« Et j'implorai Hachem en ce temps-là » (Devarim 3,23). Le Noam Elimele'h reprend Rachi : par la droite magnifiée en force, Il brise l'ennemi. La grandeur est le ''hessed, et la main forte réside au même lieu. Lorsque le Nom juge les nations, ce jugement est ''hessed dans les cieux, bonté pour Israël, et guevoura en bas. « Quel Elokim, dans les cieux et sur la terre » unit ra'hamim d'en haut et puissance d'en bas par une seule droite. « Prends garde à toi et garde ton âme » : l'homme scrute d'abord son âme, semblable au Créateur en cinq choses ; qui ne se connaît pas manque de Le connaître.
Aussi : l'adversaire qui ne frappe qu'à la fin des jours, et le tikoun qui adoucit les dinim à leur racine ; le tsadik maître des dinim, dont la vitalité devient essentielle par la devekout.
ואתחנן אל ה' בעת ההיא לאמר כו' אתה החלות להראות כו'. היות שנאמר במקום אחר "ימינך ה' נאדרי" כתב רש"י ז"ל שבאותו הימין עצמו שנאדר בכח באותו ימין מרעיץ אויב, וגם כאן הפירוש כך, "את גדלך" הוא החסד, "ואת ידך החזקה" לומר שבמקום שנתעורר הגדולה הוא החסד, שם באותו המקום שורה היד החזקה.
והטעם לזה כי לכאורה אינו מובן, לפי שהימין הוא הנקרא חסד בכל מקום ושמאל הוא הגבורה, אך שהאמת הוא כך, כשהשי"ת עושה דין בהרשעים הם האומות, אז הדין נקרא למעלה בשמים "חסד", כי הוא חסד לישראל לנקום נקמתם באויביהם אעפ"י שאליהם הוא גבורות, וזהו שאמר כאן "את גדלך כו' ואת כו'" פירוש הם נכללים באחת בימין, שלפי שהוא חסד בשמים אך למטה בארץ הוא גבורה למי שעושים בו דין, וזהו התירוץ "אשר מי אל בשמים ובארץ אשר יעשה כמעשיך" הם הרחמים למעלה בשמים, "וכגבורתיך" למטה בארץ כנ"ל, אשר אתה עושה אותם בכח אחד בימינך הכל. וק"ל.
Et j'implorai ה' en ce temps-là, en disant... 'Toi, tu as commencé à montrer...' (Devarim 3,23-24). Puisqu'il est dit ailleurs 'Ta droite, ה', est magnifique en force' (Chemot 15,6), Rachi (Rabbi Chelomo Yitshaki) de mémoire bénie a écrit que par cette droite même qui s'est magnifiée par la force, par cette même droite Il brise l'ennemi.
Ici aussi l'explication est la même : 'ta grandeur' (guedoulaha), c'est le 'hessed (la bonté, la sefira de bonté), 'et ta main forte' vient dire que la où s'est éveillée la Guedoula, qui est le 'hessed, là, en ce même lieu, réside la main forte. Et la raison en est la suivante - car à première vue cela ne se comprend pas, puisque la droite est appelée 'hessed en tout lieu et la gauche est la guevoura (la rigueur) - mais la vérité est ainsi : lorsque le Nom béni soit-Il exerce le jugement sur les méchants, qui sont les nations, alors ce jugement est appelé en haut dans les cieux ''hessed', car c'est un 'hessed pour Israël que de tirer vengeance de leurs ennemis, bien que pour ceux-là ce soient des guevourot (rigueurs).
Et c'est ce qu'il dit ici : 'ta grandeur... et ta...', c'est-à-dire qu'elles sont comprises ensemble en une seule chose, dans la droite ; car c'est 'hessed dans les cieux, mais en bas sur la terre c'est guevoura pour ceux sur qui on exerce le jugement. Et telle est la réponse : 'quel dieu, dans les cieux et sur la terre, ferait comme tes œuvres' - ce sont les rahamim (miséricordes) en haut dans les cieux - 'et comme tes actes de puissance' - en bas sur la terre, comme ci-dessus - que Tu accomplis tous par une seule force, par ta droite, tout entiers.
Et cela est facile à comprendre.
השמר לך ושמור נפשך מאוד פן תשכח את הדברים אשר ראו עיניך. כי האדם צריך לילך תמיד בדביקות לחשוב ברוממות אל ית', לבחון בנפשו ובנפלאותיו אשר רואה תמיד ניסים ונפלאות ונוראים בברואיו, וההתחלה לבוא להמדריגה הזאת, צריך מתחילה לחשוב בחלק הניתן לו ממעל והוא הנפש שלו מה היא ואיך היא פועלת ניסים ונפלאות, כמ"ש בגמרא בחמשה דברים הנשמה שוה להבורא ב"ה וב"ש, אבל כשאין יודע את עצמו הוא מחוסר ידיעה ג"כ בבורא ב"ה, כיון שאפילו עצמו הוא אינו בוחן, וזהו "השמר לך ושמור נפשך", כי אם לא תעשה כך "פן תשכח את הדברים אשר ראו עיניך" הם רוממות הבורא ב"ה שאדם רואה תמיד בעיניו הפלאת הניסים והנפלאות, ע"כ צריך האדם להשגיח בעצמו תמיד.
וק"ל.
Prends garde à toi et garde beaucoup ton âme, de peur que tu n'oublies les choses que tes yeux ont vues (Devarim 4,9). Car l'homme doit marcher constamment dans la devekout (l'attachement continu au Créateur), penser à la grandeur de Dieu béni soit-Il, et scruter en son âme Ses merveilles, lui qui voit constamment des miracles, des merveilles et des prodiges dans Ses créatures.
Et le commencement, pour parvenir à ce niveau, est qu'il doit d'abord penser à la part qui lui a été donnée d'en haut, à savoir son âme (nefech) : ce qu'elle est et comment elle opère des miracles et des merveilles, comme il est dit dans la Guemara qu'en cinq choses l'âme ressemble au Créateur béni et loué soit-Il. Mais celui qui ne se connaît pas lui-même manque aussi de connaissance du Créateur béni soit-Il, puisque même lui-même il ne le scrute pas.
Et c'est la 'prends garde à toi et garde ton âme', car si tu ne fais pas ainsi, 'de peur que tu n'oublies les choses que tes yeux ont vues', à savoir la grandeur du Créateur béni soit-Il, que l'homme voit constamment de ses yeux dans le prodige des miracles et des merveilles. C'est pourquoi l'homme doit toujours veiller sur lui-même.
Et cela est facile à comprendre.
בצר לך ומצאוך כו' באחרית הימים כו' ושבת כו' עד לא ירפך ולא יעזבך כו'. נראה ע"פ שאמרו חז"ל ""חלאים רעים ונאמנים" -- בשליחותם", שאעפ"י שניתן רשות למקטרג חלילה לאיזה צרה ח"ו, אעפ"כ אינו רשאי לעשות שום דבר עד שמשלחין אותו במכוון לעשות הדבר ההוא, וזה הוא מחסדי הבורא ב"ה שנקצב לאיזה אדם איזה צער חלילה לכמה ימים, אז אינו יכול הבע"ד למצוא עת ההוא כי אם בסוף הימים שנקצב לו, למען יוכל האדם לסבול כיון שלא יאריך זמן הצער, אבל אחר כ"ז צריך האדם הצדיק היודע מזה לתקן שלא ייולד שום צער וצרה לישראל כלל, והתקנה הוא להביא הדינים אל שורש העליון ולהמתיקם שם כמו שדברנו מזה במ"א, ואז אין שטן ואין פגע רע שולט כלל.
Quand tu seras dans la détresse et que toutes ces choses t'atteindront... à la fin des jours... et tu reviendras... jusqu'à 'Il ne te relâchera pas et ne t'abandonnera pas' (Devarim 4,30-31). Cela s'explique selon ce qu'ont dit nos Sages de mémoire bénie sur 'des maladies mauvaises et fidèles' (Devarim 28,59) - fidèles dans leur mission : bien que permission soit donnée à l'accusateur, à Dieu ne plaise, pour quelque malheur, à Dieu ne plaise, il ne lui est pourtant pas permis de faire quoi que ce soit tant qu'on ne l'envoie pas expressément accomplir cette chose-là.
Et cela fait partie des bontés du Créateur béni soit-Il : lorsqu'il a été fixé pour un homme quelque souffrance, à Dieu ne plaise, pour un certain nombre de jours, alors l'adversaire (baal davar, l'accusateur) ne peut trouver ce moment-là qu'à la fin des jours qui lui ont été fixés, afin que l'homme puisse le supporter, puisque le temps de la souffrance ne se prolongera pas. Mais après tout cela, le juste (tsadik) qui sait cela doit opérer un tikoun (réparation) pour qu'aucune souffrance ni aucun malheur ne naisse du tout pour Israël.
Et cette réparation consiste à faire monter les dinim (les jugements, les rigueurs) jusqu'à leur racine supérieure et à les y adoucir, comme nous en avons parlé ailleurs ; et alors ni accusateur ni mauvaise rencontre ne dominent en rien.
ונבוא בזה אל ביאור הכתובים. "בצר לך", פירוש כשיהיה לך הצר, הוא הבע"ד, יבוא לקטרג עליך חלילה להמציא לך איזה צרה ח"ו, ["ומצאוך"] אני אומר לך שהשי"ת עושה עמך חסד זה, שלא ימצאך הבע"ד ההוא כי אם "באחרית הימים", אבל כשתעשה אתה כך "ושבת" את הדינים אל שורשם ותמתיקם, אז תפעול שלא יהיה לך שום צרה כלל, והראיה לזה ש"לא ירפך" הוא מלשון רפואה, כי יש תיבות חסירות א', "ולא ישחיתך" פירוש שלא ישלוט בך שום השחתה, כי יומתק הכל ולא תצטרך לרפואה כלל ואז טוב לך.
והבן.
Et venons-en par là à l'explication des versets. 'Quand tu seras dans la détresse (batsar leha)' : c'est-à-dire, lorsque tu auras l'oppresseur (tsar), qui est l'adversaire, et qu'il viendra accuser contre toi, à Dieu ne plaise, pour te susciter quelque malheur, à Dieu ne plaise - ['et qu'elles t'atteindront'] - je te dis que le Nom béni soit-Il te fait cette bonté, que cet adversaire ne te trouvera qu'à 'la fin des jours'. Mais si toi tu agis ainsi, 'et tu reviendras (vechavta)', c'est-à-dire que tu ramènes les dinim à leur racine et que tu les adoucisses, alors tu obtiendras qu'il n'y ait pour toi aucun malheur du tout.
Et la preuve en est que 'lo yarpeha' ('Il ne te relâchera pas') est de la langue de refoua (guérison), car il y a des mots auxquels manque un aleph. 'Et Il ne te détruira pas' : c'est-à-dire qu'aucune destruction ne dominera sur toi, car tout sera adouci et tu n'auras nul besoin de guérison, et alors il te sera fait du bien. Comprends-le.
היום הזה ראינו כי ידבר אלקים את האדם וחי, ואח"ז כתיב "אם יוספים אנחנו לשמוע כו' עוד ומתנו". הנה השני כתובים הם מכחישים וסותרים זה את זה לכאורה, שהם בעצמם אמרו "כי ידבר א-להים את האדם וחי", והדר אמר "אם יוספים כו' ומתנו".
'Aujourd'hui nous avons vu que Elokim parle à l'homme et que celui-ci vit' (Devarim 5,21), et après cela il est écrit 'si nous continuons à entendre... encore, nous mourrons' (Devarim 5,22). Or ces deux versets se contredisent et s'opposent l'un à l'autre, à première vue : car eux-mêmes ont dit 'que Elokim parle à l'homme et qu'il vit', et ensuite ils ont dit 'si nous continuons... nous mourrons'.
ונקדים לפרש פסוק בתהילים "אני אמרתי אלקים אתם ובני עליון כולכם אכן כאדם תמותון". דהנה כתבנו פעמים רבות דהצדיק נקרא "איש אלקים", כמ"ש "משה איש אלקים", מפני שהצדיק הוא בעל הדינים והם בידו לכל אשר יחפוץ יטנו להכניעם ולהמתיק אותם, והצדיק הוא הדיין, כי הדיינים נקראים אלקים, וכאשר ידין ויגזור למטה כן יקום, כי כשיש דין למטה אין דין למעלה, ולכן ע"י זה יכול לבטל כל הדינים מישראל וכל הגזירות, ולכן נקרא הצדיק איש אלקים פירוש בעל אלקים.
וזהו דאמרינן בגמרא "הקב"ה גוזר והצדיק מבטל שנאמר (איוב כב, כח) ותגזור אומר ויקם", והנה לכאורה האיך מוכח מזה שהצדיק יבטל הדינים והגזירות שהקב"ה גוזר, והלא משמעות הפסוק הוא כשהצדיק גוזר הקב"ה מקיים, ועפ"י הדברים הנ"ל ניחא שפיר, כשהצדיק דן למטה וגוזר, אין דין למעלה וממילא הם בטלים.
Introduisons d'abord l'explication d'un verset des Tehilim (Psaumes) : 'Moi, j'avais dit : vous êtes des elokim, et fils du Très-Haut, vous tous ; mais vous mourrez comme un homme' (Tehilim 82,6-7). Car voici, nous avons écrit bien des fois que le tsadik est appelé 'ich Elokim' (homme de Dieu), comme il est écrit 'Moche, homme de Dieu' (Devarim 33,1), parce que le tsadik est le maître des dinim : ils sont dans sa main, et il les incline vers tout ce qu'il désire, pour les soumettre et pour les adoucir.
Et le tsadik est le juge, car les juges sont appelés elokim, et comme il juge et décrète en bas, ainsi cela s'accomplit ; car lorsqu'il y a jugement en bas, il n'y a pas de jugement en haut. C'est pourquoi, par cela, il peut annuler tous les dinim contre Israël et tous les décrets.
Et c'est pourquoi le tsadik est appelé ich Elokim, c'est-à-dire maître du Elokim. Et c'est ce que nous disons dans la Guemara : 'le Saint béni soit-Il décrète et le tsadik annule, ainsi qu'il est dit (Iyov 22,28) : tu décréteras une parole et elle s'accomplira pour toi'.
Or à première vue, comment prouve-t-on de là que le tsadik annule les dinim et les décrets que le Saint béni soit-Il décrète ? Le sens apparent du verset est plutôt que lorsque le tsadik décrète, le Saint béni soit-Il accomplit !
Mais d'après les paroles ci-dessus cela s'accorde bien : lorsque le tsadik juge en bas et décrète, il n'y a pas de jugement en haut, et d'eux-mêmes les décrets sont annulés.
אך זאת צריך להבין, מאין הוא להצדיק שיכול לרפאות לחולה ע"י תפילתו ולהמשיך לו חיות שיחי' האדם, והלא חיותו של הצדיק איננו לעולם, הלא הוא כמקריות והאיך דבר מקרה יכול ליתן חיות לאדם, השי"ת ב"ה וב"ש שהוא חי וקים לעד ולעולמי עולמים וחיותו הוא עצמיות יכול ליתן חיות לאדם המקרי, אבל לא כן האדם שאין חיותו עצמיות. אמנם אין זה כי אם מחמת שהצדיק מדבק עצמו בהש"י ב"ה, ונמצא חיותו דבוק בהחיים הנצחיים העצמיות, והוי ליה חיותו של הצדיק ג"כ עצמיות ונצחיות, כי עצם אל עצם יחד ידובקו, ולכן יש כח ביד הצדיק להמשיך חיות אל החולה.
ואם תאמר א"כ יהא הצדיק חי וקים לעולם, זה בלתי אפשרי מחמת שהצדיק אינו תמיד בהדביקות, ולפעמים נפסק מהדביקות כי העולמות כך נבראים, מטי ולא מטי (בזהר ח"א טז, ב) (בזהר ח"א סה, א), דהיינו שהצדיק צריך להיות הולך תמיד ממדריגה למדריגה, וברצותו לעלות להמדריגה היותר גבוה ועליונה, צריך להוריד ולשוב קצת למטה ואח"כ עולה למדריגה היותר גבוה, ובהגיע עת וזמן הילוכו בדרך כל הארץ לעלמא דקשוט והוא נפסק מהדביקות, אזי ילך ויאסף אל עמיו. ואמנם זה היה חפצו ורצונו של המקום ב"ה שנהיה אנחנו כולנו דבקים בו, ולכן אנכי ולא יהיה מפי הגבורה שמענו, כי אנכי הוא מצות עשה, ולא יהיה לך הוא מצות ל"ת באלקות, והם דברי דביקות, ולכן אמר לנו השי"ת ב"ה בעצמו למען נהיה דבקים בו בהחיים הנצחיים.
Mais voici ce qu'il faut comprendre : d'où vient au tsadik le pouvoir de guérir le malade par sa prière et de lui attirer une vitalité (hiyout) telle que cet homme vive ? Or la vitalité du tsadik n'est pas éternelle : elle est comme accidentelle, et comment une chose accidentelle pourrait-elle donner la vitalité à un homme ?
Le Nom béni et loué soit-Il, qui vit et subsiste à jamais et pour l'éternité des éternités, et dont la vitalité est essentielle, peut donner la vitalité à l'homme dont la vie est accidentelle ; mais il n'en va pas ainsi de l'homme, dont la vitalité n'est pas essentielle. Cependant, cela ne vient que de ce que le tsadik s'attache lui-même au Nom béni soit-Il, de sorte que sa vitalité se trouve attachée à la Vie éternelle et essentielle, et la vitalité du tsadik devient elle aussi essentielle et éternelle, car l'essence à l'essence s'unissent ensemble ; c'est pourquoi il y a dans la main du tsadik le pouvoir d'attirer la vitalité vers le malade.
Et si tu dis : s'il en est ainsi, que le tsadik vive donc et subsiste pour toujours ! - cela est impossible, parce que le tsadik n'est pas constamment dans la devekout, et parfois il est interrompu de la devekout, car les mondes ont été créés ainsi, 'mati vela mati' (atteignant et n'atteignant pas) (Zohar I, 16b ; Zohar I, 65a) : c'est-à-dire que le tsadik doit aller constamment de niveau en niveau, et lorsqu'il veut monter au niveau plus haut et plus élevé, il lui faut descendre et revenir quelque peu vers le bas, et ensuite il monte au niveau plus haut. Et lorsque vient le temps et l'heure d'aller par le chemin de toute la terre vers le monde de vérité, et qu'il est interrompu de la devekout, alors il s'en va et est réuni à son peuple.
Et en vérité, tel était le désir et la volonté de Hamakom (le Lieu, c'est-à-dire le Saint) béni soit-Il, que nous soyons tous attachés à Lui ; c'est pourquoi 'Anokhi' (Je suis) et 'Lo yihye' (Tu n'auras pas), nous les avons entendus de la bouche de la Guevoura (la Puissance divine), car 'Anokhi' est un commandement positif et 'Lo yihye leha' est un commandement négatif portant sur la divinité, et ce sont des paroles de devekout. C'est pourquoi le Nom béni soit-Il nous les a dites Lui-même, afin que nous soyons attachés à Lui, à la Vie éternelle.
וזהו פירוש "אני אמרתי אלקים אתם", דהיינו שתהיו דבקים בה' ע"י מדריגת אלקים, היינו הל"ת לא יהיה לך כו', "ובני עליון" היינו מ"ע אנכי שהוא עליון על כל, ונמצא שאתם דבוקים בהחיים הנצחיים, "אכן כאדם תמותון" דהיינו בהפסק עצמכם מהדביקות.
Et telle est l'explication de 'Moi, j'avais dit : vous êtes des elokim' : c'est-à-dire que vous soyez attachés à ה' par le niveau de Elokim, à savoir le commandement négatif 'tu n'auras pas...' ; 'et fils du Très-Haut', c'est le commandement positif 'Anokhi', qui est au-dessus de tout ; et il se trouve alors que vous êtes attachés à la Vie éternelle. 'Mais vous mourrez comme un homme' : c'est-à-dire lorsque vous vous interrompez vous-mêmes de la devekout.
וזהו פירוש ג"כ "ואתם הדבקים בה' חיים כלכם היום", הנה מלת "היום" מיותר. אמנם ע"פ הנ"ל יבואר, דהיינו שאתם דבוקים בה', "כולכם" כל אחד ואחד ע"י דביקות בהשי"ת בחיים הנצחים הוא חי, אך אין זה כי אם "היום", דהיינו בכל יום ויום צריך לחזור ולדבק בו ית' כנ"ל, כי א"א שיהיה בדביקות בתמידות.
Et telle est aussi l'explication de 'et vous qui êtes attachés à ה' votre Dieu, vous êtes tous vivants aujourd'hui' (Devarim 4,4). Or le mot 'aujourd'hui' (hayom) est superflu.
Mais d'après ce qui précède cela s'explique : vous êtes attachés à ה', 'vous tous', chacun et chacun, par la devekout dans le Nom béni soit-Il, dans la Vie éternelle, est vivant ; mais cela n'est que 'aujourd'hui', c'est-à-dire que chaque jour il faut revenir et s'attacher à Lui, béni soit-Il, comme ci-dessus, car il est impossible d'être dans la devekout de façon continue.
וזהו שאמרו ישראל "היום הזה ראינו כי ידבר אלקים את האדם", דהיינו עם האדם כמדברים זה אל זה, שהשי"ת ב"ה מדבר וגוזר והצדיק גוזר ומבטל, אף אם נגזר ח"ו מיתה על האדם, הצדיק יכול להמשיך לו חיות, וא"ת כנ"ל האיך האדם אשר חיותו בלתי עצמיות יכול ליתן חיות? לזה אמר "וחי", היינו ע"י הדביקות שיש לו בהשי"ת בחיים הנצחים ונמצא חיותו ג"כ עצמיות, ואמרו "אם יוספים אנחנו" דהיינו מה ששמענו מפי הגבורה אנכי ולא יהיה לך, שהם מ"ע ול"ת באלקות, והוא הדביקות, יכולים היינו שפיר לשמוע ולחיות, אך אם יוספים אנחנו לשמוע שאר מצוות מפי השי"ת ב"ה בעצמו, זה א"א שידבר השי"ת עם האדם וחי כי אם לצורך איזה דבר, היינו שדבר ה' עם משה פנים בפנים כדי לדבר אל ישראל, ואלולי זאת "מי כל בשר כו'", לכן "קרב אתה ושמע".
Et c'est ce qu'ont dit Israël : 'Aujourd'hui nous avons vu que Elokim parle à l'homme (et ha-adam)', c'est-à-dire avec l'homme, comme deux qui parlent l'un à l'autre : le Nom béni soit-Il parle et décrète, et le tsadik décrète et annule ; et même si la mort a été décrétée, à Dieu ne plaise, sur un homme, le tsadik peut lui attirer la vitalité. Et si tu dis, comme ci-dessus : comment l'homme, dont la vitalité n'est pas essentielle, peut-il donner la vitalité ? - à cela il est dit 'et il vit (vehai)', c'est-à-dire par la devekout qu'il a dans le Nom béni soit-Il, dans la Vie éternelle, de sorte que sa vitalité se trouve elle aussi essentielle.
Et ils ont dit 'si nous continuons', c'est-à-dire : ce que nous avons entendu de la bouche de la Guevoura, 'Anokhi' et 'Lo yihye leha', qui sont le commandement positif et le commandement négatif portant sur la divinité, et qui sont la devekout, cela nous pouvions bien l'entendre et vivre ; mais si nous continuons à entendre les autres commandements de la bouche du Nom béni soit-Il Lui-même, cela est impossible, que le Nom béni soit-Il parle avec l'homme et que celui-ci vive, sinon pour le besoin de quelque chose : ainsi ה' parla avec Moche face à face afin de parler à Israël. Et sans cela, 'qui est-il, de toute chair...' (Devarim 5,23) ; c'est pourquoi 'approche-toi, toi, et écoute' (Devarim 5,24).