שפת אמת

Sefat Emet — Chemot - Vayakhel

Rabbi Yehouda Aryeh Leib Alter de Gour - enseignements sur la Torah
En bref

« Le peuple apporte plus qu'il ne faut » et « le peuple cessa d'apporter » (Chemot 36,5-6) : pourquoi la Torah s'étend-elle ainsi ? Selon le Sfat Emet, les justes et les sages craignirent que le don répandu plus que de raison ne fût plus pour le Nom du Ciel. Il rapporte au nom du Baal Chem Tov qu'au milieu on revient en songeant devant Qui l'on se tient, et cela même est la réparation. Du fait qu'ils se retinrent, ils réparèrent le surplus. Il a entendu de son grand-père que la générosité du désir a besoin d'une sandale, et que l'on annonce les chekalim et les kilayim afin que d'autres désirs ne se mêlent pas au désir du don.

Aussi : ceux qui avaient fauté au veau vinrent en plus des femmes, et la techouva ramène le désir de la faute au bien ; le service d'Israël ajoute de l'abondance, les prières à la place des temidin ; Moché rassemble par le Chabbat

תרל"ה

[תרל"ה] (5635)

ויקהל ופ' שקלים

Vayakhel et parachat Chekalim

בפסוק מרבים העם להביא כו' ויצו משה כו' ויכלא העם מהביא. יש להבין מה זה האריכות בתורה בענין זה.

ונראה כי ראו הצדיקים והחכמים כי נתפשט ההתנדבות יותר מהראוי. וחששו שלא יהי' עוד ברצון אמת לשם שמים.

כי הכל הולך אחר הרצון לש"ש. ואיתא כי יש בכל דבר בחי' רצוא ושוב פי' עפ"י מ"ש בשם הבעש"ט לראות שמכל עבודה יקבל יראה ובושה כי כשגומר כל מעשיו בא לידי גבהות.

אבל כשחוזר באמצע לאחוריו בחשבו לפני מי הוא עומד. זה עצמו תיקון המעשה כראוי.

ומרע"ה והחכמים שמרו מעשי בנ"י שלא להתערב בו פניות כנ"ל: ובס' אור החיים מדייק לשון הי' דים כו' והותר.

דסתרי אהדדי. והוא ז"ל תירץ שע"י שהיתרון הי' בנדיבות בנ"י.

שילם הקב"ה להם שכרם וכלל היתרון ג"כ במלאכת המשכן ע"ש דברי פח"ח. ולפי דרכנו פרשנו כי עי"ז שמנעו עצמם אח"כ מהריבוי כדכתיב ויכלא העם.

עי"ז תיקנו זאת היתרון שלא נתקלקל הנדבה ע"י התפשטות כנ"ל. ושמעתי מאא"ז מו"ר ז"ל פי' הפסוק מה יפו פעמיך בנעלים בת נדיב ופי' כי נדיבות הרצון צריך מנעל ושמירה שלא יתפשט הרצון והחשק לדברים אחרים כו'.

וזהו פי' המשנה משמיעין על השקלים ועל הכלאים שלא יתערבו רצונות אחרים לרצון הנדבה. וגם פי' כלאים כמו ויכלא העם כו' שהוא בחי' המניעה שיש ג"כ במצות הנדבה כנ"ל וז"ש העשיר לא ירבה כו':

Sur le verset 'le peuple apporte plus qu'il ne faut... et Moche ordonna... et le peuple cessa d'apporter' (Chemot 36,5-6). Il faut comprendre pourquoi la Torah s'étend ainsi sur ce sujet.

Il semble que les justes et les sages virent que le don spontané s'était répandu plus que de raison, et ils craignirent qu'il ne fut plus fait dans une intention véritable, pour le Nom du Ciel (lechem chamayim), car tout dépend de l'intention pour le Ciel. Et il est enseigné qu'il y a en toute chose l'aspect de 'aller et revenir' (ratso va-chov), selon ce qui est dit au nom du Baal Chem Tov : veiller à ce que de tout service on reçoive crainte et pudeur, car lorsqu'on achève toutes ses actions on en vient à l'orgueil ; mais lorsqu'au milieu on revient en arrière en songeant devant Qui l'on se tient, cela même est la réparation (tikoun) de l'action comme il convient.

Et Moche notre maître, que la paix soit sur lui, et les sages gardèrent les actions d'Israël afin qu'aucun intérêt extérieur ne s'y mêlât, comme dit. Et dans le Or ha-Haim il analyse précisément l'expression 'il y en avait assez... et de reste' (Chemot 36,7), qui se contredisent mutuellement.

Et lui, de mémoire bénie, répond que, parce que le surplus était dans la générosité d'Israël, le Saint béni soit-Il leur paya leur salaire et inclut aussi le surplus dans l'ouvrage du Michkan ; vois les paroles du Or ha-Haim. Et selon notre voie nous avons expliqué que, du fait qu'ils se retinrent ensuite de l'excès, comme il est écrit 'et le peuple cessa', par cela ils réparèrent ce surplus, afin que le don ne se corrompit pas par sa diffusion, comme dit.

Et j'ai entendu de mon grand-père, mon maître et enseignant de mémoire bénie, l'explication du verset 'Que tes pas sont beaux dans les sandales, fille de noble (bat nadiv)' (Chir ha-Chirim 7,2) : la générosité du désir à besoin d'une sandale et d'une garde, afin que le désir et l'envie ne se répandent pas vers d'autres choses. Et c'est l'explication de la Michna (Chekalim 1,1) : 'on annonce au sujet des chekalim et des kilayim (mélangés interdits)', afin que d'autres désirs ne se mêlent pas au désir du don.

Et l'on peut aussi expliquer kilayim comme 'et le peuple cessa (va-yikale)', ce qui est l'aspect de la retenue qui existe aussi dans la mitsva du don, comme dit ; et c'est ce qui est dit 'le riche n'augmentera pas...' (Chemot 30,15).

בשם אמו"ז ז"ל על פסוק ויבואו האנשים על הנשים עפ"י מאמר רז"ל במקום שבע"ת עומדים אין צדיקים גמורים יכולין לעמוד. וז"ש האנשים שחטאו בזהב העגל באו בחילא סגי על הנשים שלא חטאו כו'.

וזה פי' תשובה שע"י שלוקח לו דרך מרצון החטא איך לעשות רצון עליון כמאמר עשה רצונו כרצונך. נמצא מחזיר רצון החטא למוטב.

כי כל הרצונות אשר לא לה' המה נמצאים באדם רק כדי ללמוד דרך לעבודתו ית' ונמצא משיב הרצון למקומו. וזה המקום אין צדיקים גמורים יכולין לעמוד בו כי לא נמצא להם רצון עמוק כזה:

Au nom de mon grand-père et maître de mémoire bénie, sur le verset 'et les hommes vinrent en plus des femmes (al ha-nachim)' (Chemot 35,22), selon la parole de nos maîtres : 'À la place où se tiennent les baalei techouva (repentants), les justes accomplis ne peuvent se tenir' (Berakhot 34b). Et c'est ce que dit 'les hommes' : ceux qui avaient faute avec l'or du veau vinrent avec une grande force (be-heila sagui) 'en plus des femmes' qui n'avaient pas faute.

Et telle est l'explication de la techouva : par le fait qu'on prend, à partir du désir de la faute, la voie de comment accomplir la volonté suprême, selon la parole 'fais Sa volonté comme la tienne' (Avot 2,4), il se trouve qu'on ramène au bien le désir de la faute ; car tous les désirs qui ne sont pas pour le Nom ne se trouvent en l'homme que pour apprendre une voie vers Son service, béni soit-Il, et il se trouve qu'on rend le désir à sa place. Et en ce lieu les justes accomplis ne peuvent se tenir, car il ne se trouve pas chez eux un désir aussi profond.

עוד בשם מו"ז ז"ל ע"פ את קרבני לחמי לאשי ריח ניחוחי תשמרו כו'. ופי' כי הקב"ה נותן שפע לכל הבריאה כמאמר מחדש בטובו בכל יום מעשה בראשית.

אבל ע"י עבודת בנ"י מוסיפין השפעה מהקב"ה. ותוספות זה מרובה על העיקר.

והקב"ה מבקש מבנ"י שישמרו שההשפעה יהי' ע"י ריח ניחוח. ולא ע"י הטבע.

וז"ש לחמי לאשי מה שאני נותן שפע להנבראים תשמרו שיהי' ע"י ריח ניחוח כנ"ל. ושפתים ישק.

וע"ז נתקנו התפלות בכל יום במקום התמידין שממשיכין בנ"י השפע בכל יום ע"י הברכות וההודאות שמעידין שהכל מהקב"ה אשר מחדש בטובו בכל יום מעשה בראשית כנ"ל:

Encore au nom de mon grand-père et maître de mémoire bénie, sur 'Mon offrande, Mon pain pour Mes feux, odeur agréable pour Moi, vous garderez...' (Bamidbar 28,2). Il expliqué que le Saint béni soit-Il donne l'abondance (chefa) à toute la création, selon la parole 'Il renouvelle dans Sa bonté chaque jour l'œuvre de la Genèse' ; mais par le service d'Israël on ajoute de l'abondance du Saint béni soit-Il, et ce surplus est plus grand que le principal.

Et le Saint béni soit-Il demande à Israël de veiller à ce que l'abondance se fasse par 'odeur agréable' et non par la nature. Et c'est ce qui est dit 'Mon pain pour Mes feux' : ce que Je donne comme abondance aux créatures, veillez à ce que ce soit par odeur agréable, comme dit ; 'et il baise les lèvres' (Michle 24,26).

Et c'est pour cela que furent instituées les prières chaque jour à la place des sacrifices perpétuels (temidin), par lesquelles Israël fait descendre l'abondance chaque jour, au moyen des bénédictions et des remerciements qui témoignent que tout vient du Saint béni soit-Il, qui renouvelle dans Sa bonté chaque jour l'œuvre de la Genèse, comme dit.

תרל"ו

[תרל"ו] (5636)

ויקהל משה כו' אלה הדברים אשר צוה ה' לעשות כו' ששת ימים כו'. הקדים זה למשכן כי מלאכת המשכן הוא בכח הקהילה ואז נאמר ושכנתי בתוכם כמ"ש במדרש בתוכו לא נאמר אלא בתוכם ע"ש באלשיך תרומה.

וקהילה זו הוא ענין השבת. ובזה שהגיד להם השבת בזה הקהיל אותם.

גם נפרש אלה הדברים על הקהילה. שזה צוה ה' שיקהילו עצמם.

וכ"ז הוא ענין אחד שהוא התרוממות כלל ישראל שגורם השראת השכינה שקראוהו חז"ל כנסת ישראל:

'Moche rassembla... voici les choses que le Nom à ordonné de faire... six jours...' (Chemot 35,1). Il fait précéder cela du Michkan, car l'ouvrage du Michkan se fait par la force du rassemblement (kehila), et alors il est dit 'et Je résiderai au milieu d'eux' (Chemot 25,8), comme dit le Midrach : il n'est pas dit 'en lui' mais 'en eux' ; vois le Alchikh sur Terouma.

Et ce rassemblement est l'affaire du Chabbat. Et par le fait qu'il leur énonça le Chabbat, par cela il les rassembla.

On peut aussi expliquer 'voici les choses' au sujet du rassemblement : c'est cela que le Nom à ordonné, qu'ils se rassemblent eux-mêmes. Et tout cela est une seule affaire : l'élévation de la collectivité d'Israël qui provoque la résidence de la Chekhina, que nos maîtres ont appelée 'Assemblée d'Israël' (Knesset Israël).

ששת ימים תעשה מלאכה. כי כל הד' רוחות ולמעלה ולמטה הוא בחי' התאספות כל הכוחות והמדות להיות היכל לנקודה הפנימיות שהוא השבת.

והוא בנין המשכן ממש כמ"ש אי זה בית אשר תבנו לי כו':

'Six jours l'ouvrage sera fait' (Chemot 35,2). Car les quatre directions, plus le haut et le bas, sont l'aspect du rassemblement de toutes les forces et de toutes les mesures (midot) pour devenir un palais (heikhal) pour le point intérieur qui est le Chabbat.

Et c'est littéralement la construction du Michkan, comme il est dit 'Quelle est la maison que vous Me batiriez ?' (Yechaya 66,1).

קחו מאתכם תרומה פי' מכח השכינה ההולכת עמכם שנק' את שהוא כלל אותיות התורה מא' עד ת'. ונקודה זאת מסייעת לבני ישראל לכל החפץ בכל לב כמ"ש כל נדיב לבו בוודאי יביאה את תרומת ה' כנ"ל:

'Prenez de chez vous un prélèvement (terouma)' (Chemot 35,5) : c'est-à-dire par la force de la Chekhina qui marche avec vous, qui est appelée 'et' (le mot hébreu את), lequel englobe toutes les lettres de la Torah, du alef au tav. Et ce point aide les enfants d'Israël pour tout ce qu'ils désirent de tout cœur, comme il est dit 'quiconque a le cœur généreux' apportera certainement le prélèvement du Nom, comme dit.

בפסוק והמלאכה היתה דים כו' והותר. בס' אוה"ח מקשה כי והותר סתירה למאמר דים.

אכן בהקדים מ"ש מרבים העם להביא כו'. נראה כי הבינו החכמים עושי המלאכה כי הבאת התרומה הי' יותר מכפי נדבת הלב.

ולכן העביר מרע"ה שלא יוסיפו להביא עוד. כי הכל אחר נדבת הלב הוא בא וטוב מעט בכוונה כו'.

ולכן מול זאת הגיד לנו הכתוב שלא יעלה על הדעת כי לא הביאו בנדבת הלב הנדבה הצריכה. לכן נאמר והמלאכה כלומר מה שנק' מלאכה באמת היתה דים.

ונוכל לומר ג"כ פי' דים על המביאים כי הביאו בכל לבם ודי זכותם בזאת והותר מה שהיו מרבים להביא כנ"ל זה הי' המותר כנ"ל ובמ"א כתבנו באופן אחר קצת ע"ש:

Sur le verset 'et l'ouvrage était assez... et de reste' (Chemot 36,7). Dans le Or ha-Haim il objecte que 'et de reste' contredit l'expression 'assez'.

Toutefois, en faisant précéder ce qui est dit 'le peuple apporte trop...', il apparaît que les sages qui faisaient l'ouvrage comprirent que l'apport du prélèvement était plus grand que la mesure du don du cœur ; c'est pourquoi Moche notre maître fit proclamer qu'ils n'apportent plus, car tout dépend du don du cœur, et mieux vaut peu avec intention. Aussi, face à cela, l'Écriture nous énoncé, pour qu'il ne vienne pas à l'esprit qu'ils n'auraient pas apporté, par don du cœur, le don nécessaire : c'est pourquoi il est dit 'et l'ouvrage', c'est-à-dire ce qui s'appelle véritablement 'ouvrage' était assez.

Et l'on peut aussi appliquer l'explication de 'assez' aux donateurs : car ils apportèrent de tout leur cœur, et leur mérite en cela suffit ; et 'de reste' est ce qu'ils apportaient en trop, comme dit, tel était le surplus. Et ailleurs nous avons écrit d'une manière un peu différente ; vois-y.

תרל"ז

[תרל"ז] (5637)

ויקהל ופקודי

Vayakhel et Pekoude

ויקהל משה כי' ויאמר כו' אלה הדברים כו' לעשות אותם. לפי הפשוט קאי על מלאכת המשכן שנאמר אחר כך.

אמנם הקדים להם מצות השבת כי בזה הקהיל אותם כי באמת ע"י החטא בעגל ניטל מהם האחדות כמ"ש אלה כו' לתקן חטא של אלה א-להיך כו'. פי' שנפלו למקום הפירוד והריבוי וזה נתקן ע"י מלאכת המשכן שהוא התקרבות הנפרדים לקשר הכל בשורש האחדות ולכן במשכן הי' כל מיני ל"ט מלאכות שהוא שורש כל המעשים להחזירם אל מקור האחדות.

אך איך יכולין לבוא לזה הוא ע"י השבת שמצוה זו לא נאבד מהם ונתאחדו בשבת בשורש האחדות ולכן הקדים השבת. והוא ענין כלל ופרט.

ופרט צריך לכלל. וכלל לפרט.

ששבת הוא הכלל. ובימי המעשה הוא התבררות כל הפרטים ולבטלם להשבת.

ופ' פקודי הוא חשבון כל פרט ופרט ויקהל הוא התחברותם להכלל ע"י השבת כנ"ל. ובמדרש איש תבונות רב ברכות כו'.

שקשה לו למה נמנה כל פרט ופרט שהברכה שולט בדבר שאינו מנוי. רק ע"י אמונה שהוא התמשכות הפרטים לחברם בכלל האחדות אז אדרבא נתוסף ברכה מן הכלל להפרטים כנ"ל:

'Moche rassembla... et dit... voici les choses... pour les faire' (Chemot 35,1). Selon le sens simple, cela se rapporte à l'ouvrage du Michkan énoncé ensuite.

Toutefois il leur fit précéder la mitsva du Chabbat, car par elle il les rassembla ; car en vérité, par la faute du veau, l'unité leur avait été ôtée, comme il est dit 'eleh (voici)' pour réparer la faute de 'eleh elohekha (voici tes dieux)'. C'est-à-dire qu'ils étaient tombés au lieu de la séparation et de la multiplicité, et cela fut réparé par l'ouvrage du Michkan, qui est le rapprochement des éléments séparés pour tout lier à la racine de l'unité ; c'est pourquoi il y avait dans le Michkan toutes sortes de trente-neuf travaux (les 39 melakhot), qui sont la racine de toutes les actions, pour les ramener à la source de l'unité.

Mais comment peut-on parvenir à cela ? Par le Chabbat, car cette mitsva ne leur fut pas perdue, et ils s'unirent au Chabbat à la racine de l'unité ; c'est pourquoi il fit précéder le Chabbat.

Et c'est l'affaire du général (klal) et du particulier (perat) : le particulier à besoin du général, et le général du particulier ; car le Chabbat est le général, et durant les jours ouvrables se fait la clarification de tous les particuliers pour les annuler au Chabbat. Et la paracha Pekoude est le compte de chaque particulier, et Vayakhel est leur réunion au général par le Chabbat, comme dit.

Et dans le Midrach : 'un homme d'intelligence (ich tevounot) aux nombreuses bénédictions...' (Michle 28,20 ; Chemot Rabba 51,1). Il lui est difficile de comprendre pourquoi chaque particulier est compté, alors que la bénédiction domine sur ce qui n'est pas compte ; mais c'est seulement par la emouna (foi), qui est l'attraction des particuliers pour les joindre au général de l'unité, qu'alors au contraire une bénédiction supplémentaire vient du général vers les particuliers, comme dit.

בפסוק מרבים העם כו' איש ואשה אל יעשו עוד כו' ויכלא העם מהביא. ביאור הענין עפ"י דברי המדרש תנחומא וירא משה את כל המלאכה כו'.

מלאכת המשכן אין כתיב רק כל המלאכה הוא מעשה בראשית כו' ע"ש. וכלל הדברים שכל מלאכת המשכן הי' לתקן כל הבריאה.

וכמו דמצינו שם וירא ה' כו' כל אשר עשה כו' טוב מאוד כו' ויכלו כו' ויברך כו'. כמו כן המשכן שהוא קיום העולם הי' ע"י וירא משה והוטב בעיניו ויברך אותם כו'.

כדאיתא בזוה"ק בכמה דוכתי שהקב"ה ברא העולם בכח התורה. והצדיקים מקיימים העולם בכח התורה ע"ש.

וז"ש וירא משה שתיקנו כל המלאכה היינו כל הנבראים וכל העשי' ניתקן. וז"ש לעשות אותם כו' עשי' לשון תיקון כמ"ש וימהר לעשות אותו.

וכמו דמצינו שנתרחבו שמים וארץ עד שאמר הקב"ה לעולמו די. כמו כן התנדבו בנ"י עד שנאמר להם די.

וזהו פי' הכתוב והמלאכה היתה דים כו' ומקשין כיון בהותר אין זה לשון די והוא תרתי דסתרי. אמנם אינו קושיא כי כך הי' צריך להיות שיתנדבו במותר עד שיאמר להם די.

וזה עצמו גם כן בכלל המלאכה שנצרך להמשכן כמ"ש. ולהוסיף ביאור על הנ"ל דאיתא שהקב"ה הניח מלברוא גופים להרוחות בבין השמשות של שבת.

והלא גלוי וידוע לפניו ב"ה שיערב השמש בינתים. אמנם כך הי' רצונו ית' שלא להיות נשלם העוה"ז בשלימות.

וכמ"ש המהר"ל ז"ל שעולם הזה הוא בחסרון השלימות. וההשלמה ע"י המשכת כח הבורא ע"י תורה ומצות.

וזה ענין צדיקים מקיימין העולם. ומצד זה עצמו שולטין המזיקין בעולם ע"י חסרון השלימות.

ונחזור לדברינו שכמו כן התנדבו בנ"י ביותר. אך לא בא הכל לידי מעשה.

ויכלא כו' מהביא ע"י הפקודה אל יעשו עוד כנ"ל. ויכלא לשון בית הכלא שהיו נעצרים למלאות תאוותם ע"י גזירת המקום.

ושמעתי מאא"ז ז"ל על הפסוק העשיר לא ירבה כו'. כי ב' בחי' נדבות הי'.

להעשיר שיעצור עצמו ע"י רצון המקום. והעני שיתנדב יותר מכפי היכולת כו'.

וזה ענין אם רץ לבך שוב לאחור. כמ"ש והחיות רצוא ושוב שצריך האדם בכל מעשה לידע כי אין בכחו באמת להשלים רצון הבורא כראוי.

וע"י ההכנעה בסוף המעשה לבקש עזר מהשי"ת על ידי זה נשלם המעשה ונעשה דבר של קיימא. כמ"ש לאל גומר עלי שסוף השלימות הכל הוא רק בכח השי"ת:

Sur le verset 'le peuple apporte trop... qu'aucun homme ni femme ne fasse plus... et le peuple cessa d'apporter' (Chemot 36,5-6). L'explication de la chose selon les paroles du Midrach Tan'houma : 'Et Moche vit tout l'ouvrage...' ; il n'est pas écrit 'l'ouvrage du Michkan' mais 'tout l'ouvrage', qui est l'œuvre de la Genèse ; vois-y.

Et l'essentiel est que tout l'ouvrage du Michkan visait à réparer toute la création. Et de même que nous trouvons la 'Et le Nom vit tout ce qu'Il avait fait... très bon... et ils furent achevés... et Il bénit', de même le Michkan, qui est le maintien du monde, se fit par 'Et Moche vit', et cela fut bon à ses yeux, et il les bénit.

Comme il est enseigné dans le saint Zohar en plusieurs endroits, que le Saint béni soit-Il créa le monde par la force de la Torah, et les justes maintiennent le monde par la force de la Torah ; vois-y. Et c'est ce que dit 'Et Moche vit' : qu'ils avaient réparé tout l'ouvrage, c'est-à-dire toutes les créatures et toute l'action fut réparée.

Et c'est ce que dit 'pour les faire (laassot otam)' : 'faire' est un terme de réparation (tikoun), comme il est dit 'il se hâta de le faire'. Et de même que nous trouvons que les cieux et la terre s'étendirent jusqu'à ce que le Saint béni soit-Il dise à Son monde 'assez', de même Israël fit des dons jusqu'à ce qu'on leur dise 'assez'.

Et telle est l'explication du verset 'et l'ouvrage était assez... et de reste'. On objecte que, puisqu'il y a 'de reste', ce n'est pas un langage de 'assez', et ce sont deux choses qui se contredisent.

Mais ce n'est pas une difficulté, car il devait en être ainsi qu'ils donnent en surplus jusqu'à ce qu'on leur dise 'assez'. Et cela même fait aussi partie de l'ouvrage nécessaire au Michkan, comme il est dit.

Et pour ajouter une explication à ce qui précède : il est enseigné que le Saint béni soit-Il s'abstint de créer des corps pour les esprits au crépuscule (bein ha-chemachot) du Chabbat. Or n'était-il pas révélé et connu devant Lui, béni soit-Il, que le soleil se coucherait entre-temps ?

Mais telle était Sa volonté, béni soit-Il, que ce monde-ci ne soit pas achevé dans la perfection. Comme l'écrit le Maharal de mémoire bénie, que ce monde-ci est dans le manque de perfection, et l'achèvement se fait par l'attraction de la force du Créateur au moyen de la Torah et des mitsvot ; et c'est l'affaire des 'justes qui maintiennent le monde'.

Et de ce côté même, les forces nuisibles (mazikin) dominent dans le monde à cause du manque de perfection. Et revenons à nos propos : de même Israël fit des dons en surplus, mais tout ne parvint pas à l'acte ; 'et il cessa... d'apporter' par l'ordre 'qu'ils ne fassent plus', comme dit.

Et 'va-yikale' est un terme de 'maison de prison (beit ha-kele)', car ils étaient retenus d'assouvir leur désir par le décret de l'Omniprésent (ha-Makom). Et j'ai entendu de mon grand-père de mémoire bénie sur le verset 'le riche n'augmentera pas...' (Chemot 30,15) : qu'il y avait deux aspects de dons, celui du riche, qui se retient par la volonté de l'Omniprésent, et celui du pauvre, qui donne plus que sa capacité.

Et c'est l'affaire de 'si ton cœur court, reviens en arrière' (Sefer Yetsira 1,8), comme il est dit 'et les Hayot allaient et venaient (ratso va-chov)' (Ye'hezkel 1,14) : l'homme doit, en toute action, savoir qu'il n'est pas vraiment en son pouvoir d'accomplir comme il convient la volonté du Créateur ; et par la soumission à la fin de l'action, en demandant l'aide de Dieu béni soit-Il, par cela l'action s'achève et devient chose durable, comme il est dit 'à Dieu qui achève pour moi' (Tehilim 57,3) : la fin de toute perfection n'est que par la force de Dieu béni soit-Il.

תרל"ח

[תרל"ח] (5638)

במדרש ארפא משובתם אוהבם נדבה כו' אם יתן איש כו' כל הון ביתו כו' ע"ש. שע"י נדבת המשכן נתקנו בנ"י מחטא העגל.

והטעם שע"י הנדבה נתדבקו במקור נפשם הטובה שנק' בת נדיב. שהנדיבו' נמצא בשורש נפשות בני ישראל בירושה מאבות.

אבל אוה"ע אם יתן כו' הון ביתו אינו באמיתות נדבת הלב. וחסד לאומים חטאת.

רק בנ"י נק' נדיבים במקור נפשותיהם כנ"ל:

Dans le Midrach : 'Je guérirai leur égarement, Je les aimerai de bon gré (nedava)' (Hochea 14,5)... 'si un homme donnait toute la fortune de sa maison...' (Chir ha-Chirim 8,7) ; vois-y. Que par le don du Michkan, Israël fut réparé de la faute du veau.

Et la raison en est que par le don ils s'attachèrent à la source de leur âme bonne, appelée 'fille de noble (bat nadiv)', car la générosité se trouve à la racine des âmes d'Israël, en héritage des pères. Mais les nations du monde, même si l'une donnait toute la fortune de sa maison, ce n'est pas dans la vérité du don du cœur, et 'la bonté des nations est faute' (Michle 14,34) ; seuls les enfants d'Israël sont appelés généreux à la source de leurs âmes, comme dit.

תרל"ט

[תרל"ט] (5639)

מפ' ויקהל פקודי נשכח ממני רק המעט אשר נזכרתי

De la paracha Vayakhel-Pekoude, j'ai oublié ; il ne reste que le peu dont je me suis souvenu.

בפרשת ויקהל כו' אלה הדברים אשר צוה ה' לעשות. אם כי השבת הוא השביתה ממלאכה.

אעפ"כ הוא תיקון העשיה. כי ביטולו של דבר זה קיומו.

ע"י שהמעשים מתבטלים בבוא יום השבת. עי"ז הוא דבר של קיימא.

וז"ש רש"י שיהי' כאלו כל מלאכתך עשוי' כו'. שבאמת נעשה ונתקן ע"י השבת כל מה שנחסר ע"י מניעת המלאכה בשבת ויכולה שתרחם.

והנה פ' ויקהל פקודי הם כלל ופרט. כי ויקהל הוא הכלל והוא עצמו בחי' השבת דמתאחדין ברזא דאחד.

וזה עצמו בכלל אלה הדברים אשר צוה. פי' הקהילה שהזכיר מקודם שהוא בחי' השבת כנ"ל.

ופקודי הוא הפרט כי כלל צריך לפרט ופרט לכלל:

Dans la paracha Vayakhel... 'voici les choses que le Nom à ordonné de faire' (Chemot 35,1). Bien que le Chabbat soit la cessation de l'ouvrage, il est néanmoins la réparation du faire, car l'annulation d'une chose est son maintien : du fait que les actions s'annulent à la venue du jour du Chabbat, par cela elle devient chose durable.

Et c'est ce que dit Rachi : 'qu'il soit comme si tout ton ouvrage était fait' (Chemot 20,9) ; car en vérité se fait et se répare par le Chabbat tout ce qui a manque par l'abstention de l'ouvrage durant le Chabbat, et elle peut faire miséricorde. Et voici, les parachot Vayakhel et Pekoude sont général et particulier : car Vayakhel est le général, et il est lui-même l'aspect du Chabbat, où l'on s'unit dans le secret de l'Un (be-raza de-ehad).

Et cela même est compris dans 'voici les choses qu'Il à ordonné', c'est-à-dire le rassemblement mentionné d'abord, qui est l'aspect du Chabbat, comme dit. Et Pekoude est le particulier, car le général à besoin du particulier et le particulier du général.

תר"מ

[תר"מ] (5640)

ויק"פ בקיצור גדול

Vayakhel-Pekoude, en très grand abrégé

בפסוק והמלאכה היתה דים לכל המלאכה כו'. דאיתא במד' המשכן מכוון למעשה בראשית כתיב הכא ותכל וכ' התם ויכלו כו'.

והענין הוא שהמשכן הי' לתקן בחי' העשיה שמקודם היו בנ"י מתוקנים לגמרי למעלה מהטבע כדכתיב חירות כו'. ואח"כ ע"י החטא הי' צריכין לתקן המעשים במה שנתנו תרומה נדיב לבו כו' פי' נקודה אחת הטמונה בנפש ישראל וע"י זו התרומה נתקן הכל.

וזה שאמר כי מלאכת המשכן הי' די לתקן כל מלאכת שמים וארץ וזה לכל המלאכה הידועה. לעשות לשון תיקון כו'.

והותר הוא כי ממילא כשנתקן הטבע בכל השלימות חל עליו שם שמים ושורה בו ברכה מהשורש שלמעלה מהטבע. והוא סוד נשמה יתירה בשבת שמתעלה כל הבריאה ונעשה תיקון א' חל עליו ברכה כמ"ש במ"א באורך במאמר הוסיף ה' בששי כו'.

וכתיב ויבואו כל החכמים כו' מרבים העם להביא כו'. וקשה מה בכך שמרבין.

אך עפ"י דברי הטו"ז באו"ח בביאור אחד המרבה ואחד הממעיט כו' שיכוין לש"ש כו' וביאור הט"ז שיהי' המיעוט לשם שמים. שיודע שהמעט יהי' בכוונה יותר.

אז הממעיט טוב ע"ש. ואותן חכמי לב הרגישו כי מוסיפין יותר מאמיתות נדבת לבם.

והרי הביאו נדבתם למרע"ה. ומאין ידעו החכמים מהוספה זאת.

רק מרוח קדשם הבינו במעשה המלאכה ריבוי זאת. ובזה התוספות לא נעשה דבר דכתי' והותר.

והענין הוא שזה הי' להיות קצת אחיזה ותיקון לכל האומות. ורמזו במד' במותר נעשה משכן לעדות.

דאיתא עדות הוא לבאי עולם כו'. ובמד' המשל שהריח היוצא מהיכל המלך מרגישין כולם שנתרצה ע"ש.

והפי' שבנ"י תקנו העשי' באופן שיצא הריח גם לחוץ שיוכלו כל הברואים להתקרב עי"ז. וזה הפי' א' עם מ"ש מקודם.

כמ"ש במ"א ענין עומק רום ותחת. כי כפי תיקון השלימות עד שמקרבין גם מקומות השפלים כמו כן נמשך הארה ממה שלמעלה.

ולכן ע"י שהי' נתקן עד שהרגישו גם האומות זה סימן לכל השלימות ואז חל עליו ברכה מלמעלה. והבן:

Sur le verset 'et l'ouvrage était assez pour tout l'ouvrage... et de reste' (Chemot 36,7). Il est enseigné dans le Midrach que le Michkan correspond à l'œuvre de la Genèse : il est écrit ici 'va-tekhel (et fut achevé)' et la 'va-yekhoulou (et furent achevés)'.

Et la chose est que le Michkan servait à réparer l'aspect du faire (assiya) : auparavant Israël était parfaitement réparé, au-dessus de la nature, comme il est écrit 'liberté (herout)...' ; puis, par la faute, ils eurent besoin de réparer les actions par le fait qu'ils donnèrent un prélèvement, 'celui dont le cœur est généreux...', c'est-à-dire un point unique enfoui dans l'âme d'Israël, et par ce prélèvement tout fut réparé. Et c'est ce qu'il dit : que l'ouvrage du Michkan suffisait à réparer tout l'ouvrage des cieux et de la terre, et cela est 'pour tout l'ouvrage' connu. 'Faire (laassot)' est un terme de réparation.

Et 'de reste (ve-hotar)' : car de soi-même, lorsque la nature est réparée dans toute sa perfection, le Nom du Ciel se pose sur elle et une bénédiction y réside, provenant de la racine au-dessus de la nature. Et c'est le secret de l'âme supplémentaire (nechama yetera) du Chabbat, où toute la création s'élève et, une fois une réparation accomplie, une bénédiction se pose sur elle, comme nous l'avons écrit ailleurs longuement dans l'enseignement 'le Nom ajouta au sixième (jour)...'.

Et il est écrit 'et tous les sages vinrent... le peuple apporte trop...'. Et il est difficile : qu'importe qu'ils apportent trop ?

Mais selon les paroles du Taz dans Orah Haim, dans l'explication de 'l'un qui augmente et l'un qui diminue... pourvu qu'il oriente son cœur vers le Ciel', et l'explication du Taz est que la diminution soit pour le Nom du Ciel : lorsqu'on sait que le peu sera fait avec plus d'intention, alors 'celui qui diminue' est bon ; vois-y. Et ces sages de cœur sentirent qu'ils ajoutaient plus que la vérité du don de leur cœur ; or ils avaient déjà apporte leur don à Moche notre maître, et d'où les sages connurent-ils cet ajout ?

C'est seulement par leur esprit saint qu'ils comprirent, dans l'ouvrage, cet excès. Et par cet ajout rien ne fut fait, comme il est écrit 'et de reste'.

Et la chose est que cela devait être une petite prise et réparation pour toutes les nations. Ils y ont fait allusion dans le Midrach : du reste fut fait le 'Michkan du témoignage', car il est enseigné que le témoignage est pour tous les venus au monde.

Et dans le Midrach, la parabole selon laquelle l'odeur qui sort du palais du roi fait sentir à tous qu'il s'est apaisé ; vois-y. Et l'explication est qu'Israël répara le faire de telle sorte que l'odeur sortit aussi au dehors, afin que toutes les créatures puissent se rapprocher par cela.

Et cette explication ne fait qu'une avec ce qui a été dit précédemment, comme nous l'avons écrit ailleurs au sujet de la profondeur du haut et du bas : car selon la réparation de la perfection, jusqu'à rapprocher même les lieux inférieurs, de même se prolonge un rayonnement de ce qui est en haut. C'est pourquoi, du fait que ce fut réparé au point que même les nations le sentirent, c'est un signe de toute la perfection, et alors une bénédiction se posa sur elle d'en haut.

Comprends.

מרבים העם י"ל שקאי על הערב רב שנק' העם ולכן לא נעשה מזה דבר. אכן באמת זה הי' בכח רוב השתוקקות שהי' לבנ"י עד שהריחו העם ובאו ג"כ להתנדב.

וזה עצמו ענין והותר שכתבנו לעיל והבן:

'Le peuple apporte trop' : on peut dire que cela se rapporte au erev rav (multitude mélangée) qui est appelé 'le peuple', et c'est pourquoi rien n'en fut fait. Mais en vérité cela vint par la force du grand désir qu'avait Israël, au point que 'le peuple' le sentit et vint lui aussi faire des dons.

Et cela même est l'affaire de 'et de reste' que nous avons écrite plus haut. Comprends.

בפסוק נדבה בבוקר בבוקר. כי העיק לתת נדבה ברצון הלב ראשית לכל הרצונות שיש בכל יום רצון חדש לכל נפש ישראל.

וחז"ל רמזו על המן שירד להם בבוקר והוא כנ"ל דכתיב ומשביע לכל חי רצון והוא רוחניות המזון כמו שהי' במן ודו"ק היטב:

Sur le verset 'des dons, matin après matin' (Chemot 36,3). Car l'essentiel est de donner un don par la volonté du cœur, prémice de tous les désirs, car il y a chaque jour un désir nouveau pour chaque âme d'Israël.

Et nos maîtres ont fait allusion à la manne qui descendait pour eux le matin, ce qui est comme ci-dessus, car il est écrit 'Tu rassasiés tout vivant selon son désir (ratson)' (Tehilim 145,16) : c'est la spiritualité de la nourriture, telle qu'elle était dans la manne. Étudie-le bien.

תרמ"א

[תרמ"א] (5641)

En bref

« Le peuple apporte trop » (Chemot 36,5) : les Sages ont compris que l'abondance des dons n'était pas parfaite, car la volonté et la connaissance dépassent toujours ce qui se réalise dans l'acte. Pour le Michkan, on n'accepta que le don ajusté en toute perfection. Le Sfat Emet explique que celui qui donne beaucoup doit veiller à ce que l'abondance soit au Nom du Ciel ; les Sages qui œuvraient prolongeaient leur sagesse à l'intérieur de l'acte. C'est le sens de « concevoir des pensées pour faire » : que l'acte ne soit pas séparé de la pensée et de la connaissance.

Aussi : les princes négligents et l'empressement qui fait devancer son degré ; le don du Michkan qui dépose toute la volonté du cœur ; Moché rassemblant après Yom Kippour, la joie des dons et la Che'hina

בפ' מרבים העם. כתבתי כבר במ"א כי הבינו החכמים שלא הי' הריבוי בשלימות כי בוודאי לעולם הרצון והדעת מרובה על המתקיים במעשה ובפועל.

ולמשכן לא קיבלו רק הנדבה הנתקנת בכל השלימות. ואיתא אחד המרבה והממעיט ובלבד שיכוין לבו לשמים.

ויתכן לפרש על המרבה כי הריבוי צריך שמירה שיהי' לשם שמים כראוי. וע' בטור או"ח סי' א' שנראה ג"כ שהבין כך.

ואותן החכמים העושין הי' חכמה שלהם נמשך בתוך המעשה לא חכמה בלבד. כמ"ש מעין זה בס' קול שמחה על המדרש בהמה כתיב ע"ש.

וז"ש לחשוב מחשבות לעשות כו' שלא יהי' נפרד המעשה מן המחשבה והדעת כנ"ל:

Sur le verset "le peuple apporte trop" (Chemot 36,5). J'ai déjà écrit ailleurs que les Sages ont compris que l'abondance [des dons] n'était pas parfaite, car en vérité la volonté et la connaissance dépassent toujours ce qui se réalise dans l'acte et en fait.

Et pour le Michkan (Tabernacle), on n'accepta que le don ajuste en toute perfection. Et il est enseigné : "celui qui donne beaucoup et celui qui donne peu [sont égaux], pourvu qu'il oriente son cœur vers le Ciel" (Berakhot 5b ; Choulhan Aroukh, Orah Haim 1,3).

On peut l'expliquer à propos de celui qui donne beaucoup : car l'abondance exige une vigilance, pour qu'elle soit au Nom du Ciel comme il convient. Vois le Tour, Orah Haim, chapitre 1, où il semble qu'il l'à compris ainsi lui aussi.

Et ces Sages qui œuvraient, leur sagesse se prolongeait à l'intérieur de l'acte, et non une sagesse seule. Comme il est écrit dans ce sens dans le livre Kol Simha sur le Midrach "behema (bête) est écrit", vois la.

Et c'est le sens de "concevoir des pensées pour faire" etc. (Chemot 35,35) : que l'acte ne soit pas séparé de la pensée et de la connaissance, comme dit plus haut.

תרמ"ב

[תרמ"ב] (5642)

בפסוק והנשאים הביאו חסר י' ע"י שנתעצלו כו' ע"ש ברש"י ובמד'. והענין להראות כי ביותר צריך מי שהוא במעלה יתירה להחזיק במדת הזריזות כי זריזות מביא לידי חסידות.

לכן בתחלת העבודה יש לכל א' הזריזות. אבל בהתרוממות האדם נופל מהזריזות וזה פחיתות גדול.

לכן יכול הפחות ממנו במדריגה להקדים אותו בכח הזריזות כמ"ש חזית איש מהיר כו' לפני מלכים יתיצב. לפני ממש.

כי הוא מקדים. כמ"ש זריזין מקדימין למצות.

הוא כנ"ל. שע"י הזריזות מקדים למעלה ממדריגתו:

Sur le verset "et les princes (nessi'im) apportèrent" (Chemot 35,27), il manque un youd [dans le mot], parce qu'ils furent négligents etc. ; vois Rachi et le Midrach. Le propos est de montrer que celui qui est à un degré supérieur doit d'autant plus s'attacher à la mesure de l'empressement (zerizout), car l'empressement mène à la piété (hassidout).

Aussi, au début du service, chacun possède l'empressement ; mais lorsque l'homme s'élève, il retombe de l'empressement, et c'est une grande déficience. C'est pourquoi celui qui lui est inférieur en degré peut le devancer par la force de l'empressement, comme il est écrit "Vois-tu un homme diligent en son ouvrage ? il se tiendra devant les rois" (Michle 22,29) : "devant" au sens propre, car il devancé, comme il est dit "les empressés devancent [le temps] pour les mitsvot" (Pessahim 4à).

C'est comme dit plus haut : par l'empressement il devancé [et atteint] au-dessus de son degré.

בפסוק כל נדיב לבו יביאה את תרומת ה'. פי' להביא עם כל הנדיבות שבו.

להניח כל הרצון שבלב בזאת הנדבה. וגם הפי' שע"י נדבה זאת ביאו את כל נדבות לבם כי נדבת המשכן היה תיקון לכל הרצונות.

שבאמצעיות זאת הנדבה יביאו את כל נדבות לבם כנ"ל:

Sur le verset "quiconque a le cœur généreux l'apportera, le prélèvement (terouma) de h'" (Chemot 35,5). Explication : apporter avec toute la générosité qui est en lui, déposer toute la volonté du cœur dans ce don.

Et aussi cette explication : que par ce don ils apportent tous les dons de leur cœur, car le don du Michkan était une réparation pour toutes les volontés, de sorte que par l'intermédiaire de ce don ils apportent tous les dons de leur cœur, comme dit plus haut.

תרמ"ג

[תרמ"ג] (5643)

ויקהל משה כו'. למחרת יוה"כ כשירד מן ההר כמ"ש רש"י ז"ל.

כי בנ"י היו מתאבלים ועתה שחזרו בתשובה נתן להם הקב"ה ברחמיו מצות נדבת המשכן לשמחם. כי הנדבה בשמחה גדולה הביאו.

ואיתא כל המצות שקבלו עליהם בשמחה עדיין עושין בשמחה. לכן אחר שהתחילו מחדש לקבל עול תורה ומצות בשמחה נשאר קבוע לעולם.

ויתכן לומר שעל ידי שהתנדבו בשמחה זכו לדורות ליתן להם ימי שמחה בסוכות. אחר יוה"כ שבנ"י המה בעלי תשובות ניתן להם שמחה בעבודת ימי החג כמ"ש ולקחתם לכם כו' ושמחתם לפני ה' כי מלאכת המשכן והסוכה הוא ענין אחד.

ועיקר הכל ע"י השמחה שבעל תשובה שמח בהתקרבותו אליו ית' זוכה להשראת השכינה:

"Et Moche rassembla [la communauté]" etc. (Chemot 35,1).

Le lendemain de Yom Kippour, lorsqu'il descendit de la montagne, comme l'écrit Rachi de mémoire bénie. Car les enfants d'Israël étaient en deuil, et maintenant qu'ils étaient revenus par le repentir, le Saint béni soit-Il, dans Sa miséricorde, leur donna la mitsva du don du Michkan pour les réjouir ; car ils apportèrent le don dans une grande joie.

Et il est enseigné : toutes les mitsvot qu'ils ont reçues avec joie, ils les accomplissent encore avec joie (Chabbat 130à). C'est pourquoi, après avoir recommence à accepter le joug de la Torah et des mitsvot avec joie, cela demeura fixe pour toujours.

Et l'on peut dire que, du fait qu'ils firent leurs dons avec joie, ils méritèrent pour les générations qu'on leur donne des jours de joie à Souccot. Après Yom Kippour, où les enfants d'Israël sont des baalei techouva (repentants), on leur donne la joie dans le service des jours de la fête, comme il est écrit "et vous prendrez pour vous etc. et vous vous réjouirez devant h'" (Vayikra 23,40), car l'œuvre du Michkan et celle de la Souccah sont une seule et même chose.

Et l'essentiel de tout est par la joie : le baal techouva qui se réjouit de son rapprochement de Lui, béni soit-Il, mérite la résidence de la Chekhina (Présence divine).

במדרש ראו קרא ה' בשם בצלאל כו' ואל מי תדמיוני ואשוה א"כ יאמר קדוש שאו מרום עיניכם כו' מ"ב אלה בזכות אלה שמות בנ"י אלה החקים כו' לפעמים בשם יקרא ולפעמים שמות כו' ע"ש כל הענין. כי הנה השגת השי"ת מצד העצם אינו באפשרות רק ע"י הנהגתו ית' את העולם להביט פועל ה' כמ"ש שאו מרום עיניכם כו' מי ברא אלה שהוא אחר הצמצום של ההסתר ואחדות הנעלם בהתפשטות הנגלה ונקרא אלה.

וע"ז נבראו בנ"י. עם זו יצרתי לי.

לברר מלכותו ית' ולקשר עולם בעולם. הפרטים בהכלל.

שהבריאה ע"י עבודת בני ישראל יש לה דביקות והתקשרות. כולם בבנ"י.

ובנ"י בהתורה. והתורה בהקב"ה.

ונשמות בנ"י נקראו קודש כמ"ש קדש ישראל לה' כו'. אבל נשתלחו בעוה"ז להעלות כל הברואים.

וזהו הרמז שכ' מה טעם פתח בבראשית בשביל כח מעשיו הגיד לעמו כו'. וכבר כתבתי בזה פעמים רבות.

ובעת קבלת התורה נתקדשו בנ"י ועלו למקומם האמיתי. קדש לה'.

אכן אחר החטא שנאמר אכן כאדם תמותון הוצרך לחזור להיות התיקון בבחי' מעשה בראשית. וזה ענין המשכן שמכוון נגד מעשה בראשית כמ"ש במדרשים.

וז"ש ויקהל משה כלפי מ"ש מקודם כי פרוע הוא שניטל מהם האחדות שהי' להם מקודם. וכתבנו במ"א שיש אחדות הבא מקיבוץ הפרטים ע"ש בענין עם אחד מפוזר ומפורד שזה כחן של בנ"י בגלות.

אבל מקודם הי' ממש אחדות גמור כמו למעלה. ובעולמות תחתונים נמצא אחדות לעתים כמ"ש פעמים שמות ופעמי' בשם.

דהיינו כשיש התגלות שמו ית'. ומעין זה נמצא בלבות בנ"י שאין לך אדם שאין לו שעה שמתעורר בו רצון ופתיחת הלב להשי"ת.

אבל קודם החטא היו דבוקין תמיד בהאחדות. ואח"כ הי' האחדות ע"י הי"ג פרטים שהתנדבו.

שקיבוץ הי"ג עולה ג"כ אח"ד. לכן כתיב לפעמים ויעשו ולפעמים ויעש.

וז"ש מרע"ה ראו קרא בשם שהראה להם כי גם עתה נמצא בהם האחדות כשמעוררין את לבם להשי"ת:

Dans le Midrach : "Voyez, h' à appelé par le nom Betsalel" etc. ; "et à qui Me comparerez-vous, que Je Lui sois égal ? dit le Saint ; levez vos yeux en haut" etc. (Yechaya 40,25-26).

Quarante-deux [Noms] : ceux-ci en mérite de ceux-là ; "les noms des enfants d'Israël", "ces statuts" etc. ; parfois Il appelle par "le Nom" et parfois par "les noms" etc., vois la toute la chose. Car voici : saisir le Nom, béni soit-Il, du côté de Son essence n'est pas possible, sinon par Sa conduite du monde, en contemplant l'œuvre de h', comme il est écrit "levez vos yeux en haut etc., qui a créé ceux-ci (mi bara ele)", ce qui est après le tsimtsoum (contraction) de l'occultation, l'unité du caché dans le déploiement du révélé, et cela s'appelle "ele (ceux-ci)".

Et pour cela furent créés les enfants d'Israël : "ce peuple, Je l'ai forme pour Moi" (Yechaya 43,21), pour clarifier Sa royauté, béni soit-Il, et pour relier monde à monde, les détails dans le général ; car la création, par le service des enfants d'Israël, possède attachement et liaison. Tous [sont inclus] dans les enfants d'Israël, et les enfants d'Israël dans la Torah, et la Torah dans le Saint béni soit-Il.

Et les âmes des enfants d'Israël sont appelées "sainteté", comme il est écrit "Israël est saint pour h'" etc. (Yirmeya 2,3).

Mais ils furent envoyés en ce monde pour élever toutes les créatures. Et c'est l'allusion de ce qui est écrit : pourquoi [la Torah] à-t-elle ouvert par Berechit ?

"la force de Ses œuvres Il à dit à Son peuple" etc. (Tehilim 111,6 ; Rachi, Berechit 1,1).

J'ai déjà écrit cela bien des fois. Et au moment du don de la Torah, les enfants d'Israël se sanctifièrent et montèrent à leur véritable place, "saint pour h'".

Or, après la faute, dont il est dit "en vérité vous mourrez comme un homme (adam)" (Tehilim 82,7), il fallut que la réparation redevienne dans l'aspect de l'œuvre de la Création (maasse berechit). Et c'est le sens du Michkan, qui correspond à l'œuvre de la Création, comme il est dit dans les Midrachim.

Et c'est le sens de "et Moche rassembla", par opposition à ce qui a été dit auparavant "car il est débridé (paroua)" (Chemot 32,25), c'est-à-dire que leur fut retirée l'unité qu'ils avaient auparavant. Et nous avons écrit ailleurs qu'il existe une unité qui vient du rassemblement des détails, vois la, à propos de "un seul peuple dispersé et sépare" (Esther 3,8), qui est la force des enfants d'Israël en exil.

Mais auparavant c'était vraiment une unité complète comme en haut. Et dans les mondes inférieurs on trouve l'unité par moments, comme il est dit "parfois les noms et parfois le Nom", c'est-à-dire lorsqu'il y a révélation de Son Nom, béni soit-Il.

Et un reflet de cela se trouve dans les cœurs des enfants d'Israël, car il n'est personne qui n'ait son heure où s'éveille en lui un désir et une ouverture du cœur vers le Nom, béni soit-Il. Mais avant la faute ils étaient toujours attachés à l'unité.

Et ensuite l'unité se fit par les treize détails (peratim) qui firent des dons, car le rassemblement de treize équivaut aussi à אחד (ehad, "un", dont la valeur numérique est 13). C'est pourquoi il est écrit tantôt "et ils firent (vayaassou)" et tantôt "et il fit (vayaas)".

Et c'est ce que dit notre maître Moche : "Voyez, Il à appelé par le nom", car il leur montra que même maintenant se trouve en eux l'unité lorsqu'ils éveillent leur cœur vers le Nom, béni soit-Il.

בזוה"ק בפ' וכל חכם לב כו' יבואו ויעשו. דאית פולחנא דעובדא ופולחנא דרוחא עבדי אתה כו' אשר בך אתפאר ע"ש.

כי בוודאי לא הי' חכמת עושי המשכן באומנות ידים בלבד. כדכתיב כמה פעמים חכמי לב.

ועיקר הי' הפנימיות כמ"ש לחשוב מחשבות לעשות. להעלות המעשה להמחשבה.

וז"ש עבדי אתה הוא בעובדא. אשר בך אתפאר הוא ברוחא ובמחשבה כדכ' בך.

וז"ש חכם לב בכם יבואו ויעשו שיהי' העבודה מלבר ומלגאו. גם ע"י שהעבודה במעשה הי' כראוי לשמו ית' לכן נתקיים אחר כך אשר בך אתפאר.

וזכו במעשיהם שישרה השכינה במעשה ידיהם. וכן הוא בכל עבודת ימי המעשה מתקיים בש"ק אשר בך אתפאר.

לכן צריכין לקשט המעשים בימי המעשה לזכור ביום השבת כענין המשל שכתוב במדרשים. מה שאתה יכול לקבוע אבנים טובות קבע שעתידה ליתן בראשה של מלך.

והעיקר הוא ההכנה בעוה"ז לעוה"ב שכולו שבת שאז יתקיים אשר בך אתפאר. ובש"ק יש מעין זה:

Dans le saint Zohar, sur la section "et tout homme au cœur sage" etc. (Chemot 35,10) : "qu'ils viennent et fassent", car il existe un service de l'acte (poulhana de-ovada) et un service de l'esprit (poulhana de-rouha) ; "tu es Mon serviteur etc., par toi Je me glorifie" (Yechaya 49,3), vois la.

Car assurément la sagesse de ceux qui firent le Michkan n'était pas seulement dans l'artisanat des mains, comme il est écrit plusieurs fois "les sages de cœur" ; l'essentiel était l'intériorité, comme il est dit "concevoir des pensées pour faire" (Chemot 35,32), élever l'acte vers la pensée. Et c'est le sens de "tu es Mon serviteur" : cela concerne l'acte (be-ovada) ; "par toi Je me glorifie" : cela concerne l'esprit et la pensée, comme il est écrit "par toi (bekha)".

Et c'est le sens de "l'homme au cœur sage parmi vous, qu'ils viennent et fassent" : afin que le service soit de l'extérieur et de l'intérieur. De plus, du fait que le service dans l'acte fut accompli comme il convient pour Son Nom, béni soit-Il, se réalisa ensuite "par toi Je me glorifie" : ils méritèrent, par leurs actes, que la Chekhina réside dans l'œuvre de leurs mains.

Et il en est de même dans tout le service des jours ouvrables : il se réalise au saint Chabbat "par toi Je me glorifie". C'est pourquoi il faut parer les actes durant les jours ouvrables pour s'en souvenir au jour du Chabbat, comme la parabole écrite dans les Midrachim : ce que tu peux sertir de pierres précieuses, sertis-le, car elle est destinée à être placée sur la tête du roi.

Et l'essentiel est la préparation en ce monde pour le monde à venir, qui est tout entier Chabbat, où alors se réalisera "par toi Je me glorifie". Et au saint Chabbat il y a un reflet de cela.

חכם לב בכם. מכם הול"ל.

רק כמו שהמתנדבים צריך למסור לציבור יפה יפה. כן החכמים מסרו חכמתם לצבור כדמצינו שלא באו מעצמם עד שקרא להם מרע"ה.

כי לא תלאו חכמתם בעצמותם. ויתכן לומר עפ"י רמז המשנה איזהו חכם הלומד מכל אדם.

וכאן כתיב ואמלא אותו כו'. פי' שקיבוץ כל החכמות שבלבות בנ"י נמסרו לבצלאל וחביריו.

ונק' ממש חכם לב בכם. ולכן כתיב ראו קרא בשם שהי' כלל ואחדות של כל לבות בנ"י:

"L'homme au cœur sage parmi vous (bakhem)" : il aurait fallu dire "d'entre vous (mikkem)". Mais de même que ceux qui font des dons doivent bel et bien les remettre au public, ainsi les sages remirent leur sagesse au public, comme nous trouvons qu'ils ne vinrent pas d'eux-mêmes jusqu'à ce que notre maître Moche les appelle : car ils ne suspendirent pas leur sagesse à leur propre personne.

Et l'on peut le dire d'après l'allusion de la Michna : "Qui est sage ? celui qui apprend de tout homme" (Avot 4,1). Et ici il est écrit "et Je l'ai rempli" etc.

(Chemot 31,3). L'explication : le rassemblement de toutes les sagesses qui sont dans les cœurs des enfants d'Israël fut remis à Betsalel et à ses compagnons, et cela s'appelle vraiment "le sage de cœur parmi vous (bakhem)".

C'est pourquoi il est écrit "Voyez, Il à appelé par le nom", car c'était le général et l'unité de tous les cœurs des enfants d'Israël.

בפסוק קחו מאתכם תרומה לה'. כי מקודם הי' הכל בהתעוררות משמים יציאת מצרים וקבלת התורה.

ועתה הי' צריך התעוררות מלמטה. שזה ענין הפרש שבין צדיקים גמורים לבעלי תשובות.

ובמדרש תרומה אני ישנה כו' קול דודי דופק פתחי כו'. פי' שרמז להם השי"ת שהפתיחה תלוי עתה בהם.

וזה ענין תורה שבע"פ דכ' וחיי עולם נטע בתוכנו. שע"י שתורה שבע"פ קרוב אל האדם והחטא שולט בו יותר.

לכן עשה הקב"ה נטיעה עולמית שלא יוכל לעולם לפסוק מבנ"י. כמ"ש כי לא תשכח מפי זרעו הוא בחי' תורה שבע"פ שנטע בתוכנו.

ומצד זה יכולין לחזור לעורר כח התורה שלמעלה שע"י החטא מתרחקין מתורה שלמעלה וצריכין להתקרב ע"י תשובה והתעוררות שלמטה:

Sur le verset "prenez de chez vous un prélèvement pour h'" (Chemot 35,5). Car auparavant tout était par un éveil venu du Ciel : la sortie d'Égypte et le don de la Torah.

Mais maintenant il fallait un éveil d'en bas. C'est la différence entre les justes parfaits (tsadikim guemourim) et les repentants (baalei techouva).

Et dans le Midrach [sur] Terouma : "Je dors mais mon cœur veille... la voix de mon bien-aimé frappe : ouvre-moi" etc. (Chir haChirim 5,2).

L'explication : le Nom, béni soit-Il, leur fit signe que l'ouverture dépend maintenant d'eux. Et c'est la notion de la Torah orale, dont il est écrit "et Il à planté en notre sein la vie éternelle".

Car, du fait que la Torah orale est proche de l'homme et que la faute la domine davantage, le Saint béni soit-Il fit une plantation éternelle qui ne pourra jamais cesser des enfants d'Israël, comme il est écrit "car elle ne sera pas oubliée de la bouche de sa descendance" (Devarim 31,21) : c'est l'aspect de la Torah orale qu'Il à plantée en notre sein. Et par ce biais, ils peuvent revenir éveiller la force de la Torah d'en haut ; car par la faute on s'éloigné de la Torah d'en haut, et il faut se rapprocher par le repentir et l'éveil d'en bas.

בשם מו"ז ז"ל בפסוק האנשים על הנשים לרמוז מעלת בע"ת שאנשים שחטאו נתעלו על הנשים שלא חטאו עכ"ד פח"ח. כי הטו כל הרצונות להתנדב בלב שלם.

וכתיב והם הביאו כו' עוד נדבה. עוד הוא יותר מהסדר ודרך הטבע בבוקר בבוקר.

ובחטא כתיב רק וישכימו. וכאן כתיב בבוקר בבוקר.

וכ' והמלאכה היתה דים פי' על המתנדבים שנתקנו כולם בכח נדבה ומלאכה זו. כמו הלשון שכ' בהחטא ודי זהב.

ועתה ניתקן הכל. וממילא והותר.

כי כשנתקנו אחר החטא וזכו שישרה השכינה במעשה ידיהם ממילא הוא יתרון מעלה. כמ"ש במקום שבע"ת עומדין אין צ"ג יכולין לעמוד.

וז"ש שע"י שהיתה דים לכך והותר. ויתכן לפרש לכל המלאכה הוא כלל הבריאה שנעשה פגם ע"י החטא בכל העולם וע"י הנדבה ניתקן.

לעשות הוא לשון תיקון ועוד והותר כנ"ל:

Au nom de mon grand-père et maître, de mémoire bénie, sur le verset "les hommes en plus des femmes" (Chemot 35,22), pour faire allusion au mérite des repentants (baalei techouva) : les hommes qui avaient faute s'élevèrent au-dessus des femmes qui n'avaient pas faute ; fin de ses paroles, que la bouche du sage répande la grâce. Car ils inclinèrent toutes les volontés à faire des dons d'un cœur entier.

Et il est écrit "et eux apportèrent encore un don" (Chemot 36,3) : "encore" signifie au-delà de l'ordre et de la voie de la nature, "chaque matin, chaque matin". Et lors de la faute il est écrit seulement "et ils se levèrent tôt" (Chemot 32,6), tandis qu'ici il est écrit "chaque matin, chaque matin".

Et il est écrit "et l'ouvrage leur fut suffisant (dayam)" (Chemot 36,7). L'explication porte sur ceux qui firent les dons : ils furent tous réparés par la force de ce don et de cet ouvrage, à l'image de l'expression écrite lors de la faute "et assez d'or (ve-di zahav)" (Devarim 1,1).

Et maintenant tout fut réparé, et de soi-même "il en resta (ve-hoter)". Car, lorsqu'ils furent réparés après la faute et méritèrent que la Chekhina réside dans l'œuvre de leurs mains, il y a de soi-même un surcroît d'élévation, comme il est dit "à l'endroit où se tiennent les repentants, les justes parfaits ne peuvent se tenir" (Berakhot 34b).

Et c'est le sens : parce qu'il fut suffisant pour cela, "il en resta". On peut aussi expliquer "pour tout l'ouvrage" comme l'ensemble de la création, qui subit un dommage par la faute dans le monde entier, et par le don fut réparé.

"Faire (laassot)" est un terme de réparation (tikoun), et "encore il en resta" comme dit plus haut.

תרמ"ד

[תרמ"ד] (5644)

מפ' ויקהל פקודי ופ' החודש

Dès sections Vayakhel-Pekoudei et de la section HaHodech.

במדרש ואל מי תדמיוני כו' א"כ יאמר קדוש שאו מרום עיניכם כו'. כי כל התקרבות להשי"ת הוא רק על ידי הביטול והתעלות התחתונים לדבוק בכח אלקות שנמצא בכל דבר חלק וניצוצי קדושה שהוא החיות והנשמה לדבר הזה.

כי כל פעל ה' למענהו ודרשו חז"ל לעדותו. להעיד עליו.

ובאמת הנשמה וחיות שבכל דבר הוא העדות כי אין דבר עושה את עצמו. ובכלל בנ"י המה הנשמה והחיות שבבריאה.

והם העדות עליו ית' כדכ' קדש ישראל לה' כו'. והוא התרומה מכל הבריאה כמ"ש חלק ה' עמו.

ונאמר אתם עדי. אכן אחר החטא כתיב קחו מאתכם תרומה.

וכ' משכן העדות שהיו צריכים למצוא העדות והבירור בכח מעשה המשכן. כי מקודם היו המה בעצמם העדים.

והכלל כפי הארת הנשמה כך הוא העדות. לכן שבת סהדותא איקרי דהוא יומא דנשמתין.

וכן ע"י המשכן נתעורר החיות שבלבות בנ"י. ולא לחנם אמרו חז"ל עדות הוא שהשכינה שורה בישראל.

אך שהיו ניכרין בנ"י שנתעלו ונשתנו להיות כמלאכי ה' והמשיכו הארה גם לכל העולם. דכ' מחדש בטובו בכל יום מעשה בראשית.

בטובו הם בנ"י שהם מקבלים טוב הגנוז נשמת חיים. ועל ידיהם נמשך התחדשות לכל העולם כמ"ש החודש הזה לכם:

Dans le Midrach : "Et à qui Me comparerez-vous" etc., "alors le Saint dira : levez vos yeux en haut" etc. (Yechaya 40,25-26).

Le propos est que tout rapprochement du Nom, béni soit-Il, n'est que par l'annulation (bitoul) et l'élévation des êtres inférieurs, pour s'attacher à la force de divinité qui se trouve en toute chose, part et étincelles de sainteté qui sont la vitalité et l'âme de cette chose. Car "tout, h' l'à fait pour Sa fin (lemaanehou)" (Michle 16,4), et nos Sages ont expliqué "pour Son témoignage (le-edouto)", pour témoigner sur Lui.

Et en vérité l'âme et la vitalité en toute chose sont le témoignage, car aucune chose ne se fait elle-même. Et de manière générale, les enfants d'Israël sont l'âme et la vitalité de la création, et ils sont le témoignage sur Lui, béni soit-Il, comme il est écrit "Israël est saint pour h'" etc.

(Yirmeya 2,3). Et il est le prélèvement (terouma) de toute la création, comme il est dit "la part de h' est Son peuple" (Devarim 32,9).

Et il est dit "vous êtes Mes témoins" (Yechaya 43,10). Or, après la faute il est écrit "prenez de chez vous un prélèvement", et il est écrit "le Michkan du Témoignage" (Chemot 38,21), car ils avaient besoin de trouver le témoignage et la clarification par la force de l'œuvre du Michkan ; car auparavant ils étaient eux-mêmes les témoins.

Et la règle : selon l'illumination de l'âme, tel est le témoignage. C'est pourquoi le Chabbat est appelé "témoignage (sahadouta)", car c'est le jour des âmes.

Et de même, par le Michkan s'éveilla la vitalité dans les cœurs des enfants d'Israël. Et ce n'est pas en vain que nos Sages ont dit : c'est un témoignage que la Chekhina réside en Israël.

Mais [c'était] que les enfants d'Israël étaient reconnaissables, s'étant élèves et transformés pour être comme des anges de h', et ils prolongèrent une illumination aussi au monde entier ; comme il est écrit "Il renouvelle dans Sa bonté chaque jour l'œuvre de la Création". "Dans Sa bonté" : ce sont les enfants d'Israël, qui reçoivent le bien caché, l'âme de vie ; et par eux se prolonge le renouvellement pour le monde entier, comme il est dit "ce mois-ci est pour vous" (Chemot 12,2).

במדרש רבות בנות עשו חיל ואת עלית על כולנה. שמרע"ה הקים המשכן כו'.

בא לרמוז כי אעפ"כ יד כל בנ"י הי' בזה רק שכפי עבודת הכלל כך נתעלה מרע"ה להקימו. וכמ"ש במד' ויקרא הרימותי בחור מעם כו'.

כמו תרומה שמתעלה כל השיריים ע"י התרומה. כן הי' מרע"ה התרומה מכללות ישראל.

וכ"כ ויביאו את המלאכה אל משה זה הי' תיקון שלהם אח"כ נתן מרע"ה ידו:

Dans le Midrach : "Bien des filles ont fait preuve de vaillance, mais toi tu les surpassés toutes" (Michle 31,29), car notre maître Moche érigea le Michkan etc. Cela vient faire allusion que, malgré tout, la main de tous les enfants d'Israël y fut ; seulement, à la mesure du service de l'ensemble, ainsi notre maître Moche s'éleva pour l'ériger.

Et comme il est dit dans le Midrach Vayikra : "J'ai élève un jeûne homme choisi d'entre le peuple" etc. (Tehilim 89,20).

De même que le prélèvement (terouma) élève tout le reste par le prélèvement, ainsi notre maître Moche fut le prélèvement de l'ensemble d'Israël. Et de même il est écrit "et ils apportèrent l'ouvrage à Moche" (Chemot 39,33) : cela fut leur réparation ; ensuite notre maître Moche y mit sa main.

תרמ"ה

[תרמ"ה] (5645)

במדרש ואל מי תדמיוני ואשוה א"כ יאמר קדוש שאו מרום עיניכם כו'. הענין הוא כי באמת צריך האדם לידע כי אין לו שום שייכות והשגה בו ית'.

אכן מצד הבריאה שהשי"ת ברא אותנו מצד זה יש לנו שייכות אליו. ובהצטרפות ב' הידיעות נוכל לעבוד אותו שיתקבל לפניו לרצון עבודתינו.

וזה שלום לרחוק ולקרוב. פי' מי שיש בו ב' הבחי' שיודע שהוא מרוחק ושאעפ"כ הוא מקורב ושניהם אמת ואין בזה סתירה.

ויתכן שלכן הקדים מרע"ה מצות השבת קודם מלאכת המשכן. להודיע כי הגם שצוה הקב"ה לבני ישראל לעשות משכן וציורים לדברים עליונים.

מ"מ נדע כי אין בנו הדמיון והשתוות מצד עצמינו להעליונים. וצריכין להבטל אליו ית'.

שזה ענין השבת השבתות כל המעשים. וזה הביטול הוא קיום כל המעשים.

ובהצטרפות השבת ועשיית המשכן נגמר המכוון והשלימות כענין לרחוק ולקרוב שכתבנו. וכן ענין ברכת המצות שאמרו חז"ל שצריך לברך עובר לעשייתן פי' הברכה לידע כי לא מצד עצמותינו יש לנו כח לגשת לקדושת המצות.

וזה הביטול הוא קודם וחשוב יותר מגוף המעשה וזה עובר לעשייתן:

Dans le Midrach : "Et à qui Me comparerez-vous, que Je Lui sois égal ? dit le Saint ; levez vos yeux en haut" etc. (Yechaya 40,25-26).

Le propos est que l'homme doit en vérité savoir qu'il n'à aucune relation ni saisie en Lui, béni soit-Il. Cependant, du côté de la création, le Nom, béni soit-Il, nous ayant créés, de ce côté-la nous avons une relation avec Lui.

Et par la conjonction des deux connaissances, nous pouvons Le servir, de sorte que notre service soit agréé devant Lui avec faveur. Et c'est "paix à celui qui est loin et à celui qui est proche" (Yechaya 57,19).

L'explication : celui qui possède les deux aspects, qui sait qu'il est éloigné et que, malgré cela, il est proche, les deux étant vrais sans contradiction. Et il se peut que ce soit pourquoi notre maître Moche fit précéder la mitsva du Chabbat avant l'ouvrage du Michkan : pour faire savoir que, bien que le Saint béni soit-Il ait ordonné aux enfants d'Israël de faire un Michkan et des représentations des choses suprêmes, nous devons néanmoins savoir qu'il n'y a en nous ni ressemblance ni égalité, de nous-mêmes, avec les êtres suprêmes ; et il nous faut nous annuler devant Lui, béni soit-Il, ce qui est le sens du Chabbat qui fait chômer (machbit) toutes les œuvres.

Et cette annulation est [ce qui donne] consistance à toutes les œuvres. Et par la conjonction du Chabbat et de la confection du Michkan s'achève le but visé et la perfection, comme la notion de "à celui qui est loin et à celui qui est proche" que nous avons écrite.

Et de même la notion de la bénédiction des mitsvot, dont nos Sages ont dit qu'il faut bénir avant de les accomplir (over la-assiyatan) : le sens de la bénédiction est de savoir que ce n'est pas de notre propre fond que nous avons la force d'approcher la sainteté des mitsvot. Et cette annulation est antérieure et plus importante que le corps de l'acte, et c'est [le sens de] "avant leur accomplissement".

תרמ"ו

[תרמ"ו] (5646)

En bref

« En premier il est écrit le passage du voile, puis « Moché rassembla ». » Selon le Sfat Emet, même si la faute en fut la cause, tout était voulu : il est impossible aux êtres inférieurs de parvenir au tikoun (redressement) qui leur convient sinon par le moyen de la nature. Le Michkan est le redressement de l'œuvre de la Création, voie cachée à l'intérieur de la nature, comme les dernières Tables : « tu n'as rien de plus beau que la tsniout (discrétion) ». Moché mérita de demeurer au premier degré et le fit mériter à Israël : en se séparant et en posant un voile sur sa face, il causa d'incliner les cœurs, et ils se rassemblèrent par sa force.

Aussi : « suffisant » et « de reste » pour l'ouvrage et les générations ; le Chabbat précédé à l'œuvre après la faute, selon son grand-père ; l'offrande qui fait passer l'amour caché de la puissance à l'acte

מקודם כתיב פרשת המסוה אח"כ ויקהל משה כו'. ובמד' בפסוק ראו קרא ה' בשם.

ואל מי תדמיוני ואשוה א"כ יאמר קדוש שאו מרום עיניכם כו'. דכתיב אני אמרתי א-להים אתם כו' אכן כאדם כו'.

כי בוודאי אף שגרם החטא. מ"מ הכל הי' במכוון להראות כי א"א להתחתונים לבוא לתיקון הראוי רק באמצעות הטבע.

כענין שהקדימה תורה מעשה בראשית לקבלת התורה. ואם כי הי' בלוחות הראשונות בקולי קולות כאשר נתקרבו יותר מדאי א"כ יאמר קדוש ונפלו מזאת המדריגה והוכרחו לחזור לתקן על פי הטבע.

וזה עשיית המשכן שהוא תיקון מעשה בראשית וזה כענין שאמרו בלוחות אחרונות אין לך יפה מן הצניעות. הוא זה הדרך המוסתר תוך הטבע.

כענין שאמרו יפה שעה א' בתשובה כו' בעוה"ז כמ"ש במ"א מזה. וזז"ש שאו מרום עיניכם כו' להיות העבודה באמצעות הטבע ומעשה בראשית כנ"ל.

אך משה רע"ה זכה להשאר במעלה הראשונה וזיכה את כל בנ"י כמ"ש חז"ל בפסוק ומשה יקח את האהל ופירש עצמו מן המחנה. וחלילה לומר כי לא הי' לטובת בנ"י כי מרע"ה מסר נפשו בעבורינו.

אך אדרבה עי"ז עצמו ויקהל משה כו'. וז"ש תורה צוה לנו משה ועי"ז מורשה קהלת יעקב.

שהוא כלל הצריך לפרט כאשר בנ"י לא היו יכולין להשאר במדריגה הראשונה ומרע"ה לקח לו האהל כו'. עי"ז לעתים כשבנ"י באין אל האחדות.

אז מוריש להם מרע"ה את התורה. וז"ש שם במדרש לפעמים שמות יקרא ולפמים בשם.

כי מקודם הי' מסודר כל פרט ישראל באותו השורש. ועל ידי החטא נפלו מזאת.

ונשאר ע"י האחדות כשמתבטלין להיות אחד אז ויקהל משה כו'. ורש"י ז"ל מדייק ויקהל לשון נפעל כו'.

ולפי מ"ש אתי שפיר כי זה סמיכת הכ' ויקהל. ע"י שפירש לעצמו.

ושם על פניו מסוה. גרם בעבודתו להטות לבות בני ישראל.

ונקהלו בכחו. וזה לשון הפעיל שלא הקהיל אותם בידיו כנ"ל וכמ"ש:

En premier il est écrit le passage du voile (le masque que Moché plaçait sur sa face), puis 'Moché rassembla' etc. Et dans le Midrach, sur le verset 'Voyez, le Nom à appelé par le nom'. 'Et à qui Me comparerez-vous, à qui serai-Je égale, dit le Saint' (Isaie 40,25) : 'Levez vos yeux en haut' etc.

Car il est écrit 'Moi J'avais dit : vous êtes des dieux' etc., 'mais comme l'homme (vous mourrez)' etc. (Psaumes 82,6-7).

Car assurément, même si la faute en fut la cause, tout était néanmoins voulu, pour montrer qu'il est impossible aux êtres inférieurs de parvenir au redressement (tikoun) qui leur convient sinon par le moyen de la nature. À la manière dont la Torah à fait précéder l'œuvre de la Création (Maasse Bereshit) au don de la Torah.

Et bien qu'aux premières Tables ce fut au milieu de tonnerres et de voix, lorsqu'ils s'approchèrent plus que de mesure, 'dit le Saint', ils tombèrent de ce degré et furent contraints de revenir réparer selon la nature. Et c'est la confection du Sanctuaire (Mishkan), qui est le redressement de l'œuvre de la Création ; et c'est à la manière de ce qu'ils ont dit au sujet des dernières Tables : 'tu n'as rien de plus beau que la discrétion (tsniout)'.

C'est cette voie cachée à l'intérieur de la nature. À la manière de ce qu'ils ont dit : 'plus belle une heure de repentir (techouva) etc. en ce monde-ci', comme je l'ai écrit ailleurs à ce sujet.

Et c'est ce que dit 'Levez vos yeux en haut' etc. : que le service se fasse par le moyen de la nature et de l'œuvre de la Création, comme ci-dessus. Mais Moché notre maître, que la paix soit sur lui, mérita de demeurer au premier degré et le fit mériter à tout Israël, comme l'ont dit nos Sages sur le verset 'et Moché prenait la tente' (Exode 33,7), et il se sépara lui-même du camp.

Et à Dieu ne plaise de dire que ce ne fut pas pour le bien d'Israël, car Moché notre maître livra son âme pour nous. Au contraire, c'est par cela même que 'Moché rassembla' etc.

Et c'est ce que dit 'Moché nous à ordonné une Torah, héritage de l'assemblée de Yaakov' (Deutéronome 33,4) : par cela elle est 'héritage de l'assemblée de Yaakov', car c'est le général qui a besoin du particulier, lorsque Israël ne pouvait demeurer au premier degré et que Moché notre maître prit pour lui la tente etc. Par cela, aux moments où Israël parvient à l'unité, alors Moché notre maître leur transmet en héritage la Torah.

Et c'est ce que dit la-bas le Midrach : parfois il appelle 'Shemot' (des noms) et parfois 'par le nom'. Car en premier chaque individu d'Israël était ordonné dans cette racine, et par la faute ils tombèrent de la ; et il ne subsiste que par l'unité : lorsqu'ils s'annulent pour être un, alors 'Moché rassembla' etc.

Et Rachi, de mémoire bénie, précise que 'Vayakhel' est de forme passive (nifal) etc. Et selon ce que j'ai écrit cela me convient bien, car c'est la construction du verset 'Vayakhel' : parce qu'il se sépara pour lui-même et posa sur sa face un voile, il causa par son service d'incliner les cœurs des enfants d'Israël, et ils se rassemblèrent par sa force.

Et c'est la forme causative (hifil), car il ne les rassembla pas de ses propres mains, comme ci-dessus et comme il est écrit :

בפסוק והמלאכה היתה דים כו' והותר. מקשים העולם דב' לישני סתרי אהדדי דים והותר.

ויובן הענין על פי פשוטו כי לא כל המעשים עולין בשלימות למעלה. לגמור הפעולה כפי רצון האדם.

מול זאת מגיד הכתוב כי הי' די במלאכת הבאת הנדבה להיות נעשה כל המלאכה של המשכן והותר כמה שלא עלה לעובדא בפועל. וכולי האי ואולי נזכה גם אנחנו מכל עבודת האדם לזכות להיות לו נקודה ומשהו חלק בכללות עליות כנס"י למעלה למעלה.

וז"ש רש"י ולהותיר כלומר שגם המותר הי' בהכרח להשלמות המלאכה ומכל רוב הנדבות נתברר חלק גבוה להיות נגמר המלאכה:

Sur le verset 'et l'ouvrage était suffisant pour eux... et il y en eut de reste' (Exode 36,7). Les gens objectent que les deux expressions se contredisent l'une l'autre : 'suffisant' et 'de reste'.

La chose se comprend selon son sens simple : toutes les œuvres ne montent pas en haut dans leur perfection, au point d'achever l'action selon la volonté de l'homme. Face à cela, le verset annonce qu'il y eut assez, par l'œuvre de l'apport de l'offrande, pour que se fasse tout l'ouvrage du Sanctuaire, 'et de reste' pour tout ce qui ne parvint pas à se réaliser en acte.

Et par tout cela, peut-être mériterons-nous nous aussi, de tout le service de l'homme, d'avoir un point et un peu de part dans l'ensemble des élévations de l'assemblée d'Israël vers les hauteurs suprêmes. Et c'est ce que dit Rachi : 'et pour laisser de reste', c'est-à-dire que même le surplus était nécessaire à la perfection de l'ouvrage, et de toute l'abondance des offrandes fut dégagée une part élevée, pour que l'ouvrage soit achevé :

עוד יתכן לפרש והותר לדורות. ולכן נקרא משכן העדות שהוא עדות לכל הדורות כמ"ש חז"ל עדות הוא כו'.

ובמד' מים רבים לא יוכלו לכבות כו'. וכמו שראינו אחר החטא מ"מ הי' נמצא הקדושה בפנימיות לבות בנ"י.

וכשנתעורר הרצון ואהבת נדבה שבלבות בנ"י מיד נתתקנו. כן הוא עדות לכל הדורות הגם שירדנו ירידה אחר ירידה.

עכ"ז נמצא בנו נקודת אהבה להשי"ת אשר בכל עת יכולין לחזור לעלות אל אבינו שבשמים. והנה לעשות משכן להשי"ת אינו באקראי.

ובודאי תיקנו אבותינו במעשה המשכן כל בחי' העשי' עד סוף כל הדורות. וכאשר חכמים הגידו כי לא היו ראוין לאותו מעשה.

רק להורות תשובה. כי למדריגה הראשונה שהי' בקבלת התורה לא הי' לנו ח"ו כח להתקרב.

ואחר החטא שהי' התיקון עפ"י אלה המעשים כמ"ש כל נדיב לבו כו' זהב וכסף כו'. פי' שמקודם הי' העבודה ברוחניות בלבד כמלאכי השרת.

ועתה יביאה באמצעות תרומה זו זהב וכסף כו'. ועי"ז נתעלו כל המדריגות התחתונות.

וכאשר תיקנו כל הקומה זכו להשראת השכינה. ובמד' אשר נתן ה' חכמה בהמה כו' כבהמות כו'.

פי' שהי' התיקון גם בנפש הבהמיות. וכן הוא בדורות שאמרו חז"ל אם הראשונים כמלאכים אנו כבני אדם.

וזה היה מדריגה ראשונה. ואם ראשונים כבני אדם אנו כחמורים.

וכמו בכל קומת איש שיש מוח בראש ולמטה גוף החומר. כן דורות הראשונים היו המוחין לדורות האחרונים כנ"ל.

ויתכן ג"כ הרמז בהמה כפשוטו כי דורות אחרונים נכלנו בהראשונים והיינו כלולים בהם. הכלל שהי' תיקון עד סוף כל הדורות ואז זכו לשכון שכינתו ביניהם.

כי אצלו ית' עתיד והוה הכל אחד. לכן ע"י מעשה בזמן א"א לזכות להשראת השכינה כו' וזהו עדות הוא לבאי עולם כו'.

ודו"ק:

On peut encore expliquer 'et de reste' comme valant pour les générations. Et c'est pourquoi il est appelé 'le Sanctuaire du Témoignage', car il est un témoignage pour toutes les générations, comme l'ont dit nos Sages : 'c'est un témoignage' etc.

Et dans le Midrach : 'des eaux abondantes ne pourraient éteindre (l'amour)' etc. (Cantique 8,7).

Et comme nous l'avons vu après la faute, la sainteté se trouvait néanmoins à l'intérieur des cœurs d'Israël ; et lorsque s'éveilla la volonté et l'amour de l'offrande dans les cœurs d'Israël, aussitôt ils furent redressés. Ainsi est-il un témoignage pour toutes les générations : bien que nous soyons descendus chute après chute, malgré tout il se trouve en nous un point d'amour pour le Nom, béni soit-Il, par lequel en tout temps nous pouvons revenir et remonter vers notre Père qui est aux cieux.

Or faire un Sanctuaire pour le Nom, béni soit-Il, n'est pas chose fortuite ; assurément nos pères, par l'œuvre du Sanctuaire, ont redresse tous les aspects du faire jusqu'à la fin de toutes les générations. Et comme les Sages l'ont dit, ils n'étaient pas dignes de cette œuvre, sinon pour enseigner le repentir.

Car au premier degré qui fut au don de la Torah, nous n'avions pas, à Dieu ne plaise, la force de nous approcher. Et après la faute, dont le redressement se fit par le moyen de ces œuvres, comme il est écrit 'tout homme au cœur généreux (l'apportera)' etc., 'de l'or et de l'argent' etc. : cela signifie qu'auparavant le service était purement spirituel, comme celui des anges serviteurs ; et maintenant on l'apporte par le moyen de cette offrande (terouma), or et argent etc.

Et par cela s'élevèrent tous les degrés inférieurs. Et lorsqu'ils eurent redresse toute la stature, ils méritèrent la résidence de la Présence (Chekhina).

Et dans le Midrach : 'à qui le Nom à donné sagesse' (Exode 36,1) : 'behema' (bétail) etc., 'comme les bêtes' etc. : cela signifie que le redressement se fit aussi dans l'âme animale. Et de même en est-il des générations, comme l'ont dit nos Sages : 'si les premiers sont comme des anges, nous sommes comme des hommes' ; et cela était un premier degré ; 'et si les premiers sont comme des hommes, nous sommes comme des ânes'.

Et de même que dans toute la stature d'un homme il y a le cerveau dans la tête et, en bas, le corps de la matière, ainsi les premières générations étaient les cerveaux (mohin) des dernières générations, comme ci-dessus. Et il se peut aussi que l'allusion 'behema' soit à prendre au sens simple, car nous, les dernières générations, fûmes inclus dans les premières et étions compris en elles.

En somme, il y eut un redressement jusqu'à la fin de toutes les générations, et alors ils méritèrent que Sa Présence résidât parmi eux. Car auprès de Lui, qu'Il soit exalté, le futur et le présent sont tout un.

C'est pourquoi, par une œuvre située dans le temps, il est impossible de mériter la résidence de la Présence etc. ; et c'est cela 'il est un témoignage pour ceux qui viennent au monde' etc. Et comprends-le bien :

תרמ"ז

[5647] (תרמ״ז)

מפ' ויקהל פקודי

Dès parachiot Vayakhel-Pekoudei.

ויקהל משה כו' אלה הדברים כו'. ופי' מו"ז ז"ל כי קודם החטא סידר הכתוב מלאכת המשכן קודם מצות השבת שהיו ימי המעשה הכנה לשבת.

ואח"כ הוצרך להקדים השבת שבכח השבת יוכלו לתקן המעשה. ואפשר שזה עצמו הרמז שאמרו חז"ל כי מרע"ה צוה לעשות כלים ואח"כ משכן ובצלאל אמר שמקודם יש לעשות המשכן.

כי המשכן הוא הכלל והכלים הם פרטים. ומסתמא בכללות בא הכח מלמעלה לעורר התחתונים.

ובפרטות כל אחד מעורר כח המיוחד אליו ואח"כ נעשה מזה כלל. ורמז לדבר מאת אדנים למאת הככר ככר לאדן.

פי' שבכלל המאה אדנים הם הם שעוררו נדבות מאת הככר למטה בנפשות בנ"י. וככר לאדן הוא שבפרט נדבת כל אחד הי' התעוררות מלמטה למעלה.

ומדריגת מרע"ה הי' כמו קודם החטא שהקדימו נעשה לנשמע לכן כלים ואח"כ משכן. ומדריגת בני ישראל הי' משכן ואח"כ כלים כנ"ל:

'Moché rassembla' etc. 'Voici les choses' etc. (Exode 35,1).

Et mon grand-père, de mémoire bénie, à expliqué qu'avant la faute le verset à ordonné l'œuvre du Sanctuaire avant le commandement du Chabbat, car les jours ouvrables étaient une préparation au Chabbat ; et ensuite il fallut faire précéder le Chabbat, car c'est par la force du Chabbat qu'ils peuvent redresser l'œuvre. Et il se peut que ce soit la même l'allusion de ce qu'ont dit nos Sages : Moché notre maître ordonna de faire les ustensiles puis le Sanctuaire, tandis que Betsalel dit qu'il faut d'abord faire le Sanctuaire.

Car le Sanctuaire est le général et les ustensiles sont des particuliers. Et vraisemblablement, au niveau du général, la force vient d'en haut pour éveiller les êtres inférieurs ; et au niveau du particulier, chacun éveille la force qui lui est propre, puis de cela se forme un général.

Et une allusion à la chose : 'cent socles pour les cent talents, un talent par socle' (Exode 38,27). Cela signifie que, dans le général, les cent socles sont eux qui ont éveille les offrandes des cent talents en bas dans les âmes d'Israël ; et 'un talent par socle', c'est qu'au niveau du particulier l'offrande de chacun fut un éveil de bas en haut.

Et le degré de Moché notre maître était comme avant la faute, où l'on fit précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons' (Exode 24,7), c'est pourquoi les ustensiles puis le Sanctuaire ; et le degré des enfants d'Israël était le Sanctuaire puis les ustensiles, comme ci-dessus :

תרמ"ט

[5649] (תרמ״ט)

בפסוק אלה הדברים אשר צוה ה' לעשות כו'. דהנה כבר ניתן השבת זכור ושמור ומה ענין מצות השבת שנית.

ויתכן כי השבת יש בו כמה מדריגות זו למעלה מזו כפי תיקון ועמידת בני ישראל. ויש בו בחי' מעשה דיבור ומחשבה.

זכור ושמור זכירה בפה ושמירה בלב. ועתה הוא במעשה כמ"ש לעשות.

כי בשעת קבלת התורה כתיב אמרתי א-להים אתם כו' והיו למעלה מעשי' גשמיות. ואחר החטא כתי' אך את שבתותי תשמורו.

אך הוא לשון מיעוט שהוא מדריגה שלמטה ממה שהי' להם קודם החטא. וכתי' בשבת ביני ובין בני ישראל אות הוא לעולם.

פי' בכל מקום מצב בנ"י אור השבת כביכול יורד אצלם. וכיון שירדו בני ישראל בעשי' גשמיות ניתן להם גם השבת בעשי'.

ואיתא בזוה"ק פרשה זו בפ' ביני ובין בנ"י כו' כי רוחא דקדישא דיורד בשבת קודש כולל רוחניות וגשמיות ע"ש. והוא מדה במדה ע"י שבנ"י מבטלין כל המעשים בש"ק ועוזבין כל המלאכות כדי לקבל קדושת השבת.

כמו כן השבת מתלבש בלבוש אמצעי שיוכלו בנ"י להתקרב אליו. וכל מדותיו של הקב"ה וב"ש כן הוא.

כמו שאדם מייגע עצמו בעוה"ז להפרד מן הגשמיות. כן זוכה בעוה"ב להתקרב להקדושה.

כי באיזה צד יוכל ילוד אשה להתקרב בקדושה עליונה. רק בזה הדרך מדה במדה שהקב"ה נוהג עמנו.

והרמז כל מקום שאתה מוצא גדר ערוה אתה מוצא קדושה:

Sur le verset 'Voici les choses que le Nom à ordonné de faire' etc. (Exode 35,1).

Or le Chabbat à déjà été donné, 'souviens-toi' et 'garde', et quel est le sens du commandement du Chabbat une seconde fois ? Il se peut que le Chabbat comporte plusieurs degrés, l'un au-dessus de l'autre, selon le redressement et la station des enfants d'Israël.

Et il comporte l'aspect de l'action, de la parole et de la pensée : 'souviens-toi' et 'garde', le souvenir par la bouche et la garde dans le cœur ; et maintenant c'est dans l'action, comme il est écrit 'faire'. Car au moment du don de la Torah il est écrit 'J'avais dit : vous êtes des dieux' etc., et ils étaient au-dessus des actes corporels.

Et après la faute il est écrit 'seulement, gardez Mes Chabbats' (Exode 31,13). 'Seulement' (akh) est un terme restrictif, qui est un degré inférieur à ce qu'ils avaient avant la faute. Et il est écrit au sujet du Chabbat 'entre Moi et les enfants d'Israël il est un signe à jamais' (Exode 31,17).

Cela signifie qu'en tout lieu et état d'Israël la lumière du Chabbat, pour ainsi dire, descend chez eux. Et puisque les enfants d'Israël sont descendus dans le faire corporel, le Chabbat leur fut donné aussi dans le faire.

Et il est dit dans le saint Zohar, sur cette paracha, sur le verset 'entre Moi et les enfants d'Israël' etc., que l'esprit saint qui descend au saint Chabbat inclut le spirituel et le corporel, vois-y. Et c'est mesure pour mesure : parce que les enfants d'Israël annulent toutes les actions au saint Chabbat et abandonnent tous les travaux afin de recevoir la sainteté du Chabbat, de même le Chabbat se revêt d'un vêtement intermédiaire pour que les enfants d'Israël puissent s'en approcher.

Et toutes les mesures du Saint, béni soit-Il et béni soit Son nom, sont ainsi. De même que l'homme se fatigue en ce monde-ci pour se séparer de la corporalité, de même il mérite dans le monde à venir de s'approcher de la sainteté.

Car par quel biais un ne d'une femme pourrait-il s'approcher de la sainteté supérieure ? Sinon par cette voie de mesure pour mesure par laquelle le Saint, béni soit-Il, se comporte avec nous.

Et l'allusion : 'en tout lieu où tu trouves une barrière contre la débauche, tu trouves la sainteté' :

במדרש שאו מרום עיניכם כו'. בזכות אלה שמות כו' ואלה בזכות אלה החוקים כו'.

כי הנה תכלית בריאת עולם הי' לכבודו ית'. וכמ"ש ז"ל בשביל התורה שנק' ראשית ובשביל ישראל שנקראו ראשית.

שבנ"י בכח התורה מעידין ומבררין הנהגתו ית' את העולם. וזה קיום העולם.

כמ"ש במד' הנ"ל בזכות ישראל והתורה. אך בני ישראל צריכין לברר זאת בכל יום להעיד עליו ית' כמ"ש שמ"ע ר"ת "שאו "מרום "עיניכם.

כי לבנ"י ניתן חכמה ודעת שיכולין לרומם הבריאה ולדבקה בשורש העליון. וזה עצמו הי' במלאכת המשכן שהי' כולל כל מעשה בראשית.

ולכן אמרו חז"ל יודע הי' בצלאל לצרף אותיות שנבראו בהם שמים וארץ. וז"ש ראו קרא ה' בשם שנתן לו השי"ת דעת לדבק כל התחתונים בשורשם העליון.

כי קריאה הוא מינוי כמו ויקרא ה' לאור יום קריא רחמנא לנהורא ופקדיה אמצותא דיממא כו'. לכולם בשם יקרא היא התורה שכולה שמותיו של הקב"ה.

וכמו שבכח התורה מעידין בני ישראל על הקב"ה שברא שמים וארץ. כן הי' במלאכת המשכן עדות בעובדא.

לכן נקרא משכן העדות:

Dans le Midrach : 'Levez vos yeux en haut' etc. : par le mérite de 'Voici les noms (Shemot)' etc., et 'celles-ci (elleh)' par le mérite de 'voici les lois (houkim)' etc. Car voici, le but de la création du monde était pour Sa gloire, qu'Il soit exalté.

Et comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : 'pour la Torah qui est appelée commencement (reshit) et pour Israël qui sont appelés commencement'. Car les enfants d'Israël, par la force de la Torah, témoignent et établissent Sa conduite du monde, qu'Il soit exalté ; et c'est cela le maintien du monde, comme il est dit dans le Midrach susmentionné, par le mérite d'Israël et de la Torah.

Mais les enfants d'Israël doivent établir cela chaque jour, témoigner sur Lui, qu'Il soit exalté, comme il est dit 'Chema' (écoute), initiales de 'Levez (Seou), en haut (Marom), vos yeux (Eineikhem)'. Car aux enfants d'Israël fut donnée sagesse et connaissance, par lesquelles ils peuvent élever la création et l'attacher à la racine supérieure.

Et cela même fut dans l'œuvre du Sanctuaire, qui incluait toute l'œuvre de la Création. Et c'est pourquoi nos Sages ont dit que Betsalel savait combiner les lettres par lesquelles furent créés les cieux et la terre.

Et c'est ce que dit 'Voyez, le Nom à appelé par le nom' : que le Nom, qu'Il soit exalté, lui à donné la connaissance pour attacher tous les êtres inférieurs à leur racine supérieure. Car 'appeler (keria)' est une désignation, comme 'et le Nom appela la lumière jour', 'le Miséricordieux appela la lumière et la preposa à la tache du jour' etc. 'Il les appelle tous par leur nom' (Isaie 40,26) : c'est la Torah, qui est tout entière les noms du Saint, béni soit-Il.

Et de même que par la force de la Torah les enfants d'Israël témoignent sur le Saint, béni soit-Il, qui a créé les cieux et la terre, de même il y eut dans l'œuvre du Sanctuaire un témoignage en acte. C'est pourquoi il est appelé 'le Sanctuaire du Témoignage' :

בפסוק כל נדיב לבו יביאה את תרומת ה' כו'. דאיתא במדרש מים רבים לא יוכלו לכבות כו' האהבה כו' בני עשו לי יריעות עזים ושכנתי בתוכם כו'.

והענין הוא כי האהבה והדביקות אשר קיבלו בנ"י בהר סיני הוא חי וקיים לעולם. אבל ע"י החטא אינם יכולין להוציא מכח אל הפועל אהבה הגנוזה.

ולכן אחר החטא הוצרכו לזו הנדבה. שבכח התרומה הזו הוציאו הנדיבות והתשוקה והדביקות מכח אל הפועל עד שהמשיכו את השכינה למטה.

ולכן נק' משכן העדות שהוא עדות שהשכינה שורה בישראל. ובזמן המשכן והמקדש הי' באמת השראת השכינה.

ומה זו עדות. רק שהוא עדות גם לכל הדורות.

שאעפ"י שאין הקדושה בהתגלות. מ"מ בפנימיות לבות בנ"י נשאר רושם הקדושה.

ובאמת בכל המצות הוא כן אשר הם עצות איך להוציא הנדיבות והרצון מהכח אל הפועל כמ"ש כאן כל נדיב לבו כו'. פי' שהתרומה זו הוציאה כל הנדיבות והרצונות שהיו טמונים בלבותם.

כן כל מצות שנקראות נר כמ"ש נר מצוה וכתיב נר ה' כו' חופש כל חדרי בטן. ויכולין להעלות כל הרצונות לה' ע"י המצות.

ומלאכת המשכן הי' עדות על כל הדורות להודיע שאעפ"י שהחטא מבדיל מ"מ לא יוכל לכבות האהבה כנ"ל:

Sur le verset 'tout homme au cœur généreux apportera l'offrande du Nom' etc. (Exode 35,5).

Car il est dit dans le Midrach : 'des eaux abondantes ne pourraient éteindre... l'amour' etc. (Cantique 8,7). 'Mes enfants, faites-Moi des tentures de poil de chèvre et Je résiderai parmi eux' etc.

Et la chose est que l'amour et l'attachement (devekout) qu'Israël à reçus au mont Sinaï sont vivants et subsistent à jamais ; mais par la faute ils ne peuvent faire passer de la puissance à l'acte l'amour caché. C'est pourquoi, après la faute, ils eurent besoin de cette offrande : par la force de cette offrande ils firent sortir la générosité, le désir et l'attachement de la puissance à l'acte, jusqu'à attirer la Présence en bas.

Et c'est pourquoi il est appelé 'le Sanctuaire du Témoignage', car il est un témoignage que la Présence réside en Israël. Et au temps du Sanctuaire et du Temple il y eut vraiment résidence de la Présence ; et quel témoignage est-ce la ?

Sinon qu'il est un témoignage aussi pour toutes les générations : bien que la sainteté ne soit pas révélée, néanmoins à l'intérieur des cœurs d'Israël demeure l'empreinte de la sainteté. Et en vérité, il en va ainsi de tous les commandements, qui sont des conseils sur la manière de faire passer la générosité et la volonté de la puissance à l'acte, comme il est dit ici 'tout homme au cœur généreux' etc. : cela signifie que cette offrande fit sortir toute la générosité et les volontés qui étaient enfouies dans leurs cœurs.

Ainsi tous les commandements, qui sont appelés 'lampe', comme il est écrit 'le commandement est une lampe' (Proverbes 6,23), et il est écrit 'la lampe du Nom (est l'âme de l'homme), scrutant toutes les chambres du ventre' (Proverbes 20,27) : et l'on peut élever toutes les volontés vers le Nom par les commandements. Et l'œuvre du Sanctuaire fut un témoignage sur toutes les générations, pour faire savoir que, bien que la faute sépare, elle ne peut néanmoins éteindre l'amour, comme ci-dessus :

תרנ"א

[5651] (תרנ״א)

ויקהל משה. סמך מצות השבת לתרומת המשכן.

כי שניהם ענין אחד. השבת הוא תרומה בזמן כמ"ש ימים יוצרו ולו אחד בהם זה יום השבת שמשייר ברכה וקדושה לכל הימים.

וכמו כן יש תרומה במקום לעשות משכן וביהמ"ק. וזה משייר ברכה וקדושה לכל המקומות.

וכמו כן חכמי לב וכהן הוא תרומה בנפשות. וזה הוא בחי' קהילת הכלל כשנעשין אחד.

ומוציאין ראשית מן הכלל. מתעלה ע"י הראשית כל הכלל.

כשמתבטלין הכל אל התרומה כנ"ל. והנה כן הוא בקדושת שבת שצריכין ימי המעשה להיבטל אל השבת.

וזה הרמז במנורה שלשה קני מנורה מצדה האחד כו'. הם ג' ימים דקמי שבתא וג' ימים דבתר שבתא.

דאיתא זכור מלפני' שמור מלאחרי' ע"ש במכילתא. פי' השבת משייר קדושה.

וצריכין בג' ימים דבתר שבתא לשמור הארת הקדושה הנשארת. וזוכין אח"כ בג' ימים דקמי שבתא לזכור ולהשתוקק להכין אל השבת.

ואז השבת העתיד מסייע גם לפניו. ומי שישנו בשמירה ישנו בזכירה.

ויש לרמוז עוד בפסוק וכפתר תחת שני הקנים כו' וכפתר תחת שני הקנים כו'. דהנה איתא שבג' ימים דקמי שבתא יש לשמור בכל יום הארת הנשמה יום ד' ה' ו' הוא נפש רוח נשמה.

מעשה דיבור ומחשבה. להכין אל השבת.

וכמו כן אב"ג נשמה רוח נפש ע"ש בדברי האר"י ז"ל. וידוע שג' סעודות שבת נותנין ג"כ אלה הג' נפש רוח נשמה.

ונמצא כל סעודה סועד לב' ימים. כי ג' שבתות יש מול נר"נ.

וכל שבת מסייע ליום א' שלפניו ויום א' שלאחריו. [ואח"כ מצאתי בספרים כי סעודה א' נגד יום א"ב כו'.

ולי נראה כמ"ש כי סעודה אחת יום א' ו' וסעודה א' ב"ה וסעודה א' ג"ד]. והוא הרמז בג' כפתורים לג' שבתות שבג' סעודות.

וכפתר הוא חיבור זכור ושמור. לחם משנה.

כי בשבת זכור ושמור בדיבור אחד נאמרו. ובימי המעשה מתפשטין לב' ימים כנ"ל זכור לפני' ושמור לאחריה.

[רמז לדבר כפת"ר גי' ש"ת הוא יסוד השבת ובצירוף ב' הקנים הוא שב"ת]:

'Moché rassembla.' Il à juxtaposé le commandement du Chabbat à l'offrande du Sanctuaire, car les deux sont une seule chose. Le Chabbat est une offrande (terouma) dans le temps, comme il est écrit 'des jours furent formes, et à Lui un seul d'entre eux' (Psaumes 139,16) : c'est le jour du Chabbat, qui réserve bénédiction et sainteté à tous les jours.

De même il y a une offrande dans le lieu, pour faire le Sanctuaire et le Temple, et cela réserve bénédiction et sainteté à tous les lieux. De même les sages de cœur et le prêtre sont une offrande dans les âmes.

Et c'est l'aspect du rassemblement du général, lorsqu'ils deviennent un et que l'on extrait un 'commencement' du général : par ce commencement tout le général s'élève, lorsque tout s'annule vers l'offrande, comme ci-dessus. Et voici, il en va de même dans la sainteté du Chabbat, où les jours ouvrables doivent s'annuler vers le Chabbat.

Et c'est l'allusion de la Menora : 'trois branches de la Menora d'un côté' etc. (Exode 25,32) : ce sont les trois jours qui précèdent le Chabbat et les trois jours qui suivent le Chabbat.

Car il est dit 'souviens-toi' pour ce qui précède, 'garde' pour ce qui suit, vois-y dans la Mekhilta. Cela signifie que le Chabbat réserve de la sainteté, et l'on doit, dans les trois jours qui suivent le Chabbat, garder l'illumination de la sainteté qui demeure ; et l'on mérite ensuite, dans les trois jours qui précèdent le Chabbat, de se souvenir et d'aspirer à préparer le Chabbat, et alors le Chabbat à venir aide déjà ce qui le précède.

Et qui est dans la garde est dans le souvenir. Et l'on peut encore faire une allusion dans le verset 'et un bouton sous les deux branches' etc., 'et un bouton sous les deux branches' etc.

(Exode 25,35). Car il est dit que, dans les trois jours qui précèdent le Chabbat, il faut garder chaque jour l'illumination de l'âme : les jours quatre, cinq et six sont nefech, roua'h, nechama, action, parole et pensée, pour préparer le Chabbat.

Et de même aleph-bet-guimel : nechama, roua'h, nefech, vois-y dans les paroles du Ari, de mémoire bénie. Et il est connu que les trois repas du Chabbat donnent aussi ces trois : nefech, roua'h, nechama.

Il se trouve que chaque repas sustente pour deux jours, car il y a trois Chabbats face au nefech-roua'h-nechama, et chaque Chabbat aide le jour unique qui le précède et le jour unique qui le suit. [Et j'ai ensuite trouve dans les livres qu'un repas correspond aux jours un et deux etc. ; mais il me semble, comme je l'ai écrit, qu'un repas est pour les jours un et six, un repas pour deux et cinq, et un repas pour trois et quatre.] Et c'est l'allusion des trois boutons pour les trois Chabbats qui sont dans les trois repas.

Et le bouton (kaftor) est l'union de 'souviens-toi' et 'garde', 'un pain double' (le'hem michne), car au Chabbat 'souviens-toi' et 'garde' furent dits en une seule parole, et dans les jours ouvrables ils se déploient en deux jours, comme ci-dessus : 'souviens-toi' avant et 'garde' après. [Allusion à la chose : 'kaftor' (כפת״ר) à la valeur numérique de 700, soit 'shat' (ש״ת), qui est le fondement (yesod) du Chabbat ; et en y adjoignant les deux branches (kanim) c'est 'Chabbat' (שב״ת).]

תרנ"ד

[5654] (תרנ״ד)

לפ' ויקהל ופ' שקלים

Pour la paracha Vayakhel et la paracha Shekalim.

En bref

« Voici les choses que le Nom a ordonné de faire » (Chemot 35,1). Bien qu'au Chabbat on se repose de l'œuvre du faire, c'est la réparation des actes : six jours de travaux et un septième saint. Le Sfat Emet dit que D.ieu a donné à Israël, dans ce monde matériel, une part dans la sainteté d'en haut par le Chabbat. En toute chose il y a matière et forme : le Chabbat est la forme des jours, Israël celle des âmes, le Michkan celle du monde ; le travail de l'homme est d'annuler la matière dans la forme. Qui sort de la nature peut voir la racine de la forme en lui.

Aussi : « il appelle par des noms » et « par un nom », naassé et nichma, le demi-sicle ; n'allumer pas de feu, trier les déchets les jours ouvrables pour la lumière du Chabbat ; Moché assemble Israël au Chabbat et lève le voile.

אלה הדברים אשר צוה ה' לעשות כו'. הגם כי בשבת שובתין ממלאכת עשי'.

אבל זה תיקון המעשים בהיות נעשה המלאכות בששת ימים וביום השביעי קודש זה תיקון העשי'. וזה הבחינה שנתן הקב"ה לבנ"י בהיותם בעולם הזה הגשמיי להיות להם חלק בקדושה עליונה.

ואמרו חז"ל על הקב"ה עשיר ושמח בחלקו כי למעלה כל המלאכים ומחנות כולם קדושים. אבל הקב"ה בחר בנו להיות לנו חלק בקדושה.

הגם שאנו בחומריות הטבע ע"י השבת. וזה דבר גדול להיות עושים במלאכה ויום השביעי יהי' לכם קודש.

והנה בכל דבר בעוה"ז יש חומר וצורה בפרט. ובכלל בעולם שנה נפש.

והשבת הוא הצורה של כל הימים. וכמו כן בנ"י הצורה בנפשות.

ומשכן ומקדש הצורה בעולם. וכל עבודת האדם להפוך החומר ולבטלו אל הצורה.

ובמדרש שאו מרום עיניכם כו' מי ברא אלה כו'. כמ"ש החכם עיניו בראשו.

כי לכל הדברים יש שורש למעלה ונקשרים תחתונים בעליונים. אבל הם מכוסים בטבע ומי שמייגע עצמו לצאת מן הטבע יכול להשיג ולראות שורש הצורה שבו.

וכפי שמירת העינים וההסתכלות מהגשמיות. כך יכולין להסתכל ברוחניות.

וזהו שאו מרום עיניכם להרים ההסתכלות היפוך ממ"ש הכסיל בחושך הולך. ואיתא במדרש הרואה דבר ערוה ואינו זן עיניו ממנה זוכה להקביל פני השכינה שנאמר ועוצם עיניו מראות ברע כו' מלך ביפיו תחזינה כו' ע"ש בפ' אחרי.

והנה ציור המשכן וכליו הי' לקשר התחתונים בשורשם העליון. ושם היו רואין הצורה הפנימיות וזה הי' בחי' עליות רגלים שלש פעמים בשנה יראה וכתיב צאינה וראינה כמ"ש במ"א מזה:

"Voici les choses que le Nom à ordonné de faire etc." (Exode 35,1). Bien qu'au Chabbat on se repose de l'œuvre du faire (melekhet assiya), c'est pourtant la réparation (tikoun) des actes : que les travaux soient accomplis durant six jours et que le septième jour soit saint, voilà la réparation de l'agir.

C'est la faculté que le Saint béni soit-Il à donnée à Israël : étant dans ce monde matériel, avoir une part dans la sainteté d'en haut. Nos Sages ont dit du Saint béni soit-Il qu'Il est "riche et joyeux de sa part", car en haut tous les anges et toutes les légions sont saints ; mais le Saint béni soit-Il nous à choisis pour que nous ayons une part dans la sainteté, bien que nous soyons dans la matérialité de la nature, et cela par le Chabbat.

C'est une grande chose : être à l'œuvre, et que le septième jour vous soit saint. Or en toute chose de ce monde il y a matière (homer) et forme (tsoura), au particulier ; et au général, dans "le monde, l'année, l'âme" (olam, chana, nefech).

Le Chabbat est la forme de tous les jours ; de même Israël est la forme parmi les âmes ; et le Michkan et le Temple sont la forme dans le monde. Tout le travail de l'homme est de retourner la matière et de l'annuler dans la forme.

Dans le Midrach : "Levez vos yeux en haut etc., qui a créé celles-ci (mi bara ele) etc." (Isaie 40,26), comme il est dit "le sage à ses yeux dans sa tête" (Qohelet 2,14). Car toute chose à une racine en haut, et les êtres d'en bas sont liés aux êtres d'en haut ; mais ils sont voiles dans la nature, et celui qui se donne la peine de sortir de la nature peut atteindre et voir la racine de la forme qui est en lui.

Et selon la garde des yeux et le détournement du regard de la matérialité, ainsi peut-on regarder dans le spirituel. C'est le sens de "Levez vos yeux en haut" : élever le regard, à l'inverse de "le sot marche dans les ténèbres" (Qohelet 2,14).

Il est enseigné dans le Midrach : celui qui voit une chose de nudité et ne repait pas ses yeux d'elle mérite de recevoir la face de la Chekhina, comme il est dit "et qui ferme ses yeux pour ne pas voir le mal etc." (Isaie 33,15), "le roi dans sa beauté, tes yeux le contempleront etc." (Isaie 33,17), vois-y dans la paracha Aharei. Or la figure du Michkan et de ses ustensiles était de lier les êtres d'en bas à leur racine d'en haut ; la on voyait la forme intérieure, et c'était l'aspect (be'hina) des montées de pèlerinage trois fois l'an, "il sera vu" (yeraeh), et il est écrit "sortez et voyez" (tseena oureena), comme je l'ai expliqué ailleurs à ce sujet.

ומ"ש במדרש בענין שמות יקרא ובשם יקרא. הוא ג"כ ב' בחי' הנ"ל.

דמי אלה הוא בחי' סתים וגליא. דיש בכל מקום נקודה פנימיות.

ומתפשט בלבוש נגלה. והנה למעלה הכל אחדות אחד.

לכן כתיב בשם. שיש לכל הצבא מעלה שורש בשמו ית'.

וכשמתפרשין לעשות כל אחד שליחותו. יש להם שמות בפרט.

וכמו כן בנ"י יש להם ב' בחי' הנ"ל. והם בחי' נעשה ונשמע.

נשמע הוא הארה שמקבלין מלמעלה והוא אחדות אחד כי שמע לשון אסיפה וקיבוץ. ונעשה הוא בחי' גליא.

כל אחד מה שנשלח על דבר פרטי. ולכן כשנמנו הי' צריכין כופר נפש ע"י שחטאנו בנעשה כי קודם החטא הי' כל מעשיהם למטה דבוק בשורש הנסתר והאחדות.

כי לכן על מנין שורה עין רע. כי הלא למטה יש מקום גם לכל הברואים.

והסט"א ג"כ תובעת חלקה. אבל למעלה בשורש האחדות סט"א ערקת.

אבל בנ"י נבראו לתקן גם עולם הפירוד. וכ' אתם עדי נאום ה'.

פי' שבנ"י הם נבראו לפרסם כבוד שמו יתברך בבחי' גליא. ולכן המצוה ליתן מחצית השקל להעלות חלק התחתון בחלק העליון ששם אחדות אחד.

ולכן לא כתיב חצי שקל רק מחצית לרמוז על הדביקות חלק בחלק כמ"ש מונה מספר כו'. אעפ"כ לכולם בשם יקרא.

להיות דבוק כל המספר בשם אחד. ומלאכת המשכן העדות הי' ג"כ בבחי' גליא ודבוק בשורש הנסתר כמ"ש יודע הי' בצלאל לצרף אותיות שנבראו בהם שמים וארץ.

לכן כתיב ראו קרא ה' בשם. קריאה הוא דביקות כמו וקרא זה אל זה.

לכולם שמות יקרא הוא הדביקות שיש להם כשנשתלחו לעשות שליחותן. לכולם בשם יקרא הוא הדביקות כשמתעלין להיבטל ולהכלל בשמו יתברך כמ"ש לעיל בחי' נעשה ונשמע:

Et ce que dit le Midrach au sujet de "il appelle par des noms" et "il appelle par un nom" (chemot yikra / bechem yikra), ce sont aussi les deux aspects mentionnés ci-dessus. Car "qui (a créé) celles-ci" (mi ele) est l'aspect du caché et du révélé (setim ve-galya) : il y a en tout lieu un point intérieur qui se déploie dans un vêtement révélé.

Or en haut tout est unité une ; c'est pourquoi il est écrit "par un nom" (bechem), car toute l'armée d'en haut à une racine dans Son nom, béni soit-Il. Et lorsqu'ils se séparent pour accomplir chacun sa mission, ils ont des noms au particulier.

De même Israël à les deux aspects mentionnés : ce sont les aspects de "nous ferons" et "nous entendrons" (naasse ve-nichma). "Nous entendrons" (nichma) est l'illumination qu'ils reçoivent d'en haut, et c'est l'unité une, car "entendre" (chema) à le sens de rassemblement et de réunion.

"Nous ferons" (naasse) est l'aspect du révélé : chacun selon ce vers quoi il est envoyé pour une chose particulière. C'est pourquoi, lorsqu'ils furent dénombrés, il fallait une rançon pour l'âme (kofer nefech), parce que nous avons fauté dans le "faire" ; car avant la faute tous leurs actes en bas étaient attachés à la racine cachée et à l'unité.

Voilà pourquoi le mauvais œil s'installe sur un dénombrement : car en bas il y a placé aussi pour toutes les créatures, et le Sitra A'hra (l'autre côté, les forces du mal) réclame aussi sa part ; mais en haut, dans la racine de l'unité, le Sitra A'hra s'enfuit. Or Israël à été créé pour réparer aussi le monde de la séparation.

Il est écrit "vous êtes mes témoins, dit le Nom" (Isaie 43,10) : cela signifie qu'Israël à été créé pour proclamer la gloire de Son nom béni dans l'aspect du révélé. C'est pourquoi le commandement de donner le demi-sicle (mahatsit ha-chekel) est pour élever la part inférieure dans la part supérieure, où est l'unité une.

C'est pourquoi il n'est pas écrit "moitié d'un sicle" (hatsi chekel) mais "moitié" (mahatsit), pour faire allusion à l'attachement d'une part à une part, comme il est dit "comptant le nombre etc.". Malgré cela "il les appelle tous par un nom" (bechem yikra) : pour que tout le nombre soit attaché à un seul nom.

L'œuvre du Michkan du témoignage était aussi dans l'aspect du révélé, mais attachée à la racine cachée, comme il est dit "Betsalel savait combiner les lettres par lesquelles furent créés les cieux et la terre". C'est pourquoi il est écrit "voyez, le Nom à appelé par le nom (de Betsalel)" (Exode 35,30) : l'appel (keria) est attachement, comme "et l'un appelait vers l'autre" (Isaie 6,3).

"Il les appelle tous par des noms" (chemot yikra), c'est l'attachement qu'ils ont lorsqu'ils sont envoyés accomplir leur mission ; "il les appelle tous par un nom" (bechem yikra), c'est l'attachement lorsqu'ils s'élèvent pour s'annuler et s'inclure dans Son nom béni, comme dit plus haut les aspects de "nous ferons" et "nous entendrons".

בפסוק לא תבערו אש בכל מושבותיכם ביום השבת. איתא בזוה"ק פ' זו ובפ' בראשית כי בשבת בחי' מאורי אור.

ומאורי אש. מסתלקין בשבת.

לכן במוצאי שבת מברכין מאורי אש להחזירן למקומם ע"ש. וכתבנו מזה בפ' מקץ הרמז כי בעוה"ז כל ההארה בכח מה ששורפין ומבערין הפסולת כמו הנר שמאיר רק כפי מה שיש לו לשרוף ולכלות.

וזה הרמז שאין העין רואה מתוך הלבן אלא מן השחור. לומר כי עיקר הראיה כששומרין העין שלא להסתכל בגשמיות אז רואין בעין השכל המאיר כמ"ש לעיל בשם המדרש ועוצם עיניו כו' מלך ביפיו תחזינה.

וכן איתא בזוה"ק וארא סתום עיניך וחזור גלגלך ויתחורין לך נהורין דסתימין. אכן בש"ק אין צריך בירור פסולת רק אור המאיר.

ובאמת צריך אדם לברר מעשיו בימי המעשה שלא יהי' לו פסולת ביום השבת. וזהו פי' לא תבערו אש כו' ביום השבת.

ובאמת השבת הוא מעין עוה"ב וכמו שצריכין לברר כל הפסולת בעולם הזה לזכך החומר להיות מוכן לעולם הבא ולא יצטרך להזדכך באשו של גיהנם. כמו כן צריכין לברר בימי המעשה להיות בשבת מוכן לאור המאיר וזהו עבודת האדם לזכך החומר להפכו לצורה.

והוא שם איש ואשה כדאיתא בגמרא זכו שכינה ביניהם כו' וא"ש הוא החומר והיו"ד הוא בחי' הצורה. מטבע של איש החותם שבו.

והוא בחי' שבת ומילה:

Sur le verset "Vous n'allumerez pas de feu dans toutes vos demeures le jour du Chabbat" (Exode 35,3). Il est enseigné dans le saint Zohar, sur cette paracha et sur la paracha Berechit, qu'au Chabbat les aspects des "luminaires de lumière" (meorei or) et des "luminaires de feu" (meorei ech) se retirent ; c'est pourquoi à l'issue du Chabbat on bénit les "luminaires du feu" pour les ramener à leur place, vois-y.

Nous avons écrit à ce sujet dans la paracha Mikets l'allusion que, dans ce monde, toute illumination vient de la force de ce que l'on brûle et consume des déchets (pesolet), comme la bougie qui n'éclaire qu'à la mesure de ce qu'elle à à brûler et à consumer. C'est l'allusion que l'œil ne voit pas depuis le blanc mais depuis le noir : pour dire que l'essentiel de la vision est lorsqu'on garde l'œil de regarder la matérialité ; alors on voit par l'œil de l'intellect qui éclaire, comme dit plus haut au nom du Midrach "et qui ferme ses yeux etc., le roi dans sa beauté tes yeux le contempleront".

De même il est enseigné dans le saint Zohar Vaera : "ferme tes yeux et fais tourner ton globe (oculaire), et t'apparaîtront des lumières cachées". Cependant au saint Chabbat il n'est pas besoin de tri des déchets, seulement de la lumière qui éclaire.

En vérité l'homme doit trier ses actes durant les jours ouvrables afin de n'avoir pas de déchets le jour du Chabbat. C'est le sens de "vous n'allumerez pas de feu etc. le jour du Chabbat".

Et en vérité le Chabbat est comme un avant-goût du monde à venir : de même qu'il faut trier tous les déchets en ce monde pour affiner la matière afin d'être prêt pour le monde à venir et de n'avoir pas besoin d'être purifie par le feu de la géhenne, de même faut-il trier durant les jours ouvrables pour être au Chabbat prêt à la lumière qui éclaire. C'est la le travail de l'homme : affiner la matière pour la transformer en forme.

C'est le nom "homme" (ich) et "femme" (icha), comme il est enseigné dans la Guemara : "s'ils le méritent, la Chekhina est entre eux etc." ; le "ech" (le feu) est la matière et le "youd" est l'aspect de la forme, l'empreinte (matbea) de l'homme, le sceau qui est en lui. C'est l'aspect du Chabbat et de la circoncision (mila).

תרנ"ה

[Année 5655]

במדרש אנכי בראתי חרש נופח באש פחם ומוציא כלי למעשהו. ע"ש שדורש על בצלאל שעשה המשכן.

דהנה בשבת כתיב לא תבערו אש כמ"ש במ"א. דיש אור המאיר ואור שורף.

ובימי המעשה הוא בחי' שורף כי האור שכ' בכל יום וירא אלקים כי טוב הוא בהסתר. כמ"ש ויהי ערב ויהי בוקר.

וצריכין לברר האור ע"י הבדלה וביעור הפסלות. וזה הי' מלאכת המשכן להוציא כלי למעשהו.

והוא בכח האש דאיתא אש באיש ואשה. ובכח זה האש יכולין להוציא מכח אל הפועל כלי למעשהו.

אבל בשבת שנק' חותם בו מתגלה השם שיש באיש ואשה. והוא אור המאיר והוא בחי' אהבה שאינה תלוי' בדבר.

ונקראת נחלה שאין לה הפסק. ועל נקודה זו נאמר מים רבים לא יוכלו לכבות כו'.

ובימי המעשה צריכין לעורר האהבה בכח האש. וז"ש סמכוני באשישות באיש ואשה.

והטעם כי חולת אהבה אני בגלות ובימי המעשה ימי החול נק' חולת אהבה שאינה אהבה שלימה שאינה תלוי' בדבר כמו בשבת:

Dans le Midrach : "Moi, j'ai créé le forgeron qui souffle sur le charbon dans le feu et fait sortir un ustensile pour son œuvre" (Isaie 54,16), vois-y, car il l'interprète à propos de Betsalel qui fit le Michkan. Car au Chabbat il est écrit "vous n'allumerez pas de feu", comme dit ailleurs, car il y a une lumière qui éclaire et une lumière qui brûle.

Durant les jours ouvrables c'est l'aspect qui brûle, car la lumière dont il est écrit chaque jour "et Elokim vit que c'était bon" est cachée, comme il est dit "et il y eut soir et il y eut matin". Il faut trier la lumière par la séparation (havdala) et la consomption des déchets.

Telle était l'œuvre du Michkan : faire sortir un ustensile pour son œuvre. Et cela par la force du feu, car il est enseigné qu'il y a du feu (ech) dans "ich" et "icha".

Par la force de ce feu on peut faire passer de la puissance à l'acte l'ustensile pour son œuvre. Mais au Chabbat, qui est appelé "sceau", se révèle le Nom qui est dans "ich" et "icha" ; c'est la lumière qui éclaire, et c'est l'aspect de l'amour qui ne dépend d'aucune chose, appelé "héritage" (nahala) qui n'à pas d'interruption.

Sur ce point il est dit "des eaux nombreuses ne pourront éteindre etc." (Cantique 8,7). Durant les jours ouvrables il faut éveiller l'amour par la force du feu ; c'est ce qui est dit "soutenez-moi par des gâteaux (achichot)", par "ich" et "icha".

La raison en est "car je suis malade d'amour" (Cantique 2,5) dans l'exil : les jours ouvrables, les jours profanes, sont appelés "malade d'amour", un amour qui n'est pas un amour complet, non comme l'amour qui ne dépend d'aucune chose, tel qu'au Chabbat.

תרנ"ו

[Année 5656]

במדרש ואל מי תדמיוני ואשוה כו' ראו מי ברא אלה בזכות אלה שמות בנ"י בזכות אלה המצות כו'. שמות יקרא וכ' בשם יקרא כו' כי כל ברי' מגדול ועד קטן יש לה איזה התקשרות בשורש וזה השם שיש לכל ברי'.

ולכן מסיים הפסוק לתבונתו אין מספר. פי' כל ברי' מכיר את הבורא במין דיעה ובינה מיוחדת שאין ברי' אחרת מכיר באותו אופן.

כדאיתא בזוה"ק נודע בשערים לכל חד לפום שיעורין דלבא. ויש מעין זה בכל ברי' ממש זה לתבונתו אין מספר.

ולכן יש שם מיוחד לכל ברי'. אכן הברואים נבראו לשמש את האדם.

ולכן אדה"ר קרא שמות לכל. כי הדיעה והדביקות שלהם בשורש נגמר ע"י האדם.

והאדם יש לו דביקות בשם שמא דכולל כל שמהן. וכאן כתיב קרא ה' בשם בצלאל.

שדביקות שלו הי' בהקב"ה. ועל ידו נתעלו כל הברואים להידבק בשורשם בכח מלאכת המשכן שהוא דביקות כל העשי' בשורש העליון כנ"ל:

Dans le Midrach : "Et à qui me comparerez-vous, que je lui sois égal etc." (Isaie 40,25), "voyez qui a créé celles-ci (ele)", en mérite de "celles-ci" (ele), les noms d'Israël ; en mérite de "celles-ci", les commandements etc. "Il appelle par des noms" et il est écrit "il appelle par un nom" etc.

Car toute créature, du plus grand au plus petit, à quelque lien avec la racine, et c'est le nom que possède chaque créature. C'est pourquoi le verset conclut "son intelligence est sans nombre" (Isaie 40,28) : cela signifie que chaque créature reconnaît le Créateur selon une sorte de connaissance et de compréhension propre, qu'aucune autre créature ne reconnaît de la même manière, comme il est enseigné dans le saint Zohar "il est connu aux portes, à chacun selon la mesure de son cœur".

Il y a quelque chose de tel en chaque créature réellement : voilà "son intelligence est sans nombre". C'est pourquoi il y a un nom propre à chaque créature.

Cependant les créatures ont été créées pour servir l'homme ; c'est pourquoi Adam, le premier homme, à donné des noms à tout, car leur connaissance et leur attachement à la racine s'accomplissent par l'homme. Et l'homme à un attachement au Nom (chema), le nom qui inclut tous les noms.

Ici il est écrit "le Nom à appelé par le nom Betsalel", dont l'attachement était au Saint béni soit-Il ; par lui toutes les créatures se sont élevées pour s'attacher à leur racine, par la force de l'œuvre du Michkan, qui est l'attachement de tout l'agir à la racine supérieure, comme ci-dessus.

תרנ"ז

[Année 5657]

בענין המסוה וסמיך לי ויקהל משה ומצות השבת פי' מו"ז ז"ל לרמוז כי בשבת מחזיר מרע"ה לבני ישראל העדי כו' כי כחו של מרע"ה מתגלה בש"ק. ובימי המעשה יש מסוה שהוא התלבשות אור תורה במעשה בראשית.

ובשבת מתגלה אור התורה בעצם. ויקהל הוא התעוררות הבא מלמעלה כדאיתא במדרשים שאמר הקב"ה למשה עשה לך קהילות גדולות ללמד לבנ"י הלכות שבת ומכאן שמשה תיקן לישראל לדרוש בענינו של פסח בפסח כו' ע"ש בילקוט.

דכתיב תורה צוה כו' מורשה קהלת יעקב הוא הקהילה שבנ"י מתאספין. ובזה מעוררין המשכה מלמעלה.

וזה בחי' מלאכת המשכן. אבל בשבת הוא הקהילה מלמעלה ויקהל משה כו'.

וז"ש קהלות גדולות מכלל דאיכא קטנות. שגם כל שבט נק' קהל.

וגם בכל פרט יש התאספות. אבל ויקהל משה הוא כלל גדול מלמעלה שלא בהדרגה.

ולכן אמר לא תבערו אש כו' ביום השבת. כי בחי' אש הוא זו המחלוקת שבאדם לשם שמים שזה בית יעקב אש להלחם עם עשו ועמלק.

אבל שבת בחי' אור הבא מלמעלה בחי' שם ישראל והוא יום מנוחה לכן לא תבערו אש:

Au sujet du voile (masve) et de sa proximité avec "Moche assembla" (Vayakhel Moche) et le commandement du Chabbat : mon grand-père, de mémoire bénie, à expliqué que cela fait allusion à ce qu'au Chabbat notre maître Moche, la paix sur lui, rend aux enfants d'Israël la parure (adi) etc., car la force de notre maître Moche se révèle au saint Chabbat. Durant les jours ouvrables il y a un voile, qui est le revêtement de la lumière de la Torah dans l'œuvre de la création ; et au Chabbat la lumière de la Torah se révèle en elle-même.

"Il assembla" (vayakhel) est un éveil qui vient d'en haut, comme il est enseigné dans les Midrachim que le Saint béni soit-Il dit à Moche : "fais-toi de grandes assemblées pour enseigner à Israël les lois du Chabbat", et de la on apprend que Moche institua pour Israël d'exposer le sujet de Pessa'h à Pessa'h etc., vois-y dans le Yalkout. Il est écrit "la Torah que Moche nous à ordonnée est l'héritage de l'assemblée de Yaakov" (Deutéronome 33,4), c'est l'assemblée où Israël se rassemble ; par cela ils éveillent un flux d'en haut, et c'est l'aspect de l'œuvre du Michkan.

Mais au Chabbat c'est l'assemblée d'en haut : "Moche assembla etc.". C'est ce qui est dit "de grandes assemblées", ce qui implique qu'il y en a de petites, car chaque tribu aussi est appelée "assemblée" (kahal), et en chaque particulier aussi il y a rassemblement ; mais "Moche assembla" est un grand ensemble venu d'en haut, sans gradation.

C'est pourquoi il dit "vous n'allumerez pas de feu etc. le jour du Chabbat" : car l'aspect du feu est cette controverse en l'homme pour le nom du Ciel, car "la maison de Yaakov est un feu" (Abdias 1,18) pour combattre Esau et Amalek. Mais le Chabbat est l'aspect de la lumière venue d'en haut, l'aspect du nom "Israël", et c'est un jour de repos ; c'est pourquoi "vous n'allumerez pas de feu".

תרנ"ח

[Année 5658]

ויקהל משה כו' רמז שבשבת נעשין בנ"י קהל אחד כדאיתא במדרשים עשה לך קהלות ללמוד דיני שבת ויו"ט. כי בני ישראל הם באמת אחדות אחד.

רק ע"י הפסולת נעשה פירוד ביניהם. ובשבת שנתבטל הפסולת באין אל האחדות.

ומרע"ה הוא שר התורה והוא מאחד את בני ישראל כמ"ש תורה צוה כו' מורשה קהלת יעקב. פי' גם זה הוריש לבנ"י שיוכלו להיות קהלה אחת.

ובשבת מתגלה כחו של מרע"ה וכח התורה. ולכן מתאחדין בי'.

וכתיב ביני ובין בני ישראל אות הוא. פי' שאין לאומות חלק בשבת.

לכן בשבת קודש מתגלה הקדושה. דהנה כ' כי בו שבת מכל מלאכתו אשר ברא כו' לעשות.

פי' בימי המעשה הקדושה מתלבש בעשי' ובטבע. ובעשי' יש אחיזה לכל האומות ולכן אין הקדושה בהתגלות.

אבל בנ"י יש להם חלק למעלה מן העשי' והוא אות שבת. ולכן כתיב אלה הדברים אשר צוה ה' לעשות.

הגם כי שבת הוא שלא לעשות. אבל א"י לתקן העשי' רק מי שיש לו כח למעלה מן העשי' ולכן בנ"י יכולין לעשות ולתקן העשי' מאחר שיש להם אחיזה בשבת שהוא למעלה מן העשי'.

ויש בחי' מעשה דיבור ומחשבה. ובנ"י להם כח הדיבור.

וז"ש אלה הדברים שבכח הדיבור הם שולטין על העשי' כנ"ל:

"Moche assembla etc." : allusion qu'au Chabbat Israël devient une seule assemblée, comme il est enseigné dans les Midrachim "fais-toi des assemblées pour étudier les lois du Chabbat et des fêtes". Car les enfants d'Israël sont en vérité une unité une ; ce n'est que par les déchets que se fait la séparation entre eux, et au Chabbat, où les déchets sont annulés, ils viennent à l'unité.

Notre maître Moche, la paix sur lui, est le prince de la Torah, et il unifie les enfants d'Israël, comme il est dit "la Torah que Moche nous à ordonnée est l'héritage de l'assemblée de Yaakov" : cela signifie qu'il à lègue aussi cela à Israël, de pouvoir être une seule assemblée. Au Chabbat se révèle la force de notre maître Moche et la force de la Torah, et c'est pourquoi ils s'unifient en lui.

Il est écrit "entre moi et les enfants d'Israël c'est un signe" (Exode 31,17) : cela signifie que les nations n'ont pas de part au Chabbat ; c'est pourquoi au saint Chabbat se révèle la sainteté. Car il est écrit "car en lui Il s'est reposé de toute Son œuvre qu'Elokim avait créée pour faire" (Genèse 2,3) : cela signifie que durant les jours ouvrables la sainteté se revêt dans l'agir et dans la nature, et dans l'agir toutes les nations ont une prise, c'est pourquoi la sainteté n'est pas révélée ; mais Israël à une part au-dessus de l'agir, et c'est le signe du Chabbat.

C'est pourquoi il est écrit "voici les choses que le Nom à ordonné de faire", bien que le Chabbat soit de ne pas faire ; mais seul celui qui a une force au-dessus de l'agir peut réparer l'agir, et c'est pourquoi Israël peut agir et réparer l'agir, puisqu'il à une prise dans le Chabbat qui est au-dessus de l'agir. Il y a des aspects d'action, de parole et de pensée, et Israël à la force de la parole.

C'est ce qui est dit "voici les choses (les paroles)" : par la force de la parole ils dominent sur l'agir, comme ci-dessus.

במדרש ואל מי תדמיוני כו' א"כ יאמר קדוש שאו מרום עיניכם כו' מי ברא אלה. בזכות מי עומדין.

בזכות אלה שמות בנ"י. ואלה בזכות מי בזכות אלה החוקים כו'.

כי הנה הקב"ה רם ונשא ואיך יוכל להיות כח אלקות במעשה גשמיות. אך הוא ע"י התורה ובני ישראל כמ"ש בראשית בשביל התורה וישראל שנקראו ראשית.

והתורה יש לה דביקות בהקדוש ברוך הוא ובני ישראל בהתורה וכל העולם בבני ישראל ועל ידם נמשך אלהות לכל מעשה בראשית. זה שכתוב ראו מי ברא אלה שידע איש ישראל כי כל העולם כולו תלוי בו.

ואיתא רצה הקדוש ברוך הוא לזכות את ישראל הרבה להם תורה ומצות. אם כן על ידי התורה והמצות מזדככין נפשות בני ישראל שיוכלו לקבל אלקות.

ובזכות זה העולם עומד ויש להם דביקות בו ית' על ידי התורה ובני ישראל. ולזה זכו בני ישראל ביציאת מצרים כמ"ש אשר הוצאתי אתכם מארץ מצרים להיות לכם לאלקים שיוכלו לקבל אלקות:

Dans le Midrach : "Et à qui me comparerez-vous etc., dira le Saint : levez vos yeux en haut etc., qui a créé celles-ci (ele)", en mérite de qui subsistent-elles ? En mérite de "celles-ci" (ele), les noms d'Israël.

Et "celles-ci" en mérite de qui ? En mérite de "ceux-ci", les statuts (houkim) etc.

Car voici, le Saint béni soit-Il est haut et élève, et comment une force de divinité pourrait-elle se trouver dans un acte matériel ? Or c'est par la Torah et Israël, comme dit le Midrach sur "Berechit (au commencement)" : pour la Torah et pour Israël, qui sont appelés "commencement" (rechit).

La Torah à un attachement au Saint béni soit-Il, Israël à la Torah, et tout le monde à Israël ; par eux la divinité se propage à toute l'œuvre de la création. C'est ce qui est écrit "voyez qui a créé celles-ci" : que l'homme d'Israël sache que le monde entier dépend de lui.

Il est enseigné : "le Saint béni soit-Il à voulu conférer du mérite à Israël, Il leur a multiplié Torah et commandements". Ainsi, par la Torah et les commandements, les âmes d'Israël s'affinent pour pouvoir recevoir la divinité ; et en ce mérite le monde subsiste, et ils ont un attachement à Lui, béni soit-Il, par la Torah et Israël.

C'est ce qu'ont mérité les enfants d'Israël à la sortie d'Égypte, comme il est dit "moi qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être votre Elokim" (Lévitique 25,38), qu'ils puissent recevoir la divinité.

תר"ס

[Année 5660]

במדרש ואל מי תדמיוני כו' א"כ יאמר קדוש שאו מרום עיניכם כו'. כי הקב"ה רחוק מכל רחוק ואי אפשר להשיגו רק ע"י פעולותיו כמ"ש מי ברא אלה.

ומצד הבריאה הוא קרוב מכל קרוב. ובאמת מעשה המשכן הוא רמז למעשה בראשית והוא המשכת השראת השכינה ע"י אלה הכלים הכלולים בסוד מעשה בראשית כמ"ש חז"ל יודע הי' בצלאל לצרף אותיות שנבראו בהם שמים וארץ.

אך זאת מעלת בנ"י אשר יש להם דביקות בהקב"ה גם בבחי' הריחוק כמ"ש מרחוק ה' נראה לי דייקא. וזה עדות השבת דכתיב ביני ובין בני ישראל אות הוא בלי שום אמצעות הבריאה.

דכ' ביום השביעי שבת לכן הוא קודש. ובנ"י יש להם חלק בקדושה כמ"ש קדש ישראל לה' ראשית תבואתו הוא מקדם לבריאת עולם.

וכן אמרו האל הקדוש שאין כמוהו המניח לעמו ביום שבת קדשו. שגם במדריגה זו דכ' אל מי תדמיוני כו' אעפ"כ יש לבנ"י חלק בו.

וכמ"ש בזוה"ק בפסוק ואתה ה' אל תרחק שהגם שהעולמות מתעלין בש"ק אעפ"כ נמשכין בנ"י אחר אלה המעלות ע"ש פ' תרומה. והנה קודם החטא כתיב אלקים אתם ונתדבקו באלקות וע"ז כתיב מי יעלה בהר ה'.

אך כשירדו ממעלה זו כמ"ש ומי יקום במקום קדשו בקביעות. אף על פי כן יש עתים וזמנים אשר חוזרין למעלתם הראשונה.

ולכן אחר החטא ניתן להם מלאכת המשכן בבחי' מי ברא אלה. אבל הקדים השבת שהוא מדריגה גבוה מזה כנ"ל:

Dans le Midrach : "Et à qui me comparerez-vous etc., dira le Saint : levez vos yeux en haut etc.". Car le Saint béni soit-Il est plus loin que tout lointain, et il est impossible de L'atteindre sinon par Ses actions, comme il est dit "qui a créé celles-ci" ; et du côté de la création Il est plus proche que tout proche.

En vérité l'œuvre du Michkan est une allusion à l'œuvre de la création, et c'est l'attraction de la résidence de la Chekhina par ces ustensiles inclus dans le secret de l'œuvre de la création, comme l'ont dit nos Sages : "Betsalel savait combiner les lettres par lesquelles furent créés les cieux et la terre". Mais telle est la grandeur d'Israël : ils ont un attachement au Saint béni soit-Il même dans l'aspect de l'éloignement, comme il est dit "de loin le Nom m'est apparu" (Jérémie 31,2), précisément de loin.

C'est le témoignage du Chabbat, dont il est écrit "entre moi et les enfants d'Israël c'est un signe", sans aucune médiation de la création ; car il est écrit "le septième jour Il s'est reposé", c'est pourquoi il est saint, et Israël à une part dans la sainteté, comme il est dit "Israël est saint pour le Nom, prémice de Sa récolte" (Jérémie 2,3), il est antérieur à la création du monde. De même on a dit "le Dieu saint sans pareil, qui fait reposer Son peuple au jour de Son saint Chabbat" : que même à ce degré dont il est écrit "à qui me comparerez-vous etc.", malgré cela Israël y a une part.

Comme il est dit dans le saint Zohar sur le verset "et Toi, le Nom, ne t'éloigné pas" (Psaume 22,20) : bien que les mondes s'élèvent au saint Chabbat, malgré cela Israël est attiré à la suite de ces élévations, vois-y paracha Terouma. Or avant la faute il est écrit "vous êtes des êtres divins (elokim)" (Psaume 82,6) et ils s'attachaient à la divinité, et à ce sujet il est écrit "qui montera à la montagne du Nom ?" (Psaume 24,3) ; mais lorsqu'ils descendirent de ce degré, comme il est dit "et qui se tiendra en son lieu saint" de façon permanente.

Malgré cela il y a des temps et des moments où ils reviennent à leur degré premier ; c'est pourquoi, après la faute, leur fut donnée l'œuvre du Michkan dans l'aspect de "qui a créé celles-ci", mais Il fit précéder le Chabbat, qui est un degré plus élevé que cela, comme ci-dessus.

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