נועם אלימלך

Noam Elimelech — Additions, Likutei Shoshana (12/12)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

« Si tu ne le sais pas, ô la plus belle des femmes » (Cantique 1,8) : le Noam Elimele'h explique que la Knesset Israël (l'assemblée d'Israël) dit au Saint béni soit-Il que, si Israël se conduit droitement dans la matérialité et le commerce avec bonne foi, Il regarde leurs actes ; sinon Il retire Sa connaissance de ces actes. « Femmes » fait allusion à la matérialité, de genre féminin. Si ces actes ne sont pas agréables à Ses yeux, qu'Il sorte sur les traces du troupeau : les plus vides d'entre eux sont pleins de mitsvot comme une grenade. « Fais paître tes chevrettes près des demeures des bergers » : qu'Il porte attention aux petits tsadikim joints aux tsadikim parfaits.

Aussi : la mitsva comme lampe après la réparation des midot, et la crainte en emprunt chez le Créateur ; le tsadik feu et eau qui attire les influx ; Kora'h et sa communauté, cœurs divisés, contre Hillel et Chammai

אם לא תדעי לך היפה בנשים כו'. פירוש כנסת ישראל מתפללת בעד ישראל ואומרת להקב"ה אם לא תדעי כו׳, דהנה כשישראל מתנהגין כשורה בכל עסקיהם, דהיינו בעניני הגשמיות ומשא מתן באמונה, אז זה נוח לפניו ית׳ ומסתכל במעשיהם, אבל אם חס ושלום אין מתנהגין כשורה, אין רואה במעשיהם, ומסתלק ידיעתו מן המעשים הללו, ו"נשים" רמז לגשמיות שהוא לשון נקבה, ועל זה אומרת כנסת ישראל "אם לא תדעי לך היפה בנשים" דהיינו אם אין מעשה הגשמיות נוחין בעיניך, "צאי לך בעקבי הצאן" פירוש הסתכל בעקבי הצאן, דהיינו הריקנים שבהם מלאים מצוות כרמון, "ורעי את גדיותיך על משכנות הרועים" כלומר תן דעתך על הצדיקים הקטנים המחוברים ומקורבים אל הצדיקים הגדולים, ו"גדיותיך" לשון גדי הרך, לשון קטנות, "על משכנות הרועים" הצדיקים השלימים.

'Si tu ne le sais pas, ô la plus belle des femmes, etc.' (Cant 1,8). Explication: la Knesset Israël (l'assemblée d'Israël) prie pour Israël et dit au Saint béni soit-Il: 'si tu ne sais pas etc.'.

Car voici, lorsque Israël se conduit droitement dans toutes ses affaires, c'est-à-dire dans les choses de la matérialité et dans le commerce avec bonne foi, alors cela est agréable devant Lui, béni soit-Il, et Il regarde leurs actes; mais si, à Dieu ne plaise, ils ne se conduisent pas droitement, Il ne regarde pas leurs actes et Il retire Sa connaissance de ces actes-là. Et 'femmes' (נשים) fait allusion à la matérialité, qui est de genre féminin.

Et sur cela la Knesset Israël dit: 'Si tu ne sais pas, ô la plus belle des femmes' - c'est-à-dire: si les actes de la matérialité ne sont pas agréables à Tes yeux, alors 'sors sur les traces du troupeau', explication: regarde les traces du troupeau, c'est-à-dire que les plus vides d'entre eux sont pleins de mitsvot comme une grenade; 'et fais paître tes chevrettes près des demeures des bergers', c'est-à-dire: porte ton attention sur les petits tsadikim qui sont joints et rapprochés des grands tsadikim. Et 'tes chevrettes' (גדיותיך) est du terme guedi, le chevreau tendre, terme de katnout (petitesse); 'près des demeures des bergers', ce sont les tsadikim parfaits.

כי נר מצוה ותורה אור. לכאורה הוה ליה למכתב כי מצוה נר, כמו בסיפא דקרא ותורה אור.

אך הענין הוא דאדם הרוצה לעשות מצוה בשלימות, צריך מתחילה לקדש עצמו, להיותו שלם במידותיו כמו הגאוה והקנאה והשנאה והכעס וכדומיהן בכל המידות, אז לפי שלימות המידות שבו, כן יהיה ערך המצוה בשלימות, ובלתי אפשרי שתהיה המצוה שלימה מכל סיג, כי אם שיהיה שלם בכל מידותיו, וזו שאמרו חז"ל שכר מצוה מצוה, דהנה אמרו ז"ל "הבא לטהר מסייעין אותו", והפירוש הוא "הבא לטהר", דהיינו שמתקן את מידותיו כראוי, "מסייעין אותו" עיקר הסיוע שיזכה לעשות המצוה בשלימות. והמידות המה נקראים שכר מצוה, שעל ידם אדם זוכה למצוה, וזהו "שכר מצוה" המה המידות הגורמים לעשות מצוה מה בא על ידם? ומפרש "מצוה", שהקב"ה מזמן לידו מצוה לעשותה, כיון שהוא מוכן במידותיו וכנ"ל, הבא לטהר מסייעין אותו.

'Car la mitsva est une lampe et la Torah une lumière' (Pr 6,23). À priori il aurait fallu écrire 'car la mitsva [est] une lampe', comme dans la fin du verset 'et la Torah une lumière'.

Mais voici la chose: l'homme qui veut accomplir une mitsva dans sa perfection doit d'abord se sanctifier lui-même, afin d'être parfait dans ses midot (traits de caractère), telles que l'orgueil, la jalousie, la haine, la colère et semblables, dans toutes les midot; alors, selon la perfection des midot qui sont en lui, telle sera la valeur de la mitsva dans sa perfection. Et il est impossible que la mitsva soit parfaite et exempte de toute scorie, sinon en étant parfait dans toutes ses midot.

Et c'est ce qu'ont dit nos Sages de mémoire bénie: 'la récompense d'une mitsva est une mitsva' (Avot 4,2). Car voici, ils ont dit de mémoire bénie: 'celui qui vient se purifier, on l'aide' (Chabbat 104a).

Et l'explication est: 'celui qui vient se purifier', c'est-à-dire qui répare ses midot comme il convient; 'on l'aide', l'essentiel de l'aide étant qu'il mérite d'accomplir la mitsva dans sa perfection. Et les midot sont appelées 'récompense de la mitsva' (sekhar mitsva), car c'est par elles que l'homme mérite la mitsva.

Et voici 'la récompense de la mitsva': ce sont les midot qui font que l'on accomplit une mitsva - qu'obtient-on par elles? Et il explique: 'une mitsva', c'est-à-dire que le Saint béni soit-Il lui présente sous la main une mitsva à accomplir, puisqu'il est déjà prêt dans ses midot comme dit plus haut: celui qui vient se purifier, on l'aide.

וזהו "מה ה׳ אלקיך שואל מעמך כי אם ליראה", דהנה אנחנו צריכין לדבק עצמינו במדותיו ית"ש, ולכאורה איך שייך יראה אצל הבורא ב"ה שנהיה אנחנו מתדבקין במדת יראתו, והלא הוא שלם בכל מידותיו ואיך מצינו אצלו ית׳ יראה. הענין הוא, דאנחנו בני אדם אנו בעלי חסרונות, וכל דבר הנחסר לאחד שואל מחבירו, ולא כן הבורא ב"ה שהוא שלם במידותיו ואין שייך בו שום שאלה, כי אם היראה של אדם, שזה חפצו ית"ש שיראה האדם מפניו, ומקבל השי"ת ב"ה את היראה מהאדם בדרך שאלה דהדרא בעיניה, ומחזיר לאדם היראה וגם שכרה, הוא המצוה שיעשה בשלימות בהזדמן השי"ת לידו מיד לעשותה, ונמצא הכל נכון, שמצינו יראה אצל הבורא גם שאלה שניהם כאחד.

וממילא מובן פירושו "מה ה׳ שואל מעמך כי אם ליראה", דיראה הוא אצל הבורא בדרך שאלה, והיראה היא גם כן אחת מהמידות הטובים הצריך להמצוות, כי מצוה בלא דחילו לא פרחת לעילא, וזה שכרו שהשי"ת מחזיר לו יראתו וגם מזמן לו מצוה לעשותה בשלימות, כנ"ל שכר מצוה מצוה.

Et c'est: 'Qu'est-ce que ה' ton Dieu demande de toi, sinon de craindre' (Dt 10,12). Car voici, nous devons nous attacher à Ses midot, béni soit Son Nom; et à priori, comment la crainte peut-elle s'appliquer au Créateur béni soit-Il, de sorte que nous nous attachions à Sa midah de crainte?

N'est-Il pas parfait dans toutes Ses midot, et comment trouverions-nous chez Lui, béni soit-Il, de la crainte? Voici la chose: nous, les fils de l'homme, nous sommes des êtres de manques, et toute chose qui manque à l'un, il la demande à son compagnon; il n'en va pas ainsi du Créateur béni soit-Il, qui est parfait dans Ses midot et chez qui ne s'applique aucune demande (she'ela, qui signifie aussi emprunt), sinon la crainte de l'homme, car tel est Son désir, béni soit Son Nom, que l'homme Le craigne.

Et Il reçoit, béni soit-Il, la crainte de l'homme en manière d'emprunt (she'ela) qui revient en son être même (de-hadra be-eineih, l'objet emprunté étant rendu tel quel), et Il rend à l'homme sa crainte, et aussi sa récompense: c'est la mitsva qu'il accomplira dans sa perfection, lorsque le Saint béni soit-Il la lui présentera aussitôt sous la main pour l'accomplir. Il se trouve que tout est juste: nous trouvons chez le Créateur et la crainte et la demande, les deux ensemble.

Et de là se comprend d'évidence l'explication de 'Qu'est-ce que ה' demande de toi, sinon de craindre': car la crainte est chez le Créateur en manière d'emprunt; et la crainte est elle aussi l'une des bonnes midot nécessaires aux mitsvot, car 'une mitsva sans crainte (de'hilou) ne s'envole pas en haut' (Tikouney Zohar 10); et voici sa récompense: que le Saint béni soit-Il lui rende sa crainte et lui présente aussi une mitsva à accomplir dans sa perfection, comme dit plus haut: 'la récompense d'une mitsva est une mitsva'.

וזהו "כי נר מצוה" שמתחילה צריך להיות נר דולק, דהיינו שיתקן מידותיו, ועל ידי זה מזדכך נשמתו, נר ה' נשמת אדם, ואחר כך זוכה למצוה שיעשנה בשלימות, "ותורה אור" רצה לומר שהתורה הוא היפך זה, שעל ידי התורה יזכה לאור גדול שישפיע עליו השי"ת ב"ה. וזהו "כי אם בתורת ה׳ חפצו ובתורתו" כו׳, ורש"י ז"ל פירש שמתחילה נקרא תורת ה׳ ואחר כך נקרא תורתו עיין שם, ולפי דברינו יבואר היטב תוכן הדברים, דהעיקר הוא המידות שעל ידם יזכה האדם לתורת ה׳ ומצוותיו לעשותם בשלימות, ואילולי שיתקן מידותיו ובצירוף לזה היראה שהיא גם כן אחת מהמידות, אין תורה ומצוות נעשין בשלימות.

וממילא יובן פירוש "כי תורת ה׳ חפצו" רצה לומר כשיחפוץ האדם שיזכה לתורת ה׳, דהיינו לשם ה׳ לעשותה בשלימות, "ובתורתו יהגה יומם ולילה" צריך מתחילה להגות יומם ולילה בתורתו, הם המידות שלו שהם אינם כתובים בתורה, כי אם שהם תורתו של אדם, על ידם יבוא ויזכה לתורת ה׳. וזהו "קומי אורי כי בא אורך", הקב"ה אומר לישראל אז תקום את אורי, היינו תורתי, "כי בא אורך" פירוש אחר אשר תקנת את אורך, היינו מידותיך שהם תורת האדם כנ"ל.

Et c'est: 'car la mitsva est une lampe' - qu'au commencement il faut qu'il y ait une lampe allumée, c'est-à-dire qu'il répare ses midot, et par cela son âme s'affine, 'la lampe de ה' est l'âme de l'homme' (Pr 20,27); et ensuite il mérite la mitsva, pour l'accomplir dans sa perfection. 'Et la Torah une lumière': il veut dire que la Torah est l'inverse de cela, car c'est par la Torah qu'il méritera une grande lumière que le Saint béni soit-Il répandra sur lui. Et c'est: 'mais dans la Torah de ה' est son désir, et dans sa Torah [il médite]' etc.

(Ps 1,2); et Rachi de mémoire bénie a expliqué qu'au commencement elle est appelée 'Torah de ה'' et qu'ensuite elle est appelée 'sa Torah [a lui]', vois-y. Et selon nos paroles le contenu s'éclaire fort bien: car l'essentiel, ce sont les midot, par lesquelles l'homme méritera la Torah de ה' et Ses mitsvot pour les accomplir dans leur perfection; et s'il ne répare pas ses midot, en y joignant la crainte qui est elle aussi l'une des midot, la Torah et les mitsvot ne se font pas dans leur perfection.

Et de là se comprend l'explication de 'car la Torah de ה' est son désir': il veut dire, lorsque l'homme désirera mériter la Torah de ה', c'est-à-dire pour le Nom de ה', afin de l'accomplir dans sa perfection - 'et dans sa Torah il médite jour et nuit': il doit d'abord méditer jour et nuit dans 'sa Torah a lui', ce sont ses midot, qui ne sont pas écrites dans la Torah mais qui sont la Torah propre de l'homme; par elles il viendra et méritera la Torah de ה'. Et c'est: 'Lève-toi, éclaire, car ta lumière est venue' (Is 60,1) - le Saint béni soit-Il dit à Israël: alors tu relèveras Ma lumière, c'est-à-dire Ma Torah; 'car ta lumière est venue', explication: après que tu auras réparé ta lumière, c'est-à-dire tes midot, qui sont la Torah de l'homme, comme dit plus haut.

או יאמר קומי אורי כו׳, על דרך שאמרו חז"ל שאמר הקב"ה נרך בידי ונרי בידך אם אתה משמר את נרי אני משמר את נרך כו׳, וזהו "קומי אורי" פירוש ראה שתעמול בתורה להקימה על קיומה, "כי בא אורך" כלומר כי כבר יש לך אורך שהיא הנשמה, ותרויח עוד בזה "וכבוד ד׳ עליך זרח", שעל ידי שתקים את אורי, ישוב האור עליך ויזרח לך אור גדול.

Ou bien on dira 'Lève-toi, éclaire etc.' selon ce qu'ont dit nos Sages de mémoire bénie, que le Saint béni soit-Il a dit: 'ta lampe est dans Ma main et Ma lampe est dans ta main; si tu gardes Ma lampe, Je garde ta lampe' etc. (Devarim Rabba 4,4).

Et c'est 'levé-toi, Ma lumière', explication: veille à peiner dans la Torah pour la relever et la maintenir debout; 'car ta lumière est venue', c'est-à-dire: car tu possèdes déjà ta lumière, qui est l'âme; et tu gagneras encore ceci: 'et la gloire de ה' s'est levée sur toi', car par le fait que tu relèveras Ma lumière, la lumière reviendra sur toi et une grande lumière brillera pour toi.

והנה הצדיקים ההולכים בתורת ה׳ לשמה, ובהקדימם לתקן מידותיהם בטבע כנ"ל, הכח בידם להשפיע טובות הרבה לעולם, וכולם יתברכו מברכות פיהם הקדושים, וזהו "השמים מספרים כבוד אל" כו׳, כי ידוע למה נקרא שמם שמים, אש ומים, דהנה האדם צריך לעבוד לו ית׳ ולתקן את הד׳ יסודות שבו, הם ארמ"ע, והנה יסוד העפר הוא קל לאדם לתקן יותר מהשאר, דתיקון יסוד העפר הוא שיחשוב שפלותו תמיד, איך הוא יסודו מעפר וסופו לעפר, ועל ידי זה ייכנע לבבו מאד, אך לפעמים יש בני אדם שהם מחשבים שהם שפלים כעפר, וכמחשבותם כן הוא באמת, שהם כמו עפר, שאין בהם שום לחלוחית יראה והם גוש עפר, ואין זה מתקן מידותיו ויסודותיו, וזה הוא המהרס יסודו, אך ורק שמתחילה צריך לעמול בתורת ה׳ לשמה ולקיים מצוותיו בשלימות, ואחר כך יהיה כעפר, לבל יתגאה לבבו בעבודתו, ולכן אנו מתפללין "ונפשי כעפר לכל תהיה" וסומכין לזה תיכף "פתח לבי בתורתך", וזה הוא ב׳ דברים בסוגר אחד, דהיינו שצריך שיהא לבו פתוח בתורה ושיהא מוחזק בצדקתו ואף על פי כן יבין שהוא כעפר. וזהו שאמר הלל הזקן עליו השלום "אם אני כאן" כו׳, רצה לומר "אם אני" שאני שפל מאד באין ערך, "כאן" וזכיתי לשמוח בשמחה, "הכל כאן" ממילא מן המוכן הוא לכל להיות כאן לשמוח בה׳, נמצא שכלל שניהם כאחד, שהבין שהוא צדיק שאמר אם אני כאן, והבין שהוא שפל מאד באמרו הכל כאן להורות שהכל מוכנים יותר למדריגה הזאת יותר ממנו, מחמת שהיה שפל בדעתו.

Et voici, les tsadikim qui marchent dans la Torah de ה' lichma (pour elle-même) et qui ont d'abord réparé leurs midot dans leur nature même, comme dit plus haut, ont le pouvoir de répandre beaucoup de bienfaits sur le monde, et tous sont bénis par les bénédictions de leurs saintes bouches. Et c'est: 'Les cieux racontent la gloire de Dieu' etc.

(Ps 19,2). Car il est connu pourquoi leur nom est appelé chamayim (שמים, cieux): ech ou-mayim (אש ומים, feu et eau).

Car voici, l'homme doit Le servir, béni soit-Il, et réparer les quatre yesodot (éléments fondamentaux) qui sont en lui, à savoir ARMA (ארמ"ע: ech, feu; roua'h, air; mayim, eau; afar, terre). Et voici, le yesod de la terre est plus facile à réparer pour l'homme que les autres, car le tikoun du yesod de la terre consiste à penser toujours à sa bassesse, comment son fondement vient de la poussière et sa fin est la poussière, et par cela son cœur se soumet grandement.

Mais parfois il y a des hommes qui pensent qu'ils sont bas comme la poussière, et selon leurs pensées ainsi en est-il en vérité: ils sont comme de la terre, sans aucune humidité de crainte en eux, et ils sont une motte de terre; et celui-là ne répare pas ses midot ni ses yesodot, et c'est lui qui détruit son propre fondement. Mais seulement: il faut d'abord peiner dans la Torah de ה' lichma et accomplir Ses mitsvot dans leur perfection, et ensuite qu'il soit comme la poussière, afin que son cœur ne s'enorgueillisse pas de son service.

Et c'est pourquoi nous prions 'et que mon âme soit comme la poussière pour tous', et l'on fait suivre aussitôt 'ouvre mon cœur dans Ta Torah'; et ce sont deux choses sous une seule parenthèse, c'est-à-dire qu'il faut que son cœur soit ouvert dans la Torah et qu'il soit affermi dans sa justice, et que malgré cela il comprenne qu'il est comme la poussière. Et c'est ce qu'a dit Hillel l'Ancien, la paix soit sur lui: 'Si je suis ici' etc.

(Soucca 53a), il veut dire: 'si moi', qui suis très bas et sans aucune valeur, 'ici', et j'ai mérité de me réjouir d'une telle joie, alors 'tout est ici', c'est-à-dire que d'office il est prêt pour tous d'être ici pour se réjouir en ה'. Il se trouve qu'il a inclus les deux ensemble: il comprenait qu'il était tsadik, en disant 'si je suis ici', et il comprenait qu'il était très bas, en disant 'tout est ici', pour enseigner que tous sont prêts pour ce degré plus que lui - parce qu'il était bas à ses propres yeux.

נחזור לענינינו, שיסוד העפר הוא קל להחזיק בו, גם יסוד הרוח, כי רוח בני אדם העולה היא למעלה, כי כך הוא הטבע, ועיקר היסוד אש, הוא החמימות והזריזות במצוות ה׳, ויסוד המים הוא התורה לשמה, וכשיזכה האדם לתקן הב׳ יסודות אלו שהם אש ומים, דהיינו זריזות וחמימות ביראת ה׳ וגם בתורה הקדושה, המה "מספרים כבוד אל" הם מאירים לכבוד אל, הם העולמות העליונים, "ומעשה ידיו מגיד הרקיע", "מעשה ידיו" הם ההשפעות שהם מעשי ידיו של הקב"ה, "מגיד" לשון המשכה, "הרקיע" רצה לומר הצדיק הזה שעושה מעשים דקים רוחניים במחשבותיו ודביקותיו, הוא ממשיך את ההשפעות לעולם, רקיע הוא מלשון ריקועי פחים, והצדיק הזה הוא מוחזק בצדקותיו שלא ימוט לעולם, ולא יפסוק לעולם מהדביקות ומהאש החמימות והתלהבות שבו, וזהו "ולא כבו הגשמים אש של עצי המערכה" פירוש הצדיק הזה שהוא מעריך עצמו במערכת אש, לדבק עצמו בעץ החיים היא התורה הקדושה, עץ חיים היא למחזיקים בה, בלתי אפשרי שיכבה את האש שבו שום גשמיות שבעולם, שלא ימוט לעולם מסיבות הגשמיות שבעולם. והשם הטוב יזכנו להיותינו דבקים בעץ החיים במערכה גדולה של אש והתלהבות באהבתו ית"ש עד עולם.

אמן כן יהי רצון.

Revenons à notre sujet: le yesod de la terre est facile à tenir, ainsi que le yesod du vent (roua'h), car 'le souffle des fils de l'homme monte vers le haut' (Ecc 3,21), car telle est sa nature. Et l'essentiel est le yesod du feu, qui est la chaleur et l'empressement dans les mitsvot de ה'; et le yesod de l'eau, c'est la Torah lichma.

Et lorsque l'homme mérite de réparer ces deux yesodot que sont le feu et l'eau, c'est-à-dire l'empressement et la chaleur dans la crainte de ה' et aussi dans la sainte Torah, alors ceux-là 'racontent la gloire de Dieu' (mesaprim kevod El): ils illuminent (meirim) pour la gloire de Dieu, ce sont les mondes supérieurs. 'Et l'œuvre de Ses mains, le firmament l'annonce' (Ps 19,2): 'l'œuvre de Ses mains', ce sont les hachpaot (influx) qui sont les œuvres des mains du Saint béni soit-Il; 'annonce' (maguid) est un terme de hamchakha (attirer vers le bas, faire descendre); 'le firmament' (rakia), il veut dire ce tsadik qui accomplit des actes fins et spirituels dans ses pensées et ses attachements: c'est lui qui fait descendre les hachpaot dans le monde. Et rakia est du terme 'rikouey pa'him' (lames de métal battues, cf.

Nb 17,3). Et ce tsadik est affermi dans sa justice, au point de ne jamais chanceler, et il ne cessera jamais de la deveikout (attachement), du feu, de la chaleur et de l'enthousiasme qui sont en lui.

Et c'est: 'et les pluies n'éteignaient pas le feu du bois de la maarakha [la disposition de l'autel]' (Avot 5,5), explication: ce tsadik qui se dispose lui-même en une maarakha (bûcher ordonné) de feu, pour s'attacher à l'Arbre de Vie qui est la sainte Torah, 'elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent' (Pr 3,18) - il est impossible qu'aucune matérialité du monde n'éteigne le feu qui est en lui, et il ne chancellera jamais à cause des circonstances matérielles du monde. Et que le Nom bon nous fasse mériter d'être attachés à l'Arbre de Vie, dans une grande maarakha de feu et d'enthousiasme dans Son amour, béni soit Son Nom, à jamais.

Amen, qu'il en soit ainsi Sa volonté.

הפך ים ליבשה בנהר יעברו ברגל. נראה על פי דאיתא בגמרא בחולין דף ז׳:

רבי פנחס בן יאיר הוה קאזיל לפדיון שבויים, פגע ביה בגינאי נהרא, חלוק לי מימיך כו׳, חלוק ליה נמי להאי כו׳, חלוק ליה נמי להאי כו׳, אמר רב יוסף כמה נפיש האי גברא ממשה כו׳, אלא במשה כו׳. ולכאורה מהיכן מוכח דנפיש גברא ממשה, ודילמא משום דלא היה צריך משה רבינו עליו השלום לקרוע הים אלא חדא זימנא.

ואך דהענין הוא דאבות סימן לבנים, והפירוש הוא כך, שכל דבר ודבר בתחילתו לפעול איזה נס הוא קשה מאד, אבל כיון שכבר נעשה פעם אחת, כבר יכולים הצדיקים שיהיו אחר כך לעשות כזאת אפילו כמה פעמים, כיון שנפתח השער, והפירוש בגמרא הוא כך "כמה נפיש גברא" כלומר מהיכן בא לו זה שהיה יכול לפעול דבר גדול כזה? ומפרש "ממשה ושתין רבבן" שהם פתחו השער והיה זה יכול לפעול, "דאילו התם חדא זימנא" פירוש אף שלא היה התם כי אם חדא זימנא, היה רבי פנחס יכול לפעול "הכא תלתא זימנא". והפסוק ממילא מובן "הפך ים ליבשה" פירוש משה רבינו עליו השלום הפך פעם אחת ים ליבשה, ופעל במעשיו הקדושים ש"בנהר יעברו ברגל" שרבי פנחס בן יאיר עבר ברגל תלתא זימני עם הטייעא וכו׳.

ולכך מתורץ הדקדוק שפתח בלשון יחיד ומסיים בלשון רבים וגם שפתח בעבר וסיים בעתיד.

'Il a changé la mer en terre sèche, on traversait le fleuve à pied' (Ps 66,6). On peut l'expliquer d'après ce qui est rapporté dans la Guemara, traité Houlin page 7a: Rabbi Pin'has ben Yair allait pour le rachat de captifs; le fleuve Guinai se présenta devant lui; [il lui dit:] 'fends-moi tes eaux' etc.; 'fends-les aussi pour celui-ci' etc.; 'fends-les aussi pour celui-ci' etc.; Rav Yossef dit: combien cet homme est plus grand que Moche etc., alors que chez Moche etc.

Et à priori, d'où est-il prouvé que cet homme est plus grand que Moche? Peut-être est-ce seulement parce que Moche notre maître, la paix soit sur lui, n'a eu besoin de fendre la mer qu'une seule fois.

Mais voici la chose: 'les actes des pères sont un signe pour les fils', et l'explication est ainsi: toute chose, au commencement, pour opérer quelque miracle, est très difficile; mais dès lors qu'elle a déjà été faite une fois, les tsadikim qui viennent après peuvent déjà faire de même, et même plusieurs fois, puisque la porte a été ouverte. Et l'explication dans la Guemara est ainsi: 'combien cet homme est grand', c'est-à-dire: d'où lui est venu de pouvoir opérer une chose aussi grande?

Et il explique: 'plus que Moche et les soixante myriades', ce sont eux qui ont ouvert la porte et [c'est pourquoi] celui-ci a pu opérer; 'car là-bas ce ne fut qu'une seule fois', explication: bien que là-bas ce ne fut qu'une seule fois, Rabbi Pin'has a pu opérer 'ici trois fois'. Et le verset se comprend de lui-même: 'Il a changé la mer en terre sèche', explication: Moche notre maître, la paix soit sur lui, a changé une seule fois la mer en terre sèche, et il a opéré par ses actes saints que 'on traversera le fleuve à pied', c'est-à-dire que Rabbi Pin'has ben Yair a traversé à pied trois fois, avec le marchand arabe (tayaa) etc.

Et par là se résout la difficulté de style: qu'il commence au singulier et finit au pluriel, et aussi qu'il commence au passé et finit au futur.

או יאמר על דרך שפירשתי "ובני ישראל הלכו ביבשה בתוך הים", דהנה ישראל בשעת קריעת ים סוף ראו נפלאותיו ית"ש ורוממותו וגדולתו, ויש צדיקים שהולכים תמיד בדביקות, וליבם תמיד ברוממות אל ובגדולתו אף שלא בשעת קריעת ים סוף, שגם ביבשה רואין נפלאותיו איך הם עד אין קץ וערך בכל דבר ודבר הנמצא בעולם. וזהו הפירוש "ובני ישראל הלכו ביבשה בתוך הים" פירוש שביבשה הלכו בזה הרוממות אל כמו בים, וזהו "הפך ים ליבשה" שהצדיק, הניסים והנפלאות הנראין בים הוא רואה ביבשה, לאשר הולך תמיד ברוממות אל וגדולתו ית"ש.

Ou bien on dira selon ce que j'ai expliqué sur 'et les enfants d'Israël marchèrent à sec au milieu de la mer' (Ex 14,29). Car voici, Israël, à l'heure de l'ouverture de la mer des Joncs, vit Ses merveilles, béni soit Son Nom, Son élévation et Sa grandeur.

Or il est des tsadikim qui marchent toujours en deveikout, et dont le cœur est toujours dans l'élévation de Dieu et dans Sa grandeur, même hors de l'heure de l'ouverture de la mer des Joncs: car même sur la terre sèche ils voient Ses merveilles, comment elles sont sans fin ni mesure en chaque chose qui se trouve dans le monde. Et voici l'explication de 'et les enfants d'Israël marchèrent à sec au milieu de la mer': explication, que sur la terre sèche ils marchaient dans cette élévation de Dieu comme dans la mer.

Et c'est 'Il a changé la mer en terre sèche': car le tsadik, les miracles et les merveilles qui se voient dans la mer, il les voit sur la terre sèche, puisqu'il marche toujours dans l'élévation de Dieu et dans Sa grandeur, béni soit Son Nom.

איזה היא מחלוקת שהיא לשם שמים זו מחלוקת הלל ושמאי, ושאינה לשם שמים זו מחלוקת קרח ועדתו. לכאורה היה לו לומר מחלוקת קרח ועדתו עם משה, כמו במחלוקת שלשם שמים נאמר מחלוקת הלל ושמאי.

אך הענין, דהנה עינינו רואות כמה בעלי מחלוקת העומדים על הצדיקים, ודוברים על הצדיק בגאוה ובוז, ומי יודע להבחין אם כוונתם כדי לקנתר ולבזות צדיקי אמת, אם כוונתם לשמים כאשר יגידו בפיהם כמה בני אדם שכוונתם לשמים, וגם לומדי תורה נמצאים במחלוקת זו באומרים כוונתם לשמים, אך בזאת ייבחנו אם אמת איתם שכוונתם לשמים, דהיינו אם אנו רואים שחבורתם שלימה, כולם כאיש אחד חברים בכל אופנים, אזי בודאי כוונתם שלימה לשמים, כי כן הוא הדרך של הצדיקים גמורים ואמיתיים שנפשם קשורה זה בזה באהבה רבה וחביבות, ואוהב את חבירו יותר מגופו, ולא יקנא איש באחיו, בראותו גדולות חבירו ישמח נפשו ויגל בלבבו ויצפה עוד לגדולתו שיתגדל ויתנשא יותר ויותר, אבל אם אנו רואים בני אדם בעלי מחלוקת שאין להם התחברות, רק להמחלוקת יבערו כולם כאחד, אבל בשאר התחברות, לבביהם פרודות וחלוקות, ולא יוכל אחד לראות בגדולת חבירו, ויתאו תאוה להיקום אשר ברגליהם זה ממונו וגדולת חבירו יהי לו, זה האות שאש התבערה המצה ומריבה אשר תבער בעדתם יחד שכם אחד, אין זה כי אם רוע לב, וזדון לבם השיאם קנאת איש מרעהו לדבר על הצדיקים עובדי ד׳ באמת. וזהו שאמר התנא "ואיזה מחלוקת שאינה לשם שמים זו מחלוקת קרח ועדתו", רצה לומר שהם היו ר"ן איש והתאוו כל אחד כהונה גדולה כפירוש רש"י ז"ל, ונמצא גם ביניהם היה ליבם פרודות וחלוקות, רק נגד משה רבינו היו כולם כאחד בעצה רעה לחלוק עליו.

וזהו קרח ועדתו, רמז כנ"ל, שהיו לב קרח ועדתו נפרדות זה מזה, אבל צדיקים לבביהם דבוקות זה בזה וכל מעשיהם לשם שמים. וק"ל.

'Quelle est la controverse qui est pour le nom du Ciel? C'est la controverse de Hillel et Chammai; et celle qui n'est pas pour le nom du Ciel?

C'est la controverse de Kora'h et de toute sa communauté' (Avot 5,17). À priori il aurait fallu dire 'la controverse de Kora'h et de sa communauté avec Moche', comme pour la controverse qui est pour le nom du Ciel il est dit 'la controverse de Hillel et Chammai'.

Mais voici la chose: nos yeux voient combien d'hommes de controverse se dressent contre les tsadikim et parlent du tsadik avec orgueil et mépris; et qui saurait discerner si leur intention est de provoquer et de mépriser les tsadikim de vérité, ou si leur intention est pour le Ciel, comme le déclarent de leur bouche bien des gens dont l'intention serait pour le Ciel - et même des étudiants de Torah se trouvent dans cette controverse, disant que leur intention est pour le Ciel. Mais voici à quoi ils seront éprouvés, si la vérité est avec eux et que leur intention est pour le Ciel: c'est-à-dire, si nous voyons que leur société est entière, tous unis comme un seul homme, compagnons en toutes manières, alors certainement leur intention est entièrement pour le Ciel; car telle est la voie des tsadikim accomplis et véritables, dont les âmes sont liées l'une à l'autre dans un grand amour et une grande affection, et qui aiment leur compagnon plus que leur propre corps, et nul ne jalouse son frère: en voyant les grandeurs de son compagnon, son âme se réjouit, son cœur exulte, et il espère encore pour sa grandeur, qu'il grandisse et s'élève toujours davantage.

Mais si nous voyons des hommes de controverse qui n'ont entre eux aucune union, et qui pour la seule controverse s'enflamment tous comme un seul, tandis que pour toute autre union leurs cœurs sont divisés et séparés, et que l'un ne peut supporter la grandeur de son compagnon, et qu'ils convoitent d'un grand désir 'le bien qui est à leurs pieds' (cf. Dt 11,6), à savoir que l'argent et la grandeur de son compagnon soient à lui - c'est le signe que le feu de l'incendie de discorde et de querelle qui brûle dans leur assemblée, tous d'une seule épaule, n'est rien d'autre que méchanceté de cœur; et l'arrogance de leur cœur les a entraînés, par la jalousie de l'un envers l'autre, à parler contre les tsadikim qui servent ה' en vérité.

Et c'est ce qu'a dit le Tana: 'et quelle est la controverse qui n'est pas pour le nom du Ciel? C'est la controverse de Kora'h et de sa communauté' - il veut dire qu'ils étaient deux cent cinquante hommes (ר"ן) et que chacun d'eux convoitait la grande prêtrise, selon l'explication de Rachi de mémoire bénie; il se trouve qu'entre eux aussi leurs cœurs étaient divisés et séparés, et que c'est seulement contre Moche notre maître qu'ils étaient tous comme un seul dans un mauvais dessein, pour se quereller avec lui.

Et c'est 'Kora'h et sa communauté', allusion comme dit plus haut: que les cœurs de Kora'h et de sa communauté étaient séparés l'un de l'autre; mais les tsadikim, leurs cœurs sont attachés l'un à l'autre et toutes leurs actions sont pour le nom du Ciel. Et cela est facile à comprendre.

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