Le tsadik parfait peut annuler tous les décrets, car le Saint béni soit-Il décrète et le tsadik annule. Pour le Noam Elimele'h, il est retranché de ce monde, comme s'il n'y était pas, à l'image des anges qui se demandent : « Où est le lieu de Sa gloire ? » Les anges puisent la sainteté par ce monde où ils ne sont pas, les tsadikim des mondes supérieurs, le tsadik retranché aussi depuis ici. Il a l'amour et la crainte des anges, et « le Nom ne fait rien sans avoir révélé Son secret à Ses serviteurs ». « Je suis un étranger sur la terre », dit David : « ne me cache pas Tes commandements », afin de les adoucir par la prière.
Aussi : la joie de l'homme par la prière fluide dans la bouche ; les deux degrés, crainte de Yaakov et amour d'Israël, par l'affliction de la bouche ; l'âme perdue comme objet perdu, puis dépôt à restituer
או יאמר דהנה כבר כתבנו מזה דהצדיק השלם יכול לבטל כל הגזירות, דהקב"ה גוזר וצדיק מבטל, והוא על ידי שהצדיק הוא מופרש ומובדל מענייני עסקי העולם הזה, והוא כאילו אינו בעולם הזה כלל, ומחמת דבר זה קדושתו הרבה מאד, כדמיון המלאכים שואלין זה לזה איה מקום כבודו, שהם סוברים שהשי"ת ב"ה הוא בתחתונים, ומחמת זה מודים ומשבחים להשי"ת ב"ה, ונמצא המלאכים שואבים הקדושה על ידי עולם הזה שהם אינם בו, והצדיקים שואבים ומקבלים הקדושה מהעולמות העליונים, שסברתם בהיפך המלאכים, והצדיק המופרש ומובדל מעולם הזה הוא שואב גם כן הקדושה מהעולם הזה כדמיון המלאכים, שגם הוא כאילו אינו בזה העולם כלל מחמת גודל פרישותו וקדושתו, ויש לצדיק כזה אהבת המלאכים ויראת המלאכים, ומדרגתו הוא יותר מהם, ולהצדיק כזה לא יעשה ה׳ דבר כי אם גילה סודו לעבדיו, כמ"ש באברהם המכסה אני כו׳, ויודע הצדיק להתפלל ולבטל, וזהו שאמר דוד "גר אנכי בארץ" דהיינו שאני מובדל ומופרש מכל גשמי עולם הזה, לכן "אל תסתר ממני מצותיך" פירוש הציווים שאתה מצוה בעולם, הודיעני מקדם, כדי שאוכל למתקם על ידי תפילתי הזכה.
Ou bien on dira ainsi : voici, nous avons déjà écrit à ce sujet que le tsadik parfait peut annuler tous les décrets, car le Saint béni soit-Il décrète et le tsadik annule. Et cela se produit parce que le tsadik est séparé et retranché des affaires de ce monde-ci, et il est comme s'il n'était pas du tout dans ce monde ; et de ce fait sa sainteté est très grande, à l'image des anges qui se demandent l'un à l'autre : "Où est le lieu de Sa gloire ?" (d'après Ezechiel 3,12), car ils pensent que le Nom béni soit-Il se trouve dans les mondes inférieurs, et de ce fait ils rendent grâce et louent le Nom béni soit-Il.
Il se trouve donc que les anges puisent la sainteté par le moyen de ce monde-ci, dans lequel ils ne sont pas ; tandis que les tsadikim puisent et reçoivent la sainteté des mondes supérieurs, leur pensée étant l'inverse de celle des anges. Et le tsadik séparé et retranché de ce monde puise lui aussi la sainteté depuis ce monde-ci, à l'image des anges, car lui aussi est comme s'il n'était pas du tout dans ce monde, en raison de la grandeur de son détachement et de sa sainteté.
Un tel tsadik possède l'amour des anges et la crainte des anges, et son degré est plus élevé que le leur. Et pour un tel tsadik, "le Nom ne fait rien sans avoir révélé Son secret à Ses serviteurs" (Amos 3,7), comme il est dit à propos d'Avraham : "Cacherai-Je à Avraham..." (Genèse 18,17).
Et le tsadik sait prier et annuler le décret. Et c'est ce que dit David : "Je suis un étranger sur la terre" (Psaumes 119,19), c'est-à-dire : je suis retranché et séparé de tout ce qui est matériel dans ce monde ; c'est pourquoi "ne me cache pas Tes commandements" (ibid.), ce qui veut dire : les ordres que Tu ordonnes dans le monde, fais-les-moi connaître d'avance, afin que je puisse les adoucir par ma prière limpide.
במשלי: שמחה לאיש במענה פיו.
נ"ל על פי דאיתא בגמרא רבי חנינא בן דוסא כשהיה מתפלל על החולה אמר זה חי כו׳, אמרו לו מנין אתה יודע, אמר להם אם שגורה תפילתי בפי כו׳, וזהו "שמחה לאיש" פירוש על ידי "מענה פיו", דהיינו תפילתו של האיש צדיק, אם שגורה בפיו אז שמחה הוא לו, שיודע שתפילתו רצויה מקובלת לפני המקום ב"ה.
Dans les Proverbes : "L'homme a de la joie par la réponse de sa bouche" (Proverbes 15,23). Il me semble l'expliquer d'après ce qui est rapporté dans la Guemara : Rabbi Hanina ben Dossa, lorsqu'il priait pour un malade, disait : celui-ci vivra, etc.
On lui dit : d'où le sais-tu ? Il leur répondit : si ma prière est fluide dans ma bouche, etc.
(Berakhot 34b). Et c'est cela "de la joie pour l'homme", ce qui veut dire : par "la réponse de sa bouche", c'est-à-dire la prière de l'homme juste : si elle est fluide dans sa bouche, alors c'est une joie pour lui, car il sait que sa prière est agréée et reçue devant l'Omniprésent béni soit-Il.
או יאמר דהנה יש ב׳ מדריגות בצדקות. א׳ מדרגת יראה היא הנקראת בשם יעקב, כמו שנאמר אל תירא עבדי יעקב, נמצא מצינו יראה אצל יעקב, והב׳ היא מדרגת העובד מאהבה, היא הנקראת בשם ישראל, דהיינו ישר אל, שהוא מודה ומשבח להשי"ת ב"ה בשירות ותשבחות, והוא על ידי אהבה רבה, ואיתא בחובות הלבבות שצריך האדם לקבל על עצמו תנאי הגירות בעולם הזה, כאשר האדם שהוא גר בארץ אחרת והוא שפל ונבזה בעיניו מאד, שאין לו אל מי לפנות, ותמיד בכל רגע הוא בעמוד וצא קאי, וממהר לעשות פעולותיו והצטרכותו בשעה מועטת זו, כמו כן צריך להיות העולם הזה נדמה בעיני האדם, כאשר מבואר שם באר היטב בצחות לשונו הזך והטהור, וזהו מדרגת יראה, שרואה בשפלותו ומתיירא מהבורא ב"ה הגדול והנורא.
Ou bien on dira : voici, il y a deux degrés dans la voie du juste. Le premier est le degré de la crainte, qui est appelé du nom de Yaakov, ainsi qu'il est dit : "Ne crains pas, Mon serviteur Yaakov" (Isaie 44,2) ; il se trouve donc que nous trouvons la crainte auprès de Yaakov.
Le second est le degré de celui qui sert par amour, qui est appelé du nom d'Israël, c'est-à-dire yachar El (droit vers Dieu), car il rend grâce et loue le Nom béni soit-Il par des chants et des louanges, et cela par un grand amour. Et il est écrit dans les Hovot ha-Levavot (Les devoirs des cœurs) que l'homme doit accepter sur lui la condition d'étranger en ce monde : de même que l'homme qui réside en terre étrangère est très abaissé et méprisable à ses propres yeux, n'ayant vers qui se tourner, et qu'à chaque instant il se tient prêt à se lever et sortir, et se hâte d'accomplir ses actions et ses besoins en ce court moment, de même ce monde doit apparaître aux yeux de l'homme, ainsi que cela y est expliqué parfaitement, dans la finesse de son langage limpide et pur.
Et c'est là le degré de la crainte, car il voit sa propre bassesse et il craint le Créateur béni soit-Il, le Grand et le Redoutable.
והנה הצדיק צריך להיות עובד בשני המדרגות, דהיינו מדרגת יראה הוא התנאי הגירות והשפלות, ובמדריגת אהבה שהוא לחשב תמיד רוממות אל וגדולתו, והפעולה המביאה את האדם לידי אהבה, היא המחשבה הטהורה הזכה והצלולה, דהיינו שיסיר ממנו כל מחשבת חוץ, ולמעט בדיבורו בעניני העולם הזה כי אם לצורך גדול, ואותו הצטרכות יהיה גם כן לעבודתו יתברך שמו, ולחשב תמיד רוממות אל, ושיהא הילוכו בקדושה, ודיבורו בקדושה ביראת אל כל היום, ועל ידי זה הוא בא לאהבה רבה ושלימה. וזהו פירוש הפסוק "שמחה לאיש", דהיינו שהפסוק מלמדינו איך לבוא לידי אהבה שהיא השמחה, ואמר באיזה פעולה יבוא שמחה לאיש צדיק? "במענה" הוא לשון עינוי וסיגוף, דהיינו על ידי שהוא מענה ומסגף את פיו מדבר דבר שאינו צורך גבוה, וישמור פיו ולשונו מאד לדבר בקדושה, ועל ידי זה מחשבתו טהורה להיות מחשב רוממות אל וגדולתו, ובא לידי אהבת הבורא יתברך ובמצוותיו חפץ מאד, וזהו "גרים ותושבים אתם עמדי", שהקב"ה מצוה לישראל שיהיו עובדים אותו בשני המדרגות הנ"ל, דהיינו גירות היא היראה, ותושבים זה הוא מדריגות אהבה, כי הנשמה הבאה מלמעלה והלכה בכל העולמות עד העולם התחתון הזה, צריכה להיות גם כן מחשבת תמיד בעולמות עליונים שהיתה בהם תושב, וזהו רוממות אל, וזהו פירוש הפסוק "גר אנכי" שאמר דוד המלך עליו השלום, ריבונו של עולם, מדרגות יראה היא הגירות והשפלות יש בי, אך על זאת אתפלל "אל תסתר ממני מצותיך" הוא מדריגת אהבה הפנימיות שבמצותיך, שהיא על ידי אהבה ודביקות כנ"ל.
Et voici, le tsadik doit servir selon les deux degrés : le degré de la crainte, qui est la condition d'étranger et l'abaissement, et le degré de l'amour, qui consiste à méditer constamment l'élévation de Dieu et Sa grandeur. Et l'action qui amène l'homme à l'amour, c'est la pensée pure, limpide et claire, c'est-à-dire qu'il écarte de lui toute pensée étrangère, qu'il réduise ses paroles concernant les affaires de ce monde sauf en cas de grande nécessité, et que ce besoin même soit lui aussi pour Son service, béni soit Son Nom ; et qu'il médite toujours l'élévation de Dieu, que sa marche soit dans la sainteté et sa parole dans la sainteté, dans la crainte de Dieu tout le jour.
Et par cela il parvient à un amour grand et parfait. Et telle est l'explication du verset "de la joie pour l'homme" : le verset nous enseigne comment parvenir à l'amour, qui est la joie.
Et il dit par quelle action la joie viendra à l'homme juste : "be-maane", terme qui a le sens d'affliction et de mortification (inouy et sigouf), c'est-à-dire par le fait qu'il afflige et mortifie sa bouche en s'abstenant de dire une parole qui n'est pas nécessaire au service d'En haut, et qu'il garde très soigneusement sa bouche et sa langue afin de parler dans la sainteté. Et par cela sa pensée devient pure, méditant l'élévation de Dieu et Sa grandeur, et il parvient à l'amour du Créateur béni soit-Il, et "il désire ardemment Ses commandements" (Psaumes 112,1).
Et c'est le sens de "vous êtes chez Moi des étrangers et des résidents" (Lévitique 25,23) : le Saint béni soit-Il ordonne à Israël de Le servir selon les deux degrés mentionnés ci-dessus, c'est-à-dire l'état d'étranger, qui est la crainte, et "résidents", qui est le degré de l'amour. Car l'âme qui vient d'En haut et qui a traversé tous les mondes jusqu'à ce monde inférieur doit elle aussi penser constamment aux mondes supérieurs dans lesquels elle était résidente, et c'est là l'élévation de Dieu.
Et telle est l'explication du verset "Je suis un étranger" qu'a dit le roi David, la paix soit sur lui : Maître du monde, le degré de la crainte, qui est l'état d'étranger et l'abaissement, se trouve en moi ; mais voici ce sur quoi je prie : "ne me cache pas Tes commandements", c'est le degré de l'amour, l'intériorité de Tes commandements, qui advient par l'amour et l'attachement (devekout), comme ci-dessus.
או יאמר שמחה לאיש כו׳. דהנה ידוע שעיקר החיות של כללות ישראל אינו אלא בארץ הקדושה, השי"ת יקבץ נידחינו מהרה למקום חיותנו.
אך הצדיק הדבוק בהבורא ית"ש ובשמו הגדול, יש לו חיות אף בכל מקום שהוא, וזהו "ויחי יעקב בארץ מצרים שבע עשרה שנה", פירוש יעקב היה לו חיות אף בארץ מצרים, על ידי שם הוי"ה ב"ה וברוך שמו, שהוא במספר קטן שבע עשרה בגימטריא "טוב". וזהו "שמחה לאיש במענה פיו", כי "מענה" הוא לשון מעון ודירה, דהיינו הצדיק על ידי עסקו בתורה ותפילותיו הזכים והצלולים בדביקות גדול שיש לו, יש לו חיות, ונמצא "פיו" הוא דירתו בכל מקום שהוא, וזה "שמחה" לו, ואשרי לו ולחלקו לאיש הצדיק.
Ou bien on dira : "de la joie pour l'homme", etc. Voici, il est connu que la vitalité essentielle de l'ensemble d'Israël ne se trouve que dans la Terre sainte ; que le Nom béni soit-Il rassemble bientôt nos dispersés vers le lieu de notre vie.
Mais le tsadik attaché au Créateur béni soit Son Nom et à Son grand Nom possède la vitalité en tout lieu où il se trouve. Et c'est le sens de "Yaakov vécut au pays d'Égypte dix-sept années" (Genèse 47,28) : cela veut dire que Yaakov avait la vitalité même au pays d'Égypte, par le Nom de quatre lettres béni soit-Il et béni soit Son Nom, dont le compte réduit (mispar katan) est dix-sept, valeur numérique de "bon" (טוב).
Et c'est "de la joie pour l'homme par la réponse de sa bouche", car "maane" a le sens de maon, demeure et habitation, c'est-à-dire que le tsadik, par son occupation dans la Torah et par ses prières limpides et claires, dans le grand attachement qu'il possède, obtient la vitalité ; il se trouve donc que "sa bouche" est sa demeure en tout lieu où il se trouve, et cela est pour lui "de la joie". Heureux est-il et heureuse est sa part, cet homme juste.
בבבא מציעא דף ל' (ב"מ ל, א) משנה איזה היא אבידה כו׳. ונ"ל על דרך המוסר, אם תרצה לדעת "איזה היא אבידה" שאדם אובד בו נשמתו, ואמר "מצא חמור או פרה רועים בדרך", ד"חמור" הוא גוף והחומר של האדם העוסק בעניני העולם הזה ודברי גשמי הרודף אחריהם, וזה הוא הפירוש של "רועים" שרועה את עצמו במרעה העולם הזה, אלא שאף על פי כן הוא "בדרך" פירוש שהוא נוהג את עצמו בדרך הישר, שנושא ונותן באמת, "אין זו אבידה" בשביל זה אינו מאבד חס ושלום נשמתו.
אבל "חמור וכליו הפוכים", ד"כלים" הם האיברים של האדם שהוא משמש בהם, אם הם "הפוכים" פירוש שקלקל בהם והיפך אותם מטוב לרע, "הרי זו אבידה", שבזה בוודאי הוא אובד את נשמתו, לכן חוס וחמול ורחם על נפשך ונשמתך ותחזור בתשובה מהרה להבורא ית"ש. "החזירה וברחה החזירה וברחה אפילו ארבעה וחמשה פעמים" דהיינו שחזר בתשובה כמה פעמים וחזר לקלקולו, אף על פי כן אל יתיאש עצמו חס ושלום לומר למה זה הבל איגע, אלא "חייב להחזירה" שחל עליו חיוב התשובה, "שנאמר השם תשיבם משמע אפילו כמה פעמים".
והשי"ת המקבל שבים יחזירינו בתשובה שלימה לפניו ויחתור חתירה מתחת כסא כבודו לקבל אותנו ברחמים, ולתקן את אשר שחתנו ברחמיו, אמן כן יהי רצון.
Dans Bava Metsia, page 30 (Bava Metsia 30a), la Michna : Quel est l'objet perdu, etc. Et il me semble l'expliquer selon la voie du moussar (enseignement moral) : si tu veux savoir "quelle est la perte" par laquelle l'homme perd son âme.
Et il est dit : "s'il trouve un âne ou une vache paissant sur le chemin" : car "l'âne" (hamor), c'est le corps et la matière (homer) de l'homme qui s'occupe des affaires de ce monde et des choses matérielles et qui court après elles ; et c'est là l'explication de "paissant", car il se fait paître lui-même dans le pâturage de ce monde. Mais malgré tout il est "sur le chemin", ce qui veut dire qu'il se conduit lui-même sur le chemin droit, négociant avec honnêteté, alors "ce n'est pas un objet perdu", car pour cela il ne perd pas, à Dieu ne plaise, son âme.
Mais "un âne dont les ustensiles (kelim) sont renversés" : car les "kelim" sont les membres de l'homme dont il se sert ; s'ils sont "renversés", ce qui veut dire qu'il les a corrompus et retournés du bien vers le mal, alors "ceci est un objet perdu", car par cela il perd assurément son âme. C'est pourquoi aie pitié, épargne et prends en compassion ton âme vitale (nefech) et ton âme (nechama), et reviens vite en techouva vers le Créateur béni soit Son Nom.
"Il l'a ramenée et elle s'est enfuie, il l'a ramenée et elle s'est enfuie, même quatre et cinq fois" : c'est-à-dire qu'il est revenu en techouva plusieurs fois puis est retourné à sa corruption ; malgré cela, qu'il ne désespère pas de lui-même, à Dieu ne plaise, en disant : pourquoi me fatiguerais-je en vain ? Mais plutôt "il est tenu de la ramener", car l'obligation de la techouva demeure sur lui, "ainsi qu'il est dit : tu les ramèneras (Deutéronome 22,1), ce qui implique même plusieurs fois".
Et que le Nom béni soit-Il, qui accueille ceux qui reviennent, nous ramène devant Lui dans une techouva parfaite, qu'Il creuse un passage sous le Trône de Sa gloire pour nous recevoir avec miséricorde et pour réparer ce que nous avons corrompu, dans Sa miséricorde, amen, qu'ainsi soit Sa volonté.
משנה סוף פמשנה סוף פרק המפקיד, השולח יד בפיקדון כו׳. ע"ד המוסר נראה לפרשה, דהנה הנשמה נקראת פיקדון, שנתן השי"ת לאדם שישמור אותה ולא יפגום אותה חלילה.
וזהו "השולח יד בפיקדון", שאם חס ושלום שלח ידו בפיקדון, היא הנשמה הקדושה אשר הפקד אתו, שפגם בה חלילה, "בית שמאי אומרים ילקה בחסר וביתר", פירוש שנענש מחמת שני דברים, דהיינו שחסר ופגם לעילא ופגם לתתא ופגם בנשמתו, וזו היא "ילקה בחסר", "וביתר" היינו עבור שנתן כח בהקליפה הנקראת יתר, דכל יתר כנטול דמי. "ובית הלל אומרים כשעת הוצאה" פירוש איך יעשה ויתקן את אשר עוות וקלקל, דהיינו שימסור עצמו לכבוד קדושת שמו "כשעת הוצאה מן העולם" כאילו יוצא מהעולם הזה, כן יהיה מסירת נפשו גמורה ושלימה, ואז ישיב את הנשמה כשעת הוצאה מן העולם העליון.
רבי עקיבא אומר "כשעת תביעה", פירוש דאין לך אדם שאין לו שעה שיתעורר עליו התעוררות תשובה מלמעלה, וזהו "שעת תביעה" שהקב"ה תובע אותו שישוב אליו, ואמר רבי עקיבא שיהיה תמיד בהרהור תשובה כשעת התביעה מלמעלה, ואז יהיה יכול לעשות מסירת הנפש בשלימות.
Michna, fin du chapitre Ha-Mafkid (Celui qui dépose) : "Celui qui porte la main sur un dépôt", etc. (Bava Metsia 43a).
Il semble juste de l'expliquer selon la voie du moussar : voici, l'âme est appelée dépôt, que le Nom béni soit-Il a confié à l'homme pour qu'il la garde et ne l'endommage pas, à Dieu ne plaise. Et c'est le sens de "celui qui porte la main sur un dépôt" : si, à Dieu ne plaise, il a porte la main sur le dépôt, qui est l'âme sainte qui lui a été confiée, et qu'il l'a endommagée, à Dieu ne plaise, alors "l'école de Chamai dit : il est passible pour le manque et pour le surplus", ce qui veut dire qu'il est puni pour deux choses : il a diminué et endommagé en haut, et endommagé en bas, et endommagé son âme, et c'est cela "il est passible pour le manque" ; "et pour le surplus", c'est-à-dire parce qu'il a donné de la force à la kelipa (écorce, force d'impureté) appelée yeter (surplus), car tout surplus est comme retranché.
"Et l'école de Hillel dit : selon le moment de la sortie", ce qui veut dire : comment fera-t-il pour réparer ce qu'il a tordu et corrompu ? Il doit se livrer lui-même pour l'honneur de la sainteté de Son Nom, "comme au moment de la sortie hors du monde", comme s'il sortait de ce monde-ci ; ainsi son abandon de l'âme (messirout nefech) sera entier et parfait, et alors il restituera l'âme comme au moment de sa sortie hors du monde supérieur.
Rabbi Akiva dit : "selon le moment de la réclamation", ce qui veut dire qu'il n'est pas d'homme qui n'ait une heure où s'éveille sur lui un éveil de techouva d'En haut, et c'est cela "le moment de la réclamation", où le Saint béni soit-Il lui réclame de revenir vers Lui ; et Rabbi Akiva dit qu'il doit toujours être dans la pensée de la techouva comme au moment de la réclamation d'En haut, et alors il pourra accomplir l'abandon de l'âme en perfection.
וביותר יש סייעתא לזה שיבא לו הארה והתעוררות על ידי ראיית צדיק בפניו, שבעבור שיראתו על פניו, אזי המסתכל בפניו מקבל הארה גדולה, וזהו שאמר יעקב אבינו עליו השלום "אמותה הפעם אחרי ראותי פניך", דאיתא ויפול יוסף על צוואריו ויבך אבל יעקב לא נפל משום דקרא קריאת שמע, ומסתמא התפלל והוצרך לעשות מסירת הנפש בנפילת אפים, ואמר "אמותה הפעם" דהיינו שעתה אוכל לעשות מסירת נפש בשלימות, "אחרי ראותי פניך" וקבלתי ממך הארה וקדושה גדולה.
Et il y a de plus une aide à cela, pour qu'il lui vienne une illumination et un éveil : la vue du visage d'un tsadik. Car du fait que sa crainte est sur son visage, celui qui contemple son visage reçoit une grande illumination.
Et c'est ce que dit Yaakov notre père, la paix soit sur lui : "Que je meure cette fois, après avoir vu ton visage" (Genèse 46,30). Car il est rapporté : "Yossef tomba à son cou et pleura" (Genèse 46,29), mais Yaakov ne tomba pas, parce qu'il récitait la lecture du Chema ; et vraisemblablement il priait et devait accomplir l'abandon de l'âme lors de la nefilat apayim (la prostration du visage dans la prière).
Et il dit "que je meure cette fois", c'est-à-dire que maintenant je pourrai accomplir l'abandon de l'âme en perfection, "après avoir vu ton visage" et avoir reçu de toi une illumination et une grande sainteté.
משנה בבא בתרא בפרק יש נוחלין ומנחילין כו׳,. נ"ל על דרך הרמז, דמה ששאלו ישראל "היש ה׳ בקרבנו אם אין", פירוש ששאלו באיזה עולם תהיה עבודתם, דהנה יש שעולם אחד נקרא "יש" ועולם אחד נקרא "אין", דאיתא "לא כשאני נכתב אני נקרא, נכתב ביו"ד ה"א ונקרא באדנ"י", והקריאה הוא שם אדני נקרא "יש" שהוא הנגלה, והשם הויה ב"ה נקרא "אין" שהוא נסתר.
וזהו "אתה הוא אחד קודם שנברא" כו', "אתה" הוא נגלה ו"הוא" נסתר, וצריך האדם להיות עבודתו על ידי שם אדנ"י שמשם יבוא להשם הוי"ה ב"ה.
Michna de Bava Batra, dans le chapitre Yech Nohalin (Il en est qui héritent et font hériter), etc. Il me semble l'expliquer par voie d'allusion (remez) : ce que demandèrent les enfants d'Israël, "le Nom est-Il au milieu de nous ou non (ayin)" (Exode 17,7), veut dire qu'ils demandaient dans quel monde serait leur service.
Car voici, il est un monde qui est appelé "yech" (il y a) et un monde qui est appelé "ayin" (néant). Car il est rapporté : "Je ne suis pas lu comme Je suis écrit : Je suis écrit par yod-hé et Je suis lu Ado-nay" (Pessahim 50a).
Et la lecture, qui est le nom Ado-nay, est appelée "yech", car c'est le révélé ; et le Nom de quatre lettres béni soit-Il est appelé "ayin", car il est caché. Et c'est le sens de "Toi, Tu es Un avant que le monde fut créé", etc. : "Toi" (ata) est le révélé et "Il" (hou) est le caché.
Et l'homme doit accomplir son service par le nom Ado-nay, d'où il parviendra au Nom de quatre lettres béni soit-Il.
וזהו דאיתא בגמרא "מיום שנברא העולם לא היה אדם שקרא להקב"ה אדון עד שבא אברהם אבינו עליו השלום וקראו אדון", ולכאורה מה חידש אברהם אבינו דוקא בשם אדון. אך האמת שדבר גדול חידש, שמתחילה לא היה עבודתו כי אם עד שם הוי"ה ב"ה, ובא אברהם וקראו אדון, היינו כנ"ל, ולימד שצריך אדם לילך מתחילה על ידי שם אדנ"י ומשם יבוא להשיג השם הוי"ה ב"ה.
ושני השמות הללו נקראים יראה ואהבה, השם אדנ"י הוא נקרא יראה, והשם הוי"ה ב"ה הוא אהבה, וצריך האדם לבוא מן היראה אל אהבה, והיינו שחידש אברהם אבינו עליו השלום שקראו אדון, דהיינו שהשכיל בחכמתו היחוד שם אדני בהשם הוי"ה ב"ה. וזהו "מרגלית טובה היתה תלויה בצווארו של אברהם אבינו עליו השלום", היינו שמן הצוואר יוצא הדיבור וזהו שם אדנ"י כידוע, וזהו זכור ושמור, וזהו "אילו שמרו ישראל שני שבתות", היינו השני עולמות הנ"ל ליחדם, "מיד היו גגאלין".
Et c'est ce qui est rapporté dans la Guemara : "Depuis le jour où le monde fut créé, nul n'avait appelé le Saint béni soit-Il Adon (Maître), jusqu'à ce que vint Avraham notre père, la paix soit sur lui, et L'appela Adon" (Berakhot 7b). À première vue, quelle nouveauté Avraham notre père a-t-il apportée précisément par le nom Adon ?
Mais en vérité il a innové une grande chose : car au commencement son service n'allait que jusqu'au Nom de quatre lettres béni soit-Il, et vint Avraham qui L'appela Adon, ce qui est comme ci-dessus ; et il enseigna que l'homme doit d'abord aller par le nom Ado-nay, et de là il parviendra à saisir le Nom de quatre lettres béni soit-Il. Et ces deux noms sont appelés crainte et amour : le nom Ado-nay est appelé crainte, et le Nom de quatre lettres béni soit-Il est l'amour ; et l'homme doit venir de la crainte vers l'amour.
Et c'est là ce qu'a innové Avraham notre père, la paix soit sur lui, en L'appelant Adon, c'est-à-dire qu'il comprit par sa sagesse l'unification (yihoud) du nom Ado-nay dans le Nom de quatre lettres béni soit-Il. Et c'est le sens de "une bonne perle était suspendue au cou d'Avraham notre père, la paix soit sur lui" (Bava Batra 16b) : car c'est du cou que sort la parole, et c'est là le nom Ado-nay, comme il est connu ; et c'est là souviens-toi et garde.
Et c'est le sens de "si Israël gardait deux chabbatot" (Chabbat 118b), à savoir les deux mondes mentionnés ci-dessus, pour les unifier, "aussitôt ils seraient délivrés".
וזהו "ביום השבת שני כבשים" כו׳, "כבשים" הוא לשון מעלה ומדריגה כמו עלה בכבש, כי הנקודה אינה מעכבת הפירוש, והיינו כנ"ל שצריך האדם לעלות בשני המדרגות, והיינו לייחד שני עולמות הנ"ל, "בני שנה" דשנה היא גימטריה ספירה, ששני העולמות באים אל האחדות בספירה אחת, והיינו "תמימים", "ושני עשרונים", דכל אחד כלול מעשר, ועל ידי זה פועל הצדיק "סולת" היינו השפעה נקיה, "מנחה" רצה לומר שעושה נחת רוח להבורא ב"ה שגורם השפעה למעלה בעולמות העליונים, "בלולה בשמן", דכתיב טוב שם משמן טוב, רצה לומר דהצדיקים מהפכים מידת הדין למידת הרחמים על ידי אור תורתם, דאור נקרא שמן, והיינו שלומדים תורה לשמה ומעלים אורות גדולים על ידי לימודם, וזהו "טוב שם" רצה לומר זה שהשם נעשה טוב שנהפך לרחמים, הוא על ידי "שמן הטוב" הוא התורה והאור העולה על ידי הצדיקים, וזהו בלולה בשמן היינו שיהא בלול באור התורה.
Et c'est le sens de "au jour du Chabbat, deux agneaux", etc. (Nombres 28,9).
"Kevassim" (agneaux) a le sens d'élévation et de degré, comme dans monter par la rampe (kevech), car la vocalisation n'empêche pas l'interprétation ; et cela est comme ci-dessus, car l'homme doit monter selon les deux degrés, c'est-à-dire unifier les deux mondes mentionnés ci-dessus. "Âges d'un an" (bnei chana) : car "année" (שנה) a la même valeur numérique que "sefira" (ספירה), car les deux mondes viennent à l'unité dans une seule sefira, et c'est là "sans défaut" (temimim).
"Et deux dixièmes" : car chacun est composé de dix ; et par cela le tsadik produit de la "fleur de farine" (solet), c'est-à-dire une influence pure. "Offrande" (minha) veut dire qu'il produit une satisfaction (nahat roua'h) pour le Créateur béni soit-Il, car il cause une influence en haut dans les mondes supérieurs.
"Pétrie dans l'huile" : car il est écrit "un bon nom vaut mieux qu'une bonne huile" (Ecclésiaste 7,1), ce qui veut dire que les tsadikim transforment la mesure de rigueur (din) en mesure de miséricorde (rahamim) par la lumière de leur Torah, car la lumière est appelée huile (chemen) ; c'est-à-dire qu'ils étudient la Torah pour elle-même et font monter de grandes lumières par leur étude. Et c'est là "un bon nom", ce qui veut dire que ce par quoi le Nom devient bon, étant transformé en miséricorde, c'est par "la bonne huile", qui est la Torah et la lumière qui monte par les tsadikim.
Et c'est là "pétrie dans l'huile", à savoir qu'elle soit mélangée à la lumière de la Torah.