« Une langue qui guérit est un arbre de vie » (Proverbes 15,4) : les livres saints peuvent s’écrire en toute langue. Selon le Sfat Emet, la Torah donne la vie à toutes les créatures, car le Saint béni soit-Il créa le monde par elle. Les langues des nations s’éloignent de la sainteté ; revêtues de la Torah, elles sont guéries et libérées du Sitra A'hra (le côté impur). « Je ne suis pas un homme de paroles » (Chemot 4,10) : avant le don de la Torah, Moché ne pouvait faire entrer la parole de D.ieu dans une langue que Pharaon comprenne. Il entreprend d’expliquer la Torah en soixante-dix langues et de faire descendre sa lumière dans l’être d’Israël.
Aussi : d’après le Ramban, écarter son plaisir dans le doute pour voir la volonté de D.ieu ; chaque génération aide à rebâtir le Temple durant l’exil ; à quarante ans Israël saisit la pensée de Moché et il répète la Torah
תרל"א
5631 (תרל״א)
במדרש מרפא לשון עץ חיים כו'. ספרים נכתבין בכל לשון כו' לא איש דברים.
משזכה לתורה אלה הדברים כו'. כי התורה נותנת חיים לכל הנבראים כי באורייתא ברא קוב"ה עלמא וחיות הכל מהתורה.
ולכך מתיר את הלשון שלשונות האומות הם רחוקות מהקדושה ומתגשמים. מ"מ ע"י שנתלבשו בתורה באותו לשון מתרפא הלשון ומתקרבות ג"כ להקדושה ולכך מותרין הס' להיות נכתבין בכל לשון.
שאותיות התורה מתירין הלשון מהמאסר שנתדבק הלשון בסט"א. וזה יפת אלקים ליפת כו' שיהי' מלבוש ג"כ להתורה.
וע"י פנימיות התורה מתקרבות החיצוניות ג"כ:
Dans le Midrach : 'une langue qui guérit est un arbre de vie' (Proverbes 15,4), etc. Les livres saints peuvent être écrits en toute langue, etc. 'Je ne suis pas un homme de paroles' (Exode 4,10).
Une fois qu'il eut mérite la Torah : 'Voici les paroles' (Deutéronome 1,1), etc. Car la Torah donne la vie à toutes les créatures, puisque c'est par la Torah que le Saint béni soit-Il créa le monde (Zohar), et que la vitalité de tout provient de la Torah.
Voilà pourquoi elle libère la langue : les langues des nations sont éloignées de la sainteté et se matérialisent ; malgré tout, quand elles se revêtent de la Torah dans cette langue, la langue est guérie et se rapproche elle aussi de la sainteté. C'est pourquoi il est permis d'écrire les livres saints en toute langue, car les lettres de la Torah libèrent la langue de la prison où elle s'était attachée au Sitra A'hra (le côté impur).
C'est le sens de 'que Dieu donne de l'ampleur à Yephet' (Genèse 9,27), pour qu'il soit lui aussi un vêtement pour la Torah. Et par l'intériorité de la Torah, les aspects extérieurs se rapprochent eux aussi de la sainteté.
ומ"ש מרע"ה לא איש דברים. הלא דיבר עם הש"י גם אז.
רק להיפוך לדבר לפרעה ולהכניס מאמר ה' בלשון המובן לפרעה זה לא הי' קודם יצ"מ ונתינת התורה [כמ"ש בזוה"ק שהדיבור הי' בגלות ע"ש וארא] ועתה כתי' הואיל כו' באר כו' התורה. פי' ז"ל בשבעים לשון שהכניס אור התורה בכל הלשונות.
וזה כל ענין משנה תורה שחזר התורה כמו שנתקבלה בישראל, כי דברי התורה אין שיעור לקדושתם. וכפי מה שקיבלו בנ"י החזיר עמהם והמשיך הארת התורה בעצמותם.
וכ' במדרש וכי לא דיבר משה רק אלה הדברים רק דברי תוכחות ע"ש. ופי' תוכחות שנכנס הדבר בתוך האדם וזה נק' דברים שההפרש בין מאמר לדיבור שהוא לנוכח.
כמו דבר מלך שלטון שהדיבור הוא להיות נעשה כן. ואמירה שייך אף על מה שאין לעשות.
משא"כ דיבור הוא גזירה להיות כך. וכתי' אל כל ישראל שהכניס בהם דברי התורה.
במדבר בערבה כו' אף המקומות שחטאו שם. האיר גם שם דברי התורה שנותנת חיים ורפואה כנ"ל.
ושמעתי מאא"ז מו"ר ז"ל עמ"ש בשבעים לשון פי' להם. ומה נצרך זה.
רק שיש לע' אומות ע' מדרגות להתנגד להקדושה. ומרע"ה המשיך אור התורה שיוכלו להתדבק בה אף שיהיו בגלות תחת כל אומה כו' ע"ש.
[עי' הלשון במד' תנחומא על לא איש דברים כו'] אז ידלג כאיל פסח ותרון לשון אלם כו' במד' תנחומא. דלעתיד שיהי' הכל נדבק בשרשו לא יהי' פסח ואלם.
וזה ידלג שמחבר עצמו לשורש החיים. ולכך גם ע"י כח התורה מתרפא הלשון כנ"ל:
Et ce qu'à dit Moché notre maître 'je ne suis pas un homme de paroles' : n'avait-il pas déjà parle avec le Nom, béni soit-Il, même alors ? Mais c'est l'inverse : parler à Pharaon et faire entrer la parole de Dieu dans une langue compréhensible pour Pharaon, cela n'était pas possible avant la sortie d'Égypte et le don de la Torah [comme il est écrit dans le Zohar que la parole était en exil, voir la paracha Vaera].
Or maintenant il est écrit 'Moché entreprit d'expliquer cette Torah' (Deutéronome 1,5). Nos maîtres de mémoire bénie ont expliqué : en soixante-dix langues, car il à fait entrer la lumière de la Torah dans toutes les langues.
Tel est tout le sens de Michne Torah (la répétition de la Torah) : il à répété la Torah telle qu'elle avait été reçue en Israël, car les paroles de la Torah n'ont pas de mesure à leur sainteté ; et selon ce que les enfants d'Israël avaient reçu, il l'à répété avec eux et à fait descendre l'illumination de la Torah dans leur être même. Il est écrit dans le Midrach : Moché n'à-t-il donc dit que 'ces paroles' ? seulement des paroles de reproche, voir la-bas.
Le sens de 'reproches' (tokhahot) est que la chose pénètre à l'intérieur de l'homme, et cela s'appelle 'paroles' (devarim). La différence entre 'énoncé' (maamar) et 'parole' (dibbour) est que celle-ci s'adresse directement à un interlocuteur, comme 'la parole du roi est souveraine' (Ecclésiaste 8,4), la parole étant destinée à être exécutée ; tandis que 'dire' (amira) s'applique même à ce qui n'est pas à faire, à la différence de la parole (dibbour) qui est un décret devant s'accomplir ainsi.
Et il est écrit 'à tout Israël', car il à fait entrer en eux les paroles de la Torah. 'Dans le désert, dans la plaine' (Deutéronome 1,1), etc., même aux endroits où ils avaient faute : la aussi il à fait rayonner les paroles de la Torah qui donnent vie et guérison, comme dit plus haut. Et j'ai entendu de mon grand-père, mon maître de mémoire bénie, à propos de ce qui est dit 'en soixante-dix langues il la leur expliqua' : à quoi cela servait-il ?
C'est que les soixante-dix nations ont soixante-dix degrés qui s'opposent à la sainteté, et Moché notre maître à fait descendre la lumière de la Torah afin qu'ils puissent s'y attacher, même s'ils se trouvaient en exil sous chaque nation, etc., voir la-bas. [Voir le passage dans le Midrach Tanhuma sur 'je ne suis pas un homme de paroles', etc.] 'Alors le boiteux bondira comme un cerf et la langue du muet chantera' (Isaie 35,6), etc., dans le Midrach Tanhuma.
Car dans l'avenir, quand tout sera rattache à sa racine, il n'y aura plus ni boiteux ni muet ; c'est le sens de 'il bondira' : celui qui se relie à la racine de la vie. Et c'est pourquoi, par la force de la Torah aussi, la langue est guérie, comme dit plus haut.
איתא בשם הרמב"ן ז"ל ע"פ אשר יקשה מכם תקריבון אלי. שכל דבר שמסתפק אי מותר לעשותו יסלק הנאתו וכשירצה לידע באמת אם זה רצונו ית' יראה האמת.
ע"כ בכתר ש"ט וכן שמעתי מפי אמו"ז ז"ל בשמו. והפי' תקריבון אלי לחיות הש"י שיש בדבר ההוא.
כי כל קישוי רק מבחוץ ע"י הסתר החיצוניות, אבל כשמדבק עצמו בכח הפנימי אין הסתר כלל:
Il est rapporté au nom du Ramban (Nahmanide) de mémoire bénie, sur le verset 'ce qui sera trop difficile pour vous, vous me l'apporterez' (Deutéronome 1,17) : que pour toute chose où l'on doute s'il est permis de la faire, on doit écarter son plaisir ; et lorsqu'on voudra savoir en vérité si telle est la volonté de Dieu, on verra la vérité. Ainsi dans le Keter Chem Tov, et je l'ai aussi entendu de la bouche de mon grand-père, mon maître de mémoire bénie, en son nom.
Le sens de 'vous me l'apporterez' est de rapprocher la chose de la vitalité de Dieu qui se trouve en elle. Car toute difficulté ne vient que de l'extérieur, par l'occultation des aspects extérieurs ; mais lorsqu'on s'attaché à la force intérieure, il n'y a plus aucune occultation.
ידע שור קונהו כו'. ח"ו שאין בנ"י מכירין הש"י כשור, הלא מברכין ומתפללין אליו ית'.
אבל רצון הש"י שבנ"י יבררו מלכותו ית' בכל הנבראים. כי כן הי' בזמן השלימות שבהמ"ק הי' קיים והקרבנו תמידין בכל יום הי' זה קירוב והתדבקות חיות כל הנבראים אליו ית'.
והיו גם האומות בהכנעה מהש"י. וכן מ"ש קרי' נאמנה כו' ג"כ על כל העולם שאז היו נמשכים כל הנבראים אחר השורש.
וז"ש ישראל לא ידע כו' שצריכין להמשיך ידיעה וחיבור לכל הנבראים. ובס' אור המאיר פי' כל שרוח הבריות נוחה הימנו.
שעושה כל מעשיו בדביקות כח הפנימיות שהוא מהש"י. עי"ז משרה רוח הש"י בכל מעשה ונמצא רוח הבריות נוחה הימנו ודפח"ח:
'Le bœuf connaît son propriétaire' (Isaie 1,3), etc. À Dieu ne plaise que les enfants d'Israël ne reconnaissent pas Dieu comme le fait le bœuf, puisqu'ils le bénissent et le prient.
Mais la volonté de Dieu est que les enfants d'Israël manifestent Sa royauté dans toutes les créatures. Car ainsi en était-il au temps de la perfection, lorsque le Temple existait et que nous offrions les sacrifices perpétuels (temidim) chaque jour : c'était un rapprochement et un attachement de la vitalité de toutes les créatures à Dieu, et même les nations étaient soumises devant Dieu.
De même ce qui est dit 'cité fidèle' (Isaie 1,21) s'applique aussi au monde entier, car alors toutes les créatures étaient attirées à la suite de la racine. C'est le sens de 'Israël ne connaît pas' (Isaie 1,3), etc. : ils doivent transmettre la connaissance et le lien à toutes les créatures.
Et dans le livre Or HaMeir, on explique le verset '(tous ceux) dont l'esprit des créatures se plaît en lui' (Avot 3,10) : celui qui accomplit tous ses actes dans l'attachement à la force intérieure qui vient de Dieu, par cela fait reposer l'esprit de Dieu sur chaque acte, et il se trouve que l'esprit des créatures se plaît en lui ; et ce sont des paroles agréables.
תרל"ג
5633 (תרל״ג)
במדרש מרפא לשון עץ חיים כו'. כי הלשון יש בו כח גדול כמ"ש ז"ל על לשון רע שלישי שמדבר כאן ומזיק מרחוק כו'.
ק"ו מדה טובה מרובה שיכול כח הלשון מצדיק לעזור מרחוק. ומרע"ה לא רצה לדבר עד שיהי' כח לדיבורו לכנוס בכל איש ישראל כיון שהי' הדעת של כל בנ"י לא הי' יכול לדבר עד שדיבורו יכנוס בכל ישראל.
וז"ש לא איש דברים כו' וכאן כתיב אשר דיבר כו' אל כל ישראל כנ"ל. ובזה מובן דברי רש"י ז"ל שנתן טעם שאלו שבשוק יאמרו כו'.
ולמה לא ידבר לכולם. רק כנ"ל שהמתין עד שיוכל לדבר לכל איש ישראל כנ"ל.
והלשון בא מפנימיות האדם ונותן כח להדיבור. כי כל הדברים מהפכין לפי הלשון והתנועה כך מתפרשין.
ולזאת מצינו שתיקן מרע"ה בלשונו איכה אשא כו' ולשון זה גם בקינות כמ"ש חז"ל. וכן בכל הדברים אם כח הלשון כראוי יוכל לתקן דברים הנאמרים בלשונו [וע"ז נאמר טוב לשמוע גערת חכם כו']:
Dans le Midrach : 'une langue qui guérit est un arbre de vie' (Proverbes 15,4), etc. Car la langue possède une grande force, comme l'ont dit nos maîtres à propos de la médisance (lachon hara) qu'elle tué trois personnes : celui qui parle ici et nuit au loin, etc.
À plus forte raison, la mesure du bien étant plus abondante, la force de la langue du juste peut aider de loin. Or Moché notre maître ne voulut pas parler tant que sa parole n'aurait pas la force de pénétrer en chaque homme d'Israël ; puisqu'il possédait la connaissance (daat) de tous les enfants d'Israël, il ne pouvait parler tant que sa parole ne pénètrerait pas en tout Israël.
C'est le sens de 'je ne suis pas un homme de paroles', etc. ; et ici il est écrit 'ce que Moché parla à tout Israël', comme dit plus haut. Par la se comprend le propos de Rachi de mémoire bénie, qui donna pour raison que sinon ceux du marché diraient, etc.
Et pourquoi ne parlait-il pas à tous ? Seulement, comme dit plus haut, il attendait de pouvoir parler à chaque homme d'Israël.
La parole vient de l'intériorité de l'homme et donne force au discours, car toutes les choses se transforment selon la langue et l'intonation, et ainsi s'interprètent. C'est pourquoi nous trouvons que Moché notre maître à institué dans sa langue 'comment porterai-je...' (Eikha essa, Deutéronome 1,12), et cette même expression figure aussi dans les Lamentations (Eikha), comme l'ont dit nos sages.
De même pour toute chose : si la force de la langue est comme il faut, elle peut réparer les choses dites par elle [et à ce sujet il est dit 'mieux vaut écouter la réprimande du sage...' (Ecclésiaste 7,5)].
תרל"ד
5634 (תרל״ד)
במדרש מרפא לשון עץ חיים מרפאת הלשון כו'. איתא בזוה"ק שנמשלת התורה לאילן שיש בו ענפים ופירות ועלין וקליפות לבד גוף האילן שכולן אחוזין בו.
כמו כן התורה נותנת שפע וחיות לכל הבריאה. וכ"א יש לו דביקות כפי ערך קדושתו.
כי באורייתא ברא קוב"ה עלמא. וכל הדברים הם כמו לבוש לנקודה הפנימיות.
והלשונות שמתפרש בהם דברי תורה הם ג"כ רק לבוש כי המאמר היא התורה עצמה ומתלבש בלשונות אחרים. ועי"ז מרפא הלשון.
לכן התירו שיכתבו ספרים בכל לשון. וכתי' הואיל כו' באר כו' התורה כו'.
פרש"י בע' לשון פירשה להם וכ' באר שכפי התרחבות הארת התורה במלבושים החיצונים יותר שמתקרב הכל להפנימיות עי"ז נפתח המעין הפנימי ביותר. כתי' שתה מים מבורך ונוזלים כו' בארך.
כי הקב"ה נתן בטבע עצמו של כל ברי' נקודה קדושה. בפרט באיש ישראל שיש לו נפש קדוש.
ונק' בורך שדבוק בגופו וכפי מה שמקבל הארת הנפש וממשיך כל מעשיו אחר זו ההארה. כן ניתוסף לו רוח ונשמה יתירה ונפתח מעין שאין לו סוף וזהו ונוזלים מתוך בארך.
ולכן ג"כ אחר כל המסעות במדבר שהמשיכו בנ"י הארה קדושה לתוך כל המקומות הללו אח"כ הואיל משה באר כו':
Dans le Midrach : 'une langue qui guérit est un arbre de vie' (Proverbes 15,4), la langue guérit, etc. Il est rapporté dans le Zohar que la Torah est comparée à un arbre qui a des branches, des fruits, des feuilles et des écorces, outre le tronc de l'arbre, et que tous y sont rattachés.
De même, la Torah donne l'abondance et la vitalité à toute la création, et chacun à un attachement selon le degré de sa sainteté. Car c'est par la Torah que le Saint béni soit-Il créa le monde.
Toutes les choses sont comme un vêtement pour le point intérieur, et les langues dans lesquelles s'expliquent les paroles de la Torah ne sont elles aussi qu'un vêtement, car l'énoncé (maamar) est la Torah elle-même, qui se revêt d'autres langues ; par cela la langue est guérie, c'est pourquoi on a permis d'écrire les livres saints en toute langue. Il est écrit 'Moché entreprit d'expliquer cette Torah', etc.
Rachi explique : en soixante-dix langues il la leur expliqua. Et il est écrit 'expliquer' (baer) : selon que l'illumination de la Torah s'étend davantage dans les vêtements extérieurs, en rapprochant le tout de l'intériorité, par cela la source intérieure s'ouvre davantage.
Il est écrit 'bois l'eau de ta citerne, et ce qui coule de ton puits' (Proverbes 5,15). Car le Saint béni soit-Il à placé dans la nature même de chaque créature un point saint, en particulier chez l'homme d'Israël qui possède une âme sainte ; celle-ci est appelée 'citerne' (bor) car elle est attachée à son corps.
Et selon ce qu'il reçoit de l'illumination de l'âme et qu'il conduit tous ses actes à la suite de cette illumination, ainsi lui est ajouté un surplus d'esprit et d'âme (roua'h et nechama yetera), et s'ouvre une source sans fin : c'est 'et ce qui coule du milieu de ton puits'. Et c'est pourquoi aussi, après toutes les étapes dans le désert, où les enfants d'Israël firent descendre une illumination sainte à l'intérieur de tous ces endroits, ensuite 'Moché entreprit d'expliquer', etc.
כל דור שאינו נבנה בימיו כאילו נחרב בימיו. קשה להבין שהיו הרבה דורות צדיקי עליון שנאמר שהי' ראוי להיות נחרב בימיהם.
ונראה לפרש כי כל ימי הדורות מצטרפין ומתכנסין כל ההארות של עבודת בנ"י להיות ראוין לגאולה, כי היעלה על הדעת שדור הגאולה יהיו כ"כ ראוין בזכותם בלבד לגאולה. רק שזכות כל דור ודור עוזר ומביא מעט בנין בהמ"ק.
והבנין נמשך כל ימי הגלות כמאמר בונה ירושלם. וז"ש שכל דור שאינו מסייע לבנינו.
וז"ש שאינו נבנה בימיו שאין ימיו בכלל הבנין כנ"ל. וכל אדם בפרט ג"כ צריך לידע שכל מעשיו הם סיוע לבנין בהמ"ק.
וכפי מה שמקבלין ע"ע עול מלכות שמים מסייעין לבנינו כמ"ש הכל מסייעין לבנינו של מלך כו':
'Toute génération où le Temple n'est pas rebâti en ses jours, c'est comme s'il avait été détruit en ses jours' (Talmud de Jérusalem, Yoma 1,1). Il est difficile de comprendre : il y eut de nombreuses générations de justes suprêmes dont on dirait qu'il aurait été méritoire que le Temple soit détruit en leurs jours !
Il semble qu'on puisse l'expliquer ainsi : tous les jours des générations s'additionnent et se rassemblent, toutes les illuminations du service des enfants d'Israël s'accumulent pour être dignes de la délivrance. Car peut-on imaginer que la génération de la délivrance sera à ce point digne de la délivrance par son seul mérite ?
Plutôt, le mérite de chaque génération aide et apporte un peu de la construction du Temple, et la construction se poursuit durant tous les jours de l'exil, selon l'expression 'Il rebâtit Jérusalem' (liturgie). C'est le sens de : toute génération qui ne contribué pas à sa construction ; c'est le sens de 'qui n'est pas rebâti en ses jours', que ses jours ne font pas partie de la construction, comme dit plus haut.
Chaque homme en particulier doit aussi savoir que tous ses actes sont une aide à la construction du Temple ; et selon qu'on accepte sur soi le joug de la royauté des cieux, on aide à sa construction, comme il est dit 'tous aident à la construction du roi', etc.
ידע שור קונהו כו'. פי' כי יש לאדם יתרון על כל הנבראים, אבל ע"י היתרון בא לחסרונות כמאמר ויוסיף דעת כו'.
אבל באמת הדעת נותנת כי מהטובה שנתן הש"י לאדם יתרון בחכמה. א"צ לבוא חסרון מזה.
וז"ש אדם ובהמה שערומים בדעת כאדם ומשימין עצמן כבהמה. פי' שמקודם צריך לעשות רצון בוראו מצד הבריאה.
והחכמה תוסיף מעלה ולא חסרון וזה תרעומת הנביא ידע שור קונהו ישראל לא ידע כי אבדו חיוב העבודה מצד יתרון החכמה והדעת כנ"ל. וז"ש גוי חוטא כו' בנים כו' שמכל המעלות באו לידי חסרון כנ"ל.
ואפשר לפרש עפ"ז המשנה כל שהיא תפארת לעושי'. לעשות רצונו ית' מצד שהוא מעשי ידיו מצד הטבע ככל ברואים שעושין רצונו.
ותפארת מן האדם הוא להוסיף ע"ז עבודה מצד החכמה והיתרון שהוא אדם בעל בחירה כנ"ל:
'Le bœuf connaît son propriétaire' (Isaie 1,3), etc. L'explication : l'homme à une supériorité sur toutes les créatures, mais par cette supériorité il en vient aux manques, selon l'expression 'qui augmente le savoir augmente la douleur' (Ecclésiaste 1,18), etc.
Mais en vérité le savoir (daat) enseigné que du bien que Dieu à donné à l'homme, la supériorité dans la sagesse, il ne devrait pas résulter de manque. C'est le sens de 'homme et bête' (Psaumes 36,7) : ceux qui sont rendus avisés par le savoir comme un homme et qui se font eux-mêmes comme une bête.
C'est-à-dire qu'il faut d'abord accomplir la volonté de son Créateur du fait de sa création, et la sagesse ajoutera un degré supérieur et non un manque. Telle est la plainte du prophète : 'le bœuf connaît son propriétaire, mais Israël ne connaît pas', car ils ont perdu l'obligation du service à cause de la supériorité de la sagesse et du savoir, comme dit plus haut.
C'est le sens de 'nation pécheresse... des enfants corrompus...' (Isaie 1,4), que de toutes les qualités élevées ils en sont venus au manque, comme dit plus haut. On peut aussi expliquer ainsi la Michna : 'tout ce qui est une gloire (tiferet) pour celui qui l'accomplit' (Avot 2,1) : accomplir la volonté de Dieu du fait qu'on est l'œuvre de Ses mains, du côté de la nature, comme toutes les créatures qui font Sa volonté ; et la gloire de la part de l'homme consiste à ajouter à cela un service du côté de la sagesse et de la supériorité, puisqu'il est un homme doté de libre arbitre, comme dit plus haut.
תרל"ה
5635 (תרל״ה)
במדרש ספרים נכתבין בכל לשון מרפא לשון עץ חיים כו' דוודאי לכל הע' לשונות יש להם איזה אחיזה בתורה רק שנתפשטו בענפים נפרדים. ונק' לשונות כמו לשון של ים שהמעין משפיך נחלים קטנים.
ולבנ"י ניתן גוף המעין. אך בכח התורה כשממשיכין חיות התורה לאותן הלשונות מתרפאין.
ומתיר את הלשון. פי' שהלשונות הם נחלים קצרים שא"י להתפשט רק ע"פ הגבולים אבל ע"י הארת התורה מתבטלים הגבולים.
וכמו כן בשבת נחלה בלי מצרים כנ"ל. וז"ש הואיל משה באר אה"ת בשבעים לשון פירשה להם כנ"ל שיהי' בכח בנ"י להרחיב אור התורה גם באותן הנחלים הקצרים.
וז"ש כח מעשיו הגיד כו' לתת להם נחלת גוים. והלא הי' יכול הקב"ה לתת מיד כל הארצות לבנ"י.
אך זה עיקר הנתינה שיוכלו להמשיך אותן הנחלות הנפרדים להעלותם לשורשם בתורה:
Dans le Midrach : les livres saints peuvent être écrits en toute langue, 'une langue qui guérit est un arbre de vie' (Proverbes 15,4), etc. Car assurément les soixante-dix langues ont toutes quelque prise dans la Torah, sauf qu'elles se sont déployées en branches séparées.
Elles sont appelées 'langues' (lechonot), comme la 'langue de la mer' (une baie), la source déversant de petits ruisseaux ; et aux enfants d'Israël à été donné le corps même de la source. Mais par la force de la Torah, lorsqu'on fait descendre la vitalité de la Torah vers ces langues, elles sont guéries. 'Elle libère la langue' : c'est-à-dire que les langues sont des ruisseaux courts qui ne peuvent s'étendre qu'à l'intérieur de leurs limites ; mais par l'illumination de la Torah les limites s'annulent.
De même le Chabbat est 'un héritage sans limites' (nahala beli metsarim), comme dit plus haut. C'est le sens de 'Moché entreprit d'expliquer cette Torah' : en soixante-dix langues il la leur expliqua, comme dit plus haut, afin qu'il soit au pouvoir des enfants d'Israël d'étendre la lumière de la Torah même dans ces ruisseaux courts.
C'est le sens de 'Il à annoncé à Son peuple la force de Ses œuvres, pour leur donner l'héritage des nations' (Psaumes 111,6). Or le Saint béni soit-Il pouvait donner immédiatement toutes les terres aux enfants d'Israël !
Mais tel est l'essentiel du don : qu'ils puissent faire remonter ces héritages séparés pour les élever à leur racine dans la Torah.
בפסוק וייטב בעיני הדבר. והקשו למה אמרן בתוכחות.
אבל נראה כי גם ע"ז הוכיחן שגרמו להיות הוטב גם בעיניו. דכתיב איכה אשא לבדי כו'.
פרש"י הרים אתכם על דייניכם. ופי' מו"ז ז"ל כי הדיינים תלוין במעשיהן של ישראל.
ולכן כשהי' מרע"ה בעצמו מנהיג הכל. הי' חטא שלהם נוגע גם בו.
לכן העמיד שרים כנ"ל. ובכאן כתי' ותקרבון אלי כולכם פירש"י ז"ל בערבוביא כו'.
ולכן שהיו כולם באים אליו נשלחה כו'. גרמו שהוטב בעיניו.
וזה צריך כ"א לידע שמעשיו מגיעין גם למנהיגם הן למטה הן למעלה ועי"ז ישמור מעשיו כראוי:
Sur le verset 'la chose fut bonne à mes yeux' (Deutéronome 1,23, à propos de l'envoi des explorateurs). On a demandé pourquoi il l'à dit parmi les reproches.
Mais il semble que la aussi il les réprimanda, car ils causèrent que cela fut bon même à ses yeux. Car il est écrit 'comment porterai-je seul...' (Deutéronome 1,12).
Rachi explique : il vous à élèves au-dessus de vos juges. Et mon grand-père, mon maître de mémoire bénie, explique que les juges dépendent des actes d'Israël ; c'est pourquoi, lorsque Moché notre maître dirigeait lui-même tout, leur faute l'atteignait lui aussi, aussi établit-il des chefs, comme dit plus haut.
Et ici il est écrit 'vous vous approchâtes tous de moi' (Deutéronome 1,22), que Rachi de mémoire bénie explique 'dans la confusion', etc. C'est pourquoi, du fait qu'ils venaient tous à lui 'envoyons des hommes', etc., ils causèrent que cela fut bon à ses yeux.
Cela, chacun doit le savoir : ses actes atteignent aussi son dirigeant, en bas comme en haut ; et par cela il gardera ses actes comme il faut.
התוכחות שהוכיחן מרע"ה על החטאים של דור הקודם כי כל דור צריך לתקן חטא הדור שקודם להן. כי כמו שהם יורשים זכות דור הקודם שהניחו להם.
לכן הם במקומם לתקן חטאם. וזה ענין פוקד עון אבות ע"ב.
ולכן חזר כל החטאים שניתקנו אח"כ. ולכן איתא כל דור שאין בהמ"ק נבנה בימיו כאילו נחרב בימיו שאם היו מתקנים חטא הקודם הי' נבנה מיד כנ"ל:
Les reproches que Moché notre maître leur adressa concernaient les fautes de la génération précédente, car chaque génération doit réparer la faute de la génération qui la précède. En effet, de même qu'ils héritent du mérite de la génération précédente qu'elle leur a laissé, de même ils sont à sa place pour réparer sa faute.
C'est le sens de 'Il visite la faute des pères sur les enfants' (Exode 20,5). C'est pourquoi il répéta toutes les fautes qui furent ensuite réparées.
Et c'est pourquoi il est enseigné : toute génération où le Temple n'est pas rebâti en ses jours, c'est comme s'il avait été détruit en ses jours ; car s'ils réparaient la faute précédente, il serait aussitôt rebâti, comme dit plus haut.
ויהי בארבעים שנה כו' דיבר משה כו' ככל אשר צוה ה' אותו אליהם. דאיתא בגמ' אין אדם עומד ע"ד רבו עד ארבעים שנה, וכל ימי דור המדבר היו כל הדיבורים ממרע"ה להמשיך לבן של ישראל אליו.
עד ארבעים שנה שאז נתקרבו אליו כראוי שיוכל לדבר עמהם ממש ככל אשר צוה כו'. ולכן חזר עמהם עתה כל התורה וזה שנקרא משנה תורה.
ע"פ מה ששמעתי מאא"ז מו"ר ז"ל פי' מ"ש חז"ל ככלותו לדבר אתו מלמד שחזרו ושונין הדיבור כו'. ע"ש ברש"י פ' תשא.
ופי' הענין כי לא הי' בכח מרע"ה להשיג דיבור הש"י ממש כפי כח המשפיע כביכול. לכן חזר הקב"ה ושנה עמו באותו השגה שהשיג כדי שיהי' השגתו ממש כמאמר הקב"ה כו' ע"ש ודפח"ח.
וכן הענין כאן שבנ"י לא היו יכולין ג"כ להשיג כפי השגת מרע"ה לכן חזר ושנה עמהם עתה כפי כח השגתם. אעפ"כ כתיב ככל אשר צוה כי עמדו עתה ע"ד רבם כמ"ש.
וז"ש אלה הדברים פסל את הראשונים שהדיבורים עתה היו באופן המעולה יותר מקודם ארבעים שנה כנ"ל:
'Et ce fut en la quarantième année... Moché parla... selon tout ce que Dieu lui avait ordonné pour eux' (Deutéronome 1,3).
Car il est enseigné dans la Guemara qu'un homme ne saisit pas la pensée de son maître avant quarante ans (Avoda Zara 5b). Or tous les jours de la génération du désert, toutes les paroles de Moché notre maître visaient à rapprocher de lui le cœur d'Israël, jusqu'à la quarantième année, où ils se rapprochèrent de lui comme il faut, si bien qu'il put leur parler vraiment 'selon tout ce qui avait été ordonné', etc.
C'est pourquoi il répéta alors avec eux toute la Torah, et c'est ce qui est appelé Michne Torah (répétition de la Torah). D'après ce que j'ai entendu de mon grand-père, mon maître de mémoire bénie, expliquant ce qu'ont dit nos sages sur 'lorsqu'il eut achevé de parler avec lui' (Exode 31,18) : cela enseigne qu'ils répétaient et revisaient la parole, etc. ; voir la-bas dans Rachi, paracha Ki Tissa.
Le sens en est que Moché notre maître n'avait pas la capacité de saisir la parole de Dieu exactement telle qu'elle emanait de Celui qui l'accorde, pour ainsi dire ; c'est pourquoi le Saint béni soit-Il répétait et révisait avec lui dans la même compréhension qu'il avait saisie, afin que sa compréhension fut vraiment conforme à la parole du Saint béni soit-Il, etc., voir la-bas, et ce sont des paroles agréables. Et de même ici : les enfants d'Israël ne pouvaient eux non plus saisir selon la compréhension de Moché notre maître ; c'est pourquoi il répéta et revisa avec eux maintenant selon la force de leur compréhension.
Malgré cela il est écrit 'selon tout ce qui avait été ordonné', car ils se tenaient maintenant à la hauteur de la pensée de leur maître, comme il à été dit. C'est le sens de 'ce sont les paroles' : il à disqualifie les précédentes, car les paroles étaient maintenant d'une manière plus excellente qu'avant les quarante ans, comme dit plus haut.
תרל"ז
5637 (תרל״ז)
« La guérison de la langue est un arbre de vie » (Michlei 15,4) : Moché dit « je ne suis pas un homme de paroles » tant qu'Israël n'est pas réparé, car il en englobe la connaissance et ne peut faire sortir l'intériorité de la puissance à l'acte. Le Sfat Emet enseigne qu'ici il leur parle selon tout ce que Hachem lui a ordonné : ils sont prêts pour la terre d'Israël et attirés après lui. Il explique la Torah en soixante-dix langues, signe que les nations se soumettent ; le souffle de la bouche laisse un esprit de sainteté qui guérit les paroles, et la conversation profane des érudits est Torah.
Aussi : les trois « Ei'ha », racine des fautes dans le retrait de Moché ; Devarim, lien de la Torah orale et de la Torah écrite ; Si'hon et Og face aux tefilin.
במדרש תורה מרפא הלשון מקודם כתיב לא איש דברים אנכי משזכה לתורה אלה הדברים כו'. כי מ"ש מרע"ה לא איש דברים אנכי כו'.
הגם כי בוודא ידע את עצמו כי הוא מובחר שבישראל. אך אדרבא הוא הדבר לאשר מרע"ה כלל הדעת של כל בנ"י לכן כ"ז שלא היו בנ"י מתוקנים לא הי' איש דברים כי דיבורו כולל כללות הדיבור של בנ"י.
ושמעתי מפה קדוש אמו"ז ז"ל פי' כבד פה וכבד לשון כי לא הי' יכול להוציא תעלומות ופנימיות רצונו מכח אל הפועל כו'. פי' ג"כ בעבור כי לא היו בנ"י מוכנים עדיין להיות נמשכין אחר רצון מרע"ה והנהגתו אותם.
אמנם כאן כתיב דיבר משה כו' ככל אשר צוה כו' אותו אליהם שהי' יכול לדבר עמהם כרצונו. והי' זה סימן כי הם מוכנים לבוא לא"י לכן נגמר אז הנהגת מרע"ה ונמשכו בנ"י אחריו כמ"ש לבסוף ולא נתן כו' לכם לב כו' עד היום הזה.
וזה הוא ג"כ הענין שכ' במד' ספרים נכתבין בכל לשון כו'. כי בוודאי כל שבעים לשונות צריכין להיות בטלים לבנ"י.
ואמת שיש לכל אומה ולשון התנגדות מיוחדת לבנ"י. וכפי מה שבנ"י מתקנין אלה ההתנגדות.
כמו כן ממשיכין הארת התורה להשבעים לשונות להיות כפופין להם. וכתיב באר את התורה.
בשבעים לשונות פירש להם. וזה הי' סימן שנכפפו האומות תחתיהם כי לכל הדברים יש שורש בתורה.
כמ"ש במד' ועלהו לתרופה כו'. פי' כמ"ש חז"ל ע"פ ועלהו לא יבול שיחת חולין שלהם תורה הוא כו'.
פי' כי ע"י הבל פה בתורה נשאר רוח קדושה וטהרה בפה וזה מרפא כל הדיבורים. ובוודאי הארות של השבעים לשונות בכח התפשטות כח התורה לשם.
הוא ענין שיחת חולין של ת"ח. וז"ש ועלהו לתרופה.
וכפי מה שניתקנו השבעים לשונות שנכפפו האומות ת"י בנ"י. כמו כן נמשכו בנ"י אחר דבריו של מרע"ה כי הכל דבר אחד והא בהא תליא:
Dans le Midrach : "la guérison de la langue est un arbre de vie" (Prov 15,4). Auparavant il est écrit "je ne suis pas un homme de paroles" (Ex 4,10), et une fois qu'il mérita la Torah : "ce sont les paroles..." (Deut 1,1).
Car ce que Moche notre maître dit, "je ne suis pas un homme de paroles", bien qu'il sut assurément lui-même qu'il était le plus choisi d'Israël, c'est justement parce que Moche notre maître englobait la connaissance (daat) de tout Israël ; c'est pourquoi tant que les enfants d'Israël n'étaient pas réparés, il n'était pas un homme de paroles, car sa parole englobait l'ensemble de la parole des enfants d'Israël. Et j'ai entendu de la bouche sainte de mon aïeul et maître, de mémoire bénie, l'explication de "lourd de bouche et lourd de langue" : car il ne pouvait faire sortir les mystères et l'intériorité de sa volonté de la puissance à l'acte.
Explication également : parce que les enfants d'Israël n'étaient pas encore prêts à être attirés après la volonté de Moche notre maître et sa conduite. Or ici il est écrit "Moche parla... selon tout ce que le Nom lui avait ordonné... envers eux" (Deut 1,3), car il pouvait leur parler selon sa volonté ; et cela était un signe qu'ils étaient prêts à venir en Terre d'Israël.
C'est pourquoi s'acheva alors la conduite de Moche notre maître et les enfants d'Israël furent attirés après lui, comme il est écrit à la fin "et Il ne vous à pas donné un cœur... jusqu'à ce jour" (Deut 29,3). Et c'est aussi le sens de ce qui est écrit dans le Midrach : "les livres s'écrivent en toute langue...", car assurément toutes les soixante-dix langues doivent être annulées devant les enfants d'Israël.
Et il est vrai que chaque nation et langue à une opposition particulière envers les enfants d'Israël ; et selon la mesure où les enfants d'Israël réparent ces oppositions, de même ils font descendre l'illumination de la Torah vers les soixante-dix langues, pour qu'elles leur soient soumises. Et il est écrit "il expliqua la Torah" (Deut 1,5) : en soixante-dix langues il la leur expliqua.
Et cela était un signe que les nations se soumirent sous eux, car toutes choses ont une racine dans la Torah, comme il est dit dans le Midrach "et son feuillage pour la guérison" (Ez 47,12). Explication comme l'ont dit nos Sages sur le verset "et son feuillage ne se flétrit pas" (Ps 1,3) : "leur conversation profane est Torah".
Explication : par le souffle de la bouche dans la Torah, il demeure un esprit de sainteté et de pureté dans la bouche, et cela guérit toutes les paroles. Et assurément les illuminations des soixante-dix langues, par la force de l'expansion de la puissance de la Torah vers elles, c'est le sens de "la conversation profane des érudits".
Et c'est ce que dit "et son feuillage pour la guérison". Et selon la mesure où les soixante-dix langues furent réparées, où les nations se soumirent sous la main des enfants d'Israël, de même les enfants d'Israël furent attirés après les paroles de Moche notre maître, car tout est une seule chose et l'un dépend de l'autre.
במדרש איכה ג' שאמרו איכה מרע"ה בכבודן של ישראל כו' בפחזותן איכה היתה לזונה כו' ע"ש. פי' הענין כי כל החטאים שעברו על ישראל הי' מהם שורש גם בהתחלת עליותם.
והכל נמשך ע"י הסתלקות השגחת מרע"ה במינוי שרי מאות וכו'. ומזה בא שאמרו נשלחה אנשים כו' ונצמח מזה אח"כ כל החטאים.
לכן סידר מרע"ה הדברים כך והאשים א"ע ג"כ בזה שאמר איכה אשא כו'. וכן במ"ש וייטב בעיני כו' כמ"ש במ"א כי תוכחות מרע"ה הי' בכללות בנ"י וגם הוא בתוך כלל ישראל.
ובמד' ואשימם בראשיכם אשמה של ישראל בראשים כו' משל כלה שנתפחמה ידי' מקנחת בשערה שער מתנאה וידי' מתקנחין כו'. פי' הענין כתבנו במ"א עפמ"ש הרים אתכם על דייניכם.
פי' שע"י מעשים שנמצאים בפרטי. בנ"י כך בא מזה הירהורים אל צדיקי הדור ג"כ, לכן ע"י שכח הצדיק יפה לתקן החטאים שמגיע אליו ממילא ניתקן כל החטא שבהמון בנ"י.
וזה ענין שערה מתנאה כו'. שמעלה וזכות להצדיק שעובד עבודה לשמים לתקן הדברים שקילקלו אחרים וידיהם מתנקות כנ"ל.
אך מרע"ה לא הי' יכול לסבול חטא כלל. וז"ש רש"י אם אומר לקבל שכר לא אוכל.
בלי ספק לא הי' עבודת מרע"ה לקבל פרס. אך הענין כנ"ל שהגם שיכול לבא לתוס' מעלה ע"י תיקון עונות בנ"י כנ"ל עכ"ז לא אוכל.
כמ"ש איכה אשא כי לא הי' יכול לסבול חטא כלל. ועכ"ז אם היו נמשכים אחריו הי' מתקן כל מעשיהם כנ"ל:
Dans le Midrach Eikha : trois qui dirent "Eikha (comment)" ; Moche notre maître dans la gloire d'Israël..., [Isaie] dans leur légèreté "comment est-elle devenue une prostituée..." (Is 1,21), voir la-bas. Explication de la chose : car tous les péchés qui advinrent à Israël avaient d'eux une racine déjà au commencement de leur élévation.
Et tout découla du retrait de la providence de Moche notre maître lors de la nomination des chefs de centaines, etc. Et de la vint qu'ils dirent "envoyons des hommes..." (Deut 1,22), et de la germerent ensuite tous les péchés.
C'est pourquoi Moche notre maître disposa ainsi les paroles et s'accusa lui-même aussi en cela, disant "comment porterai-je seul..." (Deut 1,12). Et de même dans ce qui est écrit "et cela fut bon à mes yeux..." (Deut 1,23), comme écrit ailleurs, que les reproches de Moche notre maître portaient sur l'ensemble des enfants d'Israël et lui-même était inclus dans la collectivité d'Israël.
Et dans le Midrach "et je les établis à votre tête" (Deut 1,15) : la faute d'Israël retombe sur les chefs... ; parabole d'une fiancée dont les mains se sont noircies : elle les essuie dans sa chevelure ; la chevelure s'embellit et les mains se nettoient. Explication de la chose, nous l'avons écrite ailleurs, d'après ce qui est dit "Il vous à élèves au-dessus de vos juges".
Explication : que par les actes qui se trouvent chez les individus d'Israël, il en vient de la des pensées mauvaises aussi aux justes de la génération ; c'est pourquoi, puisque la force du juste est efficace pour réparer les péchés qui l'atteignent, du coup se répare tout le péché qui est dans la masse des enfants d'Israël. Et c'est le sens de "la chevelure s'embellit" : c'est une élévation et un mérite pour le juste qui accomplit un service pour le Ciel afin de réparer les choses que d'autres ont gâtées, et leurs mains se nettoient, comme dit plus haut.
Mais Moche notre maître ne pouvait supporter aucun péché du tout. Et c'est ce que dit Rachi : "si je dis que je le fais pour recevoir une récompense, je ne le pourrais pas".
Sans doute le service de Moche notre maître n'était pas pour recevoir un salaire ; mais la chose est comme dit plus haut : bien qu'il puisse parvenir à un surcroît d'élévation par la réparation des fautes des enfants d'Israël, malgré cela "je ne le pourrais pas", comme il est dit "comment porterai-je", car il ne pouvait supporter aucun péché. Et malgré cela, s'ils avaient été attirés après lui, il aurait réparé tous leurs actes, comme dit plus haut.
גם בפרט כל איש ישראל נמצא דבר זה אשר הדעת והחכמה שלו תלוי בתיקון המעשים וכפי קילקול המעשים בגשמיות. פוגם גם הדעת.
וזה לטובה שעי"ז הדעת גובר באדם לתקן כל המעשים:
De même, chez chaque individu d'Israël en particulier, se trouve cette chose : que sa connaissance (daat) et sa sagesse ('hokhma) dépendent de la réparation des actes, et selon la dégradation des actes dans la matérialité, cela endommagé aussi la connaissance. Et cela est pour le bien, car par ce moyen la connaissance prend le dessus chez l'homme pour réparer tous les actes.
תרל"ח
5638 (תרל״ח)
במדרש מרפא לשון עץ חיים משזכה לתורה אלה הדברים כו'. קשה מאי צריך ראי' שאחר שזוכין לתורה יכולין לדבר דברי תורה.
אכן ביאור הענין כי רצה לבאר כי ע"י השגה ביותר בעומק סודות התורה יכולין יותר להרחיב ולהתפשט דברי התורה לכל מקומות השפלים. כי מקודם אמר לא אוכל אנכי לבדי כו' וקודם הסתלקותו מן העולם אשר בוודאי נתעלה ביותר מאוד כתוב אה"ד אשר דיבר משה אל כל ישראל.
כמ"ש במ"א כי עומק רום ועומק תחת תלוים זה בזה. וכפי רוב הקדושה יש בכח הדברים להתמשך לכל המקומות.
וזהו עיקר משנה תורה שהוא בחי' התקשרות תורה שבע"פ לתורה שבכתב. כי מרע"ה הי' בחי' תורה שבכתב.
ובאי ארץ הי' בחי' תורה שבע"פ. לכן משנה תורה כולל משניהם שהוא שער המחברם כנ"ל.
וזהו כוונת המדרש שע"י התגלות שורש התורה יכולין להמשיך הארת התורה לכל הלשונות מרפא לשון ע"ח דכתיב הואיל משה באר. היינו שפתח שורש התורה וממילא נתרפאו כל הלשונות שע"י השורש מתחדשים כל הענפים.
לכן עי"ז שנפתח הבאר ממילא בשבעים לשון פי' להם. וככל הדברים הללו נמצא בכל איש ישראל שיש בכל נפש ישראל נקודה חרותה על לבו.
והיא בחי' תורה שבכתב חרות על לוח לבם. ונק' עץ חיים.
וכחן של ישראל בפה הוא היגיעה בתורה נק' תורה שבע"פ. אך מה כח האדם מועיל.
רק שע"י היגיעה זוכה שיפתח לו נקודה הנ"ל. כמ"ש אם נבלת בהתנשא שבתחילה אין הקול ודיבור כראוי ועכ"ז ע"י שמנבל עצמו בדברי תורה והוגה אף שאינו באופן הראוי עכ"ז מועיל זה לעורר נקו' הנ"ל שנקרא עץ חיים ואחר כך נקודה זו מרפא את הלשון כנ"ל:
Dans le Midrach "la guérison de la langue est un arbre de vie" : une fois qu'il mérita la Torah, "ce sont les paroles...". Difficulté : pourquoi faut-il une preuve qu'après avoir mérité la Torah on puisse dire des paroles de Torah ?
Or l'explication de la chose : il à voulu enseigner que par une compréhension plus grande dans la profondeur des secrets de la Torah, on peut davantage élargir et étendre les paroles de la Torah vers tous les lieux inférieurs. Car auparavant il dit "je ne peux pas porter moi seul..." (Deut 1,9), et avant son départ du monde, où assurément il s'éleva énormément, il est écrit "ce sont les paroles que Moche prononça à tout Israël" (Deut 1,1), comme écrit ailleurs, que la profondeur d'en haut et la profondeur d'en bas dépendent l'une de l'autre ; et selon l'abondance de la sainteté, les paroles ont la force de s'étendre vers tous les lieux.
Et c'est l'essentiel du Deutéronome (Michne Torah), qui est l'aspect du lien de la Torah orale à la Torah écrite ; car Moche notre maître était l'aspect de la Torah écrite, et ceux qui entrèrent en Terre d'Israël étaient l'aspect de la Torah orale ; c'est pourquoi le Deutéronome englobe les deux, étant la porte qui les relie, comme dit plus haut. Et c'est l'intention du Midrach : que par la révélation de la racine de la Torah on peut faire descendre l'illumination de la Torah vers toutes les langues, "la guérison de la langue est un arbre de vie", car il est écrit "Moche entreprit d'expliquer" (Deut 1,5) : c'est-à-dire qu'il ouvrit la racine de la Torah, et du coup toutes les langues furent guéries, car par la racine se renouvellent toutes les branches.
C'est pourquoi, par le fait que le puits fut ouvert, du coup il la leur expliqua en soixante-dix langues. Et toutes ces choses se trouvent chez chaque individu d'Israël, car il y a dans chaque âme d'Israël un point grave sur son cœur, et c'est l'aspect de la Torah écrite, gravée sur la table de leur cœur, et cela s'appelle "arbre de vie".
Et la force d'Israël dans la bouche, c'est le labeur dans la Torah, appelé Torah orale. Mais en quoi la force de l'homme est-elle utile ?
Seulement que par le labeur il mérite que le point susmentionné s'ouvre pour lui, comme il est dit "si tu t'es avili en t'élevant" (Prov 30,32) : qu'au début la voix et la parole ne sont pas comme il faut, et malgré cela, du fait qu'il s'avilit dans les paroles de Torah et les médite, même si ce n'est pas de la manière convenable, malgré cela cela sert à éveiller le point susmentionné qui s'appelle "arbre de vie", et ensuite ce point guérit la langue, comme dit plus haut.
תרל"ט
5639 (תרל״ט)
במדרש ספרים נכתבין בכל לשון כו'. כבר כ' מזה במ"א כי התורה חיות הכל כמ"ש חכמים בשעת קבלת התורה כל ד בור נתפשט לשבעים לשון.
והוא הארות המתפשטין משורש האילן לענפים ועלים. כמ"ש ועלהו לא יבול דרשו חז"ל אפי' שיחת חולין כו'.
פי' ע"י רוב עסק התורה של הת"ח מתקדש פיהם ממילא שורה קדושה וחיות בכל השיחה היוצאת מפיהם. ולטעם זה הלביש הבורא ית' התורה בזה הלבוש בסיפורים הללו.
כדי שעי"ז יהי' חיות לכל הלשונות עי"ז שהתורה מתפרשת בכל אלה הלשונות כנ"ל. והנה בשעת קבלת התורה נתברר זה.
וממילא היו כפופים כל הע' לשון תחת בנ"י. אכן ע"י החטאים אח"כ נפלו בנ"י מזה.
ועתה שבנ"י היו מוכנים לכנוס לא"י והוא בחי' הנ"ל להמשיך קדושת התורה גם בע' לשון כמ"ש כח מעשיו הגיד כו'. חזר מרע"ה וביאר להם התורה בשבעים לשון.
ובמד' המשל למוכר ארגמן כו' לא איש דברים אנכי לפני הבורא ית'. אבל לבנ"י אלה הדברים ע"ש.
והענין הוא כי באמת שורש מרע"ה בתורה עליונה שנא' עלי' ונעלמה מעיני כל חי כו'. ושם אין שום אחיזה לאלה השבעים לשונות.
רק למטה מתפרשין ולכן לא נכנס מרע"ה עמהם לא"י שזה בחי' תורה שבע"פ כמ"ש במ"א:
Dans le Midrach : "les livres s'écrivent en toute langue...". J'ai déjà écrit à ce sujet ailleurs, que la Torah est la vitalité de tout, comme l'ont dit les Sages qu'au moment du don de la Torah chaque parole se répandit en soixante-dix langues.
Et ce sont les illuminations qui se répandent de la racine de l'arbre vers les branches et les feuilles, comme il est dit "et son feuillage ne se flétrit pas", que nos Sages ont expliqué : "même la conversation profane...". Explication : par l'abondance de l'occupation de la Torah des érudits, leur bouche se sanctifie, et du coup une sainteté et une vitalité reposent sur toute parole qui sort de leur bouche.
Et pour cette raison le Créateur, béni soit-Il, à revêtu la Torah de ce vêtement, de ces récits, afin que par ce moyen il y ait une vitalité pour toutes les langues, du fait que la Torah s'expliqué dans toutes ces langues, comme dit plus haut. Et voici qu'au moment du don de la Torah cela fut clarifié, et du coup toutes les soixante-dix langues étaient soumises sous les enfants d'Israël.
Or par les péchés, ensuite, les enfants d'Israël déchurent de cela. Et maintenant que les enfants d'Israël étaient prêts à entrer en Terre d'Israël, ce qui est l'aspect susmentionné, faire descendre la sainteté de la Torah aussi dans les soixante-dix langues, comme il est dit "la force de Ses œuvres Il l'à déclarée..." (Ps 111,6), Moche notre maître revint et leur expliqua la Torah en soixante-dix langues.
Et dans le Midrach, la parabole du vendeur de pourpre... : "je ne suis pas un homme de paroles" devant le Créateur, béni soit-Il, mais pour les enfants d'Israël "ce sont les paroles", voir la-bas. Et la chose est qu'en vérité la racine de Moche notre maître est dans la Torah supérieure, dont il est dit "elle est cachée aux yeux de tout vivant..." (Job 28,21), et la, ces soixante-dix langues n'ont aucune prise ; seulement en bas elles s'explicitent ; et c'est pourquoi Moche notre maître n'entra pas avec eux en Terre d'Israël, car cela est l'aspect de la Torah orale, comme écrit ailleurs.
תר"מ
5640 (תר״מ)
ב"ה דברים ת"ב
Avec l'aide du Ciel. Devarim (ב״ה דברים ת״ב).
במדרש מרפא לשון עץ חיים כו'. באר פירש"י בשבעים לשון פי' להם.
והענין הוא שספר משנה תורה הי' הכנה לבאי ארץ שיוכלו לכבוש האומות והכל בכח התורה שיש קצת אחיזה לכל אומה. כמ"ש כח מעשיו הגיד כו' לתת להם נחלת גוים וכשבנ"י מתחזקין בתורה הפנימיות ממילא מתפשטת לשבעים לשונות.
כמו לשון של ים שהוא נחלים היוצאים מים הגדול שהוא עיקר התורה שניתנה לבנ"י. והכל ניתקן בכח התורה, ובמד' איכה כאכול קש לשון אש קש ביתו של עשו כו' וכ' לשון אש כי וודאי אין קש שורף אש רק אש שורף קש רק אותה המשכה קטנה שנמשך מהתורה לכל אומה כנ"ל זה נק' לשון אש.
וכשהרשעים מתגברים מכסין זאת ההמשכה קטנה וגם זה תלוי כשבנ"י מתרשלין בעיקר התורה לכך אין כח בהתפשטות הלשונות כנ"ל. לכן אמרו כי נחרב בהמ"ק ע"י ביטול תורה על עזבם את תורתי כנ"ל.
וכתי' בהתהלכך תנחה כו' הם כל המדרגות הליכתם במדבר. בשכבך הם ימי הגלות תשמור עליך שגם בגלות הקיום ע"י התחזקות בתורה.
והקיצות היא לעתיד. וכן בק"ש ודברת בם בשבתך בביתך הוא בזמן שבהמ"ק קיים ובנ"י שורין על אדמתם.
ובלכתך דור המדבר כנ"ל. ומקדים בשבתך דחביב לי' אקדמי'.
ובשכבך בגלות כנ"ל:
Dans le Midrach "la guérison de la langue est un arbre de vie...". "Il expliqua (béer)" : Rachi commente : en soixante-dix langues il la leur expliqua.
Et la chose est que le livre du Deutéronome était une préparation pour ceux qui entraient en Terre d'Israël, afin qu'ils puissent conquérir les nations, et tout par la force de la Torah, car chaque nation à une petite prise. Comme il est dit "la force de Ses œuvres Il l'à déclarée... pour leur donner l'héritage des nations" (Ps 111,6) ; et lorsque les enfants d'Israël se renforcent dans la Torah intérieure, du coup elle se répand vers les soixante-dix langues, comme le golfe de la mer, qui sont les fleuves sortant de la grande mer, laquelle est l'essentiel de la Torah donnée aux enfants d'Israël.
Et tout se répare par la force de la Torah. Et dans le Midrach Eikha, "comme le chaume dévoré par la langue de feu" (Is 5,24) : le chaume est la maison d'Esav... ; et il est écrit "langue de feu" car assurément le chaume ne brûle pas le feu, seul le feu brûle le chaume ; seulement cette petite émanation qui découle de la Torah vers chaque nation, comme dit plus haut, cela s'appelle "langue de feu".
Et lorsque les méchants prennent le dessus, ils recouvrent cette petite émanation ; et cela aussi dépend de ceci : lorsque les enfants d'Israël se relâchent dans l'essentiel de la Torah, alors il n'y a pas de force dans l'expansion vers les langues, comme dit plus haut. C'est pourquoi ils ont dit que le Temple fut détruit à cause de l'annulation de la Torah, "parce qu'ils ont abandonné Ma Torah" (Jer 9,12), comme dit plus haut.
Et il est écrit "quand tu marcheras, elle te conduira..." (Prov 6,22) : ce sont tous les degrés, leur marche dans le désert. "Quand tu te coucheras" : ce sont les jours de l'exil, "elle veillera sur toi", car même en exil la subsistance se fait par le renforcement dans la Torah.
"Et quand tu te reveilleras" : c'est pour l'avenir. Et de même dans le Chema "et tu en parleras, quand tu seras assis dans ta maison" : c'est au temps où le Temple existe et les enfants d'Israël demeurent sur leur terre ; "et quand tu iras en chemin" : la génération du désert, comme dit plus haut ; et il place d'abord "quand tu seras assis" car ce qui lui est cher, il le mentionne d'abord ; "et quand tu te coucheras" : en exil, comme dit plus haut.
בשם מו"ז ז"ל על פסוק אחרי הכותו שקודם זה לא הי' יכול להכניס הדברים בלבם של ישראל. שהמה היו קליפות גדולות.
סיחון מלך חשבון שורש המחשבות רעות ונגד זה תפילין של ראש. עוג בעשתרות באדרעי המעשה ונגד זה תש"י כו' עכ"ד.
וכן כתיב בתפילין למען תהי' תורת ה' בפיך. לכן אחר הנחת תפילין והתקשרות מחשבה ומעשה יכולין לקרות ק"ש כמ"ש במ"א.
וכן הי' בכללות ישראל כמו שנוהג בפרטות. ואמת כי זה רמז לתפילין דמרי עלמא כמו שבנ"י משעבדין לבם ומבטלין כל מחשבות ומעשים רעים בעבור רצון הבורא ית'.
כן הקב"ה כביכול מבטל כל כוחות סט"א ונותן כל השפעות רק לבנ"י וזה מלחמות סיחון ועוג כנ"ל:
Au nom de mon aïeul et maître, de mémoire bénie, sur le verset "après qu'il eut battu Si'hon" (Deut 1,4) : qu'avant cela il ne pouvait faire entrer les paroles dans le cœur d'Israël, car ils étaient de grandes kelipot (écorces, forces impures). Si'hon roi de Hechbon (de "hechbon", le calcul, la pensée) : la racine des pensées mauvaises, et face à cela les tefillin de la tête.
Og à Achtarot, à Edrei : l'action, et face à cela les tefillin de la main..., fin de ses paroles. Et de même il est écrit à propos des tefillin "afin que la Torah du Nom soit dans ta bouche" (Ex 13,9).
C'est pourquoi après la pose des tefillin et le lien de la pensée et de l'action, on peut lire le Chema, comme écrit ailleurs. Et de même cela advint dans l'ensemble d'Israël, comme cela se pratique chez l'individu.
Et il est vrai que ceci fait allusion aux tefillin du Maître du monde : de même que les enfants d'Israël asservissent leur cœur et annulent toutes les pensées et tous les actes mauvais pour la volonté du Créateur, béni soit-Il, de même le Saint, béni soit-Il, pour ainsi dire, annule toutes les forces de la sitra achra (l'autre côté, les forces impures) et donne toutes les effusions uniquement aux enfants d'Israël ; et ce sont les guerres de Si'hon et Og, comme dit plus haut.
במדרש איכה אשא לבדי איכה היתה לזונה איכה ישבה בדד כו'. ג' שראו המטרונה בשלוותה ובפחזותה ובנוולותה.
הענין הוא דכל החטאים שבכלל ישראל הי' קצת מהם בשורש דורות הראשונים. דכמו כל הזכותים של בנ"י הם מאבותיהם.
כן אם הי' תיקון גמור בשורש לא הי' נצמח החטאים אח"כ. וז"ש אבותינו חטאו ואינ' ואנחנו עוונותיהם סבלנו.
פי' כי חטא קל מעון כמ"ש שגגות הם חטאים וזדונות עונות. וע"י השוגג שבאבותינו נצמח אח"כ בדורות אחרונים זדונות.
דכמו עבירה גוררת עבירה ומתחיל כחוט ומסיים כעבות העגלה. כן בכלל אם יש בדורות ראשונים שגגות ועבירות קלות נמשך אח"כ חטאים גדולים.
כמו כן בזה מ"ש איכה אשא לבדי שלא הי' ניכר חטאם בפועל רק שלא היו נמשכים אחר הנהגת מרע"ה וזה הביא אח"כ איכה היתה לזונה כו' וכמ"ש בשם בעש"ט וסרתם בא אח"כ ועבדתם א-להים אחרים וזה נאמר על גדולי עולם כאלה:
Dans le Midrach : "comment porterai-je seul" (Deut 1,12), "comment est-elle devenue une prostituée" (Is 1,21), "comment est-elle assise solitaire" (Lam 1,1)... : trois qui virent la dame, dans sa tranquillité, dans sa légèreté, et dans sa dégradation. La chose est que tous les péchés dans l'ensemble d'Israël avaient un peu d'eux dans la racine des premières générations ; car de même que tous les mérites des enfants d'Israël viennent de leurs pères, de même, s'il y avait eu une réparation complète dans la racine, les péchés n'auraient pas germe ensuite.
Et c'est ce qui est dit "nos pères ont péché et ne sont plus, et nous avons porte leurs fautes" (Lam 5,7). Explication : car "het" (faute) est plus léger que "avon" (iniquité), comme il est dit : les fautes involontaires sont des "hataim", et les fautes intentionnelles des "avonot".
Et par l'inadvertance qui était chez nos pères germerent ensuite, dans les dernières générations, des fautes intentionnelles ; car de même qu'une transgression en entraîne une autre, et cela commence comme un fil et finit comme les cordes du chariot, de même en général, s'il y a dans les premières générations des fautes involontaires et des transgressions légères, il en découle ensuite de grands péchés. De même en ceci, ce qui est dit "comment porterai-je seul" : leur péché n'était pas manifeste en acte, seulement qu'ils n'étaient pas attirés après la conduite de Moche notre maître, et cela amena ensuite "comment est-elle devenue une prostituée...", et comme il est dit au nom du Baal Chem Tov : "et vous vous détournerez" (Deut 11,16) vient ensuite "et vous servirez d'autres dieux" ; et cela est dit à propos de grands du monde tels que ceux-ci.
תרמ"א
5641 (תרמ״א)
במדרש מרפא לשון עץ חיים התורה מרפאת הלשון. ביאור הענין כי ס' משנה תורה הזה הוא בחי' תורה שבע"פ.
אשר דבר משה ר"ת אדם. כי הוא עיקר האדם כמ"ש אדם אתם.
שעליו נאמר ויפח כו' ויהי כו' לנפש חי' לרוח ממללא. שע"ז נברא אדם המדבר.
כמ"ש עם זו יצרתי כו' ת' יספרו. בחי' תורה שבע"פ להוציא מפיו מילין להעיד על הבורא ית' כמ"ש אתם עדי.
וזה הכח מושרש בכל איש ישראל בפרט. וכמ"ש בכלל ישראל.
וזה השורש נתעורר בכח העסק בתורה שבכתב בכל עת שמייגעין בתורה יגעתי ומצאתי הוא כנ"ל שמתעורר כח המוטבע באדם ע"י היגיעה. וכן הי' מתחלה ע"י קבלת התורה בהר סיני נתעורר אח"כ כח הכלל ישראל.
וז"ש משזכה לתורה אלה הדברים. בחי' הדיבור שנמשך אחר הקול כמ"ש משה ידבר והאלקים יעננו בקול.
דיבר לא כתיב. רק ידבר.
והוא רמז על משנה תורה אלה הדברים כו'. כמו משנה למלך.
כי מדרגות רבות יש בתורה כמ"ש משה קיבל ומסרה ליהושע כו'. נמצא מרע"ה הוא השני לשורש התורה מפי הקב"ה בעצמו.
ותורה שבע"פ צריך יגיעות יותר מתורה שבכתב כמ"ש במד' תנחומא נח. וכן ראינו כי קודם קבלת התורה הי' ענין יצ"מ.
וקודם תורה שבע"פ הנ"ל הוצרכו כמה מלחמות וכל המסעות שנסעו במדבר כמ"ש אחרי הכותו כו' שאח"כ זכו לבחי' תורה שבע"פ הנ"ל. ובמד' מוכיח אדם אחרי חן ימצא זה מרע"ה ממחליק לשון בלעם.
וקשה מה בא ללמדנו מעלת הצדיק על הרשע. רק הפי' שע"י רשעת בלעם נתעלה מרע"ה.
לכן אחר הנקמה בבלעם כתיב אלה הדברים. כעין שמצינו ה' מסיני כו' וזרח משעיר כו' מהר פארן דרשו חז"ל בזוהר שע"י שלא רצו לקבל מכח זה זרח והופיע לבנ"י.
כן הי' עתה מזה נבחן הפרש בין נביא ישראל לנביאי אומות. ולכן חן ימצא ממחליק לשון כנ"ל:
Dans le Midrach "la guérison de la langue est un arbre de vie" : la Torah guérit la langue. Explication de la chose : car ce livre du Deutéronome est l'aspect de la Torah orale.
"Que Moche prononça (acher diber Moche)" : les initiales forment "Adam" (homme), car il est l'essence de l'homme, comme il est dit "vous êtes appelés Adam" (Ez 34,31), lui dont il est dit "et Il insuffla... et l'homme devint une âme vivante" (Gen 2,7), soit, selon le Targoum, "un esprit parlant", car pour cela fut créé l'homme parlant, comme il est dit "ce peuple que J'ai forme... ils raconteront Ma louange" (Is 43,21) : l'aspect de la Torah orale, faire sortir de sa bouche des paroles pour témoigner du Créateur, béni soit-Il, comme il est dit "vous êtes Mes témoins" (Is 43,10). Et cette force est enracinée chez chaque individu d'Israël en particulier, et de même dans l'ensemble d'Israël.
Et cette racine s'éveille par la force de l'occupation dans la Torah écrite, chaque fois qu'on peine dans la Torah : "j'ai peine et j'ai trouvé", c'est comme dit plus haut, que s'éveille la force innée dans l'homme par le labeur. Et de même cela advint au début : par le don de la Torah au mont Sinaï s'éveilla ensuite la force de l'ensemble d'Israël.
Et c'est ce qui est dit : une fois qu'il mérita la Torah, "ce sont les paroles", l'aspect de la parole (dibbour) qui découle après la voix (kol), comme il est dit "Moche parlait et Dieu lui répondait par une voix" (Ex 19,19) : "diber" (parla, au passé) n'est pas écrit, mais "yedaber" (parlait) ; et cela fait allusion au Deutéronome "ce sont les paroles...", comme le "second (michne) du roi". Car il y a de nombreux degrés dans la Torah, comme il est dit "Moche reçut la Torah au Sinaï et la transmit à Yehochoua..." (Avot 1,1) ; il s'avéré que Moche notre maître est le second par rapport à la racine de la Torah, venue de la bouche du Saint, béni soit-Il, Lui-même.
Et la Torah orale requiert plus de labeurs que la Torah écrite, comme il est dit dans le Midrach Tan'houma Noah. Et de même nous avons vu qu'avant le don de la Torah il y eut l'événement de la sortie d'Égypte, et avant la Torah orale susmentionnée il fallut plusieurs guerres et tous les voyages qu'ils accomplirent dans le désert, comme il est dit "après qu'il eut battu Si'hon...", qu'ensuite ils méritèrent l'aspect de la Torah orale susmentionné.
Et dans le Midrach "celui qui reprend un homme trouve grâce ensuite" (Prov 28,23) : c'est Moche notre maître, plutôt que celui qui flatté la langue, Bilam. Et difficulté : qu'est-ce que cela vient nous enseigner, la supériorité du juste sur le méchant ?
Seulement l'explication : que par la méchanceté de Bilam, Moche notre maître fut élève ; c'est pourquoi après la vengeance contre Bilam il est écrit "ce sont les paroles". De la même manière que nous trouvons "le Nom vint du Sinaï... et brilla de Séir... du mont Paran" (Deut 33,2), que nos Sages ont expliqué dans le Zohar : du fait qu'Esav et Ishmael ne voulurent pas la recevoir, par cette force la Torah brilla et apparut aux enfants d'Israël ; de même il en fut maintenant : par cela se distingua la différence entre le prophète d'Israël et les prophètes des nations, et c'est pourquoi "il trouve grâce" plus que celui qui flatté la langue, comme dit plus haut.
« Que Hachem, le D.ieu de vos pères, vous ajoute mille fois autant » (Devarim 1,11) : pourquoi les bénit-il par un ajout (tossefet) ? Parce que l'ajout du Saint béni soit-Il est plus grand que le principal. Pour le Sfat Emet, la bénédiction d'en haut est sans fin : ce monde manque de perfection, et les préparations n'y sont que pour mériter l'assistance d'en haut. C'est l'âme supplémentaire du Chabbat. Moché dit cela pour que leur multiplication s'annule devant Lui et que le mauvais œil n'ait aucune emprise ; après la réparation des actes, on annule sa volonté devant la Sienne. Cette force sans limite donne le repos du Chabbat, même entre les détroits.
Aussi : « par la haine » se change en haine, l'acceptation des reproches avec amour les change en amour ; Israël, le Chabbat et Jérusalem reçoivent la perfection ; après Si'hon, la Torah en soixante-dix langues et la voie de la foi.
במדרש יוסף עליכם למה בירכן בלשון תוס' שתוספתו של הקב"ה מרובה על העיקר כו'. הענין הוא הברכה הבאה מלמעלה מן השורש שהיא דבר שאין לו סוף כאשר כ' כמה פעמים כי בעוה"ז חסר השלימות.
וכל הכנות שיש בעולם הזה לקנות שלימות. הכל כדי לזכות לסיוע עליון.
וזה כל החכמה כענין יהיב חכמה לחכימין לכן כל התחכמות צריך להיות כדי לזכות להשפעת חכמה מלמעלה וכן בכל המדות. והוא ענין הש"ק נשמה יתירה הכח הבא מלמעלה.
וזה התוספות מרובה על כל העיקר. ולכן אמר זה מרע"ה על ידי שאמר הרבה אתכם שלא ישלוט עין רע ח"ו ע"ז אמר כי כל הריבוי שלהם כדי להתבטל אליו ית' לזכות להשורש.
וכשמבטלין הכל להשורש אין שליטות ע"ר כנ"ל. ובמשנה עשה רצונו כרצונך אח"כ בטל רצונך פי' שאחר תיקון המעשים צריכין לבטל הכל אליו ית'.
כי בכ"מ שיש יותר תיקון שולט היצה"ר. כענין מי שגדול מחבירו יצרו גדול ממנו, לכן העצה להתבטל אליו ית'.
ועשה רצונו הוא בחי' תשוקה ואהבה ושולט ע"ז עה"ר. והעצה אח"כ להתבטל רק אליו ית' ועי"ז יבטל רצון אחרים שלא יתערב באהבה זו אהבות ורצונות זרים.
וזה הגמר להתבטל אליו שעי"ז זוכין לסיוע הבא מהשמים. והוא בחי' מנוחת השבת שכתי' והאכלתיך נחלת יעקב נחלה בלי מצרים.
שזה הכח הבא מלמעלה הוא בלי גבול וע"ז נאמר יוסף עליכם כו'. לכן גם בימים הללו שנקראו בין המצרים מ"מ בש"ק ע"י הביטול להשורש זוכין למנוחה:
Dans le Midrach: sur 'Que Hachem, le Dieu de vos pères, vous ajoute mille fois autant' (Deutéronome 1,11) - pourquoi les bénit-il avec le terme d'ajout (tossefet)? Parce que l'ajout du Saint béni soit-Il est plus grand que le principal, etc.
Le sens est que la bénédiction qui vient d'en haut, de la racine, est chose sans fin, comme il à été écrit maintes fois: car en ce monde manque la perfection (chelimout). Et toutes les préparations qu'il y a en ce monde pour acquérir la perfection ne sont que pour mériter l'assistance d'en haut.
Et c'est la toute la sagesse, tel le sens de 'Il donne la sagesse aux sages' (Daniel 2,21): ainsi toute recherche de sagesse doit viser à mériter l'influx (hachpaa) de sagesse d'en haut, et de même pour toutes les qualités (midot). Et c'est la l'aspect du chabbat kodech - l'âme supplémentaire (nechama yetera), la force qui vient d'en haut; et cet ajout est plus grand que tout le principal.
C'est pourquoi Moche notre maître (Moche Rabbenou) dit ceci: puisqu'il avait dit 'Il vous à multipliés', afin qu'un mauvais œil ne domine pas, à Dieu ne plaise, il ajouta que toute leur multiplication est destinée à s'annuler devant Lui, béni soit-Il, pour mériter la racine. Et lorsqu'on annule tout devant la racine, le mauvais œil n'à aucune emprise, comme dit plus haut.
Et dans la Michna: 'Fais Sa volonté comme ta volonté', puis 'annule ta volonté devant la Sienne' (Avot 2,4) - c'est-à-dire qu'après la réparation (tikoun) des actes, il faut tout annuler devant Lui, béni soit-Il. Car en tout lieu où il y a davantage de réparation, le mauvais penchant (yetser hara) domine, tel le sens de 'celui qui est plus grand que son prochain, son penchant est plus grand que lui' (Soucca 52à); c'est pourquoi le conseil est de s'annuler devant Lui, béni soit-Il.
Or 'faire Sa volonté' relève du désir et de l'amour, et sur cela domine le mauvais œil; le conseil ensuite est de s'annuler uniquement devant Lui, béni soit-Il, et par cela on annule la volonté des autres, afin qu'à cet amour ne se mêlent pas des amours et des volontés étrangères. Et c'est l'achèvement: s'annuler devant Lui, car par cela on mérite l'assistance qui vient des cieux.
Et c'est l'aspect du repos du chabbat, comme il est écrit 'et Je te ferai jouir de l'héritage de Yaakov' (Isaie 58,14), un héritage sans frontières (nahala beli metsarim). Car cette force qui vient d'en haut est sans limite, et sur elle il est dit 'que Hachem vous ajoute', etc.
C'est pourquoi, même en ces jours-ci appelés 'entre les détroits' (ben hametsarim), néanmoins au chabbat kodech, par l'annulation devant la racine, on mérite le repos.
תרמ"ב
5642 (תרמ״ב)
בפסוק בשנאת ה' אותנו כו'. וע"ז נאמר נתנה עלי בקולה ע"כ שנאתי'.
כי הקב"ה חשב לטובתנו. וע"י שאמרו בשנאת.
נהפך ח"ו לשנאה ויש לנו ללמוד ק"ו מדה טובה המרובה אשר גם בגלותנו עתה שנתגרשנו משלחן אבינו שבשמים. יש לנו להאמין ולבטוח באבינו שבשמים.
כי מאהבה הוכיח אותנו כמ"ש אשר יאהב ה' יוכיח. ומתוך אמונה זו יתהפך באמת לאהבה.
וזה עיקר פי' אוהב את התוכחות להאמין כי הוא מאהבה כשיודעין שהמוכיח אוהב נאמן הוא. מקבלין התוכחה.
ועי"ז נהפך באמת לאהבה. וע"ז כתי' ע"כ פשעים תכסה אהבה.
ואיך יכולין לבא לאהבה כשיש רוב פשעים. רק כשמקבלין התוכחה והעונשין והיסורין מתוך אהבה.
ולכן כתי' לכו כו' ונוכחה כו' אם יהיו חטאיכם כשנים כו' פי' ע"י קבלת התוכחה יתלבנו החטאים כנ"ל:
Sur le verset 'C'est par la haine de Hachem à notre égard qu'Il nous à fait sortir du pays d'Égypte' (Deutéronome 1,27). Et sur cela il est dit 'elle à élève la voix contre Moi, c'est pourquoi Je l'ai haie' (Jérémie 12,8).
Car le Saint béni soit-Il pensait pour notre bien, et parce qu'ils dirent 'par la haine', cela se changea, à Dieu ne plaise, en haine. Et nous avons à apprendre à fortiori (kal vahomer) que la mesure du bien est plus grande: que même dans notre exil actuel, où nous avons été chassés de la table de notre Père qui est aux cieux, nous devons croire et avoir confiance en notre Père qui est aux cieux.
Car c'est par amour qu'Il nous à réprimandes, comme il est écrit 'celui que Hachem aime, Il le réprimande' (Proverbes 3,12). Et par cette foi cela se changera véritablement en amour.
Et c'est la le sens essentiel de 'celui qui aime les reproches' (Proverbes 12,1): croire que c'est par amour; car lorsqu'on sait que celui qui réprimande est un ami fidèle, on accepte la réprimande, et par cela cela se change véritablement en amour. Et sur cela il est écrit 'l'amour couvre toutes les fautes' (Proverbes 10,12).
Et comment parvenir à l'amour quand les fautes sont nombreuses? Seulement en acceptant la réprimande, les châtiments et les souffrances par amour.
C'est pourquoi il est écrit 'Venez donc et discutons (venivakha)... si vos péchés sont comme l'écarlate, ils blanchiront comme neige' (Isaie 1,18) - c'est-à-dire que par l'acceptation de la réprimande (tokhakha) les péchés blanchissent, comme dit plus haut.
בנוסח הברכה פורס סוכת שלום עלינו ועל ירושלים. כי יש עולם שנה נפש.
ובכולם יש נבחרים מוכנים לקבל השלימות. בנ"י בנפש.
ושבת בשנה. וא"י וירושלים בעולם.
ובש"ק כשהיו בנ"י שרוין על אדמתם הי' מתקיים השלימות. וכמו שיורד נשמה יתירה לבנ"י בש"ק כן הי' הארה יתרה בירושלים.
וז"ש לעשות אה"ש לדורותם לשון דירה כמ"ש חז"ל:
Dans le texte de la bénédiction: 'qui étend une souccah de paix sur nous et sur Jérusalem'. Car il y a olam-chana-nefech (monde, temps, âme).
Et en chacun il est des élus préparés à recevoir la perfection: les Bne Israël dans l'âme (nefech), le chabbat dans le temps (chana), et la terre d'Israël et Jérusalem dans le monde (olam). Et au chabbat kodech, lorsque les Bne Israël demeuraient sur leur terre, la perfection se réalisait.
Et de même que descend une âme supplémentaire (nechama yetera) aux Bne Israël au chabbat kodech, de même il y avait un éclairement supplémentaire à Jérusalem. Et c'est ce qui est dit 'faire la souccah de paix pour leurs générations (ledorotam)' - terme de demeure (dira), comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie.
תרמ"ג
5643 (תרמ״ג)
בספרי הואיל משה באר דורש לשון שבועה. דאיתא בשבעים לשון פי' להם.
דכ' יצב גבולות עמים למספר בנ"י. כי הנה יש בבנ"י שורש של כל הע' לשונות.
ולכן כפי הבירור בנפשות בנ"י כן ניתקן ונתרפאו כל הלשונות. לכן כתי' ויהי בארבעים שנה כו' מכלל שמקודם לא הי' עוד ביכולת לבאר בע' לשון.
וזהו ענין תורה שבע"פ התיקון שנעשה בפה ולשון של בנ"י. וזהו ס' משנה תורה דכתיב אלה הדברים אלה פסל את הראשונים.
והענין ע"פ המד' מוכיח אדם אחרי שהוכיח כביכול את הבורא. אח"כ הוכיח לבנ"י.
וכן הי' הנהגת מרע"ה בכל הד' חומשים התיקונים שעשה מרע"ה בשמים לרצות הבורא ית' לבנ"י והורדת התורה משמים. ועתה התחיל להמשיך לבות בנ"י התחתונים להשי"ת.
וזה אלה הדברים שהי' זה נחשב מדרגה תחתונה לפי רוממות מדרגת מרע"ה איש האלקים חציו א-להים וחציו איש. וכן צריך להיות מקודם התיקון בשורש הנשמות אח"כ להוכיח נפשות התחתונים וזה מוכיח אדם אחרי.
וחז"ל דרשו הדברים דברי תוכחות פי' שעשו פירות והמשיכו לבות בנ"י. וזה נק' דברים כשמנהיגין את השומעין להיות נפעלים ונמשכין אחריהם זה פי' דיבור מלשון הנהגה וכתי' אל כל ישראל היינו כל האדם.
ולכך בירכן אח"כ שקיבלו התוכחות וע"י שנמשכו לגמרי אחר הדברים הוא נק' שבועה ועי"ז תיקנו כל הע' לשון שהכל תלוי בתיקון השלם שנעשה בכלל ישראל כמ"ש:
Dans le Sifre: 'Moche entreprit (hoil) d'expliquer (baer)' (Deutéronome 1,5) - il interprète 'hoil' comme un terme de serment (chevoua). Car il est enseigné qu'il la leur expliqua en soixante-dix langues.
Car il est écrit 'Il fixa les frontières des peuples selon le nombre des Bne Israël' (Deutéronome 32,8): voici qu'il y a dans les Bne Israël la racine de toutes les soixante-dix langues. Aussi, selon le raffinement (birour) des âmes des Bne Israël, ainsi sont réparées et guéries toutes les langues.
C'est pourquoi il est écrit 'Ce fut en la quarantième année...' (Deutéronome 1,3), ce qui implique qu'auparavant il n'était pas encore possible d'expliquer en soixante-dix langues. Et c'est la le sens de la Torah orale (Torah chebeal pe), la réparation qui s'accomplit dans la bouche et la langue des Bne Israël.
Et c'est le livre du Deutéronome (Michne Torah), dont il est écrit 'Voici les paroles (Ele hadevarim)' - 'Ele' (celles-ci) invalide les premières. Le sens, selon le Midrach: 'un homme réprimande après' - après avoir pour ainsi dire réprimande le Créateur, il réprimanda ensuite les Bne Israël.
Telle fut la conduite de Moche notre maître dans les quatre premiers livres du Houmach: les réparations qu'il accomplit dans les cieux pour rendre le Créateur béni soit-Il favorable aux Bne Israël, et faire descendre la Torah des cieux. Et maintenant il commença à attirer les cœurs des Bne Israël d'en bas vers Hachem.
Et c'est 'Voici les paroles', car ceci était tenu pour un degré inférieur au regard de l'élévation du degré de Moche notre maître, homme de Dieu (ich haElokim), moitié Dieu (Elokim) et moitié homme. De même faut-il d'abord la réparation dans la racine des âmes, puis réprimander les âmes d'en bas - et c'est 'un homme réprimande après'.
Et nos Sages de mémoire bénie ont interprété 'les devarim' comme paroles de reproche (divre tokhakhot), c'est-à-dire qu'elles portèrent des fruits et attirèrent les cœurs des Bne Israël. Et cela s'appelle 'devarim' quand on conduit les auditeurs à être agis et entraînés à leur suite: tel est le sens de 'dibbour' (parole) au sens de conduite (hanhaga).
Et il est écrit 'à tout Israël', c'est-à-dire tout l'homme. C'est pourquoi il les bénit ensuite, car ils avaient accepté les reproches; et parce qu'ils furent entièrement entraînés à la suite des paroles, cela s'appelle serment (chevoua); et par cela ils repararent toutes les soixante-dix langues, car tout dépend de la réparation complète qui s'accomplit dans l'ensemble d'Israël, comme dit.
בפסוק ותאמרו בשנאת ה' כו' ע"ז דרשו חז"ל נתנה עלי בקולה כו'. וזה גרם כל החורבן.
מכ"ש שיש לנו ללמוד שמדה טובה המרובה כשבנ"י מקבלין יסורי הגלות באהבה ומאמינים כי הוא חסד הש"י כמ"ש אשר יאהב ה' יוכיח לכן בנ"י המה מדוכאים בעולם. יוכל להיות זאת מפתח של הגאולה.
כמו שהי' חטא זה התחלת הגלות שבאמת השי"ת אהב את דור המדבר ומ"מ עי"ז החטא שהיו אומרים בשנאת. נהפך ונאמר ע"כ שנאתי'.
מכ"ש בתוכחות על עון. הגם שהיו יסורי משפט ודין.
יכולין בנ"י להפוך ליסורים של אהבה על ידי קבלת התוכחות באהבה כנ"ל:
Sur le verset 'Et vous avez dit: par la haine de Hachem à notre égard...' (Deutéronome 1,27), nos Sages de mémoire bénie ont interprété 'elle à élève la voix contre Moi, c'est pourquoi Je l'ai haie' (Jérémie 12,8). Et cela causa toute la destruction (hourban).
À plus forte raison devons-nous apprendre que la mesure du bien est plus grande: lorsque les Bne Israël acceptent les souffrances de l'exil avec amour et croient que c'est bonté ('hessed) de Hachem, comme il est écrit 'celui que Hachem aime, Il le réprimande' (Proverbes 3,12). C'est pourquoi les Bne Israël, opprimés en ce monde, [savent que] cela peut être une clé de la délivrance (gueoula).
De même que cette faute fut le commencement de l'exil - car en vérité Hachem aimait la génération du désert, et néanmoins par cette faute, parce qu'ils disaient 'par la haine', cela se renversa et il fut dit 'c'est pourquoi Je l'ai haie' - à plus forte raison, pour les reproches sur la faute: bien que ce fussent des souffrances de justice et de rigueur (dine), les Bne Israël peuvent les transformer en souffrances d'amour par l'acceptation des reproches avec amour, comme dit plus haut.
במדרש שלשה שאמרו איכה כו' בשלוותן ובפחיזתן ובנוולתן כו'. ע"ש במדרש איכה.
הענין הוא כי באמת כל הנהגת בנ"י הוא באופן משונה. ואין לשער גודל רוממות מדרגת בנ"י.
ואין לשער ג"כ גודל החטאים שנעשו בבנ"י לפי התקרבתם להבורא ית' כענין סביביו נשערה. ואין לשער ג"כ גודל היסורים ועונשים שעובר על בנ"י עד שיגאלנו השי"ת במהרה.
והכל הוא בדרך תמהון. ולכן ראה מרע"ה מיד לפי רוממות מדרגתם כמ"ש הרים אתכם על גבי דייניכם.
וכי לא הוטב בעיני מרע"ה טובתן של בנ"י. רק שראה שצריכין שמירה מאוד לפי הנהגה שלהם שלא בדרך טבע.
לפום גמלא שיחנא. והיו צריכין באמת להתחזק בימים הטובים להכין על ימי הירידה.
כי אם הי' מתוקן אז הכל לא הי' נצמח אח"כ החטאים הגדולים. ואמרו חז"ל בפ' וייראו מכם ונשמרתם.
ומה כשהם יראים מכם כתי' ונשמרתם. כ"ש כשאתם יראים מהם כו' דהיינו בימי הגלות.
והכוונה לרמוז כי זה הי' סימן ורמז על ימי הירידה ולכן הוכיחן מרע"ה במה שנאמר להם ונשמרתם שזה סימן שלא נתקנו כראוי:
Dans le Midrach: 'trois ont dit Eikha (Comment!)... dans leur quiétude (bechalvatan), dans leur légèreté (befahizatan) et dans leur avilissement (benivoulatan)', etc. - voir cela dans le Midrach Eikha. Le sens est qu'en vérité toute la conduite des Bne Israël est d'une manière extraordinaire (mechouna).
On ne peut mesurer la grandeur de l'élévation du degré des Bne Israël; on ne peut mesurer non plus la grandeur des fautes advenues parmi les Bne Israël, à proportion de leur proximité du Créateur béni soit-Il, tel le sens de 'autour de Lui cela tempête violemment' (Psaumes 50,3); et l'on ne peut mesurer non plus la grandeur des souffrances et des châtiments qui passent sur les Bne Israël, jusqu'à ce que Hachem nous délivre promptement. Et tout cela est d'une manière étonnante (timahon).
C'est pourquoi Moche notre maître vit aussitôt, selon l'élévation de leur degré, comme il est dit 'Je vous ai élèves au-dessus de vos juges'. Or le bien des Bne Israël n'était-il pas agréable aux yeux de Moche notre maître?
Seulement il vit qu'ils avaient besoin d'une très grande protection, du fait de leur conduite qui n'est pas selon la nature: 'selon le chameau, la charge' (lefoum gamla chihna). Ils avaient véritablement besoin de se renforcer aux jours bons pour se préparer aux jours de la chute (yerida).
Car si tout avait alors été réparé, les grandes fautes ne seraient pas ensuite advenues. Et nos Sages de mémoire bénie ont dit, à propos de 'et ils vous craindront et vous vous garderez (venichmartem)': si, lorsqu'ils vous craignent, il est écrit 'vous vous garderez', à plus forte raison lorsque vous les craignez, etc. - c'est-à-dire aux jours de l'exil.
Et l'intention est de faire allusion que ceci était un signe et un indice des jours de la chute; c'est pourquoi Moche notre maître les réprimanda par ce qui leur fut dit 'vous vous garderez', signe qu'ils n'avaient pas été réparés comme il convient.
תרמ"ד
5644 (תרמ״ד)
במדרש מרפא לשון ע"ח התורה מרפאת את הלשון כו'. דכ' באר אה"ת.
דרשו חז"ל בשבעים לשון פי' להם. כי זה הי' הכנה לכיבוש הז' אומות אשר מסתמא הם היו שורש השבעים אומות.
ובזה שנתפרשה להם התורה בע' לשון ידעו כי מוכנים הם לכבוש האומות. כי הכל נטלו בנ"י בכח התורה.
והנה עצם בנ"י הם התורה האמיתית בלשון הקודש מדרגת מרע"ה שמקודם אמר לא איש דברים אנכי כי הוא בחי' הקול. וידוע כי בקול אין הפרש רק בדיבור יש מינים שונים לפי הדיבור.
לכן התפרשות התורה בע' לשון הוא בחי' הדיבור שיש כמה מיני התנהגות וכולם נמשכים מן התורה. אבל בחי' מרע"ה באחדות הקול עצם התורה.
וזה הי' כל הפחד שיראו בנ"י להלחם עם הז' אומות שלא הי' להם עוד התפשטות כח התורה בע' לשון וז"ש וישיבו אותנו דבר באיזה לשון הם מדברים איך למשוך כח התורה באותו הלשון אך באמת לא הי' עדיין הזמן לכבוש. ולזה עתה שהגיע הזמן נתפרש להם התורה בע' לשון:
Dans le Midrach: 'une langue qui guérit est un arbre de vie (ets 'hayim)' (Proverbes 15,4) - la Torah guérit la langue, etc. Car il est écrit 'Moche entreprit d'expliquer (baer)'; nos Sages de mémoire bénie ont interprété: 'il la leur expliqua en soixante-dix langues'.
Car ceci était une préparation à la conquête des sept nations (cheva oumot), qui vraisemblablement étaient la racine des soixante-dix nations. Et par le fait que la Torah leur fut explicitée en soixante-dix langues, ils surent qu'ils étaient prêts à conquérir les nations.
Car les Bne Israël ont tout pris par la force de la Torah. Or l'essence des Bne Israël est la Torah véritable en langue sainte (lachon hakodech), le degré de Moche notre maître, qui d'abord dit 'je ne suis pas un homme de paroles (devarim)' (Exode 4,10), car il relève de l'aspect de la voix (kol).
Et il est connu que dans la voix il n'y a pas de distinction; c'est seulement dans la parole (dibbour) qu'il y a des espèces différentes selon la parole. C'est pourquoi l'explicitation de la Torah en soixante-dix langues relève de l'aspect de la parole (dibbour), où il y a plusieurs sortes de conduites, toutes découlant de la Torah.
Mais l'aspect de Moche notre maître est dans l'unité de la voix, l'essence de la Torah. Et telle était toute la crainte des Bne Israël à combattre les sept nations: qu'ils n'avaient pas encore le déploiement de la force de la Torah en soixante-dix langues.
Et c'est ce qui est dit 'et ils nous rapportèrent une parole' (Deutéronome 1,25) - en quelle langue parlent-ils, comment attirer la force de la Torah dans cette langue. Mais en vérité le temps n'était pas encore venu de conquérir; aussi, maintenant que le temps est arrivé, la Torah leur fut explicitée en soixante-dix langues.
וכתיב אחרי הכותו. פי' מו"ז ז"ל כי קודם הכאת אותן הקליפות לא היו יכולין בנ"י לקבל אלה הדיבורים של מרע"ה עכ"ד.
ויתכן עוד להוסיף על דבריו כי באמת עתה נתגלו אלה הדברים ופי' התורה בע' לשון. כי וודאי סיחון ועוג היו השורש מע' אומות ונק' עם הארץ שכל מלכי כנען סמכו עליהם.
והע' אומות הם מתנגדים לקדושת התורה וכפי הכאת אותה הקליפה והאומה כך נגלה באותו הלשון שמיוחד לאותה אומה קדושת התורה. ולכן אחרי הכותו כו' נגלה באר ומעיין חדש בתורה וכענין שנאמר לאום מלאום יאמץ.
לכן אחרי הכותו הואיל משה באר כו'. וכתיב רב לכם סוב כו' פנו לכם צפונה.
דיש בחי' התורה בהתגלות אספקלריא המאירה הנהגת מרע"ה בדור המדבר כדכתיב ויסב אלקים כו'. עין בעין נראה כו'.
[והוא בחי' סובב כל עלמין ובבחינה זו אין שום פחד מסט"א דלא יגורך רע כתיב] ועתה התחיל בחי' אספקלריא שאינה מאירה והוא אור הצפון שזוכין להתגלות ע"י מלחמת ותגבורת הסט"א והקליפות. לכן נק' שאינה מאירה.
שבא כל האור ע"י הקדמת החושך. וזו שנק' צפונה כמ"ש אשר צפנת כו' נגד בני אדם.
שהוא האור הצפון ונסתר תוך מ"ב והטבע. [והוא בחי' ממלא כ"ע שהוא בוודאי דרך נסתר כדאיתא שבזה כל הפנימי ביותר יותר גבוה] לכן עתה נגלה באר התורה בכח המלחמה אחרי הכותו כנ"ל.
וז"ש משרע"ה ובמדבר אשר ראית כו' כאשר ישא איש את בנו. פי' שבמדבר הי' בהתגלות.
ובדבר הזה אינכם מאמינים. שעתה בכניסתם לא"י התחיל בדרך האמונה ולכן הוקשה לבנ"י.
אבל מרע"ה אמר להם כי כל הקדמת התגלות שהי' בדור המדבר הי' כדי שיוכלו אח"כ לתקן גם בדרך אמונה שזה עיקר המכוון. ובאמת בכל עת הקב"ה נושא אותנו כאשר ישא איש את בנו.
רק שצריכין להאמין זאת. ובמדבר ראו זאת בעין הרואה.
ועתה כפי האמונה כך מתקיים ומתגלה. וגם עתה בגלותינו צריכין להאמין כי הקב"ה שומר אותנו כדאיתא בא חבקוק והעמידן על אחת צדיק באמונתו יחי'.
וכפי עומק הגלות תלוי יותר הכל באמונה. וכתיב בנים גדלתי ורוממתי כו' פירוש שהקב"ה רוצה להנהיג את בנ"י בבחינת התגלות והתרוממות.
אך ע"י שקילקלנו זה הדרך. צריכין לתקן ע"י בחינת הכנעה ושפלות.
והם ב' דרכים בעבודת הבורא ית' וכמו שיש ב' נסיונות נסיון העשיר והעני. לכן יתכן שבנקל יותר לתקן בדרך הכנעה.
כולי האי ואולי נזכה עכ"פ לשוב בתשובה ע" שפלותינו עתה כמ"ש ושפלת מארץ תדברי. וזה שחטאנו לפניו ית' בזמן שהגדילנו ורוממנו צריכין לתקן ע"י שגם ברוב השפלות מתחזקין באמונה ובתורה ומצות זה תיקון החטא מדה במדה:
Et il est écrit 'après qu'il eut frappe [Si'hon]' (Deutéronome 1,4). Mon grand-père maternel (mori zekeni) de mémoire bénie à expliqué que, avant la frappe de ces kelipot (écorces, forces impures), les Bne Israël ne pouvaient recevoir ces paroles de Moche notre maître - telles sont ses paroles.
Et l'on peut encore ajouter aux siennes: qu'en vérité c'est maintenant que se révélèrent ces paroles et l'explication de la Torah en soixante-dix langues. Car assurément Si'hon et Og étaient la racine des soixante-dix nations, et [Si'hon] est appelé 'peuple de la terre' (am haarets), sur qui s'appuyaient tous les rois de Canaan.
Et les soixante-dix nations s'opposent à la sainteté de la Torah; et selon la frappe de cette kelipa et de cette nation, ainsi se révèle dans la langue propre à cette nation la sainteté de la Torah. C'est pourquoi 'après qu'il l'eut frappe' se révélèrent un puits et une source nouvelle dans la Torah, tel le sens de 'une nation l'emportera sur l'autre nation' (Genèse 25,23).
Ainsi, 'après qu'il l'eut frappe, Moche entreprit d'expliquer', etc. Et il est écrit 'Assez pour vous de tourner autour de cette montagne... tournez-vous vers le nord (tsafona)' (Deutéronome 2,3).
Car il y a l'aspect de la Torah dans la révélation du miroir éclairant (aspaklaria hameira), la conduite de Moche notre maître dans la génération du désert, comme il est écrit 'et Dieu (Elokim) fit tourner le peuple' (Exode 13,18), 'œil dans œil ils voient' (Nombres 14,14). [Et c'est l'aspect de 'ce qui entoure tous les mondes' (sovev kol almin), sous lequel il n'est aucune crainte du côté impur (sitra ahara), car il est écrit 'le mal ne séjournera pas chez Toi' (Psaumes 5,5).] Et maintenant commença l'aspect du miroir non éclairant (aspaklaria chena meira), qui est la lumière du nord (or hatsafoun), que l'on mérite de révéler par la guerre et le renforcement du côté impur et des kelipot; c'est pourquoi il est appelé 'non éclairant', car toute la lumière vient par le préalable de l'obscurité.
Et c'est ce qui est appelé 'tsafona' (vers le nord), comme il est écrit 'ce que Tu as réserve (tsafanta)... face aux hommes' (Psaumes 31,20) - c'est la lumière cachée et dissimulée (or hatsafoun) au sein des quarante-deux [voyages] et de la nature (teva). [Et c'est l'aspect de 'ce qui emplit tous les mondes' (memale kol almin), assurément par voie cachée, comme il est enseigné que par cela le plus intérieur est le plus élevé.] C'est pourquoi maintenant se révèle le puits de la Torah par la force de la guerre, 'après qu'il l'eut frappe', comme dit plus haut.
Et c'est ce que dit Moche notre maître: 'et dans le désert que tu as vu... comme un homme porte son fils' (Deutéronome 1,31). Le sens: qu'au désert c'était en révélation, mais 'en cette chose vous ne croyez pas' - car maintenant, à leur entrée en terre d'Israël, commença la voie de la foi (emouna), et c'est pourquoi cela fut difficile aux Bne Israël.
Mais Moche notre maître leur dit que tout le préalable de révélation de la génération du désert était afin qu'ils puissent ensuite réparer aussi par la voie de la foi, ce qui est l'objectif essentiel. Et en vérité, en tout temps le Saint béni soit-Il nous porte comme un homme porte son fils, seulement il faut le croire.
Au désert ils le voyaient à l'œil qui voit; et maintenant, selon la foi, ainsi cela se réalise et se révèle. De même maintenant, dans notre exil, il faut croire que le Saint béni soit-Il nous garde, comme il est enseigné: 'vint Habaquq et les fit reposer sur une seule chose: le juste vivra par sa foi' (Makot 24à; Habaquq 2,4).
Et selon la profondeur de l'exil, tout dépend davantage de la foi. Et il est écrit 'J'ai élève et exalté des fils, mais ils se sont révoltés contre Moi' (Isaie 1,2) - le sens: que le Saint béni soit-Il veut conduire les Bne Israël selon l'aspect de révélation et d'exaltation; mais parce que nous avons corrompu cette voie, il faut réparer par l'aspect de la soumission (hakhnaa) et de l'humilité (chiflout).
Ce sont la deux voies dans le service du Créateur béni soit-Il, de même qu'il y a deux épreuves, celle du riche et celle du pauvre. Aussi se peut-il qu'il soit plus aisé de réparer par la voie de la soumission. 'Tout cela, et peut-être' (kouli haï veoulai) mériterons-nous du moins de revenir en repentir (techouva) par notre humilité présente, comme il est écrit 'et depuis la terre tu parleras humblement' (Isaie 29,4).
Et ce que nous avons fauté devant Lui, béni soit-Il, au temps où Il nous à grandis et exaltés, il faut le réparer par le fait que, même dans une grande humilité, nous nous renforçons dans la foi, la Torah et les commandements: telle est la réparation de la faute, mesure pour mesure (mida keneged mida).
תרמ"ה
5645 (תרמ״ה)
במדרש מרפא לשון ע"ח. כבר כ' במ"א כי כל הלשונות יש להם אחיזה בתורה וזה ענין עלהו לא יבול כמ"ש במד' ע"פ ועלהו לתרופה וזה רמזו אפי' שיחת חולין כו' והנה ס' משנה תורה הי' בחי' הקבלה של התורה כי מקודם הי' בחי' הנתינה של התורה ובאלו המ' שנה פעל מרע"ה שיכנסו ד"ת בלבות בנ"י להיות ד"ת מחודדין בפיהם כמ"ש ז"ל בפ' ושננתם לבניך שיהיו מחודדים שלא תגמגם בהם.
וזהו משנה תורה. וכ' אלה הדברים כי עיקר התורה היא הקול והדיבור היא ההנהגה הנמשכת אחר התורה כדכ' בזוה"ק ואתחנן פי' ודברת בם בשבתך כו' שיהיו הנהגות כל המעשים אחר התורה נמשכין.
וזה התיקון שנעשה ע"י התורה זה הי' הכנה לכניסת א"י כדכ' באר בשבעים לשון פירשה להם. שכמו שיש שבעים לשונות וכן אלה המקומות של הרשעים שהוצרכו בנ"י להכניסם להקדושה.
כדכ' ויתן להם ארצות גוים כו' בעבור ישמרו חוקיו כי באמת עבודת בנ"י היא רק לש"ש לברר כבוד מלכותו בכל מקום וממילא ניתן להם לנחלה. כמ"ש במ"א בפסוק וכרות עמו הברית כו'.
דקשה כפל מלת לתת. רק עיקר עבודת האבות הי' להכניס מקום ז' עממין לנחלת ה'.
וזה לתת. וממילא לתת לזרעו ג"כ.
וזה פרשנו ונתן ארצם לנחלה סתם. כל"ח.
ואח"כ נחלה לישראל עבדו. ולכן ע"י ביטול העיקר נתגרשנו מנחלתינו כדכתי' על עזבם כו' תורתי ולא הלכו בה דרשו חז"ל שלא בירכו בתורה.
והגם כי הפשוט על ברכת התורה ממש. מ"מ גם זה אמת שע"י שלא המשיכו הברכה מן התורה לכל הבריאה שהם כולם ענפים היוצאין מגוף האילן וז"ש ולא הלכו בה כמ"ש לעיל פי' ודברת בם.
שיהיו תהלוכות כל הענינים אחר התורה נמשכין וכמ"ש כח מעשיו הגיד כו' לתת להם נחלת גוים וכפי שמירת התורה כן זוכין לא"י:
Dans le Midrach: 'une langue qui guérit est un arbre de vie' (Proverbes 15,4). J'ai déjà écrit ailleurs que toutes les langues ont une attache (ahiza) dans la Torah, et c'est le sens de 'son feuillage ne se flétrit pas' (Psaumes 1,3), comme dit le Midrach sur 'et son feuillage servira de remède (litroufa)' (Ezechiel 47,12); et c'est ce à quoi ils ont fait allusion, que même la conversation profane (sihat houlin) des érudits demande étude, etc.
Or le livre du Deutéronome (Michne Torah) relevait de l'aspect de la réception (kabbala) de la Torah, car auparavant c'était l'aspect du don (netina) de la Torah; et en ces quarante années Moche notre maître fit en sorte que les paroles de la Torah pénètrent dans les cœurs des Bne Israël, que les paroles de la Torah soient aiguisées (mehoudadin) dans leur bouche, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie sur 'et tu les enseigneras à tes fils (vechinantam)' - qu'elles soient aiguisées, que tu ne begaies pas en elles. Et c'est le sens de 'Michne Torah'.
Et il est écrit 'Voici les paroles', car l'essence de la Torah est la voix (kol), et la parole (dibbour) est la conduite qui découle de la Torah, comme il est écrit dans le Zohar saint, section Vaethanan, le sens de 'et tu parleras d'elles quand tu seras assis dans ta maison' (Deutéronome 6,7) - que toutes les conduites des actions découlent à la suite de la Torah. Et cette réparation qui s'accomplit par la Torah était une préparation à l'entrée en terre d'Israël, comme il est écrit 'un puits... il la leur explicita en soixante-dix langues'.
Car de même qu'il y a soixante-dix langues, de même ces lieux des impies (rechaim) que les Bne Israël devaient faire entrer dans la sainteté, comme il est écrit 'Il leur donna les terres des nations... afin qu'ils gardent Ses lois' (Psaumes 105,44-45). Car en vérité le service des Bne Israël n'est que pour le Ciel (lechem chamayim), pour révéler la gloire de Sa royauté en tout lieu, et de soi-même cela leur fut donné en héritage.
Comme je l'ai écrit ailleurs sur le verset 'et Il conclut avec lui l'alliance... pour donner (latet)' (Nehemie 9,8), où la répétition du mot 'donner (latet)' fait difficulté. Seulement, l'essentiel du service des Patriarches (avot) était de faire entrer le lieu des sept peuples (cheva amamin) dans l'héritage de Hachem - et c'est 'donner (latet)'; et de soi-même, c'est aussi donner à sa descendance.
Et c'est ce que nous avons expliqué: 'et Il donna leur terre en héritage' de manière absolue - 'car Sa bonté est éternelle' (ki leolam hasdo, refrain du Psaume 136) - puis 'héritage à Israël Son serviteur' (Psaumes 136,21-22). C'est pourquoi, par l'annulation de l'essentiel, nous avons été chassés de notre héritage, comme il est écrit 'parce qu'ils ont abandonné...
Ma Torah et n'ont pas marche en elle' (Jérémie 9,12) - nos Sages de mémoire bénie ont interprété qu'ils ne récitèrent pas la bénédiction sur la Torah. Et bien que le sens simple porte sur la bénédiction de la Torah elle-même, néanmoins ceci aussi est vrai: parce qu'ils n'ont pas fait découler la bénédiction depuis la Torah vers toute la création - qui sont toutes des branches issues du tronc de l'arbre - c'est ce que signifie 'et ils n'ont pas marche en elle', comme dit plus haut le sens de 'et tu parleras d'elles', que les cheminements de toutes choses découlent à la suite de la Torah, et comme il est écrit 'Il à révélé la force de Ses œuvres... pour leur donner l'héritage des nations' (Psaumes 111,6); et selon l'observance de la Torah, ainsi mérite-t-on la terre d'Israël.
« Après qu'il l'eut frappé » (Devarim 1,4) : le Sfat Emet rapporte de son grand-père que, selon le sens simple, Moché put alors dire « ces paroles » aux enfants d'Israël, choses qui ne pouvaient se révéler tant que la kelipa (écorce, force d'impureté) de Si'hon et d'Og était dans le monde. D'après ces paroles, la pierre qu'Og voulut jeter, montagne de trois parsaot (lieues), est « et la pierre était grande sur la bouche du puits » : après l'avoir frappé, Moché entreprit d'expliquer la Torah. Toute l'entrée en Terre d'Israël et la construction du Temple ne sont que l'ouverture de cette bouche et des sources de la Torah. Il faut la force des trois Patriarches pour ôter la pierre.
Aussi : kelipa de Si'hon, mauvaises pensées contre les tefiline de la tête, Og contre celles de la main ; explication en soixante-dix langues pour les soixante-dix nations ; Eikha, service par les pleurs comme le Cantique par les chants.
בפסוק אחרי הכותו כו' שמעתי מפי מו"ז ז"ל שפי' הפסוק כפשוטו שאחר הכות אותן הרשעים יכול לדבר אלה הדברים לבנ"י מה שלא היו יכולין להתגלות בעוד קליפת הרשעים הי' בעולם כו'. ויתכן לפרש ע"פ דבריו ענין מ"ש חז"ל אבן שביקש עוג לזרוק על בנ"י עקר טורא בר תלתא פרסי ע"ש בפ' הרואה.
והיינו דכתי' והאבן גדולה ע"פ הבאר ולכן אחרי הכותו הואיל באר את התורה. ובאמת כל כניסת בנ"י לא"י ובנין המקדש הכל הוא פתיחת פי הבאר ומעיינות התורה שהי' נגלה בא"י ובמקדש.
כדכתיב כמגדל דוד צוארך בנוי לתלפיות פירש"י ז"ל מלשון לימוד כדכ' מלפנו מבהמות ארץ כו' שהוא אור התורה שנגלה בלשכת הגזית ובכח זה הבנין נפתח פיהן של בנ"י כמ"ש חז"ל שכל פיות פונין לשם. ולכן נק' צוארך כמו שיש באדם איברים חלוקים.
כמו כן במקומות. שהי' שם בחי' ראש וצואר ופה של כללות העולם.
ולכן היו סיחון ועוג המעכבים התגלות הקדושה. ז"ש והאבן גדולה וזה הרמז שכתבו מג' פרסאות.
שהרי צריכין כח ג' אבות להסיר זה האבן כדכ' שלשה עדדי צאן רובצים ממילא משמע שקליפת זה האבן מתעקם לג' ראשים כי זה לע"ז עשה. ולא לחנם ירא מרע"ה מכוחו של אותו רשע.
ולכן אחרי הכותו הואיל באר את התורה כנ"ל:
Sur le verset "après qu'il l'eut frappe, etc." (Deut. 1,4).
J'ai entendu de la bouche de mon grand-père, de mémoire bénie, qu'il expliqué le verset selon son sens simple : c'est après avoir frappe ces impies (Si'hon et Og) que Moché put dire "ces paroles" (elle ha-devarim) aux enfants d'Israël, choses qui ne pouvaient se révéler tant que la kelipa (écorce, force d'impureté) des impies était dans le monde, etc. On peut expliquer d'après ses paroles le propos de nos Sages : la pierre qu'Og voulut jeter sur Israël, il arracha une montagne de trois parsaot (lieues), voir au chapitre "ha-Roeh" (Berakhot 54b).
C'est le sens de "et la pierre était grande sur la bouche du puits" (Gen. 29,2), et c'est pourquoi "après qu'il l'eut frappe, il entreprit d'expliquer (béer) la Torah" (Deut.
1,5). En vérité, toute l'entrée d'Israël en Terre d'Israël et la construction du Temple ne sont que l'ouverture de la bouche du puits et des sources de la Torah, qui se révélait en Terre d'Israël et au Temple.
Comme il est écrit "comme la tour de David est ton cou, bâtie pour les armes (talpiot)" (Cant. 4,4) : Rachi explique de la racine "enseignement" (limoud), comme dans "il nous enseigne (me-alfenou) par les bêtes de la terre, etc." (Job 35,11), c'est-à-dire la lumière de la Torah qui se révélait à la Chambre de la Pierre taillée (lichkat ha-gazit, siège du Sanhédrin).
Par la force de cette construction s'ouvrit la bouche d'Israël, comme disent nos Sages que toutes les bouches se tournent vers la (le Temple). C'est pourquoi il est appelé "ton cou" : de même que l'homme à des membres distincts, de même y a-t-il des lieux où se trouvaient l'aspect de tête, de cou et de bouche de l'ensemble du monde.
C'est pourquoi Si'hon et Og étaient ceux qui empêchaient la révélation de la sainteté. C'est le sens de "et la pierre était grande" ; et c'est l'allusion de ce qu'ils ont écrit "de trois parsaot" : car il faut la force des trois Patriarches pour ôter cette pierre, comme il est écrit "trois troupeaux de brebis y étaient couches" (Gen.
29,2), d'où l'on déduit que la kelipa de cette pierre se tord en trois têtes, car celui-ci l'à faite pour l'idolâtrie (avoda zara). Et ce n'est pas en vain que Moché notre maître craignit la force de cet impie.
C'est pourquoi "après qu'il l'eut frappe, il entreprit d'expliquer la Torah", comme ci-dessus.
תרמ"ו
5646 (תרמ״ו)
בפסוק אחרי הכותו כו' כבר כ' בשם מו"ז ז"ל כי קודם איבוד אותן הרשעים לא הי' יכול לפרש אלה הדברים וביאר עוד קליפת סיחון מלך חשבון הוא מחשבות הרעות היפוך בחי' ת"ש ראש. ועוג באדרעי היפוך תש"י לשעבוד הכח והלב אליו ית' עכ"ד.
ונראה שכמו בפרט כל אדם אחר והי' כו' לאות על ידך כו' בין עיניך למען תהי' תורת ה' בפיך. שצריכין מקודם לקשור היד והמוח.
ובוודאי יש במקום הזה עיכובים שע"ז נתן לנו הקב"ה סיוע במצות התפילין. כמו כן בכלל לא הי' יכול להתגלות באור התורה שבע"פ עד שהכה מרע"ה אלה הקליפות.
וכ' עליהם כי לעולם חסדו שהם חסדים הנצרכים בכל יום לכל עובד ה'. וכ' ונקח כו' א"הא מיד שני מלכי האמורי כו' שסיחון ועוג שמרו ארץ כנען כו'.
והענין הוא כמ"ש במ"א ע"פ והאבן גדולה ע"פ הבאר שהוא האבן שביקש עוג לזרוק על מחנה ישראל כדאיתא בגמ' עקר טורא כו' והיא קליפה גדולה שמתנגד (לכלל) [*לכל] כלל מחנה ישראל דכמו דיש בנין באותיות התורה שהוא סוד א"י ובהמ"ק שזה הבנין ניתן לבנ"י לבנות. כמו כן לעומת זה אית בנינא דשיקרא והבלים.
לכן היו צריכין בנ"י לסתור מקודם אלה הבנינים שבנו הרשעים להיות מסך מבדיל שלא יכלו בנ"י לבנות באותיות התורה עד שאיבדו אלה הבנינים דתהו כנ"ל. וכמו כן ממש נמצא בכל איש ישראל איזה חלק בנין מאותיות התורה ששייך אליו רק שצריך מקודם לסתור בנין הבלים שהקדים היצה"ר שבא מקודם.
ובהסיר ההבלים וע"י תש"י וש"ר שמשעבד הגוף והמוח אז למען תהי' תורת ה' בפיך. וכמו כן הי' בכלל בנ"י כמ"ש:
Sur le verset "après qu'il l'eut frappe, etc." J'ai déjà écrit au nom de mon grand-père, de mémoire bénie, qu'avant l'anéantissement de ces impies Moché ne pouvait expliquer "ces paroles". Il expliqua encore que la kelipa de Si'hon roi de Heshbon, ce sont les mauvaises pensées, l'oppose de l'aspect des tefiline de la tête (tefiline chel roch) ; et Og à Edrei, l'oppose des tefiline de la main (tefiline chel yad), qui asservit la force et le cœur à Lui, qu'Il soit béni ; fin de ses paroles.
Il apparaît que, de même que chez chaque individu "et cela sera un signe sur ta main... entre tes yeux, afin que la Torah de l'Éternel soit dans ta bouche" (Ex. 13,9), il faut d'abord lier la main et le cerveau ; et il y a certainement en ce lieu des empêchements, contre quoi le Saint béni soit-Il nous à donné une aide par le commandement des tefiline.
De même, de façon générale, la lumière de la Torah orale (Torah che-be-al pe) ne pouvait se révéler jusqu'à ce que Moché notre maître eut frappe ces kelipot. Il est écrit à leur sujet "car sa bonté est éternelle" (Ps.
136), car ce sont des hassadim (bontés) nécessaires chaque jour à tout serviteur de l'Éternel. Il est écrit "et nous primes... alors, de la main des deux rois des Amoreens, etc." (Deut.
3,8), car Si'hon et Og gardaient la terre de Canaan, etc. Le sens est comme je l'ai écrit ailleurs sur "et la pierre était grande sur la bouche du puits" : c'est la pierre qu'Og voulut jeter sur le camp d'Israël, comme il est rapporté dans la Guemara "il arracha une montagne, etc." ; c'est une grande kelipa qui s'oppose à tout le camp d'Israël.
Car de même qu'il y a une construction dans les lettres de la Torah, c'est le secret de la Terre d'Israël et du Temple, construction donnée à Israël pour l'édifier, de même, à l'oppose, il y a une construction de mensonge et de vanités. C'est pourquoi Israël devait d'abord démolir ces constructions qu'avaient bâties les impies, qui faisaient écran séparateur empêchant Israël de bâtir dans les lettres de la Torah, jusqu'à ce qu'ils détruisirent ces constructions du tohu (chaos), comme ci-dessus.
De même exactement, il se trouve en chaque homme d'Israël une part de construction des lettres de la Torah qui lui revient, sauf qu'il faut d'abord démolir la construction des vanités que le mauvais penchant (yetser ha-ra) à établie en venant le premier. Et en ôtant les vanités, par les tefiline de la main et de la tête qui asservissent le corps et le cerveau, alors "afin que la Torah de l'Éternel soit dans ta bouche".
De même en fut-il pour l'ensemble d'Israël, comme il est dit.
תרמ"ז
5647 (תרמ״ז)
בפסוק הואיל כו' באר. בשבעים לשון פירשה להם.
וזה הי' הכנה לכבוש הע' אומות כי בוודאי יש שורש לכל אומה ע"י השר שלו ואיתא במד' לאסור מלכיהם אלו השרים שלמעלה ונכבדיהם מלכים שלמטה ע"ש [*במד' סוף שיה"ש] ומקודם כתיב רוממות אל בגרונם והיינו לכבוש השרים שלמעלה ועי"ז וחרב פיפיות בידם להרוג אותן שלמטה. וכן איתא בחרתנו מכל העמים ורוממתנו מכל הלשונות שיש לכל אומה לשון מיוחד.
וביאור הענין כמ"ש חז"ל בפסוק ה' מסיני בא שהחזיר מקודם לכל האומות כו'. וביארו ז"ל שמזה עצמו שלא קיבלו בא וזרח לישראל ע"ש ובזוה"ק.
וכמו כן דרשו במד' כאן מוכיח אד' אחרי חן ימצא ממחליק לשון ודרשו על ההפרש שבין נבואת מרע"ה כו'. והענין שכמו שיש תורה שבכתב ושבע"פ והיינו החלק שהקב"ה נותן לנו התורה.
וחלק הקבלה שבנ"י מוכנין לקבל. ובאמת ס' משנה תורה הוא על הכנה של קבלת התורה כנ"ל.
ובב' אלו לקחו בנ"י הכח משאר האומות שכביכול החזיר הקב"ה ליתן להם התורה והי' נמצא להם חלק משהו בצד הנתינה ולא זכו לזה וניתן לנו. וכמו כן עתה הוצרך ליקח מהם מה שהי' נמצא להם חלק הקבלה והוא ענין נבואתו של בלעם הרשע.
כי הנבואה הוא בחי' הדיבור ניב שפתים והיא הקבלה מה שיש להנביא כח בפיו להוציא דברי נבואה. וזה הכח ניטל מהם עתה.
וחן ימצא ממחליק לשון הוא ג"כ כנ"ל שמחליקת לשונו של אותו רשע נמצא החן למרע"ה. ולכן אחרי הכותו כו'.
שבוודאי הי' נמצא שרשים גדולים באלה המלכים סיחון ועוג ובלעם. ואחר מפלתן נמסר כל הלשונות וכחן של השרים שלמעלה ביד מרע"ה ובנ"י.
וכמ"ש ויירש זרעך כו' שער אויביו והם הע' שרים שלמעלה ובכח זה ירשו א"י שלמטה. ולכן ע"י עזיבת התורה נתגרשנו משם כמ"ש במד' איכה שם על עזבם את תורתי.
כי כל כחן של בנ"י בתורה ומצד השורש שיש לכל המקומות בתורה ירשו החלק שלמטה. וכשעזבו התורה ממילא אבדה הארץ.
וז"ש וכרות עמו כו' לתת כו'. הוא השורש בשמים שזכו האבות בזה.
אחר כך לתת לזרעו הוא חלק א"י שלמטה כנ"ל:
Sur le verset "il entreprit (hoil)... d'expliquer (béer)" (Deut. 1,5).
En soixante-dix langues il la leur expliqua. Ce fut une préparation à la conquête des soixante-dix nations, car il y a certainement une racine à chaque nation par l'intermédiaire de son ministre (sar, ange tutélaire).
Il est dit dans le Midrach "pour lier leurs rois" (Ps. 149,8), ce sont les ministres d'en haut, "et leurs nobles", les rois d'en bas, voir la (Midrach, fin du Cantique des cantiques).
Auparavant il est écrit "les louanges de Dieu sont dans leur gorge" (Ps. 149,6), c'est-à-dire pour soumettre les ministres d'en haut, et par cela "et une épée à deux tranchants dans leur main" pour tuer ceux d'en bas.
De même il est dit "tu nous as choisis parmi tous les peuples et tu nous as élèves au-dessus de toutes les langues", car chaque nation à une langue particulière. L'explication de la chose est comme disent nos Sages sur le verset "l'Éternel est venu du Sinaï" (Deut.
33,2), qu'Il proposa d'abord la Torah à toutes les nations, etc. ; et ils ont expliqué que précisément du fait qu'elles ne l'acceptèrent pas, "Il est venu et à resplendi" pour Israël, voir la et dans le saint Zohar. De même ont-ils expliqué dans le Midrach ici "celui qui reprend un homme trouvera finalement grâce, plus que celui qui flatté de la langue" (Prov.
28,23), et ils ont applique cela à la différence entre la prophétie de Moché notre maître, etc. Le sens : de même qu'il y a une Torah écrite et une Torah orale, c'est la part que le Saint béni soit-Il nous donne la Torah, et la part de la réception (kabbala) par laquelle Israël est prêt à recevoir.
En vérité le livre du Deutéronome (Michne Torah) porte sur la préparation à la réception de la Torah, comme ci-dessus. Par ces deux, Israël prit la force des autres nations : car pour ainsi dire le Saint béni soit-Il avait propose de leur donner la Torah, et il se trouvait chez elles une petite part du côté du don, mais elles n'y méritèrent pas et cela nous fut donné.
De même maintenant il fallait leur prendre ce qui se trouvait chez elles de la part de la réception, c'est le thème de la prophétie de Bileam l'impie. Car la prophétie est l'aspect de la parole, le "fruit des lèvres" (niv sefatayim), et c'est la réception : le prophète à une force dans sa bouche pour faire sortir des paroles de prophétie.
Cette force leur fut ôtée maintenant. "Et il trouvera grâce, plus que celui qui flatté de la langue" : cela aussi comme ci-dessus, de la flatterie de la langue de cet impie, la grâce se trouva pour Moché notre maître.
C'est pourquoi "après qu'il l'eut frappe, etc." Car il se trouvait certainement de grandes racines chez ces rois Si'hon, Og et Bileam ; et après leur chute, toutes les langues et la force des ministres d'en haut furent remises entre les mains de Moché et d'Israël. Comme il est écrit "et ta descendance héritera... de la porte de ses ennemis" (Gen.
22,17), ce sont les soixante-dix ministres d'en haut, et par cette force ils héritèrent de la Terre d'Israël d'en bas. C'est pourquoi, par l'abandon de la Torah, nous en fûmes chassés, comme il est dit dans le Midrach Eikha la, sur "parce qu'ils ont abandonné ma Torah" (Jer.
9,12). Car toute la force d'Israël est dans la Torah, et c'est par la racine que chaque lieu possède dans la Torah qu'ils héritèrent de la part d'en bas ; et lorsqu'ils abandonnèrent la Torah, la terre fut d'elle-même perdue.
C'est le sens de "et il conclut avec lui une alliance... pour donner..." (Neh. 9,8) : c'est la racine dans les cieux dont méritèrent les Patriarches ; ensuite "pour donner à sa descendance", c'est la part de la Terre d'Israël d'en bas, comme ci-dessus.
במדרש איכה ישבה בדד. מושיב יחידים ביתה כו' קודם שנגאלו בנ"י היו הם יחידים והשכינה יחידה וכשנגאלו נעשו הומיניא אחת וכשגלו חזרו כ"א יחידי ע"ש בפתיחתא.
והענין הוא כי מגלת איכה היא ג"כ מכלל התורה. וגם זה עדות על בנ"י כי הם עתה פלג גופא.
ובאמת אין לנו מציאות בגלות בחסרון א"י ובהמ"ק. וז"ש איכה ישבה כי כך צריך להיות בכל איש ישראל שלא ימצא לו מקום כלל בגלות.
ובכלל ישראל וודאי כך הוא. וז"ש מוציא אסירים בכושרות דרשו חז"ל בכות ושירות ע"ש.
וכמו כן בחיבורן של בנ"י עם השכינה שהגם שאנו בגלות והחיבור נפסק. מ"מ עדות היא מצד הבכי' כמו שהי' בזמן המקדש מצד השירה.
וז"ש נהפך לאבל מחולנו כמ"ש במ"א שיש עבודה עתה מצד התשוקה ורוב אבלות כמו שהי' אז בשמחה ובמחולות וזה היא מגלת איכה. כמו מגלת שיר השירים.
זה בכות וזה שירות. כמו שהיא בזיווגים שלמטה בכושרות:
Dans le Midrach : "Comment est-elle assise solitaire" (Lam. 1,1).
"Il fait habiter les solitaires dans une maison" (Ps. 68,7) : avant qu'Israël ne fut délivré, ils étaient des solitaires et la Chekhina (Présence divine) était solitaire, et lorsqu'ils furent délivrés ils devinrent une seule assemblée (homonia) ; et lorsqu'ils furent exilés, chacun redevint solitaire, voir la dans la petiha (introduction du Midrach).
Le sens est que le rouleau de Eikha (Lamentations) fait aussi partie de la Torah. Cela aussi est un témoignage sur Israël, qu'ils sont maintenant "une moitié de corps" (pelag goufa).
En vérité nous n'avons aucune existence en exil, dans le manque de la Terre d'Israël et du Temple. C'est le sens de "comment est-elle assise", car ainsi doit-il en être pour chaque homme d'Israël : qu'il ne trouve pour lui aucune place du tout en exil ; et pour l'ensemble d'Israël il en est certainement ainsi.
C'est le sens de "il fait sortir les prisonniers dans les chaînes (be-kocharot)" (Ps. 68,7) : nos Sages ont expliqué "par les pleurs et par les chants" (be-khi ve-chirot), voir la.
De même, quant à l'union d'Israël avec la Chekhina : bien que nous soyons en exil et que l'union soit interrompue, elle demeure néanmoins un témoignage du côté des pleurs, comme il en était au temps du Temple du côté du chant. C'est le sens de "notre danse s'est changée en deuil" (Lam.
5,15), comme je l'ai écrit ailleurs : qu'il y a maintenant un service (avoda) du côté du désir et de l'abondance du deuil, comme il y avait alors dans la joie et les danses ; et c'est le rouleau de Eikha, tel le rouleau du Cantique des cantiques : celui-ci par les pleurs, celui-là par les chants, comme il en est dans les unions d'ici-bas, "be-kocharot".
תרמ"ח
5648 (תרמ״ח)
במדרש התורה מתיר את הלשון כו'. דאיתא המבשרות צבא רב.
כל דיבור שיצא מפי הקב"ה נחלק לע' לשונות כפטיש יפוצץ סלע ע"ש במס' שבת. ופי' מבשרת משברת.
והכל א' כי בוודאי נמצא בכל הלשונות ניצוצי קדושה רק שהם כמו במאסר שהלשונות שמדברים בהם הבלים אין הקדושה יכולה להתגלות. ולשון הקודש הוא נבדל שזה פי' קדוש.
ולא יוכל הלשון לקבל טומאה ח"ו. ושאר הלשונות נתגאלו בניבול פיהם של הרשעים.
אכן ע"י הארת הדברות שיצאו באש להבה מפי הקב"ה נשברו כל הלשונות ונתגלו הדרך הקודש שנמצא בהם. וזה הכח נשאר לבנ"י ע"י שעוסקים בדברי תורה מתיר את הלשון כמ"ש מרפא לשון עץ חיים.
פי' הדיבור אם נתקלקל מ"מ עי"ז שעוסק בו בתורה מתרפא. כי כן הוא דרך התורה שמציל העוסקין בו וכ"כ עץ חיים היא למחזיקים בה פי' מי שמחזיק לומדי תורה שעל ידו הם עוסקים בתורה ניתוסף לו חיים.
כמו כן הלשון שמסייע להוציא דברי תורה מתרפא. ונחזור לדברינו שע"י שפי' התורה בע' לשונות נתרפאו הלשונות.
וזהו ענין משנה תורה. דהנה נראה בפסוק שזה הי' מן התוכחה ג"כ מה שאמר לו השי"ת רב לכם סוב ההר הזה כו' ולא ניתן להם רשות להלחם עם עשו.
שהרי מקודם כתי' בואו ורשו כו'. כל שכניו פרש"י קני קניזי קדמוני.
א"כ היו ראוים לכבוש גם הר שעיר. ופרשנו במ"א כי הגם שלא נתמלא סאתם עדיין.
מ"מ אם היו בנ"י מתוקנים כראוי הי' נתמלא סאתם כי כל החשבון תלוי כפי הנהגת בנ"י ע"ש באורך. ועתה פרשנו כי אם היו נכנסין בכחו של מרע"ה בכח התורה היו גוברין על הכל.
דכתי' עלה רש פירש"י ז"ל אילו לא שלחו מרגלים לא היו צריכין לכלי זיין. ויש לתמוה וכי אח"כ גברו בכלי זיין הלא כתיב לא בחרבם ירשו ארץ כו' אך הפי' דיש גם בקדושה ב' דרכים כמ"ש במד' לאסור מלכיהם שלמטה ונכבדיהם שלמעלה ע"ש בפסוק ראה החילותי.
דקשה למדרש דכבר כתי' נתתי בידך כו' סיחון מלך כו' ואח"כ כתי' החלותי תת כו' סיחון. ומפרש דמקודם כתי' מלך שלמטה ואח"כ השורש למעלה.
והנה מקודם כתי' רוממות אל בגרונם וחרב פיפיות בידם. כנראה שהוא ב' אלו הבחי'.
רוממות אל הוא לגבור השורש שלמעלה. וחרב פיפיות הוא לעקור המלכים שלמטה וכתי' בזה בידם.
ומדרגת מרע"ה הי' בלי שום כלי זיין וחרב רק בקול תורה בלבד. ומדרגה שני' היא חרב פיפיות שהיא התורה שנתפרשה בע' לשונות ונק' פיפיות ומשנה תורה ובזה החרב גברו על המלכים שלמטה ולכן עשו דכתי' בי' ועל חרבך והידים ידי עשו לא היו יכולין להלחם עמו.
וגם בעבודת כל עובד ה' כן הוא כי מי שזוכה להיות לומד תורת ה' לשמה א"צ שום מלחמה. אבל אפילו אם יורד האדם מזו המדרגה מ"מ אמרו הפוך בה והפוך כו' מינה לא תזוע כו' וכל התיקונים ע"י היגיעה בתורה רק שאינו בהתגלות כמו לצדיק גמור.
וזה רמז משנה תורה:
Dans le Midrach : "la Torah délie la langue, etc." Car il est dit "celles qui annoncent (mevasserot) sont une grande armée" (Ps. 68,12) : chaque parole sortie de la bouche du Saint béni soit-Il se divisa en soixante-dix langues, "comme un marteau qui fait éclater le rocher" (Jer.
23,29), voir au traité Chabbat. On explique mevasseret comme "qui brise" (mechabberet).
Tout est un, car il se trouve certainement dans toutes les langues des étincelles de sainteté, sauf qu'elles sont comme emprisonnées : dans les langues par lesquelles on prononce des vanités, la sainteté ne peut se révéler. La langue sainte (lachon ha-kodech) est séparée, tel est le sens de "saint" (kadoch), et la langue ne peut recevoir d'impureté, à Dieu ne plaise.
Les autres langues furent souillées par les paroles obscènes des impies. Cependant, par l'illumination des paroles (dibberot) sorties dans un feu ardent de la bouche du Saint béni soit-Il, toutes les langues furent brisées et se révéla la voie sainte qui se trouve en elles.
Cette force demeura pour Israël, du fait qu'ils s'occupent des paroles de Torah : "elle délie la langue", comme il est dit "la guérison de la langue est un arbre de vie" (Prov. 15,4).
Explication : la parole, même si elle s'est corrompue, néanmoins par cela qu'on s'en occupe dans la Torah, elle guérit. Car telle est la voie de la Torah, qui sauve ceux qui s'y occupent ; et de même il est écrit "elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent" (Prov.
3,18) : explication, celui qui soutient les étudiants de la Torah, par qui ils s'occupent de la Torah, il lui est ajouté de la vie. De même la langue qui aide à faire sortir les paroles de Torah guérit.
Revenons à nos propos : par le fait qu'il expliqua la Torah en soixante-dix langues, les langues furent guéries. Tel est le thème du Michne Torah (Deutéronome).
Car voici, il apparaît dans le verset que ceci faisait aussi partie de la réprimande, ce que l'Éternel lui dit "assez pour vous d'avoir contourne cette montagne, etc." (Deut. 2,3), et qu'il ne leur fut pas donné permission de combattre Esav.
Car auparavant il est écrit "venez et prenez possession... tous ses voisins" : Rachi explique, le Qeni, le Qenizi et le Qadmoni (Gen. 15,19).
Donc ils étaient dignes de conquérir aussi la montagne de Séir. Nous avons expliqué ailleurs que, bien que leur mesure de faute ne fut pas encore comble, néanmoins si Israël avait été convenablement rectifie, leur mesure se serait comblée, car tout le compte dépend de la conduite d'Israël, voir la en détail.
Et maintenant nous avons expliqué que s'ils étaient entrés avec la force de Moché notre maître, par la force de la Torah, ils l'auraient emporte sur tout. Comme il est écrit "monte, prends possession" : Rachi explique, s'ils n'avaient pas envoyé d'explorateurs, ils n'auraient pas eu besoin d'armes.
On peut s'étonner : ensuite l'emportèrent-ils par les armes ? N'est-il pas écrit "ce n'est pas par leur épée qu'ils héritèrent la terre" (Ps.
44,4) ? Mais l'explication est qu'il y a aussi dans la sainteté deux voies, comme il est dit dans le Midrach "pour lier leurs rois" d'en bas "et leurs nobles" d'en haut, voir la sur le verset "vois, j'ai commence" (Deut.
2,31). Car il est difficile pour le Midrach : il est déjà écrit "j'ai livre en ta main...
Si'hon roi, etc." et ensuite il est écrit "j'ai commence à livrer... Si'hon".
Il expliqué : d'abord il est écrit le roi d'en bas, et ensuite la racine d'en haut. Or auparavant il est écrit "les louanges de Dieu dans leur gorge et une épée à deux tranchants dans leur main", ce qui montre bien ces deux aspects : "les louanges de Dieu" c'est pour vaincre la racine d'en haut, et "l'épée à deux tranchants" c'est pour déraciner les rois d'en bas, et sur cela il est écrit "dans leur main".
Le degré de Moché notre maître était sans aucune armé ni épée, seulement par la voix de la Torah seule. Le second degré est "l'épée à deux tranchants", qui est la Torah expliquée en soixante-dix langues, appelée "à deux tranchants (pifiyot)" et Michne Torah ; et par cette épée ils l'emportèrent sur les rois d'en bas.
C'est pourquoi Esav, dont il est écrit "tu vivras par ton épée" et "les mains sont les mains d'Esav" (Gen. 27,22.40), ils ne pouvaient le combattre.
De même dans le service de tout serviteur de l'Éternel : celui qui mérite d'étudier la Torah de l'Éternel pour elle-même n'à besoin d'aucune guerre. Mais même si l'homme descend de ce degré, néanmoins ils ont dit "retourne-la et retourne-la... n'en bouge pas" (Avot 5,22), et toutes les rectifications se font par l'effort dans la Torah, sauf que ce n'est pas de façon révélée comme pour le juste parfait.
Tel est le sens du Michne Torah.
תרמ"ט
5649 (תרמ״ט)
במדרש ד"א אלה הדברים רבנן אמרי אמר הקב"ה למשה כיון שקיבלו תוכחותיך צריך אתה לברכן כו' לעתיד אני אברך אתכם ע"ש. דהנה כתיב ויברך אתכם כאשר דיבר לכם.
והיכן דיבר. לכן פי' המדרש כי הקב"ה אמר למשה שיברך אותם ע"י שקיבלו התוכחה.
ויתכן לפרש כי משה רבינו ע"ה אמר יוסף עליכם משלי שקיבלו תוכחה שלי. ויברך אתכם כאשר דיבר לכם פי' התוכחות שהקב"ה מוכיח את בנ"י בתורה.
כי דברים הם דברי תוכחות. ולכן אמר הקב"ה לעתיד כשיקבלו בנ"י כל התוכחות יתברכו מפיו של הקב"ה.
והנה דברים נק' ד' תוכחות היינו כשעושין רושם ונפשות בנ"י נמשכו אחר הדברים אז נקראו דברים. ולכן אין אדם יכול לדעת זאת רק הקב"ה אמר למשה שקיבלו בנ"י התוכחות וצריכין להתברך.
ואותן הדברים של משנה תורה הם דברי תוכחות לכל הדורות כמ"ש אשר דיבר משה אל כל ישראל. ובמד' נאמנים פצעי אוהב על משה רבינו ע"ה שהוכיח את ישראל ובסוף הוסיף להן ברכה וגם תחלה מתחיל אלה הדברים ומסיים וזאת הברכה.
ונעתרות נשיקות שונא בלעם התחיל בברכה ולבסוף הכשילם ע"ש. ובאמת כל התוכחות שבתורה הוא לטובת בנ"י וכתי' בדברים לא יוסר עבד.
אבל מוסר בנ"י שנק' בנים היא בדברים. ולכן אפי' חייבי מלקות שבתורה היו בקריאה כמ"ש חז"ל בפסוק בקורת תהי' וקראו אם לא תשמע כו'.
ומסיים שם בפסוק מכות ג' ונאמנות. והוא כמ"ש נאמנים פצעי אוהב כי הם לטובה.
ואמרו חז"ל מכות נאמנות נאמנות הם בשליחותן היינו שפועלין בנפשות בנ"י להשיבן אל אביהם שבשמים. וז"ש במד' כי ה' הוגה יכול על מגן ת"ל על רוב פשעי' כו'.
פי' שלא לומר כי הם רק עונשין ונקמות כמו בגוים. רק שהם גוברים על רוב פשעי' וסופן להחזירן לבנ"י למוטב כמ"ש על כל פשעים תכסה אהבה.
והיא תוכחת מגולה מאהבה מסותרת:
Dans le Midrach, autre explication : "Ce sont les paroles (elle ha-devarim)", les rabbins disent : le Saint béni soit-Il dit à Moché, puisqu'ils ont accepté tes réprimandes, tu dois les bénir, etc. ; à l'avenir Moi Je vous bénirai, voir la. Car il est écrit "et il vous bénira comme il vous l'à dit" (Deut.
1,11) ; et où l'à-t-il dit ? C'est pourquoi le Midrach expliqué que le Saint béni soit-Il dit à Moché de les bénir, du fait qu'ils ont accepté la réprimande.
On peut expliquer que Moché notre maître dit "que l'Éternel ajoute à vous mille fois autant" (Deut. 1,11) parce qu'ils ont accepté ma réprimande.
"Et il vous bénira comme il vous l'à dit" : explication, ce sont les réprimandes par lesquelles le Saint béni soit-Il reprend Israël dans la Torah ; car ce sont des "paroles (devarim)", des paroles de réprimande. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il dit qu'à l'avenir, lorsque Israël aura accepté toutes les réprimandes, ils seront bénis de la bouche du Saint béni soit-Il.
Or "devarim" est appelé "réprimandes", c'est-à-dire lorsqu'elles laissent une empreinte et que les âmes d'Israël sont entraînées à la suite des paroles, alors elles sont appelées "devarim" (paroles marquantes). C'est pourquoi aucun homme ne peut savoir cela ; seul le Saint béni soit-Il dit à Moché qu'Israël à accepté les réprimandes et qu'ils doivent être bénis.
Ces paroles du Michne Torah sont des paroles de réprimande pour toutes les générations, comme il est écrit "que Moché dit à tout Israël" (Deut. 1,1).
Dans le Midrach : "fidèles sont les blessures de celui qui aime" (Prov. 27,6), sur Moché notre maître qui reprit Israël et à la fin y ajouta une bénédiction ; et de plus au début il commence "ce sont les paroles" et il termine "et voici la bénédiction" (Deut.
33,1). "Et trompeurs sont les baisers de celui qui hait" : Bileam commença par une bénédiction et finit par les faire trébucher, voir la.
En vérité toutes les réprimandes de la Torah sont pour le bien d'Israël ; il est écrit "par des paroles un esclave ne se corrige pas" (Prov. 29,19), mais la correction d'Israël, appelés "fils", se fait par des paroles.
C'est pourquoi même ceux qui sont passibles de flagellation dans la Torah, cela se faisait par une lecture proclamée, comme disent nos Sages sur le verset "il y aura une enquête (bikkoret)... et on lira (ve-kar'où) si tu n'écoutes pas, etc." Il termine la sur le verset par "des coups au nombre de trois et fidèles". C'est comme il est dit "fidèles sont les blessures de celui qui aime", car elles sont pour le bien.
Nos Sages ont dit : "des coups fidèles", ils sont fidèles dans leur mission, c'est-à-dire qu'ils agissent sur les âmes d'Israël pour les ramener à leur Père céleste. C'est le sens du Midrach "car l'Éternel affligé" : on pourrait croire que c'est sans raison, l'enseignement dit "à cause de l'abondance de ses transgressions, etc." Explication : il ne faut pas dire qu'elles ne sont que châtiments et vengeances comme chez les nations, mais qu'elles l'emportent sur l'abondance des transgressions et finissent par ramener Israël vers le bien, comme il est écrit "sur toutes les fautes l'amour couvre" (Prov.
10,12). C'est une réprimande dévoilée issue d'un amour caché.
תר"ן
5650 (תר״ן)
ב"ה מפ' דברים ות"ב
Avec l'aide du Ciel. Fin de la paracha Devarim, et louange au Créateur (ב״ה מפ׳ דברים ות״ב).
« Moché entreprit d'expliquer la Torah » (Devarim 1,5) : « hoil » signifie qu'il commença. Pour le Sfat Emet, l'explication relève de la Torah orale et de la terre d'Israël, où le puits se déploie ; Moché fit descendre la Torah écrite depuis les cieux. Il rapporte de son grand-père que ces paroles ne s'expliquent qu'après qu'il eut battu ces kelipot (écorces) et ces impies. Moché fit le Michne Torah, union de l'orale à l'écrite, et ouvrit le puits pour que « le'emor » les paroles de la Torah orale puissent être dites ; sans cette ouverture, on n'aurait pu passer de la puissance à l'acte.
Aussi : l'exil vient du bitoul Torah, Yaakov feu et Ésaü chaume après rectification ; se cacher jusqu'au tikoun de l'alliance ; Moché « je ne suis pas un homme de paroles » mérita « Voici les paroles ».
בפסוק הואיל משה באר. התחיל.
כי הנה ביאור התורה היא בחי' תורה שבע"פ וזה הי' מיוחד לכיבוש הארץ ובחי' מרע"ה הי' שהוריד תורה שבכתב מן השמים. וביאור התורה היא בחי' א"י שמתפרשת התורה ומתפשטין נחלים מבאר התורה כפי הקדושה שנמצא בעונם.
ואמו"ז ז"ל פי' אחרי הכותו כו'. שאלה הדברים לא היו יכולין להתפרש עד אחר הכותו אלה הקליפות והרשעים כו'.
וכמו כן בוודאי הי' בכל מלכי כנען שכפי הכיבוש כך נתגלה להם באר התורה. וז"ש ונתן ארצם לנחלה.
נחלה לישראל. שהם ב' בחי' כפי כבישות הארץ כך ניתן הנחלה המיוחדת לבנ"י והוא באר התורה כנ"ל.
וז"ש וכרות עמו כו' לתת כו' לתת פעם שנית היא מתנה טובה הגנוזה בא"י שהיא בחי' תורה שבע"פ כנ"ל. אכן מרע"ה הי' המתחיל ועשה משנה תורה שהיא התחברות תורה שבע"פ אל תורה שבכתב.
ואם לא הי' הוא פותח הבאר לא היינו יכולין לסיים להוציא מכח אל הפועל. וז"ש הואיל כו' באר כו' לאמור.
שעשה פתח שיהיו נאמרים דברי תורה שבע"פ. ושוב נזכרתי שכזה כ' ג"כ בס' אוה"ח בפי' לאמור ע"ש:
Sur le verset 'Moché entreprit d'expliquer la Torah' (Deut. 1,5) : 'hoil' signifie qu'il commença.
Car voici, l'explication de la Torah relève de l'aspect de la Torah orale, et cela était propre à la conquête de la terre ; tandis que l'aspect de Moché notre maître (מרע״ה) fut de faire descendre la Torah écrite depuis les cieux. Et l'explication de la Torah relève de l'aspect de la terre d'Israël (א״י), où la Torah se déploie et où des fleuves se répandent depuis le puits de la Torah, selon la sainteté présente en leur temps.
Et mon grand-père de mémoire bénie à expliqué 'après qu'il eut battu...' (Deut. 1,4) : car ces paroles ne pouvaient être expliquées qu'après qu'il eut battu ces kelipot (écorces, forces d'impureté) et ces impies.
Et de même il en fut certainement pour tous les rois de Canaan : selon la conquête, ainsi se révélait à eux le puits de la Torah. Et c'est ce que dit 'et il donna leur terre en héritage' (Deut.
4,38) : un héritage pour Israël. Car ce sont deux aspects : selon la conquête de la terre, ainsi est donné l'héritage propre aux enfants d'Israël (בנ״י), qui est le puits de la Torah, comme ci-dessus.
Et c'est ce que dit 'et il conclut avec lui une alliance... pour donner...' (Neh. 9,8) : 'pour donner' une seconde fois, c'est le bon présent caché dans la terre d'Israël, qui est l'aspect de la Torah orale, comme ci-dessus.
Toutefois Moché notre maître fut celui qui commença, et il fit le Michne Torah (Deutéronome), qui est l'union de la Torah orale à la Torah écrite. Et s'il n'avait pas ouvert le puits, nous n'aurions pu achever de faire passer la chose de la puissance à l'acte.
Et c'est ce que dit 'il entreprit... d'expliquer... en disant (le'emor)' : car il fit une ouverture pour que soient dites les paroles de la Torah orale. Et je me suis de nouveau souvenu que de même il est écrit dans le livre Or ha-'Hayim, dans son commentaire sur 'le'emor' ; vois-y.
וכמו כן בשביל ביטול תורה נתגרשנו מארצנו כדאיתא במד' איכה ויאמר ה' על עזבם את תורתי. וע"ש עוד בפסוק כאכול קש לשון אש.
וכי קש אוכל אש אלא אש בית יעקב. קש בית עשו.
וקשה מה תירץ בזה. אך באמת כתי' והי' ב"י אש ובית יוסף להבה אח"כ ב"ע לקש.
א"כ צריכין מקודם בנ"י להיתקן להיות להם אש והתלהבות בכח יעקב ויוסף וכפי זה נעשה בית עשו לקש. שבכל קליפה יש בתוכה נקודה גנוזה כמו החטה בקש אבל כשמבררין האוכל מן הפסולת אז כמוץ אשר תדפנו רוח.
אבל ח"ו כשבנ"י מתבטלין מן התורה כתיב אמלאה החרבה וגוזל עשו ונתמלא מחורבנה של ירושלים. ואז נאמר כאכול קש.
כמ"ש ותאכלנה הפרות רעות. ותבלענה השבלים הדקות כו':
De même, c'est à cause de la négligence de la Torah (bitoul Torah) que nous avons été chassés de notre terre, comme il est enseigné dans le Midrach Eikha : 'et l'Éternel dit : c'est parce qu'ils ont abandonné Ma Torah' (Jer. 9,12).
Et vois-y encore, sur le verset 'comme le chaume est dévoré par la langue de feu' (Isaie 5,24) : le chaume dévoré-t-il donc le feu ? Mais le feu, c'est la maison de Yaakov, et le chaume, c'est la maison d'Esau.
Et il y a une difficulté : qu'à-t-il résolu par la ? Mais en vérité il est écrit : 'et la maison de Yaakov (ב״י) sera un feu, et la maison de Joseph une flamme', et ensuite 'la maison d'Esau (ב״ע) sera du chaume' (Abdias 1,18).
Ainsi les enfants d'Israël doivent d'abord se rectifier pour avoir en eux le feu et l'ardeur par la force de Yaakov et de Joseph ; et selon cela la maison d'Esau devient du chaume. Car en toute kelipa il y a en son sein un point caché, comme le grain de blé dans le chaume ; mais lorsqu'on sépare le comestible des déchets, alors le reste est 'comme la bale que le vent dispersé' (Ps.
1,4). Mais, à Dieu ne plaise, quand les enfants d'Israël se détournent de la Torah, il est écrit 'je me remplirai de la ville ruinée' (Ezech.
26,2) : Esau pillé et se remplit de la ruine de Jérusalem. Et alors il est dit 'comme le chaume est dévoré', comme il est écrit 'et les vaches maigres dévorèrent les grasses' et 'les épis maigres engloutirent les beaux' (Gen.
41,4.7).
בפסוק רב לכם סוב כו' פנו לכם צפונה. ובמד' הצפינו עצמיכם כו' כי כל זמן שזרע עשו ועמלק בעולם א"י להתגלות קדושת שמו ית' בפרהסי' כמ"ש ז"ל שנשבע הקב"ה שאין שמו שלם עד שימחה זרעו של עמלק ולכן צריך להיות הכל בהעלם והסתר עד מדרך כף רגל הוא כשיהי' תיקון השלם כי עשו הכח שלו הולך עד סוף כל הדורות כמ"ש ז"ל שנק' חזיר שעתיד להחזיר המלוכה למלך מלכי המלכים.
ועיקר הכח שלו הוא בסוף כדאיתא וידו אוחזת בעקב עשו. וזה הי' המלחמה עם השר ויגע בכף ירכו שהוא מקום המיוחד לכחו של עשו כדאיתא בזוה"ק האוכל בת"ב כאילו אכל גיד הנשה ע"ש.
והיינו שיש לו בנפש מקום מיוחד. וכמו כן בזמן.
וכמו כן במקום הר הזה של שעיר. וכשבנ"י יתקנו בחי' הברית קודש כראוי אז הוא מדרך כף רגל ויהי' בית עשו לקש.
ולכן צריכין עתה לזכור שנאתו של אותו רשע שהוא הי' המתחיל לערבב את בנ"י והוא האחרון כדכתי' ראשית גוים עמלק ואחריתו עדי אובד. ועתה תלוי הכל בתיקון הברית.
וכתיב זכור ה' מה הי' לנו. ואין הכוונה על מה שאירע לנו הפורעניות.
כי זה עודנו לנו. רק הפי' שאין אנו מבינים ויודעין מה אבדנו בגלות.
אבל השי"ת אשר הוא זוכר כמה מעלות היו לנו ואיך נפלנו מאיגרא רמא לבירא עמיקתא. ור"ת ה' מה הי' לנו מילה.
והיא הארת אות ברית קודש שהי' מאיר בנו שע"ז כתיב יראה כל זכורך ג"פ בשנה. ועתה הביטה כו' חרפתנו כי עתה ערלה שלטא וחפי' האי ברית.
והגם כי כל איש ישראל הוא נימול. אבל האות צריך להיות מאיר ובא.
ואז יתקיים בית יוסף להבה לשרוף כל הבלי עוה"ז. ועתה קשו של עשו גובר ומכבה הארת הברית קודש.
והשי"ת יגאלנו במהרה מתחת ידו והיתה לה' המלוכה:
Sur le verset 'Assez tournoye autour de cette montagne... tournez-vous vers le nord (tsafona)' (Deut. 2,3).
Et dans le Midrach : 'cachez-vous (hatspinou) vous-mêmes...'. Car tant que la descendance d'Esau et d'Amalek est dans le monde, il est impossible que la sainteté de Son Nom, qu'Il soit béni, se révèle publiquement, comme l'ont dit nos Sages que le Saint béni soit-Il à juré que Son Nom n'est pas complet tant que la descendance d'Amalek n'est pas effacée.
C'est pourquoi tout doit demeurer dans l'occultation et la dissimulation jusqu'au 'pas de la plante du pied' (Deut. 2,5), c'est-à-dire jusqu'au tikoun (rectification) complet ; car la force d'Esau s'étend jusqu'à la fin de toutes les générations, comme l'ont dit nos Sages qu'il est appelé 'porc' (חזיר) parce qu'il est destiné à rendre (להחזיר) la royauté au Roi des rois des rois.
Et l'essentiel de sa force est à la fin, comme il est enseigné 'sa main tenant le talon (עקב) d'Esau' (Gen. 25,26).
Et ce fut le combat avec l'ange : 'il toucha le creux de sa hanche' (Gen. 32,26), qui est le lieu propre à la force d'Esau, comme il est enseigné dans le Zohar que celui qui mange le 9 Av (ת״ב) est comme s'il mangeait le nerf sciatique (guid ha-nache) ; vois-y.
C'est-à-dire qu'il à dans l'âme un lieu particulier ; et de même dans le temps ; et de même dans le lieu, cette montagne de Séir. Et quand les enfants d'Israël rectifieront comme il convient l'aspect de l'alliance sainte (berit qodech), alors ce sera 'le pas de la plante du pied', et 'la maison d'Esau deviendra du chaume'.
C'est pourquoi il faut maintenant se souvenir de la haine de cet impie, qui fut le premier à semer la confusion parmi les enfants d'Israël et qui est aussi le dernier, comme il est écrit 'Amalek est la première des nations, mais sa fin ira jusqu'à la perdition' (Nomb. 24,20).
Et maintenant tout dépend de la rectification de l'alliance. Et il est écrit 'Souviens-Toi, Éternel, de ce qui nous est advenu' (Lam.
5,1) : l'intention n'est pas les malheurs qui nous sont arrivés, car cela, nous l'avons encore ; le sens est plutôt que nous ne comprenons ni ne savons ce que nous avons perdu dans l'exil. Mais le Nom béni soit-Il (השי״ת) se souvient, Lui, de combien de degrés élèves nous avions et comment nous sommes tombés 'd'un toit élève dans une fosse profonde'.
Et les initiales de 'ה׳ מה היה לנו' forment le mot מילה (mila, circoncision) ; et c'est l'illumination du signe de l'alliance sainte qui rayonnait en nous, au sujet de quoi il est écrit 'tout mâle chez toi paraîtra' trois fois l'an (Ex. 23,17). 'Et maintenant regarde... notre opprobre' (Lam.
5,1), car à présent le prépuce (orla) domine et recouvre cette alliance. Et bien que tout homme d'Israël soit circoncis, le signe doit rayonner et se manifester ; et alors s'accomplira 'la maison de Joseph sera une flamme' pour brûler toutes les vanités de ce monde.
Et maintenant le chaume d'Esau l'emporte et éteint l'illumination de l'alliance sainte ; et le Nom béni soit-Il nous délivrera bientôt de sa main, et 'la royauté sera à l'Éternel' (Abdias 1,21).
תרנ"ב
Année [תרנ״ב] (5652).
הואיל משה באר אה"ת כו' הואיל התחיל. והוא הפתח שפתח משה רבינו ע"ה להיות הכנה שכל בנ"י יוכלו למצוא מעין התורה.
וז"ש באר את התורה כו' לאמור. ומענין זה יש בכל הגדולים שבישראל שיש להם כח לפתוח בתורה כמ"ש ר"ש פתח כו'.
ר"א פתח כו' וזה עצמו פי' פי הבאר כי ספר דברים נק' משנה תורה והוא כמו משנה לחם בשבת שהוא התחברות תורה שבכתב לתורה שבע"פ. לחם מן השמים ולחם מן הארץ.
ולכן פי הבאר נברא בע"ש בה"ש. והנה כתי' אחרי הכותו ופי' מוז"ל כי לא [*הי'] יכול לגלות אלה הדברים לבאר את התורה עד שנאבדו אותן הרשעים.
ואמר סיחון יושב בחשבון הוא לבלבל המחשבות. ועוג באדרעי לקלקל המעשה.
ולכן יש תפילין של יד ושל ראש. ואותן הרשעים הם המתנגדים אל אלה הכוחות כו'.
והנה באמת דור המדבר נק' אנשי מלחמה שהם היו נוסעים במדברות להלחם עם הס"א כידוע. ובכח אלה המלחמות היו מוכנים לכנוס לא"י למצוא שם באר מים חיים.
וכמ"ש מאן דנצח לחויא לינסוב ברתא דמלכא. ולכן אחרי הכותו כו' התחיל באר שזכה לפי הבאר אחר המלחמה והעברת הקליפות וסט"א.
אכן בשבת שנק' יום מנוחה כל הסט"א ערקית מגרמה. ולכן נפתח פי הבאר והוא באמת כחו של מרע"ה שמתגלה בשבת קודש כדאיתא מזמור שיר ליום השבת ר"ת למשה.
ומ"מ גם השבת תלי' בימי המעשה. אחרי הכותו הוא בימי המעשה.
הואיל באר הוא בשבת. לכן בשבת א"צ תפילין שהם להעביר אותן הקליפות המעכבין התגלות המוחין וע"י התפילין והרצועות יכולין לגבור עליהם ואז מתגלה הרשימות מהקדושה שנגנזו בנפש איש ישראל כמ"ש למען תהי' תורת ה' בפיך בחי' פי' הבאר.
ובשבת קודש מעצמה ערקת הסט"א. ועיין במד' תולדות כי באר שנק' רחובות היא בחי' משנה תורה דכתי' בי' כי ירחיב ע"ש.
והוא כנ"ל שהיא בחי' השבת. ולא רבו עלי'.
דסט"א ערקית. לכן באר התורה מתרחב:
'Moché entreprit d'expliquer cette Torah...' (Deut. 1,5) : 'hoil' signifie qu'il commença.
Et c'est l'ouverture qu'ouvrit Moché notre maître, la paix sur lui, afin de préparer que tous les enfants d'Israël puissent trouver la source de la Torah. Et c'est ce que dit 'il expliqua la Torah... en disant (le'emor)'.
Et de cet ordre il y a chez tous les grands d'Israël qui ont le pouvoir d'ouvrir dans la Torah, comme il est dit 'Rabbi Chimon ouvrit (patah)...', 'Rabbi Eleazar ouvrit...'. Et c'est cela même le sens de 'la bouche du puits' (pi ha-be'er), car le livre du Deutéronome est appelé Michne Torah, et il est comme le 'double pain' (michne le'hem) du Chabbat, qui est l'union de la Torah écrite à la Torah orale : le pain du ciel et le pain de la terre.
C'est pourquoi 'la bouche du puits' fut créée la veille du Chabbat, au crépuscule (ben ha-chemachot). Et voici, il est écrit 'après qu'il eut battu...' (Deut.
1,4), et mon grand-père de mémoire bénie à expliqué qu'il ne pouvait révéler ces paroles, pour expliquer la Torah, jusqu'à ce que ces impies aient péri. Et il dit : Si'hon habitant à Hechbon (חשבון) sert à embrouiller les pensées (mahchavot) ; et Og à Edrei (אדרעי) à corrompre l'action (jeu de mots avec dera, le bras).
C'est pourquoi il y a les tefilin de la main et de la tête ; et ces impies s'opposent à ces forces-la. Et voici, en vérité la génération du désert est appelée 'hommes de guerre', car ils voyageaient dans les déserts pour combattre le Sitra A'hra (ס״א, l'Autre Côté, force du mal), comme on sait ; et par la force de ces combats ils étaient prêts à entrer en terre d'Israël pour y trouver le puits d'eaux vives, comme il est dit : 'celui qui vainc le serpent recevra la fille du roi'.
C'est pourquoi 'après qu'il eut battu...' il commença à expliquer, car il mérita 'la bouche du puits' après le combat et l'élimination des kelipot et du Sitra A'hra (סט״א). Toutefois le Chabbat, appelé 'jour de repos', tout le Sitra A'hra fuit de lui-même ; c'est pourquoi 'la bouche du puits' s'ouvre, et c'est en vérité la force de Moché notre maître qui se révèle le saint Chabbat, comme il est enseigné : 'Mizmor chir le-yom ha-Chabbat' (Ps.
92,1), dont les initiales forment 'le-Moche' (à Moché). Et néanmoins le Chabbat lui-même dépend des jours ouvrables : 'après qu'il eut battu' correspond aux jours ouvrables, 'il entreprit d'expliquer' correspond au Chabbat.
C'est pourquoi le Chabbat on n'à pas besoin des tefilin, qui servent à écarter ces kelipot empêchant la révélation des mohin (les intellects, lumières de conscience) ; et par les tefilin et leurs lanières on peut les vaincre, et alors se révèlent les traces (rechimot) de sainteté enfouies dans l'âme de l'homme d'Israël, comme il est écrit 'afin que la Torah de l'Éternel soit dans ta bouche' (Ex. 13,9), l'aspect de 'la bouche du puits'.
Et le saint Chabbat, d'elle-même fuit le Sitra A'hra. Et vois dans le Midrach Toledot que le puits appelé 'Rehovot' (רחובות, Gen.
26,22) est l'aspect du Michne Torah, où il est écrit 'car il élargira (ki yarhiv)' ; vois-y. Et c'est comme ci-dessus, qu'il est l'aspect du Chabbat : 'et ils ne se querellèrent pas à son sujet' (Gen.
26,22), car le Sitra A'hra à fui ; c'est pourquoi le puits de la Torah s'élargit.
תרנ"ג
Année [תרנ״ג] (5653).
ב"ה מפ' דברים ות"ב
Avec l'aide du Ciel (ב״ה). De la paracha Devarim et de Ticha be-Av (ת״ב).
במדרש מוכיח אדם אחרי חן ימצא כו'. כי משה רבינו ע"ה אמר לא איש דברים אנכי ועי"ז זכה לומר אלה הדברים וזכה להיות דבר ה' בפיו להיות לו חומש מחמשה חומשי תורה.
ברוך משלם שכר טוב ליראיו. וזה עצמו שהי' מרע"ה כבד פה ולשון שכן צריך להיות שע"י התורה יפתח הפה והלשון וכ"כ לאדם מערכי לב ומה' מענה לשון לכן הגדול שבנביאים לא הי' לו מעצמו פה ולשון.
רק בכח התורה. כי הארון נשא את נושאיו כמ"ש במד' הקב"ה למעלה ממשאו.
ולכן אין התורה כמו סדר עולם הזה שכפי שלימות העושה נגמר המעשה. אבל העוסק בתורה בזה זוכה אל השלימות מרפא לשון עץ חיים שדברי תורה שנאמרים בפיו ולשונו מרפאין ומתירין את הלשון.
והנה בלעם הרשע הי' להיפוך כי הי' בו שלימות הכלי לנבואה ולבסוף לא נשאר בידו מאומה. אבל אדם ובהמה תושיע ה' כמ"ש חז"ל שערומין בדעת כאדם ומשימין עצמן כבהמה.
וזה מוכיח אדם אחרי להיות מבטל הדעת אל הקב"ה. וזה מדת בנ"י צאן מרעיתי אדם אתם שמתעלין מבחי' צאן לאדם.
ולכן מצא משה רבינו ע"ה חן לפני הקב"ה ע"י שהי' עניו מכל. וכאשר אמר לא איש דברים והקב"ה השיבו מי שם פה כו' ואנכי אהי' עם פיך.
זה באמת שכר על דיבורו שע"י שלא מצא עצמו איש דברים השיב לו הקב"ה אהי' עם פיך וזכה לומר אלה הדברים:
Dans le Midrach : 'Celui qui reprend un homme trouvera ensuite de la grâce' (Prov. 28,23).
Car Moché notre maître, la paix sur lui, dit 'je ne suis pas un homme de paroles' (Ex. 4,10), et par cela il mérita de dire 'Voici les paroles' (Deut.
1,1), et il mérita que la parole de l'Éternel soit dans sa bouche, d'avoir un livre parmi les cinq livres de la Torah. Béni soit Celui qui accorde une bonne récompense à ceux qui Le craignent.
Et cela même que Moché notre maître fut 'lourd de bouche et de langue' (Ex. 4,10) : car ainsi doit-il en être, c'est par la Torah que s'ouvrent la bouche et la langue, et de même il est écrit 'à l'homme les dispositions du cœur, mais de l'Éternel vient la réponse de la langue' (Prov.
16,1). C'est pourquoi le plus grand des prophètes n'avait pas de lui-même bouche et langue, mais seulement par la force de la Torah ; car l'arche portait ceux qui la portaient, comme il est dit dans le Midrach : le Saint béni soit-Il est au-dessus de ce qu'Il porte.
C'est pourquoi la Torah n'est pas comme l'ordre de ce monde, où l'œuvre s'accomplit selon la perfection de celui qui la fait ; mais celui qui s'occupe de la Torah, par cela même mérite la perfection : 'une langue qui guérit est un arbre de vie' (Prov. 15,4), car les paroles de Torah dites par sa bouche et sa langue guérissent et délient la langue.
Et voici, Bilaam l'impie fut l'inverse : il y avait en lui la perfection de l'instrument (keli) pour la prophétie, mais à la fin il ne lui resta rien en main. Mais 'homme et bête Tu sauvés, Éternel' (Ps.
36,7), comme l'ont dit nos Sages : ce sont ceux qui sont ruses en savoir comme l'homme (adam) et se font humbles comme la bête. Et c'est le sens de 'celui qui reprend un homme, ensuite trouve grâce' : annuler son propre savoir devant le Saint béni soit-Il.
Et c'est la mesure des enfants d'Israël : 'Vous, Mon troupeau, troupeau de Mon pâturage, vous êtes des hommes (adam)' (Ezech. 34,31), car ils s'élèvent de l'aspect de 'troupeau' à celui d'adam.
C'est pourquoi Moché notre maître trouva grâce devant le Saint béni soit-Il parce qu'il était plus humble que quiconque ; et lorsqu'il dit 'je ne suis pas un homme de paroles', le Saint béni soit-Il lui répondit 'qui a placé une bouche à l'homme...' et 'Je serai avec ta bouche' (Ex. 4,11-12).
C'est en vérité la récompense de sa parole : parce qu'il ne se trouva pas 'homme de paroles', le Saint béni soit-Il lui répondit 'Je serai avec ta bouche', et il mérita de dire 'Voici les paroles'.
איכה ישבה בדד. כי עיקר שמחת בנ"י בירושלים להיותה דבוק בשורש העליון כמ"ש שמחתי באומרים לי כו' הבנוי' כעיר שחוברה לה כו'.
ובשעת החורבן נעשה פירוד בין הדביקים. וז"ש איכה היתה לזונה קרי' נאמנה.
פי' אמונה היא המשכה. מה שירושלים היתה נמשכת ודבוקה בשורשה ועתה היתה לזונה ונכרתת מדביקות.
וכ"א במד' כי לא גלו ישראל עד שעברו ל"ו כריתות כמנין איכה. פי' כמו שיש בפרט עונות שמכריתין האדם משורשו.
כמו כן בכלל ישראל כשגברו העונות נכרת החיבור [וע"ז נאמר חלק לבם כמ"ש בזוה"ק שיש ע"ב צדיקים וע"י החטא נחלק ל"ו בארץ ול"ו מח"ל. וכמו כן יש ל"ו למטה מול ל"ו למעלה כמ"ש בגמ' סוכה בכל דור יש ל"ו צדיקים חוכי לו כו'.
וע"י החטא חלק לב"ם. וזה עיקר החורבן כי כל כחן של ישראל בזה שהם דבקים בשורש.
ולכן היו סנהדרין כחצי גורן עגולה כמו שכ' במ"א]:
'Comment est-elle assise solitaire' (Lam. 1,1).
Car l'essentiel de la joie des enfants d'Israël à Jérusalem tient à ce qu'elle est attachée à la racine supérieure, comme il est écrit 'je me suis réjoui quand on m'à dit... [Jérusalem] bâtie comme une ville unie en elle-même' (Ps.
122,1.3). Et au moment de la destruction se produisit une séparation entre ce qui était uni.
Et c'est ce que dit 'comment est-elle devenue prostituée, la cité fidèle' (Isaie 1,21). Explication : la fidélité (emouna) est une continuité d'attirance (hamchakha), ce par quoi Jérusalem était tirée et attachée à sa racine ; et maintenant elle est devenue 'prostituée' et retranchée de l'attachement (deveqout).
Et il est dit dans le Midrach qu'Israël ne fut exilé qu'après avoir transgressé 36 (ל״ו) interdits punis de retranchement (karet), selon la valeur numérique de 'Eikha' (איכה = 36). Explication : de même que, chez l'individu, il y a des fautes qui retranchent l'homme de sa racine, de même pour l'ensemble d'Israël : quand les fautes l'emportèrent, l'union fut retranchée.
[Et à ce sujet il est dit 'leur cœur s'est divise (halaq libam)' (Osée 10,2), comme il est écrit dans le Zohar qu'il y a 72 (ע״ב) justes, et par la faute ils furent divisés : 36 en terre d'Israël et 36 hors de la terre (מח״ל) ; et de même il y a 36 en bas face à 36 en haut, comme il est dit dans le Talmud (traité Souka) qu'en chaque génération il y a 36 justes qui accueillent le visage de la Chekhina (allusion à 'lo' = 36). Et par la faute 'leur cœur se divisa' (לב״ם).
Et c'est l'essentiel de la destruction, car toute la force d'Israël réside en ceci qu'ils sont attachés à la racine ; c'est pourquoi le Sanhédrin siégeait en demi-cercle, comme une aire arrondie, ainsi qu'il est écrit ailleurs.]
והנה ת' באב יום מיוחד לפורעניות כמ"ש בזוה"ק וישלח ששס"ה ימים נגד שס"ה ל"ת ובכל יום שליט מלאך מיוחד. ובט"ב שולט שרו של עשו הוא שטן הוא מה"מ ואומר כי האוכל בט"ב כאלו אכל גיד הנשה ע"ש.
דרמ"ח מ"ע הם אורות הנמשכים אל האדם ושס"ה ל"ת נגד הגידין להסיר המסך המבדיל שלא לעכב המשכות החיות מרמ"ח לכל הגוף. וזה הגיד קשה לנקות הפסולת ממנו ע"כ לא יאכלו בנ"י גיד הנשה שהמשכה נעשה ע"י מלאכים וזה המלאך מעכב.
ולכן שבת דוחה ט"ב כי אין ההנהגה בשבת ע"י מלאכים. ולכן ברכת ה' כו' תעשיר דרשו על שבת ולא יוסף עצב זה האבל.
פי' אבילות היא רק במדרגות תחתונות כנ"ל. והשבת שאין השפע בא ע"י מדרגות תחתונות ממילא אין אבילות.
וכן בענין רמ"ח ושס"ה שהם ב' מדרגות אברים וגידים כמ"ש שם בזוהר. אבל בשבת זכור ושמור בדיבור א' נאמרו.
כי בשבת מ"ע ומל"ת באחדות ושולט בו שם ישראל. והמלחמה של יעקב עם השר הי' רק בחי' ימי המעשה בשם יעקב.
אבל בשם ישראל כתי' כי שרית כו' ובת"ב נתקיים בצלעי שמחו כמ"ש צולע על ירכו ולכן גברו הרשעים להכרית החיבור משורש שזה הגיד מעכב כמ"ש. הש"י ינחם עמו:
Et voici, le 9 Av est un jour propre aux malheurs, comme il est écrit dans le Zohar (paracha Vayichlah) que les 365 jours correspondent aux 365 interdits (ל״ת), et que chaque jour est gouverne par un ange particulier ; et le 9 Av (ט״ב) domine l'ange tutélaire d'Esau, qui est le Satan, qui est l'ange de la mort (מה״מ), et il dit que celui qui mange le 9 Av est comme s'il mangeait le nerf sciatique (guid ha-nache) ; vois-y. Car les 248 (רמ״ח) commandements positifs sont des lumières qui se déversent vers l'homme, et les 365 interdits correspondent aux tendons (guidin), servant à ôter l'écran séparateur afin de ne pas entraver l'écoulement de la vitalité des 248 vers tout le corps.
Et ce tendon-la est difficile à purifier de ses déchets ; c'est pourquoi les enfants d'Israël ne mangent pas le nerf sciatique, car l'écoulement de la vitalité se fait par le moyen des anges, et cet ange-la fait obstacle. C'est pourquoi le Chabbat repousse le 9 Av, car la conduite du monde le Chabbat ne se fait pas par le moyen des anges.
C'est pourquoi 'la bénédiction de l'Éternel, c'est elle qui enrichit' (Prov. 10,22), ils l'ont interprété au sujet du Chabbat, 'et Il n'y ajoute pas de peine (etsev)' : cela écarte le deuil.
Explication : le deuil n'est que dans les degrés inférieurs, comme ci-dessus ; et le Chabbat, où l'abondance (chefa) ne vient pas par les degrés inférieurs, de ce fait il n'y a pas de deuil. Et de même pour les 248 et les 365, qui sont deux degrés, les membres et les tendons, comme il est écrit la dans le Zohar ; mais le Chabbat, 'Souviens-toi' et 'Garde' furent dits en une seule parole, car le Chabbat le commandement positif et l'interdit (מ״ע ומל״ת) sont dans l'unité, et le nom d'Israël y domine.
Et le combat de Yaakov avec l'ange ne fut que dans l'aspect des jours ouvrables, sous le nom de Yaakov ; mais sous le nom d'Israël il est écrit 'car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes et tu l'as emporte' (Gen. 32,29).
Et le 9 Av s'accomplit 'à ma claudication ils se sont réjouis' (Ps. 35,15), comme il est écrit 'Yaakov boitant de la hanche' (Gen.
32,32) ; c'est pourquoi les impies l'emportèrent pour retrancher l'union de la racine, ce tendon faisant obstacle, comme il est dit. Que le Nom béni soit-Il console Son peuple.
תרנ"ד
Année [תרנ״ד] (5654).
בפסוק אה"ד א' דבר משה א"כ ישראל. איתא במדרשים כי התורה נחלקת לשבעה ספרים.
חצבה עמודי' שבעה. כי ויהי בנסוע הוא ספר בפ"ע.
לפי"ז נראה כי ס' דברים היא בחי' שבת ונק' משנה תורה כענין לחם משנה ושבת כל הלכותי' כפול. והענין הוא כי יש תורה שבכתב ושבע"פ בחי' לחם מן השמים ולחם מן הארץ לחמו בלחמי.
ולכן יש שיתא סדרי משנה נגד הששה ספרים שבכתב. וכמו ששת ימי המעשה שהשפע משמים נתלבש בעשי' וע"י מלאכים.
וכ' בכל יום ויהי ערב ויהי בקר והוא רמז לתורה שבכתב ושבע"פ כדאיתא בתנא דב"א בפסוק יום ליום יביע אומר זה מקרא ולילה ללילה י' דעת משנה. וכן אמרו כשלמד משה בסיני מקרא ידע שהוא יום וכשלמד משנה ידע שהוא לילה.
כי משנה הוא פירוש והתפשטות התורה בהתלבשות. כמו ימי המעשה.
ושבת מתגלה הארת תורה שבכתב בלי התלבשות לכן לא נאמר בו ערב וזה קריאת התורה בשבת. וכמו כן בס' משנה תורה שהיא התאחדות תורה שבכתב ובע"פ דבשבת מתיחדין ברזא דאחד.
ולכן כ' אשר דבר משה אל כל ישראל כי סדר משנה הי' מתחילה לאהרן. אח"כ לבניו.
אח"כ לכל ישראל. ומשנה תורה דיבר אל כל ישראל מפיו ממש בלי התלבשות.
כמו שמתגלה בשבת הנהגת הקב"ה וב"ש בעצמו בלי התלבשות. וכתיב אחרי הכותו כו'.
וכ' במ"א בשם מו"ז ז"ל כי לא הי' יכול להכניס אלה הדברים בלבות בנ"י עד א' הכותו כו'. ויתכן לרמוז לפמ"ש כי כמו קדושת שבת נחתין מקודם כל הקליפות לנוקבא דת"ר כמ"ש בזוה"ק דבע"ש קליפת נוגה רוצה לעלות אחרי' הסט"א ונפיק כוכב ומוריד אותן כו'.
וכמו כן הי' כאן קליפת סיחון ועוג קודם שנתפרש ס' משנה תורה והכה אותם משה ואח"כ אלה הדברים. ויש רמז לזה כי אלה הדברים כ' גם בשבת אלה הדברים אשר צוה ה' לעשות ע"ש בפ' ויקהל לרמוז כי ס' משנה תורה היא בחי' השבת.
וכן יש לרמוז בדברי המד' בפסוק ראה החלותי תת שאין לאומות חלק בשבת ע"ש. ולכן סיחון ועוג שרצו להתערב בזה נאבדו:
Sur le verset 'Voici les paroles (Ele ha-devarim) que Moché adressa à tout Israël' (Deut. 1,1).
Il est enseigné dans les Midrashim que la Torah se divise en sept livres, 'elle à taillé ses sept colonnes' (Prov. 9,1), car le passage 'Vayehi bi-nsoa' (Nomb.
10,35-36) constitue un livre à part entière. Selon cela il apparaît que le livre du Deutéronome est l'aspect du Chabbat, et il est appelé Michne Torah à la manière du 'double pain' (le'hem michne) ; et le Chabbat, toutes ses lois sont doubles.
Et l'idée est qu'il y a la Torah écrite et la Torah orale, aspect du 'pain du ciel' et du 'pain de la terre', 'mangez de mon pain' (Prov. 9,5).
C'est pourquoi il y a les six ordres de la Michna face aux six livres de la Torah écrite ; et comme les six jours ouvrables, où l'abondance venue du ciel se revêt dans l'action (assiya) et par le moyen des anges, et il est écrit pour chaque jour 'il y eut un soir et il y eut un matin' (Gen. 1), allusion à la Torah écrite et à la Torah orale, comme il est enseigné dans le Tanna de-be Eliyahou sur le verset 'le jour au jour profère le discours' (Ps.
19,3), c'est l'Écriture (miqra), 'et la nuit à la nuit transmet le savoir', c'est la Michna. Et de même ils ont dit : quand Moché apprenait au Sinaï l'Écriture, il savait qu'il faisait jour, et quand il apprenait la Michna, il savait qu'il faisait nuit, car la Michna est l'explication et le déploiement de la Torah dans un revêtement, comme les jours ouvrables.
Et le Chabbat se révèle l'illumination de la Torah écrite sans revêtement ; c'est pourquoi il n'y est pas dit 'soir', et c'est le sens de la lecture de la Torah le Chabbat. Et de même dans le livre du Michne Torah, qui est l'unification de la Torah écrite et orale, car le Chabbat elles s'unissent 'dans le secret de l'Un' (be-raza de-ehad).
C'est pourquoi il est écrit 'que Moché adressa à tout Israël', car l'ordre de l'enseignement se faisait d'abord à Aaron, puis à ses fils, puis à tout Israël ; mais le Michne Torah, il l'adressa à tout Israël de sa bouche même, sans revêtement, de même que se révèle le Chabbat la conduite du Saint béni soit-Il, béni soit Son nom, Lui-même, sans revêtement. Et il est écrit 'après qu'il eut battu...' ; et il est écrit ailleurs, au nom de mon grand-père de mémoire bénie, qu'il ne pouvait faire entrer ces paroles dans les cœurs des enfants d'Israël jusqu'à après qu'il les eut battus.
Et l'on peut y faire allusion selon ce qui est écrit : de même que, pour la sainteté du Chabbat, descendent d'abord toutes les kelipot vers la Noukva de l'abîme (נוקבא דת״ר), comme il est écrit dans le Zohar que la veille du Chabbat la kelipat noga veut monter, le Sitra A'hra derrière elle, et alors sort une étoile qui les fait descendre ; de même il en fut ici : la kelipa de Si'hon et Og surgit avant que fut exposé le livre du Michne Torah, et Moché les frappa, puis vint 'Voici les paroles'. Et il y a une allusion à cela : 'Ele ha-devarim' est écrit aussi à propos du Chabbat, 'Voici les paroles que l'Éternel à ordonné de faire' (Ex.
35,1) ; vois-y dans la paracha Vayaqhel, pour faire allusion à ce que le livre du Michne Torah est l'aspect du Chabbat. Et de même l'on peut faire allusion, dans les paroles du Midrach sur le verset 'vois, j'ai commence à livrer devant toi...' (Deut.
2,31), à ce que les nations n'ont pas de part au Chabbat ; vois-y. C'est pourquoi Si'hon et Og, qui voulurent s'immiscer en cela, périrent.
Dans le Midrach Tan'houma, lorsque Moché dit « je ne suis pas un homme de paroles », le Saint béni soit-Il évoque Adam, à qui furent enseignées les soixante-dix langues. Par cette bouche même, Moché dit « voici les paroles ». Le Sfat Emet rapporte que toute la force de sa parole fut dans la force de la Torah : « et Moi Je serai avec ta bouche ». Sans Torah, les langues d'Adam ne se maintinrent pas et se confondirent à la Dispersion. Le Saint béni soit-Il montra à Moché que par la réception de la Torah la faute de l'homme serait réparée ; Moché mérita d'expliquer la Torah dans les soixante-dix langues.
Aussi : les fautes d'Israël mentionnées par allusion, encore à réparer jusqu'au Machia'h, et la techouva constante ; Moché ouvre l'orifice du puits, illumination de son niveau au Chabbat ; le Deutéronome comme téfilines du bras, reproches qui rapprochent le cœur
במדרש תנחומא כשאמר מרע"ה לא איש דברים אמר הקב"ה אדם הראשון מי למדו ע' לשון כו' ע"ש הפה שאמר לא א' דברים אמר אלה הדברים וכן במד"ר משזכה לתורה אלה הדברים. כי הקב"ה עשה שיהי' כל כח דיבורו של משה רבינו ע"ה בכח התורה כדכ' ואנכי אהי' עם פיך והוריתיך כו' וכמ"ש במד' מטות ג' מתנות בעולם כשבאין בכח התורה כו' ודורש המד' מ"ש מי שם פה לאדם פי' לאדם הראשון שהי' מדבר בע' לשון.
ומחמת שעדיין לא הי' התורה לא נתקיים בידו ונעשה תערובות ונתבלבלו הלשונות בדור הפלגה. והראה הקב"ה למשה כי בכח קבלת התורה יהי' מתוקן חטא האדם ולכן זכה משה לפרש התורה בע' לשון.
ומכח זה שאמר לא איש דברים זכה לומר אלה הדברים:
Dans le Midrach Tan'houma : lorsque Moche notre maître, sur lui la paix, dit "je ne suis pas un homme de paroles" (Exode 4,10), le Saint béni soit-Il répondit : Adam le premier homme, qui lui à enseigné les soixante-dix langues, etc. (vois la-bas).
Par la bouche même qui avait dit "je ne suis pas un homme de paroles", il dit "voici les paroles" (Deut. 1,1).
De même dans le Midrach Rabba : lorsqu'il mérita la Torah, [il dit] "voici les paroles". Car le Saint béni soit-Il fit en sorte que toute la force de la parole de Moche notre maître, sur lui la paix, fut dans la force de la Torah, comme il est écrit "et Moi Je serai avec ta bouche et Je t'enseignerai" etc.
(Exode 4,12), et comme il est dit dans le Midrach [paracha] Matot : trois dons dans le monde, lorsqu'ils viennent par la force de la Torah, etc. Et le Midrach interprète ce qui est écrit "qui a placé une bouche à l'homme" (Exode 4,11) : c'est-à-dire à Adam le premier homme, qui parlait les soixante-dix langues.
Et comme la Torah n'existait pas encore, cela ne se maintint pas entre ses mains, un mélange se produisit et les langues se confondirent lors de la génération de la Dispersion. Le Saint béni soit-Il montra à Moche que par la force de la réception de la Torah la faute de l'homme serait réparée, et c'est pourquoi Moche mérita d'expliquer la Torah dans les soixante-dix langues.
Et par cette force même, ayant dit "je ne suis pas un homme de paroles", il mérita de dire "voici les paroles".
תרנ"ו
5656 (תרנ״ו)
ברש"י הזכירן ברמז מפני כבודן של ישראל. ופי' מו"ז ז"ל לאשר גוף החטא לא הי' בזה הדור החדש רק שעדיין הי' נמצא רמז החטאים כי לא ניתקן עדיין כל חטאים הנ"ל.
לכן הזכירן ברמז. ונראה מאחר שכ' אל כל ישראל כי אותן החטאים היו פגם לכל הדורות עד ביאת משיח שיהי' תיקון גמור במהרה בימינו.
לכן צריכין לעולם לשוב על אותן החטאים. וכמ"ש כבר שזה פי' מ"ש חז"ל דור שאין בהמ"ק נבנה בימיו כאילו נחרב בימיו.
משום שאם היו מתוקנים כל החטאים שבעבורם נחרב. מיד הי' נבנה.
וכל שלא נבנה. הוכחה שעדיין לא ניתקן החטא.
ונראה דלכן אמרו חז"ל חרבן בית שני חמור לן משום שכשנבנה בית שני הי' תיקון בחטאים הקודמים שגרמו החרבן. אבל החטאים שגרם בית שני עדיין לא ניתקנו כלום לכן חמור לן כנ"ל:
Dans Rachi : il les mentionna par allusion, par égard pour l'honneur d'Israël. Mon grand-père, de mémoire bénie, expliqua : parce que le corps même de la faute n'existait plus dans cette nouvelle génération, mais qu'il subsistait encore une allusion aux fautes, car toutes ces fautes n'étaient pas encore réparées ; c'est pourquoi il les mentionna par allusion.
Et il apparaît, puisqu'il est écrit "à tout Israël" (Deut. 1,1), que ces fautes furent un dommage pour toutes les générations jusqu'à la venue du Machiah, où il y aura une réparation complète, bientôt et de nos jours.
C'est pourquoi il faut toujours revenir en techouva sur ces fautes. Et comme il à déjà été dit, tel est le sens de ce qu'ont dit nos Sages de mémoire bénie : la génération en laquelle le Temple n'est pas rebâti de ses jours, c'est comme s'il avait été détruit de ses jours.
Parce que si toutes les fautes à cause desquelles il fut détruit étaient réparées, il serait aussitôt rebâti ; et tant qu'il n'est pas rebâti, c'est la preuve que la faute n'est pas encore réparée. Et il apparaît que c'est pourquoi nos Sages de mémoire bénie ont dit que la destruction du second Temple nous est plus grave, parce que lorsque le second Temple fut bâti, il y eut réparation des fautes antérieures qui avaient cause la destruction du premier ; mais les fautes qui causèrent la destruction du second Temple n'ont pas encore été réparées du tout, c'est pourquoi elle nous est plus grave, comme ci-dessus.
בפסוק הואיל משה באר. כתבנו כבר כי מרע"ה הי' פותח פי הבאר כי כל התחלות קשות ופתיחת פי הבאר הוא במתנת עליון.
ולכן בע"ש נברא פי הבאר. והרמז כמ"ש ביום השבת יפתח.
לפי שבש"ק נגלה הארת מדרגת מרע"ה כמ"ש ז"ל לכן יש בו פתיחת פי הבאר:
Sur le verset "Moche entreprit d'expliquer la Torah" (Deut. 1,5).
Nous avons déjà écrit que Moche notre maître ouvrait l'orifice du puits, car tous les commencements sont difficiles, et l'ouverture de l'orifice du puits est un don d'en haut. C'est pourquoi l'orifice du puits fut créé la veille du Chabbat, au crépuscule de la Création.
Et l'allusion est comme il est écrit "au jour du Chabbat il s'ouvrira" (Ezechiel 46,1) : car au saint Chabbat se révèle l'illumination du niveau de Moche notre maître, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie ; c'est pourquoi il porte en lui l'ouverture de l'orifice du puits.
בפסוק לא אוכל לבדי כו' איכה אשא כו'. נראה שזה הי' שורש כל החטאים אח"כ מה שלא נמשכו אחר הנהגת מרע"ה.
וכ' רש"י באו ורשו אלו לא שלחו מרגלים לא הוצרכו לכלי זיין. וכבר כ' מזה דהלא לא בחרבם ירשו ארץ כו' אך דכ' רוממות אל בגרונם זה בחי' התורה בחי' מרע"ה כולו תורה.
וחרב פיפיות הוא בחי' התורה בעובדא והוא בחי' תורה שבע"פ כמ"ש ז"ל ב' פיות שבכתב ובע"פ. היא כח התורה שמתפשט ברמ"ח ושס"ה.
והיא בחי' עובדא. לכן כ' טוב הדבר א' דברת לעשות.
וכ"כ הדברים אשר תעשון. וזה נקרא כלי זיין.
אכן מדרגת מרע"ה הי' בחי' שבת יעשה כולו תורה ולא היו צריכין לכלי זיין. וזה שכ' ז"ל על עזבם את תורתי שלא בירכו בתורה תחלה.
כי היו צריכין לבטל הנהגה זו אל שורש התורה כמ"ש חסידים עשו תורתן קבע ומלאכתן עראי. בודאי חסידים הראשונים כל מלאכתן הי' עבודת הבורא אפי' בהיותן עוסקין במלאכה גשמיות כענין יפה ת"ת עם ד"א.
אעפ"כ צריך להיות תורתן קבע כענין ביטול ימי המעשה אל השבת:
Sur le verset "je ne puis à moi seul vous porter" etc. (Deut.
1,9), "comment porterais-je" etc. Il apparaît que telle fut la racine de toutes les fautes qui suivirent : le fait qu'ils ne se laissèrent pas entraîner à la suite de la conduite de Moche notre maître.
Rachi écrit sur "venez et prenez possession" (Deut. 1,8) : s'ils n'avaient pas envoyé les explorateurs, ils n'auraient pas eu besoin d'armes.
Et il à déjà été écrit à ce sujet que ce n'est pas par leur épée qu'ils prirent possession du pays, etc. (Psaumes 44,4), mais il est écrit "les louanges de Dieu dans leur gorge" (Psaumes 149,6) : c'est l'aspect de la Torah, l'aspect de Moche notre maître, tout entier Torah.
Et "un glaive à deux tranchants dans leur main" (ibid.) est l'aspect de la Torah dans l'acte, et c'est l'aspect de la Torah orale, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : deux bouches, l'écrite et l'orale. C'est la force de la Torah qui se déploie dans les deux cent quarante-huit membres et les trois cent soixante-cinq tendons, et c'est l'aspect de l'acte.
C'est pourquoi il est écrit "bonne est la chose que tu as dit de faire" (Deut. 1,14), et de même "les choses que vous ferez" ; et cela s'appelle des armes.
Or le niveau de Moche notre maître était l'aspect du Chabbat : tout se ferait Torah et ils n'auraient pas besoin d'armes. Et c'est ce qu'ont dit nos Sages de mémoire bénie sur "parce qu'ils ont abandonné Ma Torah" (Jérémie 9,12) : qu'ils n'ont pas béni la Torah au préalable.
Car ils devaient annuler cette conduite vers la racine de la Torah, comme il est dit : les hassidim faisaient de leur Torah leur occupation fixe et de leur travail une chose occasionnelle. Certes, les premiers hassidim, tout leur travail était service du Créateur, même lorsqu'ils s'occupaient d'un travail matériel, à la manière de "belle est l'étude de la Torah avec une occupation mondaine" (Avot 2,2).
Malgré cela, leur Torah devait être l'occupation fixe, à la manière de l'annulation des jours ouvrables devant le Chabbat.
תרנ"ז
5657 (תרנ״ז)
ב"ה לפ' דברים ות"ב
Avec l'aide du Ciel, pour la paracha Devarim, et louange au Créateur (ב״ה לפ׳ דברים ות״ב).
במדרש מרפא לשון ע"ח תורה מרפא את הלשון את מוצא לעתיד לבא ועל הנחל יעלה כו' עלהו לתרופה כו'. דכתיב אז אהפוך אל עמים שפה ברורה כו'.
דמקודם הי' כל הארץ שפה אחת אך ע"י הרשעים נחלקו לשבעים לשונות ולשון הקודש ניתן לבנ"י שהוא פנימיות מכל הלשונות ובכח התורה שניתן לבנ"י עתידין לקרב כל הלשונות כענין שאמרו יצא מן הכלל ללמד על כלל כולו יצא ומשה רבינו ע"ה כתיב בי' הואיל באר התורה בשבעים לשון וכ' הואיל התחיל כי מרע"ה שירותא ומלך המשיח סיומא כדאיתא בזוה"ק ואתחנן. ז"ש ועל הנחל יעלה על שפתו כי עץ החיים היא התורה ועל שפתו יעלו כל הלשונות.
וכ' אחרי הכותו כו' ופי' מו"ז ז"ל כי אחרי הכותו אותן הרשעים נפתח באר התורה. ויתכן שע"ז נאמר והאבן גדולה ע"פ הבאר דכ' מות וחיים ביד לשון.
כמו שיש כח בקדושה בלשון. כמו כן הרשעים ששורשן מדור הפלגה החריבו את העולם בלשונם.
והוא בחי' לשון הרע שגדול מג' עבירות כדכ' לשון מדברת גדולות. זה אבן שביקש עוג לזרוק.
כדאיתא בגמ' עקר טורא בר תלתא פרסא רומז לכח לשון הרע ששקול לג' עבירות. ונק' שלישי לישנא תליתאי.
ולכן דרשו עליו חז"ל שני רשעים שברת. שנשברו שניו.
היינו כח הפה שהי' לו:
Dans le Midrach : "la guérison de la langue est un arbre de vie" (Proverbes 15,4) - la Torah guérit la langue. Tu trouves que dans les temps à venir "sur le torrent montera tout arbre" etc.
(Ezechiel 47,12), "son feuillage servira de remède" etc. Car il est écrit "alors Je changerai la langue des peuples en une langue claire" etc.
(Sophonie 3,9) : car auparavant toute la terre était d'une seule langue, mais à cause des méchants elles se divisèrent en soixante-dix langues, et la langue sainte fut donnée aux enfants d'Israël, qui est l'intériorité de toutes les langues ; et par la force de la Torah donnée aux enfants d'Israël, ils rapprocheront à l'avenir toutes les langues, à la manière de ce qu'ils ont dit : ce qui est sorti de la règle générale pour enseigner, n'est pas sorti pour lui-même seul mais pour toute la règle. Et de Moche notre maître, sur lui la paix, il est écrit "il entreprit d'expliquer la Torah" en soixante-dix langues, et il est écrit "hoil" (il entreprit, il commença), car Moche notre maître est le commencement et le roi Machiah la conclusion, comme il est rapporté dans le saint Zohar [paracha] Vaethanan.
C'est ce qui est dit "sur le torrent montera, sur sa rive" : car l'arbre de vie est la Torah, et sur sa rive, sa lèvre, monteront toutes les langues. Et il est écrit "après qu'il eut battu Si'hon" etc.
(Deut. 1,4), et mon grand-père, de mémoire bénie, expliqua : c'est après qu'il eut battu ces méchants que s'ouvrit le puits de la Torah.
Et il se peut que ce soit à ce sujet qu'il est dit "et la pierre était grande sur l'orifice du puits" (Genèse 29,2), car il est écrit "la mort et la vie sont au pouvoir de la langue" (Proverbes 18,21) : de même qu'il y a une force de sainteté dans la langue, de même les méchants, dont la racine est la génération de la Dispersion, détruisirent le monde par leur langue. Et c'est l'aspect de la mauvaise langue, qui est plus grave que les trois transgressions cardinales, comme il est écrit "la langue qui parle avec arrogance" (Psaumes 12,4).
C'est la pierre que Og voulut lancer, comme il est rapporté dans la Guemara : il arracha une montagne de trois parasanges - cela fait allusion à la force de la mauvaise langue qui équivaut aux trois transgressions, et elle est appelée "la troisième", "la langue tierce" (Arakhin 15b). C'est pourquoi nos Sages de mémoire bénie ont interprété à son sujet "tu as brisé les dents des méchants" (Psaumes 3,8) : que ses dents furent brisées, c'est-à-dire la force de la bouche qu'il avait.
באיכה זכרה ירושלים כו' כל מחמדי' א' היו מימי קדם. כי כל המתנות שנתן לנו הקב"ה הם חקוקים בנפשות בנ"י ואין שכחה שולט בהם שהם בחי' מימי קדם למעלה מן הטבע והזמן ואין שכחה שולט בהם.
ולכן אין נשכחים לעולם. אפי' בימי הגלות.
רק שא"י להיות בהתגלות בשלימות לכן שחקו על משבתי' דרשו חז"ל על קיום השבתות ומועדים בגלות. שבזמן המקדש הי' ניכר הארת פנים של בנ"י ונפל פחד על כל העמים כדכתיב ולא יחמוד איש את כו' ארצך בעלותך כו'.
ועתה שחקו כו' אבל בפנימיות נפשות בנ"י נזכרים גם עתה כל המחמדים שהיו מימי קדם ולכן גדלה האנחה עד ירא ה' וינחמנו:
Dans les Lamentations : "Jérusalem se souvient de tous ses trésors qui furent depuis les jours antiques" (Lamentations 1,7). Car tous les dons que le Saint béni soit-Il nous à donnés sont graves dans les âmes des enfants d'Israël, et l'oubli n'à pas de prise sur eux, car ils sont l'aspect des "jours antiques", au-dessus de la nature et du temps, et l'oubli n'à pas de prise sur eux ; c'est pourquoi ils ne sont jamais oublies, même aux jours de l'exil, seulement qu'ils ne peuvent se manifester dans leur plénitude.
C'est pourquoi "ils rirent de ses cessations" - nos Sages de mémoire bénie l'ont interprété au sujet de l'observance des chabbats et des fêtes en exil. Car au temps du Temple, l'illumination du visage des enfants d'Israël était perceptible, et une crainte tombait sur tous les peuples, comme il est écrit "nul ne convoitera ta terre lorsque tu monteras te présenter" etc.
(Exode 34,24). Mais à présent "ils rirent" etc. ; cependant, dans l'intériorité des âmes des enfants d'Israël, tous les trésors qui furent depuis les jours antiques se rappellent aussi maintenant, et c'est pourquoi le gémissement s'accroît, jusqu'à ce que le Seigneur regarde et nous console.
תרנ"ח
5658 (תרנ״ח)
אה"ד א' דבר כו' בעבר הירדן כו' אלה פסל הראשונים כי כשבאו לעבר הירדן והרגישו הארת ארץ ישראל נפתחו לו מעיינות החכמה כדאיתא אין תורה כתורת א"י כמ"ש ז"ל בפסוק עמד וימודד ארץ מדד הקב"ה כל המקומות כו' וכמו שהר סיני הי' מוכן לקבלת התורה כן א"י מוכן לביאור התורה. לכן בעבר הירדן הואיל משה באר התחיל כו' כי אם הי' נכנס לגמרי לא"י הי' מבאר להם התורה ביותר.
והי' תיקון השלם. לכן ביקש מרע"ה כל כך ליכנוס לא"י כמ"ש ואתחנן כו' בעת ההוא כשנכבש מלכות סיחון ועוג אחרי הכותו כו' וכיבש עבר הירדן והתחיל לבאר התורה.
אז נשתוקק ביותר לכנוס. כמ"ש אתה החילות.
ורצה לסיים ביאור התורה בשלימות. אך לא זכינו לזה.
וזה ענין משנה תורה כמ"ש ושננתם לבניך להיות מחודדין בפיך. כמו שהוריד לנו מרע"ה התורה מן השמים.
כן התחיל עתה לבאר אותם להראות להם איך לשנות את התורה. וז"פ הדברים דברי תוכחות הנכנסים אל הלב.
דכתי' נר מצוה ותורה אור וד"ח תוכחות מוסר ביצ"מ הי' בחי' נר מצוה להיות עבדי ה' לקבל עול מלכות שמים. אח"כ אור תורה בקבלת התורה וד"ח תוכחות מוסר הוא התכלית לקבל הארת התורה בלב להתהפך לגמרי אל התורה להיות דברי תורה נבלעין בדמיו.
זהו בחי' משנה תורה ותורה שבע"פ. ובמד' נמשלו ישראל לדבורה כל מה שמסגלת מסגלת לבעלי' כו'.
כי הדבורה כל מה שאוכלת מתהפך בפי' לדבש. כן בנ"י כל מה שמקבלין בעוה"ז הכל צריך להתהפך בפיהם לעשות מזה תורה.
זה כח פיהן של בנ"י. כי הכל נברא מן התורה.
ובנ"י הם כלים למצוא בכל דבר כח התורה זה כח תורה שבעל פה. וא"י מוכן לסדר זה.
ואדם הוא מדבר ע"ש זה הכח שהוא מלשון מלכות והנהגה שבכח הדיבור יכול להפוך הכל ולברר הנהגה האמיתית. כתיב שמים מר למתוק ומתוק למר והגם שנכתב בתוכחות על עון.
מ"מ נלמוד מזה כי בכח איש ישראל להפוך מר למתוק כנ"ל:
"Voici les paroles qu'il prononça" etc. (Deut.
1,1), "au-delà du Jourdain" etc. - "voici" disqualifie les précédentes. Car lorsqu'ils arrivèrent au-delà du Jourdain et perçurent l'illumination de la terre d'Israël, les sources de la sagesse s'ouvrirent à lui, comme il est rapporté : il n'est pas de Torah comme la Torah de la terre d'Israël, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie sur le verset "il se dressa et mesura la terre" (Habacuc 3,6) : le Saint béni soit-Il mesura tous les lieux, etc.
Et de même que le mont Sinaï était préparé pour la réception de la Torah, ainsi la terre d'Israël est préparée pour l'explication de la Torah. C'est pourquoi, au-delà du Jourdain, "Moche entreprit d'expliquer", il commença, etc. : car s'il était entre entièrement en terre d'Israël, il leur aurait expliqué la Torah davantage encore, et cela aurait été la réparation complète.
C'est pourquoi Moche notre maître demanda tant à entrer en terre d'Israël, comme il est dit "et je suppliai" etc. "en ce temps-la" (Deut.
3,23) : lorsque fut conquis le royaume de Si'hon et de Og, "après qu'il eut battu" etc., et qu'il eut conquis l'au-delà du Jourdain et commence à expliquer la Torah, alors il aspira davantage à entrer, comme il est dit "toi, tu as commencé" (Deut. 3,24).
Et il voulut achever l'explication de la Torah dans sa plénitude, mais nous n'avons pas mérité cela. Et tel est le sens du Deutéronome, comme il est dit "et tu les inculqueras à tes enfants" (Deut.
6,7) - pour qu'elles soient aiguisées dans ta bouche. De même que Moche notre maître nous fit descendre la Torah des cieux, ainsi il commença à présent à les expliquer, pour leur montrer comment répéter (chanen) la Torah.
Et c'est le sens de "les paroles" : des paroles de reproches qui pénètrent dans le cœur, car il est écrit "car la mitsva est une lampe et la Torah une lumière, et les reproches instructifs sont le chemin de la vie" (Proverbes 6,23). À la sortie d'Égypte, il y eut l'aspect de la "lampe de la mitsva", pour être serviteurs du Seigneur, pour accepter le joug de la royauté des Cieux ; ensuite la "lumière de la Torah" par la réception de la Torah ; et "les reproches instructifs, chemin de la vie" sont la finalité : recevoir l'illumination de la Torah dans le cœur, se retourner entièrement vers la Torah, que les paroles de Torah soient absorbées dans son sang.
Tel est l'aspect du Deutéronome et de la Torah orale. Et dans le Midrach, Israël est comparé à l'abeille : tout ce qu'elle amassé, elle l'amassé pour son maître, etc.
Car l'abeille, tout ce qu'elle mange se transforme en miel dans sa bouche ; ainsi les enfants d'Israël, tout ce qu'ils reçoivent en ce monde doit se transformer dans leur bouche pour en faire de la Torah. Telle est la force de la bouche des enfants d'Israël, car tout fut créé à partir de la Torah, et les enfants d'Israël sont des instruments pour trouver en toute chose la force de la Torah - c'est la force de la Torah orale.
Et la terre d'Israël est préparée pour disposer cela. Et "adam" (l'homme) est appelé "medaber" (parlant) d'après cette force, qui vient du terme de royauté et de conduite : que par la force de la parole il peut tout retourner et clarifier la conduite véritable.
Il est écrit "ceux qui posent l'amer pour le doux et le doux pour l'amer" (Isaie 5,20) ; et bien que cela soit écrit parmi les reproches, au sujet de la faute, néanmoins nous en apprenons qu'il est au pouvoir de l'homme d'Israël de retourner l'amer en doux, comme ci-dessus.
בפסוק ה"א הרבה אתכם כו' ככוכבי השמים כו' ה' א"א יוסף עליכם כו' ובמדרש תוספתו של הקב"ה מרובה על העיקר. כי הנהגת הטבע היא במדה וגבול.
אבל כשזוכין להתברך משורש הברכה שלמעלה מדרך הטבע זהו בחי' תוספות והיא ברכת השבת שלמעלה ממעשה בראשית. ובנ"י יש להם ב' הבחי' מספר ואין מספר.
מספר היא בבחי' ימי המעשה לכן שש מאות אלף בחי' ששת ימי המעשה ולפי שהיו מתוקנים במספר המכוון אל השורש ז"ש הרבה אתכם הרים אתכם. ככוכבי השמים כ' רש"י ז"ל והלא לא היו רק ס"ר רק מאירים כחמה ולבנה כו'.
הרמז כנ"ל שתיקנו החלק שלמטה להיות כמו השורש. כי כל כוכב למעלה שליט על הנהגה מיוחדת בארץ.
ולפי שאתם ככוכבי השמים לכן מוכנים אתם לקבל הברכה ותוספות מלמעלה שהיא בחי' השבת למעלה מהנהגת הטבע והמנין. לכן אמר בזה ה' אלקי אבותיכם שהיא מדרגה עליונה ביותר.
כמ"ש בש"ק והאכלתיך נחלת יעקב. נחלה בלי מצרים.
כי כל המצרים הם רק למטה ולא בהתגלות השורש שלמעלה כנ"ל:
Sur le verset "le Seigneur votre Dieu vous à multipliés, et vous voici comme les étoiles du ciel" etc. (Deut.
1,10), "que le Seigneur, le Dieu de vos pères, ajoute sur vous" etc. (Deut.
1,11). Et dans le Midrach : l'ajout du Saint béni soit-Il est plus grand que le principal.
Car la conduite de la nature est dans la mesure et la limite ; mais lorsqu'on mérite d'être béni depuis la racine de la bénédiction qui est au-dessus de la voie de la nature, c'est l'aspect du "surplus", et c'est la bénédiction du Chabbat qui est au-dessus de l'œuvre de la Création. Et les enfants d'Israël possèdent les deux aspects : le nombre et l'innombrable.
Le nombre relève de l'aspect des jours ouvrables, c'est pourquoi les six cent mille relèvent de l'aspect des six jours ouvrables ; et parce qu'ils étaient réparés dans le nombre ajuste vers la racine, c'est ce qui est dit "il vous à multipliés, il vous à élèves". "Comme les étoiles du ciel", Rachi de mémoire bénie écrit : n'étaient-ils pas seulement six cent mille ?
Mais ils sont éclairant comme le soleil et la lune, etc. L'allusion est comme ci-dessus : qu'ils réparèrent la part d'en bas pour qu'elle fut comme la racine.
Car chaque étoile en haut régit une conduite particulière sur la terre ; et parce que vous êtes comme les étoiles du ciel, vous êtes donc prêts à recevoir la bénédiction et le surplus d'en haut, qui est l'aspect du Chabbat, au-dessus de la conduite de la nature et du dénombrement. C'est pourquoi il dit à ce propos "le Seigneur, le Dieu de vos pères", qui est un niveau suprême entre tous, comme il est dit au sujet du saint Chabbat "et Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov" (Isaie 58,14) - un héritage sans limites, car toutes les limites ne sont qu'en bas, non dans la manifestation de la racine d'en haut, comme ci-dessus.
תרנ"ט
5659 (תרנ״ט)
אה"ד אשר דיבר כו' א' עשר יום מחורב. פי' חז"ל והלכתם בג' ימים כ"כ היתה שכינה מתלבטת למהר להכניסכם לא"י כו'.
הענין הוא ע"פ מ"ש בזוה"ק מקץ ע"פ תוחלת ממושכה מ' לב כשהשפע בא ע"י השתנות מדרגא לדרגא מחלה לב ועץ חיים בדביקות התורה תאוה באה מיד ע"ש. וכן הי' רצונו ית' ורצון מרע"ה להיות נכנסין בכח התורה והיו נכנסין מיד כמ"ש עלה רש.
וכשלא נמשכו כראוי אחר מדריגת מרע"ה שר התורה. מזה באו כל המכשולות.
כי לא"י זוכין בנ"י בכח התורה כמ"ש חז"ל כח מעשיו הגיד כו' שלא יאמרו א"ה לסטים אתם כו'. פי' א"י למטה ע"פ הבריאה היתה לכנען ונק' א' כנען.
אבל ע"פ דרך התורה היא מיוחדת לבנ"י ולכן כפי כח התורה בבנ"י יורשין הארץ כי כל העולם נברא בכח התורה. כמ"ש בראשית כו' בשביל התורה שנק' ראשית.
וכל הטבע משועבד אל התורה ואז מה שקנה עבד קנה רבו. ולכן ארץ כנען הוסב לבנ"י בכח התורה.
אכן יש בתורה כמה מדרגות זו למעלה מזו. וכמו כן בארץ ישראל יש כמה בחי' וכפי כח התורה שיש לבנ"י כך נכנסין לא"י.
וז"ש אלה הדברים פסל את הראשונים כי משנה תורה היא מדרגה למטה מתורה הקדומה. וכמ"ש משה קבל תורה ומסרה ליהישע וכן כל הפרשה מדבר מזה שאמר לא אוכל לבדי כו' ומינה להם שרים ולא נמשכו אחר הנהגת מרע"ה עצם התורה רק ע"י השתנות.
וכ"כ באר כו' התורה. בשבעים לשון פירש להם.
ובמד' מרפא לשון ע"ח כו' התורה מרפאת הלשון כו' אך מרע"ה רצה שיתדבקו בעץ החיים ממש. וכ' איכה אשא לבדי.
ושם כתי' איכה היתה לזונה קרי' נאמנה. וב' אלו ענין א' הם.
כמו בבחי' נפש לא זכו להימשך אחר מדרגת מרע"ה. כן בכניסתם לא"י שנק' קרי' נאמנה פי' כמ"ש כעיר שחוברה לה.
שירושלים למטה מכוון נגד ירושלים שלמעלה. וע"י החטא נפסק זה הדביקות ונק' זונה.
עד שגרם החטא לבחי' איכה ישבה בדד שנכרת מן השורש כמו שרמז במד' איכה ל"ו כריתות ע"ש. וכמו שנתגרשנו מא"י ע"י עזיבת התורה כמ"ש על עזבם את תורתי.
כמו כן ע"י עסק התורה נזכה לחזור לא"י והכל בכח התורה ובאמת גם הגלות וכל עונשין של בנ"י ע"פ התורה. ובפסיקתא איתא משל לבן המלך שעשה לו מנייק של זהב בראשו וכשלא עשה רצון אביו עשאו לו כבלים ברגליו כן נתהפך כ"ב אותיות התורה לקינות ע"ש.
והוא כנ"ל שגם העונשין שלנו ע"י התורה ובזה יש לנו להחזיק לשוב אליו בכח התורה. כתיב גם כי אלך בגיא צלמות לא אירא רע כי אתה עמדי הם כ"ב אותיות התורה.
שבטך אלו היסורין. משענתך זה התורה כ"כ במד'.
פי' כדכ' עץ חיים היא למחזיקים בה. משמע דכ' למחזיקים היינו כשאין זוכין להידבק בעץ החיים בשלימות.
אעפ"כ יכולין להתחזק בתורה לזכות לחיים. זה שבטך ומשענתך המה ינחמוני שיודעין אנו שהיסורים הם בכח התורה מזה נחמתינו:
"Voici les paroles qu'il prononça" etc., "onze jours depuis le Horeb" (Deut. 1,2).
Nos Sages de mémoire bénie ont expliqué : "et vous marcherez la distance en trois jours" - tant la Chekhina se demenait pour se hâter de vous faire entrer en terre d'Israël, etc. Le sujet repose sur ce qui est dit dans le saint Zohar [paracha] Mikets sur le verset "une espérance prolongée rend le cœur malade" (Proverbes 13,12) : lorsque l'abondance vient par un changement de degré en degré, elle rend le cœur malade ; mais "l'arbre de vie", dans l'attachement à la Torah, "le désir qui se réalise" vient aussitôt, vois la-bas.
Ainsi était la volonté du Béni soit-Il et la volonté de Moche notre maître : entrer par la force de la Torah, et ils seraient entrés aussitôt, comme il est dit "monte, prends possession" (Deut. 1,21).
Et lorsqu'ils ne se laissèrent pas entraîner comme il convient à la suite du niveau de Moche notre maître, prince de la Torah, de la vinrent tous les obstacles. Car c'est par la force de la Torah que les enfants d'Israël méritent la terre d'Israël, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie sur "la force de Ses œuvres Il à racontée, pour leur donner l'héritage des nations" (Psaumes 111,6) - pour que les nations du monde ne disent pas "vous êtes des brigands" etc.
(Rachi, Genèse 1,1). Explication : la terre d'Israël, en bas, selon la Création, appartenait à Canaan et est appelée "terre de Canaan" ; mais selon la voie de la Torah elle est réservée aux enfants d'Israël, et c'est pourquoi c'est selon la force de la Torah chez les enfants d'Israël qu'ils héritent le pays.
Car le monde entier fut créé par la force de la Torah, comme il est dit "Berechit (au commencement)" etc. - pour la Torah qui est appelée "commencement" (rechit). Et toute la nature est asservie à la Torah, et alors "ce qu'à acquis l'esclave, son maître l'à acquis".
C'est pourquoi la terre de Canaan fut transférée aux enfants d'Israël par la force de la Torah. Toutefois il y a dans la Torah plusieurs degrés, l'un au-dessus de l'autre ; et de même en terre d'Israël il y a plusieurs aspects, et selon la force de la Torah que possèdent les enfants d'Israël, ainsi entrent-ils en terre d'Israël.
Et c'est ce que dit "voici les paroles" : il à disqualifie les précédentes, car le Deutéronome est un degré inférieur à la Torah primordiale. Et comme il est dit "Moche reçut la Torah du Sinaï et la transmit à Josue" (Avot 1,1) ; et ainsi toute la paracha parle de cela, puisqu'il dit "je ne puis à moi seul" etc. et leur institua des chefs, et ils ne se laissèrent pas entraîner à la suite de la conduite de Moche notre maître, l'essence de la Torah, mais seulement par un changement.
Et de même "il expliqua la Torah" etc. - il la leur exposa en soixante-dix langues. Et dans le Midrach : "la guérison de la langue est un arbre de vie" etc., la Torah guérit la langue, etc. ; mais Moche notre maître voulait qu'ils s'attachent à l'arbre de vie lui-même.
Et il est écrit "comment porterais-je à moi seul" (Deut. 1,12), et la-bas il est écrit "comment est-elle devenue une prostituée, la cité fidèle" (Isaie 1,21).
Et ces deux versets "eikha" sont une seule et même chose : de même que, sur le plan de l'âme, ils ne méritèrent pas de se laisser entraîner à la suite du niveau de Moche notre maître, de même lors de leur entrée en terre d'Israël, qui est appelée "cité fidèle" - c'est-à-dire comme il est dit "telle une ville réunie à elle-même" (Psaumes 122,3), que la Jérusalem d'en bas est ajustée face à la Jérusalem d'en haut. Et par la faute, cet attachement fut rompu, et elle fut appelée "prostituée", jusqu'à ce que la faute entraîne l'aspect de "comment est-elle assise solitaire" (Lamentations 1,1), étant retranchée de la racine, comme le Midrach l'à suggère : dans le mot "eikha" il y a trente-six retranchements (keritot), vois la-bas.
Et de même que nous fûmes chassés de la terre d'Israël par l'abandon de la Torah, comme il est dit "parce qu'ils ont abandonné Ma Torah", de même par l'occupation de la Torah nous mériterons de revenir en terre d'Israël - et tout par la force de la Torah. Et en vérité, l'exil aussi et tous les châtiments des enfants d'Israël sont selon la Torah.
Et dans la Pessikta il est rapporté une parabole du fils du roi auquel le roi fit un collier d'or à sa tête, et lorsqu'il ne fit pas la volonté de son père, il lui en fit des entraves aux pieds ; ainsi les vingt-deux lettres de la Torah se changèrent en lamentations, vois la-bas. Et c'est comme ci-dessus : que nos châtiments aussi nous viennent par la Torah, et en cela nous avons de quoi nous fortifier pour revenir à Lui par la force de la Torah.
Il est écrit "même si je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi" (Psaumes 23,4) - ce sont les vingt-deux lettres de la Torah. "Ta verge", ce sont les souffrances ; "ton appui", c'est la Torah - ainsi est-il dans le Midrach.
Explication : comme il est écrit "elle est un arbre de vie pour ceux qui s'y agrippent" (Proverbes 3,18) ; il ressort qu'il est écrit "pour ceux qui s'y agrippent", c'est-à-dire lorsqu'on ne mérite pas de s'attacher à l'arbre de vie dans sa plénitude ; malgré cela on peut se fortifier par la Torah pour mériter la vie. Tel est "ta verge et ton appui, ce sont elles qui me consoleront" : que, sachant que les souffrances proviennent de la force de la Torah, de la vient notre consolation.
משנה תורה הוא בחי' תפילין של יד. והד' ספרים בחי' תפילין של ראש לכן יש במשנה תורה כל הנאמר בד' ספרים הקודמים כמו בתפילין של יד שכל הד' פרשיות בבית א' ולכן נק' דברים ד' תוכחות שהם מקרבין לבות בנ"י אל התורה.
כמ"ש בתש"י וקשרתם והוא נגד הלב. ותש"ר נגד המוח שהוא מדרגה שלמעלה וראו כל ע"ה כו' שם ה' נקרא עליך דרשו על תש"ר.
שכן הי' הנהגת דור המדבר בהתגלות שלא כדרך הטבע. ומשנה תורה הוא הדרך שנכנסו בנ"י לא"י.
והי' לך לאות על ידך לך לאות ולא לאחרים. וכן שמעתי מפי מו"ז ז"ל כי בנ"י קרובים יותר למשנה תורה.
ומ"מ בכח משנה תורה מתדבקין בכל התורה וקשרתם והדר והיו לטוטפות כנ"ל:
Le Deutéronome est l'aspect des téfilines du bras, et les quatre premiers livres l'aspect des téfilines de la tête. C'est pourquoi il y a dans le Deutéronome tout ce qui est dit dans les quatre livres précédents, comme dans les téfilines du bras où les quatre passages sont réunis dans un seul boîtier.
Et c'est pourquoi "Devarim" contient des paroles de reproches, qui rapprochent les cœurs des enfants d'Israël de la Torah, comme il est dit au sujet des téfilines du bras "et tu les attacheras" - et cela est face au cœur. Et les téfilines de la tête sont face au cerveau, qui est un niveau supérieur : "et tous les peuples de la terre verront que le Nom du Seigneur est proclame sur toi" etc.
(Deut. 28,10) - "le Nom du Seigneur est proclame sur toi", ils l'ont interprété au sujet des téfilines de la tête.
Car ainsi était la conduite de la génération du désert : dans la manifestation, non selon la voie de la nature. Et le Deutéronome est la voie par laquelle les enfants d'Israël entrèrent en terre d'Israël : "et cela sera pour toi un signe sur ta main" - "pour toi un signe" et non pour les autres.
Et ainsi ai-je entendu de la bouche de mon grand-père, de mémoire bénie, que les enfants d'Israël sont plus proches du Deutéronome ; et néanmoins, par la force du Deutéronome, ils s'attachent à toute la Torah : "et tu les attacheras", puis "et elles seront un fronteau entre tes yeux", comme ci-dessus.
תר"ס
5660 (תר״ס)
ב"ה מפ' דברים ות"ב
Avec l'aide du Ciel. Fin de la paracha Devarim, et louange au Créateur (ב״ה מפ׳ דברים ות״ב).
« Le Nom seul le conduit » (Devarim 32,12) : même en exil, dont il est écrit « comme elle demeure solitaire (badad) » (Eikha 1,1), « Ta main me conduit » (Tehilim 139,10), car les enfants d'Israël n'ont d'autre conduite que celle qui vient de Lui. Pour le Sfat Emet, « badad » est l'acronyme de « Dans toutes tes voies connais-Le » (Michlé 3,6) : même en exil, voie tortueuse, l'homme d'Israël doit savoir que tout est Sa conduite, et par cela « Lui redressera tes sentiers ». Le saint Chabbat est un témoignage qu'ils ne se laissent conduire qu'à la suite du Créateur, « entre Moi et les enfants d'Israël c'est un signe » (Chemot 31,17) ; c'est pourquoi le Chabbat repousse le 9 Av (Ticha beAv).
Aussi : le feu de la Torah permanent en Israël, consumant Esav comme le chaume ; le Michne Torah, double pain du Chabbat, amour et faveur d'en haut et d'en bas ; la bénédiction « mille fois », réceptacle de la bénédiction sans nombre
כ' ה' בדד ינחנו כו'. אפילו בגלות דכ' איכה ישבה בדד.
אעפ"כ גם שם ידך תנחני שאין לבנ"י הנהגה רק מאתו ית"ש. כמ"ש ואין עמו אל נכר.
בדד ר"ת בכל דרכיך דעהו. בכל אפי' בגלות שהוא דרך מעוקם.
עכ"ז איש ישראל צריך לידע כי הכל הנהגתו ית"ש. ועי"ז והוא יישר אורחותיך שכל אלה דרכים העקומים שנשתלחו בנ"י בהם סופם להתיישר.
והנה ש"ק הוא עדות ע"ז שבנ"י נמשכין רק אחר הנהגת הבורא כדכ' ביני ובין בנ"י אות היא לכן שבת דוחה ת"ב:
Il est écrit (Deut. 32,12) : 'le Nom seul le conduit', etc.
Même en exil, dont il est écrit (Lam. 1,1) 'comme elle demeure solitaire (badad)', malgré cela la aussi 'Ta main me conduit' (Ps.
139,10), car les enfants d'Israël n'ont d'autre conduite que celle qui vient de Lui, que Son Nom soit béni, comme il est écrit 'et point avec lui de dieu étranger' (Deut. 32,12). 'Badad' (solitaire) est l'acronyme de 'Dans toutes tes voies connais-Le' (bekhol derakhekha daehou, Prov.
3,6). 'Dans toutes' : même en exil, qui est une voie tortueuse. Malgré tout, l'homme d'Israël doit savoir que tout est Sa conduite, que Son Nom soit béni.
Et par cela 'et Lui redressera tes sentiers' (Prov. 3,6), car toutes ces voies tortueuses dans lesquelles les enfants d'Israël ont été envoyés finiront par se redresser.
Or le saint Chabbat est un témoignage de cela, que les enfants d'Israël ne se laissent conduire qu'à la suite de la conduite du Créateur, comme il est écrit 'entre Moi et les enfants d'Israël c'est un signe' (Ex. 31,17) ; c'est pourquoi le Chabbat repousse le 9 Av (Ticha beAv).
במדרש איכה לכן כאכול קש לשון אש וכי דרכו של קש לאכול אש. אש אוכל הקש.
אלא קש בית עשו. לשון אש בית יעקב.
שרשם כמק אלו האבות. פרחם כאבק השבטים ע"ש.
ואין מובן מה תי' על הקושיא. ונראה דבאמת אין האש יכול להתקיים על הקש ומיד נכלה.
ז"ש אכול קש לשון אש. והענין כי בנ"י נק' בית יעקב אש שהתורה שנאמר עלי' כה דברי כאש הם בקביעות בבנ"י וכדאיתא בזוה"ק אע"ג דכ' אש אוכלה הוא אתם הדבקים בה' אלקיכם.
והם הפתילה שתחת האש ואינם ניזוקין ע"ש פ' בראשית. אבל הרשעים אין אש התורה יכול להתקיים בהם.
ואפי' לשון אש שהיא איזה רשימה מן התורה שיש לכל הלשונות אחיזה בתורה ומצד זה החזיר הקב"ה התורה לע' אומות ולא יכלו לקבלה. ואפי' זה הלשון אש א"י להתקיים בבית עשו שהוא לקש ונאכל מיד האש ואין לו קיום אפי' שעה א'.
אבל בנ"י דבקים בתורה תמיד. ולזה הוכיח הנביא כשהרבינו עוונות ונסתלקה הקדושה הרי הם דומים כאכול קש כנ"ל.
שרשם כמק פרחם כאבק פי' שאין נמשכים אחר מדרגות האבות והשבטים שהיו מרכבה להקב"ה. והשכינה בקביעות.
ז"ש על עזבם את תורתי שאיש ישראל צריך להיות קבוע בתורה תמיד שע"ש זה נקרא בית יעקב אש שהוא בקביעות אצלם תמיד כנ"ל:
Dans le Midrach Eikha, sur 'c'est pourquoi, comme la langue de feu dévoré le chaume' (Isaie 5,24) : est-il donc dans la nature du chaume de dévorer le feu ? C'est le feu qui dévoré le chaume !
Mais 'le chaume', c'est la maison d'Esav ; 'la langue de feu', c'est la maison de Yaakov. 'Leur racine sera comme pourriture' (Isaie 5,24), ce sont les Patriarches ; 'leur floraison montera comme poussière', ce sont les tribus ; vois la. Et l'on ne comprend pas quelle réponse est donnée à la difficulté.
Or il semble qu'en vérité le feu ne peut subsister sur le chaume et se consume aussitôt. Tel est le sens de 'la langue de feu dévoré le chaume'.
L'idée est que les enfants d'Israël sont appelés 'maison de Yaakov', feu, car la Torah, dont il est dit 'Ma parole n'est-elle pas comme le feu' (Jer. 23,29), est fixée de façon permanente en Israël ; et comme il est dit dans le saint Zohar : bien qu'il soit écrit 'un feu dévorant est-Il' (Deut.
4,24), 'vous qui vous attachez au Nom votre Dieu (êtes vivants)' (Deut. 4,4) ; ils sont la mèche sous le feu et ne sont pas lésés ; vois la, section Berechit.
Mais chez les impies le feu de la Torah ne peut subsister. Et même 'la langue de feu', qui est une certaine empreinte de la Torah, car toutes les langues ont une prise dans la Torah, et de ce fait le Saint béni soit-Il à propose la Torah aux soixante-dix nations, mais elles n'ont pu la recevoir.
Et même cette 'langue de feu' ne peut subsister dans la maison d'Esav, qui est comme le chaume et se consume aussitôt par le feu, sans permanence, même pas une seule heure. Mais les enfants d'Israël sont attachés à la Torah en permanence.
C'est pourquoi le prophète reprocha : quand nous avons multiplie les fautes et que la sainteté s'est retirée, voici qu'ils ressemblent au chaume dévoré, comme ci-dessus. 'Leur racine comme pourriture, leur floraison comme poussière' signifie qu'ils ne se laissent plus conduire à la suite des degrés des Patriarches et des tribus, qui étaient un char (merkava) pour le Saint béni soit-Il, et la Chekhina de façon permanente. Tel est le sens de 'parce qu'ils ont abandonné Ma Torah' (Jer.
9,12), car l'homme d'Israël doit être fixe dans la Torah en permanence, en vertu de quoi il est appelé 'maison de Yaakov', feu, qui est permanent chez eux toujours, comme ci-dessus.
תרס"א-תרס"ב-תרס"ג
5661-5662-5663 (תרס״א-תרס״ב-תרס״ג)
בפסוק רב לכם שבת כו'. כי ישיבתם במדבר הי' הכנה לכיבוש הארץ.
וכמו שמנוחת השבת מאיר לאדם לימי המעשה כמו כן המנוחה שהי' לבנ"י במדבר סיני נאמר להם רב לכם הרבה זכות יש לכם כו' והי' בכוחם לירש את הארץ. שבת כמו שבת יום מנוחה כן הי' מקום המנוחה להם בהר הזה.
ואח"כ ע"י החטא נתקלקל הדבר והיו צריכים עוד להתעכב ארבעים שנה במדבר להיות ראוים לירש הארץ:
Sur le verset 'assez longtemps vous avez demeure (rav lakhem chevet)' (Deut. 1,6), etc.
Car leur séjour au désert était une préparation à la conquête du pays. De même que le repos du Chabbat illumine l'homme pour les jours d'œuvre, de même le repos que les enfants d'Israël eurent au désert du Sinaï : il leur fut dit 'rav lakhem', vous avez beaucoup de mérite, etc., et ils avaient le pouvoir d'hériter le pays. 'Chevet' (demeurer) comme 'Chabbat', jour de repos : ainsi le lieu de repos fut pour eux cette montagne.
Et ensuite, par la faute, la chose fut abîmée et ils durent encore s'attarder quarante ans au désert pour devenir dignes d'hériter le pays.
בפסוק אתם עוברים בגבול אחיכם בני עשו. איתא בילקוט יש לכם חלק בעוה"ז שהוא לעשו כי יעקב בחר לו עוה"ב ועשו עוה"ז ע"ש.
הרמז כי דור המדבר היו מוכנים להיות למעלה מן הטבע לגמרי. אמרתי אלקים אתם כו'.
ואחר החטא הוצרכו לעבור דרך עוה"ז ולכן צריכין שמירה. וע"ז מסיים המדרש ק"ו אנו שנטבענו ביניהם.
כי אותו הדור הי' להם רק העברה בעוה"ז בדרך מעבר בלבד. היו צריכין שמירה.
מכ"ש אנחנו שנטבענו תוך חשכת עוה"ז והטבע צריכין שמירה ביותר:
Sur le verset 'vous passez par la frontière de vos frères, les enfants d'Esav' (Deut. 2,4).
Il est rapporté dans le Yalkout : vous avez une part dans ce monde-ci (olam haze), qui est à Esav, car Yaakov à choisi pour lui le monde à venir (olam haba) et Esav ce monde-ci ; vois la. L'allusion : la génération du désert était prête à être entièrement au-dessus de la nature. 'J'ai dit : vous êtes des êtres divins (elokim atem)' (Ps.
82,6), etc. Et après la faute ils durent passer par ce monde-ci, et c'est pourquoi ils ont besoin de protection (chemira).
Et sur cela le Midrach conclut : à plus forte raison (kal vachomer) nous, qui sommes enfoncés parmi eux. Car cette génération-la n'avait qu'un passage dans ce monde-ci, en simple traversée, et pourtant ils avaient besoin de protection ; à plus forte raison nous, qui sommes enfoncés dans les ténèbres de ce monde-ci et de la nature, avons besoin de protection davantage encore.
ס' משנה תורה כמו משנה לחם בשבת. והם בחי' תורה שבכתב ותורה שבע"פ ואין לחם אלא תורה.
והוא בחי' התחברות בנ"י לאביהן שבשמים. כדכתי' את ה' האמרת וה' האמירך.
וכ"כ במד' מוכיח אדם אחרי שהמשיך מרע"ה התורה מן השמים לבנ"י וקירב אח"כ לבם של ישראל לשמים. וזהו הבחי' מתגלה ג"כ בש"ק הארת מרע"ה.
לכן יש בו ב' ההתקרבות. וזה שאומרים בקידוש היום ושבת קדשו באהבה וברצון הנחילנו ואח"כ פעם ב' ושבת קדשו באהבה וברצון הנחלתנו.
שהוא אהבה ורצון למעלה אל בנ"י. ואהבה ורצון בנפשות בנ"י לשמים.
וב' הבחי' כפולים. אהבה היא התשוקה כמ"ש ועלי תשוקתו ורצון הוא להתרצות אל השתוקקות שלנו לשמים.
וכן הוא למטה. אהבה התשוקה אל הבורא.
ורצון לעשות רצונו ית'. וכן איתא במד' יפה כתרצה כשאתם מתרצים לי.
וכשאני מתרצה לכם. וב' התשוקות מתעוררין בש"ק והוא מצד נשמה יתירה היורדת בשבת כמ"ש ז"ל וינפש.
נפש הוא רצון ותשוקה המתגברת בש"ק. ובאמת נק' שבת אות ביני ובין בנ"י לפי שבשבת נפתח הרצון והאהבה בנפשות בנ"י וכמו כן למעלה.
א"כ הוא אות ועדות ובוודאי בכלל ישראל מתקיים זאת אבל צריך כל איש ישראל לייגע עצמו למצוא בש"ק אהבה יתירה לשמים וכפי רוב האהבה המתעורר בנפשו כך זוכה לבחי' נשמה יתירה ואות השבת כנ"ל:
Le livre du Michne Torah (Deutéronome) est comme le double pain (michne le'hem) du Chabbat. Ils sont l'aspect (bechina) de la Torah écrite et de la Torah orale, et 'il n'est de pain que la Torah'.
Et c'est l'aspect de l'union des enfants d'Israël à leur Père céleste, comme il est écrit 'tu as fait dire au Nom... et le Nom t'à fait dire' (Deut. 26,17-18).
Et de même il est dit dans le Midrach 'celui qui reprend un homme' (Prov. 28,23) : après que Moche notre maître eut fait descendre la Torah du ciel vers les enfants d'Israël, il rapprocha ensuite le cœur d'Israël du ciel.
Et cet aspect se révèle aussi le saint Chabbat, l'illumination de Moche notre maître ; c'est pourquoi il s'y trouve les deux rapprochements. Et c'est ce que l'on dit dans le Kiddouch du jour : 'et Son saint Chabbat, avec amour et faveur, Il nous l'à donné en héritage (hinchilanou)', puis une seconde fois 'et Son saint Chabbat, avec amour et faveur Il nous l'à lègue (hinchaltanou)'.
Car c'est amour et faveur d'en haut vers les enfants d'Israël, et amour et faveur dans les âmes des enfants d'Israël vers le ciel. Et les deux aspects sont doubles.
L'amour est le désir ardent, comme il est écrit 'et vers moi est son désir' (Cant. 7,11), et la faveur (ratzon) est de consentir à notre désir ardent vers le ciel.
Et de même en bas : l'amour est le désir ardent vers le Créateur, et la faveur est de faire Sa volonté. Et de même il est dit dans le Midrach 'belle comme Tirtza' (Cant.
6,4) : quand vous consentez (mitratzim) à Moi, et quand Je consens à vous. Et les deux désirs s'éveillent le saint Chabbat, et cela grâce à l'âme supplémentaire (nechama yetera) qui descend le Chabbat, comme l'ont dit nos Sages sur 'et Il se reposa (vayinafach)' (Ex.
31,17). 'Nefech' est volonté et désir qui s'intensifie le saint Chabbat. Et en vérité le Chabbat est appelé 'un signe entre Moi et les enfants d'Israël', parce que le Chabbat s'ouvrent la volonté et l'amour dans les âmes des enfants d'Israël, et de même en haut.
Ainsi c'est un signe et un témoignage, et certes dans l'ensemble d'Israël cela s'accomplit ; mais chaque homme d'Israël doit peiner pour trouver le saint Chabbat un amour supplémentaire vers le ciel, et selon l'abondance de l'amour éveille dans son âme, ainsi il mérite l'aspect de l'âme supplémentaire et le signe du Chabbat, comme ci-dessus.
במדרש מרפא לשון עץ חיים התורה מתיר הלשון ובתנחומא אז ידלג כאיל פ' ותרון לשון אלם ע"ש. דאיתא לפי שאמר מרע"ה לא איש דברים אנכי זכה לאלה הדברים דאיתא במדה שאדם מודד מודדין לו.
מרע"ה השתוקק להיות כולו תורה זה לא איש דברים אנכי. איש דברים להיות כולו תורה.
כי כן צריך להיות אדם שנק' מדבר צריך להיות בטל כל הכוחות וציור שבו לבחי' הדיבור וכח הנשמה ואלוקית שבו. וזה שרמזו חז"ל מי אנכי כי אלך הלא אמרת ואנכי אעלך כו'.
ובאמת נתקיים הדבר במשה שנעשה כולו תורה. ושכינה מדברת מתוך גרונו וכתי' כה דברי כאש נאום ה' דרך האש כל המתקרב אצלו נהפך לאש.
וכן נעשה מרע"ה כולו תורה. ומעין זה כל העוסק בתורה מתהפך להיות בעל תורה כפי רוב העסק בתורה.
ובאמת כל הבריאה בכח התורה כמ"ש בראשית ברא הביט בתורה וברא. וכ"כ כל הנקרא בשמי ולכבודי כמ"ש חז"ל כל מה שברא הקב"ה בעולמו לא ברא אלא לכבודו אין כבוד אלא תורה שיש מכל ברי' איזה לימוד ודרך ללמוד ממנו כבודו ורצונו של הקב"ה זהו בחי' השירה שיש בכל דבר ולעתיד שיהי' מתוקן הכל ותרון לשון אלם כי מכל הלשונות יהי' מבורר כבודו ורצונו של הקב"ה.
אך עתה הלשון נאלם והגשמיות מכסה שלא יהי' ניכר הפנימיות הגנוז בו. ובכח לשון הקודש שניתן לבנ"י יהי' תיקון לכל הלשונות וכמ"ש באר את התורה בשבעים לשון.
וכן מ"ש אשר דיבר כו' במדבר בערבה כו' כל אלה המקומות היו מרוחקים מן הקדושה ומרע"ה פתח פתחים ושערי תורה גם בכל אלה המקומות מעין מה שיהי' לעתיד. ז"ש הואיל באר התחיל.
ומשיח בן דוד יהי' הגומר כמ"ש במ"א מזה:
Dans le Midrach : 'une langue qui guérit est un arbre de vie' (Prov. 15,4) : la Torah délie la langue.
Et dans le Tan'houma sur 'alors le boiteux bondira comme un cerf' (Isaie 35,6), le verset 'et la langue du muet chantera (ve-taron lechon ilem)' ; vois la. Car il est rapporté : parce que Moche notre maître dit 'je ne suis pas un homme de paroles' (Ex.
4,10), il mérita ces 'paroles' (Devarim), car il est enseigné : selon la mesure dont l'homme mesure, on mesure pour lui. Moche notre maître aspira à être entièrement Torah : tel est 'je ne suis pas un homme de paroles' ; 'homme de paroles', c'est être entièrement Torah.
Car ainsi doit être l'homme appelé 'parlant (medaber)' : toutes ses forces et représentations doivent être annulées devant l'aspect de la parole, la force de l'âme et le divin en lui. Et c'est ce à quoi ont fait allusion nos Sages : 'qui suis-je pour aller... n'as-Tu pas dit : et Moi Je te ferai monter', etc.
Et en vérité la chose s'accomplit en Moche, qui devint entièrement Torah, et la Chekhina parle du fond de sa gorge ; et il est écrit 'Ma parole n'est-elle pas comme le feu, dit le Nom' (Jer. 23,29) : par la voie du feu, tout ce qui s'en approche se change en feu.
Ainsi Moche notre maître devint entièrement Torah. Et de façon semblable, quiconque s'occupe de Torah se transforme en 'maître de Torah' selon l'abondance de son occupation dans la Torah.
Et en vérité toute la création est par la force de la Torah, comme il est dit 'au commencement Il créa' : Il regarda dans la Torah et créa. Et de même 'tout ce qui est appelé de Mon nom et pour Ma gloire (Je l'ai créé)' (Isaie 43,7), comme l'ont dit nos Sages : tout ce que le Saint béni soit-Il à créé dans Son monde, Il ne l'à créé que pour Sa gloire, et il n'est de 'gloire' que la Torah, car de chaque créature il y a quelque enseignement et quelque voie pour apprendre d'elle la gloire et la volonté du Saint béni soit-Il.
Tel est l'aspect du chant (chira) qui est en toute chose ; et dans l'avenir, quand tout sera réparé, 'la langue du muet chantera', car de toutes les langues la gloire et la volonté du Saint béni soit-Il seront rendues claires. Mais à présent la langue est muette et la matérialité recouvre, en sorte que l'intériorité cachée en elle n'est pas reconnue.
Et par la force de la langue sainte (lachon hakodech) donnée aux enfants d'Israël, il y aura une réparation pour toutes les langues, comme il est dit 'il expliqua la Torah en soixante-dix langues' (Deut. 1,5).
Et de même il est dit 'qu'il prononça... au désert, dans la plaine (Arava)', etc. : tous ces lieux étaient éloignés de la sainteté, et Moche notre maître y ouvrit des portes et des portails de Torah dans tous ces lieux, à l'image de ce qui sera dans l'avenir. Tel est le sens de 'il commença (hoil), il expliqua (be'er), il débuta'.
Et le Machiah fils de David sera celui qui achève, comme il est écrit ailleurs à ce sujet.
בפסוק ה"א הרבה אתכם כו' יוסף עליכם ככם אלף פעמים. אחז"ל זה משלי והקב"ה יברך אתכם באין מספר.
וצריכין להבין מה תועלת בברכה דאלף פעמים כיון שיהי' אין מספר. אבל הרמז כי משה רבינו ע"ה בירך אותם להיות כלי מוכן לקבל ברכת אין מספר דכתי' ה' עוז לעמו יתן ובקבלת התורה נעשו בנ"י כלי מחזיק ברכה ואז יברך את עמו בשלום.
וידוע דאחר חטא העגל נפלו בנ"י ממדרגה הראשונה לבד מרע"ה שזכה וקיבל כל הכתרים שקיבלו בנ"י. וזה שבירך אותם אלף פעמים הוא כמו שהי' קודם החטא שאח"כ נשאר להם רק א' מני אלף.
נקודה קבוע נטע הקב"ה בכל ישראל. אבל תוספות מדרגות יש בבחי' אלף פעמים שבזה יש עלי' וירידה לב"י לפי מעשיהם.
וזהו יוסף עליכם כו' אלף פעמים זה משלי הוא בחי' התורה. אלף מלשון אאלפך חכמה.
ואז ויברך אתכם כאשר דבר לכם. ומקודם כתי' הרבה אתכם כו' ככוכבי השמים ופירש"י ז"ל מאירים כשמש וכוכבים א"כ גם הוספה אלף פעמים היא בהתרוממות הדעת כנ"ל ונמצא בש"ק בחי' תוספות זה.
ולכן יש בשבת הברכה כלי מחזיק ברכה כנ"ל:
Sur le verset 'le Nom votre Dieu vous à multipliés... qu'Il ajoute sur vous, autant que vous êtes, mille fois' (Deut. 1,10-11).
Nos Sages ont dit : ceci [le milluple] est de moi, et le Saint béni soit-Il vous bénira sans nombre. Et il faut comprendre quel profit il y a à une bénédiction de mille fois, puisqu'elle sera sans nombre.
Mais l'allusion est que Moche notre maître, paix sur lui, les bénit pour qu'ils soient un réceptacle préparé à recevoir la bénédiction sans nombre, car il est écrit 'le Nom donnera force à Son peuple' (Ps. 29,11), et par la réception de la Torah les enfants d'Israël devinrent un réceptacle qui contient la bénédiction, et alors 'Il bénira Son peuple par la paix' (ibid.).
Et il est connu qu'après la faute du veau les enfants d'Israël chuterent du premier degré, hormis Moche notre maître, qui mérita et reçut toutes les couronnes que les enfants d'Israël avaient reçues. Et le fait qu'il les bénit 'mille fois' est comme c'était avant la faute, après laquelle il ne leur resta qu'un sur mille : un point fixe que le Saint béni soit-Il à planté en tout Israël.
Mais il y a des degrés supplémentaires dans l'aspect de 'mille fois', où il y a montée et descente pour les enfants d'Israël selon leurs actes. Et tel est 'qu'Il ajoute sur vous... mille fois, ceci est de moi' : c'est l'aspect de la Torah. 'Elef' (mille) de l'expression 'je t'enseignerai (aalefkha) la sagesse' (Job 33,33).
Et alors 'et qu'Il vous bénisse comme Il vous l'à dit' (Deut. 1,11).
Et auparavant il est écrit 'Il vous à multipliés... comme les étoiles du ciel' (Deut. 1,10), et Rachi de mémoire bénie à expliqué : brillant comme le soleil et les étoiles ; ainsi l'ajout de 'mille fois' est aussi dans l'élévation de la connaissance (daat), comme ci-dessus.
Et cet aspect d'ajout se trouve le saint Chabbat ; c'est pourquoi il y a le Chabbat la bénédiction, un réceptacle qui contient la bénédiction, comme ci-dessus.
תרס"ד
5664 (תרס״ד)
איתא משה רבינו ע"ה ראה אותם בשלותם אמר איכה אשא לבדי. ישעי' אמר איכה היתה לזונה כו' ירמי' אמר איכה ישבה בדד וכבר כ' מזה במ"א כי כל המכשולות שהיו אח"כ בא מזה שלא נמשכו אחר מדרגת מרע"ה.
וכתי' בנים גדלתי ורוממתי כו' ידע שור קונהו וחמור אבוס בעליו ישראל לא ידע כו'. הענין הוא כי הקב"ה הרים אותנו מכל הטבע להיות נמשך אחר ההנהגה עליונה למעלה מן ההשגה ולכן הי' דבר גדול מאוד להיות נמשך אחר זה הדרך.
אבל הכ' אומר ידע שור קנהו. כל מה דעביד הקב"ה הכל למילף מיני' חכמתא שהבהמה אין לה כלל דעת אעפ"כ נמשכת אחר המנהיג שלה.
וכמו כן מצד שהקב"ה בחר בנו וכביכול הוא עצמו מנהיג אותנו. מצד זה יכולין להימשך אחריו כבהמה אחר הרועה.
כמ"ש ואתן כו' צאן מרעיתי אדם אתם. ובאמת דור הראשון כך הי' כמ"ש משכני אחריך נרוצה.
משכני להיות נמשך מן דרך הטבע. כבהמה נמשכנו אחריך.
וזה השבח מזכירין לבנ"י תמיד לכתך אחרי במדבר כו'. איתא ישראל לא ידע לשעבר.
עמי לא התבונן להבא. כי הקב"ה אצלו עבר ועתיד שוה ויכולין בנ"י להרגיש מן העבר והעתיד ע"י שנמשכין אחריו כבהמה.
וקורין פרשה זו בין המצרים לזכור ולהשתוקק אחר מעשה אבותינו הראשונים שנמשכו אחר הקב"ה כמ"ש אלכה ואשובה אל אישי הראשון. הוא אש התלהבות הגדול שהי' לנו בראשונה להיות נמשך אחריו ולשכוח כל עוה"ז:
Il est rapporté : Moche notre maître, paix sur lui, les vit dans leur tranquillité et dit 'comment (eikha) porterai-je seul' (Deut. 1,12).
Isaie dit 'comment est-elle devenue prostituée' (Isaie 1,21), etc. Jérémie dit 'comment demeure-t-elle solitaire' (Lam.
1,1). Et j'ai déjà écrit de ceci ailleurs : tous les faux pas qui survinrent ensuite vinrent de ceci, qu'ils ne se laissèrent pas conduire à la suite du degré de Moche notre maître.
Et il est écrit 'j'ai élève et exalté des fils... le bœuf connaît son propriétaire et l'âne la crèche de son maître ; Israël ne connaît pas', etc. (Isaie 1,2-3).
L'idée est que le Saint béni soit-Il nous à élèves au-dessus de toute la nature, pour être conduits à la suite de la direction suprême, au-dessus de l'entendement ; c'est pourquoi ce fut une chose très grande d'être conduit à la suite de cette voie. Mais le verset dit 'le bœuf connaît son propriétaire' : tout ce que fait le Saint béni soit-Il, c'est pour en apprendre une sagesse, car la bête n'à aucun entendement, et pourtant elle se laisse conduire à la suite de son guide.
De même, du fait que le Saint béni soit-Il nous à choisis et que, pour ainsi dire (kivyakhol), Lui-même nous conduit, de ce fait nous pouvons nous laisser conduire à Sa suite comme la bête à la suite du berger, comme il est écrit 'et vous Mon troupeau, le troupeau de Mon pâturage, vous êtes des hommes' (Ezech. 34,31).
Et en vérité la première génération était ainsi, comme il est écrit 'attire-moi, nous courrons à ta suite' (Cant. 1,4) : 'attire-moi' pour être soustrait à la voie de la nature ; 'comme la bête nous nous laissons conduire à ta suite'.
Et cette louange, on la rappelle sans cesse aux enfants d'Israël : 'ton cheminement à Ma suite au désert', etc. (Jer.
2,2). Il est rapporté : 'Israël ne connaît pas', le passé ; 'Mon peuple ne considère pas', l'avenir.
Car pour le Saint béni soit-Il le passé et l'avenir sont égaux, et les enfants d'Israël peuvent ressentir le passé et l'avenir en se laissant conduire à Sa suite comme la bête. Et l'on lit cette section durant les jours 'entre les détroits (bein hametzarim)' pour se souvenir et aspirer aux actes de nos premiers ancêtres, qui se laissèrent conduire à la suite du Saint béni soit-Il, comme il est écrit 'j'irai et je reviendrai à mon premier mari' (Osée 2,9) : c'est le feu du grand enthousiasme que nous avions au commencement, pour être conduits à Sa suite et oublier tout ce monde-ci.