שפת אמת

Sefat Emet — Chemot - Beshalach

Rabbi Yehouda Aryeh Leib Alter de Gour - enseignements sur la Torah
En bref

Dans le Midrach sur « Alors chanta » (Chemot 15,1), « Ton trône est établi depuis toujours (me-az) » (Tehilim 93,2). Le Sfat Emet enseigne qu’à la Création la providence de D.ieu était cachée et qu’à la délivrance d’Égypte elle s’est révélée : « ton trône s’est établi » veut dire que la connaissance de Sa providence s’est établie chez les créatures. Il est écrit « Je suis le Nom qui t’ai fait sortir » et non « qui t’ai créé ». Le chant (chira) tire tout selon une ligne (choura) vers Sa vie ; Israël a fait chanter les créatures. Quand l’homme agit dans l’attachement à D.ieu, l’occultation s’ôte ; c’est par la foi qu’ils ont dit le chant.

Aussi : qu’ils reviennent pour fixer en eux la délivrance et l’emporter d’eux-mêmes ; le cri de Moché même après la promesse, comme action du juste ; deux sortes de foi, en D.ieu et en Moché.

תרל"א

[תרל"א]

במדרש אז ישיר. נכון כסאך מאז כו' אע"פ שמעולם כו' כסאך כו'.

כי בעת הבריאה נסתר השגחתו ית' בעולם. ובעת גאולת מצרים נתגלה.

וז"ש נתיישב כסאך שנתיישב ידיעת השגחתו ית' בנבראים. [ולכך כ' אנכי ה' כו' אשר הוצאתיך.

ולא אשר בראתיך. כי ביצ"מ נתגלה אמונתו ית'.

ובזה י"ל קושית רמב"ן ז"ל בפ' בראשית על מ"ש רש"י לא הי' צריך להתחיל אלא מהחודש הזה כו' ע"ש] ובזה מיישב המד' קושית שר הול"ל. כי בכל נברא יש נקודה שנתברר ע"י כבודו ית'.

כמ"ש כל פעל ה' למענהו. ולכבודי כו'.

וזה ענין פרק שירה שיש לכל נברא שיר ושבח להש"י. ואז ישיר ישראל כו' השירה הזאת.

פי' שירה הידועה שעולה מכל הנבראים. ובנ"י עשו שכל הנבראים ישירו.

ויגלו נקודה אמיתית שהם עומדים מחיות הש"י שמחדש בכל יום מ"ב. וכ"ז תלוי במעשה האדם.

כי כשעושה מעשה בדביקות הש"י ע"י ידיעה זו שכל מעשה יש לו חיותו ית'. ע"פ ידיעתו נתברר זה בגוף המעשה.

ומסיר עי"ז ההסתר ונתגלה הפנימיות. ופי' שירה.

הוא להיות הכל נמשך בקו ושורה למקור שורשו שהוא חיותו ית'. וז"ש שע"י אמונה אמרו שירה כנ"ל.

ואא"ז מו"ר זצלה"ה אמר עמ"ש חז"ל שחזקי' לא אמר שירה ולכך לא עשהו משיח. כי הי' ברור אצלו השגחת הש"י עד שלא נתפעל ע"י הנס.

כי ידע שגם הטבע רק מחיות הש"י כו' ודפח"ח. והוא שכ' עליו טוב בעיניך עשיתי.

פי' ז"ל שסמך גאולה לתפילה. והוא כנ"ל שידע שבכל מעשה יש נקודה חיות ונק' גאולה שעי"ז בא גאולה להסיר הערלה דחפיא ברית.

שהוא הפנימיות שבכל דבר חיות הש"י. וזה הטוב בעיניך כו'.

שכל מעשיו הי' כעושה לפני המלך. שידע שכל הפעולות מכחו כמ"ש אין אדם נוקף כו'.

ולכך קשה לו לומר שירה. כי ההסתר הי' שוה לפניו כמו הפנימיות כנ"ל.

ונקבע שירה זו בכל יום שיכול אדם לעורר כל הנבראים לשירה זו. וגם בכח השבת דכ' מזמור שיר כו' ג"כ כנ"ל [וגם שירת הלוים בכל יום שהוא] להביא הארת ש"ק לימות החול.

שזה עיקר שמירת שבת. וז"ש במד' בפ' זו כי אם היו משמרין שבת א' יום אחד היו נגאלין.

והפי' כנ"ל שיום אחד יהי' מקושר לשבת כנ"ל. ובכ"מ שנזכר שבת כ' מקודם ששת ימים.

תלקטוהו כו' אח"כ שבת כו' כמ"ש במ"א:

Dans le Midrach sur 'Alors chanta' (Ex 15,1). 'Ton trône est établi depuis toujours (me-az)' (Ps 93,2), bien que 'depuis toujours' etc., 'ton trône' etc. Car au moment de la Création la providence de Dieu (que Son nom soit béni) était cachée dans le monde, et au moment de la délivrance d'Égypte elle s'est révélée.

Et c'est ce que signifie 'ton trône s'est établi (nitiachev)' : que s'est établie la connaissance de Sa providence chez les créatures. [Et c'est pourquoi il est écrit 'Je suis le Nom... qui t'ai fait sortir' (Ex 20,2) et non 'qui t'ai créé', car c'est lors de la sortie d'Égypte que s'est révélée la foi en Lui.

Et par là se résout la question du Ramban (de mémoire bénie) dans la paracha Berechit sur ce qu'écrit Rachi 'il n'aurait fallu commencer qu'à partir de "Ce mois-ci" etc.', vois-y.] Et par là le Midrach résout la question du prince [des anges], qui aurait dû dire [autre chose] : car en toute créature il y a un point qui se clarifie par Sa gloire, comme il est écrit 'Le Nom a tout fait pour Lui-même (lema'anehou)' (Pr 16,4), et 'pour ma gloire' etc. Et c'est le sens du Pérèq Chira (chapitre du chant), qu'à chaque créature un chant et une louange envers Dieu. 'Alors chanta Israël etc. ce chant' : cela veut dire le chant connu qui monte de toutes les créatures.

Et les enfants d'Israël ont fait que toutes les créatures chantent, et ont révélé le point véritable, à savoir qu'elles subsistent de la vie de Dieu qui renouvelle chaque jour l'œuvre de la Genèse. Et tout cela dépend de l'action de l'homme.

Car lorsqu'il accomplit une action dans l'attachement à Dieu, par cette connaissance que toute action tient de Lui sa vie, selon sa connaissance cela se clarifie dans le corps même de l'action, et par là il ôte l'occultation et l'intériorité se révèle. Et le sens de 'chant (chira)' : c'est que tout soit tiré selon une ligne et un rang (choura) vers la source de sa racine, qui est Sa vie.

Et c'est ce qui est dit, que c'est par la foi qu'ils ont dit le chant, comme ci-dessus. Et mon grand-père, mon maître et enseignant (que le souvenir du juste saint soit une bénédiction) a dit, à propos de ce qu'ont enseigné nos Sages que Hizkiyahou n'a pas dit de chant et que pour cela il ne fut pas fait Machiah : car la providence de Dieu était si claire pour lui qu'il ne fut pas ému par le miracle, car il savait que la nature aussi n'est que de la vie de Dieu etc. ; et ce sont des paroles agréables.

Et c'est ce qui est écrit à son sujet 'ce qui est bon à tes yeux j'ai fait' (cf. Is 38,3).

Ils ont expliqué (de mémoire bénie) qu'il a joint la délivrance à la prière. Et c'est comme ci-dessus, qu'il savait qu'en toute action il y a un point de vie, appelé délivrance (gueoula), par lequel vient la délivrance pour ôter le prépuce qui recouvre l'alliance, c'est-à-dire l'intériorité qui est en toute chose, la vie de Dieu.

Et c'est 'le bon à tes yeux' etc. : que toutes ses actions étaient comme celui qui agit devant le Roi, car il savait que toutes les opérations viennent de Sa force, comme il est dit 'nul homme ne se heurte [le doigt en bas qu'il n'ait été décrété d'en haut]' etc. Et pour cela il lui était difficile de dire un chant, car l'occultation était pour lui égale à l'intériorité, comme ci-dessus.

Et ce chant a été fixé chaque jour, de sorte que l'homme peut éveiller toutes les créatures à ce chant. Et aussi par la force du Chabbat, dont il est écrit 'psaume, chant [pour le jour du Chabbat]' (Ps 92,1), également comme ci-dessus [et aussi le chant des Lévites chaque jour, qui est] pour amener l'illumination du saint Chabbat aux jours de la semaine, car c'est là l'essentiel de l'observance du Chabbat.

Et c'est ce que dit le Midrach dans cette paracha : que s'ils avaient observé un seul Chabbat, un seul jour, ils auraient été délivrés. Et l'explication est comme ci-dessus, qu'un seul jour soit relié au Chabbat.

Et en tout lieu où le Chabbat est mentionné, il est écrit d'abord 'six jours' : 'vous le ramasserez etc.' puis 'le Chabbat etc.', comme je l'ai écrit ailleurs.

דבר אל בנ"י וישובו כו'. י"ל טעם הענין שיצ"מ הי' נס שלא בהדרגה.

והיא לשעה. ורצה הש"י שישאר גאולה זו בעצמות ישראל.

וכן רצון הש"י תמיד מכל איש ישראל. לעת מצוא השעה.

שאין לך אדם שאין לו שעה. ואז צריך לקבוע בלבו על אח"כ שידע להתנהג גם בעת ההסתר.

ולכך צוה שיחזרו ויעלו מעצמותם. ולכך ויצעקו.

ולכאורה מאחר שראו נפלאותיו שאין להם שיעור למה יראו. אך כי ידעו שעתה צריכין לגבור מעצמם.

וז"ש שהיו נתונים בדין שע"פ דין יגאלו עתה. והרי זכו ליגאל גם בדין.

וכל מעשה הש"י לטובה כמ"ש נפלאותיך ומחשבותיך אלינו כו'. שהי' הרצון שיגאלו גם ע"פ דין.

והי' מקודם בנס שיהי' הכנה על אחר כך שיהי' גם ע"פ דין כנ"ל. ואפשר ז"ש בנ"י טוב לנו עבוד כו'.

פי' שחששו שלא יוכלו לגבור מעצמם. והי' רצונם שבמצרים עצמו יאריך הזמן עד שיהיו ראוין מעצמם.

והי' בנקל יותר. כי הש"י הבטיח אנכי אעלך כו'.

אך כי רצון הש"י הי' שהם בעצמם ממש יזכו ע"י נס הקדום כנ"ל. וכעין זה י"ל עמ"ש חז"ל אלו משמרין ב' שבתות נגאלין ושמעתי מאא"ז מו"ר ז"ל שהגיד בשם הרב ר' שמעלקא ז"ל [כמדומה לי כך] ששבת ראשון הכנה שיהי' בימות החול עבודה כראוי להיות אח"כ שבת כראוי [שצריך להיות אחר ימי עבודה] עכ"ד.

והוא כנ"ל ששבת ראשון הוא מהש"י בלי התעוררת להיות ראוין לזה. ואח"כ צריך אדם ללמוד מהארת שבת גם על ימות החול.

כדי שיהי' אח"כ שבת בסיוע עבודת ימי החול כנ"ל:

'Parle aux enfants d'Israël et qu'ils reviennent etc.' (Ex 14,2). On peut expliquer le sens de la chose : la sortie d'Égypte fut un miracle sans gradation, et c'était pour un instant.

Et Dieu a voulu que cette délivrance demeure dans l'essence même d'Israël. Et telle est toujours la volonté de Dieu de chaque homme d'Israël, au moment où l'heure se présente, car 'il n'est pas d'homme qui n'ait son heure'.

Et alors il doit fixer en son cœur, pour la suite, de savoir se conduire aussi au temps de l'occultation. Et pour cela Il a ordonné qu'ils reviennent et remontent d'eux-mêmes.

Et pour cela 'ils crièrent' (Ex 14,10). Or à première vue, après avoir vu Ses merveilles sans mesure, pourquoi eurent-ils peur ?

Mais c'est qu'ils savaient qu'à présent ils devaient l'emporter d'eux-mêmes. Et c'est ce qui est dit qu'ils étaient placés sous le jugement (din), que selon la stricte justice ils seraient délivrés maintenant ; et voici qu'ils méritèrent d'être délivrés même selon le jugement.

Et toute action de Dieu est pour le bien, comme il est dit 'Tes merveilles et Tes pensées sont pour nous' (cf. Ps 40,6).

Car la volonté était qu'ils soient délivrés aussi selon le jugement, et il y eut d'abord un miracle qui fut une préparation pour la suite, afin que ce soit aussi selon le jugement, comme ci-dessus. Et il est possible que ce soit ce que disent les enfants d'Israël 'il vaut mieux pour nous servir [l'Égypte que de mourir au désert]' (Ex 14,12) : cela veut dire qu'ils craignaient de ne pouvoir l'emporter d'eux-mêmes, et leur volonté était qu'en Égypte même le temps se prolonge jusqu'à ce qu'ils en soient dignes d'eux-mêmes, ce qui serait plus aisé, car Dieu avait promis 'Je te ferai monter [moi-même]' etc.

(cf. Gn 46,4).

Mais la volonté de Dieu était qu'eux-mêmes, réellement, en soient dignes par le miracle antérieur, comme ci-dessus. Et de façon semblable on peut expliquer ce qu'ont enseigné nos Sages : 's'ils observaient deux Chabbats ils seraient délivrés'.

Et j'ai entendu de mon grand-père, mon maître et enseignant (de mémoire bénie), qu'il a dit au nom du Rav Rabbi Chmelké (de mémoire bénie) [il me semble que c'est ainsi] : que le premier Chabbat est une préparation pour qu'il y ait, dans les jours de la semaine, un service comme il convient, afin qu'ensuite le Chabbat soit comme il convient [car il doit venir après des jours de labeur] ; telles sont ses paroles. Et c'est comme ci-dessus : que le premier Chabbat vient de Dieu sans éveil [préalable] pour en être dignes, et qu'ensuite l'homme doit apprendre de l'illumination du Chabbat aussi pour les jours de la semaine, afin qu'ensuite le Chabbat soit avec l'aide du service des jours de la semaine, comme ci-dessus.

אא"ז מו"ר ז"ל הגיד פי' המד' מה תצעק כו' ב' ירושות כו'. כי ע"י הקול מעוררין בנ"י דביקתם בקול קול יעקב.

וכשמתעורר רצו זה. שואלין מה תצעק שאין צריך צעקה כלל.

[כענין על בני ועל פועל ידי תצוני]. ומ"מ כ"ז נעשה ע"י הקול.

וז"ש מתגאה בירושתו שמגיע ע"י הקול לשלמעלה מהקול כו' ודפח"ח וש"י. כי פשוט תמוה לשון המדרש במ"ש כבר שמעתי צעקתך כו' ע"ש עוד במד' טרם יקראו כו' נראה הפי' כי מה שמוכן האדם להצעקה זה עיקר המכוון.

ושוב אין צריך לגוף הצעקה כלל. וזה מה תצעק כשהגיע לבחי' הצעקה כנ"ל.

[וזה ענין צעק לבם כו'. וכן צעקו וה' שמע.

אף שבלב שאינו נשמע כלל. מ"מ ה' שומע.

ואין צריך לצעוק בפה ממש]:

Mon grand-père, mon maître et enseignant (de mémoire bénie) a dit l'explication du Midrach 'Pourquoi cries-tu vers moi ?' (Ex 14,15) etc., 'deux héritages' etc. Car par la voix les enfants d'Israël éveillent leur attachement, dans 'la voix, la voix de Yaakov' (Gn 27,22).

Et lorsque s'éveille ce désir, on leur demande 'pourquoi cries-tu ?', qu'il n'est nul besoin de crier du tout [à la manière de 'au sujet de mes fils et de l'œuvre de mes mains me donnerez-vous des ordres ?' (Is 45,11)]. Et malgré tout, cela se fait par la voix.

Et c'est ce qui est dit qu'il s'enorgueillit de son héritage, car il parvient par la voix à ce qui est au-dessus de la voix etc. ; paroles agréables, et à bon entendeur. Car il est simplement étonnant, le langage du Midrach quand il dit 'j'ai déjà entendu ton cri' etc., vois-y ; et encore dans le Midrach 'avant qu'ils appellent [je répondrai]' (Is 65,24) : il apparaît que l'explication est que ce à quoi l'homme est préparé pour le cri, c'est cela l'essentiel de l'intention, et dès lors il n'est plus besoin du corps même du cri.

Et c'est 'pourquoi cries-tu', lorsqu'il est parvenu au niveau du cri, comme ci-dessus. [Et c'est le sens de 'leur cœur cria [vers le Seigneur]' (Lm 2,18) ; et de même 'ils crièrent et le Nom entendit' (cf.

Ps 34,18) : bien que ce soit dans le cœur, ce qui ne s'entend pas du tout, malgré tout le Nom entend, et il n'est pas besoin de crier de la bouche réellement.]

וא"ע ורמב"ן מקשים על צעקת מרע"ה. הלא הקב"ה הבטיחו שאכבדה בפרעה כו'.

וצעקת בנ"י י"ל שלא ידעו מזה כי אין מפורש שמרע"ה הגיד להם וי"ל שא"ל רק שישובו. [ומה שלא אמר להם.

נראה כי לשון מאמר ה' ואמר פרעה לבנ"י כו' משמע שזה נאמר לו. והפסיק הציווי של אמירתו לישראל וישובו ע"ש].

אבל מרע"ה למה צעק. אך נראה כי מדרך הצדיק לצעוק אף על מה שנבטח.

שמאמר הש"י הוא אחר שלימות פעולותיו של האדם. ותפילה וצעקה בכלל פעולת אדם השלם לא-להיו.

ולזאת מה שיהי' נושע ע"י תפילה וצעקה. הוא הישועה שנבטח עליו.

ונראה שאין מבטיחין באמת. רק למי שיודע זה.

שצריך צעקה גם אחר ההבטחה. [וז"ש אין הבטחה לצדיקים.

וי"ל שלכך לא נאמר לישראל ההבטחה שלא היו צועקין. והש"י רצה שיצעקו כמ"ש במד' השמיעיני את קולך.

אבל מרע"ה אף שנבטח צעק. ולכך נאמר לו ההבטחה כנ"ל]:

Ibn Ezra et le Ramban soulèvent une difficulté au sujet du cri de Moche notre maître (que la paix soit sur lui) : le Saint béni soit-Il ne lui avait-il pas promis 'Je me glorifierai par Pharaon' etc. (Ex 14,4) ?

Quant au cri des enfants d'Israël, on peut dire qu'ils n'en savaient rien, car il n'est pas explicite que Moche notre maître le leur ait dit, et l'on peut dire qu'il ne leur a dit que de revenir. [Et le fait qu'il ne le leur ait pas dit : il apparaît que le langage de la parole de Dieu 'et Pharaon dira des enfants d'Israël' etc.

(Ex 14,3) implique que cela lui fut dit à lui, et le commandement de dire à Israël 'qu'ils reviennent' fut interrompu, vois-y.] Mais Moche notre maître, pourquoi cria-t-il ? Il apparaît que c'est la voie du juste de crier même sur ce qui a été promis, car la parole de Dieu vient après l'achèvement des actions de l'homme, et la prière et le cri font partie des actions de l'homme accompli envers son Dieu.

C'est pourquoi ce dont il sera sauvé par la prière et le cri, c'est cela le salut qui lui a été promis. Et il apparaît qu'en vérité on ne fait de promesse qu'à celui qui sait cela, qu'il faut crier même après la promesse.

[Et c'est ce qui est dit 'il n'y a pas de promesse [assurée] pour les justes'. Et l'on peut dire que c'est pourquoi la promesse ne fut pas dite à Israël, afin qu'ils ne cessent de crier ; et Dieu voulait qu'ils crient, comme il est dit dans le Midrach 'fais-moi entendre ta voix' (Ct 2,14).

Mais Moche notre maître, bien qu'il eût reçu la promesse, cria ; et c'est pourquoi la promesse lui fut dite, comme ci-dessus.]

אז ישיר כו'. ברש"י ז"ל עלה בלבו שישיר וכן עשה.

ומאי קא משמע לן וודאי כששר הי' מקודם רצון בלבו לשיר. אך להבין הענין כי איך בכח אנשים לשיר שירה הכתובה בתורה.

ואין שיעור וערך לסודות ורזין הגנוזים באות א' מהתורה. והרי הכ' אומר ששרו הם השירה הזאת.

אך כי זה ענין כל תורה והמצות הניתן לישראל. שהש"י נתן לנו זה להיות נתלה אור התורה בכל פה ולשון שבישראל.

כמ"ש קרוב הדבר בפיך כו'. שהש"י תלה ע"י מעשה כ"א מישראל.

וקול ודיבור והבל הלב יוכל לעורר אותיות התורה עד שורשן ולהאיר במקום עליון. וז"ש ישיר שע"י כחם נתפעלו האותיות ונתגלו הארות פנימיות של רזין הגנוזין בכל דברי השירה כנ"ל.

ונקרא על שמם. כמ"ש אין המצוה נק' כו' מי שגומרה.

ג"כ הפי' כנ"ל. שעיקר מה שנעשה ע"י המצוה למעלה.

מ"מ הגומר הוא האדם בעשי' ממש. ונק' ע"ש הגמר.

אף שהעיקר נעשה ממילא. ע"י שתלה הש"י דברים עליונים בתחתונים.

וכן בתפילות שבקעו רקיעים כו'. וודאי לא בכח אדם.

רק ע"י שתלה הש"י האותיות בכח האדם כנ"ל. וחבל בחבל ונימא בנימא.

עד שעולה להש"י. וכן י"ל מ"ש רש"י ע"ש המחשבה.

כי במחשבה מוכן האדם לעשות כרצון הש"י. ושיעלה למעלה למעלה.

ומחשבה טובה הקב"ה מצרפה למעשה בישראל. והטעם ע"י שמוכן האדם ורוצה באמת לקיים רצון אביו שבשמים.

רק מה שמצד אונס. וז"ש רש"י שע"י שעלה בלבו לשיר ממש שירה הזאת.

אף שבמעשה אין בכח אנושי לשיר כראוי. עכ"ז נאמר וכן עשה כו'.

[שע"י הרצון נתעורר הפנימיות. שתלה הש"י זה בזה.

וכן מ"ש בזוה"ק שבדחילו ורחימו פרחין לעילא. ודחילו ורחימו הוא במחשבה והבן ]:

'Alors chanta' etc. (Ex 15,1).

Dans Rachi (de mémoire bénie) : 'il lui monta au cœur de chanter, et ainsi fit-il'. Et que vient-il nous apprendre ?

Assurément, lorsqu'il chanta, il y avait d'abord en son cœur la volonté de chanter. Mais c'est pour comprendre la chose : comment est-il au pouvoir d'hommes de chanter un chant écrit dans la Torah ?

Or il n'y a ni mesure ni évaluation aux secrets et mystères celés dans une seule lettre de la Torah, et voici que le verset dit que ce sont eux qui ont chanté ce chant. Mais c'est là l'affaire de toute la Torah et des commandements donnés à Israël : que Dieu nous a donné cela pour que la lumière de la Torah soit suspendue à toute bouche et toute langue en Israël, comme il est dit 'la chose est très proche de ta bouche' etc.

(Dt 30,14). Car Dieu l'a suspendue à l'action de chacun d'Israël, et la voix, la parole et le souffle du cœur peuvent éveiller les lettres de la Torah jusqu'à leur racine et illuminer un lieu suprême.

Et c'est ce qui est dit 'il chantera (yachir)' : que par leur force les lettres furent activées et se révélèrent les illuminations intérieures des mystères celés dans toutes les paroles du chant, comme ci-dessus. Et il est appelé de leur nom, comme il est dit 'le commandement n'est appelé [que du nom de] celui qui l'achève' ; c'est aussi l'explication comme ci-dessus : que bien que l'essentiel de ce qui se fait par le commandement soit en haut, malgré tout c'est l'homme qui l'achève par l'action réelle, et il est appelé du nom de l'achèvement, bien que l'essentiel se fasse de soi-même, du fait que Dieu a suspendu des choses suprêmes aux êtres inférieurs.

Et de même dans les prières qui ont fendu les cieux etc. : assurément ce n'est pas par la force de l'homme, mais du fait que Dieu a suspendu les lettres à la force de l'homme, comme ci-dessus, corde à corde et fil à fil, jusqu'à ce que cela monte vers Dieu. Et de même on peut expliquer ce qu'écrit Rachi 'du nom de la pensée' : car par la pensée l'homme est préparé à agir selon la volonté de Dieu et à monter toujours plus haut, et 'la bonne pensée, le Saint béni soit-Il la joint à l'acte' en Israël.

Et la raison en est que l'homme est préparé et veut vraiment accomplir la volonté de son Père qui est aux cieux, sauf ce qui relève de la contrainte. Et c'est ce que dit Rachi : que du fait qu'il lui monta au cœur de chanter réellement ce chant, bien que dans l'acte il ne soit pas au pouvoir humain de chanter comme il convient, malgré tout il est dit 'et ainsi fit-il' etc.

[Car par la volonté s'est éveillée l'intériorité, que Dieu a suspendue l'une à l'autre. Et de même ce qui est dit dans le saint Zohar, que par la crainte et l'amour ils s'envolent en haut ; et la crainte et l'amour sont dans la pensée, comprends-le.]

תרל"ב

[תרל"ב]

מה שנאמר לבנ"י שישובו כו'. כדי לקרוע להם הים ושיאמרו שירה.

כי יצ"מ הי' בהבטחה לאבות. ולא הי' שייך לומר שירה ע"ז.

והנה עיקר יצ"מ הי' לתקן מעשה בראשית כמ"ש בפרשיות הקודמין נגד עשרה מאמרות כו'. ולכך כ' אנכי ה' כו' הוצאתיך.

והקשו אמאי לא כ' אשר בראתיך. וגם קושית הרמב"ן ז"ל עמ"ש רש"י הי' צריך להתחיל מהחודש הזה ע"ש פ' בראשית שהקשה כי באמונת חידוש עולם מהש"י תלוי הכל.

מכל זה נראה כי ביצ"מ נתברר כי ברית שמים וארץ מהש"י בלבד. וקריעת ים סוף הוא בחי' גדולה מזה.

לברר כי יכולין בנ"י לפעול במעש"ט שינוי הטבע לגמרי. להיות הנהגתו עמהם למעלה מהטבע.

[כמ"ש מהר"ל ז"ל שיש סדר מיוחד להטבע וסדר מיוחד לנסים]. וז"ש וישובו לשורש העליון שלמעלה מהטבע.

וזה פי החירות. כי אין חירות רק בשורש שלמעלה מן הטבע:

Ce qui fut dit aux enfants d'Israël de revenir etc., c'était afin de fendre pour eux la mer et qu'ils disent un chant. Car la sortie d'Égypte fut par la promesse [faite] aux Pères, et il n'était pas approprié de dire un chant là-dessus.

Or l'essentiel de la sortie d'Égypte était de réparer l'œuvre de la Genèse, comme je l'ai écrit dans les parachiot précédentes, en regard des dix paroles [de la Création] etc. Et pour cela il est écrit 'Je suis le Nom... qui t'ai fait sortir' (Ex 20,2).

Et l'on a demandé pourquoi il n'est pas écrit 'qui t'ai créé'. Et aussi la difficulté du Ramban (de mémoire bénie) sur ce qu'écrit Rachi 'il fallait commencer à "Ce mois-ci"' (vois-y paracha Berechit), où il objecte que dans la foi en la nouveauté [création] du monde par Dieu tout est suspendu.

De tout cela il apparaît que lors de la sortie d'Égypte s'est clarifié que l'alliance des cieux et de la terre vient de Dieu seul. Et la fente de la mer des Joncs est un niveau plus grand que cela : clarifier que les enfants d'Israël peuvent, par de bonnes actions, opérer un changement total de la nature, de sorte que Sa conduite avec eux soit au-dessus de la nature.

[Comme l'écrit le Maharal (de mémoire bénie), qu'il y a un ordre particulier pour la nature et un ordre particulier pour les miracles.] Et c'est ce qui est dit 'et qu'ils reviennent (vechâvou)', vers la racine suprême qui est au-dessus de la nature. Et c'est le sens de la liberté (herout), car il n'est de liberté que dans la racine qui est au-dessus de la nature.

מ"ש ואכבדה בפרעה כמה פעמים. הלא בוודאי כל הענין הי' רק לטובת ישראל.

כי לרשע אמר כו' מה לך לספר חוקי. אך בוודאי כיון שהיו בנ"י משועבדים לפרעה.

הי' תחת רשות פרעה איזה כח מהקדושה שהי' נצרך לצאת מת"י. וכמ"ש לא נשאר כו' עד אחד הוא אותה נקודה האחדות שהי' ת"י.

לצאת להתגלות יחוד ה':

Ce qui est dit 'Je me glorifierai par Pharaon' à plusieurs reprises (Ex 14,4.17.18). Or assurément toute l'affaire n'était que pour le bien d'Israël, car au méchant Il a dit 'que t'importe de raconter mes lois ?' (Ps 50,16).

Mais assurément, du fait que les enfants d'Israël étaient asservis à Pharaon, il y avait sous la domination de Pharaon quelque force de sainteté qui devait sortir de sous sa main. Et comme il est dit 'il n'en resta pas [un seul] jusqu'à un seul' (cf.

Ex 14,28), c'est ce point d'unité qui était sous sa main, [et qui devait] sortir pour révéler l'unicité du Nom.

שבו איש תחתיו כו' ביום השביעי. בזוה"ק פי' תחת עול מלכות שמים.

כי בש"ק מתגלה מלכותו ית' שהכל ממנו. והוא בחי' מקומו של עולם.

שעש"ז נק' הקב"ה מקום. וזה אל יצא איש כו'.

והנה יום ש"ק קדוש לה'. אף כי לכאורה השביעי מדרגה אחרונה מששת ימים הקודמים.

אך היא הנותנת. שששת ימים עליונים במעלה.

ולכך נתלבשו בעוה"ז בלבושים ובמלאכה גשמיית ג"כ. אבל בש"ק מתגלה בו הארת יום השביעי בעצמו.

ולכך צריך לשבות מכל מעשה. רק להיות בטל לשורש החיים שהיא הארה עליונה.

וכ"כ בזוה"ק יתרו מיני' מתברכין שיתא יומין. וכ' שבת לא יהי' בו.

כיון דלא אישתכח מנא כו' מה ברכתא כו' ע"ש. והתירוץ כנ"ל כי ש"ק לא שייך הכנה גשמיית.

וחול מכין לשבת. ושבת נותנת ברכה לכל ימי החול.

שיוכלו להתדבק בימים העליונים בשורשם ע"י יום השביעי כנ"ל. וזהו ויברך ויקדש שנותן ברכה ודביקות לכל הימים כנ"ל:

'Que chacun demeure à sa place etc. le septième jour' (Ex 16,29). Dans le saint Zohar, l'explication : 'sous le joug de la royauté des cieux'.

Car au saint Chabbat se révèle Sa royauté, que tout vient de Lui, et c'est l'aspect du 'lieu du monde (mekomo chel olam)', car pour cette raison le Saint béni soit-Il est appelé 'lieu (Makom)'. Et c'est 'que nul homme ne sorte [de son lieu]' etc.

Or le jour du saint Chabbat est saint pour le Nom, bien qu'à première vue le septième soit le dernier degré des six jours qui précèdent. Mais c'est précisément cela [l'argument] : que les six jours sont supérieurs en rang, et pour cela ils se sont revêtus en ce monde de vêtements et d'un travail matériel également ; mais au saint Chabbat se révèle en lui l'illumination du septième jour lui-même, et pour cela il faut cesser toute action, pour seulement s'annuler devant la racine de la vie, qui est une illumination suprême.

Et ainsi il est écrit dans le Zohar [paracha] Yitro : 'de lui sont bénis les six jours'. Et il est écrit 'Chabbat, il n'y en aura pas en lui [de manne]' (cf.

Ex 16,26) : puisque la manne ne s'y trouvait pas, quelle bénédiction [y a-t-il] etc., vois-y. Et la réponse est comme ci-dessus : car au saint Chabbat ne s'applique pas de préparation matérielle ; la semaine prépare pour le Chabbat, et le Chabbat donne la bénédiction à tous les jours de la semaine, afin qu'ils puissent s'attacher aux jours supérieurs dans leur racine par le septième jour, comme ci-dessus.

Et c'est 'Il bénit et sanctifia' (cf. Gn 2,3), qu'Il donne bénédiction et attachement à tous les jours, comme ci-dessus.

תרל"ג

[תרל"ג]

ויאמינו בה' ובמשה כו' אף דגם במצרים כ' ויאמן העם כו'. רק שיש ב' אמונות.

א' אף שאין האדם יודע כלום. ועכ"ז מאמין בהקב"ה.

וזה מביאו שיוכל להשיג ג"כ. ואח"כ צריך להאמין ע"י ההשגה עצמו שידע שא"א להשיגו כלל.

וזהו ובמשה שכ' ז"ל באספקלריא דנהרא. כי מה שאדם מאמין ע"י הריחוק כנ"ל נק' אס' דלא נהרא.

ובחי' מרע"ה אס' דנהרא. שהי' ביטול ע"י הדעת והשכל כו'.

ונק' ג"כ אספקלריא שהיא מחיצה ע"י האור עצמו כנ"ל. וכמו כן יש ב' מיני גלות והסתרות.

והוא בחי' עוה"ז ועוה"ב. ב' העלמות.

שיש העלם והסתר בעוה"ז. החושך יכסה ארץ.

וכפי תגבורת האדם על היצה"ר זוכה לצאת מהחשיכה. ואך בזה עצמו לא יבוא אל השלימות.

כי מרע לא יבוא טוב. ורק ע"י סיוע מהבורא ית"ש שעשה כן שע"י עבודת האדם וגובר נגד יצרו.

עי"ז זוכה שמושיע לו הקב"ה אח"כ בבחי' עשה טוב. והוא העלם הב' שיש בבחי' עשה טוב ע"י האמת.

שמעשה הטוב גבוה עד מאוד ואין בשכל האדם להתקרב שם רק ע"י הקדמת עבודת האדם בהעלם ראשון. מזכה אותו הקב"ה בהעלם השני.

וזה ענין עוה"ז מכין לעוה"ב. וכן ענין ימי המעשה הכנה לשבת קודש.

וי"ל שזה ענין יצ"מ וקריעת ים סוף. כי למה צוה הש"י וישובו כו'.

וכ' ויהי בשלח. וי"ל שהי' חסרון מה שנצמח יצ"מ ע"י פרעה הרשע שהוא העלם הראשון.

עבודת חומר ולבנים כו'. והי' נצרך אח"כ להיות ישועה בהעלם הב'.

וזה שהי' ע"י בנ"י עצמם וישובו. ולא הי' ע"י פרעה ומצרים כלל.

והי' הצרה ג"כ ע"י הדעת שהרי חזרתם הי' בדעת והשכל. והוא העלם הב' כנ"ל.

ואח"כ ויאמינו בה' ובמשה כנ"ל. וכן איתא שקי"ס הי' ביום הז' כדמיון שבת אחרי ימי המעשה:

'Et ils crurent au Nom et en Moche' etc. (Ex 14,31).

Bien qu'en Égypte aussi il soit écrit 'et le peuple crut' etc. (Ex 4,31).

Mais il y a deux [sortes de] foi. La première : bien que l'homme ne sache rien, malgré tout il croit au Saint béni soit-Il, et cela l'amène à pouvoir aussi atteindre [la compréhension].

Et ensuite il doit croire par l'atteinte elle-même, en sachant qu'il est impossible de Le saisir du tout. Et c'est 'et en Moche', dont il est écrit (de mémoire bénie) [qu'il voyait] 'dans le miroir qui éclaire (aspaklaria de-nahara)'.

Car ce que l'homme croit par l'éloignement, comme ci-dessus, est appelé 'miroir qui n'éclaire pas (de-lo nahara)', et le niveau de Moche notre maître est 'le miroir qui éclaire', car il y avait annulation par la connaissance et l'intellect etc. Et il est appelé aussi 'miroir (aspaklaria)', car c'est une cloison [faite] par la lumière elle-même, comme ci-dessus.

Et de même il y a deux sortes d'exil et d'occultations, et c'est l'aspect de ce monde-ci et du monde à venir, deux voilements. Car il y a occultation et voilement en ce monde-ci : 'les ténèbres couvrent la terre' (Is 60,2), et selon la force de l'homme sur le mauvais penchant il mérite de sortir de l'obscurité.

Mais par cela seul il ne parviendra pas à la perfection, car 'du mal ne viendra pas le bien'. Et ce n'est que par l'aide du Créateur (que Son nom soit béni), qui a fait qu'ainsi, par le service de l'homme et son triomphe sur son penchant, il mérite par là que le Saint béni soit-Il le sauve ensuite dans l'aspect du 'fais le bien'.

Et c'est la seconde occultation, qui est dans l'aspect du 'fais le bien' par la vérité : car l'action bonne est extrêmement élevée, et il n'est pas au pouvoir de l'intellect de l'homme de s'en approcher, si ce n'est par le préalable du service de l'homme dans la première occultation ; alors le Saint béni soit-Il le gratifie de la seconde occultation. Et c'est le sens de 'ce monde-ci prépare au monde à venir', et de même le sens des jours de labeur [qui sont] une préparation au saint Chabbat.

Et l'on peut dire que c'est le sens de la sortie d'Égypte et de la fente de la mer des Joncs. Car pourquoi Dieu a-t-Il ordonné 'qu'ils reviennent' etc., et il est écrit 'et il advint quand Pharaon laissa partir' (Ex 13,17) ?

Et l'on peut dire qu'il y avait un manque du fait que la sortie d'Égypte a poussé par le moyen de Pharaon le méchant, qui est la première occultation, le service de l'argile et des briques etc. ; et il fallait ensuite qu'il y ait un salut dans la seconde occultation, et ce fut par les enfants d'Israël eux-mêmes, 'et qu'ils reviennent', et ce ne fut point par Pharaon et l'Égypte du tout. Et la détresse aussi fut par la connaissance, car leur retour se fit par la connaissance et l'intellect, et c'est la seconde occultation, comme ci-dessus.

Et ensuite 'ils crurent au Nom et en Moche', comme ci-dessus. Et de même il est enseigné que la fente de la mer des Joncs eut lieu le septième jour, à l'image du Chabbat après les jours de labeur.

אל יצא איש ממקומו כו'. שיש התדבקות לכל איש ישראל בשורשו בש"ק.

בשם א"ז מו"ר ז"ל והי' ביום הששי. לשון שמחה.

שע"י החשק והשמחה בע"ש לקבל ש"ק. זה ההכנה לשבת.

ודפח"ח:

'Que nul homme ne sorte de son lieu' etc. (Ex 16,29) : c'est qu'il y a un attachement pour chaque homme d'Israël à sa racine au saint Chabbat.

Au nom de mon grand-père, mon maître et enseignant (de mémoire bénie) : 'et ce sera au sixième jour' (Ex 16,5), langage de joie ('vayehi' compris comme joie). Car c'est par le désir et la joie à la veille du Chabbat de recevoir le saint Chabbat que se fait la préparation au Chabbat.

Et ce sont des paroles agréables.

En bref

« Alors il chantera » (Ex 15,1) : s'éveille l'aspect (bekhina) du chant en toute créature, et tout dépend du service de l'homme. Comment chanter devant Lui ? Seulement selon ce qu'il sait : toute élévation appartient à D.ieu, même celle d'un juste, qui est la fierté de D.ieu. Selon cette connaissance, il usera de l'élévation : le chant ne se dit que par l'élévation du cœur, après son redressement. Le Sfat Emet rapporte de son grand-père : « et pour les cœurs droits, la joie », car par la droiture du cœur vient la joie. Après la délivrance, le chemin leur fut rendu droit et ils comprirent comment le Nom les avait conduits : chira (chant) comme chour, la ligne droite.

Aussi : le retour après la sortie en hâte pour réparer le corps de l'oppresseur ; le cri qui éveille l'attachement puis le silence ; l'ouverture de la mer qui répare la sortie et entraîne à la foi

אז ישיר כו' שנתעוררו בחי' שירה שיש בכל נברא כמ"ש בפרק שירה כו'. וכ"ז תלוי בעבודת האדם.

[כמ"ש במ"א]: אשירה לה' כי גאה גאה.

פי' איך יוכל אדם לשיר לפניו ית'. רק כפי מה שיודע שכל הגבהות הוא להש"י.

גם מה שנמצא התנשאות באדם צדיק. היא גאות ה'.

כפי אמיתית ידיעה זו יוכל להשתמש בגבהות כמ"ש ויגבה לבו כו'. כי שירה א"י לומר רק ע"י התרוממות הלב.

וזה ע"י שידעו באמת כי גאה גאה כנ"ל. ושירה היא אחר התישרות לב האדם.

וכן שמעתי מאדמו"ר א"ז ז"ל ולישרי לב שמחה שע"י ישרת הלב בא שמחה. ואחר שנגאלו מכל אשר עבר עליהם.

ונתיישר להם דרך הש"י. והבינו מה שנהג אותם הש"י מתחילה ועד סוף.

וזה לשון שירה כמו שור שהוא קו הישר [וכן בניגון] שמתאחד עלי' וירידה ונק' שירה:

"Alors il chantera" (Ex 15,1), etc. - car s'éveilla l'aspect (bekhina) du chant qui se trouve en toute créature, comme il est écrit au Perek Shira, etc. Et tout cela dépend du service de l'homme.

[Comme il est écrit ailleurs :] "Je chanterai à ה' car Il s'est hautement élevé" (Ex 15,1). Explication : comment l'homme peut-il chanter devant Lui, béni soit-Il ?

Seulement selon ce qu'il sait, que toute élévation appartient à ה'. Même l'élévation qui se trouve chez un homme juste, c'est la fierté de ה'.

Selon la vérité de cette connaissance, il pourra user de l'élévation, comme il est écrit : "et son cœur s'éleva" (2Ch 17,6), etc. Car le chant ne peut se dire que par l'élévation du cœur, et cela par le fait qu'ils surent en vérité qu'"Il s'est hautement élevé", comme dit plus haut.

Et le chant vient après le redressement du cœur de l'homme. Ainsi ai-je entendu de mon maître, mon grand-père de mémoire bénie : "et pour les cœurs droits, la joie" (Ps 97,11) - car par la droiture du cœur vient la joie.

Et après qu'ils furent délivrés de tout ce qui leur était arrivé, et que le chemin de ה' leur fut rendu droit, et qu'ils comprirent la manière dont le Nom les avait conduits du début jusqu'à la fin - c'est le sens du mot shira (chant), comme shour, qui est la ligne droite (le jeu de mots relie shir, chant, shour, ligne, et yashar, droit) [et de même dans la mélodie (nigoun)], qui unit la montée et la descente ; et cela se nomme shira.

תרל"ד

[Année 5634 - תרל"ד]

דבר אל בנ"י וישובו. לאשר יצאו בנ"י בחפזון ממצרים והי' שלא בהדרגה.

ואין זה דבר של קיימא. הוצרכו לשוב.

והענין כמ"ש והחיות רצוא ושוב. ע"י המרוצה מהתלהבות יותר מהכח.

ע"ז צריך להיות מיד בחי' שוב. ועי"ז יש לו קיום.

כי כל הגליות הי' שיקבצו בנ"י כל הני"ק שנמצאים בעולם. ואין הרצון לברוח רק לתקן גוף המיצר.

ולעתיד שיהי' התיקון בשלימות כ' לא בחפזון תצאו כו'. ועתה בגלות מרגישין הארה לפעמים.

וצריכין להתדבק בה בכל לב. ולקשרה בכל המעשים.

וז"ש ואכבדה בפרעה כו'. שהחזרה הי' לתקן גוף המיצר כנ"ל:

"Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils reviennent" (Ex 14,2). Parce que les enfants d'Israël sortirent d'Égypte en hâte (behipazon), de façon non graduelle, et que cela n'est pas chose durable, ils durent revenir.

Le sens est comme il est écrit : "et les Hayot (créatures célestes) courent et reviennent" (ratso vashov, Ez 1,14). Par la course, issue d'un embrasement au-delà de la force, il faut aussitôt l'aspect du retour (shov), et par cela cela obtient permanence.

Car toutes les galouyot (exils) avaient pour but que les enfants d'Israël rassemblent toutes les étincelles saintes (nitsotsot ha-kedousha) qui se trouvent dans le monde. Et le désir n'est pas de fuir, mais de réparer le corps même de l'oppresseur (goufa de-meitsar).

À l'avenir, quand la réparation (tikoun) sera parfaite, il est écrit : "ce n'est pas dans la hâte que vous sortirez" (Is 52,12), etc. Et maintenant, en exil, on ressent parfois une illumination (heara), et il faut s'y attacher de tout cœur et la lier à tous les actes.

C'est le sens de : "et Je Me glorifierai par Pharaon" (Ex 14,4), etc. - car le retour visait à réparer le corps même de l'oppresseur, comme dit plus haut.

במדרש מה תצעק. צעקו וה' שמע כו'.

מתגאה בירושתו הקול קול יעקב כו'. אא"ז מו"ר ז"ל פי' שע"י הצעקה מעוררין שורש דביקות בנ"י.

ואז שואלין מה תצעק שא"צ לצעוק כלל. כמ"ש על בני כו' תצוני.

ואעפ"כ הכל בא ע"י צעקה וזה לשון מתגאה כו' ודפח"ח. והנה יש ב' מיני שתיקות.

א' ע"י שא"י כלום לצעוק. והוא אמונה ראשונה בכלל.

ולכן כ' גם קודם הגאולה ויאמן העם כו'. אבל כשזוכין להשיג לבוא לבחי' דיבור וקול.

צריך להיות אח"כ אמונה ושתיקה ע"י שמשיג מתוך החכמה שא"א להשיגו. ועי"ז חל עליו בושה ושותק ומאמין בה'.

וע"ז נאמר אח"כ ויאמינו בה' כו'. כי וודאי אין הצעקה התכלית.

רק לבוא לבחי' שלמעלה. והיא השתיקה.

והם ענין ב' העולמות עוה"ז ועוה"ב. ופרשנו במ"א כי עוה"ז העלם רע.

פי' ע"י שהרע נמצא בעולם. אין הקדושה מתגלה.

ועוה"ב נק' ג"כ עלמא דאתכסיא. והוא העלם טוב.

שע"י עומק הקדושה א"א להשיגו. וכפי מה שזוכה האדם בעוה"ז לגלות בחי' הקדושה.

כן יזכה לעוה"ב. וכן נמצא סדר זה תמיד לכל איש ישראל.

מה שמקדש עצמו בעוה"ז זוכה להשגה דבר מה. וצריך אח"כ לתקן השגה זאת שלא יחטא ע"י.

והוא ע"י הבושה והיראה. וי"ל שזה ענין יצ"מ וקי"ס:

Dans le Midrach : "Pourquoi cries-tu vers Moi ?" (Ex 14,15). Ils crièrent et le Nom entendit, etc.

Il se glorifie dans son héritage : "la voix est la voix de Yaakov" (Gn 27,22), etc. Mon maître, mon grand-père de mémoire bénie, a expliqué que par le cri on éveille la racine de l'attachement (devekout) des enfants d'Israël.

Et alors on leur demande : "Pourquoi cries-tu ?", car il n'est nul besoin de crier, comme il est écrit : "au sujet de Mes fils... Me donnerez-vous des ordres ?" (Is 45,11).

Et malgré cela tout advient par le cri : c'est le sens de "il se glorifie", etc. - et les paroles de la bouche du sage sont grâce (Ecc 10,12). Or il y a deux sortes de silence.

La première : par le fait qu'on ne sait rien crier, et c'est la foi (emouna) première, générale ; c'est pourquoi il est écrit, même avant la délivrance : "et le peuple crut" (Ex 4,31), etc. Mais quand on mérite d'atteindre l'aspect de la parole et de la voix, il faut ensuite une foi et un silence, par le fait qu'on saisit, du sein de la sagesse ('hokhma), qu'il est impossible de Le saisir ; et par cela tombe sur lui une honte (bousha), et il se tait et croit en ה'.

C'est de cela qu'il est dit ensuite : "et ils crurent en ה'" (Ex 14,31), etc. Car assurément le cri n'est pas le but, mais un moyen de parvenir à l'aspect supérieur, qui est le silence.

Et ce sont les deux mondes : ce monde-ci (olam ha-ze) et le monde à venir (olam ha-ba). Nous avons expliqué ailleurs que ce monde-ci est un "masquage du mal" (heelem ra) - c'est-à-dire que, du fait que le mal se trouve dans le monde, la sainteté ne se révèle pas ; et le monde à venir est aussi appelé "le monde caché" (alma de-itkasya), et c'est un "masquage du bien" (heelem tov) - car par la profondeur de la sainteté il est impossible de Le saisir.

Et selon ce que l'homme mérite de révéler en ce monde de l'aspect de la sainteté, ainsi méritera-t-il le monde à venir. Cet ordre se retrouve toujours pour chaque homme d'Israël : ce par quoi il se sanctifie en ce monde lui vaut d'atteindre quelque saisie, et il doit ensuite réparer cette saisie afin de ne pas fauter par elle, et cela par la honte et la crainte (yira).

On peut dire que c'est le sens de la sortie d'Égypte (yetsiat Mitsrayim) et de l'ouverture de la mer (keriat yam souf).

תרל"ה

[Année 5635 - תרל"ה]

במדרש מה תצעק. ב' ירושות הנחיל יצחק.

עשו מתגאה בירושתו הידים ידי עשו. ויעקב מתגאה הקול קול יעקב כו'.

בוודאי גיאות עשו הרשע על שניתן לו החרב לעשות בו כרצונו כמאמר על חרבך תחי'. ובנ"י מתגאין בירושתן שיש להם זה הכח של תפילה שיכולין להתקרב להש"י בעת צרתם.

ואיתא במד' בעשרה לשונות של תפילה. ביצור הוא א' מהן דכ' בצר לי אקרא כו'.

והפי' כי בנ"י בעת צרה פונים להש"י בטבעם. ולכן אף בצרה גדולה שא"י לצעוק ג"כ.

הצרה בעצמה הוא לשון של תפילה. כי מוכנים הם לתפילה לעולם כנ"ל.

יאיתא ויצעקו כו' תפסו אומנות אבותם. פי' מו"ז ז"ל כי לא הי' להם הכנה לתפילה מרוב צרה רק שתפסו מנהג אבותיהם בידיהם כו'.

ובזה עצמו מתגאין בנ"י מה שלא נמסר להם הכח. רק שיקבלו כל צרכיהם מהש"י ע"י תפילה וקול תורה ועבודה זו תפילה והוא גיאות של אמת שנכלל בגיאות הקב"ה.

כמאמר אל יתהלל חכם כו' הגבור כו' כ"א בזאת כו' השכל וידוע אותי. וזה פי' כי גאה גאה.

פי' הגיאות שבא ע"י גיאות הקב"ה הוא קיים לעד וכל גיאות שאין בו דבר לשמים אין לו קיום:

Dans le Midrach : "Pourquoi cries-tu ?" Its'hak a légué deux héritages. Esau se glorifie de son héritage : "les mains sont les mains d'Esau" ; et Yaakov se glorifie : "la voix est la voix de Yaakov" (Gn 27,22), etc.

Assurément la fierté d'Esau le mécréant tient à ce que lui fut donnée l'épée pour en faire à sa guise, selon la parole : "par ton épée tu vivras" (Gn 27,40). Et les enfants d'Israël se glorifient de leur héritage : ils possèdent cette force de la prière (tefila), par laquelle ils peuvent s'approcher de ה' au temps de leur détresse.

Il est enseigné dans le Midrach qu'il y a dix termes pour désigner la prière ; le terme de la détresse (tsar) est l'un d'eux, car il est écrit : "dans ma détresse (batsar li) j'appelle" (Ps 18,7), etc. Le sens est que les enfants d'Israël, au temps de la détresse, se tournent vers le Nom par leur nature même.

C'est pourquoi, même dans une grande détresse où l'on ne peut pas non plus crier, la détresse elle-même est un terme de prière, car ils sont à jamais disposés à la prière, comme dit plus haut. Il est enseigné : "et ils crièrent" (Ex 14,10) - ils saisirent le métier de leurs pères.

Mon grand-père de mémoire bénie a expliqué qu'ils n'avaient pas de disposition à la prière tant leur détresse était grande, mais qu'ils saisirent la coutume de leurs pères entre leurs mains, etc. Et c'est précisément de cela que se glorifient les enfants d'Israël : que la force ne leur ait pas été remise, mais qu'ils reçoivent tous leurs besoins de ה' par la prière et la voix de la Torah - et "le service" (avoda), c'est la prière ; et c'est une fierté de vérité, incluse dans la fierté du Saint béni soit-Il, selon la parole : "que le sage ne se glorifie pas... ni le fort... mais qu'il se glorifie en ceci... : comprendre et Me connaître" (Jr 9,22-23).

Et c'est le sens de "ki gao gaa" (car Il s'est hautement élevé) : la fierté qui vient par la fierté du Saint béni soit-Il subsiste à jamais, tandis que toute fierté qui ne comporte rien pour le Ciel n'a pas de permanence.

ענין קי"ס אחר יצ"מ. כי יצ"מ הי' לצורך גאולת ישראל בלבד.

אבל לא נתברר עדיין כבוד מלכותו ית' אשר היא בכל משלה. להודיע שגם כח פרעה וחילו וכל כח הסט"א הכל ע"פ השגחה עליונה.

ובקי"ס נתברר זה [והוא מ"ש יתרו עתה ידעתי כו' כי בדבר אשר זדו עליהם]. וזה ענין השירה מה שביררו בנ"י כי כל הבריאה היא המשכה אחת מרום מעלות עד תהום רבה.

וזהו כי גאה גאה. כי מלך ב"ו המתגאה על מלך אחר.

גאותו מבטל גיאות השני. אבל גיאות הקב"ה הוא בעוד קיים גיאות המלכיות שבארץ.

ועכ"ז הוא נורא עלילה עליהם. ועושה בהם כרצונו.

וז"ש סוס ורוכבו רמה כו':

Le sujet de l'ouverture de la mer (keriat yam souf) après la sortie d'Égypte. Car la sortie d'Égypte n'eut lieu que pour le besoin de la délivrance d'Israël ; mais la gloire de Sa royauté, béni soit-Il, qui domine sur tout, n'était pas encore devenue manifeste - à savoir de faire connaître que même la force de Pharaon, son armée et toute la force du Sitra A'hra (l'autre côté) sont entièrement sous la providence suprême.

Et lors de l'ouverture de la mer cela devint manifeste [c'est ce que dit Yitro : "maintenant je sais... car par la chose même dont ils avaient prémédité contre eux" (Ex 18,11)]. Et c'est le sens du chant : ce que les enfants d'Israël ont clarifié, que toute la création est un unique flux (hamshakha) depuis les sommets les plus élevés jusqu'à l'abîme profond.

C'est le sens de "ki gao gaa". Car un roi de chair et de sang qui s'enorgueillit sur un autre roi, sa fierté annule la fierté du second ; mais la fierté du Saint béni soit-Il subsiste alors même que subsiste la fierté des royaumes de la terre, et malgré cela Il est redoutable dans Ses hauts faits (nora alila) sur eux, et fait d'eux à Sa guise.

C'est le sens de : "le cheval et son cavalier, Il les a jetés à la mer" (Ex 15,1), etc.

תרל"ו

[Année 5636 - תרל"ו]

ענין קרי"ס אחר יצ"מ שכ' במד' יצ"מ קשה כו'. כי יצ"מ הי' בנס שלא ע"פ זכות בנ"י.

רק ע"י השבועה. והי' זה הכנה שיוכלו אח"כ בנ"י לתקן במעשיהם עד שזכו בקי"ס לנס ע"פ מעשיהם.

ודבר זה נוהג תמיד בכלל ובפרט. שמקודם יש ישועה מהקב"ה.

אח"כ צריך להכין עצמו במעשי עצמו. הגם כי לעולם א"א בלא חסד הש"י.

אבל יש חסד שהוא ע"פ משפט. כענין עם חסיד תתחסד.

וז"ש שהיו בנ"י נתונים בדין כו'. והיינו שהי' צריך להיות הישועה ע"פ משפט מעשיהם.

והנה בנ"י מסרו נפשם למקום כמאמר הפסוק וייראו מאוד ויצעקו כו' אל ה' ויאמרו אל משה המבלי כו'. ולכאורה הם דברים הסותרין.

אבל נראה כי לא היו מצפים לישועה מגודל היראה. והי' בעיניהם כמס"נ בעת הסתלקות האדם [רמז לדבר מאוד הוא מיתה כמ"ש חז"ל ע"פ והנה טוב מאוד ע"ש].

ויצעקו לה' במס"נ. ולמרע"ה אמרו כי הי' מוטב שימותו במצרים.

והי' תיקון יותר במס"נ כו'. לכן אמר מרע"ה התיצבו וראו כו' כי זה המס"נ הי' הישועה.

ובנ"י הבינו זה. כי צריכין לתקן ע"פ מעשיהם.

ולא הי' להם כח כמ"ש ואתם תחרישון. ומס"נ נחשב ככל המעש"ט.

ודבר זה אומרים בכל יום. יצ"מ וקי"ס ומס"נ בק"ש.

אח"כ ה' שפתי תפתח. כי כל זה הי' הקדמה לקבלת התורה:

Le sujet de l'ouverture de la mer après la sortie d'Égypte, dont il est écrit dans le Midrach que "la sortie d'Égypte fut difficile", etc. Car la sortie d'Égypte fut un miracle qui n'était pas selon le mérite des enfants d'Israël, mais seulement en vertu du serment ; et ce fut une préparation, afin que les enfants d'Israël puissent ensuite réparer par leurs actes, jusqu'à ce qu'ils méritent, à l'ouverture de la mer, un miracle selon leurs actes.

Cette chose vaut toujours, en général et en particulier : d'abord vient un salut du Saint béni soit-Il, puis il faut se préparer par ses propres actes - bien qu'il soit à jamais impossible sans la grâce ('hessed) de ה' ; mais il est une grâce qui est selon le jugement (mishpat), à la manière de : "avec le pieux Tu agis avec piété" (Ps 18,26). C'est le sens de : les enfants d'Israël étaient placés sous la rigueur (din), etc. - à savoir que le salut devait être selon le jugement de leurs actes.

Or les enfants d'Israël livrèrent leur âme à l'Omniprésent (Makom), selon la parole du verset : "ils eurent grande crainte et crièrent... vers le Nom, et ils dirent à Moché : est-ce faute de tombeaux..." (Ex 14,10-11). À première vue ce sont des propos contradictoires.

Mais il apparaît qu'ils n'attendaient pas le salut, tant leur crainte était grande, et cela était à leurs yeux comme un sacrifice de soi (mesirout nefech) au moment du départ de l'homme [allusion : le mot "meod" (très) désigne la mort, comme l'ont dit nos Sages au sujet de "et voici, très bon" (Gn 1,31), voir là]. Et ils crièrent vers le Nom dans le sacrifice de soi.

Et à Moché notre maître ils dirent qu'il eût mieux valu mourir en Égypte, car il y aurait plus de réparation dans le sacrifice de soi, etc. C'est pourquoi Moché notre maître dit : "tenez-vous et voyez" (Ex 14,13), etc. - car ce sacrifice de soi était le salut.

Et les enfants d'Israël le comprirent, car il faut réparer selon leurs actes, et ils n'en avaient pas la force, comme il est écrit : "et vous, vous vous tairez" (Ex 14,14) ; et le sacrifice de soi est compté comme toutes les bonnes actions (maasim tovim). Cette chose, on la dit chaque jour : la sortie d'Égypte, l'ouverture de la mer et le sacrifice de soi dans le Chema ; puis "Seigneur, ouvre mes lèvres" (Ps 51,17).

Car tout cela fut une introduction à la réception de la Torah.

בפסוק ראו כו ה' נתן לכם השבת כו'. דכ' ושמרו בנ"י את השבת.

פי' שהתגלות הקדושה בש"ק הוא בעבור ישראל. לכן צריכין לשמור הארת השבת.

והוא פריסת סוכת שלום עלינו. פי' שבנ"י נכנסין תחת זאת הפריסה.

והם עצמם המחיצה להבדיל בין הקודש כו'. כמ"ש במד' גוי ששבת חייב מיתה.

וכמ"ש במ"א פי' בנ"י יהי' בן זוגך שהם מיוחדים לקבל השפעת קדושת השבת שלא תתפשט החוצה:

Sur le verset : "voyez... le Nom vous a donné le Chabbat" (Ex 16,29), etc. Car il est écrit : "et les enfants d'Israël garderont le Chabbat" (Ex 31,16).

Explication : la révélation de la sainteté au saint Chabbat (Chabbat kodech) est en faveur d'Israël ; c'est pourquoi ils doivent garder l'illumination du Chabbat. Et c'est le déploiement de la "souccah de paix" (soukat shalom) sur nous - c'est-à-dire que les enfants d'Israël entrent sous ce déploiement, et sont eux-mêmes la cloison (mehitsa) qui sépare entre le sacré et le profane, etc., comme il est dit dans le Midrach : "un non-Juif qui observe le Chabbat est passible de mort".

Et comme il est écrit ailleurs, le sens de "Israël sera ton conjoint" : ils sont désignés pour recevoir l'influx (hachpaa) de la sainteté du Chabbat, afin qu'elle ne se répande pas au-dehors.

הנני ממטיר כו' ויצא העם ולקטו דבר יום ביומו כו'. כי הי' זה הכנה לקבלת התורה.

כמ"ש למען אנסנו הילך בתורתי. פי' דאיתא לא ניתנה תורה רק לאוכלי המן.

פי' ע"פ מ"ש סדר המעלות האכילנו המן. נתן לנו השבת.

קרבנו להר סיני. ונתן לנו התורה כו'.

שכל אלה. מדרגות זא"ז היו הכנה שיתקדשו גופות בנ"י במאכל שמה"ש אוכלין.

ופי' לחם מן השמים. כי וודאי כל השפעות מזון וחיים לכל חי בא משמים לשורש נשמתו.

רק שבעוה"ז א"י לקבל רק עפ"י צמצומים רבים בצמיחת האדמה ותיקון המאכל. אבל אותם אשר המה מקודשים כראוי יכולין לקבל הלחם מן השמים כמו שהוא.

וזה הי' עדות שהם מוכנים לקבל התורה מזה שהיו יכולין לקבל מזון זה. מ"מ עתה צריכין לתקן הכל בגשמיות ממש.

רק נתינת התורה לא הי' באפשרי רק ע"י התגברות הקדושה כמה"ש ממש. וז"ש לא ניתנה תורה דוקא כנ"ל.

ויצא הוא יציאה מעוה"ז שיצאו מהתלבשות החומריות בעוה"ז. דבר יום ביומו הוא התדבקות כל ההנהגות בשורש העליון שהוא מנהיג הכל.

וכל יום מנהיג כל הדברים הנעשים בו. והם קשרו הנהגות כל יום בשורשו.

וזה דבר יום ביומו. והבן:

"Voici, Je vais faire pleuvoir" (Ex 16,4)... "et le peuple sortira et ramassera la ration de chaque jour en son jour" (ibid.), etc.

Car ce fut une préparation à la réception de la Torah, comme il est écrit : "afin que Je l'éprouve : marchera-t-il selon Ma Torah" (ibid.). Explication : il est enseigné que "la Torah ne fut donnée qu'à ceux qui mangeaient la manne (man)".

Le sens, d'après l'ordre des degrés énoncé : Il nous a nourris de la manne, Il nous a donné le Chabbat, Il nous a rapprochés du mont Sinaï, et Il nous a donné la Torah, etc. Tous ces degrés, l'un après l'autre, étaient une préparation pour que les corps des enfants d'Israël se sanctifient par un aliment que mangent les anges de service (malakhei ha-sharet).

Et le sens de "pain venu des cieux" : assurément, tout influx de nourriture et de vie pour tout vivant vient des cieux vers la racine de son âme ; seulement, en ce monde on ne peut le recevoir que par de nombreuses contractions (tsimtsoumim), dans la croissance de la terre et la préparation de l'aliment. Mais ceux qui sont sanctifiés comme il convient peuvent recevoir le pain venu des cieux tel qu'il est.

Et ce fut un témoignage qu'ils étaient prêts à recevoir la Torah, du fait qu'ils pouvaient recevoir cette nourriture. Néanmoins, à présent, il faut tout réparer dans la matérialité même (gashmiyout).

Seulement, le don de la Torah n'était possible que par la prévalence de la sainteté, à la manière des anges de service mêmes. C'est le sens de "la Torah ne fut donnée" précisément à eux, comme dit plus haut.

"Et il sortira" (veyatsa) : c'est une sortie de ce monde, car ils sortirent du revêtement de la matérialité (hitlabshout ha-homriyout) en ce monde. "La ration de chaque jour en son jour" : c'est l'attachement de toutes les conduites (hanhagot) à la racine supérieure qui dirige tout ; et chaque jour dirige toutes les choses qui s'y font, et eux lièrent les conduites de chaque jour à leur racine.

Voilà "la ration de chaque jour en son jour". Et comprends.

תרל"ז

[Année 5637 - תרל"ז]

במדרש לזכור בכ"י יצ"מ וקי"ס. וקי"ס אם לא הזכיר אין מחזירין.

ויצ"מ מחזירין כו' שיצ"מ קשה כו' ולמה מזכירין קי"ס שכיון שקרע להם הים האמינו כו'. אף שכ' גם מקודם ויאמן העם כו'.

אך ביאור ענין אמונה להיות כולו נמשך אחר הנהגת הבורא ית'. כי זה שמשבחין האבות והאמין בה' כו'.

היתכן שלא הי' לו להאמין באלקים אמת. רק פי' אמונה להיות נמשך אחר הנהגות הבורא [כמו אומן את הדסה לשון הנהגה].

וביצ"מ לא היו בנ"י נמשכין אחר הנס. כי לא היו מוכנים אל הגאולה עדיין.

וזה ענין חפזון. וזה הי' טענת בנ"י עם מרע"ה חדל ממנו כו'.

כי ידעו שאין נמשכין אחר הנס. אמנם הש"י בחסדו ראה כי אם יהיו עוד זמן בגלות.

יגבור עליהם סט"א. כאשר חכמים הגידו כי אם היו עוד רגע לא היו יכולין להגאל.

לכן הקדים ה' הגאולה קודם הזמן. ולכן נא' ויהי בשלח לשון צרה.

כי כיון שלא היו מוכנים לזה היו עי"ז בסכנה עצומה. כי כל נס שאינו בזכות מעשה האדם הוא בסכנה.

כי הקיטרוג מתעורר עליו ביותר. ולכן הי' צריך אח"כ להיות קי"ס לתקן הנ"ל להיות הגאולה שנית ע"י אמונת בנ"י שמסרו נפשם והאמינו לדבר ה' וחזרו לצד מצרים כו'.

ואז כיון שנקרע להם הים האמינו. כמ"ש וירא ישראל כו' ויאמינו.

ויפלא כיון שראו מה האמינו. רק כנ"ל שנמשכו אחר הנס.

וז"ש המד' יצ"מ קשה. וכי יש קישוי לפני המקום ב"ה.

רק כיון שלא היו ראוין עדיין לנס כנ"ל. והש"י עשה להם בעבור שראה כי אח"כ ימסרו נפשם לה'.

כי לפניו ית' עתיד והוה הכל שוה. וכן בכל חסד ה' משלם ג"כ על אח"כ.

וזה ענין מי הקדימני ואשלם:

Dans le Midrach : rappeler chaque jour la sortie d'Égypte et l'ouverture de la mer. Et l'ouverture de la mer, si on ne l'a pas mentionnée, on ne fait pas recommencer ; mais la sortie d'Égypte, on fait recommencer, etc. - car "la sortie d'Égypte fut difficile", etc.

Et pourquoi mentionne-t-on l'ouverture de la mer ? Parce que, dès lors qu'Il leur fendit la mer, ils crurent, etc. - bien qu'il soit écrit déjà auparavant "et le peuple crut" (Ex 4,31), etc.

Mais l'explication du sujet de la foi (emouna) est d'être entièrement entraîné à la suite de la conduite du Créateur, béni soit-Il. Car ce dont on loue les patriarches, "et il crut en ה'" (Gn 15,6), etc. - se pourrait-il qu'il n'eût pas à croire au Dieu de vérité ?

Plutôt, le sens de la foi est d'être entraîné à la suite des conduites du Créateur [comme "il éleva (omen) Hadassa" (Est 2,7), terme de conduite]. Et lors de la sortie d'Égypte les enfants d'Israël n'étaient pas entraînés à la suite du miracle, car ils n'étaient pas encore prêts à la délivrance - c'est le sens de la "hâte".

Et ce fut l'argument des enfants d'Israël auprès de Moché notre maître : "laisse-nous" (Ex 14,12), etc. - car ils savaient qu'ils n'étaient pas entraînés à la suite du miracle. Cependant le Nom, dans Sa grâce, vit que s'ils demeuraient encore quelque temps en exil, le Sitra A'hra prévaudrait sur eux - comme les Sages l'ont dit : un instant de plus et ils n'auraient pu être délivrés.

C'est pourquoi le Nom devança la délivrance avant son temps. Et c'est pourquoi il est dit "vayehi beshalah" (et il advint, quand il renvoya), terme de détresse : parce qu'ils n'y étaient pas prêts, ils étaient de ce fait en très grand péril ; car tout miracle qui n'est pas au mérite de l'acte de l'homme comporte un péril, car l'accusation (kitroug) s'éveille davantage contre lui.

C'est pourquoi il fallut ensuite l'ouverture de la mer pour réparer ce qui précède, que la délivrance ait lieu une seconde fois par la foi des enfants d'Israël, qui livrèrent leur âme, crurent à la parole du Nom et revinrent du côté de l'Égypte, etc. Et alors, dès lors que la mer leur fut fendue, ils crurent, comme il est écrit : "et Israël vit... et ils crurent" (Ex 14,31).

Or c'est étonnant : puisqu'ils voyaient, en quoi crurent-ils ? Mais comme dit plus haut, c'est qu'ils furent entraînés à la suite du miracle.

C'est ce que dit le Midrach : "la sortie d'Égypte fut difficile". Y a-t-il donc de la difficulté devant l'Omniprésent, béni soit-Il ?

Mais c'est parce qu'ils n'étaient pas encore dignes du miracle, comme dit plus haut. Et le Nom le fit pour eux parce qu'Il vit qu'ensuite ils livreraient leur âme pour le Nom ; car devant Lui, l'avenir et le présent sont tous égaux.

De même, en toute grâce, le Nom rétribue aussi pour ce qui viendra après. Et c'est le sens de "qui M'a devancé, que Je le rétribue" (Jb 41,3).

ובמדרש ויהי בשלח וכי פרעה שלחם והא כ' אל מוציאם ממצרים כו' ואין שילוח כו' אלא לוי' כו' ע"ש. פי' ע"י שלא הי' הגאולה בזכות ישראל רק בחסד ה'.

לכן לא הי' יכול לשלוט מדה"ד לגמרי לאבד המצריים. והי' להם קצת שייכות וחיבור עוד אל בנ"י.

ולכן נאמר ויהי. אמנם אח"כ שמסרו בנ"י נפשם לה'.

אז נאבדו המצריים ובאבוד רשעים רנה. ואז נתברר כי אל מוציאם ממצרים.

והנה קי"ס הי' בירור ותיקון על יצ"מ שבראשונה. [ובזה פרשנו הפסוק אבותינו במצרים לא השכילו נפלאותיך.

פי' שלא נמשכו אחר הנס כמ"ש]:

Et dans le Midrach : "vayehi beshalah" - est-ce donc Pharaon qui les renvoya ? N'est-il pas écrit "Dieu qui les fait sortir d'Égypte" (Nb 23,22) ? etc.

Et "shilouah" (renvoi) n'est autre qu'un "accompagnement" (levaya), etc., voir là. Explication : parce que la délivrance ne fut pas au mérite d'Israël, mais seulement par la grâce du Nom, la mesure de rigueur (midat ha-din) ne put dominer entièrement pour faire périr les Égyptiens ; il leur restait encore quelque rapport et lien avec les enfants d'Israël, et c'est pourquoi il est dit "vayehi" (et il advint, terme de peine).

Cependant, ensuite, quand les enfants d'Israël livrèrent leur âme pour le Nom, alors les Égyptiens périrent - "et à la perte des mécréants, chant de joie" (Pr 11,10) - et alors il devint manifeste que c'est "Dieu qui les fait sortir d'Égypte". Ainsi l'ouverture de la mer fut une clarification et une réparation de la première sortie d'Égypte.

[C'est ainsi que nous avons expliqué le verset : "nos pères en Égypte ne comprirent pas Tes merveilles" (Ps 106,7) - c'est-à-dire qu'ils ne furent pas entraînés à la suite du miracle, comme dit.]

במדרש ראו כי ה' נתן לכם השבת לכם ולא לאומות כו'. משל למלך ומטרוניתא כו'.

כבר כ' במ"א ביאור זוה"ק כיון דלא אשתכח בי' מנא מה ברכתא אשתכח. ובקיצור הפי' כי ששת ימים עשה ה' שהם ימי המעשה.

שיש לכל יום התלבשות בזמן שמצד זה יש השפעה לכל הנבראים גם לאומות. אבל בש"ק כ' ויקדש אותו כמו קידושין אסר אכ"ע כהקדש.

פי' שאין התלבשות חיצוני להשבת רק מצד הקדושה בלבד. [כמ"ש לית שולטנא אחרא כו'].

ורק בנ"י שהם יכולין להתדבק בגופא דמלכא ניתן להם השבת. ולכן לא היו יכולין לקבל השבת עד אחר יצ"מ שנזדככו נפשות בנ"י.

וז"ש וזכרת כי עבד היית כו'. אף שעיקר השבת כי בו שבת.

רק שהוא זכר ליצ"מ. כי ע"י יצ"מ נעשים בנ"י ראוין להשבת כנ"ל.

כי המה דבוקים בשורש השפעות החיות מחי החיים. ולכן האכילנו את המן שהוא שורש המזון שמשם מתפשטין כל מיני מזון.

לכן טעמו בו כל הטעמים. לכן קראו שמו מן.

כי לא ידעו מה. פי' שאין להשיגו.

כי הוא למעלה מן התפשטות המזון. רק הוא שורש המזון.

ונק' מן כמ"ש המפ' מלשון מינה את מאכלכם. וימן ה' דג כו':

Dans le Midrach : "voyez que le Nom vous a donné le Chabbat" - à vous et non aux nations, etc. Parabole d'un roi et d'une matrone (matrona), etc.

Nous avons déjà expliqué ailleurs l'enseignement du saint Zohar : "puisqu'il ne s'y trouve pas de manne, quelle bénédiction s'y trouverait ?" En bref, le sens est que "en six jours le Nom fit" - ce sont les jours d'œuvre, où chaque jour possède un revêtement dans le temps, si bien que de ce côté il y a un influx pour toutes les créatures, même pour les nations. Mais au sujet du saint Chabbat il est écrit "et Il le sanctifia" - comme une consécration (kidouchin) : Il l'a interdit à tout venant comme chose consacrée (hekdesh).

C'est-à-dire qu'il n'y a pas de revêtement extérieur au Chabbat, mais seulement du côté de la sainteté. [Comme il est dit : "nul autre pouvoir n'y domine", etc.] Et seuls les enfants d'Israël, qui peuvent s'attacher au "corps du Roi" (goufa de-malka), ont reçu le Chabbat.

C'est pourquoi ils ne pouvaient recevoir le Chabbat qu'après la sortie d'Égypte, quand les âmes des enfants d'Israël furent affinées. C'est le sens de : "et tu te souviendras que tu fus esclave" (Dt 5,15) - bien que l'essentiel du Chabbat soit "car en lui Il chôma" (Gn 2,3), il est aussi un rappel de la sortie d'Égypte, car par la sortie d'Égypte les enfants d'Israël deviennent dignes du Chabbat, comme dit plus haut, car ils sont attachés à la racine des influx de vie, issue du Vivant des vivants.

C'est pourquoi Il nous a nourris de la manne, qui est la racine de la nourriture, d'où se répandent toutes les sortes de nourriture ; c'est pourquoi ils y goûtaient tous les goûts ; c'est pourquoi ils l'appelèrent "man", car "ils ne savaient pas ce que c'était" (Ex 16,15) - c'est-à-dire qu'on ne peut la saisir, car elle est au-dessus de la diffusion de la nourriture, elle est seulement la racine de la nourriture. Et elle est appelée "man", comme l'explique le commentateur, du terme "assigner votre nourriture" (mina, Dn 1,10), et "le Nom assigna (vayeman) un poisson" (Jon 2,1), etc.

בפסוק וחמשים עלו בנ"י מזוינים כו'. ולמה להם כלי זיין.

אך י"ל כי באמת החרב ניתן לעשו כמ"ש על חרבך תחי'. ובנ"י להם הקול.

אך ע"י שהקדים גלות מצרים. עי"ז הרויחו בנ"י גם להיות להם החרב נגד עשו.

ואפשר שהי' כל הגלות רק הכנה נגד עשו ועמלק. לכן נא' אח"כ ויחלוש יהושע כו' לפי חרב:

Sur le verset : "et les enfants d'Israël montèrent armés (hamoushim)" (Ex 13,18), etc. Et pourquoi leur fallait-il des armes ?

On peut dire qu'en vérité l'épée fut donnée à Esau, comme il est dit : "par ton épée tu vivras" (Gn 27,40), tandis que les enfants d'Israël ont la voix. Mais par le fait que l'exil d'Égypte a précédé, les enfants d'Israël gagnèrent par là d'avoir aussi l'épée contre Esau.

Il se peut que tout l'exil n'ait été qu'une préparation contre Esau et Amalek ; c'est pourquoi il est dit ensuite : "et Josue affaiblit Amalek... au fil de l'épée" (Ex 17,13).

En bref

« Voyez que Hachem vous a donné le Chabbat » (Chemot 16,29) : le Midrach objecte qu’il aurait dû dire « Sachez ». Selon le Sfat Emet, D.ieu épanche sans cesse un flux de bénédiction pour tous les mondes ; la déficience des récepteurs change la réception par rapport à l’épanchement. Il ordonne donc « et préparez », pour qu’au Chabbat l’épanchement d’en haut soit sans altération, degré donné aux seuls enfants d’Israël. Les jours ouvrables occultent par les interruptions des récepteurs ; au Chabbat il n’y a pas d’occultation, la cloison est ôtée : « voyez » ce qu’il y a à faire.

במדרש נכון כסאך. אעפ"י שמעולם אתה.

נתיישבה כסאך מאז ישיר. משל מלך עומד על הלוח ואגוסטוס יושב כו'.

כבר דברנו בזה וקיצרן של דברים כי מלך עומד לשמור המלוכה פן ילכדנו אחר. אבל זה שכבר נתגדל שמו במלחמותיו והכל יריאין ממנו.

יושב על כסאו וא"צ לשמור המלוכה. וביאור הענין דכ' ה' מלך גאות כו' עוז התאזר כו' תכון תבל בל תמוט.

ה' מלך ביצ"מ. גאות לבש בקי"ס דכ' גאה גאה.

עוז התאזר מתן תורה שנק' עוז. ועי"ז תכון תבל ב"ט.

כי ע"י יצ"מ וקי"ס וקבלת התורה נתברר כבוד מלכותו ית' בין הנבראים. וידיעה זאת מקיימת העולם.

וז"ש אז ישיר ולא כ' שר. כי מעת בריאת העולם מצפין לזאת השירה.

כי לא הי' השירה על מה שניצולו בנ"י. כי פסוק אמר אויב ארדוף נכתב אח"כ.

להודיע כי עיקר השירה הי' רק בעבור שנתברר כבוד מלכות שמים בעולם. ע"ז שמחו בנ"י.

ובנ"י השתוקקו מעודם לזאת השירה. אך כ"ז שהיו משועבדים למלכות ב"ו לא היו יכולין לשיר השירה.

וכיון שנאבדו הרשעים ונתרוממו בנ"י. אז הוציאו השירה מכח אל הפועל.

וז"ש רש"י עלה בלבו כו' כנ"ל:

Dans le Midrach : 'Ton trône est établi' (Ps 93,2). Bien que Tu sois de toute éternité, Ton trône ne s'est affermi qu'à partir de 'Alors chanta [Israël]' (Ex 15,1).

Parabole : un roi se tient debout sur l'estrade tandis qu'Auguste est assis, etc. Nous avons déjà parlé de cela ; l'essentiel en est qu'un roi reste debout pour garder la royauté, de peur qu'un autre ne s'en empare ; mais celui dont le nom s'est déjà grandi par ses guerres et que tous craignent, celui-là est assis sur son trône et n'a pas besoin de garder la royauté.

Explication de la chose : il est écrit 'Le Nom règne, Il s'est revêtu de majesté, etc., Il s'est ceint de force, etc., aussi le monde est affermi et ne vacillera pas' (Ps 93,1). 'Le Nom règne' - à la sortie d'Égypte. 'Il s'est revêtu de majesté' - à l'ouverture de la mer, dont il est écrit 'Il s'est hautement élevé (gaoh gaah)' (Ex 15,1). 'Il s'est ceint de force' - le don de la Torah, appelée 'force' (oz). Et par cela 'le monde est affermi, il ne vacillera pas'.

Car par la sortie d'Égypte, l'ouverture de la mer et la réception de la Torah s'est manifestée la gloire de Sa royauté, béni soit-Il, parmi les créatures ; et cette connaissance maintient le monde. C'est le sens de 'Alors chantera (yachir, futur)', et il n'est pas écrit 'chanta (char, passé)' : car depuis la création du monde on attend ce chant.

En effet le chant ne portait pas sur le fait que les enfants d'Israël furent sauvés, car le verset 'L'ennemi disait : je poursuivrai' (Ex 15,9) fut écrit après ; ceci pour enseigner que l'essentiel du chant n'était qu'en raison de ce que s'est manifestée la gloire de la royauté des cieux dans le monde. De cela se réjouirent les enfants d'Israël.

Et les enfants d'Israël avaient de tout temps aspiré à ce chant ; mais tant qu'ils étaient asservis à une royauté de chair et de sang, ils ne pouvaient chanter ce chant. Et lorsque les méchants furent perdus et que les enfants d'Israël furent élevés, alors ils firent passer le chant de la puissance à l'acte.

C'est ce que dit Rachi : 'il lui monta au cœur [de chanter]', etc., comme ci-dessus.

תרל"ח

[תרל"ח] (5638)

במדרש נכון כסאך אע"פ שמעולם אתה לא נתיישבה כסאך עד אז ישיר כו' משל כו' ע"ש. פי' כי בוודאי מעולם ממשלתו ית' מגעת על כל.

אבל להיות מיושב וקבוע בלבות אנשים אשר ירגישו כי הנהגתו ית' שולטת בהם ועליהם. זה ניתקן ביצ"מ וקי"ס.

דאיתא ב' אלפים תהו ב' אלפים תורה. כי בכל דבר יש חומר וצורה.

ובהתישבות הצורה תוך החומר. להיותם מסכימים לדבר אחד.

בהתודע אל החומר כי הוא רק דמיון וציור להרוח פנימיות שבו. זה נק' ישוב.

וע"ז נאמר לא תהו בראה לשבת יצרה. והוא באמת בחי' השבת.

שבו שב כל דבר לשורשו. כמ"ש במ"א פי' הזוה"ק שבו איש תחתיו אל יצא איש ממקומו כו'.

ובהתישבות הנ"ל יש ברכה וריבוי ועושה תולדות. וכמו שהי' בכלל.

אחר השירה שהוא ישוב הנ"ל. זכו אח"כ לקבלת התורה שהוא תוספת התחדשות הארה אלקיות.

וכן הוא לעולם אחר תיקון הגוף להמשיכו אחר צורת הנפש. שבאמת הגוף רק התלבשות רמ"ח איברים ושס"ה גידין נגד תרי"ג מצות.

וכמו כן בכלל כמ"ש בצלם אלקים עשה כו'. ואחר התישבות הצורה בחומר מאירה הנשמה בתוספת אור חדש.

ויצ"מ הי' תיקון הבריאה. וקי"ס ביום הז' הי' נגד השבת.

כמ"ש במד' סוף פ' בא. והענין הוא דכ' ואתם תחרישון שמקודם הי' הישועה ע"י מצות בנ"י בדם פסח ומילה.

ועתה הי' בלי מעשה תחתונים. כמו בשבת שנאסר כל מלאכה.

רק לבטל עצמו לשורש עליון. ובוודאי לא לחנם צעקו בנ"י.

וייראו מאוד. אף שראו הנסים וגבורות שעשה הבורא ית' עמהם.

רק בוודאי באו למדרגה זו שלא היו יכולין לידע שום הצלה. וראו שאין בכחם למצוא ישועה רק בעזר עליון בלבד.

כמ"ש ויושע ה' ביום ההוא. שהי' ישועה שלמעלה מבחי' נגיעת מעשה התחתונים.

וכן הכלל לעולם כי כאשר אדם מתחיל בעבודת הבורא ית'. בא אח"כ למדריגות שצריך להיות נושע רק בחסד עליון בלבד.

כמ"ש לאל גומר עלי. והוא באמת בחי' השבת.

שצריך הגנה פורם סוכת שלום כו' כמ"ש במ"א:

Dans le Midrach : 'Ton trône est établi' - bien que Tu sois de toute éternité, Ton trône ne s'est affermi qu'à 'Alors chanta', etc., parabole, etc. ; vois-là. Explication : certes, de tout temps Sa domination, béni soit-Il, atteint toute chose ; mais pour qu'elle soit posée et fixée dans le cœur des hommes, qui ressentent que Sa conduite, béni soit-Il, les gouverne et règne sur eux - cela s'est établi à la sortie d'Égypte et à l'ouverture de la mer.

Comme il est enseigné : deux mille ans de chaos (tohou), deux mille ans de Torah. Car en toute chose il y a matière (homer) et forme (tsoura) ; et lorsque la forme se pose au sein de la matière, de sorte qu'elles s'accordent en une seule chose, quand la matière reconnaît qu'elle n'est qu'image et figure de l'esprit intérieur qui est en elle - cela s'appelle 'établissement' (yichouv).

À ce sujet il est dit : 'Il ne l'a pas créée pour le chaos, Il l'a formée pour être habitée' (Is 45,18). Et c'est en vérité l'aspect du Chabbat, où toute chose retourne à sa racine, comme il est expliqué ailleurs sur l'explication du saint Zohar de 'que chacun demeure à sa place, que nul ne sorte de son lieu' (Ex 16,29).

Dans cet établissement il y a bénédiction, multiplication et production de fruits. Ainsi qu'il en fut dans l'ensemble : après le chant, qui est l'établissement susdit, ils méritèrent ensuite la réception de la Torah, qui est un surcroît de renouvellement d'illumination divine.

Et il en est toujours ainsi après la réparation (tikoun) du corps, pour l'entraîner à la suite de la forme de l'âme ; car en vérité le corps n'est que le revêtement des 248 membres et 365 tendons face aux 613 commandements. De même dans l'ensemble, comme il est écrit 'Il fit [l'homme] à l'image de Dieu (Elokim)' (Gn 9,6).

Et après l'établissement de la forme dans la matière, l'âme brille d'un surcroît de lumière nouvelle. La sortie d'Égypte fut la réparation de la création, et l'ouverture de la mer, au septième jour, correspondait au Chabbat, comme il est dit dans le Midrach à la fin de la paracha Bo.

Le sens en est : il est écrit 'et vous, vous vous tairez' (Ex 14,14) - auparavant le salut venait par les commandements des enfants d'Israël, le sang de Pessa'h et la circoncision ; mais maintenant ce fut sans action des êtres d'en bas, comme au Chabbat où tout travail est interdit : il ne restait qu'à s'annuler devant la racine d'en haut. Et certes ce n'est pas en vain que les enfants d'Israël crièrent et eurent grande crainte, bien qu'ils eussent vu les miracles et les prodiges que le Créateur, béni soit-Il, accomplit avec eux ; mais assurément ils étaient parvenus à ce degré où ils ne pouvaient concevoir aucun salut, et ils virent qu'il n'était pas en leur pouvoir de trouver le salut sinon par le seul secours d'en haut, comme il est écrit 'Le Nom sauva en ce jour' (Ex 14,30) - ce fut un salut au-dessus de l'aspect du contact de l'action des êtres d'en bas.

Telle est la règle en tout temps : lorsqu'un homme commence dans le service du Créateur, béni soit-Il, il parvient ensuite à des degrés où il doit être sauvé par la seule bonté d'en haut, comme il est écrit 'au Dieu qui achève pour moi' (Ps 57,3). Et c'est en vérité l'aspect du Chabbat, qui requiert protection - 'Il étend une souccah de paix', etc., comme il est expliqué ailleurs.

בפסוק ראו כי ה' נתן לכם השבת כו'. ובמד' הל"ל דעו כו' עיין שם המשל.

פי' כי השם יתברך משפיע תמיד שפע ברכה להנהגת כל העולמות. אך מצד חסרון המקבלים צריך להיות שינוי מה צד הקבלה מבחי' שהי' בעת השפעה.

ולכן צוה ה'. והכינו כו'.

להיות בשבת השפעה עליונה בלי השתנות. וזהו המדרגה ניתן רק לבנ"י.

וזה המשל שבמד' ע"ש. ואמר ראו כי בימי המעשה יש הסתר ע"י הפסקות המקבלים.

ובשבת אין הסתר. לכן ראו מאחר שה' נתן לכם השבת.

והסיר המחיצה המפסקת. א"כ ראו מה לעשות:

Sur le verset 'Voyez que le Nom vous a donné le Chabbat', etc. (Ex 16,29).

Dans le Midrach : il aurait dû dire 'Sachez', etc. ; vois-là la parabole. Explication : le Nom, béni soit-Il, épanche continuellement un flux de bénédiction pour la conduite de tous les mondes ; mais du fait de la déficience des récepteurs, il doit y avoir un changement du côté de la réception par rapport à l'état où elle était au moment de l'épanchement.

C'est pourquoi le Nom ordonna : 'et préparez', etc. (Ex 16,5), afin qu'il y ait au Chabbat un épanchement d'en haut sans altération.

Et ce degré n'est donné qu'aux enfants d'Israël. Telle est la parabole du Midrach ; vois-là.

Il dit 'Voyez' : car durant les jours ouvrables il y a occultation par les interruptions des récepteurs, mais au Chabbat il n'y a pas d'occultation ; c'est pourquoi 'voyez', puisque le Nom vous a donné le Chabbat et a ôté la cloison qui sépare - donc 'voyez' ce qu'il y a à faire.

בפסוק וידבר ה' א"מ דבר אבנ"י וישובו כו'. ויש לדקדק כי ע"פ הענן היו הולכים ולמה הוצרך לצוות למרע"ה.

אל מקום שהענן ילך ילכו בנ"י. אבל נראה כי הש"י רצה שיאמינו בנ"י למרע"ה לחזור לאחוריהם.

ולא הראה להם ע"י הענן. רק האמינו למרע"ה כמ"ש רש"י להגיד שבחן.

ולכן הרהרו אח"כ אותן שאמרו המבלי א"ק כו'. שסברו שמרע"ה אמר כן מדעתו.

אעפ"כ הואיל והאמינו מתחילתו בכל לב. לכן זכו אח"כ לישועה וחזרו והאמינו במשה ג"כ:

Sur le verset 'Le Nom parla à Moche : parle aux enfants d'Israël, qu'ils reviennent [et campent]', etc. (Ex 14,1-2).

Il faut examiner : ils avançaient d'après la nuée ; pourquoi fallait-il alors ordonner à Moche notre maître ? Vers le lieu où la nuée irait, les enfants d'Israël iraient.

Mais il apparaît que le Nom, béni soit-Il, voulut que les enfants d'Israël eussent foi en Moche notre maître pour revenir en arrière : Il ne le leur montra pas par la nuée, mais ils crurent Moche notre maître, comme le dit Rachi, 'pour dire leur louange'. C'est pourquoi certains eurent ensuite des doutes, ceux qui dirent 'Est-ce faute de tombeaux [en Égypte]', etc.

(Ex 14,11), pensant que Moche notre maître avait dit cela de son propre chef. Malgré cela, puisqu'ils avaient cru dès le début de tout leur cœur, ils méritèrent ensuite le salut, et de nouveau ils crurent en Moche également.

בפסוק ויצא העם ולקטו כו' למען אנסנו כו'. בלי ספק נתרוממו גופות בנ"י.

להיותן ניזון ממאכל מלאכי עליון. ויצא העם ממש מהתלבשות הגשמיות.

ונזדככו גופם להיות כמלאכי השרת. וזה הי' נסיון שבחן הש"י אותן אם יהיו ראוין לקבל התורה.

והראה לנו שלא יאמר אדם שהוא בתכלית הריחוק ע"י חומר הגוף. שהרי רואין שגם גופות בנ"י יכולין להתרומם להיות כמלאכי השרת.

והגם שהי' רק לדור המדבר ע"י שהם עצמם קיבלו התורה כמ"ש ז"ל לא ניתנה תורה אלא לאוכלי המן. ניתנה דוקא.

שתחילת הנתינה לא הי' יכול להיות רק בהזדככות החומר. אבל ממילא גם בדורות אחרונים יכולין שוב לעורר מדרגה הראשונה.

כי כך היא המדה. שבתחילה מרוממין את האדם.

ואח"כ צריך הוא עצמו לעורר מקומו הראשון כנ"ל:

Sur le verset 'Le peuple sortira et en ramassera [la ration]', etc., 'afin que Je l'éprouve', etc. (Ex 16,4).

Sans doute les corps des enfants d'Israël furent-ils élevés, du fait qu'ils se nourrissaient de la nourriture des anges d'en haut ; 'le peuple sortit' littéralement du revêtement de la matérialité, et leurs corps s'affinèrent pour devenir comme les anges serviteurs. Ce fut une épreuve par laquelle le Nom, béni soit-Il, les éprouva, [pour voir] s'ils seraient dignes de recevoir la Torah.

Il nous a montré que nul ne dise qu'il est à l'extrême éloignement à cause de la matière du corps, puisqu'on voit que même les corps des enfants d'Israël peuvent s'élever pour devenir comme les anges serviteurs. Et bien que cela ne fût que pour la génération du désert, du fait qu'eux-mêmes reçurent la Torah - comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'la Torah ne fut donnée qu'à ceux qui mangeaient la manne' - c'est bien 'donnée' qu'ils dirent : car le commencement du don ne pouvait avoir lieu que dans l'affinement de la matière ; mais de ce fait même, dans les dernières générations aussi, on peut à nouveau éveiller le premier degré.

Car telle est la mesure : au début on élève l'homme, puis il doit lui-même éveiller son lieu premier, comme ci-dessus.

תרל"ט

[תרל"ט] (5639)

במדרש ויהי בשלח כו' כ' אל מוציאם כו'. אין שילוח כו' אלא לוי' כו'.

פי' בראות פרעה הרשע כי בע"כ צריך לשלחם. חיבר עצמו אליהם.

ושילחם ברצון טוב. וטובתם של רשעים רעה אצל הצדיקים.

לכן כ' ויהי. והי' ע"ז העצה מהבורא ית' להגביה אותם למעלה מן הטבע.

כמ"ש במד' ולא נחם א-להים ד"א כו'. כדי שלא יוכל להרע תערובות התחברות פרעה.

שזה ענין ערב רב עלה אתם. [ויוכל להיות כי אם הי' נגמר כדברי הש"י מתחילתו.

לא הי' לפרעה שום התחברות. רק ע"י הפצרת משה רע"ה ברוב חמלתו על צערן של בנ"י ומיהר להביא הגאולה].

ולכן הי' צריך פרעה ועבדיו להתחרט ולומר מה זאת עשינו כו'. והכלל כי קי"ס הי' תיקון ליצ"מ.

דכ' אח"כ התיצבו וראו כו'. וכ"כ וירא ישראל א"מ מת כו' וירא ישראל את היד הגדולה אשר עשה ה' במצרים.

פי' כי לא היו יכולין לראות ולהבין גאולת מצרים עד אחר קריעת י"ס שנטבעו כל המצריים. וכל זמן שהיו קיימים לא הי' יכול הגאולה לבוא לידי גילוי ע"י שהי' להם קצת שייכות והתחברות כנ"ל.

ובדרך הזה נוהג בעולם בכלל ובפרט כל נפשות בנ"י. כשיש קצת גאולה צריכין אח"כ להתחזק להיות המשכה לאדם בגאולה זו.

וזה הי' ענין קי"ס להתעלות נפשות בנ"י להיות להם דביקות והתחברות בשורש הנס דיצ"מ. ולכן אמרו שירה.

ובמ"א הארכנו יותר:

Dans le Midrach : 'Et il advint quand Pharaon renvoya', etc. (Ex 13,17) - il est écrit 'Dieu qui les fait sortir', etc.

(Nb 23,22) ; il n'y a de 'renvoi' (chilouah) que d'escorte (levaya), etc. Explication : voyant, lui le méchant Pharaon, qu'il devait malgré lui les renvoyer, il s'associa à eux et les renvoya de bon gré ; or le bien des méchants est un mal auprès des justes, c'est pourquoi il est écrit 'et il advint' (vayehi, terme de détresse).

À cela le Créateur, béni soit-Il, donna ce conseil : les élever au-dessus de la nature, comme il est dit dans le Midrach 'et Dieu ne les conduisit pas', autre explication, etc., afin que le mélange de l'association de Pharaon ne puisse nuire - c'est le sens de 'une multitude mélangée (erev rav) monta avec eux' (Ex 12,38). [Il se pourrait que, si tout s'était achevé selon la parole du Nom, béni soit-Il, dès le début, Pharaon n'aurait eu aucune association avec eux ; mais ce fut à cause de l'insistance de Moche notre maître qui, dans sa grande compassion pour la souffrance des enfants d'Israël, hâta la venue de la délivrance.] C'est pourquoi il fallut que Pharaon et ses serviteurs se repentissent et dissent 'Qu'avons-nous fait la ?', etc.

(Ex 14,5). En règle générale, l'ouverture de la mer fut la réparation de la sortie d'Égypte, car il est écrit ensuite 'Tenez-vous et voyez', etc.

(Ex 14,13), et de même 'Israël vit les Égyptiens morts', etc. (Ex 14,30), 'et Israël vit la grande main que le Nom exerça en Égypte' (Ex 14,31).

Explication : ils ne pouvaient voir ni comprendre la délivrance d'Égypte qu'après l'ouverture de la mer, quand tous les Égyptiens furent noyés ; tant qu'ils demeuraient en vie, la délivrance ne pouvait venir à se révéler, du fait qu'il y avait encore un peu d'attache et d'association avec eux, comme ci-dessus. De cette manière il en va dans le monde en général, et en particulier pour toutes les âmes des enfants d'Israël : quand il y a un peu de délivrance, il faut ensuite se renforcer pour qu'il y ait une attraction (hamchakha) vers l'homme dans cette délivrance.

Tel fut le sens de l'ouverture de la mer : l'élévation des âmes des enfants d'Israël, pour qu'ils aient adhésion (dvekout) et association à la racine du miracle de la sortie d'Égypte. C'est pourquoi ils dirent le chant.

Ailleurs nous avons développé davantage.

הנני ממטיר ל"ל מ"ה כו'. פי' להיות דבוק המזון בשורש העליון.

כמ"ש למען הודיעך כו' על כל מוצא פי ה' יחי' האדם. וז"ש ולקטו דבר יום ביומו.

כי בכל מזון יש נקודה חיות ממוצא פי ה'. אך מתלבש בגשמיות המזון.

אבל נפשות בנ"י בדור ההוא נתעלו ויצאו מהתלבשות הגשמיות. וניזונו ממוצא פי ה' ממש.

ולכן לא העדיף המרבה. וכן הממעיט לא החסיר ממש.

כמ"ש חז"ל א' הממעיט וא' המרבה ובלבד שיכוון לבו לשמים. ומקשין דאם גם המרבה מכוין לש"ש למה שוה לממעיט.

אבל האמת מי שדבוק בשורש האחדות אין חילוק והפרש בין רב למעט. כי בנקודה א' יש הכל.

ובששי לקטו לחם משנה כו' העודף הניחו כו' למשמרת כו'. פי' כמ"ש בזוה"ק יתרו אי לא אשתכח בי' מנא מה ברכתא אשתכח בי' כו'.

ותוכן התשובה כי השבת הוא מעין עוה"ב. ואיך יוכל בעוה"ז לקבל הארות עוה"ב.

לכן הוא בא בדרך תוספות. פי' כמו דור דיעה ההוא שעבדו עבודה שלימה לפניו ב"ה בכל ימי השבוע.

וקיבלו הארות הראוים לכל יום ויום. כמ"ש דבר יום ביומו כו'.

לכן זכו אח"כ להארה הנוספת שלא תוכל הלבוש הגשמיי להכיל. ונק' עודף.

והוא תוספות שבת. ונשמה יתירה הבאה בשבת לאשר כלי הגוף ונפש קטן מהכיל הארת השבת נותנין לאדם נשמה יתירה.

וכמו כל ימי עוה"ז בכלות ימי האדם ועומד לקבל הארת העוה"ב מסתלק מעוה"ז. כ"כ ימי המעשה והשבת.

וכ' למען אנסנו הילך כו'. כי המן הי' נסיון שנתעלו נפשות בנ"י מהגשמיות.

לכן איתא לא ניתנה תורה אלא לאוכלי המן. מ"מ אמרו רק.

לא ניתנה. כי התחלת קבלת התורה הי' צ"ל לדור עליון שלמעלה מהטבע.

ובכח קבלה הנ"ל יכולין גם עתה להתדבק בתורה. גם שאנו תוך הטבע.

ודבר זה נמצא גם בכל איש ישראל בכל יום. כשמקבל עליו בתחלה עומ"ש ופרנסת הנפש בתורה ותפילה שהוא מעין אכילת המן.

לכן הגם שצריך אח"כ ליזון מגשמיות איננו נפרד לגמרי. לכן כ' לא תאכלו על הדם קודם התפילה כמ"ש בזוהר קדושים:

'Voici Je fais pleuvoir pour vous du pain depuis les cieux', etc. (Ex 16,4).

Explication : afin que la nourriture soit attachée à la racine d'en haut, comme il est écrit 'afin de te faire savoir que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche du Nom' (Dt 8,3). C'est le sens de 'ils en ramasseront la ration de chaque jour en son jour' (Ex 16,4) : car en toute nourriture il y a un point de vie provenant de ce qui sort de la bouche du Nom, mais il se revêt dans la matérialité de la nourriture.

Or les âmes des enfants d'Israël, dans cette génération, s'élevèrent et sortirent du revêtement de la matérialité, et se nourrirent littéralement de ce qui sort de la bouche du Nom. C'est pourquoi 'celui qui en avait beaucoup n'eut pas de surplus, et celui qui en avait peu n'eut pas de manque' (Ex 16,18), littéralement, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'que l'on fasse peu ou que l'on fasse beaucoup, pourvu que l'on dirige son cœur vers les cieux'.

On objecte : si celui qui fait beaucoup dirige lui aussi son cœur vers le Ciel, pourquoi est-il égal à celui qui fait peu ? Mais en vérité, pour celui qui est attaché à la racine de l'unité, il n'y a ni distinction ni différence entre beaucoup et peu, car en un seul point il y a tout. 'Et le sixième jour ils ramassèrent un pain double', etc., 'le surplus, déposez-le', etc., 'en réserve', etc.

(Ex 16,22-23). Explication, comme il est écrit dans le saint Zohar, section Yitro : 'si la manne ne s'y trouvait pas, quelle bénédiction s'y trouverait ?', etc.

Le fond de la réponse est que le Chabbat est comme un avant-goût du monde à venir ; or comment pourrait-on, dans ce monde-ci, recevoir les illuminations du monde à venir ? C'est pourquoi cela vient par voie de surcroît.

Explication : de même que cette génération de la connaissance servit d'un service parfait devant Lui, béni soit-Il, tous les jours de la semaine, et reçut les illuminations qui conviennent à chaque jour, comme il est écrit 'la ration de chaque jour en son jour', etc. - c'est pourquoi ils méritèrent ensuite l'illumination supplémentaire que le vêtement matériel ne peut contenir, et qui est appelée 'surplus' (odèf) ; c'est le surcroît du Chabbat. Et l'âme supplémentaire (nechama yetera) qui vient au Chabbat : puisque l'instrument du corps et l'âme ordinaire sont trop petits pour contenir l'illumination du Chabbat, on donne à l'homme une âme supplémentaire.

Et de même que, tous les jours de ce monde, à l'achèvement des jours de l'homme, lorsqu'il se tient prêt à recevoir l'illumination du monde à venir, il se retire de ce monde-ci - ainsi en est-il des jours ouvrables et du Chabbat. Il est écrit 'afin que Je l'éprouve, marchera-t-il [dans Ma Torah]', etc.

(Ex 16,4) : car la manne fut une épreuve, par laquelle les âmes des enfants d'Israël s'élevèrent au-dessus de la matérialité. C'est pourquoi il est enseigné : 'la Torah ne fut donnée qu'à ceux qui mangeaient la manne'.

Néanmoins ils ont dit 'seulement' - 'ne fut pas donnée' initialement qu'à eux : car le commencement de la réception de la Torah devait être pour une génération supérieure, au-dessus de la nature ; et par la force de cette réception, on peut aujourd'hui encore adhérer à la Torah, bien que nous soyons au sein de la nature. Cette chose se trouve aussi en tout homme d'Israël chaque jour : lorsqu'il prend d'abord sur lui le joug du royaume des cieux et la subsistance de l'âme par la Torah et la prière - ce qui est comme un avant-goût de la consommation de la manne - c'est pourquoi, bien qu'il doive ensuite se nourrir de la matérialité, il n'en est pas totalement séparé.

Aussi est-il écrit 'vous ne mangerez pas sur le sang' (Lv 19,26), c'est-à-dire avant la prière, comme il est expliqué dans le Zohar, section Kedochim.

תר"מ

[תר"מ] (5640)

ענין קי"ס אחר יצ"מ. יש לפרש כי בגלות מצרים הי' עבודה קשה גם בגשמיות לבד אשר נטבעו ת"י טומאת מצרים.

כמ"ש חז"ל. ומרוב עבודת הגוף לא הרגישו בנ"י כל כך להיות אצלם הגאולה לש"ש בלבד.

כי ממילא הי' להם נגיעה בגשמיות הרוחה שהי' לגופם. מול זאת צוה הקב"ה שיחזרו למצרים.

ובזאת נבחנו כי הי' כוונת שמחת בנ"י בגאולה רק לש"ש. לכן כשצוה בעצמו שיחזרו לשם.

קיבלו עליהם באהבה וחזרו לשם. ואח"כ דכתיב ויצעקו.

הוא כשראו כי מתחילין ליפול ת"י טומאת מצרים כמ"ש ז"ל שר של מצרים נוסע כו'. והפסוק אומר ויצעקו כו' אל ה'.

כי הי' כוונתם רק לש"ש בלבד. לכן כתיב בקי"ס ויושע ה' כו' את ישראל דייקא.

וכן אמר מרע"ה ישועת ה' אשר יעשה לכם דייקא. והטעם כדי שיהי' קיימת הגאולה לעולם ע"י שתיקנו עצמם.

וקיבלו הארת הגאולה תוך עצמותם. ונמשכו אחר הנס.

וע"ז כ' נס להתנוסס. היינו שבנ"י צריכין לקבל הנס לתוכם.

וע"ז כ' ויאמינו כו'. וזה ענין השירה כמ"ש במ"א מזה.

והנסים שעשה הבורא ית' לנו הוא כדי שעי"ז נצא גם אנחנו מגשמיות הטבע. כי הש"י בחר בנ"י לחלקו וכתיב אתם עדי.

ועד אינו רשאי להעיד רק מה שרואה בעין ממש. לכן הראה לנו הבורא ית' בשינוי הטבע שעשה במצרים ועל הים ובמתן תורה.

דכתיב עשה ה' את השמים ואת הארץ כו' הים. ואיתא כל מה שיש בארץ יש בים.

לכן הם ג' סדרים שמים וארץ וים. ועיין בילקוט בפ' זכור את יום השבת.

וג' אלו נתבררו בפ' בא ובשלח ויתרו. וכמ"ש רש"י בפסוק אתם ראיתם.

פתח להם הרקיע והראה שאין אלא אחד. אכן הטעם שזכו בנ"י לזה ע"י אמונה שהי' להם בו יתברך גם מקודם.

ואמונה זו הביא אותם שיזכו לראות האמת בעין ולהעיד עליו יתברך. וכן זה נוהג בכל אדם.

שע"י אמונה באין לאמת. וכמ"ש במ"א מזה:

Le sujet de l'ouverture de la mer après la sortie d'Égypte. On peut l'expliquer ainsi : dans l'exil d'Égypte il y eut un labeur dur, même sur le seul plan matériel, au point qu'ils s'enfoncèrent sous le pouvoir de l'impureté d'Égypte, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie.

Et à cause de l'excès du labeur du corps, les enfants d'Israël ne ressentaient pas tant que la délivrance fût pour eux uniquement pour le Nom (le-chem chamayim), car il y avait forcément chez eux une part de contact avec le matériel, du fait du soulagement qui advint à leur corps. Face à cela, le Saint, béni soit-Il, ordonna qu'ils retournent vers l'Égypte ; et par cela ils furent éprouvés, [montrant] que l'intention de la joie des enfants d'Israël dans la délivrance n'était que pour le Nom.

C'est pourquoi, lorsqu'Il ordonna Lui-même qu'ils retournent là-bas, ils l'acceptèrent avec amour et y retournèrent. Ensuite, ce qui est écrit 'et ils crièrent' (Ex 14,10) : c'est lorsqu'ils virent qu'ils commençaient à tomber sous le pouvoir de l'impureté d'Égypte, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'le prince tutélaire d'Égypte s'avance', etc.

Le verset dit 'et ils crièrent vers le Nom' : car leur intention n'était que pour le Nom seul. C'est pourquoi il est écrit à l'ouverture de la mer 'et le Nom sauva Israël' précisément, et de même Moche notre maître dit 'le salut du Nom qu'Il fera pour vous' (Ex 14,13) précisément.

La raison en est que la délivrance soit établie à jamais, du fait qu'ils se réparèrent eux-mêmes et reçurent l'illumination de la délivrance en leur propre substance, et furent entraînés à la suite du miracle. À ce sujet il est écrit 'une bannière pour se dresser (nés le-hitnosès)' (Ps 60,6), c'est-à-dire que les enfants d'Israël doivent recevoir le miracle (nés) en eux.

À ce sujet il est écrit 'et ils crurent', etc. (Ex 14,31).

Tel est le sujet du chant, comme il est expliqué ailleurs à ce propos. Les miracles que le Créateur, béni soit-Il, accomplit pour nous, c'est afin que par eux nous sortions nous aussi de la matérialité de la nature.

Car le Nom, béni soit-Il, a choisi les enfants d'Israël pour Sa part, et il est écrit 'vous êtes Mes témoins' (Is 43,10) ; or un témoin n'a le droit de témoigner que de ce qu'il voit littéralement de ses yeux. C'est pourquoi le Créateur, béni soit-Il, nous a montré, par le changement de la nature qu'Il opéra en Égypte, sur la mer et au don de la Torah - comme il est écrit 'le Nom fit les cieux et la terre', etc., 'la mer' (cf.

Ex 20,11) ; et il est enseigné : tout ce qui est sur la terre est aussi dans la mer ; ce sont donc trois ordres : les cieux, la terre et la mer. Vois le Yalkout sur la section 'Souviens-toi du jour du Chabbat'.

Ces trois furent manifestes dans les parachiot Bo, Beshalach et Yitro. Comme le dit Rachi sur le verset 'vous avez vu' (Ex 20,19) : Il ouvrit pour eux le firmament et leur montra qu'il n'y a qu'Un seul.

Cependant la raison pour laquelle les enfants d'Israël méritèrent cela est la foi (emouna) qu'ils avaient en Lui, béni soit-Il, déjà auparavant ; et cette foi les amena à mériter de voir la vérité de leurs yeux et de témoigner de Lui, béni soit-Il. Il en va de même pour tout homme : c'est par la foi que l'on parvient à la vérité, comme il est expliqué ailleurs à ce propos.

כי גאה גאה. פי' ע"פ המדרש שמות בפ' ראה נתתיך א-להים.

שדורש הפסוק ויבוא מלך הכבוד. וכלל ד' המד' פרשנו שם כי מי שבידו המלוכה והכבוד ליתנו למי שיחפוץ.

נק' מלך הכבוד. אבל מצד מה שמכבדין אותו אינו נקרא שליט על הכבוד.

כי אדרבה הוא נתפעל ע"י שמכבדין אותו. א"כ הם שולטין עליו.

לכן הבורא ית' שמחלק מכבודו ליראיו. נק' מלך הכבוד.

וזה פי' גאה גאה. פי' הגיאות שלו שיכול לתתו למי שיחפוץ.

כאשר ראינו שכל גיאות פרעה ג"כ הי' ברצון הבורא ית'. והוא נפלאות הבורא ית' שנותן יד לפושעים.

ונתן כח לרשעים שיוכלו להתגאות בעולם מטעם איזה דבר שעומד לצאת מזה לכבודו ית'. כמ"ש הכל לכבודו ברא.

וכשנטבעו פרעה וחילו נתברר למפרע כי הכל הי' רק רצון הבורא יתברך. לכן הצדיקים כשבא להם איזה התרוממות.

כמו שהי' לבנ"י בקי"ס. מחזירין הגדולה לבעליו להשם יתברך.

ועי"ז נשאר בידם לדורות. וז"ש אז ישיר לשון עתיד.

שע"י השירה קבעו הנס דקי"ס לדורות. לאמר שאומרין השירה בכל יום והבן היטב:

'Car Il s'est hautement élevé (ki gaoh gaah)' (Ex 15,1). Explication d'après le Midrach Chemot, section où il est dit 'Je t'ai établi dieu (Elokim) pour Pharaon' (Ex 7,1), qui commente le verset 'et vienne le roi de gloire' (Ps 24,7).

La règle générale de ce Midrach, nous l'avons expliquée là : celui qui a en son pouvoir la royauté et la gloire, pour la donner à qui il veut, est appelé 'roi de gloire' ; mais du côté de ceux qui l'honorent, il n'est pas appelé maître de la gloire, car au contraire il est mis en émoi par le fait qu'on l'honore - ils dominent donc sur lui. C'est pourquoi le Créateur, béni soit-Il, qui répartit de Sa gloire à ceux qui Le craignent, est appelé 'roi de gloire'.

Tel est le sens de 'Il s'est hautement élevé (gaoh gaah)' : c'est-à-dire que Sa hauteur (gueï'out) est telle qu'Il peut la donner à qui Il veut, comme nous l'avons vu, que toute la hauteur de Pharaon aussi fut selon la volonté du Créateur, béni soit-Il. C'est la merveille du Créateur, béni soit-Il, qui tend la main aux transgresseurs et donne force aux méchants afin qu'ils puissent s'enorgueillir dans le monde, en raison de quelque chose qui doit en sortir pour Sa gloire, béni soit-Il, comme il est écrit 'tout ce qu'Il a créé, Il l'a créé pour Sa gloire' (cf.

Avot 6,11 ; Is 43,7). Et lorsque Pharaon et son armée furent noyés, il se manifesta rétroactivement que tout n'avait été que la volonté du Créateur, béni soit-Il.

C'est pourquoi les justes, lorsqu'il leur vient quelque élévation - comme il en fut pour les enfants d'Israël à l'ouverture de la mer - rendent la grandeur à son maître, au Nom, béni soit-Il, et par cela elle leur demeure pour les générations. C'est le sens de 'Alors chantera (yachir)', au temps futur : car par le chant ils ont fixé le miracle de l'ouverture de la mer pour les générations, c'est-à-dire que l'on récite le chant chaque jour ; comprends bien.

תרמ"א

[תרמ"א] (5641)

En bref

« Ils crurent en Hachem » (Chemot 14,31) : à la sortie d'Égypte, les enfants d'Israël sont encore dans la détresse et ne sont pas entraînés à la suite de l'illumination des miracles. Lors de l'ouverture de la mer Rouge, déjà libres, ils reçoivent cette illumination, comprennent rétrospectivement que toute la descente en Égypte fut pour leur bien, voient « la grande main », l'exil et la délivrance, et peuvent chanter le cantique. Le Sfat Emet lit « Tenez-vous fermes et voyez » (Chemot 14,13) : Moché leur transmet un esprit de sainteté (roua'h ha-kodech) pour voir ce que le Nom va accomplir.

Aussi : la manne prépare le corps à la Torah, pain des anges puis de la terre ; la faim introduit le pain des cieux ; deux délivrances, Yossef et Yehouda, action et âme, tefilin de la main et de la tête.

כבר כ' במ"א ענין קי"ס. כי ביצ"מ היו בנ"י נוגעין.

שהיו בצרת מצרים. ולכן לא נמשכו אחר הארת הנסים.

ובקי"ס שכבר היו בני חורין קיבלו הארת הנסים. וזה ענין ויאמינו בה' ואח"כ הבינו למפרע כל ההנהגה.

שהי' כל ירידתם למצרים ג"כ לטובה. וירא כו' היד הגדולה אשר עשה ה' במצרים הוא הגלות והגאולה.

ואז שייך לשיר השירה:

J'ai déjà écrit ailleurs au sujet de l'ouverture de la mer Rouge (keriat yam souf). Car à la sortie d'Égypte, les enfants d'Israël étaient encore affectés, puisqu'ils étaient dans la détresse de l'Égypte ; c'est pourquoi ils ne furent pas entraînés à la suite de l'illumination des miracles.

Mais lors de l'ouverture de la mer Rouge, où ils étaient déjà des hommes libres, ils reçurent l'illumination des miracles. Tel est le sens de 'et ils crurent en ה'' (Exode 14,31) ; et ensuite ils comprirent rétrospectivement toute la conduite (divine) : que toute leur descente en Égypte fut aussi pour leur bien. 'Et Israël vit... la grande main que le Nom exerça en Égypte' (Exode 14,31) : c'est l'exil et la délivrance.

Et alors il devient possible de chanter le cantique.

בפסוק התיצבו וראו את ישועת ה' אשר יעשה. הל"ל ותראו כי עדיין לא נעשה להם.

אכן י"ל כי מרע"ה המשיך להם כח רוה"ק לראות מה שעתיד הש"י לעשות עמהם. וראו עתה בעיניהם ונתחזקו בלבותם.

וז"ש התיצבו. כמ"ש במדרש שמות שלשון זה על רוה"ק נאמר.

כמ"ש ויתיצב ה' כו' ע"ש. וכמו שמצינו באלישע שפקח עיני הנער לראות ע"ש.

[שוב מצאתי מפו' כן במכילתא]. כן הראה משה לבנ"י עתה.

וכמ"ש חז"ל כי על הים ראתה שפחה מה שלא ראו נביאים. וז"ש וירא ישראל את היד כמ"ש היתה עלי יד ה' והוא לשון נבואה:

Sur le verset 'Tenez-vous fermes et voyez le salut du Nom qu'Il accomplira' (Exode 14,13) : il aurait dû dire 'et vous verrez', car cela ne s'était pas encore accompli pour eux. Mais on peut dire que Moché notre maître, que la paix soit sur lui, leur a transmis une force d'esprit de sainteté (roua'h ha-kodech) pour voir ce que le Nom, béni soit-Il, allait accomplir avec eux ; et ils virent alors de leurs yeux et s'affermirent dans leurs cœurs.

C'est le sens de 'Tenez-vous fermes' (hityatsvou), comme il est dit dans le Midrach sur l'Exode que cette expression se dit de l'esprit de sainteté, comme il est écrit 'et le Nom se tint (va-yityatsèv)...', voir là-bas. Et comme nous trouvons à propos d'Élisée qu'il ouvrit les yeux du jeune homme pour voir (II Rois 6,17), voir là-bas.

[J'ai depuis retrouvé ceci explicité ainsi dans la Mekhilta.] Ainsi Moché montra-t-il à présent aux enfants d'Israël. Et comme l'ont dit nos sages de mémoire bénie : sur la mer, une servante vit ce que les prophètes ne virent pas.

C'est le sens de 'et Israël vit la main' (Exode 14,31), à l'instar de 'la main du Nom fut sur moi' (Ezechiel 37,1), qui est une expression de prophétie.

בפרשת המן הנני ממטיר כו' למען אנסנו הילך בתורתי. כי הי' אכילת המן הקדמה לקבלת התורה.

וזה הי' התרוממות גופם של בנ"י עד שאכלו לחם שמלאכי השרת אוכלין. א"כ הי' גופם מזוכך מן הגשמיות.

כי קודם החטא של העגל היו בנ"י מוכנים לקבל התורה בקדושתה למעלה בשמים. ואז הי' המדרגה כדעת ר' גמליאל כל שאין תוכו כברו אל יכנוס לבה"מ.

ואח"כ אחר החטא נפסקה הלכה והעמידו תלמידים הרבה. היינו שיתקדשו הגופים אח"כ ע"י התורה.

ורמז לענין המן דאיתא במשנה אם אין קמח אין תורה ואם אין תורה אין קמח. והמן הי' קמח שקודם התורה.

אח"כ הכניסה לא"י ואכלת ושבעת כו'. בחי' לחם מן הארץ.

הי' הקמח שאחר התורה. כי יש לחם ויש לחם.

ולחם מן השמים הוא שורש המזון קודם שבא לעוה"ז. כמ"ש במ"א פי' דבר יום ביומו שהוא ההנהגה בשורשה העליון.

ולכן כ' ראו כי ה' נתן לכם השבת. כי היו דבקים בשורש העליון.

וראו בעין בחי' השבת. לכן ניתן להם ביוה"ש לחם יומים.

כי בהטבע אין ניכר הפרש בין ימי המעשה ליום השבת. אבל לאשר המן הי' למעלה מהתחלקות השפע לעולמות הנפרדים.

לכן ניכר שם השינוי ולא ירד המן בשבת:

Dans la section de la manne : 'Voici que Je fais pleuvoir... afin que Je l'éprouve : marchera-t-il selon Ma Torah' (Exode 16,4). Car la consommation de la manne fut une préparation à la réception de la Torah.

Ce fut une élévation du corps des enfants d'Israël, au point qu'ils mangèrent le pain que mangent les anges du service. Ainsi leur corps fut-il épuré de la matérialité.

Car avant la faute du veau (d'or), les enfants d'Israël étaient prêts à recevoir la Torah dans sa sainteté, en haut dans les cieux. Et alors le niveau était selon l'avis de Rabbi Gamliel : quiconque n'a pas son intérieur semblable à son extérieur ne doit pas entrer à la maison d'étude.

Puis, après la faute, la loi (halakha) fut tranchée autrement et l'on établit de nombreux disciples ; c'est-à-dire que les corps se sanctifieraient ensuite par la Torah. Et il y a là une allusion à la manne, selon ce qui est enseigné dans la Michna : 's'il n'y a pas de farine, il n'y a pas de Torah, et s'il n'y a pas de Torah, il n'y a pas de farine' (Avot 3,17).

La manne était la farine qui précède la Torah. Ensuite, l'entrée en terre d'Israël, 'et tu mangeras et tu seras rassasié...' (Deutéronome 8,10), l'aspect du pain issu de la terre, était la farine qui suit la Torah.

Car il y a pain et pain : le pain venu des cieux est la racine de la nourriture avant qu'elle ne vienne en ce monde-ci, comme je l'ai expliqué ailleurs au sujet de 'la chose de chaque jour en son jour' (Exode 16,4), qui est la conduite (divine) dans sa racine supérieure. C'est pourquoi il est écrit 'voyez que le Nom vous a donné le chabbat' (Exode 16,29), car ils étaient attachés à la racine supérieure et voyaient de leurs yeux l'aspect du chabbat.

C'est pourquoi il leur fut donné au sixième jour un pain pour deux jours. Car dans la nature, on ne discerne pas de différence entre les jours ouvrables et le jour du chabbat ; mais parce que la manne était au-dessus de la division de l'abondance (chefa) vers les mondes séparés, la différence y était discernable et la manne ne descendait pas le chabbat.

וכתיב ויענך וירעיבך ויאכילך את המן כו'. נותנין שבח גם על הרעבון.

הענין הוא כי בוודאי לפי מדרגת המזון כך הוא הרעבון. ויל"ד על תלונת בנ"י להמית כו' כל הקהל כו' ברעב.

וכי לא ידעו כי הש"י נותן לחם לכל בשר. וגם לא נזכר בקרא שלא הי' להם לחם כמ"ש ולא הי' מים כו'.

ויתכן לפרש כנ"ל שהרגישו רעבון אחר שלא היו יכולין להפיק רצונם בלחם הגשמיי וכמ"ש לעתיד לא רעב ללחם כו' כ"א לשמוע כו' דברי ה'. והשיב להם הש"י כי כפי הרעבון הזה מוכנים לקבל מזון.

והוא לחם מן השמים. כי בוודאי הש"י נותן מזון לכל ברי' כפי הצריך לו והחסר לו.

ולכן מי שמשתוקק וצמא למים שהוא התורה. משפיע אליו הש"י להפיק את רצונו בזה.

וזה משביע לכ"ח רצון. כ"א מה שהוא רצונו.

ולכן הי' רעבון זה הקדמה והכנה לקבל הלחם מה"ש כנ"ל:

Et il est écrit : 'Il t'a humilié et t'a affamé, puis Il t'a nourri de la manne...' (Deutéronome 8,3). On rend louange même pour la faim.

La chose est ainsi : assurément, la faim est à la mesure du niveau de la nourriture. Et il y a lieu de s'interroger sur la plainte des enfants d'Israël : 'faire mourir... toute cette assemblée... par la faim' (Exode 16,3).

N'ignoraient-ils donc pas que le Nom, béni soit-Il, donne du pain à toute chair ? Et il n'est pas non plus mentionné dans l'Écriture qu'ils n'avaient pas de pain, comme il est écrit (ailleurs) 'et il n'y avait pas d'eau...'.

On peut expliquer comme ci-dessus qu'ils ressentirent une faim après n'avoir pu satisfaire leur désir par le pain matériel, comme il est dit pour l'avenir : 'non une faim de pain... mais d'entendre... les paroles du Nom' (Amos 8,11). Et le Nom, béni soit-Il, leur répondit que selon cette faim ils étaient prêts à recevoir une nourriture, et c'est le pain venu des cieux.

Car assurément le Nom, béni soit-Il, donne à chaque créature la nourriture selon ce dont elle a besoin et ce qui lui manque. C'est pourquoi celui qui aspire et a soif d'eau, qui est la Torah, le Nom, béni soit-Il, lui prodigue de quoi satisfaire son désir en cela.

Et c'est 'Il rassasie de faveur tout vivant' (Psaumes 145,16) : chacun selon ce qu'est son désir. C'est pourquoi cette faim fut une introduction et une préparation à recevoir le pain venu des cieux, comme ci-dessus.

תרמ"ב

Année [5642] (תרמ"ב).

במדרש שוט לסוס כו'. דדרש לשון ויהי.

דאיתא בעשרה מאמרות נברא העולם כו' כדי להפרע מרשעים וליתן שכר טוב לצדיקים. והיינו עשרה מכות שנפרע פרעה הרשע.

ושכר לצדיקים היא התורה עשרת הדברות שהיא שכר טוב לצדיקים. כמ"ש לקח טוב נתתי.

ומב' אלו יש כבוד שמים כמ"ש חז"ל כשם שקילוסו של הקב"ה עולה מפי הצדיקים בג"ע. כן קילוסו עולה מפי הרשעים שבגיהנם.

וכן בפרעה נתקיים ואכבדה בפרעה. עכ"ז אין רצונו ית' בזה הדרך.

רק בדרך הצדיקים כמ"ש במדרש בראשית במי חפץ כו' ע"ש. לכן כ' ויהי.

כי מקודם הי' נקמה במצרים להוציא את בנ"י. אח"כ הי' קצת תיקון שנגמר מה שהי' המכוון להיות נגלה כבוד שמים ע"י איבוד הרשעים כמ"ש ואכבדה כו'.

ולכן אח"כ בשירה נזכרו. אמר אויב ארדוף כו'.

היינו שהי' להם תיקון מה. ע"י שנתרבה כבוד שמים.

שהוא הקילוס מן הרשעים. וע"ז הי' ענין קי"ס גמר המכוון של עשרה מכות כנ"ל.

ודבר זה נוהג בפרט כל איש ישראל ג"כ. הגם שנכשל כמה פעמים.

אח"כ כשמתקן דרכיו. נותן שבח גם על מה שעבר.

ונתרבה כבוד שמים גם מימי הרעה. עכ"ז אין המבוקש כך.

וע"ז דרשו שוט לסוס כו' ושבט לגו כסילים. כי המשכיל מיישר דרכיו מתחלתו ובזה בחר ה':

Dans le Midrach : 'Le fouet pour le cheval...' (Proverbes 26,3) ; il interprète l'expression 'va-yehi' (et il advint). Car il est enseigné : par dix paroles le monde fut créé... afin de châtier les méchants et de donner une bonne récompense aux justes.

Ce sont les dix plaies par lesquelles Pharaon le méchant fut châtié ; et la récompense pour les justes est la Torah, les dix Paroles (du Décalogue), qui sont une bonne récompense pour les justes, comme il est écrit 'un bon enseignement Je vous ai donné' (Proverbes 4,2). Et de ces deux (voies) provient la gloire du Ciel, comme l'ont dit nos sages de mémoire bénie : de même que la louange du Saint, béni soit-Il, s'élève de la bouche des justes au jardin d'Éden, de même Sa louange s'élève de la bouche des méchants dans la géhenne.

Ainsi, pour Pharaon s'accomplit 'et Je serai glorifie par Pharaon' (Exode 14,4). Malgré cela, Sa volonté, béni soit-Il, n'est pas dans cette voie, mais seulement dans la voie des justes, comme il est dit dans le Midrach Berechit : 'en qui prend-Il plaisir...', voir là-bas.

C'est pourquoi il est écrit 'va-yehi' (et il advint) : car d'abord ce fut une vengeance en Égypte pour faire sortir les enfants d'Israël ; ensuite il y eut une certaine réparation (tikoun), lorsque s'accomplit ce qui était visé, que la gloire du Ciel se révèle par la perte des méchants, comme il est dit 'et Je serai glorifie...'. C'est pourquoi, ensuite, dans le cantique, ils sont mentionnés : 'L'ennemi disait : je poursuivrai...' (Exode 15,9) ; c'est-à-dire qu'il y eut pour eux une certaine réparation, par l'accroissement de la gloire du Ciel, qui est la louange (montant) des méchants.

Et à ce sujet, l'ouverture de la mer Rouge fut l'achèvement de ce qui était visé par les dix plaies, comme ci-dessus. Et cette chose s'applique en particulier aussi à chaque homme d'Israël : bien qu'il trébuche maintes fois, ensuite, lorsqu'il redresse ses voies, il rend louange même pour ce qui est passé, et la gloire du Ciel s'accroît même à partir des jours du mal.

Malgré cela, ce n'est pas cela qui est recherché. Et à ce sujet ils ont interprété 'le fouet pour le cheval... et le bâton pour le dos des sots' (Proverbes 26,3) : car l'homme avisé redresse ses voies des le début, et c'est cela que le Nom a choisi.

בפסוק ולקטו דבר יום ביומו כו' אנסנו הילך בתורתי. כי התורה היא התחדשות לגמרי.

דאין כל חדש תחת השמש. והתורה למעלה מהשמש.

אמנם כ' מחדש בכל יום מ"ב. ונוכל למצוא קצת התחדשות בעולם הזה ג"כ.

לכן כ' אין כל חדש. דמשמע קצת התחדשות יש.

וכפי מה שמעלין הטבע בהשורש. ומעוררין קצת התחדשות.

זוכין אח"כ לתורה. לכן הקדימו חז"ל ברכת יוצר ומעריב ערבים לברכת אהבה.

שהוא ענין ב' התחדשות הנ"ל כמ"ש במ"א. וזה דבר יום ביומו הוא התחדשות שהקב"ה מחדש בכל יום כנ"ל.

והוא הכנה לתורה:

Sur le verset 'et ils recueilleront la chose de chaque jour en son jour...' (Exode 16,4) : 'Je l'éprouve : marchera-t-il selon Ma Torah'. Car la Torah est un renouvellement total, alors qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil (Ecclésiaste 1,9) ; or la Torah est au-dessus du soleil.

Cependant il est écrit (dans la prière) qu'Il 'renouvelle chaque jour l'œuvre de la création' (maasseh berechit), et nous pouvons trouver un certain renouvellement dans ce monde-ci aussi. C'est pourquoi il est écrit 'il n'y a rien de nouveau', ce qui laisse entendre qu'il y a un certain renouvellement.

Et selon la mesure où l'on élève la nature vers la racine et l'on éveille un certain renouvellement, on mérite ensuite la Torah. C'est pourquoi nos sages de mémoire bénie ont placé les bénédictions 'Yotser (or)' et 'Maariv aravim' avant la bénédiction 'Ahava' : c'est le sens des deux renouvellements mentionnés ci-dessus, comme je l'ai écrit ailleurs.

Et ce 'la chose de chaque jour en son jour' est le renouvellement que le Saint, béni soit-Il, renouvelle chaque jour, comme ci-dessus ; et c'est une préparation à la Torah.

בפסוק ויבאו אלימה ושם י"ב עינות מים וע' תמרים. כאשר ידוע סדרן של בנ"י.

אבות. וי"ב שבטים.

וע' נפש. וס' רבוא.

וכאשר נגאלו ממצרים החזירו ממדרגה למדרגה לבחי' ע' וי"ב שבטים כנ"ל. והיו דבוקים בשורש.

לכן כ' ראו כי ה' נתן לכם השבת. והוא מעלה גדולה שראו את השבת בעיניהם.

וע"ז רמזו כי אם היו משמרים בנ"י שבת ראשונה. ראשונה דייקא.

שהי' במדרגה יתירה משבת שלנו. לא שלטה בהם אומה ולשון.

ותוס' מקשין דאין זה שבת ראשונה ע"ש. ויתכן לפרש על בחי' ראשונה של השבת כנ"ל.

ובשבת עתה צריכין שמירה כמ"ש הפורס סוכת שלום עלינו. אבל מקודם שבא עמלק הי' בהתגלות.

ויתכן לומר שרמזו חז"ל במדרש במשל ממלך והמלכה הבא ביניהם חייב מיתה. לומר ע"י שערבב עמלק הרשע את בחי' שבת הקודם.

לכן מחה אמחה כו':

Sur le verset 'et ils vinrent à Élim, et là il y avait douze sources d'eau et soixante-dix palmiers' (Exode 15,27). Comme l'on sait l'ordre des enfants d'Israël : les patriarches, les douze tribus, les soixante-dix âmes, et les six cent mille.

Et lorsqu'ils furent délivrés d'Égypte, ils furent ramenés de niveau en niveau jusqu'à l'aspect des soixante-dix et des douze tribus, comme ci-dessus, et ils étaient attachés à la racine. C'est pourquoi il est écrit 'voyez que le Nom vous a donné le chabbat' (Exode 16,29) ; et c'est un grand degré qu'ils aient vu le chabbat de leurs yeux.

Et à ce sujet ils ont fait allusion (en disant) que si les enfants d'Israël avaient observé le premier chabbat, 'premier' précisément, car il était d'un niveau supérieur à notre chabbat, aucune nation ni langue n'aurait eu prise sur eux. Or les Tossefot objectent que ce n'était pas le premier chabbat, voir là-bas ; mais on peut l'expliquer au sujet de l'aspect 'premier' du chabbat, comme ci-dessus.

Et le chabbat, à présent, requiert une protection, comme (nous disons) 'Celui qui étend la souccah de paix sur nous' ; mais auparavant, avant la venue d'Amalek, il était en pleine révélation. Et l'on peut dire que nos sages de mémoire bénie y ont fait allusion dans le Midrach, par la parabole du roi et de la reine : celui qui passe entre eux est passible de mort.

C'est-à-dire : parce qu'Amalek le méchant a brouillé l'aspect du chabbat précédent, c'est pourquoi 'J'effacerai, J'effacerai...' (Exode 17,14).

תרמ"ג

Année [5643] (תרמ"ג).

בענין יצ"מ וקי"ס. יתכן לפרש שהי' צריך ב' גאולות.

בבחי' יוסף ויהודה. משיח בן יוסף ומשיח בן דוד.

שצריך להיות הגאולה בב' הבחינות. והוא ברית המעור וברית הלשון.

לכן ביצ"מ איתא שמלו בנ"י עצמם. וכ' ויקח כו' עצמות יוסף עמו.

אך כדי לפתוח הפה בשירה ותפילה הי' בחי' קי"ס. לכן נאמר סגר עליהם המדבר.

כלומר שעדיין צריכין לגאולה בבחי' הדיבור בחי' יהודה ודוד. לכן כ' על הים היתה יהודה לקדשו.

וכן מתעורר בכל יום בחי' יצ"מ וקי"ס. כמ"ש שירה חדשה שבחו גאולים.

שיש בכל יום התחדשות השירה. וזה סמיכות גאולה לתפלה.

ואיתא א' שפתי תפתח כגאולה אריכתא היא. וי"ל שזה כוונת המד' בפ' מה תצעק.

צעקתם קדמה לצעקתך. כי יש תפלה למשה ותפלה לעני.

ותפלת משה היא קול התורה. אבל עתה היו צריכין לבחי' קול תפלה ממש כנ"ל.

ואיתא מה תצעק אלי. שהי' מרע"ה מאריך בתפלה.

וא"ל הקב"ה יש עת לקצר ולהאריך. בני נתונים בצרה כו' ע"ש במכילתא.

ולבאר הענין ע"ד הרמז ע"פ מ"ש בספרי קודש. כי הצדיק כשמתפלל צריך לצאת מעוה"ז ולבוא לעולם העליון להתפלל רק לצורך גבוה.

וזה נק' תפלה אריכתא. בעולם שכולו ארוך.

ויתכן כי כשבא מרע"ה לבחי' תפלה זו. שכח מכל צרות בנ"י שלמטה.

וז"ש מה תצעק אלי כו'. שהי' כאן הצורך תפלה קצרה כנ"ל.

[אין לדחות דברים אלו ע"פ מ"ש בזוה"ק בעתיקא תליא מילתא. כי עכ"ז יתכן לומר שדווקא בכח תפלה לעני עוררו זה הכח הנפלא ואכ"מ להאריך]:

Au sujet de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer Rouge : on peut expliquer qu'il fallait deux délivrances, dans l'aspect de Yossef et de Yehouda, le Machia'h fils de Yossef et le Machia'h fils de David ; car la délivrance devait se faire selon ces deux aspects, qui sont l'alliance de la circoncision (berit ha-maor) et l'alliance de la langue (berit ha-lachon). C'est pourquoi, à la sortie d'Égypte, il est enseigné que les enfants d'Israël se circoncirent eux-mêmes, et il est écrit 'et il prit... les ossements de Yossef avec lui' (Exode 13,19).

Mais pour ouvrir la bouche dans le cantique et la prière, ce fut l'aspect de l'ouverture de la mer Rouge. C'est pourquoi il est dit 'le désert les a enfermés' (Exode 14,3), c'est-à-dire qu'ils avaient encore besoin d'une délivrance dans l'aspect de la parole, l'aspect de Yehouda et de David.

C'est pourquoi il est écrit : sur la mer, 'Yehouda devint Son sanctuaire' (Psaumes 114,2). Et ainsi s'éveille chaque jour l'aspect de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer Rouge, comme il est dit 'un cantique nouveau, les délivrés T'ont loué' : car il y a chaque jour un renouvellement du cantique.

Et c'est le sens de la juxtaposition de la délivrance à la prière (semikhat gueoula li-tefila). Et il est enseigné : '(le Nom,) ouvre mes lèvres' (Psaumes 51,17) est comme une prière prolongée (gueoula arikhta).

On peut dire que c'est l'intention du Midrach sur (le verset) 'pourquoi cries-tu (vers Moi)' (Exode 14,15) : 'leur cri a précédé ton cri'. Car il y a une prière de Moché et une prière du pauvre ; et la prière de Moché est la voix de la Torah, mais à présent ils avaient besoin de l'aspect de la voix de la prière proprement dite, comme ci-dessus.

Et il est enseigné 'pourquoi cries-tu vers Moi' : Moché notre maître prolongeait sa prière, et le Saint, béni soit-Il, lui dit : il est un temps pour abréger et un temps pour prolonger ; Mes enfants sont dans la détresse..., voir là-bas dans la Mekhilta. Et pour expliquer la chose par voie d'allusion, selon ce qui est écrit dans les livres saints : lorsque le juste prie, il doit sortir de ce monde-ci et venir dans le monde supérieur pour prier seulement pour un besoin d'en haut ; et cela est appelé 'prière prolongée', dans le monde qui est tout entier long.

Et il se peut que, lorsque Moché notre maître parvint à cet aspect de prière, il oublia toutes les détresses des enfants d'Israël d'en bas ; et c'est le sens de 'pourquoi cries-tu vers Moi...', car il y avait ici le besoin d'une prière brève, comme ci-dessus. [Il ne faut pas rejeter ces propos en raison de ce qui est écrit dans le Zohar saint que 'cela dépend de l'Ancien (Atika)', car malgré tout on peut dire que c'est précisément par la force de la prière du pauvre qu'ils ont éveillé cette force merveilleuse ; et ce n'est pas ici le lieu de s'étendre.]

בפסוק ראו כי ה' נתן לכם השבת ע"כ כו' נותן לכם ביום הו' לחם יומים. כנראה שניתן להם השבת בעת נתינת המן.

וכ"א במדרש עקב אימתי שמרו ישראל השבת כראוי בזמן שניתן להם באלוש ע"ש. וכן הוא בנוסח המעלות.

אלו האכילנו את המן ולא נתן לנו את השבת דיינו. והלא במרה איפקדו אשבת.

וכן הקשו בתוס' למה נק' שבת ראשונה ע"ש במס' שבת פרק ר"ע. אבל נראה כי עתה ניתן להם במתנה השבת.

כאשר חכמים הגידו מתנה טובה יש לי בבית גנזי כו'. ובחי' זו נעשה עתה.

ושמעתי מפי מו"ז ז"ל במעלת המתנה. הנותן בעין יפה נותן.

והנותן בור צריך ליתן לו דרך כו'. כי המוכר דעתו רק בעבור המעות.

אבל הנותן רוצה שיהי' להמקבל. המתנה.

לכן נותן לו הדרך כדי שיוכל לקבל את המתנה. וז"ש ראו כ"ה נתן דייקא.

ע"כ הוא נותן לכם כו'. הוא הכנת יום הששי שיש אז הארות לבנ"י שיוכלו לקבל השבת.

וז"ש ראו. כי מקודם כ' שם לו חק ומשפט שידעו מצות השבת.

אבל עתה ניתן להם בעין יפה. שהי' להם התקרבות להשיג ולראות בעין הארת השבת.

כענין שאמרו חז"ל הנותן מתנה [לחבירו] צריך להודיעו. הוא התקשרות והתדבקות להשיג הארת השבת כנ"ל:

Sur le verset 'voyez que le Nom vous a donné le chabbat, c'est pourquoi... Il vous donne au sixième jour un pain pour deux jours' (Exode 16,29).

Il apparaît que le chabbat leur fut donné au moment du don de la manne. Et de même est-il enseigné dans le Midrach Ekev : quand Israël observa-t-il le chabbat comme il convient ?

Au moment où il leur fut donné à Aloush, voir là-bas. Et ainsi est-il dans le texte du 'Dayénou' : 's'Il nous avait nourris de la manne et ne nous avait pas donné le chabbat, cela nous aurait suffi'.

Or n'est-ce pas qu'à Mara ils avaient déjà reçu l'ordre du chabbat ? Et ainsi les Tossefot ont-ils objecté : pourquoi l'appelle-t-on 'premier chabbat', voir là-bas dans le traité Chabbat, au chapitre de Rabbi Akiva.

Mais il apparaît qu'à présent le chabbat leur fut donné en don (matana), comme les sages l'ont dit : 'J'ai un bon présent dans Ma chambre au trésor...' ; et cet aspect s'accomplit à présent. Et j'ai entendu de la bouche de mon grand-père maître, de mémoire bénie, au sujet de l'excellence du don : celui qui donne, donne d'un œil généreux ; et celui qui donne un puits doit lui donner (aussi) le chemin (d'accès)...

Car le vendeur n'a en tête que l'argent ; mais celui qui donne veut que le receveur possède (vraiment) le don, c'est pourquoi il lui donne le chemin afin qu'il puisse recevoir le don. Et c'est le sens de 'voyez que le Nom a donné' précisément : 'c'est pourquoi Il vous donne...', c'est la préparation du sixième jour, où il y a alors des illuminations pour les enfants d'Israël afin qu'ils puissent recevoir le chabbat.

Et c'est le sens de 'voyez' : car auparavant il est écrit 'là Il lui fixa loi et règle' (Exode 15,25), pour qu'ils connaissent le commandement du chabbat ; mais à présent il leur fut donné d'un œil généreux, en sorte qu'ils eurent un rapprochement pour atteindre et voir de l'œil l'illumination du chabbat. À la manière de ce qu'ont dit nos sages de mémoire bénie : celui qui fait un don [à son prochain] doit l'en informer ; c'est le lien et l'attachement pour atteindre l'illumination du chabbat, comme ci-dessus.

תרמ"ד

Année [5644] (תרמ"ד).

במדרש שלחיך פרדס רמונים כו' ע"ש. הענין הוא כי כ"ז שהיו בנ"י בגלות.

לא יכלו להוציא מכח אל הפועל הקדושה והחיות ואלקות שהי' טמון בהם. לכן לא הכיר גם מרע"ה.

ואמר באיזה זכות כו'. והשיבו הקב"ה בהוציאך כו' תעבדון כו' הא' כו'.

פי' שתיכף כשיצאו לחירות יתגלה כוחן של ישראל. ובנ"י נבראו להיות צבאות ה' ולפרסם כבודו בעולם.

רק בהיותן כפוין ת"י מלכות ב"ו. א"י לקבל מלכות שמים.

כדאיתא בזוה"ק פ' בהר. ולכן כשיצאו מת"י התחילו לקבל מלכות ה'.

וזה הרמז וחמשים עלו בנ"י. מזויינים.

כלומר שידעו שכל היציאה לחירות כדי להיות עוסק במלחמות ה'. כמ"ש בס' חובת הלבבות שאמר לאותו פלוני שיצא ממלחמה קטנה למלחמה גדולה.

כי לא הי' המכוון של הגאולה להיות פנוים. רק שקיבלו החירות כדי להיות מוכנים למלחמות מצוה.

וזה הרמז ויהי בשלת לשון צרה. שעתה התחילו לחפש בשלימות עצמותן.

וראו שעדיין חסרים כל טוב. עד שעלו מעלות רבות.

מדרגה אחר מדרגה. עד שקרבנו לפני הר סיני כו' כל הט"ו מעלות שחושב שם בהגדה דפסח:

Dans le Midrach : 'tes rejetons sont un verger de grenades...' (Cantique 4,13), voir là-bas. La chose est ainsi : tant que les enfants d'Israël étaient en exil, ils ne pouvaient pas faire passer de la puissance à l'acte la sainteté, la vitalité et la divinité qui étaient enfouies en eux.

C'est pourquoi même Moché notre maître ne (les) reconnut pas, et il dit : 'par quel mérite...'. Et le Saint, béni soit-Il, lui répondit : 'quand tu feras sortir (le peuple)... vous servirez...

(sur) la montagne...' (Exode 3,12), c'est-à-dire que dès qu'ils sortiraient vers la liberté, la force d'Israël se révélerait. Les enfants d'Israël ont été créés pour être les armées du Nom et pour proclamer Sa gloire dans le monde ; mais tant qu'ils étaient assujettis sous la domination d'un royaume de chair et de sang, il leur était impossible de recevoir la royauté du Ciel, comme il est enseigné dans le Zohar saint, section Behar.

C'est pourquoi, lorsqu'ils sortirent de sous leur domination, ils commencèrent à recevoir la royauté du Nom. Et c'est l'allusion de 'et armés (va-'hamouchim) montèrent les enfants d'Israël' (Exode 13,18) : c'est-à-dire qu'ils savaient que toute la sortie vers la liberté était afin de s'adonner aux guerres du Nom, comme il est écrit dans le livre 'Hovot ha-Levavot' (Les Devoirs des cœurs), où il fut dit à un tel qu'il passait d'une petite guerre à une grande guerre.

Car le but de la délivrance n'était pas d'être desœuvres, mais qu'ils reçoivent la liberté afin d'être prêts pour les guerres du commandement (mitsva). Et c'est l'allusion de 'va-yehi be-chala'h', une expression de détresse : car à présent ils commencèrent à chercher (à se réaliser) dans la perfection de leur essence, et ils virent qu'ils manquaient encore de tout bien, jusqu'à ce qu'ils s'élèvent de nombreux degrés, niveau après niveau, 'jusqu'à nous rapprocher devant le mont Sinaï...' : tous les quinze degrés qu'il énumère là dans la Haggada de Pessa'h.

תרמ"ה

Année [5645] (תרמ"ה).

סמיכות הפרשה לאות על ידך כו' ויהי בשלח כו'. דענין קי"ס אחר יצ"מ איתא במדרש יציאת מצרים קשה כו'.

כי יצ"מ הי' הגאולה מהגלות במעשה ובשיעבוד הגוף. וקי"ס הי' הגאולה בנפש.

שאחר הגלות הי' נשאר מחשבות והרהורים מטומאות המצרים. כעין דאיתא דהנשמות עוברין בנהר דינור קודם שעולין לג"ע לעזוב כל הרהורים מעוה"ז.

כן עברו בים קודם קבלת התורה. כמו שנרמז בפ' פן ינחם העם כו'.

וכן כל היראה והפחד הי' הכל רק במחשבה. וכן פרעה שרדף אשיג אחלק כו'.

ולא הי' בפועל. רק שהי' הגאולה לעקור שורש הגלות.

ועל ב' אלו הגאולות רמוז בתפילין. של יד תיקון המעשה.

ושל ראש הוא תיקון המחשבות והמוחין. וכ' למען תהי' תורת ה' בפיך.

לכן בעוד שלא נתקן הכל גם במחשבה. לא אמרו שירה.

כי שירה היא אחר שלימות כל הגאולה. כדאיתא במד' שנטהרו לבם ואמרו שירה.

וזו השירה הי' עדות שנטהרו לגמרי מגלות דמצרים. וכן הוא בכל הגאולות.

ובפרט. נפש ישראל גם כן כשיוצא לחירות מאיזה שיעבוד של סט"א צריכין אח"כ גאולה שנית שלא להשאיר שמץ והרהורים וזהו גאולה שלימה כנ"ל.

ומצינו במדרש כי קי"ס בשביעי של פסח הוא בחי' השבת. ע"ש סוף פ' בא.

והוא כנ"ל שמקודם הי' גאולה במעשה. בחי' ו' ימי המעשה.

ואח"כ הגאולה בנפש בחי' השבת כנ"ל:

La juxtaposition de la section (précédente) '(cela sera) un signe sur ta main...' (Exode 13,16) à 'va-yehi be-chala'h...'. Car au sujet de l'ouverture de la mer Rouge après la sortie d'Égypte, il est enseigné dans le Midrach : 'la sortie d'Égypte fut difficile...'.

En effet, la sortie d'Égypte fut la délivrance de l'exil dans l'action et l'asservissement du corps ; et l'ouverture de la mer Rouge fut la délivrance dans l'âme. Car après l'exil, il restait encore des pensées et des divagations issues des impuretés des Égyptiens.

À l'image de ce qui est enseigné, que les âmes traversent le fleuve de feu (nahar di-nour) avant de monter au jardin d'Éden, pour abandonner toutes les divagations de ce monde-ci ; ainsi passèrent-ils par la mer avant la réception de la Torah, comme il y est fait allusion dans le verset 'de peur que le peuple ne se ravise...' (Exode 13,17). De même, toute la crainte et l'effroi n'étaient que dans la pensée.

Et de même Pharaon qui poursuivait : 'je rattraperai, je partagerai...' (Exode 15,9) : ce ne fut pas en acte ; simplement la délivrance visait à extirper la racine de l'exil. Et ces deux délivrances sont évoquées dans les tefilin : celui de la main est la réparation (tikoun) de l'action, et celui de la tête est la réparation des pensées et des mo'hin (facultés intellectuelles), et il est écrit 'afin que la Torah du Nom soit dans ta bouche' (Exode 13,9).

C'est pourquoi, tant que tout n'était pas encore réparé, y compris dans la pensée, ils ne dirent pas le cantique ; car le cantique vient après la perfection de toute la délivrance, comme il est enseigné dans le Midrach que leur cœur fut purifié et (alors) ils dirent le cantique. Et ce cantique fut le témoignage qu'ils avaient été entièrement purifiés de l'exil d'Égypte.

Et il en est ainsi dans toutes les délivrances. En particulier, l'âme d'Israël aussi, lorsqu'elle sort vers la liberté de quelque asservissement de l'autre côté (sitra a'hra), a ensuite besoin d'une seconde délivrance pour ne laisser aucune trace ni divagation ; et c'est cela une délivrance complète, comme ci-dessus.

Et nous trouvons dans le Midrach que l'ouverture de la mer Rouge, le septième jour de Pessa'h, relève de l'aspect du chabbat, voir là-bas à la fin de la section Bo. Et c'est comme ci-dessus : auparavant il y eut une délivrance dans l'action, l'aspect des six jours ouvrables, et ensuite la délivrance dans l'âme, l'aspect du chabbat, comme ci-dessus.

En bref

« Alors chanta » : les enfants d'Israël, dit le Sfat Emet, visent le moment de joie qui est devant Lui en haut. Ils ne disent de cantique qu'à « alors », heure destinée depuis toujours ; Rachi : il leur monte au cœur de chanter. À l'ouverture de la mer le salut d'Israël a lieu de nuit et la noyade des Égyptiens de jour, signe de la droite, et Rachi explique que la gauche devient droite. Ici la mesure est complète ; à la sortie d'Égypte le salut s'est fait du sein de la colère. C'est le sens de « sa bouche s'ouvrit avec sagesse et une torah de bonté sur sa langue ».

Aussi : le pain venu des cieux, aspect de la Torah, et le premier chabbat que Amalek mêle ; la manne à la racine, vision puis connaissance au chabbat ; Israël témoigne par la bouche et le cœur

במדרש אז ישיר פיה פתחה בחכמה ותורת חסד על לשונה כו'. פי' שבנ"י כוונו הזמן שמחה שהי' לפניו במרום.

כי ביצ"מ לא אמרו שירה רק אז שהי' השעה מיוחדת לכך. לכן כ' אז ישיר.

פרש"י שעלה בלבם לשיר. להגיד שבחן של ישראל באותה שעה שעלה בלבם לשיר.

הי' השעה המזומנת לכך מעולם. ובמ"א כתבנו כי ביצ"מ הי' גאולת ישראל ביום.

ומפלת המצרים בחצות לילה. ועתה בקי"ס הי' הצלת ישראל בלילה וטביעת מצרים ביום.

והי' זה סימן שהי' בימין כמ"ש וירא כו' היד הגדולה. וכ' ימינך כו'.

פרש"י שהשמאל נעשה ימין. לכן הי' עת רצון ושמחה לפניו.

כדכ' באבוד רשעים רנה. וביצ"מ עדיין לא שלים קיסטא.

וכאן הי' שלים קיסטייהו. ובנ"י הבינו שהוא הזמן של השירה.

ומקודם הי' הצלת ישראל מתוך הכעס. ולא הי' זמן שמחה.

וז"ש פ"פ בחכמה ותורת חסד כו':

Dans le Midrach : "Alors chanta... sa bouche s'ouvrit avec sagesse et une torah de bonté sur sa langue" etc. (Proverbes 31,26).

Explication : les enfants d'Israël (בנ"י) visaient le moment de joie qui était devant Lui en haut. Car lors de la sortie d'Égypte (יצ"מ) ils ne dirent pas de cantique, sinon "alors" (אז), lorsque l'heure fut spécialement propice à cela ; c'est pourquoi il est écrit "alors il chantera" (אז ישיר).

Rachi explique : il leur monta au cœur de chanter -- pour dire la louange d'Israël à cette heure où il leur monta au cœur de chanter : c'était l'heure destinée à cela depuis toujours. Ailleurs nous avons écrit que lors de la sortie d'Égypte la délivrance d'Israël eut lieu de jour et la chute des Égyptiens à minuit ; et maintenant, lors de l'ouverture de la mer (קי"ס, kriat yam souf), le salut d'Israël eut lieu de nuit et la noyade des Égyptiens de jour.

Ce fut un signe que cela venait de la droite, comme il est écrit "et il vit... la grande main" (Exode 14,31), et il est écrit "ta droite..." (Exode 15,6). Rachi explique que la gauche devint droite ; c'est pourquoi ce fut un temps de faveur et de joie devant Lui, comme il est écrit "à la perte des méchants, chant de joie" (Proverbes 11,10).

Lors de la sortie d'Égypte la mesure n'était pas encore complète (קיסטא), et ici elle fut complète. Les enfants d'Israël comprirent que c'était le moment du cantique ; auparavant le salut d'Israël s'était fait du sein de la colère et ce n'était pas un temps de joie.

C'est ce que signifie "sa bouche s'ouvrit avec sagesse et une torah de bonté" etc.

לפרשת המן. לחם מן השמים.

במדרש לכו לחמו בלחמי ע"ש. פי' שדור המדבר הי' הלחם שלהם מבחי' התורה ממש.

ונק' לחם מן השמים. והי' מעין הכנה ראשונה.

דכ' ויניחהו בגן עדן. [רמז לדבר כזרע גד לבן ר"ת וס"ת גן עדן].

אח"כ כ' פן ישלח ידו כו' מעה"ח כו' ויגרש כו' להט החרב כו' לשמור כו' דרך עץ החיים. והיינו דמאן דנצח לחויא כו'.

לכן אחר יצ"מ היו בנ"י מוכנים לעץ החיים כמ"ש אני אמרתי כו' ובני עליון כולכם. וניתן להם לחם שמה"ש אוכלין.

ואמרו חז"ל אילו שמרו בנ"י שבת ראשונה לא שלטה בהם אומה. דכ' ויהי ביום הז' יצאו כו' ויבא עמלק.

פרשנו שבת ראשונה ממש. כמו שהי' אז בשבת בראשית.

ויניחהו בגן. והוא עיקר השביתה והרצון שעלה לפניו ית"ש.

ובאמת בכל שב"ק יש הארה מזה. לכן יורדת נשמה יתירה מג"ע.

ונק' מנוחה. אך אז במדבר הי' מתוקן לגמרי.

ונק' שבת ראשונה. וע"ז כתיב ראו כי ה' נתן לכם השבת.

ועמלק הרשע ימח שמו. עירב זאת המנוחה.

לכן יש לזכור תמיד למחות שמו. כמ"ש במדרש משל למלך ומלכה.

ועמלק שבא ביניהם דמו בראשו. וע"ד הרמז מ"ש יצאו ללקוט.

ומקודם לא מצינו שחיללו השבת שניתן להם עוד במרה. רק כי ויצא העם ולקטו דבר יום ביומו הי' דביקות נפלא כמ"ש במ"א.

והי' ימי המעשה שלהם גבוה ממדרגת השבת לדורות השפלים. לכן לא חשבו שיהי' ביציאה זו חילול שבת.

אך השבת שלהם הי' גבוה עד מאוד. ודוק כי קצרתי:

Sur la section de la manne. "Pain venu des cieux" (Exode 16,4).

Dans le Midrach : "Venez, mangez de mon pain" (Proverbes 9,5), vois là. Explication : pour la génération du désert, leur pain provenait de l'aspect de la Torah elle-même, et il est appelé "pain venu des cieux" ; ce fut une sorte de première préparation, comme il est écrit "et il le plaça dans le jardin d'Éden" (Genèse 2,15).

[Allusion : "comme une graine de coriandre, blanche" (כזרע גד לבן, Exode 16,31) -- les initiales et les finales forment "jardin d'Éden" (גן עדן).] Ensuite il est écrit "de peur qu'il n'étende sa main... de l'arbre de vie... et il chassa... la flamme de l'épée... pour garder... le chemin de l'arbre de vie" (Genèse 3,22-24) ; c'est le sens de "celui qui vainc le serpent...". Ainsi, après la sortie d'Égypte, les enfants d'Israël étaient prêts pour l'arbre de vie, comme il est écrit "j'ai dit... et vous êtes tous fils du Très-Haut" (Psaumes 82,6), et il leur fut donné le pain que mangent les anges du service (מה"ש, malakhei ha-sharet).

Les Sages ont dit : si les enfants d'Israël avaient gardé le premier chabbat, aucune nation ne les aurait dominés, car il est écrit "et il advint le septième jour que sortirent..." puis "et vint Amalek" (Exode 16,27; 17,8). Nous avons expliqué : le tout premier chabbat, tel qu'il fut jadis au chabbat de la Genèse, "et il le plaça dans le jardin" -- c'est l'essence du repos et de la volonté qui monta devant Lui, béni soit-Il.

En vérité, en chaque saint chabbat il y a une lueur de cela, c'est pourquoi descend une âme supplémentaire du jardin d'Éden, et cela est appelé repos (menoukha). Mais alors, au désert, cela était entièrement réparé, et cela est appelé "premier chabbat" ; à ce sujet il est écrit "voyez que le Nom vous a donné le chabbat" (Exode 16,29).

Amalek le méchant, que son nom soit effacé, a mêlé ce repos ; c'est pourquoi il faut toujours se souvenir d'effacer son nom, comme dans le Midrach : parabole d'un roi et d'une reine, et Amalek qui vint entre eux -- son sang sur sa tête. Par voie d'allusion, ce qui est écrit "ils sortirent pour ramasser" : auparavant nous ne trouvons pas qu'ils aient profane le chabbat qui leur avait déjà été donné à Mara ; seulement, "et le peuple sortit et ils ramassèrent la chose de chaque jour en son jour", il y avait un attachement (deveqout) merveilleux comme nous l'avons écrit ailleurs.

Leurs jours ouvrables étaient plus élevés que le niveau du chabbat des générations inférieures, c'est pourquoi ils ne pensaient pas qu'il y aurait dans cette sortie une profanation du chabbat ; mais leur chabbat était extrêmement élevé. Note-le bien, car j'ai abrégé.

תרמ"ו

[תרמ"ו] (5646)

בפרשת המן. דבר יום ביומו.

כי בנ"י נתרוממו להיות גופם מזוכך. וכפי הזדככות הגופים כמו כן הפרנסה ומזונות שלהם.

ולכן דרשו חז"ל לחם שמה"ש אוכלין. כי השפע בשורש הוא רוחניות מאוד.

וכל הברואים מקבלין אחר כמה צמצומים. ובנ"י קיבלו כמו שהוא בשורש.

וענין יום ביומו יתכן לפרש ע"פ מאמר זוה"ק יתרו כיון דלא אישתכח מנא ביומא שביעאה מה ברכתא אישתכח בי' אלא כולהו ברכאין בשביעאה תליא ע"ש. פרשנו כי הימי המעשה הם כלים לקבל מימים עליונים שהם למעלה מן הזמן.

אבל בש"ק מתעלה הכל אל השורש. וזהו דבר יום ביומו כל יום מיום המיוחד אליו.

[וכמדומה לי שכעין זה כ' בזוה"ק באיזה מקום על פ' ברוך ה' יום יום]. ובשבת לא ירד המן שהמן כבר הוא בהתלבשות והוא בחי' ימי המעשה.

וז"ש היום לא תמצאוהו בשדה. בשדה דייקא שאינו בנמצא.

אבל למעלה בימים עליונים. בשבת הוא עיקר הברכה והשפע כנ"ל.

וכ' ראו כי ה' נתן לכם השבת. שע"י שדור המדבר ראו קבלת השפע מיום ליום כנ"ל.

לכן ראו בעין. ההפרש.

שביום השבת יש עלי' לכל העולמות. ויש לדייק כי בפרשת המן הי' הכל בבחי' ראי' כמ"ש ויראו בני ישראל כו'.

ראו כי ה' נתן לכם השבת. ולכן לדורות כ' ג"כ מלא העומר כו' למשמרת כו' למען יראו את הלחם.

ובפ' תשא כ' בש"ק לדעת כי אני ה' מקדישכם. כי הנה שבת סהדותא איקרי.

כי בנ"י מעידין בש"ק על הבורא ית' כמ"ש אתם עדי. ויש עדות בידיעה ובראי'.

כמ"ש או ראה או ידע. וידיעה היא למעלה מן הראי'.

כי הראי' היא בחי' הסתכלות בגוף. וידיעה שייך בנפש בלבד ג"כ.

ובכאן בעת המן נזדככו גופות בנ"י. וזכו לבחי' הראי'.

ואח"כ נתעלו יותר לבחי' ידיעה. לכן כ' כאן כי לא ידעו מה.

ויתכן כי אח"כ זכו ג"כ לידע מהות המן. כדכ' למען הודיעך כו' לא על הלחם כו'.

ולכן עתה הי' השבת בראי' בלא ידיעה. ואח"כ במתן תורה שזכו אל הדעת.

ניתן להם בבחי' ידיעה. [ועיין בזוה"ק פ' וארא מזה].

וכ"כ אתה הראת לדעת מקדים ראי' לידיעה. והקב"ה עשה זכר לנפלאותיו.

ומכל המדרגות שזכו בנ"י השאיר מהם לדורות. דכ' הכא למען יראו את הלחם.

ושם כ' למען ידעו דורותיכם. ומלא העומר שנשאר לדורות בוודאי הוא הארה שנמצא בכללות בנ"י שיכולין להמשיך לפעמים מעין השפע של המן.

וכ' קח צנצנת אחת כו'. ויש לדייק אחת ל"ל.

וי"ל ע"ד הרמז דכתיב התם אחת בשנה. והמן הי' לפני העדות.

וביום הכפורים שכל בנ"י מתענין מאכילה ושתי'. ואז יש להם חיות ממוצא פי ה'.

ולכן כשנכנס הכ"ג לפני ולפנים. הי' לו המשכה מבחי' המן.

ונתגלה הארה זו אחת בשנה:

Sur la section de la manne. "La chose de chaque jour en son jour" (Exode 16,4).

Car les enfants d'Israël s'élevèrent au point que leur corps fut purifié ; et selon la purification des corps, ainsi était leur subsistance et leur nourriture. C'est pourquoi les Sages ont expliqué : le pain que mangent les anges du service.

Car l'abondance (chefa) a sa racine est très spirituelle, et toutes les créatures la reçoivent après plusieurs contractions (tsimtsoumim) ; mais les enfants d'Israël la recevaient telle qu'elle est à la racine. Le sens de "chaque jour en son jour" peut s'expliquer d'après le propos du saint Zohar (section Yitro) : puisque la manne ne se trouvait pas le septième jour, quelle bénédiction s'y trouve ?

Mais toutes les bénédictions dépendent du septième, vois là. Nous avons expliqué : les jours ouvrables sont des réceptacles (kelim) pour recevoir des jours supérieurs qui sont au-dessus du temps ; mais au saint chabbat tout s'élève vers la racine.

C'est "la chose de chaque jour en son jour" : chaque jour depuis le jour qui lui est propre. [Il me semble que quelque chose de semblable est écrit dans le Zohar, quelque part, sur le verset "béni soit le Nom jour après jour" (Psaumes 68,20).] Le chabbat la manne ne descendait pas, car la manne est déjà dans un revêtement et relève de l'aspect des jours ouvrables.

C'est ce que signifie "aujourd'hui vous ne la trouverez pas dans le champ" (Exode 16,25) : "dans le champ" précisément, car elle ne s'y trouve pas, mais en haut, dans les jours supérieurs ; le chabbat est l'essence de la bénédiction et de l'abondance comme ci-dessus. Il est écrit "voyez que le Nom vous a donné le chabbat" : parce que la génération du désert vit la réception de l'abondance de jour en jour comme ci-dessus, ils virent donc de leurs yeux la différence : qu'au jour du chabbat il y a une élévation pour tous les mondes.

Il faut noter que dans la section de la manne tout était dans l'aspect de la vision, comme il est écrit "et les enfants d'Israël virent..." ; "voyez que le Nom vous a donné le chabbat". C'est pourquoi, pour les générations, il est aussi écrit "le plein omer... en garde... afin qu'ils voient le pain" (Exode 16,32).

Dans la section Ki Tissa il est écrit au sujet du saint chabbat "pour savoir que je suis le Nom qui vous sanctifie" (Exode 31,13). Car voici, le chabbat est appelé témoignage (sahadouta), car les enfants d'Israël témoignent au saint chabbat sur le Créateur, béni soit-Il, comme il est écrit "vous êtes mes témoins" (Isaie 43,10).

Or il y a un témoignage par la connaissance et par la vision, comme il est écrit "ou bien il a vu ou bien il a su" (Lévitique 5,1). La connaissance est au-dessus de la vision, car la vision est l'aspect du regard porte sur le corps, tandis que la connaissance concerne l'âme seule aussi.

Ici, au temps de la manne, les corps des enfants d'Israël furent purifiés et ils méritèrent l'aspect de la vision ; ensuite ils s'élevèrent davantage vers l'aspect de la connaissance. C'est pourquoi il est écrit ici "car ils ne savaient pas ce que c'était" (Exode 16,15).

Il se peut qu'ensuite ils aient aussi mérité de connaître l'essence de la manne, comme il est écrit "afin de te faire savoir... que ce n'est pas seulement de pain..." (Deutéronome 8,3). Ainsi, pour l'heure, le chabbat était dans la vision sans la connaissance ; ensuite, au don de la Torah, où ils méritèrent la connaissance (daat), il leur fut donné dans l'aspect de la connaissance.

[Vois le Zohar, section Vaera, à ce sujet.] Ainsi il est écrit "toi il t'a été montré pour savoir" (Deutéronome 4,35) : la vision précède la connaissance. Le Saint béni soit-Il fit un souvenir de ses merveilles, et de tous les degrés que méritèrent les enfants d'Israël il en laissa pour les générations, car il est écrit ici "afin qu'ils voient le pain" et là "afin que vos générations sachent" (Exode 16,32).

Le plein omer qui demeura pour les générations est certainement une lueur présente dans l'ensemble des enfants d'Israël, qui peuvent parfois attirer une sorte de l'abondance de la manne. Il est écrit "prends une cruche (tsintsénet)" (Exode 16,33) ; il faut noter : pourquoi "une" ?

On peut dire par voie d'allusion, car il est écrit là "une fois l'an" (Lévitique 16,34). La manne était devant le témoignage (l'arche), et au jour des Expiations, où tous les enfants d'Israël jeûnent de nourriture et de boisson, ils ont alors leur vitalité de ce qui sort de la bouche du Nom ; c'est pourquoi, lorsque le grand prêtre entrait au plus intime, il avait une attraction de l'aspect de la manne, et cette lueur se révélait une fois l'an.

ואיתא בגמ' אלו שמרו בנ"י שבת ראשונה לא שלטה בהם אומה ולשון. דכ' ויהי ביום השביעי יצאו כו' ללקוט.

וכ' בתרי' ויבא עמלק. והתוס' מדקדקין שם למה נק' שבת ראשונה.

ולפמ"ש יתכן לומר כי ב' בחינות הי' בשבת ובחי' הראשונה הוא בתיקון הראי' והגוף כנ"ל. ואח"כ בסיני זכו לדעת כמ"ש לעיל.

והנה בבחי' הדעת אין שום מגע סט"א. [שזהו שורש ההבדלה כמ"ש חז"ל אם אין דעת הבדלה מנין.

ולכן תיקנו הבדלה בחונן הדעת]. אך בבחי' העשי' והגוף יש להם אחיזה כמ"ש הקול קול יעקב והוא הפנימיות.

והידים כו' יד הוא כמו ידות הכלים בית אחיזה לכלי. וכמו כן הגוף הוא בית יד ואחיזה לפנימיות הנפש.

ולכן אילו שמרו בנ"י שבת של המן. שהוא בחי' תיקון הגוף.

ונק' שבת ראשונה כנ"ל שמקודם צריכין לתקן הגוף. אז לא שלטה בהם אומה ולשון כנ"ל:

Il est rapporté dans la Guemara : si les enfants d'Israël avaient gardé le premier chabbat, aucune nation ni langue ne les aurait dominés, car il est écrit "et il advint le septième jour que sortirent... pour ramasser", puis "et vint Amalek". Les Tossafot y précisent pourquoi il est appelé "premier chabbat".

D'après ce que nous avons écrit, on peut dire qu'il y avait deux aspects dans le chabbat : l'aspect premier est la réparation de la vision et du corps comme ci-dessus, et ensuite, au Sinaï, ils méritèrent la connaissance comme dit plus haut. Or, dans l'aspect de la connaissance il n'y a aucun contact avec le "côté autre" (סט"א, sitra a'hra).

[C'est la racine de la havdala, comme ont dit les Sages : s'il n'y a pas de connaissance (daat), d'où vient la distinction (havdala) ? C'est pourquoi on a institué la havdala dans la bénédiction "qui gratifie de la connaissance" (Honen ha-daat).] Mais dans l'aspect de l'action et du corps ils ont une prise, comme il est écrit "la voix est la voix de Yaakov" (Genèse 27,22) -- c'est l'intériorité -- "et les mains..." : la main est comme les anses (yadot) des ustensiles, un point de prise de l'ustensile ; de même le corps est un manche et une prise pour l'intériorité de l'âme.

C'est pourquoi, si les enfants d'Israël avaient gardé le chabbat de la manne, qui est l'aspect de la réparation du corps et est appelé "premier chabbat" comme ci-dessus -- car il faut d'abord réparer le corps --, alors aucune nation ni langue ne les aurait dominés, comme ci-dessus.

תרמ"ז

[תרמ"ז] (5647)

בענין יצ"מ וקי"ס אח"כ אז ישיר משה. ובמדרש פיה פתחה בחכמה כו' לאלו הייתי מצפה כו'.

כי בנ"י נבראו להעיד על הש"י כמ"ש אתם עדי. ותשוקה זאת היתה מעולם בלבות בנ"י.

אך כי לא היו יכולים להוציא מכח אל הפועל. כמו דאיתא כי הדיבור הי' בגלות.

כמו כן למטה לא היו יכולין בנ"י לברר מלכותו ית' בעולם. עד שעבר עליהם כל אלה המעשים.

כמ"ש אתה הראת לדעת כו' פרש"י שפתח להם עליונים ותהומות ע"ש. ונשתנה להם כל הטבע.

שמים וארץ וים. שזה כלל הבריאה.

כי הכל בתורה נברא. ומקודם הי' המים שהוא רמוז על התורה.

ואמר יהי רקיע. וחלק הגדול של התורה הוא למעלה.

ובחלק שלמטה ג"כ התחלק כמאמר יקוו המים מתחת לרקיע כו'. והכל רומז כי התורה שנמצא בעוה"ז הוא במקום מיוחד.

וכפי מה שמבררין האחדות. זוכין למצוא מים ממעיינות ותהומות.

והנה בנ"י זכו להשיג כל דרכי התורה. כמ"ש לא בשמים היא כו' ולא מעבר לים כו' קרוב אליך כו' בפיך ובלבבך כו'.

נראה שבב' אלו בפה ובלב. יכולין למצוא הארת התורה שבשמים והתורה שנמצא גם בתחתונים.

וב' אלו הם ב' הבריתות שיש לכל איש ישראל. תפילין ומילה.

ובש"ק שבת ומילה. ותפילין ושבת הוא להשיג הארות עליונים משמים בחי' בפיך.

כמ"ש בתפילין למען תהי' תורת ה' בפיך. וגם הוא בחלק הראש והידים.

וכמו כן בשבת שנק' סהדותא שמעידין בנ"י על הבורא ית'. וכן איתא בשבת ניתנה תורה.

והשבת ניתן לבנ"י לעסוק בתורה כמ"ש שבת יעשה כולו תורה. ולכן אותות אלה אינם בגוף ממש.

רק הארות הבאין מלמעלה על בנ"י. ומילה היא בגוף בחלק התחתון והיא בחי' מעבר לים הנ"ל שהיא המים והתורה שנמצא בתחתונים עצמם.

ולכן בזכות עצמותיו של יוסף עברו הים כמ"ש ויקח משה את עצמות יוסף וכ' הים ראה וינס דרשו חז"ל ארונו של יוסף ראה כו'. וזהו בחי' ובלבבך.

וכשקרע להם הים מיד נתגברו בנ"י בעדות השירה. וע"ז כ' אז ישיר שהוציאו מכח אל הפועל.

הגם כי עדיין לא זכו לתורה מן השמים. וזהו עצמו ענין שהקדימו נעשה לנשמע.

וז"ש פיה פתחה בחכמה. וזכו אח"כ לתורה מן השמים.

וכשזוכין להתעורר מלמטה מקודם הוא סימן ברכה. כמ"ש אשה מזרעת תחלה יולדת זכר.

כמ"ש בספרי קודש:

Au sujet de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer, après quoi "alors chanta Moché" (Exode 15,1). Dans le Midrach : "sa bouche s'ouvrit avec sagesse" etc. -- "c'est ceux-là que j'attendais" etc.

Car les enfants d'Israël furent créés pour témoigner sur le Saint béni soit-Il, comme il est écrit "vous êtes mes témoins". Ce désir était depuis toujours dans les cœurs des enfants d'Israël, mais ils ne pouvaient le faire passer de la puissance à l'acte, de même qu'il est rapporté que la parole était en exil ; ainsi, en bas, les enfants d'Israël ne pouvaient manifester Sa royauté dans le monde, jusqu'à ce que tous ces événements leur soient advenus, comme il est écrit "toi il t'a été montré pour savoir" etc. -- Rachi explique qu'Il leur ouvrit les mondes supérieurs et les abîmes, vois là.

Toute la nature changea pour eux : cieux, terre et mer, qui sont l'ensemble de la création, car tout fut créé par la Torah. Au commencement il y avait les eaux, ce qui fait allusion à la Torah, et Il dit "qu'il y ait un firmament" (Genèse 1,6) : la grande part de la Torah est en haut, et la part d'en bas fut aussi divisée, selon la parole "que les eaux se rassemblent au-dessous du firmament" etc.

(Genèse 1,9). Tout fait allusion au fait que la Torah qui se trouve en ce monde est en un lieu particulier, et selon ce qu'on manifeste de l'Unité, on mérite de trouver des eaux venant des sources et des abîmes.

Or les enfants d'Israël méritèrent d'atteindre toutes les voies de la Torah, comme il est écrit "elle n'est pas dans les cieux... ni au-delà de la mer... elle est tout proche de toi... dans ta bouche et dans ton cœur" (Deutéronome 30,12-14). Il apparaît que par ces deux, la bouche et le cœur, on peut trouver la lueur de la Torah qui est dans les cieux et la Torah qui se trouve aussi dans les êtres inférieurs.

Ces deux sont les deux alliances que possède tout homme d'Israël : les téfilines et la circoncision ; et au saint chabbat : le chabbat et la circoncision. Les téfilines et le chabbat servent à atteindre les lueurs supérieures des cieux, aspect de "dans ta bouche", comme il est écrit au sujet des téfilines "afin que la Torah du Nom soit dans ta bouche" (Exode 13,9), et cela est aussi dans la partie de la tête et des mains.

De même le chabbat, appelé témoignage (sahadouta), par lequel les enfants d'Israël témoignent sur le Créateur, béni soit-Il ; et il est rapporté que c'est au chabbat que fut donnée la Torah, et le chabbat fut donné aux enfants d'Israël pour s'adonner à la Torah, comme il est dit "le chabbat, qu'on le fasse tout entier de Torah". Ainsi ces signes ne sont pas dans le corps même, mais des lueurs venant d'en haut sur les enfants d'Israël.

La circoncision, elle, est dans le corps, dans la partie inférieure, et elle est l'aspect de "au-delà de la mer" mentionné, qui est les eaux et la Torah qui se trouve dans les êtres inférieurs eux-mêmes. C'est pourquoi, par le mérite des ossements de Joseph, ils traversèrent la mer, comme il est écrit "et Moché prit les ossements de Joseph" (Exode 13,19), et il est écrit "la mer vit et s'enfuit" (Psaumes 114,3) : les Sages ont expliqué que c'est le cercueil de Joseph qu'elle vit, etc.

C'est l'aspect de "et dans ton cœur". Et lorsque la mer se fendit pour eux, aussitôt les enfants d'Israël prirent force dans le témoignage du cantique.

À ce sujet il est écrit "alors il chantera", car ils firent passer de la puissance à l'acte, bien qu'ils n'eussent pas encore mérité la Torah venue des cieux. C'est cela même le sens du fait qu'ils placèrent "nous ferons" avant "nous entendrons" (Exode 24,7).

C'est ce que signifie "sa bouche s'ouvrit avec sagesse", et ils méritèrent ensuite la Torah venue des cieux. Et lorsqu'on mérite de s'éveiller d'abord d'en bas, c'est un signe de bénédiction, comme il est dit "la femme qui émet la semence en premier enfante un mâle", comme il est écrit dans les livres saints.

בפסוק ויאמינו בה'. וקשה כמ"ש במדרש וכי לא הי' להם להאמין כו'.

אך מקודם כ' ויצעקו כו'. ומסתמא הי' להם עת צרה מאוד.

כמ"ש והנה מצרים נוסע. שרן של מצרים.

ומרע"ה ניחם אותם אשר ראיתם כו' מצרים היום לא תוסיפו לראותם עוד כו'. פי' שהראה להם כי בצרה זאת יהי' ישועה לכל הדורות.

כמ"ש ויושע ה' ביום ההוא כו' שזה היום הי' ישועה לדורות. וכ' אשר ראיתם.

לשון שבח. יישר כוחכם שעמדתם בזה הנסיון.

[אשר ראיתם את מצרים. היינו השר של מצרים.

מצרים שמו. כדאיתא במדרש.

והיינו שהי' המלחמה עתה בשורש העליון. כי מקודם הי' הגאולה בגופות שלמטה].

ועי"ז לא תוסיפון לראותם עוד כו'. ובזה האמינו בנ"י כי הוא ישועה לכל הדורות.

ולכן אמרו שירה זו שהוא כוללת כל הדורות ע"י שהאמינו שהיא תשועת עולמים כנ"ל: שמעתי מפי מו"ז ז"ל פי' ולא נחם נהגם כו'.

שנק' הנהגה ע"ש המנוחה. לאשר תכלית הדרך הוא לבוא למקום המנוח עכ"ד ז"ל.

ויתכן ללמוד מזה כי השבת שנק' יום המנוחה הוא המנהיג לכל ימי המעשה. וי"ל ולא נחם ד"א פלשתים הוא שלא הי' הנהגה שלהם ע"פ הטבע ובחי' ימי המעשה.

רק הי' בחי' שבת בלבד. כי גם במסעות שלהם כ' ע"פ ה' יסעו:

Sur le verset "et ils crurent en ה'" (Exode 14,31). Il y a une difficulté, comme dit le Midrach : n'auraient-ils donc pas dû croire ? etc.

Mais auparavant il est écrit "et ils crièrent..." (Exode 14,10), et sans doute étaient-ils dans un temps de grande détresse, comme il est écrit "et voici, l'Égypte marchait" -- le prince (sar) de l'Égypte. Notre maître Moché, sur lui la paix, les consola : "ceux que vous avez vus... l'Égypte aujourd'hui, vous ne les reverrez plus jamais" (Exode 14,13).

Explication : il leur montra que dans cette détresse il y aurait un salut pour toutes les générations, comme il est écrit "et le Nom sauva en ce jour-là..." (Exode 14,30) : ce jour fut un salut pour les générations. Il est écrit "que vous avez vus", terme de louange : bravo à vous d'avoir tenu dans cette épreuve.

[ "ceux que vous avez vus, l'Égypte" : c'est le prince de l'Égypte, "Mitsraim" est son nom, comme il est rapporté dans le Midrach ; cela signifie que la guerre était maintenant à la racine supérieure, car auparavant la délivrance s'était faite dans les corps d'en bas.] Par cela "vous ne les reverrez plus jamais". Et par là les enfants d'Israël crurent que c'était un salut pour toutes les générations ; c'est pourquoi ils dirent ce cantique qui inclut toutes les générations, parce qu'ils crurent que c'était un salut éternel, comme ci-dessus.

J'ai entendu de la bouche de mon grand-père et maître, de mémoire bénie, l'explication de "et il ne les conduisit pas (vélo nâham), il les mena..." (Exode 13,17-18) : que la conduite (hanhaga) est ainsi nommée d'après le repos (menoukha), car le but du chemin est de parvenir au lieu du repos ; telles sont ses paroles, de mémoire bénie. On peut en apprendre que le chabbat, appelé jour du repos, conduit tous les jours ouvrables.

On peut aussi dire : "et il ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins" -- c'est-à-dire que leur conduite n'était pas selon la nature ni selon l'aspect des jours ouvrables, mais releva de l'aspect du chabbat seul, car même au sujet de leurs étapes il est écrit "sur l'ordre du Nom ils partaient" (Nombres 9,20).

בענין המן דכ' למען הודיעך כי לא על הלחם לבדו יחי' האדם כו'. פי' שכל המזון בצירוף הארה ממוצא פי ה' שמעורב בהלחם.

ולכן כפי מה שנתעלו דור המדבר ניזונו ממאכל רוחניי שהי' קרוב יותר לכח מוצא פי ה' קודם שהי' מתלבש בלבוש גשמיי. וכ' דבר יום ביומו כנ"ל שהי' דבוק בשורש החיות דכ' בטובו מחדש בכ"י מ"ב.

וכמ"ש הזן את העולם כולו בטובו. אך כ' מה רב טובך אשר צפנת ליראיך שלא הכל זוכין לטוב הגנוז.

והמן הי' מעשרה דברים שנבראו בע"ש בה"ש. והם היו בתכלית הדקות שהיו סמוכין להשבת.

וכ' וירא א-להים את כל אשר עשה כו'. יתכן לרמוז על י' דברים שנבראו בה"ש.

וכ' בהם טוב מאוד כמ"ש מה רב טובך כו'. וכ"כ תכין בטובתך לעני אלקים.

דרשו חז"ל העוסק בתורה הקב"ה בעצמו מכין לו סעודה כו'. והנה בשבת מתגלה מתנה טובה שבבית גנזיו.

ולכן יתכן לומר כי בעונג שבת יש בו מעין טעמי המן. כי צנצנת המן נגנז היינו שנשאר ממנו משהו לדורות ואחז"ל לא ניתנה תורה אלא לאוכלי המן.

וכי ח"ו אין לדורות אלו חלק בתורה. ולכן נאמר שבש"ק זוכין בנ"י להיות בכלל אוכלי המן.

וגם לפי הפשוט כן הוא שניתנה תורה לאוכלי המן שיש להם מנוח לעסוק בתורה ואין טרודין בפרנסה. ומה"ט ניתן השבת למנוחה לבנ"י לעסוק בתורה כמ"ש ז"ל שבת יעשה כולו תורה:

Au sujet de la manne, il est écrit "afin de te faire savoir que l'homme ne vit pas seulement de pain..." (Deutéronome 8,3). Explication : toute nourriture est jointe à une lueur de ce qui sort de la bouche du Nom, mélangée au pain.

C'est pourquoi, à mesure que la génération du désert s'éleva, elle se nourrit d'un aliment spirituel plus proche de la force de "ce qui sort de la bouche du Nom" avant qu'elle ne se revête d'un vêtement matériel. Il est écrit "la chose de chaque jour en son jour" comme ci-dessus : elle était attachée à la racine de la vitalité, car il est écrit "par sa bonté il renouvelle chaque jour continuellement l'œuvre du commencement (maasse bereshit)", et comme on dit "qui nourrit le monde entier par sa bonté".

Mais il est écrit "qu'elle est grande ta bonté que tu as réservée à ceux qui te craignent" (Psaumes 31,20) : car tous ne méritent pas la bonté cachée. La manne faisait partie des dix choses créées la veille du chabbat au crépuscule (בה"ש, bein ha-shémachot), et elles étaient d'une finesse extrême, étant proches du chabbat.

Il est écrit "et Dieu vit tout ce qu'il avait fait..." (Genèse 1,31) : on peut y voir une allusion aux dix choses créées au crépuscule, et il est écrit à leur sujet "très bon", comme dans "qu'elle est grande ta bonté" etc. Ainsi il est écrit "tu prépares par ta bonté pour le pauvre, ô Dieu" (Psaumes 68,11) : les Sages ont expliqué que pour celui qui s'adonne à la Torah, le Saint béni soit-Il lui-même prépare un festin, etc.

Or, au chabbat se révèle le beau présent de sa maison des trésors ; c'est pourquoi on peut dire que dans le délice du chabbat (oneg chabbat) il y a une sorte du goût de la manne. Car la cruche de manne fut cachée -- c'est-à-dire qu'il en demeura quelque chose pour les générations --, et les Sages ont dit : la Torah ne fut donnée qu'à ceux qui mangeaient la manne.

Se peut-il, à Dieu ne plaise, que ces générations n'aient pas de part à la Torah ? C'est pourquoi nous disons qu'au saint chabbat les enfants d'Israël méritent d'être comptés parmi ceux qui mangeaient la manne.

Selon le sens simple aussi il en est ainsi : la Torah fut donnée à ceux qui mangeaient la manne, car ils avaient le repos pour s'adonner à la Torah et n'étaient pas accaparés par la subsistance. Pour cette raison le chabbat fut donné en repos aux enfants d'Israël pour s'adonner à la Torah, comme ont dit les Sages "le chabbat, qu'on le fasse tout entier de Torah".

תרמ"ח

[תרמ"ח] (5648)

En bref

Ce passage poursuit : la manne est sans contraction (tsimtsoum) et le Chabbat un lieu qui inclut tous les lieux. « Et Je me glorifierai par Pharaon » (Chemot 14,4) : pour le Sfat Emet, la sortie d'Égypte était pour la délivrance d'Israël, la fente de la mer des Joncs (keriat yam souf) pour Sa gloire. Les étincelles s'élevèrent et ils dirent le cantique ; l'orgueil de l'Égypte était l'orgueil du Créateur. La foi est que toutes les actions de l'exil n'étaient que Sa force. Après un peu de délivrance dans l'âme, il faut tout élever vers Lui, jusqu'au mauvais penchant (yetser hara), et alors il y a cantique.

Aussi : la manne éprouve si l'on vit par la Torah ; le cantique ouvre les trésors cachés de la Torah ; « je L'embellirai » par les mitsvot, et le Chabbat révèle l'illumination de la manne.

עוד לענין הנ"ל דכ' בפ' המן ראו כי ה' נתן לכם השבת. כי אכילת המן הי' רוחניי כמלאכי השרת.

והמן נברא בע"ש כמ"ש חז"ל. כי כל העולם ניזון מהשפעת הש"י.

אך שנעשה התלבשות בטבע. ולכן הוא מצומצם במדה וגבול.

אבל קודם הצימצום נמצא הכל בנקודה אחת. לכן לא העדיף המרבה כו'.

ולכן נשתנה לכמה טעמים כמ"ש חז"ל לשד השמן מה שד מתהפך לכמה גוונים. כי כשבא שבת לא נעשה להם גופים.

והם רוחות בלי צימצום הגוף. לכן משתנים.

וכמו כן המן שלא היה בו צימצום הי' מתהפך כו'. וזה הי' מסטרא דקדושה כמו הנשמה יתירה שהיא ג"כ חלק שא"י להתלבש בגוף.

אך בנ"י הם כלים לקבל גם השורש שאינו גופניי. וזה בחי' השבת שורש כל השפעות.

וכ"כ אל יצא איש ממקומו. פי' בזוה"ק כמ"ש ברוך כ"ה ממקומו והוא מקום שכולל כל המקומות וזה ניתן לבנ"י.

ולכן נק' השבת שלום שהוא תכלית הבריאה. כמ"ש מה הי' העולם חסר מנוחה בא שבת נגמרה המלאכה.

ולכן נקראו בנ"י השולמית שהם כלי לקבל אותה הנקודה:

Encore sur le sujet mentionné ci-dessus: il est écrit dans le passage de la manne 'Voyez que le Nom vous a donné le Chabbat' (Exode 16,29). Car la consommation de la manne était spirituelle, comme celle des anges du service.

Et la manne fut créée la veille de Chabbat, au crépuscule, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie. Car le monde entier se nourrit de l'influx de Dieu béni; seulement il s'y est fait un revêtement dans la nature, et c'est pourquoi il est contracté selon mesure et limite.

Mais avant la contraction (tsimtsoum), tout se trouve en un seul point. C'est pourquoi 'celui qui avait beaucoup n'avait pas de surplus' (Exode 16,18).

Et c'est pourquoi elle se transformait en plusieurs goûts, comme l'ont dit nos Sages sur 'le suc (lechad) de l'huile' (Nombres 11,8): de même que le sein (chad) se retourne en plusieurs couleurs. Car lorsque vint Chabbat, il ne se fit pas pour eux de corps, et ils sont des esprits sans la contraction du corps; c'est pourquoi ils se transforment.

Et de même la manne, qui n'avait pas de contraction, se retournait, etc. Et cela venait du côté de la sainteté (mi-sitra di-kedoucha), comme l'âme supplémentaire (nechama yetera) qui est elle aussi une part qui ne peut se revêtir dans le corps.

Mais les enfants d'Israël sont des réceptacles (kelim) pour recevoir aussi la racine qui n'est pas corporelle. Et c'est l'aspect du Chabbat, racine de tous les influx.

Et c'est ce qui est écrit 'que nul ne sorte de son lieu' (Exode 16,29): le Zohar saint explique, comme il est dit 'bénie soit la gloire du Nom depuis Son lieu' (Ezechiel 3,12), et c'est un lieu qui inclut tous les lieux, et cela fut donné aux enfants d'Israël. C'est pourquoi le Chabbat est appelé paix (chalom), car il est la finalité de la création, comme il est dit: que manquait-il au monde?

Le repos. Vint Chabbat, l'œuvre fut achevée.

Et c'est pourquoi les enfants d'Israël sont appelés la Choulamit, car ils sont le réceptacle pour recevoir ce point.

בענין קי"ס דכ' ואכבדה בפרעה כו'. כי יצ"מ הי' לצורך גאולת בנ"י כמ"ש במד' יצ"מ קשה.

וקי"ס הי' רק לכבודו ית'. שנתעלו כל הניצוצות שהי' נמצא במצרים.

לכן בזה אמרו שירה שקיבלו תוספות על חלק עצמותם. ואז יש הודאה כמ"ש גבי לאה הפעם אודה.

וז"ש גאה גאה. פי' ב"ו המתגאה מפיל הלוחם עמו.

אבל הקב"ה בקי"ס נודע כי כל הגיאות שהי' למצרים הוא גיאות הבורא ית' בעצמו. וז"ש בהכבדי בפרעה ובכל חילו כו'.

וזה שכ' לפעמים רמה בים וירה בים. כי להם הי' מפלה.

אבל הכח שהי' כבוש ת"י נתעלה ונעשה ממנו כבוד הבורא ית'. וזהו האמונה שכ' ויאמינו.

שכל המעשים שהיו בגלות מתחילתו ועד סופו הי' כחו ית' בלבד. וז"ש נכון כסאך מאז.

נתישבה כסאך. כמ"ש אז לשעבר אז לעתיד ע"ש במכילתא.

כי נתברר עתה לשעבר שהי' הכל הנהגה מאתו ית'. וכן הוא בפרטות בכל איש ישראל.

אחר שזוכה לקצת גאולה בנפש. צריכין אח"כ להעלות הכל אליו ית'.

כמ"ש בכל לבבך ביצ"ט ויצה"ר. פי' אחר שגוברין עליו.

ניתקן גם הוא להיות כפוף לקדושה. ועיין זוה"ק ואתחנן.

ואז יש שירה כמו שתיקנו חז"ל לזכור בכל יום יצ"מ וקי"ס ושירת הים כמ"ש במד' שצריכין לטהר הלב קודם התפילה כשם שהם נטהרו כו'. וזה הוא הטהרה שגם היצה"ר מתהפך לעבודת הש"י כמ"ש:

Au sujet de la fente de la mer des Joncs (keriat yam souf), il est écrit 'et Je me glorifierai par Pharaon' etc. (Exode 14,4).

Car la sortie d'Égypte était pour le besoin de la délivrance des enfants d'Israël, comme il est dit dans le Midrach: la sortie d'Égypte fut difficile. Mais la fente de la mer ne fut que pour Sa gloire béni, car toutes les étincelles qui se trouvaient en Égypte s'élevèrent.

C'est pourquoi, en cela, ils dirent le cantique, car ils reçurent un surcroît sur la part de leur essence. Et alors il y a reconnaissance (hodaa), comme il est dit à propos de Léa 'cette fois je rendrai grâce (odeh)' (Genèse 29,35).

Et c'est ce qui est dit 'Il s'est hautement haussé (gaoh gaah)' (Exode 15,1). Explication: un être de chair et de sang qui s'enorgueillit fait tomber celui qui combat avec lui; mais le Saint béni soit-Il, lors de la fente de la mer, il fut connu que tout l'orgueil (guei'out) qu'avait l'Égypte était l'orgueil du Créateur béni Lui-même.

Et c'est ce qui est dit 'quand Je serai glorifie par Pharaon et toute son armée' etc. (Exode 14,18).

Et c'est ce qui est écrit parfois 'il a jeté à la mer (rama va-yam)' et 'il a lancé à la mer (yara va-yam)': car pour eux ce fut une chute, mais la force qui était asservie sous leur main s'éleva et devint la gloire du Créateur béni. Et c'est la foi, comme il est écrit 'et ils crurent' (Exode 14,31): car toutes les actions qui furent dans l'exil, de son début à sa fin, n'étaient que Sa force béni seule.

Et c'est ce qui est dit 'Ton trône est établi depuis toujours' (Psaumes 93,2): Ton trône s'est affermi. Comme il est dit 'alors (az)' pour le passé, 'alors' pour l'avenir, vois-le dans la Mekhilta.

Car il fut clarifié maintenant, pour le passé, que tout était conduite venant de Lui béni. Et de même en est-il en détail pour chaque homme d'Israël: après avoir mérité un peu de délivrance dans l'âme, il faut ensuite tout élever vers Lui béni, comme il est écrit 'de tout ton cœur' (Deutéronome 6,5), avec le bon penchant (yetser tov) et le mauvais penchant (yetser hara).

Explication: après qu'on le domine, il est réparé lui aussi pour être soumis à la sainteté. Vois le Zohar, section Vaethanan.

Et alors il y a cantique, comme nos Sages ont institué de mentionner chaque jour la sortie d'Égypte, la fente de la mer et le cantique de la mer, comme il est dit dans le Midrach qu'il faut purifier le cœur avant la prière, de même qu'eux se purifièrent, etc. Et c'est la pureté: que même le mauvais penchant se retourne au service de Dieu béni, comme il est écrit.

תרמ"ט

[Année תרמ״ט]

במדרש צריך אדם להזכיר קי"ס כו'. יצ"מ קשה כו'.

ולמה קרע להם הים כו'. האמינו ואמרו שירה.

כן צריך אדם לטהר לבו קודם שיתפלל כו'. הענין הוא דכ' אז ישיר משמע שאז נגמר עיקר המכוון של הגאולה.

כי העיקר הי' שנבראו בנ"י להעיד על הבורא ית' כמ"ש עם זו יצרתי לי תהלתי יספרו. וע"י הגלות במצרים נזדככו בכור הברזל להיות כלים לשיר ולזמר לפניו ית'.

לכן כשנגמר הגאולה נפתח פיהם ואמרו שירה. ולכן האמינו.

כי כשיצאו ממצרים מ"מ לא הבינו מה יתרון נעשה ע"י הגלות. ואח"כ הבינו שנעשו כלים.

כמ"ש במד' יונתי בחגוי הסלע כו' השמיעיני את קולך. שכל מה שהי' בחגוי ובסתר המדרגה הכל להוציא מכח אל הפועל להשמיע קולם.

ומעין זה יש בכל יום שצריך אדם לתקן מדי יום ביומו כל מה שיצרו מתגבר עליו בכל יום לקיים יונתי בחגוי כו' ואחר כך כשזוכה לטהר לבו יכול לקרות ק"ש ולהתפלל:

Dans le Midrach: l'homme doit mentionner la fente de la mer, etc. La sortie d'Égypte fut difficile, etc.

Et pourquoi la mer se fendit-elle pour eux, etc.? Ils crurent et dirent le cantique.

Ainsi l'homme doit purifier son cœur avant de prier, etc. Le point est celui-ci: il est écrit 'alors il chanta (az yachir)' (Exode 15,1), ce qui indique que c'est alors que s'acheva l'essentiel du but de la délivrance.

Car l'essentiel était que les enfants d'Israël furent créés pour témoigner du Créateur béni, comme il est dit 'ce peuple que Je me suis formé racontera Ma louange' (Isaie 43,21). Et par l'exil en Égypte ils furent affinés dans le creuset de fer (kour ha-barzel) pour devenir des réceptacles afin de chanter et d'entonner devant Lui béni.

C'est pourquoi, lorsque la délivrance s'acheva, leur bouche s'ouvrit et ils dirent le cantique. Et c'est pourquoi ils crurent.

Car lorsqu'ils sortirent d'Égypte, ils ne comprenaient pas encore quel avantage s'était fait par l'exil, et ensuite ils comprirent qu'ils étaient devenus des réceptacles. Comme il est dit dans le Midrach: 'ma colombe dans les fentes du rocher (be-hagvei ha-sela) etc., fais-moi entendre ta voix' (Cantique 2,14): que tout ce qui fut dans les fentes et dans le secret du degré, tout cela était pour faire passer de la puissance à l'acte, pour faire entendre leur voix.

Et de cela il y a un échantillon chaque jour: l'homme doit réparer jour après jour tout ce dont son penchant le domine chaque jour, pour accomplir 'ma colombe dans les fentes' etc.; et ensuite, lorsqu'il mérite de purifier son cœur, il peut lire le Chema et prier.

לפ' המן. הנני ממטיר לכם לחם מן השמים כו' למען אנסנו כו'.

בר"מ אלשיך ז"ל כ' כי כמו שהנפש יש לה חיות ע"י מזון הגוף מכח השיתוף שיש לנפש עם הגוף. כמו כן נוכל להבין כי יוכל הגוף להתקיים ג"כ במזון הנפש מכח השתתפות הנ"ל ע"ש בלשונו.

ואמת שכן הוא כפי האדם. כשהגוף הוא טפל להנפש ממילא ניזון הוא במזון הנפש.

וכענין שכ' חז"ל חסידים ראשונים עשו תורתן קבע ומלאכתן עראי זו וזו נתקיימה בידן. כי האמת כך הוא שהנפש הוא העיקר.

ונמשך קיום הגוף ממילא. רק שצריך להיות כמו כן אצל האדם.

וז"ש למען אנסנו הילך בתורתי. שיהי' עיקר הקיום ע"י התורה.

לחם מן השמים הוא המזון של התורה. וכן כתיב אשר יעשה אותם האדם וחי בהם.

שהכל תלוי בו. אם יודע ומאמין שהתורה ומצות הם חיינו ואורך ימינו.

יכול לחיות ע"י התורה ומצות גם בעוה"ז. כמ"ש עץ חיים כו' למחזיקים בה:

Pour le passage de la manne: 'voici que Je fais pleuvoir pour vous du pain depuis les cieux' etc., 'afin de l'éprouver' etc. (Exode 16,4).

Rabbi Moche Alchikh, de mémoire bénie, écrit: de même que l'âme a sa vitalité par la nourriture du corps, en vertu de l'association qu'a l'âme avec le corps, de même pouvons-nous comprendre que le corps peut aussi subsister par la nourriture de l'âme, en vertu de cette association mentionnée, vois-le dans son langage. Et il est vrai qu'il en est ainsi selon l'homme: lorsque le corps est subordonné à l'âme, de soi il se nourrit de la nourriture de l'âme.

Et c'est de l'ordre de ce qu'ont dit nos Sages: les premiers pieux (hassidim richonim) faisaient de leur Torah leur activité fixe et de leur travail une activité occasionnelle, et l'une et l'autre réussissaient entre leurs mains. Car la vérité est ainsi: l'âme est l'essentiel, et la subsistance du corps s'ensuit d'elle-même; seulement il faut qu'il en soit de même chez l'homme.

Et c'est ce qui est dit 'afin de l'éprouver, s'il marchera dans Ma Torah' (Exode 16,4): que l'essentiel de la subsistance soit par la Torah. 'Du pain depuis les cieux', c'est la nourriture de la Torah. Et de même il est écrit 'que l'homme accomplira et vivra par eux' (Lévitique 18,5): tout dépend de lui.

S'il sait et croit que la Torah et les mitsvot sont notre vie et la longueur de nos jours, il peut vivre par la Torah et les mitsvot même en ce monde-ci, comme il est écrit 'c'est un arbre de vie' etc. 'pour ceux qui s'y attachent' (Proverbes 3,18).

תר"נ

[Année תר״נ]

בענין השירה. עמ"ש לעיל פ' ויחי שיש פרשיות מיוחדין לגלות.

לכן היא סתומה. וכמו כן יש פרשיות מיוחדין לגאולה וחירות לכן בשירה יש פרשיות בכל פסוק ובכל שורה.

וזה הוא התגלות אור התורה כמ"ש ז"ל למה הפסקות משמשות ליתן ריוח להתבונן בין פרשה לפרשה. וגאולתן של ישראל עושה רושם בתורה.

ומתפתחין גנזי תורה. וז"ש אז ישיר כו' הזאת.

שהגיע הזמן שיתגלו הארות הללו בתורה:

Au sujet du cantique. Vois ce que j'ai écrit plus haut sur la section Vayehi: qu'il y a des sections (parachiot) particulières à l'exil, c'est pourquoi elle est fermée (setouma).

Et de même il y a des sections particulières à la délivrance et à la liberté; c'est pourquoi, dans le cantique, il y a des sections à chaque verset et à chaque ligne. Et c'est la révélation de la lumière de la Torah, comme l'ont dit nos Sages: pourquoi les espacements (hafsakot) servent-ils?

Pour donner un intervalle afin de méditer entre une section et une autre. Et la délivrance d'Israël laisse une empreinte dans la Torah, et les trésors cachés de la Torah s'ouvrent.

Et c'est ce qui est dit 'alors il chanta... ce cantique-ci' (Exode 15,1): que le temps est venu que ces illuminations se révèlent dans la Torah.

בפסוק זה אלי ואנוהו. דרשו חז"ל התנאה לפניו במצות.

דכ' שחורה אני ונאוה. כי בנ"י כשיצאו ממצרים נתעלו כמלאכי השרת.

כדכ' אני אמרתי אלקים אתם כו'. ולא לחנם נתענו ונשתעבדו ד' מאות שנה.

רק להשפיל הגוף ולהרים הנפש וכח הנשמה שזה ציור רמ"ח מ"ע ושס"ה מל"ת. כי בנ"י יודעין שזה עיקר האדם.

וע"י ששחורה אני. עי"ז ונאוה בכח הש"י שהלבישם זה הציור.

כדכ' ואעבור עליך כו' ערום וערי' כו'. שראו והבינו שהם ערום.

וזכו עי"ז להלבישם לבוש הקדושה שנעשה במ"ע ול"ת. וז"ש ואנוהו שיהי' עיקר הנוי שלי מאתו ית'.

כמ"ש ויהי נועם ה' עלינו. ולכן אכלו בנ"י המן לחם שמלאכי השרת אוכלים אותו.

והוא מזון מצד הנשמה. ומכל אלה התיקונים נשאר גם לדורות.

כמ"ש מלא העומר כו' למשמרת. ונראה שבש"ק שהוא מתנה טובה מבית גנזיו.

מתגלה בעונג שבת הארה מן המן כי הנשמה יתירה שיורדת בש"ק. בזכותה מתגלה מזון הנשמה בשבת קודש.

ומכל הנסים שעשה הש"י לאבותינו נשאר זכר לדורות. וכן במן.

וכ' טרף נתן ליראיו שהוא המן. יזכור לעולם בריתו.

וזה המזון א"י להתגלות בעולם רק לבנ"י בפרט. ובש"ק הם נבדלין בפ"ע ומתגלה הארה הגנוזה.

וכ' אכלוהו היום כי שבת היום לה' היום ל"ת בשדה. ומכאן דרשו חז"ל רמז לג' סעודות.

כי השבת קיום הכל. עולם שנה ונפש.

שיש מקום מיוחד שורש כל העולם. ויש זמן מיוחד כולל כל הזמנים.

ויש נפשות מיוחדים בנ"י שכוללין כל הנפשות. והשבת נותן קיום לכל הג' מדרגות אכלוהו היום.

הוא בירור הנפשות. שבת היום בחי' הזמן.

היום ל"ת בשדה בחי' המקום. ואא"ז מו"ר ז"ל פי' סעודתא דמהימנותא בש"ק שזן וסועד את האמונה כו'.

פי' שהשבת מסייע להיות נמשכין אחר השורש והוא בג' בחי' הנ"ל להיות כל המקומות וכל הזמנים וכל הנפשות נמשכין ודבקין בשורש. ועל זה הוסד ג' התפילות.

אתה קדשת בחי' הזמן. ישמח משה בחי' הנפש.

גוי אחד בארץ בחי' המקום כנ"ל:

Sur le verset 'celui-ci est mon Dieu et je L'embellirai (ve-anvehou)' (Exode 15,2), nos Sages ont exposé: 'embellis-toi devant Lui par les mitsvot'. Car il est écrit 'je suis noire et belle' (Cantique 1,5).

Car les enfants d'Israël, lorsqu'ils sortirent d'Égypte, s'élevèrent comme les anges du service, ainsi qu'il est écrit 'Moi J'avais dit: vous êtes des êtres divins (elokim)' etc. (Psaumes 82,6).

Et ce n'est pas en vain qu'ils furent affligés et asservis quatre cents ans, mais pour abaisser le corps et élever l'âme et la force de la nechama, ce qui est la représentation des 248 commandements positifs et 365 commandements négatifs. Car les enfants d'Israël savent que c'est cela l'essentiel de l'homme.

Et par le fait que 'je suis noire', par cela 'et belle', par la force de Dieu béni qui les a revêtus de cette représentation. Comme il est écrit 'et Je passai sur toi... nue et dénudée' etc.

(Ezechiel 16,7-8): qu'ils virent et comprirent qu'ils étaient nus, et méritèrent par cela d'être revêtus du vêtement de la sainteté qui se fait par les commandements positifs et négatifs. Et c'est ce qui est dit 'et je L'embellirai (ve-anvehou)': que l'essentiel de ma beauté (noi) me vienne de Lui béni, comme il est écrit 'que la faveur (noam) du Nom soit sur nous' (Psaumes 90,17).

Et c'est pourquoi les enfants d'Israël mangèrent la manne, pain que mangent les anges du service, et c'est une nourriture du côté de la nechama. Et de toutes ces réparations il resta aussi pour les générations, comme il est écrit 'un plein omer... en conservation' (Exode 16,32-33).

Et il semble que le Chabbat, qui est un bon présent venu de Sa maison de trésors, il se révèle dans le délice du Chabbat une illumination de la manne; car la nechama supplémentaire qui descend le saint Chabbat, par son mérite se révèle la nourriture de la nechama le saint Chabbat. Et de tous les miracles que Dieu béni fit à nos pères, il resta un souvenir pour les générations, ainsi en est-il de la manne.

Et il est écrit 'Il a donné une proie (teref) à ceux qui Le craignent' (Psaumes 111,5), c'est la manne, 'Il se souviendra à jamais de Son alliance'. Et cette nourriture ne peut se révéler dans le monde qu'aux enfants d'Israël en particulier, et le saint Chabbat ils sont mis à part à eux seuls, et se révèle l'illumination cachée.

Et il est écrit 'mangez-la aujourd'hui, car c'est aujourd'hui Chabbat pour le Nom; aujourd'hui vous ne la trouverez pas dans le champ' (Exode 16,25). Et de là nos Sages ont déduit une allusion aux trois repas.

Car le Chabbat est la subsistance de tout: monde, année et âme (olam, chana, nefech). Il y a un lieu particulier, racine de tout le monde; il y a un temps particulier, qui inclut tous les temps; et il y a des âmes particulières, les enfants d'Israël, qui incluent toutes les âmes.

Et le Chabbat donne subsistance à ces trois degrés. 'Mangez-la aujourd'hui', c'est la clarification des âmes. 'Aujourd'hui Chabbat', l'aspect du temps. 'Aujourd'hui vous ne la trouverez pas dans le champ', l'aspect du lieu. Et mon grand-père, mon maître et enseigneur, de mémoire bénie, a expliqué 'le repas de la foi (seoudata di-mehimnouta)' du saint Chabbat, qui nourrit et sustente la foi, etc.: c'est-à-dire que le Chabbat aide à être attiré après la racine, et c'est dans les trois aspects mentionnés, que tous les lieux, tous les temps et toutes les âmes soient attirés et attachés à la racine.

Et sur cela furent fondées les trois prières: 'Toi Tu as sanctifié (ata kidachta)', l'aspect du temps; 'que Moche se réjouisse (yismah Moche)', l'aspect de l'âme; 'une seule nation sur la terre (goy ehad ba-arets)', l'aspect du lieu, comme ci-dessus.

תרנ"א

[Année תרנ״א]

בפסוק התיצבו וראו את ישועת ה' א"י לכם היום כו' לא תוסיפו לראותם ע"ע עולם. ה' ילחם לכם.

משמע שהי' נצרך להלחם עמהם עד עולם. ולכן כתיב תזכור כו' יום צאתך מא"מ כל ימי חייך.

והשי"ת נתן לנו ישועה זו. כי בזכירת יצ"מ בכל יום.

נעשה הכל מעצמו. וז"פ ה' ילחם לכם.

לעולם. ועתה יכולין לתקן מלחמה זו הכל בכח התורה.

[וכן יש לפרש בפסוק כל המחלה כו' במצרים לא אשים כו'. וקשה מה"ת נהי' נלקים במחלה זו שנלקו הרשעים.

אבל יובן כנ"ל כי לא נצטרך עוד להלחם עמהם בפועל ולסבול זה הגלות. רק כל הרפואה יהי' בכח התורה ומצות.

אני ה' רופאך. כי במצרים הי' נגוף ורפוא.

פי' בזו הנגיפה של מצרים נעשה רפואה לבנ"י. אבל חפץ ה' שלא נצטרך לאלה הדרכים רק אני ה' רופאך כנ"ל]:

Sur le verset 'tenez-vous et voyez le salut du Nom qu'Il fera pour vous aujourd'hui... vous ne les reverrez plus jamais. Le Nom combattra pour vous' (Exode 14,13-14).

Cela indique qu'il aurait fallu combattre avec eux à jamais. C'est pourquoi il est écrit 'tu te souviendras... du jour de ta sortie du pays d'Égypte tous les jours de ta vie' (Deutéronome 16,3).

Et Dieu béni nous a donné ce salut: car par le souvenir de la sortie d'Égypte chaque jour, tout se fait de soi-même. Et c'est le sens de 'le Nom combattra pour vous', à jamais.

Et maintenant on peut réparer ce combat entièrement par la force de la Torah. [Et de même on peut l'expliquer sur le verset 'toute la maladie... que J'ai mise en Égypte, Je ne la mettrai pas' etc.

(Exode 15,26). Et il est difficile: d'où viendrait-il que nous soyons frappés de cette maladie dont furent frappés les méchants?

Mais cela se comprend comme ci-dessus: car nous n'aurons plus besoin de combattre avec eux en acte ni de supporter cet exil; mais toute la guérison sera par la force de la Torah et des mitsvot. 'Je suis le Nom qui te guérit' (Exode 15,26). Car en Égypte il y eut coup et guérison (nagof ve-rafo): c'est-à-dire que par ce coup porté à l'Égypte se fit une guérison pour les enfants d'Israël; mais le désir du Nom est que nous n'ayons pas besoin de ces voies, mais seulement 'Je suis le Nom qui te guérit', comme ci-dessus.]

בפסוק ויאמינו כו' אז ישיר כו'. כבר כ' במ"א פי' המדרש שלחיך פרדס רמונים כו' ע"ש המשל למי שמכר שדה ובו גל של צרורות והלוקח הסיר הגל ומצא תחתיו כמה סגולות ע"ש.

ובארנו כי בהיות בנ"י במצרים לא הי' בכחם להוציא מכח אל הפועל הפנימיות שנטע הקב"ה בהם. ואז היו בחי' גן נעול.

וזה הי' עיקר הגלות כענין שנא' הוציאה ממסגר נפשי להודות כו'. כי בנ"י נבראו רק להעיד על הש"י.

כמ"ש עם זו יצרתי לי תהלתי יספרו. אך זו הצורה הפנימיות השלימה.

לא הי' עדיין מתוקן לראוי. ואחר יצ"מ נעשו פרדס רמונים כו'.

והלא אין שכל אנושי מבין זאת. אחר עבודת הפרך כמה שנים.

ותיכף כשיצאו שרו כולם שירה כזאת למעלה מכל הנביאים. אין זאת רק שנתעלו נפשותיהם ונתלבשו בלבוש קודש.

מה שהי' נסתר מהם בהיותם ת"י מצרים. וכל זה זכו ע"י האמונה.

והגם שראו כל הנסים. ומה הי' להם להאמין.

אכן העיקר שיהי' כל האדם נתבטל אל הנס. והרי אנו כולנו יודעין ומאמינים בכל הנסים שעשה עמנו הש"י.

ועכ"ז אם הי' האמונה מאירה באמת לא הי' באפשרות לשכוח. ומכ"ש לחטוא בשום דיבור מעשה ומחשבה.

הא למדת שאין זו אמונה שלימה. והכתוב מעיד עליהם ויאמינו בה' כמו ותקעתיו יתד במקום נאמן.

ואז באו לבחי' מאמינים בני מאמינים שנק' בנ"י. וכפי חוזק האמונה כך רואין האמת דאיתא במד' וצדיק באמונתו יחי'.

אפי' צדיקו של עולם באמונתו יחי'. פי' שכך סידר הקב"ה אשר הנהגה שלו יתגלה לכ"א כפי האמונה כך מקבל חיות מחי החיים.

והנה הם האמינו מה שיעשה הקב"ה עמנו בכל הדורות. ולכן נגלה להם ברוה"ק כל מה שיהי'.

ואמרו שירה על הכל. דאיתא בלאה שקראה שם יהודה הפעם אודה.

שנטלתי יותר על חלקי. משמע שקודם שקיבל המגיע לו לא שייך הודאה.

והקב"ה הבטיח לאבות להכניסם לא"י ועדיין לא נכנסו. ואיך אמרו שירה.

לכן כתיב ויאמינו אז ישיר. שע"י שהי' האמונה מאירה אצלם כאילו בעין רואים שהקב"ה מכניסם לא"י.

כמ"ש מכון לשבתך פעלת כו'. וכמו שהם בכח אמונה על להבא אמרו שירה.

כמו כן אנו כפי האמונה בכל יום במה שעשה הקב"ה הנסים לשעבר. יכולין להתדבק בשירה הזאת.

כי השירה הוא כולל מה שהי' ומה שיהי':

Sur le verset 'et ils crurent... alors il chanta' etc. (Exode 14,31; 15,1).

J'ai déjà écrit ailleurs l'explication du Midrach 'tes rejetons (chelahayikh) sont un verger de grenades' etc. (Cantique 4,13), d'après la parabole de celui qui vendit un champ dans lequel il y avait un tas de cailloux, et l'acheteur enleva le tas et trouva dessous plusieurs trésors, vois-le.

Et nous avons expliqué que, lorsque les enfants d'Israël étaient en Égypte, ils n'avaient pas la force de faire passer de la puissance à l'acte l'intériorité que le Saint béni soit-Il avait plantée en eux, et alors ils étaient dans l'aspect de 'jardin fermé' (gan naoul). Et c'était cela l'essentiel de l'exil, de l'ordre de ce qui est dit 'fais sortir mon âme de la prison pour rendre grâce' etc.

(Psaumes 142,8). Car les enfants d'Israël ne furent créés que pour témoigner de Dieu béni, comme il est dit 'ce peuple que Je me suis formé racontera Ma louange' (Isaie 43,21).

Mais cette forme intérieure parfaite n'était pas encore réparée comme il convient. Et après la sortie d'Égypte ils devinrent un verger de grenades, etc.

Or l'intelligence humaine ne comprend pas cela: après le labeur du travail forcé pendant tant d'années, aussitôt qu'ils sortirent, ils chantèrent tous un tel cantique, au-dessus de tous les prophètes. Ce n'est rien d'autre que leurs âmes s'élevèrent et se revêtirent d'un vêtement saint, ce qui leur était caché tant qu'ils étaient sous la main de l'Égypte.

Et tout cela ils le méritèrent par la foi. Et bien qu'ils aient vu tous les miracles, qu'avaient-ils à croire?

Mais l'essentiel est que tout l'homme s'annule au miracle. Or voici que nous tous savons et croyons en tous les miracles que Dieu béni a faits avec nous, et malgré cela, si la foi éclairait vraiment, il ne serait pas possible d'oublier, et à plus forte raison de pécher par quelque parole, acte ou pensée.

De là tu as appris que ce n'est pas une foi parfaite. Et l'Écriture témoigne d'eux 'et ils crurent au Nom' (Exode 14,31), comme 'et Je l'enfoncerai comme un piquet en un lieu fiable' (Isaie 22,23).

Et alors ils parvinrent à l'aspect de 'croyants fils de croyants', ceux qui sont appelés enfants d'Israël. Et selon la force de la foi, ainsi on voit la vérité, comme il est dit dans le Midrach 'et le juste vivra par sa foi' (Habaquq 2,4): même le Juste du monde vivra par sa foi.

Explication: le Saint béni soit-Il a ainsi ordonné que Sa conduite se révèle à chacun selon sa foi, et ainsi il reçoit vitalité du Vivant des vivants. Et voici qu'ils crurent en ce que le Saint béni soit-Il ferait avec nous dans toutes les générations, c'est pourquoi il leur fut révélé par l'esprit saint (roua'h ha-kodech) tout ce qui adviendrait, et ils dirent le cantique sur le tout.

Comme il est enseigné à propos de Léa, qui appela son fils Yehouda: 'cette fois je rendrai grâce (odeh)' (Genèse 29,35), car j'ai pris plus que ma part. Cela indique qu'avant de recevoir ce qui lui revient, la reconnaissance ne s'applique pas.

Or le Saint béni soit-Il avait promis aux pères de les faire entrer en terre d'Israël, et ils n'y étaient pas encore entrés; comment donc dirent-ils le cantique? C'est pourquoi il est écrit 'et ils crurent, alors il chanta': car du fait que la foi éclairait chez eux, c'était comme si de leurs yeux ils voyaient que le Saint béni soit-Il les faisait entrer en terre d'Israël, comme il est écrit 'le fondement de Ta demeure que Tu as établi' etc.

(Exode 15,17). Et de même qu'eux, par la force de la foi en l'avenir, dirent le cantique, de même nous, selon la foi chaque jour en ce que le Saint béni soit-Il a fait comme miracles dans le passé, pouvons nous attacher à ce cantique.

Car le cantique inclut ce qui fut et ce qui sera.

בפרשת המן לחם מן השמים. וכתיב למען הודיעך כו' על כל מוצא פ"ה יחי' האדם.

דהנה הקב"ה בטובו זן את הכל. פי' טובו ית' מתחדש בכל יום.

ומזון לכולא בי'. אך השפע מתחלק לפי ערך המקבלים.

כל עולם ועולם במקומו. עד שמזין גם לאדם ובהמה.

וז"ש ומשביע לכל חי רצון. פי' לפי הרצון וכח המקבל.

יש לו צינור ושביל באותו מצב שמשם מקבל המזון. ולכן לתחתונים בא המזון בהתלבשות בצומח ושאר דברים.

לכן יש בו פסולת במאכל. אבל באמת האדם כולל כל המדרגות אפי' למעלה מן המלאכים כידוע.

וז"ש לא על הלחם כו' על כל מוצא פי ה'. פי' שכל המדרגות הכלולים במוצא פי ה'.

יכול האדם לחיות בהם. כאשר הי' קודם החטא דכתיב אני אמרתי אלקים אתם כו'.

ולכן היו ניזונים מן המן שלא נתלבש במזון גשמיי. ולכן לא הי' צריך בירור שלא הי' בו פסולת כנ"ל:

Dans le passage de la manne, 'pain depuis les cieux'. Et il est écrit 'afin de te faire savoir... que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche du Nom' (Deutéronome 8,3).

Car voici, le Saint béni soit-Il, dans Sa bonté, nourrit tout. Explication: Sa bonté béni se renouvelle chaque jour, et Il nourrit tout en elle.

Mais l'influx se divise selon la valeur des récepteurs, chaque monde en son lieu, jusqu'à nourrir aussi l'homme et la bête. Et c'est ce qui est dit 'et Tu rassasies tout vivant de faveur (ratson)' (Psaumes 145,16): c'est-à-dire selon la volonté et la force du récepteur, il a un canal et un sentier dans cet état par lequel il reçoit la nourriture.

Et c'est pourquoi, pour les êtres d'en bas, la nourriture vient revêtue dans le végétal et autres choses; c'est pourquoi il y a en elle du déchet (pesolet) dans l'aliment. Mais en vérité l'homme inclut tous les degrés, même au-dessus des anges, comme on le sait.

Et c'est ce qui est dit 'non pas du pain seul... mais de tout ce qui sort de la bouche du Nom' (Deutéronome 8,3): c'est-à-dire que tous les degrés inclus dans 'ce qui sort de la bouche du Nom', l'homme peut vivre d'eux, comme il en était avant la faute, ainsi qu'il est écrit 'Moi J'avais dit: vous êtes des êtres divins' etc. (Psaumes 82,6).

Et c'est pourquoi ils se nourrissaient de la manne qui ne se revêtait pas dans une nourriture matérielle, et c'est pourquoi elle n'avait pas besoin de clarification, n'ayant pas en elle de déchet, comme ci-dessus.

בפסוק אכלוהו היום כי שבת היום לה'. וקשה בלא"ה היו אוכלין בו ביומו כדכ' אל יותר ממנו כו'.

וי"ל הרמז שאכילת שבת צריך להיות לשמו ית' לשם עונג שבת. וז"ש אכלוהו היום.

מטעם כי שבת היום. על כוונה זו תהי' האכילה כנ"ל:

Sur le verset 'mangez-la aujourd'hui, car c'est aujourd'hui Chabbat pour le Nom' (Exode 16,25). Et c'est difficile: de toute façon ils la mangeaient le jour même, comme il est écrit 'que nul n'en laisse' etc.

(Exode 16,19). Mais on peut dire que l'allusion est que la consommation du Chabbat doit être pour Son Nom béni, en vue du délice du Chabbat (oneg Chabbat).

Et c'est ce qui est dit 'mangez-la aujourd'hui', pour la raison que 'c'est aujourd'hui Chabbat': c'est dans cette intention que doit se faire la consommation, comme ci-dessus.

תרנ"ב

[Année תרנ״ב]

En bref

« Alors chantera » (Chemot 15,1) : Rachi explique le futur par « il lui monta au cœur de chanter » ; nos Sages en déduisent la résurrection des morts. Selon le Sfat Emet, dans ce monde-ci la joie et le chant ne sont pas dans leur plénitude : « le Nom se réjouira en Ses œuvres » dans le futur. Israël en ressent un rayonnement au Chabbat, avant-goût du monde à venir, parce qu'ils gardent et attendent cette joie. Devant Lui passé, futur et présent sont un, et ce chant a lieu en permanence, mais le temps et la nature dissimulent. À l'ouverture de la mer, au-dessus de la nature, ils firent passer ce chant de la puissance à l'acte.

Aussi : « ki gao gaa », D.ieu élevé au-dessus de toutes nos saisies ; pleurs et chants pour trier les étincelles, Chabbat sans tri ; la manne rassasie selon le regard de l'intellect, repas du Chabbat avant-goût de la manne.

בפסוק אז ישיר דקדק רש"י ז"ל מ"ש לשון עתיד ואין זה דבר ההוה תמיד. ופי' עלה בלבו שישיר.

וחז"ל דרשו מכאן לתחה"מ כו'. והענין הוא כי בעוה"ז אין השמחה והשירה בשלימות כמ"ש חז"ל ישמח ה' במעשיו לעתיד.

אכן יש זמנים שבנ"י יכולין להרגיש משמחה ושירה העתידה. וז"ש בתפלת שבת ישמחו במלכותך שומרי שבת.

כי בהשמחה לעתיד במלכותו ית'. יהי' לבנ"י חלק גדול.

בזכות שהם שומרי שבת. ולכן כיון ששבת הוא מעין עוה"ב.

יכולין להרגיש מעין אותה השמחה העתידה. לכן דרשו חז"ל וביום שמחתכם על השבת.

שהוא מעין עולם שכולו שבת. ואז ישמח ה' במעשיו.

וע"י שבנ"י שומרין ומצפין לזו השמחה. מתגלה להם הארה מזה.

ובאמת לפניו ית"ש עבר ועתיד והוה הכל אחד. לכן באמת זו השירה והשמחה הוא דבר ההוה תמיד.

אך הזמן והטבע מסתיר שא"י להתגלות שמחה העתידה. אבל כשיש זמנים שיש להם עלי' למעלה מהטבע.

וכמו שהי' בקי"ס דכ' ויושע ה' ביום ההוא שהי' בו גילוי מלמעלה מן הטבע. ואיתא במד' דקי"ס כמו יום השבת.

ע"ש ס"פ בא. לכן אז ישיר.

ועלה בלבו משמחה העתידה. והוציאו מכח אל הפועל זו השירה.

וכ' השירה הזאת ויאמרו לאמר. פי' שעשו פרשה זו בתורה שבכתב.

שכל התורה שמותיו של הקב"ה. ובנ"י עשו צירופים אלו בתורה שלמעלה.

וזה דבר גדול מאוד. וגם ויאמרו לאמר בחי' תורה שבע"פ.

להיות נאמרי' דברי השירה בכל יום. ואא"ז מו"ר ז"ל אמר פי' ישיר שהי' להם געגועים להיות משוררים תמיד לכן נשאר לעולם עכ"ל:

Sur le verset 'Alors chantera (az yachir)' (Exode 15,1), Rachi (de mémoire bénie) s'est arrêté sur ce qui est écrit au futur, alors que ce n'est pas une chose qui a lieu en permanence ; et il explique : il lui monta au cœur de chanter. Et nos Sages ont déduit de là la résurrection des morts (te'hiyat ha-metim), etc.

Le sens est que dans ce monde-ci la joie et le chant ne sont pas dans leur plénitude, comme l'ont dit nos Sages : 'le Nom se réjouira en Ses œuvres' - dans le futur. Toutefois il est des temps où les enfants d'Israël peuvent ressentir quelque chose de la joie et du chant futurs.

Et c'est ce qui est dit dans la prière du Chabbat : 'ils se réjouiront en Ta royauté, ceux qui gardent le Chabbat'. Car dans la joie future, en Sa royauté (béni soit-Il), les enfants d'Israël auront une grande part, par le mérite d'être gardiens du Chabbat.

C'est pourquoi, puisque le Chabbat est un avant-goût du monde à venir, ils peuvent ressentir quelque chose de cette joie future. C'est pourquoi nos Sages ont interprété 'et au jour de votre joie' (Nombres 10,10) comme désignant le Chabbat, qui est un avant-goût du monde qui est tout entier Chabbat ; et alors 'le Nom se réjouira en Ses œuvres'.

Et parce que les enfants d'Israël gardent et attendent cette joie, il se révèle à eux un rayonnement de celle-ci. Et en vérité, devant Lui (béni soit Son Nom), le passé, le futur et le présent sont tous un ; c'est pourquoi, en vérité, ce chant et cette joie sont une chose qui a lieu en permanence.

Seulement le temps et la nature dissimulent, de sorte que la joie future ne peut se révéler. Mais lorsqu'il y a des temps qui possèdent une élévation au-dessus de la nature - comme ce fut le cas à l'ouverture de la mer (keriat yam souf), où il est écrit 'et le Nom sauva en ce jour-là' (Exode 14,30), où il y eut une révélation d'au-dessus de la nature ; et il est enseigné dans le Midrach que l'ouverture de la mer fut comme le jour du Chabbat - vois la fin de la paracha Bo.

C'est pourquoi 'alors chantera' : il lui monta au cœur, par la joie future, et ils firent passer ce chant de la puissance à l'acte. Et il est écrit 'ce chant, et ils dirent pour dire (vayomrou lemor)'.

L'explication : ils firent de ce passage une section dans la Torah écrite, car toute la Torah est constituée des Noms du Saint béni soit-Il, et les enfants d'Israël firent ces combinaisons (tsiroufim) dans la Torah d'en-haut ; et c'est une chose très grande. Et de plus 'et ils dirent pour dire' est l'aspect de la Torah orale, pour que les paroles du chant soient dites chaque jour.

Et mon aïeul, mon maître et mon enseignant (de mémoire bénie) a dit : l'explication de 'chantera' (au futur) est qu'ils eurent le désir ardent d'être à jamais des chantres, c'est pourquoi cela demeura pour l'éternité. Fin de ses paroles.

בפסוק כי גאה גאה. כי רוממות אל א"א להשיג רק משיגין בכל השגה שהוא למעלה מזה.

וכ"כ ואתה מרום לעולם ידך בעליונה. וזה גאה גאה שכל הגיאות ורוממות שאנו יכולין להעיד.

הוא שהוא גאה ורם ונשא מכל השגותינו. ובס' קול שמחה פ' חיי שרה כ' בפי' המדרש גדלת מאוד צורתו גדולה מהטבלא ע"ש פי' ע"פ משל נכבד.

חכם עשה כלי מופלא והיו משבחים אומנת הכלי. ובא אחד ואמר כי חכמת חכם זה היא מאוד יותר מזה האומנות.

נמצא ע"י הכלי יודעין גדולת החכם. וכזה מכל חכמת מעשה בראשית יכולין להכיר שהקב"ה רם ונשא מכל זה.

נמצא מה שמכירין חכמתו ית' ע"י השגותינו. הוא שהוא רם ונשא מזה כו' ע"ש.

והוא מ"ש פי' גאה גאה:

Sur le verset 'car Il s'est hautement élevé (ki gao gaa)' (Exode 15,1). Car l'élévation de Dieu, il est impossible de l'atteindre ; on n'atteint dans chaque saisie (hassaga) que ce qui est au-dessus d'elle.

Et ainsi il est écrit 'et Toi, Tu es élevé pour toujours' (Psaumes 92,9) - Ta main est au-dessus. Et c'est 'gao gaa' : car toute la grandeur et l'élévation que nous pouvons attester, c'est qu'Il est élevé, haut et exalté au-dessus de toutes nos saisies.

Et dans le livre Kol Sim'ha, paracha 'Hayei Sarah, il est écrit dans l'explication du Midrach 'Tu es très grand' - Sa forme est plus grande que la tablette - vois là, l'explication par une belle parabole : un sage fit un instrument merveilleux, et l'on louait le savoir-faire de l'instrument ; et vint quelqu'un qui dit que la sagesse de ce sage est bien plus grande que ce savoir-faire. Il se trouve que par l'instrument on connaît la grandeur du sage.

Et de même, de toute la sagesse de l'œuvre de la création (maasse berechit), on peut reconnaître que le Saint béni soit-Il est haut et exalté au-dessus de tout cela. Il se trouve que ce que nous reconnaissons de Sa sagesse (béni soit-Il) par nos saisies, c'est qu'Il est haut et exalté au-dessus de cela, etc. - vois là.

Et c'est ce qu'explique 'gao gaa'.

תרנ"ג

[Année 5653 (תרנ"ג)]

כתיב מוציא אסירים בכושרות ובמד' אמרו בכות ושירות. דכ' בערב ילין בכי.

והוא הגלות לברר התערובות ולהוציא הניצוצי קדושה שמעורב. וע"י קישוי הגלות והיסורין והבכיות מתבררין הניצוצות.

ולבקר רנה הוא בחי' הגאולה. ומעין זה יש בכל ערב ובוקר.

וכמ"ש האר"י ז"ל בפי' מזמור שיר חנוכת ע"ש. ומעין זה הוא בימי המעשה דכ' בי' ערב ובוקר.

ובשבת הוא לבוקר רנה. לכן טוב להודות לה'.

כי בשבת א"צ בירור. ומ"מ תכלית הבירור והעלי' של הני"ק נגמר בשעת הגאולה ובבקר ובשבת קודש.

וזהו בכות ושירות. כי יש עלי' ע"י בכי' ויש ע"י שירה.

והם ב' דרכים. שיש דברים שא"י להתברר רק ע"י בכי'.

ויש דברים שע"י רנה ושמחה. ובקי"ס הי' תכלית הבירור.

ולכן הי' ע"י שירה. וכ"ה במד' ס"פ בא כי שביעי של פסח וקי"ס הי' בחי' שבת:

Il est écrit 'Il fait sortir les prisonniers avec bonheur (be-kocharot)' (Psaumes 68,7), et dans le Midrach ils ont dit : 'avec pleurs (bekhiyot) et chants (chirot)'. Car il est écrit 'le soir demeure le pleur' (Psaumes 30,6).

Et c'est l'exil, pour trier les mélanges et faire sortir les étincelles de sainteté (nitsotsot kedoucha) qui sont mêlées ; et par la dureté de l'exil, les souffrances et les pleurs, les étincelles se trient. 'Et au matin, chant de joie' - c'est l'aspect de la délivrance ; et il y a quelque chose de cela dans chaque soir et chaque matin, comme l'a écrit le Ari (de mémoire bénie) dans son explication du 'psaume, chant de l'inauguration' - vois là. Et il y a quelque chose de cela dans les jours ouvrables, où il est écrit 'soir et matin' ; et le Chabbat, c'est 'au matin le chant de joie'.

C'est pourquoi 'il est bon de rendre grâce au Nom', car le Chabbat n'a pas besoin de tri (birour). Et néanmoins le but du tri et de l'élévation des étincelles de sainteté s'achève au moment de la délivrance, au matin et au saint Chabbat.

Et c'est 'pleurs et chants' : car il y a une élévation par les pleurs et une élévation par le chant, et ce sont deux voies. Car il est des choses qui ne peuvent se trier que par les pleurs, et il est des choses par le chant et la joie.

Et à l'ouverture de la mer fut le but du tri, c'est pourquoi ce fut par le chant. Et ainsi est-il dans le Midrach, fin de la paracha Bo, car le septième jour de Pessa'h et l'ouverture de la mer étaient de l'aspect du Chabbat.

תרנ"ד

[Année 5654 (תרנ"ד)]

ענין קי"ס אחר יצ"מ. ובמד' איתא יצ"מ קשה.

ולכן אם לא הזכיר מחזירין אותו ע"ש. כי יצ"מ הוא מה שזוכין לצאת מן המיצר.

וכמו כן החירות באדם שלא להיות מקושר בתאוות הגוף והגשמיות. אבל קי"ס הוא להעביר כל המצרים.

והוא בחי' השבת. כדאיתא במד' סוף פ' בא כי שביעי של פסח הוא בחי' השבת.

ונק' נחלה בלי מצרים. וכמו שהי' אז.

כי מקודם נגאלו מת"י פרעה. אבל הי' עוד חשש פן ינחם העם כו'.

אבל בקי"ס נאבדו כל המצרים. וכ' גאה גאה סוס ורוכבו רמה בים.

ומתרגמינן אתגאי על גוותניא כו'. הענין הוא כדכ' מצרים נוסע.

שראו שרן של מצרים כו'. ויראו מזה.

ומרע"ה ניחם אותם אשר ראיתם כו'. והענין הוא כי באמת כן עשה הקב"ה להיות למצרים אז עלי' ממש עד כל השורש שלהם.

ואח"כ נאבדו הם עם השורש. וז"פ סוס ורוכבו.

וזש"כ רמה וכ' ירה. כי נתעלו מקודם הירידה.

שיפלו עם השורש. וזה גאה גאה שלא כדרך ב"ו כשמנצח מפיל השני.

אבל הוא ית' הרים אותם ונעקרו עם השורש. וז"ש אחד מהם לא נותר.

פי' אפילו שורש האחדות וראש בנין שלהם לא נותר. וכזה נתקיים בכל שבת.

דבערב שבת הסט"א מתגברת לעלות. ויורדין עד נוקבא דתה"ר.

כמ"ש בפרוח רשעים כו' ע"ש במ"א:

Le sujet de l'ouverture de la mer après la sortie d'Égypte (yetsiat Mitsrayim). Et dans le Midrach il est enseigné que la sortie d'Égypte fut difficile, et c'est pourquoi si l'on ne l'a pas mentionnée on fait recommencer - vois là.

Car la sortie d'Égypte, c'est ce par quoi on mérite de sortir de la détresse (metsar) ; et de même la liberté chez l'homme : ne pas être lié aux désirs du corps et de la matière. Mais l'ouverture de la mer, c'est de faire passer toutes les détresses, et c'est l'aspect du Chabbat, comme il est enseigné dans le Midrach à la fin de la paracha Bo, car le septième jour de Pessa'h est de l'aspect du Chabbat, et il est appelé héritage sans détresses (nahala beli metsarim).

Et comme ce fut alors : car auparavant ils furent délivrés de sous la main de Pharaon, mais il restait encore une crainte 'de peur que le peuple ne se ravise', etc. Mais à l'ouverture de la mer périrent toutes les détresses, et il est écrit 'Il s'est hautement élevé, le cheval et son cavalier Il a précipité dans la mer' (Exode 15,1) ; et nous traduisons (Targoum) : 'Il s'est élevé sur les orgueilleux', etc.

Le sujet est comme il est écrit 'l'Égypte marche' (Exode 14,10) : ils virent le prince (sar) de l'Égypte, etc., et ils en eurent peur ; et notre maître Moche (que la paix soit sur lui) les consola : 'ce que vous avez vu', etc. (Exode 14,13).

Et le sujet est qu'en vérité ainsi fit le Saint béni soit-Il : les Égyptiens eurent alors une élévation réelle jusqu'à toute leur racine, et ensuite ils périrent avec la racine ; et c'est le sens de 'le cheval et son cavalier'. Et c'est ce qui est écrit 'Il a précipité (rama)' et il est écrit 'Il a jeté (yara)' : car ils furent élevés avant la chute, afin de tomber avec la racine.

Et c'est 'gao gaa', ce qui n'est pas à la manière de la chair et du sang, qui, lorsqu'il vainc, fait tomber l'autre ; mais Lui (béni soit-Il) les éleva et ils furent déracinés avec la racine. Et c'est ce qui est dit 'il n'en resta pas un seul' (Exode 14,28) : l'explication, même la racine de leur unité et la tête de leur édifice ne resta pas.

Et de même s'accomplit-il chaque Chabbat : car à la veille du Chabbat le Sitra A'hra (l'autre côté) se renforce pour s'élever, et ils descendent jusqu'à la noukva de tehom raba (l'abîme profond), comme il est écrit 'lorsque fleurissent les méchants', etc. - vois là ailleurs.

בענין המן למען יראו את הלחם כו'. דאיתא בגמ' סומין אוכלין ואין שבעין.

באמת עיקר הלחם והמזון הוא חיות הפנימיות שיש בו כאמרם אין לחם אלא תורה. והכל נברא בכח התורה.

וחיות הכל מאותיות התורה. אבל השביעה תלוי בהסתכלות האדם.

וצדיק אוכל לשובע נפשו. ע"י שרואה ומאמין כי החיות מהתורה ומהקב"ה.

מקבל נפשו חיות הפנימיות. וכן הוא אומר פקח עיניך שבע לחם.

וזה הרמז שסומין אוכלין ואין שבעין. כי הלא כל אדם אוכל ומקבל זה הניצוץ הקדוש שבמאכל.

ומ"מ אינו מרגיש מזון הקדושה. מטעם כי הוא סומא באחת מעיניו ורואה רק מאכל הגשמיי.

אבל הרואה בעין השכל. כפי הסתכלות שלו כך זוכה לשבוע מלחמה של תורה.

והנה בגמ' אמרו על המן למען ענותך שאין דומה הרואה ואוכל כו' מכאן רמז לסומין שאוכלין ואין שבעין. ואין זה סותר לדברינו.

אדרבא הוא הדבר חשר דברנו. כי באמת כפי פקיחת עין הפנימי.

כך נסתם עין החיצוני. ובאמת המזון יש בו חלק רוחניי וגשמיי.

ואפי' האוכל בלי דעת מ"מ מקבלין חיות הגוף והנפש. אך הגוף בקבע והנפש במקרה.

ואינו נקרא שביעה רק שמתקיים ממילא דרך חיבור שיש לנפש עם הגוף. כמו שקשר הקב"ה הרוחניות בגשמיות.

כמ"ש המפ' פי' ומפליא לעשות. וכמו כן הצדיק שאוכל לשובע נפשו מקבל חיות הנפש בקבע והגוף במקרה.

וכן הי' באוכלי המן שהי' להם פקיחת עין השכל וסתימת עין הגשמיי. לכן לא הי' שביעה לגוף רק לנפש.

ובאמת לא היו מוכנים לאותו הלחם עד אחר יצ"מ שנעשו בני חורין. כמ"ש אשר האכלתי אתכם כו' בהוציאי אתכם מא"מ.

שזה עיקר החירות שלא יהי' הנפש מקושר אל הגוף. ואז יכולין לראות בעין השכל.

והנה נשאר מזה משהו לדורות כמ"ש מלא העומר כו' למשמרת כו'. ונראה כי סעודת שבת שהוא מעין עוה"ב והוא נחלת יעקב.

כמ"ש והאכלתיך נ"י אביך שהיא נחלה בלי מצרים. פי' שהמאכל עצמו יש בו חירות.

ולכן נקרא סעודתא דמהימנותא והוא מעין אכילת המן. [ רמז לדבר דכ' ויניחהו לפני העדות מלשון מנוחת שבת כמ"ש במד' בפסוק ויניחהו בגן עדן.

לפני העדות כי שבת סהדותא איקרי]. והנה כ' אכלוהו היום כו' שמשה רבינו ע"ה אמר להם כי עיקר אכילת המן הוא בשבת.

לא כפי העולה ע"ד כאשר לא ירד בשבת כי הוא נחסר בשבת. אדרבא עיקר המן הוא בחי' השבת כמ"ש בזוה"ק דלא אשתכח בי' מנא אבל כולהו ברכאין בי' תליין.

דהנה כ' שבת שבתון יהי' לכם פרש"י מנוחת מרגוע ולא מנוחת עראי. הענין הוא שהרי השבת מחי' ומקיים כל ימי המעשה.

אך הוא הארה במקרה. אבל בשבת הוא בקביעות עצם יום השבת.

לכן בכל יום כ' ערב ובוקר. ערב הוא התערובות שהגשמיות מכסה הפנימיות חיות התורה והשבת כי הוא מלובש בטבע.

אעפ"כ יש בקר שנמצא זמנים שמתגלה הארה פנימיות גם בימי המעשה ולא בקבע. ונק' מנוחת עראי.

כענין שכ' והחיות רצוא ושוב כידוע למבינים. אבל השבת הוא מנוחת מרגוע.

והוא שבת שבתון. פי' מקור השבת שנותן שביתה לכל הימים.

לכן בשבת לא כ' ערב. כי הוא כולו אור ובקר.

וז"ש ששת ימים תלקטוהו. ולקיטה הוא בדבר המעורב.

אבל היום ל"ת בשדה. דכ' זורע צדקות מצמיח ישועות.

שהקב"ה זרע בכל מקום ניצוצי קדושה משמים. אבל מוסתר בטבע.

כמ"ש ירד הגשם כו' והולידה והצמיחה כו'. אבל שבת הוא עצם האור.

ורצה מרע"ה שיהי' לבנ"י דביקות בעצם המן. ובשבת בקביעות לא במקרה כמ"ש לעיל מזה:

Au sujet de la manne, 'afin qu'ils voient le pain', etc. (Exode 16,32).

Car il est enseigné dans la Guemara : les aveugles mangent et ne se rassasient pas. En vérité l'essentiel du pain et de la nourriture est la vitalité intérieure (hiyout penimit) qui s'y trouve, comme ils ont dit : 'il n'y a de pain que la Torah' ; et tout fut créé par la force de la Torah, et la vitalité de tout provient des lettres de la Torah.

Mais la satiété dépend du regard de l'homme : 'et le juste mange pour rassasier son âme' (Proverbes 13,25), parce qu'il voit et croit que la vitalité provient de la Torah et du Saint béni soit-Il, son âme reçoit la vitalité intérieure. Et ainsi dit-il : 'ouvre tes yeux, rassasie-toi de pain' (Proverbes 20,13).

Et c'est l'allusion que 'les aveugles mangent et ne se rassasient pas' : car voici, tout homme mange et reçoit cette étincelle sainte qui est dans l'aliment, et néanmoins il ne ressent pas la nourriture de la sainteté, pour la raison qu'il est aveugle d'un de ses yeux et ne voit que l'aliment matériel ; mais celui qui voit avec l'œil de l'intellect (sekhel), selon son regard ainsi mérite-t-il de se rassasier du pain de la Torah. Et voici, dans la Guemara ils ont dit au sujet de la manne 'afin de t'affliger' (Deutéronome 8,3) : car celui qui voit et mange n'est pas comparable à celui qui mange sans voir, etc. ; de là une allusion aux aveugles qui mangent et ne se rassasient pas.

Et cela ne contredit pas nos paroles ; au contraire, c'est bien la chose que nous avons dite : car en vérité, selon l'ouverture de l'œil intérieur, ainsi se ferme l'œil extérieur. Et en vérité la nourriture comporte une part spirituelle et une part matérielle ; et même celui qui mange sans intention (daat), néanmoins on reçoit la vitalité du corps et de l'âme, mais le corps de façon permanente (keva) et l'âme de façon accidentelle (mikreh).

Et cela ne s'appelle pas satiété, seulement cela subsiste de soi-même par le lien qu'a l'âme avec le corps, comme le Saint béni soit-Il a lié le spirituel au matériel, ainsi que l'expliquent les commentateurs sur 'et Il fait des merveilles pour agir' (bénédictions du matin). Et de même le juste qui mange pour rassasier son âme reçoit la vitalité de l'âme de façon permanente, et celle du corps de façon accidentelle.

Et ainsi en fut-il pour ceux qui mangeaient la manne, qui avaient l'ouverture de l'œil de l'intellect et la fermeture de l'œil matériel ; c'est pourquoi il n'y avait pas de satiété pour le corps, seulement pour l'âme. Et en vérité ils n'étaient pas prêts pour ce pain avant la sortie d'Égypte, où ils devinrent des hommes libres, comme il est écrit 'que Je vous ai nourris', etc., 'lorsque Je vous ai fait sortir du pays d'Égypte' (Exode 16,32) : car c'est cela l'essentiel de la liberté, que l'âme ne soit pas liée au corps, et alors on peut voir avec l'œil de l'intellect.

Et voici, il en resta un peu pour les générations, comme il est écrit 'la pleine mesure du omer', etc., 'en garde', etc. (Exode 16,32-33).

Et il apparaît que le repas du Chabbat, qui est un avant-goût du monde à venir et qui est l'héritage de Yaakov, comme il est écrit 'et Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov ton père' (Isaie 58,14), qui est un héritage sans détresses - l'explication est que l'aliment lui-même comporte une liberté, et c'est pourquoi il est appelé 'le repas de la foi (seoudata di-mehemnouta)', et il est un avant-goût de la consommation de la manne. [Allusion à la chose : il est écrit 'et il le déposa (vayanihehou) devant le Témoignage' (Exode 16,34), du terme 'repos du Chabbat', comme il est dit dans le Midrach sur le verset 'et Il le déposa dans le jardin d'Éden' ; 'devant le Témoignage' car le Chabbat est appelé témoignage (sahadouta).] Et voici il est écrit 'mangez-le aujourd'hui', etc.

(Exode 16,25), car notre maître Moche (que la paix soit sur lui) leur dit que l'essentiel de la consommation de la manne est le Chabbat - non pas comme on pourrait le penser, du fait qu'elle ne descendait pas le Chabbat, qu'elle manquerait le Chabbat ; au contraire, l'essentiel de la manne est de l'aspect du Chabbat, comme il est écrit dans le saint Zohar qu'il ne s'y trouvait pas de manne, mais que toutes les bénédictions en dépendent. Car voici il est écrit 'un Chabbat de repos complet (chabbat chabbaton) sera pour vous' (Exode 16,23) ; Rachi explique : un repos de détente et non un repos passager.

Le sujet est que le Chabbat vivifie et maintient tous les jours ouvrables, mais il n'est qu'un rayonnement accidentel ; tandis qu'au Chabbat c'est de façon fixe, l'essence même du jour du Chabbat. C'est pourquoi chaque jour il est écrit 'soir et matin' : 'soir' est le mélange, où la matérialité recouvre l'intériorité, la vitalité de la Torah et du Chabbat, car elle est revêtue dans la nature ; malgré cela il y a un 'matin', car il se trouve des temps où se révèle un rayonnement d'intériorité même dans les jours ouvrables, mais non de façon fixe, et cela s'appelle un repos passager, à la manière de ce qui est écrit 'et les hayot allaient et venaient' (Ezechiel 1,14), comme le savent les entendus.

Mais le Chabbat est un repos de détente, et c'est 'chabbat chabbaton', l'explication : la source du Chabbat, qui donne le repos à tous les jours. C'est pourquoi au Chabbat il n'est pas écrit 'soir', car il est tout entier lumière et matin.

Et c'est ce qui est dit 'six jours vous le ramasserez' (Exode 16,26) : et le ramassage (lekita) se fait dans une chose mélangée, mais 'aujourd'hui vous n'en trouverez pas dans le champ' (Exode 16,25). Car il est écrit 'Il sème des justices, fait germer des saluts' : le Saint béni soit-Il a semé en tout lieu des étincelles de sainteté depuis le ciel, mais dissimulées dans la nature, comme il est écrit 'la pluie descend', etc., 'et la fait enfanter et germer', etc.

(Isaie 55,10). Mais le Chabbat est l'essence même de la lumière ; et notre maître Moche voulut que les enfants d'Israël aient un attachement (devekout) à l'essence même de la manne, et au Chabbat de façon fixe et non accidentelle, comme il est dit plus haut.

תרנ"ה

[Année 5655 (תרנ"ה)]

במדרש יונתי בחגוי הסלע. הל"ל יונה כו' אצלי הם כיונה פותה.

אבל לאומות הם כאריות כו'. הענין הוא שאיש ישראל צריך להיות בו כל המדות לשמו ית' כדאיתא במשנה הוי עז כנמר קל כנשר כו'.

הגם שהם מדות סותרות זא"ז. אבל כולן לצורך עבודת הבורא ית"ש הם.

ולפעמים צריכים להשתמש במדת עזות להלחם עם הסט"א. וכן בגלות מצרים הי' שימוש בנ"י בבחי' אריות כמ"ש כי חיות הנה.

אבל באמת מדה המיוחדת לבנ"י היא להיות משוכה אחריו ית' כיונה. והתגברות בבחי' עזות היא להם מכח האומות כענין שנא' ולאום מלאום יאמץ.

וכ"כ חרב פתחו רשעים כו'. אבל בעצם בנ"י להם הקול ולא החרב.

וביצ"מ כ' וחמשים עלו שהרויחו זאת המדה במצרים. ועתה בקי"ס התחיל להיות עיקר העבודה בבחי' הביטול והאמונה.

ואז ה' ילחם לכם. וב' אלו הם בחי' יעקב וישראל.

יעקב ע"ש המלחמה וידו אוחזת כו'. אכן שם ישראל הוא התמשכות אחר השי"ת.

ולבטל כל החכמה והדעת. ולכן כ' מה תצעק כו'.

על בני כו' תצוני. דבר ויסעו.

פי' הואיל וכבר נגאלו והם עוסקים ליסע אחר ענן כבודו ית'. אין להם רק ליסע ולאחוז באמונה כמ"ש כדאי האמונה כו':

Dans le Midrach : 'ma colombe dans les fentes du rocher' (Cantique 2,14). Il aurait fallu dire 'colombe', etc. : 'auprès de Moi ils sont comme une colombe naïve (yona pota), mais envers les nations ils sont comme des lions', etc.

Le sujet est que l'homme d'Israël doit avoir en lui toutes les qualités (midot) pour Son Nom (béni soit-Il), comme il est enseigné dans la Michna : 'sois fort comme le léopard, léger comme l'aigle', etc. (Avot 5,20).

Bien que ce soient des qualités qui se contredisent l'une l'autre, toutes sont pour le besoin du service du Créateur (béni soit Son Nom) ; et parfois il faut user de la qualité d'audace (azout) pour combattre le Sitra A'hra. Et de même dans l'exil d'Égypte les enfants d'Israël usaient de l'aspect des lions, comme il est écrit 'car elles sont vigoureuses (hayot)' (Exode 1,19).

Mais en vérité la qualité propre aux enfants d'Israël est d'être attirés à Sa suite (béni soit-Il) comme une colombe ; et le renforcement dans l'aspect de l'audace leur vient de la force des nations, à la manière de ce qui est dit 'et un peuple sera plus fort que l'autre peuple' (Genèse 25,23). Et ainsi il est écrit 'les méchants ont dégainé l'épée', etc.

(Psaumes 37,14) ; mais par essence, aux enfants d'Israël appartient la voix et non l'épée. Et à la sortie d'Égypte il est écrit 'et armés (hamouchim) ils montèrent' (Exode 13,18) : qu'ils acquirent cette qualité en Égypte.

Et maintenant, à l'ouverture de la mer, commença à être l'essentiel du service dans l'aspect de l'annulation (bitoul) et de la foi (emouna) ; et alors 'le Nom combattra pour vous' (Exode 14,14). Et ces deux-là sont l'aspect de Yaakov (Yaakov) et d'Israël : Yaakov, du nom du combat, 'et sa main tenait', etc.

(Genèse 25,26) ; mais le nom d'Israël, c'est l'attraction à la suite du Nom (béni soit-Il), et l'annulation de toute la sagesse et de la connaissance. Et c'est pourquoi il est écrit 'pourquoi cries-tu', etc.

(Exode 14,15) - 'au sujet de Mes enfants... tu Me commandes ? Parle et qu'ils partent'.

L'explication : puisqu'ils sont déjà délivrés et qu'ils s'occupent de partir à la suite de la nuée de Sa gloire (béni soit-Il), il ne leur reste qu'à partir et à se tenir à la foi, comme il est écrit 'digne est la foi', etc.

תרנ"ו

[Année 5656 (תרנ"ו)]

בפרשת המן. ממטיר לכם לחם מה"ש כו' למען אנסנו כו'.

כי כפי מזון האדם כך זוכין לתורה. כפי קדושת המאכל.

וז"ש חז"ל לא ניתנה תורה אלא לאוכלי המן. שני' להם אוכלי תרומה.

כי גם תרומה נק' קודש. ובאמת אפילו חולין מתוקנים שניטל מהם תרומה ומעשרות נשאר בהם רושם קדושה.

ולכן אין תורה כתורת א"י. לפי שהמאכל ומזון מתוקן במצות התלויות בארץ.

ועתה בעונותינו נחסר לנו כל זה. ולכן בש"ק דאיהי סעודתא דמהימנותא זוכין יותר לתורה.

ואם לא הי' חטא העגל. היו נזונים מלחם המן כמ"ש אמרתי אלקים אתם.

וכמ"ש למען אנסנו. ולכן נשאר צנצנת המן.

למען יראו את הלחם שהיינו ראוין להיות ניזון כמה"ש. כדי שנשוב בתשובה.

ודור המדבר שזכו לשמוע דבר ה' בהר סיני. כן ניתן להם מאכל שמה"ש אוכלין.

ובמדרש פא"י ומשביע לכ"ח רצון. ע"ש המשל שאין מדת הקב"ה כמדת ב"ו.

הספוג בידו כשדוחק נוטף מים. והקב"ה מדתו בהפך ע"ש.

והענין הוא כי א"א לתחתונים לקבל השפע כמו שהקב"ה משפיע. ולכן צריך לעבור דרך צמצומים ומדריגות שונות להשתנות ממדריגה למדריגה עד שיכולין התחתונים לקבל.

וע"י הצימצום שאינו משפיע בהתגלות. עי"ז יכולין לקבל כמ"ש במד' לכל חי רצון כפי רצון של כל אחד.

פי' כ"א כפי מה שהוא כך נעשה לו צינור ודרך לקבל השפע. והקב"ה פא"י ויש מזו הפתיחה לכל ברי' כפי מדרגתו.

ולפי שכל אלה הרצוניות של ב"ו אין להם שום דמיון להיות מוכן לקבל השפע כמו שהוא. לכן צריך להיות בהתלבשות.

מול זה אמר הכתוב על בנ"י הנני ממטיר לכם לחם. כי זכו בנ"י לקבל הלחם מן השמים כמו שהוא בלי התלבשות והשתנות.

ובאמת ע"ז נאמר ופריו מתוק לחכי דייקא. כענין שאמרו כתפוח בעצי היער כו' שאין לו צל.

ומ"מ בנ"י בצילו חמדתי וישבתי. כמ"ש כמה פעמים מזה.

כמו כן במן דכ' לא ידעו מה הוא שלא הי' בציור גשמי. ואף עפ"כ בנ"י ניזונו ממנו והיא סעודתא דמהימנותא ממש:

Dans la paracha de la manne : 'Je fais pleuvoir pour vous du pain depuis les cieux', etc., 'afin de l'éprouver', etc. (Exode 16,4).

Car selon la nourriture de l'homme, ainsi mérite-t-on la Torah, selon la sainteté de l'aliment ; et c'est ce que disent nos Sages : 'la Torah ne fut donnée qu'à ceux qui mangeaient la manne ; en second, à ceux qui mangent la teroumah (prélèvement)'. Car la teroumah aussi est appelée sainte ; et en vérité même le profane (houlin) rectifié, dont on a prélevé la teroumah et les dîmes, garde en lui une trace de sainteté.

Et c'est pourquoi il n'y a pas de Torah comme la Torah de la terre d'Israël, parce que l'aliment et la nourriture y sont rectifiés par les commandements qui dépendent de la terre. Et maintenant, par nos fautes, tout cela nous manque ; c'est pourquoi au saint Chabbat, qui est le repas de la foi (seoudata di-mehemnouta), on mérite davantage la Torah.

Et n'eût été la faute du veau, ils se seraient nourris du pain de la manne, comme il est écrit 'J'ai dit : vous êtes des êtres divins (Elokim)' (Psaumes 82,6), et comme il est écrit 'afin de l'éprouver'. C'est pourquoi resta la cruche (tsintsenet) de manne, 'afin qu'ils voient le pain' dont nous étions dignes d'être nourris comme les anges du service (mal'akhei ha-charet), afin que nous revenions par le repentir (techouva).

Et la génération du désert, qui mérita d'entendre la parole du Nom au mont Sinaï, ainsi leur fut donnée la nourriture que mangent les anges du service. Et dans le Midrach : 'Il ouvre Sa main et rassasie tout vivant de faveur (ratson)' (Psaumes 145,16) - vois là parabole, que la qualité du Saint béni soit-Il n'est pas comme la qualité de la chair et du sang : l'éponge dans la main, quand on la presse, dégoutte de l'eau ; et le Saint béni soit-Il, Sa qualité est à l'inverse - vois là.

Et le sujet est qu'il est impossible aux êtres d'en-bas de recevoir l'abondance (chefa) telle que le Saint béni soit-Il la déverse ; c'est pourquoi elle doit passer par des contractions (tsimtsoumim) et divers degrés, changer de degré en degré jusqu'à ce que les êtres d'en-bas puissent recevoir. Et par la contraction, qui ne déverse pas de façon révélée, par cela ils peuvent recevoir, comme il est dit dans le Midrach 'à tout vivant faveur' - selon la faveur de chacun.

L'explication : chacun selon ce qu'il est, ainsi lui est fait un canal et une voie pour recevoir l'abondance ; et le Saint béni soit-Il ouvre Sa main, et il y a de cette ouverture pour chaque créature selon son degré. Et parce que toutes ces volontés de la chair et du sang n'ont aucune ressemblance qui les rende aptes à recevoir l'abondance telle qu'elle est, c'est pourquoi elle doit être en revêtement.

Face à cela le verset dit au sujet des enfants d'Israël 'voici Je fais pleuvoir pour vous du pain' : car les enfants d'Israël méritèrent de recevoir le pain depuis les cieux tel qu'il est, sans revêtement ni changement. Et en vérité c'est de cela qu'il est dit 'et son fruit est doux à mon palais' (Cantique 2,3), précisément, à la manière de ce qu'ils ont dit 'comme le pommier parmi les arbres de la forêt', etc., qui n'a pas d'ombre, et néanmoins les enfants d'Israël 'à son ombre j'ai désiré et je me suis assis' (Cantique 2,3), comme il est écrit plusieurs fois à ce sujet.

De même pour la manne, où il est écrit 'ils ne savaient ce qu'elle était (man hou)' (Exode 16,15), car elle n'avait pas de forme matérielle ; et malgré cela les enfants d'Israël s'en nourrirent, et c'est le repas de la foi (seoudata di-mehemnouta) au sens propre.

תרנ"ח

[Année 5658 (תרנ"ח)]

En bref

« Voici, Je vais faire pleuvoir du pain depuis les cieux, la ration de chaque jour en son jour » (Chemot 16,4). La nourriture de la terre se transforme de degré en degré et s’y mêle du déchet (pesolet). Pour le Sfat Emet, la manne vient par la force de la Torah, « arbre de vie », sans cette transformation, par le mérite de Moché. Israël, disponible pour Son service comme les anges, mangeait la manne ; le Chabbat, où se révèle l’illumination de Moché, ils méritent l’oneg Chabbat, avant-goût de la manne.

Aussi : la circoncision rend dignes du chant ; le témoignage de vive voix au Chabbat ; le pain d’Avraham et la volonté (ratson) de demander

הנני ממטיר כו' לחם מן השמים כו' דבר יום ביומו. כי המזון הבא מן הארץ הוא משתנה לכמה מדרגות כאשר ירד הגשם והשלג מה"ש כו'.

ומזה נעשה לחם לאוכל. ולכן מתערב בו פסולת.

ואיתא בזוה"ק מקץ בפסוק תוחלת ממושכה מחלת לב ע"י שנמשך מדרגא לדרגא ע"ש. זה בחי' הטבע.

אבל ועץ חיים תאוה באה. וזהו המן שבא בכח התורה.

ונק' לחם מן השמים שהוא בחי' התורה שנק' עץ חיים. לכן קיבלו דבר יום ביומו.

ולא נשתנה מדרגא לדרגא. ומעין זה הי' בא"י שנקרא ארץ צבי שממהרת לבשל פירותיה.

שהיא בכח התורה. לכן לא נשתנה כ"כ מהשורש.

וכ"כ השולח אמרתו ארץ. פי' ארץ ישראל עד מהרה ירוץ.

אך המן לא הי' בו שום שינוי. וזה הי' בזכות משה כדאיתא בגמרא.

ומשה רבינו שורש התורה ועץ חיים. והנה כ' מלא העומר כו' למשמרת שנשאר ממנו זכר.

ובשבת שמתגלה הארת מרע"ה. נתגלה טעם מן.

ואיתא לחם שמלאכי השרת אוכלין. דהמלאכים מיוחדים רק לשליחות הבורא יתברך לכן ניזונין מאתו ית'.

כי מלכותא דארעא כמלכותא דרקיע. וכמו שהמלך נותן מזונות לאנשי חילו כן בנ"י המיוחדים לתורת ה' כפי מה שעוסקין בו כך נמשך המזון שלהם.

ולפי שבמדבר היו פנוין לגמרי לעבודתו ית"ש בלי עסק אחר ונדמו למלאכים. אכלו המן.

ומעין זה בש"ק ששובתין בנ"י מכל מלאכה ועוסקין בתורה זוכין לעונג שבת שהוא מעין המן ובמ"א כתבתי עוד מזה:

'Voici, Je vais faire pleuvoir... du pain depuis les cieux... la ration de chaque jour en son jour' (Exode 16,4). Car la nourriture qui vient de la terre se transforme à travers de nombreux degrés : lorsque descendent la pluie et la neige depuis les cieux etc., il s'en fait du pain à manger, et c'est pourquoi s'y mêle du déchet (pesolet).

Il est enseigné dans le Zohar (Mikets), sur le verset 'un espoir diffère rend le cœur malade' (Proverbes 13,12), que c'est parce que la chose s'étire de degré en degré - vois là-bas. Ceci relève de la nature.

Mais 'un arbre de vie, c'est un désir qui advient' (Proverbes 13,12) : telle est la manne, qui vient par la force de la Torah. Elle est appelée 'pain des cieux', car elle relève de la Torah qui est appelée 'arbre de vie'.

C'est pourquoi ils la recevaient comme ration de chaque jour en son jour, et elle ne se transformait pas de degré en degré. Quelque chose de semblable existait en Terre d'Israël, appelée 'terre du cerf' (erets tsvi) parce qu'elle se hâte de mûrir ses fruits : car elle agit par la force de la Torah, aussi ne se transforme-t-elle pas tant que cela depuis sa racine.

Ainsi est-il écrit : 'Il envoie sa parole sur la terre' (Psaumes 147,15) - explication : la Terre d'Israël, 'bien vite court sa parole'. Mais la manne, elle, ne comportait aucune transformation.

Cela advint par le mérite de Moché, comme il est enseigné dans la Guemara ; et Moché notre maître est la racine de la Torah et l'arbre de vie. Or il est écrit : 'Emplis-en le omer... en garde' (Exode 16,32-33), afin qu'il en reste un souvenir.

Et le Chabbat, où se révèle l'illumination de Moché notre maître, se révélait le goût de la manne. Il est enseigné que c'est 'le pain que mangent les anges serviteurs'.

Car les anges sont voués uniquement à la mission du Créateur béni soit-Il, aussi sont-ils nourris par Lui ; car 'la royauté d'en bas est comme la royauté d'en haut'. Et de même que le roi donne les vivres aux gens de son armée, ainsi Israël, voué à la Torah de ה', selon ce à quoi ils s'appliquent, ainsi découle leur nourriture.

Et parce que dans le désert ils étaient entièrement disponibles pour Son service, sans autre occupation, et ressemblaient aux anges, ils mangeaient la manne. Quelque chose de semblable à lieu le saint Chabbat, où Israël se repose de tout travail et s'applique à la Torah : ils méritent le délice du Chabbat (oneg Chabbat) qui est comme un avant-goût de la manne.

Et j'ai encore écrit ailleurs à ce sujet.

תרנ"ט

[תרנ״ט]

במדרש אז ישיר. הה"ד ויעלני מבור שאון כו' ויתן בפי שיר כו'.

משל לאשה שהיתה נדה והשלימה ימי נדותה וטבלה ושפחה מעידה בה. כן המילה מעידה בנו שנאים לומר שירה.

השירה הזאת אין זאת אלא מילה דכ' זאת בריתי אשר תשמרו. דהנה בנ"י נבראו להעיד ולזמר גבורת הבורא.

דכ' עם זו יצרתי לי תהלתי יספרו. אבל בירור צורת איש הישראלי הוא בכח המילה והסרת הערלה ואז נקראו עם זו.

ובמד' ויאמינו אז ישיר עתידין ישראל לומר שירה לעתיד לבא דכתיב שירו לה' שיר חדש. ובאיזה זכות אומרים שירה בזכות אמונה.

תשורי מראש אמנה כו'. פי' כי עיקר השירה היא לעתיד כמ"ש ישמח ה' במעשיו עתיד לשמוח.

כי בעוד שיש תערובות רע בעולם. אין השירה בשלימות.

כי עיקר פי' שירה הוא הבירור בשלימות כמו שעשה האלקים את האדם ישר. אבל בנ"י בכח האמונה יכולין למציא הארת השירה גם בעוה"ז.

ובזכות אמונה הם נמשכים אחר הקב"ה. כמ"ש וצדיק באמונתו יחי'.

והמילה מעידה על בנ"י שהם בני עוה"ב כמ"ש ועמך כולם צדיקים. וחותם המילה הוא היו"ד שהוא ע"ש העתיד כמ"ש רש"י ישיר לעתיד כי יו"ד ע"ש המחשבה נאמרה.

וכ' ואתם עדי נאום ה' ואני אל. ס"ת מילה.

כי זה החותם שנתן הקב"ה באיש ישראל ובכח זה הוא יכול להעיד על הבורא עדות אמת. אמת הוא שאין לו השתנות והחותם של המילה הוא שהם זרע אמת בלי השתנות.

ולכן נק' זאת שהוא בלי השתנות. וכן עם זו.

ובעוה"ז דערלה שליט ומחפיא על ברית. אין העדות בשלימות.

רק לזמנים כשיש גאולה מתגלה ומאיר הארת ברית קודש. וזה שמדמה לאשה.

שלפעמים טהורה ופעמים היא נדה. ולכן אמרו במדרש כי בעוה"ז שירה חדשה לשון נקיבה שחוזרת ומתעברת כו'.

ולעתיד יהי' שיר חדש. ליום שכולו שבת.

ויתברר העדות על הש"י בשלימות:

Dans le Midrach sur 'Alors chanta' (az yachir) : c'est ce qui est écrit 'Il m'a fait remonter de la fosse du fracas... et Il a mis dans ma bouche un chant...' (Psaumes 40,3-4). Une parabole : une femme était nidda (impure de ses règles), acheva ses jours d'impureté, s'immergea au bain rituel, et la servante en témoigne.

De même la circoncision témoigne en nous que nous sommes dignes de dire le chant. Ce chant-là n'est autre que la circoncision, car il est écrit 'Ceci (zot) est Mon alliance que vous garderez' (Genèse 17,10).

Car voici, Israël a été créé pour témoigner et chanter la puissance du Créateur, comme il est écrit 'Ce peuple que Je Me suis formé, ils raconteront Ma louange' (Isaie 43,21). Mais l'affinement de la forme de l'homme d'Israël se fait par la force de la circoncision et le retrait du prépuce (orla), et alors ils sont appelés 'ce peuple'.

Et dans le Midrach 'et ils crurent... alors chanta' : Israël est destiné à dire un chant dans le monde à venir, comme il est écrit 'Chantez à ה' un chant nouveau' (Psaumes 96,1). Et par quel mérite disent-ils le chant ?

Par le mérite de la foi (emouna) : 'Tu regarderas depuis le sommet d'Amana...' (Cantique 4,8). Explication : car l'essentiel du chant est pour l'avenir, comme il est dit 'le Nom se réjouira de Ses œuvres' (Psaumes 104,31) - Il se réjouira dans l'avenir.

Car tant qu'il y a un mélange de mal dans le monde, le chant n'est pas dans sa plénitude ; car l'essentiel du sens du 'chant' est l'affinement dans la plénitude, comme 'Dieu a fait l'homme droit' (Ecclésiaste 7,29). Mais Israël, par la force de la foi, peut trouver l'illumination du chant même en ce monde-ci.

Et par le mérite de la foi ils sont attirés à la suite du Saint béni soit-Il, comme il est dit 'et le juste vivra par sa foi' (Habacuc 2,4). Et la circoncision témoigne sur Israël qu'ils sont fils du monde à venir, comme il est dit 'et ton peuple, tous des justes' (Isaie 60,21).

Et le sceau de la circoncision est le youd, qui se rapporte à l'avenir, comme l'écrit Rachi : 'yachir' (chantera) au futur, car le youd est dit en rapport avec la pensée. Et il est écrit 'et vous êtes Mes témoins, dit le Nom, et Moi Dieu' (Isaie 43,12) - dont les lettres finales (sofei tevot) forment milah (circoncision).

Car tel est le sceau que le Saint béni soit-Il a placé dans l'homme d'Israël, et par sa force il peut témoigner sur le Créateur un témoignage de vérité. La vérité est ce qui n'a pas de transformation, et le sceau de la circoncision est qu'ils sont une semence de vérité sans transformation.

C'est pourquoi elle est appelée 'zot' (ceci), qui est sans transformation ; de même 'ce peuple' (am zou). Or en ce monde-ci, où le prépuce (orla) domine et recouvre l'alliance, le témoignage n'est pas dans sa plénitude ; ce n'est qu'à certains moments, lorsqu'il y a délivrance, que se révèle et rayonne l'illumination de l'alliance sainte.

Et c'est cela qu'on compare à la femme, qui parfois est pure et parfois est nidda. C'est pourquoi ils ont dit dans le Midrach que, en ce monde-ci, 'chant nouveau' (chira hadacha) est au féminin, car le monde revient et enfante de nouveau etc. ; mais dans l'avenir ce sera un 'chant nouveau' (chir hadach, au masculin), pour le jour qui est entièrement Chabbat, et le témoignage sur le Nom sera affiné dans sa plénitude.

עוד במדרש ויאמינו בה' אז ישיר. הה"ד נודע ה' משפט עשה.

ששילם למצרים מדה במדה. בפועל כפיו נוקש רשע.

לכן הגיון סלה. ע"ש.

פי' כי האמונה זו הי' לדורות ע"י שראו משפט ה' בפועל כפיו נוקש שכל מה שעשו המצריים הכל הי' הכנה למוקש ומפלה שלהם. וזה נודע ה' שנודע עתה שכל הגלות והשיעבודים ששיעבדו עמנו.

הי' הכל הנהגה מאת ה'. א"כ הגיון סלה.

ויש לנו להודות לה' בכל עת אפי' בעת צרה וגלות. ולהאמין כי הכל הכנה מאתו ית"ש.

ומזה נתברר לבנ"י על הים האמונה בשלימות. אז ישיר ויאמרו לאמר לדורות:

Encore, dans le Midrach sur 'et ils crurent en ה', alors chanta' : c'est ce qui est écrit 'le Nom s'est fait connaître, Il a rendu justice ; dans l'œuvre de ses mains le méchant est pris au piège - c'est pourquoi, méditation, sela' (Psaumes 9,17) - vois là-bas. Explication : cette foi fut pour les générations, du fait qu'ils virent la justice de ה' : 'dans l'œuvre de ses mains le méchant est pris au piège', c'est-à-dire que tout ce que firent les Égyptiens n'était qu'une préparation à leur propre piège et à leur chute.

Et cela : 'le Nom s'est fait connaître' - car il s'est fait connaître maintenant que tout l'exil et les asservissements par lesquels ils nous ont asservis, tout était une conduite venant de ה'. Si tel est le cas, 'méditation, sela' : il nous incombe de rendre grâce à ה' en tout temps, même au temps de la détresse et de l'exil, et de croire que tout est préparation venant de Lui.

De cela, la foi s'affina pour Israël sur la mer, dans sa plénitude : 'alors chanta... et ils dirent, disant (lemor)' - pour les générations.

תר"ס

[תר״ס]

בפרשת המן הנני ממטיר לכם לחם מן השמים. איתא המן בזכות משה.

כי המזון הבא מן הארץ הוא ע"י שינוים ומורכבים מדומם וצומח. אבל המן הוא השפע הבא מן השמים בלי שינוי.

וכן הוא בחי' מרע"ה משה משה בלי פסיק כדאיתא בזוה"ק מיומא דאתיליד שרתה עמו שכינה. וז"ש כזרע גד לבן כי לבן הוא בלי שינוי גוונין וכן איתא במרע"ה ששימש בחלוק לבן.

ולכן מתיחס אל השמים כי צבא השמים אין מקבלים שינוי. ולכן נק' עומדין.

ובנ"י אחר יצ"מ נעשו כמלאכים שאין מקבלין שינוי. וזה עיקר יצ"מ לצאת משיעבוד הגוף.

שעיקר השינוים באים מן הגוף. וכ"כ אמרתי אלקים אתם כו'.

אכן כאדם תמותון. כי כל השתנות בכלל מיתה כי עצם החיים אינו מקבל שינוי.

ולכן דרשו לחם אבירים שנבלע באיברים. שגם אחר אכילה לא נשתנה המן להיות פסולת ככל מאכל ונבלע כמו שהוא.

ולכן אחר שנפלו בנ"י ממדריגתם טפלו על המן שהוא לבן. לפי שנעשו בני השתנות ויצאו מבחי' לבן הנ"ל.

ואיתא במדרש ויקרא בפסוק עמל אדם לפיהו וגם הנפש לא תמלא. משל לעירוני שנשא בת מלכים אפילו מאכילה כל מעדני עולם אינו יוצא ידי חובתה לפי שהיא בת מלכים.

כמו כן הנפש שהיא מלמעלה לא תמלא. אבל בנ"י אחר יצ"מ כ' אנכי כו' המעלך מארץ מצרים הרחב פיך ואמלאהו.

שניתן להם לחם מן השמים. ותמלא הנפש שהיא מן העליונים.

וע"ד הרמז משל המדרש אפילו מאכילה מעדני עולם כו'. פי' אפי' היגעים בעבודת הבורא בחכמה האנושית כמו שהי' קודם קבלת התורה.

מ"מ הנפש לא תמלא. חוץ בנ"י שקיבלו התורה מן השמים יכולין לפרנס הנפש בשלימות.

לכן נקראו בנ"י השולמית. וכ' בתורה כל נתיבותי' שלום.

והוא עיקר הלחם מן השמים:

Dans la section de la manne : 'Voici, Je vais faire pleuvoir pour vous du pain depuis les cieux' (Exode 16,4). Il est enseigné que la manne fut par le mérite de Moché.

Car la nourriture qui vient de la terre se fait par des transformations et des compositions de minéral et de végétal ; mais la manne est l'abondance (chefa) qui vient des cieux sans transformation. De même il en est de Moché notre maître : 'Moché, Moché' sans séparation (sans trait de cantillation qui sépare), comme il est enseigné dans le Zohar : depuis le jour de sa naissance la Chekhina reposa sur lui.

Et c'est ce qui est dit 'comme une graine de coriandre (gad), blanche' (Exode 16,31) : car le blanc est sans variation de couleurs, et de même il est enseigné au sujet de Moché notre maître qu'il officiait en tunique blanche. C'est pourquoi elle se rapporte aux cieux, car l'armée des cieux ne reçoit pas de transformation ; c'est pourquoi ils sont appelés 'ceux qui se tiennent debout' (omdim).

Et Israël, après la sortie d'Égypte, devinrent comme des anges qui ne reçoivent pas de transformation. Et c'est l'essentiel de la sortie d'Égypte : sortir de l'asservissement du corps, car l'essentiel des transformations vient du corps.

Ainsi est-il écrit 'J'ai dit : vous êtes des êtres divins (elokim)... cependant vous mourrez comme un homme' (Psaumes 82,6-7) : car toute transformation entre dans la catégorie de la mort, car l'essence de la vie ne reçoit pas de transformation. C'est pourquoi ils ont expliqué 'pain des puissants' (le'hem abirim) : qui est absorbé dans les membres (evarim), car même après l'ingestion la manne ne se transformait pas en déchet comme toute nourriture, mais était absorbée telle quelle.

C'est pourquoi, après qu'Israël fut tombé de son niveau, ils dénigrèrent la manne qui est blanche, parce qu'ils étaient devenus des êtres de transformation et étaient sortis de l'aspect 'blanc' mentionné. Et il est enseigné dans le Midrach Vayikra sur le verset 'le labeur de l'homme est pour sa bouche, et pourtant l'âme ne se rassasie pas' (Ecclésiaste 6,7) : une parabole à propos d'un homme de la campagne qui épousa une fille de rois - même s'il la nourrit de tous les délices du monde, il ne s'acquitte pas de son devoir envers elle, car elle est fille de rois.

De même l'âme, qui est d'en haut, ne se rassasie pas. Mais pour Israël, après la sortie d'Égypte, il est écrit 'Je suis... qui te fais monter du pays d'Égypte, élargis ta bouche et Je l'emplirai' (Psaumes 81,11) : car il leur fut donné un pain venant des cieux, et l'âme, qui est des êtres d'en haut, se rassasie.

Et par voie d'allusion (remez), la parabole du Midrach 'même s'il la nourrit des délices du monde etc.' : explication - même ceux qui peinent au service du Créateur par la sagesse humaine, comme c'était avant le don de la Torah, malgré tout l'âme ne se rassasie pas ; à l'exception d'Israël, qui reçut la Torah depuis les cieux et peut sustenter l'âme dans sa plénitude. C'est pourquoi Israël est appelé 'la Choulamite' (Cantique 7,1), et il est écrit dans la Torah 'tous ses sentiers sont paix (chalom)' (Proverbes 3,17) ; et c'est cela l'essentiel du pain venu des cieux.

תרס"א

[תרס״א]

אז ישיר משה כו'. פי' אחר יצ"מ נעשו בנ"י כלים להעיד על הבורא.

כמ"ש עם זו כו' תהלתי יספרו. ובמדרש ויעלני מבור שאון כו' ויתן בפי שיר חדש.

פי' חדש שהוא לעולם בכח התחדשות. וא"י להיות נשכח מנפשות בנ"י.

ולא לחנם קבעו לומר השירה בכל יום. וזו האמונה שהאמינו בנ"י כי הישועה הוא לדורות כמ"ש ויהי לי לישועה א' חז"ל הי' לי ויהי' לי לעתיד.

וזו השירה והדבקות הי' נטוע בנפשות בנ"י מעולם. אך קודם יצ"מ לא היו יכולין להוציאו מכח אל הפועל.

ואחר יצ"מ נתגלה זו התשוקה. וע"ז כ' נפשנו כצפור נמלטה.

שהי' הרצון נאסר במצרים כענין שכ' הוציאה ממסגר נפשי להודות. וכן בכל ש"ק יש גאולה וחירות לזה הנפש והרצון.

לכן הוא זכר ליציאת מצרים. ולכן טוב להודות לה' בשיר ליום השבת:

'Alors chanta Moché...' (Exode 15,1). Explication : après la sortie d'Égypte, Israël devint des réceptacles (kelim) pour témoigner sur le Créateur, comme il est dit 'Ce peuple... ils raconteront Ma louange' (Isaie 43,21).

Et dans le Midrach : 'Il m'a fait remonter de la fosse du fracas... et Il a mis dans ma bouche un chant nouveau' (Psaumes 40,3-4). Explication de 'nouveau' : qu'il est éternel, par la force du renouvellement, et il ne peut être oublié des âmes d'Israël.

Et ce n'est pas en vain qu'ils ont institué de dire le chant chaque jour. Et telle est la foi qu'a eue Israël : que le salut est pour les générations, comme il est dit 'et Il a été pour moi un salut' (Exode 15,2) - nos maîtres de mémoire bénie disent : 'Il a été pour moi' et 'Il sera pour moi' dans l'avenir.

Et ce chant et cet attachement étaient plantés dans les âmes d'Israël depuis toujours ; mais avant la sortie d'Égypte ils ne pouvaient le faire passer de la puissance à l'acte, et après la sortie d'Égypte ce désir se révéla. À ce sujet il est écrit 'notre âme, comme un oiseau, s'est échappée' (Psaumes 124,7) : car la volonté était emprisonnée en Égypte, dans le sens de ce qui est écrit 'fais sortir mon âme de la prison pour rendre grâce' (Psaumes 142,8).

De même, chaque saint Chabbat il y a délivrance et liberté pour cette âme et cette volonté ; c'est pourquoi il est un rappel de la sortie d'Égypte. Et c'est pourquoi 'il est bon de rendre grâce à ה'... pour le jour du Chabbat' (Psaumes 92,1-2).

ובמדרש נכון כסאך מאז. מאז ישיר כו'.

דהנה כל מה שברא הקב"ה לכבודו ברא. למענהו לעדותו.

ובאמת כל הבריאה עדות על הבורא ית"ש. אבל הם ברמיזה בלבד.

אבל אדם המדבר הוא עיקר העדות שמעיד בפה על הבורא שברא אותו ואת כל הברואים. ובמדרש בראשית יקוו המים כו' משל למלך שהושיב אלמים תוך פלטין שלו.

והיו מעידין עליו ברמיזה ע"ש. והמדבר הוא מיוחד ביותר להעדות.

אבל הרשעים חוטאין עוד בזה הכח כמ"ש שם המד' שהחזיקו בפלטין ואמרו שלנו הוא. ובנ"י ביצ"מ הוציאו זה העדות מכח אל הפועל.

לכן נעשה להם ים ליבשה שהישוב בעולם הי' כדי להעיד עליו בפה כמדרש הנ"ל שמקודם הי' מים במים והיו מרמזין עליו אמר המלך כשיהיו פקחין על אחת כמה וכמה. ולכן עשה הישוב.

והי' הכוונה על בנ"י שהמה המבררין תכלית הבריאה. וכ"כ השמים מספרים כבוד אל כו' אין אומר ואין דברים.

רק הכל ברמיזה. והם רק לעורר אדם המדבר שיעיד עדותו.

כמ"ש יום ליום יביע אומר שמעיר את האדם להעיד על הבורא. וכמו כן הוא בזמן.

ששת ימי בראשית ברמיזה כמ"ש ימי המעשה יהי' סגור. ויום השבת הוא עדות בהתגלות כמ"ש ויום השביעי משבח ואומר.

ובמדרש ויכלו עד ויכלו כבוד אלקים הסתר דבר ומויכלו ואילך כבוד מלכים חקור דבר. שבשבת מתגלה זה העדות בפה כמ"ש השבת וישראל מעידין זה על זה:

Et dans le Midrach : 'Ton trône est établi depuis lors (me-az)' (Psaumes 93,2) - 'depuis lors (me-az) chantera' etc. Car voici, tout ce que le Saint béni soit-Il a créé, Il l'a créé pour Sa gloire, pour Lui-même, pour Son témoignage.

Et en vérité toute la création est un témoignage sur le Créateur béni soit-Il, mais les créatures ne le sont que par allusion. Or l'homme, l'être parlant, est l'essentiel du témoignage, car il témoigne de vive voix sur le Créateur qui l'a créé, lui et toutes les créatures.

Et dans le Midrach Berechit sur 'que les eaux se rassemblent...' (Genèse 1,9) : une parabole à propos d'un roi qui installa des muets à l'intérieur de son palais, et ils témoignaient sur lui par allusion - vois là-bas. Et l'être parlant est particulièrement voué au témoignage.

Mais les méchants pèchent encore par cette faculté, comme le dit là-bas le Midrach : qu'ils s'emparèrent du palais et dirent 'il est à nous'. Et Israël, lors de la sortie d'Égypte, fit passer ce témoignage de la puissance à l'acte ; c'est pourquoi la mer devint pour eux terre sèche : car le peuplement du monde n'existe que pour témoigner sur Lui de vive voix, comme dans le Midrach mentionné, où auparavant c'était 'de l'eau dans de l'eau' et les eaux Lui faisaient allusion ; le roi dit : lorsqu'il y aura des êtres clairvoyants, à plus forte raison.

C'est pourquoi Il fit le peuplement, et l'intention portait sur Israël, qui sont ceux qui affinent le but de la création. Ainsi est-il écrit 'les cieux racontent la gloire de Dieu... point de parole et point de mots' (Psaumes 19,2-4) : mais tout est par allusion, et les cieux ne servent qu'à éveiller l'homme parlant pour qu'il rende son témoignage, comme il est dit 'le jour au jour épanche la parole' (Psaumes 19,3) - qui éveille l'homme à témoigner sur le Créateur.

Et il en est de même dans le temps : les six jours de la Genèse sont par allusion, comme il est dit 'les jours ouvrables il sera fermé' (Ezechiel 46,1) ; et le jour du Chabbat est un témoignage manifeste, comme il est dit 'et le septième jour loue et dit'. Et dans le Midrach : depuis 'Vayekhoulou' (et furent achevés) jusqu'à 'Vayekhoulou', 'la gloire de Dieu est de celer une chose' (Proverbes 25,2), et depuis 'Vayekhoulou' et au-delà, 'la gloire des rois est de scruter une chose' - car le Chabbat ce témoignage se révèle de vive voix, comme il est dit 'le Chabbat et Israël se témoignent l'un sur l'autre'.

תרס"ב - תרס"ג

[תרס״ב - תרס״ג]

מפרשת המן. איתא במדרש שזכו בנ"י אל המן בזכות שהאכיל א"א ע"ה לחם אל מה"ש.

באלוש ניתנה להם בזכות לושי ועשי עוגות. הרמז הוא כי זכו ונזדככו נפשות בנ"י להיות ניזונין מלחם שמלאכי השרת ניזונים בו בזכות אברהם שנזדכך כ"כ שהכין לחם למלאכים.

כמ"ש והוא עומד עליהם כו' ויאכלו. שכל כך היו מעשי האבות בקדושה והשכינה שורה במעשי ידיהם.

לכן אכלו המלאכים הלחם שלו. וכ' לכו לחמו בלחמי.

שיש לחם מן הארץ הם התיקונים שצדיקים מתקנים בעוה"ז. ויש להם עלי' למעלה.

וכמו כן הלחם יורד להם מן השמים. ולכן בשבת לחם משנה רומז על ב' לחם.

כדאיתא בזוה"ק ביני ובין בנ"י שסעודת שבת מתענגים בו עליונים ותחתונים ע"ש פ' ויקהל:

De la section de la manne. Il est enseigné dans le Midrach qu'Israël mérita la manne par le mérite d'Abraham notre père, la paix sur lui, qui donna du pain aux anges serviteurs.

À Alouch elle leur fut donnée par le mérite de 'pétris (lochi) et fais des gâteaux' (Genèse 18,6). L'allusion est que les âmes d'Israël méritèrent et se raffinèrent au point d'être nourries du pain dont se nourrissent les anges serviteurs, par le mérite d'Abraham qui se raffina au point de préparer du pain pour les anges, comme il est dit 'et il se tenait au-dessus d'eux... et ils mangèrent' (Genèse 18,8).

Car les actes des Patriarches étaient tellement empreints de sainteté que la Chekhina reposait sur l'œuvre de leurs mains ; c'est pourquoi les anges mangèrent son pain. Et il est écrit 'venez, mangez de mon pain' (Proverbes 9,5) : il y a un pain venu de la terre - ce sont les réparations (tikounim) que les justes accomplissent en ce monde-ci, et elles ont une élévation vers le haut ; et de même un pain descend vers eux depuis les cieux.

C'est pourquoi le Chabbat le 'pain double' (le'hem michne) fait allusion aux deux pains, comme il est enseigné dans le Zohar 'entre Moi et Israël' : car du repas du Chabbat se délectent les êtres d'en haut et ceux d'en bas - vois la section Vayakhel.

ובמדרש פותח את ידך ומשביע לכל חי רצון לכל א' לפי מה שמבקש ע"ש. ובוודאי הי' תשוקת בנ"י אל השמים ולכן ניתן להם לחם מן השמים ומקודם כ' עיני כל כו' נותן להם כו' אכלם.

כי הקב"ה מכין מזון לכל בריותיו. אבל לבנ"י ניתן להם הרצון לידע מה לבקש.

וזה הרצון הוא הכלי שיוכלו לקבל אח"כ המזון כפי המבוקש. וזה הוא ברכת השבת שכ' בזוה"ק דכלהו ברכאין תלי' בי'.

פי' שבימי המעשה נותן אכלם בעתם. ובש"ק נפתח השער הפנימי.

והוא נותן הרצון בנפשות בנ"י כמ"ש המענג את השבת נותנין לו משאלות לבו. וזה שורש הברכות כיון שהקב"ה משביע לכל א' כפי מה שמבקש.

ז"ש בשבת ורצה בנו ושבת קדשו הנחילנו:

Et dans le Midrach : 'Tu ouvres Ta main et Tu rassasies tout vivant de faveur (ratson)' (Psaumes 145,16) - pour chacun selon ce qu'il demande, vois là-bas. Et assurément le désir d'Israël se portait vers les cieux, c'est pourquoi il leur fut donné un pain venu des cieux ; et auparavant il est écrit 'les yeux de tous...

Tu leur donnes... leur nourriture' (Psaumes 145,15) : car le Saint béni soit-Il prépare la nourriture pour toutes Ses créatures. Mais à Israël fut donnée la volonté (ratson) de savoir quoi demander ; et cette volonté est le réceptacle (kli) par lequel ils peuvent ensuite recevoir la nourriture selon ce qui est demandé.

Et c'est la bénédiction du Chabbat, dont il est dit dans le Zohar que toutes les bénédictions dépendent de lui. Explication : dans les jours ouvrables Il donne leur nourriture en son temps, mais le saint Chabbat s'ouvre la porte intérieure et Il place la volonté dans les âmes d'Israël, comme il est dit 'à celui qui fait du Chabbat ses délices, on lui donne les demandes de son cœur'.

Et c'est la racine des bénédictions, puisque le Saint béni soit-Il rassasie chacun selon ce qu'il demande. C'est ce qu'on dit au Chabbat : 'et Il a pris plaisir en nous, et Il nous a donné en héritage Son saint Chabbat'.

בפסוק ויאמרו איש א"א מן הוא כי לא ידעו מה כו'. ויאמר משה אליהם הוא הלחם כו'.

פי' זה עצמו שלא ידעו מה הוא. הוא הלחם אשר צוה ה'.

כי תכלית הידיעה שלא נדע. שכך הי' כל תהלוכות בנ"י במדבר.

לכתך אחרי כו' בארץ לא זרועה. וע"ז אמרו כבהמה נמשכנו אחריך.

אדם ובהמה תושיע. דרשו חז"ל ערומין בדעת כאדם ומשימין עצמן כבהמה:

Sur le verset 'et ils dirent, chacun à son frère : man hou (qu'est-ce ?), car ils ne savaient pas ce que c'était...' ; 'et Moché leur dit : c'est le pain...' (Exode 16,15). Explication : cela même, qu'ils ne savaient pas ce que c'était, c'est 'le pain qu'a ordonné le Nom'.

Car le but du savoir est de ne pas savoir. Ainsi étaient toutes les démarches d'Israël dans le désert : 'ton aller à Ma suite... dans une terre non ensemencée' (Jérémie 2,2).

À ce sujet ils ont dit : 'comme une bête nous nous sommes laissé entraîner à Ta suite' ; 'homme et bête Tu sauves' (Psaumes 36,7) - nos maîtres de mémoire bénie ont expliqué : rusés en connaissance comme l'homme, et se faisant eux-mêmes comme la bête.

תרס"ד

[תרס״ד]

אז ישיר כו' ויאמרו לאמר. דכ' מי ימלל גבורות ה' ישמיע כל תהלתו.

דרשו חז"ל למי נאה להלל. למי שיכול להשמיע כל תהלתו.

ואיך יתכן זאת. רק ברוח הקודש.

כמו השירה זו על הים שנאמרה ברוה"ק. ובזה נתקיים אנכי כו' המעלך מארץ מצרים הרחב פיך ואמלאהו.

דכ"ב אותיות התורה אין להם סוף וחקר. שבהם נבראו כל עליונים ותחתונים.

והם מתרחבים עדי עד. ועיקר הסודות בפנימיות האותיות ומלואיהם שאין להם סוף.

וז"ש בכל פרשה בתורה וידבר כו' לאמר. פי' שאלה הדברים יתפרשו לצירופים וצרופי צירופים עד אין תכלית.

זה לאמר שמפרשה זו יוצא פרשה אחרת ואחרת עד אין סוף. וכן כתיב בשירה זו ויאמרו לאמר.

לפי שהי' ברוה"ק. ונעשה מזה פרשה בתורה.

וכבר כתבנו כמו שכ' בפ' ויחי שהיא פרשה סתומה שהתחיל השיעבוד. מול זה השירה אחר הגאולה.

שיש הפסק בין כל דיבור ודיבור. שהפסקות משמשות ליתן ריוח להתבונן בין פרשה לפרשה.

ולפי שבגלות נסתמו עיניהם ולבם של ישראל. הפרשה סתומה.

וכשנגאלו נפתחו עיניהם ולבן של ישראל. וכמו כן נפתח להם הפרשיות שבתורה.

וזה הרחב פיך ואמלאהו. הוא רומז למילוי ופנימיות סודות הגנוזין בהאותיות.

וע"ז כ' עם זו יצרתי לי תהלתי יספרו. שניתן להם כח להשמיע כל תהלתו:

'Alors chanta... et ils dirent, disant (lemor)'. Car il est écrit 'qui dira les puissances de ה', fera entendre toute Sa louange' (Psaumes 106,2).

Nos maîtres de mémoire bénie ont expliqué : à qui sied-il de louer ? À celui qui peut faire entendre toute Sa louange.

Et comment cela est-il possible ? Uniquement par l'esprit saint (roua'h ha-kodech), comme ce chant sur la mer qui fut dit par l'esprit saint.

Et par cela s'accomplit 'Je suis... qui te fais monter du pays d'Égypte, élargis ta bouche et Je l'emplirai' (Psaumes 81,11). Car les vingt-deux lettres de la Torah n'ont ni fin ni investigation, par elles furent créés tous les êtres d'en haut et d'en bas, et elles s'élargissent à l'infini.

Et l'essentiel des secrets est dans l'intériorité des lettres et dans leur plénitude (miloui), qui n'ont pas de fin. Et c'est ce qui est dit dans chaque section de la Torah : 'et Il parla... disant (lemor)'.

Explication : que ces paroles se déploient en combinaisons (tseroufim) et en combinaisons de combinaisons à l'infini ; c'est cela 'lemor' (disant) : que de cette section sort une autre section, et une autre, sans fin. De même il est écrit dans ce chant 'et ils dirent, disant (lemor)', parce que ce fut par l'esprit saint, et il en est résulte une section de la Torah.

Et nous avons déjà écrit, comme il est écrit à propos de la section Vayehi qui est une section 'fermée' (setouma), qu'y commença l'asservissement ; face à cela, ce chant vient après la délivrance, où il y a une séparation entre chaque parole - car les séparations servent à donner un espace pour méditer entre une section et une autre. Et parce qu'en exil les yeux et le cœur d'Israël étaient bouchés, la section est fermée ; et lorsqu'ils furent délivrés, les yeux et le cœur d'Israël s'ouvrirent, et de même s'ouvrirent pour eux les sections de la Torah.

Et c'est 'élargis ta bouche et Je l'emplirai' : cela fait allusion à la plénitude (miloui) et à l'intériorité des secrets cachés dans les lettres. À ce sujet il est écrit 'ce peuple que Je Me suis formé, ils raconteront Ma louange' (Isaie 43,21) : car il leur fut donné la force de faire entendre toute Sa louange.

כתיב ויאמינו בדבריו ישירו תהלתו. שע"י ויאמינו.

באו אל השירה. שנמשכו אחר דברי אלקים חיים וזכו לראות פנימיות הדברים.

ומעין זה בש"ק שנק' סהדותא. וכל השובת בש"ק מאמין בבורא עולם.

וכמו כן תלת סעודתי דמהימנותא שזוכין לאמונה בש"ק. לכן בשבת כ' טוב להודות לה'.

וגם בו מתקיים הרחב פיך ואמלאהו שהוא נחלה בלי מצרים. וזכר ליצ"מ.

ונפתח בו פיהם של ישראל ורוה"ק ע"י הנשמה יתירה:

Il est écrit 'et ils crurent en Ses paroles, ils chantèrent Sa louange' (Psaumes 106,12) : car par 'et ils crurent' ils parvinrent au chant, car ils furent attirés à la suite des paroles du Dieu vivant et méritèrent de voir l'intériorité des choses. Et quelque chose de semblable à lieu le saint Chabbat, qui est appelé 'témoignage' (sahadouta) ; et quiconque se repose le saint Chabbat croit au Créateur du monde.

De même les trois repas 'de la foi' (di-mehemnouta), par lesquels on mérite la foi le saint Chabbat. C'est pourquoi au Chabbat il est écrit 'il est bon de rendre grâce à ה'' (Psaumes 92,2).

Et en lui aussi s'accomplit 'élargis ta bouche et Je l'emplirai', qui est un héritage sans limites (na'hala beli metsarim), et un rappel de la sortie d'Égypte ; et en lui s'ouvre la bouche d'Israël et l'esprit saint, par l'âme supplémentaire (nechama yetera).

En bref

« Je chanterai à Hachem, car Il s'est hautement élevé » (Chemot 15,1). Selon le Sfat Emet, le Saint béni soit-Il s'exalte au-dessus de tout aspect de la geout (hauteur, exaltation), car toute geout est vile et néant au regard de Son élévation. Pour Israël Il s'est contracté afin de créer les mondes et, pour ainsi dire, de recevoir geout des créatures. L'homme doit connaître les deux aspects : qu'Il est séparé de cette geout, et qu'Il dirige et veille sur tout, plus loin que tout lointain et plus proche que tout proche. « Ki gaoh gaah » s'entend « cependant » : bien qu'Il soit élevé au-dessus de la geout, néanmoins « je chanterai à Hachem », car les deux sont vrais.

Aussi : le témoignage quotidien « Hachem est Un » ; le Alef pour le Caché ; le 'Het et le Dalet pour les quatre directions, l'air et les sept firmaments, et l'on abrège le Alef et prolonge le Dalet

אשירה לה' כי גאה גאה. גיאות הוא התרוממות.

ובוודאי הקב"ה רם ונשא ומתגאה על כל. אבל כמו גודל התנשאות הקב"ה על כל.

כמו כן מתרומם ומתנשא על כל בחי' הגיאות. שכל התרוממות על הנבראים אין בזה שייכות כלל לעצם כבודו א"כ הוא גאה ורם וגבוה על בחי' הגיאות.

שכל הגיאות דבר שפל וכלא לגבי רוממותו ית"ש. ולכן כתיב גאות לבש שצימצם הקב"ה עצמו בהתלבשות שיוכל לקבל הגיאות על העולם.

ובאמת הוא בעבור בנ"י כמ"ש על ישראל גאותו. שבשביל ישראל צימצם הקב"ה עצמו לברוא העולמות.

ולהיות כביכול מקבל גיאות והתנשאות מן הנבראים. ובאמת האדם צריך לידע ב' הבחי' שהקב"ה הוא רם ונשא ונבדל מכל בחי' הגיאות הזה.

וצריך ג"כ לידע שאחר כל זה הקב"ה מנהיג ומשגיח על כל. ומקבל גיאות מן העליונים ותחתונים כמ"ש שהוא רחוק מכל רחוק וקרוב מכל קרוב.

ויתכן ג"כ לפרש כי גאה גאה בלשון אף. אע"פ שגאה על הגיאות.

אעפ"כ אשירה לה' כי שניהם אמת. וע"ז מעידין בנ"י בכל יום ה' אחד.

הא' רומז על הנעלם. גבוה מעל גבוה.

והח' והד' על ד' רוחות. והאויר וז' רקיעים.

לכן צריכין לקצר בא' ולהאריך בד' כמ"ש בספרי קודש. והם ב' בחי' גיאות.

וזה גאה גאה:

"Je chanterai à ה', car Il s'est hautement élevé" (Exode 15,1). La geout (hauteur, exaltation) est une élévation.

Et assurément le Saint béni soit-Il est élevé et sublime, et s'exalte au-dessus de tout. Mais tout comme est grande l'élévation du Saint béni soit-Il au-dessus de tout, de même se hausse-t-Il et s'exalte-t-Il au-dessus de tout aspect (bekhina) de la geout.

Car toute élévation au-dessus des créatures n'a aucun rapport avec l'essence même de Sa gloire ; ainsi Il est haut, élevé et sublime au-dessus de l'aspect de la geout, car toute geout est chose vile et néant au regard de Son élévation, qu'Il soit béni. C'est pourquoi il est écrit "Il s'est vêtu de hauteur" (Psaumes 93,1), car le Saint béni soit-Il s'est contracté dans un revêtement afin de pouvoir recevoir la geout sur le monde.

Et en vérité c'est pour les enfants d'Israël, comme il est dit "sur Israël est Son exaltation" (Psaumes 68,35). Car c'est pour Israël que le Saint béni soit-Il s'est contracté pour créer les mondes, et pour recevoir, pour ainsi dire (kivyakhol), geout et exaltation de la part des créatures.

Et en vérité l'homme doit connaître les deux aspects : que le Saint béni soit-Il est haut, sublime et séparé de tout aspect de cette geout ; et il doit aussi savoir qu'après tout cela le Saint béni soit-Il dirige et veille sur tout, et reçoit geout des mondes supérieurs et inférieurs, comme il est dit qu'Il est plus loin que tout lointain et plus proche que tout proche. Et l'on peut aussi expliquer "ki gaoh gaah" au sens de "même" (af, cependant) : bien qu'Il soit élevé au-dessus de la geout, néanmoins "je chanterai à ה'", car les deux sont vrais.

Et de cela les enfants d'Israël témoignent chaque jour : "ה' est Un" (Deutéronome 6,4). Le Alef (א) fait allusion au Caché, haut au-dessus du haut ; et le Het (ח) et le Dalet (ד) aux quatre directions, à l'air et aux sept firmaments.

C'est pourquoi il faut abréger sur le Alef et prolonger sur le Dalet, comme il est écrit dans les livres saints. Et ce sont là les deux aspects de la geout.

Et tel est le sens de "gaoh gaah" (Il s'est hautement élevé).

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