhension s'ouvre à l'homme, il faut ensuite un second battant pour recevoir cette compréhension comme il convient ; car le redoublement est le maintien de la chose, selon la maxime : 'l'Écriture l'à répété pour rendre obligatoire'. Tel est le sens de ce qu'ont dit nos Sages de mémoire bénie : accepter d'abord sur soi le joug de la royauté du Ciel, puis le joug des commandements.
Car 'Ve-haya im shamoa' est l'écoute qui suit le 'Chema', laquelle est la première écoute. La vérité est que toute compréhension vient des cieux ; ensuite l'homme doit recevoir la bonne compréhension, et c'est cela le service de l'homme.
L'acceptation du joug de la royauté du Ciel est un effacement total devant le Saint béni soit-Il ; 'Ve-haya im shamoa' est le prolongement de l'influx vers le détail, et c'est pourquoi c'est l'acceptation des commandements, qui correspondent aux membres de l'homme, comme ci-dessus.
תרל"ז
5637 (תרל״ז)
במדרש מנורה של פרקים בשבת אסור לסדרה דהוי כבנין כו' את סבור לרעתך נתתי לך השבת לא נתתי אלא לטובתך אוכל ושותה כו' שכר המצות בעקב אני פורע לכם כו' ע"ש. כי בוודאי לכל הדברים יש להם אחיזה בשורש הקדושה אך שבעוה"ז הוא תוך התערובת טו"ר.
ולכן צריך עבודת הבירור להעלות הטוב מרע ע"י המצות שהם מבררין המעשים ועי"ז מחבר כל דבר למקומו ומקרב דבר אל דבר ונעשה כלי שלימה אחר שיהי' הכל מתוקן כראוי. וכל הדורות ג"כ כמו איברים ופרקים וכשיתחברו לבסוף כל הפרקים הוא בנין הקומה כראוי.
וכמו כן באדם עצמו רמ"ח אברים שהם מכוונים לרמ"ח מצות עשה וכמו כן נמצא מזה בכל דבר כללי ופרטי נקודות קדושות מפוזרות וצריכין לחברם. וזאת נק' מנורה של פרקים.
ובנין זה נק' מלאכות ימי המעשה ובעוה"ב אחר השלימות יאיר אור המנורה. וכמו כן שבת שנאסרו המלאכות כי בשבת לא יש תערובת טו"ר.
וז"ש לא לרעתך נתתי השבת רק לטובתך שהטוב מבורר ולכן התענוג מצוה בשבת ובחול צריך שמירה ע"י שמעורב בו הרע ג"כ. אך בשבת כתיב פורס סוכת שלום.
שע"י התגלות הארת השבת שהיא מעין עוה"ב. ניתן שלימות בכל הדברים.
ומבדיל בין התערובות כנ"ל. והי' עקב הוא פרקים התחתונים שהמה באמת דורותינו כעת וע"י שאנחנו השפלים באמת לכן בתיקון דורות אלו יהי' נגמר הבנין כמ"ש שחה לעפר כו' קומה עזרתה:
Dans le Midrach : une menora faite de segments, le Chabbat il est interdit de l'assembler car ce serait comme construire, etc. 'Penses-tu que c'est pour ton mal que Je t'ai donné le Chabbat ? Je ne l'ai donné que pour ton bien' - 'il mange et boit', etc. ; 'la récompense des mitsvot, au talon (be-eikev) Je vous la paie', etc. ; vois-y.
Car assurément toutes les choses ont une prise dans la racine de la sainteté, sauf qu'en ce monde cela est au milieu du mélange du bien et du mal. C'est pourquoi il faut le travail du triage, pour élever le bien hors du mal par les mitsvot, qui trient les actes ; par cela on relie chaque chose à sa place, on rapproche une chose d'une autre, et il se fait un ustensile parfait, une fois que tout sera réparé comme il convient.
Toutes les générations aussi sont comme des membres et des segments, et lorsque enfin tous les segments se relieront, ce sera l'édifice de la stature comme il convient. De même, en l'homme lui-même, il y a 248 membres qui correspondent aux 248 commandements positifs ; de même on trouve de cela en toute chose, générale et particulière : des points saints dispersés qu'il faut relier.
C'est cela qu'on appelle la menora faite de segments. Cet édifice est appelé les travaux des jours ouvrables, et au monde à venir, après la perfection, brillera la lumière de la menora.
De même le Chabbat, où les travaux sont interdits, car le Chabbat il n'y a pas de mélange de bien et de mal. C'est ce qui est dit : 'ce n'est pas pour ton mal que J'ai donné le Chabbat, mais pour ton bien' - car le bien y est trie ; c'est pourquoi le délice est une mitsva le Chabbat, tandis qu'en semaine il faut une vigilance, du fait que le mal y est aussi mêlé.
Mais au Chabbat il est écrit 'Il étend un dais de paix' : par la révélation de l'illumination du Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir, une perfection est donnée à toutes les choses, et Il sépare les mélanges, comme ci-dessus. 'Et il arrivera, en récompense (eikev)' - ce sont les segments inférieurs, qui sont en vérité nos générations présentes ; et parce que nous sommes les humbles, en vérité, c'est donc dans la réparation de ces générations que l'édifice s'achèvera, comme il est dit 'notre âme est courbée jusqu'à la poussière... lève-toi, viens à notre secours' (Ps. 44,26-27).
תרל"ח
5638 (תרל״ח)
Dans le Midrach, une menora de pièces détachées ne s'assemble pas le Chabbat, et le salaire des mitsvot vient « au talon » (be-ekev). Le Sfat Emet explique que le Saint béni soit-Il aurait voulu donner aux justes tout le bien dès ce monde, mais le monde à venir n'advient qu'après tout l'achèvement. L'homme ordonne les pièces ; la lumière supérieure resplendit quand la menora est complète. Les jours ouvrables sont les six branches : le travail les assemble et les annule vers le Chabbat, avant-goût du monde à venir par l'annulation du travail, lumière des sept jours. « Et ce sera, en conséquence (ekev) de votre écoute » : l'écoute est au talon, après le tikoun.
Aussi : la manne inclut les racines spirituelles du minéral, du végétal et du vivant ; seul le petit point de la crainte du Ciel est aux mains de l'homme ; écoute, garde et accomplissement correspondent aux trois Pères
במדרש מנורה של פרקים אסור להרכיב בשבת כו' לטובתך נתתי לך השבת כו' מתן שכר המצות בעקב כו'. ביאור הענין כי השי"ת במדת טובו הי' נותן לצדיקים כל טוב גם בעוה"ז.
אבל כי עוה"ב א"א להיות רק אחר כל השלימות. לאשר הוא הטוב בכל מיני השלימות.
ועבודת האדם בעוה"ז לסדר הפרקים. ובשלימות המנורה אז מאיר אור העליון.
ולכן השכר בעקב אחר כל תיקון השלם. אכן מתנה טובה נתן השי"ת לבנ"י והוא השבת שיש בו מעין עוה"ב ע"י ביטול המלאכה נותן לבנ"י הארה משלימות שלעתיד.
וע"ז נאמר פורס סוכת שלום כו'. וימי המעשה הם ששת קני מנורה וכפי העבודה בחול להרכיב הקנים ולבטלם אל הנקודה הפנימיות שהוא השבת.
אז מאיר השבת שהוא אור שבעת הימים. לכן ההרכבה אסור בשבת.
כי הארת השבת אחר השלימות בימי המעשה כנ"ל. וימי המעשה עם השבת הם כדמיון עוה"ז ועוה"ב.
וכמו כן בכל אדם בפרט א"א לבא להשגה אמתית עד אחר תיקון השלימות כפי ערך ההשגה. וע"ז נאמר ג"כ והי' עקב תשמעון כי השמיעה הוא בעקב כנ"ל:
Dans le Midrach : une menora faite de pièces détachées, il est interdit de l'assembler le Chabbat, etc. ; 'Pour ton bien Je t'ai donné le Chabbat', etc. ; la remise du salaire des mitsvot vient 'au talon' (be-ekev), etc. Explication : le Saint béni soit-Il, par la mesure de Sa bonté, aurait voulu donner aux justes tout le bien même en ce monde.
Mais le monde à venir ne peut advenir qu'après tout l'achèvement, car il est le bien dans toutes les formes d'achèvement. Le travail de l'homme en ce monde est d'ordonner les pièces (de la menora) ; et quand la menora est complète, alors la lumière supérieure resplendit.
C'est pourquoi le salaire vient 'au talon', après tout le tikoun achève. Cependant le Saint béni soit-Il à donné un beau présent à Israël : c'est le Chabbat, qui porte en lui comme un avant-goût du monde à venir, car par l'annulation du travail Il donne à Israël un rayonnement de l'achèvement futur.
À ce propos il est dit : 'Il étend une soukka de paix', etc. Les jours ouvrables sont les six branches de la menora, et selon le travail accompli en semaine pour assembler les branches et les annuler vers le point intérieur qui est le Chabbat, alors resplendit le Chabbat, qui est la lumière des sept jours.
C'est pourquoi l'assemblage est interdit le Chabbat, car le rayonnement du Chabbat vient après l'achèvement dans les jours ouvrables, comme dit. Les jours ouvrables avec le Chabbat sont à l'image de ce monde et du monde à venir.
De même pour chaque homme en particulier : il est impossible de parvenir à une saisie véritable avant le tikoun de l'achèvement, selon la mesure de la saisie. À ce propos il est dit aussi : 'Et ce sera, en conséquence (ekev) de votre écoute' (Deut.
7,12), car l'écoute est 'au talon', comme dit.
בפסוק ויאכילך את המן כו' לא על הלחם לבדו. דקשה כי סדר הבריאה הצומח מכח הדומם וכן הב"ח ניזון מהצומח.
והמדבר מב"ח כי הוא מעלה את כולם. ואיך אכלו בנ"י המן.
והי' לכאורה חסרון להבריאה דצ"ח. אבל האמת הוא כי לכל הברואים יש שורש למעלה.
ובוודאי המן שהוא רוחניות המזון הי' נמצא [*בו] שורש דומם צומח חי והכלל כי כפי עמידת האדם כך נמשכו אחריו כל הברואים כי הוא נק' עולם קטן שכולל את כולם. וכשהוא בגשמיות צריך לאכול דצ"ח בגשמיות.
וכשהיו בנ"י במעלה עליונה היו כלולין בהם שורשי דצ"ח כנ"ל. וז"ש על כל מוצא פי ה' פי' שאדם כולל שורשי הברואים כולם גם ברוחניותם עד שורש הראשון.
שהרי כולם נמשכו ממוצא פי ה'. והבן:
Sur le verset 'Il t'à nourri de la manne, etc., non de pain seul' (Deut. 8,3).
Difficulté : car l'ordre de la Création est que le végétal tire sa force du minéral, de même l'animal se nourrit du végétal, et le parlant (l'homme) de l'animal, car il élève tous les autres. Comment donc Israël à-t-il pu manger la manne ?
Il semblait y avoir la un manque pour le règne minéral-végétal-animal (domem-tsomeach-haï). Mais la vérité est que toutes les créatures ont une racine en haut.
Et assurément la manne, qui est la spiritualité de la nourriture, contenait [en elle] la racine du minéral, du végétal et du vivant. La règle est que, selon le niveau où se tient l'homme, ainsi le suivent toutes les créatures, car il est appelé 'petit monde' qui les inclut toutes.
Quand il est dans la matérialité, il lui faut manger le minéral-végétal-animal de façon matérielle ; mais quand Israël se trouvait à un degré élevé, les racines du minéral-végétal-animal étaient incluses en eux, comme dit. C'est le sens de 'de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel (l'homme vit)' : l'homme inclut les racines de toutes les créatures, même dans leur spiritualité, jusqu'à la racine première, car toutes sont issues de ce qui sort de la bouche de l'Éternel.
Comprends.
בפסוק ועתה ישראל מה ה' כו' שואל כו' כ"א ליראה. ובגמ' הכל בידי שמים חוץ מי"ש.
וכי לא ידענו כי הכל ביד"ש. אבל ביאור הענין כי כל עבודת האדם ג"כ הכל ביד"ש.
אך הנקודה קטנה שיש לאדם בעבודת הבורא ית' היא י"ש. וע"ז אמרו פתחו לי כחודה של מחט.
וזה השער הקטן הוא בידי האדם. וכל המצות ומעש"ט והשגות האדם הכל בא ע"י י"ש.
והיא מרגניתא דלית לה טימי וע"ז נאמר יראת ה' היא אוצרו. וחז"ל אמרו א"ת מה אלא מאה.
ודרשו מזה מאה ברכות. והענין כי מה הוא היפוך ממאה שמאה הוא כל השלימות מהתחלה עד הסוף.
ובאמת ע"י הבטול להש"י שהוא בחי' מה הנ"ל עי"ז יכולין לבוא לאחדות והוא המשכות הא' שהוא רמז לאחדות וממילא נפתח מקור הברכות וזה החכמה שנאמר הן יראת ה' היא חכמה. שעיקר החכמה להבין כי כח כל הברואים מהבורא ית'.
וממילא ע"י הביטול אליו ית' יכולין להפיק רצון מה' וחכמה זו היא שניתן לבנ"י וע"ז נאמר כח מעשיו הגיד לעמו שאין שום אומה יכולין להשיג יראה הנ"ל רק בנ"י. וז"ש שואל מעמך דייקא:
Sur le verset 'Et maintenant, Israël, que (mah) demande l'Éternel... sinon de Le craindre' (Deut. 10,12).
Dans la Guemara : 'Tout est entre les mains du Ciel, sauf la crainte du Ciel.' Ne savions-nous donc pas que tout est entre les mains du Ciel ? Mais l'explication est que tout le service de l'homme, lui aussi, est entièrement entre les mains du Ciel ; seul le petit point que possède l'homme dans le service du Créateur, béni soit-Il, est la crainte du Ciel.
À ce propos on a dit : 'Ouvrez-Moi (une ouverture) comme la pointe d'une aiguille.' Cette petite porte est entre les mains de l'homme. Toutes les mitsvot, les bonnes actions et les saisies de l'homme viennent par la crainte du Ciel.
Elle est 'la perle qui n'à pas de prix', et à son sujet il est dit : 'la crainte de l'Éternel, c'est la son trésor' (Isaie 33,6). Nos Sages ont dit : 'Ne lis pas mah (quoi) mais meah (cent)', et ont déduit de la les cent bénédictions.
L'idée est que 'mah' est l'oppose de 'meah', car 'meah' (cent) est tout l'achèvement, du début jusqu'à la fin. Et en vérité, par l'annulation devant le Saint béni soit-Il - qui est l'aspect de 'mah' mentionné - on peut parvenir à l'unité : c'est l'adjonction du alef (qui, valant un, fait allusion à l'unité), et de la s'ouvre la source des bénédictions.
Telle est la sagesse dont il est dit : 'Voici, la crainte de l'Éternel, c'est la sagesse' (Job 28,28), car l'essentiel de la sagesse est de comprendre que la force de toutes les créatures vient du Créateur, béni soit-Il. Et de la, par l'annulation devant Lui, béni soit-Il, on peut obtenir la faveur de l'Éternel.
Cette sagesse à été donnée à Israël, et à ce propos il est dit : 'la force de Ses œuvres, Il l'à annoncée à Son peuple' (Ps. 111,6), car aucune nation ne peut atteindre cette crainte, hormis Israël.
C'est le sens de 'Il demande de toi' précisément.
תרל"ט
5639 (תרל״ט)
במדרש שכרו בעקב כו'. כבר כ' במ"א כי מכל מעשה מצות ומעש"ט הקב"ה זורע צדקות ב"א ומצמיח ישועות כמ"ש מאמונתו של ב"ו א"י אמונתו של הקב"ה.
לכן מקפיד המלך על מהירת חזרת הפקדון ממנו כי בעוד שמתעכב אצלו הוא משומר ועושה פירות. ואין פריעת שכר בעוה"ז כי עוה"ב אין בו מציאות בעוה"ז.
זולת במצות שבת יוכל להיות קצת שכר בעוה"ז. כי הוא מעין עוה"ב ע"י שמצות שבת הוא שביתות המעשה ולכן יש בו נשמה יתירה.
וז"ש אתה מענג נפשך ואני נותן לך שכר ע"ש במד':
Dans le Midrach : 'son salaire est au talon (ekev)', etc. J'ai déjà écrit ailleurs que, de chaque acte de mitsva et de bonne action, le Saint béni soit-Il sème des mérites pour l'homme et fait germer des saluts, comme il est dit : de la fidélité de l'être de chair et de sang tu connais la fidélité du Saint béni soit-Il.
C'est pourquoi le roi tient à ce qu'on ne lui rende pas trop vite le dépôt : car tant qu'il demeure chez lui, il est garde et porte des fruits. Or le versement du salaire n'à pas lieu en ce monde, car le monde à venir n'à pas de réalité en ce monde.
Sauf par la mitsva du Chabbat, où il peut y avoir un peu de salaire en ce monde, car il est un avant-goût du monde à venir : puisque la mitsva du Chabbat est la cessation du travail, il comporte une âme supplémentaire (nechama yetera). C'est le sens de : 'Toi tu délectes ton âme, et Moi Je te donne un salaire' - vois-le dans le Midrach.
והרבך וברך פרי בטנך. קשה דהיינו הך.
וי"ל כמ"ש רש"י הרבה אתכם הרים אתכם. שהרבך הוא התרוממות:
'Il te multipliera (ve-hirbekha) et bénira le fruit de ton ventre' (Deut. 7,13).
Difficulté : n'est-ce pas la même chose ? On peut expliquer selon Rachi : 'Il vous à multipliés (hirba), Il vous à élèves (herim)' ; car 've-hirbekha' signifie l'élévation.
בפסוק א"ת בלבבך כו' וברשעת הגוים כו'. ותמוה דמסיים ברשעת הגוים כו'.
וי"ל כי כל המשפט תלוי בעמידת בנ"י ובוודאי אם היו בנ"י מתוקנים כראוי הי' נגמר מיד סאתם של הכנענים. לכן א"ת בצדקתי וברשעת כו' כי לפי מעשיכם עדיין לא נגמר סאתם של הגוים.
רק ע"י שלבנ"י הקב"ה מצרף מחשבה טובה למעשה. והוא באמת ע"י זכות אבות פי' שעצם בנ"י טוב בכח האבות לכן כשבוחרין בדרכיהם ועושים כמעשיהם.
מעשיהם לא אמרו רק כמעשיהם. שיש קצת דמיון.
מיד מתעורר להם מעשי אבות ועי"כ מתמלא סאתם של הגוים ג"כ כנ"ל:
Sur le verset 'Ne dis pas en ton cœur... et (c'est) par la méchanceté des nations, etc.' (cf. Deut.
9,4-5). Il est étonnant qu'il conclue par 'la méchanceté des nations'.
On peut expliquer que tout le jugement dépend de la tenue d'Israël : assurément, si Israël était convenablement redresse, la mesure (des fautes) des Cananéens serait aussitôt comble. C'est pourquoi : 'Ne dis pas : par ma justice... et par la méchanceté, etc.', car selon vos actes la mesure des nations n'est pas encore comble ; c'est seulement parce que, pour Israël, le Saint béni soit-Il joint la bonne pensée à l'acte.
Et cela vient en vérité par le mérite des Pères : c'est-à-dire que l'essence d'Israël est bonne par la force des Pères ; ainsi, lorsqu'ils choisissent leurs voies et agissent 'comme leurs actes' - le texte ne dit pas 'leurs actes' mais 'comme leurs actes', qu'il y ait un peu de ressemblance - aussitôt s'éveillent pour eux les actes des Pères, et par la se comble aussi la mesure des nations, comme dit.
תר"מ
5640 (תר״מ)
ב"ה עקב בקיצור
Avec l'aide du Ciel. Eikev, en bref (ב״ה עקב בקיצור).
והי' עקב תשמעון כו' ושמרתם ועשיתם. לתת שכר לשמיעה ושמירה ועשי'.
והם ג' מדרגות. השמיעה היא הקבלה בלב.
אח"כ השמירה ועשי'. והם בחי' ג' אבות.
באברהם אע"ה נאמ' שמעי בת שהי' הראשון לשמוע דבר ה' ובחי' בכל לבבך. ושמירה נגד יצחק והיא בכל נפשך.
רמז לדבר ושמרתם את נפשותיכם כי שמירה בנפש. ועשיתם נגד יעקב אע"ה בחי' בכל מאודך:
'Et ce sera, en conséquence (ekev) de votre écoute... vous garderez et vous accomplirez.' (Il s'agit) de donner un salaire à l'écoute, à la garde et à l'accomplissement. Ce sont trois degrés.
L'écoute est la réception dans le cœur ; ensuite la garde et l'accomplissement. Ils correspondent à l'aspect des trois Pères.
D'Abraham, sur lui la paix, il est dit : 'Écoute, ma fille' (Ps. 45,11), car il fut le premier à écouter la parole de l'Éternel ; c'est l'aspect de 'de tout ton cœur'.
La garde correspond à Its'hak, et c'est 'de toute ton âme' ; allusion : 'vous garderez vos âmes' (Deut. 4,15), car la garde est dans l'âme.
Et l'accomplissement correspond à Yaakov, sur lui la paix, aspect de 'de tout ton pouvoir (meod)'.
בפסוק והי' א"ש תשמעו. פירש"י שמוע בישן תשמע בחדש.
ע"פ מאמר המשנה למה קדמה פ' שמע כדי שנקבל תחילה עמ"ש ואח"כ עול מצות. והוא ענין עושי דברו לשמוע בק"ד וצריכין בנ"י בכל יום לעורר בחי' מתן תורה כמ"ש אשר אנכי מצוך היום.
והוא ע"י הכנה לקבל עול מלכותו ית' שהוא פי' עושי דברו כמ"ש במ"א. עי"ז זוכין אח"כ לשמוע דבר ה'.
ושייך שמיעה זו בכל נפש מישראל שיוכל להתעורר משמים ע"י הכנת עמ"ש כראוי. וע"ז נאמר אשרי איש שישמע למצותיך הוא הציווי ממש כמ"ש אנכי מצוך היום:
Sur le verset 'Et ce sera, si vous écoutez (im shamoa tichme'où)' (Deut. 11,13).
Rachi explique : 'si tu écoutes l'ancien, tu écouteras le nouveau'. Cela s'appuie sur l'enseignement de la Michna : pourquoi la section 'Chema' précède-t-elle (celle de 've-haya im shamoa') ?
Afin que nous recevions d'abord le joug de la royauté céleste, puis le joug des mitsvot. C'est le sens de 'ceux qui accomplissent Sa parole, pour écouter la voix de Sa parole' (Ps.
103,20). Israël doit chaque jour éveiller l'aspect du don de la Torah, comme il est dit : 'que Moi Je t'ordonné aujourd'hui'.
Et cela se fait par la préparation à recevoir le joug de Sa royauté, béni soit-Il, ce qui est le sens de 'ceux qui accomplissent Sa parole', comme je l'ai écrit ailleurs. Par la on mérite ensuite d'écouter la parole de l'Éternel.
Cette écoute concerne chaque âme d'Israël, qui peut être éveillée depuis le Ciel en préparant convenablement (l'acceptation du) joug de la royauté céleste. À ce propos il est dit : 'Heureux l'homme qui écoute Tes commandements' - c'est l'ordre lui-même, comme il est dit : 'Moi Je t'ordonné aujourd'hui'.
תרמ"א
5641 (תרמ״א)
בפסוק לא בצדקתך. אמו"ז מו"ר ז"ל אמר כי מרע"ה רצה לברר זאת לחזק דורות השפלים שאין בכח מעשיהם לרשת את ארצם.
אעפ"כ הכל בזכות האבות כו'. כי באמת בוודאי הי' לדור המדבר מעלות רמות ונשגבות שקיבלו התורה מן השמים והקדימו נעשה לנשמע.
ומכלל שנאמר א"ת בלבבך כו' בצדקתי הביאני כו' מוכח שהי' להם בוודאי במה לתלות רק שהיו בהם ג"כ קילקולים כמו שנדרש עליהם שחורה אני ונאוה. ואם היו מתקנים הכל והיו באין לא"י בכח צדקתם.
לא הי' גלות שוב. והי' מרע"ה נכנס עמהם.
רק ע"י החטאים הוצרכו לכנוס רק בזכות האבות. ולא נכנס עמהם מרע"ה מה"ט שלא הי' הכניסה בזכות מעשיהם רק במתנה ומרע"ה הי' בבחי' גדולה מזו.
שהי' לו הכל בזכות עצמו. וז"ש על בחי' האחרונה ועתה ישראל מה ה' כו' שואל מעמך.
כי בדברות הראשונות הי' המכוון להיות כולם כמלאכי השרת אשר על כן אמרו חז"ל כי מילתא זוטרתי היא לגבי משה. פי' למה שהיו מוכנים בדברות הראשונות.
ואח"כ הכל בסיוע מהש"י כמ"ש הכל בידי שמים חוץ מיראת שמים שאין מבקשין רק הפתיחה כחודה של מחט שהוא יראת שמים ואח"כ בעזר ה' יכולין לתקן הכל ומדרגה הראשונה הי' לזכות במעשה עצמו כאבות הראשונים שהיו מתחזקים בצדקתם מעצמם:
Sur le verset 'Non par ta justice' (Deut. 9,5).
Mon grand-père, mon maître et rabbi, de mémoire bénie, à dit que Moché notre maître, sur lui la paix, à voulu préciser cela pour fortifier les générations humbles : que leurs actes n'ont pas la force de leur faire hériter leur terre ; malgré tout, tout se fait par le mérite des Pères, etc. Car en vérité la génération du désert possédait assurément des vertus hautes et sublimes, ayant reçu la Torah du Ciel et fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons'.
Du fait même qu'il est dit 'Ne dis pas en ton cœur... par ma justice Il m'à fait venir', il est prouvé qu'ils avaient assurément de quoi s'appuyer, sauf qu'il y avait aussi en eux des altérations, comme on l'exposé à leur sujet : 'Je suis noire mais belle' (Cantique 1,5). S'ils avaient tout redresse et étaient entrés en terre d'Israël par la force de leur justice, il n'y aurait plus eu d'exil, et Moché notre maître serait entre avec eux.
C'est seulement à cause des fautes qu'ils durent entrer uniquement par le mérite des Pères ; et Moché notre maître n'entra pas avec eux pour cette raison même, puisque l'entrée ne se faisait pas par le mérite de leurs actes mais en don, tandis que Moché notre maître était à un degré supérieur à cela, ayant tout par son propre mérite. C'est ce qui est dit de ce dernier aspect : 'Et maintenant, Israël, que (mah) l'Éternel... demande de toi' ; car lors des premières Tables, l'intention était que tous fussent comme des anges serviteurs - c'est pourquoi nos Sages ont dit que c'est chose menue au regard de Moché, c'est-à-dire par rapport à ce à quoi ils étaient préparés lors des premières Tables.
Ensuite, tout se fait avec l'aide du Saint béni soit-Il, comme il est dit : 'Tout est entre les mains du Ciel sauf la crainte du Ciel', car on ne demande que l'ouverture comme la pointe d'une aiguille, qui est la crainte du Ciel, et ensuite, avec l'aide de l'Éternel, on peut tout redresser. Le premier degré, lui, était de mériter par l'acte lui-même, comme les premiers Pères qui se fortifiaient dans leur justice par eux-mêmes.
תרמ"ב
5642 (תרמ״ב)
במדרש מנורה של פרקים כו'. הטעם דשכר מצוה בהאי עלמא ליכא.
כי א"י לקבל שכר עוה"ב עד אחר כל השלימות כמ"ש אין כלי מחזיק ברכה אלא שלום. וכל השלימות א"א להשיג בזה העולם לכן שכרו בעקב.
אכן בשבת קודש ע"י הביטול שמבטלין הכל יכולין להשיג הארה מעוה"ב. כמ"ש שבת מעין עוה"ב.
ונק' שלום כי צריכין להיות כלי מיוחד לקבל שכר עוה"ב. כידוע שמקבלין לבוש חדש כי בלבוש זה של הגוף א"י לקבל עוה"ב.
כמ"ש בזוה"ק כי עוה"ב א"י לסבול כחוט השערה מעוה"ז. רק בש"ק יש נשמה יתירה ויכולין לקבל קצת הארה מעוה"ב.
ז"ש במד' לטובתך נתתי לך השבת כו' אני נותן לך שכר. רמז למ"ש שבש"ק יש ענין שכר בעוה"ז ג"כ.
ולכן רמז האר"י ז"ל ביומו תתן שכרו ר"ת שבת שבשבת יש קבלת שכר כנ"ל. והנה באמת השבת הוא אות ועדות שבנ"י הם בני עוה"ב.
וכמו כן בפרט כפי מה שיש לאדם שייכות להשבת כן הוא מוכן לעוה"ב. וכתי' ביני ובין בנ"י א"ה לעולם.
פי' כי הוא עדות לעולם הבא כי ששת ימים עשה כו' כי הטבע הוא בחי' ימי המעשה וביום השביעי שבת וינפש. א"כ נראה כי הש"ק הוא למעלה מעשיות שמים וארץ וזה העדות שבנ"י מעידין ומבררין בש"ק.
וז"ש אם תשיב משבת רגלך כו' אז תתענג כו' כנ"ל שיכולין להשיג הארת עוה"ב כנ"ל:
Dans le Midrach : 'une menora faite de pièces', etc. La raison pour laquelle 'le salaire de la mitsva n'existe pas en ce monde' : c'est qu'on ne peut recevoir le salaire du monde à venir qu'après tout l'achèvement, comme il est dit : 'aucun vase ne contient la bénédiction sinon la paix'.
Or tout l'achèvement est impossible à atteindre en ce monde ; c'est pourquoi son salaire est 'au talon'. Cependant, le saint Chabbat, par l'annulation où l'on annule tout, on peut atteindre un rayonnement du monde à venir, comme il est dit : 'le Chabbat est un avant-goût du monde à venir'.
Il est appelé 'paix' (chalom) car il faut un vase particulier pour recevoir le salaire du monde à venir. Il est connu qu'on reçoit un vêtement nouveau, car dans ce vêtement du corps on ne peut recevoir le monde à venir, comme il est dit dans le saint Zohar : le monde à venir ne pourrait supporter ne serait-ce qu'un cheveu de ce monde-ci.
Mais le saint Chabbat comporte une âme supplémentaire, et l'on peut recevoir un peu du rayonnement du monde à venir. C'est ce que dit le Midrach : 'Pour ton bien Je t'ai donné le Chabbat...
Je te donne un salaire' - allusion à ce qui a été dit : le saint Chabbat comporte aussi un aspect de salaire en ce monde. C'est pourquoi le Ari, de mémoire bénie, à fait allusion (au verset) 'en son jour tu donneras son salaire' (Deut.
24,15), dont les initiales forment 'Chabbat' (שבת) : car le Chabbat comporte réception de salaire, comme dit. Et voici, en vérité le Chabbat est un signe et un témoignage qu'Israël sont fils du monde à venir.
De même, pour chacun en particulier, selon le rapport qu'à l'homme avec le Chabbat, ainsi est-il préparé au monde à venir. Il est écrit : 'entre Moi et les enfants d'Israël, c'est un signe à jamais' (Exode 31,17) - c'est-à-dire qu'il est un témoignage pour le monde à venir, car 'en six jours Il à fait, etc.', puisque la nature est l'aspect des jours ouvrables, et 'le septième jour Il à chômé et repris souffle'.
Il apparaît donc que le saint Chabbat est au-dessus du faire du ciel et de la terre ; tel est le témoignage qu'Israël atteste et clarifié le saint Chabbat. C'est ce qui est dit : 'Si tu retiens ton pied à cause du Chabbat... alors tu te deliceras' (Isaie 58,13-14), comme dit, car on peut atteindre le rayonnement du monde à venir, comme dit.
בפסוק והי' א"ש תשמעו אל מצותי כו'. ברש"י שמוע בישן תשמע בחדש.
דכתי' עושי דברו לשמוע בק"ד. שכפי מה שמקיימים המצות לשמה כך זוכין לשמוע כי התורה גנוזה במצות.
וע"ז איתא אשרי שישמע למצותיך. כי בוודאי אין שיעור לטעמי המצות ויכולין להשיג בכל יום טעמים חדשים ונק' ממש מצוך היום.
רק זה למי שמחפש לקיים מצות ה' ולא לעשות המוטל עליו בלבד. וזה נקרא קבלת עול מצות.
להיות משתוקק תמיד לשמוע ולקיים רצון הבורא ית'. ואז זוכין לשמוע בכל יום.
ואמרו ושבעת השמרו לכם אין אדם מורד רק מתוך שביעה. אין זה דווקא באכילה ושתי' גשמיות.
רק גם במילא כריסו בתורה ועבודה צריך להיות תמיד אצל הפתח ולחפש לשמוע דבר ה' ואז יורד השפעה חדשה תמיד. וח"ו להיפך ועצר את השמים כו'.
כי כפי מה שחסר לאדם ומשתוקק אל השלימות כך משפיעין לו משמים. כדאיתא יותר משהעגל רוצה לינק כו'.
לכן מחויב כ"א בכל יום לקבל עול מ"ש ועול מצות כי אין שיעור לדבר. ואיתא כיון שאדם פורש מן התורה כו'.
היינו כנ"ל שצריכין בכל יום לעסוק בתורה להשיג מה שהוא רצון הבורא ית' תמיד שיש תמיד התחדשות בתורה כמ"ש ז"ל בכל יום הקב"ה מחדש הלכה כו' והכל בתורה ומצות:
Sur le verset 'Et ce sera, si vous écoutez (im shamoa tichme'où) Mes commandements', etc. (Deut.
11,13). Selon Rachi : 'si tu écoutes l'ancien, tu écouteras le nouveau', car il est écrit : 'ceux qui accomplissent Sa parole, pour écouter la voix de Sa parole'.
C'est-à-dire que, selon la mesure où l'on accomplit les mitsvot pour elles-mêmes (lichma), ainsi mérite-t-on d'écouter, car la Torah est cachée dans les mitsvot. À ce propos il est écrit : 'Heureux qui écoute Tes commandements', car assurément les raisons (taamim) des mitsvot sont sans mesure, et l'on peut atteindre chaque jour des raisons nouvelles ; c'est bien '(que Je) t'ordonné aujourd'hui'.
Mais cela n'est que pour celui qui cherche à accomplir les mitsvot de l'Éternel, et non pas seulement à s'acquitter de ce qui lui incombe. Cela s'appelle recevoir le joug des mitsvot : désirer toujours écouter et accomplir la volonté du Créateur, béni soit-Il.
Alors on mérite d'écouter chaque jour. On a dit (à propos de) 'et tu seras rassasié, prends garde à vous' (Deut.
11,15-16) : l'homme ne se révolte qu'à partir de la satiété. Cela ne concerne pas seulement le manger et le boire matériels, mais aussi celui qui a rempli son ventre de Torah et de service : il doit toujours se tenir à la porte et chercher à écouter la parole de l'Éternel, et alors descend toujours une influence nouvelle.
À Dieu ne plaise, l'inverse : 'et Il fermera les cieux', etc. Car selon ce qui manque à l'homme et son désir de l'achèvement, ainsi l'influence-t-on depuis le Ciel, comme il est dit : 'plus que le veau ne veut téter (la vache veut allaiter)', etc.
C'est pourquoi chacun est tenu chaque jour de recevoir le joug de la royauté céleste et le joug des mitsvot, car la chose est sans mesure. Et il est dit : 'des lors que l'homme se détache de la Torah', etc. - c'est-à-dire, comme dit, qu'il faut chaque jour s'adonner à la Torah pour atteindre ce qu'est la volonté du Créateur, béni soit-Il, toujours ; car il y a toujours renouvellement dans la Torah, comme l'ont dit (nos maîtres) de mémoire bénie : 'chaque jour le Saint béni soit-Il renouvelle une loi (halakha)', etc., et tout est dans la Torah et les mitsvot.
וכתי' לאהבה את ה' כו' פירש"י של"ת אלמוד בשביל שאקבל שכר כו'. פי' להיות תשמעו א"מ כדי לאהבה את ה' ולעבדו כו' שזה התכלית מהמצות שהם עיטין איך למפלח בדו"ח.
וזהו א"ש תשמעו ב"פ. שמיעת מ"ע עצה לבוא לאהבה.
ושמיעת מל"ת לבוא לעבדו בכל לב ונפש. ולכן שמוע תשמעו לקבל ולהאזין הארת המצות בכל אבר להיות בטל כל אבר להמצוה שהוא פנימיות האברים וגידין.
והוא כמ"ש שמעי בת כו' ואח"כ הטי אזנך להיות נמשך לגמרי אחר המצוה:
Il est écrit : 'pour aimer l'Éternel', etc. Rachi explique : 'que tu ne dises pas : j'étudierai afin de recevoir un salaire', etc.
C'est-à-dire : que 'vous écoutiez Mes commandements' soit afin d'aimer l'Éternel et de Le servir, etc. ; car telle est la finalité des mitsvot, qui sont des conseils (eitin) sur la manière de servir (le Maître) par crainte et par amour. C'est le sens du double 'si vous écoutez, vous écouterez' (shamoa tichme'où) : l'écoute des commandements positifs est un conseil pour parvenir à l'amour, et l'écoute des commandements négatifs, pour parvenir à Le servir de tout cœur et de toute âme.
C'est pourquoi 'écouter vous écouterez' : recevoir et prêter l'oreille au rayonnement des mitsvot dans chaque membre, afin que chaque membre soit annulé devant la mitsva, qui est l'intériorité des membres et des tendons. C'est comme il est dit : 'Écoute, ma fille... et incline ton oreille' (Ps.
45,11), pour être entièrement attire à la suite de la mitsva.
תרמ"ג
5643 (תרמ״ג)
במדרש מנורה של פרקים כו'. לטובתכם נתתי השבת כו' דכת' היום לעשותם למחר לקבל שכרן.
כי א"א לקבל השכר מעוה"ב כל זמן שלא נתקן כל המעשים. כאמרם אין כלי מחזיק ברכה אלא שלום.
והוא תיקון כל המעשים לדבקם בשורשם. וזה ענין הבנין של ימי המעשה שנק' מנורה של פרקים.
וכשהיא בשלימות אז חל האור שבעת הימים. וכן הוא בכלל.
כל שיתא אלפי שנין. אח"כ השבת.
וזהו עצמו ענין הקדמת נעשה לנשמע שבנ"י נעשו ערבים לתקן העשי' כמ"ש עושי דברו. אח"כ לשמוע בקול דברו הוא לעתיד כמ"ש כעת יאמר ליעקב כו'.
וזה ג"כ נרמז בפסוק היום לעשותם כו' עקב תשמעון כי בעוה"ז נעשה ובעקב יהי' השמיעה. אכן בכל ש"ק שניתן מנוחה לבנ"י שביתות המעשה לכן הוא מעין עוה"ב ויכולין להרגיש מהארת אור הגנוז לכן נק' שבת אור שבעת הימים:
Dans le Midrach : 'une menora faite de pièces', etc. 'Pour votre bien J'ai donné le Chabbat', etc. Il est écrit : 'aujourd'hui pour les accomplir' - et demain pour en recevoir le salaire.
Car on ne peut recevoir le salaire du monde à venir tant que tous les actes ne sont pas redressés, selon leur parole : 'aucun vase ne contient la bénédiction sinon la paix' ; c'est le redressement de tous les actes, en les liant à leur racine. Tel est le sens de l'édifice des jours ouvrables, appelé 'menora faite de pièces' : quand elle est complète, alors se pose 'la lumière des sept jours'.
Il en va de même dans l'ensemble : tous les six-mille ans, puis vient le Chabbat. C'est cela même le sens de faire précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons' : Israël s'est porte garant de redresser l'accomplissement, comme il est dit 'ceux qui accomplissent Sa parole' ; puis 'écouter la voix de Sa parole' - cela est pour l'avenir, comme il est dit 'en ce temps il sera dit à Yaakov', etc.
Cela aussi est fait allusion dans le verset 'aujourd'hui pour les accomplir... en conséquence (ekev) de votre écoute' : car en ce monde on accomplit, et 'au talon' (ekev, a la fin) sera l'écoute. Cependant, chaque saint Chabbat où est donné le repos à Israël, la cessation du travail, il est de ce fait un avant-goût du monde à venir, et l'on peut ressentir un peu du rayonnement de la lumière cachée ; c'est pourquoi le Chabbat est appelé 'la lumière des sept jours'.
והי' עקב תשמעון כו' ושמר ה"א. כי הש"י ברא הכל להטיב לאחרים אך ששמחה לפניו ית' כשאדם זוכה במעשיו לקבל שכרו כדאיתא מאן דאכיל דלאו דילי' בהית לאסתכולי.
ז"ש והי' לשון שמחה כשיהי' השכר עקב שתשמעון כדאיתא זכו אחישנה כו' והגם שיהי' הגאולה על כל פנים. אבל שמחה לפניו ית' כשיהי' בזכות מעשינו.
ושמר ה"א לך לכאורה מה שייך שמירה למעלה אך הכל במדה כמו שבנ"י משתוקקין בעולם לקיום תורה ומצות. הגם שא"י בשלימות בגלות כמ"ש רש"י הציבי לך ציונים כו' שבגלות א"י לקיים כל המצות רק שנשאר רשימה מזמן המקדש.
וע"י ששומרים ומשתוקקין להש"י כמו כן בשמים מתעורר זכותן של ישראל וכביכול מכין להם השכר שלעתיד כמ"ש בגמ' שהראהו מלאכי השרת מסתתין אבנים טובות לצורך בהמ"ק שלעתיד. וממילא יש התנוצצות מההארות של עתיד גם בעוה"ז להיגיעים בתורה ומצות:
'Et ce sera, en conséquence (ekev) de votre écoute... l'Éternel ton Dieu gardera.' Car le Saint béni soit-Il à tout créé pour faire du bien à autrui ; mais il y a une joie devant Lui, béni soit-Il, quand l'homme mérite par ses actes de recevoir son salaire, comme il est dit : 'celui qui mange ce qui n'est pas à lui à honte de regarder (en face)'. C'est le sens de 'et ce sera (ve-haya)', terme de joie : quand le salaire viendra en conséquence (ekev) de votre écoute, comme il est dit : 's'ils le méritent, Je le hâterai', etc. ; et bien que la délivrance aura lieu de toute façon, il y a néanmoins une joie devant Lui, béni soit-Il, quand elle viendra par le mérite de nos actes. 'L'Éternel ton Dieu gardera pour toi' : à priori, quel sens y a-t-il à une 'garde' en haut ?
Mais tout se fait mesure pour mesure : de même qu'Israël désire en ce monde accomplir la Torah et les mitsvot - bien qu'on ne le puisse pas parfaitement en exil, comme l'écrit Rachi : 'dresse-toi des repères', etc., car en exil on ne peut accomplir toutes les mitsvot, il n'en reste qu'une empreinte du temps du Temple - de même, par le fait qu'ils gardent (les mitsvot) et désirent (s'approcher du) Saint béni soit-Il, en haut aussi s'éveille le mérite d'Israël, et pour ainsi dire on leur préparé le salaire de l'avenir, comme il est dit dans la Guemara qu'Il lui montra les anges serviteurs taillant des pierres précieuses pour les besoins du Temple futur. Et de la, il y a un scintillement des rayonnements de l'avenir, même en ce monde, pour ceux qui peinent dans la Torah et les mitsvot.
« Car la terre n'est pas comme la terre d'Égypte, où tu sèmes ta semence » (Devarim 11,10) : il aurait fallu dire seulement « que tu arrosais avec ton pied ». Le Sfat Emet explique : par le mérite que Hachem recherche cette terre, toutes le sont ; Israël a l'héritage le plus proche de Lui, elle boit la pluie des cieux, puis l'abondance se déverse vers les autres terres. Par leurs bonnes actions les enfants d'Israël attirent la bénédiction sur le monde entier. « Si vous écoutez » est l'acceptation du joug des commandements, pour attacher les actions à leur racine ; alors ils s'emplissent de la lumière de la Torah et l'on entend, de chaque commandement, la parole de Hachem.
Aussi : le Chabbat, menora et avant-goût du monde à venir ; le triage du bien et du mal les jours ouvrables, et les trois repas ; le don de la terre et de la manne pour les générations, goûté dans le Birkat ha-mazon
בפסוק כי הארץ כו' לא כארץ מצרים כו' א' תזרע את זרעך כו'. וקשה הא זריעה צריך והל"ל רק אשר השקית ברגליך.
וי"ל הכוונה ע"פ מ"ש ארץ אשר ה"א דורש אותה ואחז"ל הלא כל הארצות דורש ה' רק בזכות שדורש אותה כולן נדרשות. והיינו שניתן לבנ"י נחלת ה' שהיא הקרובה אליו ית' וזה למטר השמים תשתה ואח"כ ממנה נשפעת לשאר ארצות וכולן תלוין בה.
וז"ש שאינה ארץ פרטי אשר ת' זרעך בפרט. רק היא כוללת כל השפע הבאה משמים ובנ"י במעשיהם הטובים מושכין הברכה לכל העולם.
וזה ענין פרשת והי' א"ש קבלת עול מצות היינו תיקון כל המעשים לדבקם בשורשם ע"י התרי"ג מצות. ז"ש חז"ל ואספת דגנך הנהג בהם מנהג ד"א.
ואמרו עוד הרבה עשו כרשב"י ולא עלתה בידם וכר"י ועלתה בידם. והיינו שהגם שמעלת רשב"י מאוד נעלה והיא בחי' התורה ודור המדבר.
אבל בחי' א"י הוא תיקון המעשים בחי' המצות כנ"ל. וכתי' אם שמוע תשמעו כו'.
כי נר מצוה ותורה אור ויש בכח בנ"י כשמקיימין המצות כראוי המה מעוררין השורש למעלה ומתמלאים המצות באור התורה ויכולין לשמוע מכל מצוה דבר ה'. וזה שמוע תשמעו.
ובמדרש העושה מצוה כאילו מדליק נר לפני ה' ע"ש כנ"ל שע"י המצוה מדליק הנר מצוה באור התורה:
Sur le verset 'Car la terre... n'est pas comme la terre d'Égypte... où tu semés ta semence...' (Deut. 11,10).
Et il y a une difficulté : voici que semer est nécessaire, alors qu'il aurait fallu dire seulement 'que tu arrosais avec ton pied'. On peut expliquer l'intention d'après ce qui est dit 'une terre que l'Éternel ton Dieu recherche' (Deut.
11,12), et nos Sages ont dit : l'Éternel ne recherche-t-Il pas toutes les terres ? Mais c'est seulement par le mérite de ce qu'Il la recherche [elle] que toutes sont recherchées.
C'est-à-dire qu'il à été donné aux enfants d'Israël l'héritage de l'Éternel, qui est le plus proche de Lui, béni soit-Il, et c'est 'elle boit l'eau de la pluie des cieux' (Deut. 11,11), puis d'elle se déverse [l'abondance] vers les autres terres, et toutes dépendent d'elle.
C'est ce qui est dit qu'elle n'est pas une terre particulière 'où tu semés ta semence' en particulier, mais elle englobe toute l'abondance (chefa) qui vient des cieux, et les enfants d'Israël, par leurs bonnes actions, attirent la bénédiction sur le monde entier. C'est le sens de la section 'Et il adviendra si vous écoutez' (Deut.
11,13), l'acceptation du joug des commandements, c'est-à-dire la réparation (tikoun) de toutes les actions pour les attacher à leur racine par les 613 commandements. C'est ce que disent nos Sages : 'et tu récolteras ton grain' - conduis-toi avec eux selon la voie du monde (derekh erets).
Et ils ont dit encore : beaucoup ont fait comme Rabbi Chimon bar Yohai et cela ne leur a pas réussi, et [comme] Rabbi Yichmael et cela leur a réussi. C'est-à-dire que, bien que le niveau de Rabbi Chimon bar Yohai soit très élevé - et c'est l'aspect (be'hina) de la Torah et de la génération du désert - l'aspect de la terre d'Israël est cependant la réparation des actions, l'aspect des commandements, comme dit.
Et il est écrit 'si écouter vous écoutez' (Deut. 11,13) ; car 'le commandement est une lampe et la Torah une lumière' (Prov.
6,23), et il est dans la force des enfants d'Israël, lorsqu'ils accomplissent les commandements comme il convient, d'éveiller la racine en haut ; alors les commandements se remplissent de la lumière de la Torah et ils peuvent entendre, de chaque commandement, la parole de l'Éternel. C'est 'écouter vous écouterez'.
Et dans le Midrach : celui qui accomplit un commandement, c'est comme s'il allumait une lampe devant l'Éternel, vois la-bas, comme dit, car par le commandement il allume la lampe du commandement dans la lumière de la Torah.
תרמ"ד
5644 (תרמ״ד)
במדרש מנורה של פרקים כו' לטובתך נתתי לך השבת. דאיתא היום לעשותם למחר לקבל שכרן.
הענין הוא כי עוה"ז דומה לפרוזדור בפני עוה"ב. פי' ע"י המצות בעוה"ז מתקנים האיברים להיות כלי מוכן להשראת הקדושה דלעתיד עין לא ראתה כו' יעשה למחכה.
פי' שציור האדם יש בו דברים נפלאים אבל בעוה"ז הוא נסתר וע"ז כ' מה רב ט' אשר צפנת כו'. ולכן נק' המצות נרות שהאיברים נעשים כלים בכח המצות וכשנתקן כל האדם להיות מנורה שלימה אז לעתיד יהי' לך ה' לאור כו'.
ולכן בש"ק שהוא מעין עוה"ב הוא ג"כ הארה יתירה כמ"ש חז"ל אין דומה מאור פניו של אדם בשבת למ"פ בחול. ובאמת בריאת האדם הכל ענין א' בזה ובבא כמ"ש וייצר ב' יצירות.
יצירה בעוה"ז בעשי' כמ"ש היום לעשותם ובעוה"ב הפנימיות וזה נק' קיבול שכר:
Dans le Midrach : 'une menora faite de sections...' 'Pour ton bien Je t'ai donné le Chabbat'. Car il est enseigné : 'aujourd'hui pour les accomplir' (Deut.
7,11), demain pour en recevoir la récompense. Le sens est que ce monde-ci ressemble à un vestibule devant le monde à venir.
Explication : par les commandements en ce monde-ci on répare les membres pour qu'ils soient un réceptacle (keli) prêt à l'installation de la sainteté du futur, 'l'œil n'à pas vu... ce qu'Il fera pour celui qui espère' (Isaie 64,3). Explication : la figure de l'homme comporte des choses merveilleuses, mais en ce monde-ci elle est cachée, et sur cela il est écrit 'combien est grande Ta bonté que Tu as réservée...' (Ps.
31,20). C'est pourquoi les commandements sont appelés lampes, car les membres deviennent des réceptacles (kelim) par la force des commandements ; et lorsque tout l'homme est réparé pour devenir une menora complète, alors dans le futur 'l'Éternel sera pour toi une lumière...' (Isaie 60,19).
C'est pourquoi le Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir, comporte lui aussi un éclairage supplémentaire, comme l'ont dit nos Sages : la lumière du visage de l'homme le Chabbat n'est pas comparable à celle des jours de semaine. Et en vérité la création de l'homme est toute une seule chose, en ce monde et dans l'à-venir, comme il est écrit 'et Il forma' (וייצר, avec deux yod) - deux formations : une formation en ce monde-ci, dans l'action, comme il est dit 'aujourd'hui pour les accomplir', et dans le monde à venir l'intériorité, et cela s'appelle la réception de la récompense.
תרמ"ה
5645 (תרמ״ה)
במדרש אסור להרכיב קני מנורה בשבת שהוא כבונה ובנין אסור כו' אתה סבור שמא לרעתך נתתי לך השבת לא נתתי אלא לטובתך כו'. הענין הוא כי הבנין הוא בששת ימי המעשה.
אבל השבת הוא יסוד של הבנין והוא האחדות. כי הבנין הוא ע"י הרכבות ובכל מורכב נמצא תערובת טו"ר.
אבל בשורש הבנין וקיומו ויסודו שהוא השבת לא יש שום תערובת לכן בכל הימים כ' ויהי ערב. ובשבת [* לא] כ' כן.
ולכן התענוג בשבת מצוה ולא נמצא בו תערובת רע ולא כן בימי המעשה שצריכין שמירה יתירה ע"י שיש בהם התערובת. ובשבת בא הכל אל האחדות כי כל מה שברא הקב"ה לא ברא אלא לכבודו.
וזה השבת שנק' עדות סהדותא איקרי שבנ"י מעידין על שברא עולמו בששה ונח בשביעי. וזה העדות הוא גמר ויסוד הבנין של הבריאה וביטול כל הדברים לשורש האחדות וזה ענין שיר של יום השבת טוב להודות לה'.
וכן בעבודה שבלב זו תפלה גם ע"ז נאמר ששת ימים תעבוד כו' ותפלת השבת הוא בבחי' סידור שבחו של מקום ואח"כ בקשת צרכיו בימי המעשה כדאיתא רנה זו סידור שבחו ש"מ. ותפלה זו בקשת צרכיו.
ועמ"ש לעיל פ' ואתחנן:
Dans le Midrach : il est interdit d'assembler les branches de la menora le Chabbat, car cela relève de la construction, et la construction est interdite... 'Penses-tu peut-être que c'est pour ton mal que Je t'ai donné le Chabbat ? Je ne l'ai donné que pour ton bien...'.
Le sens est que la construction se fait durant les six jours ouvrables, mais le Chabbat est le fondement de la construction, et il est l'unité. Car la construction se fait par assemblages, et dans tout composé se trouve un mélange de bien et de mal (tov va-ra) ; mais dans la racine de la construction, sa subsistance et son fondement, qui est le Chabbat, il n'y a aucun mélange.
C'est pourquoi, pour tous les jours il est écrit 'et il fut soir' (Gen. 1), et pour le Chabbat il n'est pas écrit ainsi.
C'est pourquoi le plaisir (oneg) du Chabbat est un commandement et il ne s'y trouve pas de mélange de mal, contrairement aux jours ouvrables, qui exigent une garde supplémentaire du fait qu'il y a en eux le mélange. Et le Chabbat, tout vient à l'unité, car tout ce qu'à créé le Saint, béni soit-Il, Il ne l'à créé que pour Sa gloire.
Et c'est le Chabbat qui est appelé 'témoignage' - 'il est appelé témoignage' (sahadouta ikri) - car les enfants d'Israël témoignent qu'Il à créé Son monde en six [jours] et s'est reposé le septième. Et ce témoignage est l'achèvement et le fondement de la construction de la création, et l'annulation (bitoul) de toutes les choses vers la racine de l'unité ; et c'est le sens du 'Cantique du jour du Chabbat : il est bon de rendre grâce à l'Éternel' (Ps.
92,2). De même dans le service du cœur, c'est-à-dire la prière, sur cela aussi il est dit 'six jours tu travailleras...' (Ex.
20,9), et la prière du Chabbat relève de l'aspect de l'ordonnancement de la louange de l'Omniprésent, tandis que la demande de ses besoins [se fait] durant les jours ouvrables, comme il est enseigné : 'la jubilation (rina)' - c'est l'ordonnancement de la louange de l'Omniprésent, et 'cette prière (tefila)' - c'est la demande de ses besoins. Et vois ce que j'ai écrit plus haut, section Vaet'hanan.
בפסוק כי הארץ אשר אתה בא כו' לא כארץ מצרים היא כו' אשר תזרע את זרעך כו'. ואין מובן דהא בזה לא מסיים דבא"י א"צ לזרוע.
וי"ל דבא לומר להם כי א"י היא נמשך אחר הנהגה שלמעלה למטר השמים תשתה ולא הי' הכוונה בא"י על זרע הגשמיי בלבד. כדמסיים ארץ אשר ה"א דורש אותה כו' והי' א"ש כו' ונתתי מטר.
והיינו כי זרע הארץ תלוי כפי עבודת בנ"י להש"י הרים ובקעות הם בחי' האבות והשבטים שהם השערים המשפיעים שפע משמים כמ"ש עינות ותהומות יוצאים כו'. ובספרי דורש י"ב פ' ארץ בפרשה זו שהי' י"ב מיני ארצות.
לכל שבט ושבט נחלה בפ"ע ע"ש. ועמ"ש בפ' חוקת מענין זה:
Sur le verset 'Car la terre où tu entrés... n'est pas comme la terre d'Égypte... où tu semés ta semence...' (Deut. 11,10).
Cela n'est pas compréhensible, car ceci ne conclut pas qu'en terre d'Israël il ne faut pas semer. On peut expliquer qu'il vient leur dire que la terre d'Israël est entraînée à la suite de la conduite d'en haut, 'elle boit l'eau de la pluie des cieux', et l'intention concernant la terre d'Israël ne portait pas sur la semence matérielle seulement, comme il conclut 'une terre que l'Éternel ton Dieu recherche... et il adviendra si vous écoutez...
Je donnerai la pluie' (Deut. 11,12-14).
C'est-à-dire que la semence de la terre dépend de la mesure du service des enfants d'Israël envers l'Éternel ; 'les montagnes et les vallées' (Deut. 11,11) sont l'aspect des patriarches et des tribus, qui sont les portes qui déversent l'abondance depuis les cieux, comme il est écrit 'des sources et des abîmes jaillissent...' (Deut.
8,7). Et dans le Sifri il exposé douze fois [le mot] 'terre' dans cette section, car il y avait douze sortes de terres, pour chaque tribu un héritage à part, vois la-bas.
Et vois ce que j'ai écrit dans la section Houkat sur ce sujet.
תרמ"ו
5646 (תרמ״ו)
במדרש לטובתך נתתי לך השבת כו'. כי השבת הוא ס' מעין עוה"ב כדאיתא בגמ' וכמו שא"י לזכות לעוה"ב רק ע"י תיקון והכנה בעוה"ז.
כן בימי המעשה הכנה לשבת כדאיתא מי שטרח בע"ש יאכל בשבת. פי' ערב שבת.
כי השבת הוא כולו טוב וכפי מה שמבררין בימי המעשה התערובת של טוב ורע כן זוכין בש"ק. וז"ש לטובתך ולא לרעתך.
כמו שהוא כפי הבירור בעוה"ז זוכין אח"כ בעוה"ב. ובאמת כל עוה"ז נברא לברר התערובות ונק' ערב שבת.
שבוודאי נמצא הטוב בכל מקום [*ורק] שנתערב בין הרע וצריך בירור כנ"ל. והנה כ' והי' עקב תשמעון כו' ושמרתם ועשיתם.
והוא ג' בחי' מעשה דיבור ומחשבה. ובכולן צריכין בירור.
ואיתא שיש שכר מיוחד לתיקון המעשה והדיבור בתורה ותפלה והמחשבה בחי' נפש רוח ונשמה כמ"ש בשם האר"י ז"ל שזה עצמו ג"כ תיקון ג' ימים דקמי שבתא ובתר שבתא. שכפי מה שמבררין בימי המעשה הדיבור ומחשבה ומעשה.
כן זוכין בש"ק לכל הג' הנ"ל. וזהו הג' סעודות שבש"ק:
Dans le Midrach : 'Pour ton bien Je t'ai donné le Chabbat...'. Car le Chabbat est un soixantième (un avant-goût) du monde à venir, comme il est enseigné dans la Guemara ; et de même qu'on ne peut mériter le monde à venir que par la réparation et la préparation en ce monde-ci, de même les jours ouvrables sont une préparation au Chabbat, comme il est enseigné : celui qui a peine la veille du Chabbat mangera le Chabbat.
Explication : la veille du Chabbat. Car le Chabbat est tout entier bien, et selon ce qu'on trie durant les jours ouvrables le mélange de bien et de mal, ainsi on mérite le Chabbat.
C'est ce qui est dit 'pour ton bien' et non 'pour ton mal' : de même que, selon le triage (birour) en ce monde-ci, on mérite ensuite dans le monde à venir. Et en vérité tout ce monde-ci à été créé pour trier les mélanges, et il est appelé 'veille du Chabbat', car assurément le bien se trouve en tout lieu, sauf qu'il est mélangé au sein du mal et nécessité un triage, comme dit.
Et voici, il est écrit 'et il adviendra, en conséquence (ekev) de ce que vous écouterez... vous garderez et vous ferez' (Deut. 7,12) ; et ce sont trois aspects : l'action, la parole et la pensée, et tous nécessitent un triage.
Et il est enseigné qu'il y a une récompense particulière pour la réparation de l'action, de la parole dans la Torah et la prière, et de la pensée - l'aspect nefech, roua'h et nechama - comme il est dit au nom du Ari (Rabbi Its'hak Louria), de mémoire bénie, que cela même est aussi la réparation des trois jours qui précèdent le Chabbat et le suivent. Car selon ce qu'on trie durant les jours ouvrables - la parole, la pensée et l'action - ainsi on mérite le Chabbat pour tous les trois susmentionnés ; et ce sont les trois repas du Chabbat.
בפרשה כי הארץ א"א בא שמה כו' לא כא"מ הוא כו' והשקית ברגלך כו'. ובפ' דברים דרשו חז"ל כי בנ"י אמרו א"מ בית הבעל שנילוס משקה וא"כ בית שקיא ע"ש.
וכאן איתא להיפך. אבל באמת הענין אחד כי הנה א"י היא שלא כהנהגת הטבע.
שהארץ נותנת יבולה ואינו תלוי במעש"ט של האנשים. אך לבנ"י נתן הש"י א"כ להיות כל הברכה כפי מעש"ט שבבנ"י לכן עתה היא מונעת פירותי'.
וכ' והשקית ברגלך. לרמוז כי בוודאי גם בא"י בנ"י זוכין להמשכת המים למטר השמים והוא ע"י עבודת הש"י כמ"ש והי' א"ש תשמעו כו'.
ואמרו חכמז"ל כי פרשה זו הוא קבלת עול מצות. פ' המצות הם הדביקות וחיבור שיש לתחתונים אל השורש וזה ע"י מצות שהם בעשי'.
ובאמת הוא עבודה קשה להיות הפרנסה תלוי' במצות ומעש"ט כמ"ש חז"ל בפסוק זכרנו אה"ד אשר נאכל במצרים חנם חנם מן המצות. ובנ"י נבחרו להיות אצלם נמשך הכל ע"פ מצות ומעש"ט שלהם.
וזה העול מצות צריך אדם לקבל עליו בכל יום בפרשת והי' א"ש. והברכה הזו הבאה ע"י המע"ט הוא באופן שיהיו המעשים לש"ש.
כמ"ש והי' א"ש כו' לאהבה כו' ולעבדו ודרשו חז"ל שיהי' שמיעת המצות כדי לבא על ידיהם לאהבת ה' ולעבודתו. כי המצות הם עצות לבא לאהבת ה' וכשעושין על כוונה זו אז ממילא ונתתי מטר כו' כי באמת העיקר הוא עבודת הבורא ית' וממילא הפרנסה טפלה.
וכן צריך להיות אצל האדם כמ"ש חסידים ראשונים עשו תורתן קבע ומלאכתן עראי זו וזו נתקיים בידן:
Dans la section 'Car la terre où tu viens... n'est pas comme la terre d'Égypte... et tu arrosais avec ton pied...'. Et dans la section Devarim nos Sages ont exposé que les enfants d'Israël ont dit : l'Égypte est un champ arrose de pluie (beit ha-baal) que le Nil abreuve, et [la terre de Canaan] est un champ d'irrigation [pénible] (beit chikya), vois la-bas ; et ici il est enseigné l'inverse.
Mais en vérité le propos est un seul : car voici, la terre d'Israël n'est pas selon la conduite de la nature, [où] la terre donne sa récolte sans que cela dépende des bonnes actions des hommes ; mais aux enfants d'Israël l'Éternel à donné [une terre] telle que toute la bénédiction soit selon les bonnes actions qui sont parmi les enfants d'Israël ; c'est pourquoi, maintenant, elle retient ses fruits. Et il est écrit 'et tu arrosais avec ton pied' pour faire allusion qu'assurément, même en terre d'Israël, les enfants d'Israël méritent l'attraction des eaux 'de la pluie des cieux', et cela par le service de l'Éternel, comme il est dit 'et il adviendra si vous écoutez...'.
Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que cette section est l'acceptation du joug des commandements. Explication : les commandements sont l'attachement (devekout) et la jonction qu'ont les êtres inférieurs à la racine, et cela par les commandements qui sont dans l'action.
Et en vérité c'est un service difficile que la subsistance dépende des commandements et des bonnes actions, comme l'ont dit nos Sages sur le verset 'nous nous souvenons du poisson que nous mangions en Égypte gratuitement' (Nombres 11,5) - gratuitement de [tout] commandement. Et les enfants d'Israël ont été choisis pour que tout leur soit attire selon leurs commandements et bonnes actions.
Et ce joug des commandements, l'homme doit l'accepter sur lui chaque jour dans la section 'Et il adviendra si vous écoutez'. Et cette bénédiction qui vient par les bonnes actions [est] de telle sorte que les actions soient pour le Nom du Ciel (le-chem chamayim), comme il est dit 'et il adviendra si vous écoutez... pour aimer... et pour Le servir' ; et nos Sages ont exposé que l'écoute des commandements doit servir à parvenir par eux à l'amour de l'Éternel et à Son service.
Car les commandements sont des conseils (etsot) pour parvenir à l'amour de l'Éternel, et lorsqu'on les accomplit dans cette intention, alors de soi-même 'Je donnerai la pluie...' ; car en vérité l'essentiel est le service du Créateur, béni soit-Il, et de soi-même la subsistance [devient] secondaire. Et ainsi doit-il en être chez l'homme, comme il est dit : les premiers hassidim faisaient de leur Torah [leur occupation] fixe et de leur travail [une occupation] occasionnelle, et l'une et l'autre se réalisaient dans leur main.
תרמ"ז
5647 (תרמ״ז)
במדרש מנורה של פרקים כו'. כי ששת ימי המעשה כל יום הוא מדה בפ"ע כי יש עבודה בפרט באהבה ויראה ושמחה והם הן כמו ששה נרות של המנורה.
שלשה מכל צד ג' דקמי שבתא ובתר שבתא. [והם כמו ו' קצות.
ימינא ושמאלא. רום תחת.
פנים ואחור. לכן יש לכל א' בן זוג] והשבת היא הנקודה כללית שצריך להיות התכלית שבאין ע"י כל המדות בפרט אל השלימות לכוון הלב להבורא ית'.
וזו המנוחה היא רק בעוה"ב לכן שכר מצוה בהאי עלמא ליכא כמ"ש עקב תשמעון. אכן בש"ק שהוא מעין עוה"ב מתנה טובה זוכין להארה כללית הנ"ל.
[וזה שהתחיל תשמעון לשון רבים ומסיים לשון יחיד] ובאמת כשזוכין להשלימות הנ"ל לית שולטנא אחרא כמ"ש בזוה"ק כי כל התערובת טו"ר היא בפרודא ובימי המעשה שהוא בפרטות יש תערובת כנ"ל. וז"ש המד' כי השבת ניתן רק לטובתך וכבר כ' במ"א:
Dans le Midrach : 'une menora faite de sections...'. Car les six jours ouvrables, chaque jour est une mesure (mida) à part, car il y a un service particulier dans l'amour, la crainte et la joie, et ce sont comme les six lampes de la menora : trois de chaque côté, les trois qui précèdent le Chabbat et [les trois] qui le suivent.
[Et elles sont comme les six extrémités : droite et gauche, haut et bas, devant et derrière ; c'est pourquoi chacune à un conjoint (ben zoug).] Et le Chabbat est le point général, qui doit être la finalité où l'on parvient, par toutes les mesures en particulier, à la perfection, pour diriger le cœur vers le Créateur, béni soit-Il. Et ce repos n'est que dans le monde à venir ; c'est pourquoi 'il n'y a pas de récompense d'un commandement en ce monde-ci' (be-haï alma leka), comme il est dit 'en conséquence de ce que vous écouterez'.
Cependant le Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir, un bon présent, on y mérite l'éclairage général susmentionné. [Et c'est pourquoi [le verset] commence par 'vous écouterez' au pluriel et conclut au singulier.] Et en vérité, lorsqu'on mérite la perfection susmentionnée, 'aucun autre pouvoir ne domine' (leit choltana à'hara), comme il est dit dans le saint Zohar ; car tout le mélange de bien et de mal est dans la séparation (be-frouda), et durant les jours ouvrables, qui sont dans le détail, il y a du mélange, comme dit.
Et c'est ce que dit le Midrach : le Chabbat n'à été donné que pour ton bien. Et j'ai déjà écrit ailleurs.
אמו"ז ז"ל אמר בפסוק לא בצדקתך כו'. כי משרע"ה בירר זאת כי אלה המתנות שנתן הש"י לבנ"י.
אינו בכח מעשי דור פרטי. רק שהוא מתנה לכללות בנ"י.
וממילא הוא לדורות. ולכן אפי' דור שפל בכחו לזכות לזה כו'.
ויראה כי גם נסי המדבר דכתי' וזכרת כו' כל הדרך כו' ויאכילך כו' המן כו'. וודאי הכל מתנה לדורות.
ולכן תיקנו ברכת הזן יעל הארץ לדורות כי כשהאכילנו המן ניתן לנו ידיעה זאת כי לא על הלחם לבדו יחי' כו'. ונשאר זאת לבנ"י.
ואין דומה מאכל איש ישראל לכל בני אדם. ומכלל שצוה אותנו לזכור זאת בוודאי נשאר ממנו לדורות.
רק דור הראשון היו כלים לקבל ההארות בפועל ממש. אבל נשאר הפנימיות לדורות וכ"כ מלא העומר כו' למשמרת כו'.
כמ"ש זכר עשה לנפלאותיו שמכל הנפלאות שעשה לנו הבורא ית' נשאר זכר לעולם. ומכש"כ מתנת א"י שמברכין על ארץ חמדה כו' על הארץ ועל המזון דרשו חז"ל ארץ דמפיק מזון.
שמזון בנ"י הוא באמצעיות א"י. הגם שאנחנו בחו"ל.
בוודאי יש להתאונן אוי לבנים שגלו מעל שלחן אביהם כדאיתא בזוה"ק שיש להתעצב על חורבן בהמ"ק בתוך המזון שהקב"ה הבדילנו מן התועים כמ"ש תכין בטובתך לעני אלקים דרשו ז"ל העוסק בתורה הקב"ה בעצמו מכין לו סעודה. ובמדבר הי' ממש לחם מן השמים.
ואח"כ בא"י כתי' ה"א דורש אותה ודרשו חז"ל הנותן מטר בעצמו. ושולח מים ע"פ חוצות בחו"ל ע"י שליח.
ומ"מ נשאר לנו הארה שיכולין למצוא טעם מן וא"י באכילה בכוונה ובכח ברהמ"ז. ובפרט בשבת שיש בו ממקום הגנוז כמ"ש בדברי מו"ז ז"ל:
Mon grand-père, de mémoire bénie, à dit sur le verset 'ce n'est pas par ta justice...' (Deut. 9,5) : car notre maître Moché, la paix sur lui, à clarifié ceci, que ces dons que l'Éternel à donnés aux enfants d'Israël ne [dépendent] pas de la force des actes d'une génération particulière, mais qu'ils sont un don pour l'ensemble des enfants d'Israël, et de soi-même ils sont pour [toutes] les générations ; c'est pourquoi même une génération basse à la force de le mériter...
Et l'on verra que même les miracles du désert, dont il est écrit 'et tu te souviendras... de tout le chemin... et Il t'à nourri... la manne...' (Deut. 8,2-3), tout cela est assurément un don pour les générations.
C'est pourquoi ils ont institué la bénédiction de 'Celui qui nourrit' et 'pour le pays' pour les générations, car lorsqu'Il nous à nourris de la manne il nous à été donné cette connaissance : que 'ce n'est pas du pain seul que l'homme vit...' (Deut. 8,3) ; et cela est demeure pour les enfants d'Israël, et la nourriture de l'homme d'Israël n'est pas comparable à celle de tous les [autres] humains.
Et du fait même qu'Il nous à ordonné de nous en souvenir, assurément il en est demeure [quelque chose] pour les générations. Seulement la première génération était un réceptacle pour recevoir les éclairages de façon effective et réelle, mais l'intériorité est demeurée pour les générations, et de même il est écrit '[remplis] un omer plein... en dépôt...' (Ex.
16,32-33), comme il est dit 'Il à fait un souvenir de Ses merveilles' (Ps. 111,4), car de toutes les merveilles que le Créateur, béni soit-Il, à faites pour nous, il demeure un souvenir à jamais.
Et à plus forte raison le don de la terre d'Israël, car on bénit 'pour la terre désirable... pour la terre et pour la nourriture' ; nos Sages ont exposé : 'une terre qui produit la nourriture' (erets d'mapik mazon), car la nourriture des enfants d'Israël se fait par l'intermédiaire de la terre d'Israël, bien que nous soyons hors du pays. Assurément il y a lieu de se lamenter : 'malheur aux enfants qui ont été exilés de la table de leur père', comme il est enseigné dans le saint Zohar qu'il y a lieu de s'attrister sur la destruction du Temple au milieu du repas, [car] le Saint, béni soit-Il, nous à séparés des égarés, comme il est dit 'Tu préparés dans Ta bonté [une table] pour le pauvre, o Dieu' (Ps.
68,11) ; nos Sages ont exposé : celui qui s'adonne à la Torah, le Saint, béni soit-Il, Lui-même lui prépare un repas. Et dans le désert c'était littéralement 'du pain depuis les cieux' ; et ensuite, en terre d'Israël, il est écrit 'l'Éternel ton Dieu la recherche', et nos Sages ont exposé : c'est Lui qui donne la pluie, en personne, tandis qu'Il 'envoie des eaux sur la face des rues' (Job 5,10) hors du pays par un messager.
Et néanmoins il nous est demeure un éclairage : que l'on peut trouver le goût de la manne et de la terre d'Israël dans le fait de manger avec intention et par la force du Birkat ha-mazon (bénédiction après le repas). Et en particulier le Chabbat, qui comporte quelque chose du lieu caché, comme [il est dit] dans les paroles de mon grand-père, de mémoire bénie.
בפרשת היראה הן לה"א השמים כו' רק באבותיך כו' ומלתם כו'. לכאורה זה הענין הוא להתלהב באהבה והפסוק מביא זה ליראה.
אך באמת צריך ליפול אימה ויראה על האדם בחשבו כי הניח הקב"ה וב"ש שרפים ואופנים וחיות הקודש ובחר בעבודת האדם ט"ס רמה ותולעה ומלך גדול שמקרב שפל נבזה צריך להיות ירא וחרד בהתקרבות זה. וגם זה אמת כי בוודאי כשבחר הקב"ה בנו נמצא בנו דברים יקרים יותר מבכל הנבראים כאשר חכמים הגידו בפסוק כעת יאמר כו' מה פעל.
וגדול כח בנ"י יותר ממלאכי עליון. אך מי מכסה אור הגנוז בנפשות בנ"י ע"ז כתי' ומלתם כו' ערלת כו' וע"ז ניתן כל המצות לעורר על ידן זה האור הגנוז.
והקב"ה נתן לנו מצות תפילין של יד נגד הלב למול ערלת הלב להתגלות פנימיות הלב. ותש"ר להסיר הקישוי עורף שמכסה האור של הנשמה שבראש.
ופי' לא תקשו עוד כי מה שניתן בטבע להיות עורף מול פנים כמו כן להיות ב' לבבות הוא במדה שיכול הטוב לגבור על הרע אך שלא יוסיף עכ"פ האדם להקשות עורף בתוספות. והגם כי פשט הכתוב על חטאי דור המדבר שלא יוסיפו עוד.
אבל בוודאי דור המדבר היו בני אדם גדולים ביותר. ומ"ש עם קשה עורף אתה הוא באמת זה הקישוי שהוא בתולדה ובעצם.
אך מרע"ה נתעלה ויצא מן הטבע לגמרי. וכל הדור נמצא בהם הטבע.
אבל לא תקשו עוד הוא כנ"ל שלא ליתן תוספת לרע ח"ו כנ"ל:
Dans la section de la crainte : 'voici, à l'Éternel ton Dieu [appartiennent] les cieux... seulement pour tes pères... et vous circoncirez [le prépuce de votre cœur]...' (Deut. 10,14-16).
À première vue ce propos vise à s'enflammer d'amour, mais le verset l'amène à la crainte. Or en vérité l'homme doit être saisi d'effroi et de crainte en pensant que le Saint, béni soit-Il et béni soit Son Nom, à laissé les seraphim, les ofanim et les saintes 'hayot, et à choisi le service de l'homme - une goutte putride (typa serou'ha), ver et vermine ; et [que], quand un grand roi rapproche un être vil et méprise, [celui-ci] doit être craintif et tremblant dans ce rapprochement.
Et ceci aussi est vrai : car assurément, lorsque le Saint, béni soit-Il, nous à choisis, il se trouve en nous des choses plus précieuses que dans toutes les créatures, comme les Sages l'ont dit sur le verset 'en ce temps il sera dit... ce qu'à opéré [Dieu]' (Nombres 23,23) ; et la force des enfants d'Israël est plus grande que celle des anges d'en haut. Mais qui recouvre la lumière cachée dans les âmes des enfants d'Israël ?
Sur cela il est écrit 'et vous circoncirez... le prépuce...' (Deut. 10,16), et pour cela ont été donnés tous les commandements, pour éveiller par eux cette lumière cachée.
Et le Saint, béni soit-Il, nous à donné le commandement des tefilin du bras, en face du cœur, pour circoncire le prépuce du cœur, [afin] de révéler l'intériorité du cœur ; et les tefilin de la tête pour ôter la raideur de la nuque qui recouvre la lumière de la nechama qui est dans la tête. Et le sens de 'vous ne raidirez plus [votre nuque]' est que ce qui a été placé dans la nature - que la nuque soit à l'oppose de la face, de même qu'il y ait deux cœurs - l'est dans une mesure telle que le bien puisse l'emporter sur le mal ; mais que l'homme, du moins, n'ajoute pas à raidir sa nuque par surcroît.
Et bien que le sens simple du verset porte sur les fautes de la génération du désert, qu'ils ne recommencent plus, assurément la génération du désert était faite d'hommes extrêmement grands. Et ce qui est dit 'tu es un peuple à la nuque raide' (Ex.
34,9) est en vérité cette raideur qui est innée et essentielle ; mais notre maître Moché s'est élevé et est sorti entièrement de la nature, tandis que dans toute la génération la nature se trouvait [encore]. Or 'vous ne raidirez plus' [signifie], comme dit, ne pas donner de surcroît au mal, à Dieu ne plaise, comme dit.
בפסוק מה ה"א שואל כו' דרשו חז"ל הכל בידי שמים חוץ מיראת שמים. שלא כמדת מלך ב"ו שראשית הוא להטיל יראה על העם.
אבל מלך מה"מ הקב"ה הכל בידו ונתן הבחירה ביד האדם שכן צריך להיות שיפול מעצמו מורא המקום על בני אדם כמ"ש מי לא ייראך כו'. ובאמת כל זה עשה הקב"ה בעבור בנ"י כי הכל נברא בשביל בני ישראל היינו שהניח הבחירה ביד האדם שיתוודע מזה כחן של בנ"י כענין המשנה במאמר א' הי' יכול להבראות כו' כי וודאי הי' יכול לברוא העולם שיתגלה מוראו על כל ברי' רק שרצה שבנ"י יבררו זאת בכחם.
ומוטל על בנ"י לברר מלכותו ית' וכשהיו בנ"י שרוין על אדמתם היו מטילין באמת אימה ויראה על כל האומות ג"כ. וז"ש שואל מעמך דייקא כמ"ש ואתם תהיו לי ממלכת כו'.
וכל המדרגות שהם באים משמים המשיך מרע"ה לבנ"י. רק יראה שהיא בידי אדם לכן אמר ועתה כו':
Sur le verset 'Qu'est-ce que l'Éternel ton Dieu demande [de toi, sinon de Le craindre]...' (Deut. 10,12), nos Sages ont exposé : 'tout est entre les mains du Ciel sauf la crainte du Ciel'.
Ce n'est pas à la manière d'un roi de chair et de sang, dont le premier [soin] est d'imposer la crainte au peuple ; mais le Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il, tout est entre Ses mains, et Il à donné le libre choix à la main de l'homme, car ainsi doit-il en être : que la crainte de l'Omniprésent tombe d'elle-même sur les hommes, comme il est dit 'qui ne Te craindrait...' (Jérémie 10,7). Et en vérité tout cela le Saint, béni soit-Il, l'à fait à cause des enfants d'Israël, car tout à été créé pour Israël - c'est-à-dire qu'Il à laissé le libre choix à la main de l'homme afin que par la se fasse connaître la force des enfants d'Israël, à la manière de la Michna, dans l'enseignement : 'par une seule parole [le monde] aurait pu être créé...' (Avot 5,1) ; car assurément Il aurait pu créer le monde de sorte que Sa crainte se révèle sur toute créature, seulement Il à voulu que les enfants d'Israël le clarifient par leur force.
Et il incombe aux enfants d'Israël de manifester Sa royauté, béni soit-Il ; et lorsque les enfants d'Israël demeuraient sur leur terre, ils imposaient véritablement effroi et crainte à toutes les nations aussi. Et c'est ce qui est dit 'demande de toi', précisément, comme il est dit 'et vous serez pour Moi un royaume [de prêtres]...' (Ex.
19,6). Et tous les degrés qui viennent des cieux, notre maître Moché les a attirés vers les enfants d'Israël ; seulement la crainte, qui est dans la main de l'homme - c'est pourquoi il à dit 'et maintenant...' (Deut.
10,12).
תרמ"ח
5648 (תרמ״ח)
« Hachem ton D.ieu te fait venir vers une bonne terre » (Devarim 8, 7-10). Pour le Sfat Emet, en Terre d'Israël l'abondance venait du ciel selon la Torah et les mitsvot. Bien qu'il n'y ait pas de récompense des mitsvot en ce monde, la Terre avait un avant-goût (me'ein) du monde à venir, à la manière du Chabbat sans mélange, et du Temple. Elle est bonne car pleine de paroles de Torah ; par elle l'alliance fut donnée. « Tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras » : bénir est automatique comme manger, le pain de la Terre éveille l'âme, et dans l'acte même de manger la bénédiction se fait.
Aussi : les Actions de grâces révèlent l'intériorité (penimiyout) de l'aliment pour l'âme ; la Terre d'Israël est un don dans le mérite des pères ; les premières Tables étaient au-dessus du temps.
בענין שבח א"י. ה"א מביאך אל ארץ טובה כו' נחלי מים עינות ותהומות כו' בבקעה ובהר כו' ואכלת ושבעת וברכת וכו'.
כי הנה כשהיו בנ"י בא"י הי' השפע באה משמים ע"פ התורה ומצות כמ"ש למטר השמים כו'. והי' א"ש כו' ונתתי מטר ארצכם בעתו כו'.
והגם כי שכר מצות בהאי עלמא ליכא. אך א"י הי' בה מעין עוה"ב כענין שרמז המד' בשמירת שבת שהגם שהשכר בעקב מ"מ בש"ק יש בו מעין עוה"ב.
כמ"ש לטובתך נתתי לך השבת. וכ' במ"א הפי' כי השכר א"י להיות כשיש תערובת טו"ר.
ובשבת שכולו טוב ואין בו תערובות יכולין להרגיש מעין עוה"ב. וכמו כן א"י ובהמ"ק בבחי' המקום שהוא נבדל מכל המקומות ואין בו תערובות.
וכמו ששבת נק' נחלה שבו נפתח המעין כמ"ש ביום השבת יפתח כמו כן בא"י ארץ נחלי מים. כענין שכתי' שתה מים מבורך ונוזלים מתוך בארך זה פי' עינות ותהומות יוצאים בבקעה ובהר כי בא"י הי' נפתח שער השמים לכן נק' ארץ טובה אין טוב אלא תורה כמ"ש בספרי ע"ש בפסוק ואבדתם כו' מעל הארץ הטובה.
ופי' ארץ טובה שהי' מלא מדברי תורה כענין שכ' ונהי' טובים דכתי' אשר ה"א דורש אותה. וכדכתי' לא תחסר כל בה ונק' נחלה.
ולא לחנם נשבע הש"י לאבותינו לתת לנו א"י וכתי' וכרות עמו הברית לתת כו' לתת לזרעו. ואינו לשון כפול רק לתת חוזר על הברית.
פי' שבאמצעיות א"י ניתן לנו הברית כמ"ש ועמך כלם צדיקים לעולם יירשו ארץ. והשפע שירד בא"י הי' בקדושה.
ולכן בכח המצות ירד להם המטר כדכתי' בעתו שהי' דבוק בשורשו. ואכלת ושבעת וברכת.
ולא כתי' ותברך. לפי הפשט י"ל כמ"ש בגמ' סברא הוא אסור להנות בלא ברכה א"כ הוא מוטבע באיש ישראל כשנהנה מברך ז"ש וברכת.
כמו ואכלת ושבעת שהוא ממילא כמו כן וברכת. אכן עוד יתכן לפרש כי אכילת לחם הארץ נתן התעוררות בנפש ישראל לברך להש"י ז"ש ואכלת ושבעת וברכת.
וי"ל עוד כי בגוף אכילה נעשה הברכה שהאכילה הי' בקדושה כמ"ש בספרים בפסוק והי' באכלכם מלחם הארץ תרימו תרומה פי' בגוף האכילה. ז"ש ואכלת ושבעת עי"ז וברכת.
וחז"ל אמרו משה רבינו ע"ה תיקן ברכת הזן ויהושע תיקן על הארץ כו'. פי' כי המן הי' מאכל מן השמים ממש והוא השפע בשורשו.
וא"י הי' דביקות שפע שלמטה. דביקות לחם מן הארץ בלחם מן השמים.
והוא מדרגה שלמטה מן המן. ואח"כ תיקנו ובנה ירושלים פי' כמ"ש בספרי ושמתם את דברי אלה אף כשתהיו גולים הציבי לך ציונים כו'.
פי' ושמתם את דברי אלה לזכור איך נפלנו מאיגרא רמה שכשהיינו בא"י הי' כל השפע דבוק בשורשו כנ"ל ואוי לבנים שגלו מעל שלחן אביהם. וכפי התשוקה והדאגה על חורבן בהמ"ק כך יכולין גם בגלות להרגיש קצת הארה מהשפע שהי' בזמן המקדש.
ז"ש שימי לך תמרורים פי בספרי זה חורבן בהמ"ק ע"ש. פי' שע"י המרירות מתקנים עתה מה שהי' אז ע"י שמחה.
וזה ענין ברכת ובנה ירושלים בברכת המזון כנ"ל:
Sur la louange de la Terre d'Israël. "L'Éternel ton Dieu te fait venir vers une bonne terre... des torrents d'eau, des sources et des abîmes... dans la vallée et sur la montagne... et tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras" (Deut 8,7-10).
Car voici, lorsque les enfants d'Israël étaient en Terre d'Israël, l'abondance venait du ciel selon la Torah et les mitsvot, comme il est dit "par la pluie du ciel..." (Deut 11,11). Et la Terre d'Israël : "et je donnerai la pluie de votre terre en son temps..." (Deut 11,14).
Et bien qu'il n'y ait pas de récompense des mitsvot en ce monde, la Terre d'Israël avait pourtant en elle un avant-goût (me'ein) du monde à venir, à la manière de ce que le Midrach à fait allusion au sujet de l'observance du Chabat : bien que la récompense soit dans le "talon" (be'ekev, dans l'avenir), néanmoins le Chabat saint contient un avant-goût du monde à venir. Comme il est dit "c'est pour ton bien que je t'ai donné le Chabat".
Et il est écrit ailleurs l'explication : que la récompense de la Terre d'Israël ne peut pas être tant qu'il y a un mélange de bien et de mal (tov va-ra). Mais le Chabat, qui est tout entier bien et sans mélange, on peut y ressentir un avant-goût du monde à venir.
De même la Terre d'Israël et le Temple, dans l'aspect du lieu qui est séparé de tous les lieux et sans mélange. Et de même que le Chabat est appelé nahala (héritage), car en lui s'ouvre la source, comme il est dit "au jour du Chabat elle sera ouverte" (Ezek 46,1), de même en Terre d'Israël "une terre de torrents d'eau".
À la manière de ce qui est écrit "bois l'eau de ta citerne et ce qui coule du milieu de ton puits" (Prov 5,15) : voilà le sens de "sources et abîmes jaillissant dans la vallée et sur la montagne", car en Terre d'Israël s'ouvrait la porte du ciel, c'est pourquoi elle est appelée bonne terre : "il n'y a de bon que la Torah", comme il est dit dans le Sifrei, vois la, sur le verset "et vous périrez... de dessus la bonne terre" (Deut 11,17). Et le sens de "bonne terre" : qu'elle était pleine de paroles de Torah, à la manière de ce qui est écrit "et nous serons bons", car il est écrit "que l'Éternel ton Dieu recherche (doresh)" (Deut 11,12).
Et comme il est écrit "tu n'y manqueras de rien" (Deut 8,9), et elle est appelée nahala (héritage). Et ce n'est pas en vain que le Saint béni soit-Il jura à nos pères de nous donner la Terre d'Israël, et il est écrit "et de garder avec lui l'alliance, de donner... de donner à sa descendance".
Et ce n'est pas une expression redoublée : "de donner" se rapporte à l'alliance. Le sens : c'est par l'intermédiaire de la Terre d'Israël que l'alliance nous fut donnée, comme il est dit "et ton peuple, tous justes, à jamais ils herideront la terre" (Isa 60,21).
Et l'abondance qui descendait en Terre d'Israël était dans la sainteté. C'est pourquoi, par la force des mitsvot, la pluie leur descendait, comme il est écrit "en son temps", car elle était attachée à sa racine.
"Et tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras." Et il n'est pas écrit "et tu béniras (où-tevarekh)" [comme une simple conséquence]. Selon le sens littéral on peut dire, comme dans la Guemara, "c'est logique : il est interdit de jouir sans bénédiction" ; ainsi cela est ancre dans l'homme d'Israël : quand il jouit, il bénit.
C'est le sens de "et tu béniras" : de même que "tu mangeras et seras rassasié" est automatique, de même "tu béniras". Mais on peut encore expliquer que manger le pain de la Terre donnait un éveil dans l'âme d'Israël à bénir le Saint béni soit-Il : c'est le sens de "tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras".
Et on peut dire encore que dans l'acte même de manger la bénédiction se fait, car le manger était dans la sainteté, comme il est écrit dans les livres sur le verset "et ce sera, quand vous mangerez du pain de la terre, vous en prélèverez une offrande (terouma)" (Nom 15,19), c'est-à-dire dans l'acte même de manger. C'est le sens de "tu mangeras et seras rassasié", et par la "tu béniras".
Et nos Sages ont dit : Moche notre maître, la paix sur lui, institua la bénédiction "qui nourrit (ha-zan)", et Yehochoua institua "pour la terre...". Le sens : car la manne était une nourriture venue vraiment du ciel, et c'est l'abondance dans sa racine.
Et la Terre d'Israël était un attachement de l'abondance d'en bas : l'attachement du pain de la terre au pain du ciel. Et c'est un degré inférieur à la manne.
Puis ils instituèrent "et bâtis Jérusalem", c'est-à-dire, comme il est dit dans le Sifrei : "et vous placerez ces miennes paroles" (Deut 11,18), même quand vous serez exilés "dresse-toi des repères (tsiyounim)" (Jer 31,20). Le sens de "vous placerez ces miennes paroles" : se souvenir comment nous sommes tombés d'un toit élève (igra rama), car lorsque nous étions en Terre d'Israël toute l'abondance était attachée à sa racine comme dit plus haut, et malheur aux enfants qui furent exilés de la table de leur père.
Et selon le désir et le souci pour la destruction du Temple, ainsi peut-on, même dans l'exil, ressentir un peu d'illumination de l'abondance qui était au temps du Temple. C'est le sens de "dresse-toi des amertumes (tamrourim)" (Jer 31,20), expliqué dans le Sifrei : ceci est la destruction du Temple, vois la.
Le sens : que par l'amertume nous réparons maintenant ce qui était alors par la joie. Et c'est le sens de la bénédiction "et bâtis Jérusalem" dans les Actions de grâces après le repas, comme dit plus haut.
תרמ"ט
5649 (תרמ״ט)
במצות ברכת המזון ואכלת ושבעת וברכת כו'. דכתי' ואכלת ושבעת השמרו כו' שאין אדם מורד אלא מתוך שביעה כו' א"כ נראה דוברכת הוא תיקון שלא יבא לידי מרידה.
ואדרבא יכול לקבל ברכה מתוך אכילה. דהנה כתי' לא על הלחם כו' ע"כ מוצא פי ה' יחי'.
ופי' האריז"ל שחיות מאמרו ית' שיש בתוך המאכל הוא חיות אל הנפש. והגשמיות אל הגוף.
ע"ש. שע"י ברכות זוכין למצוא פנימיות המזון שהוא מזון הנפש.
כי בוודאי כשעשה הש"י המאכל להיות מזון אל האדם הוא מזון גם בפנימיות. וע"י התורה זוכין למצוא זה המזון.
דיש זכור ושמור בכלל כל המצות. זכור הוא בחי' מ"ע לעורר הפנימיות וניצוצי קדושה שיש בכ"ד ע"י המ"ע.
ושמור ע"י הל"ת לשמור החיצוניות וקליפות שלא יתמשכו יותר מדאי. וב' אלו הם בכ"ד שבעולם.
לכן כתי' ושבעת וברכת הוא בחי' זכור בפה. השמרו לכם בחי' שמור בלב.
לכן אחז"ל שלחן שאמרו עליו ד"ת כאילו אכלו משלחנו של מקום ב"ה דכתי' וידבר אלי זה השלחן כו'. כיון שדיבר עליו ד"ת הוא שולחנו של מקום.
והוא כנ"ל שע"י ד"ת זוכין למצוא פנימיות המזון שבקדושה. וע"ז רמזו חז"ל אם אין קמח אין תורה הוא פנימיות הקמח שמזין אל הנפש.
וג"כ אם אין תורה אין קמח שבלי כח התורה אין פנימיות המזון מתגלה. ולכן אמרו בגמ' שצריכין להזכיר בברכת המזון ברית ותורה.
שע"י בריתו שחתם בבשרנו וע"י התורה יכולין אנו למצוא מזון הפנימיות שהוא מצד הקדושה ומחי' ומזין את הנפש כנ"ל:
Sur le commandement des Actions de grâces après le repas : "et tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras...". Car il est écrit "et tu mangeras, tu seras rassasié, prends garde..." (Deut 8,10-11), car l'homme ne se rebelle que par la satiété.
Il apparaît donc que "tu béniras" est une réparation pour qu'on n'en vienne pas à la rébellion. Et au contraire, on peut recevoir la bénédiction à partir du manger.
Car voici, il est écrit "non par le pain seul... mais par tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel vit l'homme" (Deut 8,3). Et le Ari zal à expliqué que la vitalité de Sa parole qui est à l'intérieur de l'aliment est vitalité pour l'âme, et la matérialité pour le corps, vois la.
Que par les bénédictions on mérite de trouver l'intériorité (penimiyout) de l'aliment, qui est la nourriture de l'âme. Car assurément, lorsque le Saint béni soit-Il fit l'aliment pour qu'il soit nourriture à l'homme, c'est aussi une nourriture dans l'intériorité.
Et par la Torah on mérite de trouver cette nourriture. Car il y a "souviens-toi (zakhor)" et "garde (chamor)" dans l'ensemble de toutes les mitsvot.
"Souviens-toi" est l'aspect des commandements positifs : éveiller l'intériorité et les étincelles de sainteté qui sont en toute chose, par les commandements positifs. Et "garde", par les commandements négatifs : garder l'extériorité et les kelipot (écorces) pour qu'elles ne s'étendent pas plus que nécessaire.
Et ces deux sont en toute chose du monde. C'est pourquoi il est écrit "tu seras rassasié et tu béniras", ceci est l'aspect de "souviens-toi" par la bouche ; "prenez garde à vous", l'aspect de "garde" dans le cœur.
C'est pourquoi nos Sages ont dit : une table sur laquelle on a dit des paroles de Torah, c'est comme s'ils avaient mange de la table de l'Omniprésent, béni soit-Il, car il est écrit "et il me parla : ceci est la table..." (Ezek 41,22) ; puisqu'on y a dit des paroles de Torah, c'est la table de l'Omniprésent. Et c'est comme dit plus haut : que par les paroles de Torah on mérite de trouver l'intériorité de l'aliment qui est dans la sainteté.
Et c'est à cela que nos Sages ont fait allusion : "s'il n'y a pas de farine, il n'y a pas de Torah" : c'est l'intériorité de la farine qui nourrit l'âme. Et de même "s'il n'y a pas de Torah, il n'y a pas de farine", car sans la force de la Torah l'intériorité de l'aliment ne se révèle pas.
Et c'est pourquoi ils ont dit dans la Guemara qu'il faut mentionner dans les Actions de grâces l'alliance (brit) et la Torah. Car par Son alliance qu'Il à scellée dans notre chair et par la Torah nous pouvons trouver la nourriture de l'intériorité, qui est du côté de la sainteté et fait vivre et nourrit l'âme comme dit plus haut.
במדרש שמע ישראל כו' הה"ד באזנינו שמענו כו'. ע"ש במדרש.
יובן ע"פ ששמעתי ממו"ר א"ז ז"ל שאמר בפסוק לא בצדקתך כו' שמרע"ה אמר כן להודיע כי לא זכו אל א"י בכח צדקתם רק מתנה בזכות אבותינו. כדי שיהי' שייכות א"י לכל דורות השפלים ג"כ ע"ש.
והן הן דברי המד' שמשה רבינו ע"ה הכניס ידיעה זו בלבות בנ"י לידע כי א"י היא במתנה וע"ז הוסד כל המזמור הנ"ל באזנינו שמענו פועל פעלת כו' גוים הורשת ותטעם כו' לא בחרבם ירשו כו' כי ימינך כו'. לכן צוה ישועות יעקב גם עתה כו' כי לא בקשתי אבטח כו' ע"ש כל המזמור:
Dans le Midrach "Écoute Israël..." (Deut 9,1), ceci est ce qui est écrit "de nos oreilles nous avons entendu..." (Ps 44,2), vois la dans le Midrach. Cela se comprend selon ce que j'ai entendu de mon maître, mon grand-père, de mémoire bénie, qui a dit sur le verset "non par ta justice..." (Deut 9,5) que Moche notre maître, la paix sur lui, dit ainsi pour faire savoir qu'ils n'ont pas mérité la Terre d'Israël par la force de leur justice, mais seulement comme un don, dans le mérite de nos pères, afin que la Terre d'Israël ait un lien avec toutes les générations inférieures aussi, vois la.
Et ce sont précisément les paroles du Midrach : Moche notre maître, la paix sur lui, à introduit ce savoir dans les cœurs des enfants d'Israël, pour savoir que la Terre d'Israël est un don ; et c'est sur cela qu'est fonde tout le psaume susdit : "de nos oreilles nous avons entendu... tu as accompli une œuvre... des nations tu as dépossédées et tu les as plantées... ce n'est pas par leur épée qu'ils ont hérite... car ta droite..." (Ps 44,2-4). C'est pourquoi "commande les saluts de Yaakov" maintenant encore, "car ce n'est pas en mon arc que je me confie..." (Ps 44,5.7), vois la tout le psaume.
תרנ"א
5651 (תרנ״א)
במדרש לטובתך נתתי לך השבת את אוכל ושותה ומענג א"נ ואני נותן לך שכר כו' מפירותיהן אתה אוכל בעוה"ז ושכרן בעוה"ב ע"ש. הענין הוא כי שכרן של מצות א"א לקבל עד תיקון כל האדם בשלימות ע"י תרי"ג מצות שמתקנין כל האיברים וגידין.
אכן השבת הוא מעין עוה"ב ואיתא בשבת פורס סוכת שלום עלינו פי' שהגם שהשלימות חסר בעוה"ז נותן הקב"ה במתנה חלק מן השלימות. והשכר הוא מדה במדה על ידי שאדם שובת בשבת קודש לשמו ית' ומענג את השבת.
שאפי' שהוא בחסרון. בבוא השבת מתבטל וכאלו כל מלאכתו עשוי'.
לכן זוכה להיות מרגיש מעין עוה"ב אפי' קודם תיקון השלימות. וז"ש שע"י שמענג את עצמו אני נותן לו שכר.
וזהו ענין מפירותיהן אתה אוכל בעוה"ז שיש מצות שתשלומן מדה במדה הוא להיות זוכין בעוה"ז למעין עוה"ב:
Dans le Midrach : "pour ton bien je t'ai donné le Chabat : tu manges, tu bois et tu te délectes ; autre interprétation : et je te donne une récompense... de leurs fruits tu manges en ce monde et leur récompense est dans le monde à venir", vois la. Le sujet est que la récompense des mitsvot ne peut être reçue qu'après la réparation de l'homme entier dans sa complétude, par les 613 commandements qui réparent tous les membres et tendons.
Mais le Chabat est un avant-goût du monde à venir, et il est enseigné dans [le traité] Chabat "il étend sur nous une soukka de paix" : c'est-à-dire que, bien que la complétude manque en ce monde, le Saint béni soit-Il donne en cadeau une part de la complétude. Et la récompense est mesure pour mesure : du fait que l'homme se repose le Chabat saint pour Son nom béni soit-Il et se délecte du Chabat, alors même qu'il est dans le manque, à l'arrivée du Chabat celui-ci s'annule et c'est comme si tout son ouvrage était accompli.
C'est pourquoi il mérite de ressentir un avant-goût du monde à venir, même avant la réparation de la complétude. Et c'est le sens de "du fait qu'il se délecte, je lui donne une récompense".
Et c'est le sens de "de leurs fruits tu manges en ce monde" : il y a des mitsvot dont le paiement est mesure pour mesure, à savoir mériter en ce monde un avant-goût du monde à venir.
במדרש שמע ישראל אתה עובר כו' קלקלתם נעשה הזהרו בנשמע כו'. נראה הרמז כאן שאם לא הי' מתקלקל נעשה היו זוכין בעצמם לירושת הארץ.
כי נשמע הוא רק לקבל ירושת האבות כמ"ש לא בצדקתך. וכל מגמתו של מרע"ה להיות בנ"י מתוקנים בעצמם לירושת הארץ ואז הי' הוא מכניסם לארץ ולא הי' עוד גלות:
Dans le Midrach : "Écoute Israël, tu passés... (Deut 9,1) ; vous avez corrompu le 'nous ferons', soyez attentifs au 'nous entendrons (nichma)'...".
L'allusion semble ici que si le "nous ferons (na'asse)" ne s'était pas corrompu, ils auraient mérite par eux-mêmes l'héritage de la Terre. Car "nous entendrons (nichma)" n'est que pour recevoir l'héritage des pères, comme il est écrit "non par ta justice".
Et tout le but de Moche notre maître, la paix sur lui, était que les enfants d'Israël soient réparés par eux-mêmes pour l'héritage de la Terre ; et alors c'est lui qui les aurait fait entrer dans la Terre, et il n'y aurait plus eu d'exil.
ובמדרש בעת ההוא אמר ה"א פסל לך כו' לכל זמן ועת כו' עת להשליך אבנים זה שבירת הלוחות. כנוס אבנים פסל לך ע"ש.
והענין הוא כי אחר החטא ניתנו הלוחות מלמטה תחת השמים והוא בדרך הכ"ח עתים שתחת השמש. אבל לוחות הראשונות היו למעלה מן השמש ולא הי' בזמן ובמקום ידוע.
לכן איתא כי הראשונות לא הוצרכו לארון שהיו מעשה אלקים כדכתי' והלוחות מעשה אלקים המה. אך אחרי שקלקלנו נעשה כתיב עשה לך ארון כו' שהיו הלוחות מלמטה בזמן וגבול כנ"ל והענין הוא כי רמז הלוחות והכתב הם בחי' גוף ונשמה.
וכמו בהאדם עצמו דאיתא הנשמה בגוף כאזכרות בגוילין. וקודם החטא היו מזוככים גופות בנ"י כמלאכי השרת.
ואח"כ היו הלוחות מלמטה והכתב שהוא הנשמה מלמעלה. כי חרות על הלוחות היא ג"כ הרשימה מהנשמה בלב האדם.
ומקודם הי' חירות כמ"ש חז"ל שלא הי' בהם יצה"ר. ואחר שנתקלקל נעשה.
היו רק האותיות מלמעלה היא בחי' נשמע. וזהו שהראה להם מרע"ה כי המה תחת הזמן.
ובאמת העתים צריכים להתבטל אל בנ"י להיות הם למעלה מהעתים. וכ"כ על הקץ בעתה אחישנה זכו אחישנה לא זכו בעתה.
כי בוודאי יש זמן קצוב להתבלעות הסט"א להיות מלכותו ית' מבוררת בעולם. אבל כשבנ"י זוכין וע"י תשובה יוכל להיות הגאולה בלי זמן.
וז"ש היום אם בקולו תשמעו. והוא באמת כח התורה שנק' יום הקהל בתורה ופי' הקהל שהוא יום הכולל כל הזמנים וכל הנפשות וכל המקומות.
והיא התורה שלמעלה מן התחלקות העתים שתחת השמים. לכן אחז"ל אם שמרו בנ"י שבת א' מיד הם נגאלין כי שבת אחת היא הנקודה אחדות שכולל הכל כנ"ל.
ובשבת ניתנה תורה. ואיתא בספרים מי"ד הם נגאלין הרמז שיגאלו מי"ד העתים.
כי השבת הוא למעלה מהתחלקות העתים כמ"ש. והגאולה שתהי' בעתה היא מכח זכות האבות שיקיים הקב"ה הבטחתו.
אבל אם בנ"י שבין בתשובה זוכין בצדקתם כמ"ש לעיל. וזכות אבות לעולם נמצא בבנ"י וע"ז כתי' שחורה אני במעשי ונאוה אני במעשה אבותי.
והפי' שיש מעש"ט וצדקות שנמצא בבנ"י והכל בכח סיוע האבות. ולכן אמר משה רבינו ע"ה וידעת כי לא בצדקתך כו'.
ואם ח"ו לא הי' להם צדקות מה הוצרך לומר להם זאת. אבל הראה להם כי אותו הכח הוא במתנה ולא משלהם.
וזה ג"כ מאמר הנביא יראתם אותי מצות אנשים מלומדה מה שבנ"י אין מוסיפין חיל רק כפי הכח שנשרש בהם מאבותיהם. וישראל נק' מאמינים בני מאמינים.
וצריכין להוסיף אמונה בעצמותם מלבד מה שהם בני מאמינים:
Et dans le Midrach : "en ce temps-la l'Éternel dit : taille-toi... (Deut 10,1) : à chaque chose une saison et un temps... un temps pour jeter des pierres (Eccl 3,5), ceci est le bris des Tables ; un temps pour rassembler des pierres, 'taille-toi'", vois la.
Et le sujet est qu'après la faute les Tables furent données d'en bas, sous les cieux, et c'est à la manière des 28 temps (ittim) qui sont sous le soleil. Mais les premières Tables étaient au-dessus du soleil et n'étaient pas dans un temps ni un lieu déterminés.
C'est pourquoi il est enseigné que les premières n'eurent pas besoin d'arche, car elles étaient l'œuvre de Dieu, comme il est écrit "et les Tables étaient l'œuvre de Dieu" (Ex 32,16). Mais après que nous avons corrompu, il est écrit "fais-toi une arche..." (Deut 10,1), car les Tables étaient d'en bas, dans le temps et la limite, comme dit plus haut.
Et le sujet est que les Tables et l'écriture font allusion à l'aspect du corps et de l'âme. Et comme dans l'homme lui-même, dont il est enseigné : l'âme dans le corps est comme les Noms divins (azkarot) dans les parchemins (guevilin).
Et avant la faute les corps des enfants d'Israël étaient épurés comme les anges du service. Et après, les Tables étaient d'en bas et l'écriture, qui est l'âme, d'en haut.
Car "grave (harout) sur les Tables" (Ex 32,16) est aussi l'empreinte de l'âme dans le cœur de l'homme. Et auparavant il y avait liberté (herout), comme l'ont dit nos Sages, qu'il n'y avait pas en eux de mauvais penchant.
Et après que cela se fut corrompu, seules les lettres étaient d'en haut, c'est l'aspect de "nous entendrons (nichma)". Et c'est ce que Moche notre maître, la paix sur lui, leur montra : qu'ils sont sous le temps.
Et en vérité les temps doivent s'annuler devant les enfants d'Israël, pour qu'ils soient au-dessus des temps. Et ainsi il est écrit sur la Fin (ketz) "en son temps je la hâterai" (Isa 60,22) : s'ils méritent, "je la hâterai" ; s'ils ne méritent pas, "en son temps".
Car assurément il y a un temps fixe pour la disparition du Sitra A'hra (l'autre côté), afin que Sa royauté soit clarifiée dans le monde. Mais quand les enfants d'Israël méritent, par le repentir la rédemption peut être sans temps.
Et c'est le sens de "aujourd'hui, si vous écoutez Sa voix" (Ps 95,7). Et c'est en vérité la force de la Torah, qui est appelée "jour de l'assemblée (yom ha-kahal)" dans la Torah ; et le sens de ha-kahal, que c'est le jour qui inclut tous les temps, toutes les âmes et tous les lieux.
Et c'est la Torah qui est au-dessus de la division des temps qui sont sous les cieux. C'est pourquoi nos Sages ont dit : si les enfants d'Israël gardaient un seul Chabat, aussitôt ils seraient rachetés, car un seul Chabat est le point d'unité qui inclut tout, comme dit plus haut.
Et au Chabat la Torah fut donnée. Et il est enseigné dans les livres "aussitôt (mi-yad) ils sont rachetés" : l'allusion qu'ils seront rachetés de la main (mi-yad) des temps.
Car le Chabat est au-dessus de la division des temps, comme il est écrit. Et la rédemption qui sera "en son temps" est par la force du mérite des pères, que le Saint béni soit-Il accomplira Sa promesse.
Mais si les enfants d'Israël qui reviennent en repentir méritent par leur justice, comme dit plus haut. Et le mérite des pères se trouve toujours dans les enfants d'Israël, et sur cela il est écrit "noire je suis par mes actes (Cant 1,5) et belle je suis par les actes de mes pères".
Et le sens : qu'il y a de bonnes actions et des justices qui se trouvent dans les enfants d'Israël, et tout est par la force de l'assistance des pères. Et c'est pourquoi Moche notre maître, la paix sur lui, dit "et tu sauras que non par ta justice...".
Et si, à Dieu ne plaise, ils n'avaient pas de justices, pourquoi aurait-il fallu leur dire cela ? Mais il leur montra que cette force-la est un don et non d'eux-mêmes.
Et c'est aussi la parole du prophète "votre crainte de moi est un commandement d'hommes appris par routine" (Isa 29,13) : que les enfants d'Israël n'ajoutent de force que selon la force enracinée en eux par leurs pères. Et Israël sont appelés "croyants, fils de croyants".
Et ils doivent ajouter de la foi dans leur propre essence, en plus de ce qu'ils sont fils de croyants.
תרנ"ב
5652 (תרנ״ב)
בפסוק כי תאמר רבים כו' לא תירא מהם כו' תזכור כו' וגם בפרשיות שאח"כ שמזהיר משה רבינו שלא לומר כחי ועצם ידי כו' וזכרת כו' ה"א כו' הנותן לך כח כו'. דכת' בטחו בו בכל עת.
פי' בכל עת פי' בכל עת דיש בטחון בעת צרה אבל עיקר הבטחון הוא בעת שלוה שלא לשום מבטחו באשר לו רק בכחו ית' וע"ז נאמר ברוך הגבר אשר יבטח בה'. היפוך ממ"ש מקודם ארור הגבר כו' ומן ה' יסור לבו כו'.
רק שהגם שאין לו מחסור דבר בוטח בו ית' ולכן והי' ה' מבטחו כשיבוא לעת צרה ח"ו. וזהו בכל עת.
ולכן נאמר כשיירשו את הארץ יזכרו ביצ"מ ויבטחו בו ית"ש. וכמו כן כשיאמרו רבים הגוים כו' יבטחו בו ית'.
והנה זה עיקר שבחן של בנ"י כמ"ש בגמ' לא מרובכם כו' חשק כו' כי אתם המעט ממעטין עצמכם כו'. פי' דיש בבנ"י ב' הדברים שהם גבוהים מכל האומות כמ"ש הרבה אתכם הרים אתכם.
ויש להם כח הכנעה אליו ית' יותר מכל האומות. ועל ב' אלו נאמר ואתן צאני כו' אדם אתם.
ומעלה דצאני מקדים הכתוב שהוא חשוב לפניו ביותר. וגם ע"י זו המעלה זוכין לבחי' אדם אתם:
Sur le verset "si tu dis : ces nations sont nombreuses... tu ne les craindras pas... souviens-toi..." (Deut 7,17-18), et aussi dans les sections qui suivent, où Moche notre maître avertit de ne pas dire "ma force et la puissance de ma main..." (Deut 8,17), "et tu te souviendras... l'Éternel ton Dieu... qui te donne la force..." (Deut 8,18). Car il est écrit "ayez confiance en Lui en tout temps" (Ps 62,9).
Le sens de "en tout temps" : il y a une confiance au temps de la détresse, mais l'essentiel de la confiance est au temps de la tranquillité, ne pas placer sa confiance en ce qu'on possède, mais seulement en Sa force béni soit-Il ; et sur cela il est dit "béni l'homme qui se confie en l'Éternel" (Jer 17,7), à l'oppose de ce qui est écrit avant "maudit l'homme... et de l'Éternel son cœur se détourne..." (Jer 17,5). Seulement, bien qu'il ne manque de rien, il se confie en Lui béni soit-Il, et c'est pourquoi "l'Éternel sera sa confiance" (Jer 17,7) lorsqu'il viendra un temps de détresse, à Dieu ne plaise.
Et c'est "en tout temps". Et c'est pourquoi il est dit que lorsqu'ils herideront la Terre ils se souviendront de la sortie d'Égypte et se confieront en Lui, que Son nom soit béni.
Et de même, lorsqu'ils diront "ces nations sont nombreuses..." qu'ils se confient en Lui béni soit-Il. Et voici, ceci est l'essentiel de la louange des enfants d'Israël, comme il est dit dans la Guemara "non parce que vous êtes nombreux...
Il vous à désires... car vous êtes le plus petit (Deut 7,7) : qui vous rapetissez vous-mêmes...". Le sens : il y a dans les enfants d'Israël les deux choses, qui sont plus élevées que toutes les nations, comme il est écrit "il vous à multipliés... il vous à exaltés", et ils ont la force de la soumission à Lui béni soit-Il plus que toutes les nations.
Et sur ces deux il est dit "et vous, mon troupeau... vous êtes des hommes (adam) (Ezek 34,31)". Et la vertu de "mon troupeau", le verset la place en premier, car elle est plus estimée devant Lui.
Et aussi, par cette vertu, ils méritent l'aspect de "vous êtes des hommes".
« Le fruit de ton ventre et de ton sol » (Devarim 7,13) : l'Écriture le rapproche du fruit du sol, sans faute ni péché. Pour le Sfat Emet, l'alliance de la chair (brit ha-maor) dépend de celle de la langue (brit ha-lachon). D.ieu nous a distingués par une nourriture sans déchets ; fruits en sainteté, fruit du ventre sans déchets, et l'on mentionne l'alliance dans la bénédiction de la Terre du birkat ha-mazon. Moché a institué « qui nourrit » pour la manne, au-dessus de l'arbre de la connaissance du bien et du mal ; Yehochoua, la bénédiction de la Terre, triée, bonne sans mal, par la sortie d'Égypte, l'alliance et la Torah. « Pour le bon pays » : bon, sans aucun mal.
בפסוק ויענך כו' ויאכלך את המן כו' לא על הלחם לבדו כו'. הענין דיש בחי' מוח לב כבד כדאיתא שהכבד מקבל מקודם המאכל ואח"כ הלב מוציא חלק הדק מובדל מן הפסולת אח"כ מעלה הלב חלק היותר דק אל המוח.
כי כל אבר הרוחניי ביותר צריך לקבל חלק דק מבורר. והכבד הוא גשמי ביותר ולכן אינו טרפה בניטל רק שנשאר כזית.
והלב אם ניקב עד חללו טריפה והמוח שהנשמה תלוי' בו ביותר אפי' ניקב הקרום של מוח טרפה. ואלה הג' הם כלים לבחי' נפש רוח נשמה.
וכולם מקבלין חיות מן המזון. והנה האומות וכל ארצות המזון שלהם בחי' כבד מעורב עם הפסולת.
ולבנ"י ניתן א"י שמזונות שלהם בחי' לב חלק המבורר מן הפסולת. ובנ"י בכח המתנות שנתן לנו הקב"ה יכולין לברר ולהוציא פנימיות המזון וא"י מוכן לזה.
וכל אלה הדברים שמזכירין בברכת הארץ הם תיקונין שעל ידיהם יכולין לברר בירור אוכל מתוך פסולת ע"י ברית ותורה וארץ חמדה. לכן א"י נק' לב אמצעיות מכל העולם והיא בחי' לחם מן הארץ שסועד הלב כמ"ש חז"ל מן התורה ונביאים וכתובים פיתא סעדתא דלבא וכבר כתבנו בשם מו"ז ז"ל שביאר כוונתם ז"ל כי הוכיחו מן התורה כו' שהלחם יש בו מזון פנימי להחיות הלב ולסעדו בעבודת הבורא ית' ע"ש.
ולי יראה עוד כי ע"י תורה ונביאים וכתובים שיש לבנ"י ועוסקין בהם. באמצעות זה מוצאין החיות ומבררין המזון בבחי' לב הנ"ל שהוא בירור אוכל מתוך פסולות.
וכמ"ש במ"א שזה פי' אם אין תורה אין קמח. אכן המן הי' בחי' לחם מן השמים ונראה שהוא סועד המוח והוא היפך מזון הגשמיי שבא דרך כבד ולב אל המוח.
והמן אדרבא סועד המוח ונמשך ממוח ללב ולכבד מלמעלה למטה שהוא לחם מן השמים. ורמז לדבר דכתי' עומר לגלגולת.
וכמו דאיתא ביום התענית וכן חולה שא"י לאכול. המוח מחי' כל הגוף.
ורק שהמוח א"י להיות ג"כ בלי מזון. רק דור המדבר הוריד להם הקב"ה מזון אל המוח כנ"ל.
ולכן אמרו ונפשנו קצה כו'. כי כל מזון.
הכבד שהוא בחי' נפש מקבל בראשונה. והם.
הנשמה קיבלה בראשונה והנפש הי' סוף המזון. ולכן כשנפלו מבחי' הנשמה ונתגשמו קצת התלוננו על המן.
ולכן כ' ויענך כי אכילת המן הי' בבחי' עוני ממש כמו תענית. והנה בסעודת שבת פי' בזה"ק משנה לחם שבחי' לחם מן השמים ומן הארץ נעשין א' ע"ש פ' ויחי.
כי בשבת יש נשמה יתירה והוא התחזקות המוח ויש בו ג"כ מצות אכילת לחם מן הארץ:
Sur le verset 'Il t'à humilie... et t'à nourri de la manne... l'homme ne vit pas seulement de pain...' (Deutéronome 8,3). Voici l'explication : il y a les facultés du cerveau (moah), du cœur (lev) et du foie (kaved), comme il est enseigné : le foie reçoit d'abord la nourriture, puis le cœur en extrait la part fine, séparée des déchets, ensuite le cœur élève la part la plus fine vers le cerveau.
Car plus un organe est spirituel, plus il à besoin de recevoir une part fine et épurée. Le foie est le plus matériel, c'est pourquoi il ne rend pas l'animal tref quand on le retire, tant qu'il en reste un ke-zayit (la mesure d'une olive).
Le cœur, s'il est percé jusqu'à sa cavité, rend l'animal tref ; et le cerveau, dont l'âme dépend le plus, rend l'animal tref même si seule la membrane du cerveau est percée. Ces trois-la sont les réceptacles (kelim) des niveaux nefech, roua'h, nechama, et tous reçoivent leur vitalité de la nourriture.
Or les nations, et toutes leurs terres, ont une nourriture du niveau du foie, mélangée aux déchets ; aux enfants d'Israël fut donnée la Terre d'Israël, dont la nourriture est du niveau du cœur, la part triée et séparée des déchets. Et les enfants d'Israël, par la force des dons que le Saint béni soit-Il nous à accordés, peuvent trier et extraire l'intériorité de la nourriture, et la Terre d'Israël s'y prête.
Toutes ces choses que l'on mentionne dans la bénédiction de la Terre (birkat ha-arets) sont des réparations (tikoun, pl. tikounim) par lesquelles on peut opérer le tri de l'aliment hors des déchets, au moyen de la circoncision (brit), de la Torah et de la terre désirable. C'est pourquoi la Terre d'Israël est appelée le cœur, le centre du monde entier ; elle est du niveau du 'pain tire de la terre' qui restaure le cœur, comme l'ont dit nos Sages, de la Torah, des Prophètes et des Écrits : 'le pain restaure le cœur' (pita saadeta de-liba).
Nous avons déjà écrit au nom de mon grand-père et maître, de mémoire bénie, qui a expliqué leur intention : ils ont prouve depuis la Torah etc. que le pain contient une nourriture intérieure pour vivifier le cœur et le soutenir dans le service du Créateur béni soit-Il, vois-y. Il me semble encore que par la Torah, les Prophètes et les Écrits que possèdent les enfants d'Israël et qu'ils étudient, ils trouvent par ce moyen la vitalité et trient la nourriture au niveau du cœur susdit, qui est le tri de l'aliment hors des déchets.
Comme nous l'avons écrit ailleurs, tel est le sens de 'sans Torah, point de farine' (im ein Torah ein kemah). Mais la manne était du niveau du 'pain tire du ciel', et il apparaît qu'elle restaure le cerveau ; c'est l'inverse de la nourriture matérielle qui passe par le foie et le cœur pour monter au cerveau.
La manne, au contraire, restaure le cerveau et se prolonge du cerveau vers le cœur et le foie, de haut en bas, car elle est un 'pain tire du ciel'. L'allusion en est le verset 'un omer par tête' (Exode 16,16).
Et comme on l'enseigné au sujet d'un jour de jeûne, ainsi que du malade qui ne peut manger : le cerveau vivifie tout le corps. Seulement, le cerveau ne peut lui non plus rester sans nourriture ; mais pour la génération du désert, le Saint béni soit-Il à fait descendre la nourriture directement vers le cerveau, comme dit plus haut.
C'est pourquoi ils ont dit 'notre âme est dégoûtée etc.' (Nombres 21,5) : car pour toute nourriture, le foie, qui est du niveau du nefech, reçoit en premier ; or la nechama recevait en premier et le nefech venait en dernier. C'est pourquoi, lorsqu'ils tombèrent du niveau de la nechama et se materialiserent quelque peu, ils se plaignirent de la manne.
Et c'est pourquoi il est écrit 'Il t'à humilie' (vaye'ancha), car manger la manne relevait vraiment d'un état d'humiliation (oni), comme un jeûne. Et pour le repas du Chabbat, il est expliqué dans le Zohar 'le pain double' (michne lechem), car les niveaux du 'pain du ciel' et du 'pain de la terre' deviennent un ; vois-y, paracha Vaye'hi.
Car le Chabbat il y a une âme supplémentaire (nechama yeteira), qui est le renforcement du cerveau, et il comporte aussi le commandement de manger le 'pain de la terre'.
תרנ"ג
[5653 (תרנ״ג)]
במדרש מנורה של פרקים אסור להרכיב בשבת כו' הענין הוא כי הקב"ה מנהיג העולם בדרך הטבע ובצימצום מדרגות רבות והוא ההנהגה בששת ימי המעשה. ונקרא ימי עבודה שכל איש ישראל צריך לייגע עצמו לברר אוכל מתוך פסולת ולהעיד כי חיות כל הטבע ע"י אור הפנימי ולהרכיב ולחבר מדרגה אל מדרגה להעלות גם הטבע אל שורש העליון וששת ימי המעשה הם ששה קני המנורה.
אבל השבת הוא בחי' פני המנורה והוא חיות הפנימי שמתגלה בשבת. והיא הנהגה שלא בהתלבשות הטבע.
כדאיתא כי בימי המעשה הנהגה ע"י מלאכים ובש"ק הקב"ה בעצמו ובכבודו מחי' כל. וזו ההנהגה מיוחד רק לבנ"י וכתיב שער החצר הפנימית יהי' סגור ש' ימי המעשה כו'.
וע"ז כ' אני ה' כו' שמי וכבודי לאחר לא אתן. וכ"כ בשבת קודש שבתותי תשמרו כו' אני ה'.
כ' שבת הוא שמו של הקב"ה. כי הנה בכל המדות יש מלאכים מיוחדים לבחי' החסד והגבורה והמשפט והרחמים כו' וכמו כן בעבודת האדם כ' ובו תדבק הדבק במדותיו מה הוא רחום כו'.
אבל בחי' מלכותו ית"ש הוא מלך יחיד ומיוחד. ולכן אומרים ישמחו במלכותך שומרי שבת כי בשבת היא בחי' מלכות שמים ואין בו הרכבה כמ"ש אני ה' לא שניתי.
ולכן שבת א"צ בירור כי אין בו שום תערובת [והמשכיל יבין דברים אלו ביותר]. והוא מעין עוה"ב שיהי' ה' אחד ושמו אחד יום שכולו שבת.
וזה עיקר שכרן של עובדי ה' לזכות לזה השבת. ולכן שכר מצוה בהאי עלמא ליכא כי עיקר שכר המצות לתקן המלבוש לצאת מזה הלבוש הגשמיי ומזו ההנהגה המתלבשת בדרך המדרגות לזכות לציור הפנימי.
וזה החילוק דכ' ומשלם לשונאיו אל פניו להאבידו. פניו הוא הציור שבעוה"ז שהרשע בוחר רק בתענוגי הבלי עולם וזה שכרו.
אבל הצדיקים כל מבוקשם לצאת מזה הציור לציור הפנימי וזה הוא רק בעקב. וכל שבת יש בו מעין עוה"ב לכן אין בו הרכבה.
וגם הוא מתנה טובה שלא ע"י עבודת האדם כי עבודת האדם היא רק בחי' הרכבה כנ"ל. והשבת הוא הפנימיות בלי התלבשות והרכבה כנ"ל:
Dans le Midrach : une menora faite de sections (perakim), il est interdit de l'assembler le Chabbat, etc. Voici l'explication : le Saint béni soit-Il conduit le monde par la voie de la nature et par la contraction (tsimtsoum) de nombreux degrés, et c'est la conduite des choses durant les six jours ouvrables.
On les appelle jours de labeur (avoda), car chaque homme d'Israël doit se donner de la peine pour trier l'aliment hors des déchets, témoigner que la vitalité de toute la nature vient de la lumière intérieure, et assembler et relier degré à degré pour élever aussi la nature jusqu'à sa racine supérieure ; et les six jours ouvrables sont les six branches de la menora. Mais le Chabbat est du niveau du fut central de la menora, il est la vitalité intérieure qui se révèle le Chabbat.
C'est une conduite sans revêtement de la nature, comme il est enseigné : durant les jours ouvrables la conduite se fait par les anges, mais le saint Chabbat le Saint béni soit-Il en personne et dans Sa gloire vivifie tout. Et cette conduite est réservée aux seuls enfants d'Israël, et il est écrit : 'la porte du parvis intérieur sera fermée les six jours ouvrables etc.' (Ezechiel 46,1).
À ce propos il est écrit 'Je suis l'Éternel etc.' : 'Mon Nom et Ma gloire, je ne les donnerai pas à un autre' (Isaie 42,8). De même il est écrit au sujet du saint Chabbat : 'Vous garderez Mes chabbats etc., Je suis l'Éternel' : l'Écriture enseigne que le Chabbat est le Nom du Saint béni soit-Il.
Car voici : dans toutes les mesures (midot) il y a des anges préposés aux niveaux du ''hessed, de la guevoura, du jugement, de la miséricorde, etc. ; et de même dans le service de l'homme, il est écrit 'et attaché-toi à Lui' : attaché-toi à Ses attributs, de même qu'Il est miséricordieux, etc. Mais le niveau de Sa royauté, que Son Nom soit béni, est celui d'un Roi unique et singulier.
C'est pourquoi l'on dit 'ils se réjouiront de Ta royauté, ceux qui gardent le Chabbat', car le Chabbat est du niveau de la royauté des cieux (malkhout chamayim), où il n'y a pas d'assemblage de degrés, comme il est dit 'Moi l'Éternel, Je n'ai pas changé' (Malachie 3,6). C'est pourquoi le Chabbat n'à pas besoin de tri, car il ne comporte aucun mélange [et l'homme entendu comprendra ces choses plus profondément].
Il est un avant-goût du monde à venir, où 'l'Éternel sera un et Son Nom un' (Zacharie 14,9), le jour qui est entièrement Chabbat. Telle est la récompense essentielle des serviteurs de l'Éternel : mériter ce Chabbat.
C'est pourquoi 'il n'y a pas de récompense d'un commandement en ce monde-ci', car la récompense essentielle des commandements est de réparer le vêtement, de sortir de ce vêtement matériel et de cette conduite qui se revêt par degrés, pour mériter la représentation intérieure (le tsiyour intérieur). Telle est la distinction du verset 'Il paie en face Ses ennemis pour les faire périr' (Deutéronome 7,10) : 'en face' (panav) désigne la représentation de ce monde-ci, où le mécréant ne choisit que les plaisirs des vanités du monde, et telle est sa récompense ; mais les justes n'aspirent qu'à sortir de cette représentation vers la représentation intérieure, et cela ne s'atteint que 'par le talon' (be-ekev).
Chaque Chabbat comporte un avant-goût du monde à venir, c'est pourquoi il n'y a pas en lui d'assemblage. Il est aussi un don précieux qui ne vient pas par le service de l'homme, car le service de l'homme relève seulement du niveau de l'assemblage, comme dit plus haut ; tandis que le Chabbat est l'intériorité sans revêtement ni assemblage, comme dit plus haut.
בפרשת והי' א"ש תשמעו. ברש"י מספרי אזהרה ליחיד אזהרה לרבים.
פי' בכל יום מתחדש אזהרת התורה בנפשות בנ"י בפרט ובכלל אבל כפי עבודת האדם זוכה להרגיש בזה הקול א' אנכי מצוך היום. והכל תלוי בהאדם.
וז"ש שמוע תשמעו פי' להשמיע את הקול ולשמוע לקבל את הציוי. כמ"ש עושי דברו והדר לשמוע בקול דברו.
מצוה אתכם היום כי הכל נברא בכ"ב אותיות התורה ויש לכל איש ישראל רשימות מאותיות השייכים אליו. ובכלל ישראל הכ"ב אתוון.
ואלה האותיות מתחדשין בכל יום ויום בצירופים שונים. וזה מצוה אתכ"ם הכ"ב אתוון שבכם.
ואם זוכין בנ"י לזה ההתחדשות מתברך להם כל הבריאה כמ"ש ונתתי עשב כו'. וזה כימי השמים על הארץ.
ימים הם הארות. שכפי מה שימי השמים מאירים על הארץ ויכולין להתגלות בעולם.
כך זוכין בנ"י לנחול את הארץ:
Dans la paracha 'Et il arrivera, si vous écoutez...' (Deutéronome 11,13). Dans Rachi, d'après le Sifri : avertissement pour l'individu, avertissement pour la collectivité.
Explication : chaque jour l'avertissement de la Torah se renouvelle dans les âmes des enfants d'Israël, en particulier et en général ; mais c'est selon le service de l'homme qu'il mérite de percevoir cette voix : 'Moi qui te commande aujourd'hui'. Tout dépend de l'homme.
Tel est le sens de 'écouter, vous écouterez' (chamoa tichme'où) : faire entendre la voix et écouter pour recevoir le commandement, comme il est dit 'ceux qui accomplissent Sa parole, puis écoutent la voix de Sa parole' (Psaumes 103,20). 'Je vous commande aujourd'hui' (metsave etkhem ha-yom) : car tout fut créé par les vingt-deux lettres de la Torah, et chaque homme d'Israël possède des traces (rechimot) des lettres qui lui appartiennent, et l'ensemble d'Israël contient les vingt-deux lettres (kaf-bet otiot). Ces lettres se renouvellent chaque jour en combinaisons diverses.
Tel est le sens de 'Je vous commande' (metsave etkhem) : les vingt-deux lettres (kaf-bet otiot) qui sont en vous. Et si les enfants d'Israël méritent ce renouvellement, toute la création se bénit pour eux, comme il est dit 'et Je donnerai de l'herbe etc.' (Deutéronome 11,15).
Tel est le sens de 'comme les jours des cieux sur la terre' (Deutéronome 11,21) : les 'jours' (yamim) sont des illuminations ; car dans la mesure où les jours des cieux éclairent sur la terre et peuvent se révéler dans le monde, dans cette mesure les enfants d'Israël méritent d'hériter la terre.
תרנ"ו
[5656 (תרנ״ו)]
והי' עקב תשמעון פרש"י ובמד' מצות קלות שאדם דש בעקב כו'. הענין הוא דכ' אם שמוע תשמעו פרש"י שמוע בישן תשמע בחדש.
והענין הוא דכ' קול גדול ולא יסף לא פסק כי הדברים חיים וקיימים והקב"ה נותן התורה תמיד. אכן כפי קיום התורה והמצות כן יכולין לשמוע חדשות בכל עת כמ"ש דדי' ירווך מה שדים כשתינוק ממשמש בו מוציא חלב כך ד"ת ומצות כפי עסק האדם בהם כך מתחדש לו לשמוע בכל עת חדשות.
ז"ש נעשה ונשמע כי ידעו שכפי העשי' כך ישמעו תמיד התחדשות. וע"ז נאמר אשרי איש שישמע למצותיך.
ובכח זה הוציאו החכמים מכח אל הפועל התורה שבע"פ. ואחריהם בכל דור ודור חכמי הדורות שהרחיבו הארת התורה בכל עת.
וכמו כן בכל אדם בפרט. כל ימי חייו צריך לעסוק בתו"מ ויתרחבו הדברים ויוכל למצא בכל דבר קיום מצוה.
וזה מצות קלות שדש בעקביו ואינו מבין מתחילה איך יש בזה מצוה. ובאמת כל העולם ומלואו מלא מצות כי הכל לכבודו ברא.
וכשעוסק בהם כל ימיו זוכה שיתגלה לו לעשות מצות בכל עת ובכל מקום ובכל דבר. וזה עקב תשמעון את המש' האלה כו'.
כמו ציור האדם הנשמה בראש ומאיר ונותנת חיים עד העקב. כך התורה שנק' ראשית ובה נברא כל העולם צריכין בנ"י להרחיב אור התורה עד העקב.
ואז יהי' גאולה שלימה במהרה ב"א. ומו"ז ז"ל פי' שנרמז בוהי' עקב ר' עקיבא ע"ש.
וי"ל עוד כי תשמעון רמז על רשב"י. כי ר"ע בנגעים ואהלות ור"ש באגדה שהאירו עיניהם של ישראל בתורה עד העקב:
'Et il arrivera, par suite (ekev) de votre écoute...' (Deutéronome 7,12). Rachi explique, et de même dans le Midrach : les commandements légers que l'homme foule du talon, etc.
Voici l'explication : il est écrit 'si écouter, vous écoutez' (im chamoa tichme'où), et Rachi explique : 'si tu écoutes dans l'ancien, tu écouteras dans le nouveau'. Le sens en est qu'il est écrit 'une voix grande qui ne cessa pas' (Deutéronome 5,19) : elle ne s'interrompit pas, car les paroles sont vivantes et permanentes, et le Saint béni soit-Il donne la Torah continuellement.
Toutefois, c'est selon l'accomplissement de la Torah et des commandements que l'on peut entendre du nouveau à chaque instant, comme il est dit 'ses mamelles t'abreuveront' (Proverbes 5,19) : de même que les mamelles, lorsque le nourrisson les tête, donnent du lait, ainsi les paroles de Torah et les commandements, selon l'application de l'homme à leur égard, se renouvellent pour lui à entendre du nouveau à chaque instant. Tel est le sens de 'nous ferons et nous écouterons' (na'asse ve-nichma) : car ils savaient que, selon le faire, ainsi ils entendraient toujours du renouvellement.
À ce sujet il est dit 'heureux l'homme qui écoute Tes commandements'. Et c'est par cette force que les Sages ont fait passer de la puissance à l'acte la Torah orale (Torah che-be'al pe) ; après eux, en chaque génération, les Sages des générations ont élargi l'illumination de la Torah à chaque instant.
De même pour chaque homme en particulier : tous les jours de sa vie il doit s'appliquer à la Torah et aux commandements, et les choses s'elargiront, et il pourra trouver en chaque chose l'accomplissement d'un commandement. Tels sont les 'commandements légers que l'on foule de ses talons' et dont on ne comprend pas d'abord comment il s'y trouve un commandement.
En vérité le monde entier et sa plénitude sont pleins de commandements, car tout fut créé pour Sa gloire. Et lorsqu'on s'y applique tous ses jours, on mérite qu'il lui soit révélé d'accomplir des commandements à chaque instant, en tout lieu et en toute chose.
Tel est le sens de 'par suite de votre écoute (ekev tichme'oun) de ces ordonnances etc.' (Deutéronome 7,12). De même que la représentation de l'homme, où l'âme est dans la tête, éclaire et donne la vie jusqu'au talon, ainsi la Torah, appelée 'commencement' (rechit) et par laquelle fut créé tout le monde : les enfants d'Israël doivent en élargir la lumière jusqu'au talon.
Alors adviendra la délivrance complète, promptement de nos jours amen. Et mon grand-père et maître, de mémoire bénie, à expliqué qu'il est fait allusion dans 've-haya ekev' à Rabbi Akiva, vois-y.
On peut dire encore que 'tichme'oun' fait allusion à Rabbi Chimon bar Yo'haï. Car Rabbi Akiva excellait dans les traités Nega'im et Ohalot, et Rabbi Chimon dans la Aggada, eux qui ont illumine les yeux d'Israël dans la Torah jusqu'au talon.
במדרש פרי בטנך ואדמתך הקיש פ"ב לפרי אדמתך שאין בו חטא ועון ע"ש. כי ברית המעור תלי' בברית הלשון.
ולפי שהבדיל הקב"ה אותנו במאכל שיהי' בלי פסולות וזה הי' שבח א"י שהי' מבורר מפסולות. ולכן יש מצות התלויות בארץ הואיל ופירות הארץ הוא בקדושה.
ולכן מתברך במעיו ויהי' פרי בטנך בלי פסולות. ולכן מזכירין ברית בברכת הארץ בבהמ"ז.
ואמרו חז"ל מרע"ה תיקן ברכת הזן על המן. ויהושע תיקן ברכת הארץ כי המן הי' שורש המזון מלמעלה כמ"ש אשר לא ידעת וכ' כ' לא ידעו מה הוא שהי' למעלה מבחי' עץ הדעת טו"ר.
וברכת הארץ היא ארץ דמפקא מזון שהגם שבא בדרך הטבע מ"מ הי' מבורר טוב בלא רע בכח יצ"מ וברית ותורה היו מקבלים הלחם בלי פסולות. ולכן גדלה מעלת ברכת הארץ ביותר כמ"ש חז"ל.
וזה על הארץ הטובה טוב בלא רע כלל:
Dans le Midrach : 'le fruit de ton ventre et de ton sol' (Deutéronome 7,13) : l'Écriture rapproche 'le fruit de ton ventre' du 'fruit de ton sol', qui est sans faute ni péché, vois-y. Car l'alliance de la chair (brit ha-maor, la circoncision) dépend de l'alliance de la langue (brit ha-lachon).
Et puisque le Saint béni soit-Il nous à distingués par la nourriture, afin qu'elle soit sans déchets, et telle était la louange de la Terre d'Israël, qu'elle était épurée de déchets, c'est pourquoi il y a des commandements qui dépendent de la terre, puisque les fruits de la terre sont en sainteté. C'est pourquoi l'homme est béni en ses entrailles et 'le fruit de ton ventre' sera sans déchets.
C'est pourquoi l'on mentionne l'alliance (brit) dans la bénédiction de la Terre au sein du birkat ha-mazon. Nos Sages ont dit : Moché notre maître, la paix sur lui, à institué la bénédiction 'qui nourrit' (birkat ha-zan) à propos de la manne, et Josue à institué la bénédiction de la Terre.
Car la manne était la racine de la nourriture d'en haut, comme il est dit 'que tu ne connaissais pas' (Deutéronome 8,3), et il est écrit 'ils ne savaient pas ce que c'était' (Exode 16,15), car elle était au-dessus du niveau de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Et la bénédiction de la Terre concerne la terre qui fait sortir la nourriture : bien qu'elle vienne par voie de nature, elle était néanmoins triée, bonne sans mal, par la force de la sortie d'Égypte ; et par l'alliance et la Torah ils recevaient le pain sans déchets.
C'est pourquoi la valeur de la bénédiction de la Terre est particulièrement grande, comme l'ont dit nos Sages. Tel est le sens de 'pour le bon pays' (Deutéronome 8,10) : bon, sans aucun mal.
במדרש שמע ישראל א' עובר כו' קלקלתם נעשה הזהרו בנשמע ע"ש. הרמז כי אם לא קלקלו בנעשה היו נכנסים לא"י בצדקתם.
אבל עתה נכנסו רק בחסד ה' כמ"ש המד' דהנסים נעשו על המים שהוא בחי' החסד. וענין קשה עורף אתה כי הנה יש בחי' פנים ואחור.
כי יש בכל דבר פנימיות וחיצוניות. ונשמע הוא בחי' פנים ופנימיות וכמו כן מצד הפנימיות ירשו בנ"י א"י ומברכין גם עתה על ארץ חמדה כו' שהנחלת לאבותינו כו'.
אבל תיקון החיצוניות הוא בחי' נעשה ולכן כ' מקודם אמרתי א-להים א' ובני עליון כולכם פרשנו בנפש וגוף שהיו עתידין להיות כמלאכים גם בתיקון הגוף. ולכן לוחות ראשונות היו מעשה אלקים.
ובאחרונות שחטאו בנעשה היו הלוחות מעשה ב"ו והמכתב מכתב אלקים והיא רמז הנשמה והגוף כדאיתא הנשמה בגוף כאזכרות בגוילין. וזהו קשה עורף אתה מצד חיצוניות הגוף בחי' אחור ועורף.
ולכן לא היו יכולין לכבוש א"כ בצדקתם ולכן לא נתקיים בידינו בשלימות עד לעתיד. וזה ג"כ ענין מה ה"א שואל כו' כ"א ליראה ואמרו בגמ' אטו יראה מילתא זוטרתא אין לגבי משה מ"ז היא.
כי כמו שהי' בשעת קבלת התורה שהי' נתקן גם הגופות. בני עליון כולכם.
לא היו צריכין כלל ללמוד היראה כי היו מעצמם מלאים פחד כמלאך וכמ"ש וירא העם וינועו. כי כשאין הגוף מסתיר ממילא הנפש מרגיש ורואה אלקותו ית"ש ונופל עליו מורא ופחד ועתה הוצרך להם היראה.
וגם זה נרמז במ"ש יראתם אותי מצות אנשים מלומדה. כי עיקר היראה צריך להיות בעצם האדם בהכרת הבורא כשמתקן הגוף:
Dans le Midrach : 'Écoute Israël', 'un' qui passe etc. : 'vous avez gâte dans le nous ferons, soyez vigilants dans le nous écouterons', vois-y. L'allusion est que, s'ils n'avaient pas gâte le 'nous ferons' (na'asse), ils seraient entrés en Terre d'Israël par leur mérite (be-tsidkatam).
Mais désormais ils n'y entrèrent que par la grâce de l'Éternel (''hessed Hachem), comme le dit le Midrach : les miracles se firent sur les eaux, qui sont du niveau du ''hessed. Quant à la notion de 'peuple à la nuque raide' (kche oref) : voici, il y a un niveau de face (panim) et un niveau de dos (à'hor), car en toute chose il y a intériorité et extériorité.
Le 'nous écouterons' (nichma) est du niveau de la face et de l'intériorité ; et de même, c'est par l'intériorité que les enfants d'Israël héritèrent la Terre d'Israël, et nous bénissons encore aujourd'hui 'pour la terre désirable etc. que Tu as donnée en héritage à nos pères etc.'. Mais la réparation de l'extériorité relève du niveau du 'nous ferons' (na'asse).
C'est pourquoi il est écrit d'abord 'J'avais dit : vous êtes des dieux (elokim), et fils du Très-Haut, vous tous' (Psaumes 82,6) : nous avons expliqué cela au sujet de l'âme et du corps, qui devaient devenir comme des anges, y compris dans la réparation du corps. C'est pourquoi les premières Tables étaient 'œuvre de Dieu' (ma'asse Elokim) ; mais dans les dernières, après qu'ils eurent faute dans le 'nous ferons', les Tables étaient 'œuvre de chair et de sang' (ma'asse basar va-dam) et l'écriture était 'écriture de Dieu' (mikhtav Elokim), allusion à l'âme et au corps, comme il est enseigné : l'âme est dans le corps comme les Noms sacrés dans les parchemins.
Tel est le sens de 'peuple à la nuque raide es-tu' : du côté de l'extériorité du corps, du niveau du dos et de la nuque (oref). C'est pourquoi ils ne purent conquérir la Terre d'Israël par leur mérite, et c'est pourquoi elle ne s'est pas maintenue entre nos mains dans sa plénitude jusqu'aux temps futurs.
Tel est aussi le sens de 'que demande l'Éternel ton Dieu... sinon de Le craindre' (Deutéronome 10,12), et ils ont dit dans la Guemara : 'la crainte est-elle donc peu de chose ?' Oui, pour Moché c'est peu de chose. Car de même qu'au moment du don de la Torah, où les corps aussi étaient réparés, 'fils du Très-Haut, vous tous', ils n'avaient nul besoin d'apprendre la crainte, car ils étaient d'eux-mêmes remplis de tremblement comme un ange, comme il est dit 'le peuple vit et ils tremblèrent' (Exode 20,15).
Car lorsque le corps ne fait pas écran, l'âme ressent et voit d'elle-même Sa divinité, que Son Nom soit béni, et la crainte et le tremblement tombent sur elle ; mais désormais ils eurent besoin d'apprendre la crainte. Cela aussi est indiqué dans le verset 'leur crainte à mon égard n'est qu'un commandement d'hommes appris par routine' (Isaie 29,13).
Car l'essentiel de la crainte doit être dans l'être même de l'homme, dans la reconnaissance du Créateur, lorsqu'il répare le corps.
תרנ"ח
[5658 (תרנ״ח)]
לפרשת עקב
Pour la paracha Ekev.
מה כתיב מקודם וידעת כי כו' הוא כו' הא' הנאמן שומר כו'. א"כ שכרן של צדיקים אינו בעוה"ז כמ"ש שכר מצות בהאי עלמא ליכא.
אך עקב תשמעון הגם כי ושמר ה"א לך לעתיד לבא. מ"מ ע"י המצות ואהבך וברכך כי הברכה אינו קיבול שכר רק ע"י אהבתו ימשך לך הברכה.
וכמ"ש חז"ל הקרן קיימת לעוה"ב והפירות בעוה"ז וע"י המצות מתקשרין בשורש שבעוה"ב וממשיכין תולדות ופירות לעוה"ז ג"כ. וזהו הברכה שכ' בש"ק לפי שבש"ק יש עלי' לכל המעשים עד השורש לכן אמרו חז"ל שהוא מעין עוה"ב ממילא נמשך הברכה גם לעוה"ז.
הגם כי בהאי עלמא ליכא בעצם. מ"מ נמשך פירות מעוה"ב לעוה"ז.
וכן הוא בכל המצות כמ"ש במ"א פי' אשר יעשה אותם האדם וחי בהם ותרגום אונקלוס בחיי עלמא ע"ש. כי ע"ש זה נקרא מצות שמחברין האדם אל השורש שבעוה"ב:
Que dit l'Écriture auparavant ? 'Tu sauras que l'Éternel ton Dieu, c'est Lui... le Dieu (ha-El) fidèle qui garde l'alliance et la grâce etc.' (Deutéronome 7,9). Ainsi, la récompense des justes n'est pas en ce monde-ci, comme il est dit 'il n'y a pas de récompense des commandements en ce monde-ci'.
Mais 'par suite de votre écoute' (ekev tichme'oun) : bien que 'l'Éternel ton Dieu te gardera l'alliance' soit pour le monde à venir, néanmoins par les commandements 'Il t'aimera et te bénira' (Deutéronome 7,13), car la bénédiction n'est pas le versement d'une récompense, mais c'est par Son amour que la bénédiction se prolonge vers toi. Comme l'ont dit nos Sages : le capital demeure pour le monde à venir et les fruits se consomment en ce monde-ci ; et par les commandements on se relie à la racine qui est dans le monde à venir, et l'on en fait découler des produits et des fruits vers ce monde-ci aussi.
Telle est la bénédiction écrite au sujet du saint Chabbat : puisque le saint Chabbat il y a élévation de toutes les œuvres jusqu'à leur racine, c'est pourquoi nos Sages ont dit qu'il est un avant-goût du monde à venir, et de la la bénédiction se prolonge aussi vers ce monde-ci. Bien qu'en ce monde-ci il n'y en ait pas essentiellement, néanmoins des fruits se prolongent du monde à venir vers ce monde-ci.
Il en va de même pour tous les commandements, comme nous l'avons écrit ailleurs à propos du sens de 'que l'homme accomplira et vivra par eux' (Lévitique 18,5), que le Targoum Onkelos traduit 'dans la vie du monde à venir', vois-y. Car c'est à ce titre qu'ils sont appelés 'commandements' (mitsvot), parce qu'ils relient (me'habrin) l'homme à la racine qui est dans le monde à venir.
ובמדרש מביא על הפסוק האל הנאמן כו' עובדא דרפב"י ע"ש נראה דפי' שומר הברית והחסד שאוהבי' הצדיקים המה בידם לפתוח הברית והחסד בשמים כי הוא שמור וגנוז להם:
Et dans le Midrach il apporte, sur le verset 'le Dieu fidèle etc.', un fait concernant Rabbi Pin'has ben Yair, vois-y. Il apparaît que le sens de 'qui garde l'alliance et la grâce' est que ses amants, les justes, ont le pouvoir d'ouvrir l'alliance et la grâce dans les cieux, car celles-ci sont gardées et réservées pour eux.
« Et il arrivera si vous écoutez », « tu récolteras ton grain » : la Guemara dit « des étrangers se tiendront et feront paître vos troupeaux » lorsque Israël accomplit la volonté de l'Omniprésent ; les Tossafot objectent qu'il est écrit « si vous écoutez ». Pour le Sfat Emet, c'est « nous ferons » avant « nous écouterons », l'unité de la vérité ; le Midrach dit : quand tu Me veux, tu n'as besoin d'apprendre de personne. La section Chema est aimer par essence et s'annuler (bitoul) devant le Créateur, sans rien faire en ce monde. Israël déchut ; dans la seconde section ils parviennent à l'amour par la force des commandements et la conduite du monde, car une Torah sans travail entraîne une faute.
בפסוק וברכת את ה"א על הארץ הטובה כו'. אחז"ל מרע"ה תיקן ברכת הזן כשירד המן וכשנכנסו לארץ תיקן יהושע ברכת על הארץ והמזון וברכה זו חביבה ביותר ע"ש.
והענין הוא מה שעיקר ברכת המזון תלוי' בארץ. דכ' ארורה האדמה ולכן אין ארור מדבק בברוך וא"א לברך עד שיצא המזון מכלל ארור לברוך ובכניסת בנ"י לא"י הוציאו הארץ מכלל ארור.
ולכן כ' מביאך אל ארץ טובה כו' אשר לא במסכנות תאכל בה לחם שעד עתה הי' הארץ במוסכניתא עד שביררו בנ"י טוב מרע היפוך ממ"ש בעצבון תאכלנה. ומקודם הי' א"י תחת כנען הארור וכשנעשית נחלה לב"י נתבררה ואז יכול לחול ברכת ה'.
ולכן מקודם לא הי' מצות בהמ"ז רק על המן שהוא לחם מן השמים ואח"כ נתקן ונברר גם לחם מן הארץ. ובאמת הברכה נמסר לבנ"י וצריכין לשמור הברכה שלא יתערב בה סט"א כדאיתא שבהמ"ז צריך שמירה מסט"א ובכח ברית ותורה וא"י נתברר הברכה.
גם לא במסכנות כפשוטו כדאיתא בספרים כי באכילה יש סכנה לנפש שלא יתדבק בגשמיות יותר מדאי לכן שעת אכילה שעת קרבא. אבל א"י לא במסכנות תאכל.
ומ"מ גם עתה מברכין על הארץ דאיתא דבר שהי' בכלל ויצא מן הכלל ללמד על כלל כולו יצא. לכן א"י שיצא מכלל ארור לברוך הי' הכנה לברר המזון אפי' בח"ל.
כמ"ש חז"ל ה"א דורש אותה ובשבילה דורש כל הארצות:
Sur le verset "Et tu béniras l'Éternel ton Dieu pour le bon pays" etc. (Deut 8,10).
Nos Sages ont dit : Moché notre maître à institué la bénédiction "Celui qui nourrit" quand descendit la manne, et quand ils entrèrent au pays Yehoshoua institua la bénédiction "pour le pays et la nourriture", et cette bénédiction est particulièrement précieuse, vois la. Et le sens est que l'essentiel de la bénédiction sur la nourriture dépend du pays.
Car il est écrit "maudite soit la terre" (Gen 3,17), et donc le maudit ne s'attaché pas au béni, et il est impossible de bénir jusqu'à ce que la nourriture sorte du domaine du maudit vers le béni ; et par l'entrée d'Israël en terre d'Israël ils firent sortir le pays du domaine du maudit. Et donc il est écrit "il te fait venir vers un bon pays" etc.
(Deut 8,7) "où tu ne mangeras pas ton pain dans la pénurie" (Deut 8,9), car jusqu'à présent le pays était dans la pénurie, jusqu'à ce qu'Israël discerna le bien du mal, l'inverse de ce qui est dit "dans la peine tu en mangeras" (Gen 3,17). Et auparavant la terre d'Israël était sous Canaan le maudit, et quand elle devint héritage d'Israël elle fut clarifiée, et alors put reposer la bénédiction de l'Éternel.
Et donc auparavant il n'y avait pas de commandement de bénédiction sur la nourriture sauf sur la manne qui est pain du ciel, et ensuite fut institué et clarifié aussi le pain de la terre. Et en vérité la bénédiction fut remise à Israël, et ils doivent garder la bénédiction pour que ne s'y mêlé pas le Sitra Achra (l'autre côté, forces du mal), comme il est enseigné que la bénédiction sur la nourriture requiert protection contre le Sitra Achra ; et par la force de l'alliance, de la Torah et de la terre d'Israël la bénédiction fut clarifiée.
Aussi "pas dans la pénurie" au sens simple, comme il est écrit dans les livres, car dans le manger il y a un danger pour l'âme, qu'elle ne s'attaché pas trop au matériel ; c'est pourquoi l'heure du repas est une heure de combat. Mais en terre d'Israël "tu ne mangeras pas dans la pénurie".
Et néanmoins même maintenant on bénit sur le pays, car il est enseigné : une chose qui était comprise dans une règle générale et en est sortie pour enseigner, ce n'est pas pour elle seule qu'elle est sortie mais pour enseigner sur toute la règle générale. Ainsi la terre d'Israël, qui est sortie du domaine du maudit vers le béni, fut une préparation pour clarifier la nourriture même hors du pays (en diaspora), comme ont dit nos Sages : "l'Éternel ton Dieu la recherche" (Deut 11,12), et grâce à elle Il recherche tous les pays.
בפרשת והי' א"ש כו' לאהבה כו' ולעבדו בכל לבבכם. פירש"י שלא תלמוד בשביל להיות עשיר רבי רק מאהבה כו'.
פי' הפסוק כי תכלית המצות הם כדי לבא לאהבת ה' כי איך אפשר לב"י לבא לאהבת הבורא וכן הקשו הפלוסופים כי איך שייך ציוי באהבה אם אין הנפש אוהב בעצם. ולא מחכמה שאלו זאת רק מחסרון המצות שלהם.
אבל בנ"י ע"י המצות מתעורר בהם האהבה. ובס' הישר לר"ת איתא כי שורש אהבה התדמות האוהב אל הנאהב ע"ש.
ולכן כאשר קדשנו הקב"ה במצותיו ומדותיו ומתדמין במעשינו ומדותינו אל מידות הבורא ית"ש ולמעשיו. בזה יש לנו דביקות בו ית' כמ"ש הדבק במדותיו.
ולכן נק' מצוה על שם החיבור ודביקות וכמ"ש לוית חן הם. והיא בחי' אהבת חסד מה שזיכה אותנו הקב"ה במצותיו כמ"ש רצה הקב"ה לזכות את בנ"י הרבה להם תורה ומצות שעי"ז מזדככין מעשיהם להתדמות אל הבורא.
ותרי"ג מצות מזככין רמ"ח ושס"ה שבאדם ובזה זוכין לאהבת ה'. והנה בפרשה ראשונה בק"ש כ' סתם ואהבת והיא מדרגה גדולה כמו שהי' לבנ"י בשעת קבלת התורה אמרתי אלקים אתם.
והי' להם אהבה בעצם בלי שום פעולה. ופרשה שני' בחי' קבלת עול מצות הוא מדרגה קטנה מזה כמ"ש בגמ' ואספת דגנך כשאין עושין רצונו של מקום.
כי עושין רצונו של מקום היינו שאין לו עשי' אחרת בעולם כמלאך שאין בו רק השליחות. וכשאין זוכין למדרגה זו צריכין לעורר את האהבה בכח המצות כנ"ל.
גם ולעבדו אחז"ל זה תפלה עבודה שבלב. ואיתא בגמ' אין עומדין להתפלל רק מתוך שמחה של מצוה.
זה הרמז והי' א"ש כי והי' לשון שמחה שע"י שמחת המצות ולעבדו בכל לבבכם כנ"ל:
Dans la section "Et il arrivera si vous écoutez" etc. (Deut 11,13), "pour aimer" etc., "et pour Le servir de tout votre cœur".
Rachi expliqué : que tu n'étudiés pas afin d'être riche, d'être appelé maître, mais seulement par amour, etc. Le sens du verset : la finalité des commandements est de parvenir à l'amour de l'Éternel.
Car comment est-il possible à Israël de parvenir à l'amour du Créateur ? Ainsi objectèrent les philosophes : comment un commandement s'applique-t-il à l'amour, si l'âme n'aime pas par essence ?
Et ce n'est pas par sagesse qu'ils posèrent cette question, mais par le manque de leurs propres commandements. Mais Israël, par les commandements, l'amour s'éveille en eux.
Et dans le Sefer HaYachar de Rabbenou Tam il est dit que la racine de l'amour est la ressemblance de celui qui aime à l'aime, vois la. Et donc, lorsque le Saint béni soit-Il nous à sanctifiés par Ses commandements et Ses attributs, et que nous nous rendons semblables par nos actes et nos traits aux attributs du Créateur, qu'Il soit béni, et à Ses actes, par cela nous avons un attachement (deveqout) à Lui, qu'Il soit béni, comme il est dit "attaché-toi à Ses attributs".
Et donc le commandement (mitsva) est nomme d'après la jonction et l'attachement, comme il est dit "elles sont pour toi un ornement lié" (livyat hen, Prov 1,9). Et c'est l'aspect de l'amour de bonté (ahavat 'hessed), ce dont le Saint béni soit-Il nous à gratifiés par Ses commandements, comme il est dit : le Saint béni soit-Il à voulu conférer du mérite à Israël, c'est pourquoi Il leur a multiplié Torah et commandements, par quoi leurs actes se purifient pour ressembler au Créateur.
Et les 613 commandements (taryag) purifient les 248 membres (ramach) et 365 tendons (chassah) de l'homme, et par cela ils méritent l'amour de l'Éternel. Et voici, dans la première section du Chema il est écrit simplement "et tu aimeras", et c'est un degré élevé, comme il en fut pour Israël à l'heure du don de la Torah : "J'ai dit, vous êtes des êtres divins" (Ps 82,6) ; et ils avaient l'amour par essence, sans aucune action.
Et la seconde section est l'aspect de l'acceptation du joug des commandements, un degré moindre que celui-là, comme il est dit dans la Guemara "et tu récolteras ton grain" (Deut 11,14) : ceci lorsqu'ils n'accomplissent pas la volonté de l'Omniprésent. Car "accomplir la volonté de l'Omniprésent" signifie qu'il n'à pas d'autre activité au monde, tel un ange qui n'à en lui que sa mission.
Et lorsqu'ils ne méritent pas ce degré, ils doivent éveiller l'amour par la force des commandements, comme dit plus haut. Aussi "et pour Le servir" : nos Sages ont dit, c'est la prière, le service du cœur.
Et il est dit dans la Guemara : on ne se tient debout pour prier qu'à partir de la joie d'un commandement. C'est l'allusion de "Et il arrivera (vehaya) si vous écoutez", car "vehaya" est un terme de joie : par la joie des commandements, "et pour Le servir de tout votre cœur", comme dit plus haut.
תרנ"ט
5659 (תרנ״ט)
בפסוק כי ה"א מביאך א"א טובה כו' א' אשר לא במסכנות ת' בה לחם כו' אשר אבני' ברזל. דכ' ארורה האדמה כו' בזעת אפיך תאכל מכח שנתערב טוב ורע בעולם.
ולכן אחר החטא כל דבר הבא לעולם מתערב בו מסט"א. והאבות שנתברכו מפי הקב"ה הפריש אותם הקב"ה מזה התערובת כמ"ש בכל מכל כל ולמדו חז"ל מכאן שלא שלט בהם יצה"ר שלא הי' בהם מזה התערובת דאין ארור מתדבק בברוך.
ולכן בחר להם הקב"ה ארץ ישראל כמ"ש חבל נחלתכם. כי שם צוה ה' את הברכה ולכן אין הקללה מתדבק שם ונק' ארץ טובה.
וכמו כן בזמן בחר לו הקב"ה השבת ויברך אלקים כו' יום השביעי ואין ארור מתדבק בברוך ולכן איתא כי אפי' אדה"ר כשנתקלל הגין עליו השבת ולא נתגרש מג"ע עד אחר השבת כי הוא שורש הברכה. ושפע היורדת בשבת אין בו מגע סט"א.
וזה שרמז במד' לטובתך נתתי לך השבת שהוא טוב ולא רע. וכ"כ בשבת טוב להודות.
והג' סעודות הם בכל מכל כל בזכות שלשה אבות. וכן בא"י לא תחסר כל בה היא הברכה שנק' כל.
לכן לא במסכנות תאכל שאין בה חשש תערובת. אשר אבני' ברזל פי' אבן יסוד שהיסודות של א"י חזקים ואין דבר עומד בפניהם.
והנה אותיות נק' אבנים לפי שכל יסודות העולם על כ"ב אתוון ויש באותיות וצירופיהם הרבה מדרגות שונות. אבל אותיות שא"י עומד עליהם הם גבוהים מאוד.
וכמו כן בציור הנפשות והזמן הכל על אותיות. ואותיות המיוחדים לשבתות ויו"ט הם משונים.
וכמו כן בנפשות אותיות מיוחדים לנפשות בנ"י והצדיקים. וזה בחי' אות דמילה.
אות דשבת אבן שתי' שבמקדש שהוא אות שכל העולם עומד עליו. וכן בשבת כ' אות היא וכן במילה אות והוא אות ממש שמיוחד בעולם שנה נפש רשימה קדושה שאין סט"א שולט שם בכח הש"י שדרשו חז"ל צבאות אות הוא בצבא שלו.
וכל בחי' הנ"ל נקראו טוב שבת טוב להודות. א"י ארץ טובה.
ומילה כי טוב הוא שנולד מהול:
Sur le verset "Car l'Éternel ton Dieu te fait venir vers un bon pays" etc. (Deut 8,7), "où tu ne mangeras pas ton pain dans la pénurie" etc., "dont les pierres sont du fer" (Deut 8,9).
Car il est écrit "maudite soit la terre" etc., "à la sueur de ton front tu mangeras" (Gen 3,17-19), du fait que le bien et le mal se sont mêlés dans le monde. Et donc, après la faute, toute chose venant au monde se mêle au Sitra Achra.
Et les Patriarches, qui furent bénis de la bouche du Saint béni soit-Il, le Saint béni soit-Il les sépara de ce mélange, comme il est écrit "en tout, de tout, tout" (bakol, mikol, kol : Gen 24,1 ; 27,33 ; 33,11), et nos Sages ont appris de la que le mauvais penchant (yetser hara) ne les dominait pas, car il n'y avait pas en eux de ce mélange, puisque le maudit ne s'attaché pas au béni. Et donc le Saint béni soit-Il choisit pour eux la terre d'Israël, comme il est dit "la part de votre héritage".
Car la l'Éternel à ordonné la bénédiction, et donc la malédiction ne s'y attache pas, et elle est nommée "bon pays". Et de même dans le temps, le Saint béni soit-Il choisit pour Lui le Chabbat, "et Dieu bénit" etc.
"le septième jour" (Gen 2,3), et le maudit ne s'attaché pas au béni ; c'est pourquoi il est enseigné que même Adam, lorsqu'il fut maudit, le Chabbat le protégea, et il ne fut pas chasse du jardin d'Éden avant l'issue du Chabbat, car il est la racine de la bénédiction. Et l'abondance qui descend le Chabbat n'à aucun contact du Sitra Achra.
Et c'est ce à quoi fait allusion le Midrach : "pour ton bien Je t'ai donné le Chabbat", qui est bien et non mal. Et de même "il est bon de rendre grâce... le jour du Chabbat" (cf.
Ps 92,2). Et les trois repas sont "en tout, de tout, tout", par le mérite des trois Patriarches.
Et de même en terre d'Israël "tu n'y manqueras de rien (kol)" (Deut 8,9), c'est la bénédiction nommée "tout" (kol). C'est pourquoi "tu ne mangeras pas dans la pénurie", car il n'y a en elle aucune crainte de mélange.
"Dont les pierres sont du fer" : cela signifie pierre de fondation, car les fondations de la terre d'Israël sont fortes et rien ne tient devant elles. Et voici, les lettres sont nommées "pierres", puisque toutes les fondations du monde reposent sur les 22 lettres, et il y a dans les lettres et leurs combinaisons de nombreux degrés variés ; mais les lettres sur lesquelles la terre d'Israël repose sont très élevées.
Et de même dans la configuration des âmes et du temps, tout est sur les lettres. Et les lettres particulières aux Chabbatot et aux fêtes sont différentes.
Et de même dans les âmes, des lettres particulières sont propres aux âmes d'Israël et des justes. Et c'est l'aspect du signe (ot) de la circoncision, le signe du Chabbat, la pierre de fondation (even chetiya) qui est dans le Temple, qui est un signe sur lequel tout le monde repose.
Et de même au Chabbat il est écrit "c'est un signe" (Ex 31,17), et de même pour la circoncision "un signe" (Gen 17,11) ; et c'est un signe réel, particulier dans le monde (olam), l'année (chana) et l'âme (nefech), une empreinte sainte où le Sitra Achra ne domine pas, par la force du Nom, car nos Sages ont interprété "Tsevaot" : Il est un signe (ot) dans Son armée (tsava). Et tous les aspects mentionnés ci-dessus sont appelés "bon" : le Chabbat, "il est bon de rendre grâce" ; la terre d'Israël, "bon pays" ; et la circoncision, "car il était bon", car il naquit circoncis.
בפסוק ועתה ישראל מה ה"א שואל כו' כ"א ליראה. אחז"ל הכל בידי שמים חוץ מיראת שמים.
כבר כתבנו מזה במ"א כי מאחר שכ' הן לה"א השמים כו' רק באבותיך חשק כו' ויבחר כו' בכם כו'. א"כ בוודאי נמצא בנפשות בנ"י התקשרות ודביקות אל הבורא ית"ש.
רק הגשמיות מכסה ומעכב התגלות הפנימיות. וע"י היראה נפתח פנימיות הנ"ל.
ולכן נאמר ומלתם כו' ערלת לבבכם וערפכם לא תקשו. כי עיקר דעת הבורא במוח ולב.
וע"ז הוא מצות תש"י נגד הלב. ושל ראש נגד המוח.
שבכח אלה המצות מתגלה מוח ולב ויכולין להעיד על הש"י. כי מוח ולב הם העדים על הבורא כמ"ש בספרי קודש.
והיראה היא פתח לפתוח שערי מוח ולב. יראה אותיות ראי'.
כמ"ש הן יראת ה' היא חכמה. שע"י יראה יכולין לראות האמת ומתגלה כח אלקות בנפשות בנ"י.
וז"ש הכל בידי שמים חוץ מיראת שמים שהיא מפתח החיצון להסיר ערלת הלב ואז מתגלה מה שהטמין הש"י בנפשות בנ"י. וכל עבדות הבורא הכל מאתו ית' מושרש בנפשות בנ"י.
ומה שואל מעמך רק ליראה:
Sur le verset "Et maintenant Israël, que demande l'Éternel ton Dieu" etc. "si ce n'est de craindre" (Deut 10,12).
Nos Sages ont dit : Tout est entre les mains du Ciel sauf la crainte du Ciel. Nous avons déjà écrit à ce sujet ailleurs : puisqu'il est écrit "Voici, à l'Éternel ton Dieu appartiennent les cieux" etc.
"seulement Il s'est attaché à tes pères" etc. "et Il vous à choisis" etc.
(Deut 10,14-15), alors il se trouve certainement dans les âmes d'Israël un lien et un attachement au Créateur, qu'Il soit béni ; seul le matériel recouvre et empêche la révélation de l'intériorité. Et par la crainte s'ouvre l'intériorité susdite.
Et donc il est dit "et vous circoncirez" etc. "le prépuce de votre cœur, et votre nuque ne raidissez plus" (Deut 10,16).
Car l'essentiel de la connaissance du Créateur est dans le cerveau et le cœur ; et sur cela porte le commandement des téfilines de la main, face au cœur, et de la tête, face au cerveau. Car par la force de ces commandements se révèlent le cerveau et le cœur, et ils peuvent témoigner sur le Nom, car le cerveau et le cœur sont les témoins du Créateur, comme il est écrit dans les livres saints.
Et la crainte est l'ouverture pour ouvrir les portes du cerveau et du cœur. "Yira" (crainte) à les mêmes lettres que "reiya" (vision), comme il est dit "Voici, la crainte de l'Éternel, c'est la sagesse" (Job 28,28).
Car par la crainte on peut voir la vérité, et se révèle la force de la divinité dans les âmes d'Israël. Et c'est ce que dit "Tout est entre les mains du Ciel sauf la crainte du Ciel", qui est la clef extérieure pour ôter le prépuce du cœur ; et alors se révèle ce que le Nom à enfoui dans les âmes d'Israël.
Et tout le service du Créateur, tout vient de Lui, qu'Il soit béni, enraciné dans les âmes d'Israël ; et que demande-t-Il de toi, sinon de craindre.
ועתה ישראל כו' כי דור המדבר היו בבחי' אהבת ה' וכשנכנסין לא"י הזהיר להם על היראה. דבמדבר הי' להם כמה יסורים כמ"ש ויענך.
למען ענותך לנסותך. וכ' להטיבך באחריתך.
דיש נסיון בעוני ובעושר. ואיתא המקיים התורה מעוני סופו לקיימה מעושר כי נסיון העשירות קשה מנסיון עניות.
וכפי מה שעמדו בנ"י במדבר בנסיון העניות וזה בכח אהבת ה' לקבל כל היסורין מאהבה. כן זכו אח"כ לקיימה מעושר בא"י.
ולפי שראה מרע"ה כי לא קיימו בשלימות נסיון העוני שהרהרו אחריו כמה פעמים ידע מזה שבא"י בוודאי לא יעמדו בשלימות בנסיון העשירות. ונסיון העשירות היא בחי' יראת ה' שלא לבעוט מתוך העושר.
[וי"ל עוד שזהו ב' פרשיות שמע והי' א"ש. שמע ואהבת כו' בכל מאודך בחי' דור המדבר.
והי' א"ש השמרו לכם בחי' באי הארץ כנ"ל]:
"Et maintenant Israël" etc. Car la génération du désert était dans l'aspect de l'amour de l'Éternel, et lorsqu'ils entrent en terre d'Israël il les avertit au sujet de la crainte.
Car dans le désert ils eurent plusieurs souffrances, comme il est dit "et Il t'à affligé... afin de t'affliger, pour t'éprouver" (Deut 8,3.16). Et il est écrit "pour te faire du bien à ta fin" (Deut 8,16).
Car il y a une épreuve dans la pauvreté et une épreuve dans la richesse ; et il est enseigné : celui qui accomplit la Torah dans la pauvreté finira par l'accomplir dans la richesse, car l'épreuve de la richesse est plus dure que l'épreuve de la pauvreté. Et selon ce qu'Israël tint dans le désert dans l'épreuve de la pauvreté, et cela par la force de l'amour de l'Éternel, pour recevoir toutes les souffrances par amour, ainsi ils méritèrent ensuite de l'accomplir dans la richesse en terre d'Israël.
Et parce que Moché notre maître vit qu'ils n'avaient pas tenu parfaitement l'épreuve de la pauvreté, ayant murmure contre lui à plusieurs reprises, il sut par la qu'en terre d'Israël ils ne tiendraient certainement pas parfaitement dans l'épreuve de la richesse. Et l'épreuve de la richesse est l'aspect de la crainte de l'Éternel : ne pas regimber du sein de la richesse.
[Et l'on peut dire encore que ce sont les deux sections "Chema" et "Vehaya im chamoa" : "Chema... et tu aimeras... de toute ta force", l'aspect de la génération du désert ; "Vehaya im chamoa... gardez-vous", l'aspect de ceux qui entrent au pays, comme dit plus haut.]
בפרשת והי' א"ש כו' ואספת דגנך. אמרו בגמ' כ' ועמדו זרים ורעו צאנכם כו' כאן כשישראל עושין רצונו של מקום.
ומקשים התוס' דה"נ כ' א"ש תשמעו כו' ע"ש. והענין הוא עושין רצונו של מקום הוא כמו שהקדימו בנ"י נעשה לנשמע כשנתדבקו בנ"י במתן תורה באחדות האמת כדאיתא במד' בפסוק יפה את רעיתי כתרצה כד את בעי' לית אתה צריך למילף מכלום.
וזה פרשת שמע. ואהבת בעצם.
כשבאין לאחדות האמת אז נק' רעיתי. ואז מתעורר בעצם הנפש אהבת ה' ומכוונים לעשות רצונו של מקום בעצמם.
ולכן כ' בפרשת ואהבת ובכל מאודך ביטול כל האדם אל אחדות הבורא ית"ש. ולכן א"צ לעשות כלום בעוה"ז ועמדו זרים ורעו צאנכם.
אבל תחתונים א"י לעמוד בתפקודיו של הקב"ה ונפלו בנ"י אח"כ מזו המדרגה וזה פרשת והי' א"ש כו' לאהבה שצריכין לבא אל האהבה בכח המצות ולכן הנהג בהם מדת דרך ארץ כדאיתא יפה ת"ת עם ד"א וזה אחר החטא שאבדנו נעשה. לכן תורה שאין עמה מלאכה גוררת עון.
וכמ"ש הרבה עשו כרשב"י ולא עלתה בידן ז"ש חז"ל פרשה ראשונה אזהרה ליחיד כאן לציבור. והלא גם פ' ראשונה לכל ישראל נאמרה רק הוא כשבאין לאחדות האמת.
פרשה שני' אפי' כשאין זוכין אל האחדות כראוי:
Dans la section "Et il arrivera si vous écoutez" etc. "et tu récolteras ton grain" (Deut 11,14).
Ils ont dit dans la Guemara : il est écrit "des étrangers se tiendront et feront paître vos troupeaux" etc. (Is 61,5) ; ici, lorsqu'Israël accomplit la volonté de l'Omniprésent.
Et les Tossafot objectent : mais de même il est écrit "si vous écoutez" etc., vois la. Et le sens est : "accomplir la volonté de l'Omniprésent" est comme lorsqu'Israël fit précéder "nous ferons" à "nous écouterons", quand Israël s'attacha au don de la Torah dans l'unité de la vérité, comme il est dit dans le Midrach sur le verset "Tu es belle, mon amie, comme Tirtsa" (Cant 6,4) : quand tu Me veux, tu n'as besoin d'apprendre de personne.
Et c'est la section "Chema". "Et tu aimeras" par essence : lorsqu'ils viennent à l'unité de la vérité, alors on les nomme "Mon amie" ; et alors s'éveille dans l'essence de l'âme l'amour de l'Éternel, et ils tendent à accomplir la volonté de l'Omniprésent d'eux-mêmes.
Et donc il est écrit dans la section "et tu aimeras... et de toute ta force" : l'annulation (bitoul) de tout l'homme devant l'unité du Créateur, qu'Il soit béni ; et donc ils n'ont besoin de rien faire en ce monde, "des étrangers se tiendront et feront paître vos troupeaux". Mais les êtres d'en bas ne peuvent tenir dans les fonctions du Saint béni soit-Il, et Israël ensuite déchut de ce degré ; et c'est la section "Et il arrivera si vous écoutez" etc.
"pour aimer", car ils doivent parvenir à l'amour par la force des commandements, et donc conduis-toi avec eux selon la mesure de la conduite du monde (derekh erets), comme il est enseigné "belle est l'étude de la Torah avec une occupation temporelle". Et cela vint après la faute que nous avons commise ; c'est pourquoi une Torah sans travail avec elle finit par entraîner une faute, et comme il est dit : beaucoup ont fait comme Rabbi Chimon bar Yohai et cela ne leur a pas réussi.
C'est ce que disent nos Sages : la première section est une exhortation à l'individu, ici (la seconde) à la collectivité. Mais la première section aussi fut dite à tout Israël !
Seulement elle vaut lorsqu'ils viennent à l'unité de la vérité ; la seconde section, même lorsqu'ils ne méritent pas l'unité comme il convient.
תרס"א
5661 (תרס״א)
בענין לוחות האחרונות שהיו מעשה משה ומכתב אלקים. והראשונות היו הכל מעשה שמים כדכתי' והלוחות מעשה אלקים המה.
כי בנ"י במתן תורה נתעלו גם הגופות להיות כמלאכים. כמ"ש אמרתי אלקים אתם וב"ע כולכם.
פי' אפי' הגוף. ואיתא ואנכי עמדתי בהר כימים הראשונים מה הראשונים ברצון אף האחרונים ברצון.
ורמז אלו הרצונות כמ"ש לעיל בפ' דברים ע"פ המד' יפה את רעיתי כתרצה כשאני מתרצה לכם כשאתם מתרצין לי. וברצון הראשון הי' כמ"ש משכני אחריך נרוצה ויצאו לגמרי מן הטבע להיות נמשך אחר רצונו ית"ש.
ולפי שנתקשרו ובאו בברית עם הקב"ה לכן גם אח"כ כביכול צימצם הקב"ה עצמו להיות שוכן בתוכם גם בהיותם בגוף הגשמיי. וזה הרמז שנכתב באצבע אלקים על הלוחות שלמטה.
וזה אני מתרצה לכם. ואיתא אין כ' שטרי אירוסין אלא מדעת שניהם ע"ש במד' שהתורה היא העדות שיש לבנ"י התקשרות בהקב"ה.
ונק' לוחות העדות. וכמו כן בש"ק שנק' עדות וכתיב בו לדעת כי אני ה' מקדישכם.
מתעורר ומתחדש אותיות התורה. וזה קריאת התורה בשבת.
שלפי הדעת ודביקות שבנפשות בנ"י להקב"ה כך מתחדש השטר אירוסין שביניהם. ובשבת מתעורר ב' הרצונות שכ' לעיל.
וזה הענין שיש עליות הנשמות בש"ק. ויורדות נשמות מלמעלה למטה כדאיתא בזוה"ק פ' תרומה.
נשמתין סלקין ונשמתין נחתין. וז"ש אות היא ביני וביניכם:
Au sujet des dernières Tables, qui furent œuvre de Moché et écriture de Dieu, tandis que les premières étaient entièrement œuvre du Ciel, comme il est écrit "et les Tables étaient œuvre de Dieu" (Ex 32,16). Car Israël, au don de la Torah, même les corps furent élèves pour être comme des anges, comme il est dit "J'ai dit, vous êtes des êtres divins et des fils du Très-Haut, vous tous" (Ps 82,6) : cela signifie même le corps.
Et il est enseigné "et moi je me suis tenu sur la montagne comme aux premiers jours" (Deut 10,10) : de même que les premières furent par bienveillance (ratson), les dernières aussi furent par bienveillance. Et il fait allusion à ces deux bienveillances (retsonot), comme je l'ai écrit plus haut dans la section Devarim d'après le Midrach "Tu es belle, mon amie, comme Tirtsa (ke-tirtse)" : lorsque Je Me montre bienveillant envers vous (mitratse), lorsque vous vous rendez bienveillants envers Moi.
Et dans la première bienveillance il en fut comme il est dit "attire-moi, courons à ta suite" (Cant 1,4), et ils sortirent entièrement de la nature pour être entraînés à la suite de Sa volonté, qu'Il soit béni. Et parce qu'ils se lièrent et entrèrent en alliance avec le Saint béni soit-Il, aussi ensuite, pour ainsi dire, le Saint béni soit-Il Se contracta (tsimtsoum) Lui-même pour résider parmi eux, même dans leur état de corps matériel ; et c'est l'allusion de ce qui fut écrit "par le doigt de Dieu" (cf.
Ex 31,18) sur les Tables d'en bas, et c'est "Je Me montre bienveillant envers vous". Et il est enseigné : on n'écrit un contrat de fiançailles (chetar erousin) que du consentement des deux parties, vois la dans le Midrach, car la Torah est le témoignage qu'Israël à un lien avec le Saint béni soit-Il, et elles sont nommées "Tables du Témoignage".
Et de même le saint Chabbat, qui est nomme "témoignage" et dont il est écrit "pour savoir que Je suis l'Éternel qui vous sanctifie" (Ex 31,13), les lettres de la Torah s'y éveillent et se renouvellent ; et c'est la lecture de la Torah le Chabbat, car selon la connaissance et l'attachement qui sont dans les âmes d'Israël envers le Saint béni soit-Il, ainsi se renouvelle le contrat de fiançailles entre eux. Et le Chabbat s'éveillent les deux bienveillances écrites plus haut ; et c'est la raison pour laquelle il y a des ascensions des âmes le saint Chabbat, et des âmes descendent d'en haut vers en bas, comme il est dit dans le saint Zohar, section Terouma : des âmes montent et des âmes descendent.
Et c'est ce que dit "c'est un signe entre Moi et vous" (Ex 31,17).
בפרשת ועתה מה ה"א שואל כו' דאיתא בגמ' מי שיש בידו תורה ואין בידו יראת שמים דומה למי שנמסרו לו מפתחות פנימיות ומפתחות החיצוניות לא נמסרו בידו. והנה מרע"ה הוריד התורה לבנ"י והכין לפניהם שער הפנימי ולא נשאר בעבודת האדם רק מפתח החיצוניות לפתחו בכח היראה.
והתורה היא מתנה בלבו של אדם כדאיתא במד' וארא. והיא בחי' הנשמה.
ויראה היא תיקון הגוף להיות כלי לקבל הארת הנשמה. ואמר ועתה.
כי קודם החטא הי' גם היראה מתנה כמ"ש למען תהי' יראתו ע"פ. ואחר החטא שנתלבשו בחומר צריכין למפתחו' החיצוניות.
שמקודם היו כלם בענים כמ"ש אמרתי אלקים אתם. ובש"ק יש הארה מלוחות הראשונות.
לכן אפי' ע"ה אימת שבת עליו ונפתח בו שער הפנימי הפונה קדים שהוא מוכן רק אחר פתיחת החיצוניות כמ"ש אשר צפנת ליראיך:
Dans la section "Et maintenant, que demande l'Éternel ton Dieu" etc. Car il est enseigné dans la Guemara : celui qui possède la Torah mais ne possède pas la crainte du Ciel ressemble à celui à qui l'on a remis les clefs intérieures, mais dont les clefs extérieures ne lui ont pas été remises.
Et voici, Moché notre maître à fait descendre la Torah pour Israël et leur a préparé la porte intérieure, et il ne reste dans le service de l'homme que la clef de l'extérieur, à ouvrir par la force de la crainte. Et la Torah est un don dans le cœur de l'homme, comme il est dit dans le Midrach Vaera, et c'est l'aspect de l'âme (nechama).
Et la crainte est la réparation (tikoun) du corps, pour qu'il soit un réceptacle apte à recevoir l'illumination de l'âme. Et il dit "et maintenant", car avant la faute la crainte aussi était un don, comme il est dit "afin que Sa crainte soit sur vos faces" (Ex 20,17) ; et après la faute, où ils se sont revêtus de matière, ils ont besoin des clefs extérieures, alors qu'auparavant ils étaient tous dans la vision, comme il est dit "J'ai dit, vous êtes des êtres divins".
Et au saint Chabbat il y a une illumination des premières Tables ; c'est pourquoi même un homme du commun (am ha-arets) est saisi de la crainte du Chabbat, et s'ouvre en lui la porte intérieure tournée vers l'orient, qui n'est prête qu'après l'ouverture de l'extérieur, comme il est dit "ce que Tu as réserve pour ceux qui Te craignent" (Ps 31,20).
בפסוק והי' א"ש תשמעו. אם שמוע בישן תשמע בחדש.
דאיתא שמעה עמי ואדברה אין מעידין אלא בשומע כפי מה שאדם שומע כך משמיעין לו תמיד מחדש. תשמעו הוא פועל יוצא שצריך איש ישראל לשמוע ולהשמיע כמ"ש אתם עדי נאם ה'.
תשמעו אל מצותי כמ"ש חז"ל המקיים מצוה כאלו הדליק נר לעני הקב"ה. דכ' נר מצוה ותורה אור שבעשיות המצוה מדליק אור תורה בזו המצוה.
וז"ש תשמעו אל המצוה אשר אנכי מצוך היום. פי' השגה חדשה שמשיג ושומע בכל יום ישמיע זאת אל המצוה והיא מלה דקיימא בעובדא וכן הוא הסדר בכל יום שמע ואח"כ והי' א"ש שהוא לשמוע ולהשמיע:
Sur le verset "Et il arrivera si vous écoutez" (Deut 11,13). "Si tu écoutes dans l'ancien, tu écouteras dans le nouveau", car il est enseigné "Écoute mon peuple et Je parlerai" (Ps 50,7) : on ne témoigne que sur ce que l'on entend ; selon ce que l'homme écoute, ainsi lui fait-on entendre continuellement du nouveau.
"Techmeou" (vous écouterez) est un verbe transitif, car l'homme d'Israël doit écouter et faire écouter, comme il est dit "Vous êtes Mes témoins, dit l'Éternel" (Is 43,10). "Vous écouterez Mes commandements", comme ont dit nos Sages : celui qui accomplit un commandement, c'est comme s'il allumait une lampe pour le Saint béni soit-Il, car il est écrit "car le commandement est une lampe et la Torah une lumière" (Prov 6,23) : dans l'accomplissement du commandement il allume la lumière de la Torah dans ce commandement.
Et c'est ce que dit "vous écouterez le commandement que Je t'ordonné aujourd'hui" : cela signifie que la compréhension nouvelle que l'on atteint et entend chaque jour, qu'on la fasse entendre au commandement, et c'est une parole qui subsiste dans l'acte. Et tel est l'ordre chaque jour : "Chema" (Écoute), puis "Vehaya im chamoa", qui est "écouter et faire écouter".
תרס"ג
5663 (תרס״ג)
Dans le Midrach : « quand nous donneras-Tu la récompense des commandements ? » « À la fin (ekev) ». Le Sfat Emet dit qu’il n’y a pas de récompense d’un commandement en ce monde-ci, car la figure (tsiour) d’ici ne peut la recevoir, seulement pour l’avenir : ce monde-ci par le heh, le monde à venir par le youd. La figure de l’avenir dépend des commandements accomplis « aujourd’hui », qui réparent les 248 membres et les 365 tendons ; « pour les accomplir » est aussi contrainte (kefia), car il faut ployer le corps qui s’oppose à la lumière de l’âme. À la fin l’homme se réjouit en voyant la figure spirituelle ; « ve-haya » est une expression de joie, et le Chabbat en est un avant-goût.
Aussi : portes des commandements et bénédiction avant l’acte ; crainte petite chose par la part de Moché, le Chabbat et la techouva ; écoute ekev (talon) et écoute cent fois, bénédiction et attachement
במדרש מטרה של פרקים כו' אימתי אתה נותן לנו שכר המצות בעקב כו'. דשכר מצוה בהאי עלמא ליכא דהציור שבעוה"ז א"י לקבל שכר המצות רק לעתיד לבוא כמש"כ צור עולמים ב' יצירות עוה"ז בה' ועוה"ב בי'.
ולכן בהרשע כתיב לא יאחר כו' אל פניו ישלם לו. פי' בציור שבעוה"ז.
אבל לצדיקים שומר הברית והחסד. אשר נשבע מכלל שצריך כריתות ברית ושבועה הוא ענין נסתר מהופך מעוה"ז ולפי שהם דברים רחוקים צריכין לכריתות ברית שכרת הקב"ה לאבות שהם בני עוה"ב.
ובאמת ציור שלעתיד תלוי כפי מעשה המצות בעוה"ז כמש"כ היום לעשותם לתקן הציור ע"י רמ"ח ושס"ה. וכמו שאדם מביא אור המצוה בעשי' גשמיות.
כן שכרן של מצות שיתהפך אבר הגשמיי אל שורש המצוה שהוא ציור שלעתיד. וגם לעשותם הוא לשון כפי' שהגוף מתנגד אל אור הנשמה וצריכין לכוף הגוף והאברים לשעבדם אל המצות וזה היום.
והי' עקב תשמעון דלבסוף ישמח האדם בהמצות שיראה בעין האמת שכרן של מצות וציור הרוחניי שבא ע"י המצוה. והי' לשון שמחה.
והנה בשבת הוא מעין עוה"ב ויש בו קצת ציור מעין העתיד. וזה בחי' נשמה יתירה בש"ק שאין דומה מאור פניו של אדם בשבת לכן איתא ביום שמחתכם אלו השבתות שיש בהם שמחה ע"י התגלות הציור דלעתיד כמש"כ והי' עקב תשמעון בשמחה:
Dans le Midrach : 'une menora faite de sections (perakim)...' quand nous donnés-Tu la récompense des commandements ? 'À la fin (ekev)...'. Car il n'y a pas de récompense d'un commandement en ce monde-ci, parce que la figure (tsiour) qui est en ce monde-ci ne peut pas recevoir la récompense des commandements, seulement pour l'avenir (le-atid lavo), comme il est écrit 'Rocher des mondes' (Isaie 26,4) - deux formations : ce monde-ci [créé] par le heh et le monde à venir par le youd.
C'est pourquoi, au sujet du méchant, il est écrit 'Il ne tarde pas... Il le paie en face' (Deut.
7,10). Explication : dans la figure qui est en ce monde-ci.
Mais pour les justes 'Il garde l'alliance et la bonté ('hessed)... qu'Il à jurée' (Deut. 7,12) ; de la on déduit qu'il faut la conclusion d'une alliance (kritout berit) et un serment - c'est une chose cachée, inversée par rapport à ce monde-ci ; et parce que ce sont des choses lointaines, elles nécessitent la conclusion de l'alliance que le Saint, béni soit-Il, à conclue avec les patriarches, qui sont des fils du monde à venir.
Et en vérité la figure de l'avenir dépend de la mesure de l'accomplissement des commandements en ce monde-ci, comme il est écrit 'aujourd'hui pour les accomplir' (Deut. 7,11) - réparer la figure par les 248 [membres] et les 365 [tendons].
Et de même que l'homme fait venir la lumière du commandement dans une action matérielle, ainsi la récompense des commandements consiste en ce que le membre matériel se transforme vers la racine du commandement, qui est la figure de l'avenir. Et 'pour les accomplir' (la'assotam) est aussi une expression de contrainte (kefia), car le corps s'oppose à la lumière de l'âme (nechama), et il faut ployer le corps et les membres pour les asservir aux commandements, et cela est 'aujourd'hui'. 'Et il adviendra en conséquence de ce que vous écouterez' (Deut.
7,12) : car à la fin l'homme se réjouira dans les commandements, lorsqu'il verra d'un œil véritable la récompense des commandements et la figure spirituelle qui vient par le commandement. Et 'il adviendra (ve-haya)' est une expression de joie.
Et voici, le Chabbat est un avant-goût du monde à venir et comporte un peu de la figure, à l'image de l'avenir. Et c'est l'aspect de l'âme supplémentaire (nechama yetera) du saint Chabbat, car la lumière du visage de l'homme le Chabbat n'à pas d'égale ; c'est pourquoi il est enseigné 'au jour de votre joie' (Nombres 10,10) - ce sont les Chabbats, qui comportent de la joie par la révélation de la figure de l'avenir, comme il est écrit 'et il adviendra en conséquence de ce que vous écouterez' dans la joie.
בפסוק והי' אם שמוע תשמעו כו' אנכי מצוה אתכם היום הה"ד אשרי א' שומע לי לשקוד על דלתותי הם השערים הנפתחים בכל יום ע"י המצות שכל מצוה היא פתח ושער לעבודת השי"ת. לשקוד ע"ד רמ"ח מ"ע.
לשמור מזוזות פתחי שס"ה ל"ת. והי' לשון שמחה כפי השמחה והשתוקקות האדם אל המצות כך זוכה לשמוע ולקיים.
והי' א"ש בשמחה. עי"ז תשמעו.
וכן איתא ששכר מצוה מצוה פי' הברטנורה הנאת המצוה מצוה. והיינו שע"י הנאה והשמחה מקיים המצוה בשלימות וזה הכנת המצוה לכן תיקנו ברכה קודם המצוה:
Sur le verset 'Et il adviendra, si écouter vous écoutez... que Je vous ordonné aujourd'hui' (Deut. 11,13).
C'est ce qui est écrit 'Heureux l'homme qui M'écoute, veillant à Mes portes chaque jour, gardant les montants de Mes entrées' (Prov. 8,34).
Ce sont les portes qui s'ouvrent chaque jour par les commandements, car chaque commandement est une entrée et une porte vers le service de l'Éternel. 'Veiller à Mes portes' correspond aux 248 commandements positifs ; 'garder les montants (mezouzot) des entrées' aux 365 commandements négatifs. 'Et il adviendra (ve-haya)' est une expression de joie : selon la joie et le désir ardent de l'homme envers les commandements, ainsi mérite-t-il d'écouter et d'accomplir. 'Et il adviendra si écouter [vous écoutez]' dans la joie - par cela 'vous écouterez'. Et de même il est enseigné : 'la récompense d'un commandement est un commandement' ; le Bartenoura expliqué : le plaisir du commandement est [lui-même] un commandement.
C'est-à-dire que par le plaisir et la joie on accomplit le commandement dans sa perfection, et c'est la la préparation du commandement ; c'est pourquoi on a institué une bénédiction avant le commandement.
תרס"ד
5664 (תרס״ד)
בפסוק ועתה ישראל כו' כ"א ליראה. ואמרו בגמ' אטו יראה מילתא זוטרתא היא אין לגבי משה מילתא זוטרתא.
ומקשים שהרי אמר זאת לבנ"י. אך יש בכל איש ישראל חלק וניצוץ מכחו של משה רבינו ע"ה כמ"ש תורה צוה לנו משה מורשה.
כמו שהתורה מורשה ויש לכל ישראל חלק בה כן משה מורשה. ובשבת מוריש מרע"ה זאת החלק לבנ"י לכן בשבת אפי' ע"ה אימת שבת עליו כי בשבת הוא מילתא זוטרתא.
ואיתא כי הכתרים של הקדמת נעשה לנשמע כולן זכה משה ונטלם ועתיד להחזירם לנו כמ"ש שמעולם על ראשם. ואותו מדרגה שהי' לבנ"י בקבלת התורה ודאי הי' יראה מילתא זוטרתא להם שהרי אמר להם משה אל תיראו.
שהיו עתידין לעלות במדרגה למעלה מן היראה. ואותן הכתרים מיוחדים הם לכל בנ"י.
והם אצל משה. לכן הוא ראה כי יש להם מדרגות גבוהות אשר היראה להם מילתא זוטרתי.
ז"ש לגבי משה מלתא ז' הוא שמדרגות שלהם לגבי משה הוא ראה וידע שהיראה מ"ז להם. ועתה ישראל ועתה לשון תשובה שזה עיקר התשובה לחזור למדרגה הראשונה ואז היראה מילתא זוטרתי היא כנ"ל.
וכן ע"י עסק התורה באין לבחי' משה ואז היראה מילתא זוטרתא וכדאיתא ומלבשתו ענוה ויראה להעוסק בתורה לשמה:
Sur le verset 'Et maintenant, Israël... [que demande l'Éternel ton Dieu de toi] sinon de [Le] craindre' (Deut.
10,12). Et ils ont dit dans la Guemara : est-ce que la crainte est une petite chose (milta zoutreta) ?
Oui, pour Moché c'est une petite chose. Et l'on objecte : voici qu'il à dit cela aux enfants d'Israël [et non à lui-même].
Mais il y a en chaque homme d'Israël une part et une étincelle de la force de notre maître Moché, la paix sur lui, comme il est écrit 'Moché nous à ordonné la Torah, un héritage (moracha)' (Deut. 33,4) : de même que la Torah est un héritage et que chaque Israélite y a une part, ainsi Moché est un héritage.
Et le Chabbat, notre maître Moché, la paix sur lui, transmet cette part aux enfants d'Israël ; c'est pourquoi le Chabbat, même sur un ignorant (am ha-arets) tombe la crainte du Chabbat, car le Chabbat elle est une petite chose. Et il est enseigné que les couronnes [obtenues] pour avoir place 'nous ferons' avant 'nous écouterons', toutes, Moché en a été digne et les a prises, et il doit nous les rendre à l'avenir, comme il est écrit 'une joie éternelle sera sur leur tête' (Isaie 35,10).
Et ce niveau qu'avaient les enfants d'Israël lors du don de la Torah, assurément la crainte était pour eux une petite chose, car Moché leur a dit 'ne craignez pas' (Ex. 20,17), [puisqu']ils étaient destinés à monter à un niveau au-dessus de la crainte.
Et ces couronnes sont propres à tous les enfants d'Israël, et elles sont auprès de Moché ; c'est pourquoi il à vu qu'ils ont des niveaux élèves où la crainte est pour eux une petite chose. C'est ce que dit [la Guemara] 'pour Moché c'est une petite chose' : c'est-à-dire que leurs niveaux, au regard de Moché, il [les] a vus et à su que la crainte est pour eux une petite chose. 'Et maintenant, Israël' : 'maintenant (ve-ata)' est une expression de repentir (techouva), car c'est la l'essentiel du repentir : revenir au niveau premier, et alors la crainte est une petite chose, comme dit.
Et de même, par l'occupation de la Torah on parvient à l'aspect de Moché, et alors la crainte est une petite chose, comme il est enseigné : 'elle le revêt d'humilité et de crainte' pour celui qui s'occupe de la Torah pour elle-même (li-chma).
והי' עקב תשמעון. זו הבטחה כי לבסוף ישובו בנ"י לשמוע אל דבר ה'.
גם רומז עקב תשמעון כי השמיעה יש לה כמה מדרגות כי טעמי ויסודי המצות אין להם סוף והשמיעה הגדולה אשר שמעו בנ"י בהר סיני שורש המצות בסודן. אבל גם בכל דור ודור אפי' השמיעה הקטנה שנק' עקב שאין מבינים כלל רק לקיים מצות ה' בגשמיות אפי' בזו השמיעה.
אם היא באמת לש"ש. ג"כ מביא הברכה.
ואהבך ה"א. וזה עקב תשמעון כו' ושמר לך אפי' בשמיעה השפלה ישמור לך זכות אבות כיון שנמשכין אחר מעשיהם הטובים והסימן כקטן כגדול תשמעון.
עוד ירמוז והי' עקב תשמעון כו' ושמר ה"א לך. כענין שכ' עקב ענוה יראת ה' דרשו חז"ל כי יראת ה' עקב לגבי ענוה.
כמו כן מתפרש כאן והי' עקב כו' ושמר לך. פי' כל השכר של המצות הוא עקב לגבי עיקר קיום המצות כענין שאמרו יפה שעה א' בעוה"ז בת' ומעש"ט מכל חיי עולם הבא.
בודאי מאחר שזה שכר המצות בודאי הפעולה גדולה ביותר מן השכר. וכן צריך להיות אצל האדם העיקר הרצון נעשות דבר ה' וקיבול השכר יהי' טפל אל המצות.
ושוב ראיתי כן בס' קדושת לוי ע"ש:
'Et il adviendra en conséquence de ce que vous écouterez' (Deut. 7,12).
C'est une promesse qu'à la fin les enfants d'Israël reviendront à écouter la parole de l'Éternel. 'En conséquence de ce que vous écouterez' fait aussi allusion au fait que l'écoute à plusieurs niveaux, car les raisons et les fondements des commandements sont sans fin ; et la grande écoute qu'ont entendue les enfants d'Israël au mont Sinaï [était] la racine des commandements dans leur secret. Mais aussi, en chaque génération, même la petite écoute appelée 'ekev' (talon), où l'on ne comprend rien mais [où] l'on accomplit seulement les commandements de l'Éternel dans le matériel - même cette écoute, si elle est véritablement pour le Nom du Ciel (le-chem chamayim), apporte elle aussi la bénédiction : 'et Il t'aimera, l'Éternel ton Dieu' (Deut.
7,13). Et c'est 'en conséquence de ce que vous écouterez...
Il gardera pour toi' : même dans l'écoute la plus basse, Il gardera pour toi le mérite des pères (zekhout avot), puisqu'ils suivent leurs bonnes actions ; et le signe [en est] 'petit comme grand vous écouterez' (Deut. 1,17).
[Le verset] fait encore allusion : 'et il adviendra en conséquence de ce que vous écouterez... et l'Éternel ton Dieu gardera pour toi', à la manière de ce qui est écrit 'à la suite (ekev) de l'humilité [vient] la crainte de l'Éternel' (Prov. 22,4) ; nos Sages ont exposé que la crainte de l'Éternel est un 'talon' (ekev) au regard de l'humilité.
De même s'expliqué ici 'et il adviendra en conséquence (ekev)... et Il gardera pour toi'. Explication : toute la récompense des commandements est un 'talon' au regard de l'essentiel, qui est l'accomplissement des commandements, à la manière de ce qu'ils ont dit : 'une heure de repentir et de bonnes actions en ce monde-ci est plus belle que toute la vie du monde à venir' (Avot 4,17).
Assurément, puisque cela est la récompense des commandements, l'acte [lui-même] est certainement plus grand que la récompense. Et ainsi doit-il en être chez l'homme : l'essentiel est la volonté d'accomplir la parole de l'Éternel, et la réception de la récompense sera secondaire par rapport aux commandements.
Et j'ai vu ensuite [qu'il en est] ainsi dans le livre Kedouchat Levi, vois la-bas.
והי' א"ש תשמעו. בגמ' דרשו חז"ל נתן תתן שלח תשלח אפי' מאה פעמים.
כמו כן הכא שמוע תשמעו אפי' מאה פעמים כל הקבלות שמקבלין בנ"י עול תורה ומצות בכל יום ויום מביאין את האדם לדביקות ה' לאהבה את ה"א כי זה תכלית כל המצות כמ"ש רצה הקב"ה לזכות את ישראל הרבה להם תורה ומצות. כי כפי זיכוך האדם כך יוכל להתדבק בה' ולאהבה אותו.
הרי אמרו וסרתם ועבדתם משאדם פורש מן התורה הולך ומדבק לע"ז. מכ"ש העוסק בתורה ומצות זוכה להתדבק בה"א חיים.
שמוע תשמעו הוא להתורה ולהמצות כי האדם צריך לעבוד ה' בנפש וגוף מלבר ומלגאו. והתורה מתקנת הנפש בפנים.
והמצות מתקנים אברי הגוף:
'Et il adviendra si écouter vous écoutez' (Deut. 11,13).
Dans la Guemara nos Sages ont exposé : 'donner tu donneras' (Deut. 15,10), 'envoyer tu enverras' (Deut.
22,7) - même cent fois. De même ici 'écouter vous écoutez' - même cent fois.
Toutes les acceptations par lesquelles les enfants d'Israël acceptent le joug de la Torah et des commandements chaque jour amènent l'homme à l'attachement (devekout) à l'Éternel, à aimer l'Éternel son Dieu, car c'est la la finalité de tous les commandements, comme il est dit : le Saint, béni soit-Il, à voulu conférer du mérite à Israël, c'est pourquoi Il leur a multiplié Torah et commandements ; car selon l'affinement (zikoukh) de l'homme, ainsi peut-il s'attacher à l'Éternel et L'aimer. Voici, ils ont dit [sur] 'vous vous écarterez et vous servirez [d'autres dieux]' (Deut.
11,16) : des que l'homme se sépare de la Torah, il va s'attacher à l'idolâtrie ; à plus forte raison celui qui s'occupe de Torah et de commandements mérite-t-il de s'attacher au Dieu vivant. 'Écouter vous écoutez' se rapporte à la Torah et aux commandements, car l'homme doit servir l'Éternel avec l'âme (nefech) et le corps, au-dehors et au-dedans ; et la Torah réparé l'âme à l'intérieur, et les commandements réparent les membres du corps.