Dans Rachi (Chemot 21,1) : de même que les premières (les Dix Paroles) venaient du Sinaï. Or toutes les mitsvot ont été dites au Sinaï. Le Sfat Emet rapporte de son aïeul que cela est énoncé à propos des michpatim (lois civiles) parce que la volonté essentielle est que l’on sache que même ces lois, qui se comprennent selon l’intelligence de l’homme, ne sont obligatoires que parce que telle est Sa volonté. C’est pourquoi il est interdit de plaider devant des non-Juifs, même s’ils jugent comme Israël, car « le jugement appartient à Hachem ». « Du Sinaï » a ce sens, bien que cela se comprenne selon l’intelligence.
Aussi : la sainteté cachée des jours ouvrables, aspect de l’ange, et le Chabbat sans revêtement de l’action ; celui dont on perce l’oreille seulement après six ans ; les gardiens : le yetser ha-ra vole, et le baal techouva acquiert le double
תרל"א
[Année 5631]
ברש"י מה ראשונים מסיני כו'. והלא כל המצות נאמרו בסיני.
אך אא"ז מו"ר זצלה"ה הגיד עמ"ש רש"י ז"ל להבינם טעמי הדבר. למה זה אצל המשפטים.
אך עיקר הרצון שידעו שאף המשפטים שמובנין עפ"י שכל האדם עכ"ז הם רק ע"י שכן רצונו ית'. וזהו הטעם שאסור לדון לפני גוים אף שדנין כישראל כי המשפט לאלקים וגם הטעם והסכמת השכל הכל ע"י שכן רצונו יתברך עכ"ד.
וז"ש מסיני אף שמובן עפ"י שכל. ובמדרש מגיד דבריו ליעקב כו' ומשפטיו לישראל כי השי"ת ג"כ מקיים המשפט ע"כ.
פי' דכתיב אחר שהגיד להם מרע"ה דברי ה' והמשפטים השיבו כל הדברים כו' נעשה כו'. דאיתא בזוה"ק פי' הקדמת נעשה לנשמע עושי דברו כו' שע"י הכנת ישראל עושין הדיבור וזה עושי דברו.
פי' כי כן בעסק התורה ובתפלה עפ"י עבודת האדם להוציא הדיבור וו בכח ורצון פנימי כן מתחדש האותיות של התורה שיש בהם חיות להיגיעים בהם וז"ש מגיד דבריו ליעקב שכח המשכת חיות פנימי של דברי ה' ניתן לישראל. וכפי הרצון של האדם נפתח חיות האותיות ויוכל לשמוע התחדשות תמיד באותן הדיבורים.
וז"ש אשר תשים לפניהם מוכן לאכול כמ"ש רש"י ז"ל [וכ"כ קרוב אליך הדבר כו' בפיך] כי המשפטים הם גבוה מעל גבוה ושורשם בשמים רק אשר תשים לפניהם שיוכלו למצוא משפט ה' ע"י יגיעתם. וכן הגיד אא"ז מו"ר ז"ל בשם הרב הק' מפרשיסחא פי' לפניהם כענין הקדמת נעשה לנשמע שהוא ע"י מס"נ וזה לפניהם שיהי' להם דבר ה' לפני עצמותם וחיותם עכ"ד.
ואם האדם מכין עצמו כך לשמוע אז נפתח מעין התורה ובודאי אין רצון השי"ת שידעו אלו המשפטים בפרט. רק שבדברים אלו נכללים כל משפטי ה' ע"י היגיעה.
וז"ש רש"י לא תעלה על דעתך כו' רק לפרש להם טעם הדבר ופירושו כו'. וכי מרע"ה רעיא מהימנא שמסר נפשו עבור כל אחד מכלל ישראל רצה למעט ידיעת התורה מישראל אך כי רצה שיהי' המשפט מפורש בלי הסתר [שזה ענין מרע"ה אספקלריא המאירה] רק באמת ניתן התורה בלבושים לפנינו רק ע"י שנמסר טעמי התורה לישראל יכולין למצוא פנימיות רצונו ית' ע"י אותיות התורה כנ"ל.
וגם פשוט אשר תשים כו' שכל איש ישראל ע"י רצון אמת יכול למצוא משפט אמת בכל דבר שלא לטעות ח"ו:
Dans Rachi (Exode 21,1) : de même que les premières (les Dix Paroles) venaient du Sinaï, etc. Or toutes les mitsvot ont été dites au Sinaï !
Mais mon aïeul, mon maître et rabbi (de mémoire bénie pour la vie du monde à venir) à expliqué ce que dit Rachi (de mémoire bénie) afin d'en faire comprendre la raison : pourquoi cela est-il énonce à propos des michpatim (les lois civiles) ? La volonté essentielle est que l'on sache que même les michpatim, qui se comprennent selon l'intelligence de l'homme, ne sont néanmoins obligatoires que parce que telle est Sa volonté, béni soit-Il.
Et c'est la raison pour laquelle il est interdit de plaider devant des non-Juifs, même s'ils jugent comme Israël, car 'le jugement appartient à Dieu' ; et même la raison et l'assentiment de l'intelligence, tout cela n'est que parce que telle est Sa volonté, béni soit-Il. Telles sont ses paroles.
Et c'est le sens de 'du Sinaï', bien que cela se comprenne selon l'intelligence. Et dans le Midrach : 'Il annonce Ses paroles à Yaakov...
Ses statuts et Ses jugements à Israël' (Psaumes 147,19), car Hachem accomplit Lui aussi le jugement. Explication : car il est écrit qu'après que Moche notre maître leur eut dit les paroles du Nom et les michpatim, ils répondirent 'toutes les paroles... nous ferons...' (Exode 24,3 et 7).
Car il est dit dans le Zohar l'explication de la préséance de 'nous ferons' sur 'nous entendrons' : 'ceux qui font Sa parole' (Psaumes 103,20), que par la préparation d'Israël ils font advenir la Parole, et c'est cela 'ceux qui font Sa parole'. Explication : de même, dans l'étude de la Torah et dans la prière, selon le service de l'homme qui fait sortir la parole avec force et volonté intérieure, ainsi se renouvellent les lettres de la Torah, qui recèlent une vitalité pour ceux qui peinent en elles.
Et c'est le sens de 'Il annonce Ses paroles à Yaakov' : que le pouvoir d'attirer la vitalité intérieure des paroles du Nom a été donné à Israël. Et selon la volonté de l'homme s'ouvre la vitalité des lettres, et il peut entendre un renouvellement constant dans ces mêmes paroles.
Et c'est le sens de 'que tu placeras devant eux' : prêt à être consommé, comme l'explique Rachi (de mémoire bénie) ['car cette chose est très proche de toi... dans ta bouche' (Deutéronome 30,14)], car les michpatim sont élevés au-dessus de tout ce qui est élevé et leur racine est dans les cieux ; seulement 'que tu placeras devant eux' afin qu'ils puissent trouver le jugement du Nom par leur labeur. Et de même mon aïeul mon maître (de mémoire bénie) a rapporté au nom du saint rabbi de Pchiskha (Przysucha) l'explication de 'devant eux', à la manière de la préséance de 'nous ferons' sur 'nous entendrons', qui se fait par le don de soi ; et c'est 'devant eux', que la parole du Nom soit devant leur propre être et leur vitalité.
Telles sont ses paroles. Et si l'homme se prépare ainsi à entendre, alors s'ouvre la source de la Torah ; et assurément la volonté du Nom n'est pas qu'ils connaissent ces michpatim en particulier, mais que dans ces paroles soient inclus tous les jugements du Nom, par le labeur.
Et c'est ce que dit Rachi : 'ne t'imagine pas...' (leur enseigner mécaniquement) mais leur expliquer la raison de la chose et son sens, etc. Or Moche notre maître, le berger fidèle, qui a livré son âme pour chacun de l'ensemble d'Israël, aurait-il voulu diminuer la connaissance de la Torah pour Israël ?
Mais il voulait que le jugement soit explicite sans voile [c'est là le propre de Moche notre maître : le miroir éclairant], sauf qu'en vérité la Torah nous a été donnée revêtue d'habits, et ce n'est que parce que les raisons de la Torah ont été transmises à Israël qu'ils peuvent trouver l'intériorité de Sa volonté, béni soit-Il, par les lettres de la Torah, comme ci-dessus. Et au sens simple aussi : 'que tu placeras...', que tout homme d'Israël, par une volonté vraie, peut trouver le jugement vrai en toute chose, pour ne pas se tromper, à Dieu ne plaise.
הנה אנכי שולח מלאך כו'. כי כל ימי המעשה דכתיב ששת ימים תעבוד.
תעשה מלאכה. ואעפ"כ יש קדושה גנוזה גם בעשי' ממש והוא בחי' מלאך ושליח כי כל דבר יש בו חיות מהשי"ת ונשתלח לעולם כדי לעשות רצון השי"ת שיש מצות בכל מעשה האדם.
רק שנתלבש בעניני עוה"ז וצריך שמירה יותר אל תמר בו. רק לידע כי גם זה מחיות השי"ת כי שמי בקרבו כו' ועבדתם את ה' כו' הוא בחי' שבת בלי התלבשות המעשה כי שבת מעין עוה"ב ואז והסירותי מחלה מקרבך כו'.
וזה שא"צ בקשה על שום דבר בשבת. וכתיב וברך את לחמך פי' להיות כל המעשים נמשכים אחר עבודתו ית"ש מלשון הברכה והרכבה.
וכן בגמרא נלמד ברכת המזון מוברך את לחמך כו'. וכשהאכילה באופן זה.
והסירותי מחלה [כי כל החולאים בגוף ונפש רק ע"י אכילה ושתיה כמ"ש בזהר מתגאה עלי' דב"נ וכמ"ש ושבעת השמרו כו'. ובשבת אכילת מצוה כנ"ל]:
'Voici, J'envoie un ange...' (Exode 23,20). Car tous les jours ouvrables, dont il est écrit 'six jours tu travailleras' (Exode 20,9), 'tu feras un ouvrage', et malgré cela il y a une sainteté cachée même dans l'action concrète elle-même, et c'est l'aspect de l'ange et de l'envoyé ; car toute chose recèle une vitalité venant du Nom et a été envoyée dans le monde afin d'accomplir la volonté du Nom, car il y a des mitsvot dans chaque acte de l'homme.
Seulement cela s'est revêtu des affaires de ce monde-ci et requiert une garde accrue : 'ne te rebelle pas contre lui' (Exode 23,21), mais sache que cela aussi provient de la vitalité du Nom, car 'Mon Nom est en lui' (ibid.). Et 'vous servirez le Nom...' (Exode 23,25), c'est l'aspect du Chabbat, sans revêtement de l'action, car le Chabbat est un avant-goût du monde à venir, et alors 'J'écarterai la maladie du milieu de toi' (ibid.).
Et c'est pourquoi l'on n'a besoin de rien demander le Chabbat. Et il est écrit 'Il bénira ton pain' (Exode 23,25).
Explication : que tous les actes soient entraînés à la suite de Son service, béni soit Son Nom, de la langue de la 'berakha' (bénédiction) et de la greffe (harkava). Et de même dans la Guemara on déduit la bénédiction après le repas (birkat ha-mazon) de 'Il bénira ton pain'.
Et lorsque la nourriture est de cette manière, 'J'écarterai la maladie' [car toutes les maladies du corps et de l'âme ne viennent que par le manger et le boire, comme il est dit dans le Zohar qu'une puissance s'enorgueillit sur l'homme, et comme il est écrit 'tu mangeras et te rassasieras, prends garde...' (Deutéronome 8,10-11) ; et le Chabbat, manger est une mitsva, comme ci-dessus].
תרל"ב
[Année 5632]
במדרש סמוך ללא תעלה במעלות כו' וכי ערותן של כהנים מגולה כו' כשם שלא יפסיעו פסיעה גסה כן בדיינים כו'. פי' שלא תעלה במעלות מצד כח גוף האדם שהוא העולה על מזבח השי"ת רק שמקיים מצות הקב"ה וז"ש שלא תגלה ערותך שכל שמשתתף כח עצמו מגרע כנ"ל.
וכן במשפטים דכתיב אשר תשים לפניהם. פשוט י"ל שלפני הרגשות האדם ומעשה קטן או גדול.
אף מחשבה ותנועה קלה. צריך להיות במשפט.
אם הוא רצונו ית'. שיהי' המשפטים שהם תורת השי"ת לפניהם ממש כנ"ל [כעין זה בס' קול שמחה] וכשעושה כן נקרא אינו פוסע פסיעה גסה.
וז"ש הוו מתונים בדין ממש להיות נמסר כל האדם בדין כנ"ל:
Dans le Midrach : la juxtaposition de 'tu ne monteras pas par des degrés sur Mon autel' (Exode 20,23)... 'la nudité des cohanim est-elle donc découverte ?'... de même qu'ils ne feront pas de grand pas (enjambée), de même pour les juges, etc. Explication : que 'tu ne monteras pas par des degrés' du côté de la force du corps de l'homme, lui qui monte sur l'autel du Nom, mais qu'il accomplisse seulement la mitsva du Saint, béni soit-Il.
Et c'est le sens de 'que tu ne découvres pas ta nudité' : car quiconque y associe sa propre force introduit un défaut, comme ci-dessus. Et de même dans les michpatim, dont il est écrit 'que tu placeras devant eux' : au sens simple, on peut dire que devant les sensations de l'homme et devant tout acte, petit ou grand, même une pensée et un mouvement léger, il faut qu'il y ait jugement, pour savoir si c'est conforme à Sa volonté, béni soit-Il ; que les michpatim, qui sont la Torah du Nom, soient littéralement devant eux, comme ci-dessus [de manière semblable dans le livre Kol Simha].
Et lorsqu'il agit ainsi, il est appelé celui qui ne fait pas de grand pas. Et c'est le sens de 'soyez posément mesurés dans le jugement' (Avot 1,1), littéralement : que tout l'homme soit livré dans le jugement, comme ci-dessus.
ששת ימים כו' למען ינוח שורך וחמורך כו'. כי שבת הוא עצה לקרב כל מעשה בראשית להשי"ת ע"י שמירת שבת שהוא עדות שהשי"ת ברא מעשה בראשית.
וזהו למען ינוח כו' כמ"ש במ"א באורך. [ועיין בס' עבודת ישראל].
ולמען ינוח הוא טעם על ששת ימים תעשה מעשיך כי מהראוי היה שבנ"י יהיו בחי' עולם שכולו שבת. רק שנשתלחו נשמות ישראל בעוה"ז כדי לתקן בחי' נפש הבהמיות וכדי שיתוספו עליהם גרים.
לכן יש ימי המעשה. ופי' למען ינוח וינפש כו' הוא לעתיד יהי' שייכות שורך כו' והגר ג"כ להמנוחה:
'Six jours... afin que se reposent ton bœuf et ton âne...' (Exode 23,12). Car le Chabbat est un moyen de rapprocher toute l'œuvre de la Création du Nom, par l'observance du Chabbat qui est un témoignage que le Nom a créé l'œuvre de la Création.
Et c'est 'afin que se reposent...', comme je l'ai expliqué ailleurs longuement [et vois dans le livre Avodat Israël]. Et 'afin qu'il se repose' est la raison de 'six jours tu feras tes ouvrages' : car il aurait convenu que les enfants d'Israël fussent dans l'aspect d'un 'monde entièrement Chabbat' ; seulement les âmes d'Israël ont été envoyées dans ce monde-ci afin de réparer l'aspect de l'âme animale (nefech), et afin que s'ajoutent à eux des convertis ; c'est pourquoi il y a les jours ouvrables.
Et le sens de 'afin qu'il se repose et reprenne souffle...' : dans l'avenir, ton bœuf, etc., et le converti aussi auront part au repos.
בשם הרה"ק ז"ל מקאצק ע"פ ואנשי קודש תהיון. להיות שמירת הקדושה במעשה אנוש ותחבולותיו.
פי' שאין מחסור להשי"ת מלאכי עליון שרפים וחיות הקודש. רק שמתאוה לקדושת אנשים ולכן המשיך נצוצי קדושה גם בעוה"ז במדה וצמצום.
לכן בשר בשדה כו' לא תאכלו דרשו חז"ל כלל על כל היוצא מחוץ למחיצתו נאסר. פי' כנ"ל שיש בכל דבר התפשטות קדושה במדה וצריכין לשמור הגשמיות שלא לצאת מגבול הקדושה כנ"ל.
גם פי' תהיון לי הוא הבטחה שיהיו בנ"י בסוף קודש לה' לכן צריכין לשמור עצמינו עתה להיות מוכנים להינתן בראשו של מלך כדאיתא במדרש המשל מה שאתה יכול לקבוע אבנים ומרגליות קבע שהיא עתידה להיות בראשו של מלך כנ"ל. [ועפי"ז ואנשי קודש תהיון הוא סוד ידוע עפ"י קבלת הראשונים ז"ל]:
Au nom du saint rabbi (de mémoire bénie) de Kotzk, sur le verset 'et vous serez pour Moi des hommes de sainteté' (Exode 22,30) : que la garde de la sainteté soit dans l'agir de l'homme et ses stratagèmes. Explication : le Nom ne manque pas d'anges d'en haut, de séraphim et de saintes 'hayot' ; seulement Il aspire à la sainteté des hommes, et c'est pourquoi Il a attiré des étincelles de sainteté même dans ce monde-ci, avec mesure et contraction (tsimtsoum).
C'est pourquoi 'de la chair déchirée dans les champs... vous ne mangerez pas' (Exode 22,30), nos Sages (de mémoire bénie) l'ont interprété comme une règle générale : tout ce qui sort hors de son enclos devient interdit. Explication comme ci-dessus : il y a en chaque chose un déploiement de sainteté avec mesure, et il faut garder la matérialité pour qu'elle ne sorte pas de la limite de la sainteté, comme ci-dessus.
Et de plus, l'explication de 'vous serez à Moi' est une promesse que les enfants d'Israël seront à la fin 'sainteté pour le Nom' ; c'est pourquoi nous devons nous garder dès maintenant afin d'être prêts à être placés au sommet du roi, comme il est dit dans le Midrach par la parabole : ce que tu peux fixer comme pierres précieuses et perles, fixe-le, car elle est destinée à être au sommet du roi, comme ci-dessus. [Et selon cela, 'et vous serez pour Moi des hommes de sainteté' est un secret connu selon la kabbale des premiers, de mémoire bénie.]
תרל"ד
[Année 5634]
ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם אא"ז מו"ר ז"ל הגיד בשם הרב מפרשיסחא ז"ל שיהיו משפטי ה' קודם חיות האדם וזה לפניהם והוא ענין הקדמת נעשה לנשמע כו'. גם ברש"י ז"ל מה הראשונים מסיני כו'.
ופרשנו עפ"י דברי מו"ז ז"ל שגם משפטי ה' אף שיש בהם טעמים. עכ"ז כל הטעמים ע"י רצונו ית' והוא העיקר.
והטעמים נמשכים אחר רצונו. וז"ש שהם מסיני.
אף שהשכל מבין שכך צריך להיות עכ"ז הכל ע"י שכך גזרה חכמתו ית'. וז"ש אתה כוננת מישרים פי' שע"י רצונו יתברך נעשו משפטיו ישרים וכל העולם מודים ומבינים שישר משפטיו שכל הדעת נמשך אחר רצון השי"ת כנ"ל.
וכן צריך להיות ציווי השי"ת קודם לשכל האדם וזהו לפניהם כנ"ל. ובנ"י הקדימו נעשה לנשמע פי' שהי' חביב אצלם יותר מה שזוכין לעשות רצון עליון ממה שיבינו הטעם של המצוה.
ועי"ז זכו שיבינו גם הטעמים כי מקודם ניתנו הדיברות אח"כ המשפטים. וכ"כ מגיד דבריו הוא הנהגתו יתברך בלי הבנת הטעמים אח"כ חוקיו ומשפטיו כו' וכן הוא בכל מצוה בפרטות כמו שמקיים האדם בפשיטות בלי השגה כראוי רק שרוצה לקיים מצות השי"ת זוכה אח"כ להבין הטעם.
וז"ש רש"י ז"ל לא תעלה על דעתך כו' ותמוה וכי מרע"ה אשר מסר נפשו בעבור ישראל לא הי' חפץ להבין לבנ"י הטעמים. אך כי באמת העיקר לקיים מצות השי"ת בלי הבנת הטעמים.
רק שהשי"ת אמר שבנ"י זכו ע"י הקדמת נעשה לנשמע שיבינו גם הטעמים כנ"ל:
'Et voici les michpatim que tu placeras devant eux' (Exode 21,1). Mon aïeul mon maître (de mémoire bénie) a dit au nom du rabbi de Pchiskha (de mémoire bénie) que les jugements du Nom doivent précéder la vitalité de l'homme, et c'est 'devant eux', ce qui est l'affaire de la préséance de 'nous ferons' sur 'nous entendrons', etc.
De même dans Rachi : 'de même que les premières venaient du Sinaï...'. Et nous avons expliqué selon les paroles de mon aïeul (de mémoire bénie) que même les jugements du Nom, bien qu'ils recèlent des raisons, néanmoins toutes ces raisons ne tiennent que par Sa volonté, béni soit-Il, qui est l'essentiel, et les raisons découlent à la suite de Sa volonté.
Et c'est le sens de 'qu'ils viennent du Sinaï' : bien que l'intelligence comprenne qu'il doit en être ainsi, néanmoins tout cela n'est que parce que Sa sagesse en a décrété ainsi, béni soit-Il. Et c'est le sens de 'Tu as établi la droiture' (Psaumes 99,4) : que par Sa volonté, béni soit-Il, Ses jugements sont devenus droits, et le monde entier reconnaît et comprend que Ses jugements sont droits, car toute la pensée découle à la suite de la volonté du Nom, comme ci-dessus.
Et de même le commandement du Nom doit précéder l'intelligence de l'homme, et c'est 'devant eux', comme ci-dessus. Et les enfants d'Israël ont fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons' : explication, qu'il leur était plus cher de mériter d'accomplir la volonté suprême que de comprendre la raison de la mitsva.
Et par cela ils ont mérité de comprendre aussi les raisons, car d'abord furent données les Dix Paroles, ensuite les michpatim. Et de même : 'Il annonce Ses paroles', c'est Sa conduite, béni soit-Il, sans compréhension des raisons ; ensuite 'Ses statuts et Ses jugements...'.
Et de même en est-il de chaque mitsva en particulier : de même que l'homme l'accomplit avec simplicité, sans compréhension adéquate, seulement parce qu'il veut accomplir la mitsva du Nom, il mérite ensuite d'en comprendre la raison. Et c'est le sens de Rachi : 'ne t'imagine pas...', ce qui est étonnant, car Moche notre maître, qui a livré son âme pour Israël, n'aurait-il pas désiré faire comprendre aux enfants d'Israël les raisons ?
Mais c'est qu'en vérité l'essentiel est d'accomplir la mitsva du Nom sans compréhension des raisons ; seulement le Nom a dit que les enfants d'Israël ont mérité, par la préséance de 'nous ferons' sur 'nous entendrons', de comprendre aussi les raisons, comme ci-dessus.
במדרש ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם. כי השי"ת רוצה לעשות משפט ונקמה ברשעים כאשר באמת בנ"י זוכין במשפט.
רק שזה תלוי בעבודת בני ישראל אם הולכין במשפט אמת בכל דבר. ואם השי"ת צריך לעשות עמנו לפנים משורת הדין אין יכול לעשות משפט ברשעים.
וז"ש אשר תשים לפניהם כי משפט השי"ת תלוי בעבודת בנ"י כנ"ל:
Dans le Midrach : 'Et voici les michpatim que tu placeras devant eux'. Car le Nom veut faire justice et vengeance sur les méchants, de même qu'en vérité les enfants d'Israël l'emportent dans le jugement.
Seulement cela dépend du service des enfants d'Israël, s'ils marchent selon un jugement vrai en toute chose. Et si le Nom doit agir avec nous en deçà de la stricte rigueur du droit (lifnim mi-chourat ha-din), Il ne peut pas faire justice aux méchants.
Et c'est le sens de 'que tu placeras devant eux' : car le jugement du Nom dépend du service des enfants d'Israël, comme ci-dessus.
תרל"ה
[Année 5635]
ר"ח אדר ראשון
Roch Hodech Adar Richon (néoménie du premier mois d'Adar)
במדרש מגיד דבריו כו' חקיו ומשפטיו לישראל משל כו' לבנו נותן מתוך פיו כו'. פשוט כוונת המדרש לפרש.
משפטיו של הקב"ה אשר בחר לעצמו. בדרך זה מנהיג את בניו.
כמ"ש אשר קדשנו במצותיו במצות אשר השי"ת עושה אותם. אך פנימיות הענין דהמשפטים נאמרו אחר הדיברות כי הדיברות הם הנהגות הש"י כמלך הגוזר על עמו ומשפטים הם טעמי המצות כי הם עפ"י שכל התחתונים ג"כ.
ואא"ז מו"ר ז"ל פי' מ"ש רש"י תשים לפניהם כשולחן הערוך כו' למה נאמר זה דוקא אצל המשפטים. אך כי לאשר שכל האנושי משיג המשפטים לזאת צריכין חיזוק אמונה לזה.
לידע כי אעפ"כ הם רק רצונו של הקב"ה כמ"ש המשפט לאלקים הוא. ופי' עפ"י הפסוק אתה כוננת מישרים שגם מה שנראה זה דרך ישר.
הוא ע"י שכן רצונו של הקב"ה לכך יש עליו חן והכל מעידין על ישרו. ולכן צריך להיות השכל בטל אל הציווי של הקב"ה כנ"ל.
ונראה שלכך עלה ע"ד משה רבינו ע"ה שלא להגיד לבנ"י הטעמים כי ירא שעי"ז יהיו מחוסרי אמונה כנ"ל והקב"ה הבטיחו כי מוכנים בני ישראל לקבל הטעמים ושידעו שהכל מהקב"ה הוא כנ"ל. ובנ"י זכו לזה ע"י קבלת הדיברות שהקדימו נעשה לנשמע.
ופי' זה שהי' חביב בעיניהם יותר לעשות רצונו ית' מנשמע שהוא השגת הטעמים כנ"ל. לכן זכו להשיג הטעמים ג"כ כנ"ל.
וכלל הדברים כי המשפטים הם פנימיות הדיברות כי הטעמים יותר פנימים מגוף המצות. וז"ש מגיד דבריו מקודם ואח"כ משפטיו כנ"ל.
ופי' אשר תשים לפניהם כי הקב"ה נתן לבני ישראל אשר גם לדבריהם יהי' להם כח זה שעפ"י דבריהם יהי' נמשך החן והטעמים כמו דבריו של הקב"ה שנאמר אתה כוננת מישרים כנ"ל. וזה ענין תורה שבע"פ שבני ישראל זוכין לחדש דברים שנחצבו לפניו ב"ה וז"ש אשר תשים לפניהם שיהי' בכחם להמשיך משפטי השי"ת והבן:
Dans le Midrach : 'Il annonce Ses paroles... Ses statuts et Ses jugements à Israël' (Psaumes 147,19), une parabole... à son fils il donne de sa propre bouche, etc.
Au sens simple, l'intention du Midrach est d'expliquer : les jugements du Saint, béni soit-Il, qu'Il a choisis pour Lui-même, c'est selon cette voie qu'Il conduit Ses enfants, comme il est dit 'qui nous a sanctifiés par Ses commandements', par les mitsvot que le Nom accomplit Lui-même. Mais l'intériorité de la chose est que les michpatim ont été dits après les Dix Paroles : car les Dix Paroles sont les conduites du Nom, tel un roi qui décrète sur son peuple, et les michpatim sont les raisons des mitsvot, car elles reposent aussi sur l'intelligence des êtres inférieurs.
Et mon aïeul mon maître (de mémoire bénie) a expliqué ce que dit Rachi : 'tu placeras devant eux, comme une table dressée...', pourquoi cela est-il dit précisément à propos des michpatim ? Mais parce que l'intelligence humaine saisit les michpatim, il faut pour cela un renforcement de la foi (emouna) à ce sujet : savoir que malgré cela ils ne sont que la volonté du Saint, béni soit-Il, comme il est dit 'le jugement appartient à Dieu' (Deutéronome 1,17).
Et l'explication se fait selon le verset 'Tu as établi la droiture' (Psaumes 99,4) : que même ce qui paraît être une voie droite, c'est parce que telle est la volonté du Saint, béni soit-Il ; c'est pourquoi il y a sur elle une grâce (hen), et tous témoignent de sa droiture. Et c'est pourquoi l'intelligence doit s'annuler devant le commandement du Saint, béni soit-Il, comme ci-dessus.
Et il semble que c'est pour cela qu'il monta à l'esprit de Moche notre maître (que la paix soit sur lui) de ne pas dire aux enfants d'Israël les raisons, car il craignait que par cela ils ne devinssent dépourvus de foi, comme ci-dessus ; et le Saint, béni soit-Il, l'assura que les enfants d'Israël sont prêts à recevoir les raisons et à savoir que tout provient du Saint, béni soit-Il, comme ci-dessus. Et les enfants d'Israël ont mérité cela par la réception des Dix Paroles, ayant fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons'.
Et l'explication en est qu'il leur était plus cher d'accomplir Sa volonté, béni soit-Il, que d'entendre, ce qui est la saisie des raisons, comme ci-dessus ; c'est pourquoi ils ont mérité de saisir aussi les raisons, comme ci-dessus. Et le principe des choses : les michpatim sont l'intériorité des Dix Paroles, car les raisons sont plus intérieures que le corps des mitsvot.
Et c'est le sens de 'Il annonce Ses paroles' d'abord, et ensuite 'Ses jugements', comme ci-dessus. Et le sens de 'que tu placeras devant eux' : car le Saint, béni soit-Il, a donné aux enfants d'Israël que même à leurs propres paroles ils aient ce pouvoir, que par leurs paroles soient attirées la grâce et les raisons, comme les paroles du Saint, béni soit-Il, ainsi qu'il est dit 'Tu as établi la droiture', comme ci-dessus.
Et c'est l'affaire de la Torah orale, par laquelle les enfants d'Israël méritent de renouveler des choses qui ont été taillées devant Lui, béni soit-Il. Et c'est le sens de 'que tu placeras devant eux' : qu'il soit en leur pouvoir d'attirer les jugements du Nom, comprends-le.
ואמו"ז ז"ל הגיד בשם הרב מפרשיסחא ז"ל אשר תשים לפניהם להיות משפטי השי"ת קודם לעצמותם כענין הקדמת נעשה לנשמע שהוא למסור נפשו לעשות משפטי השי"ת ע"ש בס' קול שמחה. ובאמת זוכין לפנימיות טעמי התורה ע"י הביטול אליו ית'.
כ' שער החצר הפנימית (שער) הפונה קדים כו' וביום השבת יפתח וביום החודש כו'. הפונה קדים הוא הביטול אל מה שלמעלה מהטבע כי בשבת ור"ח יש עלי' לנפשות בנ"י למעלה ועי"ז זוכין לפנימיות הטעמים.
וכ' בשבת קודש ויכולו השמים והארץ כו' פי' התמלאות שפע חיים בכל הבריאה כי ויכל הוא לשון מדה כמ"ש וכל בשליש. אלפים בת יכיל.
כי הקב"ה השפיע בכל ברי' חיים כפי אשר יכולה לקבל. והאמת כי בריאת האדם ביום הששי הוא פנימיות החיות של כל הבריאה כמ"ש ואדם עלי' בראתי.
וע"י האדם נמשך חיות לכל הבריאה. וכפי הביטול ומס"נ של האדם בש"ק להקב"ה.
ממשיך חיות מחדש לכל הבריאה כנ"ל:
Et mon aïeul mon maître (de mémoire bénie) a dit au nom du rabbi de Pchiskha (de mémoire bénie) : 'que tu placeras devant eux', que les jugements du Nom précèdent leur propre être, à la manière de la préséance de 'nous ferons' sur 'nous entendrons', qui est de livrer son âme pour accomplir les jugements du Nom ; vois cela dans le livre Kol Simha. Et en vérité l'on mérite l'intériorité des raisons de la Torah par l'annulation devant Lui, béni soit-Il.
Il est écrit : 'La porte du parvis intérieur qui fait face à l'orient sera fermée les six jours ouvrables, et au jour du Chabbat elle s'ouvrira, et au jour de la néoménie...' (Ezechiel 46,1). 'Qui fait face à l'orient' (kadim) est l'annulation devant ce qui est au-dessus de la nature, car au Chabbat et à la néoménie il y a une élévation pour les âmes des enfants d'Israël vers le haut, et par cela ils méritent l'intériorité des raisons. Et il est écrit au saint Chabbat : 'Les cieux et la terre furent achevés...' (Genèse 2,1).
Explication : le remplissage de l'abondance de vie dans toute la Création, car 'va-yekhoulou' (furent achevés) est un terme de mesure, comme il est dit 'qui a mesuré (va-khal) dans un tiers de mesure' (Isaie 40,12), 'deux mille bat il contenait (yakhil)'. Car le Saint, béni soit-Il, a fait affluer dans chaque créature une vie selon ce qu'elle peut recevoir.
Et la vérité est que la création de l'homme au sixième jour est l'intériorité de la vitalité de toute la Création, comme il est dit 'et l'homme sur elle, Je l'ai créé' (Isaie 45,12). Et par l'homme est attirée la vitalité pour toute la Création.
Et selon l'annulation et le don de soi de l'homme au saint Chabbat envers le Saint, béni soit-Il, il attire une vie renouvelée pour toute la Création, comme ci-dessus.
טעם הנרצע אחר שש אוזן ששמעה עבדי הם כו'. ולא בשעת המכירה.
כי סבור הי' שיכול לקבל העבדות שלא ינתק עי"ז מעבדות של הקב"ה. ואחר שידע טעם עבדות בשר ודם שעי"ז פורק עול מ"ש.
אין לו לומר אהבתי כו'. אף כי לעיני בשר נראה להקל חומר העבירה ע"י ההרגל שדש בה.
אבל באמת צריך להיות שונא יותר מי שיודע ומרגיש גודל החטא. וגם כי המוכר עצמו מפני דוחקו אין עליו חטא רק אם אינו רוצה אח"כ לצאת אף שנתנה לו תורה מקום לצאת בשש.
נראה כי התחלת המכירה לא הי' באמת מתוך הדוחק ולכן נענש על התחלת המכירה:
La raison pour laquelle celui dont on perce l'oreille ne l'est qu'après six ans : l'oreille qui a entendu 'ils sont Mes serviteurs' (Lévitique 25,55), et non au moment de la vente. Car il pensait pouvoir accepter la servitude sans que par cela il ne soit coupé de la servitude du Saint, béni soit-Il.
Et après avoir connu le goût de la servitude de chair et de sang, par laquelle il rejette le joug du Royaume des cieux, il ne lui convient pas de dire 'j'aime mon maître...' (Exode 21,5). Bien qu'aux yeux de chair il paraisse que la gravité de la transgression s'allège par l'habitude, une fois qu'il y est rompu, en vérité celui qui connaît et ressent la grandeur de la faute doit la haïr davantage.
Et de plus, celui qui se vend à cause de sa détresse n'a pas de faute ; seulement s'il ne veut pas ensuite sortir, bien que la Torah lui ait donné la possibilité de sortir au bout de six ans, il apparaît que le commencement de la vente n'était pas vraiment issu de la détresse, et c'est pourquoi il est puni pour le commencement de la vente.
בודאי יכולין ללמוד מאלה המשפטים דרכים הצריכין לעבודת הבורא ית'. ודין שומרים כי יתן כו' כסף או כלים כו' אם ימצא הגנב ישלם שנים כו' אם לא שלח ידו כו'.
כי הקב"ה נותן לאדם כלים לשמור. כסף הוא הרצון והחשק.
וגם בריאת האדם עצמו שהוא כלי לעבודתו ית' וצריך שמירה. והיצה"ר גונב העיקר.
ואם האדם ניצול ממנו יש לו יתרון כי הגנב משלם כפל. והעצה היעוצה לאדם הוא הרחקת התענוגים כי אם שולח יד נתחייב באונסין.
ובגמ' השומר שאמר הריני משלם קונה הכפל לכשתגנב ותרצה ותשלמיני כו' ע"ש פי' אף שחטא האדם אם נותן לבו לשוב להשי"ת ברצון שלם. אף כי באמת חייב הוא.
עכ"ז בא עוד למעלה ע"י החטא ומקנה לו הכפל והוא ענין מעלת בעל תשובה. שזדונות נעשין לו כזכיות כנ"ל:
Assurément on peut apprendre de ces michpatim des voies nécessaires au service du Créateur, béni soit-Il. Ainsi la loi des gardiens : 'si quelqu'un donne... de l'argent ou des objets... si le voleur est trouvé, il paiera le double... s'il n'a pas étendu sa main...' (Exode 22,6-7).
Car le Saint, béni soit-Il, donne à l'homme des objets à garder : 'l'argent' (kessef), c'est la volonté et le désir (hechek) ; et aussi la création de l'homme lui-même, qui est un instrument pour Son service, béni soit-Il, et qui requiert une garde. Et le mauvais penchant (yetser ha-ra) vole l'essentiel.
Et si l'homme en réchappe, il a un avantage, car le voleur paie le double. Et le conseil recommandé à l'homme est l'éloignement des plaisirs, car s'il 'étend la main' il devient responsable même des cas de force majeure (onassin).
Et dans la Guemara : le gardien qui a dit 'me voici, je paie' acquiert le double, lorsque l'objet sera volé et que le voleur voudra et te paiera... vois cela. Explication : bien que l'homme ait commis une faute, s'il met son cœur à revenir vers le Nom d'une volonté entière, bien qu'en vérité il soit responsable, néanmoins il parvient encore plus haut par la faute même, et le Nom lui acquiert le double : c'est l'affaire de l'élévation du maître du repentir (baal techouva), chez qui les fautes délibérées deviennent comme des mérites, comme ci-dessus.
תרל"ו
[Année 5636]
« Et voici » (ve-élé) ajoute aux dix Paroles. Le Midrach lit « Il annonce Ses paroles à Yaakov » (Tehilim 147,19) comme ces Paroles, et « Ses lois et Ses jugements à Israël » comme les michpatim, à l'image de Yaakov et d'Israël. Le Sfat Emet enseigne d'accomplir d'abord les commandements sans examen de l'intellect, entraîné à la conduite du Créateur, puis on mérite de saisir les raisons. Cette sagesse ne tient qu'après le joug du royaume des cieux dans la crainte : « élé » ne subsiste pas seul, seulement en surcroît sur le service. Il rapporte de Rachi que Moché craignait qu'Israël ne fût pas digne des raisons, et que le Saint béni soit-Il dit qu'ils en sont dignes.
Aussi : l'emprunt avec le propriétaire, dévouement (messirout nefech) qui exempte des cas de force majeure ; la Torah, garde en chaque lettre, sans interruption ; les jugements qui escortent la Torah avant et après, et la techouva qui la fait subsister
במדרש ואלה מוסיף על הראשונים עשרת הדיברות כו' דאיתא מגיד דבריו ליעקב אלו עשרת הדיברות חקיו ומשפטיו לישראל זה המשפטים. והם ב' מדריגות זו למעלה מזו כענין יעקב וישראל.
כי מקודם צריך אדם לקיים מצות הבורא בלי חקירת השכל והוא ענין הדברות להיות נמשך אחר הנהגת הבורא מגיד דבריו הוא סדר הנהגתו כמ"ש דבר מלך שלטון. אח"כ זוכין להשיג טעמי המצות והם המשפטים שהם עפ"י שכל.
והתחכמות האדם ע"י התורה צריך ג"כ שמירה. ולכן אין יכולין לבוא לזה עד שמקבלין מקודם עול מלכות שמים ביראה כמאמר כל שיראת חטאו קודמת כו'.
ז"ש ואלה כי לא שייך אלה כי א"י להיות בפ"ע רק אם הוא בדרך תוספות על עבודת האדם אז יש לה קיום. וז"ש רש"י אמר ה' למשה רע"ה אל תעלה ע"ד כו'.
פי' שירא מרע"ה שאין בנ"י ראוין להשיג הטעמים ויש בזה סכנה. ואמר הקב"ה כי ראוין הם בנ"י לכך.
ואיתא בזוה"ק כי כל איש ישראל צריך לעבוד השי"ת בבחי' עבד לקיים פקודת המלך ובבחי' בן לחפשא בגנזין דמלכא. והם בחי' הדברות והמשפטים כנ"ל.
והוא עבודת ימי החול. ושבת בחי' בן שאנו זוכין בשבת להתגלות דעת האדם שיסכים השכל לקיים רצון אבינו שבשמים בלי מלחמות.
וזהו שנק' שבת שלום כי משפטי ה' אמת ובשמים הכל מעידין על צדקת הבורא וכ' ה' עוז לעמו יתן כו' יברך כו' בשלום. פי' ע"י שגוברין בכח התורה על היצה"ר זוכין אח"כ לשבת בחי' שלום.
וע"ז איתא מחלוקת לשם שמים בחול סופו להתקיים פי' בשבת כמ"ש חז"ל שלא הי' לעולם קיום עד שבא השבת. פי' שיש בעולם בחי' המחלוקת מעלמא דשיקרא ובשבת לית שולטנא אחרא בכולהו עלמין.
וזהו מקיים העולם כמ"ש שבת קביעא וקיימא. והעבד מוכן ללחום מלחמת המלך.
ובשבת בחי' מנוחה לבנים על שולחן אביהם:
Dans le Midrach : 'Et voici' (ve-ele) ajoute aux précédents, [c'est-à-dire] aux dix Paroles (les Dix Commandements), etc. Car il est enseigné : 'Il annonce Ses paroles à Yaakov' (Ps 147,19) - ce sont les dix Paroles ; 'Ses lois et Ses jugements à Israël' - ce sont les mishpatim (les lois).
Et ce sont deux degrés, l'un au-dessus de l'autre, à l'image de Yaakov et d'Israël. Car l'homme doit d'abord accomplir les commandements du Créateur sans examen de l'intellect, et c'est la notion des Paroles (Dibrot) : être entraîné à la suite de la conduite du Créateur ; 'Il annonce Ses paroles' est l'ordre de Sa conduite, comme il est écrit 'la parole du roi est souveraine' (Qohelet 8,4).
Ensuite on mérite de saisir les raisons des commandements, et ce sont les mishpatim, qui reposent sur l'intellect. Et l'accroissement de sagesse de l'homme par la Torah requiert lui aussi une garde.
C'est pourquoi on ne peut y parvenir qu'après avoir d'abord reçu le joug du royaume des cieux dans la crainte, selon la maxime 'quiconque la crainte de sa faute précède [sa sagesse, sa sagesse subsiste]' (Avot 3,9). C'est le sens de 'Et voici' (ve-ele) : car le terme 'ele' (voici) ne convient pas [seul], car [ces lois] ne peuvent subsister par elles-mêmes ; ce n'est que si elles viennent en surcroît sur le service de l'homme qu'elles ont alors une existence durable.
Et c'est ce que dit Rachi : ה' dit à Moché notre maître 'ne t'imagine pas [de leur donner...]' etc. C'est-à-dire que Moché notre maître craignait que les enfants d'Israël ne soient pas dignes de saisir les raisons, et qu'il y ait là un danger ; et le Saint béni soit-Il dit que les enfants d'Israël en sont bien dignes.
Et il est dit dans le Zohar saint que tout homme d'Israël doit servir ה' à la fois selon l'aspect du serviteur, pour accomplir l'ordre du Roi, et selon l'aspect du fils, pour fouiller dans les trésors du Roi (le-hafsa be-ginzin de-malka). Ce sont les aspects des Paroles (Dibrot) et des mishpatim, comme ci-dessus.
Et c'est le service des jours de semaine. Et le Chabbat est l'aspect du fils, car nous méritons au Chabbat la révélation de la connaissance de l'homme, en sorte que l'intellect consente à accomplir la volonté de notre Père qui est aux cieux sans combats.
Et c'est ce qu'on appelle 'Chabbat de paix' (Chabbat chalom), car les jugements de ה' sont vérité, et dans les cieux tout témoigne de la justice du Créateur, et il est écrit 'ה' donnera force à Son peuple... Il le bénira par la paix' (Ps 29,11).
C'est-à-dire : c'est en dominant, par la force de la Torah, le mauvais penchant (yetser ha-ra), qu'on mérite ensuite le Chabbat, aspect de la paix. Et sur cela il est enseigné : 'une controverse pour l'amour du Ciel, sa fin est de subsister' (Avot 5,17) - c'est-à-dire dans le Chabbat, comme l'ont dit nos maîtres que le monde n'eut jamais de subsistance jusqu'à ce que vienne le Chabbat.
C'est-à-dire qu'il existe dans le monde l'aspect de la controverse, issu du monde du mensonge (alma de-chikra), et qu'au Chabbat 'nul autre pouvoir ne domine dans tous les mondes'. Et c'est cela qui fait subsister le monde, comme il est dit 'le Chabbat est fixé et permanent' (chabbat kevia ve-kaymma).
Et le serviteur est prêt à combattre le combat du Roi ; et au Chabbat, c'est l'aspect du repos pour les fils à la table de leur père.
בפסוק וכי ישאל כו' בעליו עמו לא ישלם. כי כל מעשי האדם נמשכין אחר עצמות האדם בכללו.
והשי"ת נתן לכל אדם כלים יקרים כל החושים ונשמה הטהורה שכ' בזוה"ק ע"פ כי ימכור כו' בתו לאמה כו' והאדם עושה בה כל חפצו. וכל הנאה שלו וא"כ חייב באונסין.
אך העצה ע"י מס"נ להקב"ה בכלל נק' שאילה בבעלים. כי לא שייך שיהי' ה' נשאל לאדם רק ע"י השתעבדות במס"נ למקום כמאמר אם ישים אליו לבו כו' ונשמתו אליו יאסוף הרי הוא עמו במלאכתו ופטור באונסין.
ובאמת כי איך יחייב ה' על אונס רק שאם אינו מקבל עומ"ש כראוי כל האונסין נחשבין כפשיעה. ואם בכללו תחת עול יראת ה' נחשבים המעשים לאונסין.
ומצינו מתה מחמת מלאכה. אף כי השכל מחייב שכל החסרונות מצד האדם השואל.
אעפ"כ לפעמים כך רצונו ית' שנותן לאדם עבודה שלא יוכל לגמרה ע"כ לא יפול לב האדם בראותו שאין השעה עומדת לו לגמור כל מעשיו כראוי. והבן:
Sur le verset 'Et si un homme emprunte [une bête à son prochain]...' (Ex 22,13) : 'si son propriétaire est avec lui, il ne paiera pas'. Car toutes les actions de l'homme découlent de l'essence de l'homme dans sa globalité.
Et le Saint béni soit-Il a donné à chaque homme des instruments précieux (kelim) - tous les sens et l'âme pure -, comme il est écrit dans le Zohar sur le verset 'si un homme vend sa fille comme servante' (Ex 21,7), et l'homme en fait tout son désir, et tout le profit est à lui ; dès lors il est responsable des cas de force majeure (onsin). Mais le remède : par le dévouement (mesirout nefech) au Saint béni soit-Il dans sa globalité, cela s'appelle 'emprunt avec le propriétaire' (che'ila be-be'alim).
Car il n'est pas concevable que ה' soit 'emprunté' à l'homme, si ce n'est par l'assujettissement dans le dévouement à l'Omniprésent, selon la maxime 'S'Il fixait sur lui Son cœur, [Il recueillerait à Lui son esprit et son souffle]' (Job 34,14) - voici qu'Il est avec lui dans son ouvrage, et il est exempt en cas de force majeure. Et en vérité, comment ה' rendrait-Il responsable d'un cas de force majeure ?
Mais c'est que, si l'homme ne reçoit pas le joug du royaume des cieux comme il convient, tous les cas de force majeure sont comptés comme négligence (pechia) ; et si, dans sa globalité, il est sous le joug de la crainte de ה', les actes sont comptés comme des cas de force majeure [non imputables]. Et nous trouvons [le cas d'une bête] 'morte du fait du travail' [où l'emprunteur est exempt].
Bien que l'intellect exige que tous les manques viennent du côté de l'homme emprunteur, néanmoins, parfois telle est Sa volonté béni soit-Il, qui donne à l'homme un travail qu'il ne pourra achever. C'est pourquoi le cœur de l'homme ne doit pas défaillir en voyant que l'heure ne se tient pas à sa disposition pour achever toutes ses actions comme il convient.
Et comprends [cela].
בזוה"ק ע"פ ובכל אשר אמרתי כו' תשמרו ושם א-להים אחרים לא תזכירו כו'. כי דברי תורה הם שמירה לאדם.
והשי"ת נתן לנו תורה ומצות אשר בזה יכולין למצוא כל הצורך לנו ואין צריכין לבקש עצות ממקום אחר לשום דבר. וכתיב בכל אשר אמרתי פי' בכל דיבור ואות שבתורה נמצא שמירה זאת.
וכן שמעתי מפה קדוש אא"ז מו"ר ז"ל על פסוק קול גדול ולא יסף ומתרגמינן ולא פסק ואמר בכל אות שבתורה יכול כל אדם למצוא כל הצריך לו בכל עת כי אין לו הפסק עכ"ד. והוא ענין השלימות שיש בכל נקודה מתורה ומצות הכל ואעפ"כ נכתב זה בלשון ציווי כי שמירה זו תלוי' באדם כפי מה שאדם יודע זאת ומחזק [עצמו] בדברי תורה ויודע שאין לו מקום אחר בכל הצריך לו רק בתורה כמאמר הפוך בה כו' דכולה בה.
כפי ידיעתו זאת. כך מתגלה לו הכל ונתקיים פעולת התורה כי הכל תלוי בבחירת האדם כנ"ל:
Dans le Zohar saint, sur le verset 'et en tout ce que Je vous ai dit vous serez gardés (tichameru), et le nom d'autres dieux vous ne mentionnerez pas' (Ex 23,13). Car les paroles de Torah sont une garde pour l'homme.
Et le Saint béni soit-Il nous a donné la Torah et les commandements, par lesquels on peut trouver tout ce qui nous est nécessaire, sans avoir besoin de chercher des conseils ailleurs pour quoi que ce soit. Et il est écrit 'en tout ce que Je vous ai dit' : c'est-à-dire que dans chaque parole et chaque lettre de la Torah se trouve cette garde.
Et de même j'ai entendu de la bouche sainte de mon aïeul, mon maître et enseignant de mémoire bénie, sur le verset 'une grande voix, et il n'ajouta pas (ve-lo yasaf)' (Deut 5,19), que le Targoum traduit 'et [elle] ne s'interrompit pas (ve-lo pasak)' ; et il dit : dans chaque lettre de la Torah, tout homme peut trouver, à tout moment, tout ce qui lui est nécessaire, car elle n'a pas d'interruption - fin de ses paroles. Et c'est la notion de perfection (chelemout) qu'il y a en chaque point de la Torah et des commandements : tout [s'y trouve].
Et pourtant cela est écrit en langage d'ordre, car cette garde dépend de l'homme, selon ce que l'homme sait cela et se renforce [lui-même] dans les paroles de Torah, et sait qu'il n'a pas d'autre lieu pour tout ce qui lui est nécessaire, si ce n'est dans la Torah, selon la maxime 'Retourne-la [et retourne-la], car tout est en elle' (Avot 5,22). Selon sa connaissance de cela, ainsi tout se révèle à lui, et l'action de la Torah s'accomplit, car tout dépend du libre choix de l'homme, comme ci-dessus.
תרל"ז
[תרל״ז] (5637)
במדרש מגיד דבריו ליעקב כו' ומשפטיו לישראל כו' ע"ש ד' המדרש. פי' דבריו הוא עשרת הדיברות והוא הנהגתו יתברך את כל הבריאה כמ"ש במ"א כי בעשרה מאמרות נברא העולם ובעשרת הדברות מתקיימת העולם שהקב"ה מנהיג העולם במצות ופקודיו שמסר לבני ישראל.
ובכל דבר יש מצוה מיוחדת והם מקיימים הכל. וכפי שמירת בנ"י המצות.
כך מתנהג העולם. נמצא שבמה שנתן המצות לבנ"י מסר הנהגת העולם בידינו.
וזה צריך כל אדם לידע כי הנהגת הכל תלוי בקיום המצות של האדם כנ"ל. ומשפטיו לבנ"י הוא מעלה גדולה מזאת.
שגם המשפט מסר לבנ"י כאשר מצינו שכשיצא מב"ד זכאי אין מחזירין אותו כו' נמצא שהקב"ה מסר המשפטי' לבנ"י. וז"ש המדרש שהקב"ה אינו כבו"ד רק שמקיים הוא עצמו הגזירה כו' שנשתנה כביכול המשפט עליון ע"י ב"ד שלמטה שכך מסר משפטיו לישראל.
אמנם ב' אלו הבחי' הם זה אחר זה כשבנ"י קיבלו הדיברות מקודם והוא קבלת עול מלכות שמים ועול מצות אף בלי השגת הטעמים. רק לקיים גזירת המלך להיות מתנהג העולם ברצון הבורא ע"י שמירת המצות של בנ"י כמו שבארנו למעלה.
עי"ז זכו אח"כ אל המשפטים שהוא השגת הכל עפ"י השכל. וכפי הסכמת דעת בני ישראל שלמטה מסכים הקב"ה עמהם.
וזה פי' נעשה ונשמע שע"י העשיה זוכין אח"כ לשמיעה שהיא ההשגה כנ"ל. וזה ואלה המשפטים ו' מוסיף על ענין ראשון שאין להשיג המשפטים רק אחר קבלת הדברות כנ"ל:
Dans le Midrach : 'Il annonce Ses paroles à Yaakov... et Ses jugements à Israël...' (Ps 147,19) ; vois là les paroles du Midrach. Explication : 'Ses paroles' ce sont les dix Paroles (Dibrot), et c'est Sa conduite béni soit-Il de toute la création, comme je l'ai écrit ailleurs : car par dix Paroles-de-création (maamarot) le monde fut créé, et par les dix Paroles (Dibrot) le monde subsiste.
Car le Saint béni soit-Il conduit le monde par les commandements et les préceptes qu'Il a confiés aux enfants d'Israël. Et en chaque chose il y a un commandement particulier, et ce sont eux qui maintiennent le tout ; et selon la garde des commandements par les enfants d'Israël, ainsi se conduit le monde.
Il se trouve donc qu'en donnant les commandements aux enfants d'Israël, Il a remis la conduite du monde entre nos mains. Et cela, tout homme doit le savoir : que la conduite du tout dépend de l'accomplissement des commandements par l'homme, comme ci-dessus.
Et 'Ses jugements aux enfants d'Israël' est un degré plus grand que celui-ci : car Il a aussi remis le jugement (michpat) aux enfants d'Israël, comme nous trouvons que lorsqu'un [accusé] sort acquitté du tribunal, on ne le fait pas revenir, etc. Il se trouve donc que le Saint béni soit-Il a remis les jugements aux enfants d'Israël.
Et c'est ce que dit le Midrach : que le Saint béni soit-Il n'est pas comme un [roi de] chair et de sang, mais qu'Il accomplit Lui-même le décret, etc. - car le jugement suprême est pour ainsi dire modifié par le tribunal d'en bas, tant Il a remis Ses jugements à Israël. Or ces deux aspects sont l'un après l'autre : lorsque les enfants d'Israël ont d'abord reçu les Paroles (Dibrot) - et c'est la réception du joug du royaume des cieux et du joug des commandements, même sans saisie des raisons, seulement pour accomplir le décret du Roi, afin que le monde se conduise selon la volonté du Créateur par la garde des commandements des enfants d'Israël, comme nous l'avons expliqué plus haut - par cela ils ont ensuite mérité les mishpatim, qui sont la saisie de tout selon l'intellect.
Et selon l'accord de l'avis des enfants d'Israël d'en bas, le Saint béni soit-Il s'accorde avec eux. Et c'est le sens de 'nous ferons et nous entendrons' (naassé ve-nichma) : que par l'action on mérite ensuite l'écoute, qui est la saisie, comme ci-dessus.
Et c'est 'Et voici les mishpatim' : le vav ajoute au sujet précédent, car on ne peut saisir les mishpatim qu'après la réception des Paroles (Dibrot), comme ci-dessus.
ובמדרש משל למטרונה זיין לפניה וזיין לאחריה כך התורה דינין מלפני' ודינין לאחרי' כו'. פירוש שקודם שזוכין לתורה צריכין לתקן עצמו עפ"י מדה"ד לתקן כל פרטי המעשים.
אח"כ זוכין לתורה שהיא מדה"ר. כמ"ש בפרשה הקודמת בענין לקחת מתנות כו'.
אמנם כן גם אחר שזוכין לתורה צריכין לדקדק ביותר שלא לבוא ח"ו לידי גבהות ע"י התורה. וצריכין לשוב בתשובה ע"י התורה שידע האדם ויבוש בעצמו איך הקב"ה היטיב עמו וזכהו לתורה.
ומזה יפול עליו בושה וישוב בתשובה ועי"ז התורה מתקיימת אצלו. וזו היראה והמשפט שאחר השגת התורה היא יראה אמיתית שיראה הקודמת היא ע"י חסרון דעת.
ויראה זו בא ע"י הדעת שרואה ומבין ע"י התורה איך ליבוש מפני הבורא ית' והוא דבר של קיימא. וגם המשל כן הוא שזיין שקודם המטרונה הוא לבל יקרב לה איש רע ובליעל.
והזיין שלאחרי' הוא מי שכבר נתחבר אלי' שלא יתעכב (עצמו אלי') [אצלה] יותר מדאי. ויהיה עליו פחד ומורא ויזכור כי היא המלכה ולא יהי' שוה בעיניו להתקרב אלי' יותר מדאי כנ"ל.
[והמ"י שהוא סוד הו' שבין ב' הההי"ן]:
Et dans le Midrach, une parabole : [il en va] d'une reine (matrona) avec une escorte armée (zayin) devant elle et une escorte armée derrière elle ; de même la Torah a des jugements (dinin) devant elle et des jugements derrière elle, etc. Explication : avant de mériter la Torah, il faut se rectifier selon la mesure de rigueur (midat ha-din), pour rectifier tous les détails des actions ; ensuite on mérite la Torah, qui est la mesure de miséricorde (midat ha-rahamim), comme je l'ai écrit dans la paracha précédente au sujet de 'prendre des dons...'.
Toutefois, même après avoir mérité la Torah, il faut redoubler de vigilance pour ne pas en venir, à Dieu ne plaise, à l'orgueil par la Torah. Et il faut revenir en repentir (techouva) par la Torah, en sorte que l'homme sache et ait honte en lui-même [en voyant] comment le Saint béni soit-Il lui a fait du bien et lui a accordé de mériter la Torah ; et de cela lui viendra la honte, et il reviendra en repentir, et par cela la Torah subsiste chez lui.
Et c'est la crainte et le jugement qui suivent la saisie de la Torah : c'est une crainte véritable, alors que la crainte précédente était par manque de connaissance (daat). Et cette crainte-ci vient par la connaissance, car il voit et comprend par la Torah comment avoir honte devant le Créateur béni soit-Il, et c'est chose durable.
Et la parabole aussi est ainsi : l'escorte qui précède la reine est pour qu'aucun homme mauvais et vil ne s'approche d'elle ; et l'escorte qui la suit est pour celui qui s'est déjà joint à elle, afin qu'il ne s'attarde pas [auprès d'elle] plus que de mesure, et qu'il y ait sur lui crainte et frayeur, et qu'il se souvienne qu'elle est la reine, et qu'il ne lui soit pas indifférent de s'approcher d'elle plus que de mesure, comme ci-dessus. [Et le mem-youd, qui est le secret du vav (ו) qui se tient entre les deux hé (ה, ה) [du Nom].]
תרל"ח
[תרל״ח] (5638)
ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם. במד' ועוז מלך משפט אהב כו'.
התורה נק' עוז וכפי מה שמקבלין בני ישראל כח התורה מתיישרין לבבם לבוא לדעת אמת. כי אף שהמשפט תלוי בדעת השופט מ"מ הוא רק לבנ"י באשר דעתם נמשכת אחר דעת התורה ודעת המקום ב"ה לכן נאמרו המשפטים אחר קבלת התורה.
ואלה מוסיף על ענין ראשון שע"י שזכו לתורה ניתן המשפט לפניהם וכ"כ מגיד דבריו כו' על ידי זה חקיו ומשפטיו כו'. וכבר כתבנו מזה שכפי מה שאדם מבטל דעתו ושכלו למצות הבורא ית' וחקיו.
כפי זה הביטול זוכה ליישר דעתו ושכלו להשוותו לדעת התורה ולאמת. וענין זה הוא ענין ימי המעשה והשבת שבו ניתן דעת ונשמה יתירה לאדם כפי היגיעה בחול אף שאין הדעת צלולה כמו בשבת רק שמבטל דעתו כנ"ל זוכה לדעת בש"ק כנ"ל:
ובמד' המשל על מה שתורה דינין לפני' ולאחרי' כו'. והענין שצריך האדם לשפוט מעשיו כדי לזכות לדברי תורה.
וכמו כן צריך לשפוט ולשמור מעשיו אחר שזוכה קצת לדברי תורה לשמור עצמו מגשמיות כדי לשמור הארת התורה שזכה לקבלו. וב' השמירות הם מקיימין הקבלה להיות דבר של קיימא ובמקום אחר הארכנו בזה:
'Et voici les mishpatim que tu placeras devant eux' (Ex 21,1). Dans le Midrach : 'et la force du roi aime le jugement...' (Ps 99,4).
La Torah est appelée 'force' (oz), et selon ce que les enfants d'Israël reçoivent de la force de la Torah, leurs cœurs se redressent pour parvenir à la connaissance véritable. Car même si le jugement dépend de l'avis du juge, ce n'est cependant que pour les enfants d'Israël, en ce que leur avis (daat) est entraîné à la suite de l'avis de la Torah et de l'avis de l'Omniprésent béni soit-Il ; c'est pourquoi les mishpatim ont été dits après la réception de la Torah.
Et 'Et voici' (ve-ele) ajoute au sujet précédent : c'est parce qu'ils ont mérité la Torah que le jugement leur a été donné, devant eux. Et de même il est écrit 'Il annonce Ses paroles...' - par cela viennent 'Ses lois et Ses jugements...' (Ps 147,19).
Et nous avons déjà écrit à ce sujet que, selon ce que l'homme annule son avis et son intellect devant les commandements du Créateur béni soit-Il et Ses lois, selon cette annulation il mérite de redresser son avis et son intellect pour les égaler à l'avis de la Torah et à la vérité. Et cette notion est celle des jours ouvrables (yeme ha-maasse) et du Chabbat, où est donné à l'homme un supplément de connaissance et une âme supplémentaire (nechama yetera) selon l'effort [fourni] en semaine ; bien que la connaissance n'y soit pas limpide comme au Chabbat, du seul fait qu'il annule son avis comme ci-dessus, il mérite la connaissance au saint Chabbat, comme ci-dessus.
Et dans le Midrach, la parabole sur ce que la Torah a des jugements devant elle et derrière elle, etc. : la chose est que l'homme doit juger ses actions afin de mériter les paroles de Torah ; et de même il doit juger et garder ses actions après qu'il a mérité un peu les paroles de Torah, pour se garder de la matérialité (gachmiout) afin de garder l'illumination de la Torah qu'il a mérité de recevoir. Et ces deux gardes maintiennent la réception, en sorte qu'elle soit chose durable, et nous nous sommes étendus là-dessus ailleurs.
תרל"ט
[תרל״ט] (5639)
במדרש מגיד דבריו ליעקב כו'. פי' הנהגת הבורא ית' שמנהיג את עולמו מסר לבנ"י כמ"ש כח מעשיו הגיד לעמו וממילא שהעולם נמסר בידם צריך ללמד להם משפטיו לכן הזהיר לא תטה משפט ככתוב שם במדרש דע שאתה מזעזע אחד מרגלי עולם כו'.
וברש"י לפניהם ולא לפני עכו"ם אפילו אתה יודע שדנין כדין ישראל כו' הוא כנ"ל שאין כח במשפט עכו"ם לפסוק את הדין אבל דייני ישראל הכח בידם. וכאשר פוסקים את הדין מתקיים כך כנ"ל.
והרב מפרשיסחא ז"ל פי' לפניהם שיהי' המשפט לפני עצמותם שימסרו נפשם עליו ע"ש בס' קול שמחה. ולפמ"ש ג"כ תלוי בזה ע"י שמסרו בנ"י נפשם בנעשה ונשמע.
לכן נמסר בידם המשפט כי בודאי כיון שמסר הבורא ית' הכל בידם. וודאי מצא אותם נאמנים לפניו ועי"ז שהוא לפניהם כנ"ל במס"נ לכן הוא לפניהם כפשוטו ג"כ כנ"ל.
והנה מגיד דבריו הם הדיברות שהתורה היא חיות העולם וכל הבריאה וע"י קבלת התורה נמסר בידם כח כל הבריאה ואח"כ זכו אל המשפטים כנ"ל. וכתיב עושי דברו לשמוע בקול דברו כי ע"י שהאמינו בו ית' וקיבלו לעשות כל דברי ה' אף מה שאין משיגין.
לכן זכו אח"כ להשיג המשפטים והטעמים כמ"ש כמה פעמים במ"א שע"י אמונה זוכין לאמת. וע"י היגיעה בחושך שהוא עבודת ימי המעשה זוכין בשבת להשגת הדעת שהוא נק' מנוחה מה שאדם מבין בשכלו ומשיג שורש הדברים לאמיתותן.
ז"ש ואלה מוסיף על הראשונים פי' שזה תוספות שכר. כמו נשמה יתירה שזוכין בשבת ע"י ימי עבודה והוא שכר ותוספות על עבודת החול כמו כן המשפטים תוספות על קבלת הדיברות בדרך אמונה כנ"ל:
Dans le Midrach : 'Il annonce Ses paroles à Yaakov...' (Ps 147,19). Explication : la conduite du Créateur béni soit-Il, par laquelle Il conduit Son monde, Il l'a remise aux enfants d'Israël, comme il est écrit 'la force de Ses œuvres Il a annoncée à Son peuple' (Ps 111,6) ; et par conséquent, puisque le monde est remis entre leurs mains, il faut leur enseigner Ses jugements.
C'est pourquoi Il a averti 'tu ne feras pas dévier le jugement', comme il est écrit là dans le Midrach : 'sache que tu ébranles l'un des pieds du monde...'. Et dans Rachi : 'devant eux' et non devant les [tribunaux des] nations, même si tu sais qu'ils jugent selon le même droit qu'Israël, etc. - c'est comme ci-dessus : il n'y a pas de force dans le jugement des nations pour trancher le droit, mais les juges d'Israël ont la force entre leurs mains, et lorsqu'ils tranchent le droit, il subsiste ainsi, comme ci-dessus.
Et le Rav de Pershyskha de mémoire bénie a expliqué 'devant eux' : que le jugement soit devant leur essence même, qu'ils y dévouent leur âme (nefech) - vois cela dans le livre Kol Simha. Et selon ce que nous avons écrit, cela aussi en dépend : parce que les enfants d'Israël ont dévoué leur âme dans 'nous ferons et nous entendrons', c'est pourquoi le jugement leur a été remis.
Car assurément, puisque le Créateur béni soit-Il a remis tout entre leurs mains, assurément Il les a trouvés fidèles devant Lui ; et du fait que c'est 'devant eux', comme ci-dessus par le dévouement, c'est pourquoi c'est aussi 'devant eux' au sens simple, comme ci-dessus. Et voici, 'Il annonce Ses paroles' ce sont les Paroles (Dibrot), car la Torah est la vie du monde et de toute la création, et par la réception de la Torah la force de toute la création leur fut remise, et ensuite ils méritèrent les mishpatim, comme ci-dessus.
Et il est écrit 'ceux qui accomplissent Sa parole, pour écouter la voix de Sa parole' (Ps 103,20) : parce qu'ils ont eu foi en Lui béni soit-Il et se sont engagés à accomplir toutes les paroles de ה', même ce qu'ils ne saisissent pas, c'est pourquoi ils ont ensuite mérité de saisir les mishpatim et les raisons, comme je l'ai écrit plusieurs fois ailleurs, que par la foi (emouna) on mérite la vérité. Et par l'effort dans l'obscurité, qui est le service des jours ouvrables, on mérite au Chabbat la saisie de la connaissance, qui est appelée repos (menouha) - ce que l'homme comprend par son intellect et [par quoi] il saisit la racine des choses selon leur vérité.
C'est le sens de 'Et voici' qui ajoute aux précédents : cela est un surcroît de récompense, comme l'âme supplémentaire qu'on mérite au Chabbat par les jours de labeur, qui est récompense et surcroît sur le service de la semaine ; de même les mishpatim sont un surcroît sur la réception des Paroles (Dibrot) par voie de foi, comme ci-dessus.
תר"מ
[תר״מ] (5640)
בקיצור
En abrégé.
ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם. במד' מגיד דבריו ליעקב חקיו ומשפטיו לישראל כו'.
כי יש כמה משפטים לכל עולמות וברואים כפי מדריגותיהם ולבנ"י ניתן אלה המשפטים והם משפטי ה' אמת. והם משפטים של התורה באמת.
ז"ש רש"י מה הראשונים מסיני. ובמד' תנחומא ע"פ ועוז מלך משפט אהב אמר כי גבור בו"ד אינו שומע למשפט אבל הבורא ית' שהוא עזוז וגבור ומשפט אהב.
והשי"ת שנתן התורה לבנ"י ה' עוז לעמו יתן שע"י התורה ניתן לבנ"י הכח להטות כל הבריאה וזה עצמו פי' מגיד דבריו כו' הדברות שהוא הנהגת כל הבריאה כי הכל באורייתא אשתכלל. לכן מסר לבנ"י גם המשפטים כיון שהעולם תלוי בהם.
ז"ש במד' שופטים ע"פ לא תטה משפט דע שאתה מזעזע אחד מרגלי עולם וע"ש:
'Et voici les mishpatim que tu placeras devant eux' (Ex 21,1). Dans le Midrach : 'Il annonce Ses paroles à Yaakov, Ses lois et Ses jugements à Israël...' (Ps 147,19).
Car il y a plusieurs jugements pour tous les mondes et toutes les créatures selon leurs degrés, et aux enfants d'Israël furent donnés ces mishpatim-ci, et ce sont 'les jugements de ה' qui sont vérité' (Ps 19,10) ; et ce sont les jugements de la Torah en vérité. C'est ce que dit Rachi : de même que les premiers [venaient] du Sinaï, [ainsi ceux-ci].
Et dans le Midrach Tan'houma, sur le verset 'et la force du roi aime le jugement' (Ps 99,4), il dit qu'un puissant de chair et de sang n'écoute pas le jugement, mais que le Créateur béni soit-Il, qui est fort et puissant, aime le jugement. Et le Saint béni soit-Il, qui a donné la Torah aux enfants d'Israël : 'ה' donnera force à Son peuple' (Ps 29,11), car par la Torah fut donnée aux enfants d'Israël la force d'incliner toute la création.
Et c'est cela même le sens de 'Il annonce Ses paroles...' - les Paroles (Dibrot) qui sont la conduite de toute la création, car 'tout fut parfait par la Torah' (be-oraita ichtakhlal). C'est pourquoi Il a remis aux enfants d'Israël aussi les mishpatim, puisque le monde dépend d'eux.
C'est ce que dit le Midrach sur [la paracha] Choftim, sur le verset 'tu ne feras pas dévier le jugement' (Deut 16,19) : 'sache que tu ébranles l'un des pieds du monde' - vois là.
תרמ"א
[תרמ״א] (5641)
« Et voici les lois que tu placeras devant eux » : « et voici » souligne la racine des lois que le Saint, béni soit-Il, montra dans les cieux. Le Sfat Emet rapporte le Midrach : ces lois selon lesquelles D.ieu Se conduit furent transmises à Israël. « Tu placeras devant eux » : les intelligences de leurs cœurs furent transformées pour comprendre chaque loi ; Rachi dit qu'il leur expose le sens, car la racine fut remise au don de la Torah. Comme la Torah est Noms de D.ieu revêtus des Dix Paroles, cette racine s'est revêtue de lois par Israël, pour réparer l'agir. Déposer les travaux le Chabbat étend la sainteté dans l'agir ; chaque Chabbat est un avant-goût du monde à venir.
Aussi : les lois entre l'homme et son prochain ouvrent par la paix le puits de la Torah orale ; Israël, vaisseaux du jugement qui est à Elokim ; celui qui prend chaque jour le joug mérite l'ouverture des oreilles.
ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם. פי' ואלה שהראה לו הקב"ה בשמים שורש משפטים אלו כמ"ש במדרש בפסוק מגיד דבריו ליעקב חקיו ומשפטיו לישראל שאותן המשפטים שמתנהג בהם הקב"ה כביכול בשמים נמסרו לבנ"י.
תשים לפניהם כמ"ש משפט וצדקה ביעקב אתה עשית. פי' שנשתנו דיעות של לבות בני ישראל שיוכלו להבין כל משפט על אמיתותו.
וז"ש רש"י שיסבור להם טעם הדבר. ופירושו כנ"ל שנמסר בידם שורש המשפטים.
כי זה החילוק בין היודע שורש הטעם. שעי"ז יכול לדמות מילתא למילתא.
ולהבין דבר מתוך דבר. ובנ"י קיבלו זה במתן תורה.
וז"ש מה הראשונים מסיני כו'. וכמו שהדיברות הם גבוה מעל גבוה וכל התורה שמותיו של הקב"ה.
רק שנתלבשה באלה הדיברות. כמו כן שורש המשפטים מדעת עליון נמשכו ע"י בני ישראל ונתלבשו במשפטים מעשיים.
וז"ש משפט וצדקה ביעקב אתה עשית דייקא. וכן הי' כל ענין קבלת התורה לתקן העשי' באמצעיות בנ"י.
וכן השבת כמ"ש ששת ימים תעשה מעשיך כו' השביעי תשבות למען ינוח שורך כו'. פרשנו כנ"ל ע"י ביטול הימי מעשה להשבת כמ"ש לזכור בכל יום.
השבת. וכן בבוא ש"ק ומניחין כל המלאכות עי"ז יש המשכת קדושת השבת גם בעשי'.
ועי"ז ינוח שורך וחמורך שהוא תיקון החומריות ונפש הבהמיות וכל העשי' כמ"ש. גם פי' למען ינוח הבטחה על העתיד שע"י ביטול החומר אף שאינו יכול להכניעו ולתקנו בשלימות.
אבל כפי היגיעה בעוה"ז מי שטרח בע"ש יאכל בשבת. ולעתיד ליום שכולו שבת ינוח ממש שורך וחמורך בשלימות.
שאז יהי' גמר התיקון לכ"א כפי העבודה בעוה"ז. ומעין זה קצת בכל ש"ק שהוא מעין עוה"ב:
Et voici les lois que tu placeras devant eux. Explication : 'et voici' souligne ce que le Saint, béni soit-Il, lui montra dans les cieux, la racine de ces lois, comme il est dit dans le Midrach sur le verset 'Il annonce Ses paroles à Yaakov, Ses statuts et Ses lois à Israël' (Ps 147,19), à savoir que ces lois selon lesquelles le Saint, béni soit-Il, pour ainsi dire, Se conduit dans les cieux, furent transmises aux enfants d'Israël. 'Tu placeras devant eux', comme il est écrit 'Le droit et la justice en Yaakov, c'est Toi qui les as faits' (Ps 99,4).
Explication : les intelligences des cœurs des enfants d'Israël furent transformées, afin qu'ils puissent comprendre toute loi selon sa vérité. Et c'est ce que dit Rachi : qu'il leur expose le sens de la chose.
Et son explication est comme ci-dessus : la racine des lois leur fut remise. Car c'est là la différence [propre] à celui qui connaît la racine du sens : par cela il peut comparer une chose à une autre et comprendre une chose à partir d'une autre.
Et les enfants d'Israël reçurent cela au don de la Torah. Et c'est ce que [disent nos sages] : 'de même que les premières [furent] du Sinaï, etc.'.
Et de même que les Dix Paroles sont hautes au-dessus de tout ce qui est haut, et que toute la Torah [est faite] des Noms du Saint, béni soit-Il, seulement qu'elle s'est revêtue de ces Paroles - de même la racine des lois a découle de la connaissance suprême par l'intermédiaire des enfants d'Israël et s'est revêtue de lois concrètes. Et c'est ce que dit précisément 'Le droit et la justice en Yaakov, c'est Toi qui les as faits'.
Et ainsi fut tout le sujet de la réception de la Torah : réparer l'agir par l'intermédiaire des enfants d'Israël. Et de même le Chabbat, comme il est écrit 'Six jours tu feras tes travaux etc., le septième tu te reposeras afin que ton bœuf se repose etc.' (Ex 23,12).
Nous avons expliqué comme ci-dessus : par l'annulation des jours ouvrables en faveur du Chabbat, comme il est dit de se souvenir chaque jour du Chabbat. Et de même, à l'arrivée du saint Chabbat, lorsqu'on dépose tous les travaux, par cela il y a une extension de la sainteté du Chabbat aussi dans l'agir.
Et par cela 'se reposera ton bœuf et ton âne', ce qui est la réparation de la matérialité, de l'âme animale et de tout l'agir, comme il est dit. De plus, l'explication de 'afin qu'il se repose' est une promesse pour l'avenir : par l'annulation de la matière, bien que l'homme ne puisse la soumettre ni la réparer parfaitement, mais selon l'effort en ce monde-ci - celui qui a peiné la veille de Chabbat mangera le Chabbat.
Et dans l'avenir, au jour qui est entièrement Chabbat, se reposeront réellement ton bœuf et ton âne en perfection. Car ce sera alors l'achèvement de la réparation pour chacun selon le service en ce monde-ci.
Et un peu de cela [se trouve] à chaque saint Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir.
תרמ"ב
[תרמ"ב] (5642)
ואלה מוסיף על ענין ראשון מה הראשונים מסיני כו'. הענין דיש מצות שבין אדם למקום ב"ה והוא עשרת הדברות ויש בין אדם לחבירו והוא המשפטים.
והם בחי' דרך ארץ ושלימות האדם בעצמו והוא בחי' תורה שבעל פה. ושניהם מהשי"ת כמ"ש ה' עוז לעמו יתן הוא התורה.
יברך את עמו בשלום הם המשפטים. כמ"ש במדרש בפסוק אתה כוננת מישרים.
כי הגם שניתנו ביד החכמים עכ"ז מתנת אלקים הוא כמ"ש המשפט לאלקים הוא. ומסרה לבנ"י כמ"ש תשים לפניהם.
ויש בחי' דרך ארץ שקדמה לתורה כי כפי טהרת הגוף ושלימות המדות זוכין לתורה. אח"כ התורה נותנת שלימות אמיתיות.
וזוכין אח"כ למעלה יתירה בתורה. ואח"כ לשלימות ביותר.
ולזה אין הפסק. וז"ש במדרש דינין לפני' ולאחרי'.
ולהיות כי המשפטים הם שבין אדם לחבירו כמ"ש לפניהם. לכן הקדים מצות עבד עברי שביותר יש ליזהר שלא לעשות עול לחבירו בשיעבוד גופו מהפסד ממונו:
'Et voici' ajoute au sujet précédent : 'de même que les premières [furent] du Sinaï, etc.'. Le sujet est qu'il y a des commandements entre l'homme et l'Omniprésent, béni soit-Il - ce sont les Dix Paroles - et il y a [des commandements] entre l'homme et son prochain - ce sont les lois (michpatim).
Et ils sont l'aspect du derekh erets (savoir-vivre) et de la perfection de l'homme en lui-même, et c'est l'aspect de la Torah orale. Et les deux [viennent] du Nom, béni soit-Il, comme il est écrit 'le Nom donnera la force à Son peuple' - c'est la Torah - 'le Nom bénira Son peuple par la paix' (Ps 29,11) - ce sont les lois, comme il est dit dans le Midrach sur le verset 'Tu as établi la droiture' (Ps 99,4).
Car bien qu'elles aient été remises aux mains des sages, malgré cela c'est un don d'Elokim, comme il est écrit 'le jugement est à Elokim' (Deut 1,17). Et Il l'a transmis aux enfants d'Israël, comme il est écrit 'tu placeras devant eux'.
Et il y a l'aspect du derekh erets qui a précédé la Torah, car selon la pureté du corps et la perfection des traits [de caractère] on mérite la Torah. Ensuite la Torah donne la perfection véritable.
Et l'on mérite ensuite un degré supplémentaire dans la Torah. Et ensuite une perfection encore plus grande.
Et pour cela il n'y a pas d'interruption. Et c'est ce que dit le Midrach : 'des jugements avant elle et après elle'.
Et parce que les lois sont [celles] entre l'homme et son prochain, comme il est écrit 'devant eux', c'est pourquoi [la Torah] a placé en premier le commandement de l'esclave hébreu, [envers qui] il faut d'autant plus prendre garde de ne pas commettre d'injustice envers son prochain en asservissant son corps [plutôt] qu'en lui faisant perdre son argent.
תרמ"ד
[תרמ"ד] (5644)
משפטים ושבת שקלים.
Michpatim et Chabbat Chekalim.
ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם במדרש מגיד דבריו ליעקב כו' ומשפטיו לישראל. דכתיב המשפט לאלקים הוא ולכן כתיב תשים לפניהם בלבד הגם כי עיקר המשפט לאלקים.
אבל בני ישראל הם כלים שיוכלו לשפוט ולידע כי המשפט לאלקים הוא שיש להם בחי' הביטול אליו ית'. וז"ש משפט וצדקה ביעקב אתה עשית כי בשני הדברים אלו מצינו שנבחרו בנ"י שעובדי האלילים הקדמונים יג) מה דעבדין לגרמייהו עבדין לכן חסד לאומים חטאת.
ובבנ"י כתיב צדקה תרומם גוי. ולכן אין מקבלין שקלים מעובדי אלילים יד) כדכ' ולכם אין כו' וזכרון כו'.
וכמו כן המשפט שהוא עפ"י דעת השופט ואעפ"כ צריך להתבטל אליו ית' לגמרי ולידע כי הכל שלו ואין זה באפשרות בטבע רק בנ"י הם כלים לדברים אלו. וזה עצמו העדות על עצם בנ"י דכ' אדם ובהמה תושיע ה'.
דרשו חז"ל ערומים בדעת כאדם ומשימין עצמן כבהמה. פי' שאין נותנין הדעת רק לזה שיודע שהדעת הוא מתנה מהשמים.
ומאחר שניתן לבני ישראל זה עדות שיש בהם בחי' הביטול כנ"ל. וז"ש משפט וצדקה ביעקב ובהם נגמר הרצון העליון כמ"ש אתה עשית שאינו נפרד משרשו.
ולכן הוזהר על השוחד אפילו לשפוט אמת. שכל שיהי' לו קצת נגיעה אם כי אינו מטה הדין.
אבל הוא נפרד משרשו והמשפט לאלקים הוא כנ"ל:
'Et voici les lois que tu placeras devant eux'. Dans le Midrach : 'Il annonce Ses paroles à Yaakov etc., et Ses lois à Israël'.
Car il est écrit 'le jugement est à Elokim' (Deut 1,17), et c'est pourquoi il est écrit 'tu placeras devant eux' seulement, bien que l'essentiel du jugement soit à Elokim. Mais les enfants d'Israël sont des vaisseaux (kelim) qui peuvent juger et savoir que le jugement est à Elokim, car ils possèdent l'aspect de l'annulation envers Lui, béni soit-Il.
Et c'est ce que dit 'Le droit et la justice en Yaakov, c'est Toi qui les as faits' (Ps 99,4), car par ces deux choses nous trouvons que les enfants d'Israël furent choisis : car les anciens adorateurs des idoles - 'ce qu'ils font, c'est pour eux-mêmes qu'ils le font', c'est pourquoi 'la bienfaisance des nations est un péché' (Prov 14,34), tandis que des enfants d'Israël il est écrit 'la justice élève une nation' (Prov 14,34). Et c'est pourquoi on n'accepte pas les shekalim des adorateurs d'idoles, comme il est écrit 'vous n'avez ni part etc. ni souvenir etc.' (Neh 2,20).
Et de même le jugement, qui [se fait] selon la connaissance du juge, et malgré cela il faut s'annuler totalement envers Lui, béni soit-Il, et savoir que tout est à Lui - et cela n'est possible par nature que pour les enfants d'Israël, qui sont des vaisseaux pour ces choses. Et cela même est le témoignage sur l'essence des enfants d'Israël, comme il est écrit 'l'homme et la bête Tu sauves, le Nom' (Ps 36,7).
Nos sages, de mémoire bénie, ont expliqué : rusés en connaissance comme l'homme (Adam) et se faisant [humbles] comme la bête. Explication : ils ne prêtent attention à la connaissance (da'at) que pour [reconnaître] que la connaissance est un don du ciel.
Et puisqu'elle fut donnée aux enfants d'Israël, c'est un témoignage qu'il y a en eux l'aspect de l'annulation, comme ci-dessus. Et c'est ce que dit 'Le droit et la justice en Yaakov', et par eux s'achève la volonté suprême, comme il est dit 'c'est Toi qui les as faits' - [Israël] ne se sépare pas de sa racine.
Et c'est pourquoi [le juge] fut averti au sujet du pot-de-vin, même pour juger avec vérité, car dès lors qu'il aurait quelque intérêt, bien qu'il ne fasse pas dévier le jugement, il se sépare cependant de sa racine, alors que 'le jugement est à Elokim', comme ci-dessus.
תרמ"ה
[תרמ"ה] (5645)
משפטים ופ' שקלים
Michpatim et paracha Chekalim
במדרש משפט וצדקה ביעקב אתה עשית. כי באמת גם בני נח מצווין על הדינין.
אבל כתיב חקיו ומשפטיו לישראל היינו שבנ"י מכוונים אל המשפט האמת דכתיב המשפט לאלקים הוא ובנ"י המה רק כלים שהקב"ה מנהיג העולם על ידיהם ונגמרים משפטי ה' ע"י סנהדרין שבישראל. וז"ש אתה עשית כי עשיית בנ"י הוא בכח סיוע משמים.
והם הארות שגנוזים בנשמות בנ"י. דהנשמות נק' מעשי ידיו של הקב"ה כמ"ש בזוה"ק.
וכדכתיב ונשמות אני עשיתי. וז"ש משפט וצדקה כו' אתה עשית שאין המשפט על פי שכל פשוט.
רק שיש דעת בחכמי ישראל לברר משפטי ה'. והכל בכוחות שגנוזי' בנשמתם.
כמ"ש ממני פריך נמצא. וכן בצדקה ונדבה שנמצא בלבות בנ"י הם הכל כחות הבורא ית'.
וז"ש צדקה תרומם גוי וחסד לאומים חטאת ואמרו חז"ל מה דעבדין לגרמייהו עבדין. פי' שאין למעשיהם דביקות בשורש אבל מעשה בנ"י המה בדביקות נשמתם.
ונק' הכל מעשה ה' ממש. רק שהמה כלים להוציא הדברים מכח אל הפועל.
וכן איתא באדר משמיעין על השקלים. נראה הרמז שמשמים מעוררין הנדבה בלבות בנ"י כמ"ש משפט וצדקה ביעקב אתה עשית *):
Dans le Midrach : 'Le droit et la justice en Yaakov, c'est Toi qui les as faits' (Ps 99,4). Car en vérité même les fils de Noé sont commandés sur les lois [de justice].
Mais il est écrit 'Ses statuts et Ses lois à Israël' (Ps 147,19), à savoir que les enfants d'Israël sont dirigés vers le jugement véritable, comme il est écrit 'le jugement est à Elokim' (Deut 1,17), et les enfants d'Israël ne sont que des vaisseaux par lesquels le Saint, béni soit-Il, conduit le monde, et les jugements du Nom s'accomplissent par le Sanhédrin qui est en Israël. Et c'est ce que dit 'c'est Toi qui les as faits', car l'action des enfants d'Israël se fait par la force de l'aide du ciel.
Et ce sont des lueurs cachées dans les âmes des enfants d'Israël. Car les âmes sont appelées 'les œuvres des mains' du Saint, béni soit-Il, comme il est dit dans le saint Zohar, et comme il est écrit 'et les âmes, c'est Moi qui les ai faites' (Is 57,16).
Et c'est ce que dit 'Le droit et la justice etc., c'est Toi qui les as faits', car le jugement n'est pas [rendu] selon la simple intelligence, mais il y a une connaissance (da'at) chez les sages d'Israël pour clarifier les jugements du Nom. Et tout [cela se fait] par les forces cachées dans leur âme, comme il est dit 'de Moi provient ton fruit' (Osée 14,9).
Et de même la justice et la générosité qui se trouvent dans les cœurs des enfants d'Israël sont toutes des forces du Créateur, béni soit-Il. Et c'est ce que dit 'la justice élève une nation, mais la bienfaisance des nations est un péché' (Prov 14,34), et nos sages ont dit : 'ce qu'ils font, c'est pour eux-mêmes qu'ils le font'.
Explication : leurs actes n'ont pas d'attachement (dvekout) à la racine, mais les actes des enfants d'Israël sont dans l'attachement de leur âme. Et tout est appelé réellement action du Nom, sauf qu'ils sont des vaisseaux pour faire passer les choses de la puissance à l'acte.
Et de même il est rapporté dans l'Idra : 'on proclame au sujet des shekalim'. Il semble que l'allusion soit que du ciel on éveille la générosité dans les cœurs des enfants d'Israël, comme il est dit 'Le droit et la justice en Yaakov, c'est Toi qui les as faits'.
בענין הנרצע אוזן ששמעה עבדי הם כו'. שמעתי ממו"ז ז"ל מה שעושין בו פגם באוזן.
מאחר שלא קיים המצוה טוב לו שלא ישמע כו'. ונראה כי יש ללמוד מזה מאחר שמדה טובה מרובה.
נמצא מי שמקבל עליו בכל יום עבודת הבורא ואומר ואהבת כו' ה' אלקיך כו'. היפוך אהבתי את אדוני כו' אשתי כו'.
ממילא מסייעין לו בכל יום שיפתחו אזניו וישמע למצות ה' כמ"ש אשר אנכי מצוך היום כו'. רק שצריך האדם לזכות לזה שיוכל לשמוע אלה הקולות כמ"ש אם שמוע תשמעו.
ולזה ג"כ ניתן מצות המזוזה לבנ"י שיהיו דלת ומזוזה עדים כי מקבלין עליהם עול מלכותו. ויזכור להם המאמר עבדי הם כו'.
לכן אף מי שאזניו סתומין ע"י קבלת מלכותו ית' בכל יום זוכה לפתיחת האזנים כנ"ל:
Au sujet de celui dont l'oreille est percée : 'l'oreille qui a entendu [au Sinaï] Ils sont Mes serviteurs, etc.'. J'ai entendu de mon grand-père maternel, de mémoire bénie, [au sujet de] ce que l'on fait comme défaut à l'oreille : puisqu'il n'a pas accompli le commandement, mieux valait pour lui ne pas entendre, etc.
Et il semble que l'on puisse apprendre de ceci : puisque la mesure du bien est plus grande [que celle du châtiment], il s'ensuit que celui qui prend sur lui chaque jour le service du Créateur et dit 'Tu aimeras etc. le Nom ton Elokim etc.' (Deut 6,5) - à l'inverse de 'j'aime mon maître etc., ma femme etc.' (Ex 21,5) - de ce fait on l'assiste chaque jour pour que ses oreilles s'ouvrent et qu'il entende les commandements du Nom, comme il est écrit 'que Je te commande aujourd'hui' (Deut 6,6). Seulement, l'homme doit mériter cela, pouvoir entendre ces voix, comme il est dit 'si vous écoutez, vous entendrez'.
Et pour cela aussi fut donné aux enfants d'Israël le commandement de la mezouza, afin que la porte et le montant (mezouza) soient témoins qu'ils prennent sur eux le joug de Sa royauté. Et cela leur rappellera la parole 'Ils sont Mes serviteurs, etc.'.
C'est pourquoi même celui dont les oreilles sont bouchées, par l'acceptation de Sa royauté, béni soit-Il, chaque jour, mérite l'ouverture des oreilles, comme ci-dessus.
בפסוק וישלח כו' נערי בני ישראל פרש"י הבכורות. ויש להבין למה נק' נערי.
הלא עפ"י הרוב הבכורות המה זקנים יותר מאחיהם שנולדו אח"כ. אך הענין הוא כי הבכורות יש בהם כח ההתחדשות ונקראו נערי.
ולכן המה מיוחדים לעבודת השי"ת. וכן בבני ישראל נאמר נער ישראל דכתיב בני בכורי שהם דבקים תמיד בשורש ההתחדשות:
Sur le verset 'Il envoya etc. les jeunes gens (na'arei) des enfants d'Israël' (Ex 24,5), Rachi explique : les premiers-nés. Et il faut comprendre pourquoi ils sont appelés 'jeunes gens', alors que le plus souvent les premiers-nés sont plus âgés que leurs frères nés après eux.
Mais le sujet est que les premiers-nés ont en eux la force du renouvellement, et [pour cela] ils sont appelés 'jeunes'. Et c'est pourquoi ils sont dédiés au service du Nom, béni soit-Il.
Et de même au sujet des enfants d'Israël il est dit 'Israël est un jeune enfant (na'ar)' (Osée 11,1), comme il est écrit 'Mon fils, Mon premier-né' (Ex 4,22) - car ils sont toujours attachés à la racine du renouvellement.
תרמ"ו
[תרמ"ו] (5646)
בזוה"ק בפסוק ואיש כי ימכור את בתו לאמה דורש על הנשמה ע"ש. כי יש בחי' בן ועבד בעבודת השי"ת כדאיתא בזוה"ק בהר.
ובנ"י נקראו בנים לה' אלקיכם. ובוודאי זה השם על הנשמה.
אך הקב"ה הלביש הגוף על הנשמה. ובעבודת האדם בבחי' עבד מתקן הגוף והוא עבודת ימי המעשה.
וש"ק הוא בחי' בן לכן יש בו שביתה ממלאכה דהוא יומא דנשמתין. לכן יורד בו נשמה יתירה.
והאמת כי כ"ז נעשה ע"י חטא הראשון כי קודם החטא הי' מזוכך הגוף כמו עתה הנשמות. ובעונותינו נמכרנו כו'.
וז"ש אם רעה בעיני אדוני' אשר לא יעדה. כי לולא התערובות רע בטוב שנעשה ע"י החטא הי' רק בחי' בנים כנ"ל.
עכ"ז והפדה שיכולין לצאת מבחי' עבד לבן כמ"ש וכי ימכור כו'. אעפ"כ לא תצא כצאת העבדים שיכולין להרויח בעוה"ז לחזור לבחי' בן ביציאתו מן העולם בטהרה ובתשובה.
וזה ג"כ מ"ש במד' בת יחידה הי' לי כו' כי התורה נתלבשה בזה העולם במצות גשמיות וצריכין להעלותה למדרגה עליונה ודו"ק:
Dans le saint Zohar, sur le verset 'Et si un homme vend sa fille comme servante' (Ex 21,7), [le Zohar] l'explique au sujet de l'âme (nechama), vois-y. Car il y a l'aspect de fils et l'aspect de serviteur dans le service du Nom, béni soit-Il, comme il est rapporté dans le Zohar Behar.
Et les enfants d'Israël sont appelés 'des fils pour le Nom votre Elokim' (Deut 14,1), et certainement ce nom [se rapporte] à l'âme. Mais le Saint, béni soit-Il, a revêtu le corps sur l'âme.
Et dans le service de l'homme, dans l'aspect de serviteur, il répare le corps, et c'est le service des jours ouvrables. Et le saint Chabbat est l'aspect de fils, c'est pourquoi il y a en lui la cessation du travail, car c'est 'le jour des âmes', et c'est pourquoi une âme supplémentaire (nechama yetera) y descend.
Et la vérité est que tout cela s'est produit par la faute du premier [homme], car avant la faute le corps était pur comme le sont maintenant les âmes. Et par nos fautes nous avons été vendus, etc.
Et c'est ce que dit 'si elle déplaît aux yeux de son maître qui ne l'a pas destinée' (Ex 21,8) : car sans le mélange du mal dans le bien qui s'est produit par la faute, [l'homme] ne serait que dans l'aspect de fils, comme ci-dessus. Malgré cela, 'il la fera racheter' (Ex 21,8) - [signifie] que l'on peut sortir de l'aspect de serviteur vers celui de fils, comme il est écrit 'et s'il vend etc.'.
Malgré cela, 'elle ne sortira pas comme sortent les esclaves' (Ex 21,7) - [signifie] que l'on peut gagner en ce monde-ci pour revenir à l'aspect de fils lors de sa sortie du monde, dans la pureté et le repentir (techouva). Et c'est aussi ce que dit le Midrach : 'j'avais une fille unique, etc.', car la Torah s'est revêtue en ce monde de commandements matériels, et il faut l'élever à un degré supérieur, et comprends bien.
תרמ"ז
[תרמ"ז] (5647)
במדרש ואלה מוסיף על הראשונים משל למטרונה הזיין מכאן ומכאן ע"ש. וברש"י מה הראשונים מסיני כי באמת הכל מן התורה.
והיא נותנת ברכה לפני' ולאחריה וכמו שכל הבריאה נברא בשביל התורה. והדור שקבלו התורה הוציאו מכח אל הפועל ומ"מ קיום דורות הקודמים היו להיות הכנה לתורה.
וכמו כן ממש בפרטות בבנ"י שמקודם הוצרכו ליישר עצמם כענין התקן עצמך ללמוד תורה והוא המשפטים שקודם התורה. לכן כתיב שם ושפטו כו' בכל עת.
ולא היו ביחוד למרע"ה כי הם המשפטים שקודמים לתורה. ואח"כ כתיב ואלה המשפטים המיוחדים לאחר קבלת התורה.
ואלה המדריגות הם תמיד בכל עובד ה' כפי מה שמיישר מעשיו זוכה לתורה. ואח"כ בכח התורה מיישר מעשיו כראוי וכן לעולם.
וזה שהקדימו בנ"י נעשה לנשמע אינו לפי שעה רק שכן הוא לעולם שצריכין מקודם לתקן המעשים. ואח"כ זוכין לשמוע.
ואחר השמיעה הוא הזמן שצריכין לתקן המעשים ביותר עפ"י התורה ואז זוכין לשמוע יותר פנימיות התורה. אכן העיקר הוא שצריך להיות המכוון לשם שמים.
והאדם העובד ליישר לבבו כדי להיות מוכן לתורה ולעבדות השי"ת אז התורה מסייעת לו שיוכל לגמור המכוון. וכן כתיב ואנשי קודש תהיון לי שצריך האדם לבקש הקדושה כדי להיות מוכן לעבדו ית"ש.
ולא להיות רוצה להיות קדוש. כי קודש הוא למעלה מהטבע.
ואיזה דרך יהי' מציאות הקדושה בעוה"ז. ורק בכח התורה והקב"ה שקדשנו במצותיו.
וז"ש תהיון לי. ופי' תהיון הוא הויה חדשה שבכח איש ישראל למשוך בכל עת התחדשות לחול עליו מלבוש הקדושה ע"י תורה ומצות.
וכ' עלה אלי ההרה והיה שם כו'. היינו שנתהפך מרע"ה להויה חדשה כמלאכי השרת כמ"ש חז"ל נכנס בענן נתלבש בענן כו' לשומו כמלאכי השרת.
ולכן הי' מ' יום כיצירת הולד במ' יום. כן קיבל בשלימות אותו הציור.
ובזו"ח שיה"ש איתא והיה שם שנעשה שֵם הקודש. ויש לכל ישראל חלק בצורה זו וקודם החטא כ' אמרתי אלקים אתם.
ואיתא כי בשבת קודש מחזיר משה רע"ה אותה ההארה לכל בנ"י. וזו בחי' נשמה יתירה שלכן אין דומה מאור פניו של אדם בשבת לימי המעשה.
ולזה הציור הקדושה זוכין ע"י תרי"ג מצות שהם נגד איברים וגידים. ובעוה"ז נדמה כי העיקר הגוף.
והוא רומז לתרי"ג מצות. אבל באמת נהפוך הוא כי עיקר ציור האדם הוא תרי"ג אברים רוחנים שורש התרי"ג מצות ואלה האברים שבגוף הם רמזים אל הפנימיות.
ובמשה רבינו ע"ה נתגלה פנימיות המלבוש וכפי מה שמתרחקין מן הגשמיות זוכין להפנימיות. ובימי המעשה צריכין לייגע עצמינו להתרחק מהגשמיות.
ובש"ק צריכין לייגע לקבל הארה פנימיות ורוחניות:
Dans le Midrach : 'Et voici' ajoute aux premières [Paroles] ; parabole d'une reine (matrona) armée de-ci de-là, vois-y. Et dans Rachi : 'de même que les premières [furent] du Sinaï'.
Car en vérité tout [provient] de la Torah, et elle donne la bénédiction avant elle et après elle, et de même que toute la création fut créée en vue de la Torah, et que la génération qui reçut la Torah la fit passer de la puissance à l'acte - néanmoins la subsistance des générations précédentes était [destinée] à être une préparation à la Torah. Et de même exactement, en particulier, chez les enfants d'Israël : ils durent d'abord se redresser eux-mêmes, à la manière de 'prépare-toi d'abord pour étudier la Torah' - et ce sont les lois qui précèdent la Torah.
C'est pourquoi il est écrit là 'et ils jugeront etc. en tout temps' (Ex 18,22). Et [ces lois] n'étaient pas particulières à Moche notre maître, que la paix soit sur lui, car ce sont les lois qui précèdent la Torah.
Et ensuite il est écrit 'Et voici les lois', particulières à l'après-réception de la Torah. Et ces degrés existent toujours chez tout serviteur du Nom : selon qu'il redresse ses actes, il mérite la Torah.
Et ensuite, par la force de la Torah, il redresse ses actes comme il convient, et ainsi à jamais. Et le fait que les enfants d'Israël aient anticipé 'nous ferons' avant 'nous entendrons' n'est pas [seulement] pour un moment, mais il en est ainsi à jamais : il faut d'abord réparer les actes, et ensuite on mérite d'entendre.
Et après l'écoute, c'est le temps où il faut réparer les actes davantage selon la Torah, et alors on mérite d'entendre davantage l'intériorité de la Torah. Cependant, l'essentiel est que l'intention doit être pour l'amour du Ciel.
Et l'homme qui sert [le Nom] pour redresser son cœur afin d'être prêt pour la Torah et pour le service du Nom, béni soit-Il - alors la Torah l'aide à pouvoir accomplir ce qu'il vise. Et ainsi il est écrit 'et vous serez pour Moi des hommes de sainteté' (Ex 22,30) : car l'homme doit rechercher la sainteté afin d'être prêt à Le servir, béni soit Son Nom, et non pas vouloir être saint.
Car le saint (kodech) est au-dessus de la nature. Et par quel chemin la sainteté existerait-elle en ce monde ?
Uniquement par la force de la Torah et du Saint, béni soit-Il, 'qui nous a sanctifiés par Ses commandements'. Et c'est ce que dit 'vous serez pour Moi'.
Et l'explication de 'vous serez' (tihyoun) est un devenir nouveau (havaya) : car il est au pouvoir de l'homme d'Israël d'attirer en tout temps un renouvellement, afin que se pose sur lui le vêtement de la sainteté par la Torah et les commandements. Et il est écrit 'monte vers Moi sur la montagne et sois là, etc.' (Ex 24,12), à savoir que Moche notre maître se transforma en un être nouveau, comme les anges du service, comme l'ont dit nos sages : il entra dans la nuée, se revêtit de la nuée, etc., pour le rendre comme les anges du service.
Et c'est pourquoi ce fut quarante jours, comme la formation de l'embryon en quarante jours : ainsi il reçut en perfection cette forme. Et dans le Zohar Hadach sur le Cantique des cantiques il est rapporté 'et sois là (cham)' - qu'il devint un Nom (Chem) saint.
Et tout Israël a une part dans cette forme, et avant la faute il est écrit 'J'ai dit : vous êtes des êtres divins (Elokim)' (Ps 82,6). Et il est rapporté qu'au saint Chabbat Moche notre maître restitue cette illumination à tous les enfants d'Israël.
Et c'est l'aspect de l'âme supplémentaire, c'est pourquoi la lumière du visage de l'homme au Chabbat ne ressemble pas [à celle] des jours ouvrables. Et cette forme de sainteté, on la mérite par les 613 commandements qui correspondent aux membres et aux tendons.
Et en ce monde-ci il paraît que l'essentiel est le corps, et [le corps] fait allusion aux 613 commandements. Mais en vérité c'est l'inverse : car l'essentiel de la forme de l'homme, ce sont les 613 membres spirituels, racine des 613 commandements, et ces membres du corps sont des allusions à l'intériorité.
Et chez Moche notre maître, que la paix soit sur lui, s'est révélée l'intériorité du vêtement ; et selon qu'on s'éloigne de la matérialité, on mérite l'intériorité. Et durant les jours ouvrables il faut peiner à nous éloigner de la matérialité.
Et au saint Chabbat il faut peiner à recevoir l'illumination intérieure et spirituelle.
תרמ"ח
[תרמ"ח] (5648)
ואלה המשפטים כו' מוסיף על ענין ראשון. כי הדברות הם דברים שבין אדם למקום.
ומשפטים שבין אדם לחבירו. ונסמכו לומר כי זוכין לתורה ע"י השלום שנעשין בני ישראל אחדות אחד.
כמ"ש רז"ל ואהבת לרעך זה כלל גדול בתורה. דכ' ה' עוז לעמו יתן והיא התורה.
ה' יברך את עמו בשלום הוא באר התורה שבע"פ שעלי' מברכין וחיי עולם נטע בתוכינו. וזה הבאר נפתח ע"י השלום שנעשה ע"י המשפטים האלה.
כמ"ש במד' אתה כוננת מישרים שע"י המשפטים נעשין אוהבין זה לזה. וצריך האדם לתקן עצמו בדברים שבינו למקום לזכות לתורה שבכתב.
ולתקן שבינו לחבירו לזכות לתורה שבע"פ. ולא עוד אלא שזו מדריגה יתירה דכ' מגיד דבריו כו' חקיו ומשפטיו לישראל.
וידוע דשם ישראל למעלה משם יעקב. לומר שהוא זכות גדול כשזוכין לתקן שבין אדם לחבירו והוא הישרות שנק' ישר אל.
כי החלקים עשה את האדם ישר כו'. ואחר החטא שנעשו חשבונות רבים צריכין לתקן וליישר העקמימות והקנאה והשנאה.
וזוכין לזה ע"י המשפטים. ולכן כתיב אשר תשים לפניהם מלשון ושמו את שמי כמ"ש דתסדר קדמיהון.
שזה המעין שיש בבני ישראל. צריכין להוציאו מכח אל הפועל לברר האמת מתוך השקר.
ובבחי' זו כתיב ישרים דרכי ה' צדיקים ילכו בם. וזה לפניהם:
'Et voici les lois etc.' ajoute au sujet précédent. Car les Dix Paroles sont des choses entre l'homme et l'Omniprésent, et les lois [sont] entre l'homme et son prochain.
Et elles ont été juxtaposées pour dire que l'on mérite la Torah par la paix, lorsque les enfants d'Israël deviennent une unité une, comme l'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie : 'tu aimeras ton prochain' - c'est un grand principe dans la Torah. Car il est écrit 'le Nom donnera la force à Son peuple' - c'est la Torah - 'le Nom bénira Son peuple par la paix' (Ps 29,11) - c'est le puits de la Torah orale, sur laquelle on bénit 'et Il a planté en nous la vie éternelle'.
Et ce puits s'ouvre par la paix qui se fait par ces lois, comme il est dit dans le Midrach 'Tu as établi la droiture' (Ps 99,4) : que par les lois [les gens] deviennent aimants l'un envers l'autre. Et l'homme doit se réparer dans les choses entre lui et l'Omniprésent pour mériter la Torah écrite, et réparer ce qui est entre lui et son prochain pour mériter la Torah orale.
Et bien plus, ceci est un degré supérieur, car il est écrit 'Il annonce Ses paroles etc., Ses statuts et Ses lois à Israël' (Ps 147,19). Et il est connu que le nom Israël est au-dessus du nom Yaakov, pour dire que c'est un grand mérite lorsqu'on parvient à réparer ce qui est entre l'homme et son prochain, et c'est la droiture (yochra), appelée 'Yachar Kel' (droit vers Dieu).
Car 'Il a fait l'homme droit' (Eccl 7,29), etc. Et après la faute, où se sont produits 'de nombreux calculs' (Eccl 7,29), il faut réparer et redresser la torsion, la jalousie et la haine.
Et l'on mérite cela par les lois. Et c'est pourquoi il est écrit 'que tu placeras devant eux', du langage de 'et ils placeront Mon Nom' (Nb 6,27), comme [traduit le Targum] 'que tu disposeras devant eux'.
Car cette source qui est dans les enfants d'Israël, il faut la faire passer de la puissance à l'acte, pour clarifier la vérité du sein du mensonge. Et au sujet de cet aspect il est écrit 'droites sont les voies du Nom, les justes y marcheront' (Osée 14,10).
Et c'est [le sens de] 'devant eux'.
תרמ"ט
[תרמ"ט] (5649)
« Il annonce Ses paroles à Yaakov, Ses statuts et Ses lois à Israël » : le Midrach dit qu’aux nations idolâtres D.ieu a donné des commandements bruts. Il est écrit « le jugement appartient à Elokim », et pourtant « tu placeras devant eux » : la Che’hina réside parmi les juges. Pour le Sfat Emet, chaque commandement répare l’homme, comme l’arche portait ceux qui la portaient. Ils font précéder « nous ferons » à « nous écouterons », car ils savent que, lorsqu’ils accomplissent pour Son Nom (lichma), ils entendent l’intériorité du commandement. « Il annonce » est au présent : le Saint béni soit-Il illumine à jamais les yeux d’Israël, et les commandements leur donnent une vitalité nouvelle.
Aussi : yitro n’ayant trouvé qu’une catégorie de juges, c’est du jugement même qu’Israël reçoit la sagesse ; l’esclave n’accède pas à l’intériorité des commandements, réservée à l’homme libre ; en exil, des statuts par lesquels on ne vivra pas.
במדרש מגיד דבריו ליעקב כו' אם אין אדם מל א"י לקבל מצות התורה כו'. פי' שבקבלת התורה נעשו בני ישראל כלים להיות מוכן לקבל מצות ה' כדאיתא כי בהר סיני הי' כקדושין ועשה השי"ת אותנו כלים כמ"ש אם שמוע תשמעו בקולי והייתם לי סגולה כמ"ש בפרשה הקודמת מזה.
ובס' אוה"ח פי' סגולה שנשתנו נפשות בנ"י שהם מסוגלים לקיום מצות השי"ת ע"ש. וזהו מגיד דבריו הגדה לשון המשכה שנמשכו בנ"י אחר הנהגה העליונה של השי"ת.
לכן כתיב עתה ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם. שכבר הם כלים מוכנים אחר הדיברות כו' חקיו ומשפטיו לישראל.
לכן מסיים הפסוק לא עשה כן לכל גוי. פי' כמ"ש שלא עשנו כגויי הארצות שנפשותינו משונים מנפשותיהם.
וכיון שלא עשה כן לכן משפטים בל ידעום:
Dans le Midrach : 'Il annonce Ses paroles à Yaacov' etc. Si un homme n'est pas circoncis, il ne peut recevoir les commandements de la Torah, etc.
Explication : par la réception de la Torah, les enfants d'Israël sont devenus des réceptacles (kelim), prêts à recevoir les commandements de ה', comme il est enseigné qu'au mont Sinaï ce fut à la manière de fiançailles (kidouchin), et le Saint béni soit-Il a fait de nous des réceptacles, ainsi qu'il est écrit 'Si vous écoutez attentivement Ma voix... vous serez pour Moi un trésor (segoula)' (Exode 19,5), comme cela a été exposé dans la paracha précédente. Et dans le livre Or ha-Haim, 'segoula' est expliqué ainsi : les âmes des enfants d'Israël ont été transformées, de sorte qu'elles sont aptes (mesougalim) à l'accomplissement des commandements du Saint béni soit-Il ; vois là-bas.
Et c'est le sens de 'Il annonce (maguid) Ses paroles' : 'hagada' est un terme d'entraînement (hamchakha), car les enfants d'Israël ont été entraînés à la suite de la conduite supérieure du Saint béni soit-Il. C'est pourquoi il est écrit ensuite 'Et voici les lois (michpatim) que tu placeras devant eux' (Exode 21,1) : ils sont déjà des réceptacles prêts, après les Dix Paroles, etc., 'Ses statuts et Ses lois à Israël' (Tehilim 147,19).
C'est pourquoi le verset conclut 'Il n'a pas fait de même pour toute autre nation' (Tehilim 147,20). Explication, comme il est dit : Il ne nous a pas faits comme les nations des pays, car nos âmes sont différentes des leurs.
Et puisqu'Il n'a pas fait de même, c'est pourquoi 'les lois, ils ne les connaissent pas' (Tehilim 147,20).
בזוה"ק וכי ימכור איש את בתו לאמה לא תצא כצאת העבדים ע"ש. הענין דאיתא חביבין ישראל שנקראו בנים חיבה יתירה נודעת להם שנקראו בנים כו'.
פרשנו כי הנשמות נקראו בנים. אכן נתלבשו בגוף שנק' אמה ועבד כדברי הזוהר הנ"ל.
אכן הכוונה הי' שיתמשכו הגופים אחר הנשמה. ויכול איש ישראל להעלות גם הגוף להיות נמשך אחר הנשמה.
וזהו חיבה יתירה נודעת שיהיה דביקות גם להגוף. ואז אף אם אחרת יקח.
מ"מ כל ההארות המוכנים להנשמה אין מתעכבין ע"י הגוף כמו שדורש שם ההוא סבא לפי דרכו. אכן עכ"פ אפילו אם רעה כו' אשר לא יעדה שלא זכה לחיבה יתירה הנ"ל להעלות הגוף.
עכ"פ לא תצא הנשמה כצאת העבדים. שצריכין עכ"פ לשמור שלא לקלקל הנשמה בעצמה.
והאדם נשתלח לזה העולם לתקן גם הגוף. וכ' ואנשי קודש תהיון שבנ"י הם קודש כמ"ש קודש ישראל לה' וזהו הנשמות.
אבל יכול האדם להתקדש בגוף להמשיך בו הארת הקדושה מהנשמה. וכתיב תהיון לי שהוא הויה חדשה כשזוכה להמשיך הארת הנשמה בגוף.
גם פי' תהיון כמ"ש נהייתי ונחליתי שכפי שבירת התאוה הגופניות. מאיר הנשמה.
ונעשה הויה חדשה. והעיקר שיהי' המכוון לשם שמים כמ"ש תהיון לי שאם משתוקק אל הקדושה כדי לעשות רצון הבורא ית' אז כתיב ישלח עזרך מקודש.
וע"ז נתקן ימי המעשה בחי' הגוף. והשבת יומא דנשמתין כמ"ש למען ינוח שורך כו' וינפש בן אמתך כמ"ש במ"א מזה:
Dans le Zohar saint, sur 'Et si un homme vend sa fille comme servante, elle ne sortira pas comme sortent les esclaves' (Exode 21,7) ; vois là-bas. Le sujet : il est enseigné 'Chéris sont les enfants d'Israël, car ils sont appelés fils ; un amour supplémentaire leur a été fait connaître, du fait qu'ils sont appelés fils' etc.
(Avot 3,14). Nous avons expliqué que les âmes sont appelées 'fils'.
Toutefois elles se sont revêtues d'un corps, appelé 'servante' et 'esclave', selon les paroles du Zohar mentionné. Mais l'intention était que les corps soient entraînés à la suite de l'âme.
Et l'homme d'Israël peut élever aussi le corps pour qu'il soit entraîné à la suite de l'âme. Et c'est cela 'l'amour supplémentaire fait connaître' : qu'il y ait attachement (devekout) aussi pour le corps.
Et alors, même 's'il en prend une autre' (Exode 21,10), néanmoins toutes les illuminations préparées pour l'âme ne sont pas retenues à cause du corps, comme l'expose là-bas ce vieillard (sava) selon sa voie. Toutefois, même 'si elle déplaît' etc., 'qu'il ne l'a pas désignée' (Exode 21,8) - c'est-à-dire qu'il n'a pas mérité l'amour supplémentaire mentionné, pour élever le corps - néanmoins 'elle ne sortira pas' : l'âme ne sort pas comme sortent les esclaves.
Car il faut en tout cas veiller à ne pas corrompre l'âme elle-même. Et l'homme a été envoyé dans ce monde pour réparer aussi le corps.
Et il est écrit 'Vous serez pour Moi des hommes de sainteté' (Exode 22,30) : les enfants d'Israël sont sainteté, comme il est dit 'Israël est sainteté pour ה'' (Jérémie 2,3), et cela désigne les âmes. Mais l'homme peut se sanctifier dans le corps, pour y entraîner l'illumination de la sainteté depuis l'âme.
Et il est écrit 'vous serez à Moi' (tihyoun li) : c'est un être nouveau (havaya hadacha) lorsqu'il mérite d'entraîner l'illumination de l'âme dans le corps. On peut aussi expliquer 'tihyoun' comme dans 'je fus défait et malade' (nihyeti) : car à la mesure du brisement du désir corporel, l'âme resplendit, et il se fait un être nouveau.
Et l'essentiel est que l'intention soit pour le Ciel, comme il est dit 'vous serez à Moi' : car si l'on aspire à la sainteté afin d'accomplir la volonté du Créateur béni soit-Il, alors il est écrit 'Il enverra ton secours depuis le sanctuaire' (Tehilim 20,3). Et pour cela ont été institués les jours ouvrables, aspect du corps ; et le Chabbat est 'le jour des âmes' (yoma de-nichmatin), comme il est dit 'afin que se repose ton bœuf... et que reprenne souffle le fils de ta servante' (Exode 23,12), comme cela a été expliqué ailleurs.
בפסוק ששת ימים תעשה מלאכתך וביום השביעי תשבות. פי' כי כל ימי המעשה נבראו ע"ז כדי לשבות מהם בבוא יום השבת.
וזה הי' תכלית מכוון הבריאה. וזה הביטול של המעשים ע"י השבת הוא קיום כל המעשים.
למען ינוח שורך כו'. כי השבת מעין עוה"ב.
ואיך אפשר לקבל בעולם הזה הארה מעוה"ב שזה היפוך מזה. ורק ע"י הביטול עוה"ז בבוא הארה מעולם העליון.
ע"י זו השביתה. מקבלין הארה גם בעוה"ז.
והי' הכל הכנה שיוכל גם הגוף ונפש הבהמיות לקבל הארת הנשמה. ובאמת אין כל אדם מוכן לזה רק נפשות בנ"י.
ולכן השבת הוא עדות על בני ישראל. ובכח ימי המעשה זוכין אל השבת.
דכתיב כשושנה בין החוחים כו' כתפוח בעצי היער כו'. פי' בימי המעשה הוא שושנה בין החוחים והמייגעים עצמם למצוא הארות קדושות גם בימי המעשה זוכין אח"כ בשבת למה דכתיב כתפוח בעצי היער ודרשו חז"ל מה תפוח אין לו צל כו' והכל ברחו מצלו של הקב"ה רק בנ"י אמרו נעשה ונשמע ע"ש.
כמו כן הענין ממש בש"ק שמתגלה בו הנהגה עליונה. והוא אינו ניכר בגשמיות כדאיתא בזוה"ק כיון דלא אשתכח בי' מנא מה ברכתא אשתכח וכו'.
והיינו שאינו ניכר בעולם הזה. ובנ"י מאמינים בני מאמינים זוכין להרגיש טעם השבת כדכתיב בצלו חמדתי.
וזוכין לשבת לחסות תחת פריסת סוכת שלומו ית'. בצלו חמדתי הוא בימי המעשה כשעוסקין במעשה אנוש ותחבולותיו.
מ"מ איש ישראל כל זה אינו שוה לו ומשתוקק שלא להיות מוטרד בהבלי עולם. רק אחת שאלתי כו' שבתי בבית ה'.
ולכן זוכין להשבת כנ"ל. ופריו מתוק לחכי דייקא:
Sur le verset 'Six jours tu feras ton ouvrage, et le septième jour tu te reposeras' (Exode 23,12). Explication : tous les jours ouvrables ont été créés pour cela, afin de s'en reposer à la venue du jour du Chabbat.
Ce fut là la finalité voulue de la Création. Et cette annulation (bitoul) des actes par le Chabbat est le maintien même de tous les actes : 'afin que se repose ton bœuf' etc.
Car le Chabbat est de l'ordre du monde à venir. Et comment est-il possible de recevoir en ce monde une illumination du monde à venir, qui en est l'opposé ?
Seulement par l'annulation de ce monde-ci, à la venue de l'illumination du monde supérieur : par ce repos, on reçoit une illumination même en ce monde. Et tout fut une préparation afin que le corps et l'âme animale (nefech ha-behamit) puissent eux aussi recevoir l'illumination de l'âme (nechama).
Et en vérité tout homme n'est pas préparé à cela, seules les âmes des enfants d'Israël. C'est pourquoi le Chabbat est un témoignage sur les enfants d'Israël.
Et par la force des jours ouvrables on mérite le Chabbat, ainsi qu'il est écrit 'comme une rose parmi les épines' etc., 'comme un pommier parmi les arbres de la forêt' etc. (Cantique 2,2-3).
Explication : durant les jours ouvrables, il est 'une rose parmi les épines', et ceux qui se fatiguent à trouver des illuminations saintes même durant les jours ouvrables méritent ensuite, au Chabbat, ce qui est écrit 'comme un pommier parmi les arbres de la forêt'. Et nos Sages ont exposé : de même que le pommier n'a pas d'ombre etc. - et tous ont fui l'ombre du Saint béni soit-Il, seuls les enfants d'Israël ont dit 'nous ferons et nous écouterons' (Exode 24,7) ; vois là-bas.
Il en va exactement de même au saint Chabbat, où se révèle la conduite supérieure ; et elle n'est pas perceptible dans la matérialité, comme il est enseigné dans le Zohar saint : 'puisqu'il ne s'y trouvait pas de manne, quelle bénédiction pouvait s'y trouver' etc. C'est-à-dire qu'elle n'est pas perceptible en ce monde.
Mais les enfants d'Israël, croyants fils de croyants, méritent de ressentir le goût du Chabbat, comme il est écrit 'à son ombre j'ai désiré' (Cantique 2,3). Et ils méritent, au Chabbat, de s'abriter sous le déploiement de la souccah de Sa paix, béni soit-Il. 'À son ombre j'ai désiré' se rapporte aux jours ouvrables, lorsqu'on s'occupe de l'œuvre de l'homme et de ses stratagèmes : néanmoins, pour l'homme d'Israël tout cela n'a aucune valeur, et il aspire à ne pas être encombré par les vanités du monde ; 'une seule chose j'ai demandée' etc., 'de siéger dans la maison de ה'' (Tehilim 27,4).
C'est pourquoi ils méritent le Chabbat, comme dit plus haut. 'Et son fruit est doux à mon palais' (Cantique 2,3), précisément.
תר"נ
[תר"נ]
במדרש מגיד דבריו ליעקב חקיו ומשפטיו לישראל כו' לאומות עכו"ם נתן מצות גולמות כו'. דכתיב המשפט לאלקים הוא.
ומ"מ כתיב תשים לפניהם. והוא כמ"ש חז"ל שהשכינה שרויה ביניהם כדכ' בקרב אלקים ישפוט.
וכ"כ משפט וצדקה ביעקב אתה עשית. כי המשפט בעצמו מלמד השופט דעת.
כי הנה משפטי התורה וכל מצות השי"ת אינם כמצות מלך בו"ד. כמ"ש חז"ל אין מדת הקב"ה כמדת בו"ד הוא למעלה ממשאו ארון נשא את נושאיו.
כמו כן כל מצוה מתקן את האדם. וזה עצמו ענין הקדמת נעשה לנשמע.
פי' שידעו והבינו כי אין עיקר המצוה כפי השגת האדם. אבל כאשר יעשו ויקיימו לשמה.
אז ישמעו ויבינו פנימיות המצוה. וע"ז אומרין אשרי איש שישמע למצותיך.
ובמדרש ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם כשאמר יתרו למשה ד' מדות ולא מצא רק א' א"ל הקב"ה למשה ואלה המשפטים לך ולמדם. הענין כמ"ש כי זה עיקר ההבדל בין חכמי האומות ודייניהם כי כפי השכל טו) כך הם דנין הדין אבל מדת בני ישראל אינו כן רק מן המשפט מקבלים החכמה והשלימות.
וזה אשר תשים לפניהם. קודם שלימותם.
והמשפטים ישלימו להם שלימות החכמה האמיתית. וז"ש מה הראשונים מסיני כו'.
ועוד כתבו שסמכו למ"ש ולא תעלה במעלות שלא יפסיעו פסיעה גסה בדין. היינו כנ"ל שידעו כי לא מחכמתם הם שופטים.
רק במה שהקב"ה מאיר עיניהם מן השמים כאשר ישפטו לשם שמים. וז"ש מגיד דבריו כו' הוא לשון הוה כי לעולם השי"ת מאיר עיני בנ"י במצותיהם [וכמ"ש אומר ועושה גוזר ומקיים כמו שבמאמרו ברא העולם ומקיימו כמו כן במצותיו ית' הוא המקיים] וכתיב אשר יעשה אותם האדם וחי בהם כי המצות נותנות חיות חדש לבנ"י טז) וזה שאמר שלאומות נתן מצות גולמות אבל בנ"י זוכין לפנימיות של המצות דכתיב אתה עשית כו' השמים כו' ואתה מחי' את כולם.
ופרשנו כי הוא פנימיות הבריאה והוא דרך התורה ומצות שנקרא עץ החיים. ובזוהר בהר איתא ע"פ ובשביעית יצא לחפשי חנם דכ"ז שהיה עבד מה שקיים מצות הי' חנם ע"ש דמאן דכפית באחרא א"י לקבל עול מלכות שמים וכיון דמהאי פטור מכולא פטור ע"ש.
ותמוה דהא עבד חייב בכל המצות. אבל הענין הוא כנ"ל שא"י לזכות לפנימיות המצות רק מי שהוא בן חורין ויכול לקבל עול מ"ש בשלימות.
וכ"ה במשנה שקדמה פ' שמע שיקבל מ"ש תחלה ואח"כ עול מצות. כי זה עיקר החילוק שבין ישראל לאומות עכו"ם דכל מה דעבדין לגרמייהו עבדין ועכו"ם אדעתא דנפשי' עביד.
וענין לשמה א"י לקיים שום ברי' רק בני ישראל שהם מוכנים לזה שהוציאנו השי"ת ממצרים. ונעשין בני חורין לקבל עול מלכות שמים ואחדותו ית"ש.
ועושין רק לשמו. ואז וחי בהם.
ובאמת זה הוא כפי הזדככות האדם שזוכה לחירות מן היצה"ר ואינו כפות ומקושר להטבע והגשמיות. ולכן בגלות נאמר נתתי כו' חקים לא טובים ומשפטים לא יחיו בהם.
אבל כשהיו בני ישראל בא"י היו בני חורין ונתאחדו בהשי"ת כראוי והרגישו חיות פנימיות בכל מצוה:
Dans le Midrach : 'Il annonce Ses paroles à Yaacov, Ses statuts et Ses lois à Israël' etc. - aux nations idolâtres Il a donné des commandements bruts (informes) etc. Car il est écrit 'le jugement appartient à Elokim' (Deutéronome 1,17).
Et pourtant il est écrit 'tu placeras devant eux'. C'est comme l'ont dit nos Sages : la Chekhina réside parmi eux, ainsi qu'il est écrit 'au sein des juges (Elokim) Il juge' (Tehilim 82,1).
Et de même il est écrit 'le droit et la justice en Yaacov, c'est Toi qui les as faits' (Tehilim 99,4). Car le jugement lui-même enseigne au juge le discernement.
Car voici : les lois de la Torah et tous les commandements du Saint béni soit-Il ne sont pas comme les décrets d'un roi de chair et de sang. Comme l'ont dit nos Sages : la mesure du Saint béni soit-Il n'est pas comme la mesure de la chair et du sang - Il est au-dessus de ce qu'Il porte : l'arche portait ceux qui la portaient.
De même, chaque commandement répare l'homme. Et c'est cela même le sens de faire précéder 'nous ferons' à 'nous écouterons' : ils surent et comprirent que l'essentiel du commandement n'est pas selon la compréhension de l'homme ; mais lorsqu'ils feront et accompliront pour Son Nom (lichma), alors ils entendront et comprendront l'intériorité du commandement.
Et c'est pourquoi on dit 'Heureux l'homme qui écoute Tes commandements'. Et dans le Midrach : 'Et voici les lois que tu placeras devant eux' - lorsque Yitro dit à Moche quatre catégories (de juges) et n'en trouva qu'une, le Saint béni soit-Il dit à Moche 'Et voici les lois' : à toi de les enseigner.
Le sujet, comme dit : c'est là la différence essentielle entre les sages des nations et leurs juges - car selon l'intelligence, ainsi jugent-ils le jugement ; mais la mesure des enfants d'Israël n'est pas ainsi : c'est du jugement lui-même qu'ils reçoivent la sagesse et la perfection. Et c'est 'que tu placeras devant eux', avant leur perfection ; et les lois leur compléteront la perfection de la sagesse véritable.
Et c'est ce qui est dit 'de même que les premières viennent du Sinaï' etc. Et l'on a encore écrit qu'on a rapproché cela de ce qui est dit 'et tu ne monteras pas par des degrés (à l'autel)' (Exode 20,23) : qu'on ne fasse pas de grand pas (à la légère) dans le jugement.
C'est-à-dire, comme plus haut, qu'ils sachent que ce n'est pas de leur sagesse qu'ils jugent, mais par ce dont le Saint béni soit-Il illumine leurs yeux depuis le Ciel, lorsqu'ils jugent pour le Ciel. Et c'est ce que signifie 'Il annonce Ses paroles' etc. : c'est au présent, car à jamais le Saint béni soit-Il illumine les yeux des enfants d'Israël dans leurs commandements [et comme il est dit 'Il dit et fait, décrète et accomplit' : de même que par Sa parole Il a créé le monde et le maintient, de même par Ses commandements, béni soit-Il, c'est Lui qui maintient] ; et il est écrit 'que l'homme accomplira et vivra par eux' (Lévitique 18,5), car les commandements donnent une vitalité nouvelle aux enfants d'Israël.
Et c'est ce qu'il dit : qu'aux nations Il a donné des commandements bruts, mais les enfants d'Israël méritent l'intériorité des commandements, ainsi qu'il est écrit 'c'est Toi qui as fait... les cieux... et Tu les fais tous vivre' (Nehemie 9,6). Et nous avons expliqué que c'est l'intériorité de la Création, et c'est la voie de la Torah et des commandements, appelée 'arbre de vie'.
Et dans le Zohar Behar il est enseigné sur le verset 'et la septième année il sortira libre, gratuitement (hinam)' (Exode 21,2) : car tout le temps qu'il était esclave, ce qu'il accomplissait des commandements était 'gratuit' ; vois là-bas - car celui qui est lié à un autre ne peut recevoir le joug de la royauté des Cieux, et puisqu'il est libéré de celui-ci, il est libéré de tout ; vois là-bas. Et c'est étonnant, car l'esclave est tenu à tous les commandements.
Mais le sujet est comme plus haut : on ne peut mériter l'intériorité des commandements, sinon celui qui est un homme libre et peut recevoir le joug de la royauté des Cieux dans sa plénitude. Et c'est ainsi dans la Michna : que l'on fait précéder le paragraphe du Chema, pour recevoir d'abord le joug de la royauté des Cieux, et ensuite le joug des commandements.
Car c'est là la distinction essentielle entre Israël et les nations idolâtres : car tout ce que font les enfants d'Israël, ils le font pour Lui, tandis que l'idolâtre agit selon son propre intérêt. Et la notion de 'pour Son Nom' (lichma), aucune créature ne peut l'accomplir, sinon les enfants d'Israël qui y sont préparés, car le Saint béni soit-Il nous a fait sortir d'Égypte, et ils deviennent des hommes libres pour recevoir le joug de la royauté des Cieux et de Son unité, béni soit Son Nom, et ils n'agissent que pour Son Nom ; et alors 'ils vivront par eux'.
Et en vérité cela est à la mesure de l'affinement de l'homme, lorsqu'il mérite la liberté à l'égard du mauvais penchant (yetser ha-ra) et n'est plus ligoté ni attaché à la nature et à la matérialité. C'est pourquoi il est dit à propos de l'exil 'Je leur ai donné... des statuts qui ne sont pas bons et des lois par lesquelles ils ne vivront pas' (Ezechiel 20,25).
Mais lorsque les enfants d'Israël étaient sur leur terre, ils étaient des hommes libres et s'unissaient au Saint béni soit-Il comme il convient, et ressentaient une vitalité intérieure dans chaque commandement.
תרנ"ב
[תרנ"ב]
ואלה המשפטים כו' ואמרו חז"ל מוסיף על הראשונים מה ראשונים מסיני אף אלו מסיני דבכח התורה זכו אל המשפטים דכתיב משפטי ה' אמת וכתיב תתן אמת ליעקב כי בעוה"ז קשה להשיג האמת דהוא עלמא דשיקרא כמ"ש במדרש בראשית אמת אמר אל יברא כו' ותשלך אמת ארצה ע"ש. פי' שאם הי' האמת מתגלה לא הי' קיום להעולם שהכל הי' מתבטל במציאות אל אחד האמת ולכן נקרא עלמא דשיקרא.
וכאשר שמעתי מפי מו"ז ז"ל כי נקרא עולם ע"ש ההעלם כו' שע"י ההעלם יש מציאות לעולם לכן הושלך אמת ארצה להיות האמת נסתר ונעלם בחשכת הגשמיות והטבע. אכן לבנ"י ניתן האמת ע"י התורה כמ"ש מגיד דבריו ליעקב שהיא הנהגה האמיתית הפנימיות.
ולכן א"א לזכות למשפט אמת רק בכח התורה שבה משפטי ה' וכ"כ ואל תצל מפי דבר אמת כו' כי למשפטיך יחלתי פרש"י תצל לשון הפרשה והבדלה כי האמת נפרש ונבדל מבני אדם וצריכין סייעתא דשמיא לזכות לאמת ע"י שלמשפטיך יחלתי. ולכן מצינו מדבר שקר תרחק וכ"כ צדק צדק תרדוף ע"י שהוא עלמא דשיקרא.
וכעין זה כתיב בשלום בקש שלום ורדפהו שג"כ עוה"ז כולו קטטה ע"ש במדרש. ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם.
שנתן הקב"ה לבנ"י מתנה כאשר מתאספין לשפוט אמת מאיר הקב"ה עיניהם ולא עשה כן לכל גוי כו' כי המשפט לא-להים הוא. רק כמ"ש אמרתי א-להים אתם.
מגיד דבריו כו' חקיו ומשפטיו הוא לשון הוה שהקב"ה מאיר עיניהם כנ"ל. ואיתא הדן דין אמת לאמיתו נעשה שותף להקב"ה במעשה בראשית דכתיב בו ויהי ערב ויהי בוקר ע"ש בפ' ויעמוד העם על משה כו' הבוקר עד הערב.
הרמז כנ"ל כי הקב"ה עשה העולם להיות מעורב ונסתר האמת. וזה נקרא ערב.
ומ"מ להמחפשין האמת יכולין לברר האמת בעזר ה'. וזה היה תכלית ההעלם שיבואו בני ישראל וימצאו האמת כמו שנתקיים בקבלת התורה.
ולאו דוקא במשפט שבין אדם לחבירו. רק אפילו בדברים שבינו לבין קונו.
המבקש אמת ושופט עצמו. כמ"ש חז"ל צדיק יצ"ט שופטו.
יש לו חלק בזה הערב ובוקר. וז"ש במדרש מבקר לערב יוכתו מבלי משים כו' אין משים אלא דינין ע"ש כי ע"י שאין מייגעין עצמן לשפוט א"ע מוטבעין בשקר ומתרחקין מבקר כנ"ל:
'Et voici les lois' etc. Et nos Sages ont dit : le vav ajoute aux premières - de même que les premières viennent du Sinaï, celles-ci aussi viennent du Sinaï.
Car c'est par la force de la Torah qu'ils ont mérité les lois, ainsi qu'il est écrit 'les jugements de ה' sont vérité' (Tehilim 19,10), et il est écrit 'Tu donneras la vérité à Yaacov' (Michee 7,20). Car en ce monde il est difficile d'atteindre la vérité, car c'est un monde de mensonge (alma de-chikra), comme il est dit dans le Midrach Berechit : la Vérité disait 'qu'il ne soit pas créé' etc., et 'Il jeta la vérité à terre' (Daniel 8,12) ; vois là-bas.
Explication : si la vérité se révélait, le monde n'aurait pas de subsistance, car tout s'annulerait dans l'existence vers l'Unique véritable ; c'est pourquoi il est appelé 'monde de mensonge'. Et comme je l'ai entendu de la bouche de mon grand-père et maître, de mémoire bénie : il est appelé 'monde' (olam) en raison de l'occultation (helem) etc., car c'est par l'occultation que le monde à une existence ; c'est pourquoi la vérité fut jetée à terre, afin que la vérité soit cachée et occultée dans les ténèbres de la matérialité et de la nature.
Toutefois, aux enfants d'Israël la vérité a été donnée par la Torah, comme il est dit 'Il annonce Ses paroles à Yaacov', qui est la conduite véritable et intérieure. C'est pourquoi il est impossible de mériter un jugement de vérité, sinon par la force de la Torah, où se trouvent 'les jugements de ה''.
Et de même il est écrit 'et n'ôte pas de ma bouche parole de vérité... car j'ai espéré en Tes jugements' (Tehilim 119,43) : Rachi explique 'tatsel' au sens de séparation et de mise à part, car la vérité est séparée et mise à part des hommes, et il faut une assistance du Ciel (siyata di-chmaya) pour mériter la vérité, du fait que 'j'ai espéré en Tes jugements'. C'est pourquoi nous trouvons 'éloigne-toi de parole de mensonge' (Exode 23,7), et de même 'la justice, la justice tu poursuivras' (Deutéronome 16,20) - parce que c'est un monde de mensonge.
Et dans le même genre il est écrit à propos de la paix 'recherche la paix et poursuis-la' (Tehilim 34,15) - car de même ce monde n'est tout entier que querelle ; vois là-bas dans le Midrach. 'Et voici les lois que tu placeras devant eux' : le Saint béni soit-Il l'a donné aux enfants d'Israël comme un cadeau - lorsqu'ils se rassemblent pour juger avec vérité, le Saint béni soit-Il illumine leurs yeux ; 'et Il n'a pas fait de même pour toute autre nation' etc., car 'le jugement appartient à Elokim'. Seulement, comme il est dit 'J'avais dit : vous êtes des êtres divins (Elokim)' (Tehilim 82,6). 'Il annonce Ses paroles' etc. 'Ses statuts et Ses lois' : c'est au présent, car le Saint béni soit-Il illumine leurs yeux, comme plus haut.
Et il est enseigné : celui qui rend un jugement de vérité selon sa vérité devient associé du Saint béni soit-Il dans l'œuvre de la Création, où il est écrit 'et ce fut soir et ce fut matin' - vois là-bas dans le passage 'et le peuple se tenait devant Moche... du matin jusqu'au soir' (Exode 18,13). L'allusion est comme plus haut : le Saint béni soit-Il a fait le monde de sorte que la vérité soit mêlée (me'orav) et cachée, et cela est appelé 'soir' (erev).
Néanmoins, ceux qui cherchent la vérité peuvent la clarifier avec l'aide de ה'. Et telle fut la finalité de l'occultation : que les enfants d'Israël viennent et trouvent la vérité, comme cela s'est réalisé lors de la réception de la Torah.
Et non pas seulement dans un jugement entre l'homme et son prochain, mais même dans les choses entre lui et son Créateur : celui qui recherche la vérité et se juge lui-même, comme l'ont dit nos Sages 'le juste, son bon penchant (yetser tov) le juge', a une part dans ce 'soir et matin'. Et c'est ce que dit le Midrach 'du matin au soir ils sont brisés sans que nul y prête attention (mesim)' etc. - 'mesim' ne désigne que les jugements ; vois là-bas - car du fait qu'ils ne se fatiguent pas à se juger eux-mêmes, ils sont enfoncés dans le mensonge et s'éloignent du 'matin', comme plus haut.
תרנ"ג
[תרנ"ג]
ואלה מוסיף על הראשונים כו'. מסיני כו'.
דכתיב המשפט לאלקים הוא. אך בקבלת התורה בסיני קבלו בנ"י אלקות כמ"ש אנכי ה' אלקיך.
ונכתב בתורה. לכן ע"י היגיעה בתורה זוכין למצוא כח אלקי.
ולכן נקראו הדיינים א-להים. וכמ"ש אלקים נצב בעדת אל.
מלשון ויתיצב ה'. שהדיינים המומחין מתלבשים ברוה"ק.
ולא זו בדין שבין אדם לחבירו. רק לזכות לשפוט א"ע בדרך המשפט כמ"ש חז"ל צדיקים יצ"ט שופטן.
וכל זה זוכין בכח התורה. וכמ"ש במשנה העוסק בתורה לשמה כו' ונותנת לו מלכות וממשלה וחקור דין.
כי ע"י העסק בתורה משתנה דעת האדם להיות נמשך אחר דעת התורה וזוכה למשפט אמת:
'Et voici' ajoute aux premières etc. 'du Sinaï' etc. Car il est écrit 'le jugement appartient à Elokim'.
Mais lors de la réception de la Torah au Sinaï, les enfants d'Israël ont reçu la divinité (Elokout), comme il est dit 'Je suis ה' ton Elokim' (Exode 20,2), et cela a été inscrit dans la Torah. C'est pourquoi, par le labeur dans la Torah, on mérite de trouver une force divine.
Et c'est pourquoi les juges sont appelés 'Elokim'. Et comme il est dit 'Elokim se tient dans l'assemblée divine' (Tehilim 82,1), du même terme que 'et ה' se tint (va-yityatsev)' : les juges experts se revêtent de l'esprit saint (roua'h ha-kodech).
Et non pas seulement dans un jugement entre l'homme et son prochain, mais aussi pour mériter de se juger soi-même par la voie du jugement, comme l'ont dit nos Sages 'les justes, leur bon penchant les juge'. Et tout cela, on le mérite par la force de la Torah.
Et comme il est dit dans la Michna : celui qui s'occupe de la Torah pour Son Nom (lichma) etc., elle lui donne royauté, domination et le discernement du jugement (Avot 6,1). Car par l'occupation de la Torah, le discernement de l'homme se transforme pour être entraîné à la suite du discernement de la Torah, et il mérite un jugement de vérité.
תרנ"ד
[תרנ"ד]
« Et voici les lois que tu placeras devant eux » : le Midrach dit que « et voici » ajoute aux précédents, et que ces lois viennent du Sinaï. Le Sfat Emet rapporte de son grand-père que les lois civiles relèvent de l'intelligence humaine, et qu'il faut clarifier qu'elles sont décret du Lieu. Les Dix Paroles englobent tous les commandements ; houkim, michpatim, mitsvot et torot ne sont qu'une seule unité, « justes ensemble ». La Torah est cachée et révélée, et Israël, parfait par la circoncision, reçoit statut et loi comme une unité, en reliant tout acte vrai jusqu'à l'Un véritable.
Aussi : le matin du don de la Torah et le soir des lois posées sur le cœur, union d'un jour ; le Chabbat qui équivaut à tous les commandements et soumet l'âme animale ; l'oreille du serviteur qui refuse de sortir libre
במדרש כ"מ שנאמר ואלה מוסיף על הראשונים מה הראשונים מסיני אף אלו מסיני כבר כתבנו במ"א בשם אמו"ז ז"ל כי להיות המשפטים בשכל אנושי צריכין לברר כי אעפ"כ חוקה וגזירת המקום הוא ע"ש. והענין הוא כי עשרת הדיברות כוללין כל המצות וכל המשפטים דכתיב תורת ה' תמימה בחי' תמימה ותורת אמת הוא להיות הכל נכלל בכל אות ואות מה שא"א לבו"ד להשיג לכן איתא כל התורה כולה שמא דקוב"ה.
והגם דיש כמה סדרים פרטים. חקים.
משפטים. מצות.
תורות. אבל כולם אחדות אחד וכן נרמז בפסוק תורת ה' תמימה כו' עדות ה' כו' כל הסדרים.
ולבסוף משפטי ה' אמת צדקו יחדיו. פי' יחדיו על כל הסדרים הששה שכולם הם אחדות אחד.
ורמז לזה דבכל סדר יש פעולה מיוחדת לו. אבל במשפטי ה' אמת נקוד אתנחתא לרמוז כי צדקו יחדיו קאי על כל הששה סדרים.
לכן כתיב ואלה מוסיף על הראשונים שהן הן הדיברות והן המשפטים כי אורייתא סתים וגליא וחלק הדברות הי' כשנתעלו בנ"י להיות כמלאכים. וחלק המשפטים כתיב תשים לפניהם.
שהוא בחי' התגלות במשפטים הערוכים לפנינו אבל הכל אחדות אחד. וכתיב לפניהם כי בנ"י מוכנים הם לזה האחדות שיכולין להבין המשפטים ולידע כי הם דבקים בשורש הנסתר.
ולכן מוכן התורה לבנ"י כמ"ש מגיד דבריו ליעקב חקיו ומשפטיו לישראל לא עשה כן לכל גוי. וקשה עשיה מאן דכר שמי' דהול"ל לא הגיד או לא נתן.
אבל להיות שרק נפשות בנ"י מוכנים לזה האחדות ותורה תמימה נמסרה לבנ"י שהם תמימים כמ"ש תמים תהי'. א"כ יש בחי' תמימות ואחדות לבני ישראל.
לכן יכולין לקבל חק ומשפט שיהיו באחדות אחד החק והמשפט כנ"ל. מה שלא עשה כן לכל גוי עוע"ו טז) שאין נפשותיהם מוכנים לקבל בחי' האחדות.
משפטים בל ידעום שאין להם זה הדעת. ובאמת דרשו חז"ל מפסוק זה שמי שאינו נימול אינו יכול לעסוק בתורה.
כי ע"י המילה נעשו בנ"י תמימים כמ"ש והיה תמים אצל מצות מילה. כי הערלה מסתיר בחינת האחדות.
והמילה נותנת התקשרות ואחדות לכן נק' ברית. וזה פי' דן דין אמת לאמיתו מלבד שיהי' אמת לשלול השקר אבל יהי' לו התקשרות באחדות האמת.
כי האמת אינו שלילת השקר בלבד רק ה' אלקים אמת וכל הנעשה באמת צריכין לקשרו עד אחד האמת:
Dans le Midrach : partout où il est dit "et voici" (ואלה), cela ajoute aux précédents ; de même que les premiers venaient du Sinaï, ceux-ci aussi viennent du Sinaï. Nous avons déjà écrit ailleurs au nom de mon maître, mon grand-père, de mémoire bénie, que puisque les lois civiles (michpatim) relèvent de l'intelligence humaine, il faut clarifier que malgré cela elles sont décret et ordonnance du Lieu (Makom, le Nom) ; vois-y.
Et l'affaire est ainsi : les Dix Paroles englobent tous les commandements et toutes les lois, car il est écrit "la Torah de ה' est parfaite (temima)" (Ps 19,8), aspect de perfection et de Torah de vérité, en ce que tout est inclus dans chaque lettre, ce qu'il est impossible à un être de chair et de sang de saisir ; c'est pourquoi il est enseigné que toute la Torah entière est le Nom du Saint béni soit-Il. Et bien qu'il y ait plusieurs catégories particulières : statuts (houkim), lois (michpatim), commandements (mitsvot), enseignements (torot), toutes ne sont qu'une seule unité.
Cela est allude dans le verset "la Torah de ה' est parfaite... le témoignage de ה'..." (toutes les catégories), et à la fin "les jugements de ה' sont vérité, justes ensemble (yahdav)" (Ps 19,10). Explication : "ensemble" porte sur les six catégories, qui toutes sont une seule unité.
L'allusion en est que dans chaque catégorie il y a une action qui lui est propre ; mais sur "les jugements de ה' sont vérité" est placé l'accent etnahta (la pause), pour alluder que "justes ensemble" se rapporte aux six catégories. C'est pourquoi il est écrit "et voici" (ואלה), qui ajoute aux premiers, car ce sont les Paroles et ce sont les lois, car la Torah est cachée et révélée (setim ve-galia) : la part des Paroles fut lorsque les enfants d'Israël s'élevèrent au point d'être comme des anges, et pour la part des lois il est écrit "que tu placeras devant eux (tassim lifnehem)" (Ex 21,1), aspect de révélation dans les lois disposées devant nous ; mais le tout est une seule unité.
Et il est écrit "devant eux" car les enfants d'Israël sont prêts à cette unité, capables de comprendre les lois et de savoir qu'elles adhèrent à la racine cachée. C'est pourquoi la Torah est préparée pour les enfants d'Israël, comme il est écrit "Il annonce ses paroles à Yaakov, ses statuts et ses jugements à Israël ; Il n'a pas fait ainsi (asa) pour toute nation" (Ps 147,19-20).
Et c'est difficile : "faire" (asiya), qui l'a mentionné ? il aurait fallu dire "Il n'a pas annoncé" ou "Il n'a pas donné". Mais puisque seules les âmes des enfants d'Israël sont prêtes à cette unité, et que la Torah parfaite fut transmise aux enfants d'Israël qui sont parfaits (temimim), comme il est écrit "sois parfait (tamim)" (Dt 18,13), il y a donc un aspect de perfection et d'unité chez les enfants d'Israël.
C'est pourquoi ils peuvent recevoir statut et loi de sorte que le statut et la loi soient une seule unité, comme dit plus haut. "Ce qu'Il n'a pas fait ainsi pour toute nation" : les nations idolâtres, dont les âmes ne sont pas prêtes à recevoir l'aspect d'unité.
"Des jugements, ils ne les connaissent pas (bal yedaoum)" (Ps 147,20), car ils n'ont pas ce savoir (daat). Et en vérité nos Sages ont exposé de ce verset que celui qui n'est pas circoncis ne peut s'occuper de la Torah.
Car par la circoncision (mila) les enfants d'Israël sont devenus parfaits, comme il est écrit "et sois parfait" (Gn 17,1) auprès du commandement de la circoncision. Car le prépuce (orla) cache l'aspect de l'unité, tandis que la circoncision donne attachement et unité ; c'est pourquoi elle est appelée alliance (berit).
Et c'est le sens de "il juge un jugement vrai selon sa vérité (din émet le-amito)" : outre qu'il soit vrai pour exclure le mensonge, il aura aussi un attachement à l'unité de la vérité. Car la vérité n'est pas seulement la négation du mensonge, mais "ה' Elokim est vérité" (Jr 10,10), et tout ce qui est fait en vérité, il faut le relier jusqu'à l'Un véritable.
ובמדרש הה"ד מבוקר לערב יוכתו כו'. התורה ניתנה בבוקר כמ"ש בהיות הבוקר.
והמשפטים בערב כו' ע"ש. ב' בחי' אלו ערב ובוקר הם עמודי עולם כמ"ש בששת ימי בראשית ויהי ערב ויהי בוקר.
ובוקר הוא שורש הראשית הנשפע מאתו ית' עד שלא נתערב ונחשך בטבע הגשמיות המסתיר ומכסה אור הפנימי. וכמו כן בקבלת התורה שהי' פתיחת שערי שמים נקרא בוקר כמ"ש אתה הראת לדעת כו' אבל באמת צריכין לתקן גם בחי' ערב וע"ז כתיב ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם וזה עיקר עבודת האדם שכל הארה המתגלה לו איש לפי ערכו צריך לשים ההארה על לבו להיות דבר המתקיים גר על זמן הנסתר והנחשך כי לעולם יש ב' בחי' אלו וכן בכל יום מתחדש הארת התורה כמ"ש אשר אנכי מצוך היום והוא בחינת בוקר אור.
אבל כתיב ושמתם את דברי אלה על לבבכם להיות דבר המתקיים וז"ש מבקר לערב יוכתו על ידי שאין משימים הדברות אל לבם כמ"ש מבלי משים. וכ"כ בבוקר יציץ כו' לערב ימולל ויבש.
אבל איש ישראל צריך לשים דברי תורה על לבו להיות דבר של קיימא. ובשעת קבלת התורה שנתעלו נפשות בנ"י להיות כמלאכים עד שיצאו נשמתן הי' בחי' בוקר.
אבל הכא כתיב אשר תשים לפניהם כמו שהם בעוה"ז בחי' ושמתם על לבבכם. לכן כתיב אצל המשפטים ויעמוד העם על משה מן הבוקר ועד הערב ידרשו חז"ל הדן דין אמת לאמיתו נעשה שותף להקב"ה במעשה בראשית שנאמר בי' ויהי ערב כו' זהו השותפות להיות מתדבק באור התורה גם בהיותו עוסק בדברים גשמיים זה בחי' מעשה בראשית כמ"ש ז"ל בשביל התורה שנק' ראשית ולכן המקשר מעשי הטבע בתורה נעשה שותף במעשה בראשית התחברות ערב ובוקר.
וזהו האחדות כמ"ש ויהי ערב ויהי בוקר יום אחד וז"ש ואלה מוסיף על ענין ראשון שלא להפריד הערב מן בוקר וע"ז רמז הכתוב אי לך ארץ שמלכך נער ושריך בבוקר יאכלו אשריך ארץ שמלכך בן חורים ושריך בעת יאכלו הוא התדבקות העתים בהארת הבוקר כמ"ש לכל זמן ועת כו' ובני ישראל מוכנים לזה לכן כתיב לפניהם כנ"ל:
Et dans le Midrach, c'est ce qui est écrit (hada hou di-khtiv) "du matin au soir ils sont brisés..." (Job 4,20). La Torah fut donnée le matin, comme il est écrit "lorsque ce fut le matin" (Ex 19,16), et les lois le soir, etc. ; vois-y.
Ces deux aspects, soir et matin, sont les piliers du monde, comme il est dit lors des six jours de la Création "il y eut un soir et il y eut un matin". Et le matin est la racine du commencement (rechit) qui émane de Lui, béni soit-Il, avant qu'il ne se mélange et ne s'obscurcisse dans la nature de la matérialité qui dissimule et couvre la lumière intérieure.
De même lors du don de la Torah, qui fut l'ouverture des portes des cieux, cela est appelé matin, comme il est écrit "toi, il t'a été montré pour savoir..." (Dt 4,35). Mais en vérité il faut aussi réparer l'aspect du soir, et sur cela il est écrit "et voici les lois que tu placeras devant eux".
Et c'est l'essentiel du service de l'homme : toute illumination qui se révèle à lui, chacun selon son niveau, il doit poser cette illumination sur son cœur pour qu'elle devienne chose durable, qui réside sur le temps du caché et de l'obscurci, car il y a toujours ces deux aspects. Et ainsi chaque jour se renouvelle l'illumination de la Torah, comme il est écrit "que moi je t'ordonne aujourd'hui" (Dt 6,6), et c'est l'aspect de la lumière du matin.
Mais il est écrit "et vous placerez ces paroles miennes sur votre cœur" (Dt 11,18), pour qu'elle soit chose durable. Et c'est ce que dit "du matin au soir ils sont brisés" : parce qu'on ne pose pas les Paroles sur son cœur, comme il est écrit "sans que nul n'y prête attention (mi-beli mesim)" (Job 4,20).
De même il est écrit "au matin il fleurit... au soir il est fauché et se dessèche" (Ps 90,6). Mais l'homme d'Israël doit poser les paroles de Torah sur son cœur pour qu'elles soient chose subsistante.
Et au moment du don de la Torah, où les âmes des enfants d'Israël s'élevèrent au point d'être comme des anges jusqu'à ce que leur âme sorte, c'était l'aspect de matin. Mais ici il est écrit "que tu placeras devant eux", tels qu'ils sont dans ce monde-ci, aspect de "vous les placerez sur votre cœur".
C'est pourquoi il est écrit auprès des lois "et le peuple se tint auprès de Moché depuis le matin jusqu'au soir" (Ex 18,13). Nos Sages ont exposé : celui qui juge un jugement vrai selon sa vérité devient associé au Saint béni soit-Il dans l'œuvre de la Création, car il est dit en elle "il y eut un soir...".
C'est cela l'association : être attaché à la lumière de la Torah même lorsqu'il s'occupe de choses matérielles ; c'est l'aspect de l'œuvre de la Création, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie, "pour la Torah qui est appelée commencement (rechit)". C'est pourquoi celui qui relie les actes de la nature à la Torah devient associé à l'œuvre de la Création : union du soir et du matin.
Et c'est l'unité, comme il est écrit "il y eut un soir et il y eut un matin, un jour (yom ehad)". Et c'est ce que dit "et voici", qui ajoute au sujet précédent : ne pas séparer le soir du matin.
Sur cela le verset a fait allusion : "malheur à toi, pays dont le roi est un valet et dont les princes mangent dès le matin ; heureux es-tu, pays dont le roi est un fils de nobles et dont les princes mangent en temps voulu" (Qo 10,16-17) ; c'est l'attachement des temps à l'illumination du matin, comme il est écrit "à chaque chose son temps et son heure". Et les enfants d'Israël sont prêts à cela, c'est pourquoi il est écrit "devant eux", comme plus haut.
בפסוק ששת ימים כו' השביעי תשבות כו' ובכל אשר אמרתי אליכם תשמרו כו' סמך הקב"ה זה למצות שבת לומר כי שקול שבת ככל המצות. וכבר כתבנו פירוש למען ינוח שורך כו' הוא המשכת הארת מנוחת שבת גם במעשה גופניות.
שהוא בחי' נפש הבהמיות. לכן שם הקב"ה ששת ימי המעשה ושבת.
והנה רש"י פי' ובכל כו' תשמרו. לעשות כל התורה מצות ל"ת ע"ש.
והענין מובן כי כל המצות הם עצות ושמירה לכל הרמ"ח איברים. ומכלל דכתיב תשמרו צריך האיש לשמירה שלא יתגבר עליו נפש הבהמיות כי יש תערובות טו"ר באדם.
וז"ש תשמרו ושם א-להים אחרים לא תזכירו כו'. שזה תכלית שמירה של המצות.
ונמצא כשמחסר מצות עשה נחסר שמירה לאבר ההוא וגובר בו הפסולת. והרי זה כמצות לא תעשה.
ושבת השקול ככל המצות כתיב בו שמירה. וזה למען ינוח שורך הכנעת נפש הבהמיות כנ"ל.
וממילא מאיר נפש האדם. וזה כל שישנו בשמירה ישנו בזכירה:
Sur le verset "six jours... le septième tu te reposeras... et dans tout ce que je vous ai dit vous prendrez garde" (Ex 23,12-13). Le Saint béni soit-Il a rapproché ceci du commandement du Chabbat pour dire que le Chabbat équivaut à tous les commandements.
Et nous avons déjà écrit l'explication de "afin que se repose ton bœuf..." (Ex 23,12) : c'est l'extension de l'illumination du repos du Chabbat jusque dans l'action corporelle, qui est l'aspect de l'âme animale (nefech ha-behamit). C'est pourquoi le Saint béni soit-Il a placé les six jours d'œuvre et le Chabbat.
Et voici, Rachi a expliqué "et dans tout... vous prendrez garde" : accomplir toute la Torah, les commandements négatifs (lo taasse) ; vois-y. Et l'affaire se comprend : car tous les commandements sont conseils et garde pour les 248 membres (ramah evarim).
Et du fait qu'il est écrit "vous prendrez garde", l'homme a besoin de garde afin que l'âme animale ne prévale pas sur lui, car il y a un mélange de bien et de mal (tov va-ra) dans l'homme. Et c'est ce que dit "vous prendrez garde, et le nom d'autres dieux vous ne mentionnerez pas" : c'est la finalité de la garde des commandements.
Il s'avère que lorsqu'on omet un commandement positif, il manque une garde à ce membre-là et le rebut y prévaut, et voilà que c'est comme un commandement négatif. Et le Chabbat, qui équivaut à tous les commandements, il y est écrit "garde".
Et c'est "afin que se repose ton bœuf" : la soumission de l'âme animale, comme plus haut ; et de la même l'âme de l'homme s'illumine. Et c'est : quiconque est dans la garde est dans le souvenir (zekhira).
תרנ"ז
תרנ"ז (5657)
ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם מוסיף על הראשונים מה אלו מסיני כו'. כי התורה נעלמה מעיני כל חי וגם בעשרת הדברות כתיב וירד ה' על הר סיני כי הוא בחי' ירידה מה שנתלבש אור התורה באלה הדברות.
ואח"כ נתפשט עוד יותר לאלה המשפטים כו' לפניהם שהוא המשפט שבין אדם לחבירו כי הכל נברא בתורה וכמו כן צריכין להמשיך אור התורה בכל הדברים כמ"ש בזוה"ק ואתחנן בפסוק ודברת בם שיהי' הנהגת כל הדברים בם בדברי תורה ע"ש. וזה הרמז במד' כל מקום שנאמר אלה פסל הראשונים אלה תולדות שמים וארץ פסל תהו ובהו שלא נעשה מהם תולדות ע"ש.
פי' דכתיב בראשית ברא אלקים עלה במחשבה לבראות במדה"ד וראה שאין עולם מתקיים בדין. ולכן נשאר תהו ובהו שלא היו מתוקנים שהיו הסיגים שנמשכו מכח מדת הדין כידוע.
ובתורה כ' ג"כ וידבר אלקים כו' אעפ"כ נתקן עתה המשפטים שהוא במדה"ד ע"י התורה שהוא מה שהקדים מדה"ר ושתפה למדה"ד לכן כתיב כאן ואלה מוסיף שנתקן גם בחי' תהו ובהו. והמשפטים הם בחי' מדה"ד.
ותשים לפניהם שבכח בנ"י להמתיק הדינים. ז"ש משפט וצדקה ביעקב אתה עשית שבני ישראל מחברין משפט וצדקה.
ז"ש במד' מוסיף על מ"ש שם לו חק ומשפט. דשם כתיב ויורהו ה' עץ להמתיק מר במר ע"ש.
וזהו פי' שם לו. וכמו כן אשר תשים לפניהם שצריכין לסדר המשפטים ולהמתיקם במדה"ר ודו"ק:
"Et voici les lois que tu placeras devant eux", cela ajoute aux premiers : de même que ceux-ci viennent du Sinaï... Car la Torah est cachée aux yeux de tout vivant, et même dans les Dix Paroles il est écrit "et ה' descendit sur le mont Sinaï" (Ex 19,20), car c'est un aspect de descente, ce que la lumière de la Torah s'est revêtue dans ces Paroles.
Puis elle s'est encore davantage étendue vers ces lois... "devant eux", qui sont le jugement entre l'homme et son prochain, car tout fut créé par la Torah, et de même il faut faire couler la lumière de la Torah dans toutes les choses, comme il est écrit dans le saint Zohar (Vaethanan) sur le verset "et tu parleras d'elles (ve-dibarta bam)" : que la conduite de toutes les choses se fasse par elles, par les paroles de Torah ; vois-y.
Et c'est l'allusion dans le Midrach : partout où il est dit "voici (elle)", cela invalide les précédents ; "voici les engendrements des cieux et de la terre" a invalidé le tohou-et-bohou (le chaos et le vide) dont il ne fut pas fait d'engendrements ; vois-y. Explication : il est écrit "au commencement Elokim créa" : il monta dans la pensée de créer par l'attribut de rigueur (midat ha-din), et Il vit que le monde ne subsiste pas par la rigueur ; c'est pourquoi restèrent tohou et bohou, qui n'étaient pas réparés, qui étaient les scories (sigim) issues de la force de l'attribut de rigueur, comme on sait.
Et dans la Torah il est écrit de même "et Elokim parla..." ; malgré cela sont maintenant réparées les lois, qui relèvent de l'attribut de rigueur, par la Torah, ce qui fait qu'Il a fait précéder l'attribut de miséricorde (midat ha-rahamim) et l'a associé à l'attribut de rigueur. C'est pourquoi il est écrit ici "et voici", qui ajoute : que soit réparé aussi l'aspect de tohou et bohou.
Et les lois sont l'aspect de l'attribut de rigueur, et "tu placeras devant eux" : il est au pouvoir des enfants d'Israël d'adoucir les rigueurs (dinim). C'est ce qui est dit "jugement et justice en Yaakov, c'est toi qui les as faits" (Ps 99,4) : les enfants d'Israël joignent jugement et justice.
C'est ce que dit le Midrach "cela ajoute à ce qui est dit là-bas : il lui posa statut et jugement" (Ex 15,25), car là il est écrit "et ה' lui montra un bois" pour adoucir l'amer par l'amer, vois-y ; et c'est l'explication de "il lui posa". De même "que tu placeras devant eux" : il faut ordonner les lois et les adoucir par l'attribut de miséricorde ; et comprends bien (ve-dok).
בפסוק אהבתי את אדוני כו' אשתי כו' בני לא אצא חפשי כו' ורצע כו' את אזנו ואמרו חז"ל אוזן ששמעה לי בנ"י עבדים כו'. וקשה כיון דחטא במעשה ולא בשמיעה.
למה יפגימו האוזן. ומו"ז ז"ל תי' בזה לפי שלא קיים מה ששמע מוטב שלא לשמוע.
לכן עושין פגם באזנו. וי"ל עוד בזה עפ"י דברי הזוהר פ' בהר בפסוק לחפשי חנם.
חנם מן המצות ע"ש הדברים באורך. והענין הוא דבני ישראל אמרו אשר דיבר ה' נעשה ונשמע.
פי' שאינם רוצין להפטר מן המצוה רק מוכנים לעולם לשמוע ולעשות רצונו ית"ש שעל זה נבראו וכל מגמתם לשמוע ולעשות. ואלו היו אומרים נעשה בלבד הי' נראה שמקיימים המצוה בלבד להיות יוצא ידי חובתו כדין.
אבל מדת החסיד לפנים משורת הדין שאין די לו לצאת ידי חובתו. רק שמתלהב בכל עת לקיום מצות הבורא ית"ש.
וזה בחי' עול מלכות שמים וכ' שם בזוה"ק כההוא תורא דיהבין עלוי עול להיות מוכן לעשות רצון בעליו זה עיקר יותר מקיום המצוה. ולכן זה העבד הגם שיוכל להיות כי טוב לו אצל רבו ויכול לקיים המצות כפי מה שהוא.
כי אין הקב"ה בא בטרוניא עם בריותיו וכמו כן בגלות שאין יכולין לקיים כל המצות כראוי. מ"מ לפי מצב האדם יוכל להיות שבגלות מקיימים המוטל עלינו יותר משהי' בזמן המקדש שהרי מצינו חטאים גדולים בזמן המקדש.
כי כפום גמלא שיחנא והקב"ה מדקדק עם הקרובים אליו כחוט השערה. ואותן שאמרו חדל ממנו ונעבדה את מצרים כו' וכמו כן זכרנו את הדגה כו' לא היו רשעים גמורים.
אלא שראו שזה הדרך נקל לפניהם לקיים המוטל עליהם. אבל בנ"י נבראו להיות מוכנים רק לשמוע דבר ה' וצריכין לצפות לגאולה כדי להיות מוכן לקיים מצותיו בכל עת.
אפילו שנהי' בסכנה ביותר כל הקרב אל משכן ה' ע"ז הקדמנו נעשה לנשמע. לכן האומר אהבתי כו' לא אצא חפשי פוגם בשמיעה כנ"ל.
[ונוכל לרמז אהבתי את אדוני פי' כמ"ש ואהבת את ה' אלקיך בכל לבבך כו' ובכל מאודך. וז"ש אהבתי את ה' גם באמצעיות אדוני ואשתי השפחה לא אצא חפשי שמוצא עצמו עובד ה' בימי העבדות בנקל יותר.
אעפ"כ אין זה מדת בני ישראל רק לשמוע תמיד דבר ה']. לכן כתיב ורצע את אזנו:
Sur le verset "j'aime mon maître... ma femme... mes enfants, je ne sortirai pas libre..." (Ex 21,5) et "il percera... son oreille" (Ex 21,6), nos Sages ont dit : l'oreille qui a entendu "car pour moi les enfants d'Israël sont des serviteurs..." (Lv 25,55)... Et c'est difficile : puisqu'il a péché par l'acte et non par l'écoute, pourquoi porter atteinte à l'oreille ?
Mon grand-père et maître, de mémoire bénie, a répondu ceci : parce qu'il n'a pas accompli ce qu'il a entendu, mieux vaut ne pas entendre ; c'est pourquoi on porte atteinte à son oreille. Et l'on peut dire encore ceci d'après les paroles du Zohar (parachat Behar) sur le verset "en homme libre, gratuitement (hinam)" : "gratuit" des commandements ; vois-y ces paroles en détail.
Et l'affaire est ainsi : les enfants d'Israël ont dit "tout ce qu'a dit ה', nous ferons et nous entendrons (naassé ve-nichma)" (Ex 24,7). Explication : ils ne veulent pas se défaire du commandement, mais sont prêts pour toujours à entendre et à faire Sa volonté, béni soit Son nom, car c'est pour cela qu'ils ont été créés, et toute leur aspiration est d'entendre et de faire.
Et s'ils avaient dit seulement "nous ferons", il aurait paru qu'ils n'accomplissent le commandement que pour s'acquitter de leur obligation selon la loi. Mais la mesure du pieux (hassid) est au-delà de la lettre de la loi, car il ne lui suffit pas de s'acquitter de son obligation ; il s'enflamme au contraire à chaque instant pour l'accomplissement des commandements du Créateur, béni soit Son nom.
Et c'est l'aspect du joug du royaume des cieux (ol malkhout chamayim), et il est écrit là dans le Zohar "comme ce bœuf sur lequel on pose un joug", être prêt à faire la volonté de son maître : cela est plus essentiel que l'accomplissement du commandement. C'est pourquoi ce serviteur, bien qu'il puisse être qu'il soit bien chez son maître et qu'il puisse accomplir les commandements tel qu'il est, car le Saint béni soit-Il ne vient pas en tyran avec ses créatures, et de même dans l'exil, où l'on ne peut accomplir tous les commandements comme il faut ; néanmoins, selon l'état de l'homme, il peut se faire que dans l'exil on accomplisse ce qui nous incombe plus qu'au temps du Temple, car nous trouvons de grands péchés au temps du Temple.
Car "selon la force du chameau est sa charge (ke-foum gamla chihana)", et le Saint béni soit-Il est méticuleux avec ceux qui sont proches de Lui à l'épaisseur d'un cheveu. Et ceux qui ont dit "laisse-nous, et servons l'Égypte..." (Ex 14,12), et de même "nous nous souvenons du poisson..." (Nb 11,5), n'étaient pas des impies achevés ; seulement ils voyaient que cette voie leur était facile pour accomplir ce qui leur incombait.
Mais les enfants d'Israël ont été créés pour être prêts uniquement à entendre la parole de ה', et ils doivent espérer la délivrance afin d'être prêts à accomplir ses commandements à tout instant, même si nous devions être en grand danger, tel "quiconque s'approche du sanctuaire de ה'" (Nb 17,28) ; sur cela nous avons fait précéder "nous ferons" à "nous entendrons". C'est pourquoi celui qui dit "j'aime... je ne sortirai pas libre" porte atteinte à l'écoute, comme plus haut.
[Et l'on peut alluder : "j'aime mon maître", explication comme il est écrit "tu aimeras ה' ton Elokim de tout ton cœur... et de tout ton pouvoir (mêôdekha)" (Dt 6,5). Et c'est ce que dit "j'aime ה'" même par l'intermédiaire de mon maître et de ma femme la servante ; "je ne sortirai pas libre", car il se trouve servir ה' aux jours de la servitude plus facilement.
Malgré cela, ce n'est pas la mesure des enfants d'Israël, mais d'entendre toujours la parole de ה'.] C'est pourquoi il est écrit "et il percera son oreille".
בפסוק ששת ימים תעשה מעשיך וביום השביעי תשבות למען ינוח כו' ובכל אשר אמרתי אליכם תשמרו. רמז שהמקיים השבת כאלו קיים כל התורה ומצות.
ובאוה"ח פי' כי כל מצוה מתקן אבר מיוחד לכן צריכין לקיים כל המצות כדי להיות נשמרים כל החברים. ז"ש ובכל אשר אמרתי אליכם תשמרו.
וכמו כן בשמירת שבת כיון ששקול ככל המצות נשמר כל האדם. וכן אמר מו"ז ז"ל כי המצות שאמרו חכמים ששקולין ככל המצות היינו שמתקנים כל האדם.
ובאמת על ידי השבת זוכין לקיים כל המצות. ולכן יתכן לפרש כי למען נמשך גם על הפסוק ובכל אשר אמרתי כו'.
פי' למען השבת תשמרון כל המצות. כי באמת כל עלול נמשך אחר העילה והי' צריך האדם להיות נמשך אחר הבורא ית' מצד עצם נפשו.
רק הגשמיות והטבעיות מסתיר אור הנפש. ולכן ע"י מצות השבת שבטלים מכל מלאכה.
מאיר הנפש ונמשך אחר מצות הבורא ית"ש. ונמצא ניתן השבת כדי להיות מנוחה אל הנפש מחשכות החמריות.
ז"ש למען ינוח שירך כו'. ובכל אשר אמרתי כו' תשמרו כו':
Sur le verset "six jours tu feras tes œuvres et le septième jour tu te reposeras, afin que se repose... et dans tout ce que je vous ai dit vous prendrez garde" (Ex 23,12-13). Allusion que celui qui accomplit le Chabbat, c'est comme s'il avait accompli toute la Torah et les commandements.
Et dans le Or ha-Haim il est expliqué que chaque commandement répare un membre particulier ; c'est pourquoi il faut accomplir tous les commandements afin que tous les compagnons (les membres) soient gardés. C'est ce que dit "et dans tout ce que je vous ai dit vous prendrez garde".
Et de même dans la garde du Chabbat, puisqu'il équivaut à tous les commandements, tout l'homme est gardé. Et ainsi a dit mon grand-père et maître, de mémoire bénie : que les commandements dont les Sages ont dit qu'ils équivalent à tous les commandements, cela signifie qu'ils réparent tout l'homme.
Et en vérité, par le Chabbat on mérite d'accomplir tous les commandements. C'est pourquoi il convient d'expliquer que "afin que (lemaan)" se rapporte aussi au verset "et dans tout ce que je vous ai dit...".
Explication : afin d'obtenir le Chabbat, vous garderez tous les commandements. Car en vérité tout effet (aloul) suit sa cause (ila), et l'homme devrait suivre le Créateur, béni soit-Il, de par l'essence même de son âme ; seulement la matérialité et la nature dissimulent la lumière de l'âme.
C'est pourquoi, par le commandement du Chabbat où l'on cesse tout travail, l'âme s'illumine et suit les commandements du Créateur, béni soit Son nom. Il s'avère que le Chabbat a été donné afin d'être un repos pour l'âme, loin des ténèbres de la matérialité.
C'est ce que dit "afin que se repose ton bœuf...", "et dans tout ce que je vous ai dit... vous prendrez garde...".
תרנ"ח
תרנ"ח (5658)
ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם. במד' חקיו ומשפטיו לישראל דכתיב משפטי ה' אמת.
ובעלמא דשיקרא האמת נעדרת וא"א לקיים אלה המשפטים רק בני ישראל בכח התורה שקבלו בהר סיני. זהו הסמיכות מה אלו מסיני.
שע"י קבלת הדיברות זכו בנ"י לבחי' אמת. וז"ש הדן דין אמת לאמיתו נעשה שותף להקב"ה במעשה בראשית דכתיב בי' ויהי ערב כו' בוקר כו'.
פי' כיון דאין האמת נמצא בעוה"ז. ומי שזוכה להמשיך בחי' אמת בעולם הזה מתקן העולם ממש בדבר חדש.
וז"ש שעולם קיים על האמת. וכל דבר אין יכול לקיים את עצמו.
מכלל שהאמת למעלה מן העולם וע"י משיכת אמת לעולם מתקיים ומתחדש שכן הי' הבריאה מהשי"ת שמכח דבר ה' נעשה שמים וארץ ונטבעו בטבע זה בחי' ערב. וע"י דין אמת מתחדש בחי' בוקר בערב כנ"ל.
ואמרו דין אמת לאמיתו פי' לאמיתו של הדיין. לפי שאין אמת בארץ.
רק בנ"י בכח תתן אמת ליעקב יכולין לשפוט דין אמת. ז"ש אשר תשים לפניהם.
הגם דהוא עלמא דשיקרא. מ"מ לפניהם תוכל לשים המשפטים כנ"ל:
"Et voici les lois que tu placeras devant eux." Dans le Midrach : "ses statuts et ses jugements à Israël" (Ps 147,19), car il est écrit "les jugements de ה' sont vérité" (Ps 19,10). Et dans le monde du mensonge (alma de-chikra) la vérité fait défaut, et il est impossible d'accomplir ces lois, sauf pour les enfants d'Israël par la force de la Torah qu'ils ont reçue au mont Sinaï.
C'est la juxtaposition "de même que ceux-ci viennent du Sinaï" : par la réception des Paroles, les enfants d'Israël ont mérité l'aspect de vérité. Et c'est ce que dit "celui qui juge un jugement vrai selon sa vérité devient associé au Saint béni soit-Il dans l'œuvre de la Création, car il est dit en elle : il y eut un soir... un matin...".
Explication : puisque la vérité ne se trouve pas dans ce monde, celui qui mérite de faire couler l'aspect de vérité dans ce monde-ci répare le monde réellement par une chose nouvelle. Et c'est ce que dit : le monde subsiste sur la vérité.
Et aucune chose ne peut se maintenir par elle-même ; d'où il ressort que la vérité est au-dessus du monde, et par l'attraction de la vérité dans le monde, il subsiste et se renouvelle ; car ainsi fut la création par le Saint béni soit-Il, que de la force de la parole de ה' furent faits cieux et terre et qu'ils furent fixés dans cette nature ; c'est l'aspect du soir. Et par le jugement vrai se renouvelle l'aspect du matin dans le soir, comme plus haut.
Et ils ont dit "un jugement vrai selon sa vérité (le-amito)", explication : selon la vérité du juge lui-même, parce qu'il n'y a pas de vérité sur terre ; seuls les enfants d'Israël, par la force de "tu donnes la vérité à Yaakov" (Mi 7,20), peuvent juger un jugement vrai. C'est ce que dit "que tu placeras devant eux" : bien que ce soit le monde du mensonge, néanmoins "devant eux" tu pourras poser les lois, comme plus haut.
תר"ס
תר"ס (5660)
La juxtaposition de la loi de l'esclave hébreu au don de la Torah : selon le Sfat Emet, les enfants d'Israël ont reçu cette liberté en recevant la Torah, et un homme d'Israël ne peut être asservi si ce n'est au Nom, béni soit-Il. À la septième année il sort libre, aspect de la chemita ; s'il dit « j'aime mon maître » et endommage cette clé, il sortira encore au yovel (jubilé). Prière et techouva : le mikve (bain rituel) est parfois fermé, les portes de la techouva toujours ouvertes ; on perce l'oreille sur la porte, défaut de la prière. Chemita et yovel, mérités à la Torah, sont l'aspect des dix Paroles, le hé supérieur et le hé inférieur.
Aussi : la Torah cachée se dévoile par signes puis face à face, épreuve de Mara et lumière du Chabbat à garder ; les michpatim unis aux Paroles, matin et soir, pour réparer le corps ; les 613 mitsvot protègent du mélange
סמיכת העבד עברי לפרשה הקודמת. כי זה החירות קבלו בנ"י בקבלת התורה שלא יוכל איש ישראל להיות משועבד רק להשי"ת.
ובשביעית יצא לחפשי הוא בחי' שמיטה כמ"ש בזוה"ק בהר. וכמו שיש שמיטה לארץ ישראל ושבתה הארץ.
כן בנפשות בני ישראל שא"י להיות משועבד רק ששה שנים. ובשביעית נפתח לו שער החירות.
ואם יאמר אהבתי. ופוגם בזה המפתח של שמיטה.
עוד יצא ביובל. וב' אלו הם בחי' תפלה ותשובה כדאיתא במד' מבטח כל קצוי ארץ וים רחוקים.
נמשלה תשובה לים [ותפלה למקוה]. מקוה פעמים פתוחה פעמים נעולה.
ושערי תשובה לעולם פתוחים. ולכן רוצעין לו האוזן שהוא פגם של התפלה.
ועל הדלת דכ' לשקוד על דלתותי לשמור מזוזות פתחי והוא בחי' שערי תפלה שלפעמים נעולין. וכשפגם בזה מתקרב על ידי שערי תשובה.
ושמיטה ויובל ב' אלו זכו בני ישראל בקבלת התורה. וכן בפרשת בהר נסמכו שמיטה ויובל להר סיני.
והם עצמם בחי' עשרת הדברות ה' עילאה וה' תתאה:
La juxtaposition [de la loi] de l'esclave hébreu à la paracha précédente [le don de la Torah]. Car cette liberté, les enfants d'Israël l'ont reçue en recevant la Torah : un homme d'Israël ne peut être asservi si ce n'est au Nom, béni soit-Il.
Et à la septième année il sort libre : c'est l'aspect (bekhinat) de la chemita (année sabbatique), comme il est écrit dans le Zohar (parachat Behar). Et de même qu'il y a une chemita pour la terre d'Israël -- 'et la terre se reposera' --, ainsi en est-il des âmes des enfants d'Israël, qui ne peuvent être asservies que six années.
Et à la septième s'ouvre pour lui la porte de la liberté. Et s'il dit 'j'aime [mon maître]' et endommage par là cette clé de la chemita, il sortira encore au yovel (jubilé).
Et ces deux-là sont l'aspect de la prière et du repentir (techouva), comme il est enseigné dans le Midrach : 'assurance de toutes les extrémités de la terre et des mers lointaines' (Psaumes 65,6) -- le repentir est comparé à la mer [et la prière au bain rituel (mikve)]. Le mikve est parfois ouvert, parfois fermé ; mais les portes du repentir sont toujours ouvertes.
C'est pourquoi on lui perce l'oreille, car c'est un défaut de la prière. Et [cela se fait] sur la porte, ainsi qu'il est écrit 'veiller à mes portes, garder les montants de mes entrées' (Proverbes 8,34) : c'est l'aspect des portes de la prière, qui parfois sont fermées.
Et lorsqu'il a endommagé cela, il se rapproche par les portes du repentir. Chemita et yovel, ces deux-là, les enfants d'Israël les ont mérités en recevant la Torah.
De même, dans la parachat Behar, la chemita et le yovel sont juxtaposés au mont Sinaï. Et eux-mêmes sont l'aspect des dix Paroles (le Décalogue), le hé supérieur et le hé inférieur.
תרס"א
[Année 5661 -- תרס״א]
במדרש ואלה המשפטים מוסיף על הראשונים. שם שם לו חק ומשפט ע"ש.
איתא בזוה"ק בפרשה זו דאורייתא טמירא. ואתגליית לההוא רחימא דילה דעבר תרעא דביתה כל יומא גליאת לי' וארמזית לגבי' רמיזא.
ומיד אתטמרית וההוא רחימא מעוי ולבי' ונפשי' אזיל כו' לבתר דרגיל לגבה אתגליאת ליה אנפין באנפין ונקרא בעל תורה וכל רזין גליאת ליה ואומרת ליה ההוא רמיזא דקא רמיזנא לך כך וכך רזין הוי ביה כו' ע"ש באורך דף צ"ט. וכל זה הענין נעשה בכלל ישראל שמקודם שם להם חוק ומשפט ברמז לפי שהיה להם תשוקה אל התורה ואחר כך נתמלאו תשוקה ביותר עד שזכו לקבל כל התורה בשלימות וכן פרש"י בפסוק משכני אחריך נרוצה שעל ידי רמז מועט שהראה להם נמשכו אחריו בכל לב עד שהביאני חדריו.
ובאמת זה הוא נסיון שבא לאדם מן השמים הן בכלל הן בפרט וכמ"ש שם לו כו' ושם נסהו לראות אם יעשה זה הרמז רושם בנפשותיהם. ועל זה כתיב שמעי בת אח"כ והטי אזנך ושכחי כו' ובית אביך להיות עוזב הכל להשתוקק אחר זה הרמז.
אח"כ ויתאו המלך יפיך. לכן מקודם נקרא חק שלא הבינו בשלימות עד אח"כ בקבלת התורה כתיב כאשר צוך ופירשו חז"ל במרה.
הם הם הדברים של אותו סבא ז"ל שאמר רמיזא דקא רמיזנא לך כמה רזין אית ביה. שביאר להם השבת באורך וטעמו של השבת כי ששת ימים כו'.
וכן הוא במשפט. אשר תשים לפניהם.
לבאר להם טעמו של דבר כשלחן הערוך כמ"ש רש"י. וז"ש ואלה מוסיף על הראשונים.
שבמרה הי' רק ברמז ובנסיון. וז"ש ולא יכלו לשתות מים ממרה כו'.
הרמז אין מים אלא תורה. ובאמת אין מקום פנוי בלי תורה רק שמוסתר בטבע ולא יכלו לשתות.
מרים הם מלשון תמורה והתכסות. ויורהו ה' עץ שהוא התורה שנתגלה להם רמזי תורה והי' נסיון כמ"ש אם שמוע תשמע והאזנת למצותיו.
כמ"ש והטי אזנך. ושמרת כל חוקיו פירוש להיות לבו ומעיו ונפשו נמשך אחר הרשימה.
וכן צריך כל איש ישראל כשמתגלה לו קצת הארה כמ"ש אין לך אדם שאין לו שעה ע"ז יתפלל כל חסיד לעת מצוא אותה השעה להתדבק בו בכל הנפש עד שיעשה אצלו פרי. וכן הוא בכל שבת קודש שיורד איזה הארה לאיש ישראל וצריכין לשמור אותה ההארה כמ"ש ושמרו כו' לעשות השבת לדורותם פי' אותה ההארה של השבת להיות נשאר הרשימה לעולם באדם.
ועל זה רמזו חז"ל אלו שמרו בני ישראל שבת אחד מיד נגאלים. אפילו רשימה של שבת אחד אם היה תמיד קבוע בלב ונפש לכל ימי המעשה כדאי הוא שתרחם ותביא גאולה:
Dans le Midrach : 'Et voici les lois (Vé-ele ha-michpatim)' -- le 'et' ajoute sur ce qui précède ; 'là Il lui fixa loi et règle' (Exode 15,25), voir là-bas. Il est enseigné dans le Zohar sur cette paracha que la Torah est cachée ; elle se dévoile à celui qui l'aime, qui passe chaque jour devant la porte de sa demeure : elle se découvre à lui et lui fait un signe (rimza), puis aussitôt se cache de nouveau ; et cet amoureux -- ses entrailles, son cœur et son âme la suivent, etc.
Après qu'il s'est accoutumé auprès d'elle, elle se dévoile à lui face à face, et il est appelé 'maître de la Torah' (baal Torah), et elle lui dévoile tous les secrets et lui dit : ce signe que je t'avais fait, tels et tels secrets s'y trouvent, etc. -- voir cela en détail, feuillet 99. Et toute cette chose s'est réalisée dans l'ensemble d'Israël : au début Il leur fixa loi et règle par allusion, parce qu'ils avaient un désir ardent de la Torah, et ensuite ils s'emplirent d'un désir plus grand encore jusqu'à mériter de recevoir toute la Torah dans sa plénitude.
Ainsi Rachi explique-t-il sur le verset 'attire-moi après toi, courons' (Cantique 1,4) : par le peu d'allusion qu'Il leur montra, ils furent attirés après Lui de tout cœur, jusqu'à 'le roi m'a introduite dans ses appartements'. Et en vérité c'est là une épreuve qui vient à l'homme du Ciel, tant pour l'ensemble que pour l'individu, comme il est écrit 'Il lui fixa [loi et règle]... et là Il l'éprouva' (Exode 15,25) -- et là Il l'éprouva pour voir si cette allusion laisserait une empreinte dans leurs âmes.
À ce propos il est écrit 'écoute, ma fille', puis 'incline ton oreille, oublie [ton peuple] et la maison de ton père' (Psaumes 45,11) -- abandonner tout pour aspirer après cette allusion. Ensuite 'le roi désirera ta beauté' (Psaumes 45,12).
C'est pourquoi cela est d'abord appelé 'loi (hok)', qu'ils ne comprirent pas pleinement, jusqu'à ce qu'ensuite, lors du don de la Torah, il soit écrit 'comme te l'a ordonné [le Nom]' (Deutéronome 5,12) -- et nos Sages ont expliqué : à Mara. Ce sont là les paroles mêmes de ce vieux sage [le Sabba de-Mishpatim], béni soit sa mémoire, qui disait : le signe que je t'ai fait, combien de secrets s'y trouvent -- car il leur expliqua le Chabbat en détail et sa raison, 'car en six jours...' etc.
Il en va de même pour la loi (michpat) : 'que tu placeras devant eux' -- leur expliquer la raison de la chose comme une table dressée, ainsi que l'écrit Rachi. C'est le sens de 'et voici' qui ajoute sur ce qui précède : car à Mara ce n'était encore que par allusion et par épreuve.
C'est le sens de 'ils ne purent boire les eaux de Mara' etc. (Exode 15,23) : l'allusion -- 'il n'y a d'eau que la Torah'.
Et en vérité il n'est aucun lieu vide de Torah, mais elle y est dissimulée dans la nature, et ils ne purent boire. 'Mara (amères)' est de la langue de temoura (substitution) et de dissimulation. 'Et le Nom lui montra un bois' (Exode 15,25) -- c'est la Torah, car Il leur dévoila les allusions de la Torah ; et ce fut une épreuve, comme il est écrit 'si tu écoutes attentivement... et prêtes l'oreille à ses commandements' (Exode 15,26), comme il est dit 'incline ton oreille'. 'Et gardes tous ses statuts' -- c'est-à-dire que son cœur, ses entrailles et son âme soient attirés après l'empreinte. De même chaque homme d'Israël, lorsqu'une petite lumière se dévoile à lui, comme il est dit 'il n'est pas d'homme qui n'ait son heure' -- pour cela tout hassid priera 'au moment propice' (Psaumes 32,6) [de trouver] cette heure, pour s'attacher à elle de toute son âme jusqu'à ce qu'elle porte du fruit en lui.
De même, chaque saint Chabbat descend une certaine lumière sur l'homme d'Israël, et il faut garder cette lumière, comme il est écrit 'et ils garderont... pour faire le Chabbat en leurs générations' (Exode 31,16) -- c'est-à-dire cette lumière du Chabbat, pour que l'empreinte demeure à jamais dans l'homme. À ce propos nos Sages ont fait allusion : 'si Israël gardait un seul Chabbat, aussitôt ils seraient délivrés' -- même l'empreinte d'un seul Chabbat, si elle était toujours fixée dans le cœur et l'âme durant tous les jours ouvrables, cela suffirait pour que Tu aies pitié et amènes la délivrance.
תרס"ב
[Année 5662 -- תרס״ב]
ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם. לפניהם ולא לפני נכרים.
ועוד כתבו חז"ל ואלה מוסיף על הראשונים כו' דעשרת הדיברות מיוחדים רק לבני ישראל. והיא הנהגה שלמעלה מהטבע.
והיא בחינת עץ החיים. ואין שם מגע נכרי כלל.
ובחי' משפטים בחי' עץ הדעת שהרי במשפט יש זכאי וחייב. ולפי שגם האומות נצטוו על הדינים צריכים בזה הבדלה להבדיל בין משפטי בני ישראל שהוא בירור תערובות טוב ורע.
אמרו רז"ל אם אין דעת הבדלה מנין שבחי' הדעת צריך הבדלה. ולכן כתיב כאן לפניהם ולא לפני נכרים וגם ואלה מוסיף על הראשונים להיות חיבור המשפטים עם הדברות חיבור עץ הדעת לעץ החיים.
ובמדרש מבקר לערב יוכתו מבלי משים לנצח יאבדו. הדברות ניתנו בבקר והמשפטים בערב כו'.
בוקר הוא במקום הבירור שאין צריך בירור תערובות. וערב הוא במקום שיש תערובות.
וזה עיקר כחן של ישראל לחבר בוקר עם ערב. וכן הוא בפרטות.
כאשר מו"ז ז"ל רגיל לומר בכל עת שנפתח איזה הארה לאיש ישראל צריך להתדבק בזו ההארה להיות נשאר אצלו קבוע תמיד גם לעת ערב וחושך. והנה בשעת מתן תורה כ' נפשי יצאה בדברו שיצאו נשמתן של ישראל ונתעלו למעלה אל השורש.
ובזה זכו אח"כ (והמשפטים) [להמשפטים] אשר תשים לפניהם הוא המשכה מלמעלה למטה וזהו בחי' תורה שבע"פ אשר נטע בתוכינו. וכ' אתה הראת לדעת כו' הראי' שהי' במתן תורה.
בחי' עץ החיים. הי' כדי לדעת לקבל זו ההארה עד הערב כנ"ל.
וכן כתיב בשבת קודש לדעת כי אני ה' מקדישכם לפי ששבת בחי' עץ החיים והתורה כמ"ש יעשה כולו תורה. אבל הוא לדעת להכין מזו ההארה גם על ימי המעשה שבהם כתיב ויהי ערב ויהי בוקר.
אשר תשים כמ"ש ושם דרך אראנו בישע אלקים דרשו חז"ל המשים אורחותיו ומדליק נרות במבואות האפלים זוכה לראות בישועתו של הקב"ה וכמ"ש ושמתם את דברי אלה על לבבכם כו' נפשכם. להיות ההארה נשאר קבוע.
ולכן כתיב אדם ביקר בל ילין נמשל כבהמות כשאינו משים אל לבו להיות נשאר אצלו גם בעת החושך וערב. וז"ש המדרש מבלי משים כו' שאינו דבר של קיימא ובישראל כתיב אשר תשים לפניהם:
'Et voici les lois que tu placeras devant eux' : devant eux et non devant des non-Juifs (nokhrim). De plus nos Sages ont écrit que 'et voici' ajoute sur ce qui précède, etc. -- car les dix Paroles sont exclusivement propres aux enfants d'Israël.
Et c'est une conduite au-dessus de la nature ; c'est l'aspect de l'arbre de vie (ets ha-'hayim), et nul contact de non-Juif n'y a de part. L'aspect des michpatim (lois civiles) est l'aspect de l'arbre de la connaissance (ets ha-daat), car dans le jugement il y a l'innocent et le coupable.
Et parce que les nations aussi ont reçu l'ordre des lois de justice, il faut ici une distinction (havdala), pour distinguer les lois des enfants d'Israël, qui sont le triage du mélange de bien et de mal. Nos Sages ont dit : 's'il n'y a pas de connaissance (daat), d'où [tirer] la havdala ?' -- d'où [l'on apprend] que l'aspect de la connaissance requiert la distinction.
C'est pourquoi il est écrit ici 'devant eux et non devant des non-Juifs', et aussi 'et voici' qui ajoute sur ce qui précède : pour unir les michpatim avec les Paroles, unir l'arbre de la connaissance à l'arbre de vie. Et dans le Midrach : 'du matin au soir ils sont brisés, sans qu'on y prenne garde ils périssent à jamais' (Job 4,20) -- les Paroles furent données le matin et les michpatim le soir, etc.
Le matin est à la place du triage, là où il n'est pas besoin de trier le mélange ; le soir est à la place où il y a mélange. Et c'est là la force essentielle d'Israël : unir le matin avec le soir.
De même dans le détail : comme mon grand-père, béni soit sa mémoire, avait coutume de dire, chaque fois qu'une lumière se dévoile à l'homme d'Israël, il faut s'attacher à cette lumière pour qu'elle demeure fixée en lui à jamais, même au temps du soir et des ténèbres. Or, lors du don de la Torah il est écrit 'mon âme est sortie quand Il a parlé' (Cantique 5,6) -- car les âmes d'Israël sont sorties et se sont élevées en haut, vers la racine.
Et par là ils ont mérité ensuite les michpatim 'que tu placeras devant eux' : c'est un écoulement du haut vers le bas, et c'est l'aspect de la Torah orale (Tora che-beal pe) qu'Il a plantée en nous. Et il est écrit 'à toi il a été montré pour connaître' etc.
(Deutéronome 4,35) -- la vision qui eut lieu au don de la Torah, aspect de l'arbre de vie, fut afin de savoir recevoir cette lumière jusqu'au soir, comme dit plus haut. De même il est écrit à propos du saint Chabbat 'pour connaître que Moi le Nom Je vous sanctifie' (Exode 31,13) : car le Chabbat est l'aspect de l'arbre de vie et de la Torah, comme il est dit 'qu'on en fasse tout entier Torah' ; mais c'est 'pour connaître', pour préparer à partir de cette lumière aussi les jours ouvrables, dont il est écrit 'et il fut soir et il fut matin'. 'Que tu placeras (tassim)' -- comme il est écrit 'et qui dispose sa voie (sam derekh), Je lui montrerai le salut de Dieu (Elokim)' (Psaumes 50,23) ; nos Sages ont expliqué : celui qui dispose ses chemins et allume des lampes dans les passages obscurs mérite de voir le salut du Saint, béni soit-Il.
Comme il est écrit 'et vous placerez (ve-samtem) ces miennes paroles sur votre cœur... votre âme' (Deutéronome 11,18) -- afin que la lumière demeure fixée. C'est pourquoi il est écrit 'l'homme dans le faste ne demeure pas (bal yalin), il est semblable aux bêtes' (Psaumes 49,13) -- lorsqu'il ne place pas [cela] sur son cœur pour que cela demeure en lui aussi au temps des ténèbres et du soir.
C'est le sens du Midrach 'sans qu'on y prenne garde (mibli sam)' etc. -- ce qui n'est pas une chose permanente ; mais d'Israël il est écrit 'que tu placeras devant eux'.
תרס"ג
[Année 5663 -- תרס״ג]
ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם. דבעשרת הדברות כתיב נפשי יצאה בדברו ועתה נאמר תשים לפניהם בחי' תיקון הגוף וגם אלו מסיני שהנשמות שנתעלו בהר סיני הי' כדי לתקן גם הגוף כי דבר שהי' בכלל ויצא מן הכלל ללמד על הכלל כולו יצא.
וזה שנפשי יצאה בדברו הי' התעצמות הנשמה לתקן אח"כ גם הגוף והכל בכח התורה כמ"ש גדולה תורה שנותנת חיים לעושיה בעוה"ז ובעה"ב. וזהו בחי' בוקר וערב שכ' במדרש שהדיברות ניתנו בבוקר שהי' התגלות אלקות אנכי ה' אלקיך.
אבל זה הי' הכנה לתקן גם בחי' ערב שהוא הגוף שצריך בירור מן התערובות. וכן הוא בכל שבת קודש יש בו הארת הנשמה והוא הכנה גם על ימי המעשה לתקן הגוף:
'Et voici les lois que tu placeras devant eux.' Au sujet des dix Paroles il est écrit 'mon âme est sortie quand Il a parlé' (Cantique 5,6), et maintenant il est dit 'tu placeras devant eux' : l'aspect de la réparation (tikoun) du corps. Et celles-ci aussi [viennent] du Sinaï : car les âmes qui se sont élevées au mont Sinaï, ce fut afin de réparer aussi le corps ; car 'une chose qui était comprise dans une règle générale et qui en est sortie pour enseigner, n'enseigne pas seulement sur elle-même mais sur toute la généralité'.
Ainsi 'mon âme est sortie quand Il a parlé' fut le renforcement de l'âme pour réparer ensuite aussi le corps, et le tout par la force de la Torah, comme il est dit 'grande est la Torah, car elle donne la vie à ceux qui la pratiquent en ce monde et dans le monde à venir'. Et c'est l'aspect du matin et du soir, ainsi qu'il est écrit dans le Midrach que les Paroles furent données le matin -- car il y eut révélation de la divinité, 'Je suis le Nom ton Dieu' ; mais ce fut une préparation pour réparer aussi l'aspect du soir, qui est le corps, lequel requiert le triage du mélange.
Il en va de même chaque saint Chabbat : il comporte une illumination de l'âme, et c'est une préparation aussi pour les jours ouvrables, pour réparer le corps.
בפסוק ובכל אשר אמרתי כו' ושם א-להים אחרים לא תזכירו. כתב רש"י ז"ל לעשות כל המצות אזהרה ע"ש.
והענין כי כל המצות הם שמירה לאדם והם עצות לתקן האיברים לדבוק עצמו בחיות פנימי של האדם ולא לתור אחר הגשמיות. נמצא שהגם שהם מ"ע.
אבל בלא כח אלו המצות. הגשמיות והטבע מביאין לידי חטא.
והרי הם אזהרה דל"ת ג"כ. וז"ש ושם א-להים אחרים לא תזכירו זה בחי' הסתר הטבע וכח תערובות טוב ורע שיש באדם ע"י חטא הראשון.
לכן נתן לנו הקב"ה תרי"ג מצות להנצל מזה התערובות:
Sur le verset 'et en tout ce que Je vous ai dit... et vous ne mentionnerez pas le nom d'autres dieux' (Exode 23,13), Rachi, béni soit sa mémoire, écrit : accomplir tous les commandements est [inclus dans] une mise en garde (azhara), voir là-bas. Le sens en est que tous les commandements sont une protection pour l'homme ; ce sont des conseils pour réparer les membres, pour attacher l'homme à la vitalité intérieure qui est en lui et non se laisser aller après la matérialité.
Il se trouve donc que, bien qu'ils soient des commandements positifs (mitsvot asse), sans la force de ces commandements la matérialité et la nature entraînent au péché -- et ainsi ils sont aussi une mise en garde au titre des commandements négatifs (lo taasse). C'est le sens de 'et vous ne mentionnerez pas le nom d'autres dieux' : c'est l'aspect de la dissimulation de la nature et de la force du mélange de bien et de mal qui est dans l'homme à cause de la faute originelle.
C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, nous a donné les 613 commandements (taryag mitsvot) pour nous sauver de ce mélange.