שפת אמת

Sefat Emet — Devarim - Vaetchanan

Rabbi Yehouda Aryeh Leib Alter de Gour - enseignements sur la Torah
En bref

Dans le Midrach, dix expressions pour la prière : ce sont les voies et les conseils pour y parvenir, car la prière elle-même n'en fait pas partie. Le Sfat Emet demande : « Tu affermiras leur cœur » (Tehilim 10,17) est l'essentiel, qu'est-ce donc qu'un « signe » ? La préparation vient aussi du Nom ; le signe est que le cœur se répand devant D.ieu. Les justes, s'appuyant sur leurs bonnes actions, demandent en tahanounim (supplications) ; « Vaetchanan » est un nifal, il fut rendu suppliant. Celui qui parvient à cette prière ne se souvient plus de sa demande ; c'est le Nom qui la met dans sa bouche : « de Hachem vient la réponse de la langue » (Proverbes 16,1).

Aussi : aimer Hachem dans chaque sensation, Il est Un et rien d'autre ; joindre la gueoula à la prière ; les portes de la techouva toujours ouvertes comme la mer

תרל"א

5631 (תרל״א)

ב"ה ואתחנן שבת נחמו

Avec l'aide du Ciel. Vaetchanan, Chabbat Nachamou.

במדרש עשרה לשונות כו'. הם הדרכים ועצות לבוא לתפילה.

כי תפילה עצמו אינו בכלל הלשונות ע"ש תכין לבם כו' זה סימן לתפלה. וקשה כי זה עיקר התפילה ומה לשון סימן.

אך כי ההכנה אמיתית הוא ג"כ מהש"י וכתי' תכין כו' וזה הסימן אם הרגיש שהגיע לכוון לבו להיות נשפך לבו נוכח פני ה'. זה עיקר התפלה באמת.

וההכנות לתפלה הם הלשונות שכפי שאדם מכין עצמו להגיע לתפלה זו ע"י צעקה או מרירות זה ביצור כו'. וז"ש רש"י ובמד' כי אע"פ שיש לצדיקים לתלות במעש"ט כו'.

ושמעתי בשם הרב מקאצק ז"ל שהקשה ומי הקדימני ואשלם. ובאמת תמוה מאחר שצריך לבקש בוודאי אין מגיע לו ע"פ הדין.

[והוא ז"ל תי' לתלות במעש"ט שיעשה אח"כ ודפח"ח] ולהנ"ל א"ש כי עכ"פ לבוא למקום תפלה וודאי הם דבקין שם. וז"ש לתלות כו' אעפ"כ מבקשין בתורת תחנונים לומר שאינן ראוין לגשת מצד מעש"ט רק ע"י תחנונים כנ"ל.

וז"ש ואתחנן כו' לאמור שהוא ההכנה לתפלה כנ"ל. לאדם מערכי לב כו'.

ובאמת מי שזוכה לבא לבחי' התפלה לשפוך שיח נוכח פני ה'. אין תפלתו בוודאי רק לש"ש ואף הבקשה שצריך לו אינו זוכר כלל.

רק הש"י מזמין בפיו לבקש הצריך לו וז"ש ומה' מענה לשון. וזהו ואתחנן אל ה'.

פי' ואתחנן לשון נפעל שנעשה מתחנן כנ"ל אל ה' כנ"ל:

Dans le Midrach : dix expressions (pour la prière), etc. Ce sont les voies et les conseils pour parvenir à la prière.

Car la prière elle-même ne fait pas partie de ces expressions, comme il est écrit 'Tu affermiras leur cœur' (Psaumes 10,17), ce qui est le signe de la prière. Et cela fait difficulté : ceci est l'essentiel de la prière, alors qu'est-ce donc qu'un 'signe' ?

Mais en vérité la préparation authentique vient elle aussi du Nom (le Saint béni soit-Il), et il est écrit 'Tu affermiras', etc. ; et voici le signe : si l'homme à senti qu'il est parvenu à orienter son cœur au point que son cœur se répand devant la face de ה'. Cela est vraiment l'essentiel de la prière.

Et les préparations à la prière sont les 'expressions', car selon la manière dont l'homme se prépare à parvenir à cette prière, par un cri où par l'amertume, c'est le 'bitsour' (la détresse), etc. Et c'est ce que dit Rachi, ainsi que le Midrach : bien que les justes puissent s'appuyer sur leurs bonnes actions (maasim tovim), etc.

Et j'ai entendu au nom du Rav de Kotzk, de mémoire bénie, qui soulevait la difficulté du verset 'Qui M'à devancé, pour que Je le récompense ?' (Job 41,3). Et en vérité cela est étonnant : puisqu'il faut demander, il est certain que, selon la stricte justice, cela ne lui revient pas.

[Et lui, de mémoire bénie, répondait : s'appuyer sur les bonnes actions qu'il accomplira ensuite ; et ce sont des paroles agréables du Dieu vivant.] Et selon ce qui précède, cela se comprend bien : car de toute façon, du seul fait de venir au lieu de la prière, ils y sont certainement attachés. Et c'est ce qu'il dit, 's'appuyer', etc. : malgré cela ils demandent sous forme de supplications (tahanounim), pour dire qu'ils ne sont pas dignes de s'approcher au titre de leurs bonnes actions, mais seulement par des supplications, comme ci-dessus.

Et c'est ce que dit 'Vaetchanan' (Et j'ai supplie), etc., pour dire que c'est la préparation à la prière, comme ci-dessus. 'À l'homme les dispositions du cœur' (Proverbes 16,1), etc. Et en vérité, celui qui mérite de parvenir au niveau de la prière, à répandre son épanchement devant la face de ה', sa prière n'est assurément que pour le Nom du Ciel ; et même la demande dont il à besoin, il ne s'en souvient pas du tout : c'est seulement le Nom qui met dans sa bouche de demander ce dont il à besoin, et c'est ce que dit '(mais) de ה' vient la réponse de la langue' (Proverbes 16,1).

Et voici 'Vaetchanan el ה'' (Et j'ai supplie l'Éternel) : le sens de 'Vaetchanan' est une forme passive (nifal), signifiant qu'il fut rendu suppliant, comme ci-dessus, 'el ה'', comme ci-dessus.

במדרש ואהבת את ה' כו' מי לי בשמים ועמך לא חפצתי כו'. פי' שלא להיות נמצא שום רצון אחר רק להש"י.

נפשך בכל נפש ונפש שברא בך כו'. ופי' בכל לבבך אינו כמו עם כל לבבך כמו שמפרשין העולם.

רק ממש בכל הרגשה שבאדם ידע שהוא רק חיותו מהש"י שאין אדם נוקף אצבעו כו'. והוא כגרזן ביד החוצב.

וזה ה' אחד פי' לבד שהוא אלקי אחד. רק שהוא אחד אין עוד שכל דבר הוה הוא חיותו ית' ממש רק שנסתר וכן רצונו ית' א"כ צריך להיות נמצא אהבתו ית' בכל הרגש שבאדם וזה בכל לבבך כנ"ל:

Dans le Midrach : 'Et tu aimeras ה'' (Deutéronome 6,5), etc. 'Qui ai-je dans les cieux ? et avec Toi je n'ai désire rien (sur la terre)' (Psaumes 73,25), etc. Le sens : qu'il ne se trouve aucun autre désir sinon pour le Nom. 'Ton âme' (nafshekha) : dans chaque âme qu'Il à créée en toi, etc.

Et le sens de 'de tout ton cœur' (bekhol levavekha) n'est pas 'avec tout ton cœur', comme l'expliqué le commun des gens ; mais littéralement : dans chaque sensation qui est en l'homme, qu'il sache qu'elle n'est que sa vitalité venant du Nom, car 'l'homme ne se cogne pas le doigt (en bas sans qu'on l'ait décrété en haut)', etc. Il est comme la hache dans la main du bûcheron.

Et 'ה' est Un' signifie non seulement qu'Il est le Dieu unique, mais qu'Il est Un et qu'il n'y a rien d'autre : car toute chose qui existe est littéralement Sa vitalité, seulement qu'elle est cachée ; et de même Sa volonté. Ainsi Son amour doit se trouver dans chaque sensation de l'homme, et c'est 'de tout ton cœur', comme ci-dessus.

במדרש ומי גוי גדול כו' אדם שקורא ק"ש וסומך גאולה לתפלה כו'. ע"ז קרובה ורחוקה והקב"ה רחוק וקרוב כו' פי' בכל קראנו אליו שאדם יכול לקרב ולגלות ההסתר להיות נגלה אליו כבוד ה' שהוא מלא כ"ה.

וזה ענין תפלה אחר ק"ש שכפי יחוד ק"ש שנתברר אצלו ומעיד כי ה' אחד והוא מחי' כל. כמו כן יוכל להתדבק בתפילתו דכ' אליו שהתפלה לא"ס ית'.

וכפי ההתגלות כך נתקבל התפלה. וזה פי' סמיכות גאולה לתפלה.

כי פי' גאולה מה שיודעין שגם בתוך כל הסתר וגלות מחיצוניות יש ג"כ נקודה גנוזה ממנו ית'. ועי"ז בא הגאולה.

וע"י שזוכר יצ"מ שגאלנו השי"ת ועי"ז נתברר שגם כל הסתר הוא ג"כ מחיות הש"י בלבד. עי"ז יוכל להתפלל ולבקש גילוי גם עתה כי כל תפלה היא רק על גילוי כבודו ית' כי בזה נכלל הכל.

וז"ש ג"כ בשבת וזכרת כו' עבד היית כו'. ומה ענין זה לשבת.

גם בקידוש היום זכר ליצ"מ. רק כי הגאולה היא ענין שבת שבנ"י מעידין (על) שהכל מחיות הש"י שברא בששת ימים כו' כנ"ל:

Dans le Midrach : 'Et quel est le grand peuple' (Deutéronome 4,7), etc. - l'homme qui récite le Chema et joint la rédemption (gueoula) à la prière, etc. L'idolâtrie est proche et lointaine, tandis que le Saint béni soit-Il est lointain et proche, etc.

Le sens de 'chaque fois que nous L'appelons' : l'homme peut rapprocher et dévoiler ce qui est caché, de sorte que se révèle à lui la gloire de ה', qui remplit toute la terre. Et c'est le sens de la prière après le Chema : car selon l'unification du Chema qui s'est clarifiée en lui, et il témoigne que ה' est Un et qu'Il fait vivre tout, de même il peut s'attacher dans sa prière, comme il est écrit 'vers Lui', car la prière s'adresse à l'Infini (Ein Sof) béni soit-Il.

Et selon le dévoilement, ainsi la prière est agréée. Et c'est le sens de la jonction de la rédemption à la prière.

Car le sens de 'gueoula' est ce que l'on sait : que même au sein de tout voilement et de tout exil de l'extériorité, il y a aussi un point caché issu de Lui béni soit-Il ; et par cela vient la rédemption. Et par le fait qu'on se souvient de la sortie d'Égypte, que le Nom nous à rachetés, par cela il se clarifie que tout voilement, lui aussi, n'est que de la vitalité du Nom.

Par cela l'homme peut prier et demander le dévoilement, même maintenant : car toute prière ne porte que sur le dévoilement de Sa gloire, car en cela tout est inclus. Et c'est ce que dit également, à propos du Chabbat : 'Et tu te souviendras... tu fus esclave', etc.

(Deutéronome 5,15). Quel rapport avec le Chabbat ?

De même, dans le Kidouch du jour, il y a un rappel de la sortie d'Égypte. C'est que la rédemption est le propre du Chabbat : car les enfants d'Israël témoignent que tout provient de la vitalité du Nom, qui a créé en six jours, etc., comme ci-dessus.

במדדש ואני תפלתי כו' וים רחוקים כו' שערי תפלה פעמים נעולים כמקוה. ושערי תשובה כים לעולם פתוחין כו'.

פי' מקוה התאספות המים למקום מיוחד והיא ההארה שנמצא בכל איש ישראל. וכשמבטל עצמו ומאסף כל רצונותיו להנקודה פנימיות נק' עבודה שבלב תפלה.

אבל תשובה היא להש"י בעצמו שבא על חטא שנפרד א"כ צריך לשוב למה שלמעלה שמשם נמשך חיותו. והוא רצון עליון.

וזה כים שלעולם פתוח ששם אין החטא נוגע רק שצריכין להיות בביטול ממש להדבק בשורשו. וזהו בכל קראנו אליו בחי' ביטול אליו ממש.

אבל תפלה לעורר הנקודה שבנפשו. פעמים נעול כי החטא מפסיק.

רק ע"י תשובה לעולם פתוח כנ"ל:

Dans le Midrach : 'Et moi, ma prière...' (Psaumes 69,14), '(et l'espoir) des mers lointaines' (Psaumes 65,6), etc. Les portes de la prière sont parfois fermées, comme un mikve, tandis que les portes de la techouva (retour, repentir) sont toujours ouvertes, comme la mer, etc.

Le sens : le mikve est le rassemblement des eaux en un lieu particulier, et c'est l'illumination qui se trouve en chaque homme d'Israël. Et lorsque l'homme s'annule et rassemble tous ses désirs vers le point intérieur, cela s'appelle 'le service du cœur', la prière.

Mais la techouva s'adresse au Nom Lui-même : elle vient réparer la faute par laquelle on s'est séparé ; il faut donc revenir à ce qui est plus haut, d'où découle sa vitalité, à savoir la volonté suprême. Et c'est comme la mer, toujours ouverte, où la faute n'atteint pas ; sinon qu'il faut être dans une annulation totale pour s'attacher à sa racine.

Et c'est 'chaque fois que nous L'appelons', l'aspect de l'annulation totale vers Lui. Mais la prière, qui éveille le point qui est dans l'âme, est parfois fermée, car la faute l'interrompt ; c'est seulement par la techouva qu'elle est toujours ouverte, comme ci-dessus.

תרל"ב

5632 (תרל״ב)

במדרש סימן לתפילה אם כיון לבו כו' ובפ' מי גוי גדול כו' הש"י רחוק וקרוב כו' סומך גאולה לתפילה ת' נשמעת כו' ע"ש. כי וודאי בלי כוונה אינה תפילה כלל.

רק הפי' להיות מכוון ומקרב עצמו לתפילה שנתפעל ונשתנה ע"י זו התפילה. וז"ש בכל קראנו אליו כי הש"י קרוב אל האדם כפי הקריאה והתקרב האדם אליו.

כן מתקרב כמים הפנים כו'. וזה סמיכות גל"ת.

ע"י שיודע וזוכר שהכל מהש"י ומתבטל אל השורש ומקור החיות שמהש"י וזה גאולה שגאולת מצרים ושאר גליות יש לכל איש ישראל ואף שהש"י גואל ומביא האדם למדרגות זו למעלה מזו צריך האדם לזכור התחלות הכל. כמ"ש גלמי ראו עיניך כו' היינו להיות נחשב בעיניו כמו בשעה שהי' רק גולם בלי צורה ותנועה כלל כמ"ש במ"א ועי"ז מרחם עליו הש"י ומתקרב אליו כנ"ל.

וזה עצמו פי' אתה החילות להראות כו' שמזה למדו לספר מתחילה בשבחו של מקום כנ"ל להיות נזכר התחלה ושורש הכל כנ"ל:

Dans le Midrach : le signe de la prière, si l'on a oriente son cœur, etc. Et dans la section 'Quel est le grand peuple', etc. : le Nom est lointain et proche, etc. ; il joint la rédemption à la prière, [et alors] la prière est exaucée, etc. - voir la-bas.

Car assurément, sans intention (kavana) ce n'est pas du tout une prière. Le sens est plutôt d'être concentre et de se rapprocher soi-même de la prière, de sorte que l'on soit saisi et transforme par cette prière.

Et c'est ce que dit 'chaque fois que nous L'appelons' : car le Nom est proche de l'homme à la mesure de l'appel et du rapprochement de l'homme vers Lui ; ainsi Il se rapproche, comme le reflet du visage dans l'eau, etc. Et c'est la jonction de la rédemption à la prière : par le fait qu'on sait et qu'on se souvient que tout vient du Nom, et qu'on s'annule vers la racine et la source de la vitalité qui vient du Nom.

Et cela est la rédemption : car la rédemption d'Égypte et des autres exils appartient à chaque homme d'Israël ; et bien que le Nom racheté et élève l'homme d'un niveau au niveau supérieur, l'homme doit se souvenir des commencements de tout, comme il est écrit 'Tes yeux ont vu ma masse informe (golmi)' (Psaumes 139,16), c'est-à-dire être considéré à ses propres yeux comme au moment où il n'était qu'une matière informe (golem), sans forme ni mouvement du tout, comme il est expliqué ailleurs ; et par cela le Nom à pitié de lui et se rapproche de lui, comme ci-dessus. Et c'est cela même le sens de 'Tu as commencé à montrer (à Ton serviteur)' (Deutéronome 3,24) : de la on a appris à commencer par la louange de l'Omniprésent (Makom), comme ci-dessus, afin de se rappeler le commencement et la racine de tout, comme ci-dessus.

תרל"ג

5633 (תרל״ג)

ב"ה ואתחנן שבת נחמו

Avec l'aide du Ciel. Vaetchanan, Chabbat Nachamou.

במדרש דיני תפילה לא ישמיע קולו כו' ערב ובוקר וצהרים כו' סימן לתפילה אם כוון אדם לבו לתפילה כו' עשרה לשונות כו'. אף כי פשוט נראה שיש לאדם להתפלל בשעה שנצרך לבקשה.

אבל באמת עיקר מעלת התפילה היא שיכוון לתפילה עצמה לא לעשיות בקשתו. כי אף כשהאדם מבקש על איזה דבר.

מ"מ בעמדו להתפלל יש לו לשכוח צרכיו ולהתפעל בשבחו של מקום. ויוכל להיות נענה בתפילתו ע"י שבקשתו גרם לו לבוא לתפילה.

וז"ש ביצור נק' תפילה בצר לי אקרא כו' שכיון שע"י הצרה בא אל התפילה הוא מחובר להתפילה. ועי"ז נענה.

והענין לסדר שבחו של מקום תחילה נראה כי לכאורה מה ענין תפלה מאחר שע"פ משפט ה' בא לאדם כל הסיבות. רק בהתבונן האדם גודל שבחו של מקום וגבורותיו והוא כל יכול.

אף שהמשפט נותן להעניש להאדם מ"מ יכול להשתנות המשפט לטוב ברצון עליון והוא דבר שאינו מושג לנו רק כי הוא כל יכול. וזהו הענין בתפילת מרע"ה אף כי בוודאי ידע והבין גם הוא כי א"א שיבא לא"י.

ועכ"ז לא הניח מלהתפלל. כאמרם ז"ל אפי' חרב כו' לא ימנע מן הרחמים.

והוא הוראת אמונה שאדם מאמין בהש"י כי לא יפלא ממנו כל דבר. וכענין במקום שאתה מוצא גדולתו שם ענותנותו.

ולכן ע"י סידור שבחו יכול להתעורר רחמים. וענין הזה נראה כי כן יסד המלך להיות במקום גדולתו יותר ענוות.

אף כי אין להש"י להיות עניו כי הכל שלו. ורק להורות לבנ"י כי כך המדה שבמקום גדול יותר.

יש ענוות יותר. וכך הוא סדר הראוי כי מדותיו ית' שמנהיג בהם בעולם הם כפי המדות שצריכין להיות לבני אדם כדכתיב הדבק במדותיו.

והנה התפלות שמסודרין בכל יום הם עדות שבנ"י מעידין שהכל שלו ושאליו ית' יש לבקש כל דבר ועי"ז מעוררין עת רצון ומתחדש חיות העולמות על ידיהם. כדאיתא במדרש עת רצון כשהציבור מתפללין.

דכתי' ורצה בנו פי' שבנ"י מעוררין רצונו ית' כדמיון בן חביב שבא לפני אביו מתעורר בו תענוג ורצון. וכמו כן כשבנ"י נגשין אליו בתפלה מתעורר עת רצון.

וזהו שכנ"י משבחת עצמה ואני תפלתי כו' עת רצון. ולזאת כשהאדם כולל תפלה הצריכה לו בתפלה הקבוע בכל יום.

יוכל להיות נענה יותר. וז"ש ערב ובוקר כו' [וכן לא ישמיע קולו כנ"ל שממילא יהי' נשמע בקשתו.

כי האדם אין לו לזכור בקשתו בשעת התפלה כנ"ל. ויש להבין בזה אמרם ז"ל המשמיע קולו הוא מקטני אמנה]:

Dans le Midrach : les règles de la prière - 'qu'il ne fasse pas entendre sa voix', etc. ; 'soir, matin et midi', etc. ; le signe de la prière, si l'homme à oriente son cœur vers la prière, etc. ; les dix expressions, etc. Bien qu'il paraisse simple que l'homme doive prier à l'heure où il à besoin de demander, en vérité le mérite essentiel de la prière est de s'orienter vers la prière elle-même, non vers l'accomplissement de sa demande.

Car même lorsque l'homme demande sur quelque chose, malgré tout, en se tenant debout pour prier, il lui faut oublier ses besoins et être saisi d'émotion par la louange de l'Omniprésent. Et il pourra être exaucé dans sa prière du fait que sa demande l'à amené à venir à la prière.

Et c'est ce qu'on dit : la 'détresse' (bitsour) est appelée prière, 'dans ma détresse j'appelle', etc. (Psaumes 18,7) ; car puisque c'est par la détresse qu'il est venu à la prière, il est lié à la prière, et par cela il est exaucé.

Quant à l'idée de disposer d'abord la louange de l'Omniprésent : à première vue, quel est le sens de la prière, puisque c'est selon le jugement de ה' que viennent à l'homme toutes les causes ? Mais lorsque l'homme contemple la grandeur de la louange de l'Omniprésent et de Ses hauts faits, et qu'Il est tout-puissant : bien que le jugement conduise à punir l'homme, malgré tout le jugement peut se changer en bien par la volonté suprême ; c'est une chose que nous ne saisissons pas, sinon qu'Il est tout-puissant.

Et c'est le sens de la prière de Moche notre maître, que la paix soit sur lui : bien qu'il sut et comprit assurément, lui aussi, qu'il était impossible qu'il entrât en terre d'Israël, il ne cessa pourtant pas de prier, selon leur parole de mémoire bénie : 'même si une épée tranchante (est posée sur le cou de l'homme), qu'il ne s'abstienne pas de demander miséricorde' (Berakhot 10a). C'est l'enseignement de la foi : que l'homme croit dans le Nom que rien ne Lui est impossible.

Et c'est comme : 'à l'endroit où tu trouves Sa grandeur, la est Son humilité'. C'est pourquoi, par la mise en ordre de Sa louange, on peut éveiller la miséricorde.

Et cette idée paraît ainsi : le Roi à institué qu'à l'endroit de Sa grandeur il y ait davantage d'humilité. Bien que le Nom n'ait pas à être humble, car tout est à Lui, c'est seulement pour enseigner aux enfants d'Israël que telle est la mesure : la où est une plus grande grandeur, il y a davantage d'humilité.

Et tel est l'ordre convenable, car Ses attributs (midot), par lesquels Il conduit le monde, sont à la mesure des attributs que les hommes doivent avoir, comme il est écrit 'attaché-toi à Ses attributs'. Et voici que les prières ordonnées chaque jour sont un témoignage : les enfants d'Israël témoignent que tout est à Lui et que c'est à Lui qu'il faut demander toute chose ; et par cela ils éveillent un temps de faveur (et ratson), et la vitalité des mondes se renouvelle par eux.

Comme il est rapporté dans le Midrach : c'est un temps de faveur lorsque la communauté prie, car il est écrit 'et Il agrée en nous' - c'est-à-dire que les enfants d'Israël éveillent Sa volonté, à l'image du fils chéri qui vient devant son père et éveille en lui plaisir et désir. De même, lorsque les enfants d'Israël s'approchent de Lui par la prière, un temps de faveur s'éveille.

Et c'est ce dont la Communauté d'Israël se loue : 'et moi, ma prière... en un temps de faveur'. C'est pourquoi, lorsque l'homme inclut la prière dont il à besoin dans la prière fixe de chaque jour, il peut être davantage exaucé.

Et c'est ce que dit 'soir et matin', etc. [Et de même 'qu'il ne fasse pas entendre sa voix', comme ci-dessus, car d'elle-même sa demande sera entendue ; car l'homme n'à pas à se souvenir de sa demande au moment de la prière, comme ci-dessus.

Et l'on peut comprendre ainsi leur parole de mémoire bénie : celui qui fait entendre sa voix est de peu de foi.]

בהפטרה קול אומר קרא כו' מה אקרא כו' יבש חציר כו' ודבר אלקינו כי בכל דבר יש ניצוץ אלקי אשר הקול יוצא ממנו לכבודו ית' אף שאינו נשמע מבחוץ ואומר מה אקרא. אבל כשתפול הקליפה החצוניות מתגלה דבר ה' אשר הוא עיקר חיות הפנימיות.

וצריך אדם להאמין זה כי עיקר חיות הכל היא נקודה הנ"ל. כי בריאת האדם הי' ע"ז שע"י מעשיו לש"ש יתקרבו כל הדברים לשורש החיות שלהם.

וכתי' בכל לבבך דרשו חז"ל ביצ"ט ויצה"ר ובזוה"ק מפרש כי יצה"ר דומה לברזל שכשנשרף באש מתהפך להיות אש ונתבטל הקישוי. כן יצה"ר ע"י אש התורה ע"ש.

וכפי מה שזה ברור להאדם שיודע ומאמין כי אין מקום פנוי מהש"י. כמו כן נתבטל החצוניות אצלו.

וכן איתא שגם מחשבות זרות הבאין לאדם. ששם יצר הוא המחשבות.

הם רק כדי להיות להם תיקון. וע"י שיסיר האדם ממחשבות אלו.

עי"ז ניתקן המחשבה רעה ג"כ. וכמ"ש במ"א ע"פ הוא העולה על מוקדה כו'.

וכ"כ רבות מחשבות בלב כו' ועצת ה' כו' תקום. פי' בסיבות מחשבות הרבות שאין האדם משגיח עליהם עי"ז זוכה להשיג מחשבות טובות וכיון שעי"ז היצה"ר בא לו יצר טוב מתהפך יצה"ר לטוב כנ"ל.

וכ' במד' כה' אלקינו בכל קראנו כו' ה' רחוק וקרוב כו' שביד האדם להתקרב עצמו לחיות אלקי אשר שוכן בקרב כל איש ישראל:

Dans la haftara : 'Une voix dit : Proclame', etc. ; 'Que proclamerai-je ?', etc. ; 'L'herbe sèche', etc. ; 'mais la parole de notre Dieu (davar Elokenou) demeure' (Isaie 40,6-8). Car en toute chose il y a une étincelle divine dont la voix sort pour Sa gloire, même si elle ne s'entend pas de l'extérieur, et l'on dit 'Que proclamerai-je ?'.

Mais lorsque tombe l'écorce (kelipa) de l'extériorité, se dévoile la parole de ה', qui est l'essentiel de la vitalité intérieure. Et l'homme doit croire cela : que l'essentiel de la vitalité de tout est le point susdit.

Car la création de l'homme fut pour ceci : que par ses actes accomplis pour le Nom du Ciel, toutes les choses se rapprochent de la racine de leur vitalité. Et il est écrit 'de tout ton cœur' - nos sages, de mémoire bénie, ont expliqué : par le bon penchant et le mauvais penchant (yetser hara) ; et le saint Zohar explique que le mauvais penchant ressemble au fer qui, brûle dans le feu, se transforme en feu et dont la dureté s'annule ; de même le mauvais penchant, par le feu de la Torah - voir la-bas.

Et dans la mesure où cela est clair pour l'homme, qui sait et croit qu'il n'est aucun lieu vide du Nom, dans cette même mesure l'extériorité s'annule chez lui. Et de même il est dit que même les pensées étrangères qui viennent à l'homme - car c'est la que se tient le penchant, dans les pensées - ne sont la que pour recevoir leur réparation (tikoun) ; et par le fait que l'homme écarte ces pensées, par cela la pensée mauvaise, elle aussi, est réparée.

Comme il est expliqué ailleurs sur le verset 'c'est elle qui monte sur son bûcher', etc. Et il est écrit : 'Nombreuses sont les pensées dans le cœur (de l'homme), mais le conseil de ה'... subsistera' (Proverbes 19,21).

Le sens : par le moyen des nombreuses pensées auxquelles l'homme ne prête pas attention, par cela il mérite d'atteindre de bonnes pensées ; et puisque c'est par cela que lui vient le penchant, le bon penchant, le mauvais penchant se transforme en bien, comme ci-dessus. Et il est écrit dans le Midrach : 'comme ה' notre Dieu chaque fois que nous L'appelons' (Deutéronome 4,7) - 'ה' lointain et proche', etc. : car il est au pouvoir de l'homme de se rapprocher de la vitalité divine qui réside au sein de chaque homme d'Israël.

תרל"ד

5634 (תרל״ד)

במדרש דיני תפילה ערב ובוקר וצהרים כו' ובגמ' לעולם יסדר אדם שבחו של מקום ואח"כ יתפלל. אף כי לכאורה נראה עיקר מצות התפילה שיבקש אדם כל הצריך לו בעתו.

אך למדונו רבותינו ז"ל כי התפלה הקבוע בכל זמן מקובלת וחביבה ביותר. והענין כי עיקר התפלה להמשיך חיות חדשות אל הטבע שהוא הזמן.

וזהו ענין סידור שבחו של מקום כי כל מה שברא הקב"ה לכבודו ברא. ומעשה בראשית הן שבחו של מקום.

רק שבתוך הטבע אינו נגלה מלכותו ית' והאדם צריך למצוא הארות המתגלים לעתים ולסדר כל הנבראים להיות כולם מעידין על מלכותו ית'. והכל תלוי באדם כפי מה שמסדר מחשבות לבו וכל קומתו להיות מסודר בו שבחו ש"מ ומלכותו ית'.

כמו כן נמשכים אחריו כל הנבראים. וע"ז תיקנו חז"ל בכל יום ברכות והודאות ופסוקי דזמרה ליישר ולסדר כל מעשה בראשית.

ועי"ז הבירור מתחדש שורש החיות שלמעלה מהזמן והטבע לכן זמני תפלה כשנשתנה הזמן. ערב ובוקר וצהרים.

והיא עצמו סמיכות גאולה לתפלה שזהו סידור ש"מ הוא גאולה שנקודה חיות הוא בגלות תוך הטבע והזמן. וכשיוצא מזה הגלות ע"י עבודת בנ"י שמה"ט מזכירין בכל יום יצ"מ שבכל יום יש התגלות ויציאה מן הטבע לכל עובד הש"י הגדול לפי גדלו והקטן כו' והכל תלוי באדם.

ועי"ז נפתח שער התפלה. כענין אם שמוע בישן תשמע בחדש.

ואפשר לומר שזה ג"כ ענין שבת וימי המעשה כי בששת ימים עשה ה' שמים וארץ הוא בחי' שבחו ש"מ. וגם בעבודת האדם במלאכות ועשיות גשמיות כדכתי' ששת ימים תעשה כו' והוא לסדר דברים הצריכים סידור והוא הטבע ומעשה בראשית [וע"ז נאמר כבוד מלכים חקור דבר] ושבת הוא בחי' תפלה והתחדשות ובא הארה מעולם העליון כי בכל שבת יש גאולה שהיא מעין עו"ה [וע"ז נאמר כבוד א' הסתר דבר] וכפי הסידור שש"מ בחול כן בא לבחי' גאולה ותפלה בשבת.

ואפשר זה הטעם שכ' בפוס' שבשבת אין קפידא לסמיכות גאולה לתפלה כי שבת עצמו הוא גו"ת כנ"ל. כמו שא"צ תפלין שהם עצמם אות כנ"ל.

ובחול בא ע"י עבודה שבלב זו תפלה שע"י עבודת האדם ליישר לבבו שזה עיקר שבחו ש"מ מה שבנ"י מיישרים לבם להש"י כדכ' ישראל אשר בך אתפאר. וזה הסימן אם כוון לבו לתפלה כו' ועי"ז בא גאולה שמתגלה מקור הפנימיות ושורש החיות כדכתי' יבש וכו' ציץ ודבר אלקינו יקום כו' כמ"ש במ"א:

Dans le Midrach : les règles de la prière, 'soir, matin et midi', etc. ; et dans la Guemara : 'que l'homme dispose toujours la louange de l'Omniprésent, puis qu'il prie' (Berakhot 32a). Bien qu'à première vue le fond du commandement de la prière paraisse être que l'homme demande tout ce dont il à besoin en son temps, nos maîtres de mémoire bénie nous ont enseigné que la prière fixe, à chaque temps, est agréée et plus chérie que tout.

Et l'idée est que l'essentiel de la prière est d'attirer une vitalité nouvelle vers la nature, qui est le temps. Et c'est le sens de la mise en ordre de la louange de l'Omniprésent : car tout ce que le Saint béni soit-Il à créé, Il l'à créé pour Sa gloire, et l'œuvre de la Création est la louange de l'Omniprésent ; seulement, au sein de la nature, Sa royauté ne se dévoile pas, et l'homme doit trouver les illuminations qui se dévoilent par moments, et disposer toutes les créatures pour qu'elles témoignent toutes de Sa royauté.

Et tout dépend de l'homme : selon la manière dont il ordonné les pensées de son cœur et toute sa stature pour que soient ordonnées en lui la louange de l'Omniprésent et Sa royauté, de même toutes les créatures se laissent entraîner à sa suite. Et pour cela nos sages ont institué chaque jour des bénédictions, des actions de grâces et les versets de louange (Pessouke deZimra), pour redresser et ordonner toute l'œuvre de la Création ; et par cette clarification se renouvelle la racine de la vitalité qui est au-dessus du temps et de la nature.

C'est pourquoi les temps de la prière sont aux changements du temps : soir, matin et midi. Et c'est cela même la jonction de la rédemption à la prière : car cette mise en ordre de la louange de l'Omniprésent est une rédemption, puisque le point de vitalité est en exil au sein de la nature et du temps ; et lorsqu'il sort de cet exil par le service des enfants d'Israël - c'est pour cette raison qu'on mentionne chaque jour la sortie d'Égypte, car chaque jour il y a un dévoilement et une sortie hors de la nature pour tout serviteur du Nom, le grand selon sa grandeur et le petit, etc., et tout dépend de l'homme - par cela s'ouvre la porte de la prière.

C'est le sens de 'si tu écoutes dans l'ancien, tu entendras dans le nouveau'. Et l'on peut dire que c'est aussi le sens du Chabbat et des jours ouvrables : car 'en six jours ה' à fait les cieux et la terre' - c'est l'aspect de la louange de l'Omniprésent ; et de même dans le travail de l'homme, dans les labeurs et les activités matérielles, comme il est écrit 'six jours tu travailleras', etc., qui consiste à mettre en ordre les choses qui requièrent de l'ordre, à savoir la nature et l'œuvre de la Création [et sur cela il est dit 'la gloire des rois est de sonder la chose' (Proverbes 25,2)] ; et le Chabbat est l'aspect de la prière et du renouvellement, et il en vient une illumination du monde suprême, car en chaque Chabbat il y a une rédemption qui est un avant-goût du monde à venir [et sur cela il est dit 'la gloire de Dieu est de cacher la chose' (Proverbes 25,2)].

Et selon la mise en ordre de la louange de l'Omniprésent en semaine, ainsi vient l'aspect de rédemption et de prière le Chabbat. Et c'est peut-être la raison pour laquelle les décisionnaires écrivent que le Chabbat il n'y a pas de rigueur quant à la jonction de la rédemption à la prière, car le Chabbat lui-même est rédemption et prière (gueoula ve-tefila), comme ci-dessus ; de même qu'on n'à pas besoin des tefilin, qui sont eux-mêmes un signe, comme ci-dessus.

Et en semaine cela vient par le service du cœur, la prière : par le service de l'homme qui redresse son cœur - ce qui est l'essentiel de la louange de l'Omniprésent, à savoir que les enfants d'Israël redressent leur cœur vers le Nom, comme il est écrit 'Israël, en qui Je Me glorifie' (Isaie 49,3). Et c'est le signe : si l'on a oriente son cœur vers la prière, etc.

Et par cela vient la rédemption, où se dévoile la source de l'intériorité et la racine de la vitalité, comme il est écrit 'l'herbe sèche... la fleur (se fane), mais la parole de notre Dieu subsistera' (Isaie 40,7-8), etc., comme il est expliqué ailleurs.

ומ"ש בשבת וזכרת כי עבד כו' ע"כ צוך כו' לעשות כו' השבת המהר"ל פי' שזה טעם על שהשבת מיוחד לבנ"י דוקא. אך גם בקידוש אומרים זכר ליצ"מ והוא כנ"ל שבשבת יש בחי' גאולה שמתגלה התחדשות תוך הטבע כנ"ל:

Et ce qui est dit à propos du Chabbat : 'Et tu te souviendras que tu fus esclave... c'est pourquoi (ה' ton Dieu) t'à ordonné... de faire (le jour du) Chabbat' (Deutéronome 5,15) - le Maharal expliqué que c'est la raison pour laquelle le Chabbat est propre aux enfants d'Israël en particulier. Mais dans le Kidouch aussi on dit un rappel de la sortie d'Égypte, et c'est comme ci-dessus : le Chabbat comporte un aspect de rédemption où se dévoile un renouvellement au sein de la nature, comme ci-dessus.

En bref

Les commentateurs, au nom du Rambam, demandent comment commander « Tu aimeras », qui dépend de la nature de l’homme. Pour le Sfat Emet, la question elle-même est sa réponse : il est dans la nature de chaque homme d’Israël d’aimer le Nom, enfoui au fond du cœur ; par la volonté et le désir de trouver cet amour s’accomplit « j’ai peine et j’ai trouvé ». Dans le Sifri : du fait que tu mets ces paroles sur ton cœur, tu reconnais Celui qui dit et le monde fut, et se révèle l’esprit de sainteté qui est en son sein. Il faut y aspirer à tout moment, et par là s’ouvrent les portes du cœur.

Aussi : les commandements sont des généralités dont les détails relèvent de la Torah orale ; prier à voix haute, c’est s’appuyer sur le corps ; la prière de Moché pour entrer en Terre élève les prières qui ne peuvent s’élever.

קושית המפ' בשם הרמב"ם על מצות ואהבת וכדומה איך שייך ציווי בדבר התלוי בטבע האדם כו' והאמת כי הקושי' היא עצמה התירוץ שמזה נלמד שיש בטבע כל איש ישראל לאהוב להש"י בכל לבו ונפשו ורק שנטמן בעומק הלב וע"י הרצון והתשוקה למצוא זאת האהבה ע"ז נאמר יגעתי ומצאתי כו'. ובספרי והיו הדברים כו' למה נאמר לפי שנאמר ואהבת כו' א"י כיצד אלא מתוך שאתה נותן הדברים אל לבך תכיר מי שאמר והי' העולם כו'.

פי' כנ"ל שע"י שמשים האדם זה ללבו תמיד ומשתוקק לבוא לאהבת בוראו נגלה לו רוח הקדושה אשר בקרבו וע"ז נאמר חיי עולם נטע בתוכנו. והכלל שכל מצות שבתורה הם כללים.

והפרטים איך לבוא לקיום המצוה הוא בחי' תורה שבע"פ. לכן חביבים דברי סופרים כו' שדברי חכמים הם הקדמות איך לבוא לקיים מצות המפורשין בתורה כי דברי התורה נאמרים לאדם השלם שיש בו השלימות שיכול להשיג מעצמו והוא תורה שבע"פ כנ"ל.

ואף שקשה לצייר לקיים בכל לבבך. מ"מ צריך להיות הרצון והתשוקה לבוא לזה בכל עת ועי"ז נפתחים השערים שבלב האדם כנ"ל:

La question des commentateurs, au nom de Maimonide (le Rambam), sur le commandement 'Tu aimeras' et semblables : comment un commandement peut-il porter sur une chose qui dépend de la nature de l'homme, etc. Or la vérité est que la question elle-même est sa réponse, car de la on apprend qu'il est dans la nature de chaque homme d'Israël d'aimer le Nom (béni soit-Il) de tout son cœur et de toute son âme, sauf que cela est enfoui au fond du cœur ; et c'est par la volonté et le désir de trouver cet amour que s'accomplit ce qui est dit 'j'ai peine et j'ai trouvé' (Meguila 6b).

Et dans le Sifri : 'Et ces paroles seront...' pourquoi est-ce dit ? Parce qu'il est dit 'Tu aimeras', etc. : je ne sais pas comment ; mais du fait que tu mets ces paroles sur ton cœur, tu reconnaîtras Celui qui dit et le monde fut, etc.

L'explication est comme ci-dessus : c'est parce que l'homme met cela sur son cœur en permanence et aspire à parvenir à l'amour de son Créateur, que se révèle à lui l'esprit de sainteté qui est en son sein ; et c'est de cela qu'il est dit 'la vie éternelle Il à plantée en nous' (bénédiction sur la Torah). Le principe est que tous les commandements de la Torah sont des généralités, et les détails, comment parvenir à l'accomplissement du commandement, relèvent de la Torah orale.

C'est pourquoi les paroles des scribes sont chères, etc., car les paroles des sages sont les préambules pour parvenir à accomplir les commandements explicites dans la Torah ; car les paroles de la Torah sont dites à l'homme accompli, qui possède la perfection lui permettant d'atteindre par lui-même, et cela est la Torah orale, comme ci-dessus. Et bien qu'il soit difficile de se figurer comment accomplir 'de tout ton cœur', néanmoins il faut avoir la volonté et le désir d'y parvenir à tout moment, et par la s'ouvrent les portes qui sont dans le cœur de l'homme, comme ci-dessus.

[מ"ש חז"ל המשמיע קולו מקטני אמנה. קשה מה יתרון אמונה שהש"י שומע קול בלחש או בקול שניהם שוים.

וי"ל הפי' מה שסומך על מעשיו בגופו להשמיע קולו הוא מקטני אמנה שצריך לידע שהכל בכח הש"י שנותן לו כח להתפלל לפניו כנ"ל:

[Ce qu'ont dit nos sages (de mémoire bénie) : celui qui fait entendre sa voix (dans la prière) est de peu de foi (Berakhot 24b). Difficulté : quel avantage y a-t-il à la foi, puisque le Nom (béni soit-Il) entend la voix à voix basse où à voix haute, les deux étant égaux ?

On peut dire que l'explication est la suivante : le fait de s'appuyer sur ses propres actes, par son corps, pour faire entendre sa voix, cela relève du peu de foi ; car il faut savoir que tout est par la force du Nom (béni soit-Il), qui lui donne la force de prier devant Lui, comme ci-dessus.

מ"ש רש"י ז"ל הירא כשמטריחו יותר מדאי מניחו והולך. וקשה הלא ירא.

ואיך מניחו. ולפי שכל אנושי נראה שיותר נשמר האדם ע"י היראה.

הגם כי לא באנו לאהבה שלימה וא"י להעיד ע"ז. מ"מ אפשר לפרש ברש"י שכשמטריח האדם בתפלותיו ובקשותיו להש"י.

כשעובדו מאהבה עושה לו כל רצונו. אבל ביראה מניחו כו' כנ"ל:]

Ce qu'à écrit Rachi (de mémoire bénie) : 'le craintif, quand on l'importune trop, le laisse et s'en va'. Difficulté : n'est-il pas craintif ? comment donc le laisse-t-il ?

Selon la raison humaine, il apparaît que l'homme est davantage préserve par la crainte, bien que nous ne soyons pas parvenus à l'amour parfait et que l'on ne puisse en témoigner. Néanmoins on peut expliquer chez Rachi que, lorsque l'homme importune (le Ciel) par ses prières et ses demandes au Nom (béni soit-Il) : quand il Le sert par amour, Il lui accomplit toute sa volonté ; mais dans la crainte, Il le laisse, etc., comme ci-dessus.]

בפסוק היום הזה ראינו כו' ידבר אלקים את האדם וחי כו' למה כו' יוספים כו' לשמוע כו'. וקשה דלאו רישא סיפא ונראה כי לאשר בנ"י היו מוכנים למסור נפשם שהקדימו נעשה לנשמע לכן הי' חביב להם דברים אלו ששמעו במס"נ כי לא ידעו שיוכלו להיות נשארים בחיים.

ועתה שראינו כי ידבר כו' וחי אם יוספים כו' ולא יהי' במס"נ שיהי' רגיל אצלם לשמוע דבר ה' בדרך הטבע. ולכן ביקשו דבר אתה כו'.

והש"י שיבח דבריהם מי יתן כו' שמוכח שדיברו כן ע"י רצון יראת הש"י בלבם שרצו שלא יקיל בעיניהם לשמוע דבריו ית' בלי מס"נ כנ"ל. ובאמת י"ל שאין בכח אנושי לשמוע כו' וחי.

רק ע"י מס"נ. וגם מכבשן אש גשמיי ניצולו חנני' מ"ו ע"י מס"נ.

א"כ בפשיטות נוכל לומר שכשישמעו בלי מס"נ ומתנו כו' כנ"ל. וצריכין לזכור יום מתן תורה לעולם כדכתי' יום אשר עמדת כו' וזכירה זו מועלת להרגיש הארת מתן תורה דכתיב מצוך היום פירש"י בכל יום יהיו בעינך כחדשים שע"י שאדם מכין עצמו ומשתוקק להתדבק ביום מתן תורה יוכל להתחדש באמת הארת מתן תורה דכתי' ולא יסף ולא פסק.

ויש לדייק יום אשר עמדת לפני ה"א כו'. ולא כתיב אשר עמדת בו לפני ה"א.

רק שבנ"י העמידו יום מיוחד שעומד תמיד לפני הש"י והוא יום מתן תורה שמסרו כל בנ"י את נפשם בהקדמת נעשה לנשמע. וכדאיתא שגם בכ"א שעושה מצוה אותו יום מעיד עליו לפני השי"ת.

מכ"ש יום מתן תורה דכתי' יום הששי כו' ו' בסיון שבעבורו נברא שמים וארץ. ויכולין בנ"י למצוא הארת אותו היום בכל עת שדורשין אותו כראוי כנ"ל:

Sur le verset 'ce jour-ci nous avons vu... que Dieu parle à l'homme et que celui-ci vive' (Deut. 5,21), etc. : pourquoi... 'si nous continuons... à entendre'...

Difficulté : le début ne s'accorde pas avec la fin. Il semble que, parce que les enfants d'Israël étaient prêts à livrer leur âme, ayant fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons', ces paroles qu'ils avaient entendues au prix du don de soi (mesirout nefech) leur étaient chères, car ils ne savaient pas qu'ils pourraient rester en vie.

Et maintenant que 'nous avons vu que Dieu parle... et que l'homme vit', si nous continuons à entendre, cela ne serait plus par don de soi, et il leur deviendrait habituel d'entendre la parole de Dieu par la voie de la nature. C'est pourquoi ils demandèrent 'parle, toi...' (Deut.

5,24). Et le Nom (béni soit-Il) loua leurs paroles, 'qui donnera que ce cœur soit ainsi...' (Deut.

5,26), ce qui prouve qu'ils parlèrent ainsi par la volonté de la crainte du Nom dans leur cœur, voulant qu'il ne devienne pas léger à leurs yeux d'entendre Ses paroles (béni soit-Il) sans don de soi, comme ci-dessus. Et en vérité on peut dire qu'il n'est pas au pouvoir humain d'entendre... et de vivre, si ce n'est par le don de soi.

De même, c'est d'une fournaise de feu matérielle que Hanania et ses compagnons furent sauvés par le don de soi ; donc, tout simplement, on peut dire que s'ils avaient entendu sans don de soi, ils seraient morts, etc., comme ci-dessus. Et il faut se souvenir à jamais du jour du don de la Torah, comme il est écrit 'le jour où tu te tins (devant l'Éternel ton Dieu)' (Deut.

4,10) ; et ce souvenir aide à ressentir l'illumination du don de la Torah, dont il est écrit 'qu'Il t'ordonné aujourd'hui', que Rachi explique : 'chaque jour ils seront à tes yeux comme neufs' ; car en se préparant et en aspirant à s'attacher au jour du don de la Torah, l'homme peut renouveler véritablement l'illumination du don de la Torah, dont il est écrit 'et Il n'ajouta plus' (Deut. 5,19), qui ne cessa point.

Et il faut relever : 'le jour où tu te tins devant l'Éternel ton Dieu', et il n'est pas écrit 'le jour où tu te tins en lui devant l'Éternel ton Dieu' ; mais que les enfants d'Israël ont établi un jour particulier qui se tient toujours devant le Nom (béni soit-Il), et c'est le jour du don de la Torah, où tous les enfants d'Israël livrèrent leur âme en faisant précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons'. Et comme il est rapporté que même pour chacun qui accomplit un commandement, ce jour-la témoigne pour lui devant le Nom (béni soit-Il), à plus forte raison le jour du don de la Torah, dont il est écrit 'le sixième jour' (Gen.

1,31), etc., le 6 Sivan, en vue duquel furent créés les cieux et la terre. Et les enfants d'Israël peuvent trouver l'illumination de ce jour à tout moment où ils le recherchent comme il convient, comme ci-dessus.

תרל"ה

5635 (תרל״ה)

במדרש דיני תפילה ובפסוק מי גוי גדול כו' סמיכת גאולה לתפלה ע"ש. דהנה עיקר התפלה היא על התגלות כבודו ית' שיחזיר כבוד מלכותו בעולם כמו שיהי' לעתיד.

ובאמת כל המצות ומעש"ט הכל נקרא תפלה כי הכל לרמז על זה הרצון שאנו מקוים להרבות כבודו ולהיות לנו דביקות בו ית'. וז"ש ואני תפלה וכ"כ חז"ל עבודה שבלב זו תפלה.

ועד"ז אמרו חז"ל יסדר שבחו ש"מ ואח"כ יתפלל. וכן הקדמת יצ"מ וק"ש קודם התפלה הוא שיסדר אדם מקודם את המעט אשר יש לו מדביקות השי"ת.

כענין שמוע בישן אח"כ תשמע מחדש וק"ש היא הדביקות שיש לכל איש ישראל חלק בו אח"כ יבקש להרבות הדביקות כנ"ל:

Dans le Midrach, les lois de la prière, et sur le verset 'quelle est la grande nation...' (Deut. 4,7), le rapprochement de la délivrance (gueoula) et de la prière (tefila) ; vois-y.

Car voici, l'essentiel de la prière porte sur la révélation de Sa gloire (béni soit-Il), afin qu'Il restaure la gloire de Sa royauté dans le monde comme ce sera dans l'avenir. Et en vérité, tous les commandements et les bonnes actions sont tous appelés 'prière', car tout allude à cette volonté que nous espérons : accroître Sa gloire et avoir un attachement (devekout) à Lui (béni soit-Il).

C'est ce que dit 'et moi, (je suis) prière' (Ps. 109,4) ; et ainsi ont dit nos sages : 'le service du cœur, c'est la prière' (Taanit 2a).

Dans le même sens, nos sages ont dit : que l'on ordonné d'abord la louange (de Dieu), puis que l'on prie (Berakhot 32a). De même, faire précéder la sortie d'Égypte et le Chema à la prière, c'est que l'homme ordonné d'abord le peu qu'il possède d'attachement au Nom (béni soit-Il).

À la manière de 'si tu écoutes dans l'ancien, ensuite tu entendras du nouveau' : le Chema est l'attachement auquel chaque homme d'Israël à une part ; ensuite il demandera d'accroître l'attachement, comme ci-dessus.

ובפסוק אתה החילות להראות את עבדך את גדלך כו'. לעבדך לא נאמר אלא את עבדך.

הפי' שמרע"ה ביקש כמו שהתחיל השי"ת על ידו לעשות נסים ושיתגלה כבוד גדלו ע"י. כן יגמור הכל על ידו.

כמו שיהי' לעתיד נגלה כבוד שמו. וכמו כן צריך כל איש ישראל להתפלל להקב"ה על כוונה [*זו] לאשר בחר בנו וכבודו ית' מסר לנו שע"י מעשינו יתגלה כבוד שמו.

שזה רמזו במדרש קרובים אליו שהקב"ה כביכול מקרב עצמו לבנ"י. והוא כנ"ל שמסר כבודו ית' לנו.

אשר על כן יש לנו להשתוקק בכל כוחנו להרבות כבודו ית' בעולם כנ"ל. לכן מזכירין יצ"מ וגאולה קודם התפילה לעורר זאת הדביקות והבחירה שבחר בנו הקב"ה ויעזור לנו ע"ד כבוד שמו ית':

Et sur le verset 'Toi, Tu as commencé à montrer à Ton serviteur Ta grandeur...' (Deut. 3,24) : il n'est pas dit 'à Ton serviteur' (le-avdekha) mais 'Ton serviteur' (et avdekha).

L'explication : notre maître Moché (que la paix soit sur lui) demanda que, de même que le Nom (béni soit-Il) avait commencé par son intermédiaire à faire des miracles et que la gloire de Sa grandeur s'était révélée par lui, ainsi Il achève le tout par lui, comme ce sera dans l'avenir où la gloire de Son Nom se révélera. De même, chaque homme d'Israël doit prier le Saint béni soit-Il avec cette intention : qu'Il nous à choisis et nous à confie Sa gloire (béni soit-Il), de sorte que par nos actes se révèle la gloire de Son Nom.

C'est ce qu'ont allude les sages dans le Midrach 'proches de Lui' (Ps. 148,14) : que le Saint béni soit-Il, pour ainsi dire, se rapproche Lui-même des enfants d'Israël.

Et c'est comme ci-dessus : qu'Il nous à confie Sa gloire (béni soit-Il). C'est pourquoi nous avons à aspirer de toute notre force à accroître Sa gloire (béni soit-Il) dans le monde, comme ci-dessus.

C'est pour cela que l'on mentionne la sortie d'Égypte et la délivrance avant la prière : pour éveiller cet attachement et ce choix par lequel le Saint béni soit-Il nous à choisis, et qu'Il nous aide en vue de la gloire de Son Nom (béni soit-Il).

וזכרת כי עבד היית כו' ע"כ צוך כו' לעשות כו' השבת. אף כי עיקר טעם שבת בעבור ששבת הקב"ה כמ"ש בדברות ראשונות.

אך שלא יאמרו בנ"י אשר המה רחוקים מקדושת שבת. לכן נאמר ע"כ שהוציאנו ממצרים יש לנו דבקות וחיבור לקדושת שבת.

ובאמת בכל שבת מתעורר הגאולה. והנה יצ"מ היא יסוד לכל המצות.

כי ביצ"מ היו בנ"י עבדי ה' ואותה הנקודה צריכין לעורר תמיד וכל המעשים הם רק לגלות נקודה פנימיות שניתן לבנ"י ביצ"מ. וכן בכ"מ נאמר זכר ליצ"מ עד לעתיד דכתי' לא יאמר עוד כו'.

ושבת מעין עוה"ב שיש קצת חירות בעוה"ז:

'Et tu te souviendras que tu fus esclave (en Égypte)... c'est pourquoi Il t'à ordonné... d'observer... le chabbat' (Deut. 5,15).

Bien que le motif essentiel du chabbat soit que le Saint béni soit-Il s'est reposé, comme il est dit dans les premières Tables (Ex. 20,11) ; mais afin que les enfants d'Israël ne disent pas qu'ils sont éloignés de la sainteté du chabbat, c'est pourquoi il est dit : parce qu'Il nous à fait sortir d'Égypte, nous avons attachement et lien à la sainteté du chabbat.

Et en vérité, à chaque chabbat s'éveille la délivrance. Et voici, la sortie d'Égypte est le fondement de tous les commandements, car lors de la sortie d'Égypte les enfants d'Israël devinrent serviteurs de Dieu, et ce point-la, il faut l'éveiller sans cesse ; tous les actes ne servent qu'à révéler le point intérieur qui fut donné aux enfants d'Israël lors de la sortie d'Égypte.

Ainsi, en tout lieu il est dit 'en souvenir de la sortie d'Égypte', jusqu'à l'avenir dont il est écrit 'on ne dira plus...' (Jer. 23,7).

Et le chabbat est un avant-goût du monde à venir, car il y a un peu de liberté dans ce monde-ci.

תפלת מרע"ה לכנוס לארץ ולא נענה. נראה שהיא להעלות כל תפלות בנ"י אשר א"י לעלות.

כל אותן התפילות הפסולות יש להם תיקון ועלי' ע"י תפלה זו. והכל במדה לאשר מרע"ה מסר נפשו בעבור בנ"י וגם מה שביקש לעלות לא"י הי' ג"כ רק לטובת ישראל.

כי ידע שאם לא יכניסם הוא. ישחיתו אח"כ דרכם.

כמ"ש הן בעודני חי כו'. לכן הועיל תפלתו זאת לבנ"י אף שלא נעשה בקשתו לא הי' לבטלה ח"ו התפלה:

La prière de notre maître Moché (que la paix soit sur lui) pour entrer dans la Terre, qui ne fut pas exaucée. Il apparaît qu'elle sert à élever toutes les prières des enfants d'Israël qui ne peuvent s'élever.

Toutes ces prières invalides ont une réparation (tikoun) et une élévation par cette prière. Et tout est à la mesure de ce que notre maître Moché à livré son âme pour les enfants d'Israël ; et même ce qu'il demanda, de monter en Terre d'Israël, n'était aussi que pour le bien d'Israël.

Car il savait que s'il ne les faisait pas entrer, ils corromperaient ensuite leur voie, comme il est dit 'voici, de mon vivant...' (Deut. 31,27).

C'est pourquoi cette prière fut utile aux enfants d'Israël ; et bien que sa demande ne fut pas accomplie, la prière ne fut pas vaine, à Dieu ne plaise.

בפסוק לא מרובכם כו' כי אתם המעט כו'. תמוה אם כפשוטו מה קאמר לא מרובכם הואיל ואינם מרובים כלל.

ובמדרש ממעטין עצמם כו'. וי"ל ביאור הענין שיש לבנ"י ב' הבחי'.

כשהם במעלה הם מרובים מכולם. אך כשיורדים הם מועטין מכולם.

והטעם שא"י לקבל חיות מסט"א כמו כל האומות. ולכן כשאינם במקומם אין להם קיום.

ובאמת זו הבחי' היא עדות למעלות בנ"י. והיא יותר זכות מבחי' המרובה.

כי הריבוי שיש להם הוא מצד טובו ית' עמנו להשפיע לנו כיד המלך לאוהביו. אבל זו הבחי' שאין לנו בגלות קיום ע"י שאין רוצין לקבל חיות רק מהשי"ת כמ"ש אם שכחנו כו' ונפרוש כפינו לאל זר כו'.

וז"ש לא מרובכם כו' כי החשיבות אינו מצד הריבוי רק מצד המיעוט. והאמת כי בגלות ניכר כח ישראל וגם הגאולה שיהי' במהרה יהי' ג"כ בזכות זה שסובלין הגלות כראוי.

וזה צריך כל איש לידע כי בוודאי הקב"ה יגאל אותנו בקרוב. אבל אופן גוף הגאולה זה תלוי בעבודתינו בגלות כי מי שטרח בע"ש כו'.

ובגלות היא ההכנה להגאולה. והשי"ת יזכנו לעבדו בכל כוחנו כדי שיהי' הגאולה עצה"י טוב.

וז"ש יה"ר שנשמור חוקיך כו' לימות המשיח כו':

Sur le verset 'ce n'est pas parce que vous êtes plus nombreux... car vous êtes le moindre (des peuples)...' (Deut. 7,7).

C'est étonnant : si on le prend au sens simple, que veut dire 'ce n'est pas parce que vous êtes plus nombreux', puisqu'ils ne sont pas nombreux du tout ? Et dans le Midrach : 'ils se font petits...' (Houlin 89a).

On peut dire que l'explication de la chose est qu'il y a chez les enfants d'Israël deux aspects. Quand ils sont à leur élévation, ils sont plus nombreux que tous ; mais quand ils descendent, ils sont les moindres de tous.

La raison : c'est qu'ils ne peuvent recevoir la vitalité du 'côté autre' (sitra a'hra, les forces du mal) comme toutes les nations ; c'est pourquoi, lorsqu'ils ne sont pas à leur place, ils n'ont point de subsistance. Et en vérité cet aspect est un témoignage des vertus des enfants d'Israël, et il est un plus grand mérite que l'aspect du nombre.

Car le nombre qu'ils ont provient de Sa bonté (béni soit-Il) envers nous, pour nous prodiguer comme la main du roi à ceux qu'il aime ; mais cet aspect, que nous n'avons pas de subsistance dans l'exil parce que nous ne voulons recevoir la vitalité que du Nom (béni soit-Il), comme il est dit 'si nous avions oublié... et étendu nos mains vers un dieu étranger...' (Ps. 44,21).

C'est ce que dit 'ce n'est pas parce que vous êtes plus nombreux', car l'importance ne tient pas au nombre mais à la petitesse. Et la vérité est que dans l'exil se reconnaît la force d'Israël ; et aussi la délivrance, qui viendra bientôt, sera elle aussi par le mérite de ceci : de supporter l'exil comme il convient.

Cela, chaque homme doit le savoir : que certainement le Saint béni soit-Il nous délivrera bientôt, mais la manière même de la délivrance dépend de notre service dans l'exil, car 'celui qui a peine la veille du chabbat (mangera le chabbat)' (Avoda Zara 3a). Et l'exil est la préparation à la délivrance.

Et que le Nom (béni soit-Il) nous accorde de Le servir de toute notre force, afin que la délivrance soit pour le bien. C'est ce que dit 'que ce soit Ta volonté que nous observions Tes lois... aux jours du Messie...'.

תרל"ז

5637 (תרל״ז)

במדרש ואתחנן אל ה'. דיני תפלה.

מי שמכוון לבו לתפלה תפלתו נשמעת כו'. כי ענין התפלה בעולם אינו רק על הבקשה שאדם מבקש צרכיו כי הרי אמרו חכמים עבודה שבלב זו תפלה.

אבל הענין הוא כי בעוה"ז חסר השלימות בכל דבר קטן וגדול וצריך לבוא הגמר בישועת ה' ע"י תפלה לעורר פתיחת השורש שלמעלה מעוה"ז אשר שם אין חסרון. וזהו ענין אמרם ז"ל יסדר שבחו של מקום ואח"כ יתפלל כמ"ש אתה החילות להראות את עבדך כו'.

פי' שבוודאי נמצא הארות גם בעוה"ז כמ"ש שאו מרום עיניכם כו' מי ברא אלה. ואלה הדברים צריך אדם לסדר כמו שתיקנו חכמים פסוקי דזמרה וכל השבחים מחדש בנ"י מ"ב וכפי מה שאדם יכול להתבונן בעוה"ז בכבוד השי"ת.

אח"כ יתפלל על חסרון הבירור שיתברר באמת כבודו ית' כראוי כמו שיהי' לעתיד. וזאת היתה תפלת מרע"ה אתה החילות שע"י מרע"ה נתגלה כבוד ה' בכל הנסים מיצ"מ וקבלת התורה.

וז"ש את עבדך כלומר באמצעיות פעולת מרע"ה. לכן ביקש אעברה נא כו' כדי לתקן הגמר ג"כ.

ואם הי' מרע"ה נכנס עמהם הי' באמת תיקון הגמור. וזה נוהג באמת בכל איש ישראל.

וכן בכלל שע"י בנ"י נתקדש שמו ית' כמ"ש עם זו יצרתי לי כו' והכל לכבודו ברא. ויש קצת התחלה בכל איש ישראל שצריך לחלות ולחנן לגמור ולתקן הכל.

וזה נק' כוון לבו לתפלה. ובמ"א הארכנו:

Dans le Midrach 'et j'implorai l'Éternel' (Deut. 3,23), les lois de la prière : celui qui dirige son cœur vers la prière, sa prière est exaucée, etc.

Car l'objet de la prière dans le monde ne se limite pas à la demande par laquelle l'homme sollicite ses besoins, puisque les sages ont dit 'le service du cœur, c'est la prière'. Mais la chose est que, dans ce monde-ci, la perfection fait défaut en toute chose petite et grande, et l'achèvement doit venir par le salut de Dieu, au moyen de la prière, pour éveiller l'ouverture de la racine qui est au-dessus de ce monde, la où il n'y a nul manque.

Tel est le sens de ce qu'ils ont dit (de mémoire bénie) : que l'on ordonné la louange de l'Omniprésent, puis que l'on prie, comme il est dit 'Toi, Tu as commencé à montrer à Ton serviteur...'. L'explication : certes, il se trouve des illuminations aussi dans ce monde-ci, comme il est dit 'levez vos yeux en haut... qui a créé ceux-là' (Is.

40,26). Et ces choses, l'homme doit les ordonner, comme les sages ont institué les Psaumes de louange (Pessoukei de-zimra) et toutes les louanges que renouvellent les enfants d'Israël, et selon ce que l'homme peut contempler dans ce monde-ci de la gloire du Nom (béni soit-Il).

Ensuite il priera sur le manque de clarification, afin que Sa gloire (béni soit-Il) soit véritablement clarifiée comme il convient, comme ce sera dans l'avenir. Telle fut la prière de notre maître Moché 'Toi, Tu as commencé' : car par notre maître Moché se révéla la gloire de Dieu dans tous les miracles, depuis la sortie d'Égypte et le don de la Torah.

C'est ce que dit 'Ton serviteur', c'est-à-dire par l'intermédiaire de l'action de notre maître Moché. C'est pourquoi il demanda 'que je passe donc...' (Deut.

3,25), afin de réparer aussi l'achèvement. Et si notre maître Moché était entre avec eux, c'eut été véritablement la réparation complète.

Et cela vaut en vérité pour chaque homme d'Israël. De même, en général, c'est par les enfants d'Israël que Son Nom (béni soit-Il) est sanctifié, comme il est dit 'ce peuple que Je Me suis forme...

(racontera Ma louange)' (Is. 43,21), et tout, Il l'à créé pour Sa gloire.

Et il y a un début en chaque homme d'Israël, qui doit implorer et supplier pour achever et tout réparer. C'est ce qu'on appelle 'diriger son cœur vers la prière'.

Nous nous sommes étendus ailleurs (sur ce sujet).

זכור ושמור בדיבור א' נאמרו. ובזכור כ' כי ששת ימים כו' ע"כ ברך.

ובשמור כ' וזכרת כו' עבד היית כו' ע"כ צוך כו' לעשות כו' השבת. והענין הוא כי בקבלת התורה הי' התגלות הקדושה והיו בנ"י מתוקנים והיו מוכנים לתקן כל הבריאה כמ"ש שעשרת הדברות היו תיקון עשרה מאמרות.

ובאמת כך הי' בריאת שמים וארץ להיות ניכר מתוך הבריאה כבוד הבורא. וזה נק' שבת בראשית ששבת והי' לו נייחא מתוך הבריאה.

אכן ע"י עמלק הרשע שבלבל את בנ"י וכביכול נתמעט ע"י כבוד שמו הגדול והוא שגרם לבנ"י לחטא. ועי"ז הי' העצה ע"י בנ"י בלבד כי הי' מזיק להם התערובות כיון שלא נכפפו האומות וחזר להיות נסתר כבוד שמים בעולם.

לכן נעשה השבת בבחי' יציאת מצרים בפרט לישראל כמ"ש ע"כ צוך כו'. ולכן כ' שמור שצריכין שוב שמירה.

ומקודם כ' זכור כי לא היו צריכין שמירה והי' כל העבודה רק להטות כל הברואים אליו יתברך ובמ"א הארכנו לכן קצרתי:

'Souviens-toi' et 'garde' furent dits en une seule parole. Dans 'souviens-toi' il est écrit 'car en six jours...' (Ex.

20,11) 'c'est pourquoi Il à béni' ; et dans 'garde' il est écrit 'et tu te souviendras... tu fus esclave... c'est pourquoi Il t'à ordonné... d'observer... le chabbat'. La chose est que, lors du don de la Torah, il y eut révélation de la sainteté ; les enfants d'Israël étaient réparés (accomplis) et prêts à réparer toute la Création, comme il est dit que les dix Paroles (du Décalogue) étaient la réparation des dix énoncés (par lesquels le monde fut créé).

Et en vérité, telle fut la création des cieux et de la terre : que la gloire du Créateur soit reconnue au travers de la Création. C'est ce qu'on appelle 'le chabbat de la Genèse', où Il se reposa et eut apaisement au travers de la Création.

Mais par Amalek le mécréant, qui troubla les enfants d'Israël et, pour ainsi dire, diminua par la la gloire de Son grand Nom, c'est lui qui fit fauter les enfants d'Israël. Par la, le remède ne put être que par les enfants d'Israël seuls, car le mélange leur était nuisible, puisque les nations ne s'étaient pas soumises et que la gloire du Ciel redevint cachée dans le monde.

C'est pourquoi le chabbat fut institué sous l'aspect de la sortie d'Égypte, en particulier pour Israël, comme il est dit 'c'est pourquoi Il t'à ordonné...'. Et c'est pourquoi il est écrit 'garde', car il faut de nouveau une garde ; et auparavant il est écrit 'souviens-toi', car ils n'avaient pas besoin de garde, et tout le service consistait seulement à incliner toutes les créatures vers Lui (béni soit-Il).

Nous nous sommes étendus ailleurs, c'est pourquoi j'ai abrégé.

בפסוק ושמרתם ועשיתם כ"ה חכמתכם ובינתכם לעיני העמים כו' רק השמר כו' פן תשכח כו' הדברים אשר ראו עיניך כו' ויש להקשות וכי הי' כוונת מרע"ה שעבודת בנ"י יהי' מטעם שיהיו חכמים ונבונים בעיני העמים. אבל ביאור הענין כי בוודאי מדרגת בנ"י היא למעלה מהטבע כמו שהי' במעמד הר סיני כולם מוכנים לנבואה וכמ"ש ראתה שפחה מה שלא ראו נביאים.

והי' עבודת בנ"י כמ"ש באדם הראשון לעבדה ולשמרה הכל ברוחניות. אכן אח"כ שנפלו ממדרגתם צריך להיות העצה רק ע"י תיקון המעשים בגשמיות כמ"ש תרי"ג מצות הם עיטין ועצות לבוא לעיקר העבודה כי עתה שיש סט"א ותערובת טו"ר בעולם לכן ע"י המצות במעשה שעי"ז מתנוצץ הארת הקדושה בתוך המעשים זאת מסמא עיני הרשעים כמ"ש וראו כו' כי שם ה' נקרא עליך ויראו ממך.

וז"ש כי הוא חכמתכם כו' שהחכמה והבינה שמאירים תוך המעשים הוא נצרך לעיני העמים כו' כדי שיפול עליהם אימה ופחד ואמרו רק עם חכם ונבון כו'. רק השמר כו' שאעפ"כ צריך האדם לידע כי לא זאת העיקר רק צריך להשתוקק לבוא אל עיקר המעלה ומדרגת בנ"י כמו שהי' במתן תורה.

וכן הוא תמיד ימי המעשה הם בחי' חכמה ובינה שתוך המעשה כנ"ל עי"ז זוכין אח"כ לשבת שהוא מעין עוה"ב לכן בשבת ניתנה תורה לישראל ואעפ"כ צריכין כל ימי המעשה לזכור את השבת כנ"ל שזה עיקר המכוון:

Sur le verset 'vous observerez et accomplirez (ces lois), car c'est la votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples...' (Deut. 4,6), 'seulement, garde-toi... de peur que tu n'oublies... les choses que tes yeux ont vues...' (Deut.

4,9). Il y a lieu d'objecter : l'intention de notre maître Moché était-elle donc que le service des enfants d'Israël ait pour motif d'être sages et intelligents aux yeux des peuples ?

Mais l'explication de la chose est que, certes, le degré des enfants d'Israël est au-dessus de la nature, comme ce fut au mont Sinaï où tous étaient prêts à la prophétie, et comme il est dit qu'une servante vit (sur la mer) ce que n'ont pas vu les prophètes. Le service des enfants d'Israël était comme il est dit du premier homme 'pour la travailler et la garder' (Gen.

2,15), le tout dans la spiritualité. Mais ensuite, une fois tombés de leur degré, le remède ne put être que par la réparation des actes dans la matérialité, comme il est dit que les 613 commandements sont des conseils et des moyens (itin ve-etsot) pour parvenir à l'essentiel du service ; car maintenant qu'il y a le 'côté autre' et un mélange de bien et de mal dans le monde, c'est donc par les commandements accomplis en acte, par quoi étincelle l'illumination de la sainteté au sein des actes, que sont aveugles les yeux des mécréants, comme il est dit 'ils verront... que le Nom de Dieu est invoqué sur toi, et ils te craindront' (Deut.

28,10). C'est ce que dit 'car c'est la votre sagesse...' : la sagesse et l'intelligence qui illuminent au sein des actes sont nécessaires aux yeux des peuples, afin qu'il tombe sur eux terreur et effroi et qu'ils disent 'seulement un peuple sage et intelligent...'. 'Seulement, garde-toi...' : car malgré cela l'homme doit savoir que ce n'est pas la l'essentiel, mais qu'il faut aspirer à parvenir à l'essentiel de l'élévation et au degré des enfants d'Israël tel qu'il fut au don de la Torah.

Et il en est toujours ainsi : les jours ouvrables sont l'aspect de la sagesse et de l'intelligence qui sont au sein de l'acte, comme ci-dessus ; par la on mérite ensuite le chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir ; c'est pourquoi c'est un chabbat que la Torah fut donnée à Israël ; et malgré cela il faut, tous les jours ouvrables, se souvenir du chabbat, comme ci-dessus, car tel est l'essentiel du but.

תרל"ח

5638 (תרל״ח)

ב"ה ואתחנן בקיצור כי כבר כתבתי מזה

Avec l'aide du Ciel. Vaetchanan, en bref, car j'ai déjà écrit sur ce sujet (ב״ה ואתחנן בקיצור כי כבר כתבתי מזה).

En bref

« Soir, matin et midi » (Tehilim 55,18) : « en ce temps-là » indique un temps particulier pour la prière, rattachement du temps à sa racine cachée. Le Sfat Emet enseigne que ces temps sont le renouvellement quotidien de la création : on ordonne d'abord la louange, par les bénédictions et le Chema, et les portes de la prière s'ouvrent. La prière de Moché demeure et prépare Israël en exil : elle tient lieu des offrandes perpétuelles. Sachant que son entrée empêcherait la faute et l'exil, il laisse cet ordre, présent ouvert à toute la génération de l'exil.

Aussi : le souvenir du Sinaï par le don de soi ; les justes qui ne demandent qu'un don gratuit ; l'amour éveillé par le Chema.

במדרש ערב ובוקר וצהרים כו'. דכתיב בעת ההוא משמע שיש עת מיוחד לתפלה כמ"ש שערי תפלה פעמים פתוחים כו' ועת ההיא הוא התקשרות הזמן בשורש העליון הנסתר.

ונק' ההוא. והם זמני תפלה שגילה השי"ת לבנ"י דכתיב מחדש בכל יום מ"ב וזהו ענין שאמרו חכמים יסדר שבחו של מקום ואח"כ יתפלל.

וסידור שש"מ הוא בירור ההתחדשות שמבררין בכל יום ע"י הברכות וק"ש שבחו ש"מ שמחדש ומחי' את כולם ועי"ז נפתחין שערי תפלה. והגם כי בכל עת צרה צריכין להתפלל להבורא ית' ונק' תפלה לעני כענין שאמרו שערי דמעות לא ננעלו אף לשפלים שא"י לסדר שבחו ש"מ כראוי.

אבל תפלה למשה היא לכוון פתיחת שערי תפלה כנ"ל ובוודאי לא הי' תפלת מרע"ה לשוא אך הי' הכנה ומתנה טובה לבנ"י בגלות ללמדם סדר תפלה. וע"י הכנה זו פתח כח לכל בנ"י בגלות כי הנה הפצרת מרע"ה לכנוס לארץ הי' בעבור כי ידע אם הוא יכניסם לארץ לא היו באין לידי חטא וגלות כלל.

וכיון שלא הכניסם לארץ הניח לנו סדר תפלה שהוא במקום הקרבנות והוא כנ"ל לכוון פתיחת שערים עליונים כענין התמידין כמ"ש בפ' פנחס להקריב לי במועדו כו' ואח"כ מוספין שבתות ויו"ט. ופרשנו כי כמו בכל יו"ט יש הארה מעולם העליון כמ"ש בזוה"ק שנק' יום טוב ע"ש אור הצפון כו' ע"ש פ' אמור.

כמו כן בכל יום יש התחדשות מ"ב ובזמן המקדש בכל קרבן הי' כמו יו"ט כידוע. וכמו כן בבוקר יש התחדשות ונק' במועדו.

ובשבתות ויו"ט יש תוספות על זה אבל כתי' על עולת התמיד יעשה כו'. משמע שיסוד הקרבנות הם התמידין וכמו כן עתה בתפלות שבמקום תמידין תקנום כנ"ל.

וזה הכח נתן מרע"ה לבנ"י במתנה כמ"ש שם וידבר משה את מועדי ה' אל בנ"י וז"ש שם רש"י המשל שא"ל הקב"ה עד שאתה מצוני צוה את בני עלי ומסר להם הסדר הזה כנ"ל:

Dans le Midrach : 'Soir, matin et midi...' (Ps 55,18). Car il est écrit 'en ce temps-la' (Deut 3,23), ce qui indique qu'il existe un temps particulier pour la prière, comme il est dit 'les portes de la prière sont parfois ouvertes...'.

Et ce temps-la est le rattachement du temps à sa racine supérieure cachée ; c'est pourquoi il est appelé 'ce (temps)-la'. Ce sont les temps de prière que le Saint, béni soit-Il, à révélés à Israël, comme il est écrit 'Il renouvelle chaque jour l'œuvre de la Création'.

Et c'est le sens de ce qu'ont dit les Sages : que l'on ordonné d'abord la louange de l'Omniprésent, puis que l'on prie. Or l'ordonnancement de la louange de l'Omniprésent est le discernement du renouvellement que l'on clarifié chaque jour par les bénédictions et le Chema : la louange de l'Omniprésent qui renouvelle et fait vivre toutes choses ; et par cela s'ouvrent les portes de la prière.

Bien qu'en tout temps de détresse il faille prier le Créateur, béni soit-Il -- et cela s'appelle 'prière du pauvre' (Ps 102,1), dans le sens de ce qu'ils ont dit que 'les portes des larmes ne sont pas fermées', même pour les humbles qui ne savent pas ordonner comme il convient la louange de l'Omniprésent -- la 'prière de Moché', elle, vise à ouvrir les portes de la prière, comme ci-dessus. Assurément la prière de notre maître Moché (la paix sur lui) ne fut pas vaine, mais elle fut une préparation et un bon présent pour Israël en exil, afin de leur enseigner l'ordre de la prière.

Et par cette préparation il ouvrit une force pour tout Israël en exil. Car voici, l'insistance de notre maître Moché à entrer dans la Terre était parce qu'il savait que s'il les y faisait entrer, ils n'en viendraient jamais à la faute ni à l'exil.

Et puisqu'il ne les fit pas entrer dans la Terre, il nous laissa l'ordre de la prière, qui tient lieu des sacrifices, et qui, comme ci-dessus, vise à ouvrir les portes supérieures, à la manière des offrandes perpétuelles (temidin), comme il est écrit dans la paracha Pin'has 'de M'offrir en son temps fixe...', puis les offrandes additionnelles (moussafin) des chabbats et des jours de fête. Et nous avons expliqué que, de même qu'à chaque jour de fête il y a une illumination du monde supérieur -- comme il est dit dans le Zohar que 'jour bon' (yom tov) est ainsi nommé d'après la lumière cachée..., voir la paracha Emor -- de même chaque jour il y a un renouvellement de l'œuvre de la Création ; et au temps du Temple, chaque sacrifice était comme un jour de fête, comme on le sait.

Et de même le matin il y a un renouvellement, appelé 'en son temps fixe'. Et aux chabbats et jours de fête il y a un ajout par-dessus cela, mais il est écrit 'sur l'offrande perpétuelle il fera...', ce qui indique que le fondement des sacrifices, ce sont les offrandes perpétuelles ; et de même maintenant pour les prières qu'on a instituées à la place des offrandes perpétuelles, comme ci-dessus.

Et cette force, notre maître Moché l'à donnée à Israël en présent, comme il est écrit la 'Et Moché dit les temps fixés de l'Éternel aux enfants d'Israël'. Et c'est ce qu'y dit Rachi : la parabole, que le Saint béni soit-Il lui dit : avant que tu ne Me commandés, commande Mes enfants à Mon sujet ; et il leur transmit cet ordre, comme ci-dessus.

מצות זכירת מתן תורה שדרשו חז"ל מה להלן ברתת ובזיע כו'. פי' ההיקש שבכח האדם ע"י הזכירה והשתוקקות לדביקות התורה יכול לעורר התלהבות.

כענין שאמרו הדברים שמחים כנתינתן. דכתיב קול גדול ולא יסף מתרגמינן ולא פסק וכ"כ את הדברים כו' דבר כו' א"כ קהלכם.

פי' גם עתה בכל עת שמתאספין ביחד לש"ש. וכמו התאספות כל א' כל רצונותיו וכוחותיו לעבודת הבורא ית' אף שא"י לקיים בפועל רתת וזיע כמו בהר סיני אעפ"כ הכנה אז הי' לכל בנ"י לדורות.

והנה למה הי' צריך הבורא ית' לתת התורה באופן זה שיצתה נשמתן של ישראל והלא הבורא ית' לא יפלא ממנו כל דבר והי' יכול לדבר עם בנ"י באופן טבעי ג"כ כי הוא כל יכול. אבל רצה להראות לדורות שא"א להתקרב אל התורה רק ע"י מסירת נפש.

וא' המרבה וא' הממעיט כפי מה שבוחרים בדרכי אבותינו וחפצים למס"נ בעבור התורה זוכין לעורר כח מעמד הר סיני. והנה מרע"ה מחבב עמידת הר סיני לבנ"י מי גוי גדול כו'.

ולכאורה יפלא כי מרע"ה הי' שכינה מדברת מתוך גרונו תמיד ובנ"י שמעו פעם א' דיבור הקדוש בהר סיני והי' צריך להיות חביב להם ביותר. אבל האמת זה סימן מובהק מי שניתוסף לו בכל עת יותר חשק ורצון ואהבה אל התורה ע"י רוב התעסקות בה.

הוא סי' שלומד לשמה באמת כענין מילתא אלבישייהו יקירא ולכן מרע"ה מה ששמע יותר מהשי"ת נתלהב בכל עת יותר ויותר כמ"ש במדרש ויחי שדגים חיותן במים מצפין לכל טפה כאלו לא טעמו טעם מים כן בנ"י לתורה ע"ש. ואפשר שזה הי' מחלוקת בנ"י עם מרע"ה שהם אמרו אם יוספים אנחנו לשמוע כו' שיראו שעי"ז יבא הדבר לרגילות ויפלו מהתלהבות שלהם וכפי מדרגתם הי' אמת דבריהם והסכים הקב"ה עמהם.

אבל מרע"ה כפי מדרגתו ידע שכל מה ששומעין יותר יתרבה התלהבות יותר כנ"ל:

Le commandement de se souvenir du don de la Torah, que nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : 'de même que la-bas (au Sinaï) ce fut dans le tremblement et le frémissement...'. Explication : l'analogie signifie qu'il est au pouvoir de l'homme, par le souvenir et l'aspiration à s'attacher à la Torah, d'éveiller l'enthousiasme.

Dans le sens de ce qu'ils ont dit : 'que les paroles (de Torah) soient joyeuses comme au jour de leur don'. Car il est écrit 'une grande voix qui ne cessa pas' (Deut 5,19) -- nous traduisons (Onkelos) 'qui ne s'interrompit pas' ; et de même il est écrit 'ces paroles... l'Éternel les dit... à toute votre assemblée'.

Explication : même maintenant, en tout temps où l'on se rassemble ensemble pour le nom du Ciel. Et de même que chacun rassemble toutes ses volontés et toutes ses forces au service du Créateur, béni soit-Il -- bien qu'on ne puisse pas réaliser dans les faits le tremblement et le frémissement comme au mont Sinaï -- malgré cela, il y eut alors une préparation pour tout Israël, pour les générations.

Or, pourquoi le Créateur, béni soit-Il, dut-Il donner la Torah de cette manière, où l'âme d'Israël sortait (d'eux) -- alors que rien n'est trop difficile pour le Créateur, béni soit-Il, et qu'Il aurait pu parler avec Israël d'une manière naturelle aussi, car Il est tout-puissant ? Mais Il voulut montrer aux générations qu'il est impossible de s'approcher de la Torah sinon par le don de soi (mesirout nefech).

Et l'un qui fait beaucoup et l'un qui fait peu, selon qu'ils choisissent les voies de nos pères et désirent le don de soi pour la Torah, méritent d'éveiller la force de la station du mont Sinaï. Or notre maître Moché chérit devant Israël la station du mont Sinaï : 'quelle est la grande nation...' (Deut 4,7-8).

À première vue cela étonne, car chez notre maître Moché la Chekhina parlait de sa gorge en permanence, tandis qu'Israël n'entendit qu'une seule fois la parole sainte au mont Sinaï -- cela aurait dû leur être plus cher à eux. Mais en vérité, c'est un signe manifeste : celui à qui s'ajoute à chaque instant davantage de désir, de volonté et d'amour pour la Torah par la multiplication de son occupation en elle, c'est le signe qu'il étudie véritablement pour elle-même (lichma), dans le sens de 'une chose, plus on s'en revêt, plus elle est précieuse'.

C'est pourquoi notre maître Moché, plus il entendait du Saint béni soit-Il, plus il s'enflammait à chaque instant davantage, comme il est dit dans le Midrach Vaye'hi que 'les poissons, dont la vie est dans l'eau, guettent chaque goutte comme s'ils n'avaient jamais goûte le goût de l'eau' -- ainsi Israël pour la Torah, voir la-bas. Et il se peut que ce fut la la contestation d'Israël avec notre maître Moché : eux disaient 'si nous continuons à entendre...' (Deut 5,22), car ils craignaient que par cela la chose ne devienne habitude et qu'ils ne dechoient de leur enthousiasme ; et selon leur niveau leurs paroles étaient vraies, et le Saint béni soit-Il fut d'accord avec eux.

Mais notre maître Moché, selon son niveau, savait que plus on entend, plus l'enthousiasme s'accroît, comme ci-dessus.

תרל"ט

5639 (תרל״ט)

ברש"י ומד' אע"פ שיש לצדיקים לתלות במעשיהם הטובים אין מבקשין אלא מתנת חנם. ואינו מובן הלא באמת לא נשמע תפלתו זאת ואיך נאמר שגם בדין הי' לו לתבוע.

אבל הענין הוא כי באמת היתכן לתבוע בדין מהבורא ית'. רק שיש מתנה במשפט.

כענין שאמרו אי לאו דעביד לי' נייחא נפשי' כו'. אבל המה רוצין רק מתנת חנם לגמרי בלי שום טעם של נחת רוח שעשו לפניו ית'.

וכן הלשון במד' ורחמתי כו' אשר ארחם מי שיש לו ברחמים אני עמו ומי שאין לו אחון במתנת חנם כו' הרי שגם למי שיש לו צריך למדת הרחמים כנ"ל. והנה באמת זאת היא בחינת א"י דלית לי' מגרמי' כלום והיא מתנה שנתן הבורא ית' לאבות שיכניס בניהם לארץ ישראל ומה"ט עצמו לא נכנס בו מרע"ה כי לא הי' בעבור עונש בלבד.

אבל הי' מיוחד ליהושע שקיבל הארה רק ממרע"ה ול"ל מגרמי' כלום. והיא בחי' תפלה כי דור המדבר הי' בחינת תורה ועתה התחיל בחי' תפלה.

ולכן בא מרע"ה במדת תחנונים עפ"י מ"ש בזוהר על דוד המע"ה עביד גרמי' עני כו'. והוא הרבותא שאמרו חז"ל שהצדיקים יכולין לבטל עצמם כ"כ אע"פ שיש להם עושר במצות ומעש"ט יכולין להעמיד עצמן בבחי' רש ונקלה שירגיש באמת שחסר לו כמ"ש במ"א בענין וייצר לו גבי יעקב אע"ה.

אכן הבורא ית' לא חפץ שמשה רבינו ע"ה ירד ממדריגה עליונה אשר לו. וזה שאמר מרע"ה לבנ"י איך שנתרצה לרדת ממדרגתו בעבורם כי ידע שכשיכנס עמהם יתקן אותם ולא יהי' עוד גלות.

ולכן אמר אתה החלות כו' להשפיל עצמו כי אע"פ שעתה נתעלה הלא הכל מאתו ית' [ואפשר ע"ז השיב הש"י רב לך כי הוא באמת רב ואינו במדרגה זו]:

Dans Rachi et le Midrach : bien que les justes aient de quoi s'appuyer sur leurs bonnes actions, ils ne demandent qu'un don gratuit. Et cela n'est pas compris : car en vérité cette prière-la ne fut pas exaucée, alors comment dire qu'il aurait aussi pu réclamer en (stricte) justice ?

Mais l'affaire est ainsi : en vérité, est-il possible de réclamer en (stricte) justice du Créateur, béni soit-Il ? Seulement, il y a un don au sein du jugement, dans le sens de ce qu'ils ont dit 'si ce n'était qu'il Lui procure satisfaction...'.

Mais eux ne veulent qu'un don entièrement gratuit, sans aucune raison de contentement qu'ils auraient procure devant Lui, béni soit-Il. Et de même le langage du Midrach : 'et Je ferai miséricorde... à qui Je ferai miséricorde' -- celui qui a (des mérites), Je suis avec lui par miséricorde, et celui qui n'à pas, Je le gratifie par un don gratuit... : voilà que même celui qui a (des mérites) à besoin de la mesure de miséricorde, comme ci-dessus.

Or, en vérité, ceci est l'aspect de la Terre d'Israël, 'qui n'à rien d'elle-même', et c'est un don que le Créateur, béni soit-Il, à donné aux Patriarches, qu'Il ferait entrer leurs enfants en Terre d'Israël. Et pour cette raison même, notre maître Moché n'y entra pas -- car ce ne fut pas seulement à cause d'une punition.

Mais (la Terre) était réservée à Josue, qui ne reçut d'illumination que de notre maître Moché, et qui n'à rien de lui-même. Et c'est l'aspect de la prière, car la génération du désert était de l'aspect de la Torah, et maintenant commence l'aspect de la prière.

C'est pourquoi notre maître Moché vint avec la mesure des supplications, selon ce qui est dit dans le Zohar au sujet de David, roi d'Israël : 'il se fit pauvre...'. Et c'est la nouveauté qu'ont enseignée nos Sages : que les justes peuvent s'annuler à ce point que, bien qu'ils aient une richesse en commandements et en bonnes actions, ils peuvent se placer dans l'aspect du démuni et du méprise, au point de ressentir véritablement qu'il leur manque (quelque chose), comme il est écrit ailleurs à propos de 'et il eut de l'angoisse' au sujet de Yaakov, la paix sur lui.

Toutefois le Créateur, béni soit-Il, ne voulut pas que notre maître Moché, la paix sur lui, descende du degré supérieur qui était le sien. Et c'est ce que notre maître Moché dit à Israël : comment il consentit à descendre de son degré à cause d'eux, car il savait que s'il entrait avec eux il les rectifierait et qu'il n'y aurait plus d'exil.

C'est pourquoi il dit 'Tu as commencé...' (Deut 3,24), pour s'abaisser -- car bien que maintenant il fut élève, tout venait pourtant de Lui, béni soit-Il. [Et il se peut que sur cela le Saint béni soit-Il répondit 'C'est assez pour toi' (Deut 3,26) -- car il est vraiment grand (rav) et ne se trouve pas dans ce degré-la.]

בפסוק א"ה האלה דבר ה' אל כל קהלכם. כל מיותר לכאורה.

וי"ל על כל הקהילות שמתאספין בנ"י תמיד כמ"ש חז"ל עשרה שיושבים ויש ביניהם ד"ת שכינה שרויה ביניהם. וכ"ז בא בשעת מתן תורה כמ"ש הקהל כו' ואשמיעם את דברי הי' הכנה והארה שכל התאספות של בנ"י לדורי דורות יכולין לעורר אותן הדברים.

כמ"ש קול גדול ולא יסף ולא פסק. וכמו שעשרה מאמרות הוא יסד ובנין על כל הבריאה.

כן עשרת הדברות הם יסוד ובנין על כל הנהגת בנ"י. רק ההפרש שמאמרות היו ברצון הבורא ית' בלבד אבל הדיברות היו ע"י הכנת בנ"י שהקדימו נעשה ומס"נ על כבוד שמו ית'.

לכן גם עתה מעוררין זה הכח ע"י הכנה למטה. וכמו כן בנפש אדם עצמו כשמאסף כל הכחות להשתעבד אליו ית' הוא בכלל כל קהלכם.

וכן איתא מנין שאפי' א' יושב ושונה כו':

Sur le verset 'ces paroles-la, l'Éternel les dit à toute votre assemblée' (Deut 5,19). Le mot 'toute' semble superflu.

Et l'on peut dire qu'il vise toutes les assemblées où Israël se rassemble constamment, comme l'ont dit nos Sages : 'dix qui siègent et parmi lesquels il y a des paroles de Torah, la Chekhina réside parmi eux'. Et tout cela advint au moment du don de la Torah, comme il est écrit 'Rassemble... et Je leur ferai entendre Mes paroles' (Deut 4,10) -- ce fut une préparation et une illumination : que tout rassemblement d'Israël, pour les générations des générations, puisse éveiller ces paroles-la, comme il est écrit 'une grande voix qui ne cessa ni ne s'interrompit'.

Et de même que les dix paroles (de la Création) sont fondement et édifice de toute la Création, ainsi les dix Commandements sont fondement et édifice de toute la conduite d'Israël. Seule différence : les dix paroles furent par la seule volonté du Créateur, béni soit-Il, tandis que les Commandements furent par la préparation d'Israël, qui ont place en tête 'nous ferons' et le don de soi pour l'honneur de Son nom, béni soit-Il.

C'est pourquoi, même maintenant, on éveille cette force par une préparation d'en bas. Et de même dans l'âme de l'homme lui-même : lorsqu'il rassemble toutes ses forces pour se soumettre à Lui, béni soit-Il, il est compris dans 'toute votre assemblée'.

Et de même il est enseigné : d'où (sait-on) que même un seul qui siège et étudie (la Chekhina est avec lui)...

תר"מ

5640 (תר״מ)

במדרש עשרה לשונות של תפלה כו' ומכולם לא נתפלל משה רק בתחנונים. וברש"י אע"פ שיש להם לצדיקים לתלות במעש"ט כו'.

הענין הוא כי ענין א"י היא בחי' תפלה כמ"ש מענין דוד המע"ה דלית לי' מגרמי' כלום. ולכן א"י במתנה נתנה הקב"ה לבנ"י בהבטחת אבות.

כמ"ש כ"פ אשר אני נותן. ה"א נותן לך כו'.

ולכן לא נכנס מרע"ה לשם כי מעלתו גדלה ולא הי' נצרך לבחי' מתנה. אכן הצדיקים באמת חפצים יותר שיצטרכו לקבל מתנת הבורא ית' משירויחו ע"י מעשיהם.

כמו שהקב"ה בטובתו חפץ שיזכו בנ"י במעשיהם כמ"ש דמאן דאכיל דלאו דילי' בהית לאיסתכולי כו'. כן בנ"י חפצים לזכות רק במתנת חנם להיות להם הכנעה יתירה לפניו ית'.

וזה השבח הגדול שהכניס עצמו מרע"ה לבחי' התפלה בתחנונים. אכן הקב"ה לא חפץ שירד מרע"ה ממדרגתו העליונה וא"ל רב לך כו' שהוא במדרגה יתירה מזה.

אכן פעל מרע"ה ולימד סדר תפלה לבנ"י והי' זה הכנה לביאת הארץ ונאמר ושא עיניך כו' והוא ינחיל כו' הארץ אשר תראה כלומר שכפי הכנה שלו בראיתו כן ינחיל אותם יהושע. ובאמת כל חפצו של מרע"ה להכניס בנ"י לא"י כי ידע שע"י שיכנוס עמהם לא יבואו לידי חטא והשי"ת נתן לו כח לתקן הכנה בראי' שלו כנ"ל:

Dans le Midrach : dix expressions pour la prière... et de toutes, Moché ne pria que par les supplications. Et dans Rachi : bien que les justes aient de quoi s'appuyer sur leurs bonnes actions...

L'affaire est que le thème de la Terre d'Israël est de l'aspect de la prière, comme il est dit au sujet de David, roi d'Israël, 'qui n'à rien de lui-même'. C'est pourquoi la Terre d'Israël, le Saint béni soit-Il l'à donnée en présent à Israël par la promesse faite aux Patriarches, comme il est écrit maintes fois 'que Je donne', 'l'Éternel ton Dieu te donne...'.

Et c'est pourquoi notre maître Moché n'y entra pas, car son élévation était grande et il n'avait pas besoin de l'aspect du présent. Toutefois les justes, en vérité, désirent davantage avoir besoin de recevoir le présent du Créateur, béni soit-Il, que de le gagner par leurs actions.

De même que le Saint béni soit-Il, dans Sa bonté, désire qu'Israël mérite par ses actions, comme il est dit 'celui qui mange ce qui n'est pas à lui à honte de regarder (en face)...', ainsi Israël désire mériter uniquement par un don gratuit, afin d'avoir devant Lui, béni soit-Il, une soumission accrue. Et c'est la grande louange, que notre maître Moché se soit place dans l'aspect de la prière par les supplications.

Toutefois le Saint béni soit-Il ne voulut pas que notre maître Moché descende de son degré supérieur, et Il lui dit 'C'est assez pour toi...' -- car il est à un degré supérieur à cela. Toutefois notre maître Moché agit et enseigna à Israël l'ordre de la prière, et ce fut une préparation à l'entrée dans la Terre ; et il est dit 'Lève tes yeux...' (Deut 3,27) et 'lui, il fera hériter... la terre que tu verras' -- c'est-à-dire que, selon sa préparation par sa vision, ainsi Josue la leur fera hériter.

Et en vérité tout le désir de notre maître Moché était de faire entrer Israël en Terre d'Israël, car il savait que s'il entrait avec eux ils n'en viendraient pas à la faute ; et le Saint, béni soit-Il, lui donna la force d'opérer la préparation par sa vision, comme ci-dessus.

במדרש ואהבת מי לי בשמים כו' כי הפילוסופים מקשים איך שייך ציווי על אהבה. אבל האמת יש לבנ"י בשורשם התקשרות ודביקות באל אחד.

וז"ש מ"ל בשמים הוא השורש רק שלמטה יש רצונות אחרים וע"י הקבלה בכל יום עומ"ש ועמך לא חפצתי בארץ. עי"ז יכולין לעורר את האהבה בעוה"ז ג"כ.

וכמ"ש ברש"י ומהו אהבה והיו הדברים כו' ע"י התורה. וג"כ ע"י דברי ק"ש בכל יום כל ימי חיי האדם זוכה אח"כ לבוא לאהבת ה' כמ"ש במ"א:

Dans le Midrach : 'Et tu aimeras' -- 'qui ai-je dans les cieux ?...' (Ps 73,25). Car les philosophes objectent : comment un commandement sur l'amour est-il possible ?

Mais la vérité est qu'Israël possède dans sa racine un rattachement et une adhésion au Dieu unique. Et c'est ce que dit 'qui ai-je dans les cieux' : c'est la racine ; seulement, en bas il y a d'autres volontés, et par l'acceptation chaque jour du joug du Royaume des Cieux -- 'et hormis Toi je n'ai désire personne sur la terre' -- par cela on peut éveiller cet amour dans ce monde aussi.

Et comme il est dit dans Rachi : 'et qu'est-ce que l'amour ? Que ces paroles soient...' -- par la Torah.

Et de même, par les paroles du Chema chaque jour, tous les jours de la vie de l'homme, on mérite ensuite de parvenir à l'amour de l'Éternel, comme il est écrit ailleurs.

תרמ"א-תרמ"ב

5641-5642 (תרמ״א-תרמ״ב)

ואתחנן ברש"י ומדרש חז"ל מתנות חנם. הענין דא"י הוא דבר הניתן במתנה שנשבע הקב"ה להורישו לבנ"י והוא זה האוצר הגדול דאי' במדרש בפסוק וחנותי כו' אשר אחון מי שאין לו אני נותן לו.

ולהודיע כי אין דמיון בין שכר המגיע לפי עבודת האדם למתנת המלך הקב"ה. אכן כל עבודת האדם להגיע למתנת עליון אח"כ.

וכבר כ' במ"א שזה המכוין במ"ש ז"ל שיש לצדיקים לתלות במעשיהם הטובים. פי' לזכות להמתנה ע"פ מדה במדה והם ביקשו מתנת חנם דייקא.

שזה ענין א"י ומלכות ב"ד דלית לי' מגרמי' כלום. דמרע"ה ביקש לעשות עצמו עני לכנוס לא"י כענין שכ' בזוה"ק על דהע"ה תפלה לעני כו' רק בדוד כולא הוי בי' ע"ש פ' בלק.

אבל מרע"ה השיב לו השי"ת רב לך כי הוא אינו באותו בחי' ולכן לא נכנס לא"י:

'Et je suppliai' -- dans Rachi et le Midrach de nos Sages : dons gratuits. L'affaire est que la Terre d'Israël est une chose donnée en présent, que le Saint béni soit-Il à juré de faire hériter à Israël ; et c'est ce grand trésor dont il est dit dans le Midrach sur le verset 'et Je gratifierai... à qui Je ferai grâce' : celui qui n'à pas (de mérites), Je le lui donne.

Et (c'est) pour faire savoir qu'il n'y a aucune comparaison entre la récompense qui revient selon le service de l'homme et le présent du Roi, le Saint béni soit-Il. Toutefois tout le service de l'homme (vise) à parvenir ensuite au présent d'en haut.

Et j'ai déjà écrit ailleurs que c'est la l'intention de ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : que les justes ont de quoi s'appuyer sur leurs bonnes actions -- explication : pour mériter le présent selon (le principe) 'mesure pour mesure' ; et eux ont demandé précisément un don gratuit. Car c'est la le thème de la Terre d'Israël et de la royauté de la maison de David, 'qui n'à rien d'elle-même'.

Car notre maître Moché chercha à se faire pauvre pour entrer en Terre d'Israël, dans le sens de ce qui est écrit dans le Zohar au sujet de David, la paix sur lui, 'prière du pauvre...' -- seulement, chez David tout était en lui, voir la paracha Balak. Mais notre maître Moché, le Saint béni soit-Il lui répondit 'C'est assez pour toi', car il n'est pas dans ce même aspect, et c'est pourquoi il n'entra pas en Terre d'Israël.

במדרש כי מי גוי גדול כו' סמיכת ק"ש לתפלה. פי' בכל קראנו אליו שיהי' כל הקריאה רק אליו ית' להתבטל אליו.

ואז נעשה קרוב כמ"ש קרוב ה' לכל כו' יקראוהו באמת. וזה באמת ע"י ביטול לכללות ישראל כמ"ש במד' ציבור לעולם נענין.

ולכן סידרו חכמים בכל יום סדר הזכרת יצ"מ וקבלת התורה וק"ש שהיא עיקר התורה כמ"ש מצוך היום. אח"כ זוכין לתפלה.

וז"ש בכל קראנו אליו אז הוא קרוב פי' שיכול האדם לעורר תמיד הקורבות שהי' במתן תורה כמ"ש וקרבתנו מלכנו לשמך הגדול. וכל כחן של בנ"י הי' בקבלת התורה.

והשי"ת נותן התורה תמיד כמ"ש קול גדול ולא יסף ולא פסק. אך אם היינו מתקדשים כמו אז שכ' וקדשתם היום ומחר היינו שומעין התורה בכל עת.

[וז"ש חז"ל בכל יום ב"ק יוצאת מהר חורב כו' שכביכול הקב"ה רוצה להשפיע ואין אנו מוכנים לקבל וזה עלבון כו']. וזה העצות של כל המצות דכ' אשר קדשנו במצותיו ועי"ז הקדושה מתעורר קבלת התורה.

וכתי' רק השמר לך כו' נפשך מאד פן תשכח. פי' שכל השמירות משס"ה ל"ת ומדות רעות הכל כדי שלא לשכוח הארת מתן תורה כי כל האיסורים גורמין שכרה זו.

וממילא כל המצות עשה מביאין זכירת מתן תורה. וכפי התעוררות זה הכח מתקרבין אליו ית'.

וזה צריך איש ישראל למצוא בכל יום ע"י הביטול לכלל ישראל כמ"ש הקהל לי את העם כו'. ומרע"ה חזר והראה לאותו הדור מעמד הר סיני בשלימות ואמר הדברים אשר ראו עיניך.

אם כי הי' דור חדש. יתכן לפרש כמו שהוכיח אותם על עבירות של דור הקודם כדאיתא במד' דברים שהיו יכולין בנ"י לומר אנחנו לא חטאנו לכן בירך אותם מקבלי תוכחות כמוכם כו' ע"ש.

הי' זה השכר שלהם שזכו להתעוררות של קבלת התורה. כי כפי מה שתיקנו חטא דור המדבר.

כן זכו לזכיות של דור המדבר. וכן הוא בכל הדורות שצריכין לתקן חטאים הקודמים ועי"ז זוכין לזכיות הקודמין כנ"ל ודו"ק:

Dans le Midrach : 'car quelle est la grande nation...' (Deut 4,7) -- l'accolement du Chema à la prière. Explication : 'en tout ce pour quoi nous L'appelons' -- que tout l'appel soit uniquement vers Lui, béni soit-Il, pour s'annuler devant Lui.

Et alors on devient proche, comme il est écrit 'l'Éternel est proche de tous ceux... qui L'invoquent en vérité' (Ps 145,18). Et cela, en vérité, se fait par l'annulation devant l'ensemble d'Israël, comme il est dit dans le Midrach 'la communauté est toujours exaucée'.

C'est pourquoi les Sages ont institué chaque jour l'ordre de la mention de la sortie d'Égypte, de la réception de la Torah et du Chema, qui est l'essentiel de la Torah, comme il est écrit 'que Je te commande aujourd'hui' ; ensuite on mérite la prière. Et c'est ce que dit 'en tout ce pour quoi nous L'appelons', alors Il est proche -- explication : l'homme peut éveiller en permanence les proximites qui furent au don de la Torah, comme nous disons 'et Tu nous as rapprochés, notre Roi, de Ton grand nom'.

Et toute la force d'Israël fut dans la réception de la Torah. Et le Saint, béni soit-Il, donne la Torah en permanence, comme il est écrit 'une grande voix qui ne cessa ni ne s'interrompit'.

Seulement, si nous nous sanctifiions comme alors, où il est écrit 'et tu les sanctifieras aujourd'hui et demain', nous entendrions la Torah en tout temps. [Et c'est ce qu'ont dit nos Sages : 'chaque jour une voix céleste sort du mont Horeb...' -- car pour ainsi dire le Saint béni soit-Il veut faire descendre l'influx et nous ne sommes pas prêts à recevoir, et c'est un affront...].

Et c'est le conseil (la vertu) de tous les commandements, car il est écrit 'qui nous à sanctifiés par Ses commandements' -- et par cette sainteté s'éveille la réception de la Torah. Et il est écrit 'seulement garde-toi...

(garde) ton âme beaucoup, de peur que tu n'oublies' (Deut 4,9). Explication : toutes les preservations, parmi les 365 interdits et les mauvais traits de caractère, tout cela est afin de ne pas oublier l'illumination du don de la Torah, car tous les interdits provoquent cet oubli.

Et par la même, tous les commandements positifs amènent le souvenir du don de la Torah. Et selon l'éveil de cette force, on se rapproche de Lui, béni soit-Il.

Et cela, l'homme d'Israël doit le trouver chaque jour par l'annulation devant l'ensemble d'Israël, comme il est écrit 'Rassemble-Moi le peuple...'. Et notre maître Moché revint et montra à cette génération-la la station du mont Sinaï dans sa plénitude, et dit 'les choses que tes yeux ont vues' -- bien que ce fut une génération nouvelle.

On peut expliquer, de même qu'il les reprit pour les transgressions de la génération précédente, comme il est enseigné dans le Midrach Devarim, qu'Israël aurait pu dire 'nous, nous n'avons pas péché' -- c'est pourquoi il les bénit : 'ceux qui reçoivent les reproches comme vous...', voir la-bas -- ce fut la leur récompense, d'avoir mérité l'éveil de la réception de la Torah. Car dans la mesure où ils réparèrent la faute de la génération du désert, ainsi ils méritèrent les mérites de la génération du désert.

Et il en est ainsi dans toutes les générations : on doit réparer les fautes précédentes, et par cela on mérite les mérites précédents, comme ci-dessus, et comprends-le bien.

En bref

« Aujourd'hui nous avons vu que Hachem parle à l'homme et [celui-ci] vit ; et maintenant, pourquoi mourrions-nous ? » (Devarim 5,21). Puisqu'Il parle et que l'on vit, pourquoi craindre de mourir, et quelle nouveauté y a-t-il ? Pour le Sfat Emet, chaque parole des dix Paroles ajouta une vitalité nouvelle : à plus forte raison qu'un peu de souffle divin fit d'Adam une âme vivante, Israël devint créature nouvelle à chaque parole, l'âme sortant en s'annulant du degré précédent. Ils s'élevèrent jusqu'au degré de Moché, dans l'annulation de toute matérialité, mais ne purent recevoir autant et dirent « approche-toi, toi ». N'ayant vu aucune image, leurs âmes ont grand besoin de protection.

Aussi : « toi, il t'a été montré pour savoir » : témoigner et le Chabbat dévoile l'intériorité ; terre d'Israël, Temple et prière n'ont rien d'eux-mêmes, prière après la délivrance ; livrer son âme sur « Un » pour s'attacher à l'unité

בפסוק היום הזה ראינו כי ידבר אל' את האדם וחי ועתה למה נמות. וקשה אדרבא כיון שידבר וחי א"כ מה יראו שימותו.

גם יש לדקדק כי מה חידוש שידבר [*את] האדם וחי אדרבא לפי הפשוט צריכין לברר כי ע"י דיבור אלקים האדם מתבטל מחיותו והיכן ראו זאת עד עתה. שיהי' להם חידוש כי ידבר וחי.

ויש לבאר הפסוק באופן אחר כי הרבה פנים לתורה. כי בכל דיבור מעשרת הדברות ניתוסף חיות חדש בבנ"י.

ויש ללמוד ק"ו דכתי' ויפח באפיו כו' ויהי כו' לנפש חי' ממשהו רוח אלקים. מכש"כ כשדיבר הש"י הדברות לבנ"י בוודאי נעשו ברי' חדשה בכל דיבור ודיבור.

לכן הגידו חז"ל בכל דיבור יצאת נשמתן של ישראל כי כשנעשון ברי' חדשה מתבטל מדרגה הקודמת. כמו שצריכין למות קודם תחית המתים שלעתיד.

וז"ש ידבר אלקים כו' וחי שנתוסף בהם חיות בכל דיבור יותר ויותר. ונתעלו הרבה מדרגות זו אחר זו שהיו מוכנים להיות ממש כמלאכי השרת.

וכמדרגת מרע"ה איש אלקים בביטול כל הגשמיות. ולא יכלו בנ"י לקבל כ"כ.

לכן אמרו קרב אתה. והלא הי' עומד שם.

רק שבכל עת היו צריכין לעלות מדרגה אחר מדרגה ולא היו [*יכולים] כ"כ לעלות. [לכן אמר ה' שובו לכם כו' ואתה פה עמוד עמדי.

א"כ משמע כי קודם זה היו מוכנים להיות נפרשין לעולם כמדרגת מרע"ה] וי"ל מ"ש ונשמרתם מאוד לנפשותיכם כי לא ראיתם כל תמונה. כי במרע"ה נאמר ותמונת ה' יביט.

ע"י שהי' נבדל לגמרי מכל הגשמיות לכן זכה להביט. כי בוודאי א"א להשיג תמונת ה' בעוד יש שייכות של תמונה גשמיות רק כשנתבטל הגשמיות לכן הוכיח הש"י את אהרן ומרים ותמונת ה' יביט ומדוע לא יראתם כו'.

וז"ש מרע"ה שע"י שלא עלו למדרגה זאת כמוהו ואמרו קרב אתה כו' ולא ראיתם כל תמונה א"כ אין נפשותם נבדלין מכל הגשמיות וצריכין מאוד שמירה. כי אם היו במדרגת מרע"ה הוא כולו טוב כידוע וא"צ שמירה ודו"ק:

Sur le verset 'Aujourd'hui nous avons vu que Dieu parle à l'homme et [celui-ci] vit; et maintenant, pourquoi mourrions-nous?' (Deutéronome 5,21). Cela fait difficulté: au contraire, puisqu'Il parle et [l'homme] vit, pourquoi craindraient-ils de mourir?

Il y a aussi à préciser: quelle nouveauté y a-t-il à ce que [Dieu] parle à l'homme et que celui-ci vive? Au contraire, selon le sens simple il faudrait établir que par la parole de Dieu l'homme s'annule de sa vitalité - et où avaient-ils vu cela jusqu'à présent, pour que ce soit pour eux une nouveauté qu'Il parle et qu'on vive?

On peut expliquer le verset d'une autre manière, car la Torah à de nombreuses faces. Car dans chaque parole des dix Paroles (les Dix Commandements) une vitalité nouvelle fut ajoutée aux enfants d'Israël.

Et l'on peut apprendre à fortiori (kal va-homer): il est écrit 'et Il insuffla dans ses narines... et [l'homme] devint une âme vivante' (Genèse 2,7) - à partir d'un peu de souffle divin; à plus forte raison lorsque le Saint, béni soit-Il, prononça les Paroles aux enfants d'Israël, ils devinrent assurément une créature nouvelle à chaque parole. C'est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné qu'à chaque parole l'âme d'Israël sortait, car lorsqu'on devient une créature nouvelle on s'annule du degré précédent - de même qu'il faut mourir avant la résurrection des morts qui aura lieu dans l'avenir.

Et c'est le sens de 'Dieu parle... et l'on vit': qu'une vitalité s'ajoutait en eux à chaque parole, toujours davantage. Ils s'élevèrent de nombreux degrés l'un après l'autre, au point qu'ils étaient prêts à devenir littéralement comme les anges du service, et au degré de notre maître Moché, homme de Dieu, dans l'annulation de toute matérialité.

Mais les enfants d'Israël ne purent recevoir autant; c'est pourquoi ils dirent 'approche-toi, toi' (Deutéronome 5,24) - or [Moché] se tenait bien la! Seulement, à chaque instant ils devaient monter de degré en degré, et ils ne pouvaient pas s'élever autant.

[C'est pourquoi Dieu dit: 'Retournez à vos tentes... et toi, tiens-toi ici avec Moi' (Deutéronome 5,26-27). Il ressort donc qu'auparavant ils étaient prêts à être séparés [du monde] pour toujours, au degré de notre maître Moché.] Et l'on peut expliquer ce qui est écrit 'gardez bien vos âmes, car vous n'avez vu aucune image' (Deutéronome 4,15): car de notre maître Moché il est dit 'il contemple l'image de Dieu' (Nombres 12,8).

Parce qu'il était entièrement sépare de toute matérialité, il mérita de contempler; car il est assurément impossible de saisir l'image de Dieu tant qu'il subsiste un rapport à une image matérielle - seulement lorsque la matérialité s'annule. C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, reprocha à Aaron et Miriam: 'et il contemple l'image de Dieu, pourquoi donc n'avez-vous pas craint...' (Nombres 12,8).

Et c'est ce que dit notre maître Moché: puisqu'ils ne s'élevèrent pas à ce degré comme lui, et qu'ils dirent 'approche-toi, toi...', et 'vous n'avez vu aucune image', leurs âmes ne sont donc pas séparées de toute la matérialité et ont grand besoin de protection. Car s'ils avaient été au degré de notre maître Moché, qui est tout entier bon comme on le sait, il n'aurait pas besoin de protection - et comprends bien cela.

בפסוק אתה הראת לדעת כו'. פרש"י פתח להם עליונים ותחתונים כו'.

פי' כל חשכות הטבע אינו עומד בפני איש ישראל עובד ה' ומתפתח לו בכ"מ הפנימיות לכן נבראו בנ"י להעיד עליו ית'. ופי' לדעת להעיד ולברר האמת בעולם.

וכן במצות השבת דכתי' וזכרת כי עבד היית כו' ושם כתי' כי בו שבת. רק הוא דבר אחד כי שבת סהדותא אקרי דכתי' ג"כ לדעת במצות שבת בפ' תשא.

והוא כנ"ל דבימי המעשה הכל מלובש בטבע כמ"ש ששת ימי המעשה יהי' סגור ובש"ק נגלה הפנימיות. וכמו כן ביצ"מ הראה הש"י כוחו וגבורתו לשנות הטבע וכיון שהוציאך כו' ע"כ יש ביכולת איש ישראל לברר עדות הנ"ל לכן צוך לעשות השבת:

Sur le verset 'Toi, il t'à été montre pour savoir [que l'Éternel est Dieu, il n'en est point d'autre]' (Deutéronome 4,35). Rachi explique: Il leur ouvrit les [mondes] supérieurs et inférieurs, etc.

Cela signifie: toute l'obscurité de la nature ne tient pas devant l'homme d'Israël qui sert Dieu, et l'intériorité s'ouvre à lui en tout lieu; c'est pourquoi les enfants d'Israël furent créés pour témoigner de Lui, qu'Il soit béni. Et 'pour savoir' signifie: pour témoigner et établir la vérité dans le monde.

De même dans la mitsva du Chabbat, où il est écrit 'et tu te souviendras que tu fus esclave [en Égypte]' (Deutéronome 5,15), tandis que la [dans les premières Tables] il est écrit 'car en lui Il s'est reposé' (Exode 20,11) - mais c'est une seule et même chose, car le Chabbat est appelé témoignage (sahadouta), comme il est écrit aussi 'pour savoir' à propos de la mitsva du Chabbat dans la paracha Ki Tissa (Exode 31,13). Et cela rejoint ce qui précède: durant les jours ouvrables tout est revêtu dans la nature, comme il est écrit 'les six jours ouvrables il sera ferme' (Ezechiel 46,1), et au saint Chabbat l'intériorité se dévoile.

De même, lors de la sortie d'Égypte, le Saint, béni soit-Il, montra Sa puissance et Sa force pour changer la nature; et 'puisqu'Il t'à fait sortir...', il est donc au pouvoir de l'homme d'Israël d'établir le témoignage susdit - c'est pourquoi Il t'à ordonné d'observer le Chabbat.

תרמ"ג

5643 (תרמ״ג)

ברש"י אע"פ שיש לצדיקים כו'. הענין הוא כי א"י בהמ"ק ותפלה הכל א' דלית לי' מגרמי' כלום.

ובאמת עיקר התפלה חשובה כשהיא באה מתוך הדעת. כמ"ש אדם ובהמה תושיע ערומין בדעת כאדם ומשימין עצמן כבהמה.

שכשזוכין לדעת האמת רואין שפלת האדם. וכן ראינו הסדר שנהג הקב"ה אותנו אחר קבלת התורה הכניסנו לא"י.

וכן הרמז בכל יום ק"ש קודם תפלה. והם ב' הבחי' תורה ותפלה ועל ב' אלו כתי' מי גוי גדול כו' אלקים קרובים כו' בחי' תפלה.

ומי ג"ג א"ל חקים כו' צדיקים כו' בחי' תורה והקדים התפלה איידי דחביבא לי' שהרי בא בלשון תחנונים מטעם הנ"ל. שהגם שהוא הי' שורש התורה.

השתוקק לא"י שהיא בחי' התפלה. וזה עצמו ענין התפלה אתה החלות כו' שמסתמא תפלה זו לכל איש ישראל כאשר למדונו רבותינו מכאן דיני תפלה.

והענין הוא דיש ב' מיני תפלה א' בעת צרה כמו שהי' במצרים שצעקו בנ"י לה' וכן בכל נפש ישראל שצריך תפלה להוציא ממסגר נפשו ולתקן נפש הבהמיות ואח"כ כשזוכין לגאולה ולבוא לבחי' הדעת אז צריך להיות עיקר התפלה כנ"ל אדם ובהמה. וזה י"ל ענין סמיכות גאולה לתפלה כעין מ"ש במד' בשלח בפ' השמיעני את קולך כו' שכביכול השתוקק הקב"ה לשמוע צעקת בנ"י אחר הגאולה וע"י שלא צעקו הביא עליהם חיל פרעה כדי שיצעקו ע"ש.

מכלל שיש תפלה אחר הגאולה שלא מתוך הצרה רק מתוך הגאולה דוקא. וז"ש אתה החלות כו' על ישועה ראשונה שעובר על איש ישראל.

עד שבא לכלל דעת וזוכה לראות ולהשיג חסדי ה' וגבורותיו. אעברה נא כו' הוא התפלה אחר הדעת כמ"ש א"י אחר קבלת התורה.

אדם ובהמה כנ"ל:

Dans Rachi: 'bien que les justes aient [de quoi s'appuyer sur leurs bonnes actions, ils ne demandent au Saint, béni soit-Il, qu'un don gracieux]', etc. Le sujet est que la terre d'Israël, le Temple et la prière sont tous une seule chose, [le lieu] qui n'à rien de lui-même (delet lei mi-garmei kloum).

En vérité, l'essentiel de la prière n'à de valeur que lorsqu'elle vient à partir de la connaissance (daat), comme il est écrit 'l'homme et la bête Tu sauvés' (Psaumes 36,7) - ruses de savoir comme l'homme, et qui se font [humbles] comme la bête. Car lorsqu'on mérite la connaissance de la vérité, on voit la bassesse de l'homme.

De même, nous voyons l'ordre selon lequel le Saint, béni soit-Il, nous à conduits: après la réception de la Torah, Il nous à fait entrer en terre d'Israël. Et de même l'allusion, chaque jour, du Chema qui précède la prière.

Ce sont les deux aspects, la Torah et la prière. Et sur ces deux il est écrit 'quelle est la grande nation qui a un Dieu proche [d'elle]' (Deutéronome 4,7) - aspect de la prière; et 'quelle est la grande nation qui a des lois [justes]' (Deutéronome 4,8), les justes, etc. - aspect de la Torah.

Il à placé la prière en premier parce qu'elle lui est chère, car elle vient sous forme de supplications, pour la raison susdite: bien que [Moché] fut la racine de la Torah, il aspira à la terre d'Israël, qui est l'aspect de la prière. Et c'est cela même le sens de la prière 'Toi, Tu as commencé [à montrer à Ton serviteur Ta grandeur]' (Deutéronome 3,24) - car assurément cette prière vaut pour tout homme d'Israël, comme nos maîtres nous l'ont enseigné: c'est d'ici que se dérivent les lois de la prière.

Le sujet est qu'il y a deux sortes de prière: l'une au temps de la détresse, comme ce fut en Égypte où les enfants d'Israël crièrent vers Dieu, et de même dans chaque âme d'Israël qui a besoin de prière pour faire sortir son âme de l'enfermement et réparer l'âme animale; et ensuite, lorsqu'on mérite la délivrance et de parvenir à l'aspect de la connaissance, alors l'essentiel de la prière doit être comme ci-dessus, 'l'homme et la bête'. Et c'est peut-être le sens de la juxtaposition de la délivrance (geoula) à la prière (tefila), à l'image de ce qui est dit dans le Midrach sur Bechalah, à propos du verset 'fais-moi entendre ta voix' (Cantique 2,14): que le Saint, béni soit-Il, aspirait pour ainsi dire à entendre le cri des enfants d'Israël après la délivrance, et parce qu'ils ne crièrent pas, Il amena sur eux l'armée de Pharaon afin qu'ils crient - vois-y.

Il en ressort qu'il existe une prière après la délivrance, non pas issue de la détresse mais précisément issue de la délivrance. Et c'est ce que dit 'Toi, Tu as commencé...', sur la première délivrance qui advient à l'homme d'Israël, jusqu'à ce qu'il parvienne à la connaissance et mérite de voir et de saisir les bontés de Dieu et Ses actes de force. 'Que je passe donc [et que je voie la bonne terre]' (Deutéronome 3,25) est la prière après la connaissance, comme il à été dit: la terre d'Israël après la réception de la Torah, 'l'homme et la bête' comme ci-dessus.

בענין תפלת מרע"ה בוודאי לא היתה למגן ח"ו ורבותינו ז"ל אמרו כי הועילה מחצה שהראהו כל הארץ. ויראה כי ידוע שעיקר כוונת מרע"ה הי' להכניס את בנ"י לא"י שלא יהי' עוד גלות כאשר ראינו כל מעשה מרע"ה נשאר.

וגם עתה אין לנו שיור רק התורה הזאת שהוריד לנו מרע"ה מן השמים. ואראה הוא ראית השכל והדעת להשיג פנימיות א"י וזה ניתן לו דכתי' הארץ אשר תראה שיהושיע הנחיל לב"י בפועל מה שהשיג מרע"ה בדעת בחי' הפנימיות.

וזה עצמו נשאר באמת לדורות גם בגלות כאשר חכמים הגידו בתפלה יכוון לבו לבית קדשי הקדשים כמ"ש דרך ארצם. וכן בעיקר התפלות שכנגד תמידין תיקנום והיינו תיקון הפנימיות כי בבהמ"ק שהי' התיקון בעשי' בפועל ממש נתקנו גם חיצוניות.

ועתה בתפלה נתקן הפנימיות שיכולין לכוון בעין השכל לבית קדשי קדשים כנ"ל וזה פעל מרע"ה בתפלתו ואראה כנ"ל:

À propos de la prière de notre maître Moché: elle ne fut assurément pas vaine, à Dieu ne plaise, et nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit qu'elle fut utile pour moitié, car [Dieu] lui montra tout le pays. Il apparaît, comme on le sait, que l'intention essentielle de notre maître Moché était de faire entrer les enfants d'Israël en terre d'Israël afin qu'il n'y ait plus d'exil - comme nous voyons que toute l'œuvre de notre maître Moché demeure.

Et même maintenant il ne nous reste que cette Torah que notre maître Moché nous à fait descendre du ciel. Et 'que je voie' (ve-ère) est la vision de l'intellect et de la connaissance, pour saisir l'intériorité de la terre d'Israël; et cela lui fut donné, comme il est écrit 'le pays que tu verras' (cf.

Deutéronome 34,4) - que Josue fasse hériter en acte aux enfants d'Israël ce que notre maître Moché avait saisi par la connaissance, l'aspect de l'intériorité. Et cela même demeure en vérité pour les générations, même en exil, comme les Sages l'ont enseigné: dans la prière, qu'on dirige son cœur vers le Saint des saints, comme il est écrit 'par le chemin de leur pays' (I Rois 8,48).

De même, l'essentiel des prières, qui furent instituées en correspondance des sacrifices perpétuels (temidim), c'est-à-dire la réparation de l'intériorité: car au Temple, où la réparation se faisait par l'action en acte concret, l'extériorité aussi était réparée; et maintenant, par la prière, l'intériorité est réparée, de sorte qu'on peut diriger par l'œil de l'intellect vers le Saint des saints, comme ci-dessus. Et c'est ce qu'accomplit notre maître Moché par sa prière, 've-ère' (que je voie), comme ci-dessus.

בפסוק אתה הראת כו'. פירש"י שפתח להם הרקיעים וכשם שקרע העליונים כך התחתונים כו'.

הענין ע"פ מ"ש במ"א דיש העלם מכח עומק רום שא"י להשיג מרוב עומקו. ויש העלם מצד הסתרת הסט"א וזה ענין עוה"ז שכפי התיקון כך זוכין לעוה"ב.

וז"ש מן השמים השמיעך היינו אף שהוא למעלה מהשגת הטבע פתח לנו הש"י פתח להשיג ולשמוע קולו. ועל הארץ הראך כו'.

הוא הסרת כחות הסט"א והעברת ההסתר מהגשמיות. וזהו קריעת העליונים והתחתונים.

והם ב' מתנות שניתן לבנ"י יותר מכל אומה ולשון שיכולין לצאת מהגשמיות לבוש הטבע ולשבור כח היצה"ר. וכמו כן יכולין במעשיהם להמשיך כחות הקדושה משמים.

וזה עצמו ענין הכ' לא מרובכם מכל העמים כו' כי אתם המעט. והענין שבוודאי יש בבנ"י הריבוי דכתי' הרבה אתכם הרים אתכם כו'.

הוא כח הא' מן השמים השמיעך. ובחי' אתם המעט ממעטין עצמכם הוא הביטול והכנעה שיש בבנ"י כח לבטל הגשמיות מה שאין לשום אומה ובזה בחר ה' בכח המיעוט והביטול יותר מכח התרוממות שיש בבנ"י:

Sur le verset 'Toi, il t'à été montre...' (Deutéronome 4,35). Rachi explique qu'Il leur ouvrit les cieux, et de même qu'Il fendit les [mondes] supérieurs, ainsi les inférieurs, etc.

Le sujet, selon ce qui a été dit ailleurs: il y a un occultement du fait de la profondeur de la hauteur, qu'on ne peut saisir tant elle est profonde; et il y a un occultement du côté de la dissimulation du 'Autre Côté' (sitra a'hra, les forces du mal), et c'est le sujet de ce monde-ci, où selon la réparation on mérite le monde à venir. Et c'est ce que dit 'depuis les cieux Il t'à fait entendre [Sa voix]' (Deutéronome 4,36) - c'est-à-dire que bien qu'Il soit au-dessus de la saisie de la nature, Dieu nous à ouvert une porte pour saisir et entendre Sa voix. 'Et sur la terre Il t'à fait voir [Son grand feu]' (ibid.) - c'est l'écartement des forces du 'Autre Côté' et le retrait de la dissimulation de la matérialité.

Voilà la fente des [mondes] supérieurs et inférieurs. Ce sont deux dons donnés aux enfants d'Israël plus qu'à toute nation et langue: pouvoir sortir de la matérialité, le vêtement de la nature, et briser la force du mauvais penchant (yetser ha-ra); et de même pouvoir, par leurs actes, faire descendre les forces de la sainteté depuis le ciel.

Et c'est cela même le sujet du verset 'ce n'est pas parce que vous êtes plus nombreux que tous les peuples... car vous êtes le plus petit [des peuples]' (Deutéronome 7,7). Le sujet est qu'il y a assurément chez les enfants d'Israël la multitude, comme il est écrit 'Il vous à multipliés, Il vous à élèves' - c'est la première force, 'depuis les cieux Il t'à fait entendre'.

Et l'aspect 'vous êtes le plus petit', 'vous vous amoindrissez vous-mêmes', c'est l'annulation et l'humilité qu'il y a chez les enfants d'Israël: la force d'annuler la matérialité, ce qu'aucune nation ne possède; et c'est en cela que Dieu à choisi, dans la force de l'amoindrissement et de l'annulation, plutôt que dans la force d'élévation qu'il y a aussi chez les enfants d'Israël.

ובמדרש בפ' שמע כו' ואהבת. מי לי בשמים כו' והענין הוא כי שורשן של נשמת ישראל בשמים הוא באחדות ה' כמ"ש ה' א-להינו ה' אחד.

אך להתדבק בזה האחדות בעוה"ז הוא ע"י ואהבת בכל לבבך נפשך מאודך. אז והיו הדברים האלה כו' הנאמרים בפ' שמע על לבבך.

והוא ע"י הביטול אליו ית'. ולכן חכמים הגידו למסור נפש באחד שא"א לבוא להאחדות בלתי מס"נ.

וז"ש ועמך לא חפצתי בארץ לבטל כל הרצונות אליו ית' אז יכולין להתדבק בשורשו שבשמים. והוא העדות של בנ"י שנאמר אתה הראת לדעת כו' כמ"ש לעיל:

Dans le Midrach sur la paracha Chema... 'et tu aimeras'. 'Qui ai-je dans les cieux [hormis Toi, et avec Toi je ne désire rien sur la terre]' (Psaumes 73,25). Le sujet est que la racine de l'âme d'Israël est dans les cieux, dans l'unité de Dieu, comme il est écrit 'l'Éternel notre Dieu, l'Éternel est Un' (Deutéronome 6,4).

Mais pour s'attacher à cette unité dans ce monde-ci, c'est par 'et tu aimeras de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton pouvoir' (Deutéronome 6,5); alors 'ces paroles... seront [sur ton cœur]' (Deutéronome 6,6), celles qui sont dites dans la paracha Chema. Et c'est par l'annulation envers Lui, qu'Il soit béni.

C'est pourquoi les Sages ont enseigné de livrer son âme sur le mot 'Un' (Ehad), car il est impossible de parvenir à l'unité sans le don de soi (mesirout nefech). Et c'est ce que dit 'et avec Toi je ne désire rien sur la terre': annuler toutes les volontés envers Lui, qu'Il soit béni; alors on peut s'attacher à sa racine qui est dans les cieux.

Et c'est le témoignage des enfants d'Israël, dont il est dit 'Toi, il t'à été montre pour savoir...', comme ci-dessus.

תרמ"ד

5644 (תרמ״ד)

ואתחנן כו'. כי מרע"ה הי' בחי' תורה וא"י היא בחי' תפלה ב' הכחות המיוחדים לבנ"י.

ועל ב' אלו נאמר מי ג"ג אשר לו כו' קרובים בחי' תפלה כמ"ש קרוב ה' לכל קוראיו כו' [באמת היינו שצריך להיות התפלה בכח התורה כמ"ש במ"א לכלול ב' הבחי' בנים ועבדים]. ואשר לו חקים כו' היא התורה.

ועל ב' אלו כתי' אשרי תבחר ותקרב. בחירה שבחר בנו הקב"ה ונתן לנו התורה שהיא בחי' עצמות הטוב שיש בבנ"י.

וע"י שתחתונים א"י לעמוד בתפקודיו. צריכין ג"כ לבחי' תקרב אחר החטא.

והוא ע"י תשובה ותפלה. וז"ש במד' ע"פ קרובים אליו.

שהקב"ה מקרב קרוביו פי' ע"י שיש בעצם בבנ"י דביקות וקירבות אליו לכן שומע הקב"ה תפלתם. וכלל ב' בחי' אלו הוא כמ"ש במ"א על פסוק לא מרובכם מכה"ע כו'.

כי אתם המעט פרש"י ז"ל ממעטין עצמכם. פי' שיש בבנ"י ב' המדרגות.

שיש להם התרוממות אליו ית' יותר מכל הברואים כדכתי' הרבה אתכם. והוא כח התורה.

ויש להם כח ההכנעה מה שאין בנמצא בשום אומה. וז"ש שהקב"ה בחר בהם מצד המיעוט.

לא מצד הריבוי. ואפשר שבאמת לדור באי הארץ כן הי' זה מיוחד להם ובדור המדבר נאמר הרבה אתכם שהוא בחי' הריבוי.

ועל ב' בחי' אלו רמזו חכמים א' המרבה וא' הממעיט שב' בחי' עבודות הם לפעמים נאמר ויגבה לבו ולפעמים ע"י הכנעה. רק שיהי' לשם שמים.

ולכן מרע"ה אחז בזו הבחי' כשרצה לכנוס לא"י. אבל הקב"ה השיב לו רב לך כי בחי' מרע"ה הוא התורה בחי' הרבה אתכם כו'.

והקדים הכ' אשר לו אלקים קרובים ע"פ מאמר חז"ל במקום שבע"ת עומדין אצ"ג יכולין לעמוד לכן הקדים בחי' תשובה ותפלה:

'Et j'implorai...' (Deutéronome 3,23). Car notre maître Moché était l'aspect de la Torah, et la terre d'Israël est l'aspect de la prière - les deux forces propres aux enfants d'Israël.

Et sur ces deux il est dit 'quelle est la grande nation qui a [un Dieu proche]' - 'proches', aspect de la prière, comme il est écrit 'l'Éternel est proche de tous ceux qui L'appellent' (Psaumes 145,18). [En vérité, cela signifie que la prière doit se faire par la force de la Torah, comme il est dit ailleurs, pour inclure les deux aspects: fils et serviteurs.] Et 'qui a des lois [justes]', c'est la Torah.

Et sur ces deux il est écrit 'heureux celui que Tu choisis et que Tu rapprochés' (Psaumes 65,5): le choix (behira) par lequel le Saint, béni soit-Il, nous à choisis et nous à donné la Torah, qui est l'aspect de l'essence du bien qu'il y a chez les enfants d'Israël. Et parce que les êtres inférieurs ne peuvent tenir dans Ses chargés (be-tafkidav), on a aussi besoin de l'aspect 'Tu rapprochés' après la faute; et c'est par le repentir (techouva) et la prière.

Et c'est ce que dit le Midrach sur 'proches de Lui': que le Saint, béni soit-Il, rapproche ceux qui Lui sont proches - c'est-à-dire que parce qu'il y a en l'essence des enfants d'Israël un attachement et une proximité envers Lui, c'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, entend leur prière. Et ces deux aspects, on les réunit comme il est dit ailleurs sur le verset 'ce n'est pas parce que vous êtes plus nombreux que tous les peuples... car vous êtes le plus petit'.

Rachi, de mémoire bénie, explique 'vous vous amoindrissez vous-mêmes': c'est-à-dire qu'il y a chez les enfants d'Israël les deux degrés. Ils ont une élévation vers Lui, qu'Il soit béni, plus que toutes les créatures, comme il est écrit 'Il vous à multipliés' - c'est la force de la Torah.

Et ils ont la force de l'humilité, ce qui ne se trouve chez aucune nation. Et c'est ce que dit que le Saint, béni soit-Il, les a choisis du côté de l'amoindrissement, non du côté de la multitude.

Et il est possible qu'en vérité, pour la génération qui entra dans le pays, cela leur fut propre, tandis que pour la génération du désert il est dit 'Il vous à multipliés', qui est l'aspect de la multitude. Et sur ces deux aspects les Sages ont fait allusion: 'que l'un fasse beaucoup et que l'autre fasse peu [pourvu qu'on dirige son cœur vers le Ciel]' - car ce sont deux aspects de service: parfois il est dit 'et son cœur s'éleva [dans les voies de Dieu]' (II Chroniques 17,6), et parfois c'est par l'humilité; pourvu seulement que ce soit au nom du Ciel.

C'est pourquoi notre maître Moché saisit cet aspect lorsqu'il voulut entrer en terre d'Israël; mais le Saint, béni soit-Il, lui répondit 'c'est trop pour toi' (Deutéronome 3,26), car l'aspect de notre maître Moché est la Torah, l'aspect 'Il vous à multipliés'. Et [le verset] à placé en premier 'qui a un Dieu proche', selon la parole de nos Sages: 'à la place où se tiennent les repentants (baalei techouva), les justes parfaits ne peuvent se tenir' - c'est pourquoi il à placé en premier l'aspect du repentir et de la prière.

בפרשת שמע ישראל כו' ואהבת כו'. והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך היום כו'.

אמרו חז"ל שלא יהיו כדיוטגמא ישנה. בכל יום כחדשים.

הענין הוא דכתי' וחיי עולם נטע בתוכנו. ובשעת קבלת התורה נחקקו העשרת הדברות בלבות בנ"י.

וכל דיבורי ה' חיים וקיימים. אך כפי טהרת הלב במס"נ.

ואהבת ה' בלב ונפש. כך נמצא התגלות הדיבורים בלב איש ישראל.

ז"ש כשתאהב ה' כו' והיו הדברים הוי' חדשה תמצא דבר ה' בלבך כאשר חכמים הגידו מיד רוה"ק שורה בתוך מעיו כו'. וע"ז אמרו חכמים יגעתי ומצאתי תאמין.

וכתי' אם תבקשנה ככסף כו' תמצא כו'. שיש מטמוניות בלב איש ישראל כנ"ל.

ובאמת בתורה יש תמיד התחדשות אך ע"י שאדם מטהר לבו יוכל לקבל ההתחדשות תמיד. וז"ש יהיו בעיניך כחדשים זה עבודת האדם.

אבל באמת מצוך היום כתיב. וזה המצוה לזכור מתן תורה בכל יום והיינו ע"י תיקון הנפש והגוף להיות מוכן לקבל אז מתגלה אליו הארת התורה המתחדשת בכל יום.

כמ"ש שמע ישראל מכלל שיש תמיד דבר ה' שצריך האדם לשמוע הדברים כענין שכ' בכל יום בת קול יוצאת מהר חורב. וכל אלה הכחות נמצאים בלבות בנ"י ממש וכתי' וקשרתם כו' והיו לטוטפות.

שיעשו הדיבורים רושם ושינוי ממש בנפשות בנ"י. מדמצינו שנק' התפילין אות משמע שניכר באיש ישראלי רשימות של קדושה.

וזה עיקר מצות תפילין שהם עדות כמ"ש וראו כל ע"ה כו' שם ה' נקרא עליך דרשו חז"ל אלו תפילין שבראש. ובוודאי הכל תלוי כפי המס"נ שנמצא באדם.

ויש בכל איש ישראל חלק מזה כפי הרצון והאהבה להש"י כך נמצא בו רשימה. ואם זוכין למס"נ בפועל אז מתגלה הרשימה ג"כ בפועל ממש.

ואם יש קצת אהבה טמונה בלב נמצא הרשימה ג"כ בפנימיות עכ"פ:

Dans la paracha 'Écoute Israël'... 'et tu aimeras'... 'et ces paroles que Je t'ordonné aujourd'hui seront [sur ton cœur]' (Deutéronome 6,6). Nos Sages, de mémoire bénie, ont dit: qu'elles ne soient pas comme un édit ancien (diyotagma), mais chaque jour comme nouvelles.

Le sujet est qu'il est écrit 'et Il à planté en nous la vie éternelle' (de la bénédiction sur la Torah): lors de la réception de la Torah, les dix Paroles furent gravées dans les cœurs des enfants d'Israël, et toutes les paroles de Dieu sont vivantes et permanentes. Mais c'est selon la pureté du cœur dans le don de soi, 'et tu aimeras Dieu' dans le cœur et l'âme, qu'ainsi se trouve la révélation des paroles dans le cœur de l'homme d'Israël.

C'est ce que dit: lorsque tu aimeras Dieu..., 'et seront les paroles' - une entité nouvelle (havaya hadacha): tu trouveras la parole de Dieu dans ton cœur, comme les Sages l'ont enseigné: 'aussitôt l'esprit saint (roua'h ha-kodech) réside en ses entrailles'. Et sur cela les Sages ont dit: 'j'ai peine et j'ai trouvé - crois-le'.

Et il est écrit 'si tu la cherches comme l'argent... tu la trouveras' (Proverbes 2,4-5), car il y a des trésors cachés dans le cœur de l'homme d'Israël, comme ci-dessus. En vérité, dans la Torah il y a toujours un renouvellement, mais c'est parce que l'homme purifie son cœur qu'il peut recevoir le renouvellement en permanence.

Et c'est ce que dit 'qu'elles soient à tes yeux comme nouvelles' - c'est le service de l'homme. Mais en vérité il est écrit 'que Je t'ordonné aujourd'hui', et cette mitsva est de se souvenir du don de la Torah chaque jour, c'est-à-dire par la réparation de l'âme et du corps pour être prêt à recevoir; alors se révèle à lui l'illumination de la Torah qui se renouvelle chaque jour, comme il est écrit 'Écoute Israël' - d'où il ressort qu'il y a toujours une parole de Dieu que l'homme doit entendre, à l'image de ce qui est écrit: 'chaque jour une voix (bat kol) sort du mont Horeb'.

Et toutes ces forces se trouvent littéralement dans les cœurs des enfants d'Israël, et il est écrit 'et tu les attacheras... et elles seront comme fronteaux (totafot)' (Deutéronome 6,8) - que les paroles fassent une empreinte et un changement réels dans les âmes des enfants d'Israël. Puisque nous trouvons que les téfilines sont appelés 'signe' (ot), il s'ensuit qu'une empreinte de sainteté est perceptible chez l'homme d'Israël.

Et c'est l'essentiel de la mitsva des téfilines, qui sont un témoignage, comme il est écrit 'et tous les peuples de la terre verront... que le nom de Dieu est proclame sur toi' (Deutéronome 28,10) - nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété: ce sont les téfilines de la tête. Et assurément tout dépend du degré de don de soi qui se trouve chez l'homme.

Il y a en chaque homme d'Israël une part de cela; selon la volonté et l'amour envers Dieu, ainsi se trouve en lui une empreinte. Et si l'on mérite le don de soi en acte, alors l'empreinte se révèle elle aussi en acte concret.

Et s'il y a un peu d'amour caché dans le cœur, l'empreinte s'y trouve elle aussi, du moins dans l'intériorité.

תרמ"ה

5645 (תרמ״ה)

במדרש רנה זו סידור שבחו של מקום אח"כ תפלה כו' סימן לתפלה כיון לבו לתפלה כו' ע"ש. כי הנה עיקר התפלה שקראוהו חז"ל עבודה שבלב הוא התפלה בעבודת הבורא ית' שצריך כל אדם סיוע ועזר מן השמים.

וכל מה שברא הקב"ה לא ברא אלא לכבודו ונמצא עיקר בריאת האדם הי' ע"ז לסדר שבחו של מקום כפי היכולת שבו כדכת' עם זו יצרתי כו' תהלתי יספרו. ובהיותו מסדר שבחו של מקום כפי כחו אז שייך תפלה על היתר שאינו בכח עצמותו.

ואז נקרא תפלת אמת בדבר שצריך העזר מן השמים וזהו הרמז כיון לבו לתפלה שהוא בדבר ובזמן שצריך באמת העזר מן השמים ואז בוודאי נענה. וזה הי' תפלת מרע"ה אתה החילות להראות כו' אעברה נא כו'.

שהי' דבר שאין בכחו בעצמו כאשר באמת לא הי' יכול להגיע לזה ונענה בענין הראי'. וע"ד זה נתקן פסוקי דזמרה וק"ש קודם תפלה.

וזהו ענין סמיכת גאולה לתפלה גאולה הוא זה המעט דביקות שיש לכל אדם מישראל כפי מה שהוא. שהקב"ה בחר בנו והוציאנו ממצרים לספר תהלות ה'.

ועל הנשאר מתפללין ה' שפתי תפתח כו' וזה יסוד התפלה כנ"ל:

Dans le Midrach: 'chant (rina)' - c'est l'ordonnancement de la louange de l'Omniprésent (Makom); ensuite la prière, etc.; signe pour la prière: il à dirigé son cœur vers la prière, etc. - vois-y. Car voici, l'essentiel de la prière, que les Sages ont appelée 'le service du cœur' (avoda che-ba-lev), c'est la prière dans le service du Créateur, qu'Il soit béni: car tout homme à besoin d'aide et de secours du ciel.

Et tout ce que le Saint, béni soit-Il, à créé, Il ne l'à créé que pour Sa gloire; il en ressort que l'essentiel de la création de l'homme fut pour cela: ordonner la louange de l'Omniprésent selon la capacité qui est en lui, comme il est écrit 'ce peuple que J'ai forme... racontera Ma louange' (Isaie 43,21). Et lorsqu'il ordonné la louange de l'Omniprésent selon sa force, alors s'applique la prière sur le surplus qui n'est pas en son propre pouvoir.

Et alors elle est appelée prière véritable, sur une chose qui a besoin de l'aide du ciel; et c'est cela l'allusion 'il à dirigé son cœur vers la prière' - qui est pour une chose et en un temps où l'on a vraiment besoin de l'aide du ciel, et alors on est assurément exaucé. Et telle fut la prière de notre maître Moché: 'Toi, Tu as commencé à montrer... que je passe donc...' - car c'était une chose qui n'était pas en son propre pouvoir, comme en vérité il ne put y parvenir, et il fut exaucé quant à la vision.

Et sur ce modèle furent institués les Versets du chant (pesoukei de-zimra) et le Chema avant la prière. Et c'est le sujet de la juxtaposition de la délivrance à la prière: la délivrance est ce peu d'attachement que possède chaque homme d'Israël selon ce qu'il est, car le Saint, béni soit-Il, nous à choisis et nous à fait sortir d'Égypte pour raconter les louanges de Dieu.

Et sur le reste on prie 'Seigneur, ouvre mes lèvres [et ma bouche dira Ta louange]' (Psaumes 51,17) - et c'est le fondement de la prière, comme ci-dessus.

En bref

« Et tu aimeras Hachem ton D.ieu », « et ces paroles seront » : le Sifri et Rachi enseignent que l'amour, c'est par ces paroles qu'on Le reconnaît. Le Sfat Emet dit que cet amour est la Torah placée dans chaque âme d'Israël, dites à toute l'assemblée sans jamais cesser, et tout homme d'Israël peut trouver dans son cœur des paroles de Torah. C'est le feu de l'amour ; la faute éteint la mitsva mais n'éteint pas la Torah. Par cette force on trouve l'amour dans le cœur, qui ne dépend d'aucune chose, seulement parce qu'« Israël est la part de Hachem ». La haine vient par une cause et cesse avec elle ; l'amour est dans l'essence même.

Aussi : les justes demandent un don gratuit et craignent après la promesse, comme Yaakov et Yehochoua ; Souviens-toi et Garde, l'âme supplémentaire et les cinquante portes de la Bina ; les astres départis aux nations pour éclairer.

בפ' ואהבת את ה"א וכו' והיו הדברים האלה. פי' בספרי וברש"י.

מהו האהבה והיו הדברים שמתוך כך אתה מכיר כו'. פי' שאהבה זו היא התורה והקב"ה נתן בכל נפש מישראל הדברים האלה כדכתי' א"ה האלה דיבר ה' א"כ קהלכם ק"ג ולא יסף פי' חז"ל ולא פסק שלעולם יכול כל איש ישראל למצוא בלבו דברי תורה כמ"ש יגעתי ומצאתי תאמין.

והוא אש האהבה דכתי' עלי' מים רבים לא יוכלו לכבות א"ה. כדאיתא עבירה מכבה מצוה ואינה מכבה תורה [וכן דרשו חז"ל בפסוק הבן יקיר כו' מדי דברי בו די דיבורי שנתתי בו כו'] וכתי' כה דברי כאש נאום ה'.

וזהו העדות ע"י התורה שנתן לנו הקב"ה שאוהב אותנו כמ"ש ע"ז הבוחר בע"י באהבה. ובכח זה יכולין למצוא האהבה בלב להש"י.

כי אהבה זו אינה תלוי' בדבר כמ"ש לא מרובכם כו' חשק ה' כו' כי מאהבת ה' אתכם כו'. פי' שהיא אהבה שאינה תלוי' בדבר רק כי חלק ה' עמו.

ומצינו בשעת החטא כתי' נתנה עלי בקולה ע"כ שנאתי'. שהשנאה הוא רק ע"י סיבה.

ובטל דבר בטל שנאה. אבל האהבה היא בעצם.

וכ"כ אוהבם נדבה. ובהפטרה דנחמו נחמו.

מה אקרא כ"ה חציר כו'. ודרשו חז"ל בשעה שאין ישראל עוסקין בתורה זבוב קורא כן.

והתשובה נבל ציץ ודבר א' יקום לעולם. כי אין עבירה מכבה תורה וע"י החטאים נסתר האהבה לפי שעה.

אבל לבסוף יבש חציר כו' וד"א יקום כנ"ל:

Dans la paracha "Et tu aimeras l'Éternel ton D-ieu" etc., "et ces paroles seront". Explication dans le Sifri et dans Rachi : qu'est-ce que l'amour ?

"Et ces paroles seront" -- c'est par la que tu Le reconnais etc. Explication : cet amour, c'est la Torah, et le Saint béni soit-Il à placé dans chaque âme d'Israël ces paroles-la, comme il est écrit "ces paroles, l'Éternel les a dites" (Deut.

5,19) -- c.-à-d. à toute votre assemblée -- "d'une voix forte, sans discontinuer" (vélo yassaf), que nos Sages ont expliqué : "sans jamais cesser", car à jamais tout homme d'Israël peut trouver dans son cœur des paroles de Torah, comme il est dit "je me suis fatigue et j'ai trouvé, crois-le" (Meguila 6b). Et c'est le feu de l'amour, dont il est écrit "sur lui des eaux nombreuses ne pourront l'éteindre" (Cant.

8,7) -- l'amour. Comme il est enseigné : la faute éteint la mitsva mais n'éteint pas la Torah [et de même nos Sages ont exposé sur le verset "le fils chéri" (Jer.

31,19) etc. : "chaque fois que Je parle de lui" -- assez (day) de la parole (dibbouri) que J'ai mise en lui etc.] et il est écrit "ma parole n'est-elle pas comme le feu, dit l'Éternel" (Jer. 23,29).

Et c'est le témoignage par la Torah que nous à donnée le Saint béni soit-Il, [signe] qu'Il nous aime, comme nous disons à ce sujet "Qui choisit Son peuple Israël avec amour". Et par cette force on peut trouver l'amour dans le cœur envers l'Éternel.

Car cet amour ne dépend d'aucune chose, comme il est dit "ce n'est pas parce que vous êtes le plus nombreux... que l'Éternel s'est attaché à vous... mais parce que l'Éternel vous aime" (Deut. 7,7-8).

Explication : c'est un amour qui ne dépend d'aucune chose, seulement parce qu'"Israël est la part de l'Éternel" (Deut. 32,9).

Et nous trouvons, au moment de la faute, il est écrit "elle à élève contre Moi sa voix, c'est pourquoi Je l'ai haie" (Jer. 12,8) -- car la haine ne vient que par une cause, et lorsque la chose cesse la haine cesse ; mais l'amour est dans l'essence même.

Et de même "Je les aimerai d'un amour spontané" (Osée 14,5). Et dans la haftara de "Consolez, consolez" : "que crierai-je ?

Toute chair est de l'herbe" etc. (Isa.

40,6), et nos Sages ont exposé : au moment où Israël ne s'occupe pas de Torah, même une mouche crie ainsi. Et la réponse : "l'herbe sèche, la fleur se fane, mais la parole de notre D-ieu subsistera à jamais" (Isa.

40,8) -- car nulle faute n'éteint la Torah, et par les fautes l'amour se cache pour un temps ; mais à la fin "l'herbe sèche" etc. "et la parole de D-ieu subsistera", comme ci-dessus.

תרמ"ו

5646 (תרמ״ו)

בענין מ"ש רש"י ורז"ל אע"פ שיש לצדיקים לתלות במעשיהם הטובים אין מבקשין רק מתנת חנם. ותמוה כי הלא לא נכנס מרע"ה באמת וא"כ לא הי' מדה"ד נותן שיכנוס.

וכבר כתבנו מזה כי בחי' א"י היא בחי' תפלה ומתנת חנם. ומרע"ה הי' בחי' התורה ואעפ"כ הכניס עצמו לבחי' תפלה כדי שיכנוס לא"י כמ"ש באורך במ"א.

והנה במדר' וישלח איתא ב' ב"א הבטיחן הקב"ה ונתיירא הבחור שבאבות והנה אנכי עמך וכתי' ויירא וייצר. הבחור שבנביאים כי אהי' עמך ולבסוף נתיירא דכת' אל תירא אותו מכלל שנתיירא ע"ש.

ובוודאי הוא דבר גדול לבא למדה זו לירא אחר הבטחת הבורא ית"ש. ושמעתי מפי מו"ז ז"ל על מ"ש בזה"ק שם ע' וישלח כי אע"פ שהבטיחו הקב"ה ליעקב אע"ה עכ"ז לא בעא לאטריחא לקוב"ה בניסא.

וע"ש עוד שרצה להניח זכותא דילי' לבניו. וביאר הוא ז"ל.

כי הוא ענין פלא מי שהבטיח לו השי"ת והאמין בו ואעפ"כ ע"י שראה עצמו בסכנה ע"פ דרך הטבע עשה את שלו והתפלל כמו שצריך להיות בעת צרה וכתיב וייצר לו כיון שע"פ דרך הטבע צריך הוא לישועה צריך הוא לעשות את שלו אך להיות באמת מיצר לו כל כך הוא דבר שאין מובן לכל רק לאיש אמיתי כיעקב אע"ה. ולכן השאיר זכותו לדורות כשיהיו באמת בעת צרה כו'.

זה תוכן דבריו. וכדברים האלה הי' ג"כ בבחור שבנביאים במלחמת עוג שבוודאי בדרך הטבע הי' מלחמה כבדה מאוד כמ"ש לעוג מלך הבשן כל"ח א"כ צריך הי' להתיירא אע"פ שהי' בטוח כנ"ל.

וזה ענין גדול שנמצא רק בשני ב"א אלו בחור שבאבות ושבנביאים. ולכן כתי' ואתחנן כו' בעת ההוא כשהגיע למדרגה זו שיוכל להיות מתיירא אחר הבטחון וסבר שיוכל לכנוס לא"י הגם כי מדרגה שלו בחי' התורה עכ"ז יכול להיות בבחי' התפלה ג"כ כנ"ל.

וזה השבח שאע"פ שיש להם לתלות כו' מבקשין מתנת חנם. וזה עצמו ענין סמיכות גאולה לתפלה שכ' במד' בפסוק כי מי גוי גדול כו' ופרשנו כי ב' אלו בכל קראנו אליו הוא תפלה.

ולו חקים ומשפטים צדיקים הוא התורה. והתורה הוא שטר חירות שיש בב"י.

וזה ענין סמיכות ק"ש שהיא התורה והגאולה לתפלה. שבוודאי נמצא מזה בכל איש ישראל בפרט ובכלל רק הכלל לעולם נענים כמ"ש במד'.

ולפרט נמצא עתים מיוחדים שנפתח להם איזה הארות בבחי' התורה. והוא מה שמצוון בכל יום לזכור מעמד הר סיני.

וכשזוכין להתפלל מתוך אותו הדביקות של זכירת מתן תורה זה סמיכות גאולה לתפלה. כמ"ש לעיל ודו"ק:

Au sujet de ce qu'ont dit Rachi et nos Sages : bien que les justes aient de quoi s'appuyer sur leurs bonnes actions, ils ne demandent qu'un don gratuit. Et cela étonne : car Moché notre maître n'est en vérité pas entre en terre d'Israël, et donc l'attribut de rigueur ne permettait pas qu'il y entre.

Et nous avons déjà écrit à ce sujet que l'aspect de la terre d'Israël est l'aspect de la prière et du don gratuit ; et Moché notre maître était l'aspect de la Torah, et pourtant il s'est introduit dans l'aspect de la prière afin d'entrer en terre d'Israël, comme nous l'avons écrit longuement ailleurs. Or dans le Midrach de Vayichlah il est dit : deux hommes le Saint béni soit-Il leur a fait une promesse, et l'élu parmi les patriarches [Yaakov] à eu peur -- "voici Je suis avec toi" (Gen.

28,15) et il est écrit "il eut peur et fut angoisse" (Gen. 32,8) ; l'élu parmi les prophètes [Josue] -- "car Je serai avec toi" (Jos.

1,5) et à la fin il à eu peur, car il est écrit "ne le crains pas" (Nomb. 21,34), d'où il ressort qu'il à eu peur, vois-la.

Et assurément c'est une grande chose que de parvenir à cette mesure : craindre après la promesse du Créateur qu'Il soit béni. Et j'ai entendu de la bouche de mon grand-père et maître, de mémoire bénie, sur ce qui est dit dans le Zohar la-bas, section Vayichlah : bien que le Saint béni soit-Il eut promis à Yaakov notre père, paix sur lui, malgré cela il ne voulut pas importuner le Saint béni soit-Il par un miracle ; et vois-la encore [qu'il en était ainsi] parce qu'il voulait laisser son mérite à ses enfants.

Et il expliqua, de mémoire bénie : c'est une chose merveilleuse -- celui à qui l'Éternel à promis et qui a cru en Lui, et malgré cela, parce qu'il s'est vu en danger selon la voie de la nature, à fait sa part et à prié comme il convient au temps de la détresse ; et il est écrit "il fut angoisse" -- puisque selon la voie de la nature il à besoin du salut, il doit faire sa part ; mais être vraiment angoisse à ce point, voilà une chose que tous ne comprennent pas, seulement un homme véridique comme Yaakov notre père. C'est pourquoi il à laissé son mérite aux générations, pour quand elles seront vraiment au temps de la détresse etc. -- tel est le contenu de ses paroles.

Et de semblables choses eurent lieu aussi chez l'élu parmi les prophètes, dans la guerre contre Og : car assurément selon la voie de la nature c'était une guerre très lourde, comme il est dit de Og roi du Bachan (כל״ח) (Deut. 3,11) ; il devait donc craindre, bien qu'il fut assuré, comme ci-dessus.

Et c'est une grande chose qui ne se trouve que chez ces deux hommes : l'élu des patriarches et l'élu des prophètes. C'est pourquoi il est écrit "et j'ai implore... en ce temps-la" (Deut.

3,23) -- lorsqu'il parvint à ce degré de pouvoir craindre après l'assurance, et qu'il pensa pouvoir entrer en terre d'Israël : bien que son degré fut l'aspect de la Torah, il pouvait malgré cela être aussi dans l'aspect de la prière, comme ci-dessus. Et c'est la la louange : bien qu'ils aient de quoi s'appuyer etc., ils demandent un don gratuit.

Et c'est cela même le sens de la juxtaposition de la délivrance à la prière (semikhat gueoula li-tefila), dont il est écrit dans le Midrach sur le verset "car quel est le grand peuple" etc. (Deut.

4,7) : et nous avons expliqué que ces deux [expressions] -- "chaque fois que nous L'invoquons", c'est la prière ; "et qui a des lois et des ordonnances justes", c'est la Torah. Et la Torah est l'acte d'affranchissement que possède la maison d'Israël.

Et c'est le sens de la juxtaposition du Chema, qui est la Torah et la délivrance, à la prière. Car assurément il s'en trouve quelque chose chez chaque homme d'Israël, en particulier et en général ; seulement, l'ensemble est toujours exaucé, comme il est dit dans le Midrach, tandis que pour l'individu il se trouve des temps particuliers où s'ouvrent pour lui quelques illuminations dans l'aspect de la Torah.

Et c'est ce qui nous est ordonné chaque jour : se souvenir de la station du mont Sinaï. Et quand on mérite de prier à partir de cet attachement du souvenir du don de la Torah, c'est la juxtaposition de la délivrance à la prière, comme ci-dessus -- comprends-le bien.

במצות שבת כתיב בפרשה זו וזכרת כי עבד היית כו' ובראשונות כתי' כי ששת ימים עשה כו'. הנה שבת סהדותא איקרי ובנ"י מעידין בש"ק על הש"י ובעד כתי' או ראה או ידע כדאיתא בגמ' דיש עדות בראי' או בידיעה.

וכ"כ אתה הראת לדעת. שבנ"י הם עדים בראי' ובידיעה.

והנה ביצ"מ ראו בנ"י הנסים שעשה להם הקב"ה וב"ש. אבל להעיד על בריאת שמים וארץ לא שייך ראי' רק ידיעה.

והוא הדעת שזכו בנ"י בקבלת התורה דכתיב פנים בפנים דיבר וניטל מהם מסך הגוף המבדיל כדכתי' אשר עמדת לפני ה"א. ולכן יכולין להעיד על בריאת מ"ב הואיל ונתעלו למעלה מכיפת הרקיע כדפרש"י ז"ל אתה הראת שפתח להם הרקיע כו'.

ובאמת בכל ש"ק יש פתח זה. וע"ז כתי' שער החצר כו' הפונה קדים הוא כנ"ל התגלות מקודם הבריאה.

ביום השבת יפתח. ומצד זה יש נשמה יתירה שיורדת בשבת כדי שנוכל להעיד על הש"י שברא העולם [וב' אלו הם דכתי' השמע עם כו'.

פי' שמיעה קבלה והוא הדעת שזכו בנ"י בקבלת התורה וע"ז אומרים בכל יום שמע ישראל לזכור יום אשר עמדת כו' בחורב. ע"י שכ"א מכניס עצמו בכלל ישראל יוכל להרגיש מעט מדעת הנ"ל.

או הנסה כו' הוא בחי' יצ"מ]. ובשבת זוכין לזה הדעת והוא הרגשת האמת בכח התורה שניתן לבנ"י ולכן יכולין להעיד גם על מה שאין הראי' שולט בו.

וזה באמת העדות גם על בנ"י שזוכין להעיד על הש"י ובכלל ישראל הוא בחי' הנבואה ורוה"ק שנמצא בישראל ודו"ק היטב:

Dans le commandement du Chabbat il est écrit dans cette paracha "et tu te souviendras que tu as été esclave" etc. (Deut.

5,15), alors que dans les premières Tables il est écrit "car en six jours l'Éternel à fait" etc. (Ex.

20,11). Or le Chabbat est appelé "témoignage" (sahadouta), et les enfants d'Israël témoignent le saint Chabbat au sujet de l'Éternel ; et pour le témoin il est écrit "s'il à vu où s'il à su" (Lev.

5,1), comme il est dit dans la Guemara qu'il y a témoignage par la vue où par la connaissance. Et de même "toi il t'à été montre pour savoir" (Deut.

4,35) -- que les enfants d'Israël sont témoins par la vue et par la connaissance. Or lors de la sortie d'Égypte les enfants d'Israël ont vu les miracles que leur a faits le Saint béni soit-Il et béni soit Son Nom ; mais pour témoigner sur la création des cieux et de la terre, la vue ne s'applique pas, seulement la connaissance.

Et c'est le savoir (daat) qu'ont mérité les enfants d'Israël lors du don de la Torah, comme il est écrit "face à face l'Éternel à parlé" (Deut. 5,4), et le voile du corps qui sépare leur fut ôte, comme il est écrit "toi qui t'es tenu devant l'Éternel ton D-ieu" (Deut.

4,10). C'est pourquoi ils peuvent témoigner sur la création, l'œuvre du commencement (מ״ב), puisqu'ils se sont élevés au-dessus de la voûte du firmament, comme l'expliqué Rachi de mémoire bénie sur "toi il t'à été montre" -- qu'Il ouvrit pour eux le firmament etc.

Et en vérité en chaque saint Chabbat il y a cette ouverture. Et à ce sujet il est écrit "la porte du parvis... tournée vers l'orient" (Ezech.

46,1) -- c'est, comme ci-dessus, la révélation d'avant la création -- "au jour du Chabbat elle s'ouvrira". Et de ce côté il y a une âme supplémentaire (nechama yetera) qui descend le Chabbat, afin que nous puissions témoigner sur l'Éternel qui a créé le monde [et ces deux modes sont ce qui est écrit "un peuple à-t-il entendu" etc.

(Deut. 4,33) : explication -- l'écoute est réception, et c'est le savoir qu'ont mérité les enfants d'Israël lors du don de la Torah, et à ce sujet on dit chaque jour "Écoute Israël" pour se souvenir du jour "où tu t'es tenu... à Horeb" (Deut.

4,10) ; du fait que chacun s'introduit dans l'ensemble d'Israël, il peut ressentir un peu du savoir mentionné ; "où D-ieu à-t-Il essayé" etc. (Deut.

4,34), c'est l'aspect de la sortie d'Égypte]. Et le Chabbat on mérite ce savoir, qui est le ressenti de la vérité par la force de la Torah donnée aux enfants d'Israël ; c'est pourquoi ils peuvent témoigner aussi sur ce que la vue ne domine pas.

Et c'est en vérité le témoignage porte aussi sur les enfants d'Israël, qui méritent de témoigner sur l'Éternel ; et dans l'ensemble d'Israël c'est l'aspect de la prophétie et de l'esprit saint qui se trouve en Israël -- comprends-le bien.

תרמ"ז

5647 (תרמ״ז)

בענין זכור ושמור בדיבור אחד נאמרו. ובזוהר איתא דזכור ושמור כללא דכל אוריתא נגד אנכי ולא יהי' לך ע"ש.

הענין הוא דבעשרת הדברות כשאמר הקב"ה אנכי ה"א חל אלקותו ית' על נפשות בנ"י ונחקקו הדברים בלב כל איש ישראל כמ"ש ז"ל אנכי אנא נפשאי כו'. וע"ז נאמר לא יהי' לך א-להים אחרים על פני.

פי' על זה האלקות ששוכן בכל איש ישראל. וזה אמת והבטחה ג"כ כי על צורה זו לא יוכל לחול שום דבר אחר רק שצריך כל א' להתעורר בכח תורה ומצות למצוא זו הנקודה בלבו.

ובאמת בש"ק מתגלה זאת בלבות בנ"י. והיא עצמו הנשמה יתירה וחזרת הכתרים שמחזיר מרע"ה לבנ"י כמ"ש במ"א בפסוק דיבר ה' אל כל קהלכם.

א"כ בש"ק דמתאחדין ברזא דאחד חל דבר ה' אנכי. ולכן בשבת לית שולטנא אחרא כמ"ש לא יהי' לך א"א.

ועל ב' אלו נאמר זכור ושמור שצריכין למצוא בש"ק הארה מקבלת התורה וזה זכור כמ"ש חז"ל מזה שבשבת ניתנה תורה. ושמור לגרש אל זר.

וע"ז כתיב שמע ישראל כו' ואהבת. ובמד' חלקי ה' אמרה נפשי כו'.

כי החוקרים מקשים איך שייך ציווי על אהבה. אכן באמת אהבת השי"ת תקועה בלב איש ישראל משעת קבלת התורה כשאמר הקב"ה אנכי ה' אלקיך.

וע"ז עצמו כתי' ואהבת את ה' אלקיך שקבלת בסיני. וע"ז כתיב מים רבים לא יוכלו לכבות כו' האהבה.

והיא התורה. שיש בכל נפש ישראל אותיות התורה רק שצריכין לעורר אלה הכחות בעבודת ה'.

במחשבה דיבור מעשה. כמ"ש והיו הדברים כו' על לבבך במחשבה ורצון.

ודברת ושננתם בדיבור. וקשרתם וכתבתם במעשה.

ובמד' מי לי בשמים כו'. כי ז"ש אנכי ה"א שהקב"ה מנהיג אותנו בלי אמצעי.

כי לכל אומה יש שר. אבל על בנ"י ייחד שמו ית'.

וזה עצמו עדות השבת שניתן לבנ"י שהם מוכנים לקבל הנהגתו ית' בלי אמצעיות. ולכן בראשונות כתי' כי ששת ימים עשה כו'.

ובאחרונות כתי' וזכרת כי עבד היית כו' ע"כ צוך כו' לעשות כו' השבת. פי' כשהוציאנו השי"ת ממצרים נעשו בנ"י כלים לקבל הנהגה עליונה זו כנ"ל:

Au sujet de "Souviens-toi" et "Garde" qui furent dits en une seule parole. Et dans le Zohar il est dit que "Souviens-toi" et "Garde" sont le principe de toute la Torah, correspondant à "Je suis" et "Tu n'auras pas", vois-la.

L'idée est que dans les Dix Paroles, quand le Saint béni soit-Il dit "Je suis l'Éternel ton D-ieu", Sa divinité qu'Il soit béni s'est posée sur les âmes des enfants d'Israël, et les paroles se sont gravées dans le cœur de chaque homme d'Israël, comme l'ont dit nos Sages : "Anokhi (Je) -- Moi-même, Mon âme" etc. Et à ce sujet il est dit "Tu n'auras pas d'autres dieux devant Ma face" -- explication : sur cette divinité qui réside en chaque homme d'Israël.

Et c'est aussi une vérité et une promesse : sur cette forme rien d'autre ne pourra se poser ; seulement chacun doit s'éveiller par la force de la Torah et des mitsvot pour trouver ce point dans son cœur. Et en vérité le saint Chabbat cela se révèle dans les cœurs des enfants d'Israël.

Et c'est cela même l'âme supplémentaire et le retour des couronnes que Moché notre maître rend aux enfants d'Israël, comme nous l'avons écrit ailleurs sur le verset "l'Éternel à parlé à toute votre assemblée" (Deut. 5,19).

Ainsi, le saint Chabbat, où les âmes s'unissent dans le mystère de l'Un, se pose la parole de l'Éternel "Je suis". C'est pourquoi le Chabbat "nul autre pouvoir ne domine", comme il est dit "Tu n'auras pas d'autres dieux".

Et sur ces deux choses il est dit "Souviens-toi" et "Garde" : car il faut trouver le saint Chabbat une illumination du don de la Torah, et c'est "Souviens-toi", comme l'ont dit nos Sages, de ce que le Chabbat la Torah fut donnée ; et "Garde", pour chasser le dieu étranger. Et à ce sujet il est écrit "Écoute Israël... et tu aimeras".

Et dans le Midrach : "l'Éternel est ma part, à dit mon âme" etc. (Lam.

3,24). Car les chercheurs objectent : comment peut-on ordonner l'amour ?

Mais en vérité l'amour de l'Éternel est fiché dans le cœur de l'homme d'Israël depuis l'heure du don de la Torah, quand le Saint béni soit-Il dit "Je suis l'Éternel ton D-ieu". Et à ce sujet même il est écrit "et tu aimeras l'Éternel ton D-ieu" -- que tu as reçu au Sinaï.

Et à ce sujet il est écrit "des eaux nombreuses ne pourront éteindre... l'amour" -- et c'est la Torah, car il y a dans chaque âme d'Israël les lettres de la Torah, seulement il faut éveiller ces forces dans le service de l'Éternel : par la pensée, la parole et l'action. Comme il est écrit "et ces paroles seront... sur ton cœur" -- par la pensée et la volonté ; "et tu en parleras et tu les enseigneras" -- par la parole ; "et tu les attacheras et tu les écriras" -- par l'action.

Et dans le Midrach "qui ai-je dans les cieux" etc. (Ps.

73,25). Car c'est ce que dit "Je suis l'Éternel ton D-ieu" -- que le Saint béni soit-Il nous conduit sans intermédiaire ; car chaque nation à un prince céleste, mais sur les enfants d'Israël Il à attaché Son propre Nom qu'Il soit béni.

Et c'est cela même le témoignage du Chabbat donne aux enfants d'Israël, qui sont prêts à recevoir Sa conduite sans intermédiaires. C'est pourquoi dans les premières Tables il est écrit "car en six jours l'Éternel à fait" etc., et dans les dernières il est écrit "et tu te souviendras que tu as été esclave... c'est pourquoi Il t'à ordonné... de faire... le Chabbat" -- explication : quand l'Éternel nous à fait sortir d'Égypte, les enfants d'Israël sont devenus des réceptacles pour recevoir cette conduite supérieure, comme ci-dessus.

והנה שבת סהדותא איקרי. דכתי' אתם עדי.

דהנה כתי' אנכי ה"א אשר הוצאתיך מא"מ. ומקשין אמאי לא נאמר אשר בראתיך.

אבל פי' אנכי ה"א שהכירו בנ"י וידעו את ה' והרגישו אלקותו ית' בנפשותם וזה בא ע"י יצ"מ כדאיתא בזוה"ק חמשין זמנין אידכר יצ"מ באורייתא לקבל נ' שערי בינה ע"ש [דכתי' אתה הראת לדעת לשון נפעל הוא כנ"ל עפמ"ש בזוה"ק ע"פ נודע בשערים מאן יכול למנדע אלא כל בר נש לפום שעורין דליבא ע"ש פ' וירא. וז"ש שע"י הנסים נפתחו שערי בינה בלבות בנ"י לידע כי אנכי ה"א.

וז"ש הראת לדעת] והוא החירות דכמו דיש נ' שערי בינה שהוא תכלית הבריאה לכבודו ית' להבין ולהכיר גדולתו של יוצר בראשית. אך שיש בעוה"ז מול זה מ"ט שערי טומאה וחשכות הטבע שאין ניכר פנימיות הנהגה שהוא מאתו ית'.

וכשיצאנו ממצרים יצאו מאותן המ"ט שערים ונגלה להם שערי בינה והכירו כבודו ית'. ולכן הזכיר נ' זימנין יצ"מ.

וכ"כ בזוה"ק פרשה זו בהדי' ע"ש דף רס"ב. וכענין זה הוא בנ' שבתות השנה שבכל שבת נפתח שער מיוחד מהנ' שערי בינה כדכתי' ביום השבת יפתח ובנ"י שיצאו מארץ מצרים ונעשו בני חורין שזה עיקר החירות שבאין אל הבינה שהיא תכלית מה שבראנו בעולם לכבודו ית' יכולין להרגיש בכל שבת ההארות המתגלות בהם וז"ש וזכרת כי עבד כו' ע"כ צוך כו':

Or le Chabbat est appelé "témoignage", car il est écrit "vous êtes Mes témoins" (Isa. 43,10).

Car voici, il est écrit "Je suis l'Éternel ton D-ieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte", et l'on objecte : pourquoi n'à-t-Il pas dit "qui t'ai créé" ? Mais l'explication de "Je suis l'Éternel ton D-ieu", c'est que les enfants d'Israël ont reconnu et connu l'Éternel et ont ressenti Sa divinité qu'Il soit béni dans leurs âmes ; et cela est venu par la sortie d'Égypte, comme il est dit dans le Zohar : cinquante fois la sortie d'Égypte est mentionnée dans la Torah, correspondant aux cinquante portes de la Bina (compréhension), vois-la [car il est écrit "toi il t'à été montre pour savoir" -- c'est une forme passive (nifal), comme ci-dessus, selon ce qui est dit dans le Zohar sur le verset "il est connu aux portes" (Prov.

31,23) : qui peut connaître, sinon chaque homme selon les mesures de son cœur, vois-la, section Vayera. Et c'est ce qui est dit : par les miracles se sont ouvertes les portes de la Bina dans les cœurs des enfants d'Israël pour savoir "Je suis l'Éternel ton D-ieu".

Et c'est ce que dit "il t'à été montre pour savoir"]. Et c'est l'affranchissement : de même qu'il y a cinquante portes de la Bina -- qui est le but de la création, faite pour Sa gloire qu'Il soit béni, afin de comprendre et de reconnaître la grandeur de Celui qui forma le commencement -- il y a en ce monde-ci, face à cela, quarante-neuf portes d'impureté et l'obscurité de la nature, où l'intériorité de la conduite, qui est de Lui qu'Il soit béni, n'est pas reconnaissable.

Et quand nous sommes sortis d'Égypte, les enfants d'Israël sont sortis de ces quarante-neuf portes, et les portes de la Bina leur furent révélées, et ils reconnurent Sa gloire qu'Il soit béni. C'est pourquoi la sortie d'Égypte est mentionnée cinquante fois.

Et ainsi il est écrit dans le Zohar sur cette paracha explicitement, vois-la folio 262. Et de même il en est des cinquante Chabbats de l'année : en chaque Chabbat s'ouvre une porte particulière parmi les cinquante portes de la Bina, comme il est écrit "au jour du Chabbat elle s'ouvrira".

Et les enfants d'Israël, qui sont sortis du pays d'Égypte et sont devenus des hommes libres -- car c'est la l'essence de l'affranchissement : parvenir à la Bina, qui est le but pour lequel Il nous à créés dans le monde, pour Sa gloire qu'Il soit béni -- peuvent ressentir en chaque Chabbat les illuminations qui se révèlent en eux. Et c'est ce que dit "et tu te souviendras que tu as été esclave... c'est pourquoi Il t'à ordonné" etc.

וענין חמשין זמנין אידכר יצ"מ באורייתא דאין לך בן חורין אלא העוסק בתורה לכן נמצא נ' דרכים בתורה איך להיות בן חורין מכל שערי טומאה. ואלה השערים נפתחים בנ' שבתות השנה לכן הוא זכר ליצ"מ והוא נחלה בלי מצרים לכן א"צ תפילין בשבת שהתפילין הם לצאת מאלה המצרים בכח ד' פרשיות שבתפילין.

ושבת הוא גופי' חירותא כנ"ל:

Et l'idée des cinquante fois où la sortie d'Égypte est mentionnée dans la Torah : "tu n'as d'homme libre que celui qui s'occupe de la Torah" (Avot 6,2), c'est pourquoi il se trouve cinquante voies dans la Torah pour être libre de toutes les portes d'impureté. Et ces portes s'ouvrent aux cinquante Chabbats de l'année ; c'est pourquoi le Chabbat est un souvenir de la sortie d'Égypte, et il est un héritage sans limites (nahala bli metsarim).

C'est pourquoi on n'à pas besoin des tefilin le Chabbat, car les tefilin servent à sortir de ces détroits (metsarim) par la force des quatre sections contenues dans les tefilin ; et le Chabbat est en lui-même affranchissement, comme ci-dessus.

תרמ"ח - תרמ"ט

5648-5649 (תרמ״ח - תרמ״ט)

בפסוק ופן תשא עיניך כו' אשר חלק ה' כו' אותם לכל העמים. פרש"י להאיר.

וכן כתבו חכמים לתלמי המלך חלק להאיר. וקשה שהרי להאיר נבראו גם לנו.

אכן הפי' כי להם נחלק ההנהגה טבעיות ע"פ צבא השמים. אבל לבנ"י הכל אחדות אחד.

וזה עיקר עדותן של בנ"י שגם הטבע אחדות א' דכתי' שמע ישראל ה"א ה' אחד ולא כתי' א-להי אחד רק ה' אחד שהוא המהוה כל הוה. וכתי' וירא א-להים כו' האור כי טוב וגנזו לצדיקים וזהו ההבדלה נעשה ע"י המאורות כמ"ש יהי מאורות כו' להבדיל כו'.

אבל לבנ"י נמשך הארה מאור הגנוז כמ"ש מחדש בטובו בכ"י מעשה בראשית ובנ"י מעידין ע"ז בכל יום קודם ק"ש לכן אין האור הפנימי נבדל מהם. וז"ש חלק כו' לכל העמים כו' ואתכם לקח כו' פי' ביצ"מ שנשתנה הטבע עבור בנ"י נמסר להם ההנהגה הפנימיות כנ"ל כמ"ש החודש הזה לכם.

ואין כל חדש תחת השמש רק שהם דבקים למעלה מצבא השמים. ולא עוד אלא שהם מביאים התחדשות מן השורש אל צבא השמים:

Sur le verset "et de peur que tu ne levés les yeux... que l'Éternel à départis... à tous les peuples" (Deut. 4,19), Rachi explique : "pour éclairer".

Et de même les Sages ont écrit pour le roi Ptolemee : "à départis pour éclairer". Et cela fait difficulté, car les astres ont été créés pour éclairer aussi pour nous.

Mais l'explication est qu'à eux, les nations, fut départie la conduite naturelle selon l'armée des cieux, tandis que pour les enfants d'Israël tout est unité unique. Et c'est l'essence du témoignage des enfants d'Israël : que même la nature est une unité unique, comme il est écrit "Écoute Israël, l'Éternel notre D-ieu, l'Éternel est Un", et il n'est pas écrit "mon D-ieu est Un" mais "l'Éternel est Un", Lui qui fait être tout ce qui est.

Et il est écrit "et D-ieu vit... la lumière, qu'elle était bonne" (Gen. 1,4), et Il la cacha pour les justes ; et c'est la séparation qui se fait par les luminaires, comme il est écrit "qu'il y ait des luminaires... pour séparer" etc.

Mais pour les enfants d'Israël une illumination découle de la lumière cachée, comme nous disons "Il renouvelle par Sa bonté chaque jour l'œuvre du commencement", et les enfants d'Israël en témoignent chaque jour avant le Chema ; c'est pourquoi la lumière intérieure ne se sépare pas d'eux. Et c'est ce que dit "à départis... à tous les peuples... mais vous, Il vous à pris" etc.

(Deut. 4,19-20) -- explication : lors de la sortie d'Égypte, où la nature fut changée pour les enfants d'Israël, la conduite intérieure leur fut remise, comme ci-dessus, comme il est dit "ce mois-ci est pour vous" (Ex.

12,2). Et "il n'y a rien de nouveau sous le soleil" (Eccl.

1,9), seulement qu'ils sont attachés au-dessus de l'armée des cieux ; et bien plus, ils apportent le renouvellement depuis la racine vers l'armée des cieux.

בפרשת שמע. ואהבת.

מי לי בשמים כו' לא חפצתי בארץ. דאיתא אהבה שאינה תלוי' בדבר אינה בטלה עולמות ולכן אהבת בנ"י אל הבורא בכל לבבך נפשך למסור הכל עבור ה' ממילא אינה תלוי' בשום דבר.

והנה בנ"י נבראו להעיד על הבורא ית' כדכתי' אתם עדי. ומעידין עליו בכל יום פעמים באהבה.

אך באמת בנ"י מיוחדים אליו ובחר בנו מכל עם א"כ יאמרו כי אנחנו נוגעין בעדות. ע"כ סמך לזה ואהבת בכל נפשך כי כשמוסרין נפשותינו וכל מאודנו עבורו ית' א"כ מסולקים כל הנגיעות ואז הוא עדות אמת.

ובאמת כך הוא כפי האהבה ומס"נ שנמצא באדם כך הוא יכול להעיד על אחדותו ית'. וגם זה אמת כפי העדות ויחוד שמו ית' שאנו מיוחדים.

כך זוכין אל האהבה כי לשניהם אין להם שיעור:

Dans la section du Chema. "Et tu aimeras".

"Qui ai-je dans les cieux... je n'ai désire d'autre que Toi sur la terre" (Ps. 73,25).

Car il est enseigné : un amour qui ne dépend d'aucune chose ne s'annule jamais, tant que durent les mondes ; c'est pourquoi l'amour des enfants d'Israël envers le Créateur, "de tout ton cœur, de toute ton âme", jusqu'à tout livrer pour l'Éternel, par la même ne dépend d'aucune chose. Or les enfants d'Israël ont été créés pour témoigner du Créateur qu'Il soit béni, comme il est écrit "vous êtes Mes témoins" ; et ils témoignent de Lui deux fois chaque jour, avec amour.

Mais en vérité les enfants d'Israël Lui sont particulièrement liés, et Il nous à choisis parmi tout peuple ; on pourrait donc dire que nous sommes partie prenante au témoignage. C'est pourquoi Il à juxtaposé à cela "et tu aimeras de toute ton âme" : car lorsque nous livrons nos âmes et tout notre être pour Lui qu'Il soit béni, alors tous les intérêts personnels sont écartés, et c'est alors un témoignage véridique.

Et en vérité il en est ainsi : selon l'amour et le sacrifice de soi (messirout nefech) qui se trouvent chez l'homme, ainsi peut-il témoigner de Son unité qu'Il soit béni. Et cela aussi est vrai : selon le témoignage et l'unification de Son Nom qu'Il soit béni, du fait que nous Lui sommes particulièrement liés, ainsi mérite-t-on l'amour ; car ni l'un ni l'autre n'ont de mesure.

En bref

Ce passage poursuit : la prière d’Israël est « à Toi », service pour le Ciel, et par la Torah de vérité on accole le Chema à la prière. Au sujet de « Tu aimeras Hachem ton D.ieu », les penseurs objectent : comment commander l’amour ? Selon le Sfat Emet, c’est un don du Ciel ; par la Torah et les mitsvot on éveille l’amour. Le Chabbat est « un bon présent », de l’ordre de l’amour : par la crainte des jours ouvrables on mérite l’amour du Chabbat, et par cet amour on ajoute de la crainte, « j’ai craint du sein de ma joie, et je me suis réjoui du sein de ma crainte ».

Aussi : « Souviens-toi » et « Garde », servitude et part au repos du Chabbat ; l’unité du Chema au don de la Torah, selon le don de soi ; les mitsvot donnent la sagesse, leur racine est divinité.

לעיל בפסוק כי מי גוי גדול כו' בכל קראנו אליו. כבר כתבנו במ"א פי' אליו שהיא תפלה שנק' עבודה שהיא לשם שמים וז"ש ואני תפלתי לך ה' דייקא.

וזה הכח מיוחד לבנ"י שיכולין לכוון לבם לשמים כמ"ש תכין לבם כו'. וי"ל תכין כפשוטו כמו תקשיב אזניך שבכחו ית' יכולין בנ"י לכוון לבם אליו ית' וזה בכח התורה כמ"ש לכל אשר יקראוהו באמת.

ואין אמת אלא תורה שבכח עסק התורה זוכין להיות איש אמת. ובנ"י הם היפוך האומות דאתמר עלייהו מה דעבדין לגרמייהו עבדין אפי' כשעושין דבר טוב.

ובנ"י מהופכים שאפילו בבקשת צרכיהם כוונתם רק לש"ש וז"ש בכל קראנו אליו. וכן תפלתי הגם שהיא לצורכי.

לך ה' ובאמת עוה"ז הוא עלמא דשיקרא. רק לבנ"י כתיב תתן אמת ליעקב והוא בכח התורת אמת.

ולכן צריכין לסמוך ק"ש שהיא תורה לתפלה וזהו יקראוהו באמת. ובזה אלקים קרובים אליו שלכל דבר יש שורש בתורה דכולא באורייתא איברי.

וע"י התורה מתקרב הכל להשורש. וכתי' אשרי תבחר ותקרב.

וכן אשר בחרתנו מכל העמים ביצ"מ ואח"כ וקרבתנו מלכנו הוא בקבלת התורה שקרבנו לשמו הגדול. אבל האומות רחוקים מן האמת לכן איתא במד' שאין באין אליך בלב שלם שא"א להיות תפלת אמת לאמיתו רק לבנ"י עם קרובו:

Plus haut, sur le verset 'Car quel est le grand peuple... en tout ce pour quoi nous L'appelons' (Deut. 4,7).

Nous avons déjà expliqué ailleurs le sens de 'vers Lui' (elav) : c'est la prière, qui est appelée service (avoda), car elle est faite pour le Ciel (leChem chamayim). C'est ce que dit 'Et moi, ma prière est à Toi, ה'' (Ps.

69,14), précisément 'à Toi'. Et cette force est propre à Israël, qui peuvent diriger leur cœur vers le Ciel, comme il est écrit 'Tu affermiras leur cœur' (Ps.

10,17). On peut aussi comprendre 'tu affermiras' (takhin) au sens simple, comme 'Tu rendras Ton oreille attentive' : car par Sa force, béni soit-Il, Israël peut diriger son cœur vers Lui.

Et cela par la force de la Torah, comme il est écrit 'à tous ceux qui L'appellent en vérité' (Ps. 145,18).

Et il n'y a de vérité que la Torah, car par la force de l'étude de la Torah on mérite de devenir un homme de vérité. Israël est l'oppose des nations, dont il est dit qu'elles agissent pour elles-mêmes même lorsqu'elles font une bonne chose.

Israël est à l'inverse : même dans la demande de leurs besoins, leur intention est uniquement pour le Ciel. C'est le sens de 'en tout ce pour quoi nous L'appelons'.

De même ma prière, bien qu'elle soit pour mes besoins, est 'à Toi, ה''. Et en vérité ce monde-ci est le monde du mensonge (alma deChikra), mais à l'égard d'Israël il est écrit 'Tu donneras la vérité à Yaakov' (Michee 7,20), et cela par la force de la Torah de vérité.

C'est pourquoi il faut accoler le Chema (qui est Torah) à la prière, et c'est 'ceux qui L'appellent en vérité'. Par cela 'Dieu est proche de lui', car toute chose à sa racine dans la Torah, car tout à été créé par la Torah (koula beoraita ivri).

Et par la Torah tout se rapproche de sa racine. Il est écrit 'Heureux celui que Tu choisis et rapprochés' (Ps.

65,5). De même 'Toi qui nous as choisis d'entre tous les peuples' fut à la sortie d'Égypte, puis 'et Tu nous as rapprochés, notre Roi' par le don de la Torah, qui nous à rapprochés de Son grand Nom.

Mais les nations sont éloignées de la vérité, c'est pourquoi il est enseigné dans le Midrach qu'elles ne viennent pas à Toi d'un cœur entier, car il ne peut y avoir de prière vraie dans sa vérité sinon pour Israël, le peuple qui Lui est proche.

במצות ואהבת את ה"א מקשים החוקרים איך שייך ציווי על אהבה. אבל באמת היא מתנה מן השמים וע"י תורה ומצות יכולין לעורר האהבה.

והנה שבת נק' מתנה טובה כי השבת הוא בחי' אהבה. כמ"ש בספרים כי בימי המעשה עיקר ביראה ובש"ק באהבה ע"ש.

וע"י היראה בימי המעשה זוכין בש"ק לאהבה. וכמו כן ע"י אהבה שבשבת יש להוסיף היראה בימי המעשה כענין שאמרו יראתי מתוך שמחתי ושמחתי מתוך יראתי.

[רמז להנ"ל כי השבת כל מעשיו כפולין כדאיתא במד' קרבנו כפול. עומר.

לחם משנה ע"ש. והוא כמ"ש ז"ל העובד מיראה לאלף דור ומאהבה לאלפים.

הרי אהבה כפול מיראה]:

Au sujet du commandement 'Tu aimeras ה' ton Dieu' (Deut. 6,5), les penseurs objectent : comment peut-on commander l'amour ?

Mais en vérité c'est un don du Ciel, et par la Torah et les mitsvot on peut éveiller l'amour. Or le Chabbat est appelé 'un bon présent', car le Chabbat est de l'ordre de l'amour (behina d'amour).

Comme il est écrit dans les livres : durant les jours ouvrables l'essentiel est dans la crainte, et le saint Chabbat dans l'amour, vois la. Par la crainte durant les jours ouvrables, on mérite l'amour au saint Chabbat.

Et de même, par l'amour du Chabbat, on peut ajouter de la crainte durant les jours ouvrables, dans le sens de ce qu'ils ont dit : 'j'ai craint du sein de ma joie, et je me suis réjoui du sein de ma crainte'. [Allusion à ce qui précède : au Chabbat toutes ses œuvres sont doubles, comme il est enseigné dans le Midrach : son sacrifice est double, le omer, le pain double (le'hem michne), vois la.

Et c'est comme l'ont dit nos maîtres : celui qui sert par crainte, pour mille générations, et par amour, pour deux mille. Voici donc l'amour double de la crainte.]

תר"נ

Année תר"נ (5650).

בענין זכור ושמור דכתיב וזכרת כי עבד כו'. ובזכור לא כ' טעם זה.

כי יצ"מ היא טעם ע"כ צוך כו' לעשות כו' השבת כי כמו שהמצוה ניתנה לנו אתה ובנך כו' עבדך כו' בהמתך כו' כך הוא בשורש המצוה למעלה. ולכן כיון שביצ"מ נכנסנו להיות עבדי ה' כמ"ש עבדי הם אשר הוצאתי כו' לכן יש לנו חלק בשביתת האדון ית"ש.

ולכן יש בקבלת שבת ונשמה יתירה כמה חילוקים כדאיתא בזוה"ק שיש מקבל בבחי' בן ועבד ואפי' אם אנו כחמורים אעפ"כ הוא בכלל חמורך אנחנו. ובשעת קבלת התורה לא היו צריכין לשום טעם למה צוה לנו השבת שהיו אז במעלה עליונה כדכתי' אני אמרתי אלקים אתם.

אבל עתה אחר החטא התחיל אלה שינוים בכמה מדרגות עבדך אמתך בהמתך. ומ"מ בכלל שייך לנו השבת מצד העבדות עכ"פ.

וגם בבחי' בהמה כתי' בהמות הייתי עמך שאפי' במדרגה השפלה אעפ"כ כתי' עמך. וזה החילוק בין זכור שהוא בעצם.

ושמור הוא שצריכין לשמור שלא להתרחק מקדושת השבת. ומ"מ אחז"ל שנאמרו בדיבור א' כל שישנו בשמירה ישנו בזכירה שע"י בחי' העבדות באין אח"כ לבחי' בנים.

וכמ"ש עבד משכיל כו' ובתוך אחים יחלק נחלה. ולכן אומרים ישמחו במלכותך שומרי שבת שע"י שאנחנו עבדי ה' יש לנו חלק בשביתת המלך כנ"ל:

Au sujet de 'Souviens-toi' (zakhor) et 'Garde' (chamor) : il est écrit 'Tu te souviendras que tu fus esclave...' (Deut. 5,15), et dans 'Souviens-toi' cette raison n'est pas écrite.

Car la sortie d'Égypte est la raison de 'c'est pourquoi Il t'à ordonné... de faire... le Chabbat'. Car de même que la mitsva nous à été donnée 'toi, ton fils... ton serviteur... ton bétail...', ainsi en est-il de la racine de la mitsva en haut.

C'est pourquoi, puisqu'à la sortie d'Égypte nous sommes entrés dans la condition de serviteurs de ה', comme il est écrit 'ils sont Mes serviteurs, que J'ai fait sortir...', nous avons donc une part dans le repos du Maître, béni soit-Il. Aussi y a-t-il, dans la réception du Chabbat et de l'âme supplémentaire (nechama yetera), plusieurs distinctions, comme il est enseigné dans le saint Zohar : il y a celui qui reçoit sous l'aspect de fils, et celui sous l'aspect de serviteur.

Et même si nous sommes comme des ânes, malgré cela nous sommes inclus dans 'ton âne'. Au moment du don de la Torah, ils n'avaient besoin d'aucune raison expliquant pourquoi Il nous à ordonné le Chabbat, car ils étaient alors à un degré élevé, comme il est écrit 'J'avais dit : vous êtes des êtres divins (Elokim)' (Ps.

82,6). Mais maintenant, après la faute, ont commencé ces distinctions en plusieurs degrés : ton serviteur, ta servante, ton bétail.

Néanmoins, dans l'ensemble le Chabbat nous concerne au moins du côté de la servitude. Et même sous l'aspect de la bête il est écrit 'j'étais une bête auprès de Toi' (Ps.

73,22) : car même au degré le plus bas, malgré tout il est écrit 'auprès de Toi'. Telle est la distinction entre 'Souviens-toi', qui est essentiel, et 'Garde', qui signifie qu'il faut veiller à ne pas s'éloigner de la sainteté du Chabbat.

Néanmoins nos maîtres ont dit qu'ils furent dits en une seule parole : quiconque est dans la garde est dans le souvenir, car par l'aspect de la servitude on parvient ensuite à l'aspect de fils. Comme il est écrit 'un serviteur avisé... et parmi les frères il partagera l'héritage' (Prov.

17,2). C'est pourquoi l'on dit 'ils se réjouiront de Ton royaume, ceux qui gardent le Chabbat' : car du fait que nous sommes serviteurs de ה', nous avons une part dans le repos du Roi, comme ci-dessus.

תרנ"א

Année תרנ"א (5651).

בענין שמור וזכור ובשמור כתי' וזכרת כי עבד היית. כי הנה השבת הוא שביתה ממלאכה והוא בחי' תיקון הגוף להיות בן חורין מהתקשרות בהבלי עולם.

וזה בחי' שמור. וזכור הוא בחי' עשה טוב והוא המשכת נשמה יתירה בשבת ועל ב' אלו כתי' אם תשיב משבת רגליך כו' וקראת לשבת עונג הוא בחי' זכור.

וכאשר חכמים הגידו כי בשבת א"צ אות תפילין. א"כ כמו שיש תש"י וש"ר והם ג"כ תיקון הגוף בתש"י לכן כתי' וקשרתם.

שזה מדרגה הראשונה להיות ב"ח מתאוות הגופניות. וזה הי' ביצ"מ ובכח התפילין נזכר חסד ה' ביצ"מ וזוכין לחירות.

ותש"ר היא תורת ה' בפיך שאחר יצ"מ קיבלנו התורה וכ"כ אנכי ה"א אשר הוצאתיך כו' פי' לכן מוכן אתה לקבל הדברות. ולכן בתש"י כתי' והיו לטוטפות שהיא הארת הנשמה אחר תיקון הגוף.

לכן תש"י קודמין כמ"ש ז"ל כ"ז שבין עיניך יהיו שתים. כמו כן בשבת זכור ושמור שמור בחי' תש"י לכן כתי' וזכרת כו'.

שהוא בחי' יצ"מ. וזכור הוא בחי' התורה שניתנה בשבת.

ובד' פרשיות של תפילין הם ג"כ ב' אלו יצ"מ וקבלת עול תורה ומצות. וחז"ל אמרו זו"ש בדיבור א' נאמרו כלומר שב' אלו תלוין זה בזה כפי מה שנעשה אדם בן חורין ממאסר הגוף כך מאירה הנשמה.

ובהארת הנשמה כל סט"א מתעברת. ושניהם מתקיימים בשבת דסט"א ערקת.

בחי' שמור ויצ"מ. ואח"כ באת נשמה יתירה הארת התורה זכור:

Au sujet de 'Garde' et 'Souviens-toi' : dans 'Garde' il est écrit 'Tu te souviendras que tu fus esclave'. Car voici, le Chabbat est cessation du travail, et il est de l'ordre de la réparation du corps (tikoun ha-gouf), pour être homme libre de tout attachement aux vanités du monde.

C'est l'aspect de 'Garde'. Et 'Souviens-toi' est l'aspect de 'fais le bien', qui est l'attraction de l'âme supplémentaire au Chabbat.

Sur ces deux il est écrit 'si tu retiens ton pied à cause du Chabbat...', c'est 'Garde', 'et si tu appelles le Chabbat délices', c'est l'aspect de 'Souviens-toi'. Et puisque les sages ont dit qu'au Chabbat on n'à pas besoin du signe des tefilin : de même donc qu'il y a le tefilin du bras (chel yad) et celui de la tête (chel roch), qui eux aussi sont réparation du corps ; dans le tefilin du bras il est écrit 'et tu les attacheras', car c'est le premier degré, être libre des désirs corporels ; cela fut à la sortie d'Égypte, et par la force des tefilin on rappelle la bonté de ה' à la sortie d'Égypte et l'on mérite la liberté.

Le tefilin de la tête est 'la Torah de ה' dans ta bouche', car après la sortie d'Égypte nous avons reçu la Torah, et ainsi il est écrit 'Je suis ה' ton Dieu qui t'ai fait sortir...', c'est-à-dire : c'est pourquoi tu es prêt à recevoir les Paroles. Aussi, dans le tefilin du bras il est écrit 'et ils seront un ornement (totafot)', qui est l'illumination de l'âme après la réparation du corps.

C'est pourquoi le tefilin du bras précède, comme l'ont dit nos maîtres : 'tant que les tefilin sont entre tes yeux, qu'ils soient deux'. De même au Chabbat 'Souviens-toi' et 'Garde' : 'Garde' est de l'aspect du tefilin du bras, c'est pourquoi il est écrit 'Tu te souviendras...', qui est l'aspect de la sortie d'Égypte ; et 'Souviens-toi' est l'aspect de la Torah donnée au Chabbat.

Dans les quatre passages des tefilin se trouvent aussi ces deux : la sortie d'Égypte et l'acceptation du joug de la Torah et des mitsvot. Nos maîtres ont dit que 'Souviens-toi' et 'Garde' furent dits en une seule parole, c'est-à-dire que ces deux dépendent l'un de l'autre : selon que l'homme devient libre de la prison du corps, ainsi rayonne l'âme.

Et dans l'illumination de l'âme, tout le côté impur (sitra a'hra) est anéanti. Les deux s'accomplissent au Chabbat, car le sitra a'hra à fui : l'aspect de 'Garde' et de la sortie d'Égypte ; puis vient l'âme supplémentaire, l'illumination de la Torah, 'Souviens-toi'.

במצות יחוד ה' שמע ישראל כו' אמרו במד' מקבלת התורה זכינו לשמע ישראל. דאי' אנכי ה"א אלוה אני על כל באי עולם ועליך יחדתי שמי ביותר ע"ש בספרי.

כי הנה אחד הוא בלי ראשית ותכלית וקץ וזמן ומקום מיוחד והוא הקב"ה וב"ש א"ס נמצא בכל עת ומקום. רק שהטבע והזמן מסתיר ונותן קצבה ומקום מיוחד שלא יתגלה החיות רק בגבול וצימצום.

רק לעתיד יתגלה אחדותו ית"ש. אבל בנ"י יש להם חלק גם בעוה"ז באחדות.

והוא האלקות שקיבלו באנכי ה"א והוא כח נשמה יתירה שמתגלה בשבת קודש שבו ניתנה תורה. וזה יחוד שמו ית' עלינו ביותר שהוא הארה שלא במדה וגבול מבחי' א"ס.

וזכינו לזה אחר יצ"מ שיצאו מבחי' הסתר הטבע. ובאוה"ח פי' וידעת היום כו' רמז על ש"ק דכתי' שבת היום לה'.

ואמת בפיו שכ"כ לדעת כי אני ה' מקדישכם כי בשבת זוכין לדעת והתדבקות בקדושת הקב"ה והוא האחדות שניתן לבנ"י. ולכן אומרים בתפלת שבת אתה אחד כו' ומי כעמך ישראל גוי אחד שבעוה"ז אין דבקות בזה האחדות רק לבנ"י וצריך האדם לקבל זה האחדות בכל יום:

Au sujet du commandement de l'unité de ה', 'Écoute Israël...' : ils ont dit dans le Midrach que c'est du don de la Torah que nous avons mérité le 'Écoute Israël'. Car il est enseigné : 'Je suis ה' ton Dieu', Je suis Dieu sur tous les venants au monde, mais sur toi J'ai unifie Mon Nom davantage, vois la dans le Sifri.

Car voici, l'Un est sans commencement, ni fin, ni terme, ni temps, ni lieu déterminé, et c'est le Saint béni soit-Il, l'Infini (Ein Sof) présent en tout temps et tout lieu. Seulement la nature et le temps dissimulent et fixent une mesure et un lieu déterminé, de sorte que la vitalité ne se révèle que dans la limite et la contraction (tsimtsoum).

Ce n'est que dans le futur que se révélera Son unité, béni soit-Il. Mais Israël à une part dans l'unité même en ce monde-ci : c'est la divinité qu'ils ont reçue dans 'Je suis ה' ton Dieu', et c'est la force de l'âme supplémentaire qui se révèle au saint Chabbat, jour où la Torah fut donnée.

C'est l'unification de Son Nom sur nous plus particulièrement, car c'est une illumination sans mesure ni limite, issue de l'aspect de l'Infini. Nous avons mérité cela après la sortie d'Égypte, où ils sont sortis de l'aspect du voile de la nature.

Dans le Or ha-Haim il est expliqué que 'et tu sauras aujourd'hui...' fait allusion au saint Chabbat, dont il est écrit 'c'est Chabbat aujourd'hui pour ה''. Et la vérité est dans sa bouche, car il est ainsi écrit : savoir que 'Je suis ה' qui vous sanctifie', car au Chabbat on mérite la connaissance et l'attachement à la sainteté du Saint béni soit-Il, et c'est l'unité donnée à Israël.

C'est pourquoi l'on dit dans la prière du Chabbat 'Tu es Un... et qui est comme Ton peuple Israël, une nation unique', car en ce monde-ci il n'y a d'attachement à cette unité que pour Israël, et l'homme doit recevoir cette unité chaque jour.

תרנ"ג

Année תרנ"ג (5653).

בפסוק ושמרתם ועשיתם כ"ה חכמתכם כו'. פי' עיקר כחן של ישראל בתורה ומצות ומזה זוכין להחכמה האמיתית.

רק עם חכם. רק לשון מיעוט ע"י שאין סומכין על חכמתם.

ויראת חטאן קודם לחכמתן. ומעשיהם מרובין מחכמתן.

ומחמת זה זוכין לחכמה האמיתית. וזה עיקר החילוק שבין חכמי האומות אפי' חסידי אה"ע כפי החכמה שלהם עושין לפעמים דברים טובים.

אבל בנ"י אדרבא המעשים והמצות הם נותנין להם החכמה והדעת. ובס' קדושת לוי כ' עמ"ש בתורה כמה פעמים ויעשו בנ"י כאשר צוה ה' את משה.

וביאר הענין כי לא היו יכולין להבין המצוה על השלימות כאשר צוה ה' רק בכח העשי' כשקיימו המצות כראוי הבינו אז מהות המצוה. ודפח"ח.

וכך היא המדה לעולם כי כפי העשי' בשלימות זוכין להשיג ולהבין המצוה. ולכן הקדימו בנ"י נעשה לנשמע לרמוז כי ע"י עשיית המצוה יזכו לשמוע אותה המצוה עצמה.

וזה בכלל אמרם ז"ל ששכר מצוה מצוה כי אין סוף לכל מצות הבורא ית' ומכל מצוה נעשה כמה עולמות. כמ"ש בדבר ה' שמים נעשו וכ"ה במד' בפסוק לעולם ד' דברך נצב בשמים כשמים ע"ש שמכל דיבור נעשו שמים ושמי שמים.

וכל אדם כפי מה שעוסק במצוה לשמה זוכה להתדבק באותן העולמות ויותר ממה שאדם עושה עם המצוה המצוה עושית עמו. וזה אשר יעשה כו' וחי בהם:

Sur le verset 'Vous garderez et vous ferez, car c'est la votre sagesse...' (Deut. 4,6).

Explication : l'essentiel de la force d'Israël est dans la Torah et les mitsvot, et par la ils méritent la sagesse véritable. 'Seulement (rak) un peuple sage' : le mot 'seulement' exprime la restriction, du fait qu'ils ne s'appuient pas sur leur sagesse, que leur crainte de la faute précède leur sagesse, et que leurs actes surpassent leur sagesse. C'est à cause de cela qu'ils méritent la sagesse véritable.

Telle est la différence essentielle avec les sages des nations : même les pieux des nations du monde, selon leur sagesse, font parfois de bonnes choses ; mais Israël, au contraire, ce sont les actes et les mitsvot qui leur donnent la sagesse et la connaissance (daat). Dans le livre Kedouchat Levi il est écrit, à propos de ce qui est écrit plusieurs fois dans la Torah 'et les enfants d'Israël firent comme ה' l'avait ordonné à Moché', et il à expliqué la chose : ils ne pouvaient pas comprendre la mitsva dans sa perfection, comme ה' l'avait ordonnée, mais c'est par la force de l'action, lorsqu'ils accomplissaient les mitsvot comme il convient, qu'ils comprenaient alors l'essence de la mitsva ; et ce sont des paroles agréables.

Ainsi en est-il toujours : selon l'accomplissement parfait on mérite d'atteindre et de comprendre la mitsva. C'est pourquoi Israël à fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons', pour faire allusion au fait que par l'accomplissement de la mitsva ils mériteront d'entendre cette mitsva même.

Cela entre dans ce qu'ont dit nos maîtres : 'la récompense d'une mitsva est une mitsva', car il n'y a pas de fin à toutes les mitsvot du Créateur, béni soit-Il, et de chaque mitsva se font plusieurs mondes. Comme il est écrit 'par la parole de ה' les cieux furent faits', et ainsi dans le Midrach sur le verset 'à jamais, ה', Ta parole se tient dans les cieux' : 'comme les cieux', vois la, car de chaque parole se firent les cieux et les cieux des cieux.

Et chaque homme, selon ce qu'il s'occupe d'une mitsva pour elle-même (lichma), mérite de s'attacher à ces mondes ; et plus que ce que l'homme fait avec la mitsva, la mitsva agit avec lui. C'est 'que l'homme fera... et il vivra par elles' (Lev.

18,5).

בפ' שמור כו' וזכרת כי עבד היית כו' ויוציאך כו' ביד חזקה כו' ע"כ צוך כו' לעשות כו' השבת. הענין הוא כי ששת ימים עשה ה' שמים וארץ.

א"כ כל מעשה בראשית בכח הששת ימים ושבת למעלה מכל הבריאה. א"כ איך יוכל אדם נברא להיות לו חלק בשבת.

ורק ביצ"מ ניתן לבנ"י ההנהגה למעלה מן הטבע שהרי ביטל הקב"ה הטבע בעבורינו ולכן יש לנו חלק בשבת קודש. ובאמת שבת הוא זמן גאולה כי הרי כל הטבע הוא צימצום הקדושה להיות במדה וקצבה וזמן שאין החיות יכול להתגלות בזה העולם כמו שהוא רק ע"י צמצום וכמ"ש ימי המעשה יהי' סגור.

ובשבת נתגלה הפנימיות והיא גאולה. והנה כל מה שברא הקב"ה לכבודו ברא.

אך בעוה"ז אין התכלית מבורר עד לעתיד יום שכולו שבת לכן עוה"ז דומה לפרוזדור בפני עוה"ב. ואנשי העולם טועין שזו הטבע היא התכלית הטוב להם.

ונהפוך הוא שהיא גלות והסתר ומניעות הטוב האמיתי. רק שהקב"ה יודע איך לעתיד יתברר מכל אלה ההסתרות טוב הגנוז.

ובנ"י המחכין באמת לזה האור הגנוז ואין חפצים להתדבק בטבע ובגשמיות. ניתן להם השבת שהוא מעין עוה"ב.

וזה נאמר להם בהר סיני אחר שזכו לקבלת התורה אחר שעברו כל אותן היסורין שהי' להם במצרים וזכו שיתגלה להם הפנימיות ובזה הבינו ענין שבת שאחר ימי המעשה. שששת ימי המעשה הם כפרוזדור לשבת שהוא הטרקלין כנ"ל:

Dans la section 'Garde...' : 'Tu te souviendras que tu fus esclave... et Il t'à fait sortir... d'une main forte... c'est pourquoi Il t'à ordonné... de faire... le Chabbat'. Le sens est le suivant : en six jours ה' fit les cieux et la terre.

Ainsi toute l'œuvre de la création est par la force des six jours, et le Chabbat est au-dessus de toute la création. Comment donc un homme créé pourrait-il avoir une part au Chabbat ?

Ce n'est qu'à la sortie d'Égypte qu'à été donnée à Israël une conduite au-dessus de la nature, car le Saint béni soit-Il à annulé la nature pour nous, et c'est pourquoi nous avons une part au saint Chabbat. En vérité le Chabbat est un temps de délivrance, car toute la nature est une contraction (tsimtsoum) de la sainteté, pour être dans la mesure, la limite et le temps, de sorte que la vitalité ne peut se révéler en ce monde telle qu'elle est, mais seulement par la contraction, comme il est écrit 'les jours ouvrables il sera ferme'.

Au Chabbat se révèle l'intériorité (penimiyout), et c'est la délivrance. Or tout ce que le Saint béni soit-Il à créé, Il l'à créé pour Sa gloire.

Mais en ce monde-ci le but n'est pas clair, jusqu'au futur, le jour qui est entièrement Chabbat ; c'est pourquoi ce monde-ci ressemble à un vestibule devant le monde à venir. Les hommes du monde se trompent en croyant que cette nature est pour eux le bien final.

C'est l'inverse : elle est exil, voile et empêchement du bien véritable. Seulement, le Saint béni soit-Il sait comment, dans le futur, de tous ces voiles se clarifiera le bien caché (ha-tov ha-ganouz).

Et Israël, qui attend vraiment cette lumière cachée et ne désire pas s'attacher à la nature et à la matérialité, on leur a donné le Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir. Cela leur fut dit au mont Sinaï, après qu'ils eurent mérite le don de la Torah, après avoir traverse toutes ces souffrances qu'ils eurent en Égypte et mérite que leur soit révélée l'intériorité ; par cela ils comprirent la notion du Chabbat qui vient après les jours ouvrables.

Car les six jours ouvrables sont comme un vestibule pour le Chabbat, qui est le grand salon (teraklin), comme ci-dessus.

בפרשת שמע. במד' מהיכן זכו ישראל לק"ש בקבלת התורה ע"ש.

דהנה אנכי ולא יהי' לך מפי הגבורה שמענו ולכן נשארו אלו ב' המצות לעולם בבנ"י והוא ק"ש. ה' אלקינו בחי' אנכי.

ה' אחד בחי' לא יהי' לך. ואלו הדיברות יכול כל איש ישראל לקבל מהם חיות בכל יום ויום.

וכתי' אח"כ ואהבת את ה"א כו' והחוקרים מקשים איך שייך ציווי על אהבה שהיא תלוי' בטבע האוהב. ובוודאי להנטבעים בטבע היא קושיא אבל בנ"י הם מוכנים למסור נפשם למעלה מן הטבע.

ובאמת כפי מציאת מסירת נפש באיש ישראל כך גדר האהבה אצלו. ולכן אחר מס"נ באחד כתי' ואהבת.

ובאמת בעוה"ז יש אהבות רבות כ"א לפי טבעו. אבל אהבה אמיתית בעצם צריך להיות בכל ברי' להיות נמשך אחר בוראו והיא אהבה בעצם.

אך הקב"ה הסתיר האמת ע"י התלבשות כ"ד בטבע. והרצונות המסתעפים ע"י הטבע מסתירין רצון האמת.

וע"ז אמרו בטל רצונך מפני רצונו פי' כדי שיתגלה לך רצון האמת אליו ית"ש. וכן הפי' מסירת נפש.

נפש הוא רצון. וע"י ביטול הרצונות שלא לה' המה.

אז זוכה להתגלות רצון האמת. והנה בקבלת התורה בהר סיני אז נזדככו הנפשות וכ' נפשי יצאה בדברו ואז הי' להם אהבה אמיתית בעצם אל השי"ת.

וז"ש שזכו לק"ש בקבלת התורה. וע"ז אומרים בכל יום ק"ש והיא היא זכירת מתן תורה כמ"ש פן תשכח כו' הדברים אשר ראו עיניך.

דכתי' היום הזה ראינו כו' ידבר אלקים את האדם וחי כו'. פי' כי נגלה להם הנהגה פנימיות שהקב"ה מחי' ומנהיג הכל.

והטבע הוא רק הסתר והעלם החיות הפנימי. ובאמת כל רצון הקב"ה במתן תורה הי' שיכירו בנ"י זו ההנהגה הפנימיות לכן אמר הטיבו כו' אשר דברו מי יתן כו' כל הימים.

ונשאר להם מצות ק"ש לזכור זה הפנימיות בכל יום ויום ועי"ז זוכין לאהבת ה' כמ"ש:

Dans la section du Chema. Dans le Midrach : d'où Israël à-t-il mérite le Chema ?

Du don de la Torah, vois la. Car voici, 'Je suis' et 'Tu n'auras pas', nous les avons entendus de la bouche de la Puissance (Gevoura), et c'est pourquoi ces deux mitsvot sont restées à jamais en Israël, et c'est le Chema. 'ה' notre Dieu' est l'aspect de 'Je suis' ; 'ה' est Un' est l'aspect de 'Tu n'auras pas'.

Et de ces Paroles chaque homme d'Israël peut recevoir vitalité chaque jour. Il est écrit ensuite 'Tu aimeras ה' ton Dieu...', et les penseurs objectent : comment peut-on commander l'amour, qui dépend de la nature de celui qui aime ?

Certes, pour ceux qui sont enfoncés dans la nature c'est une difficulté, mais Israël est prêt à livrer son âme au-dessus de la nature. Et en vérité, selon la mesure du don de soi (mesirat nefech) chez l'homme d'Israël, tel est chez lui le degré de l'amour.

C'est pourquoi, après le don de soi sur 'Un' (ehad), il est écrit 'et tu aimeras'. En vérité, en ce monde-ci il y a de nombreux amours, chacun selon sa nature ; mais l'amour véritable, essentiel, doit exister en toute créature, qu'elle soit entraînée à la suite de son Créateur, et c'est l'amour essentiel.

Mais le Saint béni soit-Il à caché la vérité par le revêtement de la Gloire (kavod) dans la nature. Les volontés qui se ramifient par la nature dissimulent la volonté de vérité.

À ce sujet ils ont dit : 'annule ta volonté devant Sa volonté', c'est-à-dire afin que se révèle à toi la volonté de vérité vers Lui, béni soit-Il. Tel est aussi le sens du don de soi : l'âme (nefech) est volonté ; et par l'annulation des volontés qui ne sont pas pour ה', on mérite alors la révélation de la volonté de vérité.

Or, au don de la Torah au mont Sinaï, les âmes furent purifiées, et il est écrit 'mon âme est sortie à Sa parole', et alors ils eurent un amour véritable et essentiel envers ה', béni soit-Il. C'est ce qui est dit : ils ont mérité le Chema au don de la Torah.

À ce sujet on récite chaque jour le Chema, qui est le souvenir du don de la Torah, comme il est écrit 'de peur que tu n'oublies... les choses que tes yeux ont vues'. Car il est écrit 'ce jour-ci nous avons vu... que Dieu parle à l'homme et qu'il vit...'.

Explication : il leur fut révélé une conduite intérieure, que le Saint béni soit-Il fait vivre et dirige tout, et que la nature n'est que voile et dissimulation de la vitalité intérieure. En vérité, toute la volonté du Saint béni soit-Il au don de la Torah était qu'Israël reconnaisse cette conduite intérieure ; c'est pourquoi Il à dit 'ils ont bien parle... qui donnera que ce cœur soit à eux... tous les jours'.

Et il leur est resté la mitsva du Chema pour se souvenir de cette intériorité chaque jour, et par cela on mérite l'amour de ה', comme il est écrit.

תרנ"ד - תרנ"ה

Années תרנ"ד - תרנ"ה (5654-5655).

בפסוק כי הוא חכמתכם ובינתכם לעיני העמים כו'. וקשה אטו מטעם זה נשמור המצות גם פי' רק עם חכם.

הגם כי י"ל שאין בנמצא עם חכם רק בנ"י. אכן נראה הפי' כי באמת ע"י המצות ניתקן גם גוף איש ישראל.

כי רמ"ח מ"ע ושס"ה מל"ת מתקנין כל ציור האדם. וז"ש רק עם חכם פי' שהם בעצם עם חכם ונבון בלי גשמיות כלל.

אכן באמת גם זה הציור הוא רק התפשטות והתלבשות אור המצות באלה מצות גשמיות שלפנינו אבל שורש המצות הם אלקות ממש. וז"ש כי הוא חו"ב לעיני העמים.

אבל לכם יש לדעת כי יש עוד גבוה מעל גבוה ולהתדבק בשורש אלקות כמו שהי' בקבלת התורה בהר סיני. וע"ז מסיים הפ' רק השמר לך כו' פן תשכח כו'.

וכן אי' בשם הבעש"ט ז"ל על המשנה השוכח ד' אחד ממשנתו ששוכח דבקות האחדות שיש בכל אות שבתורה. וע"ז מביא במשנה הפסוק פן תשכח כו':

Sur le verset 'Car c'est la votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples...' (Deut. 4,6).

Et il est difficile : est-ce donc pour cette raison que nous garderions les mitsvot ? Et de plus, l'explication de 'seulement un peuple sage', bien que l'on puisse dire qu'il ne se trouve de peuple sage qu'Israël.

Il apparaît cependant que l'explication est ainsi : en vérité, par les mitsvot est réparé aussi le corps de l'homme d'Israël. Car les 248 commandements positifs et les 365 négatifs réparent toute la structure (tsiyour) de l'homme.

C'est le sens de 'seulement un peuple sage' : ils sont par essence un peuple sage et intelligent, sans aucune matérialité. Toutefois, en vérité, cette structure elle-même n'est que le déploiement et le revêtement de la lumière des mitsvot dans ces mitsvot matérielles qui sont devant nous ; mais la racine des mitsvot est divinité proprement dite.

C'est le sens de 'car c'est la votre sagesse et intelligence aux yeux des peuples'. Mais à vous, il vous faut savoir qu'il y a encore un plus haut au-dessus du haut, et de vous attacher à la racine, la divinité, comme ce fut au don de la Torah au mont Sinaï.

C'est pourquoi le verset conclut 'seulement prends garde à toi... de peur que tu n'oublies...'. De même il est rapporté au nom du Baal Chem Tov, de mémoire bénie, sur la Michna 'celui qui oublie une seule chose de son étude' : qu'il oublié l'attachement à l'unité présente dans chaque lettre de la Torah.

À ce sujet la Michna apporte le verset 'de peur que tu n'oublies...'.

En bref

« Moi (Anokhi) je me tenais entre le Seigneur et vous » (Devarim 5,5) : « car vous avez craint à cause du feu et vous n'êtes pas montés ». Cela est étonnant, car c'était un décret de l'Écriture (gzerat hakatouv) de ne pas monter. Selon le Sfat Emet, ils n'avaient pas la crainte de l'exaltation (yirat haromemout), mais seulement leur crainte à cause du feu ; le commandement de ne pas monter vint, car la montée avait plusieurs degrés, jusqu'à la voix de fin silence (kol demama daka). Moché notre maître monte vers Elokim, tandis que les enfants d'Israël ne montent pas au-delà du niveau du feu, et se placent au pied de la montagne.

Aussi : Rachi sur Vaet'hanan : le tsadik demande un don gratuit pour se rapprocher plus que ses actes le méritent ; le Midrach d'« Écoute Israël » : nulle créature n'est parfaite, Israël s'attache à l'Unité par la Torah, le Chabbat et la circoncision

בפסוק אנכי עומד כו' כי יראתם מפני האש ולא עליתם כו'. ותמוה שהרי גזה"כ הי' שלא לעלות בהר.

וי"ל כי הטעם הי' מפני שלא הי' להם יראת הרוממות רק יראתם מפני האש לכן הי' הצווי שלא יעלו כי בעליות ההר היו כמה מדרגות דכ' אשר ירד עליו ה' באש. וכמו דכ' לא ברעש ה' לא באש ה' רק קול דממה דקה כו'.

ומשרע"ה עלה אל האלקים ובנ"י (לא) עלו עד בחי' האש ולא עד קול דממה וז"ש ולא עליתם בהר לאמר. וכ"כ ויתיצבו בתחתית ההר:

Sur le verset 'Moi (Anokhi) je me tenais [entre le Seigneur et vous]' (Deut 5,5) : '... car vous avez craint à cause du feu et vous n'êtes pas montés' etc. Et cela est étonnant, car c'était un décret de l'Écriture (gzerat hakatouv) de ne pas monter sur la montagne.

Et l'on peut dire que la raison en était qu'ils n'avaient pas la crainte de l'exaltation (yirat haromemout), mais seulement leur crainte à cause du feu ; c'est pourquoi vint le commandement de ne pas monter, car dans la montée de la montagne il y avait plusieurs degrés, comme il est écrit 'sur laquelle le Seigneur descendit dans le feu' (Ex 19,18). Et comme il est écrit 'le Seigneur n'était pas dans le tremblement, le Seigneur n'était pas dans le feu, mais [dans] une voix de fin silence (kol demama daka)' etc.

(1 Rois 19,11-12). Et Moche notre maître (Moche rabbenou) monta vers le Dieu (Elokim), tandis que les enfants d'Israël (ne) montèrent (pas) au-delà du niveau du feu, et non jusqu'à la voix de fin silence.

Et c'est ce que signifie 'et vous n'êtes pas montés sur la montagne pour dire' (Deut 5,5). Et de même il est écrit 'et ils se placèrent au pied de la montagne' (Ex 19,17).

ברש"י ואתחנן אף עפ"י שיש לצדיקים לתלות במעשיהם הטובים אין מבקשים מאת המקום רק מתנת חנם. וקשה שהרי לא הי' המשפט שיכנוס מרע"ה לא"י.

אבל הפי' כי הצדיק לא תשבע עינו בעבודת הבורא ית"ש ולעולם רוצה להתקרב אליו ית' יותר ממה שזוכה ע"פ מעשיו ומבקש מתנת חנם. ולפי שכל המצות הם הכנה לדבק בו ית' כדאיתא שרצה מרע"ה לכנוס לא"י לקיים מצות התלויות בארץ.

ז"ש במדרש תחנונים ידבר רש על מרע"ה היפוך ממדת בלעם הרשע וסייעתו שכל רצונם להתגאות במעט מדרגה שלו כמ"ש יודע דעת עליון. וסימן דלא ידע כלום שבוחי.

אבל במרע"ה שאמר אתה החלות כו' וביקש להתדבק בו ית' במתנת חנם זה סימן שיש לו רב כמ"ש רב לך כו':

Sur Rachi à 'Vaetchanan' : bien que les justes aient de quoi s'appuyer sur leurs bonnes actions, ils ne demandent au Lieu (haMakom) qu'un don gratuit (matnat hinam). Et il est difficile [de le dire ici], car ce n'était pas le jugement (la sentence) que Moche notre maître entrerait en terre d'Israël.

Mais l'explication est que le juste ne rassasié jamais son œil dans le service du Créateur béni soit-Il, et veut toujours se rapprocher de Lui plus que ce qu'il mérite par ses actions, et il demande un don gratuit. Et comme toutes les mitsvot sont une préparation pour s'attacher à Lui, ainsi qu'il est rapporté que Moche notre maître voulait entrer en terre d'Israël pour accomplir les mitsvot qui dépendent de la terre.

C'est ce que dit le Midrach : 'le pauvre (rach) parle par des supplications' (Prov 18,23) au sujet de Moche notre maître, à l'oppose de la mesure de Bilaam le mécréant et de sa clique, dont tout le désir était de s'enorgueillir du peu de degré qu'ils avaient, comme il est dit 'il connaît la connaissance du Très-Haut' (Nomb 24,16). Et le signe qu'il ne savait rien du tout.

Mais chez Moche notre maître, qui dit 'Toi Tu as commencé' etc. (Deut 3,24) et demanda à s'attacher à Lui par un don gratuit, ceci est le signe qu'il possède beaucoup, comme il est dit 'c'est beaucoup (rav) pour toi' etc.

(Deut 3,26).

במדרש בפסוק שמע ישראל. אמר הקב"ה לבנ"י כל מה שבראתי בעולם זוגות.

שמים וארץ. עוה"ז ועוה"ב.

אדם וחוה. אבל כבודי יחיד ומיוחד בעולם ע"ש.

והענין הוא. כי הקב"ה ברא הכל לכבודו ולכן אין השלימות נמצא לשום ברי'.

כי הכל צריכין עזר זה מזה. שמים וארץ.

אדם וחוה. וכמו כן עוה"ז פרוזדור לעוה"ב.

וגם אין עוה"ב רק למי שטרח בעוה"ז. ואין השלימות רק להקב"ה שהשלום שלו.

ולכן א"א להתדבק באחדות רק בנ"י שבחר בהם הקב"ה בכח התורה ומצות יכולין להתדבק באחדות כמ"ש אתם עדי. ונקראו בנ"י השולמית.

וכמו כן ניתן להם השבת שהיא מעין עוה"ב והיא עדות לבנ"י שיש להם חלק באחדות ונק' גוי אחד והם זוכין בעוה"ז מעין עוה"ב. וכמו כן מקבלין נשמה יתירה התאחדות השורש בשמים על ראשם.

וגם בזווג איש ואשה חתם בהם שמו ית'. ובאמת המילה ניתן להם סימן לאחדות כי הערלה מפסיק שלא יהי' זווג אחד בשלימות.

ולכן עונתן של ת"ח משבת לשבת להיות בשבת אחדות בכל. וז"ש שמע ישראל כו'.

שיש לכם חלק באחדות. וכ' אתה הראת לדעת פרש"י פתח להם עליונים ותחתונים כו' וכמו כן הוא לעולם לבנ"י שאפי' מחיצה של ברזל אין מפסקת ונפתח להם כל הפתחים.

וע"ז כתי' אשרי א' שומע לי לשקוד ע"ד כו'. דלתותי ב' דלתות הם דלתות מעליונים ותחתונים.

כמ"ש במ"א שצריכין לפתוח למטה שערים בלב ולהסיר הקליפה הסוגרת ומחשיך עיני האדם. וכמו כן למעלה לפתוח שערי בינה.

וכ' ביום השבת יפתח ולכן שבת סהדותא איקרי:

Dans le Midrach, sur le verset 'Écoute Israël' (Deut 6,4). Le Saint béni soit-Il dit aux enfants d'Israël : tout ce que J'ai créé dans le monde, [Je l'ai créé] par paires.

Les cieux et la terre. Ce monde-ci et le monde à venir.

Adam et Ève. Mais Ma gloire est unique et singulière dans le monde, vois la.

Et le sens en est : le Saint béni soit-Il à tout créé pour Sa gloire, c'est pourquoi la perfection ne se trouve en aucune créature, car toutes ont besoin de l'aide les unes des autres. Les cieux et la terre.

Adam et Ève. Et de même ce monde-ci est un vestibule pour le monde à venir.

Et de plus le monde à venir n'est que pour celui qui a peine dans ce monde-ci. Et la perfection n'appartient qu'au Saint béni soit-Il, à qui est la paix.

C'est pourquoi il est impossible de s'attacher à l'Unité, sinon les enfants d'Israël, que le Saint béni soit-Il à choisis : par la force de la Torah et des mitsvot ils peuvent s'attacher à l'Unité, comme il est dit 'vous êtes Mes témoins' (Isa 43,10). Et les enfants d'Israël sont appelés 'la Choulamit' (Cant 7,1).

Et de même leur fut donné le Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir, et il est un témoignage pour les enfants d'Israël qu'ils ont une part dans l'Unité, et [Israël] est appelé 'une seule nation'. Et ils méritent dans ce monde-ci un avant-goût du monde à venir.

Et de même ils reçoivent une âme supplémentaire (nechama yetera), l'union de la racine dans les cieux au-dessus de leur tête. Et aussi dans l'union de l'homme et de la femme Il à scellé en eux Son Nom béni soit-Il.

Et en vérité la circoncision (mila) leur fut donnée comme signe de l'Unité, car le prépuce (orla) fait obstacle, empêchant qu'il y ait une union unique et complète. C'est pourquoi le temps conjugal (ona) des savants (talmidei hakhamim) est de Chabbat en Chabbat, pour qu'il y ait le Chabbat l'unité en tout.

Et c'est ce que dit 'Écoute Israël' etc. : que vous avez une part dans l'Unité. Et il est écrit 'toi il t'à été montre pour savoir' (Deut 4,35) ; Rachi : Il ouvrit pour eux les mondes supérieurs et inférieurs etc.

Et de même en est-il toujours pour les enfants d'Israël, que même une cloison de fer ne fait pas obstacle, et toutes les portes s'ouvrent pour eux. Et sur cela il est écrit 'heureux l'homme qui M'écoute, veillant à Mes portes' etc.

(Prov 8,34) : 'Mes portes' (daltotai), ce sont deux portes, des portes d'en haut et d'en bas. Comme il est dit ailleurs qu'il faut ouvrir en bas les portails dans le cœur et ôter la kelipa (écorce) qui enfermé et assombrit les yeux de l'homme.

Et de même en haut, ouvrir les portails de la compréhension (bina). Et il est écrit 'au jour du Chabbat il sera ouvert' (Ezek 46,1), c'est pourquoi le Chabbat est appelé 'témoignage' (sahadouta).

בפסוק בכל מאדך א' חז"ל יש לך אדם שממונו חביב עליו מגופו. ולכאורה תמוה לומר כן.

וי"ל כי באמת תכלית האדם בעולם שיתקן מעשיו ויחזיר הפקדון לבעליו כמ"ש על זאת יתפלל כו' לעת מצוא וכמ"ש טוב יום המות כשזוכין לעלות כראוי. וכמ"ש בחובת הלבבות כי הצדיקים מתאוין לצאת מן מאסר הגוף כו'.

ולכן מי שמוסר נפשו באהבת הבורא ית' ע"י שיודע ומבין כי זה תכלית האמת. מוסר נפשו בלב שלם.

אבל להיות מוסר ממונו ונשאר עוד בעולם הנסיון והעניות מעביר ע"ד קונו יוכל להיות קשה הנסיון יותר ממסירת נפש:

Sur le verset 'de tout ton pouvoir (meodecha)' (Deut 6,5), nos maîtres ont dit : il est tel homme dont son argent lui est plus cher que son corps. Et cela paraît étonnant à dire.

Et l'on peut dire que, en vérité, le but de l'homme dans le monde est de réparer ses actions et de rendre le dépôt (pikadon) à son propriétaire, comme il est écrit 'à ce sujet que prie [tout fidèle] au temps propice' etc. (Ps 32,6), et comme il est écrit 'meilleur est le jour de la mort' (Eccl 7,1) lorsqu'on mérite de s'élever comme il convient.

Et comme il est écrit dans les Devoirs des Cœurs (Hovot HaLevavot) que les justes désirent sortir de la prison du corps etc. C'est pourquoi celui qui livre son âme par amour du Créateur béni soit-Il, du fait qu'il sait et comprend que c'est la le but véritable, livre son âme d'un cœur entier.

Mais livrer son argent tout en restant encore dans le monde de l'épreuve et de la pauvreté, transgressant la volonté de son Créateur (maavir al daat kono), peut être une épreuve plus dure que la reddition de l'âme.

בפסוק והיו הדברים האלה פרש"י מספרי מהו האהבה מתוך הדברים האלה. כי בקבלת התורה קיבלו בנ"י זאת האהבה כדכ' נפשי יצאה בדברו.

והטעם כי ראו בעין מאמר אנכי ה' אלקיך וכפי התבררות בלב ועין האדם כי כל חיותו מאת הש"י בכל רגע לא יכבה האהבה כמשפט כל עלול להיות נמשך אחר עילה שלו. וז"ש היום הזה ראינו כו' ידבר אלקים כו' האדם וחי.

הרמז כי ראו במתן תורה כי כל חיות האדם מהנהגת דבר ה' כי מאמר ויפח באפיו כו' ויהי האדם לנפש חי' הוא קיים לעד ודיבורו ית' מחי' האדם. אך הטבע מסתיר ומחשיך מלהכיר האמת.

ובקבלת התורה האיר עיניהם וראו כי ידבר האלקים [*את] האדם ועי"ז וחי. וכח קבלת התורה הוא נמסר בכתב.

וכל המייגע בדברי תורה לעולם יכול להכיר זה החיות. וז"ש בספרי מתוך הדברים האלה אתה מכיר מי שאמר והי' העולם ורואה כי כל חיותו מאתו ית"ש ומתמלא אהבה בלב ונפש.

ומכח התורה יכולין לעורר לעולם האהבה שע"ז כ' מים רבים לא יוכלו לכבות כו' כמ"ש כה דברי כאש. ודברי תורה הם ניחומים לעולם לבנ"י כמ"ש במד' נחמו נחמו עמי בתורה דכ' אנכי אנכי מנחמכם.

פי' בתורה שבכתב ושע"פ דכתיב פנים בפנים דיבר. וכ' במד' יש שהרב רוצה ללמוד ואין התלמיד רוצה ויש תלמיד רוצה ואין הרב ברם הכא פנים בפנים כו'.

פי' שגם זה הי' בכח מתן תורה שנתקרבו לבות בנ"י וקיבלו רשימה מדברי אלקים חיים. כמאמר ה' האמרת וה' האמירך.

וע"ז כ' מי גוי גדול כו' אלקים קרובים אליו. שאין קול שום ברי' נשמע בשמים רק קול ישראל.

ומי ג"ג אשר לו חקים כו'. שאין שום ברי' יכולה לשמוע ולקבל קול דבר ה' רק בני ישראל וזה נחמתנו בגלות כמו שכתוב לולי תורתך שעשועי כו':

Sur le verset 'et ces paroles seront' (Deut 6,6), Rachi d'après le Sifrei : quel est l'amour ? Il découle de ces paroles.

Car en recevant la Torah, les enfants d'Israël reçurent cet amour, comme il est écrit 'mon âme est sortie quand il parlait' (Cant 5,6). Et la raison en est qu'ils virent de l'œil l'énoncé 'Moi je suis le Seigneur ton Dieu' (Anokhi ה' Elokecha).

Et selon que se clarifie dans le cœur et l'œil de l'homme que toute sa vitalité vient du Nom à chaque instant, l'amour ne s'éteindra pas, à la manière de tout effet (aloul) entraîne à la suite de sa cause (ila). Et c'est ce que dit 'ce jour-ci nous avons vu... que Dieu parle... à l'homme et [qu'il] vit' (Deut 5,21).

L'allusion est qu'ils virent au don de la Torah que toute la vitalité de l'homme provient de la conduite de la parole du Nom, car l'énoncé 'il insuffla en ses narines... et l'homme devint une âme vivante' (Gen 2,7) subsiste à jamais, et Sa parole béni soit-Il fait vivre l'homme. Mais la nature dissimulé et assombrit, empêchant de reconnaître la vérité.

Et en recevant la Torah Il éclaira leurs yeux et ils virent que Dieu (Elokim) parle [*à] l'homme, et par cela il vit. Et la force de la réception de la Torah fut transmise par écrit.

Et quiconque peine dans les paroles de Torah peut toujours reconnaître cette vitalité. Et c'est ce que dit le Sifrei : 'à partir de ces paroles tu reconnais Celui qui parla et le monde fut', et il voit que toute sa vie vient de Lui béni soit-Il, et il s'emplit d'amour dans le cœur et l'âme.

Et par la force de la Torah on peut toujours éveiller l'amour, sur quoi il est écrit 'des eaux abondantes ne pourront éteindre' etc. (Cant 8,7), comme il est écrit 'ainsi Ma parole est comme le feu' (Jer 23,29).

Et les paroles de Torah sont à jamais des consolations pour les enfants d'Israël, comme il est dit dans le Midrach 'consolez, consolez Mon peuple' (Isa 40,1) par la Torah, dont il est écrit 'Moi, Moi je suis votre consolateur' (Isa 51,12) : c'est-à-dire par la Torah écrite et la Torah orale, dont il est écrit 'face à face Il à parlé' (Deut 5,4). Et il est dit dans le Midrach : il arrive que le maître veuille enseigner et que l'élève ne veuille pas, et il y a l'élève qui veut et non le maître ; mais ici face à face etc.

C'est-à-dire que cela aussi fut par la force du don de la Torah, où les cœurs des enfants d'Israël se rapprochèrent et ils reçurent une empreinte (rechima) des paroles du Dieu vivant. Selon l'énoncé 'tu as fait dire au Nom... et le Nom t'à fait dire' (Deut 26,17-18).

Et sur cela il est écrit 'quelle grande nation à un Dieu proche d'elle' (Deut 4,7), car la voix d'aucune créature n'est entendue dans les cieux, sinon la voix d'Israël. Et 'quelle grande nation à des lois' etc.

(Deut 4,8) : qu'aucune créature ne peut entendre et recevoir la voix de la parole du Nom, sinon les enfants d'Israël ; et telle est notre consolation dans l'exil, comme il est écrit 'si Ta Torah n'avait été mes délices' etc. (Ps 119,92).

תרנ"ו

5656 (תרנ״ו)

בשמור כ' וזכרת כי עבד כו' ובזכור כ' כי ששת ימים עשה כו' וב' הטעמים עולים בקנה אחד כי עבדים היינו במצרים מצד חלק ימי המעשה. והגאולה בחי' שבת דכ' אנכי ה"א אשר הוצאתיך כי מתחילת הבריאה היו בנ"י מוכנים להיות עבדים במצרים כי במעשה בראשית קורא הדורות מראש עד סוף כל הדורות.

ומצד מערכת הטבע הם ת"י מצרים. אך מצד חלק ה' עמו דכתי' באדם וייצר ב' יצירות בעוה"ז ובעוה"ב.

וזו היצירה של עוה"ב הי' צריך להיות בשבת כדפרש"י שאדם הי' צריך להיות נברא בשבת וכפל הקב"ה בע"ש הבריאה של שבת ולכן בשבת נגלה זה הציור הפנימי כי שבת מעין עוה"ב ובנ"י הם בני עוה"ב ולהם זה היצירה של עוה"ב ולכן אין דומה מאור פניו של אדם בשבת לימי המעשה. ונודע כי עוה"ב אין בו לא אכילה ושתי' כו' א"כ הוא בחי' חלק אלקי ממעל שיש באדם וז"ש אנכי ה"א אשר הוצאתיך ולכן יצ"מ היא בחי' השבת ולכן נק' חג הפסח ג"כ שבת בתורה דכ' ממחרת השבת:

Dans 'garde' il est écrit 'et tu te souviendras que tu fus esclave' etc. (Deut 5,15), et dans 'souviens-toi' il est écrit 'car en six jours Il fit' etc.

(Ex 20,11), et les deux raisons reviennent au même (montent en un seul roseau), car nous fûmes esclaves en Égypte du côté de la part des jours ouvrables (yemei hamaasse). Et la délivrance est de l'aspect du Chabbat, comme il est écrit 'Moi je suis le Seigneur ton Dieu qui t'ai fait sortir'.

Car des le commencement de la création les enfants d'Israël étaient prêts à être esclaves en Égypte, car dans l'œuvre du commencement (maasse berechit) Il appelle les générations depuis le début [jusqu'à la fin] (Isa 41,4), toutes les générations. Et du côté de l'agencement de la nature (maarekhet hateva) ils sont sous la main de l'Égypte.

Mais du côté de 'la part du Nom est Son peuple' (Deut 32,9), comme il est écrit au sujet de l'homme 'et Il forma (vayitser)' (Gen 2,7) : deux formations, dans ce monde-ci et dans le monde à venir. Et cette formation du monde à venir devait avoir lieu le Chabbat, comme l'expliqué Rachi, que l'homme devait être créé le Chabbat, et le Saint béni soit-Il redoubla la veille du Chabbat la création du Chabbat.

C'est pourquoi le Chabbat se révèle cette forme intérieure (tsiyour penimi), car le Chabbat est un avant-goût du monde à venir et les enfants d'Israël sont enfants du monde à venir, et à eux appartient cette formation du monde à venir. C'est pourquoi la lumière du visage de l'homme le Chabbat n'est pas comparable aux jours ouvrables.

Et il est connu que dans le monde à venir il n'y a ni manger ni boire etc. ; si donc, c'est l'aspect de la part divine d'en haut (helek Eloka mimaal) qui est dans l'homme. Et c'est ce que dit 'Moi je suis le Seigneur ton Dieu qui t'ai fait sortir', c'est pourquoi la sortie d'Égypte (yetsiat mitsrayim) est de l'aspect du Chabbat, et c'est pourquoi la fête de Pessa'h est aussi appelée 'Chabbat' dans la Torah, comme il est écrit 'au lendemain du Chabbat' (Lev 23,15).

בפרשת ק"ש שמע ישראל ה' אלקינו ה"א. לקבל בכל יום אלקותו ית' לשמוע כי ה' הוא אלקינו ביחוד כמ"ש אנכי ה' אלקיך ובזה צריך להיות איש ישראל שש ושמח כל היום וכמ"ש את ה' אלקיך זה שהוא אלקינו יהי' חביב עלינו מגוף ונפש ומאוד.

וכ' את ה' אלקיך לאהוב כל המסבב אל קבלת אלקותו ית"ש דהיינו כל המצות ומדות ישרות כל הגורם התקרבות אלקות כל אלה צריך האדם לאהוב ולהשתוקק עליהם תמיד. לכן מסודר פרשה זו בשבת נחמו כדכ' נחמו נ' עמי יאמר אלקיכם פי' שיש די באלקותו ית' לנחם בזה על כל הצרות שעוברין עלינו תמיד.

ולכן תיקנו פרשת עשרת הדיברות אנכי ופ' שמע בשבת נחמו. כי זה נחמתינו כמ"ש אנכי אנכי כו' מנחמכם.

כי הנה באמת כל היסורים הבאים על בנ"י הכל כדי להתקרב אליו ית' ולא לעונש בלבד. כמ"ש לו א-להים קרובים.

פי' כי גם מדה"ד לבנ"י הוא לקרב ולא לרחק כמ"ש בכל צרתם לו צר פי' לו בשבילו כדי לקרבינו אליו והצרה עצמה לבנ"י היא לישועה כדאיתא במד' שביצור היא א' מלשוני תפלה וכן הגאולה מתוך הצרה כדכ' עזרה בצרות נמצא מאוד. ובמד' מרע"ה אמר ומצאוהו רעות רבות וצרות כבלים של מאה ליטרא.

דוד אמר יענך כו' ביום צרה כו'. ירמי' אמר ועת צרה כו' וממנה יושע כבלים של ליטרא א'.

הרמז כי כל הצרות הם כבלים להיות האדם נאסר בהם אל תורת ה' שלא יוכל לסור מן המצות. והצרות פועלים אצל איש ישראל כדאיתא שזה ההפרש בין ישראל לעע"ז דכ' בהם וקלל במלכו ובא-להיו כו'.

ואיש ישראל בכל עת צרה אפי' משהו נעשה אצלו כבלים להתאסר בהם אל התורה והמצוה:

Dans le passage du Chema : 'Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un' (Deut 6,4). [Il faut] recevoir chaque jour Sa divinité béni soit-Il, entendre que le Nom est notre Dieu dans l'unité, comme il est dit 'Moi je suis le Seigneur ton Dieu'.

Et par cela l'homme d'Israël doit être allègre et joyeux tout le jour, et comme il est dit 'le Seigneur ton Dieu' : Celui qui est notre Dieu nous sera cher plus que le corps et l'âme et 'très' (meod). Et il est écrit 'le Seigneur ton Dieu' pour aimer : tout ce qui mène à recevoir Sa divinité béni soit-Il, c'est-à-dire toutes les mitsvot et les traits droits, tout ce qui cause le rapprochement de la divinité, tout cela l'homme doit l'aimer et le désirer sans cesse.

C'est pourquoi ce passage est placé le Chabbat 'Nahamou', comme il est écrit 'consolez, consolez Mon peuple, dira votre Dieu' (Isa 40,1) : c'est-à-dire qu'il y a assez dans Sa divinité béni soit-Il pour consoler par cela de toutes les détresses qui passent sur nous sans cesse. Et c'est pourquoi ils ont institué le passage des dix paroles 'Anokhi' et le passage 'Chema' le Chabbat 'Nahamou'.

Car telle est notre consolation, comme il est dit 'Moi, Moi... votre consolateur' (Isa 51,12). Car voici, en vérité, toutes les souffrances qui viennent sur les enfants d'Israël sont toutes afin de se rapprocher de Lui béni soit-Il, et non pour le seul châtiment.

Comme il est écrit 'à lui Dieu est proche' (cf. Deut 4,7) : c'est-à-dire que même la mesure de rigueur (midat hadin) envers les enfants d'Israël est pour rapprocher et non pour éloigner, comme il est écrit 'dans toute leur détresse Il est en détresse (lo tsar)' (Isa 63,9) : le sens de 'lo', pour Lui, c'est-à-dire afin de nous rapprocher de Lui, et la détresse elle-même est pour les enfants d'Israël une délivrance, ainsi qu'il est rapporté dans le Midrach que [le terme de détresse] est l'une des expressions de la prière, et de même la délivrance jaillit du sein de la détresse, comme il est écrit 'un secours dans les détresses, très présent' (Ps 46,2).

Et dans le Midrach : Moche notre maître dit 'de nombreux maux et détresses le trouveront' (Deut 31,21) : des chaînes de cent litra. David dit 'qu'Il te réponde... au jour de détresse' etc.

(Ps 20,2). Yirmiya dit 'et c'est un temps de détresse... et il en sera sauvé' (Jer 30,7) : des chaînes d'une litra.

L'allusion est que toutes les détresses sont des chaînes pour que l'homme soit lié par elles à la Torah du Nom, de sorte qu'il ne puisse s'écarter des mitsvot. Et les détresses agissent chez l'homme d'Israël, ainsi qu'il est rapporté que telle est la différence entre Israël et l'idolâtre (oved avoda zara), dont il est écrit 'et il maudit son roi et son dieu' etc.

(Isa 8,21). Et l'homme d'Israël, en tout temps de détresse, même la moindre, il se produit chez lui des chaînes pour être lié par elles à la Torah et à la mitsva.

בפסוק ואהבת את ה"א. הפי' לעורר האהבה למעלה כמ"ש בזוה"ק מאן דרחים למלכא גרם חסד לכולא כמו באברהם אע"ה דכ' אברהם אוהבי והחסד מתגלגל בעולם בשבילו.

לכן ואהבת פועל יוצא כדאיתא שיהי' שם שמים מתאהב על ידך לכן מסיים והיו הדברים האלה וכ' רש"י מה האהבה והיו הדברים כו'. ולפי' הנ"ל א"ש דהקב"ה מתאוה שיהיו עמלים בתורה כמ"ש בפ' בחקותי.

לכן ע"י עסק התורה גורמים האהבה למעלה [בפרט ע"י מס"נ שנעשה היחוד למעלה ז"ש ה' אחד ואהבת את ה' ודו"ק] ומה מאוד צריך איש ישראל להתפעל בזו המצוה ואהבת. שהקב"ה שרם ונעלה מכל.

מבקש מאיש ישראל לאהוב אותו. והוא פלא בעיני המלאכים ושרים העליונים.

והכל בעבור שאנחנו משוקעים בעוה"ז השפל ורצונו ית"ש שיעזוב האדם הבלי עולם ויתדבק באהבתו ית"ש:

Sur le verset 'et tu aimeras le Seigneur ton Dieu' (Deut 6,5). L'explication : éveiller l'amour en haut, comme il est dit dans le Zohar 'celui qui aime le Roi provoque la bonté (hesed) pour tous', comme chez Avraham notre père dont il est écrit 'Avraham qui M'aime' (Isa 41,8), et la bonté se déploie dans le monde à cause de lui.

C'est pourquoi 'et tu aimeras' est un verbe transitif (poal yotse), ainsi qu'il est rapporté que le Nom du Ciel devienne aime par ton entremise. C'est pourquoi il conclut 'et ces paroles seront' (Deut 6,6), et Rachi écrit : 'quel est l'amour ? et ces paroles seront' etc.

Et selon ce qui précède, cela s'accorde bien, car le Saint béni soit-Il désire qu'ils peinent dans la Torah, comme il est dit dans la parachat Behoukotai. C'est pourquoi, par l'étude de la Torah, on provoque l'amour en haut [en particulier par le don de soi (mesirat nefech) qui accomplit l'union en haut ; c'est ce que dit 'le Seigneur est Un, et tu aimeras le Seigneur', et étudie-le bien].

Et combien l'homme d'Israël doit s'émouvoir de cette mitsva 'et tu aimeras' : que le Saint béni soit-Il, qui est élevé et exalté au-dessus de tout, demande à l'homme d'Israël de L'aimer. Et c'est une merveille aux yeux des anges et des princes supérieurs.

Et tout cela parce que nous sommes enfoncés dans ce monde inférieur, et Sa volonté béni soit-Il est que l'homme délaisse les vanités du monde et s'attaché à Son amour béni soit-Il.

תרנ"ז

5657 (תרנ״ז)

במדרש אשר לו א' קרובים. יענך ה' ביום צרה מה ביום צרה מלה"ד ליושבת על המשבר מי שענה לאמך יענך כו' דכ' ביעקב העונה אותי ביום צרתי כו'.

פי' כי יום הוא ע"ש אור כי טוב. א"כ מה ביום צרה.

ומתרץ כי כל צרה שלא תבוא על בנ"י היא רק לטובה כצרת היולדת שהיא הכנה אל הלידה. לכן אמר מי שענה לאמך כי כן סדר הלידה ע"י צרה זאת.

כמו כן אך טוב לישראל אלקים כו'. וכמ"ש ביעקב ביום צרתי כי כל הצרות שעברו על יעקב הי' הכל הכנה לטובת בנ"י.

וכ"כ ועת צרה ליעקב היא להיות וממנה יושע. לכן כ' אלקים קרובים אליו שגם מדה"ד לבנ"י היא לקרב ולא לרחק.

וכל התחדשות שצריך להיות נולד בישראל היא בחי' לידה וזהו יענך ביום צרה. ישגבך ש"א יעקב:

Dans le Midrach : 'lui, un [peuple] à qui Dieu est proche' (Deut 4,7). 'Qu'Il te réponde le Seigneur au jour de détresse' (Ps 20,2) : que signifie 'au jour de détresse' ? Une parabole (à quoi la chose ressemble-t-elle ?) : à une femme assise sur le siège d'accouchement (michbar) ; Celui qui a répondu à ta mère te répondra etc., comme il est écrit au sujet de Yaakov 'Celui qui me répond au jour de ma détresse' etc.

(Gen 35,3). Le sens : 'jour' (yom) est nomme d'après 'la lumière, car elle est bonne' (Gen 1,4).

Si donc, que signifie 'au jour de détresse' ? Et il répond : toute détresse qui vient sur les enfants d'Israël n'est que pour le bien, comme la détresse de la parturiente qui est une préparation à l'enfantement.

C'est pourquoi il dit 'Celui qui a répondu à ta mère', car tel est l'ordre de l'enfantement, par cette détresse. De même, 'certes Dieu est bon pour Israël' etc.

(Ps 73,1). Et comme il est écrit au sujet de Yaakov 'au jour de ma détresse', car toutes les détresses qui passèrent sur Yaakov furent toutes une préparation pour le bien des enfants d'Israël.

Et de même il est écrit 'et c'est un temps de détresse pour Yaakov' (Jer 30,7), afin qu'il devienne 'et il en sera sauvé'. C'est pourquoi il est écrit 'Dieu est proche de lui', car même la mesure de rigueur envers les enfants d'Israël est pour rapprocher et non pour éloigner.

Et tout renouvellement (hithadchout) qui doit naître en Israël est de l'aspect de l'enfantement, et c'est 'qu'Il te réponde au jour de détresse ; que t'élève le Nom du Dieu de Yaakov' (Ps 20,2).

בפ' שמור כו' יום השבת כו' ינוח עבדך כו' כמוך וזכרת כי עבד כו'. כי הנה שבת היא נחלה בלי מצרים ולכן שבת זכר ליצ"מ כי א"י לזכות לשבת רק אחר יציאת מצרים לכן שבת לישראל עדות על יצ"מ.

והנה כ' אנכי ה"א א' הוצאתיך מא"מ מבית עבדים. כמ"ש במ"א כי עולם הזה הטבעי נק' בית עבדים כי מעשה בראשית היא להיות ההנהגה בדרך השתלשלות המדרגות זה שליט על זה.

ומצד זה היו ג"כ בנ"י עבדים לפרעה. אבל בשבת קודש מתגלה הנהגה עליונה ובטל כל הממשלות וכחות הטבע.

וכן הי' ביצ"מ שנתגלה הנהגה עליונה ואפיק לבנ"י מחיובא דכוכבי ומזלי. ולכן צריך איש ישראל לשבות בשבת כמ"ש ינוח עבדך כו' כמוך להראות כי בטל כל ממשלות בש"ק.

וגם איסור עשיות מלאכה היא זאת שבכח אדם לעשות איזה פעולה והתחדשות במלאכת מעשה ידיו. ובשבת הכל בטל רק שבו איש תחתיו וזה זכר ליצ"מ:

Dans la parachat 'garde' etc., 'le jour du Chabbat' etc., 'que se repose ton esclave... comme toi, et tu te souviendras que tu fus esclave' etc. (Deut 5,14-15).

Car voici, le Chabbat est un héritage sans limites (nahala beli metsarim), et c'est pourquoi le Chabbat est un rappel de la sortie d'Égypte, car on ne peut mériter le Chabbat qu'après la sortie d'Égypte ; c'est pourquoi le Chabbat est pour Israël un témoignage sur la sortie d'Égypte. Et voici, il est écrit 'Moi je suis le Seigneur ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison des esclaves'.

Comme il est dit ailleurs que ce monde-ci naturel est appelé 'maison des esclaves', car l'œuvre du commencement est que la conduite se fasse par voie d'enchaînement des degrés (hichtalchelout hamadregot), celui-ci dominant celui-là. Et de ce côté-la aussi les enfants d'Israël étaient esclaves de Pharaon.

Mais le saint Chabbat se révèle une conduite supérieure, et toutes les dominations et les forces de la nature sont annulées. Et de même en fut-il à la sortie d'Égypte, où se révéla une conduite supérieure et Il fit sortir les enfants d'Israël de la sujétion des astres et des constellations (hiyouva dekhokhvei oumazalei).

C'est pourquoi l'homme d'Israël doit chômer le Chabbat, comme il est écrit 'que se repose ton esclave... comme toi', pour montrer que toutes les dominations sont annulées le saint Chabbat. Et de plus, l'interdit d'accomplir un travail (melakha) est ceci : qu'il est au pouvoir de l'homme d'accomplir quelque action et renouvellement dans l'œuvre de ses mains.

Et le Chabbat tout est annulé, seulement 'que chaque homme reste à sa place' (Ex 16,29), et cela est un rappel de la sortie d'Égypte.

En bref

« Écoute Israël » (Devarim 6,4). Le Midrach enseigne qu’Israël a mérité le Chema du mont Sinaï, « Je suis Hachem ton D.ieu », et de Yaakov, « Rassemblez-vous et écoutez ». Le Sfat Emet rapporte du Zohar que le ayin et le dalet agrandis de e'had (« un ») forment ed (« témoin ») : le témoin essentiel est le Saint béni soit-Il, et le témoignage vient par Israël. Israël a fait passer de la puissance à l’acte « Je suis Hachem ton D.ieu », voix qui s’éveille chaque jour ; dans toutes les auditions, il faut y entendre « Hachem notre D.ieu, Hachem est Un ». Le ayin large de Chema fait allusion aux soixante-dix langues, où dans l’avenir cette unité sera entendue.

Aussi : le Chema rassemble Israël et répare le « faire » par l’entendu ; l’âme ye'hida, les téfilines et le Chabbat comme témoignage de l’unité ; le choix par l’amoindrissement, et chercher Sa face en exil

בפרשת ק"ש שמע ישראל ובמד' מהיכן זכו בנ"י לק"ש מהר סיני אנכי ה"א כו'. תו במד' מיעקב שאמר הקבצו ושמעו כו'.

הענין היא דאיתא בזוה"ק. ע' משמע וד' מאחד עד.

ורזא דמלה עד ה' בכם פי' עיקר העד הוא השי"ת בעצמו כדאיתא הוא עד הוא דיין כו'. אבל העדות בא ע"י בנ"י כדכ' עד ה' בכם.

וכ"כ אתם עדי ואני אל. רמז ואני ג"כ עד ע"י עדות שלכם.

כדכתי' את ה' האמרת שבנ"י הוציאו מכח אל הפועל זה המאמר אנכי ה"א כמ"ש שמעה עמי ואדברה. וכמו כן בכל יום מתעורר זה הקול אנכי ה"א כמ"ש אנכי מצוך היום.

אנכי דעשרת הדיברות. והנה כל שמותיו וכנויו של הקב"ה מעידין עליו ית"ש.

ועיקר העדות שם הוי' המיוחד. וזה עד ה' בכם.

ואיתא שמע בכל לשון שאתה שומע. הרמז כי בכל השמיעות שנשמעין אל האדם צריך לשמוע בהם ה' אלקינו ה' אחד.

כי כל פעל ה' למענהו. לעדותו.

והכל מעידין עליו. ולעתיד יתגלה זה בכל העולם כמ"ש סוף דבר הכל נשמע כו' הא' ירא כו' מצותיו שמור שסוף ותכלית כל פרט להיות נשמע ממנו דבר זה.

וזה ע' רברבא דשמע שרומז לע' לשונות כמ"ש רש"י שלעתיד אהפוך אל עמים שפה ברורה להיות נשמע בכל הע' לשונות כי ה' אלקינו ה' אחד. והנה במתן תורה זכו בנ"י להיות נשמע זה הקול אנכי ה"א כו'.

וזה ה' האמרת היום שמתחדש בכל יום ובכח הכנת יעקב אבינו זכו בנ"י להיות נכונים לשמוע זה הקול וע"ז כ' ה' האמירך היום שגם זה נתחדש בכל יום כמו שכתוב קודם קריאת שמע הבוחר בעמו ישראל באהבה שמע ישראל כו':

Dans la section du Chema, 'Écoute Israël' (Deutéronome 6,4). Et dans le Midrach : d'où Israël à-t-il mérite le Chema ?

Du mont Sinaï, 'Je suis ה' ton Dieu' (Exode 20,2). Encore dans le Midrach : de Yaakov, qui dit 'Rassemblez-vous et écoutez' (Genèse 49,2).

L'affaire est ce qui est enseigné dans le saint Zohar : le ע (ayin) et le ד (dalet) [agrandis dans le mot echad, 'un'] forment le mot עד ('témoin'). Et le secret de la chose, 'ה' est témoin (ed) en vous' (cf.

Michee 1,2) : c'est-à-dire que le témoin essentiel est le Saint béni soit-Il Lui-même, comme il est enseigné, 'Il est témoin, Il est juge'. Mais le témoignage vient par Israël, comme il est écrit 'ה' témoin en vous'.

Et de même il est écrit 'Vous êtes Mes témoins, et Moi je suis Dieu' (Isaie 43,12) : allusion que Moi aussi je suis témoin par votre témoignage. Comme il est écrit 'Tu as fait dire ה'' (Deutéronome 26,17), car Israël à fait passer de la puissance à l'acte cette parole 'Je suis ה' ton Dieu', comme il est dit 'Écoute Mon peuple et Je parlerai' (Psaumes 50,7).

Et de même chaque jour s'éveille cette voix 'Je suis ה' ton Dieu', comme il est dit 'Je t'ordonné aujourd'hui' (Deutéronome 8,1) : le 'Je' (anokhi) des dix paroles. Or tous les noms et appellations du Saint béni soit-Il témoignent sur Lui, que Son Nom soit béni.

Et le témoignage essentiel est le Nom unifie הוי' (le Tétragramme). C'est cela 'ה' témoin en vous'.

Et il est enseigné, 'Écoute (Chema) en toute langue que tu entends' : l'allusion, car dans toutes les auditions qui parviennent à l'homme, il doit y entendre 'ה' notre Dieu, ה' est Un'. Car 'ה' à tout fait pour Lui' (Proverbes 16,4), pour Son témoignage, et tout témoigne sur Lui.

Et dans l'avenir cela se révélera dans le monde entier, comme il est écrit 'La fin de tout, tout est entendu... crains Dieu... garde Ses commandements' (Ecclésiaste 12,13), car la fin et le but de chaque détail est que cette chose soit entendue de lui. Et c'est le ע (ayin) large de 'Chema', qui fait allusion aux soixante-dix (ע) langues, comme l'écrit Rachi que dans l'avenir 'Je transformerai pour les peuples une langue claire' (Sophonie 3,9), pour qu'il soit entendu dans les soixante-dix langues que 'ה' notre Dieu, ה' est Un'.

Or lors du don de la Torah, Israël à mérité que cette voix 'Je suis ה' ton Dieu' soit entendue. Et c'est 'Tu as fait dire ה' aujourd'hui' (Deutéronome 26,17), qui se renouvelle chaque jour ; et par la force de la préparation de Yaakov notre père, Israël à mérité d'être apte à entendre cette voix, et sur cela il est écrit 'ה' t'à fait dire aujourd'hui' (Deutéronome 26,18), car cela aussi se renouvelle chaque jour, comme il est écrit avant la lecture du Chema 'Celui qui choisit Son peuple Israël avec amour', 'Écoute Israël'.

תרנ"ח

5658 (תרנ״ח)

בפרשת שמע ישראל. שמע היא כינוס ואסיפה להיות בנ"י עובדין לאל אחד.

וכפי האסיפה שלהם כך חל עליהם אלקותו ית"ש. ולפי קבלת עול מלכותו ית"ש עליהם כך הם מתאחדים.

וכ' תורה צוה כו' מורשה קהלת יעקב ועיקר התורה היא אנכי ה' אלקיך וכ"כ הדברים האלה דיבר כו' אל כל קהלכם. וכ' הקהל לי אה"ע ואשמיעם את דברי.

וזה מתקיים בכל יום בשמע ישראל נעשין קהילה אחת וזוכין להארה מקבלת התורה. לכן כ' אח"כ אנכי מצוך היום.

ואיתא במד' חד אמר שזכו ישראל לק"ש ממתן תורה וח"א מיעקב אבינו ע"ה. כי יעקב אבינו ע"ה כינס אותם ועשאן אגודה אחת לכן נק' על שמו קהלת יעקב.

ובכח האסיפה חל אלקותו ית"ש עליהם. וזה ענין הקדמת נעשה לנשמע שמעשה אבות הי' הכנה לקבלת התורה.

אכן אחר החטא שקלקלנו נעשה צריכין להתאחד בכח שמע ישראל לבוא לתיקון העשי' למטה בכח הנשמע. לכן עתה א' בשכמל"ו אחר שמע ובחשאי שתיקון העשי' אינו בשלימות עתה.

וע"י עדות דקריאת שמע יהי' כל התיקון דכ' שפת אמת תכון עתידה דתיכון לעד כמ"ש בזוה"ק. ועיקר העדות שבנ"י מעידין כי לעתיד יהי' מבורר אחדותו ית"ש לכל כמ"ש רש"י ה' שהוא אלקינו עתיד להיות אלקי כל וזהו רמז הע' רברבא ע' לשונות בכל לשון שאתה שומע והד' רומז לארבע רוחות.

וכפי מה שנתפזרו בנ"י בע' לשונות וד' רוחות ואעפ"כ מיחדין שמו בכל יום בזה יהי' תיקון הכולל. וכ' עדות ה' נאמנה מחכימת פתי כי העדות על הבורא לא יתכן בשכל אנושי כי איך יעיד הנברא על הבורא.

רק מכח שהיא שפת אמת כל המעיד עליו זוכה לדעת ולראות האמת עי"ז העדות וכן הוא בכל מצות התורה כדכ' היא חכמתכם ובינתכם. פי' כי אין עשיות המצות מצד חכמת אדם רק אדרבא ע"י עשיות המצוה זוכה לחכמה ולדעת את ה'.

וכמו כן ע"י עדות היחוד זוכה אח"כ לואהבת את ה' בכל לבבך כו' בכח שפת אמת. וזהו עצמו העדות כי האמת עד לעצמו.

וכיון שע"י זה העדות זוכין לדעת הרי העדות כי ה' אלקים אמת לכן שפת אמת תכון לעד:

Dans la section 'Écoute Israël'. 'Chema' (écoute) est rassemblement et réunion, pour qu'Israël serve le Dieu Un. Et selon leur rassemblement, ainsi repose sur eux Sa divinité, que Son Nom soit béni.

Et selon l'acceptation du joug de Sa royauté sur eux, ainsi ils s'unifient. Il est écrit 'La Torah que nous à ordonnée... est l'héritage de l'assemblée de Yaakov' (Deutéronome 33,4), et l'essentiel de la Torah est 'Je suis ה' ton Dieu' ; et de même il est écrit 'Ces paroles Il dit... à toute votre assemblée' (Deutéronome 5,19).

Et il est écrit 'Rassemble-Moi le peuple et Je leur ferai entendre Mes paroles' (Deutéronome 4,10). Et cela s'accomplit chaque jour : par 'Écoute Israël' ils deviennent une seule assemblée et méritent une illumination de la réception de la Torah.

C'est pourquoi il est écrit ensuite 'Je t'ordonné aujourd'hui'. Et il est enseigné dans le Midrach : l'un dit qu'Israël à mérité le Chema depuis le don de la Torah, et l'autre dit depuis Yaakov notre père, paix sur lui.

Car Yaakov notre père, paix sur lui, les a rassemblés et en a fait une seule union ; c'est pourquoi elle est appelée de son nom 'assemblée de Yaakov'. Et par la force du rassemblement repose sur eux Sa divinité.

Et c'est le sens de la préséance de 'nous ferons' sur 'nous entendrons' (Exode 24,7), car l'action des pères fut une préparation à la réception de la Torah. Cependant, après la faute par laquelle nous avons abîme le 'faire', nous devons nous unifier par la force de 'Écoute Israël' pour parvenir à la réparation (tikoun) du 'faire' en bas, par la force de l'entendu.

C'est pourquoi maintenant on dit 'Béni soit le Nom de la gloire de Son règne à jamais' après 'Chema', et à voix basse, car la réparation du 'faire' n'est pas complète à présent. Et par le témoignage de la lecture du Chema adviendra toute la réparation, comme il est écrit 'La lèvre de vérité (sfat émet) s'affermira à jamais' (Proverbes 12,19) : future, car elle s'affermira pour l'éternité (laed), comme il est dit dans le saint Zohar.

Et l'essentiel du témoignage qu'Israël porte, c'est que dans l'avenir Son unité sera manifeste à tous, comme l'écrit Rachi : 'ה' qui est notre Dieu' est destiné à devenir 'le Dieu de tous'. Et telle est l'allusion du ע (ayin) agrandi : soixante-dix (ע) langues, 'en toute langue que tu entends' ; et le ד (dalet) fait allusion aux quatre directions.

Et selon que Israël s'est dispersé dans les soixante-dix langues et les quatre directions, et malgré cela ils unifient Son Nom chaque jour, par cela adviendra la réparation universelle. Et il est écrit 'Le témoignage de ה' est fidèle, rendant sage le simple' (Psaumes 19,8), car le témoignage sur le Créateur n'est pas possible par l'intellect humain, car comment la créature témoignerait-elle sur le Créateur ?

Seulement par la force que c'est une 'lèvre de vérité' : quiconque témoigne sur Lui mérite de connaître et de voir la vérité par ce témoignage. Et il en est de même dans tous les commandements de la Torah, comme il est écrit 'C'est votre sagesse et votre intelligence' (Deutéronome 4,6) : c'est-à-dire que l'accomplissement des commandements n'est pas issu de la sagesse humaine ; au contraire, par l'accomplissement du commandement on mérite la sagesse et la connaissance de ה'.

Et de même, par le témoignage de l'unité on mérite ensuite 'Tu aimeras ה' de tout ton cœur', par la force de la 'lèvre de vérité'. Et c'est cela même le témoignage, car la vérité témoigne d'elle-même.

Et puisque par ce témoignage on mérite la connaissance, voilà le témoignage que 'ה' Dieu est vérité' ; c'est pourquoi 'la lèvre de vérité s'affermira à jamais'.

תרנ"ט

5659 (תרנ״ט)

במדרש מהיכן זכו ישראל לק"ש במתן תורה אנכי ה"א כו'. דאיתא עליך ייחד שמו ביותר.

והחוקרים מקשים איך בא הריבוי מאחד המיוחד. אבל באמת בכל הבריאה יש חלק הדבוק באחדות כמ"ש ימים יוצרו ולו א' בהם.

ובנפשות חלק ה' עמו ונק' גוי אחד שהם דביקים באחדות. וזה האחדות קבלו בנ"י בהר סיני וע"ז הי' יצ"מ כמ"ש הוצאתי א' מא"מ להיות לכם בפרט לאלקים.

ולכן כ' בשבת וזכרת כי עבד היית כו' ע"כ צוך כו' לעשות כו' השבת. כי גם השבת חלק ה' בזמן שבו נתגלה הנהגה עליונה הדבוקה באחדות ולכן שבת סהדותא איקרי בבחי' שנה.

ובנ"י עדים בבחי' נפש. וכמו כן בעולם א"י ובהמ"ק חלק ה' ועדות כמ"ש במ"א.

ולכן עדות בנ"י על הש"י בכח הנשמה שקיבלו בהר סיני כמ"ש במד' שיש ה' בחי' בנפש עד יחידה. יחידה היא חלק הנשמה עליונה הדבוקה באחדות שזכו בנ"י במתן תורה.

כמ"ש אנכי ה' אלקיך ולכן כ' אתם עדי נאם ה' בכח דבר ה' אשר שם בנו. כמ"ש ויפח באפיו כו' ויהי כו' לנפש חי' לרוח ממללא.

פי' להעיד על הבורא. ובקבלת התורה היו מוכנים להיות תמיד דבוק בנשמה העליונה כמ"ש אמרתי אלקים אתם כו'.

אבל אחר החטא צריכין לעורר כח הנשמה הנ"ל. ולכן ע"י מצות התפילין שהם ב' בחי' הנ"ל זכר ליצ"מ בחי' תש"י וקשרתם לשעבד הגוף כדאיתא בזוה"ק דסט"א קשור ברצועה דתפילין ואח"כ והיו לטוטפות רמז לבחי' הנשמה יתירה בחי' מתן תורה תורת ה' בפיך ולכן יכולין להעיד על אחדות השי"ת.

ולכן אמרו הקורא ק"ש בלא תפילין כמעיד עדות שקר בעצמו לפי שאחדותו ית' שיחד עלינו ביותר הוא כשיש הארה מהנשמה בכח יצ"מ וקבלת התורה וב' אלו הם ג"כ בחי' זכור ושמור בש"ק. שמור נזכר בו יצ"מ וזכור הוא בחי' נשמה יתירה וזכירת מתן תורה כמ"ש זכור בעצומו של יום מתן תורה.

לכן בשבת א"צ תפילין שהם עצמם אות על ב' אלו יצימ וסט"א ערקת בשבת. ונשמה יתירה שורה על בנ"י לכן הוא עדות אמת.

וב' בחי' אלו נרמזין בפסוק השמע עם קול אלקים כו' או הנסה אלקים כו'. וכתי' אתה הראת לדעת פרש"י שפתח להם שבעה רקיעים וכשם שפתח עליונים כן תחתונים כו' וכ' במ"א שהם ב' הבחי' עומק טוב ורע.

עומק רום ותחת. כי בשעת קבלת התורה נתברר מ"ש וכל הטבע נתבטלה כמ"ש חז"ל שכל הבריאה כששמעו אנכי ה"א זה אמר אלי דיבר כו' עד ששמעו אשר הוצאתיך כו'.

פי' הענין שהקב"ה גילה מלכותו בשעה אחת להיות עדות על הבורא וביטל הסתרת הטבע והגשמיות כדי להיות עדות על הבורא ולכן נזדעזע העולם כאילו יחרב העולם. וכשאמר אשר הוצאתיך הבינו כי ביטול הטבע רק לבנ"י בכח יצ"מ.

וזה עדות כי בכח איש ישראל לצאת מן הטבע וז"ש אפי' מחיצה של ברזל אין מפסקת בין ישראל לאביהם שבשמים בכח יצ"מ שהוציאנו מכור הברזל. וב' בחי' אלו בפסוק מי כו' גדול א' לו חוקים כו' הוא מתן תורה התגלות שערים עליונים.

ומי ג"ג אשר כו' אלקים קרובים כו' בכל קראינו הוא בחי' יצ"מ אפי' מחיצה של ברזל אין מפסקת:

Dans le Midrach : d'où Israël à-t-il mérite le Chema ? Au don de la Torah, 'Je suis ה' ton Dieu'.

Comme il est enseigné : 'sur toi Il à unifie Son Nom plus particulièrement'. Et les philosophes objectent : comment la multiplicité est-elle venue de l'Un unifie ?

Mais en vérité, dans toute la création il y a une part attachée à l'unité, comme il est écrit 'les jours ont été formes et à Lui l'un d'entre eux' (Psaumes 139,16). Et dans les âmes, 'la part de ה' est Son peuple' (Deutéronome 32,9), et il est appelé 'une nation une' car ils sont attachés à l'unité.

Et cette unité, Israël l'à reçue au mont Sinaï, et c'est pour cela que fut la sortie d'Égypte, comme il est écrit 'Je vous ai fait sortir d'Égypte pour être à vous en particulier un Dieu'. C'est pourquoi il est écrit au sujet du Chabbat 'Tu te souviendras que tu fus esclave... c'est pourquoi Il t'à ordonné... de faire... le Chabbat' (Deutéronome 5,15).

Car le Chabbat aussi est 'la part de ה'' dans le temps, où se révèle une conduite supérieure attachée à l'unité ; c'est pourquoi le Chabbat est appelé 'témoignage' (sahadouta) dans l'aspect de l'année (chana). Et Israël sont des témoins dans l'aspect de l'âme (nefech).

Et de même dans le monde, la Terre d'Israël et le Temple sont 'la part de ה'' et témoignage, comme il est dit ailleurs. C'est pourquoi le témoignage d'Israël sur le Saint béni soit-Il est par la force de l'âme qu'ils ont reçue au mont Sinaï, comme il est dit dans le Midrach qu'il y a cinq niveaux dans l'âme, jusqu'à la ye'hida.

La ye'hida est la part de l'âme supérieure attachée à l'unité, que Israël à mérité au don de la Torah, comme il est dit 'Je suis ה' ton Dieu'. C'est pourquoi il est écrit 'Vous êtes Mes témoins, dit ה'' (Isaie 43,10), par la force de la parole de ה' qu'Il à placée en nous, comme il est dit 'Il insuffla dans ses narines... et l'homme devint une âme vivante' (Genèse 2,7), que le Targoum rend 'un esprit parlant', c'est-à-dire pour témoigner sur le Créateur.

Et lors de la réception de la Torah, ils étaient aptes à être toujours attachés à l'âme supérieure, comme il est dit 'J'ai dit : vous êtes des dieux' (Psaumes 82,6). Mais après la faute, il faut éveiller la force de cette âme.

C'est pourquoi, par le commandement des téfilines, qui sont les deux aspects susdits : rappel de la sortie d'Égypte, l'aspect du tefiline de la main (tefiline chel yad), 'tu les lieras' pour asservir le corps, comme il est enseigné dans le saint Zohar que la sitra a'hra (le côté autre) est liée par la lanière du tefiline ; et ensuite 'ils seront des fronteaux', allusion à l'aspect de l'âme supplémentaire (nechama yetera), l'aspect du don de la Torah, 'la Torah de ה' dans ta bouche', c'est pourquoi ils peuvent témoigner sur l'unité du Saint béni soit-Il. C'est pourquoi ils ont dit : 'celui qui lit le Chema sans téfilines, c'est comme s'il témoignait un faux témoignage contre lui-même', car Son unité, qu'Il à unifiée sur nous plus particulièrement, est lorsqu'il y a une illumination de l'âme par la force de la sortie d'Égypte et de la réception de la Torah.

Et ces deux sont aussi les aspects de 'souviens-toi' (zakhor) et 'garde' (chamor) du saint Chabbat. Dans 'garde' est rappelée la sortie d'Égypte, et 'souviens-toi' est l'aspect de l'âme supplémentaire et le souvenir du don de la Torah, comme il est dit 'souviens-toi', au cœur même du jour du don de la Torah.

C'est pourquoi le Chabbat on n'à pas besoin de téfilines, car ils sont eux-mêmes un signe sur ces deux : la sortie d'Égypte, et la sitra a'hra à fui le Chabbat. Et l'âme supplémentaire repose sur Israël, c'est pourquoi c'est un témoignage de vérité.

Et ces deux aspects sont évoqués dans le verset 'Un peuple à-t-il entendu la voix de Dieu... où Dieu à-t-Il tente...' (Deutéronome 4,33-34). Et il est écrit 'Toi il t'à été montre pour savoir' (Deutéronome 4,35), que Rachi explique : Il ouvrit pour eux les sept firmaments, et de même qu'Il ouvrit les mondes supérieurs, ainsi les inférieurs.

Et il est écrit ailleurs que ce sont les deux aspects, la profondeur du bien et du mal, la profondeur du haut et du bas. Car lors de la réception de la Torah s'est vérifie ce qui est dit, et toute la nature s'est annulée, comme l'ont dit nos Sages que toute la création, lorsqu'ils entendirent 'Je suis ה' ton Dieu', celui-ci dit : 'c'est à moi qu'Il à parlé', jusqu'à ce qu'ils entendent 'qui t'ai fait sortir'.

L'explication de l'affaire : le Saint béni soit-Il à révélé Sa royauté en un instant pour être un témoignage sur le Créateur, et Il à annulé le voile de la nature et de la matérialité afin d'être un témoignage sur le Créateur ; c'est pourquoi le monde trembla comme s'il allait être détruit. Et lorsqu'Il dit 'qui t'ai fait sortir', ils comprirent que l'annulation de la nature n'est que pour Israël, par la force de la sortie d'Égypte.

Et c'est un témoignage qu'il est au pouvoir de l'homme d'Israël de sortir de la nature ; et c'est ce qui est dit : 'même une cloison de fer ne sépare pas entre Israël et leur Père qui est aux cieux', par la force de la sortie d'Égypte qui nous à fait sortir de la fournaise de fer. Et ces deux aspects sont dans le verset 'Quel grand peuple à-t-il des lois...' (Deutéronome 4,8), c'est le don de la Torah, la révélation des portes supérieures ; et 'quel grand peuple à un Dieu proche... chaque fois que nous L'invoquons' (Deutéronome 4,7), c'est l'aspect de la sortie d'Égypte, 'même une cloison de fer ne sépare pas'.

תרס"א

5661 (תרס״א)

בענין זכור ושמור כולל כל התורה. זכור מ"ע שמור מל"ת כדאיתא בזוה"ק.

ופי' זכור כו' יום השבת כמו וזכרת את ה"א דשבת שמא דקוב"ה. ה' זכרנו שהוא עיקר הזכירה ופנימיות של בנ"י שקיבלו התורה בסיני כמ"ש אנכי בעלתי בכם שנטע הקב"ה כח אלקות בנפשות בנ"י דכתי' ואנכי לא אשכחך ובמקום שאין שכחה יש זכרון.

ובשבת נתעורר זכירת מתן תורה והוא יומא דזכירה ולכן ויברך כו' את יום השביעי כמ"ש ה' זכרנו יברך. וכ"כ בכל המקום אשר אזכיר את שמי אבוא אליך וברכתיך.

כמו שבבהמ"ק מקום זכירת שמו ית' כמו כן בשבת בבחי' הזמן. ובנפשות בנ"י בבחי' נפש.

ושמור היא לשמור מן השכחה שכן כתיב השמר כו' ושמור נפשך מאוד פן תשכח כו'. כי הטבע מסתיר ומשכח הפנימיות וזה שליט בימי המעשה.

ובשבת נפתח לבנ"י הפנימיות והוא יומא דזכירה. אבוא אליך וברכתיך הוא בחי' נשמה יתירה בש"ק.

ובש"ק כתי' הטעם דיציאת מצרים שלכן ניתן הכח לנפשות בנ"י לצאת מן הטבע המשכח ומסתיר הפנימיות ולכנוס לזכירה. וזהו עיקר המנוחה דכתי' וינח ביום השביעי.

וינח גי' עד שהכל לכבודו ברא. מכ"ש בנ"י שנבראו להעיד על הבורא ית' כמ"ש עם זו יצרתי כו' תהלתי יספרו.

והטבע מסתיר. וזהו המלחמה בעוה"ז שהסט"א עומד לבטל זה העדות.

ובשבת וינח כמו והנחה למדינות עשה. וסהדותא איקרי שבשבת יכולין להעיד על הבורא וזה תכלית המנוחה:

Au sujet de 'souviens-toi' et 'garde', qui englobe toute la Torah : 'souviens-toi' est un commandement positif, 'garde' un commandement négatif, comme il est enseigné dans le saint Zohar. Et le sens de 'souviens-toi... du jour du Chabbat' est comme 'tu te souviendras de ה' ton Dieu' du Chabbat, le Nom du Saint béni soit-Il. 'ה' s'est souvenu de nous' (Psaumes 115,12) : c'est le souvenir essentiel et l'intériorité d'Israël, qui ont reçu la Torah au Sinaï, comme il est dit 'Moi je vous ai épouses', car le Saint béni soit-Il à planté une force de divinité dans les âmes d'Israël, comme il est écrit 'et Moi je ne t'oublierai pas' (Isaie 49,15) ; et la où il n'y a pas d'oubli, il y a souvenir.

Et le Chabbat s'éveille le souvenir du don de la Torah, et c'est 'le jour du souvenir' ; c'est pourquoi 'Il bénit... le septième jour' (Genèse 2,3), comme il est dit 'ה' s'est souvenu de nous, Il bénira' (Psaumes 115,12). Et de même il est écrit 'en tout lieu où Je ferai mentionner Mon Nom, Je viendrai à toi et Je te bénirai' (Exode 20,21) : de même que le Temple est le lieu du souvenir de Son Nom, ainsi le Chabbat dans l'aspect du temps, et les âmes d'Israël dans l'aspect de l'âme.

Et 'garde' est de se garder de l'oubli, car ainsi il est écrit 'garde-toi... et garde ton âme beaucoup, de peur que tu n'oublies' (Deutéronome 4,9). Car la nature dissimulé et fait oublier l'intériorité, et cela domine durant les jours ouvrables.

Et le Chabbat s'ouvre pour Israël l'intériorité, et c'est 'le jour du souvenir'. 'Je viendrai à toi et Je te bénirai' est l'aspect de l'âme supplémentaire du saint Chabbat. Et au sujet du saint Chabbat est écrit le motif de la sortie d'Égypte, car c'est pour cela qu'à été donnée aux âmes d'Israël la force de sortir de la nature qui fait oublier et dissimulé l'intériorité, et d'entrer dans le souvenir.

Et c'est cela l'essentiel du repos, comme il est écrit 'et Il se reposa (vayanah) le septième jour' (Exode 20,11). 'Vayanah' à la valeur numérique (guematria) de עד ('témoin', et 'à jamais'), car Il à tout créé pour Sa gloire, à plus forte raison Israël qui a été créé pour témoigner sur le Créateur, comme il est dit 'ce peuple que J'ai forme... racontera Ma louange' (Isaie 43,21). Et la nature dissimulé.

Et c'est la guerre en ce monde, où la sitra a'hra se dresse pour annuler ce témoignage. Et le Chabbat 'Il se reposa', comme 'et il fit un allègement aux provinces' (Esther 2,18).

Et il est appelé 'témoignage' (sahadouta) car le Chabbat on peut témoigner sur le Créateur, et c'est le but du repos.

בפרשת שמע ישראל ואהבת. במדרש מי לי בשמים כו' דבאמת שורש נפשות בנ"י דבקים בהקב"ה ולכן האהבה נשרשת בנפשות בנ"י למעלה.

אך הנפש יש לה כמה בחינות כמ"ש במד' ה' שמות לנפש. ויחידה היא שורש הנשמות שדבקים באחדות ה'.

אבל איש ישראל צריך ליגע עצמו בכל נפשך אפי' בזה הנפש שנדבק לגוף בעוה"ז כמ"ש במד' שחה לעפר נפשנו. מכ"ש בגלות עתה שהנפש נטמעת בגוף והבלי עולם עכ"ז צריכין לעורר האהבה בכל יום לדמות הנפש שלמטה להנפש שלמעלה בשמים.

ולכן המצוה דק"ש בבוקר ובערב. כשנתעלה הנשמה למעלה וכשיורדת באדם למטה בשחרית ובשבת שיש נשמה יתירה מתעורר האהבה בנפשות בנ"י ביותר כי עיקר האהבה כפי הארת הנשמה באדם:

Dans la section 'Écoute Israël', 'Et tu aimeras'. Dans le Midrach : 'Qui ai-je dans les cieux [hormis Toi]' (Psaumes 73,25), car en vérité la racine des âmes d'Israël est attachée au Saint béni soit-Il, c'est pourquoi l'amour est enraciné dans les âmes d'Israël en haut.

Mais l'âme à plusieurs niveaux, comme il est dit dans le Midrach : cinq noms pour l'âme. Et la ye'hida est la racine des âmes, attachées à l'unité de ה'.

Mais l'homme d'Israël doit se donner de la peine 'de toute ton âme' (Deutéronome 6,5), même dans cette âme (nefech) qui est attachée au corps en ce monde, comme il est dit dans le Midrach 'notre âme est affaissée jusqu'à la poussière' (Psaumes 44,26). À plus forte raison dans l'exil actuel, où l'âme est enfouie dans le corps et les vanités du monde ; malgré cela il faut éveiller l'amour chaque jour, pour rendre l'âme d'en bas semblable à l'âme d'en haut dans les cieux.

C'est pourquoi le commandement du Chema est le matin et le soir : quand l'âme s'élève en haut, et quand elle descend dans l'homme en bas au matin. Et le Chabbat, où il y a une âme supplémentaire, l'amour s'éveille davantage dans les âmes d'Israël, car l'amour essentiel est selon l'illumination de l'âme dans l'homme.

תרס"ב

5662 (תרס״ב)

בפסוק לא מרובכם מכל העמים חשק ה' בכם כו' אתם המעט. אמרו חז"ל שממעטים עצמכם.

דהא קשה כיון דאתם המעט מה שייך לומר לא מרובכם. אבל ישראל יש בהם ב' הבחי' מעט הכמות ורב האיכות.

והם ב' בחי' יעקב וישראל. יעקב ע"ש המיעוט כדאיתא כ"מ שנאמר דך עני בישראל הכ' מדבר.

שלהם בחי' המיעוט והכנעה אל השי"ת. מה שאין נמצא בשום אומה זה הביטול אל הש"י רק בישראל.

וכמו כן הרוממות של נפשות בנ"י הוא רב יותר מכל העמים כמ"ש כי מי גוי גדול. וכן הבטיח הקב"ה לא"א ע"ה ואעשך לגוי גדול.

זה בחי' הנפשות והנשמות שמתעלין למעלה ביותר וזה שם ישראל. ואמר הכתוב כי עיקר בחירות השי"ת בבנ"י אינו מצד הריבוי רק מצד המיעוט והכנעת הגוף.

כי מצד הרוממות יש לו ית' למעלה רבבות עולמות גבוה מעל גבוה. אבל מה שממעטין עצמם בעוה"ז זה עיקר שבחן של בנ"י.

ובאמת מצד זה יוכל כל איש ישראל להתחזק בעבודת הבורא ית"ש כי רוממות הנשמות אין כל בנ"י שוין בזה. אבל בחי' המיעוט נמצא בכל איש ישראל:

Sur le verset 'Ce n'est pas parce que vous êtes plus nombreux que tous les peuples que ה' s'est attaché à vous... car vous êtes le plus petit' (Deutéronome 7,7). Nos Sages ont dit : 'parce que vous vous amoindrissez vous-mêmes'.

Car il y a une difficulté : puisque 'vous êtes le plus petit', quel sens y a-t-il à dire 'ce n'est pas parce que vous êtes plus nombreux' ? Mais en Israël il y a les deux aspects : peu en quantité et grand en qualité.

Et ce sont les deux aspects de Yaakov et d'Israël. 'Yaakov' du nom de l'amoindrissement, comme il est enseigné : partout où il est dit 'opprime, pauvre', c'est d'Israël que parle le verset, car à eux appartient l'aspect de l'amoindrissement et de la soumission au Saint béni soit-Il. Ce qui ne se trouve en aucune nation, cette annulation devant le Saint béni soit-Il, seulement en Israël.

Et de même l'élévation des âmes d'Israël est plus grande que celle de tous les peuples, comme il est dit 'car quel est le grand peuple' (Deutéronome 4,7). Et ainsi le Saint béni soit-Il à promis à notre père Abraham, paix sur lui, 'et Je ferai de toi un grand peuple' (Genèse 12,2) : c'est l'aspect des âmes qui s'élèvent en haut plus particulièrement, et c'est le nom 'Israël'.

Et le verset dit que l'essentiel du choix du Saint béni soit-Il en Israël n'est pas du côté de la multitude mais du côté de l'amoindrissement et de la soumission du corps. Car du côté de l'élévation, Il à en haut des myriades de mondes, 'un haut au-dessus d'un haut' (Ecclésiaste 5,7).

Mais ce qu'ils s'amoindrissent eux-mêmes en ce monde, c'est la louange essentielle d'Israël. Et en vérité, de ce côté-la chaque homme d'Israël peut se renforcer dans le service du Créateur, que Son Nom soit béni ; car quant à l'élévation des âmes, tous en Israël ne sont pas égaux en cela, mais l'aspect de l'amoindrissement se trouve en chaque homme d'Israël.

תרס"ד

5664 (תרס״ד)

בפסוק ובקשתם משם את ה"א ומצאת כו'. השמע עם כו' או הנסה אלקים כו' אתה הראת לדעת כו'.

פירש"י שפתח להם כל הרקיעים וכמו כן פתח למטה ע"ש. כל זה נכתב לנו בתורה שנדע שגם בגלות נוכל לבקש אלקותו ית"ש ולכן פתח לנו הקב"ה הרקיע וזכינו לשמוע קול אלקים חיים זה עדות על כחן של בנ"י הדבקים בה'.

או הנסה אלקים הוא עדות על התקרבות שמצד הקב"ה שירד למצרים והוציאנו משערי טומאה. ומצד ב' הכחות אלו נבקש גם בכל מקומות פזורנו בין הטמאים את אלקותו ית"ש וימצא לנו בבקשתינו בכל לב ונפש.

וזה הנסיון של בנ"י בגלות. אחר כל העובר עליהם יבקשו רק להתדבק בו ית"ש ולמצא אלקותו ית"ש גם בגלות.

ולכן קורין ק"ש פעמים וקבעו חז"ל פ' ציצית ויצ"מ בק"ש שבכח יצ"מ נוכל לקבל עול מ"ש גם בגלות. ובקשתם משם אין הכוונה על בקשות הגאולה רק לבקש פני ה' גם בגלות כמ"ש בקשו פני תמיד.

וכ' ובקשתם לשון רבים ומצאת לשון יחיד כי בעת שמתעורר הרצון והתשוקה של בנ"י אל השי"ת נעשין אחדות א' שזה הרצון לה' מאחד ומחבר נפשות בנ"י כמ"ש במ"א מזה:

Sur le verset 'Et vous chercherez de la ה' ton Dieu et tu trouveras...' (Deutéronome 4,29). 'Un peuple à-t-il entendu... où Dieu à-t-Il tente...' (Deutéronome 4,33-34), 'Toi il t'à été montre pour savoir...' (Deutéronome 4,35). Rachi explique qu'Il ouvrit pour eux tous les firmaments, et de même Il ouvrit en bas, vois la.

Tout cela nous à été écrit dans la Torah pour que nous sachions que même en exil nous pouvons chercher Sa divinité, que Son Nom soit béni ; c'est pourquoi le Saint béni soit-Il nous à ouvert le firmament et nous avons mérité d'entendre la voix du Dieu vivant : c'est un témoignage sur la force d'Israël, attachés à ה'. 'Ou Dieu à-t-Il tente' est un témoignage sur le rapprochement du côté du Saint béni soit-Il, qui est descendu en Égypte et nous à fait sortir des portes de l'impureté. Et du côté de ces deux forces, nous chercherons aussi, en tous les lieux de notre dispersion parmi les impurs, Sa divinité, que Son Nom soit béni, et Il se trouvera pour nous dans notre recherche de tout cœur et de toute âme.

Et c'est l'épreuve d'Israël en exil : après tout ce qui leur arrive, ils chercheront seulement à s'attacher à Lui, et à trouver Sa divinité même en exil. C'est pourquoi on lit le Chema deux fois, et nos Sages ont fixé la section des tsitsit et la sortie d'Égypte dans le Chema, car par la force de la sortie d'Égypte nous pouvons accepter le joug de la royauté céleste même en exil. 'Et vous chercherez de la' : l'intention n'est pas sur les demandes de la délivrance, mais de chercher la face de ה' même en exil, comme il est dit 'cherchez Sa face constamment' (Psaumes 105,4).

Et il est écrit 'et vous chercherez' au pluriel et 'tu trouveras' au singulier, car au moment où s'éveille la volonté et le désir d'Israël vers le Saint béni soit-Il, ils deviennent une seule unité ; car cette volonté vers ה' unifie et relie les âmes d'Israël, comme il est dit ailleurs à ce sujet.

En bref

« Et tu les feras connaître à tes fils » (Devarim 4,9-10) : la mitsva de se souvenir du don de la Torah s’accomplit par la lecture du Chema chaque jour. Le Sfat Emet rapporte le Midrach : le Saint béni soit-Il dit « Je suis Hachem ton D.ieu » et Israël répondit « Écoute Israël » ; à la réception de la Torah fut donnée la force d’entendre toujours cette voix, renouvelée chaque jour. Une voix céleste sort du mont Horeb pour qui ne s’y prépare pas. On se prépare par la Torah : aimer ce qui révèle Sa divinité, s’occuper de la Torah et des mitsvot. Celui qui s’en occupe devient un homme libre, et « Je suis Hachem ton D.ieu » repose sur lui.

Aussi : la garde du Chabbat : être prêt à recevoir sa sainteté par la sortie d’Égypte ; « souviens-toi » au Sinaï sans cette raison, liberté parfaite ; la garde en exil, et qui est tenu par la garde l’est par le souvenir.

מצות זכירת מתן תורה והודעתם לבניך כו' יום אשר עמדת כו' זה בכח הק"ש בכל יום כמ"ש במד' מהיכן זכו ישראל לק"ש כשאמר הקב"ה אנכי ה"א השיבו בנ"י שמע ישראל כו'. דכ' וידבר אלקים כו' לאמר אנכי ה"א.

שניתן לבנ"י זה הכח בקבלת התורה שיוכלו תמיד לשמוע זה הקול אנכי ה"א ז"ש לאמר אנכי ה"א. וז"ש שמע ישראל לשמוע זה הקול ה"א ה' אחד.

כי זה הקול מתחדש בכל יום וז"ש בכל יום בת קול יוצאת מהר חורב אוי לבריות מעלבונה של תורה. פי' עיקר הקול הוא אנכי ה"א ומצד זה יש בת קול למי שאינו מכין עצמו לשמוע זה הקול.

וע"י מה מכין אדם עצמו לזה ע"י התורה כמ"ש ואהבת את ה"א כו' והיו הדברים האלה פרש"י מה האהבה והיה הדברים שמתוך כך אתה מכיר בהקב"ה. פי' האדם צריך לבקש עצות בכל לב ונפש איך למצא אלקותו ית"ש.

ז"ש ואהבת את ה"א לאהוב כל הדברים המסבבים שיתגלה אלקותו ית"ש לנו. ואז עוסק בתורה ובמצות שהם עצות להתקרב לאבינו שבשמים.

וזה שסיים המשנה שאין לך בן חורין אלא העוסק בתורה דכ' אנכי ה"א א' הוצאתיך מא"מ. וכפי החירות בכח יצ"מ מתגלה אור התורה ואלקותו ית"ש.

ולכן העוסק בתורה נעשה בן חורין וחל עליו הדיבור אנכי ה"א. והכל בכח התורה:

La mitsva de se souvenir du don de la Torah : 'et tu les feras connaître à tes fils' etc., 'le jour où tu t'es tenu' etc. (Deutéronome 4,9-10).

Cela s'accomplit par la force de la lecture du Chema (Keriat Chema) chaque jour, comme il est dit dans le Midrach : d'où Israël à-t-il mérite la lecture du Chema ? Lorsque le Saint béni soit-Il dit 'Je suis ה' ton Dieu', les enfants d'Israël répondirent 'Écoute Israël' etc.

Car il est écrit 'Et Dieu parla... en disant : Je suis ה' ton Dieu' (Exode 20,1-2). C'est que fut donnée aux enfants d'Israël, lors de la réception de la Torah, cette force de pouvoir toujours entendre cette voix, 'Je suis ה' ton Dieu' ; voilà le sens de 'en disant [lemor] : Je suis ה' ton Dieu'.

Et voilà le sens de 'Écoute Israël' : entendre cette voix, 'ה' notre Dieu, ה' est Un'. Car cette voix se renouvelle chaque jour, et voilà le sens du passage : chaque jour une voix céleste (bat kol) sort du mont Horeb et proclame 'malheur aux créatures à cause de l'outrage fait à la Torah' (Avot 6,2).

Explication : l'essence de la voix est 'Je suis ה' ton Dieu', et de ce fait il y a une voix céleste pour celui qui ne se prépare pas à entendre cette voix. Et par quoi l'homme se prépare-t-il à cela ?

Par la Torah, comme il est écrit 'Et tu aimeras ה' ton Dieu' etc., 'et ces paroles seront...' (Deutéronome 6,5-6). Rachi expliqué : qu'est-ce que l'amour ? 'Et ces paroles seront...', car par la tu reconnais le Saint béni soit-Il.

Explication : l'homme doit chercher des moyens, de tout son cœur et de toute son âme, pour trouver Sa divinité, que Son nom soit béni. Voilà le sens de 'Et tu aimeras ה' ton Dieu' : aimer toutes les choses qui font que Sa divinité, que Son nom soit béni, se révèle à nous.

Et alors on s'occupe de la Torah et des mitsvot, qui sont les moyens de se rapprocher de notre Père qui est aux cieux. Et c'est par quoi la Michna conclut : 'tu n'as d'homme libre que celui qui s'occupe de la Torah' (Avot 6,2), car il est écrit 'Je suis ה' ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte'.

Et selon la liberté acquise par la force de la sortie d'Égypte se révèle la lumière de la Torah et Sa divinité, que Son nom soit béni. C'est pourquoi celui qui s'occupe de la Torah devient un homme libre, et sur lui repose la parole 'Je suis ה' ton Dieu'.

Et tout cela par la force de la Torah.

בפסוק שמור את יום השבת. השמירה להיות מוכן לקבל קדושת השבת וזה בכח יצ"מ וזכרת כי עבד היית והקב"ה הוציאנו להיות כלי מוכן לקבל קדושת השבת ולכן בפ' זכור לא כ' זה הטעם כי אז היו בתכלית החירות היו מוכנים אל השבת והבינו עיקר בחי' השבת כי ששת ימים עשה כו' וינח ביום השביעי.

אבל בחי' שמור היא לעולם גם בגלות שאנו רחוקים ממנוחת השבת צריכין לשמור ולהשתוקק אל החירות ע"י זכירת יצ"מ לבא אל בחי' השבת. ואחז"ל כל שישנו בשמירה ישנו בזכירה:

Sur le verset 'Garde le jour du Chabbat' (Deutéronome 5,12). La garde (chemira) consiste à être prêt à recevoir la sainteté du Chabbat, et cela par la force de la sortie d'Égypte : 'et tu te souviendras que tu fus esclave' (Deutéronome 5,15), et le Saint béni soit-Il nous à fait sortir pour être un réceptacle (keli) prêt à recevoir la sainteté du Chabbat.

C'est pourquoi, dans le passage 'Souviens-toi' (Exode 20,8), cette raison n'est pas écrite, car alors [au Sinaï] ils étaient dans la liberté parfaite : ils étaient prêts pour le Chabbat et comprenaient l'essence de l'aspect (bekhina) du Chabbat, car 'en six jours Il fit... et Il se reposa le septième jour' (Exode 20,11). Mais l'aspect 'garde' vaut pour toujours, même en exil, où nous sommes éloignés du repos du Chabbat : nous devons garder et aspirer à la liberté par le souvenir de la sortie d'Égypte, afin de parvenir à l'aspect du Chabbat.

Et nos Sages ont dit : quiconque est tenu par la 'garde' est tenu par le 'souvenir' (Berakhot 20b).

💬
✉ Signaler une erreur de traduction