« J'ai médité sur mes voies » (Tehilim 119,59). Pour le Sfat Emet, en toute chose et en tout lieu se trouve la force de vie de D.ieu, sous un vêtement particulier ; l'intériorité est une. L'homme, « celui qui marche » (mehalekh), l'attire par la pensée qui précède toute chose et trouve le point véritable en toute chose. Il doit être témoin (ed) que tout provient de D.ieu. « Dans Mes décrets » : peiner dans la Torah pour annuler l'intellect devant Sa volonté et vouloir ce qu'on ne saisit pas.
Aussi : il rapporte de son aïeul le Hidouchei HaRim que chacun répare une chose unique et s'annule devant le klal Israël ; les justes maintiennent le monde des dix paroles ; Torah et pluies données en cadeau
תרל"ב
5632 (תרל״ב)
ב"ה מפ' בחקותי
Avec l'aide du Ciel. De la paracha Bechoukotai
במד' חשבתי דרכי. בכל יום הייתי מחשב למקום פלוני לדירה פלו' אני הולך והיו רגלי מביאות כו'.
כי בכל דבר וכל מקום יש חיות הש"י. ורק בכל מקום הוא דירה ולבוש מיוחד לחיות בכמה אופנים שונים.
אבל הפנימיות הכל אחד. וזה ענין הדרכים שבחזקת סכנה.
ומה שאדם נקרא מהלך להיות מושך חיותו ית' בכל דבר וכל מקום כנ"ל ע"י המחשבה קודם כל דבר עי"ז יוכל למצוא נקודה אמיתית שבכל דבר. עדותיך הוא הבירור שצריך להיות האדם עד לברר ולהעיד כי הכל מהש"י כנ"ל.
בתי כנסיות ר"ל להכניס הכל תוך הכלל שלא להיות נפרד משורש החיות שמחי' כל כנ"ל. והרצון מהאדם הוא הביטול באמת כל השכל וכל הדעת אל רצון הש"י.
הגם כי מתחלה בא ע"י החשבון והסתכלות השכל. וז"ש חשבתי דרכי עכ"ז המבוקש צריך להיות להתדבק עי"ז ברצון עליון לבטל השכל אליו.
רק שגם זה בא ע"י הדעת וחשבון כנ"ל. וז"ש בחקותי שתהיו עמלים בתורה שלא להיות כוונת הלימוד לידע ולהשיג.
רק כדי שיוכל להתבטל אליו כראוי. ולרצות תמיד לבא למה שאינו משיג.
וזה היגיעה תמיד בתורה להתבטל הדעת אל שלמעלה מהשגה. ועי"ז משיג יותר כדי להתבטל יותר זהו עמל בתורה כנ"ל:
Dans le Midrach : 'J'ai médite sur mes voies' (Tehilim 119,59). Chaque jour je calculais : je vais vers tel endroit, telle demeure, et mes pieds me menaient etc.
Car en toute chose et en tout lieu se trouve la force de vie de D.ieu béni soit-Il. Seulement, en chaque lieu il y a une demeure et un vêtement particulier à cette force de vie, selon plusieurs modes différents ; mais l'intériorité est tout entière une.
Tel est le sens des 'voies', qui sont réputées dangereuses. Et si l'homme est appelé 'celui qui marche' (mehalekh), c'est qu'il attire Sa force de vie, béni soit-Il, en toute chose et en tout lieu, comme ci-dessus, par la pensée qui précède toute chose ; par cela il peut trouver le point véritable qui est en toute chose. 'Tes témoignages' (edotekha), c'est le discernement (birour), car l'homme doit être témoin (ed) pour clarifier et attester que tout provient de D.ieu béni soit-Il, comme ci-dessus. 'Les maisons de prière' (batei knessiot) signifient faire entrer le tout à l'intérieur du collectif (klal), pour ne pas être séparé de la racine de la force de vie qui fait vivre tout, comme ci-dessus.
Et le vouloir requis de l'homme, c'est l'annulation véritable (bitoul) de tout l'intellect et de toute la connaissance devant la volonté de D.ieu béni soit-Il ; bien que cela vienne d'abord par le calcul et l'examen de l'intellect. C'est ce que dit 'J'ai médite sur mes voies' : malgré tout, le but recherche doit être de s'attacher par la à la Volonté suprême, pour annuler l'intellect devant elle ; seulement, cela aussi vient par la connaissance et le calcul, comme ci-dessus.
Et c'est ce que dit 'dans Mes décrets (bechoukotai)' : que vous peiniez dans la Torah, de sorte que l'intention de l'étude ne soit pas de savoir et de saisir, mais afin de pouvoir s'annuler devant Lui comme il convient, et de vouloir toujours parvenir à ce qu'on ne saisit pas. Tel est l'effort constant dans la Torah : annuler la connaissance devant ce qui est au-dessus de la compréhension.
Et par cela on saisit davantage afin de s'annuler davantage ; tel est le labeur dans la Torah, comme ci-dessus.
אא"ז מו"ר ז"ל הגיד פי' המדרש הנ"ל ע"פ המשנה אם אין אני לי כו'. כי כל אדם נברא על דבר מיוחד מה שא"א לאדם אחר לתקן רק הוא.
וכן כל שעה ושעה. ואעפ"כ כשאני לעצמי מה אני.
שהעיקר לבטל עבודתו לכלל ישראל. וז"ש והיו רגלי מביאות לבתי כנסיות כו' עכ"ד.
והשייכות לפ' אם בחקותי כנ"ל שמי שאינו חפץ לגרמייהו רק להיות בטל להשי"ת בוודאי הוא רק ע"י ביטול לכלל ישראל:
Mon aïeul, mon maître et enseignant, de mémoire bénie (le Hidouchei HaRim), à expliqué le sens du Midrach ci-dessus à la lumière de la Michna (Avot 1,14) 'Si je ne suis pas pour moi... etc.'. Car chaque homme à été créé pour une chose particulière qu'aucun autre ne peut réparer, sinon lui ; et de même chaque heure.
Néanmoins, 'quand je suis pour moi-même, que suis-je ?' : car l'essentiel est d'annuler son service au profit de la collectivité d'Israël (klal Israël). C'est ce que dit 'mes pieds me menaient aux maisons de prière etc.' ; ainsi s'achèvent ses paroles.
Et le lien avec la paracha 'Si dans Mes décrets' est, comme ci-dessus, que celui qui ne désire rien pour lui-même mais seulement être annulé devant D.ieu béni soit-Il, cela ne se réalise assurément que par l'annulation devant la collectivité d'Israël.
בעשרה מאמרות נה"ע כו'. וקשה ממ"נ אם עתה בנקל יותר לעבוד הש"י מה ליתן ש"ט לצדיקים וכן להיפוך קשה.
רק בוודאי שיש לכל מאמר הסתר מיוחד. והצדיקים מקיימים העולם שנברא בע"מ.
פי' שמבררין ומעידין שחיות הכל מעשרה מאמרות. מקיימים הוא כמו קיום שטר שמעיד ומאמת הדבר.
ופי' מאמר הוא המשכה והתדבקות בשורש החיות כמ"ש האמירך עשנו חטיבה אחת כו':
'Par dix paroles le monde à été créé, etc.' (Avot 5,1). Et il y a une difficulté, de toute façon : si à présent il est plus facile de servir D.ieu béni soit-Il, pourquoi parler de donner une bonne récompense aux justes ? et de même à l'inverse c'est difficile.
Mais assurément chaque parole comporte un voilement particulier. Et les justes 'maintiennent' (mekaymim) le monde créé par dix paroles : cela signifie qu'ils clarifient et attestent que la force de vie du tout provient des dix paroles. 'Maintiennent' est comme la validation (kiyoum) d'un acte, qui atteste et confirme la chose.
Et le sens de 'parole' (maamar) est l'attraction et l'attachement à la racine de la force de vie, comme il est écrit 'Il t'à fait proclamer... Il nous à faits un ensemble unique, etc.' (Devarim 26,18 ; voir Berakhot 6a).
תרל"ה
5635 (תרל״ה)
במד' חשבתי דרכי כו'. פי' ע"י שחושב אדם קודם כל מעשה להיות לשמים ומביא הדעת לתוך המעשה שעושה הכל בדעת וכן בכל יום ויום כשמקבל עליו עמ"ש בבוקר זה הרצון מיישר כל מעשיו לטוב.
וז"ש בחקותי תלכו להיות עול מלכותו ית' על האדם שלא יוכל לעשות מעשה קטנה וגדולה קודם ההסתכלות אם הוא כרצונו ית'. וקודם העבודה נראה הכל כמו חוקה וע"י קבלת העול זוכה להבין ולהרגיש טעם המצות.
וזה עצמו השכר כמ"ש שכר מצוה מצוה שמתקרב אל פנימיות המצוה. וכן מה שלא נזכר בתורה שכר עוה"ב כי הוא פשוט ומובן מעצמו.
אבל זה ברכה יתירה להיות נמשך כל ברכת עוה"ז ע"פ התורה וחקותי'. וז"ש גשמיכם בעתם כמ"ש בזוה"ק ע"פ לכל זמן ועת כו'.
והיינו שיהי' גם הגשמיות נמשך אחר השורש. והוא כמו שאחז"ל יפה שעה א' בתומע"ט בעוה"ז כו' א"כ זה הבטחה יתירה מעוה"ב:
Dans le Midrach : 'J'ai médite sur mes voies etc.'. Explication : lorsque l'homme réfléchit avant chaque acte pour qu'il soit voué au Ciel, il fait entrer la connaissance dans l'acte, de sorte qu'il fait tout avec conscience ; et de même chaque jour, lorsqu'il accepté sur lui le joug de la royauté du Ciel (ol malkhout chamayim) le matin, cette volonté redresse tous ses actes vers le bien.
C'est ce que dit 'dans Mes décrets vous marcherez' : que le joug de Sa royauté, béni soit-Il, soit sur l'homme, de sorte qu'il ne puisse accomplir aucun acte, petit où grand, avant d'examiner s'il est conforme à Sa volonté, béni soit-Il. Avant le service, tout apparaît comme un 'décret' (houka, sans raison), mais par l'acceptation du joug il mérite de comprendre et de ressentir le goût des mitsvot.
Et cela même est la récompense, comme il est dit 'la récompense d'une mitsva est une mitsva' (Avot 4,2), car il se rapproche de l'intériorité de la mitsva. De même, si la Torah ne mentionné pas la récompense du monde à venir, c'est qu'elle est simple et se comprend d'elle-même ; mais ceci est une bénédiction supplémentaire : que toute la bénédiction de ce monde-ci découle selon la Torah et Ses décrets.
C'est ce que dit 'vos pluies en leur temps' (Vayikra 26,4), comme l'expliqué le Zohar saint sur 'À toute chose sa saison et son temps' (Kohelet 3,1) : que la matérialité elle aussi découle d'après la racine. C'est comme l'ont dit nos Sages : 'une heure de repentir et de bonnes actions dans ce monde-ci vaut mieux...' (Avot 4,17) ; si donc, ceci est une promesse supérieure à celle du monde à venir.
ובמד' ג' דברים במתנה התורה והגשמים כו'. פי' התורה א"י להשיג ע"פ זכות האדם רק במתנה וגשמים פי' זה כי שכר מצוה בהאי עלמא ליכא רק רשעים משלמים להם בעוה"ז אבל הצדיק ע"פ דין בעל חסרון הוא בעוה"ז רק התורה מבטיחה כי הקב"ה יתן במתנה לכל החוסים בו כי הוא כל יכול ולכן הבטחת עוה"ז לצדיקים היא מתנה גמורה.
ובנ"י זכו לזה ע"י קבלת התוכחה. כי גם עונשים אינם בעוה"ז ע"פ דין.
רק שבנ"י מקבלים באהבה עונשין כדי שלא יתרחקו ח"ו מדביקותם בהקב"ה ע"י החטאים. ובקבלה זו זכו למתנת עוה"ז ג"כ בעשותם הטוב.
והוא עצה מהש"י לבנ"י כמ"ש נפלאותיך ומחשבותיך אלינו:
Et dans le Midrach : 'Trois choses sont données en cadeau : la Torah, les pluies, etc.' (Vayikra Rabba 35,8). Explication : la Torah, on ne peut la saisir selon le mérite de l'homme, mais seulement en cadeau ; et les pluies, voici leur explication : car 'la récompense d'une mitsva n'existe pas en ce monde-ci' (Kidouchin 39b), seuls les méchants sont payés en ce monde ; mais le juste, selon la stricte justice, est en manque en ce monde.
Seulement la Torah promet que le Saint béni soit-Il donnera en cadeau à tous ceux qui s'abritent en Lui, car Il est tout-puissant ; c'est pourquoi la promesse de ce monde faite aux justes est un cadeau total. Et les enfants d'Israël ont mérité cela par l'acceptation de la réprimande (tokhaha).
Car les châtiments non plus ne sont pas de ce monde selon la stricte justice ; seulement les enfants d'Israël acceptent avec amour les châtiments afin de ne pas s'éloigner, à D.ieu ne plaise, de leur attachement au Saint béni soit-Il à cause des fautes. Et par cette acceptation ils ont mérité le cadeau de ce monde-ci également, en faisant le bien.
C'est un conseil de D.ieu béni soit-Il pour les enfants d'Israël, comme il est écrit 'Tes merveilles et Tes pensées sont pour nous' (Tehilim 40,6).
והשיג לכם דיש כו' בציר ובציר כו' זרע. דכתי' אור זרוע לצדיק והוא הארת התורה שאדם מקבל בלבו ועושה פירות.
ואח"כ צריך לברר מעשיו להיות בלי פסולת. וכפי הבירור זוכה אח"כ לקבל הארה אחרת וכן לעולם.
וזהו רמז הכתוב והשיג לכם דיש שהוא הבירור כנ"ל:
'Le battage (dayich) atteindra pour vous la vendange, et la vendange atteindra les semailles, etc.' (Vayikra 26,5). Car il est écrit 'Une lumière est semée pour le juste' (Tehilim 97,11) : c'est l'illumination de la Torah que l'homme reçoit dans son cœur et qui produit des fruits.
Ensuite il doit clarifier ses actes pour qu'ils soient sans déchet (pesolet). Et selon le discernement, il mérite ensuite de recevoir une autre illumination, et ainsi toujours.
Tel est l'indice du verset 'le battage atteindra pour vous', qui est le discernement, comme ci-dessus.
ורדפו כו' חמשה מאה כו'. ברש"י אין דומה מרובין העושים התורה.
והוא הרדיפה עצמו שהוא רדיפת האמת ללחום מלחמת ה' בעמלק. וכל המחלוקת צריך להיות לשם שמים ולהכניס עצמו בכלל ישראל.
וב' הדברים נסמכו במשנה כל כנסי' לש"ש ומחלוקת לש"ש כו'. כי המחלוקת צריך להיות בכח הכנסי' באהבת ישראל והקב"ה.
וכ"כ ורדפו מכם חמשה כו':
'Ils poursuivront... cinq, cent, etc.' (Vayikra 26,8). Selon Rachi : 'nul rapport entre le petit nombre et le grand nombre qui accomplissent la Torah'.
C'est la poursuite elle-même, qui est la poursuite de la vérité, pour livrer la guerre de D.ieu contre Amalek. Et toute controverse doit être au nom du Ciel et doit faire entrer la personne dans la collectivité d'Israël.
Ces deux choses sont juxtaposées dans la Michna : 'toute assemblée au nom du Ciel...' (Avot 4,11) et 'toute controverse au nom du Ciel...' (Avot 5,17). Car la controverse doit se faire par la force de l'assemblée, dans l'amour d'Israël et du Saint béni soit-Il.
Ainsi est-il écrit 'cinq d'entre vous en poursuivront... etc.'.
תרל"ו
5636 (תרל״ו)
ב"ה מפ' בהר בחקותי
Avec l'aide du Ciel. De la paracha Behar-Bechoukotai
במד' בחקותי. חשבתי דרכי כו'.
פי' כי יותר צריכין להחזיק במצות ה'. ועי"ז נקח כח לכל התישרות המעשים והמחשבות.
מע"י שכל אנושי. וחכמת אדם מה היא.
ונאמר ואל בינתך אל תשען. וז"ש חשבתי דרכי ולבסוף ואשיבה רגלי.
עדותיך הם פקודי ה' וחקותיו. אך חכמת האדם כדי להבין שצריך לקיים מצות הבורא ולהתבטל אליו.
וברש"י מת"כ בחקותי שתהיו עמלים בתורה. כי קיום מצות אמור במ"ש מצותי תשמרו כו'.
דאיתא כשור לעול וחמור למשא. פי' שהמצות ומעש"ט הם להמשיך כל הדברים שבעולם העשי' להיות מתעלין ע"י האדם שנק' מהלך.
והוא בעסק התורה ועי"ז ממשיך כל המעשים אשר נושא אותם. ושור לעול הוא מה שמשעבד עצמו להיות נמשך אחר רצון הבורא.
וכחמור למשא הוא לישא עמו גם כל הברואים אשר הם מתעלים ע"י האדם. לכן עי"ז ונתתי גשמיכם כו' ע"י שיתעלו המעשים בכח התורה.
יתמשך חיות הקדושה גם לגשמיות. ועץ השדה יתן פריו.
פירש"י אילני סרק שעתידין לתת פירות. פי' שבכח האדם להמשיך החיות גם במקומות השפלים כנ"ל:
Dans le Midrach : 'Dans Mes décrets. J'ai médite sur mes voies etc.'.
Explication : il faut davantage se tenir fermement aux mitsvot de D.ieu. Et par cela nous prenons la force pour tout le redressement des actes et des pensées, plus que par l'intellect humain.
Car qu'est la sagesse de l'homme ? Il est dit 'Ne t'appuie pas sur ton intelligence' (Michlei 3,5).
C'est ce que dit 'J'ai médite sur mes voies', et à la fin 'et j'ai ramène mes pieds'. 'Tes témoignages', ce sont les préceptes de D.ieu et Ses décrets ; mais la sagesse de l'homme sert à comprendre qu'il faut accomplir les mitsvot du Créateur et s'annuler devant Lui. Selon Rachi, d'après le Torat Kohanim, 'dans Mes décrets' signifie que vous peiniez dans la Torah, car l'accomplissement des mitsvot est énoncé dans ce qui est écrit 'et Mes commandements vous garderez, etc.'.
Il est enseigné 'comme le bœuf pour le joug et l'âne pour le fardeau'. Explication : les mitsvot et les bonnes actions servent à attirer toutes les choses du monde de l'action (olam ha'assiya) pour qu'elles s'élèvent par l'homme, appelé 'celui qui marche' (mehalekh) ; et cela se fait par l'occupation de la Torah, et par la il attire tous les actes qu'il porte. 'Le bœuf pour le joug', c'est ce par quoi il s'assujettit pour être entraîné à la suite de la volonté du Créateur ; et 'comme l'âne pour le fardeau', c'est porter avec lui aussi toutes les créatures qui s'élèvent par l'homme.
C'est pourquoi, par cela, 'Je donnerai vos pluies, etc.' : parce que les actes s'élèvent par la force de la Torah, la force de vie de la sainteté se prolonge aussi vers la matérialité. 'Et l'arbre du champ donnera son fruit' : Rachi explique 'les arbres stériles qui a l'avenir donneront des fruits'. Cela signifie qu'il est au pouvoir de l'homme d'attirer la force de vie même dans les lieux les plus bas, comme ci-dessus.
ואולך אתכם קוממיות פירש"י מת"כ בקומה זקופה. אע"פ שאמרו חכמים שאסור לילך בקומה זקופה אך כאשר יהי' התיקון כראוי כמו לעתיד יוכל האדם לקבל מורא שמים אף בקומה זקופה.
כי הרי כך נברא רק שבעוה"ז מחמת הבלי עולם א"א לקבל היראה רק ע"י כפיפות קומה והכנעה רבה. וזה עצמו ענין אמרם ז"ל בתו"כ על והתהלכתי בתוככם לא תהיו מזדעזעים כו' יכול לא תיראו כו' אני ה"א כו'.
פי' שיוכלו לקבל עומ"ש כמו שהם בלי השתנות ושפלות יתירה כנ"ל. והיא ההבטחה שיוכלו לילך בקומה זקופה כנ"ל:
'Et Je vous ferai marcher komemiyout' (Vayikra 26,13). Rachi explique, d'après le Torat Kohanim : 'la taille droite' (station debout).
Bien que les Sages aient dit qu'il est interdit de marcher la taille droite (avec arrogance, Berakhot 43b), toutefois lorsque la réparation (tikoun) sera accomplie comme il convient, comme dans le futur, l'homme pourra recevoir la crainte du Ciel même la taille droite. Car ainsi à-t-il été créé ; seulement en ce monde-ci, à cause des vanités du monde, on ne peut recevoir la crainte que par le courbement de la taille et une grande soumission.
Et c'est cela même le sens de ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie dans le Torat Kohanim sur 'et Je marcherai au milieu de vous' : 'vous ne serez pas effrayés etc. ; on pourrait croire que vous ne craindrez pas etc. ; Je suis D.ieu votre D.ieu etc.'. Cela signifie qu'ils pourront accepter le joug de la royauté du Ciel tels qu'ils sont, sans changement ni abaissement excessif, comme ci-dessus.
Telle est la promesse qu'ils pourront marcher la taille droite, comme ci-dessus.
ואולך אתכם קוממיות ב' קומות. פי' כי ציור האדם הוא רק לבוש לאור נשמת חיים אשר בקרבו וזה דיש ב' קומות אשר אחר תיקון כל הקומה מראשו ועד רגלו אז זוכה לקומה עליונה החופפת עליו בשלימות תיקון קומת הגוף.
וכלל הדברים דאיתא קוב"ה ואורייתא וישראל כולא חד. ואיתא כי אית באורייתא סתים וגליא כמו שמא דקוב"ה סתים וגליא כו'.
וכמו כן נפש איש ישראל אית בי' סתים וגליא וע"י תיקונו הנגלה זוכה להפנימיות שהוא חיות הנסתר באדם. וזה קוממיות והבן כ"ז:
'Et Je vous ferai marcher komemiyout' : deux tailles (komot). Explication : car la forme de l'homme n'est qu'un vêtement pour la lumière de l'âme vivante (nechama) qui est en lui ; et c'est ce que signifie 'deux tailles' : après la réparation de toute la taille, de la tête jusqu'au pied, il mérite alors une taille supérieure qui plane au-dessus de lui, dans la perfection de la réparation de la taille du corps.
Et l'ensemble de la chose est ce qui est enseigné : 'le Saint béni soit-Il, la Torah et Israël sont tout un'. Et il est enseigné que la Torah comporte du caché et du révélé, de même que le Nom du Saint béni soit-Il comporte du caché et du révélé, etc.
De même, l'âme de l'homme d'Israël comporte du caché et du révélé, et par la réparation de sa part révélée il mérite l'intériorité, qui est la force de vie cachée en l'homme. Tel est komemiyout ; comprends tout ceci.
תרל"ז
5637 (תרל״ז)
ב"ה בהר בחקותי
Avec l'aide du Ciel. Behar-Bechoukotai
במד' חשבתי דרכי כו'. רגלי היא דרגא תחתונה שבאדם ומחשבה בראש האדם.
וסוף מעשה במחשבה תחלה. וע"י שמביאין כח המחשבה תוך המעשים להיות כל מעשה בישוב הדעת עי"ז מתרומם הגשמיות ומדרגה התחתונה שבאדם.
וזהו אם בחקותי תלכו שהיא בחי' הביטול אל השורש כי לכל דבר יש שורש בשמים. בפרט לנפש האדם.
ובנ"י ע"י התורה הם מתדבקין בהקב"ה שיש לכל איש ישראל חלק בתורה. וע"ז מבקשין ותן חלקנו בתורתך וע"י היגיעה בתורה יכול להתברר לאדם חלקו.
כי כל הדברים חקוקים בתורה. וכן נפשות בנ"י יש לכ"א חקיקה בתורה.
וז"ש בחקותי תלכו ודרשו חז"ל להיות עמלים בתורה. ועי"ז יכולין להתדבק בשורש הנשמה למעלה מהטבע.
ומזה בא מ"ש כל ישראל יש להם חלק לעוה"ב. ונתתי גשמיכם בעתם היא התדבקות הגשמיות בשורש כמ"ש לכל זמן ועת כו':
Dans le Midrach : 'J'ai médite sur mes voies etc.'. 'Mes pieds' (raglai), c'est le degré le plus bas de l'homme, et la pensée est dans la tête de l'homme ; 'la fin de l'acte est dans la pensée initiale'. Et lorsqu'on fait entrer la force de la pensée dans les actes, de sorte que chaque acte se fasse avec pose de l'esprit (yichouv hada'at), par cela s'élève la matérialité et le degré le plus bas de l'homme.
Tel est 'si dans Mes décrets vous marcherez', qui est l'aspect de l'annulation (bitoul) vers la racine ; car toute chose à une racine dans les cieux, en particulier l'âme de l'homme. Et les enfants d'Israël, par la Torah, s'attachent au Saint béni soit-Il, car chaque homme d'Israël à une part dans la Torah.
C'est pour cela que nous demandons 'donne notre part dans Ta Torah', et par le labeur dans la Torah la part de l'homme peut se clarifier pour lui. Car toutes les choses sont gravées (hakoukim) dans la Torah, et de même les âmes des enfants d'Israël : chacune à une gravure dans la Torah.
C'est ce que dit 'dans Mes décrets vous marcherez', et nos Sages de mémoire bénie ont expliqué : peiner dans la Torah. Et par cela ils peuvent s'attacher à la racine de l'âme, au-dessus de la nature.
De la vient ce qui est dit 'tout Israël à une part au monde à venir' (Sanhédrin 90a). 'Et Je donnerai vos pluies en leur temps', c'est l'attachement de la matérialité à la racine, comme il est écrit 'à toute chose sa saison et son temps, etc.' (Kohelet 3,1).
תרל"ח
5638 (תרל״ח)
במד' חשבתי דרכי כו'. בכל יום הייתי מחשב למקום פלוני אני הולך והיו רגלי מביאות אותי לבתי כנסיות.
ובמ"ד כו' דקשה לשון בחקותי תלכו כי חוקה בלי טעם. והליכה שייך בדבר שמשיגין טעמו.
אבל הענין הוא דכל מחשבות ועצות האדם ע"י התבוננות הדעת ועומק הסתכלות השכל בתורה הכל רק עצה כדי לזכות אח"כ לביטול הדעת אל רצון הבורא ית' בלי טעם. רק שהטעמים מביאין לאדם לבא אל האמת ולראות כי לעשות רצונו.
ית' הוא טוב יותר מכל הטעמים שבעולם. וז"ש חשבתי דרכי וכ"ז הי' עצה אל ואשיבה כו' אל עדותיך.
אף שהייתי מחשב ואומר למקום פלוני כו' בענינים פרטים הסוף בא ע"י שהיו רגלי מביאות לבתי כנסיות כו'. שהוא כח הכלל שיש בכנס"י מצד בחירת הש"י שבחר בנו וקדשנו במצותיו כנ"ל.
וז"ש בחקותי תלכו שיהי' סוף רצון ההילוך כדי לבוא לבחי' החוקות כנ"ל. ושכר ע"ז ונתתי גשמיכם כו' שהם ברכות בעוה"ז.
פי' שע"י שאדם מבטל השכל אל רצון הבורא ית'. עי"ז.
השכר שגם הטבע והגשמיות תוכל לקבל הארה משפע עליונה. [וזה יש לפרש בטל רצונך כו' כדי שיבטל רצון אחרים מפני רצונך.
שהוא רצונות של סט"א המתנגדים לעובדי ה'] כי שכר עולם הבא ידוע רק זה שכר יותר טוב מה שנוכל לתקן גם עניני עולם הזה והטבע. ומזה הוציאו חכמינו ז"ל שיפה שעה אחת בעולם הזה בתשובה ומעשים טובים מכל חיי עולם הבא.
כענין אמרם ז"ל שכר מצוה מצוה:
Dans le Midrach : 'J'ai médite sur mes voies etc.'. 'Chaque jour je calculais : je vais vers tel endroit, et mes pieds me menaient vers les maisons de prière.' Et dans le Midrach etc., il est difficile [d'expliquer] l'expression 'dans Mes décrets vous marcherez', car un décret (houka) est sans raison, alors que la marche s'applique à une chose dont on saisit la raison. Mais la chose est ainsi : toutes les pensées et tous les conseils de l'homme, par la réflexion de l'esprit et la profondeur de l'examen de l'intellect dans la Torah, ne sont qu'un moyen (etsa) afin de mériter ensuite l'annulation de l'esprit devant la volonté du Créateur, béni soit-Il, sans raison.
Seulement, les raisons amènent l'homme à parvenir à la vérité et à voir que faire Sa volonté, béni soit-Il, est meilleur que toutes les raisons du monde. C'est ce que dit 'J'ai médite sur mes voies' : et tout cela n'était qu'un moyen vers 'et j'ai ramène... vers Tes témoignages'.
Bien que je calculasse et disse 'je vais vers tel endroit etc.' dans des affaires particulières, la fin venait par le fait que 'mes pieds me menaient aux maisons de prière etc.', qui est la force de la collectivité présente dans l'assemblée, du côté du choix de D.ieu béni soit-Il, qui nous à choisis et sanctifiés par Ses mitsvot, comme ci-dessus. C'est ce que dit 'dans Mes décrets vous marcherez' : que la fin du désir de la marche soit de parvenir à l'aspect des décrets, comme ci-dessus.
Et la récompense pour cela, 'et Je donnerai vos pluies etc.', ce sont des bénédictions en ce monde-ci. Explication : parce que l'homme annule l'intellect devant la volonté du Créateur béni soit-Il, la récompense en est que la nature et la matérialité elles aussi pourront recevoir une illumination de l'abondance supérieure.
[Et l'on peut expliquer ainsi 'annule ta volonté etc. afin qu'Il annule la volonté d'autrui devant ta volonté' (Avot 2,4) : c'est-à-dire les volontés du côté impur (sitra a'hra) qui s'opposent aux serviteurs de D.ieu] Car la récompense du monde à venir est connue ; seulement, ceci est une récompense meilleure, en ce que nous pouvons réparer aussi les affaires de ce monde-ci et de la nature. De la nos Sages de mémoire bénie ont déduit qu'une heure de repentir et de bonnes actions en ce monde-ci vaut mieux que toute la vie du monde à venir (Avot 4,17), à l'instar de ce qu'ils ont dit 'la récompense d'une mitsva est une mitsva' (Avot 4,2).
ואכלתם ישן נושן כו'. דאיתא א"ש תשמע אם שמוע בישן תשמע בחדש.
שצריך להיות האדם מתפעל ע"י ידיעת האמת ולא יצטרך להתעורר התפעלות רק ע"י השגת חדשות. והוא סימן אמת.
וברכה זו היא שכ' ז"ל אוכל קימעא ומתברך במעיו. כמ"ש ומתברכין מילין בגוייהו.
דאיתא לעולם יראה אדם עצמו כאילו קדוש שרוי בתוך מעיו. וצריך להיות כשבא השפע לתוך בנ"י מצא מין את מינו ומתגברת ומתחזקת והבן היטב.
וסוף הברכות ואולך אתכם קוממיות הוא תיקון כל קומת האדם וחז"ל דרשו ב' קומות. ופרשנו כי שורש נשמת האדם היא קומה השני' כפי תיקון קומה שלמטה מתדמין ב' הקומות.
והאדם צריך לתקן קומת הגוף שהוא כלי לקבל הארת הנשמה. ואיתא במשנה תלמידיו של א"א אוכלין בעוה"ז ונוחלין לעוה"ב שנאמר להנחיל אוהבי יש ואוצרותיהם אמלא.
פי' שיכולין לקבל השפע גם בעודם בעוה"ז ועי"ז מתקנים הגוף שהוא כלי לקבל השכר כדאיתא המשל יש לך כלי לקבל. כי בוודאי השכר בעוה"ב אין לו סוף והשי"ת בטובו חפץ ליתן לכל ברי'.
אבל כפי תיקון האדם בעולם הזה מכין לו כלים ואוצרות לקבל השכר ז"ש ואוצרותיהם אמלא. וז"ש על ידי שאוכלין בעולם הזה נוחלין לעוה"ב כמ"ש:
'Vous mangerez du vieux, du plus vieux encore, etc.' (Vayikra 26,10). Car il est enseigné 'Si tu écoutes (im chamoa tichma)' : 'si tu écoutes dans l'ancien, tu écouteras dans le nouveau' (Sukka 46b) : l'homme doit s'émouvoir par la connaissance de la vérité et ne pas avoir besoin d'éveiller son émotion seulement par l'acquisition de nouveautés ; c'est un signe de vérité.
Et cette bénédiction est ce dont ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'il mange peu et il est béni dans ses entrailles' ; comme il est écrit 'et les paroles sont bénies en eux'. Car il est enseigné 'que l'homme se considère toujours comme si un être saint résidait au milieu de ses entrailles' (voir Taanit 11b).
Et il faut que, lorsque l'abondance vient à l'intérieur des enfants d'Israël, 'l'espèce trouve son espèce', et elle se renforce et se fortifie ; comprends bien. Et la fin des bénédictions, 'et Je vous ferai marcher komemiyout', est la réparation de toute la taille de l'homme ; et nos Sages de mémoire bénie ont expliqué 'deux tailles'.
Nous avons expliqué que la racine de l'âme de l'homme est la seconde taille : selon la réparation de la taille d'en bas, les deux tailles se ressemblent. Et l'homme doit réparer la taille du corps, qui est le réceptacle (kli) pour recevoir l'illumination de l'âme.
Il est enseigné dans la Michna (Avot 5,19) que les disciples d'Avraham notre père 'mangent en ce monde-ci et héritent du monde à venir', comme il est dit 'pour faire hériter d'un bien ceux qui M'aiment, et Je remplirai leurs trésors' (Michlei 8,21). Cela signifie qu'ils peuvent recevoir l'abondance même tant qu'ils sont encore en ce monde-ci, et par cela ils réparent le corps, qui est le réceptacle pour recevoir la récompense, comme le dit la parabole : il te faut un réceptacle pour recevoir.
Car assurément la récompense du monde à venir n'à pas de fin, et D.ieu béni soit-Il, dans Sa bonté, veut donner à toute créature ; mais selon la réparation de l'homme en ce monde-ci, on lui prépare des réceptacles et des trésors pour recevoir la récompense. C'est ce que dit 'et Je remplirai leurs trésors'.
Et c'est ce que dit : par le fait qu'ils mangent en ce monde-ci, ils héritent du monde à venir, comme il est écrit.
תר"מ
5640 (תר״מ)
ב"ה בהר בחקותי
Avec l'aide du Ciel. Behar-Bechoukotai
« Si vous marchez dans Mes décrets » (Vayikra 26,3). Le Midrach cite « J'ai médité mes voies et mes pieds me ramenaient ». Le Sfat Emet rapporte de son aïeul que chaque homme d'Israël a une réparation que nul autre ne peut faire, et chaque instant une réparation propre à cet instant ; ensuite les détails entrent dans le général. Les mitsvot sont des allusions aux lumières supérieures : par l'acte on monte de degré en degré jusqu'à la racine de la mitsva. L'homme ouvre le premier ; les actes l'élèvent jusqu'à la collectivité d'Israël, où réside la force de la Che'hina. Sans l'aide du Ciel, il est impossible de tout réparer.
Aussi : le double « Mes esclaves », choix divin et joug accepté ; les pluies en leur temps, réparation de la nature ; cinq en poursuivent cent, puis cent dix mille.
במד' בחקותי. חשבתי דרכי כו' והיו רגלי מביאות אותי כו'.
ופי' אא"ז ז"ל ע"פ המשנה אם אין אני לי כו' שיש לכל איש ישראל דבר מיוחד שאין אחר [*יכול] לתקנו רק הוא. וכמו כן לכל שעה דבר מיוחד שא"י לתקנו רק בשעה זו.
וזהו אם לא עכשיו אימתי. אעפ"כ אחר תיקון הפרטים צריך להכניסו בכלל.
וז"ש וכשאני לעצמי מה אני. וז"ש אחר שהי' מחשב בפרט למקום פלוני אני הולך אח"כ היו רגלי מביאות לבתי כנסיות שהוא הכלל עכ"ל.
ולהוסיף ביאור הענין לפסוק בחקותי תלכו. כמ"ש במד' בחקותי הם חקות שהבורא ית' מקיים אותם כו' ע"ש.
והענין הוא כי המצות הם רמזים תלוין באורות עליונים וע"י המצוה במעשה גשמי יכול לעלות מדרגה אחר מדרגה עד שיהי' לו התקשרות לשורש המצוה. וע"ז איתא מצוה גוררת מצוה.
פי' בכל מצוה יש מדרגות רבות עד מצות ה' ממש. וז"ש ואשיבה רגלי אל עדותיך דייקא.
שהגם שבתחלה חשבתי דרכי. מ"מ המצוה מסייעת עד שבא אל מצות ה'.
והיו רגלי מביאות כו'. פי' אף שאינו בכח האדם.
לכן איתא אם אין אני לי מי לי. כי אדם צריך לפתוח ראשון ואח"כ המעש"ט מרוממים את האדם מדרגה אחר מדרגה כנ"ל.
וזה ג"כ בכלל. וכשאני לעצמי מה אני כי בלתי סייעתא דשמיא א"א לתקן הכל.
וז"ש אם אין הקב"ה עוזרו כו'. רק ע"י התחלת עבודת האדם.
המעשים מקרבים אותו עד שמכניס עצמו בכלל ישראל ובשורש המצות ובכלל ישראל יש השראת כח השכינה כנ"ל:
Dans le Midrach sur Bechoukotai. 'J'ai médite mes voies... et mes pieds me ramenaient...' (Ps. 119,59 et Midrach).
Mon maître, mon aïeul (le Hidoushei ha-Rim), de mémoire bénie, l'à expliqué d'après la Michna 'Si je ne suis pas pour moi, qui le sera...' (Avot 1,14) : chaque homme d'Israël à une chose particulière que nul autre ne peut réparer, lui seul. De même, chaque instant à une chose particulière qu'on ne peut réparer qu'en cet instant.
C'est le sens de 'Et si pas maintenant, quand ?'. Malgré cela, après la réparation des détails, il faut les faire entrer dans le général.
C'est le sens de 'Et quand je suis pour moi-même, que suis-je ?'. Et c'est ce que dit le Midrach : après qu'il ait projeté en particulier 'vers tel endroit je vais', ensuite 'mes pieds me ramenaient aux maisons de prière', qui sont le général -- fin de citation.
Pour ajouter une explication à l'affaire, sur le verset 'Si vous marchez dans mes décrets (bechoukotai)' (Lev. 26,3) : comme il est dit dans le Midrach, 'bechoukotai' ce sont les décrets (houkot) que le Créateur, qu'Il soit béni, accomplit Lui-même, etc. -- vois la.
L'affaire est que les mitsvot sont des allusions suspendues aux lumières supérieures, et par la mitsva dans un acte matériel on peut monter de degré en degré jusqu'à être relie à la racine de la mitsva. Sur cela il est enseigné : 'une mitsva en entraîne une autre' (Avot 4,2).
Explication : dans chaque mitsva il y a de nombreux degrés jusqu'à la mitsva de h' elle-même. C'est le sens de 'et je ramènerai mes pieds vers tes témoignages' précisément : bien qu'au début 'j'ai médite mes voies', néanmoins la mitsva assiste jusqu'à ce qu'on parvienne à la mitsva de h'. 'Et mes pieds me ramenaient...' : cela signifie que même si ce n'est pas au pouvoir de l'homme, c'est pourquoi il est enseigné 'si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi', car l'homme doit ouvrir le premier, et ensuite les bonnes actions élèvent l'homme de degré en degré, comme dit.
Et cela aussi se rattache au général. 'Et quand je suis pour moi-même, que suis-je' : car sans l'aide du Ciel il est impossible de tout réparer. C'est le sens de 'si le Saint béni soit-Il ne l'aidait pas...' (Kidouchin 30b).
Ce n'est que par le commencement du service de l'homme que les actes le rapprochent, jusqu'à ce qu'il s'introduise dans la collectivité d'Israël et dans la racine des mitsvot ; et dans la collectivité d'Israël réside la force de la Chekhina, comme dit.
בפסוק כ"ל ב"י עבדים עבדי הם. אף שבנ"י הם בנים.
צריכין לקבל עליהם עול מלכותו ית' בכלל כל הברואים להיות רצון האדם להיות הוא וכל הברואים כאחד עבדים להש"י. ועי"ז זוכין בנ"י אח"כ להיות נק' בפרט עבדי הם.
וז"ש עבדי אתה ישראל א"ב אתפאר. פי' השי"ת מתפאר בזה שבנ"י מכניסים עצמם לבחי' עבדות כנ"ל:
Sur le verset 'Car c'est à Moi que les enfants d'Israël sont esclaves, ce sont Mes esclaves' (Lev. 25,55).
Bien que les enfants d'Israël soient des fils, ils doivent prendre sur eux le joug de Sa royauté, qu'Il soit béni, au sein de toutes les créatures, en sorte que la volonté de l'homme soit qu'eux et toutes les créatures soient comme un seul, esclaves du Saint béni soit-Il. Par cela les enfants d'Israël méritent ensuite d'être appelés en particulier 'Mes esclaves'.
C'est le sens de 'Tu es Mon serviteur, Israël, c'est par toi que Je serai glorifie' (Isa. 49,3) : cela signifie que le Saint béni soit-Il se glorifie de ce que les enfants d'Israël s'introduisent eux-mêmes dans l'aspect (be'hina) de la servitude, comme dit.
תרמ"א
5641 (תרמ״א)
במד' חשבתי דרכי ואשיבה רגלי אל עדותיך. כי עיקר השבח שזוכין ע"י התורה לתקן גם הטבע ומדרגות תחתונות.
כאשר חכמים הגידו גדולה התורה שנותנת חיים לעושי' בעוה"ז ובעוה"ב. ומקודם אמר דרכי שהי' לו עדיין נגיעה.
ואח"כ בא אל הביטול מכל וכל. וב' מדרגות אלו רמז התנא באומרו עשה רצונו כרצונך אח"כ בטל רצונך כו'.
כענין מ"ש מתוך שלא לשמה בא לשמה. וכתי' ושם דרך אראנו בישע אלקים דרשו חז"ל המשים אורחותיו בעוה"ז כו' בישע אלקים הוא הפנימיות לשמה כנ"ל.
וזה עיקר הברכה ונתתי גשמיכם בעתם כו' תיקון כל עניני עוה"ז להיות נמשכים אחר הקדושה כמ"ש רש"י אפי' אילני סרק עתידין לעשות פירות. והוא עיקר השלימות כמו שיהי' לעתיד כמ"ש ונתתי שלום בארץ פרש"י שלא תאמרו הרי מאכל ומשתה אם אין שלום אין כלום.
והיינו כמ"ש ושבעת השמרו לכם. לכן צריכין לשמור עצמו מתענוגי עוה"ז.
רק בש"ק שנק' שלום ויש בו עלי' ודביקות להשורש מצוה להתענג. ולכן הבטיח הכתוב ונתתי שלום שיוכלו לקבל כל התענוגים וישארו בדביקות השורש כנ"ל:
Dans le Midrach : 'J'ai médite mes voies et j'ai ramène mes pieds vers tes témoignages' (Ps. 119,59).
Car l'essentiel de la louange est que l'on mérite, par la Torah, de réparer aussi la nature et les degrés inférieurs. Ainsi que les sages l'ont dit : grande est la Torah qui donne la vie à ceux qui l'accomplissent en ce monde et dans le monde à venir.
D'abord il à dit 'mes voies', car il avait encore un intérêt personnel (neguia) ; ensuite il est parvenu à l'annulation totale. Ces deux degrés, le Tana les a fait allusion en disant 'fais Sa volonté comme la tienne', puis 'annule ta volonté...' (Avot 2,4), à la manière de ce qui est dit : 'du non-désintéresse (chelo lichma) on parvient au désintéresse (lichma)' (Pessahim 50b).
Et il est écrit 'et à qui ordonne sa voie Je montrerai le salut de Dieu' (Ps. 50,23) : les sages ont interprété 'celui qui évalue ses voies en ce monde...' (Moed Katan 5à), 'le salut de Dieu' c'est l'intériorité, le desinteressement, comme dit.
C'est l'essentiel de la bénédiction 'et Je donnerai vos pluies en leur temps...' (Lev. 26,4) : la réparation de toutes les affaires de ce monde pour qu'elles suivent la sainteté, comme l'écrit Rachi : 'même les arbres stériles produiront des fruits'.
C'est l'essentiel de la perfection telle qu'elle sera dans l'avenir, comme il est dit 'et Je donnerai la paix dans le pays' (Lev. 26,6).
Rachi explique : de peur que vous ne disiez 'voici nourriture et boisson, mais s'il n'y a pas de paix il n'y a rien'. C'est le sens de 'et tu seras rassasié, prenez garde à vous' (Deut.
11,15-16). Aussi faut-il se garder des plaisirs de ce monde ; seul le chabbat saint, qui est appelé 'paix' et dans lequel il y a élévation et attachement (deveikout) à la racine, c'est une mitsva d'y prendre plaisir.
C'est pourquoi l'Écriture à promis 'et Je donnerai la paix', afin qu'ils puissent recevoir tous les plaisirs et demeurent dans l'attachement à la racine, comme dit.
בפסוק ורדפו מכם חמשה מאה ומאה כו' רבבה. פרש"י וכי כך החשבון.
ופשוט נראה ע"פ מ"ש ולאום מלאום יאמץ שע"י שרדפו חמשה מאה ניתן הכח לבנ"י ורודפין אח"כ מאה רבבה. וגם לפי פרש"י יתכן לפרש כן שכ' אין דומה מרובין העושין את המצוה.
וקשה למה לא ירדפו מיד מאה רבבה. רק שכפי מה שמאבדין את הרשעים יכולין הצדיקים להתאסף כראוי.
והכל מדרגות זו אחר זו בכל אלה הברכות עד ואולך אתכם קוממיות שהוא תיקון כל הקומה של כללות בנ"י:
Sur le verset 'Cinq d'entre vous en poursuivront cent, et cent... dix mille' (Lev. 26,8).
Rachi explique : 'est-ce donc la le compte ?'. Simplement, il apparaît d'après ce qui est dit 'et un peuple l'emportera sur l'autre' (Gen.
25,23) : parce que cinq en poursuivent cent, la force est donnée aux enfants d'Israël, et ils poursuivent ensuite à cent dix mille. Et même selon Rachi on peut l'expliquer ainsi, lui qui écrit 'il n'y a pas de comparaison entre un petit nombre et un grand nombre accomplissant la mitsva'.
Or il est difficile : pourquoi ne poursuivraient-ils pas d'emblée dix mille à cent ? Mais c'est qu'à mesure que l'on fait périr les méchants, les justes peuvent se rassembler comme il convient.
Et tout se fait par degrés successifs dans toutes ces bénédictions, jusqu'à 'et Je vous ferai marcher tête haute (komemiyout)' (Lev. 26,13), qui est la réparation de toute la stature (koma) de la collectivité des enfants d'Israël.
תרמ"ב
5642 (תרמ״ב)
במדרש הנ"ל בכל יום הייתי מחשב לאיזה מקום אני הולך כו'. שבכל יום מתחדשין הלכות למעלה כמ"ש חז"ל ע"פ והגה מפיו יצא.
וזה ענין מחדש בטובו בכל יום מ"ב והאדם המחשב דרכיו בכל יום זוכה למצוא הדרכים הטובים המתחדשים בעולם בכל יום. לכן צריך אדם בכל יום להתגבר ולקבל עליו עמ"ש כמ"ש אנכי מצוך היום ממש.
ולכן זה לעומת זה יש התגברות היצר ג"כ בכל יום והמשים אורחותיו זוכה לישועת ה' למצוא הדרך האמת. וחז"ל דרשו שזוכה לראות בעוה"ב בישועת הקב"ה.
והיינו שגם מי שאינו משיג בשלימות זוכה ע"י היגיעה וחיפוש בכל יום לגמור ההשגה בעוה"ב. ומ"מ גם הפשוט אמת כענין בא לטהר מסייעין אותו.
ז"ש דהע"ה ע"י חשבתי דרכי בכל יום לכן לבסוף ואשיבה רגלי א"ע. שע"י כל הקבלות שמקבלין מלכות שמים בכל יום תמיד.
זוכין לבסוף לתקן הכל. רגלי הוא הגשמיות להיות מתעלה ג"כ בדביקות הדעת.
כמ"ש לעיל פי' ונתתי גשמיכם בעתם. וכ"כ בכל דרכיך דעהו ועי"ז יישר אורחותיך.
והכל ע"י שתהיו עמלים בתורה שהוא בחי' הדעת:
Dans le Midrach ci-dessus : 'Chaque jour je calculais vers quel endroit je vais...'. Car chaque jour de nouvelles halakhot se renouvellent en haut, comme l'ont dit les sages sur 'et une parole sort de Sa bouche' (Job 37,2).
C'est le sens de 'Il renouvelle par Sa bonté chaque jour l'œuvre de la Création', et l'homme qui médite ses voies chaque jour mérite de trouver les bonnes voies qui se renouvellent dans le monde chaque jour. C'est pourquoi l'homme doit chaque jour se surpasser et prendre sur lui le joug de la royauté des cieux, comme il est dit 'Moi, Je t'ordonné aujourd'hui' (Deut.
8,1) -- 'aujourd'hui' au sens propre. Et donc 'l'un en face de l'autre' (Eccl.
7,14), il y a aussi chaque jour un renforcement du penchant (yetser) ; et celui qui évalue ses voies mérite le salut de h' pour trouver la voie de la vérité. Les sages ont interprété qu'il mérite de voir, dans le monde à venir, le salut du Saint béni soit-Il.
C'est-à-dire que même celui qui n'atteint pas la perfection mérite, par l'effort et la recherche de chaque jour, d'achever l'atteinte (hassaga) dans le monde à venir. Néanmoins même l'homme simple en fait vérité, à la manière de 'celui qui vient se purifier, on l'assiste' (Chabbat 104à).
C'est ce que dit David, roi d'Israël, que la paix soit sur lui : parce que 'j'ai médite mes voies' chaque jour, à la fin 'j'ai ramène mes pieds vers mes témoignages'. Car par toutes les acceptations du joug de la royauté des cieux qu'on reçoit chaque jour, constamment, on mérite à la fin de tout réparer. 'Mes pieds', c'est la matérialité, pour qu'elle aussi s'élève dans l'attachement (deveikout) à la connaissance (daat), comme exposé plus haut à propos de 'et Je donnerai vos pluies en leur temps'.
Il est ainsi écrit 'en toutes tes voies connais-Le, et Il rendra droits tes sentiers' (Prov. 3,6).
Et tout cela grâce à ce que vous peinerez dans la Torah, qui est l'aspect de la connaissance (daat).
תרמ"ג
5643 (תרמ״ג)
ב"ה מפ' בחקותח בקיצור
Avec l'aide de h'. Sur la paracha Bechoukotai, en abrégé.
בפסוק ונתתי גשמיכם בעתם. כי יש לכל נפש מישראל שפע מיוחד אליו.
וכמו כן בכל שעה יש שפע מיוחד. וכן לכל מקום.
בג' בחי' עולם שנה נפש. וע"י התורה יכולין להעלות ולדבק כל הדברים בשורשם.
וזה גשמיכם המיוחד לכם בעתם המיוחד להשפע. וזה עיקר ההבטחה שבכח התורה נוכל להעלות הכל להשורש.
ומה שהקשו המפ' למה לא כ' שכר עוה"ב. הלא המשנה אומרת יפה שעה אחת בתשובה ומעש"ט בעוה"ז כו'.
שעה אחת כשמעלין הכל לשורש האחדות כנ"ל. וכן רמז במדרש תנחומא אם חרוצים ימיו כו' ע"ש חוקיו עשית ולא יעבור.
כששומרין שלא לעבור מדרך התורה זוכין להשיג מה שנחרץ ומיוחד מעולם:
Sur le verset 'et Je donnerai vos pluies en leur temps' (Lev. 26,4).
Car chaque âme d'Israël à une abondance (chefa) qui lui est propre. De même, chaque instant à une abondance particulière, et de même chaque lieu -- selon les trois aspects : monde, année, âme (olam, chana, nefech).
Par la Torah on peut élever et attacher toutes les choses à leur racine. Tel est 'vos pluies (guichmekhem)' qui vous sont propres, 'en leur temps' propre à l'abondance.
Telle est l'essence de la promesse : par la force de la Torah nous pourrons tout élever à la racine. Quant à la question que posent les commentateurs -- pourquoi n'à-t-il pas écrit la récompense du monde à venir ? -- n'est-ce pas que la Michna dit : 'meilleure est une seule heure de repentir et de bonnes actions en ce monde...' (Avot 4,17). 'Une seule heure', quand on élève tout à la racine de l'unité, comme dit.
Ainsi le laisse entendre le Midrach Tan'houma : 'si ses jours sont fixés (haroutsim)...' (Job 14,5) -- à propos de 'Tu as fixe ses décrets (houkav), il ne les transgressera pas'. Quand on veille à ne pas s'écarter de la voie de la Torah, on mérite d'atteindre ce qui a été décrété et destiné de toute éternité.
ופי' בחקותי תלכו. שהאדם נק' מהלך.
כמו בגוף הגשמיי הולך וגדל ומתחזק. כן צריכין בנ"י לראות להיות תהלוכות שלהם בצירוף החקיקה ורשימה של תורה ומצות החיות שברמ"ח איברים ושס"ה גידים כוחות הנשמה שתתרחב ותתחזק בכל יום.
כי הנה הקב"ה מחדש בטובו בכ"י מ"ב. ומכ"ש שכח הנשמה מקבל חיות חדש בכל יום.
אך הכל צריך להיות בהתעוררות התחתונים. לכן אמרו חז"ל שאסור לאכול קודם התפלה.
א"ת על הדם קודם שתתפללו על דמכם. פי' לבקש מקודם בכל חיות ברכה בחיות הנשמה וחיי עולם שנטע בתוכנו קודם שמבקש צורכי הגוף.
וכן אחז"ל בפסוק על עזבם את תורתי כו' ולא הלכו בה שלא ברכו בתורה תחילה. הוא כנ"ל שאם זוכר האדם בראשית הכל התורה יכול להמשיך ברכה שיתפשט ויתרחב הארת התורה בנפשו.
וזה בחקותי תלכו שיהי' ההילוך באמצעיות התורה. גם בחקותי ממש ב' בריתות שיש לכל איש ישראל תמיד מילה ותפילין מילה ושבת לזכור בהם תמיד שלא להיות נפרד מהם.
והשכר ע"ז והתהלכתי בתוככם. כמו שהאדם מתחזק שלא להיות נפרד מהש"י וחקותיו לשתף שם שמים בכל תהלוכותיו כנ"ל בחקותי תלכו.
כמו כן כביכול הקב"ה מצמצם קדושתו להיות מתהלך בתוכנו. וזה אמרם ז"ל עשה רצונו כרצונך כדי שיעשה רצונך כרצונו היינו בלי פירוד והשתנות כלל:
Et l'explication de 'Si vous marchez dans mes décrets' (Lev. 26,3) : l'homme est appelé 'marcheur'.
De même que dans le corps matériel il va, grandit et se fortifie, ainsi les enfants d'Israël doivent veiller à ce que leurs marches soient jointes à la gravure et à l'empreinte de la Torah et des mitsvot, la vitalité qui est dans les 248 membres et les 365 tendons, forces de l'âme, afin qu'elle s'élargisse et se fortifie chaque jour. Car voici, le Saint béni soit-Il renouvelle par Sa bonté chaque jour l'œuvre de la Création ; à plus forte raison la force de l'âme reçoit-elle une vitalité nouvelle chaque jour.
Mais tout doit se faire par l'éveil des êtres d'en bas. C'est pourquoi les sages ont dit qu'il est interdit de manger avant la prière : ne lis pas 'sur le sang' mais 'avant que vous ne priiez sur votre sang' (Berakhot 10b).
Cela signifie demander d'abord, dans toute vitalité, une bénédiction sur la vitalité de l'âme et la vie éternelle qu'Il à plantée en nous, avant de demander les besoins du corps. De même les sages ont dit sur le verset 'parce qu'ils ont abandonné ma Torah... et n'y ont pas marche' (Jer.
9,12) : 'ils n'ont pas d'abord béni sur la Torah' (Baba Metsia 85b). C'est comme dit : si l'homme se souvient qu'au commencement de tout est la Torah, il peut attirer une bénédiction pour que l'illumination de la Torah se répande et s'élargisse dans son âme.
Tel est 'dans mes décrets vous marcherez' : que la marche se fasse par l'entremise de la Torah. De même 'bechoukotai' au sens propre : les deux alliances (berit) que tout homme d'Israël possède en permanence -- la circoncision (mila) et les tefilin, la circoncision et le chabbat -- pour se souvenir d'elles constamment afin de ne pas s'en séparer.
La récompense pour cela : 'et Je marcherai au milieu de vous' (Lev. 26,12).
De même que l'homme se fortifie pour ne pas se séparer du Saint béni soit-Il et de Ses décrets, associant le nom du Ciel à toutes ses marches, comme dit 'dans mes décrets vous marcherez', de même, pour ainsi dire, le Saint béni soit-Il contracte (metsamtsem) Sa sainteté pour marcher au milieu de nous. C'est ce qu'ils ont dit : 'fais Sa volonté comme la tienne afin qu'Il fasse ta volonté comme la Sienne' (Avot 2,4), c'est-à-dire sans séparation ni changement aucun.
בפסוק ורדפו מכם חמשה מאה ומאה כו' רבבה. וקשה וכי כך החשבון.
וי"ל כי הרמז ורדפו מכם חמשה הוא הנבחרים מכללות ישראל שהם עומדים להלחם מלחמות ה'. כענין אלף נכנסים למקרא יוצאין מאה למשנה וא' לתלמוד.
כן הנבחרים מתוך כללות ישראל והמה באים בכח הכלל. ולכן יתכן שאם זוכין בנ"י להעמיד מאה אנשים כאלה בוודאי רבבה ירדופו.
ומצינו בגדולי ישראל שאמרו אין בנו כח לרדוף כו' הרי כי הרודפים הם כדוד וכדומה דכ' בי' ארדוף אויבי ואשיגם:
Sur le verset 'Cinq d'entre vous en poursuivront cent, et cent... dix mille' (Lev. 26,8).
Il est difficile : est-ce donc la le compte ? On peut dire que l'allusion 'cinq d'entre vous poursuivront' vise les élus de la collectivité d'Israël, ceux qui se tiennent prêts à mener les guerres de h'.
À la manière de : 'mille entrent à l'étude de l'Écriture, cent en sortent pour la Michna, et un pour le Talmud' (cf. Vayikra Rabba).
Ainsi les élus du sein de la collectivité d'Israël viennent avec la force du général. C'est pourquoi il est possible que si les enfants d'Israël méritent de faire tenir cent hommes de cette sorte, assurément ils en poursuivront dix mille.
Nous trouvons chez les grands d'Israël qui ont dit 'nous n'avons pas la force de poursuivre...', ce qui montre que les poursuivants sont tels que David et semblables, dont il est écrit 'je poursuivrai mes ennemis et je les atteindrai' (Ps. 18,38).
בפסוק והשיג לכם דיש כו' בציר ובציר כו' זרע. י"ל כי הם מדרגות בצדיקים שיש אנשים צדיקים שהם בחי' דיש הוא הבירור טוב מרע.
ויש גדולים מאלה נק' בציר ומחצדי חקלא שהם יכולין לקבל השפע היורדת משמים. ויש גדולים מאלה שנק' זרע שהם המעלין מ"נ במעשיהם הטובים.
ואלה הצדיקים צריכין להיות נמצאין תמיד בישראל לעלות תמיד ממדרגה למדרגה. ומיד יקום הפחות ממנו וימלא מקומו.
וזה השיג לכם דיש את בציר כנ"ל. וכמו כן נמצא אלה המדרגות בפרט כל איש ישראל ג"כ כי מה שיש בכלל יש בפרט:
Sur le verset 'et le battage (dayich) durera jusqu'aux vendangés (batsir), et les vendangés... jusqu'aux semailles (zera)' (Lev. 26,5).
On peut dire que ce sont des degrés parmi les justes : il y a des hommes justes qui sont l'aspect du 'battage', c'est le tri du bien d'avec le mal (berour) ; il y en a de plus grands, appelés 'vendangés' et 'moissonneurs du champ' (mehatsdei hakla), qui peuvent recevoir l'abondance descendant des cieux ; et il y en a de plus grands encore, appelés 'semence', qui font monter les eaux féminines (mayin noukvin) par leurs bonnes actions. Ces justes doivent se trouver constamment en Israël pour s'élever toujours de degré en degré.
Aussitôt se lève celui qui est en dessous de lui et prend sa place. Tel est 'le battage durera pour vous jusqu'aux vendangés', comme dit.
De même, on trouve aussi ces degrés en particulier chez chaque homme d'Israël, car ce qui est dans le général est dans le particulier.
תרמ"ד
5644 (תרמ״ד)
במד' חשבתי דרכי. בכל יום הייתי מחשב למקום פלוני אני הולך והיו רגלי מביאות אותי לבתי כנסיות כו' דכ' מה' מצעדי גבר כו' ודרכו יחפץ.
פי' שיש דרכים מיוחדים לאיש ישראל והעובד ה' אשר משתוקק תמיד למצוא הדרכים המיוחדים אליו ינחהו ה' בדרך האמת. כמ"ש והיו רגלי מביאות כו' ע"י זה שבכל יום היה מחשב ומשתוקק למצוא דרך ה'.
וז"ש אם בחקותי תלכו שהוא בכח האדם לראות הדרכים והחקיקות שחקק הקב"ה בנפש האדם כמ"ש במד' חוקים שהם חקוקים על היצה"ר כו'. פי' כמו שיש המשכות בהרגשת הנפש לתאות היצר.
מכ"ש שנמצא ממש מיוחד דרכים ושערים בנפש האדם מיוחדים להשי"ת. והם רשימות וחקיקות בנפש האדם.
אך להוציא מכח אל הפועל הוא בעזר השם ע"י הרצון של האדם והיגיעה בתורה כמ"ש יגעתי ומצאתי תאמין. וז"ש חשבתי דרכי לשון רבים שחישב תמיד למצוא הדרכים המיוחדים אליו.
ומרוב המחשבות שהרהר תמיד בהם היה לו סייעתא דשמיא. ואשיבה רגלי כו' הוא תיקון הטבע והרגילות להכניס בהם אור החכמה והדעת.
וכאשר חכמים הגידו הרהורי עבירה קשין מעבירה יש לנו ללמוד כי הרהורי מצוה נוחין מהמצוה גופה. שתיקון הנפש תלוי ברוב הרהור ותשוקה לעבודת הבורא ית':
Dans le Midrach : 'J'ai médite mes voies'. Chaque jour je calculais 'vers tel endroit je vais', et mes pieds me ramenaient aux maisons de prière..., car il est écrit 'de h' sont affermis les pas de l'homme, et Il agrée sa voie' (Ps.
37,23). Cela signifie qu'il y a des voies propres à chaque homme d'Israël, et le serviteur de h' qui aspire constamment à trouver les voies qui lui sont propres, h' le conduit dans la voie de la vérité.
Comme il est dit 'et mes pieds me ramenaient...', grâce à ce que chaque jour il méditait et aspirait à trouver la voie de h'. C'est le sens de 'si vous marchez dans mes décrets' : il est au pouvoir de l'homme de voir les voies et les gravures que le Saint béni soit-Il à gravées dans l'âme de l'homme, comme il est dit dans le Midrach : 'ce sont des décrets (houkim) qui sont graves sur le penchant au mal (yetser ha-ra)...'.
Cela signifie : de même qu'il y a des attractions dans le ressenti de l'âme vers les désirs du penchant, à plus forte raison se trouve-t-il, au sens propre, des voies et des portes particulières dans l'âme de l'homme, propres au Saint béni soit-Il ; ce sont des empreintes et des gravures dans l'âme de l'homme. Mais les faire passer de la puissance à l'acte se fait avec l'aide du Nom, par la volonté de l'homme et l'effort dans la Torah, comme il est dit 'j'ai peine et j'ai trouvé -- crois-le' (Meguila 6b).
C'est le sens de 'j'ai médite mes voies (derakhai)' au pluriel : il calculait toujours pour trouver les voies qui lui sont propres, et par l'abondance des pensées qu'il ruminait sans cesse, il obtint l'aide du Ciel. 'Et je ramènerai mes pieds...', c'est la réparation de la nature et de l'habitude, pour y introduire la lumière de la sagesse ('hokhma) et de la connaissance (daat). Et de même que les sages ont dit 'les pensées de transgression sont plus dures que la transgression' (Yoma 29a), nous avons à apprendre que les pensées de mitsva sont plus agréables que la mitsva elle-même, car la réparation de l'âme dépend de l'abondance de la réflexion et de l'aspiration au service du Créateur, qu'Il soit béni.
בפסוק ועץ השדה יתן פריו. דרשו חז"ל אילני סרק עתידין לעשות פירות.
נראה כי הכל תלוי בעבודת האדם כי האדם נק' עולם קטן ויש בו מכל פרטי הבריאה. וכפי התעוררות האדם בכל קומה שלימה שלו לעבודת השי"ת.
כך מעורר כל הברואים. וכמו שיש בעולם אילנות מפירות ויש אילני סרק.
כן נמצא כזה באדם אברים שהחיות מתרבה בהם. ויש שהחיות מועט בהם.
וכשהאדם מתקן הכל וזה כענין החוקים שאין האדם מרגיש הטעם. אעפ"כ נמשך אחר גזירת המלך.
ובזה מתקן אותן המקומות שאין החיות מתגלה בהם. וזהו אילני סרק שעתידין לעשות פירות.
הלא מצינו קורות ביתו של אדם מעידין עליו דכ' אבן מקיר וכפיס מעץ יעננה. מכל שכן הצדיק במעשים טובים בוודאי משמיע קולו למרחוק לעורר ישנים.
ומכש"כ בכללות ישראל כאשר יתקנו הכל אז ירננו כ"ע היער:
Sur le verset 'et l'arbre du champ donnera son fruit' (Lev. 26,4).
Les sages ont interprété : 'les arbres stériles produiront des fruits dans l'avenir'. Il apparaît que tout dépend du service de l'homme, car l'homme est appelé 'petit monde' (olam katan) et il y a en lui un reflet de tous les détails de la Création.
Selon l'éveil de l'homme dans toute sa stature entière au service du Saint béni soit-Il, ainsi il éveille toutes les créatures. Et de même qu'il y a dans le monde des arbres fruitiers et des arbres stériles, de même trouve-t-on cela chez l'homme : des membres dans lesquels la vitalité abonde, et d'autres dans lesquels la vitalité est faible.
Quand l'homme réparé tout -- et c'est à la manière des décrets (houkim) dont l'homme ne ressent pas la raison, mais néanmoins il suit le décret du Roi -- par cela il répare ces lieux dans lesquels la vitalité ne se révèle pas. Tels sont 'les arbres stériles qui produiront des fruits'.
Ne trouvons-nous pas que les poutres de la maison de l'homme témoignent contre lui, comme il est écrit 'la pierre criera de la muraille et le madrier du bois lui répondra' (Hab. 2,11) ?
À plus forte raison le juste, par ses bonnes actions, fait-il certainement entendre sa voix au loin pour éveiller les endormis. Et à plus forte raison la collectivité d'Israël : lorsqu'ils répareront tout, alors 'tous les arbres de la forêt jubileront' (Ps.
96,12).
תרמ"ו
5646 (תרמ״ו)
בפסוק אם בחקותי תלכו כו' ונתתי גשמיכם בעתם. יובן ע"פ מ"ש בפסוק ויתן לך האלקים דרשו חז"ל יתן ויחזור ויתן פרשנו שם שבנ"י מקבלין ההשפעה מידו של הקב"ה כי מתנה היא הניתן מיד ליד.
ואם כי הקב"ה מחי' כל הברואים. אבל בנ"י המה המקבלים המתנה וזה השבת שנק' מתנה טובה.
ונק' כלי המחזיק ברכה שלום. כי הנה הקב"ה מחדש בכ"י מעשה בראשית.
וזה ההתחדשות אין כולם יכולין לקבל ובנ"י הם כלים לקבל זאת ההתחדשות. כדכ' החודש הזה לכם.
והכל ע"י שמבטלין עצמם אליו ית'. וזה הטעם בחקותי תלכו כו' ונתתי גשמיכם בעתם פי' בכל עת הצורך משפיע להם הקב"ה מחדש.
ולא כקבלת כל הברואים בדרך הטבע שהטביע הקב"ה להיות נמצא קיום הטבע מכח הנטבע בו. אבל בני ישראל ניתן להם בכל עת מחדש כנ"ל:
Sur le verset 'si vous marchez dans mes décrets... et Je donnerai vos pluies en leur temps' (Lev. 26,3-4).
On le comprend d'après ce qui est dit sur le verset 'et que Dieu te donne' (Gen. 27,28) : les sages ont interprété 'qu'Il donne, qu'Il redonne encore'.
Nous avons expliqué la que les enfants d'Israël reçoivent l'influx (hachpaa) de la main du Saint béni soit-Il, car c'est un don (matana) qui se donne de main à main. Et bien que le Saint béni soit-Il fasse vivre toutes les créatures, ce sont les enfants d'Israël qui reçoivent le don ; c'est le chabbat, appelé 'un bon présent' (Chabbat 10b), et appelé 'le récipient qui contient la bénédiction, la paix'.
Car voici, le Saint béni soit-Il renouvelle chaque jour l'œuvre de la Création, et ce renouvellement, tous ne peuvent le recevoir ; les enfants d'Israël sont les récipients aptes à recevoir ce renouvellement, comme il est écrit 'ce mois-ci est pour vous' (Ex. 12,2).
Et tout cela parce qu'ils s'annulent devant Lui, qu'Il soit béni. Telle est la raison de 'dans mes décrets vous marcherez... et Je donnerai vos pluies en leur temps' : cela signifie qu'à chaque fois que le besoin s'en fait sentir, le Saint béni soit-Il leur dispense à nouveau l'influx.
Non pas comme la réception de toutes les créatures par la voie de la nature, que le Saint béni soit-Il à imprimée de sorte que la subsistance de la nature provienne de la force qui y est imprimée ; mais aux enfants d'Israël il est donné à chaque instant à neuf, comme dit.
והנה חז"ל דרשו תלכו להיות עמלים בתורה. וא"כ נכלל ג' המדרגות מחשבה דיבור מעשה.
כי מצותי תשמרו היא הרצון כמ"ש רש"י ע"מ לעשות וע"י דיבור ומחשבה זוכה אח"כ לעשות כי העשי' קשה מכולן. ועיקר ע"מ לעשות הוא לתקן עצמותו כמ"ש חז"ל ועשיתם אותם כאילו עשיתם את עצמיכם.
כי תרי"ג מצות מתקנים אברי וגידי האדם. ועי"ז זוכה לקבל הנפש ונשמה ונקרא ברי' חדשה.
והכל ע"י היגיעה בתורה כמ"ש בזוה"ק בפ' ישרצו המים כו' נפש חי':
Or les sages ont interprété 'vous marcherez' comme 'peiner dans la Torah'. Ainsi sont inclus les trois degrés : pensée, parole, action.
Car 'et vous garderez mes commandements' est la volonté, comme l'écrit Rachi 'en vue d'accomplir' ; et par la parole et la pensée on mérite ensuite d'accomplir, car l'action est la plus difficile de toutes. L'essentiel de 'en vue d'accomplir' est de réparer sa propre substance, comme l'ont dit les sages sur 'et vous les ferez (ve-assitem otam)' : comme si vous vous étiez faits vous-mêmes (Vayikra Rabba).
Car les 613 mitsvot réparent les membres et les tendons de l'homme ; par cela il mérite de recevoir le nefech et la nechama, et il est appelé 'une créature nouvelle'. Et tout cela par l'effort dans la Torah, comme il est écrit dans le saint Zohar sur la paracha 'que les eaux fourmillent...' (Gen.
1,20), 'une âme vivante (nefech haya)'.
תרמ"ז
5647 (תרמ״ז)
« J'ai considéré mes voies » (Tehilim 119,59) : le Sfat Emet rapporte de son maître et grand-père que chacun répare une chose qu'aucun autre ne peut réparer, et chaque heure a son objet ; néanmoins, du particulier il faut devenir un tout. Les statuts (houkim) ont plusieurs degrés et une racine dans tous les mondes. En accomplissant le sens simple des commandements, on mérite leur intériorité, degré après degré, dans l'ensemble d'Israël. « Si vous marchez dans mes statuts » (Vayikra 26,3) est le mérite d'accéder à ce degré, et « Je donnerai vos pluies en leur temps » (Vayikra 26,4) est mesure pour mesure : on élève les actions pour Son Nom, et D.ieu répand le flux matériel depuis la racine supérieure.
Aussi : les observateurs de la chemita reçoivent une force et une âme nouvelles ; peiner dans la Torah même sans en saisir le sens ; la tokhaha punit le corps en ce monde, l'alliance des fils ne se rompant pas
במד' חשבתי דרכי כו' אמו"ז ז"ל אמר ע"פ המשנה אם אין אני לי מי לי. כי כל אדם צריך לתקן דבר מיוחד שאין אחר יכול לתקנו וכמו כן כל שעה מיוחד לענין אחד.
וזה וא"ל עכשיו אימתי. ומ"מ מהפרט צריך להעשות כלל וזה כשאני לעצמי מה אני.
וז"ש המדרש בכל יום הייתי מחשב למקום פלוני כו' בפרטות ואח"כ ואשיבה רגלי להכלל עכ"ד פח"ח. ולהוסיף ביאור ע"ד קדשו.
כי החקים והמצות יש להם כמה מדרגות ולהם שורש בכל העולמות כמ"ש במד' חקים שבהם חקקתי שמים וארץ חקים שחקוקים על היצר. חקים שמביאין האדם לחיי עוה"ב.
ודורש שם עוד בחקותי ממש שהם חקים של הקב"ה שמקיים אותם ע"ש. וע"ז אמרו חז"ל מצוה גוררת מצוה שכר מצוה מצוה.
פי' ע"י שמקיימים בעוה"ז פשטי המצות זוכין לפנימיות המצות מדרגה אחר מדרגה. ובוודאי בפרט א"א ליחיד לעשות המצוה כראוי לעורר שורש העליון.
רק בכלל ישראל נמצא כל אלה המדרגות. וז"ש מקודם חשבתי דרכי שהוא בפרט וגם שבתחילה הוי כמו לגרמייהו לתקן הנפש.
אך אח"כ זוכין ע"י שמכניסין עצמו בכלל לקיים המצוה לשמו ית' בלבד. כמ"ש ואשיבה כו' עדותיך דייקא.
וזה בחקותי תלכו שהוא זכי' גדולה לזכות למדרגה זו. לכן השכר ונתתי גשמיכם בעתם היא מדה במדה ע"י שמעלין כל המעשים לשמו ית' ממש כנ"ל אז הקב"ה משפיע לבנ"י שגם הגשמיות ושפע היורדת לעולם יהיה נמשך משורש העליון כי עת הוא השורש כמ"ש לכל עת כו':
Dans le Midrach : 'J'ai considéré mes voies' (Ps 119,59) etc. Mon maître et grand-père, de mémoire bénie, l'à expliqué selon la Michna (Avot 1,14) : 'Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ?' Car chaque homme doit réparer une chose particulière qu'aucun autre ne peut réparer, et de même chaque heure est destinée à un objet particulier ; c'est : 'Et si pas maintenant, quand ?' Néanmoins, à partir du particulier il faut devenir un tout, et c'est : 'Et quand je suis pour moi-même, que suis-je ?' Et c'est ce que dit le Midrach : chaque jour je pensais aller à tel endroit etc. en particulier, puis 'et je ramène mes pas' vers le tout ; fin de ses paroles, paroles pleines de grâce.
Et pour ajouter une explication selon sa sainte parole : car les statuts (houkim) et les commandements ont plusieurs degrés, et ils ont une racine dans tous les mondes, comme dit le Midrach : des statuts par lesquels j'ai grave les cieux et la terre ; des statuts qui sont graves sur le penchant (yetser) ; des statuts qui amènent l'homme à la vie du monde à venir. Et il exposé la-bas encore : 'Bechoukotai' (dans mes statuts) au sens propre, qui sont les statuts du Saint béni soit-Il qu'Il accomplit Lui-même ; voir la-bas.
À ce propos nos Sages ont dit : une mitsva en entraîne une autre, la récompense d'une mitsva est une mitsva (Avot 4,2). C'est-à-dire : en accomplissant dans ce monde le sens simple des commandements, on mérite l'intériorité des commandements, degré après degré.
Et certes, en particulier, il est impossible à un individu d'accomplir le commandement comme il convient pour éveiller la racine supérieure ; ce n'est que dans l'ensemble d'Israël que se trouvent tous ces degrés. Et c'est ce qui est dit d'abord 'J'ai considéré mes voies', qui est le particulier, et aussi qu'au début c'est comme 'pour soi-même', pour réparer l'âme.
Mais ensuite on mérite, en s'integrant dans le collectif, d'accomplir le commandement pour Son Nom seul, béni soit-Il, comme dit 'et je ramène... vers tes témoignages' précisément. Et c'est 'Si vous marchez dans mes statuts' (Lev 26,3), qui est un grand mérite d'accéder à ce degré.
C'est pourquoi la récompense 'Je donnerai vos pluies en leur temps' (Lev 26,4) est mesure pour mesure : parce qu'on élève toutes les actions véritablement pour Son Nom, béni soit-Il, comme ci-dessus, alors le Saint béni soit-Il répand sur les enfants d'Israël que même la matérialité et le flux qui descend dans le monde soit tire de la racine supérieure, car 'le temps' (et) est la racine, comme il est dit 'à toute chose son temps' (Eccl 3,1) etc.
בפסוק ונתתי גשמיכם בעתם. כבר כתבתי לעיל הפי' להיות השפע דבוק בשורש.
ונסמך לפ' שמיטין ויובלות כי ע"י אלו המצות היה הברכה בארץ ישראל משורש העליון וכתיב אשריך ארץ שמלכך בן חורים והוא כשהיו בנ"י שולטין על הארץ שהם דביקות בחירות ונק' בן חורין מכח התורה כדכ' חז"ל אין לך ב"ח אלא העוסק בתורה. ושריך בעת יאכלו הוא כמ"ש בעתם.
בגבורה ולא בשתי בגבורה של תורה כדכ' גבורי כח כו' דרשו חז"ל בשומרי שביעית. שנמסר בידם כח מעשיו.
והם כ"ח עתים שהוא הנהגתו ית' את כל העולם. וזה הכח נמסר לבנ"י.
ואיתא בזו"ח ע"פ וקוי ה' יחליפו כח שהוא בשמיטין ויובלות. פי' ששומרי שביעית נק' קוי ה' שבוטחין בו ית' בלבד ואין זורעין וחורשין.
ולכן מקבלין כח חדש ונשמה חדשה מלמעלה. כדאיתא בזוה"ק בכוחך זו נשמתא וכן בכל ש"ק ניתוסף בישראל נשמה יתירה והיא גם כן.
בכלל קוי ה' יחליפו כח:
Sur le verset 'Je donnerai vos pluies en leur temps'. J'ai déjà écrit ci-dessus l'explication : que le flux soit attaché à la racine.
Et cela est juxtaposé au passage des années sabbatiques (chemitot) et des jubilés (yovlot), car par ces commandements la bénédiction était en terre d'Israël depuis la racine supérieure. Et il est écrit : 'Heureux, pays, dont le roi est un fils d'hommes libres' (Eccl 10,17) ; c'est lorsque les enfants d'Israël dominaient sur la terre, eux qui sont attachés à la liberté et sont appelés 'fils libres' par la force de la Torah, comme l'ont dit nos Sages : il n'y a d'homme libre que celui qui s'adonne à la Torah (Avot 6,2).
Et 'ses princes mangent au temps voulu' est comme dit 'en leur temps' ; 'avec force (guevoura) et non dans l'ivresse' - avec la force de la Torah, comme il est écrit 'héros de force' (Ps 103,20) etc., que nos Sages ont interprété comme désignant les observateurs de la septième année, auxquels à été confiée la force de Ses actes. Et ce sont les vingt-huit temps (כ״ח = 28, en jeu de mots avec koach, la force) qui sont Sa conduite, béni soit-Il, de tout le monde ; et cette force fut confiée aux enfants d'Israël.
Et il est rapporté dans le Zohar Hadach, sur le verset 'ceux qui espèrent en l'Éternel renouvellent leur force' (Is 40,31), que cela concerne les chemitot et les yovlot. C'est-à-dire que les observateurs de la septième année sont appelés 'ceux qui espèrent en l'Éternel', car ils se confient en Lui seul, béni soit-Il, et ne sèment ni ne labourent ; c'est pourquoi ils reçoivent une force nouvelle et une âme nouvelle d'en haut, comme il est rapporté dans le saint Zohar : 'par ta force' (be-kochakha), c'est l'âme.
Et de même, chaque saint Chabbat, il s'ajoute en Israël une âme supplémentaire, et cela aussi entre dans 'ceux qui espèrent en l'Éternel renouvellent leur force'.
תרמ"ח
5648 (תרמ״ח)
אם בחקותי תלכו כו' ונתתי גשמיכם בעתם. היינו בעתם דחקותי ומצותי.
דהנה יש כ"ח עתים שהעולם מתנהג בהם כמ"ש לכל זמן ועת כו' תחת השמים. אבל יש עת למעלה מכל אלה העתים והוא הנהגה שבכח התורה.
ובמד' מטות שלש מתנות כו' אימתי כשהן מתנות שמים ובאין בכח התורה כו'. שבתי וראה תחת השמש כו' לא לחכמים כו' עושר כו' עת ופגע יקרה.
ע"י שהעתים משתנים כנ"ל ועוד שם אל יתהלל חכם כו' בזאת יתהלל כו' ע"ש. ומדכתיב אל יבא בכל עת כו' בזאת יבא כו'.
משמע דהיינו דכ' כ"א בזאת הוא עת רצון. שכולל כל העתים שלמטה.
ובנ"י צריכין לקבל כל אלה הדברים בכח התורה ומצות והן מתנות שמים כמ"ש ונתתי וע"ז כתיב השכל וידוע אותי. שיהיה דביקות לאלה המתנות בו ית"ש.
וכמו שיש בהנהגת הטבע עתים מיוחדים. כן יש בשורש התורה עתים מיוחדים שבתות וי"ט שבהם נפתחין שערי ברכה.
ואלה העתים מיוחדים לבנ"י וזוכין לזה אם בחקותי תלכו. פי' אמו"ז ז"ל להיות נשאר רשימה וחקיקה בלב מדברי תורה ודפח"ח שזה הוא בחי' תורה שבע"פ.
וע"ז אמרו עשה תורתך קבע וצריך האדם לילך תמיד בזאת הרשימה וחקיקה שנחקק בו מן התורה. כמ"ש בזוה"ק ואתחנן פי' ודברת בם בשבתך כו' להנהיג כל הדברים ע"פ התורה.
וכ' מקודם אשר אנכי מצוך היום. שבכל יום מתחדש חקיקה מדברי תורה באיש ישראל.
וצריך האדם להלוך בזה כל היום. וזהו בחקותי תלכו.
ולכן השכר גשמיכם בעתם כמ"ש לעיל:
'Si vous marchez dans mes statuts' etc. 'Je donnerai vos pluies en leur temps' : c'est-à-dire en leur temps, celui de mes statuts et de mes commandements. Car voici, il y a vingt-huit temps par lesquels le monde est conduit, comme il est dit 'à tout il y a un moment, et un temps... sous les cieux' (Eccl 3,1).
Mais il y a un temps au-dessus de tous ces temps, et c'est la conduite qui est par la force de la Torah. Et dans le Midrach Matot : trois dons etc. - quand ?
Lorsqu'ils sont des dons du Ciel et viennent par la force de la Torah etc. 'Je me suis retourne et j'ai vu sous le soleil... que le pain n'est pas aux sages... ni la richesse..., mais temps et accident les atteignent tous' (Eccl 9,11) - parce que les temps changent, comme ci-dessus. Et encore la-bas : 'Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse...' (Jer 9,22), 'mais que celui-ci se glorifie de ceci...' (Jer 9,23), voir la-bas.
Et de ce qu'il est écrit 'qu'il n'entre pas en tout temps dans le sanctuaire' (Lev 16,2), 'avec ceci il entrera' (Lev 16,3), cela laisse entendre que ce qui est écrit 'ceci' (be-zot) est un temps de faveur, qui inclut tous les temps d'en bas. Et les enfants d'Israël doivent recevoir toutes ces choses par la force de la Torah et des commandements, et ce sont des dons du Ciel, comme dit 'Je donnerai' ; à ce propos il est écrit 'de comprendre et de me connaître' (Jer 9,23) : que ces dons soient attachés à Lui, béni soit Son Nom.
Et de même qu'il y a dans la conduite de la nature des temps particuliers, de même il y a dans la racine de la Torah des temps particuliers - les Chabbats et les fêtes - où s'ouvrent les portes de la bénédiction ; et ces temps sont particuliers aux enfants d'Israël, et on y accède 'Si vous marchez dans mes statuts'. Explication de mon maître et grand-père, de mémoire bénie : qu'il reste une trace et une gravure dans le cœur des paroles de Torah - et ce sont des paroles pleines de grâce - car c'est l'aspect de la Torah orale.
À ce propos on a dit : 'fais de ta Torah une chose permanente' (Avot 1,15) ; et l'homme doit marcher toujours dans cette trace et cette gravure qui a été gravée en lui par la Torah, comme dit le saint Zohar, Vaetchanan : l'explication de 'tu en parleras, quand tu seras assis...' (Deut 6,7), c'est de conduire toutes les choses selon la Torah. Et il est écrit auparavant 'que je te commande aujourd'hui' (Deut 6,6) : chaque jour se renouvelle une gravure des paroles de Torah dans l'homme d'Israël, et l'homme doit marcher en cela tout le jour ; et c'est 'Si vous marchez dans mes statuts'.
C'est pourquoi la récompense est 'vos pluies en leur temps', comme dit ci-dessus.
תרמ"ט
5649 (תרמ״ט)
תלכו פרש"י מת"כ להיות עמלים בתורה. זהו נק' עמל בתורה להלוך בחקיו ית' לכן אפילו אינו מבין מ"מ מייגע עצמו בתורה שחביב בעיניו להגות במאמרו יתברך אפילו שאינו זוכה להשיג הטעם.
כי התורה נעלמה מעיני כל חי והאדם צריך לעסוק בתורה אחר הידיעה שא"א להשיג א' מני אלף שבה. ואז יש לו חלק בשורש התורה.
לכן כתב המהר"ל שמברכין לעסוק בדברי תורה הגם שא"י להשיג מ"מ עוסק הוא בתורה. וכ"ה תמיד בזוה"ק לאשתדלא באורייתא.
ובגמ' נדרים ולא הלכו בה שלא בירכו בתורה תחלה. פי' פשיטא אחר שזוכין לטעום טעמי תורה.
מי פתי לא יתמלא שמחה וחדוה לברכו ית'. אך העיקר בתחילה קודם שמשיג רק מתאוה להגות בדברי קודש דברי א-להים חיים.
ומסיים הפסוק ונתתי גשמיכם. כי הגם שאז"ל שכר מצוה בהאי עלמא ליכא.
היינו מצד השכל ועבודת האדם כך הוא. אבל באמת הש"י נתן חוק להיות כל עוה"ז תלוי בתורה.
כדאיתא באורייתא ברא קוב"ה עלמא. וזאת התקשרות היא למעלה מן השכל.
ומי שמבטל עצמו כענין בחקותי תלכו כו'. אז התורה נותנת לו מזון גם בעוה"ז כנ"ל:
'Vous marchez' - Rachi expliqué, d'après la Torat Kohanim : être laborieux dans la Torah. C'est ce qu'on appelle peiner dans la Torah : marcher dans Ses statuts, béni soit-Il.
C'est pourquoi, même s'il ne comprend pas, il se fatigue néanmoins dans la Torah, car il lui est cher de méditer sur Sa parole, béni soit-Il, même s'il ne parvient pas à en saisir le sens. Car la Torah est cachée aux yeux de tout vivant (Job 28,21), et l'homme doit s'occuper de la Torah avec la conscience qu'il est impossible d'en saisir un sur mille ; et alors il à une part dans la racine de la Torah.
C'est pourquoi le Maharal à écrit qu'on bénit avec la formule 'de s'occuper des paroles de Torah' : bien qu'on ne puisse pas tout saisir, on s'occupe néanmoins de la Torah. Et il en est ainsi toujours dans le saint Zohar : 's'efforcer dans la Torah' (le-ichtadla be-oraita).
Et dans la Guemara Nedarim (81a) : '...et ils n'y ont pas marche' (Jer 9,12) - qu'ils n'ont pas béni la Torah au préalable. C'est-à-dire : il est évident qu'après avoir mérité de goûter les saveurs de la Torah, quel homme naïf ne se remplirait pas de joie et d'allégresse pour Le bénir, béni soit-Il ?
Mais l'essentiel est au début, avant de saisir, quand il ne fait que désirer méditer sur les paroles saintes, les paroles du Dieu vivant. Et le verset conclut : 'Je donnerai vos pluies'.
Car bien que nos Sages aient dit 'il n'y a pas de récompense pour la mitsva en ce monde' (Kiddouchin 39b), cela vaut du côté de l'intellect et du service de l'homme ; il en est ainsi. Mais en vérité l'Éternel, béni soit-Il, à établi un statut (hok) que tout ce monde dépende de la Torah, comme il est rapporté : 'par la Torah le Saint béni soit-Il à créé le monde' (Zohar) ; et ce lien est au-dessus de l'intellect.
Et celui qui s'annule, comme dans 'Si vous marchez dans mes statuts' etc., alors la Torah lui donne nourriture même en ce monde, comme ci-dessus.
והנה בחקותי תלכו. מצותי תשמרו ועשיתם כולל מחשבה דיבור ומעשה.
ובמד' ועשיתם כאילו עשיתם אתם. עצמכם.
זוכה לרוה"ק ע"ש כל הג' מדרגות הם כמ"ש אשר קדשנו במצותיו הוא שורש המצוה בשמים. וצונו הוא בדיבור בתורה.
להתעטף להניח הוא המעשה. דכמו שיש באדם נ"ר נשמה בכל הג' יש שורש התרי"ג מצות.
במעשה הוא תיקון רמ"ח ושס"ה אברי הנפש. בדיבור הרוח.
ובמחשבה הנשמה. וכן יש ג' עולמות שיש לכל ישראל חלק בהם וכולם מתוקנים ע"י המצות.
עצמכם תיקון נפש האדם. עשיתם אתם היינו המצות הכתובין בתורה.
רוה"ק הוא השורש בשמים. וע"ז מבקשין ויהי נועם ה' עלינו בחי' רוה"ק הנ"ל.
ומעשה ידינו כוננה עלינו הוא עשיות תיקון הנפש. ומעש"י כוננהו הוא עשיתם אתם המצות הכתובין בתורה.
ודו"ק:
Et voici : 'Si vous marchez dans mes statuts, si vous gardez mes commandements et les accomplissez' (Lev 26,3) - cela inclut la pensée, la parole et l'action. Et dans le Midrach : 'et vous les ferez' (ve-assitem) - comme si vous vous étiez faits vous-mêmes ; on mérite l'esprit saint, voir la-bas.
Les trois degrés sont comme il est dit : 'qui nous à sanctifiés par ses commandements' - c'est la racine du commandement dans les cieux ; 'et nous à ordonné' (ve-tsivanou) - c'est par la parole, dans la Torah ; 'de s'envelopper du talit, de poser les tefillin' - c'est l'action. Car de même qu'il y a dans l'homme le nefech, le roua'h et la nechama, dans ces trois il y a la racine des 613 commandements : dans l'action, c'est la réparation (tikoun) des 248 membres et des 365 tendons du nefech ; dans la parole, le tikoun du roua'h ; et dans la pensée, le tikoun de la nechama.
Et de même il y a trois mondes dans lesquels tout Israël à une part, et tous sont réparés par les commandements : 'vous-mêmes' (atsmekhem) - la réparation du nefech de l'homme ; 'vous les avez faits' (assitem otam) - ce sont les commandements écrits dans la Torah ; 'l'esprit saint' - c'est la racine dans les cieux. Et à ce propos on demande : 'Que la faveur de l'Éternel notre Dieu soit sur nous' (Ps 90,17) - l'aspect de l'esprit saint mentionné ci-dessus ; 'et affermis pour nous l'œuvre de nos mains' - c'est l'accomplissement de la réparation du nefech ; 'et l'œuvre de nos mains, affermis-la' - c'est 'vous les avez faits', les commandements écrits dans la Torah.
Et examine bien.
תרנ"א
5651 (תרנ״א)
אם בחקותי תלכו כו' ונתתי כו' ועץ השדה יתן פריו. ודרשו חז"ל אפילו אילני סרק עתידין לעשות פירות.
ועוד בת"כ שברכות אלו יהיו כמו שהי' בזמן אדה"ר ע"ש. והענין הוא כי ע"י התורה צריכין לתקן החטא להוציא אדמה מארורה שנעשה ע"י החטא.
שבאמת הכל תלוי באדם שהוא עולם קטן. וע"י שנתערב בו פסולת ממילא גם בעולם קוץ ודרדר תצמיח.
ועיקר התיקון בחקותי תלכו שהוא היפוך חטא הראשון מעץ הדעת והייתם כאלקים יודעי. אבל העיקר הוא לעשות רצונו ית' ולא השכלת הדעת בלבד.
ולכן אבותינו הקדימו נעשה לנשמע לברר שהעיקר העשי'. ולא מה שהדעת מסכים כי זה הדרך מסוכן שיש בו תערובת טו"ר.
אם כי הדעת מתנה טובה היא אבל להיות בטל אל העשי' היינו כשלומד לשמה ע"מ לעשות. ולשון ע"מ.
פי' שאינו סומך על בינתו וח"ו אם יסור לבו ע"י הדעת מבטל כל דעתו ואינו רוצה ללמוד ולהבין רק בתנאי לעשות ואז תלמודו מתקיים בידו ובא לידי מעשה. ולימוד זה נק' עמלים בתורה לייגע עצמו לעמוד על רצונו ית' שלא יהיה שגגת לימוד עולה זדון.
וע"י שמירת החוקים כנ"ל מתקנין חטא הראשון ומתברר הטוב מתערובת הפסולת. וממילא נתקן כל העולם.
ובמדרש חשבתי דרכי כו'. הוא ענין רצוא ושוב כי באמת צריך האדם לחפש בדעתו כפי השגת ידו.
אבל בכל עת צריכין לחזור להיבטל אל חקות הבורא ית"ש. והוא ענין ימי המעשה חשבתי דרכי כו' ובשבת ואשיבה רגלי כו' אבל באמת ב' עבודות אלו הם נוהגין תמיד.
והעיקר הוא העזר אלקי מתורה ומצות וז"ש דוד והיו רגלי מביאות אותי כי תכלית כל העבודות לזכות בסוף לסייעתא דשמיא:
'Si vous marchez dans mes statuts' etc. 'Je donnerai' etc. 'et l'arbre des champs donnera son fruit' (Lev 26,4). Et nos Sages ont interprété : même les arbres stériles produiront des fruits à l'avenir.
Et encore dans la Torat Kohanim : que ces bénédictions seront comme au temps du premier homme (Adam), voir la-bas. Et l'idée est que, par la Torah, il faut réparer la faute, faire sortir la terre de sa malédiction, survenue par la faute.
Car en vérité tout dépend de l'homme, qui est un petit monde (microcosme) ; et parce qu'une scorie s'est mêlée en lui, de ce fait dans le monde aussi 'elle fera pousser épines et ronces' (Gen 3,18). Et l'essentiel de la réparation est 'Si vous marchez dans mes statuts', qui est l'oppose de la première faute, celle de l'arbre de la connaissance : 'et vous serez comme des êtres divins, connaissant le bien et le mal' (Gen 3,5).
Mais l'essentiel est d'accomplir Sa volonté, béni soit-Il, et non le seul discernement de l'intellect. C'est pourquoi nos pères ont fait précéder 'nous ferons' à 'nous écouterons' (Ex 24,7), pour établir que l'essentiel est l'action, et non ce à quoi l'intellect consent, car cette voie-la est dangereuse, comportant un mélange de bien et de mal.
Bien que l'intellect soit un bon don, il doit cependant s'annuler devant l'action, c'est-à-dire lorsqu'on étudie pour elle-même (lichma), afin d'accomplir. Et l'expression 'afin de' (al menat) : c'est-à-dire qu'il ne s'appuie pas sur son propre entendement, et - à Dieu ne plaise - si son cœur venait à se détourner à cause de l'intellect, il annule tout son raisonnement et ne veut étudier et comprendre qu'à la condition d'accomplir ; alors son étude se maintient entre ses mains et aboutit à l'action.
Et cette étude s'appelle 'peiner dans la Torah' : se fatiguer pour saisir Sa volonté, béni soit-Il, afin que 'l'erreur de l'étude ne devienne pas une faute volontaire' (Avot 4,13). Et par l'observance des statuts, comme ci-dessus, on répare la première faute, et le bien se clarifie du mélange de la scorie ; et de ce fait tout le monde est réparé.
Et dans le Midrach 'J'ai considéré mes voies' etc. - c'est l'affaire du 'aller et revenir' (ratso va-chov, Ez 1,14). Car en vérité l'homme doit chercher par son intellect selon la portée de ses moyens, mais à tout moment il faut revenir s'annuler devant les statuts du Créateur, béni soit Son Nom.
Et c'est l'affaire des jours ouvrables : 'J'ai considéré mes voies' etc., et au Chabbat : 'et je ramène mes pas' etc. Mais en vérité ces deux services ont cours en permanence, et l'essentiel est l'aide divine venant de la Torah et des commandements.
Et c'est ce que dit David : 'et mes pieds me ramenaient' - car le but de tous les services est de mériter, en fin de compte, l'assistance du Ciel (siyata di-chmaya).
תרנ"ב
5652 (תרנ״ב)
במד' חשבתי דרכי בכל יום הייתי מחשב במקום פלוני אני הולך והיו רגלי מביאות אותי לב"כ ובתמ"ד. כי האדם שיש לו דעת מחויב לייגע עצמו בשכלו לידע את דרך הישר והצדק.
אבל באמת אין בכח שכל האדם בעצמו למצוא דרך הישר. אך צריך לבטל כל שכלו להתורה ומצות ה'.
ובזה הביטול שמבטל שכלו לבסוף מתעלה גם כל המחשבות שהתבונן בשכלו למצוא דרך הישר. וז"ש חשבתי דרכי כו' בכל יום שהיו לי כמה מחשבות ועצות ולבסוף היו רגלי מביאות לבטל עצמי אל עדותיך.
וז"ש בחקותי תלכו להיות עמלים בתורה. והליכה היא בשכל ודעת רק שיהי' תכלית כל השכל לבטל עצמו לחוקות ה'.
כמ"ש במ"א פי' הפסוק בתורת ה' חפצו ובתורתו יהגה ואחז"ל משעמל בה נק' תורתו. אעפ"כ בתורת ה' חפצו דייקא שהגם שיש לו הרבה חכמה ודעת ובתורתו יהגה יומם ומ"מ עיקר חפצו בתורת ה' כי תורת ה' אין לה חקר וצריך האדם לייגע בתורה למצוא רצונו ית' ולבטל שכל עצמו כי חכמת מה לו:
Dans le Midrach : 'J'ai considéré mes voies' - chaque jour je pensais 'je vais à tel endroit', et mes pieds me ramenaient à la synagogue et à la maison d'étude. Car l'homme qui possède l'intellect est tenu de se fatiguer par sa raison pour connaître la voie droite et juste.
Mais en vérité il n'est pas au pouvoir de l'intellect de l'homme, par lui-même, de trouver la voie droite ; il faut plutôt annuler tout son intellect devant la Torah et les commandements de l'Éternel. Et par cette annulation, en annulant son intellect, finalement s'élèvent aussi toutes les pensées qu'il à conçues par sa raison pour trouver la voie droite.
Et c'est ce qui est dit 'J'ai considéré mes voies' etc. chaque jour : j'avais bien des pensées et des projets, et finalement mes pieds me ramenaient à m'annuler devant tes témoignages. Et c'est ce que dit 'Si vous marchez dans mes statuts' : être laborieux dans la Torah ; et la marche se fait par l'intelligence et la raison, seulement que le but de tout l'intellect soit de s'annuler devant les statuts de l'Éternel.
Comme je l'ai expliqué ailleurs, le sens du verset 'dans la Torah de l'Éternel est son désir, et dans sa Torah il médite' (Ps 1,2), et nos Sages ont dit : des qu'il peine en elle, elle est appelée 'sa Torah' (Avoda Zara 19a). Néanmoins, 'dans la Torah de l'Éternel est son désir' - précisément : bien qu'il ait beaucoup de sagesse et de savoir, et qu'il médite dans sa propre Torah jour et nuit, son désir essentiel demeure la Torah de l'Éternel ; car la Torah de l'Éternel est insondable, et l'homme doit peiner dans la Torah pour trouver Sa volonté, béni soit-Il, et annuler son propre intellect - car qu'est-ce que sa propre sagesse ?
תרנ"ד
5654 (תרנ״ד)
במד' ועתה בנים שמעו לי ואשרי דרכי ישמורו אשרי ואשריכם כשיתקיימו כל התנאים הללו כו'. דהנה המפ' הקשו למה לא נאמר בתוכחה שכר ועונש הנפש רק מענין הגוף בעוה"ז.
אכן באמת עיקר כריתות הברית ביחוד לבנ"י הוא בעוה"ז דוקא. כי הג"ע לצדיקים וגיהנם לרשעים כבר הוכן מימי בראשית.
אבל לבנ"י בקבלת התורה נכרת עמהם ברית שנקראו בנים. וכדאיתא בזוה"ק ההפרש שבין עבד לבן שעבד יכולין לגרשו אבל הבן א"א לגרש רק ליסרו להפוך דעתו לטוב.
וזה החילוק בין עשרה מאמרות שניתן הבחירה לאדם כמ"ש במשנה להפרע ולתת שכר. הרי אמרו שיכולין הרשעים לאבד העולם שנברא בעשרה מאמרות.
ועליהם נאמר ומשלם לשונאיו אל פניו להאבידו. אבל העשרת הדיברות הם גזירות והנהגות אמיתיות חיים וקיימים לעד.
ולכן ניתן עם התורה כל העונשים שבעוה"ז כמ"ש סייף ומקל ירדו עם התורה וז"ש בתוך העונשין וזכרתי כו' בריתי יעקב כו' כי זה כריתות הברית שאע"פ שיחטאו יענשו בעוה"ז ולא יהיו נכרתין ח"ו משורש דביקותם בהקב"ה ובוודאי כן הוא בכלל ישראל וזה עצמו מ"ש הראשונים ז"ל כי אפי' תמה זכות אבות ברית אבות לא תמה. פי' זכות האבות שמסייעת שילכו בנ"י בדרך אבות.
אבל אפי' כשיתרחקו מדרך האבות. הי' הברית שיענשו בגוף עד שיתקנו מעשיהם לטוב.
ולכן אמר אשרי ואשריכם כמ"ש רש"י ז"ל פ' נצבים הואיל ונשבע לאבותיכם וא"י לנתק מכם לכן אוסר אתכם בשבועות הללו ע"ש:
Dans le Midrach : 'Et maintenant, fils, écoutez-moi ; heureux ceux qui gardent mes voies' (Prov 8,32) - 'heureux moi et heureux vous', quand toutes ces conditions se réaliseront etc. Car voici, les commentateurs ont soulève la difficulté : pourquoi n'est-il pas mentionné, dans la réprimande (tokhaha), la récompense et le châtiment de l'âme, mais seulement ce qui concerne le corps en ce monde ?
Mais en vérité l'essentiel de la conclusion de l'alliance, propre aux enfants d'Israël, se situe précisément en ce monde. Car le Gan Éden pour les justes et la géhenne pour les méchants ont déjà été préparés depuis les jours de la Création ; mais avec les enfants d'Israël, lors du don de la Torah, fut conclue une alliance, car ils furent appelés 'fils'.
Et comme il est rapporté dans le saint Zohar : la différence entre un serviteur et un fils est qu'un serviteur, on peut le renvoyer, mais le fils, on ne peut le renvoyer, seulement le corriger pour tourner son esprit vers le bien. Et c'est la distinction entre les dix paroles de la Création, par lesquelles le libre arbitre à été donné à l'homme, comme dit la Michna : 'pour exiger réparation et pour donner récompense' (Avot 5,1).
Voici, on a dit que les méchants peuvent détruire le monde qui a été créé par dix paroles, et à leur sujet il est dit : 'et Il rétribue en face ceux qui Le haïssent, pour les faire périr' (Deut 7,10). Mais les dix commandements du Décalogue sont des décrets et des conduites véritables, vivants et permanents à jamais ; c'est pourquoi ont été donnés, avec la Torah, tous les châtiments de ce monde, comme il est dit : 'le glaive et le bâton sont descendus avec la Torah'.
Et c'est ce qui est dit au milieu des châtiments : 'et je me souviendrai de mon alliance avec Yaakov' etc. (Lev 26,42) ; car c'est la conclusion de l'alliance : bien qu'ils fautent, ils seront punis en ce monde, mais ne seront pas retranchés - à Dieu ne plaise - de la racine de leur attachement au Saint béni soit-Il ; et certes il en est ainsi pour l'ensemble d'Israël.
Et c'est cela même que disent les Richonim, de mémoire bénie : que même si le mérite des pères (zekhout avot) s'est épuisé, l'alliance des pères ne s'est pas épuisée. C'est-à-dire : le mérite des pères qui aide les enfants d'Israël à marcher dans la voie des pères ; mais même lorsqu'ils s'éloigneront de la voie des pères, il y avait l'alliance qu'ils seraient punis dans le corps jusqu'à ce qu'ils réparent leurs actes pour le bien.
C'est pourquoi il est dit 'heureux moi et heureux vous', comme dit Rachi, de mémoire bénie, dans la paracha Nitsavim : puisqu'Il à juré à vos pères et ne peut se détacher de vous, c'est pourquoi Il vous lié par ces serments ; voir la-bas.
« Je Me souviendrai de Mon alliance avec Yaakov » (Vayikra 26,42) : le Midrach compare Israël à une vigne qui s'appuie sur le mérite des Pères. Pour le Sfat Emet, le service d'Israël est de se laisser entraîner à la suite de leurs actes ; les dix épreuves d'Avraham ont réparé le mélange de bien et de mal des dix paroles, et D.ieu l'a confirmé par les miracles d'Égypte. Par la force de la Torah tout est prêt, et l'on reçoit en ce monde-ci, dans la plénitude, un avant-goût du monde à venir. Les tsadikim réparent plus que les anges l'arbre de la connaissance du bien et du mal : « tu m'as ravi le cœur ».
Aussi : la récompense écrite dans la Torah est elle-même une mitsva ; étudier en vue de mettre en pratique prolonge l'illumination de la neschama dans l'action ; les pluies en leur temps viennent sans transformation, comme avant la faute.
ובמד' וזכרתי כו' בריתי יעקב כו' גפן ממצרים תסיע כו' ע"ש שדורש שנמשלו בנ"י לגפן שנשענין בזכות אבות. כי כל עבודת בנ"י להיות נמשכין אחר מעשה האבות כדאיתא חייב אדם לומר מתי יגיעו מעשי למעשי אבותי א"י ויעקב.
ואיתא במשנה בעשרה מאמרות נברא העולם אח"ז עשרה נסיונות נתנסה אברהם אח"ז עשרה נסים נעשו לאבותינו במצרים. ובוודאי ע"י עשרה נסיונות של אברהם תיקן כל התערובת טו"ר שהי' בבחי' עשרה מאמרות דכ' ומצאת כו' לבבו נאמן לפניך.
לבבו היא כמ"ש בכל לבבך ביצ"ט וביצה"ר. וכדאיתא שלשה לא שלט בהם יצה"ר.
והקב"ה כרת הברית שיתמשכו בנ"י אחר מעשיהם. ווה לא הי' בכחם רק בעזרת הש"י ובנסים שעשה לנו במצרים.
ומה שתיקנו האבות בעצמם כמ"ש ויעל אברם ממצרים כו'. וזה קיים הקב"ה בנו ביד חזקה ובנפלאות.
כמ"ש גפן ממצרים תסיע וכ"כ אני ה"א אשר הוצאתי אמא"מ כו' ואשבור מוטות עולכם. פי' א"כ אתם מוכנים לתקן הכל ולהמשך אחר מעשי אבות.
וכתי' פנית לפני'. כמ"ש אנכי כו' המעלך מא"מ הרחב פיך שהכל מוכן לפנינו רק להיות לנו פה לאכול והכל בכח התורה.
וכמ"ש לעיל כי דרך התורה הוא להיות נענשים בעוה"ז. ולעומת זה גם השכר יכולין למצוא בעוה"ז מעין עוה"ב בכח התורה.
וזהו שכ' ונתתי שלום בארץ ורמזו חז"ל באמרם שמא תאמר הרי מאכל ומשתה אם אין שלום אין כלום לכך כ' ונתתי שלום. פי' כי א"א לקבל הנחה בעוה"ז בלא חסרון כמ"ש ושבעת השמרו לכם.
אבל בכח התורה לקבל בשלימות גם הנאת עוה"ז. ומעין זה בשבת שהוא מעין עוה"ב והיא פריסת סוכת שלום וזה דרך אבות הראשונים שנאמ' בהם בכל מכל כל שתיקנו כל היצה"ר וכל עניני עוה"ז כמ"ש ומצאת כו' לבבו נאמן.
וע"ז כתיב לבבתני אחותי כלה כו' באחד ענק מצורניך דרשו על אברהם אע"ה. ויש להפליא בפי' לבבתני הרי אמרו חז"ל כי למלאכים רק לב א'.
אבל גדלה מעלת הצדיקים שיכולין לתקן יותר ממלאכי עליון והוא תיקון עה"ד טוב ורע. וזה לנ"ר לפניו ית"ש ביותר וז"ש לבבתני והבן:
Et dans le Midrach: 'Je Me souviendrai... de Mon alliance avec Yaakov...' (Lévitique 26,42), 'Tu as fait sortir d'Égypte une vigne...' (Psaumes 80,9), vois la-bas, car il exposé que le peuple d'Israël est comparé à une vigne, qui s'appuie sur le mérite des Pères. Car tout le service d'Israël consiste à se laisser entraîner à la suite des actes des Pères, comme il est enseigné: l'homme est tenu de dire, quand mes actes atteindront-ils ceux de mes Pères, Abraham, Its'hak et Yaakov.
Et il est enseigné dans la Michna: par dix paroles le monde fut créé; ensuite, Abraham fut éprouve par dix épreuves; ensuite, dix miracles furent faits pour nos Pères en Égypte (Avot 5). Et assurément, par les dix épreuves d'Abraham fut réparé tout le mélange de bien et de mal (tov va-ra) qui était dans l'aspect des dix paroles, car il est écrit 'et tu as trouve son cœur fidèle devant Toi' (Nehemie 9,8). 'Son cœur' - comme il est écrit 'de tout ton cœur' (Deutéronome 6,5), avec le bon penchant et avec le mauvais penchant (yetser tov et yetser ha-ra).
Et comme il est enseigné que sur trois le mauvais penchant n'à pas eu d'emprise. Et le Saint béni soit-Il à conclu l'alliance pour que le peuple d'Israël se laisse entraîner à la suite de leurs actes.
Et cela n'était pas en leur pouvoir, sinon par l'aide du Nom béni soit-Il et par les miracles qu'Il à faits pour nous en Égypte. Et ce que les Pères ont réparé par eux-mêmes, comme il est écrit 'et Abram monta d'Égypte' (Genèse 13,1).
Et cela, le Saint béni soit-Il l'à confirme en nous par une main forte et par des merveilles, comme il est écrit 'Tu as fait sortir d'Égypte une vigne' (Psaumes 80,9), et ainsi il est écrit 'Je suis l'Éternel ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte... et J'ai brisé les barres de votre joug' (Lévitique 26,13). Explication: si donc vous êtes disposés à tout réparer et à vous laisser entraîner à la suite des actes des Pères.
Et il est écrit 'Tu as déblaye devant elle' (Psaumes 80,10), comme il est écrit 'Je suis... qui te fais monter du pays d'Égypte, élargis ta bouche' (Psaumes 81,11), car tout est prêt devant nous, il ne reste qu'à avoir une bouche pour manger, et le tout par la force de la Torah. Et comme il à été dit plus haut, la voie de la Torah est d'être puni en ce monde-ci.
Et à l'oppose, on peut aussi trouver la récompense en ce monde-ci, un avant-goût du monde à venir, par la force de la Torah. Et c'est ce qui est écrit 'et Je donnerai la paix dans le pays' (Lévitique 26,6), et nos Sages ont fait allusion en disant: peut-être diras-tu, voici le manger et le boire, mais s'il n'y a pas de paix il n'y a rien, c'est pourquoi il est écrit 'et Je donnerai la paix'.
Explication: car il est impossible de recevoir du repos en ce monde-ci sans manque, comme il est écrit 'et tu mangeras et te rassasieras... prenez garde à vous' (Deutéronome 11,15-16). Mais par la force de la Torah on reçoit dans la plénitude même la jouissance de ce monde-ci.
Et un avant-goût de cela est dans le Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir, et il est le déploiement de la souccah de la paix. Et telle est la voie des premiers Pères, dont il est dit 'en tout, de tout, tout' (be-kol mi-kol kol), car ils ont réparé tout le mauvais penchant et toutes les affaires de ce monde-ci, comme il est écrit 'et tu as trouve son cœur fidèle'.
Et sur cela il est écrit 'tu m'as ravi le cœur, ma sœur fiancée... par l'un des colliers de ton cou' (Cantique 4,9), qu'ils ont exposé sur Abraham notre père, paix sur lui. Et il y a de quoi s'étonner sur le sens de 'tu m'as ravi le cœur' (libavtini), car les Sages ont dit que les anges n'ont qu'un seul cœur.
Mais grande est la vertu des justes, qui peuvent réparer plus que les anges d'en haut, et c'est la réparation de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Et cela est une satisfaction devant Lui béni soit Son Nom au plus haut point, et c'est ce que signifie 'tu m'as ravi le cœur' (libavtini) - et comprends.
תרנ"ה
5655 (תרנ״ה)
אם בחקותי כו' איתא בת"כ המקום מתאוה שיהיו ישראל עמלים בתורה וכ"כ לו עמי שומע לי כו' ודריש אם לשון בקשה. והענין דהמפ' הקשו על שנכתב שכר בעוה"ז ולא עיקר השכר דעוה"ב.
אכן נראה דבאמת כל מה שנאמר בתורה הוא לימוד לבנ"י שע"ש זה נקראת תורה. ושכר הזה שנכתב בתורה הוא ג"כ מצוה שכן רצונו ית"ש להיות עמי שומע לי כו' ומצור דבש אשביעך.
וכן פי' המשנה ששכר מצוה מצוה. שמה לי שרצונו ית' בעשיות המצוה או במה שרצונו ית' להשביענו מטובו.
הלא אדרבא זה תכלית רצונו ית'. ובמה שמסגלין מעש"ט עד שהקב"ה נותן את ברכתו זה השכר עצמו מצוה.
וכן פי' שכר עבירה עבירה כי מלבד גוף העבירה שהוא נגד רצונו ית' גם העונש שמהפכין הרשעים מדת רחמנותו למדה"ד זה עצמו עבירה עוד ביותר כמ"ש. וזה ענין אמרם ז"ל הוו כעבדים המשמשין שלא ע"מ לקבל פרס.
כי השכר עצמו צריכין לקבל לשמו ית' ולהתענג ביותר מזה שנעשה רצונו שהוא להטיב לכל שזה רצונו ית' בזה הצדיק משמח ביותר מגוף הטובה שמרגיש בהנאתו. ואיתא בזוה"ק פ' לך לך כו' ואעשך לג"ג ואברכך כו' וילך אברם כאשר דבר כו' דאבטח לי' בכולי הבטחות כו'.
ותמוה דח"ו עביד ע"מ לקבל פרס. אך אדרבא זה הפי' שהלך כאשר דיבר אליו והי' שוה אצלו לקיים דבר ה' בהליכתו ובקיבול שכרו הכל לעשות רצונו ית'.
והיא עבודה עבד נאמן. וז"ש שלא ע"מ לקבל פרס שלא להיות נוגע אפי' פרס משהו בהנאתו רק לעשות רצונו ית"ש.
ולכן נכתב זה השכר בתורה שהקב"ה מצונו לעשות זאת שנזכה לקבל אלה הברכות:
'Si vous marchez selon Mes lois...' (Lévitique 26,3). Il est enseigné dans le Torat Kohanim: l'Omniprésent désire qu'Israël peine dans la Torah, et ainsi il est écrit 'oh! si Mon peuple M'écoutait...' (Psaumes 81,14).
Et il exposé 'im' (si) comme un terme de supplication. Et le point est que les commentateurs ont objecté sur le fait que la récompense est écrite pour ce monde-ci et non la récompense essentielle du monde à venir.
Toutefois il apparaît qu'en vérité tout ce qui est dit dans la Torah est un enseignement pour Israël, car c'est en raison de cela qu'elle est appelée Torah (enseignement). Et cette récompense qui est écrite dans la Torah est aussi une mitsva, car telle est Sa volonté béni soit-Il, 'oh! si Mon peuple M'écoutait... et du roc Je te rassasierais de miel' (Psaumes 81,14-17).
Et ainsi s'expliqué la Michna: la récompense d'une mitsva est une mitsva (Avot 4,2). Car qu'importe pour moi que Sa volonté béni soit-Il soit dans l'accomplissement de la mitsva, où dans ce qu'Il veut nous rassasier de Son bien?
Au contraire, c'est la le but de Sa volonté. Et par le fait d'accumuler de bonnes actions jusqu'à ce que le Saint béni soit-Il donne Sa bénédiction, cette récompense elle-même est une mitsva.
Et de même s'expliqué 'la récompense d'une transgression est une transgression': car outre le corps de la transgression, qui est contre Sa volonté béni soit-Il, aussi le châtiment, par lequel les méchants transforment Sa mesure de miséricorde en mesure de rigueur, cela même est une transgression plus grande encore, comme il est écrit. Et c'est le sens de leur parole, de mémoire bénie: soyez comme des serviteurs qui servent le maître non pas en vue de recevoir une récompense (Avot 1,3).
Car la récompense elle-même, il faut la recevoir pour Son Nom béni soit-Il, et prendre plaisir plus encore de ce que Sa volonté s'accomplit, laquelle est de faire du bien à tous, car telle est Sa volonté béni soit-Il en cela; le juste se réjouit plus encore que du corps du bien qu'il ressent dans sa jouissance. Et il est enseigné dans le Zohar saint, section Lekh Lekha: 'Je ferai de toi une grande nation et Je te bénirai...' (Genèse 12,2), 'et Abram s'en alla comme le lui avait dit l'Éternel...' (Genèse 12,4), qu'Il lui avait promis toutes les promesses.
Et c'est étonnant, car à Dieu ne plaise il aurait agi en vue de recevoir une récompense. Mais au contraire, telle est l'explication: il s'en alla comme Il lui avait parlé, et c'était égal à ses yeux d'accomplir la parole de l'Éternel dans son aller et dans la réception de sa récompense, le tout pour accomplir Sa volonté béni soit-Il.
Et c'est le service d'un serviteur fidèle. Et c'est ce que signifie 'non pas en vue de recevoir une récompense': ne pas être touche même d'une récompense infime dans sa jouissance, mais uniquement d'accomplir Sa volonté béni soit Son Nom.
Et c'est pourquoi cette récompense est écrite dans la Torah, car le Saint béni soit-Il nous ordonné de faire cela afin que nous méritions de recevoir ces bénédictions.
תרנ"ז
5657 (תרנ״ז)
במד' הלומד ע"מ לעשות מעלה עליו הכ' כאילו עשיתם אתם. עצמכם.
עוד שם זוכה ומקבל רוה"ק כו'. כי התורה ניתנה לבנ"י להמשיך אור התורה במצות מעשיות.
כמו שיש באדם נשמה ונפש וגוף כן בתורה שלפנינו הוא כמו גוף התורה אבל פנימיות התורה גבוה מעל גבוה והלומד ע"מ לעשות פי' להביא הארת התורה בעשי' ונמשך הארה מנשמת התורה אל התורה ערוכה שלפנינו. וכמו זה ממש ממשיך הארת הנשמה שבו לגופו כמ"ש בזוה"ק בפסוק ישרצו המים כו' נפש חי'.
שע"י עסק התורה זוכין להארת הנשמה שהוא מרחפת ע"פ המים זו תורה. וכ"כ ויפח באפיו נשמת חיים כו' לנפש חי' לרוח ממללא.
נמצא העוסק בתורה לשמה עושה את התורה ואת עצמו ומקבל רוה"ק המיוחד אליו ולנשמתו. ולכן שכר עמל בתורה ונתתי גשמיכם בעתם.
הגם כי שכר מצוה בהאי עלמא ליכא רק גדולה תורה שנותנת חיים לעושי' בעוה"ז ובעוה"ב. ופי' לעושי' כנ"ל שמביא הארת התורה בעשי':
Dans le Midrach: celui qui étudie en vue de mettre en pratique, l'Écriture le lui compte comme si vous les aviez faits - vous-mêmes. Et encore la-bas: il mérite et reçoit l'esprit saint (roua'h ha-kodech).
Car la Torah à été donnée à Israël pour faire descendre la lumière de la Torah dans les mitsvot pratiques. De même qu'il y a dans l'homme une neschama, un nefech et un corps, ainsi dans la Torah qui est devant nous: elle est comme le corps de la Torah, mais l'intériorité de la Torah est haute au-dessus de tout haut.
Et 'celui qui étudie en vue de mettre en pratique' signifie: faire venir l'illumination de la Torah dans l'action, et une illumination se prolonge depuis la neschama de la Torah vers la Torah disposée devant nous. Et de même exactement, il fait se prolonger l'illumination de la neschama qui est en lui vers son corps, comme il est écrit dans le Zohar saint sur le verset 'que les eaux fourmillent... d'âme vivante' (Genèse 1,20): que par l'occupation de la Torah on mérite l'illumination de la neschama, laquelle 'planait sur la face des eaux' (Genèse 1,2) - ceci est la Torah.
Et ainsi il est écrit 'et Il insuffla dans ses narines une haleine de vie... et l'homme devint une âme vivante' (Genèse 2,7) - un esprit qui parle. Il se trouve que celui qui s'occupe de la Torah pour elle-même (lichma) fait la Torah et se fait lui-même, et reçoit l'esprit saint qui lui est propre et propre à sa neschama.
Et c'est pourquoi la récompense de la peine dans la Torah est 'et Je donnerai vos pluies en leur temps' (Lévitique 26,4). Bien que 'la récompense d'une mitsva n'existe pas en ce monde-ci' (Kidouchin 39b), toutefois grande est la Torah qui donne la vie à ceux qui la pratiquent, en ce monde-ci et dans le monde à venir.
Et 'à ceux qui la pratiquent' s'expliqué comme ci-dessus: qu'elle fait venir l'illumination de la Torah dans l'action.
ובמד' חשבתי דרכי כו' בכל יום הייתי מחשב כו' רגלי מביאות אותי כו'. דאמרו חז"ל בחקותי תלכו שתהיו עמלים בתורה פי' עמלים למצוא בכל דבר אור התורה כדאיתא בשביל התורה שנקראת ראשית א"כ ה' בחכמה יסד ארץ שיש בכל דבר חלק בתורה וע"ז אמרו א"ת מפליג לכל דבר להפרישו משורש התורה שאין לך דבר שאין לו מקום פי' בתורה ואז"ל מה יתרון לאדם בכל עמלו כו' יכול אפי' בתורה ת"ל בעמלו אינו עמל אבל עמל בעמלה של תורה.
עוד דרשו תחת השמש אין לו למעלה יש לו. א"כ משמע דעמלה של תורה שייך ג"כ תחת השמש להיות עמל למצוא רשימות וחקיקות של התורה שחקק הקב"ה בכל מעשה בראשית.
זהו בחקותי תלכו. כמ"ש חשבתי דרכי שעמל בהם עד שהשיבם אל שורש התורה כמ"ש דהע"ה אם אתן שנת כו' עד אמצא מקום:
Et dans le Midrach: 'j'ai considéré mes voies... chaque jour je pensais... et mes pieds me ramenaient...' (Psaumes 119,59). Car les Sages ont dit, de mémoire bénie: 'vous marcherez selon Mes lois' - que vous peiniez dans la Torah.
Explication: peiner pour trouver en toute chose la lumière de la Torah, comme il est enseigné, c'est en raison de la Torah, qui est appelée 'commencement', que 'l'Éternel à fondé la terre par la sagesse' (Proverbes 3,19) - donc il y a en toute chose une part de la Torah. Et sur cela ils ont dit 'ne lis pas' (al tikri)... qui sépare chaque chose pour la distinguer de la racine de la Torah, car il n'est pas de chose qui n'ait sa place, c'est-à-dire dans la Torah.
Et les Sages ont dit: 'quel profit à l'homme dans toute sa peine...' (Ecclésiaste 1,3) - peut-être même dans la Torah? L'Écriture enseigne 'dans sa peine' (be-amalo): il ne peine pas en vain, mais il peine dans la peine de la Torah.
Ils ont aussi exposé: 'sous le soleil' il n'à pas de profit, au-dessus du soleil il en a. Il ressort donc que la peine de la Torah s'applique aussi 'sous le soleil', à savoir peiner pour trouver les traces et les gravures de la Torah que le Saint béni soit-Il à gravées dans toute l'œuvre de la Création.
C'est cela 'vous marcherez selon Mes lois' (be-houkotai, de la racine 'graver'). Comme il est écrit 'j'ai considéré mes voies', car il à peine en elles jusqu'à les ramener à la racine de la Torah, comme l'à dit David, roi d'Israël: 'si je donne du sommeil à mes yeux... jusqu'à ce que je trouve un lieu' (Psaumes 132,4-5).
בפסוק וזכרתי להם ברית ראשונים. אחז"ל זו ברית השבטים.
וכ' שבועות מטות אומר סלה. פי' שברית השבטים לעולם נשאר בבנ"י כמ"ש ואף גם זאת כו' לא מאסתים כו' דכ' וזאת אשר דיבר להם אביהם.
כי הנה ברית האבות הוא בשורש האחדות למעלה למעלה כמ"ש ז"ל האבות הן הן המרכבה. ולכן כתי' בריתי אברהם בריתי יצחק בריתי יעקב שהם עצמם הברית.
ומדרגות השבטים אחר האבות שהם המקבלים בראשונה ולכן נק' ברית ראשונים והלא האבות היו ראשונים מהם. אך כי הם בחי' ראשון.
ולכן הי"ב ראשי חדשים בחי' הי"ב שבטים. אבל בחי' אחד הוא למעלה מראשון כי ראש הוא התחלה.
אבל אחד הוא אין סוף ואין תכלית. ולכן השבת מיוחד לג' אבות שהוא בחי' אחדות למעלה מהזמן.
וי"ב חדשי השנה יש בהם בחי' ראשי חדשים בחי' השבטים כנ"ל. ובחי' זאת נשאר לעולם לבנ"י.
ולכן בברית אבות נחלקו חז"ל עד כמה נמשך שהיו דורות שנמשכו אחר ברית האבות הנ"ל:
Sur le verset 'et Je Me souviendrai en leur faveur de l'alliance des premiers' (Lévitique 26,45). Les Sages ont dit, de mémoire bénie: c'est l'alliance des tribus (chevatim).
Et il est écrit 'serments des tribus (matot), parole, sela' (Habacuc 3,9). Explication: que l'alliance des tribus demeure à jamais en Israël, comme il est écrit 'et même cela aussi...
Je ne les ai pas rejetés...' (Lévitique 26,44), comme il est écrit 'et voici ce que leur dit leur père' (Genèse 49,28). Car voici, l'alliance des Pères est dans la racine de l'unité, tout en haut au plus haut, comme l'ont dit les Sages, de mémoire bénie: les Pères, ce sont eux le char (merkava).
Et c'est pourquoi il est écrit 'Mon alliance avec Abraham, Mon alliance avec Its'hak, Mon alliance avec Yaakov' (Lévitique 26,42) - car eux-mêmes sont l'alliance. Et les degrés des tribus viennent après les Pères, car ils sont les premiers à recevoir, et c'est pourquoi ils sont appelés 'alliance des premiers'.
Or les Pères n'étaient-ils pas antérieurs à eux? Mais c'est qu'ils sont de l'aspect du 'premier' (rachon).
Et c'est pourquoi les douze têtes de mois (rachei hodachim) sont de l'aspect des douze tribus. Mais l'aspect de 'un' (e'had) est au-dessus du 'premier', car 'tête' (roch) est un commencement, tandis que 'un' est sans fin et sans limite.
Et c'est pourquoi le Chabbat est propre aux trois Pères, car il est de l'aspect de l'unité au-dessus du temps. Et les douze mois de l'année ont en eux l'aspect des têtes de mois, l'aspect des tribus, comme ci-dessus.
Et cet aspect-la demeure à jamais en Israël. Et c'est pourquoi, au sujet de l'alliance des Pères, les Sages, de mémoire bénie, ont divergé sur la durée de son prolongement, car il y eut des générations qui se prolongèrent à la suite de l'alliance des Pères susmentionnée.
תרנ"ט
5659 (תרנ״ט)
בפ' ונתתי גשמיכם בעתם. בת"כ כמו שהי' באדם הראשון ביום שנזרע עושה פירות ע"ש.
הענין בקיצור לפי מ"ש בזוה"ק בפסוק תוחלת ממשכה כשבא השפע ממדרגה למדרגה משתנית. וכשבא ע"י התורה עץ חיים תאוה באה.
מיד בלי השתנות. וזה גשמיכם בעתם שנוכל לקבל השפע כמו שהיא בלי השתנות כמו שהי' קודם החטא.
ובכח התורה עץ החיים ניתקן חטא אדה"ר. ולכן אלו הברכות הגם דשכר מצוה בהאי עלמא ליכא אבל ע"י המצות ניתקן החטא ומקבלין הברכה כמו שהי' קודם החטא ואין זה ענין שכר מצוה.
וקצרתי בזה:
Sur le verset 'et Je donnerai vos pluies en leur temps' (Lévitique 26,4). Dans le Torat Kohanim: comme il en était pour Adam, le premier homme, le jour où il fut sème il produisait des fruits - vois la-bas.
Le point, en bref, selon ce qui est écrit dans le Zohar saint sur le verset 'l'attente prolongée rend le cœur malade' (Proverbes 13,12): lorsque l'abondance (chefa) vient de degré en degré, elle se transforme; mais lorsqu'elle vient par la Torah, arbre de vie, 'le désir réalise' (Proverbes 13,12) vient aussitôt, sans transformation. Et c'est 'vos pluies en leur temps', que nous puissions recevoir l'abondance telle qu'elle est, sans transformation, comme il en était avant la faute.
Et par la force de la Torah, arbre de vie, est réparée la faute d'Adam, le premier homme. Et c'est pourquoi ces bénédictions, bien que 'la récompense d'une mitsva n'existe pas en ce monde-ci', toutefois par les mitsvot la faute est réparée et l'on reçoit la bénédiction comme il en était avant la faute, et ce n'est pas la l'affaire de la récompense d'une mitsva.
Et j'ai abrégé sur ce point.
תר"ס
5660 (תר״ס)
במד' חשבתי דרכי אמר דוד בכל יום הייתי מחשב למקום פלוני אני הולך והיו רגלי מביאות אותי לבתי כנסיות ובתי מדרשות. הוי ואשיבה רגלי אל עדותיך.
דכ' כל פעל ה' למענהו אחז"ל לעדותו להעיד עליו. וזה העדות מוטל על איש ישראל כמ"ש אתם עדי.
לכן צריך האדם למצוא בכל דבר ובכל מקום זה העדות. וכן התפאר עצמו דהע"ה כי כל המחשבות שעברו לפניו כל היום בירר מהם עדות ה'.
ובגמ' סוף ברכות איזה פרשה קטנה שכל גופי תורה תלוין בה בכל דרכיך דעהו. למצוא זה העדות בכל הדברים.
וענין לבתי כנסיות ובתי מדרשות. דאיתא גדלו וטובו מלא עולם.
גדלו בחי' בריאת עולם בעשרה מאמרות. טובו זו התורה עשרת הדברות.
והם מלא עולם שאין לך מקום ודבר שאין בהם כח מעשרה מאמרות ומעשרת הדברות. ואיש ישראל צריך לברר זאת ולמצוא הארת התורה בכל מקום.
וכל אותן הדברים והמחשבות העוברין על האדם כולם לברר זה העדות והם בחי' דרישות וחקירות ובדיקות שבודקין העדים והוא בירור העדות. וכמו דשבת סהדותא איקרי וכל הדברים שבששת ימי המעשה מתברר מהם הטוב שיש להם עלי' בשבת וזה עדות השבת.
כמו כן בנ"י נק' עדים שעל ידיהם מתברר טוב מרע וע"י האדם מתברר ומתעלה למעלה הטוב מזה התערובות לכן כתי' אתם עדי:
Dans le Midrach: 'j'ai considéré mes voies' - David à dit: chaque jour je pensais que je vais vers tel endroit, et mes pieds me ramenaient vers les synagogues et les maisons d'étude. 'Hoy! et je ramenais mes pieds vers Tes témoignages' (Psaumes 119,59). Car il est écrit 'l'Éternel à tout fait pour Lui-même' (Proverbes 16,4), et les Sages ont dit, de mémoire bénie: 'le-edouto' - pour témoigner de Lui.
Et ce témoignage incombe à l'homme d'Israël, comme il est écrit 'vous êtes Mes témoins' (Isaie 43,10). C'est pourquoi l'homme doit trouver en toute chose et en tout lieu ce témoignage.
Et ainsi David, roi d'Israël, se glorifia lui-même: de toutes les pensées qui passaient devant lui tout le jour, il en dégageait le témoignage de l'Éternel. Et dans la Guemara, à la fin de Berakhot: quel est le petit passage dont dépendent tous les principes essentiels de la Torah? 'En toutes tes voies connais-Le' (Proverbes 3,6) - trouver ce témoignage en toutes choses.
Et l'affaire des synagogues et des maisons d'étude: il est enseigné 'Sa grandeur et Sa bonté remplissent le monde'. 'Sa grandeur' - l'aspect de la création du monde par dix paroles; 'Sa bonté' - c'est la Torah, les dix paroles du Décalogue. Et elles remplissent le monde, car il n'est pas de lieu ni de chose où il n'y ait la force des dix paroles de la Création et des dix paroles du Décalogue.
Et l'homme d'Israël doit dégager cela et trouver l'illumination de la Torah en tout lieu. Et toutes ces choses et pensées qui passent sur l'homme, elles sont toutes pour dégager ce témoignage, et elles sont de l'aspect des enquêtes, examens et vérifications par lesquels on examine les témoins, et c'est le dégagement du témoignage.
Et de même que le Chabbat est appelé 'témoignage' (sahadouta), et que de toutes les choses des six jours ouvrables se dégage le bien qu'elles ont, lequel s'élève le Chabbat, et c'est le témoignage du Chabbat; de même le peuple d'Israël est appelé 'témoins', car par eux se dégage le bien du mal, et par l'homme se dégage et s'élève en haut le bien de ce mélange. C'est pourquoi il est écrit 'vous êtes Mes témoins'.
תם ונשלם ספר ויקרא
Achevé et termine est le livre du Lévitique.