« Dans chaque génération, l'homme est tenu de se voir lui-même comme s'il était sorti d'Égypte », puis « et nous, Il nous a fait sortir ». Pour le Sfat Emet, c'est par la foi qu'une sortie d'Égypte existe pour chaque génération et se révèle. Il rapporte du Maharal que tous étaient inclus dans cette sortie ; par la foi on entre dans l'ensemble, où elle existe pour le point israélite (la nekouda). Quand il se voit ainsi et croit que son illumination n'existerait pas sans cette sortie, il lui est révélé qu'il sort véritablement, et chacun peut sortir de sa propre étroitesse (son Metsar).
Aussi : la raison d'une 'houka et le deveikout à la matsa ; l'exil pour éveiller l'intériorité dans l'occultement ; le Yom Tov qui révèle dans la nature la vitalité cachée
תרל"א
5631 (1871).
ב"ה מימים ראשונים של פסח לא נכתב כסדר מליל א'
Avec l'aide du Ciel. Dès premiers jours de Pessa'h ; non rédigé dans l'ordre, depuis la première nuit.
בכל דור ודור חייב אדם לראות את עצמו כו' ואח"כ אמר ואותנו הוציא. ונראה כי ע"י אמונה שיש יציאת מצרים לכל דור ודור נתגלה זה.
ומהר"ל כתב כי בכלל הי' כל אחד ביציאת מצרים רק חייב לראות כאלו יצא בפרט ע"ש. וי"ל ג"כ כנ"ל שע"י אמונה נכנס לתוך הכלל ובוודאי בכלל הי' יצ"מ לנקודה הישראלית שמשם נמשך חיים לכל איש ישראל רק ע"י אמונה באין לזה.
ואחר שרואה עצמו כאלו יצא. ויודע ומאמין כי גם ההארה שיש לו לא הי' לולי יצ"מ.
עי"ז נתגלה לו שרואה איך יוצא באמת. וכן הפי' בסיפור יציאת מצרים אפילו כולנו חכמים כו'.
כי אף שהוא חכם דבוק בה' חיים יש לו לידע כי כל זה ע"י יצ"מ שהאמת כן רק שצריך לברר זה ע"י אמונה והוא הסיפור לשון בירור וגילוי מפורשת כי בכל דור יש יציאת מצרים לפי ענין הדור וכ"ז הי' בשעת יציאת מצרים. וכפי אמונת האדם כאילו יצא נתגלה בחי' זו ומרגיש מיצ"מ של עתה ויוכל לצאת כל אחד ממיצר שלו:
בשאלת החכם מה העדות והחוקים. ולכאורה איך שואל טעם על חוקה.
אך כי באמת כתיב מגיד דבריו כו' חוקיו כו' לישראל שבנ"י יודעין טעם גם בחוקה והוא ע"י שמאמין ועושה החוק באמת אף בלי הרגשת הטעם עי"ז זוכה לידע הטעם ג"כ. והוא עצמו ג"כ אכילת מצה אף שהיא בלי טעמים רק כמו שהיא.
רק מה שמונע מאכלים אחרים כדי להיות נדבק בטעם המצה. עי"ז מרגיש דביקות במצה אף שאינו משיג הטעם.
וז"ש אין מפטירין כו':
Dans chaque génération, l'homme est tenu de se voir lui-même [comme s'il était sorti d'Égypte] etc., et ensuite [la Haggada] dit : 'et nous, Il nous à fait sortir'. Et il apparaît que c'est par la foi qu'il existe une sortie d'Égypte pour chaque génération que cela se révèle.
Et le Maharal à écrit que tous étaient inclus dans la sortie d'Égypte, seulement chacun est tenu de se voir comme s'il était sorti en particulier, vois la-bas. Et l'on peut dire aussi comme ci-dessus, que c'est par la foi qu'on entre dans l'ensemble (le collectif) ; et assurément il y avait dans l'ensemble une sortie d'Égypte pour le point israélite (la nekouda, le point intérieur de l'âme juive), d'où découle la vie pour chaque homme d'Israël, seulement c'est par la foi qu'on y accède.
Et après qu'il se voit lui-même comme s'il était sorti, et qu'il sait et croit que même l'illumination qu'il possède n'existerait pas sans la sortie d'Égypte, par cela il lui est révélé qu'il voit comment il sort véritablement. Et telle est aussi l'explication du récit de la sortie d'Égypte, 'même si nous sommes tous sages' etc. : car même s'il est sage, attaché à la vie de ה', il lui faut savoir que tout cela est par la sortie d'Égypte, car en vérité il en est ainsi, seulement il faut clarifier cela par la foi.
Et le 'récit' (sippour) est un terme de clarification et de révélation explicite : car dans chaque génération il y a une sortie d'Égypte selon la nature de la génération, et tout cela était [déjà présent] au moment de la sortie d'Égypte. Et selon la foi de l'homme comme s'il était sorti, se révèle ce niveau, et il ressent la sortie d'Égypte du présent, et chacun peut sortir de sa propre étroitesse (son propre Metsar).
Concernant la question du sage : 'Quels sont les témoignages et les lois (houkim)' ? À première vue, comment demande-t-il la raison d'une houka (décret sans raison apparente) ?
Mais en vérité il est écrit 'Il annonce Ses paroles... Ses lois à Israël' (Psaumes 147,19), car les enfants d'Israël connaissent la raison même d'une houka ; et c'est parce qu'il croit et accomplit le décret en vérité, même sans en ressentir la raison, que par cela il mérite d'en connaître aussi la raison.
Et cela même est aussi la consommation de la matsa : bien qu'elle soit sans saveurs (taamim), telle qu'elle est ; seulement le fait de s'abstenir d'autres aliments afin d'être attaché au goût de la matsa, par cela il ressent l'attachement (deveikout) à la matsa, bien qu'il n'en saisisse pas le goût. Et c'est ce qui est dit : 'On ne conclut pas [le repas pascal par un afikoman]' etc.
ברוך שומר הבטחתו כו' שהקב"ה חשב הקץ לעשות כו'. פי' להיות בכל דבר מעשה גשמיי ג"כ בחי' הגאולה שלא להיות נטבע בגשמיות הדבר.
וזה המשכת המחשבה בהמעשה להיות קץ לבחי' עשי' כנ"ל. וזה שהבטיח לאאע"ה בברית בין הבתרים כו' ומה הבטחה הוא זה להיות בניו בשעבוד ת' שנים.
ואז הי' עיקר האהבה לאברהם מהשי"ת שכרת עמו הברית. אך כי הוא הבטחה גדולה שע"י הגלות יהי' לבנ"י כח זה למצוא בחי' הפנימיות בכל הסתר [וזה שנק' גלות ע"ש לעורר התגלות הפנימיות שבתוך ההסתר.
וז"ש ידוע תדע כו' כי הי' נצרך לזה המשכת כחו וידיעה הוא דביקות וחיבור כנודע]. וז"ש והיא שעמדה כו' כי הבטחה הנ"ל הי' תועלת לכל דור ודור שכל ההסתר מוסיף עוד חיזוק בעת הגאולה וז"ש הקב"ה מצילנו מידם כמ"ש רבות רעות צדיק כו' יצילנו ה' ופי' [עי' זוה"ק בפ' וישלח] כי הוא מלשון ויצל מקנה אביכם כו' שמן המיצר נפרש עוד כח הניצוץ הקדוש כמ"ש יצאו ברכוש גדול כו':
'Béni soit Celui qui garde Sa promesse' etc., car le Saint béni soit-Il à calcule (hishev) la fin pour agir (laasot) etc. Explication : qu'il y ait en toute chose, même dans l'action matérielle, un niveau de délivrance, afin de ne pas être noyé dans la matérialité de la chose.
Et c'est la l'attraction de la pensée (ma'hchava) dans l'action, pour mettre une fin (ketz) au niveau de l'action (assiya), comme ci-dessus. Et c'est ce qu'Il à promis à Avraham notre père lors de l'alliance entre les morceaux (brit ben habetarim) etc.
Et quelle est cette promesse : que ses fils seraient en servitude quatre cents ans ? Et alors était l'essentiel de l'amour pour Avraham de la part du Saint béni soit-Il, qui conclut avec lui l'alliance.
Mais c'est une grande promesse : que par l'exil les enfants d'Israël auraient cette force de trouver le niveau de l'intériorité (penimiyout) dans tout occultement [et c'est pourquoi cela s'appelle 'exil' (galout), du terme d'éveiller la révélation (hitgalout) de l'intériorité qui est à l'intérieur de l'occultement. Et c'est ce qui est dit 'savoir tu sauras' (yadoa teda) etc., car il fallait pour cela l'attraction de Sa force ; et la 'connaissance' (yedia) est attachement et union, comme on le sait].
Et c'est ce qui est dit 'et c'est elle qui s'est tenue [pour nos pères et pour nous]' etc., car la promesse mentionnée fut un profit pour chaque génération, car tout occultement ajoute encore un renforcement au moment de la délivrance. Et c'est ce que [dit la Haggada] : 'le Saint béni soit-Il nous sauve de leur main', comme il est écrit 'nombreux sont les maux du juste... ה' le délivrera' (Psaumes 34,20).
Et l'explication [vois le Zohar saint sur la paracha Vayichlah] que c'est du terme 'il retira (vayatzel) le bétail de votre père' (Genèse 31,9), car de l'étroitesse (metsar) se détache encore une force de l'étincelle sainte, comme il est écrit 'ils sortiront avec de grands biens' (Genèse 15,14) etc.
צא ולמד מה ביקש לבן כו' פרעה לא גזר כו'. בא לפרש כי גלות מצרים הי' רק לטובה.
כי לבן ביקש לעקור הכל. והי' העצה ע"י ירידתנו למצרים.
כי בפרעה הי' הגלות מה שבנ"י היו תחת ידו. וז"ש שגזר רק על הזכרים כי פי' זכר המשפיע אשר לו הכח.
וע"ז גזר פרעה שיהיו בנ"י בחי' נקיבה שאין להם השליטה והכח. אבל לא לעקור הכל.
כי בנ"י היו רק בגלות תחת ידו. אבל לבן ביקש לעקור הכל.
וע"י שירדו אבותינו למצרים וזכו לצאת משם עי"ז נדחית מחשבת לבן. וז"ש ארמי אובד כו' וירד מצרימה שעל ידי לבן נצרך לירידת מצרים כנ"ל:
'Va et apprends ce que voulut faire Lavan' etc., 'Pharaon ne décréta que [sur les mâles]' etc. [La Haggada] vient expliquer que l'exil d'Égypte ne fut que pour le bien.
Car Lavan voulait tout déraciner, et le remède fut par notre descente en Égypte. Car chez Pharaon, l'exil consistait en ce que les enfants d'Israël étaient sous sa main.
Et c'est ce qui est dit qu'il ne décréta que sur les mâles, car le sens de 'mâle' (zakhar) est celui qui influe (machpia), qui détient la force. Et sur cela décréta Pharaon, que les enfants d'Israël soient au niveau de 'femelle' (nekeva), qui n'à ni domination ni force ; mais non de tout déraciner, car les enfants d'Israël n'étaient qu'en exil sous sa main.
Mais Lavan voulait tout déraciner. Et c'est parce que nos pères descendirent en Égypte et méritèrent d'en sortir que par cela fut repoussée la pensée de Lavan.
Et c'est ce qui est dit 'un Araméen [voulut] perdre [mon père]... et il descendit en Égypte' (Deutéronome 26,5), car c'est à cause de Lavan qu'il fallut la descente en Égypte, comme ci-dessus.
מצה זו כו' שלא הספיק בצקת אבותינו להחמיץ עד שנגלה ממ"ה הקב"ה כו'. הרב ז"ל בסידור פי' כי מצה כמו שהיא בלי התנשאות.
שהוא חמץ. הגסות.
שמנשא עצמו ועולה בנפיחה. וע"י שהי' להם גילוי שכינה הי' נשאר מצה ע"ש.
וכן בזוה"ק פינחס כי ההפרש בין חמץ למצה הוא נקודה אחת שבין ה' לח' ע"ש כי ה' היא הנקודה בתוך הד' שיודע שאין לו כלום רק נקודה פנימיות שנתן השי"ת. וע"י שממשיך הנקודה לעצמו ונעשה ח' הוא חמץ ע"ש:
'Cette matsa' etc., 'parce que la pâte de nos pères n'eut pas le temps de lever avant que le Roi des rois, le Saint béni soit-Il, ne se révèle à eux' etc. Le Rav de mémoire bénie, dans le Siddour, expliqué que la matsa est telle qu'elle est, sans élévation, tandis que le hametz est la grossièreté (gassout), qui se rehausse et monte par gonflement.
Et parce qu'ils eurent la révélation de la Chekhina, cela resta matsa, vois la-bas. De même dans le Zohar saint, [paracha] Pin'has : que la différence entre hametz et matsa est un seul point, celui qui distingue le ה du ח, vois la-bas ; car le ה est le point à l'intérieur du ד, celui qui sait qu'il n'à rien sinon un point intérieur que le Saint béni soit-Il lui à donné.
Et c'est parce qu'il tire ce point vers lui-même et devient ח que c'est du hametz, vois la-bas.
מיום א' דפסח
Du premier jour de Pessa'h.
אלה מועדי ה' כו'. פי' שביו"ט מתגלה חיות פנימיות מהשי"ת שיש בכל הנבראים אשר תקראו כו' מקראי קודש.
שמעתי מאא"ז מו"ר זצלה"ה כי יכולין לקרוא הקדושה ביו"ט. וגם הקדושה קוראת לאדם ע"כ.
ופי' קודש הוא נקודה הפנימיות שאף שמחי' הכל היא נבדלת מהגשמיות שהשי"ת קדוש ונבדל. וכתיב מלא כל הארץ כבודו שמחי' הכל.
רק שנסתר בעוה"ז זה. וביו"ט מתגלה.
וז"ש בזוה"ק אמור מה רב טובך כו' כי ביו"ט נתגלה חיות הפנימיות שהוא אור הנגנז לצדיקים שהם מרגישין אור זה גם בעשי' [כמ"ש במ"א]. וכן אמר אא"ז מו"ר זצלה"ה בשם הזוה"ק שנק' יום טוב ע"ש אור כי טוב שיש בו מאור הגנוז והוא כנ"ל.
וז"ש מועדים לשמחה כי כשמתגלה שורש החיות של האדם ושל כל הבריאה ממילא יש שמחה. ולכך ביו"ט יכולין למצוא הארה הפנימיות שיש בכל דבר.
וז"ש יראה כל זכורך. יראה יראה.
כמו שבא לראות בא להראות ע"ש בגמ' שהוא כנ"ל שהאדם יכול לראות חיות הפנימיות והוא נק' זכורך. פני ה' אלקיך הוא ג"כ נקודה הפנימיות שיש בכל דבר נק' פני ה'.
ומבקשין והשיאנו כו' ברכת מועדיך להיות נדבק מעשה האדם בשורש ע"י אור היו"ט. וי"ל השיאנו כמו משיאין משואות להיות מקושר בשלהבת אהבה לשורש החיים ברכת מועדיך כי כל חיות השנה ע"י התקשרות בשורש החיות שזה מתגלה ביו"ט:
'Voici les fêtes de ה'' etc. Explication : qu'au jour de fête (Yom Tov) se révèle la vitalité intérieure venant du Saint béni soit-Il qui est en toutes les créatures, 'que vous proclamerez' etc., 'convocations saintes' (mikraei kodech).
J'ai entendu de mon grand-père, mon maître et enseignant de mémoire bénie pour la vie du monde à venir, que l'on peut appeler (likro) la sainteté au jour de fête, et que la sainteté aussi appelle (koret) l'homme, jusqu'ici. Et le sens de 'kodech' (saint) est le point intérieur qui, bien qu'il donne vie à tout, est séparé de la matérialité, car le Saint béni soit-Il est saint et sépare.
Et il est écrit 'toute la terre est remplie de Sa gloire' (Isaie 6,3), car Il donne vie à tout, seulement cela est caché en ce monde, et au jour de fête cela se révèle. Et c'est ce qui est dit dans le Zohar saint, [paracha] Emor : 'combien est grande Ta bonté' (Psaumes 31,20) etc., car au jour de fête se révèle la vitalité intérieure qui est la lumière réservée (or hagnouz) aux justes, qui ressentent cette lumière même dans l'action (assiya) [comme il est écrit ailleurs].
Et de même dit mon grand-père, mon maître et enseignant de mémoire bénie, au nom du Zohar saint, qu'on l'appelle 'yom tov' (bon jour) du terme 'la lumière, car elle est bonne' (Genèse 1,4), car il y a en lui de la lumière cachée, et c'est comme ci-dessus. Et c'est ce qui est dit 'des fêtes (moadim) pour la joie', car lorsque se révèle la racine de la vitalité de l'homme et de toute la création, il en résulte nécessairement de la joie.
Et c'est pourquoi au jour de fête on peut trouver l'illumination intérieure qui est en toute chose. Et c'est ce qui est dit 'que paraisse tout mâle chez toi' (Exode 23,17) : 'yeraeh yeraeh' (il verra / il sera vu) : de même qu'il vient pour voir, il vient pour être vu, vois dans la Guemara, ce qui est comme ci-dessus, que l'homme peut voir la vitalité intérieure, et cela est appelé 'zekhourkha' (ton mâle). 'La face de ה' ton Dieu' est aussi le point intérieur qui est en toute chose, appelé 'face de ה''.
Et l'on demande 'et élève-nous (vehassieinou)... la bénédiction de Tes fêtes', afin que l'action de l'homme soit attachée à la racine par la lumière du jour de fête. Et l'on peut dire 'vehassieinou' comme 'on allume des flambeaux (massiin masouot)', pour être relie dans la flamme de l'amour à la racine de la vie ; 'la bénédiction de Tes fêtes', car toute la vitalité de l'année vient par l'attachement à la racine de la vitalité qui se révèle au jour de fête.
מליל ב'
De la deuxième nuit.
אלו קרע לנו הים ולא העבירנו כו' בחרבה כו'. פשוט י"ל כי הי' צריך להיות טיט עכ"פ.
אך י"ל כי כתיב ויבואו בני ישראל בתוך הים ביבשה כי זה עיקר הפלא מה שבנ"י הלכו תוך הים ממש והי' להם ליבשה. כי אם הי' מסולק מבחי' ים אין זה פלא כל כך כי ביד הקב"ה לעשות מים יבשה.
אבל לחיבת ישראל עשה השי"ת שגם שיהי' בחי' ים ממש. מ"מ יהי' לבנ"י יבשה.
וזה שבנ"י יכולין להפוך גם הטבע להמשיך הקדושה בתוכה ממש ע"י עבודתם. וזה העבירנו בתוכו בחרבה:
'S'Il nous avait fendu la mer sans nous y faire passer à sec' etc. Simplement, on peut dire qu'il aurait dû y avoir de la boue au moins.
Mais on peut dire qu'il est écrit 'et les enfants d'Israël vinrent au milieu de la mer, sur la terre sèche' (Exode 14,22), car tel est l'essentiel du prodige : que les enfants d'Israël marchèrent au milieu de la mer même, et qu'elle fut pour eux terre sèche. Car si elle avait été retirée du niveau de 'mer', ce ne serait pas un si grand prodige, car il est au pouvoir du Saint béni soit-Il de faire des eaux une terre sèche.
Mais par affection pour Israël, le Saint béni soit-Il fit que, tout en restant au niveau de 'mer' même, elle soit malgré tout pour les enfants d'Israël une terre sèche. Et cela [montre] que les enfants d'Israël peuvent transformer même la nature, pour y attirer la sainteté à l'intérieur même, par leur service.
Et c'est [le sens de] 'Il nous à fait passer en son sein à sec'.
בזוה"ק כמה פעמים קושיא זו מה שהשי"ת משבח עצמו ביציאת מצרים הלא הבטיח לאבותינו. וכתיב נ' פעמים בתורה הוציאך מארץ מצרים כו'.
ותי' כי הי' מסטרא דיובל שנת החמשים עלמא דחירות ע"ש. ועדיין צריך ביאור.
וי"ל כי באמת כל הגלות במצרים הי' רק לטובת ישראל ולאשר כי השי"ת הבטיח לאבות כי יצאו ממצרים ברכוש גדול. לזאת עשה השי"ת שיהיו במצרים במדריגה התחתונה מאוד כמ"ש ז"ל כי כבר היו במ"ט שערי טומאה וז"ש אלו לא הוציא הרי אנו כו' כי היו ח"ו משוקעים בשער הנ' בטומאה שאינם יכולין להגאל עוד.
וממילא כשנגאלו ניתן לישראל כל השערי בינה עד שער הנ' כי זה לעומת זה כו'. וז"ש ה' אלקי נפלאותיך ומחשבותיך אלינו.
שכל מה שנכנסו ונשקעו אז כ"כ בשערי טומאה הי' לטובה. והוא יותר ממה שהבטיח לאבותינו שהי' די בצרה אחת אך כי הי' חמשים גאולות כו'.
וז"ש וחמשים עלו בני ישראל כו' כמ"ש בזוה"ק בשלח ובתקונים ע"ש:
Dans le Zohar saint, à plusieurs reprises, cette question : pourquoi le Saint béni soit-Il se loue-t-Il de la sortie d'Égypte, alors qu'Il l'avait promise à nos pères ? Et il est écrit cinquante fois dans la Torah 'qui t'à fait sortir du pays d'Égypte' etc.
Et il répond que c'était du côté (mi-sitra) du Yovel (jubilé), l'année cinquantième, le monde de la liberté (alma de-heirout), vois la-bas. Et cela demande encore explication.
Et l'on peut dire qu'en vérité tout l'exil en Égypte ne fut que pour le bien d'Israël, et parce que le Saint béni soit-Il avait promis aux pères qu'ils sortiraient d'Égypte avec de grands biens. Pour cela, le Saint béni soit-Il fit qu'ils soient en Égypte au degré le plus bas, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie, qu'ils étaient déjà dans les quarante-neuf portes d'impureté.
Et c'est ce qui est dit 'si [le Saint béni soit-Il ne nous avait pas fait sortir], nous serions' etc., car ils étaient, à Dieu ne plaise, plongés dans la cinquantième porte d'impureté, dont ils ne pourraient plus être délivrés. Et par conséquent, lorsqu'ils furent délivrés, furent données à Israël toutes les portes de la compréhension (bina) jusqu'à la cinquantième porte, car 'ceci en face de cela' (ze leoumat ze) etc.
Et c'est ce qui est dit 'ה' mon Dieu, Tes merveilles et Tes pensées sont envers nous' (Psaumes 40,6), car tout ce en quoi ils s'étaient alors enfoncés et plongés si profondément dans les portes d'impureté était pour le bien. Et c'est plus que ce qu'Il avait promis à nos pères, pour qui une seule détresse aurait suffi, mais [en vérité] il y eut cinquante délivrances etc.
Et c'est ce qui est dit 'et armes (vahamouchim) montèrent les enfants d'Israël' (Exode 13,18) etc. ; [le mot vahamouchim évoque le nombre cinquante, hamichim,] comme il est écrit dans le Zohar saint [paracha] Bechalah et dans les Tikounim, vois la-bas.
מה שקורין שה"ש בפסח. כי שה"ש הוא לבאר כי כל עניני עוה"ז רק משל להבין האהבה הצריכה להשי"ת.
וזה פי' שיר השירים שמכל השירים שבעולם יוצא שיר הזה. אך כי האדם צריך להיות נדבק בהנמשל וקשה שיהי' הכל רק כדי לידע לעבוד להשי"ת וח"ו כשנדבקין בעוה"ז אין יכולין להבין כלל הנמשל.
לזאת בפסח זמן חירותנו. שהאדם יכול ללמוד רצון השי"ת גם מן הטבע ג"כ.
כי מתגלה נקודה הפנימיות. לזאת שייך שה"ש בזמן הזה:
Le fait qu'on lise le Cantique des cantiques (Chir haChirim) à Pessa'h : car le Cantique des cantiques vient expliquer que toutes les affaires de ce monde ne sont qu'une parabole pour comprendre l'amour qu'il faut avoir pour le Saint béni soit-Il. Et c'est le sens de 'Chir haChirim' (le Cantique des cantiques) : que de tous les cantiques du monde sort ce cantique-ci.
Mais l'homme doit être attaché au sens désigne (nimchal, l'objet de la parabole), et il est difficile que tout cela ne soit que pour savoir servir le Saint béni soit-Il ; et à Dieu ne plaise, lorsqu'on est attaché à ce monde, on ne peut plus du tout comprendre le nimchal. Pour cela, à Pessa'h, temps de notre liberté, l'homme peut apprendre la volonté du Saint béni soit-Il même à partir de la nature, car le point intérieur se révèle.
Pour cela le Cantique des cantiques convient à ce temps.
מיום ב' דפסח
Du deuxième jour de Pessa'h.
אכילת מצה רשות. ומשמע כי בכל השנה אינו רשות.
שכ"ז שיש לאדם שיעבוד ודביקות בהטבע אינו יכול לאכול מצה שהיא פשוטה כמו שהיא בלי שינוי מכמו שנברא בכח השי"ת. ובפסח זמן חירותינו.
והפי' שהחירות גם בתוך הטבע שנק' זמן. כי הזמן הוא הטבע והחירות למעלה מן הזמן והטבע.
רק ביציאת מצרים נמשך הארה מלמעלה גם בתוך הזמן והטבע. וכן אמר אא"ז מו"ר זצלה"ה על שנקרא ליל פסח סדר להראות כי לבנ"י יש סדר מסודר גם לנסים שאינו עפ"י מקרה כו'.
והוא כנ"ל שגם בתוך הטבע חיות שלהם נמשך ודבוק במקור החיים שהוא מקום הנעלם שלמעלה מהטבע. ולכך יוכל כל אדם בפסח לצאת מן המאסר שלא להיות משועבד לסט"א ח"ו.
וממילא יכול לקבל עליו עול מלכות שמים כראוי. ויכול לאכול מצה גם כן:
'La consommation de la matsa [le reste des jours de Pessa'h] est facultative (rechout)'. Cela laisse entendre que tout le reste de l'année elle n'est pas facultative : car tant que l'homme à une sujétion et un attachement à la nature, il ne peut manger la matsa, qui est simple, telle qu'elle est, sans modification par rapport à ce qui fut créé par la force du Saint béni soit-Il.
Et à Pessa'h, temps de notre liberté : et le sens est que la liberté se trouve même à l'intérieur de la nature, qui est appelée 'temps' (zman), car le temps est la nature, et la liberté est au-dessus du temps et de la nature. Seulement, par la sortie d'Égypte, une illumination fut attirée d'en haut même à l'intérieur du temps et de la nature.
Et de même dit mon grand-père, mon maître et enseignant de mémoire bénie, sur le fait que la nuit de Pessa'h est appelée 'Seder' (ordre), pour montrer que les enfants d'Israël ont un ordre organise même pour les miracles, qui ne sont pas selon le hasard etc. Et c'est comme ci-dessus, que même à l'intérieur de la nature leur vitalité est attirée et attachée à la source de la vie, qui est le lieu caché au-dessus de la nature.
Et c'est pourquoi tout homme peut, à Pessa'h, sortir de la prison, pour ne pas être asservi au Sitra A'hra (l'Autre côté, les forces du mal), à Dieu ne plaise. Et par conséquent il peut accepter sur lui le joug du royaume des cieux comme il convient, et il peut aussi manger la matsa.
ב"ה שבת חוה"מ
Avec l'aide du Ciel. Chabbat de Hol haMoed (jours intermédiaires de la fête).
א-להי מסכה לא תעשה כו' חג המצות תשמור כו' ולמדו חז"ל מזה המבזה המועדות כאלו עובד ע"ז. גם כתבו חז"ל דכתיב שבת אצל המועדות בפ' אמור לומר המקיים המועדות מעלה עליו הכתוב כאלו קיים השבתות וכן להיפוך ע"ש.
והפי' כי מועדות ניתנו לישראל דכ' אשר תקראו אתם אפילו שוגגין. מזידין כו'.
ושבת קביעא וקיימא כי ענין שבת הוא עליות כל דבר לשורשו למעלה מן הטבע שהוא שורש החיים של כל דבר. ולזאת אין קדושת שבת תלוי בתחתונים.
רק מ"מ יש תוספות שבת ע"י הכנת ימות החול להיות דביקין בשבת [כמ"ש במ"א]. ובמדרש שה"ש שחורה אני בימות החול.
ונאוה בשבת. ומה שבח בשחורה אני.
אך כי זה המשך קדושת שבת לימות החול. אף שעוסקין במלאכות ושאר עשיות גשמיים.
מ"מ נמשך ונדבק אחר בחי' שבת. ממילא מוסיפין בנ"י כח לבחי' שבת ג"כ והוא תוספות שבת.
כי כמים הפנים לפנים. כמו שמקבלין שבת באהבה ותשוקה גדולה.
כן זוכין להמשיך הארה ממקום גבוה יותר. והנה בחי' יום טוב הוא להמשיך הארה לתוך הטבע ממש ולכך ניתן לישראל שתלוי בקדושת ישראל דקדשינהו לזמנים שע"י בני ישראל נמשך הארה להנבראים.
ודביקות המעשה בשורש המחי' הכל זה בחי' המועדות. וז"ש א-להי מסכה לא תעשה כו'.
שבכל מעשה צריך האדם להאמין שיש בו חיות השי"ת אף שנראה נפרד ומתנגד להקדושה. וע"י אמונה זו זוכה להסיר המסך המבדיל ומסתיר ויוכל לראות איך כל דבר קטן וגדול הוא ממש מחיות השי"ת בלבד.
והוא בחי' אמונה. וכ"כ בזוה"ק משפטים כי המבזה המועדות כעובד ע"ז משום דאינון רזא דמהימנותא ע"ש.
והמבזה המועדות הוא שמפריד עוה"ז ומפריש בין שבת שכל הדברים עולין כו' וביו"ט אין בו אמונה כראוי. והוא עבודה זרה באמת שעושה מסך ומבדיל בין החיות שיש בעולם הטבע ג"כ כנ"ל.
ומעלין עליו כמחלל השבתות ג"כ. כי ה' ושמו אחד והכל לכבודו ברא.
וכן המקיים המועדות ע"י אמונה. זוכה לבחי' שבת ג"כ שהוא בחי' אמת שנגלה וניכר ששורש כל החיים מחיות השי"ת:
'Tu ne te feras pas de dieux de métal fondu' etc., 'la fête des matsot tu garderas' etc. Et nos maîtres de mémoire bénie ont appris de cela que celui qui méprise les fêtes (moadot) est comme s'il servait des idoles.
Nos maîtres ont aussi écrit que, du fait que le Chabbat est placé auprès des fêtes dans la paracha Emor, cela vient dire que celui qui accomplit les fêtes, l'Écriture le lui compte comme s'il avait accompli les Chabbats, et inversement, vois la-bas. Et l'explication : car les fêtes ont été données à Israël, comme il est écrit 'que vous proclamerez', même par erreur (choguegin), volontairement (mezidin) etc. ; tandis que le Chabbat est fixe et établi (kevia vekayama), car le sens du Chabbat est l'élévation de toute chose vers sa racine, au-dessus de la nature, qui est la racine de la vie de toute chose.
Pour cela la sainteté du Chabbat ne dépend pas des êtres d'en bas. Néanmoins il y a un ajout au Chabbat (tossefet Chabbat) par la préparation des jours de semaine, afin d'être attachés au Chabbat [comme il est écrit ailleurs].
Et dans le Midrach du Cantique des cantiques : 'je suis noire' pendant les jours de semaine 'et belle' le Chabbat. Et quelle louange y a-t-il dans 'je suis noire' ?
Mais c'est [parce que] cela est le prolongement de la sainteté du Chabbat dans les jours de semaine : bien que l'on s'occupe de travaux et d'autres actions matérielles, néanmoins on demeure attaché au niveau du Chabbat, et par conséquent les enfants d'Israël ajoutent une force au niveau du Chabbat aussi, et c'est le tossefet Chabbat. Car 'comme dans l'eau le visage répond au visage' (Proverbes 27,19) : de même qu'on reçoit le Chabbat avec amour et grand désir, ainsi mérite-t-on d'attirer une illumination d'un lieu plus élevé encore.
Et voici : le niveau du jour de fête (Yom Tov) est d'attirer une illumination à l'intérieur de la nature même, et c'est pourquoi il fut donné à Israël, car il dépend de la sainteté d'Israël qui sanctifie les temps (dekadchinhou lazmanim), puisque c'est par les enfants d'Israël qu'une illumination est attirée vers les créatures. Et l'attachement de l'action à la racine qui donne vie à tout, c'est le niveau des fêtes.
Et c'est ce qui est dit 'tu ne te feras pas de dieux de métal fondu' etc. : car en toute action l'homme doit croire qu'il y a en elle la vitalité du Saint béni soit-Il, bien qu'elle paraisse séparée et opposée à la sainteté. Et par cette foi il mérite d'ôter le voile (massakh) qui sépare et dissimulé, et il peut voir comment toute chose, petite ou grande, provient réellement de la seule vitalité du Saint béni soit-Il ; et c'est le niveau de la foi (emouna).
Et ainsi il est écrit dans le Zohar saint [paracha] Michpatim, que celui qui méprise les fêtes est comme un idolâtre, parce qu'elles sont le secret de la foi (raza de-mehemnouta), vois la-bas. Et celui qui méprise les fêtes est celui qui sépare ce monde et distingue entre le Chabbat, où toutes choses s'élèvent etc., et le jour de fête, en lequel il n'à pas la foi comme il convient ; et c'est véritablement de l'idolâtrie, car il fait un voile et une séparation entre la vitalité [divine] qui se trouve aussi dans le monde de la nature, comme ci-dessus.
Et on le lui compte comme profanateur des Chabbats aussi, car 'ה' et Son nom sont un', et Il à tout créé pour Sa gloire. Et de même celui qui accomplit les fêtes par la foi mérite aussi le niveau du Chabbat, qui est le niveau de la vérité, où il est révélé et manifeste que la racine de toute vie provient de la vitalité du Saint béni soit-Il.
ב"ה מימים אחרונים של פסח איני זוכר כראוי ואולי ניתוסף
Avec l'aide du Ciel. Dès derniers jours de Pessa'h : je ne me souviens pas comme il convient, et peut-être [cela] fut-il ajoute.
« Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils reviennent » (Chemot 14,2) : pourquoi le Nom béni soit-Il ordonne-t-Il qu'ils retournent vers l'Égypte ? Selon le Sfat Emet, la sortie se fit seulement parce que le Nom avait promis aux Pères de les faire sortir ; Il voulut une seconde délivrance, du côté de leur propre mérite. À l'ouverture de la mer des Joncs ils sont sous le din (jugement) et l'emportent dans le jugement lui-même, parce qu'ils crurent et revinrent du côté de l'Égypte. La sortie d'Égypte n'est que sortir de l'étroitesse (metsar) tandis qu'elle subsiste ; l'ouverture de la mer, par le service de l'homme, repousse toute l'étroitesse, et le miracle se produit à l'intérieur même du corps de l'étroitesse.
Aussi : l'élévation du Nom est entièrement élévation, sans mesure ni comparaison ; le Cantique, au-dessus du temps, fait descendre des paroles par l'esprit saint ; la matsa enseigne que la sortie d'Égypte fut sans le mérite de l'homme
דבר אל בני ישראל וישובו כו'. ולמה צוה השי"ת שיחזרו למצרים.
ויראה כי ע"י שיציאת מצרים היה שלא עפ"י זכות ישראל רק ע"י שהבטיח השי"ת לאבות להוציאנו ממצרים. ורצה השי"ת שישובו ויהי' להם גאולה שני' מצד זכותם.
וז"ש בקריעת ים סוף שהיו נתונים בדין. שהי' הרצון עתה להיות נושעים גם עפ"י הדין.
והרי זכו בדין ג"כ. ע"י שהאמינו ושבו לצד מצרים.
וכתיב נפלאותיך ומחשבותיך אלינו. כי וודאי בלי הקדמת יציאת מצרים לא היו יכולין לזכות מעצמם.
ועשה השי"ת כן שאחר שראו הנסים במצרים יוכלו לחזק באמונתם ולזכות מעצמם ג"כ אף עפ"י דין כנ"ל. וז"ש וייראו מאוד.
ואין מובן מאחר שהבטיח השי"ת שישובו כדי לאבד חיל פרעה ופרשיו מה הי' להם לירא. בפרט מרע"ה דכתיב מה תצעק למה צעק.
אך כי ידעו זה שצריכין להיות גוברים עפ"י זכות עצמותם ולכך יראו אף שראו במצרים כל הנסים ובוודאי האמינו בהשי"ת שיוכל להושיעם כהרף עין. רק כנ"ל שהי' בדעתם שלא יהי' להם נס רק שיהי' הכל בכחם והרגישו שאין להם כח כל כך.
ואפשר שגם זה הפי' מ"ש הלא זה הדבר כו' חדל ממנו כו'. שטענתם הי' שאם הי' מיד במצרים הגאולה ע"י זכותם הי' טוב יותר כי הבטיח הקב"ה לאבות להוציאם והי' הבטחה זו מסייע.
אך הקב"ה רצה שיזכו לגמרי מעצמם ע"י הכנת גאולת מצרים כנ"ל. וזה ההפרש שבין יצ"מ לקריעת ים סוף.
כי יציאת מצרים רק שיוצאין מהמיצר אבל נשאר המיצר. וקי"ס הוא שנדחה כל המיצר מפניהם והוא מטעם שיציאת מצרים הי' רק בחסד השי"ת ולא יוכל להיות נדחה המיצר רק ע"י עבודת האדם שזכו בקי"ס לנס מצדם וממילא נעשה הנס תוך גוף המיצר.
וי"ל בזה הפי' אלו קרע לנו הים ולא העבירנו בתוכו בחרבה כו'. כי הקב"ה עשה זה הנס ע"י ישראל וז"ש העבירנו שע"י שעברו בים נעשה יבשה.
ולכך כתיב כי לא נקרע עד שירדו לים עד חוטמם. וז"ש היתה יהודה לקדשו כו' ממשלותיו.
שבכחם נקרע הים. וזהו שמשבחין שלא קרע השי"ת הים רק ע"י ירידת ישראל.
[וי"ל בזה המד' שלא רצה ליקרע ע"ש כי היה הקריעה ע"י משה רבינו ע"ה שהוא כלל ישראל ע"ש ותבין]:
Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils reviennent, etc. (Exode 14,2).
Pourquoi le Nom béni soit-Il ordonna-t-Il qu'ils retournent vers l'Égypte ? Il apparaît que, puisque la sortie d'Égypte ne se fit pas selon le mérite d'Israël, mais seulement parce que le Nom béni soit-Il avait promis aux Pères de nous faire sortir d'Égypte, le Nom voulut qu'ils reviennent et qu'ils aient une seconde délivrance, celle-là du côté de leur propre mérite.
Et c'est ce qui est dit à propos de l'ouverture de la mer des Joncs : ils étaient placés sous la rigueur du jugement (din) ; car la volonté était maintenant qu'ils soient sauvés aussi selon le jugement, et ils l'emportèrent effectivement dans le jugement lui-même, parce qu'ils crurent et revinrent du côté de l'Égypte. Et il est écrit : Tes merveilles et Tes pensées sont pour nous (Psaumes 40,6).
Car assurément, sans le préalable de la sortie d'Égypte, ils n'auraient pu acquérir le mérite par eux-mêmes. Et le Nom fit ainsi afin qu'après avoir vu les miracles en Égypte, ils puissent se renforcer dans leur foi et acquérir le mérite par eux-mêmes aussi, même selon le jugement, comme ci-dessus.
Et c'est ce qui est dit : ils eurent grande peur (Exode 14,10). Or cela n'est pas compris : puisque le Nom avait promis qu'ils reviendraient afin de faire périr l'armée de Pharaon et ses cavaliers, de quoi avaient-ils à craindre ?
En particulier Moche notre maître, sur lui la paix, dont il est écrit : Pourquoi cries-tu vers moi ? (Exode 14,15) - pourquoi criait-il ?
Mais c'est qu'ils savaient qu'ils devaient l'emporter selon leur propre mérite, et c'est pourquoi ils craignirent, bien qu'ils eussent vu en Égypte tous les miracles et qu'ils crussent assurément en ה' béni soit-Il, qu'Il pouvait les sauver en un clin d'œil ; seulement, comme ci-dessus, ils avaient à l'esprit qu'il n'y aurait pas pour eux de miracle, mais que tout se ferait par leur propre force, et ils sentaient qu'ils n'avaient pas tant de force. Il est possible que ce soit aussi le sens de ce qui est dit : N'est-ce pas la parole que nous te disions... laisse-nous, etc.
(Exode 14,12) ; car leur argument était que si la délivrance s'était faite aussitôt en Égypte par leur mérite, c'eut été meilleur, car le Saint béni soit-Il avait promis aux Pères de les faire sortir, et cette promesse aidait. Mais le Saint béni soit-Il voulut qu'ils acquièrent le mérite entièrement par eux-mêmes, grâce à la préparation de la délivrance d'Égypte, comme ci-dessus.
Et telle est la différence entre la sortie d'Égypte et l'ouverture de la mer : car la sortie d'Égypte n'est que sortir de l'étroitesse (metsar) tandis que l'étroitesse subsiste ; l'ouverture de la mer, elle, c'est que toute l'étroitesse est repoussée devant eux. Et cela parce que la sortie d'Égypte ne se fit que par la grâce du Nom béni soit-Il, et l'étroitesse ne peut être repoussée que par le service de l'homme ; car ils acquirent à l'ouverture de la mer un miracle de leur propre côté, et de la sorte le miracle se produisit à l'intérieur même du corps de l'étroitesse.
On peut expliquer ainsi : S'Il nous avait ouvert la mer sans nous y faire passer à pied sec, etc. (Haggada) ; car le Saint béni soit-Il fit ce miracle par le moyen d'Israël, et c'est ce que dit 'nous y fit passer', car c'est par leur passage dans la mer qu'elle devint terre sèche.
C'est pourquoi il est écrit qu'elle ne se fendit pas avant qu'ils fussent descendus dans la mer jusqu'aux narines. Et c'est ce qui est dit : Juda devint son sanctuaire, Israël ses domaines (Psaumes 114,2) - car c'est par leur force que la mer se fendit.
Et c'est ce que l'on loue : que le Nom ne fendit la mer que par la descente d'Israël. [On peut expliquer ainsi le Midrach selon lequel la mer ne voulut pas se fendre, vois-y : car la fente se fit par Moche notre maître, sur lui la paix, qui est l'ensemble d'Israël, vois-y et tu comprendras.]
מכאן איני זוכר כסדר ונכתב מעורבב
À partir d'ici je ne me souviens plus dans l'ordre, et cela à été écrit de façon mélangée.
כי גאה גאה. כי כל הגדלות שיש להנבראים הוא רק לכבודו ית'.
רשע לפני שבר גאון. וצדיק כדי שיכניע עצמו ע"י שיכיר יותר חסדיו ית"ש.
אבל גאות השי"ת הוא לטעם עצם הגאות כי גאה גאה. וז"ש בהשירה אמר אויב ארדוף.
ומה צורך זה בהשירה. ונראה כי גם זה הי' מסייע מה שהי' לו גסות כ"כ והרחיב פיו עי"ז נשפת ברוחך כו':
Car Il s'est hautement élève (ki gao gaa, Exode 15,1). Car toute la grandeur que possèdent les créatures n'est que pour Sa gloire béni soit-Il.
Le méchant : la ruine précède l'orgueil (Proverbes 16,18). Et le juste, son élévation est afin qu'il s'humilie en reconnaissant davantage Ses bontés, béni soit Son nom.
Mais l'élévation du Nom béni soit-Il tient à l'essence même de l'élévation, car Il s'est hautement élève. Et c'est ce qui est dit dans le Cantique : L'ennemi disait : je poursuivrai (Exode 15,9).
Quel besoin de cela dans le Cantique ? Il apparaît que cela aussi contribua : le fait qu'il eut tant d'arrogance et ouvrit grande sa bouche, c'est par la que Tu as souffle de Ton vent et que la mer les recouvrit (Exode 15,10), etc.
עוד כי גאה גאה. כי גאות הוא שגדול מאחרים.
ומ"מ נמצא בו ג"כ מה שבחבירו רק שיש לו יותר. כדמיון מי שהוא חכם יותר מחבירו מ"מ חכמה מעט שלחבירו יש לו ג"כ רק שיש לו תוספות.
אבל גאות השי"ת בכל נקודה ונקודה אין ערך ודמיון והוא כולו גאות וזהו כי גאה גאה:
Encore : Car Il s'est hautement élève. Car l'élévation (gaout) c'est d'être plus grand que d'autres ; et néanmoins se trouve aussi en lui ce qui est chez son prochain, seulement il en a davantage.
À l'image de celui qui est plus sage que son prochain : néanmoins le peu de sagesse de son prochain se trouve aussi en lui, seulement il à un surplus. Mais l'élévation du Nom béni soit-Il, en chaque point, il n'y a ni mesure ni comparaison, et Il est entièrement élévation ; et tel est : Car Il s'est hautement élève.
ברש"י שר מבע"ל מהו ישיר עלה בלבו שישיר כו'. כי הוא דבר לשעה ולא נופל בו לשון ההוה ע"ש.
וי"ל כי השירה למעלה מהזמן כי איך יוכל להיות עפ"י טבע שאמרו כל ישראל מלה במלה. רק שהי' ברוה"ק כמ"ש בזוה"ק.
וזהו עצמו מקום המחשבה שלמעלה מהטבע ושם הוה ועבר ועתיד הכל אחד. וזהו עצמו פי' ישיר כי הי' להם מדריגה גבוה שעלו למקור התורה שהרי המשיכו דברי השירה לעולם.
וז"ש ישיר כו' השירה כו' לאמר. וזה כל ענין השירה להיות נדבק בשורשו.
כמ"ש זה אלי כו'. הפי' שכל אחד הכיר כי כחו וחיותו הוא מהשי"ת.
כי בגלות נסתר זה ואחר גמר הגאולה נתגלה להם כי השי"ת הוא מחי' כל הנבראים. וז"ש ויאמינו בה' אף כי גם מקודם כתיב ויאמן העם.
אבל יש אמון רבתא ומקטני אמנה כמ"ש במד' בראשית ואהי' אצלו אמון כו' פדגוג כו' ע"ש והכל בחי' אמונה שגם מה שנסתר בהטבע ע"י אמונה נמשך כל הטבע לשורשו ג"כ שהבריאה ע"י התורה ועתה הי' אמונה שלימה שנתברר כח הבריאה. שרק מהשי"ת.
ונתמשכו אחרי שורש החיים. והי' זה הכנה לקבלת התורה שהרי [*דברי] השירה הם דברים הכתובים בתורה שהמשיכו ע"י האמונה כנ"ל.
ובמד' נכון כסאך אע"פ שמעולם אתה לא נתיישבה כסאך אלא מאז ישיר כו'. והוא כנ"ל שאחר קי"ס נגלה כבוד מלכותו ית' להיות מבורר בכל דבר קטן וגדול שהוא מחיותו ית' וזה נתיישבה כסאך שיהי' פנימיות החיות מיושב וקבוע בתוך כל נברא שהוא כסא לנקודה הקדושה השרויה שמה.
וזהו אז שז' ימי הבנין דביקין בשורש העליון שהוא למעלה מהטבע. מי כמוכה באלים.
הפי' כמ"ש בזוה"ק ע"פ אין צור כאלקינו שכח כל הכחות רק מחיותו ית' ע"ש פ' תזריע ובמ"א. וזהו נאדר בקודש אף שכל הכחות ממנו יתברך אעפ"כ קדושה ונבדלת הנקודה הקדושה שבתוך כל דבר.
עושה פלא. שגם במעשה גשמיות יש ממנו ית' נקודה נפלאת ומובדלת כמ"ש נפלאות עשה.
וכ"כ רמ"א ז"ל באו"ח על ומפליא לעשות שנדבק הנשמה בגשם האדם ע"ש:
Dans Rachi : 'chir' (chanta) serait au passé ; que signifie 'yachir' (au futur, Exode 15,1) ? Il lui monta au cœur de chanter, etc.
Car c'est une chose ponctuelle et le présent ne s'y applique pas, vois-y. On peut dire que le Cantique est au-dessus du temps ; car comment serait-il possible, selon la nature, que tout Israël ait dit le Cantique mot pour mot ?
Ce ne fut que par l'esprit saint (roua'h ha-qodech), comme il est dit dans le Zohar. Et c'est cela même le lieu de la pensée, qui est au-dessus de la nature, et la, présent, passe et futur sont tous un.
Et c'est cela même le sens de 'yachir' : car ils eurent un degré élevé, s'élevant à la source de la Torah, puisqu'ils firent descendre les paroles du Cantique dans le monde. Et c'est ce qui est dit : 'yachir... la chira (le cantique)... lemor (pour dire)'.
Et tel est tout l'objet du Cantique : être attaché à sa racine. Comme il est dit : Celui-ci est mon Dieu (Exode 15,2) ; le sens est que chacun reconnut que sa force et sa vie proviennent du Nom béni soit-Il.
Car dans l'exil cela est caché, et après l'achèvement de la délivrance il leur fut révélé que le Nom béni soit-Il fait vivre toutes les créatures. Et c'est ce qui est dit : ils crurent en ה' (Exode 14,31), bien que déjà auparavant il soit écrit : le peuple crut (Exode 4,31).
Mais il y a une grande foi (amon rabta) et ceux de peu de foi (miqetanei amana), comme il est dit dans le Midrach Berechit : 'j'étais auprès de Lui amon (nourrisson, où artisan)... pédagogue...' (Berechit Rabba sur Proverbes 8,30), vois-y ; et tout cela relève de la foi, car même ce qui est caché dans la nature, par la foi toute la nature est ramenée à sa racine elle aussi, puisque la création se fit par la Torah ; et maintenant ce fut une foi parfaite, par laquelle la force de la création fut clarifiée : qu'elle ne vient que du Nom béni soit-Il. Et ils furent attirés à la suite de la racine de la vie.
Et cela fut une préparation à la réception de la Torah, car les paroles du Cantique sont des paroles écrites dans la Torah, qu'ils firent descendre par la foi, comme ci-dessus. Et dans le Midrach : Ton trône est établi des lors (Psaumes 93,2) - bien que Tu sois de toute éternité, Ton trône ne fut affermi que depuis 'alors chanta' (az yachir), etc.
Et c'est comme ci-dessus : qu'après l'ouverture de la mer se révéla la gloire de Sa royauté béni soit-Il, en sorte qu'il fut clarifié en chaque chose, petite et grande, qu'elle est de Sa vie béni soit-Il ; et c'est le sens de 'Ton trône fut affermi' : que l'intériorité de la vie soit posée et fixée au sein de chaque créature, laquelle est un trône pour le point saint qui y réside. Et cela est le sens de 'alors' (az) : que les sept jours de la construction du monde sont attachés à la racine supérieure qui est au-dessus de la nature.
Qui est comme Toi parmi les puissants (Exode 15,11) - le sens est comme il est dit dans le Zohar sur le verset : il n'est point de rocher (tsour) comme notre Dieu (1 Samuel 2,2), à lire aussi : point de faconneur (tsayar) comme notre Dieu, signifiant qu'Il est la force de toutes les forces, tout n'étant que de Sa vie béni soit-Il, vois-y parachat Tazria et ailleurs. Et c'est le sens de 'magnifique en sainteté' (nedar ba-qodech) : bien que toutes les forces viennent de Lui béni soit-Il, néanmoins le point saint qui est au sein de chaque chose est saint et distinct. 'Faisant merveille' (osse fêle) : que même dans l'acte matériel il y a de Lui béni soit-Il un point merveilleux et distinct, comme il est dit : Il à fait des merveilles (Psaumes 78,12).
Et ainsi écrit Rema (Rabbi Moche Isserles), de mémoire bénie, dans le Ora'h ''Hayim, sur la formule 'et Il fait merveille en agissant' (u-mafli laassot), que l'âme est attachée au corps matériel de l'homme, vois-y.
ואיתא כי חזקי' לא אמר שירה על הנס לכך לא נעשה משיח. ואא"ז מו"ר זצלה"ה פי' כי הי' נגלה לו בבירור איך הארץ ומלואה להשי"ת ולא נתפעל יותר ע"י הנס כו' ע"ש.
וכן מפורש במדרש שה"ש ע"ש. והוא כנ"ל שעיקר השירה המשכה ואמונה להתדבק בשורש העליון ע"י שנפתח מקום שלמעלה מהטבע.
שהרי כל נס בא מלמעלה מהטבע וצריך האדם להתדבק שמה. וכן הי' חזקי' תמיד כמ"ש והטוב בעיניך עשיתי ופי' חז"ל שסמך גאולה לתפלה והוא כנ"ל שכל מעשה גשמיי הי' ג"כ לפניו כעושה לפני המלך שהי' דבוק בנקודה הפנימיות שבכל מעשה.
ותפלה הוא כשצריכין צעקה לעורר הפנימיות מההסתר. וגאולה הוא פתיחת הפנימיות ובאמת ע"י אמונה שמצפה לישועתו ית' נפתח הפנימיות כנ"ל.
והלא בוודאי גם מרע"ה ובנ"י אז היו במדריגה זו. אך כי אין שיעור להשגת נפלאותיו ית' וע"י שהיו בנ"י דביקין במשה רע"ה דכתיב ובמשה עבדו לכך זכו להתחבר עמו והמשיכו דברי השירה שהיא כוללת שבח כל הנסים שהי' ושיהי' כמ"ש בזוה"ק.
ושם יש תמיד התחדשות יותר. [ובחזקי' נראה שלא הי' יכול לומר שירה על ידי חסרון הדור כנ"ל ולא נעשה משיח שלא הי' דורו ראוי לגאולה שלימה]:
Il est rapporté que 'Hizqiya (Ezechias) ne dit pas de cantique sur le miracle, et c'est pourquoi il ne devint pas le Machia'h. Et mon aïeul, mon maître et enseigneur, que le souvenir du juste et saint soit pour la vie du monde à venir, expliqua qu'il lui était révélé avec clarté comment la terre et sa plénitude appartiennent au Nom béni soit-Il, et il ne s'émut pas davantage par le miracle, etc., vois-y.
Et cela est aussi explicite dans le Midrach Chir ha-Chirim, vois-y. Et c'est comme ci-dessus : l'essentiel du cantique est l'attraction (hamchakha) et la foi, pour s'attacher à la racine supérieure grâce à l'ouverture d'un lieu au-dessus de la nature ; car tout miracle vient de plus haut que la nature, et l'homme doit s'y attacher.
Et ainsi était 'Hizqiya toujours, comme il est dit : et j'ai fait ce qui est bon à Tes yeux (2 Rois 20,3), et nos Sages, de mémoire bénie, expliquèrent qu'il accola la délivrance (geoula) à la prière (tefila) ; et c'est comme ci-dessus, que tout acte matériel était aussi devant lui comme celui qui agit devant le roi, car il était attaché au point intérieur présent en chaque acte. Et la prière, c'est quand il faut crier pour éveiller l'intériorité hors de l'occultation.
Et la délivrance, c'est l'ouverture de l'intériorité ; et en vérité, par la foi qui espère en Son salut béni soit-Il, l'intériorité s'ouvre, comme ci-dessus. Or assurément Moche notre maître, sur lui la paix, et les enfants d'Israël étaient alors eux aussi à ce degré.
Seulement il n'y a pas de mesure à la saisie de Ses merveilles béni soit-Il ; et parce que les enfants d'Israël étaient attachés à Moche notre maître, sur lui la paix, dont il est écrit : et en Moche Son serviteur (Exode 14,31), ils méritèrent de s'unir à lui et firent descendre les paroles du Cantique, qui contient la louange de tous les miracles qui furent et qui seront, comme il est dit dans le Zohar. Et la se trouve toujours un renouvellement plus grand.
[Et pour 'Hizqiya, il apparaît qu'il ne put dire de cantique à cause de la déficience de sa génération, comme ci-dessus, et il ne devint pas Machia'h car sa génération n'était pas digne d'une délivrance complète.]
תרל"ב
[תרל״ב - 5632]
בעזה"י מימי פסח
Avec l'aide de Dieu (be-ezrat ha-Chem). Dès jours de Pessa'h.
לחם עוני שעונין עליו דברים. נראה שאין יכולין לאכול המצה בלי ריבוי דברים עלי'.
שנק' לחם עוני. שיש לחם מן השמים והוא המן שזכו בנ"י לאכול במדבר ועתה בפסח רק תבואות ארץ כמ"ש בזוה"ק ע"ש.
ופי' מאכל מצה זה עצמו לידע שהי' יצ"מ בנפלאות חסדי ה' בלי זכות האדם. לכך נק' לחם עוני.
וכתב בזוה"ק מצה לשון קטטה ומריבה ע"ש. ג"כ כנ"ל שעדיין אינו מאכל הטוב בפ"ע.
רק עכ"פ לצאת מרע ולידע שהכל מהשי"ת שלא להיות שינוי לרע ע"י גסות שזה ענין מצה וחמץ. ואח"כ זוכין מעצמו ע"י הבירור בספירת העומר כמ"ש במ"א.
וזה ג"כ מצה פרוסה שאינו נגמר עדיין בשלימות כמ"ש בזוה"ק טעם שאין גומרין ההלל ע"ש:
'Pain de misère sur lequel on répond des paroles' (le'hem oni, cf. Pessa'him 115b).
Il apparaît qu'on ne peut manger la matsa sans multiplier les paroles à son sujet ; c'est pourquoi elle est appelée 'pain de misère' (où 'pain de la réponse'). Car il y a un pain venu du ciel, c'est la manne, que les enfants d'Israël méritèrent de manger au désert ; et maintenant, à Pessa'h, ils ne mangent que les produits de la terre, comme il est dit dans le Zohar, vois-y.
Et le sens de manger la matsa est cela même : savoir que la sortie d'Égypte fut par les merveilles des bontés de ה', sans le mérite de l'homme ; c'est pourquoi elle est appelée 'pain de misère'. Et il est écrit dans le Zohar que 'matsa' est un terme de querelle et de dispute (matsa, de la racine de matsout), vois-y ; cela aussi comme ci-dessus, car ce n'est pas encore un aliment bon en lui-même, mais du moins il sert à sortir du mal et à savoir que tout vient du Nom béni soit-Il, afin de ne pas se dégrader vers le mal par l'arrogance (gassout) - tel est le sens de la matsa et du 'hamets (levain).
Et ensuite on acquiert le bien par soi-même, grâce à la clarification opérée dans le compte du Omer, comme il est dit ailleurs. Et c'est aussi le sens de la matsa brisée, qui n'est pas encore achevée en sa plénitude, comme il est dit dans le Zohar la raison pour laquelle on n'achève pas le Hallel, vois-y.
ביד חזקה ובזרוע נטוי'. פי' ז"ל מה שלא היו ראוין לגאולה נק' יד חזקה.
אך עדיין יש להבין כי השי"ת כל יכול והי' יכול לגאול אותם באופן שיהיו ראוין. אך זה עצמו שמשבחין אותו.
שהביא בנ"י במדריגה תחתונה כ"כ עד שנקרא לפניו יד חזקה. וכל זה הי' מפני שיהי' גלות מצרים וגאולתה הכנה לכל ההסתרות.
ושלא יוכל להיות שום הסתר לישראל עוד. כי השי"ת הבטיח לאברהם לגאול אותנו ממצרים.
לכך הביא הגאולה ביד חזקה כנ"ל. וז"ש אלו לא הוציא כו' אנו ובנינו כו'.
פי' לכל הדורות יש הסתרות לבנ"י בכלל. וכן בפרט כל איש ישראל.
וע"י גאולת מצרים אין שיעבוד עוד ובנקל לגאול שוב. וז"ש ביד חזקה ובזרוע נטוי' כי לעולם חסדו.
שלכך עשה הגאולה ביד חזקה כנ"ל:
'D'une main forte et d'un bras étendu' (Deutéronome 26,8). Ils, de mémoire bénie, ont expliqué : le fait qu'ils n'étaient pas dignes de la délivrance est appelé 'main forte'.
Mais il reste encore à comprendre : car le Nom béni soit-Il est tout-puissant et aurait pu les délivrer de manière qu'ils fussent dignes. Or cela même est ce que l'on loue en Lui : qu'Il amena les enfants d'Israël à un degré si bas qu'il fut appelé devant Lui 'main forte'.
Et tout cela fut afin que l'exil d'Égypte et sa délivrance soient une préparation à toutes les occultations, et qu'aucune occultation ne puisse plus atteindre Israël ; car le Nom béni soit-Il promit à Abraham de nous délivrer d'Égypte, c'est pourquoi Il amena la délivrance d'une main forte, comme ci-dessus. Et c'est ce qui est dit : 'S'Il n'avait pas fait sortir nos ancêtres, nous et nos enfants, etc.' (Haggada) - le sens : pour toutes les générations il y a des occultations pour les enfants d'Israël en général, et de même en particulier pour chaque homme d'Israël ; et grâce à la délivrance d'Égypte il n'y a plus d'asservissement durable, et il est aisé de délivrer de nouveau.
Et c'est ce qui est dit : 'd'une main forte et d'un bras étendu, car Sa bonté est éternelle' (Psaumes 136,12) - car c'est pour cela qu'Il fit la délivrance d'une main forte, comme ci-dessus.
רשע כו' כפר בעיקר. י"ל בעיקר יציאת מצרים כי עיקר הגאולה הי' להיות התעוררות גבורת השי"ת גם לפרעה וחילו.
להיות ניכר מלכותו ית' בכל מקום. ולכך זה שהוציא עצמו כפר בעיקר.
וכ"כ גם אתה תתן בידינו כו'. ורק אם רוצה להכניע עצמו.
וכשאינו רוצה ג"כ העצה להקהות שיניו. וכן אמר מו"ז ז"ל פי' נגד ד' בנים דיברה תורה שיש תיקון לכולם:
'Le méchant, etc., à renie le principe' (kafar ba-iqar, Haggada). On peut dire : le principe de la sortie d'Égypte ; car l'essentiel de la délivrance était qu'il y ait un éveil de la puissance du Nom béni soit-Il aussi pour Pharaon et son armée, afin que Sa royauté béni soit-Il soit reconnue en tout lieu.
C'est pourquoi celui qui s'exclut lui-même à renie le principe. Et c'est ainsi le sens de 'toi aussi, mets-la dans notre main (où émoussé-lui les dents)' : le méchant n'est corrige que s'il veut s'humilier ; et lorsqu'il ne veut pas, le conseil est aussi d'émousser ses dents.
Et ainsi dit mon aïeul, de mémoire bénie : le sens est que la Torah à parlé en regard des quatre fils pour enseigner qu'il y a une réparation (tiqoun) pour tous.
מתחלה עובדי ע"ז היו כו'. הגדה זו ליצ"מ הטעם כי קשה מה השבח עבדים היינו ולמה הי' זה שנהי' עבדים לפרעה ודי הגאולה לתקן העבדות.
לזאת מספרין שגם זה שהיינו עבדים הי' לטובה שנוכל להתקרב אל השי"ת כמ"ש מתחלה כו' ויעקב ובניו ירדו מצרימה. שבל"ז לא היינו יכולין להתקרב למקום ב"ה ועמ"ש עוד מזה בסמוך:
'Au commencement nos ancêtres étaient idolâtres, etc.' (Haggada). La raison pour laquelle ce récit se rattache à la sortie d'Égypte : car il est difficile de comprendre quelle louange il y a à dire 'nous étions esclaves', et pourquoi il fallut que nous fussions esclaves de Pharaon - la délivrance de l'esclavage suffirait comme sujet.
C'est pourquoi on raconte que cela même, le fait que nous fûmes esclaves, était pour un bien, afin que nous puissions nous rapprocher du Nom béni soit-Il, comme il est dit : 'au commencement, etc.', et 'Yaakov et ses fils descendirent en Égypte' ; car sans cela nous n'aurions pu nous rapprocher du lieu béni soit-Il ; et vois encore ce qui est dit à ce sujet ci-après.
ברוך שומר הבטחתו שהקב"ה חישב הקץ לעשות כו'. כמש"ל שהגלות הי' כדי להיות הכנה לכל הסתרות ומצרים שיש לכל איש ישראל.
ובגאולת מצרים עשה השי"ת להיות קץ לכל השיעבודים. וז"ש והיא שעמדה כו'.
פי' הגלות והגאולה כנ"ל:
'Béni soit Celui qui garde Sa promesse, car le Saint béni soit-Il à calcule le terme (qets) pour agir, etc.' (Haggada). Comme ci-dessus, l'exil fut afin d'être une préparation à toutes les occultations et étroitesses (metsarim) qu'à chaque homme d'Israël ; et par la délivrance d'Égypte le Nom béni soit-Il fit qu'il y ait un terme à tous les asservissements.
Et c'est ce qui est dit : 'et c'est elle qui s'est tenue, etc.' (Haggada) - le sens : l'exil et la délivrance, comme ci-dessus.
צא ולמד כו'. ונראה שירידה למצרים הי' העצה והצלה מרצון לבן הרמאי.
ובוודאי כי כל הגלות הי' לטובה. וחז"ל אמרו אתם ראיתם אשר עשיתי למצרים הרבה היו חייבים לי עד שלא נזדווגו לכם כו' ונפרעתי על ידכם כו'.
פי' כי לאשר היו מצרים מכעיסין מאוד להקב"ה היה עצתו ית' לקיים גלות ישראל שם כדי שמעשיהם הרעים יסייעו לגאולת ישראל כמ"ש ז"ל ע"פ לולי כעס אויב אגור כו':
'Va et apprends, etc.' (Haggada, au sujet de Laban). Il apparaît que la descente en Égypte fut le conseil et le salut échappant à la volonté de Laban le trompeur ; et assurément tout l'exil fut pour un bien.
Et nos Sages, de mémoire bénie, dirent : 'Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Égypte' (Exode 19,4) - beaucoup d'Égyptiens étaient redevables envers Moi avant même qu'ils ne s'attachent à vous... et Je Me suis venge par votre intermédiaire, etc. Le sens : puisque les Égyptiens irritaient fort le Saint béni soit-Il, Son conseil béni soit-Il fut d'établir l'exil d'Israël la-bas, afin que leurs mauvaises actions servent à la délivrance d'Israël, comme il est dit par les Sages sur le verset : 'n'était la colère de l'ennemi que Je redoute' (Deutéronome 32,27), etc.
וירד מצרימה אנוס עפ"י הדיבור. קשה כי מיד ששמע יעקב מיוסף ירד שמה.
רק בדרך נראה לו השי"ת וא"ל אנכי ארד כו'. אבל נראה שהלך עבור יוסף.
ואם כי הי' מן השמים. כל הדברים הם כך ומה אנוס עפ"י הדיבור.
וי"ל עפ"י מ"ש זוה"ק וארא שהדיבור הי' בגלות במצרים. ונמצא כי ירידת ישראל למצרים והגאולה הכל הי' תיקון הדיבור.
וזה אנוס עפ"י הדיבור. ופי הדיבור הוא יוסף והמש"י.
שבאמת ירד עבור יוסף למצרים. והיינו להיות עושין מעשרה מאמרות עשרת הדיברות.
כמ"ש במ"א פי' זוה"ק הנ"ל שדיבור שהוא הכרת מלכותו ית' בכל הדברים. זה הי' נסתר בגלות.
וע"י גאולת מצרים נודע גבורתו ית':
'Il descendit en Égypte, contraint par la parole' (anous al pi ha-dibour, Haggada). C'est difficile : car des que Yaakov apprit de Joseph qu'il vivait, il descendit la-bas ; seulement, en chemin, le Nom béni soit-Il lui apparut et lui dit : 'Moi Je descendrai avec toi, etc.' (Genèse 46,4).
Mais il apparaît qu'il alla à cause de Joseph ; et bien que ce fut du ciel - toutes les choses sont ainsi - en quoi fut-il 'contraint par la parole' ? On peut l'expliquer selon ce que dit le Zohar parachat Vaera : que la Parole (dibour) était en exil en Égypte.
Il se trouve ainsi que la descente d'Israël en Égypte et la délivrance furent toutes deux la réparation de la Parole ; et c'est le sens de 'contraint par la parole'. Et la bouche de la Parole, c'est Joseph, et le sage comprendra ; car en vérité il descendit en Égypte à cause de Joseph, savoir afin de faire, à partir des dix Paroles de la création (assara maamarot), les dix Commandements (asseret ha-dibrot), comme il est dit ailleurs le sens du Zohar susdit : que la Parole, qui est la reconnaissance de Sa royauté béni soit-Il en toutes choses, était cachée dans l'exil ; et par la délivrance d'Égypte fut connue Sa puissance béni soit-Il.
וירעו אותנו כמ"ש הבה נתחכמה. פי' שלא כיונו עבור עבודה שנצרך להם רק לייגע ולצער אותנו כמ"ש נתחכמה לו כו':
'Ils nous firent du mal' (va-yareu otanou, Deutéronome 26,6), comme il est dit : 'Agissons habilement' (hava nit'hakema, Exode 1,10). Le sens : ils ne visaient pas le travail dont ils avaient réellement besoin, mais seulement à nous extenuer et nous affliger, comme il est dit : 'agissons habilement contre lui, etc.'
ב"ה לקוטים מימי הפסח
Avec l'aide de Dieu. Glanures (liqoutim) des jours de Pessa'h.
מרור זה כו'. אא"ז ז"ל הגיד טעם אכילת מרור שמה שהי' מר להם הי' קצת גאולה מ"ש וימת מלך מצרים ויאנחו ולכך בא הגאולה.
וז"ש מתחת סבלות מצרים שמה שלא היינו יכולים לסובלם הי' גאולה ודפח"ח. ופשוט י"ל טעם מרור כמש"ל להראות שגם הגלות וימי העינוי רואין עתה ומאמינים שהי' לטובה ומשבחין על זה כי עי"ז נכנסנו לבריתו של הקב"ה כמ"ש ויוצא כו' להיות לו לעם נחלה כו'.
ובנ"י לאחר גאולת מצרים נעשו כאומה חדשה כמו המתגייר כקטן שנולד כו'. כי מ"ש אשר הוצאתי אתכם מארץ מצרים להיות לכם לאלקים קאי גם על הירידה לגלות.
רק שנזכר בפסוק עיקר המכוון שהוא היציאה. כי לא היינו במקרה במצרים רק שהכל הי' הכנה לקנות השלימות כמ"ש מכור הברזל כמו שמכניסין הכסף בכוונה לאור לבררו כנ"ל:
'Ce maror, etc.' (Haggada). Mon aïeul, de mémoire bénie, donna la raison de manger le maror : le fait que la vie leur fut amère fut déjà un début de délivrance, comme il est dit : 'le roi d'Égypte mourut... et ils gémirent' (Exode 2,23), et c'est pour cela que vint la délivrance.
Et c'est ce qui est dit : 'de dessous les fardeaux (sivlot) de l'Égypte' - le fait que nous ne pouvions plus les supporter (sovlam) fut le début de la délivrance ; et ce sont des paroles agréables d'une bouche agréable. Et simplement on peut donner la raison du maror comme ci-dessus : montrer que même l'exil et les jours de l'affliction, nous les voyons maintenant et croyons qu'ils furent pour un bien, et nous en louons Dieu ; car par la nous sommes entrés dans l'alliance du Saint béni soit-Il, comme il est dit : 'et Il nous fit sortir... pour être à Lui un peuple d'héritage, etc.'.
Et les enfants d'Israël, après la délivrance d'Égypte, devinrent comme une nation nouvelle, semblable au converti qui est comme un nouveau-ne, etc. Car ce qui est dit : 'Moi qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être pour vous un Dieu' se rapporte aussi à la descente en exil ; seulement le verset mentionné l'essentiel du but, qui est la sortie.
Car nous n'étions pas par hasard en Égypte, mais tout fut une préparation pour acquérir la perfection, comme il est dit : 'la fournaise de fer' (Deutéronome 4,20) - comme on introduit l'argent intentionnellement dans le feu pour l'affiner, comme ci-dessus.
בעזה"י שבת חוה"מ פסח
Avec l'aide de Dieu. Chabbat 'hol ha-moed de Pessa'h.
Dans le saint Zohar, la différence entre le Chabbat et le Yom Tov. Le Sfat Emet rapporte de son grand-père au nom du Zohar que le Yom Tov porte la lumière cachée (or haganouz), d'après « la lumière, car elle était bonne » (Berechit 1,4). Le Chabbat est lui-même cette lumière, donnée par le Nom à Israël ; au Yom Tov on la mérite par les bonnes actions. Ce que l'homme atteint par son perfectionnement procure la joie ; le point intérieur sans oubli est appelé « zakhar » (mâle). Qui méprise les fêtes, faute de croire que nos actions font descendre cette illumination, dresse un écran : le Saint béni soit-Il et Israël sont tout un.
Aussi : à l'ouverture de la mer des Joncs, Israël mérite par ses actions, sa foi et l'annulation (bitoul) ; les quatre coupes et « pe sah » libèrent la parole ; le pain de misère unit exil et délivrance pour soumettre sous la royauté
בזוה"ק הפרש שבין שבת ליו"ט. שביו"ט יש מאור הגנוז כמ"ש אא"ז מו"ר ז"ל בשם זוה"ק שנק' יום טוב ע"ש אור כי טוב ע"ש.
ושבת הוא עצמו אור הגנוז. כי שבת ניתן מהשי"ת לישראל.
וביו"ט זוכין ע"י מעשים טובים שמועדים תלוין בישראל. לכך כ' מועדים לשמחה שמה שמשיג אדם משלימות עצמו נותן שמחה כמ"ש ולישרי לב שמחה.
ובימים טובים מתישר לבות בני ישראל כמ"ש יראה כל זכורך. עיקר הפי' נקודה הפנימיות שבאדם מקום שאין שם שכחה עיקר החיות נקרא זכר.
וזה ביו"ט לפני ה'. כי לבד המצוה הוא הבטחה גם כן.
ובמדרש אף שבטל ביהמ"ק שלש רגלים לא בטלו. וביו"ט כתיב לכם.
וכן י"ל לשון רגלים שמאיר תוך הרגילות והטבע כמ"ש במ"א על זמן חירותינו שהחירות אף בזמן והטבע כנ"ל:
Dans le saint Zohar, la différence entre le Chabbat et le Yom Tov (jour de fête). Car au Yom Tov il y a la lumière cachée (or haganouz), comme l'à dit mon grand-père mon maître de mémoire bénie au nom du saint Zohar : il est appelé Yom Tov (bon jour) d'après 'la lumière, car elle était bonne' (Gen 1,4).
Et le Chabbat est lui-même la lumière cachée, car le Chabbat est donné par le Nom béni soit-Il à Israël, tandis qu'au Yom Tov on le mérite par les bonnes actions, car les fêtes dépendent d'Israël. C'est pourquoi il est écrit 'des fêtes pour la joie' (moadim le-simha) : car ce que l'homme atteint par le perfectionnement de lui-même procure la joie, comme il est écrit 'et pour les cœurs droits, la joie' (Ps 97,11).
Et lors des jours de fête les cœurs des enfants d'Israël se redressent, comme il est écrit 'tout mâle chez toi se présentera' (Ex 23,17). Le sens essentiel : le point intérieur dans l'homme, le lieu où il n'y a pas d'oubli, la vitalité essentielle, est appelé 'zakhar' (mâle, du même radical que se souvenir).
Et cela se produit au Yom Tov 'devant le Nom'. Car outre la mitsva (commandement), c'est aussi une assurance.
Et dans le Midrach : bien que le Temple ait été aboli, les trois fêtes de pèlerinage (chaloch regalim) n'ont pas été abolies. Et au sujet du Yom Tov il est écrit 'pour vous' (lakhem).
Et de même on peut dire de l'expression 'regalim' (pèlerinages, du même radical que habitude) qu'elle illumine au sein de l'habitude (reguilout) et de la nature, comme je l'ai dit ailleurs à propos du 'temps de notre liberté' (zeman heruteinou), que la liberté se trouve même au sein du temps et de la nature, comme ci-dessus.
ושבת כתב זוה"ק מאי שבת שמא דקוב"ה שלום. ובנ"י נקראו שולמית.
ושמעתי מאא"ז מו"ר ז"ל טעם שהם מבררין שלימות הקב"ה אשר כל השלימות אליו. וגם אנו נאמר שביו"ט הוא בחי' שולמית כנ"ל ושבת שלום כנ"ל.
ואמת שצריכין לידע שגם כח מעשינו רק מהשי"ת. וזהו י"ל פי' המבזה המועדות כעובד ע"ז שנאמר אלקי מסכה כו' חג המצות כו'.
כנ"ל שמי שמבזה ע"י חסרון אמונה שאינו מאמין שע"י מעשינו נזכה להמשיך הארה הגנוזה. עושה מסך ומבדיל.
כי באמת קוב"ה ובנ"י הכל חד. וזהו שבת ומועדות:
Et au sujet du Chabbat, le saint Zohar écrit : qu'est-ce que 'Chabbat' ? C'est le Nom du Saint béni soit-Il, la paix (chalom).
Et les enfants d'Israël sont appelés 'Choulamit'. Et j'ai entendu de mon grand-père mon maître de mémoire bénie la raison : c'est qu'ils révèlent la perfection (chlemout) du Saint béni soit-Il, à qui appartient toute perfection.
Et nous aussi pouvons dire que le Yom Tov relève de l'aspect (behina) de 'Choulamit', comme ci-dessus, et le Chabbat de la paix (chalom), comme ci-dessus. Et il est vrai qu'il faut savoir que même la force de nos actions ne vient que du Nom béni soit-Il.
Et c'est ainsi que l'on peut expliquer [le propos] : celui qui méprise les fêtes est comme un idolâtre, car il est dit 'des dieux de métal fondu...' [puis] 'la fête des matsot...' (Ex 34,17-18). Comme ci-dessus : celui qui méprise [les fêtes] par manque de foi, ne croyant pas que par nos actions nous méritons de faire descendre l'illumination cachée, dresse un écran (massakh) et sépare.
Car en vérité le Saint béni soit-Il et les enfants d'Israël sont tout un. Et tel est [le sens de] Chabbat et fêtes.
יו"ט שני של גלות בוודאי נצרך הוא בגלות. וי"ל שבגלות צריכין ב' בחי' בכל דבר הבא משמים צריך להיות נותן ומקבל וכשביהמ"ק הי' קיים הי' הכל ביחד.
ועתה צריכין יום ב' להתברר אצלינו הארת יום הראשון. וספיקא דיומא ג"כ הפי' שאין ההארה ברורה אצלינו בגלות:
Le second jour de fête de l'exil est certainement nécessaire en exil. Et l'on peut dire qu'en exil il faut deux aspects : en toute chose qui vient du Ciel il doit y avoir un donneur et un receveur, et lorsque le Temple existait, tout était ensemble.
Mais maintenant il faut un second jour pour que s'éclaircisse en nous l'illumination du premier jour. Et le 'doute du jour' (sfeka de-yoma, l'incertitude sur la date) signifie lui aussi que l'illumination n'est pas claire en nous durant l'exil.
ב"ה שביעי של פסח
Avec l'aide du Ciel. Septième jour de Pessa'h.
עיקר הנס בקי"ס הי' שיזכו בנ"י בעצמם עפ"י מעשיהם. כי מקודם.
שנגאלו במצרים הי' ע"י שהבטיח הש"י לאבות הקדושים לגאול אותם. ואח"כ הי' הרצון שישובו ולהיות גאולה שניה מצד זכות אמונתם שלא הי' דבר קטן לשוב.
כי בוודאי הבינו הפי' שישובו להיות באמת משועבדים שנית לפרעה לפי שעה. וכתיב לפני פי החירות.
הוא בנקודה התחלת החירות. וכ' משכני אחריך נרוצה.
שע"י הנס ביום א' דפסח שהי' מהשי"ת למדו בנ"י איך לעשות אח"כ בפ"ע. וז"ש ויושע ה' ביום ההוא אף שהתחלת הגאולה עיקר הנס שמצווין לזכור תמיד.
רק ביום ההוא הושיע את ישראל דייקא שהושיע להם. את.
פי' עמהם ועל ידיהם כנ"ל. וז"ש שהיו נתונים בדין כמ"ש במ"א ע"ש:
L'essentiel du miracle lors de l'ouverture de la mer des Joncs (keriat yam souf) fut que les enfants d'Israël méritent [la délivrance] par eux-mêmes, selon leurs actions. Car auparavant, lorsqu'ils furent délivrés en Égypte, ce fut parce que le Nom béni soit-Il avait promis aux saints Patriarches de les délivrer.
Et ensuite, la volonté fut qu'ils reviennent [sur leurs pas] et qu'il y ait une seconde délivrance par le mérite de leur foi, car ce n'était pas chose facile de revenir. Car ils comprirent certainement le sens : revenir signifiait être réellement asservis de nouveau à Pharaon pour un temps.
Et il est écrit 'devant Pi-haHirot' (Ex 14,2) : c'est au point du commencement de la liberté (herout). Et il est écrit 'attire-moi après toi, courons' (Cant 1,4) : car par le miracle du premier jour de Pessa'h, qui vint du Nom béni soit-Il, les enfants d'Israël apprirent comment agir ensuite par eux-mêmes.
Et c'est ce que dit [le verset] 'et le Nom sauva en ce jour-la' (Ex 14,30) : bien que le commencement de la délivrance soit l'essentiel du miracle que l'on est tenu de se rappeler toujours, c'est précisément 'en ce jour-la' qu'Il sauva Israël, qu'Il les sauva 'et' (le mot hébreu את) : c'est-à-dire avec eux et par eux, comme ci-dessus. Et c'est [le sens de] ce qui est dit qu'ils étaient soumis au jugement (din), comme je l'ai dit ailleurs, vois-y.
ומצינו בגמרא שליחידים נקרע הים כההוא דר' פינחס בן יאיר א"כ מה הפלא שנקרע הים לכל בנ"י. אם כי אמת שבשעת קריעת ים סוף נשאר זה לדורות ג"כ.
אף עפ"י כן י"ל עוד כי עיקר הנס הי' להיות נקרע אף לאותן שאמרו המבלי אין קברים כמ"ש במדרש שהיו ד' כתות בים. ואעפ"כ נתברר שכלל ישראל מעלין השפלים ג"כ מטומאה לטהרה והעצה ע"י ביטולם להכלל.
כמ"ש להם משה רבינו ע"ה שיחרישו ועי"ז יהיו נושעים גם כן:
Et nous trouvons dans la Guemara que pour des individus [exceptionnels] la mer s'est fendue, comme dans le cas de Rabbi Pin'has ben Yair ; s'il en est ainsi, quelle merveille y a-t-il à ce que la mer se fende pour tous les enfants d'Israël ? Bien qu'il soit vrai qu'au moment de l'ouverture de la mer des Joncs cela demeura aussi pour les générations [futures], malgré cela on peut dire encore que l'essentiel du miracle fut qu'elle se fende même pour ceux qui avaient dit 'est-ce faute de tombeaux [en Égypte...]' (Ex 14,11), comme il est dit dans le Midrach qu'il y avait quatre groupes (kitot) dans la mer.
Et malgré cela il fut démontre que la communauté d'Israël élève aussi les [gens] abaissés, de l'impureté à la pureté, et le remède [se fait] par leur annulation (bitoul) dans la collectivité, comme le leur dit Moche notre maître, la paix sur lui, qu'ils se taisent, et par cela ils seraient sauvés eux aussi.
והנה ברגע אחד נהפכו מאמירת המבלי אין קברים. לומר זה אלי ואנוהו.
ודרשו ז"ל ראתה שפחה על הים כו'. כי בוודאי קריעת ים סוף לא הי' בים עצמו רק בכל איש ישראל ג"כ.
והוא עצמו מאמר מרע"ה התיצבו וראו את ישועת ה' כו' ואתם תחרישון. ולא נקרע להם הים עד שנכנסו עד צוארם במים.
וזה הי' עיקר הישועה לבטל כל הפעולות עבור מאמר השי"ת. וכתיב הים ראה וינס.
פשוט י"ל שראה שנסו לתוך המים עבור מאמר השי"ת ויסעו והוא מס"נ לגמרי. ומזה נשא הים קו"ח בעצמו לנוס ג"כ.
וחז"ל דרשו ראה וינס ויצא החוצה. ג"כ הפי' שביטל ויצא מרצון עצמו מכל וכל כמ"ש במ"א.
ועיקר העצה בעת צרה לברר ולקבל רצון השי"ת בכל לב ולהיות מצפה רק שיושיע השי"ת למען שמו שיראה גבורתו ית'. וז"ש התיצבו וראו כו' שלא להרהר רק בזה.
והים הוא המרעיש תמיד יותר מכל הנבראים כנודע ונעשה כאבן דומם. וכמו כן הי' בבנ"י.
תחרישון. וזה עיקר קי"ס.
ואפשר קנו בני ישראל זה ע"י נס קי"ס שנשאו קו"ח מים כמ"ש ז"ל ליקח קו"ח משמים וארץ כי' אף שאין להם בחירה מ"מ אדרבה כיון שניתן בחירה לאדם ע"כ שיש בכח שכלו לעשות יותר כבוד שמים מהנבראים שאין להם בחירה. וז"ש במדרש שהים טען אני נבראתי בשלישי ואתה בששי כו'.
כמ"ש חז"ל שאם זכה קדם לכל מעשה בראשית ואם לאו יתוש קדמך כו'. ופרשנו כי כשמבטל החומר.
הרוחניות קודם לכל. אבל כשדבוק בחומר יתוש קדמו.
וז"ש שכשירדו בנ"י תוך הים ומסרו נפשם וכן מ"ש מרע"ה תחרישון עי"ז נקרע הים כנ"ל. וכן להיפוך ג"כ שע"י קריעת י"ס נקבע בישראל מס"נ להשי"ת כמ"ש ויאמינו.
ובנ"י יכולין גם עתה לבוא למס"נ כמ"ש מה לך הים כי תנוס כו' מלפני אדון כו'. שצריכין לעורר עצמו ע"י קי"ס כנ"ל.
כי כמו שנשאר נס קי"ס לדורות כמ"ש זמן חירותינו. כמו כן האמונה והיראה שהי' להם.
וזה עיקר הנס שנעשה קי"ס שהוא ביטול החומר בכל איש ישראל שזה חירות גמור שמי שישלוט ברוחו הוא בן חורין. וז"ש ויושע ה' כו' את ישראל דייקא אותם עצמם כנ"ל.
עיקר השירה הי' ע"ז האמונה והיראה כנ"ל:
Et voici qu'en un seul instant ils passèrent du dire 'est-ce faute de tombeaux' à dire 'celui-ci est mon Dieu et je L'embellirai' (Ex 15,2). Et nos Sages de mémoire bénie ont exposé : 'une servante vit sur la mer [ce que ne virent pas les prophètes]...'.
Car assurément l'ouverture de la mer des Joncs n'eut pas lieu dans la mer elle-même seulement, mais aussi en chaque homme d'Israël. Et c'est cela même le propos de Moche notre maître : 'tenez-vous et voyez le salut du Nom... et vous, vous vous tairez' (Ex 14,13-14).
Et la mer ne se fendit pour eux que lorsqu'ils y furent entrés jusqu'au cou. Et ce fut la l'essentiel du salut : annuler tous les actes [propres] au profit de la parole du Nom béni soit-Il.
Et il est écrit 'la mer vit et s'enfuit' (Ps 114,3). Simplement, on peut dire qu'elle vit qu'ils s'enfuyaient dans les eaux au nom de la parole du Nom béni soit-Il, 'et ils partirent', et cela relève du don de soi total (mesirat nefech).
Et de la, la mer tira un raisonnement à fortiori (kal va-homer) pour elle-même, de s'enfuir elle aussi. Et nos Sages ont exposé 'elle vit et s'enfuit' : 'et il sortit dehors' - cela signifie de même qu'elle s'annula et sortit de son propre gré de tout, comme je l'ai dit ailleurs.
Et l'essentiel du remède au moment de la détresse est de clarifier et d'accepter la volonté du Nom béni soit-Il de tout cœur, et de n'attendre que ceci : que le Nom béni soit-Il sauve pour l'amour de Son Nom, afin qu'Il montre Sa puissance (guevoura), béni soit-Il. Et c'est ce que dit 'tenez-vous et voyez...' : ne penser qu'à cela.
Et la mer, qui est toujours plus tumultueuse que toutes les créatures, comme on le sait, devint comme une pierre muette. Et de même en fut-il pour les enfants d'Israël : 'vous vous tairez'.
Et c'est cela l'essentiel de l'ouverture de la mer. Et il est possible que les enfants d'Israël aient acquis cela par le miracle de l'ouverture de la mer, car ils tirèrent un à-fortiori des eaux, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : tirer un à-fortiori du ciel et de la terre, etc., bien que ceux-ci n'aient pas de libre arbitre.
Quoi qu'il en soit, au contraire : puisque le libre arbitre à été donné à l'homme, il faut dire qu'il à le pouvoir, par son intelligence, de rendre plus d'honneur au Ciel que les créatures dépourvues de libre arbitre. Et c'est ce que dit le Midrach, que la mer argüa : 'moi j'ai été créée au troisième [jour] et toi au sixième...', comme l'ont dit nos Sages : si [l'homme] le mérite, il précède toute l'œuvre de la Création, et sinon, le moucheron t'à précédé.
Et nous avons expliqué : lorsqu'il annule la matière, la spiritualité précède tout ; mais lorsqu'il est attaché à la matière, le moucheron l'à précédé. Et c'est ce qui est dit : lorsque les enfants d'Israël descendirent dans la mer et livrèrent leur âme, et de même par ce que dit Moche notre maître 'vous vous tairez', par cela la mer se fendit, comme ci-dessus.
Et de même à l'inverse : par l'ouverture de la mer des Joncs, le don de soi envers le Nom béni soit-Il s'ancra en Israël, comme il est écrit 'et ils crurent' (Ex 14,31). Et les enfants d'Israël peuvent encore aujourd'hui parvenir au don de soi, comme il est écrit 'qu'as-tu, mer, pour t'enfuir... devant le Maître...' (Ps 114,5-7) : car il faut s'éveiller soi-même par [le souvenir de] l'ouverture de la mer, comme ci-dessus.
Car de même que le miracle de l'ouverture de la mer est demeure pour les générations, comme [l'indique] 'le temps de notre liberté', de même [demeurent] la foi et la crainte qu'ils eurent. Et c'est l'essentiel du miracle accompli lors de l'ouverture de la mer : l'annulation de la matière en chaque homme d'Israël, ce qui est la liberté complète, car celui qui domine son esprit est un homme libre.
Et c'est ce que dit 'et le Nom sauva... Israël', précisément eux-mêmes, comme ci-dessus.
L'essentiel du cantique porta sur cette foi et cette crainte, comme ci-dessus.
במד' כי בני ישראל זכו לומר זה אלי ומרע"ה ביקש הראני נא כו' ע"ש. ואין מובן כי מרע"ה בוודאי אמר ג"כ זה אלי.
אך הפי' כי וודאי כשהאמונה מאירה בלב האדם. כאלו רואה בעין.
וראו שאין להם חיות רק מהשי"ת. והי' אז חשוב כאלו ראו באמת מדכ' זה אלי ע"כ שזה הוא כמו שרואה בחוש שפי' זה הוא הבירור כנ"ל:
Dans le Midrach : les enfants d'Israël méritèrent de dire 'celui-ci est mon Dieu', tandis que Moche notre maître demanda 'fais-moi voir donc [Ta gloire]' (Ex 33,18), vois-y. Cela n'est pas compréhensible, car Moche notre maître dit assurément lui aussi 'celui-ci est mon Dieu'.
Mais l'explication est que, certainement, lorsque la foi illumine le cœur de l'homme, c'est comme s'il voyait de ses yeux. Et ils virent qu'ils n'ont de vitalité que du Nom béni soit-Il, et cela fut alors considéré comme s'ils avaient réellement vu, puisqu'il est écrit 'celui-ci est mon Dieu' ; il faut donc dire que c'est comme celui qui voit de façon sensible, car cette [perception] est la clarification (birour), comme ci-dessus.
במד' לאדם יחידי עשיתי יבשה קו"ח עדה שלימה שעתידה לומר זה אלי כו'. ואין מובן כי בוודאי כל נשמות בנ"י נכללו באדם הראשון.
ובריאת שמים וארץ הי' ג"כ עבור ישראל כמ"ש ז"ל בשביל ראשית כו'. אך הפי' לאדם הראשון ע"י שיצאו ממנו בני ישראל אף שהי' עדיין יחידי עשיתי יבשה.
מכש"כ לעדה שלימה שהם עצמם יאמרו זה אלי אף שעתה לא היו עדיין בשלימות. מ"מ פשיטא שהשי"ת עושה עמהם בשביל שיהיו מתוקנים אח"כ כנ"ל:
Dans le Midrach : 'pour un homme unique j'ai fait la terre sèche ; à fortiori pour une communauté entière destinée à dire celui-ci est mon Dieu...'. Cela n'est pas compréhensible, car assurément toutes les âmes des enfants d'Israël étaient incluses dans Adam, le premier homme, et la création des cieux et de la terre fut aussi pour Israël, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie 'pour le commencement (rechit)...'.
Mais l'explication est : pour Adam, le premier homme, parce que les enfants d'Israël devaient sortir de lui, bien qu'il fut encore unique, j'ai fait la terre sèche ; à plus forte raison pour une communauté entière qui, eux-mêmes, diront 'celui-ci est mon Dieu', bien que pour l'heure ils ne fussent pas encore dans la perfection. Quoi qu'il en soit, il est évident que le Nom béni soit-Il agit avec eux afin qu'ils soient réparés (metoukanim) par la suite, comme ci-dessus.
אז ישיר כו' ברש"י עלה בלבו שישיר וכן עשה כו'. כי איך בשכל אנושי שכל ישראל יאמרו מלה במלה בלי שינוי וגם איך לומר דברים הכתובים בתורה.
וגם אותן שאמרו מקודם המבלי אין קברים כו'. ורק בא הכתוב להגיד כי ע"י שעלה בלבם לומר השירה ורצו באמת בכל לב ונפש לתת להקב"ה שבח ושירה הראויה עלתה להם.
וזה עצמו האמונה להאמין כי השי"ת כל יכול ויכול אדם לבוא עד למדריגה עליונה אם רוצה בלב שלם. וזה הרצון נחשב להקב"ה יותר מגוף השירה שהרי עי"ז זכו לומר השירה.
וז"ש ישיר אשירה. שהכל על הרצון בלב שלם כנ"ל:
'Alors il chantera...' (az yachir, Ex 15,1) : selon Rachi, il lui monta au cœur de chanter, et ainsi fit-il. Car comment, par l'intelligence humaine, tout Israël dirait-il mot pour mot sans variation, et comment réciter des paroles écrites dans la Torah ?
Et aussi ceux qui avaient dit auparavant 'est-ce faute de tombeaux...' [comment chanteraient-ils cela] ? Le verset vient seulement dire que, parce qu'il leur monta au cœur de réciter le cantique et qu'ils voulurent vraiment, de tout cœur et de toute âme, rendre au Saint béni soit-Il la louange, le cantique qui convenait leur réussit.
Et cela même est la foi : croire que le Nom béni soit-Il est tout-puissant et que l'homme peut atteindre le niveau le plus élevé s'il le veut d'un cœur entier. Et cette volonté est comptée par le Saint béni soit-Il plus que le corps même du cantique, car c'est par elle qu'ils méritèrent de réciter le cantique.
Et c'est ce que dit 'il chantera / je chanterai' (yachir / achira) : car tout dépend de la volonté d'un cœur entier, comme ci-dessus.
ובמדרש באותו דבר שחטא מרע"ה ואמר ומאז באתי כו' באותו לשון אמר שירה כו' ממתיק מר במר כו' ע"ש. פי' כי טענת מרע"ה הי שאין לגאול ישראל ע"י שליח בו"ד ומתוך הטבע.
וכמ"ש במדרש מי אנכי שהשי"ת הבטיח אנכי אעלך כו' ע"ש. וז"ש ומאז באתי כו' כי הזמן הוא תוך הטבע אבל באמת השי"ת רצה לברר שיש חיות מלמעלה מן הטבע בתוך הטבע והזמן.
ופי' אז אף שהוא בזמן מ"מ הוא זמן מיוחד והוא מקום האחדות שיש להזמן והטבע במה שלמעלה מהטבע כמ"ש יום אחד יודע לה' כו'. וכ"כ בספרים פי' א"ז א' וז' כי שמיני הוא למעלה מהטבע ע"ש בזוה"ק והוא כנ"ל.
וז"ש המדרש ממתיק מר במר כו' שנמצא הישועה תוך הצרה ע"י הבירור כנ"ל. וזה עצמו פי' השירה שהוא לשון המשכה והסתכלות.
שנעשו הכל מכש"כ בנ"י. מכוונים לאביהם שבשמים וזה אשירה כו':
Et dans le Midrach : par ce même mot dont Moche notre maître pécha en disant 'et depuis que je suis venu [vers Pharaon...]' (Ex 5,23), par cette même expression il récita le cantique... 'il adoucit l'amer par l'amer'..., vois-y. Explication : l'argument de Moche notre maître était qu'on ne doit pas délivrer Israël par un messager de chair et de sang et depuis l'intérieur de la nature.
Comme il est dit dans le Midrach 'qui suis-je' (Ex 3,11), alors que le Nom béni soit-Il [lui] promit 'Je te ferai monter...', vois-y. Et c'est ce que dit 'et depuis (me-az) que je suis venu' : car le temps est au sein de la nature, mais en vérité le Nom béni soit-Il voulut démontrer qu'il existe une vitalité d'au-delà de la nature au sein de la nature et du temps.
Et le sens de 'az' (alors) : bien que ce soit dans le temps, c'est néanmoins un temps particulier, et c'est le lieu de l'unité que possèdent le temps et la nature avec ce qui est au-dessus de la nature, comme il est écrit 'un jour connu du Nom...' (Zac 14,7). Et il est écrit ainsi dans les livres [saints] : le sens de 'az' est alef (1) et zayin (7), car le huitième est au-dessus de la nature, vois-y dans le saint Zohar, et c'est comme ci-dessus.
Et c'est ce que dit le Midrach 'il adoucit l'amer par l'amer' : le salut se trouve au sein de la détresse, par la clarification, comme ci-dessus. Et cela même est le sens du cantique (chira), qui est un terme d'attraction (hamchakha) et de contemplation : tous devinrent, à plus forte raison les enfants d'Israël, tournés vers leur Père qui est aux cieux, et c'est [le sens de] 'je chanterai'...
גאה גאה. פי' שכל הגיאות שיש בעולם הכל גאותו ית'.
רק שבצדיק ניכר שהוא מהשי"ת. וכל גאות וגדלות שיש לו נותנו להשי"ת.
וברשע הגיאות כדי שיפול ויהי' שבח יותר אח"כ להשי"ת. וזה שהבינו בנ"י אחר הישועה איך שנתרבה כבוד ה' ע"י גיאות פרעה שמקודם.
וז"ש אמר אויב ארדוף כו'. ומגיאות זה נעשה גיאות השי"ת.
וכ"כ בתרגום אתגאי על גותניא וגיאותי' דילי' הוא. פי' כל הגיאותים לבסוף מבררין גיאות השי"ת.
וזה גאה גאה שכל הגיאות שבעולם הוא גיאותו ית' בלבד:
'Il s'est élevé hautement' (gaoh gaa, Ex 15,1). Explication : toute l'élévation (gueout, orgueil où majesté) qui existe dans le monde est entièrement Sa majesté, béni soit-Il ; seulement, chez le juste (tsadik) on reconnaît qu'elle vient du Nom béni soit-Il, et toute élévation et grandeur qu'il possède, il la rend au Nom béni soit-Il.
Et chez le méchant (racha), l'élévation existe afin qu'il tombe et qu'il y ait ensuite davantage de louange pour le Nom béni soit-Il. Et c'est ce que comprirent les enfants d'Israël après le salut : comment la gloire du Nom s'accrut par l'orgueil de Pharaon qui l'avait précède.
Et c'est ce que dit 'l'ennemi disait : je poursuivrai...' (Ex 15,9). Et de cet orgueil se fit la majesté du Nom béni soit-Il.
Et ainsi est-il rendu dans le Targoum : 'Il s'est élevé au-dessus des orgueilleux, et l'élévation est sienne.' Explication : tous les orgueils, en fin de compte, révèlent la majesté du Nom béni soit-Il. Et c'est [le sens de] 'gaoh gaa' : toute l'élévation qui est dans le monde n'est que Sa majesté à Lui seul, béni soit-Il.
תרל"ג
[Année 5633]
ד' כוסות נגד ד' לשונות של גאולה. כי כתב בזוה"ק כי הדיבור הי' בגלות ויש ה' מוצאות הפה.
ונגד שינים הוא אכילת מצה. ונגד הד' אחרים.
הכוסות. שכל הבחי' הנ"ל היו בגלות שלא היו יכולים להוציא הדיבור לפני ה' כראוי.
וכ' אנכי ה' כו' המעלך מארץ מצרים הרחב פיך ואמלאהו. ובוודאי הוא הרחבת פה בשבחים והודאות.
ולכן תקנו הרבה שבחים בליל פסח כמ"ש ז"ל פה סח כיון שהדיבור יצא לחירות הי' רק כדי להלל ולהודות:
Les quatre coupes correspondent aux quatre expressions de la délivrance. Car il est écrit dans le saint Zohar que la parole (dibbour) était en exil, et qu'il y a cinq lieux d'articulation de la bouche (motsaot ha-pe).
En regard des dents (chinaim), c'est la consommation de la matsa ; et en regard des quatre autres, les coupes. Car tous les aspects susmentionnés étaient en exil, [les Hébreux] ne pouvant faire sortir la parole devant le Nom comme il convient.
Et il est écrit 'Je suis le Nom... qui te fais monter du pays d'Égypte ; élargis ta bouche et Je la remplirai' (Ps 81,11). Et assurément c'est un élargissement de la bouche en louanges et actions de grâce.
C'est pourquoi l'on a institué de nombreuses louanges lors de la nuit de Pessa'h, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : 'Pessa'h' [se lit] 'pe sah' (la bouche parle) ; puisque la parole sortit vers la liberté, ce fut uniquement pour louer et rendre grâce.
בליל ב'
Lors de la deuxième nuit.
לחם עוני המפרשים נחלקו אם הוא סימן על הגלות והעינוי או על החירות. ומד' רש"י ורמב"ן יראה שהוא על העינוי.
ומהר"ל ז"ל לא הוטב בעיניו ע"ש. והאמת נראה כי הוא על כלל הירידה למצרים והגאולה.
כי בוודאי עלינו לשבח על הגלות ג"כ. דאל"כ מה השבח על הגאולה אם היינו יכולין להתקרב להשי"ת בלי זה א"כ לא הן ולא שכרן.
אלא וודאי הגלות הי' עצה שנוכל להתקרב להשי"ת. וז"ש מתחלה עובדי ע"ז היו אבותינו כו' ויעקב ובניו ירדו מצרימה כו'.
שהי' כל זה חסד השי"ת כמ"ש נפלאותיך ומחשבותיך אלינו כו'. ובפשוט י"ל כי הי' זה כדי להיות שפלים ונכנעים להשי"ת.
כי בלא זה לא היינו יכולין להנצל מגיאות. כמו שמצינו כמה פעמים נפלאות השי"ת בדרך זה שיוכל האדם לקבל הטובה שלא יבטלנה ע"י רגל גאוה.
ונראה שכל הרעות שבעולם הם לכוונה זו להכניע האדם. ומאחר שהיינו עבדי פרעה ויצאנו משם להיות עבדי ה'.
קבלנו מלכותו ית' עלינו בקבלה שלימה. והנה ראשית ישראל התחיל ביציאת מצרים כמ"ש הוצאתי אתכם כו' להיות לכם לאלקים כו'.
ולזאת צריכין בההתחלה להכניע עצמינו תחת מלכותו ית' בכל כחנו. וזה הוא הכנה שיוכל להתקיים לנו תמיד כמ"ש טוב אחרית דבר מראשיתו.
ואנו מראים שכל שמחתינו במה שיצאנו ממצרים כדי לקבל עלינו עול מלכותו ית'. ולכך נותנים כל הראשית אליו ית'.
וכן עומר ראשית קצירכם מיד ממחרת השבת. וזה עצמו גודל החיוב בסיפור יציאת מצרים כי לילה זו הוא התחלת בנ"י כנ"ל.
[וז"ש ר"ה למלכים ג"כ לקבלת מלכות שמים כמ"ש במ"א] וזה לחם עוני להיות שפל ונכנע כי באמת אחר יצ"מ הלכנו למדריגות גבוהים ביותר לקבל התורה כו' כסדר המעלות טובות שלמקום עלינו כו'. אבל אנו שמחים בהתחלה זו שהוא קבלת העול מ"ש שזה הביאנו לכל המעלות אח"כ:
'Le pain de misère' (le'hem oni) : les commentateurs se sont partagés sur le point de savoir s'il est un signe de l'exil et de l'affliction, où de la liberté. D'après Rachi et le Ramban (Nahmanide) il apparaît qu'il se rapporte à l'affliction ; le Maharal de mémoire bénie n'à pas trouvé cela satisfaisant, vois-y.
Et la vérité semble être qu'il se rapporte à l'ensemble de la descente en Égypte et de la délivrance. Car assurément nous devons louer aussi pour l'exil ; car sinon, quelle louange y aurait-il pour la délivrance ?
Si nous avions pu nous rapprocher du Nom béni soit-Il sans cela, alors ni [l'exil] ni sa récompense [n'auraient de sens]. Mais assurément l'exil fut un moyen (etsa) grâce auquel nous pouvons nous rapprocher du Nom béni soit-Il.
Et c'est ce que dit [la Haggada] : 'à l'origine nos pères étaient idolâtres... et Yaakov et ses fils descendirent en Égypte...' : tout cela fut une bonté du Nom béni soit-Il, comme il est écrit 'Tes merveilles et Tes pensées à notre égard...' (Ps 40,6). Et simplement on peut dire que ce fut afin d'être abaissés et soumis au Nom béni soit-Il ; car sans cela nous n'aurions pu être préservés de l'orgueil.
Comme nous trouvons à plusieurs reprises les merveilles du Nom béni soit-Il par cette voie, afin que l'homme puisse recevoir le bien sans l'annuler par le pied de l'orgueil. Et il apparaît que tous les maux du monde ont cette intention : soumettre l'homme.
Et puisque nous fûmes esclaves de Pharaon et sortimes de la pour être serviteurs du Nom, nous avons reçu Sa royauté, béni soit-Il, sur nous par une acceptation entière. Et voici, le commencement d'Israël débuta lors de la sortie d'Égypte, comme il est écrit 'Je vous ai fait sortir... pour être pour vous un Dieu...' (Nb 15,41).
Aussi faut-il, au commencement, nous soumettre nous-mêmes sous Sa royauté, béni soit-Il, de toute notre force. Et cela est une préparation qui pourra subsister pour nous toujours, comme il est écrit 'meilleure est la fin d'une chose que son commencement' (Ecc 7,8).
Et nous montrons que toute notre joie tient à ce que nous sommes sortis d'Égypte afin de recevoir sur nous le joug de Sa royauté, béni soit-Il. C'est pourquoi nous donnons tout commencement (prémice) à Lui, béni soit-Il.
De même, le omer, prémice de votre moisson, [se présente] aussitôt au lendemain du chabbat. Et cela même est la grandeur de l'obligation de raconter la sortie d'Égypte, car cette nuit est le commencement des enfants d'Israël, comme ci-dessus.
[Et c'est ce que dit : Roch haChana pour les rois est aussi pour l'acceptation de la royauté des cieux, comme je l'ai dit ailleurs.] Et tel est 'le pain de misère' : être humble et soumis. Car en vérité, après la sortie d'Égypte, nous montames vers des niveaux très élèves pour recevoir la Torah..., selon l'ordre des bienfaits que l'Omniprésent nous prodigua...
Mais nous nous réjouissons de ce commencement, qui est l'acceptation du joug [de la royauté des cieux], car c'est lui qui nous à amenés à tous les degrés par la suite.
Ce passage poursuit : Amalek prend le commencement pour s'enorgueillir et n'a pas d'avenir ; Israël a une bonne fin, et la sortie d'Égypte remet les prémices à D.ieu : on appelle la nuit de Pessa'h Seder. Dans le Midrach, Yaakov s'enorgueillit de « la voix est la voix de Yaakov ». Le Sfat Emet demande pourquoi Israël revint vers Pi-ha'hirot afin que la mer se fendît. La sortie d'Égypte tira la Parole (dibbour) de l'exil ; l'ouverture de la mer délivre la Voix (kol). Recevoir le joug du Royaume s'appelle parole ; ensuite on mérite d'entendre, « nous ferons et nous entendrons ». Le septième jour de Pessa'h est comme le Chabbat : « et vous, vous vous tairez », « HaChem combattra pour vous ».
Aussi : les quatre fils correspondent aux quatre expressions de délivrance et aux investigations du mauvais penchant ; les fêtes témoignent qu'Israël est consacré à D.ieu ; le bras étendu maintient chaque jour la sortie d'Égypte
וכתיב ראשית גוים עמלק ואחריתו עדי אובד. כי תחת בנ"י הוא הראש לכל האומות אבל הוא מקבל כח ראשיתו לעצמו להתגאות ולפרוק מעליו עומ"ש ולכך אין לו אחרית.
ובנ"י רשין בתחלתו כו' ויש להם אחרית טובה וזה שהועילה מנחת העומר בימי מרדכי ואסתר כו': ובמד' משל לכהן שנאבדה תרומתו בביה"ק כו'.
כי בנ"י הם מיוחדין להשי"ת. שבכל דבר הראשית להקב"ה.
ובנ"י הם הראשית מכל העולם בכללו כמ"ש חלק ה' עמו. וקודם יציאת מצרים הי' נסתר זה בגלות והיו מעורבין.
כענין שכ' חז"ל ב' אלפים תהו כו'. שמקודם שנבחרו בנ"י לא הי' העולם מתוקן רק תהו.
ובגלות נוטלין הרשעים הראשית כמ"ש היו צריה לראש. וביצ"מ הי' תיקון לכלל העולם ע"י שנבחרו בנ"י להשי"ת.
לכן כ' במדרש שז' ימי הפסח נגד ז' ימי בראשית ע"ש. וכן הגיד מו"ז ז"ל בענין עשרה מאמרות ועשר מכות ועשרת הדברות כו' ע"ש.
וזה עצמו פי' הזוה"ק שהדיבור הי' בגלות שלא הי' ניכר מי הוא בעל הבירה ושהקב"ה מנהיג העולם ואמר פרעה מי ה' כו'. וביציאת מצרים הי' התיקון להיות מסודר הכל כפי רצון הקב"ה.
והראשית בראש להשי"ת. וי"ל זה שקורין ליל פסח סדר ושמעתי מאמו"ז ז"ל טעם להודיע שיש גם לנסים סדר מיוחד כדברי המהר"ל ז"ל.
ולדברינו הנ"ל זה הסדר אמת שנעשה ביציאת מצרים מה שמקודם הי' הכל מעורב ולא הי' העולם מסודר כנ"ל. וכל בריאת העולם הי' על זה כמ"ש בשביל בנ"י שנקראו ראשית תבואתו:
Et il est écrit : 'Amalek est le commencement (la première) des nations, mais sa fin ira jusqu'à la perdition' (Nombres 24,20). Car à la place d'Israël il est la tête de toutes les nations ; mais il prend la force de son commencement pour lui-même, pour s'enorgueillir et rejeter de lui le joug du Royaume des cieux, et c'est pourquoi il n'à pas de fin (d'avenir).
Et Israël est pauvre à son commencement, etc., mais ils ont une bonne fin ; et c'est ce à quoi à servi l'offrande du Omer aux jours de Mardochée et d'Esther, etc. Et dans le Midrach : une parabole d'un prêtre dont le prélèvement (terouma) s'était perdu dans le cimetière, etc.
Car Israël est particulièrement consacré à HaChem béni-soit-Il, car en toute chose le commencement (les prémices) revient au Saint béni-soit-Il ; et Israël est le commencement de tout le monde dans son ensemble, comme il est écrit : 'la part de HaChem, c'est Son peuple' (Deutéronome 32,9). Et avant la sortie d'Égypte cela était caché dans l'exil, et ils étaient mêlés, à la manière de ce qu'ont dit nos Sages de mémoire bénie : 'deux mille ans de tohou', etc. ; car avant qu'Israël ne fut choisi le monde n'était pas réparé (metouqan) mais seulement tohou (chaos).
Et dans l'exil les méchants prennent le commencement (la première place), comme il est écrit : 'ses adversaires sont devenus la tête' (Lamentations 1,5). Et lors de la sortie d'Égypte il y eut une réparation (tikoun) pour le monde entier, du fait qu'Israël fut choisi pour HaChem.
C'est pourquoi il est écrit dans le Midrach que les sept jours de Pessa'h correspondent aux sept jours de la Genèse, vois-la. Et de même l'à enseigné mon grand-père de mémoire bénie à propos des dix Paroles (de la Création), des dix plaies et des dix Commandements, etc., vois-la.
Et c'est cela même qu'expliqué le saint Zohar : que la Parole (dibbour) était en exil, car on ne reconnaissait pas qui est le maître du palais et que le Saint béni-soit-Il conduit le monde, et Pharaon dit : 'qui est HaChem ?', etc. Et lors de la sortie d'Égypte il y eut la réparation : que tout fut ordonné selon la volonté du Saint béni-soit-Il, et le commencement (les prémices) en tête pour HaChem.
Et l'on peut dire que c'est pour cela qu'on appelle la nuit de Pessa'h 'Seder' (ordre) ; et j'ai entendu de mon grand-père de mémoire bénie une raison : pour faire savoir que même les miracles ont un ordre particulier, selon les paroles du Maharal de mémoire bénie. Et selon nos propos ci-dessus, cet ordre (Seder) est la vérité qui s'est réalisée lors de la sortie d'Égypte : ce qui auparavant était tout mêlé et où le monde n'était pas ordonné, comme ci-dessus.
Et toute la création du monde fut faite en vue de cela, comme il est écrit : en faveur d'Israël, qui est appelé 'les prémices de Sa récolte' (Jérémie 2,3).
ב"ה שביעי של פסח
Avec l'aide du Ciel. Septième jour de Pessa'h.
במדרש ב' ירושות כו' יעקב מתגאה בירושתו הקול קול יעקב כו' ע"ש. דקשה מה זה שחזרו בנ"י לפי החירות כדי לקרוע הים.
וי"ל כמ"ש בזוה"ק שיציאת מצרים הי' להוציא הדיבור מהגלות. כמו כן הי' נצרך אח"כ גאולה לבחי' הקול שלמעלה מן הדיבור.
והפרש יש בין הקול להדיבור. שדיבור יוכל אדם לדבר כרצונו לכך נקרא דיבור שהאדם מדבר בקולו מה שרוצה.
אבל הקול הוא מפנימיות האדם. וכן בפנימיות הדברים דיבור הוא הנהגת הקב"ה כל העולמות כמ"ש בדבר ה' שמים נעשו כו'.
והנהגה זו הי' נסתר בגלות ונודעת ע"י יציאת מצרים כמ"ש לעיל מזה. וכן בנ"י מה שמקבלין עול מ"ש שמבטלין רצונם נגד רצונו ואין עושין רק כפי גזירתו ית' זה נק' דיבור.
וכן פי' בזוה"ק ע"פ ודברת בם בשבתך בביתך כו' להיות מנהיג הכל עפ"י דברי התורה ע"ש. ואחר קבלת עול מלכות שמים ניתן להם התורה והיא למעלה מהדיבור.
ונתדבקו בנ"י בפנימיות התורה. וזה הקול שבנ"י מתגאים בו.
פי' שדבר הבא מעצמו מורה שהקול מיוחד לבנ"י. וזה פי' נעשה ונשמע כמ"ש בזוה"ק עושי דברו לשמוע בקול דברו שמקודם צריך להיות קבלת עול מלכותו לכוף עצמו לעשות כרצונו ית' לגבור נגד היצה"ר.
ואח"כ זוכין לשמוע שהוא בלי עבודת האדם כנ"ל. וזה לשון מתגאה בירושתו כו'.
ויצ"מ וקי"ס הכנה לב' בחי' הנ"ל. נעשה ונשמע דיבור וקול.
והוא בחי' ימי המעשה ושבת קודש. כי בחול ע"י עשי' שמותר במלאכה והוא ג"כ לעבודת השי"ת כמ"ש במ"א שנקראו ימי עבודה.
ובשבת זוכין לשמוע בלי יגיעה כנ"ל. וכן איתא במד' כי שביעי של פסח כמו שבת קודש ע"ש.
והוא בחי' הקול כנ"ל. וז"ש ואתם תחרישון שאין צריך ליגיעה.
ה' ילחם כו'. וזהו הקול הוא בירושה בפנימיות נפש ישראל.
שהרי כשיש צרה לכל איש ישראל ח"ו מיד צועק להקב"ה אף בלי ישוב הדעת. רק אם זוכין שיבוא בחי' הקול אחר קבלת העשי' כראוי.
אז זוכין לשמוע בנחת. [וזה הי' בשעת קבלת התורה נעשה ונשמע.
ומקודם הי' הכל ע"י יגיעה התעוררות הדיבור והקול כנ"ל]. ואז הי' נצרך להתעורר בחי' הקול ע"י הצעקה כנ"ל.
[ובזוה"ק ר"פ בשלח בענין חבקוק נרמז ענין הנ"ל שכל הדרוש מחבקוק טעם שנצרך קי"ס אחר יצ"מ ע"ש] והכלל כי קי"ס הי' לבוא להתדבקות הפנימיות. שזה מה שאמרו שירה אח"כ.
כי אין מובן בשכל אנושי איך שנזדמן לכל איש ישראל דברים אחדים. רק כמ"ש בזוה"ק שנתדבקו בשורש נשמותיהם ונתעורר הקול פנימי שיש בבנ"י בירושה כנ"ל.
וזה לשון ישיר שממילא כשהגיעו למדריגת פנימיותם אז ישיר כו':
Dans le Midrach : deux héritages, etc. ; Yaakov s'enorgueillit de son héritage, 'la voix est la voix de Yaakov' (Genèse 27,22), etc., vois-la. Car il est difficile de comprendre pourquoi Israël revint vers Pi-haHirot afin que la mer se fendit.
Et l'on peut dire, comme il est écrit dans le saint Zohar, que la sortie d'Égypte fut pour faire sortir la Parole (dibbour) de l'exil ; de même fut nécessaire ensuite une délivrance pour le niveau de la Voix (kol) qui est au-dessus de la Parole. Et il y a une différence entre la Voix et la Parole : car la Parole, l'homme peut la prononcer à sa guise, c'est pourquoi elle s'appelle 'parole', car l'homme dit de sa voix ce qu'il veut ; mais la Voix vient de l'intériorité (penimiyout) de l'homme.
Et de même dans l'intériorité des choses : la Parole, c'est la conduite par le Saint béni-soit-Il de tous les mondes, comme il est écrit : 'par la parole de HaChem les cieux ont été faits' (Psaumes 33,6) ; et cette conduite était cachée dans l'exil et fut connue par la sortie d'Égypte, comme dit plus haut. Et de même Israël : ce qu'ils reçoivent le joug du Royaume des cieux, en annulant leur volonté devant Sa volonté et n'agissant que selon Son décret béni-soit-Il, cela s'appelle 'parole' (dibbour).
Et ainsi expliqué-t-il dans le saint Zohar sur le verset 'et tu en parleras, quand tu seras assis dans ta maison' (Deutéronome 6,7), etc. : être conduit en tout selon les paroles de la Torah, vois-la. Et après avoir reçu le joug du Royaume des cieux, la Torah leur fut donnée, et elle est au-dessus de la Parole ; et Israël s'attacha à l'intériorité de la Torah.
Et c'est la Voix dont Israël s'enorgueillit : c'est-à-dire que la chose qui vient d'elle-même montre que la Voix est propre à Israël. Et c'est le sens de 'nous ferons et nous entendrons' (Exode 24,7), comme il est dit dans le saint Zohar : 'ceux qui accomplissent Sa parole, pour écouter la voix de Sa parole' (Psaumes 103,20) ; car d'abord il faut recevoir le joug de Sa royauté, se contraindre à agir selon Sa volonté béni-soit-Il, pour l'emporter contre le mauvais penchant (yetser hara), et ensuite on mérite d'entendre, ce qui est sans le labeur de l'homme, comme ci-dessus.
Et c'est le sens de 's'enorgueillir de son héritage', etc. Et la sortie d'Égypte et l'ouverture de la mer (keriat yam souf) sont une préparation aux deux niveaux susdits : 'nous ferons et nous entendrons', Parole et Voix ; et c'est le niveau des jours ouvrables et du saint Chabbat.
Car en semaine, par l'action, où le travail est permis, c'est aussi pour le service de HaChem, comme il est écrit ailleurs qu'on les appelle 'jours de travail' ; et le Chabbat on mérite d'entendre sans effort, comme ci-dessus. Et de même il est enseigné dans le Midrach que le septième jour de Pessa'h est comme le saint Chabbat, vois-la ; et c'est le niveau de la Voix, comme ci-dessus.
Et c'est ce qui est dit : 'et vous, vous vous tairez' (Exode 14,14), car il n'y a pas besoin d'effort, 'HaChem combattra [pour vous]', etc. Et cette Voix est un héritage dans l'intériorité de l'âme d'Israël : car lorsqu'un malheur arrive à tout homme d'Israël, à Dieu ne plaise, aussitôt il crie vers le Saint béni-soit-Il, même sans réfléchir ; seulement, si l'on mérite que vienne le niveau de la Voix après avoir accompli l'action comme il convient, alors on mérite d'entendre dans la quiétude (nahat).
[Et cela eut lieu au moment du don de la Torah : 'nous ferons et nous entendrons' ; et auparavant tout était par l'effort, l'éveil de la Parole et de la Voix, comme ci-dessus.] Et alors il fallait éveiller le niveau de la Voix par le cri, comme ci-dessus. [Et dans le saint Zohar, au début de la parachat Beshalah, a propos de Havaqouq, il est fait allusion à ce sujet : toute la deracha tirée de Havaqouq donne la raison pour laquelle il fallut l'ouverture de la mer après la sortie d'Égypte, vois-la.] Et la règle est que l'ouverture de la mer fut pour parvenir à l'attachement de l'intériorité ; et c'est pourquoi ils dirent le cantique ensuite.
Car il n'est pas compréhensible par l'intelligence humaine comment il advint que tout homme d'Israël dise les mêmes paroles ; seulement, comme il est dit dans le saint Zohar, ils s'attachèrent à la racine de leurs âmes et s'éveilla la Voix intérieure qui est en Israël en héritage, comme ci-dessus. Et c'est le sens de 'alors il chantera' (az yashir, Exode 15,1, au futur) : que d'elle-même, lorsqu'ils parvinrent au degré de leur intériorité, alors 'il chantera', etc.
תרל"ד
[5634]
בכל דור כו'. משמעות הלשון שכל אדם חייב לראות עצמו שבכל דור הוא יוצא ממצרים שנאמר ואותנו הוציא:
לך אף לך. שגם הלך הוא לך כמ"ש מידך נתנו לך.
פי' שמה שאדם יודע לשבח להשי"ת הוא מאתו יתברך:
'À chaque génération', etc. Le sens de l'expression est que tout homme est tenu de se voir comme si, à chaque génération, il sortait lui-même d'Égypte, ainsi qu'il est dit : 'et nous, Il nous à fait sortir' (Deutéronome 6,23). 'À toi, oui à toi' : que même le 'cheminement' (halakh) est 'à toi' (lekha), comme il est écrit : 'de Ta main nous T'avons donne' (1 Chroniques 29,14).
C'est-à-dire que ce que l'homme sait louer HaChem béni-soit-Il vient de Lui-même, béni-soit-Il.
כנגד ארבעה בנים כו'. נראה שהוא נגד הארבע לשונות של גאולה.
שהגאולה הי' מכל הד' גליות. ושאלות הללו יש בכל איש ישראל.
מצד חקירות השכל שעי"ז היצה"ר מהרהר אחר החוקים ועל זה צריך להיות התשובה מוכן בלב האדם כי לעשות רצון השי"ת יש מזה יותר טעם ושמחה מהבנת טעם המצוה. וזה אין מפטירין כו'.
שטעם מצוה של מצה אף שאין בו טעם. מתוק לו יותר ממטעמים.
והרשע פורק עול ממש. מה העבודה.
ואומרו לכם פי' מה כוחו של בו"ד לעבוד להשי"ת. ועי"ז מהרהר אחר השגחה עליונה כמ"ש בספרים.
והתשובה. בעבור זה.
פי' ע"י שהוא בו"ד ואין לו שכל כראוי חשוב לפניו ית' עבודתינו יותר ממלאכי עליון. ושאלת התם ע"י התמימות כשהקב"ה נותן איזה הארה בחסדו בא האדם לידי התנשאות באומרו מה זאת.
וצריך לידע שהוא רק בחסד עליון. וזה התשובה בחוזק יד כו' בלי זכיות האדם.
ושאינו יודע לשאול הוא בגלות המר שא"י כלל איך לפתוח הלב וע"ז נאמר את פתח לו. וע"ז נותנים השבח.
שגאולת מצרים הי' בכל הד' מיני גליות בכלל ובפרט שנמצא בחי' אלו בכל אחד מישראל. ונק' בנים שבאמת נגמר הבנין ע"י החקירות הללו בלב האדם כשזוכה לבוא לדרך האמת ולצאת מהבלי עולם הזה ועניניהם:
'Face aux quatre fils', etc. Il apparaît que cela correspond aux quatre expressions de la délivrance (les quatre langages de geoula), car la délivrance fut de chacun des quatre exils.
Et ces questions se trouvent en tout homme d'Israël, du côté des investigations de l'intellect : par elles le mauvais penchant met en doute les lois (houqim), et pour cela la réponse doit être prête dans le cœur de l'homme, car accomplir la volonté de HaChem béni-soit-Il procure plus de goût et de joie que la compréhension de la raison du commandement. Et c'est [le sens de] 'on ne conclut pas [le repas pascal par l'afikoman]', etc. : que le goût du commandement de la matsa, bien qu'il n'ait pas de raison, lui est plus doux que des mets savoureux.
Et le méchant rejette purement le joug : 'que signifie ce service ?' ; et en disant 'pour vous', il veut dire : quelle est la force d'un être de chair et de sang pour servir HaChem ? Et par la il met en doute la providence suprême, comme il est écrit dans les livres.
Et la réponse : 'à cause de cela' (Exode 13,8), c'est-à-dire : du fait même qu'il est chair et sang et n'à pas l'intelligence comme il faudrait, notre service est plus précieux devant Lui béni-soit-Il que celui des anges d'en haut. Et la question du simple (tam) vient par la simplicité : lorsque le Saint béni-soit-Il accorde quelque illumination par Sa bonté, l'homme en vient à s'élever, disant 'qu'est-ce que ceci ?' ; et il faut savoir que ce n'est que par la grâce suprême.
Et c'est la réponse : 'par la force de la main' (Exode 13,14), etc., sans les mérites de l'homme. Et celui qui ne sait pas questionner est dans l'exil amer, où il ne sait aucunement comment ouvrir le cœur, et sur lui il est dit : 'toi, ouvre-lui'.
Et sur cela on rend la louange, car la délivrance d'Égypte fut dans les quatre sortes d'exils, en général et en particulier, car ces niveaux se trouvent en chacun d'Israël. Et ils sont appelés 'fils' (banim), car en vérité l'édifice (binyan) s'achève par ces investigations dans le cœur de l'homme, lorsqu'il mérite de parvenir au chemin de la vérité et de sortir des vanités de ce monde-ci et de leurs affaires.
מצות עומר לתת הראשית להשי"ת. ועי"ז נמשך כל המאכל להקדושה.
לכן נק' עומר. ובמד' ואתה כו' בריתי תשמור זה העומר.
שזה פי' ברית מה שמתקשר הכל למקום אחד. ממחרת השבת.
כי כל זמן דכפית באחרא אי אפשר לקבל מלכות שמים כראוי כמ"ש בזוה"ק בהר. ולכן אחר יציאת מצרים שיצאו לחירות צריך כל אחד לקבל על עצמו מלכות שמים לכן הוא ר"ה למלכים.
וזה ג"כ הסיפור ביציאת מצרים שהוא לתת העיקר להשי"ת. כי חשיבות האדם הוא הדיבור החשוב מדצח"ם.
וגם איתא בזוה"ק שהדיבור הי' בגלות במצרים ע"ש. ופי' דיבור הוא ההנהגה.
וגם הפרט שמתגלה פנימיות האדם ע"י דבורו וזה המעלה שיש בו מכל בע"ח שיכול להוציא ולגלות פנימיות שלו לחוץ. וכשיצאו לחירות הי' הדיבור ברשותם לכן צריכין לתת כח הדיבור להשי"ת.
ובמ"א כתבנו כי ד' לשונות גאולה הם נגד מוצאות הפה. וי"ל ג"כ נגד דצח"ם והם ד' בנים כנ"ל.
כנודע שהאדם כולל כל הנבראים והדיבור הוא מעלה עליונה שהכל נמשך אחריו לכן נקרא דיבור:
Le commandement du Omer consiste à donner les prémices (le commencement) à HaChem béni-soit-Il ; et par la toute la nourriture est attirée vers la sainteté. C'est pourquoi il est appelé 'Omer' (mesure).
Et dans le Midrach : 'et toi... tu garderas Mon alliance', c'est le Omer ; car tel est le sens de l'alliance (berit) : ce qui relie tout en un seul lieu. 'Au lendemain du Chabbat' (Lévitique 23,11) : car tant que l'on est lié à l'autre côté (sitra a'hra), il est impossible de recevoir le Royaume des cieux comme il convient, comme il est écrit dans le saint Zohar (parachat Behar). C'est pourquoi, après la sortie d'Égypte, où ils sortirent vers la liberté, chacun doit prendre sur lui-même le Royaume des cieux ; c'est pourquoi c'est le nouvel an pour les rois.
Et c'est aussi le récit lors de la sortie d'Égypte : donner l'essentiel à HaChem béni-soit-Il ; car l'importance de l'homme réside dans la parole (dibbour), la plus élevée des catégories minéral-végétal-animal-parlant (domem-tsomeah-hay-medaber). Et il est aussi rapporté dans le saint Zohar que la Parole était en exil en Égypte, vois-la.
Et le sens de 'parole' est la conduite ; et aussi l'aspect particulier où se révèle l'intériorité de l'homme par sa parole, et c'est la supériorité qu'il à sur tout être vivant : pouvoir faire sortir et révéler son intériorité au-dehors. Et lorsqu'ils sortirent vers la liberté, la parole fut en leur pouvoir ; c'est pourquoi ils doivent donner la force de la parole à HaChem béni-soit-Il.
Et ailleurs nous avons écrit que les quatre expressions de délivrance correspondent aux points d'articulation de la bouche (motsaot ha-pe). Et l'on peut dire aussi qu'elles correspondent à minéral-végétal-animal-parlant, et ce sont les quatre fils, comme ci-dessus, comme on le sait : que l'homme englobe toutes les créatures, et que la parole est le degré suprême, que tout suit ; c'est pourquoi elle est appelée 'parole' (dibbour, qui a aussi le sens de conduire).
שיר השירים. י"ל שהוא השיר שבא מן השירים אשר לשלמה כי איך יכולין לשיר לפניו ית'.
רק שאותיות התורה הם גבוהים וכשמוציא אותם האדם כראוי הם משוררים ועולים לשורשם. וכן י"ל הבוחר בשירי זמרה שיר שהזמר עצמו משורר.
ובמד' לב חכם ישכיל עליו פיהו כמו שנודע שיכול האדם להגיד דברים גדולים אף שאינו משיג בעצמו עומק הדברים רק שהם דברים של אמת והבן. רק כפי מה שיודע האדם זאת שהלשון ואותיות התורה הם הם המסייעים לו כמ"ש הכל מסייעין לעשות רצון המלך.
אז יכול להתדבק בהם כנ"ל. וכן עשה השי"ת שיהי' נתלה הכל בהאדם וע"י מתעורר מדריגה במדריגה גבוה יותר עד השי"ת.
והעליון שבכולם הוא שיר השירים קדש קדשים כו':
'Le Cantique des cantiques' (Chir haChirim). On peut dire que c'est le chant qui vient d'entre les chants 'qui sont à Salomon' (Cantique 1,1) ; car comment peut-on chanter devant Lui béni-soit-Il ?
Seulement, les lettres de la Torah sont élevées, et lorsque l'homme les prononce comme il faut, elles chantent et remontent à leur racine. Et de même on peut dire pour 'Qui choisit les chants de louange' (chirei zimra) : un chant où le chant lui-même chante.
Et dans le Midrach : 'le cœur du sage rend sa bouche intelligente' (Proverbes 16,23), comme on le sait, que l'homme peut énoncer de grandes choses même sans en saisir lui-même la profondeur, pourvu que ce soient des paroles de vérité, et comprends. Seulement, dans la mesure où l'homme sait cela, que la langue et les lettres de la Torah sont elles-mêmes ce qui l'aide, comme il est écrit : 'tout aide à accomplir la volonté du Roi', alors il peut s'attacher à elles, comme ci-dessus.
Et ainsi HaChem béni-soit-Il à fait que tout soit suspendu à l'homme, et que par lui s'éveille degré après degré, toujours plus haut, jusqu'à HaChem béni-soit-Il. Et le plus élevé de tous est 'le Cantique des cantiques, saint des saints', etc.
שביעי של פסח
Septième jour de Pessa'h.
ענין יציאת מצרים וקי"ס. כי במצרים היו בנ"י תחת יד פרעה וכשהגיע הקץ נגאלו ולא הי' לו ממשלה עליהם.
רק שבא בדרך מלחמה. ויצ"מ הי' הכנה לכל הגליות של הד' מלכיות.
וקי"ס הי' הכנה לכל הבאין על ישראל בבחי' מלחמה. וז"ש פן ינחם כו' מלחמה.
שהקב"ה חשב עצה עבור בנ"י שלא יוכלו להרע להם אף בדרך מלחמה. וי"ל שהי' במדה כיון שאמר פרעה הבה נתחכמה כו' פן ירבה כו'.
פי' אף שהיו אז בנ"י תחת ידו. חשב התחכמות שלא יוכלו לעמוד נגדו בבחי' מלחמה.
כי מלחמה אינו בסדר מיוחד רק כמ"ש בעמלק וילחם כשראה עת שרפו ידי ישראל כו'. ואתה עיף ויגע כו'.
והתחכם פרעה כנ"ל כמ"ש בתחבולות תעשה כו' מלחמה. ולזאת אמר הכ' עתה שיצאו בנ"י חשב הקב"ה גאולה על בחי' מלחמה ג"כ.
וז"ש ה' ילחם לכם כו'. והגיד מו"ז ז"ל בשם מכילתא אף שאתם תחרישו ולא יהי' לכם כח לצעוק.
מ"מ ילחם לכם והוא כנ"ל:
Le sujet de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer (keriat yam souf). Car en Égypte Israël était sous la main de Pharaon, et lorsque vint le terme ils furent délivrés, et il n'avait plus de domination sur eux ; seulement il vint par voie de guerre.
Et la sortie d'Égypte fut une préparation à tous les exils des quatre royaumes ; et l'ouverture de la mer fut une préparation à tous ceux qui viendraient contre Israël par voie de guerre. Et c'est ce qui est dit : 'de peur qu'il ne se ravise...
[en voyant] la guerre' (Exode 13,17) ; car le Saint béni-soit-Il conçut un dessein en faveur d'Israël, pour qu'ils ne puissent leur nuire même par voie de guerre. Et l'on peut dire que ce fut mesure pour mesure : puisque Pharaon dit 'agissons avec ruse envers lui... de peur qu'il ne se multiplie' (Exode 1,10), c'est-à-dire, bien qu'Israël fut alors sous sa main, il conçut la ruse qu'ils ne puissent tenir contre lui par voie de guerre.
Car la guerre n'à pas d'ordre particulier, comme il est dit à propos d'Amalek : 'et il combattit', lorsqu'il vit le moment où les mains d'Israël se relâchèrent, etc., 'et toi tu étais fatigue et épuisé' (Deutéronome 25,18). Et Pharaon rusa comme ci-dessus, comme il est écrit : 'par des stratagèmes tu feras... la guerre' (Proverbes 24,6).
Et pour cela l'Écriture dit que maintenant qu'Israël était sorti, le Saint béni-soit-Il conçut une délivrance aussi pour l'aspect de la guerre. Et c'est ce qui est dit : 'HaChem combattra pour vous', etc.
Et mon grand-père de mémoire bénie à enseigné au nom de la Mekhilta : bien que vous vous taisiez et n'ayez pas la force de crier, malgré tout Il combattra pour vous ; et c'est comme ci-dessus.
במד' נכון כסאך מאז כו' אעפ"י שמעולם אתה כו'. כי הקב"ה מושל בכל רק האומות שאין רצונם להיות הוא ית' מושל [*מושל] עליהם בע"כ.
אבל בני ישראל חפצין בקבלת מלכותו ית' עליהם. וז"ש במדרש עשו מתגאה בירושתו הידים ידי עשו.
פי' שיש לו גאות ושמחה מזה שניתן החרב בידו. אבל בנ"י מתגאין בהקול קול יעקב.
פי' מזה שכל מעשיהם ע"י בקשה והפקת רצון מה' ואינם ברשותם רק תחת ממשלתו ית'. בזה הם מתגאים ושמחים בקבלת עולו ית' ומלכותו עליהם.
וזה נתישבה כסאך ברצון המקבלים כנ"ל. ובאמת הי' שמחת בנ"י בהשירה לא לגרמייהו ממה שעזר להם השי"ת והצילם.
רק עיקר השמחה הי' ממה שהשי"ת הראה גדולתו וטבע להמצרים ובחר בהם להיות מלכותו ית' שורה עליהם ברצון. שזה כבודו ית' להיות ברצון המקבלים.
וזה כי גאה גאה שיש גיאות מצד השפלת השונאים. אבל עתה נתברר גיאות השי"ת ע"י גיאות בנ"י.
ומזה שהגביה בנ"י. מזה עצמו השפילו עצמם ביותר.
וגיאות זה הבא מצד מעלת המכניעים לא מצד השפלתם הוא גיאות של אמת והבן:
Dans le Midrach : 'Ton trône est établi des lors' (Psaumes 93,2), etc., 'bien que Tu sois de toute éternité', etc. Car le Saint béni-soit-Il domine sur tout ; seulement, les nations, qui ne veulent pas qu'Il domine béni-soit-Il, Il domine [*domine] sur elles malgré elles ; mais les enfants d'Israël désirent recevoir Sa royauté béni-soit-Il sur eux.
Et c'est ce qui est dit dans le Midrach : Esav s'enorgueillit de son héritage, 'les mains sont les mains d'Esav' (Genèse 27,22) : c'est-à-dire qu'il éprouve orgueil et joie de ce que l'épée lui à été remise en main ; mais Israël s'enorgueillit de 'la voix, la voix de Yaakov' : c'est-à-dire de ce que toutes leurs actions se font par la prière et l'accomplissement de la volonté de HaChem, et qu'ils ne sont pas en leur propre pouvoir mais sous Sa domination béni-soit-Il ; c'est de cela qu'ils s'enorgueillissent et se réjouissent, de recevoir Son joug et Sa royauté sur eux. Et c'est [le sens de] 'Ton trône est établi' : par la volonté de ceux qui Le reçoivent, comme ci-dessus.
Et en vérité, la joie d'Israël dans le cantique ne fut pas pour eux-mêmes, du fait que HaChem les avait secourus et sauvés ; mais l'essentiel de la joie venait de ce que HaChem manifesta Sa grandeur et engloutit les Égyptiens, et les choisit pour que Sa royauté béni-soit-Il repose sur eux par leur volonté ; car c'est la Son honneur, d'être roi par la volonté de ceux qui Le reçoivent. Et c'est [le sens de] 'car Il s'est hautement élève' (Exode 15,1) : il y a une élévation du côté de l'abaissement des ennemis ; mais maintenant l'élévation de HaChem béni-soit-Il se manifesta par l'élévation d'Israël.
Et de ce qu'Il éleva Israël, par cela même ils s'abaisserent davantage eux-mêmes. Et cette élévation, qui vient du côté de la grandeur de ceux qui se soumettent et non du côté de leur abaissement, est une élévation de vérité, et comprends.
המועדות הם עדות לבנ"י שמיוחדין להקב"ה. כ' עומדות היו רגלינו כו' כשהיו עולין לרגל שבטי יה עדות לישראל כו'.
ועדות הוא לשון בירור הדעת כי המועדות נותנין דעת לכל איש ישראל לכל ימי השנה:
Les fêtes (moadot) sont un témoignage (edout) pour Israël, qu'ils sont particulièrement consacrés au Saint béni-soit-Il. Il est écrit : 'nos pieds se tenaient [dans tes portes, Jérusalem]' (Psaumes 122,2), etc. ; lorsqu'ils montaient en pèlerinage : 'les tribus de Yah, témoignage pour Israël' (Psaumes 122,4), etc.
Et 'témoignage' (edout) est une expression de clarification de la connaissance (birour ha-daat), car les fêtes donnent la connaissance à tout homme d'Israël pour tous les jours de l'année.
תרל"ה
[5635]
בעזה"י מימי פסח בקצרה
Avec l'aide de HaChem béni-soit-Il, parmi les jours de Pessa'h, en bref.
ביד חזקה ובזרוע נטויה. ואלו לא הוציא כו'.
פי' זרוע נטוי' הוא הפחד והמורא להבא שייראו כל הרשעים מלהרע לנו. שהוציאנו ממצרים בכח זה שיהי' יצ"מ נוהג תמיד לכן מזכירין יציאת מצרים בכל יום.
וז"ש ואלו לא הוציא הרי אנו כו'. כי גם עתה בכל יום נמצא גאולה זו ממש וכמ"ש בכל דור עומדין עלינו לכלותינו.
וודאי זה אמת אף שאין נראה בפירוש מ"מ יש להאמין שחושבין עלינו רק השי"ת מבטל רצונם כמ"ש בזוה"ק פי' לעושה נפלאות גדולות לבדו שאין שום ברי' יודע הנסים רק השי"ת בעצמו:
'D'une main forte et d'un bras étendu' (Deutéronome 26,8). 'Et s'Il ne nous avait pas fait sortir', etc. Explication : 'le bras étendu' est la crainte et l'effroi pour l'avenir, afin que tous les méchants craignent de nous nuire ; car Il nous fit sortir d'Égypte par cette force, pour que la sortie d'Égypte demeure agissante en permanence, c'est pourquoi on mentionne la sortie d'Égypte chaque jour.
Et c'est ce qui est dit : 'et s'Il ne nous avait pas fait sortir, voici que nous [serions encore asservis]', etc. Car aujourd'hui encore, chaque jour, cette même délivrance se trouve réellement, comme il est écrit : 'à chaque génération ils se dressent contre nous pour nous anéantir'.
Et assurément cela est vrai, bien que ce ne soit pas manifeste explicitement ; malgré tout, il faut croire qu'ils machinent contre nous, seulement HaChem béni-soit-Il annule leur dessein, comme il est écrit dans le saint Zohar sur le sens de : 'à Celui qui fait seul de grandes merveilles' (Psaumes 136,4), qu'aucune créature ne connaît les miracles, seul HaChem béni-soit-Il Lui-même.
« Même si nous étions tous sages, etc. » D'après le Dayenou, le Sfat Emet enseigne qu'Il nous a fait monter de degré en degré jusqu'à la Torah et la terre d'Israël ; les degrés sont liés, dernier au premier, et la bonté est double car ils reviennent du bas vers le haut. Le premier miracle de la sortie d'Égypte agit encore. Le récit apporte le daat et fait passer la sortie de la puissance à l'acte ; les Tannaïm ont déployé les plaies cachées. Ce récit amène les jours du Messie, lorsque se clarifieront ses secrets. Amalek a semé la confusion ; le récit éveille le tikoun et efface son nom : cette nuit s'appelle seder pour ordonner cet acte.
Aussi : l'exil d'Égypte fut pour le bien et le maror loue l'amertume ; la délivrance par D.ieu Lui-même inclut tous les niveaux et demeure éternelle ; Pessa'h, nouvel an des fêtes, tire hors du Sitra A'hra (l'autre côté) vers la Torah, puis Souccot.
ואפילו כולנו חכמים כו'. עפ"י מ"ש כמה מעלות טובות כו'.
פי' שהביאנו מדריגה אחר מדריגה עד שקבלנו התורה והכניסנו לארץ ישראל. אעפ"כ כל אלו המעלות דביקין האחרונה בראשונה.
לכן כמה טובה כפולה ומכופלת שהם חוזרין מלמטה למעלה ג"כ. ואף שכולנו חכמים כו' אעפ"כ נס הראשון מיצ"מ נוהג בנו.
וכל המרבה לספר ביציאת מצרים הרי זה משובח. שהסיפור ביציאת מצרים מביא דעת כמ"ש ולמען תספר באזני בנך כו'.
וידעתם כי אני ה'. ומאחר שיציאת מצרים נאמרה בתורה והתורה ניתנה לישראל יכולין לעורר כח הגאולה כי יציאת מצרים יוצא מכח אל הפועל ע"י הסיפור.
כמו ענין תורה שבכתב ושבע"פ שבנ"י מחדשין טעמי תורה. וזה כחן בפה שע"י שמוציאין הדברים בפה מגלין הטעמים הנסתרים לבוא לידי גילוי.
וכמו כן תנאים אלו שדרשו שכל מכה הי' של ד' וה' מכות ושנלקה ר"נ מכות הכל הוציאו מכח המכות. שהי' נסתר אלה המכות והם הוציאו מכח אל הפועל.
וזה פי' מרבה לספר ביציאת מצרים שמרבין ומתפשטין הנסים והמכות ע"י סיפורים ביצ"מ כנ"ל. וגם גאולה האחרונה תהי' כשיתברר כל הנסתרות שביציאת מצרים כי גאולה זו כוללת כל הגאולות.
וז"ש להביא לימות המשיח כי זכירה וסיפור ביציאת מצרים מביא ימות המשיח. כי בעת יציאת מצרים הי' הרצון להיות תיקון הכולל כמו שיהי' לעתיד ה' ושמו אחד.
אך כי עמלק הרשע בלבל את בנ"י כמ"ש אשר קרך בדרך. ולכן צריכין לזכור שנאתו לעולם.
כי הוא גרם לנו כל הגלות. רק ע"י סיפור ביציאת מצרים בכל שנה ושנה נתעורר התיקון.
ונמחה שמו מעט מעט. לכן נקרא מעשה לילה זו סדר כי צריכין לחזור ולסדר מעשה יציאת מצרים להיות מתוקן ומסודר ואז יהי' הגאולה בב"א:
'Même si nous étions tous sages, etc.' D'après ce qui est dit 'combien de degrés de bien, etc.' (le Dayenou). Explication : Il nous à fait monter de degré en degré jusqu'à ce que nous recevions la Torah et qu'Il nous fasse entrer en terre d'Israël.
Malgré cela, tous ces degrés sont liés, le dernier au premier. C'est pourquoi la bonté est double et redoublée, car ils reviennent aussi du bas vers le haut.
Et bien que nous soyons tous sages, etc., malgré cela le premier miracle de la sortie d'Égypte agit en nous. 'Et quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte, celui-là est digne de louange', car le récit de la sortie d'Égypte apporte la connaissance (daat), comme il est écrit 'afin que tu racontes aux oreilles de ton fils, etc.' (Exode 10,2), 'et vous saurez que Je suis le Nom'. Et puisque la sortie d'Égypte est énoncée dans la Torah, et que la Torah à été donnée à Israël, ils peuvent éveiller la force de la délivrance, car la sortie d'Égypte passe de la puissance à l'acte par le récit.
Comme pour la Torah écrite et la Torah orale, où les enfants d'Israël renouvellent les sens de la Torah. Et telle est leur force dans la bouche : car en faisant sortir les paroles par la bouche, ils révèlent les sens cachés pour qu'ils viennent au dévoilement.
Et de même ces Tannaim qui ont exposé que chaque plaie était de quatre ou cinq plaies, et qu'ils furent frappés de deux cent cinquante plaies (ר"נ = 250) : tout cela, ils l'ont fait sortir de la puissance des plaies. Car ces plaies étaient cachées, et eux les ont fait passer de la puissance à l'acte.
Et tel est le sens de 'multiplier le récit de la sortie d'Égypte' : on multiplie et on déploie les miracles et les plaies par les récits de la sortie d'Égypte, comme ci-dessus. Et aussi la délivrance finale adviendra lorsque se clarifieront tous les secrets qui sont dans la sortie d'Égypte, car cette délivrance-la inclut toutes les délivrances.
Et c'est ce qui est dit 'pour amener aux jours du Messie', car la mémoire et le récit de la sortie d'Égypte amènent les jours du Messie. Car au moment de la sortie d'Égypte il y avait la volonté qu'ait lieu la réparation (tikoun) générale, comme il en sera dans le futur : 'le Nom est un et Son nom est un' (Zacharie 14,9).
Mais Amalek le mécréant à semé la confusion chez les enfants d'Israël, comme il est écrit 'qui t'à surpris en chemin' (Deutéronome 25,18). C'est pourquoi il faut se souvenir de sa haine à jamais, car c'est lui qui nous à cause tout l'exil.
Ce n'est que par le récit de la sortie d'Égypte, chaque année, que s'éveille la réparation et que son nom s'efface peu à peu. C'est pourquoi l'acte de cette nuit est appelé 'seder' (ordre), car il faut répéter et ordonner l'acte de la sortie d'Égypte pour qu'il soit réparé et ordonné, et alors adviendra la délivrance, bientôt et de nos jours.
מתחלה עובדי ע"ז היו אבותינו כו'. פי' שמזכירין שהגלות ג"כ הי' לטובה כי לא היינו מתקרבים לעבודת המקום רק ע"י גלות מצרים נתקרבנו אליו ב"ה.
ולכן מזכירין כל זה. השיעבוד והצעקה והגאולה.
שבנ"י משבחין על כל תהלוכות הגלות שעי"ז הי' בכחנו לצעוק כראוי להשי"ת ועל הצעקה ועל הישועה. וזה טעם המרור ע"ש שבח המרירות בעצמו כנ"ל.
וכן איתא שבגלות מצרים עצמו כששמעו בנ"י שע"י הגלות יתקרבו אח"כ לעבודת השי"ת נתחזק כחם בגלות. לכן אמר הקב"ה למרע"ה לכן אמור לבנ"י אני ה' כו' ולקחתי כו' והייתי כו' וידעתם כי אני ה':
ואקח כו' אביכם כו' וארבה כו' זרעו כו' ואתן ליצחק כו' יעקב ואת עשו כו'. פי' שכל זה הי' השגחת הקב"ה שכל מחשבתו לטובתינו כמ"ש נפלאותיך ומחשבותיך אלינו לכן בירר השי"ת את בנ"י.
וארבה זרעו שיצא פסולת מאברהם וכן אח"כ ביצחק יצא ממנו עשו בירור אחר בירור ואח"כ הוריד אותנו למצרים. וכל זה היו עצות כדי שנוכל להתקרב אליו.
וזה אנו מאמינים בו ית' כי כל זה הי' לטובתינו:
'Au commencement nos pères étaient idolâtres, etc.' Explication : on rappelle que l'exil aussi fut pour le bien, car nous ne nous serions pas approchés du service du Lieu (Dieu) si ce n'est par l'exil d'Égypte, par lequel nous nous sommes approchés de Lui, béni soit-Il. C'est pourquoi on rappelle tout cela : l'asservissement, le cri et la délivrance.
Car les enfants d'Israël louent pour tous les cheminements de l'exil, car par cela nous avons eu la force de crier comme il convient vers le Nom, et sur le cri et sur le salut. Et c'est le sens du maror (herbe amère), au nom de la louange de l'amertume elle-même, comme ci-dessus.
De même il est enseigné que dans l'exil d'Égypte lui-même, lorsque les enfants d'Israël entendirent que par l'exil ils s'approcheraient ensuite du service du Nom, leur force se renforça dans l'exil. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il dit à Moché notre maître : 'C'est pourquoi dis aux enfants d'Israël : Je suis le Nom, etc., et Je vous prendrai, etc., et Je serai, etc., et vous saurez que Je suis le Nom' (Exode 6,6-7). 'Et Je pris, etc., votre père, etc., et Je multipliai, etc., sa descendance, etc., et Je donnai à Yits'hak, etc., Yaakov et Esav, etc.' (Josue 24,3-4).
Explication : tout cela fut la providence du Saint béni soit-Il, dont toute la pensée est pour notre bien, comme il est écrit 'Tes merveilles et Tes pensées sont envers nous' (Psaumes 40,6). C'est pourquoi le Nom à trie les enfants d'Israël. 'Et Je multipliai sa descendance' : car un déchet sortit d'Abraham, et de même ensuite en Yits'hak sortit de lui Esav, tri après tri, et ensuite Il nous fit descendre en Égypte.
Et tout cela était des conseils (des moyens) afin que nous puissions nous approcher de Lui. Et c'est ce que nous croyons en Lui, béni soit-Il, que tout cela fut pour notre bien.
ויוציאנו ה' לא על ידי מלאך ושרף כו'. כי דבר הנעשה ע"י מלאך ושליח הוא כפי הדרגת השליח ולא הי' כולל הגאולה רק כפי מדריגה זו.
וגם לדורות השפלים לא הי' מושג הגאולה ג"כ. אבל הגאולה הי' ע"י הקב"ה בעצמו והוא שלימות כל העולמות וחיות כל הוה ולכן גאולה הבא מכחו כוללת כל המדריגות מריש כל דרגין עד סוף כל דרגין.
וז"ש ואלו לא הוציא הקב"ה דייקא כי אם הי' ע"י שליח הרי אנו ובנינו כו'. אבל ע"י שהוציא אותנו בכבודו [*ובעצמו] הי' גאולת עולם.
וכן הבטיח הקב"ה לאברהם דן אנכי. ובמדרש ע"פ מי אנכי כי אלך אל פרעה.
פי' שמשה רבינו ע"ה אמר איך יתקיים הבטחת דן אנכי. שרצה מרע"ה להיות הגאולה בכבודו ובעצמו.
ובאמת מרע"ה שהיה עניו גדול ונתבטל ממציאות אליו ית'. לכן הי' שליחותו כמו ע"י הקב"ה בעצמו.
והוא לא חשב על עצמו זאת. וז"ש מי אנכי שסבר שאינו כדאי להיות נחשב במדריגה רבה כזו:
'Et le Nom nous fit sortir, non par un ange ni par un séraphin, etc.' Car une chose accomplie par un ange et un émissaire est selon le niveau de l'émissaire, et n'aurait pas inclus la délivrance sinon selon ce niveau. Et de même pour les générations inférieures, la délivrance n'aurait pas non plus été accessible.
Mais la délivrance eut lieu par le Saint béni soit-Il Lui-même, qui est la plénitude de tous les mondes et la vie de tout ce qui existe. C'est pourquoi une délivrance venant de Sa force inclut tous les niveaux, du sommet de tous les degrés jusqu'au terme de tous les degrés.
Et c'est ce qui est dit 'et si le Saint béni soit-Il n'avait pas fait sortir', précisément : car si cela avait été par un émissaire, voici que nous et nos enfants, etc. (serions encore asservis).
Mais parce qu'Il nous à fait sortir dans Sa gloire [et par Lui-même], ce fut une délivrance éternelle. Ainsi le Saint béni soit-Il promit à Abraham 'Je jugerai, Moi' (Genèse 15,14).
Et dans le Midrach sur le verset 'Qui suis-je pour aller vers Pharaon' (Exode 3,11) : explication, Moché notre maître dit comment s'accomplira la promesse 'Je jugerai, Moi', car Moché notre maître voulait que la délivrance soit dans Sa gloire et par Lui-même. Et en vérité Moché notre maître, qui était d'une grande humilité et s'annulait de son existence devant Lui béni soit-Il, c'est pourquoi son envoi fut comme par le Saint béni soit-Il Lui-même.
Et lui ne pensait pas cela de lui-même. Et c'est ce qui est dit 'Qui suis-je', car il estimait qu'il n'était pas digne d'être compte à un niveau aussi élève.
במד' ע"פ דבר נא וישאלו וכן בגמ' כדי שלא יאמר אותו צדיק ועבדום וענו נתקיים בהם ואח"כ יצאו ברכוש גדול לא נתקיים בהם. ותמוה וכי אין להקב"ה לקיים הבטחתו אף בלי חשש תרעומת אותו צדיק.
אך מצינו כי באו לידי חטא ברבוי כסף וזהב זה כמאמר ודי זהב. והטעם נוכל לומר כי הקב"ה הבטיח כשיצאו אחר ד' מאות שנה יצאו ברכוש גדול.
ואח"כ הקדים הקב"ה הגאולה ברד"ו שנה. והטעם כמ"ש המפרשים כי אם הי' מאחר עוד שעה אחת היו נטבעין ח"ו.
וזה הי' ע"י קלקול החטא כמ"ש איש שקוצי עיניו כו'. והשי"ת ברחמיו סיבב שהגדיל רשעת (מצרים) [*פרעה] עד למעלה ראש עד שהוצרך לנקום בו.
ועי"ז ניצולו בנ"י. פי' ע"י ריבוי המכות עליו ביקש צאו מתוך עמי כו'.
ומחל בעצמו אף שהוצרכו עוד להשתעבד תחת ידו מ"מ מחל בעצמו מרוב המכות. וזה ענין מדרש חז"ל ע"פ אתם ראיתם אשר עשיתי למצרים.
כמה היו חייבים עד שלא נזדווגו לכם ולא נפרעתי רק על ידכם כו' ע"ש. ולכן לא הי' שורת הדין להיות יוצאים בכסף וזהב.
וזהו מרומז בגמ' ספ"ק דברכות במשל שאמר העבד לגאול אותו מיד ואינו מבקש כסף וזהב. פי' שוודאי טובה גדולה מאוד הי' מה שהקדים הקב"ה גאולתם אף שאבדו עי"ז הכסף וזהב.
אך דבר אשר יצא מפי ה' לא ישוב ריקם. וזאת אחת ממדותיו של הקב"ה אשר בהבטיחו לאחד דבר ואח"כ מעלהו לטובה גדולה מזאת באופן שמרוצה עד מאוד להניח טובה הקטנה בעבור הגדולה עכ"ז שניהם נתקיימו בו כי הוא אלקים אמת.
ובדבורו מתקיים כמאמר מדבר ומקיים. ולאשר כי לא הי' נתקן הכסף וזהב לכן באו ע"י לידי חטא.
(ולא) [*ולכן] נתלה הדבר במעשה עצמן וישאלו ממצרים כו'. אעפ"כ הואיל והי' בציוי המקום ב"ה.
זכות מצוה סייע אותם וניתקן אח"כ ע"י נדבת המשכן כנודע. ועפ"י הנ"ל יובן הפסוק מה זאת עשינו כי שלחנו את ישראל מעבדנו.
כי הרגישו המצריים שהם בעצמם מחלו לבני ישראל העבדות קודם הזמן. וכן מרומז במדרש המשל ממי שהתחיל לקבל המכות ולא הספיק עד שנתן הקנס כו' ע"ש בילקוט בשלח:
Dans le Midrach sur le verset 'Parle donc et qu'ils demandent' (Exode 11,2), et de même dans la Guemara : afin que ce juste-la (Abraham) ne dise pas : 'et ils les asserviront et les affligeront' (Genèse 15,13) s'est accompli en eux, mais 'et ensuite ils sortiront avec de grands biens' (Genèse 15,14) ne s'est pas accompli en eux. Et cela est étonnant : le Saint béni soit-Il ne peut-il donc pas accomplir Sa promesse, même sans crainte de la récrimination de ce juste ?
Mais nous trouvons qu'ils en vinrent à la faute par l'abondance d'argent et d'or, selon la parole 'et assez d'or' (Deutéronome 1,1, 'vediZahav'). Et la raison, nous pouvons la dire : le Saint béni soit-Il avait promis que, lorsqu'ils sortiraient après quatre cents ans, ils sortiraient avec de grands biens.
Et ensuite le Saint béni soit-Il avança la délivrance de deux cent dix ans (רד"ו = 210). Et la raison, comme l'ont écrit les commentateurs : car s'Il avait tarde encore une heure, ils auraient été noyés, à Dieu ne plaise.
Et cela était du à la corruption de la faute, comme il est écrit 'un homme, les abominations de ses yeux, etc.' (Ezechiel 20,7). Et le Nom, dans Sa miséricorde, fit en sorte que la méchanceté de [Pharaon] grandit jusqu'au-dessus de la tête, jusqu'à ce qu'Il fut contraint de se venger de lui.
Et par cela les enfants d'Israël furent sauvés. Explication : par l'abondance des plaies sur lui, il demanda 'Sortez du milieu de mon peuple, etc.' (Exode 12,31).
Et il renonça de lui-même, même s'ils auraient encore du être asservis sous sa main ; malgré tout il renonça de lui-même à cause de l'abondance des plaies. Et c'est le sens du Midrach de nos sages sur le verset 'Vous avez vu ce que J'ai fait à l'Égypte' (Exode 19,4) : combien étaient-ils redevables avant qu'ils ne s'attaquent à vous, et Je ne me suis venge que par vous, etc., vois la.
C'est pourquoi il n'était pas selon la stricte justice qu'ils sortent avec de l'argent et de l'or. Et cela est allusionne dans la Guemara, à la fin du premier chapitre de Berakhot, dans la parabole où l'esclave dit de le libérer immédiatement et ne demande pas d'argent ni d'or.
Explication : car assurément ce fut un très grand bien que le Saint béni soit-Il ait avance leur délivrance, même s'ils y perdirent l'argent et l'or. Mais 'une parole qui sort de la bouche du Nom ne revient pas à vide' (Isaie 55,11).
Et c'est une des mesures du Saint béni soit-Il : lorsqu'Il promet une chose à quelqu'un et ensuite l'élève vers un bien plus grand que celle-ci, de sorte qu'il est très satisfait de laisser le petit bien pour le grand, malgré cela les deux s'accomplissent en lui, car Il est un Dieu de vérité, et par Sa parole cela s'accomplit, selon la parole 'Il parle et accomplit'. Et parce que l'argent et l'or n'étaient pas réparés, c'est pourquoi ils en vinrent à la faute par eux.
[C'est pourquoi] la chose fut suspendue à leur propre acte : 'et qu'ils demandent aux Égyptiens, etc.'. Malgré cela, puisque ce fut sur l'ordre du Lieu béni soit-Il, le mérite du commandement les assista, et cela fut réparé ensuite par le don du Tabernacle (Mishkan), comme on le sait.
Et d'après ce qui précède se comprend le verset 'Qu'avons-nous fait la, que nous ayons renvoyé Israël de notre service' (Exode 14,5). Car les Égyptiens sentirent qu'eux-mêmes avaient renoncé pour les enfants d'Israël à l'esclavage avant le temps.
Et de même est-il allusionne dans le Midrach, la parabole de celui qui commença à recevoir les coups et ne s'arrêta que lorsqu'il paya l'amende, etc., vois la dans le Yalkout Beshala'h.
ארמי אובד אבי כו'. אף כי לא עשה במעשה רק שביקש לעקור את הכל.
אך היא הנותנת שע"י שביקש לעקור הכל לא נתן לו הקב"ה רשות לשלוט עלינו כלל. וכן הי' בהמן הרשע שביקש להשמיד כו' לכן לא פעל כלום.
רק אובד הוא אבידה המתבקשת כדאיתא בגמ'. וע"י רשעת לבן הוצרך הקב"ה להביאנו למצרים בבחינת אבידה המתבקשת.
ועמלק והמן חזרו לקיים מחשבת לבן רק יציאת מצרים נוהג תמיד כמ"ש. וזה ההצלה לנו בכל דור ודור כמ"ש והיא שעמדה כו' לכן תזכור כל ימי חייך כנ"ל:
'Un Araméen voulait faire périr mon père, etc.' (Deutéronome 26,5). Bien qu'il n'ait pas agi en fait, mais qu'il ait seulement cherche à tout déraciner.
Mais c'est précisément cela qui donne le mérite : parce qu'il chercha à tout déraciner, le Saint béni soit-Il ne lui donna aucune permission de dominer sur nous du tout. Et de même il en fut d'Haman le mécréant qui chercha à exterminer, etc. ; c'est pourquoi il n'accomplit rien.
Seulement 'oved' (perissant) : c'est une perte réclamée (aveda hametbakeshet), comme il est dit dans la Guemara. Et à cause de la méchanceté de Lavan, le Saint béni soit-Il fut contraint de nous amener en Égypte à titre de perte réclamée.
Et Amalek et Haman revinrent pour accomplir la pensée de Lavan ; seule la sortie d'Égypte agit toujours, comme il est écrit. Et c'est le salut pour nous en chaque génération, comme il est écrit 'et c'est elle qui s'est tenue (pour nos pères et pour nous), etc.'.
C'est pourquoi tu te souviendras tous les jours de ta vie, comme ci-dessus.
פסח ר"ה לרגלים. כי מקודם צריכין להתרחק מיצה"ר כמ"ש בזוה"ק מצה מלשון מסה ומריבה.
ובחג הזה יכולין לקפוץ כל אחד מהתקשרותו בסט"א אף שלא בהדרגה. ואח"כ זוכין לתורה.
ואח"כ זוכין להכניס אור התורה בפנימיות האדם. משכני הוא בפסח.
משכו. שנמשכו בנ"י בע"כ ממצרים אף שלא היו מוכנים בכל לבם.
לכן נקרא ביד חזקה. וכמשל המושך מבטן האם כו' במדרש.
אחריך נרוצה בשביעי של פסח שרצו לתוך הים במסירת נפש. הביאני המלך חדריו חדרי תורה בשבועות.
נגילה ונשמחה בחג הסוכות:
Pessa'h est le nouvel an (Roch Hachana) des fêtes de pèlerinage. Car il faut d'abord s'éloigner du mauvais penchant (yetser hara), comme il est écrit dans le Zohar saint : 'matsa' est de la langue de 'massa oumeriva' (querelle et dispute).
Et en cette fête chacun peut bondir hors de son attachement au Sitra À'hra (l'autre côté, les forces du mal), même sans progression graduelle. Et ensuite on mérite la Torah.
Et ensuite on mérite de faire entrer la lumière de la Torah dans l'intériorité de l'homme. 'Attire-moi' (Cantique 1,4), c'est à Pessa'h. 'Meshkhou' (Tirez, Exode 12,21), car les enfants d'Israël furent tirés malgré eux hors d'Égypte, bien qu'ils ne fussent pas prêts de tout leur cœur. C'est pourquoi cela est appelé 'à main forte'.
Et selon la parabole de celui qu'on tire du ventre de sa mère, etc., dans le Midrach. 'Après Toi nous courrons' (Cantique 1,4), c'est au septième jour de Pessa'h, où ils coururent dans la mer avec don de soi (messirout nefech). 'Le roi m'à fait entrer dans ses chambres' (Cantique 1,4), les chambres de la Torah, à Shavouot. 'Nous nous réjouirons et nous serons heureux' (Cantique 1,4), à la fête de Souccot.
במדרש שיר השירים. נשיר למי שעשאנו שרים בעולם עפ"י מה ששמעתי ממו"ר זקני ז"ל ענין פסוקי דזמרה קודם ברכת ק"ש ותפלה שהוא ליתן שיר ושבח ע"ז שזוכין לסדר שבחיו של הקב"ה.
וזה שיר השירים שנותן שיר בעבור השירים ולשון שררה ג"כ. כי כפי מה שאדם שליט על כל מעשיו וממשיכן אחר הרב"ה.
מעורר בחי' שירה שיש בכל הנבראים. וזה ענין האומר פרק שירה בכל יום.
כי כל השירים תלוין בו ושיר של האדם נקרא שיר השירים כנ"ל. ולכן זמנו בפסח.
זמן חירותנו. שהאדם יוצא בו לחירות ואינו תחת היצה"ר לכן עלינו להטות כל הדברים לשמים.
וכ' בצאת ישראל ממצרים כו' ישראל ממשלותיו. פי' שממשיכין מלכותו ית' וממשלתו על כל הבריאה כנ"ל:
Dans le Midrach du Cantique des cantiques : 'Nous chanterons à Celui qui nous à faits princes (sarim) dans le monde.' D'après ce que j'ai entendu de mon maître, mon grand-père, de mémoire bénie, au sujet des versets de louange (Pessoukei deZimra) avant la bénédiction du Chema et la prière : c'est pour donner chant et louange sur le fait que l'on mérite d'ordonner les louanges du Saint béni soit-Il. Et c'est 'Shir haShirim' (le Cantique des cantiques), qui donne un chant en faveur des chants, et aussi de la langue de la souveraineté (serara).
Car selon la mesure où l'homme domine sur tous ses actes et les entraîne à la suite du Maître, il éveille l'aspect de chant qui est en toutes les créatures. Et c'est le sens de 'celui qui dit le chapitre du Chant (Perek Shira) chaque jour'.
Car tous les chants dépendent de lui, et le chant de l'homme est appelé 'le Cantique des cantiques', comme ci-dessus. C'est pourquoi son temps est à Pessa'h, le temps de notre liberté, où l'homme sort vers la liberté et n'est plus sous le mauvais penchant ; c'est pourquoi il nous incombe d'incliner toutes choses vers le Ciel.
Et il est écrit 'Quand Israël sortit d'Égypte, etc., Israël devint Ses domaines' (Psaumes 114,1-2). Explication : ils font descendre Sa royauté béni soit-Il et Sa domination sur toute la création, comme ci-dessus.
א-להי מסכה לא תעשה לך חג המצות תשמור. דרשו חז"ל המבזה המועדות כעובד ע"ז.
שצריך האדם להאמין בכח הקדושה שנתן הקב"ה לנו שלא יגרום ח"ו בעצמו להיות נעשה מסך מבדיל ולהתרחק עי"ז באמת. והמועדות הם עדות לישראל כמ"ש מקדש ישראל והזמנים.
וכמו שיש הארה בימים אלו כמו כן נתעורר הארה בלבות בנ"י וז"ש וידבר משה כו' מועדי ה' אל בני ישראל. פי' שהמשיך הדעת המתעורר בימים טובים לבנ"י.
והרי אוכל נפש מותר ביו"ט. והיא הוראה כי מלאכה הנעשית בעבור נפש ישראל יש בו קדושה יתירה.
וכ' מה יפו פעמיך בנעלים כו' על מצות עלי' לרגל בג' מועדות דכ' יראה כל זכורך. ובודאי אינו מובן עפ"י שכל אנושי איך שהיו כל פשוטי בנ"י מוכנים להיראות פני ה'.
ע"כ נראה כי אף שהי' שלא בהדרגה מ"מ כיון שפנימיות בנ"י מיוחד להשי"ת ניתן רשות ג"פ בשנה לעלות אף שלא עפ"י הכנה הראוי'. ולכן נאמר חמוקי ירכיך כמו כו' אמן.
פי' שזה הי' רק בכח הנקודה הנתונה במתנה מהשי"ת לכל איש ישראל. כאשר הגיד מו"ז ז"ל שע"ז נאמר אנכי מגן לך.
וע"ז מברכין מגן אברהם. וזהו בת נדיב.
ולכן הבטיח הכתוב לא יחמוד איש כו' ארצך בעלותך כו'. כי בכל מקום אין לעלות יותר מהכנת האדם רק להכיר מקומו.
ואם לאו צריך שמירה ויש בו סכנה. רק בעליות הרגל הבטיח ולא יחמוד כו'.
ולכן צריך האדם להאמין בכח המועדות שניתן לבנ"י כנ"ל: משביעי של פסח
'Tu ne te feras pas de dieux de métal fondu ; tu observeras la fête des matsot' (Exode 34,17-18). Nos sages ont exposé : celui qui méprise les fêtes (moadot) est comme un idolâtre.
Car l'homme doit croire en la force de sainteté que le Saint béni soit-Il nous à donnée, afin qu'il ne cause pas lui-même, à Dieu ne plaise, qu'il se forme un écran séparateur (massakh mavdil) et qu'il s'éloigné par la, en vérité. Et les fêtes sont un témoignage (edout) pour Israël, comme il est écrit 'qui sanctifie Israël et les temps'.
Et de même qu'il y a un rayonnement en ces jours, de même s'éveille un rayonnement dans les cœurs des enfants d'Israël. Et c'est ce qui est écrit 'Et Moché dit, etc., les fêtes du Nom, aux enfants d'Israël' (Lévitique 23,44).
Explication : il fit descendre vers les enfants d'Israël la connaissance (daat) qui s'éveille aux jours de fête. Et voici que la nourriture de l'âme (okhel nefech) est permise à Yom Tov (jour de fête).
Et c'est une indication que le travail accompli en faveur de l'âme d'Israël comporte une sainteté supplémentaire. Et il est écrit 'Que tes pas sont beaux dans les sandales, etc.' (Cantique 7,2), sur le commandement de la montée en pèlerinage aux trois fêtes, dont il est écrit 'tout mâle se présentera' (Exode 23,17).
Et assurément cela n'est pas compréhensible selon l'entendement humain : comment tous les simples parmi les enfants d'Israël étaient-ils prêts à paraître devant la face du Nom ? C'est pourquoi il apparaît que, bien que ce fut sans progression graduelle, néanmoins, puisque l'intériorité des enfants d'Israël est unie au Nom béni soit-Il, permission fut donnée trois fois l'an de monter, même sans la préparation convenable.
Et c'est pourquoi il est dit 'les courbés de tes cuisses sont comme des joyaux, etc.', 'amen'. Explication : car cela n'était que par la force du point (nekouda) donne en cadeau par le Nom à chaque homme d'Israël.
Comme l'à dit mon grand-père de mémoire bénie, que sur cela il est dit 'Je suis un bouclier pour toi' (Genèse 15,1). Et sur cela on bénit 'Bouclier d'Abraham'.
Et c'est 'fille du noble (bat nadiv)' (Cantique 7,2). Et c'est pourquoi le verset à promis 'nul ne convoitera, etc., ta terre lors de ta montée, etc.' (Exode 34,24).
Car en tout lieu on ne doit pas monter plus que la préparation de l'homme, mais seulement reconnaître sa place. Et sinon, il faut une protection, et il y a en cela un danger.
Ce n'est que dans les montées de pèlerinage qu'Il à promis 'et nul ne convoitera, etc.'. C'est pourquoi l'homme doit croire en la force des fêtes qui a été donnée aux enfants d'Israël, comme ci-dessus.
Du septième jour de Pessa'h.
במד' בשלח מה תצעק אלי. הה"ד צעקו וה' שמע מהו כן ב' ירושות הנחיל.
ליעקב הקול וידים לעשו. זה מתגאה בירושתו וכו'.
דמקודם כתיב פני ה' בעושי רע להכרית מארץ זכרם. וקשה שייכות הפסוקים שנדחקו המפרשים.
אכן יש לפרש כי הכח שניתן להרשעים לעשות רע הוא כדי להכרית מארץ זכרם שעי"ז כשיצעקו הצדיקים יהי' להם מפלה. כאשר הי' במעשה פרעה שניתן לו חיזוק כמאמר משגיא לגוים כו'.
וכן הענין בב' ירושות הללו כי בכח בנ"י ע"י הקול לנצח ולזכות גם בידי עשו כמ"ש ז"ל כשהקול קול יעקב אין הידים ידי עשו. וזה ענין מתגאה שזוכה גם לירש חלק השני.
וכן בעשו ע"י הידים מבטל בנ"י מדברי תורה כמ"ש לא תעבור בי פן בחרב כו'. והנה ענין קי"ס אחר יצ"מ הוא שמתחלה יצאו לחירות מתחת רשות פרעה.
ואח"כ רצה הקב"ה שיהיו בנ"י גוברין על פרעה ושולטין עליו. וזה נעשה בקי"ס שנמסרו המצריים תחת יד בנ"י ונאבדו מן העולם בעבורם.
וע"י הצעקה מגודל השיעבוד עלו עד להיות שולטין על השונאים כנ"ל. וכ' וחרב פיפיות בידם פרשנו שע"י כוחן בפה זוכין גם אל הידים.
ופיפיות הם בחי' כח הלשון והמעור. ויצ"מ הוא בחי' הדיבור וזה ענין סיפור ביציאת מצרים פה סח.
וקי"ס הוא בחי' הברית כמו שרמזו חז"ל בפ' הים ראה וינס וגם בפסוק ויקח כו' עצמות יוסף עמו. וע"י שמירת הפה והברית קודש זוכין לחרב ועי"ז גוברין על כח עשו ועמלק וז"ש לפי חרב.
וז"ש וחמשים עלו בכלי זיין שזכו אל החרב בכח הגבורה שגוברין על יצרם כמאמר הכתוב כולם אחוזי חרב כו' איש חרבו על ירכו כו'. ויש לרמוז פי החירות הוא זה הפה שבו תלוי החירות כנ"ל:
Dans le Midrach Beshala'h sur 'Que cries-tu vers Moi' (Exode 14,15) : c'est ce qui est écrit 'ils crièrent et le Nom entendit' (Psaumes 34,18). Qu'est-ce que cela signifie ?
Deux héritages Il à fait hériter : à Yaakov la voix, et les mains à Esav. Celui-ci s'enorgueillit de son héritage, etc.
Car auparavant il est écrit 'la face du Nom est contre ceux qui font le mal, pour retrancher de la terre leur souvenir' (Psaumes 34,17). Et le lien entre les versets est difficile, ce dont les commentateurs se sont trouves embarrassés.
Cependant on peut expliquer que la force donnée aux mécréants pour faire le mal est afin de 'retrancher de la terre leur souvenir', car par cela, lorsque les justes crieront, il y aura pour eux une chute. Comme ce fut dans l'affaire de Pharaon, à qui fut donné un renforcement, selon la parole 'Il fait grandir les nations pour les perdre, etc.' (Job 12,23).
Et de même en est-il de ces deux héritages : car par la force des enfants d'Israël, au moyen de la voix, ils l'emportent et acquièrent aussi ce qui est entre les mains d'Esav, comme l'ont dit nos sages de mémoire bénie : 'quand la voix est la voix de Yaakov, les mains ne sont pas les mains d'Esav' (Genèse 27,22). Et c'est le sens de 's'enorgueillir', car il mérite d'hériter aussi de la seconde part.
Et de même chez Esav, au moyen des mains, il détourne les enfants d'Israël des paroles de la Torah, comme il est écrit 'tu ne passeras pas chez moi, de peur qu'avec l'épée, etc.' (Nombres 20,18). Et voici, l'affaire de l'ouverture de la mer (Keriat Yam Souf) après la sortie d'Égypte : c'est qu'au début ils sortirent vers la liberté de sous l'autorité de Pharaon, et ensuite le Saint béni soit-Il voulut que les enfants d'Israël l'emportent sur Pharaon et dominent sur lui.
Et cela s'accomplit à l'ouverture de la mer, où les Égyptiens furent livres sous la main des enfants d'Israël et disparurent du monde à cause d'eux. Et par le cri, du fait de l'ampleur de l'asservissement, ils s'élevèrent jusqu'à dominer sur leurs ennemis, comme ci-dessus.
Et il est écrit 'et une épée à deux tranchants (pifiyot) dans leur main' (Psaumes 149,6) : nous avons expliqué que par leur force dans la bouche ils méritent aussi les mains. Et 'pifiyot' sont l'aspect de la force de la langue et de l'organe de l'alliance.
Et la sortie d'Égypte est l'aspect de la parole (dibour), et c'est le sens du récit de la sortie d'Égypte : 'Pessa'h', 'pe sa'h' (la bouche parle). Et l'ouverture de la mer est l'aspect de l'alliance (berit), comme l'ont allusionne nos sages de mémoire bénie dans le chapitre de la mer : 'elle vit et s'enfuit' (Psaumes 114,3), et aussi dans le verset 'et il prit, etc., les ossements de Yossef avec lui' (Exode 13,19).
Et par la garde de la bouche et de l'alliance sainte, on mérite l'épée, et par cela on l'emporte sur la force d'Esav et d'Amalek. Et c'est ce qui est dit 'au fil de l'épée' (lefi 'harev, litt. à la bouche de l'épée).
Et c'est ce qui est dit 'et cinquante montèrent armes' (Exode 13,18, 'hamoushim'), car ils méritèrent l'épée par la force de la guevoura (rigueur), en l'emportant sur leur penchant, selon la parole du verset 'tous tenant l'épée, etc., chacun son épée sur sa cuisse, etc.' (Cantique 3,8). Et on peut allusionner : 'Pi haHirot' (Exode 14,2, la bouche de la liberté) est cette bouche en laquelle dépend la liberté (herout), comme ci-dessus.
תרל"ה
Année 5635 (תרל"ה).
ב"ה מימים אחרונים של פסח
Avec l'aide du Ciel (BH), des derniers jours de Pessa'h.
Dans le Midrach, « Ton trône est établi » ne s'accomplit qu'à partir de « alors il chantera ». Le Sfat Emet explique que le trône indique la royauté, incomplète tant que subsiste le nom d'Amalek. Lorsque les enfants d'Israël dominent sur les nations, ils attirent Sa royauté sur la création. « Je chanterai pour Hachem, car Il s'est hautement élevé » : leur élévation clarifie celle du Roi. Les créatures sont redressées, prêtes pour « Hachem régnera à jamais », jusqu'à ce qu'Amalek gâte tout. Avant le Chema on rappelle la sortie et la mer pour prendre le joug, et l'amour place en tête d'avoir clarifié Sa royauté.
Aussi : le cantique attire les lettres d'en haut par la foi retrouvée ; les eaux, muraille face au destructeur ; herbes amères qui adoucissent, et quatre coupes pour les exils
במד' נכון כסאך אעפ"י שמעולם אתה לא נתישבה כסאך אלא מאז ישיר כו'. כי הכסא הוא הוראה על המלכות ואשר הממשלה שלו.
לכן נאמר השמים כסאי. כי בעוה"ז אין נגלה כח מלכותו יתברך ע"י עמלק הרשע כמ"ש חז"ל אין הכסא שלם עד שימחה שמו של עמלק.
ובמד' הרוח מתגאה על התהום ואש על הרוח כו' ע"ש. והכלל כי בנ"י הם קרובים להשי"ת.
ולכן כאשר הם מושלים על האומות עי"ז מושכין מלכותו ית' על כל הבריאה ובנ"י רוצין למשול על כל הדברים כדי לקבל עליהם ועל כל הנלוה להם את מלכותו ית'. וכן הי' כוונת הבריאה מה שניתן ממשלה לקצת הבריאה על קצתה.
בעבור כי אין מלכות שמים יכולה לחול על השפלים רק באמצעיות ממשלת השפלים. וז"ש אשירה לה' כי גאה גאה.
פי' שיש לנו לשיר לפניו שע"י גיאות שלנו יכול להתברר גיאותו של מלך מלכי המלכים הקב"ה. וגם כמו שאר הפירושים שכתבנו במ"א שכל הגיאות הוא רק גאותו ית' ע"ש.
וזה כל ענין השירה שנתישרו כל הנבראים באמצעות גאולת ישראל והי' מוכן להיות כמו לעתיד כמאמר ה' ימלוך לעולם ועד. לולי שקלקל עמלק הרשע אח"כ.
לכן מצווין לזכור לו איבה לעולם. לכן מזכירין בכל יום קודם ק"ש יציאת מצרים וקי"ס.
שבנ"י מבררין אשר הם שולטין על כל הבריאה והאומות ומקבלין עליהן עול מלכותו ית' ומצותיו כדי שיחול מלכות שמים על כל הבריאה. וכ' רש"י ובמדרש אמר אויב ארדוף הי' צריך להיות תחילת השירה כו' ע"ש.
והטעם כמו אהבה מקלקלת השורה. כי זה הוראה שאין עיקר שבחן של ישראל על שפדה אותם לחירות וביטל מחשבות אויב שלהם.
רק מה שזכו להתקרב להשי"ת ולברר מלכותו ית' להיות כל האומות נכנעים להשי"ת ועמו. זה הי' עיקר התעוררות השירה של בנ"י.
לכן הקדימו החביב והעיקר. אשירה כי גאה גאה.
זה הי' עיקר שמחתם בה':
Dans le Midrach : 'Ton trône est établi' (Ps 93,2) - bien que Tu sois de toute éternité, Ton trône ne s'est établi qu'à partir de 'alors il chantera' (az yashir, Ex 15,1) etc. Car le trône est l'indication de la royauté et de ce sur quoi porte Sa domination.
C'est pourquoi il est dit 'Les cieux sont Mon trône' (Is 66,1). Car en ce monde la force de Sa royauté bénie ne se révèle pas, à cause d'Amalek le mécréant, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : le trône n'est pas complet tant que le nom d'Amalek n'est pas efface.
Et dans le Midrach : le vent s'enorgueillit sur l'abîme, et le feu sur le vent etc., voir la-bas. Le principe est que les enfants d'Israël sont proches du Nom béni.
C'est pourquoi, lorsqu'ils dominent sur les nations, par cela ils attirent Sa royauté bénie sur toute la création ; et les enfants d'Israël veulent dominer sur toutes choses afin de recevoir sur eux et sur tout ce qui leur est adjoint Sa royauté bénie. Telle fut aussi l'intention de la création, que la domination ait été donnée à une partie de la création sur une autre partie.
Car la royauté des cieux ne peut se poser sur les êtres inférieurs que par l'intermédiaire de la domination des inférieurs. Et c'est ce qui est dit : 'Je chanterai pour le Nom, car Il s'est hautement élève' (Ex 15,1).
C'est-à-dire que nous avons à chanter devant Lui, car par notre élévation peut se clarifier l'élévation du Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il. Et aussi selon les autres explications que nous avons écrites ailleurs, que toute élévation n'est que Son élévation bénie, voir la-bas.
Et c'est tout le sens du cantique : que toutes les créatures ont été redressées par l'intermédiaire de la délivrance d'Israël, et cela était prêt à devenir comme il en sera dans le futur, selon la parole 'Le Nom régnera à jamais' (Ex 15,18), n'eut été qu'Amalek le mécréant à tout gâte ensuite. C'est pourquoi il nous est ordonné de garder envers lui de l'hostilité pour toujours.
C'est pourquoi on rappelle chaque jour, avant le Chema, la sortie d'Égypte et la traversée de la mer : que les enfants d'Israël clarifient qu'ils dominent sur toute la création et les nations, et prennent sur eux le joug de Sa royauté bénie et de Ses commandements, afin que la royauté des cieux se pose sur toute la création. Et Rachi à écrit : dans le Midrach, 'l'ennemi disait : je poursuivrai' (Ex 15,9) aurait dû être le début du cantique etc., voir la-bas.
La raison en est comme 'l'amour dérangé l'ordre' : car cela indique que l'essentiel de la louange d'Israël n'est pas qu'Il les ait rachetés pour la liberté et ait annule les desseins de leur ennemi, mais seulement qu'ils ont mérité de se rapprocher du Nom béni et de clarifier Sa royauté bénie, de sorte que toutes les nations se soumettent au Nom béni et à Son peuple. Tel fut l'essentiel de l'éveil du cantique des enfants d'Israël.
C'est pourquoi ils ont place en tête le cher et l'essentiel : 'Je chanterai car Il s'est hautement élève.' Telle fut l'essence de leur joie en ה'.
ברש"י ישיר ולא שר כו' גם מה לאמר. וי"ל כי מאחר שהשירה היא א' מפרשיות התורה.
וזה אין בכח אנושי לחדש דברים שנעלמו מעיני כל חי כו'. רק שבנ"י המשיכו אותיות הללו הכתובין לפניו במרום בלבוש הזה שעשו מהם השירה הזאת.
וז"ש אז ישיר שעשו ע"י אותיות אלו השירה ויאמרו בהם לאמר אשירה כו'. וזה ע"י ויאמינו.
שע"י אמונה כראוי יכולין להמשיך כח התורה בעולם. וכתיב ויאמינו אז ישיר.
נראה שעיקר השירה נתנו על זאת האמונה. ויש להבין כי מה שבח אמונה זו מאחר שראו כל אלו הנסים עין בעין.
[ועיין בילקוט ומד'] אבל נראה כי בוודאי כח אמונה בישראל הוא גדול מאוד וחביב לפניו ית'. רק שמגודל השיעבוד ופחד המצריים נפלו מאמונתם.
וע"י קריעת י"ס חזרו לאמונתם. ואף כי אחר הבירור בנסים ונפלאות לא הוצרכו לאמונה.
מ"מ מה שחזרו לאמונתם זה חביב להם ולהקב"ה ממה שראו בעין. וחפצים היו שלא לראות כיון שחזרו לאמונתם.
וכיון שהכתוב מעיד עליהם ויאמינו הוא עדות שחזרו לאמונה באופן שאף שיחזרו לנסיונות הללו לא יסתפקו באמונה שוב. והי' אמונה זו ג"כ על לדורות.
לכן הי' בכחם לשיר שירה זו הכלולה על כל ימי הגלות וגאולה אחרונה כמ"ש חז"ל:
Dans Rachi : 'il chantera' et non 'il chanta' etc., et aussi le sens de 'pour dire'. On peut expliquer : puisque le cantique est l'une des sections de la Torah, et qu'il n'est pas au pouvoir humain d'innover des choses cachées aux yeux de tout vivant etc., c'est seulement que les enfants d'Israël ont attire ces lettres écrites devant Lui en haut, dans ce vêtement dont ils ont fait ce cantique.
Et c'est ce qui est dit 'alors il chantera' : qu'ils ont fait par ces lettres le cantique, et ont dit par elles 'pour dire : je chanterai' etc. Et cela par 'et ils crurent' : car par une foi comme il convient, on peut attirer la force de la Torah dans le monde.
Et il est écrit 'et ils crurent... alors il chantera' : il apparaît que l'essentiel du cantique, ils l'ont fonde sur cette foi. Il faut comprendre : quel est le mérite de cette foi, puisqu'ils ont vu tous ces miracles de leurs propres yeux ?
[Et voir dans le Yalkout et le Midrach.] Mais il apparaît que certainement la force de la foi en Israël est très grande et chère devant Lui béni ; seulement, par l'ampleur de l'asservissement et de la peur des Égyptiens, ils étaient tombés de leur foi, et par la traversée de la mer des Joncs ils sont revenus à leur foi. Et bien qu'après la clarification par les miracles et prodiges ils n'aient plus eu besoin de la foi, néanmoins le fait qu'ils soient revenus à leur foi leur est plus cher, ainsi qu'au Saint béni soit-Il, que ce qu'ils ont vu de leurs yeux.
Et ils désiraient ne pas voir, des lors qu'ils étaient revenus à leur foi. Et puisque l'Écriture témoigne sur eux 'et ils crurent', c'est un témoignage qu'ils sont revenus à la foi de telle sorte que, même s'ils revenaient à ces épreuves, ils ne douteraient plus dans leur foi.
Et cette foi était aussi pour les générations. C'est pourquoi ils avaient la force de chanter ce cantique qui englobe tous les jours de l'exil et la délivrance finale, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie.
וירא ישראל כו' מצרים מת כו'. דאיתא בלוט אל תבט אחריך שאינך כדאי לראות במפלתם ואתה ניצול.
וכאן בקי"ס דאיתא שהיו נתונים בדין אם להנצל כו'. אעפ"כ כתיב וירא כו' מצרים מת.
והענין כי בוודאי לא הי' ספק חלילה על בנ"י ליאבד עם מצרים. אך נודע כי אין קיום לשום בריה בלי חסד עליון משמים ובנ"י נמסרו אז בדין שרצה השי"ת לזכות אותם עפ"י דין ממש בלי הצטרכות החסד והרי זכו בדין ושוב חזרו למקומם להתנהג עמהם בחסדו.
כי באמת גם זה מדת הדין הוא להתנהג עם בנ"י בחסד. כמאמר עם חסיד תתחסד ומי שעושה לפנים משורת הדין שורת הדין להתנהג גם עמו לפנים משורת הדין.
רק לפי שעה היו נתונים בדין ממש:
'Et Israël vit... l'Égyptien mort' etc. (Ex 14,30).
Car il est enseigné au sujet de Loth : 'Ne regarde pas derrière toi' (Gn 19,17), car tu n'es pas digne de voir leur chute et tu es sauve. Et ici, lors de la traversée de la mer, il est enseigné qu'ils étaient soumis au jugement, [pour savoir] s'ils seraient sauvés etc.
Malgré cela il est écrit 'et Israël vit... l'Égyptien mort'. Le sens en est que certainement il n'y avait pas de doute, à Dieu ne plaise, que les enfants d'Israël dussent périr avec l'Égyptien.
Mais il est connu qu'il n'y a de subsistance pour aucune créature sans la grâce supérieure venue des cieux ; et les enfants d'Israël furent alors remis au jugement, car le Nom béni voulait leur faire acquérir le mérite selon le strict jugement, sans qu'ils aient besoin de la grâce ; et voici qu'ils méritèrent dans le jugement, puis les choses revinrent à leur place, se conduisant avec eux selon Sa grâce. Car en vérité cela aussi relève de l'attribut de rigueur : se conduire avec les enfants d'Israël par la grâce, selon la parole 'avec le pieux Tu agis avec piété' (Ps 18,26) - et celui qui agit au-delà de la lettre du jugement, la lettre du jugement veut qu'on se conduise aussi envers lui au-delà de la lettre du jugement.
Seulement, pour un moment, ils furent soumis au jugement strict.
והמים להם חומה יש להבין למה הי' נצרך זה וי"ל עפ"י מ"ש בזוה"ק בתיבת נח שהי' להסתירו מפני המשחית שלא יסתכל בו ע"ש. כמו כן בים שהמשחית טבע להמצרים בים.
היה המים חומה לבנ"י להסתירם. כי רוב המפרשים הסכימו שהי' הטביעה וההצלה בפעם אחד.
וכן נראה לשון הפסוק כי בא סוס כו' ובנ"י הלכו כו' ע"ש:
'Et les eaux étaient pour eux une muraille' (Ex 14,22). Il faut comprendre pourquoi cela était nécessaire.
On peut expliquer selon ce qui est écrit dans le saint Zohar au sujet de l'arche de Noé : qu'elle servait à le dissimuler face au destructeur, afin qu'il ne le regarde pas, voir la-bas. De même dans la mer, où le destructeur noya les Égyptiens dans la mer, les eaux étaient une muraille pour les enfants d'Israël afin de les dissimuler.
Car la plupart des commentateurs ont convenu que la noyade et le sauvetage eurent lieu en même temps. Et c'est ainsi qu'apparaît le langage du verset : 'car le cheval est venu...' etc., 'et les enfants d'Israël marchèrent...' etc.
(Ex 15,19), voir la-bas.
נשאלתי עמ"ש במדרש על פסוק ישקני כי הדיבור אמר לכל אחד מישראל כך וכך מתן שכר יש בי. והלא שכרן של מצות לא נתגלה.
והשבתי כי קודם החטא אפשר הי' ראוי להיות נגלה השכר ובאמת ישקני נאמר על טעמים הפנימים מהתורה כמ"ש רש"י ז"ל. ועתה נסתרים הם כמו שמבקשין יגלה לן טעמי.
ואז הי' נודע וממילא נודע מתן שכרן:
On m'à interrogé au sujet de ce qui est dit dans le Midrach sur le verset 'Qu'Il me baise' (Ct 1,2) : que la Parole disait à chacun d'Israël : telle et telle récompense se trouve en moi. Or la récompense des commandements n'à pas été révélée !
J'ai répondu qu'avant la faute il aurait été possible que la récompense soit révélée ; et en vérité 'Qu'Il me baise' se dit sur les raisons intérieures de la Torah, comme l'à écrit Rachi de mémoire bénie. Or maintenant elles sont cachées, comme lorsqu'on demande : 'qu'Il nous révélé les raisons.' Et alors [la récompense] était connue, et par la même la récompense était connue.
וישב הים כו' לאיתנו דרשו חז"ל לתנאו. ומקשים דהיל"ל זה אצל הבקיעה.
אבל נראה הפי' כי רצו בזה להודיע כי נס קי"ס נשאר לעולם אף שחזר לאיתנו מ"מ כוחו עתה הוא מצד תנאי הנ"ל ובאמת ע"י קיום התנאי נתחזק ביותר שקיום התנאי מקיים המעשה. וקי"ס הוא ביטול כל הטבע.
ואחר קי"ס נתברר זה בטבע להיות בטל עבור עבדי ה'. וכן פי' מו"ז ז"ל מאמר הכתוב מה לך הים כי תנוס כו'.
כי בני ישראל מעוררין הטבע לברר בה כי בטילה היא למקיימי מצות ה' כנ"ל:
'Et la mer revint... à sa force' (Ex 14,27) : nos Sages de mémoire bénie ont interprété 'à sa condition' (le-tenao, jeu de mots avec le-eitano). On objecte que cela aurait dû être dit lors de la fente de la mer.
Mais il apparaît que l'explication est qu'ils ont voulu par la faire savoir que le miracle de la traversée de la mer demeure pour toujours : bien qu'elle soit revenue à sa force, néanmoins sa puissance maintenant vient du côté de la condition susmentionnée ; et en vérité, par l'accomplissement de la condition elle s'est renforcée davantage, car l'accomplissement de la condition confirme l'acte. Et la traversée de la mer est l'annulation de toute la nature.
Et après la traversée de la mer, cela s'est clarifié dans la nature, à savoir d'être annulée pour les serviteurs du Nom. Et ainsi mon grand-père de mémoire bénie à expliqué la parole de l'Écriture : 'Qu'as-tu, mer, pour t'enfuir ?' (Ps 114,5).
Car les enfants d'Israël éveillent la nature pour y clarifier qu'elle est annulée devant ceux qui accomplissent les commandements du Nom, comme ci-dessus.
תרל"ו
[תרל"ו] (année 5636)
מרור שאנו אוכלין כו'. פי' שאחר שזכו בנ"י לגאולת מצרים.
המתיקו זאת המרירות. דכתיב וימררו את חייהם שהוא היפוך החיות של בנ"י.
עי"ז הרויחו בנ"י שניתן להם זמן הזה לדורות שיכולין למתק בלילה זו המרירות והוא מצות אכילת מרור:
'Les herbes amères que nous mangeons' etc. C'est-à-dire qu'après que les enfants d'Israël ont mérité la délivrance d'Égypte, ils ont adouci cette amertume.
Car il est écrit 'et ils rendirent amères leurs vies' (Ex 1,14), ce qui est l'inverse de la vitalité des enfants d'Israël. Par cela les enfants d'Israël ont gagne qu'il leur soit donne ce temps-ci pour les générations, où ils peuvent adoucir en cette nuit l'amertume - et c'est le commandement de manger des herbes amères.
ואלו לא הוציא כו' הרי אנו ובנינו. לשון הרי קשה.
אכן כל הנסים שנעשו לאבותינו במצרים הם לדורות לכל איש ישראל בפרט לעובד ה' שיש לו כמה מיני מצרים מסט"א בעבודת הבורא. לכן מזכירין יציאת מצרים בכל יום.
ובלא"ה הרי אנו ובנינו כלומר הרי אנו מרגישין עדיין הגלות. לכן נאמר ד' לשונות של גאולה שהי' הכנת הגאולה לכל הד' גליות.
ונגד זה תקנו ד' כוסות כמ"ש ד' מלכיות נדוש נא. לכן אומרים שפוך חמתך בכוס אחרון שהוא נגד גלות המר הזה האחרון:
'Et s'Il n'avait pas fait sortir... voici que nous, et nos enfants...' Le terme 'voici' (hare) est difficile. En vérité, tous les miracles qui furent faits pour nos pères en Égypte sont pour les générations, pour chaque homme d'Israël, en particulier pour celui qui sert le Nom, qui a plusieurs sortes d'étroitesses (Mitsraim, l'Égypte) venant du Côté autre (les forces du mal) dans le service du Créateur.
C'est pourquoi on rappelle la sortie d'Égypte chaque jour. Et de toute manière, 'voici que nous et nos enfants' - c'est-à-dire : voici que nous ressentons encore l'exil.
C'est pourquoi sont dites quatre expressions de délivrance, car la délivrance était une préparation pour les quatre exils. Et face à cela on a institué quatre coupes, comme il est dit 'les quatre royaumes' selon le verset 'écrasé donc' (Mi 4,13).
C'est pourquoi on dit 'Répands Ta colère' (Ps 79,6) sur la dernière coupe, qui correspond à cet exil amer, le dernier.
והיא שעמדה כו' שלא אחד בלבד. אין מובן והיא על מה קאי.
וי"ל דקאי אלמטה שהיא שעמדה לנו מה שלא אחד בלבד עמד כו'. כלומר שהקב"ה עשה עמנו חסד בזה שחילק את כל כחות סט"א שלא יהי' נמצא בהם האחדות.
וז"ש שלא אחד בלבד עמד כו'. וכענין שכ' אתם המעט.
וכ' חז"ל מעט מכל העמים ביחד אבל נגד כל אומה בעצמה בנ"י מרובין מכל עם. ובזה הכינוס שנתן השי"ת לבנ"י והפיזור שנתן להרשעים שפיזרן להרבה דורות בזה הצילנו מידם:
'Et c'est elle qui s'est tenue pour nous... car ce n'est pas un seul...' On ne comprend pas sur quoi porte 'et c'est elle'. On peut expliquer que cela porte sur la suite : que 'c'est elle qui s'est tenue pour nous', à savoir 'ce n'est pas un seul qui s'est levé...'.
C'est-à-dire que le Saint béni soit-Il à fait avec nous une grâce en divisant toutes les forces du Côté autre, afin que l'unité ne se trouve pas en elles. Et c'est ce qui est dit 'ce n'est pas un seul qui s'est levé' etc.
Et c'est dans le sens de ce qui est écrit 'vous, le plus petit' (Dt 7,7). Et nos Sages de mémoire bénie ont écrit : le plus petit de tous les peuples ensemble ; mais face à chaque nation en particulier, les enfants d'Israël sont plus nombreux que tout peuple.
Et par ce rassemblement que le Nom béni à donné aux enfants d'Israël, et la dispersion qu'Il à donnée aux mécréants, en les dispersant sur de nombreuses générations, par cela Il nous à sauvés de leur main.
ביד חזקה ובזרוע נטוי'. וע"ז נאמר שבח מיוחד כי לעולם חסדו.
והענין הוא שלבד ההצלה שהי' לשעה היו המכות בכח גדול יותר ממה שהי' נצרך אז וז"פ זרוע נטוי' כאדם שמראה גודל כחו שיירא לנפשו פן יכנו עוד. כן הראה הקב"ה זרוע הנטויה שיניחו מלהרע לבנ"י.
[וכמדומה שכ"כ בגבורות ה'] וזה היה רק בעבור דורות הבאים שיהי' גאולה זו הכנה לכל הדורות. לכן נאמר כי לעולם חסדו.
ולכן מצינו בכל המכות שלא סרו רק עפ"י תפלת משה רבינו ע"ה. והפי' שלא גמרו המכות פעולתן שעוד יש בהם על להבא רק בתפלת מרע"ה פסקו אז כמ"ש בברד שהביאו הקב"ה אח"כ על סנחריב:
'D'une main forte et d'un bras étendu' (Dt 26,8). Et sur cela est dite une louange particulière : 'car Sa grâce est éternelle' (Ps 136).
Le sens en est qu'outre le sauvetage momentané, les plaies avaient une puissance plus grande que ce qui était alors nécessaire ; et c'est le sens de 'bras étendu', comme un homme qui montre la grandeur de sa force, pour qu'on craigne pour sa vie de peur qu'il ne frappe encore. Ainsi le Saint béni soit-Il montra le bras étendu, pour qu'ils cessent de nuire aux enfants d'Israël.
[Et il me semble que c'est écrit ainsi dans le Guevourot Hachem.] Et cela n'était que pour les générations à venir, afin que cette délivrance soit une préparation pour toutes les générations. C'est pourquoi il est dit 'car Sa grâce est éternelle'.
Et c'est pourquoi nous trouvons dans toutes les plaies qu'elles ne cessèrent que par la prière de Moché notre maître, sur lui la paix. Le sens en est que les plaies n'avaient pas achevé leur action, qu'il y avait encore en elles de la force pour l'avenir ; seulement par la prière de Moché notre maître elles cessèrent alors, comme il est dit au sujet de la grêle que le Saint béni soit-Il fit venir ensuite sur Sancherib.
בפסח על התבואה. דכתיב היום אתם יוצאים בחודש האביב כי הגאולה אינה באדם דוקא וכל הנבראים צריכין גאולה כי יש לכל דבר קליפה הסובבת הפרי.
לכן הגאולה בעת גמר בישול התבואה לכן התבואה נגאלת ממוץ ותבן שלה. וי"ל דג' מועדות משפיעין שפע לבני חיי ומזוני.
ובפסח מתברך המזון. לכן מברכין טל.
כי הטל דק ורוחני יותר מהמטר שהוא בגשמיות יותר. והוא לרמוז על גאולת המזון כנ"ל.
לכן איתא בזוה"ק כי ע"י שנשמרין באלה הימים מאכילת חמץ ושאור שוב אין החמץ מזיק כל השנה ע"ש:
À Pessa'h, le jugement porte sur la récolte. Car il est écrit 'aujourd'hui vous sortez, au mois du printemps (aviv)' (Ex 13,4) : car la délivrance ne concerne pas spécialement l'homme, et toutes les créatures ont besoin de délivrance, car toute chose à une écorce (kelipa) qui entoure le fruit.
C'est pourquoi la délivrance à lieu au moment de l'achèvement de la maturation de la récolte ; c'est pourquoi la récolte est délivrée de sa balle et de sa paille. Et l'on peut dire que les trois fêtes de pèlerinage font affluer l'abondance pour les enfants, la vie et la subsistance ; et à Pessa'h la subsistance est bénie.
C'est pourquoi on récite la bénédiction de la rosée. Car la rosée est plus fine et plus spirituelle que la pluie, qui est plus matérielle ; et elle vient faire allusion à la délivrance de la subsistance, comme ci-dessus.
C'est pourquoi il est enseigné dans le saint Zohar que, du fait que l'on se garde en ces jours de manger du hamets et du levain, le hamets ne nuit plus de toute l'année, voir la-bas.
ענין קי"ס דבר אל בני ישראל וישיבו כו'. נראה כי הי' הכנה לדורות.
כענין שנה עליו הכתוב לעכב. כי דבר שנעשה ב"פ מתקיים לכן הי' גאולת מצרים ב"פ.
וז"ש אשר ראיתם כו' לא תוסיפו כו'. פי' שהשיב להם מרע"ה שלא יתרעמו על אשר סיבב להם המיצר פעם ב'.
כי אשר ראיתם כו' הוא כדי שלא תוסיפו עוד שיהי' זה גאולה קיימת לעד. ואיתא במדרש כי שביעי של פסח כמו שבת קודש.
והשבת הוא מקיים הבריאה שנברא בששת ימים. כמו כן קי"ס הוא קיום גאולת מצרים:
Le sens de la traversée de la mer : 'Parle aux enfants d'Israël et qu'ils rebroussent chemin' etc. (Ex 14,15).
Il apparaît que ce fut une préparation pour les générations, dans le sens de 'l'Écriture l'à répété pour rendre obligatoire'. Car une chose qui se fait deux fois est établie durablement ; c'est pourquoi la délivrance d'Égypte eut lieu deux fois.
Et c'est ce qui est dit : 'car ce que vous avez vu... vous ne le reverrez plus' etc. (Ex 14,13).
C'est-à-dire que Moché notre maître leur répondit de ne pas se plaindre de ce qu'Il leur avait suscite l'angoisse une seconde fois ; car 'ce que vous avez vu...' est afin que 'vous ne recommenciez plus' - que ceci soit une délivrance établie à jamais. Et il est enseigné dans le Midrach que le septième jour de Pessa'h est comme le saint Chabbat.
Et le Chabbat confirme la création qui fut créée en six jours ; de même la traversée de la mer est la confirmation de la délivrance d'Égypte.
מה תצעק כו'. בשם מו"ז ז"ל פי' המדרש שע"י הצעקה מעוררין כח דביקות בנ"י ואז נאמר מה תצעק ועכ"ז בא ע"י הצעקה כו' דפח"ח וש"י.
והנה אתם תחרישון בוודאי כפי אימת מות שהי' עליהם אי אפשר לשתוק. רק כי הצעקה בלב שאין יכולין להוציא בפה זה הקול הולך למרחוק כמ"ש במ"א הטעם על הקול בעת יציאת נשמה שהולך מסוף העולם כו' בעבור שחפץ לצעוק בכל כח ואז אינו יכול לצעוק.
ומצד זה הדחקות. הקול נשמע ביותר.
ועי' בזוה"ק ע"פ והקול נשמע בפ' ויגש. וקול פנימי זה צריכין לעורר מקודם ע"י יגיעת הפה בתורה ותפלה זוכין אח"כ לצעקה בלב.
[השאר נשכח ממני]:
'Pourquoi cries-tu vers Moi ?' etc. (Ex 14,15).
Au nom de mon grand-père de mémoire bénie, explication du Midrach : que par le cri on éveille la force d'attachement (devekout) des enfants d'Israël, et alors il est dit 'pourquoi cries-tu ?' - et malgré cela le salut vint par le cri etc. - paroles gracieuses de la bouche du sage. Or, 'vous, vous vous tairez' (Ex 14,14) : certainement, selon la frayeur de mort qui était sur eux, il était impossible de se taire.
Seulement, le cri dans le cœur, que l'on ne peut faire sortir par la bouche, cette voix va au loin, comme je l'ai écrit ailleurs, la raison au sujet de la voix au moment de la sortie de l'âme, qui va d'un bout du monde à l'autre etc., parce qu'elle désire crier de toutes ses forces et alors ne peut pas crier ; et du fait de cette contrainte, la voix s'entend davantage. Et voir dans le saint Zohar sur le verset 'et la voix fut entendue', dans la section Vayigash.
Et cette voix intérieure, il faut l'éveiller d'abord par la peine de la bouche dans la Torah et la prière ; ensuite on mérite le cri dans le cœur. [Le reste, je l'ai oublié.]
במדרש שהים נקרע לי"ב קרעים נגד י"ב שבטים. פי' כי הים הוא בריאה בפ"ע כמ"ש חז"ל כל מה שיש ביבשה יש בים.
וכ"כ במד' בפ' זכור כו' יום השבת ע"ש בילקוט יתרו. והקב"ה חפץ לשנות כל הבריאה בעבור עמו בנ"י.
ושינה הטבע בארץ בעשר מכות. כן עשרה נסים על הים.
ואח"כ שינה השמים בירידתו להר סיני בעשרת הדיברות. והכל כדי שיתבטל כל הטבע לבנ"י כדי שיוכלו לתקן הכל במעשיהם הטובים.
ובמד' נכון כסאך אעפ"י שמעולם אתה לא נתישבה כסאך אלא מאז ישיר כו' המלך עומד אגוסטוס יושב. פי' עמידת המלך הוא להשגיח על עמו ועבדיו שלא ימרדו בו וכן שאר המלכים.
אבל כשמנצח המלחמות ושמו נודע וכל העמים והשרים יראים ממנו כי לו המלוכה וכי הוא גבור נוצח בכל אשר יפנה. אז אין צריך לשמור המלוכה ויושב.
כמו כן ע"י גאולת ישראל במצרים שנתברר לבנ"י כבוד מלכותו והם מבררין כי לו המלוכה לכן כביכול יושב [אז ישיר לשון הנהגה כמו וישר אבימלך כו' שבנ"י נעשו שרים ומנהיגים כנ"ל] שנתישבה כבוד מלכותו למטה שבנ"י מבררין האמת ומבערין כל עבודות הזרות כנ"ל:
Dans le Midrach : la mer se fendit en douze fentes, correspondant aux douze tribus. C'est-à-dire que la mer est une création à part entière, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : tout ce qui existe sur la terre ferme existe dans la mer.
Et il est écrit de même dans le Midrach, dans la section Zakhor etc., au sujet du jour du Chabbat, voir la-bas dans le Yalkout Yitro. Et le Saint béni soit-Il voulut changer toute la création en faveur de Son peuple Israël : Il changea la nature sur la terre par les dix plaies ; de même dix miracles sur la mer ; et ensuite Il changea les cieux par Sa descente sur le mont Sinaï lors des dix Paroles.
Et tout cela afin que toute la nature soit annulée devant les enfants d'Israël, pour qu'ils puissent tout réparer (tikoun) par leurs bonnes actions. Et dans le Midrach : 'Ton trône est établi' - bien que Tu sois de toute éternité, Ton trône ne s'est établi qu'à partir de 'alors il chantera' etc. ; le roi se tient debout, Augustus est assis.
C'est-à-dire : la station debout du roi sert à surveiller son peuple et ses serviteurs, pour qu'ils ne se révoltent pas contre lui, et de même pour les autres rois. Mais lorsqu'il triomphe des guerres et que son nom est connu, et que tous les peuples et les princes le craignent, car à lui la royauté et il est un héros vainqueur partout où il se tourne, alors il n'à pas besoin de garder la royauté et il s'assied.
De même, par la délivrance d'Israël en Égypte, où fut clarifié pour les enfants d'Israël l'honneur de Sa royauté, et eux clarifient qu'à Lui est la royauté, c'est pourquoi, pour ainsi dire, Il s'assied [ 'alors il chantera' (az yashir) est une expression de conduite et de gouvernance, comme 'et Avimelekh gouverna (va-yasar)' etc., car les enfants d'Israël devinrent des princes et des conducteurs, comme ci-dessus], car l'honneur de Sa royauté s'est établi en bas, du fait que les enfants d'Israël clarifient la vérité et extirpent tous les cultes étrangers, comme ci-dessus.
וירא ישראל את מצרים מת כו'. פרשנו כמ"ש בלוט אל תבט שאינו כדאי לראות במפלתן שהוא ניצל.
ובנ"י ראו מפלת מצרים כי הם ניצולו בזכות עצמן. [וז"ש ה' לי בעוזרי לכן ואני אראה בשונאי] כמ"ש שהיו נתונים בדין שהי' קיטרוג הללו והללו כו' ואעפ"כ ניצולו.
א"כ זכו בדין. וז"ש ויושע ה' כו' את ישראל.
פי' שהישועה הי' בעצמותן של בנ"י כמ"ש וישעך תתן לנו פי' להיות הישועה בידינו כנ"ל:
'Et Israël vit l'Égyptien mort' etc. (Ex 14,30).
Nous avons expliqué, comme il est dit au sujet de Loth : 'Ne regarde pas', car celui qui est sauvé n'est pas digne de voir leur chute. Or les enfants d'Israël virent la chute de l'Égyptien, car ils furent sauvés par leur propre mérite.
[Et c'est ce qui est dit : 'Le Nom est avec moi parmi ceux qui m'aident, c'est pourquoi je verrai la ruine de ceux qui me haïssent' (Ps 118,7).] Comme il est dit qu'ils étaient soumis au jugement, qu'il y avait accusation disant 'ceux-ci et ceux-là sont pareils' etc., et malgré cela ils furent sauvés ; donc ils méritèrent dans le jugement. Et c'est ce qui est dit : 'Et le Nom sauva...
Israël' (Ex 14,30). C'est-à-dire que le salut était dans l'essence même des enfants d'Israël, comme il est dit 'et Ton salut, donne-le nous' (Ps 85,8) - c'est-à-dire que le salut soit dans nos mains, comme ci-dessus.
וייראו העם את ה' כו'. הוא מעלה גדולה וסימן של אמת.
אשר ע"י הישועה והתגלות להאדם יבוא על ידי זה ליראה כמ"ש בספרים הקדושים ענין חיבור יראה ונורא:
'Et le peuple craignit le Nom' etc. (Ex 14,31).
C'est un grand degré et un signe de vérité : que par le salut et la révélation à l'homme, il en vienne par cela à la crainte, comme il est écrit dans les livres saints au sujet du lien entre 'crainte' (yira) et 'redoutable' (nora).
אסרו חג בעבותים ע"ק המזבח. דכתיב שלש פעמים בשנה כו' כל זכורך כו' במקום אשר יבחר.
דכלל כל הבריאה עולם שנה נפש. ובחירת העולם היינו המקום ארץ ישראל שהוא פנימיות העולם.
ובחירת המועדים הם בחירת הזמן שנה. ובחירת בני ישראל הוא פנימיות הנפשות.
לכן בזמנים המובחרים יראו המובחרים במקום הנבחר לפניו ית'. והנפש מחבר הזמנים למקום.
וז"ש אסרו חג בעבותים הוא עבותות אהבה ותשוקות נפשות בני ישראל למקום ב"ה ע"ק המזבח ע"י עלי' ברגלים:
'Liez la fête par des cordes jusqu'aux cornes de l'autel' (Ps 118,27). Car il est écrit 'trois fois par an... tout mâle chez toi...' 'au lieu qu'Il choisira' (Dt 16,16).
Car toute la création se résume en : monde, année, âme (olam, shana, nefech). Le choix du 'monde' est le lieu, la terre d'Israël, qui est l'intériorité du monde.
Le choix des fêtes est le choix du temps, l'année. Et le choix des enfants d'Israël est l'intériorité des âmes.
C'est pourquoi, aux temps choisis, les élus se montrent au lieu choisi devant Lui béni. Et l'âme relie les temps au lieu.
Et c'est ce qui est dit : 'liez la fête par des cordes' - ce sont les cordes d'amour et les désirs des âmes des enfants d'Israël vers le Lieu (Makom, l'Omniprésent), béni soit-Il, jusqu'aux cornes de l'autel, par la montée en pèlerinage.
Dans l'exil, il faut se fortifier par les fêtes : leur intériorité existe encore, comme le dit le Midrach : « Je dors » loin des sacrifices et du Temple, « mais mon cœur veille » pour les synagogues, les mitsvot et les actes de charité. Pour le Sfat Emet, la réparation du Temple relevait de l'acte et de l'extériorité, perdue par la faute ; l'intériorité, le « nous écouterons » (nichma), demeure à jamais. Moché a déposé la force des fêtes dans les sections de la Torah. Aujourd'hui le service n'est que dans le cœur, et le Saint béni soit-Il joint le désir d'Israël, sans l'acte, à l'acte des pères, jusqu'à la reconstruction du Temple.
Aussi : par la foi, le récit de la sortie d'Égypte éveille la délivrance à chaque génération ; on cache l'afikoman, car cette délivrance n'est pas achevée ; la sortie ôte la détresse, l'ouverture de la mer ouvre le large espace.
ויש לנו בגלות להתחזק באלה המועדות כי הפנימיות של המועדות יש גם עתה כמ"ש במדרש אני ישנה מן הקרבנות מביהמ"ק ולבי ער לבתי כנסיות ולמצות וצדקות כו'. והיינו כי תיקון המקדש הי' בבחי' המעשה וחיצוניות.
כמ"ש במ"א פי' העשוי' בהר סיני. ולכן הפסדנו עתה ע"י החטא.
אבל הפנימיות בחי' נשמע נשאר לנו לעולם. וז"ש וידבר משה את מועדי ה' אל בנ"י שהניח הכח של המועדות בפרשיות התורה.
כמ"ש ואלפינון לבנ"י. ואפשר עתה יכולין להתדבק יותר במועדות דאין יפה מן הצניעות.
ואז הי' בפרהסיא בהתגלות לכן היה צריך עזר ה' כמ"ש ולא יחמוד איש את ארצך שלא יתדבק חיצוניות בהרצון. ועתה הוא רק בלב כנ"ל.
ובלי ספק ההשתוקקות והרצון של בנ"י בכל מועד עולה למעלה כי נתגרשנו מארצנו אם שבמעשה עשינו הקרבנות רק לא הי' רצון שלם ועתה יש רצון בלי מעשה והקב"ה מצרף רצון שלנו למעשה אבותינו. וכדכתיב אז תשבת הארץ כו' השמה.
ויפלא מה תועלת בהשמה. רק שע"י השתוקקות שהי' לבנ"י בהשבעים שנה.
עי"ז נתרצה הקב"ה. וכן גם עתה עד שיבנה ביהמ"ק בב"א:
Nous avons, dans l'exil, à nous fortifier par ces fêtes, car l'intériorité des fêtes existe encore aujourd'hui, comme il est dit dans le Midrach : 'Je dors' -- loin des sacrifices et du Temple (Beit haMikdach) -- 'mais mon cœur veille', pour les synagogues, les mitsvot et les actes de charité, etc. C'est-à-dire que la réparation (tikoun) du Temple relevait de l'aspect de l'acte et de l'extériorité, comme je l'ai expliqué ailleurs sur le sens de '[l'œuvre] faite au mont Sinaï'.
Aussi l'avons-nous perdu maintenant à cause de la faute. Mais l'intériorité, l'aspect du 'nous écouterons' (nichma), nous reste pour toujours.
C'est le sens de 'Moche dit les fêtes de ה' aux enfants d'Israël' (Lévitique 23,44) : il à déposé la force des fêtes dans les sections de la Tora, comme il est dit 'et il les enseignera aux enfants d'Israël'. Et peut-être pouvons-nous aujourd'hui nous attacher davantage aux fêtes, car rien n'est plus beau que la discrétion (tsniout).
Autrefois cela se faisait en public, dans le dévoilement, aussi fallait-il l'aide de ה', comme il est dit 'et nul ne convoitera ta terre' (Exode 34,24), afin que l'extériorité ne s'attaché pas au désir. Aujourd'hui cela n'est que dans le cœur, comme dit.
Et sans nul doute l'aspiration et le désir des enfants d'Israël à chaque fête montent en haut, car nous avons été chassés de notre terre : bien que par l'acte nous accomplissions les sacrifices, le désir n'était pas entier ; aujourd'hui il y a le désir sans l'acte, et le Saint béni soit-Il joint notre désir à l'acte de nos pères. Comme il est écrit 'alors la terre chômera... sa désolation' (Lévitique 26,34).
Or on s'étonne : quel profit dans la désolation ? Seulement que, par l'aspiration qu'eurent les enfants d'Israël durant les soixante-dix ans, par cela le Saint béni soit-Il s'apaisa.
Et de même aujourd'hui, jusqu'à ce que soit rebâti le Temple, promptement et de nos jours.
תרל"ז
[Année 5637.]
בכל דור ודור כו' כאלו יצא. ואח"כ אמר ואותנו הוציא משם.
רק שע"י האמונה ורואה א"ע כאלו יצא כפי הסיפור והבירור שמברר ביצ"מ זוכה לעורר הנס ומתקיים בחי' הגאולה גם עתה. כי לכן מחוייבים לזכור יציאת מצרים כל הימים שעי"ז מעוררין הגאולה וע"י זה יהי' הגאולה.
וז"ש להביא לימות המשיח. וזה בכלל מ"ש ז"ל כל המרבה לספר ביציאת מצרים.
פי' שחכמים בהסיפור דיצ"מ מעוררין הגאולה בכל דור ודור. ונמצא הם מרבין בסיפור דיציאת מצרים.
וכן מצינו בר"ע וחביריו שהוסיפו על המכות עד חמשים מכות כו':
'À chaque génération... comme s'il était lui-même sorti'. Puis il est dit 'et nous, Il nous à fait sortir de la'.
Seulement, par la foi, en se voyant soi-même comme s'il était sorti selon le récit et la clarification qu'il opère au sujet de la sortie d'Égypte, on mérite d'éveiller le miracle, et l'aspect de la délivrance se réalise aujourd'hui encore. C'est pourquoi nous sommes tenus de nous souvenir de la sortie d'Égypte tous les jours, car par cela on éveille la délivrance, et par cela adviendra la délivrance.
C'est le sens de 'pour amener aux jours du Machiah'. Cela est compris dans ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte [est digne de louange]'.
L'explication : les sages, par le récit de la sortie d'Égypte, éveillent la délivrance à chaque génération ; il se trouve donc qu'ils multiplient le récit de la sortie d'Égypte. Ainsi trouvons-nous chez Rabbi Akiva et ses compagnons qu'ils ajoutèrent sur les plaies jusqu'à cinquante plaies, etc.
בעצם היום הזה הוציא ה' כו'. פי' שהקב"ה קבע היציאה בעצמו של יום שבאמצעות עצמות היום הוציא אותם מארץ מצרים.
ועי"ז נשאר בחי' הגאולה בעצם היום. וכן מ"ש ויושע ה' ביום ההוא שנעשה הישועה ע"י היום ההוא.
כמ"ש זכר עשה לנפלאותיו שהקב"ה קבע הנס במצוה או ביום כדי להיות זכר לדורות:
'En ce jour même le Nom fit sortir...' (Exode 12,51). L'explication : le Saint béni soit-Il à fixé la sortie dans le jour lui-même, car c'est par l'essence même du jour qu'Il les fit sortir du pays d'Égypte.
Par cela demeure l'aspect de la délivrance dans le jour même. De même il est dit 'et le Nom sauva en ce jour-la' (Exode 14,30) : le salut se fit par ce jour-la.
Comme il est dit 'Il à fait un mémorial de Ses merveilles' (Psaumes 111,4) : le Saint béni soit-Il à fixé le miracle dans une mitsva où dans un jour, afin qu'il soit un souvenir pour les générations.
רמז על הצפנת אפיקומן. כי נס דיציאת מצרים הי' הכנה לכל הגאולות ולכן אין הלל שלם בימי הפסח.
כי עדן לא נגמר הגאולה דיצ"מ. רק בכל דור ודור נגמר יותר עד לעתיד.
לכן מטמינים קצת המצה על אחר הסעודה:
Allusion à la dissimulation de l'afikoman. Car le miracle de la sortie d'Égypte fut une préparation à toutes les délivrances, et c'est pourquoi le Hallel n'est pas entier durant les jours de Pessa'h : car la délivrance de la sortie d'Égypte n'est pas encore achevée ; à chaque génération elle s'achève davantage, jusqu'à l'avenir.
C'est pourquoi l'on caché un peu de la matsa pour après le repas.
מה שאומרין המי יודע בלילה זו. כי הידיעות יכולין להביא לידי גבהות.
והעצה ע"י התדבקות הידיעות ביצי"מ. כמאמר ואפילו כולנו חכמים כו'.
אעפ"כ יש לזכור כי הכל בא בכח השי"ת שהוציאנו ממצרים. וז"ש אני יודע כו'.
כלומר אם שאנו יודעים כל זה עכ"ז אנו מספרין ביצ"מ ומודין להשי"ת שהכל ממנו:
Ce que l'on dit 'Qui sait ?' (Ehad Mi Yodea) en cette nuit. Car les connaissances peuvent conduire à l'orgueil.
Et le remède est d'attacher les connaissances à la sortie d'Égypte, selon la formule 'et même si nous étions tous sages...'. Malgré cela il faut se souvenir que tout vient par la force de ה' béni soit-Il qui nous à fait sortir d'Égypte.
C'est le sens de 'je sais...' : c'est-à-dire, bien que nous sachions tout cela, nous racontons malgré tout la sortie d'Égypte et reconnaissons envers le Nom béni soit-Il que tout vient de Lui.
עומדות היו רגלינו בשעריך ירושלים כו'. קאי על המועדות כדכ' שלש פעמים בשנה יראה כל זכורך כו'.
והוא מתנה מהשי"ת אשר כל איש ישראל הי' בכחו לראות פני ה' בעזרה. ואמת דכתיב כל זכורך כי המועדות הם מאספין ומאחדין את בנ"י להיות כאיש אחד.
ועי"ז יכולין להראות לפניו ית'. כי מועד לשון התאספות.
וכתיב מה יפו פעמיך בנעלים דרשו חז"ל על הרגלים נעילת החג ונעילת הפסח כו'. כי נעל הוא שמירת הרגל.
כמו כן הקב"ה פורס סוכת שלום ברגלים הללו על בנ"י להצילם מהתערובות שנמצא בעולם השפל הזה. כמו ששומרין הרגל מטיט ושאר דברים ע"י שהוא תחתון שבאדם.
[ואיתא ברמב"ם (פי"ג מה' אישות) שצריך כל איש ישראל לעשות לב"ב מנעלים חדשים בכל רגל והיא רמז לסוד הזה]:
'Nos pieds se tenaient dans tes portes, Jérusalem...' (Psaumes 122,2). Cela se rapporte aux fêtes, comme il est écrit 'trois fois l'an tout mâle paraîtra...' (Exode 23,17).
C'est un don de ה' béni soit-Il, que chaque homme d'Israël eut le pouvoir de voir la face de ה' dans le parvis. Et il est vrai qu'il est écrit 'tout mâle' (zekhourekha), car les fêtes rassemblent et unifient les enfants d'Israël pour n'être qu'un seul homme, et par cela ils peuvent paraître devant Lui béni soit-Il ; car 'moed' (fête) est un terme de rassemblement.
Il est écrit 'que tes pas sont beaux dans les sandales' (Cantique 7,2) : nos sages l'ont interprété sur les fêtes de pèlerinage (regalim) -- la néila (clôture) de la fête et la néila de Pessa'h, etc. Car la sandale (naal) est la protection du pied.
De même le Saint béni soit-Il étend un dais de paix (souccat chalom) durant ces fêtes sur les enfants d'Israël, pour les sauver des mélanges qui se trouvent dans ce monde inférieur, comme on protège le pied de la boue et d'autres choses, parce qu'il est la partie la plus basse de l'homme. [Il est rapporté dans le Rambam (chapitre 13 des lois du mariage) que chaque homme d'Israël doit faire faire aux membres de sa maison des sandales neuves à chaque fête, et cela est une allusion à ce secret.]
וידבר משה את מועדי ה' אל בני ישראל. כי אמת שיש בכל מועד התעוררות קדושה מהשי"ת לבנ"י.
כמ"ש מועדי ה' מקראי קודש. שיש קריאה והתעוררות קדושה לאדם.
אבל מרע"ה תיקן להם לישראל להיות שואלין ודורשין ענינו של חג בחג כו'. פי' שהמשיך מועדי ה' אל בנ"י שגם המה יעוררו התעוררות שלהם כיון שהוא עת רצון בשמים.
וכ' משכני אחריך נרוצה כו' שבעת שיש קצת התקרבות משמים לב"א צריכין לראות להתעורר רצון שלהם גם כן ביתר עוז ותוקף:
'Moche dit les fêtes de ה' aux enfants d'Israël' (Lévitique 23,44). Car il est vrai qu'il y a en chaque fête un éveil de sainteté venant de ה' béni soit-Il vers les enfants d'Israël, comme il est dit 'les fêtes de ה', convocations saintes' (Lévitique 23,4) : il y a un appel et un éveil de sainteté pour l'homme.
Mais Moche notre maître à institué pour Israël qu'ils interrogent et étudient le sujet de la fête pendant la fête, etc. L'explication : il à fait descendre 'les fêtes de ה' vers les enfants d'Israël', afin qu'eux aussi éveillent leur propre éveil, puisque c'est un temps de faveur (et ratson) dans les cieux.
Il est écrit 'attire-moi, courons après toi...' (Cantique 1,4) : lorsqu'il y a un peu de rapprochement du ciel vers les hommes, il faut veiller à éveiller aussi leur propre désir, avec plus de vigueur et de force.
ענין שבת ומועדות דכ' חז"ל המקיים מועדות מעלה עליו הכתוב כאלו קיים השבתות. כי שבת מתנה מהשי"ת לבנ"י.
ומועדות תלוי במעשיהם כמ"ש מקדש ישראל והזמנים. והענין דאיתא תורה צוה לנו משה מורשה אל תקרי מורשה אלא מאורסה.
כי יש בחי' ירושה ג"כ שהוא בטבע נפשות בנ"י ירושה להם מאבותיהם כמ"ש אלקי אבי כו'. ויש בבחי' התקרבות ע"י מעשים טובים ועבודת כל פרט ופרט לפי ערכו.
וכן בכלל. ושבת הוא בחי' ירושה כנ"ל וכמ"ש בזוה"ק ירותא דקא ירית כו' [ע"ש פ' אמור והבן].
ואיתא במד' שחורה אני במעשי ונאוה במעשי אבותי שחורה בימי המעשה ונאוה בשבת. ולכאורה יקשה מאי ונאוה על ידי מעשה אבות.
רק הפי' מה שנמצא בי בכח מעשה אבותי כנ"ל ירושה כו'. וזה עצמו הפי' נאוה בשבת כי ירושה היא כנ"ל עכ"ז וודאי אם היו ח"ו מתדבקין ברע לגמרי לא הי' שוב התקרבות בשבת במעשה אבות.
לכן גם זה בכלל השבח שחורה אני אעפ"כ ונאוה כי לא ניתנה שיר השירים אלא לשבחן של ישראל. וז"ש בנות ירושלים כאהלי קדר כו' והוא בנין השלימות להתהפך בנקל מכל מעשה החול שהוא השחרות להתכבס מיד להיות כיריעות שלמה:
Le sujet du Chabat et des fêtes : nos sages ont dit 'quiconque observe les fêtes, l'Écriture le lui compte comme s'il avait observe les Chabatot'. Car le Chabat est un don de ה' béni soit-Il aux enfants d'Israël, tandis que les fêtes dépendent de leurs actes, comme il est dit [dans la bénédiction] 'qui sanctifie Israël et les temps' (car Israël sanctifie les temps par la fixation du calendrier).
Le point : il est enseigné 'la Tora que Moche nous à prescrite est un héritage (moracha)' -- ne lis pas 'moracha' mais 'meorasa' (fiancée). Car il y a aussi un aspect d'héritage, qui est dans la nature même des âmes des enfants d'Israël, un héritage qui leur vient de leurs pères, comme il est dit 'le Dieu de mon père...' ; et il y a l'aspect du rapprochement par de bonnes actions et le service de chaque détail selon sa valeur, ainsi que dans l'ensemble.
Le Chabat est de l'aspect de l'héritage, comme dit, et comme il est dit dans le Zohar saint 'l'héritage dont il hérite...' [vois la-bas la section Emor et comprends]. Il est rapporté dans le Midrach : 'je suis noire par mes actes et belle (naava) par les actes de mes pères' -- noire durant les jours ouvrables et belle le Chabat.
À première vue il est difficile : en quoi 'belle' par l'acte des pères ? Seulement, l'explication est : ce qui se trouve en moi par la force des actes de mes pères, comme dit, l'héritage.
Et c'est cela même le sens de 'belle le Chabat', car c'est un héritage, comme dit. Malgré cela il est certain que si, à Dieu ne plaise, ils s'attachaient entièrement au mal, il n'y aurait plus de rapprochement le Chabat par l'acte des pères.
Aussi cela même est compris dans la louange : 'je suis noire' et néanmoins 'belle', car le Cantique des cantiques n'à été donné que pour la louange d'Israël. C'est le sens de 'filles de Jérusalem, comme les tentes de Kedar...' (Cantique 1,5) : c'est l'édifice de la perfection, se retourner aisément de tout acte profane -- qui est la noirceur -- pour se laver aussitôt et devenir comme 'les tentures de Salomon'.
כל המבזה מועדות כאלו עובד ע"ז דכתיב א-להי מסכה כו' וסמיך לי' חג המצות כו'. כי המועדות הם עדות לישראל כדכתיב ששם עלו שבטים כו' עדות לישראל כו'.
פי' דכתיב יראה כל זכורך דרשו חז"ל לראות ולהיראות כו' ע"ש. והפי' שבי"ט אלו נתוסף הדעת באדם הישראלי וניטל ממנו הסתרות החושך שבעוה"ז.
ולכן יכול לראות פני ה'. וכמ"ש בעד או ראה או ידע.
כן מתגלה ידיעת בנ"י במועדות וניטל מהם מסך המבדיל כמ"ש חכמים אפילו מחיצה של ברזל אין מפסקת. וכפי מה שמאמין האדם בזה מבטל מסך המבדיל אצלו כנ"ל:
'Quiconque méprise les fêtes, c'est comme s'il servait des idoles (avoda zara)', car il est écrit 'des dieux de fonte...' (Exode 34,17) et, juste après, 'la fête des matsot...' (Exode 34,18). Car les fêtes sont un témoignage (edout) pour Israël, comme il est écrit 'la sont montées les tribus... un témoignage pour Israël...' (Psaumes 122,4).
L'explication : il est écrit 'tout mâle paraîtra (yeraeh)' -- nos sages l'ont interprété 'voir et être vu', vois la-bas. Le sens : en ces jours de fête, le savoir (daat) s'accroît chez l'homme d'Israël, et lui sont ôtées les dissimulations de l'obscurité de ce monde ; c'est pourquoi il peut voir la face de ה'.
Comme il est écrit 'témoin, soit qu'il ait vu soit qu'il ait su' (Lévitique 5,1) : ainsi se dévoile la connaissance des enfants d'Israël durant les fêtes, et leur est ôte l'écran qui sépare, comme l'ont dit les sages 'même une cloison de fer ne fait pas séparation'. Et selon ce que l'homme croit en cela, il annule pour lui-même l'écran séparateur, comme dit.
ענין יציאת מצרים וקי"ס אח"כ דכתיב מן המצר קראתי כו' זה יציאת מצרים. ענני במרחב יה זה קי"ס.
וביאור הדברים עפ"י מ"ש במ"א דיש ב' מיני הסתרות וכענין מן העולם ועד העולם. פי' שיש הסתר והעלם ע"י חשכות הגשמיות והסט"א.
ויש הסתר והעלם בעומק רום ע"י שהוא למעלה מההשגה. וע"י עולם הראשון משיגין עולם השני שנק' עוה"ב.
ומקודם הי' יציאת מצרים שהוא ישועה מן המיצר שיעבוד המצרים שהי' על בנ"י. ואח"כ יצאו מזה השיעבוד והיו צריכין ישועה והשגת עלמא דחירות שהוא ביטול הטבע ושם אין מיצר.
וז"ש ויושע ה' ביום ההוא בלשון נסתר. והי' כדי להשיג הארת עלמא דאתכסיא ושם מקום רחבת ידים.
וכתיב אנכי כו' המעלך מארץ מצרים הרחב פיך כו'. פי' שאחר שיש גאולה מן המיצר הן בכלל הן בפרט איש ישראל צריך אח"כ למלאות ידו בהתרחבות להטות כל נפשו להשי"ת.
כי הגאולה היא הכנה להעבודה. וז"ש הוציא ה' כו' על צבאותם כי הי' עיקר הוצאה כדי לקבל עלינו עול עבודת הבורא להיות נקרא צבאות ה'.
וכ"כ הללו עבדי ה' ולא עבדי פרעה כנ"ל. שכל הגאולה הי' כדי לקבל עומ"ש.
וכ"כ בהוציאך כו' תעבדון את האלקים כו'. ואחר הגאולה אז עת רצון כפי מה שמקבל עליו אז מלכות שמים נשאר קיים.
[ואפשר הוא סוד סמיכת גאולה לתפלה ודו"ק]. ובאמת בנ"י הרחיבו פיהם באמירת השירה כי בשכל אנושי אין להבין איך אמרו כל בנ"י שירה הזאת מגדול ועד קטן דברים העומדים ברומו של עולם.
אך באמת יש ללמוד קו"ח ומה כל הטבע נתבטל בעבור בנ"י ונקרע הים בעבורם מכש"כ שנתבטל הטבע אצלם ויצאו מן הטבע לגמרי. והאמת כי הי' לבנ"י ללמוד זה הקו"ח בעצמם כיון שביטל הבורא ית' הטבע בעבורנו מכש"כ שיש לנו לבטל הטבע בעבורו.
וכן עשו. ולכן ע"י הרצון יצאו מן הטבע ונפתח להם שער הנעלם.
ועי' מ"ש לקמן עוד מזה:
Le sujet de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer (des Joncs) qui suivit : il est écrit 'de la détresse (min hametsar) j'ai crie...' (Psaumes 118,5) -- ceci est la sortie d'Égypte ; 'le Nom m'à répondu dans un large espace (merhav Ya)' -- ceci est l'ouverture de la mer. L'explication de la chose, selon ce que j'ai dit ailleurs : il y a deux sortes de dissimulations, à la manière de 'depuis le monde et jusqu'au monde'.
C'est-à-dire qu'il y a une dissimulation et un occultement par l'obscurité du matériel et de l'autre côté (sitra achra) ; et il y a une dissimulation et un occultement dans la profondeur des hauteurs, du fait que cela est au-dessus de la compréhension. Et par le premier monde on atteint le second monde, appelé le monde à venir.
D'abord il y eut la sortie d'Égypte, qui est un salut hors de la détresse de l'asservissement des Égyptiens qui pesait sur les enfants d'Israël. Puis ils sortirent de cet asservissement et eurent besoin d'un salut et de l'atteinte du monde de la liberté (alma de-herout), qui est l'annulation de la nature, et la il n'y a pas de détresse.
C'est le sens de 'et le Nom sauva en ce jour-la', à la forme cachée ; et ce fut afin d'atteindre l'illumination du monde caché (alma de-itkasya), et la est le lieu du large espace. Il est écrit 'Moi... qui te fais monter du pays d'Égypte, élargis ta bouche...' (Psaumes 81,11).
L'explication : après qu'il y a délivrance hors de la détresse, tant dans l'ensemble que dans le détail, l'homme d'Israël doit ensuite emplir sa main d'élargissement, pour incliner toute son âme vers le Nom béni soit-Il ; car la délivrance est une préparation au service. C'est le sens de 'le Nom fit sortir... selon leurs armées (tsivotam)', car la sortie eut pour but essentiel que nous prenions sur nous le joug du service du Créateur, pour être appelés 'les armées de ה''.
De même il est écrit 'louez, serviteurs de ה', et non serviteurs de Pharaon', comme dit : car toute la délivrance eut pour but de recevoir le joug du royaume des cieux. De même il est écrit 'quand tu feras sortir... vous servirez Dieu...' (Exode 3,12).
Et après la délivrance, alors c'est un temps de faveur : selon ce que l'on reçoit alors, le royaume des cieux demeure établi. [Il est possible que ce soit le secret de la jonction de la délivrance à la prière (semikhat geoula li-tefila) ; médite-le bien.] En vérité les enfants d'Israël élargirent leur bouche en disant le cantique, car selon l'intelligence humaine on ne peut comprendre comment tous les enfants d'Israël, du plus grand au plus petit, dirent ce cantique, choses qui se tiennent au sommet du monde.
Mais en vérité il y a à apprendre un à fortiori : de même que toute la nature fut annulée en faveur des enfants d'Israël et que la mer se fendit pour eux, à plus forte raison la nature fut-elle annulée en eux, et sortirent-ils entièrement de la nature. Et la vérité est que les enfants d'Israël avaient à apprendre eux-mêmes cet à fortiori : puisque le Créateur béni soit-Il à annulé la nature en notre faveur, à plus forte raison devons-nous annuler la nature en Sa faveur.
Et ainsi firent-ils. C'est pourquoi, par le désir, ils sortirent de la nature et la porte du caché leur fut ouverte.
Et vois ce que j'ai dit plus loin encore à ce sujet.
כתיב ויאמינו. וכי לא הי' להם להאמין כו' ע"ש במדרש.
אמנם אדרבה בהיות שהי' נגלה להם הנפלאות האמינו כי אינם משיגים מעשי ה' על בוריין. וזה ויאמינו בה' שנמשכו אחר השי"ת ויצאו מן הטבע ושרתה עליהם רוה"ק ואמרו שירה.
וזהו משכני ביצ"מ אחריך נרוצה בקי"ס. גם י"ל שהאמינו למפרע על כל הגלות שהי' לטובה ובזה תקנו אשר לא האמינו מקודם.
וז"ש במד' חזרו ולא האמינו כו' וע"י אמונה זו תקנו חסרון האמונה של מקודם. והנה כן צריך להיות בכל גאולה לתקן אח"כ כל הקלקול שהי' מקודם הגאולה.
וזה עצמו ענין קי"ס אחר יציאת מצרים. שכבר היו בני חורין אך הי' כדי לתקן כל ימי הגלות.
וז"ש במד' ע"פ ולא נחם אלקים שלא ניחם הקב"ה על ימי הרעה שעבר על בניו במצרים ע"ש. וזה עצמו ענין שכתבנו לעיל.
דהנה כתיב וחמשים עלו בנ"י מארץ מצרים ויקח משה את עצמות יוסף עמו כו' השבע השביע כו'. פי' בזוה"ק דחמשים פעמים נזכר יציאת מצרים בתורה.
ולמה. כדי להודיע שבנ"י יצאו מחמשים שערי טומאה.
ולמה הכניסן השי"ת בכל השערי טומאה כדי להשיג אח"כ חמשים שערי בינה. וז"ש וחמשים עלו כו' שהגיעו עד שער החמשים והוא עלמא דחירות.
ויקח משה כו' עצמות יוסף כו'. כי בחי' יוסף הצדיק הוא התקשרות כל המדות.
שמעתי מפה קדוש אמו"ז ז"ל השבע השביע הם השבעה שבועות תספר כו'. והנה כמו שהיו במצרים בכל שערי טומאה.
כך זכו אח"כ לברר כל המדות להשי"ת. וע"י שזכו אח"כ לכל אלה השערים בזה תקנו כל מה שהיו מקודם בשערים הנ"ל.
והוא ענין תשובה שמהפכין העונות לזכיות שהרי ע"י החטא בא אח"כ לתשובה. לכן ע"י שנכנסו אח"כ בשערי הקדושה תקנו ימי הגלות.
[ואם כי לכאורה קשה כיון דכתיב וחמשים עלו מיד בשעת היציאה א"כ מה הי' חסר עוד. אבל האמת מבואר בספרי קודש כי בעת היציאה נתגלה להם שורש כל השערים לשעה כדי להיות נגאל ואח"כ הוצרכו בנ"י לתקן מעצמם להגיע בעבודתם לכל אלה השערים] וז"ש דבר אל בני ישראל וישובו כו' שזה ענין תשובה כנ"ל:
Il est écrit 'et ils crurent' (Exode 14,31). Or ne devaient-ils pas croire ? etc., vois la-bas dans le Midrach.
Mais au contraire : c'est parce que les merveilles leur étaient dévoilées qu'ils crurent, car ils ne saisissent pas les œuvres de ה' dans leur vérité entière. Et c'est 'et ils crurent en ה'' : ils furent entraînés à la suite de ה' béni soit-Il, sortirent de la nature, l'esprit saint (roua'h hakodech) reposa sur eux et ils dirent le cantique.
Et c'est 'attire-moi' -- lors de la sortie d'Égypte -- 'courons après toi' -- à l'ouverture de la mer. On peut aussi dire qu'ils crurent rétrospectivement que tout l'exil avait été pour le bien, et par cela ils réparèrent le fait qu'ils n'avaient pas cru auparavant.
C'est ce que dit le Midrach : 'ils revinrent et ne crurent pas...', et par cette foi ils réparèrent le manque de foi antérieur. Et ainsi doit-il en être en chaque délivrance : réparer ensuite tout le dommage qui avait précède la délivrance.
C'est cela même le sujet de l'ouverture de la mer après la sortie d'Égypte : ils étaient déjà des hommes libres, mais ce fut afin de réparer tous les jours de l'exil. C'est ce que dit le Midrach sur le verset 'et Dieu ne les conduisit pas (vélo naham)' : le Saint béni soit-Il ne s'est pas console (nicham) des jours mauvais qui passèrent sur Ses enfants en Égypte, vois la-bas.
Et c'est cela même ce que nous avons écrit plus haut. Car il est écrit 'et les enfants d'Israël montèrent en armes (vahamouchim) du pays d'Égypte, et Moche prit les ossements de Yossef avec lui... il avait fait jurer...' (Exode 13,18-19).
L'explication du Zohar saint : cinquante fois (hamichim) la sortie d'Égypte est mentionnée dans la Tora. Pourquoi ?
Pour faire savoir que les enfants d'Israël sortirent des cinquante portes de l'impureté. Et pourquoi le Nom béni soit-Il les fit-Il entrer dans toutes les portes de l'impureté ?
Afin d'atteindre ensuite les cinquante portes de la compréhension (bina). C'est le sens de 'et cinquante montèrent...' : ils parvinrent jusqu'à la cinquantième porte, qui est le monde de la liberté. 'Et Moche prit... les ossements de Yossef...', car l'aspect de Yossef le juste est la liaison de toutes les mesures (midot).
J'ai entendu de la bouche sainte de mon grand-père et maître, de mémoire bénie : 'il avait fait jurer' (hachbea hichbia) -- ce sont les sept semaines 'tu compteras...' (les sept semaines du Omer). Et de même qu'ils avaient été en Égypte dans toutes les portes de l'impureté, ainsi méritèrent-ils ensuite de clarifier toutes les mesures vers le Nom béni soit-Il.
Et parce qu'ils méritèrent ensuite toutes ces portes, par cela ils réparèrent tout ce qu'ils avaient été auparavant dans les portes susdites. C'est le sujet du repentir (techouva) qui transforme les fautes en mérites, car c'est par la faute que l'on vient ensuite au repentir.
Aussi, parce qu'ils entrèrent ensuite dans les portes de la sainteté, ils réparèrent les jours de l'exil. [Et bien qu'à première vue il y ait une difficulté : puisqu'il est écrit 'et cinquante montèrent' des l'instant de la sortie, que manquait-il donc encore ?
Mais la vérité est expliquée dans les livres saints : au moment de la sortie leur fut dévoilée, pour un instant, la racine de toutes les portes, afin d'être délivrés ; et ensuite les enfants d'Israël durent réparer d'eux-mêmes, parvenir par leur service à toutes ces portes.] C'est le sens de 'parle aux enfants d'Israël et qu'ils reviennent (veyachouvou)...' (Exode 14,2), car c'est le sujet du repentir, comme dit.
בנסים דיצ"מ וקי"ס אין מברכין שעשה נסים כמו חנוכה ופורים. נראה הטעם כי נסים אלו הם מוכרחין מעת בריאת העולם שלא הי' קיום לעולם בלי נסים אלו.
וז"ש בגמ' תנאי התנה עם הים שיקרע כו'. ומצינו בהלל הגדול שנאמר כל אלה הנסים ודרשו חז"ל כ"ו פעמים כי לעולם חסדו נגד כ"ו דורות שנזונו בחסדו של מקום כו' ע"ש.
והגם כי נסים אלו נעשו בזמן מיוחד לכל אחד. אבל הם היו קיומו של עולם.
והנה נס זה דקי"ס הי' סיבה לתקן כל הבריאה. וע"י השירה שאמרו בנ"י הכניסו כל הבריאה תחת כנפי השכינה.
ובנ"י הבינו כי נעשה להם אלה הנסים כדי להטות כל הבריאה וכל האומות להבורא ית'. לכן אמרו שירה זאת שהוא כולל כל מה שיהי' בכל הגליות שאח"כ ג"כ.
כי ידעו שכל הגאולות יהיו תלוים בזאת הגאולה. ובאמת ע"י שעשו בראשונה המצוה בשלימות יש לנו תקוה טובה לאחריתנו.
ולכן מזכירין השירה בכל יום. וכ' ויושע ה' ביום ההוא הוא כמ"ש ביום ההוא יהי' ה' אחד ושמו אחד וכ"כ והי' ביום ההוא כו' שהוא יום של גאולה העתידה שכ"ז הי' בעת קי"ס הישועה לדורות ותיקון כל העולם שיהי' לעתיד.
ולכן כל הבריאה היתה מקוה לזאת השירה. ולכן נאמר אז ישיר לשון עתיד.
פי' השירה שהיתה מוכנת מימי בראשית נגמרה אז ע"י בנ"י מכח אל הפועל. וזה נקרא הרחב פיך מה שהרחיבו בנ"י פיהם ורצונם להטות הכל אליו ית' ומילא השי"ת את פיהם לומר ברוה"ק השירה הזאת והוא הישועה השניה שצריכין אחר הראשונה וז"ש ענני במרחב יה כנ"ל:
Pour les miracles de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer, on ne récite pas la bénédiction 'qui a fait des miracles' comme pour 'Hanouka et Pourim. La raison semble être que ces miracles étaient nécessaires des le temps de la création du monde, car le monde n'aurait pu subsister sans eux.
C'est ce que dit la Guemara : 'Il à posé une condition avec la mer, qu'elle se fende...'. Nous trouvons dans le grand Hallel, où il est dit 'tous ces miracles', et nos sages ont interprété : vingt-six fois 'car Sa bonté est éternelle (ki le-olam hasdo)', correspondant aux vingt-six générations qui furent nourries par la bonté de l'Omniprésent, vois la-bas.
Et bien que ces miracles se soient produits en un temps particulier à chacun, ils étaient néanmoins la subsistance du monde. Or ce miracle de l'ouverture de la mer fut la cause de la réparation de toute la création ; et par le cantique que dirent les enfants d'Israël, ils firent entrer toute la création sous les ailes de la Chekhina.
Les enfants d'Israël comprirent que ces miracles s'étaient faits pour eux afin d'incliner toute la création et toutes les nations vers le Créateur béni soit-Il. Aussi dirent-ils ce cantique, qui inclut tout ce qui adviendra également dans tous les exils ultérieurs ; car ils savaient que toutes les délivrances dépendraient de cette délivrance-ci.
Et en vérité, parce qu'ils accomplirent d'emblée la mitsva en perfection, nous avons un bon espoir pour notre fin. C'est pourquoi l'on mentionne le cantique chaque jour.
Il est écrit 'et le Nom sauva en ce jour-la' : c'est comme il est dit 'en ce jour-la le Nom sera un et Son nom un' (Zacharie 14,9), et de même 'et il adviendra en ce jour-la...' -- qui est le jour de la délivrance future ; car tout cela était présent lors de l'ouverture de la mer : le salut pour les générations et la réparation de tout le monde qui aura lieu à l'avenir. C'est pourquoi toute la création espérait ce cantique.
Et c'est pourquoi il est dit 'alors chantera (az yachir)', à la forme du futur. L'explication : le cantique qui était prêt depuis les jours de la création s'acheva alors par les enfants d'Israël, de la puissance à l'acte.
Cela s'appelle 'élargis ta bouche' : ce que les enfants d'Israël élargirent leur bouche et leur désir pour tout incliner vers Lui béni soit-Il ; et le Nom béni soit-Il emplit leur bouche pour dire, par l'esprit saint, ce cantique ; c'est le second salut, requis après le premier. C'est le sens de 'le Nom m'à répondu dans le large espace (merhav Ya)', comme dit.
תרל"ח
[Année 5638.]
ב"ה מימי הפסח בקיצור גדול
Avec l'aide du Ciel. Dès jours de Pessa'h, en grand abrégé.
« Quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte, celui-là est digne de louange. » Les merveilles n'ont aucun nombre : elles s'élargissent à chaque instant par la force des justes. Le Sfat Emet enseigne que, parce qu'Il avait juré aux Pères, le Saint, béni soit-Il, a rendu l'exil si dur que tous les exils y sont inclus ; « d'un bras étendu » désigne ce serment. Dans chaque détresse il y a un peu de l'exil d'Égypte, et l'on est délivré continuellement par la force de la première délivrance. L'essentiel est de se rendre prêt à recevoir la royauté des cieux ; par le récit on l'attire sans limite, jusqu'à amener les jours du Messie.
Aussi : la fente de la mer comme aspect d'enfants, après la royauté reçue comme serviteurs ; les fêtes ramènent Israël à la lumière cachée ; Pessa'h, « la bouche parle », force donnée à la sortie d'Égypte
כל המרבה לספר ביציאת מצרים הרי זה משובח. ע"פ מה דכתיב עושה גדולות כו' ונפלאות עד אין מספר.
פי' שאין להנפלאות מספר כלל. והם מתרחבים ונמשכים בכל עת יותר ויותר עפ"י כח הצדיקים.
כענין שנאמר בתורה שמוצאין בה תמיד טעמים חדשים דדיה ירווך כו'. כמו כן ביצ"מ שנעשה מזה תורה כדמצינו שדרשו כל אחד יותר והעלו לר"נ מכות כו':
ביד חזקה ובזרוע נטוי' ואלו לא הוציא כו'. פי' עכ"ז אנו משבחין.
דקשה וכי יש צורך ליד חזקה אל הבורא ית'. רק הענין הוא ע"י שנשבע הקב"ה והבטיח לאבות להוציאנו ממצרים לכן עשה הגלות קשה כל כך עד שיהי' נכלל בו כל הגליות עד שאלו לא הוציא כו' אנו ובנינו כו' וכל זה היה לטובתנו.
וכן איתא כי בזרוע נטוי' היא השבועה כמ"ש נשאתי את ידי כו'. ויש בכל גלות ומיצר קצת מגלות מצרים.
לכן מספרים בכל יום יצ"מ. וז"ש הרי אנו כו' פי' שמרגישין בכל עת הגלות מצרים.
רק שנגאלין תמיד בכח גאולה הראשונה כנ"ל: וירד מצרימה אנוס עפ"י כדיבור.
פרשנו כי יוסף נקרא פי הדיבור. סימן לדבר כי פי המדבר אליכם.
והביאור נתבאר במ"א: ולפי שהוציא עצמו מן הכלל כו' הקהה את שיניו כו' אלו הי' שם לא הי' נגאל.
כי עיקר הגאולה משיעבוד מצרים כדי להיות מוכן לקבל מלכות שמים כמ"ש הללו עבדי ה' ולא עבדי פרעה וכ"כ הוצאתי אתכם מארץ מצרים להיות לכם לאלקים. ז"ש בעבור זה לקיים מצותיו.
לכן הרשע שממאן בעבודת הבורא כופר בעיקר ואין לו חלק בגאולת מצרים כו'. וכ"כ בצאת ישראל כו' היתה יהודה לקדשו ישראל ממשלותיו.
פי' שהיו מוכנים מיד לקבל עליהם מלכותו ית' ולהמליכו לברר ממשלתו על כל הברואים כמ"ש הוצאתי את צבאותי כו':
Quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte, celui-là est digne de louange. D'après ce qui est écrit (Job 9,10) 'Il fait de grandes choses... et des merveilles sans nombre'.
C'est-à-dire que les merveilles n'ont absolument aucun nombre : elles s'élargissent et se prolongent à chaque instant, de plus en plus, par la force des justes. À la manière de ce qui est dit au sujet de la Torah, qu'on y trouve toujours des sens nouveaux, 'que ses seins t'enivrent en tout temps' (Proverbes 5,19).
De même pour la sortie d'Égypte, dont on a fait une Torah, comme nous trouvons que chacun en a exposé davantage et qu'ils ont fait monter [le compte] jusqu'à 250 (resh-noun) plaies... 'd'une main forte et d'un bras étendu', et 's'Il n'avait pas fait sortir...'. C'est-à-dire : malgré cela nous [Le] louons.
Car il est difficile [de comprendre] : le Créateur, béni soit-Il, à-t-Il besoin d'une main forte ? Mais l'affaire est ainsi : parce que le Saint, béni soit-Il, à juré et à promis aux Pères de nous faire sortir d'Égypte, c'est pourquoi Il à rendu l'exil si dur, au point qu'y soient inclus tous les exils, jusqu'à ce que 's'Il n'avait pas fait sortir... nous et nos enfants...' ; et tout cela fut pour notre bien.
Et de même il est enseigné que 'd'un bras étendu' désigne le serment, comme il est écrit 'j'ai lève ma main' (Exode 6,8). Et il y a dans chaque exil et chaque détresse un peu de l'exil d'Égypte ; c'est pourquoi l'on raconte chaque jour la sortie d'Égypte.
Et c'est ce que dit '[voici] nous...', c'est-à-dire qu'on ressent à chaque instant l'exil d'Égypte, sauf qu'on est délivre continuellement par la force de la première délivrance, comme ci-dessus. 'Et il descendit en Égypte' - contraint par la parole. Nous avons expliqué que Joseph est appelé 'la bouche de la parole' (pi ha-dibbour) ; le signe en est 'car c'est ma bouche qui vous parle' (Genèse 45,12) ; et l'explication à été exposée ailleurs.
Et parce qu'il [le méchant] s'est exclu de la collectivité... 'émoussé-lui les dents...', 's'il avait été la il n'aurait pas été délivre'. Car l'essentiel de la délivrance de l'asservissement d'Égypte est de se rendre prêt à recevoir la royauté des cieux, comme il est écrit 'car ce sont Mes serviteurs' (Lévitique 25,55) - serviteurs de ה' et non serviteurs de Pharaon ; et de même il est écrit 'Je vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être pour vous un Elokim' (Nombres 15,41).
C'est ce que dit 'à cause de cela' (Exode 13,8) - pour accomplir Ses commandements. C'est pourquoi le méchant, qui refuse le service du Créateur, renie le principe et n'à point de part dans la délivrance d'Égypte...
Et de même il est écrit 'quand Israël sortit [d'Égypte]... Juda devint Son sanctuaire, Israël Son domaine' (Psaume 114,1-2).
C'est-à-dire qu'ils étaient prêts aussitôt à accepter sur eux Sa royauté, béni soit-Il, et à Le proclamer roi, pour manifester Sa domination sur toutes les créatures, comme il est écrit 'Je ferai sortir Mes armées' (Exode 7,4).
למוד הוא. פי' שצמצם כביכול כחו והלביש עצם קדושתו באותיות התורה כמ"ש הביט בתורה וברא כו'.
וכדאיתא אדם יושב ושונה כביכול הקב"ה יושב ושונה כנגדו:
'C'est [affaire d']étude'. C'est-à-dire qu'Il à contracté (tsimtsem), pour ainsi dire, Sa force et à revêtu l'essence de Sa sainteté dans les lettres de la Torah, comme il est dit 'Il regarda dans la Torah et créa [le monde]'.
Et comme il est rapporté : un homme est assis et étudie, [et] pour ainsi dire le Saint, béni soit-Il, est assis et étudie en face de lui.
בפסוק וידבר משה כו' מועדי ה' אל בנ"י ומתרגמינן ואלפינון לבנ"י. נ"ל כי מה צריך הכתוב להשמיענו זאת כי בוודאי עשה משה רבינו ע"ה מה שנצטוה.
אבל הענין הוא דכתיב אלה מועדי ה' ובזוה"ק שנק' ימים טובים על שם האור כי טוב אור זרוע לצדיק כו'. והפי' שבנ"י קודם החטא היו דבקים בהדעת והי' נגלה בשעת מתן תורה אור הגנוז.
אח"כ ע"י החטא נפלו ממדריגתם וחזר ונגנז האור. אמנם בהמועדות חוזרין בני ישראל למקומן הראשון לכן נקראו מקראי קודש כי מקודם כתיב תהיו לי כו' קדוש.
ואחר החטא היו רק בבחי' טהרה. לכן ניתן להם טהרת פרה.
כי מקודם לא הי' כלל טומאת מת. חירות ממיתה כו'.
אמנם ימים אלו נק' מקראי קודש כנ"ל. לכן כתיב אלה שהוא תיקון החטא שנק' אלה כנ"ל.
כמ"ש אלה פקודי המשכן ע"ש בזוה"ק ומדרשים. והנה מרע"ה לא חטא והי' פעולה גדולה שלמד להם מרע"ה ענין המועדות שכבר נתרחקו בנ"י ממדריגה זו.
רק השי"ת במתנה נתן להם כח לקבל המועדות כנ"ל. ולכן כתיב שלש פעמים בשנה יראה כו'.
עבד שרבו מצפה לראותו כו'. א"כ קשה למה לא יקבל פני האדון בכל יום.
אך שאינו יכול להיראות פני ה' דאיתא כשם שבא לראות כו'. רק בימים הללו שבנ"י חוזרין למקומם הראשון ואור הצפון נגלה כנ"ל:
Dans le verset 'Et Moché dit... les fêtes de ה' aux enfants d'Israël' (Lévitique 23,44), et nous traduisons [par le Targum] 've-alfinon li-vnei Israël' (et il les enseigna aux enfants d'Israël). Il me semble : pourquoi l'Écriture doit-elle nous faire savoir cela, car assurément Moché notre maître, paix sur lui, à fait ce qui lui fut ordonné ?
Mais l'affaire est : il est écrit 'ce sont les fêtes de ה'', et dans le saint Zohar [il est dit] qu'on les appelle 'jours bons' (yamim tovim) à cause de la lumière, 'car [elle était] bonne', 'une lumière est semée pour le juste' (Psaume 97,11). Et l'explication : les enfants d'Israël, avant la faute, étaient attachés à la Connaissance (daat), et se révélait au moment du don de la Torah la lumière cachée (or ha-ganouz).
Ensuite, par la faute, ils tombèrent de leur niveau et la lumière se cacha de nouveau. Toutefois, dans les fêtes, les enfants d'Israël reviennent à leur place première ; c'est pourquoi elles sont appelées 'convocations saintes' (mikraei kodech), car auparavant il est écrit 'vous serez pour Moi... saints', tandis qu'après la faute ils n'étaient plus que dans l'aspect de la pureté (tahara).
C'est pourquoi leur fut donnée la purification par la [vache rousse] : car auparavant il n'y avait aucune impureté du mort - liberté à l'égard de la mort... Toutefois ces jours sont appelés convocations saintes, comme ci-dessus.
C'est pourquoi il est écrit 'ce sont' (eleh), ce qui est la réparation de la faute, appelée 'eleh' comme ci-dessus, comme il est écrit 'ce sont (eleh) les comptés du Tabernacle' - vois-y dans le Zohar et les midrashim. Et voici : notre maître Moché, paix sur lui, n'avait pas faute, et ce fut une grande action qu'il enseignât aux enfants d'Israël l'affaire des fêtes, alors qu'ils s'étaient déjà éloignés de ce niveau ; seulement le Saint, béni soit-Il, leur donna en cadeau la force de recevoir les fêtes, comme ci-dessus.
Et c'est pourquoi il est écrit 'trois fois par an [tout mâle] paraîtra...' (Exode 23,17) - un serviteur dont le maître attend de le voir... Si oui, il est difficile : pourquoi ne recevrait-il pas la face du Maître chaque jour ?
Mais c'est qu'il ne peut voir la face de ה', car il est enseigné 'de même qu'il vient pour voir [ainsi il vient pour être vu]'. C'est seulement en ces jours où les enfants d'Israël reviennent à leur place première et où la lumière réservée (or ha-tsafoun) se révèle, comme ci-dessus.
ב"ה מימים אחרונים של פסח בקיצור עירבובי דברים
Avec l'aide du Ciel. Dès derniers jours de Pessa'h, en bref, propos mêlés.
הפרש הגאולה שביציאת מצרים לקריעת י"ס. עפ"י מה דאיתא שבנ"י נק' עבדים ובנים.
וביצ"מ קבלו מלכות שמים כמ"ש הללו עבדי ה' ולא עבדי פרעה וכ"כ עבדי הם אשר הוצאתי כו'. אח"כ קי"ס בחי' בנים.
וז"ש ולא נחם במדרש שלא ניחם הבורא ית' על צער שהי' להם כו' וזה בחי' בנים. [אחרי כתבי זאת מצאתי רשום אצלי בשם מו"ז ז"ל מענין זה באופן אחר קצת כי השי"ת העמיד את בנ"י במדריגה פחותה מאוד בעת קי"ס כמ"ש שהי' קטרוג הללו עע"ז והללו כו'.
כדי שיהי' הצלה רק מצד שהם בניו לא מצד זכות מעשיהם. לכן נזכר כמה פעמים בניו המעביר בניו.
וראו בניו כו'. וגם אמר שעפ"י הקבלה נק' זאת מוחין דקטנות עכ"מ והמש"י].
וכ"כ המעביר בניו בין גזרי ים סוף כו' וראו בניו גבורתו כו' מלכותך ראו בניך בוקע ים כו' הכל בבחי' בנים. כי מקודם הי' הגאולה צורך להצילם מכח המצרים.
אבל אח"כ שנאמר וישובו כו' הי' רק לתוספות חיבה יתירה והוא בחי' בנים. ומקודם כתיב לא תצאו איש מפתח ביתו כו' שלא היו יכולין לראות במפלת הרשעים אח"כ כתיב וירא ישראל את מצרים מת כו' וכבר כתבתי מזה במ"א:
La différence entre la délivrance de la sortie d'Égypte et la fente de la mer [des Joncs] (keriat yam souf). D'après ce qui est enseigné que les enfants d'Israël sont appelés 'serviteurs' et 'enfants'.
À la sortie d'Égypte ils reçurent la royauté des cieux, comme il est écrit 'car ce sont Mes serviteurs' - serviteurs de ה' et non serviteurs de Pharaon ; et de même 'ce sont Mes serviteurs que J'ai fait sortir...' (Lévitique 25,55). Ensuite, la fente de la mer : aspect d'enfants (banim).
Et c'est ce que dit 'et Il ne les conduisit pas', [dont] le midrach [dit] que le Créateur, béni soit-Il, ne s'apaisa pas de la peine qu'ils avaient eue... et ceci est l'aspect d'enfants. [Après avoir écrit cela, j'ai trouvé note chez moi, au nom de mon grand-père maître, de mémoire bénie, [un propos] sur ce sujet d'une manière un peu différente : que le Saint, béni soit-Il, plaça les enfants d'Israël à un niveau très bas lors de la fente de la mer, comme il est dit qu'il y eut une accusation - 'ceux-ci pratiquent l'idolâtrie et ceux-là aussi...' - afin que le salut ne vienne que du côté qu'ils sont Ses enfants, non du côté du mérite de leurs actes ; c'est pourquoi il est mentionné plusieurs fois 'Ses enfants' : 'Il fait passer Ses enfants', 'et Ses enfants virent...'.
Et il dit aussi que, selon la Kabbale, cela s'appelle 'conscience de petitesse' (mohin de-katnout). Jusqu'ici ce que j'ai trouvé, et l'homme avisé comprendra.] Et de même 'Il fait passer Ses enfants entre les morceaux de la mer des Joncs...', 'et Ses enfants virent Sa puissance...', 'Ta royauté, Tes enfants la virent lorsque Tu fendis la mer...' - tout cela dans l'aspect d'enfants.
Car auparavant la délivrance était un besoin, pour les sauver de la force des Égyptiens ; mais ensuite, quand il est dit 'et [les eaux] revinrent...', ce ne fut que par surcroît d'affection particulière, et c'est l'aspect d'enfants. Et auparavant il est écrit 'nul d'entre vous ne sortira de la porte de sa maison...' (Exode 12,22), car ils ne pouvaient pas voir la chute des méchants ; ensuite il est écrit 'et Israël vit l'Égyptien mort...' (Exode 14,30).
Et j'ai déjà écrit de cela ailleurs.
ויושע ה' ביום ההוא כו' וירא ישראל את היד הגדולה אשר עשה ה' במצרים וייראו כו' ויאמינו כו' אז ישיר כו'. איתא בגמ' הגדולה זו מעשה בראשית.
וביציאת מצרים נגלה ונתברר כח הבורא ית' אשר הוא מנהיג הכל. לכן אחר הישועה מיד מצרים ראו את יד הגדולה שנתקן עתה.
עשה הוא לשון תיקון כמ"ש וימהר לעשות אותו. את הנפש אשר עשו בחרן.
אח"כ וייראו יראת הרוממות ע"י השגה גדולה שהשיגו. והוא סימן אמת.
השגה שמביא לידי יראה. ותפסו אומנת אבותם כמ"ש ביעקב ויירא ויאמר מה נורא כו' אחר חלום הגדול הזה כמ"ש שם.
אח"כ אז ישיר שהוציאו מכח אל הפועל הארה הפנימיות שבהם דכתיב משכני אחריך נרוצה. איתא במד' נכון כסאך אעפ"י שמעולם אתה נתישבה כסאך מאז ישיר.
פי' כי השי"ת מנהיג העולם וכל הטבע. אבל אינו ניכר כחו כביכול.
ויש קושיות. אבל ביציאת מצרים נגלה ונתישב הקושיא שאמר אברהם מי הוא בעל הבירה כו'.
ואיתא אורייתא וקוב"ה וישראל כולהו חד. וכמו שהבורא ית' עלה לפניו אז לגלות כח השגחתו.
כן נמשכו אחריו בנ"י לגלות כח התלהבות שבהם. וכעין אלה הדברים שמעתי מפה קדוש אמו"ז ז"ל על הא דאיתא שנענש חזקי' על שלא אמר שירה בנס דסנחריב.
והגם כי הטעם הי' ע"י שבלא הנס הי' ג"כ ברור אצלו כח הבורא ית' ולא נתחדש לו דבר. אך כשהקב"ה רוצה להראות כחו צריכין בנ"י ג"כ להודות ולהלל לפניו עכ"ד:
'Et ה' sauva en ce jour-la... et Israël vit la grande main que ה' avait exercée contre l'Égypte ; et [le peuple] craignit... et ils crurent... alors chanta...' (Exode 14,30-31 ; 15,1). Il est enseigné dans la Guemara [que] 'la grande [main]' c'est l'œuvre de la Création (maasse bereshit).
Et à la sortie d'Égypte se révéla et se clarifia la force du Créateur, béni soit-Il, qui dirige tout. C'est pourquoi, après le salut de la main de l'Égypte, ils virent la grande main qui fut maintenant remise en ordre. 'Il fit' (assa) est un langage de réparation (tikoun), comme il est dit 'et il se hâta de le faire (laassot)', [et] 'les âmes qu'ils avaient faites à Haran' (Genèse 12,5).
Ensuite 'et ils craignirent' - la crainte de l'exaltation, par la grande saisie [spirituelle] qu'ils atteignirent ; et c'est un signe de vérité : une saisie qui amène à la crainte. Et ils s'emparèrent du métier de leurs pères, comme il est dit de Yaakov 'et il craignit, et il dit : que ce lieu est redoutable...' (Genèse 28,17), après ce grand songe, comme il est écrit la.
Ensuite 'alors chanta' - qu'ils firent passer de la puissance à l'acte l'illumination de l'intériorité qui était en eux, comme il est écrit 'entraîne-moi après toi, courons' (Cantique 1,4). Il est enseigné dans le midrach 'ton trône est établi' (Psaume 93,2) - bien que de toute éternité Tu sois, Ton trône s'est établi 'depuis lors (me-az)' - 'alors (az) chanta'.
C'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, conduit le monde et toute la nature, mais Sa force n'est pas reconnue, pour ainsi dire, et il y a des difficultés [des objections]. Mais à la sortie d'Égypte se révéla et se résolut la difficulté qu'avait exprimée Abraham : 'qui est le maître de ce chateau...'.
Et il est enseigné : la Torah, le Saint (béni soit-Il) et Israël sont tous un. Et de même que le Créateur, béni soit-Il, s'éleva alors devant Lui-même pour révéler la force de Sa providence, de même les enfants d'Israël se laissèrent entraîner à Sa suite pour révéler la force de l'enthousiasme (hitlahavout) qui était en eux.
Et des paroles semblables à celles-ci, je les ai entendues de la bouche sainte de mon grand-père maître, de mémoire bénie, sur ce qui est enseigné que Hizkiyahou (Ezechias) fut puni pour n'avoir pas dit de cantique lors du miracle de Sennacherib. Et bien que la raison en fut que, même sans le miracle, la force du Créateur, béni soit-Il, lui était déjà claire et que rien de nouveau ne lui fut révélé - cependant, quand le Saint, béni soit-Il, veut montrer Sa force, les enfants d'Israël doivent eux aussi Le remercier et Le louer devant Lui.
Jusqu'ici ses paroles.
אז נבהלו כו'. ומאין ידעו בנ"י בעת השירה מזה.
בלי ספק הרגישו בנפשותם הסרת כח האומות. דכ' יצב גבולות עמים למסכר בני ישראל.
שכל האומות מתנגדים לעבודת בנ"י. ולכן בעלי עבודה מרגישין הכל בעצמם.
ובאמת הי' רצון בנ"י בשירה זאת להטות כל הברואים אליו ית'. וכך הי' לולא רשעת עמלק ימ"ש שבא ועירבב אותנו.
ומדכתיב נבהלו אלופי אדום גם עמלק בכלל אלופי אדום כדכתיב אלוף עמלק כו'. אך אף שנבהל לפי שעה חזר ומסר נפשו לרע כדכ' ולא ירא אלקים.
אף שידע כי ה' עם בני ישראל:
'Alors furent épouvantés...' (Exode 15,15). Et d'où les enfants d'Israël savaient-ils cela au moment du cantique ?
Sans doute ressentirent-ils en leurs âmes le retrait de la force des nations. Car il est écrit 'Il fixa les frontières des peuples selon le nombre des enfants d'Israël' (Deutéronome 32,8) - [c'est-à-dire] que toutes les nations s'opposent au service des enfants d'Israël ; c'est pourquoi les hommes de service ressentent tout en eux-mêmes.
Et en vérité la volonté des enfants d'Israël, dans ce cantique, était d'incliner toutes les créatures vers Lui, béni soit-Il ; et ainsi en eut-il été, n'eut été la méchanceté d'Amalek - que son nom soit efface - qui vint et nous embrouilla. Et du fait qu'il est écrit 'les chefs (aloufei) d'Edom furent épouvantés', Amalek aussi est compris parmi les chefs d'Edom, comme il est écrit 'le chef Amalek...' (Genèse 36,16).
Seulement, bien qu'il ait été épouvante sur le moment, il revint et livra son âme au mal, comme il est écrit 'et il ne craignit pas Elokim' (Deutéronome 25,18), bien qu'il sut que ה' était avec les enfants d'Israël.
ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת. כי איתא במדרש ז' של פסח במקום שבת ע"ש סוף פ' בא.
ומצה לשון מסה ומריבה כדאיתא בזוה"ק. ובימי הפסח נגמר ענין יציאת מצרים בסיוע מצות המצה שכל הימים ימי מלחמה הם.
אמנם יום הז' נגמר הפעולה בלבות בנ"י להיות בני חורין ממש מגלות מצרים ונקרא עצרת. וכ"כ בזוה"ק כי הז' ימים [*אכילת] מצה מועילים על כל השנה שיהי' דבוק האמונה בלי פעולת המצה עוד.
והנה מצה נק' מיכלא דמהימנותא. ואיתא ביום הז' וייראו העם כו' ויאמינו.
אף דגם מקודם כתיב ויאמן העם וישמעו כי פקד כו'. אך החילוק הוא שמקודם הי' האמונה תלוי בדבר מיוחד כי פקד וכי ראה כו'.
אבל עכשיו כתיב ויאמינו בה' ממש בלי פעולת סיבה ודבר מיוחד. [וכן בסוכות כתיב ביום האחרון והיית אך שמח שמכל הימים נגמר השמחה להיות דבוק בעצם איש הישראלי כנ"ל]:
'Six jours tu mangeras des azymes, et le septième jour [ce sera] rassemblement solennel (atseret)' (Deutéronome 16,8). Car il est enseigné dans le midrach que le septième [jour] de Pessa'h est à la place du Chabbat - vois-y a la fin de la paracha Bo.
Et 'matsa' est un langage de 'contestation et querelle' (massa oumeriva), comme il est rapporté dans le Zohar. Et durant les jours de Pessa'h s'achève l'affaire de la sortie d'Égypte, avec l'aide du commandement de la matsa, car tous ces jours sont des jours de guerre.
Toutefois, le septième jour, s'achève l'action dans les cœurs des enfants d'Israël, [pour qu'ils deviennent] véritablement des hommes libres de l'exil d'Égypte ; et [ce jour] est appelé atseret. Et de même il est écrit dans le Zohar que les sept jours [de consommation] de matsa sont utiles pour toute l'année, de sorte que la foi demeure attachée sans plus [avoir besoin de] l'action de la matsa.
Et voici : la matsa est appelée 'nourriture de la foi' (mikhla di-mehemnouta). Et il est écrit, au septième jour, 'et le peuple craignit... et ils crurent'.
Bien qu'auparavant aussi il soit écrit 'et le peuple crut, et ils entendirent qu'Il avait visite...' (Exode 4,31), la différence est que, auparavant, la foi dépendait d'une chose particulière - 'qu'Il avait visite' et 'qu'Il avait vu...' - tandis que maintenant il est écrit 'et ils crurent en ה'' véritablement, sans l'action d'une cause ni d'une chose particulière. [Et de même, à Souccot, il est écrit au dernier jour 'et tu seras seulement joyeux' (Deutéronome 16,15), car de tous les jours s'achève la joie, pour qu'elle soit attachée à l'essence même de l'homme israélite, comme ci-dessus.]
תרל"ט
[תרל"ט]
ב"ה מימי פסח בקצרה
Avec l'aide du Ciel. Dès jours de Pessa'h, en bref.
עבדים היינו לפרעה מלך קשה. במצרים מדינה קשה מקום טומאה.
והוציאנו השי"ת משם והוא בחי' ימים ראשונים של פסח. ובקי"ס הי' הגאולה ממלך קשה שהטביעם בים.
ונגד ב' אלו עשה עמנו הבורא ית' ג"כ שהכניסנו בכלל עבדי ה'. והביאנו לירושלים בית מקדשו מקום טהור מלך קדוש ומדינה קדושה:
'Nous étions esclaves de Pharaon' - un roi dur, en Égypte, un pays dur, lieu d'impureté ; et le Saint, béni soit-Il, nous fit sortir de la : c'est l'aspect des premiers jours de Pessa'h. Et à la fente de la mer, la délivrance fut [d'auprès] du roi dur qui les avait noyés dans la mer.
Et face à ces deux [délivrances], le Créateur, béni soit-Il, agit aussi envers nous [de deux manières] : Il nous fit entrer dans la catégorie des serviteurs de ה', et Il nous amena à Jérusalem, la maison de Son sanctuaire, lieu pur, roi saint et pays saint.
כל המרבה לספר ביציאת מצרים הרי זה משובח. משובח ממש.
כי יצ"מ אין לו סוף וכמ"ש אלו לא הוציא כו' הרי אנו ובנינו כו'. כמו כן וכש"כ מדה טובה שהיא הגאולה משם בוודאי נוגע לדורי דורות.
וכ' הוצאתי אתכם מארץ מצרים להיות לכם לאלקים. ולכן כפי מה שמעוררין גאולת מצרים ע"י הסיפור כמו כן זוכין להמשיך מלכות שמים עלינו ואין לזה שיעור.
ואפי' כולנו חכמים כו'. מ"מ ע"י הסיפור נגאלין עוד מתחת יד היצה"ר ומתעלין ביותר עד שאחז"ל להביא ימות המשיח.
שע"י סיפור יצ"מ בכל שנה ושנה נתוסף הדעת עד שעי"ז יזכו לביאת משיח בב"א. ואז יתקיים להיות לכם לאלקים:
'Quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte, celui-là est digne de louange.' Digne de louange véritablement. Car la sortie d'Égypte n'à pas de fin, comme il est dit 's'Il n'avait pas fait sortir... voici, nous et nos enfants...'.
De même, et à plus forte raison, la bonne mesure - qui est la délivrance de la-bas - touche assurément les générations des générations. Et il est écrit 'Je vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être pour vous un Elokim'.
C'est pourquoi, dans la mesure où l'on éveille la délivrance d'Égypte par le récit, dans cette même mesure on mérite d'attirer sur nous la royauté des cieux, et cela n'à pas de limite. Et 'même si nous sommes tous sages...', néanmoins, par le récit on est encore délivre de dessous la main du mauvais penchant (yetser ha-ra) et l'on s'élève davantage, jusqu'à ce que nos Sages ont dit '[pour] amener les jours du Messie'.
Car par le récit de la sortie d'Égypte, chaque année, s'ajoute la Connaissance (daat), jusqu'à ce que, par cela, on mérite la venue du Messie, bientôt et de nos jours, amen. Et alors s'accomplira 'pour être pour vous un Elokim'.
ברוך שומר הבטחתו כו' חישב הקץ לעשות כמ"ש לאאע"ה בברית בין הבתרים שנא' כו' גר יהי' זרעך כו' ארבע מאות שנה. ונראה דזה רמז על ד' מלכיות.
דהא קשה כיון שביקש ה' להראות לאבינו אברהם כל הגלות למה לא הראה לו גלותינו זאת שהוא מר ממות. אבל הכל הראה לו.
כי בגלות מצרים הי' נכלל כל הד' מלכיות. אך בעבור רחמי הבורא ית' מיהר לגאול אותנו משם כי ברגע א' ח"ו היו כלין כידוע.
ולכן הוצרכנו אח"כ לגלות שאר המלכיות להשלים הד' מאות שנה. ולכן נק' בחפזון ע"י שמיהר הקץ קודם הזמן ולכן יש בו ד' לשונות גאולה כמ"ש במ"א מזה:
'Béni soit Celui qui garde Sa promesse...' - Il à calcule le terme (ha-kets) pour agir, comme Il [le dit] à notre père Abraham, paix sur lui, lors de l'alliance entre les morceaux (brit bein ha-betarim), lorsqu'il fut dit '...ta descendance sera étrangère... quatre cents ans' (Genèse 15,13). Et il semble que ceci fasse allusion aux quatre royaumes (arba malkhiyot).
Car il y a une difficulté : puisque ה' voulut montrer à notre père Abraham tout l'exil, pourquoi ne lui montra-t-Il pas notre exil présent, qui est plus amer que la mort ? Mais Il lui montra tout : car dans l'exil d'Égypte étaient inclus les quatre royaumes.
Seulement, en raison de la miséricorde du Créateur, béni soit-Il, Il se hâta de nous délivrer de la, car en un seul instant, à Dieu ne plaise, ils auraient été anéantis, comme on sait. C'est pourquoi il nous fallut ensuite l'exil des autres royaumes, pour compléter les quatre cents ans.
Et c'est pourquoi elle [la sortie] est appelée 'en hâte' (be-hipazon), du fait qu'Il hâta le terme avant le temps [fixe] ; et c'est pourquoi il y a en elle quatre expressions de délivrance, comme je l'ai écrit ailleurs à ce sujet.
מצה זו כו' שלא הספיק בצקם של אבותינו להחמיץ כו'. פי' כמ"ש חז"ל שהיו ח"ו נטבעין במ"ט שערי טומאה.
וחמץ רמז ליצה"ר שאור שבעיסה. ועד שלא החמיצה עיסתן של ישראל נגלה עליהם אור הקדושה.
וכמו כן בוודאי מתקיים בכל שנה ושנה. ולרמוז זה איתא חוטפין מצה בלילי פסחים.
כמ"ש בחפזון יצאת. שצריכין למהר להחזיק עצמנו במצות הנהוגין בליל פסח שמתעורר חסד הזה בכל שנה.
כמ"ש ליל שמורים הוא:
'Cette matsa... parce que la pâte de nos pères n'eut pas le temps de lever...'. C'est-à-dire, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie, qu'ils étaient, à Dieu ne plaise, enfoncés dans les quarante-neuf portes de l'impureté (mem-têt chaarei toum'à).
Et le hamets (levain) fait allusion au mauvais penchant, 'le levain qui est dans la pâte'. Et avant que la pâte d'Israël n'eut lève, se révéla sur eux la lumière de la sainteté ; et de même, assurément, [cela] s'accomplit chaque année.
Et pour faire allusion à cela, il est enseigné qu'on saisit (hotfin) la matsa les nuits de Pessa'h, comme il est écrit 'en hâte tu es sortie' (Deutéronome 16,3) - car il faut se hâter de nous saisir des commandements en usage la nuit de Pessa'h, [nuit] où s'éveille cette bonté ('hessed) chaque année, comme il est écrit 'c'est une nuit de garde (leil chimmourim)' (Exode 12,42).
פסח פה סח כדאיתא בספרים. דהנה כל מצות לילה זו בפה.
סיפור ואכילה ושתי'. כי עיקר כחן של ישראל בפה.
וביצ"מ ניתן להם זה הכח כמ"ש במ"א בפ' הרחב פיך. ותינוק שמתחיל לדבר אביו מלמדו תורה.
לכן סיפור יצ"מ הכנה אח"כ לקבלת התורה וזה ואמלאהו. וכן במצות בכורים וענית ואמרת.
וכמו כן בפסח התחלת השנה צריכין להודות על התחלת בחירת בנ"י כי פה הוא התחלת הדבר פתיחת ההסגר. אח"כ בקבלת התורה נגמר הבאת הביכורים כדכ' וביום הביכורים שהוא גמר הבאת פרי העבודה של בנ"י בכל שנה ושנה:
'Pessa'h' - 'la bouche parle' (pe sah), comme il est rapporté dans les livres. Car voici : tous les commandements de cette nuit [se font] par la bouche - le récit, le manger et le boire ; car l'essentiel de la force d'Israël est dans la bouche.
Et à la sortie d'Égypte leur fut donnée cette force, comme je l'ai écrit ailleurs, sur [le verset] 'élargis ta bouche [et je le remplirai]' (Psaume 81,11). Et le nourrisson qui commence à parler, son père lui enseigne la Torah ; c'est pourquoi le récit de la sortie d'Égypte est une préparation, ensuite, à la réception de la Torah, et c'est [le sens de] 'et je le remplirai' (ve-amale'ehou).
Et de même dans le commandement des prémices : 'tu prendras la parole et tu diras' (Deutéronome 26,5). Et de même à Pessa'h, début de l'année, il faut rendre grâce pour le commencement du choix des enfants d'Israël, car la bouche est le commencement de la chose, l'ouverture de la clôture (petihat ha-hesger).
Ensuite, à la réception de la Torah, s'achève l'apport des prémices, comme il est écrit 'et au jour des prémices' (Nombres 28,26), qui est l'achèvement de l'apport du fruit du service des enfants d'Israël, chaque année.
יכול מר"ח ת"ל ביום ההוא כו' בעבור זה כו'. דהנה מחויבים לעולם לזכור יצ"מ אך אין יכולין לספר ולברר יצ"מ כראוי רק בלילה הזה.
לכן כתיב בעבור זה שהוא התגלות הגאולה בלבות בנ"י ומצות לילה זו מועילין על כל השנה שנוכל להזכיר יצ"מ. לכן כתיב למען תזכור פי' ע"י עבודת לילה זו תזכור כל ימי חייך.
ואיתא בזוה"ק אי חמץ מרמז ליצה"ר למה הותר כל השנה. ומתרץ על פי משל שהחולה נזהר איזה ימים נתחזק ואין מזיק לו שוב ע"ש פ' בא.
וז"ש שע"י מצות אלו תזכור כל ימי חייך אף שתאכל בהם חמץ ושאור. רק בשבעת הימים החמיר כ"כ בחמץ ובמשהו.
והענין הוא כי בהתחלת קבלת עול מלכות שמים צריכין לקבל על עצמו בכל כחו כאשר הגיד אא"ז מו"ר ז"ל בענין אזהרת יהושע את בנ"י בעודם בירדן שלא ישאירו מז' עממין וע"י שקיבלו עליהם בלב שלם עברו הירדן ע"ש. וכלל הענין ללמד בא כי בתחילת העבודה צריך להיות בבל יראה ובל ימצא אף משהו בראשית השנה וזה מסייע על כל השנה:
'On pourrait [penser que l'obligation commence] dès le début du mois (roch hodesh) - l'enseignement dit [donc] : "en ce jour-la...", "à cause de cela..."'. Car voici : nous sommes obligés pour toujours de nous souvenir de la sortie d'Égypte, mais nous ne pouvons la raconter et la clarifier comme il convient que dans cette nuit-ci.
C'est pourquoi il est écrit 'à cause de cela' (baavour ze), qui est la révélation de la délivrance dans les cœurs des enfants d'Israël ; et les commandements de cette nuit sont utiles pour toute l'année, de sorte que nous puissions mentionner la sortie d'Égypte. C'est pourquoi il est écrit 'afin que tu te souviennes' (Deutéronome 16,3) - c'est-à-dire : par le service de cette nuit tu te souviendras tous les jours de ta vie.
Et il est enseigné dans le Zohar : si le hamets fait allusion au mauvais penchant, pourquoi est-il permis toute l'année ? Et il répond par une parabole : le malade se préserve quelques jours, [puis] se renforce et [le mets] ne lui nuit plus - vois-y la paracha Bo.
Et c'est ce que dit : par ces commandements tu te souviendras tous les jours de ta vie, même si tu manges pendant [les autres jours] du hamets et du levain ; seulement, durant les sept jours, [la Torah] s'est montrée si sévère à l'égard du hamets, [même] en quantité infime (be-mashehou). Et l'affaire est que, au commencement de la réception du joug de la royauté des cieux, il faut recevoir [ce joug] sur soi de toute sa force, comme l'à dit mon grand-père notre maître, de mémoire bénie, au sujet de l'avertissement de Josue aux enfants d'Israël, alors qu'ils étaient encore dans le Jourdain, de ne rien laisser des sept nations : et parce qu'ils reçurent [cela] sur eux d'un cœur entier, ils traversèrent le Jourdain - vois-y.
Et l'ensemble de l'affaire vient enseigner qu'au début du service il faut être dans [l'état de] 'qu'il ne soit pas vu et qu'il ne se trouve pas' (bal yeraeh où-val yimatse), même une quantité infime, au commencement de l'année, et cela aide pour toute l'année.
בענין המכות שדרשו חכמים והוסיפו ועמדו על ס' ועל ר"מ ועל ש' מכות. בוודאי הכל אמת במקומות מיוחדים.
ועל ענין זה אמרו כל המרבה לספר ביצ"מ שיכולין להוסיף ע"י סיפור יצ"מ שיתפשטו המכות ביותר. והנה עשר מכות.
ודצ"ך עד"ש באח"ב ג'. וס' ור"מ וש' עולה בס"ה תרי"ג נגד תרי"ג מצות:
Au sujet des plaies, que les Sages ont interprétées, et [dont] ils ont ajouté et sont parvenus à 60, à 240 et à 300 plaies : assurément tout est vrai, en des lieux particuliers. Et c'est sur ce sujet qu'ils ont dit 'quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte' - que l'on peut ajouter, par le récit de la sortie d'Égypte, de sorte que les plaies se déploient davantage.
Et voici : dix plaies ; et 'DeTsaKh ADaSh BeAHaV' - trois [groupes] ; et 60, 240 et 300 s'élèvent, au total [avec 10 et 3], à 613 (תרי"ג), face aux 613 commandements (taryag mitsvot).
Le grand-père du Sfat Emet rapporte du Zohar Emor que les fêtes sont appelées « jour bon » (Yom Tov) parce que la lumière cachée (or ha-ganouz) y brille, « une lumière est semée pour le juste » (Tehilim 97,11). On demande « rassasie-nous de Ta bonté » pour prendre cette illumination toute l'année ; D.ieu a transmis à Israël des temps où elle scintille un peu. Il faut la recevoir de façon fixée dans le cœur : voir et être vu, don et réception, sont une seule chose. Selon Rachi, observer les fêtes compte comme observer les Chabbats : leur sainteté, que l'homme appelle, permet de recevoir aussi celle du Chabbat, donnée en cadeau par une âme supplémentaire (nechama yetera).
Aussi : « entraîne-moi, après toi nous courrons » : foi du pain de misère puis compte du Omer ; la sortie d'Égypte prépare la Torah et le récit la réveille ; « alors chantera » ouvre le chant pour les générations
מו"ז ז"ל הגיד דברי הזוהר אמור שנקראו החגים יום טוב ע"י שמאיר בהם מאור הגנוז ע"ש בפסוק אור זרוע לצדיק. לכן מבקשין שבענו מטובך שנוכל לקחת הארת היו"ט על כל ימי השנה.
כי האור נגנז וכ' בו ויבדל כו' וגם בשבתות ויו"ט יש בהם הבדלה א"כ הוא ענין אחד. והשי"ת בטובו מסר לבנ"י הזמנים שמתנוצץ בהם מאותו האור כי טוב לכן שלש פעמים בשנה יראה כל זכורך יִרְאה יִרָאה כו'.
וכ' ולא יראו פני ריקם. וכמו כן צריכין לקבל אותה ההארה קבוע בלב.
כשם שבא לראות כך בא להיראות. וכתיב בפסוק אחד איש כמתנת ידו כברכת ה' כו' אשר נתן כו' כי הנתינה והקבלה אחד.
ובמ"א הארכנו לכן קצרתי:
Mon grand-père, de mémoire bénie, à rapporté les paroles du Zohar Emor : les fêtes sont appelées 'jour bon' (Yom Tov) parce que la lumière cachée (or ha-ganouz) y brille, comme l'indique le verset 'une lumière est semée pour le juste' (Psaumes 97,11). C'est pourquoi nous demandons 'rassasié-nous de Ta bonté', afin de pouvoir prendre l'illumination du Yom Tov pour tous les jours de l'année.
Car la lumière fut cachée, et il est écrit à son sujet 'et il sépara' etc. ; or dans les chabbats et les fêtes il y a aussi une séparation (havdala), donc c'est une seule et même chose. Et le Nom béni soit-Il, dans Sa bonté, à transmis aux enfants d'Israël les temps [fixés] dans lesquels scintille un peu de cette lumière 'car elle est bonne'.
C'est pourquoi 'trois fois l'an tout mâle chez toi se présentera' (Exode 23,17) -- yireh, yeraeh (il verra, il sera vu) etc. Et il est écrit 'et l'on ne se présentera pas devant Ma face les mains vides' (Exode 23,15).
De même faut-il recevoir cette illumination de façon fixée dans le cœur : de même qu'on vient pour voir, de même on vient pour être vu. Et il est écrit dans un seul verset 'chacun selon le don de sa main, selon la bénédiction de ' Nom qu'Il à donnée' etc.
(Deutéronome 16,17), car le don et la réception sont une seule chose. Ailleurs nous avons développé, aussi ai-je abrégé ici.
ברש"י המקיים מועדות מעלה עליו הכתוב כאלו קיים השבתות. כי באמת קדושת השבת למעלה מהשגת האדם.
לכן אמרו מתנה טובה יש לי כו' שניתנה לבנ"י במתנה. ולכן צריכין להוריד נשמה יתירה לאדם שיוכל לקבל בו הארת השבת.
אבל המועדות נקראים מקראי קודש שצריך האדם לקרוא הקדושה ותלוי בקדושת ישראל כמ"ש אתם כו' ולכן מלאכת אוכל נפש מותר בו כי הוא קדושה הנדבקת בנפשות בנ"י שיוכלו בנ"י להמשיך הקדושה גם במלאכה גשמיית שהוא לצורך הנפש. אמנם ע"י קיום המועדות יכולין בנ"י לקבל קדושת השבת ג"כ במתנה כנ"ל:
Selon Rachi : celui qui observe les fêtes, l'Écriture le lui compte comme s'il avait observe les chabbats. Car en vérité la sainteté du chabbat est au-dessus de la compréhension de l'homme.
C'est pourquoi ils ont dit 'j'ai un bon présent dans Ma réserve' etc., qui fut donné aux enfants d'Israël en cadeau. Et c'est pourquoi il faut faire descendre en l'homme une âme supplémentaire (nechama yetera) pour qu'il puisse recevoir en elle l'illumination du chabbat.
Mais les fêtes sont appelées 'convocations saintes' (mikraei kodech), car l'homme doit appeler la sainteté, et cela dépend de la sainteté d'Israël, comme il est écrit 'vous' etc. C'est pourquoi le travail pour la nourriture (melekhet okhel nefech) y est permis, car c'est une sainteté qui se rattache aux âmes des enfants d'Israël, de sorte que les enfants d'Israël puissent attirer la sainteté même dans un travail matériel qui est pour le besoin de l'âme.
Toutefois, par l'observance des fêtes, les enfants d'Israël peuvent recevoir la sainteté du chabbat elle aussi en cadeau, comme dit plus haut.
בפסוק משכני אחריך נרוצה. לשון ריצה ולשון רצון.
כי מתחלה הוציאנו הבורא ית' ביד חזקה שלא היינו ראוין לגאולה וגם כ' משכו שהי' קשה להם לפרוש מע"ז [גם רמז לדבר כתיב התם אם לא ביד חזקה כו' אמלוך עליכם כו' כמו כן יד חזקה דהכא מתפרש כן והבן] לכן נק' לחם עוני מיכלא דמהימנותא פי' שאין משיגין עדיין טובות הבורא רק להיות נמשך אחריו גם בלי טעם בדרך אמונה. ואח"כ מתחיל ימי הספירה שהוא לברר הגאולה ולהשיג הטובה.
ואיתא כי אמרו בנ"י עדיין לא שלמו ימי הגלות כו' והשיב מרע"ה מדלג על ההרים על הקיצים בזכות אבות עי"ש. והענין הוא כי לא הבינו בנ"י איך יהיו מוכנים להתמשך אחר הבורא ית'.
אמנם ע"י האמונה נמשכו אח"כ בשעה קלה מטיט ולבנים לאמירת השירה. וזה שכנס"י משבחת עצמה אחריך נרוצה שנמשכו אחריו בפסיעה גסה עד שהביאני חדריו והכל הי' אחר שמשכני מהגלות.
נתהפך לבות בנ"י בתשוקה רבה להבורא ית' כמ"ש במ"א שלבות בנ"י מוכנים לזה רק הגלות עיכב אותם בע"כ. וז"ש הוציא כו' בנ"י כו' על צבאותם.
כי באמת הם מוכנים לצבוא צבא לעבודת הבורא ית' בלבד רק שהיו במאסר במצרים. וכשנעשו בני חורין מיד הכיר כל אחד את מקומו ועמדו על מקומותיהם להיות צבאות ה'.
גם על צבאותם הוא למעלה ממקומותיהם כמ"ש בבעלי תשובה שבאים בחילא סגי גבוה ממקום צדיקים גמורים. והיינו אחריך נרוצה שנתמלאו רצון טוב אחר הגאולה.
וע"י הרצון שוב יכולין להמשיך עצמם אחר הבורא ית' מה שלא הבינו בהיותם סגורין בנפשותם כנ"ל. וז"ש בזכות האבות כענין שכ' מורשה שאין ת"ח בוש עצמו לחזור ע"י שירושה היא להם.
והפרישה רק במקרה והדביקות בעצם. ובוודאי הכל במשפט ואיך מדלג על הקיצים והלא גם מקודם הי' זכות אבות ואעפ"כ קצב הקץ.
אבל הכל במדה שאדם מודד וע"י שחמדו בנ"י אחר מעשה אבותיהם ובוחרים בדרכיהם להיות עושים כמעשיהם. עי"ז הרצון וגודל התשוקה נתעורר זכות אבות ונתקרבו אל השורש.
רק שזה הרצון הי' סגור בגלות והקב"ה בוחן כליות ולב וראה שנתמשכו אחריו ברצון נפלא וכפי שדלגו בנ"י אחריו כמו כן דילג על ההרים:
Sur le verset 'entraîne-moi, après toi nous courrons' (Cantique 1,4). C'est un terme de course (ritsa) et un terme de volonté (ratson).
Car au début le Créateur, béni soit-Il, nous à fait sortir à main forte, alors que nous n'étions pas dignes de la délivrance ; et il est aussi écrit 'tirez' (Exode 12,21), car il leur était difficile de se séparer de l'idolâtrie [il y a aussi une allusion à la chose : il est écrit la 'si ce n'est à main forte... Je régnerai sur vous' (Ezechiel 20,33) ; de même la 'main forte' d'ici s'expliqué ainsi, comprends-le].
C'est pourquoi il est appelé 'pain de misère' (le'hem oni), 'nourriture de la foi' (mikhla di-mehemnouta), c'est-à-dire qu'on n'atteint pas encore les bontés du Créateur, seulement être entraîné après Lui, même sans raison, par voie de foi. Et ensuite commencent les jours du compte du Omer, qui servent à clarifier la délivrance et à atteindre le bien.
Et il est rapporté que les enfants d'Israël dirent : les jours de l'exil ne sont pas encore accomplis etc., et Moche notre maître, la paix sur lui, répondit '[il vient] bondissant sur les montagnes' (Cantique 2,8) -- sautant par-dessus les termes fixés, par le mérite des pères ; vois la. Et l'affaire est que les enfants d'Israël ne comprenaient pas comment ils seraient prêts à être entraînés après le Créateur, béni soit-Il.
Mais par la foi ils furent ensuite entraînés, en un court instant, de la boue et des briques à la profession du chant. Et c'est ce dont l'assemblée d'Israël se loue elle-même : 'après toi nous courrons', car ils furent entraînés après Lui à grands pas, jusqu'à ce que 'il m'ait fait entrer dans ses chambres' (Cantique 1,4), et tout cela advint après qu'Il m'eut entraînée hors de l'exil.
Le cœur des enfants d'Israël se retourna en un grand désir vers le Créateur, béni soit-Il, comme je l'ai écrit ailleurs : que les cœurs des enfants d'Israël sont prêts à cela, seul l'exil les en empêchait malgré eux. Et c'est ce qui est dit 'il fit sortir... les enfants d'Israël... selon leurs armées' (Exode 12,51), car en vérité ils sont prêts à former une armée pour le seul service du Créateur, béni soit-Il, sauf qu'ils étaient emprisonnés en Égypte.
Et lorsqu'ils devinrent des hommes libres, aussitôt chacun reconnut sa place et ils se tinrent à leurs placés pour être les armées de ' Nom. 'Selon leurs armées' aussi est au-dessus de leurs propres placés, comme il est dit au sujet des maîtres du retour (baalei techouva) qui viennent avec une grande force, plus haut que la place des justes parfaits. Et c'est cela 'après toi nous courrons', qu'ils se remplirent d'un bon désir après la délivrance.
Et par le désir, ils peuvent de nouveau s'entraîner eux-mêmes après le Créateur, béni soit-Il, ce qu'ils ne comprenaient pas tant qu'ils étaient enfermés dans leurs âmes, comme dit plus haut. Et c'est ce qui est dit 'par le mérite des pères', dans le sens de 'héritage' (moracha), car un savant (talmid 'hakham) n'à pas honte de revenir à l'étude du fait que c'est pour eux un héritage.
La séparation n'est qu'accidentelle et l'attachement est essentiel. Et sans doute tout est selon la justice ; comment donc saute-t-Il par-dessus les termes fixés, alors qu'auparavant aussi il y avait le mérite des pères et que malgré cela Il avait fixe le terme ?
Mais tout est à la mesure dont l'homme mesure ; et parce que les enfants d'Israël désirèrent les actes de leurs pères et choisirent leurs voies pour agir comme eux, par ce désir et cette grande aspiration s'éveilla le mérite des pères et ils se rapprochèrent de la racine. Seulement ce désir était enfermé dans l'exil, et le Saint, béni soit-Il, sonde les reins et le cœur, et Il vit qu'ils s'étaient entraînés après Lui d'un désir merveilleux ; et dans la mesure où les enfants d'Israël bondirent après Lui, de même Il bondit sur les montagnes.
ענין קי"ס אחר יצ"מ דכתיב בהוציאך את העם כו' תעבדון את האלקים כו'. דיצ"מ הי' הכנה לקבלת התורה.
וכן צריך להיות גם עתה עיקר מכוון הגאולה ביצ"מ להיות בן חורין מעבדות בו"ד שנוכל לקבל על עצמנו מלכות השי"ת. כדאיתא במד' ע"פ ויסע משה את ישראל מים סוף.
שסברו בנ"י כי כבר נגמר הכל. ואמר להם כי אדרבא עתה צריכין להכין עצמם לקיים התנאי תעבדון את האלקים כנ"ל.
לכן סופרין ספירה מיד ממחרת השבת לברר כי עיקר המכוון בחירות זה לשעבד עצמנו להשי"ת כנ"ל. כלל הדברים כי יצ"מ הכנה לקבלת התורה.
ולפי"ז י"ל כי יצ"מ וקי"ס הוא נגד בחי' תורה שבע"פ ושבכתב. והוא בחי' נעשה ונשמע.
ולכן ביצ"מ המצוה בפה לספר ביצ"מ. ובקי"ס כתיב ואתם תחרישון וזכו אח"כ לראות בעין הישועה כדכתיב וירא ישראל כו' מצרים מת.
וכתבתי במ"א דמקודם כתיב ואתם לא תצאו ואת"כ הי' הענין שיזכו לראות ישועת ה' התיצבו וראו. וכ"כ וראו בניו גבורתו.
וכמ"ש וכל העם רואים את הקולות. שהם דברים שא"י להוציאם בפה רק להשיג בעין השכל.
כי כל מה שיכולין להוציא בפה הוא בכלל תורה שבע"פ. ושבכתב הוא מה שאין הפה יכול להכיל כמ"ש ואלו פינו מלא שירה כו':
L'affaire de l'ouverture de la mer des Joncs (keriat yam souf) après la sortie d'Égypte (yetsiat Mitsrayim), car il est écrit 'quand tu feras sortir le peuple... vous servirez Dieu' (Exode 3,12). Car la sortie d'Égypte fut une préparation à la réception de la Torah.
Et de même il doit en être aussi maintenant : le but essentiel de la délivrance dans la sortie d'Égypte était d'être libère de l'esclavage de chair et de sang, afin que nous puissions prendre sur nous la royauté du Nom béni soit-Il. Comme il est rapporté dans le Midrach sur le verset 'Moche fit partir Israël de la mer des Joncs' (Exode 15,22) : les enfants d'Israël pensaient que tout était déjà achevé.
Et il leur dit : au contraire, maintenant il faut vous préparer à accomplir la condition 'vous servirez Dieu', comme dit plus haut. C'est pourquoi l'on compte le Omer aussitôt 'au lendemain du chabbat' (Lévitique 23,15), pour clarifier que le but essentiel de cette liberté est de nous asservir au Nom béni soit-Il, comme dit plus haut.
L'essentiel des choses : la sortie d'Égypte est une préparation à la réception de la Torah. Et selon cela on peut dire que la sortie d'Égypte et l'ouverture de la mer correspondent aux catégories de la Torah orale et de la Torah écrite.
Et c'est l'aspect de 'nous ferons et nous entendrons' (naasse ve-nichma). C'est pourquoi, lors de la sortie d'Égypte, la mitsva est par la bouche : raconter la sortie d'Égypte.
Et à l'ouverture de la mer il est écrit 'et vous, vous vous tairez' (Exode 14,14), et ils méritèrent ensuite de voir de leurs yeux le salut, comme il est écrit 'et Israël vit... l'Égyptien mort' (Exode 14,30). Et j'ai écrit ailleurs qu'auparavant il est écrit 'et vous, vous ne sortirez pas' (cf.
Exode 12,22) et qu'ensuite advint la chose : qu'ils méritent de voir le salut de ' Nom, 'tenez-vous et voyez' (Exode 14,13). Et de même il est dit 'et ses fils virent Sa puissance'.
Et comme il est écrit 'et tout le peuple voyait les voix' (Exode 20,15), qui sont des choses qu'on ne peut faire sortir par la bouche, seulement atteindre par l'œil de l'intellect. Car tout ce qu'on peut faire sortir par la bouche est de l'ordre de la Torah orale ; et la Torah écrite est ce que la bouche ne peut contenir, comme il est dit 'et si nos bouches étaient pleines de chant' etc.
ויאמינו בה' ובמשה עבדו. וידוע מ"ש בספרים כי ע"י אמונת חכמים יכולין לבוא לאמונת הבורא ית' כי אמונתו למעלה מאמונת חכמים.
אבל הוא בחי' אני ראשון ואני אחרון. כי יש אמונה בה' מקודם וזה מביא לאמונת חכמים ואח"כ באין לאמונה אמיתית בהשי"ת.
וכן הסדר בכאן ויאמינו בה' אח"כ ובמשה ואח"כ אז ישיר כו' שבהשירה באו בנ"י לאמונה אמיתית כנ"ל. והוא כלל ופרט וכלל כמ"ש ברע"מ פ' וארא:
'Et ils crurent en ' Nom et en Moche Son serviteur' (Exode 14,31). On sait ce qui est écrit dans les livres : par la foi dans les sages on peut parvenir à la foi dans le Créateur, béni soit-Il, car la foi en Lui est au-dessus de la foi dans les sages.
Mais c'est l'aspect de 'Je suis le premier et Je suis le dernier' (Isaie 44,6). Car il y a d'abord une foi en ' Nom, et cela amène à la foi dans les sages, et ensuite on parvient à une foi véritable dans le Nom béni soit-Il.
Et tel est l'ordre ici : 'et ils crurent en ' Nom', puis 'et en Moche', et ensuite 'alors chanta' etc., car dans le chant les enfants d'Israël parvinrent à la foi véritable, comme dit plus haut. Et c'est le schéma général-particulier-général (klal ou-frat où-khlal), comme il est écrit dans le Raaya Mehemna, parachat Vaera.
אז ישיר כו'. והול"ל שר.
רק הפי' שאחר יצ"מ התחיל פתיחת פיהם של בנ"י לשיר לפניו ית' כמ"ש עם זו יצרתי כו' תהלתי יספרו. רק כשהיו בגלות לא היו יכולין להתגלות דברי קודש בעולם ואז התחילו להתגלות שירים והילולים להשי"ת כמ"ש לאמר היינו לדורות.
וכ' ויאמינו בזכות אמונה אמרו שירה כמ"ש במד' אין אז אלא אמונה בטחון כו'. וקשה אחר שראו כל אלה הגבורות מה שייך אמונה בזה.
אבל בוודאי הוא אמונה לדורות. פי' שאז שראו בנ"י ידו הגדולה האמינו בו ית' שגם כשיבואו בכל עת צר וחושך וגלות אעפ"כ לא יפלו מאמונתו ית"ש.
וגם בבעל תשובה איתא שיעיד עליו יודע תעלומות שלא ישוב לדבר הזה אף שיפתנו יצרו כמו בשעת עבירה ראשונה. כמו כן העיד הכתוב על בנ"י שהאמינו בו גם כשיבואו בשאר גליות.
ובכח אותה האמונה יש לנו קיום בכל הגליות גם עתה. וכמו שגאולת מצרים היה נכלל בה כל הגאולות.
כמו כן בכל המעשים הצעקה והאמונה והשירה הכל פתח ושער לכל הדורות. ובאמת כל השירה הוא רק הכנה כמ"ש אשירה.
אנוהו. וארוממנהו.
כי עיקר השירה יהי' נגמר בגאולה האחרונה באבוד רשעים רנה ואז היה התחלה כשנטבעו המצריים. ואפשר הי' נגמר לולי רשעת עמלק שעיכב התיקון.
ובמד' נכון כסאך מאז כו'. כי באמת כח הבורא ית' נמצא בעולם רק שהוא בהסתר מפני הרשעים.
החושך יכסה ארץ. כמ"ש נשבע הקב"ה שאין כסאו שלם כו' עד שימחה זרע עמלק.
פי' שאינו חפץ שיתגלה כבוד שמו ית' בעוד זכרו של עמלק קיים. ובשעת קי"ס הי' מוכן להיות כסא שלם והי' מתרומם כל הבריאה ע"י ישראל שהיו מעלין הבריאה לשורש החיים כמו שהי' בתחלת הבריאה.
והוא ישוב העולם ונק' נתישבה כסאך. וזה נק' אז התדבקות הבריאה בשעה אחת המיוחדת שלמעלה מן הזמן שכל הזמן והבריאה נמשך משם.
שעה זו נק' אז שכולל כל הזמנים ועל זה נאמר נכון כסאך מאז כו':
'Alors chantera' (az yachir) etc. Il aurait fallu dire 'chanta' (char).
Mais l'explication est qu'après la sortie d'Égypte commença l'ouverture de la bouche des enfants d'Israël pour chanter devant Lui, béni soit-Il, comme il est écrit 'ce peuple que Je me suis forme... racontera Ma louange' (Isaie 43,21). Seulement, lorsqu'ils étaient en exil, ils ne pouvaient pas révéler des paroles saintes dans le monde ; et alors commencèrent à se révéler chants et louanges au Nom béni soit-Il, comme il est dit 'pour dire' (lemor), c'est-à-dire pour les générations.
Et il est écrit 'et ils crurent' : par le mérite de la foi ils dirent le chant, comme il est dit dans le Midrach 'az n'est autre que la foi, la confiance' etc. Et c'est difficile : après qu'ils eurent vu toutes ces prouesses, quel rapport avec la foi ?
Mais assurément c'est une foi pour les générations. C'est-à-dire qu'alors, lorsque les enfants d'Israël virent Sa grande main, ils crurent en Lui, béni soit-Il, que même lorsqu'ils viendront à toute époque de détresse, de ténèbres et d'exil, malgré cela ils ne tomberont pas de leur foi en Lui, que Son Nom soit béni.
Et de même, au sujet du maître du retour (baal techouva), il est rapporté que Celui qui connaît les secrets témoigne sur lui qu'il ne reviendra pas à cette chose, même si son penchant le séduit comme au moment de la première transgression. De même l'Écriture à témoigné sur les enfants d'Israël qu'ils crurent en Lui aussi lorsqu'ils viendraient dans les autres exils.
Et par la force de cette foi nous avons subsistance dans tous les exils, même maintenant. Et de même que la délivrance d'Égypte incluait en elle toutes les délivrances, de même dans tous les actes -- le cri, la foi et le chant -- tout est ouverture et porte pour toutes les générations.
Et en vérité tout le chant n'est qu'une préparation, comme il est écrit 'je chanterai' (achira), 'je L'embellirai' (anvehou), 'je L'exalterai' (aromemenhou), au futur, car l'essentiel du chant s'accomplira dans la délivrance dernière, 'à la perte des méchants, allégresse' (Proverbes 11,10), et alors ce fut un commencement lorsque les Égyptiens furent engloutis. Et il aurait peut-être été achevé, n'eut été la méchanceté d'Amalek qui a empêche la réparation (tikoun).
Et dans le Midrach : 'ton trône est établi des lors (me-az)' etc. Car en vérité la force du Créateur, béni soit-Il, se trouve dans le monde, seulement elle est cachée à cause des méchants : 'les ténèbres couvriront la terre' (Isaie 60,2).
Comme il est écrit : le Saint, béni soit-Il, à juré que Son trône n'est pas complet etc., jusqu'à ce que soit effacée la semence d'Amalek. C'est-à-dire qu'Il ne veut pas que se révèle la gloire de Son Nom, béni soit-Il, tant que subsiste le souvenir d'Amalek.
Et au moment de l'ouverture de la mer, le trône était prêt à être un trône complet, et toute la création s'élevait par Israël, qui élevaient la création vers la racine de la vie, comme il en était au commencement de la création. Et c'est le repos du monde, appelé 'ton trône est affermi (nitiachva)'.
Et cela est appelé 'alors' (az) : l'attachement de la création en cette heure unique et particulière qui est au-dessus du temps, dont tout le temps et toute la création découlent. Cette heure est appelée 'az', qui inclut tous les temps, et sur cela il est dit 'ton trône est établi des lors (me-az)' etc.
במד' בשביל אדם יחידי עשיתי יבשה בשביל עדה קדושה על אחת כו"כ כו'. הגם דגם עדה זו יצחו מאדם.
אבל הפי' הוא שבאדם הי' נכלל כל האומות ואעפ"כ לא עיכב הפסולת. ובעבור הצדיקים מבנ"י שעתידין לצאת עשה יבשה.
מכש"כ לבנ"י שכבר נתבררו אף שהי' קיטרוג ע"י חטאים שנמצא עוד אח"כ בבנ"י מ"מ לא יוכלו לעכב רוב הקדושה שנמצא ביניהם. כי בשביל הצדיקים לא הי' ספק בדבר שהרי גם ליחידי הגולה נבקעו הימים רק ע"י שבכלל הי' נמצא עוד חטאים ועל זה בא הקו"ח מאדם כנ"ל:
Dans le Midrach : 'pour un seul homme (Adam) J'ai fait la terre sèche, pour une communauté sainte à plus forte raison' etc. Bien que cette communauté aussi soit issue d'Adam.
Mais l'explication est qu'en Adam étaient incluses toutes les nations, et malgré cela le rebut n'à pas empêche la création de la terre sèche. Et c'est pour les justes issus des enfants d'Israël, destinés à sortir de lui, qu'Il fit la terre sèche.
À plus forte raison pour les enfants d'Israël, qui sont déjà clarifiés : bien qu'il y eut une accusation à cause des fautes qui se trouvent encore ensuite parmi les enfants d'Israël, malgré tout elles ne peuvent empêcher l'abondante sainteté qui se trouve parmi eux. Car pour les justes il n'y avait aucun doute en la chose, puisque même pour l'unique de l'exil les mers se fendirent ; seulement, parce que dans l'ensemble il se trouvait encore des fautes, sur cela vient le raisonnement à fortiori (kal va-homer) tiré d'Adam, comme dit plus haut.
אמר אויב ארדוף כו'. כל אלה הדברים נאמרו בעבור כי כפי רוב גיאות פרעה הרשע נתהפך גאון ישראל.
וכל מה שהבטיח פרעה לעמו במאמרו כן שילם אח"כ הבורא ית' לבנ"י אנשי מלחמתו. כי מלחמת ה' הם לוחמים וע"י רוב שכר שקבלו בנ"י הרגישו במחשבה פרעה שאמר ארדוף אשיג אחלק כו'.
כי מנין להם זה רק ברוה"ק הרגישו כפי מדריגת הקדושה שקבלו עתה מה שעלה במחשבתו כמה מדריגות הטומאה נגד בנ"י. וז"ש לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתי.
תורי זהב נעשה כו' ואיתא גדולה ביזת הים מביזת מצרים והוא הרווחת בנ"י שהרויחו ע"י הגלות כי בכל עצב יהי' מותר וכל הגליות לטובת בנ"י הוא. וז"ש ויושע ה' ביום ההוא וכי עד עתה לא נושעו מהשי"ת ומה ויושע ביום ההוא דקאמר.
רק כי יצ"מ הי' גאולה משיעבוד. ובקי"ס נעשה ישועה.
ולעולם גאולה וישועה סמוכין ביחד. כי אחר גאולה מצרה נצמח ישועה כי הגאולה בעצמה היא רק הצלה.
אבל אח"כ נצמח ישועה ע"י הגלות והגאולה כנ"ל. וזה ויושע ה' ביום ההוא כנ"ל:
'L'ennemi disait : je poursuivrai, je rattraperai, je partagerai' etc. (Exode 15,9).
Toutes ces paroles furent dites parce que, selon la grande superbe du méchant Pharaon, se retourna la fierté (gaon) d'Israël. Et tout ce que Pharaon avait promis à son peuple dans sa déclaration, le Créateur, béni soit-Il, le paya ensuite aux enfants d'Israël, Ses hommes de guerre.
Car ils combattent la guerre de ' Nom ; et par la grande récompense que reçurent les enfants d'Israël, ils perçurent la pensée de Pharaon qui dit 'je poursuivrai, je rattraperai, je partagerai' etc. Car d'où leur venait cela, sinon que par l'esprit saint (roua'h ha-kodech) ils perçurent -- selon le degré de sainteté qu'ils recevaient alors -- ce qui était monté en sa pensée, combien de degrés d'impureté se dressaient contre les enfants d'Israël.
Et c'est ce qui est dit 'à ma cavale attelee aux chars de Pharaon je te compare, mon amie' (Cantique 1,9), 'nous te ferons des colliers d'or' etc. (Cantique 1,11).
Et il est rapporté : plus grand fut le butin de la mer que le butin d'Égypte ; c'est le gain des enfants d'Israël qu'ils gagnèrent par l'exil, car 'en toute peine il y a un profit' (Proverbes 14,23), et tous les exils sont pour le bien des enfants d'Israël. Et c'est ce qui est dit 'et ' Nom sauva en ce jour-la' (Exode 14,30) : mais jusqu'à maintenant n'avaient-ils pas été sauvés par le Nom béni soit-Il ?
Qu'est donc ce 'et Il sauva en ce jour-la' qu'il énonce ? Seulement, la sortie d'Égypte fut une délivrance de l'asservissement, et à l'ouverture de la mer se fit un salut.
Et toujours délivrance et salut sont accolés ensemble. Car après une délivrance d'une détresse pousse un salut, car la délivrance elle-même n'est qu'une préservation ; mais ensuite pousse un salut par l'exil et la délivrance, comme dit plus haut.
Et c'est 'et ' Nom sauva en ce jour-la', comme dit plus haut.
בפסוק מה יפו פעמיך בנעלים בת נדיב. מו"ז ז"ל פי' כי הנדיבות הי' במנעול ושמירה שלא יתפשט נדיבות ושמחת החג לדברים חיצונים כו' ודפח"ח.
וי"ל לפי"ז בת לשון מדה שהנדיבות הי' במדה. וי"ל עוד כי באמת כל החמדה שנמצא בעולם הוא מחמדת התורה שנמצא בבנ"י.
וכפי מה שבנ"י ממשיכין החמדה לשמים נתבטלין כל התאוות ומתמעטין. כי אין חמדה כחמדת התורה.
ובזמן המקדש הי' נדיבות בנ"י למעלה. וז"ש בנעלים כמ"ש זהב סגור שנסגרו כל זהבים בפניו.
כן נסגר וננעל כל הנדיבות בעבור נדיבות בנ"י. ולכן כתיב ולא יחמוד כו' ארצך בעלותך לראות כו'.
ארצך הוא הרצון כמש"ל שכל החמדה גונבים הרשעים ה) מב"י וע"י עליות רגלים א"י ליקח החמדה והרצון. לכן כשבנ"י באמת על עמדם כראוי שונאיהם ו) קצו בחייהם.
ולא נחרבה ירושלים עד שביטלו הרגלים. כי ולא יחמוד כו' קאי על כלל ארץ ישראל ג"כ.
וצריכין גם עתה לשוב בתשובה על שביטלנו. הרגלים.
וע"י התפלה והתשוקה בכל רגל לזכות לראות פני ה' נוכל לתקן זאת. וז"ש במד' אף שביהמ"ק חרב לא בטלו רגלים היינו התשוקה והרצון לזה כנ"ל:
Sur le verset 'que tes pas sont beaux dans les sandales, fille de noble' (Cantique 7,2). Mon grand-père, de mémoire bénie, à expliqué que la générosité (nedivout) était sous verrou et garde, afin que la générosité et la joie de la fête ne s'étendent pas vers des choses extérieures etc. -- et ce sont des paroles agréables et vivantes.
Et l'on peut dire selon cela que 'bat' (fille) est un terme de mesure (mida) : que la générosité était selon la mesure. Et l'on peut dire encore qu'en vérité tout le désir (hemda) qui se trouve dans le monde provient du désir de la Torah qui se trouve dans les enfants d'Israël.
Et dans la mesure où les enfants d'Israël attirent le désir vers les cieux, toutes les convoitises s'annulent et diminuent. Car il n'est pas de désir comme le désir de la Torah.
Et au temps du Temple la générosité des enfants d'Israël était en haut. Et c'est ce qui est dit 'dans les sandales' (be-naalim), comme il est dit 'or ferme' (zahav sagour), que tous les ors se ferment devant lui : de même se ferme et se verrouille (nine'al) toute la générosité en faveur de la générosité des enfants d'Israël.
Et c'est pourquoi il est écrit 'nul ne convoitera... ta terre lorsque tu monteras pour paraître' etc. (Exode 34,24). 'Ta terre' (artsekha), c'est le désir, comme dit plus haut : que les méchants dérobent tout le désir aux enfants d'Israël, et par les montées de pèlerinage (aliyot regalim) il ne peut prendre le désir et la volonté.
C'est pourquoi, lorsque les enfants d'Israël se tiennent vraiment à leur place comme il convient, leurs ennemis sont dégoûtés de leur vie. Et Jérusalem ne fut détruite que lorsqu'ils cessèrent les pèlerinages.
Car 'nul ne convoitera' etc. porte aussi sur l'ensemble de la terre d'Israël. Et il nous faut aussi maintenant revenir en repentir de ce que nous avons négligé les pèlerinages.
Et par la prière et l'aspiration, à chaque pèlerinage, à mériter de voir la face de ' Nom, nous pourrons réparer cela. Et c'est ce qui est dit dans le Midrach : bien que le Temple soit détruit, les pèlerinages ne furent pas abolis -- c'est-à-dire l'aspiration et le désir pour cela, comme dit plus haut.
תר"מ
[תר"מ] (année 5640)
אלו לא הוציא הקב"ה את אבותינו ממצרים הרי אנו כו'. הענין הוא עפ"י מ"ש במד' שמות ע"פ אהבו שחרו מוסר.
כי אבותינו היו אנשים גדולים שהי' בכחן לסבול גלות מצרים שהוא אב לכל המלכיות לכן הביאו הקב"ה בזמן קרוב לאבות שהי' עוד לחלוחית של האבות בהם. ודורות של אחריהם לא הי' ביכולתם לבוא לגאולה לולי הקדמת דורות ראשונים כנ"ל:
והיא שעמדה כו'. הוא הגלות מצרים והגאולה כל זה היה הכנה לכל דור ודור שעומדין עלינו.
לכן אנו שמחים על גלות מצרים ג"כ ואוכלין מרור זכר לעבדות שכל זה הי' לטובתינו:
'Si le Saint, béni soit-Il, n'avait pas fait sortir nos pères d'Égypte, voici que nous' etc. L'affaire est selon ce qui est écrit dans le Midrach Chemot sur le verset 'qui l'aime le corrige des l'aube' (Proverbes 13,24).
Car nos pères étaient de grands hommes qui avaient la force de supporter l'exil d'Égypte, qui est le père de toutes les royautés ; c'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, les fit venir en un temps proche des pères, alors qu'il y avait encore en eux la sève des pères. Et les générations d'après eux n'auraient pas eu le pouvoir de parvenir à la délivrance sans la precedence des premières générations, comme dit plus haut. 'Et c'est elle qui s'est tenue' etc. : c'est l'exil d'Égypte et la délivrance ; tout cela fut une préparation pour chaque génération qui se dresse contre nous.
C'est pourquoi nous nous réjouissons aussi de l'exil d'Égypte, et nous mangeons le maror en souvenir de l'esclavage, car tout cela fut pour notre bien.
כל המרבה לספר ביציאת מצרים הרי זה משובח הוא על כל הימים כמ"ש למען תזכור כו'. לכן זוכרין יצ"מ בכל יום וע"י הסיפור מתעורר קצת גאולה בכלל ובפרט כל נפש מישראל.
הרי זה משובח אינו סימן שהוא משובח רק שנעשה משובח ע"י הסיפור. וכמו שהי' יצ"מ הכנה לקבלת התורה וקבלת מלכות שמים.
כמו כן גם עתה כפי מה שעוסקין ביצ"מ זוכין לתורה. ואינו רחוק לומר כי מעשה בבני ברק הי' בלילה אחרת שהיו מספרין אותה הלילה ביצ"מ עד אור הבוקר.
דאל"ה קשה פשיטא והי' אפשר עוד לומר כי הי' קודם אכילת מצה ומרור שהיו שוכחין לאכול ע"י הסיפור. בשגם עוסק במצוה פטור מן המצוה בפרט שבמצה פליגי אי בזה"ז דאורייתא וסיפור יצ"מ לכ"ע דאורייתא.
ומה שאין מברכין ברכת המצות על סיפור יצ"מ. י"ל שהוא דבר המוטל עלינו בעצמנו גם אם לא היינו מצווין על זאת.
ולא שייך על זה ברכה. כדאיתא עבדא דמפיק ליה מארי' לחירות ויהיב לי' כספא ודהבא אית לי' לשבחא כו':
'Quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte, voici qu'il est digne de louange', au-dessus de tous les jours, comme il est écrit 'afin que tu te souviennes' etc. (Deutéronome 16,3).
C'est pourquoi on se souvient de la sortie d'Égypte chaque jour, et par le récit s'éveille un peu de délivrance, en général et en particulier pour chaque âme d'Israël. 'Voici qu'il est digne de louange' (harei ze mechoubah) : ce n'est pas un signe qu'il est déjà loue, mais qu'il devient loue par le récit. Et de même que la sortie d'Égypte fut une préparation à la réception de la Torah et à la réception de la royauté des cieux, de même aussi maintenant, dans la mesure où l'on s'occupe de la sortie d'Égypte, on mérite la Torah.
Et il n'est pas éloigné de dire que l'histoire de Bnei Brak eut lieu une autre nuit, où ils racontaient cette nuit-la la sortie d'Égypte jusqu'à la lumière du matin. Car sinon c'est difficile : cela va de soi.
Et il serait encore possible de dire que ce fut avant la consommation de la matsa et du maror, qu'ils oubliaient de manger à cause du récit ; d'autant que celui qui est occupé à une mitsva est dispensé d'une autre mitsva, en particulier puisque au sujet de la matsa ils sont en désaccord pour savoir si de nos jours elle est d'ordre toranique, tandis que le récit de la sortie d'Égypte est de l'avis de tous d'ordre toranique. Et quant au fait qu'on ne récite pas la bénédiction des mitsvot sur le récit de la sortie d'Égypte, on peut dire que c'est une chose qui nous incombe par nous-mêmes, même si nous n'en avions pas été commandés, et il ne convient pas de réciter une bénédiction sur cela.
Comme il est rapporté : un esclave que son maître affranchit et à qui il donne argent et or, n'à-t-il pas de quoi le louer ? etc.
« Combien de degrés de bienfaits », « cela nous aurait suffi » (Dayenou) : selon le Sfat Emet, chaque miracle que le Créateur a accompli pour nous suffit à incliner notre cœur vers Lui ; à plus forte raison, un bien double et redoublé. Il a placé pour nous des miracles à chaque degré, tous des conseils pour incliner le cœur vers Lui. Il est écrit dans les livres que ces quinze degrés englobent tous les changements jusqu’à la perfection, de même qu’il y a quinze degrés à la croissance de la lune en son renouvellement.
Aussi : la matsa et les nuées de Gloire dès Ramsès, délivrance des âmes ; le balancement de l’Omer selon la volonté d’Israël jusqu’à Chavouot ; le septième jour de Pessa’h comme achèvement de la délivrance, à l’instar du Chabbat.
כמה מעלות טובות כו' דיינו כו' פי' שכל נס ונס שעשה עמנו הבורא ית' כדאי הוא להטות לבבינו אליו ית' על אחת כמה כו' טובה כפולה ומכופלת. פי' שהקב"ה שם לנו נסים בכל מדריגה ומדריגה שכולם עצות לסייענו להטות לבבינו אליו.
וכתוב בספרים כי אלה הט"ו מעלות כוללים כל השינוים שיש בשינוי המדריגות עד השלימות כמו שיש ט"ו מעלות לתוספות הלבנה בחידושה. עי' בגבורות ה':
'Combien de degrés de bienfaits' etc., 'cela nous aurait suffi' (Dayenou) etc. Explication : chaque miracle et chaque miracle que le Créateur, béni soit-Il, à accompli pour nous suffit à incliner notre cœur vers Lui, béni soit-Il ; à plus forte raison combien etc., un bien double et redoublé.
Explication : le Saint, béni soit-Il, à placé pour nous des miracles à chaque degré et chaque degré, qui tous sont des conseils pour nous aider à incliner notre cœur vers Lui. Et il est écrit dans les livres que ces quinze degrés (les quinze strophes du Dayenou) englobent tous les changements qui existent dans la variation des degrés jusqu'à la perfection, de même qu'il y a quinze degrés à la croissance de la lune en son renouvellement.
Vois dans le Guevourot Hachem.
כמה לקו באצבע עשר ועל הים כתיב היד כו'. ויש לנו להוסיף כי לעתיד כתיב זה ה' קוינו לו כביכול יהי' הגאולה בכל הקומה:
'Combien furent-ils frappés par le doigt : dix (plaies)' etc., 'et au sujet de la mer il est écrit la main' etc. Et nous pouvons ajouter que pour le temps à venir il est écrit 'celui-ci est ' Nom, nous avons espéré en Lui' (Isaie 25,9) : pour ainsi dire, la délivrance sera dans toute la stature (la pleine hauteur).
מצה זו כו' שלא הספיק בציקם להחמיץ עד שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים הקב"ה וגאלם. זה הלשון קשה להבין דהא הגאולה מאורתא הוי ואחר שכבר הלכו עדיין לא החמיץ עיסתם.
אבל מה זה הלשון שנגלה עליהם וגאלם. ויראה שהוא על גילוי ענני הכבוד שהסיב אותם בתחלת הליכתם מרעמסס לסוכות רמ"ש ואשא אתכם על כנפי נשרים.
וקורא זאת גאולה כי הי' גאולה בעצם נפשותם שנתרוממו מתוך חשיכה לאורה. אכן לכאורה הי' משמע בפסוק בפ' בשלח כי מסוכות ואילך נאמר וה' הולך לפניהם וכו'.
אכן בתרגום יונתן מפרש כמ"ש כי מיד מרעמסס היו עמהם ענני כבוד ע"ש פ' בא:
'Cette matsa' etc. : parce que la pâte de nos pères n'eut pas le temps de lever avant que le Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il, ne se révèle à eux et ne les délivre. Cette formulation est difficile à comprendre, car la délivrance eut lieu des le soir, et après qu'ils furent déjà partis leur pâte n'avait toujours pas lève ; mais que signifie cette expression 'qu'Il se révéla à eux et les délivra' ?
Il apparaît qu'elle se rapporte au dévoilement des nuées de Gloire (ananei ha-kavod) dont Il les entoura au début de leur marche de Ramses vers Soukkot, selon l'allusion du verset 'et Je vous ai portes sur des ailes d'aigles' (Exode 19,4). Et il appelle cela une délivrance, car ce fut une délivrance dans l'essence même de leurs âmes, qui furent élevées des ténèbres vers la lumière.
Toutefois, à première vue, il semblerait d'après le verset de la parachat Bechalah que ce soit seulement à partir de Soukkot qu'il est dit 'et ' Nom marchait devant eux' etc. (Exode 13,21).
Mais le Targoum Yonatan expliqué, comme il est écrit, que des Ramses même les nuées de Gloire étaient avec eux ; vois-y, parachat Bo.
בפסוק והניף כו' לרצונכם ממחרת השבת יניפנו כו'. פי' כפי רצון בנ"י כך מתרומם העומר שהוא התרוממות כנס"י להקב"ה.
וכפי מה שמתרחב רצון בנ"י למטה כך מתרוממים בשורשם למעלה. לכן יש ספירת העומר נ' יום כמו שהי' מיצ"מ עד מתן תורה שנתרוממו בכל יום ויום עד שהגיעו למדריגת קבלת התורה.
וז"ש ממחרת השבת יניפנו. והול"ל למחרת השבת או במחרת מהו ממחרת.
רק שממחרת השבת מתחיל תנופה זו ונמשכת עד חג השבועות ואז יש שתי הלחם שיש להם אחדות אחד וד"ל. [וזה ענין כאשר ירים משה ידו.
לכן בכח מצות העומר נצחו בימי אחשורוש את המן שהוא התרוממות עד שער הנ'. לכן כ' חז"ל כי הי' קבלת התורה בימי מרדכי ואסתר ועמ"ש בימי פורים והבן כ"ז]:
Sur le verset 'et il balancera' etc., 'pour que vous soyez agréés, au lendemain du chabbat il le balancera' etc. (Lévitique 23,11).
Explication : selon la volonté des enfants d'Israël, ainsi s'élève le Omer, qui est l'élévation de l'assemblée d'Israël (Knesset Israël) vers le Saint béni soit-Il. Et à mesure que s'élargit en bas la volonté des enfants d'Israël, ainsi s'élèvent-ils dans leur racine en haut.
C'est pourquoi le compte du Omer est de cinquante jours, comme ce fut le cas depuis la sortie d'Égypte jusqu'au don de la Torah, où ils s'élevèrent chaque jour et chaque jour jusqu'à atteindre le degré de la réception de la Torah. Et c'est ce que dit 'au lendemain du chabbat il le balancera'.
Or il aurait fallu dire 'le lendemain du chabbat' (le-mahorat) où 'au lendemain' (be-mahorat) : que signifie 'à partir du lendemain' (mi-mahorat) ? C'est seulement qu'à partir du lendemain du chabbat commence ce balancement, qui se prolonge jusqu'à la fête de Chavouot, et alors il y a les deux pains qui possèdent une unité une ; et cela suffit à l'entendeur.
[Et c'est le sens de 'lorsque Moche élevait sa main' (Exode 17,11). C'est pourquoi, par la force du commandement du Omer, ils vainquirent aux jours d'Assuérus Haman, qui est l'élévation jusqu'à la cinquantième porte.
C'est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont écrit que la réception de la Torah eut lieu aux jours de Mardochée et d'Esther ; et vois ce que j'ai écrit sur les jours de Pourim, et comprends tout cela.]
בפסוק בשה"ש אמרתי אעלה בתמר אחזה בסנסניו ויהיו נא שדיך כאשכלות כו'. וקשה דכבר כ' מקודם ושדיך לאשכולות.
ומה ויהיו נא הענין הוא אשכולת מפורש בתרגום על הענוה להיות עיניו למטה כמ"ש אשכון את דכא ושפל רוח אכן העיקר הוא כי הבורא ית' שוכן עם מי שנשאר דכא ושפל רוח גם אחר שמשרה שכינתו עליו עומד בשפלותו. וזה שכ' ויהיו נא שדיך כאשכלות גם אחר עליותו בתמר ואוחז בסנסניו יהי' נשאר כנס"י שדיך כאשכולת.
והוא ענין עמוק למבין:
Sur le verset du Cantique des cantiques 'j'ai dit : je monterai au palmier, je saisirai ses branches ; que tes seins soient donc comme des grappes' etc. (Cantique 7,9).
Il y a une difficulté, car il est déjà écrit auparavant 'et tes seins comme des grappes' (Cantique 7,8) ; que signifie donc 'qu'ils soient donc' ? La chose est ainsi : la grappe est expliquée dans le Targoum comme se rapportant à l'humilité, avoir les yeux baissés vers le bas, comme il est écrit 'Je réside avec le contrit et l'humble d'esprit' (Isaie 57,15).
Mais l'essentiel est que le Créateur, béni soit-Il, réside avec celui qui demeure contrit et humble d'esprit : même après qu'Il fait reposer Sa Présence (Chekhina) sur lui, il persiste dans son humilité. Et c'est ce qui est écrit 'que tes seins soient donc comme des grappes' : même après son élévation au palmier et alors qu'il saisit ses branches, l'assemblée d'Israël demeurera 'tes seins comme des grappes'.
Et c'est une chose profonde pour qui comprend.
ב"ה מימים אחרונים של פסח ערבובי דברים
Avec l'aide du Ciel. Dès derniers jours de Pessa'h -- propos mêlés.
בפסוק וחמשים עלו בני ישראל מארץ מצרים. עפ"י דברי הזוהר חמשין זמנין אדכר יצ"מ באורייתא כו'.
ומסתמא הם חמשין גאולות ממש כענין שכ' בספרים שיש מ"ט שערי טומאה מכוונים לנ' שערי בינה. ולכן א"ש הכתוב כפשוטו כי חמשים עליות היו לבנ"י ממצרים.
נ' פעמים עלו מארץ מצרים. וגם אחר יצ"מ נתעלו נ' עליות כמ"ש לעיל בענין והניף את העומר:
Sur le verset 'et hamouchim montèrent les enfants d'Israël du pays d'Égypte' (Exode 13,18). D'après les paroles du Zohar, la sortie d'Égypte est mentionnée cinquante fois dans la Torah etc.
Et vraisemblablement ce sont bien cinquante délivrances réelles, à l'instar de ce qui est écrit dans les livres qu'il y a quarante-neuf portes d'impureté correspondant aux cinquante portes de la Bina (l'intelligence). C'est pourquoi le verset s'expliqué bien selon son sens simple : il y eut cinquante montées pour les enfants d'Israël hors d'Égypte -- cinquante fois ils montèrent du pays d'Égypte.
Et même après la sortie d'Égypte ils s'élevèrent de cinquante élévations, comme dit plus haut au sujet de 'et il balancera le Omer'.
כתוב במדרש בא כי שביעי של פסח בחי' שבת כמו שיש ז' ימי בראשית כן ז' ימי פסח כו' ע"ש. כי כל הבריאה נתקן ביצ"מ.
וכמו שהשבת שלימות כל הבריאה כן שביעי של פסח כלל והשלמת גאולת מצרים. והענין הוא דאיתא בגמרא ע"פ וידעתם כי אני ה' כו' המוציא אתכם מתחת סבלות מצרים.
בתר דאפיקת לכו עבידנא לכו מילתא דתידעון דאנא הוא דאפיקת יתכון מארץ מצרים. וזה נאמר על קריעת י"ס שהי' בעבור זה שיכירו מהות הנסים.
כמ"ש וירא ישראל כו' היד הגדולה כו'. ונאמר זה אלי ואנוהו כו'.
והענין הוא כי הנס וגאולת מצרים הי' בזכות ג' אבות. וזה רמז הג' ידות יד החזקה ואח"כ יד רמה ואח"כ יד הגדולה.
ואח"ז השירה הוא ענין דוד המע"ה נעים זמירות ישראל. והוא כלי המקבל הארת הנסים.
כי מקודם ביצ"מ הי' הצלת בנ"י מעבדות ובעוד שנשתעבדו לא היו יכולין לקבל הארת הנס. ואח"כ שהיו בני חורין אף ששבו לפי החירות מ"מ לא חל עליהם השעבוד כדכתיב ובני ישראל יוצאים ביד רמה.
לכן הרגישו אח"כ בקי"ס הארת הנסים. והוא שורש הגאולה לבד היציאה מן החירות רק שיקבלו מפתח ויסוד של הגאולה בנפשותם.
והיינו דכתיב ויאמינו בה' כו' פי' שנמשכו אחר הגאולה. ולכן הי' זה גאולה על כל הדורות ע"י שקיבלו יסוד הגאולה בנפשותם.
וזה נק' ידיעה ודביקות שכ' וידעתם כי אני כו'. וכמו השבת שהוא כח וחיות וקיום כל ימי המעשה כן קריעת ים סוף הכח והחיות והיסוד של הגאולה:
Il est écrit dans le Midrach Bo que le septième jour de Pessa'h relève de l'aspect (behina) du chabbat : de même qu'il y a sept jours de la Création, ainsi y a-t-il sept jours de Pessa'h etc. ; vois-y. Car toute la Création fut réparée par la sortie d'Égypte.
Et de même que le chabbat est l'achèvement de toute la Création, ainsi le septième jour de Pessa'h est la totalité et l'achèvement de la délivrance d'Égypte. Et l'affaire est celle rapportée dans la Guemara au sujet du verset 'et vous saurez que Je suis ' Nom... qui vous fait sortir de dessous les fardeaux de l'Égypte' (Exode 6,7) : après que Je vous aurai fait sortir, Je vous ferai une chose par laquelle vous saurez que c'est Moi qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte.
Et cela est dit au sujet de l'ouverture de la mer des Joncs (keriat yam souf), qui advint afin qu'ils reconnaissent la nature des miracles, comme il est écrit 'et Israël vit... la grande main' etc. (Exode 14,31), et il est dit 'celui-ci est mon Dieu et je L'embellirai' etc.
(Exode 15,2). Et l'affaire est que le miracle et la délivrance d'Égypte eurent lieu par le mérite des trois patriarches.
Et c'est l'allusion des trois 'mains' : 'la main forte' (yad hazaka), puis 'la main haute' (yad rama), puis 'la grande main' (yad ha-gedola). Et après cela le cantique est l'affaire de David, roi et messie, 'le doux chantre d'Israël' (II Samuel 23,1) ; et il est le réceptacle (keli) qui reçoit l'illumination des miracles.
Car auparavant, lors de la sortie d'Égypte, ce fut le sauvetage des enfants d'Israël hors de l'esclavage, et tant qu'ils étaient asservis ils ne pouvaient pas recevoir l'illumination du miracle. Puis, une fois devenus hommes libres -- bien qu'ils eussent été captifs -- du fait de la liberté, l'asservissement ne s'appliquait désormais plus à eux, comme il est écrit 'et les enfants d'Israël sortaient à main haute' (Exode 14,8).
C'est pourquoi ils ressentirent ensuite, lors de l'ouverture de la mer, l'illumination des miracles. Et c'est la racine de la délivrance, au-delà de la sortie même vers la liberté : qu'ils reçoivent la clef et le fondement de la délivrance dans leurs âmes.
Et c'est ce qui est écrit 'et ils crurent en ' Nom' etc. (Exode 14,31) : explication, ils furent attirés à la suite de la délivrance.
C'est pourquoi ce fut une délivrance pour toutes les générations, du fait qu'ils reçurent le fondement de la délivrance dans leurs âmes. Et cela s'appelle connaissance et attachement (deveikout), comme il est écrit 'et vous saurez que Je suis' etc.
Et de même que le chabbat est la force, la vitalité et la subsistance de tous les jours ouvrables, ainsi l'ouverture de la mer des Joncs est la force, la vitalité et le fondement de la délivrance.
אז ישיר פרש"י עלה בלבו שישיר וכן עשה וקשה א"כ מה לי שעלה בלבו. והענין הוא ששירה זו כוללת כל בנ"י.
ויש לכל נפש ישראל אחיזה בזאת השירה. ויש מי שמוכן לשירה ואינו יכול להוציא מכח אל הפועל.
ויש לו חלק בהכנה זו שנחשב המחשבה והמעשה לב' בחי' ליתן שכר לרצון ושכר למעשה. וגם בלי ספק גדלה ענין ההכנה והמחשבה לגוף השירה כי בוודאי הרצון הי' יותר מכפי מה שנגמר במעשה.
וע"ז רמזו ישיר לתחיית המתים. כי לא נגמר עדיין השירה כפי אשר עלה בלבם והגמר יהי' לעתיד.
וז"ש ישיר כו' לאמר. כי שירה הוא דביקות והשתלשלות מדריגה אחר מדריגה והתחיל השירה והשתלשלות זה בקי"ס.
וכך היא עומדת ונגמרת מדור לדור עד לעתיד שיהי' שירה שלימה. לכן אומרים השירה בכל יום.
ולא הארת שירת יום זה כיום השני וכך הולכת ונגמרת מיום ליום כנ"ל:
'Alors chantera' (az yachir) : Rachi explique 'il lui monta au cœur qu'il chanterait, et ainsi fit-il'. Il y a une difficulté : si tel est le cas, que m'importe qu'il lui soit monte au cœur ?
L'affaire est que ce cantique englobe tous les enfants d'Israël, et chaque âme d'Israël possède une prise dans ce cantique. Il en est qui sont prêts au cantique mais ne peuvent le faire passer de la puissance à l'acte ; celui-là à une part dans cette préparation, car la pensée et l'acte sont comptés comme deux aspects, pour donner une récompense à l'intention et une récompense à l'acte.
Et sans doute aussi la préparation et la pensée sont plus grandes que le corps même du cantique, car assurément l'intention était plus grande que ce qui s'accomplit dans l'acte. Et c'est à cela que fait allusion 'yachir' (il chantera, au futur), renvoyant à la résurrection des morts, car le cantique n'est pas encore achevé tel qu'il leur était monté au cœur, et l'achèvement aura lieu au temps à venir.
Et c'est ce que dit 'yachir' etc. 'pour dire' (lemor) : car le cantique est attachement et enchaînement (hichtalchelout) de degré en degré ; ce cantique et cet enchaînement commencèrent lors de l'ouverture de la mer, et ainsi il se maintient et s'achève de génération en génération jusqu'au temps à venir où il y aura un cantique parfait. C'est pourquoi on récite le cantique chaque jour, et l'illumination du cantique d'un jour n'est pas comme celle du lendemain, et ainsi il va s'achevant de jour en jour, comme dit plus haut.
בספר קול שמחה כתב דבר נאה על מ"ש במדרש פיה פתחה בחכמה על השירה כו'. כי כל דבר חכמה הוא בסוף כשנשמע החכמה שבהמאמר.
אבל שירה ניכר החכמה בתחילת פתיחת הפה בשמחה ודפח"ח. ויש להוסיף על דבריו כי זה פי' הפסוק פיה פתחה בחכמה שע"י החכמה שהי' להם לשיר ולזמר לפניו ב"ה נפתח להם הפה לשיר שירה כזו שהוא ע"י רוה"ק ששרתה עליהם ע"י הכנה והרצון לשורר לפניו ב"ה.
וי"ל שזה פי' ישיר כו' לאמר כי ההכנה והרצון לשיר לפניו ב"ה נרצה ונתקבל לפני הקב"ה יותר מגוף השירה:
Dans le livre Kol Simha, il à écrit une belle chose au sujet de ce qui est dit dans le Midrach 'sa bouche s'ouvre avec sagesse' (Proverbes 31,26), à propos du cantique etc. Car toute parole de sagesse ne se manifeste qu'à la fin, lorsqu'on entend la sagesse contenue dans le propos ; mais dans le cantique la sagesse se reconnaît des le début de l'ouverture de la bouche, dans la joie -- et ce sont des paroles agréables et vivantes.
Et l'on peut ajouter à ses propos que telle est l'explication du verset 'sa bouche s'ouvre avec sagesse' : c'est par la sagesse qu'ils avaient de chanter et de psalmodier devant Lui, béni soit-Il, que la bouche leur fut ouverte pour chanter un tel cantique, lequel advint par l'esprit saint (roua'h ha-kodech) qui reposa sur eux grâce à la préparation et à la volonté de chanter devant Lui, béni soit-Il. Et l'on peut dire que telle est l'explication de 'yachir' etc. 'pour dire' : car la préparation et la volonté de chanter devant Lui, béni soit-Il, furent agréées et reçues devant le Saint béni soit-Il plus que le corps même du cantique.
בפסוק ה' ימלוך לעולם ועד כי בא סוס פרעה. הפי' הפשוט כי מלכות הרשעים מסתיר הארת כבוד מלכותו יתברך וע"י איבוד הרשעים ניכר מלכות שמים ופסוק זה הוא קבלה שקבלו בנ"י עליהם כשהוציאם ממצרים להמליכו על כל העולם כאשר חגר אבינו אברהם ע"ה מתניו להמליכו על כל הברואים.
כן קבלנו עלינו על הים. ולכן איתא במדרש כי אם היו אומרים ה' מלך לעולם ועד לא הי' אומה ולשון שולטת בהם.
רק כי לא הי' עדיין התיקון השלם. אכן קיבלו עליהם שעכ"פ ימליכו אותו בוודאי וזה נתקיים ובא בכל ימינו עד ביאת משיחנו בב"א:
Sur le verset ''' Nom régnera à tout jamais, car le cheval de Pharaon vint' (Exode 15,18-19). L'explication simple est que la royauté des méchants dissimulé l'illumination de la gloire de Sa royauté, béni soit-Il, et par la perte des méchants la royauté des Cieux se reconnaît.
Ce verset est un engagement (kabbala) que les enfants d'Israël prirent sur eux lorsqu'Il les fit sortir d'Égypte : de Le proclamer roi sur le monde entier, de même que notre père Abraham, la paix sur lui, ceignit ses reins pour Le proclamer roi sur toutes les créatures. Ainsi avons-nous pris sur nous, à la mer.
C'est pourquoi il est rapporté dans le Midrach que s'ils avaient dit ''' Nom règne à tout jamais' (au présent), aucune nation ni langue n'aurait domine sur eux ; seulement, la réparation parfaite n'était pas encore accomplie. Toutefois ils prirent sur eux qu'en tout état de cause ils Le proclameraient roi, assurément ; et cela s'est réalise et se réalise en tous nos jours jusqu'à la venue de notre Messie, bientôt et de nos jours, amen.
תרמ"א
[תרמ"א] (année 5641)
ב"ה מימי פסח ערבובי דברים
Avec l'aide du Ciel. Dès jours de Pessa'h -- propos mêlés.
חכם מה הוא אומר כו' אמור לו כהלכות הפסח אין מפטירין אחר הפסח אפיקומן. הענין הוא שחביב הלילה הזו כ"כ.
הגם כי עלו בנ"י אח"כ למעלות רבות כמאמר כמה מעלות טובות. ויצ"מ הי' רק התחלה ונק' לחם עוני.
וזה שאלת החכם. והתשובה לברר לו כי קבלת מלכות שמים הוא העיקר דכולה בה ועי"ז זכינו לכל המעלות.
ולכן אין מפטירין אחר הפסח שאין לך מדה טובה הימנה. והיא מרגניתא דלית לה טימא וכמ"ש ואפילו כולנו חכמים כו' וכל המרבה לספר ביצ"מ הרי זה משובח.
כי בנ"י צריכין לשמוח מה שזכו לכנוס בכלל עבדי השי"ת. והשי"ת שעיטר לעבדיו במעלות רבות ונכבדות עכ"ז השמחה שלנו בהעבדות:
'Le sage, que dit-il ?' etc. : 'dis-lui, selon les lois de Pessa'h : on ne conclut pas après l'agneau pascal par un afikoman.' L'affaire est que cette nuit est si précieuse -- bien que les enfants d'Israël se soient ensuite élèves à de nombreux degrés, selon l'expression 'combien de degrés de bienfaits' -- et que la sortie d'Égypte ne fut qu'un commencement et est appelée 'pain de misère' (le'hem oni). Telle est la question du sage.
Et la réponse est de lui expliquer que la réception de la royauté des Cieux est l'essentiel, car tout est en elle, et c'est par elle que nous avons mérité tous les degrés. C'est pourquoi 'on ne conclut pas après le pascal', car tu n'as pas de qualité meilleure qu'elle ; et elle est 'une perle sans prix' (marganita de-let la tima), comme il est dit 'et même si nous étions tous des sages' etc., 'et quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte, voici qu'il est digne de louange'.
Car les enfants d'Israël doivent se réjouir d'avoir mérité d'entrer parmi les serviteurs de Hachem ; et bien que Hachem ait couronne Ses serviteurs de nombreux et honorables degrés, malgré tout notre joie est dans le service (avdout).
והיא שעמדה לאבותינו ולנו כו'. קאי אדלעיל שהקב"ה חישב הקץ לעשות והתחיל הגלות מימי האבות שהי' הכנה לכל הגליות.
וזה המאמר ידוע תדע כו' והכניסנו לארץ מצרים היא שעמדה לנו בכל הדורות כמאמר ואלו לא הוציא הרי אנו ובנינו כו' וכמ"ש במ"א שם. ולכן הרשע שאומר מה העבודה ומוציא עצמו מן הכלל כפר בעיקר.
כי עיקר הגאולה הי' הכנה לדורות. וכמ"ש בכל דור ודור חייב אדם לראות כו' כאלו הוא יצא.
פי' שיש יצ"מ בכל הדורות. ולכן אם הי' הרשע שם לא הי' נגאל כי מי שהי' בכלל הגאולה מרגיש החירות בכל הדורות:
'Et c'est elle qui s'est tenue pour nos pères et pour nous' etc. Cela se rapporte à ce qui précède : le Saint béni soit-Il calcula le terme (ketz) pour agir, et fit commencer l'exil des les jours des patriarches, ce qui fut une préparation à tous les exils.
Et c'est le propos '(dans l'Alliance entre les morceaux) sache bien' etc. (Genèse 15,13) ; et le fait qu'Il nous ait fait entrer au pays d'Égypte, c'est cela qui s'est tenu pour nous dans toutes les générations, selon l'expression 'et s'Il n'avait pas fait sortir, voici que nous et nos enfants' etc., comme je l'ai écrit ailleurs sur ce sujet.
C'est pourquoi le méchant qui dit 'que signifie ce service ?' et se retranche de la collectivité renie le principe (kafar ba-ikkar) ; car l'essentiel de la délivrance fut une préparation pour les générations. Et comme il est dit 'à chaque génération et génération, l'homme est tenu de se voir' etc. 'comme s'il était lui-même sorti' -- explication : il y a une sortie d'Égypte dans toutes les générations.
C'est pourquoi, si le méchant avait été la, il n'aurait pas été délivre, car celui qui fut inclus dans la délivrance ressent la liberté dans toutes les générations.
והניף את העומר כו' לרצונכם ממחרת השבת יניפנו. הענין הוא שבנ"י נותנים הראשית אל הבורא ית' ובכח הזה הם מתרוממין.
וזה ענין הביכורים כמו שיש ביכורים בפרט כן בכלל ישראל מפסח עד עצרת. וע"ז נאמר כאשר ירים משה ידו וגבר ישראל.
לכן מצווים לעולם לזכור שנאת עמלק. והי' בהניח כו' תמחה.
ומזכירין אותו קודם ניסן כדי לזכור בימים אלו שהם התחלת כחן של בנ"י דכתיב ובנ"י יוצאים ביד רמה. צריכין עתה לזכור למסור הכח אליו ית'.
ועי"ז מתרומם לגבור על עמלק. וכ' לרצונכם וכ"כ בו לשון רשות אם תקריב מנחת בכורים כו'.
כי זה צריך להיות עבודת בנ"י מעצמם. רק התורה נותנת להם רשות בימים האלה שהם ימי מנוחה לבנ"י כמ"ש והי' בהניח ומודיענו הכתוב כי יש עתה לאל ידינו לגבור על אותו רשע.
ובמדרש פ' אמור קורא זאת מלחמת תנופה ע"ש ע"פ הנ"ל כאשר ירים משה ידו:
'Et il balancera le Omer' etc., 'pour que vous soyez agréés, au lendemain du chabbat il le balancera'. L'affaire est que les enfants d'Israël donnent la prémisse (le premier) au Créateur, béni soit-Il, et par cette force ils s'élèvent.
Et c'est l'affaire des prémices (bikkourim) : de même qu'il y a des prémices en particulier, ainsi en est-il pour l'ensemble d'Israël depuis Pessa'h jusqu'à Chavouot (Atseret). Et à ce sujet il est dit 'lorsque Moche élevait sa main, Israël était le plus fort' (Exode 17,11).
C'est pourquoi il nous est ordonné de nous souvenir à jamais de la haine d'Amalek : 'et il adviendra, lorsqu'Il te donnera le repos' etc. 'tu effaceras' (Deutéronome 25,19). Et on le rappelle avant le mois de Nissan, afin de se souvenir en ces jours qui sont le commencement de la force des enfants d'Israël, comme il est écrit 'et les enfants d'Israël sortaient à main haute'.
Il faut maintenant se souvenir de remettre la force à Lui, béni soit-Il, et par cela on s'élève pour l'emporter sur Amalek. Il est écrit 'pour que vous soyez agréés', et de même il est écrit à son sujet un langage de permission : 'si tu offres une oblation de prémices' etc.
(Lévitique 2,14). Car cela doit être le service des enfants d'Israël d'eux-mêmes ; seulement, la Torah leur en donne la permission en ces jours qui sont des jours de repos pour les enfants d'Israël, comme il est dit 'et il adviendra lorsqu'Il te donnera le repos'.
Et le verset nous fait savoir qu'il est désormais en notre pouvoir (yech le-El yadenou) de l'emporter sur ce méchant. Et dans le Midrach de la parachat Emor, il appelle cela 'la guerre du balancement' (milhemet tenoufa) ; vois-y, selon ce qui précède, 'lorsque Moche élevait sa main'.
במדרש שה"ש נשיר למי שעשאנו שרים בעולם. דכ' עם זו יצרתי לי תהלתי יספרו.
וביצ"מ נעשו בנ"י כברי' חדשה ונתיחדו לברר מלכות שמים בעולם. וזה הסיפור יצ"מ וכן בכל יום שמעידין על הבורא ית'.
ובירור זה תלוי בעבודה שבלב כפי מה שמבררין בלב יחוד המעשה אליו ית'. וזה ימי הספירה דכתיב וספרתם לכם.
וכל שיר השירים נתיסד על זה שהאירו בנ"י במעשיהם והמשיכו כל הדברים שבעולם לשורשן להעלות מהם ריח ניחוח אליו ית'. וזה הבירור עיקרו מזה החג ומצות סיפור יצ"מ דכ' למען תזכור כו' כל ימי חייך וזכירה הוא בפה.
ולילה זו נותנת כח על הבירור והסיפור של כל ימות השנה. ובעת יצ"מ היו בנ"י מוכנים לזה הבירור בשלימות כמו ששרו השירה לפניו ית' וע"י החטא שירדו ממדריגתם נשאר השיר ללוים בביהמ"ק.
וגם עכשיו ע"י תורה ותפלה יכולין לעורר קצת מאלה השירים:
Dans le Midrach du Cantique des cantiques : 'nous chanterons à Celui qui nous à faits princes (sarim) dans le monde', car il est écrit 'ce peuple que Je me suis forme racontera Ma louange' (Isaie 43,21). Et lors de la sortie d'Égypte, les enfants d'Israël devinrent comme une créature nouvelle et furent désignés pour clarifier (leverer) la royauté des Cieux dans le monde.
Et c'est cela le récit de la sortie d'Égypte, ainsi que chaque jour où l'on témoigne au sujet du Créateur, béni soit-Il. Et cette clarification (birour) dépend du service du cœur, selon la mesure où l'on clarifié dans le cœur l'unification de l'acte vers Lui, béni soit-Il.
Et ce sont les jours du compte (Sefira), comme il est écrit 'et vous compterez pour vous' (Lévitique 23,15). Et tout le Cantique des cantiques fut fonde sur ceci : que les enfants d'Israël illuminèrent par leurs actes et attirèrent toutes les choses du monde vers leur racine, pour en faire monter une odeur agréable vers Lui, béni soit-Il.
Et cette clarification à son principe en cette fête et dans le commandement de raconter la sortie d'Égypte, comme il est écrit 'afin que tu te souviennes' etc. 'tous les jours de ta vie' (Deutéronome 16,3), et le souvenir se fait par la bouche. Et cette nuit donne la force pour la clarification et le récit de tous les jours de l'année.
Au temps de la sortie d'Égypte, les enfants d'Israël étaient prêts à cette clarification en perfection, ainsi qu'ils chantèrent le cantique devant Lui, béni soit-Il ; et par la faute, quand ils déchurent de leur degré, le chant resta aux Lévites dans le Temple. Et même maintenant, par la Torah et la prière, on peut éveiller un peu de ces cantiques.
« Montre-moi ton apparence » (Cantique 2,14), à propos des montées aux fêtes : « tout mâle paraîtra ». Le Sfat Emet rapporte du Midrach que les enfants d'Israël ont un point intérieur qui ne change pas dans l'exil, « Je suis noire et belle » ; aux fêtes se révélait cette intériorité. L'homme est tenu de se purifier pour que l'impureté ne touche pas l'intériorité du cœur, et les fêtes donnent cette force. La vision n'a pas de mesure ; de même qu'il vient voir, il vient être vu. Le désir de voir encore la face de Hachem répare la négligence des montées aux fêtes, et les moadot, du langage édout (témoignage), clarifient l'intériorité des cœurs.
Aussi : deux rédemptions, Égypte et mer, langue et chair ; raconter la sortie d'Égypte prépare le joug du royaume des cieux, téfilines de la main d'abord ; le seder clarifie les doutes jusqu'à une rédemption sans hâte
במדרש הראיני את מראיך על עליות רגלים יראה כל זכורך. דכתיב שחורה אני ונאוה פי' שבנ"י יש להם נקודה פנימיות שגם שהם בין אהלי קדר ובגלות אחר גלות.
עכ"ז נקודה הפנימיות אינה מתחלפת כמ"ש אם שכחנו שם אלקינו כו'. ולכן בבוא המועדים בעת שהי' המקדש קיים היו מתחלפים אלה הלבושים ונתגלה הפנימיות שלהם כמ"ש יראה כל זכורך הוא הפנימיות.
לכן אמרו חז"ל חייב אדם לטהר עצמו ברגל ודרשו בנבלתם לא תגעו פי' ברגל ע"ש. והענין כנ"ל שהטומאה לא תגע בפנימיות הלב.
כענין שנאמר מה יפו פעמיך בנעלים היא הנקודה הטמונה שלא תוכל להתערב. וממילא מוכנים ברגל להסיר החיצוניות ולראות פני ה'.
ומכלל שחייב אדם לטהר בוודאי הרגלים נותנים כח להתטהר לפניו. ואיתא הראיון אין לו שיעור כי יש בירור אחר בירור עד שיוכל להיות טהור לב.
וכשם שבא לראות כך בא להיראות כמ"ש חז"ל ירְאה ירָאה. וצריכין לשוב בתשובה על אשר בטלנו העליות רגלים שלכן נתרחקנו מבית ה' זמנים טובא.
וע"י התשוקה לזכות לראות עוד פני ה' יתוקן זה החטא. לכן כתיב אסרו חג בעבותים.
בתשוקות עבותות אהבה שמחבבים המועדות. ולכן עושין עתה יו"ט שני הגם שאין נוטלין שכר רק על א'.
רק להראות החיבה של הרגלים לאחוז בהמועדות עד שנזכה לקרנות המזבח לכן נקראים מועדות מלשון עדות שמבררין פנימיות לבות בנ"י כנ"ל. לכן דרשו חז"ל המבזה המועדות כעובד ע"ז דכ' א-להי מסכה לא תעשה לך חג המצות תשמור.
כי ברגלים יכולין להסיר המחיצות ולברר הפנימיות כנ"ל: וכ' ולא יראה כו' פני כו' ריקם כו' כברכת ה' אלקיך אשר נתן לך.
כי תן לו משלו שכל הרצון שיוכל איש הישראלי לקבל ברכות הנשפעים לו משמים. דמשמיא מיהב יהבי כו'.
וברגלים יש ברכות לישראל כמ"ש והשיאנו כו' ברכת מועדיך. והם ג' הברכות.
יברכך כו' וישמרך בפסח ליל שמורים. יאר בשבועות.
ישא כו' שלום הוא בסוכות. ולכן ברגלים הוא זמן ראי' כברכת ה' כו' אשר נתן לך כנ"ל:
Dans le Midrach : 'Montre-moi ton apparence' (Cantique 2,14), à propos des montées aux fêtes (aliyot regel) : 'tout mâle paraîtra' (Ex 23,17). Car il est écrit 'Je suis noire et belle' (Cantique 1,5) : les enfants d'Israël ont un point intérieur qui, même lorsqu'ils sont parmi les tentes de Kedar et dans exil après exil, ce point intérieur ne change pas, comme il est écrit 'si nous avions oublié le Nom de notre Dieu...' (Ps 44,21).
C'est pourquoi, à la venue des fêtes, au temps où le Temple existait, ces vêtements extérieurs changeaient et se révélait leur intériorité, comme il est dit 'tout mâle paraîtra' : c'est l'intériorité. C'est pourquoi nos Sages ont dit : l'homme est tenu de se purifier pour la fête, et ils ont interprété 'de leurs cadavres vous ne toucherez pas' (Lev 11,8), c'est-à-dire pour la fête, vois-y.
Et le sens est comme ci-dessus : que l'impureté ne touche pas l'intériorité du cœur. À la manière de ce qui est dit 'que tes pas sont beaux dans les sandales' (Cantique 7,2) : c'est le point caché qui ne peut se mêler [à l'impureté].
Et de ce fait ils sont prêts, à la fête, à retirer l'extériorité et à voir la face de ה'. Et du fait même que l'homme est tenu de se purifier, assurément les fêtes donnent la force de se purifier devant Lui.
Et il est enseigné : la vision [au Temple] n'à pas de mesure, car il y a clarification après clarification jusqu'à ce qu'il puisse être pur de cœur. Et de même qu'il vient voir, ainsi il vient être vu, comme l'ont dit nos Sages 'yireh / yeraeh' (il verra / il sera vu).
Et nous devons revenir en techouva de ce que nous avons négligé les montées aux fêtes, ce pour quoi nous fûmes éloignés de la maison de ה' des temps nombreux. Et par le désir de mériter de voir encore la face de ה', cette faute sera réparée.
C'est pourquoi il est écrit 'liez la fête par des cordes' (Ps 118,27) : par les désirs, cordes d'amour, par lesquels on chérit les fêtes. Et c'est pourquoi on fait maintenant un second jour de fête, bien qu'on ne reçoive de récompense que pour un seul, seulement pour montrer l'affection des fêtes, pour s'attacher aux fêtes jusqu'à ce que nous méritions les cornes de l'autel.
C'est pourquoi elles sont appelées 'moadot' (fêtes), du langage 'edout' (témoignage), car elles clarifient l'intériorité des cœurs des enfants d'Israël comme ci-dessus. C'est pourquoi nos Sages ont interprété : celui qui méprise les fêtes est comme un idolâtre, car il est écrit 'des dieux de métal fondu tu ne te feras pas' (Ex 34,17), [puis] 'la fête des matsot tu garderas' (Ex 34,18).
Car aux fêtes on peut retirer les cloisons et clarifier l'intériorité comme ci-dessus. Et il est écrit 'et on ne paraîtra pas... ma face... les mains vides... selon la bénédiction de ה' ton Dieu qu'Il t'à donnée' (Deut 16,16-17).
Car donne-Lui du Sien : toute la volonté est que l'homme d'Israël puisse recevoir les bénédictions qui se déversent sur lui depuis les cieux, car 'du ciel on donne'. Et aux fêtes il y a des bénédictions pour Israël, comme il est dit 'et élève-nous... la bénédiction de tes fêtes'.
Et ce sont les trois bénédictions : 'qu'Il te bénisse... et te garde', à Pessa'h, nuit de garde ; 'qu'Il fasse briller', à Shavouot ; 'qu'Il porte... paix', c'est à Souccot. C'est pourquoi aux fêtes est le temps de la vision, 'selon la bénédiction de ה'... qu'Il t'à donnée' comme ci-dessus.
פקוד יפקוד אלקים. הסימן לגאולה כפולה כו'.
הענין לרמוז שצריכין ב' גאולות ביצ"מ וקי"ס וכן הוא במכילתא וי"ל שהוא בחי' יעקב ויוסף. כי יצ"מ פה סח תיקון ברית הלשון הקול קול יעקב.
ובקי"ס תיקון ברית המעור כמ"ש במד' השירה הזאת המילה מעידה בנו. ודרשו פסוק ויקם על סלע רגלי כו' אשורי שהוא הברית יסוד של [תולדות] האדם ואז ויתן בפי שיר חדש כו' שא"י לבוא לשירה רק ע"י התחדשות.
וכמ"ש בתחלת גלות מצרים שהפרו ברית מילה לכן ניטל מהם ההתחדשות כמ"ש שם במדרש שמות בפ' ויקם מלך חדש. כן עתה חזר להם ההתחדשות ואמרו שירה כמ"ש שירה חדשה שבחו גאולים:
'Dieu vous visitera assurément' (pakod yifkod, Gen 50,24) : le signe d'une rédemption double, etc. Le sens est d'allusion : qu'il faut deux rédemptions, la sortie d'Égypte et l'ouverture de la mer (keriat Yam Souf), et ainsi est-il dans la Mekhilta.
Et l'on peut dire que c'est l'aspect de Yaakov et de Yossef. Car la sortie d'Égypte [est] 'peh sah' (la bouche à parlé), la réparation de l'alliance de la langue, 'la voix est la voix de Yaakov' (Gen 27,22).
Et à l'ouverture de la mer, la réparation de l'alliance de la chair [de la circoncision], comme il est dit dans le Midrach : 'ce cantique', la circoncision témoigne en nous. Et ils ont interprété le verset 'Il à dressé sur le rocher mes pieds... mes pas' (Ps 40,3), qui est l'alliance, le fondement (yesod) des [descendances, toledot] de l'homme, et alors 'Il à mis dans ma bouche un chant nouveau' (Ps 40,4), car on ne peut venir au chant que par le renouvellement.
Et comme il est dit au début de l'exil d'Égypte qu'ils rompirent l'alliance de la circoncision, c'est pourquoi leur fut ôte le renouvellement, comme il est dit la dans le Midrach [Shemot] sur le passage 'un nouveau roi se leva' (Ex 1,8). Ainsi maintenant leur est revenu le renouvellement et ils ont dit le chant, comme il est dit 'un chant nouveau les rachetés ont chante'.
תרמ"ב
[תרמ"ב]
אפילו כולנו חכמים מצוה עלינו לספר ביציאת מצרים וכל המרבה לספר ביציאת מצרים הרי זה משובח. עפ"י המשנה כל שיראת חטאו קודמת לחכמתו חכמתו מתקיימת וכדאיתא בזוה"ק פ' בהר כההוא תורא דיהבין עלי' בקדמיתא עול ואי לא קביל עלי' ההוא עול לא עביד מידי כו'.
ולכן תפלה של יד קודמת ע"ש. וכן הוא יצ"מ הכנה לקבל עול מלכות שמים שלכן הוציאנו השי"ת מתחת יד מלכות בו"ד כדי שנהי' כלי לקבל עול מלכותו ית' דמאן דכפות באחרא א"י לקבל עול מלכות שמים כראוי כדמסיים שם בזוה"ק.
ולכן אף שיש אח"כ מעלות רבות וקבלת התורה שהרמז על תפלה ש"ר. עכ"ז תפלה של יד קודמת הרמז לזרוע נטוי' ולשעבד בזה הלב כו'.
וכשמקדימין זאת מקבלין אח"כ החכמה והדעת בתש"ר כראוי. ואמרו חז"ל למה קדמה פ' שמע שיקבל עומ"ש תחלה ואח"כ עול מצות.
וכן הוא סדר הרגלים פסח בחי' ואהבת קבלת מלכות שמים. ושבועות קבלת תורה ומצות.
פ' והי' אם שמוע כדאיתא קבלתם מלכותי קבלו גזירותי. וסוכות בחי' טלית וציצית כמ"ש במ"א.
וכן בכל יום תפלה ש"י וש"ר וציצית הם רמזים לג' הרגלים כנ"ל:
'Même si nous sommes tous sages... c'est une mitsva pour nous de raconter la sortie d'Égypte, et quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte, celui-là est digne de louange' (Haggadah). Selon la Mishna : 'quiconque la crainte de sa faute précède sa sagesse, sa sagesse subsiste' (Avot 3,9), et comme il est enseigné dans le Zohar (parashat Behar) : tel ce bœuf sur lequel on place d'abord le joug, et s'il n'accepté pas sur lui ce joug il ne fait rien, etc.
C'est pourquoi les téfilines de la main précédent [ceux de la tête], vois-y. Et de même la sortie d'Égypte est une préparation pour recevoir le joug du royaume des cieux, car c'est pour cela que le Saint béni soit-Il nous à fait sortir de sous la main d'un royaume de chair et de sang, afin que nous soyons un réceptacle pour recevoir le joug de Sa royauté, bénie soit-elle ; car celui qui est asservi à un autre ne peut recevoir le joug du royaume des cieux comme il convient, ainsi que le conclut la le Zohar.
Et c'est pourquoi, bien qu'il y ait ensuite de nombreux degrés et la réception de la Torah, qui fait allusion aux téfilines de la tête, malgré cela les téfilines de la main précédent, allusion au 'bras étendu' et à l'assujettissement par cela du cœur, etc. Et lorsqu'on fait précéder ceci, on reçoit ensuite la sagesse et la connaissance (daat) dans les téfilines de la tête comme il convient.
Et nos Sages ont dit : pourquoi le passage 'Chema' précède-t-il ? Pour qu'on reçoive d'abord le joug du royaume des cieux, et ensuite le joug des commandements.
Et de même est l'ordre des fêtes : Pessa'h, aspect de 'tu aimeras', réception du royaume des cieux ; Shavouot, réception de la Torah et des commandements, passage 've-haya im shamoa', comme il est enseigné : 'vous avez reçu Ma royauté, recevez Mes décrets' ; et Souccot, aspect du talit et des tsitsit, comme il est dit ailleurs. Et de même chaque jour : téfilines de la main, téfilines de la tête, et tsitsit sont des allusions aux trois fêtes comme ci-dessus.
כל ימי חייך להביא לימות המשיח. דכתיב כימי צאתך מארץ מצרים אראנו נפלאות.
וקשה הא ביום א' ושעה אחת יצאו. אכן ימי הם הארות.
והנה בכל דור ודור מתפשט יותר הארות מיצ"מ וכשיהיו נשלמים כל ההארות יהי' מזה גאולה העתידה. כדאיתא שיצ"מ הי' הכנה לכל הגאולות.
וכפי מה שעוסקין ביצ"מ וזוכרין אותו בכל הימים כך יתרבו הנפלאות לעתיד. דיש להאמין שיש יצ"מ בכל עת וכפי הסיפור והעסק ביצ"מ כך מתקיים בפועל ממש כמ"ש בכל דור ודור חייב אדם לראות כו'.
ומסיק אותנו גאל עמהם כמ"ש במ"א כבר מזה. וכשיהיו נכללים כל הימים ביום צאתך מארץ מצרים מזה יבואו ימות המשיח.
וז"ש למען תזכור כו' כל ימי חייך להביא לימות המשיח והבן:
'Tous les jours de ta vie', pour inclure les jours du Messie (Haggadah). Car il est écrit 'comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte Je lui ferai voir des merveilles' (Michee 7,15).
Et c'est difficile : or c'est en un seul jour et une seule heure qu'ils sortirent. Mais 'les jours' sont des illuminations (clartés).
Et voici qu'à chaque génération se répand davantage l'illumination de la sortie d'Égypte, et lorsque seront complétées toutes les illuminations, de cela viendra la rédemption future ; comme il est enseigné que la sortie d'Égypte fut une préparation pour toutes les rédemptions. Et selon la mesure où l'on s'occupe de la sortie d'Égypte et où on s'en souvient tous les jours, ainsi se multiplieront les merveilles pour l'avenir.
Car il faut croire qu'il y a une sortie d'Égypte en tout temps, et selon le récit et l'occupation de la sortie d'Égypte, ainsi cela se réalise réellement en acte, comme il est dit 'à chaque génération l'homme est tenu de se voir [comme s'il était lui-même sorti d'Égypte]'. Et il conclut 'et Il nous à fait sortir, nous, avec eux', comme il est dit ailleurs déjà de cela.
Et lorsque seront inclus tous les jours dans 'le jour de ta sortie du pays d'Égypte', de cela viendront les jours du Messie. Et c'est ce qui est dit 'afin que tu te souviennes... tous les jours de ta vie', pour inclure les jours du Messie, et comprends.
שמעתי מפי מו"ז ז"ל על שקורין לליל פסח סדר עפ"י מ"ש המהר"ל ז"ל שיש סדר מיוחד על הנסים והנפלאות שאינם במקרה ודפח"ח. ואפשר לבאר עוד עפ"י מה דכתיב כי לא בחפזון תצאו כו'.
כי ביצ"מ היה הגאולה במהירות שלא היינו ראוים. ועתה צריכים אנו לברר ע"י סיפורי יצ"מ בכל שנה ובכל יום הטעמים של יצ"מ כמ"ש רש"י ז"ל בעבור זה הוציאנו כדי לקיים מצותיו וכפי מה שמקיימין ומשבחין ומהללין לפניו נמצא נעשה מסודר ומיושב טעמי הגאולה וכשיהי' מתיישב הכל יהי' הגאולה העתידה כי הבורא ית' גאלנו שהי' גלוי וידוע לפניו ית' שעי"ז נזכה אחר כך לעבוד אותו באמת.
כמ"ש הוצאתי אתכם מארץ מצרים להיות לכם לאלקים. וזה יתקיים בשלימות לעתיד לבוא וע"ז נתקן כל השאלות והתשובה עבדים היינו.
וזה רמז הד' בנים כי בוודאי כפי הספיקות שיש בלבות בנ"י באופנים שונים. כך יש גלות מצרים.
ובכל שנה מתעורר הגאולה ומתבררין אלה הספיקות עד שיהי' הכל מסודר ומיושב ויתקיים כי לא בחפזון תצאו כו'. ועל ד' מיני הספיקות הי' ד' גליות.
ולכן יש ד' לשונות של גאולה כמ"ש במ"א מזה. וע"ז הרמז ועבדום כו' ד' מאות שנה.
כי יש מיני חשבונות יחידיות עשיריות מאות אלפים ואז חוזר אל האחדות. אבל עד המאות יש ספיקות שצריכין לבררם:
J'ai entendu de la bouche de mon maître et grand-père (mori zkeni), de mémoire bénie, sur le fait qu'on appelle la nuit de Pessa'h 'seder' (ordre), selon ce qu'à écrit le Maharal, de mémoire bénie : qu'il y a un ordre particulier concernant les miracles et les merveilles, qui ne sont pas fortuits, et ce sont paroles fines et agréables. Et l'on peut encore expliquer selon ce qui est écrit 'car ce n'est pas dans la précipitation que vous sortirez' (Isaie 52,12).
Car à la sortie d'Égypte la rédemption fut dans la hâte, alors que nous n'en étions pas dignes. Et maintenant nous devons clarifier, par les récits de la sortie d'Égypte chaque année et chaque jour, les raisons de la sortie d'Égypte, comme l'à écrit Rachi, de mémoire bénie : 'en vue de ceci', Il nous à fait sortir afin d'accomplir Ses commandements.
Et selon la mesure où l'on accomplit, loue et exalté devant Lui, il se trouve que les raisons de la rédemption deviennent ordonnées et établies. Et lorsque tout sera établi, adviendra la rédemption future ; car le Créateur, béni soit-Il, nous à rachetés, car il était révélé et connu devant Lui, béni soit-Il, que par cela nous meriterions ensuite de Le servir en vérité.
Comme il est dit 'Je vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être pour vous un Dieu' (Lev 22,33). Et cela s'accomplira dans la perfection dans l'avenir.
Et sur cela furent instituées toutes les questions et la réponse 'nous étions esclaves'. Et c'est l'allusion des quatre fils : car assurément, selon les doutes qui sont dans les cœurs des enfants d'Israël de façons diverses, ainsi il y a l'exil d'Égypte.
Et chaque année s'éveille la rédemption et se clarifient ces doutes, jusqu'à ce que tout soit ordonné et établi, et que s'accomplisse 'car ce n'est pas dans la précipitation que vous sortirez'. Et pour les quatre sortes de doutes il y eut quatre exils.
Et c'est pourquoi il y a quatre expressions de rédemption, comme il est dit ailleurs de cela. Et c'est l'allusion de 'ils les asserviront... quatre cents ans' (Gen 15,13).
Car il y a des catégories de comptés : unités, dizaines, centaines, milliers, et alors on revient à l'unité. Mais jusqu'aux centaines il y a des doutes qu'il faut clarifier.
בפסוק והניף כו' לרצונכם ממחרת השבת כו'. הניח הכתוב מקום לחכמי ישראל שידעו שבמחרת הפסח הוא הרצון האמת של כללות ישראל.
כמ"ש חז"ל שספירתה תלוי' בב"ד שהן יודעין לחדש ממחרת השבת מחרת יו"ט כו' דכתיב משכני אחריך נרוצה. שאחר יצ"מ מתעורר רצון ואהבה בלבות בנ"י אליו ית'.
וכמ"ש זכרתי לך חסד נעוריך כו'. ולשעה קלה נסעו מרעמסס לסוכות כמ"ש ואשא אתכם על כנפי נשרים.
לכן עתה זמן התרוממות כללות בנ"י. דכתיב והניף.
ולהרמה זו אין לה שיעור. ובמד' אחריך נרוצה כבהמה נמשכנו אחריך.
דאיתא ערומים בדעת כאדם ומשימין עצמם כבהמה ע"ש במד' אמור ע"פ אדם ובהמה תושיע ה'. דעומר מנחת שעורין מאכל בהמה כמ"ש מזה בחי' מו"ז ז"ל ע"ש.
דכ' אדם אתם קרוין אדם כו' כי בנ"י הם הצורה הנבחרת שנק' אדם. וע"ז כתיב עם זו יצרתי לי תהלתי יספרו שזה הוא מעלת אדם המדבר ויודע להעיד על הבורא.
לכן בפסח נפתח פיהם של ישראל כמ"ש פה סח שאז נולד בהם הדעת. וכדאיתא גר שנתגייר כקטן שנולד.
שבזמן הזה נכנסנו תחת כנפי השכינה ב"ה. ובמצרים בחומר ולבנים שלא הי' לנו הצורה השלימה.
ועתה עם זו יצרתי ונק' אדם. ואז הם מבינים ע"י הדעת לחשוב עצמם כבהמה לפניו ית' ומביאין מנחת שעורים וזה בא מדביקות האמת כמ"ש בהמות הייתי עמך:
Sur le verset 'et il balancera... pour votre agrément, au lendemain du chabbat...' (Lev 23,11). L'Écriture à laissé une place aux sages d'Israël, pour qu'ils sachent qu'au lendemain de Pessa'h est la volonté véritable de l'ensemble d'Israël.
Comme l'ont dit nos Sages que son compte [du Omer] dépend du beit din, qui savent renouveler [le calendrier], 'au lendemain du chabbat' signifiant au lendemain du jour de fête, etc. Car il est écrit 'attire-moi, après toi nous courrons' (Cantique 1,4) : car après la sortie d'Égypte s'éveille une volonté et un amour dans les cœurs des enfants d'Israël envers Lui, béni soit-Il.
Et comme il est écrit 'Je me suis souvenu pour toi de la bonté de ta jeunesse...' (Jer 2,2). Et en un court instant ils voyagèrent de Ramses vers Souccot, comme il est dit 'et Je vous ai portes sur des ailes d'aigles' (Ex 19,4).
C'est pourquoi maintenant est le temps de l'élévation de l'ensemble des enfants d'Israël, comme il est écrit 'et il balancera (ve-henif)'. Et cette élévation n'à pas de mesure.
Et dans le Midrach : 'après toi nous courrons', comme une bête nous fûmes attirés après Toi. Car il est enseigné : [les enfants d'Israël] sont ruses dans la connaissance comme l'homme (Adam), et ils se rendent eux-mêmes comme une bête, vois-y dans le Midrach [d']Emor sur le verset 'l'homme et la bête Tu sauvés, ה'' (Ps 36,7).
Car le Omer est une offrande d'orge, nourriture de bête, comme le dit de cela l'aspect de mon maître grand-père, de mémoire bénie, vois-y. Car il est écrit 'vous êtes appelés Adam' (Yevamot 61a), car les enfants d'Israël sont la forme choisie qui est appelée Adam.
Et sur cela il est écrit 'ce peuple que J'ai forme pour Moi, ils raconteront Ma louange' (Isaie 43,21) : que c'est la l'excellence de l'homme qui parle et sait témoigner sur le Créateur. C'est pourquoi à Pessa'h s'est ouverte la bouche d'Israël, comme il est dit 'peh sah' (la bouche à parlé), car alors est née en eux la connaissance (daat).
Et comme il est enseigné : un converti qui se convertit est comme un nouveau-ne. Car en ce temps nous sommes entrés sous les ailes de la Chekhina, bénie soit-elle.
Et en Égypte, dans le mortier et les briques, nous n'avions pas la forme parfaite. Et maintenant 'ce peuple que J'ai forme' et [nous sommes] appelés Adam.
Et alors ils comprennent, par la connaissance, à se considérer comme une bête devant Lui, béni soit-Il, et ils apportent une offrande d'orge ; et cela vient de l'attachement (deveikout) à la vérité, comme il est dit 'j'étais une bête avec Toi' (Ps 73,22).
הג' מועדות הם נגד ג' בחי' דיבור מעשה מחשבה. כי בפסח נפתח הפה של איש ישראל והדיבור לכן פה סח לכן נתקן מגילת שיר השירים כדכ' במד' נשיר למי שעשאנו שירים בעולם כדכתיב עם זו יצרתי לי תהלתי יספרו.
ובשבועות בחי' המחשבה והדעת שהוא קבלת התורה. ובסוכות בחי' המעשה כדכתיב ולקחתם לכם והישיבה בסוכה והקפות ונענועים שזה כולל כל תנועות הגוף.
והג' רגלים נותנים חיות וברכה לכל השנה כמ"ש והשיאנו כו' את ברכת מועדיך כאשר רצית שע"ז ניתנו הרגלים שאז בנ"י מוכנים לקבל הברכות. לכן הם מכוונים נגד הג' ברכות שבברכת כהנים.
יברכך כו' וישמרך בפסח. ליל שמורים.
יאר בשבועות אור התורה. ישא כו' וישם כו' שלום הוא בסוכות פריסת סוכת שלום.
ויש לנו להתחזק בהרגלים כמו שמבקשין זכרנו בו לטובה ופקדנו בו והושיענו בו. כי כמו שהקב"ה זוכר הימים הללו שהרי נקראו מועדי ה'.
כן מבקשין שיכלול אותנו בזכירה זו. כי הזמן ג"כ מבקש תפקידיו כמ"ש במד' דרכי ציון מבקשים תפקידם.
ז"ש וידבר משה כו' מועדי ה' אל בני ישראל שהתקשר להיות דבקים בנ"י באלה הימים שהקב"ה יזכור אותנו בכלל זכירת הימים כמ"ש והבן:
Les trois fêtes correspondent aux trois aspects : parole, action, pensée. Car à Pessa'h s'ouvre la bouche de l'homme d'Israël et la parole, c'est pourquoi 'peh sah' (la bouche à parlé) ; c'est pourquoi fut institué le rouleau du Cantique des cantiques, comme il est écrit dans le Midrach : 'chantons à Celui qui a fait de nous des chants (shirim) dans le monde', comme il est écrit 'ce peuple que J'ai forme pour Moi, ils raconteront Ma louange' (Isaie 43,21).
Et à Shavouot, l'aspect de la pensée et de la connaissance (daat), qui est la réception de la Torah. Et à Souccot, l'aspect de l'action, comme il est écrit 'et vous prendrez pour vous...' (Lev 23,40), et le séjour dans la soucca, et les circuits (hakafot) et les balancements (nenouim), ce qui inclut tous les mouvements du corps.
Et les trois fêtes donnent vie et bénédiction pour toute l'année, comme il est dit 'et élève-nous... la bénédiction de tes fêtes, selon que Tu l'as voulu' ; car c'est pour cela que furent données les fêtes, où les enfants d'Israël sont prêts à recevoir les bénédictions. C'est pourquoi elles correspondent aux trois bénédictions de la bénédiction des cohanim : 'qu'Il te bénisse... et te garde', à Pessa'h, nuit de garde ; 'qu'Il fasse briller', à Shavouot, lumière de la Torah ; 'qu'Il porte... et mette... paix', c'est à Souccot, l'étendue de la soucca de paix.
Et nous devons nous renforcer dans les fêtes, comme nous demandons 'souviens-Toi de nous en ce jour pour le bien, visite-nous en ce jour et sauve-nous en ce jour'. Car de même que le Saint béni soit-Il se souvient de ces jours, puisqu'ils sont appelés 'fêtes de ה'', de même nous demandons qu'Il nous inclue dans cette souvenance.
Car le temps aussi réclame ses fonctions, comme il est dit dans le Midrach 'les chemins de Sion réclament leurs fonctions'. C'est ce qui est dit 'et Moché parla... les fêtes de ה' aux enfants d'Israël', qu'il les a liés pour que les enfants d'Israël soient attachés en ces jours, afin que le Saint béni soit-Il se souvienne de nous dans l'ensemble de la souvenance de ces jours, comme il est dit, et comprends.
בענין קי"ס ויהי בשלח לשון צרה כמ"ש בזוה"ק מאן דשביק פולחנא כו'. וי"ל עוד כי בעודם במצרים הי' לבנ"י מעלה יתירה כשושנה בין החוחים.
ועתה שנבדלו להיות עבדי ה' ראו שפלות הכנתם. והי' אח"כ הנס דקי"ס בגוף נפשות בנ"י.
לכן כ' את ישועת ה' אשר יעשה לכם דייקא. ויש לרמוז דכ' הכא אשר יעשה.
וכ' התם אשר יעשה אותם האדם וחי בהם. לרמוז שהי' זה ישועה בנפשות בנ"י להחיותם בקדושת ה'.
וזכו אח"כ לאמונה. וכ' וירא ישראל את היד הגדולה היינו שזכו לראות הנפלאות בעצמם והוא מעלה רבה.
ובוודאי בעין הגשמיי א"י לראות נפלאות ה' שהם למעלה מהטבע וע"ז כתיב עין לא ראתה כו' יעשה למחכה לו. כי צריכין לזה עינים זכים לא עיני בשר כמונו.
וע"ז הבטיחם משה רבינו ע"ה התיצבו וראו את ישועת ה'. וזה הי' השנות הנס דקי"ס שיתמשכו בנ"י אחר פנימיות הנס וכמ"ש במ"א ע"פ נתת ליראיך נס להתנוסס כו'.
היינו לקבל הנס ולהתרומם להתמשך אחר הארת הנס ואז יש שירה כנ"ל:
Au sujet de l'ouverture de la mer (keriat Yam Souf) : 'et il advint (va-yehi) lorsque Pharaon renvoya' (Ex 13,17), expression de détresse, comme il est dit dans le Zohar : celui qui abandonne le service [divin], etc. Et l'on peut encore dire que, tant qu'ils étaient en Égypte, les enfants d'Israël avaient un degré supplémentaire, comme un lys parmi les épines.
Et maintenant qu'ils s'étaient séparés pour être serviteurs de ה', ils virent la bassesse de leur condition. Et il y eut ensuite le miracle de l'ouverture de la mer dans le corps [et] les âmes des enfants d'Israël.
C'est pourquoi il est écrit 'le salut de ה' qu'Il fera pour vous' (Ex 14,13), précisément. Et l'on peut faire une allusion : il est écrit ici 'qu'Il fera', et il est écrit la-bas 'que l'homme fera et vivra par eux' (Lev 18,5), pour faire allusion que ce fut la un salut dans les âmes des enfants d'Israël, pour les faire vivre dans la sainteté de ה'.
Et ils méritèrent ensuite la foi (emouna). Et il est écrit 'et Israël vit la grande main' (Ex 14,31), c'est-à-dire qu'ils méritèrent de voir les merveilles par eux-mêmes, et c'est un grand degré.
Et assurément, avec l'œil matériel on ne peut voir les merveilles de ה', qui sont au-dessus de la nature ; et sur cela il est écrit 'aucun œil n'à vu... [ce que Dieu] fera pour celui qui espère en Lui' (Isaie 64,3).
Car il faut pour cela des yeux purs, non des yeux de chair comme les nôtres. Et sur cela Moché notre maître, la paix soit sur lui, les rassura : 'tenez-vous et voyez le salut de ה'' (Ex 14,13).
Et ce fut la répétition du miracle de l'ouverture de la mer, que les enfants d'Israël se laissent attirer après l'intériorité du miracle, comme il est dit ailleurs sur le verset 'Tu as donné à ceux qui Te craignent un étendard (nés) pour se dresser (le-hitnoses)' (Ps 60,6) : c'est-à-dire recevoir le miracle (nés) et s'élever, se laisser attirer après l'illumination du miracle, et alors il y a le chant comme ci-dessus.
בפסוק ויאמרו כו' המבלי אין כו'. איתא במדרשים שהיו כתות חלוקות.
ויתכן לומר שזאת אמרו הערב רב מה זאת עשית לנו דייקא שמרע"ה קבלם מעצמו. דאל"ה קשה הא בשם ה' דיבר להוציאם.
ואם לא האמינו בו ח"ו הול"ל הכי. אבל מה זה הלשון עשית לנו.
ולהנ"ל אתי שפיר. וי"ל שגם בתשובת מרע"ה כ' ויאמר אל העם שהשיב לכולם.
ועליהם רמז ואתם תחרישון כי לא יזכו להיות בכלל השירה ע"י שהתרעמו דבהשירה כתיב משה ובנ"י דייקא ולא הערב רב:
Sur le verset 'et ils dirent... est-ce faute de tombeaux [en Égypte]...' (Ex 14,11). Il est dit dans les Midrashim qu'il y avait des groupes divisés.
Et il convient de dire que c'est le erev rav (multitude mélangée) qui dit 'qu'est-ce que tu nous as fait la', précisément, [insinuant] que Moché notre maître, la paix soit sur lui, les avait pris de lui-même. Car sinon, c'est difficile : or c'est au nom de ה' qu'il à parlé pour les faire sortir ; et s'ils ne croyaient pas en lui, à Dieu ne plaise, ils auraient dû parler ainsi [autrement].
Mais que signifie cette expression 'tu nous as fait' ? Et selon ce qui précède, cela se comprend bien.
Et l'on peut dire que même dans la réponse de Moché notre maître il est écrit 'et il dit au peuple', qu'il répondit à tous. Et sur eux [le erev rav] fait allusion 'et vous, vous vous tairez' (Ex 14,14), car ils ne mériteront pas d'être inclus dans le chant, du fait qu'ils se sont plaints ; car dans le chant il est écrit 'Moché et les enfants d'Israël', précisément, et non le erev rav.
וייראו העם את ה' כו' אז ישיר. י"ל כעין ששמעתי מפ"ק מו"ז ז"ל על הפסוק וייראו מאוד ויצעקו כו' אל ה' על זו היראה כי הי' נחשב להם כע"ז לירא מבו"ד ודפח"ח.
כמו כן י"ל עתה שבאו ליראת ה' ע"ז עצמו אמרו שירה. ובאמת הוא סימן טוב אחר הישועה שהציל השי"ת אותם ונתלבשו ביראת ה' ולא באו מזה ח"ו לידי גבהות.
רק אדרבא נתלבשו ביראת ה' זה סימן אמת לעובד ה'. וע"ז נאמר שמחתי מתוך יראתי ויראתי מתוך שמחתי וע"ז שייך שירה בהתחברות יראה עם שמחה.
והוא בעזר עליון כדאיתא במד' לא כל מי שרוצה אומר שירה כו'. וע"ז נאמר רצון יראיו יעשה כי הירא ה' לאמיתו אם כי לעיני בשר א"י להתמלאות שמחה ורצון.
אך ה' עושה לו רצון ושמחה כדכתיב אין מחסור ליראיו:
'Et le peuple craignit ה'...' (Ex 14,31), 'alors chanta [Moché]' (Ex 15,1). On peut dire, comme ce que j'ai entendu de la bouche sainte de mon maître grand-père, de mémoire bénie, sur le verset 'ils craignirent beaucoup et crièrent... vers ה'' (Ex 14,10) : sur cette crainte [initiale], car il leur était compte comme idolâtrie de craindre la chair et le sang, et ce sont paroles agréables.
De même peut-on dire ici : maintenant qu'ils sont venus à la crainte de ה', sur cela même ils dirent le chant. Et en vérité c'est un bon signe après le salut, que le Saint béni soit-Il les a sauvés et qu'ils se sont revêtus de la crainte de ה' et n'en sont pas venus, à Dieu ne plaise, à l'orgueil.
Au contraire, ils se sont revêtus de la crainte de ה' : c'est un signe véritable pour le serviteur de ה'. Et sur cela il est dit 'je me suis réjoui du sein de ma crainte, et ma crainte du sein de ma joie' ; et pour cela le chant convient dans l'union de la crainte avec la joie.
Et cela est par un secours d'en haut, comme il est enseigné dans le Midrach 'ce n'est pas quiconque veut qui dit un chant'. Et sur cela il est dit 'la volonté de ceux qui Le craignent Il fait' (Ps 145,19).
Car celui qui craint ה' en vérité, même si aux yeux de chair il ne peut se remplir de joie et de volonté, cependant ה' lui fait volonté et joie, comme il est écrit 'rien ne manque à ceux qui Le craignent' (Ps 34,10).
« Alors il chantera » (Chemot 15,1) : nos Sages y voient une allusion à la résurrection des morts. Quelle est sa place ici ? Selon le Sfat Emet, la racine de la résurrection vient de ce salut : « je lui montrerai des merveilles », précisément comme « Israël vit » au-dessus de la nature et leurs âmes s'élevèrent. Pour un instant, des âmes d'en haut vinrent chez ceux qui descendirent dans la mer, comme une résurrection véritable, âme supplémentaire de chaque tsadik ; c'est pourquoi les Sages ont dit qu'à Pessa'h aura lieu la résurrection. Moché s'efforça « montre-moi donc ta gloire », tandis qu'eux dirent « celui-ci est mon D.ieu » ; Hachem lui dit que par sa mort le peuple se lèvera, et il accepta.
Aussi : chanter pour que joie et amour l'emportent sur la crainte ; croire rétroactivement l'exil jusqu'à l'endurcissement de Pharaon ; D.ieu sauta par-dessus les quatre cents ans, le mérite des mères n'est pas épuisé.
אז ישיר. חז"ל הגידו מכאן רמז לתחיית המתים ומה מקומו כאן.
ולבאר הענין נראה כי שורש תחיית המתים הוא מישועה זו. וע"ז נאמר כימי צאתך מארץ מצרים אראנו נפלאות.
אראנו דייקא כמ"ש וירא ישראל כו'. שראו בעין מה שהוא למעלה מהטבע.
ובוודאי נתרוממו נפשותם כאשר חכמים הגידו ראתה שפחה על הים כו'. ואמרו כמה נתחבט מרע"ה הראני נא והם אמרו זה אלי.
ויפלא כי הלא מרע"ה הוא עיקר בעל השירה. רק שלפי שעה בא ביורדי הים נשמות שלמעלה כעין תחיית המתים ממש כידוע שיש לכל צדיק חלק למעלה כמ"ש משה משה כו' והוא הנשמה יתירה.
לכן חכמים הגידו כי בפסח יהי' תחיית המתים כי הוא זמן המיוחד לכך. ויתכן לפרש משה ובני ישראל הם השבטים בני ישראל סבא כדאיתא בזוה"ק שמות שבנ"י באו עמהם בגלות ע"ש.
מכש"כ שהחי' אותם השי"ת עתה לראות בהצלת תולדותם. וזה שכתוב תשורי מראש אמנה שהשירה הי' בכח שנמשכו אחר ראשית התחלת האבות והשבטים.
וזה הלשון אז שהוא המשכה מקדם והתחלת הבריאה כדאיתא בזוה"ק דכל אז למעלה מהטבע כו'. וכן במה שרמזו חז"ל בפ' הנך שוכב כו' וקם מכאן רמז לתחיית המתים ג"כ יתכן לפרש בדרך הנ"ל שהוא שורש תחיית המתים שמרע"ה בוודאי לא הי' לו למות.
והשי"ת אמר לו שע"י מיתה שלו יקומו כל בנ"י לתחיית המתים ועי"ז נתרצה וקיבל עליו המיתה ז"ש הנך שוכב כו' וקם העם הזה כו':
Az yashir (Alors il chantera - Exode 15,1). Nos Sages ont dit: d'ici une allusion à la résurrection des morts.
Et quelle est sa place ici? Pour éclairer la chose, il apparaît que la racine de la résurrection des morts vient de ce salut-ci.
Et sur cela il est dit "comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte je lui montrerai des merveilles" (Michee 7,15). "Je lui montrerai" précisément, comme il est écrit "et Israël vit" (Exode 14,31), qu'ils virent de leurs yeux ce qui est au-dessus de la nature.
Et certainement leurs âmes s'élevèrent, comme les Sages l'ont dit: une servante vit sur la mer [plus que ne vit un prophète]. Et l'on a dit: combien Moché notre maître s'efforça "montre-moi donc [ta gloire]" (Exode 33,18), tandis qu'eux dirent "celui-ci est mon Dieu" (Exode 15,2).
Et cela étonne, car Moché notre maître est l'essentiel maître du cantique. Seulement que, pour un instant, vinrent chez ceux qui descendirent dans la mer des âmes d'en haut, comme une résurrection des morts véritable, ainsi qu'il est connu que chaque juste à une part en haut, comme il est écrit "Moché, Moché" (Exode 3,4), et c'est l'âme supplémentaire.
C'est pourquoi les Sages ont dit qu'à Pessa'h aura lieu la résurrection des morts, car c'est le temps dédié à cela. Et l'on peut expliquer que "Moché et les enfants d'Israël" sont les tribus, les fils d'Israël-Saba (le vieil Israël), comme il est rapporté dans le saint Zohar (Chemot) que les fils d'Israël vinrent avec eux en exil, voir la-bas.
À plus forte raison que Hachem béni soit-Il les fit vivre maintenant pour voir le sauvetage de leur descendance. Et c'est ce qui est écrit "tu chanteras depuis le sommet d'Amana" (Cantique 4,8), car le cantique fut par la force de ce qu'ils furent attirés après le commencement initial des patriarches et des tribus.
Et cette expression "az" (alors), qui est une continuité depuis l'origine et le début de la création, comme il est rapporté dans le saint Zohar que tout "az" est au-dessus de la nature. Et de même dans ce que les Sages ont fait allusion sur le passage "voici, tu vas te coucher [...] et il se lèvera" (Deut 31,16), d'ici une allusion à la résurrection des morts également, on peut expliquer selon la voie susdite: c'est la racine de la résurrection des morts, car Moché notre maître certainement ne devait pas mourir.
Et Hachem béni soit-Il lui dit que par sa mort se lèveront tous les enfants d'Israël à la résurrection des morts; et par cela il consentit et accepta sur lui la mort. C'est ce qui est dit "voici, tu vas te coucher [...] et ce peuple se lèvera [...]".
כי גאה גאה. י"ל אעפ"י שגאה גאה כמ"ש רש"י ז"ל על כל מה שאקלס יש בו תוספות כדכתיב נורא תהלות וזה הי' הספק שלהם אם לשיר כמ"ש רש"י ז"ל עלה בלבו שישיר וכן עשה.
כענין ששמעתי ממו"ז ז"ל על חזקי' המלך שע"י שלא אמר שירה על מפלת סנחריב לא נעשה משיח. ואמר כי הי' ברור להם מלכותו ית' עד שלא נתפעלו ע"י הנס.
וכ"כ במדרש שה"ש כבר מודעת זאת כו' ע"ש בפסוק תשורי מראש אמנה. אבל באמת צריך להתגבר ולשיר השירה שתגבר השמחה והאהבה על היראה וזה הרבותא וייראו העם כו' ומ"מ ויאמינו ונמשכו אחר הנס ושרו שירה לפניו.
ובנ"י היו צריכין לברר זאת כי אם שגאה גאה אעפ"כ הוא קרוב לעמו. ולהוציא מלב הרשעים שאומרים שאין ה' משגיח על הארץ:
Ki gaoh gaah (Car Il s'est élevé superbement - Exode 15,1). Il y a à dire: bien qu'"Il s'est élevé superbement", comme l'écrit Rachi de mémoire bénie, sur tout ce que je pourrai le louer il y a encore un surplus, comme il est écrit "redoutable en louanges" (Exode 15,11).
Et c'était la leur doute: fallait-il chanter? Comme l'écrit Rachi de mémoire bénie: "il lui monta au cœur qu'il chanterait", et ainsi fit-il.
À l'instar de ce que j'ai entendu de mon grand-père de mémoire bénie au sujet du roi Ezechias: parce qu'il ne dit pas de cantique sur la chute de Sennacherib, il ne devint pas le Machiah. Et il dit que la royauté de Hachem béni soit-Il leur était si claire qu'ils ne furent pas émus par le miracle.
Et ainsi il est écrit dans le Midrach du Cantique des cantiques "cela est déjà connu [...]", voir la-bas sur le verset "tu chanteras depuis le sommet d'Amana". Mais en vérité il faut se surpasser et chanter le cantique, afin que la joie et l'amour l'emportent sur la crainte; et c'est la le point remarquable: "et le peuple craignit [Hachem]" (Exode 14,31), et néanmoins "ils crurent", et ils furent attirés après le miracle et chantèrent devant Lui un cantique.
Et les enfants d'Israël devaient clarifier ceci: que même s'"Il s'est élevé superbement", malgré cela Il est proche de son peuple. Et pour ôter du cœur des méchants qui disent que Hachem ne surveille pas la terre.
אז ישיר. פי' אחר הגלות ואחר הגאולה כי הבינו עתה שנתברר מלכות שמים ע"י כל תהלוכות הגלות לכן ויאמינו פירוש שהאמינו למפרע על כל הגלות וקבלו באהבה ועל הכל אמרו שירה גם על מה שחיזק ה' לב פרעה.
וז"ש אמר אויב ארדוף כו' על כל זה נתנו שבח ע"י שראו שנתגדל עי"ז שם שמים. ובזה חיזק מרע"ה לבם התיצבו וראו את ישועת ה'.
וכיון ששמעו שעי"ז יתפרסם כבודו ית' קיבלו באהבה. וכן יש לנו לידע בגלות הזאת כמו שכתוב כימי צאתך כו':
Az yashir (Alors il chantera). Explication: après l'exil et après la délivrance, car ils comprirent alors que la royauté des cieux s'était clarifiée à travers tous les cheminements de l'exil; c'est pourquoi "ils crurent" - explication: ils crurent rétroactivement sur tout l'exil et l'acceptèrent avec amour, et sur tout ils dirent un cantique, même sur le fait que Hachem endurcit le cœur de Pharaon.
Et c'est ce qui est dit "l'ennemi disait: je poursuivrai [...]" (Exode 15,9): sur tout cela ils rendirent louange, parce qu'ils virent que par cela grandit le Nom des cieux. Et par cela Moché notre maître fortifia leur cœur: "tenez-vous et voyez le salut de Hachem" (Exode 14,13).
Et puisqu'ils entendirent que par cela se publierait sa gloire béni soit-Il, ils acceptèrent avec amour. Et de même nous avons à savoir dans cet exil-ci, comme il est écrit "comme aux jours de ta sortie [d'Égypte]".
עוד לפסח משנת תרמ"ב
Encore, pour Pessa'h, de l'année 5642 (תרמ״ב).
בשה"ש מדלג על ההרים. איתא במד' שאמרו עדיין לא שלמו הד' מאות שנה רק שהקב"ה דילג על הקיצים כו'.
ויש לנו לקוות גם עתה כי יעשה עמנו הבורא ית' לפנים משורת הדין דכתיב כימי צאתך מארץ מצרים אראנו נפלאות. וכמו דשם דילג על הקץ והמפרשים אמרו כי הכביד להם הגלות כדי למהר הקץ כי ידע השי"ת שזה הי' טובה יותר כמ"ש שאם היו ח"ו רגע אחד יותר כו'.
כמו כן עתה שנתמשך הגלות בעוה"ר זמן זמנים טובא. הוא בוודאי לטובתינו כדי להקל חבלי משיח.
שהגם דחז"ל אמרו ולא אחמיני' וכן רבותינו הקדושים ז"ל כולם אמרו שיהי' עת צרה. כך צריך לנו לידע כמו שהי' מקובל בידי אבותינו במצרים שצריכין להיות ת' שנים רק השי"ת עשה לפנים משה"ד.
לכן הגידו לנו שאם כי בוודאי השי"ת ייטיב עמנו נדע כי הוא הוא בחסד עליון. ויש לדרוש מקפץ על הגבעות על גאולה העתידה כיון דכתיב כימי צאתך כו'.
כי בגלות שבעים שנה הי' כמו שהבטיח א"כ מקפץ קאי על עתה. וידוע מדברי המפרשים כי קפיצה יותר מדילוג.
דילוג ברגל אחד קפיצה בב' רגלים כמ"ש בס' לקוטי תורה על שה"ש מהרב. ויתקיים לנו במהרה מאמר מקפץ על הגבעות.
גם הרים הם אבות. וגבעות זכות אמהות.
והנשים רחמנים ביותר כמ"ש חז"ל ששלחו לחולדה הנביאה. כן יעשה לנו עתה בזכות אמהות.
לכן גם למ"ד תמה זכות אבות זכות אמהות לא תמה:
Dans le Cantique des cantiques: "sautant sur les montagnes" (Cantique 2,8). Il est rapporté dans le Midrach qu'ils dirent: les quatre cents ans n'étaient pas encore accomplis, seulement que le Saint béni soit-Il sauta par-dessus les termes (les échéances) [...].
Et nous avons à espérer aussi maintenant que le Créateur béni soit-Il agira envers nous au-delà de la lettre de la loi, car il est écrit "comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte je lui montrerai des merveilles". Et de même que la-bas Il sauta par-dessus le terme - et les commentateurs ont dit qu'Il alourdit sur eux l'exil afin de hâter le terme, car Hachem béni soit-Il savait que cela était un plus grand bien, comme ils ont dit que s'ils étaient restes, à Dieu ne plaise, un instant de plus [...] - de même maintenant, que l'exil s'est prolonge, par nos nombreux péchés, un temps et des temps nombreux, c'est certainement pour notre bien, afin d'alléger les douleurs de l'enfantement du Machiah.
Car bien que nos Sages aient dit "et que je ne le voie pas", et de même tous nos saints maîtres de mémoire bénie ont dit que ce sera un temps de détresse, ainsi devons-nous savoir, comme il était reçu par nos pères en Égypte qu'il fallait être quatre cents ans, seulement que Hachem béni soit-Il agit au-delà de la lettre de la loi. C'est pourquoi ils nous ont dit que, bien que certainement Hachem béni soit-Il nous fera du bien, nous devons savoir que c'est par une grâce suprême.
Et l'on peut interpréter "bondissant sur les collines" au sujet de la délivrance future, puisqu'il est écrit "comme aux jours de ta sortie [...]". Car dans l'exil de soixante-dix ans ce fut comme Il l'avait promis; ainsi "bondissant" se rapporte à maintenant.
Et il est connu, d'après les paroles des commentateurs, que le bond (kefitsa) est plus que le saut (dilug): le saut est sur un pied, le bond sur deux pieds, comme il est écrit dans le livre Likoutei Torah sur le Cantique des cantiques, du Rav. Et que s'accomplisse pour nous bientôt la parole "bondissant sur les collines".
De plus, les montagnes sont les patriarches, et les collines le mérite des matriarches. Et les femmes sont plus miséricordieuses, comme l'ont dit nos Sages, qui envoyèrent vers Houlda la prophétesse.
Ainsi fera-t-Il pour nous maintenant par le mérite des matriarches. C'est pourquoi, même selon celui qui dit que le mérite des pères est épuisé, le mérite des mères n'est pas épuisé.
מפלת הבעל צפון לא מפורש בתורה. כי בוודאי הי' לו מפלה אח"כ דכתיב ובכל א-להי מצרים אעשה שפטים.
רק הוא נסתר כמו שנק' שמו בעל צפון. ואפשר נשאר שיהי' לו מפלה לעתיד כי גאולה העתידה היא כימי צאתך מארץ מצרים.
וי"ל הרמז כמו אפיקומן צפון שנשאר מכל גאולת מצרים בכל שנה על לעתיד. כן יהי' לו אז המפלה.
דכ' רק אעשה ויתקיים עוד. עכ"ז נראה כי בוודאי נעשה בו משפטים.
רק אפשר נשאר מעט ממנו לעתיד. השי"ת יזכנו לראות נקמתו מכל א-להים אחרים בב"א:
La chute de Baal Tsefon n'est pas explicitée dans la Torah. Car certainement il eut une chute par la suite, comme il est écrit "et contre tous les dieux d'Égypte j'exercerai des jugements" (Exode 12,12).
Seulement qu'elle est cachée, comme son nom même est appelé Baal Tsefon (le maître du caché). Et il est possible qu'il lui soit reste d'avoir une chute dans l'avenir, car la délivrance future est "comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte".
Et l'on peut dire l'allusion: comme l'afikoman (tsafoun, le caché) qui reste de toute la délivrance d'Égypte chaque année pour l'avenir, ainsi aura-t-il alors sa chute. Car il est écrit "seulement j'exercerai", et cela s'accomplira encore.
Malgré cela il apparaît que certainement des jugements furent faits contre lui, seulement qu'il est possible qu'un peu de lui soit reste pour l'avenir. Que Hachem béni soit-Il nous accorde de voir sa vengeance sur tous les autres dieux, bientôt et de nos jours.
תרמ"ג
5643 (תרמ״ג).
כל המרבה לספר ביציאת מצרים הרי זה משובח. כי יציאת מצרים אין לו הפסק כמ"ש כל ימי חייך.
וכפי מה שמספרין יצ"מ נגמר ומתרבה הנס דיצ"מ. כיון שענין יצ"מ היא פרשה בתורה היא נצחיות.
וזה שהוסיפו כל התנאים אמור מעתה במצרים לקו נ' מכות כו'. הרי שהוסיפו שמעתה מתגלה הנ' מכות שהיו מקודם גנוזים בשם עשרה בלבד.
וזה ענין סיפור יצ"מ להוציא מכח אל הפועל. כי עיקר יצ"מ הוא חירות משיעבוד הסט"א.
רק במצרים הי' שורש הסט"א. ובפרטות נגמר בכל שנה יותר כנ"ל:
"Quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte, celui-ci est digne de louange" (Haggada). Car la sortie d'Égypte n'à pas de fin, comme il est écrit "tous les jours de ta vie" (Deut 16,3).
Et selon ce que l'on raconte de la sortie d'Égypte, le miracle de la sortie d'Égypte s'achève et se multiplie. Puisque la chose de la sortie d'Égypte est une section (paracha) dans la Torah, elle est éternelle.
Et c'est ce qu'ont ajouté tous les Tannaim: "dis désormais: en Égypte ils furent frappés de cinquante plaies [...]" (Haggada). Voici qu'ils ont ajouté que désormais se révèlent les cinquante plaies qui étaient auparavant enfouies dans le nombre de dix seulement.
Et c'est la la chose du récit de la sortie d'Égypte: faire passer de la puissance à l'acte. Car l'essentiel de la sortie d'Égypte est la liberté hors de l'asservissement de la Sitra A'hra (le Côté Autre).
Seulement qu'en Égypte était la racine de la Sitra A'hra. Et en détail cela s'achève chaque année davantage, comme dit plus haut.
כמה מעלות טובות למקום עלינו כו'. פי' כמו מעלות ומדריגות שכל אלה הנסים עשה לנו השי"ת שהמה עצות ודרכים איך לתקן עצמנו על ידיהם לדבוק בו ית' כמו יצ"מ וקי"ס והמן והתורה ושבת כו'.
וז"ש דיינו שהי' מהרחוי בכל מדריגה בפ"ע נעלה ונתקן עצמנו. ואנחנו אחר כל העצות לא שבנו בתשובה שלימה לפניו ית'.
ובסיפור זה אנו מודין לפניו ית' שקיים הבטחתו ליעקב אע"ה אעלך גם עלה. פי' שע"י יצ"מ יעלו אח"כ לכמה מעלות טובות הללו.
עוד פי' גם עלה להורות כי עלי' של יצ"מ הוא ענין שיש בו תמיד תוספות עליות כמש"ל המרבה לספר כו':
"Combien de degrés de bienfaits l'Omniprésent à-t-Il envers nous [...]" (Haggada). Explication: comme des degrés et des échelons - car tous ces miracles, Hachem béni soit-Il les fit pour nous, et ils sont des conseils et des voies pour nous corriger par leur moyen afin de nous attacher à Lui béni soit-Il: comme la sortie d'Égypte, l'ouverture de la mer, la manne, la Torah et le Chabbat [...].
Et c'est ce qui est dit "cela nous eut suffi" (dayenou), car il eut été convenable qu'à chaque degré à lui seul nous nous élevions et nous corrigions. Et nous, après tous ces conseils, nous ne sommes pas revenus dans une techouva complète devant Lui béni soit-Il.
Et par ce récit nous reconnaissons devant Lui béni soit-Il qu'Il à tenu sa promesse à Yaakov notre père: "je te ferai monter et je te ferai aussi remonter" (Genèse 46,4). Explication: que par la sortie d'Égypte ils monteront ensuite à plusieurs de ces degrés de bienfaits.
Autre explication: "je te ferai aussi remonter", pour enseigner que la montée de la sortie d'Égypte est une chose qui comporte toujours des montées supplémentaires, comme dit plus haut "quiconque multiplie le récit [...]".
יכול מר"ח כו' בעבור זה כו' בשעה שיש מצה ומרור כו'. הענין דמצוה לספר ביצ"מ בכל יום.
כי בנ"י נבראו רק לספר ולהעיד על הבורא ית' כמ"ש עם זו יצרתי לי כו'. אך קודם הגאולה אין יכולין לספר ולברר כבוד מלכותו ית' בעולם מפני הרשעים המסתירין האור והאמת.
ולכן אחר הגאולה מחוייבין לספר ביצ"מ שעתה נפתח פיהן של ישראל כמ"ש שהי' מקודם בחי' הדיבור בגלות. פי' שלא נגלה בפועל כח ההנהגה עליונה עד שהראה ביצ"מ שביטל כל הטבע ביד חזקה.
והנה איתא ברא עולמו בספר וסופר וסיפור. שבאמת כל פעל ה' למענהו.
איתא במד' לעדותו. כדי להעיד עליו ית' כמ"ש לא תענה כו'.
והחכם המשכיל על דבר אמת מכיר ורואה ע"י הבריאה חכמתו וחסדיו של השי"ת כמ"ש השמים מספרים. נמצא הבריאה הוא כמו ספר.
אך ע"י האדם מוציא העדות מכח אל הפועל והוא פה המספר שקורא בזה הספר ונק' סופר. אך לא בכל עת יכול לספר רק שיש זמנים שמתגלה ההארה ואז מתקיים גוף הסיפור.
והם ג' בחי' עולם שנה נפש. שמכל אלו נגמר הסיפור.
וז"ש בעבור זה שעתה המעשה במצות מצה ומרור והזמן מיוחדים לזה והפה של איש ישראל נפתח ולכן נק' פסח פה סח כמ"ש בספרים:
"On aurait pu penser [que l'obligation commence] depuis le nouveau mois [...] 'à cause de cela' [...] à l'heure où il y a matsa et maror devant toi [...]" (Haggada). La chose: c'est un commandement de raconter la sortie d'Égypte chaque jour.
Car les enfants d'Israël n'ont été créés que pour raconter et témoigner du Créateur béni soit-Il, comme il est écrit "ce peuple, je l'ai forme pour Moi [ils raconteront ma louange]" (Isaie 43,21). Mais avant la délivrance on ne peut raconter ni clarifier la gloire de sa royauté béni soit-Il dans le monde, à cause des méchants qui dissimulent la lumière et la vérité.
C'est pourquoi, après la délivrance, on est obligé de raconter la sortie d'Égypte, car maintenant s'ouvre la bouche d'Israël; comme il est dit qu'auparavant la parole était en exil - explication: que ne s'était pas révélée en acte la force de la conduite supérieure, jusqu'à ce qu'Il montra à la sortie d'Égypte qu'Il annula toute la nature "par une main forte". Et voici, il est rapporté "Il créa son monde par le livre (sefer), le compteur (sofer) et le récit (sippour)" (Sefer Yetsira).
Car en vérité "toute œuvre de Hachem est pour Lui-même" (Proverbes 16,4); il est rapporté dans le Midrach "pour son témoignage (le-edouto)", c'est-à-dire afin de témoigner de Lui béni soit-Il, comme il est écrit "tu ne témoigneras pas [faussement]" (Exode 20,13). Et le sage qui a l'intelligence de la chose de vérité reconnaît et voit par la création la sagesse et les bontés de Hachem béni soit-Il, comme il est écrit "les cieux racontent [la gloire de Dieu]" (Psaumes 19,2).
Il se trouve que la création est comme un livre. Mais c'est par l'homme qu'il fait sortir le témoignage de la puissance à l'acte, et il est la bouche qui raconte, qui lit dans ce livre, et il est appelé "scribe" (sofer).
Mais ce n'est pas en tout temps qu'il peut raconter; seulement il y a des temps où se révèle l'illumination, et alors s'accomplit le corps du récit. Et ce sont trois aspects: monde, année, âme (olam, chana, nefech), car de tous ceux-là s'achève le récit.
Et c'est ce qui est dit "à cause de cela": que maintenant l'action est dans les commandements de la matsa et du maror, et le temps y est dédié, et la bouche de l'homme d'Israël s'ouvre; c'est pourquoi on appelle cela "Pessa'h", peh sah (la bouche parle), comme il est écrit dans les livres.
בפסוק וישא העם את בצקו טרם יחמץ משארותם צרורות כו' שירי מצה ומרור שהיו מחבבין המצות כו'. דאיתא שירי מצוה מעכבין את הפורעניות.
כי הנה שורש המצוה היא למעלה בשמים. אבל ע"י התוספות שמחה והכנות של המצוה יכולין להיות נושע גם בעוה"ז.
ולכן מצינו בארץ מצרים שהיה הפסח מקחו בעשור. והאמירה הי' עוד בר"ח.
וכדאיתא ג"כ בגמ' שואלין ודורשין קודם הפסח כו'. והענין ע"י שהיו עדיין בגלות ולא היו יכולין להתדבק בעיקר המצות הקדושים רק ע"י הכנה כנ"ל.
וכן הענין גם עתה שע"י שמחה של מצוה יכולין להתקרב. וידוע כי גוף האדם הוא רק מלבוש לנשמה ונפש הפנימי.
וז"ש משארותם צרורות בשמלותם. ששירי המצוה יכולין ביותר להתדבק בגוף האדם.
וללמוד לנו דרך מחכמת אבותינו שרצו להיות נושע ע"י שירי המצוה שהכירו את מדריגתם. וגודל רוממות האל ית' ומצותיו.
וכן ג"כ ניתן לדורות ז' ימים תאכל עליו מצות. וששה רשות הם.
והוא ענין שירי מצוה. וז"ש למען תזכור כו' כל ימי חייך שעל ידי השירי' יש אחיזה גם לימי הירידה כמ"ש לרבות הלילות.
והנה שיריים אלו הי' להם הכנה למאכל המן שניתן להם אח"כ לחם מן השמים שמלאכי השרת אוכלין אותו:
Sur le verset "et le peuple emporta sa pâte avant qu'elle ne lève, leurs pétrins liés [dans leurs vêtements sur leurs épaules]" (Exode 12,34) - les restes (chirei) de matsa et de maror, car ils chérissaient les commandements [...]. Car il est rapporté "les restes du commandement empêchent le malheur".
Car voici, la racine du commandement est en haut dans les cieux; mais par le surplus de joie et les préparatifs du commandement on peut être sauvé aussi dans ce monde-ci. Et c'est pourquoi nous trouvons au pays d'Égypte que le Pessa'h, son acquisition était le dixième [du mois], et l'énoncé était encore au nouveau mois.
Et comme il est rapporté aussi dans la Guemara: "on interroge et on expose [les lois de Pessa'h] avant Pessa'h". Et la chose: parce qu'ils étaient encore en exil et ne pouvaient s'attacher à l'essentiel des saints commandements, seulement par la préparation, comme dit plus haut.
Et ainsi la chose aussi maintenant: que par la joie du commandement on peut se rapprocher. Et il est connu que le corps de l'homme n'est qu'un vêtement pour la nechama et l'âme intérieure.
Et c'est ce qui est dit "leurs pétrins liés dans leurs vêtements": que les restes du commandement peuvent davantage s'attacher au corps de l'homme. Et cela pour nous enseigner une voie tirée de la sagesse de nos pères, qui voulurent être sauvés par les restes du commandement, car ils reconnurent leur degré et la grandeur de l'élévation de Dieu béni soit-Il et de ses commandements.
Et de même aussi il fut donné aux générations "sept jours tu mangeras avec lui des matsot" (Deut 16,3), et six [jours] sont facultatifs (reshout), et c'est la la chose des restes du commandement. Et c'est ce qui est dit "afin que tu te souviennes [...] tous les jours de ta vie": que par les restes il y a une prise aussi aux jours de la descente, comme ils ont dit "pour inclure les nuits".
Et voici, ces restes leur furent une préparation à la nourriture de la manne qui leur fut donnée ensuite - un pain venu des cieux, que les anges de service mangent.
ענין העומר והספירה. דאחר יצ"מ כ' ויבוא עמלק.
דכתיב וגם ערב רב עלה אתם. וכידוע שהוציאו בנ"י כל הנצוצות שהיו במצרים.
לכן הוצרכו אח"כ שמירה כמ"ש וה' הולך כו'. ועמלק הרגיש כמ"ש אשר קרך כו' בצאתכם ממצרים שע"י שהיו בהם נצוצות ממצרים יכול לגשת למלחמה עמהם.
לכן כתיב הנחשלים אחריך. הערב רב ונ"ק שנמשכו עם בנ"י כנ"ל.
ומעין זה בכל שנה שיש גאולה בניסן נתוסף נצוצות קדושות לבנ"י שצריכין תיקון. וע"י העומר שהוא ביטול אל השורש ע"י תנופת העומר מתגרשין כחות הסט"א.
כדאיתא בזוה"ק אמור בדיקה דאשת חיל סמא דמותא לסט"א. וכן גם עתה ע"י מצות הספירה שבנ"י חפצים לברר המדות לשמים באים לטהרה כנ"ל:
La chose du Omer et du Compte (sefira). Car après la sortie d'Égypte il est écrit "et Amalek vint" (Exode 17,8).
Car il est écrit "et aussi une multitude mêlée (erev rav) monta avec eux" (Exode 12,38), et comme il est connu que les enfants d'Israël firent sortir toutes les étincelles (nitsotsot) qui étaient en Égypte; c'est pourquoi ils eurent besoin ensuite d'une protection, comme il est écrit "et Hachem allait [devant eux]". Et Amalek le ressentit, comme il est écrit "qui te rencontra [...] à ta sortie d'Égypte" (Deut 25,18): parce qu'il y avait en eux des étincelles d'Égypte, il pouvait s'approcher pour leur faire la guerre.
C'est pourquoi il est écrit "les traînards derrière toi" - le erev rav et les autres (ונ״ק) qui furent attirés avec les enfants d'Israël, comme dit plus haut. Et à l'instar de cela, chaque année où il y a délivrance en Nissan, s'ajoutent aux enfants d'Israël des étincelles saintes qui nécessitent un tikoun (réparation).
Et par le Omer, qui est un effacement (bitoul) vers la racine, par le balancement (tenoufa) du Omer sont chassées les forces de la Sitra A'hra, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Emor): "l'examen de la femme de valeur est un poison de mort pour la Sitra A'hra". Et de même aussi maintenant, par le commandement du Compte, où les enfants d'Israël désirent clarifier les midot (attributs) vers les cieux, ils viennent à la pureté, comme dit plus haut.
ב"ה קיצור דברים מימי הפסח
Avec l'aide du Ciel. Abrégé de paroles des jours de Pessa'h.
« Ils revinrent et campèrent devant Pi ha-'Hirot » (Chemot 14,9). Le Midrach enseigne que le septième jour de Pessa'h est de l'ordre du Chabbat : ils campent pour recevoir l'illumination de la délivrance dans le yichouv ha-daat (sérénité de l'esprit), car auparavant c'était dans la précipitation. Selon le Sfat Emet, à la fente de la mer, degré le plus bas, Israël est clarifié, le Sitra A'hra (le Côté autre) est annulé, et ils parviennent au repos : ils croient et Moché chante. Ils reconnaissent rétrospectivement toute la conduite de D.ieu en Égypte, et le butin de la mer dépasse celui d'Égypte : ils désirent y rester, car la réparation y est totale.
Aussi : les trois fêtes achèvent les degrés du Cantique et lient Israël comme serviteurs de D.ieu ; « ve-anvehou » prépare une demeure par les 248 commandements ; le Seder ordonne ce qui se faisait dans la précipitation, et cette nuit est appelée jour
בענין קי"ס וישובו ויחנו לפני פי החירות. דאיתא במד' כי שביעי של פסח בחי' השבת.
לכן כתיב ויחנו דהיינו לקבל הארת הגאולה וחירות בישוב הדעת כי מקודם הי' בחפזון. וגם לא היו מטוהרים כ"כ להיות מוכן להארת הנסים.
ואח"כ בקי"ס באו למנוחה. כי הנה ביצ"מ הי' שינוי בכל הבריאה בענין המכות בשמים ובארץ ובים.
וכמו שיש לכל הדברים שורש בשמים כן איתא מה שיש ביבשה יש בים שכ"כ ששת ימים עשה ה' כו' השמים כו' הארץ את הים כו'. הרי יש שלשה מדריגות.
והים התחתון ומדריגה השפילה. לכן בקי"ס שזכו בנ"י למצוא דרך בים הי' תיקון השלם.
שכל עוד שהי' בהם תערובות הרע לא היו מוכנים לקבל הנסים. ובים נתבררו ונזדככו בנ"י וכל הסט"א נתבטל כמ"ש לא נשאר כו' עד אחד.
ובאו למנוחה כמ"ש ויאמינו אז ישיר. והשירה הוא כשנגמר הגאולה בלבות בנ"י ובנפשותם.
וכ' אז ישיר לשון עתיד כי באמת כל הענין של הגלות הי' עיקר המכוון לזה הסוף של הגאולה והשירה. ובנ"י הכירו עתה למפרע איך שהי' כל תהלוכות הקב"ה עמהם לטובה גדולה.
וז"ש וירא ישראל את היד הגדולה אשר עשה כו' שהכירו כל תהלוכות ה' שהי' במצרים עם בנ"י מראש עד סוף. לכן איתא את מצרים מת מתים ולא מתים ע"ש במדרשים.
שהכירו כל אחד הרשעים שעבדו עמהם בפרך. הענין כנ"ל שראו למפרע התיקון שנולד ע"י כל מכה וכל עבודה שעבדו עמהם המצרים.
ואיתא גדולה היתה ביזת הים מביזת מצרים ומצינו ג"כ שהוצרך מרע"ה בע"כ להוליכם מן הים כמ"ש ברש"י בפ' ויסע משה את ישראל מים סוף. וקשה הא במצרים הוצרך לבקש מהם שישאלו כלי כסף וזהב.
אכן מקודם יראו להתדבק בנצוצות שהיו במצרים כמש"ל. אך בים שהי' תיקון לגמרי ראו כי הרויחו בזה הגלות כמה מעלות טובות עד שהיו חפצים כמה שיעבודים כאלה לזכות אח"כ לאלה המדריגות.
וז"ש לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתי. שעתה שתקו והודו להשי"ת על כל הגלות מה שהיו מהרהרין מקודם בצער השעבוד.
והנה באמת כל עבודת בנ"י במצרים. בשמים היה הכל תכשיטין לבנ"י.
שראה השי"ת שמוכנים עי"ז לכמה מעלות טובות כמ"ש ותבואי בעדי עדיים כו'. ואראך מתבוססת בדמיך ואומר לך בדמיך חיי.
שיבואו עי"ז הצער לחיות חדש. רק בנ"י בעודם בגלות לא שמעו מקוצר רוח.
ועתה ראו והבינו איך נגמר מכל זה תקונים לבנ"י לדורות. ובאותו דמיון ממש של כל ענין גיאות פרעה ושעבודו עליהם בזה שילם להם הקב"ה לכל פרט ופרט וז"ש לסוסתי כו' דמיתיך.
וזה שרמזו במדרשים רכב פרעה על סוס אדום כביכול בשמים כו' ע"ש. הרמז כמ"ש:
Au sujet de la fente de la mer Rouge (Keriat Yam Souf) et du verset 'ils revinrent et campèrent devant Pi ha-Hirot' (Exode 14,9). Car il est enseigné dans le Midrach que le septième jour de Pessa'h est de l'ordre du Chabbat.
C'est pourquoi il est écrit 'ils campèrent' (va-yahanou), c'est-à-dire pour recevoir l'illumination de la délivrance et de la liberté dans la sérénité de l'esprit (yichouv ha-daat), car auparavant c'était dans la précipitation (be-hipazon). Et de plus ils n'étaient pas assez purifiés pour être prêts à l'illumination des miracles.
Et ensuite, lors de la fente de la mer, ils parvinrent au repos. Car voici, lors de la sortie d'Égypte il y eut un changement dans toute la création, par les plaies, dans les cieux, sur la terre et dans la mer.
Et de même que toutes choses ont une racine dans les cieux, ainsi est-il enseigné que ce qui est sur la terre ferme se trouve aussi dans la mer, car il est écrit 'en six jours l'Éternel à fait... les cieux... la terre, la mer...' (Exode 20,11). Voici donc trois degrés.
Et la mer est le degré inférieur et le degré le plus bas. C'est pourquoi lors de la fente de la mer, où les enfants d'Israël méritèrent de trouver un chemin dans la mer, ce fut la réparation (tikoun) complète.
Car tant qu'il y avait en eux un mélange de mal, ils n'étaient pas prêts à recevoir les miracles. Et dans la mer, les enfants d'Israël furent clarifiés et purifiés, et tout le Sitra A'hra (le Côté autre, les forces du mal) fut annulé, comme il est écrit 'il n'en resta... pas un seul' (Exode 14,28).
Et ils parvinrent au repos, comme il est écrit 'et ils crurent' (Exode 14,31), 'alors chanta Moché' (Exode 15,1). Et le cantique advient lorsque la délivrance s'achève dans les cœurs des enfants d'Israël et dans leurs âmes.
Et il est écrit 'alors chantera' (az yachir) au futur, car en vérité tout l'objet de l'exil visait essentiellement cette fin, la délivrance et le cantique. Et les enfants d'Israël reconnurent alors rétrospectivement comment toute la conduite du Saint, béni soit-Il, envers eux fut pour un grand bien.
Et c'est ce que dit le verset 'et Israël vit la grande main que fit l'Éternel...' (Exode 14,31), qu'ils reconnurent toute la conduite de l'Éternel qui fut en Égypte avec les enfants d'Israël, du début à la fin. C'est pourquoi il est enseigné 'l'Égypte morte' : morts et non morts, vois cela dans les Midrashim.
Qu'ils reconnurent chacun des méchants qui les avaient asservis durement. La chose est comme ci-dessus : ils virent rétrospectivement la réparation qui naquit par chaque plaie et chaque travail que les Égyptiens leur firent faire.
Et il est enseigné : 'plus grand fut le butin de la mer que le butin d'Égypte'. Et nous trouvons aussi que Moché notre maître dut, contre leur gré, les faire partir de la mer, comme l'écrit Rachi sur le verset 'Moché fit partir Israël de la mer des Joncs' (Exode 15,22).
Et cela fait difficulté : voici qu'en Égypte il fallut leur demander d'emprunter des objets d'argent et d'or. Or auparavant ils craignaient de s'attacher aux étincelles qui étaient en Égypte, comme ci-dessus.
Mais dans la mer, où la réparation fut totale, ils virent qu'ils avaient gagne par cet exil de nombreuses hautes vertus, au point qu'ils désiraient subir plusieurs asservissements de ce genre pour mériter ensuite ces degrés. Et c'est ce que dit le verset 'à ma cavale attelee aux chars de Pharaon je te compare, mon amie' (Cantique 1,9).
Car maintenant ils se turent et rendirent grâce au Saint, béni soit-Il, pour tout l'exil au sujet duquel ils murmuraient auparavant dans la peine de l'asservissement. Et voici, en vérité, tout le travail des enfants d'Israël en Égypte : dans les cieux tout était des ornements (takhchitin) pour les enfants d'Israël.
Car l'Éternel voyait qu'ils étaient prêts par cela à plusieurs hautes vertus, comme il est écrit 'et tu vins avec la parure des parures...' (Ezechiel 16,7). 'Et je te vis te débattant dans ton sang, et je te dis : dans ton sang, vis' (Ezechiel 16,6). Qu'ils parviennent par cette peine à une vie nouvelle.
Seulement les enfants d'Israël, tant qu'ils étaient dans l'exil, n'entendirent pas, à cause du souffle court (kotser roua'h). Et maintenant ils virent et comprirent comment de tout cela s'achevèrent des réparations pour les enfants d'Israël pour les générations.
Et par cette même ressemblance de tout l'objet de l'orgueil de Pharaon et de son asservissement sur eux, par cela le Saint, béni soit-Il, les paya pour chaque détail, et c'est ce que dit 'à ma cavale... je te compare'. Et c'est ce à quoi ont fait allusion les Midrashim : le char de Pharaon sur un cheval rouge, pour ainsi dire, dans les cieux..., vois cela.
L'allusion est comme il est écrit :
במד' שה"ש אני חבצלת השרון אני הוא וחביבה אני כו'. ע"ש כל הדרש על גלות מצרים ועל שאר גליות.
הענין הוא כי בנ"י יש להם זה הכח שיכולין ליישר כל המקומות העקמימיות והמעוקשות. לכן שלח הקב"ה אותנו לכל אלה המקומות.
ולכן נקראו בנ"י השולמית שמשלימין הבריאה למלך השלום. וכתיב ד' פעמים שובי שובי על ד' הגליות שיצאו שלם מכולן.
וע"ז כתיב אח"כ כשושנה בין החוחים כו'. מה שירדו בנ"י למצרים ויצאו בשלימות.
ונק' ישורון על זה השם חבצלת השרון. ואמרו שירה כשתקנו זה העקמימיות ויצאו למישור.
והנה הרויחו בנ"י עי"ז להתקרב להשי"ת בהר סיני דכ' וירד ה' על הר סיני. ולכן כתיב אח"כ כתפוח בעצי היער כן דודי בין הבנים שע"י שבנ"י נכנסו בין החוחים והיו כשושנה.
עי"ז כביכול ירד השי"ת על הר סיני ונתקיים דודי בין הבנים. כי איך אפשרי להשיג כבודו של הקב"ה רק עי"ז ששילם לנו במדה וירד לעולמות התחתונים.
ואלה המדריגות מתקיימים גם עתה. בפסח מתעורר גאולת מצרים ומתברר מעלת בנ"י כשושנה בין החוחים וכפי מה שזוכין בנ"י מתקיים בשבועות כתפוח בעצי היער.
ובסוכות בצלו חמדתי:
Dans le Midrach du Cantique des cantiques : 'Je suis le narcisse du Sharon' (Cantique 2,1) : je suis celle-là et je suis aimée, etc. Vois la tout le commentaire (derach) sur l'exil d'Égypte et sur les autres exils.
La chose est que les enfants d'Israël ont cette force de pouvoir redresser tous les lieux tortueux et courbés. C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, nous à envoyés dans tous ces lieux.
Et c'est pourquoi les enfants d'Israël sont appelés ha-Choulamit (la Sulamite), car ils achèvent (machlimin) la création pour le Roi de la paix (Melekh ha-Chalom). Et il est écrit quatre fois 'reviens, reviens' (Cantique 7,1) au sujet des quatre exils, dont ils sortirent intacts (chalem) de tous.
Et sur cela il est écrit ensuite 'comme un lis parmi les épines...' (Cantique 2,2), au sujet de ce que les enfants d'Israël descendirent en Égypte et en sortirent dans la plénitude (chelemout). Et Israël est appelé Yechouroun d'après ce nom du verset 'le narcisse du Sharon'.
Et ils dirent le cantique lorsqu'ils réparèrent cette tortuosité et sortirent vers la droiture (michor). Et voici que les enfants d'Israël gagnèrent par cela de s'approcher de l'Éternel au mont Sinaï, comme il est écrit 'et l'Éternel descendit sur le mont Sinaï' (Exode 19,20).
Et c'est pourquoi il est écrit ensuite 'comme un pommier parmi les arbres de la forêt, ainsi est mon bien-aimé parmi les fils' (Cantique 2,3) : car par le fait que les enfants d'Israël entrèrent parmi les épines et furent comme un lis, par cela, pour ainsi dire, l'Éternel descendit sur le mont Sinaï et s'accomplit 'mon bien-aimé parmi les fils'. Car comment serait-il possible d'atteindre la gloire du Saint, béni soit-Il, sinon par le fait qu'Il nous paya avec mesure et descendit vers les mondes inférieurs.
Et ces degrés subsistent aussi maintenant : à Pessa'h s'éveille la délivrance d'Égypte et se clarifie la vertu des enfants d'Israël 'comme un lis parmi les épines', et selon ce que méritent les enfants d'Israël s'accomplit à Chavouot 'comme un pommier parmi les arbres de la forêt'. Et à Souccot 'à son ombre j'ai désire m'asseoir' (Cantique 2,3).
וכתיב עזי וזמרת יה ויהי לי לישועה. עזי זו התורה.
זמרת היא תפלה. והבינו בנ"י כי כל הישועה הי' להם כדי להיות מוכן לעבודת השי"ת ולקבל התורה.
והרמז כי פסח הוא הכנה לחג השבועות והסוכות. כי המה מדריגות זו אחר זו.
וע"ז מבקשין קדשנו במצותיך היא מדריגה ראשונה פסח מצוה ראשונה שנצטוו ישראל. וגם הגלות והגאולה הוא ענין שלוחי מצוה.
ואח"כ תן חלקנו בתורתך הוא חג השבועות. שבענו מטובך חג הסוכות.
שמחנו בישועתך שמיני עצרת ושמחת תורה:
Et il est écrit 'ma force et mon chant est Yah, et Il fut pour moi salut' (Exode 15,2). 'Ma force' (ozi), c'est la Torah. 'Mon chant' (zimrat), c'est la prière. Et les enfants d'Israël comprirent que tout le salut leur était donne afin d'être prêts au service de l'Éternel et à recevoir la Torah.
Et l'allusion est que Pessa'h est une préparation à la fête de Chavouot et de Souccot, car ce sont des degrés l'un après l'autre. Et sur cela on demande dans la prière : 'sanctifie-nous par tes commandements' (kadechenou be-mitsvotekha), c'est le premier degré, Pessa'h, premier commandement dont furent commandés Israël.
Et aussi l'exil et la délivrance sont de l'ordre des messagers d'un commandement (chelouhei mitsva). Et ensuite 'donne notre part dans ta Torah' (ten helkenou be-toratekha), c'est la fête de Chavouot. 'Rassasie-nous de ta bonté' (sabenou mi-touvekha), la fête de Souccot. 'Réjouis-nous par ton salut' (samhenou bi-chouatekha), Chemini Atseret et Simhat Torah.
בפסוק זה אלי ואנוהו אתנאה לפניו במצות. דאיתא ראתה שפחה על הים מה שלא ראו נביאים.
דיש בכל איש ישראל חלק אלקות כמ"ש נשמה שנתת בי טהורה. רק מלבוש הגוף מכסה ומסתיר.
וכ' שחורה אני ונאוה הוא הפנימיות ובקי"ס הכירו כח אלקי שמחי' את כל הבריאה. ואנוהו הוא להכין דירה ברמ"ח איברים ע"י רמ"ח מצות.
וזה אתנאה לפניו. וגם מלשון דירה כנ"ל.
וזה מה שמבקשין והשב ישראל לנויהם. כי בראיות פנים בעזרה נגלה הפנימיות שבבנ"י כמ"ש יראה כל זכורך הוא הפנימיות שהוסר המכסה.
ובוודאי העולי רגלים נטהרו מהגשמיות. כי העין הרואה הבלי עולם אינו יכול לראות פני השכינה.
וכ' מה יפו פעמיך בנעלים. פי' כמ"ש אל תראוני שאני שחרחורת כו' שמוני נוטרה את הכרמים כרמי שלי לא נטרתי.
הענין ע"ד הפשוט כי הפנימיות בבנ"י הוא קודש לה' רק השי"ת הלביש את האדם בלבוש הגשמיי כדי להעלות גם העשי' להקדושה. ולכן ירדו בנ"י ממעלתם כדי לתקן גם האומות.
ולכן נק' האדם עולם קטן שהרכיב בו השי"ת מכל הברואים שיהי' בו שלימות דצח"ם כדי להעלות כולן. אבל האדם צריך לידע העיקר ולא להתדבק בהטפל.
ובגלות נשכח העיקר וזה שמוני נוטרה רק הכרמים כו'. ובזמן שביהמ"ק הי' קיים נתן השי"ת מצוה זו לישראל אשר ג' פעמים בשנה זכו להתפשט מזה המלבוש ולעלות לשורשם.
כמ"ש צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה. צאינה הוא יציאה מהגשמיות ועי"ז וראינה.
ולכן נק' נעלים כי ע"י העליות האלו ננעל הפנימיות שלא יוכל האדם לשכוח העיקר כנ"ל. וזה הרמז ולא יחמוד איש את ארצך בעלותך לראות כו'.
פי' שלא יתדבקו חמדות העוה"ז ברצון הפנימי ע"י העלי' ג"פ בשנה. כי בזמן הראי' בעזרה הרגישו בנ"י חיות חדש כמ"ש מראהו כלבנון.
פרש"י ההוגה בתורה מוצא טעמים חדשים כו'. ומכש"כ מראהו ממש.
כמ"ש יראה. בוודאי התחדשו כל הלבבות כיער המלבלב ע"ש ברש"י.
עוד פי' כלבנון שע"י ראיית פנים בעזרה נתכפרו כל החטאים ונתלבנו עונותיהם של ישראל:
Sur le verset 'celui-ci est mon Dieu et je l'embellirai (ve-anvehou)' (Exode 15,2) : je m'embellirai (etnae) devant Lui par les commandements. Car il est enseigné : 'une servante vit sur la mer ce que ne virent pas les prophètes'.
Car il y a en chaque homme d'Israël une part de divinité, comme il est dit 'l'âme que tu as placée en moi est pure'. Seulement le vêtement du corps la couvre et la dissimulé.
Et il est écrit 'noire je suis mais belle' (Cantique 1,5) : la beauté est l'intériorité (penimiyout), et lors de la fente de la mer ils reconnurent la force divine qui fait vivre toute la création. Et 've-anvehou' signifie préparer une demeure (dira) dans les 248 membres par les 248 commandements positifs.
Et c'est le sens de 'je m'embellirai devant Lui', et aussi de l'expression 'demeure' (nave), comme ci-dessus. Et c'est ce qu'on demande : 'ramène Israël à sa demeure (le-navehou)'.
Car par la vue des faces (reiyat panim) dans le parvis (azara), se révèle l'intériorité qui est dans les enfants d'Israël, comme il est écrit 'tout mâle chez toi sera vu (yerae)' (Exode 23,17) : c'est l'intériorité, dont à été ôté le voile. Et assurément les pèlerins (olei regalim) se purifiaient de la matérialité.
Car l'œil qui voit les vanités du monde ne peut voir la face de la Chekhina. Et il est écrit 'que tes pas sont beaux dans les sandales' (Cantique 7,2).
Explication comme il est écrit : 'ne me regardez pas parce que je suis noiraude..., ils m'ont mise à garder les vignes, ma vigne à moi je ne l'ai pas gardée' (Cantique 1,6). La chose selon le sens simple : l'intériorité dans les enfants d'Israël est sainte pour l'Éternel, seulement l'Éternel à revêtu l'homme d'un vêtement matériel afin d'élever aussi le monde de l'action (assiya) à la sainteté.
Et c'est pourquoi les enfants d'Israël descendirent de leur rang afin de réparer aussi les nations. Et c'est pourquoi l'homme est appelé 'petit monde' (olam katan), car l'Éternel à assemble en lui des éléments de toutes les créatures, afin qu'il y ait en lui la plénitude du minéral, végétal, animal, parlant (domem, tsomeah, haï, medaber) afin de tous les élever.
Mais l'homme doit connaître l'essentiel et ne pas s'attacher au secondaire. Et dans l'exil l'essentiel est oublié, et c'est le sens de 'ils m'ont mise à garder seulement les vignes, etc.' Et au temps où le Temple existait, l'Éternel donna ce commandement à Israël, que trois fois par an ils méritèrent de se dépouiller de ce vêtement et de monter vers leur racine, comme il est écrit 'sortez et voyez, filles de Sion, le roi Salomon' (Cantique 3,11). 'Sortez' (tseina), c'est la sortie hors de la matérialité, et par cela 'voyez' (oureina).
Et c'est pourquoi elles sont appelées 'sandales' (nealim), car par ces montées s'est verrouillée (nineal) l'intériorité, afin que l'homme ne puisse oublier l'essentiel, comme ci-dessus. Et c'est l'allusion de 'nul ne convoitera ta terre lorsque tu monteras pour voir...' (Exode 34,24).
Explication : que les convoitises de ce monde ne s'attachent pas au désir intérieur, par la montée trois fois par an. Car au temps de la vue dans le parvis, les enfants d'Israël ressentaient une vie nouvelle, comme il est écrit 'son aspect est comme le Liban' (Cantique 5,15).
Rachi explique : celui qui médite (ha-hoge) la Torah y trouve des sens nouveaux, etc. Et à plus forte raison son aspect même, comme il est écrit 'yerae'.
Assurément tous les cœurs se renouvelaient, comme la forêt qui bourgeonne, vois cela dans Rachi. Autre explication de 'comme le Liban' (ke-Levanon) : que par la vue des faces dans le parvis, tous les péchés étaient expiés et les fautes d'Israël étaient blanchies (nitlabnou).
בפסוק בשה"ש הנה זה עומד אחר כתלנו משגיח מן החלונות מציץ מן החרכים. היינו שגם בגלות שהסתיר פניו מאתנו מ"מ נשאר חלונות וחרכים.
חלונות המה הצדיקים. וחרכים שיש גם בפשוטי בנ"י כל אחד לפי ערכו איזה סדק שיכול הוא לפתוח.
ואיתא בספרים הפרש בין חלון שגם מעבר הב' יכולין להסתכל. אבל חרכים הקב"ה משגיח גם בסדק כזה שאין האדם מרגיש.
וענין זה יש גם בימי השנה. כי ג' בחי' יש עולם שנה נפש.
וכולן הם התלבשות הטבע כי הגוף הוא המלבוש. אעפ"כ יש ז' נקבים בראש עינים אזנים פה חוטם אשר החיות נפתח שם.
וכמו כן בשנה הזמן הוא התלבשות הטבע ויש שבתות ומועדים. וי"ל כי ז' ימים טובים ב' של פסח וב' של סוכות ושבועות ור"ה ויו"כ הם בחי' ז' נקבים שבראש.
ור"ת "משגיח "מן "החלונות גי' פ"ה. "מציץ "מן "החרכים פ"ה.
שיש ברית הלשון וברית המעור. ושבתות בחי' המילה ונדמה לחרכים.
וביו"ט יש התגלות יותר דכ' יראה כל זכורך ואיתא כשם שבא לראות כך בא להיראות. כדמיון חלונות שנראה מבפנים ובחוץ כנ"ל בשם הס'.
וכן בעולם יש מקומות שנגלה שם הקדושה כמו ארץ ישראל וירושלים וביהמ"ק:
Sur le verset dans le Cantique des cantiques 'voici, celui-ci se tient derrière notre mur, observant par les fenêtres, guettant par les treillis' (Cantique 2,9). C'est-à-dire que même dans l'exil, où Il à caché sa face de nous, néanmoins il reste des fenêtres (halonot) et des treillis (harakim).
Les fenêtres, ce sont les justes (tsadikim). Et les treillis, c'est ce qu'il y a aussi chez les gens simples d'Israël, chacun selon sa valeur, quelque fissure qu'il peut ouvrir.
Et il est enseigné dans les livres la différence entre une fenêtre, où l'on peut regarder aussi depuis l'autre côté, et les treillis : le Saint, béni soit-Il, observe même dans une fissure telle que l'homme ne la ressent pas. Et cette chose se trouve aussi dans les jours de l'année.
Car il y a trois dimensions (behinot) : monde, année, âme (olam, chana, nefech). Et toutes sont un revêtement de la nature, car le corps est le vêtement.
Néanmoins il y a sept orifices dans la tête : les yeux, les oreilles, la bouche, le nez, où la vitalité s'ouvre. Et de même dans l'année, le temps est un revêtement de la nature, et il y a les Chabbats et les fêtes.
Et l'on peut dire que les sept jours de fête (deux de Pessa'h, deux de Souccot, Chavouot, Roch ha-Chana et Yom Kippour) sont de l'ordre des sept orifices de la tête. Et les initiales de 'machgiah min ha-halonot' (observant par les fenêtres) équivalent en guematria à 85 (pe-hé). 'Metsits min ha-harakim' (guettant par les treillis) : 85.
Car il y a l'alliance de la langue (berit ha-lachon) et l'alliance du sexe (berit ha-maor). Et les Chabbats sont de l'ordre de la circoncision (mila) et ressemblent aux treillis.
Et au jour de fête il y a une révélation plus grande, comme il est écrit 'tout mâle chez toi sera vu (yerae)', et il est enseigné : de même qu'il vient pour voir, ainsi il vient pour être vu. À la ressemblance des fenêtres, qui se voient de l'intérieur et de l'extérieur, comme ci-dessus au nom du livre.
Et de même dans le monde il y a des lieux où la sainteté s'y révélé, comme la terre d'Israël, Jérusalem et le Temple.
הג' מועדות הם דביקות והתקשרות בנ"י להקב"ה. דאיתא בזוה"ק פ' בא שפרעה הרשע קשר בנ"י תחת מצרים בג' קישרין והקב"ה בזכות שלשה אבות קטיר קשורין ע"ש שדרש בכור השפחה בכור השבי בכור בהמה.
ונאמר עתה שכמו כן הקב"ה וב"ש לטובה קשר אותנו להיות לו לעבדים בג' קשרים והם ג' המועדות. וקשרים אלו בוודאי יתקיימו לעד.
וכמ"ש חז"ל חבל של ג' קשרים שמתקיים לעד כן בנ"י חבל נחלתו בכח הג' אבות. לכן אומרים ההלל בג' מועדות.
להעיד כי אנחנו עבדי ה' ולא עבדי פרעה. אמת כי כל התרי"ג מצות הם קשרים לעבודת הבורא ית'.
אבל הג' מועדות הם קשרים גדולים הכוללים הכל. וכן הי' מקוים עבודת בנ"י במקדש בפרהסיא בג' מועדות שעלו לירושלים.
וכ' בפ' בהר ג"פ עבדי הם כו' לי בנ"י עבדים עבדי הם ע"ש לרמוז על ג' קשרים הנ"ל. ובענין זה יש לפרש הפסוק עבדי אתה כו' על המועדות.
אשר בך אתפאר רומז על השבת שהוא למעלה מהמועדות והוא בחי' בנים לכן שבת מעין עוה"ב שאז יתקיים זאת בתכלית. לכן כתיב אתפאר לשון עתיד.
ועתה לא יש התגלות רק בחינת עבדים. רק בשבת שהוא מעין עוה"ב נמצא מבחי' זו ג"כ רשימה גם עתה:
Les trois fêtes (mo'adot) sont l'attachement (devekout) et le lien (hitkachrout) des enfants d'Israël au Saint, béni soit-Il. Car il est enseigné dans le Zohar saint, section Bo, que Pharaon le méchant lia les enfants d'Israël sous l'Égypte par trois liens (kichrin), et que le Saint, béni soit-Il, par le mérite des trois patriarches, noua ces liens (katir kichourin), vois la, car il exposé : le premier-né de la servante, le premier-né du captif, le premier-né du bétail.
Et l'on peut dire maintenant que de même le Saint, béni soit-Il et béni soit son Nom, pour le bien, nous à liés pour être à Lui des serviteurs par trois liens, et ce sont les trois fêtes. Et ces liens assurément subsisteront à jamais.
Et comme l'ont dit nos Sages, de même qu'une corde à trois torons subsiste à jamais, ainsi les enfants d'Israël sont 'la corde de son héritage' (Deutéronome 32,9) par la force des trois patriarches. C'est pourquoi on dit le Hallel aux trois fêtes, pour témoigner que nous sommes serviteurs de l'Éternel et non serviteurs de Pharaon.
Il est vrai que tous les 613 commandements sont des liens au service du Créateur, béni soit-Il. Mais les trois fêtes sont de grands liens qui incluent tout.
Et de même s'accomplissait le service des enfants d'Israël au Temple, publiquement (be-farhesya), aux trois fêtes où ils montaient à Jérusalem. Et il est écrit dans la section Behar, trois fois : 'ils sont mes serviteurs... à moi les enfants d'Israël sont des serviteurs, ils sont mes serviteurs' (Lévitique 25,42.55), vois la, pour faire allusion aux trois liens susdits.
Et sur ce sujet on peut expliquer le verset 'tu es mon serviteur...' (Isaie 49,3) dit sur les fêtes. 'Toi par qui je me glorifierai (etpaar)' fait allusion au Chabbat, qui est au-dessus des fêtes et qui est de l'ordre des fils (banim) : c'est pourquoi le Chabbat est un avant-goût du monde à venir (me'ein olam ha-ba), car alors cela s'accomplira pleinement. C'est pourquoi il est écrit 'etpaar' au futur.
Et maintenant il n'y a de révélation que la dimension des serviteurs. Seulement au Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir, il se trouve de cette dimension aussi une empreinte (rechima) même maintenant.
תרמ"ד
Année תרמ"ד (5644).
לקוטים מימי הפסח
Recueils (likoutim) des jours de Pessa'h :
בנוסח דמה נשתנה הלילה הזה. כי על אותו הלילה נאמר לילה כיום יאיר דנק' בתורה יום כדכתיב והגדת לבנך ביום כו' ואמרינן בשעה שמצה ומרור מונחים הרי שנק' יום.
ולכן אומרים בלילה זה ההלל. אעפ"י שאין קורין הלל רק ביום כדאיתא במגילה דכ' ממזרח שמש כו' זה היום עשה כו' ע"ש.
רק דלילה זה נק' יום ונשתנה מכל הלילות וע' באוה"ח מזה בפ' בא שם:
Dans le texte de 'en quoi cette nuit diffère-t-elle' (ma nichtana). Car sur cette nuit-la il est dit 'la nuit brillera comme le jour' (Psaumes 139,12), car Pessa'h est appelé dans la Torah 'jour', comme il est écrit 'et tu raconteras à ton fils en ce jour...' (Exode 13,8), et nous disons : 'au moment où la matsa et le maror sont posés devant toi', voici qu'il est appelé jour.
Et c'est pourquoi on dit en cette nuit le Hallel, bien qu'on ne récite le Hallel que le jour, comme il est enseigné dans le traité Meguila, car il est écrit 'depuis le lever du soleil...' (Psaumes 113,3), 'c'est le jour qu'à fait l'Éternel...' (Psaumes 118,24), vois la. Seulement cette nuit est appelée jour et diffère de toutes les nuits.
Et vois dans le Or ha-'Hayim à ce sujet dans la section Bo, la-bas.
מרור על שם שמררו. דאיתא בזוה"ק כי הקב"ה עשה לטובתינו שהפך לבם לשנוא אותנו כדי שלא נתערב בהם ע"ש פ' שמות.
וז"ש לגוי שהיו מצוינים שם. שלא היו מתערבים בהם.
זה הי' ע"י עבודה קשה שעבדו בנו. ועל זה עצמו יש לנו להודות להשי"ת:
Le maror (herbe amère), du nom de ce qu'ils amererent leur vie (Exode 1,14). Car il est enseigné dans le Zohar saint que le Saint, béni soit-Il, fit pour notre bien qu'Il retourna leur cœur à nous haïr, afin que nous ne nous melangions pas à eux, vois la section Chemot.
Et c'est le sens de 'une nation qui était distinguée (metsouyanim) la-bas', qu'ils ne se mélangeaient pas à eux. Cela fut par le travail dur dont ils nous asservirent.
Et sur cela même nous avons à rendre grâce à l'Éternel.
כמה מעלות טובות למקום עלינו. תקנו זאת בסיפור דיצ"מ להודיע שכל המעלות היו נכללין ביצ"ע רק שאח"כ נסדר כל דבר ודבר בפ"ע.
וז"ש טובה כפולה ומכופלת שהי' הכל נכלל ביצ"מ. וכן הוא בנוסח דנשמת כל חי על אחת מאלף אלפי אלפים כו'.
ואחת היא יצ"מ שכולל הכל כדמסיים מלפנים ממצרים גאלתנו שזה היה יסוד שנבנו עליו כל המדריגות שאח"כ:
'Combien de degrés de bonté l'Omniprésent (ha-Makom) à répandus sur nous' (Haggada). Ils ont institué ceci dans le récit de la sortie d'Égypte pour faire savoir que tous les degrés étaient inclus dans la sortie d'Égypte, seulement qu'ensuite chaque chose fut ordonnée séparément.
Et c'est le sens de 'bonté redoublée et multipliée', que tout était inclus dans la sortie d'Égypte. Et de même dans le texte de 'l'âme de tout vivant' (nichmat kol haï) : 'pour une seule des mille milliers de milliers...'.
Et 'une' (ahat), c'est la sortie d'Égypte qui inclut tout, comme il conclut 'depuis autrefois, de l'Égypte tu nous as rachetés', car ce fut le fondement sur lequel se bâtirent tous les degrés qui vinrent ensuite.
מה שתקנו חכמים ד' כוסות נגד ד' לשונות של גאולה. וגם ענין הסיפור ביצ"מ דהוא מצוה רבה.
הענין הוא דאז הי' בחפזון וכמ"ש בפסוק כשהגיד מרע"ה לישראל אלה הלשונות לא שמעו אל משה מקוצר רוח. ולכן צריכין עתה לספר ביצ"מ.
ובוודאי לא לחנם נאמר זה לבנ"י אם כי הי' גלוי וידוע לפניו שלא ישמעו מקוצר רוח. רק שנעשה מזה תורה לכל הדורות ויש בכל דור התגלות לשונות הגאולה.
ומה שהי' נעשה אז בחפזון נסדר אח"כ בפרטות שהבינו בנ"י אח"כ כל פרטי הגאולה. ותמיד מתגלה פי' הגאולה יותר.
לכן קראו סדר שעיקר הסיפור הוא לסדר כל הדברים שהי' נעשה אז בחפזון:
Ce que les Sages ont institué, quatre coupes en face des quatre expressions de la délivrance (Exode 6,6-7). Et aussi le sujet du récit de la sortie d'Égypte, qui est un grand commandement.
La chose est qu'alors c'était dans la précipitation (be-hipazon), et comme il est écrit dans le verset, lorsque Moché notre maître annonça à Israël ces expressions : 'ils n'écoutèrent pas Moché, à cause du souffle court' (Exode 6,9). Et c'est pourquoi il faut maintenant raconter la sortie d'Égypte.
Et assurément ce n'est pas en vain que cela fut dit aux enfants d'Israël, bien qu'il fut révélé et connu devant Lui qu'ils n'écouteraient pas à cause du souffle court. Seulement il s'en fit une Torah pour toutes les générations, et il y a en chaque génération une révélation des expressions de la délivrance.
Et ce qui alors se faisait dans la précipitation fut ordonné ensuite en détail, de sorte que les enfants d'Israël comprirent ensuite tous les détails de la délivrance. Et toujours se révèle davantage le sens de la délivrance.
C'est pourquoi ils ont appelé cela 'Seder' (ordre), car l'essentiel du récit est d'ordonner (le-sader) toutes les choses qui se faisaient alors dans la précipitation.
« Et il balancera le Omer pour vous rendre agréés » (Vayikra 23,11). Selon le Midrach « Quel profit a l'homme de tout son labeur sous le soleil », le Sfat Emet enseigne que toute la force d'Israël consiste à élever la nature et à faire descendre un renouvellement d'en haut, car « il n'y a rien de nouveau sous le soleil ». C'est le balancement (tenoufa) et l'élévation (harama) du « jour du balancement », selon le désir des âmes d'Israël « au lendemain du repos ». Comme D.ieu les a fait sortir d'Égypte sans progression graduelle, ils rejetèrent tout et cette force leur demeura. Ils amènent la nature à D.ieu ; en s'annulant devant Lui, la bénédiction leur parvient d'elle-même.
Aussi : le cantique de la mer, fait pour les générations ; la foi sans mesure, jusqu'à « et ils crurent en Hachem » ; le Chabbat ha-Gadol, âmes nouvelles et délivrance par les mitsvot
בענין קרבן העומר דכתיב והניף את העומר לרצונכם. עפ"י המד' אמור מה יתרון לאדם בכל עמלו כו' תחת השמש כו'.
כי כל כחן של ישראל מה שיכולין להרים כל הטבע ולהמשיך התחדשות מלמעלה. כי אין חדש תחת השמש.
וזה ענין תנופה והרמה. וחז"ל קראוהו יום הנף שהי' לבנ"י כח להרים היום ההוא דכתיב לרצונכם.
א"כ אין שיעור להרמה זו כפי הרצון שהיה בבנ"י. וביום הזה נמצא עיקר הרצון בנפשות בני ישראל ממחרת השבת.
דכתיב משכני אחריך נרוצה שכמו שהוציאנו השי"ת מארץ מצרים שלא בהדרגה. כן נמשכו בני ישראל כמ"ש זכרתי לך כו' לכתך אחרי.
שהשליכו בנ"י הכל והלכו אחר הבורא ית' ונשאר להם זה הכח. ואמרו חז"ל הביאו לפני עומר בפסח שיתברך לכם תבואות שבשדות אין הפי' שיהי' הכוונה כדי לקבל ברכה בלבד.
אבל הפי' הוא שבנ"י מביאין הטבע להשי"ת ומבררין שמאתו הכל וכל הטבע אין לה רק מה שמשפיע הקב"ה מלמעלה מהטבע. וע"י שמבטלין הכל אליו ית' ממילא הברכה שנמשך מגיע להם בראשונה.
וז"ש כדי שיתברכו לכם שעי"ז נוטלין הם הראשית וכמ"ש במד' ואל מצינים יקחהו לא בזיין כו' רק ע"י ביטול כל הכחות אליו ית' ממילא חוזר הכל להם:
Au sujet du sacrifice du Omer, dont il est écrit 'et il balancera le Omer pour vous rendre agréés' (Lévitique 23,11). D'après le Midrach : 'Quel profit à l'homme de tout son labeur... sous le soleil...' (Ecclésiaste 1,3).
Car toute la force d'Israël consiste en ce qu'ils peuvent élever toute la nature et faire descendre un renouvellement d'en haut. Car 'il n'y a rien de nouveau sous le soleil' (Ecclésiaste 1,9).
Tel est le sens du balancement (tenoufa) et de l'élévation (harama). Nos Sages, de mémoire bénie, l'ont appelé 'jour du balancement' (yom hanef), car Israël avait ce jour-la la force d'élever, ainsi qu'il est écrit 'pour vous rendre agréés'.
Ainsi il n'y a pas de mesure à cette élévation, selon le désir qui était en Israël. En ce jour se trouve l'essentiel du désir dans les âmes d'Israël, 'au lendemain du repos' (Lévitique 23,11).
Car il est écrit 'attire-moi, courons après toi' (Cantique 1,4) : de même que Dieu nous à fait sortir d'Égypte sans progression graduelle, ainsi Israël fut entraîne, comme il est écrit 'je me souviens en ta faveur... ta marche derrière Moi' (Jérémie 2,2), car les enfants d'Israël rejetèrent tout et suivirent le Créateur, béni soit-Il, et cette force leur demeura. Nos Sages ont dit : 'Apportez devant Moi le Omer à Pessa'h, afin que soient bénies pour vous les moissons des champs.' Le sens n'est pas que l'intention soit seulement de recevoir la bénédiction, mais qu'Israël amène la nature à Dieu et clarifié que tout vient de Lui, et que toute la nature n'à que ce que le Saint, béni soit-Il, fait couler d'au-dessus de la nature.
En annulant tout devant Lui, la bénédiction qui en découle leur parvient d'elle-même en premier. C'est le sens de 'afin que soit béni pour vous' : par ce moyen ils prennent les prémices.
Ainsi qu'il est dit dans le Midrach 'et vers les mitsinim (boucliers) il le prend' (cf. Job 5,5), non par les armes... mais seulement par l'annulation de toutes les forces devant Lui, béni soit-Il, de sorte que tout leur revient d'elle-même.
במדרש אז ישיר פיה פתחה בחכמה כו' משנברא אדם לא מצינו מי שיאמר שירה. ומקשין הלא איתא כמה שירות הי' אדה"ר אמר שירה כשנתקבל בתשובה וכן ביצ"מ אמרו שירה דכ' כליל התקדש חג כו'.
אך לא מצינו אמר המדרש. שלא נעשה מאלה השירות פרשה בתורה לדורות.
ושירה זו נעשה לדורות כמ"ש ויאמרו לאמר. ז"ש ותורת חסד על לשונה שמהחסד שעשה השי"ת עמהם עשאו שירה לדורות.
שיכולין בכל יום למצוא הארה באלה הדברים לכן תקנו לאומרו בכל יום. ושירות אחרים היו בפרט.
וכן יצ"מ הי' בפרט כמ"ש ואתם לא תצאו איש מפתח ביתו כו'. אבל קי"ס הי' בכלל ישראל ונשאר השירה לדורות:
Dans le Midrach : 'Alors il chanta...' (Exode 15,1), 'elle ouvre sa bouche avec sagesse...' (Proverbes 31,26) : depuis qu'Adam fut créé, nous ne trouvons personne qui ait dit un cantique. On objecte : n'est-il pas rapporté plusieurs cantiques ?
Le premier homme dit un cantique lorsqu'il fut accueilli dans la techouva (repentir), et de même à la sortie d'Égypte ils dirent un cantique, ainsi qu'il est écrit 'comme la nuit où l'on sanctifie la fête...' (Isaie 30,29). Mais, dit le Midrach, nous ne trouvons pas : aucun de ces cantiques ne devint une section de la Torah pour les générations.
Or ce cantique-ci fut fait pour les générations, comme il est écrit 'et ils dirent, en disant' (Exode 15,1). C'est le sens de 'un enseignement de bonté est sur sa langue' (Proverbes 31,26) : de la bonté que Dieu leur fit, Il en fit un cantique pour les générations, car chaque jour on peut trouver une lumière dans ces paroles ; c'est pourquoi ils ont institué de le dire chaque jour.
Les autres cantiques étaient particuliers. De même la sortie d'Égypte fut particulière, ainsi qu'il est écrit 'et vous, aucun ne sortira de l'entrée de sa maison...' (Exode 12,22).
Mais l'ouverture de la mer (keriat yam souf) concerna l'ensemble d'Israël, et le cantique demeura pour les générations.
עוד במד' ויאמינו בדבריו ישירו כו'. אעפ"י דכ' ויאמן חזרו ולא האמינו כו'.
וצריך ביאור היתכן שאחר יצ"מ נפלו בנ"י בחסרון אמונה יותר מה שהאמינו במצרים. ויתכן לפרש כי ענין האמונה אין לה שיעור.
ויש אמונה גדולה ביותר. והכל כפי מדריגות האנשים.
ולכן אחר הגאולה שנעשו בנ"י מוכנים להיות עבדי ה' לא הי' נק' אמונה ראשונה בכלל אמונה עד אחר זה שבאו לכלל אמונה שלימה שנאמר בה ויאמינו בה' ואז ישירו תהלתו. וכמ"ש ע"ז מראש אמנה.
שהוא אמונה גבוה מאד. כי בוודאי מי שאין בו דעת ומאמין מחסרון ידיעה הוא ג"כ אמונה.
אבל העיקר כשזוכין לקצת השגה ולבטל עצמו והחכמה שבו להאמין בה' חחד הוא האמונה החביבה. שע"ז אמרו אדם ובהמה תושיע ה' שערומין כאדם ומשימין עצמן כבהמה.
ולכן ויושע ה' ביום ההוא. ויאמינו בה' הוא דבר גדול מאוד שהאמינו על כל המציאות כמו שיהי' מבורר לעתיד ה' אחד.
ולכן כיון שהאמינו כך. הראה להם הקב"ה באמת כל מה שיהי' עד סוף התיקון.
ולכן יש בשירה זו מעין כל הדורות כידוע. וכמו שגלות מצרים הי' כולל כל הגליות.
וכן הגאולה וכן השירה כוללים כל הגאולות ושירות עד תחה"מ:
Encore dans le Midrach : 'ils crurent en Ses paroles, ils chantèrent...' (Psaumes 106,12). Bien qu'il soit écrit 'et le peuple crut', ils revinrent et ne crurent pas...
Il faut expliquer : comment se peut-il qu'après la sortie d'Égypte Israël soit tombe dans un manque de foi plus grand que la foi qu'ils avaient en Égypte ? On peut expliquer que la foi n'à pas de mesure : il est une foi bien plus grande, et tout dépend des degrés des hommes.
C'est pourquoi, après la délivrance, quand Israël devint apte à être serviteur de Dieu, la première foi ne fut plus comptée comme foi, jusqu'à ce qu'ensuite ils parviennent à la foi parfaite dont il est dit 'et ils crurent en Dieu' (Exode 14,31), et alors ils chantèrent Sa louange. Ainsi qu'il est dit à ce sujet 'du sommet de l'Amana' (Cantique 4,8), qui est une foi très élevée.
Car certes, celui qui n'à pas de connaissance et croit par manque de savoir, c'est aussi une foi ; mais l'essentiel est lorsqu'on mérite un peu de perception et qu'on s'annule soi-même, avec la sagesse qui est en soi, pour croire en Dieu, l'Un : telle est la foi chérie. À ce sujet ils ont dit 'l'homme et la bête Tu sauvés, o Dieu' (Psaumes 36,7) : ils sont ruses comme l'homme et se font comme la bête.
C'est pourquoi 'Dieu sauva en ce jour-la' (Exode 14,30). 'Et ils crurent en Dieu' est une chose très grande, car ils crurent en toute la réalité telle qu'elle sera clarifiée dans l'avenir : Dieu est Un. Et parce qu'ils crurent ainsi, le Saint, béni soit-Il, leur montra en vérité tout ce qui sera jusqu'à la fin du tikoun.
Aussi y a-t-il dans ce cantique un reflet de toutes les générations, comme on le sait. Et de même que l'exil d'Égypte englobait tous les exils, ainsi la délivrance, et ainsi le cantique, englobent toutes les délivrances et tous les cantiques jusqu'à la résurrection des morts (tehiyat ha-metim).
ובמדרש אז ישיר הה"ד נכון כסאך מאז כו' לא נתישבה כסאך עד שאמרו בניך שירה. כי בנ"י נשתלחו לעוה"ז לברר כבוד מלכותו ית' בעולם.
כמ"ש עם זו יצרתי כו'. ולכן כ' אז ישיר לשון עתיד.
כי התורה וכביכול השי"ת בעצמו וכמו כן בנ"י היו מצפין להוציא מכח אל הפועל מה שנבראו ע"ז. רק בעודם ת"י הרשעים לא היו יכולין לברר זאת ועתה נגמר הפעולה וביררו כבוד מלכותו ית' בעולם.
וכ' השירה הזאת מכלל שכתובה לפניו ית' במרום והם המשיכו ההארות והלבישו באותן הדיבורים. וז"ש ויאמרו לאמר כי עשו מזה סדר שיוכלו להוציא האורות בספורי דברים ונעשה תיקון בכל העולם.
וז"ש בכלל השירה על התורה ובנין המקדש תביאמו ותטעמו כו'. כי כשנבררו בנ"י מן האומות אז נברר ג"כ חלקו ית' בעולם והוא א"י וביהמ"ק וכמו כן בזמנים השבתות ומועדים כמ"ש במ"א דיש עולם שנה נפש ובכולם יש חלק מבורר ומיוחד לשמו ית'.
והכל תלוי בבנ"י כפי מה שנבררו הם נברר החלק בשנה ובעולם. לכן אומרים זכר ליצ"מ בקידוש היום ובתפלה כי ע"י יצ"מ נעשה ונמצא הקדושה בזמן.
וכן במקום. והרגישו בנ"י בתוך השירה איך שנפנה מקום ביהמ"ק להם כדכ' שמעו עמים ירגזון כו' נמוגו כו יושבי כנען ונקנה להם המקום.
לכן הי' המצוה בעליות רגלים לעזרה שהי' חיבור כל הג' עולם שנה נפש כמ"ש במ"א. וכתיב תטעמו שכשבנ"י באו לעזרה נתדבקו ממש וניתן להם חיות חדש.
והלא אחז"ל ביומא שאילנות שנטען שלמה במקדש עשו פרי הגם שהיו של זהב וכסף כו'. וכש"כ נפשות בנ"י כשבאו שמה הי' בהם חיות חדש כמ"ש במ"א שע"ז נרמז מראהו כלבנון.
וע"ז בוודאי יש לנו להתאונן לצפות לרחמי שמים כמו שתקנו [*לומר] תטענו בגבולנו. ולא לחנם נק' עליות רגלים כמ"ש בעלותך לראות פני ה' שנתעלו נפשות בנ"י בעליות הרגל.
וכ' ולא יחמוד איש את ארצך כו'. פי' אם לא ביטלו עליות הרגל לא הי' נשלח יד במקדש ה' ולא הי' כח להרשעים ליקח ארצנו מידינו:
Dans le Midrach : 'Alors il chanta' (Exode 15,1) - c'est ce qui est écrit 'Ton trône est établi depuis toujours...' (Psaumes 93,2) : Ton trône ne fut affermi que lorsque Tes enfants dirent le cantique. Car Israël fut envoyé en ce bas monde pour clarifier l'honneur de Sa royauté, béni soit-Il, dans le monde, comme il est écrit 'ce peuple que J'ai forme...' (Isaie 43,21).
C'est pourquoi il est écrit 'alors il chantera' (az yachir), au futur. Car la Torah, et pour ainsi dire Dieu Lui-même, ainsi qu'Israël, attendaient de faire passer de la puissance à l'acte ce pour quoi ils furent créés.
Seulement, tant qu'ils étaient sous la main des impies, ils ne pouvaient clarifier cela ; et maintenant l'œuvre s'achève et ils ont clarifié l'honneur de Sa royauté dans le monde. Il est écrit 'ce cantique-ci' : de ce qu'il est écrit devant Lui en haut, et eux ont fait descendre les lumières et les ont revêtues dans ces paroles.
C'est le sens de 'et ils dirent, en disant' (Exode 15,1) : ils en firent un ordre pour pouvoir faire sortir les lumières dans le récit des paroles, et un tikoun s'accomplit dans le monde entier. C'est ce que dit le cantique au sujet de la Torah et de la construction du Sanctuaire : 'Tu les amenés et Tu les plantes...' (Exode 15,17).
Car lorsqu'Israël fut clarifié d'entre les nations, alors fut clarifiée aussi Sa part, béni soit-Il, dans le monde, à savoir la terre d'Israël et le Temple ; de même dans les temps, les chabbats et les fêtes, comme je l'ai écrit ailleurs : il y a le monde, l'année et l'âme (olam, chana, nefech), et en chacun il y a une part clarifiée et dédiée à Son Nom. Tout dépend d'Israël : selon qu'ils sont clarifiés, se clarifie la part dans l'année et dans le monde.
C'est pourquoi l'on dit 'en souvenir de la sortie d'Égypte' dans le Kidouch du jour et dans la prière, car par la sortie d'Égypte la sainteté s'est faite et se trouve dans le temps. Et de même dans le lieu.
Israël ressentit, au sein du cantique, comment le lieu du Temple se dégageait pour eux, ainsi qu'il est écrit 'des peuples ont entendu, ils tremblent... ils se sont fondus... les habitants de Canaan' (Exode 15,14-15), et le lieu leur fut acquis. C'est pourquoi il y avait la mitsva des montées de fête (aliyot reguel, pèlerinages) vers le parvis (azara), qui était la jonction des trois : monde, année et âme, comme je l'ai écrit ailleurs.
Il est écrit 'Tu les plantes' : lorsqu'Israël venait au parvis, ils s'attachaient véritablement et il leur était donne une vie nouvelle. Nos Sages n'ont-ils pas dit dans le traité Yoma que les arbres que Salomon planta dans le Sanctuaire portaient du fruit, bien qu'ils fussent d'or et d'argent...
À plus forte raison les âmes d'Israël, lorsqu'elles venaient la, avaient en elles une vie nouvelle, comme je l'ai écrit ailleurs : à cela fait allusion 'son aspect est comme le Liban' (Cantique 5,15). Sur cela, certes, nous devons nous lamenter et espérer la miséricorde du Ciel, comme ils ont institué de [dire] 'plante-nous dans notre territoire'.
Et ce n'est pas en vain que cela s'appelle 'montées de fête', comme il est écrit 'lorsque tu montés pour paraître devant la face de Dieu' (Exode 34,24) : les âmes d'Israël s'élevaient dans la montée de fête. Il est écrit 'et nul ne convoitera ta terre...' (Exode 34,24).
Explication : s'ils n'avaient pas négligé les montées de fête, aucune main n'aurait été portée contre le Temple de Dieu, et les impies n'auraient pas eu la force de prendre notre terre de notre main.
בפסוק תהרוס קמיך. דרשו חז"ל מי הם הקמים עליך הקמים נגד ישראל כו'.
ויש להבין איך אמרו זאת בנ"י בעצמם דהוי כמו יהללוך זר ולא פיך. אכן האמת היא הנותנת כי באמת בנ"י הי' כל לבם ונפשם לעשות רצון אביהם שבשמים.
ולא שמו לב על כל המעיקים להם בעבור צער גופם רק מה שמעכבין להם עבודת הבורא ית' וזאת הי' כל שמחתם שיצאו לחירות מתחת יד פרעה לכנוס בכלל עבדי ה'. וכיון שכך הי' אצלם לכן המדה בשמים ג"כ כך היא שכל הקמים נגדם הרי הם קמים נגד ה'.
כי אין להם בעצמותם רק מה שהם עבדי ה'. ויתכן עוד לרמוז בלשונם ז"ל מי הם הקמים נגדך.
כלומר כי בוודאי לא הי' נמצא כלל בעולם להיות קמים נגד השי"ת. רק הכל מה שנברא העולם באופן הזה הוא בעבור ישראל כענין המשנה להפרע מן הרשעים וליתן שכר טוב לצדיקים.
כדי שיהיו קמים נגד ישראל והמה יגברו נגדם לזכות לשכר טוב:
Sur le verset 'Tu abats ceux qui se dressent contre Toi' (Exode 15,7). Nos Sages ont expliqué : qui sont ceux qui se dressent contre Toi ?
Ceux qui se dressent contre Israël... Il faut comprendre comment Israël à pu dire cela de lui-même, ce qui ressemble à 'qu'un étranger te loue, et non ta bouche' (Proverbes 27,2).
Mais en vérité c'est la vérité elle-même qui le donne : car en vérité tout le cœur et toute l'âme d'Israël étaient à faire la volonté de leur Père qui est aux cieux. Ils ne prêtaient pas attention à tous ceux qui les opprimaient à cause de la souffrance de leur corps, mais seulement à ce qui les empêchait du service du Créateur, béni soit-Il ; et telle était toute leur joie : sortir vers la liberté de dessous la main de Pharaon pour entrer dans l'ensemble des serviteurs de Dieu.
Et puisqu'il en était ainsi chez eux, la mesure dans les cieux est aussi telle : tous ceux qui se dressent contre eux, voici qu'ils se dressent contre Dieu. Car ils n'ont dans leur essence que ce qu'ils sont : serviteurs de Dieu.
On peut encore faire allusion, dans le langage de nos Sages 'qui sont ceux qui se dressent contre toi' : c'est-à-dire que, certes, il ne se trouverait aucunement dans le monde de se dresser contre Dieu ; seulement, tout ce dont le monde fut créé de cette manière, c'est à cause d'Israël, à l'instar de la Michna : punir les impies et donner bonne récompense aux justes. Afin qu'ils se dressent contre Israël et qu'Israël l'emporte sur eux, pour mériter une bonne récompense.
תרמ"ה
[תרמ"ה] (année 5645)
בקיצור משבת הגדול וימי פסח
En résume, au sujet du Chabbat ha-Gadol et des jours de Pessa'h.
בענין שם שבת הגדול שהוא מצוה ראשונה שקיבלו בנ"י. וכמו שנעשין בר מצוה.
ונק' גדול. ואז יורד להאדם נשמה משמים כדאיתא בזוה"ק.
כן בכלל העולם שביצ"מ ירדה הנשמה לעולם. ומקודם הי' רק כמו גוף.
וכ' עם זו יצרתי לי שהם עיקר הצורה וצורתן נשתנה מצורות כל הברואים דכ' אדם אתם אתם קרוין אדם. והוא ענין השבת שבו יורד הנשמה יתירה כן הי' בשעת יצ"מ.
ולכן פסח נק' שבת. ואיתא גר שנתגייר כקטן שנולד.
והטעם כנ"ל שאז נתוסף להגר נפש חדשה וכמ"ש הנפש אשר עשו בחרן שגיירום וקיבלו נפשות חדשות. ומכש"כ כלל ישראל שנכנסו תחת כנפי השכינה.
וזה הי' שורש הגאולה. דיש גאולה לגופות ולנפשות.
ואומרים העושה גדולות עד אין חקר נסים ונפלאות עד אין מספר. פי' מעשה ידיו של הקב"ה הם הנשמות כדכ' ונשמות אני עשיתי.
וכ' ספרה נא כו' הגדולות אשר עשה אלישע והיינו שהחי' את המת ע"ש. וע"י שניתן לבנ"י נשמות חדשות וזהו ההבטחה ואעשך לגוי גדול הי' הכנה לנסים ונפלאות.
וע' ברמ"א באו"ח סי' ו' פי' ומפליא לעשות ובמד' תנחומא פ' בראשית. והגם כי תכלית הגירות הי' במעמד הר סיני מ"מ השורש הי' ביצ"מ.
וכ' עבדי אתה ישראל אשר בך אתפאר. והם ב' הבחי' דכ' בפסוק ואתן צאני כו' אדם אתם.
וביצ"מ היו בחי' עבדי ה' וקבלו נפש עד שזכו אח"כ במתן תורה לבחי' נשמה. ולכן הנשמה נק' גדולות שאין לו סוף שהיא מעש"י של הקב"ה ונמשך מדריגה אחר מדריגה עד אין חקר.
כי הגוף והטבע הוא בשיעור. והנשמה והפנימיות הוא בלי גבול וע"ז נאמר מה גדלו מעשיך ה'.
והנה רוב התורה והמצות תלה הכתוב ביצ"מ. כמ"ש בעבור זה עשה ה' לי.
פרש"י כדי שאקיים מצותיו. שנתן הקב"ה אז בנפשות ישראל הארות שיכולין כל הימים לברר ולספר תהלת ה'.
ולכן גם בכל דור ודור יכולין למצוא הארות חדשות מיצ"מ. שהי' בשורש אז כל הדורות והקב"ה ראה אז כל מעשים הטובים של כל הדורות ומכללם הי' הגאולה.
ולכן אמרו רשע מה הוא אומר מה העבודה לכם. פי' שאינו מאמין שיש שייכות במעשינו לגאולת מצרים.
ולכן הקהה את שיניו אלו הי' שם לא הי' נגאל. שבאמת הגאולה הי' בכח מעשיהם של בנ"י כמ"ש בעבור זה.
ולכן אמרו עליו שכפר בעיקר. פי' בעיקר שורש הגאולה.
והצדיקים אומרים בעבור זה עשה ה' לי שמבררין ההארות ע"י המצות. וז"ש יכול מבעוד יום תלמוד לומר בעבור זה.
פי' שאינם יכולין לברר הארת יצ"מ רק בכח קיום המצות מצה ומרור לפניך. וע"ד הלצה י"ל מה שאמר כל המרבה לספר ביצ"מ הרי זה משובח דהול"ל הרי הוא משובח רק שהזה משובח.
פי' בעבור זה הנ"ל משובח ע"י ריבוי סיפור דיצ"מ. ורמזו חז"ל סומא פטור מלומר הגדה.
פי' שצריכין לראות ההארות דיצ"מ בעין פקיחא. דכ' בעבור זה.
ואמר ראב"ע לא זכיתי שתאמר יציאת מצרים בלילות עד שדרשה בן זומא. בא להגיד איך יש בכל דור התחדשות בזו ההארה דיצ"מ.
ודרש זה הי' מוכן לבן זומא. וכן כל החכמים שהוציאו ריבוי המכות דמצרים ועל הים והכל הי' אז בכח והם הוציאו מכח אל הפועל ע"י היגיעה בתורה ובסיפור דיצ"מ.
והכלל כי שורש הגאולה נעשה בכח מעשיהם הטובים של כל בנ"י. וז"ש חז"ל מה שנק' ביד חזקה וכי יש לפניו יתברך דבר מעכב.
רק ע"י שבנ"י לא היו ראוין כ' ביד חזקה. ועדיין קשה כיון שהקב"ה חפץ לעשות עמנו חסד אכתי קשה וכי יש דבר המעכב לפניו ית'.
אך זה עצמו הפי' שהקב"ה עשה עמנו הנסים שיהי' בכח מעשינו אעפ"י שלא היינו ראוים וזה הוא דבר פלא. וז"ש ואת ערום ועריה ונתן להם מצוה אחת וכ' וראיתי את הדם ופסחתי.
וכ' חז"ל והלא הכל גלוי לפניו רק נותן אני עיני לראות שאתם עסוקין במצותי כו'. פי' כנ"ל שהקב"ה עשה הגאולה דייקא בכח מעשיהם הטובים של בנ"י כנ"ל וזה בעבור זה וכו':
Au sujet du nom 'Chabbat ha-Gadol' (le grand Chabbat), qui est la première mitsva qu'Israël reçut - comme lorsqu'on devient bar-mitsva, et cela s'appelle 'gadol' (grand, majeur) ; et alors descend sur l'homme une âme du ciel, comme il est rapporté dans le saint Zohar. Ainsi en fut-il pour l'ensemble du monde : à la sortie d'Égypte, l'âme descendit dans le monde ; auparavant il n'y avait qu'une sorte de corps.
Il est écrit 'ce peuple que J'ai forme pour Moi' (Isaie 43,21) : ils sont l'essentiel de la forme, et leur forme fut différenciée de la forme de toutes les créatures, ainsi qu'il est écrit 'Adam, vous' (Ezechiel 34,31) : c'est vous qui êtes appelés 'adam' (homme). Tel est le sens du Chabbat, où descend l'âme supplémentaire (nechama yetera) : ainsi en fut-il au moment de la sortie d'Égypte.
C'est pourquoi Pessa'h est appelé 'Chabbat'. Il est rapporté qu'un converti qui se convertit est comme un nouveau-ne.
La raison est celle dite plus haut : alors s'ajoute au converti une âme nouvelle, comme il est écrit 'les âmes qu'ils avaient faites à Haran' (Genèse 12,5), qu'ils convertirent et qui reçurent des âmes nouvelles. À plus forte raison l'ensemble d'Israël, qui entra sous les ailes de la Chekhina.
Ce fut la la racine de la délivrance, car il y a une délivrance pour les corps et pour les âmes. On dit 'Celui qui fait de grandes choses insondables, des merveilles sans nombre' (Job 9,10).
Explication : les œuvres des mains du Saint, béni soit-Il, sont les âmes, comme il est écrit 'et les âmes, c'est Moi qui les ai faites' (Isaie 57,16). Il est écrit 'raconte donc... les grandes choses qu'Élisée à faites' (2 Rois 8,4), à savoir qu'il ressuscita le mort, vois la.
Et parce qu'il fut donné à Israël des âmes nouvelles - c'est la la promesse 'et Je ferai de toi une grande nation' (Genèse 12,2) - ce fut une préparation aux miracles et aux merveilles. Vois le Rema dans Orah Haim, chapitre 6, l'explication de 'et qui agit de façon merveilleuse', et dans le Midrach Tan'houma, section Berechit.
Bien que la finalité de la conversion fut à la station du mont Sinaï, néanmoins la racine fut à la sortie d'Égypte. Il est écrit 'tu es Mon serviteur, Israël, en qui Je me glorifie' (Isaie 49,3).
Ce sont les deux aspects contenus dans le verset 'et vous, Mon troupeau... vous êtes des hommes' (Ezechiel 34,31). À la sortie d'Égypte ils étaient dans l'aspect de serviteurs de Dieu et reçurent une âme (nefech), jusqu'à ce qu'ils méritent ensuite, au don de la Torah, l'aspect de nechama.
C'est pourquoi la nechama est appelée 'grandes choses' (guedolot) sans fin, car elle est l'œuvre des mains du Saint, béni soit-Il, et s'étend degré après degré, insondablement. Car le corps et la nature sont dans la mesure, tandis que l'âme et l'intériorité sont sans limite ; c'est à ce sujet qu'il est dit 'que Tes œuvres sont grandes, o Dieu' (Psaumes 92,6).
Or l'Écriture à suspendu la plupart de la Torah et des mitsvot à la sortie d'Égypte, comme il est écrit 'c'est en vue de cela que Dieu à agi pour moi' (Exode 13,8). Rachi : afin que j'accomplisse Ses commandements.
Car le Saint, béni soit-Il, déposa alors dans les âmes d'Israël des lumières qui leur permettent, tous les jours, de clarifier et de raconter la louange de Dieu. C'est pourquoi, en chaque génération aussi, on peut trouver des lumières nouvelles issues de la sortie d'Égypte ; car en cette racine se trouvaient alors toutes les générations, et le Saint, béni soit-Il, vit alors toutes les bonnes actions de toutes les générations, dont l'ensemble constitua la délivrance.
C'est pourquoi ils ont dit : le mécréant (racha), que dit-il ? 'Que signifie ce service pour vous ?' (Exode 12,26). Le sens : il ne croit pas qu'il y ait un lien entre nos actions et la délivrance d'Égypte.
Aussi 'agacé ses dents' : s'il avait été la, il n'aurait pas été délivre ; car en vérité la délivrance eut lieu par la force des actions d'Israël, comme il est écrit 'en vue de cela'. C'est pourquoi ils ont dit de lui qu'il à renie le principe (kafar ba-ikar) : le sens, le principe même, la racine de la délivrance.
Les justes, eux, disent 'c'est en vue de cela que Dieu à agi pour moi' : ils clarifient les lumières par les mitsvot. C'est le sens de 'on pourrait croire des qu'il fait encore jour ; l'Écriture dit : en vue de cela' : ils ne peuvent clarifier la lumière de la sortie d'Égypte que par la force de l'accomplissement des mitsvot, la matsa et le maror devant toi.
Par manière de trait d'esprit, on peut dire ce qui est énoncé 'quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte, celui-là est loue' - il aurait fallu dire 'il est loue', or il est dit 'cela est loue' : le sens, 'en vue de cela' susmentionné est loue par l'abondance du récit de la sortie d'Égypte. Nos Sages ont fait allusion : 'un aveugle est dispensé de dire la Haggada' - le sens, il faut voir les lumières de la sortie d'Égypte d'un œil ouvert, comme il est écrit 'en vue de cela' (ba-avour ze, qui implique de montrer, de voir).
Rabbi Elazar ben Azaria à dit : 'je n'ai pas mérité que la sortie d'Égypte soit dite la nuit, jusqu'à ce que Ben Zoma l'exposé' - il vient dire comment il y a, en chaque génération, un renouvellement dans cette lumière de la sortie d'Égypte, et cette exégèse était préparée pour Ben Zoma. De même tous les Sages qui ont déduit la multiplicité des plaies d'Égypte et sur la mer : tout était alors en puissance, et ils l'ont fait passer de la puissance à l'acte par le labeur dans la Torah et dans le récit de la sortie d'Égypte.
En règle générale, la racine de la délivrance fut faite par la force des bonnes actions de tout Israël. C'est ce que disent nos Sages à propos de ce qui est appelé 'd'une main forte' : y a-t-il devant Lui, béni soit-Il, quelque chose qui fasse obstacle ?
Seulement, parce qu'Israël n'était pas digne, il est écrit 'd'une main forte'. Et cela reste difficile : puisque le Saint, béni soit-Il, désire nous faire une bonté, la question demeure - y a-t-il devant Lui quelque chose qui fasse obstacle ?
Mais c'est la précisément l'explication : le Saint, béni soit-Il, fit avec nous les miracles de sorte qu'ils fussent par la force de nos actions, bien que nous n'en fussions pas dignes - et c'est la une chose merveilleuse. C'est le sens de 'et toi, nue et dénudée' (Ezechiel 16,7) : Il leur donna une seule mitsva, et il est écrit 'et Je verrai le sang et Je passerai par-dessus' (Exode 12,13).
Nos Sages ont écrit : tout n'est-il pas révélé devant Lui ? Seulement, 'Je pose Mon regard pour voir que vous êtes occupés de Mes commandements...'.
Le sens, comme plus haut : le Saint, béni soit-Il, fit la délivrance précisément par la force des bonnes actions d'Israël, et c'est la 'en vue de cela', etc.
En Nissan a lieu le Roch Hachana des fêtes de pèlerinage. Le Sfat Emet enseigne qu'Israël ne montait au Temple qu'à ces trois fêtes, la porte s'ouvrant, aussi par le mérite du désert : « quand tu marchais derrière Moi dans le désert », et cela a lieu à Pessa'h. Attirés derrière Lui par la seule foi, « tel un animal nous fûmes attirés derrière Toi », ils méritent ensuite de saisir les chambres cachées, trois fois par an. Ils reçoivent la prémice et l'intériorité du monde, Jérusalem et le Temple ; à Pessa'h s'éveille la prémice d'Israël, et l'on balance le Omer pour attirer la bénédiction du monde supérieur.
Aussi : ouverture de la mer : habitation et techouva ; septième jour de Pessa'h comme Chabbat, le Cantique prépare Torah et Temple ; quatre fils et quatre coupes, quatre expressions de la délivrance.
ואיתא בניסן ר"ה לרגלים רגל שבו כו'. ובגמ' לענין בל תאחר דכ' ובאת שמה והבאתם שמה ולכך בג' רגלים איכא בל תאחר.
ונראה כי לא בכל עת היו יכולין לעלות למקדש. ובג' רגלים הללו הי' נפתח השער וזכו בנ"י לעלות כולם באלה הזמנים.
ובמדרש מי זאת עולה מן המדבר עלויך מן המדבר ע"ש. ונראה כי עליית הרגלים הי' ג"כ בזכות המדבר דכ' זכרתי לך חסד נעוריך כו' לכתך אחרי במדבר וזה הי' בפסח והוא כמ"ש באאע"ה לך לך כו' אשר אראך.
וע"ז כ' שמעי בת כו' ושכחי עמך כו' ועי"ז ויתאו המלך יפיך. כמ"ש עבד שרבו מצפה לראותו.
וזכו אח"כ לראות פני ה' וע"ז כ' משכני אחריך נרוצה כו'. ועי"ז הביאני המלך חדריו ג"פ בשנה.
לכן פסח הוא ר"ה לרגלים. וע"י שבנ"י נמשכו אחריו למדבר פי' הגם שלא השיגו אז רק בדרך אמונה כמ"ש במד' כבהמה נמשכנו אחריך.
זכו אח"כ להשיג כל החדרים הגנוזים. וכדכתיב קודש ישראל לה' ראשית תבואתו.
שזהו הי' השכר על שנמשכו אחריו כמ"ש רש"י ז"ל בפ' וגם צדה לא עשו להם ע"ש. וניתן להם הראשית והפנימיות מכל העולם.
כי עיקר הישוב הוא ירושלים וביהמ"ק. ע"י שנמשכו למדבר.
וז"ש ואתן צאני כו'. עי"ז אדם אתם.
ולכן ממחרת השבת מצות העומר. ובגמ' בפסח על התבואה לכן הביאו לפני עומר בפסח כדי שתתברך לכם תבואות שבשדות.
הענין כנ"ל. שבפסח מתעורר ראשיתן של ישראל ויכולין אז להניף את העומר ולמשוך ברכה מעולם העליון לעוה"ז.
וע"ש במדרש מה יתרון לאדם כו' תחת השמש. אבל מלמעלה מן השמש יכולין למשוך התחדשות ואין זה נמסר רק לבנ"י כדכתיב החודש הזה לכם.
ואיתא ואדם אין לעבוד את האדמה שעד שלא נברא אדם וידע שיש צורך לגשמים כו' והתפלל. לא המטיר ה' ע"ש בפ' בראשית.
וכמו כן עתה שנגמר הבריאה ביצ"מ שנעשין בנ"י ברי' חדשה אדם אתם כנ"ל. וזה מותר האדם מן הבהמה:
Il est enseigné : en Nissan à lieu le Roch Hachana des fêtes de pèlerinage - la fête pour laquelle etc. Et dans la Guemara, à propos de 'bal te'aher' (l'interdit de tarder à acquitter ses vœux), car il est écrit 'et tu viendras la' et 'vous apporterez là' (Deutéronome 12,5-6), c'est pourquoi les trois fêtes de pèlerinage sont concernées par 'bal te'aher'.
Et il apparaît qu'ils ne pouvaient pas monter au Temple en tout temps ; mais lors de ces trois fêtes de pèlerinage la porte s'ouvrait, et les enfants d'Israël méritaient de monter tous en ces moments. Et dans le Midrach : 'Qui est celle qui monte du désert' (Cantique 3,6) - 'ton élévation vient du désert', vois la.
Et il apparaît que la montée des fêtes se faisait aussi par le mérite du désert, car il est écrit 'Je me souviens en ta faveur de la grâce de ta jeunesse etc. quand tu marchais derrière Moi dans le désert' (Jérémie 2,2) ; et cela eut lieu à Pessa'h. C'est comme il fut dit à Avraham notre père, la paix sur lui : 'Va pour toi etc. vers le pays que Je te montrerai' (Genèse 12,1).
Et à ce propos il est écrit : 'Écoute, fille, etc. et oublié ton peuple etc.' (Psaume 45,11), et par cela 'le roi désirera ta beauté' (Psaume 45,12), comme il est dit : un serviteur dont le maître attend de le voir. Et ils méritèrent ensuite de voir la face de ה', et à ce propos il est écrit : 'Attire-moi, courons après toi etc.' (Cantique 1,4), et par cela 'le roi m'à introduit dans ses chambres' - trois fois par an.
C'est pourquoi Pessa'h est le Roch Hachana des fêtes de pèlerinage. Et parce que les enfants d'Israël furent attirés derrière Lui dans le désert - c'est-à-dire, bien qu'ils n'aient alors saisi que par la voie de la foi, comme le dit le Midrach : 'tel un animal nous fûmes attirés derrière Toi' - ils méritèrent ensuite de saisir toutes les chambres cachées.
Et comme il est écrit : 'Israël est saint pour ה', prémice de sa récolte' (Jérémie 2,3) : ce fut la la récompense pour s'être laisse attirer derrière Lui, comme l'expliqué Rachi, de mémoire bénie, sur 'et ils ne s'étaient même pas préparé de provisions' (Exode 12,39), vois la. Et il leur fut donné le commencement (la prémice) et l'intériorité de tout le monde ; car l'essentiel du monde habite est Jérusalem et le Temple, grâce au fait qu'ils furent attirés dans le désert.
Et c'est ce qui est dit : 'Vous êtes Mon troupeau etc.' - par cela 'vous êtes des hommes (adam)' (Ezechiel 34,31). C'est pourquoi le lendemain du Chabbat à lieu la mitsva du Omer.
Et dans la Guemara : à Pessa'h on est juge sur la récolte, c'est pourquoi on apportait le Omer à Pessa'h afin que soient bénies pour vous les récoltes des champs. Le sujet est comme ci-dessus : à Pessa'h s'éveille la prémice d'Israël, et l'on peut alors balancer le Omer et attirer la bénédiction du monde supérieur vers ce monde-ci.
Et vois la dans le Midrach : 'quel avantage à l'homme etc. sous le soleil' (Ecclésiaste 1,3) ; mais d'au-dessus du soleil on peut attirer un renouvellement, et cela n'est confie qu'aux enfants d'Israël, comme il est écrit : 'ce mois-ci est pour vous' (Exode 12,2). Et il est enseigné : 'et il n'y avait pas d'homme pour travailler la terre' (Genèse 2,5) - car tant que l'homme n'avait pas été créé et n'avait pas su qu'il fallait de la pluie etc. et prie, ה' ne fit pas pleuvoir, vois la dans la paracha Berechit.
De même maintenant, quand la création s'acheva à la sortie d'Égypte et que les enfants d'Israël devinrent une créature nouvelle, 'vous êtes des hommes' comme ci-dessus. Et c'est la 'la supériorité de l'homme sur l'animal' (Ecclésiaste 3,19).
בענין קי"ס במדרש ויוליכם בתהומות כמדבר מה במדבר לא חסרו דבר כו'. כי הים הוא החלק שאין בו ישוב והקב"ה הוליך אותנו במדבר ובים להראות כי בנ"י יכולים המה למצוא הישוב בכל מקום.
וכמו שהי' בדור המבול שאמר הקב"ה יחזרו המים כו' ע"ש [במד' פ' בראשית ובמדרש איכה פ"א] כמו כן הצדיקים מקיימים העולם ומוציאין המדבר והים לכלל ישוב וכל הסט"א והשממה בורח מפני בנ"י כמ"ש הים ראה וינס:
À propos de l'ouverture de la mer des Joncs (keriat Yam Souf, division de la mer devant Israël), dans le Midrach : 'Il les conduisit dans les abîmes comme dans le désert' (Psaume 106,9) - de même que dans le désert ils ne manquèrent de rien, etc. Car la mer est la partie où il n'y a pas d'habitation, et le Saint béni soit-Il nous conduisit dans le désert et dans la mer pour montrer que les enfants d'Israël peuvent trouver l'habitation en tout lieu.
Et comme il en fut à la génération du Déluge, quand le Saint béni soit-Il dit que les eaux reviennent etc., vois la [dans le Midrach, paracha Berechit, et dans le Midrach Eikha, chapitre 1] : de même les justes maintiennent le monde et font passer le désert et la mer à l'état d'habitation, et toute la Sitra Ahara (l'Autre Côté, force du mal) et la désolation fuient devant les enfants d'Israël, comme il est dit : 'la mer vit et s'enfuit' (Psaume 114,3).
בפסוק וירא ישראל כו' יד הגדולה כו'. וכן דרשו חז"ל במצרים עשר מכות ועל הים חמשים.
דאיתא במד' על פסוק מבטח כל קצוי ארץ וים רחוקים דשערי תפלה כמקוה פעמים נעולין. ושערי תשובה לעולם פתוחין כים ע"ש.
וכן דרשו חז"ל בפ' ופרעה הקריב שהקריב לבן של ישראל לתשובה. נראה שהישועה בקי"ס הי' בבחי' בעלי תשובה.
וכבר אמרו במקום שבע"ת עומדין אין צדיקים גמורים יכולין לעמוד. ולכן כתיב בי' קריבה עפ"מ שכתבתי במ"א תבחר ותקרב.
שלעולם בכלל ישראל צריך להיות התיקון בב' הבחי' בבחירה והתקרבות. ויצ"מ הי' הבחירה ובקי"ס התקרבות.
ומאחר שהי' בישועה הזו הכנה לדורות הי' צריך להיות גם בבחי' התשובה כנ"ל. וכמו שמצינו שהי' המדה למצרים משגיא לגוים ויאבדם כדפרש"י ז"ל שלכן הניח להם הבעל צפון.
כן לצדיקים הקב"ה מתנהג לטובה ואין מניח להם לטעות ולבוא לגבהות. כענין שבע יפול צדיק וקם.
לכן כתיב וישובו כו'. כדי שיהי' התיקון הראו אח"כ לדורות עולם:
Sur le verset : 'Et Israël vit etc. la grande main etc.' (Exode 14,31). Et ainsi nos Sages, de mémoire bénie, ont exposé : en Égypte dix plaies, et sur la mer cinquante ; car il est enseigné dans le Midrach, sur le verset 'espoir de toutes les extrémités de la terre et des mers lointaines' (Psaume 65,6), que les portes de la prière sont comme un mikve, parfois fermées, mais que les portes du repentir (techouva) sont toujours ouvertes comme la mer, vois la.
Et ainsi nos Sages ont exposé sur le verset 'et Pharaon approcha (hikriv)' (Exode 14,10) : qu'il rapprocha le cœur d'Israël du repentir. Il apparaît que le salut à l'ouverture de la mer se fit sous l'aspect (behina) de pénitents (baalei techouva).
Et l'on a déjà dit : à l'endroit où se tiennent les pénitents, les justes parfaits ne peuvent se tenir. C'est pourquoi il est écrit à son propos le terme de 'rapprochement' (keriva), selon ce que j'ai écrit ailleurs sur 'Tu choisis et Tu rapprochés' (Psaume 65,5) : car toujours dans l'ensemble d'Israël la réparation (tikoun) doit se faire selon les deux aspects, le choix (behira) et le rapprochement (hitkarvout).
La sortie d'Égypte fut le choix, et à l'ouverture de la mer, le rapprochement. Et puisque ce salut était une préparation pour les générations, il devait aussi se faire sous l'aspect du repentir, comme ci-dessus.
Et comme nous trouvons que la mesure appliquée à l'Égypte fut 'Il élève les nations puis les fait périr' (Job 12,23), comme l'expliqué Rachi, de mémoire bénie, que c'est pourquoi Il leur laissa subsister le Baal Tsefon (leur idole) - de même envers les justes le Saint béni soit-Il agit pour le bien et ne les laisse pas se tromper ni parvenir à l'orgueil, à la manière de : 'sept fois le juste tombe et se relève' (Proverbes 24,16). C'est pourquoi il est écrit 'et que les eaux reviennent etc.' (Exode 14,26) : afin que la réparation se produise, ils la montrèrent ensuite aux générations du monde.
עוד בענין קי"ס אחר יצ"מ. דאיתא אבד תאבדון העוקר עבודה זרה צריך לשרש אחרי'.
והנה במצרים הי' שורש כל ע"ז שבעולם. ולכן הוצרך להיות קי"ס פעם שנית שגאולה הראשונה הי' בגוף ואח"כ בשורש.
וזה שנשאר הבעל צפון מקודם. שהשורש הי' עוד נטמן.
ולכן אמר הכ' פן ינחם העם. ורצה הקב"ה לעקור כל השורש.
ולכן ירד גם השר שלהם כדי שיהי' גם לו מפלה. וזה שאמרו אשירה כו' כי גאה גאה ותרגומו אתגאי על גותניא וגאותי' דילי' הוא.
פי' שאינו כמו בו"ד המתגאה על חבירו ומורידו מגדולתו. אבל הקב"ה וב"ש העלה אותם עד כל השורש והגאות שיוכל להיות להם ואח"כ הפילם.
וזה סוס ורוכבו המצרים שלמטה עם השורש שלהם למעלה. וז"ש רמה בים ירה בים ואחז"ל שעלו וירדו כו'.
הרמז כנ"ל שהי' להם עלי'. וירדו כמו שהם בהתרוממות שלהם.
וע"ז נאמר משפיל גאים כו':
Encore à propos de l'ouverture de la mer après la sortie d'Égypte. Car il est enseigné : 'vous détruirez entièrement' (Deutéronome 12,2) - celui qui déraciné l'idolâtrie doit en extirper les racines.
Or en Égypte se trouvait la racine de toute l'idolâtrie du monde ; c'est pourquoi il fallut que l'ouverture de la mer soit une seconde fois, car la première délivrance se fit dans le corps, et ensuite dans la racine. Et c'est pourquoi le Baal Tsefon subsista auparavant : car la racine était encore cachée ; c'est pourquoi le verset dit : 'de peur que le peuple ne se ravise' (Exode 13,17).
Et le Saint béni soit-Il voulut déraciner toute la racine ; c'est pourquoi descendit aussi leur prince (ange tutélaire), afin qu'il subisse lui aussi une chute. Et c'est ce qu'ils dirent : 'Je chanterai etc. car Il s'est élevé avec majesté' (Exode 15,1), et le Targoum traduit : 'Il s'est élevé au-dessus des orgueilleux, et la grandeur est à Lui.' C'est-à-dire qu'Il n'est pas comme un être de chair et de sang qui s'enorgueillit sur son prochain et le fait descendre de sa grandeur ; mais le Saint béni soit-Il, béni soit Son Nom, les éleva jusqu'à toute la racine et l'orgueil qu'ils pouvaient avoir, puis les fit tomber.
Et c'est 'le cheval et son cavalier' (Exode 15,1) : les Égyptiens d'en bas avec leur racine d'en haut. Et c'est ce qui est dit : 'Il les a jetés dans la mer', 'Il les a lances dans la mer' (Exode 15,1 ; 15,4), et nos Sages ont dit qu'ils montaient et descendaient etc.
L'allusion est comme ci-dessus : qu'ils eurent une élévation, puis descendirent tels qu'ils étaient dans leur exaltation. Et à ce propos il est dit : 'Il abaisse les orgueilleux etc.'
והנה כ' האר"י ז"ל בענין שלא הספיק בצקם להחמיץ עד שנגלה ממה"מ הקב"ה וגאלם. כי היו במצרים נ' סטרי דמסאבותא.
ואם היו עוד רגע במצרים היו נטבעין בשער הנ' ע"ש. ונראה דעתה על הים נכנסו לתקן גם שער הנ' דכ' כאשר יענו כו' כן ירבה כו' יפרץ.
והיה צריך להיות בינתים גאולה. ואח"כ לחזור גם בשער הנ'.
ומול זה נכנסו אח"כ בנ' שערי קדושה. ולכן נשאר להם עוד בעל צפון שרומז על מדריגה עליונה שלהם.
ולכן כ' ויושע כו' ביום ההוא שהי' הישועה משער הנ' שהוא שער הנעלם. ולכן כ' אז ישיר משה.
שמרע"ה הי' באמת הגואל ולא היה בשיעבוד מצרים. אבל הישועה שהי' בקי"ס משער הנ' על זה ישיר משה ובני ישראל:
Or le Ari, de mémoire bénie, à écrit à propos de ce que 'leur pâte n'eut pas le temps de lever' (Exode 12,39) avant que ne se révèle le Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il, qui les délivra : car ils étaient en Égypte dans les cinquante côtés de l'impureté (nun sitrei demessa'avouta), et s'ils étaient restes un instant de plus en Égypte, ils se seraient noyés dans la cinquantième porte (chaar ha-noun), vois la. Et il apparaît que maintenant, sur la mer, ils entrèrent pour réparer aussi la cinquantième porte, car il est écrit : 'plus on l'opprimait etc. plus il multipliait etc. et se répandait' (Exode 1,12).
Et il fallait qu'entre-temps il y ait une délivrance, puis revenir aussi vers la cinquantième porte ; et en regard de cela ils entrèrent ensuite dans les cinquante portes de la sainteté. C'est pourquoi subsista encore pour eux le Baal Tsefon, qui fait allusion à leur degré supérieur.
C'est pourquoi il est écrit : 'et Il sauva etc. en ce jour-la' (Exode 14,30), car le salut vint de la cinquantième porte, qui est la porte cachée. Et c'est pourquoi il est écrit : 'alors Moché chanta' (Exode 15,1), car Moché notre maître, la paix sur lui, était en vérité le libérateur et n'avait pas été sous l'asservissement de l'Égypte ; mais le salut qui se fit à l'ouverture de la mer, depuis la cinquantième porte - à ce sujet 'Moché et les enfants d'Israël chanteront'.
בפסוק ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת לה'. דאיתא במד' סוף פ' בא כי שביעי של פסח הוא במקום יום השבת.
כי כל הימים היו עסוקין במלחמה ורדיפת המצריים. ועתה באבוד רשעים רנה ובאו למנוחה בקי"ס.
וכן עשה הקב"ה זכר לנפלאותיו לכל השנים. ששת ימים תאכל מצות הוא לשון מצה ומריבה כמ"ש בזוה"ק פ' פנחס.
ובשביעי של פסח יום המנוחה עצרת לה'. וגם דכתיב במקהלות ברכו ה' לכן ביום השירה יכולין להתאסף בכנופיא לה'.
והנה בהבטחת הקב"ה להאבות הי' רק להוציאנו ממצרים וקי"ס הי' תוספות. וכבר אמרו רז"ל כי תוספתו של הקב"ה מרובה על העיקר.
והוא בחי' יום השבת. נשמה יתירה שהוא למעלה מהכנת התחתונים.
לכן בקי"ס ה' ילחם לכם ואתם תחרישון כמ"ש בזוה"ק שם והי' הגאולה בשורש העליון כמ"ש והנה מצרים נוסע שרן של מצרים. ומול זה ה' ילחם לכם.
כי הי' המלחמה בשמים. וכ"כ שברת ראשי תנינים ראשי היינו רק במוחין ובשרשים שלמעלה.
ולכן הי' ישועה לדורות. וכ' ישראל נושע בה' תשועת עולמים.
כשהישועה באה בכח ה'. כדכתיב הכא ויושע ה'.
ולכן נקבע השירה לדורות. וכ"כ לעושה נפלאות גדולות לבדו משום כי לעולם חסדו.
והשירה הזו היה הכנה לכל המתנות טובות שבישראל עד לעתיד. התורה ובנין המקדש.
ונאמרה ברוה"ק כמ"ש בזוה"ק. ועלי' נאמר ואשים דברי בפיך.
שביצ"מ הי' הכנה לדורות. ונתקיים יסובבנהו כדכתיב הולך לפניהם כו' בעמוד ענן כו'.
יבוננהו בשירה זו והיינו ואשים דברי כו'. ובצל ידי כסיתיך העננים.
לנטוע שמים הוא קבלת התורה משמים והי' מושרש בשירה זו. וליסוד ארץ הוא כניסת ארץ ישראל ובנין המקדש כמ"ש תביאמו ותטעמו.
ואיתא בשירה קדמוך. פי' שישראל הקדימו זה אלי קודם שנאמר להם אנכי ה' אלקיך.
ועליהם נאמר מי הקדימני ואשלם. תחת כ"ה וודאי ניתן לכלל ישראל.
ואמרנו ואשים דברי בפיך כי גם כוחן של ישראל הי' בהתעוררות פנימי משמים. דכ' בפ' וארא וידעתם כי אני ה' כו' המוציא אתכם דרשו חז"ל עבידנא לכו מילתא דתדעון דאנא הוא דאפיקת יתכון ע"ש במס' ברכות.
ויתכן לפרש על השירה דראתה שפחה על הים מה שלא ראו נביאים ואמרו זה כו'. ובזוה"ק שם ברע"מ ביאר וידעתם דיש ידיעה בכלל ובפרט.
ונתקיים עתה בשירה זו הידיעה בכלל. ובפרטות הי' אח"כ בקבלת התורה ותרי"ג מצות דהם בפרט כמ"ש שם בזוה"ק ע"ש היטב.
וע"ז השתוקקו בנ"י באמרם זה אלי ואנוהו אתנאה לפניו במצות כו'. פי' כי רמ"ח מ"ע ושס"ה ל"ת הם תקונים לאיברי וגידי האדם להיותם עי"ז כלים ודירות לשכון בהם אור פני ה'.
וכל הפירושים הם א' לשון דירה ולשון נוי. כמ"ש ישראל אשר בך אתפאר.
בך דייקא ברמ"ח איברים. וכפי הקדושה שנמצא בלבות בנ"י זוכין לבנות המקדש כמ"ש ושכנתי בתוכם:
Sur le verset : 'Six jours tu mangeras des azymes, et le septième jour c'est une assemblée solennelle pour ה'' (Deutéronome 16,8). Car il est enseigné dans le Midrach, à la fin de la paracha Bo, que le septième jour de Pessa'h tient lieu du jour du Chabbat : car tous les jours ils étaient occupés à la guerre et à la poursuite des Égyptiens, et maintenant, 'à la perte des méchants, chant de joie' (Proverbes 11,10), et ils parvinrent au repos à l'ouverture de la mer.
Et ainsi le Saint béni soit-Il fit un mémorial de ses merveilles pour toutes les années. 'Six jours tu mangeras des matsot' - c'est un terme de 'matsa' au sens de querelle et de dispute (matsa où-meriva), comme il est dit dans le Zohar saint, paracha Pinhas ; et le septième jour de Pessa'h, jour du repos, 'assemblée pour ה''. Et aussi, car il est écrit 'dans les assemblées bénissez ה'' (Psaume 68,27), c'est pourquoi le jour du Cantique on peut se rassembler en foule pour ה'.
Or dans la promesse du Saint béni soit-Il aux Patriarches, il s'agissait seulement de nous faire sortir d'Égypte, et l'ouverture de la mer fut un ajout ; et nos Sages ont déjà dit que l'ajout du Saint béni soit-Il est plus grand que le principal. Et c'est l'aspect du jour du Chabbat : l'âme supplémentaire (nechama yetera), qui est au-dessus de la préparation des êtres d'en bas.
C'est pourquoi à l'ouverture de la mer : 'ה' combattra pour vous, et vous, vous vous tairez' (Exode 14,14), comme il est dit dans le Zohar saint la ; et la délivrance se fit dans la racine supérieure, comme il est dit : 'et voici, l'Égypte marchait' (Exode 14,10) - le prince (ange) de l'Égypte ; et en regard de cela 'ה' combattra pour vous', car la guerre était dans les cieux. Et de même il est écrit : 'Tu as brisé les têtes des monstres marins' (Psaume 74,13) - 'les têtes' signifie uniquement dans les cerveaux (mohin) et les racines d'en haut ; c'est pourquoi ce fut un salut pour les générations.
Et il est écrit : 'Israël est sauvé par ה' d'un salut éternel' (Isaie 45,17), quand le salut vient par la force de ה', comme il est écrit ici : 'et ה' sauva' (Exode 14,30) ; c'est pourquoi le Cantique fut institué pour les générations. Et de même il est écrit : 'à Celui qui fait seul de grandes merveilles, car sa grâce est éternelle' (Psaume 136,4).
Et ce Cantique fut une préparation pour tous les bons dons d'Israël jusqu'aux temps futurs : la Torah et la construction du Temple. Et il fut prononce avec l'esprit saint (roua'h ha-kodech), comme il est dit dans le Zohar saint.
Et à son sujet il est dit : 'et J'ai mis Mes paroles dans ta bouche' (Isaie 51,16), car à la sortie d'Égypte il y eut une préparation pour les générations ; et s'accomplit : 'Il l'entourait' (Deutéronome 32,10), comme il est écrit : 'Il marchait devant eux etc. dans une colonne de nuée etc.' (Exode 13,21) ; 'Il lui donnait l'intelligence' (Deutéronome 32,10) par ce Cantique, et c'est 'et J'ai mis Mes paroles etc.' ; 'et à l'ombre de Ma main Je t'ai couvert' (Isaie 51,16) - les nuées. 'Pour planter les cieux' (Isaie 51,16) - c'est le don de la Torah depuis les cieux, et cela était enraciné dans ce Cantique ; 'et pour fonder la terre' - c'est l'entrée en terre d'Israël et la construction du Temple, comme il est dit : 'Tu les amenés et les plantes' (Exode 15,17). Et il est enseigné au sujet du Cantique : 'ils T'ont devancé' - c'est-à-dire qu'Israël à devancé en disant 'celui-ci est mon Dieu' (Exode 15,2) avant qu'il ne leur soit dit 'Je suis ה' ton Dieu' (Exode 20,2) ; et à leur sujet il est dit : 'qui M'à devancé pour que Je le lui rende ?' (Job 41,3).
En échange de quoi cela fut assurément donne à l'ensemble d'Israël. Et nous avons dit 'et J'ai mis Mes paroles dans ta bouche', car la force d'Israël aussi provenait d'un éveil intérieur venu des cieux : car il est écrit dans la paracha Vaera 'et vous saurez que Je suis ה' etc. qui vous fait sortir' (Exode 6,7), et nos Sages ont exposé 'Je vous ferai une chose par laquelle vous saurez que c'est Moi qui vous ai fait sortir', vois la dans le traité Berakhot.
Et l'on peut l'expliquer à propos du Cantique : une servante vit sur la mer ce que n'ont pas vu les prophètes, et ils dirent 'celui-ci etc.' (Exode 15,2). Et dans le Zohar saint la, dans le Raaya Mehemna (le Pasteur fidèle), il à expliqué 'et vous saurez' : qu'il y a une connaissance en général et en particulier ; et s'accomplit alors, par ce Cantique, la connaissance en général, tandis qu'en particulier ce fut ensuite lors du don de la Torah et des 613 mitsvot, qui sont le détail, comme il est dit la dans le Zohar saint, vois-le bien.
Et c'est cela qu'ont ardemment désire les enfants d'Israël en disant : 'celui-ci est mon Dieu et je L'embellirai (ve-anvehou)' - je me ferai beau devant Lui par les mitsvot etc. ; c'est-à-dire que les 248 commandements positifs et les 365 commandements négatifs sont des réparations (tikounim) pour les membres et les tendons de l'homme, afin qu'ils deviennent par la des réceptacles (kelim) et des demeures où réside la lumière de la face de ה'. Et toutes les interprétations n'en font qu'une : le sens de demeure et le sens d'embellissement, comme il est dit : 'Israël, en toi Je me glorifierai' (Isaie 49,3) - 'en toi' précisément, dans les 248 membres.
Et selon la sainteté qui se trouve dans les cœurs des enfants d'Israël, ils méritent de construire le Temple, comme il est dit : 'et Je résiderai parmi eux' (Exode 25,8).
ובמדרש ויאמינו בדבריו ישירו תהלתו. אעפ"י דכתיב ויאמן העם חזרו ולא האמינו.
אבותינו במצרים לא השכילו כו' ע"ש. דאין כל אמונה שוה.
ואדוני מו"ז ז"ל הראה לנו פרש"י ז"ל על אומרם ז"ל מי שאינו מאמין בתה"מ מן התורה כו' אע"פ שמאמין אם אינו בכח התורה מה לנו ולאמונתו ע"ש. וז"ש לא השכילו.
ואח"כ כתיב ויאמינו בדבריו כי' בכח הנהגתו ית' את העולם ובכח התורה כדכ' בה' ובמשה עבדו. ולעולם כן הוא מקודם צריך להיות אמונה גם בחסרון הדעת.
אח"כ זוכין גם לאמונה אמיתית מתוך הדעת. ובכח אמונה זו שהי' להם עד סוף כל הדורות הכינו דרך ותקונים לכל הדורות עד לעתיד ה' ימלוך לעולם ודרשו חז"ל אלו אמרו ה' מלך לא שלטה בהם אומה כו'.
ואפשר שמ"מ הוא שבחן של בנ"י שקיבלו עליהם לתקן כל הגלות. שהגם שישלטו בהם האומות אעפ"כ בסוף יהי' נתקן הכל בכח מעשיהם הטובים של הצדיקים.
וכאשר אבות הקדושים בחרו להם הגלות והכל כדי לברר כבוד שמו ית' בכל מקום. ויש לכל הדורות חלק בשירה זו כאשר רמזו חז"ל אפילו עוברים אמרו שירה ה' ממקור ישראל.
כי כל הדורות היו כלולין אז כמו עובר בבטן אמו. והרמז במקהלות ברכו שע"י ההתאחדות יכולין לעורר תמיד כח השירה ההוא.
ובמד' כשם שהם טיהרו לבם כו'. משמע שבכח הכנתם יכולין למצוא הטהרה בכל יום לדורות.
דאיתא מצות שקבלו עליהם בשמחה עדיין עושין בשמחה. לכן יש תמיד התחדשות בשירה זו.
כמ"ש שירה חדשה שבחו כו'. עי"ז שנתקרבו אז בשמחה רבה:
Et dans le Midrach : 'et ils crurent en ses paroles, ils chantèrent sa louange' (Psaume 106,12). Bien qu'il soit écrit 'et le peuple crut' (Exode 4,31), ils revinrent à ne plus croire : 'nos pères en Égypte ne comprirent pas etc.' (Psaume 106,7), vois la - car toute foi ne se vaut pas.
Et mon maître, mon grand-père, de mémoire bénie, nous à montré l'explication de Rachi, de mémoire bénie, sur ce que les Sages ont dit : celui qui ne croit pas que la résurrection des morts est fondée sur la Torah etc. - bien qu'il y croie, si ce n'est pas par la force de la Torah, que nous importe sa foi, vois la. Et c'est ce que signifie 'ils ne comprirent pas'.
Et ensuite il est écrit 'et ils crurent en ses paroles' etc. - par la force de Sa conduite du monde, qu'Il soit béni, et par la force de la Torah, comme il est écrit : 'en ה' et en Moché son serviteur' (Exode 14,31). Et il en est toujours ainsi : au début il faut qu'il y ait foi même dans le manque de connaissance, et ensuite on mérite aussi une foi véritable issue de la connaissance.
Et par la force de cette foi qui fut la leur jusqu'à la fin de toutes les générations, ils préparèrent la voie et les réparations pour toutes les générations jusqu'à l'avenir : 'ה' régnera à jamais' (Exode 15,18). Et nos Sages ont exposé : s'ils avaient dit 'ה' règne', aucune nation n'aurait domine sur eux, etc.
Et il est possible que ce soit malgré tout la louange des enfants d'Israël, qu'ils aient pris sur eux de réparer tout l'exil : car bien que les nations dominent sur eux, malgré tout, à la fin, tout sera réparé par la force des bonnes actions des justes ; et de même que les saints Patriarches ont choisi pour eux l'exil, tout cela afin de révéler la gloire de Son Nom, qu'Il soit béni, en tout lieu. Et toutes les générations ont part à ce Cantique, comme l'ont fait entendre par allusion nos Sages : même les foetus prononcèrent le Cantique - 'ה' depuis la source d'Israël' (Psaume 68,27), car toutes les générations étaient alors incluses tel un foetus dans le ventre de sa mère.
Et l'allusion de 'dans les assemblées bénissez' : que par l'union on peut toujours éveiller la force de ce Cantique. Et dans le Midrach : de même qu'ils ont purifie leur cœur etc. - cela implique que, par la force de leur préparation, on peut trouver la pureté chaque jour, pour les générations ; car il est enseigné : les mitsvot qu'ils ont acceptées avec joie, on les accomplit encore avec joie.
C'est pourquoi il y a toujours un renouvellement dans ce Cantique, comme il est dit : 'un cantique nouveau ils chantèrent etc.' - par cela qu'ils se sont alors rapprochés dans une grande joie.
תרמ"ו
[תרמ"ו]
בנוסח ההגדה ואלו לא הוציא הרי אנו ובנינו כו' ואפילו כולנו חכמים כו'. אח"כ הביא דרשה דבן זומא וחכמים שהוא הוכחה על ב' ענינים הנ"ל להביא הלילות הוא כשאנחנו בגלות אין למנוע עי"ז מלשמוח בסיפור יצ"מ מטעם שמה לנו בהגאולה כיון שהגלנו מארצנו.
כי אדרבא לולי זה שהוציאנו ממצרים הי' משועבדים בלי תקוה. וז"ש הרי אנו שבעינינו אנו רואין השיעבוד וע"י גאולת מצרים יש לנו החירות.
שיכולין לעבוד ה' הגם שאנו בגלות. וכמו כן לימות המשיח שאז יהי' בחי' כולנו חכמים כו' אעפ"כ אין למנוע מסיפור יצ"מ כי ע"י יציאת מצרים יהי' אז התיקון ביתר שאת כמ"ש המרבה לספר ביצ"מ הרי זה משובח ודו"ק:
Dans le texte de la Haggada : 'et s'Il ne nous avait pas fait sortir, voici que nous, et nos enfants etc.', et 'même si nous étions tous des sages etc.'. Ensuite elle rapporté l'exposition de Ben Zoma et des Sages, qui est une preuve sur les deux sujets ci-dessus. 'Inclure les nuits' - c'est-à-dire que, lorsque nous sommes en exil, il ne faut pas pour autant s'empêcher de se réjouir du récit de la sortie d'Égypte sous prétexte que 'que nous importe la délivrance, puisque nous avons été exilés de notre terre' ; car au contraire, sans cela qu'Il nous à fait sortir d'Égypte, nous serions asservis sans espoir.
Et c'est ce que signifie 'voici que nous' : de nos propres yeux nous voyons l'asservissement, et par la délivrance d'Égypte nous avons la liberté, car nous pouvons servir ה' bien que nous soyons en exil. De même aux jours du Messie, où il y aura l'aspect de 'nous tous des sages etc.', malgré tout il ne faut pas s'abstenir du récit de la sortie d'Égypte ; car par la sortie d'Égypte se fera alors la réparation avec une intensité accrue, comme il est dit : 'quiconque multiplie le récit de la sortie d'Égypte est digne de louange', et comprends-le bien.
כנגד ד' בנים דברה תורה כו'. כי בגאולת מצרים יש כמה ענינים.
כמ"ש בד' לשונות של גאולה. דעיקר הגאולה צורך גבוה וזה שאלת החכם מה העדות כו' אשר צוה.
כי החכם כל מגמתו לשם שמים כמ"ש בזוה"ק בפ' החכם עיניו בראשו במאן דשריא על רישי' ע"ש בינוקא דבלק דברים מתוקים. והרשע שואל מה העבודה לכם.
היינו התועלת שיש לנו בהגאולה. וע"ז משיבין לו בעבור זה עשה ה' לי ולא לך.
פי' כי בוודאי כשאין עושין לגרמייהו רק לשם שמים בוודאי התועלת לנו מאוד מאוד. אבל כשיהי' כל מגמתנו בעבורנו.
בוודאי אין מרגישין כלום. ושאלת התם הוא על גוף המעשה דיצ"מ שהוא תועלת בכלל העולם שנשתנה הטבע ונתגלה דרך הנסים בעולם.
וענין הד' הוא מפלת הרשעים. ולכן בגלות אינם יכולין לברר זה הדרך והוא ענין שאינו יודע לשאול.
והם הד' לשונות. והד' כוסות.
של קידוש הוא על צורך גבוה וקדושת שמו ית'. והשני בסיפור יצ"מ גוף הענין.
והג' ברהמ"ז על הטובה שלנו. והד' שפוך חמתך על מפלת הרשעים:
עוד יתבאר הענין עפ"י הפ' עם חסיד תתחסד. כי ביצ"מ שקבלו בנ"י השלימות צריכין לידע לילך עם כל הד' אופנים.
חסיד תתחסד הוא ההנהגה בחסד ה' והוא שאינו יודע לשאול ויודע שאינו יודע ומיחל רק לחסדו. גבר תמים הוא התם.
נבר הוא החכם שחוקר לברר כל דבר לאשורו. וסמוך לו הרשע שהוא עם עקש תתפתל:
'En regard de quatre fils la Torah à parlé etc.' - car dans la délivrance d'Égypte il y a plusieurs sujets, comme il est dit au sujet des quatre expressions de la délivrance. Car l'essentiel de la délivrance est un 'besoin d'en haut' (tsorekh gavoha), et c'est la question du sage : 'quels sont les témoignages etc. qu'Il à ordonnés' (Deutéronome 6,20) ; car le sage, toute son aspiration est pour le Ciel (lechem chamayim), comme il est dit dans le Zohar saint sur 'le sage à les yeux dans sa tête' (Ecclésiaste 2,14) : en Celui qui repose sur sa tête, vois la dans le passage de l'enfant de Balak, des propos doux.
Et le méchant demande : 'que signifie ce service pour vous' (Exode 12,26) - c'est-à-dire quelle utilité nous avons dans la délivrance ; et à cela on lui répond : 'c'est en raison de cela que ה' à agi pour moi' (Exode 13,8) - pour moi et non pour toi. C'est-à-dire : certes, quand on n'agit pas pour soi-même mais seulement pour le Ciel, assurément l'utilité est pour nous, très grandement ; mais quand toute notre aspiration est pour nous-mêmes, assurément on ne ressent rien.
Et la question du simple (tam) porte sur le fait même de la sortie d'Égypte, qui est une utilité pour l'ensemble du monde, car la nature fut changée et la voie des miracles se révéla dans le monde. Et le sujet du quatrième est la chute des méchants ; c'est pourquoi en exil on ne peut clarifier cette voie, et c'est le cas de celui qui ne sait pas questionner.
Et ce sont les quatre expressions et les quatre coupes : celle du Kiddouch correspond au 'besoin d'en haut' et à la sainteté de Son Nom, qu'Il soit béni ; la deuxième, lors du récit de la sortie d'Égypte, le fait même ; la troisième, le Birkat Ha-Mazon (action de grâces après le repas), pour notre propre bien ; et la quatrième, 'répands Ta colère' (Psaume 79,6), sur la chute des méchants. Le sujet s'expliquera encore selon le verset : 'avec l'homme pieux Tu agis avec piété' (Psaume 18,26).
Car à la sortie d'Égypte, où les enfants d'Israël reçurent la perfection, ils doivent savoir marcher selon les quatre modes. 'Avec le pieux Tu agis avec piété' - c'est la conduite par la grâce de ה', et c'est celui qui ne sait pas questionner et qui sait qu'il ne sait pas, et n'espère qu'en Sa grâce ; 'avec l'homme intègre' (Psaume 18,26) - c'est le simple (tam) ; 'avec le pur (navar)' (Psaume 18,27) - c'est le sage, qui recherche pour clarifier chaque chose avec exactitude ; et proche de lui le méchant, qui est 'avec le pervers Tu agis avec détour' (Psaume 18,27).
Les quatre questions du Ma Nichtana suivent les quatre fils : la matsa témoigne des mitsvot ; le maror, question du méchant, existe à cause de lui ; l'accoudement (hassiba), celle du simple ; les deux trempages, celle de qui ne sait pas demander. Le Sfat Emet lit « Au commencement nos ancêtres étaient idolâtres » : le propos est de ne pas soulever l'objection : mieux eût valu ne pas descendre en Égypte. La sortie était indispensable afin de séparer Israël de ceux qui errent. Ils furent triés, et par cette force ils peuvent orienter toute la création vers Lui. L'exil d'Égypte fut la racine des quatre royaumes, et dans cette délivrance se trouve la racine de toutes les délivrances.
Aussi : le omer attache les récoltes à la terre supérieure ; au Chabbat la sainteté descend, aux fêtes Israël l'éveille ; le septième jour de Pessa'h est comme un Chabbat, de serviteurs à fils.
הד' שאלות שבמה נשתנה נסדרו על הד' בנים. כי המצה הוא העדות ומצות שצוה לנו השי"ת.
והמרור הוא שאלת הרשע שאינו רוצה במרירות. והתשובה להקהות שיניו כי אדרבא כל המרור שהוא זכר לשעבוד בעבורו הוא כי מצדו לא הי' הגאולה כלל.
וההסיבה הוא שאלת התם מה זאת שהוא שינוי הניכרת בגוף ישיבת האדם. והב' טיבולין הוא רק כדי שיבין הבן לשאול כדאיתא בגמ' והוא לשאינו יודע לשאול:
Les quatre questions du Ma Nichtana sont ordonnées selon les quatre fils. Car la matsa est le témoignage et les mitsvot que le Nom béni (ha-Chem yitbarakh) nous à ordonnés.
Et le maror (herbes amères) est la question du méchant qui ne veut pas de l'amertume. Et la réponse pour émousser ses dents: car au contraire, tout le maror, qui est un rappel de l'asservissement, existe à cause de lui, car de son côté il n'y aurait eu aucune délivrance.
Et l'accoudement (hassiba) est la question du simple 'qu'est-ce que cela', car c'est un changement perceptible dans le corps, dans la manière dont l'homme est assis. Et les deux trempages (tibboulin) ne sont que pour que le fils comprenne à demander, comme il est dit dans la Guemara, et cela correspond à celui qui ne sait pas demander:
מתחילה עע"ז היו אבותינו. הענין הוא שלא להקשות מה לנו לשמוח ביצ"מ כי מוטב הי' לנו שלא היינו יורדין למצרים.
אך יצ"מ הוא מוכרח כדי להבדילנו מן התועים. והי' זה הכנה וישועה לכל העולם.
מה שבתחלה היו בנ"י מעורבין תוך כלל הבריאה ואח"כ נבררו. ובכח זה יכולין להטות כל הבריאה אליו ית'.
כדאיתא במד' בפ' ואבדיל אתכם מן העמים בורר ומניח בורר ומניח כו'. וכמ"ש דבר שהי' בכלל ויצא כו' ללמד על הכלל כולו יצא.
וז"ש לרשע לפי שהוציא עצמו מן הכלל כפר בעיקר כי עיקר יצ"מ הי' בעבור שיהי' גאולה לכלל העולם כולו כנ"ל. וגלות מצרים הי' השורש מכל הד' מלכיות.
ולכן בגאולה זו שורש כל הגאולות. ושורש כל הגלות בעבור ד' עבירות החמורים שכוללין הכל ע"ז ג"ע וש"ד.
ומסתמא כל גלות הוא לתקן חטא המיוחד לזה. וזה תשובות הג' בנים שהם לברר הספיקות ולגבור נגד יצה"ר המסית לאלה הג' דברים ששורשן קנאה תאוה כבוד.
וגלותינו עתה על לשה"ר ושנאת חנם שהוא שקול נגד כל הג' כדאיתא במד'. לכן שאלה זו נקרא שאינו יודע לשאול שאין שאלה של טעם כלל רק בלבול הדעת:
Au commencement nos ancêtres étaient idolâtres (ovdei avoda zara). Le propos est de ne pas soulever l'objection: pourquoi nous réjouir de la sortie d'Égypte, mieux eut valu que nous ne descendions pas en Égypte?
Mais la sortie d'Égypte était indispensable afin de nous séparer de ceux qui errent. Et ce fut une préparation et un salut pour le monde entier.
Car au début les enfants d'Israël étaient mêlés à l'ensemble de la création, puis ils furent triés (nivreru). Et par cette force ils peuvent orienter toute la création vers Lui, béni soit-Il.
Comme il est dit dans le Midrach sur le verset 'et Je vous ai séparés des peuples' (Lévitique 20,26): on trie et l'on met de côté, on trie et l'on met de côté, etc. Et comme il est écrit: une chose qui était comprise dans une généralité et qui en est sortie, n'en est sortie que pour enseigner sur la généralité tout entière.
Et c'est ce qui est dit au méchant: parce qu'il s'est exclu de la généralité (klal), il à renie le principe fondamental; car l'essentiel de la sortie d'Égypte fut pour qu'il y ait une délivrance pour la généralité du monde entier, comme ci-dessus. Et l'exil d'Égypte fut la racine de tous les quatre royaumes (malkhouyot).
C'est pourquoi dans cette délivrance se trouve la racine de toutes les délivrances. Et la racine de tout exil provient des quatre transgressions graves qui incluent tout: idolâtrie, débauche (giluy arayot) et effusion de sang (chefikhout damim).
Et vraisemblablement chaque exil vient réparer la faute qui lui est propre. Et telles sont les réponses des trois fils, qui servent à dissiper les doutes et à l'emporter contre le mauvais penchant (yetser ha-ra) qui incite à ces trois choses, dont la racine est l'envie, le désir et l'honneur.
Et notre exil actuel est du à la médisance (lachon ha-ra) et à la haine gratuite (sinat hinam), qui a elle seule équivaut aux trois, comme il est dit dans le Midrach. C'est pourquoi cette question est appelée 'celui qui ne sait pas demander', car il n'y a la aucune question sensée, seulement une confusion de l'esprit:
בפרשת העומר כי תבואו אל הארץ כו'. ובמד' ואתה את בריתי תשמור זו מצות העומר.
פי' שיקשרו בנ"י תבואות הארץ בשורשה למעלה. שלכך ניתן להם הארץ שיהי' נדבק בארץ העליונה.
וזה נק' ברית ואחז"ל אמר הקב"ה הביאו לפני עומר בפסח כדי שיתברך לכם תבואה שבשדות. שתי הלחם בעצרת כו'.
נסכו לפני מים בחג כדי שיתברכו לכם גשמי שנה. כי הנה ביצ"מ נתעלו בנ"י למעלה מן הטבע כאשר במדבר ניזונו מלחם מן השמים ממש.
וכשנכנסו לא"י הי' הכוונה שיהי' להלחם מן הארץ עלי' לשמים ע"י העלאת הראשית והניף העומר. ויתכן לומר שזה שצוה הקב"ה להניח עומר מן לפני העדות כו' שנשאר עומר אחד ובכח זה העומר היו מניפין בכל שנה עומר ראשית מתבואות הארץ.
ונתקשר הכל באחדות אחד. ובמד' גשם נדבות תניף.
אם גשם היא צריכה נדבות. ואם טל היא צריכה תניף אלקים.
וי"ל כאשר כן הטבע כי הגשם יורד מן השמים והיינו בתשרי שהוא השגחה עליונה על התחתונים וצריכה נדבות וחסד ה'. ולכן צריכין להכניע עצמנו בתשובה ולשפוך לב כמים שזה רמז ניסוך המים הרי אנו כמים הנשפכין.
ובניסן שהוא זמן גידול התבואה והצמיחה מן הארץ הוא עבודת התחתונים כדאיתא החודש הזה לכם. שבניסן העבודה בבחי' אתערותא דלתתא.
ובימים אלו עולה עבודת בנ"י לריח ניחוח לשמים כמ"ש זכרתי לך חסד נעוריך. וזה תנופת העומר.
וזה יש לפרש ג"כ מ"ש במד' בנעלים אתם נועלין לפני בחג ואני נועל בפסח ע"ש. דבתשרי בנ"י נועלין כחם ומכניסין עצמם תוך כל האומות.
שזה הוא ענין פרי החג שהזמן הוא לקבל שפע היורדת מלמעלה וצריכין לבטל עצמנו. וזה נעילת החג.
ובפסח שהקב"ה מקבל כביכול נחת רוח מבנ"י וזה לא יוכל להיות רק ע"ד אמרם ז"ל במקום גדולתו אתה מוצא ענותנותו שכביכול נועל כחו וממציא עצמו לקבל נחת רוח מאתנו וזה אני נועל בפסח. [ויש לבאר בזה סוף הפסוק נחלתך ונלאה אתה כוננתה.
פי' שב' המדריגות. כחן של בנ"י והכנעתם.
הכל מאתו הוא ודו"ק]. והנה אחר מנחת העומר ושתי הלחם כ' בתורה ובקוצרכם כו' קציר ארצכם לא תכלה פאת שדך כו' לעני ולגר תעזוב כו'.
ויש לפרש הרמז שצריכין בנ"י לשמור הראשית והאחרית ועל ידי שמניפין בנ"י עומר ושתי הלחם חל ברכה וקדושה על כל התבואות וצריכין לעזוב פאה ולקט לעניים. הרמז שהשפלים שאינם יכולין לדבוק כ"כ בקדושה.
עכ"ז יש להם ג"כ חלק בהקדושה. ומצד זה באים הגרים.
שבנ"י בעבודתם הרימו כל העולם ונתנו מקום לכל הבא לדבוק בהקב"ה. וי"ל ג"כ כי אנחנו הדורות התחתונים ג"כ בכלל לעני ולגר תעזוב.
ואיתא במד' ואותך לא אעשה כלה בנ"י שאין מכלין שדותיהם ע"ש. הרמז כנ"ל שע"י שבנ"י הניחו מקום גם בהיותם למעלה מכל האומות.
נתנו יד לכל הבא להתקרב ע"י להקב"ה. לכן זה עומד לנו עתה בגלות:
Dans la section du omer: 'Quand vous entrerez dans le pays' etc. (Lévitique 23,10).
Et dans le Midrach: 'et toi, tu garderas mon alliance' (Genèse 17,9) - c'est la mitsva du omer. Explication: les enfants d'Israël doivent lier les récoltes de la terre à leur racine en haut.
Car c'est pour cela que la terre leur a été donnée: afin qu'elle soit attachée à la terre supérieure. Et cela s'appelle alliance (berit).
Et nos Sages ont dit: le Saint, béni soit-Il, à dit: apportez devant Moi le omer à Pessa'h afin que soient bénies pour vous les récoltes des champs; les deux pains (chetei ha-le'hem) à Chavouot, etc.; versez devant Moi de l'eau à Souccot afin que soient bénies pour vous les pluies de l'année. Car voici, à la sortie d'Égypte les enfants d'Israël se sont élevés au-dessus de la nature, comme au désert ils furent nourris d'un pain venu littéralement du ciel.
Et lorsqu'ils entrèrent en terre d'Israël, l'intention fut que le pain de la terre monte vers le ciel par l'élévation des prémices et le balancement du omer (hanafat ha-omer). Et l'on peut dire que ce que le Saint, béni soit-Il, ordonna de déposer un omer 'devant le Témoignage' etc. - qu'un omer demeurât - c'est par la force de ce omer qu'ils balançaient chaque année le omer des prémices des récoltes de la terre.
Et tout fut lié en une seule unité. Et dans le Midrach: 'une pluie de largesses Tu fais couler (tanif)' (Psaumes 68,10): si c'est de la pluie (guechem), elle à besoin de largesses (nedavot); et si c'est de la rosée (tal), elle à besoin que 'Dieu la fasse couler (tanif Elokim)'.
Et l'on peut dire: c'est ainsi qu'est la nature, car la pluie descend du ciel, c'est-à-dire en Tichri, qui est une providence supérieure sur les êtres d'en bas, et elle à besoin de largesses et de la bonté de ha-Chem. C'est pourquoi nous devons nous humilier par la techouva (repentir) et épancher notre cœur comme de l'eau - c'est l'allusion de la libation d'eau (nissoukh ha-mayim): nous voici comme de l'eau qui se répand.
Et en Nissan, qui est le temps de la croissance des récoltes et de la germination depuis la terre, c'est le service des êtres d'en bas, comme il est dit 'ce mois-ci est pour vous' (Exode 12,2), car en Nissan le service est de l'ordre de l'éveil d'en bas (itarouta di-le-tata). Et en ces jours le service des enfants d'Israël monte en parfum agréable vers le ciel, comme il est écrit 'Je me suis souvenu pour toi de la grâce de ta jeunesse' (Jérémie 2,2).
Et c'est le balancement du omer. Et l'on peut aussi expliquer ainsi ce qui est dit dans le Midrach: 'avec des verrous vous verrouillez devant Moi à Souccot, et Moi Je verrouille à Pessa'h', vois-y.
Car en Tichri les enfants d'Israël verrouillent leur force et s'introduisent parmi toutes les nations. C'est le sens des offrandes de Souccot, car ce temps est fait pour recevoir l'abondance qui descend d'en haut, et il faut nous annuler.
Et c'est le verrouillage de Souccot. Et à Pessa'h, où le Saint, béni soit-Il, reçoit pour ainsi dire (kivyakhol) un contentement des enfants d'Israël - et cela ne peut se produire que selon ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit: 'au lieu de sa grandeur, la tu trouves son humilité', car pour ainsi dire Il verrouille sa force et se rend disponible pour recevoir un contentement de notre part - et c'est 'Moi Je verrouille à Pessa'h'.
[Et l'on peut expliquer par la la fin du verset: 'ta possession épuisée, Toi tu l'as affermie' (Psaumes 68,10). Explication: les deux degrés - la force des enfants d'Israël et leur soumission - tout vient de Lui, et comprends bien].
Et voici, après l'offrande du omer et des deux pains, il est écrit dans la Torah: 'et quand vous moissonnerez la moisson de votre terre, tu n'achèveras pas le coin de ton champ, pour le pauvre et pour l'étranger tu laisseras' etc. (Lévitique 23,22).
Et l'on peut expliquer l'allusion: les enfants d'Israël doivent garder le commencement (rechit) et la fin (aharit); et par le fait que les enfants d'Israël balancent le omer et les deux pains, la bénédiction et la sainteté se posent sur toutes les récoltes, et il faut laisser la pea (le coin du champ) et le glanage (leket) pour les pauvres. L'allusion: les humbles qui ne peuvent tant s'attacher à la sainteté, malgré cela ont eux aussi une part dans la sainteté.
Et de ce côté viennent les convertis (guerim): car les enfants d'Israël, par leur service, ont élève le monde entier et ont donné une place à quiconque vient s'attacher au Saint, béni soit-Il. Et l'on peut dire aussi que nous, les générations d'en bas, sommes également inclus dans 'pour le pauvre et pour l'étranger tu laisseras'.
Et il est dit dans le Midrach: 'et toi, Je ne te ferai pas d'extermination' (Jérémie 46,28) - les enfants d'Israël qui n'achèvent pas leurs champs, vois-y. L'allusion, comme ci-dessus: puisque les enfants d'Israël ont laissé une place même lorsqu'ils étaient au-dessus de toutes les nations, ils ont tendu la main à quiconque vient se rapprocher par eux du Saint, béni soit-Il.
C'est pourquoi cela nous soutient maintenant dans l'exil:
בפרשת מועדות. שמעתי מפי מו"ז ז"ל שהקדים הכתוב ונקדשתי בתוך בני ישראל קודם אלה מועדי ה' לומר שיכולין למצוא הקדושה במועדות כו'.
וכ"כ מקראי קודש. כי בשבת יורד הקדושה מן השמים כמ"ש לדעת כי אני ה' מקדישכם וזה ענין נשמה יתירה הבאה בש"ק.
ובמועדים צריכין בנ"י לעורר הקדושה לכן כתיב מקראי קודש אשר תקראו אותם. וי"ל שזה ג"כ בכלל מ"ש את ה' האמרת וה' האמירך כו'.
בש"ק כביכול הקב"ה מחשיב אותנו בהנחילו לנו את יום מנוחתו למנוחה כמ"ש רש"י ז"ל בפ' כי אות הוא כו'. ובמועדים שבנ"י עלו לביהמ"ק והניחו כל שמחתם במקום אשר בחר ה'.
וכמו שבש"ק יורד נשמה יתירה. כעין זה ביו"ט עלו גופות בנ"י בבית מקדשו.
[ויובן יותר עפ"י מ"ש חז"ל. אמרתו פורפירא דילי'.
כי הגוף הוא מלבוש לנשמה ואין להאריך בזה יותר]. והנה מצות ונקדשתי הוא למסירת נפש על ג' עבירות ע"ז ג"ע וש"ד.
ויתכן כי בג' רגלים אלו מקבלין בנ"י מס"נ הזה. דשס"ה ימים נגד שס"ה ל"ת.
וג' רגלים נגד ג' ל"ת החמורים שבהם. ולכן זוכין עתה לקדושה.
וי"ל ג"כ שהי' בעליות רגלים מס"נ ממש. כי מי יערב לבו לראות פני ה' בהיותו יודע כמה לו עונות וחטאים.
ואעפ"כ איש לא נעדר למס"נ לזכות לטהרה. וצריכין גם אנחנו עתה לבקש הארת הקדושה בימים טובים כדכתיב מתי אבוא כו' אלה אזכרה ואשפכה כו'.
וכ' ג"פ הוחילי לאלקים כי עוד אודנו ישועות פניו. כי ג"פ בשנה צריכין ליחל ולצפות לזכות להיראות פני ה' ועי"ז נזכה עוד לקיימו בפועל.
וכתיב אעבור בסך אדדם בו'. ויתכן לרמוז כי גם דורות האחרונים היו כלולים אז בכלל עליות אבותינו.
וכ' שחורה אני ונאוה דרשו חז"ל נאוה במעשה אבותי. משמע שגם דורות השפלים היו כלולים במעשה האבות כי כל מעשיהם במקדש ה' היו לדורות.
וכפי מה שבוחרין בדרכו האבות יכולין למצוא גם עתה איזה הארה ממעשיהם. וכ' וידבר משה כו' מועדי ה' אל בנ"י.
דרשו חז"ל תיקן להיות שואלין ודורשין בענינו של פסח בפסח כו'. פי' שראה מרע"ה שביהמ"ק עתיד ליחרב.
ותיקן להם שבכח הדיבור והקריאה בפרשיות אלו נזכה לאלה ההארות שהי' לנו אז. וכ' ירְאה ירָאה ודרשו חז"ל שבא לראות ולהיראות.
א"כ אם כי נעוורו עינינו לראות. אבל השי"ת עיניו פקוחות להציץ עלינו מן החרכים לרחם עלינו.
לכן ביו"מ צריכין לבקש לאבינו שבשמים לשים עלינו עינא פקיחא. ואיתא במדרשות כה' אלקינו בכל קראנו אליו אלו מועדות שנק' מקראי קודש.
וכ"כ ובימי אקרא בימים טובים שנתת לנו כדאיתא במד' תהלים. כי המועדות שלנו הם דכ' אשר תקראו אתם.
ונק' בימי. לכן באלה הימים הקב"ה קרוב אלינו ביותר:
Dans la section des fêtes (moadot). J'ai entendu de la bouche de mon grand-père maternel, de mémoire bénie, que l'Écriture à placé 'et Je serai sanctifié au milieu des enfants d'Israël' (Lévitique 22,32) avant 'voici les fêtes de ha-Chem' (Lévitique 23,2), pour dire que l'on peut trouver la sainteté dans les fêtes, etc.
Et de même 'convocations saintes (mikraei kodech)'. Car au Chabbat la sainteté descend du ciel, comme il est écrit 'pour savoir que Moi ha-Chem Je vous sanctifie' (Exode 31,13), et c'est le sens de l'âme supplémentaire (nechama yetera) qui vient au saint Chabbat.
Et dans les fêtes ce sont les enfants d'Israël qui doivent éveiller la sainteté, c'est pourquoi il est écrit 'convocations saintes que vous, vous convoquerez' (Lévitique 23,2). Et l'on peut dire que cela aussi est compris dans ce qui est écrit: 'ha-Chem, tu l'as fait déclarer, et ha-Chem t'à fait déclarer' etc.
(Deutéronome 26,17-18). Au saint Chabbat, pour ainsi dire, le Saint, béni soit-Il, nous tient en estime en nous donnant en héritage son jour de repos pour le repos, comme l'écrit Rachi, de mémoire bénie, sur 'car c'est un signe' etc.
Et dans les fêtes, les enfants d'Israël montaient au Temple et déposaient toute leur joie au lieu que ha-Chem à choisi. Et de même qu'au saint Chabbat descend une âme supplémentaire, de façon semblable, aux jours de fête (yom tov) les corps des enfants d'Israël montaient dans sa maison sainte.
[Et cela se comprend mieux d'après ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie: 'sa parole est sa pourpre (porfira)', car le corps est un vêtement pour l'âme, et il ne faut pas s'étendre davantage la-dessus]. Et voici, le commandement 'et Je serai sanctifié' concerne le don de soi (mesirat nefech) pour les trois transgressions: idolâtrie, débauche et effusion de sang.
Et il se peut qu'en ces trois fêtes de pèlerinage (chaloch regalim) les enfants d'Israël reçoivent ce don de soi. Car les trois cent soixante-cinq jours correspondent aux trois cent soixante-cinq interdictions (lo taasse), et les trois fêtes correspondent aux trois interdictions graves parmi elles.
C'est pourquoi ils méritent maintenant la sainteté. Et l'on peut dire aussi qu'il y avait dans les montées de pèlerinage un véritable don de soi.
Car qui aurait ose approcher son cœur pour voir la face de ha-Chem, sachant combien il à de fautes et de péchés? Et malgré cela, pas un homme ne manquait au don de soi pour mériter la pureté.
Et nous aussi devons maintenant demander l'illumination de la sainteté aux jours de fête, comme il est écrit 'quand viendrai-je... ceux-là je m'en souviens et j'épanche' etc. (Psaumes 42,3-5).
Et il est écrit trois fois 'espère en Dieu (Elokim), car encore je Le louerai, salut de sa face' (Psaumes 42,6; 42,12; 43,5). Car trois fois par an il faut espérer et attendre de mériter voir la face de ha-Chem, et par cela nous mériterons encore de l'accomplir en acte.
Et il est écrit 'je passais dans la foule, je marchais lentement avec eux' etc. (Psaumes 42,5).
Et l'on peut y faire allusion que même les dernières générations étaient alors incluses dans les montées de nos pères. Et il est écrit 'noire je suis et belle' (Cantique 1,5); nos Sages ont expliqué 'belle par les actes de mes pères'.
Cela implique que même les générations humbles étaient incluses dans les actes des pères, car tous leurs actes dans le sanctuaire de ha-Chem étaient pour les générations. Et selon la mesure où l'on choisit la voie des pères, l'on peut trouver même maintenant quelque illumination de leurs actes.
Et il est écrit 'et Moche parla... les fêtes de ha-Chem aux enfants d'Israël' (Lévitique 23,44); nos Sages ont expliqué: il institua que l'on questionne et exposé le sujet de Pessa'h à Pessa'h, etc. Explication: notre maître Moche, sur lui la paix, vit que le Temple était destiné à être détruit, et il leur institua que par la force de la parole et de la lecture de ces sections, nous méritions ces illuminations que nous avions alors.
Et il est écrit 'yireh, yiraeh' (Exode 23,17; 34,23) - il verra, il sera vu; nos Sages ont expliqué qu'il vient voir et être vu. Ainsi, même si nos yeux ont été aveugles de voir, le Nom béni à les yeux ouverts pour regarder vers nous à travers les treillis, pour avoir pitié de nous.
C'est pourquoi aux jours de fête il faut demander à notre Père qui est aux cieux de poser sur nous un œil ouvert (eina pekiha). Et il est dit dans les Midrachim: 'comme ha-Chem notre Dieu chaque fois que nous L'appelons' (Deutéronome 4,7) - ce sont les fêtes appelées convocations saintes.
Et de même 'et au jour où j'appelle' - aux jours de fête que Tu nous as donnés, comme il est dit dans le Midrach Tehilim. Car nos fêtes sont celles dont il est écrit 'que vous convoquerez', et elles sont appelées 'mes jours'.
C'est pourquoi en ces jours le Saint, béni soit-Il, est plus proche de nous:
שמעתי מפי מו"ז ז"ל בפ' מאשפות ירים אביון להושיבי עם נדיבים. כי הקב"ה מקים ומרים הרצונות של בני ישראל המונחין באשפתות ומהפכן להתנדב רצונם אליו ית' כו'.
ולבאר יותר כי חז"ל אמרו מעם אביון התאב לכל דבר. כי השפל בדעת תאב לכל דבר.
אבל כשהקב"ה מאיר עיני האדם לדעת האמת. מואס ממילא בהבלי עולם.
וזה הי' עיקר גאולת מצרים כמאמר שנגלה עליהם ממה"מ הקב"ה. ועי"ז ההתלהבות נגאלו ויצאו לחירות משיעבוד הסמ"א ותאוות הבלי עולם.
וכמו כן בעליות רגלים דכ' מה יפו פעמיך כו' בת נדיב. ועי"ז הנדיבות מאסו בהבלי עולם והניחו כל הרצונות אחרים.
וזהו בנעלים שננעל כל הנדיבות שלא לה' המה. כמ"ש במ"א בפי' ולא יחמוד איש את ארצך.
וכ' מושיבי עקרת הבית דרשו חז"ל אמרה כנס"י עשוני בניך כחולדה הדרה בעיקרי בתים. ואין סברא שיהי' נדרש רק לגנאי.
אך הפי' כנ"ל שהוציאו להנדיבות כל הרצונות שהיו מקודם באשפתות כנ"ל מכל החורים והסדקים וזהו מושיבי עקרת הבית כנ"ל:
J'ai entendu de la bouche de mon grand-père, de mémoire bénie, sur le verset 'depuis les tas d'ordures Il élève l'indigent, pour le faire asseoir avec les nobles' (Psaumes 113,7-8). Car le Saint, béni soit-Il, relève et élève les volontés des enfants d'Israël gisant dans les tas d'ordures (achpatot), et les retourne pour qu'ils offrent volontairement leur volonté vers Lui, béni soit-Il, etc.
Et pour expliquer davantage: nos Sages ont dit 'depuis le peuple' - l'indigent (evyon) qui désire (taev) toute chose. Car l'humble d'esprit désire toute chose.
Mais lorsque le Saint, béni soit-Il, illumine les yeux de l'homme pour connaître la vérité, il rejette d'emblée les vanités du monde. Et cela fut l'essentiel de la délivrance d'Égypte, selon la parole qu'Il se révéla à eux, le Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il.
Et par cet embrasement ils furent délivrés et sortirent vers la liberté, de l'asservissement au sitra a'hra (l'autre côté) et aux désirs des vanités du monde. Et de même dans les montées de pèlerinage, comme il est écrit 'que tes pas sont beaux... fille de noble (bat nadiv)' (Cantique 7,2).
Et par cette générosité (nedivout) ils rejetèrent les vanités du monde et abandonnèrent toutes les autres volontés. Et c'est 'avec des verrous', car toute générosité qui n'est pas pour ha-Chem se verrouille, comme je l'ai expliqué ailleurs sur 'et nul ne convoitera ta terre' (Exode 34,24).
Et il est écrit 'Il fait asseoir la stérile de la maison' (Psaumes 113,9); nos Sages ont expliqué: l'Assemblée d'Israël à dit: tes fils m'ont rendue comme la belette qui habite dans les fondations des maisons. Et il n'est pas raisonnable que cela soit interprète seulement en mauvaise part.
Mais l'explication est comme ci-dessus: ils firent sortir vers la générosité toutes les volontés qui étaient auparavant dans les tas d'ordures, comme ci-dessus, de tous les trous et de toutes les fentes, et c'est 'Il fait asseoir la stérile de la maison', comme ci-dessus:
בענין קי"ס בשביעי של פסח. שדרשו במדרש שהוא כמו שבת לשאר ימי הפסח.
שזה הי' תכלית הגאולה דמקודם יצאו מכלל עבדי פרעה להיות עבדי ה'. ואח"כ נכנסו במדריגת בנים.
ועל ב' אלו נאמר עבדי אתה ישראל אשר בך אתפאר וזה נתקיים בשירה שעל הים ואנוהו כו'. וכ' ששת ימים תאכל מצות כו' השביעי עצרת לה' אלקיך הוא כנ"ל שמקודם הי' הגאולה לצאת מסט"א וכמו ימי המעשה.
ובשביעי לא הי' להם להלחם עוד עם הסט"א ורק להכין עצמם להיות עם ה'. וזהו לה' אלקיך.
ובמדרש אחרי ה' אורי בים ויאר כו' הלילה וישעי בים ויושע כו'. בקרוב ופרעה הקריב בזאת אני בוטח ה' ילחם לכם כו'.
הכוונה שאחר כל המלחמות צריכין לבקש רק עיקר המכוון אחת שאלתי כו' שבתי בבית ה'. וכן הי' אצל דוד המע"ה שם.
וכמו כן דורש שם אורי בר"ה וישעי ביוה"כ כו'. אח"כ אחת שאלתי שבתי בבית ה' הוא בסוכות.
וכמו כן הכא בשביעי של פסח שהי' להם מנוחה בקשו רק לעבוד את ה' ולזכות לבנין ביהמ"ק כמ"ש תביאמו ותטעמו כו'. וזה עצמו כמו השבת אחר ימי העבודה כמ"ש במ"א מזה:
Au sujet de l'ouverture de la mer (keriat yam souf) le septième jour de Pessa'h. Les Sages ont expliqué dans le Midrach qu'il est comme un Chabbat pour les autres jours de Pessa'h.
Car ce fut la finalité de la délivrance: d'abord ils sortirent de la catégorie des serviteurs de Pharaon pour devenir les serviteurs de ha-Chem, et ensuite ils entrèrent dans le degré de fils. Et sur ces deux il est dit 'tu es mon serviteur, Israël, en qui Je me glorifierai' (Isaie 49,3), et cela s'accomplit dans le cantique sur la mer 'et je L'embellirai (ve-anvehou)' etc.
(Exode 15,2). Et il est écrit 'six jours tu mangeras des matsot... le septième est une assemblée solennelle (atseret) pour ha-Chem ton Dieu' (Deutéronome 16,8), c'est comme ci-dessus: d'abord la délivrance fut pour sortir du sitra a'hra, comme les jours ouvrables; et le septième ils n'avaient plus à combattre le sitra a'hra, mais seulement à se préparer à être le peuple de ha-Chem.
Et c'est 'pour ha-Chem ton Dieu'. Et dans le Midrach: 'ha-Chem est ma lumière' - à la mer, 'et il illumina' etc. la nuit; 'et mon salut' - à la mer, 'et il sauva' etc. dans le rapprochement, 'et Pharaon s'approcha'; 'en cela je me confie' - 'ha-Chem combattra pour vous' etc.
(Exode 14,14). L'intention: après tous les combats, il ne faut demander que la seule chose essentielle visée: 'une seule chose j'ai demandée... habiter dans la maison de ha-Chem' (Psaumes 27,4).
Et ainsi en fut-il pour David, roi et oint (mêlé'h ha-machiah), la-bas. Et de même il exposé la-bas: 'ma lumière' à Roch ha-Chana, 'et mon salut' à Yom Kippour, etc.; ensuite 'une seule chose j'ai demandée, habiter dans la maison de ha-Chem' - c'est à Souccot.
Et de même ici, au septième jour de Pessa'h, où ils avaient du repos, ils ne demandèrent qu'à servir ha-Chem et à mériter la construction du Temple, comme il est écrit 'Tu les feras venir et Tu les planteras' etc. (Exode 15,17).
Et cela même est comme le Chabbat après les jours de labeur, comme je l'ai expliqué ailleurs à ce sujet:
במדרש כמה נתחבט מרע"ה הראני נא ועולי הים אמרו זה אלי ואנוהו כו'. כי בזמן שנעשה נסים ושינוי הטבע לבנ"י נתעלו נפשות בנ"י כמ"ש בפי' נתת כו' נס להתנוסס.
ומה הטבע נשתנה בעבור בנ"י מכש"כ שנשתנו המה בנפשותם. ובאמת מעין זה הי' תמיד בבית המקדש כשעלו בני ישראל לראות פני ה' במקום אשר יבחר שהי' המקום מיוחד לנסים כענין עשרה נסים נעשה בביהמ"ק.
ובמקום שיש נסים יש התגלות [וזה עצמו שכ' שם הנה מקום אתי. ואפשר שלכך קורין פרשה זו בשבת חוה"מ כנ"ל].
ויש לרמוז בלשון המשנה עומדין צפופין. שנתעלו ממש ויצאו מהתלבשות הגופים ונתרוממו.
ועד"ז י"ל פי' משתחוים רווחים כלומר אעפ"כ המשיכו ברכה לעוה"ז כידוע ענין השתחואה הוא המשכה מלמעלה למטה. ונחזור לדברינו שלכך על הים אמרו זה אלי ואנוהו.
והנה ואנוהו פרש"י בנין המקדש. ובגמ' איתא אתנאה לפניו במצות.
וב' הפירושים אחד כי כשבנ"י זכאין השכינה שורה בהם ממש ע"י תיקון רמ"ח איברים ברמ"ח מ"ע ונקראו הם עצמם משכן ה' כי לא מצינו בכתוב מעשה המשכן קודם החטא. וי"ל כי קודם החטא היו מוכנים להיות כמלאכי השרת והי' שכינה שרוי' ביניהם בלי הכנת מקום מיוחד.
והי' מתקיים ואנוהו אתנאה לפניו במצות כנ"ל. ואח"כ הרגישו שע"י החטא יצטרכו לבנין המקדש.
ובקשו ע"ז מכון לשבתך כו'. כי השירה כולל כל מה שעובר על בנ"י עד לעתיד כדאיתא בזוה"ק:
Dans le Midrach: combien notre maître Moche, sur lui la paix, se débattit 'fais-moi voir donc ta gloire' (Exode 33,18), tandis que ceux qui montèrent de la mer dirent 'celui-ci est mon Dieu et je L'embellirai' etc. (Exode 15,2).
Car au moment où se firent des miracles et un changement de la nature pour les enfants d'Israël, les âmes des enfants d'Israël s'élevèrent, comme je l'ai expliqué sur 'Tu as donné... un étendard pour se dresser (nés le-hitnoses)' (Psaumes 60,6). Et si la nature se transforma à cause des enfants d'Israël, à plus forte raison eux-mêmes furent transformés dans leurs âmes.
Et en vérité, quelque chose de semblable existait toujours au Temple, quand les enfants d'Israël montaient voir la face de ha-Chem au lieu qu'Il choisit, car ce lieu était dédié aux miracles, à l'instar des dix miracles qui se produisaient au Temple. Et la où il y a des miracles, il y a révélation.
[Et c'est cela même qui est écrit la-bas 'voici un lieu auprès de Moi' (Exode 33,21). Et il est possible que ce soit pour cela que l'on lit cette section le Chabbat de Hol ha-Moed, comme ci-dessus].
Et l'on peut faire allusion par l'expression de la Michna 'ils se tenaient serrés (tsefoufim)': car ils s'élevèrent réellement et sortirent du revêtement des corps et se dressèrent. Et de même on peut expliquer 'ils se prosternaient à l'aisé (revahim)', c'est-à-dire malgré cela ils faisaient descendre la bénédiction vers ce monde, car il est connu que le sens de la prosternation est un flux (hamchakha) d'en haut vers le bas.
Et revenons à notre propos: c'est pourquoi à la mer ils dirent 'celui-ci est mon Dieu et je L'embellirai'. Or 've-anvehou', Rachi l'expliqué comme la construction du Temple; et dans la Guemara il est dit: 'je m'embellirai devant Lui par les mitsvot'.
Et les deux explications n'en font qu'une: car lorsque les enfants d'Israël sont méritants, la Chekhina réside en eux réellement, par la réparation (tikoun) des deux cent quarante-huit membres au moyen des deux cent quarante-huit commandements positifs, et ils sont appelés eux-mêmes 'sanctuaire (michkan) de ha-Chem', car nous ne trouvons pas dans l'Écriture la construction du michkan avant la faute. Et l'on peut dire qu'avant la faute ils étaient prêts à être comme les anges de service, et la Chekhina résidait parmi eux sans préparation d'un lieu particulier.
Et s'accomplissait 've-anvehou' - 'je m'embellirai devant Lui par les mitsvot', comme ci-dessus. Et ensuite ils ressentirent que par la faute ils auraient besoin de la construction du Temple.
Et ils demandèrent la-dessus 'un endroit pour ta demeure' etc. (Exode 15,17).
Car le cantique inclut tout ce qui passera sur les enfants d'Israël jusqu'à l'avenir, comme il est dit dans le saint Zohar:
בפסוק אז ישיר פרש"י עלה בלבו שישיר. וחז"ל דרשו מכאן לתחה"מ מן התורה.
וי"ל דהכל אחד דמ"ש רש"י עלה בלבו שישיר היינו שלא היו יכולין להוציא אל הפועל ככל רצונם כי לא הי' העולם כדאי לקבל יותר מאלה הדברים. וז"ש ויאמרו לאמר שאלה הדברים אמרו מכלל שהי' בלבם עוד יותר.
ומזה עצמו דרשו חז"ל מכאן לתחה"מ מן התורה ואז יגמרו השירה כלבבם. והכלל כל מה שאדם מייגע עצמו בעבודת הבורא ית' בעוה"ז אינו לבטלה.
אם כי אינו יכול לגמור כלבבו עתה. עוד יהי' עת שיגמור ככל רצונו או בעוה"ז או לעתיד.
וזה הרמז מכאן לתחיית המתים כנ"ל:
Sur le verset 'alors chanta (az yachir)' (Exode 15,1), Rachi explique: il lui monta au cœur de chanter. Et nos Sages ont déduit de la la résurrection des morts (tehiyat ha-metim) depuis la Torah.
Et l'on peut dire que tout est un: car ce qu'écrit Rachi 'il lui monta au cœur de chanter' signifie qu'ils ne pouvaient pas réaliser en acte tout leur désir, car le monde n'était pas digne de recevoir plus que ces paroles. Et c'est ce qui est dit 'et ils dirent en disant (le-emor)' - que ces paroles-la ils les dirent, ce qui implique qu'il y avait dans leur cœur encore davantage.
Et de cela même nos Sages ont déduit de la la résurrection des morts depuis la Torah, et alors ils achèveront le cantique selon leur cœur. Et la règle est que tout ce dont l'homme se fatigue dans le service du Créateur, béni soit-Il, en ce monde, n'est pas en vain.
Même s'il ne peut l'achever selon son cœur maintenant, il y aura encore un temps où il l'achèvera selon tout son désir, soit en ce monde, soit dans l'avenir. Et c'est l'allusion 'de la la résurrection des morts', comme ci-dessus:
תרמ"ז וכו'
[Année 5647 - תרמ״ז] etc.
Dans la Haggada, le méchant dit « pour vous » et non pour lui : il a renié le principe. Selon le Sfat Emet, l'essentiel de la délivrance d'Égypte est que le Nom béni fit les enfants d'Israël eux-mêmes dignes : « à cause de cela », pour que j'accomplisse Ses commandements. « Ehie » : bien que nous n'en fussions pas dignes, Il vit ce qu'ils accompliraient dans toutes les générations ; une part de la sortie d'Égypte est dans chaque génération. Penser que ce fut un miracle sans leur action est appelé hérésie, car la délivrance advint aussi par leur force. « Émousse-lui les dents » : s'il avait été là, il n'aurait pas été délivré ; Il voulut que la délivrance advînt par leur action.
Aussi : le maror prépare toutes les détresses et la matsa la délivrance ; à Pessa'h Israël reçoit le chefa avant qu'il ne lève en hamets, et le Omer sanctifie la nourriture de l'année ; les trois regalim donnent nefech, roua'h et nechama
בהגדה רשע מה אומר לכם ולא לו כו' כפר בעיקר כו'. הענין הוא כי עיקר גאולת מצרים שכתיב ביד חזקה כו'.
פי' שהשי"ת עשה שיהיו בנ"י עצמן ראוין לגאולה. כמ"ש בעבור זה שאקיים מצותיו.
כמ"ש אהי' שהגם שלא היינו ראוין ראה השי"ת מה שראוים לקיים אח"כ בכל הדורות עד לעתיד. נמצא יש חלק יצ"מ בכל דור ודור ממש.
וזה הרשע שאומר מה העבודה כו' לכם. פי' שאנחנו לא היינו במצרים ואין לנו לשמוח בזה.
ולכן כפר בעיקר הגאולה. גם זה עצמו שחושב שהי' נס שלא מצד צירוף מעשה בנ"י זה נק' כפירה כי הגאולה הי' בכח בנ"י ג"כ כנ"ל.
ולכן הקהה את שיניו. כי לכם ולא לו.
א"כ הוא עצמו מוציא מפיו היפוך שאלתו כמ"ש בעבור זה עשה ה' לי ולא לו אלו הי' שם לא הי' נגאל שהגאולה הי' מצדנו ג"כ כנ"ל. לכן כתיב וראה את הדם כו' שרצה שיהי' הגאולה ע"י מעשה בנ"י בעצמם:
Dans la Haggada, le méchant (racha), que dit-il ? 'Pour vous' et non pour lui, etc., il à renie le principe (l'essentiel), etc. Le sens est le suivant : l'essentiel de la délivrance d'Égypte, dont il est écrit 'par une main forte' etc., signifie que le Nom béni fit en sorte que les enfants d'Israël eux-mêmes fussent dignes de la délivrance.
Comme il est dit 'à cause de cela' (Ex 13,8) -- c'est-à-dire pour que j'accomplisse Ses commandements. Comme il est dit 'Ehie' (Je serai) : bien que nous n'en fussions pas dignes, le Nom béni vit ce qu'ils seraient dignes d'accomplir par la suite, dans toutes les générations jusqu'à l'avenir.
Il se trouve donc qu'il y a une part de la sortie d'Égypte dans chaque génération, littéralement. Et ce méchant qui dit 'que signifie ce service etc. pour vous' -- c'est-à-dire : nous, nous n'étions pas en Égypte et nous n'avons pas à nous réjouir de cela.
C'est pourquoi il renie le principe de la délivrance. De plus, cela même -- penser que ce fut un miracle sans la participation de l'action des enfants d'Israël -- cela est appelé hérésie, car la délivrance advint aussi par la force des enfants d'Israël, comme ci-dessus.
C'est pourquoi 'émoussé-lui les dents' : car 'pour vous et non pour lui'. Si donc, lui-même fait sortir de sa bouche le contraire de sa question, comme il est dit 'à cause de cela le Nom à agi pour moi' -- pour moi et non pour lui : s'il avait été la, il n'aurait pas été délivre, car la délivrance vint aussi de notre part, comme ci-dessus.
C'est pourquoi il est écrit 'et il verra le sang' etc. (Ex 12,13) : car Il voulut que la délivrance advint par l'action des enfants d'Israël eux-mêmes.
עוד למאמר הנ"ל. דאיתא במדרש במדבר ע"פ מוציא אסירים בכושרות במצרים בכות ועל הים שירות ע"ש.
והענין הוא כי הקב"ה הוציא אותנו ממצרים בב' הזכותים הללו בזכות הצעקה כמ"ש ויזעקו כו'. ובזכות השירים ותשבחות שהי' גלוי וידוע לפניו שיספרו תהלותיו בכל שנה כמ"ש בעבור זה עשה.
ובאמת ב' אלו הם אחת כמ"ש לב יודע מרת נפשו ובשמחתו לא יתערב זר. ואלו החבירים המספרים ביצ"מ ושמחים בתהלות השי"ת בוודאי אם היו שם במצרים היו בוכים וצועקים להשי"ת.
והרשע אשר אומר מה העבודה לכם כו'. אם הי' שם לא הי' ג"כ בכלל הצועקים והי' באותן המתים בימי האפילה.
ועמ"ש לקמן בפ' מן המצר קראתי:
Encore sur l'enseignement précédent. Il est rapporté dans le Midrach Bamidbar sur le verset 'Il fait sortir les prisonniers vers la prospérité (ba-kochrot)' (Ps 68,7) : en Égypte par les pleurs (bekhi) et sur la mer par les chants (chirot), voir la-bas.
Le sens est que le Saint béni soit-Il nous fit sortir d'Égypte par ces deux mérites : par le mérite du cri, comme il est dit 'et ils crièrent' etc. (Ex 2,23), et par le mérite des chants et des louanges, car il était révélé et connu devant Lui qu'ils raconteraient Ses louanges chaque année, comme il est dit 'à cause de cela Il à agi'.
Et en vérité, ces deux [mérites] sont un seul, comme il est dit 'le cœur connaît l'amertume de son âme, et à sa joie nul étranger ne se mêle' (Pr 14,10). Et ces compagnons qui racontent la sortie d'Égypte et se réjouissent dans les louanges du Nom béni -- assurément, s'ils avaient été la en Égypte, ils auraient pleure et crie vers le Nom béni.
Et le méchant qui dit 'que signifie ce service pour vous' etc. : s'il avait été la, il n'aurait pas non plus fait partie de ceux qui criaient, et il aurait été parmi ces morts durant les jours de l'obscurité. Vois aussi ce que j'ai écrit plus loin sur le passage 'de la détresse (min ha-metsar) j'ai appelé' (Ps 118,5).
מרור שאנו אוכלין וכו'. כי המרירות שהי' לאבותינו במצרים היה הכנה וישועה וקיום לנו בכל הגלות.
[וז"ש חז"ל שאמר הקב"ה למשה אהיה אשר אהיה בצרות אחרות. פי' שהראה לו הקב"ה שזה הגלות מצרים הוא הכנה לכל הצרות].
ויש לנו לשבח אותו ית' על הגלות מצרים שהי' הכנה לגלותינו. ועל הגאולה שהי' הכנה לכל הגאולות.
וזה מצות אכילת מצה ומרור. מצה על הגאולה ומרור על הגלות.
והיא שעמדה לאבותינו ולנו קאי על הגלות ועל הגאולה כנ"ל [וזה הרמז כל ימי חייך להביא הלילות שבח הגלות לבד הגאולה]:
'Le maror (herbe amère) que nous mangeons' etc. Car l'amertume que connurent nos pères en Égypte fut une préparation, un salut et un soutien pour nous durant tout l'exil.
[Et c'est ce que disent nos Sages : le Saint béni soit-Il dit à Moché 'Ehie acher Ehie' (Je serai qui Je serai) -- lors d'autres détresses. C'est-à-dire que le Saint béni soit-Il lui montra que cet exil d'Égypte est une préparation à toutes les détresses.] Et nous avons à Le louer, béni soit-Il, pour l'exil d'Égypte qui fut une préparation à notre exil, et pour la délivrance qui fut une préparation à toutes les délivrances.
Tel est le commandement de manger la matsa et le maror : la matsa pour la délivrance et le maror pour l'exil. Et 'c'est elle qui s'est tenue [ferme] pour nos pères et pour nous' se rapporte à l'exil et à la délivrance, comme ci-dessus.
[Et telle est l'allusion de 'tous les jours de ta vie' : inclure les nuits -- la louange de l'exil en plus de celle de la délivrance.]
איתא במשנה בפסח על התבואה הביאו לפני עומר שיתברך לכם תבואה שבשדות. הענין הוא כי בנ"י כשיצאו ממצרים נעשו כלים לקבל הברכה הבאה משמים בשורש השפע.
לכן נאסר חמץ בפסח שבנ"י מקבלין השפע קודם שנשתנה ומתחמץ ומתפשט לכמה ענפים ואז נק' חמץ. ומצה היא השפע כמו שהיא.
וכאכילת מנחות לא תאפה חמץ חלקם כו' כן אכילת בני ישראל בפסח בקדושה. ולכן סידר הקב"ה להיות דין התבואה בפסח על ידי שבני ישראל מוכנים בימים אלו לקבל הברכה כראוי.
ולכן פסח נק' שבת כדאיתא בשבת קודש דמתברכין מיני' כולהו יומין ומנא לא ירד בי' דאיהו שורש הברכה קודם שמתגשם כמ"ש בזוה"ק יתרו. כמו כן בפסח הברכה יורדת על כל ימי השנה בשורש.
וזה השורש אינם יכולין לקבל רק בנ"י. ולכן כתיב זכרתי לך חסד כו' לכתך אחרי כו'.
וזה נתקיים בפסח. והשכר ע"ז קודש ישראל לה' שמקבלין הברכה בקודש שהוא ראשית השפע.
ולכן והניף את העומר. דכ' השמים שמים לה' והארץ נתן כו' ומקשי בגמ' דכ' לה' הארץ ומשני כאן קודם ברכה כו'.
והפי' שבנ"י הם נק' אדם ויכולין לקבל השפע שהשי"ת נותן ודביקין בכח המתנה. וע"י שמעידין שהכל מאתו ית' ושלה' הארץ ומלואה.
עי"ז ניתן להם הארץ. וז"ש במדרש שניתן הארץ לאברהם אבינו בזכות העומר ואתה כו' בריתי תשמור.
היינו להיות דביקות בשורש. וכמו שדביקות הגוף בשורש ע"י ברית מילה.
כמו כן דביקות הארץ ע"י העומר שהוא הראשית. וכמו שהמילה נותנת קדושה לכל הגוף.
כן ע"י התנופה של העומר נשאר קדושה לכל המזון של כל השנה. שיהי' שורה בו קדושה.
ושלא יתגשמו ע"י האכילה. וזהו הרמז עומר מתיר במדינה שלא יהיו נאסרין ומקושרין בגשמיות לחם הארץ:
Il est enseigné dans la Michna : à Pessa'h [on est juge] sur la récolte (tevoua) -- 'apportez devant Moi le Omer afin que soit bénie pour vous la récolte des champs'. Le sens est que les enfants d'Israël, lorsqu'ils sortirent d'Égypte, devinrent des réceptacles (kelim) pour recevoir la bénédiction qui vient du ciel à la racine de l'effusion (chefa).
C'est pourquoi le hamets (levain) est interdit à Pessa'h : car les enfants d'Israël reçoivent l'effusion avant qu'elle ne se transforme, ne lève et ne se ramifie en de multiples branches -- alors elle est appelée hamets. La matsa, elle, est l'effusion telle qu'elle est.
Et de même que pour la consommation des offrandes (menahot) 'leur part ne sera pas cuite avec du levain' etc., ainsi la consommation des enfants d'Israël à Pessa'h se fait dans la sainteté. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il à fixé que le jugement de la récolte ait lieu à Pessa'h, parce que les enfants d'Israël sont prêts en ces jours à recevoir la bénédiction comme il convient.
Et c'est pourquoi Pessa'h est appelé Chabbat, comme il est enseigné que du saint Chabbat sont bénis tous les jours, et que la manne n'y descendait pas, car il est la racine de la bénédiction avant qu'elle ne se matérialisé, comme il est dit dans le saint Zohar (Yitro). De même, à Pessa'h la bénédiction descend à la racine sur tous les jours de l'année.
Et cette racine, seuls les enfants d'Israël peuvent la recevoir. C'est pourquoi il est écrit 'je me suis souvenu en ta faveur de la bienveillance ('hessed) etc., de ta marche après Moi' etc.
(Jer 2,2). Et cela s'accomplit à Pessa'h.
La récompense pour cela est 'Israël est saint pour le Nom' (Jer 2,3), car ils reçoivent la bénédiction dans la sainteté, qui est le commencement de l'effusion. Et c'est pourquoi 'il balancera le Omer' (Lev 23,11).
Car il est écrit 'les cieux, les cieux sont pour le Nom, et la terre Il l'à donnée' etc. (Ps 115,16), et la Guemara objecte qu'il est écrit 'au Nom la terre' (Ps 24,1), et répond : ici c'est avant la bénédiction etc.
Le sens est que les enfants d'Israël sont appelés 'Adam' (homme) et peuvent recevoir l'effusion que le Nom béni donne, et ils s'attachent par la force du don. Et parce qu'ils témoignent que tout vient de Lui, béni soit-Il, et que 'au Nom [appartient] la terre et ce qui la remplit', par cela la terre leur est donnée.
Et c'est ce que dit le Midrach : la terre fut donnée à Abraham notre père par le mérite du Omer -- 'et toi etc. tu garderas Mon alliance' (Gn 17,9). C'est-à-dire être attaché à la racine.
Et de même que l'attachement du corps à la racine se fait par l'alliance de la circoncision (brit mila), ainsi l'attachement de la terre se fait par le Omer qui est le commencement. Et de même que la circoncision confère la sainteté à tout le corps, ainsi par le balancement (tenoufa) du Omer demeure une sainteté pour toute la nourriture de toute l'année, afin qu'une sainteté y réside et qu'elle ne se matérialisé pas par la consommation.
Telle est l'allusion de 'le Omer rend permis [la nouvelle récolte] dans le pays' : afin qu'ils ne soient pas interdits ni liés à la matérialité du pain de la terre.
בהגדה. ביום ההוא.
בעבור זה כו'. פי' יום ההוא לשון נסתר והוא בשעה שמתגלה הארת היום ההוא.
כי ע"י מצות אלו מתעורר הארת הימים הללו. וכ"כ תזכור כו' יום צאתך.
ולא כתיב צאתך רק יום צאתך. היינו לעורר בכל יום הארת יצ"מ ע"י מצות הזכירה.
כענין שנאמר במגילה נזכרים ונעשים. וכתיב כימי צאתך מארץ מצרים אראנו נפלאות.
דכ' פועל פעלת בימיהם בימי קדם וקשה כפל הלשון בימיהם בימי קדם. אכן הפי' הוא כי הקב"ה נוהג כל דור.
רק שהנהגתו על פי התלבשות הטבע. אבל בדור צדיקים הקב"ה מנהיג העולם בימי קדם היינו בההנהגה הקודמת ולמעלה מן הטבע.
כענין שאמרו כשם שהם תמימים כך שנותיהם. וז"ש שבימיהם פעל פעולות בימי קדם.
וכ"כ ויושע ה' ביום ההוא שהוא הארה שלמעלה מן הטבע:
Dans la Haggada : 'en ce jour-la', 'à cause de cela' etc. Le sens de 'ce jour-la' (yom hahou) est une expression [au mode] caché (lachon nistar), et c'est au moment où se révèle l'illumination de ce jour-la.
Car par ces commandements s'éveille l'illumination de ces jours. Et de même il est écrit 'tu te souviendras etc. du jour de ta sortie' (Dt 16,3).
Il n'est pas écrit 'ta sortie' mais 'le jour de ta sortie' -- c'est-à-dire éveiller chaque jour l'illumination de la sortie d'Égypte par le commandement du souvenir. À la manière de ce qui est dit à propos de la Meguila : 'ils sont remémorés et accomplis'.
Et il est écrit 'comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte Je lui montrerai des merveilles' (Mi 7,15). Car il est écrit 'l'œuvre que Tu as opérée en leurs jours, aux jours d'antan' (Ps 44,2), et il est difficile [de comprendre] la répétition 'en leurs jours, aux jours d'antan'.
Or le sens est que le Saint béni soit-Il conduit chaque génération, sauf que Sa conduite se fait selon le revêtement de la nature. Mais dans une génération de justes, le Saint béni soit-Il conduit le monde 'aux jours d'antan', c'est-à-dire selon la conduite antérieure et au-dessus de la nature.
À la manière de ce qu'ils ont dit : 'de même qu'ils sont intègres (temimim), ainsi le sont leurs années'. Et c'est ce que signifie qu'en leurs jours Il opéra des actions 'aux jours d'antan'.
Et de même il est écrit 'et le Nom sauva en ce jour-la' (Ex 14,30), car c'est une illumination au-dessus de la nature.
כתיב לעושה נפלאות גדולות לבדו כי לעולם חסדו. ובזוה"ק פ' בלק פי' שהקב"ה עושה נס לאדם ואינו מודיע לשום ברי' רק הוא לבדו יודע הרי נחש בא לנשכו ונפל אבן על הנחש והורגו ע"ש.
וי"ל כי הנפלאות שעשה הקב"ה לכללות ישראל הגם כי ראו אותם מ"מ הוא לבדו יודע גודל הנפלאות כי הם לדורות. וז"ש כי לעולם חסדו.
כי אלה הנפלאות יש להם פירות תמיד כמ"ש בכל דור ודור חייב אדם לראות כאלו הוא יצא. וכ' ואותנו הוציא.
ולכן מצווין לזכור יצ"מ בכל יום. כי הגאולה של מצרים מתחדש בכל יום תמיד.
ובכל נפש ונפש מישראל בפרט. והכל הי' נכלל באותן הנפלאות והוא לבדו יודע כי אין להם חקר כי לעולם חסדו:
Il est écrit 'à Celui qui fait de grandes merveilles à Lui seul, car éternel est Son 'hessed' (Ps 136,4). Et dans le saint Zohar (parachat Balak) il est expliqué que le Saint béni soit-Il accomplit un miracle pour une personne et ne le fait connaître à aucune créature, Lui seul le sait : ainsi un serpent vient le mordre, une pierre tombe sur le serpent et le tué, voir la-bas.
Et on peut dire que les merveilles que le Saint béni soit-Il accomplit pour l'ensemble d'Israël, bien qu'ils les aient vues, néanmoins Lui seul en connaît la grandeur, car elles sont pour les générations. Et c'est ce que signifie 'car éternel est Son 'hessed' : car ces merveilles portent des fruits en permanence, comme il est dit 'à chaque génération, l'homme est tenu de se voir comme s'il était lui-même sorti', et il est écrit 'et nous, Il nous à fait sortir' (Dt 6,23).
C'est pourquoi il nous est commandé de nous souvenir de la sortie d'Égypte chaque jour, car la délivrance d'Égypte se renouvelle chaque jour, continuellement, et en chaque âme d'Israël en particulier. Et tout était inclus dans ces merveilles, et Lui seul le sait, car elles sont insondables, car éternel est Son 'hessed.
בענין הד' כוסות שתקנו חכמים נגד ד' לשונות של גאולה. ומצינו ג"כ ד' לשונות ראי' שמיעה זכירה ידיעה.
וישמע אלקים כו'. וירא אלקים וידע אלקים ויזכור כו'.
כמו שמצינו באדם ד' חושים בראש. חוש השמע והראות והטעם והריח.
ואיתא בספרים כי ד' פרשיות בתפילין של ראש לקשר הד' חושים. ובשל יד לקשר חוש המישוש.
וכביכול הקב"ה דיבק אליו נפשות בנ"י בכל החושים כי הזכירה הוא הריח והדעת הוא הטעם. ומצות הסיבה הוא רומז לתפילין של יד שהוא בשמאל.
כענין שנאמר ויסב אלקים. כמ"ש שמאלו כו' וימינו תחבקני:
Au sujet des quatre coupes que les Sages ont institutees, correspondant aux quatre expressions de la délivrance. Nous trouvons aussi quatre expressions [de perception] : la vue, l'ouïe, le souvenir, la connaissance. 'Et Elokim entendit' etc., 'et Elokim vit', 'et Elokim connut', 'et Il se souvint' etc.
(Ex 2,24-25). De même que nous trouvons chez l'homme quatre sens dans la tête : le sens de l'ouïe, de la vue, du goût et de l'odorat.
Et il est rapporté dans les livres que les quatre parachiot des téfilines de la tête servent à relier les quatre sens, et celles du bras (chel yad) à relier le sens du toucher. Et pour ainsi dire, le Saint béni soit-Il à attaché à Lui les âmes des enfants d'Israël par tous les sens : car le souvenir est l'odorat et la connaissance (daat) est le goût.
Et le commandement de s'accouder (hassiba) fait allusion aux téfilines du bras, qui sont à gauche, à la manière de ce qui est dit 'et Elokim fit tourner (va-yassev)' (Ex 13,18), comme il est dit 'sa main gauche etc. et sa droite m'enlace' (Ct 2,6).
בענין המרבה לספר ביציאת מצרים הרי זה משובח. כתבו המפרשים כי בכל מקום אסור להרבות בשבחו של מקום כדאיתא בגמ' מי ימלל גבורות ה' מי שיוכל לספר כל תהלתו כו'.
אך ביצ"מ משובח ע"ש. ונראה הטעם כי למי שנעשה לו הנס וכן במקום ובזמן של הנס מותרין ומחוייבין להלל ולשבח.
ולפי שאמרנו ואלו לא הוציא הקב"ה את אבותינו הרי אנו משועבדין. ממילא נעשה לנו הנס.
לכן המרבה לספר משובח. וכן בסוף ההגדה שאומרים ואותנו הוציא כו' לפיכך אנחנו חייבין כו' כמ"ש:
Au sujet de 'quiconque raconte abondamment la sortie d'Égypte, celui-là est digne de louange'. Les commentateurs ont écrit qu'en tout lieu il est interdit de multiplier la louange de l'Omniprésent (Makom), comme il est rapporté dans la Guemara : 'qui exprimera les hauts faits du Nom, qui pourra raconter toute Sa louange' etc.
(Ps 106,2). Mais pour la sortie d'Égypte, c'est louable, voir la-bas.
La raison paraît être que celui à qui le miracle est advenu, ainsi qu'au lieu et au temps du miracle, il est permis et obligatoire de louer et de glorifier. Et puisque nous disons 'et si le Saint béni soit-Il n'avait pas fait sortir nos pères, voici que nous serions asservis' -- de ce fait le miracle nous est advenu [à nous aussi].
C'est pourquoi celui qui raconte abondamment est digne de louange. Et de même à la fin de la Haggada, où l'on dit 'et nous, Il nous à fait sortir etc., c'est pourquoi nous sommes tenus etc.', comme il est dit.
בענין חשבון המכות דצ"ך עד"ש כו' וחמשים על הים כו'. כל החשבונות עולין עד תרי"ג.
ומאחר שמצינו תרי"ג מצות שהם עצות לקיים התורה כדאיתא בזוה"ק בכמה דוכתי תרי"ג עיטין. ממילא יש תרי"ג מיני התנגדות.
ושע"ז הי' צריכין חילוקי המכות האלה. וכמו שמעשרה מכות מתפשטין כל אלה.
כמו כן איתא שבעשרת הדברות נכללו התרי"ג מצות. וכמו שהתחיל באצבע אלקים ואח"כ כ' את היד כו'.
כמו כן בעשרת הדברות כתובין באצבע אלקים:
Au sujet du compte des plaies : DeTsaKh ADaSh [BeAHaB] etc. (acronymes des dix plaies), et cinquante sur la mer etc.
Tous les comptés s'élèvent jusqu'à 613 (תרי"ג, taryag). Et puisque nous trouvons 613 commandements, qui sont des conseils pour accomplir la Torah -- comme il est rapporté dans le saint Zohar en plusieurs endroits : '613 conseils (itin)' -- de ce fait il existe 613 sortes d'opposition.
Et c'est pour cela qu'il fallait ces divisions des plaies. Et de même que de dix plaies se ramifient toutes celles-ci, de même il est enseigné que dans les dix Paroles (le Décalogue) sont inclus les 613 commandements.
Et de même qu'Il commença par 'le doigt d'Elokim' (Ex 8,15) puis il est écrit 'la main' etc. (Ex 14,31), de même les dix Paroles sont écrites 'par le doigt d'Elokim' (Ex 31,18).
איתא במשנה בפסח על התבואה בעצרת על פירות האילן. ובגמ' הביאו עומר בפסח שיתברך לכם תבואה שבשדות.
שתי הלחם כו'. נסכו מים בחג שיתברכו לכם גשמי שנה.
כי הנה הג' רגלים הם מתנות שנתן הקב"ה לדורות מכל המדריגות שנתעלו בנ"י זה אחר זה. וכמו שמצינו ביחיד שמקודם זוכה לנפש זכה יתיר יהבין לי' רוח.
זכה יתיר יהבין לי' נשמה. כמו כן בכלל ישראל ביצ"מ זכו לנפש דקדושה כי הנפש מקושר אל הגוף.
ובזה צריכין גאולה וחירות שיצא הנפש לחירות שלא יתגשם בגוף לכן יש תרי"ג מצות לנפש נגד איברים וגידים של הגוף. ולכן שם נפש מלשון מנוחה כמ"ש וינפש שעיקר זמן חרותנו הוא בנפש להיות לו מנוח ממאסר הגוף.
[רמז נפש גי' ת"ל שת"ל שנים הי' גלות מצרים]. ולכן נק' חג הפסח שבת ע"ש המנוחה כנ"ל.
ואח"כ בקבלת התורה זכו לרוח ממללא שהוא הדיבור. ואח"כ בכניסתן לארץ זכו אל הנשמה.
רמז לדבר נותן נשמה לעם עליה. רוח להולכים בה הוא דור המדבר שהלכו אל הארץ.
והוא דור התורה שעיקרו רוח כנ"ל. והגם שבוודאי הי' לדור המדבר ג"כ בחי' הנשמה.
אבל יסוד כל אחת ואחת הי' בזמן מיוחד כמ"ש. וכמו כן בכל הג' רגלים זוכין להארת נפש רוח נשמה בזמן חרותנו.
זמן מתן תורתנו. זמן שמחתנו.
ולג' אלה [*יש] (הם) מקומות מיוחדים גם בגוף. כדאיתא נפש מתפשט בכבד.
רוח בלב. נשמה במוח.
ולכן בפסח זמן תבואות שבשדה כי הכבד נותן מזון לכל האברים ולכן הפרנסה הוא בחג הזה. והג' רגלים נותנים ג' ברכות בני חיי מזוני.
מזוני בפסח כנ"ל. חיי בשבועות עץ החיים שהוא התורה והוא הרוח בלב.
בני בסוכות נשמה במוח להוליד תולדות. וכמו כן בעולם יש ג' חילוקים אלו.
כח השדה בחי' נפש. ופירות האילן שעיקר גידולו ברוח.
וגשמים מן השמים שהוא רמז להנשמה:
Il est enseigné dans la Michna : à Pessa'h [le jugement se fait] sur la récolte, à Atseret (Chavouot) sur les fruits de l'arbre. Et dans la Guemara : apportez le Omer à Pessa'h afin que soit bénie pour vous la récolte des champs ; les deux pains [à Chavouot] etc. ; versez de l'eau [en libation] à la Fête (Souccot) afin que soient bénies pour vous les pluies de l'année.
Car voici, les trois fêtes de pèlerinage (regalim) sont des dons que le Saint béni soit-Il à donnés pour les générations, [issus] de tous les degrés auxquels les enfants d'Israël se sont élevés l'un après l'autre. Et de même que nous trouvons pour l'individu qu'il mérite d'abord le nefech ; s'il mérite davantage on lui donne le roua'h ; s'il mérite davantage on lui donne la nechama -- de même pour l'ensemble d'Israël : à la sortie d'Égypte ils méritèrent le nefech de sainteté, car le nefech est lié au corps.
Et pour cela il fallait délivrance et liberté, afin que le nefech sorte vers la liberté et ne se matérialisé pas dans le corps ; c'est pourquoi il y a 613 commandements pour le nefech, correspondant aux membres et aux tendons du corps. Et c'est pourquoi le mot nefech est de la même racine que 'repos' (menouha), comme il est dit 'et Il se reposa (va-yinafach)' (Ex 31,17), car l'essentiel du temps de notre liberté réside dans le nefech, pour qu'il ait un repos de la prison du corps.
[Allusion : nefech (נפש) à pour guematria 430 (ת"ל), car l'exil d'Égypte dura 430 ans.] C'est pourquoi la fête de Pessa'h est appelée Chabbat, du nom du repos, comme ci-dessus. Ensuite, lors du don de la Torah, ils méritèrent le roua'h parlant (roua'h memalela), qui est la parole.
Et ensuite, lors de leur entrée en terre [d'Israël], ils méritèrent la nechama. Allusion à cela : 'Il donne la nechama (souffle) au peuple qui est sur elle [la terre], et le roua'h à ceux qui y marchent' (Is 42,5) -- c'est la génération du désert qui marcha vers la terre, et c'est la génération de la Torah dont l'essentiel est le roua'h, comme ci-dessus.
Et bien qu'assurément la génération du désert eut aussi l'aspect de la nechama, cependant le fondement de chacune fut en un temps particulier, comme il est dit. De même, lors de chacune des trois fêtes, on mérite l'illumination du nefech, du roua'h et de la nechama : au temps de notre liberté, au temps du don de notre Torah, au temps de notre joie.
Et ces trois ont des lieux particuliers dans le corps aussi, comme il est enseigné : le nefech se répand dans le foie, le roua'h dans le cœur, la nechama dans le cerveau. C'est pourquoi Pessa'h est le temps des récoltes des champs, car le foie donne la nourriture à tous les membres, et donc la subsistance [se décide] en cette fête.
Et les trois fêtes donnent trois bénédictions : enfants, vie, subsistance (bane, haye, mezone). La subsistance à Pessa'h, comme ci-dessus ; la vie à Chavouot -- l'arbre de vie qui est la Torah, qui est le roua'h dans le cœur ; les enfants à Souccot -- la nechama dans le cerveau, pour engendrer une descendance.
De même, dans le monde il y a ces trois divisions : la force du champ, aspect du nefech ; les fruits de l'arbre dont l'essentiel de la croissance est par le roua'h ; et les pluies venant du ciel, qui font allusion à la nechama.
בהלל המגביהי לשבת המשפילי לראות כו' מקימי מעפר דל כו' מושיבי עקרת הבית. כי הנה בנ"י נבראו לברר מלכות שמים בעולם.
והוליכן הקב"ה בכל המקומות להוציא הניצוצי קדושה שנמצא בכל מקום. וז"ש מקימי מעפר.
מאשפות ירים אביון ע"י בנ"י. וז"ש להושיבי עם נדיבים כו'.
ולכן מושיבי עקרת הבית ודרשו חז"ל שמוני בניך כחולדה זו כו'. פי' שבנ"י המשיכו השכינה בכל מקומות צרותיהם להוציא מכל מקום הנ"ק שנמצא בשם.
והמפרשים פירשו המגביהי פי' שהגביה אותי כו'. וכמו כן נפרש המשפילי שהקב"ה הרים אותנו וגם השפיל אותנו בכל מקומות החשכים כדי להעלות הכל מתהום ארעא עד רום רקיעא.
ולכן נתקן ההלל על כל צרה שלא תבוא. וכשנגאלו ממנה קורין ההלל על ידי שמאיר אור חדש במקום שהי' חושך.
כי הלל הוא מלשון בהלו נרו:
Dans le Hallel : 'Celui qui s'élève pour siéger, qui s'abaisse pour regarder' etc., 'qui relève de la poussière le faible' etc., 'qui fait habiter la stérile en [mère de] maison' (Ps 113,5-9). Car voici, les enfants d'Israël furent créés pour révéler la royauté des cieux (malkhout chamayim) dans le monde.
Et le Saint béni soit-Il les conduisit en tous lieux pour en extraire les étincelles de sainteté (nitsotsot) qui se trouvent en chaque lieu. Et c'est ce que signifie 'qui relève de la poussière' -- 'du fumier Il élève l'indigent' par le moyen des enfants d'Israël.
Et c'est ce que signifie 'pour le faire siéger avec les nobles' etc. Et c'est pourquoi 'qui fait habiter la stérile en maison', et les Sages ont exposé : 'tes enfants m'ont place comme cette belette' etc. -- c'est-à-dire que les enfants d'Israël ont attire la Chekhina en tous les lieux de leurs détresses, pour en extraire de chaque lieu les étincelles saintes qui s'y trouvent.
Les commentateurs ont expliqué 'ha-magbihi' : c'est-à-dire qu'Il m'à élève etc. De même nous expliquerons 'ha-machpili' : le Saint béni soit-Il nous à élèves et Il nous à aussi abaissés en tous les lieux ténébreux, afin d'élever le tout depuis l'abîme de la terre (tehom ar'à) jusqu'au sommet du firmament (roum rekia).
C'est pourquoi le Hallel à été institué pour toute détresse qui, [puisse-t-elle] ne pas advenir ; et lorsqu'ils en sont délivrés, on lit le Hallel, parce qu'une lumière nouvelle brille au lieu où était l'obscurité. Car 'Hallel' est de la même racine que 'quand brillait (be-hilo) sa lampe' (Jb 29,3).
איתא בזוה"ק כי הימים טובים הם בתי' התפילין ע"ש בפסוק לריח שמניך טובים. והיינו שבהם מתגלה עיקר הדברים שנאמרו בפרשיות התפילין.
ויתכן לרמוז כי פרשת קדש והי' כי יביאך הם בראשון ושביעי של פסח שהוא ענין יצ"מ. שמע בחג השבועות.
והי' אם שמוע בסוכות ונתתי מטר ארצכם. ושמיני עצרת נגד תש"י שכולל כל הד' פרשיות בבית אחת.
[אמת דבזוהר שם פי' תפילין של יד על חוה"מ. מכל מקום י"ל גם על שמ"ע וכן משמע שם בזוהר ג"כ.
ולפי דרכינו י"ל כי חוש"מ רומז להרצועות שהם הלכה למשה מסיני. ורמז אחת גבוה מהשנית.
כי חוש"מ דסוכות מרובה על של פסח]. ובאמת בזמן המקדש נתקיים וראו כל עמי הארץ כו' שם ה' נקרא עליך שדרשו חז"ל זו תפילין שבראש.
וכן אומרין ושמך הגדול עלינו קראת ותתן לנו מועדים לשמחה כו':
Il est rapporté dans le saint Zohar que les jours de fête (yamim tovim) sont les boîtiers (batim) des téfilines, voir la-bas, [en lien] avec le verset 'à l'odeur de tes bons parfums (chemanekha tovim)' (Ct 1,3). C'est-à-dire qu'en eux se révèle l'essentiel des choses énoncées dans les parachiot des téfilines.
Et l'on peut suggérer par allusion que les parachiot 'Kadech' et 'Ve-haya ki yeviakha' correspondent au premier et au septième jour de Pessa'h, qui est le thème de la sortie d'Égypte ; 'Chema' à la fête de Chavouot ; 'Ve-haya im chamoa' à Souccot -- 'et Je donnerai la pluie de votre terre' ; et Chemini Atseret correspond aux téfilines du bras (tefilin chel yad) qui incluent les quatre parachiot dans un seul boîtier. [Il est vrai que le Zohar y explique les téfilines du bras à propos de Hol ha-Moed.
Quoi qu'il en soit, on peut le dire aussi pour Chemini Atseret, et c'est ce qui ressort la-bas du Zohar également. Et selon notre voie, on peut dire que Hol ha-Moed fait allusion aux lanières (retsouot), qui sont une loi [transmise] à Moché du Sinaï.
Et allusion [au fait que] l'une est plus haute que l'autre : car le Hol ha-Moed de Souccot est plus [long] que celui de Pessa'h.] Et en vérité, au temps du Temple s'accomplissait 'et tous les peuples de la terre verront etc. que le nom du Nom est invoqué sur toi' (Dt 28,10), que les Sages ont exposé : ce sont les téfilines de la tête. Et de même nous disons 'et Ton grand nom, Tu l'as invoque sur nous, et Tu nous as donné des fêtes pour la joie' etc.
« Il élèvera le omer » (Vayikra 23,11). Les miracles de la sortie d'Égypte avaient pour dessein d'élever la nature et de clarifier que D.ieu conduit le monde. Le Sfat Emet rapporte le Midrach : comme la subsistance est chaque jour, ainsi la délivrance ; comme la délivrance est merveilles, ainsi la subsistance. Yaakov a clarifié que même la conduite de la nature est merveilles. Selon la mesure où l'on clarifie cette foi, la nature se lie d'elle-même aux merveilles. On se souvient chaque jour de la sortie d'Égypte et l'on apporte le omer à Pessa'h ; « le lendemain du Chabbat » est l'illumination qui demeure à l'intérieur de la nature.
Aussi : le omer et les deux pains, deux « rechit » qui maintiennent la terre et les cieux ; le Chabbat comme ombre du pommier et âme supplémentaire ; les dix plaies en détail et la mer en généralité, puis le chant de Moché.
והניף את העומר ובמדרש אמור מה יתרון כו' שיעמול תחת השמש. כי הנה בנ"י שנגאלו ממצרים ועשה לנו השי"ת נסים ונפלאות הי' המכוון להיות מעלין כל הבריאה.
להעלות הטבע ולברר אמונת השי"ת כי הוא המנהיג את העולם והטבע. ובחג הפסח שהוא זמן חירותנו נעשה החירות גם בזמן ובטבע ויכולין עתה להעלות הבריאה והטבע.
ובמד' ויחי הרועה אותי המלאך הגואל הקיש גאולה לפרנסה ופרנסה לגאולה מה פרנסה בכל יום אף גאולה בכל יום ומה גאולה פלאים אף פרנסה. פרשנו הענין שצריכין לידע כי גם הנהגת הטבע הכל הוא נפלאות השי"ת ויעקב אע"ה בירר זאת.
וכמו כן עבודת כל בנ"י לברר אמונה זו. כמ"ש מו"ז ז"ל פי' הירושלמי אמונת זו סדר זרעים שמאמין בחי עולם וזורע.
פי' שעיקר האמונה לידע שגם הטבע הוא הנהגתו ית' בלבד שנותן בה חיות וקיום תמיד ע"ש פ' שלח. וזה ההיקש צריך עובד ה' לבררו.
וכפי מה שמבררין זה ממילא נדבק הטבע בהנפלאות. וממילא כמו פרנסה בכל יום אף גאולה.
ולכן צריכין לזכור בכל יום יציאת מצרים לברר ולחדש הארת הנסים בכל יום. ולכן אמר הקב"ה הביאו לי עומר בפסח והוא זמן התבואה להקיש גאולה לפרנסה כמ"ש במדרש הנ"ל.
וזה ממחרת השבת כמו שהשבת נותן פרנסה לימי המעשה כמ"ש מיני' מתברכין. כמו כן בכל עת שיש גאולה וימי נסים צריכין לראות שישאר מזה הארה גם לתוך הטבע.
וזה הענין נק' ממחרת השבת הארה הנשארת גם בתוך הטבע. [ובזה יש לבאר ענין מפלת המן ביום זה ויתבאר אי"ה במ"א]:
עוד יתבאר אומרם ז"ל בפסח על התבואה בעצרת על פירות האילן בחג על המים. כי אלה הג' מועדות עושים רשימות בזמן כמ"ש זמן חירותנו מתן תורתנו שמחתנו.
דכמו שיש חירות וגאולה בנפשות בנ"י נמשך מזה הארה לכלל הבריאה. וכמו שהיו נצוצי קדושה מוטבעים בתוך הקליפות במצרים.
ואח"כ ביצ"מ נתברר הטוב מרע ונבדלו בנ"י מהרשעים וכ' קודש ישראל לה' ראשית תבואתו. והם כמו התבן לגבי מוץ כמ"ש במדרשים המוץ והתבן מריבין זה אומר בשבילי נזרע השדה ע"ש.
וביצ"מ נתברר זה. וזה ענין בפסח על התבואה כי התבואה היא ביותר מעורבת עם המוץ ותבן וצריך בירור.
ופירות האילן מבוררין יותר רק שיש בהם עוד קליפות וגרעונין. והמים הם בלי פסולת כלל.
והם ג' מדריגות בנפשות בנ"י בכלל ובפרט. זמן חירותנו הוא עיקר הבירור בנפש.
אח"כ בזמן מתן תורה לא יש מגע נכרי כלל. אעפ"כ עיקר השמחה הוא בחג הסוכות:
'Il élèvera le omer' (Vayikra 23,11). Et dans le Midrach (Vayikra Rabba) sur Emor: 'quel profit etc.' - 'qu'il peine sous le soleil' (Kohelet 1,3).
Car voici, les enfants d'Israël qui furent délivrés d'Égypte, et le Saint béni soit-Il fit pour nous des miracles et des prodiges: le dessein était d'élever toute la création, d'élever la nature et de clarifier la foi au Saint béni soit-Il, car c'est Lui qui conduit le monde et la nature. Et dans la fête de Pessa'h, qui est le temps de notre liberté, la liberté se réalise aussi dans le temps et dans la nature, et l'on peut maintenant élever la création et la nature.
Et dans le Midrach (sur Vayehi): 'l'ange qui me délivre' (Bereshit 48,16) - Il compara la délivrance à la subsistance et la subsistance à la délivrance: de même que la subsistance est chaque jour, ainsi la délivrance est chaque jour; et de même que la délivrance est merveilles, ainsi la subsistance. Nous avons expliqué la chose: il faut savoir que même la conduite de la nature, tout cela est merveilles du Saint béni soit-Il, et Yaakov notre père - paix sur lui - à clarifié cela.
Et de même le service de tous les enfants d'Israël est de clarifier cette foi. Comme l'à dit mon maître grand-père de mémoire bénie, expliquant le Yeroushalmi: 'emounat' (ta foi), c'est l'ordre Zeraim (Semences), car il croit en la Vie du monde et il sème.
Explication: l'essentiel de la foi est de savoir que même la nature n'est que Sa conduite béni soit-Il, qui y met vie et pérennité en permanence - vois la paracha Shelah. Et cette analogie (heqesh), le serviteur de ha-Shem doit la clarifier.
Et selon la mesure où l'on clarifié cela, la nature d'elle-même se lie aux merveilles. Et d'elle-même, comme la subsistance est chaque jour, ainsi la délivrance.
C'est pourquoi il faut se souvenir chaque jour de la sortie d'Égypte, pour clarifier et renouveler chaque jour l'illumination des miracles. Et c'est pourquoi le Saint béni soit-Il à dit: apportez-moi le omer à Pessa'h - qui est le temps de la moisson - pour comparer la délivrance à la subsistance, comme dans le Midrach cité.
Et c'est 'le lendemain du chabbat' (Vayikra 23,15): de même que le chabbat donne subsistance aux jours ouvrables, comme il est dit 'd'eux ils sont bénis', de même, chaque fois qu'il y a délivrance et jours de miracles, il faut veiller à ce qu'il en demeure une illumination aussi à l'intérieur de la nature. Et cette chose est appelée 'le lendemain du chabbat': l'illumination qui demeure aussi à l'intérieur de la nature.
[Et par cela on peut expliquer le sens de la chute de la manne en ce jour, cela sera expliqué s'il plaît à Dieu ailleurs]. On expliquera encore ce qu'ils ont dit de mémoire bénie: à Pessa'h on est juge sur la récolte, à Atseret sur les fruits de l'arbre, à la fête (Souccot) sur les eaux.
Car ces trois fêtes impriment des marques dans le temps, comme il est dit: temps de notre liberté, temps du don de notre Torah, temps de notre joie. Car de même qu'il y a liberté et délivrance dans les âmes des enfants d'Israël, il en découle une illumination pour l'ensemble de la création.
Et de même que les étincelles de sainteté étaient enfoncées à l'intérieur des kelipot (écorces) en Égypte, puis, à la sortie d'Égypte, le bien fut clarifié du mal et les enfants d'Israël furent distingués des méchants, et il est écrit 'Israël est sainteté pour ha-Shem, prémices de sa récolte' (Yirmiyahou 2,3). Et ils sont comme la paille (teven) par rapport à la bale (mots), comme il est dit dans les Midrashim: la bale et la paille se querellent, celle-ci dit: c'est pour moi que le champ fut sème, vois.
Et à la sortie d'Égypte cela fut clarifié. Et c'est le sens de 'à Pessa'h sur la récolte', car la récolte est la plus mélangée avec la bale et la paille et requiert clarification.
Et les fruits de l'arbre sont plus clarifiés, sauf qu'il y a encore en eux des écorces et des noyaux. Et les eaux sont sans aucun déchet.
Et ce sont trois degrés dans les âmes des enfants d'Israël, en général et en particulier. Le temps de notre liberté est l'essentiel de la clarification dans l'âme.
Puis au temps du don de la Torah il n'y a aucun contact étranger du tout. Malgré cela, l'essentiel de la joie est à la fête de Souccot:
עוד לענין עומר ושתי הלחם. ובמד' בזכות העומר ירש אברהם אבינו את הארץ את בריתי תשמור ע"ש פ' אמור.
והענין הוא דכ' בראשית ברא ודרשו חז"ל בזכות התורה שנק' ראשית דרכו ובזכות ישראל שנק' ראשית תבואתו. דהנה הארץ הי' תהו ובהו ולא הי' כדאי להבראות רק בכח בנ"י שהם נשתלחו לתקן ולהוציא ראשית מגשמיות וארציות.
וזאת נתקיים ביצ"מ כחן של בנ"י שנגאלו ממצרים ונזדככו בכור הברזל לברר הטוב מתערובות הרע ונמשכו אחריו כמ"ש זכרתי לך כו' לכתך אחרי כו' בארץ לא זרועה. פי' בעוה"ז שהוא תהו ובהו אעפ"כ נמשכו בנ"י אחר השי"ת.
וכמ"ש אחר זה קודש ישראל לה' ראשית תבואתו. זה ראשית של חג הפסח ועומר וקיום הארץ.
ובשבועות יום הביכורים ומתן תורה שהוא ראשית דרכו. פי' כמו שגשמיות הארץ רחוקה מן הקדושה ורק ע"י נקודת הראשית שבנ"י מעלין להשי"ת מתקיים הארץ.
כמו כן התורה שהיא בחי' שמים נעלמה מעיני כל חי ולא הי' העולם כדאי לקבל קדושתה. וע"י התורה שלפנינו שהיא ראשית דרכו פי' שהיא נקודה ושער איך להיות התגלות אור התורה הפנימיות בעוה"ז.
וזהו מנחת שתי הלחם והיא קיום השמים. נמצא חג הפסח ושבועות הם ב' הראשית הנ"ל ועליהם כתיב לכו לחמו בלחמי.
לחם מן הארץ ולחם מן השמים. כמ"ש בזוה"ק אמור:
Encore, au sujet du omer et des deux pains (shtei ha-le'hem). Et dans le Midrach (sur Emor): en mérite du omer, Avraham notre père hérita de la terre - 'tu garderas mon alliance' (Bereshit 17,9), vois paracha Emor.
Et la chose est ainsi: il est écrit 'Bereshit bara' (Au commencement Il créa), et nos Sages de mémoire bénie ont expliqué: en mérite de la Torah qui est appelée 'reshit (commencement) de sa voie' (Mishle 8,22), et en mérite d'Israël qui est appelé 'reshit de sa récolte' (Yirmiyahou 2,3). Car voici, la terre était tohu wa-bohu (informe et vide) et ne méritait d'être créée que par la force des enfants d'Israël, qui furent envoyés pour réparer et faire sortir un commencement de la matérialité et de la terrestrite.
Et cela s'accomplit à la sortie d'Égypte, la force des enfants d'Israël qui furent délivrés d'Égypte et affinés dans le creuset de fer pour clarifier le bien du mélange du mal, et ils Le suivirent, comme il est écrit 'je me suis souvenu pour toi etc. ta marche à ma suite etc. dans une terre non ensemencée' (Yirmiyahou 2,2). Explication: dans ce monde-ci qui est tohu wa-bohu, malgré cela les enfants d'Israël suivirent le Saint béni soit-Il.
Et comme il est écrit après cela: 'Israël est sainteté pour ha-Shem, prémices de sa récolte'. Ceci est le reshit (commencement) de la fête de Pessa'h, du omer et du maintien de la terre.
Et à Shavouot, jour des prémices (bikourim) et du don de la Torah, qui est 'reshit de sa voie'. Explication: de même que la matérialité de la terre est éloignée de la sainteté, et ce n'est que par le point du reshit que les enfants d'Israël élèvent vers le Saint béni soit-Il que la terre subsiste; de même la Torah, qui est de l'ordre des cieux, était cachée aux yeux de tout vivant, et le monde ne méritait pas de recevoir sa sainteté.
Et par la Torah qui est devant nous, qui est 'reshit de sa voie' - explication: elle est un point et une porte pour que se réalise la révélation de la lumière intérieure de la Torah dans ce monde. Et c'est l'offrande des deux pains, et elle est le maintien des cieux.
Il se trouve que la fête de Pessa'h et Shavouot sont les deux 'reshit' susmentionnés, et sur eux il est écrit 'venez, mangez de mon pain' (Mishle 9,5): pain de la terre et pain des cieux. Comme il est dit dans le Zohar haKadosh (Emor):
ב"ה בשה"ש
Avec l'aide de Dieu. Sur le Cantique des cantiques (Shir haShirim).
כשושנה בין החוחים כן רעיתי בין הבנות כתפוח בעצי היער כן דודי בין הבנים בצלו חמדתי וישבתי ופריו מתוק כו'. דרשו חז"ל במד' תפוח אין לו צל והכל ברחו ממנו ואני בצלו חמדתי כו'.
פי' כי אין ניכר בעוה"ז השגחת הבורא ית' רק אל בנ"י המאמינים בו מתגלה להם. ויתכן לרמוז למצות השבת כי בחול ההנהגה ע"י המלאך.
ובש"ק ע"י השי"ת בעצמו ולכן הוא נסתר כדאיתא בזוה"ק יתרו כיון דלא אישתכח בי' מנא מה ברכתא אשתכח אלא כולהו ברכאין בשביעאה תליא כו'. פי' שע"י שמתגלה שורש הברכות בשבת ואינו מתלבש בגשמיי לכן לא אשתכח בי' מנא כתפוח שאין הצל נגלה כנ"ל.
ומ"מ בנ"י זוכין לקבל השבת כמ"ש בצלו חמדתי וישבתי הוא השבת שכ' בו אל יצא איש ממקומו. ומברכין פורס סוכת שלום עלינו.
ופריו מתוק לחכי דייקא היא הנשמה יתירה שיורדת לבנ"י בשבת. וכ' ביני ובין בני ישראל אות.
ודרשו חז"ל שאין נגלה לאוה"ע ענין הנשמה יתירה. ואמת כי השבת הוא מעין עוה"ב וא"י להשיגו בעוה"ז.
רק בנ"י שהם בני עלמא דאתי מקבלים הארת השבת. וכמו שאין נגלה טובו ית' בעוה"ז רק לבנ"י.
כמו כן אין נגלה ונודע שבחן של בנ"י בעוה"ז רק להקב"ה כמ"ש כשושנה בין החוחים שבגלות בין האומות. בנ"י כשושנה אטומה.
כמ"ש גן נעול שא"י לגלות מצפוני לבם מכח אל הפועל בין הבנות. אבל בזמן המקדש בג' רגלים שעלו בנ"י להיראות פני ה' כ' יראה כל זכורך שנתפשטו מלבוש הגשמיי ונתלבשו בלבוש הפנימי שלהם.
כי זכורך הוא הפנימיות שלא ניתן רשות להתגלות רק במועד ובמקדש ומ"מ זה ההתגלות שהי' במועדות הי' הכנה על כל השנה ואפילו בזמן הזה שאין אנו יכולין לעלות נשאר הארה בזמנים הללו שהיו מיוחדים להיראות פני ה'. וע"י התפלות שתקנו ע"ז יכולין לעורר קצת הארה גם עתה.
וכ' שמחתי באומרים כו' ודרשו חז"ל שאמרו לדוד מתי ימות ויבנה ביהמ"ק ושמח ע"ש. ועיקר המזמור נראה שניתקן על ימי הגלות כדכ' עומדות היו רגלינו כו' ששם עלו שבטים כו'.
ויתכן לפרש שזה הוכחה שכמו שדוד המע"ה שמח בהכנות המקדש בעוד שלא נבנה. כמו כן ומכש"כ שיש לנו להתדבק בהארה שנשאר מאשר הי' כבר עומדות רגלינו כו'.
והענין כמ"ש כמה פעמים כי הקדושה נותנת ברכה לפני' ולאחרי'. וכמו שנבנה ביהמ"ק באמצע העולם למשוך הקדושה לכל הצדדין.
כמו כן בזמן. שהימים שהי' ביהמ"ק קיים הי' קיום כל הזמנים שמקודם ושאחריו.
לכן גם אנחנו יכולין למצוא איזה הארה מעליות רגלים. וכדאיתא בספרי קודש שבמקום שהקדושה נמצאת מנחת רשימה לעולם.
וכן איתא שאין השכינה זזה מכותל מערבי. והרמז שהגם שאינו עתה מבורר בהתגלות ויש תערובות בעולם.
עכ"ז נמצא איזה הארה גנוזה. ואיתא כשם שבא לראות כך בא להיראות.
וכמו שראיות הקב"ה הוא לעולם כמו כן ראיות בנ"י. אך כפי הכנות הדורות כך הוא נמצא.
ורמזו חז"ל הראיון מדברים שאין להם שיעור. שגם בהיותינו עולים לבהמ"ק לא היו כל מדריגות בנ"י באופן אחד רק כל אחד כשם שבא לראות כו'.
ומעין זה יש גם עתה ראי' ממרחק כדכ' עומד אחר כתלנו. חלונות.
חרכים. ואיתא בגמ' ר"ה כד הוי מטי להאי קרא הוי בכי עבד שרבו מצפה לראותו יתרחק ממנו.
ובוודאי במועדות הוא דמטי להאי קרא. כי תבואו לראות.
והוי בכי. שעתה ע"י הבכי' ותפלה יכולין למצוא איזה הארה.
כמ"ש במ"א ע"פ נהפך לאבל מחולנו. וכ"כ האכלתם לחם דמעה הרמז על אכילת מצה פ"א בשנה והוא ביום שחל ט"ב.
ותשקמו בדמעות שליש. השלש רגלים שותין עתה ע"י דמעות.
וז"ש יתרחק ממנו שבא עתה בבחי' ריחוק. וכ"כ שלום לרחוק ולקרוב שיש בא להשלימות ע"י קירוב ויש ע"י ריחוק וכן הוא בסדר הדורות כמ"ש:
'Comme un lis parmi les épines, ainsi mon amie parmi les filles; comme un pommier parmi les arbres de la forêt, ainsi mon bien-aimé parmi les fils; à son ombre j'ai désire et je me suis assis, et son fruit est doux etc.' (Shir haShirim 2,2-3). Nos Sages de mémoire bénie ont expliqué dans le Midrach: le pommier n'à pas d'ombre et tous fuyaient loin de lui, et moi 'à son ombre j'ai désire etc.'.
Explication: car en ce monde la providence du Créateur béni soit-Il n'est pas perceptible, ce n'est qu'aux enfants d'Israël qui croient en Lui qu'elle se révèle. Et il convient d'y faire allusion à la mitsva du chabbat: car en semaine la conduite se fait par l'ange, et au saint chabbat par le Saint béni soit-Il Lui-même, et c'est pourquoi elle est cachée, comme il est rapporté dans le Zohar haKadosh (Yitro): puisqu'il ne s'y trouvait pas de manne, quelle bénédiction s'y trouve?
Mais toutes les bénédictions dépendent du septième etc. Explication: c'est parce que la racine des bénédictions se révèle au chabbat et ne se revêt pas dans le matériel, que la manne ne s'y trouvait pas, comme le pommier dont l'ombre n'est pas visible, comme ci-dessus.
Et néanmoins les enfants d'Israël méritent de recevoir le chabbat, comme il est dit 'à son ombre j'ai désire et je me suis assis' - c'est le chabbat dont il est écrit 'que nul ne sorte de son lieu' (Shemot 16,29). Et l'on bénit 'Il étend la souccah de paix sur nous'. 'Et son fruit est doux à mon palais' précisément - c'est l'âme supplémentaire (nechama yetera) qui descend aux enfants d'Israël au chabbat.
Et il est écrit 'entre Moi et les enfants d'Israël c'est un signe' (Shemot 31,17). Et nos Sages de mémoire bénie ont expliqué que la chose de l'âme supplémentaire n'est pas révélée aux nations du monde.
Et c'est vrai, car le chabbat est un avant-goût du monde à venir et l'on ne peut l'atteindre en ce monde. Seuls les enfants d'Israël, qui sont fils du monde à venir, reçoivent l'illumination du chabbat.
Et de même que Sa bonté béni soit-Il ne se révèle en ce monde qu'aux enfants d'Israël, de même la louange des enfants d'Israël ne se révèle et ne se connaît en ce monde qu'au Saint béni soit-Il, comme il est dit 'comme un lis parmi les épines' - qui, dans l'exil, sont parmi les nations. Les enfants d'Israël sont comme un lis ferme, comme il est dit 'un jardin verrouille' (Shir haShirim 4,12), car ils ne peuvent révéler les secrets de leur cœur, de la puissance à l'acte, parmi les filles.
Mais au temps du Temple, aux trois fêtes de pèlerinage où les enfants d'Israël montaient pour paraître devant la face de ha-Shem, comme il est écrit 'que tout mâle chez toi paraisse' (Shemot 23,17), ils se dépouillaient du vêtement matériel et se revêtaient de leur vêtement intérieur. Car 'ton mâle (zekhourkha)' est l'intériorité à qui il n'est permis de se révéler qu'à la fête et au Temple; et néanmoins cette révélation qui avait lieu aux fêtes était une préparation pour toute l'année, et même en ce temps où nous ne pouvons monter, il demeure une illumination en ces temps qui étaient désignés pour paraître devant la face de ha-Shem.
Et par les prières qu'ils ont instituées à ce sujet on peut éveiller un peu d'illumination même maintenant. Et il est écrit 'je me suis réjoui de ceux qui me disaient etc.' (Tehilim 122,1), et nos Sages de mémoire bénie ont expliqué qu'ils disaient à David: quand mourra-t-il et sera bâti le Temple - et il se réjouissait, vois.
Et l'essentiel du psaume paraît avoir été institué pour les jours de l'exil, comme il est écrit 'nos pieds se tenaient etc. la où montaient les tribus etc.' (Tehilim 122,2-4). Et il convient d'expliquer que c'est une démonstration: de même que David le roi, paix sur lui, se réjouissait des préparatifs du Temple alors qu'il n'était pas encore bâti, de même et à plus forte raison devons-nous nous attacher à l'illumination qui demeure de ce qui déjà 'nos pieds se tenaient etc.'.
Et la chose est comme nous l'avons dit maintes fois: la sainteté donne bénédiction à ce qui la précède et à ce qui la suit. Et de même que le Temple fut bâti au centre du monde pour attirer la sainteté vers tous les côtés, de même dans le temps: car les jours où le Temple existait étaient le maintien de tous les temps qui précédaient et qui suivaient.
C'est pourquoi nous aussi pouvons trouver quelque illumination des montées de pèlerinage. Et comme il est rapporté dans les livres saints: au lieu où la sainteté se trouve, elle laisse une marque à jamais.
Et de même il est rapporté que la Chekhina ne bouge pas du mur occidental. Et l'allusion est que, bien que cela ne soit pas maintenant clarifié en révélation et qu'il y ait du mélange dans le monde, malgré cela il s'y trouve quelque illumination cachée.
Et il est rapporté: de même qu'il vient pour voir, ainsi il vient pour être vu. Et de même que la vision du Saint béni soit-Il est pour toujours, de même la vision des enfants d'Israël.
Mais selon les préparations des générations, ainsi cela se trouve. Et nos Sages de mémoire bénie ont fait allusion: 'la vision (ha-raayon)' fait partie des choses qui n'ont pas de mesure.
Car même lorsque nous montions au Temple, tous les degrés des enfants d'Israël n'étaient pas d'une seule manière, mais chacun 'de même qu'il vient pour voir etc.'. Et il y a quelque chose de semblable aussi maintenant, une vision de loin, comme il est écrit 'se tenant derrière notre mur, aux fenêtres, aux treillis' (Shir haShirim 2,9).
Et il est rapporté dans la Guemara (Roch hachana): quand il arrivait à ce verset, il pleurait - un serviteur dont le maître attend de le voir, s'éloigné de lui! Et certainement c'est aux fêtes qu'il arrivait à ce verset 'quand vous venez pour paraître' (Yeshayahou 1,12) - et il pleurait: car maintenant, par les pleurs et la prière, on peut trouver quelque illumination.
Comme nous l'avons dit ailleurs sur le verset 'notre danse s'est changée en deuil' (Eikha 5,15). Et de même il est écrit 'tu leur as fait manger un pain de larmes' (Tehilim 80,6) - l'allusion est à la consommation de la matsa une fois l'an, et c'est le jour où tombe le 9 Av (Tisha be-Av). 'Et tu les as abreuves de larmes en triple mesure' (ib.): les trois fêtes de pèlerinage, on les boit maintenant par les larmes.
Et c'est le sens de 'il s'éloigné de lui': qu'il vient maintenant dans un mode d'éloignement. Et de même il est écrit 'paix à celui qui est loin et à celui qui est proche' (Yeshayahou 57,19): il y a celui qui vient à la perfection par le rapprochement et il y a celui qui y vient par l'éloignement, et ainsi en est-il dans l'ordre des générations, comme il à été dit:
ב"ה לחג הפסח
Avec l'aide de Dieu. Pour la fête de Pessa'h.
בענין קי"ס אחר יצ"מ. וביצ"מ עשר מכות ובקי"ס בפעם אחת.
יראה שהוא כענין שנמצא בעבודת הבורא ית' בכלל ובפרט. כמ"ש בזוה"ק ברע"מ פ' וארא.
וכמו כן זה לעומת זה יש התנגדות הרשעים בשניהם. וביצ"מ נשתנו כל הטבעיים בפרטות בכל מכה ומכה וכמו כן כמה מיני עבודה בשדה בחומר ובלבנים שעינו אותנו.
ואח"כ בים שרדפו אחריהם היה בכללות כמ"ש ושלישים על כולו ע"מ לכלות ע"ש במכילתא. וכ"כ והנה מצרים נוסע כאיש אחד בלב אחד כמ"ש ויאסר את רכבו היינו שנתכללו כל כחות הסט"א שלהם.
ולכן הי' הישועה ג"כ בכלל. כי הים כולל כל מה שיש ביבשה כדאיתא בגמ'.
והבריאה מתחלתו חילקו הבורא ית' לב' חלקים ימים ויבשה. וכל השינוים בצורות שונות המתחלפים ביבשה ובים הכל ציור אחד.
ולכן הישועה על הים הי' בכלל. ולכן מקודם כתיב אצבע ובים כתיב היד שהיא כללות הפרטים כנ"ל:
Au sujet de l'ouverture de la mer (kriat yam souf) après la sortie d'Égypte. Et à la sortie d'Égypte, dix plaies, et à l'ouverture de la mer, en une seule fois.
Il apparaît que c'est à l'image de ce qui se trouve dans le service du Créateur béni soit-Il, en général et en particulier. Comme il est dit dans le Zohar haKadosh, dans le Raya Mehemna, paracha Vaera.
Et de même, ce côté en face de ce côté, il y a l'opposition des méchants dans les deux. Et à la sortie d'Égypte tous les éléments naturels furent changés en détail, à chaque plaie et plaie, et de même plusieurs sortes de travail au champ, dans l'argile et les briques, dont ils nous accablaient.
Et ensuite à la mer, où ils les poursuivirent, ce fut en généralité, comme il est écrit 'et des officiers (shalishim) sur l'ensemble' (Shemot 14,7), dans le dessein de tout anéantir - vois dans la Mekhilta. Et de même il est écrit 'et voici l'Égypte partant à leur poursuite, comme un seul homme d'un seul cœur', comme il est écrit 'et il attela son char' (Shemot 14,6), c'est-à-dire que toutes les forces de leur sitra a'hra (autre côté) se rassemblèrent.
Et c'est pourquoi le salut fut lui aussi en généralité. Car la mer inclut tout ce qui est sur la terre ferme, comme il est rapporté dans la Guemara.
Et la création, des son commencement, le Créateur béni soit-Il l'à divisée en deux parts: mers et terre ferme. Et tous les changements dans les diverses formes qui se transforment sur la terre ferme et dans la mer, tout est une seule image.
Et c'est pourquoi le salut sur la mer fut en généralité. Et c'est pourquoi auparavant il est écrit 'le doigt' (Shemot 8,15), et à la mer il est écrit 'la main' (Shemot 14,31), qui est la généralité des détails, comme ci-dessus:
אז ישיר משה. דאיתא במד' תזריע בפ' אחור וקדם כו' אף קילוסו עולה באחרונה ע"ש.
כמו כן ביצ"מ נשתנו כל הברואים בעשרה מכות. ובקי"ס דכ' ואכבדה בפרעה כו' שהם בהמה המה להם.
ואחר כל זה נתרוממו נפשות בנ"י. וזה הי' התכלית.
אז ישיר משה. וכמו שהי' בשעת מעשה בראשית השבת שמיוחד לבנ"י ומזמור שיר ליום השבת אדה"ר אמרו.
שהוא התכלית של הבריאה. כל פעל ה' למענהו.
להעיד עליו. כמו כן אחר כל הנסים ביצ"מ וקי"ס הי' התכלית זו השירה.
לכן כתיב ישיר שנגמר עיקר המכוון מכח אל הפועל. ומשירה זו נעשה פרשה בתורה וכ' ויאמרו לאמר שנטעו שירה זו בפיהן של ישראל לדורות.
דאיתא בספרים פי' הבוחר בשירי זמרה. כי העיקר כשנתמלא האדם בשירה וזמרה עד שנשאר מזה קבוע בלבו תמיד בזה בוחר ה'.
וכן הי' בשירה זו. לכן בחר השי"ת בזו השירה וקבעה פרשה בתורה:
'Alors Moché chanta (az yashir Moché)' (Shemot 15,1). Car il est rapporté dans le Midrach (Tazria) sur 'derrière et devant tu m'as formé etc.' (Tehilim 139,5): aussi sa louange monte en dernier, vois.
De même, à la sortie d'Égypte toutes les créatures furent changées par les dix plaies. Et à l'ouverture de la mer, comme il est écrit 'et je serai glorifie par Pharaon etc.' (Shemot 14,4) - car ils sont pour eux comme des bêtes.
Et après tout cela furent élevées les âmes des enfants d'Israël. Et ce fut la finalité: 'alors Moché chanta'.
Et de même qu'il en fut à l'heure de l'œuvre de la création - le chabbat, qui est réservé aux enfants d'Israël, et 'psaume, chant pour le jour du chabbat' (Tehilim 92,1), c'est Adam le premier (Adam haRishon) qui le prononça, car il est la finalité de la création, 'tout ce que ha-Shem à fait, c'est pour Lui-même (le-maaneho)' (Mishle 16,4), pour témoigner de Lui - de même, après tous les miracles à la sortie d'Égypte et à l'ouverture de la mer, la finalité fut ce chant. C'est pourquoi il est écrit 'yashir' (il chantera), car l'essentiel du dessein s'acheva de la puissance à l'acte.
Et de ce chant fut faite une section (paracha) dans la Torah, et il est écrit 'et ils dirent pour dire (le-emor)' (Shemot 15,1), car ils ont plante ce chant dans la bouche d'Israël pour les générations. Car il est rapporté dans les livres l'explication de 'Celui qui choisit les cantiques de louange (ha-boher be-shirei zimra)': l'essentiel est que, lorsque l'homme se remplit de chant et de louange au point qu'il en demeure fixe dans son cœur en permanence, c'est cela que ha-Shem choisit.
Et ainsi en fut-il de ce chant. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il à choisi ce chant et l'à fixé comme une section dans la Torah:
כתיב מן המצר קראתי כו' ענני במרחב. ופרשנו על הצעקה במצרים ועל השירה.
דאיתא במד' בנ"י מתגאין בירושתם ונצעק אל ה'. וכמו שכחן של בנ"י בפה להיות נושע מן המיצר וע"י הצעקה נגאלו ממצרים.
כמו כן הבינו שע"י הצעקה יכולין לעלות ולהתקרב אליו ית'. וזו השירה הוא ענני במרחב כדכ' הרחב פיך ואמלאהו.
וכל מה שביקשו ישראל בשירה זו נתקיים בכל הדורות עד לעתיד. ובוודאי זה פלא גדול לומר זה אלי ואנוהו.
הגם דכ' ישראל אשר בך אתפאר. אבל [*לא] שיאמר האדם ואנוהו.
אך מרוב התשוקה שהי' לבנ"י להיות אופן שיקיימו ואנוהו הגם שא"א. והקב"ה מילא משאלותם ואמר אשר בך אתפאר.
ויש לנו ללמוד ממה שנתן השי"ת בחירה לאדם ויכול לעשות עבירה ולהמרות מצות הבורא אשר זה הוא פלא גדול מכש"כ בחירת הצדיק בצדקתו שבוחר ומשתוקק לעשות נחת רוח אליו ית'. הקב"ה ממציא לו מקום שלא בדרך האפשרות.
וגם לפי פשוטו ואבנה לו מקדש. וכי זה מושג אל השכל שישכון הקב"ה בבנין בו"ד.
רק לפי הרצון והתשוקה של בנ"י זכו לזה. והרי אמרו מיד אלקי אבי וארוממנהו.
להודיע כי לא עלה על דעתם ח"ו להתדמות אליו ית'. וכמ"ש והחיות רצוא ושוב.
ואמרו ואנוהו ואמרו וארוממנהו כי שניהם אמת. ומי שיודע ומתברר לו כי אין זה סותר את זה והשי"ת נעלם וגבוה מכל גבוה.
ומתגלה וממלא כל עלמין. כפי בירור הידיעה אצל בני אדם כך הוא נמצא ומתגלה להם.
וז"ש הרחב פיך ואמלאהו על הבקשה להתקרב אליו ית'. והכל בכח הפה.
ב' הבחי' מן המצר ובמרחב והם בחי' תפלה לעני תפלה למשה. וזה הקול קול יעקב.
וכ' חרב פיפיות ב' פיות. בכות ושירות כמ"ש לעיל:
Il est écrit 'de la détresse (min ha-metsar) j'ai appelé etc., Il m'à répondu par l'espace (ba-merhav)' (Tehilim 118,5). Et nous avons expliqué cela sur le cri en Égypte et sur le chant.
Car il est rapporté dans le Midrach: les enfants d'Israël s'enorgueillissent de leur héritage, et nous crierons vers ha-Shem. Et de même que la force des enfants d'Israël est dans la bouche, pour être sauvés de la détresse, et que par le cri ils furent délivrés d'Égypte, de même ils comprirent que par le cri on peut s'élever et se rapprocher de Lui béni soit-Il.
Et ce chant, c'est 'Il m'à répondu par l'espace', comme il est écrit 'élargis ta bouche et je la remplirai' (Tehilim 81,11). Et tout ce que les enfants d'Israël ont demandé dans ce chant s'est accompli dans toutes les générations, jusqu'à l'avenir.
Et certainement c'est une grande merveille de dire 'celui-ci est mon Dieu et je L'embellirai (we-anwehu)' (Shemot 15,2), bien qu'il soit écrit 'Israël par qui Je me glorifie' (Yeshayahou 49,3) - mais [ce n'est] pas que l'homme dise 'je L'embellirai'. Cependant, par la grande aspiration qu'avaient les enfants d'Israël de trouver un moyen d'accomplir 'je L'embellirai', bien que ce soit impossible, le Saint béni soit-Il combla leurs demandes et dit 'par qui Je me glorifie'.
Et nous avons à apprendre de ce que le Saint béni soit-Il à donné le libre arbitre à l'homme, qui peut commettre une transgression et enfreindre l'ordre du Créateur - ce qui est une grande merveille; à plus forte raison le choix du juste dans sa justice, qui choisit et aspire à faire un contentement d'esprit devant Lui béni soit-Il: le Saint béni soit-Il lui procure un lieu hors de la voie du possible. Et aussi selon le sens simple: 'et je Lui bâtirai un sanctuaire' - est-ce donc concevable pour l'entendement que le Saint béni soit-Il réside dans une construction de chair et de sang?
Mais c'est selon la volonté et l'aspiration des enfants d'Israël qu'ils ont mérité cela. Et voici, ils ont dit aussitôt 'le Dieu de mon père et je L'exalterai (wa-aromemenhou)' (Shemot 15,2), pour faire savoir qu'il ne leur est pas monté à l'esprit, à Dieu ne plaise, de se rendre semblables à Lui béni soit-Il.
Et comme il est écrit 'et les Hayot (créatures) courant et revenant' (Ye'hezkel 1,14). Et ils ont dit 'je L'embellirai' et ils ont dit 'je L'exalterai', car les deux sont vrais.
Et celui qui sait et pour qui il est clarifié que ceci ne contredit pas cela - et que le Saint béni soit-Il est caché et plus haut que tout ce qui est haut, et se révèle et emplit tous les mondes - selon la clarté de la connaissance chez les hommes, ainsi Il se trouve et se révèle à eux. Et c'est le sens de 'élargis ta bouche et je la remplirai', sur la demande de se rapprocher de Lui béni soit-Il.
Et tout est par la force de la bouche. Les deux aspects, 'de la détresse' et 'dans l'espace', et ce sont les aspects de 'prière du pauvre' (Tehilim 102,1) et 'prière de Moché' (Tehilim 90,1).
Et c'est 'la voix, la voix de Yaakov' (Bereshit 27,22). Et il est écrit 'une épée à deux bouches (pipiyot)' (Tehilim 149,6) - deux bouches: pleurs et chants, comme ci-dessus:
« Ce qui est saint bout et hérite, mais n’est pas convié » (Zohar Emor) : les fêtes relèvent du service et du Temple, c’est pourquoi « trois fois l’an paraîtra le Maître, Hachem ». Le Sfat Emet enseigne que le Chabbat n’exige pas de monter, « le Chabbat est à Hachem dans toutes vos demeures », car même une cloison de fer ne sépare pas Israël de leur Père. Les fautes séparent « entre vous et votre D.ieu », mais comme fils il n’y a qu’un seul père. Le Chabbat est un don ; les fêtes, Israël les acquiert, « que vous proclamerez », et la joie y est. Par les fêtes on reçoit l’éclairement du Chabbat et la connaissance du secret de ce don.
Aussi : le Hallel révèle maintenant la sainteté par la bouche ; « alors chanta » ouvre le service et le septième jour de Pessa'h est comme le Chabbat ; on garde « leil chimourim » toute l’année
בענין הפרש שבין שבת למועדות שכ' בזוה"ק אמור ירותח דקודש קא ירית ולאו זמינא ע"ש. הענין הוא דהמועדות הם בבחי' עבודה ובמקדש.
ולכן ג"פ בשנה יראה כו' האדון ה' דרשו חז"ל מי שאין לו אלא אדון אחד ע"ש. ובשבת א"צ לעלות כי שבת לה' בכל מושבותיכם.
דאיתא אפילו מחיצה של ברזל אין מפסקת בין ישראל לאביהם שבשמים. והגם דכתיב עונותיכם היו מבדילין.
לבין אלקיכם כתיב. אבל בבחי' בנים א"א להיות שינוי.
כי א"א להיות רק אב אחד כמ"ש ואם אב אני כו'. אבל בבחי' עבדים בגלות א"י להיראות פני האדון.
רק כשאנחנו עבדי ה' ולא עבדי פרעה כמ"ש אני ה' אלקיכם אשר הוצאתי כו' מארץ מצרים להיות לכם לאלקים. ובשבת מתגלה שם הוי' ושם אין שייכות רק לבנ"י.
ובמקום זה כתיב בנים אתם לה'. והשבת הוא בחי' התורה.
וכמ"ש אין עבירה מכבה תורה ואין לה כבי' עולמית לכן בשבת ניתנה תורה:
Concernant la différence entre le Chabbat et les fêtes, ainsi qu'il est écrit dans le saint Zohar (Emor) : 'ce qui est saint bout et hérite, mais n'est pas convié' (voir la-bas). Le sens est que les fêtes relèvent de l'aspect du service (avoda) et du Temple.
C'est pourquoi 'trois fois l'an paraîtra... le Maître, ה'' (Ex 23,17), et les Sages ont expliqué : celui qui n'à qu'un seul maître (voir la-bas). Et pour le Chabbat il n'est pas besoin de monter, car 'le Chabbat est à ה' dans toutes vos demeures' (Lev 23,3).
Car il est enseigné que même une cloison de fer ne fait pas séparation entre Israël et leur Père qui est aux cieux. Et bien qu'il soit écrit 'vos fautes ont fait séparation' - il est écrit 'entre vous et votre Dieu' (Is 59,2).
Mais dans l'aspect des fils, il ne peut y avoir de changement, car il ne peut y avoir qu'un seul père, comme il est dit 'et si je suis un père...' (Mal 1,6). Mais dans l'aspect des serviteurs en exil, on ne peut voir la face du Maître ; seulement lorsque nous sommes serviteurs de ה' et non serviteurs de Pharaon, comme il est dit 'je suis ה' votre Dieu qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être pour vous un Dieu' (Nb 15,41).
Et au Chabbat se révèle le Nom Havaya (le Tétragramme), et ce Nom ne se rapporte qu'à Israël. Et à ce sujet il est écrit 'vous êtes des fils pour ה'' (Dt 14,1).
Et le Chabbat est l'aspect de la Torah. Et comme il est dit, aucune transgression n'éteint la Torah et elle n'à jamais d'extinction ; c'est pourquoi au Chabbat fut donnée la Torah.
עוד יתבאר ההפרש בין שבת למועדות דשבת הוא מתנה כדאיתא מתנה טובה יש לי כו' לך והודיעם. אבל המועדות זוכין בנ"י בעצמותם כמ"ש מקדש ישראל והזמנים וכדכ' מקראי קודש תקראו ולכן השמחה ברגלים.
דמאן דאכיל דלאו דילי' בהית לאסתכולי. לכן שבת הוא בשת.
אבל במועדות כתיב יראה כל זכורך שהיו באין להיראות פני ה' בשמחה. ואיתא לעתיד יהי' מצות ראי' גם בשבתות כדכ' מדי שבת בשבתו כו'.
שיהי' יום שכולו שבת. אבל עתה מקבלים בנ"י השבת בבחי' מתנה בלבד:
La différence entre le Chabbat et les fêtes s'expliquera encore ainsi : le Chabbat est un don (matana), comme il est enseigné 'j'ai un bon don dans mon trésor... va et fais-le leur savoir' (Chabbat 10b). Mais les fêtes, Israël les acquiert par lui-même, comme il est dit 'qui sanctifie Israël et les temps', et comme il est écrit 'ce sont des convocations saintes que vous proclamerez' (Lev 23,2).
C'est pourquoi la joie est aux fêtes de pèlerinage ; car 'celui qui mange ce qui n'est pas à lui à honte de regarder' (Yeroushalmi). C'est pourquoi le Chabbat (שבת) est associé à la honte (בשת, mêmes lettres).
Mais aux fêtes il est écrit 'paraîtra tout mâle chez toi' (Ex 23,17), car ils venaient voir la face de ה' dans la joie. Et il est enseigné qu'à l'avenir la mitsva de la vision (reiya) sera aussi les Chabbats, comme il est écrit 'de Chabbat en Chabbat...' (Is 66,23), quand ce sera un jour qui est tout entier Chabbat.
Mais à présent Israël reçoit le Chabbat seulement dans l'aspect d'un don.
במצות קריאת ההלל דאיתא במד' בכל קראנו אליו המה היו"ט שנק' מקראי קודש שיכולין בימים הללו לקרוא הקדושה ולהתדבק בו ית'. כדאיתא בזוה"ק בקשו פני אלו זמנייא וחגייא.
ובזמן המקדש הי' מתקיים בפועל ממש לראות פני ה'. ועתה מתקיים בפה ע"י ההלל שהוא התגלות הקדושה.
וצריכין להאמין כי באלה הימים מתגלה כל הארת הנסים שעשה עמנו השי"ת בזמן חירותנו. ומתן תורתנו.
ובזה יכולין להוושע כמ"ש והי' אמונת עתיך חוסן ישועות ע"י האמונה באלה המועדים שנתן לנו השי"ת. מכלל שאמרו חז"ל המבזה המועדות כעובד ע"ז דכ' א-להי מסכה לא תעשה חג המצות תשמור.
א"כ המאמין במועדות מתדבק בהקב"ה בלי מסך מבדיל:
Concernant la mitsva de la lecture du Hallel : il est dit dans le Midrach, 'en tout ce pour quoi nous L'appelons' - ce sont les jours de fête appelés 'convocations saintes', car en ces jours on peut appeler la sainteté et s'attacher à Lui, béni soit-Il. Ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar : 'cherchez Ma face' - ce sont les temps fixés et les fêtes.
Et au temps du Temple cela s'accomplissait réellement, en fait : voir la face de ה'. Et maintenant cela s'accomplit par la bouche, au moyen du Hallel, qui est la révélation de la sainteté.
Et il faut croire qu'en ces jours se révèle tout l'éclairement des miracles que le Saint, béni soit-Il, à faits avec nous au temps de notre liberté et du don de notre Torah. Et par cela on peut être sauvé, comme il est écrit 'la fidélité (emouna) de tes temps sera force de saluts' (Is 33,6), par la foi en ces fêtes que le Saint, béni soit-Il, nous à données.
Cela découle de ce qu'ont dit les Sages : celui qui méprise les fêtes est comme un idolâtre, car il est écrit 'tu ne te feras pas de dieux de métal fondu ; la fête des matzot tu observeras' (Ex 34,17-18). Ainsi, celui qui croit aux fêtes s'attaché au Saint, béni soit-Il, sans écran (masach) qui sépare.
ואמרו חז"ל שנסמך שבת למועדות לומר המקיים מועדות כאלו קיים השבתות והמחלל כו'. ונראה כי ע"י המועדות מקבלין הארת השבת.
דאיתא בשבת אמר הקב"ה מתנה טובה יש לי בבית גנזי כו' לך והודיעם. אם כן שבת הוא סוד ה' ליראיו.
והמועדות שנקראו מועדי ה' הם הזמנים שבנ"י מתדבקין לדעת סוד מתנה הנ"ל. ולכן נק' מקראי קודש כי קודש הוא דבר הנבדל והוא שבת קודש.
ובמועדות מתפשט דעת הארת השבת. לכן קיום המועדות הוא קיום השבתות כנ"ל.
וכיון שהקדושה מתגלה במועדות יש בו הלל יותר מבשבת שהוא בצנעא ובגניזה. והמועדות הם עדות על בנ"י שיש להם דביקות למעלה.
שהרי עיקר המועדות נק' מועדי ה' והם זמנים שמתגלה הקדושה למעלה בעולמות עליונים יותר מבכל השנה. ובאותן הזמנים עצמן נעשה התגלות קדושה וישועה לבנ"י זמן חירותנו מתן תורתנו שמחתנו.
וזה עדות כי נמשכין בנ"י אחר ההנהגה שבשמים. וזה פי' אמונת עתיך כו' שהעתים שמשתנים למעלה צריכין לעשות רושם בנפשות בנ"י למטה.
להיות נמשך אחר עתים הללו. והקדושה שמתחדש במועדות לא הי' מתגלה למטה לולי הכנה שנעשה בבנ"י שהם כלים לקבל הארות הללו.
לכן כתיב אשר תקראו. ישראל דקדשינהו לזמנים:
Et les Sages ont dit que le Chabbat fut juxtaposé aux fêtes pour enseigner : celui qui accomplit les fêtes, c'est comme s'il avait accompli les Chabbats, et celui qui les profane... Et il apparaît que par les fêtes on reçoit l'éclairement du Chabbat.
Car il est enseigné au sujet du Chabbat que le Saint, béni soit-Il, à dit : 'j'ai un bon don dans mon trésor... va et fais-le leur savoir.' Si donc, le Chabbat est 'le secret de ה' pour ceux qui Le craignent' (Ps 25,14). Et les fêtes, appelées 'les temps fixés de ה'', sont les temps où Israël s'attaché pour connaître le secret du don susdit.
C'est pourquoi elles sont appelées 'convocations saintes', car le saint (kodech) est une chose séparée, et c'est le saint Chabbat. Et dans les fêtes se déploie la connaissance (daat) de l'éclairement du Chabbat.
C'est pourquoi l'accomplissement des fêtes est l'accomplissement des Chabbats, comme dit plus haut. Et puisque la sainteté se révèle dans les fêtes, il y a en elles plus de Hallel qu'au Chabbat, qui est en secret et en cachette.
Et les fêtes sont un témoignage (edout) sur Israël, qu'ils ont un attachement en haut. Car l'essence des fêtes est appelée 'les temps fixés de ה'', et ce sont des temps où la sainteté se révèle en haut, dans les mondes supérieurs, plus que dans tout le reste de l'année.
Et en ces temps mêmes se fait une révélation de sainteté et de salut pour Israël : temps de notre liberté, don de notre Torah, notre joie. Et c'est un témoignage qu'Israël est entraîné à la suite de la conduite qui est aux cieux.
Et c'est le sens de 'la fidélité de tes temps' : que les temps qui changent en haut doivent laisser une empreinte dans les âmes d'Israël en bas, pour être entraînés à la suite de ces temps. Et la sainteté qui se renouvelle dans les fêtes ne se révélerait pas en bas sans la préparation qui se fait en Israël, qui sont les vaisseaux (kelim) pour recevoir ces éclairements.
C'est pourquoi il est écrit 'que vous proclamerez' : Israël qui sanctifie les temps.
בפסוק אז ישיר ובמד' נכון כסאך אע"פ שמעולם אתה לא נתישבה כסאך עד שאמרו בניך שירה. דהנה בנ"י נבראו ע"ז להעיד על הבורא ית'.
כדכ' עם זו יצרתי כו' תהלתי יספרו. אכן לא היו יכולים להוציא העדות מכח אל הפועל עד שסייע להם השי"ת בנפלאותיו ושינוי הטבע אז ישיר.
וזה לשון ישיר כמו שדייק רש"י ז"ל עלה בלבם. פי' בכל ימי הגלות היו משתוקקים להוציא אלה הדברים ולא היו יכולין עד עתה.
כדאיתא בזוה"ק שהדיבור הי' בגלות. פי' הנהגתו ית' את העולם הי' בהסתר.
וז"ש ויאמינו פרשנו כבר שהאמינו למפרע על ימי הגלות וחושך. וכדכ' מי כמוכה באלים מי כמוכה נאדר כו'.
פי' חז"ל באלים באלמים ששומע גדופי הרשעים ושותק. והוא ב' התנהגות שיש בעולם.
בחי' הסתר תוך הטבע והגלות וזה באלים. ויש עתים שמתגלה הנהגה שלו בפועל ממש והוא נאדר בקודש נורא תהלות עושה פלא.
ובנ"י העידו עכשיו כי הכל אחד והוא ית' מנהיג כל העולם לפעמים בהסתר בטבע ולפעמים בהתגלות. והי' נצרך להיות השתנות הטבע לפעמים.
להיות דבר שהי' בכלל ויצא מן הכלל. וזהו עדות על כל הכלל שהכל מאתו ית'.
ובודאי הי' יכול השי"ת להוציאנו ממצרים בדרך הטבע ג"כ. אך שהוצרך לנו לסייע לנו לעבודתינו אותו ית' להיות התגלות עולם הנסים ושינוי הטבע.
ושירה זו הוא הפתח שנפתח לכל עבודת בנ"י לכל הדורות כדאיתא במדרש פיה פתחה בחכמה. וז"ש אז ישיר כו' ויאמרו לאמר.
כי אז התחיל הפתח לכל בעלי השיר להיות יוצאים בשיר. ואיתא במד' כי שביעי של פסח הוא כמו ש"ק ע"ש סוף פ' בא.
דכ' ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת. כמו שיש ששת ימי המעשה וביום השבת הוא התכלית של כל ימי המעשה וסהדותא אקרי שבנ"י מעידין עליו ית' שזה הוא תכלית הבריאה.
וכזה ניתקן באלה הז' ימים. ששת ימים תאכל מצות הוא רפואה והכנה על ימי המעשה של כל השנה.
ויום הז' עצרת כנופיא. הוא יום השירה שהוא סהדותא ותכלית כל יצ"מ.
וכ' במקהלות ברכו אלקים שא"י לומר זו השירה עד שנעשה אחדות אחד. ואמת ג"כ שכפי העדות והשירה כך מתאחדין להיות אחד.
וב' המדריגות אין להם שיעור שע"י האחדות מתגברין בשירה ואח"כ באין לאחדות יותר אמיתית ולשירה עליונה ביותר. וכן הוא לעולם.
יש שירה למעלה משירה. וזה ויאמרו לאמר אשירה כו' כי גאה גאה א"כ אין לדבר סוף:
ואיתא כנסי' שהיא לשם שמים סופה להתקיים וכמו כן מחלוקת שהיא לשם שמים. וב' אלו הם בימי הגלות וימי הגאולה.
ימי המעשה. ויום השבת.
ובנ"י הוצרכו להלחם עם כל הסט"א. ואיתא והנה מצרים נוסע אחריהם כאיש אחד.
ואז כשזה קם זה נופל. ע"כ הי' אז בישראל ד' כתות.
אלו אמרו המבלי אין קברים. ואלו צעקו לה'.
אבל בנ"י נשארו בהאחדות. ובסט"א נאמר שארי בחבורא וסיים בפרודא.
ובנ"י באים בסוף אל האחדות. מטעם שכל כוונתם לשם שמים.
וכל זאת הוצרך להתברר כי הרשעים אפילו שמתחברין וגם השורש שלהם מסייע להם כמו שדרשו שרן של מצרים נוסע. אעפ"כ בסוף יתפרדו כל פועלי און.
אבל בנ"י אפילו הם מפוזרין בגלות ובהסתרות פנים נגאלין לבסוף. ותהלוכות בנ"י בגלות הוא ג"כ הנהגה מיוחדת לא במקרה.
וכ' המגביהי לשבת המשפילי לראות. הוא רמז לב' הנהגות שהשי"ת מנהיג הטבע ומשגיח על כל שפל והוא ענין ימי המעשה ע"י התלבשות בטבע.
ומגביה לשבת הוא בחי' יום השבת הנהגה שלמעלה מן הטבע. וכמ"ש לעיל בענין מי כמוכה באלים באלמים הוא הנהגת הטבע בימי המעשה.
נאדר בקודש הוא ביום השבת כמ"ש בזוה"ק אמור. וכמו כן הנהגת בנ"י לפעמים בגלות ובהסתר.
ולפעמים בהתגלות הקדושה. וכתיב אני חבצלת השרון הוא בזמן הגאולה וביום השבת שנק' סהדותא כדכתיב עם זו יצרתי כו' תהלתי יספרו.
ואז בנ"י נשמרין בפריסת סוכת שלום ונק' שושנת העמקים כדפרש"י ז"ל שעומדת במקום משומר. ובנ"י מצפים לימים הללו.
אבל התשובה מהקב"ה כשושנה בין החוחים כו' שיותר חשיבות לפניו ית' כשבנ"י הם תוך החוחים ואעפ"כ הם עומדים באמונתם והוא בימי הגלות. וימי המעשה.
ובמד' יונתי בחגוי הסלע כו' שרצה הקב"ה לשמוע קולם לכן גירה בהם המצריים. והוא פלא היתכן שיהיו מצטערין כדי לשמוע קולן.
אבל הענין כי בוודאי כחן של בנ"י בפה כמ"ש הקול קול יעקב והוא בכח התורה. אבל בעוד שלא זכו לתורה הי' נצרך להיות התעוררות קול יעקב ע"י הגלות ויסורים.
וזהו מוציא אסירים בכושרות שיש שנפתח הלב לצאת מתוך הסתרות הגשמיות לפעמים ע"י יסורים ובכיה. ולפעמים ע"י שמחה ושירה בתורה ומצות.
ואז עדיין לא היו מתוקנים כראוי ולכן כ' יונתי בחגוי הסלע. שהתקשרות דביקות בנ"י בהקב"ה הי' עוד בהסתר ולא היו יכולין לפתוח פנימיות הלב רק ע"י צעקה.
ולבסוף כתיב אז ישיר הוא הפתיחה ע"י שירה וזמרה. והוא הנהגה המיוחדת בשבת טוב להודות לה'.
ובמד' נכון כסאך כו' ע"ש. והענין הוא דאיתא בעשרה מאמרות נברא העולם להפרע מן הרשעים ולתת שכר טוב לצדיקים שמקיימין העולם שנברא בעשרה מאמרות.
א"כ תיקון העולם תליא בצדיקים. וכ"ז נתברר ביצ"מ להפרע מן הרשעים.
וע"י העשר מכות ועשרה נסים נתקן העולם. ונתברר על ידי בנ"י שהקב"ה מנהיג העולם וכל הטבע.
ומקודם יצ"מ לא הי' יכול להתגלות הקדושה בעולם וזה המשל כביכול עומד. וביצ"מ נתקן העולם להיות יכול לקבל הנהגה עליונה שלמעלה מן הטבע.
וזה עצמו ענין יום השבת שנקרא ע"ש זה כמ"ש בנוסח לאל אשר שבת. נתעלה וישב על כסא (קדשו) [*כבודו].
שבשבת מתגלה הקדושה בעולם. וביצ"מ נעשו בנ"י כלים לקבל הארת השבת.
לכן כתיב וזכרת כי עבד היית כו' על כן צוך כו' לעשות כו' יום השבת. וז"ש ואתה קדוש שהוא מרומם מכל השגה ואעפ"כ יושב תהלות ישראל.
שע"י בנ"י עם זו יצרתי מתגלה קדושתו ית' גם בעוה"ז. וכל השירה אמרו בנ"י על התגלות קדושתו ית' בעולם כמ"ש את השירה הזאת לה'.
ואיתא במכילתא לה' אמרוה. כי לא היו שמחין בגאולתן כל כך כמו ששמחו ע"ז הגיאות שעשה הקדוש ב"ה בעבורם.
וכן כ' על ישראל גאותו ועוזו בשחקים. פי' למעלה בשמים הכל יריאים ומלאים פחד מעוז גבורת שמו ית'.
אבל בעוה"ז הסתיר הקב"ה להיות הטבע שולט בעולם רק ע"י בנ"י מגלה הקב"ה הנהגה שלו ונגלה כבוד ה' בעולם. וזה נק' יושב שכביכול הוא עצמו מנהיג העולם.
ומקודם נאמר עמד וימודד ארץ להיות הכל במדה וקצבה. אבל כשמתגלה הנהגה שלו הוא בלי סוף וקץ ותכלית ומדה.
והוא בחי' השבת כמש"ל. וזה מתגלה רק בעבור בנ"י יושב תהלות ישראל כנ"ל:
Sur le verset 'alors chanta [Moché]' (Ex 15,1), et dans le Midrach 'ton trône est établi' (Ps 93,2) : bien que 'de toute éternité Tu es', ton trône ne s'est établi que lorsque tes enfants ont dit le chant. Car voici, Israël à été créé pour cela, pour témoigner du Créateur, béni soit-Il, comme il est écrit 'ce peuple que j'ai forme pour moi, ils raconteront ma louange' (Is 43,21).
Mais ils ne pouvaient faire passer le témoignage de la puissance à l'acte, jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, les aide par ses merveilles et le changement de la nature : 'alors il chanta.' Et c'est le sens du mot 'yachir' (au futur), comme Rachi l'à précise : cela monta dans leur cœur. C'est-à-dire : durant tous les jours de l'exil ils aspiraient à faire sortir ces paroles et ne le pouvaient pas jusqu'à présent.
Comme il est dit dans le saint Zohar que la parole (dibbour) était en exil, c'est-à-dire que sa conduite du monde était dans le voilement. Et c'est 'et ils crurent' - nous avons déjà expliqué qu'ils crurent rétroactivement au sujet des jours d'exil et de ténèbres.
Et comme il est écrit 'qui est comme Toi parmi les puissants (elim), qui est comme Toi...' (Ex 15,11) ; les Sages ont expliqué 'ba-elim' comme 'ba-ilmim' (parmi les muets), qui entend les blasphèmes des méchants et se tait. Et ce sont les deux conduites qu'il y a dans le monde : l'aspect du voilement au sein de la nature et de l'exil, et c'est 'ba-elim' ; et il y a des temps où sa conduite se révèle réellement, en fait, et c'est 'glorieux en sainteté, redoutable en louanges, faiseur de merveille.' Et Israël à témoigné alors que tout est un, et que Lui, béni soit-Il, conduit tout le monde, parfois dans le voilement au sein de la nature et parfois dans la révélation.
Et il fallait qu'il y eut un changement de la nature parfois, pour qu'une chose comprise dans la règle générale en sorte pour enseigner sur l'ensemble. Et c'est un témoignage sur toute la règle, que tout vient de Lui, béni soit-Il.
Et assurément le Saint, béni soit-Il, aurait pu nous faire sortir d'Égypte par voie de nature aussi ; seulement il nous était nécessaire, pour nous aider dans notre service envers Lui, qu'il y eut une révélation du monde des miracles et un changement de la nature. Et ce chant est l'ouverture qui s'est ouverte pour tout le service d'Israël dans toutes les générations, comme il est dit dans le Midrach 'sa bouche elle à ouverte avec sagesse' (Pr 31,26).
Et c'est 'alors il chanta... et ils dirent en disant', car alors commença l'ouverture pour tous les maîtres du chant, pour sortir dans le chant. Et il est dit dans le Midrach que le septième jour de Pessa'h est comme le Chabbat, voir la fin de la parachat Bo.
Car il est écrit 'six jours tu mangeras des matzot et le septième jour est atzeret (assemblée)' (Dt 16,8). De même qu'il y a six jours ouvrables et qu'au jour du Chabbat est la finalité de tous les jours ouvrables, et cela est appelé 'témoignage' (sahadouta), qu'Israël témoigne de Lui, béni soit-Il, que c'est la finalité de la création ; de même fut institué en ces sept jours : 'six jours tu mangeras des matzot' est une guérison et une préparation pour les jours ouvrables de toute l'année ; et le septième jour, atzeret, rassemblement, est le jour du chant, qui est témoignage et finalité de toute la sortie d'Égypte.
Et il est écrit 'dans les assemblées bénissez Elokim' (Ps 68,27), car on ne peut dire ce chant qu'une fois faite une unité unique. Et il est vrai aussi que selon le témoignage et le chant, ainsi s'unissent-ils pour devenir un.
Et ces deux niveaux n'ont pas de mesure, car par l'unité ils se renforcent dans le chant, et ensuite ils viennent à une unité plus véritable et à un chant plus élevé encore. Et il en est ainsi pour toujours : il y a un chant au-dessus du chant.
Et c'est 'et ils dirent en disant : je chanterai... car il s'est hautement élève' (Ex 15,1) ; ainsi la chose n'à pas de fin. Et il est dit : une assemblée (knessiya) qui est au nom du Ciel, sa fin est de subsister, et de même une controverse (mahloket) qui est au nom du Ciel.
Et ces deux sont dans les jours de l'exil et les jours de la délivrance : les jours ouvrables, et le jour du Chabbat. Et Israël dut combattre toute la sitra achra (l'autre côté).
Et il est écrit 'et voici l'Égypte voyageant après eux comme un seul homme' (Ex 14,10). Et alors, quand celui-ci se lève, celui-là tombe.
C'est pourquoi il y avait alors en Israël quatre factions : ceux-ci disaient 'est-ce faute de tombeaux...' et ceux-là criaient vers ה'. Mais Israël demeura dans l'unité.
Et de la sitra achra il est dit 'elle commence dans l'union et finit dans la séparation.' Et Israël vient à la fin à l'unité, parce que toute son intention est au nom du Ciel. Et tout cela devait être clarifié, car les méchants, même lorsqu'ils s'unissent et que même leur racine les assiste - comme on a expliqué que le prince d'Égypte voyage - malgré cela, à la fin, 'tous les ouvriers d'iniquité se séparent' (Ps 92,10).
Mais Israël, même s'ils sont dispersés dans l'exil et dans le voilement de la face, sont délivrés à la fin. Et les cheminements d'Israël dans l'exil sont eux aussi une conduite particulière, non par hasard.
Et il est écrit 'qui s'élève pour siéger, qui s'abaisse pour voir' (Ps 113,5-6) : c'est une allusion aux deux conduites, que le Saint, béni soit-Il, conduit la nature et veille sur tout être humble, et c'est le thème des jours ouvrables, par le revêtement dans la nature ; et 'qui s'élève pour siéger' est l'aspect du jour du Chabbat, une conduite au-dessus de la nature. Et comme dit plus haut au sujet de 'qui est comme Toi parmi les muets' : c'est la conduite de la nature dans les jours ouvrables ; 'glorieux en sainteté' est au jour du Chabbat, comme il est écrit dans le Zohar Emor.
Et de même la conduite d'Israël, parfois dans l'exil et le voilement, et parfois dans la révélation de la sainteté. Et il est écrit 'je suis le narcisse du Sharon' (Ct 2,1) : c'est au temps de la délivrance et au jour du Chabbat, qui est appelé témoignage, comme il est écrit 'ce peuple que j'ai forme... ils raconteront ma louange.' Et alors Israël est garde sous le déploiement de la souccah de paix, et est appelé 'lis des vallées', comme l'à expliqué Rachi, qu'il se tient en un lieu protège.
Et Israël attend ces jours. Mais le retour (techouva) venant du Saint, béni soit-Il, est 'comme un lis parmi les épines...', car il y a plus d'importance devant Lui, béni soit-Il, quand Israël est au milieu des épines et se tient malgré tout dans sa foi, et c'est dans les jours de l'exil et les jours ouvrables.
Et dans le Midrach 'ma colombe dans les creux du rocher...' : le Saint, béni soit-Il, voulait entendre leur voix, c'est pourquoi il excita contre eux les Égyptiens. Et c'est une merveille : comment se peut-il qu'ils souffrent afin qu'on entende leur voix ?
Mais le sens est qu'assurément la force d'Israël est dans la bouche, comme il est écrit 'la voix est la voix de Yaakov', et c'est par la puissance de la Torah. Mais tant qu'ils n'avaient pas encore mérite la Torah, il fallait que l'éveil de la voix de Yaakov se fit par l'exil et les souffrances.
Et c'est 'il fait sortir les prisonniers dans les biens (kocharot)' (Ps 68,7) : il arrive que le cœur s'ouvre pour sortir des voilements de la matérialité, parfois par les souffrances et les pleurs, et parfois par la joie et le chant dans la Torah et les mitsvot. Et alors ils n'étaient pas encore rectifiés comme il convient, c'est pourquoi il est écrit 'ma colombe dans les creux du rocher', car le lien de l'attachement d'Israël au Saint, béni soit-Il, était encore dans le voilement, et ils ne pouvaient ouvrir l'intériorité du cœur que par le cri.
Et à la fin il est écrit 'alors il chanta', qui est l'ouverture par le chant et la mélodie. Et c'est la conduite particulière au Chabbat, 'il est bon de rendre grâce à ה'' (Ps 92,1).
Et dans le Midrach 'ton trône est établi...', voir la-bas. Et le sens est qu'il est dit : par dix paroles le monde fut créé, pour châtier les méchants et pour donner bonne récompense aux justes qui maintiennent le monde créé par dix paroles.
Si donc, la rectification du monde dépend des justes. Et tout cela fut clarifié à la sortie d'Égypte, pour châtier les méchants.
Et par les dix plaies et les dix miracles le monde fut rectifie. Et il fut clarifié par Israël que le Saint, béni soit-Il, conduit le monde et toute la nature.
Et avant la sortie d'Égypte la sainteté ne pouvait se révéler dans le monde, et c'est le sens de l'image, pour ainsi dire, 'se tenant debout'. Et à la sortie d'Égypte le monde fut rectifie pour pouvoir recevoir une conduite supérieure, au-dessus de la nature.
Et c'est cela même le thème du jour du Chabbat, qui est nomme d'après cela, comme il est dit dans la formule 'au Dieu qui s'est reposé... il s'éleva et siégea sur le trône de (sa sainteté) [sa gloire]', car au Chabbat la sainteté se révèle dans le monde. Et à la sortie d'Égypte Israël devint des vaisseaux pour recevoir l'éclairement du Chabbat.
C'est pourquoi il est écrit 'et tu te souviendras que tu as été esclave... c'est pourquoi ה' t'à ordonné... de faire... le jour du Chabbat' (Dt 5,15). Et c'est 'et Toi, saint' : il est exalté au-dessus de toute appréhension, et malgré cela 'il siège parmi les louanges d'Israël' (Ps 22,4).
Car par Israël, 'ce peuple que j'ai forme', se révèle sa sainteté, béni soit-Il, aussi en ce bas monde. Et tout le chant, Israël l'à dit sur la révélation de sa sainteté, béni soit-Il, dans le monde, comme il est écrit 'ce chant-ci à ה''.
Et il est dit dans la Mekhilta : 'à ה' ils l'ont dit', car ils ne se réjouissaient pas tant de leur délivrance que de cette grandeur (geout) que le Saint, béni soit-Il, à opérée pour eux. Et de même il est écrit sur Israël 'sa majesté et sa puissance sont dans les cieux' (Ps 68,35).
C'est-à-dire : en haut dans les cieux tous craignent et sont pleins d'effroi devant la puissance de la force de son Nom, béni soit-Il ; mais en ce bas monde le Saint, béni soit-Il, à caché cela, laissant la nature dominer dans le monde ; seulement par Israël le Saint, béni soit-Il, révélé sa conduite, et la gloire de ה' se révèle dans le monde. Et cela est appelé 'il siège', car, pour ainsi dire, Lui-même conduit le monde.
Et auparavant il est dit 'il se tint et mesura la terre' (Ha 3,6), pour que tout soit en mesure et en limite ; mais lorsque sa conduite se révèle, elle est sans fin, sans terme, sans finalité et sans mesure. Et c'est l'aspect du Chabbat, comme dit plus haut.
Et cela ne se révèle que grâce à Israël, 'il siège parmi les louanges d'Israël', comme dit plus haut.
במד' איתא מה אדם יחידי עשיתי לו יבשה עדה שלימה שעתידה לומר לפני זה אלי עאכו"כ. והמפרשים מקשים הלא כל בני ישראל היו כלולים באדה"ר.
ואין זה קושיא של כלום. כי בוודאי מאחר שכל העולם נברא בשביל בנ"י.
ואז עדיין לא הי' מבורר קדושת בנ"י. והתערובות של הרשעים מכסה הקדושה.
ואעפ"כ ע"י שראה הקב"ה שעתידין בני ישראל לצאת ממנו נעשה יבשה. על אחת כו"כ להיות נקרע הים עבור בנ"י ביחוד שהם המבוררים בלי פסולת שעתידין לומר זה אלי כו':
Dans le Midrach il est dit : de même que pour Adam, un être unique, j'ai fait paraître la terre sèche, à plus forte raison pour une communauté entière qui est destinée à dire devant moi 'celui-ci est mon Dieu', à bien plus forte raison. Et les commentateurs objectent : tout Israël n'était-il pas inclus dans Adam le premier homme ?
Et ce n'est la aucune objection. Car assurément, puisque le monde entier fut créé pour Israël, et qu'alors la sainteté d'Israël n'était pas encore clarifiée, et que le mélange des méchants recouvre la sainteté, et malgré cela, parce que le Saint, béni soit-Il, à vu qu'Israël est destiné à sortir de lui, la terre sèche fut faite : à bien plus forte raison que la mer soit fendue pour Israël en particulier, eux qui sont les clarifiés, sans scorie, destinés à dire 'celui-ci est mon Dieu...'
תרנ"א
[תרנ״א] (année 5651)
ליל שמורים הוא לשון רבים. כי מצפין כביכול גם בשמים להיות בא ליל גאולה.
ומכש"כ למטה שצריכין כל ימי השנה לשמור הלילה הזאת שהוא זמן גאולה. וכפי השמירה ששומרין ומצפין כל ימי השנה כך נפתח הארת הגאולה בליל שמורים.
וי"ל עוד ליל שמורים הי' עד שבאה הגאולה דיצ"מ ומאז ועד עתה הוא הלילה בתוספת ה'. שמורים לכל הדורות:
'Leil chimourim' (nuit de garde) est au pluriel. Car on veille, pour ainsi dire, aussi dans les cieux à ce que vienne la nuit de la délivrance.
Et à plus forte raison en bas, où il faut, tous les jours de l'année, garder cette nuit, qui est le temps de la délivrance. Et selon la garde que l'on garde et l'attente que l'on maintient tous les jours de l'année, ainsi s'ouvre l'éclairement de la délivrance en la nuit de garde.
Et l'on peut dire encore : 'leil chimourim' fut jusqu'à ce que vint la délivrance de la sortie d'Égypte, et depuis lors et jusqu'à présent c'est la nuit avec l'ajout du ה', 'gardée' (chimourim) pour toutes les générations.
Dans le récit de la Haggada : « Au commencement, nos ancêtres étaient idolâtres ». Pour le Sfat Emet, telle est la raison de l'exil d'Égypte : le péché d'Adam a mêlé bien et mal ; les âmes d'Israël passent par le creuset de fer, sortent armées de Hachem, épurées, le rebut restant en Égypte. Il rapporte de l'Ari Z"L que l'homme domine l'homme pour le malheur de celui qui asservit. Matsa et maror sont les deux réparations (tikounim) : retrait des scories et sortie des âmes saintes. « Et nous, Il nous a fait sortir de là », plein d'un vav, fait allusion au signe de l'alliance sainte, pour que se révèlent lumière et sainteté dans l'homme : c'est l'essentiel de la liberté.
Aussi : le sage : la joie de la liberté surpasse tous les degrés et l'on ne conclut pas par un afikoman ; Pessa'h, Chavouot et Souccot donnent guevoura, sagesse et richesse ; de la nuit de Pessa'h demeure une protection pour toute l'année
בסיפור הגדה מתחלה עובדי ע"ז היו אבותינו כו'. נראה כי זאת היה טעם גלות מצרים ע"י שבחטא הקודם נעשה תערובות טו"ר והוצרכו נפשות בנ"י להיות בכור הברזל ונתקיים בהם הגו סיגים מכסף ויצא לצורף כלי ויצאו להיות נק' צבאות ה' ונתבררו.
והפסולת נשאר במצרים. ובזה מתקיים הפ' עת אשר שלט האדם באדם לרע לו.
ע"י תערובות רע שיש באדם לכן שלטו בהם המצריים וקבלו הרע כדפי' האר"י ז"ל לרע לו לאותו האדם שעובד בהם. והנה כמו כן הי' מתערב נשמות קדושות במצרים שהיו צריכין להעלותן משם.
כי כך הוא המדה כי [*ע"י] התדבקות פסולת בסטרא דקדושה מתפשט הארות קדושות במקומות אחרים. וכ"ז נתברר בגלות מצרים.
ולפי"ז א"ש ואותנו הוציא משם ממש. כי הכניס הקב"ה דורות הראשונים בעבודה קשה כדי להוציא משם כל הנשמות.
וזה טעם מצה ומרור. על ב' התקונים שנעשה בהסרת הסיגים.
וביציאת הנ"ק שהיה נבלע בהם. ואותנו הוציא משם כתיב מלא בו' לרמוז על אות ברית קודש שהי' צריך תיקון ע"י יציאת מצרים.
לכן אומרים שהוצאתנו מארץ מצרים כו' ועל בריתך שחתמת בבשרנו. וכ"כ פקוד יפקוד כו' והעליתם את עצמותי.
לרמוז כי הגאולה הי' בתיקון הברית כמ"ש ויקח משה כו' עצמות יוסף. כי אות ברית קודש ניתן שיתגלה אור וקדושה באדם.
וזהו עיקר החירות. וכל זמן שהסט"א מושלת אין האור מתגלה כראוי.
הגם שכל אדם מישראל נימול אבל האור צריך להיות מאיר ובא. ובזמן גאולה מתגלה האור.
וכמו כן בעליות רגלים דכתיב יראה כל זכורך שהם זכר ליציאת מצרים. וכל הגאולה תליא בזה כמ"ש ה' א-להיך מתהלך כו' להצילך הוא בימי הגלות.
ולתת אויביך לפניך בבוא הגאולה. ולא יראה בך ערות דבר.
וז"ש אנכי ארד כו' אעלך כו'. ויוסף ישית ידו שזה אור המתגלה אחר הגאולה כנ"ל:
Dans le récit de la Haggada : 'Au commencement, nos ancêtres étaient idolâtres', etc. Il apparaît que telle fut la raison de l'exil d'Égypte : parce que par le péché précédent (celui d'Adam) s'est produit un mélange de bien et de mal (tov va-ra), et les âmes des enfants d'Israël ont eu besoin de passer par le creuset de fer, et s'est accompli en eux 'ôte les scories de l'argent et il en sortira un vase pour l'orfèvre' (Proverbes 25,4), et ils sont sortis pour être appelés 'armées de ה'' (tsivot Hachem), et ils ont été épurés.
Et le rebut est resté en Égypte. Par la s'accomplit le verset 'un temps où l'homme domine l'homme pour son malheur' (Ecclésiaste 8,9) : c'est par le mélange de mal qui est dans l'homme que les Égyptiens ont domine sur eux et ont reçu le mal, comme l'à expliqué le Ari zal, 'pour son malheur' (le-ra lo) : pour le malheur de cet homme même qui les asservit.
Et de même étaient mélangées des âmes saintes en Égypte, qu'il fallait en faire remonter. Car telle est la règle : par l'attachement du rebut au côté de sainteté (sitra di-kdoucha) se diffusent des lumières saintes en d'autres lieux.
Et tout cela fut épuré dans l'exil d'Égypte. Selon cela se comprend bien 'et nous, Il nous à fait sortir de la' (Deutéronome 6,23) au sens littéral : car le Saint béni soit-Il à fait entrer les premières générations dans un dur labeur afin d'en faire sortir toutes les âmes.
Et telle est la raison de la matsa et du maror : pour les deux réparations (tikounim) qui se sont faites par le retrait des scories et par la sortie des âmes saintes qui y étaient englouties. 'Et nous (otanou) Il nous à fait sortir de la' est écrit plein avec un vav, pour faire allusion au signe de l'alliance sainte (ot berit kodech) qui avait besoin de réparation par la sortie d'Égypte. C'est pourquoi on dit 'que Tu nous as fait sortir du pays d'Égypte, etc. et pour Ton alliance que Tu as scellée dans notre chair'.
Et de même 'Il vous visitera certainement, etc. et vous ferez monter mes ossements' (Genèse 50,25), pour faire allusion que la délivrance s'est faite par la réparation de l'alliance, comme il est écrit 'Moche prit, etc. les ossements de Yossef' (Exode 13,19). Car le signe de l'alliance sainte à été donné pour que se révèlent lumière et sainteté dans l'homme.
Et c'est la l'essentiel de la liberté. Tant que le sitra a'hra domine, la lumière ne se révèle pas comme il faut.
Bien que tout homme d'Israël soit circoncis, la lumière doit cependant rayonner et venir. Et au temps de la délivrance la lumière se révèle.
Et de même dans les montées de pèlerinage (aliyot regalim), dont il est écrit 'tout mâle paraîtra' (Exode 23,17), qui sont un rappel de la sortie d'Égypte. Et toute la délivrance en dépend, comme il est écrit 'ה' ton Dieu marche, etc. pour te délivrer' (Deutéronome 23,15) -- cela aux jours de l'exil -- 'et pour livrer tes ennemis devant toi' -- à la venue de la délivrance -- 'et qu'Il ne voie chez toi rien d'indécent'.
Et c'est ce qui est dit 'Moi Je descendrai, etc. Je te ferai remonter, etc. et Yossef posera sa main' (Genèse 46,4), car c'est la lumière qui se révèle après la délivrance, comme ci-dessus.
חכם אומר מה העדות כו' אין מפטירין אחר הפסח אפיקומן. כי הנה כתיב זכרתי לך חסד נעוריך כו' לכתך אחרי במדבר בארץ לא זרועה.
כי כשיצאנו ממצרים עדיין לא היו לנו שום השגה בידיעת דרכי התורה והמצות עד שנתן לנו הקב"ה התורה ושאר המעלות טובות. וביציאת מצרים היה העיקר היציאה לחירות להיות נכנסין בכלל עבדי ה'.
וכמו כן בכל שנה הוא זמן חירותינו עתה שנעשה כל איש ישראל בן חורין ונפדה מכל מאסר והתקשרות שנקשר בהבלי עולם. ואח"כ בחג השבועות מתעורר זמן מתן תורה כנ"ל.
ולכן החכם שמוכן תמיד לכנוס בשערי חכמה ודעת. ובלילה הזו הוא שער החירות ולא יותר.
ולכן שואל מה שמחה זו עושה אחר שכבר זכינו אח"כ למעלות רבות מזאת. והתירוץ הוא אין מפטירין אחר הפסח אפיקומן ששמחת החירות עתה הוא עולה על כל המדריגות שהוא בחי' לכתך אחרי כו' בארץ לא זרועה.
ואין לבקש השגות רק להיות נמשך אחר מלכותו ית'. וכן הנוסח כמה מעלות טובות למקום אלו הוציאנו כו' דיינו.
שמתוך מעלת היציאה לחירות זכינו אח"כ לכל המעלות. וז"ש על אחת כו' טובה כפולה ומכופלת.
פי' שיצ"מ היא מעלה אחת כפילה כו' שמזה באנו לכל המעלות האחרות. ומכש"כ עתה בגלות בוודאי אנו מצפין רק לגאולה וע"ז מבקשין משכני אחריך נרוצה כמו שנמשכנו אחריו ית' בארץ לא זרועה הגם שלא ידענו מדרך התורה ומצות.
ומכש"כ עתה שכבר הביאני המלך חדריו. בוודאי נגילה ונשמחה בך להיות נמשך אחריו בארץ לא זרועה דכ' כימי צאתך כו' אראנו נפלאות.
א"כ יהיה אחר גאולה העתידה ג"כ המשכה בארץ לא זרועה כי יתחדש דרך חדש כדכ' תורה חדשה מאתי תצא:
'Le sage dit : Que sont ces témoignages, etc.' 'On ne conclut pas après le sacrifice pascal par un afikoman.' Car voici il est écrit 'Je me souviens en ta faveur de la bonté de ta jeunesse, etc. ta marche derrière Moi dans le désert, dans une terre non ensemencée' (Jérémie 2,2). Car lorsque nous sommes sortis d'Égypte, nous n'avions encore aucune appréhension dans la connaissance des voies de la Torah et des commandements, jusqu'à ce que le Saint béni soit-Il nous donne la Torah et les autres bonnes qualités.
Et à la sortie d'Égypte l'essentiel était la sortie vers la liberté, pour entrer dans la catégorie des serviteurs de ה'. Et de même chaque année, c'est maintenant le temps de notre liberté, où chaque homme d'Israël devient un homme libre et est racheté de toute prison et de tout attachement par lequel il est lié aux vanités du monde.
Et ensuite, à la fête de Chavouot, s'éveille le temps du don de la Torah, comme ci-dessus. C'est pourquoi le sage, qui est toujours prêt à entrer dans les portes de la sagesse et de la connaissance -- et en cette nuit c'est la porte de la liberté et rien de plus -- c'est pourquoi il demande : quelle joie représente celle-ci, alors que nous avons déjà mérite ensuite des niveaux bien supérieurs à celui-ci ?
Et la réponse est : 'on ne conclut pas après le sacrifice pascal par un afikoman', car la joie de la liberté maintenant surpasse tous les degrés, elle est de l'ordre de 'ta marche derrière Moi, etc. dans une terre non ensemencée'. Et il ne faut pas chercher des appréhensions, seulement se laisser entraîner derrière Sa royauté, qu'Il soit béni.
Et de même le texte 'Combien de bienfaits l'Omniprésent à-t-Il faits pour nous : s'Il nous avait fait sortir, etc. cela nous aurait suffi (dayenou)'. Car c'est de la grandeur de la sortie vers la liberté que nous avons ensuite mérite tous les niveaux.
Et c'est ce qui est dit 'à plus forte raison, etc. un bienfait double et redoublé'. Explication : la sortie d'Égypte est un niveau unique, redoublé, etc., car de lui nous sommes venus à tous les autres niveaux.
Et à plus forte raison maintenant, en exil, nous n'espérons certainement que la délivrance, et pour cela nous demandons 'entraîne-moi derrière toi, courons' (Cantique 1,4), comme nous nous sommes laissés entraîner derrière Lui, qu'Il soit béni, dans une terre non ensemencée, bien que nous ne connaissions pas la voie de la Torah et des commandements. Et à plus forte raison maintenant que 'le roi m'à déjà fait entrer dans ses appartements' (Cantique 1,4), certainement 'nous exulterons et nous réjouirons en toi', pour nous laisser entraîner derrière Lui dans une terre non ensemencée, comme il est écrit 'comme aux jours de ta sortie, etc.
Je lui ferai voir des merveilles' (Michee 7,15). Ainsi il y aura après la délivrance future également un entraînement dans une terre non ensemencée, car une voie nouvelle se renouvellera, comme il est écrit 'une Torah nouvelle sortira de Moi' (cf.
Isaie 51,4).
בשיר השירים ישקני מנשיקות פיהו. פיו הול"ל.
וי"ל כמ"ש במד' איכה פיהו מריתי פיו ופי סירסורו ע"ש. והנה הרמז על תורה שבכתב ושבע"פ.
ופי סירסורו הוא משה רבינו ע"ה. ואח"כ מצאתי בזוה"ק פקודי בהיכל ששי.
הרצון. כתב דמשה ידבר כי' הוא נשיקין הנ"ל ושמחתי ע"ד אמת:
Dans le Cantique des cantiques : 'Qu'il me baise des baisers de sa bouche (pihou)' (Cantique 1,2). Il aurait dû dire 'sa bouche (piv)'.
On peut expliquer selon ce qui est dit dans le Midrach Eikha : 'sa bouche (pihou)' -- j'ai désobéi à sa bouche (piv) et à la bouche de son intermédiaire (sarsour)', vois-y. Et voici, l'allusion est à la Torah écrite et à la Torah orale.
Et 'la bouche de son intermédiaire' est Moche notre maître, sur lui la paix. Et ensuite j'ai trouvé dans le saint Zohar Pekoudei, au sixième palais, 'ha-ratson' (la volonté), il est écrit que 'Moche parlera', etc. -- c'est le baiser mentionné ci-dessus, et je me suis réjoui de constater la vérité.
איתא בגמ' בפסח על התבואה אמר הקב"ה הביאו לפני עומר כדי שיתברך לכם תבואה כו' שתי הלחם בעצרת כו'. וכן הוא בפסוק חג האביב.
קציר. אסיף.
דצריכין להבין למה הוצרך הברכה הלא העילם נברא שתתן הארץ יבולה. אך ע"י חטא הראשון שנגזר ארורה האדמה כו' בעצבון תאכלנה כו' וקוץ ודרדר תצמיח.
הוא שנתערב פסולת ע"י אכילת עה"ד טו"ר. אכן ביצ"מ נבררו בנ"י ובכחם לברר בכל מקום להוציא הפסולת מתוך האוכל.
והוא הלחם עוני שזכו בנ"י להוציא הלחם מקללה לברכה ע"י העינוי במצרים. ובזה נתקיים בעצבון תאכלנה.
וחז"ל אמרו לחם עוני שעונין עליו דברים. הרמז שבסיפור יצ"מ מתקנים עתה כל מה שהיו צריכין אז לתקן ע"י עבודה קשה.
ויש רמז כתיב התם בעצבון תאכלנה כל ימי חייך וכ' הכא למען תזכור כו' יום צאתך מארץ מצרים כל ימי חייך. שע"י זכירת יצ"מ יכולין לברר התערובות ולזכות להארת עץ החיים.
כי אחר שנתקללה האדמה א"א לשרות הברכה רק ע"י בנ"י שהם כלי מחזיק ברכה ויכולין להביא הברכה באביב קציר אסיף [והמועדות הם מבררין בחי' עץ הדעת לברר הטוב מהתערובות לכן נק' ימים טובים. ושבת הוא בחי' עץ החיים.
וכן הוא בזוה"ק בהיכלות דפקודי כי שבת ור"ח נפתח שער החיים ע"ש ד' רמ"ח]:
Il est enseigné dans la Guemara : 'À Pessa'h on est juge sur les récoltes ; le Saint béni soit-Il à dit : Apportez devant Moi le omer afin que les récoltes vous soient bénies, etc. ; les deux pains à Atseret (Chavouot), etc.' (Roch Hachana 16a). Et de même dans le verset 'la fête du printemps (aviv), la moisson (katsir), la récolte (assif)' (cf.
Exode 23,16). Car il faut comprendre pourquoi la bénédiction était nécessaire : le monde n'à-t-il pas été créé pour que la terre donne son produit ?
Mais par le péché originel (d'Adam), où fut décrété 'maudit soit le sol, etc. c'est dans la peine que tu en mangeras, etc. et il fera pousser épines et chardons' (Genèse 3,17-18) : c'est que le rebut s'est mélangé par la consommation de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Cependant, à la sortie d'Égypte les enfants d'Israël ont été épurés, et ils ont le pouvoir d'épurer en tout lieu, d'extraire le rebut du milieu de la nourriture.
Et c'est le 'pain de misère' (le'hem oni), car les enfants d'Israël ont mérité de faire sortir le pain de la malédiction vers la bénédiction par l'affliction en Égypte. Et par la s'accomplit 'dans la peine tu en mangeras'.
Et nos Sages ont dit 'pain de misère (le'hem oni) : sur lequel on répond (she-onin) des choses' -- l'allusion est que dans le récit de la sortie d'Égypte on répare maintenant tout ce qu'il fallait alors réparer par un dur labeur. Et il y a une allusion : il est écrit la-bas 'dans la peine tu en mangeras tous les jours de ta vie' (Genèse 3,17), et il est écrit ici 'afin que tu te souviennes, etc. du jour de ta sortie du pays d'Égypte tous les jours de ta vie' (Deutéronome 16,3).
Car par le souvenir de la sortie d'Égypte on peut épurer le mélange et mériter le rayonnement de l'arbre de vie. Car après que le sol à été maudit, il est impossible de faire reposer la bénédiction sinon par les enfants d'Israël, qui sont un vase contenant la bénédiction et peuvent apporter la bénédiction au printemps, à la moisson et à la récolte.
[Et les fêtes épurent l'aspect de l'arbre de la connaissance, pour séparer le bien du mélange, c'est pourquoi elles sont appelées 'bons jours' (yamim tovim). Et le Chabbat est l'aspect de l'arbre de vie.
Et de même il est dit dans le saint Zohar, dans les palais de Pekoudei, qu'au Chabbat et à Roch Hodech la porte de la vie s'ouvre, vois-y page 248.]
בפסוק ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת לה' אלקיך. כי הנה כל היציאה מארץ מצרים הי' להיות נעשין צבאות ה' כמ"ש הוצאתי אתכם מארץ מצרים להיות לכם לאלקים.
וכ' בהוציאך כו' תעבדון כו'. נמצא כשיצאו ממצרים התחלו להיות אגודה וכנסי' לשמו ית' וכ"כ וחמשים עלו מזוינים.
ועד קי"ס הי' היציאה מתחת שיעבוד מצרים וכן הוא לעולם שזה רמז המצות להלחם עם הסט"א כדאיתא בזוה"ק. וביום השביעי עצרת לכנוס לעבדות השי"ת עד חג השבועות להיות מוכנים לקבל התורה.
ורוב המעלות נתקנו בין פסח לעצרת. ומסתמא סדר הט"ו מעלות הוא עבודת האדם בכל שנה ושנה.
וכאן כ' עצרת לה' אלקיך. ובשמיני עצרת כתיב לכם.
כי זה הסדר מתחדש בכל שנה בפסח יוצאין לחירות. ואח"כ מתקרבין להיות עבדי ה' לזכות לקבלת התורה עד בסוכות שנכנס הארת התורה בפנימיות האדם.
כענין שאמרו משעמל בה נקראת תורתו והוא זמן שמחתנו:
Sur le verset 'six jours tu mangeras des matsot, et le septième jour, arrêt solennel (atseret) pour ה' ton Dieu' (Deutéronome 16,8). Car voici, toute la sortie du pays d'Égypte fut pour devenir armées de ה', comme il est écrit 'Je vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être pour vous un Dieu' (cf.
Nombres 15,41), et il est écrit 'quand tu feras sortir, etc. vous servirez, etc.' (Exode 3,12). Il se trouve que lorsqu'ils sont sortis d'Égypte, ils ont commencé à être un rassemblement et une assemblée pour Son nom, qu'Il soit béni, et il est écrit 'et armes (va-hamouchim) ils sont montés' (Exode 13,18).
Et jusqu'à l'ouverture de la mer (keriat yam souf) c'était la sortie de dessous l'asservissement de l'Égypte, et il en est ainsi de tout temps : c'est ce que suggèrent les matsot, de combattre le sitra a'hra, comme il est enseigné dans le Zohar. 'Et le septième jour, atseret' : pour entrer dans le service du Saint béni soit-Il, jusqu'à la fête de Chavouot, pour être prêts à recevoir la Torah. Et la plupart des niveaux se réparent entre Pessa'h et Atseret.
Et vraisemblablement l'ordre des quinze degrés (du Dayenou) est le service de l'homme chaque année. Et ici il est écrit 'atseret pour ה' ton Dieu', tandis qu'à Chemini Atseret il est écrit 'pour vous' (lakhem).
Car cet ordre se renouvelle chaque année : à Pessa'h on sort vers la liberté, ensuite on se rapproche pour devenir serviteurs de ה' et mériter la réception de la Torah, jusqu'à Souccot où le rayonnement de la Torah entre dans l'intériorité de l'homme. Comme ils ont dit : 'après qu'il à peine sur elle, elle est appelée sa Torah', et c'est le temps de notre joie.
במד' ויאמינו בה' אעפ"י שכבר האמינו דכ' ויאמן העם חזרו ולא האמינו כו' ע"ש. דהנה הרמב"ן כתב דהנסים אשר הקב"ה עושה לפעמים הוא עדות על קיום העולם שהוא מהקב"ה.
כי הלא העולם נברא להיות בדרך הטבע רק לפעמים יצא מן הכלל ונשתנה הטבע ע"י נס כדי ללמד על הכלל כולו. ובאמת אין הכל זוכין לנס עד שיהי' ראוי ללמוד מהנס האמונה.
וז"ש במצרים חזרו ולא האמינו כדכ' לא השכילו נפלאותיך שלא נתפעלו ע"י הנס להיות האמונה קבועה על אחר הסתלקות הנס. אבל בקי"ס באיבוד הרשעים נתקנו בנ"י בשלימותן וזכו לזו המדריגה שנק' מאמינים בני מאמינים.
ונעשו עדים להעיד על הקב"ה שכל הנהגת הטבע הכל בנס נסתר מאתו ית'. וכפי העדות שמעידין בנ"י עליו כך מתגלה הנהגתו ית' הפנימיות כמ"ש במ"א פי' קדוש יושב תהלות ישראל.
וז"ש בצאת ישראל ממצרים כו' הים ראה וינס כו' מלפני אדון כו' אלוה יעקב. פי' שע"י בנ"י נתגלה אלקותו ית' בעולם ולכן נשתנה הטבע וינס הים.
וזה כוונת המכילתא במשל מי שיש לו ב' חצרות זו מלפנים מזו ומכר הפנימית ושומר החיצונית לא רצה להניח ללוקח לכנוס כו' ע"ש בפ' בשלח. והוא כנ"ל שבאמת הנהגה פנימיות מאתו ית' הוא תוך תוכו של הטבע.
רק שהטבע מסתרת. וכשבנ"י זכו שיתגלה אלקותו ית' בעולם הים ראה וינס.
וכל כחן של בנ"י שזוכין שיתגלה אלקותו ית' בעולם כמ"ש חז"ל בפסוק אתם עדי ואני אל ע"ש:
Dans le Midrach : 'et ils crurent en ה'' (Exode 14,31) -- bien qu'ils eussent déjà cru, comme il est écrit 'et le peuple crut' (Exode 4,31), ils recommencèrent et ne crurent pas, etc., vois-y. Car voici, le Ramban à écrit que les miracles que le Saint béni soit-Il fait parfois sont un témoignage sur le maintien du monde, qui vient du Saint béni soit-Il.
Car voici, le monde à été créé pour aller selon la voie de la nature, seulement parfois il sort de la règle et la nature se modifie par un miracle, afin d'enseigner sur l'ensemble tout entier. Et en vérité tous ne méritent pas un miracle, jusqu'à ce qu'on soit digne d'apprendre du miracle la foi.
Et c'est ce qui est dit : en Égypte 'ils recommencèrent et ne crurent pas', comme il est écrit 'ils ne comprirent pas tes merveilles' (Psaume 106,7), car ils ne furent pas émus par le miracle au point que la foi soit fixée, même après la disparition du miracle. Mais à l'ouverture de la mer, par la perte des méchants, les enfants d'Israël furent réparés dans leur perfection et méritèrent ce niveau appelé 'croyants fils de croyants'.
Et ils devinrent témoins pour témoigner sur le Saint béni soit-Il, que toute la conduite de la nature est entièrement un miracle caché de Sa part, qu'Il soit béni. Et selon le témoignage que les enfants d'Israël rendent sur Lui, ainsi se révèle Sa conduite intérieure, qu'Il soit béni, comme je l'ai expliqué ailleurs sur 'Saint, siégeant au milieu des louanges d'Israël' (Psaume 22,4).
Et c'est ce qui est dit 'quand Israël sortit d'Égypte, etc. la mer vit et s'enfuit, etc. devant le Maître, etc. le Dieu de Yaakov' (Psaume 114,1-7). Explication : par les enfants d'Israël s'est révélée Sa divinité, qu'Il soit béni, dans le monde, c'est pourquoi la nature s'est modifiée et la mer s'est enfuie.
Et telle est l'intention de la Mekhilta, dans la parabole de celui qui possède deux cours, l'une en avant de l'autre, et il à vendu l'intérieure et garde l'extérieure : il n'à pas voulu laisser l'acquéreur entrer, etc., vois-y dans la paracha Bechalah. Et c'est comme ci-dessus : en vérité la conduite intérieure venant de Lui, qu'Il soit béni, est au plus profond de la nature, seulement la nature la dissimulé.
Et lorsque les enfants d'Israël ont mérité que se révèle Sa divinité, qu'Il soit béni, dans le monde, 'la mer vit et s'enfuit'. Et toute la force des enfants d'Israël, c'est qu'ils méritent que se révèle Sa divinité, qu'Il soit béni, dans le monde, comme l'ont dit nos Sages sur le verset 'vous êtes Mes témoins et Je suis Dieu' (Isaie 43,12), vois-y.
תרנ"ב
Année תרנ"ב (5652).
הא לחמא עניא. דאיתא לחם עוני שעונין עליו דברים כי מצה היא מיכלא דאסוותא וזוכין ע"י המצה לקול תורה.
רמז לדבר עונ"י גי' קו"ל. אכן כתיב עני חסר והוא קל בלא וא"ו והוא כמו דאיתא בזוה"ק מצה כד אתחברת עם ו' הוא מצוה ע"ש.
א"כ המצה הוא הא והוא קול תפלה. דכ' הקל קול יעקב.
קל ראשון חסר הוא קול תפלה. שני מלא הוא קול תורה.
כדאיתא בזוה"ק פ' ויגש והקל נשמע כתיב חסר הוא קול צלותא ע"ש. והוא נק' מצה כדפי' בזוה"ק מלשון מצותא ומלחמה דאיתא שעת צלותא שעת קרבא.
וזה הא לחמא עניא וזוכין על ידי זה אח"כ לקול תורה. מצ"ה גי' קל ה':
'Voici le pain de misère (ha lahma anya)'. Car il est enseigné 'pain de misère (le'hem oni) : sur lequel on répond (she-onin) des choses', car la matsa est 'un aliment de guérison (mikhla de-assouta)', et par la matsa on mérite la voix de la Torah.
Allusion à la chose : oni (עונ"י) à la valeur numérique (guematria) de kol (קו"ל, 'voix'). Cependant il est écrit oni (עני) défectif, et c'est kal (קל) sans vav ; et c'est comme il est enseigné dans le Zohar : 'la matsa (מצה), lorsqu'elle s'unit au vav, devient mitsva (מצוה)', vois-y.
Ainsi la matsa est le 'ha' (הא), et c'est la voix de la prière. Car il est écrit 'la voix (ha-kol), c'est la voix de Yaakov' (Genèse 27,22) : le premier kol (קל), défectif, est la voix de la prière ; le second, plein (קול), est la voix de la Torah.
Comme il est enseigné dans le Zohar, paracha Vayigach : 'et la voix fut entendue' (Genèse 45,16) est écrit défectif (הקל) -- c'est la voix de la prière (kol tselota), vois-y. Et elle est appelée matsa (מצה) comme l'expliqué le Zohar, du langage de 'querelle (matsouta) et guerre', car il est enseigné 'le temps de la prière est le temps du combat'.
Et c'est 'voici le pain de misère', et par cela on mérite ensuite la voix de la Torah. Matsa (מצ"ה) à la valeur numérique de kal hé (קל ה').
ליל שמורים כו' לדורותם. שמליל פסח נשאר שמירה על כל ימי השנה.
כמו שהי' אז שמורים לדורות. כמו כן בכל שנה נשאר שמירה מלילה זו לכל ימי השנה.
וזה רמז האפיקומן להשאיר חלק מהמצה על כל השנה. וכן כתיב למען תזכור ע"י לחם עוני זה כל ימי חייך:
'Nuit de veille (leil chimourim), etc. pour leurs générations' (cf. Exode 12,42).
Car de la nuit de Pessa'h demeure une protection (chemira) sur tous les jours de l'année. De même qu'il y avait alors une protection pour les générations, de même chaque année demeure de cette nuit une protection pour tous les jours de l'année.
Et c'est l'allusion de l'afikoman : laisser une part de la matsa pour toute l'année. Et de même il est écrit 'afin que tu te souviennes' -- par ce pain de misère -- 'tous les jours de ta vie' (Deutéronome 16,3).
פותחין הדלת בשפוך חמתך. לרמוז כי לעתיד יהי' הגאולה בהתגלות.
דשם כתיב לא תצאו כו' מפתח כו' עד בוקר היא גאולה העתידה. שאז יהי' לנו רשות לראות מפלת הרשעים בפרהסיא:
On ouvre la porte à 'Répands ta fureur' (chefokh hamatekha). Pour faire allusion que dans le futur la délivrance sera dans la révélation (au grand jour).
Car la-bas il est écrit 'vous ne sortirez pas, etc. de l'entrée, etc. jusqu'au matin' (Exode 12,22) -- c'est la délivrance future. Car alors nous aurons la permission de voir la chute des méchants au grand jour.
בפסח על התבואה הביאו לפני עומר כו'. כי המועדות ניתנו ליתן ברכה על כל ימי השנה ולהיות בנ"י מקבלים כל הצריך להם בכח התורה ודביקות בשורש.
כדאיתא במד' מטות ג' מתנות יש. זכה בחכמה בגבורה בעושר זכה בכל.
אימתי כשהן מתנות שמים ובאות בכח התורה ע"ש. וכה"א אל יתהלל כו' בזאת יתהלל כו' השכל וידוע אותי.
והג' רגלים רמז לג' מתנות אלו. חכמה הוא בקבלת התורה בשבועות.
וגבורה בפסח יד חזקה ואיזהו גבור הכובש את יצרו ומלחמה זו היתה עבודת בנ"י בפרך. עושר השמח בחלקו בחג הסוכות זמן שמחתנו.
ובנ"י מקבלין אלה הדברים בכח מועדות אלו שנק' מועדי ה'. ולכן יש הלל בג' רגלים כדכ' בזאת יתהלל כו' השכל וידוע אותי כו' באלה חפצתי הוא אלה מועדי ה'.
וזה עיקר השמחה שיכולין לקבל מתנות שבעוה"ז בכח דביקות בשורש. וע"ז נאמר להנחיל אוהבי יש.
כדאיתא במשנה מה בין תלמידי אברהם אבינו כו' אוכלין בעוה"ז ונוחלין לעוה"ב. היינו להיות דביקות כל ברכת עוה"ז בשורש.
וזה בכח הג' דברים שהן מתלמידי אאע"ה. והם רמוזין בג' רגלים.
פסח נפש שפלה לחם עוני. רוח נמוכה הוא התורה שיורדת למקום נמוך.
עין טובה הוא בסוכות שבנ"י מקריבין ע' פרים על כל האומות ליתן להם את שלהם בעין טובה. וע"י ג' אלו זוכין למה שנאמר להנחיל אוהבי יש.
כי הנה הקב"ה ברא יש מאין והצדיקים יש להם לברר זאת ולהחזיר היש לאין. וזה רמז העומר לבטל היש לאין.
וזה הרמז במדרש שהקב"ה נתן לכל א' עמר מן ובנ"י מעלין עמר א'. והוא שהמן הי' מאכל רוחני שמלאכי השרת אוכלין אותו והקב"ה צמצם אותו שיתלבש בגשמיות והוא יש מאין.
ובנ"י מעלין העמ"ר. גי' י"ש.
אל האין. וז"ש במד' כי בזכות העומר ירשו את הארץ ואתה כו' בריתי תשמור ע"ש.
שכמו שיש ברית בנפש ולהסיר הערלה כן יש בארץ. כמ"ש במד' עקב הקיש פרי בטנך לפרי אדמתך ע"ש ותבין:
'À Pessa'h on est juge sur les récoltes ; apportez devant Moi le omer, etc.' Car les fêtes ont été données pour donner bénédiction sur tous les jours de l'année, et pour que les enfants d'Israël reçoivent tout ce qui leur est nécessaire par la force de la Torah et de l'attachement à la racine. Comme il est enseigné dans le Midrach Matot : 'Il y a trois dons ; qui a mérité la sagesse, la force (guevoura) et la richesse, à tout mérite.
Quand ? Lorsque ce sont des dons du ciel et qu'ils viennent par la force de la Torah', vois-y.
Et de même il est dit 'que ne se glorifie pas, etc. ; qu'en ceci se glorifie, etc. : comprendre et Me connaître' (Jérémie 9,22-23). Et les trois pèlerinages font allusion à ces trois dons.
La sagesse ('hokhma) est dans la réception de la Torah à Chavouot. La force (guevoura) est à Pessa'h, 'main forte' -- et 'qui est fort ? celui qui domine son penchant', et ce combat fut le service des enfants d'Israël dans la dure servitude.
La richesse, 'celui qui se réjouit de son lot', est à la fête de Souccot, le temps de notre joie. Et les enfants d'Israël reçoivent ces choses par la force de ces fêtes appelées 'fêtes de ה' (moadei Hachem)'.
C'est pourquoi il y a le Hallel aux trois pèlerinages, comme il est écrit 'qu'en ceci se glorifie, etc. : comprendre et Me connaître, etc. car en ces choses J'ai mon désir' -- ce sont 'ces fêtes de ה''. Et c'est l'essentiel de la joie : pouvoir recevoir les dons de ce monde par la force de l'attachement à la racine.
Et sur cela il est dit 'pour faire hériter à ceux qui M'aiment le yech (le réel, la substance)' (Proverbes 8,21). Comme il est enseigné dans la Michna : 'quelle différence entre les disciples d'Avraham notre père, etc. : ils mangent en ce monde et héritent du monde à venir' (Avot 5,19), c'est-à-dire attacher toute la bénédiction de ce monde à la racine.
Et cela par la force des trois choses qui sont des disciples d'Avraham notre père, et qui sont suggérées par les trois pèlerinages. Pessa'h : âme humble, pain de misère.
Esprit modeste : c'est la Torah qui descend en un lieu bas. Bon œil (œil généreux) : c'est à Souccot, où les enfants d'Israël offrent soixante-dix taureaux pour toutes les nations, pour leur donner ce qui est à elles d'un bon œil.
Et par ces trois on mérite ce qui est dit 'pour faire hériter à ceux qui M'aiment le yech'. Car voici, le Saint béni soit-Il à créé le yech (le réel) à partir du ayin (néant), et les justes ont à épurer cela et à ramener le yech au ayin.
Et c'est l'allusion du omer : annuler le yech dans le ayin. Et c'est l'allusion dans le Midrach : le Saint béni soit-Il à donné à chacun un omer de manne, et les enfants d'Israël font monter un seul omer.
Car la manne était un aliment spirituel que les anges de service mangent, et le Saint béni soit-Il l'à contracté pour qu'il se revête de matérialité, et c'est du 'yech à partir du ayin'. Et les enfants d'Israël font monter le omer (עמ"ר), de valeur numérique yech (י"ש), vers le ayin.
Et c'est ce qui est dit dans le Midrach : par le mérite du omer ils ont hérite de la terre, 'et toi, etc. tu garderas Mon alliance' (cf. Genèse 17,9), vois-y.
Car de même qu'il y a une alliance dans l'âme et pour ôter le prépuce (orla), de même il y en a une dans la terre. Comme il est dit dans le Midrach Ekev : 'Il à comparé le fruit de ton ventre au fruit de ton sol' (cf.
Deutéronome 7,13), vois-y, et tu comprendras.
Il est enseigné dans la Guemara que celui qui observe les fêtes (moadot), on le lui compte comme s'il avait observé les chabbats, comme l'écrit Rachi sur Emor. Selon le Sfat Emet, le Chabbat est le premier des saintes convocations (mikraei kodech) : Israël sanctifie les temps, mais le commencement de la sainteté, ils le reçoivent par le saint Chabbat, « il est pour vous », et par cela ils prolongent la sainteté dans les fêtes. Ainsi l'ordre de la bénédiction : qui sanctifie le Chabbat, Israël et les temps. Les regalim sont par le mérite des Pères ; le Chabbat est le Nom du Saint béni soit-Il, un bon cadeau avec l'aide du Ciel (siata dichmaya).
Aussi : à la fente de la mer, amour puis crainte du Nom, salut pour les générations ; six jours de matsot comme guerres, le septième atseret et le cantique ; quand Israël mérite, la gauche devient droite
איתא בגמ' המקיים המועדות מעלין עליו כאלו קיים השבתות כמ"ש ברש"י פ' אמור. דאיתא בשבת תחלה למקראי קודש.
שהמועדות נק' מקראי קודש שהם הרגלים והתקרות שעל ידיהם יכול הקדושה להתגלות בעולם. והוא בכח בנ"י כמ"ש חז"ל ישראל דקדשינהו לזמנים.
אבל תחלת הקדושה מקבלין בני ישראל בכח השבת קודש הוא לכם. ועי"ז יכולין להמשיך הקדושה במועדים.
וכן סדר הברכה מקדש השבת וישראל והזמנים. וכתבתי במ"א רמז המשנה ג' כתרים הם כתר כהונה תורה ומלכות.
והם ג' רגלים. וכתר שם טוב עולה על גביהם והוא בחי' השבת שהוא שלום שמו של הקב"ה כדאיתא בזוה"ק מאי שבת שמא דקוב"ה.
ואיתא בזוהר שה"ש לריח שמניך טובים הם הימים טובים. ויתכן לומר כי שמן תורק שמך הוא השבת.
כי הרגלים בזכות אבות. אבל השבת הוא שמו של הקב"ה והוא מתנה טובה בסייעתא דשמיא למעלה ממה שיכולין להשיג בכח עצמנו.
וע"ז נאמר טוב שם משמן טוב. אבל המכוון הוא שבכח השבת יתמשך קדושה לכל הזמנים.
לכן כתיב גם בשבת שבתון מקרא קודש. הגם כי שבת הוא בעצמו קודש כמ"ש בזוהר אמור.
רק שהוא נותן קדושה לכל הזמנים לכן המקיים מועדות מעלין עליו כו':
Il est enseigné dans la Guemara que celui qui observe les fêtes (moadot), on le lui compte comme s'il avait observe les chabbats, comme l'écrit Rachi sur la paracha Emor. Car il est enseigné que le Chabbat est le premier des saintes convocations (mikraei kodech).
Les fêtes sont appelées 'saintes convocations', ce sont les regalim (fêtes de pèlerinage) et les convocations par lesquelles la sainteté peut se révéler dans le monde. Et cela est dans le pouvoir des enfants d'Israël, comme l'ont dit nos Sages : Israël sanctifie les temps.
Mais le commencement de la sainteté, les enfants d'Israël le reçoivent par la force du saint Chabbat, 'il est pour vous'. Et par cela ils peuvent prolonger la sainteté dans les fêtes.
Ainsi est l'ordre de la bénédiction : qui sanctifie le Chabbat, Israël et les temps. Et j'ai écrit ailleurs l'allusion de la Michna : trois couronnes il y a, la couronne de la prêtrise (kehouna), de la Torah et de la royauté (malkhout).
Et ce sont les trois regalim. Et la couronne du bon renom s'élève au-dessus d'elles, et c'est l'aspect du Chabbat qui est paix, le Nom du Saint béni soit-Il, comme il est dit dans le saint Zohar : qu'est-ce que le Chabbat ?
Le Nom du Saint béni soit-Il. Et il est enseigné dans le Zohar sur le Cantique des cantiques 'à l'odeur de tes bons parfums' : ce sont les jours de fête.
Et l'on peut dire que 'l'huile répandue est ton nom' (Cantique 1,3) c'est le Chabbat. Car les regalim sont par le mérite des Pères, mais le Chabbat est le Nom du Saint béni soit-Il, et c'est un bon cadeau avec l'aide du Ciel (siata dichmaya), au-dessus de ce que nous pouvons atteindre par notre propre force.
Et sur cela il est dit 'un bon renom vaut mieux qu'une bonne huile' (Qohelet 7,1). Mais l'intention est que par la force du Chabbat se prolonge la sainteté vers tous les temps.
C'est pourquoi il est écrit aussi au sujet du Chabbat 'chabbaton, sainte convocation'. Bien que le Chabbat soit lui-même sainteté, comme il est dit dans le Zohar Emor.
Seulement qu'il donne la sainteté à tous les temps ; c'est pourquoi celui qui observe les fêtes, on le lui compte etc.
בענין קי"ס אחר יצ"מ. דכ' ויוציאם בכסף וזהב.
כי אחר יצ"מ זכו בנ"י לאהבת ה' כדכ' זכרתי לך כו' אהבת כלולותיך לכתך אחרי במדבר. ואחר קי"ס זכו ליראת ה' כמ"ש וייראו העם את ה' ואיתא במד' תורי זהב זו ביזת הים.
נקודות הכסף ביזת מצרים. כי ביציאת מצרים נתברר כל הפסולת מאהבות ורצונות שנתפשטו בתערובות טו"ר.
כמ"ש מו"ז ז"ל פי' מאשפות ירים אביון. וכמו כן הוצרך להתברר יראות רעות מתערובות טו"ר וזה נעשה בקי"ס.
והישועה בקי"ס היתה לדורות כדכ' יראת ה' טהורה עומדת לעד. לכן נרמז בתורי זהב שהוא מסודר ומתישב בקביעות יותר.
ואהבה נק' נקודות הכסף כי התלהבות האהבה אינה בקביעות כמו היראה. וב' אלו אהבה ויראה כוללים כל המדות.
לכן מסיים הפ' ואין בשבטיו כושל. כי באמת כל שבט יש לו דרך אחר וכל הדרכים נתבררו ביצ"מ.
אך שורש כולם הם כסף וזהב. כידוע ששה שבטים על הר גריזים וששה על הר עיבל.
ולכן איתא כי קי"ס הי' עפ"י דין. ומ"ש שהי' קטרוג הללו עע"ז כו' ויש לתמוה שהרי אמרו ז"ל מה תצעק כדאי הם והאמונה שהאמינו בי כו'.
אך הפי' ע"י שהי' בקי"ס הכנה וישועה לכל הדורות כי יצ"מ הי' הצלה לפי הדור ההוא. אבל קי"ס הי' להיות הכנה על כל הדורות.
לכן הי' הקטרוג שכל הדורות עתידין ג"כ לחטוא. ואדרבא ע"י שאותו הדור היו מתחזקים באמונתם הכין הקב"ה להיות אז הישועה לכל הדורות.
ובזה מובן מ"ש והנה מצרים נוסע כו' וייראו מאוד. והלא ידעו כי ירדפו אחריהם כאשר אמר הקב"ה ואכבדה בפרעה.
אכן לפי אשר הרגישו בנפשותם כי אין להם עוד שיעבוד במצרים ובמה יכולין לרדוף אחריהם. אכן מרע"ה ניחם אותם במה שהודיע להם כי כל הרדיפה הוא להיות ישועה זו הכנה לדורות.
וכן הרמז מצרים נוסע אחריהם. אחריהם דייקא.
בדורות הבאים אחריהם:
Au sujet de la fente de la mer (kriat yam souf) après la sortie d'Égypte. Car il est écrit 'et Il les fit sortir avec de l'argent et de l'or' (Psaumes 105,37).
Car après la sortie d'Égypte les enfants d'Israël méritèrent l'amour du Nom, comme il est écrit 'Je me souviens en ta faveur... l'amour de tes épousailles, ta marche après Moi dans le désert' (Jérémie 2,2). Et après la fente de la mer ils méritèrent la crainte du Nom, comme il est dit 'et le peuple craignit le Nom' (Exode 14,31).
Et il est dit dans le Midrach : 'des colliers d'or' (Cantique 1,11), c'est le butin de la mer ; 'avec des pointes d'argent', le butin d'Égypte. Car à la sortie d'Égypte se clarifia toute la scorie des amours et des désirs qui s'étaient répandus dans le mélange du bien et du mal (tov vara).
Comme l'expliqua mon grand-père de mémoire bénie : 'des ordures Il relève le nécessiteux' (Psaumes 113,7). Et de même il fallut clarifier les mauvaises craintes du mélange du bien et du mal, et cela se fit à la fente de la mer.
Et le salut de la fente de la mer fut pour les générations, comme il est écrit 'la crainte du Nom est pure, subsistant à jamais' (Psaumes 19,10). C'est pourquoi il est fait allusion par 'des colliers d'or', qui est plus ordonné et établi avec permanence.
Et l'amour est appelé 'pointes d'argent', car l'ardeur de l'amour n'est pas dans la permanence comme la crainte. Et ces deux, amour et crainte, contiennent toutes les midot (attributs).
C'est pourquoi le verset conclut 'et parmi ses tribus nul ne trébuche'. Car en vérité chaque tribu à une voie différente, et toutes les voies furent clarifiées à la sortie d'Égypte.
Mais leur racine à toutes est l'argent et l'or. Comme on le sait, six tribus sur le mont Guerizim et six sur le mont Eval.
Et c'est pourquoi il est enseigné que la fente de la mer se fit selon la loi (din). Et ce qui est dit qu'il y eut une accusation 'ceux-ci sont idolâtres etc.' - il faut s'étonner, car nos Sages ont dit 'pourquoi cries-tu ?
Ils sont dignes, eux et la foi qu'ils ont eue en Moi etc.'. Mais l'explication : parce qu'à la fente de la mer il y eut préparation et salut pour toutes les générations.
Car la sortie d'Égypte fut une délivrance selon cette génération-la, mais la fente de la mer fut pour être une préparation pour toutes les générations. C'est pourquoi il y eut l'accusation, que toutes les générations sont aussi destinées à fauter.
Et au contraire, parce que cette génération-la se renforçait dans sa foi, le Saint béni soit-Il disposa que le salut fut alors pour toutes les générations. Et par cela se comprend ce qui est écrit 'et voici l'Égypte marchait... et ils craignirent beaucoup' (Exode 14,10).
Or ne savaient-ils pas qu'on les poursuivrait, comme l'avait dit le Saint béni soit-Il 'Je Me glorifierai par Pharaon' ? Mais selon ce qu'ils ressentaient en leurs âmes, qu'ils n'avaient plus de servitude en Égypte, avec quoi pourrait-on les poursuivre ?
Alors Moche notre maître les consola en leur faisant savoir que toute cette poursuite était pour que ce salut soit une préparation pour les générations. Et telle est l'allusion 'l'Égypte marchait après eux' - 'après eux' précisément, dans les générations qui viennent après eux.
ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת לה' אלקיך. דאיתא בזוה"ק בפ' ה' איש מלחמה ה' שמו ר"א פתח על כן יאמר בספר מלחמת ה' את והב בסופה כו'.
הענין הוא דשמו של הקב"ה שלום ומ"מ בשמו הוא נלחם. וכן הוא כל מלחמות ה' אהבה בסופה.
וכן אחר כל המלחמות ביצ"מ היה בסוף השירה. וכן הוא בכל מחלוקת שהוא לשם שמים סופה להתקיים.
והשלימות שבא בסוף הוא עדות שהמלחמה הי' לשם שמים שהוא מלחמת ה'. לכן אהבה בסופה.
ובנ"י בכח התורה זכו לאותו השלימות. לכן נק' השולמית.
וכל מלחמתן של בנ"י הוא השלום. וכ"כ אני שלום וכי אדבר המה למלחמה.
פי' אף כשאני לוחם עמהם אני שלום. וזוכין לזה בכח התורה כדכ' ה' עוז לעמו יתן כו' יברך את עמו בשלום.
כי בתורה כ' וכל נתיבותי' שלום. מהו כל נתיבותי'.
פי' אפילו המלחמות שנעשין עפ"י התורה הם שלום. וכן הוא בששת ימים תאכל מצות שהם הקטטות ומלחמות שעם מצרים.
ובשביעי עצרת שהוא כנופיא ושלימות שנעשה בסוף ע"י אלו המלחמות. והוא השירה שבשביעי של פסח.
לכן איתא במד' כי שביעי של פסח כמו שבת. ושבת הוא שלום שמו של הקב"ה:
'Six jours tu mangeras des azymes (matsot) et le septième jour, assemblée solennelle (atseret) pour le Nom ton Dieu' (Deutéronome 16,8). Il est dit dans le saint Zohar sur le passage 'le Nom est un homme de guerre, le Nom est Son nom' (Exode 15,3), Rabbi Elazar ouvrit sur 'c'est pourquoi il est dit dans le livre des guerres du Nom : Et Vahev en tempête etc.' (Nombres 21,14).
Le sens est que le Nom du Saint béni soit-Il est paix, et néanmoins par Son Nom Il combat. Et ainsi en est-il de toutes les guerres du Nom : l'amour à la fin.
Et de même après toutes les guerres, à la sortie d'Égypte, ce fut à la fin le cantique. Et ainsi en est-il de toute controverse qui est pour l'amour du Ciel : sa fin est de subsister.
Et la perfection qui vient à la fin témoigne que la guerre fut pour l'amour du Ciel, qu'elle est guerre du Nom. C'est pourquoi 'l'amour à la fin'.
Et les enfants d'Israël, par la force de la Torah, méritèrent cette perfection ; c'est pourquoi ils sont appelés la Choulamit (la Parfaite). Et toute la guerre des enfants d'Israël est la paix.
Et ainsi il est écrit 'moi je suis paix, mais quand je parle, eux sont pour la guerre' (Psaumes 120,7). L'explication : même quand je combats avec eux, je suis paix.
Et l'on mérite cela par la force de la Torah, comme il est écrit 'le Nom donnera force à Son peuple... le Nom bénira Son peuple par la paix' (Psaumes 29,11). Car de la Torah il est écrit 'et tous ses sentiers sont paix' (Proverbes 3,17).
Que sont 'tous ses sentiers' ? L'explication : même les guerres qui se font selon la Torah sont paix.
Et ainsi en est-il de 'six jours tu mangeras des matsot', qui sont les querelles et les guerres avec l'Égypte ; et le septième, assemblée (atseret), qui est le rassemblement et la perfection qui se fait à la fin par ces guerres. Et c'est le cantique du septième jour de Pessa'h.
C'est pourquoi il est dit dans le Midrach que le septième jour de Pessa'h est comme le Chabbat. Et le Chabbat est paix, le Nom du Saint béni soit-Il.
בפסוק ימינך ה' כו' כתב רש"י ז"ל כשישראל זוכין אף השמאל נעשה ימין כו'. דאיתא וכי יש ימין ושמאל לפני הקב"ה אלא אלו מיימינין לזכות ואלו משמאילין לחובה ע"ש.
וכשבנ"י זוכין. המשמאילין לחובה הוא על שונאי ישראל.
ואז הכל נעשה ימין. שכן צריך להיות.
כי השמאל הי' רק להכניע הרשעים כמ"ש שמאלו תחת לראשי שהוא שמירה לבנ"י. אך בגלות נסתר זה וכ' השיב אחור ימינו.
אבל כשיש גאולה מתברר שהכל הי' הכנה בעבור בנ"י. וכ"כ וירא ישראל את היד הגדולה כו'.
שכל מעשה מצרים הי' נראה כמו שמאל. ובגאולה נתברר שהי' רק חסד וגדולה.
ולכן שרו שירה ושבחו גם על הגלות כמ"ש אמר אויב ארדוף כו'. שראו שהכל הי' רק לטובה.
ולכן וייראו העם את ה' יראת הרוממות. כי הירא אלקים הוא יראת העונש.
וייראו את ה' הוא כענין הנ"ל השמאל נעשה ימין:
Sur le verset 'Ta droite, o Nom, est magnifique en force' (Exode 15,6), Rachi de mémoire bénie écrit : quand Israël mérite, même la gauche devient droite. Car il est enseigné : y a-t-il une droite et une gauche devant le Saint béni soit-Il ?
Mais ceux-ci penchent à droite pour l'acquittement et ceux-là penchent à gauche pour la condamnation, vois-la. Et quand les enfants d'Israël méritent, ceux qui penchent à gauche pour la condamnation, c'est contre les ennemis d'Israël.
Et alors tout devient droite. Car ainsi doit-il en être.
Car la gauche n'était que pour soumettre les méchants, comme il est écrit 'sa gauche est sous ma tête' (Cantique 2,6), qui est une protection pour les enfants d'Israël. Mais dans l'exil cela est caché, et il est écrit 'Il à retire en arrière Sa droite' (Lamentations 2,3).
Mais quand il y a délivrance, il se clarifie que tout était préparation en faveur des enfants d'Israël. Et ainsi il est écrit 'et Israël vit la grande main que le Nom avait déployée contre l'Égypte' (Exode 14,31).
Car toute l'œuvre de l'Égypte apparaissait comme une gauche, et dans la délivrance il se clarifia que ce n'était que bonté ('hessed) et grandeur (gedoula). C'est pourquoi ils chantèrent le cantique et louèrent même au sujet de l'exil, comme il est écrit 'l'ennemi disait : je poursuivrai etc.' (Exode 15,9).
Car ils virent que tout n'était que pour le bien. Et c'est pourquoi 'le peuple craignit le Nom' d'une crainte de la sublimité (yirat haromemout).
Car 'celui qui craint Dieu' (Elokim) relève de la crainte du châtiment ; mais 'ils craignirent le Nom' est selon ce qui précède : la gauche devenue droite.
תרנ"ג
[תרנ"ג] (année 5653)
עבדים היינו כו'. ואלו לא הוציא הקב"ה את אבותינו כו'.
דכ' לעושה נפלאות גדולות לבדו כי לעולם חסדו. פי' אלה הנפלאות שהקב"ה עושה לבדו.
כמ"ש אני ולא מלאך. הם לדורות ולעולם.
כי הנעשה ע"י שליח הוא בזמן ומדה וקצבה. אבל מעשה הבורא ית"ש הם למעלה מהזמן והטבע.
ז"ש אנכי ה' אלקיך אשר הוצאתיך. כמו שהוא ית"ש חי וקיים לעולם כן יצ"מ לעולם הוא.
וכמ"ש ויוציאך בפניו בכחו הגדול. [ובאמת בנ"י מצד הטבע אין להם המלכות והם משועבדים כמ"ש עבדים היינו.
אבל מצד הנהגה עליונה וביטול הטבע נעשין בני חורין וניתן להם המלכות. ולכן ניסן ר"ה למלכי ישראל כמ"ש בגמ' מקיש מלכות שלמה ליצ"מ.
וזה עיקר הפי' לא ע"י מלאך. שהגאולה לא הי' עפ"י דרך הטבע שהוא בחי' מלאך ושרף בזמן וקצבה רק במדריגה עליונה.
ולכן לק"מ מה דכתיב וישלח מלאך ויוציאנו. כי בוודאי הקב"ה עושה רצונו ע"י מלאך.
אבל הכוונה שלא נעשה ע"י מלאך מיוחד לדבר זה כמו כל הנהגת הטבע. אח"כ מצאתי כדברים האלה גם באבן יחייא בשיר השירים.
והדברים נכונים למבין]:
'Nous étions esclaves etc.' 'Et si le Saint béni soit-Il n'avait pas fait sortir nos pères etc.' (Haggada). Car il est écrit 'à Celui qui fait de grandes merveilles à Lui seul, car Sa bonté est éternelle' (Psaumes 136,4).
L'explication : ces merveilles que le Saint béni soit-Il fait seul, comme il est dit 'Moi et non un ange', sont pour les générations et pour l'éternité. Car ce qui se fait par un messager (chalia'h) est dans le temps, la mesure et la limite.
Mais l'œuvre du Créateur béni soit Son nom est au-dessus du temps et de la nature. C'est ce que dit 'Je suis le Nom ton Dieu qui t'ai fait sortir' : de même qu'Il est béni soit Son nom vivant et subsistant pour l'éternité, ainsi la sortie d'Égypte est éternelle.
Et comme il est écrit 'Il t'à fait sortir par Sa face, par Sa grande force' (Deutéronome 4,37). [Et en vérité les enfants d'Israël, du côté de la nature, n'ont pas la royauté et sont asservis, comme il est dit 'nous étions esclaves'.
Mais du côté de la conduite supérieure et de l'annulation de la nature, ils deviennent des hommes libres et la royauté leur est donnée. C'est pourquoi Nissan est le nouvel an pour les rois d'Israël, comme il est dit dans la Guemara : on rapproche la royauté de Salomon de la sortie d'Égypte.
Et c'est l'explication essentielle de 'non par un ange' : que la délivrance ne se fit pas selon la voie de la nature, qui est l'aspect de l'ange et du séraphin, dans le temps et la limite, mais par un degré supérieur. Et ainsi il n'y a nulle difficulté de ce qui est écrit 'Il envoya un ange et nous fit sortir' (Nombres 20,16).
Car assurément le Saint béni soit-Il fait Sa volonté par un ange. Mais l'intention est que cela ne se fit pas par un ange particulièrement désigne pour cette chose, comme toute la conduite de la nature.
Ensuite j'ai trouvé des propos semblables aussi chez Even Yahya sur le Cantique des cantiques. Et les propos sont justes pour qui comprend.]
בשאלת החכם. דרמז אפיקומן הוא לרמוז כי יצ"מ הי' הכנה גם לגאולה העתידה.
כמ"ש כימי צאתך מארץ מצרים אראנו נפלאות. ולכן הפסח נאכל על השובע לומר כי הגם שיצ"מ הי' גאולה ראשונה אבל גאולה האחרונה תלוי' בה כמ"ש גאלתי אתכם אחרית כראשית.
והחכם שואל כיון שעתה זמן גאולה וחזרנו לגלות מה הענין בזכירת יציאת מצרים. והתשובה אין מפטירין אחר הפסח אפיקומן כי ליל שמורים הוא לגאולה העתידה:
Sur la question du sage (haham). Que l'allusion de l'afikoman vise à signifier que la sortie d'Égypte fut aussi une préparation pour la délivrance future, comme il est écrit 'comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui montrerai des merveilles' (Michee 7,15).
Et c'est pourquoi l'agneau pascal (pessa'h) se mange à satiété, pour dire que bien que la sortie d'Égypte fut la première délivrance, la dernière délivrance dépend d'elle, comme il est écrit 'Je vous ai rachetés, la fin comme le commencement'. Et le sage demande : puisque c'est maintenant le temps de la délivrance et que nous sommes retournés en exil, quel est le sens du souvenir de la sortie d'Égypte ?
Et la réponse : 'on ne conclut pas après l'agneau pascal par un afikoman' - car c'est une nuit de garde (leil chimourim) pour la délivrance future.
הלל הי' כורך פסח מצה ומרור. להודיע כי מרירות הגלות אינו דבר נפרד ושהי' שינוי רצון בשעת הגאולה.
אך כל הסדר שנהג הקב"ה עמנו הכל דרך אחד. כמ"ש ממית ומחי' ומצמיח ישועה.
מרו"ר הוא מו"ת. כי בגלות חשובים כמתים.
אבל הוא לצורך חיות חדש ולהיות ישועה לדורות. ולכן צריכין לאכול מרור שאנחנו עתה בגלות ויכולין באכילת מרור למתק המרירות בלילה זו.
ולכן בלע מרור לא יצא כי טעם מרור נרגיש עתה ביותר מהמצה אבל המרור מתמתקת עתה. ולכן בעל הגדה סומך אחר מרור זה כו' בכל דור ודור חייב אדם לראות א"ע כאלו יצא ממצרים.
שזה כוונת המרור עתה. וכמו שיש לסמוך גאולה לתפלה.
לכן עתה בזמן גאולה צריכין להתפלל על צרותינו כמ"ש כן יגיענו למועדים ורגלים כו' שמחים בבנין עירך כו':
Hillel enveloppait ensemble pessa'h, matsa et maror (herbe amère). Pour faire savoir que l'amertume de l'exil n'est pas une chose séparée, et qu'il n'y eut pas un changement de volonté au moment de la délivrance.
Mais tout l'ordre que le Saint béni soit-Il à mène avec nous est une seule et même voie. Comme il est dit 'Il fait mourir et fait vivre et fait germer le salut'.
Le maror (maror) est la mort (mavet), car dans l'exil ils sont considérés comme morts. Mais c'est pour le besoin d'une vie nouvelle et pour être un salut pour les générations.
C'est pourquoi il faut manger le maror, car nous sommes maintenant en exil, et nous pouvons, par la consommation du maror, adoucir l'amertume en cette nuit. C'est pourquoi celui qui avalé le maror sans le mâcher ne s'acquitte pas, car le goût du maror nous le ressentons maintenant plus que la matsa, mais le maror s'adoucit maintenant.
Et c'est pourquoi l'auteur de la Haggada fait suivre, après ce maror, 'à chaque génération l'homme est tenu de se voir lui-même comme s'il était sorti d'Égypte' - car telle est l'intention du maror maintenant. Et de même qu'il faut joindre la délivrance (gueoula) à la prière (tefila) ; c'est pourquoi maintenant, au temps de la délivrance, il faut prier sur nos malheurs, comme il est dit 'ainsi fais-nous parvenir aux fêtes et aux pèlerinages... joyeux dans la reconstruction de Ta ville etc.'
כתיב למען תזכור כו'. וכ' ושמרת כו' החקה כו' מימים ימימה.
כי כל התורה תלוי' ביצ"מ וכלולה בזכור ושמור מ"ע ומל"ת. ויום הפסח מאיר על כל השנה בבחי' זכירה ושמירה.
וליל שמורים נותן שמירה על הלילות לכן כתיב שמורים לשון רבים. ויום הפסח נותן זכירה על כל הימים כמ"ש זכור את היום כו' אשר יצאתם ממצרים.
ומצות מצה רומז על השמירה. וכוסות הוא בחי' הזכירה זכרהו על היין.
ובאמת עיקר יצ"מ הי' ב' ענינים. מה שהי' בגלות נסתר הקדושה ע"י התגברות הסט"א וביצ"מ אתברת סט"א ונתגלה הקדושה.
ובחי' מצה הוא קטטה בסט"א כמ"ש בזוה"ק ופסח הוא התגלות הפנימיות. ובאמת שניהם כלולין זה בזה נגוף למצרים ורפוא לישראל ממית ומחיה.
לכן על מצות ומרורים יאכלוהו. ופסח הוא פה סח כי בשחיטת ואכילת הפסח נגלה אור גדול לכל איש ישראל.
לכן רומזין עתה בכוסות שהיין הוא רמז לפתיחת הפנימיות כמ"ש במ"א. ונראה שתקנו הכוסות אחר שנחסר לנו הפסח.
וזה הרמז אפילו עני שבישראל היינו דורות השפלים לא יפחתו לו מד' כוסות. שיש התגלות הפנימיות ע"י ד' כוסות של פסח.
ואלה המצות בליל פסח הם הכנה על כל ימי השנה כמ"ש ושמרת כו' החקה הזאת כו' מימים ימימה. שצריכין להכניס החוקה בדעת האדם על כל הימים.
וכ' והי' כו' לאות על ידך ולזכרון בין עיניך כו'. ואיתא בספרים כי ע"י מצות תפילין ביד וראש יכולין לחקוק יצ"מ באות ולזכרון.
שזה העיקר רק שא"י לבוא לזה רק בכח מצות התפילין. ונראה דבפסח יכולין לקיים זה מעצמו בכח היום ומצות הפסח.
ולכן אמרו חז"ל ושמרת כו' החוקה י"א במצות פסח מדבר וי"א במצות תפילין. ושניהם הם ענין אחד.
לכן כתיב בי' זכירה ושמירה תפילין של יד שמירה בלב. ותש"ר לזכרון תורת ה' בפיך כי זכירה בפה:
Il est écrit 'afin que tu te souviennes etc.' (Deutéronome 16,3). Et il est écrit 'et tu garderas... ce statut (houka)... d'année en année' (Exode 13,10).
Car toute la Torah dépend de la sortie d'Égypte et est contenue dans 'souviens-toi' et 'garde', commandement positif (mitsvat asse) et commandement négatif (mitsvat lo taasse). Et le jour de Pessa'h éclaire toute l'année sous l'aspect du souvenir (zekhira) et de la garde (chemira).
Et la nuit de garde (leil chimourim) donne la garde sur les nuits ; c'est pourquoi il est écrit 'chimourim' au pluriel. Et le jour de Pessa'h donne le souvenir sur tous les jours, comme il est dit 'souviens-toi de ce jour où vous êtes sortis d'Égypte' (Exode 13,3).
Et le commandement de la matsa fait allusion à la garde. Et les coupes de vin sont l'aspect du souvenir : 'souviens-toi de lui sur le vin'.
Et en vérité l'essentiel de la sortie d'Égypte fut deux choses. Ce qui était dans l'exil : la sainteté était cachée par la domination du 'côté autre' (sitra ahara), et à la sortie d'Égypte le côté autre fut brisé et la sainteté se révéla.
Et l'aspect de la matsa est la querelle contre le sitra ahara, comme il est dit dans le saint Zohar ; et le pessa'h est la révélation de l'intériorité (penimiyout). Et en vérité les deux sont contenus l'un dans l'autre : 'plaie pour l'Égypte et guérison pour Israël', 'fait mourir et fait vivre'.
C'est pourquoi 'avec des matsot et des maror ils le mangeront' (Nombres 9,11). Et pessa'h est 'peh sah' (la bouche parle), car par l'égorgement et la consommation de l'agneau pascal se révéla une grande lumière à chaque homme d'Israël.
C'est pourquoi on fait maintenant allusion par les coupes, car le vin est une allusion à l'ouverture de l'intériorité, comme je l'ai écrit ailleurs. Et il semble qu'on a institué les coupes après que l'agneau pascal nous à manque.
Et telle est l'allusion : 'même le pauvre en Israël' - c'est-à-dire les générations basses - 'qu'on ne lui donne pas moins de quatre coupes'. Car il y a révélation de l'intériorité par les quatre coupes de Pessa'h.
Et ces commandements de la nuit de Pessa'h sont une préparation pour tous les jours de l'année, comme il est écrit 'et tu garderas... ce statut... d'année en année'. Car il faut faire entrer le statut dans la conscience de l'homme sur tous les jours.
Et il est écrit 'et ce sera... un signe sur ta main et un mémorial entre tes yeux etc.' (Exode 13,9). Et il est dit dans les livres que, par le commandement des tefilin de la main et de la tête, on peut graver la sortie d'Égypte en signe et en mémorial.
Car c'est l'essentiel, sauf qu'on ne peut y parvenir que par la force du commandement des tefilin. Et il semble qu'à Pessa'h on peut accomplir cela de soi-même, par la force du jour et du commandement de l'agneau pascal.
C'est pourquoi nos Sages ont dit 'et tu garderas... ce statut' : certains disent qu'il parle du commandement de l'agneau pascal, et certains disent du commandement des tefilin. Et les deux sont une seule chose.
C'est pourquoi il y est écrit souvenir et garde : tefilin de la main, garde dans le cœur ; et tefilin de la tête, pour le souvenir de la Torah du Nom dans ta bouche, car le souvenir est dans la bouche.
במצות העומר. ראשית קצירכם.
ולחם וקלי כו' לא תאכלו עד עצם היום הזה. דכ' בראשית ברא בשביל ישראל שנק' ראשית כמ"ש קודש ישראל לה' ראשית תבואתו.
כי הכל תלוי בראשית. וראשית בשמים הוא התורה שנק' ראשית דרכו אבל בארץ כ' והארץ היתה תהו כו' ונתערב בה פסולת.
אכן ע"י בני ישראל נתברר הראשית בארץ וע"י הפרשת הראשית מתברר השיריים מפסולת כמ"ש במ"א בשם הזוהר ראשית בכורי אדמתך תביא עי"ז לא תבשל גדי בחלב אמו. וכ' ממחרת השבת יניפנו כי לא כל זמן יוכל להעלות הראשית אל האחדות רק ממחרת יצ"מ שזה עצמו ענין החירות שיכולין לברר ולהעלות הנקודה הראשית.
ולכן מעלה ומוריד [*מוליך] ומביא לעצור טללים ורוחות רעות הוא בירור הטוב מרע כמ"ש. ולכן הי' מפלת המן בכח תנופת העומר כי הוא בחי' תיקון עה"ד טו"ר.
וכל כחו של המן ע"י התערובות כמ"ש חז"ל המן מן התורה מנין המן העץ. ולכן אסור לאכול תבואות הארץ בכל שנה ע"י הפסולת עד עצם היום הזה שנעשה הבירור:
Sur le commandement du omer. 'Les prémices de votre moisson' (Lévitique 23,10). 'Et vous ne mangerez ni pain ni grain grillé... jusqu'à ce jour même' (Lévitique 23,14). Car il est écrit 'Berechit (au commencement) Il créa' - pour Israël qui est appelé 'commencement' (rechit), comme il est écrit 'Israël est sainteté pour le Nom, les prémices de Sa récolte' (Jérémie 2,3).
Car tout dépend du commencement (rechit). Et le 'commencement' dans les cieux est la Torah, qui est appelée 'le commencement de Sa voie' (Proverbes 8,22) ; mais sur la terre il est écrit 'et la terre était tohu (chaos) etc.', et une scorie s'y mélangea.
Cependant, par les enfants d'Israël le 'commencement' se clarifie sur la terre, et par le prélèvement des prémices (rechit) se clarifie le reste hors de la scorie, comme je l'ai écrit ailleurs au nom du Zohar : 'les prémices de ton sol tu apporteras' - par cela 'tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère' (Exode 23,19). Et il est écrit 'au lendemain du Chabbat il le balancera' (Lévitique 23,11), car ce n'est pas en tout temps qu'on peut élever le 'commencement' vers l'unité, mais seulement au lendemain de la sortie d'Égypte - ce qui est cela même le sens de la liberté : qu'on peut clarifier et élever le point du commencement.
Et c'est pourquoi 'il élève et abaisse, conduit et amène' - pour arrêter les mauvaises rosées et les mauvais vents - c'est la clarification du bien hors du mal, comme dit. Et c'est pourquoi la chute de Haman se fit par la force du balancement du omer, car c'est l'aspect de la réparation (tikoun) de l'arbre de la connaissance du bien et du mal (tov vara).
Et toute la force de Haman fut par le mélange, comme l'ont dit nos Sages : 'où trouve-t-on Haman dans la Torah ? Dans hamin haets (est-ce de l'arbre)' (Genèse 3,11).
Et c'est pourquoi il est interdit de manger les produits de la terre chaque année, à cause de la scorie, jusqu'à ce jour même où se fait la clarification.
ובמורא גדול זה גילוי שכינה. זה עיקר היראה כשנתגלה כבוד מלכותו ית"ש.
ומעין זה הי' בכל עליות רגלים דכתיב יראה כל זכורך. כשבאו לעזרה נתמלאו יראת הרוממות.
וע"ז מבקשין ושם נעבדך ביראה. דכל היראה של עכשיו בגלות אינו בשלימות.
כמ"ש ותהי יראתם אותי מצות אנשים מלומדה. ולכאורה אין מובן לומר על יראה מצות אנשים מלומדה.
דזה שייך על מצות מעשיות שנעשין ברגילות אבל יראה בלב לא שייך רגילות. רק באמת כל היראה שבא מתוך הבחינה ושכל.
הגם שהוא יראה באמת. אבל אינו יראה העיקרית רק כשיש גילוי שכינה וחל באמת יראה על מי שזוכה לקבל פני השכינה.
ויראה כזו הי' לבנ"י בקי"ס דכ' וייראו העם את ה'. והוא היראה שיש לצבא מרום ולמלאכי השרת.
אבל בגלות שהוא רק ע"י הלימוד והשכל נק' מצות אנשים מלומדה. ובאמת יש לנו לבקש לזכות לראות פני אלקים כדי להיות לנו יראה שלימה.
כמ"ש ושם נעבדך ביראה. כי אין אנו כדאי' לקבל פני השכינה לבקש על זאת.
רק רשאי לנו לבקש בעבור ליראה אותו באמת:
'Et par une grande terreur (mora gadol)' - c'est la révélation de la Chekhina. C'est l'essentiel de la crainte, quand se révèle la gloire de Sa royauté béni soit-Il.
Et quelque chose de cela se produisait à chaque montée des pèlerinages (regalim), comme il est écrit 'tout mâle se présentera devant le Nom' (Exode 23,17). Quand ils venaient au parvis (azara) ils s'emplissaient de la crainte de la sublimité (yirat haromemout).
Et sur cela nous demandons 'et la nous Te servirons dans la crainte'. Car toute la crainte d'à présent, dans l'exil, n'est pas dans la perfection.
Comme il est écrit 'leur crainte envers Moi est un commandement d'hommes appris par habitude' (Isaie 29,13). Et à première vue on ne comprend pas de dire, au sujet de la crainte, 'un commandement d'hommes appris par habitude'.
Car cela s'applique aux commandements pratiques qui se font par accoutumance, mais la crainte dans le cœur, l'accoutumance ne s'y applique pas. Mais en vérité, toute la crainte qui vient au moyen de l'examen et de l'intellect - bien qu'elle soit une crainte véritable - n'est pas la crainte essentielle ; celle-ci n'existe que lorsqu'il y a révélation de la Chekhina et que tombe véritablement une crainte sur celui qui mérite de recevoir la face de la Chekhina.
Et une telle crainte, les enfants d'Israël l'eurent à la fente de la mer, comme il est écrit 'et le peuple craignit le Nom'. Et c'est la crainte qu'ont l'armée d'en-haut et les anges du service.
Mais dans l'exil, où elle n'est que par l'étude et l'intellect, elle est appelée 'commandement d'hommes appris par habitude'. Et en vérité nous devons demander de mériter de voir la face de Dieu (Elokim) afin d'avoir une crainte parfaite, comme il est écrit 'et la nous Te servirons dans la crainte'.
Car nous ne sommes pas dignes de recevoir la face de la Chekhina pour demander cela ; il nous est seulement permis de demander afin de Le craindre véritablement.
« Il fait sortir les prisonniers bakochbarot » (Tehilim 68,7) : nos Sages expliquent « be-khi ve-chirot », par des pleurs et des chants. Le Sfat Emet enseigne une délivrance par les pleurs et la supplication, une par le chant : dans l'exil et les jours ouvrables, par les pleurs ; au temps de la délivrance et le Chabbat, par le chant. Le Midrach dit que le septième jour de Pessa'h est comme le Chabbat. Le Saint béni soit-Il a préparé les deux voies à la sortie d'Égypte pour extraire les étincelles de sainteté (nitsotsot) parmi les nations, par le chant quand on le mérite, par les pleurs quand on ne le mérite pas. Toujours la force d'Israël est dans la bouche.
Aussi : la kriat Yam Souf, avant-goût de l'avenir où « le Nom sera Un » ; le butin de la mer, aspect de la Torah orale ; Pessa'h retourne la rigueur en ''hessed pour Israël
בענין קי"ס אחר יצ"מ. דכ' מוציא אסירים בכושרות ואמרו חז"ל בכות ושירות.
דיש גאולה ע"י בכי' ובקשה. ויש על ידי שירה וזמרה.
ובגלות ובימי המעשה הוא ע"י בכות. ובזמן גאולה ובשבת הוא ע"י שירה כמ"ש טוב להודות.
ולכן איתא במדרש כי שביעי של פסח כמו שבת. והקב"ה הכין ביצ"מ ב' הדרכים להיות הכנה לדורות להוציא הנצוצי קדושה שמתפזרים בין האומות.
כשזוכין יכולין להוציא ע"י שירה וזמרה. וכשאין זוכין הוא ע"י בכי'.
ולעולם כחן של ישראל הוא בפה. [הקול קול יעקב הוא ב' קולות הנ"ל]:
Au sujet de la kriat Yam Souf (l'ouverture de la mer des Joncs) après la sortie d'Égypte. Car il est écrit 'Il fait sortir les prisonniers bakoshbarot' (Psaumes 68,7), et nos Sages ont expliqué 'be-khi ve-shirot' (par des pleurs et des chants).
Car il y a une délivrance par les pleurs et la supplication, et il y en a une par le chant et la musique. Dans l'exil et durant les jours ouvrables, c'est par les pleurs; au temps de la délivrance et le Chabbat, c'est par le chant, comme il est écrit 'Il est bon de rendre grâce' (Psaumes 92,2).
C'est pourquoi il est dit dans le Midrach que le septième jour de Pessa'h est comme le Chabbat. Le Saint béni soit-Il à préparé lors de la sortie d'Égypte les deux voies, pour qu'elles soient une préparation pour les générations afin d'extraire les étincelles de sainteté (nitsotsot) dispersées parmi les nations.
Quand on le mérite, on peut les extraire par le chant et la musique; et quand on ne le mérite pas, c'est par les pleurs. Et toujours la force d'Israël est dans la bouche.
['La voix est la voix de Yaakov' (Genèse 27,22) - ce sont les deux voix mentionnées ci-dessus]:
במדרש בשלח מה תצעק כו' אני אני הוא כו' כשאדם מכוון לבו בתפלה שומע לו בעוה"ז ובעוה"ב כו'. ע"ש כל המאמר טרם יקראו כו' ואני אשמע כו'.
והלא עיקר מצות תפלה בפה ודיבור. אכן באמת הם שלשה עולמות למחשבה דיבור ומעשה.
ולכן צריכין עתה לדיבור ומעשה לבוא עי"ז לתיקון המחשבה כראוי. אבל לעתיד כשיהי' התיקון השלם יהי' אחדות אחד בכל העולמות.
כמ"ש אני אני הוא שיהי' ה' אחד ושמו אחד. ולכן (טרם יקראו) [*עוד הם מדברים] ואני אשמע.
ובקי"ס הי' לפי שעה מעין העתיד לבוא ולכן נאמר מה תצעק. והנה כ' אלקי אבי וארוממנהו ויל"ד דהול"ל וארוממהו.
אבל באמת מי יכול לומר על הקב"ה רם ונשא וארוממהו. אבל הפי' כי הקב"ה לחיבת בנ"י צמצם ועשה כמה עולמות ומדריגות וצמצומים כדי (שיוכל) [*שנוכל] להשיג אלקותו ית"ש.
אבל כפי תיקון והתרוממות נפשות בנ"י ממילא מקבלין אלקותו ית' במדריגה יותר עליונה כי גבוה מעל גבוה שומר כו'. וז"ש אלקי אבי וארוממנהו ודו"ק:
Dans le Midrach Beshalah: 'Pourquoi cries-tu...' (Exode 14,15), 'Moi, Moi, c'est Lui...' - quand l'homme dirige son cœur dans la prière, [le Nom] l'écoute dans ce monde-ci et dans le monde à venir, etc. Vois tout l'énoncé: 'Avant même qu'ils appellent... et Moi J'écouterai...' (Isaie 65,24).
Or l'essentiel du commandement de la prière est par la bouche et la parole. Mais en vérité il y a trois mondes: pour la pensée, la parole et l'action.
C'est pourquoi il faut à présent la parole et l'action, pour parvenir par ce moyen à la réparation (tikoun) de la pensée comme il convient. Mais dans l'avenir, quand la réparation sera complète, il y aura une unité unique dans tous les mondes, comme il est dit 'Moi, Moi, c'est Lui' - que 'le Nom sera Un et Son Nom Un' (Zacharie 14,9).
C'est pourquoi (avant qu'ils appellent) [*alors qu'ils parlent encore] 'et Moi J'écouterai'. Et lors de la kriat Yam Souf il y eut, pour un instant, comme un avant-goût de l'avenir à venir, c'est pourquoi il est dit 'Pourquoi cries-tu'.
Or il est écrit 'le Dieu de mon père et je L'exalterai (va-aromemenhou)' (Exode 15,2), et il faut se demander: il aurait fallu dire 'va-aromemehou'. Mais en vérité, qui peut dire du Saint béni soit-Il, élève et exalté, 'et je L'exalterai'?
Mais l'explication est que le Saint béni soit-Il, par amour des enfants d'Israël, s'est contracte (tsimtsoum) et à fait plusieurs mondes, degrés et contractions afin que [*nous puissions] atteindre Sa divinité, que Son Nom soit béni. Mais selon la réparation et l'élévation des âmes d'Israël, ils reçoivent d'eux-mêmes Sa divinité à un degré plus élevé, car 'un haut au-dessus d'un haut veille...' (Ecclésiaste 5,7).
Et c'est ce que signifie 'le Dieu de mon père et je L'exalterai'; comprends-le bien:
בפסוק אז ישיר כו' לאמר כו'. דאיתא גדולה הי' ביזת הים מביזת מצרים.
כי הנה עיקר יצ"מ הי' להוציא הנ"ק שהיו נבלעים בקליפות. וכמ"ש ולמען תספר באזני בנך כו' אותותי אשר שמתי בם.
והכל מתלבש באותיות. כי בכ"ב אותיות נכלל הכל.
וצריכין היו בנ"י להוציא האותיות שהיו צריכין בירור. ויש בחי' תורה שבכתב ויש בע"פ.
ושניהם הוצרך מקודם יצ"מ וקי"ס. ויצ"מ הוא בחי' אותיות שבכתב לכן מ"ע לזכור בפה יצ"מ בכל יום.
וקי"ס היה הכנה להוציא אותיות מתורה שבע"פ שכן השירה אמרו בנ"י מלבם. ובשירה זו נתקיים מ"ש ולמען תספר באזני בנך ובן בנך.
כי הגידו בנ"י בכח השירה הזאת לדורות כמ"ש ויאמרו לאמר. [ולכן ביזת מצרים מפורש בתורה וינצלו את מצרים.
וביזת הים אין מפורש כי הוא בחי' תורה שבע"פ]:
Sur le verset 'Alors chanta...' (Exode 15,1), 'en disant (lemor)...'. Car il est rapporté que le butin de la mer fut plus grand que le butin d'Égypte.
Car voici, l'essentiel de la sortie d'Égypte était d'extraire les étincelles de sainteté (nitsotsot ha-kedousha) qui étaient englouties dans les kelipot (écorces). Comme il est écrit 'et afin que tu racontes aux oreilles de ton fils...
Mes signes que J'ai posés en eux' (Exode 10,2). Et tout se revêt de lettres, car dans les vingt-deux lettres tout est contenu.
Et les enfants d'Israël devaient extraire les lettres qui avaient besoin d'un tri (birour). Il y a l'aspect de la Torah écrite et il y a l'orale, et les deux étaient nécessaires avant la sortie d'Égypte et la kriat Yam Souf.
La sortie d'Égypte est l'aspect des lettres de l'écrit, c'est pourquoi c'est un commandement positif de mentionner de vive voix la sortie d'Égypte chaque jour. Et la kriat Yam Souf fut une préparation pour extraire les lettres de la Torah orale, car les enfants d'Israël dirent ce cantique de leur propre cœur.
Et par ce cantique s'accomplit ce qui est écrit 'et afin que tu racontes aux oreilles de ton fils et du fils de ton fils'. Car les enfants d'Israël proclamèrent par la force de ce cantique pour les générations, comme il est écrit 'et ils dirent en disant (lemor)'.
[C'est pourquoi le butin d'Égypte est explicite dans la Torah, 'et ils dépouillèrent l'Égypte' (Exode 12,36); mais le butin de la mer n'est pas explicite, car il est de l'aspect de la Torah orale]:
במדרש יונתי בחגוי הסלע כו' מתאוה לשמוע קולם כו'. עוד במדרש אעפ"י שכ' ויאמן העם חזרו ולא האמינו כו'.
הענין הוא כי בנ"י באו אל אמונת ה' ע"י גלות מצרים כמ"ש ויאמן העם. וכל הגלות ויסורים הם כדי לזכור ולהאמין בהשי"ת.
אבל הקב"ה רוצה שיזכרו בנ"י ויאמינו בו לעולם ולא יצטרכו לבוא ליסורים וגלות. והנסים שעשה לנו הקב"ה ביצ"מ וקי"ס הי' ללמד על כל הטבע שהוא רק נפלאות הבורא.
וכמ"ש במ"א פי' המדרש אע"פ שמעולם אתה נתישבה כסאך מאז. כי ע"י הנסים האמינו בנ"י שכל הטבע הוא נפלאות הבורא ית"ש והי' בירור ללמד על הכלל כולו ונתברר למפרע כי מעולם אתה.
ואיתא מוציא אסירים ופודה ענוים. פי' מי שהוא במיצר וצועק להקב"ה מתירו מבית אסורים.
אבל הענוים אשר יודעים לעולם כי המה מתנהגין רק בהשגחת הבורא ית' אז פודה אותם שלא יצטרכו כלל להיות במיצר. וע"ז משבחין שהוצאתנו ממצרים ופדיתנו מבית עבדים.
וזה הפדיון הי' בקי"ס כמ"ש ויושע כו' מיד מצרים. שלא יצטרכו כלל להיות במיצר ושעבוד הטבע רק יזכרו בו ית' מתוך הרווחה.
וכמש"ל בפי' בכושרות:
Dans le Midrach: 'Ma colombe dans les fentes du rocher...' (Cantique 2,14), '[le Nom] désire entendre leur voix...'. Encore dans le Midrach: bien qu'il soit écrit 'et le peuple crut' (Exode 4,31), ils revinrent et ne crurent pas, etc.
Le sujet est que les enfants d'Israël parvinrent à la foi en ה' par l'exil d'Égypte, comme il est écrit 'et le peuple crut'. Et tout l'exil et les souffrances ont pour but de se souvenir et de croire au Nom béni soit-Il.
Mais le Saint béni soit-Il veut que les enfants d'Israël se souviennent et croient en Lui pour toujours, et n'aient pas besoin d'en venir aux souffrances et à l'exil. Et les miracles que le Saint béni soit-Il à faits pour nous lors de la sortie d'Égypte et de la kriat Yam Souf visaient à enseigner au sujet de toute la nature qu'elle n'est que les merveilles du Créateur.
Comme il est expliqué ailleurs le sens du Midrach: 'quoique de toute éternité Tu sois, Ton trône est établi depuis lors' (Psaumes 93,2). Car par les miracles les enfants d'Israël crurent que toute la nature est les merveilles du Créateur, que Son Nom soit béni; et ce fut un tri (birour) pour enseigner sur l'ensemble tout entier, et il fut clarifié rétroactivement que 'de toute éternité Tu es'.
Et il est dit 'Il fait sortir les prisonniers et délivre les humbles' (cf. Psaumes 68,7).
L'explication: celui qui est dans la détresse et crie vers le Saint béni soit-Il, Il le libère de la prison; mais les humbles, qui savent toujours qu'ils ne sont conduits que par la providence du Créateur béni soit-Il, alors Il les délivre de sorte qu'ils n'aient pas du tout besoin d'être dans la détresse. Et pour cela nous louons '[que] Tu nous as fait sortir d'Égypte et nous as rachetés de la maison des esclaves'.
Et cette rédemption eut lieu lors de la kriat Yam Souf, comme il est écrit 'et [le Nom] sauva... de la main de l'Égypte' (Exode 14,30), afin qu'ils n'aient pas du tout besoin d'être dans la détresse et l'asservissement de la nature, mais qu'ils se souviennent de Lui béni soit-Il dans l'aisance. Et comme expliqué plus haut au sujet de 'bakoshbarot':
במדרש שה"ש שניך כעדר הקצובות. מילין קצובין ביזת מצרים וביזת הים.
שעלו מן הרחצה שאחר השירה נמחלו להם כל העונות ע"ש. הענין הוא דתכלית הגלות הי' לברר הנ"ק שהי' נבלע בהם.
וזה שהבטיח הקב"ה לא"א ואח"כ יצאו ברכוש גדול. אבל זו הביזה הי' צריכה בירור מן הפסולת.
וע"י קי"ס נתברר הביזה מכל פסולת. זה שעלו מן הרחצה.
ולכן מקודם כתיב דבר נא שהיו בני ישראל יראים ליקח הביזה שהי' מעורב בפסולת. וכשנתרחצו בים נתאוו ביותר אל הביזה.
כדכ' ויסע משה ודרשו חז"ל הסיען בע"כ מן הים כדפרש"י שם:
Dans le Midrach du Cantique: 'Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues (ha-ketsouvot)' (Cantique 4,2). Dès choses mesurées (milin ketsouvin): le butin d'Égypte et le butin de la mer. '[Brebis] qui remontent du bain' (Cantique 4,2) - car après le cantique toutes leurs fautes leur furent pardonnées; vois la.
Le sujet est que le but de l'exil était de trier les étincelles de sainteté (nitsotsot ha-kedousha) qui y étaient englouties. Et c'est ce que le Saint béni soit-Il promit à notre père Abraham: 'et ensuite ils sortiront avec de grands biens' (cf.
Genèse 15,14). Mais ce butin avait besoin d'être trie de la scorie (pesolet).
Et par la kriat Yam Souf le butin fut trie de toute scorie: c'est '[qui] remontent du bain'. C'est pourquoi il est d'abord écrit 'Parle donc [aux oreilles du peuple]' (Exode 11,2), car les enfants d'Israël craignaient de prendre le butin qui était mêlé de scorie.
Et lorsqu'ils se furent baignés dans la mer, ils désirèrent d'autant plus le butin, comme il est écrit 'et Moché fit partir [Israël]' (Exode 15,22), et nos Sages ont expliqué qu'il les fit partir malgré eux de la mer, comme Rachi l'expliqué la:
תרנ"ד
[תרנ"ד - année 5654]
איתא בזוה"ק כי בפסח אין הלל גמור רק ביום א' משום שלא הי' גאולה שלימה עדיין מסטרא דילן אך מסטרא דזווגא עילאה ע"ש בפ' אמור. והענין הוא דכ' אנכי ארד עמך מצרימה ואנכי אעלך.
וז"ש כחצות כו' אני יוצא הי' בחי' עליות השכינה. ומצד דביקות בנ"י בהקב"ה נמשכו אחר הגאולה.
שכמו שכביכול השכינה ירדה בירידות בנ"י לגלות כן נתעלו בנ"י בעלייתה. ולכן הוצרכו אח"כ לברר הגאולה מצד עצמותם.
כמ"ש וספרתם לכם לעצמיכם. וז"ש ואנכי אעלך ואח"כ גם עלה מצד עצמותם.
ושמחת ליל פסח הוא בעליות השכינה. ז"ש פסח הוא לה' כדאיתא ע"ז במכילתא עשו מעשיכם לשם שמים.
וזהו רמז אכילת מצה לחם עני שאין מצדנו כלום רק מה שנמשכנו אחר הקב"ה. כי חמץ הוא מה שאח"כ נתוסף בעיסה.
אבל מצה הוא רק מה שניתן בעיסה ולית לה מגרמה כלום. וזה הרמז בשאלת הרשע מה העבודה הזאת לכם מאחר שאין הגאולה בשלימות מצדנו.
ולכן כפר בעיקר שאינו מאמין הכתוב עמו אנכי בצרה. ושזה הי' עיקר הגאולה:
Il est rapporté dans le saint Zohar qu'à Pessa'h le Hallel n'est complet que le premier jour, parce que la délivrance n'était pas encore complète de notre côté (mi-sitra dilan), mais [seulement] du côté de l'union suprême (mi-sitra de-zivouga ila'à); vois la, dans la section Emor. Le sujet est qu'il est écrit 'Moi Je descendrai avec toi en Égypte et Moi Je te ferai remonter' (Genèse 46,4).
Et c'est ce que signifie 'vers minuit... Je sors' (Exode 11,4) - c'était l'aspect de l'élévation de la Chekhina.
Et du fait de l'attachement (devekout) des enfants d'Israël au Saint béni soit-Il, ils furent entraînés à la suite de la délivrance. Car de même que, pour ainsi dire, la Chekhina est descendue dans les descentes des enfants d'Israël en exil, de même les enfants d'Israël furent élèves dans son élévation.
C'est pourquoi ils durent ensuite trier la délivrance de leur propre côté, comme il est écrit 'et vous compterez pour vous' (Lévitique 23,15) - pour vous-mêmes. Et c'est ce que signifie 'et Moi Je te ferai remonter', puis il remonta aussi de son propre côté.
Et la joie de la nuit de Pessa'h est dans l'élévation de la Chekhina. C'est ce que signifie 'c'est Pessa'h pour le Nom' (Exode 12,11), comme il est dit à ce propos dans la Mekhilta: 'faites vos actes pour le nom du Ciel'.
Et c'est l'allusion de la consommation de la matsa, 'pain de pauvreté' (Deutéronome 16,3): il n'y a rien de notre côté, sinon le fait que nous avons été entraînés à la suite du Saint béni soit-Il. Car le hamets (levain) est ce qui s'ajoute ensuite à la pâte, tandis que la matsa n'est que ce qui a été mis dans la pâte et n'à rien d'elle-même (ve-let la mi-garma keloum).
Et c'est l'allusion dans la question du méchant: 'que signifie ce service pour vous?' (Exode 12,26) - puisque la délivrance n'est pas complète de notre côté. C'est pourquoi il à renie le principe (kafar be-ikar), car il ne croit pas que l'Écriture dit 'Je suis avec lui dans la détresse' (Psaumes 91,15), et que cela fut l'essentiel de la délivrance:
פסח על שם שפסח הקב"ה על בתי בני ישראל כו'. הענין הוא מה שצוה הקב"ה להיות הדם על הפתח וראה את הדם כו' ופסח כו'.
שזה הי' המכוון להיות נתהפך מדה"ד עצמו לחוס על בתי בנ"י כדאיתא כשישראל זכאין שמאל נעשה ימין. ובאמת פסח הוא זמן דין כדאיתא בזוה"ק שלכך הי' המצוה בדם ובצלי אש להיות זמן דין למעלה.
אך לבנ"י נתערב בו חסד בדמיך חיי. וזה ענין הפסיחה והדילוג להשתנות מדין לחסד לבנ"י.
וזה פי' כחצות הלילה כמ"ש בזוה"ק. שנחלק הלילה שהוא מדה"ד להיות כלולה בחסד.
וכ' ה' אלקיך אש אוכלה. ואתם הדבקים בה' אלקיכם חיים כולכם ועי' בזוה"ק בראשית נ"א.
וזה ענין מה נשתנה הלילה הזה שנקראת ע"ש החסד הגם שלילה הוא דין. ובאמת פנימיות הדין הוא חסד גנוז בה.
והדין הוא רק שמירה אל הגנוז בה. ובנ"י זוכין לטוב הגנוז.
וז"ש ושמרתם את המצות כי בעצם היום הזה כו'. פי' הדין הנתוסף על הפנימיות הוא בחי' חמץ לכן נאסר לישראל החמץ כי לישראל נתהפך לחסד.
וזה הרמז שלך אי אתה רואה אבל אתה רואה של אחרים ושל גבוה. כי למעלה הוא זמן דין.
אבל רק לאחרים. ולכם הוא חסד שיש להם דביקות בעצם היום שהוא חסד דגניז בה.
וזה בערב תאכלו מצות. ובזוה"ק בא איתא על הפתח זה פתח הגוף זה מילה.
והכל ענין אחד דכ' לפתח חטאת רובץ. ולכן בכל מקום השער והפתח צריכין שמירה וזה נוהג בעולם שנה נפש לכן יש ערלה בפתח הגוף.
ומעין מ"ש להט החרב המתהפכת לשמור כו' הפנימיות. ונתן הקב"ה רשימה ואות בפתחי בנ"י.
בגוף המילה. ובבית מזוזה.
ובזמן ליל שמורים. וכמו שמזוזה מברחת הסט"א מן הבית כדאיתא בזוה"ק זז מות.
כן מילה מברחת הסט"א מן האדם. וכמו כן ליל שמורים משומר ובא.
וממילא כשהסט"א עורקת מן הפתח זוכין לכנוס אל הפנימיות. וז"ש לעיל מענין בעצם היום הזה הוצאתי.
כי עיקר הגאולה לעבור הפתח ולכנוס לעצם היום הזה. והוא ע"י מצה דמברחת הסט"א כדאיתא בזוה"ק שהוא מלשון מצה ומריבה עיין שם:
'Pessa'h', du nom du fait que le Saint béni soit-Il à sauté (passah) par-dessus les maisons des enfants d'Israël, etc. Le sujet est ce que le Saint béni soit-Il à ordonné: que le sang soit sur l'entrée (petah), 'et Il verra le sang... et Il sautera (où-fassah)' (cf.
Exode 12,23). Cela visait à ce que la mesure de rigueur (midat ha-din) elle-même se retourne pour épargner les maisons des enfants d'Israël, comme il est dit: quand Israël est méritant, la gauche devient droite.
Et en vérité Pessa'h est un temps de rigueur (din), comme il est dit dans le saint Zohar; c'est pourquoi le commandement fut avec le sang et le rôti au feu, pour être un temps de rigueur en haut. Mais pour les enfants d'Israël s'y est mêlé de la bonté ('hessed): 'dans ton sang, vis!' (Ezechiel 16,6).
Et c'est le sens du saut et de l'enjambement (diloug): se transformer de rigueur en bonté pour les enfants d'Israël. Et c'est l'explication de 'vers minuit', comme il est dit dans le saint Zohar: que la nuit, qui est la mesure de rigueur, se partage pour être incluse dans la bonté.
Et il est écrit 'le Nom ton Dieu est un feu dévorant' (Deutéronome 4,24), 'et vous qui êtes attachés au Nom votre Dieu, vous êtes tous vivants aujourd'hui' (Deutéronome 4,4); vois le Zohar Bereshit, page 51. Et c'est le sens de 'en quoi cette nuit est-elle différente' - car elle est nommée du nom de la bonté, bien que la nuit soit rigueur.
Et en vérité l'intériorité de la rigueur est une bonté cachée en elle, et la rigueur n'est qu'une garde pour ce qui est caché en elle; et les enfants d'Israël accèdent au bien caché. Et c'est ce que signifie 'vous garderez les matsot, car en ce jour même...' (Exode 12,17).
L'explication: la rigueur ajoutée sur l'intériorité est l'aspect du hamets, c'est pourquoi le hamets est interdit à Israël, car pour Israël il s'est retourné en bonté. Et c'est l'allusion: 'le tien, tu ne le verras pas, mais tu verras celui d'autrui et celui du Haut' (cf.
Pessahim 5b). Car en haut c'est un temps de rigueur, mais seulement pour les autres; pour vous c'est de la bonté, car ils ont un attachement en ce jour même, qui est la bonté cachée en elle.
Et c'est 'au soir vous mangerez des matsot' (Exode 12,18). Et dans le Zohar Bo il est dit: 'sur l'entrée (petah)' - c'est l'ouverture du corps, c'est la circoncision (mila).
Et tout est un seul et même sujet, car il est écrit 'à l'entrée (petah) le péché est tapi' (Genèse 4,7). C'est pourquoi en tout lieu la porte et l'entrée ont besoin de garde, et cela vaut dans les dimensions du monde, de l'année et de l'âme (olam, chana, nefech); c'est pourquoi il y a une orla (prépuce) à l'entrée du corps.
Et cela s'apparente à ce qui est écrit 'la flamme de l'épée tournoyante pour garder...' (Genèse 3,24) l'intériorité. Et le Saint béni soit-Il à placé une marque et un signe aux entrées des enfants d'Israël: dans le corps, la circoncision; dans la maison, la mezouza; et dans le temps, la nuit de garde (leil shimourim).
Et de même que la mezouza chasse le Sitra A'hra (l'autre côté) de la maison, comme il est dit dans le saint Zohar 'zaz mavet' (la mort s'écarte), de même la circoncision chasse le Sitra A'hra de l'homme; et de même la nuit de garde est 'gardée et vient' (mechoumar où-va). Et de la sorte, quand le Sitra A'hra fuit de l'entrée, on mérite d'entrer vers l'intériorité.
Et c'est ce qui est dit plus haut au sujet de 'en ce jour même Je vous ai fait sortir' (cf. Exode 12,17) - car l'essentiel de la délivrance est de franchir l'entrée et d'entrer vers ce jour même.
Et c'est par la matsa, qui chasse le Sitra A'hra, comme il est dit dans le saint Zohar qu'elle est du langage de 'matsa' (querelle) et 'meriva' (dispute); vois la:
וענין ד' כוסות נגד ד' לשונות של גאולה הוא ג"כ לגלות ברית הלשון. ויש ה' מוצאות הפה.
ולכן צריכין גאולה שכל פתח צריך גאולה כמ"ש לעיל ומוצא הא' דבוק בשורש והד' צריכין גאולה. כענין ומשם יפרד לד' ראשים שהם בחי' ד' מלכיות.
וכל מה שיש בעולם יש בשנה נפש. ועמש"ל בפ' מצורע מענין נהר יוצא מעדן.
ויין הוא רמז הגאולה והתגלות הפנימיות כמ"ש נכנס יין יצא סוד. וכ' ותירוש ינובב בתולות שהוא פתיחת הפנימיות שזהו עיקר בחי' הגאולה.
וביצ"מ זכו בנ"י להתגלות הבריתות הלשון והמעור. לכן פה סח.
ולכן תקנו חכמים קידוש בשבת על היין כמ"ש זכרהו על היין. הטעם שהוא זכר ליצ"מ החירות שמשם זכו בנ"י לברית הלשון והדיבור.
לכן שבת דסהדותא איקרי וניתן לבנ"י הוא זכר ליציאת מצרים:
Et le sujet des quatre coupes, correspondant aux quatre expressions de la délivrance, est aussi de révéler l'alliance de la langue (brit ha-lachon). Et il y a cinq points d'articulation de la bouche (motsaot ha-pe).
C'est pourquoi il faut une délivrance, car chaque orifice à besoin de délivrance, comme dit plus haut; et le premier point d'articulation est attaché à la racine, et les quatre [autres] ont besoin de délivrance, à la manière de 'et de la il se sépare en quatre bras' (Genèse 2,10) - qui sont l'aspect des quatre royaumes. Et tout ce qui existe dans le monde (olam) existe dans l'année (chana) et l'âme (nefech).
Et vois ce qui est expliqué plus haut dans la section Metsora au sujet du 'fleuve qui sort de l'Éden' (Genèse 2,10). Le vin est l'allusion de la délivrance et de la révélation de l'intériorité, comme il est dit 'le vin entre, le secret sort' (Erouvin 65a).
Et il est écrit 'et le vin nouveau fait fleurir les vierges' (Zacharie 9,17), ce qui est l'ouverture de l'intériorité, et c'est cela l'aspect essentiel de la délivrance. Et lors de la sortie d'Égypte les enfants d'Israël méritèrent la révélation des alliances de la langue et de la nudité (ha-maor); c'est pourquoi Pessa'h se lit 'pe sah' (la bouche parle).
C'est pourquoi les Sages ont institué le Kidouch du Chabbat sur le vin, comme il est dit 'souviens-toi de lui sur le vin'; la raison est qu'il est un rappel de la sortie d'Égypte et de la liberté, d'où les enfants d'Israël méritèrent l'alliance de la langue et de la parole. C'est pourquoi le Chabbat est appelé 'de-sahadouta' (du témoignage), et il fut donné aux enfants d'Israël comme rappel de la sortie d'Égypte:
« Apportez devant Moi le omer à Pessa'h, afin que soient bénies pour vous les récoltes des champs. » Le Sfat Emet enseigne qu'Israël est cher devant le Saint béni soit-Il, qui leur a transmis le secret et la racine de toutes choses en leur temps. Les justes méritent de tout recevoir dans le jugement (michpat), parce qu'ils sont des hommes libres. Pessa'h est le ''hessed caché dans le jugement ; Israël reçoit l'influx même au temps du din, qui se transforme en bonté. L'élévation du omer fait monter l'influx de l'année ; les sept semaines préparent l'année, et quand Israël accomplit la volonté de l'Omniprésent par la force de la Torah, celle-ci adoucit les jugements.
Aussi : la délivrance comme point primordial du cœur, attachement avant la connaissance ; le cantique à la mer, redressement et révélation de la royauté ; les matsot, nourriture de guérison par les souffrances de l'exil
איתא בגמרא הביאו לפני עומר בפסח כדי שיתברכו לכם תבואה שבשדות. חביבין ישראל לפני הקב"ה שמסר להם סוד ושורש כל הדברים בזמנם ומועדם.
כמ"ש עת ומשפט ידע לב חכם. וע"ז נאמר אשריך ארץ שמלכך בן חורים ושריך בעת יאכלו.
בעת המיוחד לזה. כי בוודאי הקב"ה נוהג בחסדו כל דור.
אבל הצדיקים זוכין לקבל הכל במשפט לפי שהם בני חורין. לכן באומות כ' אי לך ארץ שמלכך נער ושריך בבוקר יאכלו שהוא זמן חסד ורמז לחג הסוכות שמקריבין ע' פרים גם על הע' אומות.
ולכן הוא גשם כדאיתא בגמרא אימת הכל שמחים ביום הגשמים שהוא חסדו ית' הסוכך על הכל. ובמדרש גשם נדבות אם גשם היא צריכה נדבות שהוא חסד כמ"ש.
ואם טל היא צריכה תניף אלקים. זה הבחינה מיוחדת רק לבנ"י והוא בחג הפסח שהוא חסד הגנוז בבחי' משפט וצדק.
ואף השמאל נעשה ימין לבנ"י כמש"ל. והוא תנופת העומר כמ"ש והניף את העומר כו' הכהן.
ולכן הגשם יש לו זמנים מיוחדים אבל הטל אינו פוסק שישראל מקבלין השפע אפילו בעת המשפט והדין שמתהפך להם לחסד. ז"ש בגבורה ולא בשתי דרשו חז"ל בגבורה של תורה.
דהנה איתא במדרש שבע שבתות תמימות אימתי הם תמימות כשישראל עושין רצונו של מקום ע"ש. דאיתא בזוה"ק תצוה דכל השנה תליא בשבעה שבועות אלו ומי שמתקן אלה הימים כראוי אין צריך להיות נשפט בימי הדין דתשרי ע"ש.
והענין הוא דכ' תורת ה' תמימה והכל נברא בכח התורה וכשבנ"י מקבלין הכל בכח התורה ויודעין שזה עיקר חיות הכל ועושין הכל טפל אל התורה אז התורה משפעת להם כל הצריך להם וממתקת להם כל הדינים. וזה עצמו פי' תמימות תהיינה שיהי' מבורר אצלינו שהם תמימים וכוללים הכל.
ושבע שבתות אלו הם כלל התורה כמ"ש לקמן באריכות בס"ד. ז"ש אימתי הם תמימות כשישראל עושין רצונו של מקום.
ז"ש והניף כו' העומר כו' לרצונכם. להרים ולהעלות כל ההשפעה היורדת בכל השנה אל הקב"ה כדי שיתברכו לכם דייקא תבואה שבשדות.
להיות כל השפע בשבע שבתות תמימות שמיוחדים רק לבנ"י ולהם הוא הכנה על כל ימי השנה כמ"ש. וכדאיתא בזוה"ק שע"י תנופת העומר סט"א ערקת.
וע"י העומר הי' כל שפע פרנסה ומזוני בקדושה לבנ"י. וע"ז נאמר לך אכול בשמחה כו' כי כבר רצה.
מהו כבר הוא כמ"ש ולחם וקלי כו' לא תאכלו עד עצם היום הזה. וע"י שנתנו הראשית אל הקב"ה.
ז"ש והניף את העומר את לרבות כל השפע הטפל אל זה הראשית. ובכח עומר זה מתרומם כל השיריים.
ורצה אלקים. הוא המתקת הדין לחסד ורצון כמ"ש השמאל נעשה ימין.
זה שריך בעת יאכלו. ויש רמז לזה בגמ' עד כמה יושבין בדין עד זמן אכילה שריך בעת יאכלו עי"ש בסנהדרין:
שמעתי מפי מו"ז ז"ל מה דכתי' כשלחו כלה גרש יגרש דאיתא בשם האר"י ז"ל שלא הספיק בצקם כו' שיש נ' שערי טומאה ואילו נשתהו עוד רגע אחד היו נכנסין לשער הנ' והקדים הקב"ה לגאלנו ע"ש. ואמר הוא ז"ל כי אעפ"כ אם היו ח"ו מגיעין לשער הנ' הי' מפלה לגמרי לכל הסט"א.
כי הלא הכל נברא בעבור בנ"י. והרשעים הרגישו זאת לכן כשהגיע לסוף מדריגתן כלה גרש יגרש.
שהבינו שלא יהי' תקומה למפלתן עכ"ד. ונ"ל שלכן כ' ויהי בשלח פרעה ששלחם מעצמו כנ"ל.
אבל לעתיד כתיב לא בחפזון תצאו כי גוג ומגוג ימרדו במלכות שמים לגמרי עד שיהי' להם מפלה שלימה ובלע המות לנצח. ובאמת גאולת מצרים היה התחלה והכנה לגאולה העתידה.
כ' ביד חזקה ובזרוע נטוי'. והזרוע גדולה מהיד.
וכעין שדרשו חז"ל כמה לקו באצבע עשר וביד לקו חמשים. כמו כן נאמר בזרוע יהי' עד מאה.
אבל בזרוע כתיב נטוי' שלא נגמר עדיין אבל מוכן להיות נגמר כמאמר זרוע ה' על מי נגלתה. מ"י חמשים.
ע"ל מאה:
Il est dit dans la Guemara : 'Apportez devant Moi le omer à Pessa'h, afin que soient bénies pour vous les récoltes des champs.' Israël est cher devant le Saint béni soit-Il, qui leur a transmis le secret et la racine de toutes choses en leur temps et leur moment fixe. Comme il est écrit (Ecclésiaste 8,5) : 'Le cœur du sage connaît le temps et le jugement (michpat).' Et à ce propos il est dit (Ecclésiaste 10,17) : 'Heureux es-tu, pays dont le roi est fils de nobles (ben horin) et dont les princes mangent au temps voulu' - au temps particulier fixe pour cela.
Car assurément le Saint béni soit-Il agit par Sa bonté ('hessed) en chaque génération ; mais les justes méritent de tout recevoir dans le jugement (michpat), parce qu'ils sont des hommes libres (bene horin). C'est pourquoi, au sujet des nations, il est écrit (Ecclésiaste 10,16) : 'Malheur à toi, pays dont le roi est un jeûne serviteur et dont les princes mangent des le matin' - qui est le temps du 'hessed (la bonté simple), et cela fait allusion à la fête de Souccot où l'on offre soixante-dix taureaux, aussi pour les soixante-dix nations.
Et c'est pourquoi il y a la pluie, comme il est dit dans la Guemara : 'Quand tous se réjouissent-ils ? Le jour des pluies', car c'est Sa bonté, qu'Il soit béni, qui abrite tout.
Et dans le Midrach : 'une pluie de largesses' (Psaume 68,10) - si c'est de la pluie qu'elle à besoin, [ce sont] des largesses (nedavot), qui sont le 'hessed comme il est écrit ; et si c'est de la rosée, [il est écrit] 'Tu la fais tomber, o Dieu.' Cette dimension est particulière seulement à Israël, et c'est à la fête de Pessa'h, qui est le 'hessed caché dans la dimension du jugement (michpat) et de la justice (tsedek) ; et même le côté gauche devient droite pour Israël, comme mentionné plus haut. Et c'est l'élévation (tenoufa) du omer, comme il est écrit (Lévitique 23,11) : 'Il balancera le omer... le kohen.' C'est pourquoi la pluie à des temps particuliers, mais la rosée ne cesse jamais, car Israël reçoit l'influx (chefa) même au temps du jugement et de la rigueur (din), qui se transforme pour eux en bonté.
C'est ce que [signifie] 'avec force (bi-guevoura) et non dans la trame (bi-chti)' : nos Sages ont interprété 'avec force' comme la force de la Torah. Car voici, il est dit dans le Midrach : 'sept semaines complètes' (Lévitique 23,15) - quand sont-elles complètes ?
Quand Israël accomplit la volonté de l'Omniprésent, vois la-bas. Car il est dit dans le saint Zohar (paracha Tetsave) que toute l'année dépend de ces sept semaines, et que celui qui réparé (metaken) ces jours comme il convient n'à pas besoin d'être juge aux jours de jugement de Tichri, vois la-bas.
Et l'affaire est la suivante : il est écrit (Psaume 19,8) 'La Torah de l'Éternel est parfaite (temima)', et tout à été créé par la force de la Torah ; et quand Israël reçoit tout par la force de la Torah, sait que c'est la l'essence de la vie de toute chose, et rend tout secondaire (tafel) à la Torah, alors la Torah leur dispense (machpi'à) tout ce dont ils ont besoin et adoucit pour eux tous les jugements (dinim). Et c'est cela même le sens de 'elles seront complètes' - qu'il soit clair pour nous qu'elles sont complètes et englobent tout.
Et ces sept semaines sont l'ensemble de la Torah, comme je l'expliquerai plus loin longuement, avec l'aide de Dieu. C'est ce que [signifie] 'quand sont-elles complètes ?
Quand Israël accomplit la volonté de l'Omniprésent.' C'est ce que [signifie] 'Il balancera... le omer... selon votre gré (li-retsonkhem)' : pour élever et faire monter tout l'influx qui descend durant toute l'année vers le Saint béni soit-Il, afin que soient bénies précisément 'pour vous' les récoltes des champs ; pour que tout l'influx soit dans les sept semaines complètes, particulières seulement à Israël, et qui sont pour eux une préparation pour tous les jours de l'année, comme il est dit. Et comme il est dit dans le saint Zohar : par l'élévation du omer, le Sitra A'hra (l'Autre Côté) s'est enfui ; et par le omer, tout l'influx de subsistance et de nourriture était dans la sainteté pour Israël.
Et à ce propos il est dit (Ecclésiaste 9,7) : 'Va, mange avec joie... car déjà [Dieu] à agréé' - qu'est-ce que 'déjà' ? C'est comme il est écrit (Lévitique 23,14) : 'Vous ne mangerez ni pain, ni grain grillé... jusqu'à ce jour même' ; et parce qu'ils ont donné les prémices (rechit) au Saint béni soit-Il.
C'est ce que [signifie] 'Il balancera le omer' - le mot 'et' (et ha-omer) vient inclure tout l'influx secondaire à ces prémices ; et par la force de ce omer s'élève tout le reste (chirayim). 'Et Dieu à agréé' : c'est l'adoucissement du jugement (din) en bonté et en agrément, comme il est dit 'le côté gauche devient droite.' C'est [le sens de] 'tes princes au temps où ils mangent.' Et il y a une allusion à cela dans la Guemara : jusqu'à quand siège-t-on en jugement ? Jusqu'au temps du repas - 'tes princes au temps où ils mangent', vois cela dans le traité Sanhédrin.
במכילתא איתא בפסוק והנה מצרים נוסע אחריהם מיד ויצעקו כו' אל ה' תפשו אומנות אבותם כיון שהטילו שאור בעיסה באו אצל משה ואמרו המבלי אין קברים כו'. הענין הוא כי עיקר הגאולה ביצ"מ הי' נקודה הראשית שבלב איש ישראל להיות לה'.
הגם כי לא הי' מבורר עדיין בשלימות הדעת. והוא עצמו ענין הפסוח והדילוג כמו שפסח הקב"ה על בתי בנ"י וכ' ביד חזקה אעפ"י שלא היו ראוים.
כמו כן עצמו נתקן בנפשות בנ"י שנמשכו אחר הקב"ה גם קודם ישוב הדעת כראוי. והמשכה זו עלה לרצון לפניו ית"ש שזוכר אותה לעולם לזכות ישראל.
כמ"ש זכרתי לך חסד נעוריך כו' לכתך אחרי. פי' כמ"ש משכני אחריך נרוצה ממש כמו שהי' הגאולה בחפזון וריצה.
כמו כן עשו בנ"י פסיעה גדולה ונמשכו אחר הקב"ה בתשוקה גדולה והוא עצמו ענין הקדמת נעשה לנשמע שקודם בירור הדעת היו נמשכין במעשה אחר הקב"ה. ובאמת זה ענין המצות שהם בזריזות כמ"ש ושמרתם את המצות אלו המצות והכל ענין אחד.
כי חמץ הוא במתינות. ובאמת זה הוא דרך התורה שהוא בישוב הדעת ומתינות כי בחכמה אתברירו.
ולכן נתקן אח"כ הדעת עד שהיו מוכנים אל התורה. וזה ענין שבעה שבועות נגד שבעה ספרי תורה כמ"ש חז"ל בפי' חצבה עמודי' שבעה.
והוא בירור הז' מדות. ולכן בשבועות שהוא כלל בירור הנ"ל כמ"ש בשבועותיכם שהוא כלל הז' שבועות.
אז שתי הלחם בא מחמץ. אבל בעוד שלא נתברר זה הבירור.
הוא רק בחי' מצוה. כמ"ש החודש הזה לכם הוא מצוה ראשונה.
והוא בחי' הראשית שבישראל קודם הבירור. וע"ז כ' קדש לי כל בכור כו'.
ואמר משה רבינו לעם זכור כו' היום כו' אשר יצאתם ממצרים כו' כי זה הראשית קבלו ביצ"מ בחפזון בחודש האביב כנ"ל. ולכן כשאמר להם הקב"ה וישובו מיד ויעשו כן אעפ"י שהי' להם ליישב הפחד ואימה שיפול עליהם כמו שהי' בסוף.
אבל זרזו למצות ה'. וכן אח"כ בגוף היראה מיד ויצעקו.
אך כשבאו לבחי' מתינות וישוב הדעת לא הי' להם כח לברר הדעת. וז"ש משהטילו שאור בעיסה שהוא בחי' החמץ זה לא נתקן עדיין.
ויתכן ג"כ לרמוז במ"ש ויאמרו אל משה. כי משה הוא בחי' הדעת והתורה ובזה עדיין לא היו מתוקנים.
נמצא כל הפרשה לשבחן של ישראל נאמרה שנמשכו אחר הקב"ה גם קודם בירור הדעת. וזה עצמו הטעם ביד חזקה אע"פ שאינם ראוים ואעפ"כ ידענו כי כל משפטי ה' מדה במדה.
אך גם זה הי' במדה שאדם מודד. שכן הי' גלוי לפניו שגם בנ"י מדותיהם כך להיות נמשך אחריו שלא בהדרגה ובמדה זו מדד להם:
Dans la Mekhilta il est dit sur le verset (Exode 14,10) 'et voici, l'Égypte marchait derrière eux, aussitôt ils crièrent... vers l'Éternel' : ils ont saisi le métier de leurs pères (la prière). Dès qu'ils eurent jeté du levain dans la pâte, ils vinrent auprès de Moche et dirent (Exode 14,11) : 'Est-ce faute de tombés...' L'affaire est que l'essentiel de la délivrance lors de la sortie d'Égypte fut le point primordial (nekouda rechit) dans le cœur de chaque homme d'Israël, [le désir] d'être à l'Éternel, bien que cela ne fut pas encore clarifié dans la plénitude de la connaissance (daat).
Et c'est cela même le sens du saut et de l'enjambement (pessa'h et diloug) : de même que le Saint béni soit-Il enjamba (passa'h) les maisons d'Israël, et [de même] il est écrit 'à main forte (be-yad hazaka)', bien qu'ils n'en fussent pas dignes ; de même cela se répara dans les âmes d'Israël, qui s'attachèrent (nimchekhou) au Saint béni soit-Il, même avant l'établissement (yichouv) de la connaissance comme il convient. Et cet attachement (hamchakha) monta en agrément devant Lui, qu'Il soit béni, [au point] qu'Il s'en souvient à jamais au mérite d'Israël, comme il est écrit (Jérémie 2,2) : 'Je me souviens en ta faveur de la bonté de ta jeunesse... ta marche après Moi.' C'est-à-dire, comme il est écrit (Cantique 1,4) : 'Attire-moi, après toi nous courrons' - littéralement, de même que la délivrance fut dans la hâte (hipazon) et la course.
De même Israël fit un grand pas et s'attacha au Saint béni soit-Il dans un grand désir ; et c'est cela même le sens de la préséance de 'nous ferons' sur 'nous entendrons' (naasse ve-nichma), car avant la clarification de la connaissance ils s'attachaient par l'action au Saint béni soit-Il. Et en vérité c'est le sens des mitsvot [et des matsot], qui se font avec empressement (zerizout), comme il est écrit (Exode 12,17) 'vous garderez les matsot' - [les Sages lisent] 'ce sont les mitsvot', et tout est une seule et même chose.
Car le hamets (levain) [se forme] avec lenteur (metinout). Et en vérité c'est la voie de la Torah, qui est dans l'établissement de la connaissance et la lenteur, car 'c'est par la sagesse ('hokhma) qu'ils se clarifient (itbrirou).' C'est pourquoi la connaissance fut réparée ensuite, jusqu'à ce qu'ils fussent prêts pour la Torah.
Et c'est le sens des sept semaines, correspondant aux sept livres de la Torah, comme l'ont dit nos Sages en expliquant (Proverbes 9,1) 'elle à taillé ses sept colonnes' ; et c'est la clarification des sept midot (attributs). C'est pourquoi à Chavouot, qui est l'ensemble de la clarification susdite - comme il est écrit (Nombres 28,26) 'be-chavouotekhem' (à vos semaines), qui est l'ensemble des sept semaines - alors les deux pains (chte ha-le'hem) viennent du levain.
Mais tant que cette clarification n'est pas accomplie, c'est seulement la dimension de mitsva, comme il est écrit (Exode 12,2) 'ce mois-ci sera pour vous', qui est la première mitsva ; et c'est la dimension des prémices (rechit) en Israël, avant la clarification. Et à ce propos il est écrit (Exode 13,2) : 'Consacre-Moi tout premier-né...' Et Moche notre maître dit au peuple (Exode 13,3) : 'Souviens-toi... de ce jour... où vous êtes sortis d'Égypte...', car ces prémices, ils les ont reçues lors de la sortie d'Égypte, dans la hâte, au mois du printemps (aviv), comme dit plus haut.
C'est pourquoi, lorsque le Saint béni soit-Il leur dit 'qu'ils reviennent' (Exode 14,2), aussitôt ils firent ainsi, bien qu'ils eussent de quoi céder à la peur et à l'effroi qui allaient tomber sur eux comme ce fut le cas à la fin ; mais ils se hâtèrent pour le commandement de l'Éternel. Et de même ensuite, au sein même de la crainte, 'aussitôt ils crièrent.' Mais lorsqu'ils parvinrent à la dimension de lenteur et d'établissement de la connaissance, ils n'eurent pas la force de clarifier la connaissance ; et c'est ce que [signifie] 'des qu'ils eurent jeté du levain dans la pâte', qui est la dimension du hamets : cela n'était pas encore réparé.
Et l'on peut aussi faire allusion par ce qui est écrit 'et ils dirent à Moche', car Moche est la dimension de la connaissance et de la Torah, et en cela ils n'étaient pas encore réparés. Il ressort que tout ce passage à été dit à la louange d'Israël, [pour montrer] qu'ils se sont attachés au Saint béni soit-Il même avant la clarification de la connaissance.
Et c'est cela même la raison du 'à main forte', bien qu'ils n'en fussent pas dignes ; et néanmoins nous savons que tous les jugements de l'Éternel sont 'mesure pour mesure' (mida ke-neged mida). Mais cela aussi fut selon la mesure dont l'homme mesure : car il était révélé devant Lui que les traits d'Israël étaient tels aussi - se laisser attirer après Lui sans gradation - et de cette mesure Il mesura pour eux.
ובמדרש אז ישיר הה"ד פיה פתחה בחכמה ותורת חסד על לשונה. מיום שנברא העולם לא נאמר שירה עד שבאו ישראל אל הים כו'.
כי בחכמה אתברירו. והנה בתורה יש שבעה דרכים כמש"ל.
ויש תורת חסד ואש דת ותורת אמת וכן כולם. ובשבוע ראשונה של הספירה נתברר בחי' חכמה וחסד כידוע ולכן נפתח לבנ"י שער אחד משער הדעת.
והגם כי שביעי של פסח ששי לספירה. אבל ידוע כי ששת ימים הם הכנה אל השבת שבא מעצמו אחר תיקון הששה ימים.
וכמ"ש האריז"ל בטעם יו"ט של שביעי של פסח. ולכן אמרו בנ"י שירה שהיא פרשה א' מפרשיות התורה.
ויתכן לרמוז אז שהוא שבוע אחת המיוחדת מז' שבועות. כי העיקר מוח החכמה.
ולכן כל שבוע הראשונה הוא ימים טובים כמ"ש האריז"ל. ובתיקון שבוע ראשונה ישיר משה והתחילו דרך התורה.
ופי' שירה הוא התיישרות. כי כל מעשה מצרים הי' שיתקנו בנ"י העקמומית שנעשה ע"י חטא הראשון.
כי האלקים עשה האדם ישר. רק ע"י החטא נתערבבו העולמות.
ורצה הקב"ה לזכות את ישראל להיישיר העולם ע"י בנ"י. וז"ש נכון כסאך מאז.
שנתישבה כסאך ע"י השירה שאמרו בנ"י וז"ש לשון עתיד ישיר שעתה התחיל בחי' השיר שהי מוכן לבנ"י שנקראו עדים כמ"ש עם זו יצרתי כו' תהלתי יספרו. וכ' להגיד כי ישר ה' צורי זה עיקר העדות של בנ"י כמ"ש במ"א:
Et dans le Midrach sur 'alors chanta [Moche]' (Exode 15,1) : c'est ce qui est écrit (Proverbes 31,26) 'elle ouvre sa bouche avec sagesse ('hokhma) et une torah de bonté ('hessed) est sur sa langue' ; depuis le jour où le monde fut créé, nul cantique ne fut prononce jusqu'à ce qu'Israël vint à la mer... Car 'c'est par la sagesse qu'ils se clarifient.' Et voici, dans la Torah il y a sept voies, comme dit plus haut : il y a une torah de bonté ('hessed), une loi de feu (ech dat, Deutéronome 33,2), une torah de vérité (émet), et ainsi toutes.
Et durant la première semaine du compte (le décompte du omer) se clarifie la dimension de 'hokhma et de 'hessed, comme on le sait ; c'est pourquoi s'ouvrit pour Israël une porte parmi les portes de la connaissance. Et bien que le septième jour de Pessa'h soit le sixième du compte, il est connu que les six jours sont une préparation au Chabbat, qui vient de lui-même après la réparation des six jours, comme l'à écrit le Ari [Rabbi Its'hak Louria] de mémoire bénie, quant à la raison du jour de fête du septième jour de Pessa'h.
C'est pourquoi Israël prononça un cantique, qui est l'un des passages de la Torah. Et l'on peut faire allusion par 'az' (alors) - qui est l'une des semaines, particulière parmi les sept semaines, car l'essentiel est le cerveau de la sagesse (moah ha-'hokhma).
C'est pourquoi toute la première semaine est [comme] des jours de fête, comme l'à écrit le Ari de mémoire bénie. Et par la réparation de la première semaine 'chanta Moche', et ils commencèrent la voie de la Torah.
Et le sens de 'chant' (chira) est un redressement (hityachrout) ; car tout l'événement d'Égypte fut afin qu'Israël réparé la tortuosité (akmoumiout) causée par le péché originel. Car 'Dieu à fait l'homme droit (yachar)' (Ecclésiaste 7,29) ; seulement, par le péché, les mondes se sont mélangés, et le Saint béni soit-Il voulut donner à Israël le mérite de redresser le monde par Israël.
Et c'est ce qui est dit (Psaume 93,2) : 'Ton trône est établi des lors (me-az)' - que Ton trône s'affermit par le cantique qu'Israël prononça. Et c'est pourquoi [le verset emploie] le futur 'il chantera' (yachir) : car alors commença la dimension du chant qui était préparée pour Israël, appelés témoins, comme il est écrit (Isaie 43,21) 'ce peuple que J'ai forme... racontera Ma louange.' Et il est écrit (Psaume 92,16) 'pour annoncer que l'Éternel est droit (yachar), mon Rocher' : c'est l'essentiel du témoignage d'Israël, comme je l'expliqué ailleurs.
כתיב ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת לה'. דהנה איתא מצה מיכלא דאסוותא.
ומ"מ נק' לחם עוני שהוא הרפואה שבאה ע"י יסורי הגלות ומלחמה עם הסט"א בחי' נגוף ורפוא. נגוף למצרים ורפוא לישראל.
וכ"פ בזוה"ק מצה מלשון מסה ומריבה. והנה כתיב אחר שנסעו מים סוף ויאמר אם שמוע תשמע כו' כל המחלה אשר שמתי במצרים לא אשים עליך כי אני ה' רופאך.
וידוע הקושיא. אבל נראה הפי' שיהי' רפואתם בכח התורה אני ה' שהתורה שמותיו של הקב"ה.
ולא נצטרך להיות הרפואה ע"י בחי' נגוף ורפוא כנ"ל. ומצאתי שגם בס' קול שמחה כתב שם כדברים האלה.
וזו הבחי' התחילה בשעת השירה. ז"ש אז ישיר אחר איבוד כל המצרים.
דכ' ויושע כו' ביום ההוא כו' מיד מצרים. פי' שיצאו מכל בחי' הראשונה שהי' ע"י נגוף ורפוא כנ"ל.
ויתכן לרמוז בזה הפסוק על כל ימי המעשה ושבת. כי ששת ימי המעשה הוא בבחי' מלחמה ז"ש תאכל מצות וביום השביעי יום מנוחה ומתגלה בו הארת התורה והוא ג"כ יום השירה דכתיב טוב להודות וכתיב ויום השביעי משבח ואומר כו':
Il est écrit (Deutéronome 16,8) : 'Six jours tu mangeras des matsot, et le septième jour [ce sera] une assemblée solennelle (atseret) pour l'Éternel.' Car voici, il est dit : la matsa est 'la nourriture de la guérison' (mikhla de-assouta) ; et néanmoins elle est appelée 'pain de misère' (le'hem oni), car c'est la guérison qui vient par les souffrances de l'exil et le combat avec le Sitra A'hra - la dimension de 'frapper et guérir' (nagof ve-rafo) : frapper pour l'Égypte et guérir pour Israël. Et ainsi expliqué le saint Zohar : matsa, du langage de 'Massa et Meriva' (contestation et querelle).
Et voici, il est écrit après qu'ils partirent de la mer des Joncs (Exode 15,26) : 'Et Il dit : si tu écoutes attentivement... toute la maladie que J'ai mise sur l'Égypte, Je ne la mettrai pas sur toi, car Je suis l'Éternel qui te guérit.' Et la difficulté est connue ; mais il apparaît que le sens est que leur guérison sera par la force de la Torah - 'Je suis l'Éternel' - car la Torah [est faite] des Noms du Saint béni soit-Il, et il ne sera pas nécessaire que la guérison advienne par la dimension de 'frapper et guérir' comme dit plus haut. Et j'ai trouvé que dans le livre Kol Simha il est écrit également des propos semblables.
Et cette dimension commença à l'heure du cantique. C'est ce que [signifie] 'alors chanta', [advenu] après la perte de tous les Égyptiens, car il est écrit (Exode 14,30) 'et [l'Éternel] sauva... en ce jour-la... de la main de l'Égypte' : c'est-à-dire qu'ils sortirent de toute la dimension première qui était par 'frapper et guérir' comme dit plus haut.
Et l'on peut faire allusion par ce verset à tous les jours ouvrables (yeme ha-maasse) et au Chabbat : car les six jours ouvrables sont dans la dimension de combat - c'est ce que [signifie] 'tu mangeras des matsot' - et le septième jour est un jour de repos, où se révèle l'illumination de la Torah, et c'est aussi le jour du cantique, comme il est écrit (Psaume 92,2) 'il est bon de rendre grâce', et comme il est dit 'et le septième jour loue et dit...'
במד' נכון כסאך מאז אע"פ שמעולם אתה לא נתישבה כסאך עד. שאמרו לפניך שירה בים כו'.
דאיתא בנ"י המליכוני תחלה על הים ע"ש כי לא נמצא שם מלך על הקב"ה בתורה עד כאן דכ' ה' ימלוך. כי אין מלך בלא עם ולתכלית זה נברא כל העולם להיות מלכותו ית"ש מתגלה.
וכ' במ"א פי' הפ' והמדרש. כבוד אלקים הסתר דבר עד ויכלו.
ומויכלו ואילך כבוד מלכים חקור דבר. כי א"א להשיג כבודו ית' בבחי' אלקותו שהוא גבוה גבוה מהשגת בו"ד.
אבל בבחי' מלכותו ית"ש יש לחקור. וזה תלוי בבחירת התחתונים לקבל עליהם השי"ת למלך.
ובעבור הרצון והתשוקה של התחתונים מלביש הקב"ה עצמו בלבוש מלכות כמ"ש ה' מלך גאות לבש. שכל שם הגאות והמלכות הוא ע"י התלבשות כי מה שייך גאות במי שמחיה ומהוה כל.
רק מצד התחתונים המצפים לגלות כבוד מלכותו בעולם. וזה מיוחד רק לבנ"י כמ"ש עם זו יצרתי.
וכשיש עם יש מלך. וגם בבריאה כשנברא האדם בע"ש ואמר לכו נרננה לה' כדאיתא במד'.
אז הי' גילוי מלכותו ית'. ולכן מן ויכולו חקור דבר.
וזה נשאר בכל שבת שבנ"י מתיחדין ומתפרשין מסט"א ואז חל מלכות שמים. וז"ש ישמחו במלכותך שומרי שבת.
ולכן סהדותא אקרי. חקור דבר.
ויש בו קריאת התורה. ובכלל בקי"ס שהי' סוף תיקון בנ"י שנגאלו בשלימות ונעשו עם ה' אמרו ה' ימלוך.
חקור דבר. זו השירה.
וכל נפלאות השי"ת ביצ"מ לא הי' מפורסם ונגלה מקודם לפי שהי' בחי' כבוד אלקים הסתר דבר. אבל בקי"ס התחיל כבוד מלכים חקור דבר.
ובחי' זו היא רק לבנ"י שנק' בני מלכים. ז"ש אז ישיר שהתחיל בחי' חקור דבר כנ"ל.
ובאמירת בנ"י ה' ימלוך נתגלה בחי' לבוש מלכות כנ"ל. ולכן אחז"ל אם היו אומרים ה' מלך לא הי' אומה שולטת בהם.
כי כפי מה שנגמר התיקון בנפכות בנ"י כך נתגלה כבוד מלכותו ית' בעולם:
Dans le Midrach : 'Ton trône est établi des lors (me-az)' - bien que Tu sois de toute éternité, Ton trône ne s'est affermi que [lorsqu']ils prononcèrent devant Toi le cantique à la mer... Car il est dit : Israël M'à proclamé roi (himlikhouni) en premier à la mer, vois la-bas ; car on ne trouve pas le titre de roi [applique] au Saint béni soit-Il dans la Torah jusqu'ici, [où] il est écrit (Exode 15,18) : 'L'Éternel régnera' (ה' ימלוך).
Car il n'y a pas de roi sans peuple, et c'est pour cette fin que tout le monde fut créé : que Sa royauté, qu'Il soit béni, se révèle. Et j'ai écrit ailleurs l'explication du verset et du Midrach : 'la gloire de Dieu, c'est de celer une chose' (Proverbes 25,2) - jusqu'à 'Vayekhoulou' (Genèse 2,1, l'achèvement de la Création) ; et depuis 'Vayekhoulou' et au-delà, 'la gloire des rois, c'est de scruter une chose.' Car il est impossible d'atteindre Sa gloire, qu'Il soit béni, dans la dimension de Sa divinité (Elokout), qui est infiniment plus élevée que la compréhension d'un être de chair et de sang ; mais dans la dimension de Sa royauté (malkhout), qu'Il soit béni, il y a à scruter, et cela dépend du choix des êtres d'en bas (ha-tahtonim) d'accepter sur eux le Saint béni soit-Il pour roi.
Et en raison de la volonté et du désir des êtres d'en bas, le Saint béni soit-Il se revêt Lui-même du vêtement de royauté, comme il est écrit (Psaume 93,1) : 'L'Éternel règne, Il s'est vêtu de majesté (gueout)' - car tout ce nom de majesté et de royauté est par revêtement (hitlabchout) ; car quel sens y a-t-il à une majesté pour Celui qui fait vivre et fait exister tout ? Seulement du côté des êtres d'en bas qui aspirent à révéler la gloire de Sa royauté dans le monde.
Et cela est particulier seulement à Israël, comme il est écrit (Isaie 43,21) 'ce peuple que J'ai forme' ; et quand il y a un peuple, il y a un roi. Et de même dans la Création, lorsque l'homme fut créé la veille du Chabbat et dit 'venez, chantons à l'Éternel' (Psaume 95,1), comme il est dit dans le Midrach, alors il y eut révélation de Sa royauté, qu'Il soit béni ; c'est pourquoi, depuis 'Vayekhoulou', 'scruter une chose.' Et cela demeure en chaque Chabbat, où Israël s'unit et se sépare du Sitra A'hra, et alors s'installe la royauté des cieux (malkhout chamayim).
Et c'est ce qui est dit : 'ils se réjouissent en Ta royauté, ceux qui gardent le Chabbat.' C'est pourquoi [le Chabbat] est appelé témoignage (sahadouta) - 'scruter une chose' - et il comporte la lecture de la Torah. Et de façon générale, lors de la séparation de la mer des Joncs (keriat yam souf), qui fut l'achèvement de la réparation d'Israël - [lorsqu']ils furent délivrés pleinement et devinrent le peuple de l'Éternel - ils dirent 'l'Éternel régnera' : 'scruter une chose', c'est ce cantique.
Et toutes les merveilles du Saint béni soit-Il lors de la sortie d'Égypte n'étaient pas rendues publiques ni révélées auparavant, parce que c'était la dimension de 'la gloire de Dieu, c'est de celer une chose' ; mais à la séparation de la mer commença 'la gloire des rois, c'est de scruter une chose', et cette dimension n'appartient qu'à Israël, appelés 'fils de rois.' C'est ce que [signifie] 'alors chanta', que commença la dimension de 'scruter une chose' comme dit plus haut ; et par la parole d'Israël 'l'Éternel régnera' se révéla la dimension du vêtement de royauté comme dit plus haut. C'est pourquoi nos Sages ont dit : s'ils avaient dit 'l'Éternel règne' (au présent), aucune nation n'aurait domine sur eux ; car selon l'achèvement de la réparation dans les âmes d'Israël, ainsi se révèle la gloire de Sa royauté, qu'Il soit béni, dans le monde.
בפסוק מה יפו פעמיך בנעלים דרשו חז"ל על עליות ג' רגלים. וזה אמרו האומות כפי הנזכר בשה"ש.
ונראה כי נשתנו צורות בנ"י בהראות פנים בעזרה באור פני מלך חיים וכל רואיהם יכירום וכמ"ש וראו כל עמי הארץ כי שם ה' נקרא עליך. ולשון קריאה הוא מועדות כמ"ש מקראי קודש.
וכעין שדרשו חז"ל על תפילין של ראש. והמועדות הם ג"כ בחי' תפילין כדאיתא בזו"ח שה"ש.
וג"פ יראה הוא בזכות ג' אבות שנטעו ג' גוונים בנפשות בנ"י. חיור סומק ירוק.
ובוודאי ג"פ בשנה לא הי' ראי זה כראי זה. ונתחוורו נפשות בנ"י בעלותם לראות פני ה'.
ואיתא כל עין לך תצפה. י"ל מלשון הסתר וציפוי.
כמו דאיתא עוצם עיניו מראות ברע מלך ביפיו תחזינה. כן הרואה פני ה' נמאס אצלו כל הסתכלות אחרים.
וכדאיתא באחשורוש כשהוציא כלי המקדש נשתנו צורת שאר הכלים לכלימה:
Sur le verset (Cantique 7,2) 'que tes pas sont beaux dans les sandales (bi-nealim)', nos Sages ont expliqué [qu'il porte] sur les montées des trois fêtes de pèlerinage (chaloch regalim), et ce sont les nations qui l'ont dit, selon ce qui est mentionné dans le Cantique des cantiques. Et il apparaît que les visages d'Israël se transformaient lorsqu'ils paraissaient dans le parvis (azara du Temple), dans la lumière de la face du Roi vivant, et tous ceux qui les voyaient les reconnaissaient, comme il est écrit (Deutéronome 28,10) : 'Tous les peuples de la terre verront que le Nom de l'Éternel est proclame (nikra) sur toi.' Et le terme 'proclamation' (keri'à) [désigne] les fêtes, comme il est écrit (Lévitique 23,2) 'convocations saintes' (mikra'e kodech) ; et de même que nos Sages l'ont expliqué au sujet des téfilines de la tête.
Et les fêtes sont aussi de la dimension des téfilines, comme il est dit dans le Zohar Hadach [sur le] Cantique. Et [le fait de] paraître trois fois [par an] est au mérite des trois Pères, qui ont plante trois couleurs dans les âmes d'Israël : blanc (hivar), rouge (soumak), vert (yarok) ; et assurément, [durant] les trois fois par an, une apparition n'était pas semblable à l'autre, et les âmes d'Israël s'éclaircissaient (se blanchissaient) en montant pour voir la face de l'Éternel.
Et il est dit 'tout œil se tourne vers Toi dans l'attente' (kol ayin lekha titspe) : on peut [l'interpréter] du langage de dissimulation et de recouvrement (tsipouy), comme il est dit (Isaie 33,15-17) : 'Qui ferme les yeux pour ne pas voir le mal... [tes yeux] contempleront le Roi dans sa beauté' - de même, pour celui qui voit la face de l'Éternel, tout autre regard lui devient méprisable.
Et comme il est dit au sujet d'Assuérus : lorsqu'il sortit les ustensiles du Temple, l'aspect des autres ustensiles fut change en honte (kelima).
תרנ"ה-תרנ"ו
תרנ"ה-תרנ"ו (années 5655-5656).
ב"ה מימי חג הפסח
Avec l'aide de Dieu (b"h) : durant les jours de la fête de Pessa'h.
« Pain de misère » (le'hem oni) : nos Sages ont dit que l'on récite (onin) sur lui des paroles. Les enfants d'Israël ont mérité ce pain, « le pain de la guérison », par l'affliction et l'exil d'Égypte, et chaque Pessa'h, par le récit de la sortie d'Égypte, on mérite ce même pain. Pour le Sfat Emet, la sortie d'Égypte est un commencement, et selon le saint Zohar « matsa » s'écrit sans le vav ; elle reste plus chère que tous les degrés, car la Torah et les commandements en dépendent. On garde cette loi « de jour en jour » plus que toutes les illuminations ; c'est pourquoi l'on ne conclut pas après l'agneau pascal par un afikoman, même aux jours du Messie.
Aussi : les quatre coupes ordonnées comme les quatre passages des téfilines ; « Moi et non un ange », révélation de la Che'hina sans gradation ; « à main forte », le maror prépare à la délivrance.
לחם עוני אמרו חז"ל שעונין עליו דברים. כי בנ"י זכו לזה הלחם מיכלא דאסוותא ע"י עינוי וגלות מצרים.
וכמו כן עתה בכל פסח ע"י הסיפור וזכירת יצ"מ זוכין לאותו הלחם:
'Pain de misère' (le'hem oni) : nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que l'on récite (onin) sur lui des paroles. Car les enfants d'Israël ont mérité ce pain, 'le pain de la guérison' (mikhla de-asvata), par l'affliction et l'exil d'Égypte.
Et de même aujourd'hui, chaque Pessa'h, par le récit et le souvenir de la sortie d'Égypte, on mérite ce même pain.
חכם מה אומר כו' אין מפטירין אחר הפסח אפיקומן. כבר כתבנו במ"א כי באמת בנ"י נכנסו במדריגות גדולות אחר יצ"מ בקבלת התורה ובמשכן ומקדשות.
ויצ"מ הוא התחלה וכדאיתא בזוה"ק שלכן מצה חסר ו' לחם עני. ומ"מ צריך להיות חביב יצ"מ יותר מכל המדריגות.
והתורה והמצות הכל תלוי ביצ"מ. וזה פי' הכתוב ושמרת את החוקה הזאת כו' מימים ימימה.
פי' יותר מכל המעלות. כי יום נק' על שם הארה שקרא לאור יום.
מול זאת מגיד הכתוב לשמור החוקה יותר מכל ההארות. כי הוא יסוד שע"י זה באנו אח"כ לכל המעלות.
לכן אין מפטירין אחר הפסח אפיקומן. שאין דבר חביב מזה.
ואפילו שהוא בקטנות הדעת ונק' חוקה. אעפ"כ אפילו כולנו חכמים כו' מצוה לספר ביצ"מ ואפילו לימות המשיח:
'Le sage, que dit-il...' On ne conclut pas après l'agneau pascal par un afikoman. Nous avons déjà écrit ailleurs qu'en vérité les enfants d'Israël sont entrés dans de grands degrés après la sortie d'Égypte, par la réception de la Torah, par le Tabernacle et les Sanctuaires.
Et la sortie d'Égypte est un commencement, et comme il est énoncé dans le saint Zohar, c'est pourquoi 'matsa' (מצה) s'écrit sans le vav (ו) : 'pain de pauvreté' (le'hem oni). Malgré cela, la sortie d'Égypte doit rester plus chère que tous les degrés, et la Torah et les commandements dépendent tous de la sortie d'Égypte.
Et c'est le sens du verset 'Tu garderas cette loi... de jour en jour' (Exode 13,10) : c'est-à-dire plus que toutes les élévations. Car 'jour' (yom) est nomme d'après l'illumination, ainsi qu'Il à appelé 'lumière' le jour ; face à cela le verset enseigné de garder la loi (houka) plus que toutes les illuminations, car elle est le fondement par lequel nous sommes ensuite parvenus à toutes les élévations.
C'est pourquoi on ne conclut pas après l'agneau pascal par un afikoman, car il n'y a rien de plus cher que cela. Et bien qu'elle soit dans la petitesse de la conscience (katnout ha-daat) et soit nommée 'loi' (houka), malgré cela 'même si nous sommes tous sages...' c'est un commandement de raconter la sortie d'Égypte, et même aux jours du Messie.
ענין ד' כוסות מסודר כמו ד' פרשיות שבתפילין. קדש והי' כי יביאך שמע והי' אם שמוע.
והנה קדש לי כל בכור קודם לוהי' כי יביאך. שהוא בחי' יצ"מ עלמא דחירות.
מ"מ קדושתן של ישראל לה' קודם לכל. להודיע כי לא במקרה הי' גלות מצרים.
אבל אדרבא הכל הי' הכנה לתקן נפשות בנ"י בכור הברזל. ומצד שהקב"ה בחר בבנ"י קודש ישראל לה'.
לכן כוס דקידוש וכמו כן פ' קדש לי קודם. אח"כ סיפור יצ"מ שהוא ענין פ' והי' כי יביאך כמ"ש בזוה"ק פ' בא סדר ד' פרשיות אלו.
וכוס ברהמ"ז הוא שמע אילנא דחיי מזונא לכולא בי'. כוס אחרון הוא בחי' ארץ ישראל מול פ' והי' אם שמוע שהוא ענין ארץ ישראל [וגם לשיטת הר"ת י"ל כי כוס ברהמ"ז הוא בחי' א"י ואכלת ושבעת וברכת.
וכוס אחרון מול פרשת שמע שהוא בסוף להיות אחדות בכל המדריגות]:
Le sujet des quatre coupes est ordonné comme les quatre passages (parachiot) des téfilines : 'Sanctifie', 'Et il adviendra quand Il te fera venir', 'Écoute', 'Et il adviendra si tu écoutes'. Or 'Sanctifie-Moi tout premier-né' précède 'Et il adviendra quand Il te fera venir', qui est l'aspect de la sortie d'Égypte, le monde de la liberté (alma de-herout).
Malgré cela, la sainteté d'Israël pour le Nom précède tout, pour faire savoir que l'exil d'Égypte ne fut pas fortuit ; au contraire, tout était une préparation pour réparer les âmes des enfants d'Israël dans le creuset de fer. Et du fait que le Saint, béni soit-Il, à choisi les enfants d'Israël, 'Israël est saint pour le Nom', c'est pourquoi la coupe du Kidouch, et de même le passage 'Sanctifie-Moi', vient en premier.
Ensuite le récit de la sortie d'Égypte, qui est le sujet du passage 'Et il adviendra quand Il te fera venir', comme il est écrit dans le saint Zohar, section Bo, quant à l'ordre de ces quatre passages. Et la coupe de l'action de grâces après le repas (birkat ha-mazon) est 'Écoute', l'arbre de vie, nourriture pour tout ce qui est en lui.
La dernière coupe est l'aspect de la Terre d'Israël, face au passage 'Et il adviendra si tu écoutes', qui est le sujet de la Terre d'Israël [et aussi, selon l'avis de Rabbenou Tam, on peut dire que la coupe de la birkat ha-mazon est l'aspect de la Terre d'Israël : 'tu mangeras, te rassasieras et béniras', et la dernière coupe face au passage 'Écoute', qui est à la fin, pour qu'il y ait unité dans tous les degrés].
בענין אני ולא מלאך. הגם דכתיב וישלח מלאך ויוציאנו.
אכן בוודאי מלאכיו עושי רצונו. אך כי לעולם סדר הישועה בא מכח התפלות שעולין במדריגה דרך העולמות כדאיתא שהתפלות עולין דרך היכלות והמלאכים והשרפים עד שנעשה עטרה לחי העולמים.
וכאן הי' שלא כסדר מלאך שרף ושליח. ולכן אמר מרע"ה באיזה זכות אוציא כי ראה שאין מלאך מני אלף להמליץ בעבורם.
וזה עצמו מ"ש במדרש אתי מלבנון כלה מטיט ולבנים נעשית כלה שלא כדרך מלך בו"ד ששה חדשים בבשמים כו'. כי באמת סדר התיקון הוא להיות מקודם מתוקן מלבוש הגוף שהוא בפרוזדור עד שזוכין לתיקון הפנימיות.
וכאן כ' ותבואי בעדי עדיים כו' ואת ערום ועריה. שהיו חסרים תיקון המלבושים שהוא בעולם המלאכים והשרפים.
והי' גילוי שכינה שלא בהדרגה כמ"ש ובמורא גדול זו גילוי שכינה. וזה ענין תיקון הגדלות קודם הקטנות בימי הפסח.
ונראה עוד לומר כי זה הי' שכרן של אבות העולם שהם תקנו כל העשי' וכל הג' עולמות וכמ"ש וארא כו' באל שדי. ואעפ"כ שמי ה' לא נודעתי להם כו'.
ולכן שילם להם הקב"ה וגאל את בניהם במורא גדול קודם שתקנו בעולמות שלמטה ודו"ק:
À propos de 'Moi et non un ange'. Bien qu'il soit écrit 'Il envoya un ange et nous fit sortir', assurément Ses anges accomplissent Sa volonté.
Mais toujours l'ordre du salut vient par la force des prières qui montent par degrés à travers les mondes, comme il est énoncé que les prières montent à travers les palais (heikhalot), les anges et les séraphins, jusqu'à devenir une couronne pour le Vivant des mondes. Et ici ce fut hors de l'ordre habituel, l'ange, le séraphin et l'envoyé.
C'est pourquoi Moche notre maître, que la paix soit sur lui, dit : 'Par quel mérite les ferai-je sortir ?', car il voyait qu'il n'y avait pas 'un ange sur mille' pour plaider en leur faveur. Et c'est cela même que dit le Midrach : 'Avec Moi depuis le Liban, épousée' : de la boue et des briques elle est devenue une épousée, non à la manière d'un roi de chair et de sang, six mois avec des parfums, etc.
Car en vérité l'ordre de la réparation (tikoun) est d'abord de réparer le vêtement du corps, qui est dans le vestibule (prozdor), jusqu'à mériter la réparation de l'intériorité. Et ici il est écrit 'Tu es venue dans la parure des parures... et toi nue et dénudée' (Ezechiel 16,7), car il leur manquait la réparation des vêtements, qui est dans le monde des anges et des séraphins.
Et ce fut une révélation de la Chekhina sans gradation, comme il est dit 'et par une grande crainte' : ceci est la révélation de la Chekhina. Et c'est le sujet de la réparation de la grandeur (gadlout) avant la petitesse (katnout) aux jours de Pessa'h.
Et il semble encore possible de dire que ce fut la récompense des pères du monde, qui réparèrent toute l'Action et les trois mondes, comme il est dit 'Je suis apparu... par El Chaddai, mais Mon nom, le Nom, Je ne Me suis pas fait connaître à eux' (Exode 6,3). C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, les recompensa et délivra leurs fils par une grande crainte, avant qu'ils n'aient réparé dans les mondes inférieurs, et comprends bien.
ענין ביד חזקה יש לפרש כמ"ש חי אני כו' אם לא ביד חזקה אמלוך עליכם. כמו כן יתכן שבמצרים לא היו מוכנים לגאולה וח"ו היו נטמעי' בתוכם ולכן עשה הקב"ה שימררו חייהם.
וכ"כ בזוה"ק שמות בפסוק הפך לבם לשנוא עמו ע"ש. כדי שיחפצו בגאולה.
ולכן מרור זכר לוימררו חייהם שזה הי' הכנה לטובה. וכמו כן כל היסורים שבאים על בנ"י כששוכחין את הבורא ומתוך יסורי הגוף באין לצעקה ונזכרין בנפשותיהם.
וכ"כ ויאנחו כו' מן העבודה וגרם זה ותעל שועתם אל האלקים. שמיסורי הגוף באין להרגיש יסורי הנפש.
והכל הכנה אל הגאולה. לכן כתיב ביד חזקה בע"כ שלא בטובתן נתקרבו אליו ית"ש.
ויש להלל ולשבח על זה:
Le sujet de 'à main forte' peut s'expliquer comme il est écrit 'Je suis vivant... si ce n'est à main forte Je régnerai sur vous' (Ezechiel 20,33). De même il se peut qu'en Égypte ils n'étaient pas prêts à la délivrance et, à Dieu ne plaise, ils s'assimilaient parmi eux ; c'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, fit qu'ils rendirent leurs vies amères.
Ainsi est-il écrit dans le saint Zohar sur l'Exode, sur le verset 'Il retourna leur cœur pour haïr Son peuple' (Psaumes 105,25), vois-y, afin qu'ils désirent la délivrance. C'est pourquoi le maror (herbe amère) rappelle 'ils rendirent leurs vies amères', car ce fut une préparation pour le bien.
De même, toutes les souffrances qui viennent sur les enfants d'Israël lorsqu'ils oublient le Créateur : par les souffrances du corps ils en viennent au cri et se souviennent dans leurs âmes. Ainsi est-il écrit 'ils gémirent... du travail', et cela causa 'et leur clameur monta vers Elokim' (Exode 2,23), car des souffrances du corps ils en viennent à ressentir les souffrances de l'âme.
Et tout est préparation à la délivrance. C'est pourquoi il est écrit 'à main forte' : malgré eux, non de leur plein gré, ils se rapprochèrent de Lui, que Son nom soit béni.
Et il y a lieu de louer et de célébrer pour cela.
וירד מצרימה אנוס עפ"י הדיבור. פי' כדי לברר הנהגה ומלכות שמים בעולם.
כדאיתא בזוה"ק שהדיבור הי' בגלות. והוא בחי' מלכות והנהגה עליונה שלא נתגלה בעולם רק ע"י ירידת בנ"י למצרים.
וירד לשון מלכות כמו וירד מים עד ים. וכ"כ ורדו בדגת הים כו' וארז"ל זכה רודה בהם לא זכה נעשה ירוד לפניהם.
ובנ"י נכנסו למצרים ונעשו ירודים לפי שעה כדי להיות אח"כ רודים בהם:
'Il descendit en Égypte, contraint par la parole' (selon la Haggada, d'après Deutéronome 26,5) : c'est-à-dire afin de clarifier la conduite (hanhaga) et la royauté des cieux (malkhout chamayim) dans le monde. Comme il est énoncé dans le saint Zohar que la Parole (dibbour) était en exil, et elle est l'aspect de la royauté (malkhout) et de la conduite supérieure, qui ne s'est révélée dans le monde que par la descente des enfants d'Israël en Égypte. 'Il descendit' (va-yered) est un terme de royauté, comme 'Il dominera d'une mer à l'autre' (Psaumes 72,8).
Ainsi est-il écrit 'Dominez sur les poissons de la mer' (Genèse 1,28), et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : s'il le mérite il domine sur eux, s'il ne le mérite pas il devient abaisse (yaroud) devant eux. Et les enfants d'Israël entrèrent en Égypte et devinrent abaissés pour un temps, afin d'être ensuite ceux qui dominent sur eux.
כתיב שלש פעמים בשנה יראה כו'. ומסתמא לא ראי זה כראי זה והם ג' גוונים בחי' ג' אבות.
ופסח זמן חירותנו הוא גוון חיור והוא בחי' מצה פשוטה בלי השתנות ומוכן לקבל כל גוונין. שע"י שנעשים בני חורין מוכנים לקבל כל מצות ה'.
ובאמת פעמים הוא מלשון פעם כמו פעמון זהב. ותפעם רוחו שהוא התעוררות.
ויש התעוררות מכח אהבה. ויש מיראה.
ויש מצד הכרת האמת. והם בחי' ג' אבות.
ואיתא שבת קביעא וקיימא ויו"ט ישראל דקדשינהו לזמנים. לכן אומרים זמן חירותנו מתן תורתנו שמחתנו.
פי' שע"י אלו המעשים שנעשה בישראל נעשה גם בשמים זמן שמחה וחדוה לפניו ית"ש. ונק' מקראי קודש זמיני פי' שנזדמן אלה המעשים ועשו רושם בשמים להתגלות הקדושה בהם:
Il est écrit 'Trois fois (pe'amim) par an paraîtra...' (Exode 23,17). Et vraisemblablement 'l'aspect de l'une n'est pas comme l'aspect de l'autre', et ce sont trois teintes (gvanim), l'aspect des trois patriarches.
Et Pessa'h, 'le temps de notre liberté', est la teinte blanche (hivar), et c'est l'aspect de la matsa simple, sans changement, prête à recevoir toutes les teintes ; car du fait qu'ils deviennent hommes libres ils sont prêts à recevoir tous les commandements du Nom. Et en vérité 'pe'amim' (fois) vient du terme 'pa'am' (battement), comme 'clochette (pa'amon) d'or', et 'son esprit s'agita (va-tippa'em)' (Genèse 41,8), qui est un éveil (hitorerout).
Et il y a un éveil par la force de l'amour, il y en a un par la crainte, et il y en a du côté de la reconnaissance de la vérité ; et ce sont l'aspect des trois patriarches. Et il est énoncé : le Chabbat est fixe et établi, tandis que les jours de fête, c'est Israël qui sanctifie les temps.
C'est pourquoi on dit 'le temps de notre liberté', 'le temps du don de notre Torah', 'le temps de notre joie' : c'est-à-dire que par ces actes accomplis en Israël se fait aussi dans les cieux un temps de joie et d'allégresse devant Lui, que Son nom soit béni. Et ils sont appelés 'convocations saintes, temps fixés' (mikra'ei kodech, zmini) : c'est-à-dire que ces actes se sont présentes et ont laissé une empreinte dans les cieux pour que la sainteté s'y révélé.
בפרשת העומר וקצרתם את קצירה והבאתם כו' ראשית קצירכם כו'. ובמד' ואתה את בריתי תשמור זה מצות העומר.
כי הנה מחובר אינו מקבל טומאה. ולכן בשעת קצירה צריכין שמירה שלא להיות נפרד מן השורש כדי שלא יתפשט בו פסולת וטומאה.
ולכן בנ"י צריכין להעלות ראשית הקציר לגבוה. וכ' ואתה את בריתי תשמור לרמוז לתקן חטא הראשון שנתערב פסולת ותערובות טוב ורע.
ואיתא בפסח על התבואה מטעם שהוא זמן חירות וגאולה יש חירות גם בארץ. וכמ"ש עומר מתיר במדינה שמתיר זה שנאסר הפנימיות ע"י החטא נעשה עתה חירות:
Dans la section du Omer : 'Vous moissonnerez sa moisson et vous apporterez... les prémices de votre moisson' (Lévitique 23,10). Et dans le Midrach : 'Et toi, tu garderas Mon alliance' (Genèse 17,9), c'est le commandement du Omer.
Car voici, ce qui est attaché au sol ne reçoit pas d'impureté ; c'est pourquoi au moment de la moisson il faut une garde pour ne pas être séparé de la racine, afin que ne s'y propage pas de rebut et d'impureté. C'est pourquoi les enfants d'Israël doivent élever les prémices de la moisson vers le Haut.
Et il est écrit 'Et toi, tu garderas Mon alliance' pour faire allusion à la réparation de la première faute, où se mélangèrent le rebut et le mélange du bien et du mal. Et il est énoncé qu'à Pessa'h, quant à la récolte, du fait que c'est un temps de liberté et de délivrance, il y a liberté aussi sur la terre.
Et comme il est dit 'le Omer rend permis en province (médina)' : ce qui rend permis ce qui avait été interdit, l'intériorité interdite par la faute, devient maintenant liberté.
איתא במד' מדלג על ההרים בזכות אבות הקדים הגאולה קודם ששלמו ת' שנים. ויש להבין הלא גם מקודם הי' זכות אבות ואעפ"כ נגזר להיות ת' שנים.
אך זה פי' וזוכר חסדי אבות כי האבות עשו לפנים משורת הדין ובדרך שאדם מודד מודדין לו ולכן הגם שעפ"י הדין אפילו לשלם לאבות על מה שעשו לפנים משורת הדין מ"מ הי' הגזירה להיות ת' שנים. אעפ"כ מלבד זה המשפט פרע להם הקב"ה מדה במדה לעשות עמהם לפנים משורת הדין והקדים להם הגאולה.
לכן הגזירה הי' במשפט. ומלבד זה עשה להם לפנים משורת הדין כי כן המדה:
Il est énoncé dans le Midrach : 'bondissant sur les montagnes' (Cantique 2,8), par le mérite des pères Il devança la délivrance avant que ne fussent accomplies les quatre cents années. Et il y a lieu de comprendre : n'y avait-il pas aussi auparavant le mérite des pères, et malgré cela il fut décrété que ce serait quatre cents ans ?
Mais voici le sens de 'et Il se souvient des bontés (hasdei) des pères' : car les pères agirent au-delà de la lettre de la loi (lifnim mi-chourat ha-din), et 'de la manière dont l'homme mesure on le mesure' ; c'est pourquoi, bien que selon le strict droit il faille même récompenser les pères pour ce qu'ils firent au-delà de la lettre de la loi, malgré cela le décret était de quatre cents ans. Néanmoins, outre ce jugement, le Saint, béni soit-Il, les recompensa mesure pour mesure, agissant avec eux au-delà de la lettre de la loi, et Il devança pour eux la délivrance.
Ainsi le décret fut selon le droit, et outre cela Il agit avec eux au-delà de la lettre de la loi, car telle est la mesure.
בפסוק ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת לה' אלקיך כו'. דהנה הקב"ה הוציאנו מארץ מצרים להיות לנו לאלקים.
וע"ז עיקר השמחה והלל. הללו עבדי ה' ולא עבדי פרעה.
וביצ"מ נגאלנו שלא להיות עבדי פרעה. ובקי"ס נגמר המכוון שנכנסנו להיות עבדי ה' לכן שרו השירה.
והמצות הם זכר לגאולה ושמירה מחמץ. ובשביעי עצרת לה' להיות עבדי ה':
Sur le verset 'Six jours tu mangeras des azymes, et le septième jour ce sera une assemblée solennelle (atseret) pour le Nom ton Dieu...' (Deutéronome 16,8). Car voici, le Saint, béni soit-Il, nous à fait sortir du pays d'Égypte pour être pour nous un Dieu, et sur cela porte l'essentiel de la joie et de la louange : 'Louez, serviteurs du Nom', et non serviteurs de Pharaon.
À la sortie d'Égypte nous fûmes délivrés pour ne plus être serviteurs de Pharaon, et lors du partage de la mer (keriat yam souf) s'accomplit le but : nous entrames pour devenir serviteurs du Nom, c'est pourquoi ils chantèrent le cantique. Et les azymes sont un rappel de la délivrance et une préservation du levain.
Et le septième jour, 'assemblée pour le Nom', pour être serviteurs du Nom.
במד' מה תצעק אלי הה"ד טרם יקראו ואני כו' הם מדברים ואני כו' ב"פ ואני כו' כל שמכוון לבו לתפלה אני שומע לו בעוה"ז וכן לעתיד לבוא כו' ע"ש. הענין הוא דכ' מן המצר קראתי כו' ענני במרחב.
כי כל צרה הבאה לישראל היא הכנה לישועה כמ"ש בערב ילין בכי בעוד שלא נתברר עיקר המכוון ונק' בערב מלשון תערובות. ולבוקר שנתגלה המכוון רנה.
וזה מתקיים בוודאי אפילו כשאין זכאין מ"מ לעתיד לבוא יתגלה הישועה שהי' מכוון ע"ז הצרה. אכן מי שזוכה גם בעוה"ז זוכה ורואה הישועה.
וכן הי' ביצ"מ וקי"ס שנתהפך להם הבכי' לשמחה. יקראו ואני אענה היא הקריאה בצרה.
הם מדברים ואני אשמע הוא הדיבור בשמחה וישוב הדעת. וזה הי' השירה.
וז"ש במד' שבנ"י מתגאין בירושתן הקל קול יעקב. וכ' א' חסר וא' מלא.
שהם ב' הקולות בישראל. בערב בכי ולבוקר רנה:
Dans le Midrach : 'Pourquoi cries-tu vers Moi ?' (Exode 14,15), c'est ce que dit le verset 'Avant qu'ils appellent, Moi... ; ils parlent encore, et Moi...' (Isaie 65,24), deux fois 'et Moi' : quiconque dirige son cœur vers la prière, Moi Je l'entends en ce monde, et de même dans le monde à venir, etc., vois-y. Le sujet est qu'il est écrit 'De la détresse (metsar) j'ai appelé...
Il m'à répondu par un espace large (merhav)' (Psaumes 118,5). Car toute détresse qui vient sur Israël est une préparation au salut, comme il est dit 'le soir loge le pleur' : tant que le but essentiel n'est pas encore clarifié, cela est appelé 'soir' (erev), du terme 'mélange' (taarovet) ; et 'au matin, chant de joie' (Psaumes 30,6) quand le but s'est révélé.
Et cela s'accomplit assurément : même lorsqu'ils ne sont pas méritants, malgré tout dans le monde à venir se révélera le salut qui était vise par cette détresse. Mais celui qui mérite déjà en ce monde mérite et voit le salut.
Ainsi fut-il à la sortie d'Égypte et au partage de la mer, où le pleur se retourna pour eux en joie. 'Ils appellent et Moi Je réponds', c'est l'appel dans la détresse ; 'ils parlent et Moi J'entends', c'est la parole dans la joie et l'apaisement de l'esprit (yichouv ha-daat). Et cela fut le cantique.
Et c'est ce que dit le Midrach, que les enfants d'Israël s'enorgueillissent de leur héritage : 'la voix est la voix de Yaakov' (Genèse 27,22). Et il est écrit 'la voix' (ha-kol) une fois défective (קל) et une fois pleine (קול), car ce sont les deux voix en Israël : le soir le pleur, et au matin le chant de joie.
במד' אז ישיר הה"ד נכון כסאך מאז אעפ"י שמעולם אתה כביכול עומד ולא נתישבה כסאך עד שאמרו בניך שירה כו' ע"ש. דכ' רם על כל גוים ה'.
כי הקב"ה רם ומתנשא מימות עולם ואין כל העולם כולו כדאי לקבל מלכותו ית"ש. וזה נק' עומד מאחר שאין התחתונים יכולים לקבל כבוד מלכותו ית"ש.
אבל בנ"י מכח אמונה שהאמינו בה' שהגם שהוא רם ונשא עכ"ז לא יצא שום דבר מהשגחתו ית"ש ומלכותו בכל משלה וכפי רוב האמונה שבהם זכו לקבל מלכותו ית"ש. ובאמת גם בנ"י מוכנים לזה מעולם שהכל נבראו בשביל ישראל שנק' ראשית אך שלא היו יכולין להוציא מכח אל הפועל זה העדות עד שנעשו בני חורין.
וכשנשלמו בנ"י נתגלה כבוד מלכותו בעולם. ז"ש ויאמינו בה' אז ישיר.
פי' ה' היה הוה ויהיה. זה עיקר האמונה שהקב"ה מהוה הטבע ואפס זולתו.
ובאמת מי שיש לו אמונה שלימה הוא מלא שמחה תמיד בהיותו יודע כי הכל מאתי ית"ש בלבד. זה ויאמינו אז ישיר:
Dans le Midrach : 'Alors chanta (az yachir)', c'est ce que dit le verset 'Ton trône est établi depuis lors (me-az)' (Psaumes 93,2) : bien que de toute éternité Tu sois, pour ainsi dire, debout, Ton trône ne s'est posé que lorsque Tes fils ont dit le cantique, etc., vois-y. Car il est écrit 'Élève au-dessus de toutes les nations est le Nom' (Psaumes 113,4).
Car le Saint, béni soit-Il, est élevé et exalté depuis les jours du monde, et le monde entier n'est pas digne de recevoir Sa royauté, que Son nom soit béni ; et cela est appelé 'debout', puisque les êtres inférieurs ne peuvent recevoir la gloire de Sa royauté. Mais les enfants d'Israël, par la force de la foi (emouna) qu'ils eurent au Nom, croyant que bien qu'Il soit élevé et exalté, malgré cela rien ne sort de Sa providence, que Son nom soit béni, et que Sa royauté domine sur tout, selon l'abondance de la foi qui est en eux ils méritèrent de recevoir Sa royauté.
Et en vérité les enfants d'Israël aussi y étaient prêts de toute éternité, car tout fut créé pour Israël, qui est appelé 'commencement' (rechit) ; seulement ils ne pouvaient faire passer de la puissance à l'acte ce témoignage, jusqu'à ce qu'ils deviennent hommes libres. Et lorsque les enfants d'Israël furent parfaits, la gloire de Sa royauté se révéla dans le monde.
C'est ce que dit 'Et ils crurent au Nom, alors chanta' : c'est-à-dire que le Nom fut, est, et sera. Ceci est l'essentiel de la foi : que le Saint, béni soit-Il, fait exister la nature, et il n'y a rien d'autre que Lui.
Et en vérité celui qui a une foi parfaite est toujours rempli de joie, sachant que tout vient de Moi seul, que Son nom soit béni. Ceci est 'Et ils crurent, alors chanta'.
בפסוק תורי זהב נעשה כו' עם נקודות הכסף דרשו חז"ל על ביזת הים שגדולה מביזת מצרים. דאיתא ויסע מלאך האלקים שהיו בנ"י בדין אם להינצל כו'.
והענין הוא כי ביצ"מ כתיב ביד חזקה שלא היו בנ"י כדאי' להיגאל רק בחסד עליון. ועל הים הי' הישועה שיהיו זכאין גם עפ"י מדת הדין וזה נק' ישועה.
ולכן כ' ויושע כו' ביום ההוא. ועל ב' אלו מבקשין הראנו ה' חסדך.
וישעך תתן לנו דייקא. וכמ"ש ה' לי בעוזרי.
פי' שעוזר ומושיע באופן שיהי' עפ"י מעשינו ולכן ואני אראה בשונאי כדכ' וירא ישראל כו' מצרים מת. וביצ"מ כ' ואתם לא תצאו כו' כמ"ש במ"א מזה.
ובאמת עיקר הביזה כשזכו בעצמותם לישועה. וזה הוא בקביעות ונק' תורי זהב.
אכן כדי שלא יאמר אותו צדיק אברהם עמוד החסד שלא קיים בהם יצאו ברכוש גדול נתן להם ג"כ נקודות הכסף [וע"ד הרמז תורי זהב ונקודות הכסף הוא כמ"ש שמאלו תחת לראשי וימינו תחבקני הוא נקודות הכסף כי מדה"ד צריך להיות שקט על שמריו והתנועה במדת החסד]:
Sur le verset 'Nous te ferons des colliers d'or avec des pointes d'argent' (Cantique 1,11), nos Sages, de mémoire bénie, l'ont expliqué au sujet du butin de la mer, qui fut plus grand que le butin d'Égypte. Car il est énoncé 'L'ange d'Elokim se déplaça' (Exode 14,19) : les enfants d'Israël étaient en jugement, s'il fallait les sauver, etc.
Et le sujet est qu'à la sortie d'Égypte il est écrit 'à main forte', car les enfants d'Israël n'étaient pas dignes d'être délivrés, sinon par la grâce suprême ('hessed elyon) ; et sur la mer, le salut fut qu'ils fussent méritants aussi selon l'attribut de rigueur (midat ha-din), et cela est appelé 'salut' (yechoua). C'est pourquoi il est écrit 'Il sauva... en ce jour-la' (Exode 14,30).
Et sur ces deux choses on demande 'Fais-nous voir, Nom, Ta grâce, et Ton salut donne-nous' précisément (Psaumes 85,8). Et comme il est dit 'le Nom est pour moi parmi mes secours' (Psaumes 118,7) : c'est-à-dire qu'Il aide et sauve d'une manière qui soit selon nos actes, c'est pourquoi 'et moi je regarderai mes ennemis', comme il est écrit 'et Israël vit... l'Égypte morte' (Exode 14,30).
Et à la sortie d'Égypte il est écrit 'et vous, vous ne sortirez pas...' (Exode 12,22), comme je l'ai dit ailleurs à ce sujet. Et en vérité l'essentiel du butin fut lorsqu'ils méritèrent par eux-mêmes le salut ; et cela est stable (bi-kviout) et est appelé 'colliers d'or'.
Mais afin que ce juste, Abraham, pilier de la grâce ('hessed), ne dise pas qu'Il n'à pas accompli pour eux 'ils sortiront avec de grands biens' (Genèse 15,14), Il leur donna aussi des 'pointes d'argent' [et par voie d'allusion, 'colliers d'or et pointes d'argent' est comme il est dit 'sa gauche sous ma tête et sa droite m'embrasse' (Cantique 2,6) : cela est les pointes d'argent, car l'attribut de rigueur doit rester repose sur sa lié (immobile), tandis que le mouvement se fait dans l'attribut de grâce].
בפסוק ויקח משה כו' עצמות יוסף עמו כו' השבע השביע. יוסף הצדיק הי' המכין לבנ"י במצרים שהכניס עצמו בגלות מצרים להיות הכנה לבנ"י בגלות.
ולכן זכה להיות לו עלי' ביצ"מ. כידוע כי מדריגת מרע"ה למעלה.
וכ' עמו במחיצתו. ולפי שביטל עצמו לכלל ישראל כמ"ש השבע השביע להיות קשור בכלל ישראל.
וכ' ושם דרך אראנו בישע אלקים דרשו חז"ל המדליק נרות במבואות האפלים. וזה נתקיים ביוסף ולכן נתעלה ביצ"מ.
וכן הבטיח הקב"ה ליעקב אעלך גם עלה ויוסף ישית ידו על עיניך. שיתעלה כחו למדריגת יעקב.
והנה שורש הגלות והגאולה הכל במדריגת יוסף הצדיק. בתחילת הגלות כתיב אשר לא ידע את יוסף.
ובגאולה כתיב ויקח משה את עצמות יוסף:
Sur le verset 'Moche prit... les ossements de Joseph avec lui... il avait fait jurer, jurer' (Exode 13,19). Joseph le juste fut celui qui prépara les enfants d'Israël en Égypte, car il s'introduisit lui-même dans l'exil d'Égypte pour être une préparation pour les enfants d'Israël dans l'exil ; c'est pourquoi il mérita d'avoir une élévation à la sortie d'Égypte.
Comme on le sait, le degré de Moche notre maître, que la paix soit sur lui, est en haut, et il est écrit 'avec lui', dans son enceinte (mehitsa). Et parce qu'il s'annula pour la collectivité d'Israël, comme il est dit 'il fit jurer, jurer', pour être lié à la collectivité d'Israël.
Et il est écrit 'et à qui met sa voie droite, Je ferai voir le salut d'Elokim' (Psaumes 50,23) : nos Sages, de mémoire bénie, l'ont expliqué : celui qui allume des lampes dans les passages obscurs. Et cela s'accomplit en Joseph, c'est pourquoi il fut élève à la sortie d'Égypte.
Ainsi le Saint, béni soit-Il, promit à Yaakov 'Je te ferai monter, et aussi Je te ferai remonter, et Joseph posera sa main sur tes yeux' (Genèse 46,4) : que sa force s'élève au degré de Yaakov. Et voici, la racine de l'exil et de la délivrance, tout est au degré de Joseph le juste : au début de l'exil il est écrit 'qui ne connaissait pas Joseph' (Exode 1,8), et lors de la délivrance il est écrit 'et Moche prit les ossements de Joseph'.
בפסוק והנה מצרים נוסע כו' ויצעקו כו' אל ה'. ובמד' השמיעני את קולך כו'.
כי באמת יצ"מ הי' הכנה לדורות כמו שנצטוינו לזכור בכל יום יצ"מ. כי הקליפה רודפת תמיד אחר בנ"י.
ונעשה ביצ"מ הכנה להיות נושע תמיד ע"י זכירת מצרים בפה. כי עיקר כחן של בנ"י בפה.
וזה נגמר ביצ"מ להיות הפה מתוקן. וממילא השטר חירות בידינו בכח תורה ותפלה בפה.
ולכן כאשר ראו כי עוד מצרים נוסע אחריהם נתיראו. ונאמר להם כי הגאולה היה על זה שיהיו נגאלים בכל עת ע"י צעקה כמ"ש במד' צעקו וה' שמע שזה עיקר הבטחתן של ישראל להיות נושע בפיהם:
Sur le verset 'Et voici, l'Égypte se déplaçait à leur poursuite... et ils crièrent... vers le Nom' (Exode 14,10). Et dans le Midrach : 'Fais-moi entendre ta voix...' (Cantique 2,14).
Car en vérité la sortie d'Égypte fut une préparation pour les générations, ainsi qu'il nous à été ordonné de nous souvenir chaque jour de la sortie d'Égypte. Car la kelipa (l'écorce, force impure) poursuit sans cesse les enfants d'Israël, et il se fit à la sortie d'Égypte une préparation pour être sauvé en tout temps par le souvenir de l'Égypte par la bouche (be-fé).
Car l'essentiel de la force des enfants d'Israël est dans la bouche, et cela s'accomplit à la sortie d'Égypte : que la bouche soit réparée. Et de la sorte l'acte de liberté (chtar herout) est dans notre main, par la force de la Torah et de la prière par la bouche.
C'est pourquoi, lorsqu'ils virent que l'Égypte se déplaçait encore à leur poursuite, ils eurent peur ; et il leur fut dit que la délivrance portait sur ceci : qu'ils soient délivrés en tout temps par le cri, comme il est dit dans le Midrach 'ils crièrent et le Nom entendit', car c'est l'essentiel de la promesse d'Israël : être sauvé par leur bouche.
במכילתא עשה פלא אין כתיב אלא עושה פלא תמיד ע"ש. וזה העדות של בנ"י בשירה זו כמ"ש עם זו יצרתי לי תהלתי יספרו.
וכשנגאלין להיות מבורר לעצמם בלי תערובות יכולין להעיד זה העדות ורואין הנפלאות שעושה הקב"ה תמיד כמ"ש ומפליא לעשות. כי באמת כל הטבע וכל הבריאה מדובקת בשורש הפלא כמו הגוף בנפש ונשמה.
רק הגשמיות מסתיר. וע"י הגאולה רואין הפלא שהקב"ה עושה תמיד.
וכ"כ כימי צאתך מארץ מצרים אראנו נפלאות. אעשה נפלאות אין כתיב.
רק אראנו. שהנפלאות הם לעולם רק שהעינים סגורים ואינם יכולין לראות הנפלאות.
וכמ"ש גל עיני ואביטה נפלאות:
Dans la Mekhilta : il n'est pas écrit 'Il à fait une merveille' mais 'Il fait une merveille', toujours, vois-y. Et c'est le témoignage des enfants d'Israël dans ce cantique, comme il est dit 'ce peuple que Je me suis forme racontera Ma louange' (Isaie 43,21).
Et lorsqu'ils sont délivrés pour être clarifiés en eux-mêmes, sans mélange, ils peuvent porter ce témoignage et voient les merveilles que le Saint, béni soit-Il, fait continuellement, comme il est dit 'et Il fait des merveilles' (Psaumes 72,18). Car en vérité toute la nature et toute la création est attachée à la racine de la merveille, comme le corps à l'âme vitale (nefech) et à l'âme supérieure (nechama) ; seule la matérialité dissimulé.
Et par la délivrance on voit la merveille que le Saint, béni soit-Il, fait continuellement. Ainsi est-il écrit 'comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui ferai voir des merveilles' (Michee 7,15) : il n'est pas écrit 'Je ferai des merveilles', mais 'Je lui ferai voir', car les merveilles existent toujours, seulement les yeux sont fermés et ne peuvent voir les merveilles.
Et comme il est dit 'Dévoile mes yeux et je contemplerai les merveilles' (Psaumes 119,18).
Le jour de fête de Pessa'h est appelé dans la Torah « Chabbat », comme il est écrit « au lendemain du Chabbat ». Selon le Sfat Emet, de même que le Chabbat a « souviens-toi » et « garde » dits en une seule parole, Pessa'h a mémorial et garde. Le souvenir est un point intérieur sans oubli ; à chaque fête des matsot l'homme d'Israël devient comme une créature nouvelle et ce point se renouvelle, appelé « pain de misère » car sans expansion. Il faut le garder du levain ; par le jour de la sortie on se souvient de tous les jours de sa vie et on les rattache à leur racine.
Aussi : la Haggada commence par « nous étions esclaves » et conclut par nos pères, car leur délivrance a délivré toutes les âmes ; « Pessa'h » se lit « pe sa'h », la bouche parle, et la finalité de la sortie d'Égypte est le Chabbat
בפסוק מושיבי עקרת הבית אם הבנים שמחה. ואיתא בגמ' אמרה כנס"י עשוני בניך כחולדה זו הדרה בעיקרי הבתים.
כי נשמות בנ"י הם למעלה בקודש. ונשתלחו בעוה"ז בכל אלה המקומות להוציא הנ"ק מכל מקום.
והשכינה שורה בתוכם כמ"ש עמו אנכי בצרה. ובכחה יכולין להעלות כל אותן הדברים.
וכשהם בגלות הם בבחי' עקרה. דיש בחי' סתים וגליא כעין שחורה אני ונאוה.
כי א"י לגלות פנימיות הגנוז בגלות. אבל כשבא זמן גאולה נעשית אם הבנים שמחה.
וכ' מושיבי למה שהי' מקודם. וכשנגאלין מעלין הכל אל השורש ונותנים שבח גם על הגלות שרואין שהכל הי' צורך גבוה.
וכ"כ וראו בניו גבורתו שבחו והודו לשמו. שבח על הגאולה.
והודי' על הגלות שהיו מצטערין מקודם וחשבו כי לרעתם הוא וכשנגאלו נותנין הודאה גם על הגלות. ולכן סדרו זה הנוסח באמת ואמונה ערבית לחזק ידינו בגלות להאמין כי הכל לטובה:
Sur le verset 'Il fait habiter la stérile de la maison, mère des enfants joyeuse' (Ps 113,9). Et il est dit dans la Guemara: l'Assemblée d'Israël (Knesset Israël) à dit: tes enfants m'ont rendue comme cette belette qui habite dans les fondations des maisons.
Car les âmes d'Israël sont en haut dans la sainteté. Et elles ont été envoyées dans ce monde-ci dans tous ces lieux pour extraire les étincelles saintes (nitsotsot ha-kodech) de chaque endroit.
Et la Chekhina réside en elles, comme il est écrit 'Je suis avec lui dans la détresse' (Ps 91,15). Et par sa force ils peuvent élever toutes ces choses.
Et quand ils sont en exil ils sont dans l'aspect de la stérile. Car il y a un aspect caché et un aspect révélé (setim ve-galya), à la manière de 'Je suis noire et belle' (Cant 1,5).
Car il est impossible de révéler l'intériorité cachée durant l'exil. Mais quand vient le temps de la délivrance, elle devient 'mère des enfants joyeuse'.
Et il est écrit 'Il fait habiter', [ramenant] à ce qui était auparavant. Et quand ils sont délivrés, ils élèvent tout vers la racine et rendent louange même sur l'exil, car ils voient que tout était un besoin d'en-haut (tsorekh gavoha).
Et de même il est écrit 'et ses fils virent sa puissance, ils louèrent et rendirent grâce à son Nom': louange sur la délivrance, et action de grâce sur l'exil, car ils souffraient auparavant et pensaient que c'était pour leur mal, et une fois délivrés ils rendent grâce même sur l'exil. Et c'est pourquoi ils ont institué cette formule dans 'Emet ve-emouna' du soir, pour fortifier nos mains dans l'exil, pour croire que tout est pour le bien.
איתא במד' יצ"מ קשה כמ"ש לקחת גוי מקרב גוי כו'. כי ביצ"מ נבדלנו מן התועים ונבחרנו להיות עבדי ה'.
לכן יצ"מ עיקר. ואח"כ כשנבדלנו מהם התחילו להיות רודפים אותנו.
ולזה הי' הישועה בקי"ס. לכן צריכין לזכור יצ"מ וקריעת י"ס.
והישועה בקי"ס הי' לדורות כי לעולם בנ"י נרדפים מהאומות. ומ"מ עיקר שמחת בנ"י במה שהוציאנו ממצרים להיות נבדל מהם נמצא יצ"מ עיקר.
וקי"ס ישועה לדורות. ועל ב' אלו משבחין להקב"ה כי הוא פודה ומציל:
Il est dit dans le Midrach: la sortie d'Égypte (yetsiat Mitsrayim) fut difficile, comme il est écrit 'prendre une nation du sein d'une nation' (Dt 4,34) etc. Car par la sortie d'Égypte nous avons été séparés des égarés et choisis pour être les serviteurs de ה'.
C'est pourquoi la sortie d'Égypte est l'essentiel. Et ensuite, une fois séparés d'eux, ils commencèrent à nous poursuivre; et pour cela il y eut le salut par l'ouverture de la mer des Joncs (kriat Yam Souf).
C'est pourquoi il faut se souvenir de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer des Joncs. Et le salut par l'ouverture de la mer fut pour les générations, car en tout temps Israël est poursuivi par les nations.
Et néanmoins l'essentiel de la joie d'Israël réside en ce qu'il nous à fait sortir d'Égypte pour être séparé d'eux; il se trouve donc que la sortie d'Égypte est l'essentiel, et l'ouverture de la mer un salut pour les générations. Et sur ces deux [choses] on loue le Saint béni soit-Il, car Il délivre et sauve.
איתא מוציא אסירים בכושרות בכות ושירות. דאיתא הדיבור הי' בגלות כמ"ש בזוה"ק שמות ויש צעקה ובכי' ויש רנה ושירה.
ושניהם צריכין גאולה. להיות הבקשה לשם שמים בלי פסולת.
וכמו כן השירה שיהיה לשם שמים בלבד בלי פני'. וביצ"מ הי' הגאולה לבחי' צעקה.
לכן אח"כ בים כ' ויצעקו בני ישראל אל ה' כי כבר היו נגאלין בבחי' הפה בצעקה. וז"ש שתפסו אומנת אבותם שבכולם מצינו תפלה וצעקה כמ"ש במד'.
אך בחי' שירה עדיין הי' סתום ולזה היה הגאולה בקי"ס. ובאמת בחי' שירה הוא מעין לעתיד כמ"ש ישמח ה' לשון עתיד כדאיתא במדרש שבעוה"ז אין השמחה בשלימות והרמז ולבוקר רנה.
ולכן כתיב ישיר לשון עתיד כי הרגישו הארה מעין העתיד ואמרו זו השירה. וזה הדרך נתעורר בכחו של מרע"ה אז ישיר משה.
והוא מדריגה שלמעלה מבחי' תפלה שתקנו האבות וכ' את השירה הזאת לה' שהי' לשם שמים בלי פסולת וכמ"ש במכילתא לה' אמרוה ע"ש. לכן הוצרכו לחזור וישובו כו' אל פי החירות להוציא מכח אל הפועל בחי' השירה להיות חירות בפה בבחי' בכות ושירות:
Il est dit: 'Il fait sortir les prisonniers ba-kocharot' (Ps 68,7), [interprète] 'be-khi ve-chirot', pleurs et chants. Car il est dit que la parole (ha-dibbour) était en exil, comme il est écrit dans le Zohar (Chemot); et il y a le cri et les pleurs, et il y a le chant et le cantique (rina ve-chira).
Et les deux ont besoin de délivrance: que la demande soit pour le Ciel sans scorie (pesolet), et de même le chant, qu'il soit uniquement pour le Ciel sans arrière-pensée (pnia). Et lors de la sortie d'Égypte la délivrance fut pour l'aspect du cri; c'est pourquoi ensuite, à la mer, il est écrit 'et les enfants d'Israël crièrent vers ה'' (Ex 14,10), car ils étaient déjà délivrés dans l'aspect de la bouche par le cri.
Et c'est ce qu'on dit, qu'ils saisirent le métier de leurs pères, car chez tous nous trouvons prière et cri, comme il est dit dans le Midrach. Mais l'aspect du chant était encore ferme, et pour cela la délivrance fut par l'ouverture de la mer.
Et en vérité l'aspect du chant est un avant-goût du futur, comme il est écrit 'ה' se réjouira' (Ps 104,31) au futur, comme il est dit dans le Midrach: en ce monde-ci la joie n'est pas complète, et l'allusion en est 'et au matin le chant' (Ps 30,6). Et c'est pourquoi il est écrit 'yachir' (il chantera) au futur, car ils ressentirent une illumination, avant-goût du futur, et dirent ce chant.
Et cette voie fut éveillée par la force de notre maître Moché (Moche rabbenou): 'Alors chantera Moché' (Ex 15,1). Et c'est un degré supérieur à l'aspect de la prière qu'instituèrent les Patriarches.
Et il est écrit 'ce chant-ci pour ה'' (Ex 15,1), qui était pour le Ciel sans scorie, comme il est écrit dans la Mekhilta 'c'est pour ה' qu'ils le dirent', vois-y. C'est pourquoi ils durent revenir, '...et qu'ils retournent...' vers Pi ha-Hirot (Ex 14,2), pour faire passer de la puissance à l'acte l'aspect du chant, afin qu'il y ait liberté (herout) dans la bouche, dans l'aspect de pleurs et chants.
במד' שה"ש נשיר למי שעשאנו שירים בעולם שבנ"י נעשו משוררים להקב"ה כדכ' עם זו יצרתי כו' תהלתי יספרו. כי הנה השירה בא מכח דביקות אל השורש.
לכן הלוים בשיר שהם בחי' דביקות וחיבור לשורש. ובקי"ס דכ' וירא ישראל כו' ויאמינו בה'.
לכן אז ישיר שנדבקו בשורש העליון. ובאמת כל מה שברא הקב"ה לכבודו ברא.
וכל ברי' כשנגמר מכוון הבריאה שלה יש בה בחי' שירה. ובנ"י בכלל מכירים את בוראם ומתדבקין בשורשם.
לכן נמצא בהם השירה. וז"ש אשר לשלמה למי שהשלום שלו.
כי בחי' שלום הוא התדבקות בשורש. כמ"ש במ"א כי החלק שלמטה אינו דבר שלם רק בהתדבקות אל השורש שלמעלה.
ולכן נק' בנ"י השולמית שיש בהם הדביקות. וכל שיר השירים נתיסד על זה.
כי שלמה המע"ה דכתיב בו ויחכם מכל. הבין הפנימיות למעלה מכל הדברים שלמטה.
ותיקן שיר השירים. וז"ש ישקני מנשיקות פיהו.
כי השיר תלוי בזה. וכ' פיהו.
ופירשנו במ"א פיו ופי סירסורו שהרי כתיב ויאמינו בה' ובמשה אז ישיר. כי מרע"ה הוא הסירסור לזה הדביקות שיש לבנ"י לאביהם שבשמים.
נשיקה כח הנשמה דכ' ויפח באפיו כו' ויהי כו' לנפש חיה לרוח ממללא. לכן כפי התעוררות הנשמה באדם נעשה רוח ממללא לומר שירה לפניו ית':
Dans le Midrach du Cantique: 'Nous chanterons à celui qui a fait de nous des chants dans le monde', car les enfants d'Israël sont devenus des chantres pour le Saint béni soit-Il, comme il est écrit 'ce peuple que j'ai forme... ils raconteront ma louange' (Is 43,21). Car voici, le chant vient de la force de l'attachement (devekout) à la racine; c'est pourquoi les Lévites [sont] dans le chant, car ils sont l'aspect de l'attachement et de la jonction à la racine.
Et lors de l'ouverture de la mer il est écrit 'et Israël vit... et ils crurent en ה'' (Ex 14,31); c'est pourquoi 'alors chantera', car ils s'attachèrent à la racine supérieure. Et en vérité tout ce que le Saint béni soit-Il à créé, Il l'à créé pour sa gloire; et toute créature, quand s'accomplit le but de sa création, il y a en elle un aspect de chant.
Et les enfants d'Israël en général reconnaissent leur Créateur et s'attachent à leur racine; c'est pourquoi le chant se trouve en eux. Et c'est ce que signifie 'qui est à Salomon' (li-Chelomo): à celui à qui appartient la paix (chalom).
Car l'aspect de la paix est l'attachement à la racine, comme nous l'avons écrit ailleurs, car la part d'en-bas n'est pas chose complète si ce n'est par l'attachement à la racine d'en-haut. Et c'est pourquoi les enfants d'Israël sont appelés 'ha-Choulamit', car il y a en eux l'attachement.
Et tout le Cantique des cantiques est fonde sur cela. Car Salomon, le roi, sur lui la paix, dont il est écrit 'et il fut plus sage que tous' (1 Rois 5,11), comprit l'intériorité au-dessus de toutes les choses d'en-bas, et institua le Cantique des cantiques.
Et c'est ce que signifie 'qu'il me baise des baisers de sa bouche' (Cant 1,2), car le chant dépend de cela. Et il est écrit 'pihou' (sa bouche); et nous avons expliqué ailleurs 'sa bouche et la bouche de son intermédiaire (sarsour)', car il est écrit 'et ils crurent en ה' et en Moché', [puis] 'alors chantera'.
Car notre maître Moché est l'intermédiaire de cet attachement qu'ont les enfants d'Israël pour leur Père qui est aux cieux. Le baiser [est] la force de l'âme (nechama), comme il est écrit 'et il insuffla en ses narines... et [l'homme] devint... une âme vivante' (Gn 2,7), [traduit] 'un esprit parlant (roua'h memalela)'.
C'est pourquoi, selon l'éveil de l'âme en l'homme, il devient un esprit parlant pour dire un chant devant Lui, qu'Il soit béni.
בפסוק עד שהמלך במסבו נרדי נתן ריחו. זה נתקיים בשירת הים.
כי זו השירה היא פרשה בתורה שהוציאו בנ"י מלבם בעוד שלא ניתנה תורה. וזה עדות לבנ"י שהם דביקים בתורה בעצם.
כי באמת התורה היא שמותיו של הקב"ה וכדאיתא אורייתא וקוב"ה חד. ולכן הגם דיש לכל זמן ועת כו' תחת השמים.
היינו התגלות התורה כמ"ש וירד ה' על הר סיני. אבל בקי"ס שראו את ה' כמ"ש זה אלי א"כ נתגלה להם שורש התורה בעוד שהמלך במסבו טרם שירד על הר סיני.
וז"ש בשירה קדמוך. לכן כתיב ישיר לשון עתיד שהוא מעין מה שעתיד להנתן להם התורה.
והם פתחו השורש של התורה כדאיתא במד' על זה פיה פתחה בחכמה:
Sur le verset 'Tant que le roi est en son entourage, mon nard exhale son parfum' (Cant 1,12). Cela s'est réalise dans le cantique de la mer.
Car ce cantique est une section (paracha) de la Torah que les enfants d'Israël firent sortir de leur cœur alors que la Torah n'avait pas encore été donnée. Et c'est un témoignage pour les enfants d'Israël qu'ils sont attachés à la Torah par essence.
Car en vérité la Torah, ce sont les Noms du Saint béni soit-Il, et comme il est dit 'la Torah et le Saint béni soit-Il sont un' (Orayta ve-Koudcha berikh Hou had). Et c'est pourquoi, bien qu'il y ait 'à chaque chose un temps et une heure... sous les cieux' (Qoh 3,1), c'est-à-dire la révélation de la Torah, comme il est écrit 'et ה' descendit sur le mont Sinaï' (Ex 19,20), pourtant lors de l'ouverture de la mer, où ils virent ה', comme il est écrit 'celui-ci est mon Dieu' (Ex 15,2), la racine de la Torah leur fut alors révélée, alors que 'le roi était en son entourage', avant qu'Il descende sur le mont Sinaï.
Et c'est ce que signifie [le piyout] 'par un cantique ils t'ont précédé (kidmoukha)'. C'est pourquoi il est écrit 'yachir' au futur, car c'est un avant-goût de ce qui allait leur être donne, la Torah.
Et eux ouvrirent la racine de la Torah, comme il est dit dans le Midrach à ce sujet 'elle ouvre sa bouche avec sagesse' (Pr 31,26).
שבתות למנוחה ומועדים לשמחה. כי השבת הוא מעין עוה"ב וניתן בצנעא כדכ' ביני ובין בנ"י ונק' מתנה טובה בבית גנזי.
והוא נק' מנוחה שהוא עיקר שרשן של בנ"י. שבעוה"ז הם במקרה ועראי.
אבל במועדים נתגלה הארה עליונה בפרהסיא ובהתגלות לכן הם ימי שמחה. והימים האלו הם הכנה לכל הזמנים.
השבת נותן מנוחה לכל ימי המעשה. והמועדים נותנים שמחה על כל השנה.
כי לעולם צריך איש ישראל לשמוח במה שזוכה לג' מועדים מכש"כ בזמן המקדש להיראות במקדש ג"פ בשנה. ושמחת בחגך הוא ג"כ על כל הימים לשמוח במצות החג שנתן לנו הקב"ה.
וכ' שלש פעמים בשנה שהם צריכין לעורר כל השנה מלשון פעמון ורמון. וע"ז מבקשין והנחילנו כו' שבת ומועדי קדשך להיות נחלה בלי הפסק.
והשיאנו כו' ברכת מועדיך שנוכל לקבל ברכת החג על שכמנו להיות נשאר קבוע לכל השנה כנ"ל. וכתיב יפה נוף משוש כל הארץ כי א"י וביהמ"ק נותנים שמחה לכל הארץ.
וכן בזמן שבתות ויו"ט נותנין שמחה על כל הזמנים. ובנפש בנ"י מושכין השמחה מהמועדים.
ישראל דקדשינהו לזמנים שהם כלים לקבל הארת הימים טובים. וכתיב ושמחת בחגך כי עיקר שמחה כשיכולין להתדבק בשורש העליון.
ושמעתי ממו"ז ז"ל עמ"ש חז"ל דכתיב עצרת לה' וכ' עצרת לכם חלקהו חציו לכם. ומה ענין החלוקה עם השי"ת.
רק הוא כענין שנאמר במשה רבינו וישם באגנות וחצי הדם זרק על המזבח שזה היה הברית לבנ"י לשמים. כן הוא במועדים שנק' מועדי ה' ונמסרו לבנ"י זה תורף דבריו ז"ל.
ונ"ל דלכן כתיב וידבר משה את מועדי ה' אל בנ"י כי הוא הסירסור בין בנ"י לאביהם שבשמים איש אלקים חציו איש וחציו אלקים כמ"ש במד'. לכן ע"י נתחברו בנ"י אל מועדי ה'.
וזה שתרגם אונקלום ואלפינון לבנ"י. שיוכל להיות להם דביקות במועדי ה' וזה עיקר השמחה.
וזה שאמרו חז"ל אין שמחה אלא בבשר שלמים. כי גם שלמים הוא זה הברית שאוכלין בני ישראל מחלק גבוה.
לכן נותן שמחה. ועמ"ש בפרשת צו מזה:
'Dès chabbats pour le repos et des fêtes pour la joie.' Car le chabbat est un avant-goût du monde à venir (olam ha-ba) et fut donné en secret (be-tsina), comme il est écrit 'entre moi et les enfants d'Israël' (Ex 31,17), et il est appelé 'un bon présent dans ma maison de trésors' (Chabbat 10b). Et il est appelé 'repos' (menoucha), car il est la racine essentielle des enfants d'Israël, qui en ce monde-ci sont dans le passager et le temporaire.
Mais lors des fêtes se révèle une illumination supérieure publiquement (be-farhesya) et de façon manifeste; c'est pourquoi ce sont des jours de joie. Et ces jours sont une préparation pour tous les temps: le chabbat donne le repos à tous les jours d'œuvre, et les fêtes donnent la joie sur toute l'année.
Car en tout temps l'homme d'Israël doit se réjouir de mériter les trois fêtes de pèlerinage, à plus forte raison au temps du Temple, de paraître au Temple trois fois l'an. Et 'tu te réjouiras en ta fête' (Dt 16,14) porte aussi sur tous les jours, se réjouir dans la mitsva de la fête que le Saint béni soit-Il nous à donnée.
Et il est écrit 'trois fois (chaloch pe'amim) l'an' (Ex 23,17), car elles doivent éveiller toute l'année, du terme 'pa'amon' (clochette), [comme dans] 'clochette et grenade' (Ex 28,34). Et sur cela nous demandons 'et fais-nous hériter... ton chabbat et tes fêtes saintes', pour qu'il y ait un héritage sans interruption; et 'porte sur nous... la bénédiction de tes fêtes', afin que nous puissions recevoir la bénédiction de la fête sur notre épaule, pour qu'elle demeure fixée toute l'année, comme dit plus haut.
Et il est écrit 'belle de site, allégresse de toute la terre' (Ps 48,3), car la terre d'Israël et le Temple donnent la joie à toute la terre; de même au temps des chabbats et jours de fête (yom tov) ils donnent la joie sur tous les temps. Et dans l'âme des enfants d'Israël ils tirent la joie des fêtes: 'Israël qui sanctifie les temps' (Berakhot 49a), car ils sont des récipients (kelim) pour recevoir l'illumination des jours de fête.
Et il est écrit 'et tu te réjouiras en ta fête', car l'essentiel de la joie est quand on peut s'attacher à la racine supérieure. Et j'ai entendu de mon maître grand-père, de mémoire bénie, sur ce que disent nos sages: il est écrit 'assemblée pour ה'' et il est écrit 'assemblée pour vous', partage-la, sa moitié pour vous [et sa moitié pour le Ciel] (Pessahim 68b).
Or quel est le sens d'un partage avec le Nom béni? Mais c'est à la manière de ce qui est dit de Moché notre maître 'et il mit dans des bassins, et la moitié du sang il répandit sur l'autel' (Ex 24,6), car ce fut l'alliance des enfants d'Israël avec le Ciel.
Ainsi en est-il des fêtes, qui sont appelées 'fêtes de ה'' et furent remises aux enfants d'Israël; telle est la substance de ses paroles, de mémoire bénie. Et il me semble que c'est pourquoi il est écrit 'et Moché dit les fêtes de ה' aux enfants d'Israël' (Lv 23,44), car il est l'intermédiaire (sarsour) entre les enfants d'Israël et leur Père qui est aux cieux: 'homme de Dieu' (ich Elokim), moitié homme et moitié divin, comme il est dit dans le Midrach.
C'est pourquoi par lui les enfants d'Israël se sont joints aux fêtes de ה'. Et c'est ce que traduit Onkelos 'et il enseigna aux enfants d'Israël', afin qu'ils puissent avoir un attachement dans les fêtes de ה', et c'est l'essentiel de la joie.
Et c'est ce que disent nos sages: 'il n'est de joie que dans la viande des offrandes de paix (chelamim)' (Pessahim 109à). Car les chelamim aussi sont cette alliance, car les enfants d'Israël mangent de la part d'en-haut (helek gavoha); c'est pourquoi elle donne la joie.
Et vois ce que nous avons écrit dans la paracha Tsav a ce sujet.
תרנ"ז
[תרנ"ז]
בהגדה עבדים היינו לפרעה כו' ומסיים ואלו לא הוציא הקב"ה את אבותינו הרי אנו כו'. וקשה הלא לא התחיל עבדים היו אבותינו רק היינו ויוציאנו ומה שייך לסיים על זה אלו לא הוציא את אבותינו.
ונראה לבאר הענין כי ראינו שמעולם מיד כשהבטיח הקב"ה זרע לאאע"ה נאמר לו גר יהי' זרעך. א"כ כל שורש בנ"י היו מיוחדים להיות עבדים במצרים.
וגם כ' אנכי ה' א-להיך אשר הוצאתיך מארץ מצרים. וידוע דבהר סיני בקבלת התורה היו כל הנשמות מבנ"י ולכולם נאמר אשר הוצאתיך.
א"כ כמו שהדברות היו לכל נשמות בנ"י. כמו כן יציאת מצרים.
כי כמו שהיו עבדים לפרעה למטה. כמו כן הנשמות היה להם שיעבוד תחת מצרים שלמעלה.
ובירידת אבותינו למצרים למטה ונגאלו משם. בזה היה הגאולה לכל הנשמות וכל הדורות.
והקב"ה הביא אותו הדור למצרים שהם היו דור קרוב לאבות ושבטים והיה בכחם לירד למצרים. וז"ש ואלו לא הוציא אבותינו.
שאם לא הי' הגאולה באותן הדורות. לא הי' שום דור ראוי לזה.
אבל כלל הגאולה היה לכל הדורות רק באותו הדור הוציאו הדבר מכח אל הפועל:
Dans la Haggada: 'Nous étions esclaves de Pharaon...', et elle conclut 'et si le Saint béni soit-Il n'avait pas fait sortir nos pères, voici que nous...'. Et c'est difficile: elle n'à pas commencé par 'nos pères étaient esclaves', mais seulement 'nous étions... et il nous fit sortir'; qu'à-t-elle donc à conclure la-dessus 'si Il n'avait pas fait sortir nos pères'?
Et il paraît qu'on peut expliquer la chose ainsi: nous voyons que, de tout temps, des l'instant où le Saint béni soit-Il promit une descendance à Abraham notre père, sur lui la paix, il lui fut dit 'ta descendance sera étrangère' (Gn 15,13). Ainsi toute la racine des enfants d'Israël était destinée à être esclave en Égypte.
Et il est aussi écrit 'Je suis ה' ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte' (Ex 20,2). Et il est connu qu'au mont Sinaï, lors de la réception de la Torah, toutes les âmes des enfants d'Israël étaient présentes, et à toutes il fut dit 'qui t'ai fait sortir'.
Ainsi, de même que les commandements furent [adressés] à toutes les âmes d'Israël, de même la sortie d'Égypte. Car de même qu'ils étaient esclaves de Pharaon en bas, de même les âmes avaient un asservissement sous l'Égypte d'en-haut.
Et par la descente de nos pères en Égypte en bas et leur délivrance de la, en cela fut la délivrance de toutes les âmes et de toutes les générations. Et le Saint béni soit-Il fit venir cette génération-la en Égypte, car ils étaient une génération proche des Patriarches et des tribus, et ils avaient la force de descendre en Égypte.
Et c'est ce que signifie 'et si Il n'avait pas fait sortir nos pères': car si la délivrance n'avait pas eu lieu en ces générations-la, aucune génération n'en aurait été digne. Mais l'ensemble de la délivrance fut pour toutes les générations; seulement, en cette génération-la ils firent passer la chose de la puissance à l'acte.
יום טוב של פסח נק' בתורה שבת כדכ' ממחרת השבת. כי פסח דומה לשבת כמ"ש בשבת זכור ושמור כמו כן בפסח והי' היום הזה.
לכם לזכרון. וכ' למען תזכור.
וכ' שמור כו' חודש האביב. ושמרתם את המצות.
כי זכירה היא נקודה פנימית שאין בה שכחה. ולפי שבשבת מתגלה נקודה זו בנפשות בנ"י לכן צריכה שמירה שלא להתפשט נקודה פנימיות למקום שיש בו שכחה.
ולכן זכור ושמור בדיבור אחד נאמרו. והוא עצמו הענין בגאולת מצרים.
שבכל חג המצות נעשה איש ישראל כברי' חדשה כמו שהי' ביציאת מצרים כקטן שנולד. ומתחדש בו אותו הנקודה שנטע הקב"ה בנפשות בנ"י.
ונקודה זו נק' לחם עני שהוא בלי התרחבות כי מצה היא עצם העיסה ואח"כ נשתנית ומתחמצת. וכמו כן כל איש ישראל יש בו נקודה מתנה מאת אלקים.
ובאמת צריך האדם להרחיב זאת הנקודה ולהמשיך כל המעשים אחרי'. וזה התיקון כל ימי השנה לפי מה שזוכה האדם לטוב ולמוטב.
אבל כשבא חג המצות מתחדש הנקודה ונטהרת מכל הלכלוכים. ולכן צריכין לשמרה מחימוץ ומכל השתנות בזה החג.
ושמרתם את המצות כי בעצם היום הזה הוצאתי כו'. פי' פנימיות הנקודה כמו שהיא בעצם ואינה מקבלת שינוי לכן צריכה שמירה והי' היום כו' לכם לזכרון.
שמתחדש בו הנקודה שנק' זכרון כנ"ל. גם יתפרש והי' לכם לזכרון ממש שיזכור האדם עיקר בריאתו בעולם לעשות רצונו ית"ש ויום הזה נותן זכירה.
וז"ש למען תזכור את יום צאתך כו' כל ימי חייך. ימי חייך הם ההארות המיוחדים לאדם לתקן כל ימי חיותו בעולם.
וע"י יום צאתך מארץ מצרים תזכור כל ימי חייך. ופי' את יום צאתך באמצעיות יום צאתך תזכור.
כי הוא נותן זכירה כמ"ש והי' היום הזה כו' לזכרון כנ"ל. וגם זכירה הוא התקשרות שיכולין לקשר כל הימים בשורשם ע"י יום צאתך מארץ מצרים:
Le jour de fête (yom tov) de Pessa'h est appelé dans la Torah 'chabbat', comme il est écrit 'au lendemain du chabbat' (Lv 23,15). Car Pessa'h ressemble au chabbat: de même qu'à propos du chabbat [il est dit] 'souviens-toi' (zakhor) et 'garde' (chamor), de même à propos de Pessa'h 'et ce jour sera... pour vous un mémorial' (Ex 12,14), et il est écrit 'afin que tu te souviennes' (Dt 16,3), et 'garde... le mois de l'épi (Aviv)' (Dt 16,1), et 'vous garderez les matsot' (Ex 12,17).
Car le souvenir est un point intérieur (nekouda pnimit) où il n'y a pas d'oubli. Et parce qu'au chabbat ce point se révèle dans les âmes des enfants d'Israël, il requiert une garde, afin que le point intérieur ne se répande pas vers un lieu où il y a de l'oubli.
Et c'est pourquoi 'souviens-toi' et 'garde' furent dits en une seule parole (Chevouot 20b). Et c'est la même chose dans la délivrance d'Égypte: à chaque fête des matsot l'homme d'Israël devient comme une créature nouvelle, comme il en fut à la sortie d'Égypte, tel un nouveau-ne.
Et se renouvelle en lui ce point que le Saint béni soit-Il à planté dans les âmes des enfants d'Israël. Et ce point est appelé 'pain de misère' (le'hem oni), car il est sans expansion, car la matsa est la substance même de la pâte, qui ensuite se transforme et lève.
Et de même, tout homme d'Israël à en lui un point, un présent de la part de Dieu. Et en vérité l'homme doit élargir ce point et y faire suivre toutes ses actions; et c'est la réparation (tikoun) de tous les jours de l'année, selon ce que l'homme mérite, pour le bien et pour le mieux.
Mais quand vient la fête des matsot, le point se renouvelle et se purifie de toutes les souillures; et c'est pourquoi il faut le garder du levain (himouts) et de tout changement en cette fête. 'Et vous garderez les matsot, car en ce jour même j'ai fait sortir...' (Ex 12,17), c'est-à-dire l'intériorité du point telle qu'elle est en essence, et qui ne reçoit pas de changement; c'est pourquoi elle requiert une garde. 'Et ce jour sera... pour vous un mémorial', car en lui se renouvelle le point appelé 'souvenir', comme dit plus haut. On peut aussi expliquer 'et il sera pour vous un mémorial' au sens propre: que l'homme se souvienne de l'essentiel de sa création dans le monde, faire Sa volonté, qu'Il soit béni, et ce jour donne le souvenir.
Et c'est ce que signifie 'afin que tu te souviennes du jour de ta sortie... tous les jours de ta vie' (Dt 16,3). Les jours de ta vie sont les illuminations propres à l'homme pour réparer tous les jours de sa vie dans le monde; et par le jour de ta sortie du pays d'Égypte tu te souviendras de tous les jours de ta vie.
Et l'explication de 'le jour de ta sortie' [est]: par l'intermédiaire du jour de ta sortie tu te souviendras, car il donne le souvenir, comme il est écrit 'et ce jour sera... un mémorial', comme dit plus haut. Et le souvenir est aussi un rattachement, car on peut rattacher tous les jours à leur racine par le jour de ta sortie du pays d'Égypte.
גם נק' פסח שבת כי שבת סהדותא איקרי שמעידין בו על הקב"ה. ופסח פה סח פי' שע"י יצ"מ נעשין בנ"י עדים כמ"ש אתם עדי כו'.
ולכן הגם ששבת הוא תחלה למקראי קודש ולמעלה מכולם. מ"מ לא היו בנ"י מוכנים אל השבת עד אחר יצ"מ כמ"ש וזכרת כי עבד כו' על כן צוך כו' לעשות כו' השבת.
נמצא תכלית יצ"מ הוא השבת:
Pessa'h est aussi appelé 'chabbat', car le chabbat est appelé 'témoignage' (sahadouta ikri), car on y témoigne au sujet du Saint béni soit-Il. Et 'Pessa'h' [se lit] 'pe sah' (la bouche parle), c'est-à-dire que par la sortie d'Égypte les enfants d'Israël deviennent des témoins, comme il est écrit 'vous êtes mes témoins' (Is 43,10).
Et c'est pourquoi, bien que le chabbat soit le premier des jours saints (mikraei kodech) et au-dessus de tous, néanmoins les enfants d'Israël n'étaient pas prêts pour le chabbat avant la sortie d'Égypte, comme il est écrit 'et tu te souviendras que tu fus esclave... c'est pourquoi il t'à ordonné... de faire... le chabbat' (Dt 5,15). Il se trouve que la finalité de la sortie d'Égypte est le chabbat.
« Et toi, tu garderas Mon alliance » (Berechit 17,9) : le Midrach y voit la mitsva de l'Omer, car Avraham n'a mérité l'héritage de la terre que par ce mérite. Où l'Omer est-il évoqué ? À Pessa'h on juge les récoltes et l'on apporte l'Omer afin qu'elles soient bénies. Pour le Sfat Emet, la subsistance relève du jugement ; l'élévation (tenoufa) de l'Omer vers la racine, auprès du kohen aspect de ''hessed, l'adoucit. Pessa'h tout entier est cet adoucissement du jugement en bonté, et Avraham garde l'alliance pour que la rigueur ne s'étende pas outre mesure. Circoncision et Pessa'h sont tout un, « dans ton sang tu vivras » ; l'Omer, valeur de yech (l'existant), s'annule vers le néant.
Aussi : la guerre du balancement, chute d'Haman et préparation à effacer Amalek jusqu'à Chavouot ; matsa et maror enroulés ensemble, et « pe sah », la bouche qui parle ; les cinquante portes de la compréhension et le Machia'h qui délivrera sans hâte
בענין העומר במד'. ואתה כו' בריתי תשמור זו מצות העומר שלא זכה אאע"ה לירושת הארץ רק בזכות העומר.
וצריך ביאור כי היכן נזכר מצות העומר בזה. והנה בפסח על התבואה כמ"ש ז"ל הביאו לפני עומר בפסח שיתברך לכם תבואה שבשדות.
כי באמת הפרנסה ומזונות הוא בדין כמ"ש קשה מזונותיו של אדם כקי"ס. ואמרו זן אתכם בדין וכלכל אתכם בדין.
אכן בנ"י יכולין להמתיק הדין. וזהו ענין תנופת העומר והבאתם כו' אל הכהן שהוא בחי' החסד.
והניף כו' העומר כדאיתא בזוה"ק שכל מדה"ד צריכה תנופה אל השורש. ובזאת נמתק הדין כמ"ש תנופת זהב.
וכן תנופת הלוים ע"ש פ' פקודי. ובאמת כל ענין חג הפסח הוא כן דיש שכתבו שעיקר הפסח הוא בחי' דין שהי' נעשה הדין במצרים וכ"ה בזוה"ק פ' בא.
וראה את הדם ע"ש. וי"א שהוא בחי' חסד.
ובאמת אלו ואלו דברי אלקים חיים כי הוא התמתקות הדין להיות מתהפך לחסד. וז"ש במכילתא וראה את הדם עקידת יצחק ראה ע"ש.
ובאמת אאע"ה הוא שהחסד מתגלגל בעולם בשבילו ונאמר לו ואתה כו' בריתי תשמור. בריתי פי' הנהגה של הבריאה.
הגם שנברא בדין נעשה אברהם שומר שלא יתפשט מדה"ד ביותר רק להעלותו ולהמתיקו במדת החסד. וזה עצמו שניתן לו את יצחק ובפסח נולד יצחק.
והכל לרמוז כי בזכותו של אברהם נתמתק מדה"ד. ובאמת זה עצמו בחי' ברית מילה כמ"ש במ"א מזה.
ולפי"ז א"ש דמילה ופסח הכל אחד ובדמיך חיי דם פסח ודם מילה ששניהם למתק מדה"ד. וכן תנופת העומר למתק מדה"ד.
וזה הביאו לעני עומר כמ"ש דהפרנסה ומזונות הם עפ"י דין משום שמתלבש בטבע וכל הטבע דין. אבל בנ"י דמבטלין הכל אל השורש זה ענין תנופת עומר.
עמ"ר גי' י"ש. כמו שהקב"ה ברא יש מאין.
כן הצדיקים צריכין לבטל היש לאין כמ"ש בספרים מזה. וזה תנופת עומר.
וממילא נמתק מדה"ד. ויתברכו לכם תבואה שבשדות כנ"ל:
Au sujet de l'Omer, dans le Midrach. 'Et toi... tu garderas Mon alliance' (Genèse 17,9) -- c'est la mitsva de l'Omer, car notre père Avraham (Avraham Avinou) n'à mérité l'héritage de la terre que par le mérite de l'Omer. Et cela demande explication : où donc la mitsva de l'Omer est-elle évoquée ici ?
Or, à Pessa'h on juge sur les récoltes, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'Apportez devant Moi l'Omer à Pessa'h afin que soient bénies pour vous les récoltes des champs.' Car en vérité la subsistance et la nourriture relèvent du jugement (din), comme il est dit : 'La subsistance de l'homme est aussi difficile que la fente de la mer Rouge (keriat yam souf).' Et ils ont dit : 'Il vous nourrit avec jugement et vous sustente avec jugement.' Toutefois les enfants d'Israël (bnei Israël) peuvent adoucir le jugement. Tel est le sens de l'élévation (tenoufa) de l'Omer : 'et vous apporterez... au kohen', qui est l'aspect de la bonté ('hessed). 'Et il balancera... l'Omer', comme il est enseigné dans le saint Zohar (Zohar haKadosh) que toute mesure de rigueur (midat hadin) à besoin d'une élévation vers la racine.
Et par cela le jugement est adouci, comme il est dit 'l'élévation de l'or'. De même l'élévation des Lévites, vois la section Pekoudei.
Et en vérité tout le thème de la fête de Pessa'h est ainsi : certains ont écrit que l'essentiel de Pessa'h relève de l'aspect du jugement, car le jugement s'accomplissait en Égypte, et ainsi en est-il dans le saint Zohar, section Bo : 'Et Il verra le sang', vois la-bas. Et d'autres disent que c'est l'aspect de la bonté.
Et en vérité 'les unes et les autres sont paroles du Dieu vivant', car c'est l'adoucissement du jugement pour qu'il se transforme en bonté. C'est ce que dit la Mekhilta : 'Et Il verra le sang' -- la ligature d'Its'hak (akedat Its'hak) Il verra, vois la-bas.
Et en vérité notre père Avraham est celui par qui la bonté se déroule dans le monde en sa faveur, et il lui fut dit : 'Et toi... tu garderas Mon alliance.' 'Mon alliance' signifie la conduite de la création : bien qu'elle ait été créée dans le jugement, Avraham devint gardien pour que la mesure de rigueur ne s'étende pas outre mesure, mais seulement pour l'élever et l'adoucir dans la mesure de bonté. Et c'est cela même qu'il lui fut donné Its'hak, et à Pessa'h naquit Its'hak.
Et tout cela pour faire allusion que par le mérite d'Avraham la mesure de rigueur fut adoucie. Et en vérité cela même est l'aspect de l'alliance de la circoncision (brit mila), comme je l'ai écrit ailleurs à ce sujet.
Et selon cela il est bien compris que circoncision et Pessa'h sont tout un, et 'dans ton sang tu vivras' (Ezechiel 16,6) -- sang de Pessa'h et sang de circoncision, tous deux pour adoucir la mesure de rigueur. De même l'élévation de l'Omer adoucit la mesure de rigueur.
Et c'est 'apportez-Moi l'Omer', comme il est dit que la subsistance et la nourriture sont selon le jugement parce qu'elles se revêtent dans la nature, et toute la nature est jugement. Mais les enfants d'Israël, qui annulent tout vers la racine -- tel est le thème de l'élévation de l'Omer.
Omer (עמר) à la valeur numérique (guematria) de יש (yech, 'l'existant'). De même que le Saint béni soit-Il à créé quelque chose à partir de rien (yech meayin), ainsi les justes doivent annuler l'existant (yech) vers le néant (ayin), comme il est écrit dans les livres à ce sujet.
Et c'est l'élévation de l'Omer. Et de ce fait la mesure de rigueur est adoucie.
Et 'seront bénies pour vous les récoltes des champs', comme ci-dessus.
איתא במד' מלחמת תנופה זה תנופת העומר. דבזכות העומר הי' מפלת המן מזרע עמלק.
דהנה תכלית יצ"מ הי' בהוציאך את העם כו' תעבדון את האלקים. ואותו הרשע עמלק עמד באם הדרך להפסיק בנ"י מכח התשוקה שהי' להם אל התורה.
כמ"ש קרך בדרך ציננך. וז"ש שרפו ידיהם מן התורה.
פי' התשוקה לקבל את התורה נתקררה מעט ע"י אותו הרשע ימ"ש. כי ביצ"מ היה להם המשכה אחר הקב"ה בכל לב כמ"ש לכתך אחרי במדבר.
וכן הוא בכל שנה שנתחדש יצ"מ וקבלת התורה. ואיתא בא להורגך השכם להורגו.
לכן צריכין לזכור מיד ממחרת השבת להכין עצמו למחיית זכר עמלק. והימים הללו אשר הקב"ה זוכר חיבתן של ישראל כמ"ש זכרתי לך חסד נעוריך כו' קודש ישראל לה' כו' אוכליו יאשמו.
צריכין להתחזק. ובזה ימחה שם עמלק ונוכל לקבל התורה בשלימות בשבועות.
וזה נתקיים בימי מרדכי ואסתר כמ"ש הדר קבלוה וכו':
Il est enseigné dans le Midrach : 'la guerre du balancement (milhemet tenoufa)' -- c'est l'élévation de l'Omer. Car par le mérite de l'Omer eut lieu la chute de Haman, de la descendance d'Amalek.
En effet, le but de la sortie d'Égypte (yetsiat mitsrayim) était : 'lorsque tu feras sortir le peuple... vous servirez Dieu' (Exode 3,12). Et ce mécréant, Amalek, se tint au bord du chemin pour interrompre les enfants d'Israël de la ferveur qu'ils avaient envers la Torah, comme il est dit 'il t'à rencontré (karekha) sur le chemin' -- il t'à refroidi.
C'est ce qu'on dit : 'il à relâche leurs mains de la Torah.' Cela signifie que le désir de recevoir la Torah s'est un peu refroidi à cause de ce mécréant, que son nom soit efface (yemah shemo). Car à la sortie d'Égypte ils avaient un attachement au Saint béni soit-Il de tout leur cœur, comme il est dit 'ton aller après Moi dans le désert' (Jérémie 2,2).
Et ainsi en est-il chaque année, où se renouvellent la sortie d'Égypte et le don de la Torah. Et il est enseigné : 'celui qui vient te tuer, devancé-le pour le tuer.' C'est pourquoi il faut se souvenir aussitôt, des le lendemain du chabbat, de se préparer à effacer le souvenir d'Amalek.
Et en ces jours où le Saint béni soit-Il se rappelle l'affection d'Israël -- comme il est dit 'Je me suis souvenu pour toi de la grâce de ta jeunesse... Israël est saint pour le Nom... ceux qui le mangent seront coupables' (Jérémie 2,2-3) -- il faut se renforcer.
Et par cela sera efface le nom d'Amalek, et nous pourrons recevoir la Torah dans sa plénitude à Chavouot. Et cela s'est accompli aux jours de Mordekhai et Esther, comme il est dit 'ils la reçurent de nouveau' (ils confirmèrent l'acceptation de la Torah).
תרנ"ח
תרנ״ח [année 5658]
ענין מצה ומרור. מצה הוא כשלא נשתנה העיסה כי ע"י החימוץ משתנה.
והרמז כי בנ"י לא נשתנו בגלות כמ"ש שלא שינו את לשונם ואת שמותם. בנ"י ירדו ובנ"י יצאו.
וזה החסד שלא הספיק בצקם של אבותינו להחמיץ עד שנגלה עליהם הקב"ה וגאלם. ובאמת זה עצמו נעשה ע"י המרירות שמררו את חייהם לכן לא נטמעו בהם כמ"ש בזוה"ק פ' שמות.
ולכן הלל הי' כורך מצה ומרור לומר שהישועה הי' ע"י שניהם ביחד. כ' אנכי ארד עמך ואנכי אעלך כי הי' ישועה בגלות ובגאולה.
הגזירה הי' גר יהי' זרעך כו'. ועבדום.
וענו אותם. ובכל אלו השלשה נושעו בנ"י.
כי ע"י שהיו גרים בארץ לא להם זכו לירושת הארץ וביהמ"ק שהוא עיקר המקום שכולל כל המקומות. ע"י שהיו נעים ונדים זכו לעיקר הישוב בעולם.
וע"י העבדות זכו להיות עבדי ה' לקבל מלכות שמים. וע"י העינוי זכו לתורה כמ"ש טוב לי כי עניתי למען אלמד חוקיך.
כי יגעתי ומצאתי תאמין. לכן טוב כי עניתי למען אלמד.
שלכן נתקיים התורה בידינו. וזה לחם עוני.
התורה שזכו ע"י העינוי:
Le thème de la matsa et du maror. La matsa, c'est lorsque la pâte n'à pas été altérée, car par la fermentation (himmouts) elle se transforme.
L'allusion est que les enfants d'Israël ne se sont pas transformés dans l'exil, comme il est dit qu'ils n'ont changé ni leur langue ni leurs noms. Enfants d'Israël ils sont descendus, enfants d'Israël ils sont sortis.
Et c'est la bonté : 'la pâte de nos pères n'eut pas le temps de fermenter avant que le Saint béni soit-Il ne se révèle à eux et ne les délivre.' Et en vérité cela même s'accomplit par l'amertume, car ils rendirent amères leurs vies (marerou et hayeihem) ; c'est pourquoi ils ne se sont pas assimilés à eux, comme il est écrit dans le saint Zohar, section Chemot. Et c'est pourquoi Hillel enroulait ensemble matsa et maror, pour dire que le salut vint par les deux ensemble.
Il est écrit 'Je descendrai avec toi et Je te ferai aussi remonter' (Genèse 46,4), car il y eut salut dans l'exil et dans la délivrance. Le décret était 'ta descendance sera étrangère... on les asservira... et on les affligera' (Genèse 15,13).
Et par ces trois choses les enfants d'Israël furent sauvés. Car du fait qu'ils furent étrangers dans une terre qui n'était pas la leur, ils méritèrent l'héritage de la terre et le Temple (beit hamikdach), qui est le lieu essentiel englobant tous les lieux.
Du fait qu'ils furent errants et vagabonds, ils méritèrent l'établissement essentiel dans le monde. Et par l'asservissement ils méritèrent d'être serviteurs du Nom, de recevoir le joug du Royaume des cieux (malkhout chamayim).
Et par l'affliction ils méritèrent la Torah, comme il est dit 'il m'est bon d'avoir été affligé afin d'apprendre Tes lois' (Psaumes 119,71). 'Je me suis fatigue et j'ai trouvé -- crois-le.' C'est pourquoi 'il est bon que j'aie été affligé afin d'apprendre', car ainsi la Torah s'est maintenue entre nos mains. Et c'est le 'pain de misère (le'hem oni)' : la Torah qu'ils méritèrent par l'affliction.
בעבור זה עשה ה' לי. פרש"י בעבור שאקיים מצותיו פסח ומצה.
ויתכן עוד לומר בעבור זה הסיפור כי בנ"י נבראו להעיד על הבורא. לכן פסח פה סח שע"י הגאולה נפתח פיהן של בנ"י.
הללו עבדי ה' ולא עבדי פרעה שכל זמן שמשועבדים לסט"א אינם יכולין להלל לה' עד שנעשו בני חורין ויצאו מן הטבע להיות עבדי ה' ביצ"מ פה סח. ובקי"ס השירה.
והם בחי' תורה שבע"פ ותורה שבכתב הקול קול יעקב בב' תורות:
'C'est en vue de cela que le Nom à agi pour moi' (Exode 13,8). Rachi explique : en vue de ce que j'accomplirai Ses commandements, Pessa'h et matsa.
Et l'on peut encore dire : 'en vue de cela' -- ce récit même, car les enfants d'Israël furent créés pour témoigner du Créateur. C'est pourquoi 'Pessa'h' se lit 'pe sah' (la bouche qui parle), car par la délivrance s'ouvrit la bouche des enfants d'Israël. 'Louez, serviteurs du Nom' -- et non serviteurs de Pharaon, car tant qu'ils sont asservis à l'autre côté (sitra ahara) ils ne peuvent louer le Nom, jusqu'à ce qu'ils deviennent hommes libres et sortent de la nature pour être serviteurs du Nom, à la sortie d'Égypte : 'pe sah' (la bouche parle).
Et à la fente de la mer, le cantique. Et ce sont les aspects de la Torah orale (Torah chebeal pe) et de la Torah écrite (Torah chebikhtav) : 'la voix est la voix de Yaakov' (Genèse 27,22) -- par les deux Torot.
בכל דור ודור חייב אדם לראות את עצמו כאלו הוא יצא. וקשה דהא כתיב ואותנו הוציא ממש ומה כאלו יצא.
ויש לפרש עפ"י לשון שתקנו באמת ויציב מגן ומושיע להם ולבניהם אחריהם בכל דור ודור. פי' כי גאולת מצרים לא הי' במקרה אבל הוא ישועה באחדות כל בנ"י ראשונים ואחרונים.
ובכל דור ודור נעשה הישועה להם ולבניהם אחריהם. וז"ש בכל דור חייב לראות כאלו הוא יצא שבכל הדורות יש חלק לגאולה לכל איש ישראל וכפי שזוכין להיות תוך כלל ישראל כך זוכין לגאולה.
ולכן הרשע שהוציא עצמו מן הכלל כפר בעיקר הגאולה ואומר מה העבודה כו' לכם שאינו מרגיש בגאולה והקהה את שיניו לאמר בעבור זה עשה ה' לי שהרי אני מרגיש הגאולה ולא אתה כיון שהוצאת עצמך מן הכלל כנ"ל:
'Dans chaque génération l'homme est tenu de se voir comme s'il était lui-même sorti' d'Égypte. Et c'est difficile, car il est écrit 'et nous, Il nous à fait sortir' réellement -- pourquoi donc 'comme s'il était sorti' ?
On peut l'expliquer selon le texte que nos maîtres ont institué dans 'Emet veyatsiv' : 'bouclier et sauveur pour eux et pour leurs enfants après eux dans chaque génération.' Cela signifie que la délivrance d'Égypte ne fut pas fortuite, mais un salut dans l'unité de tous les enfants d'Israël, les premiers et les derniers. Et dans chaque génération le salut se fait pour eux et pour leurs enfants après eux.
C'est ce que dit 'dans chaque génération l'homme est tenu de se voir comme s'il était sorti', car dans toutes les générations il y a une part à la délivrance pour chaque homme d'Israël, et dans la mesure où l'on mérite d'être au sein de la collectivité d'Israël (klal Israël), on mérite la délivrance. Et c'est pourquoi le mécréant, qui s'est exclu lui-même de la collectivité, à renie l'essentiel de la délivrance et dit 'que signifie ce service... pour vous' -- car il ne ressent pas la délivrance ; et l'on émoussé ses dents en lui disant 'c'est en vue de cela que le Nom à agi pour moi', car moi je ressens la délivrance et non toi, puisque tu t'es exclu toi-même de la collectivité, comme ci-dessus.
בענין העומר במדרש אל יהי עומר קל בעיניך שבזכותו ירש אברהם אבינו את הארץ כו' בריתי תשמור כו'. דהנה כ' והארץ נתן לבני אדם.
ובגמ' רמי דכתיב לה' הארץ ומלואה. ומתרץ כאן לאחר ברכה.
כי יתרון האדם שיודע ומכיר את בוראו ולו ניתן הארץ ואין אדם אלא ישראל אתם קרוין אדם. והראשון הי' אברהם שנק' אדם הגדול בענקים שהקנה להקב"ה שמים וארץ.
לכן מסיים הכתוב לא המתים יהללו היינו הרשעים שבחייהם קרוים מתים. ואנחנו נברך כי לנו ניתן כח המדבר.
ולזה זכו בנ"י ביצ"מ שנפתח פיהן. לכן בפסח על התבואה הואיל ונעשין בו אדם להלל את ה'.
וכתיב חי חי הוא יודך. חי ב"פ.
חי בברית הלשון וחי בברית המעור. שהחיות תלוי בב' בריתות הללו.
וכן כתיב ב"פ בדמיך חיי דם פסח ודם מילה. ואאע"ה זכה לשניהם כמ"ש כרת לו ברית בין עשר אצבעות ידיו הפה.
וברגליו המילה. לכן נק' אדם וירש את הארץ.
ולכן בפסח שנפתח פיהן של ישראל יכולין להרים כל הבריאה אל הקב"ה כמ"ש והניף את העומר ובזה מקבלין השפע על כל השנה. וכ' ויפרקנו מצרינו וסמוך לי' נותן לחם לכל בשר.
שע"י הגאולה נעשין כלים לקבל הברכה לכן בפסח על התבואה:
Au sujet de l'Omer, dans le Midrach : 'Que l'Omer ne soit pas léger à tes yeux, car par son mérite notre père Avraham hérita de la terre... Mon alliance tu garderas...'.
Or il est écrit 'et la terre Il l'à donnée aux fils de l'homme' (Psaumes 115,16). Et dans la Guemara on soulève une contradiction, car il est écrit 'au Nom appartient la terre et sa plénitude' (Psaumes 24,1).
Et l'on répond : ici -- avant la bénédiction ; la -- après la bénédiction. Car la supériorité de l'homme est qu'il connaît et reconnaît son Créateur, et c'est à lui qu'à été donnée la terre ; et 'homme' ne désigne qu'Israël : 'vous êtes appelés homme (adam)'.
Et le premier fut Avraham, appelé 'le grand homme parmi les géants' (Josue 14,15), qui fit acquérir au Saint béni soit-Il ciel et terre. C'est pourquoi le verset conclut 'ce ne sont pas les morts qui louent' (Psaumes 115,17), c'est-à-dire les mécréants qui de leur vivant sont appelés morts.
Et nous, nous bénirons, car à nous à été donnée la faculté de la parole. Et cela, les enfants d'Israël le méritèrent à la sortie d'Égypte, où leur bouche s'ouvrit.
C'est pourquoi à Pessa'h on juge sur les récoltes, puisque par elle ils deviennent 'homme' pour louer le Nom. Et il est écrit 'le vivant, le vivant, c'est lui qui Te loue' (Isaie 38,19) -- 'vivant' deux fois : vivant par l'alliance de la langue et vivant par l'alliance du membre (la circoncision), car la vie dépend de ces deux alliances.
Et de même il est écrit deux fois 'dans ton sang tu vivras' (Ezechiel 16,6) -- sang de Pessa'h et sang de circoncision. Et notre père Avraham mérita les deux, comme il est dit 'Il conclut avec lui une alliance entre les dix doigts de ses mains' -- la bouche, et par ses pieds la circoncision.
C'est pourquoi il est appelé 'homme' et hérita de la terre. Et c'est pourquoi à Pessa'h, où s'ouvre la bouche d'Israël, ils peuvent élever toute la création vers le Saint béni soit-Il, comme il est dit 'et il balancera l'Omer', et par cela ils reçoivent l'abondance (chefa) pour toute l'année.
Et il est écrit 'Il nous à arrachés à nos oppresseurs' (Psaumes 136,24), et proche de cela 'Il donne du pain à toute chair' (Psaumes 136,25), car par la délivrance ils deviennent des réceptacles (kelim) pour recevoir la bénédiction ; c'est pourquoi à Pessa'h on juge sur les récoltes.
בפסוק ויצעקו בנ"י אל ה' אמרו חז"ל תפסו אומנות אבותם. דאיתא שחורה אני במעשי ונאוה במעשה אבותי.
פי' הנטיעה שנטעו האבות בכלל ישראל מתקיים בהם לעולם. והגם כי ע"י החטא מסתתר גם זו הנקודה.
אך בבוא קצת גאולה מתגלית זאת הנקודה. ולכן אחר יצ"מ הגם כי לא הי' עדיין גאולה שלימה.
מ"מ נתגלה נטיעה זו. ולכן נתאחזו במעשה אבותיהם.
וזה ראשית הגאולה להיות נמשכין אחר מעשה אבות. וכן בגאולה העתידה כ' והשיב לב אבות על בנים כו' כמ"ש במ"א מזה.
ולכן תפסו אומנות אבותם. הגם כי עדיין חטאו באומרם המבלי כו' אבל נקודת מעשה אבות נגלה בהם.
ואח"כ נגמר הגאולה בקי"ס עד שאמרו זה אלי כו' מצד עצמותם לבד אלקי אבי כנ"ל. שהם ב' בחי' אלקינו ואלקי אבותינו כמ"ש בכתר ש"ט:
Sur le verset 'et les enfants d'Israël crièrent vers le Nom' (Exode 2,23), nos maîtres de mémoire bénie ont dit : 'ils saisirent le métier de leurs pères.' Car il est enseigné 'je suis noire par mes actes et belle par les actes de mes pères' (Cantique 1,5). Cela signifie que la plantation que les pères ont plantée dans la collectivité d'Israël se maintient en eux pour toujours.
Et bien que par la faute ce point aussi se dissimule, cependant lorsque vient un peu de délivrance, ce point se révèle. C'est pourquoi après la sortie d'Égypte, bien qu'il n'y eut pas encore de délivrance complète, néanmoins cette plantation se révéla.
Et c'est pourquoi ils se saisirent des actes de leurs pères. Et c'est le commencement de la délivrance : être entraîné à la suite des actes des pères.
Et de même dans la délivrance future il est écrit 'Il ramènera le cœur des pères vers les fils...' (Malachie 3,24), comme je l'ai écrit ailleurs à ce sujet. C'est pourquoi 'ils saisirent le métier de leurs pères'.
Et bien qu'ils fautassent encore en disant 'est-ce faute de...' (Exode 14,11), toutefois le point des actes des pères se révéla en eux. Et ensuite la délivrance s'acheva à la fente de la mer, au point qu'ils dirent 'celui-ci est mon Dieu...' (Exode 15,2) par leur propre essence, puis 'le Dieu de mon père', comme ci-dessus -- ce sont les deux aspects 'notre Dieu et le Dieu de nos pères', comme il est écrit dans le Keter Chem Tov.
ביצ"מ נעשו בנ"י עבדי ה' כמ"ש והוצאתי את צבאותי. ובקי"ס נתעלו לבחי' בנים כמ"ש המעביר בניו בין גזרי ים סוף.
דכ' ששת ימים תאכל מצות ובשביעי עצרת לה' אלקיך. דאיתא בזוה"ק מצה מלשון מסה ומריבה להלחם עם הסט"א זה בחי' עבדי ה' להלחם מלחמת ה'.
אכן מצוה בתוספות ו' הוא לשון חיבור וצוותא. וזה עצרת לה' אלקיך כנופיא והתחברות.
וכן הוא לעולם בימי המעשה ושבת. וז' ימי הפסח הכנה לכל הימים לימי המעשה ולשבת.
וב' אלו הם בחי' יעקב וישראל. כי יעקב ע"ש המלחמה לילך בעקבה.
וישראל כשבאין לדרך הישר אז ישיר ישראל שיר אל:
À la sortie d'Égypte, les enfants d'Israël devinrent serviteurs du Nom, comme il est dit 'Je ferai sortir Mes armées' (Exode 7,4). Et à la fente de la mer ils s'élevèrent à l'aspect de fils, comme il est dit 'Celui qui a fait passer Ses fils entre les moitiés de la mer des Joncs.' Il est écrit 'six jours tu mangeras des matsot et le septième jour ce sera assemblée (atseret) pour le Nom ton Dieu' (Deutéronome 16,8).
Il est enseigné dans le saint Zohar : matsa est de la même langue que 'querelle et dispute (massa oumeriva)', pour combattre l'autre côté (sitra ahara) -- c'est l'aspect de serviteur du Nom, mener la guerre du Nom. Toutefois 'mitsva', avec l'ajout d'un vav, est un terme de liaison et d'union (tsavta).
Et c'est 'assemblée pour le Nom ton Dieu', rassemblement et union. Et ainsi en est-il pour toujours : les jours ouvrables (yemei hamaasse) et le chabbat.
Et les sept jours de Pessa'h sont une préparation à tous les jours, aux jours ouvrables et au chabbat. Et ces deux sont les aspects de Yaakov (Yaakov) et d'Israël.
Car 'Yaakov' est du nom de la lutté, marcher par la ruse (akeva) ; et 'Israël', quand ils parviennent au droit chemin, alors 'chantera Israël' (az yachir Israël) -- chant à Dieu (chir El).
בפסוק אל תיראו התיצבו כו'. ולבסוף כתיב וייראו העם את ה'.
שמקודם הי' בחי' יראת העונש. ויראה זו צריכה שמירה שלא להתפשט.
ולכן כתיב וייראו מאוד. ואמר להם אל תיראו שלא הי' יראה השלימה עד לבסוף דכ' וייראו את ה' והוא יראת הרוממות.
ויראה זו מביאה לשמחה ושירה. כמ"ש יראתי מתוך שמחתי ושמחתי מתוך יראתי.
והשירה הבאה ע"י יראה היא עדות שהיא יראה שלימה ואמיתית. וע"ז כ' אין מחסור ליראיו שמי שזוכה ליראת ה' זוכה בכל:
Sur le verset 'ne craignez pas, tenez-vous fermés...' (Exode 14,13), et à la fin il est écrit 'et le peuple craignit le Nom' (Exode 14,31). Car au début c'était l'aspect de la crainte du châtiment.
Et cette crainte à besoin de garde pour ne pas s'étendre. C'est pourquoi il est écrit 'ils craignirent beaucoup'.
Et il leur dit 'ne craignez pas', car la crainte n'était pas complète jusqu'à la fin, où il est écrit 'ils craignirent le Nom', et c'est la crainte de l'exaltation (yirat haromemout). Et cette crainte mène à la joie et au chant, comme il est dit 'j'ai craint du sein de ma joie, et je me suis réjoui du sein de ma crainte'.
Et le chant qui vient par la crainte est un témoignage qu'il s'agit d'une crainte complète et vraie. Et sur cela il est écrit 'rien ne manque à ceux qui Le craignent' (Psaumes 34,10), car celui qui mérite la crainte du Nom mérite tout.
והנה השירה הוא תכלית יצ"מ כמ"ש ויושע כו' ביום ההוא. דכ' הוצאתי אתכם מארץ מצרים להיות לכם לאלקים.
וידעתם כי אני ה' אלקיכם. וכן אמרו זה אלי ונמשכו עתה אחר הנהגה עליונה.
וכן כ' בצאת ישראל ממצרים בית יעקב מעם לועז. שמעתי מפי מו"ז ז"ל עם לועז כל הלשונות שאינם לשון הקודש נק' לע"ז.
ובנ"י כשיצאו ממצרים נתרוממו מכל הלשונות כמ"ש ורוממתנו מכל הלשונות ונדבקו בלשון הקודש. היתה יהודה לקדשו ישראל לממשלותיו היינו שנמשכו אחר הנהגת הקב"ה בעצמו בלי אמצעי.
שכן כל הלשונות הם לעז וכנוי ללשון הקודש. וכן הנהגת האומות ע"י אמצעיות שרי מעלה.
אבל בנ"י מיוחדין להיות חלק ה'. וזה עדות השבת וזכרת כי עבד היית בארץ מצרים ויוציאך ה' אלקיך כו' ביד חזקה כו'.
שהיו משועבדים שלא היה באופן הטבע לצאת. כמ"ש הקב"ה בכבודו ובעצמו.
שבכוונה הי' הגלות באופן זה שלא יוכלו לצאת רק ע"י הקב"ה בעצמו. על כן צוך כו' לעשות כו' יום השבת שהוא מיוחד להנהגה עליונה בלי אמצעות הטבע.
לכן בנ"י ושבת עדים על הקב"ה כמ"ש במ"א מזה:
Or le chant est le but de la sortie d'Égypte, comme il est dit 'et Il sauva... en ce jour-la' (Exode 14,30). Car il est écrit 'Je vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être pour vous un Dieu, et vous saurez que Je suis le Nom votre Dieu.' Et de même ils dirent 'celui-ci est mon Dieu', et ils furent alors entraînés à la suite de la conduite supérieure.
Et de même il est écrit 'lorsque Israël sortit d'Égypte, la maison de Yaakov d'un peuple à la langue étrangère (loez)' (Psaumes 114,1). J'ai entendu de la bouche de mon grand-père maître de mémoire bénie : 'peuple loez' -- toutes les langues qui ne sont pas la langue sainte (lachon hakodech) sont appelées 'laaz'.
Et les enfants d'Israël, lorsqu'ils sortirent d'Égypte, s'élevèrent au-dessus de toutes les langues, comme il est dit 'et Tu nous as élèves au-dessus de toutes les langues', et ils s'attachèrent à la langue sainte. 'Juda devint Son sanctuaire, Israël Ses domaines' (Psaumes 114,2), c'est-à-dire qu'ils furent entraînés à la suite de la conduite du Saint béni soit-Il Lui-même, sans intermédiaire. Car toutes les langues sont un 'laaz' et une dénomination de la langue sainte.
Et de même la conduite des nations se fait par l'intermédiaire des ministres d'en haut (sarei maala). Mais les enfants d'Israël sont singularisés pour être la part du Nom.
Et c'est le témoignage du chabbat : 'et tu te souviendras que tu fus esclave au pays d'Égypte et que le Nom ton Dieu t'à fait sortir... à main forte...' (Deutéronome 5,15). Car ils étaient asservis d'une manière où il n'était pas dans l'ordre de la nature de sortir, sinon par le Saint béni soit-Il dans Sa gloire et par Lui-même.
Car intentionnellement l'exil fut ainsi, de sorte qu'ils ne puissent sortir que par le Saint béni soit-Il Lui-même. C'est pourquoi Il t'à ordonné... de faire... le jour du chabbat, qui est singularisé pour la conduite supérieure sans l'intermédiaire de la nature.
C'est pourquoi les enfants d'Israël et le chabbat sont témoins du Saint béni soit-Il, comme je l'ai écrit ailleurs à ce sujet.
תרנ"ט
תרנ״ט [année 5659]
בעבור זה עשה ה' לי. ברש"י שאקיים מצותיו.
פי' שתכלית הגאולה הי' לכבודו ית"ש כדי שיהיו בנ"י כלים לעשות שליחות הקב"ה בעולם. הגם שפי' הפשוט אמת שבשביל המצות שעתידין בנ"י לעשות הי' הגאולה.
ולכן הי' הגאולה בשם אהיה לומר שבזכות המצות שעתידין לעשות הם נגאלין. אבל עיקר הפי' בעבור זה ממש שזה תכלית הגאולה לשמו ית'.
ולכן הרשע שאומר מה העבודה הזאת לכם כופר בעיקר שאדרבא תכלית הגאולה הי' רק עבודה הזאת כמ"ש:
'C'est en vue de cela que le Nom à agi pour moi' (Exode 13,8). Dans Rachi : 'que j'accomplisse Ses commandements.' Cela signifie que le but de la délivrance fut pour Sa gloire, qu'Il soit béni, afin que les enfants d'Israël soient des réceptacles (kelim) pour accomplir la mission du Saint béni soit-Il dans le monde.
Bien que le sens simple soit vrai -- que c'est en vue des commandements que les enfants d'Israël accompliront à l'avenir qu'eut lieu la délivrance. Et c'est pourquoi la délivrance se fit par le nom 'Ehyeh', pour dire que c'est par le mérite des commandements qu'ils accompliront à l'avenir qu'ils sont délivrés.
Mais le sens essentiel est 'en vue de cela' littéralement : c'est cela le but de la délivrance, pour Son Nom, qu'Il soit béni. C'est pourquoi le mécréant qui dit 'que signifie ce service pour vous' renie l'essentiel, car au contraire le but de la délivrance ne fut que ce service même, comme il est dit.
איתא בזוה"ק נ' זמנין אידכר יצ"מ בתורה כו' כמ"ש האריז"ל שזה הי' החפזון שלא יכנסו ח"ו לשער הנ' שבטומאה. דאיתא נ' שערי בינה בעולם וכולם נמסרו למרע"ה חוץ מאחד ותחסרהו מעט כו'.
ולכן הי' מרע"ה מוכן לגאולה. כי כל שער יש לו דלת והסתר.
ולא היו יכולין לכנוס בשערי קדושה עד שיעברו ההסתר המוכן לכל שער. ולכן נזכר בתורה נ' זמנין יצ"מ שבאותן המקומות הוצרך להיות יצ"מ וא"א להשיג התורה רק בפתיחת אלה השערים.
ולפי שנחסר א' למרע"ה. אם היו נכנסין בשער הנ' לא הי' יכול לגאלם.
ולכן אמר מרע"ה מי אנכי כו'. כי ירא מזה שיכנסו בשער הנ'.
רק הקב"ה עשה נס וגאל אותנו קודם הזמן. אבל לעתיד כ' לא בחפזון כו'.
שנראה שלמשיח יתגלה גם שער הנ'. כדכ' ונשא וגבה מאוד יותר ממרע"ה לכן לא בחפזון כו'.
ולכן אמר מרע"ה שלח כו' ביד תשלח ביד המשיח שעתיד לגאול אותנו שלא בחפזון כנ"ל:
Il est enseigné dans le saint Zohar : cinquante fois est mentionnée la sortie d'Égypte dans la Torah... comme l'à écrit le saint Ari (haAri zal) que ce fut la hâte (hipazon), afin qu'ils n'entrent pas, à Dieu ne plaise, dans la cinquantième porte de l'impureté. Car il est enseigné : il y a cinquante portes de la compréhension (binah) dans le monde, et toutes furent transmises à notre maître Moché (Moche Rabbenou), sauf une : 'et Tu l'as diminue d'un peu' (Psaumes 8,6).
C'est pourquoi notre maître Moché était préparé à la délivrance. Car chaque porte à une porte et une dissimulation (hester).
Et ils ne pouvaient entrer dans les portes de la sainteté qu'après avoir franchi la dissimulation préparée à chaque porte. C'est pourquoi la sortie d'Égypte est mentionnée cinquante fois dans la Torah, car en ces endroits il fallait qu'il y ait sortie d'Égypte, et il est impossible d'atteindre la Torah sinon par l'ouverture de ces portes.
Et parce qu'il manquait une porte à notre maître Moché, s'ils étaient entrés dans la cinquantième porte, il n'aurait pu les délivrer. C'est pourquoi notre maître Moché dit 'qui suis-je...' (Exode 3,11), car il craignait cela : qu'ils n'entrent dans la cinquantième porte.
Mais le Saint béni soit-Il fit un miracle et nous délivra avant le temps. Cependant pour l'avenir il est écrit 'non dans la hâte...' (Isaie 52,12), ce qui montre que pour le Machiah se révélera aussi la cinquantième porte, comme il est écrit 'il sera élevé et exalté très haut' (Isaie 52,13), plus que notre maître Moché ; c'est pourquoi 'non dans la hâte'.
Et c'est pourquoi notre maître Moché dit 'envoie... par la main de qui Tu enverras' (Exode 4,13) -- par la main du Machiah qui, a l'avenir, nous délivrera non dans la hâte, comme ci-dessus.
« Alors Moché et les enfants d'Israël chanteront » (Chemot 15,1). Avant que la Terre d'Israël ne fût choisie, dit la Guemara, toutes les terres étaient aptes au cantique ; depuis, elles furent disqualifiées. Le Sfat Emet enseigne qu'Israël, créé pour témoigner du Créateur, était mêlé aux nations : le cantique appartenait au monde entier, et par la délivrance il fut réservé à Moché et aux enfants d'Israël. Selon Rachi, tout le cantique est double : au partage de la mer le salut fut en haut et en bas, et l'essentiel du cantique est de rendre droite (le-yacher) la partie d'en bas avec celle d'en haut.
Aussi : plus grand fut le butin de la mer que celui d'Égypte, étincelles sorties par le cantique ; les bontés demeurent pour toujours, Israël étant réceptacle des miracles ; la matsa, nourriture de guérison, annule le mélange du levain.
אז ישיר משה ובני ישראל כו'. דאיתא בגמ' קודם שנבחר א"י הוכשרו כל הארצות לומר שירה ומשנבחר א"י נפסלו כו'.
וכמו כן כלל ישראל שהם נבראו להעיד על הבורא ית"ש כמ"ש עם זו כו' תהלתי יספרו. אבל קודם הגאולה שהיו מתערבין באומות היה השירה בכלל העולם.
אבל ע"י הגאולה נתבררו בנ"י והוסבב השירה רק למשה ובנ"י. וז"ש במדרש שה"ש נשיר למי שעשאנו שירים בעולם.
וכן הוא בבחי' עולם שנה נפש. שמקודם בנין ביהמ"ק הבמות מותרים כיון שלא הי' עדיין מקום מיוחד.
והקדושה מוטבע בתוך הכלל. ואח"כ נאסר רק אל המקום אשר יבחר ה'.
וכן בנפשות אשר בחר בנו מכל העמים. וכן בשנה הקדושה נמצאת בשבתות ויו"ט שנק' מקראי קודש ונעשה הבדלה בין כו':
'Alors Moche et les enfants d'Israël chanteront...' (Exode 15,1). Car il est énoncé dans la Guemara qu'avant que la Terre d'Israël ne fut choisie, toutes les terres étaient aptes à dire le cantique, et depuis que la Terre d'Israël fut choisie, elles furent disqualifiées, etc.
Et de même la collectivité d'Israël, qui a été créée pour témoigner du Créateur, que Son nom soit béni, comme il est écrit 'ce peuple que Je me suis forme... racontera Ma louange' (Isaie 43,21). Mais avant la délivrance, lorsqu'ils étaient mêlés aux nations, le cantique appartenait au monde entier.
Mais par la délivrance les enfants d'Israël furent clarifiés et le cantique fut réserve à Moche et aux enfants d'Israël seuls. Et c'est ce que dit le Midrach du Cantique des cantiques : 'nous chanterons à Celui qui a fait de nous des cantiques (chirim) dans le monde'.
Et il en est de même selon les aspects de 'monde, année, âme' (olam, chana, nefech). Car avant la construction du Temple les hauts lieux (bamot) étaient permis, puisqu'il n'y avait pas encore de lieu particulier, et la sainteté était imprimée au sein de la collectivité ; ensuite cela fut interdit sauf 'au lieu que le Nom choisira' (Deutéronome 12).
De même dans les âmes : 'qui nous à choisis parmi tous les peuples'. Et de même dans l'année, la sainteté se trouve dans les chabbats et les jours de fête, appelés 'convocations saintes', et une séparation (havdala) se fait entre... etc.
איתא ברש"י כל השירה כפולה גאה גאה ימינך ימינך מי כמוכה מי כמוכה כו'. וכן איתא בשבת קודש כל דבריו כפולים.
כי יום שביעי של פסח נדמה לשבת כמ"ש במד' סוף בא. והענין הוא כי עיקר הישועה הוא בשורש של מעלה שזה נעשה בקי"ס כמ"ש במד' וירא כו' את מצרים מת שרו של מצרים.
ולכן ויושע ה' ביום ההוא דייקא. שהי' הישועה למעלה ולמטה.
וכן ראו בנ"י ברוה"ק כל התקונים שנעשה למעלה. בשבילם.
וכ"כ רוממות אל בגרונם עי"ז וחרב פיפיות בידם. שחותך בב' פיות למעלה ולמטה.
וכ"כ תפול עליהם אימתה ופחד אמרו חז"ל פחד על הקרובים ואימה על הרחוקים. הרמז כי השרים שלמעלה נק' קרובים ונפל עליהם הפחד ועי"ז הי' אימה על הרחוקים למטה.
כדאיתא בגמ' מאן דמבעית אע"ג דאיהו לא חזי מזלי' חזא. וזה עיקר השירה כשזוכין להיישיר החלק שלמטה עם שלמעלה.
כמ"ש האלקים עשה כו' האדם ישר. רק ע"י החטא נעשה חשבונות רבים.
ובנ"י שתקנו החטא ונקראו ישורון. זכו אל השירה.
וכן הוא ביום שבת קודש טוב להודות. שאז מתעלה העולם ונשמה יתירה יורדת.
ויש דיבוק וחיבור תחתונים לעליונים:
Il est énoncé dans Rachi que tout le cantique est double : 'Il s'est exalté, exalté', 'Ta droite, Ta droite', 'Qui est comme Toi, qui est comme Toi', etc. Et de même il est énoncé au sujet du saint Chabbat que toutes ses paroles sont doubles.
Car le septième jour de Pessa'h ressemble au Chabbat, comme il est écrit dans le Midrach à la fin de la section Bo. Et le sujet est que l'essentiel du salut est dans la racine d'en haut, ce qui s'accomplit lors du partage de la mer (keriat yam souf), comme il est énoncé dans le Midrach : 'et Israël vit... l'Égypte' (Exode 14,30) -- l'ange tutélaire (sar) de l'Égypte mourut.
C'est pourquoi 'et le Nom sauva en ce jour-la' précisément (Exode 14,30), car le salut fut en haut et en bas. Et de même les enfants d'Israël virent par l'esprit saint (roua'h ha-kodech) toutes les réparations qui se firent en haut pour eux.
Et c'est ce qui est écrit 'les louanges de Dieu dans leur gorge' -- par cela -- 'et une épée à deux tranchants (pipiyot) dans leur main' (Psaumes 149,6), qui tranche par deux bouches, en haut et en bas. Et de même 'sur eux tomberont terreur et effroi' (Exode 15,16) : nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : l'effroi (pa'had) sur les proches et la terreur (eima) sur les lointains.
L'allusion est que les anges tutélaires (sarim) d'en haut sont appelés 'proches', et l'effroi tomba sur eux, et par cela il y eut terreur sur les lointains d'en bas, comme il est énoncé dans la Guemara : 'celui qui est effrayé, bien que lui-même ne voie pas, son astre (mazal) voit'. Et c'est l'essentiel du cantique, lorsqu'on mérite de rendre droite (le-yacher) la partie d'en bas avec celle d'en haut, comme il est écrit 'Elokim à fait l'homme droit (yachar)' (Ecclésiaste 7,29) ; seulement par la faute se firent 'de nombreux calculs'.
Et les enfants d'Israël, qui réparèrent la faute et furent appelés Yechouroun, méritèrent le cantique. Et de même au jour du saint Chabbat 'il est bon de rendre grâce' (Psaumes 92,2), car alors le monde s'élève et une âme supplémentaire (nechama yetera) descend, et il y a adhésion et union des êtres inférieurs aux supérieurs.
איתא גדולה ביזת הים מביזת מצרים דכ' מוציא אסירים בכושרות. בכות ושירות.
דכל הגלות מצרים הי' להוציא הנ"ק שנתפזרו שם. וכ' באוה"ח ע"פ והייתם לי סגולה מכל העמים.
כי כשבנ"י זוכין יכולין להעלות כל הנצ"ק בכח התורה ע"ש. ובקי"ס על ידי השירה הוציאו נצוצות קדושות ממצרים יותר ממה שהוציאו ביצ"מ.
ולא לחנם נאמר ואכבדה בפרעה כו' וידעו כו' כי אני ה'. וז"ש עזי וזמרת יה ויהי לי לישועה שכל הישועה יהי' בכח התורה והשירה.
לא ע"י יסורים. שירות ולא בכות:
Il est énoncé : 'plus grand fut le butin de la mer que le butin d'Égypte', car il est écrit 'Il fait sortir les captifs ba-kocharot' (Psaumes 68,7) -- que l'on lit 'bekhi ve-chirot', avec pleurs et chants. Car tout l'exil d'Égypte fut pour faire sortir les étincelles saintes (nitsotsot kedochot) qui s'y étaient dispersées.
Et il est écrit dans le Or ha-'Hayim sur le verset 'et vous serez pour Moi un trésor (segoula) parmi tous les peuples' (Exode 19,5) : car lorsque les enfants d'Israël sont méritants, ils peuvent élever toutes les étincelles saintes par la force de la Torah, vois-y. Et lors du partage de la mer, par le cantique, ils firent sortir d'Égypte des étincelles saintes plus qu'ils n'en firent sortir à la sortie d'Égypte.
Et ce n'est pas en vain qu'il est dit 'Je me glorifierai par Pharaon... et ils sauront... que Je suis le Nom' (Exode 14,4). Et c'est ce que dit 'Ma force et mon chant est Ka, Il fut pour moi un salut' (Exode 15,2) : car tout le salut sera par la force de la Torah et du cantique, non par les souffrances -- des chants et non des pleurs.
איתא במד' תהלים ע"פ הודו לה' כי טוב כל"ח החסד שהקב"ה עושה עם בני ישראל אינו לשעה ולשנה רק לעולם. וכ"כ חסדי ה' כי לא תמנו ע"ש.
כי בנ"י הם כלים לקבל הנסים שהם למעלה מן הטבע והזמן. לכן החסדים הנעשים להם נשארים לעולם.
וכן איתא במכילתא והי' לי לישועה לא כתיב רק ויהי לי לעתיד. וזה עדות השירה שנשאר להם הנס דקי"ס לדורות.
וז"ש חסדי ה' כי לא תמנו דהול"ל כי לא תמו רק הפי' אצלנו לא תמו החסדים שנשאר בנו קבוע לדורות. אבל חסד לאומים חטאת וחסרון הוא להם שאינם כלים לקבל החסדים.
ולכן כ' יאמר נא ישראל. בית אהרן.
יראי ה'. כי לעולם חסדו.
כי המה עדים להעיד על זה שהחסדים הם לעולם:
Il est énoncé dans le Midrach Tehilim sur le verset 'Rendez grâce au Nom car Il est bon, car Sa bonté ('hessed) est pour toujours' (Psaumes 118,1) : la bonté que le Saint, béni soit-Il, accomplit avec les enfants d'Israël n'est pas pour une heure ni pour une année, mais pour toujours. Et c'est ce qui est écrit 'les bontés du Nom, car nous ne sommes pas achevés' (Lamentations 3,22), vois-y.
Car les enfants d'Israël sont des réceptacles (kelim) pour recevoir les miracles, qui sont au-dessus de la nature et du temps ; c'est pourquoi les bontés qui leur sont faites demeurent pour toujours. Et de même il est énoncé dans la Mekhilta : il n'est pas écrit 'Il fut pour moi un salut' mais 'et Il sera (va-yehi) pour moi', au futur.
Et c'est le témoignage du cantique : que le miracle du partage de la mer leur demeure pour les générations. Et c'est ce que dit 'les bontés du Nom, car nous ne sommes pas achevés (lo tamnou)' -- il aurait dû dire 'car elles ne sont pas achevées (lo tamou)' ; mais le sens est : chez nous les bontés ne sont pas achevées, car elles demeurent fixées en nous pour les générations.
Mais 'la bonté des nations est péché' (Proverbes 14,34) et manque pour elles, car elles ne sont pas des réceptacles aptes à recevoir les bontés. C'est pourquoi il est écrit 'que dise donc Israël... la maison d'Aharon... ceux qui craignent le Nom... car Sa bonté est pour toujours' (Psaumes 118), car ils sont témoins pour attester que les bontés sont pour toujours.
תר"ס
[Année 5660]
בענין מצה מיכלא דאסוותא כדאיתא בזוה"ק. דהנה [*ע"י] חטא הראשון מאכילת עה"ד נתערב תערובות טו"ר בכל הדברים.
וגם בנפש האדם. ובע"כ צריך האדם לתקן החלק שנדבק בו מתערובות הזה כמ"ש בס' שער הקדושה להרח"ו ז"ל ע"ש.
וזה שאור שבעיסה. ומזה בא כל הגלות.
לכן אחז"ל תמיד ב' אלו הדברים ביחד שאור שבעיסה ושיעבוד מלכיות. ולכן כל השנה אוכלין חמץ ומצה שצריכין ג"כ לאכול החמץ לברר זאת התערובות.
וכדאיתא במד' בראשית השיאני ואוכל עוד ע"ש. שהבינה שכבר נעשה זה התערובות.
שצריכין לעולם לאכול החמץ לברר התערובות. אבל לפי שעה עשה לנו הקב"ה נס במצרים שלא הספיק הבצק להחמיץ.
וביטל זה התערובות. והאכילנו המצה שהוא פשוט בלי השתנות.
והחמץ נשתנה. כי השפע הבאה מלמעלה משתנה אח"כ מדרגא לדרגא עד שמתערב בה תערובות.
ונשתנה הלילה הזה מכל הלילות. וזה בערב תאכלו מצות.
אעפ"י שלילה הוא הזמן שיש בו תערובות שע"ז נק' ערב. מ"מ תאכלו מצות.
וכן השאיר לנו זכר מינ"מ בכל ליל פסח. שלפי שעה יש בה הארה כמו שהי' ביצ"מ.
וזה עצמו שלא הספיק בצקם של אבותינו להחמיץ עשה הקב"ה שיהי' בזה זכר ליצ"מ ע"י מצות אכילת מצה. ז"ש בחפזון יצאת כו' למען תזכור כו' כל ימי חייך.
דכ' זכר עשה לנפלאותיו. ואמרו כל ימי חייך להביא לימות המשיח דכ' כימי צאתך מארץ מצרים אראנו נפלאות.
כי יצ"מ הי' הכנה עד גאולה אחרונה. כדכ' טוב אחרית דבר מראשיתו.
לכן יצ"מ שהי' ראשית הגאולה בכח זה יכולין לעורר תמיד הגאולה. ז"ש למען תזכור את יום צאתך.
פי' באמצעות יום הזה. תזכור ותעורר הגאולה כל ימי חייך.
וכן הוא בפרט כל שנה יום הזה מביא זכירת הגאולה בכל ימי השנה. וכן בכל נפש ישראל בפרטות:
Au sujet de la matsa, 'nourriture de guérison' (mikhla de-asvata), comme il est énoncé dans le saint Zohar. Car voici, par la première faute, celle de manger de l'arbre de la connaissance (ets ha-daat), un mélange de bien et de mal (tov va-ra) s'est mêlé à toutes choses, et aussi dans l'âme de l'homme.
Et malgré lui, l'homme doit réparer la part de ce mélange qui s'est attachée à lui, comme il est écrit dans le livre Chaar ha-Kedoucha de Rabbi 'Hayim Vital, de mémoire bénie, vois-y. Et c'est le 'levain dans la pâte', et de la vient tout l'exil.
C'est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont toujours associé ces deux choses : le levain dans la pâte et l'asservissement aux royaumes. Et c'est pourquoi toute l'année on mange du hametz (pain levé) et de la matsa, car il faut aussi manger le hametz pour clarifier ce mélange.
Et comme il est énoncé dans le Midrach Berechit : '[le serpent] m'à induite (hichiani) et j'ai mangé' (Genèse 3,13), vois-y -- car la faculté de compréhension (bina) saisit que ce mélange s'est déjà fait, et qu'il faut toujours manger le hametz pour clarifier le mélange. Mais pour un temps, le Saint, béni soit-Il, nous à fait un miracle en Égypte : la pâte n'eut pas le temps de lever, et Il annula ce mélange, et Il nous fit manger la matsa qui est simple, sans transformation ; tandis que le hametz s'est transforme.
Car l'abondance (chefa) qui vient d'en haut se transforme ensuite de degré en degré jusqu'à ce qu'un mélange s'y mêlé. Et 'cette nuit différa de toutes les nuits' : c'est le sens de 'au soir vous mangerez des azymes' (Exode 12,18) : bien que la nuit soit le temps où il y a du mélange -- c'est pourquoi elle est appelée 'erev' (soir, du terme mélange) -- malgré cela 'vous mangerez des azymes'.
Et de même Il nous à laissé un souvenir de la sortie d'Égypte chaque nuit de Pessa'h, car pour un temps il y a en elle une illumination comme il y en eut à la sortie d'Égypte. Et cela même -- que la pâte de nos pères n'eut pas le temps de lever -- le Saint, béni soit-Il, fit qu'il y ait en cela un souvenir de la sortie d'Égypte par le commandement de manger la matsa.
C'est ce que dit 'tu es sortie en hâte... afin que tu te souviennes... tous les jours de ta vie' (Deutéronome 16,3), car il est écrit 'Il à fait un souvenir (zekher) pour Ses merveilles' (Psaumes 111,4). Et ils ont dit 'tous les jours de ta vie' pour inclure les jours du Messie, car il est écrit 'comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui ferai voir des merveilles' (Michee 7,15).
Car la sortie d'Égypte fut une préparation jusqu'à la dernière délivrance, comme il est écrit 'meilleure est la fin d'une chose que son commencement' (Ecclésiaste 7,8). C'est pourquoi la sortie d'Égypte, qui fut le commencement de la délivrance, par cette force on peut toujours éveiller la délivrance.
C'est ce que dit 'afin que tu te souviennes du jour de ta sortie' : c'est-à-dire au moyen de ce jour, tu te souviendras et éveilleras la délivrance tous les jours de ta vie. Et de même, en particulier, chaque année ce jour apporte le souvenir de la délivrance dans tous les jours de l'année.
Et de même dans chaque âme d'Israël en particulier.
ויהי שם לגוי מלמד שהיו ישראל מצוינים שם. זהו עיקר החסד שעשה עמנו הקב"ה.
שלא נטמענו בהם. ולכן כתיב אל תירא מרדה מצרימה ואין אומרים אל תירא אלא למי שירא ה' לאמיתו.
שיעקב אבינו ירא שלא יטמעו בהם. לכן הבטיחו הקב"ה אנכי ארד עמך להצילם.
וע"ז הי' קושי השיעבוד כדי שלא יטמעו בהם כמ"ש בזוה"ק שמות. ז"ש ויהי לשון צרה שכל היסורים היו כדי שיהיו מצוינים שם ולא יטמעו בהם.
וכן מ"ש וירד מצרימה ויגר שם מלמד שלא ירד יעקב אבינו להשתקע במצרים. שכל זה הי' בכח יעקב אע"ה לפי שלא ירד על דעת להשתקע נשאר זה הכח שלא נשתקעו שם:
'Et il y devint une nation' (Deutéronome 26,5) : cela enseigne que les Israélites y étaient distincts (metsouyanim). C'est la l'essentiel de la bonté que le Saint, béni soit-Il, à faite avec nous : que nous ne fûmes pas assimilés parmi eux.
C'est pourquoi il est écrit 'ne crains pas de descendre en Égypte' (Genèse 46,3), et l'on ne dit 'ne crains pas' qu'à celui qui craint le Nom en vérité ; car Yaakov notre père craignait qu'ils ne s'assimilent parmi eux. C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, lui promit 'Moi Je descendrai avec toi' pour les sauver.
Et c'est pour cela que fut la dureté de l'asservissement, afin qu'ils ne s'assimilent pas parmi eux, comme il est écrit dans le saint Zohar, section Chemot. C'est ce que dit 'va-yehi' (et il advint), terme de détresse : car toutes les souffrances furent afin qu'ils soient distincts la-bas et ne s'assimilent pas parmi eux.
Et de même ce qui est dit 'il descendit en Égypte et y séjourna (va-yagor)' (Deutéronome 26,5) enseigné que Yaakov notre père ne descendit pas pour s'établir à demeure en Égypte. Car tout cela fut par la force de Yaakov, notre père, que la paix soit sur lui : du fait qu'il ne descendit pas dans l'intention de s'y établir, demeura cette force par laquelle ils ne s'y établirent pas à demeure.
אפילו כולנו חכמים כו' מצוה עלינו לספר ביצ"מ וכל המרבה כו' הרי זה משובח. דכ' בהוציאך את העם ממצרים תעבדון.
וכ"כ הוצאתי אתכם מארץ מצרים להיות לכם לאלקים. וכ"ז הסדר מתחדש בכל שנה פסח זמן חירותנו והוא בחי' עבדי אתה אשר בך אתפאר.
אח"כ בשבועות זמן מתן תורתנו. וכפי החירות שמתעורר בפסח כך מתחדש התורה בשבועות.
ומעין זה גם בכל יום ויום יש זכר ליצ"מ ולקבלת התורה. ולכן אפילו שקבלנו כבר התורה מ"מ יש התגלות התורה בכל דור ושנה ויום מיוחד לזה הזמן.
ולכן צריכין להתחדשות החירות בכל שנה. ובזה זוכין להתחדשות קבלת אלקותו ית"ש.
להיות לכם לאלקים הוא דבר ההוה ומתחדש תמיד:
'Même si nous sommes tous sages... c'est un commandement pour nous de raconter la sortie d'Égypte, et quiconque en dit davantage... celui-là est digne de louange.' Car il est écrit 'quand tu feras sortir le peuple d'Égypte, vous servirez [Dieu]' (Exode 3,12). Et de même il est écrit 'Je vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être pour vous un Dieu (Elokim)' (Lévitique 22,33).
Et tout cet ordre se renouvelle chaque année : Pessa'h, 'le temps de notre liberté', qui est l'aspect de 'tu es Mon serviteur, Israël, par qui Je me glorifie' (Isaie 49,3) ; ensuite à Chavouot, 'le temps du don de notre Torah'. Et selon la mesure de la liberté qui s'éveille à Pessa'h, ainsi se renouvelle la Torah à Chavouot.
Et de même, chaque jour, il y a un souvenir de la sortie d'Égypte et de la réception de la Torah. C'est pourquoi, bien que nous ayons déjà reçu la Torah, il y a malgré tout une révélation de la Torah en chaque génération, année et jour, propre à ce temps.
C'est pourquoi il faut un renouvellement de la liberté chaque année, et par cela on mérite le renouvellement de la réception de Sa divinité, que Son nom soit béni. 'Être pour vous un Dieu' est une chose qui est présente et se renouvelle continuellement.
בענין העומר ראשית קצירכם. דאיתא בזוה"ק ראשית בכורי אדמתך תביא כו' לא תבשל גדי.
כי כפי נתינת הראשית אל הבורא ית' אין מתערב אח"כ פסולת. ולכן איתא בזוה"ק תצוה כי אם שומרין בנ"י את העומר ושתי הלחם כראוי א"צ להיות נשפט בר"ה ויוה"כ כי כל המשפט על התערבות הפסולת.
וע"י העומר ושתי הלחם שנתברך פרי הארץ ואילנות ואין בהם פסולת. לכן נאמר אכול בשמחה לחמך פרי הארץ.
ושתה בלב טוב יינך פרי האילנות. כי כבר רצה ע"י נתינת הראשית.
והרמז כבר רצה קודם המשפט בר"ה ויוה"כ. וזה העדות נתברר בחג הסוכות.
זה ההבדל בין ישראל לאומות והוא זמן שמחתנו. כמ"ש לך אכול בשמחה:
Au sujet du Omer, 'les prémices de votre moisson' (Lévitique 23,10). Car il est énoncé dans le saint Zohar : 'les prémices des primeurs de ta terre tu apporteras... tu ne cuiras pas le chevreau [dans le lait de sa mère]' (Exode 23,19).
Car selon la mesure du don des prémices au Créateur, béni soit-Il, aucun rebut (pesolet) ne s'y mêlé ensuite. C'est pourquoi il est énoncé dans le saint Zohar, section Tetsave, que si les enfants d'Israël gardent le Omer et les deux pains (chtei ha-le'hem) comme il convient, ils n'ont pas besoin d'être juges à Roch ha-Chana et à Yom Kippour, car tout le jugement porte sur le mélange du rebut.
Et par le Omer et les deux pains, le fruit de la terre et des arbres est béni et il n'y a en eux aucun rebut. C'est pourquoi il est dit 'mange avec joie ton pain', le fruit de la terre, 'et bois d'un cœur bon ton vin' (Ecclésiaste 9,7), le fruit des arbres.
Car Il à déjà agréé, par le don des prémices ; et l'allusion est qu'Il à déjà agréé avant le jugement de Roch ha-Chana et de Yom Kippour. Et ce témoignage se clarifie à la fête de Souccot.
C'est la la différence entre Israël et les nations, et c'est 'le temps de notre joie', comme il est dit 'va, mange avec joie'.
ענין שבת ומועדות. דכ' אור זרוע לצדיק.
והוא בחי' השבת קבוע וקיימא. רק שבנ"י עמך כולם צדיקים הם כלים לקבל אור הזה.
ולכן שבתות למנוחה כי עיקר המנוחה מה ששב אל מקומו ושורשו והמוכן לו. וזה פי' זרוע לצדיק שמוכן לו זה האור.
ומועדות בחי' לישרי לב שמחה שהוא בכח הכנת האדם כמ"ש ישראל דקדשינהו לזמנים וכ' שמחה לאיש במענה פיו שהקב"ה מסכים עמהם בקביעות החודש והמועדות ולכן הוא שמחה יתירה משבת קודש. האבות נק' ישרים ובזכותם ניתן המועדות לבנ"י.
והנה ברגלים נתברך כל השנה כמ"ש בפסח יתברכו לכם תבואה שבשדות. בעצרת פירות האילן.
בחג גשמי שנה. וכן מתפללין השיאנו כו' ברכת מועדיך.
הגם כי עיקר הברכה בשבת כדכ' ויברך כו' את יום השביעי. אך הברכה בשבת בשורש כדאיתא בזוה"ק דלא אשתכח בי' מנא רק דכל ברכאין בי' תליא.
דהוא יומא דנשמתין. אבל ברגלים יש התגלות הברכה גם בבחי' הגוף.
ולכן הי' עליות רגלים בגוף. ולכן איתא כי מלבושי יו"ט יקרים משבת כי הגוף הוא בחי' הלבוש.
ובאמת שורש הג' ברכות שברגלים הם בג' סעודות דשבת. וברגלים הוא בהתגלות בפרטות כנ"ל:
Le sujet du Chabbat et des fêtes. Car il est écrit 'une lumière est semée pour le juste' (Psaumes 97,11), et c'est l'aspect du Chabbat, fixe et permanent (kavoua ve-kayama) ; seulement 'ton peuple, tous justes' (Isaie 60,21) sont des réceptacles aptes à recevoir cette lumière.
C'est pourquoi les chabbats sont pour le repos (menoucha), car l'essentiel du repos est ce qui revient (chav) à sa place, à sa racine et à ce qui lui est préparé. Et c'est le sens de 'semée pour le juste', que cette lumière lui est préparée.
Et les fêtes sont l'aspect de 'pour les cœurs droits, la joie' (Psaumes 97,11), qui relève de la force de la préparation de l'homme, comme il est énoncé 'Israël, qui sanctifie les temps' ; et il est écrit 'joie pour l'homme dans la réponse de sa bouche' (Proverbes 15,23), car le Saint, béni soit-Il, s'accorde avec eux quant à la fixation du mois et des fêtes ; c'est pourquoi c'est une joie supérieure à celle du saint Chabbat. Les patriarches sont appelés 'droits' (yecharim), et par leur mérite les fêtes furent données aux enfants d'Israël.
Et voici, par les fêtes de pèlerinage toute l'année est bénie, comme il est énoncé : à Pessa'h 'vous serez bénis quant au grain (tevoua) des champs', à Atseret (Chavouot) les fruits de l'arbre, à la fête (Souccot) les pluies de l'année. Et de même on prie 'accorde-nous... la bénédiction de Tes fêtes'.
Bien que l'essentiel de la bénédiction soit dans le Chabbat, comme il est écrit 'et Il bénit... le septième jour' (Genèse 2,3). Mais la bénédiction dans le Chabbat est dans la racine, comme il est énoncé dans le saint Zohar : 'ne s'y trouve pas la manne (mana), seulement toutes les bénédictions en dépendent', car c'est le jour des âmes (yoma di-nechamtin) ; tandis que dans les fêtes il y a une révélation de la bénédiction aussi dans l'aspect du corps.
C'est pourquoi il y avait les pèlerinages (aliyot regalim) dans le corps. Et c'est pourquoi il est énoncé que les vêtements des jours de fête sont plus précieux que ceux du Chabbat, car le corps est l'aspect du vêtement.
Et en vérité la racine des trois bénédictions des fêtes de pèlerinage se trouve dans les trois repas du Chabbat ; et dans les fêtes cela est en révélation, dans le détail, comme ci-dessus.
בפסוק יונתי בחגוי הסלע כו' השמיעני את קולך שהיסורים היו כדי שישמיעו קולם. והענין הוא כי כל יצ"מ וקי"ס הי' להשלמת בנ"י.
שעיקר כחם בפיהם. ויצ"מ הי' לתקן הדיבור וקי"ס הקול.
וזה תכלית האדם כמ"ש כל עמל אדם לפיהו. והפנימיות שלהם הי' בהסתר ולא היו יכולין להוציא מכח אל הפועל.
ז"ש בחגוי הסלע בסתר המדריגה. וע"י קי"ס הוציאו כח הקול אל הפועל.
ולכן בכל יום מקדימין יצ"מ וקי"ס לקול ודיבור דק"ש ותפלה. וזהו סמיכת גאולה לתפלה כמ"ש במדרש:
Sur le verset 'ma colombe, dans les fentes du rocher... fais-moi entendre ta voix' (Cantique 2,14) : car les souffrances furent afin qu'ils fassent entendre leur voix. Et le sujet est que toute la sortie d'Égypte et le partage de la mer furent pour l'achèvement des enfants d'Israël, dont la force essentielle est dans leur bouche.
La sortie d'Égypte fut pour réparer la parole (dibbour), et le partage de la mer, la voix (kol). Et c'est la finalité de l'homme, comme il est écrit 'tout le labeur de l'homme est pour sa bouche' (Ecclésiaste 6,7).
Et leur intériorité était dissimulée, et ils ne pouvaient la faire passer de la puissance à l'acte. C'est ce que dit 'dans les fentes du rocher', dans le secret du degré (madrega).
Et par le partage de la mer ils firent passer la force de la voix à l'acte. C'est pourquoi, chaque jour, on fait précéder la sortie d'Égypte et le partage de la mer à la voix et à la parole du Chema et de la prière.
Et c'est l'adjonction de la délivrance à la prière (semikhat geoula li-tefila), comme il est énoncé dans le Midrach.
במד' סמכוני באשישות באש שלמעלה ושלמטה תורה שבכתב ושבע"פ עי"ש. ומסיים הפסוק כי חולת אהבה אני.
היינו שצריך להיות לאיש ישראל אהבת ה' בעצם בלי שום סיוע כענין אבות הראשונים שלא הי' להם עדיין התורה והי' אהבת לבם בוער להתדבק בהקב"ה. אבל על ידי שחולת אהבה אני צריכין סיוע מן האש שלמעלה ומטה ב' התורות.
וכן איתא בס' חובת הלבבות מעין זה. ושירה זו של הים מעיד על זה כי הוציאו מלבם פרשה בתורה קודם קבלת התורה ע"י שבאו אל אמונת ה' נתגלה פנימיות אהבת ה' שהוא בעצם בנפשות בנ"י.
וכן איתא במדרש כי תורה וישראל קדמו לעולם. ואמרו מחשבתן של ישראל קדמה אפי' לתורה ע"ש פ' בראשית.
ושירת הים הי' הכנה לתורה ומצות שניתן להם אח"כ. ואיתא במדרש אני חבצלת השרון שעשיתי לו צל במדבר.
השרון שאמרתי לפניו שירה על הים. פי' שע"י השירה שאמרו ואנוהו שהשתוקקו לבנות לי משכן זכו לעשות לו צל ומשכן:
Dans le Midrach : 'soutenez-moi avec des gâteaux de raisin (achichot)' (Cantique 2,5) -- par le feu d'en haut et d'en bas, la Torah écrite et la Torah orale, vois-y. Et le verset conclut 'car je suis malade d'amour'.
C'est-à-dire que l'homme d'Israël doit avoir l'amour du Nom en essence, sans aucune aide, à la manière des premiers patriarches qui n'avaient pas encore la Torah et dont l'amour du cœur brûlait de s'attacher au Saint, béni soit-Il. Mais du fait que 'je suis malade d'amour', on a besoin de l'aide du feu d'en haut et d'en bas, les deux Torah.
Et de même il est énoncé dans le livre Hovot ha-Levavot quelque chose de semblable. Et ce cantique de la mer en témoigne : car ils firent sortir de leur cœur une section (paracha) de la Torah avant la réception de la Torah ; du fait qu'ils parvinrent à la foi au Nom, se révéla l'intériorité de l'amour du Nom, qui est en essence dans les âmes des enfants d'Israël.
Et de même il est énoncé dans le Midrach que la Torah et Israël précédèrent le monde. Et ils ont dit : la pensée d'Israël précéda même la Torah, vois-y section Berechit.
Et le cantique de la mer fut une préparation à la Torah et aux commandements qui leur furent donnés ensuite. Et il est énoncé dans le Midrach : 'je suis le lys (havatselet) du Charon' (Cantique 2,1) -- moi qui lui ai fait de l'ombre dans le désert, le Charon, moi qui ai dit (che-amarti) devant Lui le cantique (chira) sur la mer.
Explication : par le cantique où ils dirent 'et je Lui ferai une demeure (ve-anvehou)' (Exode 15,2), aspirant à Lui construire un Tabernacle (michkan), ils méritèrent de Lui faire une ombre et un Tabernacle.
בענין יצ"מ וקי"ס. כי הגאולה הי' בגוף ונפש.
יצ"מ הי' הצלה מעבודת הגוף בחומר ובלבנים. ולכן המצוה לחם עוני רומז על הכנעת הגוף.
כי עיקר תיקון הגוף בהכנעה כמ"ש לא מצאתי לגוף טוב משתיקה. להיות בטל אל הנפש והנשמה.
ותיקון הנשמה הוא השמחה כענין ויגבה לבו בדרכי ה' וזהו אות השירה שנתרומם הנפש על הגוף. וזהו מן המצר קראתי יה ענני במרחב יה כי בשם זה צור ב' עולמים.
וכן האדם יש בו ב' יצירות אלו בזה ובבא. מן המצר קראתי לתיקון הגוף.
במרחב הוא תיקון הנשמה. וב' אלו הם בחי' תש"י וקשרתם יד כהה נגד הלב ששם ב' לבבות.
והי' לטוטפת בחי' המוח והנשמה. שם ה' נקרא עליך.
והם בחי' שם יעקב לי עקב שורש הכנעת הגוף. ושם ישראל לי ראש התרוממות הנפש ונשמה בשמחה.
לכן כ' ששת ימים תאכל מצות ובשביעי עצרת והוא בחי' שבת כמ"ש במדרש סוף בא. והוא יומא דנשמתין:
Au sujet de la sortie d'Égypte et du partage de la mer. Car la délivrance fut dans le corps et l'âme.
La sortie d'Égypte fut un sauvetage du travail du corps 'dans le mortier et les briques'. C'est pourquoi le commandement du 'pain de misère' (le'hem oni) fait allusion à la soumission (hakhnaa) du corps.
Car l'essentiel de la réparation du corps est dans la soumission, comme il est dit 'je n'ai rien trouvé de meilleur pour le corps que le silence', pour être annulé devant l'âme vitale (nefech) et l'âme supérieure (nechama). Et la réparation de l'âme est la joie, à la manière de 'son cœur s'éleva dans les voies du Nom' (II Chroniques 17,6).
Et c'est le signe du cantique : que l'âme s'élève au-dessus du corps. Et c'est 'de la détresse (metsar) j'ai appelé Ka, Il m'à répondu par un espace large (merhav), Ka' (Psaumes 118,5), car par ce Nom Il à forme (tsar) deux mondes (Isaie 26,4).
Et de même l'homme à en lui ces deux formations, dans ce monde-ci et dans le monde à venir. 'De la détresse j'ai appelé' pour la réparation du corps ; 'par l'espace large', c'est la réparation de l'âme. Et ces deux sont l'aspect des téfilines de la main : 'tu les lieras' sur la main faible (yad keha), face au cœur, où sont les deux inclinations (levavot) -- et 'ils seront un frontal (totafot)', l'aspect du cerveau et de l'âme, 'le Nom du Nom est invoqué sur toi' (Deutéronome 28,10).
Et ils sont l'aspect du nom Yaakov (Yaakov), 'Li akev' (à Moi le talon), racine de la soumission du corps ; et le nom Israël, 'Li roch' (à Moi la tête), élévation de l'âme vitale et de l'âme supérieure dans la joie. C'est pourquoi il est écrit 'six jours tu mangeras des azymes, et le septième jour, assemblée solennelle (atseret)' (Deutéronome 16,8), qui est l'aspect du Chabbat, comme il est énoncé dans le Midrach à la fin de la section Bo, et c'est le jour des âmes (yoma di-nechamtin).
איתא במדרש אז ישיר אין אז אלא בטחון כמ"ש אז תלך לבטח דרכך. דהנה בנ"י יצאו ממצרים להיות צבאות ה' להלחם עם מלכי כנען.
וכן במדבר נחש עקרב וצמאון היו צריכין להתקשר מקודם בחבל אמיץ. וזאת השירה הי' להם הכנה למלחמות אלו.
כיון שראו ברוה"ק כל הישועה שיהי' להם עד לעתיד כמ"ש ה' ימלוך לעולם ועד. נתקשרו בהקב"ה ומסרו נפשם להלחם מלחמת ה'.
וכן דרשו חז"ל ביעקב ויצא יעקב מבאר שבע אז תלך לבטח כו'. וכמ"ש שם כי באר שבע הוא בחי' אז שורש של כל הז' ימי הבנין הוא האלף אור שבעת הימים.
וז"ש פן ינחם כו' בראותם מלחמה. לכן הסיבם דרך ים סוף עד שקרע להם הים ואמרו השירה.
וכן בכל יום הקדימו חז"ל קי"ס והשירה קודם התפלה שהוא בחי' מלחמה כמ"ש שעת צלותא שעת קרבא:
Il est énoncé dans le Midrach : 'alors chanta (az yachir)' -- 'az' (alors) ne signifie rien d'autre que la confiance (bitahon), comme il est écrit 'alors (az) tu iras avec confiance en ta voie' (Proverbes 3,23). Car voici, les enfants d'Israël sortirent d'Égypte pour être les armées du Nom, pour combattre les rois de Canaan.
Et de même dans le désert -- 'serpent, scorpion et soif' (Deutéronome 8,15) -- ils devaient d'abord être liés par une corde solide. Et ce cantique fut pour eux une préparation à ces guerres.
Puisqu'ils virent par l'esprit saint tout le salut qui serait le leur jusqu'à l'avenir, comme il est écrit 'le Nom régnera à jamais' (Exode 15,18), ils se lièrent au Saint, béni soit-Il, et livrèrent leur âme pour combattre la guerre du Nom. Et de même nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété au sujet de Yaakov 'et Yaakov sortit de Béer-Cheva' (Genèse 28,10) : 'alors tu iras avec confiance', etc.
Et comme il est expliqué la-bas : car Béer-Cheva est l'aspect de 'az' (alors), racine de tous les sept jours de l'édification (les sept jours de la création), qui est le aleph, la lumière des sept jours. Et c'est ce que dit 'de peur qu'il ne se ravise... en voyant la guerre' (Exode 13,17).
C'est pourquoi Il les fit contourner par le chemin de la mer des Joncs (yam souf), jusqu'à ce qu'Il fende pour eux la mer et qu'ils dirent le cantique. Et de même, chaque jour, nos Sages, de mémoire bénie, ont fait précéder le partage de la mer et le cantique avant la prière, qui est l'aspect de la guerre, comme il est dit 'l'heure de la prière est l'heure du combat (chaat kerava)'.
תרס"א
[Année 5661]
« Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte. » Celui qui est lié à un autre ne peut recevoir le joug du Royaume des Cieux. Maintenant, même en exil, le Sfat Emet enseigne qu'ils sont serviteurs de D.ieu et ne sont plus liés à un autre : c'est l'essentiel de la joie ; à plus forte raison, aucune royauté ne peut ôter cette servitude. Après l'ouverture de la mer, l'essentiel du cantique est pour le Nom des Cieux : « Hachem régnera à jamais », car il n'y a pas de roi sans peuple. Chaque jour, le rappel de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer précède l'acceptation du Royaume des Cieux, jonction de la délivrance à la prière.
Aussi : Pessa'h, matsa et maror comme élévation de la Che'hina, salut d'Israël et chute des méchants ; les quatre commandements de la nuit réparent idolâtrie, débauche, meurtre et médisance ; celui qui méprise les fêtes est comme un idolâtre.
עבדים היינו לפרעה במצרים. פי' קודם יצ"מ היינו באמת עבדים לפרעה ולא היינו יכולין לקבל עול מלכות שמים כדאיתא מאן דכפית באחרא לא מצי קביל עול מלכותא דלעילא.
ועכשיו שהוציאנו הקב"ה משם. אעפ"י שעדיין אנחנו בגלות מצד שאומות מושלין עלינו שלא כדת בעונותינו.
אעפ"כ אין אנחנו משועבדים באמת להם ואין אנחנו בכלל כפית באחרא ונקראין עבדי ה' ולא עבדי פרעה. כדכ' עבדי הם.
וזה עיקר השמחה שנכנסנו בכלל עבדי ה'. והלא הדברים קו"ח מה מאן דכפית באחרא לא מצי קביל מלכותא דלעילא.
מכש"כ עתה שנכנסנו בכלל עבדי ה' אין שום מלכות יכול לבטל מאתנו זה העבדות. ולכן אותן שאמרו במצרים חדל ממנו ונעבדה את מצרים.
לא הי' מחמת רשעות. רק שהרגישו בעצמם שמשועבדים הם למצרים.
ואחר קי"ס שנגמר החירות אז ישיר משה ובני ישראל כו' השירה כו' לה'. ואיתא במכילתא לה' אמרוה.
פי' שהי' עיקר השירה לשם שמים שנכנסנו בכלל עבדי ה'. ולכן אמרו ה' ימלוך לעולם ועד.
כי אין מלך בלא עם. ועתה שעם זו קנית וחל עלינו מלכות שמים האמינו כי ימלוך לעולם ועד ולא יפסוק מעלינו מלכותו ית"ש לעולם.
וזה ההלל שאומרים בכל רגל. הללו עבדי ה' הגם שאנחנו בגלות אבל ע"י יצ"מ מובטחים אנחנו כי מלכותו ית"ש חופף עלינו.
כמ"ש ה' לי בעוזרי ומובטחים ואני אראה בשונאי. טוב לחסות בה' כמ"ש עם עני ודל וחסו בשם ה' שהוא האמונה בגלות.
כל גוים סבבוני כו' גם סבבוני כמה פעמים והשי"ת הצילנו מהם. כמו כן אנו מובטחים על גאולה העתידה.
ולכן מקדימין בכל יום יצ"מ וקי"ס קודם קבלת מלכות שמים שיתברר זה אצלנו כי אין אנחנו כפות באחרא ומוכנים לקבל מלכות שמים עלינו וזה סמיכות גאולה לתפלה בכל יום:
"Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte." Explication : avant la sortie d'Égypte nous étions véritablement esclaves de Pharaon et nous ne pouvions pas recevoir le joug du Royaume des Cieux, comme il est enseigné : celui qui est lié à un autre ne peut recevoir le joug de la royauté d'en-Haut (maan dekhafit be-achra la matsi kabbil ol malkhouta dile'eila). Et maintenant que le Saint béni soit-Il nous à fait sortir de la, bien que nous soyons encore en exil du fait que les nations nous dominent illegalement à cause de nos fautes, malgré cela nous ne leur sommes pas véritablement asservis et nous n'entrons pas dans la catégorie de "lié à un autre" ; nous sommes appelés serviteurs de ה' et non serviteurs de Pharaon, comme il est écrit "car ils sont Mes serviteurs" (Lévitique 25,55).
Et c'est la l'essentiel de la joie : que nous soyons entrés dans la catégorie des serviteurs de ה'. N'est-ce pas un raisonnement à fortiori (kal va-chômer) : si celui qui est lié à un autre ne peut recevoir la royauté d'en-Haut, à plus forte raison maintenant que nous sommes entrés dans la catégorie des serviteurs de ה', aucune royauté ne peut nous enlever cette servitude.
C'est pourquoi ceux qui dirent en Égypte "Laisse-nous, et servons l'Égypte" (Exode 14,12) n'agissaient pas par méchanceté, mais parce qu'ils ressentaient en eux-mêmes qu'ils étaient asservis à l'Égypte. Et après l'ouverture de la mer (keriat yam souf), lorsque la liberté fut achevée, "alors Moché et les enfants d'Israël chantèrent... ce cantique... à ה'" (Exode 15,1).
Et il est enseigné dans la Mekhilta : "c'est à ה' qu'ils le dirent." C'est-à-dire que l'essentiel du cantique était pour le Nom des Cieux, car nous étions entrés dans la catégorie des serviteurs de ה'. C'est pourquoi ils dirent "ה' régnera à jamais et pour l'éternité" (Exode 15,18), car il n'y a pas de roi sans peuple.
Et maintenant que "ce peuple, Tu l'as acquis" (Exode 15,16) et que le Royaume des Cieux s'est posé sur nous, ils crurent qu'Il régnera à jamais et pour l'éternité et que Sa royauté, que Son Nom soit béni, ne cessera jamais de nous couvrir. Et c'est le Hallel que l'on récite à chaque fête de pèlerinage : "Louez, serviteurs de ה'" (Psaumes 113,1) ; bien que nous soyons en exil, par la sortie d'Égypte nous avons l'assurance que Sa royauté, que Son Nom soit béni, plane sur nous.
Comme il est écrit "ה' est pour moi parmi mes secours, et je verrai [la chute de] mes ennemis" (Psaumes 118,7), et nous avons l'assurance. "Il vaut mieux se réfugier en ה'" (Psaumes 118,8), comme il est écrit "un peuple pauvre et humble, qui se réfugie dans le Nom de ה'" (Sophonie 3,12) : c'est la foi dans l'exil.
"Toutes les nations m'ont entouré..." (Psaumes 118,10) : elles m'ont entouré à maintes reprises et le Saint béni soit-Il nous à sauvés d'elles. De même nous avons l'assurance de la délivrance future.
C'est pourquoi l'on fait précéder chaque jour [le rappel de] la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer avant l'acceptation du Royaume des Cieux, afin que cela soit établi clairement en nous : que nous ne sommes pas liés à un autre et que nous sommes prêts à recevoir sur nous le Royaume des Cieux. Et c'est la jonction de la délivrance (gueoula) à la prière (tefila) chaque jour.
והנה סיפור ההגדה הוא גם על הגלות כמ"ש ארמי אובד כו' וירד מצרימה ויגר שם כו' שעל כל ההנהגה משבחין להקב"ה שהי' הכל לטובה. דכ' אנכי ארד עמך מצרימה.
ועזר לנו הקב"ה בכל אלה הדברים. ויגר שם שלא נשתקעו שם.
במתי מעט שהיו בשפלות כמ"ש כי אתם המעט ממעטין עצמכם ולכן ויהי שם לגוי גדול דלא רבי קוב"ה אלא לדאזעיר. ז"ש בשבעים נפש ירדו.
כי היו באחדות אחד ונק' נפש אחת זה בחי' מתי מעט ממעטין עצמכם והי' כל הריבוי שלהם בכח הבורא כמ"ש רבבה כצמח השדה נתתיך:
Et voici, le récit de la Haggada porte aussi sur l'exil, comme il est écrit "Un Araméen [voulait] faire périr [mon père]... et il descendit en Égypte et y séjourna..." (Deutéronome 26,5) ; car sur toute la conduite [divine] on loue le Saint béni soit-Il, car tout fut pour le bien. Car il est écrit "Moi Je descendrai avec toi en Égypte" (Genèse 46,4), et le Saint béni soit-Il nous aida en toutes ces choses.
"Et il y séjourna" : [signifiant] qu'ils ne s'y enliserent pas. "En petit nombre" (Deutéronome 26,5) : ils étaient dans l'abaissement, comme il est écrit "car vous êtes le plus petit" (Deutéronome 7,7), vous vous faites petits, et c'est pourquoi "il y devint une grande nation", car le Saint béni soit-Il n'élève que celui qui se fait petit.
C'est ce qui est dit : "avec soixante-dix âmes ils descendirent" (Deutéronome 10,22), car ils étaient dans une unité unique et sont appelés "une seule âme" : c'est l'aspect de "petit nombre", vous vous faites petits, et toute leur multiplication fut par la force du Créateur, comme il est écrit "Je t'ai rendue comme les pousses des champs" (Ezechiel 16,7).
פסח מצה מרור. פסח על עליות השכינה כמ"ש ואנכי אעלך זה ע"ש שפסח דרשו חז"ל זו חפזון שכינה.
מצה על ישועת ישראל שלא הספיק בצקם להחמיץ שלא נשתנו נפשותיהם בהיותם בין הרשעים. מרור על מפלת הרשעים שמררו חיינו.
וכ' על מצות ומרורים יאכלוהו שצריך להיות עיקר השמחה בפסח למעלה ממצות ומרורים כמ"ש זבח פסח הוא לה' לשם שמים:
Pessa'h, matsa, maror. Le Pessa'h [renvoie] à l'élévation de la Chekhina, comme il est écrit "et Moi Je te ferai remonter" (Genèse 46,4) : ceci du fait que le mot "Pessa'h", nos Sages de mémoire bénie l'ont interprété [comme] la hâte, la hâte de la Chekhina.
La matsa [renvoie] au salut d'Israël, [car] "leur pâte n'eut pas le temps de lever" (Exode 12,39) : [signifiant] que leurs âmes ne se modifièrent pas alors qu'ils étaient parmi les méchants. Le maror [renvoie] à la chute des méchants qui "rendirent nos vies amères" (Exode 1,14).
Et il est écrit "avec des azymes et des herbes amères ils le mangeront" (Nombres 9,11), car l'essentiel de la joie de Pessa'h doit être au-dessus des azymes et des herbes amères, comme il est écrit "c'est le sacrifice de Pessa'h pour ה'" (Exode 12,27), pour le Nom des Cieux.
תרס"ב
[תרס"ב]
כתיב וכאשר יענו אותו כן ירבה. פרשנו כבר כי כך הי' מסודר להיות הגאולה אח"כ כדמיון השיעבוד והגלות.
וכמו שהכניס אותנו בכור הברזל במצרים מקום שאין עבד יכול לברוח משם. כן הי' הגאולה התדבקות בעלמא דחירות עולם שיהיו מקושרים להיות עבדי ה' שלא יוכלו לצאת מזה העבדות.
כמ"ש ביד חזקה כו' אמלוך עליכם. וזהו הללו עבדי ה' ולא עבדי פרעה.
שע"י קבלת מלכות שמים בהר סיני יצאו שלא יוכלו שוב להשתעבד בעצם רק במקרה. כמ"ש עבדי הם שטרי קודם.
וכמו שמצרים הוא בית עבדים שאין עבד יכול לברוח משם כן הכניסנו לארץ טובה ורחבה שהוא מקום שנותן חירות. ארץ ישראל ובית הבחירה הוא בית מלכים וחירות עולם כמ"ש אשריך ארץ שמלכך בן חורים.
וכמו ששיעבדו עמהם בפרך ואיתא בפה רך שמתחילתו פרעה עצמו סייע להם ועבדו בכל כחם ואח"כ שמו עליהם כעבודה זו בכל יום כמ"ש במד' שמות. כמו כן כשקבלו התורה בהר סיני אמרו נעשה ונשמע בלב שלם ונפש חפיצה שהי' להם התגלות אלקות.
ואח"כ כפה עליהם הר כגיגית להיות עושין כל התורה והמצות בכל יום אפילו כשאין להם התגלות אלקות כמ"ש אנכי מצוך היום שנשאר רשימה מקבלת התורה בכל יום:
Il est écrit "et plus on l'opprimait, plus il se multipliait" (Exode 1,12). Nous avons déjà expliqué que c'était ainsi ordonné : que la délivrance qui suivrait serait à l'image de l'asservissement et de l'exil.
Et de même qu'Il nous à introduits dans "le creuset de fer" (Deutéronome 4,20) en Égypte, lieu d'où aucun esclave ne peut s'enfuir, ainsi la délivrance fut un attachement au monde de la liberté éternelle, [en sorte] qu'ils soient liés à être serviteurs de ה' et ne puissent sortir de cette servitude. Comme il est écrit "d'une main forte...
Je régnerai sur vous" (Ezechiel 20,33). Et c'est [le sens de] "Louez, serviteurs de ה'" et non serviteurs de Pharaon : car par l'acceptation du Royaume des Cieux au mont Sinaï ils sortirent [de telle sorte] qu'ils ne puissent plus être asservis essentiellement, mais seulement de manière accidentelle.
Comme il est écrit "ils sont Mes serviteurs" : Mon acte [de propriété] est antérieur. Et de même que l'Égypte est une "maison d'esclaves" d'où aucun esclave ne peut s'enfuir, ainsi Il nous à introduits dans "une terre bonne et vaste" (Exode 3,8), qui est un lieu conferant la liberté.
La terre d'Israël et le Temple (beit ha-behira) sont une maison de rois et une liberté éternelle, comme il est écrit "Heureux es-tu, pays dont le roi est un fils de nobles" (Ecclésiaste 10,17). Et de même qu'ils les asservirent "avec dureté" (be-pharekh), et il est enseigné [que cela se lit] "avec une bouche douce" (be-fé rakh), car au début Pharaon lui-même les aida et ils travaillerent de toutes leurs forces, puis on leur imposa ce travail-la chaque jour, comme il est dit dans le Midrach Chemot [Rabba] ; de même, lorsqu'ils reçurent la Torah au mont Sinaï, ils dirent "nous ferons et nous écouterons" (Exode 24,7) d'un cœur entier et d'une âme désireuse, car ils avaient une révélation de la divinité.
Et ensuite Il "renversa sur eux la montagne comme une cuve" (Chabbat 88à) pour qu'ils accomplissent toute la Torah et les commandements chaque jour, même lorsqu'ils n'ont pas de révélation de la divinité, comme il est écrit "que Je t'ordonné aujourd'hui" (Deutéronome) : car une empreinte de la réception de la Torah demeure chaque jour.
ד' לשונות של גאולה הכנה לד' מלכיות. כי פרעה שורש כל המלכיות.
ולכן אין עבד יכול לברוח משם. וכיון שהוציאנו הקב"ה משם הותר הקשר.
לכן מוכן הגאולה לפנינו. וז"ש אלו לא הוציא הקב"ה אותנו ממצרים הרי אנו כו' משועבדים לפרעה פי' גם בגליות הללו אם הי' להם כח השורש של פרעה ומצרים הי' זה השיעבוד קשה.
אבל עכשיו שהותר הקשר העליון שלהם הרי אנו בעצם בני חורין. פרעה שורש כל המלכיות בנפש.
ומצרים שורש כל המקומות של טומאה ומכשפות. וגם אותן הת"ל שנים שורש הזמן והטבע שמסתיר הקדושה.
עיקר הגאולה בנפש שסמוך לגוף. נפ"ש גי' ת"ל.
וגם רעמס"ס גי' ת"ל. ובזמן ג"כ ת"ל שנים.
ובוודאי יש ת"ל מיני שינוים בנפש ומקום וזמן אשר צריכין להיגאל מהם. ונסעו מרעמסס מקום העבדות.
לסוכות מקום החירות:
Les quatre expressions de la délivrance sont une préparation aux quatre royaumes [d'exil]. Car Pharaon est la racine de tous les royaumes, et c'est pourquoi aucun esclave ne peut s'en enfuir.
Et puisque le Saint béni soit-Il nous en a fait sortir, le lien s'est dénoue ; c'est pourquoi la délivrance est prête devant nous. Et c'est ce qui est dit : "si le Saint béni soit-Il ne nous avait pas fait sortir d'Égypte, voici que nous... serions asservis à Pharaon" : c'est-à-dire que même dans ces exils-ci, s'ils avaient la force de la racine de Pharaon et de l'Égypte, cet asservissement serait dur.
Mais maintenant que leur lien supérieur s'est dénoue, voici que nous sommes essentiellement des hommes libres. Pharaon est la racine de tous les royaumes dans l'âme ; et l'Égypte est la racine de tous les lieux d'impureté et de sorcellerie.
Et de même ces 430 années sont la racine du temps et de la nature qui dissimulé la sainteté. L'essentiel de la délivrance est dans l'âme (nefech), qui est proche du corps : "nefech" (נפ"ש) à la valeur numérique (guematria) de 430 ; et "Ramses" (רעמס"ס) à aussi la valeur de 430 ; et dans le temps de même, 430 années.
Et assurément il y a 430 sortes de transformations dans l'âme, le lieu et le temps, dont il faut être délivre. "Et ils partirent de Ramses" (Exode 12,37), lieu de la servitude, "vers Soukkot", lieu de la liberté.
רשע אומר מה העבודה הזאת לכם ולפי שהוציא עצמו מן הכלל כפר בעיקר כו'. פי' כי החכם עושה הכל לשם שמים ואפילו שאינו מבין ומרגיש הטעם.
יודע ומאמין שכל המצות צורך גבוה. ועי"ז בא אח"כ למעלה עליונה ומבין ומרגיש הכל בעצמו.
והרשע עושה הכל לגרמי' וכיון שאינו רואה עתה ענין הגאולה אומר מה העבודה זאת לכם מה תועלת לכם בזה. ובזה כופר בעיקר.
כי עיקר הכל צורך גבוה. ולכן הקהה את שיניו בעבור זה עשה ה' לי.
שהרי אני זכיתי לראות ולהבין הגאולה כמ"ש בעבור זה שרואה בעין. לי ולא לו שהוא בעצמו מעיד על עצמו שאינו רואה וזה הקהה את שיניו.
ומ"מ על ידי התשובה שרואה שהחכם שעושה לשם שמים מבין בסוף הכל בעצמו. גם הוא מכניע עצמו וחוזר בתשובה.
ולכן אמחז"ל בפסוק ויקדו וישתחוו על בשורת הבנים. אע"פ שבבן רשע מיירי הפסוק.
רק משום שגם הוא מתפעל בהגדה זו. וכעין זה שמעתי מפי מו"ז ז"ל:
Le méchant dit "Qu'est-ce que ce service pour vous ?" (Exode 12,26) et, parce qu'il s'est exclu de la collectivité, il à renie le principe [fondamental]. C'est-à-dire que le sage fait tout pour le Nom des Cieux, et même lorsqu'il ne comprend pas et ne ressent pas la raison, il sait et croit que tous les commandements sont un "besoin d'en-Haut" (tsorekh gavoha) ; et par la il parvient ensuite à un degré élevé et comprend et ressent tout par lui-même.
Et le méchant fait tout pour lui-même (le-garmeih), et puisqu'il ne voit pas maintenant la chose de la délivrance, il dit "Qu'est-ce que ce service pour vous ?", quel profit en avez-vous ? Et par la il renie le principe, car l'essentiel de tout est un besoin d'en-Haut.
C'est pourquoi "émoussé-lui les dents : c'est pour cela que ה' à agi en ma faveur" (Exode 13,8) ; car moi, j'ai eu le mérite de voir et de comprendre la délivrance, comme il est écrit "à cause de cela", ce que l'on voit de ses yeux. "Pour moi" et non "pour lui" : car lui-même témoigne contre lui-même qu'il ne voit pas, et c'est cela "émoussé-lui les dents".
Et néanmoins, par le repentir (techouva), en voyant que le sage qui agit pour le Nom des Cieux finit par tout comprendre de lui-même, lui aussi se soumet et revient en repentir. C'est pourquoi nos Sages de mémoire bénie ont dit au sujet du verset "et ils s'inclinèrent et se prosternèrent" (Exode 12,27) que c'était à l'annonce [de la venue] des fils, bien que le verset traite du fils méchant, uniquement parce que lui aussi est ému par cette Haggada.
Et j'ai entendu quelque chose de semblable de la bouche de mon grand-père et maître, de mémoire bénie.
ד' מצות שיש בלילה זו פסח מצה מרור וסיפור יצ"מ הם מול הד' מלכיות. ובאין בכח הד' עבירות ע"ז ג"ע וש"ד ולה"ר.
פסח תיקון ע"ז לשחוט טלה ראש ע"ז שלהם. מצה תיקון ג"ע שלא להחמיץ הטיפה כדאיתא בתקונים.
שזה שאור שבעיסה. מרו"ר גי' מו"ת תיקון ש"ד.
וסיפור בפה לתקן לה"ר שהוא העיקר בגלות האחרון. לכן המרבה לספר משובח.
והם הד' לשונות של גאולה והוצאתי כו' מתחת סבלות מצרים הוא ע"ז שלהם. והצלתי הוא הצלה משפ"ד.
וגאלתי מג"ע שזהו עיקר בחי' גאולה. ולקחתי להיות אגודה אחת כדילפינן לקיחה לקיחה שהוא באגודה לבטל שנאת חנם ולה"ר ועי"ז תהיו לי לעם:
Les quatre commandements de cette nuit, Pessa'h, matsa, maror et le récit de la sortie d'Égypte, correspondent aux quatre royaumes. Et ils viennent par la force [de réparer] les quatre transgressions : l'idolâtrie ('avoda zara), la débauche (guilouy 'arayot), le meurtre (chefikhout damim) et la médisance (lachon ha-ra').
Le Pessa'h est la réparation (tikoun) de l'idolâtrie : égorger l'agneau, qui était la tête de leur idolâtrie. La matsa est la réparation de la débauche : ne pas laisser fermenter la "goutte", comme il est enseigné dans les Tikounim, [car] c'est cela "le levain dans la pâte".
"Maror" (מרו"ר) à la valeur numérique de "mavet" (מו"ת, la mort) : réparation du meurtre. Et le récit par la bouche réparé la médisance, qui est l'essentiel dans le dernier exil ; c'est pourquoi "celui qui multiplie le récit est digne de louange".
Et ce sont les quatre expressions de la délivrance : "et Je vous ferai sortir... de dessous les fardeaux de l'Égypte" (Exode 6,6), c'est [la réparation de] leur idolâtrie ; "et Je vous délivrerai", c'est le salut du meurtre (chefikhout damim) ; "et Je vous rachèterai", de la débauche, car c'est cela l'aspect essentiel de la délivrance (gueoula) ; "et Je vous prendrai", pour devenir un seul faisceau, comme on le déduit par [l'analogie de mots] "prendre"-"prendre" (lekiha-lekiha) qui se rapporte au faisceau (agouda), afin d'annuler la haine gratuite et la médisance, et par la "vous serez pour Moi un peuple" (Exode 6,7).
איתא בגמ' המבזה המועדות כעובד ע"ז דכ' א-להי מסכה לא תעשה חג המצות תשמור. דכ' שלש פעמים בשנה יראה כל זכורך בא לראות ולהיראות שתכלית יצ"מ הי' להיות לכם לאלקים.
כמ"ש אנכי ה' אלקיך אשר הוצאתיך. ובג' רגלים שהם זכר ליצ"מ נגלה עלינו אור פני מלך חיים בביהמ"ק.
וז"ש בזוה"ק פ' אמור בקשו פני פניך ה' אבקש אילין זימניא וחגיא שכל איש ישראל צריך להשתוקק תמיד לזכות לראות פני ה'. ואז כשבא החג נפתח לו השער.
ובביהמ"ק היה מקוים בפועל ממש. ולכן השמחה בחג כמ"ש ישמח לב מבקשי ה'.
כאשר עזבו הכל והלכו לראות פני ה' הוא כמ"ש שמעי בת וראי כו' ושכחי עמך ובית אביך. שזה הכח קיבלו בנ"י ביצ"מ כמ"ש לכתך אחרי כו' לשכוח מכל הבלי עולם.
משכני אחריך נרוצה. אז ויתאו המלך יפיך כו' והשתחוי לו.
כמ"ש עבד שרבו מצפה לראותו. וצריך האדם להשתוקק כל השנה למצוא זו השעה שהקב"ה מגלה אלקותו ית"ש עליו.
דכ' עומד אחר כתלנו משגיח מן החלונות דכל הטבע כמו כותל מפסיק. אבל לבנ"י נתן הקב"ה מועדות בזמן.
וביהמ"ק בעולם. והארת הנשמה בנפש.
שבהם מתגלה הפנימיות והוסר המחיצה המפסקת. וכ"ז בחי' יצ"מ ומקוים אנכי ה' אלקיך כו'.
ולכן לא יהי' כו' א-להים אחרים על פני כשנתגלה פני ה'. ולכן המבזה המועדות כעובד ע"ז.
ואיתא במשנה המבזה המועדות אפילו יש בידו תורה ומעש"ט אין לו חלק לעוה"ב. שהם נק' מועדי ה' והם עדות על בנ"י שהם בני עוה"ב.
וממשמע שהמבזה אין לו חלק אף אנו נאמר כי המשתוקק כל הימים אל המועדות אפילו אין בידו תורה ומעש"ט יש לו חלק לעוה"ב. והמועדות תלוין בבנ"י כמ"ש אשר תקראו אותם וכ' שלש רגלים תחוג לי בשנה היינו לסבב כל השנה אל אלו הרגלים שהם יסוד ופנימיות של כל הזמנים.
ושמעתי מפי מו"ז ז"ל כי חג מלשון מחוגה שהוא עגול ויש בה נקודה פנימיות כו'. היינו שיהי' סובב ובטל כל הימים אל החג שהוא הפנימיות כנ"ל:
Il est enseigné dans la Guemara : "celui qui méprise les fêtes est comme un idolâtre", car il est écrit "tu ne te feras pas de dieux de métal fondu" (Exode 34,17) [puis] "tu observeras la fête des Azymes" (Exode 34,18). Car il est écrit "trois fois l'an tout mâle se présentera" (Exode 23,17) : [cela] vient [enseigner] "voir et être vu" (lir'ot où-lehera'ot), car le but de la sortie d'Égypte était "d'être pour vous un Dieu", comme il est écrit "Je suis ה' ton Dieu qui t'ai fait sortir" (Exode 20,2).
Et lors des trois fêtes de pèlerinage, qui sont un souvenir de la sortie d'Égypte, la lumière de la face du Roi vivant se révèle sur nous dans le Temple (beit ha-mikdach). Et c'est ce que dit le saint Zohar, section Emor : "'Cherchez Ma face' (Psaumes 27,8), 'Ta face, ה', je cherche', ce sont ces temps fixés et ces fêtes", car tout homme d'Israël doit toujours aspirer à mériter de voir la face de ה'.
Et alors, quand vient la fête, la porte s'ouvre pour lui ; et au Temple cela se réalisait effectivement, en acte. C'est pourquoi il y a de la joie lors de la fête, comme il est écrit "que se réjouisse le cœur de ceux qui cherchent ה'" (Psaumes 105,3).
Lorsqu'ils abandonnaient tout et allaient voir la face de ה', c'est comme il est écrit "Écoute, fille, et vois... et oublié ton peuple et la maison de ton père" (Psaumes 45,11). Car cette force, les enfants d'Israël la reçurent lors de la sortie d'Égypte, comme il est écrit "ta marche à Ma suite [au désert]" (Jérémie 2,2), pour oublier toutes les vanités du monde.
"Entraîne-moi à ta suite, courons" (Cantique 1,4). Alors "le Roi désirera ta beauté... et prosterne-toi devant Lui" (Psaumes 45,12), comme [pour] un serviteur dont le maître attend de le voir.
Et l'homme doit aspirer toute l'année à trouver cette heure où le Saint béni soit-Il révélé sur lui Sa divinité, que Son Nom soit béni. Car il est écrit "Il se tient derrière notre mur, regardant par les fenêtres" (Cantique 2,9) : car toute la nature est comme un mur qui sépare.
Mais aux enfants d'Israël le Saint béni soit-Il à donné des temps fixés dans le temps, le Temple dans l'espace, et l'illumination de l'âme supérieure (nechama) dans l'âme (nefech) ; [ce sont ces choses] par lesquelles se révèle l'intériorité et se retire la cloison qui sépare. Et tout cela est l'aspect de la sortie d'Égypte, et se réalise [le verset] "Je suis ה' ton Dieu..." (Exode 20,2).
Et c'est pourquoi "il n'y aura pas... d'autres dieux devant Ma face" (Exode 20,3), lorsque se révèle la face de ה'. Et c'est pourquoi celui qui méprise les fêtes est comme un idolâtre.
Et il est enseigné dans la Michna : "celui qui méprise les fêtes, même s'il à en main la Torah et de bonnes actions (ma'assim tovim), n'à pas de part au monde à venir" (Avot 3,11) ; car elles sont appelées "les fêtes de ה'" (mo'adei) et elles sont un témoignage (edout) sur les enfants d'Israël qu'ils sont fils du monde à venir. Et de ce que l'on entend que le contempteur n'à pas de part, nous aussi nous dirons que celui qui aspire tous les jours aux fêtes, même s'il n'à pas en main la Torah et de bonnes actions, à une part au monde à venir.
Et les fêtes dépendent des enfants d'Israël, comme il est écrit "que vous proclamerez" (Lévitique 23,4), et il est écrit "trois fois tu célébreras pour Moi dans l'année" (Exode 23,14), c'est-à-dire faire tourner toute l'année autour de ces fêtes qui sont le fondement et l'intériorité de tous les temps. Et j'ai entendu de la bouche de mon grand-père et maître, de mémoire bénie, que "hag" (fête) vient du terme "mehouga" (compas), qui est un cercle possédant un point intérieur central, c'est-à-dire que tous les jours tournent et s'annulent vers la fête qui est l'intériorité, comme ci-dessus.
ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת. דהנה מצה שנק' לחם עוני הרמז על הכנעה ושפלות הגוף.
והכנעה זו הוא מתוך השפלות. אעפ"כ לא בזה כו' ענות עני.
אבל עיקר הכנעה הוא כשבא מתוך התרוממות הדעת. כענין שכ' במשה עניו מאוד.
מצד שהי' הגדול בדעת הי' שפל ביותר. וזה בחי' מצה עשירה.
ובנ"י באו למדה זו בקי"ס כמ"ש אז ישיר משה ובנ"י שנמשכו אחר מדת מרע"ה כמ"ש ויאמינו בה' ובמשה. והוא כח הנשמה בחי' יום השבת יומא דנשמתין.
וממילא מכניע הגוף עצמו. כמ"ש אפילו עם הארץ אימת שבת עליו שהיראה בשבת בא מתוך התרוממות הדעת.
וב' בחי' אלו הם ירא בשת ירא שבת שכתוב בזוה"ק:
"Six jours tu mangeras des azymes, et le septième jour [ce sera] une assemblée solennelle ('atseret)" (Deutéronome 16,8). Or voici, la matsa, appelée "pain de misère" (le'hem oni), est une allusion à la soumission et à l'abaissement du corps ; et cette soumission provient de l'abaissement.
Malgré cela, "Il n'à pas méprise... la misère du misérable" (Psaumes 22,25). Mais l'essentiel de la soumission est lorsqu'elle provient de l'élévation de l'intellect (da'at), comme ce qui est écrit au sujet de Moché "très humble" (Nombres 12,3) : parce qu'il était le plus grand en intellect, il était le plus humble.
Et c'est l'aspect de la "matsa riche" (matsa 'achira). Et les enfants d'Israël parvinrent à cette mesure lors de l'ouverture de la mer, comme il est écrit "alors Moché et les enfants d'Israël chantèrent" (Exode 15,1), car ils furent entraînés à la suite de la mesure de notre maître Moché, comme il est écrit "et ils crurent en ה' et en Moché" (Exode 14,31).
Et c'est la force de l'âme supérieure (nechama), l'aspect du jour du Chabbat, "le jour des âmes" (yoma di-nechamtin) ; et de ce fait le corps lui-même se soumet, comme il est dit "même sur l'ignorant (am ha-arets) la crainte du Chabbat pèse", car la crainte au Chabbat provient de l'élévation de l'intellect. Et ces deux aspects sont "craindre par la honte" (yare boshet) [et] "craindre le Chabbat" (yare Chabbat), ce qui est écrit dans le saint Zohar.
כתבו חז"ל בפסוק והנה מצרים נוסע אחריהם ראו שרן של מצרים. ובזוה"ק כ' וירא ישראל כו' מצרים מת היינו השר של מצרים ע"ש.
וזה הי' גמר הישועה מיד מצרים. וכ' ה' ילחם לכם בשבילכם משמע שהי' מוטל מלחמה זו על בנ"י.
וכמו שנתאבק יעקב אע"ה עם שרו של עשו שבזה נצח את עשו ובנ"י ראו שר נוסע וייראו שהיו סבורים ג"כ שעליהם להלחם עמו ואין זה כח אנושי. ולכן אמר להם מרע"ה אל תיראו כו' ה' ילחם לכם.
וב' מלחמות אלו צריכין להיות באומה שלמטה ובשר שלמעלה. והם ב' בחי' יעקב וישראל.
והוא יצ"מ וקי"ס. ואחז"ל גדולה ביזת הים מביזת מצרים.
דכל הרכוש גדול היה להוציא נצוצי קדושה שנתערב במצרים. ומכש"כ השר שלמעלה הנצוצות שנטבעו בו הם רבים וגבוהים ביותר.
ולכן גדולה ביזת הים:
Nos Sages de mémoire bénie ont écrit sur le verset "et voici, l'Égypte marchait derrière eux" (Exode 14,10) qu'ils virent le prince [céleste] (sar) de l'Égypte. Et dans le saint Zohar il est écrit "et Israël vit... l'Égypte morte" (Exode 14,30), c'est-à-dire le prince de l'Égypte, vois-y [la référence].
Et ce fut l'achèvement du salut de la main de l'Égypte. Et il est écrit "ה' combattra pour vous" (Exode 14,14), en votre faveur, ce qui implique que ce combat incombait aux enfants d'Israël.
Et de même que Yaakov, notre père que la paix soit sur lui, lutta avec le prince d'Esau, par quoi il vainquit Esau, de même les enfants d'Israël virent le prince s'avancer et eurent peur, car ils pensaient eux aussi qu'il leur incombait de le combattre, et ce n'est pas une force humaine. C'est pourquoi notre maître Moché leur dit "ne craignez pas... ה' combattra pour vous" (Exode 14,13-14).
Et ces deux combats doivent avoir lieu contre la nation d'en bas et contre le prince d'en haut ; et ce sont les deux aspects de Yaakov et d'Israël, et c'est la sortie d'Égypte et l'ouverture de la mer. Et nos Sages de mémoire bénie ont dit : "le butin de la mer fut plus grand que le butin de l'Égypte", car toute la grande richesse était [destinée] à extraire les étincelles de sainteté (nitsotsei kedoucha) qui s'étaient mélangées en Égypte.
Et à plus forte raison, [pour] le prince d'en haut, les étincelles englouties en lui sont nombreuses et bien plus élevées ; c'est pourquoi le butin de la mer fut plus grand.
במד' אז ישיר נכון כסאך אעפ"י שמעולם אתה לא נתישבה כסאך בעולם עד שאמרו ישראל שירה. כי זה תכלית יצ"מ שיצאו בנ"י להיות עדים על הבורא לברר מלכותו ית"ש בעולם שע"ז נשלחו נשמות בנ"י בעוה"ז.
אבל בעוד שהיו משועבדים במצרים לא יכלו להוציא זה העדות מכח אל הפועל. ויאמינו בה'.
לא כתיב והאמינו. רק ויאמינו.
פועל יוצא שהמשיכו כל הבריאה אחר הנהגה עליונה והביאו אמונה בעולם. וכ' ויאמינו אז ישיר שע"ז הי' עיקר השירה כשזכו להאמונה בשלימות.
וכ' מן המצר קראתי זה בחי' יצ"מ כמ"ש במד' יצ"מ קשה כמוציא עובר מן הבטן ע"ש. פי' שעדיין לא היו עם ה' והשי"ת הוציא אותנו להיות עבדי ה' זה הישועה ביצ"מ.
ואח"כ שנכנסנו תחת צילו צריכין עזר בעבודת השי"ת. וזה ענני במרחב.
וזה הי' הישועה בקי"ס שנטהרו באמונה שלימה. וכל זה הסדר מתחדש באיש ישראל בכל יום כמ"ש במד' שלכן תקנו זכירת יצ"מ וקי"ס קודם התפלה.
כעין שכ' בחי' מו"ז ז"ל בשם הר' ר"ב ז"ל פי' שיעור שני פתחים קודם התפלה אחד לצאת מן עוה"ז וא' לכנוס לעולם העליון. וב' פתחים אלו הם יצ"מ וקי"ס:
Dans le Midrach [sur] "alors chanta" : "Ton trône est établi [depuis longtemps], Tu es de toute éternité" (Psaumes 93,2), [néanmoins] Ton trône ne s'est pas établi dans le monde jusqu'à ce qu'Israël chante le cantique. Car c'est le but de la sortie d'Égypte : que les enfants d'Israël sortent pour être témoins du Créateur, pour manifester Sa royauté, que Son Nom soit béni, dans le monde ; c'est pour cela que les âmes des enfants d'Israël ont été envoyées dans ce monde-ci.
Mais tant qu'ils étaient asservis en Égypte, ils ne pouvaient faire passer ce témoignage de la puissance à l'acte. "Et ils crurent en ה'" (Exode 14,31) : il n'est pas écrit "ve-hé'eminou" mais "va-ya'aminou", un verbe transitif (po'al yotse), [signifiant] qu'ils entraînèrent toute la création à la suite de la conduite supérieure et introduisirent la foi dans le monde.
Et il est écrit "et ils crurent" [puis] "alors il chanta", car c'est sur cela que portait l'essentiel du cantique, lorsqu'ils méritèrent la foi dans sa plénitude. Et il est écrit "de la détresse (metsar) j'ai appelé" (Psaumes 118,5) : c'est l'aspect de la sortie d'Égypte (Mitsrayim), comme il est dit dans le Midrach : la sortie d'Égypte fut difficile, tel celui qui extrait un foetus du ventre, vois-y [la référence].
C'est-à-dire qu'ils n'étaient pas encore le peuple de ה', et le Saint béni soit-Il nous à fait sortir pour être serviteurs de ה' : c'est cela le salut lors de la sortie d'Égypte. Et ensuite, une fois entrés sous Son ombre, nous avons besoin d'aide dans le service du Saint béni soit-Il ; et c'est [le sens de] "Il m'à répondu [en me mettant] au large" (Psaumes 118,5).
Et ce fut le salut lors de l'ouverture de la mer, [lorsqu']ils furent purifiés par une foi parfaite. Et tout cet ordre se renouvelle chez l'homme d'Israël chaque jour, comme il est dit dans le Midrach ; c'est pourquoi ils ont institué le rappel de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer avant la prière.
À l'instar de ce qu'à expliqué mon grand-père et maître, de mémoire bénie, au nom de Rabbi R. B., de mémoire bénie : le sens de la mesure de "deux ouvertures" avant la prière, l'une pour sortir de ce monde-ci et l'autre pour entrer dans le monde supérieur ; et ces deux ouvertures sont la sortie d'Égypte et l'ouverture de la mer.
« Ce sont les fêtes de Hachem » (Vayikra 23,4) : les trois fêtes de pèlerinage donnent la daat aux enfants d'Israël. Pour le Sfat Emet, ces trois visions sont l'aspect des trois patriarches, et l'on reçoit Sa divinité du côté de la Torah, aspect du Chabbat attribué à Moché. Toutes ces illuminations se révèlent par la sortie d'Égypte, car les empreintes des patriarches ne se révélèrent dans les âmes qu'alors. Pessa'h : « Israël est Mon fils premier-né » ; Chavouot : temps de notre Torah ; Souccot : révélation de l'image de D.ieu. Celui qui méprise les fêtes est comme un idolâtre, car elles ôtent le voile et la force de la divinité s'y révèle.
Aussi : une servante vit sur la mer ce que les prophètes ne virent pas ; le omer fait sortir le sol de la malédiction ; Pessa'h est un saut d'en haut qui imprime dans les âmes un attachement sans progression graduelle.
איתא ראתה שפחה על הים מה שלא ראו נביאים. דהנה בשירה זו נכלל כל מה שנעשה בישראל עד לעתיד.
דכ' התיצבו וראו כו' ישועת ה' אשר יעשה לכם היום. יעשה לשון עתיד שראו כל הישועות שיעשה עם בני ישראל בכל הדורות.
והיום קאי ארישא. כלומר התיצבו וראו היום ישועת ה' אשר יעשה לכם כו'.
ואיתא כל הנביאים לא נתנבאו רק לימות המשיח אבל לעתיד לבוא עין לא ראתה כו' יעשה למחכה לו. ועל הים ראו אשר יעשה גם לעתיד.
מה שלא ראו נביאים. דכ' הכא יעשה וכ' התם יעשה.
וכן איתא במכילתא התיצבו וראו ברוח הקודש ונבואה ע"ש: י.
Il est enseigné : une servante vit sur la mer ce que les prophètes ne virent pas. Car ce cantique renferme tout ce qui adviendra en Israël jusqu'aux temps futurs.
Comme il est écrit : 'Tenez-vous et voyez... le salut de ה' qu'Il fera pour vous aujourd'hui' (Exode 14,13). 'Il fera' (yaase) est au futur : ils virent tous les saluts qu'Il ferait avec les enfants d'Israël dans toutes les générations. Et 'aujourd'hui' se rapporte au début (de la phrase).
C'est-à-dire : tenez-vous et voyez aujourd'hui le salut de ה' qu'Il fera pour vous, etc. Et il est enseigné : tous les prophètes n'ont prophétisé que pour les jours du Messie, mais quant au monde à venir, 'aucun œil ne l'à vu...
Il agira pour celui qui espère en Lui' (Isaie 64,3). Or sur la mer ils virent ce qu'Il ferait aussi dans les temps futurs, ce que les prophètes ne virent pas.
Car il est écrit ici 'yaase' et il est écrit la-bas 'yaase'. Et de même il est enseigné dans la Mekhilta : 'tenez-vous et voyez' par l'esprit saint et la prophétie ; vois la-bas.
[note yod]
הג' רגלים נותנין דעת לבנ"י אלה מועדי ה'. ולכן ג"פ בשנה יראה כדכ' אתה הראת לדעת כו'.
ואלה הג' ראיות הם בחי' השלשה אבות שכל אחד נטע דרך מיוחד להכיר בו את הבורא ית"ש. ובנ"י מקבלין אלקותו ית"ש מצד התורה שמיוחדת להם.
וזהו בחי' השבת מיוחס למרע"ה ששימש בחלוק לבן ולבן מקבל כל גוונין. תחלה למקראי קודש.
וכ' בו לדעת כי אני ה' מקדשכם. וזהו בחי' אלקינו ואלקי אבותינו שמקבלין אלקותו בכח הרשימה והנטיעה של האבות.
וכל אלה ההארות נתגלו בכח יצ"מ בתורה דכ' אנכי ה' אלקיך אשר הוצאתיך מארץ מצרים תלה כל התורה ביצ"מ. וכל המועדות זכר ליצ"מ שלא נגלו רשימות האבות בנפשות בנ"י עד שיצאו מארץ מצרים.
ולכן בזמנים שהם זכר ליצ"מ מתגלין אלה ההארות וזוכין לדעת. וכתבתי במ"א כי אלה הג' הם שכ' במשנה חיבה יתירה נודעת להם שנק' בנים ושניתן להם כלי חמדה ושנבראו בצלם אלקים.
שבג' מועדות אלו יש התגלות והרגשה בנפשות בנ"י מאלה הג' מתנות. פסח בני בכורי ישראל זמן חירותנו.
כי הבן אינו עבד. וזמן תורתנו אז יש דעת בתשוקה וחמדת התורה.
ובסוכות התגלות הצלם אלקים וע"ז רומז הד' מינים כמ"ש כל הנקרא בשמי כו'. ובזמן המקדש בראיית פנים הי' נגלה ידיעות אלו בפועל ממש.
וקבלו אלקותו ית"ש באלה הג' מועדות. ולכן אחז"ל המבזה המועדות כעובד ע"ז דכ' א-להי מסכה לא תעשה וסמך לי' חג המצות תשמור.
לפי שהמועדות מסירין המכסה וההסתר ומתגלה בהם כח אלקות. וזה זכר ליצ"מ שהי' אז גילוי שכינה.
וכ' הוצאתי אתכם מארץ מצרים להיות לכם לאלקים:
Les trois fêtes de pèlerinage (chaloch regalim) donnent la daat (connaissance) aux enfants d'Israël : 'ce sont les fêtes de ה'' (Lévitique 23,4). C'est pourquoi trois fois l'an on paraît (devant ה'), comme il est écrit 'à toi il à été montre pour savoir...' (Deutéronome 4,35).
Et ces trois visions sont l'aspect des trois patriarches, dont chacun planta une voie particulière pour reconnaître par elle le Créateur, béni soit-Il. Et les enfants d'Israël reçoivent Sa divinité du côté de la Torah qui leur est propre.
Et c'est l'aspect du Chabbat, attribue à Moche notre maître, qui officia avec un vêtement blanc, et le blanc reçoit toutes les couleurs. 'D'abord les convocations saintes.' Et il est écrit à ce sujet 'pour savoir que Moi ה' Je vous sanctifie' (Exode 31,13). Et c'est l'aspect de 'notre Dieu et Dieu de nos pères', car ils reçoivent Sa divinité par la force de l'empreinte (rechima) et de la plantation des patriarches.
Et toutes ces illuminations se sont révélées par la force de la sortie d'Égypte, dans la Torah, car il est écrit 'Moi ה' ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte' (Exode 20,2) : Il à suspendu toute la Torah à la sortie d'Égypte. Et toutes les fêtes sont un rappel de la sortie d'Égypte, car les empreintes des patriarches ne se révélèrent dans les âmes des enfants d'Israël que lorsqu'ils sortirent du pays d'Égypte.
C'est pourquoi, dans les temps qui sont un rappel de la sortie d'Égypte, ces illuminations se révèlent et l'on mérite la daat. Et j'ai écrit ailleurs que ces trois (fêtes) sont ce qui est dit dans la Michna : 'une affection supplémentaire leur a été rendue connue, en ce qu'ils sont appelés fils, en ce qu'un instrument précieux leur a été donné, et en ce qu'ils ont été créés à l'image de Dieu' (Avot 3,14).
Car en ces trois fêtes il y a une révélation et une sensation, dans les âmes des enfants d'Israël, de ces trois dons. Pessa'h : 'Israël est Mon fils premier-né' (Exode 4,22), 'temps de notre liberté', car le fils n'est pas esclave.
Et 'temps de notre Torah' (Chavouot) : alors il y a daat dans le désir et l'amour de la Torah. Et à Souccot, la révélation de l'image de Dieu (tselem Elokim), et c'est ce à quoi font allusion les quatre espèces, comme il est dit 'tout ce qui est appelé par Mon Nom...' (Isaie 43,7).
Et au temps du Temple, par la vision de la Face, ces connaissances se révélaient réellement en acte. Et ils recevaient Sa divinité en ces trois fêtes.
C'est pourquoi nos Sages ont dit : celui qui méprise les fêtes est comme un idolâtre, car il est écrit 'tu ne te feras pas de dieu de métal fondu' et l'on y a rattaché 'tu garderas la fête des Azymes' (Exode 34,17-18). Parce que les fêtes ôtent le voile et le masque, et la force de la divinité s'y révélé.
Et c'est un rappel de la sortie d'Égypte, où il y eut alors révélation de la Chekhina. Et il est écrit 'Je vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être pour vous un Dieu'.
בגמ' הביאו לפני עומר בפסח שיתברכו לכם תבואה שבשדות. דבחטא הראשון כ' ארורה האדמה ואין ארור מדבק בברוך.
לכן צריכין בנ"י להוציא האדמה מארר. לפי שהם בני חורין יכולין להביא חירות לכל העולם.
וע"ז כ' אשריך ארץ שמלכך בן חורים. והדברים קו"ח אם נתאררה האדמה בעבור האדם.
מכש"כ שע"י זכות האדם ניתן ברכה להאדמה. וז"ש שיתברכו לכם בשבילכם.
וע"י החטא נתערב פסולת בתבואה כמ"ש וקוץ ודרדר תצמיח. וע"י מצות העומר מתברר התבואה.
וכן בכל המועדות יש ברכה באדמה. פסח תבואה.
עצרת פירות האילן. וחג המים.
ולכן הם ימי שמחה דכל הקללה הי' בעצבון תאכלנה. וע"י יצ"מ נבחרו בנ"י ויצאו מכלל ארור לברוך.
מכלל עצבון לשמחה. ושמחת המועדות עדות וזכר ליציאת מצרים:
Dans la Guemara : 'Apportez devant Moi le omer à Pessa'h, afin que soit bénie pour vous la récolte des champs.' Car dans la première faute il est écrit 'maudit soit le sol' (Genèse 3,17), et le maudit ne s'attaché pas au béni. C'est pourquoi les enfants d'Israël doivent faire sortir le sol de la malédiction.
Parce qu'ils sont des hommes libres, ils peuvent apporter la liberté au monde entier. Et à ce sujet il est écrit 'heureux es-tu, pays, dont le roi est un fils de nobles' (Ecclésiaste 10,17).
Et les choses sont à fortiori (kal vahomer) : si le sol à été maudit à cause de l'homme, à plus forte raison, par le mérite de l'homme, une bénédiction est-elle donnée au sol. Et c'est ce qui est dit 'afin que soit bénie pour vous', c'est-à-dire grâce à vous.
Et par la faute un rebut s'est mêlé à la récolte, comme il est dit 'elle fera pousser épines et chardons' (Genèse 3,18). Et par la mitsva du omer, la récolte est clarifiée (mitbarer).
Et de même dans toutes les fêtes il y a une bénédiction dans le sol : Pessa'h, la récolte ; Atseret (Chavouot), les fruits de l'arbre ; et la fête (de Souccot), l'eau. C'est pourquoi ce sont des jours de joie, car toute la malédiction fut 'c'est dans la peine que tu en mangeras' (Genèse 3,17).
Et par la sortie d'Égypte les enfants d'Israël furent choisis et passèrent de la catégorie du maudit à celle du béni, de la catégorie de la peine à celle de la joie. Et la joie des fêtes est un témoignage et un rappel de la sortie d'Égypte.
מה יפו פעמיך בנעלים כו'. הנעלים ג' רגלים.
מול הג' לשונות שנאמר גן נעול. גל נעול.
מעין חתום. א"כ הם ג' מיני נעלים והם נגד ע"ז ג"ע וש"ד.
והג' מועדות בזכות ג' שמירות הנ"ל. פסח נגד ע"ז ולכן דרשו א-להי מסכה לא תעשה חג המצות תשמור וגם שחטו שה ע"ז של מצרים.
שבועות מול ג"ע שע"י התורה נשמרין מעריות כמ"ש פגע בך מנוול משכהו לביהמ"ד. סוכות מול שפיכות דמים לכן הוא בחי' שלום ומקריבין ע' פרים על כל האומות ג"כ:
'Que tes pas sont beaux dans les sandales...' (Cantique 7,2). Les 'sandales' (nealim) sont les trois fêtes de pèlerinage.
Face aux trois expressions dont il est dit 'jardin verrouille (gan naoul), source verrouillée (gal naoul), fontaine scellée' (Cantique 4,12). Ainsi ce sont trois sortes de verrous (nealim), et ils correspondent à l'idolâtrie, l'inceste et le meurtre.
Et les trois fêtes sont par le mérite des trois preservations susdites. Pessa'h face à l'idolâtrie, et c'est pourquoi ils ont interprété 'tu ne te feras pas de dieu de métal fondu, tu garderas la fête des Azymes' (Exode 34,17-18), et de plus ils égorgèrent l'agneau, idole de l'Égypte.
Chavouot face à l'inceste (guiloui arayot), car par la Torah on se préserve des unions interdites, comme il est dit 'si ce vaurien (le mauvais penchant) t'attaque, entraîne-le à la maison d'étude' (Souca 52b). Souccot face au meurtre (chefikhout damim), c'est pourquoi c'est l'aspect de la paix, et l'on offre soixante-dix taureaux pour toutes les nations également.
וספרתם לכם כו'. הספירה הם ימי טהרה כמ"ש בזוה"ק.
ובכל מקום טהרה קודם לקדושה כמ"ש טהרה מביאה לידי קדושה כמ"ש וטהרו וקדשו. וכאן ביצ"מ בא קדושה מלמעלה קודם שנטהרו נפשות בנ"י.
וזה השינוי בפסח שלא בהדרגה. כדאיתא שהיו נטבעין במ"ט שערי טומאה ונפתח להם חירות משער הנ' עלמא דחירא.
דשם אין מגע טומאה וקבלו קדושה לפי שעה. ולכן צרינין אח"כ לטהר המ"ט שערים בימי הספירה.
וז"ש ממחרת השבת. שעכ"פ בכח הקדושה שבא בפסח ניקח מזה הטהרה.
מה שלעולם צריכין להקדים הטהרה:
'Et vous compterez pour vous...' (Lévitique 23,15). Le compte (du omer) constitue les jours de pureté (tahara), comme il est dit dans le Zohar.
Et en tout lieu la pureté précède la sainteté, comme il est dit 'la pureté conduit à la sainteté', et comme il est écrit 'il le purifiera et le sanctifiera' (Lévitique 16,19). Or ici, à la sortie d'Égypte, la sainteté vint d'en haut avant que les âmes des enfants d'Israël ne soient purifiées.
Et c'est le changement propre à Pessa'h : (elle vint) sans progression graduelle. Comme il est enseigné qu'ils étaient enfoncés dans les quarante-neuf portes de l'impureté, et que la liberté leur fut ouverte depuis la cinquantième porte, le monde de la liberté (alma dechirou), où il n'y a aucun contact de l'impureté, et ils reçurent la sainteté pour un instant.
C'est pourquoi il faut ensuite purifier les quarante-neuf portes durant les jours du compte (sefira). Et c'est ce qui est dit 'au lendemain du Chabbat' (Lévitique 23,15) : en tout cas, par la force de la sainteté venue à Pessa'h, nous prenons de la cette pureté, alors que d'ordinaire on doit toujours faire précéder la pureté.
תרס"ג
[Année תרס"ג (5663)]
עבדים היינו לפרעה במצרים. טעם ענין זה כי בנ"י כל בריאתם למעלה מהטבע והמזלות.
שכן ראה אאע"ה במזל שאינו מוליד. והקב"ה השיב לו אין מזל לישראל כדאיתא בגמ'.
וקשה ישראל מאן דכר שמי'. רק שהקב"ה השיב לו לפי שישראל מוכנים ליצא מחלציך ואין מזל לישראל לכן כל לידת בנ"י הי' למעלה מן המזל.
וז"ש וארבה את זרעו ואתן לו את יצחק והלא אחד הי' יצחק רק ארבה כמו הרבה אתכם הרים אתכם. שיצחק בא מלמעלה מן המזל ונולד שלא בדרך הטבע.
ולכן אין לבנ"י מציאות בעוה"ז ובמזלות ולכן היו גרים ועבדים. ולכן התחיל הגירות מלידת יצחק גר יהי' זרעך.
ולכן עבדים היינו לפרעה שהוא רמז למזל טלה ראש כל המזלות. ולפי שאין מזל לישראל ועוה"ז תליא במזלות.
היו בנ"י משועבדים לפרעה תחת מזל טלה והקב"ה הוציאנו משם בדרך נס ונתן לנו ארץ ישראל בדרך נס שמצד הטבע אין לנו מקום בעוה"ז. ולכן צוה לשחוט טלה לפסח להראות כי אין מזל לישראל והם למעלה מהנהגת המזלות.
ולכן בנ"י מקדשין הזמנים לפי שהם למעלה מן הזמן שתלוי במזלות. לכן הם נותנים קדושה וברכה אל הזמנים ואל העולם.
שהרי העולם נברא בשביל ישראל שנק' ראשית. א"כ הם למעלה מן הבריאה וכל העולם:
'Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte.' La raison de cette chose : car les enfants d'Israël, toute leur création est au-dessus de la nature et des constellations (mazalot). Ainsi Avraham notre père vit dans sa constellation (mazal) qu'il n'engendrerait pas ; et le Saint béni soit-Il lui répondit 'il n'y a pas de mazal pour Israël', comme il est enseigné dans la Guemara.
Or c'est difficile : Israël, qui l'à mentionné (à ce stade) ? Seulement, le Saint béni soit-Il lui répondit : puisque Israël est destiné à sortir de tes reins, et qu'il n'y a pas de mazal pour Israël, toute la naissance des enfants d'Israël fut au-dessus du mazal.
Et c'est ce qui est dit 'J'ai multiplie sa descendance et Je lui ai donné Yits'hak' (Josue 24,3) ; or Yits'hak était unique, mais 'arbe' (J'ai multiplie) est comme 'hirbe etkhem, herim etkhem' (Il vous à multipliés, Il vous à élèves), car Yits'hak vint d'au-dessus du mazal et naquit hors de la voie de la nature. C'est pourquoi les enfants d'Israël n'ont pas d'existence dans ce monde-ci ni dans les constellations, et c'est pourquoi ils furent des étrangers (guerim) et des esclaves.
C'est pourquoi l'exil commença à la naissance de Yits'hak : 'ta descendance sera étrangère' (Genèse 15,13). Et c'est pourquoi 'nous étions esclaves de Pharaon', qui fait allusion au mazal du Bélier, tête de toutes les constellations.
Et parce qu'il n'y a pas de mazal pour Israël, alors que ce monde-ci dépend des constellations, les enfants d'Israël étaient asservis à Pharaon sous le mazal du Bélier ; et le Saint béni soit-Il nous en fit sortir par voie de miracle, et nous donna la terre d'Israël par voie de miracle, car du côté de la nature nous n'avons pas de place dans ce monde-ci. C'est pourquoi Il ordonna d'égorger un agneau (bélier) pour Pessa'h, pour montrer qu'il n'y a pas de mazal pour Israël et qu'ils sont au-dessus de la conduite des constellations.
C'est pourquoi les enfants d'Israël sanctifient les temps, parce qu'ils sont au-dessus du temps qui dépend des constellations. C'est pourquoi ils donnent sainteté et bénédiction aux temps et au monde.
Car le monde à été créé pour Israël, appelé 'commencement (rechit)'. Ainsi ils sont au-dessus de la création et du monde entier.
על מצות ומרורים יאכלוהו. דכ' אנכי ארד עמך מצרימה ואנכי אעלך.
ומרור רמז על הגלות שהקב"ה עוזר לנו בתוך הגלות כמ"ש עמו אנכי בצרה. וזה רמז בפסוק צרור המור דודי לי אמחז"ל אעפ"י שמיצר ומימר לי.
בין שדי ילין שהוא עמהם תוך המיצר. וזהו בחי' המלכות דכ' מלכותך מלכות כל עולמים.
מלכותו בכל משלה. ולכן בכל הד' מלכיות לא סר מאתנו ח"ו מלכות שמים.
כמ"ש ובעבדותנו לא עזבנו אלקינו. וזה ארד עמך מצרימה ארד לשון מלכות כמו וירד מים עד ים.
שבנ"י לא יפרקו ח"ו מלכות שמים. הגם שהם משועבדים למטה.
אבל הכל באמצעות מלכותו שבכל משלה. לכן צרו"ר גי' מלכו"ת.
וכן. מרורי"ם גי' מלכו"ת.
וז"ש שהפסח הי' ישועה ועצה לדורות. על מצות ומרורים יאכלוהו.
שמזה יהי' להם סיוע בגאולה שבכל גלות. ובכל הגליות בעצמם.
מרורים לשון רבים על כל הד' מלכיות:
'Avec des azymes et des herbes amères ils le mangeront' (Nombres 9,11). Car il est écrit 'Moi Je descendrai avec toi en Égypte et Moi Je te ferai remonter' (Genèse 46,4).
Et le maror (herbe amère) fait allusion à l'exil, où le Saint béni soit-Il nous aide au sein de l'exil, comme il est écrit 'Je suis avec lui dans la détresse' (Psaumes 91,15). Et c'est l'allusion du verset 'mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe (tseror hamor)' (Cantique 1,13) ; nos Sages ont dit : bien qu'Il me serre (metser) et m'amertume (memer), 'il reposera entre mes seins' (Cantique 1,13), car Il est avec eux au sein de l'étroitesse.
Et c'est l'aspect de la royauté (malkhout), car il est écrit 'Ta royauté est royauté de tous les mondes' (Psaumes 145,13), 'Sa royauté domine sur tout' (Psaumes 103,19). C'est pourquoi, dans les quatre royaumes (exils), la royauté des cieux ne s'est jamais retirée de nous, à Dieu ne plaise, comme il est dit 'et dans notre servitude notre Dieu ne nous à pas abandonnés' (Ezra 9,9).
Et c'est 'Je descendrai avec toi en Égypte' : 'descendre' (ered) est un terme de royauté, comme 'il dominera d'une mer à l'autre' (Psaumes 72,8), car les enfants d'Israël ne rejetteront pas, à Dieu ne plaise, la royauté des cieux, bien qu'ils soient asservis en bas ; mais tout est par le moyen de Sa royauté qui domine sur tout. C'est pourquoi 'tseror' (צרור) à la valeur numérique (guematria) de 'malkhout' (מלכות, royauté).
Et de même 'merorim' (מרורים) à la guematria de 'malkhout'. Et c'est ce qui est dit que le Pessa'h fut un salut et un conseil pour les générations : 'avec des azymes et des herbes amères ils le mangeront', car de cela ils auront un secours dans la délivrance de chaque exil, et dans tous les exils eux-mêmes ; 'merorim' est au pluriel, pour les quatre royaumes.
לחם עוני שעונין עליו דברים הרבה. דמצוה לספר ביצ"מ.
והוא מתקן הפה והלשון כמ"ש ארון נשא את נושאיו וכל מצוה בכל אבר המתעסק בה נותנת כח וחיות לאותו אבר. ומצות אכילת פסח ומצה מתקן האכילה.
והסיפור מתקן הדיבור. ולכן פסח פה סח.
וכזית פסחא בביתא והלולא מרפסין איגרין. שנפתח פיהם של ישראל ע"י הפסח והמצה שזה הי' עיקר יצ"מ.
כמ"ש הוציאה ממסגר נפשי להודות כו'. וז"ש המרבה לספר ביצ"מ הרי זה משובח פי' שצריך להיות נתפעל שע"י הסיפור נעשה פיו כמעין המתגבר להרבות בסיפור שלא כדרכו.
ז"ש שעונין עליו דברים הרבה:
'Pain de misère (le'hem oni), sur lequel on répond (onin) beaucoup de choses.' Car c'est une mitsva de raconter la sortie d'Égypte. Et cela réparé la bouche et la langue, comme il est dit 'l'arche portait ceux qui la portaient' ; et toute mitsva accomplie par un membre qui s'en occupe donne force et vitalité à ce membre.
Et la mitsva de manger le Pessa'h et la matsa réparé l'acte de manger ; et le récit réparé la parole. C'est pourquoi 'Pessa'h' se lit 'pe sa'h' (la bouche parle).
Et 'un ke-zayit (une olive) de Pessa'h dans la maison, et la fête fait craquer les toits' (Pessa'him 85b), car la bouche d'Israël s'ouvrit par le Pessa'h et la matsa, ce qui fut l'essentiel de la sortie d'Égypte, comme il est dit 'fais sortir mon âme de la prison pour rendre grâce...' (Psaumes 142,8). Et c'est ce qui est dit 'quiconque prolonge le récit de la sortie d'Égypte, celui-là est digne de louange' : l'explication est qu'il faut être saisi d'enthousiasme, de sorte que par le récit sa bouche devienne comme une source jaillissante, prolongeant le récit au-delà de son habitude.
C'est ce qui est dit 'sur lequel on répond beaucoup de choses'.
אז ישיר במדרש פיה פתחה בחכמה. דאיתא השמיעני את קולך שהביאם לצרה בים כדי שיצעקו.
אבל עתה אחר קי"ס פתחו בנ"י בשירה בעצמם מתוך השמחה זה בחי' תורת חסד. דכ' הקול קול יעקב.
ויש פתיחות הפה והדיבור מתוך הצרה וזהו בחי' קול תפלה. ויש מתוך השמחה קול תורה.
ובמד' שה"ש משל למלך שהי' לו מרגליות בא בנו בקשו ממנו אמר לך היא ושלך היא ולך אני נותנה כמו כן עזי וזמרת כו' ע"ש. פ' הג' לשונות עפימ"ש דקוב"ה ואורייתא וישראל חד.
א"כ יש בעצם בנ"י חלק בתורה והקב"ה נתן לנו גם חלקו בתורה והתורה עצמה. ודו"ק:
'Alors chanta (Moche)' (Exode 15,1) ; dans le Midrach : 'elle ouvrit sa bouche avec sagesse' (Proverbes 31,26). Car il est enseigné : 'fais-moi entendre ta voix' (Cantique 2,14) : Il les amena à la détresse sur la mer afin qu'ils crient.
Mais maintenant, après la traversée de la mer Rouge (keriat yam souf), les enfants d'Israël ouvrirent d'eux-mêmes par le cantique, du sein de la joie ; c'est l'aspect de la Torah de bonté (torat ''hessed), car il est écrit 'la voix est la voix de Yaakov' (Genèse 27,22). Il y a une ouverture de la bouche et de la parole du sein de la détresse, et c'est l'aspect de la voix de la prière ; et il y en a une du sein de la joie, la voix de la Torah.
Et dans le Midrach du Cantique des cantiques : une parabole d'un roi qui avait une perle ; son fils vint et la lui demanda ; il dit : elle est à toi, elle est tienne, et c'est à toi que Je la donne ; de même 'ma force et mon chant (ozi vezimrat)...' (Exode 15,2), vois la-bas. Explication des trois expressions selon ce qui est dit : le Saint béni soit-Il, la Torah et Israël sont un.
Ainsi il y a, en l'essence même des enfants d'Israël, une part dans la Torah, et le Saint béni soit-Il nous à donné aussi Sa part dans la Torah et la Torah elle-même. Et étudie-le bien.
מתחיל בגנות ומסיים בשבח. דאיתא הרוצה לגנות יגנה את עצמו ולשבח ישבח את הבורא.
פי' כל דבר טוב ומדה טובה שנמצא בעולם הן שרואה בעצמו או באחרים הכל מן הבורא ית"ש כמ"ש אתה כוננת מישרים שכל מיני ישרות שבעולם מאתו הוא. וכל מה שרואה דבר גנות הכל יתלה בעצמו כי הקב"ה עשה האדם ישר והם בקשו חשבונות רבים.
לכן צריכין להקדים בגנות מצדינו שעבדים היינו במצרים מצד פחיתות שלנו. ומטעם שמתחלה עע"ז היו אבותינו.
ולהכי הוצרכו האבות לתקן זה וירדו אבותינו למצרים לתקן זה הגנות. וכמו כן הי' גלות מצרים תיקון על חטא אדה"ר ותערובות טו"ר שנעשה נתברר במצרים.
ולכן המצות בפסח מצה ויין דשניהם צריכין שמירה. לחם מחמץ.
ויין צריך להיות משומר מנסך. דבשניהם כתיב ויין ישמח לבב אנוש.
ולחם לבב אנוש יסעד. הזכיר בשניהם ב' לבבות שהם ליצ"ט וליצה"ר מכח התערובות כדאיתא י"א חטה הי' וי"א ענבים סחטה לו:
'On commence par le blâme (guenout) et on termine par la louange (chevah).' Car il est enseigné : celui qui veut blâmer, qu'il se blâme lui-même, et pour louer, qu'il loue le Créateur. L'explication : toute bonne chose et toute bonne qualité qui se trouve dans le monde, qu'il la voie en lui-même où chez autrui, tout vient du Créateur béni soit-Il, comme il est dit 'Tu as établi la droiture' (Psaumes 99,4), car toutes les sortes de droiture qui sont dans le monde viennent de Lui.
Et tout ce qu'il voit de blâmable, qu'il l'impute à lui-même, car le Saint béni soit-Il à fait l'homme droit, et eux ont cherche de nombreux calculs (Ecclésiaste 7,29). C'est pourquoi il faut commencer par le blâme de notre côté : 'nous étions esclaves en Égypte' du fait de notre bassesse, et pour la raison qu''à l'origine nos pères étaient idolâtres'.
Et pour cela les patriarches durent réparer cela, et nos pères descendirent en Égypte pour réparer ce blâme. Et de même l'exil d'Égypte fut une réparation (tikoun) de la faute d'Adam et du mélange du bien et du mal (tov vara), qui se clarifia en Égypte.
C'est pourquoi les mitsvot de Pessa'h sont la matsa et le vin, qui tous deux requièrent une garde (chemira) : le pain, du levain ; et le vin doit être garde d'une libation (idolâtre). Car des deux il est écrit 'et le vin réjouit le cœur de l'homme' (Psaumes 104,15) et 'le pain soutient le cœur de l'homme' (ibid.) : il à mentionné pour les deux deux cœurs, qui sont pour le bon penchant et pour le mauvais penchant, du fait du mélange, comme il est enseigné : certains disent que (l'arbre) était du blé, et certains disent que c'était du raisin qu'elle pressa pour lui.
הא לחמא עניא דאכלו אבהתנא בארעא דמצרים. לחם עוני בחי' דלית ליה מגרמא כלום שעדיין לא נתברר הדעת.
רק שיצאו בנ"י בנפלאות הבורא שנגלה עליהם הקב"ה וגאלם. ואין זה מצד האדם.
ולכן אין לשתף בו התבוננות שלא יתערב פסולת כיון שעדיין היו בארעא דמצרים. דכ' ארץ אשר לא במסכנות תאכל בה לחם שא"י נק' ארץ טובה ורחבה היפוך דארץ מצרים.
ובאמת אין לחם אלא תורה. אבל מצינו המקיים את התורה מעוני סופו לקיימה מעושר.
ובנ"י ביצ"מ הי' קיום התורה מעוני. וזה השבח לכתך אחרי במדבר בארץ לא זרועה.
לכן זכו אח"כ לקיים התורה מעושר. בארץ טובה ורחבה.
שאין תורה כתורת ארץ ישראל. ואח"כ כשחטאנו ובטלנו התורה מעושר.
נתגרשנו להיות מבטל התורה מעוני. לכן בפסח מצה לחם עוני.
עני מן הדעת. והגם שכבר קבלנו התורה לכן שואל החכם מה העדות כו' שהחכם רוצה להחכים בדעת.
והתשובה אין מפטירין אחר הפסח אפיקומן שביום זה העיקר הגאולה מצד הקב"ה דלית לנו כלום מעצמנו. ואח"כ בימי הספירה מתברר הדעת וזוכין לקבלת התורה:
'Voici le pain de misère (ha la'hma anya) qu'ont mangé nos pères au pays d'Égypte.' Le pain de misère est l'aspect de 'celui qui n'à rien de lui-même (delet lei migarme'h kloum)', car la daat n'était pas encore clarifiée. Seulement, les enfants d'Israël sortirent par les merveilles du Créateur, qui Se révéla à eux et les délivra ; et cela ne vient pas du côté de l'homme.
C'est pourquoi on n'y associé pas de réflexion (hitbonenout), afin qu'aucun rebut ne s'y mêlé, puisqu'ils étaient encore 'au pays d'Égypte' ; car il est écrit 'un pays où tu ne mangeras pas le pain dans la pénurie' (Deutéronome 8,9) : la terre d'Israël est appelée 'un pays bon et vaste', à l'oppose du pays d'Égypte. Et en vérité il n'y a de 'pain' que la Torah.
Mais nous trouvons : celui qui accomplit la Torah dans la pauvreté finira par l'accomplir dans la richesse (Avot 4,9). Et pour les enfants d'Israël, à la sortie d'Égypte, l'accomplissement de la Torah fut dans la pauvreté.
Et c'est la louange 'ton aller après Moi au désert, dans une terre non ensemencée' (Jérémie 2,2). C'est pourquoi ils méritèrent ensuite d'accomplir la Torah dans la richesse, dans une terre bonne et vaste ; car il n'est pas de Torah comme la Torah de la terre d'Israël.
Et ensuite, lorsque nous avons fauté et délaisse la Torah dans la richesse, nous fûmes chassés pour en venir à annuler la Torah dans la pauvreté. C'est pourquoi à Pessa'h la matsa est un pain de misère, pauvre en daat.
Et bien que nous ayons déjà reçu la Torah, c'est pourquoi le sage (fils) demande 'que sont les témoignages...' (Deutéronome 6,20), car le sage veut s'enrichir en daat. Et la réponse : 'on ne conclut pas après le Pessa'h par un afikoman' (Pessa'him 119b), car en ce jour l'essentiel de la délivrance vient du côté du Saint béni soit-Il, car nous n'avons rien de nous-mêmes.
Et ensuite, dans les jours du compte (sefira), la daat se clarifie et l'on mérite la réception de la Torah.
הללו עבדי ה' ולא עבדי פרעה. כל עבדות מביא עצבון שכל עבד מבקש תחבולות לצאת מן העבדות.
לבד עבדות הבורא ית"ש מביא שמחה. וזה שבחן של בנ"י שקבלו עבדות ה' בשמחה ורצו אחריו במדבר.
וזה עדות שהם באמת עבדי ה' כמ"ש עבדי הם. והרי כל איש ישראל מבקש כל מיני עצות ותחבולות לקבל עליו מלכות שמים.
היפוך עבד מלך בו"ד שמבקש עצות לברוח מן העבדות. והם עדים על הבורא ית"ש שהוא בלבד לו יאה ולו נאה המלוכה.
לכן בפסח עיקר השמחה בקבלת מלכות שמים שזכינו להיות עבדי ה'. בתשרי חל מלכות שמים על כל הברואים כמ"ש אמרו לפני מלכיות כו'.
אבל ניסן מיוחד מלכות שמים על בנ"י בפרט שקבלת מלכותו ית"ש לבנ"י מצד יצ"מ ביחוד. כמ"ש אנכי ה' אלקיך אשר הוצאתיך מארץ מצרים שהם בני חורין ויכולין לקבל מלכות שמים בשמחה:
'Louez, serviteurs de ה'' (Psaumes 113,1), et non serviteurs de Pharaon. Toute servitude apporte de la tristesse, car tout esclave cherche des stratagèmes pour sortir de la servitude ; sauf la servitude du Créateur béni soit-Il, qui apporte de la joie.
Et c'est la louange des enfants d'Israël, qui reçurent la servitude de ה' avec joie et coururent après Lui dans le désert. Et c'est un témoignage qu'ils sont vraiment serviteurs de ה', comme il est dit 'ce sont Mes serviteurs' (Lévitique 25,55).
Or tout homme d'Israël cherche toutes sortes de conseils et de stratagèmes pour prendre sur lui la royauté des cieux, à l'oppose de l'esclave d'un roi de chair et de sang, qui cherche des ruses pour fuir la servitude. Et ils sont témoins du Créateur béni soit-Il, qu'à Lui seul conviennent le règne et la royauté.
C'est pourquoi à Pessa'h l'essentiel de la joie est dans la réception de la royauté des cieux, car nous avons mérité d'être serviteurs de ה'. En Tichri, la royauté des cieux s'applique à toutes les créatures, comme il est dit 'dites devant Moi des versets de royauté...'.
Mais Nissan est propre à la royauté des cieux sur les enfants d'Israël en particulier, car la réception de Sa royauté par les enfants d'Israël vient du côté de la sortie d'Égypte spécialement, comme il est dit 'Moi ה' ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte' (Exode 20,2), car ils sont des hommes libres et peuvent recevoir la royauté des cieux avec joie.
פסח נק' על שם הדילוג דכ' מדלג על ההרים. ולא כתיב דולג.
רק שזה הדילוג עשה רשימה גם בנפשות בנ"י. כמ"ש משכני אחריך נרוצה.
שגם הם נמשכו אחריו שלא בהדרגה. והכל הי' בכח הדילוג שלמעלה.
לכן כ' מדלג. פועל יוצא.
ויו"ט הזה מסייע לכל איש ישראל להתמשך אחר הקב"ה שלא בהדרגה לאחוז בדרכי האבות כמ"ש תפסו אומנות אבותם וזהו עיקר הגאולה כמ"ש והשיב לב אבות על בנים כו':
Pessa'h est appelé d'après le 'saut' (diloug), car il est écrit 'sautant (medaleg) sur les montagnes' (Cantique 2,8). Et il n'est pas écrit 'doleg' (sautant, intransitif), mais 'medaleg', car ce saut fit aussi une empreinte (rechima) dans les âmes des enfants d'Israël, comme il est dit 'attire-moi après toi, courons' (Cantique 1,4), car eux aussi furent attirés après Lui sans progression graduelle.
Et tout cela fut par la force du saut d'en haut. C'est pourquoi il est écrit 'medaleg', verbe transitif.
Et cette fête aide chaque homme d'Israël à se laisser attirer après le Saint béni soit-Il sans progression graduelle, à s'attacher aux voies des patriarches, comme il est dit 'ils ont saisi le métier de leurs pères' ; et c'est l'essentiel de la délivrance, comme il est dit 'il ramènera le cœur des pères sur les fils...' (Malachie 3,24).
תרס"ד
[Année תרס"ד (5664)]
Le Chabbat est un « bon présent » donné en secret, signe « entre Moi et les enfants d'Israël ». Selon le Sfat Emet, tout le Chabbat appartient à Israël, car Il s'y est reposé de la Création dont la finalité est pour Israël, et un idolâtre (akoum) qui l'observe est passible. Les fêtes tiennent à la force des enfants d'Israël, « qui sanctifie Israël et les temps ». Les trois fêtes rappellent la sortie d'Égypte : à Pessa'h s'ouvre la liberté ; au don de la Torah on comprend que cette liberté est de sortir de la nature, « Je suis Hachem ton D.ieu qui t'ai fait sortir » ; à Souccot on se laisse entraîner à la suite du monde de la liberté.
Aussi : les six jours de matsot comme « éloigné-toi du mal » et l'atseret du septième comme unité ; qui méprise les fêtes est comme un idolâtre, les fêtes recevant la Daat ; la mer fendue pour chaque tribu et chaque homme d'Israël
בענין שבת ומועדות. דשבת נק' מתנה טובה לישראל וניתנה בצנעא כדאיתא בגמ' ביני ובין בנ"י אות היא.
כי עיקר השבת כי בו שבת במעשה בראשית. אכן לפי דכל תכלית מעשה בראשית בשביל ישראל.
נמצא כל השבת שייך לישראל. וצריך עדות ובירור להבדיל כל האומות מן השבת.
ולכן עכו"ם ששבת חייב ז) שכל שביתת השבת תכלית שמים וארץ. התכלית בעבור בנ"י.
ולכן אומרים ורצה בנו ושבת קדשו כו' הנחילנו. אכן המועדות א"צ בירור שהוא בחמת בכח בנ"י בלבד.
שכל השמחה למעלה בימים האלו מכח שלימות בנ"י. זמן חירותנו מתן תורתנו שמחתנו.
כמ"ש מקדש ישראל והזמנים שעבור בנ"י בא הקדושה בימים טובים אלו:
Au sujet du Chabbat et des fêtes. Le Chabbat est appelé 'un bon présent' pour Israël, et il fut donné en secret, comme il est enseigné dans la Guemara : 'entre Moi et les enfants d'Israël, il est un signe'.
Car l'essence du Chabbat tient à ce qu'en lui Il s'est reposé de l'œuvre de la Création. Mais puisque toute la finalité de l'œuvre de la Création est pour Israël, il se trouve que tout le Chabbat appartient à Israël.
Et il faut un témoignage et une clarification pour séparer toutes les nations du Chabbat. C'est pourquoi un idolâtre (akoum) qui observe le Chabbat est passible (de mort), car toute la cessation du Chabbat est la finalité du ciel et de la terre, et cette finalité est en faveur des enfants d'Israël.
C'est pourquoi nous disons 'Il s'est complu en nous et Il nous à donné en héritage son saint Chabbat...'. Mais les fêtes n'ont pas besoin de clarification, car elles ne tiennent qu'à la force des enfants d'Israël.
Car toute la joie d'en haut en ces jours vient de la force de la perfection des enfants d'Israël : 'le temps de notre liberté, le don de notre Torah, notre joie'. Comme nous disons 'qui sanctifie Israël et les temps' : c'est par les enfants d'Israël que vient la sainteté en ces bons jours.
כל הג' רגלים זכר ליצ"מ. כי בפסח זמן חירותנו.
אח"כ במתן תורה הבינו מכוון זה החירות שהוא לצאת מן הטבע לקבל כח אלקות כמ"ש אנכי ה' אלקיך אשר הוצאתיך שזה תכלית החירות להיות אנכי ה' אלקיך. וכמ"ש חז"ל אין לך בן חורין אלא העוסק בתורה.
פי' בן חורין שמבין החירות ומתדבק בשורש החירות שהתורה מלמדת להכין זה החירות. אחר כך כשזוכין להתמשך אחר עלמא דחירות הוא עיקר השמחה בחג הסוכות.
ומעין זה נוהג בכל שנה ושנה שבפסח נפתח פתח החירות. אח"כ בימי הספירה ושבועות צריכין להבין ולהתבונן במכוון זה החירות.
וכשמבין זה שב בתשובה בר"ה ויוה"כ כדי שיזכה להתמשך אח"ז החירות. ואח"כ זוכין לשמחה השלימה.
ואלו הג' הם בחי' קודש קדוש קדושה שהמועדות הם מקראי קודש. קודש עצם הקדושה.
קדוש התמשכות הקדושה לאדם. קדושה כשנמשך האדם אחר הקדושה.
כמ"ש מזה בזוה"ק אמור ע"ש בר"מ:
Les trois fêtes de pèlerinage sont toutes un rappel de la sortie d'Égypte. Car à Pessa'h, c'est 'le temps de notre liberté'.
Ensuite, lors du don de la Torah, ils comprirent le sens vise de cette liberté : sortir de la nature pour recevoir une force divine, comme il est dit 'Je suis ה' ton Dieu qui t'ai fait sortir' (Exode 20,2) - car la finalité de la liberté est que 'Je suis ה' ton Dieu'. Et comme l'ont dit nos Sages : 'Il n'est d'homme libre que celui qui s'adonne à la Torah'.
Explication : l'homme libre est celui qui comprend la liberté et s'attaché à la racine de la liberté, car la Torah enseigné à préparer cette liberté. Ensuite, lorsqu'on mérite de se laisser entraîner à la suite du 'monde de la liberté' (alma de-'herouta), c'est l'essence de la joie à la fête de Souccot.
Et une chose semblable se produit chaque année : à Pessa'h s'ouvre la porte de la liberté ; ensuite, durant les jours du Omer et à Chavouot, il faut comprendre et méditer le sens vise de cette liberté ; et lorsqu'on le comprend, on revient par la techouva à Roch Hachana et Yom Kippour, afin de mériter de se laisser entraîner à la suite de cette liberté ; et ensuite on mérite la joie parfaite. Ces trois sont les aspects de kodech, kadoch, kedoucha, car les fêtes sont des 'convocations saintes' (mikraei kodech). 'Kodech' est l'essence même de la sainteté ; 'kadoch' est le prolongement de la sainteté vers l'homme ; 'kedoucha' est lorsque l'homme se laisse entraîner à la suite de la sainteté.
Comme il est écrit à ce sujet dans le saint Zohar, section Emor - vois-y dans le Raaya Mehemna.
בפסוק ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת. עיקר הגלות הפיזור שא"י להתאחד.
ותכלית הגאולה כשבאין אל האחדות וזה נגמר ביום השביעי עצרת כנופיא וזה עדות השירה שאמרו כולם בפה אחד דברים אחדים. וששת ימים הוא בחי' יצ"מ כדאיתא במד' יצ"מ קשה שהוא בחי' סור מרע לצאת משיעבוד הסט"א ויציאה זו יש לכל אחד בחי' אחרת כי המלחמה עם הסט"א יש לכל א' פחיתות והרהורים שונים.
ולכן הגופות מחולקין. אבל בשביעי הוא בחי' עשה טוב וקבלת מלכות שמים שזכו בקי"ס.
ואז נעשו אגודה אחת שהי' לכ"א רצון אחד לחלקינו שבשמים שמצד זה הנפשות קרובים ונק' עצרת. ועמ"ש בפ' שמות בפי' כל הנפש כו' הבאה מצרימה שבעים (נפש).
שבעת הירידה לגלות הי' להם נפש ורצון אחד. וכ' בשבעים נפש ירדו כו' ועתה שמך כו' ככוכבי השמים כו'.
פי' כמו שירדו בנפש ורצון אחד. כן אעפ"י שנתרבו להיות ככוכבי שמים מ"מ הי' להם נפש ורצון אחת:
Sur le verset 'Six jours tu mangeras des matsot et le septième jour, ce sera une réunion solennelle (atseret)' (Deutéronome 16,8). L'essence de l'exil est la dispersion, l'incapacité à s'unir ; et la finalité de la délivrance, c'est lorsqu'on parvient à l'unité.
Cela s'achève le septième jour, 'atseret', rassemblement. Tel est le témoignage du cantique (de la mer), que tous prononcèrent d'une seule bouche, des paroles unies.
Et les 'six jours' sont l'aspect de la sortie d'Égypte, comme il est dit dans le Midrach que la sortie d'Égypte fut difficile ; car elle est l'aspect de 'éloigné-toi du mal', sortir de l'asservissement au Sitra À'hra (l'Autre Côté), et cette sortie, chacun la vit sous un aspect différent, car dans la guerre contre le Sitra À'hra chacun à ses propres bassesses et pensées diverses. C'est pourquoi les corps sont séparés.
Mais au septième jour, c'est l'aspect de 'fais le bien' et de l'acceptation du joug du royaume des cieux, qu'ils méritèrent lors de l'ouverture de la mer (keriat yam souf). Alors ils devinrent un seul faisceau, car chacun eut une seule volonté pour 'notre part dans les cieux' ; de ce fait les âmes sont proches, et cela s'appelle 'atseret'.
Vois aussi ce que nous avons écrit dans la section Chemot, sur l'explication de 'toutes les âmes... venues en Égypte, soixante-dix (âmes)' (Exode 1,5) : au moment de la descente en exil, ils avaient une seule âme et une seule volonté. Il est écrit 'avec soixante-dix âmes ils descendirent... et maintenant Il t'à rendu... comme les étoiles du ciel...' (Deutéronome 10,22).
Explication : de même qu'ils descendirent avec une seule âme et une seule volonté, ainsi, bien qu'ils se soient multipliés pour être comme les étoiles du ciel, ils avaient néanmoins une seule âme et une seule volonté.
איתא בגמ' המבזה המועדות כעובד ע"ז דכ' א-להי מסכה לא תעשה כו' וסמך לי' חג המצות תשמור. דכ' דע את אלקי אביך ועבדהו.
ובמועדות הוא זמן. קבלת הדעת מכש"כ בזמן המקדש כשעלו לראות פני ה' קיבלו הדעת.
דכ' מראהו כלבנון. וכ' אתה הראת לדעת.
ולכן צריכין לשמוח במועדות שנזכה לקבל הדעת ולידע איך לעבוד את ה':
Il est dit dans la Guemara que celui qui méprise les fêtes est comme un idolâtre, car il est écrit 'Tu ne te feras pas de dieux de fonte...' et immédiatement après est accolé 'tu observeras la fête des matsot' (Exode 34,17-18). Car il est écrit 'Connais le Dieu de ton père et sers-Le', et les fêtes sont un temps de réception de la Daat (connaissance) - à plus forte raison au temps du Temple, lorsqu'ils montaient voir la face de ה', ils recevaient la Daat, car il est écrit 'son aspect est comme le Liban', et il est écrit 'Toi, il t'à été montre pour connaître' (Deutéronome 4,35).
C'est pourquoi il faut se réjouir dans les fêtes, afin de mériter de recevoir la Daat et de savoir comment servir ה'.
איתא לגוזר ים סוף לגזרים שנגזר לי"ב גזירים לכל שבט דרך אחר. ומאי נ"מ בזה.
רק להודיע שכל שבט כדאי לגזור הים בשבילו. ולא זו בלבד רק כל איש ישראל ראוי לקרוע הים בשבילו.
לכן כ' פוררת בעזך ים משמע לפירורין. לכל איש ישראל הי' חלק בקי"ס.
ובנ"י נתברכו כחול הים שיש לכל אחד חלק בשמים ובארץ ובים. לכן הם עדים על השי"ת שעשה השמים וארץ והים.
שהם כלל כל הבריאה:
Il est dit 'À Celui qui fendit la mer des Joncs en morceaux' (Psaumes 136,13), qu'elle fut fendue en douze parties, une voie distincte pour chaque tribu. Quelle importance pratique y a-t-il à cela ?
Seulement de faire savoir que chaque tribu méritait à elle seule que la mer fut fendue pour elle. Et non seulement cela, mais chaque homme d'Israël méritait que la mer se fende pour lui.
C'est pourquoi il est écrit 'Tu as brisé (porarta) par Ta force la mer' (Psaumes 74,13) - ce qui laisse entendre 'en miettes' (peroura) : chaque homme d'Israël eut une part dans l'ouverture de la mer (keriat yam souf). Et les enfants d'Israël furent bénis 'comme le sable de la mer', chacun ayant une part dans le ciel, dans la terre et dans la mer.
C'est pourquoi ils sont témoins du Saint béni soit-Il, qui fit le ciel, la terre et la mer, lesquels englobent toute la Création.