שפת אמת

Sefat Emet — Bamidbar - Nasso

Rabbi Yehouda Aryeh Leib Alter de Gour - enseignements sur la Torah
En bref

« Un homme qui prononce distinctement (yafli) un vœu de nazir » (Bamidbar 6,2) : le nazir se sépare des affaires de ce bas monde ; même en les accomplissant, l'homme a le pouvoir de s'attacher à la force de la racine de chaque chose, la vitalité intérieure appelée « pèle » (merveille), car le Saint béni soit-Il place la merveille dans l'action matérielle. Le Sfat Emet rapporte le Rama : « oumafli laassot » signifie qu'Il assemble une âme spirituelle dans le corps matériel. Par ''hokhma, bina et daat, l'homme s'attache à l'intériorité de la vitalité du Créateur ; le saint Chabbat, les créatures reconnaissent leur racine, veulent s'inclure et s'annuler en Lui, et Il a contentement de la création.

Aussi : selon le Hidouchei haRim, toute transgression relève du vol ; D.ieu porte Sa face vers qui s'attache à l'intériorité, le Chabbat étant chalom ; la Torah répare l'extérieur et s'hérite par la foi dans les sages.

תרל"א

5631 (תרל״א)

ב"ה נשא

Avec l'aide du Ciel. Nasso.

איש כי יפליא כו'. פי' נזיר להיות נבדל מעניני עוה"ז אף כי גם הוא עושה דברי העולם אבל בכח האדם להתדבק עצמו בכח השורש של כל דבר שהוא חיות הפנימיות ונק' פלא.

כדכתיב עושה נפלאות שהשי"ת נותן בחי' פלא גם בעשי' גשמיית וכ"כ רמ"א בא"ח פי' ומפליא לעשות שהרכיב השי"ת נשמה רוחניי בגשם האדם ע"ש. ובמד' שוקיו עמודי שש זה העולם שנשתוקק השי"ת לברוא העולם כמ"ש ויכולו השמים לשון תאוה כו' ע"ש ששת ימים כו' מיוסדים ע"א פז חכמה יראת ה' היא חכמה ובינה סור מרע ודעת המכיר את בוראו כו'.

פי' ע"י אלו הבחי' חב"ד יוכל האדם להתדבק בפנימיות חיות השי"ת שברא העולם ונשתוקק להתשוקה של הנבראים ע"י שנתרחקו ואע"פ כן ויכלו כו' שבשבת קודש יש עלי' לכל דבר שמכירים שורשם וחפצים ומשתוקקים להכלל ולהבטל אליו ית'. ולכך יש לו בש"ק נחת רוח מהבריאה כמ"ש וינח ביום השביעי.

וז"ש שוקיו זה העולם שתשוקתו הוא תשוקתינו שיהי' השתוקקות לו ית'. וזה בא ע"י הריחוק בחי' עוה"ז השפל.

וז"ש ועלי תשוקתו. אך מעשה עוה"ז מרחקים ומסתירין כח הפנימיות.

וע"י חכמה שהוא הביטול אליו ית' ע"י שמבין בחכמתו שאין להשיג כח גבורתו ית'. נופל ממילא פחד ויראה על כל מעשה האדם שכל חפצו ורצונו בטל בהשגה לה' ית' ולרצונו.

ובינה הוא שממשיך החכמה להיות נדבק בגוף האדם שעי"ז סר מרע בטבע שכל אבר נבדל ומרוחק מחטא ע"י שמכניס היראה בעומק חיותו ורצונו. ודעת הוא המשכת החו"ב לכל מעשה ומדה בפרט כמ"ש בכל דרכיך דעהו וכ"כ ובדעת חדרים ימלאו שהוא לידע ולהבין איך להתדבק כל מעשה בפנימיות חיות שבו.

וז"ש המכיר בוראו בחי' פנימיות כח הבורא בנבראים. ולכך בש"ק דכתיב לדעת כי אני ה' מקדישכם לכך מתבטלין כל הנבראים בשבת אליו ית' כדכתיב ויכלו כו'.

וז"ש המד' איך בכח האדם להיות נבדל ונדבק בשורש עליון אף שהוא בעוה"ז ע"י החפץ והרצון והשתוקקות להתדבק בחיות פנימיות שנמשך ממקום גבוה מעל גבוה:

"Un homme (où une femme) qui prononce distinctement (yafli) [un vœu de nazir]" (Nombres 6,2), etc. Explication : le nazir doit se séparer des affaires de ce bas monde ; même s'il accomplit lui aussi les taches du monde, l'homme à le pouvoir d'attacher lui-même à la force de la racine de chaque chose, qui est la vitalité intérieure, appelée 'pèle' (merveille).

Comme il est écrit "Il fait des merveilles (niflaot)" (Ps 72,18), car le Saint béni soit-Il place l'aspect de la merveille même dans l'action matérielle. Ainsi écrit le Rama dans Orah Haim : l'explication de "oumafli laassot" (Il agit merveilleusement) est que le Saint béni soit-Il à assemble une âme spirituelle dans le corps matériel de l'homme, vois la.

Et dans le Midrach : "Ses jambes sont des colonnes de marbre (chech)" (Cant 5,15) -- c'est le monde, que le Saint béni soit-Il à désiré (chaokek) créer, comme il est dit "Ainsi furent achevés (vaykhoulou) les cieux" (Gn 2,1), terme de désir, etc., vois la ; "chech" (six) = les six jours, etc., "fondées sur des socles d'or fin (paz)" (Cant 5,15) : 'hokhma ("la crainte de l'Éternel, c'est la sagesse", Job 28,28), bina ("écarte-toi du mal") et daat ("celui qui reconnaît son Créateur"), etc. Explication : par ces aspects Habad ('hokhma-bina-daat), l'homme peut s'attacher à l'intériorité de la vitalité du Saint béni soit-Il qui a créé le monde et à désiré le désir des créatures, du fait qu'elles se sont éloignées ; et malgré cela "vaykhoulou", etc., car le saint Chabbat il y a une élévation pour chaque chose, puisqu'elles reconnaissent leur racine, veulent et désirent s'inclure et s'annuler en Lui, qu'Il soit béni.

C'est pourquoi Il à, le saint Chabbat, contentement de la création, comme il est écrit "et Il se reposa le septième jour" (Ex 20,11). C'est le sens de "Ses jambes, c'est le monde" : son désir est notre désir, qu'il y ait aspiration vers Lui, qu'Il soit béni.

Et cela vient par l'éloignement, l'aspect de ce bas monde inférieur. C'est le sens de "et vers moi est son désir" (Cant 7,11).

Mais les actions de ce bas monde éloignent et dissimulent la force de l'intériorité. Et par la 'hokhma, qui est l'annulation en Lui, qu'Il soit béni -- car il comprend dans sa sagesse qu'on ne peut saisir la force de Sa puissance, qu'Il soit béni -- tombe d'elle-même une crainte et une frayeur sur chaque action de l'homme, de sorte que tout son désir et sa volonté s'annulent devant la perception de l'Éternel, qu'Il soit béni, et de Sa volonté.

Et la bina, c'est ce qui prolonge la 'hokhma pour qu'elle s'attaché au corps de l'homme, ce par quoi il "s'écarte du mal" par nature, chaque membre étant sépare et éloigné de la faute, du fait qu'il fait pénétrer la crainte dans la profondeur de sa vitalité et de sa volonté. Et le daat, c'est le prolongement de la 'hokhma et de la bina vers chaque action et chaque attribut en particulier, comme il est dit "dans toutes tes voies connais-Le" (Pr 3,6), et de même "et par le savoir (daat) les chambres se remplissent" (Pr 24,4), c'est-à-dire savoir et comprendre comment attacher chaque action à la vitalité intérieure qui est en elle.

C'est le sens de "celui qui reconnaît son Créateur" : l'aspect de l'intériorité de la force du Créateur dans les créatures. C'est pourquoi le saint Chabbat, dont il est écrit "pour savoir (ladaat) que Je suis l'Éternel qui vous sanctifie" (Ex 31,13), toutes les créatures s'annulent le Chabbat devant Lui, qu'Il soit béni, comme il est écrit "vaykhoulou", etc.

C'est ce que dit le Midrach : comment l'homme à le pouvoir d'être séparé et attaché à la racine suprême, bien qu'il soit dans ce bas monde, par le désir, la volonté et l'aspiration à s'attacher à la vitalité intérieure qui découle d'un lieu élevé au-dessus de l'élève.

אא"ז מו"ר ז"ל אמר עמ"ש מצות תשובה והתודו בגזילה. כי כל עבירה בכלל גזל.

שמי שמחזיר כל הדברים להשי"ת שהוא המחי' הכל והוא בעלים של כל הנבראים ומי שיודע זה אינו חוטא בודאי:

Mon aïeul, mon maître et enseignant (le Hidouchei haRim), de mémoire bénie, à dit à propos de ce qui est écrit sur le commandement du repentir "ils confesseront [leur faute]" (Nombres 5,7) au sujet du vol : car toute transgression relève du vol. Car celui qui restitue toutes choses au Saint béni soit-Il, qui fait vivre le tout et est le propriétaire de toutes les créatures -- celui qui sait cela, assurément ne péché pas.

במדרש משבח השלום כלי מחזיק ברכה שלום. בשבת כתיב ויברך כי נק' שלום שהוא חיות פנימיות שבכל דבר ונקודה הנותנת חיים לכל חי נק' שלום שהיא שלימות הכל.

וז"ש יאר ה' פניו ישא פניו וישם שלום. פניו הוא הפנימיות כמ"ש פנים בפנים כו'.

להיות האדם דבוק בשורש החיות. ובמד' דכתיב לא ישא פנים רק הם נושאים פנים ומדקדקין לברך על כזית כביצה כו'.

פי' אא"ז מו"ר ז"ל בשם הרה"ק מפרשיסחא ז"ל כי זה נשיאת פנים שמברכין על מעט ע"י שחשוב בעיניהם מצד שמקבלים מהשי"ת ומזה שבעים ומברכים והמדה לישא פניו לזה שנושא פנים. וכיון שהוא עפ"י שכרו לא נק' נשיאת פנים כו'.

ונראה הפי' כנ"ל שבנ"י דבקין תמיד בפנימיות ושורש החיות. ולכך מצד שיודעין ששורש המזון מהשי"ת חשוב בעיניהם מצד הפנימיות.

וז"פ שהשי"ת נושא להם פנים שאף שחוטאים במקרה אינו נחשב להם חטא ע"י שהשי"ת יודע שפנימיותם רק לדבוק בו והחטא במקרה. ודרך נשיאת פנים ע"י שמביט בחשיבות האדם אף שבעת הזאת נתחייב בדין נושא פנים כנ"ל.

וזה רק למי שמבטל תמיד רצונו וחשקו שמבחוץ להיות דבוק תמיד בפנימיות החיות כנ"ל. [בס' קול שמחה כ' בא"א]:

Dans le Midrach, il loue la paix (chalom) : "un récipient qui contient la bénédiction, c'est la paix" (Michna Ouktsin 3,12). Au sujet du Chabbat il est écrit "et Il bénit" (Gn 2,3), car [le Chabbat] est appelé 'chalom', qui est la vitalité intérieure de chaque chose ; et le point qui donne vie à tout vivant est appelé 'chalom', car il est la plénitude (chelimout) du tout.

C'est le sens de "Que l'Éternel fasse briller Sa face... qu'Il porte Sa face vers toi... et qu'Il t'accorde la paix" (Nombres 6,25-26). "Sa face (panav)" est l'intériorité, comme il est dit "face à face" (Dt 5,4), pour que l'homme soit attaché à la racine de la vitalité.

Et dans le Midrach [on demande :] il est écrit "Il ne fait pas acception de personnes (lo yissa panim)" (Dt 10,17), or eux [Israël] Lui font acception de face et sont scrupuleux de bénir sur la mesure d'une olive comme d'un œuf, etc. Explication de mon aïeul, mon maître et enseignant, de mémoire bénie, au nom du saint rabbin de Przysucha, de mémoire bénie : cette élévation de face consiste en ce qu'ils bénissent sur peu, parce que cela est important à leurs yeux du fait qu'ils reçoivent du Saint béni soit-Il, et de cela ils sont rassasiés et bénissent ; et la mesure [divine] de "porter Sa face" répond à celui qui porte la face [en bénissant].

Et puisque c'est selon son mérite, cela n'est pas appelé [vraiment] acception de face, etc. Il apparaît que l'explication est comme ci-dessus : les enfants d'Israël sont toujours attachés à l'intériorité et à la racine de la vitalité.

C'est pourquoi, du fait qu'ils savent que la racine de la nourriture vient du Saint béni soit-Il, elle est importante à leurs yeux du côté de l'intériorité. C'est le sens clair du fait que le Saint béni soit-Il leur porte la face : même s'ils pèchent par accident, cela ne leur est pas compte comme faute, parce que le Saint béni soit-Il sait que leur intériorité ne vise qu'à s'attacher à Lui et que la faute est accidentelle.

Et la voie de l'acception de face est qu'Il regarde l'importance de l'homme : même si en ce moment il s'est rendu passible du jugement, Il lui porte la face, comme ci-dessus. Et cela n'est que pour celui qui annule constamment sa volonté et son désir extérieurs afin d'être toujours attaché à l'intériorité de la vitalité, comme ci-dessus.

[Dans le sefer Kol Simha, cela est écrit d'une autre manière.]

תרל"ד

5634 (תרל״ד)

במדרש שוקיו עמודי שש זה העולם שהשתוקק הקב"ה לבוראו ויכלו כו' כלתה נפשי כו' שש ששת ימי בראשית כו'. אף כי התשוקה נאמר על שבת יום המנוחה.

רק הרצון הי' לחבר בימי המעשה כל הבריאה והמעשים לרצונו ית'. ובחול הי' רצונו ית' מלובש בהמעשה.

ובשבת רצון בלי מעשה. לכן ימי המעשה הם עמודים לחבר הרצון עם המעשה.

ובשבת מתבטלין בפועל כל המעשים והוא רצון בלי מעשה. וכן גם עתה כפי הביטול בשבת מתחדש רצון חדש לימי המעשה שאח"כ:

Dans le Midrach : "Ses jambes sont des colonnes de marbre" -- c'est le monde, que le Saint béni soit-Il à désiré créer, "vaykhoulou" (Gn 2,1) etc., "mon âme à langui" (Ps 84,3) etc. ; "chech" = les six jours de la Création, etc. Bien que le désir soit dit à propos du Chabbat, jour du repos, [en vérité] la volonté était de relier, durant les jours d'œuvre, toute la création et les actions à Sa volonté, qu'Il soit béni.

En semaine, Sa volonté, qu'Il soit béni, était revêtue dans l'action ; et le Chabbat, [c'est] une volonté sans action. C'est pourquoi les jours d'œuvre sont des colonnes pour relier la volonté à l'action ; et le Chabbat toutes les actions s'annulent en acte, et c'est une volonté sans action.

De même aussi maintenant : selon l'annulation [réalisée] le Chabbat, une volonté nouvelle se renouvelle pour les jours d'œuvre qui suivent.

במדרש ישא ה' פניו וכתיב אשר לא ישא פנים כאן כשעושין רצונו של מקום כו'. וקשה כשעושין רצונו למה נצרך נשיאת פנים.

אך ודאי אין להקב"ה לישא פני איש כי אין צריך לכבד שום ברי' כי הוא מלך הכבוד. רק מי שיש בו נקודה פנימיות הוא מכיר ונושא פניו ממש דלא כתיב ישא פנים רק ישא פניו כו'.

והוא שנושא פנים לישראל שהכרת פניהם הוא חיות אלקי ממעל כמ"ש כל רואיהם יכירום כו'. ולכן מעט הנקודה זו נותנת כח להאדם שיוכל לגמור.

כי בלי סיוע עליון א"א לתקן מעשיו כמ"ש ז"ל לולי הקב"ה עוזרו כו'. רק פתחו כחודה של מחט כו'.

וכשעושין רצונו ית'. השי"ת נושא פנים ומכיר רצון פנימי של העושה רצונו שיוכל לגמור עבודתו בסיוע ועזר עליון כו'.

והוא הברכה שמברכין ישא פניו שיהי' נחשב לפניו המעט כמ"ש ויהי נועם ה' כו' ופי' בזוה"ק אף דא"י לכוין כראוי השי"ת מצרף מחשבה טובה כו':

Dans le Midrach : "Que l'Éternel porte Sa face [vers toi]" (Nombres 6,26), or il est écrit "qui ne fait pas acception de personnes (lo yissa panim)" (Dt 10,17) -- ici [Il fait acception] lorsqu'ils accomplissent la volonté de l'Omniprésent, etc. Et c'est difficile : lorsqu'ils accomplissent Sa volonté, pourquoi faut-il une acception de face ?

Mais assurément, le Saint béni soit-Il n'à pas à faire acception du visage d'un homme, car Il n'à besoin d'honorer aucune créature, puisqu'Il est le Roi de la gloire. Seulement, celui en qui il y a un point intérieur, Il le reconnaît et porte réellement sa face (panav) -- car il n'est pas écrit "yissa panim" (il portera des faces) mais "yissa panav" (il portera sa face), etc.

C'est qu'Il porte la face vers Israël, car la reconnaissance de leur face est une vitalité divine d'en haut, comme il est dit "tous ceux qui les voient les reconnaîtront" (Is 61,9) etc. Aussi le peu de ce point donne à l'homme la force de pouvoir achever [son œuvre], car sans assistance d'en haut il est impossible de réparer ses actions, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie "n'eut été le Saint béni soit-Il qui l'aide [il ne pourrait le vaincre]" (Souka 52b), etc., "ouvrez-Moi [une ouverture] comme le chas d'une aiguille [et J'ouvrirai...]" (Cant.

Rabba 5,2) etc. Et lorsqu'ils accomplissent Sa volonté, qu'Il soit béni, le Saint béni soit-Il porte la face et reconnaît la volonté intérieure de celui qui fait Sa volonté, pour qu'il puisse achever son service avec l'assistance et l'aide d'en haut, etc.

Et c'est la bénédiction que l'on bénit "yissa panav" (qu'Il porte Sa face) : que le peu soit compté devant Lui [comme beaucoup], comme il est dit "que la faveur (noam) de l'Éternel [soit sur nous]" (Ps 90,17). Et il est expliqué dans le saint Zohar que, même lorsqu'il est impossible de diriger sa pensée comme il convient, le Saint béni soit-Il adjoint la bonne pensée, etc.

תרל"ה

5635 (תרל״ה)

במדרש שוקיו עמודי שש ששת ימים עשה כו' אדני פז חכמה תבונה דעת כו'. כי בימות החול העיקר להיות המעשים לשם שמים שלא להתדבק במעשים הגשמיים רק להשתוקק לצאת מהם לבוא לבחי' השבת וע"י השתוקקות הזה מתעורר רצון העליון ג"כ.

והרצון הזה מביא השבת כמ"ש יום הששי ויכלו כו'. וע"י השתוקקות הזה משיג חכמה ובינה שהוא בחי' השבת.

הדעת של ימי המעשה. והוא אדני פז שהששת ימים מיוסדים עליהם והם ג' סעודות שבת שסועדין הכל.

וכן שמעתי מאמו"ז ז"ל פי' הפסוק והי' ביום הששי והכינו כו' כי והי' לשון שמחה שע"י השמחה לקבל השבת זה הכנה לעורר הארת השבת כנ"ל:

Dans le Midrach : "Ses jambes sont des colonnes de marbre" -- "en six jours [l'Éternel] fit" (Ex 20,11) etc. ; "socles d'or fin" : 'hokhma, tevouna, daat, etc. Car durant les jours de semaine, l'essentiel est que les actions soient pour le nom du Ciel, ne pas s'attacher aux actions matérielles mais aspirer à en sortir pour parvenir à l'aspect du Chabbat ; et par cette aspiration s'éveille aussi la volonté suprême.

Et cette volonté amène le Chabbat, comme il est dit "le sixième jour... vaykhoulou" etc. Et par cette aspiration on atteint 'hokhma et bina, qui sont l'aspect du Chabbat -- le daat des jours d'œuvre.

Ce sont les "socles d'or fin" sur lesquels les six jours sont fondés, et ce sont les trois repas du Chabbat qui sustentent le tout. De même j'ai entendu de mon aïeul, mon maître, de mémoire bénie, l'explication du verset "et il arrivera au sixième jour, qu'ils prépareront [ce qu'ils auront apporte]" (Ex 16,5) : car "et il arrivera (ve-haya)" est un terme de joie, car par la joie de recevoir le Chabbat, c'est une préparation pour éveiller l'illumination du Chabbat, comme ci-dessus.

במדרש ישא ה' פניו וכתיב לא ישא פנים כאן כשעושין רצונו של מקום. וכתבנו כבר מזה במ"א כי כשעושין רצונו של מקום מה צורך לנשיאת פנים.

רק שיקבל הקב"ה המעט עבודה כמו הרבה. והוא עצמו מ"ש במד' הן נושאין לי פנים כו'.

פי' הכלל כפי מה שאדם עצמו שמח במעשה הטוב וחביב בעיניו שזכה לעשות רצון המקום הן רב הן מעט. כמו כן מקבל הבורא ית' ממנו בסבר פנים יפות.

והאמת כי הוא לאות על הפנימיות שבאדם שמשם בא השמחה. וז"ש וישם לך שלום כי בחי' השלימות הוא הנקודה אמיתיות שבכל הארה מועטת נמצא הכל וזה ענין שנק' הקב"ה שלום שהוא שלימות הכל.

וכשיש לבנ"י זאת השלימות א"כ נחשב נקודה קטנה כמו הרבה והבן כל זה:

Dans le Midrach : "Que l'Éternel porte Sa face", or il est écrit "Il ne fait pas acception de personnes" -- ici, lorsqu'ils accomplissent la volonté de l'Omniprésent. Nous avons déjà écrit à ce sujet ailleurs : lorsqu'ils accomplissent la volonté de l'Omniprésent, quel besoin d'une acception de face ?

Seulement que le Saint béni soit-Il reçoive le peu de service comme beaucoup. Et c'est cela même que dit le Midrach : "Ils Me portent la face (Me font acception)" etc.

Explication du principe : selon la mesure où l'homme lui-même se réjouit de la bonne action et où il lui est cher d'avoir mérité d'accomplir la volonté de l'Omniprésent -- que ce soit beaucoup où peu -- de même le Créateur, qu'Il soit béni, la reçoit de lui d'un visage bienveillant. Et la vérité est que cela est un signe de l'intériorité qui est dans l'homme, d'où vient la joie.

C'est le sens de "et qu'Il t'accorde la paix" : car l'aspect de la plénitude (chelimout) est le point véritable dans lequel, en chaque illumination si minime soit-elle, se trouve le tout ; et c'est le sens de ce que le Saint béni soit-Il est appelé 'chalom', car Il est la plénitude du tout. Et lorsque les enfants d'Israël possèdent cette plénitude, alors un petit point est compté comme beaucoup ; comprends tout ceci.

תרל"ו

5636 (תרל״ו)

במדרש ע"פ וישלחו כו' כל צרוע כו' הגו סיגים מכסף ויצא לצורף כלי כ"ז שהפסולת בכסף אינו מראה יפיו כו'. ויתבאר עפ"י המדרש בפסוק איש כי יפליא כו' שוקיו עמודי שש שוקיו זה העולם שנשתוקק הקב"ה לבראתו כו' ויכולו כו' כלתה נפשי כו'.

פי' כי עיקר קיום העולם זאת התשוקה שיש להנבראי' להתדבק בבוראם. אך יש בעוה"ז תשוקות אחרים מסט"א ולכן אין הכסיפה והתשוקה מראה יפיו.

ובבוא יום ש"ק (מתבערין) [* מתעברין] מיני' כל סט"א כמו שכתבו חז"ל גם ע"ה אימת שבת עליו ולכן מתברר בש"ק זאת התשוקה והוא קיום העולם. וישלחו מן המחנה כו' הוא ג"כ מה שניתן רשות לכל איש ישראל שיכול לברר ולהשליך כל הפסולת כנ"ל:

Dans le Midrach, sur le verset "qu'ils renvoient [du camp] tout lépreux (tsaroua)" (Nombres 5,2) etc. : "ôtez les scories de l'argent, et il en sortira un vase pour l'orfèvre" (Pr 25,4) -- tant que le rebut est dans l'argent, il ne montre pas sa beauté, etc. Cela s'expliqué selon le Midrach sur le verset "un homme qui prononce distinctement" etc. : "Ses jambes sont des colonnes de marbre" -- "Ses jambes", c'est le monde, que le Saint béni soit-Il à désiré créer, etc., "vaykhoulou" etc., "mon âme à langui" etc.

Explication : l'essentiel de la subsistance du monde est ce désir qu'ont les créatures de s'attacher à leur Créateur. Mais il y a dans ce bas monde d'autres désirs provenant du côté autre (sitra ahara, la force du mal), et c'est pourquoi le désir ardent ne montre pas sa beauté.

Et à la venue du saint jour du Chabbat, tout le côté autre se retire d'elle [de la créature], comme l'ont écrit nos maîtres de mémoire bénie : même sur l'ignorant (am ha-arets) la crainte du Chabbat repose ; c'est pourquoi ce désir se clarifie le saint Chabbat, et c'est [cela] la subsistance du monde. "Qu'ils renvoient hors du camp" etc. est aussi ce qui a été permis à chaque homme d'Israël, qui peut clarifier et rejeter tout le rebut, comme ci-dessus.

במדרש יקרה היא מפנינים מכ"ג שנכנס לפני ולפנים ומבכור שנקרא ראשית כמ"ש לפנים בישראל כו'. פי' שהתורה יש בה שלימות הכל לתקן אף מה שבחוץ כמ"ש ברחובות במקום שמרחיבין אותה ויורדת למקום נמוך.

והיא יקרה מהפנימיות ומהראשית. שהיא מתקנת החיצוניות להתקרב להפנימיות.

ותחתונים להעלותן לראשית הכל. לכן נאמר תורת ה' תמימה שכוללת הכל לכן משיבת נפש כמ"ש במד' שיצאה נשמתן של ישראל ותורה אמרה כלום יש מלך כו' והורג אנשי ביתו כו'.

פי' שזה שלימות התורה להמשיך בחי' התחתונות להראשית:

Dans le Midrach : "Elle est plus précieuse que les perles (peninim)" (Pr 3,15) -- plus que le Grand Prêtre qui entre tout au dedans (lifnei ve-lifnim), et plus que l'aîné (bekhor) qui est appelé 'reichit' (prémice), comme il est dit "autrefois (lefanim) en Israël" etc. Explication : la Torah possède la plénitude du tout pour réparer même ce qui est au-dehors, comme il est dit "dans les rues (rehovot) elle [élève sa voix]" (Pr 1,20) -- au lieu où on l'élargit et où elle descend vers un lieu bas.

Et elle est plus précieuse que l'intériorité et que la prémice, car elle réparé l'extériorité pour la rapprocher de l'intériorité, et [réparé] les êtres inférieurs pour les élever jusqu'au commencement de tout. C'est pourquoi il est dit "la Torah de l'Éternel est parfaite (temima)" (Ps 19,8), car elle inclut le tout ; c'est pourquoi elle "restaure l'âme", comme il est dit dans le Midrach que l'âme des enfants d'Israël s'envola [au don de la Torah] et que la Torah dit : "Est-il un roi qui [marié sa fille] et tué les gens de sa maison ?" etc.

Explication : c'est cela la plénitude de la Torah, faire progresser l'aspect des êtres inférieurs vers la prémice.

באבות שמאי אומר עשה תורתך קבע אמור מעט ועשה הרבה. פי' עפ"י המשנה כל שמעשיו מרובין מחכמתו חכמתו מתקיימת.

וזה נוהג אף בכל פרט לימוד שיהי' בו מעשה יותר מחכמה. וע"ז נאמר אמור מעט ועשה הרבה שיהי' בו תיקון הנפש בעסקו בתורה יותר מגוף הלימוד.

וז"ש עשה תורתך קבע שבהביאו התורה לידי מעשה נק' קבע כמ"ש שדומה לאילן ששרשיו מרובין כו' ואז נקרא תורתך כמ"ש רש"י בתהלים משעמל בה נק' תורתו כו'. וזהו פי' אשר דיבר ה' נעשה להביא דברי תורה לבחי' עשי'.

גם פי' מעשה התבטלות הגוף להשתעבד להתורה מלשון גט מעושה. שכל המעשים הנוגעין לגוף צריכין עבודה לעשותם בטוב לכן תיקון עולם העשי' חביב לפני הקב"ה [וע"ז נאמר עולת תמיד העשוי' בהר סיני שאז בא התורה לבחי' המעשה] והבן:

Dans les Avot : "Chammai dit : fais de ta Torah une chose fixe (keva) ; dis peu et fais beaucoup" (Avot 1,15). Explication selon la Michna "quiconque a plus d'actions que de sagesse, sa sagesse se maintient" (Avot 3,9).

Et cela vaut aussi pour chaque détail d'étude : qu'il y ait en lui plus d'action que de sagesse. C'est de cela qu'il est dit "dis peu et fais beaucoup", c'est-à-dire qu'il y ait en lui réparation de l'âme par son occupation dans la Torah, plus que le corps même de l'étude.

C'est le sens de "fais de ta Torah une chose fixe" : en amenant la Torah à l'acte, elle est appelée 'fixe', comme il est dit qu'il ressemble à un arbre dont les racines sont nombreuses etc. ; et alors elle est appelée 'ta Torah', comme l'écrit Rachi dans les Psaumes : des lors qu'il à peine sur elle, elle est appelée 'sa Torah' etc. Et c'est l'explication de "ce qu'à dit l'Éternel, nous le ferons (naasse)" (Ex 24,7) : amener les paroles de la Torah à l'aspect de l'action.

De plus, 'maasse' (action) [désigne] l'annulation du corps pour l'asservir à la Torah, du terme "guet meousse" (acte de divorce impose par contrainte). Car toutes les actions qui touchent au corps requièrent un labeur pour les accomplir dans le bien ; c'est pourquoi la réparation du monde de l'action (assiya) est chère devant le Saint béni soit-Il [et c'est de cela qu'il est dit "holocauste perpétuel institué (haassouya) au mont Sinaï" (Nombres 28,6), car alors la Torah est venue à l'aspect de l'action] ; comprends.

תרל"ז

5637 (תרל״ז)

במדרש שוקיו זה העולם שנשתוקק הקב"ה לבראתו שכן נאמר ויכלו כו' לשון תאוה. אעפ"י שזה קאי על מעשה בראשית והמד' אמר על תשוקת הבורא ית' כמ"ש ועלי תשוקתו.

אכן ביאור הדברים שביד התחתונים לעורר רצון הבורא ית' כמ"ש ויכלו כו' אח"כ כתיב ויכל אלקים כו' וז"ש ועלי תשוקתו שתשוקת הבורא ית' תלוי ברצון ותשוקת תחתונים לדבקה בו:

Dans le Midrach : "Ses jambes", c'est le monde, que le Saint béni soit-Il à désiré créer, car ainsi il est dit "vaykhoulou" etc., terme de désir. Bien que cela se rapporte à l'œuvre de la Création, le Midrach l'à dit du désir du Créateur, qu'Il soit béni, comme il est dit "et vers moi est son désir" (Cant 7,11).

Or l'explication de la chose est qu'il est au pouvoir des êtres inférieurs d'éveiller la volonté du Créateur, qu'Il soit béni, comme il est écrit "vaykhoulou (et furent achevés)" etc., et ensuite il est écrit "et Dieu acheva (vaykhal Elokim)" etc. C'est le sens de "et vers moi est son désir" : le désir du Créateur, qu'Il soit béni, dépend de la volonté et du désir des êtres inférieurs de s'attacher à Lui.

במדרש ישא ה' פניו אליך כו' וכתיב לא ישא פנים כאן כשישראל עושין רצונו של מקום. וקשה כיון שנושא להם פנים א"כ הוא לפנים משורת הדין א"כ הדרא קושיא לדוכתא דכתיב לא ישא פנים.

אכן התירוץ הוא שגם ע"ז יש משפט לעשות עם זה לפנים משורת הדין כי הכל במדה שאדם מודד כו'. ואיתא עשה רצונו כרצונך שיעשה רצונך כרצונו.

פי' עושין רצונו של מקום הוא העבודה בתמימות בלי שום נגיעה עצמיות רק לעשות רצונו ית' בלבד. ולכן השכר הוא ישא פניו אליך.

כי יש להבין מאי ענין נשיאת פנים אך הוא עפ"י הכתוב ורחמיו על כל מעשיו כי עיקר התעוררות הרחמים והחסד לפניו ב"ה ע"י שאנחנו כולנו מעשה ידיו והוא מכיר הפנימיות שלנו שהוא החיות שיש בנו חלק אלוקי ממעל וע"ז הוא ית' מרחם. אמנם זאת תלוי בעבודת התחתונים כפי מה שמבורר אצלינו שהכל מעשה ידיו ויראתו על פנינו כמו כן חל עלינו שמו ית'.

כמ"ש כל מי שהוא ירא שמים יש לו חן. והוא נושא חן לפני הבורא ית' כמ"ש ויחונך.

ולכן הוא ית' מרחם על פנימיות החיות שלנו שהוא חלקו ית'. ישא לשון הבערה כמו משיאין משואות.

פי' שמתלהב כח האש והתלהבות שיש בלבות בנ"י כמ"ש שלהבת יה. וזהו עצמו פי' שיעשה רצונך כרצונו פי' שיוכל להיות התגלות רצון העליון ית' בלי מניעה והוא התגלות הפנימיות כנ"ל:

Dans le Midrach : "Que l'Éternel porte Sa face vers toi" etc., or il est écrit "Il ne fait pas acception de personnes" -- ici [Il fait acception] lorsqu'Israël accomplit la volonté de l'Omniprésent. Et c'est difficile : puisqu'Il leur porte la face, c'est donc au-delà de la stricte mesure du jugement (lifnim mi-chourat ha-din) ; alors la question revient à sa place, car il est écrit "Il ne fait pas acception de personnes".

Or la réponse est que, pour cela aussi, il y a un jugement d'agir envers celui-ci au-delà de la stricte mesure du jugement, car tout est selon la mesure dont l'homme mesure, etc. Et il est enseigné : "fais Sa volonté comme la tienne, afin qu'Il fasse ta volonté comme la Sienne" (Avot 2,4).

Explication : "ils accomplissent la volonté de l'Omniprésent" est le service dans la simplicité (temimout), sans aucun intérêt personnel, seulement pour accomplir Sa volonté, qu'Il soit béni. C'est pourquoi la récompense est "qu'Il porte Sa face vers toi".

Car il faut comprendre quel est le sens de l'acception de face ; mais c'est selon le verset "et Sa miséricorde est sur toutes Ses œuvres" (Ps 145,9). Car l'essentiel de l'éveil de la miséricorde et de la bonté ('hessed) devant Lui, béni soit-Il, se fait par le fait que nous sommes tous l'œuvre de Ses mains, et Il reconnaît notre intériorité, qui est la vitalité qui est en nous, une part divine d'en haut, et c'est sur cela qu'Il à miséricorde, qu'Il soit béni.

Toutefois cela dépend du service des êtres inférieurs : dans la mesure où il est clair chez nous que tout est l'œuvre de Ses mains et que Sa crainte est sur notre face, de même Son Nom, qu'Il soit béni, repose sur nous, comme il est dit "quiconque craint le Ciel à de la grâce (hen)". Et il porte grâce devant le Créateur, qu'Il soit béni, comme il est dit "et qu'Il te fasse grâce (vihounekha)" (Nombres 6,25).

C'est pourquoi Il à miséricorde, qu'Il soit béni, sur l'intériorité de notre vitalité, qui est Sa part, qu'Il soit béni. "Yissa" [peut être] un terme d'embrasement, comme "on allume (massiin) des feux (masouot)" (Roch Hachana 2,2).

Explication : la force du feu et de l'enthousiasme s'enflamme, ce feu qui est dans les cœurs des enfants d'Israël, comme il est dit "une flamme de Yah" (Cant 8,6). Et c'est cela même le sens de "qu'Il fasse ta volonté comme la Sienne" : que puisse se produire la révélation de la volonté suprême, qu'Il soit béni, sans empêchement, et c'est la révélation de l'intériorité, comme ci-dessus.

באבות משה קיבל תורה כו'. הגם שהתורה ניתנה לכל ישראל.

אמנם יש ב' ענינים בתורה א' היגיעה שיכול כל איש ישראל למצוא ע"י יגיעה בתורה כ"א כפי השגתו. אך יש עוד סגולה בתורה לחכמים ראשי הדורות להשיג מה שאינו עפ"י שכל אנושי והיא הירושה שניתן לנו כמ"ש תורה צוה כו' משה מורשה קהלת יעקב.

ולכן אמונת חכמים הוא יסוד התורה. ולכן הקדימו חכמים זאת המשנה באבות לומר שאלה הדברים שהגידו אבות העולם לא יחשוב אדם להרהר בהם עפ"י אימוד דעתו כי זה בירושה מסיני וע"ז אמרו משה קיבל כו' ומסרה ליהושע כו'.

ובגמ' אל תקרי מורשה אלא מאורסה. וזה ההפרש כי ירושה הוא בלי יגיעה רק נחלה שאין לה הפסק.

אבל מאורסה היא התקרבות שבא ע"י פעולות האדם ויגיעתו בתורה וזה נאמר לכל פרט התקן עצמך ללמוד תורה שאינה ירושה לך דייקא. אבל לכללות ישראל נאמר מורשה קהלת יעקב.

אעפ"כ ע"י שזוכין להכניס עצמו תוך כלל ישראל זוכה לחלק הירושה ג"כ כנ"ל:

Dans les Avot : "Moche reçut la Torah [du Sinaï]" etc. (Avot 1,1).

Bien que la Torah ait été donnée à tout Israël, il y a néanmoins deux aspects dans la Torah. Le premier : le labeur, que chaque homme d'Israël peut trouver par son effort dans la Torah, chacun selon sa compréhension.

Mais il y a encore une vertu (segoula) dans la Torah, [réservée] aux sages, têtes des générations, pour saisir ce qui n'est pas selon l'intellect humain ; et c'est l'héritage qui nous à été donné, comme il est dit "Moche nous à prescrit la Torah, héritage (moracha) de la communauté de Yaakov" (Dt 33,4). C'est pourquoi la foi dans les sages (emounat hakhamim) est le fondement de la Torah.

Et c'est pourquoi les sages ont place en tête cette Michna dans les Avot, pour dire que ces paroles qu'ont énoncées les pères du monde, l'homme ne doit pas penser à les mettre en doute selon l'estimation de sa raison, car cela [nous vient] en héritage depuis le Sinaï ; et c'est de cela qu'ils ont dit "Moche reçut... et la transmit à Yehochoua" etc. Et dans la Guemara : "ne lis pas moracha (héritage) mais meorassa (fiancée)" (Pessahim 49b).

Et voici la différence : l'héritage est sans labeur, seulement une possession sans interruption ; mais la 'fiancée' est un rapprochement qui vient par les actions de l'homme et son labeur dans la Torah. Et cela est dit pour chaque individu : "préparé-toi à étudier la Torah, car elle n'est pas un héritage pour toi" (Avot 2,12) -- précisément.

Mais pour l'ensemble d'Israël il est dit "héritage de la communauté de Yaakov". Néanmoins, par le fait de mériter de s'introduire au sein de l'ensemble d'Israël, on mérite aussi la part de l'héritage, comme ci-dessus.

תרל"ח

5638 (תרל״ח)

En bref

« Qu'ils renvoient hors du camp », « Ôtez les scories de l'argent » : au don de la Torah il n'y avait pas en eux de défauts. « Ils Le flattaient de leur bouche » est une parole de vérité, dit le Sfat Emet, car « celui qui profère des mensonges ne se tiendra pas devant Ses yeux ». La génération de Moché est la bouche, les dernières générations sont les pieds ; l'argent (kessef) est la volonté et le désir qui existaient alors, jusqu'à l'annulation du yetser ha-ra, scories de l'argent. Après la faute les scories revinrent, mais l'intériorité de la volonté des enfants d'Israël demeure toujours ; il faut en ôter le déchet par l'étude de la Torah.

Aussi : le jour où Moché acheva de dresser le Tabernacle : les tribus sont les extrémités de la terre ; les princes d'Israël le ressentent et se rapprochent du Créateur.

במדרש יקרה היא מפנינים מכ"ג שנכנס לפני ולפנים ד"א מפנינים מבכור אין פנינים אלא תחלה שנאמר וזאת לפנים בישראל כו'. הענין הוא שהתורה ניתנה בעוה"ז להמשיך אור התורה גם בעניני הגשמיות למצוא הפנימיות בכל דבר בכח התורה ומצותי' וממילא כשנתעורר הפנימיות תוך החיצוניות הוא יקר מאוד נעלה יותר מהפנימיות כשהוא בלי לבוש.

וכמו כן סגולת התורה להדביק הכל אל השורש והראשית. לכן נקראת התורה ראשית דרכו:

Dans le Midrach: 'Elle est plus précieuse que les perles (peninim)' - plus que le grand prêtre (Cohen Gadol) qui entre dans le lieu très saint (lifnei ve-lifnim). Autre explication: 'plus que les peninim' - plus que le premier-né (bekhor); 'peninim' ne désigne que ce qui est premier (tehila), comme il est dit 'et ceci était autrefois (lefanim) en Israël' (Ruth 4,7).

Le sens est que la Torah à été donnée dans ce monde-ci pour attirer la lumière de la Torah jusque dans les affaires matérielles, pour trouver l'intériorité (penimiout) en toute chose par la force de la Torah et de ses commandements. Et de ce fait, lorsque l'intériorité s'éveille au sein de l'extériorité, cela est très précieux, plus élevé que l'intériorité lorsqu'elle est sans vêtement.

De même, la vertu (segoula) de la Torah est de relier le tout à la racine et au commencement. C'est pourquoi la Torah est appelée 'commencement de Sa voie' (Proverbes 8,22).

במדרש וישלחו מן המחנה כו'. הגו סיגים מכסף כו'.

בא להראות איך יכולין בעוה"ז להפשיט עצמו מהטומאה ולברר כל המעשים ע"י שיש בכח נפשות בנ"י זה הבירור שכבר נזדככו פעם אחת בעמדם בהר סיני דכתיב פנים בפנים דיבר. נפשי יצאה בדברו.

ואז נבדל מהם כל מיני פסולת כדכתיב כהמס דונג מפני אש כו'. וממילא אף שאחר החטא חזרו למומם עכ"ז שוב לעולם בנקל לחזור ולתקן עצמם.

וכל מעשיהם בכח התורה כי באמת כשנבדל הפסולת מתחברין נפשות בנ"י ונעשין אחד. וז"ש ויצא לצורף כלי כי הפסולת מבדיל ועושה פירוד בין בנ"י.

ובכל עת שמתגלה הארת התורה והקדושה מתברר הפסולת. וכמו כן בש"ק ויברך ויקדש ממילא מתעברין מיני' כל סט"א.

ואין צריך בירור שוב ועי"ז מתאחדין בי' בנ"י ברזא דאחד:

Dans le Midrach: 'Qu'ils renvoient hors du camp' (Nombres 5,2). 'Ôtez les scories de l'argent' (Proverbes 25,4). Cela vient montrer comment on peut, dans ce monde-ci, se dépouiller de l'impureté et clarifier (leverer) tous les actes, grâce à la force que possèdent les âmes des enfants d'Israël pour cette clarification (birour), eux qui ont déjà été purifiés une fois lorsqu'ils se tenaient au mont Sinaï, comme il est écrit 'face à face Il à parlé' (Deutéronome 5,4), 'mon âme est sortie quand Il à parlé' (Cantique 5,6).

Alors se sont séparées d'eux toutes les sortes de déchet (pesolet), comme il est écrit 'comme fond la cire devant le feu' (Psaumes 68,3). Et de ce fait, même si après la faute ils sont revenus à leur défaut, malgré cela il leur est désormais toujours facile de revenir et de se réparer.

Et tous leurs actes sont par la force de la Torah, car en vérité, lorsque le déchet se sépare, les âmes des enfants d'Israël s'unissent et deviennent un. C'est le sens de 'il en sort un vase pour l'orfèvre' (Proverbes 25,4), car le déchet sépare et fait division entre les enfants d'Israël.

Et chaque fois que se révèle l'illumination de la Torah et de la sainteté, le déchet est clarifié. De même le saint Chabbat, 'Il bénit et sanctifia' (Genèse 2,3): de ce fait se retire de lui tout le sitra ahara (l'autre côté, les forces du mal), et il n'est plus besoin de clarification à nouveau; par cela les enfants d'Israël s'unissent en lui dans le secret de l'Un (raza de-ehad).

תר"מ

5640 (תר״מ)

ב"ה נשא בקיצור

Avec l'aide du Ciel. Nasso, en bref.

במדרש וישלחו מן המחנה הגו סיגים מכסף כו' בשעת מתן תורה לא הי' בהם מומין כו' ויפתוהו בפיהם כו'. להבין ענין ויפתוהו בודאי הי' דיבור של אמת כי דובר שקרים לא יכון נגד עיניו ית'.

אבל כמו שבפרט האדם יש איברים מיוחדים כן בכלל. ודור מרע"ה שקבלו התורה הם הפה.

וכן הר סיני הפה בכלל הבריאה כמ"ש יש לארץ פה כו'. ודורות אחרונים נק' רגלים כו'.

וכמו שיש בפרט כל עובד ה' כי הרצון והדבור בנקל להתנהג אחר התורה מקיום המעשה הקשור בגוף. כמו כן בכלל ישראל כסף הוא הרצון והתשוקה שהי' במתן תורה עד שהי' ביטול יצה"ר שהם הרצונות אחרים אשר לא לה' המה והם סיגי הכסף.

ובמתן תורה נזדכך הרצון כמו כסף הנזקק באש כה דברי כאש נאום ה' ועיין בזוה"ק ואתחנן בפסוק בכל לבבך כו' והיו הדברים כו' שהיצה"ר מתהפך ע"י אש התורה כברזל שנתהפך כולו אש ע"ש. ועמ"ש במ"א בפסוק מצרף לכסף כו' ואיש לפי מהללו.

וזה הי' בעת מתן תורה. ואח"כ ע"י החטא ירדו ממדריגה זו וחזרו הסיגים.

אבל פנימיות הרצון של בנ"י לעולם יש בתוכן. רק שצריכין להסיר את הפסולת.

כמ"ש וישלחו מן המחנה הם האיברים כמ"ש ז"ל ע"פ והי' מחניך קדוש. והוא ע"י עסק התורה כנ"ל.

ועי"ז הגו סיגים מכסף:

Dans le Midrach: 'Qu'ils renvoient hors du camp', 'Ôtez les scories de l'argent' - au moment du don de la Torah il n'y avait pas en eux de défauts, 'et ils Le flattaient de leur bouche' (Psaumes 78,36). Pour comprendre le sens de 'ils Le flattaient': assurément c'était une parole de vérité, car 'celui qui profère des mensonges ne se tiendra pas devant Ses yeux' (Psaumes 101,7).

Mais de même que dans l'individu il y a des membres particuliers, ainsi en est-il dans l'ensemble. La génération de Moché notre maître, qui a reçu la Torah, est la bouche; de même le mont Sinaï est la bouche dans l'ensemble de la création, comme il est dit 'la terre à une bouche'.

Les dernières générations sont appelées les pieds. Et de même que chez l'individu, chez tout serviteur de Dieu, la volonté et la parole conduisent plus aisément selon la Torah que l'accomplissement de l'acte lié au corps, de même dans l'ensemble d'Israël: l'argent (kessef) est la volonté et le désir qui existaient au don de la Torah, au point qu'il y eut annulation du mauvais penchant (yetser ha-ra), lequel représente les autres volontés qui ne sont pas pour Dieu - et ce sont elles les scories de l'argent.

Au don de la Torah la volonté fut purifiée comme l'argent affine au feu, 'Ma parole n'est-elle pas comme le feu, dit Dieu' (Jérémie 23,29). Vois dans le saint Zohar, Vaethanan, sur le verset 'de tout ton cœur' et 'que ces paroles soient', que le mauvais penchant se retourne par le feu de la Torah, comme le fer qui se transforme entièrement en feu - vois la-bas.

Et vois ce que j'ai écrit ailleurs sur le verset 'le creuset pour l'argent, et l'homme selon sa louange' (Proverbes 27,21). Cela eut lieu au moment du don de la Torah.

Ensuite, par la faute, ils descendirent de ce niveau et les scories revinrent. Mais l'intériorité de la volonté des enfants d'Israël demeure toujours en eux; il faut seulement en ôter le déchet, comme il est dit 'qu'ils renvoient hors du camp' - ce sont les membres, comme l'ont dit nos sages sur le verset 'que ton camp soit saint' (Deutéronome 23,15).

Et cela se fait par l'étude de la Torah, comme ci-dessus; par cela 'on ôte les scories de l'argent'.

בפסוק ביום כלות משה להקים כו'. ובמד' מי הקים כו' אפסי ארץ כו' אפסי ארץ הם השבטים שהם גבולי עולם ומיד כשהקים המשכן הרגישו נשיאי ישראל ונתקרבו אל הבורא ית' כמ"ש ויקרבו נשיאי ישראל כו' ועיין במ"א מזה:

Sur le verset 'le jour où Moché acheva de dresser [le Tabernacle]' (Nombres 7,1). Dans le Midrach: 'qui a dressé... les extrémités de la terre (afsei arets)' (Proverbes 30,4) - les extrémités de la terre sont les tribus, qui sont les limites du monde; et des que le Tabernacle fut dressé, les princes d'Israël le ressentirent et se rapprochèrent du Créateur, comme il est dit 'et les princes d'Israël s'approchèrent' (Nombres 7,2).

Vois ailleurs à ce sujet.

תרמ"א

5641 (תרמ״א)

במד' יקרה היא מפנינים ממי שנכנס לפני ולפנים ומבכור כו'. דיש להבין כיון דת"ח קודם לכה"ג למה לא יכנוס לפני ולפנים.

אכן ב' מדריגות הם כי התורה יורדת למקום נמוך וזה עיקר כח התורה להמשיך מהנסתר להנגלה וכל מה שחסר יותר לאדם ומייגע בתורה וימלא החסרון שלו כל כך מתגלית לו יותר ויותר. וגדלה הרבה יותר מעלת העוסק בתורה לשמה יותר מכל המדריגות.

והתורה היא שלימות האדם כמ"ש אורייתא דילי' משעמל בה נק' תורתו. אבל מדריגת לוים וכהנים הכל מתנה מהשי"ת כי אין לאדם להתקרב מצד עצמו רק מצד בחירת ה' בכהנים ולוים.

אבל העוסק בתורה מתקן נפשו ויקרה היא מכל המדריגות. ועל הכהנים ולוים נאמר אשרי תבחר ותקרב כו'.

ועל העוסקים בתורה נאמר אשרי אדם עוז לו בך בכ"ב אתוון דאורייתא. והרי בני ישראל נמנין קודם הלוים להגיד כי העיקר הם ישראלים ועליהם יש ראשים שהם כהנים ולוים כנ"ל.

וזה ענין ברכת כהנים כי העובד ה' יש לו להכיר מעלת בנ"י הפשוטים כי הם ראוים לברכה דכ' כה תברכו משמע שיודע ה' כי כל רצון הכהן צדק לברך את בנ"י ומורה לו דרך איך לברכם כאשר ראינו באהרן וישא כו' ידיו כו'. ובאמת הברכה נמצאת בבנ"י כמ"ש והי' ברכה.

רק אהרן שהוא למעלה בבחירת השי"ת הוא יברך. כיון שאיננו נוגע מתקיימת ברכתו.

וכן יש תמיד מדריגות וכל אחד צריך לברך למי שלמטה ממנו עד שנדבקים כולם בשורש העליון. ובאמת עבודת כהנים תלוי בהכנת בני ישראל ולכן לפי עבודה שלו צריך לברך את בנ"י שהם גרמו לו עבודה זו כנ"ל:

Dans le Midrach: 'Elle est plus précieuse que les perles' - plus que celui qui entre dans le lieu très saint, et plus que le premier-né. Il faut comprendre: puisque le sage de la Torah (talmid 'hakham) prime sur le grand prêtre, pourquoi n'entre-t-il pas dans le lieu très saint?

En vérité ce sont deux niveaux. Car la Torah descend jusqu'au lieu le plus bas, et c'est la la force essentielle de la Torah: attirer du caché vers le révélé; et plus l'homme est en manque et se fatigue dans la Torah pour combler son manque, plus elle se révèle à lui davantage.

La valeur de celui qui étudie la Torah pour elle-même (li-chma) est bien plus grande que tous les niveaux. La Torah est la perfection de l'homme, comme il est dit 'la Torah est sienne' - des lors qu'il y peine, elle est appelée sa Torah.

Mais le niveau des lévites et des prêtres est entièrement un don du Saint béni soit-Il, car l'homme ne peut se rapprocher de lui-même, mais seulement du fait du choix de Dieu parmi les prêtres et les lévites. Tandis que celui qui étudie la Torah réparé son âme, et elle est plus précieuse que tous les niveaux.

Sur les prêtres et les lévites il est dit 'heureux celui que Tu choisis et rapprochés' (Psaumes 65,5); et sur ceux qui étudient la Torah il est dit 'heureux l'homme dont la force est en Toi' (Psaumes 84,6) - dans les vingt-deux lettres de la Torah. Or les enfants d'Israël sont dénombrés avant les lévites, pour dire que l'essentiel ce sont les Israélites, et au-dessus d'eux il y a des chefs, qui sont les prêtres et les lévites, comme ci-dessus.

Tel est le sens de la bénédiction des prêtres: le serviteur de Dieu doit reconnaître la valeur des simples enfants d'Israël, car ils sont dignes de la bénédiction, puisqu'il est écrit 'ainsi vous bénirez' (Nombres 6,23) - ce qui implique que Dieu sait que toute la volonté du prêtre juste est de bénir les enfants d'Israël, et Il lui enseigne le chemin pour les bénir, comme nous l'avons vu chez Aaron, 'il éleva ses mains' (Lévitique 9,22). Et en vérité la bénédiction se trouve dans les enfants d'Israël, comme il est dit 'et sois une bénédiction' (Genèse 12,2); seulement, c'est Aaron, qui est au-dessus par le choix de Dieu, qui bénit - puisqu'il n'est pas intéresse, sa bénédiction se réalise.

Ainsi il y a toujours des niveaux, et chacun doit bénir celui qui est au-dessous de lui, jusqu'à ce que tous s'attachent à la racine supérieure. Et en vérité le service des prêtres dépend de la préparation des enfants d'Israël; c'est pourquoi, selon son service, il doit bénir les enfants d'Israël, qui lui ont procure ce service, comme ci-dessus.

במדרש בכתף ישאו כו'. דורש על השירה כמ"ש שאו זמרה כו'.

וקשה מה בכתף. ויתבאר הענין על פי מ"ש וישרנה הפרות בדרך שעל ידי שנשאו הארון ניתן בהם דעת לשורר ולזמר כמ"ש בזוה"ק בלק ארונא דעל גבייהו עביד להון לזמרא.

כן הלוים. במה שנשאו על כתפיהם בכח זה הרימו קול זמרה.

וכמו כן הוא בכל עובד ה' שמתמלא זיו ושמחה ע"י עבודת אמת. ועל זה נאמר עם זו יצרתי לי תהלתי יספרו כי עיקר העבודה בתורה ובמצות וממילא נתמלא פיו שירה וזמרה.

וזה עצמו העדות שהאמת עד לעצמו שהעובד ה' מבין בנפשו שהוא דבוק בשורש האמת ולבו שמח. והוא עדות על הבורא ית'.

וכמו כן יש בכל יום תפילות ושירות. ומקודם יש מצות בעובדא ואחר כך במילולא דפומא כידוע:

Dans le Midrach: 'sur l'épaule ils porteront' (Nombres 7,9) - on l'interprète sur le chant, comme il est dit 'élevez un chant' (Psaumes 81,3). Et c'est difficile: qu'est-ce que 'sur l'épaule'?

Le sens s'éclaire d'après ce qui est écrit 'et les vaches allèrent droit en chantant sur le chemin' (I Samuel 6,12) - car du fait qu'elles portaient l'arche, il leur fut donné la connaissance (daat) pour chanter et entonner, comme il est dit dans le saint Zohar Balak: 'l'arche qui était sur elles les faisait chanter'. De même les lévites: du fait qu'ils portaient sur leurs épaules, par cette force ils élevaient la voix du chant.

De même en est-il pour tout serviteur de Dieu, qui se remplit d'éclat et de joie par le service véritable. Sur cela il est dit 'ce peuple que J'ai forme pour Moi racontera Ma louange' (Isaie 43,21), car l'essentiel du service est dans la Torah et les commandements, et de ce fait sa bouche se remplit de chant et de mélodie.

Cela même est le témoignage - car la vérité est témoin d'elle-même - que le serviteur de Dieu comprend en son âme qu'il est attaché à la racine de la vérité, et son cœur se réjouit; et c'est un témoignage sur le Créateur. De même il y a chaque jour des prières et des chants; et d'abord il y a les commandements dans l'acte, puis dans la parole de la bouche, comme on le sait.

תרמ"ב

5642 (תרמ״ב)

במדרש יקרה כו' מפנינים. כי עיקר שבח התורה שנותנת חיים לעושיה גם בעוה"ז.

ולעושי' דייקא שמביאין אור תורה גם בעשי'. וחז"ל דרשו ממי שנכנס לפני ולפנים כענין שאמרו יפה שעה אחת בעוה"ז כו'.

הגם שעוה"ז דומה לפרוזדור בפני עוה"ב. מכל מקום יקר וחביב לפניו עסק התורה בחוץ בפרוזדור מהכניסה להטרקלין כי זה פריעת שכר לאדם.

אבל לעשות רצונו ית' בעוה"ז הוא השליחות והמכוון שרוצה הקב"ה מאתנו. וצריך להיות יקר בעינינו זאת מכל המדריגות.

כדמסיים קרא וכל חפציך לא ישוו. ובמ"א כתיב חפצים דרשו חז"ל על חפצי שמים ג"כ שאין כל המצות שוין לד"א מן התורה.

וכתיב חכמות בחוץ תרונה ברחובות תתן קולה דרשו חז"ל במקום שמרחיבין אותה. הוא כנ"ל התפשטות הארת התורה.

ונראה עוד כי באמת נגנז אור גדול בכל הבריאה מכח עשרה מאמרות רק שהי' נעלם מאוד וע"י התורה יכולין להוציא ולברר יקר מזולל. וז"ש וידבר כו' כל הדברי' האלה לאמר שעל ידי עשרת הדיברות נתקנו העשרה מאמרות שהם יקרים עד מאוד:

Dans le Midrach: 'précieuse... plus que les perles'. Car l'essentiel de la louange de la Torah, c'est qu'elle donne la vie à ceux qui l'accomplissent, même dans ce monde-ci; et précisément 'à ceux qui l'accomplissent' - ceux qui apportent la lumière de la Torah jusque dans l'action.

Nos sages l'ont interprété comme 'plus que celui qui entre dans le lieu très saint', à la manière de ce qu'ils ont dit: 'meilleure est une heure [de techouva et de bonnes actions] dans ce monde-ci [que toute la vie du monde à venir]' (Avot 4,17). Bien que ce monde-ci soit comparable à un vestibule devant le monde à venir, malgré tout l'étude de la Torah au-dehors, dans le vestibule, est plus précieuse et chérie devant Lui que l'entrée dans la salle (traklin), car cela est le versement du salaire pour l'homme.

Mais accomplir Sa volonté dans ce monde-ci, c'est la mission et le but que le Saint béni soit-Il veut de nous. Et cela doit être précieux à nos yeux plus que tous les niveaux, comme le conclut le verset 'et tous tes désirs ne l'égalent pas' (Proverbes 3,15).

Ailleurs il est écrit 'désirs (hafatsim)' - nos sages l'ont interprété même sur les 'désirs du Ciel', que tous les commandements n'égalent pas une seule parole de la Torah. Il est écrit 'la sagesse crie au-dehors, sur les placés elle donne de la voix' (Proverbes 1,20) - nos sages ont interprété: au lieu où on l'élargit; c'est comme ci-dessus, le déploiement de l'illumination de la Torah.

Il paraît encore qu'en vérité une grande lumière est enfouie dans toute la création, par la force des dix paroles [de la création], mais elle était très cachée, et par la Torah on peut la faire sortir et extraire 'le précieux du vil' (Jérémie 15,19). C'est le sens de 'et Il prononça toutes ces paroles en disant' (Exode 20,1) - car par les dix commandements (aseret ha-dibrot) furent réparées les dix paroles de la création (aseret ha-maamarot), qui sont extrêmement précieuses.

במדרש ישא ה' פניו וכתיב אשר לא ישא פנים ומתרץ כשעושין רצונו של מקום. וקשה א"כ מה צורך לנשיאת פנים.

ונראה לפרש שהקב"ה רואה שע"י הנשיאת פנים והתקרבות נשיב אליו ית' לכן הוא מקרב אותנו הגם שאין ראוים. וז"ש עושין ר"ל שעושין אח"כ והקב"ה עבר ועתיד הכל שוה לפניו ב"ה וכדדרשו במדרש אתם המעט כשהקב"ה מיטיב עמהם ממעטין עצמן.

א"כ מכש"כ כשאין ראויין והקב"ה נושא להם פנים וודאי ממעטין עצמם לכן נושא להם פנים. וכענין זה כתב במדרש על פסוק אשמעה מה ידבר כו' כי ידבר שלום כו'.

ועי"ז אל ישיבו לכסלה ע"ש בפרשת הנשיאים. וכ"כ שלום לרחוק ולקרוב כו'.

שהקב"ה נותן יד למי שמוכן ע"י זה ההתקרבות לשוב אליו ית'. ואמחז"ל הוי מתלמידיו של אהרן כו'.

וכ' שאהרן כשהי' רואה בעל עבירה הי' מקרבו כו' ועי"ז בוש ושב וע"ז כתיב בשלום ובמישור כו' ורבים השיב מעון. ובלי ספק מדה זו היא ממדותיו של הבורא ית'.

כי האנוש מאלוה יצדק. ובדרך הלצה הוי מתלמידיו של אהרן דייקא כי ודאי אותן שקירב אותם הי' להם מורך הלב ששבו עי"ז ההתקרבות ונקראו תלמידיו ויש לנו להיות כמו אותן התלמידים.

וכשהקב"ה מטיב עמנו יש לנו להשכיל להכניע אליו בתשובה שלימה כנ"ל:

Dans le Midrach: 'que Dieu tourne Sa face vers toi (yissa panav)' (Nombres 6,26), et il est écrit 'qui ne fait pas acception de personne (lo yissa panim)' (Deutéronome 10,17); et il répond: [Il fait acception] quand ils accomplissent la volonté de l'Omniprésent. C'est difficile: si tel est le cas, quel besoin de l'acception de la face?

Il paraît qu'on peut expliquer que le Saint béni soit-Il voit que, par cette acception de la face et ce rapprochement, nous reviendrons vers Lui; c'est pourquoi Il nous rapproche bien que nous n'en soyons pas dignes. C'est le sens de 'ils accomplissent', c'est-à-dire qu'ils accompliront par la suite - et pour le Saint béni soit-Il le passé et le futur sont égaux devant Lui.

Comme l'ont interprété nos sages dans le Midrach: 'vous, les moins nombreux' (Deutéronome 7,7) - quand le Saint béni soit-Il leur fait du bien, ils se font petits. Si donc, à plus forte raison, quand ils n'en sont pas dignes et que le Saint béni soit-Il leur fait acception de la face, assurément ils se font petits - c'est pourquoi Il leur fait acception de la face.

Dans le même sens il est écrit dans le Midrach sur le verset 'j'écouterai ce que dira [Dieu], car Il parle de paix' (Psaumes 85,9) - et par cela 'qu'ils ne retournent pas à leur folie', vois la-bas dans la section des princes. Ainsi il est écrit 'paix à celui qui est loin et à celui qui est proche' (Isaie 57,19) - car le Saint béni soit-Il tend la main à celui qui est prêt, par ce rapprochement, à revenir vers Lui.

Nos sages ont dit: 'sois des disciples d'Aaron [aimant la paix et poursuivant la paix]' (Avot 1,12); et il est écrit qu'Aaron, lorsqu'il voyait un pécheur, le rapprochait, et par cela [le pécheur] avait honte et revenait; sur lui il est écrit 'dans la paix et la droiture... et il détourna beaucoup de gens du péché' (Malachie 2,6). Sans doute cette mesure est-elle l'une des mesures du Créateur, car 'l'homme serait-il plus juste que Dieu?' (Job 4,17).

Par manière de boutade, on peut dire 'sois des disciples d'Aaron' précisément, car assurément ceux qu'il rapprochait avaient le cœur attendri, revenant par ce rapprochement, et ils étaient appelés ses disciples; et nous devons être comme ces disciples. Et quand le Saint béni soit-Il nous fait du bien, nous devons avoir la sagesse de nous soumettre à Lui par une techouva complète, comme ci-dessus.

תרמ"ג

5643 (תרמ״ג)

במד' יקרה היא מפנינים מכ"ג שנכנס לפני ולפנים. א"כ למה אין ת"ח רשאי לכנוס.

אך שני מדריגות הם בחי' תורה ועבודה. כמ"ש בזוה"ק תרומה אורייתא מאין דבעי זכה בה אבל מלה דקיימא בעובדא צריך סייעתא דשמיא ע"ש.

והם בחי' נעשה ונשמע. ובשעת קבלת התורה זכו בני ישראל לשתי הבחינות וע"י שלא חטאנו בנשמע נשאר חירות בבחי' נשמע גם עתה כמ"ש כל המקבל עול תורה.

ואין לך בן חורין רק מי שעוסק בתורה. והנעשה שחטאנו בו צריך יגיעה רבה.

ולכן יש בבחי' עבודת ביהמ"ק תחומין וגבולין. כהן לוי ישראל.

עזרה והיכל וק"ק. שא"י לכנוס רק במדה וגבול ובחסד עליון.

אכן ע"י התורה יכולין לבוא גם לידי המעשה כאשר תלתה תורה הכל בזה כמ"ש אם שמוע תשמעו כו' שהי' גלוי לפניו ית' כי לא יתקיים העשי' בידינו תלה הכל בהשמיעה. וכפי מה שהאדם מבטל כל המעשים בעבור התורה כך זוכה לתקן העשי' ג"כ ע"י התורה.

וכתיב וכל חפציך לא ישוו בה. ובמ"א כתיב כל חפצים ודרשו חז"ל אף כל המצות אין שוין לדבר אחד מהתורה.

וי"ל כנ"ל שע"י שכל חפציך לא ישוו ומבטל כל רצונות וחפציו להתורה. כן התורה חשובה לפניו ית' ומתקן בעסק התורה יותר מכל החפצים דהיינו המצות:

Dans le Midrach: 'Elle est plus précieuse que les perles' - plus que le grand prêtre qui entre dans le lieu très saint. Si tel est le cas, pourquoi le sage de la Torah n'est-il pas autorisé à entrer?

Mais ce sont deux niveaux: l'aspect de la Torah et l'aspect du service (avoda). Comme il est écrit dans le saint Zohar Terouma: 'la Torah, celui qui la désire depuis le néant y mérite; mais une chose qui se réalise dans l'acte requiert l'aide du Ciel (siata di-chmaya)', vois la-bas.

Ce sont les aspects de 'nous ferons (naase)' et 'nous écouterons (nichma)'. Au moment de la réception de la Torah, les enfants d'Israël méritèrent les deux aspects, et du fait que nous n'avons pas faute dans le 'nichma', il reste une liberté dans l'aspect du 'nichma' même maintenant, comme il est dit 'quiconque accepté le joug de la Torah [on lui ôte le joug du royaume et le joug de la conduite du monde]' (Avot 3,5), et 'tu n'as d'homme libre que celui qui s'occupe de la Torah' (Avot 6,2).

Mais le 'naase', dans lequel nous avons fauté, requiert un grand effort. C'est pourquoi il y a, dans l'aspect du service du Temple, des domaines et des limites: prêtre, lévite, Israélite; le parvis, le Hekhal et le Saint des Saints - où l'on ne peut entrer que selon une mesure et une limite, et par la grâce suprême.

Cependant, par la Torah on peut parvenir aussi à l'acte, puisque la Torah à tout suspendu à cela, comme il est dit 'si vous écoutez bien [mes commandements]' (Deutéronome 11,13) - car il était révélé devant Lui que l'acte ne se maintiendrait pas entre nos mains, aussi à-t-Il tout suspendu à l'écoute. Et dans la mesure où l'homme annule tous les actes en faveur de la Torah, il mérite ainsi de réparer l'acte lui aussi par la Torah.

Il est écrit 'et tous tes désirs ne l'égalent pas' (Proverbes 3,15). Ailleurs il est écrit 'tous les désirs' et nos sages ont interprété: même tous les commandements n'égalent pas une seule chose de la Torah.

On peut dire, comme ci-dessus, que du fait que 'tous tes désirs ne l'égalent pas' et qu'il annule toutes ses volontés et ses désirs devant la Torah, ainsi la Torah est importante devant Lui, et il répare par l'étude de la Torah plus que par tous les désirs, c'est-à-dire les commandements.

תרמ"ה

5645 (תרמ״ה)

בענין סמיכות ברכת כהנים לפרשת נזירות להודיע כי גם הפרטים המתעלין מבני דורם. נזיר קודש לה'.

אעפ"כ צריכין לבטל מעשיהם הטובים אל הציבור ולידע כי יצאו מן הכלל ללמד על הכלל כולו. וכמו כן הכהנים שנבחרו מבנ"י להיות מיוחדים לעבודת המקדש אעפ"כ הכל הי' בעבור הכלל שימשיכו הברכה לכלל ישראל.

ואהרן הכהן זכה למצוה זו בכח זה הביטול כדכתיב וישא אהרן כו' ידיו אל העם ויברכם וכ' חז"ל שזכה מכאן לב"כ. שהכניס כל כחו לכלל ישראל.

וזהו ידיו אל העם. והבין כי מאתם הוא כח עבודתו.

וע"ד הלצה י"ל סיום הפסוק וירד מעשות החטאת. כי וירד הוא לשון רידוי וממשלה כמו וירד מים אל ים.

לומר שבכח פעולה זו של נשיאות ידיו אל העם השליטו הקב"ה וירד בכח זה יותר מבכח גוף עשיית חטאת ועולה ושלמים:

Au sujet de la juxtaposition de la bénédiction des prêtres à la section du nazir: pour faire savoir que même les individus qui s'élèvent au-dessus des gens de leur génération - 'le nazir est consacré à Dieu' (Nombres 6,8) - malgré cela doivent annuler leurs bonnes actions en faveur de la collectivité et savoir qu'ils sont sortis de l'ensemble pour enseigner sur l'ensemble tout entier. De même les prêtres, qui furent choisis parmi les enfants d'Israël pour être voués au service du Sanctuaire: malgré cela, tout était en faveur de l'ensemble, afin qu'ils attirent la bénédiction sur tout Israël.

Et Aaron le prêtre mérita ce commandement par la force de cette annulation, comme il est écrit 'Aaron éleva ses mains vers le peuple et les bénit' (Lévitique 9,22); et nos sages ont écrit qu'il mérita de la la bénédiction des prêtres, car il fit entrer toute sa force dans l'ensemble d'Israël. C'est le sens de 'ses mains vers le peuple' - il comprit que d'eux venait la force de son service.

Par manière de boutade, on peut dire sur la fin du verset 'et il descendit après avoir accompli [le sacrifice] pour le péché (vayered me-assot ha-hattat)': car 'vayered' est un terme de domination et de gouvernement, comme 'et il dominera (veyered) d'une mer à l'autre' (Psaumes 72,8) - pour dire que par la force de cet acte d'élever ses mains vers le peuple, le Saint béni soit-Il lui donna la domination, et il domina par cette force plus que par la force même de l'accomplissement du sacrifice pour le péché, de l'holocauste et des sacrifices de paix.

בפסוק ובבוא משה כו' וישמע הקול מדבר אליו כו' דכתיב עושי דברו לשמוע בקול דברו. ומעשה המשכן הי' הכנה לזה הקול.

ולכן ויקריבו נשיאי ישראל. ובמד' מי הקים כל אפסי ארץ.

כי הי"ב שבטים המה בחי' י"ב גבולי עולם והעולם עומד עליהם כענין י"ב בקר והים עליהם. והמה בחי' עושי דברו כמ"ש וזאת אשר דיבר להם אביהם.

כי יעקב הוא הקול והארת יעקב אע"ה מתפשט ומתרחב באמצעיות הי"ב שבטים. וכ' לה' עין אדם וכ' שבטי ישראל.

עין אדם הוא בחי' יעקב מעין שופרי' דאדם קדמאה. הצורה החקוקה תחת כסה"כ וכל שבטי ישראל המה מקבלים כחו של יעקב.

ולכן המה מכוונים לי"ב חדשי השנה שהם במקום שצריך התחדשות וזה הי' חנוכת הנשיאים שהניחו כח התחדשות בהמשכן. וזה הי' תיקון העשי' כדאיתא במד' כלות משה.

ושם כתיב ויכולו ששקול מעשה המשכן למעשה בראשית. והיינו שנתקן העשי' והי' מזה הכנה לשמוע בקול דברו כנ"ל:

Sur le verset 'et quand Moché entrait [dans la tente d'assignation], il entendait la voix qui lui parlait' (Nombres 7,89), car il est écrit 'ceux qui accomplissent Sa parole, pour écouter la voix de Sa parole' (Psaumes 103,20). L'œuvre du Tabernacle fut une préparation à cette voix, et c'est pourquoi 'les princes d'Israël offrirent'.

Dans le Midrach: 'qui a dressé toutes les extrémités de la terre' (Proverbes 30,4) - car les douze tribus sont l'aspect des douze limites du monde, et le monde repose sur elles, à la manière des 'douze bœufs et la mer sur eux' (I Rois 7,25). Elles sont l'aspect de 'ceux qui accomplissent Sa parole', comme il est dit 'et voici ce que leur dit leur père' (Genèse 49,28).

Car Yaakov est la voix, et l'illumination de Yaakov notre père se déploie et s'élargit par l'intermédiaire des douze tribus. Il est écrit 'à Dieu l'œil de l'homme et [toutes] les tribus d'Israël' (Zacharie 9,1) - l'œil de l'homme est l'aspect de Yaakov, de la beauté de l'homme primordial (Adam kadmaa), la forme gravée sous le Trône de gloire; et toutes les tribus d'Israël reçoivent la force de Yaakov.

C'est pourquoi elles correspondent aux douze mois de l'année, qui sont au lieu où il faut du renouvellement; et telle fut l'inauguration des princes, qui déposèrent la force de renouvellement dans le Tabernacle. Ce fut la réparation de l'action, comme il est rapporté dans le Midrach 'lorsque Moché acheva'; et la il est écrit 'ils furent achevés (vayekhoulou)' (Genèse 2,1), car l'œuvre du Tabernacle équivaut à l'œuvre de la création.

C'est-à-dire que l'action fut réparée, et cela fut une préparation à écouter la voix de Sa parole, comme ci-dessus.

תרמ"ו

5646 (תרמ״ו)

En bref

« Qu'ils renvoient hors du camp » (Bamidbar 5,2) : le Midrach cite « Enlève les scories de l'argent ». Pour le Sfat Emet, à la sortie d'Égypte et au don de la Torah, Israël fut guéri de tout défaut et de toute impureté et devint un réceptacle (keli) pour le service du Créateur. Par le rassemblement des enfants d'Israël dans l'unité, les ouvriers d'iniquité se dispersent. Bien que par la faute ils soient redevenus atteints d'écoulement et lépreux, le mélange n'est plus dans l'essence : lorsqu'ils reviennent s'unifier dans l'unité de la Torah, ils guérissent, et de même au saint Chabbat le sitra ahara (l'autre côté) s'écarte d'eux.

Aussi : par l'annulation de la nature, Avraham devient la bénédiction remise aux cohanim et au nazir ; la Torah plus précieuse que l'entrée au Saint des saints, car les sages sont fils ; poussière et cendre d'Avraham léguées à Israël

במדרש וישלחו מן המחנה הגו סיגים מכסף כו' הענין הוא דביציאת מצרים וקבלת התורה נתרפאו מכל מומין וטומאה ונעשין כלי' לעבודת הבורא. וכמו שהפסולת ותערובות מונע שלימות הכלי'.

לכך כאשר הגו יצאו לצורף. כמו כן ע"י שלימות הכלי מתברר הפסולת.

וז"ש וישלחו מן המחנה שע"י התכללות בנ"י באחדות יתפרדו פועלי און. ואמת כי אין שיעור לזה האחדות.

וכמו כן להבירור. ויש מחנה לפנים ממחנה וכמו כן כמה מיני טומאות כמבואר בענין.

והכלל כי הגם שע"י החטא חזרו להיות זבין ומצורעין כו'. אבל הפרש יש שמקודם הי' תערובות בעצם.

ומזה הוציאנו השי"ת ממצרים. ונק' בני חורין.

וזה הרמז שנתרפאו מן התורה כדדריש מנין שלא הי' בהם סומין חגרין כו'. פי' שהשי"ת מסר להם התורה ובכח התורה יכולין להתרפאות כמאמר אני ה' רופאך.

ומה שחזר ע"י החטא הוא במקרה. אך כשחוזרין להתאחד באחדות התורה חוזרת להם ומתרפאין.

ומעין זה בש"ק דמתאחדין ברזא דאחד וחוזר לבנ"י ההארות מקבלת התורה לכן מתעברין מינה כל סט"א כנ"ל וישלחו מן המחנה:

Dans le Midrach : "Qu'ils renvoient hors du camp" (Nombres 5,2) - "Enlevé les scories de l'argent" (Proverbes 25,4) etc. L'idée est que, lors de la sortie d'Égypte et du don de la Torah, [Israël] fut guéri de tout défaut et de toute impureté et devint un réceptacle (keli) pour le service du Créateur.

Et de même que le déchet et le mélange empêchent la perfection des réceptacles, ainsi, lorsqu'on enlève [les scories], elles sortent [dirigées] vers l'orfèvre ; de même, par la perfection du réceptacle, le déchet se clarifie (mitberer). C'est le sens de "qu'ils renvoient hors du camp" : par le rassemblement des enfants d'Israël dans l'unité, les ouvriers d'iniquité se dispersent.

Et en vérité il n'y a pas de mesure à cette unité, et de même pour la clarification. Et il y a un camp à l'intérieur d'un camp, et de même plusieurs sortes d'impuretés, comme exposé dans ce sujet.

La règle est que, bien que par la faute ils soient redevenus atteints d'écoulement (zavim) et lépreux (metsoraim) etc., il y a toutefois une différence : auparavant le mélange était dans l'essence même, et de cela le Saint béni soit-Il nous à fait sortir d'Égypte, et [nous] sommes appelés hommes libres. Et c'est l'allusion qu'ils furent guéris par la Torah, comme on l'exposé : "d'où [sait-on] qu'il n'y avait parmi eux ni aveugles ni boiteux etc." L'explication est que le Saint béni soit-Il leur a transmis la Torah, et par la force de la Torah ils peuvent se guérir, selon la parole "Je suis l'Éternel qui te guérit" (Exode 15,26).

Et ce qui est revenu par la faute n'est qu'accidentel ; mais lorsqu'ils reviennent s'unifier dans l'unité de la Torah, elle leur revient et ils guérissent. Et quelque chose de semblable [se produit] au saint Chabbat, où ils s'unifient dans le secret de l'Un, et les illuminations du don de la Torah reviennent aux enfants d'Israël ; c'est pourquoi tout le sitra ahara (l'autre côté) s'écarte d'eux, comme mentionné plus haut : "qu'ils renvoient hors du camp".

במדרש כה תברכו וכו' ואעשך לגוי גדול והי' ברכה כו' ע"ש. הענין הוא שהקב"ה וב"ש אמר לאברהם אע"ה לך לך מארצך כו'.

וביטל כל הטבע ופירש עצמו מכולם ועי"ז עצמו נעשה הוא הברכה ונמשך קיום העולם על ידו להודיע כי קיום כל הטבע ע"י הביטול אליו ית'. וכמו כן נתקיים בבנ"י בכלל שהם הנפרשין מאנשי הטבע ובפרט במדבר שנמשכו אחריו ית' למקום מדבר שממה ולכן נמסר הברכה בידיהם.

ובפרט הכהנים שאין להם חלק בארץ והיו מופרשים רק לעבודת המקדש והיו הם המברכים לכל. ומה"ט נסמכה פרשה זו לפרשת נזיר לומר שע"י הנזירה והפרישה מן הטבע שורה הברכה בהטבע וביטולו של דבר זה קיומו.

ומה"ט בש"ק יורד ברכה על כל ימי המעשה ע"י שיש בו ביטול הטבע וכל מעשה גשמיי לכן היא מקור הברכה. והג' סעודות בש"ק הם מעין הג' ברכות שבברכת כהנים.

וזה ג"כ הרמז בפסוק ואיש את קדשיו לו יהיו ודו"ק:

Dans le Midrach : "Ainsi bénirez-vous" (Nombres 6,23) etc. ; "Je ferai de toi une grande nation... et sois une bénédiction" (Genèse 12,2) etc., vois la. L'idée est que le Saint béni soit-Il, dont le Nom soit béni, dit à Abraham notre père, que la paix soit sur lui : "Va pour toi hors de ton pays" etc.

Et il annula toute la nature et se sépara de tous, et par cela même il devint la bénédiction, et le maintien du monde fut tire par son intermédiaire, pour faire savoir que le maintien de toute la nature [se fait] par l'annulation (bitoul) envers Lui, qu'Il soit béni. Et de même cela s'accomplit dans les enfants d'Israël en général, qui sont ceux qui se séparent des hommes de la nature, et en particulier dans le désert, où ils se sont laissés tirer après Lui, qu'Il soit béni, vers un lieu de désert désolé ; c'est pourquoi la bénédiction fut remise entre leurs mains.

Et en particulier les cohanim (prêtres), qui n'ont pas de part dans le pays et étaient séparés uniquement pour le service du Sanctuaire, et c'étaient eux qui bénissaient tous. Et pour cette raison cette section fut placée à côté de la section du nazir (nazireen), pour dire que par l'abstinence nazireenne et la séparation d'avec la nature, la bénédiction repose dans la nature, et l'annulation d'une chose est [précisément] son maintien.

Et pour cette raison, au saint Chabbat, la bénédiction descend sur tous les jours de l'action (de la semaine), parce qu'il comporte l'annulation de la nature et de toute action matérielle ; c'est pourquoi il est la source de la bénédiction. Et les trois repas du saint Chabbat sont à l'image des trois bénédictions de la bénédiction des cohanim.

Et c'est aussi l'allusion dans le verset "et les choses saintes de chacun seront à lui" (Nombres 5,10), et comprends-le bien.

תרמ"ז

5647 (תרמ״ז)

במדרש יקרה היא מפנינים ממי שנכנס לפני ולפנים. וצריך ביאור א"כ למה אין הת"ח יכול ליכנוס לפני ולפנים.

והענין הוא כי סדר עבודת בית המקדש הוא בבחי' עבדות שיש בחי' בנים ועבדים. ובבחי' עבד יש חילוקים עבדים ושרים וכפי העבודה ושימוש העבד כך חשיבותו.

לא כן בבחי' בנים כי הבן היכן שהוא הוא בנו של המלך. וזה הוא חביבות העוסקין בתורה שנק' בנים המחפשין בגנזי דמלכא.

וזהו ג"כ ההפרש בין שבתות למועדים. כמ"ש בחג הפסח מזה כי ביו"ט הוא בחי' עבדותי ולכן אומרים בתפלה אתה בחרתנו מכל העמים כו'.

ולכן המצוה בעליות רגלים. והוא גם כן בחי' תפלה שנקראת עבודה ונקראת חיי שעה היינו לפי המקום ולפי הזמן.

אבל שבת הוא בחי' בנים ולכן שבת הוא בכל מושבותיכם. והיא התורה חיי עולם כנ"ל:

Dans le Midrach : "Elle est plus précieuse que les perles (peninim)" (Proverbes 3,15) - [plus précieuse] que celui qui entre au plus intime (lifnai ve-lifnim, le Saint des saints). Et cela demande explication : si c'est ainsi, pourquoi le sage de la Torah (talmid 'hakham) ne peut-il pas entrer au plus intime ?

L'idée est que l'ordre du service de la Maison du Sanctuaire relève de l'aspect (behina) de la servitude, où il y a l'aspect des fils et l'aspect des serviteurs. Et dans l'aspect du serviteur il y a des distinctions - serviteurs et ministres - et selon le service et l'usage du serviteur, ainsi est son importance.

Il n'en va pas de même dans l'aspect des fils, car le fils, où qu'il soit, est le fils du roi. Et telle est la préciosité de ceux qui s'adonnent à la Torah, appelés fils, qui fouillent dans les trésors du Roi.

Et c'est aussi la différence entre les Chabbats et les fêtes (moadim). Comme nous l'avons écrit à ce sujet à la fête de Pessa'h : le jour de fête (yom tov) relève de l'aspect de ma servitude, et c'est pourquoi l'on dit dans la prière "Tu nous as choisis parmi tous les peuples" etc. ; et c'est pourquoi le commandement [réside] dans les montées de pèlerinage (aliyot regalim).

Et c'est aussi l'aspect de la prière, appelée "service" (avoda) et appelée "vie du moment" (hayei chaa), c'est-à-dire selon le lieu et selon le temps. Mais le Chabbat relève de l'aspect des fils, et c'est pourquoi le Chabbat est "dans toutes vos demeures" (Lévitique 23,3), et il est la Torah, "vie éternelle" (hayei olam), comme mentionné plus haut.

בפרשת נזירות כל ימי נזרו קדוש הוא א"כ לעולם נגנז הקדושה בלב איש ישראל רק שכפי הפרישות מן הגשמיות מוציא הארת הקדושה מכח אל הפועל. דכתיב וייצר שתי יצירות ויש ציור הנשמה ומתלבש בציור הגוף.

רק שצריך האדם לראות למצוא התגלות ציור הפנימי. וז"ש איש כי יפליא דאיתא במדרש בראשית בפסוק גדול אתה ועושה נפלאות ע"ש שדורש על רוח האדם שבקרבו.

והוא כמ"ש רמ"א בש"ע או"ח סי' ו' פי' ומפליא לעשות שהקב"ה קשר הנשמה שהיא רוחניי בגוף הגשמיי. וזה עצמו פירוש בראשית ברא שיהי' התקשרות להבריאה בהראשית.

וזהו עושה נפלאות אתה אלקים לבדך. וקודם החטא הי' מתגלה זה הכח באדם להיות כלול מרוחניי וגשמיי בלי השתנות.

וז"ש אני אמרתי אלקים אתם כו'. ואחר החטא צריכין לפרוש מהגוף לזכות להתגלות ציור הנפלא.

ומ"מ יש זמנים ומצות שיכול להתגלות הציור הנ"ל. כמו בשבת שהוא יומא דנשמתין.

וגם מצות תפילין בכל יום איתא בזוה"ק שמתגלה ציור האדם ע"י התפילין ובמד' הדעת מתחלק בד' מקומות ע"ש. ורמז לד' פרשיות שבתפילין שהוא התפשטות הדעת בד' מקומות.

ודרשו חז"ל שם ה' נקרא עליך זה תפילין שבראש. ותפילין של יד הוא ביטול הגוף שעי"ז יכול להתגלות כח הנשמה כמו בנזיר ע"י הפרישה.

[וסמכו לפרשת סוטה כמ"ש ז"ל הרואה סוטה יזיר עצמו מהיין. והענין היא דכתיב אשר חטא על הנפש דרשו חז"ל על שציער עצמו מהיין.

והיינו כי מכוון האמת הי' שיהי' האדם כדכ' עשה האלקים כו' האדם ישר כולל הנשמה והגוף כאחד ולא יצטרך לפרוש מכל זה. אך כשרואין התגברות היצה"ר.

בע"כ צריכין להשליך הגשמיות והגוף כדי לזכות להארת הנשמה כנ"ל]:

Dans la section du nazireat : "Tous les jours de son nazireat il est saint" (Nombres 6,8) - si c'est ainsi, la sainteté est toujours enfouie dans le cœur de l'homme d'Israël ; seulement, à proportion de la séparation d'avec la matérialité, il fait sortir l'illumination de la sainteté de la puissance à l'acte. Car il est écrit "et Il forma (va-yitser, avec deux yod)" (Genèse 2,7) - deux formations : il y a la figure (tsiour) de l'âme, qui se revêt dans la figure du corps ; seulement l'homme doit veiller à trouver la révélation de la figure intérieure.

Et c'est le sens de "un homme qui accomplira une merveille (ki yafli)" (Nombres 6,2), car il est rapporté dans le Midrach Bereshit, sur le verset "Tu es grand et Tu fais des merveilles (niflaot)" (Psaumes 86,10), vois la, qu'il l'exposé sur l'esprit (roua'h) de l'homme qui est en lui. Et c'est comme l'à écrit le Rema (Rabbi Moche Isserles) dans le Choulhan Aroukh, Orah 'Hayim, paragraphe 6 : l'explication de "et Il fait merveille (oumafli laasot)" est que le Saint béni soit-Il à lié l'âme, qui est spirituelle, dans le corps matériel.

Et c'est cela même l'explication de "Au commencement Il créa (Bereshit bara)" : qu'il y ait un lien de la création avec le Commencement (ha-Reshit). Et c'est "Tu fais des merveilles, Toi, Elo-kim, seul" (Psaumes 86,10).

Et avant la faute, cette puissance se révélait dans l'homme, [le rendant] composé de spirituel et de matériel sans altération. Et c'est le sens de "Moi j'ai dit : vous êtes des êtres divins (Elo-kim)" etc.

(Psaumes 82,6). Et après la faute, il faut se séparer du corps pour mériter la révélation de la figure merveilleuse.

Néanmoins il y a des temps et des commandements où cette figure peut se révéler, comme au Chabbat, qui est "le jour des âmes (yoma de-nichmatin)". Et aussi le commandement des téfilines chaque jour : il est rapporté dans le saint Zohar que la figure de l'homme se révèle par les téfilines, et dans le Midrach [il est dit] que la connaissance (daat) se divise en quatre endroits, vois la ; et [c'est] une allusion aux quatre sections des téfilines, qui est le déploiement de la daat en quatre endroits.

Et nos Sages, de mémoire bénie, ont exposé : "le Nom de l'Éternel est proclame sur toi" (Deutéronome 28,10) - ce sont les téfilines de la tête ; et les téfilines du bras sont l'annulation du corps, par quoi peut se révéler la puissance de l'âme, comme chez le nazir par la séparation. [Et on l'à placé à côté de la section de la sotah (femme soupçonnée), comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : "celui qui voit une sotah [dans sa dégradation] doit se séparer (yazir) du vin".

Et l'idée est qu'il est écrit [au sujet du nazir] "qui a faute contre l'âme (nefech)" (Nombres 6,11) - nos Sages, de mémoire bénie, ont exposé : parce qu'il s'est affligé [en s'abstenant] du vin. Et cela [signifie] que l'intention véritable était que l'homme soit comme il est écrit "Elo-kim à fait... l'homme droit" (Ecclésiaste 7,29), englobant l'âme et le corps comme un, sans avoir besoin de se séparer de tout cela ; mais lorsqu'on voit le renforcement du mauvais penchant (yetser hara), on est contraint de rejeter la matérialité et le corps afin de mériter l'illumination de l'âme, comme mentionné plus haut.]

בברכת כהנים כה תברכו את בני ישראל. פי' שבנ"י הם כלים להמשיך הברכה על ידיהם כדכתיב ושמו את שמי כו'.

דאיתא אין כלי מחזיק ברכה אלא שלום. והשלימות אינו בנמצא רק בבנ"י שנקראו השולמית ובמד' אומה שמסיימים לה שלום בכל יום.

ולכן הם יכולים לקבל הברכה והקב"ה נותן ברכתו תמיד מן השמים כשיש כלי לקבל. וכמו כן בביהמ"ק דכתיב בכל המקום אשר אזכיר את שמי כו'.

ולא כתיב בכל מקום אלא המקום. היינו מקום שכולל כל המקומות והוא ביהמ"ק.

וכמו כן יש זמנים שכולל כל הזמנים. וזהו השלימות שנמצא בעולם שנה נפש ושורה ע"ז הברכה כנ"ל.

ועיקר פירוש שלום כתבנו במ"א כי חלק שלמטה הוא פלג גופא רק בנ"י יש להם דביקות בחלק העליון ונק' שלום וכמו כן בהמ"ק דכתיב כעיר שחוברה לה יחדיו ונק' שלם. וזה הרמז נשיאות כפים כמ"ש שאו ידיכם קודש.

יד הוא מקום כמ"ש בזוה"ק בהיכלות דפקודי בענין נטה ידך ע"ש. וידיכם קודש הוא היד והכח שיש להם בקדושה והכהן מדביק חלק שלמטה בחלק של מעלה.

וכ' וישא אהרן כו' ידיו. הוא הכח של הכהן והוא בחי' החסד שניתן לאברהם אע"ה.

וזה הכח נמסר להכהן לברך את ישראל באהבה. ורמזו במדרש בענין והיה ברכה ע"ש:

Dans la bénédiction des cohanim : "Ainsi bénirez-vous les enfants d'Israël" (Nombres 6,23). L'explication : les enfants d'Israël sont les réceptacles pour faire couler la bénédiction par leur intermédiaire, comme il est écrit "et ils placeront Mon Nom [sur les enfants d'Israël]" (Nombres 6,27).

Car il est rapporté : "aucun réceptacle ne contient la bénédiction si ce n'est la paix (chalom)" (Ouktzin 3,12). Et la perfection (chelemout) ne se trouve que chez les enfants d'Israël, appelés "la Choulamite" (Cantique 7,1), et dans le Midrach "une nation à laquelle on conclut par chalom (paix) chaque jour".

Et c'est pourquoi ils peuvent recevoir la bénédiction, et le Saint béni soit-Il donne toujours Sa bénédiction depuis les cieux lorsqu'il y a un réceptacle pour recevoir. Et de même dans la Maison du Sanctuaire, comme il est écrit "en tout lieu (ha-makom) où Je ferai mentionner Mon Nom" etc.

(Exode 20,21). Et il n'est pas écrit "en tout lieu (makom)" mais "le lieu (ha-makom)", c'est-à-dire un lieu qui englobe tous les lieux, et c'est la Maison du Sanctuaire.

Et de même il y a un temps qui englobe tous les temps. Et c'est la perfection qui se trouve dans le monde, l'année, l'âme (olam, chana, nefech), et sur elle repose la bénédiction, comme mentionné plus haut.

Et l'explication essentielle de chalom, nous l'avons écrite ailleurs : la partie d'en bas n'est que la moitié d'un corps (pelag goufa) ; seuls les enfants d'Israël ont une adhésion (dvekout) à la partie supérieure, et [cela] est appelé chalom ; et de même la Maison du Sanctuaire, dont il est écrit "comme une ville soudée ensemble" (Psaumes 122,3), et [elle] est appelée "entière/parfaite" (chalem). Et telle est l'allusion de l'élévation des mains [des cohanim, nesiat kapayim], comme il est dit "levez vos mains [en] sainteté" (Psaumes 134,2).

La main est un "lieu", comme il est écrit dans le saint Zohar, dans les palais (Heikhalot) de Pekoudei, au sujet de "étends ta main", vois la. Et "vos mains [en] sainteté" est la main et la force qu'ils ont dans la sainteté, et le cohen relie la partie d'en bas à la partie d'en haut.

Et il est écrit "Aaron éleva... ses mains" (Lévitique 9,22) - c'est la force du cohen, et c'est l'aspect de la bonté ('hessed) qui fut donnée à Abraham notre père que la paix soit sur lui. Et cette force fut remise au cohen pour bénir Israël avec amour.

Et on l'à fait allusion dans le Midrach au sujet de "et sois une bénédiction" (Genèse 12,2), vois la.

תרמ"ט

5649 (תרמ״ט)

במדרש איש כו' כי יפליא שוקיו עמודי שש זה העולם שנשתוקק הקב"ה לבראותו שנאמר ועלי תשוקתו כו' ויכלו לשון תאוה. כדכתיב נכספה כו' כלתה נפשי כו'.

פי' עוה"ז הוא המדריגה התחתונה ונק' שוקיו אבל הכל עומד ע"ז המדריגה התחתונה. והכל לזכותן של ישראל.

כמ"ש ועלי תשוקתו פי' אותו התשוקה שנשתוקק לברוא העולם הי' כדי להוציא מכח אל הפועל זכותן של ישראל. והיינו דכתיב בראשית בשביל ישראל שנק' ראשית.

פי' כי בנ"י הם משתוקקין אל הקב"ה ומניחין כל הבלי עוה"ז. וזה הי' המכוון בבריאת העולם להיות לפניו ית' נחת רוח בזה שמבטלין הבל עולם עבור קדושת שמו ית'.

לכן כתיב בש"ק ויכולו כו' שזה הי' עיקר תכלית שמים וארץ זאת התשוקה לבטל כל המעשים אליו ית'. וכמ"ש שמעי בת וראי כו' ושכחי עמך כו' ויתאו המלך יפיך כו' כמ"ש במד' לך לך ליפותך בעולם שהשי"ת ברא הכל כדי שיבואו בנ"י וישליכו כל זה ויתדבקו בו ית' שיהי' עדות על שבחן של בנ"י.

ויתאו כו' כי הוא אדוניך. פי' כי השי"ת אדון כל ובמה נוכל לעבוד אותו רק ע"י שנמצא יצה"ר והבלי עולם בזאת נוכל למצוא מקום לעשות לו נחת רוח.

ולכן הנזיר שפורש עצמו מתאות העולם זוכה לקדושה יותר מכהן גדול. ואמרו חז"ל במקום שאתה מוצא גדר ערוה אתה מוצא קדושה.

והוא כלל לכל אדם כפי מה שעושה לעצמו גדר ערוה כך זוכה לקדושה. וז"ש בנזיר ששבחו שמעון הצדיק שפחז עליו יצרו וגבר עליו ע"י קבלת נזירות לכן זכה לקדושה עליונה שזה הי' עיקר רצונו ית' בעולם:

Dans le Midrach : "un homme... qui accomplira une merveille (ki yafli)" - "ses jambes (chokav) sont des colonnes de marbre" (Cantique 5,15) : c'est le monde que le Saint béni soit-Il à désiré créer, comme il est dit "et vers moi [est] son désir (techoukato)" (Cantique 7,11) etc. ; "va-yekhoulou (et [les cieux] furent achevés)" (Genèse 2,1) est une expression de désir (taava), comme il est écrit "mon âme à aspire... à langui (kalta)" etc. (Psaumes 84,3).

L'explication : ce monde-ci (olam ha-ze) est le degré inférieur et est appelé "ses jambes", mais tout repose sur ce degré inférieur, et le tout [est] pour le mérite d'Israël. Comme il est dit "et vers moi [est] son désir" - l'explication : ce désir de créer le monde était afin de faire sortir de la puissance à l'acte le mérite d'Israël.

Et c'est [le sens de] ce qui est écrit "Au commencement (Bereshit)" - pour Israël, qui est appelé "commencement (reshit)". L'explication : les enfants d'Israël aspirent au Saint béni soit-Il et délaissent toutes les vanités de ce monde.

Et telle était l'intention dans la création du monde : qu'il y ait devant Lui, qu'Il soit béni, un contentement de l'esprit (nahat roua'h), du fait qu'ils annulent la vanité du monde pour la sainteté de Son Nom, qu'Il soit béni. C'est pourquoi il est écrit au saint Chabbat "va-yekhoulou (et furent achevés)" etc. - car telle était la finalité essentielle des cieux et de la terre : ce désir d'annuler toutes les œuvres envers Lui, qu'Il soit béni.

Et comme il est écrit "écoute, fille, et vois... et oublié ton peuple... et le Roi désirera ta beauté" etc. (Psaumes 45,11-12), comme il est dit dans le Midrach [sur] "Lekh lekha" - "pour t'embellir dans le monde", car le Saint béni soit-Il à tout créé afin que les enfants d'Israël viennent et rejettent tout cela et s'attachent à Lui, qu'Il soit béni, ce qui sera un témoignage de la louange des enfants d'Israël.

"Et il désirera... car Il est ton maître (adonayikh)" - l'explication : le Saint béni soit-Il est le maître de tout, et par quoi pourrions-nous Le servir sinon par le fait qu'existent le mauvais penchant et les vanités du monde : par cela nous pouvons trouver un moyen de Lui faire un contentement de l'esprit. C'est pourquoi le nazir, qui se sépare des désirs du monde, mérite une sainteté plus grande que le grand prêtre (cohen gadol).

Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : "à l'endroit où tu trouves une barrière [contre] la débauche (gueder erva), tu trouves la sainteté" (Vayikra Rabba 24,6). Et c'est une règle pour tout homme : à proportion de ce qu'il s'impose comme barrière contre la débauche, ainsi mérite-t-il la sainteté.

Et c'est le sens [de ce qui est dit] au sujet du nazir, que Chimon le Juste loua : son penchant se souleva contre lui et il le domina par l'acceptation du nazireat, c'est pourquoi il mérita une sainteté supérieure ; car telle était la volonté essentielle [de Dieu], qu'Il soit béni, dans le monde.

בענין נשיאות כפים כדכתיב וישא אהרן את ידיו כו'. כי עיקר הברכה להמשיך שפע מן השורש העליון כדכתי' שאו ידיכם קודש.

ובזוה"ק יתרו כתב שבנשיאות כפים נאמר החכמה תעוז כו' מעשרה שליטים ע"ש וכ"כ ביעקב אע"ה שכל את ידיו אחכימינון לידוהי. והענין הוא כי קודם החטא הי' ציור האדם גבוה ונשא מאוד.

וזה רמז מעשרה שליטים אשר היו בעיר. ומאחר שכבר עמדנו בזאת המדריגה רק שעל ידי החטא ירדנו עשר מעלות.

יכולין להתאחז ולהתדבק בשורש הזה ולמשוך משם ברכה בכח החכמה. והשי"ת ברחמיו השאיר לנו זכר ממדריגות הראשונות אשר הי' לנו.

בנפשות הם הכהנים עובדי ה'. ובזמן הש"ק.

ובמקום הבהמ"ק. אשר כל אלה הם מדובקים בשורש שלמעלה ומשם עיקר הברכה.

ומ"ש לעיל ביעקב שכל את ידיו בשורש שלמעלה לכן הקדים אפרים למנשה כי ראה שלמעלה בשורש עליון הוא למעלה ממנשה כנ"ל. וקצרתי בכאן ממיעוט פנאי:

Au sujet de l'élévation des mains [des cohanim], comme il est écrit "Aaron éleva ses mains" etc. (Lévitique 9,22).

Car l'essentiel de la bénédiction est de faire couler l'abondance (chefa) depuis la racine supérieure, comme il est écrit "levez vos mains [en] sainteté" (Psaumes 134,2). Et dans le saint Zohar [section] Yitro, il à écrit qu'au sujet de l'élévation des mains il est dit "la sagesse ('hokhma) fortifie... plus que dix gouverneurs" (Ecclésiaste 7,19), vois la ; et de même il est écrit au sujet de Yaakov notre père que la paix soit sur lui "il croisa (sikel) ses mains" (Genèse 48,14) - "il rendit sages ses mains (ahkiminoun li-yadohi)".

L'idée est qu'avant la faute, la figure (tsiour) de l'homme était très haute et élevée ; et c'est l'allusion de "dix gouverneurs qui étaient dans la ville" (Ecclésiaste 7,19). Et puisque nous nous sommes déjà tenus à ce degré, seulement que par la faute nous sommes descendus de dix niveaux, nous pouvons nous saisir et nous attacher à cette racine et en tirer la bénédiction par la force de la 'hokhma (sagesse).

Et le Saint béni soit-Il, dans Sa miséricorde, nous à laissé un souvenir des degrés premiers que nous avions : dans les âmes (nefachot), ce sont les cohanim, serviteurs de l'Éternel ; et dans le temps, le saint Chabbat ; et dans le lieu, la Maison du Sanctuaire - tous ceux-là sont attachés à la racine d'en haut, et de la [vient] l'essentiel de la bénédiction. Et ce que [j'ai] dit plus haut au sujet de Yaakov, "il croisa ses mains" vers la racine d'en haut - c'est pourquoi il fit passer Ephraim avant Manassé, car il vit qu'en haut, dans la racine supérieure, [Ephraim] est au-dessus de Manassé, comme mentionné plus haut.

Et j'ai abrégé ici par manque de temps.

תר"נ

5650 (תר״נ)

בפרשת התשובה והתודו הוא בכח התורה שניתן לבני ישראל שכחן בפה דכתיב תורת ה' כו' משיבת נפש דיש נפש רוח נשמה וכל פגם החטאים הם בנפש כמ"ש ואשמה הנפש. אבל הרוח אם האדם חוטא נכנס בו רוח שטות כמאמרם ז"ל.

ולכן בכח הפה בתורה ותפלה שהוא בחי' רוח ממללא יכול לתקן כל החטאים. ועיין בזוה"ק ריש פרשה זו בפסוק לא יחשוב כו' לו עון כשאין ברוחו רמיה רומז ג"כ לזה דע"י הרוח יוכל לתקן פגמי הנפש.

וכתיב אשרי אדם לא יחשוב. שזה מיוחד רק לבנ"י שנק' אדם אתם קרוין אדם.

אבל אחרים הם בהמה ואין בהם רוח האדם העולה היא למעלה. ולכן מצות התשובה מיוחד לבנ"י בכח התורה ורוח.

הגם שמצינו תשובה גם באומות כמו בננוה ובמבול שהמתין להם שיעשו תשובה. היינו לשנות מעשיהם לטוב ומוחל להם השי"ת ברחמיו.

אבל לתקן פגם החטא בכח התשובה זה מיוחד רק לבנ"י והוא בחי' תשובה מאהבה כמ"ש על כל פשעים תכסה אהבה והיא אהבת התורה כנ"ל:

Dans la section du repentir : "et ils confesseront (ve-hitvadou)" (Nombres 5,7) - cela [se fait] par la force de la Torah donnée aux enfants d'Israël, dont la force est dans la bouche, comme il est écrit "la Torah de l'Éternel... restaure l'âme (mechivat nefech)" (Psaumes 19,8). Car il y a nefech, roua'h, nechama, et toute l'atteinte des fautes est dans le nefech, comme il est écrit "et le nefech s'est rendu coupable" (Lévitique 5,17).

Mais quant au roua'h - si l'homme péché, un "esprit de folie (roua'h chetout)" entre en lui, selon la parole [des Sages] de mémoire bénie. C'est pourquoi, par la force de la bouche dans la Torah et la prière, qui est l'aspect de "l'esprit qui parle (roua'h memalela)", il peut réparer toutes les fautes.

Et vois dans le saint Zohar, au début de cette section, sur le verset "il ne comptera pas... contre lui de faute, lorsqu'il n'y a pas dans son esprit (roua'h) de tromperie" (Psaumes 32,2) - cela fait aussi allusion à ceci, que par le roua'h il pourra réparer les atteintes du nefech. Et il est écrit "heureux l'homme (adam) qui ne comptera pas [de faute]" - ceci est propre uniquement aux enfants d'Israël, appelés "adam", [comme il est dit] "vous êtes appelés adam" (Yevamot 61a).

Mais les autres sont [comparables au] bétail, et il n'y a pas en eux "le roua'h de l'homme (adam) qui monte en haut" (Ecclésiaste 3,21). C'est pourquoi le commandement du repentir est propre aux enfants d'Israël, par la force de la Torah et du roua'h.

Bien que nous trouvions du repentir aussi chez les nations - comme à Ninive et au [temps du] Déluge, où [Dieu] leur accorda un délai pour faire techouva - cela [signifie] changer leurs actes vers le bien, et le Saint béni soit-Il leur pardonne dans Sa miséricorde. Mais réparer l'atteinte de la faute par la force du repentir, cela est propre uniquement aux enfants d'Israël, et c'est l'aspect du "repentir par amour (techouva me-ahava)", comme il est dit "sur toutes les transgressions l'amour couvre" (Proverbes 10,12), et c'est l'amour de la Torah, comme mentionné plus haut.

ובמדרש יקרה היא מפנינים ממי שנכנס לפני ולפנים ומבכור כו' ע"ש. והענין דכתיב לכל זמן ועת לכל חפץ תחת השמים.

ולכן יש בעולם שנה נפש חילוקי מדריגות מקום וזמן מיוחד לכל חפץ. אבל התורה שהיא מן השמים כתיב בה ארוכה מארץ מדה שהיא למעלה מכל אלה התחלקות המדריגות ולכן התורה משיבת נפש כ"א עד לשורשו שבתורה שהיא למעלה מהתלבשות הטבע בזמן ומקום מיוחד.

ולכן יכולין לתקן הכל בכח התורה כי באמת כל הקלקולים נעשה ע"י החטא ותערובות טוב ורע. והתורה היא בחי' עץ החיים שאין תערובות רע כלל.

לכן נק' לקח טוב:

Et dans le Midrach : "Elle est plus précieuse que les perles" (Proverbes 3,15) - [plus précieuse] que celui qui entre au plus intime, et que le premier-né (bekhor) etc., vois la. L'idée est qu'il est écrit "il y a un temps pour tout, et un moment pour chaque chose (hefets) sous les cieux" (Ecclésiaste 3,1).

Et c'est pourquoi il y a, dans le monde, l'année, l'âme (olam, chana, nefech), des distinctions de degrés - un lieu et un temps propres à chaque chose. Mais la Torah, qui vient des cieux, il est écrit à son sujet "plus longue que la terre est sa mesure" (Job 11,9), car elle est au-dessus de toutes ces divisions de degrés ; c'est pourquoi la Torah "restaure l'âme" de chacun jusqu'à sa racine dans la Torah, qui est au-dessus du revêtement de la nature dans un temps et un lieu déterminés.

Et c'est pourquoi l'on peut tout réparer par la force de la Torah, car en vérité toutes les dégradations se produisent par la faute et le mélange du bien et du mal ; et la Torah est l'aspect de "l'arbre de vie (ets ha-'hayim)", dans lequel il n'y a aucun mélange de mal. C'est pourquoi elle est appelée "un bon enseignement (lekah tov)" (Proverbes 4,2).

איתא בגמ' ומדרש בשביל שאמר אברהם אע"ה ואנכי עפר ואפר זכו בניו לעפר סוטה ואפר פרה. הענין הוא כי אברהם אע"ה הי' בטל לגמרי במציאות אל השי"ת שהוא היסוד שכל העולם עומד עליו בהבראם באברהם.

וכתיב הכל הי' מן העפר כו'. והוא עפר ביהמ"ק כמ"ש רש"י בפסוק וייצר כו' האדם עפר מן האדמה ממקום כפרתו ע"ש.

והיינו נקודה שעלי' הושתת העולם והיא כולל כל המקומות. ולכן נותנין מקרקע המשכן לתוך המים ואם קלקלה האשה אין שורש העפר סובלת אותה שכן הנחיל לנו אברהם אע"ה להיות כל חיותנו דבוק בשורש הפנימי.

ואמר ואנכי עפר שלא הי' בו רק היסוד שנתן בו השי"ת. ולכן האבות הן הן המרכבה שכולם קדושים כמו שיסד אותם השי"ת.

אמנם אפר הפי' כי אברהם אע"ה הי' מתחלה בכלל שאר האומות. ואח"כ בחר בו השי"ת ויש בו ב' הבחי' עפר הוא יסוד הכל.

ואפר הוא ביטול וכליון והשחתה לפסולת שהי' בו מאבותיו. ולכן הניח ב' אלו הכחות לבנ"י שיוכלו לשרוף כל הפסולת בעזר השי"ת ולהיות דבקים בשורש הפנימי כנ"ל:

Il est rapporté dans la Guemara et le Midrach : parce qu'Abraham notre père que la paix soit sur lui à dit "et je ne suis que poussière et cendre (afar va-efer)" (Genèse 18,27), ses enfants ont mérité la poussière de la sotah et la cendre de la [vache rousse, para adouma]. L'idée est qu'Abraham notre père que la paix soit sur lui était totalement annule d'existence devant le Saint béni soit-Il, lequel est le fondement (yessod) sur lequel tout le monde repose, [comme on l'exposé sur] "lors de leur création (be-hibaram)" - "par Abraham (be-Avraham)".

Et il est écrit "tout vient de la poussière" etc. (Ecclésiaste 3,20).

Et c'est la poussière de la Maison du Sanctuaire, comme l'écrit Rachi sur le verset "et Il forma... l'homme, poussière de la terre" (Genèse 2,7) - depuis le lieu de son expiation, vois la. Et c'est le point (nekouda) sur lequel le monde fut fonde, et il englobe tous les lieux.

C'est pourquoi l'on prend de la terre du sol du Tabernacle [pour la mettre] dans les eaux [de la sotah], et si la femme s'est corrompue, la racine de la poussière ne la supporte pas ; car ainsi nous à lègue en héritage Abraham notre père que la paix soit sur lui : que toute notre vitalité soit attachée à la racine intérieure. Et il dit "et je ne suis que poussière" - qu'il n'y avait en lui que le fondement que le Saint béni soit-Il y avait place.

C'est pourquoi les patriarches sont eux-mêmes le Char (merkava), car ils sont tous saints tels que le Saint béni soit-Il les a fondés. Toutefois "cendre (efer)", l'explication : Abraham notre père que la paix soit sur lui était au début inclus parmi le reste des nations, et ensuite le Saint béni soit-Il le choisit ; il y a donc en lui les deux aspects : "poussière (afar)" est le fondement du tout, et "cendre (efer)" est l'annulation, la consomption et la destruction du déchet (pessolet) qu'il avait de ses ancêtres.

C'est pourquoi il à lègue ces deux forces aux enfants d'Israël, afin qu'ils puissent brûler tout le déchet avec l'aide du Saint béni soit-Il et être attachés à la racine intérieure, comme mentionné plus haut.

En bref

Les trois bénédictions des kohanim sont de l’ordre des trois patriarches, niveaux de nefech, roua'h et nechama. Pour le Sfat Emet, « qu’Il te bénisse » est d’Its’hak, bénédiction en biens selon Rachi, un peu séparée, car la racine des bénédictions fut remise à Its’hak et il faut une garde contre Esav. « Qu’Il fasse briller Sa face » est d’Avraham, illumination depuis la racine ; « qu’Il porte » est de Yaakov, la nechama, « l’homme intègre », parfait. L’essentiel est qu’Israël reçoive : le Saint béni soit-Il est toujours prêt à bénir ; l’élévation des mains le montre, au Temple au-dessus de la tête, et ces degrés élèvent le corps vers nefech, roua'h et nechama.

בענין ברכת כהנים. דאיתא אין כלי מחזיק ברכה אלא שלום.

ולכן כתיב ויברך כו' את יום השביעי שבת שנקרא שלום ומיני' מתברכין כל שיתא יומין. ולא נתן הקב"ה ברכת כל יום ביומו כי אין מחזיקין ברכה ימי המעשה רק השבת שהוא שלום.

ואיתא בזוה"ק מאי טעמא לא אשתכח מנא בשביעאה דכל ברכאין בי' תליין כו' ע"ש. וכבר נתבאר בדברינו בכמה מקומות כי הברכה תליא בשורש נקודה פנימיות ועקרית שלמעלה מהתלבשות הטבע וגשמיות.

והיא הנקודה שנק' שלום כי בעוה"ז חסר השלימות. ולכן הכהן שאין לו חלק ונחלה.

לו נמסר הברכה. כמו השבת ממש דלא אשתכח בי' מנא ולו נמסר הברכה.

וכן הוא בעולם שנה נפש שיש לכולן נקודה פנימיות רוחניות והיא מתפשטת ממדריגה למדריגה עד הגשמיות שלפנינו. וביהמ"ק וירושלים הוא שורש שלימות העולם ומשם יוצא הברכה לכל המקומות כמ"ש בכל המקום אשר אזכיר כו' שמי כו'.

ובנ"י שלימות הנפשות ונק' השולמית ושלימות שלהם הכהנים וכ' ושמו את שמי כו'. שהברכה ע"י הכהנים ששמו שמו ית' על בני ישראל.

ומהם יצא הברכה לכל הנפשות. ושבת שלימות הזמן ונק' שלום שמא דקוב"ה וממנו יוצא הברכה לכל הזמנים.

אכן צריכין לבטל הכל אל הנקודה הנ"ל. ולבטל כל הימים אל השבת.

וכ"כ כה תברכו כו' אמור להם. כד יימרון להון.

היינו שבנ"י יתבטלו אל הכהנים ויאמינו כי בהם שורש הברכה. אמירה לשון חיבור ודביקות כמו האמרת והאמירך.

וע"י הדביקות יכולין להתברך מהם כנ"ל:

Au sujet de la bénédiction des kohanim (prêtres). Il est enseigné qu'aucun réceptacle ne contient la bénédiction sinon la paix (chalom).

C'est pourquoi il est écrit 'Il bénit... le septième jour' (Berechit 2,3) - le Chabbat, qui est appelé paix, et c'est de lui que sont bénis les six jours. Le Saint béni soit-Il n'à pas donné la bénédiction de chaque jour en son jour, car les jours ouvrables ne contiennent pas la bénédiction, seul le Chabbat qui est paix.

Il est dit dans le Zohar (Zohar ha-kadoch): pourquoi la manne ne se trouvait-elle pas le septième jour ? Parce que toutes les bénédictions dépendent de lui, etc. - vois la-bas.

Nous avons déjà expliqué en plusieurs endroits que la bénédiction dépend de la racine, le point intérieur et essentiel qui est au-dessus du revêtement de la nature et de la matière. C'est le point appelé paix, car en ce monde-ci la perfection (chelemout) fait défaut.

C'est pourquoi le kohen, qui n'à ni part ni héritage, à lui fut confiée la bénédiction - exactement comme le Chabbat où la manne ne se trouvait pas, et à lui fut confiée la bénédiction. Il en est ainsi dans le monde (olam), l'année (chana) et l'âme (nefech) : tous possèdent un point intérieur spirituel qui se déploie de degré en degré jusqu'à la matière qui est devant nous.

Le Temple (beit ha-mikdach) et Jérusalem sont la racine de la perfection du monde, et de la sort la bénédiction vers tous les lieux, comme il est écrit 'en tout lieu où je ferai mentionner mon Nom...' (Chemot 20,21). Le peuple d'Israël est la perfection des âmes, et il est appelé la Choulamite (ha-choulamit), et leur perfection ce sont les kohanim, et il est écrit 'ils placeront mon Nom...' (Bamidbar 6,27), car la bénédiction se fait par les kohanim qui placent Son Nom béni sur les enfants d'Israël, et d'eux sort la bénédiction vers toutes les âmes.

Le Chabbat est la perfection du temps, il est appelé paix, Nom du Saint béni soit-Il, et de lui sort la bénédiction vers tous les temps. Cependant il faut tout annuler devant le point susdit, et annuler tous les jours devant le Chabbat.

C'est ce qui est écrit 'ainsi vous bénirez... dis-leur' (Bamidbar 6,23) - 'quand tu leur diras', c'est-à-dire que les enfants d'Israël s'annulent devant les kohanim et croient qu'en eux se trouve la racine de la bénédiction. 'Amira' (dire) est un terme de liaison et d'attachement, comme 'tu as fait proclamer (hé'emarta)... et il t'à fait proclamer (hé'emirekha)' (Devarim 26,17-18). Et par l'attachement ils peuvent recevoir d'eux la bénédiction, comme ci-dessus.

תרנ"א

5651 (תרנ״א)

בפרשת נזיר מיין ושכר יזיר כו'. במדרש הדעת מתחלק לד' מקומות בפה ולב וכליות.

לכן בד' כוסות יוצא הדעת כו'. כי הנה הדעת הוא שצריך בירור שנא' בו הדעת טוב ורע.

והוא רמז היין כדאיתא יש כוס יין לטובה וכוס יין לרעה. כי הדעת הוא התחברות גוף ונפש התקשרות רוחניות וגשמיות.

[לכן הזיווג שמוליד גוף ונשמה נקרא דעת וכמו כן בקרוב כתיב מודע לאישה כי התקרבות בני משפחה הוא ג"כ בגוף ונפש] ולכן הוא מקום מסוכן שיוכל הנפש למשוך הגוף לטוב. ויוכל ח"ו להתפשט ולמשוך אחר הגוף.

וקודם שאכל אדה"ר מעץ הדעת הי' דבוק בחיים. ושורש הדעת הוא במוח ושם אחדות אחד.

אך כשמתחלק ומתפשט למטה בגוף באלה ד' מקומות שכתב המד' שם צריך בירור. [וע"ז כתיב ומשם יפרד כו' לד' ראשים.

נראה דמשם קאי אעץ הדעת ודו"ק] ובעבור זה הוצרכו בנ"י להיות בכור הברזל במצרים לברר זאת הדעת. ולכן יש ד' לשונות של גאולה לברר אלה הד'.

ולכן כתיב והוצאתי כו' ולקחתי כו' אח"כ וידעתם כי אני ה' שיהי' הדעת מתברר טוב בלא רע. [והרמז דכתיב ידוע תדע כו' שגלות מצרים הי' לברר הדעת.

ואפשר שזאת היתה כוונת חז"ל שגרם הגלות הי' ע"י שאמר במה אדע כו'. אלא שזה צריך אריכות דברים].

לכן תקנו בפסח ד' כוסות כמ"ש במד' משום ד' לשונות הנ"ל. היינו שהדעת יצא לחירות בליל שמורים.

וכמו כן מצות ד' פרשיות שבתפילין לברר הדעת שבאלה הד' מקומות. לכן אמרו חז"ל הקורא ק"ש בלי תפילין כמעיד עדות שקר בעצמו.

פי' דק"ש הוא תורה עץ החיים. אך דכתיב והיו הדברים כו' על לבבך כו' ודברת כו' והיינו התפשטות הדעת לתוך כל מעשה האדם והגוף.

ולזה צריכין סיוע התפילין ויציאת מצרים לברר הדעת. ובלא זה הוי כשקר.

וז"ש בעצמו פי' בהתקבלות העדות דק"ש תוך עצמותו אז צריך בירור הנ"ל. ולכן בשבת אין צריכין תפילין כי הוא יומא דנשמתין ויורדת בו נשמה יתירה.

פי' שכח הנשמה שליט על הגוף בשבת וא"צ בירור כי שבת הוא בחי' עה"ח. דבימי המעשה כתיב ערב בקר ובשבת כולו טוב.

ולא עוד אלא שבשבת שולט עה"ח על עה"ד. ומתקן גם הדעת דכתיב בשבת לדעת כי אני ה' מקדישכם פרש"י לדעת האומות בה.

משום דלדעת הוא פועל יוצא. משום דבחי' השבת למעלה מעץ הדעת והוא עץ החיים.

אבל יתכן לפרש לדעת בימי המעשה שהשבת מאיר לתקן הדעת גם בימי המעשה. ושניהם אמת כי בנ"י בכח דביקותם בעץ החיים מאירין לברר הדעת אצל האומות.

וכמו כן השבת מאיר לימי המעשה. לכן מתפללין הבדלה באתה חונן כי בקשה ראשונה בימי המעשה לתקן הדעת.

וסמיך לי' בקשת התשובה ע"י שבחטא הראשון נתערב דעת טו"ר ובכח השבת מבדילין בין דעת טוב לרע כנ"ל. ואיתא בגמ' פסחים זכור זכרהו על היין ונדחקו בתוס' מאין דרשו חכמים כן.

וי"ל כמ"ש בגמ' ביצה זכרהו מאחר שבא להשכיחו ע"ש גבי עירובי תבשילין. וכמו כן בענין זה דהיין מערב הדעת כמ"ש במד' כאן.

אבל השבת מאיר ושליט הנשמה על חשכת הגוף. לכן דוקא זכרהו על היין.

עה"ח על עה"ד כנ"ל. ומתקיים הדברים האלה על לבבכם בלי תפילין כנ"ל.

והנה הנזיר פירש עצמו מכל התערובות ונזר אלקיו על ראשו ואסור ביין ולכן נקרא חוטא על הנפש כי אחר החטא א"א לתקן הנפש רק בדעת כמ"ש גם בלא דעת נפש לא טוב. רמז גם.

שאעפ"י שמתדבק בעץ החיים מ"מ הנפש לא מיתקן רק בבירור הטוב מרע. ומ"מ התורה מלמדת לנו דרך שהגם שהדעת נצרך עתה אבל צריכין לעתות מזומנים לקבל עליו נזירות ופרישות ויועיל לו אח"כ כשיחזור להתנהג בדרך הדעת כמ"ש בספרים שהל' יום של הנזיר מביאין לו הארה על כל הזמנים שאח"כ כנ"ל:

Dans la parachat nazir : 'du vin et de la boisson forte il s'abstiendra (yazir)...' (Bamidbar 6,3). Dans le Midrach : la connaissance (daat) se répartit en quatre endroits - dans la bouche, le cœur et les reins (kelayot).

C'est pourquoi par les quatre coupes sort la daat, etc. Car voici, la daat est ce qui nécessité un discernement (birour), comme il est dit à son sujet 'la connaissance du bien et du mal'.

C'est l'allusion du vin, comme il est enseigné : il y a une coupe de vin pour le bien et une coupe de vin pour le mal. Car la daat est l'union du corps et de l'âme, la liaison du spirituel et du matériel.

[C'est pourquoi l'union qui engendre corps et âme est appelée daat, et de même, pour la proximité, il est écrit 'un proche (moda) de son mari' (Ruth 2,1), car le rapprochement des membres d'une famille est aussi corps et âme.] C'est pourquoi c'est un endroit dangereux, car l'âme peut entraîner le corps vers le bien, mais elle peut aussi, à Dieu ne plaise, se répandre et se laisser entraîner à la suite du corps. Avant qu'Adam ha-richon (le premier homme) ne mange de l'arbre de la connaissance, il était attaché à la vie.

La racine de la daat est dans le cerveau (moah), et la se trouve l'unité, un. Mais lorsqu'elle se divise et se répand en bas dans le corps, en ces quatre endroits qu'à écrits le Midrach, elle nécessité discernement.

[Et c'est ce qui est écrit 'et de la il se séparait... en quatre têtes' (Berechit 2,10) ; il semble que 'de la' se rapporte à l'arbre de la connaissance, médite bien.] Pour cette raison les enfants d'Israël durent être dans la fournaise de fer en Égypte, pour discerner cette daat. C'est pourquoi il y a quatre expressions de délivrance, pour discerner ces quatre.

Et c'est pourquoi il est écrit 'je ferai sortir... je prendrai...' puis 'vous saurez (vidatem) que je suis le Nom' (Chemot 6,6-7), pour que la daat soit discernée, le bien sans le mal. [L'allusion : il est écrit 'tu sauras assurément (yadoa teda)...' (Berechit 15,13) - que l'exil d'Égypte était pour discerner la daat.

Il se peut que telle fut l'intention de nos sages (que leur mémoire soit une bénédiction) en disant que ce qui causa l'exil fut qu'il dit 'à quoi saurai-je (bame eda)...' (Berechit 15,8) ; mais cela nécessité un long développement.] C'est pourquoi ils ont institué à Pessa'h quatre coupes, comme dit le Midrach, en raison des quatre expressions susdites, c'est-à-dire que la daat sortit vers la liberté durant la nuit de garde (leil chimourim). De même, la mitsva des quatre passages (parachiyot) des tefilin est pour discerner la daat qui est en ces quatre endroits.

C'est pourquoi nos sages ont dit : celui qui lit le Chema sans tefilin, c'est comme s'il portait un faux témoignage sur lui-même. Explication : le Chema est la Torah, l'arbre de vie ; mais il est écrit 'et ces paroles seront... sur ton cœur... et tu en parleras...' (Devarim 6,6-7), et c'est le déploiement de la daat dans toute l'action de l'homme et du corps ; pour cela il faut l'aide des tefilin et de la sortie d'Égypte pour discerner la daat, et sans cela c'est comme un mensonge.

C'est ce que signifie 'sur lui-même' : lorsque le témoignage du Chema est reçu au-dedans de son être, alors est nécessaire le discernement susdit. C'est pourquoi le Chabbat on n'à pas besoin de tefilin, car c'est le jour des âmes (yoma di-nechamtin) où descend une âme supplémentaire (nechama yetera).

Explication : la force de l'âme domine sur le corps le Chabbat, et le discernement n'est pas nécessaire, car le Chabbat est de l'ordre de l'arbre de vie. Car durant les jours ouvrables il est écrit 'soir et matin', tandis qu'au Chabbat tout est bon.

Bien plus, au Chabbat l'arbre de vie domine sur l'arbre de la connaissance, et réparé aussi la daat, comme il est écrit à propos du Chabbat 'pour savoir (ladaat) que je suis le Nom qui vous sanctifie' (Chemot 31,13) ; Rachi explique 'pour que les nations le sachent', car 'ladaat' est un verbe transitif (poel yotse), parce que le niveau du Chabbat est au-dessus de l'arbre de la connaissance, il est l'arbre de vie. Mais on peut aussi expliquer 'ladaat' au sujet des jours ouvrables : le Chabbat illumine pour réparer la daat aussi durant les jours ouvrables.

Les deux sont vrais, car les enfants d'Israël, par la force de leur attachement à l'arbre de vie, illuminent pour discerner la daat chez les nations, et de même le Chabbat illumine pour les jours ouvrables. C'est pourquoi on récite la havdala dans 'Ata honen', car la première demande des jours ouvrables est de réparer la daat, et lui est adjointe la demande de la techouva (repentir), parce que par la faute originelle se sont mêlées la connaissance du bien et du mal, et par la force du Chabbat on sépare entre la connaissance du bien et celle du mal, comme ci-dessus.

Il est dit dans la Guemara (Pessahim) : 'Souviens-toi (zakhor)' - fais-en mention (zokhrehou) sur le vin ; et les Tossafot se sont trouves en difficulté : d'où les sages ont-ils tire cela ? On peut dire, comme dans la Guemara (Betsa) : 'fais-en mention' puisqu'on risque de l'oublier - vois la-bas à propos du erouv tavchilin.

De même ici : le vin mêlé la daat, comme le dit le Midrach ici ; mais le Chabbat illumine et fait dominer l'âme sur l'obscurité du corps, c'est pourquoi précisément 'fais-en mention sur le vin', l'arbre de vie sur l'arbre de la connaissance comme ci-dessus, et se maintiennent 'ces paroles sur votre cœur' sans tefilin, comme ci-dessus. Or le nazir s'est séparé de tout mélange, 'la couronne (nezer) de son Dieu est sur sa tête' (Bamidbar 6,7) et le vin lui est interdit ; c'est pourquoi il est appelé 'pécheur envers l'âme' (Bamidbar 6,11), car après la faute il est impossible de réparer l'âme sinon par la daat, comme il est écrit 'même sans connaissance (daat) l'âme n'est pas bonne' (Michle 19,2).

L'allusion du mot 'même (gam)' : bien qu'il s'attaché à l'arbre de vie, néanmoins l'âme n'est réparée que par le discernement du bien d'avec le mal. Et pourtant la Torah nous enseigne une voie : bien que la daat soit nécessaire maintenant, il faut, à des moments déterminés, accepter sur soi l'abstinence du nazireat et la séparation, et cela lui sera utile ensuite lorsqu'il reviendra se conduire dans la voie de la daat, comme il est écrit dans les livres que les trente jours du nazir lui apportent une illumination sur tous les temps qui suivent, comme ci-dessus.

תרנ"ב

5652 (תרנ״ב)

במדרש וישלחו מן המחנה. הגו סיגים מכסף כו' במתן תורה נתרפאו דכתיב וכל העם רואים כו' ויתיצבו כו' ע"ש.

כי כל בירור הפסולת מתערובות טוב ורע הוא בכח התורה כמ"ש בפ' בראשית במד' ויכלו שכל זמן שלא נעקר תהו ובהו לא נראית בריאות שמים וארץ ובששי ויכולו שנעשו כלי ע"ש. ופרשנו שם שע"ז אמרו בגמ' יום הששי תנאי התנה הקב"ה אם מקבלים התורה ואם לאו אני מחזיר לתהו ובהו כו'.

היינו שזהו בירור הפסולת הוא בכח התורה ובנ"י הם כלים בכח התורה לברר טוב מרע ולכן נצטוו וישלחו מן המחנה כי בכח בנ"י לברר ולהסר הסיגים. והרמז במד' מנין דכתיב רואים נשמע ויתיצבו פי' שמזה בא הרפואה [* ע"י] ההכנה שמכינים האיברים לתורת ה'.

הם מתרפאין. העינים לראות והאוזן לשמוע כו'.

גם פי' הגו סיגים מכסף הוא לברר הרצון והתשוקה להיות רק לשמים וזה הרצון מיוחד רק לבנ"י כדאיתא במד' שוקיו עמודי שש זה העולם שנשתוקק הקב"ה נבראותו שנאמר ועלי תשוקתו. וזה העדות שניתן השבת לבנ"י שהוא תכלית שמים וארץ.

ונכן אומרים ורצה בנו ושבת קדשו כו' הנחילנו שזה הרצון שנגמר בכניסת שבת כמ"ש ויכולו השמים כו' זה מיוחד רק לבנ"י. אכן פי' ועלי תשוקתו הוא בב' אופנים אחד שכל רצונו ית' בבריאת עולם בעבור בנ"י ז"ש ורצה בנו.

וג"כ הפי' שעלי מוטל לעורר האהבה ורצון אבי שבשמים. כמ"ש בספרים שבנ"י עושין רצונו של מקום.

שבכח מעשיהם נעשה עת רצון למעלה. וע"ז מבקשים רצה נא במנוחתינו פי' שיתרצה בנו ויהי' לפניו רצון ואהבה ע"י מנוחתינו ביום השבת כנ"ל:

Dans le Midrach sur 'qu'ils renvoient hors du camp' (Bamidbar 5,2) : 'Ôtez les scories de l'argent' (Michle 25,4) - au don de la Torah ils furent guéris, comme il est écrit 'et tout le peuple voyait... et ils se tinrent...' (Chemot 20,15 / 20,18) - vois la-bas. Car tout discernement de la lie hors du mélange de bien et de mal se fait par la force de la Torah, comme nous l'avons écrit dans la parachat Berechit sur le Midrach 'vayekhoulou (ils furent achevés)' : tant que le tohu-bohu n'était pas déraciné, la création des cieux et de la terre ne se manifestait pas, et au sixième jour 'vayekhoulou', car ils devinrent des réceptacles (kelim) - vois la-bas.

Nous avons expliqué la-bas que c'est à ce sujet qu'ils ont dit dans la Guemara : 'le sixième jour' - le Saint béni soit-Il posa une condition : si vous acceptez la Torah, bien ; sinon, je vous ramène au tohu-bohu, etc. ; c'est-à-dire que ce discernement de la lie se fait par la force de la Torah, et les enfants d'Israël sont des réceptacles par la force de la Torah pour discerner le bien du mal. C'est pourquoi il leur fut ordonné 'qu'ils renvoient hors du camp', car c'est au pouvoir des enfants d'Israël de discerner et d'ôter les scories.

L'allusion dans le Midrach - d'où ? De ce qu'il est écrit 'voyant', 'entendu', 'et ils se tinrent' : cela signifie que de la vient la guérison, par la préparation dont ils préparent les membres à la Torah du Nom ; ils sont guéris, les yeux pour voir et l'oreille pour entendre, etc.

De même l'explication de 'ôtez les scories de l'argent' est de purifier la volonté et le désir pour qu'ils soient uniquement tournés vers le Ciel ; et cette volonté est propre aux seuls enfants d'Israël, comme il est dit dans le Midrach : 'ses jambes sont des colonnes de marbre (chech)' (Chir ha-chirim 5,15) - c'est le monde que le Saint béni soit-Il à désiré créer (nichtokek), comme il est dit 'et vers moi tend son désir (techoukato)'. Et c'est le témoignage que le Chabbat fut donné aux enfants d'Israël, lui qui est le but des cieux et de la terre ; c'est pourquoi nous disons 'et il à agréé en nous, et son saint Chabbat... il nous à donné en héritage', car cette volonté qui s'achève à l'entrée du Chabbat, comme il est dit 'les cieux furent achevés...' (Berechit 2,1), est propre aux seuls enfants d'Israël.

Cependant l'explication de 'vers moi tend son désir' est de deux façons : l'une, que toute Sa volonté, béni soit-Il, dans la création du monde est en faveur des enfants d'Israël - c'est le sens de 'il à agréé en nous'. Et l'explication est aussi que c'est à moi qu'il incombe d'éveiller l'amour et la volonté de mon Père qui est aux cieux, comme il est écrit dans les livres que les enfants d'Israël accomplissent la volonté de l'Omniprésent (Makom), car par la force de leurs actes se fait un temps de faveur (et ratson) en haut.

C'est à ce sujet qu'on demande 'agréé donc notre repos' : qu'il agrée en nous, et qu'il y ait devant Lui volonté et amour par notre repos au jour du Chabbat, comme ci-dessus.

בענין ברכת כהנים. הג' ברכות הם בחי' ג' אבות.

ועמ"ש בפ' תולדות כי יש ג' ברכות בכל מכל כל. ופרשנו שם כי מכל הוא ברכה נפרדת.

בכל הוא דבוק יותר בשורש. כל הוא שורש מקור הברכה עצמו.

והם בחי' נפש רוח נשמה. והנה יברכך הוא בחי' יצחק ז"ש רש"י ואברכך בממון שהיא ברכה נפרדת קצת.

ושם כתיב ואברכך ז"ש אלקי יצחק ע"ש. והתחיל בברכה זו כי שורש הברכות נמסרו ביד יצחק ולכן כתיב כאן וישמרך שצריך שמירה שלא יהי' לעשו אחיזה בזה.

ומה"ט ברכת יצחק אינה דבוקה כ"כ בשורש מצד חלק עשו. יאר פניו הוא הארה מן השורש בחי' אברהם בכל.

ישא הוא בחי' נשמה מדתו של יעקב איש תם. שלים.

ועיקר ברכת כהנים להיות בנ"י מוכנים לקבל הברכה כמ"ש ושמו את שמי כו' כי כביכול הקב"ה מוכן תמיד לברך את בני ישראל כמ"ש טוב בעיני ה' לברך את ישראל רק שיהיו כלים לקבל הברכה ולכן היא בנשיאות כפים לרמוז שהם מוכנים לקבל הברכה כמ"ש שאו ידיכם קודש. ובביהמ"ק היו מתעלין ביותר אל השורש כמ"ש במשנה במקדש היו הכהנים נושאים כפיהם למעלה מראשיהן כו'.

וג' ברכות הנ"ל הם ג' דרגות להעלות הגוף לנר"נ כמ"ש:

Au sujet de la bénédiction des kohanim. Les trois bénédictions sont de l'ordre des trois patriarches (avot).

Et vois ce que nous avons écrit dans la parachat Toledot : il y a trois bénédictions - 'en tout (bakol)', 'de tout (mikol)', 'tout (kol)'. Nous avons expliqué la-bas que 'mikol' est une bénédiction séparée ; 'bakol' est plus attachée à la racine ; 'kol' est la racine, la source même de la bénédiction.

Ce sont les niveaux de nefech, roua'h, nechama (âme vitale, souffle, âme supérieure). Or 'qu'Il te bénisse (yevarekhekha)' est de l'ordre d'Its'hak ; c'est ce que dit Rachi 'je te bénirai en biens (mamon)', qui est une bénédiction quelque peu séparée, et la il est écrit 'et je te bénirai', c'est ce que signifie 'le Dieu d'Its'hak' - vois la-bas.

Il à commencé par cette bénédiction car la racine des bénédictions fut remise entre les mains d'Its'hak ; c'est pourquoi il est écrit ici 'et qu'Il te garde (veyichmerekha)', car il faut une garde afin qu'Esav n'ait pas de prise sur elle. Pour cette raison la bénédiction d'Its'hak n'est pas si attachée à la racine, du fait de la part d'Esav. 'Qu'Il fasse briller Sa face (yaer)' est une illumination depuis la racine, de l'ordre d'Abraham, 'bakol'. 'Qu'Il porte (yissa)' est de l'ordre de la nechama, la mesure de Yaakov, 'l'homme intègre (ich tam)', parfait (chalem).

L'essentiel de la bénédiction des kohanim est que les enfants d'Israël soient prêts à recevoir la bénédiction, comme il est écrit 'ils placeront mon Nom...' (Bamidbar 6,27), car pour ainsi dire le Saint béni soit-Il est toujours prêt à bénir les enfants d'Israël, comme il est écrit 'il est bon aux yeux du Nom de bénir Israël', pourvu seulement qu'ils soient des réceptacles pour recevoir la bénédiction. C'est pourquoi elle se fait avec l'élévation des mains (nessiat kapayim), pour indiquer qu'ils sont prêts à recevoir la bénédiction, comme il est écrit 'levez vos mains vers le sanctuaire' (Tehilim 134,2).

Au Temple ils s'élevaient davantage vers la racine, comme il est dit dans la Michna : 'au Temple les kohanim élevaient leurs mains au-dessus de leur tête', etc. Et les trois bénédictions susdites sont trois degrés pour élever le corps vers nefech-roua'h-nechama, comme ci-dessus.

תרנ"ג

5653 (תרנ״ג)

En bref

Pourquoi la Torah a-t-elle prescrit d'apporter de la poussière pour la sotah (femme soupçonnée) ? Le Midrach répond que si elle est méritante, il sort d'elle un fils comme Avraham, qui a dit « et moi je suis poussière et cendre ». Pour le Sfat Emet, la poussière est le fondement de tout ; par l'effacement (bitoul) Avraham a mérité la lettre hé, et la chose semée qui pourrit comme poussière reçoit la vie et produit des fruits. Tout homme a été créé pour tout réparer. Israël possède cette force du fondement ; la sotah est éprouvée par la poussière du sol du Michkan, et la finalité est l'effacement, un réceptacle prêt à recevoir la bénédiction.

Aussi : la daat en quatre endroits, réparée par la mila, les tefilin et le Chabbat ; la Torah plus précieuse que les perles, qui restaure l'âme, et l'âme supplémentaire du Chabbat ; les bénédictions remises entre les mains d'Israël

במדרש מפני מה אמרה תורה הבא עפר לסוטה זכתה יוצא ממנה בן כאברהם שנאמר בו ואנכי עפר כו' בשכר שאמר אברהם אע"ה ואנכי עפר ואפר זכו בניו למצות עפר סוטה כו'. כבר כתבנו בזה כי עפר הוא יסוד הכל כמ"ש הכל הי' מן העפר והכל שב כו'.

ואאע"ה עליו העולם עומד כמ"ש בהבראם בה' בראם באברהם. וב' הפירושים אמת כי אברהם זכה לאות ה' שנברא בו העולם על ידי הביטול שזה כח העפר שמבלה הכל וכשנרקב דבר הנזרע ונעשה כעפר מקבל חיות ומוציא פירות.

[וזה רמז הה' היו"ד שנכנס בתוך הד' לומר שע"י ההכנעה נעשה כלי להוליד תולדות] ואברהם אע"ה אמר ואנכי עפר ואפר ידע היטב כי הוא יסוד הכל וידע שהוא מצד זה שהוא עפר ואפר. וכן צריך כל אדם לידע שהוא נברא בעולם לתקן הכל כי האדם הוא כלי שניתקן הכל על ידו.

וע"ז מבקשין ונפשי כעפר לכל תהי'. מלבד הכוונה לזכות להכנעה באמת אבל גם זה הבקשה לזכות לעשות השליחות בעולם להיות כל הדברים מתקבלין אצלו להיות ניתקן על ידו כי ע"ז נברא.

ויש עלי' לכל הברואים ע"י האדם יש באין אצלו ע"י מעשה ודיבור ומחשבה ממש כמו הכל שב אל העפר ויש ע"י סיבה קרובה ורחוקה אבל סוף כל סוף הכל שב לעפר וכן הוא בענין האדם וכתיב ויתרון ארץ בכל הוא מלך לשדה נעבד. פי' שכל הדברים שב אל העפר ונעשה מהם פירות.

וכן כתיב בבנ"י כי תהיו אתם ארץ חפץ ונמשלו לכרם ה' נצר מטעי. וכח זה שהי' לאברהם ניתן לבנ"י כמ"ש במד' כה יהי' זרעך דומה לך.

ובמד' והי' זרעך כעפר אם אין עפר אין תבואה ע"ש. ועיקר תולדותיהם של צדיקים מצות ומעש"ט.

ואיתא במד' כשבנ"י עושין רצונו של מקום נמשלו לפרדס המלך כשרואה נטיעה יפה נוטע בתוכו כמו כן כשרואה צדיק באומות מכניסו לבנ"י כמו יתרו ורחב ע"ש במד' קהלת. ולכן נקראו בנ"י השולמית שעל ידיהם מתקרבין הדברים לשורשן לעשות פירות כמ"ש שלום לרחוק ולקרוב כמ"ש שיש ע"י סיבה קרובה ורחוקה.

הכלל העולה שבנ"י שנאמר עליהם אדם אתם הם נקראו עפר שיש בהם כח היסוד שהכל שב אליו. וזהו הרמז העפר מקרקע המשכן כמ"ש וייצר כו' האדם עפר מן האדמה פי' ז"ל ממקום ביהמ"ק.

ולכן הסוטה נבדקת בו אם יש בה חלק באותו עפר. ואם לאו ארורה היא מן האדמה.

וזהו סמיכות הפרשיות אחר שנבחרו בנ"י בדגלים ומחנות מ"מ הטמאים נשתלחו והגרים מתקרבין כמ"ש ענין גזל הגר. ואח"כ הסוטה שנבדלת מנחלת ה'.

כי בנ"י יצאו מן הכלל ללמד על הכלל כולו יצאו שהם הכלים אשר הכל יכולין לעלות על ידיהם. כתיב מדרכיו ישבע סוג לב ומעליו איש טוב.

מדרכיו ישבע רומז לפ' סוטה ומעליו איש טוב פ' נזיר שזוכה להיות נזר אלקי על ראשו. והוא כמו כ"ג.

וכתיב אח"כ פרשת נשיאות כפים ברכת כהנים. כי תכלית הכל הביטול להיות כלי מוכן לקבל הברכה.

וזה רמז נשיאות כפים שהידים מתעלין על הראש לרמז כי כל הקומה שלו הוא רק כפי מה שמקבל מלמעלה וכפי מה שמבטל כל הקומה זוכה לקבל הברכה. זה מעליו איש טוב.

והנזיר והכהן שפורשין מהבלי עולם זוכין להתדבק בשורש העליון. והנה הכהן מקריב ומעלה הכל לשמים ולכן זוכה לקבל הברכה מן השמים.

וזהו הי' מדת אברהם אע"ה שהקנה כו' שמים וארץ כו' וחזר והקנה אותם כו' כדאיתא במד'. ובגמ' סנהדרין איתא במדה שאדם מודד מודדין לו אדם נותן עומסו לעני כביכול הקב"ה נותן לו מלא עומסו ע"ש פרק חלק.

וזה הי' באברהם כי כלי היד הוא לקבל וליתן. ואברהם הי' עמוד גמ"ח ונתן כל אשר לו לרצונו ית' וזכה להיות מרכבה ליד הגדולה כמ"ש אתה כהן לעולם וכ' שב לימיני.

וזה עצמו מ"ש לעיל בחי' עפר ואפר שע"י הביטול זכה ליסוד הכל. וכן הנזיר ע"י שפורש עצמו מעוה"ז מתדבק בעיקר השורש.

והסוטה שמשביעת מדרכי' כמ"ש מדרכיו ישבע סוג לב. היא אובדת כחה ושורשה ונקראת תשטה אשתו.

שאדרבה כפי התדבקות בגשמיות. מאבדת הכל.

והנזיר על ידי הפרישה קונה ב' עולמות כמ"ש במ"א הרמז ואיש את קדשיו לו יהי' ע"ש. אך את קדשיו הפירוש להיות כולו בטל אל חלק הקדושה שבו ואז לו יהיו:

ומ"ש לעיל מענין האדם שדומה לעפר. ע"ז רמזו חז"ל בעגלה ערופה בנחל אשר לא יזרע בשביל שלא הניחו אותו לעשות פירות מצות.

לכן אמרה תורה לערוף בנחל שלא יזרע ע"ש:

Dans le Midrach : pourquoi la Torah à-t-elle prescrit d'apporter de la poussière pour la sotah (femme soupçonnée d'adultère) ? Si elle est méritante, il sort d'elle un fils comme Abraham, dont il est dit 'et moi je suis poussière' etc. ; en récompense de ce qu'Abraham notre père, paix sur lui, à dit 'et moi je suis poussière et cendre' (Gen.

18,27), ses enfants ont mérité la mitsva de la poussière de la sotah etc. Nous avons déjà écrit à ce sujet que la poussière est le fondement de tout, comme il est dit 'tout vient de la poussière et tout y retourne' (Eccl.

3,20). Et sur Abraham notre père le monde tient, comme il est écrit 'behibaram' (lors de leur création) - be-Abraham (par Abraham) Il les créa.

Et les deux interprétations sont vraies, car Abraham à mérité la lettre hé par laquelle le monde fut créé, par le biais de l'effacement (bitoul), qui est la force de la poussière qui use tout ; et lorsque la chose semée pourrit et devient comme poussière, elle reçoit la vie et produit des fruits. [Et c'est l'allusion du hé : le youd qui entre à l'intérieur du dalet, pour dire que par la soumission on devient un réceptacle (keli) capable d'engendrer une descendance.] Et Abraham notre père à dit 'et moi je suis poussière et cendre' : il savait bien qu'il était le fondement de tout, et il savait que c'était justement du fait qu'il était poussière et cendre.

De même tout homme doit savoir qu'il à été créé dans le monde pour tout réparer (tikoun), car l'homme est le réceptacle par lequel tout se répare. Et c'est ce que l'on demande : 'que mon âme soit comme la poussière pour tous'.

Outre l'intention de mériter la soumission véritable, cette demande vise aussi à mériter d'accomplir la mission dans le monde, que toutes choses soient recueillies auprès de lui pour être réparées par lui, car c'est pour cela qu'il à été créé. Et il y a une élévation pour toutes les créatures par l'homme : certaines viennent à lui par l'action, la parole et la pensée, littéralement comme 'tout retourne à la poussière', et d'autres par une cause proche où lointaine, mais en fin de compte tout retourne à la poussière, et il en est de même pour l'homme.

Et il est écrit 'et l'avantage de la terre est en tout, le roi est asservi au champ' (Eccl. 5,8) : c'est-à-dire que toutes choses retournent à la terre et il en sort des fruits.

De même il est écrit au sujet d'Israël 'car vous serez une terre de désir' (Mal. 3,12), et ils sont comparés 'à la vigne du Nom, rejeton de mes plantations' (cf.

Is. 60,21).

Et cette force qu'avait Abraham fut donnée à Israël, comme il est dit dans le Midrach 'ainsi (ko) sera ta descendance' - semblable à toi. Et dans le Midrach 'et ta descendance sera comme la poussière' : s'il n'y a pas de poussière il n'y a pas de récolte, voir la-bas.

Et l'essentiel de la descendance des justes, ce sont les mitsvot et les bonnes actions. Et il est rapporté dans le Midrach : lorsque Israël accomplit la volonté de l'Omniprésent, ils sont comparés au verger du roi ; lorsqu'il voit un beau plant, il le plante à l'intérieur ; de même lorsqu'il voit un juste parmi les nations, il l'introduit en Israël, comme Yitro et Rahav, voir la-bas dans le Midrach Kohelet.

Et c'est pourquoi Israël est appelé 'la Choulamit' (Cant. 7,1), car par eux les choses se rapprochent de leur racine pour produire des fruits, comme il est écrit 'paix pour le lointain et pour le proche' (Is.

57,19), correspondant à ce que nous avons dit, qu'il y a par une cause proche et lointaine. La règle qui ressort : Israël, dont il est dit 'vous êtes des hommes (adam)' (Ez.

34,31), est appelé poussière, car il possède la force du fondement auquel tout retourne. Et c'est l'allusion de 'la poussière du sol du Michkan' (cf.

Nb 5,17), comme il est écrit 'et Il forma l'homme, poussière du sol' (Gen. 2,7) - nos maîtres de mémoire bénie ont expliqué : de l'emplacement du Temple.

C'est pourquoi la sotah est éprouvée par elle : si elle à une part dans cette poussière ; sinon elle est 'maudite du sol'. Et c'est le lien entre les parachiot : après qu'Israël à été choisi par les étendards et les camps, néanmoins les impurs furent renvoyés et les convertis se rapprochent, comme l'indique le sujet du vol commis envers le converti (guer).

Et ensuite la sotah, qui se sépare de l'héritage du Nom. Car Israël 'est sorti de la règle générale pour enseigner sur la règle générale entière' : ils sont les réceptacles par lesquels tout peut s'élever.

Il est écrit 'de ses voies se rassasie le cœur dévoyé, et de dessus lui l'homme bon' (Prov. 14,14). 'De ses voies se rassasie' fait allusion à la paracha de la sotah, 'et de dessus lui l'homme bon' à la paracha du nazir, qui mérite d'avoir 'la couronne (nezer) de son Dieu sur sa tête' (Nb 6,7), semblable au grand prêtre.

Et il est écrit ensuite la paracha de l'élévation des mains, la bénédiction des kohanim. Car la finalité de tout est l'effacement, être un réceptacle prêt à recevoir la bénédiction.

Et c'est l'allusion de l'élévation des mains, que les mains s'élèvent au-dessus de la tête, pour indiquer que toute sa stature n'est que selon ce qu'il reçoit d'en haut ; et selon qu'il efface toute sa stature, il mérite de recevoir la bénédiction. C'est 'de dessus lui l'homme bon'.

Et le nazir et le kohen, qui se retirent des vanités du monde, méritent de s'attacher à la racine supérieure. Et voici que le kohen offre et fait monter tout vers les cieux, et c'est pourquoi il mérite de recevoir la bénédiction des cieux.

Et c'était la mesure d'Abraham notre père, qui 'acquit les cieux et la terre etc.' et les rendit ensuite etc., comme il est rapporté dans le Midrach. Et dans la Guemara Sanhédrin il est dit : 'de la mesure dont l'homme mesure, on le mesure' ; l'homme donne sa charge au pauvre, pour ainsi dire le Saint béni soit-Il lui donne sa pleine charge, voir le chapitre Helek.

Et cela était en Abraham, car le réceptacle qu'est la main sert à recevoir et à donner. Et Abraham était le pilier de la bienfaisance (guemilout hassadim) et il donna tout ce qu'il avait pour Sa volonté, et il mérita de devenir un char (merkava) pour 'la grande main', comme il est écrit 'tu es prêtre pour toujours' et il est écrit 'assieds-toi à ma droite' (Ps.

110,4;1). Et c'est cela même ce qui a été dit plus haut au sujet de la poussière et de la cendre, que par l'effacement il mérita le fondement de tout.

De même le nazir, qui se retire lui-même de ce monde, s'attaché à la racine essentielle. Et la sotah, qui se rassasie de ses voies comme il est écrit 'de ses voies se rassasie le cœur dévoyé', perd sa force et sa racine et est appelée 'sa femme qui dévié (tisteh)' (Nb 5,12) ; au contraire, selon qu'elle s'attaché à la matérialité, elle perd tout.

Et le nazir, par le retrait, acquiert les deux mondes, comme nous l'avons expliqué ailleurs l'allusion de 'et l'homme, ses choses saintes seront à lui' (Nb 5,10), voir la-bas. Mais 'ses choses saintes' signifie être entièrement efface vers la part de sainteté qui est en lui, et alors 'elles seront à lui'.

Et ce que nous avons dit plus haut au sujet de l'homme qui ressemble à la poussière, nos sages y ont fait allusion par 'la génisse à la nuque brisée dans le torrent qui n'est pas ensemence' (Deut. 21,4) : parce qu'on ne l'à pas laisse produire des fruits de mitsvot, la Torah à ordonné de lui briser la nuque dans le torrent qui n'est pas ensemence, voir la-bas.

במד' הדעת מתחלק בד' מקומות חלק אחד בפה וא' בלב וב' חלקים בכליות ע"ש. ונראה שע"ז ניתן לכל איש ישראל ב' אותות מילה ותפילין מילה ושבת לתקן הדעת שבד' מקומות הנ"ל.

ומילה היא לחלקים שבכליות מילה ופריעה. ותפילין של יד נגד הלב ושל ראש למען תהי' תורת ה' בפיך וכן שבת זכור בפה ושמור בלב וכן ע"י אותות אלו יכולין לתקן ולברר הדעת כנ"ל.

ואיתא בגמ' מה ציץ שאין בו רק אזכרה אחת אמרה תורה תמיד שלא יסיח דעתו תפילין על אחת כו"כ כו'. היינו שהתפילין מסייעין לאדם לברר הדעת שלא יסיח דעתו.

ויתכן לרמוז כן באמרם על מצחו תמיד וכי לא בעי מינם ומעיל לביה"כ אלא תמיד שלא יסיח דעתו. ולכאורה אין מובן אכתי מה תמיד.

רק הפי' שהציץ עשה בו רושם שיהי' תקון הדעת שלו שלא יסיח דעתו וכמו כן הרשימה של התפילין בכל איש ישראל בעצם המוח ולב. ודו"ק:

Dans le Midrach : la connaissance (daat) se divise en quatre endroits - une part dans la bouche, une dans le cœur, et deux parts dans les reins, voir la-bas. Et il semble que c'est pour cela qu'ont été donnés à chaque homme d'Israël deux signes : la circoncision (mila) et les tefilin - la mila et le Chabbat - pour réparer la connaissance répartie dans les quatre endroits susdits.

La mila correspond aux parts qui sont dans les reins : la mila et la peria (le dévoilement). Les tefilin de la main face au cœur, et ceux de la tête 'afin que la Torah du Nom soit dans ta bouche' (Ex.

13,9). De même le Chabbat : 'souviens-toi' par la bouche et 'garde' dans le cœur.

Ainsi, par ces signes, on peut réparer et clarifier la connaissance comme ci-dessus. Et il est dit dans la Guemara : de même que le tsits (la lame frontale du grand prêtre), sur lequel ne figure qu'une seule mention du Nom, la Torah à dit 'constamment' (tamid), pour qu'il n'en détourne pas son esprit - les tefilin à plus forte raison etc.

C'est-à-dire que les tefilin aident l'homme à clarifier la connaissance afin qu'il n'en détourne pas son esprit. Et il convient d'y faire allusion par ce qu'ils ont dit 'sur son front constamment' : or n'à-t-il pas besoin de s'assoupir et de se rendre aux toilettes ?

Mais plutôt 'constamment' signifie qu'il n'en détourne pas son esprit. Et à première vue cela reste incompréhensible : que veut encore dire 'constamment' ?

Mais l'explication est que le tsits à laissé en lui une empreinte, de sorte que sa connaissance soit réparée et qu'il n'en détourne pas son esprit ; de même l'empreinte des tefilin se trouve en chaque homme d'Israël dans la substance même du cerveau et du cœur. Étudie-le bien.

תרנ"ד

5654 (תרנ״ד)

במדרש יקרה היא מפנינים מכ"ג שנכנס לפני ולפנים ומבכור שיצא ראשון ע"ש דכתיב תורת ה' תמימה פי' תמימה שבכל אות ואות נמצא כל התורה כי התורה שמו של הקב"ה וכדאיתא קוב"ה ואורייתא כולהו חד וכן פתח הקב"ה אנכי ה' אלקיך לומר כי התורה היא אלקות וכמ"ש ואל מי תדמיוני ואשוה. כמו כן כתיב כל חפציך לא ישוו.

ולכן אין מוקדם ומאוחר בתורה כי בכל אות יש הכל ולכן היא משיבת נפש. וכל התשובה היא בכח התורה שהיא תמימה ולכן יכול כל אחד למצוא תקונו ושורשו ע"י אות אחת שבתורה.

אך באמת הוא כפי מה שהיא התורה יקרה אצלו מכל חפציו ממש. כך יוכל להתדבק באור התורה.

וכל חפציך לא ישוו הפי' כי אין האדם זוכה לרצון האמת רק בכח התורה כדכתיב הנחמדים מזהב ונקראת חמדה גנוזה שאין חמדה ותשוקה בעולם כמו התורה רק אין זוכין לחמדה הגנוזה רק ע"י רוב יגיעה בתורה. וזה משיבת נפש שמחזרת התשוקה והרצון.

שבאמת קודם החטא הי' כל תשוקת האדם אל הבורא ית' כמו שנותן השכל שכל פעולה נמשכת אחר הפועל והנברא אחר הבורא. אך החטא מבדיל ולכן התורה משיבת נפש.

פי' נפש. רצון.

כמו יש את נפשכם. ובאמת התשוקה היא כפי הארת הנשמה באדם דכתיב ויפח כו' ויהי האדם לנפש חי' שקודם החטא שהי' לו הנשמה בשלימות הי' כל תשוקתו ודבקותו בחי החיים.

והנה כמו כן בקבלת התורה דאיתא שיצאה נשמתן והתורה החזירה להם ע"ש שדרשו כן בפסוק משיבת נפש. והוא כנ"ל שלכן יצאה נשמתן שיקבלו אח"כ ע"י התורה הנשמה עליונה כמו שהי' קודם החטא וזהו משיבת נפש אותו הנפש שנאבד ע"י החטא.

לכן נק' שבועות יום הביכורים שניתן לנו נפש חדשה מן השמים. וז"ש נשבעין ועומדין מהר סיני.

שכ' לא תשא כו' שם כו' אלקיך לשוא פי' זה החיות אלקית שקבלו בקבלת התורה צריכין לשמור מאוד כענין שכתוב אשר לא נשא לשוא נפשי. ויתכן לישב בזה מה שאמרו אבותינו היים הזה ראינו כי ידבר כו' וחי ועתה למה נמות והלא מסרו נפשותם.

אך באמת בראותם כי זכו לקבל נשמה חי' הי' יקר להם מאוד זה הנפש החדש שקבלו בהר סיני:

Dans le Midrach : 'elle est plus précieuse que les perles (peninim)' (Prov. 3,15) - plus que le grand prêtre (kohen gadol) qui entre dans le lieu le plus intérieur (lifnai ve-lifnim), et plus que l'aîné qui est sorti le premier, voir la-bas.

Car il est écrit 'la Torah du Nom est parfaite (temima)' (Ps. 19,8) : 'parfaite' signifie que dans chaque lettre se trouve toute la Torah, car la Torah est le Nom du Saint béni soit-Il, et comme il est rapporté 'le Saint béni soit-Il et la Torah sont entièrement un'.

De même le Saint béni soit-Il à commencé par 'Je suis le Nom ton Dieu' (Ex. 20,2), pour dire que la Torah est divinité, et comme il est écrit 'et à qui me comparerez-vous que je lui sois égal' (Is.

40,25). De même il est écrit 'et toutes tes choses désirables ne l'égalent pas' (Prov.

3,15). C'est pourquoi 'il n'y a pas d'antériorité ni de postériorité dans la Torah', car en chaque lettre il y a tout, et c'est pourquoi 'elle restaure l'âme' (Ps.

19,8). Et toute la techouva est par la force de la Torah qui est parfaite, et c'est pourquoi chacun peut trouver sa réparation et sa racine par une seule lettre de la Torah.

Mais en vérité c'est selon que la Torah lui est précieuse plus que toutes ses choses désirables, littéralement ; ainsi peut-il s'attacher à la lumière de la Torah. Et 'toutes tes choses désirables ne l'égalent pas' signifie que l'homme ne mérite la volonté véritable que par la force de la Torah, comme il est écrit 'les plus désirables que l'or' (Ps.

19,11), et elle est appelée 'le désir caché', car il n'y a pas dans le monde de désir et d'aspiration comme la Torah ; mais on ne mérite ce désir caché que par un grand labeur dans la Torah. Et c'est 'elle restaure l'âme', car elle ramène l'aspiration et la volonté.

Car en vérité, avant la faute, toute l'aspiration de l'homme était vers le Créateur béni soit-Il, comme le dicte l'intellect, que toute action découle de son agent et le créé de son Créateur. Mais la faute sépare, et c'est pourquoi la Torah 'restaure l'âme (nefech)'.

Le sens de 'nefech' : la volonté, comme 'si telle est votre âme (nafchekhem)' (Gen. 23,8).

Et en vérité l'aspiration est selon l'illumination de la nechama dans l'homme, comme il est écrit 'et Il insuffla... et l'homme devint une âme vivante' (Gen. 2,7) : avant la faute, où il avait la nechama dans sa plénitude, toute son aspiration et son attachement étaient au Vivant des vivants.

Et voici, de même, lors du don de la Torah, il est rapporté que leur âme s'envola et que la Torah la leur rendit, voir la-bas, car ils l'ont ainsi interprète sur le verset 'elle restaure l'âme'. Et c'est comme ci-dessus : c'est pourquoi leur âme s'envola, afin qu'ils reçoivent ensuite par la Torah l'âme supérieure comme c'était avant la faute ; et c'est 'elle restaure l'âme' - cette âme qui fut perdue par la faute.

C'est pourquoi Chavouot est appelé 'le jour des prémices', car une âme nouvelle nous fut donnée du ciel. Et c'est ce qu'ils ont dit : 'ils jurent et se tiennent depuis le mont Sinaï' ; car il est écrit 'tu ne porteras pas... le nom... de ton Dieu en vain' (Ex.

20,7) - explication : cette vitalité divine qu'ils ont reçue lors du don de la Torah, ils doivent la garder très soigneusement, dans le sens de ce qui est écrit 'lui qui n'à pas porte en vain mon âme' (Ps. 24,4).

Et l'on peut par la expliquer ce que dirent nos pères 'aujourd'hui nous avons vu que Dieu parle... et qu'il vit ; et maintenant pourquoi mourrions-nous' (Deut. 5,21-22) - or ils avaient livre leur âme !

Mais en vérité, en voyant qu'ils avaient mérite de recevoir une âme vivante, cette âme nouvelle qu'ils reçurent au mont Sinaï leur était très précieuse.

והנה בכל שבת יש ג"כ הארה מקבלת התורה והיא בחי' נשמה יתרה שאמרו חז"ל בפסוק וינפש וי אבדה נפש מכאן שניתן לאדם נשמה יתירה. ומקשין העולם דא"כ במוצאי שבת צריך להיות וינפש.

אבל הרמז הוא כנ"ל כי כשבאה הנשמה יתירה רואין מה שאבדנו ע"י החטא כי א"י להשיג הרצון והתשוקה של הנפש האמיתי עד שבא השבת ורואין מה שאבדנו לכן וי אבדה נפש. וז"ש המענג את השבת נותנין לו משאלות לבו כדכתיב יתן לך משאלות לבך.

פי' שזוכין לתשוקה ורצון הנ"ל להיות משאלות הלב ותשוקתו להתדבק בו ית' כדרך שהיה קודם החטא וכמ"ש לעיל פי' משיבת נפש וכל חפציך לא ישוו. ודוק ותשכח:

Et voici qu'en chaque Chabbat il y a également une illumination du don de la Torah, et c'est l'aspect de l'âme supplémentaire (nechama yetera) dont nos sages ont dit sur le verset 'et Il se reposa (vayinafach)' (Ex. 31,17) : 'vay, l'âme est perdue' - de la on apprend qu'une âme supplémentaire est donnée à l'homme.

Les gens objectent : s'il en est ainsi, ce devrait être à l'issue du Chabbat qu'il faudrait dire 'vayinafach'. Mais l'allusion est comme ci-dessus : car lorsque vient l'âme supplémentaire, on voit ce que nous avons perdu par la faute, car on ne peut atteindre la volonté et l'aspiration de l'âme véritable jusqu'à ce que vienne le Chabbat, et l'on voit alors ce que nous avons perdu ; c'est pourquoi 'vay, l'âme est perdue'.

Et c'est ce qu'ils ont dit : 'celui qui délecte le Chabbat, on lui donne les demandes de son cœur', comme il est écrit 'qu'Il te donne selon les demandes de ton cœur' (Ps. 37,4).

Explication : on mérite l'aspiration et la volonté susdites, en sorte que les demandes du cœur et son aspiration soient de s'attacher à Lui, béni soit-Il, comme c'était avant la faute, et comme nous l'avons expliqué plus haut le sens de 'elle restaure l'âme' et 'toutes tes choses désirables ne l'égalent pas'. Étudie-le et tu trouveras.

במדרש וישלחו מן המחנה כו'. כשקבלו בנ"י התורה נתרפאו מכל המומין וע"י החטא חזרו להיות מצורעין וזבין ולכן צוה להפריש מהם הטמאים ע"ש שמביא הפסוק כל המחלה כו' לא אשים עליך כו'.

הענין הוא שהתורה דכתיב בה תורת ה' תמימה וניתנה לבנ"י הוא עדות שנפשות בנ"י הם תמימים כמ"ש תמימים ינחלו טוב לכן הוסר כל מום מנפשות בנ"י בעצם. ולכן אע"פ שאחר החטא היו בהם מומין אבל הוא במקרה לא בעצם.

ז"ש אם שמוע תשמע לקול כו' כל המחלה כו' לא אשים. פי' שאין המחלה יכולה לידבק בהם בעצם כי רחוקים הם מהמומין.

ז"ש כל המחלה ולשון אשים. והטעם כי אני ה' רופאך.

ורפואת ה' הוא בעצם לא במקרה. והבן.

לכן כתיב וישלחו שבנ"י יכולין ליפשט עצמותם מהמומין. ובזה פרשנו המדרש בפרשת מצורע נכונו ללצים שפטים כששמעו בנ"י פרשת נגעים נתייראו א"ל הקב"ה אתם לאכול ולשתות ע"ש המשל.

ותמהו כל המפרשים הלא פ' נגעים לישראל נאמרה. אך הפי' כי הנגעים נכונים ללצים וכמ"ש במצרים המחלה אשר שמתי.

אבל לבנ"י ניתן פרשת נגעים איך להתרפאות מהם כי הם רחוקים בעצם מהנגעים. ולכן ניתן להם דרך טהרת הנגעים:

Dans le Midrach 'et qu'ils renvoient hors du camp etc.' (Nb 5,2). Lorsque Israël reçut la Torah, ils furent guéris de toutes les tarés ; et par la faute ils redevinrent lépreux et atteints d'écoulement (zavin), c'est pourquoi il fut ordonné d'écarter d'eux les impurs, voir la-bas où il amène le verset 'toute la maladie... je ne mettrai pas sur toi etc.' (Ex.

15,26). Le sens est que la Torah, dont il est écrit 'la Torah du Nom est parfaite' et qui fut donnée à Israël, est un témoignage que les âmes d'Israël sont parfaites (temimim), comme il est écrit 'les intègres (temimim) hériteront le bien' (Prov.

28,10) ; c'est pourquoi toute taré fut ôtée des âmes d'Israël par essence. Aussi, bien qu'après la faute il y eut en eux des tarés, c'est de manière accidentelle, non essentielle.

C'est ce que dit 'si tu écoutes attentivement la voix... toute la maladie... je ne mettrai pas' : c'est-à-dire que la maladie ne peut s'attacher à eux par essence, car ils sont éloignés des tarés. C'est ce que disent 'toute la maladie' et l'expression 'je ne mettrai' ; et la raison : 'car je suis le Nom qui te guérit' (Ex.

15,26) - et la guérison du Nom est par essence, non par accident. Comprends.

C'est pourquoi il est écrit 'et qu'ils renvoient', car Israël peut dépouiller son essence des tarés. Et par la nous avons expliqué le Midrach de la paracha du lépreux 'des châtiments sont prêts pour les moqueurs' (Prov.

19,29) : lorsque Israël entendit la paracha des plaies (negaim), ils prirent peur ; le Saint béni soit-Il leur dit : 'à vous de manger et de boire', voir la-bas la parabole. Et tous les commentateurs se sont étonnés : la paracha des plaies ne fut-elle pas dite pour Israël ?

Mais l'explication est que les plaies sont prêtes pour les moqueurs, comme il est écrit en Égypte 'la maladie que j'ai mise' ; mais à Israël fut donnée la paracha des plaies pour savoir comment s'en guérir, car ils sont éloignés par essence des plaies. C'est pourquoi leur fut donnée la voie de la purification des plaies.

בענין ברכת כהנים כה תברכו כו'. ובמד' שנמסרו הברכות ביד בני ישראל כמ"ש והי' ברכה כו' דכתיב ה' עוז לעמו יתן הוא בחי' משה רבינו תורה שבכתב.

ה' יברך את עמו בשלום הוא בחי' אהרן אוהב ורודף שלום והוא בחי' תורה שבע"פ מלה דקיימא בעובדא. וכן כתיב שפתי כהן כו' ותורה יבקשו מפיהו רמז לתורה שבע"פ.

ומצינו במשנה תלמידיו של אברהם ותלמידיו של אהרן. הגם כי משה רבינו רבן של כל ישראל הוא בבחי' תורה שבכתב ואאע"ה ניתן לו בחי' תורה שבע"פ שכל מה שאמר נעשה ממנו תורה כמ"ש למען כו' יצוה את בניו כו' ושמרו דרך ה' הגם שלא ניתנה עדיין התורה ולכן נמסר הברכה בידו והי' ברכה וכן אהרן נמשך אחר מדת אאע"ה.

והנה איתא איזהו חסיד המתחסד עם קונו פי' שמביא בעולם התגלות חסדיו של הקב"ה כמ"ש ז"ל על אברהם אע"ה שהחסד מתגלגל בעולם בשבילו. והוא מכח השלשה מדות שמנו חכמים במשנה עין טובה כו'.

פי' עין טובה שכל מה שהוא רואה מכיר בו חסד וטובת הבורא ית"ש והכל טוב בעיניו ובכח זה נעשה טובו וכדאיתא גבי נחום איש גם זו. ואיתא בזוה"ק פ' זו על מאי דכתיב באברהם כה יהי' זרעך והאמין בה' ויחשבה לו צדקה ב' פירושים שהקב"ה חשבה לאברהם לצדקה ותו פירש שאברהם חשב מדת כה אעפ"י שהיא דין חשבה לצדקה ע"ש.

והוא כמ"ש שע"י שאברהם חשבה לצדקה נעשה מדה זו חסד וצדקה. וזהו המתחסד עם קונו כמ"ש.

וזה כה תברכו את בני ישראל שע"י ברכת הכהן העובד במקדש מתמלא מדה זו חסד וצדקה וברכה:

Au sujet de la bénédiction des kohanim 'ainsi (ko) vous bénirez etc.' (Nb 6,23). Et dans le Midrach : les bénédictions furent remises entre les mains d'Israël, comme il est écrit 'et sois une bénédiction etc.' (Gen.

12,2). Il est écrit 'le Nom donnera force à son peuple' (Ps.

29,11) - c'est l'aspect de Moche notre maître, la Torah écrite. 'Le Nom bénira son peuple par la paix' - c'est l'aspect d'Aaron 'qui aime et poursuit la paix' (Avot 1,12), et c'est l'aspect de la Torah orale, 'la parole qui tient dans l'action'. De même il est écrit 'les lèvres du kohen... et l'on cherchera la Torah de sa bouche' (Mal.

2,7) - allusion à la Torah orale. Et nous trouvons dans la Michna 'les disciples d'Abraham' et 'les disciples d'Aaron'.

Bien que Moche notre maître soit le maître de tout Israël, il est dans l'aspect de la Torah écrite ; et à Abraham notre père fut donné l'aspect de la Torah orale, car tout ce qu'il disait devenait Torah, comme il est écrit 'afin qu'il... ordonné à ses enfants... et qu'ils gardent la voie du Nom' (Gen. 18,19), bien que la Torah n'eut pas encore été donnée ; c'est pourquoi la bénédiction lui fut remise, 'et sois une bénédiction'.

De même Aaron suit la mesure d'Abraham notre père. Et voici, il est dit : 'quel est le hassid ? celui qui agit avec bonté (mithassed) envers son Créateur (kono)' - c'est-à-dire qu'il fait venir dans le monde la révélation des bontés du Saint béni soit-Il, comme nos maîtres l'ont dit au sujet d'Abraham notre père, que la bonté roule dans le monde grâce à lui.

Et cela provient de la force des trois mesures que les sages ont énumérées dans la Michna : 'un bon œil etc.' (Avot 5,19). Explication : 'un bon œil', que tout ce qu'il voit, il y reconnaît la bonté et le bienfait du Créateur béni soit son Nom, et tout est bon à ses yeux ; et par cette force son bien se réalise, comme il est rapporté au sujet de Nahoum 'ich gam zo'.

Et il est dit dans le Zohar saint, sur cette paracha, sur ce qui est écrit au sujet d'Abraham 'ainsi (ko) sera ta descendance' et 'il crut au Nom et Il le lui compta comme justice (tsedaka)' (Gen. 15,5-6), deux interprétations : que le Saint béni soit-Il le compta à Abraham pour justice ; et de plus il expliqué qu'Abraham considéra la mesure de 'ko' - bien qu'elle soit rigueur (din), il la compta comme justice, voir la-bas.

Et c'est comme nous l'avons dit : parce qu'Abraham la compta comme tsedaka, cette mesure devint bonté et justice. Et c'est 'celui qui agit avec bonté envers son Créateur' comme il à été dit.

Et c'est 'ainsi (ko) vous bénirez les enfants d'Israël', car par la bénédiction du kohen qui officie au Sanctuaire, cette mesure se remplit de bonté, de justice et de bénédiction.

תרנ"ה

5655 (תרנ״ה)

En bref

« Elle est plus précieuse que les perles » : plus que le grand prêtre qui entre dans le Saint des Saints, le sage de la Torah (talmid ''hakham) passe avant lui. Pour le Sfat Emet, la Torah est les Noms du Saint béni soit-Il : temima, en chaque lettre se trouve le tout, unité dans le D.ieu unique. Lévites, prêtres et grand prêtre sont suivis du nazir, car tout homme d'Israël attire la sainteté du grand prêtre par la Torah et la parole, « la couronne de son D.ieu est sur sa tête ». « Nous exulterons et nous nous réjouirons en toi » : bakh, les vingt-deux lettres ; le Saint béni soit-Il et Israël sont tous un.

Aussi : le monde tient sur sept colonnes fondées sur ''Hokhma, Bina et Daat ; les prêtres, envoyés d'Israël et du Miséricordieux, ouvrent la réception de la bénédiction ; Israël affiné en vase au Sinaï n'a plus de défaut permanent.

במדרש יקרה היא מפנינים מכ"ג שנכנס לפני ולפנים ת"ח קודם ע"ש. כי הגם שיש סדר מדריגות בעולם אבל התורה היא שמותיו של הקב"ה שנק' שלום.

וכ' תורת ה' תמימה. פי' תמימה שלימות.

שיש בכל אות הכל. ולכן אין מוקדם ומאוחר בתורה כי הוא אחדות באלקי אחד.

ולכן נסמכו פרשיות הללו מבחירת הלוים שהיו לפנים מהדגלים. והכהנים במדריגה פנימיות יותר וכ"ג למעלה מכולם.

ואח"כ פרשת נזיר שיכול כל איש ישראל להמשיך עליו הקדושה כמו קדושת כ"ג דכתיב נזר אלקיו על ראשו והוא בכח התורה כמ"ש כי יפליא בכח הדיבור בפה שהוא כח התורה בישראל. וע"ז איתא פי' הכ' הביאני המלך חדריו אעפ"כ נגילה ונשמחה בך ביותר.

ב"ך הוא כ"ב אתוין דאורייתא וקב"ה וישראל כולהו חד:

Dans le Midrach: 'Elle est plus précieuse que les perles (peninim)' - plus que le Grand Prêtre (kohen gadol) qui entre dans le Saint des Saints; le sage de la Torah (talmid 'hakham) passe avant lui, vois l'endroit. Car bien qu'il existe un ordre de degrés dans le monde, la Torah, elle, est les Noms du Saint béni soit-Il, qui est appelé paix.

Et il est écrit 'la Torah de ה' est parfaite (temima)' (Psaumes 19,8); le sens de temima est perfection: en chaque lettre se trouve le tout. C'est pourquoi il n'y a ni antérieur ni postérieur dans la Torah, car elle est unité dans le Dieu unique.

Aussi ces sections ont-elles été juxtaposées: le choix des lévites, qui se tenaient à l'intérieur des étendards; les prêtres à un degré plus intérieur encore; et le Grand Prêtre au-dessus de tous. Puis vient la section du nazir, car tout homme d'Israël peut attirer sur lui la sainteté comme la sainteté du Grand Prêtre, ainsi qu'il est écrit 'la couronne (nezer) de son Dieu est sur sa tête' (Nombres 6,7); et cela par la force de la Torah, comme il est dit 'car il fera une chose extraordinaire (ki yafli)' - par la force de la parole dans la bouche, qui est la force de la Torah en Israël.

À ce sujet on rapporte l'explication du verset 'le Roi m'à fait entrer dans ses appartements' (Cantique 1,4): malgré cela 'nous exulterons et nous nous réjouirons en toi (bakh)' plus encore. Bakh, ce sont les vingt-deux lettres (kaf-bet otiot) de la Torah; et le Saint béni soit-Il et Israël sont tous un.

תרנ"ו

5656 (תרנ״ו)

במדרש איש כי יפליא הה"ד שוקיו עמודי שש זה העולם שהעמיד על שבעה עמודים ימי בראשית אדני פז שלשה חכמה בינה דעת כו'. כי עוה"ז הגם שהוא בטבע אעפ"כ כתיב ה' בחכמה יסד ארץ.

ונק' עמודי שש מלשון אבני שיש. שהגם שנעשה מהמאמרים טבעיים מ"מ יסודן גנוז בתוכן ולא נשתנו ע"י התלבשות בטבע ועדיין מיוסדים על אדני פז חב"ד.

וזה בחי' ששת ימי המעשה סגור וע"ז נשתוקק הקב"ה לבראתן שהגם שיהיו בטבע לא יקבלו שינוי. וכן צריך להיות אדם השלם.

וזה מעלת הנזיר שנתעלה בקדושה ככ"ג ע"י שהוא נזיר ונפרש ונבדל מהבלי עולם חל עליו הקדושה ביותר. לכן נאמר פרשת נזיר אחר כל המדריגות שנבדלו הלוים וכהנים וכ"ג על כולם.

אעפ"כ כל איש ישראל במקום שהוא כפי שמירת הפנימיות להיות סגור ונבדל ונק' עמודי שש נמצא בו הקדושה. וזה הנזיר יצא מן הכלל ללמד על כל הכלל כמ"ש במ"א מזה.

לכן קדוש הוא לה' ר"ת קה"ל. והנה במ"ש במד' אדני פז חב"ד.

הוא כמ"ש מדת הקב"ה הוא למעלה ממשאו לכן התחתונים תלוין בשורש העליון. וכן צריך להיות האדם עצמו הגוף שנק' רגל ושוק יהי' נמשך אחר מוח שבראש.

וכן ימי המעשה אחר השבת כמ"ש אם תשיב משבת רגלך:

Dans le Midrach: 'un homme qui fera une chose extraordinaire (ki yafli)' - c'est ce que dit le verset 'ses jambes sont des colonnes de marbre (amoudei chech)' (Cantique 5,15): ceci est le monde, qu'Il à établi sur sept colonnes, les jours de la Genèse; 'posés sur des socles d'or fin (adnei paz)', ce sont les trois: 'Hokhma, Bina, Daat (sagesse, compréhension, connaissance), etc. Car ce monde-ci, bien qu'il soit dans la nature, il est néanmoins écrit 'ה' par la sagesse à fondé la terre' (Proverbes 3,19).

Il est appelé amoudei chech, du langage de 'pierres de marbre (avnei chayich)': bien qu'il ait été fait par les paroles créatrices naturelles, leur fondement demeure caché en elles, et elles ne se sont pas altérées par leur revêtement dans la nature; elles restent fondées sur les socles d'or fin, Habad ('Hokhma-Bina-Daat). C'est l'aspect des six jours ouvrables 'ferme' (Ezechiel 46,1); et c'est pour cela que le Saint béni soit-Il à désiré les créer: bien qu'ils soient dans la nature, ils ne subiraient pas d'altération.

Ainsi doit être l'homme parfait. Telle est la supériorité du nazir, qui s'est élevé en sainteté comme le Grand Prêtre: parce qu'il est nazir, sépare et distingue des vanités du monde, la sainteté s'attaché à lui davantage.

C'est pourquoi la section du nazir est énoncée après tous les degrés - la mise à part des lévites, des prêtres, et du Grand Prêtre au-dessus de tous. Malgré cela, tout homme d'Israël, la où il se trouve, selon sa garde de l'intériorité pour être 'ferme' et sépare et être appelé amoudei chech, la sainteté se trouve en lui.

Et ce nazir 'est sorti de la règle générale pour enseigner sur toute la règle générale', comme on l'à expliqué ailleurs à ce propos. C'est pourquoi 'il est saint pour ה'' (Nombres 6,8), dont les initiales forment KaHaL (assemblée).

Or ce que dit le Midrach 'adnei paz, Habad': c'est comme on l'à dit, la mesure du Saint béni soit-Il est au-dessus de ce qu'elle porte, c'est pourquoi les êtres inférieurs sont suspendus à la racine supérieure. Ainsi doit-il en être pour l'homme lui-même: le corps, appelé 'jambe et cuisse (raguel ve-chok)', doit être entraîné à la suite du cerveau qui est dans la tête.

De même les jours ouvrables à la suite du Chabbat, comme il est écrit 'si tu retiens ton pied à cause du Chabbat' (Isaie 58,13).

בענין נשיאות כפים. כה תברכו אמור להם כד יימרון להון.

כי הקב"ה רצה כי כל עובד ה' ימשיך ברכה על בנ"י כמ"ש במד' עומד אחר כתלנו כו' שהקב"ה טוב ומטיב וחפץ חסד רק שצריכין התחתונים לפתוח פתח כחודה של מחט שיוכלו לקבל ברכה מעולם העליון הנבדל מעולם הטבע. לכן בעבודת הכהן במקדש שמקרב ומדבק התחתונים להשורש אז נמצא מקום לקבל הברכה.

ולכן כהנים שלוחי דידן ודרחמנא. דידן לקרב אותנו לאבינו שבשמים ודרחמנא למשוך רחמים וברכה לבנ"י.

וז"ש אמור להם כשיש להם דביקות בשורש מלשון האמרת עשית חטיבה אחת שהיא בחי' הדביקות. אז כשמרגישין איזה התקשרות בשורש מיד ימשיכו הברכה לעולם.

וכזה כ' בזוה"ק שצריכין בכל יחודא לאמשכא ברכאין לכולהו עלמין. והכהנים שנבחרו מכל ישראל היא ללמד על הכלל כולו וכן כתיב אשר תבחר ותקרב כו' ומסיים נשבעה בטוב ביתך.

כי ע"י הנבחרים להתקרב אליו ית"ש. נמשך ברכה לכל הכלל:

Au sujet de l'élévation des mains (nesiat kapayim): 'Ainsi vous bénirez... dis-leur' (Nombres 6,23), en araméen 'kad yeimroun lehon' (quand vous leur direz). Car le Saint béni soit-Il à voulu que tout serviteur de ה' attire la bénédiction sur les enfants d'Israël, comme le dit le Midrach 'se tenant derrière notre mur' (Cantique 2,9): le Saint béni soit-Il est bon et fait le bien et désire la bonté ('hessed); seulement, les êtres inférieurs doivent ouvrir une ouverture large comme le chas d'une aiguille, afin de pouvoir recevoir la bénédiction du monde supérieur, sépare du monde de la nature.

C'est pourquoi, par le service du prêtre au Sanctuaire, qui rapproche et attaché les inférieurs à la racine, alors se trouve un lieu pour recevoir la bénédiction. Aussi les prêtres sont-ils les envoyés de nous-mêmes et du Miséricordieux (chelouhei didan où-de-Rahamana): les nôtres, pour nous rapprocher de notre Père qui est aux cieux; et du Miséricordieux, pour attirer miséricorde et bénédiction sur les enfants d'Israël.

C'est ce que signifie 'dis-leur (emor lahem)': lorsqu'ils ont une adhésion (dvekout) à la racine - du langage de 'tu as fait proclamer (heemarta), tu as fait une seule entité (hativa)' (Deutéronome 26,17-18), qui est l'aspect de l'adhésion. Alors, lorsqu'ils ressentent quelque attaché à la racine, aussitôt ils attirent la bénédiction sur le monde.

C'est ainsi qu'il est écrit dans le Zohar saint qu'il faut, en chaque unification (yihoud), attirer les bénédictions sur tous les mondes. Et les prêtres, choisis d'entre tout Israël, le sont pour enseigner sur la collectivité entière; ainsi est-il écrit 'celui que tu choisiras et rapprocheras' (Psaumes 65,5), et il conclut 'nous serons rassasiés du bien de ta maison'.

Car par les élus rapprochés de Lui, qu'Il soit béni, la bénédiction est attirée sur toute la collectivité.

תרנ"ז

5657 (תרנ״ז)

במדרש איש כי יפליא שוקיו עמודי שש זו התורה דכתיב ושקוי לעצמותיך כו'. פי' שדברי תורה חיים וקיימים לעד ואין מקבלין שינוי.

לכן אין עבירה מכבה תורה ואין ד"ת מקבלין טומאה ולכן נקראת תורה עץ חיים שאין בהם ירידה ומיתה ושום השתנות. דאיתא קוב"ה ואורייתא וישראל כולהו חד.

כמו דכתי' אני ה' לא שניתי. כן דברי תורה הרשומים בלבות בנ"י אין מקבלין שינוי.

ולכן כתיב שקוי לעצמותיך כי היא מרפא לעצם. וכמו עצמות שאין משתנים בנקל כמו בשר.

כן ד"ת נבלעין בעצם בנפשות בנ"י. וזה כח התורה ששם הקב"ה לבנ"י כמ"ש ויקם עדות כו' ותורה שם בישראל.

ולכן בכח דברי תורה יכולין לתקן הכל כמ"ש והתודו כו' אשר עשו בכח הפה וכמו כן הנזיר בהפלאה כשמקבל עליו נזירות לשם שמים הוא בחי' תורה שבע"פ לשם שמים כדי לתקן נפשו מיד חל עליו הקדושה כמ"ש קדוש הוא לה':

Dans le Midrach: 'un homme qui fera une chose extraordinaire' - 'ses jambes sont des colonnes de marbre', ceci est la Torah, ainsi qu'il est écrit 'et un breuvage (chikouy) pour tes os' (Proverbes 3,8), etc. Le sens: les paroles de Torah sont vivantes et subsistantes à jamais, et ne subissent aucune altération.

C'est pourquoi aucune faute n'éteint la Torah, et les paroles de Torah ne reçoivent pas d'impureté; c'est pourquoi la Torah est appelée 'arbre de vie', car il n'y a en elles ni descente, ni mort, ni aucun changement. Car on rapporte: le Saint béni soit-Il, la Torah et Israël sont tous un.

De même qu'il est écrit 'Moi ה', Je n'ai pas changé' (Malachie 3,6), ainsi les paroles de Torah gravées dans les cœurs des enfants d'Israël ne subissent aucune altération. C'est pourquoi il est écrit 'un breuvage pour tes os', car elle est une guérison pour l'os.

Et de même que les os ne se transforment pas aussi facilement que la chair, ainsi les paroles de Torah sont absorbées dans l'essence même (etsem) des âmes des enfants d'Israël. Telle est la force de la Torah que le Saint béni soit-Il à placée dans les enfants d'Israël, comme il est écrit 'Il à établi un témoignage... et Il à placé une Torah en Israël' (Psaumes 78,5).

C'est pourquoi, par la force des paroles de Torah, on peut tout réparer, comme il est écrit 'ils confesseront... ce qu'ils ont fait' - par la force de la bouche. De même le nazir, dans son acte extraordinaire (haflaa), lorsqu'il prend sur lui le nazireat pour le Ciel: c'est l'aspect de la Torah orale (be-al pe) pour le Ciel, afin de réparer son âme; aussitôt la sainteté s'attaché à lui, comme il est écrit 'il est saint pour ה''.

בענין ברכת כהנים. כי טוב בעיני ה' לברך את ישראל.

ובאמת התחתונים רחוקים מקדושה עליונה ואינם יכולין לקבל הברכה רק ע"י עבודה במקדש. וכמו כן תפלה במקום תמידין.

וע"י שמעלין ריח ניחוח לה' אז יש מקום לקבל הברכות כדכתיב ביצחק ראה ריח בני כו' ויתן לך כו'. והכהן המקריב קרבן מלמטה להעלות ריח מתחתונים לעליונים בזה נעשה הכנה לקבל הברכות.

ובמד' כתיב ישא ה' פניו וכתיב לא ישא פנים כאן כשעושין רצונו של מקום פי' כשנעשה עת רצון למעלה ע"י עבודת בנ"י וכמ"ש אימתי עת רצון בשעה שהציבור מתפללין ומכש"כ בזמן הקרבן אז הקב"ה מתקרב אל התחתונים. וע"ז אמרו עשה רצונו כרצונך כדי שיעשה רצונך כרצונו.

פי' כרצונו שרצונו ית' באמת להשפיע לכל חי רצון וזהו א"י להתקיים רק ע"י עשיית רצונו ית"ש. ואז עשיית רצונך הוא רצונו כמ"ש טוב בעיני ה' לברך את ישראל.

וגם מ"ש במד' ע"י שישראל נושאין לי פנים ומברכין על כזית כביצה. הענין הוא מאחר שבנ"י רוצין להתדבק תמיד אל השורש ולכן כל שיש להם קצת שביעה מברכין כדי שלא יהיו נפרדין מן השורש ולכן הקב"ה מתקרב להם.

ואיתא מאן דאכיל דלאו דילי' בהית לאסתכולי בי'. ולכן רצה הקב"ה שיקבלו בנ"י הברכות מתוך מעשיהם הטובים ואז ישא ה' פניו שיקבלו הברכות פנים בפנים בלי בושת.

ואיתא לה' הארץ. והארץ נתן לבני אדם כו' כאן לאחר ברכה.

ולכן על ידי ברכת המזון מקבלין הברכה בדין ובעין יפה בלי בושת כנ"ל:

Au sujet de la bénédiction des prêtres (birkat kohanim): 'car il est bon aux yeux de ה' de bénir Israël'. En vérité, les inférieurs sont éloignés de la sainteté supérieure et ne peuvent recevoir la bénédiction que par le service au Sanctuaire.

De même, la prière tient lieu des sacrifices perpétuels (temidin). Et lorsqu'on fait monter une odeur agréable pour ה', alors il y a lieu de recevoir les bénédictions, comme il est écrit à propos d'Its'hak 'il sentit l'odeur de son fils... et qu'Il te donne...' (Genèse 27,27-28).

Le prêtre qui offre le sacrifice d'en bas, pour faire monter l'odeur des inférieurs vers les supérieurs, préparé par cela la réception des bénédictions. Dans le Midrach il est écrit 'que ה' élève Sa face (yissa)' (Nombres 6,26) et il est écrit 'Il ne fait pas acception de faces (lo yissa panim)' (Deutéronome 10,17): ici, lorsqu'on fait la volonté de l'Omniprésent - c'est-à-dire lorsque se produit un temps de faveur (et ratson) en haut, par le service des enfants d'Israël, comme il est dit 'Quand est-ce un temps de faveur?

À l'heure où la communauté prie', et à plus forte raison au temps du sacrifice - alors le Saint béni soit-Il se rapproche des inférieurs. À ce sujet on a dit: 'fais Sa volonté comme la tienne, afin qu'Il fasse ta volonté comme la Sienne' (Avot 2,4).

Le sens de 'comme la Sienne': Sa volonté, qu'Il soit béni, est en vérité de prodiguer à tout vivant sa satisfaction (ratson), et cela ne peut subsister que par l'accomplissement de Sa volonté, qu'Il soit béni. Alors l'accomplissement de ta volonté est Sa volonté, comme il est dit 'il est bon aux yeux de ה' de bénir Israël'.

Et aussi ce que dit le Midrach: parce qu'Israël Me font acception de face et bénissent sur un kazayit où un kabetsa - le sens est: puisque les enfants d'Israël veulent constamment adhérer à la racine, c'est pourquoi des qu'ils ont un peu de satiété ils bénissent, afin de ne pas être séparés de la racine; c'est pourquoi le Saint béni soit-Il se rapproche d'eux. Et l'on rapporte: 'celui qui mange ce qui n'est pas à lui à honte de le regarder en face'.

C'est pourquoi le Saint béni soit-Il à voulu que les enfants d'Israël reçoivent les bénédictions du fait de leurs bonnes actions, et alors 'ה' élève Sa face', qu'ils reçoivent les bénédictions face à face, sans honte. Et l'on rapporte 'à ה' est la terre' (Psaumes 24,1) et 'la terre, Il l'à donnée aux fils de l'homme' (Psaumes 115,16): ici, après la bénédiction.

C'est pourquoi, par la bénédiction du repas (birkat ha-mazon), on reçoit la bénédiction de plein droit et d'un œil généreux, sans honte, comme ci-dessus.

תרנ"ח

5658 (תרנ״ח)

בפרשת נזירות איש כי יפליא כו'. בזה נתקיים מאמרם ז"ל אדם מקדש עצמו מלמטה מעט מקדשין אותו הרבה מלמעלה.

שע"י שמקבל עליו לפרוש מיין חל עליו קדושה גדולה כמו כ"ג ויותר כמ"ש והתקדשתם והייתם קדושים. ובאמת הוא בכח התורה והדיבור שניתן לבנ"י במתן תורה.

ולכן אין נזירות רק בבנ"י. וז"ש כי יפליא בדיבור.

והוא כמ"ש במדרש יקרה היא מפנינים מכ"ג שנכנס לפני ולפנים. ובמד' ויפתוהו בפיהם שלא הי' נכון לבם עמהם כו'.

ולא באו חז"ל להוציא לעז ח"ו על אבותינו הקדושים. אלא באו ללמדינו כי יכולין בכח הפה בתורה ותפלה להתעלות ולתקן הכל.

כמ"ש ז"ל בקבלת התורה נתרפאו מכל המומין וטומאות. והוא ללמד על הכלל כולו בכל עת שאדם עוסק בתורה מתרפא.

כמ"ש בזוה"ק גופא תבירא אי ישתדל באורייתא ישכח אסוותא בכולא:

Dans la section du nazireat: 'un homme qui fera une chose extraordinaire', etc. Par cela s'accomplit la parole de nos sages de mémoire bénie: 'l'homme se sanctifie un peu d'en bas, on le sanctifie beaucoup d'en haut'.

Car en prenant sur lui de s'abstenir du vin, une grande sainteté s'attaché à lui, comme le Grand Prêtre et davantage, comme il est dit 'vous vous sanctifierez et vous serez saints' (Lévitique 11,44). En vérité, cela est par la force de la Torah et de la parole donnée aux enfants d'Israël au don de la Torah.

C'est pourquoi il n'y a de nazireat que chez les enfants d'Israël. Et c'est ce que signifie 'car il fera une chose extraordinaire' - par la parole.

Cela rejoint ce que dit le Midrach 'elle est plus précieuse que les perles', plus que le Grand Prêtre qui entre dans le Saint des Saints. Et dans le Midrach 'ils Le flattaient de leur bouche... leur cœur n'était pas ferme avec Lui' (Psaumes 78,36-37), etc.

Nos sages de mémoire bénie ne sont pas venus jeter de discrédit, à Dieu ne plaise, sur nos saints ancêtres; mais ils sont venus nous enseigner que l'on peut, par la force de la bouche, dans la Torah et la prière, s'élever et tout réparer. Comme l'ont dit nos sages: à la réception de la Torah ils furent guéris de toutes les tarés et impuretés.

Et cela enseigne sur la collectivité entière: en tout temps où l'homme s'occupe de Torah, il est guéri, comme il est dit dans le Zohar saint 'un corps brisé, s'il s'efforce dans la Torah, trouvera guérison en tout'.

תרנ"ט

5659 (תרנ״ט)

במדרש וישלחו מן המחנה הגו סיגים מכסף ויצא לצורף כלי שבקבלת התורה נתרפאו מהמומין והצרעת ע"ש. כי בהר סיני נעשו בנ"י כלים לעבודת הבורא.

לכן הוצרכו מקודם להתברר במצרים בכור הברזל. כי כל זמן שמתערב הפסולת בכסף אי אפשר להתחבר להעשות כלי.

וכן אמרו במד' על השבת דכ' ויכולו שנעשו מעשה בראשית כלי ע"י שנתברר מן הפסולת. דבכל יום כ' ויהי ערב ולכן כל יום דבר בפ"ע ובשבת דלא כתיב ערב ונתברר מן הפסולת נעשה כלי מהתחברות כל הימים.

וכן הוא בנפשות בנ"י וכשנעשו כלי אין פסולת בתוכם ולכן כתיב כלך יפה רעיתי ומום אין בך. בכח התורה שנקראת תמימה נתבררו בנ"י מן המומין.

ולכן אעפ"י שנמצא ע"י החטאים מומין הם מומים עוברין ולא מום קבוע. וז"ש מום אין בך דייקא.

וכן הוא בצירוף הכלי מן הכסף בעוד שלא נגמר מעכב הפסולת חיבור הכלי. אבל כשנעשה כלי אפילו מתלכלך אח"כ בפסולת יוכל בנקל להתכבס.

וכ"כ שחורה אני ונאוה כו' יכולה אני להתכבס:

Dans le Midrach: 'ils renverront hors du camp' (Nombres 5,2) - 'ôter les scories de l'argent, et il en sortira un vase pour l'orfèvre' (Proverbes 25,4): à la réception de la Torah ils furent guéris des tarés et de la lèpre, vois l'endroit. Car au mont Sinaï les enfants d'Israël devinrent des vases pour le service du Créateur.

C'est pourquoi ils durent d'abord être affinés en Égypte, dans le creuset de fer. Car tant que la scorie est mêlée à l'argent, il est impossible de l'assembler pour en faire un vase.

De même les sages ont dit dans le Midrach à propos du Chabbat, où il est écrit 'ils furent achevés (vayekhoulou)' (Genèse 2,1): l'œuvre de la Genèse devint un vase parce qu'elle fut affinée de sa scorie. Car chaque jour il est écrit 'il y eut un soir', et donc chaque jour est une chose séparée; mais au Chabbat, où il n'est pas écrit 'soir', et où elle fut affinée de sa scorie, il devint un vase par l'assemblage de tous les jours.

Ainsi en est-il dans les âmes des enfants d'Israël: lorsqu'ils deviennent un vase, il n'y a plus de scorie en eux, c'est pourquoi il est écrit 'tu es toute belle, mon amie, et il n'y a pas de défaut (moum) en toi' (Cantique 4,7). Par la force de la Torah appelée 'parfaite (temima)', les enfants d'Israël furent affinés de leurs tarés.

C'est pourquoi, bien que par les fautes se trouvent des tarés, ce sont des tarés passagères et non un défaut permanent. Et c'est ce que dit précisément 'il n'y a pas de défaut en toi'.

De même dans l'affinage du vase à partir de l'argent: tant qu'il n'est pas achevé, la scorie empêche l'assemblage du vase; mais une fois devenu vase, même s'il se salit ensuite de scorie, il pourra facilement être lave. C'est aussi ce que dit 'je suis noire et belle... je peux être lavée' (Cantique 1,5).

בפרשת נשיאות כפים איתא במד' שהבטיח הקב"ה לאברהם אבינו והי' ברכה שנמסרו הברכות בידו. ונשאר זה אצל הכהנים.

כי עיקר הברכה הוא בהתעלות הדברים אל השורש. וזה הי' מדת אאע"ה כמ"ש אחות לנו שאיחה כל העולם להקב"ה.

וזה ברכה בריכה כמ"ש במד'. וכן מדת הכהן דכתי' ממנו יתד זה כ"ג ותקעתיו יתד.

פי' כח התחברות אל השורש וממילא חל הברכה. ז"ש אמור להם כמ"ש האמרת עשית חטיבה אחת שמתחברין נפשות בני ישראל אל השורש.

ויש בברכת כהנים ו' ברכות יברכך ישמרך יאר ויחונך ישא שלום. אח"כ כתיב סתם ואני אברכם.

והוא רמז לבחי' ששת ימי המעשה שמתחברין בשבת. ואז חל עיקר הברכה כמ"ש בזוה"ק דכל ברכאין בי' תליין ולכן לא אשתכח בי' מנא.

וזה ואני אברכם שורש הברכות כולן:

Dans la section de l'élévation des mains, on rapporte dans le Midrach que le Saint béni soit-Il à promis à Abraham notre père 'et sois une bénédiction' (Genèse 12,2): les bénédictions furent remises entre ses mains, et cela est demeure chez les prêtres. Car l'essentiel de la bénédiction est l'élévation des choses vers la racine.

Telle était la mesure d'Abraham notre père, comme il est dit 'nous avons une sœur (ahot)' (Cantique 8,8) - qu'il à rassemblé (iha) le monde entier vers le Saint béni soit-Il. Et cela est 'berakha (bénédiction), brekha (bassin)', comme le dit le Midrach.

Telle est aussi la mesure du prêtre, dont il est écrit 'de lui sort le piquet (yated)' (Zacharie 10,4), ceci est le Grand Prêtre, 'et je l'enfoncerai comme un piquet' (Isaie 22,23): le sens est la force de l'attachement à la racine, et de la même la bénédiction s'attaché. C'est ce que signifie 'dis-leur (emor lahem)', comme il est dit 'tu as fait proclamer, tu as fait une seule entité' - que les âmes des enfants d'Israël s'attachent à la racine.

Il y a dans la bénédiction des prêtres six bénédictions: qu'Il te bénisse, qu'Il te garde, qu'Il fasse briller, qu'Il te fasse grâce, qu'Il élève, qu'Il accorde la paix. Ensuite il est écrit de façon absolue 'et Moi Je les bénirai' (Nombres 6,27).

C'est une allusion à l'aspect des six jours ouvrables qui s'unissent dans le Chabbat; et alors s'attaché l'essentiel de la bénédiction, comme il est dit dans le Zohar saint que 'toutes les bénédictions dépendent de lui, c'est pourquoi ne s'y trouve pas de manne'. Tel est 'et Moi Je les bénirai' - la racine de toutes les bénédictions.

תר"ס

5660 (תר״ס)

המשך פרשת ויהי ביום כלות משה לברכת כהנים. כי הג' ברכות שבברכת כהנים הם בכח האבות שנתברכו מפיו של הקב"ה בכל מכל כל.

שע"ז אמרו חז"ל שטעמן מעין עוה"ב. והוא שורש הברכות.

וכן ג' סעודות דשבת דכל ברכאין בי' תליין והוא ג"כ מעין עוה"ב. וסמוך לזה הי"ב נשיאים כי הי"ב שבטים מקבלין הברכה מאבות כמו שמסר יעקב אע"ה אל השבטים כמ"ש ויקרא כו' אל בניו.

איש אשר כברכתו בירך אותם. והם פרטי הברכות שהם י"ב ברכות אמצעיות שבשמו"ע שהם כל הבקשות גם בעוה"ז.

והשבטים הם כלים לקבל שורש הברכות ולהמשיך הברכות בעוה"ז. והם בחי' ימי המעשה כמ"ש במד' שוקיו עמודי שש עולם שנברא לששה ימים.

וכ' עמודי שש ב"פ ששה והם ימים ולילות דבכל יום כתיב ויהי ערב ויהי בוקר ואלו הימים מיוסדים על אדני פז הג' דברים שחשב המד' שם שהם שורש כל העולם והם מתגלים בש"ק והם בחי' ג' ברכות ראשונות ואחרונות שבשמ"ע. [וזה עצמו פי' כה תברכו את בנ"י להמשיך אלה הג' השרשים אל השבטים שנק' בני ישראל שע"ז רמזנו בשוקיו עמודי שש והמשכיל יבין.

וי"ל עוד עפ"י זה פי' המדרש ביום השביעי נשיא לבני אפרים שדורש על יוסף מי הקדמני ואשלם שאעפ"י שאין קרבן יחיד דוחה שבת נצטוה להקריב בשבת ע"ש. והענין כי בחי' השבטים הם ימי המעשה כנ"ל.

ויצא יוסף מן הכלל וקרבנו כקרבן ציבור שהוא כולל כל השבטים. והוא בחי' ברכה אמצעיות של תפלת שבת והוא מקשר השבטים אל האבות.

ועליו נאמר תחת כל השמים לי הוא כמ"ש במ"א מזה]:

Suite de la section 'et ce fut le jour où Moché acheva' (Nombres 7,1), en lien avec la bénédiction des prêtres. Car les trois bénédictions de la bénédiction des prêtres sont par la force des Pères (patriarches), qui furent bénis de la bouche du Saint béni soit-Il par 'ba-kol, mi-kol, kol' (en tout, de tout, tout - Genèse 24,1; 27,33; 33,11); à ce sujet nos sages ont dit que leur goût est comme un avant-goût du monde à venir.

Cela est la racine des bénédictions. De même les trois repas du Chabbat, dont 'toutes les bénédictions dépendent', qui sont aussi un avant-goût du monde à venir.

En lien avec cela viennent les douze princes (nesiim), car les douze tribus reçoivent la bénédiction des Pères, comme Yaakov notre père l'à transmise aux tribus, ainsi qu'il est écrit 'il appela... ses fils... chacun selon sa bénédiction il les bénit' (Genèse 49,1.28). Ce sont les bénédictions particulières, les douze bénédictions médianes de la Amida (Chemone Esre), qui sont toutes les demandes, même pour ce monde-ci.

Les tribus sont des vases pour recevoir la racine des bénédictions et attirer les bénédictions dans ce monde-ci. Elles sont l'aspect des jours ouvrables, comme le dit le Midrach 'ses jambes sont des colonnes de marbre' - un monde créé en six jours.

Il est écrit 'amoudei chech (colonnes de six)', deux fois six: ce sont les jours et les nuits, car chaque jour il est écrit 'il y eut un soir, il y eut un matin'; et ces jours sont fondés sur les 'socles d'or fin', les trois choses qu'à énumérées le Midrach, qui sont la racine de tout le monde; elles se révèlent au saint Chabbat, et elles sont l'aspect des trois premières et dernières bénédictions de la Amida. [C'est cela même le sens de 'ainsi vous bénirez les enfants d'Israël': attirer ces trois racines vers les tribus appelées 'enfants d'Israël'; c'est ce à quoi nous avons fait allusion par 'ses jambes sont des colonnes de marbre', et l'homme intelligent comprendra.

On peut ajouter d'après cela le sens du Midrach 'au septième jour, le prince des enfants d'Ephraim' - qui interprète à propos de Joseph 'qui M'à devancé que Je doive le récompenser?' (Job 41,3): bien qu'un sacrifice individuel ne repousse pas le Chabbat, il fut ordonné d'offrir le Chabbat, vois l'endroit. Le sens est que l'aspect des tribus est celui des jours ouvrables, comme ci-dessus; or Joseph est sorti de la règle générale, et son sacrifice est comme un sacrifice communautaire, car il inclut toutes les tribus.

Il est l'aspect de la bénédiction médiane de la prière du Chabbat, et il relie les tribus aux Pères. De lui il est dit 'tout ce qui est sous les cieux est à Moi' (Job 41,3), comme on l'à expliqué ailleurs à ce propos.]

במדרש אמור להם אמר הקב"ה לכהנים לא מפני שאמרתי לכם שתהיו מברכים את ישראל תהיו מברכים אותם באנגריא ובהלות רק תהיו מברכים בכוונת הלב כו'. פי' שאעפ"י שעיקר כח ברכת כהנים הוא מתנה מן השמים שהקב"ה מברך את בנ"י.

לא יחשבו הכהנים שאין הברכה מצדם רק לעשות השליחות. רק באמת רצונו ית' שהכהנים יברכו את ישראל בטוב לבבם.

ואז חל על ברכתם ברכת שמים. ז"ש אמור להם דברים היוצאין מן הלב כנ"ל:

Dans le Midrach: 'dis-leur (emor lahem)' - le Saint béni soit-Il à dit aux prêtres: ce n'est pas parce que Je vous ai dit de bénir Israël que vous devez les bénir à la hâte et dans la précipitation (be-angarya où-behilout), mais bénissez avec l'intention du cœur, etc. Le sens: bien que l'essentiel de la force de la bénédiction des prêtres soit un don du Ciel, savoir que le Saint béni soit-Il bénit les enfants d'Israël, les prêtres ne doivent pas penser que la bénédiction ne vient pas de leur côté et qu'ils n'ont qu'à exécuter la mission.

En vérité, Sa volonté, qu'Il soit béni, est que les prêtres bénissent Israël de la bonté de leur cœur; et alors la bénédiction du Ciel s'attaché à leur bénédiction. C'est ce que signifie 'dis-leur (emor lahem)' - des paroles qui sortent du cœur, comme ci-dessus.

תרס"א

5661 (תרס״א)

En bref

Selon le Midrach, « Un homme lorsqu'il fera une chose extraordinaire (yafli) », « ses jambes sont des colonnes de marbre » (Cantique 5,15) : c'est le monde que le Saint béni soit-Il a désiré créer, et « ses jambes », c'est la Torah. Le Sfat Emet enseigne qu'on reconnaît le Créateur par Ses œuvres, et que la Torah, « instrument précieux (keli hemda) » par lequel le monde a été créé, mène à ce désir. L'amour du monde (ahavat olam) est cette voie ; le grand amour (ahava raba) est l'intériorité, attachement à D.ieu en son essence, l'amour véritable au don de la Torah. Le nazir « ki yafli » y parvient quand la force de l'âme (nechama) domine, et se sépare du vin.

Aussi : le renvoi hors du camp et les scories de l'argent recouvrant la lumière, que la Torah dégage ; Israël vase kohen, lévi, israël et les trois camps ; la sotah, où le corps domine l'âme, examinée par la poussière et l'eau.

במדרש איש כי יפליא שוקיו עמודי שש זה העולם שנשתוקק הקב"ה לבראתו שנא' ועלי תשוקתו כו' ד"א שוקיו זו התורה כו'. דכל מה שברא הקב"ה בעולמו לכבודו ברא.

ולכן נשתוקק לברוא העולם כדי שיכירו כבוד מלכותו ית"ש שא"א להכיר את הבורא רק ע"י מעשיו. אבל זו ההכרה באה ע"י התורה שמלמדת לאדם איך להכיר את הבורא מתוך מעשיו.

ובמשנה חביבין ישראל שניתן להם כלי חמדה שבו נברא העולם. התורה נק' כלי חמדה שע"י התורה באים לתשוקה אל הבורא ית"ש ולהכיר חסדיו ורחמיו ומדותיו של הקב"ה ולכן כתיב ועלי תשוקתו שבנ"י מוציאין מכח אל הפועל זו התשוקה.

אכן התורה נק' ג"כ חמדה גנוזה כדאיתא בגמ'. דיש אהבת עולם ויש אהבה רבה.

וזה הדרך שמכירין את הבורא מתוך מעשיו זה בחי' אהבת עולם. וגם זה ע"י התורה שנק' כלי חמדה.

אבל אהבה רבה היא הפנימיות. רבה גי' אור.

ורז. ומי שזוכה אל אהבה זו יש לו דביקות בה' בעצם ואין צריך לעורר את האהבה על ידי הבריאה.

וזהו אהבת אמת. ובמתן תורה היו בנ"י בזו המדריגה.

וע"ז מבקשין ישקני מנשיקות פיהו כו'. דודיך מיין.

יין הוא המדריגה שלמטה אהבת עולם שכולל כל השבעים אומות ג"כ וע"ז כתיב הביאני אל בית היין ע' אומות כמ"ש במד'. אך ודגלו עלי אהבה ביחוד למעלה מאהבת עולם.

וזהו בחי' הנזיר כי יפליא שגובר בו כח הנשמה שהוא בחי' פלא כמ"ש ז"ל ומפליא לעשות שקשר הקב"ה הנשמה בגוף. וכשגובר בו כח הנשמה בא לבחי' אהבה רבה ושוכח כל תענוגי עולם כמ"ש ועמך לא חפצתי בארץ.

ולכן פורש עצמו מן היין כנ"ל. ומעין תשוקה זו נמצא בשבת קודש שנקראת מתנה טובה בבית גנזי בחי' חמדה גנוזה כנ"ל:

Dans le Midrach : 'Un homme lorsqu'il fera une chose extraordinaire (yafli)... ses jambes sont des colonnes de marbre' (Cantique 5,15) - c'est le monde que le Saint béni soit-Il à désiré créer, ainsi qu'il est dit 'et vers moi va son désir (techouka)' etc. (Cantique 7,11) ; autre explication : 'ses jambes', c'est la Torah, etc.

Car tout ce que le Saint béni soit-Il à créé dans son monde, Il l'à créé pour Sa gloire. C'est pourquoi Il à désiré créer le monde afin que l'on reconnaisse la gloire de Sa royauté, que Son Nom soit béni, car il est impossible de reconnaître le Créateur si ce n'est par Ses œuvres.

Mais cette reconnaissance vient par la Torah, qui enseigne à l'homme comment reconnaître le Créateur à partir de Ses œuvres. Et dans la Michna : 'Aimes sont Israël, car il leur a été donné un instrument précieux (keli hemda) par lequel le monde à été créé' (Avot 3,14).

La Torah est appelée 'instrument précieux', car par la Torah on parvient au désir du Créateur, que Son Nom soit béni, et à reconnaître Ses bontés (hassadim), Sa miséricorde et les attributs (midot) du Saint béni soit-Il. C'est pourquoi il est écrit 'et vers moi va son désir', car les enfants d'Israël font passer ce désir de la puissance à l'acte.

Cependant la Torah est aussi appelée 'délice caché (hemda genouza)', comme il est rapporté dans la Guemara. Car il y a un amour du monde (ahavat olam) et il y a un grand amour (ahava raba).

Et cette voie, où l'on reconnaît le Créateur à partir de Ses œuvres, c'est le niveau (behina) de l'amour du monde. Et cela aussi vient par la Torah, appelée 'instrument précieux'.

Mais le grand amour, c'est l'intériorité (penimiyout). 'Raba' à la valeur numérique (guematria) de 'or' (lumière) et de 'raz' (secret). Et celui qui mérite cet amour à un attachement (dvekout) à Dieu en son essence, et n'à pas besoin d'éveiller l'amour par le biais de la création.

C'est cela l'amour véritable (ahavat émet). Et lors du don de la Torah, les enfants d'Israël étaient à ce niveau.

C'est à ce sujet que l'on demande 'Qu'il me baise des baisers de sa bouche' etc. (Cantique 1,2). 'Tes amours sont meilleures que le vin' : le vin est le niveau inférieur, l'amour du monde, qui inclut aussi toutes les soixante-dix nations.

C'est à ce sujet qu'il est écrit 'Il m'à introduit dans la maison du vin' - soixante-dix nations, comme il est dit dans le Midrach. Mais 'et son étendard sur moi est amour' (Cantique 2,4) - dans l'union particulière, au-dessus de l'amour du monde.

Et c'est le niveau du nazir 'lorsqu'il fera une chose extraordinaire (ki yafli)', car en lui domine la force de l'âme (nechama), qui est du niveau du 'merveilleux (pèle)', comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie 'et Il agit merveilleusement (oumafli laasot)', car le Saint béni soit-Il à lié l'âme au corps. Et quand domine en lui la force de l'âme, il parvient au niveau du grand amour et oublié tous les plaisirs du monde, comme il est écrit 'et avec Toi je n'ai désire aucune chose sur terre' (Psaumes 73,25).

C'est pourquoi il se sépare du vin, comme dit plus haut. Et un avant-goût de ce désir se trouve dans le saint Chabbat, appelé 'un bon présent dans Ma chambre de trésors (beit guenazai)' (Chabbat 10b), du niveau du 'délice caché', comme dit plus haut.

תרס"ב

5662 (תרס״ב)

במדרש וישלחו מן המחנה כו' הגו סיגים מכסף ויצא לצורף כלי. דכתיב והארץ היתה תהו כו' היא תערובות פסולת שמכסה אור הפנימי.

ויאמר אלקים יהי אור ויהי אור רומז לתורה שבכתב ושבע"פ שעל ידי התורה מתברר האור מתוך החושך. וכמו כן בכלל בנ"י הם כ'ל'י.

כהן לוי וישראל. בנפשות.

כמו כן בעולם הי' ג' מחנות מחנה שכינה שמיוחד לכהן. מחנה לוי.

מחנה ישראל. כמו כן בזמן שבתות ומועדים ור"ח.

שכל זה נעשה בכח התורה שמלמדת איך לברר הכלי שברא הקב"ה במעשה בראשית. לכן שבת זכר למעשה בראשית שהי' קודם שנאמר והארץ היתה תהו.

לכן בקבלת התורה לא הי' בהם מום דכתיב תורת ה' תמימה. שהעוסק בתורה מתרפא מן המומים והטומאות.

כי גם בנפש האדם עצמו יש בו תערובות מצד הגוף כדכתיב עפר מן האדמה ויפח באפיו נשמת חיים. וזה שורש הד' יסודות.

עפר. ויפח באפיו כו' כולל אש רוח מים נר"נ.

ואלה (הד') [*הג'] יסודות הם בכח הנשמה. אבל הגוף דומם בחי' עפר כי מה שברא הקב"ה בעולם הכל למילף מיני' חכמה לכן העפר יסודו כבד ודומם לרמוז כי אין לגוף טוב משתיקה.

שיהי' עצל במעשה עוה"ז. ויסודות הנפש יגברו על הגוף.

וזהו בחי' הנזיר כי יפליא שגובר כח הנשמה ונעשה קדוש. והסוטה היפוך זה שגובר הגוף על הנפש.

לכן נבדקת בעפר ומים:

Dans le Midrach : 'Qu'ils renvoient hors du camp' etc. (Nombres 5,2) - 'Ôtez les scories de l'argent, et il en sortira un vase pour l'orfèvre' (Proverbes 25,4).

Car il est écrit 'et la terre était tohu (chaos)' etc. (Genèse 1,2) : c'est le mélange de déchets (pesolet) qui recouvre la lumière intérieure. 'Et Dieu dit : que la lumière soit, et la lumière fut' (Genèse 1,3) fait allusion à la Torah écrite et orale, car par la Torah la lumière se dégage (mitbarer) du sein des ténèbres.

De même, dans l'ensemble, les enfants d'Israël sont un 'vase (keli)' : kohen (K), levi (L), israël (I) - dans les âmes. De même dans le monde il y avait trois camps : le camp de la Présence (Chekhina), réserve au kohen ; le camp de Levi ; le camp d'Israël.

De même dans le temps : les Chabbats, les fêtes et les néoménies (roch hodech). Tout cela se fait par la force de la Torah, qui enseigne comment purifier le vase que le Saint béni soit-Il à créé lors de l'œuvre de la Création.

C'est pourquoi le Chabbat est un rappel de l'œuvre de la Création, qui fut avant qu'il ne soit dit 'et la terre était tohu'. C'est pourquoi, lors de la réception de la Torah, il n'y avait en eux aucun défaut (moum), comme il est écrit 'la Torah de Dieu est parfaite (temima)' (Psaumes 19,8) : car celui qui s'adonne à la Torah est guéri des défauts et des impuretés.

Car dans l'âme de l'homme lui-même il y a aussi un mélange du côté du corps, comme il est écrit 'poussière de la terre... et Il insuffla dans ses narines une haleine de vie' (Genèse 2,7). C'est la racine des quatre éléments : la poussière (afar) ; 'et Il insuffla dans ses narines' etc. inclut le feu, l'air, l'eau - nefech, roua'h, nechama.

Et ces (quatre) [*trois] éléments sont dans la force de l'âme. Mais le corps est inerte (domem), du niveau de la poussière ; car tout ce que le Saint béni soit-Il à créé dans le monde, c'est pour en apprendre une sagesse.

Ainsi la poussière à un fondement lourd et inerte, pour faire allusion au fait qu'il n'y a rien de meilleur pour le corps que le silence : qu'il soit paresseux dans les actions de ce monde, et que les éléments de l'âme l'emportent sur le corps. Et c'est le niveau du nazir 'lorsqu'il fera une chose extraordinaire (ki yafli)', où domine la force de l'âme et il devient saint (kadoch).

Et la sotah (femme soupçonnée) est l'inverse de cela : le corps y domine l'âme. C'est pourquoi elle est examinée par la poussière et l'eau.

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