שפת אמת

Sefat Emet — Chemot - Yitro

Rabbi Yehouda Aryeh Leib Alter de Gour - enseignements sur la Torah
En bref

Dans le saint Zohar, le Chabbat est le principe de toute la Torah ; dans la Guemara, celui qui le renie est comme un apostat à l'égard de toute la Torah. Le Sfat Emet rapporte de son grand-père que les Dix Paroles correspondent aux Dix Énoncés ; elles réparent la vitalité du monde, afin qu'il soit révélé que tout ne vient que de Lui par la force de la Torah. La Torah revêt cette vitalité dans les actes matériels et restaure l'âme, la reliant à la racine de sa vitalité : c'est l'aspect du Chabbat, « et Il se reposa (vayinafach) ». Le Chabbat, racine de la Torah, prolonge cette vitalité dans l'œuvre de la création.

Aussi : le nom de Yitro, reste devenu continuation ; « nous ferons » avant « nous entendrons », pour mériter d'entendre la voix au-dessus de la parole ; Yitro répare ce qu'Amalek a abîmé avant le don de la Torah.

תרל"ב

[תרל"ב] (5632)

בזוה"ק שבת כללא דכל אורייתא כולא כו'. וכן בגמ' הכופר בשבת הוי מומר לכל התורה.

כי קבלת התורה ועשרת הדברות הי' קיום כל העולם כמ"ש חז"ל הששי כו' כמ"ש מו"ז ז"ל כי עשה"ד נגד עשרה מאמרות כו'. וכמו האדם שנכנס בו מקודם יצה"ר ואח"כ בא יצ"ט שהוא תיקונו.

וכמו מקודם תהו ובהו כו' כן הי' עש"מ קרובים אל הטבע. עד שהי' עשרת הדברות להתחדש ולתקן חיות של העולם כנ"ל להיות נגלה ומבורר כי רק ממנו ית' בכח התורה כמ"ש בראשית בשביל התורה כו'.

ואיתא כי התורה החזירה נשמתן של ישראל שפרחו בשעת עשרת הדברות. וז"ש תורת ה' כו' משיבת נפש כו' ע"ש במדרש.

והיינו שהתורה היא העצה להתלבש חיות הש"י תוך מעשים גשמיים ג"כ. שיוכל האדם להתדבק בו ית' אף בעוה"ז.

וזהו משיבת נפש לשוב הנפש להיות מקושר בשורש חיות שלו. כי נפש מדרגה תחתונה כמ"ש בזוה"ק שיש נר"נ כו'.

והוא ממש בחי' השבת דכ' בי' וינפש. שיש עלי' לכל נפשות ישראל אליו ית'.

והיינו שיש נ"ר להש"י מעבודת בנ"י. וממילא נמשך חיות מחדש לבחי' נפש כנ"ל.

כי נודע שע"י שבת נמשך חיות לימות החול שיש להם קישור ודיבוק בשורשן ע"י השבת כמ"ש בפ' הקודמת. ונמצא כי השבת הוא שורש התורה להמשיך חיות התורה במעשה בראשית.

וכ' וינח ביום השביעי ע"כ ברך כו'. ולכאורה אדרבא כיון שנח ביום הז' מסתמא הוא מבורך וראוי לכך.

אך שאינו טעם על קדושת היום בלבד. רק כי הוא טעם איך יכולין בנ"י לשוב בשבת למקום מנוחתם ולהתבטל להתדבק בו ית'.

כי וינח כו' ע"כ ניתן זה הכח להמשיך ממקור הברכות לכל העולם שזה פי' ברכה:

Dans le saint Zohar : le Chabbat est le principe de toute la Torah tout entière, etc. De même dans la Guemara : celui qui renie le Chabbat est comme un apostat à l'égard de toute la Torah.

Car la réception de la Torah et les Dix Paroles (le Décalogue) furent le maintien de tout le monde, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie sur 'le sixième (jour)', etc., et comme l'a dit mon grand-père et maître de mémoire bénie, que les Dix Paroles correspondent aux Dix Enoncés (les dix paroles par lesquelles le monde fut créé), etc. Et de même que dans l'homme entre d'abord le mauvais penchant (yetser hara), puis vient le bon penchant (yetser tov) qui est sa réparation (tikoun), de même il y eut d'abord le tohu-bohu, etc., ainsi les Dix Enoncés étaient proches de la nature.

Jusqu'à ce que vinrent les Dix Paroles pour renouveler et réparer la vitalité du monde, comme dit plus haut, afin qu'il soit révélé et clarifié que tout ne vient que de Lui, béni soit-Il, par la force de la Torah, comme il est écrit 'Bereshit (au commencement)' - pour la Torah, etc. Et il est enseigné que la Torah a fait revenir les âmes d'Israël qui s'étaient envolées au moment des Dix Paroles.

C'est le sens de 'la Torah de ה'... restaure l'âme...' (Tehilim 19,8) - vois-le dans le Midrach. C'est-à-dire que la Torah est le conseil (le moyen) pour revêtir la vitalité du Saint béni soit-Il à l'intérieur même des actes matériels, afin que l'homme puisse s'attacher à Lui, béni soit-Il, même en ce monde.

Et c'est cela 'restaure l'âme' : faire revenir l'âme pour qu'elle soit reliée à la racine de sa vitalité. Car le nefech est le degré inférieur, comme il est dit dans le saint Zohar qu'il y a nefech-roua'h-nechama, etc.

Et c'est précisément l'aspect du Chabbat, dont il est écrit à son sujet 'et Il se reposa (vayinafash)'. Car il y a une élévation pour toutes les âmes d'Israël vers Lui, béni soit-Il.

C'est-à-dire qu'il y a un contentement (nahat roua'h) pour le Saint béni soit-Il du service des enfants d'Israël. Et de ce fait une vitalité nouvelle se prolonge vers l'aspect du nefech, comme dit plus haut.

Car il est connu que par le Chabbat une vitalité se prolonge vers les jours ouvrables de la semaine, qui ont un lien et un attachement à leur racine par le Chabbat, comme il est écrit dans la paracha précédente. Il se trouve ainsi que le Chabbat est la racine de la Torah, pour prolonger la vitalité de la Torah dans l'œuvre de la création.

Et il est écrit 'et Il se reposa le septième jour, c'est pourquoi Il bénit', etc. À première vue, au contraire : puisqu'Il s'est reposé le septième jour, il est vraisemblablement béni et digne de cela.

Mais ce repos n'est pas seulement la raison de la sainteté du jour ; c'est plutôt la raison pour laquelle les enfants d'Israël peuvent revenir le Chabbat vers le lieu de leur repos, s'annuler et s'attacher à Lui, béni soit-Il. Car 'Il se reposa...', c'est pourquoi cette force fut donnée de prolonger depuis la source des bénédictions vers le monde entier - et c'est le sens de 'bénédiction'.

אא"ז מו"ר ז"ל הגיד ע"ש יתרו עפמ"ש לשארית נחלתו דרשו חז"ל מי שמשים עצמו כשיריים. ויתרו הי' בעיניו כשיריים ועש"ז נק' יתר.

רק מקודם שנתגייר לא הי' זה חשיבות. כי הי' באמת מיותר.

ורק נחלתו כתיב. ואח"כ ניתוסף לו וא"ו לשון המשכה:

Mon grand-père, mon maître et enseignant de mémoire bénie a expliqué au sujet du nom de Yitro, d'après ce qui est écrit 'au reste de son héritage' (Mikha 7,18) : nos Sages ont interprété - celui qui se rend lui-même comme un reste (insignifiant). Et Yitro était à ses propres yeux comme un reste, et c'est pourquoi il fut appelé Yeter (reste, surplus).

Seulement, avant qu'il ne se convertisse, cela n'avait pas de valeur, car il était en vérité superflu ; aussi est-il écrit seulement 'nahalato (son héritage)'. Et ensuite lui fut ajouté un vav, qui exprime la continuation (hamshakha).

גבורי כח עושי דברו לשמוע בקול דברו. שהקדימו נעשה לנשמע.

אם כי בוודאי יש לבטוח ולהאמין כי לא יצוה הש"י רק אשר יהי' בכחם. אך כי קבלו על עצמם לזכות לשמוע ע"י המעשה.

וזה הקדמת נעשה לנשמע. וזהו עושי דברו.

כי הנה בכל מעשה יש כח דבר ה'. כמ"ש בדבר ה' שמים נעשו כו' כל צבאם.

וכשעושין המעשים כראוי זוכין לשמוע הקול שהוא למעלה מהדיבור. כמ"ש בזוה"ק.

ומובן גם לכל אדם כי הקול בפנימיות מהדיבור. שמתחלק לפרטי דברים.

והנה בנ"י זכו במעשיהם וקבלת מלכותו. לשמוע קול הש"י.

וזה ג"כ זכור ושמור בדיבור אחד. ומי שישנו בשמירה ישנו בזכירה.

כי שמירה צריך בבחי' דיבור הנ"ל שנעלם תוך מעשה בראשית. וכפי השמירה זוכין לזכירה הוא מקום שא"צ שמירה כנ"ל:

'Puissants en force, accomplissant Sa parole, pour écouter la voix de Sa parole' (Tehilim 103,20) - car ils ont placé le 'nous ferons' (naaseh) avant le 'nous entendrons' (nishma). Bien qu'assurément on doive se fier et croire que le Saint béni soit-Il n'ordonne que ce qui est en leur pouvoir, ils ont néanmoins pris sur eux de mériter d'entendre par le moyen de l'acte ; et c'est cela placer 'nous ferons' avant 'nous entendrons'.

Et c'est le sens de 'accomplissant Sa parole'. Car voici que dans chaque acte il y a la force de la parole de ה', comme il est écrit 'par la parole de ה' les cieux ont été faits... et toute leur armée' (Tehilim 33,6).

Et lorsqu'on accomplit les actes comme il convient, on mérite d'entendre la voix (kol) qui est au-dessus de la parole (dibbour), comme il est dit dans le saint Zohar. Et cela se comprend aussi pour tout homme : la voix est plus intérieure que la parole, laquelle se divise en détails de mots.

Et voici que les enfants d'Israël ont mérité, par leurs actes et l'acceptation de Sa royauté, d'entendre la voix du Saint béni soit-Il. Et c'est aussi le sens de 'souviens-toi' (zakhor) et 'garde' (shamor) dits en une seule parole.

Et celui qui observe le 'garder' observe le 'se souvenir'. Car le 'garder' est nécessaire dans l'aspect de la parole mentionnée, cachée à l'intérieur de l'œuvre de la création ; et selon le 'garder', on mérite le 'se souvenir', qui est un lieu ne nécessitant pas de garde, comme dit plus haut.

תרל"ד

[תרל"ד] (5634)

עושי דברו לשמוע בקול דברו. מעיקרא עושי והדר לשמוע כו'.

כי בנ"י מעוררין דבר ה' שיש בכ"מ. וכתיב כמה פעמים שמוע תשמעו בקולי.

מכלל שיש קול הנשמע תמיד. והיא התורה שנברא בה כל הבריאה.

וכפי מעשי האדם שנמשכין אחר דרך התורה. וכמ"ש כל אשר דבר ה' נעשה.

פי' שנתברר להם שכל המעשים יש בהם כח דבר ה'. והוא המחי' כל.

כן נתגלה להם דבר ה' והוא עשרת הדברות. דכ' וידבר כו' לאמר.

פי' שעשרה מאמרות הם בכלל. ועשרת הדיברות היו תיקון העשרה מאמרות.

ואחר יציאת מצרים נתגלה זה הקול והדיבור עד שגם יתרו שמע. כי הוציא כו' הוא טעם שלאשר יצאו בנ"י ממצרים נתגלה קול התורה.

וכן בשבת ניתן תורה. לאשר כי בשבת מתבטלין מכל המלאכות והוא תיקון המעשה לכן כתיב זכר ליצ"מ.

כי בשבת מתעורר בחי' יצ"מ כמ"ש המענג שבת נותנין לו נחלה בלי מצרים. ולכן נפתח זה הקול בשבת.

"שמוע "תשמעו "בקולי ר"ת שב"ת. לכן איתא כי מרע"ה מחזיר לישראל בש"ק הכתרים של נעשה ונשמע:

'Accomplissant Sa parole, pour écouter la voix de Sa parole' - d'abord 'accomplissant', puis 'écouter', etc. Car les enfants d'Israël éveillent la parole de ה' qui est en tout lieu.

Et il est écrit plusieurs fois 'si vous écoutez, écouterez Ma voix' (chamoa tichmeou be-koli), ce qui implique qu'il existe une voix qui se fait toujours entendre : c'est la Torah par laquelle toute la création a été créée. Et selon les actes de l'homme qui se laissent entraîner sur le chemin de la Torah - comme il est écrit 'tout ce qu'a dit le Nom, nous ferons' - le sens est qu'il leur est devenu clair que tous les actes contiennent en eux la force de la parole de ה', qui vivifie tout ; ainsi leur fut révélée la parole de ה', qui est le Décalogue.

Car il est écrit 'et Il parla... pour dire (lemor)', ce qui signifie que les Dix Enoncés y sont inclus, et que les Dix Paroles étaient la réparation des Dix Enoncés. Et après la sortie d'Égypte, cette voix et cette parole se sont révélées, au point que même Yitro entendit.

Car 'Il a fait sortir...' est la raison : c'est parce que les enfants d'Israël sont sortis d'Égypte que la voix de la Torah s'est révélée. De même, c'est le Chabbat que la Torah fut donnée, parce que le Chabbat on s'abstient de tous les travaux, et c'est la réparation de l'acte ; c'est pourquoi il est écrit 'souvenir de la sortie d'Égypte'.

Car le Chabbat s'éveille l'aspect de la sortie d'Égypte, comme il est dit : celui qui fait du Chabbat ses délices, on lui donne un héritage sans frontières (beli metsarim - allusion à Mitsraim, l'Égypte). C'est pourquoi cette voix s'ouvre le Chabbat : les initiales de 'chamoa tichmeou be-koli' forment le mot Chabbat (שב"ת).

C'est pourquoi il est enseigné que notre maître Moché rend à Israël, le saint jour du Chabbat, les couronnes de 'nous ferons et nous entendrons'.

במדרש לקחת מתנות בלקיחה במתנה כו'. אא"ז מו"ר ז"ל פי' עמ"ש יגעתי ומצאתי.

פי' כי א"א לזכות ע"י היגיעה רק בדרך מציאה. פי' כשהקב"ה רואה יגיעת האדם לש"ש.

נותן לו במתנה כו' ודפח"ח. וכן י"ל כאן כי בוודאי האדם מצדו צריך ליתן את כל נפשו ומאודו בעבור התורה.

ומ"מ א"צ לתת מעות כי העיקר הרצון. ומי שיש לו זה הרצון באמת אדרבא נותנת לו התורה חיים בעוה"ז ובעוה"ב:

Dans le Midrach : 'tu as pris des dons' (Tehilim 68,19) - par une prise, en tant que don, etc. Mon grand-père, mon maître de mémoire bénie, a expliqué d'après ce qui est dit 'j'ai peiné et j'ai trouvé' (Meguila 6b) : le sens est qu'il est impossible de mériter la Torah par la peine autrement que par voie de trouvaille.

C'est-à-dire : lorsque le Saint béni soit-Il voit la peine de l'homme pour le Ciel, Il la lui donne en cadeau, etc. - et ce sont des paroles agréables. On peut dire de même ici : assurément l'homme, de son côté, doit donner toute son âme et tout son être (meodo) pour la Torah, et néanmoins il n'a pas besoin de donner de l'argent, car l'essentiel est le désir (ratson).

Et celui qui possède ce désir en vérité, au contraire, la Torah lui donne la vie en ce monde et dans le monde à venir.

תרל"ה

[תרל"ה] (5635)

הקדמת יתרו קודם קבלת התורה. נראה כי עמלק רצה להרוס מתן תורה.

וע"י יתרו ניתקן מה שקילקל עמלק כדאיתא במדרש לץ תכה ופתי יערים כו'. דהנה מתן תורה הי' לתקן מעשה בראשית.

כמ"ש ב' אלפים תהו. ובמתן תורה ניתקן העולם.

ובאמת יש להבין למה עשרה מאמרות קיימים לעולם. וכל הבריאה קיימת במאמרו ית'.

ועשרת הדיברות צריכין ג"כ להתקיים. רק שהוא חסרון המקבלים.

והנה בנ"י מסרו נפשם לקבלת התורה והקדימו נעשה לנשמע. רק כל האומות היו צריכין לבטל עצמם לבנ"י.

והי' ניתקן הכל. ובאמת נתבטלו כדכ' שמעו עמים ירגזון.

לבד עמלק. אף שהבין גדולת בנ"י וממשלת השי"ת.

עכ"ז בא וילחם ומסר נפשו ע"ז לרעה. ולכן הקב"ה ימחה את שמו.

ויתרו תיקן שכל האומות נמשכו אחריו. ולא אחר עמלק.

ובוודאי כל הקילקולים שנעשה אח"כ בעגל. הכל הי' ע"י עמלק הרשע ימח שמו:

L'antériorité de l'épisode de Yitro avant la réception de la Torah. Il apparaît qu'Amalek voulait détruire le don de la Torah, et par le moyen de Yitro fut réparé ce qu'Amalek avait abîmé, comme il est enseigné dans le Midrach : 'frappe le moqueur et le naïf deviendra avisé' (Michle 19,25), etc.

Car voici, le don de la Torah avait pour but de réparer l'œuvre de la création, comme il est dit 'deux mille ans de tohu'. Et par le don de la Torah le monde fut réparé.

En vérité il faut comprendre pourquoi les Dix Enoncés subsistent à jamais - toute la création subsiste par Son énoncé, béni soit-Il - alors que les Dix Paroles devraient elles aussi subsister ; mais cela tient au manque des récepteurs. Or voici, les enfants d'Israël ont livré leur âme pour recevoir la Torah et ont placé le 'nous ferons' avant le 'nous entendrons'.

Seulement, toutes les nations devaient s'annuler devant les enfants d'Israël, et tout aurait été réparé. Et en vérité elles s'annulèrent, comme il est écrit 'des peuples ont entendu, ils tremblent' (Chemot 15,14) - excepté Amalek.

Bien qu'il eût compris la grandeur des enfants d'Israël et la domination du Saint béni soit-Il, malgré cela il vint et fit la guerre et livra son âme à cela pour le mal. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il effacera son nom.

Et Yitro répara les choses, en ce que toutes les nations se laissèrent entraîner à sa suite et non à la suite d'Amalek. Et assurément toutes les dégradations qui se produisirent ensuite lors du Veau d'or provinrent toutes d'Amalek le mauvais, que son nom soit effacé.

ומאמר אנכי ה' אלקיך הוא קיים לעד. כי איננו ציווי כמו לא יהי' לך ושאר הדיברות.

כי זה מאמר הש"י שהוא מיוחד להיות אלקי ישראל. ולכן כ' לא יהי' לך א-להים אחרים על פני.

פי' כיון שבכל אופן אני אלקיכם. לכן יותר צריכין לשמור עצמם כמ"ש המכעיסים אותי על פני.

ומלכותו ית' הוא נמסר ביד בנ"י. פי' כפי מה שהם מקבלין ע"ע עול מלכותו ית' כמו כן נתגלה כבוד מלכותו על כל הנבראים.

שאלקותו ית' נמשך לכל ע"י בנ"י. וז"ש אנכי ה"א כו'.

וכ' ואתם תהיו לי ממלכת כהנים כו'. פי' שהם הממליכים אותו יתברך.

כמשל שרים גדולים שהם מעמידים את המלך. כן כביכול בנ"י הם ממליכים אותו ית"ש על כל הנבראים.

וכפי מה שקיבלו בנ"י עמ"ש במתן תורה כן הי' בכלל הבריאה. וכמ"ש בגמרא שגם האומות יודעין כי הקב"ה שליט על הכל וקראן לי' אלקי דאלקיא.

ולכן ניתקן כלל הבריאה. לבד עמלק ימ"ש שלא הכניע עצמו.

ולכן לא יהי' לו תקומה לעתיד. ולכל האומות יהי' איזה ניצוץ ואחיזה בקדושה.

וז"ש ראשית גוים עמלק. פי' שלקח לו הראשית שכפר לגמרי בעיקר.

ולכך אחריתו עדי אובד. משא"כ שאר האומות כנ"ל.

ולכן צריכין לשנוא את עמלק. כי לולא הוא הי' ניתקן הכל כראוי כמו לעתיד.

ועל ידו אין הכסא שלם כו'. לכן מחה אמחה כו':

Et l'énoncé 'Je suis le Nom ton Dieu' (Anokhi Hachem Elokekha) subsiste à jamais. Car ce n'est pas un commandement comme 'tu n'auras pas' et les autres Paroles ; c'est l'énoncé du Saint béni soit-Il, qui est particulier à Israël : être le Dieu d'Israël.

C'est pourquoi il est écrit 'tu n'auras pas d'autres dieux devant Ma face'. Le sens : puisque de toute façon Je suis votre Dieu, il faut d'autant plus se garder, comme il est dit 'ceux qui M'irritent devant Ma face'.

Et Sa royauté, béni soit-Il, est remise entre les mains des enfants d'Israël. Le sens : selon la mesure où ils acceptent sur eux le joug de Sa royauté, béni soit-Il, ainsi se révèle la gloire de Sa royauté sur toutes les créatures, car Sa divinité, béni soit-Il, se prolonge vers tous par les enfants d'Israël.

Et c'est le sens de 'Je suis le Nom ton Dieu', etc. Et il est écrit 'et vous serez pour Moi un royaume de kohanim', etc. - le sens est que ce sont eux qui Le font roi, béni soit-Il.

À l'image de grands ministres qui établissent le roi, ainsi, pour ainsi dire, les enfants d'Israël Le font roi, béni soit Son nom, sur toutes les créatures. Et selon la mesure où les enfants d'Israël ont accepté ce qui fut dit lors du don de la Torah, ainsi il en fut pour l'ensemble de la création.

Et comme il est dit dans la Guemara que même les nations savent que le Saint béni soit-Il règne sur tout, et elles L'appellent 'Dieu des dieux'. C'est pourquoi l'ensemble de la création fut réparé, excepté Amalek, que son nom soit effacé, qui ne s'est pas soumis ; c'est pourquoi il n'aura pas de relèvement dans l'avenir.

Et toutes les nations auront quelque étincelle et prise dans la sainteté. C'est le sens de 'prémice des nations, Amalek' (Bamidbar 24,20) : il a pris pour lui la prémice, en ce qu'il a totalement renié le Principe.

C'est pourquoi 'sa fin va jusqu'à la perdition', à la différence des autres nations, comme dit plus haut. C'est pourquoi il faut haïr Amalek, car sans lui tout aurait été réparé comme il convient, comme dans l'avenir ; et à cause de lui le Trône n'est pas complet, etc.

C'est pourquoi 'J'effacerai, J'effacerai', etc. (Chemot 17,14).

מה שנאמר בשבת זכר ליצ"מ ובדיברות אחרונות נאמר וזכרת כי עבד היית במצרים כו'. דהנה איתא אמרה שבת לפני הקב"ה לכל יש בן זוג ולי אין בן זוג השיב הקב"ה כנס"י יהי' ב"ז.

ואין מובן ולמה אין לש"ק ב"ז הלא נוכל לזווג יום ששי לשבת כמו ליום חמישי. אבל הפי' כי ימי בראשית הם ימים עליונים.

ואין התחתונים יכולין לקבל הארת הימים רק ע"י אמצעי. שיש לכל יום לבוש והוא בן זוגו של אותו יום.

לבד ש"ק שאין לו לבוש. וע"ז אמרה שבת לי אין ב"ז.

וח"ו יוכל להיות קילקול ע"י עולם השפל הזה שמקבלים בלי לבוש. וע"ז הי' התשובה כנס"י יהי' ב"ז.

כי בנ"י יכולין לקבל בלי לבוש. וזה ע"י יצ"מ כמ"ש במ"א.

כי כמו שהקדושה נעלמת מהתחתונים ע"י גודל עומק רום. כמו כן תחתונים בגודל שפלות מעשיהם מתרחקים מהקדושה.

ובנ"י כפי מה שמתרחקים מגשמיות ויצאו ממצרים ממ"ט שערי טומאה. כפי כן נתקרבו אל הקדושה.

[וזה פי' ב' עולמות. עוה"ז ועוה"ב כמ"ש במ"א.

וגם ש"ק הוא מעין עוה"ב]. ולכן בנ"י יכולין לקבל השבת.

והם עצמם השמירה מהאומות שהשבת מתלבש בבנ"י כנ"ל וז"ש כנס"י יהי' ב"ז. ולכן עכו"ם השומר שבת חייב מיתה.

כי א"י להתקרב אל השבת והוא אצלו כמו עבודה זרה. וז"ש וזכרת כי עבד היית.

שע"י יצ"מ יכולין בנ"י לקבל השבת. והוא זכר ליצ"מ.

וכן כתיב וזה לך האות כו' בהוציאך כו' תעבדון כו' האלקים על ההר הזה. שקבלת התורה אות ליצ"מ.

כי לא היו יכולין להתקרב להשי"ת קודם יצ"מ. וכן שבת שהוא התקרבות להש"י כמ"ש בשבת ניתנה תורה כו' הוא זכר ליצ"מ כנ"ל:

Ce qui est dit du Chabbat 'souvenir de la sortie d'Égypte', tandis que dans les Paroles ultérieures (le second Décalogue) il est dit 'et tu te souviendras que tu fus esclave en Égypte', etc. Voici, il est enseigné : le Chabbat dit devant le Saint béni soit-Il : 'chacun a un conjoint et moi je n'ai pas de conjoint (ben zoug)'.

Le Saint béni soit-Il répondit : 'la communauté d'Israël (Knesset Israël) sera ton conjoint'. Cela ne se comprend pas : pourquoi le saint Chabbat n'aurait-il pas de conjoint ?

Ne pourrions-nous pas accoupler le sixième jour au Chabbat comme au cinquième jour ? Mais l'explication est que les jours de la création sont des jours supérieurs, et les êtres inférieurs ne peuvent recevoir l'illumination de ces jours que par un intermédiaire ; chaque jour a un vêtement, qui est le conjoint de ce jour - excepté le saint Chabbat qui n'a pas de vêtement.

C'est pourquoi le Chabbat dit : 'moi je n'ai pas de conjoint'. Et, à Dieu ne plaise, il pourrait y avoir une dégradation par ce monde inférieur qui recevrait sans vêtement.

À cela fut la réponse : 'la communauté d'Israël sera ton conjoint', car les enfants d'Israël peuvent recevoir sans vêtement. Et cela par le moyen de la sortie d'Égypte, comme dit ailleurs.

Car de même que la sainteté est cachée aux inférieurs par l'immensité de la profondeur et de la hauteur, de même les inférieurs, par l'immensité de la bassesse de leurs actes, s'éloignent de la sainteté ; et les enfants d'Israël, dans la mesure où ils s'éloignent de la matérialité et sont sortis d'Égypte des quarante-neuf portes de l'impureté, dans cette mesure même se sont rapprochés de la sainteté. [Et c'est le sens des deux mondes : ce monde-ci et le monde à venir, comme dit ailleurs ; et le saint Chabbat aussi est un avant-goût du monde à venir.] C'est pourquoi les enfants d'Israël peuvent recevoir le Chabbat, et ils sont eux-mêmes la protection contre les nations, car le Chabbat se revêt dans les enfants d'Israël, comme dit plus haut ; et c'est le sens de 'la communauté d'Israël sera ton conjoint'.

C'est pourquoi un non-Juif qui observe le Chabbat est passible de mort, car il ne peut se rapprocher du Chabbat, et celui-ci est pour lui comme une idolâtrie. Et c'est le sens de 'et tu te souviendras que tu fus esclave' : c'est par la sortie d'Égypte que les enfants d'Israël peuvent recevoir le Chabbat, et c'est pourquoi le Chabbat est 'souvenir de la sortie d'Égypte'.

De même il est écrit 'et ceci sera pour toi le signe... lorsque tu feras sortir... vous servirez... Dieu sur cette montagne' (Chemot 3,12) - car la réception de la Torah est un signe de la sortie d'Égypte, puisqu'ils ne pouvaient se rapprocher du Saint béni soit-Il avant la sortie d'Égypte.

De même le Chabbat, qui est un rapprochement du Saint béni soit-Il - comme il est dit que c'est le Chabbat que la Torah fut donnée, etc. - est un souvenir de la sortie d'Égypte, comme dit plus haut.

[מבוקר עד ערב אפשר לומר כן אלא כל דיין שדן דין אמת לאמיתו כו'. וקשה א"כ מה אמר יתרו נבול תבול כו'.

אך אמת כי גם במצות פשוטי בני אדם לעשות דין ומשפט בין איש לרעהו. אם הוא באמת הוא דבר גדול.

ונאמר עליו מבוקר עד ערב. שמתקשרין עי"ז כל העולמות וממשיך האמת עד דרגא תחתונה.

והוא באמת נחמה לדיינים העוסקים בצורכי ציבור שנאמר בגמרא ומד' שעי"ז באין לביטול תורה רק שגדולה מצוה בשעתה. אבל מדרגת מרע"ה שנאמר עליו כל עליותיו בהשכמה היו הוא למעלה מזו המדרגה מבוקר עד ערב.

ועצת יתרו הי' אליו לפי מדרגתו. ובס' אוה"ח פי' וצוך אלקים ויכלת עמוד.

שעי"ז יהי' פנוי לקבל מאמר אלקים ע"ש בדבריו הקדושים. וכ"כ בתרגום יונתן.

עכ"ז ראינו כי לא הוטב העצה בעיני מרע"ה. כי בודאי אם הי' נשאר כן.

הי' מרע"ה מתקן הכל להיות נמשכין כל בנ"י אחר מדרגתו. כמו שהי' שליח להוציאנו ממצרים ממ"ט שערי טומאה.

כן הי' בכחו ג"כ להמשיך כל בנ"י אחריו. אבל נראה כי גם זה הי' בעצת עמלק הרשע.

שע"י שהוקרו בנ"י מכוחם במלחמת עמלק ימ"ש. לא היו יכולין להמשך אחר מדריגת מרע"ה.

וראי' לדבר שבמלחמת עמלק סילק מרע"ה עצמו ושלח את יהושע כנודע]:

['Du matin au soir' - peut-on dire cela ? Mais le sens est que tout juge qui rend un jugement de vérité selon sa vérité, etc.

(Chabbat 10a). Et la difficulté : s'il en est ainsi, pourquoi Yitro a-t-il dit 'tu te faneras, tu te faneras' (Chemot 18,18) ?

Mais en vérité, même dans le commandement des gens simples de rendre jugement et justice entre un homme et son prochain, si c'est en vérité, c'est une grande chose, et il est dit à son sujet 'du matin au soir', car par là se relient tous les mondes et l'on prolonge la vérité jusqu'au degré inférieur. Et c'est en vérité une consolation pour les juges qui s'occupent des besoins de la collectivité, dont il est dit dans la Guemara et le Midrach que par là ils en viennent à l'annulation de l'étude de la Torah - mais grande est la mitsva en son heure.

Cependant le degré de notre maître Moché, dont il est dit que toutes ses ascensions se faisaient de bon matin, est au-dessus de ce degré de 'du matin au soir'. Et le conseil de Yitro s'adressait à lui selon son propre degré.

Et dans le livre Or ha-Haim il est expliqué 'Dieu te l'ordonnera et tu pourras tenir' : que par là il serait libre pour recevoir l'énoncé de Dieu - vois-le dans ses saintes paroles ; ainsi l'écrit aussi le Targoum Yonatan. Malgré cela nous voyons que le conseil ne fut pas agréable aux yeux de notre maître Moché.

Car assurément, si les choses étaient restées ainsi, notre maître Moché aurait tout réparé, de sorte que tous les enfants d'Israël se laissent entraîner à la suite de son degré. De même qu'il fut l'envoyé pour nous faire sortir d'Égypte, des quarante-neuf portes de l'impureté, de même il avait aussi le pouvoir d'entraîner tous les enfants d'Israël à sa suite.

Mais il apparaît que cela aussi résulta du conseil d'Amalek le mauvais : parce que les enfants d'Israël furent affaiblis dans leur force lors de la guerre d'Amalek, que son nom soit effacé, ils ne pouvaient plus se laisser entraîner à la suite du degré de notre maître Moché. Et la preuve en est que, lors de la guerre d'Amalek, notre maître Moché se retira lui-même et envoya Yehochoua, comme on le sait.]

אשר הוצאתיך כו'. ומקשין מדוע לא נאמר אשר בראתיך.

אכן לברר מאמרם ז"ל גדול המחטיא האדם יותר מן ההורגו שהמחטיאו מוציאו מעוה"ז ועוה"ב. וכמו כן גדול מה שהוציאנו הש"י ממצרים.

שע"י הבריאה אין האדם יודע אם יהי' סופו לטוב. אבל בהוציאנו ממצרים מובטחים בנ"י כי מיוחדים הם אליו ית'.

וגם נראה להודיע כי כל אשר עובר על האדם תמיד בעודו בבחירתו. עכ"ז הכל הוא מהשי"ת בלבד.

כי בוודאי בריאת האדם יודעין הכל שהוא מהשי"ת למעלה מהטבע. אבל מה שצריכין בנ"י לידע.

כי כל החיות שנמצא בעולם הוא מהשי"ת שמחדש בכל עת ורגע. כללי ופרטי כל המעשים.

וגם עבודת בנ"י והתקרבותם להש"י הכל מאתו הוא. ועדות לזה יצ"מ.

וז"ש אשר הוצאתיך כו'. והנה ידיעה זו נשאר בבנ"י כמ"ש לעיל כי מאמר אנכי הוא הבטחה ג"כ.

ואפשר לפרש מ"ש חז"ל בבנ"י שהקדימו נעשה לנשמע וקילקלו נעשה. הזהרו בנשמע.

י"ל כי נשמע הוא מה שהקב"ה משמיע לבנ"י. וא"צ לזה מעשיהם רק לקבל ולהאזין.

והוא קבלת מלכותו ית' שנאמר שמע ישראל כו' ה' אחד. שזה הוא רק הביטול אליו והוא מאמר אנכי כנ"ל ועשי' הוא כל המצות.

ולכן הקדים אנכי לקבל מקודם עמ"ש ואח"כ עול מצות כמ"ש חז"ל. אבל מקודם הי' רצון בנ"י להקדים מעשיהם.

ולכן נאמר מקודם אם שמוע כו' ושמרתם כו' בריתי כו'. קודם מאמר אנכי.

כי היו מוכנים להקדים נעשה לנשמע. אבל בעת הדיברות אמר הש"י כמו שראה שלא יוכלו להתקיים בזה.

ושמע ישראל הוא לשמוע קול זה של אנכי ה' א-להיך. כי לא פסק זה הקול.

וע"י שמיעה זו זוכין אח"כ לעשי' כמ"ש אח"ז ואהבת והי' א"ש. [וכן הוא בפרט קודם עשיית כל מצוה.

כפי מה שמקדימים קבלת מלכותו יתברך מקודם. יכולין לקיים המצוה כראוי והוא ברכת המצות]:

'Qui t'ai fait sortir', etc. On demande : pourquoi n'est-il pas dit 'qui t'ai créé' ?

Mais c'est pour clarifier le propos de nos Sages de mémoire bénie : plus grand est celui qui fait fauter l'homme que celui qui le tue, car celui qui le fait fauter le retranche de ce monde et du monde à venir. De même, grande est l'œuvre par laquelle le Saint béni soit-Il nous a fait sortir d'Égypte.

Car par la création, l'homme ne sait pas si sa fin sera pour le bien ; mais du fait qu'Il nous a fait sortir d'Égypte, les enfants d'Israël ont l'assurance qu'ils Lui sont particulièrement attachés, béni soit-Il. Et cela vient aussi faire savoir que tout ce qui advient à l'homme, en permanence, tant qu'il est dans son libre arbitre, tout cela vient néanmoins de le Saint béni soit-Il seul.

Car assurément, quant à la création de l'homme, tous savent qu'elle vient de le Saint béni soit-Il, au-dessus de la nature ; mais ce que les enfants d'Israël doivent savoir, c'est que toute la vitalité qui se trouve dans le monde vient de le Saint béni soit-Il, qui renouvelle à chaque instant et à chaque moment l'ensemble et le détail de tous les actes ; et même le service des enfants d'Israël et leur rapprochement de le Saint béni soit-Il, tout vient de Lui. Et le témoignage en est la sortie d'Égypte.

C'est le sens de 'qui t'ai fait sortir', etc. Et voici, cette connaissance demeure dans les enfants d'Israël, comme dit plus haut : l'énoncé 'Je suis' (Anokhi) est aussi une promesse.

On peut ainsi expliquer ce que nos Sages de mémoire bénie ont dit des enfants d'Israël qui ont placé le 'nous ferons' avant le 'nous entendrons' et ont abîmé le 'nous ferons' par la faute du Veau : 'prenez garde au nous entendrons'. On peut dire que 'nous entendrons' (nishma) est ce que le Saint béni soit-Il fait entendre aux enfants d'Israël, et pour cela leurs actes ne sont pas nécessaires, seulement recevoir et prêter l'oreille ; c'est l'acceptation de Sa royauté, béni soit-Il, dont il est dit 'Écoute Israël... le Nom est Un', qui n'est que l'annulation vers Lui, et c'est l'énoncé 'Je suis', comme dit plus haut ; tandis que le 'faire' (assiya) représente tous les commandements.

C'est pourquoi le Saint a placé 'Je suis' en premier, pour que l'on reçoive d'abord le joug de Sa royauté, puis le joug des commandements, comme l'ont dit nos Sages. Mais au début, le désir des enfants d'Israël était de placer leurs actes en premier ; c'est pourquoi il est dit d'abord 'si vous écoutez... et vous garderez...

Mon alliance', avant l'énoncé 'Je suis', car ils étaient prêts à placer le 'nous ferons' avant le 'nous entendrons'. Mais au moment des Paroles, le Saint béni soit-Il parla autrement, comme Il vit qu'ils ne pourraient tenir en cela.

Et 'Écoute Israël' consiste à entendre cette voix de 'Je suis le Nom ton Dieu', car cette voix ne s'est pas interrompue ; et par cette écoute on mérite ensuite au 'faire', comme il est dit ensuite 'et tu aimeras' et 'il adviendra si vous écoutez'. [Et il en est de même en particulier avant l'accomplissement de chaque commandement : selon la mesure où l'on place d'abord l'acceptation de Sa royauté, béni soit-Il, on peut accomplir le commandement comme il convient - et c'est la bénédiction des commandements.]

תרל"ו

[תרל"ו] (5636)

En bref

« Hachem est ma force et ma forteresse » : à la mer, « ma force et mon chant » ; à la Torah, appelée force (oz), Yitro est venu. Le Sfat Emet explique que les enfants d'Israël ajoutent, pour ainsi dire, de la force au Saint béni soit-Il, car la Torah régit toute action selon les décrets du Lieu. On ne la mérite qu'en acceptant le joug de Sa royauté, pour sortir du libre choix ; par la révélation de Sa royauté à la sortie d'Égypte ils ont mérité la Torah. Le Chabbat est la conduite du monde selon les lois de la Torah : en semaine on accepte le joug, et l'on mérite la Torah au Chabbat.

Aussi : le Chabbat verse aux six jours la bénédiction de la bonté cachée, sans manne ; le désir du Chabbat complète le travail de la semaine et ramène en techouva ; naassé et nichma pour les humbles, les nations et après la faute

במדרש ה' עוזי ומעוזי כשקרעת לנו הים אמרנו עזי וזמרת כו'. כשנתת לנו התורה שנק' עוז בא יתרו כו'.

דהנה כ' תנו עוז לאלקים ע"י גאותו ועוזו בשחקים. שבנ"י מוסיפין כח כביכול להקב"ה.

ופי' הענין דעוז היא התורה שהיא הנהגות כל המעשים ע"פ גזרות המקום ב"ה. ושלא יצא שום דבר קטן וגדול ממשפט וחוקי התורה.

לכן נק' התורה עוז. אבל ראינו כי הקב"ה נתן הבחירה בידי אדם לעשות ככל אשר יחפוץ.

והענין ע"פ דברי חז"ל ע"פ אנכי ה"א קבלו מלכותי. אח"כ גזירותי כו'.

פי' שאין זוכין לתורה רק ע"י הקדמת עול מלכותו ית'. ואמת כי זה הכח ניתן לבנ"י שיוכלו לצאת מן הבחירה להכניס עצמם תחת עול מלכותו ית"ש.

וזה ה' עוז לעמו יתן. וכשנתגלה ע"י בנ"י ביצ"מ כבוד מלכותו ית' כי גאה גאה.

עי"ז זכו לקבלת התורה. ז"ש על ישראל גאותו שבנ"י משכו עליהם גיאותו של הקב"ה.

ובאו לבחי' ועוזו בשחקים. וכ' ה' מלך גאות לבש כו' עוז התאזר כו' תכון תבל בל תמוט.

פי' על ידי שנתגלה מלכותו והתלבשות כבוד גאונו. עי"ז עוז התאזר.

כי אחר שמקבלים מלכותו גוזר עליהם מצותיו ומשפטיו. וזה תיקון העולם.

דאנשי כנה"ג תיקנו ברוך אומר ועושה גוזר ומקיים. פרשנו אומר ועושה הוא עשרה מאמרות.

גוזר ומקיים עשרת הדיברות. פי' שהתורה היא תיקון כל מעשה בראשית.

וביאור הענין דכ' ששת ימים עשה ה' כו' וביום השביעי שבת כו'. ואיתא באוה"ח הקדוש כי הקב"ה נתן כח הבריאה על ששה ימים.

ובש"ק חוזר הארה חדשה על קיום ששה ימים אחרים ע"ש פרשת בראשית. והן הדברים אשר דברנו כי קיום הנבראים הם ע"פ משפטי התורה וסדר המיוחד לכל הדברים בשורש העליון והוא בחי' השבת.

לכן בשבת ניתנה תורה לישראל. פי' שהתנהגות כל העולם במשפטי התורה.

הוא ענין השבת. ובימי המעשה עבודת האדם לקבל עול מלכותו ית'.

וכפי הכנה זו זוכה בשבת לתורה. והוא ענין פריסת סוכת שלום שהקב"ה פורס עלינו בשבת.

כי שלום הוא במקום שאין מחלוקת. כמו שמתגלה בשמים כבוד מלכותו ית' בלי סטרא אחרא כלל.

כדאיתא ולית שולטנא אחרא בכ"ע. ואף כי ראינו שיש גם לאיש ישראל בחירה לעשות כרצונו בשבת ג"כ.

מ"מ זה הוא חילול שבת וודאי שע"י העבודה מגרש עצמו משורשו ואינו תחת סוכת שלום הנ"ל. אבל מיוחדין הם בנ"י תחת סוכת שלום בש"ק.

ובגמ' דרשו כ' זכור כו' יום השבת גז"ש מזכור דיצ"מ בעצומו של יום אף כאן בעצומו של יום. א"כ נראה כמו שם הפי' שבכל ט"ו בניסן מתעורר עצם היום ביצ"מ.

כמו כן בכל שבת מתעורר עצם היום דנתינת התורה. "שמוע "תשמעו "בקולי ר"ת שב"ת.

פי' כי השי"ת נותן התורה תמיד. כדכ' ולא פסק.

רק שבש"ק מתקרבין בנ"י לשמוע הקול. והוא ענין קבלו מלכותי אח"כ קבלו גזירותי כנ"ל:

Dans le Midrach : 'Hachem est ma force et ma forteresse'. Quand Tu as fendu pour nous la mer, nous avons dit 'ma force et mon chant' (Ex 15,2) ; quand Tu nous as donné la Torah, appelée 'force' (oz), Yitro est venu, etc.

Car il est écrit : 'Donnez force à Dieu ; sur Israël est Sa majesté, et Sa force est dans les nuées' (Ps 68,35) -- ce qui signifie que les enfants d'Israël ajoutent, pour ainsi dire, de la force au Saint béni soit-Il. Explication : la 'force' (oz) est la Torah, qui régit toutes les actions selon les décrets du Lieu (Hachem), béni soit-Il, de sorte que rien, petit ou grand, ne sorte du droit et des lois de la Torah ; c'est pourquoi la Torah est appelée 'force'.

Mais nous voyons que le Saint béni soit-Il a placé le libre choix dans la main de l'homme, pour agir selon tout ce qu'il désire. Le sujet s'éclaire par les paroles de nos Sages sur 'Je suis Hachem ton Dieu' : acceptez d'abord Ma royauté, ensuite Mes décrets -- c'est-à-dire qu'on ne mérite la Torah que par la mise en avant du joug de Sa royauté.

Et il est vrai que cette force fut donnée aux enfants d'Israël, afin qu'ils puissent sortir du libre choix pour se placer sous le joug de Sa royauté, que Son Nom soit béni. C'est le sens de 'Hachem donnera force à Son peuple' (Ps 29,11).

Et lorsque, par les enfants d'Israël lors de la sortie d'Égypte, s'est révélée la gloire de Sa royauté -- 'car Il s'est hautement exalté' (Ex 15,1) -- par cela ils ont mérité de recevoir la Torah. C'est le sens de 'sur Israël est Sa majesté' : les enfants d'Israël ont attiré sur eux la majesté du Saint béni soit-Il, et sont parvenus à l'aspect 'et Sa force dans les nuées'.

Il est écrit : 'Hachem règne, Il s'est vêtu de majesté... Il s'est ceint de force... le monde est affermi, il ne chancellera pas' (Ps 93,1) -- c'est-à-dire que par la révélation de Sa royauté et le revêtement de la gloire de Sa grandeur, par cela 'Il s'est ceint de force' ; car après qu'on accepte Sa royauté, Il décrète sur eux Ses commandements et Ses lois.

Et c'est la réparation (tikoun) du monde. Car les hommes de la Grande Assemblée ont institué : 'Béni soit Celui qui dit et fait, décrète et accomplit.' Nous avons expliqué : 'dit et fait' correspond aux Dix Paroles (de la Création), 'décrète et accomplit' aux Dix Commandements -- c'est-à-dire que la Torah est la réparation de toute l'œuvre de la Création.

Explication du sujet : il est écrit 'six jours Hachem fit les cieux et la terre... et le septième jour Il cessa' (Ex 20,11). Il est rapporté dans le saint Or HaHaïm que le Saint béni soit-Il a donné la force de la création pour six jours, et qu'au saint Chabbat revient une illumination nouvelle pour le maintien de six autres jours -- vois la Paracha Bereshit.

Et ce sont les choses que nous avons dites : le maintien des créatures se fait selon les lois de la Torah et selon l'ordre propre à chaque chose dans la racine supérieure, qui est l'aspect du Chabbat. C'est pourquoi la Torah fut donnée à Israël un Chabbat -- c'est-à-dire que la conduite du monde entier selon les lois de la Torah, tel est le sens du Chabbat ; et durant les jours ouvrables, le service de l'homme est d'accepter le joug de Sa royauté, et selon cette préparation il mérite la Torah au Chabbat.

C'est le sens du déploiement de la 'souka de paix' que le Saint béni soit-Il étend sur nous au Chabbat, car la paix est là où il n'y a pas de discorde, comme se révèle dans les cieux la gloire de Sa royauté sans aucune Sitra A'hra (l'autre côté, les forces du mal), ainsi qu'il est dit : 'il n'est point d'autre domination dans tous les mondes'. Et bien que nous voyions qu'un homme d'Israël a aussi le libre choix d'agir à sa guise le Chabbat également, c'est là assurément une profanation du Chabbat, car par ce travail il se chasse lui-même de sa racine et n'est plus sous la souka de paix susdite ; mais les enfants d'Israël sont mis à part sous la souka de paix au saint Chabbat.

Dans la Guemara on a exposé le verset 'Souviens-toi du jour du Chabbat' par une guezera chava (analogie verbale) avec le 'Souviens-toi' de la sortie d'Égypte : là-bas 'au cœur même du jour', ici aussi 'au cœur même du jour'. Ainsi il apparaît, comme la-bas, que chaque 15 Nissan s'éveille l'essence du jour de la sortie d'Égypte ; de même, chaque Chabbat s'éveille l'essence du jour du don de la Torah.

Les initiales des mots 'Shamoa Tishmé'ou Bekoli' ('si vous écoutez attentivement Ma voix', Ex 19,5) forment le mot שבת (Chabbat). C'est-à-dire que Hachem donne la Torah continuellement, comme il est écrit 'et la voix ne cessa point' (Dt 5,19) ; seulement, au saint Chabbat, les enfants d'Israël se rapprochent pour entendre la voix.

Et c'est le sens de 'acceptez Ma royauté, ensuite acceptez Mes décrets', comme ci-dessus.

ואיתא בזוה"ק כיון דלא אשתכח בי' מזונא מה ברכתא אשתכח בי'. אלא כל ברכאין דעילאי ותתאי בשביעאה תלי' כו'.

פי' שהשבת נותן ברכה לכל הששה ימים. אמת שהקב"ה מחדש בטובו בכ"י תמיד מ"ב.

אך הוא ע"י השבת. ובטובו הוא השבת שנא' בו טוב להודות לה'.

וכ' מה רב טובך אשר צפנת כו'. כי הקב"ה ברא העולם בטובו ית'.

וכל האורות אשר הי' ביכולת הששה ימים לקבל השפיע להם. והשאר נשאר בשורש העליון.

ומאותו השורש מחדש בכל יום מ"ב. וזה טוב הצפון שהוא למעלה מהשגה.

וא"י לבוא לשם. זה ענין צפנת ליראיך.

שרק היראים שכן דרכם לבטל כל רצונם להתדבק במה שלמעלה מההשגה. הם זוכין לזה האור.

ולכן בש"ק שמתגלה זה הטוב הצפון. לא אשתכח בי' מנא.

שהוא השפעה המושגת לאדם. ושבת הוא ברכה לימי המעשה.

פי' אם זוכין בימי המעשה בא ברכה מן השורש. וכן הי' רצונו ית' שכל ששת ימים תעבודו ויזכו עי"ז לברכת השבת.

וכן תמיד בכל שבת נמשך ברכה מהשורש טוב הצפון לששת ימים. עד שיזכו בנ"י במעשיהם לעשות כל השבת ברית עולם.

פי' להמשיך כל ההארה מהשורש לכל הימים ואז יהי' יום שכולו שבת לעתיד לבוא ב"ב אמן. לכן נאסרו בשבת כל המלאכות.

כי הוא יומא דנשמתין ולאו דגופא. כדאיתא בזוה"ק.

כי בימות החול הוא עבודת האדם רק לשעבד הגוף להנשמה להתקרב להקדושה. ובש"ק הוא רק להיות מוכן לקבל השפעת הקדושה הבא לנשמה משורשה:

Il est rapporté dans le saint Zohar : puisqu'il ne s'y trouve pas de nourriture, quelle bénédiction s'y trouve-t-elle ? Mais toutes les bénédictions d'en haut et d'en bas dépendent du septième jour, etc. -- c'est-à-dire que le Chabbat donne la bénédiction à tous les six jours.

Il est vrai que le Saint béni soit-Il renouvelle par Sa bonté, chaque jour, continuellement, l'œuvre de la Création ; mais cela se fait par le Chabbat. Et 'par Sa bonté' -- c'est le Chabbat, dont il est dit 'il est bon de rendre grâce à Hachem' (Ps 92,2, psaume du Chabbat).

Et il est écrit : 'Que grande est Ta bonté que Tu as réservée pour ceux qui Te craignent' (Ps 31,20). Car le Saint béni soit-Il a créé le monde par Sa bonté, et toutes les lumières qu'il était au pouvoir des six jours de recevoir, Il les leur a prodiguées, et le reste est demeuré dans la racine supérieure ; et depuis cette racine Il renouvelle chaque jour l'œuvre de la Création.

C'est la 'bonté cachée', qui est au-dessus de toute appréhension, et l'on ne peut y parvenir. Tel est le sens de 'que Tu as réservée pour ceux qui Te craignent' : seuls les craignant-Dieu, dont la voie est d'annuler toute leur volonté pour s'attacher à ce qui est au-dessus de l'appréhension, méritent cette lumière.

C'est pourquoi au saint Chabbat, où se révèle cette bonté cachée, 'il ne s'y trouve pas de manne', qui est une effusion appréhensible par l'homme. Et le Chabbat est une bénédiction pour les jours ouvrables -- c'est-à-dire que si l'on mérite durant les jours ouvrables, la bénédiction vient de la racine.

Ainsi fut Sa volonté, que durant les six jours vous travailliez et méritiez par cela la bénédiction du Chabbat ; et de même continuellement, chaque Chabbat, une bénédiction s'écoule depuis la racine, la bonté cachée, vers les six jours -- jusqu'à ce que les enfants d'Israël méritent par leurs actes de faire de tout le Chabbat une 'alliance éternelle', c'est-à-dire d'attirer toute l'illumination de la racine vers tous les jours ; et alors ce sera 'le jour qui est tout entier Chabbat', dans l'avenir à venir, bientôt et de nos jours, amen. C'est pourquoi tous les travaux (melakhot) sont interdits le Chabbat, car c'est le jour des âmes et non des corps, comme il est rapporté dans le saint Zohar.

Car durant les jours de semaine le service de l'homme est seulement d'asservir le corps à l'âme pour se rapprocher de la sainteté ; et au saint Chabbat il s'agit seulement d'être prêt à recevoir l'effusion de sainteté qui vient à l'âme depuis sa racine.

בפסוק ששת ימים תעבודו ועשית כמ"ל. פירש"י שיהי' כאילו כמ"ל עשוי'.

פי' שעי"ז נעשה ונגמר באמת כל מלאכתך. עי"ז שמניח חפיציו בעבור שביתת השבת.

ופשט הפסוק כי הש"י נתן יום השבת למנוחה שכל העבודות המוטלין על האדם יעשה רק בימי המעשה. ובש"ק א"צ עבודה בשום דבר אף במלחמת היצה"ר.

דכ' ששת ימים תעבוד. ואם היינו מקיימין העבודה כראוי.

אז ויום השביעי כו' לה'. ומה שאין מרגישין המנוחה כראוי בשבת.

הוא ע"י חסרון עבודה בחול. כמ"ש מי שטרח בע"ש כו'.

אעפ"כ כשבא שבת ורואין עצמם מרוחקין מקדושת השבת. ועי"ז שבין בתשובה מאהבה לבוא לקבל הארת השבת.

וע"ז איתא בע"ת בשעתא חדא וברגעא חדא. מתקנין הכל.

וע"י אותו התשוקה לשבת נגמרין כל המעשים. לכן נא' ועשית כל מלאכתך.

שיש בכח התדבקות אל השבת להשלים כל חסרון עבודה בחול כנ"ל:

Sur le verset 'Six jours tu travailleras et tu feras tout ton travail' (Ex 20,9), Rachi explique : que ce soit comme si tout ton travail était accompli. C'est-à-dire que par cela tout ton ouvrage se fait et s'achève véritablement -- parce qu'on met de côté ses affaires en faveur du repos du Chabbat.

Le sens simple du verset : Hachem a donné le jour du Chabbat pour le repos, de sorte que tous les travaux imposés à l'homme ne se fassent que durant les jours ouvrables ; mais au saint Chabbat il n'est besoin de travail en aucune chose, même dans le combat contre le mauvais penchant (yetser hara), car il est écrit 'six jours tu travailleras'. Et si nous accomplissions le travail comme il convient, alors 'le septième jour... à Hachem'.

Et si l'on ne ressent pas le repos comme il convient au Chabbat, c'est par manque de travail durant la semaine, comme il est dit : 'celui qui a peiné la veille du Chabbat mangera le Chabbat'. Néanmoins, quand vient le Chabbat et que l'on se voit éloigné de la sainteté du Chabbat, par cela on revient en techouva par amour pour venir recevoir l'illumination du Chabbat ; et à ce propos il est rapporté, au sujet du repentant, qu'en une seule heure et en un seul instant il répare tout.

Et par ce désir ardent du Chabbat s'achèvent tous les actes ; c'est pourquoi il est dit 'et tu feras tout ton travail' : car l'attachement au Chabbat a le pouvoir de compléter tout manque de travail de la semaine, comme ci-dessus.

באבן עזרא הקשה על לא תחמוד. ותי'.

ע"ש. אבל באמת נראה כי אף שיש חמדה לעניני עוה"ז.

אך התשוקה צריך להיות באדם לקיים מאמר ה'. וזאת החמדה תגבור נגד כל החמדות שבעולם.

ועל זה נאמר בטל רצונך מפני רצונו. ואפשר זה בא אחר קיום מ"ע באהבה.

אך מקודם כ' סור מרע כפשוטו מגזירת המלך כדברי א"ע הנ"ל והבן:

Le Ibn Ezra a soulevé une difficulté sur 'Tu ne convoiteras pas' (Ex 20,14) et il l'a résolue -- vois-y. Mais en vérité il apparaît que, bien qu'il y ait de la convoitise pour les choses de ce monde, le désir doit être chez l'homme d'accomplir la parole de Hachem ; et ce désir-là l'emportera contre toutes les convoitises du monde.

À ce propos il est dit : 'annule ta volonté devant Sa volonté' (Avot 2,4). Et cela est possible après l'accomplissement des commandements positifs par amour ; mais auparavant vaut 'écarte-toi du mal' dans son sens simple -- l'obéissance au décret du Roi, selon les paroles du Ibn Ezra susdites ; et comprends.

תרל"ז

[תרל״ז -- année 5637]

במדרש ה' עוזי ומעוזי כו' ביום צרה אליך גוים יבואו כו' באתה רחב יתרו כו'. כי הנה כל גלות שבנ"י נכנסין בה.

הוא רק כדי להוציא ניצוצות קדושות שבתוך האומות. כדכ' במד' ע"פ אם ערבת לרעך כו'.

שבנ"י הם ערבים במה שקיבלו התורה לתקן כל העולם גם האומות מה שנמצא בהם טוב. ולולא עמלק הרשע ימ"ש שעירבב אותנו.

בוודאי הי' מתקנים כל הבריאה. ולכן יתרו שרצה להתדבק באמת נתקרב.

ובמד' תנחומא ע"פ לריח שמניך כו' ראשונים ריח שירה שרו לפניך ואנחנו לא הנחנו לשון של שבח שלא שרנו לפניך. פי' כי בנ"י מתקנים כל הלשונות ע"י התורה שמתפרשת בשבעים לשון כו'.

וכ' וישמע יתרו והוא ע"י שהכניסו בנ"י הארת הקדושה בכל הלשונות כי וודאי יתרו לא נתדבק בלשון הקודש קודם הגירות. והבן כי קצרתי:

Dans le Midrach : 'Hachem, ma force et ma forteresse... au jour de détresse vers Toi les nations viendront' (Jer 16,19) -- par cela vinrent Rahav, Yitro, etc. Car voici : chaque exil dans lequel entrent les enfants d'Israël n'a pour but que d'extraire les étincelles saintes qui se trouvent au sein des nations, comme il est écrit dans le Midrach sur 'Si tu t'es porté garant pour ton prochain' (Pr 6,1) : les enfants d'Israël sont garants, du fait qu'ils ont reçu la Torah, de réparer le monde entier, y compris les nations, pour ce qui se trouve de bon en elles.

Et sans le méchant Amalek -- que son nom soit effacé -- qui nous a jeté la confusion, ils auraient assurément réparé toute la Création. C'est pourquoi Yitro, qui voulait s'attacher à Dieu en vérité, s'est rapproché.

Et dans le Midrach Tan'houma sur 'à l'odeur de tes parfums, ton nom est un parfum répandu' (Cantique 1,3) : les premiers ont chanté devant Toi un parfum de cantique, et nous, nous n'avons pas laissé une langue de louange sans chanter devant Toi -- c'est-à-dire que les enfants d'Israël réparent toutes les langues par la Torah, qui s'explique en soixante-dix langues, etc. Et il est écrit 'Yitro entendit' (Ex 18,1) : cela vint de ce que les enfants d'Israël ont introduit l'illumination de la sainteté dans toutes les langues, car assurément Yitro ne s'était pas attaché à la langue sainte avant sa conversion.

Comprends, car j'ai abrégé.

ובמדרש שמעו כו' בית יעקב כו' אבדתם נעשה הזהרו בנשמע כו'. ומביא ראי' מדיתרו שמע ובא.

מכ"ש שאיש ישראל צריך להתפעל בשמוע קול תורה. וביאור הענין דבנ"י הקדימו נלנ"ש.

פי' שאין התקרבות בנ"י ע"י השמיעה שנתבטלו כמו יתרו שמע ואתכפיא כו'. אכן בנ"י הם באמת מיוחדים בשורשם להתורה.

א"כ למה אמרו ג"כ נשמע. והי' זה כדי לתקן הפחותים שבישראל שצריכין להתקרב על ידי השמיעה.

וגם לרבות האומות שיתקרבו ע"י השמיעה. אכן אחר שקילקלו נעשה והוא שע"י החטא נתגרשו משורש אחיזתם צריכין להתקרב ע"י השמיעה כמו האומות.

ולהוסיף ביאור ע"ז כי באמת בנ"י הם מיוחדים להתורה. כמאמר אורייתא וקוב"ה וישראל כלהו חד.

א"כ א"צ להתפעל ע"י השמיעה כנ"ל. אמנם אמרו נשמע ג"כ.

כי בוודאי אין שיעור למדרגות התורה. והנה יש גבוה מעל גבוה.

והוסיפו נשמע ג"כ. פי' שיוכלו עוד להשיג ע"י השמיעה מה שלמעלה מהשגתם.

והנה בזכות זה זכו שגם אחר שחטאו וקילקלו נעשה. נשאר להם להתדבק ע"י השמיעה.

והגם שבנ"י צריכין להתדבק מעצמותם לא ע"י השמיעה. שזה הענין מיוחד לאומות.

כענין וישמע יתרו. רק ע"י שהוסיפו נשמע לש"ש כנ"ל וגם כדי לקרב הרחוקים.

עי"ז נשאר להם תיקון אחר החטא בנשמע כנ"ל:

Dans le Midrach : 'Écoutez... maison de Yaakov...' -- si vous avez perdu le 'naaseh' (nous ferons), prenez garde au 'nishma' (nous entendrons), etc. Et il apporte une preuve de Yitro, qui entendit et vint : à plus forte raison un homme d'Israël doit-il être saisi en entendant la voix de la Torah.

Explication : les enfants d'Israël ont placé le 'naaseh' avant le 'nishma' -- c'est-à-dire que le rapprochement des enfants d'Israël ne se fait pas par l'écoute, par laquelle ils s'annuleraient comme Yitro qui entendit et fut soumis, etc. Or les enfants d'Israël sont en vérité unis en leur racine à la Torah.

Si tel est le cas, pourquoi ont-ils dit aussi 'nishma' ? Cela fut afin de réparer les plus humbles d'Israël, qui doivent se rapprocher par l'écoute, et aussi pour inclure les nations qui se rapprocheraient par l'écoute.

Or, après qu'ils eurent abîmé le 'naaseh' -- c'est-à-dire que par la faute ils furent chassés de la racine de leur prise -- ils doivent se rapprocher par l'écoute comme les nations. Pour ajouter une explication à cela : en vérité les enfants d'Israël sont unis à la Torah, selon la parole 'la Torah, le Saint béni soit-Il et Israël sont tous un' ; s'il en est ainsi, ils n'ont pas besoin d'être saisis par l'écoute, comme ci-dessus.

Cependant ils ont dit 'nishma' également, car assurément il n'est pas de mesure aux degrés de la Torah, et voici qu'il y a plus haut au-dessus du haut ; ils ont donc ajouté 'nishma' aussi -- c'est-à-dire qu'ils pourraient encore saisir, par l'écoute, ce qui est au-dessus de leur appréhension. Et par ce mérite ils ont mérité que, même après avoir fauté et abîmé le 'naaseh', il leur reste de s'attacher par l'écoute.

Et bien que les enfants d'Israël doivent s'attacher depuis leur propre essence, non par l'écoute -- car ce sujet est propre aux nations, comme dans 'Yitro entendit' -- c'est seulement parce qu'ils ont ajouté 'nishma' pour le Ciel, comme ci-dessus, et aussi afin de rapprocher les éloignés, que par cela il leur est resté une réparation après la faute, dans le 'nishma', comme ci-dessus.

זכור את יום השבת לקדשו ש"י תעבוד וע"כ מלאכתך. רש"י פי' שיהי' כאלו כ"מ עשוי'.

ובאוה"ח פי' שהוא ברכה שבששת ימים תוכל לעשות כל מלאכתך ולא תצטרך לעבודת יום השבת ע"ש. והאמת כי זאת הברכה היא עי"ז שנעשה בעיני האדם כאילו כל מלאכתו עשוי'.

ואינו מהרהר אחר מלאכה בעבור רצון המקום ב"ה. על ידי זה נעשה מלאכתו באמת באין מחסור.

וזהו בהקדמת זכור את יום השבת לקדשו. והנה הזכירה הוא בחול.

כי בשבת הוא עצם היום. רק בימי המעשה צריכין לזכור יום השבת.

ועי"ז ניתוסף ברכה בהמעשים. פי' שגם בימי המעשה שצריך לעסוק במעשים ומלאכות גשמיות.

מ"מ צריך שיהי' השתוקקת האדם להשבת. שיהי' עליו לעול ולמשא מה שצריך לעסוק בזה.

ומכ"ש להיות מוכן לבטל מעשהו. שיהי' כאילו מלאכתו עשוי'.

אם הי' רצון המקום שישבות ממלאכה מבטל עצמו מלהרהר אחר מלאכה. ובזוכרו זאת יש ברכת השבת במעשיו.

וזה ענין כל שישנו בשמירה ישנו בזכירה. ושמירה הוא השתוקקות להשבת כמו שמר את הדבר:

'Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier ; six jours tu travailleras et tu feras tout ton travail' (Ex 20,8-9). Rachi explique : que ce soit comme si tout le travail était accompli.

Et le Or HaHaïm explique que c'est une bénédiction -- qu'en six jours tu puisses faire tout ton travail et n'aies pas besoin de travailler le jour du Chabbat, vois-y. Or la vérité est que cette bénédiction advient par ceci : qu'il devienne, aux yeux de l'homme, comme si tout son travail était accompli, et qu'il ne rumine pas au sujet du travail, par égard pour la volonté du Lieu (Hachem) béni soit-Il ; par cela son travail se fait véritablement sans manque.

Et cela se réalise par la mise en avant de 'Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier'. Or le souvenir se fait en semaine, car au Chabbat c'est l'essence même du jour ; ce n'est que durant les jours ouvrables qu'il faut se souvenir du jour du Chabbat, et par cela une bénédiction s'ajoute aux actes.

C'est-à-dire que, même durant les jours ouvrables où l'on doit s'occuper d'actions et de travaux matériels, il faut néanmoins que l'homme ait un ardent désir du Chabbat, de sorte que ce dont il doit s'occuper lui soit un joug et un fardeau ; et à plus forte raison qu'il soit prêt à annuler son acte, pour qu'il soit comme si son travail était accompli -- si c'était la volonté du Lieu qu'il cesse le travail, il s'abstient de ruminer au sujet du travail. Et en se souvenant de cela, il y a la bénédiction du Chabbat dans ses actes.

Tel est le sens de : 'quiconque est inclus dans le garder (chamor) est inclus dans le se souvenir (zakhor)'. Et 'garder' est l'ardent désir du Chabbat, comme dans 'et il garda la chose à l'esprit' (Gn 37,11).

במדרש עלית למרום כו' לקחת מתנות. בלקיחה ניתנה יכול שצריך ליתן דמים ת"ל מתנות כו'.

פי' כי וודאי התחלת הכל צריך להיות במשפט ע"פ עבודת האדם. וע"ז אמרו כל התחלות קשות.

ואמרו פתחו לי כחודה של מחט כו'. שכשאדם זוכה קצת לדבקות התורה.

שוב מצד התורה עצמה היא מתנת חנם. ושורש הדברים כי בתחילה מתנהג הכל במדה"ד.

אח"כ משתתף עמו מדה"ר. כמ"ש בענין בריאת העולם.

וכן בכל ענינים כדלעיל פ' שמות וארא. כי כל אלה המה מדרגות זו למעלה מזו.

כי בוודאי מי שהקב"ה מתנהג עמו במדה"ר. יש לו שייכות במקום הזה שאין שם המדה לפי שכר מעשה האדם.

אמנם למצוא שייכות לזאת המדרגה הוא ע"י יגיעה רבה ויראת ה'. שמזה זוכה אח"כ למדת הרחמים.

שהוא עיקר התורה. שע"ז נאמר במתנה נתנה.

וזה לקחת. ואח"כ מתנות כנ"ל:

Dans le Midrach : 'Tu es monté en haut... tu as pris des dons' (Ps 68,19). Elle, la Torah, fut donnée par un 'prendre' ; on pourrait croire qu'il faut payer un prix -- c'est pourquoi l'Écriture dit 'des dons', etc.

C'est-à-dire : assurément le commencement de toute chose doit se faire avec mesure de rigueur, selon le service de l'homme ; à ce propos on a dit 'tous les commencements sont difficiles', et l'on a dit 'ouvrez-Moi une ouverture comme le chas d'une aiguille, et J'ouvrirai pour vous comme l'entrée d'une salle'. Car lorsqu'un homme mérite un peu d'attachement à la Torah, alors, du côté de la Torah elle-même, elle est un don gratuit.

Et la racine de la chose : au début tout se conduit selon la mesure de rigueur (midat hadin), ensuite s'y associe la mesure de miséricorde (midat harahamim), comme il est écrit au sujet de la création du monde, et de même en tous sujets, comme ci-dessus aux Parachot Chemot et Vaera ; car tous ceux-là sont des degrés, l'un au-dessus de l'autre. Car assurément celui avec qui le Saint béni soit-Il se conduit selon la mesure de miséricorde a un lien avec ce lieu où la mesure n'est pas selon la rétribution des actes de l'homme.

Toutefois, trouver un lien avec ce degré se fait par un grand labeur et la crainte de Hachem, d'où l'on mérite ensuite la mesure de miséricorde, qui est l'essence de la Torah -- celle dont il est dit 'elle fut donnée en don'. Et c'est 'tu as pris', puis 'des dons', comme ci-dessus.

תרל"ח

[תרל״ח -- année 5638]

במדרש רעך ורע אביך א"ת כו'. כי אם הי' בכחן של בנ"י להתמשך לגמרי אחר מעשה האבות הראשונים אשר כל מעשיהם היו בדביקות עליון עד שהאבות הן הן המרכבה.

ובנ"י היו מוכנים לזה אחר יצ"מ וקי"ס. והי' ניתקן כל העולם כמ"ש שמעו עמים ירגזון.

אך ע"י החטא שכ' ברפידים שרפו ידיהם וניטל מהם אותו הדביקות. ואז אם עזבת תן דעתך כו' שמיד ויבא עמלק.

והיו צריכין עצות איך לעמוד נגד הסתרות ע' אומות בעוה"ז. מאחר שנפלו קצת מדביקות שלמעלה מהטבע כנ"ל.

והשי"ת הזמין להם שמיעת יתרו אשר ביטל כח האומות במה שהכיר ואמר עתה ידעתי כו'. ואיתבר ואיתכפיא.

והי' תבירא לסט"א כמ"ש בזוה"ק. לכן נאמר עליו עשית חסד עם כו' בנ"י בעלותם ממצרים כו' ע"ש:

Dans le Midrach : 'Ton ami et l'ami de ton père, ne les abandonne pas' (Pr 27,10), etc. Car si les enfants d'Israël avaient eu le pouvoir de se laisser entièrement entraîner à la suite des actes des premiers Patriarches, dont toutes les actions étaient dans un attachement suprême, au point que les Patriarches sont eux-mêmes le Char divin (merkava) -- et les enfants d'Israël y étaient prêts après la sortie d'Égypte et la fente de la mer des Joncs -- le monde entier aurait été réparé, comme il est écrit 'les peuples l'entendirent, ils tremblèrent' (Ex 15,14).

Mais par la faute -- dont il est écrit à Refidim qu'ils 'relâchèrent leurs mains' (rafou yedeihem, allusion à Refidim) des paroles de la Torah -- cet attachement leur fut ôté. Et alors, 'si tu abandonnes, prends-y garde', etc., car aussitôt 'Amalek vint' (Ex 17,8).

Et ils eurent besoin de conseils pour tenir contre les occultations des soixante-dix nations dans ce monde, après être quelque peu tombés de l'attachement qui est au-dessus de la nature, comme ci-dessus. Et Hachem leur ménagea l'écoute de Yitro, qui annula la puissance des nations en ce qu'il reconnut et dit 'maintenant je sais que Hachem est plus grand que tous les dieux' (Ex 18,11) ; et l'autre côté fut brisé et soumis, et il y eut brisure de la Sitra A'hra, comme il est écrit dans le saint Zohar.

C'est pourquoi il est dit de lui : 'tu as fait bonté avec... les enfants d'Israël lors de leur montée d'Égypte', etc., vois-y.

ובמדרש ה' עוזי ומעוזי כו'. פי' לבד כי הש"י עוז לבנ"י כמ"ש עזי וזמרת יה.

אך גם זאת אשר הם מתחזקים ומתאזרין בו ית'. הם ג"כ בעזר עליון.

וז"ש עוזי ומעוזי כלומר מה שאני מחזיק במעוזך גם זה מאתך. ולכן הש"י נתן לבנ"י התורה שנק' עוז.

שע"י דרך התורה ומצות יכול אדם להתדבק בכח עליון. לכן נק' התורה עוז.

והנה באמת בנ"י מצד עצמם מוכנים להתדבק בבחי' עזי וזמרת יה שהוא דביקות עליון ממש בלי עצות תורה ומצות והוא בחי' האבות כנ"ל. ה' עוזי.

אמנם הש"י רצה לזכות כל העולם באמצעיות בנ"י. ולכן הי' סיבה שיהיו בעוה"ז ושיתדבקו במעוזם ע"י התורה ומצות כנ"ל.

כדי שעי"ז יתקרבו גם הרשעים י). וז"ש ומעוזי כו' אליך גוים יבאו.

וכ"כ שמן תורק שמך ע"כ עלמות כו'. פי' שע"י כח תורה ומצות שמביאין הארה גם במעשים גשמיים.

עי"ז מריחים אנשי אמת שבאומות ג"כ כח הקדושה ומתגיירין:

Dans le Midrach : 'Hachem est ma force et ma forteresse', etc. Explication : outre que Hachem est force pour les enfants d'Israël, comme il est écrit 'ma force et mon chant est Yah' (Ex 15,2), cela aussi -- le fait qu'ils se renforcent et se ceignent en Lui, béni soit-Il -- relève également d'une aide supérieure.

C'est le sens de 'ma force et ma forteresse' : autrement dit, ce par quoi je m'affermis dans Ta forteresse, cela aussi vient de Toi. C'est pourquoi Hachem a donné aux enfants d'Israël la Torah, appelée 'force', car par la voie de la Torah et des commandements l'homme peut s'attacher à la puissance supérieure ; c'est pourquoi la Torah est appelée 'force'.

Or en vérité les enfants d'Israël, de par eux-mêmes, sont prêts à s'attacher à l'aspect de 'ma force et mon chant est Yah', qui est un attachement suprême véritable, sans les moyens de la Torah et des commandements -- et c'est l'aspect des Patriarches, comme ci-dessus : 'Hachem est ma force'. Cependant Hachem a voulu faire mériter le monde entier par l'intermédiaire des enfants d'Israël ; et c'est pourquoi il y eut cause qu'ils soient dans ce monde et qu'ils s'attachent à leur forteresse par la Torah et les commandements, comme ci-dessus, afin que par cela même les méchants se rapprochent.

C'est le sens de 'et ma forteresse'... 'vers Toi les nations viendront' (Jer 16,19). Et de même il est écrit 'ton nom est un parfum répandu, c'est pourquoi les jeunes filles t'aiment' (Cantique 1,3) -- c'est-à-dire que par la puissance de la Torah et des commandements, qui introduisent une illumination jusque dans les actes matériels, par cela les hommes de vérité parmi les nations perçoivent eux aussi le parfum de la puissance de la sainteté, et se convertissent.

En bref

« Tu es monté en haut, tu as capturé une captivité » (Tehilim 68,19). Pour le Sfat Emet, l'essentiel de la Che'hina est dans les mondes inférieurs, et que la Torah ait demeuré en haut s'appelait captivité. Moché l'a rendue aux inférieurs, comme destiné dès le commencement de la Création. Chemin de vérité, elle est prête pour Israël lorsqu'ils sont rectifiés (tikoun) : au degré de la vérité, ils sont d'eux-mêmes prêts. Par la rectification des actes des inférieurs il y a un attachement à leur racine, et d'elle-même la Torah est donnée ; par la techouva on la mérite, et « Tu es monté en haut » est l'aspect de la techouva. Elle fut donnée un Chabbat.

Aussi : le souvenir du Chabbat fait descendre la racine de la sainteté ; Yitro répare ce qu'Amalek a gâté et les nations reçoivent une odeur de sainteté ; Israël sort de la catégorie d'esclaves pour devenir enfants

במדרש עלית למרום שבית שבי. כי עיקר שכינה בתחתונים.

נמצא מה שהתעכבה התורה למעלה. הי' נק' שבי.

ועתה חזר מרע"ה והחזיר התורה לתחתונים. כמו שהי' מוכן להיות מתחילת הבריאה.

והנה התורה מוכן לבנ"י כאשר הם מתוקנים. כי התורה היא דרך אמת והנהגה אמיתית.

לכן כשבנ"י עומדין במדריגת האמת. הם מוכנים ממילא לתורה.

וז"ש בלקיחה ניתנה לו. אף שהיא מתנה.

מ"מ כך נברא העולם. שע"י תיקון המעשים שיש לתחתונים דבקות בשורשן.

ממילא התורה ניתן להם במתנה. לכן ע"י תשובה זוכין לתורה.

וז"ש עלית למרום שהוא בחי' תשובה. ולכן ניתנה תורה בשבת כמ"ש במ"א:

Dans le Midrach : "Tu es monté en haut, tu as capturé une captivité" (Psaumes 68,19). Car l'essentiel de la Chekhina est dans les mondes inférieurs.

Il en résulte que ce fait que la Torah ait demeuré en haut était appelé "captivité". Et maintenant Moche notre maître (Moche Rabbenou) est revenu et a rendu la Torah aux mondes inférieurs, comme cela était destiné à être depuis le commencement de la Création.

Or la Torah est prête pour Israël lorsqu'ils sont rectifiés (tikoun, rectification). Car la Torah est un chemin de vérité et une conduite véritable.

C'est pourquoi, lorsque Israël se tient au degré de la vérité, ils sont d'eux-mêmes prêts pour la Torah. Et c'est le sens de "par une prise elle lui fut donnée" : bien qu'elle soit un don, néanmoins ainsi fut créé le monde, que par la rectification des actes accomplis par les mondes inférieurs il y a un attachement à leur racine, et d'elle-même la Torah leur est donnée en cadeau.

C'est pourquoi par la techouva (le retour, repentir) on mérite la Torah. Et c'est le sens de "Tu es monté en haut", qui est l'aspect de la techouva.

Et c'est pourquoi la Torah fut donnée un Chabbat, comme il est écrit ailleurs.

זכור את יום השבת לקדשו. שע"י הזכירה ניתוסף קדושה לשבת.

פי' שורש השבת מאוד נעלה. אבל כפי מה שזוכרין בנ"י ושומרין עצמם כל ימי השבוע מכל טומאה ודבר רע כדי שיהיו מוכנים לקבל השבת בטהרה.

עי"ז יכולין להמשיך שורש הקדושה ליום השבת שבעוה"ז ממש. ואיתא כבדהו בכסות נקי'.

כי שורש נשמה יתירה שיש לכל איש ישראל בשבת צריך גוף קדוש וטהור שהוא הכסות והמלבוש לרוח הנשמה שבקרבו. ובאמת זה תלוי בימי המעשה כמ"ש ש"י תעבוד ועשית כל מלאכתך המוטל עליך.

ואז ויום השביעי כו' אעפ"כ כשבא שבת ואדם משתוקק לקבלו בטהרה. אז ברגע א' כאילו מלאכתך עשוי' כמ"ש רש"י:

"Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier" (Exode 20,8) : car par le souvenir une sainteté supplémentaire s'ajoute au Chabbat. Explication : la racine du Chabbat est très élevée.

Mais selon la manière dont Israël s'en souvient et se garde tous les jours de la semaine de toute impureté et de toute mauvaise chose, afin d'être prêts à recevoir le Chabbat dans la pureté, par cela ils peuvent faire descendre la racine de la sainteté vers le jour du Chabbat de ce monde-ci même. Et il est enseigné : "Honore-le par un vêtement propre." Car la racine de l'âme supplémentaire (nechama yetera) que possède tout homme d'Israël le Chabbat requiert un corps saint et pur, qui est le vêtement et l'habit pour le souffle de l'âme qui est en lui.

Et en vérité cela dépend des jours ouvrables, comme il est écrit "six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage" (Exode 20,9) qui t'incombe. Et alors "le septième jour, etc." Malgré cela, quand vient le Chabbat et que l'homme aspire ardemment à le recevoir dans la pureté, alors en un instant c'est comme si ton ouvrage était déjà accompli, comme l'écrit Rachi.

תרל"ט

[תרל״ט] (année 5639)

במדרש רעך ורע אביך א"ת כו' ע"ש. לץ תכה ופתי יערים כו'.

כי בוודאי כל סמיכות ענין יצ"מ ועמלק ויתרו א' הוא. דכ' על יתרו עשית חסד עם כל בנ"י.

והענין הוא דכ' ברפידים שרפו ידיהם. כי לא יוכל האדם להיות מוכן למלחמה תמיד.

ורצון הבורא ית' הי' להיות כל האומות בטלים לבנ"י. והי' תיקון גמור בקבלת התורה.

לכן ביצ"מ וקי"ס כ' שמעו עמים ירגזון והי' גם עמלק בכלל. אך ברשעתו בא להלחם.

אף כי ידע כי עוקר עצמו מן השורש מסר נפשו לרעה. לכן יש לנטור לו איבה לעולם.

ומה שקילקל עמלק בא יתרו ותיקן. ע"י שהכניע עצמו חזרו האומות להתבטל לבנ"י.

ובוודאי אם לא הי' שום חלישות כח לבנ"י. לא היו צריכין לסיוע זאת.

[והיו דביקין כולם במרע"ה ולא היו צריכין לעצה של יתרו ואתה תחזה כו'. והי' תיקון הכולל] אבל על ידי שרפו ידיהם היו צריכין להיות להם סיוע ע"י שכנים.

וזה נוהג בכל איש ישראל שע"י שירים של ימי אהבה יכולין להחיות עצמו גם בימי השנאה כמ"ש בס' הישר לר"ת ז"ל. וזה ענין יתרו.

דאי' במדרש לריח שמניך כו' ע"ש בשה"ש. כי מרוב עבודת בנ"י נמשך הריח גם לאומות שא"י לקבל גוף הקדושה רק ריח טוב.

ובמתן תורה אף שהדיברות היו לבנ"י. מ"מ ע"י שזכה העולם לקבל חבלים אלו.

נכנס בכל הברואים רוח טהרה. וכמו כן באדם עצמו [*עולם] קטן שכולל הכל.

ועיקר תורה ומצות הם בנפש האדם. אבל הגוף מקבל ג"כ ריח קדושה וטהרה.

משל הנכנס לחנותו של בושם אע"פ שלא קלט. ריח טוב קלט.

ושיריים הללו של הגוף נשארין להתחזק גם בימי נפילה וירידה כנ"ל. וז"ש רעך כו' אל תעזוב ואז א"צ לשום סיוע.

וזאת הי' מדרגת אבות עולם. ואם עזבת צריכין להשמר תמיד.

וצריכין לקבל עצות משכן קרוב כו'. וכמו כן אברי הגוף שכנים להנפש כנ"ל.

וע"י שבנ"י מתחילה קבלו עליהם על מלכותו ית' לפנים משורת הדין. עד שנתקרבו גם האומות מריח העודף כנ"ל.

עי"ז אף שנפלו אח"כ ממדרגתם הי' להם עצות מרחוק כנ"ל:

Dans le Midrach : "Ton compagnon et le compagnon de ton père [ne les abandonne pas]" (Proverbes 27,10), ne lis pas [ainsi] etc., vois là-bas ; "Frappe le moqueur et le naïf deviendra avisé" (Proverbes 19,25). Car assurément toute la juxtaposition des sujets de la sortie d'Égypte (yetsiat Mitsrayim), d'Amalek et de Yitro forme un seul thème, car il est écrit au sujet de Yitro : "tu as fait bonté avec tout Israël." Et l'idée est qu'il est écrit à Refidim "qu'ils avaient relâché leurs mains", car l'homme ne peut pas être toujours prêt au combat.

Or la volonté du Créateur béni était que toutes les nations s'annulent devant Israël, et il y aurait eu une rectification complète par la réception de la Torah. C'est pourquoi, lors de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer (keriat Yam Souf), il est écrit "des peuples ont entendu, ils tremblent" (Exode 15,14), et Amalek était aussi inclus ; mais par sa méchanceté il vint faire la guerre.

Bien qu'il sût qu'il se déracinait lui-même de la racine, il livra son âme au mal ; c'est pourquoi il faut lui garder une haine pour toujours. Et ce qu'Amalek a gâté, Yitro vint le réparer : parce qu'il s'humilia, les nations revinrent à s'annuler devant Israël.

Et assurément, s'il n'y avait eu aucun affaiblissement de force chez Israël, ils n'auraient pas eu besoin de cette aide. [Et ils auraient tous été attachés à Moche notre maître et n'auraient pas eu besoin du conseil de Yitro "et toi tu discerneras etc." (Exode 18,21), et c'eût été la rectification englobante.] Mais parce qu'ils avaient relâché leurs mains, ils eurent besoin d'une aide par des voisins.

Et cela vaut pour tout homme d'Israël : par les restes des jours d'amour on peut se revivifier même dans les jours de haine, comme il est écrit dans le Sefer haYachar de Rabbenou Tam, de mémoire bénie. Et c'est le thème de Yitro.

Car il est enseigné dans le Midrach : "à l'odeur de tes parfums etc." (Cantique 1,3), vois là-bas dans le Chir haChirim ; car de l'abondance du service d'Israël l'odeur se prolonge aussi vers les nations, qui ne peuvent recevoir le corps de la sainteté, seulement une bonne odeur. Et au don de la Torah, bien que les paroles (dibrot) fussent adressées à Israël, néanmoins parce que le monde mérita de recevoir ces cordages (chevalim), un souffle de pureté pénétra en toutes les créatures.

Et de même dans l'homme lui-même, [petit] monde qui inclut le tout : l'essentiel de la Torah et des mitsvot est dans l'âme de l'homme, mais le corps reçoit lui aussi une odeur de sainteté et de pureté. Parabole de celui qui entre dans la boutique d'un parfumeur : bien qu'il n'ait rien pris, il a capté une bonne odeur.

Et ces restes du corps demeurent pour se fortifier aussi dans les jours de chute et de descente, comme dit plus haut. Et c'est le sens de "ton compagnon etc., ne l'abandonne pas", et alors on n'a besoin d'aucune aide ; et tel fut le degré des pères du monde (les patriarches).

Et si tu l'as abandonné, il faut se garder toujours, et il faut recevoir des conseils d'un voisin proche etc. ; et de même les membres du corps sont voisins de l'âme, comme dit plus haut. Et parce qu'Israël, dès le début, prit sur soi le joug de Sa royauté au-delà de la mesure stricte de la loi (lifnim michourat hadin), au point que même les nations se rapprochèrent par l'odeur excédentaire comme dit plus haut, par cela, bien qu'ils tombèrent ensuite de leur degré, ils eurent des conseils de loin, comme dit plus haut.

בפרש"י ועשית כל מלאכתך שיהי' כאלו כל מלאכתך עשוי'. ולא תהרהר אחר מלאכה.

ובמ"א כ' רש" מנוחת מרגוע ולא מנוחת עראי. פי' להיות רצון האדם להשאר במנוחת השבת.

ושלא יצטרך לחזור לעבודת ימי המעשה. ובאוה"ח כ' כי הבורא ית' נותן בש"ק חיות לימי השבוע.

וקיום העולם בכל שבת מחדש על ששת ימים בלבד. ע"ש כאן ובפ' בראשית.

וכמו כן צריך להיות עבודת האדם רק לששת ימים. רק אחר שבת חוזר למלאכה על ששה ימים בלבד.

ובאמת ע"י התשוקה והרצון לקבלת השבת יוכל להיות נעשה ונגמר כל מלאכתך כמ"ש בע"ת בחילא סגי בשעתא חדא ורגעא חדא מתקנין הכל ע"ש. לכן איתא שיש רשות לאדם לרוץ ברה"ר בע"ש בה"ש.

והבן זאת: והנה השבת הוא משל לעוה"ב.

וכפי מה שיוכל האדם להתקרב לקדושת השבת כן יש לו שייכות לעוה"ב. לכן צריך האדם בכל שבת לעזוב כל עניני עוה"ז ולזכור עצמו שצריך להכין עצמו לשבת הגדול היינו לעוה"ב.

לכן צריכין לשוב בתשובה בעש"ק כמו קודם הסתלקות האדם מעוה"ז וע"י השתוקקות אל השבת כמ"ש:

Dans Rachi : "et tu feras tout ton ouvrage" - que ce soit comme si tout ton ouvrage était accompli, et que tu ne penses plus au travail. Et ailleurs Rachi écrit : "un repos de détente et non un repos passager." Explication : que la volonté de l'homme soit de demeurer dans le repos du Chabbat et de ne pas avoir besoin de retourner au labeur des jours ouvrables.

Et dans le Or haHaïm il est écrit que le Créateur béni donne au saint Chabbat (Chabbat kodech) la vitalité pour les jours de la semaine, et que le maintien du monde, à chaque Chabbat, se renouvelle pour six jours seulement - vois là-bas ici et dans la paracha Berechit. Et de même le travail de l'homme ne doit être que pour six jours ; seulement, après le Chabbat, il retourne au labeur pour six jours seulement.

Et en vérité, par le désir et la volonté de recevoir le Chabbat, tout ton ouvrage peut se trouver fait et achevé, comme il est dit des baalei techouva (les pénitents) : "par une grande force, en une seule heure et un seul instant, ils rectifient tout", vois là-bas. C'est pourquoi il est enseigné qu'il est permis à l'homme de courir dans le domaine public la veille de Chabbat au crépuscule (bein hachemachot) ; comprends cela.

Or le Chabbat est une parabole du monde à venir (olam haba), et selon ce que l'homme peut se rapprocher de la sainteté du Chabbat, ainsi a-t-il un rapport avec le monde à venir. C'est pourquoi l'homme doit, à chaque Chabbat, abandonner toutes les affaires de ce monde-ci et se souvenir qu'il doit se préparer pour le grand Chabbat, c'est-à-dire le monde à venir.

C'est pourquoi il faut revenir par la techouva la veille du saint Chabbat, comme avant le départ de l'homme de ce monde-ci, et par l'aspiration ardente vers le Chabbat, comme il est écrit.

בפסוק וכל העם רואים א"ה כו'. פי' כמ"ש אנכי ה' אלקיך.

שראו בנ"י כ"א את שורש חיותו וראו עין בעין חלק נשמת ה' ממעל שיש לכל א'. ולא היו צריכין להאמין את הדיברות.

רק ראו את הקולות שכך הוא כאשר ה' דובר:

Sur le verset "et tout le peuple voyait les voix" etc. (Exode 20,15).

Explication : comme il est écrit "Je suis le Nom ton Dieu", que chacun d'Israël vit la racine de sa vitalité et vit, de ses propres yeux, la part de l'âme divine d'en haut que possède chacun ; et ils n'avaient pas besoin de croire aux paroles (dibrot), ils virent seulement les voix, qu'il en est ainsi lorsque le Nom parle.

איתא במד' כשאמר הקב"ה אנכי ה' אלקיך נזדעזעו כל הברואים. כל אחד סבר שאליו הוא מדבר כי הוא א-להי כל הברואים.

וכשאמר אשר הוצאתיך מא"מ ידעו שלבנ"י הוא מדבר כו'. פי' וודאי הכל אמת כי דיבור ה' א-להיך הוא לכל הברואים.

אבל זה הכח ניתן לבנ"י שבאמצעיות מעשיהם ימשכו מלכותו ית' על כל הברואים. וזה צריך כל איש לידע כי צריך להמליך הבורא ית' על כל.

והיינו דכתיב ואתם תהיו לי ממלכת כהנים. פי' אף כי הבורא ית' הוא מלך עולמים.

אבל כך הי' רצונו ית' שיהי' מתפשט כח מלכותו על הכל ע"י בנ"י שהם ימליכוהו [ועיין במד' פ' תצוה המשל (למלך) [לחכם] שציוה לאשתו כו' ע"ש]. וז"ש ממלכת כהנים שממילא הם שרים כמ"ש רש"י כהנים שרים ע"י שנמשך הכל על ידיהם הם ראשונים למלך כנ"ל:

Il est enseigné dans le Midrach : lorsque le Saint béni soit-Il dit "Je suis le Nom ton Dieu", toutes les créatures tremblèrent, chacune pensant que c'était à elle qu'Il parlait, car Il est le Dieu de toutes les créatures ; et quand Il dit "qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte", elles surent que c'était à Israël qu'Il parlait, etc. Explication : assurément tout est vrai, car la parole "le Nom ton Dieu" s'adresse à toutes les créatures ; mais ce pouvoir fut donné à Israël, que par l'intermédiaire de leurs actes ils fassent descendre Sa royauté sur toutes les créatures.

Et cela, chaque homme doit le savoir : qu'il faut faire régner le Créateur béni sur tout. Et c'est ce qui est écrit "et vous serez pour Moi un royaume de kohanim (prêtres)" (Exode 19,6).

Explication : bien que le Créateur béni soit le Roi des mondes, telle fut Sa volonté que la force de Sa royauté se déploie sur tout par Israël, qui Le font régner. [Et vois dans le Midrach de la paracha Tetsave la parabole (du roi) [du sage] qui ordonna à sa femme etc., vois là-bas.] Et c'est le sens de "royaume de kohanim", que d'eux-mêmes ils sont des princes (sarim), comme l'écrit Rachi : "kohanim, des princes" - parce que tout est attiré par leur intermédiaire, ils sont les premiers auprès du roi, comme dit plus haut.

תר"מ

[תר״מ] (année 5640)

במדרש ה' עוזי ומעוזי כו' אליך גוים יבואו כו'. כי הש"י בחר לו בנ"י לחלקו.

והי' עולה עה"ד כי עי"ז נתרחקו האומות. אבל באמת אדרבא זו עצה עמוקה של הבורא ית' לקרב כל האומות אליו ית' ע"י בנ"י.

ובנ"י מבינים זאת והם חפצים לקרב הכל אליו ית'. לולא הרשעים שמעכבין כמ"ש ויבא עמלק.

ויתרו שבא קרבו אותו בכל כחם. ה' עוזי תקפן של בנ"י.

ומעוזי שמסר העוז לבנ"י. שיהי' התוקף בידם בכח התורה שמסר להם.

כמ"ש ה' עוז לעמו יתן. כיון שהם שלוחים לקרב כל הברואים אליו ית'.

ז"ש וידבר ה' כו' לאמר אנכי כו'. פי' כי הבורא ית' נתן להם התורה.

כי אין ביכולת האומות לזה. וגם בנ"י פרחה נשמתן ונזדככו כמלאכי השרת.

לכן כ' יום אשר עמדת לפני ה' כו' כמלאכים שנק' עומדים כו'. והמכוון שבנ"י יאמרו וימשכו אותן הדיברות מדרגה אחר מדרגה עד שיתקרבו כל הברואים.

כי חיות הכל בתורה. ותיקון הכל בכח התורה.

וז"ש לאמר שצריך כל אדם מישראל להעיד בכל יום על הבורא ית' כמ"ש שמע ישראל פעמים בכל יום. ודברים אלו מאירין לכל העולם ולכל הברואים.

וברש"י לאמר מלמד שהיו עונין על הן הן כו'. והיינו שאין דיברות הבורא ית' כדיברות ב"ו.

רק הדיברות היו חקוקים בלבם. והיינו דכ' רואים את הקולות.

היינו בלבם ראו שנתקיים מיד. וניתקנו נפשותם שנמשכו אחר הדיברות.

וזהו ענין תורה שבע"פ שכ' חיי עולם נטע בתוכינו שנבללו דברי תורה בנפשותם. וז"ש ומעוזי.

היינו שנעשו מעצמות בנ"י תורה שנק' עוז:

Dans le Midrach : "le Nom est ma force et ma forteresse etc., vers Toi les nations viendront etc." (Jérémie 16,19). Car le Saint béni soit-Il a choisi Israël pour Sa part, et l'on aurait pu penser que par cela les nations se seraient éloignées ; mais en vérité, au contraire, c'est un conseil profond du Créateur béni de rapprocher toutes les nations vers Lui par Israël.

Et Israël comprend cela, et ils désirent tout rapprocher vers Lui, n'étaient les méchants qui font obstacle, comme il est écrit "et Amalek vint" ; et Yitro qui vint, ils le rapprochèrent de toutes leurs forces. "Le Nom est ma force" - la puissance d'Israël ; "et ma forteresse" - qu'Il a remis la force à Israël, pour que la puissance soit dans leur main par la force de la Torah qu'Il leur a remise, comme il est écrit "le Nom donnera la force à Son peuple" (Psaumes 29,11), puisqu'ils sont des envoyés pour rapprocher toutes les créatures vers Lui.

C'est le sens de "et le Nom parla etc. en disant : Je suis etc." Explication : car le Créateur béni leur a donné la Torah, car les nations n'en ont pas la capacité ; et de plus l'âme d'Israël s'envola et ils furent purifiés comme les anges du service (malakhei hachareit). C'est pourquoi il est écrit "le jour où tu t'es tenu devant le Nom etc." (Deutéronome 4,10), comme les anges qui sont appelés "ceux qui se tiennent" etc.

Et l'intention est qu'Israël prononce et fasse descendre ces paroles (dibrot) de degré en degré jusqu'à ce que toutes les créatures se rapprochent, car la vitalité de tout est dans la Torah et la rectification de tout est par la force de la Torah. Et c'est le sens de "en disant" (leimor) : que chaque homme d'Israël doit témoigner chaque jour sur le Créateur béni, comme il est dit "Écoute Israël" deux fois par jour ; et ces paroles illuminent le monde entier et toutes les créatures.

Et dans Rachi : "leimor" enseigne qu'ils répondaient "oui" au oui etc. C'est-à-dire que les paroles du Créateur béni ne sont pas comme les paroles de chair et de sang (bassar vadam) : les paroles étaient gravées dans leur cœur.

Et c'est le sens de "voyant les voix" : c'est-à-dire que dans leur cœur ils virent qu'elles s'accomplissaient aussitôt, et leurs âmes furent rectifiées, entraînées à la suite des paroles. Et c'est le thème de la Torah orale (Torah chéba'al pe), dont il est écrit "une vie éternelle Il a plantée en nous" : les paroles de la Torah se sont mêlées à leurs âmes.

Et c'est le sens de "et ma forteresse" : c'est-à-dire que, de l'essence même d'Israël, s'est faite Torah, qui est appelée "force" (oz).

בפסוק אנכי ה"א כו' מבית עבדים כו'. וכן מצינו שבח כפול שהוצאתנו מא"מ ופדיתנו מבית עבדים.

הענין הוא שבנ"י נקראו בנים למקום. וביצ"מ ובקבלת התורה יצאו בנ"י מכלל עבדים להיות בנים.

ויש ג"כ חסידי אה"ע ונק' עבדים. והענין הוא שנמסרו תחת ממשלת השרים.

לכן נק' עבדים. אבל בנ"י נתרוממו להיות רק תחת ממשלת הבורא ית' בלבד.

לכן לא יהי' לך א"א על פני. שהש"י בלבד א-להינו.

בלי שום תערובות ושיתוף כנ"ל. ומה"ט קודם שנתקנו בנ"י לכנוס בכלל בנים היו משועבדים למצרים.

כי אין זה מקומן של ישראל. ואין להם מקום בעוה"ז השפל מצד עצמם.

רק כמ"ש ובגוים לא יתחשב ע"ש ברש"י. ולכן ג' החכמים יתרו ואיוב ובלעם הסכימו בחכמתם כי לא יצאו בנ"י מת"י מצרים שע"פ הטבע היו ת"י מצרים.

וכמו שהי' כן גם באברהם אע"ה שראה שלא יוליד וא"ל הש"י צא מאצטגנינות שלך כו'. כן לבנ"י לא הי' מקום לצאת מת"י מצרים.

אבל כשנתרוממו ונתקנו על מקום המיוחד להם. להיות בנים להשי"ת.

אז וישמע יתרו כו' והבין וראה כי הש"י שליט על כל הטבע ובא והודה להש"י. ולכן אמר הש"י בני בכורי ישראל כו'.

היינו שאם שהם משועבדים בבחי' עבדים. אבל הם בנים למקים ומצד זה יצאו מת"י מצרים כנ"ל:

Sur le verset "Je suis le Nom ton Dieu etc. de la maison des esclaves etc." De même nous trouvons une louange double : que Tu nous as fait sortir du pays d'Égypte et que Tu nous as rachetés de la maison des esclaves. L'idée est qu'Israël est appelé "enfants" (banim) pour le Lieu (Makom, le Nom divin), et par la sortie d'Égypte et la réception de la Torah, Israël est sorti de la catégorie des esclaves pour devenir des enfants.

Et il y a aussi les pieux des nations du monde (hassidei oumot ha'olam), et ils sont appelés "esclaves" ; l'idée est qu'ils furent remis sous le gouvernement des princes (sarim), c'est pourquoi ils sont appelés "esclaves". Mais Israël s'est élevé pour n'être que sous le seul gouvernement du Créateur béni ; c'est pourquoi "tu n'auras pas d'autres dieux devant Ma face", car le Saint béni soit-Il seul est notre Dieu, sans aucun mélange ni association (chitouf), comme dit plus haut.

Et pour cette raison, avant qu'Israël ne fût rectifié pour entrer dans la catégorie des enfants, ils étaient asservis à l'Égypte, car ce n'est pas là le lieu d'Israël, et ils n'ont pas de place dans ce monde-ci inférieur par eux-mêmes, mais seulement comme il est écrit "et parmi les nations il ne se comptera pas" (Nombres 23,9), vois là-bas dans Rachi. Et c'est pourquoi les trois sages, Yitro, Iyov (Job) et Bilaam, s'accordèrent dans leur sagesse que Israël ne sortirait pas de sous la main de l'Égypte, car selon la nature ils étaient sous la main de l'Égypte.

Et comme il en fut aussi pour Avraham notre père, que la paix soit sur lui, qui vit qu'il n'engendrerait pas, et le Saint béni soit-Il lui dit "sors de ton astrologie (itstagninout) etc." : de même, pour Israël, il n'y avait pas de place pour sortir de sous la main de l'Égypte. Mais quand ils s'élevèrent et furent rectifiés vers le lieu qui leur est propre, pour être des enfants du Saint béni soit-Il, alors "Yitro entendit etc.", et il comprit et vit que le Saint béni soit-Il gouverne toute la nature, et il vint et rendit grâce au Saint béni soit-Il.

Et c'est pourquoi le Saint béni soit-Il dit "Mon fils, Mon premier-né, Israël etc." (Exode 4,22) : c'est-à-dire que même s'ils sont asservis dans l'aspect d'esclaves, ils sont pourtant des enfants pour le Lieu, et de ce fait ils sont sortis de sous la main de l'Égypte, comme dit plus haut.

במדרש כבוד חכמים ינחלו כו' דורש על יתרו ע"ש. הענין הוא כי יתרו הבין בחכמתו אמיתות הבורא ית' עד שאמר עתה ידעתי כו'.

אבל גדלה מעלת בנ"י שיודעין את הבורא ית' בכח התורה ומצות. וע"ז נאמר הסיפא ותמימים ינחלו טוב שהיא התורה.

ויתרו זכה לכבוד שהוא משמאלה עושר וכבוד. ולכן הקדים מעשה יתרו כמו ד"א קדמה לתורה.

וגם שבנ"י ראו תכלית הידיעה שע"י החכמה לידע אח"כ יתרון מעלות כח התורה ומצות. כמ"ש לעולם ירוץ כו' שאם יזכה יבחין.

וכשבא יתרו לבנ"י וראה כח הדרך שלהם שהוא ע"פ התורה והנהגות הבורא ית'. אז הי' כמיותר בעיני עצמו מה שהי' מקודם נחשב בעיניו יותר מכל החכמים שהי' חכם גדול כידוע ולכן נקרא יתרו:

Dans le Midrach : "les sages hériteront l'honneur etc." (Proverbes 3,35), il l'interprète au sujet de Yitro, vois là-bas. L'idée est que Yitro comprit par sa sagesse la vérité du Créateur béni, au point de dire "maintenant je sais etc." (Exode 18,11).

Mais grande est la supériorité d'Israël, qui connaissent le Créateur béni par la force de la Torah et des mitsvot ; et c'est sur eux qu'est dite la fin du verset "et les intègres (temimim) hériteront le bien", qui est la Torah. Et Yitro mérita l'honneur, qui est "à sa gauche richesse et honneur" (Proverbes 3,16).

Et c'est pourquoi il fit précéder le récit de Yitro, comme le derekh erets (la bonne conduite) précède la Torah. Et aussi parce qu'Israël vit le but de la connaissance : que par la sagesse on connaisse ensuite l'avantage des degrés de la force de la Torah et des mitsvot, comme il est dit "que toujours l'homme coure etc.", car s'il mérite, il discernera.

Et quand Yitro vint à Israël et vit la force de leur voie, qui est selon la Torah et les conduites du Créateur béni, alors devint comme superflu à ses propres yeux ce qui auparavant était tenu à ses yeux pour supérieur à tous les sages - car il était un grand sage, comme on le sait - et c'est pourquoi il fut appelé Yitro (yeter, surplus).

תרמ"א

[תרמ״א] (année 5641)

במדרש לץ תכה ופתי יערים. כי בנ"י נבראו לתקן כל הברואים.

מכיון שנבחרו מכל האומות בוודאי בכחם לרומם כולם. לכן כ' ה' עוזי ומעוזי כו' אליך גוים יבאו כו'.

שכל העוז ותעצומות שנתן הש"י לבנ"י הם מטיבין לכל ומקרבים מי שרוצה להתקרב. וקראו פתי יערים על יתרו.

אם כי הי' חכם שבאומות. אכן היא הנותנת.

שזה הי' ההפרש בין יתרו לעמלק ימ"ש. שיתרו הלך בחכמה וביקש האמת.

רק שעוה"ז הוא בחושך. וא"י להשיג האמת.

זולת לבנ"י ע"י תורה אור ונר מצוה. וכשהמשיכו בנ"י הארת האמת.

שמע יתרו והודה להאמת שראה שטעה מקודם. והי' ע"ז של יתרו מקודם מחסרון חכמה אמתיות.

ועמלק ימ"ש נק' לץ. שע"ז נאמר זד יהיר לץ שמו עושה בעברת זדון.

פי' לץ הוא היודע האמת ועובר במזיד. וידע כי בנ"י הם אצל האמת ובא ולחם עמהם.

לכן נאבד שמו וזכרו. והכלל שבעת יצ"מ ונתינת התורה נתברר האמת.

וממילא מי שהי' ראוי להתקרב נמשך אחר בנ"י והפסולת נכלה:

Dans le Midrach : "Frappe le moqueur et le naïf deviendra avisé" (Proverbes 19,25). Car Israël a été créé pour rectifier toutes les créatures ; puisqu'ils ont été choisis parmi toutes les nations, assurément il est en leur pouvoir de les élever toutes.

C'est pourquoi il est écrit "le Nom est ma force et ma forteresse etc., vers Toi les nations viendront etc.", car toute la force et les puissances que le Saint béni soit-Il a données à Israël font du bien à tous et rapprochent celui qui veut se rapprocher. Et l'on a appliqué "le naïf deviendra avisé" à Yitro, bien qu'il fut le sage des nations.

Or c'est justement cela qui l'indique : telle était la différence entre Yitro et Amalek, que son nom soit effacé. Car Yitro alla avec sagesse et chercha la vérité ; seulement, ce monde-ci est dans l'obscurité et l'on ne peut atteindre la vérité, sinon pour Israël par la "Torah lumière et la mitsva flambeau" (Proverbes 6,23).

Et quand Israël fit descendre l'illumination de la vérité, Yitro entendit et reconnut la vérité, voyant qu'il s'était trompé auparavant ; et l'idolâtrie (avoda zara) de Yitro auparavant provenait d'un manque de sagesse véritable. Et Amalek, que son nom soit effacé, est appelé "moqueur" (lets), car de lui il est dit "insolent, arrogant, moqueur est son nom, il agit dans l'excès de l'insolence" (Proverbes 21,24).

Explication : le moqueur est celui qui connaît la vérité et transgresse délibérément ; et il savait qu'Israël se tient auprès de la vérité, et il vint et combattit contre eux, c'est pourquoi son nom et son souvenir furent perdus. Et la règle est qu'au moment de la sortie d'Égypte et du don de la Torah la vérité fut clarifiée, et d'elle-même celui qui était digne de se rapprocher fut entraîné à la suite d'Israël, et le rebut (pesolet) fut consumé.

ברש"י ועשית כל"מ. שיהי' כאילו כל מלאכתך עשוי' כו'.

וע"י אמונה זו יכולה היא שתרחם. ונותן השבת השלמה לכל הדברים המתבטלין להשבת.

לכן נק' שבת שלום מעין שמו של הקב"ה שנק' שלום. מטעם שהוא הנותן שלימות לכל.

והשבת הוא שורש כל הבריאה ולמעלה בעולמות העליונים השבת הוא מימי בראשית רק שבנ"י זכו להמשיך קדושת השבת בעוה"ז. וז"ש זכור את יום השבת לקדשו.

והלא גדלה קדושת השבת ממעלת האדם. ומה זו קדושה שנותן האדם בזכירת השבת.

רק להמשיך השבת בעוה"ז. וזהו העדות שבנ"י והשבת מעידין זה על זה.

וזה הטעם שכ' בדיברות אחרונות. וזכרת כי עבד היית במצרים כו'.

וכ"א זכר ליצ"מ. והוא כנ"ל שלולי יצ"מ לא הי' בכח עוה"ז לקבל הארת הש"ק.

ז"ש ע"כ צוך כו'. שנתקרבו בנ"י למעלת השבת.

כמ"ש פורס סוכת שלום עלינו כו'. לכן צריכין להניח הכל בבוא יום השבת שהוא שורש הכל וממילא חל עליהם סוכת שלום ואין מחסור ליראיו:

Dans Rachi : "et tu feras tout ton ouvrage" - que ce soit comme si tout ton ouvrage était accompli etc. Et par cette foi (emouna), elle a le pouvoir d'avoir compassion, et le Chabbat donne la complétude (chelemout) à toutes les choses qui s'annulent devant le Chabbat.

C'est pourquoi il est appelé "Chabbat de paix (Chabbat chalom)", du même genre que le Nom du Saint béni soit-Il, qui est appelé "Paix (Chalom)", parce que c'est Lui qui donne la complétude à tout. Et le Chabbat est la racine de toute la Création, et en haut, dans les mondes supérieurs, le Chabbat existe depuis les jours de la Genèse (Berechit) ; seulement, Israël a mérité de faire descendre la sainteté du Chabbat dans ce monde-ci.

Et c'est le sens de "Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier". Or la sainteté du Chabbat est bien plus grande que le niveau de l'homme : qu'est-ce donc que cette sainteté que l'homme donne en se souvenant du Chabbat ?

Seulement faire descendre le Chabbat dans ce monde-ci. Et tel est le témoignage : qu'Israël et le Chabbat témoignent l'un sur l'autre.

Et c'est la raison pour laquelle il est écrit dans les dernières paroles (les secondes tables) "et tu te souviendras que tu as été esclave en Égypte etc." (Deutéronome 5,15), et chaque fois c'est un rappel de la sortie d'Égypte ; et c'est comme dit plus haut, que sans la sortie d'Égypte ce monde-ci n'aurait pas eu le pouvoir de recevoir l'illumination du saint Chabbat. C'est le sens de "c'est pourquoi Il t'a ordonné etc." : qu'Israël s'est rapproché du niveau du Chabbat, comme il est dit "Il étend sur nous la souccah de paix (soukkat chalom) etc." C'est pourquoi il faut tout déposer à l'arrivée du jour du Chabbat, qui est la racine de tout, et d'elle-même la souccah de paix se pose sur eux, et rien ne manque à ceux qui Le craignent.

En bref

« Au troisième mois » (Chemot 19,1) : selon le Sfat Emet, la réception de la Torah est le troisième renouvellement du monde. Le premier est la Création, « le monde sera bâti par la bonté (''hessed) », aspect d'Avraham ; le deuxième, la sortie d'Égypte, aspect d'Its'hak, pour faire savoir « qu'il y a un jugement et un Juge » ; le troisième, la Torah, aspect de Yaakov, intériorité du monde. Ces trois aspects sont nefech, roua'h et nechama. Il fallait d'abord recevoir l'aspect du nefech avant le Décalogue. De même que le monde reçut alors l'aspect de la nechama, au Chabbat il y a une nechama yetera (âme supplémentaire).

Aussi : les trois fêtes Souccot, Pessa'h et Chavouot ; les trois repas du Chabbat ; le jour de repos fixé pour le da'at, car la Torah fut donnée au Chabbat

הקדמת פרשת יתרו לקבלת התורה. כענין אמרם ז"ל ד"א קדמה לתורה.

והוא ענין עבודת האדם להש"י מתוך השכל והכרת האמת שמכירין טובת הבורא ית' על כל ברואיו וחסדיו המרובין. ואח"כ זוכין לתורה שהיא עבודה עליונה כפי רצון הש"י באמת.

והמשל. הכל עובדין למלך אבל העומדין לפניו הם עובדין אותו ע"פ קיום שליחותו ורצונו.

וזה ענין ואתם תהיו לי ממלכת כהנים. ואיתא אם אין ד"א אין תורה ואם אין תורה אין ד"א.

ופירשנו כי קודם החטא הי' מוכן להיות תורה קדמה לד"א. שהיו בנ"י מיוחדים לקבל התורה כמו שהיא למעלה אש דת.

שהי' ניתקן כל העשי' לגמרי. כמ"ש כל אשר דיבר ה' נעשה.

פי' שקיבלו בנ"י ע"ע לתקן כל המעשים ע"פ הנהגת מלכותו ובמ"א הארכנו בזה. סוף דבר במעמד הר סיני הי' ניתקן העשי'.

וכמ"ש העשוי' בהר סיני כו'. ורק אחר החטא בעגל ירדנו ממדרגה זו.

וניתקן אח"כ בדר"א קדמה לתורה שכיון שנשאר פסולת בעולם צריכין מקודם לתקן המעשה והגוף ע"י מדות והכנעות כנ"ל ואח"כ זוכין לתורה. וכבר כ' כי עמלק הרשע ימ"ש הי' שורש חטא העגל.

וזה המשך הקדמת יתרו למתן תורה אחר מלחמת עמלק. ובתד"א איתא בפסוק ויגרש את האדם וישכן כו' לשמור את דרך עה"ח מכאן שד"א קדמה לתורה.

פרשנו ג"כ כנ"ל שאחר החטא של אדה"ר הי' רמז ג"כ שיהי' צריכין להקדמת ד"א כנ"ל ומעין זה הי' בבנ"י כנ"ל:

Le fait de placer la paracha de Yitro avant le don de la Torah. C'est le sens de ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : le derekh erets (la conduite morale) a précédé la Torah.

Il s'agit du service de l'homme envers le Nom (béni soit-Il) à partir de l'intellect et de la reconnaissance de la vérité, lorsqu'on reconnaît la bonté du Créateur (qu'Il soit béni) envers toutes Ses créatures et Ses bontés innombrables. Ensuite on mérite la Torah, qui est un service supérieur, conforme en vérité à la volonté du Nom.

La parabole : tous servent le roi, mais ceux qui se tiennent devant lui le servent en accomplissant sa mission et sa volonté. Tel est le sens de 'et vous serez pour Moi un royaume de kohanim' (Exode 19,6).

Et il est enseigné : s'il n'y a pas de derekh erets il n'y a pas de Torah, et s'il n'y a pas de Torah il n'y a pas de derekh erets. Nous avons expliqué qu'avant la faute il était disposé que la Torah précède le derekh erets, car les enfants d'Israël étaient prêts à recevoir la Torah telle qu'elle est en haut, 'feu de la loi' (ech dat, Deut.

33,2), car tout le domaine de l'action (assiya) était entièrement réparé, comme il est écrit 'tout ce qu'a dit le Nom nous ferons' (Exode 19,8) : les enfants d'Israël prirent sur eux de réparer toutes les actions selon la conduite de Sa royauté, et nous avons développé cela ailleurs. En somme, lors de la station au mont Sinaï l'action fut réparée, comme il est écrit 'ce qui a été fait (hé'assouya) au mont Sinaï' etc.

Ce n'est qu'après la faute du veau que nous sommes descendus de ce niveau. Cela fut ensuite réparé par le principe que le derekh erets précède la Torah : puisqu'un résidu impur (pesolet) est resté dans le monde, il faut d'abord réparer l'action et le corps par les traits de caractère (midot) et les humilités comme ci-dessus, et ensuite on mérite la Torah.

Nous avons déjà écrit qu'Amalek le méchant (que son nom soit effacé) fut la racine de la faute du veau. Tel est l'enchaînement du placement de Yitro avant le don de la Torah, après la guerre d'Amalek.

Et dans le Tana deve Eliyahou il est dit sur le verset 'il chassa l'homme et il fit demeurer... pour garder le chemin de l'arbre de vie' (Genèse 3,24) : de là on apprend que le derekh erets a précédé la Torah. Nous l'avons aussi expliqué comme ci-dessus : après la faute d'Adam le premier homme il y avait déjà une allusion qu'on aurait besoin de la préséance du derekh erets, et quelque chose de semblable eut lieu chez les enfants d'Israël comme ci-dessus.

ברש"י לאמר שהיו עונין על הן הן כו'. הוא ענין תורה שבע"פ שאומרים וחיי עולם נטע בתוכינו והוא העדות שהתורה מיוחדת לבנ"י שנמשכו מיד אחר הדברות.

והוא כענין אין טפה יורדת משמים שאין טיפיים עולות לנגדה. וע"ז דרשו חז"ל ה' עוזי ומעוזי.

שהתורה נק' עוז. ומעוזי הוא כח התורה שבע"פ.

שהגם שהחכמים מוציאין בחכמתם. הוא רק כח הש"י שנטע בתוכינו:

Dans Rachi sur 'lemor' (pour dire) : qu'ils répondaient 'oui' sur le 'oui' etc. C'est le sens de la Torah orale, dont nous disons 'et Il a planté en nous la vie éternelle', et c'est le témoignage que la Torah est propre aux enfants d'Israël, qui y furent attachés immédiatement après les paroles du Décalogue.

C'est comme 'il n'est pas de goutte qui descend du ciel sans que deux gouttes ne montent à sa rencontre'. Sur cela nos maîtres de mémoire bénie ont interprété 'le Nom est ma force ('ouzi) et mon rempart (ma'ouzi)' : la Torah est appelée 'force' (oz), et 'mon rempart' est la puissance de la Torah orale ; car bien que les sages tirent les lois par leur sagesse, ce n'est que la force du Nom qu'Il a plantée en nous.

תרמ"ב

[תרמ"ב] (année 5642)

בחודש השלישי. כי קבלת התורה היא חידוש הג' בעולם.

התחדשות א' הבריאה. עולם חסד יבנה בחי' אברהם אע"ה.

הב' יצ"מ בחי' יצחק להודיע דאית דין ודיין. והרמז שהתחלת גלות מצרים מלידת יצחק.

הג' קבלת התורה בחי' יעקב והוא פנימיות העולם. ואלה הג' בחי' נר"נ.

כמו שיש בפרט האדם נפש זכה יתיר יהבין לי' רוח כו'. כן בכללות העולם אם הי' אפשרי ליתן מיד הדיברות.

לא הי' הש"י הטוב ומטיב מונע ח"ו הטובה. רק כי מקודם היו צריכין לקבל בחי' נפש כו' כנ"ל.

ועל אלה ג' הענינים הם הג' מועדות. סוכות פסח שבועות כמ"ש במ"א.

וגם השבת מעיד על ג' התחדשות הנ"ל. וזה רמז הג' היום ג' סעודות.

כי בו שבת. וזכרת כי עבד היית כו'.

והג' התורה שעיקר נתינת יום המנוחה כדי לעסוק בתורה כמ"ש שבת יעשה כולו תורה. ובשבת ניתנה תורה.

והטעם שיש בכח יותר לבוא להשגת הדעת בש"ק. לכן קבעו הש"י יום מנוחה לישראל.

וכמו בקבלת התורה קיבלה העולם בחי' נשמה כנ"ל. כן בש"ק יש נשמה יתירה:

'Au troisième mois' (Exode 19,1). Car la réception de la Torah est le troisième renouvellement dans le monde.

Le premier renouvellement est la Création : 'le monde sera bâti par la bonté ('hessed)' (Ps. 89,3), aspect (be'hina) d'Abraham notre père (que la paix soit sur lui).

Le deuxième est la sortie d'Égypte, aspect d'Its'hak, pour faire savoir 'qu'il y a un jugement et un Juge' ; et l'allusion : le début de l'exil d'Égypte se compte depuis la naissance d'Its'hak. Le troisième est la réception de la Torah, aspect de Yaakov, qui est l'intériorité du monde.

Ces trois aspects sont nefech-roua'h-nechama (les trois niveaux de l'âme). De même que chez l'individu il y a le nefech pur, et 'à celui qui est plus méritant on donne un roua'h' etc., de même dans l'ensemble du monde : s'il avait été possible de donner le Décalogue d'emblée, le Nom, le Bon qui fait le bien, n'aurait pas empêché le bien, à Dieu ne plaise ; seulement il fallait d'abord recevoir l'aspect du nefech etc. comme ci-dessus.

À ces trois thèmes correspondent les trois fêtes : Souccot, Pessa'h, Chavouot, comme nous l'avons écrit ailleurs. Le Chabbat aussi témoigne des trois renouvellements ci-dessus.

C'est l'allusion des trois repas du jour du Chabbat. Car 'en lui Il s'est reposé' (la Création) ; 'et tu te souviendras que tu fus esclave' etc.

(Deut. 5,15, la sortie d'Égypte) ; et le troisième, la Torah, car l'essentiel du don du jour de repos est de s'occuper de Torah, comme il est écrit 'le Chabbat, qu'on le consacre tout entier à la Torah', et c'est au Chabbat que la Torah fut donnée.

La raison en est qu'il y a une force plus grande pour parvenir à l'atteinte de la connaissance (da'at) au saint Chabbat ; c'est pourquoi le Nom a fixé un jour de repos pour Israël. Et de même qu'à la réception de la Torah le monde reçut l'aspect de la nechama comme ci-dessus, de même au saint Chabbat il y a une âme supplémentaire (nechama yetera).

במדרש בני אם ערבת כו' ע"ש כי קצרתי. דלכאורה בנ"י מקבלי התורה הם הלוים ולא הערבים.

רק שבנ"י נעשו ערבים לתקן כל העולם בכח התורה. וזה שנאמר להם כי לי כ"ה ואתם תהיו לי כו'.

ע"י שנבדלו ויצאו מן הכלל ללמד על הכלל כולו יצאו. וע"ז השיבו אשר דיבר ה' נעשה הוא לתקן כל הבריאה.

דכ' בדבר ה' שמים נעשו. דוק ותבין.

והאמת כי הכל תלוי בבנ"י. כמו שמתקנים עצמם.

נמשכין כל הברואים אחריהם. וכמו כן הרב כמו שמתקן עצמו נמשכין אחריו התלמידים כמ"ש במד' נטל טלית הכל עליו.

וזה עיקר הפי' יש בידם למחות. בתוך עצמם.

כמ"ש הוכח תוכיח. ע"י שיוכיח עצמו.

ממילא יהי' תוכחה בלב הנמשכים אחריו. וכמו כן כל הבריאה אחר בנ"י כנ"ל:

Dans le Midrach : 'mon fils, si tu t'es porté garant pour ton prochain' (Prov. 6,1), vois sur place car j'ai abrégé.

A priori les enfants d'Israël qui reçoivent la Torah sont les emprunteurs (lovim) et non les garants ('arevim). Mais en vérité les enfants d'Israël sont devenus garants pour réparer le monde entier par la force de la Torah.

C'est ce qui leur fut dit : 'car à Moi... et vous serez pour Moi' etc. Par le fait qu'ils furent séparés et sortirent de l'ensemble, c'est pour enseigner sur l'ensemble qu'ils en sortirent.

C'est pourquoi ils répondirent 'ce qu'a dit le Nom nous ferons' : c'est pour réparer toute la Création, car il est écrit 'par la parole du Nom les cieux furent faits' (Ps. 33,6) ; scrute et comprends.

La vérité est que tout dépend des enfants d'Israël : selon qu'ils se réparent eux-mêmes, toutes les créatures sont entraînées à leur suite. De même le maître : selon qu'il se répare lui-même, les élèves sont entraînés à sa suite, comme il est dit dans le Midrach : 'il a pris le talit, tout est sur lui'.

C'est l'essentiel du sens de 'ils ont le pouvoir de protester' : en eux-mêmes, comme il est écrit 'tu reprendras, oui reprendras ton prochain' (Lev. 19,17) ; en se reprenant lui-même, de soi surgira le reproche dans le cœur de ceux qui le suivent.

De même toute la Création est entraînée après les enfants d'Israël comme ci-dessus.

בפסוק ויסעו מרפידים כו' להודיע חיבת בנ"י שבג' חדשים נתעלו ממצרים לקבלת התורה. וז"ש בחודש הג' כו' אח"כ חיבה שני' ביום א' נסעו מרפידים ונתקרבו לפני הר סיני.

שזה הי' נסיעה רבה. כאשר רמזו חז"ל משום חולשא דאורחא.

ויחנו במדבר שלא מצאו להם מנוח בכל המקומות של ישוב. מרה רפידים.

רק במדבר. כי הדור שיצאו ממצרים נתעלו מגשמיות.

ולא סבלו כל המקומות כאשר מצינו ברשב"י ע"ה ביציאתו מן המערה. וז"ש ויחנו במדבר.

וכאשר חכמים הגידו כי לא מצא הקב"ה מקום טוב לתורה רק במדבר. כן הכנת בנ"י לא נתיישר בלבם עד שהגיעו למדבר אז ויחנו.

ועי' בס' תפארת ישראל הטעם:

Sur le verset 'ils partirent de Refidim' etc. (Exode 19,2), pour faire connaître l'affection [du Nom] pour les enfants d'Israël : en trois mois ils s'élevèrent d'Égypte jusqu'à la réception de la Torah.

C'est ce qui est dit 'au troisième mois' etc. Puis une seconde affection : en un seul jour ils partirent de Refidim et s'approchèrent devant le mont Sinaï, ce qui fut un grand voyage, comme l'ont allusionne nos maîtres de mémoire bénie 'à cause de la fatigue du chemin'. 'Et ils campèrent dans le désert' : ils ne trouvèrent aucun repos dans tous les lieux habités, Mara, Refidim, mais seulement dans le désert.

Car la génération qui sortit d'Égypte s'éleva au-dessus de la matérialité et ne supportait pas tous ces lieux, comme nous trouvons pour Rabbi Chimon bar Yohai (que la paix soit sur lui) à sa sortie de la grotte. C'est ce qui est dit 'ils campèrent dans le désert'.

Et comme l'ont dit les sages, le Saint béni soit-Il ne trouva de lieu bon pour la Torah que dans le désert ; de même la disposition des enfants d'Israël ne se rectifia dans leur cœur que lorsqu'ils atteignirent le désert, alors 'ils campèrent'. Vois dans le livre Tiferet Israël la raison.

תרמ"ג

[תרמ"ג] (année 5643)

בפסוק וישב משה כו' אנכי בא אליך בעב הענן כו' ויגד משה כו'. להודיע חבתו של מרע"ה אם כי נודע.

לו שיהי' לו כמו נחיתת דרגא כמ"ש בעב הענן. בעבור טובת בנ"י.

מול כן מודיע הכ' ויגד משה שלא הי' נחשב לו שום נגיעה. כמ"ש חז"ל ע"פ וירד מן ההר אל העם שלא הי' פונה לעסקיו כנ"ל שלא הי' אצלו שום תרעומות בלבו.

רק שמח בטובתן של ישראל. כמו שראינו אח"כ דכ' ויעמוד העם מרחוק ומשה נגש כו'.

מכלל כי מקודם לא הי' עולה כל כך לטובתן של ישראל. וכמ"ש במ"א פי' קרב אתה ושמע:

Sur le verset 'Moche revint rapporter les paroles du peuple au Nom' etc. (Exode 19,8), 'voici, Je viens à toi dans l'épaisseur de la nuée' etc.

(19,9), 'et Moche rapporta' etc. Pour faire connaître l'affection de Moche notre maître (que la paix soit sur lui) : bien qu'il lui fut connu qu'il y aurait pour lui comme une descente de degré, comme il est écrit 'dans l'épaisseur de la nuée', au profit du bien des enfants d'Israël, face à cela le verset fait savoir 'et Moche rapporta', qu'il n'éprouva aucun intérêt personnel (neguia).

Comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie sur le verset 'il descendit de la montagne vers le peuple', qu'il ne se tournait pas vers ses propres affaires, comme ci-dessus, qu'il n'avait aucune plainte dans le cœur ; il se réjouissait seulement du bien d'Israël. Comme nous voyons ensuite qu'il est écrit 'le peuple se tint à distance et Moche s'approcha' etc.

(20,18) ; d'où l'on déduit qu'auparavant il ne s'élevait pas tant pour le bien d'Israël. Et comme nous l'avons écrit ailleurs, le sens de 'approche-toi, toi, et écoute' (Deut.

5,27).

קבלת התורה נק' עבודה כמ"ש בהוציאך כו' תעבדון את האלקים כו'. דכ' דע את אלקי אביך ועבדהו.

כי מי שזוכה לדעת באמת מיד מטה לבו אליו ית'. והיא עבודה שבלב זו תפלה.

היינו השתוקקות וכלות הנפש לדבקה בו. כאשר חכמים הגידו שיצאתה נשמתן של ישראל.

וצריך להיות עיקר הרצון להדעת כדי שיבא לידי מעשה. ואבותינו שהבינו זאת הקדימו נעשה לנשמע.

להודיע כי תכלית הדעת היא המעשה. ונחשב להם הדעת באמת למעשה.

וזה הרמז ואנחנו לא נדע מה נעבוד את ה' עד בואנו שמה. פי' אל התורה שהיא הדעת.

ואז הדעת והידיעה הכל אחד. רק שא"י להבין זאת על בורי' עד שזוכין לדעה האמיתית:

La réception de la Torah est appelée 'service' ('avoda), comme il est écrit 'quand tu feras sortir le peuple... vous servirez Dieu' etc. (Exode 3,12), car il est écrit 'connais le Dieu de ton père et sers-Le' (I Chron.

28,9). Car celui qui mérite de connaître en vérité, aussitôt son cœur s'incline vers Lui (qu'Il soit béni) ; et c'est le 'service du cœur', à savoir la prière, c'est-à-dire l'aspiration et l'anéantissement de l'âme (kelot ha-nefech) à s'attacher à Lui, comme l'ont dit les sages que l'âme d'Israël s'envola aux paroles du Décalogue.

L'essentiel du désir doit être pour la connaissance, afin qu'elle vienne à l'acte. Nos pères, qui comprirent cela, firent précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons' (na'asse ve-nichma), pour faire savoir que le but de la connaissance est l'acte ; et leur connaissance en vérité leur fut comptée comme acte.

Telle est l'allusion 'et nous ne savons pas ce dont nous servirons le Nom jusqu'à notre arrivée là-bas' (Exode 10,26), c'est-à-dire jusqu'à la Torah, qui est la connaissance ; alors la connaissance (da'at) et le savoir (yediah) sont tout un. Seulement on ne peut comprendre cela pleinement jusqu'à ce qu'on mérite la connaissance véritable.

במד' בני אם ערבת כו'. זכו בנ"י להיות נקראים בנים ע"י שהכניסו עצמם בערבות לתקן כל הבריאה באמרם כל א"ד ה' נעשה.

ובאמת בכח כללות ישראל לעשות הכל. וז"ש ויענו כ"ה יחדו.

שא"י לאמר כדברים האלה רק כללות ישראל ממש. כמ"ש עושי דברו לשמוע כו'.

כמו מה"ש ע"י שעושים רק שליחות הבורא ית'. כוחו כביכול מעורב ומשותף בהם.

כמו כן וגדולה מזה מעלת בנ"י כשהם א' בהתכללות כראוי. וזה הי' הכנה לתורה כמ"ש ואהבת לרעך כמוך כלל גדול בתורה.

לכן נאמרו עשרת הדיברות בלשון יחיד. והנה סיום הפ' והמדרש תקעת לזר כפיך כו' לך התרפס כו'.

לבאר הענין כי באמת כל עבודת בנ"י שלוחי המקום ב"ה לתקן ולהעלות כל הבריאה. כי עצמות בנ"י מצדם הם קדמו לכל הבריאה והם נשמת אלקי בלבד.

רק נכנסו בערבות הנ"ל. ועי"ז הגם שבאו אח"כ למכשולים.

בטוחים הם כי יהי' נגמר בעזה"י הכל על ידיהם. ואחר החטא הוסיפו בתשובה לתקן ולהעלות ניצוצי קדושה עוד יותר ממקודם.

כאשר חכמים הגידו לא היו ראוין בנ"י לאותו מעשה רק להורות תשובה. לזה אמר רהב רעיך.

הרבה עליו רעים. והענין הוא קרבות יתרו כמ"ש במד' ה' עוזי ומעוזי כו'.

עוזי בחי' הדיברות והתורה קודם החטא. מעוזי אחר החטא שהצטרכו עזר הש"י להחזירם אל התורה [כענין שכ' במ"א ב' הבחי' אתה נרי ואתה תאיר נרי].

ועי"ז אליך גוים יבואו. שמע יתרו כו'.

וענין יתרו הוא התקרבות הניצוצי קדושה שהי' נמצא בחומות. כמ"ש חז"ל שלא הניח ע"ז שלא עבדה.

ועי"ז נתקרבו כל הכחות שהי' מעורב באומות. ונק' יתרו כי העיקר הם בנ"י.

רק שהוא מעלה יתירה שקירבו בנ"י גם כוחות הרשעים. לכן הקדים מעשה יתרו לקבלת התורה שלא ליתן פתחון פה לאומות שע"י שנבדלו בנ"י נתרחקו הם.

רק אדרבא ע"י התקרבות והתרוממות בנ"י. האירו מרחוק גם להאומות שיוכלו לעלות ולהתקרב על ידיהם תחת כנפי השכינה.

ויש מחלוקת אי יתרו בא קודם מ"ת או אחר מ"ת. ויתכן שהכל אמת.

יש יתרו קודם מ"ת. ויש יתרו אחר מ"ת.

שע"י החטא ונתעלו בתשובה. חזרו שנית להעלות מהאומות עוד יותר ניצוצי קדושה כנ"ל.

וכ"ז נכלל בשם יתרו. כי אין זה עיקר המכוון.

ע"פ המדרש בראשית. והארץ הי' תהו מעשיהם של רשעים.

אור מעשיהן של צדיקים. במי חפץ.

ת"ל אור כי טוב ע"ש. הענין כנ"ל כי בוודאי דבר גדול הוא להעלות מעשיהן של רשעים כאשר חכמים הגידו כשם שקילוסו ית' עולה מפי הצדיקים בג"ע.

כן קילוסו עולה מרשעים בגיהנם. מכ"ש מי שמזכה לחייבא ומהפכו לטוב בעודנו בעוה"ז.

עכ"ז אמר האור כי טוב שהקב"ה חפץ בבחי' צדיקים גמורים:

Dans le Midrach : 'mon fils, si tu t'es porté garant' etc. Les enfants d'Israël méritèrent d'être appelés 'fils' par le fait qu'ils s'introduisirent dans la garantie ('arevout) pour réparer toute la Création, en disant 'tout ce qu'a dit le Nom nous ferons'.

Et en vérité c'est dans la force de l'ensemble d'Israël de tout accomplir. C'est ce qui est dit 'ils répondirent tous ensemble' (Exode 19,8) : car nul ne peut prononcer de telles paroles, sinon l'ensemble d'Israël lui-même, comme il est écrit 'qui accomplissent Sa parole pour écouter' etc.

(Ps. 103,20).

Comme les anges du service : par le fait qu'ils n'accomplissent que la mission du Créateur (qu'Il soit béni), Sa force pour ainsi dire est mêlée et associée en eux ; de même, et plus grande que cela, est la vertu des enfants d'Israël lorsqu'ils sont un, dans l'union comme il convient. Ce fut là une préparation à la Torah, comme il est écrit 'tu aimeras ton prochain comme toi-même' (Lev.

19,18), grande règle de la Torah ; c'est pourquoi les dix paroles furent dites au singulier. Or la fin du verset et du Midrach : 'tu as frappé des mains pour un étranger... va, humilie-toi' etc.

(Prov. 6,1-3), pour expliquer le thème : en vérité tout le service des enfants d'Israël, envoyés de l'Omniprésent (béni soit-Il), est de réparer et d'élever toute la Création.

Car l'essence des enfants d'Israël, de leur côté, à précédé toute la Création, et ils sont uniquement une âme divine ; seulement ils entrèrent dans la garantie susdite, et par cela, bien qu'ils soient ensuite venus à des tribulations (mikcholim), ils sont assurés que tout sera achevé par leur intermédiaire avec l'aide de Dieu. Et après la faute, ils ajoutèrent par la techouva à réparer et élever des étincelles de sainteté encore plus qu'auparavant, comme l'ont dit les sages : les enfants d'Israël n'étaient pas dignes de cet acte du veau, sinon pour enseigner la techouva.

À cela il dit 'multiplie (rehav) tes compagnons', c'est-à-dire multiplie sur lui des compagnons. Le thème est le rapprochement de Yitro, comme il est dit dans le Midrach sur 'le Nom est ma force et mon rempart' : 'ma force' ('ouzi) est l'aspect du Décalogue et de la Torah avant la faute ; 'mon rempart' (ma'ouzi) est après la faute, lorsqu'ils eurent besoin de l'aide du Nom pour les ramener à la Torah [comme nous l'avons écrit ailleurs, les deux aspects : 'Tu es ma lampe' et 'Tu éclaireras ma lampe' (II Sam.

22,29)]. Et par cela 'vers toi des nations viendront' : 'Yitro entendit' etc.

(Exode 18,1). Le thème de Yitro est le rapprochement des étincelles de sainteté qui se trouvaient dans les murailles des nations, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie qu'il ne laissa aucune idolâtrie qu'il n'eût servie ; et par cela se rapprochèrent toutes les forces qui étaient mêlées dans les nations.

Il est appelé Yitro (du mot 'surplus') car l'essentiel ce sont les enfants d'Israël ; seulement c'est une vertu supplémentaire (yetera) que les enfants d'Israël rapprochèrent aussi les forces des méchants. C'est pourquoi le verset fit précéder l'épisode de Yitro à la réception de la Torah, afin de ne pas donner d'ouverture aux nations pour dire que par la séparation des enfants d'Israël elles furent éloignées ; mais au contraire, par le rapprochement et l'élévation des enfants d'Israël, ils éclairèrent de loin aussi les nations, afin qu'elles puissent monter et se rapprocher par leur intermédiaire sous les ailes de la Chekhina.

Il y a une controverse : Yitro vint-il avant le don de la Torah ou après le don de la Torah ? Il se peut que tout soit vrai : il y a un Yitro avant le don de la Torah, et il y a un Yitro après le don de la Torah ; car par la faute et l'élévation par la techouva, ils revinrent une seconde fois élever des nations encore davantage d'étincelles de sainteté comme ci-dessus.

Tout cela est inclus dans le nom Yitro, car ce n'est pas là l'intention essentielle, selon le Midrach Berechit : 'et la terre était tohu', ce sont les actions des méchants ; 'lumière', les actions des justes ; 'lequel désire-t-Il ?', l'Écriture enseigne 'la lumière, car elle est bonne' (Genèse 1,2-4), vois sur place. Le thème est comme ci-dessus : car assurément c'est une grande chose d'élever les actions des méchants, comme l'ont dit les sages : de même que Sa louange (qu'Il soit béni) monte de la bouche des justes au jardin d'Éden, de même Sa louange monte des méchants dans la géhenne ; à plus forte raison celui qui rend méritant le coupable et le retourne au bien tant qu'il est encore en ce monde.

Malgré tout il dit 'la lumière, car bonne', que le Saint béni soit-Il désire l'aspect des justes parfaits.

בפסוק ששת ימים תעבוד ועשית כל מלאכתך כו'. כ' בס' רבינו בחיי בשם הרמב"ם ז"ל הפי' ו' ימים תעבוד את ה' ע"י עשיית כל מלאכתך.

כענין שמצינו באבות שעשו פעולות בעובדא. וביום השבת העבודה בלי מעשה ומלאכות כו' ע"ש.

והם דברי אמת כי ימי המעשה כמו שבריאת העולם הי' ששת ימים בעשי'. כן קיום העולם מעבודת הצדיקים בבחי' עשי' ומלאכה.

וזה הטעם הכתוב בתורה כי ששת ימים עשה כו' וינח ביום השביעי. ע"כ העבודה בשבת אינו במעשה.

וזה הענין שאמרו חז"ל דכ"ע בשבת ניתנה תורה דכ' זכור בעצומו של יום כו' פי' שזה הי' התחדשות שנעשה בקבלת התורה הנהגה חדשה שניתן לבנ"י למעלה מהטבע. כמ"ש אש דת בחי' מרע"ה שעבודות עובדי ה' מקודם כמו האבות הי' בבחי' הטבע כמ"ש ההפרש בפ' וארא.

ועתה ניתן הנהגה שלמעלה מהטבע. וזה הוא בחי' השבת כנ"ל.

ואיתא כל תורה שאין עמה מלאכה סופה בטילה. וזה הוא בימי המעשה שצריכין להשתתף בחי' כל מלאכתך.

אבל בשבת הוא בלי מלאכה. ואעפ"כ יש לה קיום.

ואדרבא הוא מקיים כל הימים. וזה העדות על השבת כמ"ש קדשו במן.

כי גם שם הי' מלאכת הלקיטה כמ"ש ויצא כו' ולקטו. כדי שיהי' מלאכה עם התורה כנ"ל ובשבת אל יצא כו'.

וזה שרמזו חז"ל שבת יעשה כולו תורה:

Sur le verset 'six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage' etc. (Exode 20,9).

Il est écrit dans le livre de Rabbenou Ba'hya, au nom de Maimonide (de mémoire bénie), l'explication suivante : six jours tu serviras le Nom par l'accomplissement de tout ton ouvrage, comme nous trouvons chez les patriarches qui accomplirent des actions par des faits concrets ; et au jour du Chabbat le service se fait sans acte ni travaux etc., vois sur place. Ce sont des paroles de vérité : car les jours ouvrables, de même que la création du monde se fit en six jours par l'action, de même le maintien du monde se fait par le service des justes dans l'aspect de l'action et de l'ouvrage.

Telle est la raison de ce qui est écrit dans la Torah 'car en six jours Il fit' etc. 'et Il se reposa le septième jour' (Exode 20,11) ; c'est pourquoi le service du Chabbat n'est pas dans l'acte. C'est le thème de ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie, que de l'avis de tous c'est au Chabbat que la Torah fut donnée, car il est écrit 'souviens-toi' au cœur même du jour etc. : ce fut un renouvellement qui se fit à la réception de la Torah, une conduite nouvelle qui fut donnée aux enfants d'Israël, au-dessus de la nature, comme il est écrit 'feu de la loi' (ech dat), aspect de Moche notre maître.

Car le service de ceux qui servaient le Nom auparavant, comme les patriarches, était dans l'aspect de la nature, comme il est écrit la différence dans la paracha Vaera ; et maintenant fut donnée une conduite au-dessus de la nature, et c'est l'aspect du Chabbat comme ci-dessus. Et il est enseigné : toute Torah qui n'a pas de travail avec elle finit par être annulée.

Cela concerne les jours ouvrables, où il faut associer l'aspect de 'tout ton ouvrage' ; mais au Chabbat c'est sans travail, et malgré cela il a une subsistance, et au contraire c'est lui qui fait subsister tous les jours. Tel est le témoignage sur le Chabbat, comme il est écrit qu'il fut sanctifié par la manne ; car là aussi il y avait le travail du ramassage, comme il est écrit 'il sortit... et ils ramassèrent', afin qu'il y ait un travail avec la Torah comme ci-dessus, et 'au Chabbat il ne sortira pas' etc.

(Exode 16). Telle est l'allusion de nos maîtres de mémoire bénie : 'le Chabbat, qu'on le fasse tout entier Torah'.

תרמ"ד

[תרמ"ד] (année 5644)

En bref

« Hachem est ma force et ma forteresse » : selon le Sfat Emet, les âmes d'Israël sont attachées à la racine de la Torah, « la Torah et Israël sont tous un », c'est « ma force » au sens propre. « Ma forteresse » est la force reçue par causes et conseils, degré inférieur, comme le labeur de ce monde au travers de cloisons. Le « naassé » précède le « nichma » : aspect des anges, puis ce monde où les âmes se revêtent de corps afin de maintenir les créatures. En semaine « ma forteresse » et le combat de « tu feras » ; au Chabbat « ma force », jour des âmes, âme supplémentaire, part choisie avec Israël, vase de bénédiction.

Aussi : yitro entend par la sortie d'Égypte, qui ouvre aux convertis et clarifie Amalek et Yitro ; les convertis, intermédiaires pour élever les nations ; le souvenir du Chabbat est le don de la Torah.

במדרש ה' עוזי ומעוזי כו'. כי באמת שורש של נשמות בנ"י הם דבקים בשורש התורה.

כדאיתא אורייתא וישראל כולהו חד וזהו ה' עוזי ממש. ובחי' ומעוזי הוא העוז שיש לאדם מהקב"ה ע"י סיבות ועצות.

והיא מדרגה פחותה מהנ"ל. וכמו ההפרש בין השגה שלעתיד בין היגיעה בעוה"ז שהוא ע"י מחיצות והפסקות.

וזה ג"כ ענין הקדמת נעשה לנשמע. כי נעשה הוא בחי' ראשונה כמלאכי השרת שהשליחות הוא עצם החיות שלהם.

וא"צ להיות ע"י הכנות. אכן מדרגה של נשמע הוצרכו בנ"י בעודם בעוה"ז שנשתלחו נשמתן של ישראל לעוה"ז.

ונתלבשו בגופות כדי לקיים כל הברואים. וז"ש מעוזי ומנוסי כו' אליך גוים יבואו.

שכל מה שהיו צריכין לירד למצרים וכל אלה המקומות. הכל בעבור אליך גוים יבואו.

וב' בחי' הנ"ל הם ימי המעשה והשבת. כי מעוזי בחול ובש"ק עוזי ממש.

דכ' ששת ימים תעבוד כו' ויום השביעי כו' לה'. והלא כל הארץ ומלואה לה'.

רק שהקב"ה וב"ש בחר לו חלק מיוחד בכל הענינים. ובנפשות בחר בנ"י לחלקו.

ובזמן יום הז' לה'. וכן כל המועדות.

וכמ"ש ימים יוצרו ולו אחד זה יום השבת כו'. ובעולם בחר לו א"י ירושלים ובהמ"ק.

וזה חסר לנו עתה. ולכן איתא השבת ובנ"י מעידין זה ע"ז.

כדכ' זכור כו' יום הז' לקדשו. שבנ"י המיוחדים לשמו ית'.

ולהם האלקות שנמצא בנפשות. מצאו להם מנוח ביום השבת.

דאיתא יומא דנשמתין הוא ולאו דגופין. שמתעלה מבחי' זמן וטבע להיות למעלה מהטבע.

לכן לא ירד בו מן גשמיי. כדאיתא בזוה"ק.

וכ' ששת ימים עשה ה' כו' השמים כו'. פי' בכל הבריאה יש השתתפות החיות אלקיות וחיות היסודות משמים וארץ.

וזה עשה ה' את השמים. פי' בשיתוף כמ"ש בכל הברואים תוצא הארץ.

ישרצו כו'. אבל ביום השבת יומא דנשמתין בלבד ואין בו השתתפות הגוף.

ולכן הנחילנו יום השבת שאין בו מגע נכרי שהיא בחי' המיוחדת לבנ"י בלבד. בחי' ה' עוזי כמ"ש לעיל.

ובחול כ' ועשית כל מלאכתך. היינו ע"י היגיעה בעוה"ז כדי להחיות כל הברואים שהוא בהשתתפות נשמה וגוף.

ועשית הוא לשון כפי' שיש מלחמה בימי המעשה. אבל ש"ק נק' מנוחה.

וכן בגוף הישראלי יש כח לנשמתו לגבור על הגוף יותר בש"ק. ולכן נק' נשמה יתירה בתוספת כח.

דבחול כח שניהם שוה. ונלחמת הנשמה עם הגוף.

ובשבת הגוף נכנע. וזה הרמז ע"ה אימת שבת עליו.

ובכל ג' בחי' הנ"ל חל שמו ית' על חלק שלו. ושורה בו ברכה לכל השאר.

ובנ"י הם הכלי מחזיק ברכה בעבור כל הנפשות. וכמו כן בש"ק כ' ויברך שהוא כלי מחזיק ברכה לכל שיתא יומין.

וכמו כן בירושלים דכ' בכ"מ אשר אזכיר א"ש א"א וברכתיך. ומשם יוצא הברכה לכל העולם.

לכן אמרו חז"ל אחר שחרב בהמ"ק כל יום קללתו מרובה. כי עיקר הברכה הי' מבהמ"ק:

Dans le Midrach : 'Hachem est ma force et ma forteresse', etc. Car en vérité la racine des âmes des enfants d'Israël est attachée à la racine de la Torah, comme il est rapporté : 'la Torah et Israël sont tous un' ; et c'est cela 'Hachem est ma force' au sens propre.

Et l'aspect 'et ma forteresse' (maozi), c'est la force que l'homme reçoit du Saint béni soit-Il par des causes et des conseils, et c'est un degré inférieur au précédent. C'est comme la différence entre l'appréhension de l'avenir et le labeur en ce monde-ci, qui se fait au travers de cloisons et d'interruptions.

Et c'est aussi le sens de la mise en avant du 'naaseh' (nous ferons) avant le 'nishma' (nous entendrons) : car le 'naaseh' est l'aspect premier, comme les anges de service dont la mission est l'essence même de leur vitalité, et qui n'ont pas besoin de préparations. Mais du degré du 'nishma', les enfants d'Israël eurent besoin tant qu'ils sont en ce monde-ci, où les âmes d'Israël furent envoyées en ce monde et se revêtirent de corps afin de maintenir toutes les créatures.

C'est le sens de 'ma forteresse et mon refuge... vers Toi les nations viendront' (Jer 16,19) : car tout ce dont ils eurent besoin -- descendre en Égypte et en tous ces lieux -- fut entièrement pour que 'vers Toi les nations viendront'. Et les deux aspects susdits sont les jours ouvrables et le Chabbat : car 'ma forteresse' (maozi) est en semaine, et au saint Chabbat 'ma force' (uzi) au sens propre, ainsi qu'il est écrit 'six jours tu travailleras... et le septième jour... à Hachem' (Ex 20,9-10).

Or toute la terre et sa plénitude sont à Hachem ; seulement le Saint béni soit-Il, que Son Nom soit béni, s'est choisi une part particulière en toutes choses : dans les âmes Il a choisi les enfants d'Israël pour Sa part, et dans le temps le septième jour à Hachem, ainsi que toutes les fêtes, comme il est écrit 'des jours furent formés, et à Lui l'un d'eux' (Ps 139,16) -- c'est le jour du Chabbat, etc. ; et dans le monde Il s'est choisi la Terre d'Israël, Jérusalem et le Temple. Et cela nous manque à présent.

C'est pourquoi il est rapporté que le Chabbat et les enfants d'Israël se rendent témoignage l'un sur l'autre, comme il est écrit 'Souviens-toi... le septième jour pour le sanctifier' : car les enfants d'Israël, particulièrement voués à Son Nom béni soit-Il, et à qui appartient la divinité qui se trouve dans les âmes, ont trouvé leur repos au jour du Chabbat. Car il est rapporté que c'est le jour des âmes et non des corps, qui s'élève de l'aspect du temps et de la nature pour être au-dessus de la nature ; c'est pourquoi la manne, chose matérielle, n'y descendait pas, comme il est rapporté dans le saint Zohar.

Et il est écrit 'six jours Hachem fit... les cieux', etc. Explication : dans toute la création il y a association de la vitalité divine et de la vitalité des éléments, des cieux et de la terre ; et c'est 'Hachem fit les cieux', c'est-à-dire par association, comme il est écrit pour toutes les créatures 'que la terre produise... que grouillent (les eaux)', etc.

Mais au jour du Chabbat, jour des âmes uniquement, il n'y a pas d'association du corps. C'est pourquoi Il nous a donné en héritage le jour du Chabbat, où il n'y a nul contact étranger, qui est l'aspect particulièrement voué aux seuls enfants d'Israël, l'aspect 'Hachem est ma force', comme ci-dessus.

Et en semaine il est écrit 'et tu feras tout ton travail', c'est-à-dire par le labeur en ce monde-ci afin de faire vivre toutes les créatures, ce qui se fait par association de l'âme et du corps. Et 'tu feras' (ve'asita) est une expression de contrainte, car il y a combat durant les jours ouvrables ; mais le saint Chabbat est appelé repos.

De même, dans le corps d'Israël, l'âme a le pouvoir de dominer davantage le corps au saint Chabbat ; c'est pourquoi il est appelé 'âme supplémentaire' (nechama yetera), par un surcroît de force. Car en semaine la force des deux est égale et l'âme combat avec le corps, mais au Chabbat le corps est soumis.

Et c'est l'allusion : 'l'homme du commun (am ha'arets), la crainte du Chabbat est sur lui'. Et dans chacun des trois aspects susdits, Son Nom béni soit-Il repose sur Sa part, et une bénédiction y réside pour tout le reste.

Les enfants d'Israël sont le vase qui contient la bénédiction pour toutes les âmes ; de même au saint Chabbat il est écrit 'et Il bénit', car il est un vase contenant la bénédiction pour les six jours ; et de même à Jérusalem, dont il est écrit 'en tout lieu où Je ferai mentionner Mon Nom, Je viendrai à toi et Je te bénirai' (Ex 20,21), et de là sort la bénédiction pour le monde entier. C'est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit qu'après la destruction du Temple, chaque jour sa malédiction est plus grande que celle du précédent, car l'essentiel de la bénédiction venait du Temple.

בפסוק וישמע יתרו כו' כי הוציא. וקשה דכבר כ' אשר עשה כו'.

וי"ל הפי' שבכח יציאת מצרים נפתח הפתח לגרים. כמ"ש עד עתה אין עבד יכול לברוח כו'.

ובכח יצ"מ נתרחב כח הקדושה. וניתוספו גרים.

כמ"ש וגם ערב רב עלו. לכן הי' בכח יתרו לשמוע ולאתכפיא לסטרא דקדושה.

ובמד' הסמיכות דיתרו למלחמת עמלק לץ תכה ופתי יערים כו'. כי הנה ע"י יצ"מ נתברר התערובות של טו"ר.

והי' נמצא גם באומות ניצוצות הטובים רק שהיו מעורבין. וביצ"מ שנבדלו בנ"י להיות קודש לה'.

ממילא כל מי שהי' בו רצון טוב לשמים. יכול להתקרב ע"י בנ"י.

וכל מי שהי' רשע בזדון נתברר רשעו. ונתברר ע"י בנ"י רשעת עמלק וטובת יתרו:

Sur le verset 'Yitro entendit... car Il avait fait sortir' (Ex 18,1). Il y a une difficulté, car il est déjà écrit 'ce que Hachem avait fait', etc.

On peut expliquer ainsi : par la force de la sortie d'Égypte s'ouvrit la porte aux convertis, comme il est dit 'jusqu'à présent aucun esclave ne pouvait s'échapper (d'Égypte)', etc. ; et par la force de la sortie d'Égypte la puissance de la sainteté s'élargit, et des convertis s'ajoutèrent, comme il est écrit 'et aussi une multitude mélangée (erev rav) monta avec eux' (Ex 12,38). C'est pourquoi Yitro eut le pouvoir d'entendre et de se soumettre au côté de la sainteté.

Et dans le Midrach, la juxtaposition de Yitro à la guerre d'Amalek : 'frappe le moqueur et le naïf deviendra avisé' (Pr 19,25). Car voici : par la sortie d'Égypte fut clarifié le mélange du bien et du mal ; il se trouvait aussi chez les nations des étincelles bonnes, seulement elles étaient mélangées.

Et lors de la sortie d'Égypte, où les enfants d'Israël furent mis à part pour être saints pour Hachem, dès lors quiconque avait en lui une bonne volonté envers le Ciel pouvait se rapprocher par l'intermédiaire des enfants d'Israël ; et quiconque était méchant avec malice, sa méchanceté fut clarifiée. Ainsi furent clarifiées, par les enfants d'Israël, la méchanceté d'Amalek et la bonté de Yitro.

תרמ"ה

[תרמ״ה -- année 5645]

במדרש ה' עוזי ומעוזי מנוסי ביום צרה אליך גוים יבואו כו'. הענין הוא כי בנ"י בעצם המה דבקים בשורש עליון למעלה מהטבע.

אכן הקב"ה הביא אותם למצרים כדי שיעלו כל הברואים. וכביכול הקב"ה בטוח בהם כי יחזירו אליו.

ולא יטבעו ח"ו בכל הגליות. כמ"ש מנוסי ביום צרה.

ועי"ז שחוזרין ונסין ומתעלין מן הצרות אליו ית'. ממילא מעלין עמהם כל המקומות.

ועי"ז אליך גוים יבאו. וזה הרמז שמה שבא יתרו ונתדבק בהם אחר יצ"מ.

זה התועלת היוצאת מגלות מצרים. ויתרו הי' החכם שבאומות.

כמ"ש במד' כבוד חכמים ינחלו כו'. והענין כתבתי במ"א באורך.

וקיצור הדברים ע"פ מאמרם ז"ל לא הי' התורה צריך להתחיל אלא מהחודש הזה לכם רק כח מעשיו הגיד לעמו כו'. והענין הוא כי באמת יכולין גם ע"פ חכמת הטבע להכיר כבודו ית'.

כי כל מה שברא הקב"ה לכבודו ברא. ולכן כבוד חכמים ינחלו כפי מה שמכירין כבודו ית' בעולם.

וע"ז נאמר כבוד מלכים חקור דבר. אכן ידיעת בנ"י אינו מתוך חכמת הטבע.

והוא דביקות בעצם התורה. ועליהם נאמר ותמימים ינחלו טוב.

כי כוחן של ישראל ע"י התמימות והביטול אליו ית'. ולא ע"י חכמות.

ודרך זה מיוחד רק לבני ישראל. והוא דביקות בטוב הגנוז שהיא התורה.

והוא דרך הנסתר למעלה מהטבע. וע"ז נא' כבוד אלקים הסתר דבר.

אכן הקב"ה פתח בבראשית שבנ"י הוצרכו מקודם להיות במצרים ולתקן הטבע קודם שבאו למקומם ועצמותם. וכן הוא בכל פרט ישראל שנשמתו הוא חלק אלקי ממעל.

ונתלבש ונאסר במאסר הגוף. כמאמר אחור וקדם צרתני.

והוא כדי לתקן גם הגוף. וז"ש ומנוסי ביום צרה כדי שאליך גוים יבאו כו'.

וכן בכלל. בנ"י הם הנשמה.

והקב"ה ברא העולם להיות מדריגות זו אחר זו. וכמו שיש התחברות מדומם לצומח ויש ממוצע ביניהם.

וכמו כן מצומח לבע"ח. ומבע"ח למדבר הוא הקוף כמ"ש בספרים.

וכן ממדבר לבנ"י שנק' אדם כדאיתא אתם קרוים אדם. והגרים המה הממוצעים בין האומות לבנ"י.

ובשעת קבלת התורה שנתרוממו בנ"י הוצרך לביאת יתרו כדי שיהי' על ידו קצת התקשרות להעולם בשורש שהם נפשות בנ"י. ולכן כ' מיד ביצ"מ וגם ערב רב עלו שנתן הקב"ה עצה שיוכלו להתערב בהם.

ושע"י יהי' עלי' לכל האומות כפי מה שיכולין לקבל:

Dans le Midrach : 'Hachem est ma force et ma forteresse et mon refuge au jour de détresse ; vers Toi les nations viendront' (Jer 16,19), etc. Le sujet est le suivant : les enfants d'Israël, par essence, sont attachés à la racine supérieure, au-dessus de la nature.

Cependant le Saint béni soit-Il les a amenés en Égypte afin qu'ils élèvent toutes les créatures. Et pour ainsi dire, le Saint béni soit-Il a confiance en eux, qu'ils reviendront à Lui et ne se noieront pas -- à Dieu ne plaise -- dans tous les exils, comme il est dit 'mon refuge au jour de détresse'.

Et par cela -- qu'ils reviennent, fuient et s'élèvent des détresses vers Lui, béni soit-Il -- ils élèvent avec eux, de ce fait même, tous les lieux ; et par cela 'vers Toi les nations viendront'. Et c'est l'allusion : ce que Yitro vint s'attacher à eux après la sortie d'Égypte, c'est le profit qui sort de l'exil d'Égypte.

Yitro était le sage parmi les nations, comme il est écrit dans le Midrach 'les sages hériteront de l'honneur' (Pr 3,35), etc. Le sujet, je l'ai écrit ailleurs en détail.

En abrégé : selon la parole de nos maîtres, de mémoire bénie, la Torah n'aurait dû commencer qu'à partir de 'ce mois-ci sera pour vous' (Ex 12,2) ; seulement 'la force de Ses œuvres, Il l'a racontée à Son peuple' (Ps 111,6), etc. Le sujet est le suivant : en vérité on peut aussi, par la sagesse de la nature, reconnaître Sa gloire, béni soit-Il, car tout ce que le Saint béni soit-Il a créé, Il l'a créé pour Sa gloire ; c'est pourquoi 'les sages hériteront de l'honneur' selon ce qu'ils reconnaissent de Sa gloire, béni soit-Il, dans le monde.

À ce sujet il est dit 'la gloire des rois est de scruter une chose' (Pr 25,2). Cependant la connaissance des enfants d'Israël ne provient pas de la sagesse de la nature ; elle est un attachement à l'essence même de la Torah, et d'eux il est dit 'les intègres (temimim) hériteront le bien' (Pr 28,10).

Car la force d'Israël se fait par l'intégrité et l'annulation devant Lui, béni soit-Il, et non par des sagesses ; et cette voie est propre aux seuls enfants d'Israël. C'est un attachement au bien caché qu'est la Torah, et c'est la voie du caché, au-dessus de la nature ; à ce sujet il est dit 'la gloire de Dieu est de cacher une chose' (Pr 25,2).

Cependant le Saint béni soit-Il a commencé par 'Bereshit' (par le récit de la Création), parce que les enfants d'Israël eurent besoin d'être d'abord en Égypte et de réparer la nature avant de parvenir à leur lieu et à leur essence. Il en est de même pour chaque individu d'Israël, dont l'âme est une part divine d'en haut, revêtue et emprisonnée dans la prison du corps, selon la parole 'derrière et devant Tu m'as formé' (Ps 139,5) -- et cela afin de réparer aussi le corps.

C'est le sens de 'et mon refuge au jour de détresse', afin que 'vers Toi les nations viennent', etc. Et de même en général : les enfants d'Israël sont l'âme.

Le Saint béni soit-Il a créé le monde pour qu'il y ait des degrés l'un après l'autre : de même qu'il y a un lien du minéral au végétal, avec un intermédiaire entre eux, et de même du végétal à l'animal, et de l'animal au parlant (l'homme), qui est le singe, comme il est écrit dans les livres ; de même du parlant aux enfants d'Israël, appelés 'adam' (homme), comme il est rapporté 'vous êtes appelés adam'. Et les convertis sont les intermédiaires entre les nations et les enfants d'Israël.

Au moment du don de la Torah, où les enfants d'Israël furent élevés, il fallut la venue de Yitro afin que par lui il y ait un peu de rattachement du monde à la racine que sont les âmes des enfants d'Israël. C'est pourquoi il est écrit aussitôt, lors de la sortie d'Égypte, 'et aussi une multitude mélangée (erev rav) monta' (Ex 12,38), car le Saint béni soit-Il donna le moyen qu'ils puissent se mêler à eux, et que par cela il y ait élévation pour toutes les nations, selon ce qu'elles peuvent recevoir.

בפסוק ששת ימים תעבוד כו' ויום הז' שבת לה'. דכ' אשר ברא א-להים לעשות.

כי הקב"ה ברא העולם לעשות תולדות כמ"ש פרו ורבו. וכן יש תולדות בכל הדברים בדצח"מ.

אבל כל התולדות צריכין כח וחלק חיות משהו מלמעלה. והוא העיקר.

וזה הכח הברכה שמלמעלה זה ניתן בשבת. וכמו באדם דיש ג' שותפין.

כן בכל המעשים. הפנימיות היא הנשמה שמלמעלה.

ולכן בימי המעשה ועשית כל מלאכתך. וביום השבת לה' אלקיך.

שהוא החלק מלמעלה. ועיין בזוה"ק דף [פ"ט ע"ב].

ובנ"י צריכין לבטל כל המעשים וכל הימים לבחי' השבת והברכה הבאה מלמעלה. ובימי המעשה מתפשטת הברכה לכל הפרטים.

ובש"ק היא עצם הברכה שהיא כלי מחזיק ברכה שנק' שלום וניתן השבת לבנ"י שהם מוכנים לקבל הברכה בעצם כנ"ל:

Sur le verset 'six jours tu travailleras... et le septième jour est Chabbat pour Hachem' (Ex 20,9-10). Il est écrit 'que Dieu créa pour faire' (Gn 2,3).

Car le Saint béni soit-Il a créé le monde pour produire des générations (toladot), comme il est dit 'soyez féconds et multipliez' (Gn 1,28) ; et de même il y a des générations en toutes choses, dans le minéral, le végétal, l'animal et le parlant (datsah'm). Mais toutes les générations ont besoin d'une force et d'une part de vitalité venue d'en haut, si minime soit-elle, et c'est l'essentiel.

Et cette force, la bénédiction d'en haut, est donnée au Chabbat. Et de même que dans l'homme il y a trois associés, ainsi en est-il dans toutes les œuvres : l'intériorité est l'âme venue d'en haut.

C'est pourquoi durant les jours ouvrables 'et tu feras tout ton travail', et au jour du Chabbat 'à Hachem ton Dieu', qui est la part d'en haut. Vois le saint Zohar, feuillet [89b].

Et les enfants d'Israël doivent annuler toutes les œuvres et tous les jours en faveur de l'aspect du Chabbat et de la bénédiction qui vient d'en haut. Durant les jours ouvrables la bénédiction se répand vers tous les détails, et au saint Chabbat c'est l'essence même de la bénédiction, qui est un vase contenant la bénédiction, appelée paix (chalom) ; et le Chabbat fut donné aux enfants d'Israël, qui sont prêts à recevoir la bénédiction en son essence, comme ci-dessus.

ודרשו חז"ל זכור כו' יום השבת בעצומו של יום ע"ש שדרשו מכאן שהתורה ניתנה בשבת. היינו שהתורה היא בחי' השבת עצמו.

ולבאר הענין דהנה מצווין תמיד לזכור קבלת התורה. יום אשר עמדת לפני ה"א בחורב.

דאיתא בזוה"ק [פ' ויחי] בפסוק חי ה' אשר עמדתי לפניו. כי הנשמה קודם בואה לעוה"ז עומדת לפניו ית' ע"ש.

וכ"כ כאן עמדת לפני ה' פי' בלי מחיצות כמו שיהי' לעתיד ולא יכנף עוד כו' והיו עיניך רואות כו' מוריך. וכ"כ וכל העם רואים את הקולות.

וכמ"ש נפשי יצאה בדברו דרשו חז"ל שיצאו נשמתן. והיינו שהיו קדושים כמלאכי השרת ממש.

כדכ' אני אמרתי א-להים אתם כו'. ולכן כתיב עמדת.

כי מלאכים נק' עומדין. ואדם נק' מהלך ע"י שלעולם עוד בו נשמתו בעוה"ז מתלבש בגוף.

צריך להלוך ממדרגה למדרגה עד שמסתלק מן העולם ופושט מלבוש הגוף. אז עצם הנשמה בתיקונה נק' עומדת.

ולכן לעולם צריכין לזכור מעמד הר סיני. כי אין יותר מלהשיג רק הנשמה בשלימות.

ובהר סיני הי' ממש נשמות בלי שום הסתר שהיו הגופים מזדככים. וכ' בדבר ה' שמים נעשו ובעשרה מאמרות נברא עולם ומלואו.

וא"כ מעשרת הדיברות וודאי נעשה תולדות חדשות. אך במעשה בראשית הי' בבחי' עשיות הטבע ובהר סיני בנשמה ורוחניות.

דאיתא המלאכה שהי' ראוי לעשות בשבת כפלו ועשאו בששי. א"כ נראה שמוכן הי' האדם להיות נברא בשבת.

ויתכן שבאמת הנשמה היא עיקר האדם שכך הי' עיקר רצון הבורא ית' ששם האדם בגן עדן. והי' ניתקן בש"ק בשלימות הנשמה.

ומה שנעשה על ידי חטא האדם בערב שבת שבו ביום נברא. ניתקן אחר כך בקבלת התורה.

וניתן להם אז הנשמה השלימה. ולכן נא' אדם אתם ודרשו חז"ל אתם קרוין אדם ואין אוה"ע קרוין אדם.

א"כ עיקר האדם נגמר בשבת. וזהו שרמזו חז"ל במ"ש הוסיף ה' בששי שכל העולם תלוי עד ששי בסיון שעתידין לקבל התורה כו' ע"ש.

שבעת קבלת התורה הי' גמר הבריאה תיקון האדם כנ"ל. לכן גם עתה בכל ש"ק יורד נשמה יתירה כנ"ל.

ולכן זכירת השבת הוא עיקר עצמות קבלת התורה. ואותן הנשמות שניתקנו בקבלת התורה.

הם גנוזים בתורה. ולכן ע"י יגיעה בתורה יכולין לקנות הנשמה.

כמ"ש בזוה"ק בראשית בפ' ישרצו המים שרץ נפש חי' כו' ע"ש. ודי למשכיל:

Nos Sages, de mémoire bénie, ont exposé 'Souviens-toi... du jour du Chabbat' au cœur même du jour, d'où ils ont déduit que la Torah fut donnée un Chabbat -- c'est-à-dire que la Torah est l'aspect du Chabbat lui-même. Pour expliquer le sujet : voici, il nous est ordonné de nous souvenir constamment du don de la Torah, 'le jour où tu t'es tenu devant Hachem ton Dieu à Horeb' (Dt 4,10).

Il est rapporté dans le saint Zohar [Paracha Vayehi], sur le verset 'vivant est Hachem devant qui je me suis tenu' (1R 17,1), que l'âme, avant sa venue en ce monde-ci, se tient devant Lui, béni soit-Il -- vois-y. Et de même ici 'tu t'es tenu devant Hachem', c'est-à-dire sans cloisons, comme ce sera dans l'avenir : 'ton Maître ne se dérobera plus... et tes yeux verront ton Maître' (Is 30,20).

Et de même il est écrit 'et tout le peuple voyait les voix' (Ex 20,15). Et sur 'mon âme est sortie quand Il a parlé' (Cantique 5,6), nos Sages ont exposé que leur âme sortit -- c'est-à-dire qu'ils étaient saints, comme les anges de service au sens propre, ainsi qu'il est écrit 'Moi J'ai dit : vous êtes des dieux (elokim)' (Ps 82,6).

C'est pourquoi il est écrit 'tu t'es tenu', car les anges sont appelés 'ceux qui se tiennent' (debout), tandis que l'homme est appelé 'celui qui marche', parce que, tant que son âme est encore en lui en ce monde-ci, revêtue d'un corps, il doit marcher de degré en degré jusqu'à ce qu'il quitte le monde et dépouille le vêtement du corps ; alors l'essence de l'âme, en sa réparation, est appelée 'qui se tient'. C'est pourquoi il faut toujours se souvenir de la station du mont Sinaï, car il n'y a rien de plus à atteindre que l'âme en sa perfection.

Et au mont Sinaï il y eut vraiment des âmes sans aucune occultation, car les corps s'épuraient. Il est écrit 'par la parole de Hachem les cieux furent faits' (Ps 33,6), et par dix Paroles le monde et sa plénitude furent créés ; s'il en est ainsi, des dix Commandements furent assurément produites des générations nouvelles.

Seulement, dans l'œuvre de la Création ce fut selon l'aspect des façonnages de la nature, et au mont Sinaï selon l'âme et la spiritualité. Car il est rapporté que le travail qu'il aurait convenu de faire le Chabbat, Il le dédoubla et le fit le sixième jour ; il apparaît donc que l'homme était prêt à être créé le Chabbat.

Il se peut qu'en vérité l'âme soit l'essentiel de l'homme, car telle était la volonté essentielle du Créateur, béni soit-Il, qui plaça l'homme dans le jardin d'Éden ; et il aurait été réparé au saint Chabbat dans la perfection de l'âme. Et ce qui advint par la faute de l'homme, la veille du Chabbat, le jour même où il fut créé, fut réparé par la suite lors du don de la Torah, et l'âme parfaite leur fut alors donnée.

C'est pourquoi il est dit 'vous êtes adam', et nos Sages ont exposé 'vous êtes appelés adam, et les nations du monde ne sont pas appelées adam'. S'il en est ainsi, l'essentiel de l'homme s'acheva au Chabbat.

Et c'est ce à quoi ont fait allusion nos Sages en disant que Hachem ajouta au sixième jour -- que le monde entier reste en suspens jusqu'au six Sivan, où ils devaient recevoir la Torah, etc., vois-y -- car au moment du don de la Torah fut l'achèvement de la Création, la réparation de l'homme, comme ci-dessus. C'est pourquoi, même à présent, à chaque saint Chabbat descend une âme supplémentaire, comme ci-dessus.

Ainsi le souvenir du Chabbat est l'essence même du don de la Torah. Et ces âmes qui furent réparées lors du don de la Torah sont enfouies dans la Torah ; c'est pourquoi, par le labeur dans la Torah, on peut acquérir l'âme, comme il est écrit dans le saint Zohar Bereshit, sur 'que les eaux grouillent d'un grouillement d'âme vivante' (Gn 1,20), etc., vois-y.

Et cela suffit à l'homme avisé.

תרמ"ו

[תרמ״ו -- année 5646]

במדרש משנתגייר הוסיף לו ו' כו' אמו"ז ז"ל אמר כי יתר ע"ש שהי' כמיותר בעיני עצמו שהבין שאין לו מציאות מול קדושת בנ"י. אכן כ' לשארית נחלתו ודרשו חז"ל מי שמשים עצמו כשיריים ולכן כשנתגייר הי' בכלל לשארית נחלתו.

אבל הביטול שהי' לו מקודם שנתגייר אינו חשוב. כי באמת לא הי' כלום רק כשנתגייר נחשב הביטול שלו עכ"ד ז"ל.

ויתכן להוסיף ביאור בשם יתרו שהוא כענין שכ' יתרון לחכמה מן הסכלות כו'. פי' בזוה"ק מסכלות עצמו בא היתרון להחכמה.

כיתרון אור מן החושך כו'. והנה בנ"י שהיו בגלות מצרים לכן זכו לתוספות זה כענין שנאמר בכל עצב יהי' מותר.

ובמדרש מקץ דרשו על יוסף הצדיק שע"י הגלות שלו הי' לו יתרון שנטל בת פוטיפר. וכמו כן במרע"ה שנטל בת יתרו.

וכמו כן בכלל ישראל כי בוודאי הי' במצרים ניצוצי קדושה. והמה אשר נתקרבו אח"כ להקדושה.

ויתרו הי' מיועצי פרעה כדאיתא במד' והי' חכם גדול. וכשהי' נפרד מהקדושה הוסיף כח לסט"א דמצינו יתר כנטול.

ומצינו תוספות למעליותא. והוא כמ"ש לעיל כשהוא יתר ועומד בפ"ע כנטול.

אבל כשנתבטל אל הקדושה אז מתעלה הכל ע"י. כעין שכ' שיש תוספות מחול אל הקודש.

ובמ"א כתבנו בפסוק הבה נתחכמה כו' ונוסף גם הוא על שונאינו. ויש במסורה יש מפזר ונוסף עוד.

פרשנו שם כמ"ש חז"ל שהקב"ה פיזר הצדיקים בגלות כדי שיתוסף עליהם גרים. ופרעה הבין שנמצא במצרים ניצוצי קדושה גבוהים מאוד.

וע"ז ירא ונוסף גם הוא. הוא לשון נסתר.

היינו הנקודה עליונה שבהם. ויתכן שהוא בחי' יתרו הנ"ל שניתוסף אח"כ לבנ"י.

ואות הוא"ו הוא החיבור כמ"ש חז"ל ו' מוסיף על ענין ראשון:

Dans le Midrach : lorsqu'il se convertit, on lui ajouta un 'vav' (Yeter devint Yitro), etc. Mon grand-père maternel, mon maître, de mémoire bénie, disait : (il fut nommé) 'Yeter' du fait qu'il était comme superflu (meyutar) à ses propres yeux, ayant compris qu'il n'avait pas d'existence face à la sainteté des enfants d'Israël.

Or il est écrit 'au reste (she'erit) de son héritage' (Mi 7,18), et nos Sages ont exposé : celui qui se rend comme un reste (chirayim) ; c'est pourquoi, lorsqu'il se convertit, il fut inclus dans 'le reste de son héritage'. Mais l'annulation qu'il avait avant sa conversion n'a pas de valeur, car en vérité elle n'était rien ; ce n'est que lorsqu'il se convertit que son annulation fut comptée -- ainsi finissent ses paroles, de mémoire bénie.

On peut ajouter une explication au nom de Yitro, qui est de l'ordre de ce qui est écrit 'il y a un avantage (yitron) à la sagesse sur la sottise' (Eccl 2,13). Le saint Zohar explique : de sa propre sottise vient l'avantage à la sagesse, 'comme l'avantage de la lumière sur les ténèbres', etc.

Or voici, les enfants d'Israël qui furent dans l'exil d'Égypte méritèrent par cela ce surcroît, de l'ordre de ce qui est dit 'en toute peine il y a un profit (motar)' (Pr 14,23). Dans le Midrach Miketz on a exposé au sujet de Joseph le juste que, par son exil, il eut un avantage : il prit (en mariage) la fille de Potifar.

De même pour Moché notre maître, que la paix soit sur lui, qui prit la fille de Yitro. De même pour l'ensemble d'Israël, car assurément il y avait en Égypte des étincelles de sainteté, et ce sont elles qui se rapprochèrent ensuite de la sainteté.

Yitro était des conseillers de Pharaon, comme il est rapporté dans le Midrach, et c'était un grand sage ; tant qu'il était séparé de la sainteté, il ajoutait de la force au côté impur (Sitra A'hra), car nous trouvons 'yeter' au sens de 'retranché' (kenatoul), et nous trouvons aussi 'ajout' au sens positif. C'est comme ci-dessus : quand il est 'yeter' et se tient à part, il est comme retranché ; mais quand il s'annule devant la sainteté, alors tout s'élève par lui, à l'image de ce qui est écrit qu'il y a un ajout (tossefet) du profane au sacré.

Ailleurs nous avons écrit sur le verset 'allons, montrons-nous habiles... de peur qu'il ne s'ajoute lui aussi à nos ennemis' (Ex 1,10). Il y a dans la Massora : 'tel disperse et il s'ajoute encore' (Pr 11,24).

Nous avons expliqué là, selon ce qu'ont dit nos Sages, que le Saint béni soit-Il a dispersé les justes dans l'exil afin que s'ajoutent à eux des convertis. Or Pharaon comprit qu'il se trouvait en Égypte des étincelles de sainteté très élevées, et de cela il eut peur : 'et il s'ajoute lui aussi' (vénossaf gam hou) -- 'hou' (lui) est une expression du caché, c'est-à-dire le point supérieur qui est en eux.

Et il se peut que ce soit l'aspect de Yitro susdit, qui s'ajouta ensuite aux enfants d'Israël. Et la lettre 'vav' est le lien (la conjonction), comme l'ont dit nos Sages : 'le vav ajoute au sujet précédent'.

ברש"י אנכי ה"א לשון יחיד. ליתן פ"פ למרע"ה ללמוד סניגוריא במעשה העגל כו'.

ואא"ז מו"ר ז"ל ביאר הדברים כי נאמר הציווי כשבנ"י באחדות. ואז משה הוא ישראל וישראל הם משה כו'.

ונראה לבאר עוד כי באמת אם הי' המאמר לכל פרט ופרט לא הי' אפשר להיות מציאות להחטא. וכשאמר הקב"ה יהי רקיע דבריו חיים וקיימים לעולם.

וכל המצות הם ציווי על האדם וניתן הבחירה בידו. אבל מאמר אנכי ה"א הוא דיבור וגזירה.

לכן הי' המאמר בלשון יחיד כשבנ"י הם באחדות כנ"ל ואז באמת חל עליהם מלכותו ית'. וא"י לבוא לידי החטא באמת.

וזהו ענין ליתן פ"פ. כענין שנא' אשר הרעותי.

כי כביכול השאיר מקום למציאות החטא:

Dans Rachi : 'Je suis Hachem ton Dieu' (Ex 20,2), au singulier -- pour donner une ouverture (petahon pe) à Moché notre maître, que la paix soit sur lui, afin de plaider en faveur (d'Israël) dans l'affaire du veau d'or, etc. Et mon grand-père, mon maître et enseignant, de mémoire bénie, a expliqué la chose : le commandement fut prononcé alors que les enfants d'Israël étaient dans l'unité, et alors Moché est Israël et Israël est Moché, etc.

Il paraît qu'on peut expliquer encore : en vérité, si la parole s'était adressée à chaque individu en particulier, il n'aurait pas été possible qu'existât la faute. Car lorsque le Saint béni soit-Il dit 'qu'il y ait un firmament', Ses paroles sont vivantes et subsistantes à jamais ; or tous les commandements sont un ordre à l'homme, et le libre choix est mis dans sa main.

Mais la parole 'Je suis Hachem ton Dieu' est un énoncé (dibbour) et un décret (guezera). C'est pourquoi la parole fut au singulier, alors que les enfants d'Israël étaient dans l'unité, comme ci-dessus ; et alors, en vérité, Sa royauté, béni soit-Il, reposa sur eux, et il n'était pas possible d'en venir à la faute véritablement.

Et c'est le sens de 'donner une ouverture' : de l'ordre de ce qui est dit 'que J'ai maltraité' (Mi 4,6), car pour ainsi dire Il laissa une place à l'existence de la faute.

En bref

« Six jours le Nom fit et il fit reposer (vayânach) le septième jour » (Exode 20,11) : il n'est pas écrit « et il se reposa ». Selon le Sfat Emet, les six jours sont les forces destinées à produire des générations ; le Chabbat donne le repos à toute la création et aux jours ouvrables, récipients (kelim) pour l'action puis pour le repos. Rachi écrit dans Berechit que le monde manquait de repos : le Chabbat vint, l'œuvre fut achevée. La racine du repos est l'unification de la création, qui fait du jour un récipient contenant la bénédiction ; « vayânach », c'est pourquoi « il le bénit et le sanctifia », union, sainteté et bénédiction, les trois repas du Chabbat.

Aussi : la Torah, tikoun pour les créatures, Yitro rapproché bien que lointain ; tefiline et Chabbat rendant l'illumination de la face et le cœur pur ; la Torah reçue par la peine comme don et trouvaille

בפסוק ששת ימים עשה כו' וינח ביום הז'. לא כ' ונח.

ויתכן לפרש כמו ששת ימי המעשה הם כוחות הבריאה לעשות תולדות לקיום הבריאה. כן יום השבת הנותן מנוחה לכל הבריאה ולימי המעשה.

וששת ימים שם הש"י אותם כלים לעשי'. ויום הז' למנוחה.

כמ"ש רש"י בפ' בראשית הי' עולם חסר מנוחה באת שבת נגמרה המלאכה ע"ש. ושורש מנוחת ש"ק הוא התאחדות הבריאה.

ועי"ז הוא כלי מחזיק ברכה. וינח ע"כ ברך ויקדשהו.

הם בחי' יחוד קדושה וברכה וכ"כ וישבות כו' ויברך ויקדש. והם ג' סעודות שבשבת קודש:

Sur le verset 'six jours [le Nom] fit... et il fit reposer (vayânach) le septième jour' (Exode 20,11) : il n'est pas écrit 'et il se reposa' [ve-nach]. On peut expliquer : de même que les six jours de l'œuvre sont les forces de la création destinées à produire des générations pour la pérennité de la création, ainsi le jour du Chabbat donne le repos à toute la création et aux jours ouvrables.

Durant six jours le Nom les a placés comme des récipients (kelim) pour l'action, et le septième jour pour le repos. Comme l'écrit Rachi dans la parachat Berechit : le monde manquait de repos, le Chabbat vint, l'œuvre fut achevée -- voir là.

Et la racine du repos du saint Chabbat est l'unification de la création ; par ce moyen il devient un récipient qui contient la bénédiction. 'Vayânach' -- c'est pourquoi 'il le bénit et le sanctifia' : ce sont les aspects d'union, de sainteté et de bénédiction. Ainsi est-il écrit 'et il chomma... et il bénit et sanctifia'.

Ce sont les trois repas du saint Chabbat.

תרמ"ז

[תרמ״ז]

במדרש ה' עוזי כו'. אליך גוים יבאו כו'.

כי קבלת התורה הי' תיקון לכל הברואים. הגם שמיוחד רק לבנ"י.

מ"מ הי' זה דרך לתקן הכל. וכ"כ ה' עוז לעמו יתן כו' בשלום.

ולכן נקראו בני ישראל השולמית כדכתב במדרש חזית שעושים שלום ביני לבין עולמי כו'. פי' שבני ישראל מקרבין התחתונים לשורש העליון על ידי התורה.

וכתיב שלום שלום לרחוק ולקרוב. היינו שגם להרחוק יש שייכות אל השלימות כשיודע ומכיר את מקומו שהוא רחוק.

וכן הי' כשקיבלו בנ"י התורה. יתרו שהי' חכם ומבין לבטל עצמו.

הגם שהי' רחוק נתקרב. ובאמת הי' צריך להיות התגלות התורה בעולם שבשביל זה נבראת רק שלא הי' כלים לקבל התורה.

רק ע"י בנ"י כמ"ש ז"ל שהחזיר הקב"ה לכל האומות ולא קיבלוה שבנ"י היו מוכנים לקבלת התורה וכשקיבלוה נעשה זה התיקון בכל הכלל. וכ' במ"א שלכן כ' וידבר כו' לאמר.

שהתורה ניתנה לבנ"י שיאמרוה לאחרים ג"כ. ליתן לכל אומה החלק ששייך לה.

כפי הרצון שנמצא בהם. לכן עמלק נדחה ויתרו נתקרב.

וכ"כ ואשים דברי בפיך כו' שהוא עשרת הדברות כו' לנטוע שמים וליסוד ארץ. שע"י התורה מתקיימין עליונים ותחתונים.

וכ' או יחזיק במעוזי יעשה שלום שלום יעשה ודרשו חז"ל מזה העוסק בתורה לשמה משים שלום בפמליא של מעלה ושל מטה. פי' שע"י התורה מתקרבין התחתונים לשורש העליון.

וכמו כן נפתחים שערים עליונים להשפיע לתחתונים. ופי' ואשים דברי כמו ושמו (את שמי) [אותם איש כו'] לשון סידור שבאמת מיד בבריאת העולם הי' התורה גנוזה במעשה בראשית.

כדאיתא הביט בתורה וברא כו'. ובקבלת התורה בירר הקב"ה לבנ"י סדר ואופן למצוא דברי התורה.

שגנוזין בעשרה מאמרות. וז"ש וידבר כו' לאמר.

כמ"ש במ"א מזה:

Dans le Midrach : 'le Nom est ma force...' ; 'vers toi des nations viendront' (Jérémie 16,19). Car la réception de la Torah fut un tikoun (réparation) pour toutes les créatures.

Bien qu'elle soit réservée seulement à Israël, elle fut néanmoins la voie pour tout réparer. Ainsi est-il écrit 'le Nom donnera la force à son peuple... dans la paix' (Psaumes 29,11).

C'est pourquoi les enfants d'Israël sont appelés 'la Choulamite', comme l'écrit le Midrach Hazit : ils font la paix entre moi et mon monde. C'est-à-dire qu'Israël rapproche les êtres inférieurs de la racine supérieure par la Torah.

Il est écrit 'paix, paix, au lointain et au proche' (Isaie 57,19) : même le lointain a un lien avec la complétude (chelemout) lorsqu'il connaît et reconnaît sa place, qu'il est lointain. Ainsi en fut-il quand Israël reçut la Torah.

Yitro (Jethro), qui était sage et savait s'annuler, bien qu'il fut lointain, se rapprocha. En vérité la révélation de la Torah dans le monde devait avoir lieu, car c'est pour cela que le monde fut créé ; seulement il n'y avait pas de récipients pour recevoir la Torah, si ce n'est par Israël, comme l'ont dit nos maîtres : le Saint béni soit-il l'offrit à toutes les nations et elles ne l'acceptèrent pas, car Israël était prêt à recevoir la Torah, et quand ils la reçurent ce tikoun se fit dans l'ensemble entier.

Il est écrit ailleurs que c'est pourquoi il est écrit 'et il parla... pour dire (lemor)' : la Torah fut donnée à Israël pour qu'ils la disent aussi aux autres, pour donner à chaque nation la part qui lui revient, selon la volonté qui se trouve en elle. C'est pourquoi Amalek fut repoussé et Yitro rapproché.

Ainsi est-il écrit 'et je mettrai mes paroles dans ta bouche' (Isaie 51,16), ce sont les dix commandements... 'pour planter les cieux et fonder la terre' : par la Torah les êtres supérieurs et inférieurs subsistent. Il est écrit 'ou qu'il saisisse ma forteresse (maôzi), qu'il fasse la paix avec moi, la paix il fera avec moi' (Isaie 27,5), et nos maîtres ont exposé de là : celui qui s'occupe de la Torah pour elle-même (lichma) fait la paix dans la cour (pamalia) d'en haut et d'en bas.

C'est-à-dire que par la Torah les êtres inférieurs se rapprochent de la racine supérieure, et de même s'ouvrent les portes supérieures pour déverser l'influx vers les inférieurs. Le sens de 'et je mettrai mes paroles' est comme 'et ils placeront (mon nom) [eux, chaque homme...]', une expression d'agencement.

Car en vérité, dès la création du monde la Torah était enfouie dans l'œuvre du commencement (maase berechit), comme il est enseigné : il regarda dans la Torah et créa... Et lors du don de la Torah, le Saint béni soit-il sélectionna pour Israël un ordre et une manière de trouver les paroles de la Torah, qui sont enfouies dans les dix paroles (assara maamarot).

C'est le sens de 'et il parla... pour dire (lemor)', comme expliqué ailleurs à ce sujet.

והנה מצווין בכל יום לזכור מתן תורה כמ"ש והודעתם כו' יום אשר עמדת לפני ה' אלקיך בחורב כו'. כי התורה היא למעלה מהזמן.

א"כ יש בה תמיד התחדשות כמו בשעת קבלת התורה. וכן הי' בוודאי אם לא הי' החטא אח"כ.

כי בקבלת התורה נתעלו נפשות בנ"י. וכמו בעשרה מאמרות בדבר ה' שמים נעשו.

כמו כן באנכי ה"א חל אלקות על נפשות בנ"י. וכ' אל תיראו כי לבעבור נסות כו' יראתו על פניכם.

היינו שניתן להם הארת פנים שהוא כפי הפנימיות שנמצא באדם. וממשמע שנא' א"ת.

כי היו יר"ש לאמיתן כדאיתא במד' שאין אומרים אל תירא רק למי שהוא יר"ש לאמיתו. וכ"כ מי יתן והי' לבבם זה להם כו'.

לבבם זה פי' כמו ברי לבב. אך אחר החטא נפלו מזאת המדרגה.

ומ"מ ע"י המצות שנתן לנו הקב"ה. יש כח להמשיך הארת הנשמה.

ואיתא כי בש"ק מחזיר מרע"ה לבנ"י ב' הכתרים של הקדמת נעשה לנשמע. י"ל שהוא ב' הארות הנ"ל הארת פנים וברי לבב.

ובמצות תפילין גם בימי המעשה נמצא לפי שעה הארות אלו. תש"ר כמ"ש שם ה' נקרא עליך והוא הארת פנים הנ"ל.

ובתש"י נגד הלב לברר הלב. ולכן צריכין להיות בתפילין בשעת קריאת שמע שאז יכולין להעיד עליו ית' כמ"ש למען תהי' תורת ה' בפיך.

וכמ"ש ואשים דברי בפיך שבשעת קבלת התורה ניתן זה הכח בפיהן של ישראל לברר מלכותו ית' בעולם. וכמו כן בש"ק שנק' יומא דסהדותא כמ"ש זכור כו' יום השבת שבו ניתנה תורה.

וזכור ושמור. הם ב' הארות הנ"ל כמ"ש במ"א שמירה בלב זכירה בפה ובמוח.

וכדאיתא אפי' ע"ה אימת שבת עליו שהוא כמ"ש יראתו על פניכם. פנים המיוחד לאיש ישראל בכח הארת הנשמה יתירה כנ"ל:

Or, il nous est ordonné chaque jour de nous souvenir du don de la Torah, comme il est écrit 'et tu feras connaître... le jour où tu te tins devant le Nom ton Dieu au Horeb' (Deutéronome 4,9-10). Car la Torah est au-dessus du temps ; il y a donc toujours en elle un renouvellement (hithadchout) comme au moment du don de la Torah.

Ainsi en aurait-il certainement été s'il n'y avait eu ensuite la faute. Car au don de la Torah les âmes d'Israël s'élevèrent, et de même que par les dix paroles 'par la parole du Nom les cieux furent faits' (Psaumes 33,6), ainsi par 'je suis le Nom ton Dieu' la divinité se posa sur les âmes d'Israël.

Il est écrit 'ne craignez pas, car c'est pour vous éprouver... afin que sa crainte soit sur vos faces' (Exode 20,17) : il leur fut donné une illumination de la face (héarat panim), qui est selon l'intériorité (penimiyout) qui se trouve dans l'homme. Et de ce qu'il est dit 'ne craignez pas', c'est qu'ils étaient de vrais craignant-le-Ciel (yirei chamayim), comme il est enseigné dans le Midrach qu'on ne dit 'ne crains pas' qu'à celui qui craint vraiment le Ciel.

Ainsi est-il écrit 'qui donnera que ce cœur soit le leur...' (Deutéronome 5,26). 'Ce cœur' signifie comme un cœur pur (bar lévav). Mais après la faute ils déchurent de ce degré.

Néanmoins, par les commandements que le Saint béni soit-il nous a donnés, il y a le pouvoir d'attirer l'illumination de l'âme (nechama). Et il est enseigné qu'au saint Chabbat Moche notre maître (Moche Rabbenou) rend à Israël les deux couronnes du 'nous ferons' précédant le 'nous entendrons' (naassé puis nichma).

On peut dire que ce sont les deux illuminations mentionnées : l'illumination de la face et le cœur pur. Par le commandement des téfiline, même durant les jours ouvrables, ces illuminations se trouvent momentanément : les téfiline de la tête (téfiline chel roch), comme il est écrit 'le nom du Nom est appelé sur toi' (Deutéronome 28,10), ce qui est l'illumination de la face mentionnée ; et les téfiline de la main (téfiline chel yad), face au cœur, pour purifier le cœur.

C'est pourquoi il faut porter les téfiline au moment de la lecture du Chema, car alors on peut témoigner de Lui, comme il est écrit 'afin que la Torah du Nom soit dans ta bouche' (Exode 13,9). Et comme il est écrit 'et je mettrai mes paroles dans ta bouche' : au moment du don de la Torah ce pouvoir fut donné dans la bouche d'Israël pour manifester sa royauté dans le monde.

De même au saint Chabbat, qui est appelé 'le jour du témoignage' (yoma de-sahadouta), comme il est écrit 'souviens-toi... du jour du Chabbat', jour où la Torah fut donnée. 'Souviens-toi (zakhor)' et 'garde (chamor)' sont les deux illuminations mentionnées, comme expliqué ailleurs : la garde dans le cœur, le souvenir dans la bouche et dans l'esprit. Et il est enseigné que même sur un ignorant (am haaretz) la crainte du Chabbat pèse, ce qui est comme 'sa crainte sur vos faces' : la face propre à l'homme d'Israël par le pouvoir de l'illumination de l'âme supplémentaire (nechama yetera), comme ci-dessus.

תרמ"ח

[תרמ״ח]

במדרש עלית למרום שבית שבי יכול מפני ששבה אותה נטלה חנם ת"ל לקחת. יכול צריך ליתן דמים ת"ל מתנות.

דהנה באמת התורה מיוחד לבנ"י מתחלת הבריאה. כמ"ש חז"ל בשביל התורה שנק' ראשית ובשביל ישראל שנק' ראשית.

ולכן הי' התורה למעלה שבי. וכמ"ש ז"ל עיקר שכינה בתחתונים היתה והרשעים סלקוה למעלה.

וע"ז כ' להפרע מן הרשעים שמאבדין העולם כו'. וליתן שכר טוב לצדיקים שמקיימין העולם שנברא בעשרה מאמרות.

והיא התורה שנק' טוב שזכו בנ"י להמשיך התורה והשכינה בעוה"ז. שבית שבי הוא כמו שדרשו ז"ל בפסוק וישב ממנו שבי ובפסוק ושבית שביו.

ולכן הו"א שיטלנה חנם הואיל ושייכה לבנ"י. אך צריך לייגע עצמו למצוא מקום לקבל התורה.

כמ"ש והתקן עצמך. וכ' והיו נכונים ליום השלישי.

וזהו לקחת מתנות כמ"ש ז"ל יגעתי ומצאתי תאמין. ואא"ז מו"ר ז"ל עמד ע"ז הלשון כי לא שייך מציאה רק בדבר הבא בהיסח הדעת.

ובמה שבא ע"י יגיעה איך יתכן לומר לשון מציאה. והשיב כי אין בכח היגיעה לבוא למעלת התורה.

רק ע"י היגיעה זוכין למצוא התורה בבחי' מתנה ומציאה. וזהו לקחת מתנות.

ונ"ל עוד כי הוא לרמוז שהגם שאין אדם מרגיש התועלת בכמה יגיעות. אבל האמת כי בכל יגיעה זוכין לתורה בזמנים אחרים כמ"ש שלח לחמך ע"פ המים שהוא היגיעה בתורה שנק' מים וכמ"ש לכו לחמו בלחמי.

וכל הכוחות שמניחין בלימוד התורה. הסוף ברוב הימים תמצאנו.

כי התורה למעלה מן הטבע. אכן הקב"ה נתן זמנים ושעות שנפתחים שערי התורה.

וכפי היגיעה בכל עת בתורה. זוכין לזו השעה שנפתח שער התורה.

וכמו כן בשבתות וי"ט. לקחת הוא בימי המעשה שבא ע"י עבודה ויגיעה.

וע"ז כ' ששת ימים תעבוד כו' מלאכתך. יגיעת האדם.

ויום השביעי כו' לה' שהוא מתנות כמ"ש מתנה טובה יש לי שהארה המתגלה בש"ק א"א להשיג בכח יגיעת האדם. רק במתנה כנ"ל.

וע"ז רמזו לא עליך המלאכה לגמור. כי מאדם הוא ההתחלה.

כמ"ש פתחו לי כחודה של מחט. הוא יגיעת האדם בימי המעשה.

ואנכי אפתח לכם כפתחו של היכל ואולם הוא בש"ק כמ"ש ביום השבת יפתח:

Dans le Midrach : 'tu es monté en haut, tu as capturé une capture' (Psaumes 68,19). Pourrait-on penser que, parce qu'il l'a capturée, il l'a prise gratuitement ?

L'Écriture enseigne 'tu as pris (lakahta)'. Pourrait-on penser qu'il faut donner de l'argent ?

L'Écriture enseigne 'des dons (matanot)'. Car en vérité la Torah est réservée à Israël depuis le commencement de la création, comme l'ont dit nos maîtres : pour la Torah qui est appelée 'commencement (rechit)' et pour Israël qui est appelé 'commencement'.

C'est pourquoi la Torah était 'en haut', en captivité. Et comme l'ont dit nos maîtres : l'essentiel de la Chekhina était dans les êtres inférieurs (tahtonim), et les méchants l'élevèrent en haut.

Sur cela il est écrit : pour châtier les méchants qui détruisent le monde... et pour donner bonne récompense aux justes qui maintiennent le monde créé par dix paroles. Et c'est la Torah, appelée 'bien (tov)', car Israël mérita d'attirer la Torah et la Chekhina en ce bas-monde. 'Tu as capturé une capture' est comme l'ont exposé nos maîtres sur le verset 'et il captura d'eux une capture' (Nombres 21,1) et sur le verset 'et tu captureras sa capture' (Deutéronome 21,10).

On aurait donc pu penser qu'il la prendrait gratuitement, puisqu'elle appartient à Israël. Mais il faut se donner de la peine pour trouver un lieu où recevoir la Torah, comme il est écrit 'prépare-toi', et il est écrit 'et soyez prêts pour le troisième jour' (Exode 19,11).

C'est cela 'prendre des dons', comme l'ont dit nos maîtres 'je me suis peiné et j'ai trouvé -- crois-le' (yagati oumatsati taamin). Et mon aïeul, mon maître et enseigneur de mémoire bénie, s'arrêta sur cette expression : car la 'trouvaille (metsia)' ne s'applique qu'à une chose qui vient par distraction de l'esprit (hessekh hadaat) ; or ce qui vient par la peine, comment employer le terme de 'trouvaille' ?

Et il répondit : il n'est pas au pouvoir de la peine d'atteindre le degré de la Torah ; c'est seulement par la peine qu'on mérite de trouver la Torah à titre de don et de trouvaille. C'est cela 'prendre des dons'.

Il me semble en outre que cela vient faire allusion que, bien que l'homme ne ressente pas le profit de nombre de ses peines, la vérité est qu'à chaque peine on mérite la Torah en d'autres temps, comme il est écrit 'envoie ton pain sur la face des eaux' (Ecclésiaste 11,1), ce qui est la peine dans la Torah appelée 'eaux', et comme il est écrit 'venez, mangez de mon pain' (Proverbes 9,5). Et toutes les forces qu'on investit dans l'étude de la Torah, à la fin, dans la multitude des jours, tu la trouveras.

Car la Torah est au-dessus de la nature ; cependant le Saint béni soit-il a fixé des temps et des heures où s'ouvrent les portes de la Torah, et selon la peine à chaque instant dans la Torah on mérite cette heure où s'ouvre la porte de la Torah. De même pour les Chabbats et les jours de fête (yom tov) : 'prendre (lakahat)' concerne les jours ouvrables, ce qui vient par le travail et la peine ; sur cela il est écrit 'six jours tu travailleras... ton ouvrage' (Exode 20,9) -- la peine de l'homme ; 'et le septième jour... au Nom', ce qui est 'des dons', comme il est écrit 'un bon don j'ai [dans mon trésor]' -- car l'illumination qui se révèle au saint Chabbat ne peut s'obtenir par le pouvoir de la peine de l'homme, seulement en don, comme ci-dessus.

Sur cela ils ont fait allusion : 'il ne t'incombe pas d'achever l'œuvre' (Avot 2,16). Car de l'homme vient le commencement, comme il est écrit 'ouvrez-moi une ouverture comme le chas d'une aiguille' -- c'est la peine de l'homme durant les jours ouvrables ; 'et moi j'ouvrirai pour vous comme les ouvertures du sanctuaire (heikhal) et du vestibule (oulam)' -- c'est au saint Chabbat, comme il est écrit 'le jour du Chabbat elle s'ouvrira' (Ezechiel 46,1).

איתא בשם הרה"ק ר' בער ז"ל פי' הפסוק אשרי אדם עוז לו בך מסילות בלבבם. שמי לו מסילות בלבבו.

אז התורה שלו יש לו דביקות בהבורא ית' וזה עוז לו בך. ע"ש בס' תהלות ישראל בשמו.

וכמו כן יש לדרוש מרישא לסיפא שמי שלומד לשמה ויש לו דביקות בו ית' בתורה. אז התורה מניח בו רשימה וחקיקה בלב.

כמ"ש במעלות העוסק בתורה לשמה זוכה לדברים הרבה ומזדכך לבו לעבודת הש"י:

Il est rapporté au nom du saint rabbi R' Ber de mémoire bénie, l'explication du verset 'heureux l'homme dont la force est en toi, [ceux] dans le cœur desquels sont des routes (messilot)' (Psaumes 84,6) : celui qui a des routes dans son cœur, alors sa Torah possède un attachement (devekout) au Créateur béni soit-il, et c'est 'sa force est en toi'. Voir là dans le livre Téhilot Yisrael en son nom.

De même on peut expliquer de la fin au début : celui qui étudie pour elle-même (lichma) et possède un attachement à Lui dans la Torah, alors la Torah laisse en lui une empreinte (rechima) et une gravure dans le cœur, comme il est écrit parmi les vertus de celui qui s'occupe de la Torah pour elle-même : il mérite de nombreuses choses et son cœur s'affine pour le service du Nom.

בפסוק זכור את יום השבת לקדשו כו'. כי מה זה הטעם כי ששת ימים עשה לכן צוה אותנו לנוח בשבת והוא באמת עדות לבנ"י כמ"ש רש"י בפסוק אות הוא ביני בהנחילו לנו יום מנוחתו למנוחה.

וחז"ל אמרו בשבת ניתנה תורה דכ' זכור כו' בעצומו של יום. משמע שבכח קבלת התורה ניתן לנו השבת.

דכ' אנכי ה' א-להיך וחל אלקותו ית' בנפשות בנ"י לכן כיון שהקב"ה נח בשבת צריך כל איש ישראל לנוח. והעושה מלאכה קראתו התורה מחללי'.

והאיך צריך האדם לשמור כחו לידע ולהאמין כי יש בו כח אלקי. וזה עצמו הענין במן דכ' ראו כי ה' נתן לכם השבת ע"כ כו' נותן לכם כו' לחם יומים כו'.

דהמפ' הקשו הלא כל הגשמים ומזונות יורדים אפי' בשבת ומ"ט פסק המן. אך הענין הוא שכל השפעות הם ע"י ממונים ושרים אחרים.

לכן עכו"ם אסור לשבות בשבת. כי אין להשרים שלהם שייכות לשבת.

אבל המן שבא ממקום גבוה וכ' הנני ממטיר כו'. לכן לא ירד בשבת שהוא מיוחד לבנ"י.

והוא כביכול מהקב"ה בעצמו ובכבודו כמ"ש חז"ל תכין בטובתך לעני א-להים כמ"ש במ"א. ואף שהשבת ניתן קודם התורה.

מ"מ הי' בכח התורה שמוכן לבנ"י. רק בקבלת התורה נגמר בפרטות ובפועל ממש.

וכמו כן בכל שבת שיש בו הארה מקבלת התורה כמ"ש ז"ל שמרע"ה מחזיר לבנ"י הכתרים בש"ק. והיא הנשמה יתירה.

לכן צריכין לשבות ממילא בה כנ"ל:

Sur le verset 'souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier' (Exode 20,8). Quelle est la raison que 'six jours il fit', pour qu'il nous ait ordonné de nous reposer le Chabbat ?

C'est en vérité un témoignage pour Israël, comme l'écrit Rachi sur le verset 'c'est un signe entre moi [et vous]' (Exode 31,17), en nous léguant son jour de repos pour le repos. Nos maîtres ont dit : au Chabbat la Torah fut donnée, car il est écrit 'souviens-toi...', au cœur même du jour (be-atsoumo chel yom).

Cela implique que par le pouvoir de la réception de la Torah le Chabbat nous fut donné, car il est écrit 'je suis le Nom ton Dieu' et sa divinité se posa sur les âmes d'Israël ; c'est pourquoi, puisque le Saint béni soit-il se reposa le Chabbat, tout homme d'Israël doit se reposer. Et celui qui accomplit un ouvrage, la Torah l'appelle profanateur (méhalel).

Combien l'homme doit-il garder sa force pour savoir et croire qu'il y a en lui une force divine ! Et c'est la même chose au sujet de la manne, comme il est écrit 'voyez que le Nom vous a donné le Chabbat, c'est pourquoi... il vous donne... du pain pour deux jours' (Exode 16,29).

Car les commentateurs ont demandé : les pluies et les nourritures ne descendent-elles pas même le Chabbat, alors pourquoi la manne cessa-t-elle ? Mais la chose est que tous les influx passent par des délégués (mémounim) et d'autres ministres (sarim) ; c'est pourquoi il est interdit à un non-juif (akoum) de chômer le Chabbat, car leurs ministres n'ont aucun lien avec le Chabbat.

Mais la manne, qui venait d'un lieu élevé, et il est écrit 'voici je ferai pleuvoir [du pain]' (Exode 16,4), c'est pourquoi elle ne descendait pas le Chabbat, qui est réservé à Israël ; elle vient pour ainsi dire (kivyakhol) du Saint béni soit-il lui-même et dans sa gloire, comme l'ont dit nos maîtres 'tu prépares dans ta bonté pour le pauvre, ô Dieu' (Psaumes 68,11), comme expliqué ailleurs. Et bien que le Chabbat ait été donné avant la Torah, il le fut néanmoins par le pouvoir de la Torah destinée à Israël ; seulement au don de la Torah cela s'acheva en détail et en acte réel.

De même à chaque Chabbat, qui porte une illumination de la réception de la Torah, comme l'ont dit nos maîtres que Moche notre maître rend à Israël les couronnes au saint Chabbat, et c'est l'âme supplémentaire ; c'est pourquoi ils doivent chômer d'eux-mêmes (mimeila) en lui, comme ci-dessus.

בפסוק אל תיראו כו' יראתו על פניכם. ולכאורה הוא תרתי דסתרי.

אך הענין שהיראה צריך להיות כדי שלא יחטא כמ"ש שיראה היא ליזהר ממל"ת. אבל לא שיתרחק ע"י היראה מעבודת הבורא יתברך.

כמ"ש וירא העם וינועו כו' מרחוק. וע"ז אמר להם מרע"ה אל תיראו:

Sur le verset 'ne craignez pas... sa crainte sur vos faces' (Exode 20,17). À première vue ce sont deux choses contradictoires (tarte de-satré).

Mais la chose est que la crainte doit exister afin qu'on ne pèche pas, comme il est écrit que la crainte sert à se garder d'un interdit (mitsvat lo taasse), mais non que l'on s'éloigne par la crainte du service du Créateur béni soit-il, comme il est écrit 'et le peuple vit et ils tremblèrent... de loin' (Exode 20,15). Sur cela Moche notre maître leur dit 'ne craignez pas'.

תרמ"ט

[תרמ״ט]

במכילתא וישמע יתרו כו' א"ע כו' למשה ולישראל. קבלת התורה שמע.

ולהבין לשון אשר עשה למשה ולישראל. דכתיב א"ש תשמעו בקולי כו' והייתם לי סגולה.

פי' והייתם שיתהוו הוי' חדשה. כדכ' עם זו יצרתי לי כו'.

והיינו בקבלת התורה קיבלו ישראל הוי' וצורה חדשה כאשר אמר הקב"ה וב"ש אנכי ה"א חל עליהם אלקותו ית"ש. וכל גר שמתגייר ניתוסף לו נפש חדשה כמ"ש ז"ל בפסוק הנפש אשר עשו בחרן.

מכ"ש בנ"י שקיבלו התורה ונכנסו תחת כנפי השכינה. ניתן להם הוי' חדשה.

וזה אשר עשה למשה ולישראל. ולא עוד אלא שזה הוא מאמר קיים לעולם.

א"ש תשמעו בקולי ושמרתם את בריתי והייתם לי כו'. כשאיש ישראל מייגע בדברי תורה ושומר בריתו ית'.

זוכה לקבל חיות והוי' חדשה. להיות סגולה לשמו ית'.

וכדאיתא בזוה"ק בפסוק ישרצו המים שרץ נפש חי' ע"ש:

Dans la Mekhilta : 'et Yitro entendit...' [qu'entendit-il ?]... 'ce qu'il fit pour Moche et pour Israël'. La réception de la Torah, voilà ce qu'il entendit.

Pour comprendre l'expression 'ce qu'il fit pour Moche et pour Israël' : il est écrit 'si (im chamoa) vous écoutez ma voix... vous serez pour moi un trésor (segoula)' (Exode 19,5). Le sens de 'vous serez' est qu'un être nouveau (havaya hadacha) adviendra, comme il est écrit 'ce peuple, je l'ai formé pour moi...' (Isaie 43,21).

C'est-à-dire qu'au don de la Torah Israël reçut un être et une forme nouveaux, lorsque le Saint béni soit-il, et béni soit son nom, dit 'je suis le Nom ton Dieu' -- sa divinité, béni soit son nom, se posa sur eux. Et tout converti (guer) qui se convertit, une âme nouvelle lui est ajoutée, comme l'ont dit nos maîtres sur le verset 'les âmes qu'ils firent à Harane' (Genèse 12,5) ; à plus forte raison Israël qui reçut la Torah et entra sous les ailes de la Chekhina : un être nouveau leur fut donné.

C'est cela 'ce qu'il fit pour Moche et pour Israël'. Bien plus, c'est un énoncé qui demeure pour toujours : 'si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez pour moi...' -- quand un homme d'Israël se peine dans les paroles de la Torah et garde son alliance, il mérite de recevoir une vitalité (hiyout) et un être nouveaux, pour être un trésor pour son nom.

Et il est enseigné dans le saint Zohar sur le verset 'que les eaux foisonnent de foisonnement d'âme vivante (nefech haya)' -- voir là.

בפסוק זכור כו' יום השבת כו' ששת ימים עשה כו' וינח כו' ע"כ ברך כו'. ובזוה"ק כיון דלא אשתכח בי' מנא מה ברכתא כו' אלא כלהו ברכאין בשביעאה תליין כו'.

והענין הוא כי הברכה היא רוחניות. אכן השבת הוא כלי מחזיק ברכה הנ"ל.

וכל הנעשה בששת ימי בראשית הי' הכל להיות נעשה מזה הכלי מחזיק ברכה וזה נגמר בשבת. וכמו דאיתא מ"ט פתח בבראשית משום כח מעשיו הגיד לעמו כו'.

והכל ענין אחד כי העיקר היא התורה. ומ"מ עשה הש"י כל מעשי בראשית לזכות בנ"י שנשלחו בעוה"ז לברר לבטל כל הבריאה אל התורה ואל רצונו ית'.

וזה עצמו ענין הכנת ששת ימי המעשה אל השבת. והוא מעין הכנת עוה"ז לעוה"ב כדאיתא עוה"ז דומה לפרוזדור כו'.

לכן כ' וינח ביום השביעי. כי הלא זה הוא התכלית של הבריאה.

כמ"ש שכל העשי' הוא לכוונת השבת שיתבטלו הכל להיות כלי מחזיק ברכה. וכן אומרים אתה קדשת כו' תכלית שמים וארץ.

ובכל ימי המעשה כ' ויאמר. יהי אור.

רקיע כו'. ובשבת כ' ויברך.

והנה בנ"י נבחרו להיות מוכנים לקבל הברכה. ובימי המעשה הם שלוחים לתקן עוה"ז.

כי עיקרן של נשמות ישראל הם בעוה"ב. רק שנשלחו לעוה"ז לתקן העולם.

ובש"ק הם מקבלים הברכה. וז"ש זכור כו' יום השבת.

כי כשהנשמה משתלחת בעוה"ז. נשכח מאתה אור הגדול שלמעלה.

ובשבת בכח נשמה יתירה נזכרת מקדושה עליונה:

Sur le verset 'souviens-toi... du jour du Chabbat... six jours il fit... et il fit reposer... c'est pourquoi il bénit...' (Exode 20,8-11). Dans le saint Zohar : puisqu'aucune manne ne s'y trouvait, quelle bénédiction [y a-t-il] ?... mais toutes les bénédictions dépendent du septième...

La chose est que la bénédiction est spiritualité (rouhaniyout) ; or le Chabbat est le récipient qui contient cette bénédiction. Tout ce qui fut fait durant les six jours du commencement le fut afin d'être produit par ce récipient qui contient la bénédiction, et cela s'acheva au Chabbat.

Comme il est enseigné : pourquoi [la Torah] commence-t-elle par 'Au commencement (Berechit)' ? À cause de 'la force de ses œuvres il l'a dite à son peuple' (Psaumes 111,6).

Et tout est une seule chose, car l'essentiel est la Torah. Néanmoins le Nom fit toutes les œuvres du commencement pour le mérite d'Israël, envoyé en ce bas-monde pour clarifier et annuler toute la création vers la Torah et vers sa volonté.

C'est cela même le sens de la préparation des six jours ouvrables au Chabbat ; c'est à l'image de la préparation de ce bas-monde au monde à venir (olam haba), comme il est enseigné 'ce bas-monde ressemble à un vestibule (prozdor)...' (Avot 4,16). C'est pourquoi il est écrit 'et il fit reposer le septième jour', car voilà la finalité (takhlit) de la création, comme il est écrit que toute l'action vise l'intention du Chabbat, que tout s'annule pour devenir un récipient qui contient la bénédiction.

Ainsi disons-nous 'tu as sanctifié... la finalité des cieux et de la terre'. À chaque jour ouvrable il est écrit 'et il dit.

Que la lumière soit. Un firmament...', et au Chabbat il est écrit 'et il bénit'.

Or Israël fut choisi pour être préparé à recevoir la bénédiction, et durant les jours ouvrables ils sont des envoyés (chelouhim) pour réparer ce bas-monde ; car l'essence des âmes d'Israël est dans le monde à venir, seulement elles furent envoyées en ce bas-monde pour réparer le monde, et au saint Chabbat elles reçoivent la bénédiction. C'est le sens de 'souviens-toi... du jour du Chabbat'.

Car lorsque l'âme est envoyée en ce bas-monde, la grande lumière d'en haut lui est oubliée, et au Chabbat, par le pouvoir de l'âme supplémentaire, elle se souvient de la sainteté supérieure.

תר"נ

[תר״נ]

בפסוק כה תאמר כו' לנשים בלשון רכה כו' ותגיד דברים הקשין. וקשה דבלשון א' נאמר כדפרש"י בלשון הזה ובסדר הזה.

ויתכן לומר כי באמת באלה הדברים לנשים ופחותין שדעתן קלה. הם רק דברי פיתוי איך שהקב"ה קירב אותנו והרים אותנו.

אבל אנשים מבינים יודעים שאין זה דבר קטן ושמקבלין בזה עול גדול ונורא לעבוד הבורא עולם ולברר מלכותו ית' בעולם. ולכן אמר בלשון הזה ובסדר הזה שגלוי לפניו ית' שבזה הלשון ימשוך כ"א לפי דרכו.

הנשים בפיתוי. והאנשים בקבלה נוראה.

ובגמ' ג"כ מצינו מחלוקת אי מצות ליהנות ניתנו. והלכה דלאו ליהנות ניתנו כנ"ל:

Sur le verset 'ainsi tu diras... aux femmes en langage doux...' et 'tu rapporteras (ve-taggid)' les choses dures (aux hommes). C'est difficile, car cela fut dit en un seul langage, comme l'explique Rachi 'en ce langage et en cet ordre'.

On peut dire qu'en vérité, dans ces paroles, aux femmes et aux gens de moindre stature dont l'esprit est léger (daatan kala), ce ne sont que des paroles de persuasion (pitouy) : comment le Saint béni soit-il nous a rapprochés et élevés. Mais les hommes compréhensifs savent que ce n'est pas une petite chose et qu'ils reçoivent par là un joug grand et redoutable, servir le Créateur du monde et manifester sa royauté dans le monde.

C'est pourquoi il dit 'en ce langage et en cet ordre', car il est révélé devant Lui que par ce langage chacun sera attiré selon sa voie : les femmes par la persuasion, et les hommes par une acceptation redoutable. Dans la Guemara aussi nous trouvons une controverse : les commandements ont-ils été donnés pour en tirer un plaisir (litehanot) ?

Et la loi tranchée est qu'ils n'ont pas été donnés pour le plaisir, comme ci-dessus.

En bref

« Tu es monté en haut, tu as pris des dons parmi les hommes » (Tehilim 68,19) : le Midrach dit que la Torah fut donnée par une prise et en cadeau. Le Sfat Emet rapporte de son grand-père : la fatigue ne suffit pas à mériter le niveau sans fin de la Torah ; par la fatigue on mérite de trouver à la manière d'une trouvaille, et l'homme ne mérite ce cadeau que par cette fatigue, appelée aussi prise. Par la Torah l'homme mérite de prendre le bien ; les enfants d'Israël reçoivent par la Torah et leurs bonnes actions, et le Chabbat, « bon cadeau », par la fatigue des jours ouvrables.

Aussi : tout ce que les prophètes prophétiseraient fut reçu au Sinaï, les âmes y étant présentes ; Yitro, pour n'avoir pas suivi le conseil de Bilaam, mérita d'entendre et que Moché l'écoute ; l'exil d'Égypte sort les convertis et les étincelles de sainteté.

במדרש עלית למרום כו' לקחת בלקיחה ניתנה לו יכול שחייב ליתן ממון ת"ל מתנות במתנה ניתנה לו כו'. כבר כ' במ"א פי' מו"ז ז"ל על מאמרם יגעתי ומצאתי תאמין כי היגיעה א"א להיות כ"כ שיזכה למעלת התורה שאין לה סוף.

רק שע"י היגיעה זוכה למצוא בדרך מציאה כו'. וז"ש שניתנה לו במתנה.

ומ"מ אין אדם זוכה למתנה זו רק ע"י יגיעה ונק' לקיחה ג"כ כנ"ל. וע"ז נאמר לקח טוב נתתי.

שנק' לקיחה ומתנה שע"י התורה זוכה האדם ליקח הטוב. וזהו ענין קבלת התורה ומצות לבנ"י כמ"ש ז"ל כ"ו כל"ח על כ"ו דור שהי' העולם קיים בחסדו ית' בלבד.

וכשניתן התורה מקבלין בנ"י בכח התורה ומעשיהם הטובים. וכן הוא בשבת שנק' מתנה טובה.

כי מאן דאכיל דלאו דילי' בהית לאסתכולי בי'. ולכן הכין הקב"ה שיזכה האדם לעוה"ב ע"י העבודה בעוה"ז.

וכמו כן יזכה לשבת ע"י היגיעה בימי המעשה. וזהו ההפרש שבין עובד אלקים.

שהקב"ה מטיב לכל. אבל לבנ"י נתן הטובה בבחי' לקיחה שיקחוהו הם במעשיהם.

וז"ש לקחת מתנות באדם. וע"ז נאמר מה רב טובך אשר צפנת.

שזה טוב האמת שהוא מטמון שהטמין הקב"ה. והזמין לבנ"י שימצאו הארות הגנוזות ע"י עבודתם בתורה ומצות:

Dans le Midrach : 'Tu es monté en haut [tu as pris des dons parmi les hommes]' (Ps 68,19) -- 'prendre' : elle [la Torah] lui a été donnée par une prise ; on aurait pu croire qu'il est tenu de payer de l'argent, aussi l'Écriture dit 'des dons' : elle lui a été donnée en cadeau, etc. J'ai déjà écrit ailleurs l'explication de mon grand-père, de mémoire bénie, sur leur dire 'Je me suis fatigué et j'ai trouvé, crois-le' (Meguila 6b) : car la fatigue ne peut suffire à elle seule à mériter le niveau de la Torah, qui est sans fin.

Seulement, par la fatigue on mérite de trouver à la manière d'une trouvaille, etc. C'est ce que signifie '[la Torah] lui a été donnée en cadeau'.

Néanmoins l'homme ne mérite ce cadeau que par la fatigue, et cela s'appelle aussi 'prise', comme dit plus haut. C'est de cela qu'il est dit 'Je vous ai donné un bon acquis (leqah), n'abandonnez pas ma Torah' (Pr 4,2) -- qui est appelé prise et cadeau : car par la Torah l'homme mérite de prendre le bien.

Tel est le sens de la réception de la Torah et des mitsvot par les enfants d'Israël, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie, par le signe 'khaf-vav (26), ki le-'olam hasdo (car Sa bonté est éternelle)', au sujet des 26 générations durant lesquelles le monde ne subsistait que par Sa bonté, béni soit-Il, seule. Et quand la Torah fut donnée, les enfants d'Israël reçoivent par la force de la Torah et de leurs bonnes actions.

Il en est de même pour le Chabbat, qui est appelé 'bon cadeau' : car 'celui qui mange ce qui n'est pas à lui a honte de le regarder'. C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, a disposé que l'homme mérite le monde à venir par le service dans ce monde-ci.

De même il méritera le Chabbat par la fatigue durant les jours ouvrables. Telle est la différence [entre celui qui sert Dieu et celui qui ne Le sert pas] (Ml 3,18) : car le Saint, béni soit-Il, fait du bien à tous, mais aux enfants d'Israël Il a donné le bien sous forme de prise, afin qu'ils le prennent par leurs actions.

C'est ce que dit 'tu as pris des dons parmi les hommes' (Ps 68,19). Et de cela il est dit 'Que grande est Ta bonté que Tu as réservée' (Ps 31,20) : car c'est le vrai bien, qui est un trésor que le Saint, béni soit-Il, a caché et préparé pour les enfants d'Israël, afin qu'ils trouvent les illuminations enfouies par leur service dans la Torah et les mitsvot.

במדרש וידבר אלקים א"כ הדברים כו'. מה שהנביאים עתידין להתנבאות הכל קיבלו מהר סיני.

ביד מלאכי בימי מלאכי לא נאמר כו'. אשר עמנו עומד היום אין כ'.

רק הנשמות שאין בהם עמידה כו' כי בוודאי לשמוע דבר ה' אינו בגוף רק בנשמה אכן אבותינו שעמדו על הר סיני נזדככו להיות כמלאכי השרת. כדכ' אמרתי אלקים אתם.

לכן גם הגופות שלהם היו כנשמות. אבל כל הדורות הנשמות שלהם היו במעמד הר סיני.

ולכן כפי שאדם זוכה לנשמה ולהארת הנשמה. כך זוכה לתורה.

ולכן איתא בש"ק יעשה כולו תורה כי הוא יומא דנשמתין ולאו דגופא. ונשמה יתירה היורדת בש"ק נפתח ע"י שער התורה בש"ק.

ומקריאת התורה בש"ק מוכח שיש התגלות התורה בש"ק. ובאמת שכפי העסק בתורה זוכין להתגלות הנשמה.

כמ"ש בזוה"ק ע"פ ישרצו המים שרץ נפש חיה. וכמו כן לפי התגלות הנשמה זוכין לתורה.

ושניהם אין להם סוף שיש נשמה לנשמה כו'. וכמו כן יש פנים לפנים במ"ט פנים לתורה.

ויש לכל איש ישראל חלק בתורה בשורש נשמתו. והנביאים התנבאו בכח שורש נשמתם למעלה.

וז"ש ביד מלאכי כי יד הוא מקום. כדאיתא בזוה"ק בהיכלות דפקודי ע"פ וידי אדם תחת כנפיהם.

שהם מקומות מיוחדים לבני אדם. וע"ז כ' וביד הנביאים אדמה.

ובקבלת התורה הוכנו כל אלה המקומות. ובש"ק שמתעלין נפשות בנ"י אל השורש זוכין לתורה.

לכן מתפללין בתפילת שבת ותן חלקינו בתורתך. והכל תלוי כפי היגיעה בימי המעשה להיות הכנת כל הימים רק לשבת.

ויתכן לומר כמ"ש היו נכונים ליום השלישי. כמו כן כל הג' ימים דקמי שבתא הם להיות מוכן לקבלת התורה בש"ק.

והג' ימים דבתר שבתא להכניס הארת השבת בכל המעשים שבחול:

Dans le Midrach : 'Dieu prononça toutes ces paroles' (Ex 20,1) -- enseigne que tout ce que les prophètes étaient destinés à prophétiser, ils l'ont tout reçu du mont Sinaï. 'Par la main de Malachie' (Ml 1,1) : il n'est pas dit 'aux jours de Malachie', etc. 'Qui se tient avec nous ici aujourd'hui' (Dt 29,14) -- il n'est pas écrit [ainsi de tous], seulement des âmes, en qui il n'y a pas de station [dans le temps], etc. Car assurément, entendre la parole de Dieu ne se fait pas dans le corps mais dans l'âme.

Toutefois nos pères qui se tinrent au mont Sinaï se purifièrent au point d'être comme des anges serviteurs, ainsi qu'il est écrit 'J'ai dit : vous êtes des êtres divins' (Ps 82,6) ; c'est pourquoi même leurs corps étaient comme des âmes. Mais pour toutes les générations, leurs âmes se trouvaient à la station du mont Sinaï.

Ainsi, selon que l'homme mérite l'âme et l'illumination de l'âme, il mérite la Torah. C'est pourquoi il est enseigné que le saint Chabbat doit être entièrement consacré à la Torah, car c'est le jour des âmes et non des corps.

Et l'âme supplémentaire qui descend le saint Chabbat s'ouvre par la porte de la Torah au saint Chabbat. De la lecture de la Torah au saint Chabbat, il est prouvé qu'il y a une révélation de la Torah au saint Chabbat.

En vérité, selon l'occupation dans la Torah on mérite la révélation de l'âme, comme il est dit dans le saint Zohar sur le verset 'Que les eaux fourmillent d'un fourmillement d'âme vivante' (Gn 1,20). De même, selon la révélation de l'âme on mérite la Torah.

Et tous deux sont sans fin, car il y a une âme à l'âme, etc. De même il y a une face à la face parmi les 49 faces de la Torah.

Et chaque homme d'Israël a une part dans la Torah selon la racine de son âme. Les prophètes ont prophétisé par la force de la racine de leur âme en haut.

C'est ce que dit 'par la main de Malachie', car 'main' désigne un lieu, comme il est dit dans le saint Zohar, dans les palais de Peqoudei, sur le verset 'et des mains d'homme sous leurs ailes' (Éz 1,8) : ce sont des lieux particuliers pour les hommes. De cela il est écrit 'et par la main des prophètes Je Me suis fait ressembler' (Os 12,11).

À la réception de la Torah, tous ces lieux furent préparés. Et le saint Chabbat, lorsque les âmes des enfants d'Israël s'élèvent vers la racine, ils méritent la Torah.

C'est pourquoi l'on prie dans la prière du Chabbat 'donne notre part dans Ta Torah'. Et tout dépend de la fatigue durant les jours ouvrables, de sorte que la préparation de tous les jours ne soit que pour le Chabbat.

Et l'on peut dire, comme il est dit 'soyez prêts pour le troisième jour' (Ex 19,15) : de même les trois jours qui précèdent le Chabbat servent à se préparer à la réception de la Torah au saint Chabbat, et les trois jours qui suivent le Chabbat servent à introduire l'illumination du Chabbat dans toutes les actions des jours ouvrables.

בפסוק זכור את יום השבת לקדשו. משמע שע"י הזכירה ניתוסף קדושה לשבת וכמ"ש בשם מו"ז ז"ל ע"פ לעשות את השבת שנק' מעשה כמ"ש בגמרא בדיבורא איתעביד מעשה.

כמו כן ע"י עדות בנ"י בשבת מתגלה הקדושה בשבת כו'. דכ' אתם עדי נאום ה' ואני אל.

שכפי עדות בנ"י עליו. כך מתגלה אלקותו בעולם.

ושבת סהדותא איקרי. ובוודאי כאשר הש"י ייחד אותנו לעדים יש לנו כח להעיד ולברר כבוד מלכותו ית' בעולם.

ובאמת הכל בכח התורה דכ' וידבר כו' לאמר אנכי ה'. פי' שניתן כח לבנ"י לומר זאת.

ולברר כי הוא ית' א-להינו. וז"ש אתם עדי נאום ה'.

דהל"ל ואני אל נאום ה'. רק הפסיק באמצע הפסוק לומר כי העדות שאנו מעידין הוא בכחו ית' כמ"ש ואשים דברי בפיך.

הוא ע"י התורה. ובצל ידי כסיתיך הוא המצות רמ"ח ושס"ה.

שהוא צלם האדם בפנימיות. שיש עדות בפה.

ויש עדות במעשה. לנטוע שמים וליסוד ארץ בב' עדיות אלו.

וז"ש אתם עדי נאום ה'. והבן.

וכזה שמעתי מפי מו"ז ז"ל במ"ש רש"י בסנהדרין במשנה האומר אין תחה"מ מן התורה שאפי' מאמין בתה"מ רק שאינו בכח התורה מה לנו ולאמונתו ע"ש:

Sur le verset 'Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier' (Ex 20,8) : cela implique que par le souvenir une sainteté supplémentaire s'ajoute au Chabbat, comme il est dit au nom de mon grand-père, de mémoire bénie, sur le verset 'pour faire le Chabbat' (Ex 31,16), qui est appelé 'action' (ma'ase), ainsi qu'il est dit dans la Guemara 'par la parole une action fut accomplie'. De même, par le témoignage des enfants d'Israël le Chabbat, la sainteté se révèle dans le Chabbat, etc.

Car il est écrit 'Vous êtes Mes témoins, dit le Nom, et Je suis Dieu' (Is 43,12) : selon le témoignage que les enfants d'Israël rendent sur Lui, ainsi Sa divinité se révèle dans le monde. Et le Chabbat est appelé 'témoignage'.

Assurément, lorsque le Saint, béni soit-Il, nous a désignés comme témoins, nous avons la force de témoigner et de manifester la gloire de Sa royauté, béni soit-Il, dans le monde. En vérité, tout se fait par la force de la Torah, car il est écrit 'Il parla... en disant : Je suis le Nom' (Ex 20,1-2) -- c'est-à-dire qu'une force fut donnée aux enfants d'Israël pour dire cela et pour manifester qu'Il est, béni soit-Il, notre Dieu.

C'est ce que dit 'Vous êtes Mes témoins, dit le Nom' : car il aurait fallu dire 'et Je suis Dieu, dit le Nom' ; mais il a coupé au milieu du verset pour dire que le témoignage que nous rendons se fait par Sa force, béni soit-Il, comme il est dit 'J'ai placé Mes paroles dans ta bouche' (Is 51,16) -- cela se fait par la Torah ; 'et à l'ombre de Ma main Je t'ai couvert' -- ce sont les mitsvot, 248 [positives] et 365 [négatives], qui sont l'image de l'homme en son intérieur. Car il y a un témoignage par la bouche et un témoignage par l'action, 'pour planter les cieux et fonder la terre' (Is 51,16) par ces deux témoignages.

C'est ce que dit 'Vous êtes Mes témoins, dit le Nom', comprends-le. Et de même j'ai entendu de la bouche de mon grand-père, de mémoire bénie, sur ce que dit Rachi dans le traité Sanhédrin, dans la Michna 'celui qui dit que la résurrection des morts n'est pas [enseignée] dans la Torah' : que même celui qui croit à la résurrection des morts mais [prétend] qu'elle n'est pas [issue] de la force de la Torah, que nous importe sa foi -- vois là-bas.

תרנ"א

תרנ"א (année 5651)

וישמע יתרו. זכה יתרו לשמוע דבר ה' ע"י שלא שמע לעצת בלעם כמ"ש ז"ל ג' היו באותה עצה.

יתרו שמע וברח. ועליו יש לדרוש הפסוק אשרי האיש.

יתרו נק' איש. כדכ' לשבת את האיש.

לא הלך בעצת רשעים פרעה ובלעם. ולא עמד כמו איוב ששתק.

רק ברח. ובתורת ה' חפצו כמ"ש שנדבו לבו ללכת למקום תהו לשמוע התורה.

והי' כעץ שתול על פלגי מים שזכה להתדבק במשה רבינו ע"ה שר התורה. פריו יתן בעתו זו צפורה.

ועלהו לא יבול בניו שזכו להיות גדולים בתורה תרעתים שמעתים סכתים. וכל אשר יעשה יצליח שנתן העצה על השופטים והצליח.

כמ"ש וישמע משה לקול חותנו. ע"י שכ' וישמע יתרו זכה לוישמע משה כדכ' במדרש אם שמוע תשמע.

אם אתה שומע. ישמעו אחרים לך:

'Yitro entendit' (Ex 18,1) : Yitro mérita d'entendre la parole de Dieu parce qu'il n'écouta pas le conseil de Bilaam, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : trois étaient à ce conseil ; Yitro entendit et s'enfuit. Sur lui l'on peut interpréter le verset 'Heureux l'homme' (Ps 1,1) : Yitro est appelé 'homme', comme il est écrit 'consentir à demeurer auprès de l'homme' (Ex 2,21). 'Qui n'a pas marché dans le conseil des méchants' -- Pharaon et Bilaam ; 'et ne s'est pas tenu' comme Job qui garda le silence, mais s'enfuit ; 'et qui dans la Torah du Nom met son désir', comme il est dit que son cœur le poussa à aller vers un lieu de désolation pour entendre la Torah.

Il fut 'comme un arbre planté près des ruisseaux d'eau' (Ps 1,3), car il mérita de s'attacher à Moche notre maître, la paix sur lui, le prince de la Torah. 'Il donne son fruit en son temps' -- c'est Tsippora ; 'et son feuillage ne se flétrit pas' -- ses fils qui méritèrent d'être grands dans la Torah, les Tiratim, Chimatim et Soukhatim (I Ch 2,55). 'Et tout ce qu'il fait réussit' -- car il donna le conseil au sujet des juges et cela réussit, comme il est écrit 'Moche écouta la voix de son beau-père' (Ex 18,24). Parce qu'il est écrit 'Yitro entendit', il mérita 'Moche écouta', comme il est dit dans le Midrach 'si tu écoutes, tu entendras' (cf.

Ex 15,26) : si toi tu écoutes, d'autres t'écouteront.

במדרש לקחת מתנות באדם כו'. פי' שבקבלת התורה נשתנו בנ"י וזכו לציור הפנימי שעליהם נאמר אדם אתם אתם קרוין אדם.

כמו שהי' לאדה"ר קודם החטא. וע"י החטא הוסר ממנו הנשמה העליונה.

ובקבלת התורה זכו לאותה הנשמה. ולא לשעה רק לדורות שכפי היגיעה בתורה זוכין להארות אותו צלם ונשמה עליונה שע"ז כתיב אנכי ה"א.

וכ' לאמר אנכי ה"א. שבכח התורה יכולין לקבל אלקותו ית"ש.

ולכן כתיב מתנות. שזה ענין אמרם ז"ל עלה במחשבה לבראות במדה"ד.

וראה שאין מתקיים שיתף מדת הרחמים. שבתורה יכולין להשיג במתנה מה שהי' מקודם נצרך להיות במדה"ד.

ולכן לא הי' יכול אדם הראשון להתקיים באותו מדרגה. ובנ"י בכח התורה במדה"ר.

ניתן להם במתנה. ולכן כ' ג"כ בשבת שנק' מתנה טובה בבית גנזיו.

כי התורה ניתנה בשבת כמ"ש ז"ל זכור כו' יום השבת. עצומו של יום.

בגז"ש דזכור את כו' הזה אשר יצאתם ממצרים כו'. והפי' שנשאר לעולם זכר בש"ק מאותו מעמד של הר סיני.

ולכן נשמה יתירה יורדת בש"ק. ממשמע דכ' זכור כו' לקדשו.

בוודאי הוא זמן שמתעורר זה הכח בבנ"י:

Dans le Midrach : 'tu as pris des dons parmi les hommes' (Ps 68,19), etc. -- c'est-à-dire qu'à la réception de la Torah les enfants d'Israël furent transformés et méritèrent la figure intérieure au sujet de laquelle il est dit 'vous [êtes] Adam' : vous êtes appelés 'Adam' (homme), comme il en était d'Adam le premier homme avant la faute. Par la faute lui fut retirée l'âme supérieure, et à la réception de la Torah ils méritèrent cette âme -- non pour un instant mais pour les générations : car selon la fatigue dans la Torah, on mérite les illuminations de cette image et de cette âme supérieure, ce à propos de quoi il est écrit 'Je suis le Nom ton Dieu' (Ex 20,2).

Il est écrit 'en disant : Je suis le Nom ton Dieu', car par la force de la Torah on peut recevoir Sa divinité, béni soit Son nom. C'est pourquoi il est écrit 'dons'.

Tel est le sens de leur dire, de mémoire bénie : 'Il monta dans la pensée de créer [le monde] selon la mesure de rigueur ; Il vit qu'il ne subsistait pas, Il associa la mesure de miséricorde' -- car par la Torah on peut obtenir en cadeau ce qui auparavant devait relever de la mesure de rigueur. C'est pourquoi Adam le premier homme ne pouvait subsister à ce niveau, tandis qu'aux enfants d'Israël, par la force de la Torah selon la mesure de miséricorde, cela fut donné en cadeau.

C'est pourquoi il est écrit aussi au sujet du Chabbat, qui est appelé 'un bon cadeau dans Sa chambre de trésors'. Car la Torah fut donnée le Chabbat, comme l'ont dit nos maîtres 'Souviens-toi... du jour du Chabbat' -- le cœur même du jour -- par analogie verbale (guezera chava) entre 'Souviens-toi de ce [jour]...' et 'ce [jour] où vous êtes sortis d'Égypte' (Ex 13,3).

L'explication est qu'il reste à jamais un souvenir, le saint Chabbat, de cette station du mont Sinaï. C'est pourquoi une âme supplémentaire descend le saint Chabbat.

Du sens de ce qui est écrit 'Souviens-toi... pour le sanctifier', assurément c'est le temps où cette force s'éveille chez les enfants d'Israël.

ומצות זכור כו' לקדשו. שבכח בנ"י ניתוסף קדושה בשבת קודש.

ויתכן לפרש המשך הפסוק זכור כו' על כן ברך ה' כו' השבת ויקדשהו. שע"י שראה הקב"ה שבנ"י מוכנים להיות מקדשין השבת.

ולהעיד על הבורא ית'. על כן ברכו וקדשו.

וז"ש נתן לכם השבת. שבעבורכם הי' קדושת השבת.

ובוודאי לא כל אדם מוכן לזה. ומ"מ יש לכ"א מבנ"י חלק בקדושת שבת.

ואמרו חז"ל זכור ושמור בדיבור אחד נאמרו. כל שישנו בשמירה ישנו בזכירה.

כי זכירה הוא דבר גדול. ומ"מ כל השומר שבת כפשטו.

יש לו חלק בזכירה. וכן הוא בכל המצות שיש בהם כמה מיני מדרגות.

וכ' ויהי נועם ה' כו' עלינו ומ"י כו'. פי' נועם ה' היא הנשמה היורדת בש"ק.

פורס סוכת שלום עלינו. ומעשה ידינו כוננה עלינו הוא שצריך האדם לקבל הארת השבת להתדבק בו.

שישאר בו הארה מיום השבת. וזהו בחי' ג' ימים דבתר שבתא.

ואח"כ יוכל בזה הכח לזכות להמשיך הארה בש"ק השני וזהו ג"י דקמי שבתא. וע"ז כ' ומעשה ידינו כוננהו.

פי' לעורר במעשה ידינו שורש השבת למעלה. והוא ענין שרמזנו עליו בפי' על כן ברך כו'.

וכן הענין בכל המצות כמ"ש חז"ל ושמרתם ועשיתם ע"ש. וגם בכלל המצות אמרו חז"ל מצוה גוררת מצוה.

וכל תרי"ג מצות תלוין זה בזה. והם אחדות אחת.

לכן אמרו חז"ל וידבר אלקים כו' כל הדברים כו' שכולן בדיבור אחד נאמרו. וגם כל תרי"ג מצות בעשרת הדיברות נכללין.

נמצא כולן בדיבור אחד נאמרו. ממילא כל העושה מצוה אחת יש לו דביקות בכל:

'Et la mitsva de se souvenir... pour le sanctifier' : par la force des enfants d'Israël une sainteté s'ajoute au saint Chabbat. On peut expliquer la suite du verset 'Souviens-toi...' par 'c'est pourquoi le Nom bénit... le Chabbat et le sanctifia' (Ex 20,11) : parce que le Saint, béni soit-Il, vit que les enfants d'Israël sont prêts à sanctifier le Chabbat et à témoigner du Créateur, béni soit-Il, c'est pourquoi Il le bénit et le sanctifia.

C'est ce que dit '[voyez que le Nom] vous a donné le Chabbat' (Ex 16,29) : c'est à cause de vous qu'exista la sainteté du Chabbat. Assurément, tout homme n'est pas prêt à cela ; néanmoins chacun des enfants d'Israël a une part dans la sainteté du Chabbat.

Nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit : 'Souviens-toi' et 'Garde' furent prononcés en une seule parole ; quiconque est [tenu] à la garde est [tenu] au souvenir. Car le souvenir est une grande chose ; néanmoins quiconque garde le Chabbat selon son sens simple a une part dans le souvenir.

Il en est de même pour toutes les mitsvot, qui comportent plusieurs sortes de niveaux. Il est écrit 'Que la faveur du Nom notre Dieu... soit sur nous, et l'œuvre de nos mains...' (Ps 90,17).

L'explication : 'la faveur du Nom' est l'âme qui descend le saint Chabbat, qui étend sur nous une soukka de paix ; et 'affermis sur nous l'œuvre de nos mains' signifie que l'homme doit recevoir l'illumination du Chabbat pour s'y attacher, afin qu'il reste en lui une illumination du jour du Chabbat. Tel est l'aspect des trois jours qui suivent le Chabbat.

Ensuite, par cette force, il pourra mériter de prolonger l'illumination jusqu'au second saint Chabbat, et ce sont les trois jours qui précèdent le Chabbat. De cela il est écrit 'et affermis l'œuvre de nos mains' -- c'est-à-dire éveiller par l'œuvre de nos mains la racine du Chabbat en haut.

C'est ce que nous avons suggéré dans l'explication de 'c'est pourquoi Il bénit...'. Il en est de même pour toutes les mitsvot, comme l'ont dit nos maîtres 'vous garderez et vous ferez' (vois là-bas).

Et pour l'ensemble des mitsvot, nos maîtres ont dit 'une mitsva en entraîne une autre'. Toutes les 613 mitsvot dépendent l'une de l'autre et forment une seule unité.

C'est pourquoi nos maîtres ont dit 'Dieu prononça... toutes les paroles' : elles furent toutes dites en une seule parole. Et les 613 mitsvot sont toutes incluses dans les dix paroles [du Décalogue] ; il se trouve donc qu'elles furent toutes dites en une seule parole.

Par conséquent, quiconque accomplit une seule mitsva a un attachement à toutes.

בפסוק זכור את יום השבת. ואיתא אמרה שבת לכל נתת בן זוג כו'.

השיב הקב"ה כנס"י יהי' ב"ז. הענין הוא עפמ"ש בזוה"ק ויברך כו' את יום השביעי כיון דלא אשתכח בי' מזונא מאי ברכתא אשתכח בי' אלא כולהו ברכאין תלי' בשביעאה כו'.

וז"ש ברך כו' ויקדשהו. שהברכה בשבת היא למעלה בקודש.

והיא שורש הברכות. וברכה זו אין מי שיכול לקבל רק בנ"י שנעשו כלים לקבל זו הברכה בקבלת התורה.

וז"ש עוז לעמו יתן ועי"ז יברך את עמו בשלום. שהוא כלי מחזיק ברכה הנ"ל.

ובנ"י הם בעצמם כמו בחי' השבת הנ"ל. לכן בנ"י שנבחרו מכל העמים להיות לו סגולה.

הם בעוה"ז שפלים מכולם. בפרט בגלות.

וכמו שהשבת הוא שורש כל הברכות ולא משתכח בי' מזוני בהתגלות. כמו כן בנ"י הם מקבלים שורש כל הברכות.

וברוחניות לא בהתגלות. וז"ש כתפוח בעצי היער כו' בצלו חמדתי כו' ופריו מתוק לחכי.

וכבר כתבנו מדרש חז"ל מה תפוח אין לו צל כו' כך בנ"י בצלו חמדתי אף שאין ניכר צילו בעוה"ז. כמו כן פריו מתוק לחכי דווקא והכל תמהין מה ברכתא אשתכח לבנ"י.

אבל חיך אוכל יטעם. כמו הגוף בכלל מקבל המזון וחיך מקבל הטעם ודקות המאכל.

כמו כן בכלל העולם. בנ"י הם פה וחיך והם מבחינים ויודעין להרגיש זה הטעם ז"ש פריו מתוק לחכי.

וכ"ז הנחילנו השי"ת להיות לו לעם נחלה. וז"ש אנכי ה' א-להיך אשר הוצאתיך מארץ מצרים.

ומקשים למה לא כ' אשר בראתיך. אבל באמת בעוה"ז אין לבנ"י מקום בקביעות.

ולכן עבדים היינו במצרים כו'. כי אין זה מקום שלנו.

ולכל אומה יש מקום. אך בנ"י מקום שלהם למעלה מן הטבע והזמן והמקום.

לכן באמת כשבהמ"ק חרב וגלינו מארצנו. אין לנו מציאות בעוה"ז.

אבל כאשר הוציאנו הש"י ממצרים והרים אותנו מבית עבדים להיות בחי' בנים. נתן לנו מציאות בהנהגת התורה.

כמ"ש ולא נחם כו' דרך ארץ כו'. ואח"כ התורה עד שהכניסנו לארץ ישראל.

ובנה לנו בית הבחירה. אז ניתן לנו מקום בעולם.

וז"ש גרים ותושבים אתם עמדי. כביכול כבוד מלכותו ית' אינו נגלה בעוה"ז בקביעות והתגלות.

וכמו כן בנ"י. ולכן השבת ובנ"י הם ענין א' ועדות אחת.

כי הכל הבל. ושורש הברכה היא מהקב"ה בשבת קודש לבנ"י עם קדושו.

כמ"ש ביני ובין בנ"י אות הוא. כמ"ש חז"ל שניתן בצינעא והרמז כמ"ש:

Sur le verset 'Souviens-toi du jour du Chabbat'. Il est enseigné : le Chabbat dit [devant le Saint, béni soit-Il] : 'À tous Tu as donné un conjoint, etc.' Le Saint, béni soit-Il, répondit : 'la communauté d'Israël sera ton conjoint'.

Le sens repose sur ce qui est dit dans le saint Zohar : 'Il bénit... le septième jour' -- puisqu'il ne s'y trouve pas de nourriture, quelle bénédiction s'y trouve-t-il ? Mais toutes les bénédictions dépendent du septième, etc.

C'est ce que dit 'Il bénit... et le sanctifia' : la bénédiction du Chabbat est en haut dans le sacré, et elle est la racine des bénédictions. Cette bénédiction, nul ne peut la recevoir sinon les enfants d'Israël, qui sont devenus des réceptacles (kelim) pour recevoir cette bénédiction à la réception de la Torah.

C'est ce que dit 'Il donne la force à Son peuple' et par là 'Il bénit Son peuple par la paix' (Ps 29,11) : car [Son peuple] est le réceptacle qui contient la bénédiction susdite. Les enfants d'Israël sont eux-mêmes comme l'aspect du Chabbat susdit.

C'est pourquoi les enfants d'Israël, choisis parmi tous les peuples pour être Son bien précieux (segoula), sont en ce monde-ci les plus humbles de tous, particulièrement dans l'exil. De même que le Chabbat est la racine de toutes les bénédictions et qu'il ne s'y trouve pas de nourriture de façon révélée, de même les enfants d'Israël reçoivent la racine de toutes les bénédictions, mais en spiritualité, non de façon révélée.

C'est ce que dit 'Comme un pommier parmi les arbres de la forêt... à son ombre j'ai désiré... et son fruit est doux à mon palais' (Ct 2,3). Nous avons déjà rapporté le Midrach de nos maîtres : de même que le pommier n'a pas d'ombre, etc., ainsi les enfants d'Israël -- 'à son ombre j'ai désiré' bien que son ombre ne soit pas perceptible en ce monde-ci ; de même 'son fruit est doux à mon palais' précisément, et tous s'étonnent : quelle bénédiction se trouve-t-il chez les enfants d'Israël ?

Mais 'le palais goûte la nourriture' (Jb 34,3) : de même que le corps en général reçoit la nourriture et que le palais reçoit le goût et la finesse de l'aliment, de même dans l'ensemble du monde les enfants d'Israël sont la bouche et le palais, et ce sont eux qui discernent et savent percevoir ce goût -- c'est ce que dit 'son fruit est doux à mon palais'. Tout cela, le Saint, béni soit-Il, nous l'a donné en héritage, pour Lui être un peuple en héritage.

C'est ce que dit 'Je suis le Nom ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte' (Ex 20,2). On objecte : pourquoi n'est-il pas écrit 'qui t'ai créé' ?

Mais en vérité, en ce monde-ci les enfants d'Israël n'ont pas de lieu permanent, et c'est pourquoi 'nous fûmes esclaves en Égypte', etc. -- car ce n'est pas notre lieu. Chaque nation a un lieu, mais les enfants d'Israël, leur lieu est au-dessus de la nature, du temps et de l'espace.

C'est pourquoi, en vérité, quand le Temple fut détruit et que nous fûmes exilés de notre terre, nous n'avons pas d'existence en ce monde-ci. Mais lorsque le Saint, béni soit-Il, nous a fait sortir d'Égypte et nous a élevés de la maison de servitude pour être à l'aspect de fils, Il nous a donné une existence dans la conduite de la Torah, comme il est écrit 'Il ne les conduisit pas... par le chemin du pays...' (Ex 13,17), puis [Il donna] la Torah, jusqu'à ce qu'Il nous fasse entrer en terre d'Israël et bâtisse pour nous la Maison de l'élection [le Temple] ; alors un lieu nous fut donné dans le monde.

C'est ce que dit 'vous êtes des étrangers et des résidents avec Moi' (Lv 25,23) : pour ainsi dire, la gloire de Sa royauté, béni soit-Il, ne se révèle pas en ce monde-ci de façon permanente et manifeste, et de même les enfants d'Israël. C'est pourquoi le Chabbat et les enfants d'Israël sont une seule chose et un seul témoignage, car tout est vanité.

Et la racine de la bénédiction vient du Saint, béni soit-Il, le saint Chabbat, aux enfants d'Israël Son peuple saint, comme il est dit 'entre Moi et les enfants d'Israël c'est un signe' (Ex 31,17), comme l'ont dit nos maîtres qu'il fut donné en secret, et l'allusion est comme dit.

ובמדרש תרומה אתם צאני ואני הרועה. עשו דיר לרועה שיבוא וירעה אתכם.

אתם הכרם עשו סוכה לשומר שישמור אתכם. אתם בנים עשו בית לאב שידור אצל בניו כו' והענין כנ"ל כי הקב"ה בחר לבנ"י להיות כל צרכיהם מאתו ית' שלא בדרך הטבע.

כאשר ראינו כי האמהות היו עקרות להיות כל בנ"י בדרך נס. וכמו כן עבדים היינו.

וימררו את חייהם. כדי להיות בני חיי ומזוני של בנ"י בדרך נס כמ"ש לעיל.

לכן תהלוכות בנ"י בעוה"ז בדרך מקרה. ועיקר מהותם בעולם העליון.

עשו דיר שיבוא וירעה הוא בחי' מזוני ה' רועי. סוכה וישמור הוא חיי.

בית לאב בחי' בני:

Et dans le Midrach Terouma : 'Vous êtes Mon troupeau et Je suis le berger -- faites un enclos pour le berger, qu'il vienne et vous fasse paître. Vous êtes la vigne -- faites une cabane (soukka) pour le gardien, qu'il vous garde.

Vous êtes des fils -- faites une maison pour le père, qu'il demeure auprès de ses fils, etc.' Le sens est comme dit plus haut : le Saint, béni soit-Il, a choisi les enfants d'Israël pour que tous leurs besoins viennent de Lui, béni soit-Il, non selon la voie de la nature -- comme nous avons vu que les matriarches étaient stériles, afin que tous les enfants d'Israël [naissent] par voie de miracle. De même 'nous fûmes esclaves' et 'ils rendirent leur vie amère' (Ex 1,14), afin que les enfants, la vie et la subsistance (banei, hayei u-mezonei) des enfants d'Israël soient par voie de miracle, comme dit plus haut.

C'est pourquoi les cheminements des enfants d'Israël en ce monde-ci se font par voie de hasard [apparent], tandis que l'essentiel de leur être est dans le monde supérieur. 'Faites un enclos qu'il vienne et fasse paître' correspond à l'aspect de la subsistance -- 'le Nom est mon berger' (Ps 23,1) ; 'une cabane et il gardera' correspond à la vie ; 'une maison pour le père' à l'aspect des fils.

תרנ"ב

תרנ"ב (année 5652)

בענין שמיעת יתרו אחר יצ"מ. נראה כי זה הי' שכר הגלות כמ"ש ז"ל לא גלו ישראל אלא כדי שיתוספו עליהם גרים.

ולכן בכח גלות מצרים הוציאו ערב רב. ויתרו על כולם.

ובזה נתקיים בכל עצב יהי' מותר. וזה הרמז ואהבתם את הגר כי גרים הייתם בארץ מצרים שתכלית הגלות הי' בעבור הגרים.

ויתכן שזה רמזו חז"ל באמרם קשין גרים לישראל כספחת. שצריכין להתערב בין האומות בעבור הגרים.

ולכן כ' חז"ל שחת ספחת בהרת צרעת נגד ד' מלכיות ע"ש במדרש שכל הד' גליות הוא כדי להוציא הניצוצי קדושה שמעורבין בסט"א. וע"י הגלות מתבררין ועולין.

ובמדרש ה' עוזי ומעוזי ומנוסי ביום צרה אליך גוים יבאו כו'. פי' שיש לבנ"י כל אלה המדרגות.

כי עצם בנ"י הם דבקין בו יתברך ובתורתו. ומ"מ צריכין לתקן גם בעוה"ז הגשמיי בכח המצות שיש בהם אור תורה.

וצריכין ג"כ לכנוס במצרים כדי לתקן גם הני"ק שנמצא שם. והם ג' בחי' עוזי ומעוזי ומנוסי כו':

Au sujet de l'écoute de Yitro après la sortie d'Égypte : il apparaît que ce fut la récompense de l'exil, comme l'ont dit nos maîtres 'Israël ne fut exilé que pour que des convertis (guerim) s'ajoutent à eux'. C'est pourquoi, par la force de l'exil d'Égypte, ils firent sortir la 'multitude mêlée' (erev rav), et Yitro plus que tous.

Ainsi s'accomplit 'en toute peine il y a un profit' (Pr 14,23). C'est l'allusion de 'vous aimerez l'étranger, car vous fûtes des étrangers au pays d'Égypte' (Dt 10,19) : le but de l'exil fut à cause des convertis.

Il se peut que ce soit ce qu'ont suggéré nos maîtres en disant 'les convertis sont durs pour Israël comme une dartre (sapahat)' : car ils doivent se mêler parmi les nations à cause des convertis. C'est pourquoi nos maîtres ont écrit que 'seet, sapahat, baheret, tsara'at' (Lv 14) correspondent aux quatre royaumes [d'exil] -- vois là-bas dans le Midrach -- que les quatre exils servent à faire sortir les étincelles de sainteté (nitsotsei kedoucha) qui sont mêlées dans le 'côté autre' (sitra a'hra).

Par l'exil elles sont triées et s'élèvent. Et dans le Midrach : 'Nom, ma force, mon rempart et mon refuge au jour de détresse, vers Toi les nations viendront' (Jr 16,19), etc. -- c'est-à-dire que les enfants d'Israël possèdent tous ces niveaux : car l'essence des enfants d'Israël est attachée à Lui, béni soit-Il, et à Sa Torah ; néanmoins ils doivent réparer aussi en ce monde-ci matériel, par la force des mitsvot qui contiennent la lumière de la Torah ; et ils devaient aussi entrer en Égypte afin de réparer aussi les étincelles de sainteté qui s'y trouvaient.

Ce sont les trois aspects : 'ma force, mon rempart et mon refuge', etc.

En bref

« Le jour où tu t'es tenu devant Hachem ton Elokim au Horev » (Devarim 4,10) : au mont Sinaï les enfants d'Israël atteignent la perfection, comme des anges. Le Sfat Emet dit que l'homme est « celui qui marche », car il doit aller de degré en degré ; alors il est « celui qui se tient ». Un rayonnement de cette perfection est en chaque Chabbat, c'est pourquoi il y a un repos. « Souviens-toi du jour du Chabbat » : le souvenir par la bouche ajoute une sainteté. Le Chabbat témoigne des trois fondements de la foi : la création, la providence à chaque instant, et la délivrance future où le Nom et Son Nom seront un.

Aussi : trois repas de la foi pour création, providence et jour tout entier Chabbat ; la Torah élève les étincelles et Moché la redescend capturée ; Yitro s'est soumis, la Torah libérant de la maison de servitude

בענין מעמד הר סיני דכ' יום אשר עמדת לפני ה' א-להיך בחורב. כי בהר סיני באו בנ"י לתכלית השלימות.

והיו כמלאכים. דהאדם נק' מהלך.

ע"י שבכל עת צריך לילך ממדרגה למדרגה לבוא אל השלימות. ואז נק' עומד.

ומעין זה השלימות יש הארה בכל שבת לכן יש בו שביתה. וכ' אם תשיב משבת רגלך כו'.

אל יצא איש ממקומו. וע"ז אומרין פורס סוכת שלום עלינו:

Au sujet de la station au mont Sinaï, car il est écrit 'le jour où tu t'es tenu devant le Nom ton Elokim au Horev' (Deut. 4,10).

Car au mont Sinaï les enfants d'Israël parvinrent au faite de la perfection, et ils étaient comme des anges. Car l'homme est appelé 'celui qui marche' (mehalekh), parce qu'à chaque instant il doit aller de degré en degré pour parvenir à la perfection ; et alors il est appelé 'celui qui se tient' (omed).

Et de cette perfection il y a un rayonnement en chaque chabbat, c'est pourquoi il comporte un repos (chevita). Et il est écrit 'si tu retiens ton pied à cause du chabbat...' (Isaie 58,13), 'que nul ne sorte de son lieu' (Exode 16,29).

Et sur cela on dit 'Il étend sur nous la souka de paix'.

בפרשה זכור את יום השבת לקדשו ואמרו חז"ל זכירה בפה שניתוסף קדושה ע"י זכירת בנ"י. והענין הוא דיש ג' בחינות בשבת.

והם עיקרי האמונה. כמ"ש בספרים אמונת בריאת עולם.

והשגחתו יתברך בכל עת. וגאולה העתידה שיהי' ה' ושמו אחד.

והשבת מעיד על כל הג'. ולכן יש ג' סעודתי דמהימנותא על ג' אמונות הנ"ל.

בליל שבת עדות על הבריאה שבת בראשית. וביום שבת מתן תורה זאת היא בחי' השגחתו ית"ש שהוא מנהיג העולם מלבד מה שברא מאין ליש.

וזה הסדר ניתן לבנ"י. והוא קבלת התורה.

שזה פי' עשרת הדברות. מגיד דבריו ליעקב.

שמסר ההנהגה שלו לבנ"י. ולכן נתן לנו תרי"ג מצות בתורה לעשות הכל כרצונו ולא זכה העולם לזה.

רק בנ"י בקבלת התורה. כי בסדר ההנהגה לא כל הברואים שוים וכפי זכות הנברא כך מנהיג אותו הקב"ה.

יש ע"י מלאכים ושלוחים וסיבות קרובות ורחוקות. לכן כ' שמעה עמי ואדברה.

כי הדיבור והנהגה שלו אינו מתגלה רק כפי מה שמצפין תחתונים להיות נמשכין אחר הנהגתו ית'. וז"ש א-להיך אנכי כמ"ש במדרש אלוה אני על כל באי עולם אבל עליך ייחדתי שמי ביותר ע"ש.

וז"ש אתם עדי נאום ה'. פי' זה עצמו שנגלה דבר ה' בעולם כמ"ש וידבר א-להים כו'.

בכח בנ"י. זה עדות של בנ"י כמ"ש כמה פעמים כי עדות בנ"י אינו בפה בלבד.

אבל הם בעצם עדים. כמ"ש אתם עדי נאום ה'.

שהרי זכו בנ"י לקבל התורה. ודיבורי ית"ש והנהגתו.

א"כ האמת עד לעצמו כמ"ש אורייתא וישראל כולהו חד. וזה אתם עדי נאום ה'.

וכ"כ ז"ל בפסוק מדי דברי בו די דיבורי שנתתי בו. וזה החלק תלוי בכח בנ"י ביום השבת.

לכן אמרו חז"ל בשבת ניתנה תורה. זכור בעצומו של יום.

לכן יש קריאת התורה בשבת. וסעודה ג' הוא השבת שרומז ליום שכולו שבת שאז יהי' ה' אחד בפי כל.

כמ"ש ומלאה הארץ דעה את ה' כמים לים מכסים:

Dans la paracha il est écrit 'Souviens-toi du jour du chabbat pour le sanctifier' (Exode 20,8), et nos Sages ont dit : le souvenir par la bouche, car une sainteté s'ajoute par le souvenir des enfants d'Israël. Et le sens est qu'il y a trois aspects dans le chabbat, et ce sont les fondements de la foi, comme il est écrit dans les livres : la foi en la création du monde ; Sa providence, qu'Il soit béni, à chaque instant ; et la délivrance future, où le Nom et Son Nom seront un (Zacharie 14,9).

Et le chabbat témoigne des trois. C'est pourquoi il y a trois repas de la foi (seoudati dimhemnouta) correspondant aux trois croyances susdites.

La nuit du chabbat : témoignage sur la création, chabbat de la Genèse. Et le jour du chabbat : le don de la Torah, ceci est l'aspect de Sa providence, qu'Il soit béni, car Il conduit le monde au-delà de ce qu'Il a créé du néant à l'être.

Et cet ordre fut donné aux enfants d'Israël, et c'est la réception de la Torah, car c'est le sens du Décalogue (les dix paroles). 'Il annonce Ses paroles à Yaakov' (Psaume 147,19) : Il a transmis Sa conduite aux enfants d'Israël. C'est pourquoi Il nous a donné les 613 (taryag) commandements dans la Torah, pour tout faire selon Sa volonté ; et le monde n'a pas mérité cela, seuls les enfants d'Israël par la réception de la Torah.

Car dans l'ordre de la conduite tous les êtres créés ne sont pas égaux, et selon le mérite de la créature ainsi le Saint béni soit-Il le conduit : il y a une conduite par les anges, par des émissaires, par des causes proches et lointaines. C'est pourquoi il est écrit 'écoute Mon peuple et Je parlerai' (Psaume 50,7), car Sa parole et Sa conduite ne se révèlent que selon ce que les êtres d'en bas attendent, pour être entraînés à la suite de Sa conduite, qu'Il soit béni.

Et c'est ce que signifie 'ton Elokim, Je suis' (Anokhi), comme il est dit dans le Midrach : 'Je suis Dieu sur tous les venus au monde, mais sur toi J'ai particulièrement fixé Mon Nom' - vois là. Et c'est ce que signifie 'vous êtes Mes témoins, dit le Nom' (Isaie 43,10) : cela même que la parole du Nom se soit révélée dans le monde, comme il est écrit 'et Elokim parla...' (Exode 20,1), c'est par la force des enfants d'Israël ; c'est le témoignage des enfants d'Israël, comme il est dit plusieurs fois que le témoignage des enfants d'Israël n'est pas seulement par la bouche, mais qu'ils sont en leur essence des témoins, comme il est écrit 'vous êtes Mes témoins, dit le Nom'.

Car les enfants d'Israël ont mérité de recevoir la Torah, Ses paroles, qu'Il soit béni, et Sa conduite ; ainsi la vérité est témoin d'elle-même, comme il est dit 'la Torah et Israël sont tous un'. Et c'est 'vous êtes Mes témoins, dit le Nom'.

Et ainsi ont écrit nos maîtres de mémoire bénie sur le verset 'quand Je parle de lui' (midei dabri bo) : assez (dai) de Ma parole (dibbouri) que J'ai mise en lui (Jérémie 31,19). Et cette part dépend de la force des enfants d'Israël au jour du chabbat.

C'est pourquoi nos Sages ont dit : au chabbat fut donnée la Torah. 'Souviens-toi' au plein du jour lui-même. C'est pourquoi il y a lecture de la Torah au chabbat.

Et le troisième repas, c'est le chabbat qui fait allusion au jour tout entier chabbat, où alors le Nom sera un dans la bouche de tous, comme il est écrit 'et la terre sera remplie de la connaissance du Nom comme les eaux couvrent la mer' (Isaie 11,9).

תרנ"ג

[תרנ״ג] (année 5653)

במדרש ה' עוזי כשקרע לנו הים באת רחב כו' כשנתן לנו התורה בא יתרו כו'. כי עיקר יצ"מ הי' להעלות הניצוצי קדושה שנתפזרו בכל מקום.

אבל גם ע"י עסק התורה יכולין להעלות הני"ק כמ"ש בס' אוה"ח בפסוק א"ש תשמעו בקולי והייתם לי סגולה להעלות הני"ק ע"י עסק התורה. ולא יצטרכו להתפזר בגלות בין האומות ע"ש.

וכ"ה במד' שמן תורק שמך כו'. וכל התורה שמותיו של הקב"ה.

ובכח עסק התורה עלמות אהבוך. וכ' בורא ניב שפתים ש"ש לרחוק ולקרוב.

שע"י העסק בפיהם של ישראל בתורה מתקרבין גם הרחוקים. וכ"כ ה' עוז לעמו יתן.

ועי"ז יברך א"ע בשלום. ולכך נק' בנ"י השולמית.

ולכן אחז"ל בפסוק ה' יתן אומר המבשרות צבא רב. שנתחלק כל דיבור לע' לשונות.

היינו שיהי' כח לבנ"י לקרב כל הלשונות כנ"ל:

Dans le Midrach : 'le Nom est ma force' (Exode 15,2) - quand Il fendit pour nous la mer, vint Rahav... ; quand Il nous donna la Torah, vint Yitro... Car l'essentiel de la sortie d'Égypte fut d'élever les étincelles de sainteté (nitsotsei kedoucha) qui s'étaient dispersées en tout lieu.

Mais aussi par l'occupation de la Torah on peut élever ces étincelles saintes, comme il est écrit dans le livre Or ha-Haim sur le verset 'si vous écoutez Ma voix, vous serez pour Moi un trésor' (Exode 19,5) : pour élever les étincelles saintes par l'occupation de la Torah, et ils n'auront plus besoin de se disperser dans l'exil parmi les nations - vois là. Et de même dans le Midrach : 'ton nom est une huile répandue...' (Cantique 1,3).

Et toute la Torah est faite des Noms du Saint béni soit-Il. Et par la force de l'occupation de la Torah, 'les jeunes filles (alamot) T'ont aimé' (Cantique 1,3).

Et il est écrit 'Il crée le fruit (niv) des lèvres, paix, paix au lointain et au proche' (Isaie 57,19) : car par l'occupation d'Israël, dans leur bouche, avec la Torah, même les lointains se rapprochent. Et ainsi 'le Nom donnera la force à Son peuple' (Psaume 29,11), et par cela Il Se bénit Lui-même dans la paix.

C'est pourquoi les enfants d'Israël sont appelés la Choulamit (Cantique 7,1). Et c'est pourquoi nos Sages de mémoire bénie ont dit sur le verset 'le Nom donne la parole, celles qui l'annoncent sont une grande armée' (Psaume 68,12) : que chaque parole se divisa en soixante-dix langues ; c'est-à-dire qu'il y aurait force aux enfants d'Israël de rapprocher toutes les langues, comme ci-dessus.

ובמדרש ומשה עלה כו' עלית למרום שבית שבי כו'. יכול מפני ששבה אותה ניתנה לו בחנם ת"ל לקחת.

יכול נתן דמים ת"ל מתנות. בזכות האבות כו' ע"ש כל הענין.

דהנה הכ' תולה כל התורה והמצות ביצ"מ. וכ"כ בהוציאך כו' תעבדון כו' על ההר הזה.

דהנה עיקר שכינה בתחתונים הי' קודם החטא. וע"י החטא נתפזרו ני"ק במקומות לא טובים.

וכמו כן לעומת זה נתעלו השרשים שבקדושה למעלה. כי זה לעומת זה עשה אלקים.

והאדם כולל עליונים ותחתונים. וכפי תיקון הגוף למטה.

כך מתפשטת כח הנשמה מלמעלה. וכפי ירידת הגוף כך מתעלה הנשמה למעלה.

וביצ"מ ביררו בנ"י הני"ק שנתפזרו למטה. ולכן זכו אח"ז להחזיר להם כח הנשמה מלמעלה בכח התורה.

ולכן כ' משיבת נפש כי התורה מחזרת הארת הנפש והנשמה אל האדם. ומעולם התורה מיוחדת לבנ"י.

אך שנשבה למעלה ע"י החטא. לכן כ' שבית שבי.

ולכן הי' צריך להיות בחנם. אבל ע"י החטא צריכין מקודם יגיעה כמ"ש התקן עצמך ללמוד תורה.

ובחי' זו שנק' שבית שבי. הוא בחי' יעקב.

שצורתו חקוקה תחת כה"כ. והוא עצם התורה.

ויש כאן בחי' ג' אבות. מתנות באדם הוא אברהם.

לקחת הוא בחי' יצחק במדה"ד. אבל בחי' יעקב היא התורה המיוחדת לו מעולם.

ולכן מצינו באברהם ויצחק דברים פרטים בצדקתם. אברהם נתנסה י' נסיונות.

יצחק בעקידה. אבל יעקב כתיב בי' איש תם.

וכ"כ תתן אמת ליעקב. יעקב חבל נחלתו.

וכ' יודיע דרכיו למשה לבנ"י עלילותיו. היינו שבנ"י תיקנו במצרים חלק העשי' למטה.

ומשה עלה והוריד להם החלק שלמעלה. התורה שנק' דרך.

וב' אלו הם בחי' נעשה ונשמע. ואמו"ז ז"ל אמר על המד' קלקלתם נעשה הזהרו בנשמע.

שאין הפי' שלא לעשות. רק שקודם החטא זכו לשמוע בכח הקדמת הנעשה.

ועתה השמיעה מסייעת לתקן העשי' כו'. והוא כמ"ש כי הראשונים הקדימו לברר הבירורים למטה ועי"ז זכו לירידת השפע מלמעלה.

ועתה עכ"פ צריכין בכח התורה לברר הניצ"ק:

Et dans le Midrach : 'et Moche monta...' (Exode 19,3) - 'tu es monté en haut, tu as capturé une capture...' (Psaume 68,19). On pourrait croire que, parce qu'il l'a capturée, elle lui fut donnée gratuitement : l'Écriture enseigne 'tu as pris' (lakahta).

On pourrait croire qu'il a payé un prix : l'Écriture enseigne 'des dons' (matanot). Par le mérite des Pères... - vois là toute la chose.

Car voici, l'Écriture suspend toute la Torah et les commandements à la sortie d'Égypte, et ainsi il est écrit 'quand tu feras sortir... vous servirez... sur cette montagne' (Exode 3,12). Car voici, l'essentiel de la Présence (Chekhina) parmi les êtres d'en bas était avant la faute ; et par la faute se dispersent les étincelles saintes en des lieux non bons.

Et de même, à l'opposé, les racines de la sainteté se sont élevées en haut, car 'l'une en face de l'autre Elokim a fait' (Ecclésiaste 7,14). Et l'homme comprend en lui les êtres d'en haut et d'en bas ; et selon la réparation (tikoun) du corps en bas, ainsi se déploie la force de la nechama (âme supérieure) d'en haut ; et selon la descente du corps, ainsi s'élève la nechama en haut.

Et lors de la sortie d'Égypte, les enfants d'Israël ont trié les étincelles saintes qui s'étaient dispersées en bas ; c'est pourquoi ils ont mérité ensuite qu'on leur rende la force de la nechama d'en haut, par la force de la Torah. C'est pourquoi il est écrit 'elle restaure l'âme (nefech)' (Psaume 19,8), car la Torah rend le rayonnement du nefech et de la nechama à l'homme.

Et de toujours la Torah est propre aux enfants d'Israël, sauf qu'elle avait été capturée en haut par la faute ; c'est pourquoi il est écrit 'tu as capturé une capture'. Et c'est pourquoi elle devait être gratuite ; mais à cause de la faute il faut d'abord un effort (yeguia), comme il est dit 'prépare-toi à étudier la Torah'.

Et cet aspect appelé 'tu as capturé une capture', c'est l'aspect de Yaakov, dont la forme est gravée sous le Trône de gloire, et il est l'essence même de la Torah. Et il y a ici l'aspect des trois Pères : 'des dons dans l'homme' (Psaume 68,19), c'est Abraham ; 'tu as pris' est l'aspect d'Its'hak, dans l'attribut de rigueur (midat ha-din) ; mais l'aspect de Yaakov est la Torah qui lui est propre de toujours.

Et c'est pourquoi nous trouvons chez Abraham et Its'hak des choses particulières dans leur justice : Abraham fut éprouvé par dix épreuves, Its'hak par la ligature (akeda) ; mais de Yaakov il est écrit 'homme intègre (ich tam)' (Genèse 25,27), et ainsi 'tu donneras la vérité à Yaakov' (Michee 7,20), 'Yaakov est le lot de Son héritage' (Deut. 32,9).

Et il est écrit 'Il fait connaître Ses voies à Moche, aux enfants d'Israël Ses hauts faits' (Psaume 103,7) : c'est-à-dire que les enfants d'Israël ont réparé en Égypte la part du 'faire' (assiya) en bas, et Moche est monté et leur a fait descendre la part d'en haut, la Torah appelée 'voie'. Et ces deux sont l'aspect de 'nous ferons et nous écouterons' (naassé ve-nichma).

Et mon aïeul, de mémoire bénie, a dit sur le Midrach 'vous avez gâté le naassé, prenez garde au nichma' : que le sens n'est pas de ne pas faire, mais qu'avant la faute ils avaient mérité d'entendre par la force de la préséance du 'faire', et que maintenant l'écoute aide à réparer le 'faire'... Et c'est comme il est dit : car les premiers ont devancé en triant les tris (birourim) en bas, et par cela ils ont mérité la descente de l'abondance (chefa) d'en haut ; et maintenant, en tout cas, il faut par la force de la Torah trier les étincelles saintes.

מצות זכירת מתן תורה. כמ"ש יום אשר עמדת לפני ה' דכ' אשר אנכי מצוך היום.

והוא אנכי דעשרת הדיברות. וכמו כן אשר אנכי מצוה אתכם בפרשה שני'.

דהוא הציווי בפרט ובכלל. ומתעורר מצות התורה בכל יום.

דעשרת הדוברות הם כלל כל התורה ומצות. והם מכוונים מול עשרה מאמרות.

וכמו דכל מעשה בראשית. וכל מה שמתהווה בעולם בכלל ובפרט.

הי' נכלל בעשרה מאמרות. כמו כן כל התורה ומצות שנעשו מכל בנ"י בכלל ובפרט.

הכל נכלל בעשרת הדיברות. והחילוק הוא.

דמאמרות הם קבועים בטבע. והדיברות הם מתחדשים תמיד.

כי הוא פנימיות עשרה מאמרות. וע"ז איתא במשנה ליתן שכר טוב לצדיקים שמקיימין העולם שנברא בע"מ.

ואין שכר טוב אלא תורה. וכ' בחכמה יסד ארץ הוא בחי' מ"ב.

כונן שמים בתבונה כונן תדיר כמ"ש בזוה"ק. והיא התורה שהיא מתחדשת בכל עת.

ולא עוד אלא שבכח התורה מתחדשין גם העשרה מאמרות. וע"ז נאמר בטובו מחדש בכל יום מ"ב.

וע"י מצות התורה יכולין למצוא התחדשות התורה בכל יום. וכמו כן ע"י מצות תפילין שכ' בפרשיות הנ"ל.

וכמ"ש למען תהי' תורת ה' בפיך. ובשבת א"צ תפילין.

כי בו ניתנה תורה. ויכולין לשמוע קול תורה בכח עצם היום לכן א"צ תפילין.

ואיתא כי בשבת יש לחם משנה לחם מן השמים ולחם מן הארץ. והוא כנ"ל לחם מן הארץ הוא מ"ב.

ולחם מה"ש הוא התורה. והנה שבת יש בו כח עשרה מאמרות שפרשת ויכלו הוא גמר מעשה בראשית.

ויש בו כח התורה שפרשת זכור את יום השבת הוא חלק לחם מן השמים שבשבת מתעלה הטבע ומתקשר ע"מ בעשרת הדיברות כנ"ל:

Le commandement de se souvenir du don de la Torah, comme il est écrit 'le jour où tu t'es tenu devant le Nom' (Deut. 4,10), car il est écrit 'que Je t'ordonne aujourd'hui' (Deut.

8,11). Et c'est le 'Je' (Anokhi) du Décalogue.

Et de même 'que Je vous ordonne' dans la seconde paracha du Chema. Car c'est le commandement en particulier et en général.

Et le commandement de la Torah s'éveille chaque jour, car le Décalogue est la totalité de toute la Torah et des commandements ; et il correspond aux dix paroles de la création (assara maamarot). Et de même que toute l'œuvre de la Genèse, et tout ce qui advient dans le monde en général et en particulier, était inclus dans les dix paroles de la création, de même toute la Torah et les commandements accomplis par tous les enfants d'Israël, en général et en particulier, tout est inclus dans le Décalogue.

Et la différence est que les paroles de la création (maamarot) sont fixées dans la nature, tandis que les paroles du Décalogue (dibrot) se renouvellent constamment, car c'est l'intériorité des dix paroles de la création. Et sur cela il est enseigné dans la Michna : 'pour donner bonne récompense aux justes qui maintiennent le monde créé par dix paroles' ; et il n'y a de bonne récompense que la Torah.

Et il est écrit 'par la sagesse ('hokhma) Il a fondé la terre' (Proverbes 3,19), c'est l'aspect de l'œuvre de la création ; 'Il a affermi les cieux par l'intelligence (tevouna)', Il affermit continuellement, comme il est écrit dans le saint Zohar ; et c'est la Torah qui se renouvelle à chaque instant. Et bien plus, par la force de la Torah se renouvellent aussi les dix paroles de la création ; et sur cela il est dit 'dans Sa bonté Il renouvelle chaque jour l'œuvre de la création'.

Et par le commandement de la Torah on peut trouver le renouvellement de la Torah chaque jour ; et de même par le commandement des tefilin, écrit dans les parachiot susdites, comme il est écrit 'afin que la Torah du Nom soit dans ta bouche' (Exode 13,9). Et au chabbat on n'a pas besoin de tefilin, car en lui fut donnée la Torah, et l'on peut entendre la voix de la Torah par la force de l'essence du jour ; c'est pourquoi on n'a pas besoin de tefilin.

Et il est enseigné qu'au chabbat il y a un pain double (le'hem michne) : un pain venu du ciel et un pain venu de la terre ; et c'est comme ci-dessus, le pain venu de la terre est l'œuvre de la création, et le pain venu du ciel est la Torah. Et voici, le chabbat comporte la force des dix paroles de la création, car la section 'Vayekhoulou' (Genèse 2,1) est l'achèvement de l'œuvre de la Genèse ; et il comporte la force de la Torah, car la section 'Souviens-toi du jour du chabbat' est la part du pain venu du ciel, puisqu'au chabbat la nature s'élève et se lie, l'œuvre de la création, au Décalogue, comme ci-dessus.

תרנ"ד

[תרנ״ד] (année 5654)

בענין שמיעת יתרו אצל קבלת התורה כמ"ש יתרו שמע ואיתבר ואתכפיא. וזה הי' גמר יצ"מ וגאולה שלא יהי' שפחה תירש גבירתה.

כי באמת כל החכמות שבעולם הם רק להיות הכנה לחכמת האמת חכמת התורה. כמ"ש הן יראת ה' היא חכמה.

ואיתא הן בלשון יונית אחת. פי' שחכמת התורה היא יחידית שכל החכמות הם ניצוצי החכמה העיקרית.

ובאמת קיום הכל בחכמה. כמ"ש בחכמה יסד ארץ.

אבל היא חכמה המתלבשת בטבע. וחכמת התורה היא אחדות עצם החכמה.

כמ"ש חז"ל כשרואין חכמי אומות מברכין שנתן מחכמתו לב"ו. וכשרואין חכמי ישראל מברכין שחלק מחכמתו ליראיו.

שהוא דבקות בו ית' כמ"ש חלק ה' עמו. ובאמת התורה היא שכל פשוט נפרד מחומר.

אך אנחנו בעוה"ז שמוטבעים בחומר. א"י להרגיש זו החכמה.

רק באמצעות חכמות המורגשות. אבל בנ"י כשעמדו על הר סיני שהיו כמלאכים.

זכו לקבל עצם החכמה. ולכן בראשית התחיל בב'.

ועשרת הדברות בא'. לומר כי בנין עולם ומ"ב אינו עצם האחדות.

כמו התורה שהיא חכמת יחידית. ולא יכלו לקבל זו התורה עד אחר יצ"מ שנתעלו להיות בני חורין.

כמ"ש אנכי ה"א אשר הוצאתיך מא"מ מבית עבדים. פי' מבית עבדים הוא שלא להיות משועבד אל החומר.

כי עוה"ז נקרא בית עבדים שאין הפנימיות מתגלה רק ע"י לבושים וצימצומים. וחז"ל אמרו עוה"ז דומה לפרוזדור והוא בית עבדים.

אבל על בנ"י נאמר תבחר ותקרב כו' נשבעה מטוב ביתך. וכ' אשרי יושבי ביתך.

וכעין זה בזוה"ק דף פ"ב ב'. ואיתא אין לך בן חורין אלא העוסק בתורה.

דכ' חרות על הלוחות. פי' אותיות התורה הם בחי' חירות שהוא שכל נפרד פשוט מכל חומר כמ"ש.

לכן נק' חרות שאין אותיות התורה כמו שאר לשונות. רק החיות שבהם הוא גבוה גבוה מהאותיות.

שהם רק רמזים לחיות הגנוז בהם. ולכן העוסק בתורה הוא בן חורין.

שהדברים שבתורה הם עצם החירות כנ"ל. וז"ש אנכי ה"א כמו שרמזו בגמ' אנכי אנא נפשאי כתבית יהבית פי' שהם דברי אלקים חיים.

ולכן ע"י עסק התורה באים לחירות. כמ"ש במשנה המקבל עליו עול תורה מעבירין ממנו עול מלכות ועול ד"א.

וז"ש שע"י קבלת אלקותו ית' יש יציאת מצרים וזהו העברת עול מלכות. ומבית עבדים הוא העברת עול דרך ארץ כמ"ש לעיל שכל הנהגת הטבע נק' בית עבדים.

והנה בשעת יצ"מ וקבלת התורה הי' הגאולה בכלל. ולכן נתבטלו כל חכמות לחכמת התורה.

ולכן יתרו שמע ואתכפיא. ובפרט יש גאולה זו בכל נפש ישראל.

שבכח התורה יכול איש ישראל לזכות לחירות. להיות הדעת שליט על הטבע והגשמיות.

שזה עיקר הגאולה שלא יהי' הגוף שליט על הדעת. כמ"ש היתפאר הגרזן על החוצב בו.

כי הנשמה חלק אלקי ממעל. והיא מחי' ומקיים כל מעשי הגוף.

וכל המעשים הם רק הכנות אל הנפש והנשמה. ואיך יהי' הגוף שליט על הנשמה.

אין זה אלא גלות מה שהחיות נסתר בחומר ומעשים גשמיים. וע"י התורה זוכין לחירות מבית עבדים כמ"ש:

Au sujet de l'écoute de Yitro auprès de la réception de la Torah, comme il est dit : 'Yitro entendit, il fut brisé et se soumit'. Et cela fut l'achèvement de la sortie d'Égypte et de la délivrance, afin qu'une servante n'hérite pas de sa maîtresse.

Car en vérité toutes les sagesses du monde ne sont que préparation à la sagesse de vérité, la sagesse de la Torah, comme il est écrit 'voici (hen), la crainte du Nom, c'est elle la sagesse' (Job 28,28) ; et il est enseigné que 'hen' en langue grecque signifie 'un'. Le sens : que la sagesse de la Torah est unique, et que toutes les sagesses sont des étincelles de la sagesse essentielle.

Et en vérité le maintien de tout est par la sagesse, comme il est écrit 'par la sagesse Il a fondé la terre' (Proverbes 3,19) ; mais c'est une sagesse qui se revêt dans la nature, tandis que la sagesse de la Torah est l'unité de l'essence de la sagesse. Comme l'ont dit nos Sages : quand on voit des sages des nations, on bénit 'Il a donné de Sa sagesse à la chair et au sang', et quand on voit des sages d'Israël, on bénit 'Il a partagé de Sa sagesse à ceux qui Le craignent', ce qui est l'attachement (devekout) à Lui, qu'Il soit béni, comme il est écrit 'la part du Nom, c'est Son peuple' (Deut.

32,9). Et en vérité la Torah est un intellect simple, séparé de la matière ; mais nous, dans ce monde, immergés dans la matière, ne pouvons ressentir cette sagesse, sinon par l'intermédiaire des sagesses sensibles.

Mais les enfants d'Israël, quand ils se tinrent au mont Sinaï, étant comme des anges, méritèrent de recevoir l'essence de la sagesse. Et c'est pourquoi 'Berechit' commence par un beit, et le Décalogue par un aleph, pour dire que l'édifice du monde et l'œuvre de la création ne sont pas l'essence de l'unité, comme la Torah qui est une sagesse unique.

Et ils ne purent recevoir cette Torah qu'après la sortie d'Égypte, quand ils s'élevèrent pour être des hommes libres (benei horin), comme il est écrit 'Je suis le Nom ton Elokim qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude' (Exode 20,2). Le sens de 'de la maison de servitude' est de ne pas être asservi à la matière ; car ce monde est appelé maison de servitude, où l'intériorité ne se révèle que par des vêtements et des contractions (tsimtsoumim).

Et nos Sages ont dit : ce monde ressemble à un vestibule, et c'est une maison de servitude. Mais des enfants d'Israël il est dit 'Tu choisiras et rapprocheras... nous nous rassasierons du bien de Ta maison' (Psaume 65,5), et il est écrit 'heureux ceux qui habitent Ta maison' (Psaume 84,5).

Et quelque chose de semblable se trouve dans le saint Zohar, folio 82b. Et il est enseigné : 'tu n'as d'homme libre que celui qui s'occupe de la Torah', car il est écrit 'gravé (harout) sur les tables' (Exode 32,16) - le sens : les lettres de la Torah sont l'aspect de la liberté (herout), qui est un intellect simple séparé de toute matière, comme il a été dit.

C'est pourquoi elle est appelée 'gravé' (harout), car les lettres de la Torah ne sont pas comme les autres langues : la vitalité qui est en elles est bien plus haute que les lettres, celles-ci n'étant que des allusions à la vitalité qui y est cachée. C'est pourquoi celui qui s'occupe de la Torah est un homme libre, car les choses de la Torah sont l'essence même de la liberté, comme ci-dessus.

Et c'est ce que signifie 'Je suis le Nom ton Elokim', comme ils l'ont fait allusion dans la Guemara : 'Anokhi - Moi-même Je Me suis écrit et donné', c'est-à-dire que ce sont les paroles du Elokim vivant. C'est pourquoi par l'occupation de la Torah on parvient à la liberté, comme il est dit dans la Michna : 'celui qui prend sur lui le joug de la Torah, on écarte de lui le joug de la royauté et le joug des affaires du monde (derekh erets)'.

Et c'est ce que signifie que par la réception de Sa divinité, qu'Il soit béni, il y a sortie d'Égypte, et c'est l'écart du joug de la royauté ; et 'de la maison de servitude', c'est l'écart du joug de derekh erets, comme il a été dit plus haut que toute la conduite de la nature est appelée maison de servitude. Et voici, au moment de la sortie d'Égypte et de la réception de la Torah, la délivrance fut générale ; c'est pourquoi toutes les sagesses s'annulèrent devant la sagesse de la Torah, et c'est pourquoi Yitro entendit et se soumit.

Et en particulier, cette délivrance existe dans chaque âme d'Israël, car par la force de la Torah l'homme d'Israël peut mériter la liberté, que la connaissance (daat) domine la nature et la matérialité ; car c'est l'essentiel de la délivrance, que le corps ne domine pas la connaissance, comme il est écrit 'la hache se glorifiera-t-elle sur celui qui taille avec elle ?' (Isaie 10,15). Car la nechama est une part divine d'en haut, et elle vivifie et maintient toutes les actions du corps, et toutes les actions ne sont que des préparations pour le nefech et la nechama ; et comment le corps dominerait-il la nechama ?

Cela n'est qu'un exil, du fait que la vitalité est cachée dans la matière et les actions matérielles. Et par la Torah on mérite la liberté hors de la maison de servitude, comme il a été dit.

בפסוק אנכי ה"א אשר הוצאתיך מא"מ. הקשו המפ' אמאי לא נזכר אשר בראתיך.

אבל אין זה קושיא שהרי נמנו וגמרו נוח לו לאדם שלא נברא. ועכשיו שנברא יפשפש במעשיו.

ימשמש במעשיו. ע"ש פ"ק דעירובין.

והנה ע"י יצ"מ ניתקנו בנ"י בחי' יפשפש במעשיו. ובקבלת התורה בחי' ימשמש במעשיו וזהו הי' תכלית הבריאה.

וכ' בחדש השלישי שהי' מקודם בריאת עולם אח"כ מעשה מצרים. אח"כ קבלת התורה זה יסוד השלישי שכולל הכל.

וכ' מצרף לכסף כור לזהב בוחן לבות ה'. שהם ג' מיני דרכים ונסיונות.

כדאיתא שיש נסיון בעשירות ועניות. כעין זה מ"ב הוא בחי' עולם חסד יבנה.

והוא הדרך של א"א ע"ה. ומעשה מצרים בחי' כור לזהב.

הדרך ע"י יסורים. ואע"פ שאהבה ויראה הם עמודים גדולים.

אבל התורה היא תכלית הכל. ובירור השלם.

שהם דברי א-להים חיים. כמ"ש אנכי ה"א.

וזה בוחן לבות ה'. ועיין בזוה"ק בפסוק ל"ת אתי א-להי כסף כו':

Sur le verset 'Je suis le Nom ton Elokim qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte' (Exode 20,2), les commentateurs ont demandé : pourquoi n'est-il pas mentionné 'qui t'ai créé' ? Mais ce n'est pas une difficulté, car les Sages ont compté et conclu : mieux vaut pour l'homme de ne pas avoir été créé, mais maintenant qu'il a été créé, qu'il scrute ses actions (yefachpech), qu'il examine ses actions (yemachmèch) - vois là, au premier chapitre de Erouvin.

Et voici, par la sortie d'Égypte les enfants d'Israël furent réparés selon l'aspect 'qu'il scrute ses actions', et par la réception de la Torah selon l'aspect 'qu'il examine ses actions' ; et c'était la finalité de la création. Et il est écrit 'au troisième mois' (Exode 19,1) : il y eut d'abord la création du monde, puis l'affaire d'Égypte, puis la réception de la Torah, ce troisième fondement qui comprend tout.

Et il est écrit 'le creuset (matsrèf) pour l'argent, le fourneau (kour) pour l'or, et celui qui sonde les cœurs, c'est le Nom' (Proverbes 17,3) : ce sont trois sortes de voies et d'épreuves, comme il est enseigné qu'il y a une épreuve dans la richesse et dans la pauvreté. De même, l'œuvre de la création est l'aspect de 'le monde sera bâti par la bonté ('hessed)' (Psaume 89,3), et c'est la voie de notre père Abraham, la paix sur lui.

Et l'affaire d'Égypte est l'aspect du 'fourneau pour l'or', la voie par les souffrances (yissourim). Et bien que l'amour et la crainte soient de grands piliers, la Torah est la finalité de tout et le triage parfait, car ce sont les paroles du Elokim vivant, comme il est écrit 'Je suis le Nom ton Elokim' ; et c'est 'celui qui sonde les cœurs, c'est le Nom'.

Et vois dans le saint Zohar sur le verset 'tu ne feras pas avec Moi des dieux d'argent...' (Exode 20,20).

En bref

« Souviens-toi du jour du Chabbat » : l’Écriture y mentionne les jours d’œuvre, car le Chabbat est la finalité et la racine de tous les jours. Le Sfat Emet : Il cessa de toute Son œuvre ; Hachem vit jusqu’à la fin des générations une satisfaction (nahat roua'h) de la Création, telle qu’elle s’accomplira au jour tout entier Chabbat. En ce monde les œuvres s’élèvent au Chabbat ; selon le désir (ratson) depuis les jours d’œuvre, ainsi sont bénédiction et sainteté, chaque Chabbat comme alors dans l’ensemble. Cela dépend du désir qu’Israël élève par ses actes, c’est pourquoi l’on dit au kidouch « ve-ratsa vanou » (et Il nous a désirés) ; le Chabbat est l’aspect du désir, « le plus cher des jours ».

Aussi : le témoignage « Je suis Hachem » fixé par la Torah dans les âmes ; souvenir du Chabbat les six jours pour oublier le labeur comme ce monde pour le monde à venir ; Chabbat, soixantième du monde à venir, mémorial de la Création.

בפרשת זכור א"י השבת כו'. ששת ימים עשה כו' ע"כ ברך כו'.

בכל מקום שמזכיר שבת מזכיר ימי המעשה. שכן הי' בשבת בראשית דכ' וישבות מכל מלאכתו.

א"כ נעשה השביתה מכל המלאכה. כי השבת הוא תכלית ושורש כל הימים.

ובמעשה בראשית דכ' וירא אלקים את כל אשר עשה שראה והביט עד סוף כל הדורות. ועלה נ"ר לפניו מכל הבריאה.

כמו שיהי' נגמר בפועל ממש לעתיד ביום שכולו שבת. ובעוה"ז עשה הקב"ה להיות ימי המעשה ושבת.

ויש עלי' מכל הנעשה בימי המעשה בש"ק. וכפי הרצון שיש בכל שבת לפניו מימי המעשה.

כך יש ברכה וקדושה. וז"ש כי ששת ימים עשה כו' וינח כו' ע"כ ברך כו' ויקדשהו.

כמו שהי' אז בכלל. כן נגמר כל פרט ופרט מדי שבת בשבתו.

לכן צריך כל איש ישראל לזכור תמיד ביום השבת. שיהי' עלי' מכל אלה המעשים.

וזה ירא שבת. וזה האות שרצה בנו הקב"ה במה שנתן לנו השבת.

לומר כי הברכה והקדושה בשבת הכל תלוי כפי הרצון שמעלין בנ"י במעשיהם. לכן אומרים בקידוש היום ורצה בנו.

כי שבת הוא בחי' רצון ונק' חמדת הימים. כי בו נגמר הרצון והתענוג העולה מכל הימים כמ"ש:

Dans la paracha : 'Souviens-toi du jour du Chabbat' etc. 'Six jours Il fit' etc., 'c'est pourquoi Il bénit' etc. (Ex.

20,8-11). Partout où l'Écriture mentionne le Chabbat, elle mentionne les jours d'œuvre.

Car ainsi en fut-il au Chabbat de la Création, comme il est écrit 'et Il cessa de toute Son œuvre' (Gen. 2,3) : ainsi s'accomplit la cessation de toute l'œuvre.

Car le Chabbat est la finalité et la racine de tous les jours. Et dans l'œuvre de la Création il est écrit 'et Dieu vit tout ce qu'Il avait fait' (Gen.

1,31) : Il vit et regarda jusqu'à la fin de toutes les générations, et une satisfaction (nahat roua'h) monta devant Lui de toute la Création, telle qu'elle s'accomplira réellement en acte dans le futur, au jour qui est tout entier Chabbat. Et en ce monde le Saint béni soit-Il a fait qu'il y ait des jours d'œuvre et le Chabbat.

Et il y a une élévation de tout ce qui est accompli durant les jours d'œuvre, au saint Chabbat. Et selon le désir (ratson) qu'il y a devant Lui à chaque Chabbat depuis les jours d'œuvre, ainsi y a-t-il bénédiction et sainteté.

Et c'est ce qui est dit : 'car en six jours Il fit' etc. 'et Il se reposa' etc. 'c'est pourquoi Il bénit' etc. 'et le sanctifia'. De même que ce fut alors dans l'ensemble, ainsi s'accomplit chaque détail, chaque Chabbat en son temps.

C'est pourquoi tout homme d'Israël doit toujours se souvenir, le jour du Chabbat, qu'il y ait élévation de toutes ces œuvres. Et c'est [le sens de] 'craindre le Chabbat'.

Et c'est le signe que le Saint béni soit-Il nous a désirés, en ce qu'Il nous a donné le Chabbat : pour dire que la bénédiction et la sainteté du Chabbat dépendent toutes du désir que les enfants d'Israël élèvent par leurs actes. C'est pourquoi l'on dit dans le kidouch du jour 've-ratsa vanou' (et Il nous a désirés).

Car le Chabbat est l'aspect (behina) du désir (ratson) et il est appelé 'le plus cher des jours' (hemdat ha-yamim). Car en lui s'accomplissent le désir et le délice (taanoug) qui monte de tous les jours, comme il a été dit.

תרנ"ה

5655 (תרנ״ה).

וידבר אלקים כו' אנכי ה"א. כ' שמע עמי ואעידה בך.

דהנה כשאמר הקב"ה אנכי ה"א. לא הי' זה אמירה בלבד.

אבל הי' זה עדות אמת כי נגלה אלקותו ית"ש לעיני כל בנ"י. וראו כי ה' הוא האלקים.

והנה זה העדות נקבע בנפשות בנ"י לעולם. וז"ש וידבר כו' לאמר.

אנכי ה"א בכח התורה. כמ"ש במ"א.

שע"ז כ' ואתם עדי נאום ה' פי' בכח התורה נקבע זה העדות בבנ"י וכ' תורת ה' תמימה משיבת נפש. שמשיב הנפש לשורשה.

ותכלית התורה להורות לבנ"י אחיזת כל האיברים וגידים בשורשם בכח התרי"ג מצות. וע"ז כ' ע"ח היא למחזיקים בה.

מלשון אבר מחזיק אבר. שבכח התורה משיב הכל לשורשו.

והנה גם שבת הוא מעין זה. ולכן נקרא שבת כמ"ש שבו איש תחתיו כו'.

והוא אחד מעשרת הדיברות. ואמרו חז"ל בשבת ניתנה תורה.

דכ' זכור בעצומו של יום. לרמוז כי התורה היא עצמה בחי' השבת.

ואיתא זכור בפה. והוא מצות קידוש היום בפה.

דהנה יש בחי' מחשבה דיבור ומעשה. וצריכין לשמור השבת בכל אלה הבחי'.

כמ"ש אם תשיב כו' וכבדתו מעשות דרכיך. ממצוא חפצך הוא רצון ומחשבה.

ודבר דבר. וכמו כן השכר על כל אלה אז תתענג במחשבה על ה' והרכבתיך במעשה כו'.

והאכלתיך נחלת יעקב הוא הדיבור בתורה שהוא בחי' הקול יעקב. והענין הוא שכמו שהוא בפרט האדם.

כן בכלל הבריאה הי' בחי' מעשה דיבור ומחשבה. והנה תיקון מעשה בראשית הי' ביצ"מ בבחי' עשי'.

כמ"ש אתם ראיתם אשר עשיתי כו'. כמ"ש וירא ישראל כו' אשר עשה.

ואח"כ בקבלת התורה בחי' הדיבור וידבר אלקים. וכמ"ש אתם ראיתם כי מה"ש דברתי עמכם.

וגם השבת יש בו אלה הג'. וזה רמז הג' סעודות.

והוא שכר המקיים שבת בג' בחי' הנ"ל. ולכן הגם שקודם הדיברות ניתן השבת לבנ"י במרה ובמן.

אך אז הי' בעשי' כמ"ש שבו איש תחתיו. והוא בחי' והרכבתיך על במתי ארץ.

השבת שרומז על בריאת עולם ויצ"מ. וכעין זה שמעתי ממורי זקני ז"ל עמ"ש ז"ל שבת במרה ניתן.

איך נרמז שם. ואמר במה שכתוב ושם נסהו.

ונסהו הוא לשון הרמה ועלי' כמו שאו נס. ורומז לעליות שבת כו'.

והיינו בחי' והרכבתיך ע"ב ארץ שכתבתי. ועתה בדיברות ניתן השבת בבחי' דיבור.

והוא נחלת יעקב בשבת שרומז על קבלת התורה שבשבת ניתנה תורה. ואז תתענג על ה' רומז על יום שכולו שבת בחי' המחשבה.

והוא למעלה מכולם. ויתקיים לעתיד.

לכן עתה לא נתפרש כי אין התיקון בשלימות עד לעתיד:

'Et Dieu parla' etc. : 'Je suis l'Éternel ton Dieu' (Ex. 20,2).

Il est écrit 'Écoute Mon peuple et Je témoignerai en toi' (Ps. 81,9).

Car voici : lorsque le Saint béni soit-Il dit 'Je suis l'Éternel ton Dieu', ce ne fut pas une simple parole, mais un témoignage véritable, car Sa divinité, béni soit Son nom, se révéla aux yeux de tout Israël, et ils virent que 'l'Éternel est Dieu' (I Rois 18,39). Et ce témoignage se fixa dans les âmes d'Israël pour toujours.

Et c'est ce qui est dit : 'et Il parla... pour dire (lemor)' : 'Je suis l'Éternel ton Dieu' par la force de la Torah, comme je l'ai écrit ailleurs. Car à ce sujet il est écrit 'et vous êtes Mes témoins, dit l'Éternel' (Is.

43,10), c'est-à-dire : par la force de la Torah ce témoignage se fixa en Israël. Et il est écrit 'la Torah de l'Éternel est parfaite, elle restaure l'âme' (Ps.

19,8), car elle ramène l'âme à sa racine. Et la finalité de la Torah est d'enseigner à Israël l'attachement de tous les membres et tendons à leur racine, par la force des 613 commandements (taryag mitsvot).

Et à ce sujet il est écrit 'c'est un arbre de vie (ets haim) pour ceux qui la saisissent' (Prov. 3,18), au sens de 'un membre soutient l'autre membre', car par la force de la Torah tout est ramené à sa racine.

Et voici, le Chabbat aussi est de cette nature. C'est pourquoi il est appelé Chabbat, comme il est dit 'que chacun demeure à sa place (shevou ish tahtav)' (Ex.

16,29). Et il est l'un des dix Commandements.

Et nos Sages ont dit : 'au Chabbat la Torah fut donnée', car il est écrit 'Souviens-toi' en la force même du jour, pour faire allusion au fait que la Torah est elle-même l'aspect (behina) du Chabbat. Et il est enseigné : 'Souviens-toi' par la bouche, et c'est le commandement du kidouch du jour, par la bouche.

Car voici, il y a l'aspect de la pensée, de la parole et de l'action, et l'on doit garder le Chabbat dans tous ces aspects, comme il est écrit 'si tu retiens... et si tu l'honores en t'abstenant de tes voies' (Is. 58,13) : 'de chercher tes affaires', c'est le désir et la pensée ; 'et de dire des paroles', [c'est la parole].

Et de même la récompense pour tout cela : 'alors tu te déliteras' - en pensée - 'de l'Éternel, et Je te ferai chevaucher' - en action - etc., 'et Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov' (Is. 58,14), c'est la parole dans la Torah, qui est l'aspect de 'la voix de Yaakov' (Gen.

27,22). Et l'idée est que, de même qu'il en est dans l'individu, ainsi dans l'ensemble de la Création il y eut l'aspect de l'action, de la parole et de la pensée.

Et voici, la réparation (tikoun) de l'œuvre de la Création se fit lors de la sortie d'Égypte, dans l'aspect de l'action (assiya), comme il est écrit 'vous avez vu ce que J'ai fait' (Ex. 19,4), comme il est écrit 'et Israël vit... ce qu'Il fit' (Ex.

14,31). Et ensuite, lors du don de la Torah, l'aspect de la parole : 'et Dieu parla'.

Et comme il est écrit 'vous avez vu que des cieux Je vous ai parlé' (Ex. 20,19).

Et le Chabbat aussi possède ces trois, et c'est l'allusion des trois repas, et c'est la récompense de celui qui accomplit le Chabbat dans les trois aspects susdits. C'est pourquoi, bien qu'avant les Commandements le Chabbat ait été donné à Israël à Mara et avec la manne, mais alors ce fut dans l'action, comme il est dit 'que chacun demeure à sa place' ; et c'est l'aspect de 'Je te ferai chevaucher les hauteurs de la terre', le Chabbat qui fait allusion à la création du monde et à la sortie d'Égypte.

Et quelque chose de semblable, je l'ai entendu de mon maître, mon grand-père de mémoire bénie, sur ce qu'ont dit [les Sages] de mémoire bénie : 'le Chabbat fut donné à Mara' - comment y est-il fait allusion ? Et il dit : par ce qui est écrit 'et là Il l'éprouva (nissahou)' (Ex.

15,25) ; or 'nissahou' est un terme d'élévation et de montée, comme 'levez une bannière (nés)', et cela fait allusion aux élévations du Chabbat etc. Et c'est l'aspect de 'Je te ferai chevaucher les hauteurs de la terre' que j'ai écrit.

Et maintenant, dans les Commandements, le Chabbat fut donné dans l'aspect de la parole, et c'est 'l'héritage de Yaakov' au Chabbat, qui fait allusion au don de la Torah, car au Chabbat la Torah fut donnée. Et 'alors tu te déliteras de l'Éternel' fait allusion au jour qui est tout entier Chabbat, l'aspect de la pensée, et il est au-dessus de tous, et il se réalisera dans le futur.

C'est pourquoi maintenant il n'est pas explicite, car la réparation n'est pas dans sa perfection avant le futur.

במדרש עלית למרום שבית שבי כו'. נק' התורה שבי כי התלבשות אור התורה במעשי המצות כמו שהם בעוה"ז.

הוא כמו בשבי'. אבל הוא מתנות באדם.

כי בכח איש ישראל בעוסקו בתורה ומצות לעורר פנימיות התורה. ולכן איתא אוי לבריות מעלבונה של תורה.

שכשאין עוסקין בתורה. אין האור נגלה ונכסה במלבוש החיצון.

כמ"ש אשה יפה וסרת טעם. וכמו כן העוסק בתורה הוא בן חורין כמ"ש במ"א הפי' בזה.

וז"ש במדרש משפטים בפסוק וכי ימכור איש כו' בתו כו' בת יחידה הי' לי ומכרתי' לכם שאין אתם מוציאין אותה אלא חבושה בארון כו' ע"ש. הרמז על התלבשות אותיות התורה במעשה מצות גשמיות.

וכמו כן בכל איש ישראל יש אותיות התורה כלולים בנשמתו. וכשאדם זוכה לתקן כל הגוף אחר הארת אותיות הנ"ל.

אז נק' לו יעדה. ואם תערובת הרע בגופו אשר לא יעדה.

עכ"פ צריך לשמור שלא לפגום הארת הנפש ונשמה. לעם נכרי לא כו' למכרה בבגדו בה.

פי' במה שנתלבשו האותיות במלבוש הגוף. והפדה.

זה בפרט כל איש ישראל. ובכלל ישראל צריכין לראות להוציא מכח אל הפועל פנימיות התורה להוציא חמה מנרתיקה.

ואם לאו נקראת חבושה בארון. וקרי עלה כי ימכור כו':

Dans le Midrach : 'Tu es monté en haut, tu as capturé une captivité (shavita shevi)' etc. (Ps.

68,19). La Torah est appelée 'captivité (shevi)', car le revêtement de la lumière de la Torah dans les actes des commandements, tels qu'ils sont en ce monde, est comme en captivité.

Mais [il est aussi écrit] 'des dons parmi les hommes (matanot ba-adam)', car il est au pouvoir de l'homme d'Israël, en s'adonnant à la Torah et aux commandements, d'éveiller l'intériorité de la Torah. C'est pourquoi il est enseigné : 'Malheur aux créatures à cause de l'outrage fait à la Torah' (Avot 6,2), car lorsqu'on ne s'adonne pas à la Torah, la lumière ne se révèle pas et demeure couverte du vêtement extérieur, comme il est dit 'un anneau d'or au groin d'un porc, une belle femme dépourvue de discernement' (Prov.

11,22). Et de même, celui qui s'adonne à la Torah est un homme libre (ben horin), comme j'en ai expliqué le sens ailleurs.

Et c'est ce qui est dit dans le Midrach Michpatim, sur le verset 'et si un homme vend... sa fille' etc. (Ex.

21,7) : 'Une fille unique J'avais, et Je vous l'ai vendue, car vous ne la faites sortir qu'enfermée dans un coffre (aron)' etc. - voir là-bas. L'allusion porte sur le revêtement des lettres de la Torah dans l'accomplissement des commandements matériels.

Et de même, en tout homme d'Israël il y a les lettres de la Torah incluses dans son âme. Et lorsque l'homme mérite de réparer tout le corps à la suite de l'illumination des lettres susdites, alors on dit de lui 'il l'a destinée (ye'adah)'.

Et si un mélange de mal est dans son corps, de sorte 'qu'il ne l'a pas destinée (acher lo ye'adah)', il doit en tout cas veiller à ne pas endommager l'illumination de l'âme (nefech) et de l'âme supérieure (nechama). 'À un peuple étranger il ne [pourra la vendre]' etc., 'en la trahissant (be-vigdo bah)' (Ex. 21,8), c'est-à-dire en ce que les lettres se sont revêtues du vêtement du corps. 'Et il la rachètera (ve-hifdah)' : cela concerne chaque homme d'Israël en particulier.

Et dans l'ensemble d'Israël, il faut veiller à faire passer de la puissance à l'acte l'intériorité de la Torah, à faire sortir le soleil de son fourreau. Et sinon, elle est appelée 'enfermée dans un coffre', et l'on applique sur elle 'si un homme vend' etc.

תרנ"ו

5656 (תרנ״ו).

בפסוק זכור א"י השבת לקדשו. וסמוך לי' ששת ימים כו'.

לומר כי עיקר הזכירה היא בששת הימים. כי הנה השבת ניתן לשכוח בו כל מלאכת ימי המעשה כמ"ש ז"ל שבות ממחשבות עבודה.

והוא באמת עדות לישראל שיכולין לשכוח בשבת כל המעשים. וכל איש ישראל יש לו חלק בזה.

ולכן ניתן השבת רק לבנ"י שהם מוכנים לזה. ובאמת שבת הוא עדות שבנ"י הם בני עוה"ב.

והכנת ימי המעשה לשבת כמו הכנת עוה"ז לעוה"ב. וכפי מה שאדם זוכר בעודנו בעוה"ז הכנת עוה"ב.

כך זוכה לעוה"ב. כדאיתא שא"י לעלות לגן עדן עד ששוכחין כל הרהורים מעוה"ז.

וכפי זכירת עוה"ב בעוה"ז. כך יכולין לשכוח עוה"ז בעת הסתלקותו מעוה"ז.

וכמו כן כפי הזכירה של השבת בימי המעשה. כך יכולין לשכוח בשבת כל מחשבות עבודה.

וכפי מה שזוכה האדם לשבות בשבת. כך הוא סימן על עוה"ב.

וזה עצמו עדות על יצ"מ. כמ"ש וזכרת כי עבד היית כו' ויוציאך כו' ע"כ צוך כו' לעשות כו' השבת.

כי בכח יצ"מ יכולין לקיים השבת ולשכוח מעובדין דחול:

Sur le verset 'Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier' (Ex. 20,8), et juste après 'six jours' etc. : pour dire que l'essentiel du souvenir est durant les six jours.

Car voici, le Chabbat a été donné pour y oublier tout le travail des jours d'œuvre, comme l'ont dit [les Sages] de mémoire bénie : 'le repos, [c'est] cesser des pensées de labeur'. Et c'est en vérité un témoignage pour Israël qu'ils peuvent oublier au Chabbat toutes les œuvres.

Et tout homme d'Israël a une part en cela. C'est pourquoi le Chabbat n'a été donné qu'aux enfants d'Israël, qui y sont préparés.

Et en vérité le Chabbat est un témoignage que les enfants d'Israël sont fils du monde à venir (olam ha-ba). Et la préparation des jours d'œuvre pour le Chabbat est comme la préparation de ce monde pour le monde à venir.

Et selon ce que l'homme se souvient, tant qu'il est en ce monde, de la préparation du monde à venir, ainsi mérite-t-il le monde à venir. Comme il est enseigné qu'il est impossible de monter au jardin d'Éden avant d'avoir oublié toutes les pensées de ce monde.

Et selon le souvenir du monde à venir en ce monde, ainsi peut-on oublier ce monde au moment de son départ de ce monde. Et de même, selon le souvenir du Chabbat durant les jours d'œuvre, ainsi peut-on oublier au Chabbat toutes les pensées de labeur.

Et selon ce que l'homme mérite de se reposer (lishbot) au Chabbat, ainsi est-ce un signe concernant le monde à venir. Et cela même est un témoignage sur la sortie d'Égypte, comme il est écrit 'et tu te souviendras que tu fus esclave... et Il te fit sortir... c'est pourquoi Il t'a ordonné... de faire... le Chabbat' (Deut.

5,15), car par la force de la sortie d'Égypte on peut accomplir le Chabbat et oublier les travaux profanes.

ונכתב שבת בעשרת הדיברות. הגם כי עוד במרה נצטוו על שבת.

אבל זה טעם מצות שבת לבנ"י. כי אנכי ה"א.

ואמרו במד' אלוה אני על כל באי עולם אבל עליך ייחדתי שמי ביותר. פי' כי אין כל ברי' יכולה לקבל אלקותו ית"ש.

רק ע"י צימצומים והתלבשות בדרך הטבעי. אבל על בנ"י חל אלקותו בהתגלות.

והטעם אשר הוצאתיך מא"מ להיות נחלה בלי מצרים. ולכן סמך פ' לא תשא למצות שבת שכיון שיש באיש ישראל חלק אלקות לכן נאסרו במלאכה ביום השבת כי בו שבת.

כמ"ש במ"א שזה מ"ש רש"י בהנחילי לכם יום מנוחתי למנוחה. כי הלא אם הי' רצונו ית' להיות שביתה ביום השבת.

הי' יכול למנוע כל הברואים בע"כ ממלאכה בשבת. אך שהם בהמה המה להם.

אבל איש ישראל שיש בו כח אחדות באלקות צריך לשבות בשבת:

Et le Chabbat fut inscrit dans les dix Commandements, bien que déjà à Mara [Israël] eût reçu le commandement du Chabbat. Mais voici la raison du commandement du Chabbat pour Israël : 'car Je suis l'Éternel ton Dieu'.

Et ils ont dit dans le Midrach : 'Je suis Dieu sur tous les êtres venus au monde, mais sur toi J'ai singularisé Mon nom plus particulièrement.' C'est-à-dire qu'aucune créature ne peut recevoir Sa divinité, béni soit Son nom, si ce n'est par des contractions (tsimtsoumim) et un revêtement selon la voie naturelle ; mais sur les enfants d'Israël Sa divinité repose en révélation. Et la raison [en est] : 'qui t'ai fait sortir d'Égypte', pour être un héritage sans limites (nahala beli metsarim, jeu de mots sur Mitsrayim).

C'est pourquoi le passage 'tu ne porteras pas [le Nom en vain]' a été accolé au commandement du Chabbat : puisqu'il y a en l'homme d'Israël une part de divinité, c'est pourquoi le travail leur a été interdit le jour du Chabbat, car en lui Il s'est reposé. Comme je l'ai écrit ailleurs, c'est ce qu'écrit Rachi : 'en vous donnant en héritage Mon jour de repos, pour le repos'.

Car en vérité, si telle était Sa volonté, béni soit-Il, qu'il y ait cessation le jour du Chabbat, Il aurait pu empêcher toutes les créatures, contre leur gré, de travailler au Chabbat. Mais 'elles sont des bêtes, elles le sont pour elles-mêmes' (Eccl.

3,18). Tandis que l'homme d'Israël, qui possède en lui une force d'unité dans la divinité, doit se reposer au Chabbat.

תרנ"ז

5657 (תרנ״ז).

אנכי ה"א אשר הוצאתיך. במד' אלוה אני על כל באי עולם אבל לא ייחדתי שמי אלא עליכם.

כי הקב"ה נותן אלהות וכח לכל ברי'. אבל יש כחות נפרדים שמתפשטין לתת חיות אפי' להכופרים בהקב"ה.

ולכן נקראו א-להים אחרים. פי' כוחות שמשתנים להיות נפרדים מחי החיים.

וכן קיום הטבע שיש בו אלקות שנטבע תוך הטבע בכל דבר לפי מדתו וצימצום וציור מיוחד. והנהגה זו נק' בית עבדים.

כי כל דבר שאינו במקומו ושורשו נק' עבד. כמ"ש גר יהי' זרעך בארץ לא להם ועבדום.

וחירות הוא הדביקות בשורשו ומקומו. וכשהוציאנו הקב"ה מבית עבדים לחירות עולם קרא שמו ית' עלינו אנכי ה' אלקיך באלקות המיוחד.

באחדות השם ית'. שע"ז השם כ' אני ה' לא שניתי.

שאין בזה השתנות. וכבודי לאחר לא אתן כתיב.

ולכן לא יהי' לך א-להים אחרים על פני. פי' שהוא גזירה ג"כ שכל העובד ע"ז מקודם נסתלק ממנו זה האלקות המיוחד לבנ"י שנק' פני ה'.

וזה ג"כ עדות השבת דכ' ששת ימים עשה כו' וינח ביום הז'. ע"כ נאסרו המלאכות בש"ק.

כמ"ש בפ' בראשית מזה. שכל מלאכה היא נתינת כח נפרד בתוך אותה המלאכה וכמו שהטביע הקב"ה כוחות בטבע והם נסגרים עד יום שכולו שבת.

שאז מלאה הארץ דעה את ה'. ובש"ק מתגלה אלקות בבחי' האחדות.

כמ"ש כגוונא דמתייחדין לעילא כו' וכ"כ במ"א מזה לכן קצרתי:

'Je suis l'Éternel ton Dieu qui t'ai fait sortir'. Dans le Midrach : 'Je suis Dieu sur tous les êtres venus au monde, mais Je n'ai singularisé Mon nom que sur vous.' Car le Saint béni soit-Il donne divinité et force à toute créature ; mais il existe des forces séparées qui se déploient pour donner vie même à ceux qui renient le Saint béni soit-Il, et c'est pourquoi elles sont appelées 'dieux étrangers (elokim aherim)', c'est-à-dire des forces qui se transforment pour devenir séparées du Vivant des vivants.

Et de même le maintien de la nature, qui contient une divinité empreinte au sein de la nature en chaque chose selon sa mesure, sa contraction (tsimtsoum) et sa forme (tsiyour) particulière. Et cette conduite est appelée 'maison de servitude', car toute chose qui n'est pas à sa place et à sa racine est appelée 'esclave', comme il est dit 'ta descendance sera étrangère dans un pays qui n'est pas le sien, et on les asservira' (Gen.

15,13). Et la liberté est l'attachement (deveqout) à sa racine et à sa place.

Et lorsque le Saint béni soit-Il nous fit sortir de la maison de servitude vers la liberté éternelle, Il posa Son nom, béni soit-Il, sur nous : 'Je suis l'Éternel ton Dieu', dans la divinité singularisée, dans l'unité du Nom béni soit-Il. Car à propos de ce Nom il est écrit 'Moi l'Éternel, Je n'ai pas changé' (Mal.

3,6), qu'il n'y a en cela nul changement. Et il est écrit 'Ma gloire, Je ne la donnerai à nul autre' (Is.

42,8). C'est pourquoi 'tu n'auras pas de dieux étrangers devant Ma face (al panai)'.

C'est-à-dire que c'est aussi un décret : que de tout adorateur d'idoles se retire d'abord cette divinité singularisée pour Israël, qui est appelée 'la face de l'Éternel (penei Hachem)'. Et cela aussi est le témoignage du Chabbat, car il est écrit 'six jours Il fit... et Il se reposa le septième jour'.

C'est pourquoi les travaux ont été interdits au saint Chabbat, comme je l'ai écrit à ce sujet dans la paracha Bereshit : que tout travail est l'introduction d'une force séparée au sein de ce travail, et de même que le Saint béni soit-Il a empreint des forces dans la nature, elles sont enfermées jusqu'au jour qui est tout entier Chabbat, où alors 'la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel' (Is. 11,9).

Et au saint Chabbat se révèle la divinité dans l'aspect de l'unité, comme il est écrit 'de même qu'ils s'unifient en haut (ke-gavna de-mityahadin le-eila)' etc. (Zohar).

Et j'ai écrit ailleurs à ce sujet, c'est pourquoi j'ai abrégé.

בפסוק זכור את יום השבת כו' ש"י תעבוד ועשית כל מלאכתך. ובמכילתא וכי אפשר לאדם לעשות כל מלאכתו בו' ימים אלא שבות כאילו כל מלאכתך עשוי'.

ד"א שבות מהירהור מלאכה. וכה"א אם תשיב משבת רגלך כו'.

והאמת כי ע"י שביתה זו אם הוא באמת אצל האדם כאילו כל מלאכתו עשוי'. יכולה היא שתרחם.

וברגע א' נגמר כל מלאכתו. כמ"ש חז"ל אילו שמרו ישראל שבת א' כהילכתו מיד הם נגאלים.

אם היו שומרי שבת לשם ה' ולשכוח מכל הדברים. הי' מיד גאולה.

וכן הוא בפרט כל א' כפי השביתה:

Sur le verset 'Souviens-toi du jour du Chabbat' etc., 'six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage' (Ex. 20,9).

Et dans la Mekhilta : 'Est-il possible à l'homme d'accomplir tout son ouvrage en six jours ? Mais [le sens est] : reposé-toi comme si tout ton ouvrage était accompli.' Autre explication : 'repose-toi de la pensée du travail', et ainsi dit-il 'si tu retiens ton pied à cause du Chabbat' etc.

(Is. 58,13).

Et la vérité est que, par cette cessation, si elle est véritablement chez l'homme comme si tout son ouvrage était accompli, 'elle peut avoir compassion (yekhola hi she-terahem)', et en un seul instant tout son ouvrage s'achève. Comme l'ont dit les Sages de mémoire bénie : 'Si Israël gardait un seul Chabbat selon sa loi, aussitôt ils seraient délivrés.' S'ils étaient gardiens du Chabbat pour le Nom de l'Éternel et pour oublier toutes choses, la délivrance viendrait aussitôt.

Et il en est de même pour chacun en particulier, selon [sa] cessation.

ואיתא באותיות דר"ע. כשהבטיח הקב"ה לבנ"י עוה"ב.

אמרו הראנו דוגמתו בעוה"ז. והראה להם השבת שהוא א' מס' מעוה"ב.

וידוע כי עוה"ב הוא היפוך עוה"ז. ושם יהי' נשכח לגמרי כל עוה"ז.

ולפי ששבת הוא מעין עוה"ב. צריכין לשכוח בו מכל עוה"ז.

וכפי מה שכל א' זוכה לשבת. זכור ושמור בדיבור א'.

כי הזכירה תלי' בשמירה. שמור מן ההירהור.

כי יש זכירה ושכחה שהקב"ה שם בטבע ב"א ב' המדות. וכפי השכחה בעוה"ז שעתיד להיות נשכח כך זוכין לזכור את השבת.

וכל ישראל יש להם חלק בעוה"ב בכח שמירת שבת. כמ"ש התקן עצמך בפרוזדור שתיכנס לטרקלין.

ולכן אמרו בנ"י הראנו דוגמתו בעוה"ז. להבין איך אפשר לבני עוה"ז להיות בעוה"ב.

והשיב להם ע"י השבת. ולכן כתיב בשבת זכרון למעשה בראשית.

ולכאורה תמוה מה צריך מעשה בראשית זכרון. הלא כל העולם קיים.

ורואים מעשה בראשית. אבל הפי' שלעתיד לעוה"ב יהי' זכירה למעשה בראשית ע"י השבת.

פי' לפי שבשבת שוכחין מעוה"ז ומתדבקין בשבת שהוא מעין עוה"ב. בכח זה יהי' זכירה למעשה בראשית בעוה"ב.

ולכן כ' זכור בשבת. כי פי' זכור שהוא דבר שא"א לשכוח.

ולא יהי' נשכח. אבל כל מ"ב שיהי' חרוב לעתיד אינו בחי' זכירה.

רק יש זכרון למ"ב. להיות נזכר לעד בכח השבת.

ולעתיד כשיהי' נשכח הכל יהי' זכירה למ"ב בכח השבת ובנ"י שהם שומרי שבת. והנה יש לכל ישראל חלק בשבת ובעוה"ב.

דיש שכחה במעשה ודיבור ומחשבה. ובמעשה כל איש ישראל שובת בשבת.

ובדיבור ומחשבה כ"א לפי שמירת שבת שבו. הוא בן עוה"ב.

וכמו שצריכין לשכוח בשבת במעשה. כך צריכין לזכור השבת בימי המעשה.

ופי' זכור שיהי' דבר שא"א לשכוח והזכירה תלי' בזה ודו"ק:

Et il est enseigné dans les Otiyot de-Rabbi Akiva : lorsque le Saint béni soit-Il promit aux enfants d'Israël le monde à venir, ils dirent : 'Montre-nous son exemple en ce monde.' Et Il leur montra le Chabbat, qui est un soixantième du monde à venir. Et il est connu que le monde à venir est l'inverse de ce monde, et que là-bas tout ce monde sera complètement oublié.

Et puisque le Chabbat est un avant-goût du monde à venir, on doit y oublier tout ce monde. Et selon ce que chacun mérite au Chabbat - 'Souviens-toi (zakhor)' et 'garde (shamor)' [furent dits] en une seule parole - car le souvenir dépend de la garde : garde-toi de la pensée [du travail].

Car il y a souvenir et oubli, les deux qualités que le Saint béni soit-Il a placées dans la nature de l'homme. Et selon l'oubli de ce monde qui sera un jour oublié, ainsi mérite-t-on de se souvenir du Chabbat.

Et tout Israël a une part au monde à venir par la force de la garde du Chabbat, comme il est dit 'prépare-toi dans le vestibule afin d'entrer dans la salle' (Avot 4,16). C'est pourquoi les enfants d'Israël dirent : 'Montre-nous son exemple en ce monde', pour comprendre comment il est possible aux fils de ce monde d'être dans le monde à venir ; et Il leur répondit par le Chabbat.

C'est pourquoi il est écrit à propos du Chabbat 'un mémorial de l'œuvre de la Création'. Et à première vue cela étonne : pourquoi l'œuvre de la Création aurait-elle besoin d'un mémorial ?

Le monde entier subsiste et l'on voit l'œuvre de la Création ! Mais l'explication est que, dans le futur, au monde à venir, il y aura un souvenir de l'œuvre de la Création par le Chabbat.

C'est-à-dire : parce qu'au Chabbat on oublie ce monde et l'on s'attache au Chabbat qui est un avant-goût du monde à venir, par cette force il y aura un souvenir de l'œuvre de la Création dans le monde à venir. C'est pourquoi il est écrit 'Souviens-toi' à propos du Chabbat, car le sens de 'Souviens-toi' est que c'est une chose qu'il est impossible d'oublier et qui ne sera pas oubliée.

Or toute l'œuvre de la Création, qui sera détruite dans le futur, n'est pas de l'aspect du souvenir ; il y a seulement un mémorial de l'œuvre de la Création, [destiné] à être rappelé à jamais par la force du Chabbat. Et dans le futur, quand tout sera oublié, il y aura un souvenir de l'œuvre de la Création par la force du Chabbat et des enfants d'Israël qui sont gardiens du Chabbat.

Et voici, tout Israël a une part au Chabbat et au monde à venir, car il y a un oubli dans l'action, la parole et la pensée : dans l'action, tout homme d'Israël se repose au Chabbat ; et dans la parole et la pensée, chacun selon la garde du Chabbat qui est en lui, il est fils du monde à venir. Et de même qu'on doit oublier au Chabbat dans l'action, ainsi doit-on se souvenir du Chabbat durant les jours d'œuvre.

Et le sens de 'Souviens-toi' est que ce soit une chose qu'il est impossible d'oublier, et le souvenir dépend de cela, et comprends bien (ve-dok).

תרנ"ח

5658 (תרנ״ח).

En bref

« Et tout le peuple voyait » (Chemot 20,15) est au présent : c’est le « Je » (Anokhi) des Dix Paroles, « Je te l’ordonne aujourd’hui ». Pour le Sfat Emet, les âmes « voient l’entendu » : c’est « la part de Hachem d’en haut », qui saisit le passé et le futur à l’image du Nom Havaya ; cette vision est restée dans les âmes des enfants d’Israël. Il faut peiner en la Torah et les commandements pour attirer l’illumination de l’âme dans le corps : « souviens-toi » est cette illumination, « garde » l’oubli du corps. Le « Je » est une plantation permanente, au-dessus de la nature ; le Chabbat, où se révèle l’âme supplémentaire (ne’hama yetera), il faut oublier les vanités du monde.

במדרש ה' עוזי ומעוזי ומנוסי ביום צרה אליך גוים יבאו. כשקרעת לנו הים ואמרנו עזי וזמרת שמעה רחב.

כשנתת לנו התורה שנק' עוז בא יתרו. כשמלך שלמה ויתן עוז למלכו באת מ"ש.

דאיתא באוה"ח בפסוק והייתם לי סגולה. כי בנ"י צריכין לקרב כל הניצוצי קדושה שנתערב בעולם אל הקדושה.

וכשעוסקין בתורה יכולין להתקרב אפי' מרחוק וא"צ להיות בגלות. ע"ש בדבריו.

והם עצמם דברי המדרש. כי הן ע"י תורה שבכתב ושבע"פ שנק' עוז.

ומעוזי התורה ומלכות שלמה. והן ע"י הצרה כשנגאלין ממנה.

מכל זה אליך גוים יבאו. וכמו שהדברים בכלל ישראל.

כמו כן בפרט כל איש ישראל נברא לתקן הדברים השייכים אליו. וכל הצרות שבאין לאדם הכל לתקן ולקרב אותן הני"ק השייכים אליו.

וכשעוסק בתורה זוכה לקרבם בלי יסורים. ולכן אחז"ל אין לך ב"ח אלא העוסק בתורה שא"צ להיות בגלות וצרה כמ"ש עץ חיים כו' למחזיקים בה.

כשאדם אוחז בכל כוחו בתורה. אז התורה שנק' עוז.

נותנת לו כח וחיזוק. והסט"א מתכנעת תחתיו.

וזה ענין שביתת שבת שנק' יום מנוחה כי כל המלאכות בימי המעשה הכל להוציא הני"ק שבתוך העשי'. וכשאדם עוסק בהם מתדבקין בו.

ויש להם עלי' והוא בדרך יגיעה. אבל בשבת כ' אל יצא איש ממקומו.

ממילא משמע דבימי המעשה צריך לצאת ממקומו לעסוק במלאכות. ובשבת יום מנוחה שאדם במקומו וממילא מתקרבין הני"ק השייכים אליו.

וכן איתא בגמ' ריש ברכות בפסוק ושמתי מקום לעמי כו' ולא יוסיפו בני עולה לענותו. כל הקובע מקום לתורתו.

לתפילתו. אויביו נופלים תחתיו ע"ש.

וכן הוא בשבת יעשה כולו תורה בקביעות. כמ"ש אל יצא כו' ממקומו בחי' עוזי ומעוזי כנ"ל:

Dans le Midrach : 'L'Éternel est ma force, ma forteresse et mon refuge au jour de la détresse; vers Toi viendront les nations' (Jérémie 16,19). Quand Tu as fendu pour nous la mer et que nous avons dit 'ma force et mon chant' (Exode 15,2), Rahav l'entendit.

Quand Tu nous as donné la Torah, appelée 'force' (oz), Yitro vint. Quand Salomon régna, 'et Il donne force à Son roi' (I Samuel 2,10), vint [la reine de Saba].

Car il est enseigné dans le Or ha-Haim sur le verset 'et vous serez pour Moi un trésor (segoula)' (Exode 19,5) : les enfants d'Israël doivent rapprocher toutes les étincelles de sainteté mêlées dans le monde vers la sainteté; et quand ils s'adonnent à la Torah, ils peuvent les rapprocher même de loin, sans avoir besoin d'être en exil, voir là-bas dans ses propos. Et ce sont les mêmes propos que le Midrach.

Car c'est par la Torah écrite et orale, appelée 'force' (oz), et 'ma forteresse' (me'ouzi) [signifie] la Torah et la royauté de Salomon; et c'est par la détresse, quand ils en sont délivrés; de tout cela 'vers Toi viendront les nations'. Et de même que ces choses valent pour l'ensemble d'Israël, de même en particulier chaque homme d'Israël a été créé pour réparer les choses qui lui reviennent.

Et toutes les détresses qui viennent à l'homme, tout cela [est] pour réparer et rapprocher ces étincelles de sainteté qui lui reviennent. Et quand il s'adonne à la Torah, il mérite de les rapprocher sans souffrances.

C'est pourquoi nos Sages ont dit : 'tu n'as d'homme libre que celui qui s'adonne à la Torah' (Avot 6,2), qui n'a pas besoin d'être en exil et en détresse, comme il est écrit 'c'est un arbre de vie... pour ceux qui la saisissent' (Proverbes 3,18). Quand l'homme saisit de toute sa force la Torah, alors la Torah, appelée 'force' (oz), lui donne force et raffermissement, et le Sitra A'hra (l'Autre Côté) se soumet sous lui.

Et c'est le sens du repos du Chabbat, appelé 'jour de repos', car toutes les melakhot (travaux) des jours ouvrables ont pour but de faire sortir ces étincelles de sainteté qui sont dans l'action (assiya). Et quand l'homme s'y adonne, elles s'attachent à lui et s'élèvent, et cela par voie d'effort.

Mais le Chabbat il est écrit 'que nul ne sorte de son lieu' (Exode 16,29). Il s'entend de là que, les jours ouvrables, il faut sortir de son lieu pour s'adonner aux travaux, mais le Chabbat, jour de repos, l'homme est en son lieu et d'elles-mêmes se rapprochent les étincelles de sainteté qui lui reviennent.

Et de même il est [enseigné] dans la Guemara au début de Berakhot, sur le verset 'et Je fixerai un lieu pour Mon peuple... et les fils d'iniquité ne continueront plus à l'opprimer' (II Samuel 7,10) : quiconque fixe un lieu à sa Torah, à sa prière, ses ennemis tombent sous lui, voir là-bas. Et de même en est-il du Chabbat : qu'il le fasse tout entier de Torah de façon fixe, comme il est écrit 'que nul ne sorte de son lieu', dans l'aspect de 'ma force et ma forteresse' comme ci-dessus.

במדרש ומשה עלה כו' עלית למרום כו' נתגששת עם המלאכים. בלקיחה ניתנה לו יכול יתן דמים ת"ל מתנות כו'.

כי מרע"ה הי' מוכן לקבל התורה בבחי' לקיחה. והוא במדה"ד.

לכן כ' עלה אל האלקים. אבל הקב"ה נתן התורה במתנה.

כמ"ש ויקרא אליו ה' במדה"ר. ומן ההר בזכות אבות.

לאמר פי' בשביל לאמר לכל הכלל אפי' אותן שאין זוכין לקבל בבחי' לקיחה. רק במתנה.

ובזכות אבות. וזה עצמו הב' לשונות כה תאמר כו' ותדבר.

כי בית יעקב בבחי' מתנה. ושם ישראל לי ראש בבחי' לקיחה.

ובב' הבחינות ניתנה תורה לישראל. לכן מברכין ב' ברכות על התורה אשר קדשנו וצונו לעסוק בד"ת.

בבחי' יגעתי ומצאתי לקיחה. ואשר בחר בנו ונתן לנו במתנה.

והנה פי' מתנות באדם. דאיתא שהמלאכים לא הניחו ליתן התורה לתחתונים.

כי באמת הם קרובים אל התורה. ואית בזה משום דינא דבר מצרא.

אבל במתנה ליכא דינא דבר מצרא. משום שרוצה ליתן לזה ולא לאחר.

אבל במכירה כל שהמצרן נותן כמו הלוקח הוא קודם. ולכן מרע"ה שכחו יפה כמ"ש נתגששת עם המלאכים.

וזכותו רב מזכות העליונים. לכן ניתן לו בלקיחה.

וגם הוא עצמו בכלל העליונים כדכ' ומשה עלה ונק' איש האלקים. אבל התחתונים שאין להם זכות כמו מלאכי עליון.

לכן מתנות באדם בכח המתנה ניתנה תורה לאדם בארץ. אבל באמת הי' הכוונה שאפי' אותן שאינם ראוים.

ע"י התורה ייטיבו מעשיהם. ויהיו אח"כ ראוים לזה.

לכן ב' הבחי' לקיחה ומתנה הם אפי' לפשוטי בנ"י רק בתחילה במתנה ואח"כ מביאתן התורה לידי זכות שיהיו ראוין גם בלקיחה. ויתכן לרמוז זה בסיום הפסוק אף סוררים לשכון כי'.

פי' שהפסוק מתמיה שהגם שניתנה תורה מתנות באדם. אבל הכוונה הי' כדי שייטיבו אח"כ מעשיהם.

אבל לא להיות בקביעות בלי זכות. ולהיות סוררים לשכון:

Dans le Midrach : 'et Moché monta...' (Exode 19,3), 'Tu es monté en haut...' (Psaumes 68,19), tu t'es battu avec les anges. Elle [la Torah] lui fut donnée par prise (lekiha); on pourrait penser qu'il donnerait de l'argent, l'enseignement dit donc 'des dons (matanot)...' (idem).

Car notre maître Moché, que la paix soit sur lui, était apte à recevoir la Torah dans l'aspect de la prise (lekiha), et c'est [selon] la mesure de rigueur (midat ha-din); c'est pourquoi il est écrit 'il monta vers Dieu (Elokim)' (Exode 19,3). Mais le Saint béni soit-Il donna la Torah en don (matana), comme il est écrit 'et l'Éternel l'appela' (idem), [par] la mesure de miséricorde (midat ha-rahamim).

Et 'de la montagne' [signifie] par le mérite des Pères. 'Pour dire (lemor)' : c'est-à-dire afin de dire à toute la collectivité, même ceux qui ne méritent pas de recevoir dans l'aspect de la prise, mais seulement en don et par le mérite des Pères. Et c'est cela même les deux expressions 'ainsi tu diras (tomar)... et tu parleras (tedaber)' (Exode 19,3).

Car 'la maison de Yaakov' [est] dans l'aspect du don, et le nom 'Israël', 'Israël M'est une tête', [est] dans l'aspect de la prise. Et par les deux aspects la Torah fut donnée à Israël.

C'est pourquoi on récite deux bénédictions sur la Torah : 'qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de nous adonner aux paroles de Torah', dans l'aspect de 'j'ai peiné et j'ai trouvé' [la] prise; et 'qui nous a choisis' et nous a donné [la Torah] en don. Et voici l'explication de 'des dons parmi les hommes (matanot ba-adam)' (Psaumes 68,19) : il est enseigné que les anges ne laissaient pas donner la Torah aux êtres d'en bas, car en vérité ils sont proches de la Torah, et il y a en cela [la loi de] dina de-bar metsra (le droit de préemption du voisin).

Mais dans un don il n'y a pas de dina de-bar metsra, parce qu'on veut donner à celui-ci et non à un autre. Tandis que dans une vente, dès lors que le voisin donne autant que l'acheteur, il a priorité.

C'est pourquoi notre maître Moché, dont la force était grande, comme il est dit 'tu t'es battu avec les anges', et dont le mérite surpasse le mérite des êtres d'en haut, elle lui fut donnée par prise. Et lui-même aussi fait partie des êtres d'en haut, comme il est écrit 'et Moché monta', et il est appelé 'homme de Dieu (ish ha-Elokim)'.

Mais les êtres d'en bas, qui n'ont pas un mérite comparable aux anges d'en haut, [pour eux] 'des dons parmi les hommes' : par la force du don la Torah fut donnée à l'homme sur la terre. Mais en vérité l'intention était que même ceux qui n'en sont pas dignes, par la Torah, amélioreront leurs actes et deviendront ensuite dignes de cela.

C'est pourquoi les deux aspects, prise et don, valent même pour les gens simples d'Israël : seulement, au début en don, et ensuite la Torah les amène au mérite, de sorte qu'ils soient dignes aussi par la prise. Et l'on peut y faire allusion dans la fin du verset : 'même les rebelles, pour que réside [Yah Elokim]' (Psaumes 68,19).

C'est-à-dire que le verset s'étonne : bien que la Torah ait été donnée 'en dons parmi les hommes', l'intention était cependant qu'ils améliorent ensuite leurs actes, et non de demeurer de façon fixe sans mérite et d'être 'des rebelles [chez qui Yah Elokim] réside'.

בפסוק אנכי ה"א אשר הוצאתיך מא"מ. במד' ע"מ כן הוצאתיך שתקבל אלקותי עליך כו'.

א"כ יצ"מ תלוי בקבלת עומ"ש כפי מה שמקבלין עול תורה ומצות. כך מעוררין כח יצ"מ.

ולזה אמרו אין לך בן חורין אלא העוסק בתורה. שהחירות וגאולת מצרים מתעורר לו.

ולכן בק"ש אחר קבלת עול תורה ומצות מזכירין יצ"מ. וכ"כ המקבל עליו עול תורה מעבירין ממנו עול מלכות כו':

Sur le verset 'Je suis l'Éternel ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte' (Exode 20,2). Dans le Midrach : à cette condition (al menat ken) Je t'ai fait sortir, que tu reçoives Ma divinité sur toi.

Ainsi, la sortie d'Égypte dépend de l'acceptation du joug du Royaume (kabbalat ol malkhout) : selon ce que l'on accepte du joug de la Torah et des commandements, ainsi éveille-t-on la force de la sortie d'Égypte. Et c'est pour cela qu'ils ont dit : 'tu n'as d'homme libre que celui qui s'adonne à la Torah', car la liberté et la délivrance d'Égypte s'éveillent pour lui.

C'est pourquoi dans le Chema, après l'acceptation du joug de la Torah et des commandements, on mentionne la sortie d'Égypte. Et de même est-il écrit : celui qui accepte sur lui le joug de la Torah, on écarte de lui le joug de la royauté [temporelle]...

תרנ"ט

[תרנ"ט - 5659]

במדרש לץ תכה זה עמלק ופתי יערים זה יתרו. לכך נסמך פרשת יתרו למלחמת עמלק כי אחר ויחלוש יהושע את עמלק נתקרב יתרו.

כי בנ"י נבראו לתקן כל העולם ולקרב הכל תחת כנפי השכינה כמ"ש במד' ה' כו' ומעוזי ומנוסי ביום צרה אליך גוים יבאו. כי כל הגליות וצרות שבנ"י נכנסין לשם.

כדי לקרב הניצוצי קדושה שנתפזרו בין העמים. וכמו שבנ"י נבראו להעיד על הבורא ולברר האמת כמ"ש תתן אמת ליעקב.

כן עשו הא שוא שבראתי בעולמי. והוא עומד ומעכב שלא לברר האמת בעולם.

ועמלק הוא מול אות ברית קודש כמ"ש בזוה"ק סוף בשלח. ולכן זרק מילות למעלה.

ונראה שהוא הערלה דחפיא על ברית ולכן כ' ראשית גוים עמלק כמ"ש במ"א כי כל אחיזת האומות בערלה והשורש שלהם במה דערלה חפיא על ברית כמ"ש כל הגוים ערלים. ולכן תן חלק לשבעה שמצות מילה בשמיני.

ולא נולד האדם מהול כדי להיות אחיזה גם לאומות. אבל לעתיד יתעבר כל הערלה לכן אחריתו עדי אובד כמו שהערלה נכרתת.

וזה החותם של בנ"י שהם בני עוה"ב. שלא יהי' זכר לערלה בעוה"ב.

כי כל הערלה נעשה ע"י חטא הראשון. וז"ש אמחה כו' זכר עמלק מתחת השמים.

ומה חלק יש לעמלק בשמים. אבל תחת השמים רומז למילה.

ולפי שערלה חפי' על ברית קודש בזה יש לו חלק תחת השמים. ולעתיד ימחה זה החלק.

והנה אברהם אבינו ע"ה פתח זה הפתח להכניס הגרים תחת כנפי השכינה. ועמלק עומד לסתום זה הפתח.

ולכן בכל מקום שיש מחיות עמלק יש התקרבות הגרים. וכן במפלת המן כ' אחר כך ורבים מע"ה מתיהדים:

Dans le Midrach : 'frappe le moqueur (lets) et le naïf deviendra avisé' (Proverbes 19,25), 'le moqueur' c'est Amalek, 'et le naïf deviendra avisé' c'est Yitro. C'est pourquoi la section de Yitro est juxtaposée à la guerre d'Amalek, car après que 'Josue affaiblit Amalek' (Exode 17,13) Yitro se rapprocha.

Car les enfants d'Israël ont été créés pour réparer tout le monde et rapprocher tout sous les ailes de la Chekhina, comme il est dit dans le Midrach 'L'Éternel... et ma forteresse et mon refuge au jour de la détresse, vers Toi viendront les nations' (Jérémie 16,19). Car tous les exils et les détresses où entrent les enfants d'Israël, [c'est] afin de rapprocher les étincelles de sainteté disséminées parmi les peuples.

Et de même que les enfants d'Israël ont été créés pour témoigner du Créateur et établir la vérité, comme il est dit 'Tu donnes la vérité à Yaakov' (Michee 7,20), ainsi Esav [est] le faux que J'ai créé dans Mon monde, et il se tient et empêche que la vérité soit établie dans le monde. Et Amalek est face au signe de l'alliance sainte (ot brit kodech), comme il est écrit dans le saint Zohar à la fin de [la section] Bechalah; c'est pourquoi il jeta les [signes de] circoncision vers le haut.

Et il apparaît qu'il est le prépuce (orla) qui recouvre l'alliance, c'est pourquoi il est écrit 'commencement des nations, Amalek' (Nombres 24,20), comme je l'ai dit ailleurs : car toute la prise des nations [tient] dans le prépuce, et leur racine [tient] en ce que le prépuce recouvre l'alliance, comme il est écrit 'toutes les nations sont incirconcises' (Jérémie 9,25). C'est pourquoi 'donne une part à sept' (Ecclésiaste 11,2), car le commandement de la circoncision [est] au huitième [jour], et l'homme ne naît pas circoncis, afin qu'il y ait prise aussi pour les nations.

Mais dans l'avenir tout le prépuce sera retranché, c'est pourquoi 'sa fin ira jusqu'à la perdition' (Nombres 24,20), de même que le prépuce est tranché. Et c'est le sceau des enfants d'Israël, qui sont fils du monde à venir, qu'il n'y ait pas de trace de prépuce dans le monde à venir.

Car tout le prépuce a été causé par la faute du premier [homme]. Et c'est ce qui est dit : 'J'effacerai... le souvenir d'Amalek de sous les cieux' (Exode 17,14).

Et quelle part Amalek a-t-il dans les cieux ? Mais 'sous les cieux' fait allusion à la circoncision : et parce que le prépuce recouvre l'alliance sainte, en cela il a une part 'sous les cieux'; et dans l'avenir cette part sera effacée.

Et voici, notre père Abraham, que la paix soit sur lui, a ouvert cette porte pour faire entrer les convertis sous les ailes de la Chekhina; et Amalek se tient pour boucher cette porte. C'est pourquoi en tout lieu où il y a effacement d'Amalek, il y a rapprochement des convertis.

Et de même lors de la chute de Haman il est écrit ensuite 'et beaucoup parmi les peuples du pays se faisaient juifs' (Esther 8,17).

בפסוק זכור את יום השבת דרשו חז"ל בשבת ניתנו עשרת הדיברות. זכור בעצומו של יום.

דאיתא בזוה"ק ויברך כו' יום הז' כיון דלא אשתכח בי' מנא מה ברכתא אשתכח אלא כולהו ברכאין ביום שביעאה תלי'. פי' דעיקר הברכה וקיום העולם היא התורה כמ"ש בשביל התורה שנק' ראשית נברא העולם.

הביט בתורה וברא כו'. ובכל ששת ימי המעשה האמירה נתלבש במעשה.

יהי אור יהי רקיע. כמ"ש בדבר ה' שמים נעשו.

א"כ העשי' מדרגה שלמטה מעצם המאמר. אבל ביום השביעי כ' ויברך והיא אמירה בלי התלבשות בעשי' והוא שורש התורה.

לכן ברכת השבת אין העולם כדאי לקבלה. רק בנ"י.

כמ"ש כנס"י יהי' בן זוגך. בכח התורה שניתנה לנו.

ואשים דברי בפיך עצם הדיברות בלי התלבשות. וזהו עדות השבת.

כמ"ש שבת יעשה כולו תורה. שאין עמה מלאכה כמ"ש במ"א מזה:

Sur le verset 'Souviens-toi du jour du Chabbat' (Exode 20,8), nos Sages ont exposé : le Chabbat furent données les Dix Paroles. 'Souviens-toi', au cœur même du jour. Car il est [enseigné] dans le saint Zohar : 'et Il bénit... le septième jour' (Genèse 2,3), puisqu'il ne s'y trouvait pas de manne, quelle bénédiction s'y trouve ?

Mais toutes les bénédictions dépendent du septième jour. Explication : car l'essentiel de la bénédiction et du maintien du monde est la Torah, comme il est dit : pour la Torah, appelée 'commencement' (rechit), le monde fut créé; Il regarda dans la Torah et créa [le monde].

Et durant les six jours ouvrables la parole (amira) s'est revêtue dans l'action : 'que soit la lumière', 'que soit un firmament', comme il est écrit 'par la parole de l'Éternel les cieux furent faits' (Psaumes 33,6). Ainsi l'action [est] un degré au-dessous de l'essence de l'énoncé.

Mais le septième jour il est écrit 'et Il bénit', et c'est un énoncé sans revêtement dans l'action, et c'est la racine de la Torah. C'est pourquoi la bénédiction du Chabbat, le monde n'est pas digne de la recevoir, seulement les enfants d'Israël, comme il est dit : 'l'assemblée d'Israël sera ta compagne (bat zoug)', par la force de la Torah qui nous fut donnée : 'et Je mets Mes paroles dans ta bouche' (Isaie 51,16), l'essence des Paroles sans revêtement.

Et c'est le témoignage du Chabbat, comme il est dit : le Chabbat, qu'on le fasse tout entier de Torah, où il n'y a pas de melakha (travail), comme je l'ai dit ailleurs à ce sujet.

תר"ס

[תר"ס - 5660]

אנכי ה"א כו' מבית עבדים. איתא במד' כל הנשמות עמדו בקבלת התורה.

א"כ לכולם נאמר הוצאתיך. כי כמו שבנ"י למטה היו בגלות מצרים.

כן היו הנשמות למעלה משועבדים תחת שר מצרים. ובקבלת התורה נתעלו בנ"י ונכנסו תחת כנפי השכינה.

כמ"ש הוצאתי אתכם מא"מ להיות לכם לאלקים. כמ"ש אנכי ה' אלקיך.

שייחד אלקותו ית"ש עלינו בלי שום אמצעי. וזהו עיקר הפי' מבית עבדים.

כי כל הטבע נק' בית עבדים כמ"ש חז"ל עוה"ז דומה לפרוזדור בפני עוה"ב. ופרוזדור הוא בית עבדים.

וכל התחתונים משועבדים לשרים ומלאכי מעלה. ובנ"י יצאו מבית עבדים ונכנסו לטרקלין שהם בני עוה"ב.

וזה עדות השבת שהוא מעין עוה"ב. וז"ש וזכרת כי עבד כו' ויוציאך ה"א כו' ע"כ צוך לעשות כו' יום השבת.

וזה ענין שנחלקו החוקרים אי נשמות למעלה מהמלאכים או מלאכים שכלים נבדלים למעלה מהנשמות. ובאמת שניהם כוונו אל האמת כי מצד הבריאה מדרגת השכלים למעלה מן הנשמות.

אבל הקב"ה הוציא אותנו והרים אותנו למעלה ממדרגת המלאכים מצד התורה. ועיקר התורה היא אנכי ה"א לקבל אלקותו ית"ש.

ואז בהר סיני השיגו בחוש בחי' אלקות. ויצאו מהגשמיות.

ולולא החטא הי' עולם שכולו שבת כמ"ש אמרתי אלקים אתם. אך אחר החטא נפלו ממדרגה זו.

ובש"ק שיורדת נשמה יתירה היא הנשמה שקיבלו בהר סיני שהיא למעלה מבית עבדים. לכן שבת עדות על יצ"מ וקבלת התורה.

לכן שבת סהדותא איקרי דכ' אתם עדי נאום ה'. וכל העדות בכח התורה שנק' עדות דכ' וידבר אלקים כו' כ"ה האלה לאמר.

אנכי ה"א. פי' שתכלית כל הדברים האלה להעיד ולברר כי אנכי ה"א.

כמו שראו בעין בהר סיני ונעשו עדים כמ"ש אתה הראת לדעת. והניח הקב"ה זה העדות בתורה.

כי כל ישראל יש להם חלק בתורה. וכפי היגיעה בתורה נעשה עד.

ואיתא בגמ' כותב אדם עדותו בשטר ומעיד עליו אפי' אחר כמה שנים. ואפי' אינו זוכרה מעצמו רק שע"י הכתב נזכר.

חשוב עד. וכמו כן ע"י היגיעה בתורה בא איש ישראל לזכור זה העדות שחקוק בנפשו בקבלת התורה.

ואיתא עוד בגמ' עצמו מאי. ומסקינן דצורבא מרבנן אפי' הבע"ד עצמו יכול להזכיר לו עדותו.

וזהו בחי' תורה שבע"פ. שחכמי ישראל זוכין אשר הקב"ה בעצמו מזכיר אותם בלבם זה העדות כמ"ש:

'Je suis l'Éternel ton Dieu... de la maison des esclaves' (Exode 20,2). Il est [enseigné] dans le Midrach : toutes les âmes se tenaient au don de la Torah.

Ainsi, à toutes il fut dit 'Je t'ai fait sortir'. Car de même que les enfants d'Israël étaient en bas dans l'exil d'Égypte, de même les âmes étaient en haut asservies sous le prince (sar) d'Égypte.

Et au don de la Torah les enfants d'Israël se sont élevés et sont entrés sous les ailes de la Chekhina, comme il est dit 'Je vous ai fait sortir du pays d'Égypte pour être pour vous un Dieu', comme il est écrit 'Je suis l'Éternel ton Dieu', car Il a unifié Sa divinité, qu'Il soit béni, sur nous sans aucun intermédiaire. Et c'est l'explication essentielle de 'de la maison des esclaves' : car toute la nature est appelée 'maison des esclaves', comme l'ont dit nos Sages : ce monde-ci ressemble à un vestibule devant le monde à venir; et le vestibule est une maison d'esclaves; et tous les êtres d'en bas sont asservis aux princes et aux anges d'en haut.

Et les enfants d'Israël sont sortis de la maison des esclaves et sont entrés dans la salle du trône (traklin), eux qui sont fils du monde à venir. Et c'est le témoignage du Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir.

Et c'est ce qui est dit : 'et tu te souviendras que tu fus esclave... et l'Éternel ton Dieu t'a fait sortir... c'est pourquoi Il t'a ordonné de faire... le jour du Chabbat' (Deutéronome 5,15). Et c'est le sujet sur lequel ont divergé les investigateurs : si les âmes sont au-dessus des anges, ou si les anges, intellects séparés, sont au-dessus des âmes.

Et en vérité les deux ont visé la vérité : car du côté de la création, le degré des intellects [est] au-dessus des âmes, mais le Saint béni soit-Il nous a fait sortir et nous a élevés au-dessus du degré des anges, du côté de la Torah. Et l'essentiel de la Torah est 'Je suis l'Éternel ton Dieu', accepter Sa divinité, qu'Il soit béni.

Et alors, au mont Sinaï, ils ont saisi par le sens (be-hoch) l'aspect de la divinité, et sont sortis de la matérialité. Et sans la faute, [le monde] eût été un monde tout entier Chabbat, comme il est dit 'J'ai dit : vous êtes des dieux (Elokim)' (Psaumes 82,6).

Mais après la faute ils sont tombés de ce degré. Et le saint Chabbat, où descend l'âme supplémentaire (nechama yetera), c'est l'âme qu'ils reçurent au mont Sinaï, qui est au-dessus de la maison des esclaves.

C'est pourquoi le Chabbat [est] témoignage sur la sortie d'Égypte et le don de la Torah. C'est pourquoi le Chabbat est appelé 'témoignage' (sahaduta), comme il est écrit 'vous êtes Mes témoins, dit l'Éternel' (Isaie 43,10).

Et tout le témoignage [est] par la force de la Torah, appelée 'témoignage' (edout), comme il est écrit 'et Dieu prononça toutes ces paroles pour dire', 'Je suis l'Éternel ton Dieu'. Explication : la finalité de toutes ces paroles est de témoigner et d'établir que 'Je suis l'Éternel ton Dieu', comme ils l'ont vu de leurs yeux au mont Sinaï et sont devenus témoins, comme il est écrit 'à toi il a été montré pour savoir' (Deutéronome 4,35).

Et le Saint béni soit-Il a déposé ce témoignage dans la Torah, car tout Israël a une part dans la Torah, et selon l'effort dans la Torah on devient témoin. Et il est [enseigné] dans la Guemara : un homme écrit son témoignage dans un acte et témoigne dessus même après plusieurs années, et même s'il ne s'en souvient pas de lui-même, mais que par l'écrit il se rappelle, il est considéré comme témoin.

Et de même, par l'effort dans la Torah, l'homme d'Israël parvient à se rappeler ce témoignage gravé dans son âme lors du don de la Torah. Et il est encore [enseigné] dans la Guemara : [le témoignage sur] soi-même, qu'en est-il ?

Et nous concluons qu'un jeune érudit (tsourva me-rabanan), même la partie [au procès] elle-même peut lui rappeler son témoignage. Et c'est l'aspect de la Torah orale, où les sages d'Israël méritent que le Saint béni soit-Il Lui-même leur rappelle dans leur cœur ce témoignage, comme [il est dit].

תרס"א

[תרס"א - 5661]

בפסוק וכל העם רואים כו' לשון הוה. וע"ז כ' אנכי מצוך היום.

אנכי דעשרת הדיברות כי ראי' זו היא בכח הנשמות שרואים את הנשמע והוא חלק ה' ממעל. וזו הנשמה משגת עבר ועתיד מעין שם הוי' ית' שמו כמ"ש חלק ה' עמו.

ונשאר ראי' בנשמות בנ"י. אך האדם צריך לייגע עצמו בתורה ומצות להמשיך הארת הנשמה בגוף.

וז"ש והיו הדברים כו' אשר אנכי מצוך כו' על לבבך. וכ' שמעי בת וראי אח"כ והטי אזנך ושכחי כו'.

שאחר שזוכין להסתכלות הנ"ל בכח הנשמה צריכין להטות הגוף להתדבק בכח הנשמה להיות שכחי עמך. ואז ויתאו המלך יפיך.

וכפי הארת הנשמה בגוף כך יכולין לשכוח הבלי עולם. וב' אלו הם בחי' זכור ושמור.

זכירה הארת הנשמה. שמירה שכחת הגוף והטבע הגשמיות.

ואיתא ע"פ גם אלה תשכחנה מעשה עגל. ואנכי לא אשכחך אנכי דעשרת הדיברות.

פי' כשהקב"ה אמר אנכי ה"א נטע זה הכח בנפשות בנ"י נטיעה קיימת שא"א לשכוח. כי כל דברים הטבעיים יש בהם שכחה.

כמ"ש התשכח אשה עולה. ומסיים גם אלה תשכחנה.

שעכ"פ סופה להשכיח. כי.

שמים כעשן נמלחו והארץ כבגד תבלה. וסוף הגשמיות להתבטל מן העולם.

אבל אנכי לא אשכחך שלא תוכל זו הנטיעה לבוא לידי שכחה. שהיא למעלה מן הטבע.

רק איש ישראל צריך לייגע עצמו כל הימים לזכור זו הנטיעה ולשכוח מהבלי עולם. ועכ"פ ביום השבת שמתגלה הנשמה יתירה צריכין לשכוח בהבלי עולם:

Sur le verset 'et tout le peuple voyait...' (Exode 20,15), au présent (lechon hove). Et c'est à ce sujet qu'il est écrit 'Je te l'ordonne aujourd'hui', le 'Je' (Anokhi) des Dix Paroles.

Car cette vision [se fait] par la force des âmes qui 'voient l'entendu' (roim et ha-nichma), et c'est 'la part de l'Éternel d'en haut' (Deutéronome 32,9). Et cette âme saisit le passé et le futur, à l'image du Nom Havaya (le Tétragramme), qu'Il soit béni, comme il est dit 'la part de l'Éternel [est] Son peuple'.

Et [cette] vision est restée dans les âmes des enfants d'Israël. Seulement, l'homme doit peiner en la Torah et les commandements pour attirer l'illumination de l'âme dans le corps.

Et c'est ce qui est dit : 'et ces paroles... que Je t'ordonne... seront sur ton cœur' (Deutéronome 6,6). Et il est écrit : 'écoute, ma fille, et vois', puis 'et incline ton oreille, et oublie...' (Psaumes 45,11) : car après qu'on mérite la contemplation susdite par la force de l'âme, il faut incliner le corps pour s'attacher à la force de l'âme, afin d'être 'oublie ton peuple [et la maison de ton père]'.

Et alors 'le roi désirera ta beauté' (Psaumes 45,12). Et selon l'illumination de l'âme dans le corps, ainsi peut-on oublier les vanités du monde.

Et ces deux [choses] sont l'aspect de 'souviens-toi' (zakhor) et 'garde' (chamor) : le souvenir [est] l'illumination de l'âme, la garde [est] l'oubli du corps et de la nature matérielle. Et il est [enseigné] sur le verset 'même celles-là seront oubliées' (Isaie 49,15), l'acte du veau [d'or]; 'et Moi Je ne t'oublierai pas' (idem), le 'Je' (Anokhi) des Dix Paroles.

Explication : quand le Saint béni soit-Il a dit 'Je suis l'Éternel ton Dieu', Il a planté cette force dans les âmes des enfants d'Israël d'une plantation permanente qu'il est impossible d'oublier. Car toutes les choses naturelles comportent l'oubli, comme il est écrit 'une femme oublie-t-elle son nourrisson' (Isaie 49,15), et il conclut 'même celles-là seront oubliées', car de toute façon elle finira par oublier.

Car 'les cieux se dissiperont comme fumée et la terre s'usera comme un vêtement' (Isaie 51,6), et la fin de la matérialité [est] de s'annuler du monde. Mais 'Moi Je ne t'oublierai pas' : cette plantation ne peut venir à l'oubli, car elle est au-dessus de la nature.

Seulement l'homme d'Israël doit peiner tous les jours pour se souvenir de cette plantation et oublier les vanités du monde. Et en tout cas, le jour du Chabbat, où se révèle l'âme supplémentaire (nechama yetera), il faut oublier les vanités du monde.

תרס"ב

[תרס"ב - 5662]

En bref

« Hachem est ma force » : quand D.ieu donne la Torah, appelée « force » (oz), Yitro vient, « vers Toi les nations viendront ». Selon le Sfat Emet, le choix d'Israël ouvre une porte pour que se rapprochent, parmi les nations, ceux qui le méritent : Israël, clarifié en Égypte et élevé au-dessus de la nature jusqu'au Sinaï, rapproche les êtres d'en bas du D.ieu vivant. Dans Ses mesures, l'éloignement contient une proximité et la proximité un éloignement ; Hachem et Elokim sont soleil et bouclier, « souviens-toi » et « garde » dits en une seule parole. Celui qui s'occupe de la Torah pour elle-même (lichma) fait la paix en haut et en bas, et le Chabbat, appelé « paix », unit ces deux aspects.

Aussi : Israël entend aux dix Paroles la parole de Hachem elle-même ; le Chabbat rappelle pourquoi l'on a été envoyé, avant-goût du monde à venir ; l'Assemblée d'Israël, conjoint du Chabbat, reçoit la bénédiction et l'âme supplémentaire.

במדרש ה' עוזי כו' כשנתת לנו את התורה שנק' עוז לא בא יתרו כו' אליך גוים יבאו. פי' אע"פ שהבדילנו הקב"ה ובחר בנו מכל האומות אין זה גרעון וריחוק לאומות.

רק אדרבא ע"י בחירת בנ"י נפתח פתח שיתקרבו מן האומות הראוי להתקרב כי איך יוכל ב"ו להתדבק באלקים חיים. ובנ"י שנתבררו במצרים ועשה לנו הקב"ה נסים ונפלאים והרים אותנו מן הטבע עד שבאנו אל הר סיני לקבל התורה.

וממילא נפתח פתח לקרב התחתונים. וע"ז כ' שלום כו' לרחוק ולקרוב.

ובמד' האלקי מקרוב אני ולא מרחוק אני הוא שאני מקרב ואני מרחק. ע"ש במכילתא ובמד'.

והגירסאות מתחלפים. ובס' יפ"ת נדחק ליישב.

אבל הענין א' הוא כי אין מדותיו של הקב"ה כמדת ב"ו. והריחוק עצמו יש בו קרבות.

והקרבות יש בו ריחוק. הרי הוא אומר שמש ומגן ה' אלקים.

שמש הוא להאיר ומגן הוא לשמור שלא יתקרב אל האור מי שאינו ראוי. וה' מדה"ר.

אלקים מדה"ד. ושניהם יש בהם שמש ומגן.

ויש מי שזוכה לקבל בבחי' קירוב וע"ז נא' בנ"י עם קרובו. ויש שמקבל ע"י בחי' ריחוק.

ושניהם אלו הם בחי' זכור ושמור. מ"ע ומל"ת.

מ"ע הקירוב ומל"ת הריחוק. ורמזו כי בדיבור אחד נאמרו.

שכל אחד כלול בחבירו והתורה כולל שניהם. כמ"ש או יחזיק במעוזי יעשה שלום שלום יעשה.

דרשו חז"ל העוסק בתורה לשמה עושה שלום בפמליא של מעלה ופמליא של מטה. פמליא של מעלה בחי' זכור.

ושל מטה בחי' שמור. ושבת ג"כ שנק' שלום.

לפי שכלול מזכור ושמור. וז"ש האלקי מקרוב אני ולא מרחוק בתמי' שאלקותו ית' יש מקבלים ע"י קירבות ויש ע"י רחקות.

ומ"ש במד' אני שהוא מרחק פי' הרחקות בא ג"כ ממני. וא"כ יש בו ג"כ קירבות כי במדותיו ית"ש אין בהם פירוד כמ"ש:

Dans le Midrach sur "ה' est ma force" etc. : quand Tu nous as donné la Torah, appelée "force" (oz), Yitro n'est-il pas venu etc., "vers Toi les nations viendront". Explication : bien que le Saint béni soit-Il nous ait séparés et nous ait choisis parmi toutes les nations, ce n'est pas un amoindrissement ni un éloignement pour les nations.

Au contraire, par le choix d'Israël s'ouvre une porte pour que se rapprochent, parmi les nations, ceux qui méritent de se rapprocher ; car comment un être de chair et de sang pourrait-il s'attacher au Dieu vivant ? Et Israël, qui fut clarifié en Égypte, pour qui le Saint béni soit-Il fit des miracles et des prodiges et qui nous éleva au-dessus de la nature jusqu'à ce que nous parvenions au mont Sinaï pour recevoir la Torah - par là même s'ouvrit une porte pour rapprocher les êtres d'en bas.

Et c'est à ce sujet qu'il est écrit : "paix... au lointain et au proche" (Isaie 57,19). Et dans le Midrach : "Suis-je un Dieu de près et non un Dieu de loin ?" (Jérémie 23,23) - c'est Moi qui rapproche et Moi qui éloigne.

Vois-y dans la Mekhilta et dans le Midrach ; les versions diffèrent, et dans le livre Yefé Toar on s'est efforcé avec peine de les concilier. Mais l'idée est une : les mesures (midot) du Saint béni soit-Il ne sont pas comme la mesure de l'être de chair et de sang.

L'éloignement lui-même contient une proximité, et la proximité contient un éloignement. Ainsi il est dit : "car soleil et bouclier sont ה' Elokim" (Psaumes 84,12).

Le soleil est pour éclairer, et le bouclier est pour protéger, afin que ne s'approche de la lumière celui qui n'en est pas digne. Et ה' est la mesure de miséricorde (midat ha-rahamim), Elokim la mesure de rigueur (midat ha-din) ; et tous deux comportent soleil et bouclier.

Il en est qui méritent de recevoir sous l'aspect (behina) de la proximité, et c'est à leur sujet qu'il est dit "Israël, le peuple qui Lui est proche" (Psaumes 148,14) ; et il en est qui reçoivent par l'aspect de l'éloignement. Ces deux-là sont les aspects de "souviens-toi" (zakhor) et "garde" (shamor), commandement positif (mitsvat asse) et commandement négatif (mitsvat lo taasse) : le commandement positif, la proximité ; le commandement négatif, l'éloignement.

Et ils ont fait allusion au fait qu'ils furent dits en une seule parole, car chacun est inclus dans l'autre, et la Torah les inclut tous deux. Comme il est écrit : "où qu'il saisisse ma force, qu'il fasse la paix ; la paix il fera" (Isaie 27,5).

Nos Sages ont expliqué : celui qui s'occupe de la Torah pour elle-même (lishma) fait la paix dans la cour céleste (pamalia d'en haut) et dans la cour d'en bas. La cour d'en haut, l'aspect de zakhor ; celle d'en bas, l'aspect de shamor.

Et le Chabbat aussi, qui est appelé "paix" (shalom), parce qu'il est composé de zakhor et de shamor. Et c'est ce que signifie "suis-je un Dieu de près et non de loin", sous forme interrogative (bi-tmiha) : Sa divinité, qu'Il soit béni, certains la reçoivent par la proximité et d'autres par l'éloignement.

Et ce que dit le Midrach "c'est Moi qui éloigne" signifie : l'éloignement vient lui aussi de Moi ; et donc il contient lui aussi une proximité, car dans Ses mesures, qu'Il soit béni et Son Nom, il n'y a pas de séparation, comme il est écrit.

בענין עשרת הדיברות נתייחדו בנ"י לשמוע דבר ה'. וע"ז מבקשין ישקני מנשיקות פיהו דהנה כל העולם ומלואו נבראו ונשתלשלו מעשרה מאמרות.

כמ"ש בדבר ה' שמים נעשו. וכל מעשה בראשית והטבע שמחים לעשות רצון קונם.

ובנ"י בעצמם זכו לשמוע דבר ה' והוא כמ"ש במד' מפיו דעת ותבונה. בא בנו של מלך ונתן לו מתוך פיו.

לכן נתעלו בנ"י מן הטבע. כמ"ש אנכי ה"א כו' הוצאתיך מא"מ מבית עבדים.

כי כל הנמשכים אחר הטבע נק' בית עבדים. אבל בנ"י בהם עצמם כ' לי בנ"י עבדים שהם עבדי ה' שצוה אותם לקיים מצותיו.

א"כ עבדי הם ולא עבדים לעבדים. ואינם משועבדים אל הטבע שהם מושכין חיות ממדרגה למדרגה אחר עצם כח המאמרות.

ובנ"י הם עצמם מקבלים דבר ה'. ולכן העוסק בתורה הוא בן חורין שהרי הוא עוסק בדבר ה' עצמו שהוא כח כל הנבראים וז"ש כח מעשיו הגיד לעמו:

Au sujet des dix Paroles (aseret ha-dibrot), Israël fut distingué pour entendre la parole de ה'. Et c'est à ce sujet qu'on demande : "qu'Il me baise des baisers de Sa bouche" (Cantique 1,2).

Car voici, le monde entier et sa plénitude furent créés et émanes en cascade à partir des dix paroles (assara maamarot) de la création, comme il est écrit : "par la parole de ה' les cieux furent faits" (Psaumes 33,6) ; et toute l'œuvre de la Genèse et la nature se réjouissent d'accomplir la volonté de leur Créateur. Or Israël lui-même mérita d'entendre la parole de ה', et c'est comme il est dit dans le Midrach : "de Sa bouche, connaissance et discernement" (Proverbes 2,6) - le fils du roi vint, et Il lui donna de Sa propre bouche.

C'est pourquoi Israël s'éleva au-dessus de la nature, comme il est écrit : "Je suis ה' ton Dieu... qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison des esclaves" (Exode 20,2). Car tous ceux qui sont entraînés à la suite de la nature sont appelés "maison des esclaves" ; mais au sujet d'Israël lui-même il est écrit "car à Moi les enfants d'Israël sont esclaves" (Lévitique 25,55) - ils sont les serviteurs de ה', qui leur a ordonné d'accomplir Ses commandements.

Ils sont donc Mes serviteurs, et non serviteurs de serviteurs, et ils ne sont pas asservis à la nature - eux qui tirent leur vitalité d'un degré à l'autre suivant l'essence de la force des paroles (maamarot). Israël, lui, reçoit la parole de ה' elle-même.

C'est pourquoi celui qui s'occupe de la Torah est un homme libre, car il s'occupe de la parole de ה' elle-même, qui est la force de toutes les créatures. Et c'est ce que signifie : "la force de Ses œuvres, Il l'a annoncée à Son peuple" (Psaumes 111,6).

בפסוק זכור את יום השבת אמרו חז"ל בשבת ניתנה תורה זכור בעצומו של יום. דמכלל דכתיב זכור כו' השבת.

אם כן שבת יומא דזכירה ומביא זכרון לאיש ישראל שיזכור על מה נשתלח בעולם. דעוה"ז עלמא דשכחה.

דהטבע משכח. ובאמת עיקר השכחה הוא כדי לשכוח הבלי עולם והטבע.

וזה זכור ושמור שכולל מ"ע ומל"ת שתכלית המצות לזכור את האדם שנברא רק לעשות רצון קונו. ותכלית מל"ת שבשמיעתן זוכין לשכוח הבלי עוה"ז.

מ"ע מסייע אל הזכירה. ומל"ת אל השכחה.

ובאמת בשעת קבלת התורה בהר סיני ראו בנ"י ונזכר להם בשלימות על מה נשתלחו בעולם. ולכן יצאה נשמתן.

וכמו בעת חזרת הנשמה אחר מיתה שחוזרת למעלה ונזכרת מה שנשכח מאתה בעוה"ז. כמו כן בקבלת התורה נזכר להם העיקר.

ונשאר מזכירה זו בש"ק. ובאמת זה חסד הגדול שעשה הקב"ה ביום השבת שלא להיות נטבעין לגמרי תוך הטבע.

ז"ש כי ששת ימים עשה כו' וינח ביום השביעי. והניח יום השבת שלא נעשה בו מלאכה ממעשה בראשית.

כדי להיות מקום חירות שלא לטבוע תוך הטבע. וזה הוכן לבנ"י שהם בני עוה"ב ושבת מעין עוה"ב:

Sur le verset "souviens-toi du jour du Chabbat" (Exode 20,8), nos Sages ont dit : c'est un Chabbat que la Torah fut donnée ; "souviens-toi" - au cœur même du jour. Car du fait même qu'il est écrit "souviens-toi... du Chabbat", il s'ensuit que le Chabbat est le jour du souvenir (yoma di-zekhira), et il apporte le souvenir à l'homme d'Israël, pour qu'il se rappelle pourquoi il a été envoyé dans le monde.

Car ce monde-ci (olam ha-ze) est le monde de l'oubli (alma di-shikhha), car la nature fait oublier. Et en vérité, l'essentiel de l'oubli est afin d'oublier les vanités du monde et de la nature.

Et c'est "zakhor" et "shamor", qui incluent le commandement positif et le commandement négatif : le but des commandements est de rappeler à l'homme qu'il n'a été créé que pour accomplir la volonté de son Créateur ; et le but des commandements négatifs est que, par leur écoute, on mérite d'oublier les vanités de ce monde. Le commandement positif aide au souvenir, et le commandement négatif à l'oubli.

Et en vérité, au moment de recevoir la Torah au mont Sinaï, Israël vit et se rappela pleinement pourquoi ils avaient été envoyés dans le monde ; c'est pourquoi leur âme les quitta. Et de même qu'au moment du retour de l'âme après la mort, quand elle remonte en haut et se souvient de ce qu'elle avait oublié dans ce monde, de même, lors de la réception de la Torah, l'essentiel leur revint en mémoire ; et il reste quelque chose de ce souvenir dans le saint Chabbat (Chabbat kodech).

Et en vérité, telle est la grande bonté ('hessed) que le Saint béni soit-Il a faite au jour du Chabbat : ne pas être complètement immergés dans la nature. C'est ce que signifie : "car en six jours Il fit... et Il se reposa le septième jour" (Exode 20,11) - Il laissa au repos le jour du Chabbat, où nulle œuvre de la Genèse ne fut faite, afin qu'il y ait un lieu de liberté, pour ne pas se noyer dans la nature.

Et cela fut préparé pour Israël, qui sont les fils du monde à venir (olam ha-ba), et le Chabbat est un avant-goût (meein) du monde à venir.

תרס"ד

[תרס״ד] (année 5664)

בפסוק זכור את יום השבת. אחז"ל אמרה שבת לפני הקב"ה לכל יש בן זוג כו' כנס"י בן זוגך.

ז"ש הכ' זכור אשר אמרתי לשבת כנס"י בן זוגך. הענין הוא ע"פ מ"ש בזוה"ק ויברך כו' את יום השביעי כיון דלא אשתכח בי' מנא מה ברכתא אשתכח בי' אלא כולא ברכאין בשביעאה תליין.

פי' הדברים כמ"ש חז"ל אין כלי מחזיק ברכה אלא שלום. פי' הכלי מחזיק כפי מדתה.

אבל הברכה יותר מן המדה. ואין כלי להחזיק יותר ממדתה.

וכן הי' במעשה בראשית ששת ימים עשה כל בנין הטבע והבריאה. אבל בשבת ויברך יותר מהחזקת כלי הבריאה.

ולא הי' מי שראוי לקבל זו הברכה. רק בנ"י בכח התורה.

ה' יברך כו' עמו בשלום. ויש להם כח לקבל נשמה יתירה.

ותוס' ברכה. לכן כנס"י יהי' בן זוגך שהם כלי מחזיק ברכה.

וזו תוספות נשמה יתירה יותר מן העיקר. כמ"ש חז"ל תוספתו של הקב"ה יתירה על העיקר.

וזה הברכה של השבת והיא באמת עדות על הבורא מאחר שכל העולם ומלואו אין כדאי לקבל זו הברכה. וינח גי' עד.

ששת ימים ברא. ויום השביעי עד על הבריאה כדאיתא שבת סהדותא איקרי:

Sur le verset "souviens-toi du jour du Chabbat". Nos Sages ont dit : le Chabbat dit devant le Saint béni soit-Il : "chacun a un conjoint (ben zoug)..." ; [et Il répondit :] "l'Assemblée d'Israël (Knesset Israël) est ton conjoint".

C'est ce que dit le verset : "souviens-toi" - ce que J'ai dit au Chabbat : "l'Assemblée d'Israël est ton conjoint". L'idée repose sur ce que dit le Zohar ha-kadoch : "Il bénit... le septième jour" (Genèse 2,3) - puisqu'il ne s'y trouve pas de manne (man), quelle bénédiction s'y trouve-t-elle ?

Mais toutes les bénédictions dépendent du septième. Explication de la chose, comme l'ont dit nos Sages : aucun réceptacle ne retient la bénédiction sinon la paix (shalom).

Explication : le réceptacle (keli) contient selon sa mesure, mais la bénédiction dépasse la mesure, et il n'existe pas de réceptacle pour contenir plus que sa mesure. Ainsi en fut-il lors de l'œuvre de la Genèse : en six jours fut fait tout l'édifice de la nature et de la création, mais au Chabbat "Il bénit" - plus que ce que peut contenir le réceptacle de la création.

Et il n'y avait personne digne de recevoir cette bénédiction, sinon Israël, par la force de la Torah : "ה' bénira... Son peuple dans la paix" (Psaumes 29,11).

Ils ont la force de recevoir une âme supplémentaire (nechama yetera) et un surcroît de bénédiction ; c'est pourquoi "l'Assemblée d'Israël sera ton conjoint", car ils sont le réceptacle qui retient la bénédiction. Et ce surplus, l'âme supplémentaire, est plus grand que le principal, comme l'ont dit nos Sages : l'ajout du Saint béni soit-Il dépasse le principal.

Et telle est la bénédiction du Chabbat ; elle est en vérité un témoignage sur le Créateur, puisque le monde entier et sa plénitude ne suffisent pas à recevoir cette bénédiction. "Va-yanah" (וינח, et Il se reposa) a pour valeur numérique (guematria) celle de "ed" (עד, témoin) [74] : en six jours Il créa, et le septième jour est témoin sur la création, comme il est enseigné : le Chabbat est appelé "témoignage" (sahaduta).

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