שפת אמת

Sefat Emet — Chemot - For Purim

Rabbi Yehouda Aryeh Leib Alter de Gour - enseignements sur la Torah
En bref

On appelle ces jours Pourim d’après le sort (le pour). Pour le Sfat Emet, l’essentiel du miracle tient à cela : on ne nommerait pas le jour d’après un détail secondaire. Pourquoi « Pourim » au pluriel, et non « Pour » ? Il y a aussi un sort d’Israël : lorsque le sort d’Haman est de détruire tous les Juifs, chose impossible, il se retourne de soi en bien, et leur sort est en vérité notre sort ; seulement il faut prière et cri vers Son salut. Le sort indique que la nature devait être ainsi ; le salut d’Israël est uniquement par miracle. Il y a deux sorts (Esther 9,26).

Aussi : le sort des jours rattaché au Chabbat et celui des mois, renouvellement dans la nature ; ils acceptent de nouveau la Torah, « ils confirmèrent et acceptèrent » ; le michloah manot et l’unité d’Israël contre Amalek

תרל"א

[תרל"א]

על כן קראו לימים האלה פורים על שם הפור. ומשמע שעיקר הנס תולה בזה.

כי איך יקרא שם היום על דבר טפל שאינו העיקר. כי קשה הול"ל פור למה פורים.

אך שגם גורל ישראל הי'. ואף כי לא הפילו פור.

אך זה הפור שכשהגורל שלהם להשמיד לאבד כל היהודים. וזה א"א.

ממילא נהפך לטוב וגורל שלהם הוא גורל שלנו באמת. רק שצריך תפלה וצעקה לישועתו ית'.

וכ"כ בנוסח אשר הניא פור נהפך לפורים ע"ש. וזהו באמת גודל הנס שמה שהגורל מורה עליו הוא שהטבע צריך להיות כן.

ומזה מוכח שלא הי' הצלת ישראל עפ"י טבע כלל רק בנס. וז"ש במדרש כי אגרת שלהם סתום להיות עתידים כו'.

כי הגורל הי' רק שבזה היום צריך להיות דבר זה. ובאמת הי' צריך להיות כן כדי להיות נהפך לטוב.

ונמצא שהוא ב' גורלות:

C'est pourquoi on appela ces jours Pourim, d'après le sort (le pour, le tirage au sort). Cela implique que l'essentiel du miracle tient à cela.

Car comment nommerait-on le jour d'après un détail secondaire qui n'est pas l'essentiel? La difficulté: il aurait fallu dire 'Pour' (sort), pourquoi 'Pourim' (au pluriel)?

Mais c'est qu'il y eut aussi un sort d'Israël. Et même s'ils ne jetèrent pas de sort, ce sort-la fut que, lorsque leur sort (celui d'Haman) était de détruire et d'anéantir tous les Juifs, et que cela est impossible, de soi il se retourna en bien, et leur sort est en vérité notre sort.

Seulement il faut prière et cri vers Son salut (béni soit-Il). Ainsi est-il écrit dans le texte 'Acher hania' (Celui qui déjoua le sort): le pour fut retourné en Pourim, vois là.

Et c'est là, en vérité, la grandeur du miracle: ce que le sort indiquait, c'est que la nature devait être ainsi. Et de cela il est prouvé que le salut d'Israël ne fut nullement selon la nature, mais uniquement par miracle.

C'est ce que dit le Midrach: 'car leur lettre était scellée pour qu'ils soient destinés etc.'. Car le sort ne fut que ceci: qu'en ce jour cette chose devait advenir.

Et en vérité elle devait être ainsi afin de pouvoir se retourner en bien. Il se trouve donc qu'il y a deux sorts (Esther 9,26):

ואיתא במד' כי הי' מפיל גורלות על ימי השבוע ולא עלו לו והפיל על החדשים. וקשה מאחר שלא עלה על הימים מה תועלת בגורל חדשים.

שע"כ צריך ליפול ביום מימי השבוע. אמנם הם ב' מספרים מספר ימי השבת נתלים בשבת.

ושבת ניתן לישראל וקביעא וקיימא. ובזה אין שייכות להמן כלל.

אך החודש נמסר לבני ישראל דכתי' החודש כו' לכם. שהם מקדשין החודש.

והפי' שע"י ישראל ממשיכין התחדשות להטבע ג"כ. זה ההפרש בין שבת שלמעלה מן הטבע.

וחודש הוא המשכת התחדשות לתוך הטבע עצמו. וזה היה עיקר שנאת המן הרשע היפוך משם צדיק שהוא ג"כ המשכת החיות להנבראים.

ועל שם זה נק' צדיק חי. ורשע כמת שנפסק מן שורש החיים ומפריד הטבע מן החיות שלמעלה כנ"ל.

וז"ש ישנו עם אחד מפוזר ומפורד. שמביאין האחדות גם בתוך פיזור.

שהיו אז בגלות והעבודה בגלות היא למצוא נקודה האחדות גם בתוך הטבע. וע"ז חרה לו.

וז"ש והחודש אשר נהפך שגם בבחי' התחדשות בתוך הטבע נעשה הנס. כי שם יש אחיזה לעמלק והמן.

ונתהפך לטוב:

Et il est rapporté dans le Midrach qu'il (Haman) jetait des sorts sur les jours de la semaine et ils ne lui réussirent pas, puis il jeta le sort sur les mois. Difficulté: puisque cela ne réussit pas sur les jours, quelle utilité a un sort sur les mois?

Car il faut bien qu'il tombe sur l'un des jours de la semaine. En vérité ce sont deux comptes distincts: le compte des jours de la semaine se rattache au Chabbat, et le Chabbat fut donné à Israël, fixé et établi.

En cela Haman n'a aucune prise. Mais le mois fut remis aux enfants d'Israël, ainsi qu'il est écrit 'Ce mois... pour vous' (Exode 12,2), car ce sont eux qui sanctifient le mois.

Le sens est que, par Israël, ils font descendre le renouvellement dans la nature elle-même. Telle est la différence entre le Chabbat, qui est au-dessus de la nature, et le mois, qui est l'attraction du renouvellement au sein même de la nature.

Et c'était là la haine essentielle du méchant Haman, l'opposé du nom 'tsadik' (juste), lequel fait lui aussi descendre la vie vers les créatures. Pour cela on l'appelle 'tsadik haï' (juste vivant).

Le méchant, lui, est comme mort, coupé de la racine de la vie, et il sépare la nature de la vie d'en haut, comme dit. C'est le sens de 'il est un peuple dispersé et disséminé' (Esther 3,8): ils introduisent l'unité jusqu'au sein de la dispersion.

Car ils étaient alors en exil, et le service en exil consiste à trouver le point d'unité jusque dans la nature. C'est ce qui l'irrita.

Et c'est 'et le mois qui fut retourné' (Esther 9,22): même dans l'aspect du renouvellement au sein de la nature le miracle s'accomplit. Car là, Amalek et Haman ont une prise.

Et cela fut retourné en bien:

בפורים הי' קבלת התורה כמ"ש הדר קבלוה בימי אחשורוש. פרש"י מאהבת הנס.

וכתיב קימו וקבלו נראה שזה כמו הקדמת נעשה לנשמע. כי קבלה צריך להיות קודם קיום הדבר.

וכ' קימו למעלה מה שקבלו למטה. ותוס' הקשו דצריך קרא לקימו מה שקבלו כבר ע"ש.

ולע"ד שהכל אחד. כמ"ש בזוה"ק פירוש הקדמת נעשה לנשמע עושי דברו לשמוע כו'.

שבנ"י שואגין ככפירים כו' ומעוררין בחי' הדיבור ע"ש. והפי' שקיום המעשה הוא בגשמיות.

ויש בו אור שלמעלה מהטבע והמעשה עצמו נוגע בבחי' הדיבור והציווי. והרצון של האדם נוגע למעלה יותר שהרי הרצון לקיים רצונו ית' גם במה שלמעלה מהטבע רק שא"א.

ונמצא רצון האדם נוגע בשורש הדיבור שהוא רצונו ית"ש. ונמצא ע"י אמירת נעשה שחפצים לקיים רצונו ית"ש מעוררין רצון הנ"ל.

ונעשה הדיבור ושומעין אח"כ ומקיימין בפועל כנ"ל. וז"ש קימו הרצון לעשות ועי"ז קימו למעלה ונעשה דיבור וקיבלו כנ"ל.

ובאור חדש ממהר"ל הביא בשם מדרש תנחומא פ' נח שהדר קבלוה קאי אתורה שבע"פ ע"ש:

À Pourim eut lieu la réception de la Tora, comme il est dit 'ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus' (Chabbat 88a). Rachi explique: par amour du miracle.

Et il est écrit 'ils confirmèrent et acceptèrent' (Esther 9,27); cela ressemble à la préséance du 'naassé' (nous ferons) sur le 'nichma' (nous entendrons). Car l'acceptation doit précéder l'accomplissement de la chose.

Le sens: 'ils confirmèrent' en haut ce qu'ils avaient 'accepté' en bas. Les Tossefot ont objecté qu'il faudrait un verset pour 'ils confirmèrent' ce qu'ils avaient déjà accepté, vois là.

À mon humble avis, tout est un, comme l'explique le Zohar au sujet de la préséance du 'naassé' sur le 'nichma': 'ceux qui font Sa parole pour écouter Sa parole' (Psaumes 103,20), car les enfants d'Israël rugissent comme de jeunes lions et éveillent l'aspect de la parole (dibbour), vois là. Le sens est que l'accomplissement de l'acte se fait dans le matériel, et il y a en lui une lumière au-dessus de la nature, et l'acte lui-même touche l'aspect de la parole et du commandement.

Et la volonté de l'homme touche plus haut encore: car c'est la volonté d'accomplir Sa volonté même en ce qui est au-dessus de la nature, seulement cela est impossible. Il se trouve donc que la volonté de l'homme touche la racine de la parole, qui est Sa volonté (béni soit Son Nom).

Il se trouve donc que, en disant 'naassé', puisqu'ils désirent accomplir Sa volonté, ils éveillent la volonté susdite. Et la parole se fait, et ils entendent ensuite et accomplissent en acte, comme dit.

C'est le sens de 'ils confirmèrent' - la volonté de faire - et par là ils confirmèrent en haut, et la parole se fit, et ils acceptèrent, comme dit. Et dans le Or Hadach du Maharal, il rapporte au nom du Midrach Tan'houma, parachat Noah, que 'ils l'acceptèrent de nouveau' se rapporte à la Tora orale, vois là:

ומצות משלוח מנות נראה לבוא לאהבת ישראל. שכ' איש יהודי ובמד' יחידי כו'.

דאיתא ואהבת לרעך כמוך כלל גדול בתורה. הפי' כשאדם דבוק בנקודה חיות הפנימיות ושם כל בני ישראל אחד.

ממילא אוהב לרעהו ג"כ. וזה עצמו מ"ש רש"י רעך הקב"ה ע"ש שהכל אחד כנ"ל.

ומרדכי הי' כלל כל ישראל. כי ע"י אהבה שנעשה אחד.

יכול לגרום זכותו על כל ישראל. ויהודי נק' יחידי כנ"ל.

שדבוק בנקודה חיות ששם מקום האחדות. וכן כתיב ועמוד ע"נ לשון יחיד.

כמ"ש רש"י על ע' נפש שעובדין לה' אחד ע"ש [וכ"כ אא"ז מוז"ל ע"פ ויחן נגד ההר שהאחדות הכנה לקבלת התורה. וכמו כן אז הי' קבלת התורה ]:

Et la mitsva d'envoyer des parts (michloah manot) semble venir à l'amour d'Israël. Car il est écrit 'un homme juif (ich Yehoudi)', et dans le Midrach 'yehidi' (unique, seul) etc.

Ainsi qu'il est rapporté: 'tu aimeras ton prochain comme toi-même' est un grand principe de la Tora. Le sens: quand l'homme s'attache au point de la vie intérieure, où tous les enfants d'Israël sont un, de soi il aime aussi son prochain.

Et c'est cela même que dit Rachi: 'ton prochain, c'est le Saint béni soit-Il', vois là, car tout est un, comme dit. Et Mordekhai était le collectif de tout Israël.

Car par l'amour qui les rend un, son mérite peut agir en faveur de tout Israël. Un Juif est appelé 'yehidi' (unique), comme dit, car il est attaché au point de vie où se trouve le lieu de l'unité.

De même il est écrit 'et se tenir pour leur âme (al nafcham)' au singulier, comme Rachi l'explique sur 'soixante-dix âmes (nefech)' qu'ils servent le Dieu un, vois là. [Ainsi écrivit mon aïeul, mon maître (que son souvenir soit une bénédiction), sur le verset 'et Israël campa (vayihan) face à la montagne' (Exode 19,2): l'unité est la préparation à la réception de la Tora.

Et de même, alors, eut lieu la réception de la Tora.]:

אא"ז מו"ר זצלה"ה הגיד פי' נקהלו ועמוד על נפשם. כמ"ש בקבלת התורה הקהל לי את כו'.

ואז נקהלו מעצמן במסירת נפשם. כי מחיית עמלק הוא במס"נ להיות בטל אל הנקודה חיות.

וז"ש י"ג זמן קהלה לכל הוא ע"כ. כי וודאי א"א למחות שם עמלק עד שיהי' האדם דבוק בנקודה חיות.

למעלה מבחי' הנפש. במקום שאין לעמלק זכר שם.

ולא מגע נכרי שולטת. וזה ג"כ פי' זכירה כמ"ש בפ' זכור שהיא זכירה בעומק הלב שקרוב למעשה.

כי יש ידיעה בכלל שאין האדם נתפעל ע"י הידיעה. אבל ידיעה פנימיות נק' זכירה כמו שאדם יודע בידיעה מוחלטת שטוב לו חיים ונשמר ממילא מסכנת נפשו בלי ישוב והתבוננות ע"י ידיעה הנ"ל הנקשרת בנפשו.

ונק' זכירה שא"א לשכוח זה ע"י שהידיעה דבוקה בנפשו. כן פי' זכירה.

כתיב נזכרים ונעשים ובגמ' מקיש זכירה לעשיה מה עשי' למפרע לא כו'. ג"כ פרשנו כנ"ל כי זכירה בכלל שאינו נוגע בעומק חיות האדם ויוכל להיות נשכח.

אין זה קרוב לעשיה כי יוכל העשי' להשתנות מידיעה זו ע"י השכחה. שלא נתפעל ע"י זכירה כזו.

וזה נקרא למפרע שאינו מיושב בנפשו. רק בדרך השגה וידיעה כללית.

אבל עשי' הוא דבר שנגמר עד שבא לכלל מעשה. ומקיש הכתוב שיהי' זכירה הקרובה לעשי' [וענין זה סמיכות גאולה לתפלה] וז"ש ועמוד על נפשם שהוא למעלה מחיות נפשם כנ"ל:

Mon aïeul, mon maître (que son souvenir soit pour la vie du monde à venir), à donné l'explication de 'ils se rassemblèrent (nikhalou) et se tinrent pour leur âme'. Comme il est dit lors de la réception de la Tora: 'rassemble-Moi le peuple' etc.

Alors ils se rassemblèrent d'eux-mêmes par le don de soi (mesirout nefech). Car l'effacement d'Amalek se fait par le don de soi, en s'annulant au point de vie.

C'est le sens de 'le 13 [d'Adar], temps de rassemblement pour tous', etc. Car assurément il est impossible d'effacer le nom d'Amalek tant que l'homme ne s'attache pas au point de vie, au-dessus de l'aspect de l'âme (nefech), en un lieu où Amalek n'a ni mention ni souvenir, et où nul contact étranger ne domine.

Et c'est aussi le sens de 'souvenir (zekhira)', comme dans la parachat Zakhor: c'est un souvenir dans la profondeur du cœur, proche de l'acte. Car il existe un savoir général par lequel l'homme n'est pas ému par ce savoir.

Mais un savoir intérieur est appelé 'zekhira', de même qu'un homme sait d'un savoir absolu que la vie lui est bonne et se garde de soi du danger mortel, sans délibération ni réflexion, par ce savoir lié à son âme. On l'appelle 'zekhira' car il est impossible de l'oublier, ce savoir étant attaché à son âme.

Tel est le sens de 'zekhira'. Il est écrit 'rappelés et accomplis' (nizkarim venaassim, Esther 9,28), et dans la Guemara on rapproche le souvenir de l'acte: de même que l'acte n'est pas rétroactif etc.

Nous avons aussi expliqué comme dit: un souvenir général, qui ne touche pas la profondeur de la vie de l'homme et peut être oublié, n'est pas proche de l'acte, car l'acte peut changer à partir de ce savoir par l'oubli, n'ayant pas été ému par un tel souvenir. Cela s'appelle 'rétroactif (lemafrea)', n'étant pas établi dans son âme, mais seulement par voie d'appréhension et de savoir général.

Mais l'acte est une chose qui s'achève jusqu'à devenir un acte réel. Et le verset les rapproche afin qu'il y ait un souvenir proche de l'acte.

[Et ce point est le rapprochement de la délivrance (geoula) à la prière (tefila).] Et c'est 'et se tenir pour leur âme', ce qui est au-dessus de la vie de leur âme, comme dit:

תרל"ד

[תרל"ד]

וישב מרדכי אל שער המלך כו'. אמרו חז"ל ששב לשקו ותעניתו.

פי' וישב ששב בתשובה. כי כן דרך הצדיק על ידי שעוזר לו השי"ת.

מכניע עצמו ביותר על ידי הבושה מלפניו ית'. ומרדכי נצטער שגרם הוא כל הגזירה.

ועתה עשה לו השי"ת חסד כזה. נתבייש עוד יותר.

ושב. כי וודאי אין התשובה ע"י הבושה כמו מקודם.

שיש ב' הכנעות. א' ע"י שפלות.

והב' ע"י גדלות כמ"ש במ"א. וזהו ההפרש בין הצדיק לרשע דכתיב ויצא המן כו' שמח וטוב לב ע"י הסעודה.

וזה הי' מפלתו. אבל במרדכי נאמר וישב כנ"ל.

עוד נראה כי מרדכי ידע שהשי"ת יעזור לבני ישראל בוודאי כמ"ש רוח והצלה כו'. וכ"כ ידע את כל אשר נעשה כו'.

רק שכן דרך כל הצדיקים שאף שיודעין הישועה מ"מ יכולין לצעוק בלב שלם ממש כמו אם לא היה יודע. ולמי שאינו כן אין מראין לו הישועה באמת.

וזה תליא באמונה שלימה שמבטל כל השכל להשי"ת ויודע ומאמין שאין סתירה מכל זה שהישועה בא ע"י צעקת האדם. אף כי השי"ת לא יעזוב בני ישראל בלי ספק.

מ"מ צריכין לצעוק בעת צרה כמ"ש עת צרה כו' וממנה יושע:

'Et Mordekhai retourna à la porte du roi' etc. (Esther 6,12).

Nos Sages ont dit qu'il retourna à son sac et à son jeûne. Le sens de 'vayachov' (il retourna) est qu'il revint par le repentir (techouva).

Car telle est la voie du juste: lorsque le Saint béni soit-Il l'aide, il s'abaisse davantage par la honte devant Lui. Mordekhai souffrait d'avoir causé tout le décret.

Et maintenant que le Saint lui faisait une telle grâce, il eut honte plus encore, et il revint. Car assurément le repentir par la honte n'est pas comme auparavant; car il y a deux formes d'abaissement: l'une par l'humilité (le sentiment de sa petitesse), l'autre par la grandeur, comme expliqué ailleurs.

Telle est la différence entre le juste et le méchant: il est écrit 'et Haman sortit... joyeux et le cœur content' (Esther 5,9) grâce au festin, et ce fut sa chute. Mais de Mordekhai il est dit 'vayachov', comme dit.

Il apparaît en outre que Mordekhai savait que le Saint béni soit-Il aiderait certainement Israël, comme il est écrit 'répit et délivrance' etc. (Esther 4,14), et de même 'il connaissait tout ce qui avait été fait' etc.

(Esther 4,1). Seulement, telle est la voie de tous les justes: bien qu'ils connaissent le salut, ils peuvent néanmoins crier d'un cœur pleinement entier, vraiment comme s'ils ne savaient pas.

Et à celui qui n'est pas ainsi, le véritable salut ne lui est pas montré. Cela dépend de la foi entière, par laquelle on annule tout intellect devant le Saint et l'on sait et croit qu'il n'y a nulle contradiction en tout cela: le salut vient par le cri de l'homme.

Même si le Saint béni soit-Il n'abandonnera pas Israël, sans nul doute, il faut néanmoins crier au temps de la détresse, comme il est écrit 'un temps de détresse' etc. 'et de lui il sera sauvé' (Jérémie 30,7):

נראה כי נס דפורים היה הכנה לבית שני כי הי צריך להיות כח ועוז לבני ישראל. וע"י הנס נגבה לבם ויכלו לחזור לבית המקדש.

וכן אפשר שיהי' לעתיד נס כזה קודם הגאונה כמ"ש חז"ל מעמיד עליהם מלך כהמן כו' שנס זה הכנה לגאולה:

Il semble que le miracle de Pourim fut une préparation au second Temple, car il fallait force et vigueur aux enfants d'Israël. Par le miracle leur cœur s'affermit et ils purent revenir au Temple.

De même il est possible qu'à l'avenir advienne un tel miracle avant la délivrance, comme l'ont dit nos Sages: 'Il suscite sur eux un roi tel qu'Haman' etc., ce miracle étant une préparation à la délivrance:

מה שתקנו בימים אלו משלוח מנות ומתנות. שלא מצינו במקום אחר.

נראה כי כל הכח נגד עמלק ימ"ש הוא התאחדות בנ"י כמ"ש נקהלו ועמוד על נפשם. וכ"כ כינוסו וכינוס בניו הצילו מיד עשו ואלופיו.

והפי' כמ"ש חז"ל נשבע הקב"ה שאין שמו וכסאו שלם עד שימחה זרע עמלק. ובנ"י הם הם שמו ית' כי בני ישראל מקדשין ומגדלין שם שמים בעולם.

וכפי התאחדות בנ"י מתרבה ומתגדל כבוד שמו כמ"ש תנו עוז לאלקים. ולכן קודם ק"ש מזכירין לשמך הגדול ופי' שהוא זכירת עמלק.

כי קודם שמייחדין בנ"י בק"ש שמכניס כ"א עצמו בכלל ישראל ומקבל עומ"ש ורוצה למסור נפשו על קדושת שמו ושיתפרסם כבוד שמו בעולם. זה תליא במחיית עמלק.

והכלל כי בני ישראל הם זרע יעקב. ובחי' יעקב הוא בתוך בנ"י בכל דור ודור שנק' ישראל.

וזה פי' שמע ישראל בק"ש שמייחדין להיות אחד. ואז נאמר ושמנו קראת בשמך.

ולכן מחיית עמלק תליא באהבת בני ישראל. וכ"כ לך כנוס כו' כל היהודים כו'.

ולכן נקרא איש יהודי יחידי כו'. שעל ידו נתאחדו כל בנ"י.

והוא היה כלל כולם. ונק' יהודי על שם כל היהודים:

Ce qu'on institua en ces jours - l'envoi de parts et de dons, que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Il semble que toute la force contre Amalek (que son nom soit effacé) est l'union des enfants d'Israël, comme il est dit 'ils se rassemblèrent et se tinrent pour leur âme'.

Et de même il est écrit 'son rassemblement et le rassemblement de ses fils le sauvèrent de la main d'Esav et de ses chefs'. Le sens est, comme l'ont dit nos Sages, que le Saint béni soit-Il jura que Son Nom et Son Trône ne sont pas complets tant que la semence d'Amalek n'est pas effacée.

Et les enfants d'Israël sont eux-mêmes Son Nom, car Israël sanctifie et magnifie le Nom du Ciel dans le monde. Et selon l'union d'Israël s'accroît et grandit l'honneur de Son Nom, comme il est écrit 'donnez la puissance à Dieu' (Psaumes 68,35).

C'est pourquoi, avant le Chema, on mentionne 'à Ton grand Nom', et le sens est que c'est le rappel d'Amalek. Car avant qu'Israël ne s'unifie dans le Chema - où chacun s'inclut dans le collectif d'Israël, accepte le joug du Royaume des Cieux et veut donner son âme pour la sanctification de Son Nom, et que l'honneur de Son Nom soit proclamé dans le monde - cela dépend de l'effacement d'Amalek.

Et le principe: les enfants d'Israël sont la semence de Yaakov, et l'aspect de Yaakov est au sein d'Israël en chaque génération, appelé 'Israël'. C'est le sens de 'Chema Israël' dans le Chema: ils s'unifient pour être un.

Alors il est dit 'et Tu as appelé notre nom par Ton Nom'. C'est pourquoi l'effacement d'Amalek dépend de l'amour des enfants d'Israël.

Ainsi 'va, rassemble... tous les Juifs' etc. (Esther 4,16).

C'est pourquoi il est appelé 'un homme juif, unique' etc., car par lui tous les enfants d'Israël furent unis, et il était le collectif de tous, et il est appelé 'Yehoudi' d'après tous les Juifs (Yehoudim):

לעשות אותם ימי משתה ושמחה. ואיך.

רק כמ"ש נזכרים ונעשים. שעל ידי הזכירה מתעוררים הימים ונעשים ימי משתה ושמחה.

ופי' הזכירה בכל איש ישראל להתבונן בנס ולהתדבק בהשי"ת מאהבת הנס. כי זכירה הוא בעומק הלב.

במקום שאין שם שכחה. וכפי מה שנזכר למטה בלב איש ישראל.

כמו כן נתעורר למעלה:

'Pour en faire des jours de festin et de joie' (Esther 9,22). Et comment?

Seulement comme il est écrit 'rappelés et accomplis': par le souvenir les jours s'éveillent et deviennent des jours de festin et de joie. Le sens du souvenir en chaque homme d'Israël: contempler le miracle et s'attacher au Saint béni soit-Il par amour du miracle.

Car le souvenir est dans la profondeur du cœur, en un lieu où il n'y a point d'oubli. Et selon ce qui est rappelé en bas dans le cœur d'un homme d'Israël, ainsi s'éveille-t-il en haut:

תרל"ד

[תרל"ד]

מפורים עירבובי דברים

De Pourim, propos divers:

מה שלא קבעו בלילה משתה ושמחה. כי העשי' בא אחר הזכירה.

ועיקר הזכירה ביום. וכן הוכיחו תוס' מדסעודה ביום דעיקר מצות קריאה ביום.

ולכך אחר השלמת הזכירה ומתעורר ע"י הקריאה הארת הנס כדכתיב והימים כו' נזכרים ונעשים. וכן לעשות אותם ימי משתה ושמחה הוא כנ"ל שע"י הקריאה מתעורר הנס:

Pourquoi l'on ne fixa pas la nuit comme temps de festin et de joie. Car l'accomplissement vient après le souvenir, et l'essentiel du souvenir est de jour.

Ainsi les Tossefot l'ont prouvé du fait que le repas est de jour: l'essentiel de la mitsva de la lecture (de la Meguila) est de jour. C'est pourquoi, après l'achèvement du souvenir, l'illumination du miracle s'éveille par la lecture, comme il est écrit 'et les jours... rappelés et accomplis'.

De même 'pour en faire des jours de festin et de joie' est comme dit: par la lecture le miracle s'éveille:

תשועתם היית לנצח ותקותם בכל דור ודור. כי התשועה בפורים הי' לדורות עולם.

כמו שהגזירה הי' להשמיד כל היהודים. ממילא גם הנס הי' לכל הדורות.

והרי קיום כל זרע ישראל הכל ע"י נס הזה. ואיתא כי הגזירה הי' גם בשמים כן על בנ"י.

והקב"ה עשה זה הנס בלי זכות ישראל. רק מצד שאנחנו עמו וחוסים בו תמיד.

לכן עליו להושיע לנו בעת צרה. ולכן זה היו"ט נותן כח ועוז ותקוה לבנ"י בגלות לבטוח בו מצד שמיוחדים אנחנו אליו.

ונראה שלכך תקנו לבסום עד דלא ידע כו'. להראות שאין היום טוב מצד זכות ישראל.

ולכן נקרא פורים על שם הפור כי הגורל הוא סימן שכך היה ראוי מכל צדדי הטבע ותגבורת כח הסט"א ע"י עונותינו. ורק בחסדו השי"ת הצילנו.

ולכן קיבלו אח"ז התורה בלב שלם כמ"ש הדר קבלוה בימי אחשורוש. כי מקודם החטא הקדימו בני ישראל נעשה לנשמע.

וזכות זה עומד לבנ"י תמיד כדאיתא במד' ע"פ זרעו לכם לצדקה. כי בנ"י זורעין במעשה הצדקה ומצות למעלה וזריעותם קיימת לעד.

וזכות זה עמד להם שנתעוררו מהקב"ה בנס לבטל מעשיהם מגודל אהבה שהראה להם הקב"ה בעת צרה. ואיתא כי פורים כמו יום הכפורים וביוה"כ באין למעלה מהטבע ע"י ביטול הגוף אכילה ושתיה ועניתם עי"ז באים לעלמא דחירות.

ויש בו סליחת עונות. כמו כן בפורים ע"י משתה ושמחה יכולין לבוא ג"כ לזה בעזר עליון שלא מצד מעשינו:

'Leur salut fut à jamais, et leur espérance en chaque génération.' Car le salut de Pourim fut pour les générations éternelles, de même que le décret était de détruire tous les Juifs; de soi, le miracle aussi fut pour toutes les générations. Et de fait, l'existence de toute la semence d'Israël tient entièrement à ce miracle.

Il est rapporté que le décret était aussi dans les cieux, ainsi, contre Israël. Et le Saint béni soit-Il fit ce miracle sans le mérite d'Israël, seulement du fait que nous sommes Son peuple et que nous nous réfugions toujours en Lui; c'est pourquoi il Lui incombe de nous sauver au temps de la détresse.

Et c'est pourquoi cette fête donne force, vigueur et espérance aux enfants d'Israël en exil, pour se confier en Lui du fait que nous Lui sommes attachés. Il semble que pour cela on institua de s'enivrer 'jusqu'à ne plus savoir' etc., pour montrer que la fête ne vient pas du mérite d'Israël.

Et c'est pourquoi on l'appelle Pourim d'après le sort, car le sort est un signe qu'il en aurait été ainsi de tous les côtés de la nature et du renforcement de la puissance de la Sitra A'hra (l'autre côté, les forces du mal) à cause de nos fautes, et ce n'est que par Sa bonté que le Saint béni soit-Il nous sauva. Et c'est pourquoi ils acceptèrent ensuite la Tora d'un cœur entier, comme il est dit 'ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus'.

Car avant la faute, les enfants d'Israël avaient fait précéder 'naassé' à 'nichma'. Et ce mérite demeure pour Israël à jamais, comme il est rapporté dans le Midrach sur le verset 'semez pour vous en vue de la charité' (Osée 10,12).

Car les enfants d'Israël sèment en haut par l'acte de charité et de mitsvot, et leur semaille subsiste à jamais. Et ce mérite leur tint lieu de secours: ils furent éveillés par le Saint béni soit-Il au moyen d'un miracle pour annuler leurs actes, par la grandeur de l'amour que le Saint leur montra au temps de la détresse.

Et il est rapporté que Pourim est comme Yom haKippourim: à Yom Kippour on parvient au-dessus de la nature par l'annulation du corps - le manger et le boire - et 'vous vous affligerez', par quoi l'on parvient au monde de la liberté, et il y a en cela le pardon des fautes. De même à Pourim, par le festin et la joie, on peut aussi parvenir à cela, avec un secours d'en haut, non par nos actes:

מוקפין נראה שחשובין יותר. כי עיר המוקפת חומה בעת מלחמת יהושע.

הי' תחת קליפה יתירה ממלכי כנען. וזה סימן שיש בה קדושה יתירה.

לכן כשנכבשה הארץ הי' בעיר המוקפת חומה קדושה יתירה. כדאיתא עשר קדושות הן.

ולכן כיון שניצולו היהודים המוקפין ולא נתעורר קליפת העיר ע"י המן וסייעתו הוא שמחה יתירה:

Les villes entourées de murailles (moukafin) semblent plus considérées. Car une ville entourée d'une muraille du temps de la guerre de Josue était sous une kelipa (écorce, force impure) supplémentaire, plus que les autres rois de Canaan.

Et c'est un signe qu'il y a en elle une sainteté supplémentaire. C'est pourquoi, lorsque le pays fut conquis, il y eut dans la ville murée une sainteté supplémentaire, comme il est rapporté 'il y a dix degrés de sainteté'.

Et c'est pourquoi, puisque les Juifs des villes murées furent sauvés et que la kelipa de la ville ne fut pas éveillée par Haman et ses acolytes, c'est une joie supplémentaire:

תרל"ו

[תרל"ו]

בפורים הוא עת תשובה כמו דאיתא שיוה"כ ופורים הוא ענין אחד ע"ש בתקונים. כי הנה כל הנסים שנעשו לבנ"י.

הי' מצד זכות מעשיהם הטובים שהם מוכנים לנסים. אבל בפורים הי' באמת גזירה בשמים כו' רק ע"י תשובה זכו לנס.

לכן איתא שכל המועדות בטלין ופורים לא יתבטל. כענין במקום שבעלי תשובה עומדין כו'.

ועתה על ידי שמחה יכולין לבוא לבחי' תשובה. מה שבאים ביוהכ"פ על ידי העינוים:

À Pourim c'est un temps de repentir, comme il est rapporté que Yom Kippour et Pourim sont une seule et même chose, vois là dans les Tikounim (Tikounei Zohar). Car voici, tous les miracles accomplis pour Israël venaient du côté du mérite de leurs bonnes actions, car ils sont aptes aux miracles.

Mais à Pourim il y eut véritablement un décret dans les cieux etc., et ce n'est que par le repentir qu'ils méritèrent le miracle. C'est pourquoi il est rapporté que toutes les fêtes seront abolies dans l'avenir mais que Pourim ne sera pas aboli, à la manière de 'au lieu où se tiennent les pénitents (baalei techouva)' etc.

Et maintenant, par la joie, on peut parvenir à l'aspect du repentir - ce à quoi l'on parvient à Yom Kippour par les afflictions:

ואיתא הדר קבלוה בימי אחשורוש כו'. ותוס' הקשו הא הקדימו נעשה לנשמע.

אבל יראה כי ע"י חטא העגל אבדו נעשה כדאיתא במדרש הזהרו בנשמע. ואעפ"כ הי' לבנ"י עמידה אחר החטא.

וזה הי' ענין כפה עליהם ההר. שאף כשיאבדו ח"ו הקדמת נעשה כו' רק הרצון והשמיעה יהי' כראוי.

יסייעו להם משמים לגוף המעשה. והדר קבלוה בימים האלו.

כמ"ש קימו וקבלו כו' להיות עושים כו'. א"כ נראה שנתקן.

חטא העגל בנס דפורים. והאמת כי כל חטא העגל בא על ידי הרשע עמלק אשר עירבב אותנו קודם קבלת התורה וזרק ארס ושאור בעיסה.

לכן כפי מחיית עמלק נתקן זה החטא כנ"ל:

Il est rapporté 'ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus' etc. Les Tossefot ont objecté: mais ils avaient fait précéder 'naassé' à 'nichma'!

Or il apparaît que, par la faute du Veau d'or, ils perdirent le 'naassé', comme il est rapporté dans le Midrach 'prenez garde au nichma'. Et néanmoins il y eut pour Israël une tenue ferme après la faute.

Tel fut le sens de 'Il tint la montagne au-dessus d'eux' (kafa alehem har): que même s'ils perdaient, à Dieu ne plaise, la préséance du 'naassé' etc., pourvu que la volonté et l'écoute (chemia) fussent comme il convient, ils seraient aidés du Ciel pour le corps même de l'acte. Et 'ils l'acceptèrent de nouveau' en ces jours, comme il est écrit 'ils confirmèrent et acceptèrent... pour être faisant' etc.

Si tel est le cas, il apparaît que la faute du Veau fut réparée par le miracle de Pourim. Et la vérité est que toute la faute du Veau vint par le méchant Amalek, qui nous troubla avant la réception de la Tora et jeta le venin et le levain dans la pâte.

C'est pourquoi, selon l'effacement d'Amalek, cette faute est réparée, comme dit:

En bref

« Esther parla de nouveau au roi », « elle pleura », « pour faire passer la malignité de Haman » et « révoquer les lettres » (Esther 8,3-5). Lorsqu’un homme obtient un peu de délivrance, il lui faut réparer les actions mal faites et ramener à leur racine les volontés et les pensées dispersées. Le Sfat Emet rapporte de son grand-père que le « souvenir contre Amalek » n’est que ce qu’Amalek dérobe à Israël par les pensées étrangères. Les lettres à révoquer sont les illuminations volées ; le dessein formé « contre » les Juifs, ce sont ces pensées qui bondissent sur la tête d’Israël. À la mesure de l’effacement d’Amalek reviennent les illuminations ; à l’effacement total, toutes les pensées seront réparées.

Aussi : le jeûne répare la faute du banquet d’Assuérus et les fautes volontaires se changent en mérites par le repentir par amour ; ils acceptèrent de nouveau la Torah ; s’enivrer jusqu’à ne plus savoir, monter au-dessus de l’arbre de la connaissance.

ותוסף אסתר כו' ותבך כו' להעביר את רעת המן כו' ומחשבתו אשר חשב על היהודים כו' להשיב את הספרים מחשבת המן כו'. ביאור הענין כשיש קצת גאולה לאדם צריך לתקן כל המעשים אשר לא טוב עשה ואשר נתפזרו הרצונות והמחשבות להחזיר הכל לשורשן.

וכפי מחיית עמלק. כך נחזרין כל ההארות לבני ישראל.

כי הכל שלהם. כאשר שמעתי מפה קדוש אמ"ז ז"ל על מה שנאמר זכר בעמלק כי מאין יש לו שם זכירה.

רק מה שגונב מבנ"י ע"י המחשבות זרות שעולין במחשבות הישראלי. וזהו להשיב כו' הספרים הם ההארות שגנב מבנ"י כאשר נאמר ורבים מעמי הארץ מתיהדים.

מחשבתו כו' אשר חשב על היהודים הם המחשבות זרות שהוא גורם שיעלו על ראשן של ישראל. וזהו שמתפללין והחושבים עלי רעה כו' וקלקל מחשבתם.

וזה אשר חשב על היהודים. על דייקא.

כי הוא קופץ על ראשן של ישראל. ובעת הגאולה שיהי' מחיית עמלק לגמרי יהיו מתוקנים כל המחשבות במהרה בימינו אמן:

'Esther parla de nouveau [au roi]' etc., 'et elle pleura' etc., 'pour faire passer la malignité de Haman' etc., 'et son dessein qu'il avait formé contre les Juifs' etc., 'pour révoquer les lettres, le dessein de Haman' etc. (Esther 8,3-5).

Explication de la chose : lorsqu'un homme obtient un peu de délivrance, il lui faut réparer toutes les actions qu'il a mal faites, et [rassembler] les volontés et les pensées qui s'étaient dispersées, pour tout ramener à leur racine. Et à la mesure de l'effacement d'Amalek, ainsi reviennent toutes les illuminations aux enfants d'Israël, car tout leur appartient.

Ainsi que je l'ai entendu de la bouche sainte de mon maître mon grand-père, de mémoire bénie, au sujet de ce qui est dit 'un souvenir contre Amalek' (zekher be-Amalek) : car d'où aurait-il un nom de souvenir ? Seulement de ce qu'il dérobe aux enfants d'Israël par les pensées étrangères qui montent dans les pensées du Juif.

Et c'est [le sens de] 'révoquer' etc. : les lettres (ha-sefarim) sont les illuminations qu'il a dérobées aux enfants d'Israël, comme il est dit 'et beaucoup parmi les peuples du pays se faisaient juifs' (Esther 8,17). 'Son dessein qu'il avait formé contre les Juifs' : ce sont les pensées étrangères qu'il fait monter sur la tête d'Israël. Et c'est ce qu'on prie 'et ceux qui pensent contre moi du mal, déjoue leur dessein'.

Et c'est 'qu'il avait formé contre (al) les Juifs' - 'contre' précisément, car il bondit sur la tête d'Israël. Et au temps de la délivrance, quand l'effacement d'Amalek sera total, toutes les pensées seront réparées, promptement et de nos jours, amen.

תרל"ז

[תרל"ז] (année 5637)

כנוס כו' כל היהודים הנמצאים בשושן כו'. כי הבינו שהגזירה הי' ע"י החטא שנהנו מאותה סעודה של אחשורוש.

ולכן נאמר לעיל עשה כו' לכל כו' הנמצאים בשושן כו' משתה כו'. וכן כאן הנמצאים.

שזה קאי על בנ"י. כמו שדרשו חכמים בפסוק שתי בנותיך הנמצאות כו'.

ובזה התענית תקנו זה החטא ושבו בתשובה שלימה. והוא פלא שבאותה המשתה עצמה נעשה ההצלה שנהרגה ושתי אז.

וזהו כעין אמרם ז"ל בתשובה מאהבה. הזדונות נהפכו לזכיות.

והקב"ה ראה שישובו בתשובה שלימה. ונראה שלכך תקנו זה היום למשתה.

לאשר כי נהפך להם חטא המשתה על ידי התשובה כנ"ל. וי"ל זה פי' הפסוק ובכן אבוא אל המלך אשר לא כדת.

פי' שהתקרבות אל הבורא ית' יהיה ע"י החטא עצמו. והוא שלא כדת ע"י תשובה כנ"ל:

'Rassemble' etc. 'tous les Juifs qui se trouvent à Suse' etc. (Esther 4,16).

Car ils comprirent que le décret était venu à cause de la faute d'avoir profité de ce banquet d'Assuérus. C'est pourquoi il est dit plus haut 'fais... pour tous... ceux qui se trouvent à Suse... un festin' etc.

Et de même ici 'ceux qui se trouvent', ce qui se rapporte aux enfants d'Israël, comme les Sages l'ont exposé sur le verset 'tes deux filles qui se trouvent [ici]' etc. (Genèse 19,15).

Et par ce jeûne ils réparèrent cette faute et revinrent en repentir parfait. Et c'est une merveille que par ce banquet même se fit le salut, car Vashti fut alors mise à mort.

Et c'est à l'image de ce qu'ont dit [les Sages], de mémoire bénie : dans le repentir par amour, les fautes volontaires se changent en mérites. Et le Saint, béni soit-Il, vit qu'ils reviendraient en repentir parfait.

Et il semble que c'est pour cela qu'ils instituèrent ce jour en festin, parce que la faute du festin se retourna pour eux [en bien] par le repentir, comme dit. Et l'on peut dire que c'est l'explication du verset 'et ainsi j'entrerai chez le roi contrairement à la loi' (Esther 4,16), c'est-à-dire que le rapprochement du Créateur, béni soit-Il, se fera par la faute même, et c'est 'contrairement à la loi', par le repentir, comme dit.

ובכל יום ויום מרדכי מתהלך כו'. נראה שכל הדברים הנזכרים במגילה היה הכל לצורך הנס.

ובודאי זה דבר גדול מאוד שהי' כארבעה וחמשה שנים מעת הלקח אסתר לאחשורוש. ומרדכי הצדיק הלך בכל יום ויום לראות שלומה בעבור כי היתה יתומה.

ובצער התפיסה בבית הנכרי. ובזכות זה זכה לנס.

וכתיב גם כן באמרם אליו יום ויום כו'. שע"י שבכל יום ויום מתהלך זכה לזה לנצח את המן הרשע ולהכעיסו בכל יום ויום:

'Et chaque jour Mardochée se promenait' etc. (Esther 2,11).

Il semble que toutes les choses mentionnées dans la Meguila étaient toutes nécessaires au miracle. Et assurément c'est une chose très grande, car il y eut environ quatre ou cinq ans depuis le moment où Esther fut prise chez Assuérus.

Et Mardochée le juste allait chaque jour s'enquérir de son bien-être, parce qu'elle était orpheline et dans la peine d'être captive dans la maison de l'étranger. Et par ce mérite il fut digne du miracle.

Et il est écrit de même 'comme ils lui parlaient jour après jour' etc. (Esther 3,4) : par le fait que chaque jour il se promenait, il fut digne de cela, de vaincre Haman le méchant et de l'irriter chaque jour.

בן קיש. ואיתא בתרגום שני שהי' מזרע שאול א"כ למה לא יחסו אחר המלך שאול.

ומה"ט נד האבן עזרא מדברי חכמים. אבל נראה שע"י ששאול חטא והשאיר מזרע עמלק לכן לא נזכר שמו בכאן.

[אח"כ מצאתי בפי' הר"ש אלקבץ זצ"ל שכתב שתיקן חטא שאול. ונק' בן קיש שמילא מקום שאול בן קיש ע"ש.

נראה כוונתו שבן קיש קאי על מרדכי הקודם. ולפי זה נראה שיש בו סוד גילגול ועיבור נשמת שאול כנ"ל]:

'Fils de Kish' (Esther 2,5). Il est rapporté dans le Targoum Sheni qu'il était de la descendance de Saul ; si donc il en est ainsi, pourquoi ne le rattache-t-on pas au roi Saul ?

Et c'est pour cette raison que Ibn Ezra s'écarte des paroles des Sages. Mais il semble que, parce que Saul a fauté et a laissé subsister [quelqu'un] de la descendance d'Amalek, c'est pour cela que son nom n'est pas mentionné ici.

[Par la suite j'ai trouvé dans le commentaire de Rabbi Chelomo Alkabets, que le souvenir du juste soit béni, qu'il écrit qu'il répara la faute de Saul, et qu'il est appelé 'fils de Kish' parce qu'il tint la place de Saul fils de Kish ; vois-y. Il semble que son intention est que 'fils de Kish' se rapporte au Mardochée antérieur.

Et selon cela il semble qu'il y a là un secret de transmigration (guilgoul) et de gestation (ibbour) de l'âme de Saul, comme dit.]

בגמרא קימו וקבלו הדר קבלוה בימי אחשורוש כו'. ותוס' הקשו הא הקדימו נעשה לנשמע.

אבל נראה שהקב"ה ראה שיחטאו אח"כ בעגל ויאבדו נעשה כמ"ש במדרש. אך על ידי שהקדימו נעשה במסירת נפשם לה'.

זכו שיכפה עליהם הר כגיגית. פי' שניתן להם התורה בע"כ.

ולכך נשארה להם התורה גם אחר החטא. שלא ניתן להם ע"י הקדמה זו רק בעל כרחם.

ולכך נשאר להם כנ"ל. אבל באמת כל חטא העגל נראה שהיה ע"י עמלק הרשע ימ"ש שלולי הוא שעירבב את בנ"י בדרך לא היה שום חטא.

ולכך בכל עת שיש מחיית זרע עמלק נתקן חטא העגל. וז"ש הדר קבלוה כו' שחזרו לזכות ההקדמה של נעשה לנשמע כנ"ל:

Dans la Guemara : 'ils confirmèrent et acceptèrent' (Esther 9,27) - 'ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus' etc. (Chabbat 88a).

Et les Tossafot ont objecté : mais [au Sinaï] ils ont fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons' ! Mais il semble que le Saint, béni soit-Il, vit qu'ils fauteraient ensuite par le veau [d'or] et perdraient le 'nous ferons', comme il est dit dans le Midrach.

Or, par le fait qu'ils firent précéder 'nous ferons' dans le don de leur âme à l'Éternel, ils méritèrent qu'Il renverse sur eux la montagne comme une cuve (Chabbat 88a), c'est-à-dire que la Torah leur fut donnée malgré eux. Et c'est pourquoi la Torah leur resta même après la faute : parce qu'elle ne leur fut pas donnée par cette anticipation [seule] mais malgré eux, et c'est pourquoi elle leur resta, comme dit.

Mais en vérité toute la faute du veau semble avoir été par Amalek le méchant, que son nom soit effacé : sans lui, qui embrouilla les enfants d'Israël en chemin, il n'y aurait eu aucune faute. C'est pourquoi chaque fois qu'il y a effacement de la descendance d'Amalek, la faute du veau est réparée.

Et c'est [le sens de] 'ils l'acceptèrent de nouveau' etc. : ils revinrent au mérite de l'anticipation de 'nous ferons' sur 'nous entendrons', comme dit.

תרל"ח

[תרל"ח] (année 5638)

מה שתקנו משתה ושמחה משלוח מנות ומתנות כו'. כי הנה ענין מגילה הזאת היא שורש ומפתח בנין בית שני.

והנה ביהמ"ק ראשון הי' ענין תורה שבכתב. לכן אמרו חכמים שנחרב ע"י ע"ז ג"ע ש"ד כו'.

אבל ביהמ"ק שני היה ענין תורה שבע"פ לכן אמרו שנחרב ע"י שנאת חנם. ומגילה זאת היא ענין חיבור תורה שבכתב ותורה שבע"פ.

לכן נקראת ספר ונקראת אגרת. וענין תורה שבע"פ הוא באמת כללות המדות טובות שנטבעו בלבות בני ישראל בנפשותיהם.

שהיא נמשכת משורש דביקות בני ישראל למעלה. ולכן ע"י אהבת בנ"י והתאחדם אין שום חסרון.

כי בכלל נמצא שלימות בכל הענינים כמ"ש ממנו פנה ממנו יתד כו'. והימים האלה מסוגלים לזאת ההתאחדות כמ"ש נקהלו כו'.

ועל ידי הקיבוץ שכתיב כנוס כו' כל היהודים גברו נגד עמלק. כי בהכלל אין לו כח כמ"ש הנחשלים אחריך כו'.

שיצאו מן הכלל. כמ"ש ברפידים שהוא הריסות החיבור.

לכן אמרו בגמ' הדר קבלוה בימי אחשורוש. דבמד' תנחומא פ' נח פי' מ"ש מודעא רבה לאורייתא והלא הקדימו נעשה לנשמע ומפרש דקאי על תורה שבעל פה שקשה לקיימה ביותר ע"ש.

נמצא דבימי אחשורוש קיבלו ברנון גם התורה שבע"פ כמ"ש:

Ce qu'ils ont institué le festin et la joie, l'envoi de portions et de dons [aux pauvres] etc. Car voici, le thème de cette Meguila est la racine et la clef de la construction du Second Temple.

Or le premier Temple relevait de la Torah écrite ; c'est pourquoi les Sages ont dit qu'il fut détruit à cause de l'idolâtrie, de l'inceste et de l'effusion de sang etc. Mais le second Temple relevait de la Torah orale ; c'est pourquoi ils ont dit qu'il fut détruit à cause de la haine gratuite.

Et cette Meguila est le thème de l'union de la Torah écrite et de la Torah orale ; c'est pourquoi elle est appelée 'livre' (sefer) et appelée 'lettre' (igueret). Et le thème de la Torah orale est en vérité l'ensemble des bonnes qualités (midot) qui ont été imprimées dans les cœurs des enfants d'Israël, dans leurs âmes, laquelle découle de la racine de l'attachement des enfants d'Israël en haut.

C'est pourquoi, par l'amour des enfants d'Israël et leur union, il n'y a aucun manque, car dans l'ensemble (ba-kelal) se trouve la perfection en toutes choses, comme il est dit 'de lui l'angle, de lui le pieu' etc. (Zacharie 10,4).

Et ces jours sont propices à cette union, comme il est dit 'ils se rassemblèrent' etc. Et par le rassemblement, comme il est écrit 'rassemble tous les Juifs', ils l'emportèrent contre Amalek ; car dans l'ensemble il n'a aucune force, comme il est dit 'les traînards derrière toi' etc.

(Deut 25,18) - ceux qui étaient sortis de l'ensemble, comme [ce qui s'est passé] à Rephidim, qui est la destruction de l'union. C'est pourquoi ils ont dit dans la Guemara 'ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus'.

Car dans le Midrach Tan'houma, section Noah, on explique ce qui est dit 'grande protestation contre la Torah' - mais n'ont-ils pas fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons' ? - et il explique que cela se rapporte à la Torah orale, qui est la plus difficile à accomplir ; vois-y. Il ressort donc qu'aux jours d'Assuérus ils acceptèrent aussi avec allégresse la Torah orale, comme dit.

בפסוק לימים האלה פורים על שם הפור. נראה שזה יסוד הנס.

ולכאורה מאי נ"מ בפור הזה. אבל הענין הוא כי בוודאי כיון שהגורל נפל על ימים אלו.

בלי ספק היה זה סוף כחו של המן ועמלק שהי' בתוקף האחרון שיש להם. לכן כתיב שראה כי כלתה אליו הרעה.

פי' שאין לו כח להרע עוד. כי בוודאי כח הרשע להרע כמ"ש ועל חרבך תחי'.

וכיון שנפסק שוב כחו האחרון הוא גאולה שלימה מתחת יד עמלק. אם כי עוד יהי' מחיית עמלק בימי משיח.

אבל כחו להרע לנו נראה שנפסק לגמרי. וכתיב והמן עמד לבקש כו'.

כי גם בימי שאול לולי שפעלו הרשעים לעורר קצת רחמנות עליהם. הי' להם מפלה לגמרי.

רק שריחם שאול והעם כו'. וכמו כן רצה עתה המן לעורר רחמנות באסתר.

אבל הם תקנו חטא שאול לגמרי. כי מאחר שנא' זכור את אשר עשה לך עמלק כו' תמחה כו'.

מוכח שכל נפילת עמלק תלוי בשנאת בני ישראל אותו כנ"ל:

Sur le verset 'ces jours [furent appelés] Pourim, du nom du pour (le sort)' (Esther 9,26). Il semble que c'est le fondement du miracle.

À première vue, quelle importance y a-t-il dans ce 'pour' ? Mais la chose est ainsi : assurément, puisque le sort tomba sur ces jours-là, sans doute était-ce la fin de la force de Haman et d'Amalek, qui étaient dans leur dernière vigueur.

C'est pourquoi il est écrit 'qu'il vit que le mal était décidé contre lui' (Esther 7,7), c'est-à-dire qu'il n'a plus la force de nuire ; car assurément la force du méchant est de nuire, comme il est dit 'et de ton épée tu vivras' (Genèse 27,40). Et puisque sa dernière force fut interrompue, c'est une délivrance parfaite de sous la main d'Amalek.

Bien qu'il y aura encore un effacement d'Amalek aux jours du Messie, sa force de nous nuire semble avoir été interrompue entièrement. Et il est écrit 'et Haman se tint pour implorer' etc.

(Esther 7,7). Car aux jours de Saul aussi, si les méchants n'avaient pas agi pour éveiller un peu de pitié envers eux, ils auraient eu une déroute totale ; seulement Saul et le peuple eurent pitié etc.

(I Samuel 15,9). De même, Haman voulut alors éveiller la pitié chez Esther.

Mais eux réparèrent la faute de Saul entièrement ; car puisqu'il est dit 'souviens-toi de ce que t'a fait Amalek... tu effaceras' etc. (Deut 25,17-19), il est prouvé que toute la chute d'Amalek dépend de la haine que les enfants d'Israël lui portent, comme dit.

תרל"ט

[תרל"ט] (année 5639)

קימו וקבלו כו' להיות עושים כו' וכתיב לעשות אותם ימי משתה ושמחה כו'. ומה זה שבח הגדול שקיבלו עליהם מעשה זו.

אבל הענין הוא עפ"י מ"ש חז"ל הדר קבלוה בימי אחשורוש. פרש"י מאהבת הנס כו'.

ותוס' מקשים הא מקודם הקדימו נעשה לנשמע. ולמה הוצרך לכוף עליהם הר כגיגית.

אבל באמת המגיד מראשית אחרית הוא ראה וידע כי לא ישארו בכתריהם. כאשר חכמים הגידו קלקלתם נעשה הזהרו בנשמע.

וע"י שכפה עליהם הועיל אח"כ לקבל השמיעה. גם שקלקלו הנעשה בחטא הידוע.

מול זאת אמרו הדר קבלוה בימי אחשורוש נראה שניתקן עתה בימי הפורים קלקול הנעשה. לכן הימים נזכרים ונעשים.

ולכן המצוה לענג הגוף. ואיתא בזוה"ק כי בפורים מתקנים ע"י עונג כמו ביוה"כ ע"י עינוי ע"ש.

וכמו ביוה"כ נגמר הכפרה ואמר סלחתי. והוא ע"י תשובה במ' יום שע"ז נתקן ימי אלול לתשובה מיראה.

וכמו כן בחדש אדר מאהבה ושמחה זוכין לתשובה וע"י שנתקן העשי' לכן המצוה במשתה ושמחה:

'Ils confirmèrent et acceptèrent' etc. 'de faire' etc., et il est écrit 'd'en faire des jours de festin et de joie' etc. (Esther 9,27 et 9,22).

Quelle est cette grande louange qu'ils prirent sur eux cette action ? Mais la chose est selon ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : 'ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus' (Chabbat 88a).

Rachi explique : par amour du miracle etc. Et les Tossafot objectent : mais auparavant ils avaient fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons', et pourquoi fallut-il renverser sur eux la montagne comme une cuve ?

Mais en vérité Celui qui annonce la fin dès le commencement (Isaie 46,10), Lui, vit et sut qu'ils ne resteraient pas dans leurs couronnes ; comme les Sages l'ont dit, ils gâtèrent le 'nous ferons' - soyez prudents dans le 'nous entendrons'. Et par le fait qu'Il renversa sur eux [la montagne], cela servit ensuite à recevoir l'écoute (l'entendre), bien qu'ils gâtèrent le 'nous ferons' par la faute connue.

En regard de cela ils ont dit 'ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus' : il semble que fut alors réparé, aux jours de Pourim, le gâté du 'nous ferons'. C'est pourquoi ces jours sont 'rappelés et accomplis' (nizkarim ve-naassim, Esther 9,28).

Et c'est pourquoi le commandement est de réjouir le corps. Et il est rapporté dans le Zohar saint qu'à Pourim on répare par le plaisir (oneg), comme à Yom Kippour par l'affliction ; vois-y.

Et de même qu'à Yom Kippour l'expiation s'achève et [le Nom] dit 'j'ai pardonné', et c'est par le repentir en quarante jours - c'est pour cela que les jours d'Eloul furent institués pour le repentir par crainte - de même au mois d'Adar, par amour et par joie, on mérite le repentir ; et parce que le 'faire' fut réparé, c'est pourquoi le commandement est dans le festin et la joie.

תר"מ

[תר"מ] (année 5640)

בפסוק ואת פרשת הכסף אשר אמר המן לשקול כו'. שזה חרה למרדכי הצדיק מה שיהי' להרשע נדיבות כזה.

וזה א"א בלתי שפלות בני ישראל. שכפי מה שרפו ידיהן מלהתנדב להבורא ית'.

כך נמצא אצל הרשעים. כי באמת הנדיבות של ישראל הוא.

כי באמת לא נתקבל מהמן. ולא גרם הכסף הגזירה.

רק מה שאמר לשקול ע"ז נתעצב הצדיק:

Sur le verset 'et l'affaire de l'argent que Haman avait dit de peser' etc. (Esther 4,7).

Cela irrita Mardochée le juste, que le méchant eût une telle munificence. Or cela n'est possible que par l'abaissement des enfants d'Israël : dans la mesure où ils relâchèrent leurs mains de faire des dons généreux au Créateur, béni soit-Il, dans cette mesure [la générosité] se trouve chez les méchants.

Car en vérité la générosité [appartient] à Israël. Car en vérité [l'argent] ne fut pas accepté de Haman, et l'argent ne causa pas le décret ; c'est seulement de ce qu'il dit de le peser que le juste s'attrista.

מה שכפל ושילש במגילה ובבזה לא שלחו כו' ידם. נראה שהי' תיקון מה שהניחו שאול ובנ"י מעמלקים כמ"ש שם (למען) לזבוח לה'.

והשי"ת לא חפץ שיתקרב שום דבר מעמלק ימ"ש להקדושה. לכן איתא שאין לקבל גרים מן עמלק.

ולכן אם כי כתב שללם לבוז. הי' נסיון לבנ"י שיזכרו שנאת עמלק.

ואף שהי' בכחם לבוז ולקרב להקדושה ג"כ ניצוצות מהם. קיימו רצון התורה למחות זכר עמלק.

[כי השי"ת שילם לעמלק כמדתו. כי כל האומות אם כי חוטאים ג"כ.

אבל רוצין להיות להם שייכות להקדושה. ועמלק נתיצב על הדרך להחטיא את בנ"י ולמרוד במקום.

לכן לא יהי' לו זכר לעולם בתוך בני ישראל]:

Ce que la Meguila répète deux et trois fois : 'et au butin ils n'étendirent pas leur main' (Esther 9,10.15.16). Il semble que c'était une réparation de ce que Saul et les enfants d'Israël épargnèrent des Amalécites, comme il est dit là '(afin) de sacrifier à l'Éternel' (I Samuel 15,15).

Or le Saint, béni soit-Il, ne désira pas que quoi que ce soit d'Amalek, que son nom soit effacé, s'approche de la sainteté ; c'est pourquoi il est rapporté qu'on ne reçoit pas de convertis issus d'Amalek. C'est pourquoi, bien qu'il ait écrit 'leur butin à piller', ce fut une épreuve pour les enfants d'Israël, afin qu'ils se souviennent de la haine d'Amalek.

Et bien qu'il fut en leur pouvoir de piller et de rapprocher de la sainteté aussi les étincelles qui sont en eux, ils accomplirent la volonté de la Torah d'effacer le souvenir d'Amalek. [Car le Saint, béni soit-Il, rétribua Amalek selon sa mesure ; car toutes les nations, bien qu'elles fautent aussi, veulent cependant avoir un rapport avec la sainteté ; mais Amalek se posta sur le chemin pour faire fauter les enfants d'Israël et se rebeller contre l'Omniprésent.

C'est pourquoi il n'aura jamais de souvenir au sein des enfants d'Israël.]

איתא בגמרא חייב אדם לבסומי בפוריא עד דלא ידע כו'. שמעתי בזה מילין מפה קדוש מו"ז ז"ל לעלות עד למעלה מעה"ד טוב ורע.

ואיני זוכר הדברים על בורין. אבל נראה תורף הדברים דכתיב עץ גבוה חמשים אמה והם כל מדריגות השערי טומאה שיש מ"ט פנים טמא כו'.

כי כח של עמלק נמצא בכל המדריגות. אבל באמת שער הנ' של הקדושה.

שם לא יש ב' הדרכים. רק כולו טוב.

כי שם שורש האחדות. וע"ז כתיב כאשר ירים משה ידו לשער הנ' ועץ החיים שהיא התורה.

ולכן כשנתעורר כח מרע"ה שהוא שר התורה יש מפלה לעמלק. לכן איתא שבפורים קבלו התורה כו'.

והיינו התגלות עץ החיים. ושם נק' דלא ידע בין ארור כו'.

שאין שם שום אחיזה לסט"א כלל. כי הוא שורש האחדות כנ"ל:בסומי הם הריחות מבשמים שנתמלא העולם בעשרת הדברות.

ומו"ז ז"ל אמר רמז בשמים מר דרור מתרגמינין מרי דכי. ומרדכי הוא הארת מרע"ה שורש התורה:

Il est rapporté dans la Guemara : 'l'homme est tenu de s'enivrer à Pourim jusqu'à ne plus savoir [distinguer entre maudit soit Haman et béni soit Mardochée]' etc. (Meguila 7b).

J'ai entendu là-dessus des paroles de la bouche sainte de mon maître mon grand-père, de mémoire bénie : monter jusqu'au-dessus de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Et je ne me souviens pas des paroles avec exactitude.

Mais voici l'essentiel de la chose : il est écrit 'un arbre haut de cinquante coudées' (Esther 5,14), et ce sont tous les degrés des portes de l'impureté, car il y a quarante-neuf faces d'impureté etc. Car la force d'Amalek se trouve dans tous les degrés.

Mais en vérité la cinquantième porte, celle de la sainteté - là, il n'y a pas les deux chemins, mais tout est bon, car là est la racine de l'unité. Et sur cela il est écrit 'lorsque Moché levait sa main' (Exode 17,11) vers la cinquantième porte et l'arbre de vie, qui est la Torah.

C'est pourquoi, lorsque s'éveille la force de Moché notre maître, qui est le prince de la Torah, il y a déroute pour Amalek. C'est pourquoi il est rapporté qu'à Pourim ils reçurent la Torah etc., et c'est la révélation de l'arbre de vie.

Et là [Pourim] est appelé 'jusqu'à ne plus savoir entre maudit' etc., car il n'y a là aucune prise pour le Sitra A'hra (l'Autre Côté) du tout, car c'est la racine de l'unité, comme dit. Le fait de s'enivrer (bissoumei), ce sont les parfums des aromates dont le monde s'emplit lors des dix Paroles [du Sinaï].

Et mon maître mon grand-père, de mémoire bénie, a dit une allusion : 'des aromates, de la myrrhe franche (mar deror)' (Exode 30,23), que l'on traduit [en araméen] 'myrrhe pure' (mari dakhi) - et Mordekhai (Mardochée) est l'illumination de Moché notre maître, racine de la Torah.

תרמ"א

[תרמ"א] (année 5641)

גדל המלך כו' את המן. במדרש הטעם עפ"י משל שיהי' שם למפלה שלו ע"ש.

וכזה לא מצינו שיהי' הרצון בשמים לכבוד כזה. רק כי הכל במדה ובמשפט על אשר כן נהג אותו רשע כמ"ש ויבז בעיניו לשלוח יד במרדכי.

ע"כ עלה בדעתו לאבד את כל היהודים. כן הי' הנקמה ממנו לנשאהו על כל השרים והיו כל הקליפות נכנעים תחתיו.

ובמפלה שלו היה ירידה לכולם ונתרומם קרן ישראל:

'Le roi éleva' etc. 'Haman' (Esther 3,1). Dans le Midrach, la raison [est donnée] par une parabole : que ce serait pour sa chute ; vois-y.

Or nous ne trouvons pas qu'une telle chose soit la volonté dans les cieux, un tel honneur ; c'est seulement que tout est avec mesure et jugement. Parce que ce méchant se conduisit ainsi, comme il est dit 'et il fut méprisable à ses yeux de porter la main sur Mardochée [seul]' (Esther 3,6), c'est pourquoi il lui vint à l'esprit de perdre tous les Juifs - telle fut la vengeance tirée de lui : l'élever au-dessus de tous les princes, et toutes les kelipot (écorces, forces impures) étaient soumises sous lui, et dans sa chute il y eut une descente pour eux tous, et la corne d'Israël fut exaltée.

איש יהודי יחידי כו' ע"ש במדרש. כי כשבני ישראל נעשין אגודה אחת אין לעמלק שליטה בהם.

רק ברפידים. ולכן הלשין המן עם אחד מפוזר ומפורד.

שכל כח שלהם האחדות. ועתה הם מפורד.

והאמת כן הי' על ידי החטאים נתעורר כח עמלק ואינו מניח להם להתאחד. ולכן נאמר כנוס כו' כל היהודים.

להקהל ולעמוד על נפשם. הכל ע"י הכינוס והקהילה.

ומרדכי הצדיק איחה אותם ונתאחדו ע"י כי היה לו כח האחדות כנ"ל. לכן נק' יחידי.

כלל כל היהודים. וכן בכל פורים מתעורר כח האחדות וע"ש זה קבעו המצות קריאה בצבור משפחה ומשפחה כו'.

שבזמן הבית היו מתאחדים ממש במקום אחד. ועתה בגלות התאספות כל מקום ומקום בכח מצות אלו.

משלוח מנות ומתנות לאביונים. הכל בעבור האחדות כנ"ל.

וכן אומרים בראותם יחד תכלת מרדכי בכח האחדות כנ"ל:

'Un homme juif, unique (yehidi)' etc. - vois-y dans le Midrach. Car lorsque les enfants d'Israël deviennent un seul faisceau, Amalek n'a aucune emprise sur eux, sauf à Rephidim.

C'est pourquoi Haman dénonça 'un peuple dispersé et séparé' (Esther 3,8) - car toute leur force est l'unité, et maintenant ils sont séparés. Et en vérité il en fut ainsi : par les fautes s'éveilla la force d'Amalek, et il ne les laisse pas s'unir.

C'est pourquoi il fut dit 'rassemble tous les Juifs', pour s'assembler et se tenir sur leur vie (se défendre) - tout par le rassemblement et l'assemblée. Et Mardochée le juste les réunit et ils s'unirent par lui, car il possédait la force de l'unité, comme dit ; c'est pourquoi il est appelé 'unique' : il inclut tous les Juifs.

Et de même, à chaque Pourim s'éveille la force de l'unité, et à cause de cela ils fixèrent les commandements de la lecture [de la Meguila] en public, 'famille par famille' etc. (Esther 9,28).

Car au temps du Temple ils s'unissaient réellement en un seul lieu, et maintenant, dans l'exil, [il y a] le rassemblement de chaque lieu par la force de ces commandements : envoi de portions et de dons aux indigents - tout à cause de l'unité, comme dit. Et de même on dit 'en voyant ensemble la pourpre bleue de Mardochée', par la force de l'unité, comme dit.

מה שקבעו יום המנוחה ליו"ט. הגם כי עיקר הנס ואיבוד עם עמלק הי' בי"ג.

אכן באמת כל השמחה צריך להיות לשם ה'. באשר עמלק הרשע וזרעו מעכבים כבוד שמו ית' כמ"ש נשבע שאין שמו שלם וכסאו שלם עד שימחה זרעו של עמלק.

לכן צריכין מאוד לשמוח באיבוד רשעים שונאי ה'. ובנ"י שנבראו להעיד על הבורא ית'.

והרשעים מעכבין ומערבבין אותם. ובאיבוד רשעים מתחזקין בנ"י כמ"ש להודיע שכל קויך כו'.

וארור המן שביקש לאבדי היינו שכל הצער של הצדיקים ומרדכי ואסתר הי' על שרוצין לאבד שם ישראל מעולם. ומי יברר כבוד שמים.

וז"ש לעבדים ולשפחות נמכרנו החרשתי כו'. ולכן אחר מחיית עמלק קיבלו תורה ומצות מחדש כמ"ש הדר קבלוה כו'.

ובכל עת שיש מחיית עמלק מתעורר אח"כ אהבת התורה בישראל. לכן אחר יום המלחמה באו בנ"י אל המנוחה.

ונעשו שונאים ביותר הרבה למפרע על המן. שראו והבינו מה איבד מהן כל הימים אותו הרשע ימ"ש.

וכן כתיב זכור כו' אשר עשה לך כו' שבגלות בעודנו תחת הרשעים א"י להבין כל הרשעות שגורמים לנו. וצריכין להאמין.

וכפי מה שמתברר לאדם רוב רשעות שלהם. כך יכולין למחותם.

לכן ביום המנוחה הוסיפו שנאה עליו. ואז מחו את שורשו בכח השנאה.

והוא עיקר היו"ט. כמ"ש ונוח מאויביהם והרוג כו'.

וכ"כ והי' בהניח כו' תמחה. ולכן ביקשה אסתר לקיים הנקמה גם ביום י"ד שהי' זמן המנוחה כנ"ל:

Ce qu'ils ont fixé le jour du repos comme fête. Bien que l'essentiel du miracle et la destruction du peuple d'Amalek eurent lieu le treize [d'Adar], en vérité toute la joie doit être pour le Nom de l'Éternel.

Car Amalek le méchant et sa descendance empêchent la gloire de Son Nom, béni soit-Il, comme il est dit : [le Nom] a juré que Son Nom n'est pas complet ni Son trône complet jusqu'à ce que soit effacée la descendance d'Amalek. C'est pourquoi il faut se réjouir grandement de la perte des méchants qui haïssent l'Éternel.

Et les enfants d'Israël, qui ont été créés pour témoigner du Créateur, béni soit-Il - les méchants les empêchent et les embrouillent, et par la perte des méchants les enfants d'Israël se renforcent, comme il est dit 'pour faire savoir que tous ceux qui espèrent en Toi' etc. Et 'maudit soit Haman qui chercha à me perdre', c'est-à-dire que toute la peine des justes, de Mardochée et d'Esther, portait sur ce qu'ils voulaient perdre le nom d'Israël du monde ; et qui alors proclamerait la gloire du Ciel ?

Et c'est [le sens de] 'comme esclaves et servantes nous avons été vendus, je me serais tu' etc. (Esther 7,4).

C'est pourquoi, après l'effacement d'Amalek, ils reçurent la Torah et les commandements à nouveau, comme il est dit 'ils l'acceptèrent de nouveau' etc. Et chaque fois qu'il y a effacement d'Amalek, s'éveille ensuite l'amour de la Torah en Israël.

C'est pourquoi, après le jour du combat, les enfants d'Israël parvinrent au repos, et ils se firent bien davantage ennemis, rétrospectivement, de Haman, car ils virent et comprirent ce que ce méchant, que son nom soit effacé, leur avait fait perdre durant tous ces jours. Et de même il est écrit 'souviens-toi... de ce qu'il t'a fait' etc. : car dans l'exil, tant que nous sommes sous les méchants, on ne peut pas comprendre toute la méchanceté qu'ils nous causent, et il faut [le] croire ; et à mesure que se clarifie pour l'homme l'ampleur de leur méchanceté, on peut d'autant les effacer.

C'est pourquoi, au jour du repos, ils ajoutèrent de la haine contre lui, et alors ils effacèrent sa racine par la force de la haine - et c'est l'essentiel de la fête, comme il est dit 'et le repos de leurs ennemis, et tuer' etc. (Esther 9,16-22), et de même il est écrit 'et ce sera, lorsqu'Il te donnera le repos... tu effaceras' (Deut 25,19).

C'est pourquoi Esther demanda d'accomplir la vengeance aussi le quatorzième jour, qui était le temps du repos, comme dit.

תרמ"ב

[תרמ"ב] (année 5642)

En bref

« Et leurs lois sont différentes » (Esther 3,8) : pour le Sfat Emet, Amalek s'oppose à la Torah, y compris orale, car Israël renouvelle les raisons de la Torah. Après l'effacement d'Amalek vient chaque année la réception de la Torah : à chaque illumination nouvelle, une opposition. Il faut demander et se réjouir de sa chute afin que se répande la gloire de Son Nom, qui est la Torah, et de Son trône, Jérusalem et le Temple. « Les Juifs eurent lumière » s'écrit après le don de la Torah, car l'essentiel de leur joie est qu'ils méritent la Torah. « Eurent » révèle que lumière et joie sont déjà en Israël ; après l'effacement, la sainteté passe de la puissance à l'acte.

Aussi : l'unité des Juifs éveille l'âme de Knesset Israël par le tsadik de la génération ; Mardochée ne s'agenouille ni en acte ni en pensée ; le repos des ennemis efface Amalek plus que la guerre

עיקר התנגדות עמלק הוא להתורה כמ"ש ודתיהם שונות. דתיהם כיוון גם על תורה שבע"פ שיכולין בני ישראל בכחם לחדש טעמי תורה כמ"ש וחיי עולם נטע בתוכינו.

לכן אחר מחיית עמלק יש קבלת התורה. וזה נוהג בכל שנה כמ"ש מלחמה לה' בעמלק מדור דור.

פי' כמו שיש הארות חדשות לישראל בכל עת ובכל דור כן יש התנגדות בכל עת. כמ"ש חז"ל נשבע הקב"ה שאין שמו שלם וכסאו שלם עד שימחה שמו של עמלק ימ"ש וזכרו במהרה.

לכן אין לדבר זה הפסק. ויש לנו לבקש ולשמוח במפלת עמלק וזרעו.

כדי שיתפרסם כבוד שמו ית' בעולם. וכמו שרמזו חז"ל בציווי זכור.

כי כוונת התורה להזכירנו שלא לחטוא כדי שלא יבוא עמלק. כן יש לנו לבקש זכור ה' לבני אדום כדי שיתפרסם כבוד שמו ומלכותו שלא יתעכב ע"י אותו הרשע.

ושמו ית' היא התורה שכולה שמותיו של הקב"ה. וכסאו הוא ירושלים וביהמ"ק.

לכן אחר מפלת המן זכו לתורה לכן אחר סיון שהרגישו ביום מתן תורה התגדלות שמו ית' ע"י מפלת המן הרשע. הי' להם אח"כ השמחה בשלימות כמ"ש ליהודים היתה אורה כו'.

הכל כ' רק אחר זמן מתן תורה. דלכאורה הי' צריך להיות בעת תליית המן.

רק שעיקר השמחה שלהם היה מה שזכו עי"ז להתורה ולהתגדלות שמו ית'. וכן נבנה אח"כ בית שני שהוא שלימות הכסא כנ"ל.

וכתיב היתה כו' כי באמת כל זה אות על חיבתן של בני ישראל כי לעולם יש קדושה בישראל ורק הרשעים במעשיהם מחשיכין שלא יוכל להתגלות הקדושה בעולם. כמ"ש שאין שמו שלם כו' עד שימחה שם עמלק.

כמו כן אינו יכול להתגלות קדושת ישראל רק ע"י מחיית עמלק. לכן כתיב היתה שנתגלה עתה שהיה האורה והשמחה בבנ"י.

רק שאינה יכולה להתגלות כנ"ל. רק אח"כ כתיב ומרדכי יצא בלבוש מלכות כו' הכל כנ"ל שאחר מחיית עמלק יוצא מהכח אל הפועל כנ"ל:

L'essence de l'opposition d'Amalek vise la Torah, comme il est écrit (Esther 3,8) 'et leurs lois sont différentes' (ve-dateihem chonot). 'Leurs lois' visait aussi la Torah orale (Torah che-be-al pe), car les enfants d'Israël ont le pouvoir, par leur force, de renouveler les raisons de la Torah, comme il est écrit 'et une vie éternelle Il a plantée en nous' (ve-hayei olam nata betokhenou). C'est pourquoi, après l'effacement d'Amalek, vient la réception de la Torah.

Et cela a lieu chaque année, comme il est écrit 'guerre à l'Éternel contre Amalek de génération en génération' (Exode 17,16). Explication : de même qu'il y a des illuminations nouvelles pour Israël à chaque instant et à chaque génération, de même il y a une opposition à chaque instant.

Comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : le Saint béni soit-Il a juré que Son Nom n'est pas complet ni Son trône complet tant que le nom d'Amalek - que son nom soit effacé - et son souvenir ne seront pas effacés au plus vite. C'est pourquoi cette chose n'a pas d'interruption.

Et nous avons à demander et à nous réjouir de la chute d'Amalek et de sa descendance, afin que se répande la gloire de Son Nom béni soit-Il dans le monde. Et comme nos Sages de mémoire bénie l'ont laissé entendre par allusion dans le commandement 'Souviens-toi' (Zakhor) : car l'intention de la Torah est de nous faire nous souvenir de ne pas fauter, afin qu'Amalek ne vienne pas.

De même nous avons à demander 'souviens-toi, Éternel, des fils d'Edom' (cf. Psaumes 137,7), afin que se répande la gloire de Son Nom et de Sa royauté, et qu'elle ne soit pas retardée par ce mécréant.

Et Son Nom béni soit-Il est la Torah, qui tout entière est les Noms du Saint béni soit-Il ; et Son trône est Jérusalem et le Temple (beit ha-mikdach). C'est pourquoi, après la chute de Haman, ils méritèrent la Torah.

C'est pourquoi, après Sivan, quand ils ressentirent au jour du don de la Torah la grandeur de Son Nom béni soit-Il par la chute de Haman le mécréant, ils eurent ensuite la joie dans sa plénitude, comme il est écrit 'les Juifs eurent lumière' etc. (Esther 8,16).

Tout cela n'est écrit qu'après le temps du don de la Torah, alors qu'a priori cela aurait dû être au moment de la pendaison de Haman. Mais l'essentiel de leur joie était ce qu'ils méritèrent par la la Torah et la grandeur de Son Nom béni soit-Il.

Et de même fut bâti ensuite le second Temple, qui est la plénitude du trône comme ci-dessus. Et il est écrit 'eurent' (hayeta), car en vérité tout cela est un signe de l'amour des enfants d'Israël : car il y a toujours de la sainteté en Israël, et seuls les mécréants, par leurs actes, obscurcissent, de sorte que la sainteté ne puisse se révéler dans le monde.

Comme il est dit que Son Nom n'est pas complet etc. tant que le nom d'Amalek n'est pas effacé ; de même la sainteté d'Israël ne peut se révéler que par l'effacement d'Amalek. C'est pourquoi il est écrit 'eurent' (hayeta), car il s'est révélé maintenant que la lumière et la joie étaient dans les enfants d'Israël, seulement qu'elle ne pouvait se révéler, comme ci-dessus.

Et c'est seulement ensuite qu'il est écrit 'et Mardochée sortit en vêtement royal' etc. (Esther 8,15), le tout comme ci-dessus : qu'après l'effacement d'Amalek [la sainteté] passe de la puissance à l'acte, comme ci-dessus.

בפסוק נקהלו ועמוד על נפשם. שבאו אל האחדות כמ"ש שבעים נפש שעובדין לאל אחד נק' נפש.

ואז מתעורר לנפש הכולל שהוא כח כנס"י ובא גאולה. כמ"ש בספרי קודש על פסוק פודה ה' נפש עבדיו שהוא נפש אחת הכולל כל נפשות בנ"י.

וכל זה בא ע"י צדיק הדור כמ"ש איש יהודי יחידי. וע"י שקיבלו דבריו ונמשכו אחריו.

בא הגאולה. כמ"ש פודה ה' נפש עבדיו ולא יאשמו כל החוסים בו.

יתכן לפרש נמי על החוסים בזה הנפש. ע"י שמבטלים עצמם לצדיק הדור.

וע"י הקהילה עמדו על נפש האחדות הנ"ל:

Sur le verset 'ils se rassemblèrent et se tinrent pour leur vie' (nikhalou ve-amod al nafcham, Esther 9,16) : qu'ils parvinrent à l'unité, comme il est dit, 'soixante-dix âmes' qui servent un Dieu unique sont appelées 'âme' (nefech, au singulier). Et alors s'éveille l'âme collective, qui est la force de la communauté d'Israël (Knesset Israël), et vient la délivrance, comme il est écrit dans les livres saints sur le verset 'l'Éternel rachète l'âme de Ses serviteurs' (Psaumes 34,23) : c'est une âme unique qui englobe toutes les âmes des enfants d'Israël.

Et tout cela vient par le juste de la génération (tsaddik ha-dor), comme il est écrit 'un homme juif, unique' (ich yehoudi yehidi). Et parce qu'ils reçurent ses paroles et se laissèrent entraîner après lui, vint la délivrance, comme il est écrit 'l'Éternel rachète l'âme de Ses serviteurs, et ne seront pas punis tous ceux qui s'abritent en Lui' (Psaumes 34,23).

On peut aussi l'expliquer de ceux qui s'abritent en cette âme, en s'annulant devant le juste de la génération ; et par le rassemblement ils se tinrent sur l'âme de l'unité susmentionnée.

תרמ"ג

תרמ"ג (année 5643)

בפסוק ורבים מעמי הארץ מתיהדים כי נפל פחד היהודים עליהם. ולכאורה קשה כי לא באו בני ישראל להלחם רק עם הקמים עליהם לרעה ומה פחד הי' להם להתגייר עי"ז.

ויתכן לפרש כי עליהם חוזר על עמלקים. כת המן הרשע.

שהם המכסים את הפנים ולכן הם מונעים לבני עולם להתגייר ולכנוס תחת כנפי השכינה. וכיון שנפל פחד היהודים עליהם.

ניתוספו גרים בישראל כנ"ל. ועם זה מיושב מה שדקדקו המפרשים למה קיבלו גרים מבני עמלק עיין בס' מנות הלוי ולפמ"ש עמי הארץ לא קאי על העמלקים:

Sur le verset 'et beaucoup parmi les peuples du pays se faisaient juifs, car la crainte des Juifs était tombée sur eux' (Esther 8,17). A priori c'est difficile : car les enfants d'Israël ne vinrent combattre que ceux qui se levaient contre eux pour le mal ; quelle crainte avaient-ils donc pour se convertir à cause de cela ?

On peut expliquer que 'sur eux' (aleihem) renvoie aux Amalécites, la faction de Haman le mécréant, qui sont ceux qui recouvrent les faces, et qui empêchent pour cette raison les gens du monde de se convertir et d'entrer sous les ailes de la Présence divine (Chekhina). Et puisque la crainte des Juifs tomba sur eux, des convertis s'ajoutèrent en Israël, comme ci-dessus.

Et par cela se résout ce que les commentateurs ont scruté : pourquoi accepta-t-on des convertis parmi les fils d'Amalek - vois dans le livre Manot ha-Levi ; car selon ce que nous avons écrit, 'les peuples du pays' ne renvoie pas aux Amalécites.

בפסוק ומרדכי לא יכרע דלכאורה הו"ל למיכתב כרע. ופרשנו כי הכתוב נותן טעם על כל הגזירה שכל המכוון היה ע"ז באשר כי מרדכי לא יכרע.

גם מודיע לנו הכתוב כי מלבד שלא כרע במעשה רק כי לא עלה במחשבתו שום ספק אם יכרע. כי היו"ד על שם המחשבה נאמרה.

גם פרשנו כי הוא הכנה לדורות שבכל דור יש צדיק והוא לא יזוז מאמונתו בכל מיני שמדות. ואמת כי זה כחו של מרע"ה כידוע שמרדכי שורש מרע"ה.

לכן כתיב איש יהודי הי' כו' ושמו מרדכי. כי בכל דור יש איש יחיד שכולל כל הדור והוא הארת משה רע"ה.

ואז היה שמו מרדכי רק כי היה בזמן הסתר וגלות. ופעל בנסיון זה שלעולם לא יכרע כנ"ל.

ובשכר זה שלא כרע זכה להוסיף כריעה והודאה יתירה במודים שנתוסף הודאת על הנסים. שכפי הנסיון למסירת נפש שלא לירא ולהכניע לסט"א כן זוכין להכנע אליו ית':

Sur le verset 'et Mardochée ne s'agenouillait pas' (Esther 3,2). A priori il aurait fallu écrire 's'agenouilla' (kara, à l'accompli).

Nous avons expliqué que le verset donne la raison de tout le décret : que tout était dirigé vers cela, du fait que Mardochée ne s'agenouille pas. De plus, le verset nous informe que, non seulement il ne s'agenouilla pas en acte, mais qu'il ne monta même pas en sa pensée le moindre doute quant à s'agenouiller ; car le youd [du verbe yikhra, marquant l'inaccompli] est dit au sujet de la pensée.

Nous avons aussi expliqué que c'est une préparation pour les générations : qu'à chaque génération il y a un juste qui ne bougera pas de sa foi malgré toutes sortes de persécutions (chmadot). Et en vérité c'est la la force de Moché notre maître (Moche rabbenou), comme on le sait, car Mardochée est une racine de Moché notre maître.

C'est pourquoi il est écrit 'il y avait un homme juif etc. et son nom Mardochée' (Esther 2,5), car à chaque génération il y a un homme unique qui englobe toute la génération, et il est l'illumination de Moché notre maître. Et alors son nom était Mardochée, seulement qu'il était dans un temps de dissimulation et d'exil.

Et il agit dans cette épreuve de sorte que jamais il ne s'agenouille, comme ci-dessus. Et en récompense de n'avoir pas ployé, il mérita d'ajouter une génuflexion et une action de grâce supplémentaire dans [la bénédiction] 'Modim', puisqu'on y ajouta l'action de grâce 'Al ha-Nissim' (sur les miracles).

Car selon l'épreuve du sacrifice de soi, pour ne pas craindre ni se soumettre au 'côté autre' (sitra a'hra), ainsi mérite-t-on de se soumettre à Lui béni soit-Il.

ענין היו"ט דפורים היה הכנה לבנין בית שני והוא בכח התעוררות התחתונים שזה ענין אנשי כנה"ג שהחזירו העטרה ליושנה. ופי' על ידי התאחדות של בנ"י בעצמם שנמצא בהם כח אלקות וכח תורה שבעל פה שע"ז כ' וחיי עולם נטע בתוכנו דייקא.

וע"ז גופא הוא עיקר ההתנגדות המן ועמלק. וכפי מה שמתאחדין בני ישראל כך נופלין זרע עמלק.

ולכן אמר המן. מפוזר ומפורד.

שהרגיש שגרם החטא שאבדו האחדות. ולכן אמרה אסתר כנוס כו' כל היהודים.

ואמת שע"י שביטלו כל הדור עצמם למרדכי הצדיק שכ' איש יהודי יחידי שהי' באחדות האמת וכ' ושאר היהודים כו' שנעשו שיריים לגבי מרדכי ועי"ז נתעלו כולם. כי יש להבין מה שהיה חושב מרדכי ח"ו שיתקיים עצת הרשע להשמיד כל היהודים.

הלא השי"ת הבטיחם לשבעים שנה להוציאם. רק כי הי' אפשר להשאיר למרדכי.

כענין שכ' ואעשה אותך לגוי גדול. לכן הוא נתמרמר ביותר על צערן של בני ישראל.

וזה הרמז שאמר לאסתר אל תדמי בנפשך כו'. מכלל שהי' מקום להסתפק שהמה יהיו ניצולים.

וז"ש המן ישנו עם אחד מפוזר ומפורד כו'. פירוש שהרגיש בב' הבחי' שנמצא אחדות ואעפ"כ מפוזר כו'.

שהי' האחדות אצל מרדכי וע"י שכינס (על) [את] כל היהודים עמדו על נפשם. וכל ענין בית שני הי' בחי' תורה שבע"פ וסייגים ותקנות שעשו לתורה.

והקב"ה הסכים עמהם כמ"ש קימו למעלה מה שקיבלו למטה. לכן ימי הפורים לא יעברו ע"י שהענין הי' בכח התעוררות התחתונים כנ"ל.

ולכן המה ימי שמחה כי מאן דאכיל דלאו דילי' בהית לאסתכולי כו'. אבל הזוכין בכח התעוררות תשובה שלהם.

לבם שמחה עליהם. והנה קודם בנין ביהמ"ק צריך להיות מפלת עמלק כמ"ש יד על כס יה שנשבע הקב"ה שאין שמו שלם עד שימחה.

וכן הי' המצוה בכניסתם לארץ למחות זרע עמלק ולבנות ביהמ"ק. לכן גם קודם בית שני היה צריך להיות מחיית עמלק.

לכן היה סיבה מהמלך שיגבה המן כדי להפילו. כמ"ש לעיל פי' ומרדכי לא יכרע שזה היה עיקר המכוון.

וכתיב ראשית גוים עמלק ואחריתו עדי אובד שרשע זה עומד מראשית עד אחרית. ויש לו מפלה בראשית ובאחרית.

כמו שהי' מיד ביציאת בנ"י ממצרים ויבוא עמלק. וכן בכל שנה בחג הפסח שהוא ראשיתן של ישראל כמ"ש החודש הזה לכם כו' ראשון הוא.

ולכן כל התעצמות המן הי' בי"ג בניסן. לפני שבר גאון.

ואח"כ בכח העומר יש לו מפלה. וכן באחרית הוא גמר מחיית שמו לגמרי.

ומעין זה בכל אדר סוף השנה. ונק' פורים על שם הפור.

פי' כמ"ש בגמרא מאן דאית לי' דינא עם עכו"ם לישתמיט מיני' עד אדר דבריא מזלי'. כן משמים השמיטו מחודש לחודש עד אדר כדי שיהי' נמחה שמו לגמרי.

ואיתא למה נמשלה אסתר לאילת השחר שהיא סוף כל הנסים. וכן הוא בתהלוכות השנה שפורים הוא האחרית.

וע"ז דרשו ולערב יחלק שלל. שכן בכל יום יש מעין כל תהלוכות הכלל.

ובודאי דברי חכמים אמת שהארת נס דפורים הוא הכנה עד ביאת המשיח. ובכל שנה מתעורר מפלת עמלק בימים האלה.

כמ"ש והימים האלה נזכרים ונעשים כו'. ונראה שמרמז על כל המעשה שגם כח סט"א דהמן נלחם עמנו בימים האלה.

וע"ז תקנו תענית אסתר. ויש לו מפלה ג"כ.

והקב"ה משלם מדה במדה ולאשר רצה המן לאבד את כל היהודים לדורות לכן נתן ה' להיות תשועה לישראל לדורות. כמ"ש לא יכלמו לנצח.

ותקותם בכל דור ודור שנעשה תקוה לכל הדורות. וכ"כ ודובר שלום לכל זרעו שעשה מרדכי הכנה לכל זרע ישראל.

ולהרשעים מחשבין מחשבה רעה למעשה. ואין לשער העונש שמוכן להרשע שביקש לאבד כל היהודים.

ובכל דור ודור שבנ"י מקדשין שמו ית' בעולם מכין הקב"ה להרשע עונשים שונים. וז"ש להודיע שכל קויך כו' ואח"כ ארור המן.

שהרי נתקדש שם שמים על ידינו ונודע גבורותיו ית' והוא ביקש לאבדי. וכמו כן להיפוך מרדכי הצדיק מתברך בכל שנה שהציל כל בני ישראל לכן נקראו על שמו.

עם מרדכי. דורש טוב לעמו:

Le sens de la fête (yom tov) de Pourim était une préparation à la construction du second Temple, et cela par la force de l'éveil des êtres d'en bas (hit'orerout ha-tahtonim) ; c'est le propos des hommes de la Grande Assemblée (Anche Knesset ha-Guedola), qui rendirent la couronne à son état ancien. Explication : par l'unification des enfants d'Israël eux-mêmes, en qui se trouve une force de divinité et une force de Torah orale, sur quoi il est écrit 'et une vie éternelle Il a plantée en nous', précisément (ve-hayei olam nata betokhenou).

Et c'est cela même qui est l'essentiel de l'opposition de Haman et d'Amalek ; et à mesure que les enfants d'Israël s'unifient, ainsi tombe la descendance d'Amalek. C'est pourquoi Haman a dit 'dispersé et disséminé' (mefouzar ou-meforad, Esther 3,8), car il sentit que la faute avait causé la perte de l'unité.

Et c'est pourquoi Esther dit 'rassemble etc. tous les Juifs' (Esther 4,16). Et en vérité, c'est parce que toute la génération s'annula devant Mardochée le juste - dont il est écrit 'un homme juif, unique' (ich yehoudi yehidi), qui était dans l'unité de la vérité, et il est écrit 'et le reste des Juifs etc.' - qu'ils devinrent un résidu par rapport à Mardochée, et par cela tous s'élevèrent.

Car il faut comprendre : comment Mardochée pouvait-il penser, à Dieu ne plaise, que se réaliserait le dessein du mécréant d'exterminer tous les Juifs ? Or l'Éternel leur avait promis de les faire sortir au bout de soixante-dix ans !

Mais il était possible de laisser subsister [la lignée] par Mardochée, à la manière de ce qui est écrit 'et Je ferai de toi une grande nation' (Exode 32,10) ; c'est pourquoi il s'amertuma d'autant plus sur la peine des enfants d'Israël. Et c'est l'allusion de ce qu'il dit à Esther : 'ne t'imagine pas en ton âme etc.' (Esther 4,13), d'où il ressort qu'il y avait lieu de douter qu'ils fussent sauvés.

Et c'est ce que dit Haman : 'il est un peuple, un, dispersé et disséminé etc.' (Esther 3,8). Explication : il sentit les deux aspects, qu'il se trouve une unité et néanmoins 'dispersé' etc. : car l'unité était auprès de Mardochée, et par le fait qu'il rassembla tous les Juifs, ils se tinrent pour leur vie.

Et toute l'affaire du second Temple était de l'ordre de la Torah orale, des barrières (seyagim) et des ordonnances (takkanot) qu'ils firent pour la Torah ; et le Saint béni soit-Il donna Son accord avec eux, comme il est écrit : ils confirmèrent en haut ce qu'ils acceptèrent en bas. C'est pourquoi les jours de Pourim ne passeront pas, du fait que l'affaire fut par la force de l'éveil des êtres d'en bas, comme ci-dessus.

Et c'est pourquoi ce sont des jours de joie, car 'celui qui mange ce qui n'est pas à lui a honte de le regarder etc.' ; mais ceux qui méritent par la force de leur éveil de repentir (techouva), leur cœur se réjouit en eux. Et voici : avant la construction du Temple, il faut qu'ait lieu la chute d'Amalek, comme il est écrit 'la main sur le trône de Yah' (Exode 17,16), car le Saint béni soit-Il a juré que Son Nom n'est pas complet tant qu'il n'est pas effacé.

Et de même fut le commandement, à leur entrée en terre [d'Israël] : effacer la descendance d'Amalek et bâtir le Temple. C'est pourquoi, avant le second Temple aussi, il fallait qu'ait lieu l'effacement d'Amalek.

C'est pourquoi ce fut une cause [venue] du roi que Haman s'élève, afin de le faire tomber, comme expliqué plus haut ('et Mardochée ne s'agenouille pas'), car c'était cela l'essentiel du dessein. Et il est écrit 'prémice des nations est Amalek, et sa fin va jusqu'à la perdition' (Nombres 24,20), car ce mécréant se tient du commencement jusqu'à la fin, et il a une chute au commencement et à la fin : comme ce fut aussitôt à la sortie des enfants d'Israël d'Égypte, 'et Amalek vint' (Exode 17,8) ; et de même chaque année à la fête de Pessa'h, qui est le commencement d'Israël, comme il est écrit 'ce mois-ci est pour vous etc., c'est le premier' (Exode 12,2).

Et c'est pourquoi tout le renforcement de Haman fut le 13 Nissan, 'avant la brisure, l'orgueil' (cf. Proverbes 16,18) ; et ensuite, par la force du Omer, il a une chute.

Et de même à la fin, c'est l'achèvement de l'effacement total de son nom. Et quelque chose de cet ordre a lieu chaque Adar, fin de l'année.

Et c'est appelé Pourim d'après le 'pour' (le sort). Explication, comme il est dit dans la Guemara : celui qui a un procès avec un idolâtre, qu'il s'esquive de lui jusqu'à Adar, où sa constellation (mazal) est saine ; ainsi, du ciel, on le fit glisser de mois en mois jusqu'à Adar, afin que son nom soit effacé totalement.

Et il est enseigné : pourquoi Esther fut-elle comparée à l'étoile du matin (ayelet ha-chahar) ? Parce qu'elle est la fin de tous les miracles ; et de même, dans le cours de l'année, Pourim est la fin.

Et sur cela ils ont interprété 'et le soir il partage le butin' (Genèse 49,27), car ainsi chaque jour il y a un échantillon de tout le cours de l'ensemble. Et assurément les paroles des Sages sont vérité : l'illumination du miracle de Pourim est une préparation jusqu'à la venue du Messie.

Et chaque année s'éveille la chute d'Amalek en ces jours, comme il est écrit 'et ces jours sont rappelés et accomplis etc.' (Esther 9,28). Et il semble que cela fait allusion à toute l'affaire : que la force du 'côté autre' (sitra a'hra) de Haman, elle aussi, nous combat en ces jours ; et sur cela on institua le jeûne d'Esther (taanit Esther), et elle a une chute elle aussi.

Et le Saint béni soit-Il paie mesure pour mesure : parce que Haman voulut faire périr tous les Juifs pour les générations, l'Éternel donna qu'il y ait un salut pour Israël pour les générations, comme il est écrit 'ils ne seront pas confondus à jamais' ; et leur espoir à chaque génération, de sorte qu'il s'est fait un espoir pour toutes les générations. Et de même il est écrit 'et il parle de paix pour toute sa descendance' (Esther 10,3), car Mardochée fit une préparation pour toute la descendance d'Israël.

Et quant aux mécréants qui conçoivent une pensée mauvaise pour la mettre en acte - on ne peut évaluer le châtiment préparé pour le mécréant qui chercha à faire périr tous les Juifs ; et à chaque génération où les enfants d'Israël sanctifient Son Nom béni soit-Il dans le monde, le Saint béni soit-Il prépare au mécréant des châtiments divers. Et c'est ce que signifie 'pour faire savoir que tous ceux qui espèrent en Toi etc.', et ensuite 'maudit soit Haman' : car le Nom du ciel fut sanctifié par nous et Ses hauts faits béni soit-Il furent connus, alors qu'il cherchait à me faire périr.

Et de même, à l'inverse, Mardochée le juste est béni chaque année, car il sauva tous les enfants d'Israël ; c'est pourquoi ils furent appelés de son nom, 'le peuple de Mardochée', 'recherchant le bien de son peuple' (Esther 10,3).

בפסוק ליהודים היתה אורה כו'. יובן עפ"י המדרש תהלים שדורש אור ישראל לאש זה מרדכי וקדושו ללהבה זו אסתר ע"ש סימן כ"ב.

ולפי זה יתכן לפרש היתה על אסתר שעיקר הענין הי' לכלות זרע עמלק והיא להם אש וכליון. ולבני ישראל היתה אורה ושמחה.

וכולל ג"כ כל המעשה שהי' הסתר וחושך ואח"כ נתהפך מאבל לשמחה. ונתברר כי כל המעשה והגזירה ליהודים היתה אורה.

וממילא משתמע רק ליהודים אבל להם היה חושך וצרה ולכן כתיב היתה שנודע למפרע שהי' לטוב לישראל:

Sur le verset 'les Juifs eurent lumière' etc. (Esther 8,16).

Cela se comprend d'après le Midrach Tehilim, qui interprète 'la lumière d'Israël sera un feu' (Isaie 10,17) comme désignant Mardochée, et 'son Saint une flamme' comme désignant Esther - vois-y le chapitre 22. Et selon cela, on peut expliquer 'eut' (hayeta) au sujet d'Esther : car l'essentiel de l'affaire était d'anéantir la descendance d'Amalek, et elle fut pour eux feu et destruction, tandis que pour les enfants d'Israël elle fut lumière et joie.

Et cela englobe aussi toute l'affaire, qui fut dissimulation et ténèbre, puis se retourna du deuil à la joie ; et il devint clair que toute l'affaire et le décret, pour les Juifs, 'fut lumière'. Et il s'entend de soi que ce fut seulement pour les Juifs, mais que pour eux [les ennemis] ce fut ténèbre et détresse ; c'est pourquoi il est écrit 'fut' (hayeta), car il fut connu rétrospectivement que ce fut pour le bien d'Israël.

תרמ"ד

תרמ"ד (année 5644)

בענין שקבעו היו"ט למשתה ושמחה. להיות כי כל הנס נעשה בדרך הטבע כמ"ש בספרים שנקראו נסים נסתרים תוך הטבע.

והתועלת בזה שעי"ז נמשך הקדושה גם תוך הטבע. וזהו שקראו פורים על שם הפור פי' שגם הגורל והמזל נתהפך לעזרת בני ישראל.

כי בוודאי בשורשן של בנ"י אין לעמלק מגע כלל רק בהטבע נעשה ג"כ בימים אלו המשכת כחן של בנ"י. לכן איתא מאן דאית לי דינא עם עכו"ם לישתמיט מיני' עד אדר דבריא מזלי'.

הגם דאיתא אין מזל לישראל. אבל עתה גם מזליהם דישראל בריא.

ואיתא דלכך אין קורין הלל בפורים שאין אומרים שירה על נס שבחוץ לארץ הוא ג"כ כנ"ל כי נסים נסתרים הנ"ל הם בחי' חו"ל. והלל הוא רק על הארה הפנימיות.

ולכן קבעו למשתה ושמחה. ואיתא חייב אדם לבסומי כו' כי מהתקרבות דברי עוה"ז להקדושה מזה יש תוספות ריח.

כי באמת עניני עוה"ז אין בהם ממשות הקדושה. רק שע"י הביטול נתוסף מהם ריח טוב.

כמ"ש ריח בוגדיו כו'. וכמו שהיו נותנים חלבנה בקטורת.

שכל ענין הריח נעשה מהתכפיות סט"א להקדושה וזהו לבסומי כו':

Au sujet de ce qu'ils fixèrent la fête pour un festin et une joie. Étant donné que tout le miracle s'accomplit par la voie de la nature - comme il est écrit dans les livres qu'on les appelle des miracles cachés au sein de la nature - l'utilité en cela est que, par là, la sainteté se prolonge aussi au sein de la nature.

Et c'est ce qu'on appela Pourim d'après le 'pour' ; explication : que même le sort et la constellation (mazal) se retournèrent au secours des enfants d'Israël. Car assurément, dans la racine des enfants d'Israël, Amalek n'a aucun contact du tout ; seulement, dans la nature, s'accomplit aussi en ces jours l'extension de la force des enfants d'Israël.

C'est pourquoi il est enseigné : celui qui a un procès avec un idolâtre, qu'il s'esquive de lui jusqu'à Adar, où sa constellation est saine ; bien qu'il soit enseigné 'il n'y a pas de constellation pour Israël', mais maintenant les constellations d'Israël aussi sont saines. Et il est enseigné que, pour cette raison, on ne récite pas le Hallel à Pourim - car on ne dit pas de cantique sur un miracle [advenu] hors de la Terre [d'Israël] - cela aussi est comme ci-dessus : car les miracles cachés susmentionnés sont de l'ordre de 'hors de la Terre' (houts la-aretz), et le Hallel n'est que sur l'illumination intérieure.

C'est pourquoi on fixa [ces jours] pour un festin et une joie. Et il est enseigné : l'homme est tenu de s'enivrer (le-vassouméi) etc. ; car du rapprochement des choses de ce monde vers la sainteté, de là vient un surcroît de parfum.

Car en vérité les choses de ce monde n'ont pas en elles de substance de sainteté ; seulement, par l'annulation [de soi], il s'y ajoute un bon parfum, comme il est écrit 'le parfum de ses traîtres etc.'. Et de même qu'on mettait du galbanum (helbena) dans l'encens : tout le propos du parfum se fait de la soumission du 'côté autre' (sitra a'hra) à la sainteté - et c'est cela [le sens de] 's'enivrer' (le-vassouméi) etc.

תרמ"ה

תרמ"ה (année 5645)

בגמרא דשבת מודעא רבה לאורייתא הדר קבלוה בימי אחשורוש. פי' מה שהי' צריך להיות ע"י כפיה הכל גרם אותו הרשע עמלק ימ"ש.

ולכך כשתלו את המן הרשע קיבלו אח"כ התורה בחג השבועות באהבת עצמם להשי"ת. ולכן המתינו עד אחר החג.

ובכ"ג בסיון כתבו אגרות האחרונות כשראו שנעשה תיקון למעלה במפלת המן הרשע. וכתיב ומרדכי יצא כו' ליהודים היתה אורה כו'.

דרשו חז"ל על התורה ומצות. פי' מלפני המלך יצא בלבושים אלו.

אבל עיקר שמחת בני ישראל בעצם היה מה שחזרו אח"כ בתשובה שלימה לתורת ה' ולעבודתו:

Dans la Guemara du traité Chabbat : 'une grande protestation contre la Torah' (moda'a rabba le-oraita, Chabbat 88a) - ils la reçurent de nouveau aux jours d'Assuérus. Explication : ce qui devait être [reçu] par contrainte, ce mécréant Amalek - que son nom soit effacé - en fut tout entier la cause ; et c'est pourquoi, lorsqu'ils pendirent Haman le mécréant, ils reçurent ensuite la Torah à la fête de Chavouot, dans leur amour d'eux-mêmes pour l'Éternel.

Et c'est pourquoi ils attendirent jusqu'après la fête ; et le 23 Sivan ils écrivirent les dernières lettres, lorsqu'ils virent qu'une réparation (tikoun) s'était faite en haut par la chute de Haman le mécréant. Et il est écrit 'et Mardochée sortit etc.', 'les Juifs eurent lumière' etc.

(Esther 8,15-16) : nos Sages de mémoire bénie l'ont interprété sur la Torah et les commandements. Explication : de devant le roi il sortit en ces vêtements ; mais l'essentiel de la joie des enfants d'Israël en elle-même fut ce qu'ils revinrent ensuite en repentir complet vers la Torah de l'Éternel et vers Son service.

איש יהודי במדרש יחידי. כי הקב"ה מקדים רפואה למכה.

ומאחר שהי' המן רשע עריץ שרצה בכחו להשמיד כל היהודים. הי' מוכן בזה הדור איש יהודי וצדיק שהגין על כל הדור ובכחו קיים את כל בנ"י:

'Un homme juif' (ich yehoudi) - dans le Midrach : 'unique' (yehidi). Car le Saint béni soit-Il devance le remède à la plaie ; et puisqu'il y avait Haman, un mécréant tyrannique qui voulut par sa force exterminer tous les Juifs, il y avait tout prêt, en cette génération, un homme juif et juste qui protégea toute la génération et, par sa force, maintint tous les enfants d'Israël.

תרמ"ו

תרמ"ו (année 5646)

מה שקבעו עיקר היו"ט ביום המנוח ואומרים שעשה נסים בזמן הזה. הגם דלכאורה עיקר הי' נצחון המלחמה.

אכן תכלית מלחמת עמלק ימ"ש הוא לבטל המנוחה. כמ"ש אשר קרך בדרך.

כמ"ש והיה בהניח כו' תמחה כו'. נמצא שעיקר רדיפת עמלק שלא לבוא אל המנוחה.

וזה האות שבאו אל המנוחה הוא עדות על מחיית כחו של עמלק. ובזאת המנוחה מחו אותו יותר מבמלחמה.

ולכן כתיב ונוח מאויביהם והרוג כו' שבמנוחה זו הרגו אותו. והענין דכתיב מחה אמחה דרשו חז"ל בעוה"ז ובעוה"ב למטה ולמעלה כו'.

ולעולם כן הוא שבמלחמה התישו כחו בגשמיות כדי שיבואו אל המנוחה. ואז שבאו לשורשם הרגו את השורש שלו למעלה וזה העיקר ועשו אותו יום משתה ושמחה כנ"ל:

Ce qu'ils fixèrent l'essentiel de la fête au jour du repos, et l'on dit 'qui fit des miracles en ce temps' (che-assa nissim ba-zman ha-ze). Bien qu'a priori l'essentiel eût été la victoire de la guerre, cependant le but de la guerre d'Amalek - que son nom soit effacé - est d'annuler le repos (menoukha), comme il est écrit 'qui te surprit en chemin' (Deutéronome 25,18), et comme il est écrit 'et ce sera, lorsqu'Il te donnera le repos etc., tu effaceras etc.' (Deutéronome 25,19).

Il se trouve donc que l'essentiel de la poursuite d'Amalek est de [t'empêcher] de parvenir au repos ; et ce signe, qu'ils parvinrent au repos, est un témoignage de l'effacement de la force d'Amalek. Et par ce repos ils l'effacèrent plus que par la guerre ; c'est pourquoi il est écrit 'et ils eurent le repos de leurs ennemis, et ils tuèrent etc.' (cf.

Esther 9), car en ce repos ils le tuèrent. Et le propos : ce qui est écrit 'effacer J'effacerai' (maho emhe, Exode 17,14), nos Sages de mémoire bénie l'ont interprété en ce monde et dans le monde à venir, en bas et en haut etc.

Et il en est toujours ainsi : dans la guerre ils affaiblirent sa force dans le matériel afin qu'ils parviennent au repos ; et alors, parvenus à leur racine, ils tuèrent sa racine en haut - et c'est cela l'essentiel - et ils firent de ce jour un jour de festin et de joie, comme ci-dessus.

En bref

« Rabbi planta une plantation à Pourim » : le Sfat Emet rapporte de son grand-père que c'est une plantation de joie dans le cœur, pour se réjouir dans le service du Créateur. « Pour les Juifs il y eut lumière et joie » (Esther 8,16) : nos Sages l'expliquent de la Torah, de la fête, de la circoncision et des tefiline ; les commandements sont des guidances pour trouver les illuminations, et l'essentiel est que l'homme les trouve lui-même dans son cœur, aspect de la Torah orale. La Meguila, appelée lettre et livre, lie Torah écrite et Torah orale : alors commença la racine de la Torah orale, les hommes de la Grande Assemblée et le second Temple.

Aussi : Haman et Amalek voulaient nuire à toutes les générations, Mordekhai étant juste établi pour elles ; les repentants qui revinrent par amour « se tinrent pour leur vie » ; Esther répare les étincelles dispersées dans la Sitra A'hra.

שמעתי מפי מו"ז ז"ל על הגמרא רבי נטע נטיעה בפורים ומסקינן נטיעה של שמחה נטע. שרמזו בזה כי בפורים יכולין ליטע נטיעת שמחה בלב האדם לשמוח בעבודת הבורא ית' כו'.

דהנה כתיב ליהודים היתה אורה ושמחה כו'. וחז"ל דרשו על התורה ויו"ט ומילה ותפילין כו'.

והענין הוא כי כל המצות הם הדרכות לאדם למצוא הארות המיוחדים לכל מצוה ומצוה. ובאמת העיקר כשהאדם עצמו מוצא אלה ההארות בלבו.

והוא בחי' תורה שבע"פ. דחיי עולם נטע בתוכינו היא בחי' תורה שבע"פ.

וכמו שמצד תורה שבכתב יש זמנים שנותנים שמחה כמו ושמחת בחגך. וכמו כן ע"י רשימת מילה ותפילין מתגלה הארת הקדושה בנפש האדם.

כמו כן נמצא בנפש האדם עצמו לעורר אלה הדברים. וז"ש ליהודים היתה אורה כו'.

בעצם נפשותם. כענין שאמרו בשבת אין צריך תפילין שהם עצמם אות ובחרנו במ"א באורך.

ומגילה זאת נקראת אגרת ונקראת ספר כדאיתא בגמרא והיינו שהוא ענין ממוצע וחיבור מתורה שבכתב לתורה שבע"פ שהרי אז התחיל שורש תורה שבע"פ אנשי כנה"ג ובית שני:

J'ai entendu de la bouche de mon maître et grand-père, de mémoire bénie, au sujet de la Guemara : 'Rabbi planta une plantation à Pourim', et nous concluons que c'est une plantation de joie qu'il planta. Ils ont fait allusion par là qu'à Pourim on peut planter une plantation de joie dans le cœur de l'homme, pour se réjouir dans le service du Créateur, béni soit-Il, etc.

Car voici qu'il est écrit : 'pour les Juifs il y eut lumière et joie', etc. (Esther 8,16).

Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué cela au sujet de la Torah, de la fête (yom tov), de la circoncision et des téfiline, etc. Le sens est que tous les commandements sont des guidances pour l'homme afin de trouver les illuminations propres à chaque commandement.

Et en vérité l'essentiel est lorsque l'homme lui-même trouve ces illuminations dans son cœur ; c'est l'aspect (be'hina) de la Torah orale. Car 'la vie éternelle Il l'a plantée en nous' - c'est l'aspect de la Torah orale.

Et de même que du côté de la Torah écrite il y a des temps qui donnent la joie, comme 'tu te réjouiras en ta fête' (Deut. 16,14), de même par la marque de la circoncision et des téfiline se révèle l'illumination de la sainteté dans l'âme de l'homme ; de même il se trouve dans l'âme de l'homme lui-même de quoi éveiller ces choses.

C'est ce que dit 'pour les Juifs il y eut lumière', etc. - dans l'essence même de leurs âmes. Comme ce qu'ils ont dit : le Chabbat n'a pas besoin de téfiline, car ils sont eux-mêmes un signe, et nous l'avons exposé ailleurs longuement.

Et cette Meguila est appelée lettre (igueret) et est appelée livre (sefer), comme il est rapporté dans la Guemara ; et cela signifie qu'elle est une chose intermédiaire et une liaison de la Torah écrite à la Torah orale, car c'est alors que commença la racine de la Torah orale, les hommes de la Grande Assemblée (Knesset haGuedola) et le second Temple.

בנוסח דשושנת יעקב תשועתם היית לנצח ותקותם בכל דור. כי המן ועמלק היו רשעים להרע לכל הדורות כמו שראינו שגזר לאבד כל היהודים מכל הדורות.

ובכל דור חייב אדם לראות כאלו גזר על זה הדור. כמו שאומרים ארור המן אשר ביקש לאבדי דייקא.

ולעומת זה היה מרדכי הצדיק יסוד עולם לכל הדורות. כמ"ש דובר שלום לכל זרעו.

שיש צדיק לשעה. ויש צדיק קבוע לדורות.

ולפי שהמן הרשע רצה לאבד כל הדורות. נתן לנו הקב"ה ישועה בימים אלו לכל הדורות כמ"ש והימים כו' נזכרים כו' בכל דור כו':

Dans le texte de 'Chochanat Yaakov' : 'leur salut Tu fus à jamais, et leur espoir en chaque génération'. Car Haman et Amalek étaient des méchants voulant nuire à toutes les générations, comme nous avons vu qu'il décréta de faire périr tous les Juifs de toutes les générations.

Et à chaque génération l'homme est tenu de se voir comme si le décret portait sur cette génération-ci, comme on dit : 'maudit soit Haman qui chercha à me perdre' - précisément 'moi'. À l'opposé, Mordekhai le juste était fondement du monde pour toutes les générations, comme il est écrit : 'il parle de paix pour toute sa descendance' (Esther 10,3).

Car il y a un juste pour l'heure, et il y a un juste établi pour les générations. Et parce que Haman le méchant voulut perdre toutes les générations, le Saint béni soit-Il nous donna un salut en ces jours pour toutes les générations, comme il est écrit : 'et ces jours, etc., rappelés, etc., en chaque génération', etc.

(Esther 9,28).

בפסוק נקהלו ועמוד על נפשם. הוא בחי' בעלי תשובה שאמרו חז"ל במקום שבעלי תשובה עומדין אין צדיקים גמורין יכולין לעמוד.

וזהו בודאי כששב מאהבה. ומקודם בשעת הגזירה בוודאי שבו מיראה ואח"כ כשנעשה להם הנס שבו מאהבה ונתעלו למעלה מהטבע וזהו ועמוד על נפשם:

Sur le verset 'ils se rassemblèrent et se tinrent pour leur vie' (Esther 9,16) : c'est l'aspect des baalei techouva (les repentants), dont nos Sages ont dit : 'à la place où se tiennent les repentants, les justes parfaits ne peuvent se tenir'. Et cela vaut certainement lorsqu'on revient par amour.

Auparavant, au moment du décret, ils revinrent certainement par crainte, et ensuite, lorsque le miracle s'accomplit pour eux, ils revinrent par amour et s'élevèrent au-dessus de la nature ; et c'est 'et se tinrent pour leur vie'.

תרמ"ז

[תרמ"ז]

בענין מ"ש חז"ל הדר קבלוה בימי אחשורוש דכתיב קימו וקבלו. קיימו מה שקיבלו כבר.

ותוס' מקשין דדרשינן נמי קיימו למעלה מה שקיבלו למטה. וצריכין לומר דשניהם ענין אחד הם.

שהרי קבעו ימי הפורים האלה ומברכין שעשה נסים בזמן הזה. הגם דלכאורה ביום המנוחה לא היה הנס.

וגם דעיקר הנס יתכן שהי' בפסח כמ"ש בלילה ההוא כו' זה תקפו של נס. אבל באמת הנסים הם למעלה מהזמן.

ואיך שייך לומר בזמן הזה רק שאין כל הזמנים מיוחדים לקבל הארת הנס שהוא למעלה מן הזמן. רק בימי הפורים מתגלה הארת הנס והוא שכתוב נזכרים ונעשים.

שע"י הזכירה במצות שתיקנו בפורים. נעשה ומתגלה הארת הנס.

כי הנסים מאירים בשמים לעולם שאין להם זמן כנ"ל. רק שלמטה יש זמנים מיוחדים שיכולין לקבל הארת הנס כנ"ל.

והנה באמת תכלית מפלת עמלק והמן הרשע הי' כדי לקדש שמו ית' בעולם. כמ"ש חז"ל נשבע הקב"ה שאין שמו שלם עד שימחה שמו של עמלק א"כ בכל עת שיש לו מפלה מתגדל שמו ית' והוא באמת התגלות התורה דאורייתא כולא שמא דקוב"ה הוא.

וכמו שהיה מלחמת עמלק קודם קבלת התורה בהר סיני. כן בכל מקום שיש מפלת הרשע מתעורר אח"כ כח התורה.

ובני ישראל הבינו וידעו זאת שזה עיקר המכוון. לכן כתיב ליהודים היתה אורה זו תורה כו'.

פירוש שהניחו עיקר השמחה בכח התורה ומצות שקיימו אחר איבוד הרשעים בחילא סגי מה שהיו הרשעים מעכבין מקודם. ולכן נראה שעיכבו איגרות אחרונות עד סיון.

דהיינו כשראו שפעל תליית המן שקיימו אח"כ התורה באהבה. אז הכינו עצמם ללחום מלחמת ה'.

כמ"ש נקהלו ועמוד על נפשם. וכשנגמר כל המלחמה אז כתבו המגילה והסכימו עמהם מן השמים להיות מתגלה הארת התורה ע"י קריאת המגילה.

ומ"ש הדר קבלוה בימי אחשורוש. גם ענין זה נשאר לדורות כמ"ש והימים כו' נזכרים ונעשים בכל דור.

וע"ז הוצרכו הסכמה עליונה. ונס זה היה הכנה לבנין בית שני.

ונתקיים מאמר חז"ל בסדר הברכות דשמ"ע. כשנעשה דין ברשעים מתרומם קרן הצדיקים והיכן מתרומם קרנם בירושלים ע"ש בפ"ב דמגילה.

ואפשר שלכך עשו זכר לירושלים בנס זה בענין מוקפין חומה מימות יהושע. לרמוז שזה הי' מכוון הנס ויסודו:

Au sujet de ce que nos Sages ont dit : 'ils l'ont à nouveau acceptée aux jours d'Assuérus', car il est écrit 'ils confirmèrent et acceptèrent' (Esther 9,27) - ils confirmèrent ce qu'ils avaient déjà accepté. Et les Tossafot objectent qu'on interprète aussi : ils confirmèrent en haut ce qu'ils avaient accepté en bas.

Et il faut dire que les deux sont une seule et même chose. Car ils ont fixé ces jours de Pourim et l'on bénit 'qui a fait des miracles en ce temps', bien qu'à première vue le jour du repos il n'y eût pas de miracle, et bien aussi que l'essentiel du miracle eût peut-être lieu à Pessa'h, comme il est écrit 'en cette nuit-là', etc. - c'est la force du miracle.

Mais en vérité les miracles sont au-dessus du temps. Et comment convient-il de dire 'en ce temps' ?

Sinon que tous les temps ne sont pas propres à recevoir l'illumination du miracle qui est au-dessus du temps ; ce n'est qu'aux jours de Pourim que se révèle l'illumination du miracle, et c'est ce qui est écrit 'rappelés et accomplis' (Esther 9,28) : car par le souvenir, dans les commandements qu'on a institués à Pourim, s'accomplit et se révèle l'illumination du miracle. Car les miracles brillent dans les cieux à jamais, eux qui n'ont pas de temps, comme ci-dessus ; seulement en bas il y a des temps propres à recevoir l'illumination du miracle, comme ci-dessus.

Et voici qu'en vérité le but de la chute d'Amalek et de Haman le méchant était de sanctifier Son Nom, béni soit-Il, dans le monde, comme l'ont dit nos Sages : le Saint béni soit-Il a juré que Son Nom n'est pas entier tant que le nom d'Amalek n'est pas effacé ; donc chaque fois qu'il subit une chute, Son Nom, béni soit-Il, grandit, et c'est en vérité la révélation de la Torah, car 'la Torah tout entière est les Noms du Saint béni soit-Il'. Et de même que la guerre d'Amalek eut lieu avant le don de la Torah au mont Sinaï, de même en tout lieu où il y a chute du méchant s'éveille ensuite la force de la Torah.

Et les enfants d'Israël comprirent et surent cela, que c'est là l'essentiel de l'intention ; c'est pourquoi il est écrit 'pour les Juifs il y eut lumière' - c'est la Torah, etc. C'est-à-dire qu'ils placèrent l'essentiel de la joie dans la force de la Torah et des commandements qu'ils accomplirent après la perte des méchants, avec grande vigueur, ce que les méchants empêchaient auparavant.

C'est pourquoi il apparaît qu'ils retardèrent les dernières lettres jusqu'à Sivan : c'est-à-dire lorsqu'ils virent que la pendaison de Haman avait produit qu'ils accomplirent ensuite la Torah avec amour, alors ils se préparèrent à combattre la guerre de l'Éternel, comme il est écrit 'ils se rassemblèrent et se tinrent pour leur vie'. Et quand toute la guerre fut achevée, alors ils écrivirent la Meguila et l'on consentit avec eux depuis les cieux que se révèle l'illumination de la Torah par la lecture de la Meguila.

Et ce qui est dit 'ils l'ont à nouveau acceptée aux jours d'Assuérus' - cette chose aussi demeura pour les générations, comme il est écrit 'et ces jours, etc., rappelés et accomplis en chaque génération'. Et pour cela il fallut un consentement d'en haut.

Et ce miracle fut une préparation à la construction du second Temple. Et s'accomplit la parole de nos Sages dans l'ordre des bénédictions du Chemone Essré : lorsque le jugement s'exerce sur les méchants, la corne des justes s'élève ; et où s'élève leur corne ?

À Jérusalem - vois cela au chapitre 2 de Meguila. Et il est possible que pour cela ils firent un rappel de Jérusalem dans ce miracle, dans l'affaire des villes entourées d'une muraille depuis les jours de Josue, pour faire allusion que c'était là l'intention du miracle et son fondement.

במדרש איש יהודי יחידי. ובגמ' שכל הכופר בע"ז כמודה בכל התורה.

דאיתא הקב"ה מכין רפואה קודם למכה. וכמ"ש רש"י בפסוק אחר הדברים כו' גדל המלך כו'.

וכיון שהי' המן רשע כזה שרצה להשמיד כל היהודים. הוכן מקודם צדיק כזה שיוכל להגין על כל הדור.

ולכן נקרא יחידי שהיה כלל כל הדור. וכמו שיש בענין המצות חילוקים כמ"ש הכופר בע"ז כמקיים כל התורה.

כמו כן בנפשות ישראל שיש לכל אחד מצוה מיוחדת. וזה היה מיוחד למרדכי הצדיק והיה מגין בזה על כל הדור.

ויתכן שרמזו חז"ל באמרם שאם אין ישראל עושין תשובה הקב"ה מעמיד להם מלך כהמן כו'. והיינו שאם אין הפרטים יכולין לשוב.

יזמין הקב"ה צדיק גדול וממילא יעמוד נגדו רשע גדול. וכפי תיקון הצדיק יתוקנו כל הפרטים.

ולאשר המן הי' אדם ולא מלך כמ"ש חז"ל בקום עלינו אדם כו'. הי' כמו כן מרדכי צדיק לדורו.

אבל לעתיד מלך המשיח שהוא המושיע לכללות בני ישראל יעמוד נגדו מלך כהמן. ובזכות משיחנו יהי' מפלה לאותו רשע.

ויתרומם קרנם של בנ"י בב"א: וכתיב אם מזרע היהודים כו' דכתי' אור זרוע לצדיק.

שהקב"ה מכין לכל דור צדיק הראוי לקבל הארה המיוחדת לדור זה. ולישרי לב שמחה הגם שאינם צדיקים כל כך מ"מ המיישרים לבבם ובטלין אל הצדיק מרגישין הארות הנ"ל בכח הצדיק.

וזה הענין הוא בצדיק המיוחד. כמ"ש איש יהודי יחידי.

כי יש צדיק לעצמו ולפי שעה. אבל מרדכי איתא במדרש שדומה לאברהם שהכניס נפשות תחת כנפי השכינה.

כן מרדכי על ידו מתיהדים. לכן נק' יהודי ע"ש.

וזה פי' מזרע היהודים שיש בו פנימיות הכח להוליד תולדות ולהכניס נפשות להיות מתיהדים:

Dans le Midrach : 'un homme juif' - unique. Et dans la Guemara : quiconque renie l'idolâtrie (avoda zara), c'est comme s'il reconnaissait toute la Torah.

Car il est enseigné : le Saint béni soit-Il prépare le remède avant la plaie, et comme l'écrit Rachi sur le verset 'après ces choses, etc., le roi grandit [Haman]', etc. (Esther 3,1).

Et puisque Haman était un méchant tel qu'il voulait exterminer tous les Juifs, il fut préparé d'avance un juste tel qu'il puisse protéger toute la génération ; c'est pourquoi il est appelé 'unique', car il était la totalité de toute la génération. Et de même qu'il y a dans l'affaire des commandements des distinctions, comme il est dit 'celui qui renie l'idolâtrie est comme accomplissant toute la Torah', de même dans les âmes d'Israël, chacun a un commandement qui lui est propre ; et cela était propre à Mordekhai le juste, et par cela il protégeait toute la génération.

Et il se peut que nos Sages y aient fait allusion en disant que si Israël ne fait pas repentance, le Saint béni soit-Il leur suscite un roi comme Haman, etc. C'est-à-dire que si les individus ne peuvent revenir, le Saint béni soit-Il suscitera un grand juste, et de soi-même se dressera contre lui un grand méchant ; et selon la réparation (tikoun) du juste seront réparés tous les individus.

Et parce que Haman était un homme et non un roi, comme l'ont dit nos Sages sur 'quand se lève contre nous un homme', etc., de même Mordekhai était un juste pour sa génération ; mais dans l'avenir, le roi Messie qui est le sauveur de l'ensemble d'Israël, se dressera contre lui un roi comme Haman, et par le mérite de notre Messie il y aura une chute pour ce méchant, et s'élèvera la corne des enfants d'Israël, bientôt et de nos jours. Et il est écrit 'si de la semence des Juifs', etc.

(Esther 6,13), car il est écrit 'la lumière est semée pour le juste' (Ps. 97,11) : le Saint béni soit-Il prépare pour chaque génération le juste apte à recevoir l'illumination propre à cette génération. 'Et pour les cœurs droits, joie' (ibid.) - bien qu'ils ne soient pas si justes, néanmoins ceux qui rendent droit leur cœur et s'annulent devant le juste ressentent les illuminations susmentionnées par la force du juste.

Et cette chose est dans le juste unique, comme il est dit 'un homme juif, unique'. Car il y a un juste pour lui-même et pour l'heure ; mais de Mordekhai il est dit dans le Midrach qu'il ressemble à Abraham qui fit entrer des âmes sous les ailes de la Chekhina ; ainsi par Mordekhai on se judaïse.

C'est pourquoi il est appelé 'juif' (yehoudi) à ce titre. Et c'est le sens de 'de la semence des Juifs' : qu'il a en lui l'intériorité de la force d'engendrer des descendances et de faire entrer des âmes pour qu'elles se judaïsent.

תרמ"ח

[תרמ"ח]

איתא בגמרא אורה זו תורה. שמחה יום טוב.

ששון מילה. ויקר תפילין.

וצריך ביאור. מה שינה הכתוב את טעמו ולא פירש ליהודים הי' תורה ויו"ט ומילה ותפילין.

אבל הענין הוא שזה עצמו היה הגאולה והישועה שהרגישו בנ"י זאת בנפשותם. כי התורה היא האורה.

והמילה ששון. כי בוודאי אותו הדור שזכו לנסים בכח התשובה.

בוודאי נתעלו נפשותם. ובאו לאמונת התורה.

ונתמלאו אורה בכח התורה. וששון בכח המילה כו' וזה עצמו מה שדרשו חז"ל הדר קבלוה בימי אחשורוש.

פרש"י מאהבת הנס. שמקודם היו בבחי' אמונה כמ"ש כפה עליהם ההר כו'.

ועתה הבינו בעצמם חיבת התורה ומצות. וז"ש קיימו מה שקבלו כבר שמקודם הי' בחי' קבלה ואמונה ועתה נתגלה להם בפועל בנפשותם.

ובאמת עמלק ימ"ש מעכב התגלות הקדושה. וכביכול מעורר גם בשמים הסתרות ודינין.

כמ"ש שנשבע הקב"ה שאין שמו שלם עד שימחה שם עמלק. לכן אחר מפלת המן כתיב וחמת המלך שככה.

שמקודם היה הגזירה גם בשמים. שכמו שצדיקים מעוררין עת רצון בשמים.

כמו כן הרשעים מביאין כעס וחימה עליהם תפול. ואחר שנתלה שכך חמת המלך ונעשה עת רצון בשמים.

ונתגלו הארות הגנוזים. ונתקרבו נפשות ישראל אל התורה.

ועמלק הוא מעכב התגלות תורה שבכתב ושבעל פה. לכן כתיב כתוב זאת זכרון בספר הוא בחי' שבכתב.

ושים באזני יהושע הוא שבע"פ. וכן אמר אותו רשע ודתיהם שונות לשון רבים שבכתב ושבע"פ.

ועיקר התרגזנותו על שבע"פ. וזהו דתיהם שמוציאין מעצמם סייגים ומצות כמ"ש וחיי עולם נטע בתוכינו:

Il est enseigné dans la Guemara : 'lumière', c'est la Torah ; 'joie', c'est la fête (yom tov) ; 'allégresse', c'est la circoncision ; 'honneur', ce sont les tefiline (Esther 8,16). Et cela requiert explication : pourquoi l'Écriture a-t-elle changé son expression et n'a-t-elle pas dit explicitement 'pour les Juifs il y eut Torah, fête, circoncision et tefiline' ?

Mais le sens est que cela même était la délivrance et le salut, que les enfants d'Israël ressentirent cela dans leurs âmes. Car la Torah est la lumière, et la circoncision est l'allégresse.

Car certainement cette génération qui mérita des miracles par la force de la repentance, certainement leurs âmes s'élevèrent et parvinrent à la foi en la Torah, et furent remplies de lumière par la force de la Torah, et d'allégresse par la force de la circoncision, etc. Et cela même est ce que nos Sages ont expliqué : 'ils l'ont à nouveau acceptée aux jours d'Assuérus'.

Rachi explique : par amour du miracle. Car auparavant ils étaient dans l'aspect de la foi, comme il est dit 'Il renversa sur eux la montagne', etc. ; et maintenant ils comprirent d'eux-mêmes l'amour de la Torah et des commandements.

C'est ce que signifie 'ils confirmèrent ce qu'ils avaient déjà accepté' : car auparavant c'était un aspect de réception et de foi, et maintenant cela se révéla à eux en acte dans leurs âmes. Et en vérité Amalek - que son nom soit effacé - empêche la révélation de la sainteté, et pour ainsi dire éveille aussi dans les cieux des occultations et des jugements (dinim), comme il est dit que le Saint béni soit-Il a juré que Son Nom n'est pas entier tant que le nom d'Amalek n'est pas effacé.

C'est pourquoi après la chute de Haman il est écrit 'et la fureur du roi s'apaisa' (Esther 7,10) : car auparavant le décret était aussi dans les cieux. Car de même que les justes éveillent un temps de faveur dans les cieux, de même les méchants attirent colère et fureur, qu'elles tombent sur eux.

Et après qu'il fut pendu, ainsi la fureur du roi s'apaisa et un temps de faveur advint dans les cieux, et se révélèrent les illuminations cachées, et les âmes d'Israël se rapprochèrent de la Torah. Et Amalek empêche la révélation de la Torah écrite et orale ; c'est pourquoi il est écrit 'écris cela en souvenir dans le livre' - c'est l'aspect écrit - 'et mets-le aux oreilles de Josue' - c'est l'aspect oral (Ex.

17,14). Et de même ce méchant dit 'et leurs lois sont différentes' - au pluriel : l'écrite et l'orale ; et l'essentiel de son irritation portait sur l'orale.

Et c'est 'leurs lois', qu'ils tirent d'eux-mêmes des haies protectrices et des commandements, comme il est dit 'et la vie éternelle Il l'a plantée en nous'.

בענין שנשאת אסתר לאחשורוש. נראה שהי' צריך תיקון זה לתקן החטא שנכשלו אז בנשים נכריות כמ"ש בעזרא.

והוצרכה אסתר להוציא ניצוצי קדושה שנתפזרו בסט"א ע"י חטא הנ"ל:

Au sujet du fait qu'Esther fut mariée à Assuérus : il apparaît que cette réparation était nécessaire pour réparer la faute par laquelle ils trébuchèrent alors, avec des femmes étrangères, comme il est écrit dans Ezra. Et Esther dut faire sortir les étincelles de sainteté qui s'étaient dispersées dans la Sitra A'hra (l'autre côté) par la faute susmentionnée.

בענין קביעות הימים למשתה. נראה כי בימים הללו יש תיקון לבחי' הגופים.

דאיתא רחל תפסה פלך שתיקה. וכן בנימין ישפה ואינו מגיד.

וכן אין אסתר מגדת ע"ש במדרש. ואיתא לא מצאתי לגוף טוב משתיקה.

שזאת הוא תיקון הגוף ע"י השתיקה. ורמז לזה יין דאיתא כשם שקול ודיבור יפה לבשמים כן קשה ליין ע"ש במנחות במשנה שהי' הגיזבר מושך היין בשתיקה.

דאיתא חמרי וריחני פקחין. ונראה שהם ב' מיני חכמות.

חכמה שבראש בחי' הנשמה והוא בחי' הריח כדאיתא איזהו דבר שהנשמה נהנית ולא הגוף זה הריח. והוא בבחי' הקול והדיבור בתורה ותפלה שהוא המשכת כח הנשמה.

ויש חכמה הבאה ע"י תיקון הגוף והיין מפקח הגוף כדאיתא בפ' ותירוש ינובב בתולות והוא בכח השתיקה כי תיקון הגוף ע"י הצמצום לעצור במילין שלא להגביר כח הגוף על הנשמה. ואז זוכה לחכמה ונעשה כלי אל הנשמה.

והנה מרדכי הי' ב' הכוחות שנקרא איש יהודי וימיני. יהודה בחי' הודיה מלאה שתפסה פלך הודי' וכ' שמע ה' קול יהודה.

ולכן נק' מרדכי ע"ש בשמים ראש כדאיתא במדרש. והי' ג"כ בן ימיני.

ולכן הי' התיקון בחי' נזכרים ונעשים שהוא בחי' הנשמה והגוף. לכן אחז"ל כי הדר קבלוה בימי אחשורוש.

כי מסתמא זה שהי' צריכין לכפות עליהם ההר כגיגית. הי' על חלק הגוף.

כי נשמתן של ישראל קבועין לעולם בתורה. וכאן שנתקן בחי' הגוף קבלוה בחלק הגוף ג"כ ברצון טוב.

ומש"ל בענין בשמים ויין מצינו דקול יפה לבשמים ומ"מ בפנים הי' הקטורת בחשאי כדאיתא בגמ' קטורת בחשאי מכפר על לשון הרע. ויין דקול רע ליין מ"מ בפנים הי' השירה על היין בשעת הנסכים.

והוא כענין דאיתא יין בשתיקה ועתיד לארמא קלא לבסוף כשמפקח הלב. וע"י בחי' גוף טוב דשתיקה מתדבק בו הארת הנשמה.

ובבחי' העסק בתורה ותפלה בעריכות שפתים וקול רם מתעלה אח"כ הנשמה בשורש העליון והוא בחשאי לכן הקטורת לפנים ולפני ולפנים:

Au sujet de la fixation de ces jours pour le festin : il apparaît qu'en ces jours il y a une réparation pour l'aspect des corps. Car il est enseigné : Rachel saisit le fuseau du silence ; de même Benjamin - 'yachpe' (jaspe), c'est-à-dire 'il a une bouche' (yech pe) et il ne dit pas ; de même Esther ne dit pas - vois cela dans le Midrach.

Et il est enseigné : 'je n'ai rien trouvé de meilleur pour le corps que le silence', car c'est là la réparation du corps par le silence. Et une allusion à cela est le vin, car il est enseigné : de même que la voix et la parole sont bonnes pour les aromates, de même elles sont nuisibles au vin - vois cela dans Mena'hot, dans la Michna, que le trésorier tirait le vin en silence.

Car il est enseigné : 'le vin et les parfums m'ont rendu perspicace'. Et il apparaît que ce sont deux sortes de sagesse : la sagesse de la tête, aspect de la nechama (l'âme supérieure), et c'est l'aspect de l'odorat, comme il est enseigné : quelle est la chose dont l'âme jouit et non le corps ?

C'est l'odeur. Et c'est dans l'aspect de la voix et de la parole, dans la Torah et la prière, qui est l'attraction de la force de l'âme.

Et il y a une sagesse qui vient par la réparation du corps, et le vin rend le corps perspicace, comme il est enseigné sur 'et le moût fait fleurir les vierges' ; et c'est par la force du silence, car la réparation du corps se fait par la contraction (tsimtsoum), pour retenir ses paroles, afin de ne pas donner à la force du corps l'ascendant sur l'âme ; alors on mérite la sagesse et l'on devient un réceptacle (keli) pour l'âme. Et voici que Mordekhai avait les deux forces, lui qui est appelé 'homme juif' (ich yehoudi) et 'de Benjamin' (yemini).

Yehouda est l'aspect de la louange (hodaa) pleine, lui qui saisit le fuseau de la louange, et il est écrit 'écoute, Éternel, la voix de Juda' (Deut. 33,7).

C'est pourquoi Mordekhai est appelé à ce titre 'myrrhe pure' (mor deror), 'tête des aromates', comme il est enseigné dans le Midrach ; et il était aussi 'fils de Benjamin'. C'est pourquoi la réparation fut dans l'aspect de 'rappelés et accomplis', qui est l'aspect de l'âme et du corps.

C'est pourquoi nos Sages ont dit qu'ils l'acceptèrent à nouveau aux jours d'Assuérus ; car vraisemblablement ce pour quoi il fallut renverser sur eux la montagne comme une cuve portait sur la part du corps, car les âmes d'Israël sont fixées à jamais dans la Torah, et ici, où fut réparé l'aspect du corps, ils l'acceptèrent aussi de la part du corps, de bon gré. Et ce que j'ai dit au sujet des aromates et du vin : nous trouvons que la voix est bonne pour les aromates, et pourtant à l'intérieur l'encens était offert en secret, comme il est enseigné dans la Guemara : l'encens en secret expie la médisance ; et le vin, dont la voix est mauvaise pour lui, pourtant à l'intérieur le chant se faisait sur le vin au moment des libations.

Et c'est comme ce qui est enseigné : le vin dans le silence, et il est destiné à élever la voix à la fin, lorsque le cœur est rendu perspicace. Et par l'aspect du bon corps du silence s'attache à lui l'illumination de l'âme ; et par l'aspect de l'occupation dans la Torah et la prière, avec dispositions des lèvres et voix forte, s'élève ensuite l'âme vers la racine supérieure, et c'est en secret ; c'est pourquoi l'encens était à l'intérieur, dans le lieu le plus intérieur (lifnei velifnim).

תרמ"ט

[תרמ"ט]

En bref

« Il est un peuple unique » (Esther 3,8) : le Sfat Emet enseigne qu'Il a fait de l'inexistant (ain) de l'existant (yech) ; la gloire de Sa royauté se révèle dans l'aspect de l'être par le service d'Israël. Haman veut faire périr les Juifs afin que Son Nom ne se révèle pas ; le trône n'est pas complet jusqu'à l'effacement d'Amalek, et sa chute révèle Sa gloire, c'est pourquoi on l'appelle Meguila (dévoiler). À Pourim le miracle est la révélation de la sainteté hors de la terre d'Israël ; le Hallel s'institue aux portes intérieures, et la lecture de la Meguila est ce Hallel. Maintenant le salut se fait par « maudit soit Haman » comme par « béni soit Mardochée », pour Amalek.

Aussi : l'unité d'Israël, par l'envoi de mets, empêche le mécréant de dominer ; il rapporte de son grand-père que « il y eut » (hayta) au féminin, car Israël influence l'allégresse ; un juste hors d'exil prépare la délivrance en chaque exil

בפסוק ישנו עם אחד כו'. דאיתא בס"י עשה אינו ישנו.

פי' הגם כי הקב"ה הוא נעלם ולית בי' תפיסא כלל מ"מ הוא כל יכול. וברא העולם באופן שיהי' גילוי כבוד מלכותו ית' מלא כל הארץ כבודו שיהי' בבחי' יש.

ובאמת זה תלוי בעבודת בנ"י אשר על זה כתיב להנחיל אוהבי יש. וכמ"ש בספרי קודש שזה נרמז בשם ישראל י"ש רל"א שהכל נכלל בצירוף רל"א אתוון.

וזה הרשע המן ימח שמו הי' כל כוונתו לאבד את היהודים כדי שלא יתגלה כבוד שמו ית' בעולם. ולא לחנם נשבע הקב"ה שאין כסאו שלם עד שימחה שמו של עמלק.

ולכן כאשר היה לו מפלה נעשה גילוי כבודו ית' בעולם הזה. ולכן נק' מגלה כמ"ש בס' קדושת לוי שזה שנשתנה יו"ט דפורים מכל המועדות שבתורה.

ולכן אמרו חז"ל שאין קורין הלל על נס שבחוץ לארץ ואמרו נמי קריאתה זו הלולא. ולכאורה הם תרתי דסתרי.

אך הענין הוא כי הלל ניתקן כשנפתחין שערים הפנימיים כענין שנאמר שער החצר הפנימית כו' ביום השבת יפתח. ומועדות נק' שבת.

וע"ז כתיב פתחו לי שערי צדק כו' אודה. ולכן יש הלל.

אבל בפורים היה הנס בגילוי הקדושה בעוה"ז וזה נס שבחוץ לארץ. אכן ע"י קריאת המגילה נגלה זו ההארה בעוה"ז דייקא.

וזה ההלל שייך עתה. וענין אמרם עד דלא ידע בין ארור המן לברוך מרדכי.

יש לומר ע"ד הרמז כי הנה יש ב' דרכים בהתגלות הקדושה בהתרוממת קרן הצדיקים ובמפלת הרשעים. כענין שכתבו חז"ל כשם שקילוסו ית' עולה מפי הצדיקים בג"ע כן עולה מפי הרשעים בגיהנם.

אך הקב"ה חפץ בקילוסן של צדיקים יותר כדאיתא במד' בראשית וירא כו' את האור כי טוב ע"ש. ולכן גדלה מעלת ברוך מרדכי מארור המן.

אכן עתה בימי הפורים נראה כי כל ההצלה היה בכח מפלת הרשע. כי כן הוא מדותיו של הקב"ה.

כשרואין בשמים שאין לבנ"י זכות כדאיתא שהי' הגזירה להרע לבנ"י. לכן סיבב הקב"ה שיהי' נעשה ע"י זרע עמלק.

וכדכתיב לולי כעס אויב כו' פן ינכרו צרימו כו'. ולכן נפדו בנ"י וניתן הוא כפרם כדכתיב ואתן חדום תחתיך.

ולכן עתה נתעלו בנ"י ונתגלה הקדושה בכח ארור המן כמו בכח ברוך מרדכי. ובאמת זה אינו נוהג בכל הרשעים רק בזרע עמלק שהן שנואים בשמים כדכ' מלחמה לה' בעמלק.

וידוע כי שם ה' הוא מדה"ר רק שהרשעים מהפכין מדה"ר למדה"ד ועל רשעים אלו דעמלק והמן נאמר באבוד רשעים רנה:

Sur le verset 'Il est un peuple unique' (Esther 3,8) etc. Comme il est enseigné dans le Sefer Yetsira (Livre de la Formation) : Il a fait de l'inexistant (ain) de l'existant (yech).

Explication : bien que le Saint béni soit-Il soit caché et qu'il n'y ait en Lui aucune prise du tout, malgré cela Il est tout-puissant, et Il a créé le monde de telle sorte que se révèle la gloire de Sa royauté, 'toute la terre est remplie de Sa gloire' (Isaie 6,3), qu'elle soit dans l'aspect de l'être (yech). Et en vérité cela dépend du service des enfants d'Israël, comme il est écrit à ce sujet : 'pour faire hériter le yech à ceux qui M'aiment' (Proverbes 8,21).

Et comme il est écrit dans les livres saints que cela est fait allusion dans le nom Israël : les lettres י"ש (yech, l'être) et רל"א (231), car tout est inclus dans la combinaison des 231 lettres (portes). Et ce mécréant Haman, que son nom soit effacé, toute son intention était de faire périr les Juifs afin que ne se révèle pas la gloire de Son Nom, qu'Il soit béni, dans le monde.

Et ce n'est pas en vain que le Saint béni soit-Il a juré que Son trône n'est pas complet jusqu'à ce que soit effacé le nom d'Amalek. C'est pourquoi lorsqu'il subit une chute, se fit une révélation de Sa gloire dans ce monde-ci.

Et c'est pourquoi on l'appelle Meguila (rouleau, de la racine 'dévoiler'), comme il est écrit dans le livre Kedouchat Levi, en ceci que la fête de Pourim se distingue de toutes les fêtes de la Torah. Et c'est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit qu'on ne récite pas le Hallel sur un miracle survenu hors de la terre d'Israël, et ils ont dit aussi que sa lecture même est sa louange (Hallel).

Et à première vue ce sont deux choses qui se contredisent. Mais l'affaire est que le Hallel a été institué lorsque s'ouvrent les portes intérieures, dans le sens de ce qui est dit : 'la porte du parvis intérieur... au jour du Chabbat elle s'ouvrira' (Ezechiel 46,1).

Et les fêtes sont appelées Chabbat. Et sur cela il est écrit : 'ouvrez-moi les portes de la justice... je rendrai grâce' (Psaumes 118,19).

C'est pourquoi il y a le Hallel. Mais à Pourim le miracle fut la révélation de la sainteté dans ce monde-ci, et cela est un miracle survenu hors de la terre d'Israël.

Cependant, par la lecture de la Meguila se révèle cet éclairement précisément dans ce monde-ci, et ce Hallel-là est pertinent maintenant. Et quant à ce qu'ils ont dit : 'jusqu'à ne plus savoir distinguer entre maudit soit Haman et béni soit Mardochée', on peut le dire par voie d'allusion : voici qu'il y a deux voies dans la révélation de la sainteté, dans l'élévation de la corne des justes et dans la chute des mécréants.

Comme ce qu'ont écrit nos Sages, de mémoire bénie : de même que Sa louange monte de la bouche des justes au Jardin d'Éden, de même elle monte de la bouche des mécréants dans la Géhenne. Mais le Saint béni soit-Il désire davantage la louange des justes, comme il est enseigné dans le Midrach Berechit : 'et Il vit... la lumière qu'elle était bonne' - vois là-bas.

C'est pourquoi la valeur de 'béni soit Mardochée' est plus grande que celle de 'maudit soit Haman'. Cependant maintenant, aux jours de Pourim, il apparaît que tout le salut se fit par la force de la chute du mécréant, car ainsi sont les mesures du Saint béni soit-Il : lorsqu'on voit dans les cieux que les enfants d'Israël n'ont pas de mérite - comme il est enseigné que le décret était de faire du mal aux enfants d'Israël - alors le Saint béni soit-Il fit en sorte que cela s'accomplisse par la descendance d'Amalek.

Comme il est écrit : 'n'était la colère de l'ennemi... de peur que leurs adversaires ne se méprennent' (Deutéronome 32,27). C'est pourquoi les enfants d'Israël furent rachetés et il fut donné comme leur rançon, comme il est écrit : 'je donnerai Edom à ta place' (Isaie 43,4).

C'est pourquoi maintenant les enfants d'Israël se sont élevés et la sainteté s'est révélée par la force de 'maudit soit Haman' comme par la force de 'béni soit Mardochée'. Et en vérité cela ne s'applique pas à tous les mécréants, mais seulement à la descendance d'Amalek, qui sont haïs dans les cieux, comme il est écrit : 'guerre à l'Éternel contre Amalek' (Exode 17,16).

Et il est connu que le Nom de l'Éternel est la mesure de miséricorde, seulement les mécréants transforment la mesure de miséricorde en mesure de rigueur ; et sur ces mécréants d'Amalek et de Haman il est dit : 'à la perte des mécréants, chant de joie' (Proverbes 11,10).

והמצות שתקנו חז"ל קריאת המגילה ומנות. דאיתא כינוסו וכינוס בניו הצילו מיד עשו ואלופיו.

וכשיש אחדות בישראל אינו יכול אותו הרשע לשלוט בנו רק כשחסר האחדות. ולכן אמר שהם מפוזר ומפורד ויוכל לשלוט בהם.

ואסתר אמרה לך כנוס. וכן נתקיים הכינוס כמ"ש נקהלו ועמוד על נפשם.

ובכח הכינוס והקהילה נעשה הישועה. ולכן זכו לתורה כדכתיב הקהל לי את העם ואשמיעם כו'.

ואמרו חז"ל ואהבת לרעך כמוך זה כלל גדול בתורה. ועמוד על נפשם הוא שקבלו הרוח שהוא למעלה מנפש והוא בחי' התורה.

לכן כתיב ועמוד כי יש עלמא דישיבה בחי' נפש. ועמידה בחי' הרוח.

וגם זה אמת שע"י קבלת התורה ומצות זוכין לאחדות האמת וזה ג"כ רמז בזה כלל גדול בתורה. וע"י שאחר הגזירה קבלו עליהם עול תורה ומצות.

זכו להקהל ולעמוד על נפשם וזה הי' הכנה לבית שני. לכן ע"י שנאת חנם נחרב הבית.

ורמז שנאת חנם שכל הפירוד לבבות נעשה ע"י פריקת עול תורה ומצות כאומרם ז"ל חנם בלא מצות:

Et les commandements qu'ont institués nos Sages, de mémoire bénie : la lecture de la Meguila et l'envoi de mets. Comme il est enseigné : son rassemblement et le rassemblement de ses fils l'ont sauvé de la main d'Esav et de ses chefs.

Et lorsqu'il y a unité en Israël, ce mécréant ne peut pas nous dominer, seulement lorsque l'unité fait défaut. C'est pourquoi il dit qu'ils sont 'dispersés et séparés' (Esther 3,8) et qu'il pourrait les dominer.

Et Esther dit : 'va, rassemble' (Esther 4,16). Et ainsi s'accomplit le rassemblement, comme il est écrit : 'ils se rassemblèrent et se tinrent debout pour leur vie' (Esther 9,16).

Et par la force du rassemblement et de l'assemblée se fit le salut. C'est pourquoi ils méritèrent la Torah, comme il est écrit : 'rassemble-Moi le peuple et Je leur ferai entendre...' (Deutéronome 4,10).

Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : 'tu aimeras ton prochain comme toi-même' (Lévitique 19,18), ceci est un grand principe dans la Torah. Et 'se tenir debout pour leur vie' (al nafcham), c'est qu'ils reçurent le roua'h (l'esprit) qui est au-dessus du nefech (l'âme vitale), et c'est l'aspect de la Torah.

C'est pourquoi il est écrit 'debout' (amod), car il y a un monde de l'assise, aspect du nefech, et la station debout, aspect du roua'h. Et cela aussi est vrai, que par la réception de la Torah et des commandements on mérite l'unité véritable, et c'est aussi fait allusion en ceci : 'un grand principe dans la Torah'.

Et parce que, après le décret, ils prirent sur eux le joug de la Torah et des commandements, ils méritèrent de se rassembler et de se tenir debout pour leur vie, et cela fut une préparation au Second Temple. C'est pourquoi c'est par la haine gratuite que le Temple fut détruit.

Et l'allusion de la haine gratuite (sinat hinam) : que toute la division des cœurs se fait par le rejet du joug de la Torah et des commandements, comme le disent nos Sages, de mémoire bénie : 'hinam' (gratuit) signifie 'sans commandements'.

בפסוק לעשות אותם ימי משתה ושמחה. שצריכין בנ"י בכח אלה המצות לגלות הארת הימים האלה.

וכן שמעתי מפי מו"ז ז"ל רמז הלשון ליהודים היתה אורה כו' וששון. מה לשון נקיבה היתה.

לרמוז שבני שראל עתה משפיעין למדת ששון ושמחה שהם נעשין ע"י התעוררות בנ"י ודפח"ח. ויתכן על דרך הלצה לרמוז זאת במאמרם ז"ל סעודת פורים שעשאה בלילה לא יצא ידי חובתו שנאמר לעשות אותם ימי משתה כו' פי' לא להתהלך בחשיכה לאכול ולשתות ניתנו ימי הפורים לנו.

רק לעשות אותם ימי משתה ושמחה לגלות הארת הימים והנסים שנעשו בימים ההם הנ"ל:

Sur le verset 'pour en faire des jours de festin et de joie' (Esther 9,22). Car les enfants d'Israël doivent, par la force de ces commandements, révéler l'éclairement de ces jours.

Et ainsi ai-je entendu de la bouche de mon grand-père et maître, de mémoire bénie, l'allusion de l'expression 'pour les Juifs il y eut lumière... et allégresse' (Esther 8,16) : pourquoi 'il y eut' (hayta) au féminin ? Pour faire allusion que les enfants d'Israël maintenant influencent la mesure d'allégresse et de joie, qui se font par l'éveil des enfants d'Israël - et ce sont des paroles agréables de sagesse.

Et il est possible, par voie de boutade, de faire allusion à cela dans ce que disent nos Sages, de mémoire bénie : le repas de Pourim que l'on fait de nuit, on ne s'acquitte pas de son obligation, car il est dit 'pour en faire des jours de festin' etc. Explication : ce n'est pas pour marcher dans les ténèbres à manger et à boire que nous ont été donnés les jours de Pourim, mais seulement pour en faire des jours de festin et de joie, pour révéler l'éclairement des jours et des miracles qui se firent en ces jours-là mentionnés ci-dessus.

תר"נ

[תר"נ] (année 5650)

במגלת אסתר איש יהודי הי' כו' במדרש מוכן לגאולה. דחז"ל דרשו הגלה מעצמו.

להודיע כי בכל גלות הקב"ה וב"ש מכין צדיק אשר הוא אינו בגלות ונכנס בין הגולים כדי להיות הכנה לגאולה ולכן כתיב ומרדכי לא יכרע שהי' מוכן שהוא לא יכרע. ולכן לא יכול המן ימ"ש לשלוח יד בו לבדו רק בכל היהודים שהיו אז במצב השפל.

וכשהתחיל לחשוב על מרדכי בלבד והכין העץ היה זה הכנה למפלה שלו:

Dans la Meguila d'Esther : 'il y avait un homme juif...' (Esther 2,5) etc. Dans le Midrach : 'prêt pour la délivrance'.

Car nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué 'il s'exila' de lui-même, pour faire savoir qu'en chaque exil le Saint béni soit-Il, et béni soit Son Nom, prépare un juste qui, lui, n'est pas en exil et entre parmi les exilés afin d'être une préparation à la délivrance. C'est pourquoi il est écrit 'et Mardochée ne s'agenouillait pas' (Esther 3,2), car il était préparé, lui, à ne pas s'agenouiller.

Et c'est pourquoi Haman, que son nom soit effacé, ne put porter la main sur lui seul, mais seulement sur tous les Juifs qui étaient alors dans un état d'abaissement. Et lorsqu'il commença à penser à Mardochée seul et prépara la potence, ce fut une préparation à sa propre chute.

תרנ"ב

[תרנ"ב] (année 5652)

והימים האלה נזכרים ונעשים כו'. נזכרים למעלה ונעשים למטה.

דכתיב ונוח בארבעה עשר כו' ועשה אותו יום משתה ושמחה. וכ"כ בשושן ועשה.

דהול"ל ועשו. רק דקאי על הקב"ה שעשה אותו יום משתה ושמחה.

שהיה שמחה לפניו במרום שניצולו בנ"י מאותה הגזירה שהי' נגזר גם בשמים כדאיתא במד' ואח"כ כשנתבטל ע"י תשובתם ונהפך לטובה עשה אותו יום משתה ושמחה כמ"ש חז"ל למנצח למי שנוצחין אותו ושמח. ואלה הימים כמו שמתפרסם בו הנס למטה.

כך למעלה בשמים נזכרים הנפלאות. וכהנים בעבודתן גם למעלה כולם באין לשמוע מקרא מגילה.

ובאמת גם שמחת בנ"י למטה העיקר על שנשארנו לכבודו ית"ש. שאין מי להעיד עליו בעוה"ז רק בני ישראל.

עם זו יצרתי לי כו'. וכל צערן של בני ישראל הי' ע"ז כדכתיב מה בצע בדמי כו' היודך עפר כו'.

וזה המזמור נדרש על ימי מרדכי ואסתר. כי כך דרך כל איש ישראל.

אפילו שאינו עובד ה' כראוי מכח טרדות העולם. מ"מ כשבא העת להסתלק מן העולם וזוכר אחריתו.

שם כל מגמתו לעבודת הבורא ית"ש למסור הנפש אליו. וכיון שהיה הגזירה להשמידם עמדו על נפשם והיו מצטערין על כבוד שמו ית' יותר מעל ימי חייהם בעוה"ז.

ולא עוד שאפילו רשעתו של אותו רשע המן הרשע הי' ג"כ כל עיקר רצונו בהשמדת בנ"י כדי להשכיח שמו ית' מן העולם ח"ו. וכשעשה לנו הקב"ה נסים וניצולו מן הגזירה נעשו כקטן שנולד.

וקיבלו עליהם עול מלכותו ית' מחדש. ז"ש ליהודים היתה אורה ושמחה כו' זו תורה ויו"ט כו'.

הגם שכבר הי' להם כל זאת רק שנעשו אצלם בהוי' חדשה. ולכן נתקן מזמור שיר חנוכת הבית על זה.

וזה הנס הי' כמו חינוך לבית שני שהתחיל אח"כ כנ"ל:

'Et ces jours seront rappelés et faits' (Esther 9,28) etc. 'Rappelés' en haut et 'faits' en bas. Car il est écrit : 'et il se reposa le quatorze... et en fit un jour de festin et de joie' (Esther 9,17-18).

Et de même il est écrit à propos de Suse : 'et il en fit' (ve'asa) - alors qu'il aurait fallu dire 've'asou' (et ils firent, au pluriel). Seulement cela se rapporte au Saint béni soit-Il qui en fit un jour de festin et de joie, car il y eut joie devant Lui en haut de ce que les enfants d'Israël furent sauvés de ce décret qui avait été décrété aussi dans les cieux, comme il est enseigné dans le Midrach ; et ensuite, lorsqu'il fut annulé par leur repentir et se retourna en bien, Il en fit un jour de festin et de joie, comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : 'lamnatseah' (au vainqueur) - à Celui qu'on vainc et qui S'en réjouit.

Et ces jours, de même que le miracle s'y publie en bas, ainsi en haut dans les cieux sont rappelées les merveilles ; et les prêtres dans leur service, en haut aussi, tous viennent écouter la lecture de la Meguila. Et en vérité la joie des enfants d'Israël en bas porte essentiellement sur ce que nous sommes restés pour Sa gloire, qu'Il soit béni, car il n'y a personne pour témoigner de Lui dans ce monde-ci sinon les enfants d'Israël : 'ce peuple que Je me suis formé pour Moi' (Isaie 43,21).

Et toute la peine des enfants d'Israël portait sur cela, comme il est écrit : 'quel profit a ma mort... la poussière Te louera-t-elle ?' (Psaumes 30,10). Et ce psaume est interprété sur les jours de Mardochée et d'Esther.

Car ainsi est la voie de tout homme d'Israël : même s'il ne sert pas l'Éternel comme il convient à cause des tracas du monde, malgré tout, lorsque vient le temps de quitter le monde et qu'il se souvient de sa fin, il place toute son aspiration dans le service du Créateur, qu'Il soit béni, pour Lui livrer son âme. Et puisque le décret était de les exterminer, ils se tinrent debout pour leur vie et s'affligeaient pour la gloire de Son Nom, qu'Il soit béni, plus que pour les jours de leur vie dans ce monde-ci.

Et bien plus : même la méchanceté de ce mécréant, Haman le mécréant, toute son intention essentielle était aussi l'extermination des enfants d'Israël afin de faire oublier Son Nom, qu'Il soit béni, du monde, à Dieu ne plaise. Et lorsque le Saint béni soit-Il nous fit des miracles et qu'ils furent sauvés du décret, ils devinrent comme un nouveau-né, et ils reçurent sur eux le joug de Sa royauté à nouveau.

C'est ce que dit : 'pour les Juifs il y eut lumière et joie' etc. - 'ceci est la Torah et la fête' etc. Bien qu'ils eussent déjà tout cela, seulement cela se fit chez eux dans un être nouveau.

Et c'est pourquoi fut institué le 'psaume, cantique pour l'inauguration de la Maison' (Psaumes 30,1) à ce sujet. Et ce miracle fut comme une inauguration du Second Temple qui commença ensuite, comme ci-dessus.

בפסוק מפוזר ומפורד. פי' מלבד שהם מפוזרים מכל העמים רק שאינם יכולין להתאחד בעצמותם.

ונדרש ג"כ לשבחן של בני ישראל שהגם שהם מפוזרין בין העמים אין מתחברין עמהם כנ"ל:

Sur le verset 'dispersé et séparé' (Esther 3,8). Explication : outre qu'ils sont dispersés parmi tous les peuples, ils ne peuvent pas non plus s'unir en eux-mêmes.

Et cela s'interprète aussi à la louange des enfants d'Israël : bien qu'ils soient dispersés parmi les peuples, ils ne se mêlent pas à eux, comme ci-dessus.

תרנ"ג

[תרנ"ג] (année 5653)

ומרדכי לא יכרע לשון עתיד לרמוז כי לעולם בכל דור נמצא בכלל ישראל איש צדיק שהוא לא יכרע. וזה שכתוב ויבז בעיניו לשלוח יד במרדכי לבדו כי הגידו לו כו' עם מרדכי.

פירוש כי הבין כי מרדכי יצא מן הכלל ללמד על הכלל כולו. ואפילו אם ימית את מרדכי.

יהי' אחר במקומו בכח כלל יהודי. ולכן רצה לאבד כל עם מרדכי:

'Et Mardochée ne s'agenouillait pas' (Esther 3,2) - l'expression est au futur, pour faire allusion que toujours, en chaque génération, il se trouve dans l'ensemble d'Israël un homme juste qui, lui, ne s'agenouillera pas. Et c'est ce qui est écrit : 'il fut méprisable à ses yeux de porter la main sur Mardochée seul, car on lui avait dit... le peuple de Mardochée' (Esther 3,6).

Explication : car il comprit que Mardochée était sorti de l'ensemble pour enseigner sur l'ensemble tout entier, et que même s'il faisait mourir Mardochée, il y en aurait un autre à sa place, par la force de l'ensemble juif. C'est pourquoi il voulut faire périr tout le peuple de Mardochée.

בפסוק עם אחד מפוזר ומפורד בין העמים. כי באמת ע"י הגלות והתערבות בין העמים אין יכולים בני ישראל להתאחד כראוי.

והעיקר זרע עמלק שמפריד בין הדבקים. ובאמת כל מה דעבדין מן שמיא לטב.

שע"י שנהנו מסעודתו של אחשורוש. ונתחברו אל הרשעים.

לכן לא היו יכולין להתאחד. ואחר כך ע"י השנאה שעלה ע"ד העמים לאבדם.

זה עצמו הי' הישועה שנהפכו לאויבים ונתאחדו בני ישראל כמ"ש כנוס כו' כל היהודים וכתיב נקהלו ועמוד על נפשם. לכן עיקר מצות מגילה בעשרה משפחה ומשפחה כו'.

לרמוז שעיקר הישועה הי' התאספות בנ"י לבוא אל האחדות:

Sur le verset 'un peuple unique dispersé et séparé parmi les peuples' (Esther 3,8). Car en vérité, par l'exil et le mélange parmi les peuples, les enfants d'Israël ne peuvent pas s'unir comme il convient.

Et l'essentiel de la cause est la descendance d'Amalek qui sépare ceux qui sont attachés. Et en vérité, tout ce que fait le Ciel est pour le bien : car parce qu'ils avaient joui du festin d'Assuérus et s'étaient liés aux mécréants, c'est pourquoi ils ne pouvaient pas s'unir.

Et ensuite, par la haine qui monta à l'esprit des peuples de les faire périr, cela même fut le salut, car ils se changèrent en ennemis et les enfants d'Israël s'unirent, comme il est écrit : 'rassemble... tous les Juifs' (Esther 4,16) et il est écrit : 'ils se rassemblèrent et se tinrent debout pour leur vie' (Esther 9,16). C'est pourquoi l'essentiel du commandement de la Meguila est en présence de dix, 'chaque famille et famille' (Esther 9,28), pour faire allusion que l'essentiel du salut fut le rassemblement des enfants d'Israël pour venir à l'unité.

איתא בגמ' הדר קבלוה בימי אחשורוש כו'. דכל מקום שיש מחיית עמלק יש התגלות התורה.

והוא בחי' להט החרב כו' לשמור את דרך עץ החיים שהיא התורה. שעלי' נאמר על חרבך תחי'.

אבל אין זה עיקר החרב שבנ"י יש להם עיקר החרב. ולכן כתיב לפי חרב.

וכתיב חרב פיפיות בידם. אבל להט החרב המתהפכת היא ביד עשו והיא הערלה המכסה את הברית.

ולכן חרב נוקמת נקם ברית מעמלק. וזה שרמזו חז"ל בזכור כו' אשר עשה כו'.

המשל מכלב השומר את הפרדס ע"ש. וע"י שנתחדש עתה מקרא מגילה כמ"ש חז"ל מ"ח נביאים כו' לא הותירו אלא מקרא מגילה.

הי' צריכין מקודם ללחום עם עמלק. וז"ש ליהודים היתה אורה זו תורה.

כי תורה אור. ואורה זו שהוסיפו מקרא מגילה.

וזה כח התורה שנטע הקב"ה בתוכינו ולא היו יכולין להוציאו מכח אל הפועל עד שגברו על עמלק. ובאמת כל הגזירה הי' רק כדי שיבואו בני ישראל לתשובה ולזכות לתורה.

רק שהחטא גרם שהוצרך להיות ע"י הסתר. וז"ש חז"ל בפסוק לא מאסתים כו' לכלותם בימי המן.

כי לא הי' הכוונה לכלותם. רק לטובתם.

וכשבנ"י זכאין. הטובה בהתגלות.

וכשאין זכאין. צריך להיות בהסתר.

וז"ש כאשר שש כו' כן ישיש כו' להרע. פי' שיבוא הישועה ע"י סיבת הרע.

אבל הרצון הי' לטובה. רגע באפו חיים ברצונו.

רג"ע ר"ת "ראשית "גוים "עמלק. וכשנקמו מהמן כתיב וחמת המלך שככ"ה.

גי' רצו"ן. שנתהפך הכעס לרצון.

כי כשיש מחיית עמלק נעשה עת רצון בשמים. ועל זה יסוד כל המזמור שדרשוהו חז"ל על מרדכי ואסתר.

בערב ילין בכי כ"ז שלא היה מבורר המכוון. ולבקר רנה:

Il est enseigné dans la Guemara : 'ils la reçurent de nouveau aux jours d'Assuérus' (Chabbat 88a) etc. Car en tout lieu où il y a effacement d'Amalek, il y a révélation de la Torah.

Et c'est l'aspect de 'la flamme de l'épée tournoyante... pour garder le chemin de l'arbre de vie' (Genèse 3,24), qui est la Torah, dont il est dit : 'par ton épée tu vivras' (Genèse 27,40). Mais ce n'est pas là l'essentiel de l'épée, car les enfants d'Israël possèdent l'essentiel de l'épée.

C'est pourquoi il est écrit 'au fil de l'épée' (lefi herev), et il est écrit : 'une épée à deux tranchants dans leur main' (Psaumes 149,6). Mais la flamme de l'épée tournoyante est dans la main d'Esav, et c'est le prépuce (orla) qui recouvre l'alliance (berit).

C'est pourquoi 'une épée vengeresse, vengeant l'alliance' (Lévitique 26,25) se venge d'Amalek. Et c'est ce à quoi ont fait allusion nos Sages, de mémoire bénie, dans 'Souviens-toi... ce qu'il fit...' (Deutéronome 25,17) - la parabole du chien qui garde le verger, vois là-bas.

Et parce que fut renouvelée maintenant la lecture de la Meguila, comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : 'quarante-huit prophètes... ils n'ont rien laissé de plus que la lecture de la Meguila', il leur fallait d'abord combattre Amalek. Et c'est ce que dit : 'pour les Juifs il y eut lumière' - ceci est la Torah, car 'la Torah est lumière' (Proverbes 6,23).

Et cette lumière-ci est ce qu'ils ajoutèrent : la lecture de la Meguila. Et c'est la force de la Torah que le Saint béni soit-Il a plantée en nous, et ils ne pouvaient pas la faire passer de la puissance à l'acte jusqu'à ce qu'ils l'emportent sur Amalek.

Et en vérité tout le décret n'était que pour que les enfants d'Israël viennent au repentir et méritent la Torah, seulement la faute fit que cela dut se faire par le voilement. Et c'est ce que disent nos Sages, de mémoire bénie, sur le verset : 'je ne les ai pas méprisés... pour les détruire' (Lévitique 26,44) - aux jours de Haman ; car l'intention n'était pas de les détruire, mais pour leur bien.

Et lorsque les enfants d'Israël sont méritants, le bien est dans la révélation ; et lorsqu'ils ne sont pas méritants, il doit être dans le voilement. Et c'est ce que dit : 'de même qu'Il s'est réjoui... ainsi Il se réjouira... pour faire du mal' (Deutéronome 28,63).

Explication : que le salut vienne par le moyen du mal, mais la volonté était pour le bien : 'un instant dans Sa colère, la vie dans Sa faveur' (Psaumes 30,6). 'Rega' (instant) est l'acronyme de : 'Rechit [premier des] Goyim [nations], Amalek' (Nombres 24,20). Et lorsqu'ils se vengèrent de Haman, il est écrit : 'et la fureur du roi s'apaisa' (chachakha) (Esther 7,10) - de valeur numérique 'ratson' (faveur), car la colère se retourna en faveur.

Car lorsqu'il y a effacement d'Amalek, se fait un temps de faveur dans les cieux. Et sur cela repose tout le psaume que nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété sur Mardochée et Esther : 'au soir loge le pleur' - tant que le but n'était pas clarifié - 'et au matin, chant de joie' (Psaumes 30,6).

תרנ"ד

[תרנ"ד] (année 5654)

En bref

Ils ont fixé ces jours pour le festin et la joie. Le Sfat Emet enseigne que la victoire d'Israël sur Amalec se fit par le jeûne, et le Zohar que Pourim se sert par la délectation (oneg), comme Yom Kippour par le jeûne. « Mort et vie sont au pouvoir de la langue » : la trachée (kane) est la voix, l'Arbre de Vie et Yaakov ; l'oesophage (vechet) est l'Arbre de la Connaissance, auquel Esav est affecté. Cet arbre fut créé pour en manger, mais Adam en mangea hors de son temps ; par la Torah, Israël trie le bien du rebut et institue un manger sans rebut, « rappelés et accomplis », pour joindre la trachée à l'oesophage.

Aussi : « maudit soit Haman, béni soit Mardochée », le juste vase de la bénédiction ; l'acceptation de la Torah aux jours d'Assuérus après la contrainte de la montagne ; Esther tirée de « Je cacherai, oui Je cacherai Ma face »

הענין שקבעו הימים למשתה ושמחה. ובאמת כל תגבורת בני ישראל על עמלק על ידי תענית כמ"ש חז"ל.

וכמ"ש דברי הצומות וזעקתם. דהקול קול יעקב ואיתא בזוה"ק כי פורים ע"י עונג כמו יום הכפורים ע"י תענית.

דכתיב מות וחיים ביד לשון. ויתכן לרמוז על ב' סימנים קנה וושט שתלוין בלשון.

והקנה הוא בחי' הקול והוא בחי' עץ החיים. ואיתא קנה דומה לעלמא דאתי דלית בי' אכילה ושתי' והוא בחי' יעקב.

והושט הוא בחי' עץ הדעת טוב ורע. לכן שני עורות יש לושט חיצון אדום ופנימי לבן.

והנה עשו הוא אדום שכל התדבקות שלו רק באכילה גסה כמ"ש הלעיטני כו' מן האדום כו' ע"כ קרא שמו אדום. נראה שהוא מיוחד לושט.

אך הי' אפשר לו להאחז בפנימיותו שהוא לבן. ובעבור זה אהבו אביו כי ציד בפיו רמוז על פנימיות הושט שהוא לבן.

אבל לא זכה לזה ולקח יעקב בכורתו. וברכתו שהוא חלק הטוב שבעה"ד טו"ר ניתן ליעקב.

ופסולת הרע נשאר לעשו. ובני ישראל בכח התורה יונקין החיות מבחי' עה"ד גם כן.

דהנה הקב"ה נטע עץ החיים ועץ הדעת. ונראה כי בוודאי נברא גם עץ הדעת לאכול ממנו.

אבל אדה"ר אכלו שלא בזמנו ולא הותר לו לאכול. כי הי' מוכן רק למקבלי התורה.

שבזה יכולין לברר הטוב מהפסולת. וקודם שהי' לאדם הראשון כח עץ החיים לא הי' רשאי לאכול מעץ הדעת.

ולכן עיקר כחן של ישראל בקול וקנה ועץ החיים. ובזה גוברין על עמלק ומוציאין בלעו מפיו כמ"ש עליו הצד ציד.

ולכן אמרו חז"ל ששולחן שאומרין עליו דברי תורה נק' שולחנו של מקום כמ"ש השולחן אשר לפני ה'. פי' שבכח התורה מתברר פנימיות המאכל ומתגבר עור לבן פנימי שבושט.

אבל כשאין אומרים עליו דברי תורה הוי כזבחי מתים כי האכילה וושט עיקרו דבוק במיתה. לא בחיים.

שע"י הקנה נמשך החיים. ונראה לי דלכך ושט נקיבתו במשהו כי יש לו מועט חיות.

אבל הקנה שיש לו חיות רב אינו נפסל רק בפסיקת הרוב כמ"ש בגמ' כזה דעוף ניתר בסימן אחד דחיותו מועט. ולכן צריך לחבר דברי תורה אל האכילה דמות וחיים ביד לשון.

ולכן כשגברו על עמלק תקנו האכילה להיות בלי פסולת. ונדמו ביום הזה לקנה שהיא בחי' יוה"כ.

ועניתם דלית בי' אכילה ושתי'. לכן תקנו להיות נזכרים ונעשים לחבר הקנה עם הושט.

ואמרו חז"ל המן מן התורה דכתיב המן העץ כו'. רמז שכל כחו ע"י אכילת איסור.

וכל שליטת המן הי' ע"י שנהנו מסעודת אחשורוש. ואח"כ תקנו זה האכילה כנ"ל.

ויתכן ליתן רמז למנהגן של ישראל להחליף הבגדים בפורים לרמוז כי עתה נהפך האדום להיות לבן. ועיקר חלוף טריפה הוא כשנהפכו שניהם.

כי הפנימי מיוחד ליעקב שאין בו אודם. אבל שניהם לבנים מעיקר הדין כשר.

ואפילו המחמירין לאסור ב' לבנים משום דא"א לתקן בשלימות לבער כל הפסולת עד תיקון העתיד. אבל ביום הפורים יתכן להיות שניהם לבנים כמ"ש.

והרי נטל יעקב הברכות בכח לבישת בגדי עשו:

Le sujet est qu'ils ont fixé ces jours pour le festin et la joie. Et en vérité, toute la victoire des enfants d'Israël sur Amalec se fit par le jeûne, comme l'ont dit nos Sages.

Et comme il est écrit 'les paroles des jeûnes et leur cri' (Esther 9,31). Car 'la voix est la voix de Yaakov' (Genèse 27,22).

Et il est rapporté dans le saint Zohar que Pourim [se sert] par la délectation (oneg), de même que Yom Kippour [se sert] par le jeûne. Car il est écrit 'mort et vie sont au pouvoir de la langue' (Proverbes 18,21).

Et l'on peut y voir une allusion aux deux 'signes' (simanim, les deux organes que l'on tranche à l'abattage rituel), le kane (la trachée) et le vechet (l'oesophage), qui sont suspendus à la langue. Et la trachée est l'aspect de la voix, et elle est l'aspect de l'Arbre de Vie.

Et il est rapporté que la trachée ressemble au monde à venir, où il n'y a ni manger ni boire, et elle est l'aspect de Yaakov. Et l'oesophage est l'aspect de l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal.

C'est pourquoi l'oesophage a deux membranes, une extérieure rouge et une intérieure blanche. Et voici, Esav est rouge (Edom), car tout son attachement n'est que dans la nourriture grossière, comme il est écrit 'fais-moi avaler... de ce roux...' (Genèse 25,30), c'est pourquoi il appela son nom Edom.

Il apparaît qu'il est affecté à l'oesophage. Mais il lui aurait été possible de se saisir de son intériorité, qui est blanche.

Et c'est pour cela que son père l'aimait, car 'le gibier était dans sa bouche' (Genèse 25,28) fait allusion à l'intériorité de l'oesophage, qui est blanche. Mais il ne mérita point cela, et Yaakov prit son droit d'aînesse.

Et sa bénédiction, qui est la part du bien de l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal, fut donnée à Yaakov. Et le rebut du mal resta à Esav.

Et les enfants d'Israël, par la force de la Torah, tètent la vitalité de l'aspect de l'Arbre de la Connaissance lui aussi. Car voici, le Saint béni soit-Il planta l'Arbre de Vie et l'Arbre de la Connaissance.

Et il apparaît qu'assurément l'Arbre de la Connaissance lui aussi fut créé pour en manger. Mais Adam le premier homme en mangea hors de son temps, et il ne lui fut pas permis d'en manger.

Car il n'était préparé que pour ceux qui recevraient la Torah, car par elle ils peuvent trier le bien du rebut. Et avant qu'Adam le premier homme n'eût la force de l'Arbre de Vie, il n'avait pas le droit de manger de l'Arbre de la Connaissance.

Et c'est pourquoi la force essentielle d'Israël est dans la voix, la trachée et l'Arbre de Vie. Et par cela ils l'emportent sur Amalec et tirent sa proie de sa bouche, comme il est dit de lui 'celui qui chasse le gibier'.

Et c'est pourquoi nos Sages ont dit qu'une table sur laquelle on prononce des paroles de Torah est appelée 'la table du Lieu (l'Omniprésent)', comme il est écrit 'la table qui est devant ה'' (Ezechiel 41,22). C'est-à-dire que par la force de la Torah l'intériorité de l'aliment est clarifiée et la membrane blanche intérieure de l'oesophage l'emporte.

Mais lorsqu'on ne prononce pas sur elle des paroles de Torah, c'est comme 'les sacrifices des morts' (Psaumes 106,28), car le manger et l'oesophage, leur essence est attachée à la mort, non à la vie. Car c'est par la trachée qu'est puisée la vie.

Et il m'apparaît que c'est pour cela que l'oesophage, sa perforation [le rend impropre] pour la moindre [dimension], car il a peu de vitalité. Mais la trachée, qui a beaucoup de vitalité, n'est rendue impropre que par le sectionnement de la majorité, comme il est dit dans la Guemara; et de même un oiseau est rendu [propre à l'abattage] par un seul signe, car sa vitalité est faible.

Et c'est pourquoi il faut joindre des paroles de Torah au manger, car 'mort et vie sont au pouvoir de la langue'. Et c'est pourquoi, lorsqu'ils l'emportèrent sur Amalec, ils instituèrent que le manger soit sans rebut.

Et ils devinrent semblables en ce jour à la trachée, qui est l'aspect de Yom Kippour. 'Et vous vous affligerez' (Lévitique 16,31), en quoi il n'y a ni manger ni boire. C'est pourquoi ils instituèrent d'être 'rappelés et accomplis' (Esther 9,28), pour joindre la trachée à l'oesophage.

Et nos Sages ont dit: Haman, d'où [le tire-t-on] de la Torah? Car il est écrit 'est-ce de l'arbre (ha-min ha-etz)' (Genèse 3,11) [même lettres que המן, Haman].

Allusion que toute sa force vient par le manger de l'interdit. Et toute la domination de Haman ne vint que parce qu'ils profitèrent du festin d'Assuérus.

Et ensuite ils rectifièrent ce manger, comme ci-dessus. Et l'on peut donner une allusion à la coutume d'Israël de changer les vêtements à Pourim, pour faire allusion que maintenant le rouge s'est transformé pour devenir blanc.

Et l'essentiel de [l'interdit de] trefa par inversion est lorsque les deux [membranes] ont été interverties. Car l'intérieure est affectée à Yaakov, en laquelle il n'y a point de rougeur.

Mais si les deux sont blanches, selon la loi essentielle c'est propre (casher). Et même ceux qui sont rigoureux pour interdire deux blanches [le font] parce qu'il est impossible de rectifier parfaitement, d'éliminer tout le rebut, jusqu'à la réparation future.

Mais au jour de Pourim il est possible que les deux soient blanches, comme il a été dit. Et voici, Yaakov prit les bénédictions par la force du port des vêtements d'Esav.

והנה תקנו לומר ארור המן ברוך מרדכי. כי הנה הרשע הוא היפוך הצדיק שנק' שלום כלי מחזיק ברכה.

פי' מחזיק כמו אבר מחזיק אבר. שהצדיק ממשיך הברכה מלמעלה בכח השלום שהוא מדת הצדיק.

ועוד פי' מחזיק שנדבק בו הברכה בעצם. ולא עוד אלא כל מה שניתן לצדיק מתברך כמ"ש מעשה ידיו ברכת.

וזהו פי' הפסוק ואברכהו גם ברוך יהי'. פי' שיצחק אמר לעשו שראה כי הוא מוכן לקבל הברכה ונעשה עצם הברכה כענין שנאמר באברהם והי' ברכה וכתיב ויהפוך ה' אלקיך לך כו' הקללה לברכה.

הרי שבני ישראל מהפכין אפילו הקללה לברכה. ואותו הרשע הוא ממש להיפך עצם הקללה.

והברכה א"א להתדבק בו כמ"ש ז"ל אין ארור מתדבק בברוך. ולכן ניטלו ממנו הברכות וניתנו ליעקב.

וכמ"ש ויאהב קללה כו' ותבוא כמים בקרבו כו'. שבו נדבקת הקללה בעצם.

ולא חפץ בברכה ותרחק ממנו. והנה מות וחיים ביד לשון כמ"ש מזה בפרשת זכור.

ולשון החיים קיבל יעקב וכמו כן במרדכי ודובר שלום. ובהמן אמרו ליכא דידע לישנא בישא כהמן.

שהוא המות שביד לשון. והרשע היפוך הצדיק.

וביום זה לקח כל אחד שלו. ארור המן ברוך מרדכי.

ונתברר התערובות. וכתיב וחמת המלך שככה ודרשו חז"ל חמת המלך מלכי המלכים.

דכל זמן שהרשעים בעולם חרון אף בעולם. כמ"ש לעיל כמו שהצדיק כלי מחזיק ברכה.

כן הרשע כל מגמתו להמשיך דינין וקללות בעולם. וכשנתהפך הקללה עליו אז חמת המלך שככה:

Et voici, ils instituèrent de dire 'Maudit soit Haman, béni soit Mardochée'. Car voici, le méchant est l'inverse du juste, qui est appelé 'paix', vase qui contient la bénédiction.

Le sens de 'contient' est comme un membre qui soutient un membre. Car le juste attire la bénédiction d'en haut par la force de la paix, qui est la mesure (mida) du juste.

Et un autre sens de 'contient': que la bénédiction s'attache à lui en son essence. Et bien plus, tout ce qui est donné au juste est béni, comme il est écrit 'l'œuvre de ses mains, Tu l'as bénie' (Job 1,10).

Et c'est le sens du verset 'et je l'ai béni; oui, il sera béni' (Genèse 27,33). C'est-à-dire qu'Its'hak dit à Esav qu'il vit que lui [Yaakov] est apte à recevoir la bénédiction et devint l'essence même de la bénédiction, à la manière de ce qui fut dit d'Abraham 'et sois une bénédiction' (Genèse 12,2).

Et il est écrit 'et ה' ton Dieu changea pour toi... la malédiction en bénédiction' (Deutéronome 23,6). Ainsi les enfants d'Israël transforment même la malédiction en bénédiction.

Et ce méchant est exactement l'inverse, l'essence même de la malédiction. Et la bénédiction ne peut s'attacher à lui, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie: 'le maudit ne s'attache pas au béni'.

Et c'est pourquoi les bénédictions lui furent ôtées et données à Yaakov. Et comme il est écrit 'il aima la malédiction... et elle entra comme l'eau en ses entrailles...' (Psaumes 109,17-18).

Car en lui la malédiction s'attache en son essence. 'Et il ne désira pas la bénédiction, et elle s'éloigna de lui' (Psaumes 109,17). Et voici, 'mort et vie sont au pouvoir de la langue', comme je l'ai écrit à ce sujet dans la paracha Zakhor.

Et la langue de la vie, Yaakov la reçut, et de même chez Mardochée, 'et parlant la paix [à toute sa descendance]' (Esther 10,3). Et de Haman ils dirent: 'il n'est personne qui connaisse le mauvais langage (lachon hara) comme Haman'.

Car il est la mort qui est au pouvoir de la langue. Et le méchant est l'inverse du juste.

Et en ce jour chacun prit le sien. 'Maudit soit Haman, béni soit Mardochée'. Et le mélange fut clarifié.

Et il est écrit 'et la fureur du roi s'apaisa' (Esther 7,10), et nos Sages expliquèrent: 'la fureur du Roi des rois des rois'. Car tant que les méchants sont dans le monde, l'ardeur de la colère est dans le monde.

Comme ci-dessus: de même que le juste est un vase qui contient la bénédiction, ainsi le méchant, tout son but est d'attirer les jugements et les malédictions dans le monde. Et lorsque la malédiction se retourna sur lui, alors 'la fureur du Roi s'apaisa'.

איתא בגמ' שכפה עליהן הר כגיגית בקבלת התורה. מכאן מודעא רבה.

ואמרו הדר קבלוה בימי אחשורוש ע"ש. א"כ נראה כי כל מה שהוצרך לכפות עליהם ההר ושיהי' מודעא הכל גרם אותו רשע עמלק דכתיב בהוציאך את העם ממצרים תעבדון את האלקים כו' ואותו הרשע הפסיק אותנו באמצע כמ"ש אשר קרך בדרך.

ולכן הי' צריך להיות ע"י כפיה. הגם שכבר הקדימו נעשה לנשמע כמו שהקשו התוס'.

אכן כתיב ויפתוהו בפיהם כו'. ובוודאי לא שייך לפתות הבורא ית' במילי בעלמא.

אך דיש ברית הלשון וברית המעור כמ"ש לעיל בפ' זכור דזה ראשית וזה אחרית בחי' מילולא ועובדא. ובפיהם הי' נגמר התיקון.

אך להיות גמר המעשה בשלימות. בזה הטיל שאור אותו רשע.

וז"ש ובלשונם יכזבו לו ושמעתי מפי מו"ז ז"ל כי כל דבר שאינו נגמר להיות דבר של קיימא לעד נקרא כזב כמו מים המכזבים. אשר לא יכזבו מימיו כו'.

וכמו שהי' פרעה ומצרים קליפה המסתרת בעורף קודם פתיחת הדעת והלשון. כמו כן יש קליפה המסתרת גמר הדעת.

וז"ש והסר שטן מלפנינו ומאחרינו. ובזה הגמר עומד עמלק.

ולכן בכל עת שיש מחיית עמלק יש קבלת התורה וז"ש וקיבל היהודים אשר החלו כו'. כי בפורים הי' גמר תיקון העשי'.

וכן אמרו בגמרא אסתר סוף כל הנסים. ימ"ש האיכא חנוכה.

ומשני ניתן ליכתוב קאמרינן. פי' שיש נסים העושין רשימה וחקיקה בלבות בנ"י כמ"ש זכרון בספר.

ובאמת זו הכתיבה הוא אות ברית מילה. דכמו דיש אותיות חקוקין וחצובין בפה.

כן בברית מילה. והוא גמר הכתיבה.

ונקרא חותם. ספ"ר.

גי' ש"ם. הוי"ה ושד"י.

שזה הוא בברית מילה הוי' מלגאו שד"י מלבר כמו במזוזה:

Il est rapporté dans la Guemara qu'Il suspendit sur eux la montagne comme une cuve lors de la réception de la Torah, d'où [découle] une grande protestation (mode'a, contestation juridique de contrainte invalidant le consentement). Et ils dirent: ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus, vois-y.

Si donc, il apparaît que tout ce qui nécessita de suspendre sur eux la montagne et qu'il y eut une protestation, tout cela fut causé par ce méchant Amalec. Car il est écrit 'quand tu feras sortir le peuple d'Égypte, vous servirez Dieu...' (Exode 3,12), et ce méchant nous interrompit au milieu, comme il est écrit 'qui te surprit (acher karkha) en chemin' (Deutéronome 25,18).

Et c'est pourquoi cela dut se faire par contrainte. Bien qu'ils eussent déjà fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons', comme l'ont demandé les Tossafot.

En vérité il est écrit 'et ils Le flattèrent de leur bouche...' (Psaumes 78,36). Et assurément il ne convient pas de flatter le Créateur, béni soit-Il, par de simples paroles.

Mais il y a l'alliance de la langue et l'alliance de la chair (la circoncision), comme je l'ai écrit plus haut dans la paracha Zakhor, que celle-ci est le commencement et celle-là la fin, l'aspect de la 'parole' (milula) et de l'acte (ouvada). Et par leur bouche la réparation s'acheva.

Mais pour que l'achèvement de l'acte fût parfait, en cela ce méchant jeta du levain [de la corruption]. Et c'est [le sens de] 'et de leur langue ils Lui mentirent' (Psaumes 78,36).

Et j'ai entendu de la bouche de mon grand-père, de mémoire bénie, que toute chose qui ne s'achève pas pour être une chose durable à jamais est appelée 'mensonge' (kazav), comme 'des eaux trompeuses' (mayim mekhazvim), 'dont les eaux ne tarissent (yekhazvou) point...' (Isaie 58,11). Et de même que Pharaon et l'Égypte étaient une écorce (kelipa) qui dissimule à la nuque, avant l'ouverture de la connaissance (da'at) et de la langue, de même il y a une écorce qui dissimule l'achèvement de la da'at.

Et c'est [le sens de] 'et écarte le Satan de devant nous et de derrière nous'. Et à cet achèvement se dresse Amalec.

Et c'est pourquoi, chaque fois qu'il y a l'effacement d'Amalec, il y a réception de la Torah. Et c'est [le sens de] 'et les Juifs prirent sur eux ce qu'ils avaient commencé...' (Esther 9,23).

Car à Pourim se fit l'achèvement de la réparation du monde de l'Action (Assia). Et de même ils dirent dans la Guemara: Esther est la fin de tous les miracles.

[Le Talmud objecte:] mais il y a 'Hanouka! Et il répond: nous parlons de ce qui fut donné à être écrit [dans l'Écriture].

C'est-à-dire qu'il est des miracles qui font une empreinte et une gravure dans les cœurs des enfants d'Israël, comme il est écrit 'un souvenir dans un livre' (Exode 17,14). Et en vérité cette écriture est le signe de l'alliance de la circoncision.

Car de même qu'il y a des lettres gravées et taillées dans la bouche, ainsi dans l'alliance de la circoncision. Et elle est l'achèvement de l'écriture, et elle est appelée 'sceau'. 'Sefer' (livre, ספר) à la valeur numérique de 'Chem' (nom, שם) [340]; et il comprend le Nom (הוי"ה) et Chaddai (שד"י).

Car cela est dans l'alliance de la circoncision: le Nom (הוי') au-dedans, Chaddai (שד"י) au-dehors, comme dans la mezouza.

כתיב הרבית הגוי כו' הגדלת השמחה כו'. רמז למה שאמרו משנכנס אדר מרבין בשמחה.

א"כ אדר חודש של שמחה ושחוק. כמ"ש בס' יצירה כי שחוק באדר.

ובני ישראל יש להם שני אדרים. ז"ש לו הגדלת השמחה.

ועיקרן של דברים דכתיב שמחה לאיש במענה פיו. וזה כולל ברית הלשון והמעור.

ובאמת עיקר הזיוג הוא שמחה. וע"ז נאמר ולישרי לב שמחה.

אבל גשמיות התאוה מכסה השמחה. ולא עוד שמפיל עצבות על האדם.

היפוך הפנימיות שבו. וכל זה נעשה ע"י החטא.

וזה נרמז באומרו בזעת אפיך תאכל לחם. כי גם הזיוג נקרא אכילה כמ"ש במ"א מזה אבל בנ"י זכו להסרת הערלה ועליהם נאמר אור זרוע לצדיק ולישרי לב שמחה.

ועל זה נאמר פתחת שקי שהוא הסרת הערלה שנק' לבוש שק. ומכסה על אות היו"ד שהיא ברית מילה.

וכשפתחת שקי תאזרני שמחה. וז"ש הרבית הגוי שפריין ורביין של בנ"י הוא בשמחה פנימיות.

ולא בגשמיות. ולו הגדלת השמחה.

ומקודם כתיב העם ההולכים בחושך ראו אור גדול. ופי' במדרש שוחר טוב שהוא בימי המן שהי' חושך גדול וזכו לגאולה הה"ד ליהודים היתה אורה ע"ש בילקוט ישעי'.

והפי' דבאמת כ"מ שיש חושך הוא סימן שנמצא בו גנוז אור. ולכן דייקא במילה שהוא אור זרוע לצדיק חופף עליו הערלה.

וכמו כן עמלק והמן הם המה הערלה החופפת על המילה. וכשהי' להם מפלה נגלה האור שהי' גנוז שם.

ז"ש היתה אורה שנתגלה למפרע האור שהי' גנוז באותו החושך. וניסן ואדר שניהם בחי' ב' הבריתות כמ"ש לעיל במצרים הי' הדבור בגלות וזכו לברית הפה.

ואדר בסוף הוא ברית המעור. פתחת שקי.

דכתיב אין לבוא אל שער המלך בלבוש שק. הוא הערלה.

ולכן ג"פ בשנה יראה כל זכורך. שע"י הסרת הערלה זכו לראות פני המלך ג"פ בשנה:

Il est écrit 'Tu as multiplié la nation... Tu as accru la joie...' (Isaie 9,2).

Allusion à ce qu'ils ont dit: 'dès qu'entre Adar, on augmente en joie'. Si donc, Adar est un mois de joie et de rire.

Comme il est écrit dans le Sefer Yetsira que le rire est en Adar. Et les enfants d'Israël ont deux Adars.

C'est [le sens de] 'pour lui Tu as accru la joie'. Et l'essentiel des choses: car il est écrit 'joie pour l'homme dans la réponse de sa bouche' (Proverbes 15,23).

Et cela inclut l'alliance de la langue et de la chair. Et en vérité l'essentiel de l'union (ziboug) est la joie.

Et sur cela il est dit 'et pour les cœurs droits, la joie' (Psaumes 97,11). Mais la matérialité du désir recouvre la joie, et bien plus, elle jette la tristesse sur l'homme, l'inverse de l'intériorité qui est en lui.

Et tout cela advint par la faute. Et cela est fait allusion dans Sa parole 'à la sueur de ton front tu mangeras du pain' (Genèse 3,19).

Car l'union aussi est appelée 'manger', comme je l'ai écrit ailleurs à ce sujet. Mais les enfants d'Israël méritèrent le retrait du prépuce (orla), et d'eux il est dit 'la lumière est semée pour le juste, et pour les cœurs droits, la joie' (Psaumes 97,11).

Et sur cela il est dit 'Tu as dénoué mon sac' (Psaumes 30,12), ce qui est le retrait du prépuce, appelé 'vêtement de sac', et qui recouvre la lettre Youd, laquelle est l'alliance de la circoncision. Et 'lorsque Tu dénouas mon sac, Tu me ceignis de joie' (Psaumes 30,12).

Et c'est [le sens de] 'Tu as multiplié la nation': que la fécondité et la multiplication (perou ourvou) d'Israël est dans une joie intérieure, et non dans la matérialité. 'Et pour lui Tu as accru la joie'. Et auparavant il est écrit 'le peuple qui marche dans les ténèbres a vu une grande lumière' (Isaie 9,1).

Et il est expliqué dans le Midrach Chocher Tov que c'est aux jours de Haman, où il y avait une grande ténèbre, et ils méritèrent la délivrance; c'est [le sens de] 'pour les Juifs il y eut de la lumière' (Esther 8,16); vois-y dans le Yalkout sur Isaie. Et le sens: car en vérité, tout lieu où il y a ténèbre est un signe qu'une lumière y est cachée, dissimulée.

Et c'est pourquoi, précisément à la circoncision, qui est 'lumière semée pour le juste', le prépuce plane sur elle. Et de même Amalec et Haman, ils sont le prépuce qui recouvre la circoncision.

Et lorsqu'ils eurent une chute, la lumière qui était cachée là fut révélée. C'est [le sens de] 'il y eut de la lumière': que rétroactivement fut révélée la lumière qui était cachée dans cette ténèbre.

Et Nisan et Adar sont tous deux l'aspect des deux alliances, comme [il a été dit] plus haut. En Égypte la parole était en exil, et ils méritèrent l'alliance de la bouche.

Et Adar, à la fin, est l'alliance de la chair. 'Tu as dénoué mon sac'. Car il est écrit 'nul ne peut entrer à la porte du roi en vêtement de sac' (Esther 4,2).

C'est le prépuce. Et c'est pourquoi 'trois fois l'an tout mâle chez toi se présentera' (Exode 23,17).

Car par le retrait du prépuce ils méritèrent de voir la face du Roi trois fois l'an.

איתא בגמ' התך זה דניאל למה נקרא שמו התך א"ר שחתכוהו מגדולתו. ושמואל אמר שכל דברי מלכות נחתכין על פיו.

וכתב בס' אור חדש כי לשמואל י"ל שאינו דניאל. אבל בפ"ק דב"ב מוכח דלכ"ע הוא דניאל ע"ש ובתוס'.

וגם לא יתכן כלל לומר שהי' איזה ממונה של אחשורוש שהכל נחתך על פיו. ואיך יהיה הוא השליח מאסתר למרדכי.

אבל לפענ"ד נראה כוונתם דדניאל נקרא התך שכל דברי מלכות נחתכין משמים על פיו שהרי הוא סידר המלכות ולקחהו מבלשאצר למדי ופרס. וסידור המלכיות נחתכין על פיו.

וגם יתכן שלכן נקרא התך שנחתכין ע"פ שחילק המלכות ומסר ביד אחשורוש רק קכ"ז מדינות כדאיתא במדרש שהוא החצי מכל מדינות שבעולם כנ"ל:

Il est rapporté dans la Guemara: 'Hatakh, c'est Daniel'. Pourquoi fut-il appelé Hatakh?

Rav dit: parce qu'ils le retranchèrent (khatkhouhou) de sa grandeur. Et Chemouel dit: parce que toutes les affaires du royaume étaient tranchées (nekhtakhin) par sa bouche.

Et il est écrit dans le Sefer Or Hadach que, selon Chemouel, on pourrait dire que ce n'est pas Daniel. Mais au premier chapitre de Bava Batra il est prouvé que, de l'avis de tous, c'est Daniel; vois-y et dans les Tossafot.

Et il n'est pas non plus du tout vraisemblable de dire qu'il était quelque intendant d'Assuérus par la bouche duquel tout était tranché. Et comment alors serait-il le messager d'Esther à Mardochée?

Mais selon mon humble avis il apparaît que leur intention est que Daniel fût appelé Hatakh parce que toutes les affaires du royaume étaient tranchées depuis le Ciel par sa bouche, car c'est lui qui ordonna le royaume et le prit de Balthazar pour le donner à la Médie et à la Perse. Et l'ordonnancement des royaumes était tranché par sa bouche.

Et il est aussi possible qu'il fut appelé Hatakh parce que [le royaume] fut divisé par sa bouche, car il partagea le royaume et ne remit entre les mains d'Assuérus que 127 provinces, comme il est rapporté dans le Midrach, ce qui est la moitié de toutes les provinces du monde, comme ci-dessus.

תרנ"ה

[Année 5655 - תרנ"ה]

איתא בגמ' אסתר מן התורה מנין דכתיב ואנכי הסתר אסתיר פני. וגם אמרו הדר קבלוה בימי אחשורוש.

דבאמת התורה היא ראשית הכל ואחרית הכל. ועל זה נאמר טוב אחרית דבר מראשיתו.

פי' בני ישראל שיש להם דביקות לעולם בתורה. ולכן נק' בנ"י ראשית שאפילו בימי הירידה הם דבוקים בראשית.

ובשעת קבלת התורה הי' התגלות ראשית התורה והי' בפרהסיא ולכן שלט בו עין. אבל כח התורה שהוא בהסתר מתקיים לעולם בישראל.

ואנכי הוא אנכי דעשרת הדברות. הסתר אסתיר.

ועל מרדכי נתקיים המדריכנו על במות אויבינו כדאיתא במדרש ואתה על במותימו תדרוך קאי על מרדכי שהוא לשון דריכה להיות דאסתר סוף הנסים הניתן לכתוב. ותחילת התורה היא בראשית וסוף התורה על במותימו תדרוך.

ובאמת קבלת התורה הי' בחי' מלמעלה למטה ובפורים הי' מלמטה למעלה כמ"ש קיימו למעלה מה שקבלו למטה. וזה הדר קבלוה בימי אחשורוש.

בימי הסתרות פנים. ובזה אין עין רע שולטת.

ואז יש מחיית עמלק. וכ' ליהודים היתה אורה.

נראה דקאי על אסתר שהוא בחי' מדה"ד. ועשתה נקמה בהמן.

וליהודים היתה אורה כמ"ש והי' אור ישראל לאש. כשבני ישראל זכאין השמאל נעשה ימין.

כמ"ש במ"א פי' מימינו אש דת. וז"ש ברוכה אסתר בעדי כי בעדינו הוא ברכה ולרשעים ארור.

וזה הרמז כי ברו"ך מרדכ"י גי' ארו"ר המ"ן. לומר כי אלה התיבות ואותיות עצמן שהם ברוך מרדכי הם ארור המן.

כי עיקר הברכה לבנ"י בכח דביקות בראשית. ובזה אין אחיזה כלל לסט"א.

דכתיב ראשית גוים עמלק ואחריתו עדי אובד. פי' שעשה לו ראשית לעצמו ולכל תכלה יש קץ.

אבל בנ"י שהם דבוקים בראשית שאין לו תכלית יש להם אחרית טובה. ואיתא כי עמלק הוא שונא בכל צד לסטרא דקדושה כמ"ש בזוה"ק בשלח.

והוא במחשבה דיבור ומעשה כמ"ש במ"א פי' אשר קרך. ולכן צריכין למחותו בכל אלה כמ"ש זכור בפה אל תשכח בלב ובמעשה נתקיים בפורים כמ"ש נזכרים ונעשים.

וזהו כאשר ירים משה ידו. ירים במחשבה.

משה בדיבור שהוא כחו של "משה "שר "התורה. ידו במעשה.

אז וגבר ישראל:

Il est rapporté dans la Guemara: d'où [tire-t-on] Esther de la Torah? Car il est écrit 'et Moi, Je cacherai, oui Je cacherai (haster astir) Ma face' (Deutéronome 31,18).

Et ils dirent aussi: ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus. Car en vérité la Torah est le commencement de tout et la fin de tout.

Et sur cela il est dit 'meilleure est la fin d'une chose que son commencement' (Ecclésiaste 7,8). C'est-à-dire les enfants d'Israël, qui ont un attachement (devekout) éternel à la Torah.

Et c'est pourquoi les enfants d'Israël sont appelés 'commencement' (rechit), car même aux jours du déclin ils sont attachés au commencement. Et à l'heure de la réception de la Torah il y eut une révélation du commencement de la Torah, et ce fut en public, et c'est pourquoi le mauvais œil eut prise sur elle.

Mais la force de la Torah, qui est dans le cachement, subsiste à jamais en Israël. Et 'Anokhi (Moi)' est le 'Anokhi' des Dix Paroles. 'Je cacherai, oui Je cacherai'.

Et sur Mardochée s'accomplit 'qui nous fait marcher (ha-madrikhenou) sur les hauteurs de nos ennemis', comme il est rapporté dans le Midrach que 'et toi, tu fouleras leurs hauteurs' (Deutéronome 33,29) se rapporte à Mardochée, car c'est une expression de foulement; puisqu'Esther est la fin des miracles donnée à être écrite. Et le commencement de la Torah est 'Berechit (Au commencement)', et la fin de la Torah est 'tu fouleras leurs hauteurs' (Deutéronome 33,29).

Et en vérité la réception de la Torah fut l'aspect de haut en bas, et à Pourim ce fut de bas en haut, comme il est écrit 'ils accomplirent en haut ce qu'ils avaient accepté en bas'. Et c'est [le sens de] 'ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus'.

Aux jours du cachement de la face. Et en cela le mauvais œil n'a pas de prise.

Et alors il y a l'effacement d'Amalec. Et il est écrit 'pour les Juifs il y eut de la lumière' (Esther 8,16).

Il apparaît que cela se rapporte à Esther, qui est l'aspect de la mesure de la rigueur (midat ha-din). Et elle exerça vengeance sur Haman.

Et 'pour les Juifs il y eut de la lumière', comme il est écrit 'et la lumière d'Israël sera comme un feu' (Isaie 10,17). Lorsque les enfants d'Israël sont méritants, la gauche devient droite, comme je l'ai écrit ailleurs sur le sens de 'de Sa droite une loi de feu' (Deutéronome 33,2).

Et c'est [le sens de] 'bénie soit Esther en ma faveur': car en notre faveur c'est une bénédiction, et pour les méchants une malédiction. Et c'est l'allusion: car 'Baroukh Mordekhai' (béni soit Mardochée, ברוך מרדכי) à la valeur numérique de 'Aror Haman' (maudit soit Haman, ארור המן) [502].

Pour dire que ces mots et ces lettres mêmes qui sont 'béni soit Mardochée' sont [aussi] 'maudit soit Haman'. Car l'essentiel de la bénédiction pour les enfants d'Israël est par la force de l'attachement au commencement (rechit).

Et en cela le 'côté autre' (sitra a'hra) n'a aucune prise. Car il est écrit 'Amalec fut le commencement (rechit) des nations, mais sa fin est de périr' (Nombres 24,20).

C'est-à-dire qu'il se fit un commencement pour lui-même, et à tout ce qui est fini il y a un terme (cf. Psaumes 119,96).

Mais les enfants d'Israël, qui sont attachés au commencement qui n'a pas de fin, ont une bonne fin. Et il est rapporté qu'Amalec hait de tout côté le côté de la sainteté, comme il est écrit dans le saint Zohar, [paracha] Bechalah.

Et il est [opposé] en pensée, parole et action, comme je l'ai écrit ailleurs sur le sens de 'qui te surprit (acher karkha)'. Et c'est pourquoi il faut l'effacer en tout cela, comme il est écrit 'Souviens-toi' par la bouche, 'n'oublie pas' dans le cœur, et par l'action cela s'accomplit à Pourim, comme il est écrit 'rappelés et accomplis'.

Et c'est [le sens de] 'lorsque Moché élevait sa main' (Exode 17,11). 'Il élevait' par la pensée. 'Moché' par la parole, car il est la force de 'Moche Sar ha-Torah' (Moché, prince de la Torah, acronyme du nom משה). 'Sa main' par l'action. Alors 'Israël l'emportait' (Exode 17,11).

תרנ"ו

[Année 5656 - תרנ"ו]

לפורים ופ' תשא

Pour Pourim et la paracha Ki Tissa.

En bref

« Les Juifs eurent la lumière (ora) » (Esther 8,16) : « ceci est la Torah » (Meguila 16b). Pour le Sfat Emet, « Torah » est lumière (or) et « ora » est la Torah orale, dont l'acceptation aux jours d'Assuérus est l'essentiel, selon le Midrach Tan'houma : c'est pour elle qu'il fallut retourner la montagne comme une cuve. Après la faute, seul Moché demeura « face à face » ; le Saint béni soit-Il donna pourtant la Torah en cadeau, et « à nous la honte du visage ». Amalec causa tout cela ; après la chute de Haman, ils reçurent la Torah « face à face » et dans la joie, l'inverse de cette honte.

Aussi : « yeshno » : Israël trop au yech, Mardochée les ramène à l'ayin ; Pourim ne s'abolira pas, comme le Chabbat, sans l'action d'en bas ; après Amalec, l'alliance de la circoncision se révèle et l'on mérite la Torah.

ליהודים היתה אורה זו תורה. נראה כי תורה אור.

ואורה היא בחי' תורה שבע"פ. ולכן איתא הדר קבלוה בימי אחשורוש עפ"י מ"ש במדרש תנחומא פ' נח כי מה שהוצרך לכפות עליהם הר כגיגית היה על תורה שבע"פ.

נמצא דעיקר הקבלה שבימי אחשורוש הוא תורה שבע"פ. וכבר כתבנו במ"א כי מגילה זו הוא החיבור של תורה שבכתב ובע"פ.

שמאז התחילו כל תקנות אנשי כנה"ג. ולכן נקראת אגרת ונקראת ספר.

ועתה נבאר באופן אחר מ"ש היתה אורה ושמחה. דאיתא במד' ויתן אל משה הה"ד לך ה' הצדקה ולנו בושת הפנים.

בנ"י עשו למטה החטא והקדוש ב"ה למעלה חיקק להם לוחות של חיים. דכתיב פנים בפנים דיבר ה' עמכם.

ואמרו בפסיקתא יש לך הרב שרוצה ללמוד ואין התלמיד רוצה. ויש תלמיד רוצה כו'.

ברם כאן פנים בפנים דיבר. פי' שהיו בני ישראל מוכנים אל התורה כמו שהי' הכנה מלמעלה ליתן להם התורה.

ואחר החטא נפלנו מזו המדריגה רק משה רבינו נשאר בזה. כמ"ש ודיבר ה' אל משה פנים בפנים.

אבל בני ישראל לא נשארו בזו המדריגה. ומ"מ נתן לנו הקב"ה במתנה התורה.

ולכן כתיב ולנו בושת הפנים דמאן דאכיל דלאו דילי' בהית לאיסתכולי באפי'. ובאמת כל זה גרם אותו הרשע עמלק ימ"ש.

שע"ז כ' אין הכסא שלם עד שימחה שם עמלק. וכסא הוא בנ"י שהם כסא למלכות שמים.

ולכן כשימחה עמלק כתיב ולא יכנף עוד מוריך והיו עיניך רואות כו'. ולכן אחר מפלת המן היתה אורה זו תורה ושמחה.

שקבלו התורה בבחי' פנים בפנים ובשמחה. היפוך בושת הפנים.

ועל זה אומרים שכל קויך לא יבושו ולא יכלמו כו':

'Les Juifs eurent la lumière (ora)' (Esther 8,16) : 'ceci est la Torah' (Meguila 16b). Il apparaît que 'Torah' est lumière (or), et que 'ora' (lumière, au féminin) est l'aspect de la Torah orale (torah she-be'al pe).

C'est pourquoi il est enseigné qu'ils la reçurent de nouveau aux jours d'Assuérus, selon ce qui est dit dans le Midrach Tan'houma, section Noa'h : ce pour quoi il fallut retourner sur eux la montagne comme une cuve, c'était pour la Torah orale. Il ressort que l'essentiel de l'acceptation aux jours d'Assuérus concerne la Torah orale.

Nous avons déjà écrit ailleurs que ce rouleau (la Meguila) est la jonction de la Torah écrite et de la Torah orale, car depuis lors commencèrent toutes les institutions des Hommes de la Grande Assemblée (Knesset ha-Guedola). C'est pourquoi elle est appelée 'lettre' (iguereth) et appelée 'livre' (sefer).

À présent nous expliquerons d'une autre manière ce qui est écrit 'il y eut lumière et joie'. Car il est enseigné dans le Midrach, sur 'et Il donna à Moché' (Ex 31,18), le verset 'à Toi, le Nom, la justice, et à nous la honte du visage' (Dan 9,7) : les enfants d'Israël commirent en bas la faute, et le Saint béni soit-Il, en haut, grava pour eux des tables de vie, car il est écrit 'face à face le Nom vous parla' (Deut 5,4).

Et l'on dit dans la Pessikta : tu as tel maître qui veut enseigner et l'élève ne veut pas ; et il y a l'élève qui veut, etc. ; mais ici 'face à face Il parla'. Explication : les enfants d'Israël étaient prêts pour la Torah tout comme il y avait une préparation d'en haut à leur donner la Torah.

Après la faute, nous sommes tombés de ce niveau ; seul Moché notre maître y demeura, comme il est écrit 'et le Nom parlait à Moché face à face' (Ex 33,11). Mais les enfants d'Israël ne demeurèrent pas à ce niveau.

Néanmoins le Saint béni soit-Il nous donna la Torah en cadeau. C'est pourquoi il est écrit 'et à nous la honte du visage', car celui qui mange ce qui n'est pas à lui a honte de regarder son visage (Yeroushalmi).

En vérité, tout cela fut causé par ce mécréant Amalec, que son nom soit effacé. C'est à ce sujet qu'il est écrit : le Trône n'est pas complet tant que le nom d'Amalec n'est pas effacé.

Et le Trône, ce sont les enfants d'Israël, qui sont trône pour la royauté des cieux. C'est pourquoi, lorsque Amalec sera effacé, il est écrit 'ton Maître ne se cachera plus, et tes yeux verront ton Maître', etc.

(Is 30,20). C'est pourquoi, après la chute de Haman, 'il y eut lumière, ceci est la Torah, et joie', car ils reçurent la Torah dans l'aspect du 'face à face' et dans la joie, l'inverse de la honte du visage.

Et à ce sujet on dit 'tous ceux qui espèrent en Toi ne seront pas honteux ni confondus', etc.

בפסוק ישנו עם אחד. דרשו חז"ל אלקיהם ישן.

כי בני ישראל יש להם דביקות באל אחד. ואיתא דבני ישראל סתים וגליא וכמו כן אורייתא וקוב"ה ע"ש בזוה"ק.

ובימים ההם הי' בחי' הסתר אסתיר ולא הי' ניכר בחי' אלקות בבני ישראל. ולכן אמר ישנו שהם דביקים ביש יותר מדאי.

ונרחקו מבחי' אין. והטעם שהם מפוזר ומפורד.

וניטל מהם האחדות. ובאמת כך הי'.

רק מרדכי הצדיק נשאר בזה האחדות כמ"ש איש יהודי. יחידי הי'.

וע"י אותו צדיק חזרו בנ"י להתדבק באחדות ובה' אחד כמ"ש אסתר לך כנוס. כי מרדכי כינס בנ"י אל האחדות.

כמ"ש נקהלו ועמוד על נפשם שנתדבקו בבחי' אין למעלה מהנפשות:

Sur le verset 'il y a un peuple, un' (yeshno am é'had, Esther 3,8), nos sages ont interprété : 'leur Dieu dort' (yashen). Car les enfants d'Israël ont un attachement au Dieu Un.

Il est enseigné que les enfants d'Israël sont 'caché et révélé' (satim ve-galia), et de même la Torah et le Saint béni soit-Il ; vois cela dans le saint Zohar. En ces jours-là régnait l'aspect de 'Je cacherai certes' (haster astir, Deut 31,18), et l'aspect de la divinité ne se distinguait pas parmi les enfants d'Israël.

C'est pourquoi il dit 'yeshno' (il y a / il dort) : ils étaient attachés au 'yech' (l'être révélé) à l'excès, et s'étaient éloignés de l'aspect du 'ayin' (le néant, au-delà de l'être). La raison en est qu'ils étaient 'dispersés et séparés' (Esther 3,8), et l'unité leur avait été ôtée.

En vérité il en fut ainsi ; seul Mardochée le juste demeura dans cette unité, comme il est écrit 'un homme juif' : il était unique (ye'hidi). Et par ce juste, les enfants d'Israël revinrent s'attacher à l'unité et au Nom Un, comme le dit Esther : 'va rassembler' (Esther 4,16).

Car Mardochée rassembla les enfants d'Israël vers l'unité, comme il est écrit 'ils se rassemblèrent et se tinrent pour leur vie' (Esther 9,16) : ils s'attachèrent à l'aspect du 'ayin', au-dessus des âmes (nefachot).

איתא כל המועדים בטלים לעתיד חוץ מפורים דכתיב וימי הפורים האלה לא יעברו כו'. כי המועדים תלוין בבנ"י כמ"ש אשר תקראו.

ישראל דקדשינהו לזמנים. ושבת קביע' וקיימא.

כי בני ישראל מושכין קדושה בתוך הזמן כמ"ש מקראי קודש. ולכן לעתיד שיהי' יום שכולו שבת למעלה מהזמן.

ממילא קדושת המועדים יתבטל דשרגא בטיהרא מה מהני. ובענין זה ג"כ מובן מ"ד מצות בטלים לעתיד לבוא.

וחלילה לומר שיהי' דבר מן התורה בטל רק כדמיון ביטול הנר לגבי אבוקה. דכתיב תורה אור ונר מצוה.

וכשיתגלה אור התורה ושורש המצות. יתבטלו המצות שלמטה לגבי אור תורה.

ובעוה"ז חביב מעשה בנ"י לפניו כיון דהוא עלמא דחשוכה. ולכן חשובין המועדות.

דכ' ג"פ בשנה יראה כיון שעל ידיהם חל הקדושה בעולם. אבל ביום שכולו שבת ויתגלה הקדושה למעלה בטל הקדושה שהתחתונים מעוררים במעשיהם.

ולפי שבפורים הי' התגלות הקדושה שלא על פי מעשה התחתונים לכן לא יתבטל לעולם כמו בחי' השבת שאינו תלוי במעשה התחתונים:

Il est enseigné que toutes les fêtes seront abolies dans le futur, hormis Pourim, car il est écrit 'et ces jours de Pourim ne passeront pas', etc. (Esther 9,28).

Car les fêtes dépendent des enfants d'Israël, comme il est écrit 'que vous proclamerez' (Lev 23,4) : c'est Israël qui sanctifie les temps. Mais le Chabbat est 'fixé et établi' (kevia ve-kaymma).

Car les enfants d'Israël attirent la sainteté à l'intérieur du temps, comme il est dit 'convocations saintes' (mikra'ei kodech). C'est pourquoi, dans le futur, quand ce sera le jour 'entièrement Chabbat', au-dessus du temps, ipso facto la sainteté des fêtes sera abolie, car 'une lampe en plein midi, à quoi sert-elle ?'.

En ce sens se comprend aussi l'opinion selon laquelle les commandements seront abolis dans le futur. À Dieu ne plaise de dire qu'une chose de la Torah serait abolie ; mais seulement à l'image de l'annulation de la lampe (ner) face à la torche (avouka).

Car il est écrit 'la Torah est lumière et le commandement est lampe' (Prov 6,23). Quand se révélera la lumière de la Torah et la racine des commandements, les commandements d'en bas s'annuleront face à la lumière de la Torah.

Dans ce monde-ci, l'action des enfants d'Israël est chérie devant Lui, puisque c'est un monde de ténèbres. C'est pourquoi les fêtes sont importantes, car il est écrit 'trois fois l'an il paraîtra' (Ex 23,17), puisque par elles la sainteté se pose dans le monde.

Mais au jour 'entièrement Chabbat', quand la sainteté se révélera en haut, s'annulera la sainteté que les êtres d'en bas éveillent par leurs actes. Et parce qu'à Pourim il y eut révélation de la sainteté non par l'action des êtres d'en bas, c'est pourquoi elle ne sera jamais abolie, tout comme l'aspect du Chabbat qui ne dépend pas de l'action des êtres d'en bas.

תרנ"ז

[תרנ"ז] (année 5657)

והימים האלה נזכרים ונעשים. כפי הזכירה שבני ישראל מזכירין הנסים בקריאת המגילה.

כך הם נעשים. ומתחדש הארת הנסים בכל דור.

כי שנאת עמלק והמן הוא בעולם שנה נפש. וכמו כן הנס הי' בג' בחי' הנ"ל.

בכל דור הוא בחי' שנה. משפחה ומשפחה בחי' נפשות.

מדינה ועיר הוא בחי' עולם. והמלחמה בעמלק הוא בכל אלה השלשה בחי'.

והישועה שהי' בימי מרדכי ואסתר הי' הכנה לכל ימי הגלות. ובמד' דרשו על מרדכי עושה צדקה בכל עת ע"ש.

ואיתא בשם הרוקח עת צרה כו' ליעקב וממנ"ה יושע. מהמ"ן יושע.

כי יש ישועה שבא מתוך המיצר עצמו כאשר חכמים הגידו כי ביצור הוא אחד מעשרה לשונות של תפלה. כדכתיב עזרה בצרות נמצא.

ואמרו חז"ל אסתר מן התורה מנין ואנכי הסתר אסתיר פני. אנכי הוא התורה.

אנכי ה' אלקיך. ולפעמים יש הנהגת התורה בדרך הסתר.

כשאין ראוין להיות בהתגלות. כדמסיים על כל הרעה כו'.

לכן בא הארת התורה ע"י הסתר פנים. ז"ש ליהודים היתה אורה זו תורה.

היתה לשון נהייתי ונחליתי. שבא להם אור התורה מתוך הצרה והסתרת פנים.

ואיתא בזוה"ק פורים על שם יום הכפורים דעתיד להיות משתנה מעינוי לעונג. כי ביוה"כ נכנס הכ"ג לפני ולפנים ועל זה כתיב ואל יבוא בכל עת רק ביום מיוחד וע"י תענית כל בנ"י ועניתם את נפשותיכם.

ובימי הפורים כתיב אבוא אל המלך כו' לא כדת. במקום שאין רשאין לבוא בכל עת.

רק בפורים ניתן רשות להתגלות אור הנעלם בכל עת. כמ"ש במדרש הנ"ל על מרדכי עושה צדקה בכל עת.

ובאמת הישועה זו הי' מתוך מחיית עמלק ששמחה לפניו במרום כאשר יש מפלה לעמלק והמן. ונפתחו שערי הישועה:

'Et ces jours sont remémorés et accomplis' (Esther 9,28). Selon la remembrance par laquelle les enfants d'Israël évoquent les miracles en lisant la Meguila, ainsi sont-ils accomplis, et l'illumination des miracles se renouvelle en chaque génération.

Car la haine d'Amalec et de Haman s'exerce dans 'le monde, l'année, l'âme' (olam, chana, nefech). De même le miracle fut selon les trois aspects susdits : chaque génération est l'aspect de 'l'année' (le temps) ; 'chaque famille' (Esther 9,28) est l'aspect des âmes ; 'chaque province et chaque ville' est l'aspect du 'monde' (l'espace).

Et la guerre contre Amalec est dans ces trois aspects. Le salut qui advint aux jours de Mardochée et d'Esther fut une préparation pour tous les jours de l'exil.

Dans le Midrach on interprète à propos de Mardochée 'celui qui fait justice en tout temps' (Ps 106,3), vois cela. Il est rapporté au nom du Roke'ah : 'un temps de détresse... pour Yaakov, et il en sera sauvé' (mi-menah, Jer 30,7) : c'est 'de Haman' (me-Haman) qu'il sera sauvé.

Car il est un salut qui vient du sein même de la détresse, ainsi que les sages l'ont dit, car 'be-tsarah' (dans la détresse) est l'une des dix expressions de la prière, comme il est écrit 'un secours dans les détresses, présent' (Ps 46,2). Nos sages ont dit : d'où Esther est-elle allusive dans la Torah ? 'Et Moi, Je cacherai certes Ma face' (haster astir, Deut 31,18). 'Anokhi' (Moi), c'est la Torah : 'Je suis le Nom ton Dieu' (Ex 20,2).

Parfois il y a une conduite de la Torah par voie de dissimulation, quand ils ne sont pas dignes qu'elle soit révélée, comme le verset conclut 'à cause de tout le mal', etc. (Deut 31,18).

C'est pourquoi l'illumination de la Torah vint par la dissimulation de la face. C'est le sens de 'les Juifs eurent lumière, ceci est la Torah' : 'hayta' (il y eut / elle devint) est une expression de 'je suis devenu, je me suis rendu malade' - car la lumière de la Torah leur vint du sein de la détresse et de la dissimulation de la face.

Il est dit dans le saint Zohar que 'Pourim' est ainsi nommé d'après 'Yom ha-Kippourim' (le jour des Expiations), qui dans le futur sera transforme de l'affliction en délice. Car à Yom Kippour le grand prêtre entre 'au plus intérieur' (lifnai ve-lifnim), et à ce sujet il est écrit 'qu'il ne vienne pas en tout temps' (Lev 16,2), mais seulement en un jour désigne et par le jeûne de tout Israël, 'vous affligerez vos âmes' (Lev 16,31).

Aux jours de Pourim il est écrit 'je viendrai vers le roi... contrairement à la loi' (Esther 4,16), en un lieu où l'on n'à pas la permission de venir en tout temps. Seulement à Pourim est donnée la permission que la lumière cachée se révèle en tout temps, comme le dit le Midrach susdit à propos de Mardochée 'qui fait justice en tout temps'.

En vérité, ce salut vint du sein de l'effacement d'Amalec, car il y a joie devant Lui dans les hauteurs lorsqu'il y a chute d'Amalec et de Haman, et que s'ouvrent les portes du salut.

תרנ"ח

[תרנ"ח] (année 5658)

איש יהודי במדרש איתא שנדמה לאברהם שגייר גיורים דכתיב ורבים כו' מתיהדים כו'. דכתיב אם מזרע היהודים מרדכי.

פי' שהאדם עץ השדה. כמו שיש באילנות מזריע זרע.

כן יש בצדיקים שבכחם להמשיך נפשות לזרוע צדיקים בארץ. ופי' איש יהודי שעושה יהודים בעולם.

וע"ז כתיב אור זרוע לצדיק שהצדיק יש בו אור להזריע ולהוליד פרי עץ חיים. והנה סיום הפסוק ולישרי לב שמחה זה בחי' בעלי תשובה שצריכים ליישר העקמומיות.

אבל למחיית עמלק צריכין לצדיק גמור מעיקרו כמ"ש איש יהודי הי'. ואיתא כל מקום שכתיב הי' הוא מתחלתו ועד סופו שאין בו השתנות.

וכ"כ לא יכרע ולא ישתחוה בלשון עתיד. כי הוא אין בו שינוי לעולם.

ושמעתי ממו"ז ז"ל ענין המוקפין חומה הם אותן שדברי תורה כחומה אצלם כמ"ש אום אני חומה. ולכן תלהו ביהושע דכ' בי' לא ימוש כו'.

ולפי"ז יתכן לפרש כי הפרזים הם בעלי תשובות. ולכן הם קודמין כי גדלה מעלת בעלי תשובה כו' אבל עיקר מפלת עמלק הי' צריך להיות על ידי מרדכי הצדיק:

'Un homme juif' (Esther 2,5). Dans le Midrach il est enseigné qu'il fut compare à Abraham, qui convertissait des prosélytes, comme il est écrit 'et beaucoup... se faisaient juifs', etc.

(Esther 8,17) ; et il est écrit 'si de la descendance des Juifs est Mardochée' (Esther 6,13). Explication : 'l'homme est l'arbre du champ' (Deut 20,19).

De même que parmi les arbres il en est qui sèment de la semence, ainsi parmi les justes il en est qui ont le pouvoir d'attirer des âmes, pour semer des justes sur la terre. Et le sens de 'un homme juif' est qu'il fait des juifs dans le monde.

À ce sujet il est écrit 'une lumière est semée pour le juste' (Ps 97,11) : le juste à en lui une lumière pour ensemencer et engendrer le fruit de l'arbre de vie. Or la fin du verset, 'et pour les cœurs droits, la joie' (Ps 97,11), correspond à l'aspect des repentants (baalei techouva), qui doivent redresser leur tortuosité.

Mais pour l'effacement d'Amalec, il faut un juste parfait des l'origine, comme il est dit 'il était un homme juif'. Et il est enseigné : partout où il est écrit 'il était' (haya), c'est qu'il l'est de son commencement jusqu'à sa fin, sans changement en lui.

De même 'il ne s'agenouillait ni ne se prosternait' (Esther 3,2) est au futur, car il n'y a en lui aucun changement, jamais. J'ai entendu de mon grand-père, de mémoire bénie, au sujet des 'villes ceintes de muraille' (moukafin 'homa) : ce sont ceux pour qui les paroles de la Torah sont comme une muraille, comme il est dit 'je suis une muraille' (Cant 8,10).

C'est pourquoi on les rattache à Josue, dont il est écrit 'elle ne s'écartera pas', etc. (Jos 1,8).

Selon cela, on peut expliquer que les habitants des villes ouvertes (perazim) sont les repentants ; c'est pourquoi ils précédent, car grande est la valeur des repentants, etc. Mais l'essentiel de la chute d'Amalec devait se faire par Mardochée le juste.

בפסוק ותשם אסתר את מרדכי על בית המן. כל הדברים האלה הי' כמו כן בשורש למעלה.

כי המן ועמלק יש להם כח בסט"א. וכאשר הי' לו מפלה למעלה ולמטה נהפך כל מקומו ובית המן להתפשט בו הקדושה.

וזהו ענין המגילה שהיא פסיעה יתירה שנתפשט אור תורה בהתגלות שלא בהדרגה. וכמו שהי' אז לשעה.

כך נתחדש בכל שנה כמ"ש האריז"ל ע"ש. וז"ש במדרש תחת הנעצוץ יעלה ברוש במקום שהי' ע"ז דכתיב בכל הנעצוצים כו' ע"ש.

והוא מעין תיקון דלעתיד שיהי' נגלה כבוד ה' שמו אחד. ובכל מקום שיש מחיית עמלק כביכול נתגדל שמו ית' בעולם.

וז"ש ומרדכי יצא כו' בלבוש כו'. כל אלה הלבושים חדשים שנתלבש הקדושה.

כענין שנאמר יכין רשע וצדיק ילבש. עטרת זהב גדולה רומז לאתוון רברבין דק"ש.

ע' משמע וד' מאחד. שזה עיקר עדות דכתיב בישראל אתם עדי.

שזה אינו בדיבור בלבד. רק כשישראל זוכין נתברר על ידיהם יחוד שמו ית' בעולם.

כמו שהי' במרדכי. ועליו נאמר וראו כל עמי הארץ כי שם ה' נקרא עליך כמ"ש בתרגום כאן.

ועטרת זהב גדולה ד' דאחד כי כתר ועטרה הוא ענין אחד כמ"ש אני ראשון ואחרון וכתר בחי' ראשון ועטרת אחרון שהוא מעין תיקון שלעתיד:

Sur le verset 'et Esther preposa Mardochée sur la maison de Haman' (Esther 8,2). Toutes ces choses eurent lieu de même à leur racine, en haut.

Car Haman et Amalec ont un pouvoir dans le 'sitra à'hara' (le côté autre, les forces du mal). Lorsqu'il subit une chute, en haut et en bas, tout son lieu et la maison de Haman se retournèrent pour que la sainteté s'y répande.

Tel est le sens de la Meguila : elle est un 'pas supplémentaire', car la lumière de la Torah se répandit dans une révélation non graduelle. Et comme il en fut alors, pour un temps, ainsi cela se renouvelle chaque année, comme l'à écrit le Ari zal, vois cela.

C'est le sens du Midrach 'à la place de l'épine montera le cyprès' (Is 55,13), au lieu où il y avait de l'idolâtrie, comme il est écrit 'dans tous les buissons d'épines', etc., vois cela. C'est une sorte de réparation (tikoun) du futur, où sera révélée la gloire du Nom, 'Son Nom Un'.

Et en tout lieu où il y a effacement d'Amalec, pour ainsi dire, Son Nom, qu'Il soit béni, se grandit dans le monde. C'est le sens de 'et Mardochée sortit... en vêtement...', etc.

(Esther 8,15) : tous ces vêtements sont nouveaux, dont la sainteté s'est revêtue, à la manière de ce qui est dit 'le méchant préparé et le juste revêt' (Job 27,17). 'Une grande couronne d'or' (Esther 8,15) fait allusion aux grandes lettres du Chema : le 'ayin' de 'chema' et le 'daleth' de 'e'had', qui sont l'essentiel du témoignage, comme il est écrit d'Israël 'vous êtes Mes témoins' (Is 43,10). Cela n'est pas seulement en parole ; mais lorsque Israël mérite, l'unité de Son Nom, qu'Il soit béni, se clarifie par eux dans le monde, comme ce fut le cas pour Mardochée.

De lui il est dit 'et tous les peuples de la terre verront que le Nom du Nom est invoqué sur toi' (Deut 28,10), comme le rend le Targoum ici. 'Une grande couronne d'or' : le 'daleth' de 'e'had', car couronne (keter) et diadème (atara) sont une même chose, comme il est dit 'Je suis premier et dernier' (Is 44,6) : 'keter' est l'aspect du premier et 'atara' l'aspect du dernier, ce qui est une sorte de réparation du futur.

ובענין המגילה דנק' ספר ונקראת אגרת דאיתא בגמרא פלוגתא אי תורה חתומה ניתנה. או מגילה מגילה ניתנה.

וקי"ל דמשום עת לעשות לה' נכתבת מגילה ע"ש בגיטין. והענין יש לבאר ע"פ מ"ש בזוה"ק דאורייתא סתים וגליא.

ובוודאי התורה סתומה שהיא שמותיו של הקב"ה היא חתומה והיא אחדות אחד. והוא שם אחד ובבחי' זו חתומה ניתנה.

ומגילה ניתנה הוא דרך הנגלה. אבל באמת סתים וגליא הכל אחד.

ואין להפריד בין הדביקים. ולכן א"א לכתוב מגילה.

שלא להפריד מתורה סתומה. אבל לפי שעה משום עת לעשות לה' כאן בפורים נכתבה המגילה.

ונתפשט הארת התורה בהתגלות יותר מסדר הנסתר אשר לא כדת. וכמ"ש עת לעשות כו' הפרו תורתך דייקא.

תורה דלעילא. ויתכן לרמוז זה במ"ש היתה אורה זו תורה.

ולמה לא כתיב אור. כמ"ש תורה אור.

וגם לשון היתה. הלא מעולם התורה ניתנה ליהודים.

אך שנתחדש הארה חדשה מן התורה בכללות בני ישראל מה שלא הי' מקודם. והיינו דאמרו שלא חידשו הנביאים אחר מרע"ה זולת מגילת אסתר.

והוא מעין תורה שבע"פ. לכן כתיב היתה אורה.

והי' עתה אחיזה לבנ"י בתורה מצד עצמותם. ואח"כ קיימו למעלה מה שקבלו למטה.

ולכן עתה שתיה מרובה מאכילה. כי תורה שבכתב נקרא לחם ושבע"פ מים ויין:

Au sujet de la Meguila, appelée 'livre' (sefer) et appelée 'lettre' (iguereth) : il y a dans la Guemara une controverse pour savoir si la Torah fut donnée scellée (d'un seul bloc), où bien donnée 'rouleau par rouleau' (meguila meguila). Et nous tranchons qu'en raison de 'il est temps d'agir pour le Nom' (Ps 119,126) elle fut écrite en rouleau, vois cela dans Guittin.

La chose s'expliqué selon ce qui est écrit dans le saint Zohar, que la Torah est 'caché et révélé' (satim ve-galia). Certes la Torah cachée, qui est les Noms du Saint béni soit-Il, est scellée, et elle est unité absolue ; elle est un Nom unique, et sous cet aspect elle fut donnée scellée.

Et 'donnée en rouleau' relève de la voie du révélé. Mais en vérité le caché et le révélé sont tout un, et il ne faut pas séparer ce qui est joint.

C'est pourquoi il est impossible d'écrire un rouleau, pour ne pas le séparer de la Torah cachée. Mais provisoirement, en raison de 'il est temps d'agir pour le Nom', ici à Pourim, la Meguila fut écrite, et l'illumination de la Torah se répandit dans une révélation plus grande que l'ordre du caché, 'contrairement à la loi'.

Comme il est écrit 'il est temps d'agir... ils ont enfreint Ta Torah' - précisément 'Ta Torah', la Torah d'en haut. On peut y faire allusion par ce qui est écrit 'il y eut lumière (ora), ceci est la Torah'.

Pourquoi n'écrit-il pas 'or' (lumière, au masculin), comme dans 'la Torah est lumière' ? Et pourquoi l'expression 'il y eut' (hayta) : la Torah n'à-t-elle pas de tout temps été donnée aux Juifs ?

Mais c'est qu'une illumination nouvelle de la Torah se renouvela dans l'ensemble des enfants d'Israël, ce qui n'était pas auparavant. C'est le sens de ce qu'ils ont dit : les prophètes n'ont rien innové après Moché notre maître, hormis le rouleau d'Esther.

Et c'est une sorte de Torah orale. C'est pourquoi il est écrit 'il y eut lumière' (ora, au féminin).

Il y eut désormais pour les enfants d'Israël une prise dans la Torah du fait de leur essence propre ; ensuite ils confirmèrent en haut ce qu'ils avaient reçu en bas. C'est pourquoi maintenant la boisson l'emporte sur la nourriture, car la Torah écrite est appelée 'pain', et la Torah orale 'eau et vin'.

תרנ"ט

[תרנ"ט] (année 5659)

איתא בגמ' קימו וקבלו. קיימו מה שקיבלו כבר.

שבפורים זמן קבלת התורה. כמו שאחר מלחמת עמלק ברפידים באו להר סיני לקבל התורה.

כן לעולם אחר מפלת עמלק יש קבלת התורה. כי מילה קדמה לתורה.

והיא שער השמים כמ"ש מי יעלה לנו השמימה ר"ת מילה. שעי"ז זכו לקבלת התורה מן השמים.

ואותו הרשע עמלק הוא ערלה דחפיא ברית כמ"ש לעיל פ' יתרו מזה. ולכן אחר מפלת עמלק מתגלה הברית מילה וזוכין אל התורה:

Il est enseigné dans la Guemara 'ils confirmèrent et reçurent' (kiymou ve-kiblou, Esther 9,27) : ils confirmèrent ce qu'ils avaient déjà reçu. Car Pourim est un temps de réception de la Torah.

De même qu'après la guerre d'Amalec à Refidim ils vinrent au mont Sinaï recevoir la Torah, de même toujours, après la chute d'Amalec, il y a réception de la Torah. Car la circoncision (mila) précède la Torah, et elle est la 'porte des cieux', comme il est écrit 'qui montera pour nous aux cieux' (Deut 30,12) - les lettres initiales des mots (mi ya'alé lanou ha-chamayma) forment 'mila'.

Par elle, ils méritèrent de recevoir la Torah des cieux. Ce mécréant Amalec est le prépuce (orla) qui recouvre l'alliance (berit), comme nous l'avons écrit plus haut sur la section Yitro à ce sujet.

C'est pourquoi, après la chute d'Amalec, se révèle l'alliance de la circoncision, et l'on mérite la Torah.

וכתיב ליהודים היתה אורה. דרשו חז"ל זו תורה דכתיב תורה אור.

וכאן כתיב אורה הוא התמשך אור תורה בנפשות בנ"י. כי נר מצוה שהמצות עושין לנפשות בנ"י כלים לקבל אור תורה ע"י תיקון הרמ"ח איברים של אדם ותורה אור בעצמו א"י לאחוז בעצם האור רק ע"י הפתילה.

וזה תלוי בברית מילה שהיא שורש כל המצות. שעי"ז מתחבר התורה שבכתב לתורה שבע"פ.

וכ' כתבו לכם כו' השירה כו' ולמדה את בני ישראל שימה בפיהם. ס"ת מילה.

שע"י ברית המעור נתקן ברית הלשון וזה בחי' הצדיק כל בשמים וארץ דאחיד בשמיא וארעא. ואחר מפלת עמלק נעשה חיבור זה:

Il est écrit 'les Juifs eurent lumière' (ora). Nos sages ont interprété : 'ceci est la Torah', car il est écrit 'la Torah est lumière' (or).

Ici il est écrit 'ora' (au féminin) : c'est le prolongement de la lumière de la Torah dans les âmes des enfants d'Israël. Car 'le commandement est lampe' (ner mitsva) : les commandements font des âmes des enfants d'Israël des réceptacles (kelim) pour recevoir la lumière de la Torah, par la réparation des 248 membres (rama'h evarim) de l'homme.

La Torah, lumière en elle-même, ne peut saisir la lumière dans son essence que par la mèche. Cela dépend de l'alliance de la circoncision, qui est la racine de tous les commandements ; par elle la Torah écrite se joint à la Torah orale.

Il est écrit 'écrivez pour vous... ce cantique... et enseigné-le aux enfants d'Israël, mets-le dans leur bouche' (Deut 31,19) : les lettres finales des mots forment 'mila'. Car par l'alliance de la chair (berit ha-maor) se répare l'alliance de la langue (berit ha-lachon), et c'est l'aspect du juste, 'lui qui est dans les cieux et la terre' (I Chron 29,11, selon le Targoum 'qui tient les cieux et la terre').

Après la chute d'Amalec, cette jonction s'accomplit.

חביב שמחת פורים כמו השבת. דכתיב הכא לעשות אותם כו'.

וכתיב בשבת אלה הדברים אשר צוה ה' לעשות אותם. כי שמחה לפני הקב"ה במרום במחיית עמלק.

כמ"ש והי' בהניח כו' תמחה. והי' לשון שמחה.

ומאחר דכתיב מלחמה לה' בעמלק. ממילא במפלת עמלת כביכול מנוחה לפניו.

ואיתא במדרש בא ע"פ כובד אבן כו'. כסבורין בנ"א שיגיעה הוא לפני.

ואינו יגיעה. במה אני ייגע במי שמכעיס לפני בדברים בטלים.

כעס אויל הוא עמלק. א"כ במפלת עמלק המנוחה בשמים.

עוד שם במדרש פי' כעס אויל כבד משניהם יותר מכחן של ישראל ע"ש. דכ' אמרתי אפאיהם אשביתה מאנוש זכרם לולי כעס אויב כו'.

שבשביל כעס אויב נושעים כביכול בעת צרה. ובוודאי זה הפסוק אשביתה מאנוש זכרם הי' בגזירת המן לאבד כנ"ל.

אבל בשביל כעס אויב פן יאמרו ידנו כו' כי כו' אובד עצות כו' ואין" בהם" תבונה". ס"ת המ"ן.

כי בכוונה נסתבב משמים להיות הגזירה למטה ע"י המן שזה יהי' הישועה לבנ"י כמ"ש במ"א מזה. כי כשהיו בנ"י בגלות בבל ושאר מלכים ידעו והבינו המלכים כי מאת ה' היתה זאת.

אבל בקום עלינו אדם ולא מלך ודימה בנפשו כי ידו רמה. בזה נעשה הישועה:

La joie de Pourim est chérie comme le Chabbat. Car il est écrit ici 'pour les accomplir', etc.

(Esther 9,27-28), et il est écrit à propos du Chabbat 'voici les choses que le Nom à ordonné de faire' (Ex 35,1). Car il y a joie devant le Saint béni soit-Il dans les hauteurs lors de l'effacement d'Amalec, comme il est écrit 'et il adviendra, lorsqu'Il te donnera le repos... tu effaceras' (Deut 25,19) : 've-haya' (et il adviendra) est une expression de joie (sim'ha).

Et puisqu'il est écrit 'guerre au Nom contre Amalec' (Ex 17,16), ipso facto, lors de la chute d'Amalec, il y a pour ainsi dire repos devant Lui. Il est enseigné dans le Midrach Bo, sur le verset 'la pesanteur d'une pierre', etc.

(Prov 27,3) : les gens croient que c'est une peine devant Moi ; or ce n'est pas une peine. En quoi peine-Je ?

Par celui qui M'irrité par des choses vaines. 'La colère de l'insensé' (kaas evil, Prov 27,3), c'est Amalec. Donc lors de la chute d'Amalec, le repos est dans les cieux.

Encore la, dans le Midrach, l'explication de 'la colère de l'insensé est plus lourde que les deux' : plus que la force d'Israël, vois cela. Car il est écrit 'J'ai dit : Je les disperserais, Je ferais cesser leur souvenir parmi les hommes, n'était la colère de l'ennemi', etc.

(Deut 32,26-27) : c'est à cause de la colère de l'ennemi qu'ils sont sauvés, pour ainsi dire, au temps de la détresse. Certes ce verset 'Je ferais cesser leur souvenir parmi les hommes' correspondait au décret de Haman d'anéantir, comme dit plus haut.

Mais à cause de la colère de l'ennemi, 'de peur qu'ils ne disent : notre main..., car... c'est une nation privée de conseil... et il n'y a en eux nulle intelligence' (Deut 32,27-28) : les lettres finales des mots 've-ein bahem tevouna' forment 'Haman'. Car c'est à dessein que du ciel il fut amène que le décret d'en bas se fit par Haman, afin que ce fut le salut des enfants d'Israël, comme nous l'avons écrit ailleurs à ce sujet.

Car lorsque les enfants d'Israël étaient dans l'exil de Babylone et sous d'autres rois, les rois savaient et comprenaient que 'cela venait du Nom'. Mais lorsque se leva contre nous un homme, et non un roi, qui s'imagina en lui-même que 'sa main était haute' (par sa propre puissance), c'est par cela que se fit le salut.

תר"ס

[תר"ס] (année 5660)

En bref

« Les Juifs eurent la lumière » (Esther 8,16) : c'est la Torah. Le Sfat Emet rapporte que le Saint béni soit-Il a juré que Son Nom n'est pas complet tant que la descendance d'Amalek n'est pas effacée, et que la Torah entière est faite des Noms du Saint béni soit-Il. Où il y a effacement d'Amalek, la lumière de la Torah brille et l'intériorité se révèle : c'est la lecture de la Meguila. C'est pourquoi « ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus » après la chute de Haman. Dans « Ahava », « vers Ton grand Nom » fait allusion au souvenir d'Amalek : selon que ce nom est effacé, s'éveille la force du don de la Torah, qui est Son grand Nom.

Aussi : par le souvenir les jours deviennent festin, et le repas nocturne n'acquitte pas ; les fêtes seront annulées hormis Pourim, salut au-dessus du Daat ; le rassemblement institue michloah manot et matanot la-evyonim

ליהודים היתה אורה זו תורה. דאיתא נשבע הקב"ה שאין שמו שלם עד שימחה זרעו של עמלק.

והתורה כולה שמותיו של הקב"ה. ובכל מקום שיש מחיית עמלק מאיר אור התורה דאורייתא סתים וגליא.

ולעתיד תצא חמה מנרתיקה ויתגלה סתרי תורה. ועכשיו מחמת אותו הרשע עמלק ימ"ש נסתם הפנימיות וכשיש מחיית עמלק יש גילוי הפנימיות.

וזה קריאת המגילה. לכן הדר קבלוה בימי אחשורוש אחר מפלת המן הרשע.

וכן איתא בברכת אהבה. וקרבתנו מלכנו רומז לזכירת מתן תורה.

לשמך הגדול רומז לזכירת עמלק. שכפי מה שנמחה שם עמלק מתעורר כח מתן תורה שהוא שמו הגדול:

'Les Juifs eurent la lumière' (Esther 8,16) - c'est la Torah. Car il est enseigné que le Saint béni soit-Il à juré que Son Nom n'est pas complet tant que la descendance d'Amalek n'est pas effacée.

Et la Torah entière est faite des Noms du Saint béni soit-Il. Et en tout lieu où il y a effacement d'Amalek, la lumière de la Torah brille, car la Torah est cachée et révélée (setim ve-galia).

Et dans l'avenir le soleil sortira de son fourreau et les secrets de la Torah se révéleront. Et maintenant, à cause de ce mécréant Amalek - que son nom soit efface - l'intériorité est obstruée, et lorsqu'il y a effacement d'Amalek il y a révélation de l'intériorité.

Et c'est la lecture de la Meguila. C'est pourquoi 'ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus' (Chabbat 88à) après la chute de Haman le mécréant.

Et de même il est enseigné dans la bénédiction 'Ahava' (Amour) : 'Tu nous as rapprochés, notre Roi' fait allusion au souvenir du don de la Torah ; 'vers Ton grand Nom' fait allusion au souvenir d'Amalek. Car dans la mesure où le nom d'Amalek est efface, s'éveille la force du don de la Torah, qui est Son grand Nom.

והימים האלה נזכרים ונעשים. פי' ע"י הזכירה וקריאת המגילה מתעורר כח הנס.

וז"ש לעשות אותם ימי משתה ושמחה. שע"י המצות שבפורים נעשין הימים ימי משתה ומתגלה בהם שפע הקדושה ואור הנסים.

ובאמת אותו הדור הוציאו זאת מכח אל הפועל כדכתיב ועשה אותו יום משתה ושמחה על כן היהודים הפרזים כו' עושים. משמע שלפי שעשו אותו יום משתה שהי' שמחתם לשם שמים.

ושמחו בקדושת שמו ית' שנתקדש. ומצוה שקבלו בשמחה עדיין עושין אותה בשמחה.

וכמו כן היום כפי מה שמקבלין הימים בשמחה לשם עבודת הבורא. כך מאירין הימים.

וז"ש וקבל כו' את אשר החלו לעשות. שהי' אז התחלה לכל הדורות.

וזה כח תורה שבע"פ שנמשכה התורה לבני ישראל. שהגם שהכל בתורה.

מ"מ ע"י בנ"י יוצאין הדברים מכח אל הפועל. וכן איתא שהיו מסופקין אי יכולין לכתוב המגילה עד שהאיר הקב"ה עיניהם ומצאו רמז כתוב זאת זכרון בספר רומז על המגילה.

שמרוב תשוקתם האירה להם התורה זה הרמז. כמ"ש ומאמר אסתר קים כו' ונכתב בספר.

וכמו כן בכל שנה ע"י הזכירה נעשין הימים ימי משתה. ולכן נראה הטעם דסעודת פורים שעשאה בלילה לא יצא.

לפי שגמר הזכירה ביום. ואחר הזכירה נעשין הימים ימי משתה.

שכן כתיב נזכרים ונעשים. לכן בלילה אינו עדיין ימי משתה ושמחה.

וזה נוסח הברכה שעשה נסים בימים ההם בזמן הזה. ולכאורה תמוה כי ביום המנוחה מה נס נעשה.

רק ימים ההם. הנסים שהיו אז.

והם מתעוררים בזמן הזה על ידי קריאת המגילה ושאר המצות של היום:

'Et ces jours sont rappelés et accomplis' (Esther 9,28). Explication : par le souvenir et la lecture de la Meguila s'éveille la force du miracle.

Et c'est le sens de 'en faire des jours de festin et de joie' (Esther 9,22) : car par les mitsvot (commandements) de Pourim les jours deviennent des jours de festin, et s'y révélé l'abondance de sainteté et la lumière des miracles. Et en vérité cette génération-la fit passer cela de la puissance à l'acte, comme il est écrit 'et en faire un jour de festin et de joie ; c'est pourquoi les Juifs des campagnes... font' (Esther 9,19).

Cela implique que, parce qu'ils firent de ce jour un festin - leur joie étant en vue du Ciel, et ils se réjouirent de la sainteté de Son Nom, béni soit-Il, qui fut sanctifié -, la mitsva qu'ils reçurent avec joie, ils l'accomplissent encore avec joie. Et de même aujourd'hui, dans la mesure où l'on reçoit ces jours avec joie en vue du service du Créateur, ainsi les jours brillent.

Et c'est le sens de 'et il accepta... ce qu'ils avaient commence à faire' (Esther 9,23) : car ce fut alors un commencement pour toutes les générations. Et c'est la force de la Torah orale, par laquelle la Torah s'est étendue aux enfants d'Israël ; car bien que tout soit dans la Torah, néanmoins c'est par les enfants d'Israël que les choses passent de la puissance à l'acte.

Et de même il est enseigné qu'ils doutaient de pouvoir écrire la Meguila, jusqu'à ce que le Saint béni soit-Il illumine leurs yeux et qu'ils trouvent une allusion écrite : 'écris ceci en souvenir dans un livre' (Exode 17,14), qui fait allusion à la Meguila. Car en raison de leur grand désir, la Torah leur illumina cette allusion, comme il est écrit 'et l'ordre d'Esther confirma... et cela fut écrit dans le livre' (Esther 9,32).

Et de même, chaque année, par le souvenir, les jours deviennent des jours de festin. Et c'est pourquoi apparaît la raison pour laquelle celui qui a fait le repas de Pourim la nuit ne s'est pas acquitté : parce que l'achèvement du souvenir à lieu le jour, et après le souvenir les jours deviennent des jours de festin, car ainsi est-il écrit 'rappelés et accomplis'.

C'est pourquoi la nuit ce ne sont pas encore des jours de festin et de joie. Et c'est le texte de la bénédiction 'qui fit des miracles en ces jours-la, en ce temps-ci'.

Et à première vue cela étonne, car au jour du repos quel miracle s'accomplit ? Seulement 'ces jours-la' - les miracles qui eurent lieu alors, et qui s'éveillent en ce temps-ci par la lecture de la Meguila et les autres mitsvot du jour.

תשועתם היית לנצח. שהי' ישועה בזמן ההסתר.

לחזק כל הדורות השפלים. להודיע שכל קויך לא יבושו אפילו אותן שאינם ראוין.

מ"מ החוסים בהקב"ה לעולם לא יבושו. וכ"כ חזקו ויאמץ לבבכם כל המיחלים לה' כו'.

פי' אפילו מי שאינו ראוי:

'Tu fus leur salut pour l'éternité' (liturgie de Pourim). Car ce fut un salut au temps de l'occultation, pour renforcer toutes les générations basses, pour faire savoir que 'tous ceux qui espèrent en Toi ne seront pas confondus' (cf.

Ps 25,3) - même ceux qui n'en sont pas dignes ; néanmoins ceux qui se réfugient dans le Saint béni soit-Il ne seront jamais confondus. Et de même est-il écrit 'soyez forts et que votre cœur s'affermisse, vous tous qui espérez en ה'' (Ps 31,25).

Explication : même celui qui n'en est pas digne.

תרס"א

[תרס"א] (année 5661)

ליהודים היתה אורה זו תורה. הגם שכבר קבלנו את התורה.

אבל צריכין להיות דבוקים בתורה. וע"ז אמרו חכמים במ"ח דברים התורה נקנית בהם שע"י הדברים הללו מתחברים אל התורה.

ז"ש היתה אורה. הויה וקנין.

ואיתא בגמ' מ"ח נביאים היו לישראל. וכולם לא החזירום למוטב עד ישועה זו בפורים.

ואותן מ"ח נביאים מכוונים למ"ח דברים שהתורה נקנית בהם. וכמו שהוא בפרט.

כן כלל ישראל הי' הכנה שלהם כח אלה המ"ח נביאים שבאו להחזירן למוטב. זה הדביקות אל התורה שנק' טוב.

והקב"ה טוב ומטיב פרשנו במ"א שמלבד שנתן לנו התורה שהיא לקח טוב. אבל במתן תורה הדביק אותנו להיות בעצם תורה כמ"ש וחיי עולם נטע בתוכינו.

ועשה אותנו טובים. וזה חלק התורה שבע"פ שהוא בנפשות בנ"י בעצם.

אך עונותינו היו מבדילים. ובפורים החזירנו למוטב להיות דבוקים בתורה.

וז"ש הדר קבלוה בימי אחשורוש. פרש"י ז"ל מאהבת הנס.

פי' ע"י הנס נתעורר האהבה שיש בלבות בנ"י אל התורה. וזה בא ע"י מפלת המן ועמלק.

כי עמלק וכת שלו עומדין רק לבטל זו האהבה מלבות בנ"י. וגם מעולם הי' עומד על הפרק ויבוא עמלק בעוד שהיו בנ"י מוכנים לקבלת התורה.

שזה הי' המכוון של גאולת מצרים. בהוציאך את העם ממצרים תעבדון את האלקים כו' ההר הזה.

וזה סמיכת גאולה לתפלה. וזה הרשע עמד בדרך להפסיק בין גאולה לתפלה.

לכן המצוה לזכור השנאה שלו. ובכל עת שיש מחיית עמלק יש לבנ"י אחיזה בתורה.

כמ"ש בית יעקב אש ובית יוסף להבה. זה התלהבות בנ"י אל התורה שנאמר כה דברי כאש.

ואז ובית עשו לקש. ובימי הפורים יש ב' הישועות.

מפלת עמלק וקבלת התורה. ויש לשמוח בב' הדברים.

ארור המן מקודם בחי' סור מרע אח"כ ברוך מרדכי. וגם בכל שנה מתעורר ב' הדברים על ידי הזכירה שלמטה.

כמ"ש נזכרים ונעשים. וכתיב לעשות אותם ימי משתה.

פי' על ידי הזכירה נעשים ימי משתה ושמחה:

'Les Juifs eurent la lumière' - c'est la Torah. Bien que nous ayons déjà reçu la Torah, il faut cependant être attachés (devekim) à la Torah.

Et à ce sujet les Sages ont dit : 'par quarante-huit choses la Torah s'acquiert' (Avot 6,6), car par ces choses on se relie à la Torah. C'est le sens de 'eut lumière' (hayeta ora) : 'être' (havaya) et 'acquisition' (kinyan).

Et il est enseigné dans la Guemara : quarante-huit prophètes se levèrent pour Israël, et tous ne les ramenèrent pas au bien jusqu'à ce salut de Pourim (Meguila 14a). Et ces quarante-huit prophètes correspondent aux quarante-huit choses par lesquelles la Torah s'acquiert.

Et de même qu'il en est pour l'individu, ainsi pour la collectivité d'Israël : leur préparation fut la force de ces quarante-huit prophètes venus les ramener au bien. C'est l'attachement à la Torah, qui est appelé 'bien'.

Et 'le Saint béni soit-Il est bon et fait le bien' - nous l'avons expliqué ailleurs : outre qu'Il nous à donné la Torah, qui est 'un bon acquis' (Prov 4,2), Il nous à, lors du don de la Torah, attachés pour être en essence Torah, comme il est écrit 'et la vie éternelle Il à plantée en nous' (liturgie), et Il nous à rendus bons. Et c'est la part de la Torah orale, qui est dans les âmes des enfants d'Israël en essence.

Mais nos fautes faisaient séparation. Et à Pourim Il nous à ramenés au bien, pour être attachés à la Torah.

Et c'est le sens de 'ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus' ; Rachi de mémoire bénie explique : par amour du miracle. Explication : par le miracle s'éveilla l'amour qui est dans les cœurs des enfants d'Israël envers la Torah.

Et cela vint par la chute de Haman et d'Amalek. Car Amalek et sa faction ne se dressent que pour annuler cet amour des cœurs des enfants d'Israël.

Et de tout temps déjà il se tenait prêt : 'et Amalek vint' (Exode 17,8) alors que les enfants d'Israël étaient prêts à recevoir la Torah - car tel était le but de la délivrance d'Égypte : 'quand tu feras sortir le peuple d'Égypte, vous servirez Dieu... sur cette montagne' (Exode 3,12). Et c'est la juxtaposition de la délivrance (gueoula) à la prière (tefila).

Et ce mécréant se tint en travers du chemin pour séparer entre la délivrance et la prière. C'est pourquoi la mitsva est de se souvenir de sa haine.

Et en tout temps où il y a effacement d'Amalek, les enfants d'Israël ont une prise sur la Torah, comme il est écrit 'la maison de Yaakov sera un feu et la maison de Joseph une flamme' (Abdias 1,18) - c'est l'ardeur des enfants d'Israël envers la Torah, dont il est dit 'Ma parole n'est-elle pas comme un feu' (Jer 23,29). Et alors 'la maison d'Esau sera du chaume' (Abdias 1,18).

Et aux jours de Pourim il y a les deux saluts : la chute d'Amalek et la réception de la Torah. Et il faut se réjouir des deux choses : 'maudit soit Haman' d'abord, aspect de 'écarte-toi du mal', puis 'béni soit Mardochée', aspect de 'et fais le bien'.

Et aussi chaque année les deux choses s'éveillent par le souvenir d'en bas, comme il est écrit 'rappelés et accomplis'. Et il est écrit 'en faire des jours de festin' : explication, par le souvenir ils deviennent des jours de festin et de joie.

איתא במדרש כל המועדות עתידין להתבטל חוץ מימי הפורים. וי"א גם יוהכ"פ.

ולבאר הענין דאיתא גדולה הסרת טבעת ממ"ח נביאים שעמדו לבני ישראל כו'. וכן איתא כולם לא פחתו ולא הותירו על מה שכתוב בתורה חוץ ממקרא מגילה.

ומה לא פחתו. דמשמע שזה הי' במקרא מגילה ג"כ.

אך הוא שנאמר אשר לא כדת. כי ח"ו עפ"י התורה היו חייבים כלי' שנגזרה הגזירה גם למעלה.

וזהו פי' הסרת טבעת. שכל הסדר והצורה ניטל מבנ"י בשביל החטאים.

אעפ"כ בנ"י יש להם דביקות בעצם בהקב"ה. כמ"ש חלק ה' עמו.

וזו הישועה הי' למעלה מסדר והנהגה של התורה. וכן איתא גם ביוה"כ אם יהיו חטאיכם כשנים.

פי' חז"ל אפילו סדורות ובאות כשנים הללו שהם סדורות מששת ימי בראשית כשלג ילבינו. אפילו קלקלו כל הסדר המסודר להם.

וזה בא מלובן העליון שמוחל עונות עמו. ואיתא בזוה"ק כי אלה המ"ח נביאים יונקים ממ"ח טיפין שיורדין מגן עדן ע"ש פ' חיי שרה.

והוא המשכת חמשים שערי בינה. אשר מרע"ה למעלה מכל המ"ח.

כמ"ש ותחסרהו מעט מאלקים. והדעת בא ממוח.

והם בחי' מ"ח נביאים. אבל למעלה מהמוח א"א להשיג כי הוא למעלה מן הדעת והבינה.

לכן נק' כתר שזה עדות על המלך שא"א להשיג בזה. לכן בבחי' מוח יש השגת הדעת.

אבל הגלגולת מקיף למעלה מהמוח. ואין שם השגה וציור ודמיון.

ומשם באה הישועה בימי מרדכי ואסתר. הגם שכל השערים ננעלו.

ולכן עשה המן עץ גבוה חמשים אמה. וכל המועדות הם עדות על יציאת מצרים שהוציאנו הקב"ה עד שלא נשקענו בשער הנ' משערי טומאה.

וזכינו אח"כ לכנוס בשערי טהרה. ולקבל התורה ביום החמשים לעומר.

שזה כלל המועדים. והם בחי' הדעת שע"ש זה נק' מועדי ה'.

ולעתיד יהי' לבנ"י התקשרות למעלה מן הדעת. ז"ש שכל המועדות בטלים.

אבל פורים שהישועה הי' מבחי' זו שלמעלה מן הדעת לא יתבטל. וזה באמת עדות כי חלק ה' עמו.

ולכן אפילו באין להם מעשים כלל חפץ בהם המלך. כמ"ש אשר המלך חפץ ביקרו.

ולא נתן שום טעם רק שהוא חפץ המלך. כמ"ש אם חפץ בנו ה' ולכן חייבין לבסומי בפוריא עד דלא ידע כנ"ל:

Il est enseigné dans le Midrach : toutes les fêtes sont destinées à être annulées, hormis les jours de Pourim ; et certains disent aussi Yom Kippour. Pour éclairer la chose : il est enseigné 'plus grand fut le retrait de l'anneau (par Assuérus) que quarante-huit prophètes qui se levèrent pour les enfants d'Israël' (Meguila 14a).

Et de même il est enseigné : tous [les prophètes] ne retranchèrent ni n'ajoutèrent à ce qui est écrit dans la Torah, hormis la lecture de la Meguila. Et qu'est-ce qu'ils ne retranchèrent pas ?

Cela implique que cela concernait aussi la lecture de la Meguila. Mais c'est ce qui est dit 'ce qui n'est pas selon la loi (dat)' (cf.

Esther 4,16) : car, à Dieu ne plaise, selon la Torah ils étaient passibles d'anéantissement, le décret ayant été décrété aussi en haut. Et c'est le sens du retrait de l'anneau : que tout l'ordre et la forme furent ôtés aux enfants d'Israël à cause des fautes.

Malgré cela, les enfants d'Israël ont un attachement en essence au Saint béni soit-Il, comme il est écrit 'la part du Nom est Son peuple' (Deut 32,9). Et ce salut fut au-dessus de l'ordre et de la conduite de la Torah.

Et de même il est enseigné aussi à propos de Yom Kippour 'si vos fautes sont comme l'écarlate (ke-chanim)' (Isaie 1,18) - nos Sages de mémoire bénie expliquent : même rangées et venant 'comme ces années (ka-chanim)', qui sont ordonnées depuis les six jours de la Création, 'elles blanchiront comme neige' ; même s'ils ont corrompu tout l'ordre qui leur était ordonné. Et cela vient de la blancheur supérieure qui pardonne les fautes de Son peuple.

Et il est enseigné dans le saint Zohar que ces quarante-huit prophètes tètent des quarante-huit gouttes qui descendent du jardin d'Éden - voir la section 'Haye Sara'. Et c'est l'extension des cinquante portes de la Bina (compréhension).

Moche notre maître - que la paix soit sur lui - est au-dessus de tous les quarante-huit, comme il est écrit 'Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu' (Ps 8,6). Et le Daat (connaissance) vient du cerveau (moah), et ils sont l'aspect des quarante-huit prophètes.

Mais au-dessus du cerveau on ne peut rien saisir, car cela est au-dessus du Daat et de la Bina. C'est pourquoi c'est appelé Keter (couronne), car c'est un témoignage sur le Roi que l'on ne peut rien saisir en cela.

Ainsi, dans l'aspect du cerveau il y a la saisie du Daat ; mais le crâne (guilgolet) entoure au-dessus du cerveau, et la il n'y a ni saisie, ni représentation, ni imagination. Et de la vint le salut aux jours de Mardochée et d'Esther, bien que toutes les portes fussent fermées.

Et c'est pourquoi Haman fit un arbre haut de cinquante coudées. Et toutes les fêtes sont un témoignage sur la sortie d'Égypte, où le Saint béni soit-Il nous fit sortir avant que nous ne fussions engloutis dans la cinquantième des portes de l'impureté ; et nous mérites ensuite d'entrer dans les portes de la pureté, et de recevoir la Torah au cinquantième jour du Omer.

Cela est le principe commun des fêtes ; et elles sont l'aspect du Daat, en raison de quoi elles sont appelées 'les fêtes du Nom' (moadei Hachem). Et dans l'avenir, les enfants d'Israël auront un lien au-dessus du Daat.

C'est le sens de : toutes les fêtes seront annulées, mais Pourim, dont le salut vint de cet aspect au-dessus du Daat, ne sera pas annulé. Et c'est en vérité un témoignage que 'la part du Nom est Son peuple'.

Et c'est pourquoi, même lorsqu'ils n'ont aucune action à leur actif, le Roi les désire, comme il est écrit 'celui que le Roi désire honorer' (Esther 6,6) : et il ne donna aucune raison, seulement que tel est le désir du Roi, comme il est écrit 'si le Nom nous désire' (cf. Nb 14,8).

Et c'est pourquoi on est tenu de s'enivrer à Pourim jusqu'à ne plus savoir, comme dit plus haut.

עיקר הישועה בפורים נעשה ע"י הכינוס כמ"ש כנוס כו' כל היהודים. וכתיב נקהלו ועמוד על נפשם.

וזהו בחי' תורה שבע"פ כי במתן תורה כתיב הקהל לי את העם ואשמיעם את דברי. והי' הקהילה בציווי הקב"ה.

וכאן נקהלו מעצמם. והדר קבלוה בימי אחשורוש בכח הקהילה.

לכן כתיב וקבל היהודים לשון יחיד. שנעשו אגודה אחת.

ואז אין עמלק יכול לשלוט בהם. ואיתא בגמ' באותו גר שאמר למדני תורה כשאני עומד על רגל אחד.

והשיב לו ואהבת לרעך כמוך. הרמז בעוה"ז דשיקרא שלטא.

דאיתא שקר עומד על רגל אחד שהקו"ף נמשכת למטה מכל האותיות. ולכן איש לשון בל יכון כו'.

אבל האמת עומד בכל צד. ושקר אין לו רגלים.

וזה אות הק' שולט באדר כמ"ש בס' יצירה המליך אות ק' כו'. והטעם כי הוא סוף השנה והסט"א נמשכת בסוף כקוף בתר בני נשא.

ואז העצה רק ע"י ואהבת לרעך כמוך. שכח כלל ישראל דוחה השקר.

ולכן תיקנו משלוח מנות ומתנות לאביונים לעורר אהבת בני ישראל. וזה הי' יסוד בית שני.

ולכן נחרב ע"י שנאת חנם. כי יסוד בית שני בכח אהבת ישראל:

L'essentiel du salut de Pourim s'accomplit par le rassemblement, comme il est écrit 'rassemble... tous les Juifs' (Esther 4,16), et il est écrit 'ils se rassemblèrent et se dressèrent pour leur vie' (Esther 9,16). Et c'est l'aspect de la Torah orale, car lors du don de la Torah il est écrit 'rassemble-Moi le peuple et Je leur ferai entendre Mes paroles' (Deut 4,10), et le rassemblement fut sur l'ordre du Saint béni soit-Il ; tandis qu'ici ils se rassemblèrent d'eux-mêmes.

Et 'ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus' par la force du rassemblement. C'est pourquoi il est écrit 'et le Juif accepta' (cf.

Esther 9,27) au singulier, car ils devinrent un seul faisceau ; et alors Amalek ne peut les dominer. Et il est enseigné dans la Guemara à propos de ce converti qui dit 'enseigné-moi la Torah pendant que je me tiens sur un seul pied', et Hillel lui répondit 'tu aimeras ton prochain comme toi-même' (Chabbat 31à).

L'allusion : en ce monde-ci où le mensonge domine. Car il est enseigné : le mensonge (cheker) se tient sur un seul pied, car le 'kof' final se prolonge en bas au-dessous de toutes les lettres ; et c'est pourquoi 'l'homme de langue [fausse] ne subsistera pas' (cf.

Ps 140,12). Mais la vérité se tient de tous côtés, et le mensonge n'à pas de jambes.

Et c'est la lettre 'kouf' (ק) qui domine en Adar, comme il est écrit dans le Livre de la Formation (Sefer Yetsira) 'Il fit régner la lettre kouf...'. Et la raison : car c'est la fin de l'année, et le 'autre côté' (Sitra A'hra) se prolonge à la fin, comme le singe (kof) derrière les hommes.

Et alors le seul remède est par 'tu aimeras ton prochain comme toi-même', car la force de la collectivité d'Israël repousse le mensonge. Et c'est pourquoi ils instituèrent l'envoi de portions (michloah manot) et les dons aux nécessiteux (matanot la-evyonim), pour éveiller l'amour des enfants d'Israël.

Et ce fut le fondement du second Temple ; et c'est pourquoi il fut détruit par la haine gratuite, car le fondement du second Temple était dans la force de l'amour d'Israël.

וכל כחו של המן הי' בזה שאמר עם כו' מפוזר ומפורד. באמת הפיזור הוא לטובה לפרסם שמו ית' בכל המקומות ולהוציא הנ"ק שנמצאים בכל המקומות.

כמ"ש צדקת פרזונו בישראל. אבל מפורד הוא הפחיתות שבנ"י צריכין להיות אגודה אחד אעפ"י שהם מפוזרין.

כמ"ש שנק' שבעים נפש לשון יחיד. וכשניטל האחדות ע"י הפיזור זה תוקף הגלות.

ולכן אחר הישועה נקהלו בעריהם ותיקנו משלוח מנות ומתנות. להיות אגודה אחת.

והעשיר בתורה יתן גם להדל. וכמו כן ת"ח שיקבלו זה מזה.

כמו שרמזו בגמ' מר שלח לי' חורפא ואיהו שלח חוליא. שיש בכל ת"ח דבר מיוחד.

וצריך לקבל כל אחד מחבירו להיות אגודה אחת:

Et toute la force de Haman était en ceci qu'il dit 'un peuple... dispersé et sépare' (Esther 3,8). En vérité la dispersion est pour le bien, pour faire connaître Son Nom, béni soit-Il, en tous lieux, et pour en faire sortir les étincelles saintes (nitsotsot) qui se trouvent en tous lieux, comme il est écrit 'la justice de Ses campagnes en Israël' (cf.

Juges 5,11). Mais 'sépare' est le défaut : car les enfants d'Israël doivent être un seul faisceau bien qu'ils soient dispersés, comme il est écrit qu'ils sont appelés 'soixante-dix âmes' (Exode 1,5) au singulier.

Et lorsque l'unité est ôtée par la dispersion, c'est la rigueur de l'exil. Et c'est pourquoi, après le salut, ils se rassemblèrent dans leurs villes et instituèrent l'envoi de portions et les dons, pour être un seul faisceau : et le riche en Torah donnera aussi au pauvre.

Et de même les érudits (talmidei hakhamim), qui reçoivent l'un de l'autre, comme ils l'ont fait entendre dans la Guemara : 'Maître lui envoya du piquant et lui envoya du doux' - car chaque érudit à quelque chose de particulier, et chacun doit recevoir de son compagnon pour être un seul faisceau.

תרס"ב

[תרס"ב] (année 5662)

ליהודים היתה אורה זו תורה. פי' כמו שמתפללין והאר עינינו בתורתך.

שהתורה ניתנה לנו להאיר לנו. שהתורה נקראת אור.

כמ"ש ותורה אור. אבל העיקר כשבנ"י זכאין.

והם כלים לקבל האור. נקראת התורה אורה.

שנגמר המכוון מכח אל הפועל. שבנ"י הם הפתילה שהאור נאחז בה.

וגם היתה אורה שנתחדש אור התורה וקיבלה הוי' חדשה. כי הקב"ה נותן התורה תמיד.

כמ"ש קול גדול ולא יסף. ולא פסק.

רק כפי שיש מקבלים כך מתחדש אור התורה. ואחר מפלת עמלק מתגלה אור התורה.

שכל התורה שמותיו של הקב"ה. ונשבע הקב"ה שאין שמו שלם עד שימחה זרע עמלק לכן כפי מחיית עמלק כך מאיר אור התורה:

'Les Juifs eurent la lumière' - c'est la Torah. Explication : comme on prie 'et illumine nos yeux dans Ta Torah', car la Torah nous à été donnée pour nous illuminer, la Torah étant appelée lumière, comme il est écrit 'et la Torah est lumière' (Prov 6,23).

Mais l'essentiel est lorsque les enfants d'Israël sont méritants et qu'ils sont des réceptacles (kelim) aptes à recevoir la lumière : alors la Torah est appelée 'ora' (plénitude de lumière), car le but s'accomplit de la puissance à l'acte, les enfants d'Israël étant la mèche à laquelle la lumière s'attaché. Et aussi 'eut lumière' : que la lumière de la Torah se renouvela et qu'elle reçut un 'être' (havaya) nouveau.

Car le Saint béni soit-Il donne la Torah continuellement, comme il est écrit 'une grande voix qui ne cessa pas' (Deut 5,19) - et le don ne s'interrompit pas ; seulement, selon qu'il y a des récepteurs, ainsi se renouvelle la lumière de la Torah. Et après la chute d'Amalek se révèle la lumière de la Torah, car toute la Torah est faite des Noms du Saint béni soit-Il, et le Saint béni soit-Il à juré que Son Nom n'est pas complet tant que la descendance d'Amalek n'est pas effacée ; c'est pourquoi, selon l'effacement d'Amalek, ainsi brille la lumière de la Torah.

איתא כל המועדים בטלים לעתיד לבוא ופורים לא יתבטל. כי כל המועדות הם למעלה מהזמן.

לכן הזמן נשתנה כפי קביעות המועדות. שביצ"מ נתן הקב"ה הזמן ברשות ישראל.

כמ"ש החודש הזה לכם ואפיק להו מחיובא דכוכבי ומזלי כמ"ש בזוה"ק. אבל בפורים נעשה הנס תוך הזמן בעצמו.

כמ"ש והחודש אשר נהפך להם. והוא מעין מה שיהי' לעתיד אז אהפוך אל עמים שפה ברורה לקרוא כולם בשם ה'.

ולכן רבים מעמי הארץ מתיהדים. ולכן אמרו ג"כ שיוה"כ לא יתבטל שהוא ג"כ ההיפוך.

אם יהיו חטאיכם כשנים כשלג ילבינו ומתהפכים העונות לזכיות. ונס דפורים הי' רמז למה שיהי' לעתיד.

כמו שכל בנין המן וכת דילי' הי' הכל סיבה למפלתם. כמו כן באמת כל הסט"א השולטת עתה ולעתיד יתברר איך כל המעשים הם סיבות לישועה שיהי' במהרה בימינו:

Il est enseigné : toutes les fêtes seront annulées dans l'avenir à venir, mais Pourim ne sera pas annulé. Car toutes les fêtes sont au-dessus du temps ; c'est pourquoi le temps se modifie selon la fixation des fêtes.

Car lors de la sortie d'Égypte le Saint béni soit-Il remit le temps au pouvoir d'Israël, comme il est écrit 'ce mois-ci est pour vous' (Exode 12,2), et Il les fit sortir de l'assujettissement aux astres et aux constellations, comme il est dit dans le saint Zohar. Mais à Pourim le miracle s'accomplit à l'intérieur du temps lui-même, comme il est écrit 'et le mois qui fut renverse pour eux' (Esther 9,22).

Et c'est à l'image de ce qui sera dans l'avenir : 'alors Je transformerai pour les peuples une langue claire, pour qu'ils invoquent tous le Nom' (Sophonie 3,9) ; et c'est pourquoi beaucoup parmi les peuples du pays se firent juifs (Esther 8,17). Et c'est pourquoi ils dirent aussi que Yom Kippour ne sera pas annulé, car lui aussi est le renversement : 'si vos fautes sont comme l'écarlate, elles blanchiront comme neige' (Isaie 1,18), et les fautes se transforment en mérites.

Et le miracle de Pourim fut une allusion à ce qui sera dans l'avenir : de même que toute la construction de Haman et de sa faction fut entièrement cause de leur chute, de même en vérité tout le 'autre côté' (Sitra A'hra) qui domine maintenant - et dans l'avenir il sera clarifié comment toutes les actions sont des causes du salut, qui viendra promptement et de nos jours.

En bref

Pourim est une préparation à la délivrance future, commencement de la victoire sur Edom, force de la midat hadin (attribut de rigueur) héritée d'Its'hak : « tu vivras par ton épée ». Quand l'épée se retourne contre eux, les guevourot (rigueurs) s'adoucissent : « et la fureur du roi s'apaisa » désigne le Roi des rois, et « s'apaisa » a la valeur de « faveur ». Le Sfat Emet estime qu'Esther, en invitant Haman, affaiblit en lui cette force. Yaakov s'élève par la Torah et s'attache à la vérité, « lèvre de vérité » ; Amalek, dont le nom vaut « élevé », a une « langue de mensonge » dont l'avenir tend à la perdition.

Aussi : lumière et joie des Juifs : lumière cachée révélée et acceptation de la Torah renouvelée ; Mordekhai foule Haman, chemin vers la Torah orale dont la Méguila est le commencement ; le nom Yehoudim demeure et ils méritent Torah, circoncision, téfilines et fêtes

ופורים הכנה לגאולה העתידה תחילת נצחון אדום שכחו חזק מאוד. כמ"ש במדרש שראה יעקב אבינו ע"ה שרו של אדום עולה ואינו יודע כמה עולה ע"ש.

שהוא כחו של מדה"ד שירש מאת יצחק ועל חרבך תחי'. והוא מתגאה בזה שאין מלחמה שנוצחת שלא יהי' בו מזרע עשו.

אבל כשנהפך החרב עליהם זה מיתוק הגבורות. לכן וחמת המלך שככה.

דרשו חז"ל של מלך מלכי המלכים. שכאשר שלט בהם הדין.

זה הוא רצון הקב"ה. וכשיש מפלת עמלק נעשה עת רצון למעלה.

שככ"ה גי' רצו"ן. ונראה לי במה שזימנה אסתר את המן לסעודה.

שבזה החלישה כח מדה"ד החזק שבו. שכתיב אח"כ ויצא המן כו' שמח וטוב לב.

שנחלש קצת כח החרב שבו. וכעין זה כתב בחי' מו"ז ז"ל בעשו דכתיב וילך כו' את מחלת.

ע"ש פ' ויצא. שהכל יראים מכח החרב שלו.

עמל"ק גי' ר"ם. שיש לו באמת כח חזק מאוד והוא הגדול.

אבל יעקב אדרבא הוא הקטן. ונתעלה בכח התורה כמו שזכה אל הבכורה במעשיו.

וכ' ואתה מרום לעולם דרשו חז"ל רוממות (אתה) [שאתה נותן] בעולמך. כי הרוממות שבא מאתו ית"ש קיים לעד.

וז"ש להודיע שכל קויך לא יבושו. אותן שמקוים לישועת השי"ת.

החוסים בך לא יכלמו לנצח. וזהו בחי' שפת אמת תכון לעד.

כי ה' אלקים אמת ויעקב כתיב בי' תתן אמת ליעקב. ויש לו דביקות באמת.

ונק' שפת אמת. והוא בחי' הוי זנב לאריות.

שזנב ארי ארי. לכן הגם שעוה"ז עלמא דשיקרא.

מ"מ יעקב שיש לו דביקות בה' אמת. הוא שפת אמת.

אבל בעמלק כתיב ראשית גוים עמלק. והוא ראש לשועלים.

ומתגאה ברוממות שלו. ועליו נאמר ועד ארגיעה לשון שקר כמ"ש ללשונינו נגביר.

כדאיתא ליכא דידע לישנא בישא כהמן. לכן אחריתו עדי אובד.

כמ"ש איש לשון בל יכון בארץ:

Et Pourim est une préparation à la délivrance future, le commencement de la victoire sur Edom dont la force est très puissante. Comme il est dit dans le Midrach que Yaakov notre père, la paix soit sur lui, vit le prince (l'ange tutélaire) d'Edom monter, sans savoir jusqu'où il monte (voir la-bas).

Car c'est la force de la midat hadin (attribut de rigueur) qu'il à héritée d'Yitshak, et "tu vivras par ton épée" (Genèse 27,40). Et il s'enorgueillit de ce qu'il n'est pas de guerre gagnée sans qu'il n'y ait en elle de la descendance d'Essav.

Mais lorsque l'épée se retourne contre eux, c'est l'adoucissement des guevourot (rigueurs). C'est pourquoi "et la fureur du roi s'apaisa" (Esther 7,10) : nos Sages ont expliqué qu'il s'agit du Roi des rois des rois (le Saint béni soit-Il).

Car lorsque le din (jugement) les domina, c'est la volonté du Saint béni soit-Il. Et quand survient la chute d'Amalek, il se fait un temps de faveur en haut : car "shakha" (שככה, s'apaisa) à la même valeur numérique que "ratson" (רצון, faveur).

Et il me semble, concernant le fait qu'Esther invita Haman au festin, que par cela elle affaiblit la puissante force de la midat hadin qui était en lui. Car il est écrit ensuite "et Haman sortit... joyeux et le cœur content" (Esther 5,9) : ce qui montre que la force de l'épée en lui s'affaiblit quelque peu.

Et de façon semblable, mon grand-père de mémoire bénie à écrit dans ses hidoushim (nouvelles interprétations) au sujet d'Essav, dont il est écrit "et il alla... [prendre pour femme] Mahalat" (Genèse 28,9) - voir la paracha Vayetse - car tous craignent la force de son épée.

"Amalek" (עמלק) à la valeur numérique de "ram" (רם, élève). Car il possède vraiment une force très puissante et il est le grand (l'aîné).

Mais Yaakov, au contraire, est le petit (le cadet), et il s'est élevé par la force de la Torah, de même qu'il mérita le droit d'aînesse par ses actes. Et il est écrit "et Toi, Tu es élève à jamais" (Psaumes 92,9) : nos Sages ont expliqué, l'élévation [que Tu donnés] dans Ton monde.

Car l'élévation qui vient de Lui, béni soit son Nom, subsiste à jamais. Et c'est le sens de "pour faire savoir que tous ceux qui espèrent en Toi ne seront pas confondus" - ceux qui espèrent le salut de Dieu - "ceux qui se réfugient en Toi ne seront jamais couverts de honte".

Et c'est l'aspect de "la lèvre de vérité s'affermit à jamais" (Proverbes 12,19). Car "l'Éternel Elokim est vérité" (Jérémie 10,10), et de Yaakov il est écrit "tu donneras la vérité à Yaakov" (Michee 7,20) : il possède un attachement (devekout) à la vérité, et il est appelé "lèvre de vérité" (Sefat Emet).

Et c'est l'aspect de "sois plutôt queue des lions" (Avot 4,15) : car la queue du lion est encore lion. C'est pourquoi, bien que ce monde-ci soit un monde de mensonge (alma deshikra), néanmoins Yaakov, qui possède un attachement au Dieu de vérité, est "lèvre de vérité".

Mais d'Amalek il est écrit "Amalek, prémice des nations" (Nombres 24,20), et il est tête des renards, et il s'enorgueillit de sa propre élévation. Et de lui il est dit "mais pour un instant la langue de mensonge" (Proverbes 12,19), comme il est écrit "par notre langue nous l'emporterons" (Psaumes 12,5).

Comme il est rapporté : nul ne connaissait la médisance (lashon hara) comme Haman. C'est pourquoi "son avenir tend à la perdition" (Nombres 24,20), comme il est écrit "l'homme de langue mauvaise ne se maintiendra pas dans le pays" (Psaumes 140,12).

תרס"ג

[תרס"ג]

ליהודים היתה אורה ושמחה. אמרו חז"ל אורה זו תורה.

וכ' היתה אורה. פי' אור הגנוז דכתיב יהי אור ויהי אור דרשו חז"ל שאור הראשון נגנז.

לכן כתיב ויהי לשון צרה. שאין האור מתגלה בשלימות בעוה"ז.

לכן כתיב בכל הימים ויהי ערב ויהי בוקר. שלא הי' האור בשלימות.

וכאן כתיב היתה אורה. והיה לשון שמחה שנתגלה אור הראשון.

ואיתא במדרש נמנעה השמחה מן הרשעים כו' שהוצרך הקב"ה לישב עם ב"ו בנר. ע"ש פ' בהעלותך.

והיינו דאור הגנוז בו השמחה השלימה באור פני מלך חיים ובפורים מזה האור ניתן חיים לכל ישראל. ובאמת בשעת מתן תורה הי' גילוי מאור הגנוז.

וע"י החטא נפלו בנ"י מדרגא זו. ובפורים נתחדש קבלת התורה ונגלה אור הגנוז.

כל החטא מעגל בא ג"כ ע"י עמלק שקרך בדרך. ולכן בכל מחיית עמלק יש מחילת החטא.

וכ"כ וחמת המלך שככה. אע"ג דכתיב ביום פקדי שנשאר רושם החטא.

מ"מ בעת רצון נמחה זה החטא כמ"ש גם אלה תשכחנה:

"Pour les Juifs il y eut lumière et joie" (Esther 8,16). Nos Sages ont dit : "la lumière (ora), c'est la Torah".

Et il est écrit "il y eut lumière" : cela désigne la lumière cachée (or haganouz), car il est écrit "que la lumière soit, et la lumière fut" (Genèse 1,3) ; nos Sages ont expliqué que la première lumière fut mise en réserve. C'est pourquoi il est écrit "vayehi" (et il fut), terme qui exprime la détresse, car la lumière ne se révèle pas en plénitude en ce monde-ci.

C'est pourquoi il est écrit pour chacun des jours "il y eut un soir et il y eut un matin" (Genèse 1) : car la lumière n'était pas en plénitude. Et ici il est écrit "il y eut lumière" : "haya" (fut) est un terme de joie, car la première lumière s'est révélée.

Et il est rapporté dans le Midrach que la joie fut refusée aux méchants... car le Saint béni soit-Il dut siéger avec un être de chair et de sang à la lueur d'une lampe - voir la paracha Behaalotekha. Et c'est que dans la lumière cachée réside la joie parfaite, "dans la lumière du visage du roi il y a la vie" (Proverbes 16,15), et à Pourim, de cette lumière, la vie fut donnée à tout Israël.

Et en vérité, au moment du don de la Torah, il y eut une révélation de la lumière cachée, et par le péché les enfants d'Israël chuterent de ce niveau. Et à Pourim, l'acceptation de la Torah fut renouvelée et la lumière cachée se révéla.

Tout le péché du veau [d'or] vint aussi par Amalek qui "te surprit en chemin" (Deutéronome 25,18) ; c'est pourquoi, dans tout effacement d'Amalek, il y a pardon du péché. Et c'est aussi le sens de "et la fureur du roi s'apaisa" (Esther 7,10).

Bien qu'il soit écrit "au jour où Je punirai" (Exode 32,34), montrant qu'il demeure une trace du péché, néanmoins, en un temps de faveur, ce péché est efface, comme il est écrit "même celles-là seront oubliées" (Isaie 49,15).

חז"ל דרשו ואתה על במותימו תדרוך על מרדכי שדרך על המן. והרמז דריכה מלשון דריכת ענבים שהוציא בלעו מפיו.

והנ"ק שהי' נבלע הוציא ממנו מרדכי. כמ"ש מו"ז ז"ל כי כל כח סט"א מה שגונבין מבנ"י ע"י החטאים.

וגם פי' תדרוך מלשון דרך כפשוטו. שנעשה עתה דרך חדש לקבלת התורה בכח מפלת הרשע.

לפי שעמלק עמד על הדרך לבטל בנ"י מקבלת התורה. כמ"ש אשר קרך בדרך.

כדאיתא בגמ' תורה נקראת דרך. הדרך אשר ילכו בה.

לכן עתה אחר מפלת המן נעשה דרך חדש אל התורה. והוא בחי' תורה שבע"פ.

כמ"ש במ"א כי מגילת אסתר היא התחלה לתורה שבע"פ. כמ"ש סוף הנסים שנתנו לכתוב.

ונקראת ספר ונקראת אגרת. שכלול מן תורה שבכתב ותורה שבע"פ.

ולכן נחלקו בה אי מטמא את הידים כו'. ומן אז ולהלן התחיל סדר תורה שבע"פ.

[וזה ג"כ ליהודים היתה אורה בעצמותם בחי' תורה שבע"פ כמ"ש אשר נטע בתוכינו דייקא]:

Nos Sages ont interprété "et Toi, tu fouleras leurs hauteurs" (Deutéronome 33,29) comme se rapportant à Mordekhai qui foula Haman. Et l'allusion : "fouler" (dericha) est du langage du foulage des raisins, car il fit sortir de sa bouche ce qu'il avait englouti ; et l'étincelle sainte (nitsots kadoch) qui avait été engloutie, Mordekhai la fit sortir de lui.

Comme l'à écrit mon grand-père de mémoire bénie : car toute la force du sitra a'hra (l'autre côté) provient de ce qu'ils dérobent aux enfants d'Israël par les péchés. Et de plus, "tidrokh" (tu fouleras) s'expliqué du mot "derekh" (chemin) selon son sens simple : car il se fait maintenant un chemin nouveau vers l'acceptation de la Torah, par la force de la chute du méchant.

Parce qu'Amalek s'était tenu sur le chemin pour empêcher les enfants d'Israël de recevoir la Torah, comme il est écrit "qui t'à surpris en chemin" (Deutéronome 25,18). Comme il est rapporté dans la Guemara, la Torah est appelée "chemin" : "le chemin par lequel ils doivent marcher" (Exode 18,20).

C'est pourquoi maintenant, après la chute de Haman, un chemin nouveau se fait vers la Torah, et c'est l'aspect de la Torah orale (Torah she-beal-pe). Comme je l'ai écrit ailleurs, le rouleau d'Esther (Meguilat Esther) est le commencement de la Torah orale, comme il est dit : le dernier des miracles qu'il fut permis de mettre par écrit.

Et elle est appelée "livre" (sefer) et appelée "lettre" (igueret), car elle est composée de la Torah écrite et de la Torah orale ; c'est pourquoi ils ont divergé à son sujet, [pour savoir] si elle rend les mains impures, etc. Et depuis lors et par la suite commença l'ordre de la Torah orale.

[Et c'est aussi le sens de "pour les Juifs il y eut lumière" en eux-mêmes, l'aspect de la Torah orale, comme il est écrit "qu'il à plantée au milieu de nous" précisément].

במגילה נקראו ישראל רק בשם יהודים. כי זה השם לעולם בישראל.

אפילו בדורות השפלים. שכופרין בע"ז ומודים אל האמת.

וזה בחי' יהודה שנקראו בנ"י על שמו כדאיתא במד' ויחי. וז"ש והשארתי בקרבך עם עני ודל וחסו בשם ה'.

וזהו שם יהודה הד' רומז על דלות ושפלות וחל עליו כל השם ע"י שחסה בשם ה'. וזה הרבותא ליהודים היתה אורה ושמחה וששון.

שדרשו על התורה והמילה ותפילין. שהגם שהיו במדריגה הפחותה.

זכו להרגיש אותן האורות של התורה והמילה והתפילין והמועדות. ששורש שלהם לישראל בכח האבות.

ושם יהודים למטה משמות יעקב וישראל. ואעפ"כ זכו לאותן האורות:

Dans la Meguila, Israël n'est appelé que du nom de "Yehoudim" (Juifs). Car ce nom demeure toujours en Israël, même dans les générations les plus basses : [ceux] qui renient l'idolâtrie (avoda zara) et reconnaissent la vérité.

Et c'est l'aspect de Yehouda, du nom duquel les enfants d'Israël furent appelés, comme il est rapporté dans le Midrach Vayehi. Et c'est le sens de "et Je laisserai subsister au milieu de toi un peuple pauvre et humble, et ils se refugieront dans le Nom de l'Éternel" (Sophonie 3,12).

Et c'est le nom "Yehouda" : le dalet fait allusion à la pauvreté (dalout) et à l'humilité, et le Nom entier repose sur lui parce qu'il s'est réfugie dans le Nom de l'Éternel. Et c'est la chose remarquable de "pour les Juifs il y eut lumière, joie et allégresse" (Esther 8,16), que [nos Sages] ont interprété comme se rapportant à la Torah, à la circoncision (mila) et aux téfilines : car bien qu'ils fussent au degré le plus bas, ils méritèrent de ressentir ces lumières de la Torah, de la circoncision, des téfilines et des fêtes (moadot), dont la racine appartient à Israël par la force des Patriarches.

Et le nom "Yehoudim" est en-dessous des noms de Yaakov et d'Israël, et malgré cela ils méritèrent ces lumières.

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