נועם אלימלך

Noam Elimelech — Additions, Likutei Shoshana (10/12)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

« Pour cela que tout hassid Te prie au temps de trouver ; seul le flot des grandes eaux ne l'atteindra pas » (Tehilim 32,6) : le mot « tout » paraît superflu, et « au temps de trouver » n'a pas de sens simple. Pour le Noam Elimele'h, le tsadik doit toujours prier pour l'ensemble d'Israël afin de faire descendre hassadim et miséricorde, car il sert par amour, unité du Nom. L'amour a pour gématria « un » ; avec « Écoute Israël » l'unification est parfaite, et amour plus un font 26, le Nom. Il éveille ce degré par le Nom de mah, gardien d'Israël en exil, et par l'humilité, pour que le flot des kelipot (écorces) ne l'atteigne pas.

Aussi : la Che'hina appelée « davar », que le tsadik maintient entière ; les talmidei hakhamim qui se tiennent pour disciples même dans la vieillesse ; la tefila relie le malade à sa racine

על זאת יתפלל כל חסיד אליך לעת מצוא רק לשטף מים רבים אליו לא יגיעו. הנה מלת "כל" הוא מיותר לכאורה.

גם אין מובן "לעת מצוא" לפי פשוטו, עד שדרשו חז"ל כדאיתא בגמרא. אמנם נ"ל דהנה עולת חובה על הצדיק ומוטל עליו להתפלל תמיד על כללות ישראל להשפיע להם השפעות חסדים ורחמים, וזהו מחמת שהצדיק עובד את השי"ת באהבה, ואהבה הוא האחדות ויחוד שמו הגדול, וחפץ ה׳ בידו, כי השם יתברך חפץ תמיד ומתאוה לתפילתן של צדיקים שהם מיחדים שמו הגדול באהבה, לכן ההשפעות נמשכין ויורדין על ידי הצדיק, וזהו שאנו אומרים בברכת קריאת-שמע "אהבה רבה אהבתנו" כו׳, ואנו חותמין "הבוחר בעמו ישראל באהבה", דהיינו על ידי אהבה בחר אותנו, וחתימה הוא תוקף הדבר, כי תיכף ומיד באמירתינו הבוחר כו', מיד הם מסולקים ונסתמים פיות מסטינינו ומקטריגנו העומדים על תפילתינו, כי הדבר אשר נחתם בטבעת המלך אין להשיב, וחס ושלום אין ברכתינו יוצא לבטלה, ומה החתימה? היא האהבה, ואהבה בגימטריא אחד, שעל ידי האהבה הוא האחדות, אך פן ואולי עדיין אין זה אהבה שלימה, לכן אנו אומרים אחר זה תיכף שמע ישראל, ליחד שמו הגדול במסירת הנפש, למען תהיה אהבה שלימה ויחודא שלים, ואהבה ואחד גימטריא כ"ו, הוא הוי"ה ב"ה.

"Pour cela que tout hassid Te prie au temps de trouver ; seul le flot des grandes eaux ne l'atteindra pas" (Psaumes 32,6). Voici que le mot "tout" (kol) semble à première vue superflu.

De même "au temps de trouver" (leèt metsô) n'a pas de sens selon le sens simple, au point que nos Sages de mémoire bénie l'ont interprété comme il est rapporté dans la Guemara. Toutefois il me semble que voici : c'est une offrande obligatoire pour le tsadik, et il lui incombe de prier toujours pour l'ensemble d'Israël afin de faire descendre sur eux des influx de hassadim (bontés) et de miséricorde.

Et cela parce que le tsadik sert le Nom béni soit-Il par amour, et l'amour est l'unité et l'unification de Son grand Nom, "et le désir de ה' est en sa main" (cf. Isaie 53,10), car le Nom béni désire toujours et aspire à la prière des tsadikim qui unifient Son grand Nom par amour ; c'est pourquoi les influx sont attirés et descendent par le tsadik.

Et c'est ce que nous disons dans la bénédiction de la lecture du Chema : "Tu nous as aimés d'un grand amour" etc., et nous scellons par "Celui qui choisit Son peuple Israël avec amour", c'est-à-dire que c'est par l'amour qu'Il nous a choisis. Et le sceau final (hatima) est la force de la chose, car aussitôt que nous disons "Celui qui choisit" etc., immédiatement sont écartées et fermées les bouches de nos accusateurs et de nos dénonciateurs qui se dressent contre notre prière, car "ce qui est scellé du sceau du roi ne peut être révoqué" (Esther 8,8), et à Dieu ne plaise notre bénédiction ne sort pas en vain.

Et quel est ce sceau ? C'est l'amour ; et "amour" (אהבה) a pour guematria "un" (אחד, soit 13), car c'est par l'amour que se fait l'unité.

Mais peut-être cet amour n'est-il pas encore un amour parfait ; c'est pourquoi nous disons aussitôt après "Écoute Israël", pour unifier Son grand Nom dans le don de soi, afin que ce soit un amour parfait et une unification parfaite (yihouda chélim). Et "amour" (אהבה) avec "un" (אחד) font pour guematria 26, qui est le Nom (הוי"ה) béni soit-Il.

והנה בהשם הוי"ה ב"ה יש ד׳ מדריגות, וא׳ מהם הוא מדריגות שם של מ"ה, והשם הזה הוא השומר אמיתי העליון של ישראל בגלותינו, כי אף במצרים היה גלוי וידוע השם הזה לישראל, וכה אמר משה רבינו עליו השלום להקב"ה, הנה אנכי בא אל בני ישראל כו׳ ואמרו לי מה שמו מה אומר אליהם, רצה לומר כשהם יאמרו לי "מה" שמו, גם אנכי אומר אליהם שכדבריהם כן הוא, שזה השם המשמר אותנו ברחמים, וזה שאמר יחזקאל הנביא ואראה דמות כמראה אדם כו׳, כי אדם בגימטריא מ"ה, ראיתי שהוא יושב על כסא רחמים לשמור אותנו, ונמצא הצדיק על ידי אהבה ואחדות שלו, צריך לעורר רחמים וחסדים על ידי המדריגה הזאת הנקראת "מה", אך צריך עוד לזה שבמקום גדולתו צריך שתהא ענוותנותו, דהיינו מחמת שהצדיק עולה במדריגה כזו, ופן חס ושלום יגבה לבו קצת לאמר הלכתי בגדולות ובנפלאות ממני, לכן צריך לזה מידת ענווה, וזהו פירוש "מה יפית ומה נעמת אהבה בתענוגים", רצה לומר "מה יפית" שהצדיק צריך ליפות את השם של מ"ה לעוררו ברחמים, "ומה נעמת" דהיינו מידת ענווה, כמו שאמר משה רבינו עליו השלום ונחנו מה, צריך הצדיק להנעים המידה הזאת, להיותה נעים ומתוק לו המידה הזאת, ועל ידי זה "אהבה בתענוגים" דהיינו אהבה כזאת גורמת לישראל להיותם בתענוגים ורחמים גדולים.

Et voici que dans le Nom הוי"ה béni soit-Il il y a quatre degrés, et l'un d'eux est le degré du Nom de מ"ה (le Nom épelé dont la valeur numérique est 45), et ce Nom est le véritable gardien suprême d'Israël dans notre exil, car même en Égypte ce Nom était révélé et connu d'Israël. Et ainsi parla Moche notre maître, que la paix soit sur lui, au Saint béni soit-Il : "Voici, je viens vers les enfants d'Israël... et ils me diront : quel (מה) est Son nom ?

Que leur dirai-je ?" (Exode 3,13). Il voulait dire : lorsqu'ils me diront que "מה" (mah, quoi) est Son nom, moi aussi je leur dirai qu'il en est selon leurs paroles, que c'est ce Nom qui nous garde avec miséricorde.

Et c'est ce qu'a dit le prophète Ye'hezkel : "et je vis une forme comme l'aspect d'un homme (adam)" etc. (Ezechiel 1,26), car "adam" (אדם) a pour guematria מ"ה (45) : j'ai vu qu'Il siège sur un trône de miséricorde pour nous garder.

Il se trouve donc que le tsadik, par son amour et par son unité, doit éveiller miséricorde et hassadim au moyen de ce degré appelé "mah". Mais il faut encore ceci : qu'à la place de sa grandeur se trouve son humilité, c'est-à-dire que, du fait que le tsadik s'élève à un tel degré, et de peur qu'à Dieu ne plaise son cœur ne s'enorgueillisse quelque peu en disant "j'ai marché dans des choses grandes et merveilleuses au-dessus de moi" (cf.

Psaumes 131,1), il lui faut pour cela la mesure d'humilité. Et c'est le sens de "Que tu es belle et que tu es agréable, amour, dans les délices" (Cantique des cantiques 7,7) : il veut dire "que tu es belle" (mah yafît), que le tsadik doit embellir le Nom de מ"ה pour l'éveiller en miséricorde ; "et que tu es agréable" (oumah naamt), c'est la mesure d'humilité, comme l'a dit Moche notre maître, que la paix soit sur lui : "et nous, que sommes-nous (ounahnou mah)" (Exode 16,7) ; le tsadik doit rendre agréable cette mesure, afin qu'elle lui soit agréable et douce ; et par cela "amour dans les délices", c'est-à-dire qu'un tel amour fait qu'Israël se trouve dans les délices et dans de grandes miséricordes.

וזהו נמי שאמר הנביא דרשו ה׳ בהמצאו, כי דרשו הוא לשון ציווי, דהיינו שבגלות המר הזה צריכין אנו לדרוש את ה׳ תמיד לעורר עלינו רחמים, כמו שעשתה אמנו רבקה בהיות לה צער עיבור, ותלך לדרוש את ה׳, כמו כן אנחנו בגלותינו בכל עת צריכין אנו להקדים לעורר רחמים, וצוה הנביא "דרשו ה׳ בהמצאו" פירוש עד המצא המדריגה הזאת של השם הוי"ה ב"ה הצריכה לכם בגלותכם כנ"ל, ועל ידי מה תמצאו המדריגה הזאת? ומפרש "קראוהו בהיותו קרוב" דהיינו על ידי אהבה שהיא אחדות וקרבות העולם התחתון לעליון, על ידי זה תמצאנו. ועל דרך זו יבואר הפסוק הנ"ל "על זאת יתפלל כל חסיד" כו׳, פירוש החסיד יתפלל אליך על כללות ישראל להשפיע להם רחמים וחסדים, ואמר "לעת מצוא" דהיינו כשיגיע הצדיק לעת הזאת, וממציא המדריגה הזאת שעל ידה ישפיע להם לישראל, ופן מחמת זה יגבה לבו קצת כנ"ל, לכן אמר "רק לשטף מים רבים אליו לא יגיעו" דהיינו שיכניס עצמו במידת ענווה, דהיינו שיחשוב מי יתן שעל ידי תפילתו יפעול רק לשטף מים רבים כו׳ הם הקליפות, אליו לא יגיעו, וממילא על ידי אהבה ואחדות של הצדיק, ובהצטרף לזה מידת ענווה, הוא מעורר רחמים גדולים וחסדים על ישראל, אמן כן יהי רצון.

Et c'est aussi ce qu'a dit le prophète : "Recherchez ה' pendant qu'Il se trouve" (Isaie 55,6). Car "recherchez" est une expression d'ordre, c'est-à-dire que dans cet exil amer nous devons rechercher ה' constamment pour éveiller sur nous la miséricorde, comme l'a fait notre mère Rivka lorsqu'elle eut la souffrance de la grossesse : "et elle alla rechercher ה'" (Genèse 25,22).

De même nous, dans notre exil, en tout temps nous devons nous hâter d'éveiller la miséricorde. Et le prophète a ordonné "Recherchez ה' pendant qu'Il se trouve (béhimatsô)", ce qui signifie : jusqu'à trouver ce degré du Nom הוי"ה béni soit-Il, celui qui vous est nécessaire dans votre exil comme ci-dessus.

Et par quoi trouverez-vous ce degré ? Il explique : "appelez-Le tant qu'Il est proche", c'est-à-dire par l'amour, qui est l'unité et le rapprochement du monde inférieur vers le monde supérieur ; par cela vous Le trouverez.

Et de cette manière s'explique le verset cité plus haut, "Pour cela que tout hassid Te prie" etc. : l'explication est que le hassid priera vers Toi pour l'ensemble d'Israël afin de faire descendre sur eux miséricorde et hassadim. Et il dit "au temps de trouver (leèt metsô)", c'est-à-dire lorsque le tsadik parvient à ce moment et qu'il trouve ce degré par lequel il fera descendre l'influx sur Israël ; et de peur qu'à cause de cela son cœur ne s'enorgueillisse quelque peu comme ci-dessus, c'est pourquoi il est dit "seul le flot des grandes eaux ne l'atteindra pas", c'est-à-dire qu'il s'introduise lui-même dans la mesure d'humilité : qu'il pense "puisse-t-il seulement être donné que par ma prière j'obtienne uniquement que le flot des grandes eaux" etc. - ce sont les kelipot (les écorces, les forces impures) - "ne l'atteignent pas".

Et dès lors, par l'amour et l'unité du tsadik, auxquels s'ajoute la mesure d'humilité, il éveille de grandes miséricordes et des hassadim sur Israël. Amen, qu'il en soit ainsi.

רחש לבי דבר טוב כו׳ עד לשוני כו׳. נראה לפי עניות דעתי לפרש כל הפסוקים הנ"ל בחדא מחתא, ועל פיהם יבואר גם הפסוק הזה.

דהנה הצדיק הוא מתפלל תמיד על גלות השכינה, וכוונתו תמיד במעשיו הקדושים ליחד קב"ה ושכינתיה, ולבל תהיה להדינים וקליפות שום אחיזה בקדושה להבדיל בין הקודש ובין החול. והנה השכינה נקראת "דבר", כי הוא דיבור הוא תורה שבכתב, ואמירה הוא תורה שבעל פה, ודיבור הוא לשון קשות ואמירה הוא רכה, ורמז לזה "על פי שנים עדים יקום דבר", ודרשו בגמרא דבר ולא חצי דבר, רצה לומר שהצדיק יקום דבר, שמקיים את השכינה שיהא דבר שלם ולא חצי דבר, ובגלות המר הזה היא חצי, וזה סוד פגימת הלבנה, והצדיק על ידי תפילותיו ומעשיו הקדושים, מפריד ומפריש הקליפות לתהומא רבא, שלא יהא להדינים והקליפות אחיזה בדבר, היא השכינה, רק שתהא בשלימות כולו טוב.

"Mon cœur a frémi d'une bonne parole" etc. jusqu'à "ma langue" etc. (Psaumes 45,2).

Il me semble, selon ma pauvre intelligence, d'expliquer tous les versets susdits d'un seul tenant, et par eux s'expliquera aussi ce verset-ci. Car voici que le tsadik prie constamment sur l'exil de la Chekhina, et son intention, dans ses actes saints, est toujours d'unir le Saint béni soit-Il et Sa Chekhina, et que les dinim (les rigueurs) et les kelipot n'aient aucune prise dans la sainteté, pour séparer entre le sacré et le profane.

Et voici que la Chekhina est appelée "davar" (parole), car elle est le "dibour" (le parler), qui est la Tora écrite, tandis que "amira" (le dire) est la Tora orale ; et "dibour" est un langage dur alors que "amira" est un langage doux. Et une allusion à cela : "sur la parole (davar) de deux témoins la chose se lèvera" (Deutéronome 19,15), et ils ont interprété dans la Guemara : "un davar et non un demi-davar".

Il veut dire que le tsadik fera se lever le "davar", c'est-à-dire qu'il maintient la Chekhina pour qu'elle soit un "davar" entier et non un demi-"davar" ; or dans cet exil amer elle est une moitié, et c'est le secret de l'entaille de la lune. Et le tsadik, par ses prières et par ses actes saints, sépare et écarte les kelipot vers le grand abîme, afin que les dinim et les kelipot n'aient pas de prise dans le "davar", qui est la Chekhina, mais qu'elle soit dans sa plénitude, toute entière bien.

וזהו גם כן פירוש "ודבר דבר אז תתענג על ה׳", שמצוה הקב"ה להצדיק שידבר דיבורו הטוב, ועל ידי דיבורו יעשה דבר שלם, היא השכינה בשלימות כנ"ל, "אז תתענג" השכינה "על ה׳" על ידי שהצדיק מפריש ומפריד הקליפות מקדושה, על ידי זה תתענג השכינה עם ה', הוא יחוד קב"ה ושכינתיה. וזהו גם כן "מה יפית ומה נעמת" כשהצדיק מיפה את השכינה, ומפריד הקליפות ומנעים וממתיק אותו בכולו טוב, על ידי זה הוא גורם "אהבה" ואחדות כנ"ל, ועל ידי זה הוא היחוד "בתענוגים".

וזהו גם כן "על זאת יתפלל כל חסיד אליך" כי "זאת" היא השכינה, דהיינו שהצדיק יתפלל על השכינה, "רק לשטף מים רבים אליו לא יגיעו" פירוש שלא יגעו בהקדושה כלל, ולא יהא להם אחיזה בקדושה כלל. וזהו גם כן "וירא אלקים את האור כי טוב", אלקים הם הדינים, ועינים להם ולא יראו, כי חס ושלום בעת שליטתם רחמנא ליצלן אינם מבחינים בין טוב לרע חס ושלום, והם כסומא בלא ראות, והצדיק מחמת האור שלו המאיר בתוכם להפכם לרחמים, הם באים לראייה, והוא גורם בהם חוש הראות, וזהו "וירא אלקים" הדינים באים לידי ראיה, "את האור" כלומר בשביל האור של הצדיק המאיר בתוכם, עד "כי טוב" נהפכין לרחמים וטוב על ישראל נצח.

אמן.

Et c'est aussi le sens de "et parler parole (védabèr davar)... alors tu te délecteras en ה'" (Isaie 58,13-14) : le Saint béni soit-Il ordonne au tsadik qu'il prononce sa bonne parole, et que par sa parole il fasse un "davar" entier, qui est la Chekhina dans sa plénitude comme ci-dessus ; "alors tu te délecteras" - la Chekhina - "en ה'" : du fait que le tsadik écarte et sépare les kelipot d'avec la sainteté, par cela la Chekhina se délectera avec ה', c'est l'union du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina. Et c'est aussi "que tu es belle et que tu es agréable" : quand le tsadik embellit la Chekhina, qu'il sépare les kelipot et qu'il la rend agréable et adoucie, toute entière bien, par cela il produit "l'amour" et l'unité comme ci-dessus, et par cela l'union se fait "dans les délices".

Et c'est aussi "pour cela (al zot) que tout hassid Te prie", car "cela" (zot) est la Chekhina, c'est-à-dire que le tsadik priera pour la Chekhina ; "seul le flot des grandes eaux ne l'atteindra pas" signifie qu'elles ne toucheront pas du tout à la sainteté et qu'elles n'auront aucune prise dans la sainteté. Et c'est aussi "et Elokim vit la lumière, qu'elle était bonne" (Genèse 1,4) : "Elokim" désigne les dinim, et "ils ont des yeux et ne voient pas" (Psaumes 115,5), car à Dieu ne plaise, au temps de leur domination, que le Miséricordieux nous en préserve, ils ne distinguent pas entre le bien et le mal, à Dieu ne plaise, et ils sont comme un aveugle privé de vue.

Mais le tsadik, grâce à sa lumière qui brille au-dedans d'eux pour les retourner en miséricorde, les amène à la vision, et il produit en eux le sens de la vue. Et c'est "et Elokim vit" : les dinim parviennent à la vision ; "la lumière", c'est-à-dire grâce à la lumière du tsadik qui brille au-dedans d'eux, jusqu'à "qu'elle était bonne" : ils se retournent en miséricorde et en bien sur Israël à jamais.

Amen.

זקני תלמידי חכמים כל זמן שמזקינים דעתם מתיישבת עליהן. י"ל הפירוש לפי מה שפירשתי "אין צו אלא זירוז", השורש שצריך האדם להיות תמיד בהכנעה גדולה, אף שהוא במדריגות גדולות לא יחזיק עצמו אלא כמתחיל בעבודת הבורא ית"ש, שהוא הזירוז שהוא תחילת עבודה המביאה לידי עבודת הבורא ב"ה ית"ש, על דרך שאמר התנא זריזות מביא לידי נקיות עד לידי רוח הקודש, ונמצא הזירוז היא התחלה, וצריך המוכיח המצווה בטוב על ישראל, עיקר לצוות להם שלא יחזיקו עצמם לעולם רק במדריגת זירוז, וזהו "אין צו אלא זירוז מיד ולדורות" רצה לומר אף אחר שיהיה לך כל המדריגות, אף על פי כן לעולם לא תחזיק עצמך אלא כמתחיל בעבודה, עיין בחיבורי על סדר הפרשיות בפרשת תצוה באריכות, שם תמצא מרגוע לנפשך.

וזה הכוונה גם כן דחכם הוא נקרא הממולא בכל החכמות שבעולם, ותלמיד חכם הוא הלומד אצל החכם, כמו תלמיד לחכם, ולכן אמרו "זקני תלמידי חכמים" פירוש מי שמחזיק עצמו לתלמיד אפילו בזקנותו, דהיינו שהוא מוכנע גדול, שאפילו בעת זקנותו שאז פסק כח היצר הרע, בודאי הוא יותר במעלות ומידות טובות מבחרותו, ואף על פי כן מחזיק עצמו לתלמיד, ונמצא "כל זמן שמזקינין דעתן מתיישבת עליהן".

"Les anciens parmi les talmidei hakhamim (les disciples des sages), plus ils vieillissent, plus leur esprit se pose sur eux" (Chabbat 152a). On peut expliquer la chose selon ce que j'ai expliqué : "tsav (ordonne) n'est rien d'autre qu'une exhortation (zérouz)" ; la racine en est que l'homme doit toujours se tenir dans une grande soumission, et que même s'il est parvenu à de grands degrés il ne se tienne que pour un débutant dans le service du Créateur béni soit-Il et béni soit Son Nom ; c'est cela le zérouz, qui est le commencement du service, celui qui mène au service du Créateur béni soit-Il et béni soit Son Nom, à la manière de ce qu'a dit le Tana : "l'empressement (zerizout) mène à la propreté", jusqu'à "à l'esprit saint".

Il se trouve donc que le zérouz est le commencement. Et celui qui réprimande, qui ordonne le bien à Israël, doit avant tout leur ordonner de ne jamais se tenir eux-mêmes que dans le degré du zérouz.

Et c'est le sens de "tsav n'est rien d'autre qu'une exhortation, immédiatement et pour les générations" : il veut dire que même après que tu auras tous les degrés, malgré tout ne te tiens jamais que pour un débutant dans le service. Vois dans mon ouvrage sur l'ordre des parachiot, dans la paracha Tetsave, où cela est développé ; tu y trouveras du repos pour ton âme.

Et telle est aussi l'intention de ceci : "'hakham" (sage) désigne celui qui est rempli de toutes les sagesses du monde, et "talmid 'hakham" est celui qui étudie auprès du sage, comme un disciple auprès d'un sage ; c'est pourquoi ils ont dit "les anciens parmi les talmidei hakhamim", ce qui signifie : celui qui se tient pour un disciple même dans sa vieillesse, autrement dit celui qui est très soumis, car même au temps de sa vieillesse, où la force du mauvais penchant a cessé, il est certainement plus élevé en vertus et en bonnes qualités que dans sa jeunesse, et malgré tout il se tient pour un disciple ; il se trouve alors que "plus ils vieillissent, plus leur esprit se pose sur eux".

וזהו פירוש "תלמידי חכמים מרבים שלום בעולם" פירוש אותם חכמים המחזיקים עצמם לתלמידים, והם מוכרחים תמיד להתגבר בעבודתו בכל פעם יותר, הם מרבים שלום בפמליא של מעלה ובפמליא של מטה, וגורמים ברכות והשפעות לעולם התחתון, וזהו שאמר שלמה המלך עליו השלום "אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני" פירוש נתיישבתי בדעתי שעיקר השורש שאחכים הוא על ידי שהיא רחוקה ממני, פירוש שאהיה במדריגה זו כאילו לא נגעתי בתורה כלל, ואז אחכמה בודאי. שזה עיקר גדול לאדם שישכיל ויבין בדעתו, לו אלף שנים יחיה, לא ישיג עיקר שורש חכמות אלקות, שהוא דבר שהוא אין לו סוף ולא ערך, וכל מה שיתגבר אדם בעבודתו ית"ש ויתעלה, בכל פעם יבין אז יותר שאינו מבין כלל, והוא רחוק מאוד מהחכמה העליונה.

והשם ברחמיו וחסדיו המרובים יעזרנו להבין ולהשכיל על כל הנ"ל באמת. אמן כן יהי רצון.

Et c'est le sens de "les talmidei hakhamim augmentent la paix dans le monde" : il s'agit de ces sages qui se tiennent eux-mêmes pour des disciples, et qui sont contraints de se renforcer toujours davantage dans Son service à chaque fois ; ceux-là augmentent la paix dans la famille d'en haut et dans la famille d'en bas, et ils attirent des bénédictions et des influx sur le monde inférieur. Et c'est ce qu'a dit le roi Chelomo, que la paix soit sur lui : "J'ai dit : je serai sage, mais elle est loin de moi" (Ecclésiaste 7,23).

L'explication en est : je me suis résolu en mon esprit que la racine essentielle par laquelle je deviendrai sage, c'est justement "qu'elle est loin de moi", c'est-à-dire que je me tiendrai à ce degré comme si je n'avais pas du tout touché à la Tora, et alors je deviendrai certainement sage. Car c'est un grand principe pour l'homme qu'il comprenne et saisisse en son esprit que, vécût-il mille ans, il n'atteindra pas la racine essentielle des sagesses de la divinité, qui est une chose sans fin et sans commune mesure ; et plus l'homme se renforce dans Son service, béni soit Son Nom, et s'élève, plus il comprendra chaque fois davantage qu'il ne comprend rien du tout, et qu'il est très éloigné de la sagesse supérieure.

Et que le Nom, dans Sa miséricorde et Ses bontés abondantes, nous aide à comprendre et à saisir en vérité tout ce qui précède. Amen, qu'il en soit ainsi.

ואהבת לרעך כמוך. דאיתא בזוהר הקדוש דהנשמה יש לה לבוש דק שהיא מתלבשת בגן עדן, והיא דוגמת אברי הגוף, והנשמה היא חושקת תמיד לאהוב את השי"ת ב"ה, רק הגוף שהוא חומר עב, הוא המונע אותו, וציוה הש"י "ואהבת לריעך" השם יתברך נקרא "ריעך", כמו ריעך וריע אביך כו', "כמוך" פירוש כמו הנשמה שהיא כמוך דוגמתך באבריך, וכמו שהיא אוהבת אותו באהבה שלימה, כמו כן אתה הגוף תסכים עמה, ותאהוב את השי"ת באמת.

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Lévitique 19,18). Car il est dit dans le saint Zohar que l'âme possède un vêtement subtil dont elle se revêt dans le jardin d'Éden, et qui est à l'image des membres du corps ; et l'âme désire toujours aimer le Nom béni soit-Il, seul le corps, qui est une matière épaisse, l'en empêche.

Et le Nom béni soit-Il a ordonné "tu aimeras ton compagnon (réékha)" - le Nom béni soit-Il est appelé "ton compagnon", comme dans "ton compagnon et le compagnon de ton père" (Proverbes 27,10) ; "comme toi (kamokha)" signifie : comme l'âme, qui est "comme toi", à ton image dans tes membres, et de même qu'elle L'aime d'un amour parfait, ainsi toi, le corps, accorde-toi avec elle et aime le Nom béni soit-Il en vérité.

שירו לה׳ שיר חדש תהלתו בקהל חסידים. יש להשיב כהלכה לאותן שאינם יודעים האיך נענה אדם בתפילה בהתפללו על חולה והוא נתרפא, הרי הוא כמו השתנות חלילה אצל הבורא הפשוט האמיתי.

אך הענין הוא, באמת מפי עליון לא תצא הרעות, רק האדם הוא מקושר בכל העולמות, ומחמת חטא הוא נפסק מהקשר עליון ונופל בענין חולי רע רחמנא ליצלן, ואחר שבא הצדיק ומתפלל, הוא מקשר את האדם הזה בשרשו כבתחילה, ולכן נקראת תפילה, כי תפילה היא מלשון התקשרות, כמו נפתולי כו׳, ונמצא ממילא מתרפא, ולפעמים אין מועילו תפילה חלילה, כי יש עליו קיטרוג חלילה, ואז צריך לקשרו בעולם הגדול הנקרא "תהלה", כי תהלה הוא מלשון ואחריו תהל אור כו׳, כי שם הוא רק אור גדול, ואין כח בדין לקטרג שם, והוא רחמים גמורים ושם נמתק הכל. ולכך נקראים שירי דוד מלכנו "תהלים", שיכולין לפעול על ידם הכל, ואין שטן ואין פגע רע.

וזהו "שירו לה׳ כו׳ תהלתו בקהל חסידים" פירוש ענין התהלה הוא ביד החסידים המתחסדים עם קונם.

"Chantez à ה' un chant nouveau, Sa louange (tehilato) dans l'assemblée des hassidim" (Psaumes 149,1). Il y a lieu de répondre comme il convient à ceux qui ne savent pas comment l'homme est exaucé dans la prière lorsqu'il prie pour un malade et que celui-ci guérit : voici que cela ressemblerait, à Dieu ne plaise, à un changement chez le Créateur simple et véritable.

Mais voici la chose : en vérité "de la bouche du Très-Haut ne sortent pas les maux" (Lamentations 3,38) ; seulement, l'homme est lié à tous les mondes, et à cause de la faute il est coupé du lien supérieur et tombe dans une mauvaise maladie, que le Miséricordieux nous en préserve. Et lorsque vient le tsadik et qu'il prie, il relie cet homme à sa racine comme au commencement ; et c'est pourquoi cela s'appelle "tefila" (prière), car "tefila" est un terme de liaison, comme dans "les entrelacements (naftouléy)" etc.

(Genèse 30,8). Il se trouve alors que de lui-même il guérit.

Et parfois la prière ne lui sert pas, à Dieu ne plaise, car il y a contre lui une accusation, à Dieu ne plaise ; et alors il faut le relier au grand monde appelé "tehila" (louange), car "tehila" est du langage de "et après lui la lumière resplendit (tahèl)" etc. (Job 41,10), car là-bas il n'y a qu'une grande lumière, et le din n'a pas la force d'y accuser, et c'est une miséricorde entière, et là tout est adouci.

Et c'est pourquoi les chants de David notre roi sont appelés "Tehilim", car on peut tout obtenir par eux, et il n'y a ni Satan ni mauvaise rencontre. Et c'est le sens de "Chantez à ה'...

Sa louange dans l'assemblée des hassidim" : l'explication est que la chose de la "tehila" est dans la main des hassidim qui agissent avec bonté envers leur Créateur.

אקוה שמך כי טוב נגד חסידיך. נראה דהנה הצדיק כל עבודתו ומעשיו, הוא מעלה אותם למעלה למעלה להשם הוי"ה ב"ה, וזהו שאמר שלמה המלך עליו השלום "אין כל חדש תחת השמש", פירוש שצריך האדם להתגבר בעבודתו ית׳ כשהוא עושה איזה עובדא, או מחדש חידושין דאורייתא, צריך לראות שלא תהא נשאר למטה תחת השמש, רק להעלותם למעלה מן השמש אל השם ב"ה.

וזה "יקוו המים מתחת כו׳ ותראה היבשה ויהי כן", ולכאורה יש להבין מה רבותא השמיענו הכתוב שהיה כן, היפלא מה׳ דבר? אך לפי דברינו הפירוש עולה כך, שכל זה עשה השי"ת ב"ה כדי שיעשה אחר כך הצדיק דוגמת הדבר הזה. והיינו "יקוו המים" דהתורה נקראת מים, וציוה השי"ת ב"ה שיקוו ויכנסו התורה "אל מקום אחד" רצה לומר אל האחדות העליון, ועל ידי זה "ותראה היבשה" רצה לומר כי ביבשה יהיה נראה הדבר הזה אם התורה נקווה בשרשה, דהיינו שיהיו השפעות גדולות על ידי התורה, או העוסק במצוה ההוא, ואז ידעו כי הוא השלימה מכל מום ועלתה מעלה, וגם "ותראה היבשה" שהבריות יהיו נראין יפין מכח העובדות ההם, "ויהי כן" פירוש שזה היה כמו דבר הבטחה מהשם הטוב להצדיק, שגם הוא יהיה יכול לפעול כן.

וזהו "אקוה" מלשון ויקוו, "שמך" פירוש כי על ידי זה בא טובה וברכה לעולם, זה הדבר הוא "טוב לפני חסידיך".

"J'espère en Ton Nom, car il est bon, devant Tes hassidim" (Psaumes 52,11). Il semble que voici : le tsadik, tout son service et tous ses actes, il les élève toujours plus haut vers le Nom הוי"ה béni soit-Il.

Et c'est ce qu'a dit le roi Chelomo, que la paix soit sur lui : "il n'y a rien de nouveau sous le soleil" (Ecclésiaste 1,9), ce qui signifie que l'homme doit se renforcer dans Son service, béni soit-Il : quand il accomplit quelque acte, ou qu'il innove des nouveautés de Tora, il doit veiller à ce que cela ne demeure pas en bas, sous le soleil, mais à les élever au-dessus du soleil, vers le Nom béni soit-Il. Et c'est "que les eaux se rassemblent (yikavou) de dessous" etc.

"et que le sec apparaisse, et il en fut ainsi" (Genèse 1,9). Or à première vue il y a lieu de comprendre : quelle nouveauté l'Écriture nous apprend-elle en disant qu'il en fut ainsi ?

Y a-t-il quelque chose de trop difficile pour ה' ? Mais selon nos paroles l'explication vient ainsi : tout cela, le Nom béni soit-Il l'a fait afin que le tsadik fasse ensuite à l'image de cette chose.

Et c'est "que les eaux se rassemblent" - la Tora est appelée eaux - et le Nom béni soit-Il a ordonné que la Tora se rassemble et entre "en un seul lieu", c'est-à-dire vers l'unité supérieure ; et par cela "et que le sec apparaisse", c'est-à-dire que c'est sur la terre sèche que cette chose se verra, si la Tora s'est bien rassemblée dans sa racine, à savoir qu'il y aura de grands influx par la Tora, ou par celui qui s'occupe de cette mitsva ; et alors ils sauront qu'elle est parfaite, exempte de tout défaut, et qu'elle est montée en haut. Et aussi "et que le sec apparaisse" : que les créatures paraîtront belles par la force de ces actes.

"Et il en fut ainsi" signifie que ce fut comme une chose promise par le Nom bon au tsadik, que lui aussi pourrait agir de même. Et c'est "j'espère (akavé)", du langage de "qu'elles se rassemblent (yikavou)", "Ton Nom", ce qui signifie que par cela viennent le bien et la bénédiction dans le monde ; cette chose-là est "bonne devant Tes hassidim".

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