« Et Balak fils de Tsipor vit » (Bamidbar 22,2). Selon le Noam Elimele'h, « Ouvrez les portes, et qu'entre une nation juste qui garde les fidélités » (Yechaya 26,2) signifie : ouvrez les portes de la techouva, et la prière du tsadik monte jusqu'à sa racine ; D.ieu garde cette prière pour y dire « amen » et accorder ses demandes. Balak comprend qu'Israël a vaincu l'Emori par la grandeur de sa tsidkout (justice). Moav a peur devant le peuple, qui sert par la crainte et fait descendre une crainte d'en haut ; ils ont du dégoût devant les enfants d'Israël, les tsadikim qui servent par l'amour, car le racha (impie) ne peut recevoir l'amour.
Aussi : amen après sa propre bénédiction seulement à la fin des mondes ; le tsadik fait descendre les influx du alma de-itkassia (monde dissimulé), part d'Israël en ce monde-ci ; « ma tovou » s'est réalisé sans pensée de malédiction
וירא בלק בן צפור כו'. ומתחילה נקדים לפרש פסוק "פתחו שערים ויבא גוי צדיק שומר אמונים", דאיתא בגמרא "פתחו לי פתח כסדקו של מחט ואני אפתח לכם כפתחו של אולם" וזהו "פתחו שערים", פירוש פתחו שערי התשובה ובזה תגרמו "ויבא גוי צדיק", פירוש שיהא תפילת הצדיק עולה עד למקום שורשה, כי לפעמים היא מעוכבת מלעלות מחמת הרשעים לכן תשובו, "שומר אמונים" זה קאי על הש"י השומר וממתין מתי תבוא תפילת הצדיק לפניו ושומר את התפילה לומר עליו "אמן", פירוש להסכים עמו בדבר שאלותיו להנתן לו.
"Et Balak fils de Tsipor vit" etc. (Bamidbar 22,2).
Et pour commencer, introduisons l'explication du verset "Ouvrez les portes, et qu'entre une nation juste qui garde les fidélités" (Yechayahou 26,2). Car il est enseigné dans la Guemara: "Ouvrez-Moi une ouverture comme le chas d'une aiguille, et Moi Je vous ouvrirai comme l'ouverture du vestibule (oulam)".
Et c'est cela "ouvrez les portes": cela signifie, ouvrez les portes de la techouva (le retour vers ה'), et par cela vous ferez que "vienne la nation juste" - c'est-à-dire que la prière du tsadik monte jusqu'au lieu de sa racine; car parfois elle est empêchée de monter à cause des rechaim (les impies), c'est pourquoi revenez [par la techouva]. "Chômer émounim" (qui garde les fidélités): cela se rapporte à Hachem Yitbarakh (le Nom, qu'Il soit béni), qui garde et qui attend quand viendra la prière du tsadik devant Lui, et qui garde la prière pour dire sur elle "amen" - c'est-à-dire pour donner Son accord à l'objet de ses demandes, afin que cela lui soit donné.
וזהו ג"כ "וירא בלק כו' אשר עשה ישראל לאמורי", והבין שבודאי מחמת גודל צדקת ישראל נצחו לסיחון ועוג, לכך "ויגר מואב מפני העם" פירוש מפשוטי העם אשר אינם כי אם במדריגת יראה, היו מואב מתייראין מהם, כי האדם לפי מדרגתו שעובד כך ממשיך עליו, ואותן שעבדו מיראה המשיכו על עצמם יראה מלמעלה והיו אימתם מוטלת על שונאיהם, ולכך "ויגר מואב מפני העם". "ויקוצו מפני בני ישראל" אותם המרומזין בחינת "ישראל", והם הצדיקים גדולים העובדים מאהבה המשיכו על עצמם אהבה גדולה, ולכך קצו מואב בחייהם כי זה בלתי אפשרי לרשע לקבל אהבה בלבו, לכן קצו בחייהם ע"י האהבה שלא יוכלו לקבל.
Et c'est aussi le sens de "Et Balak vit etc. tout ce qu'Israël avait fait à l'Emori" (Bamidbar 22,2). Il comprit qu'à coup sur c'est en raison de la grandeur de la tsidkout (justice) d'Israël qu'ils avaient vaincu Si'hon et Og.
C'est pourquoi "Moav eut peur devant le peuple" (Bamidbar 22,3) - c'est-à-dire devant les gens simples du peuple, qui ne sont qu'au degré de la crainte (yira): d'eux Moav avait peur. Car l'homme, selon le degré auquel il sert, fait descendre sur lui la même chose; et ceux qui servaient par la crainte ont fait descendre sur eux-mêmes une crainte d'en haut, et leur terreur était jetée sur ceux qui les haïssaient.
Et c'est pourquoi "Moav eut peur devant le peuple". "Et ils eurent du dégoût devant les enfants d'Israël" (ibid.): ce sont ceux qui sont désignés par le degré de "Israël", à savoir les grands tsadikim qui servent par l'amour (ahava) et qui ont fait descendre sur eux-mêmes un grand amour.
C'est pourquoi Moav eut du dégoût de sa propre vie, car il est impossible à un racha (impie) de recevoir de l'amour dans son cœur; aussi eurent-ils du dégoût de leur vie à cause de cet amour qu'ils ne pouvaient recevoir.
או יאמר עד"ז, "פתחו שערים" דאיתא בשו"ע או"ח "אין עונין אמן אחר ברכת עצמו אלא אחר ברכה שהיא סוף הברכות", ונראה דהטעם הוא לפי שכל ברכה שאדם מברך הוא מעורר אותו העולם של הברכה ההיא אשר שם שורשה ואורה, ולכל ברכה וברכה הוא עולם בפני עצמו עד סוף כל העולמות, וברכה שהיא סיום הברכות היא נגד סוף העולמות, ולכך אחר ברכת עצמו אין שייך לומר אמן כיון שלא גמר עדיין האורות בכל העולמות, אבל חבירו רשאי לענות עליו אמן שהוא כמסכים על דבריו ובזה מעלהו יותר למעלה, אבל הוא עצמו אינו רשאי כי אם בסוף הברכות שהוא נגד סוף העולמות. ו"אמן" הוא שבח על כל העולמות יחד, כדרך שנתקן שהיו אומרים במקדש "מן העולם ועד העולם", והתקינו אח"כ לענות אמן והוא א', והוא ג"כ הפירוש "ברוך ה' מעולם ועד עולם אמן" פירוש הברכה שהיא מעולם עד עולם מותר לענות אמן אחר ברכותיו כנ"ל.
ונמצא לפי זה שהצדיק הגדול שהוא עולה תמיד בכל הברכות עד סוף העולמות הוא היה מותר לענות אמן אחר ברכת עצמו. וזהו "פתחו שערים" היינו שהצדיק מתפלל שיפתחו לו שערי תפילות, "ויבא גוי צדיק" בברכותיו "שומר אמונים" פירוש שיהיה יכול לענות אמן אחר ברכותיו.
והבן.
Ou bien on peut dire sur cette même voie: "Ouvrez les portes". Car il est enseigné dans le Choulhan Aroukh, Orah Haim: "on ne répond pas amen après sa propre bénédiction, sinon après la bénédiction qui est la fin des bénédictions".
Et il semble que la raison en soit celle-ci: toute bénédiction que l'homme prononce éveille le monde de cette bénédiction-là, où se trouvent sa racine et sa lumière; et pour chaque bénédiction il y a un monde à part, jusqu'à la fin de tous les mondes. Et la bénédiction qui est la conclusion des bénédictions correspond à la fin des mondes.
C'est pourquoi, après sa propre bénédiction, il n'est pas pertinent de dire amen, puisqu'il n'a pas encore achevé les lumières dans tous les mondes; mais son compagnon a le droit de répondre amen sur lui, car il est comme celui qui donne son accord à ses paroles, et par cela il l'élève plus haut encore. Lui-même, en revanche, n'en a le droit qu'à la fin des bénédictions, laquelle correspond à la fin des mondes.
Et "amen" est une louange portant sur tous les mondes ensemble, à la manière de ce qui fut institué, que l'on disait au Temple "depuis le monde et jusqu'au monde", et que l'on institua ensuite de répondre amen - et c'est tout un. Et c'est aussi le sens de "béni soit ה' depuis le monde et jusqu'au monde, amen" (Tehilim 41,14): c'est-à-dire que pour la bénédiction qui va d'un monde jusqu'à l'autre monde, il est permis de répondre amen après ses propres bénédictions, comme ci-dessus.
Il ressort de là que le grand tsadik, qui monte toujours dans toutes ses bénédictions jusqu'à la fin des mondes, aurait le droit de répondre amen après sa propre bénédiction. Et c'est cela "ouvrez les portes": à savoir que le tsadik prie pour qu'on lui ouvre les portes des prières; "et qu'entre une nation juste" par ses bénédictions, "chômer émounim" - c'est-à-dire qu'il puisse répondre amen après ses bénédictions.
Et comprends.
או יאמר עד"ז "וירא בלק כו'", כי בלק היה מבין בישראל שיכולין לפעול בדיבור שלהם כל מה שרוצים, ע"ד שאמרו הצדיק גוזר והקב"ה מקיים, וזהו "וירא" לשון הבנה, שהבין "את כל אשר עשה ישראל" הוא "לאמורי", כלומר בשביל אמורי הוא הדיבור, וזהו שאמרו אין כחו אלא בפיו. "ויגר מואב", ראוי לשום לב שאצל העם נאמר "ויגר" ואצל בני ישראל לשון "ויקץ", גם למה רמז כפל הלשון? ונראה כי הנה ינאי המלך אמר אל תתייראו מן הפרושים, כי ידע בהם שהם צדיקים גמורים ואינם יודעים לנקום נקם רק שהיה מתיירא משאר העם, וגם כאן אותם הצדיקים הנקראים "בני ישראל", מהם לא היו מתייראין כי היו בטוחים בעיניהם, אבל מפשוטי העם היו מתייראין, וזהו "ויגר מואב מפני העם", ודקדק לומר אצל בני ישראל "ויקץ" לומר שלא היו מתייראין מן הצדיקים אשר הם מדריגת בני ישראל אלא קצו במעשיהם הטובים, כדרך הרשעים שאינם יכולין לסבול מעשיהם, ולא כן דרך הצדיקים השמחים בטוב אחרים יותר מאד.
וק"ל.
Ou bien on peut dire sur cette même voie: "Et Balak vit" etc. Car Balak comprenait à propos d'Israël qu'ils peuvent opérer par leur parole tout ce qu'ils veulent, dans le sens de ce qu'ils ont dit: le tsadik décrète et le Saint béni soit-Il accomplit.
Et c'est cela "vayar" (et il vit), qui est un langage de compréhension: il comprit que "tout ce qu'Israël avait fait", c'était "à l'Emori" - c'est-à-dire que c'est par la "amira" (le dire, la parole) que cela s'est fait; et c'est ce qu'ils ont dit [de Bilaam]: sa force n'est que dans sa bouche. "Et Moav eut peur": il convient de prêter attention à ce qu'à propos du "peuple" il est dit "vayagor" (il eut peur), tandis qu'à propos des "enfants d'Israël" c'est le mot "vayakouts" (il eut du dégoût); et aussi, pourquoi ce redoublement de l'expression?
Il semble qu'il en aille ainsi: voici, Yanai le roi a dit: n'ayez pas peur des perouchim (les pharisiens), car il savait d'eux qu'ils sont des tsadikim parfaits et qu'ils ne savent pas tirer vengeance; il ne craignait que le reste du peuple. Ici aussi, de ces tsadikim appelés "enfants d'Israël" ils n'avaient pas peur, car ils se sentaient en sécurité à leur égard; mais des gens simples du peuple ils avaient peur.
Et c'est cela "et Moav eut peur devant le peuple". Et le verset s'est exprimé avec précision en disant à propos des enfants d'Israël "vayakouts", pour dire qu'ils n'avaient pas peur des tsadikim qui sont au degré des "enfants d'Israël", mais qu'ils éprouvaient du dégoût pour leurs bonnes actions - à la manière des rechaim qui ne peuvent supporter leurs actions; et telle n'est pas la voie des tsadikim, qui se réjouissent du bien d'autrui bien davantage.
Et cela se comprend aisément.
"כי לא נחש ביעקב כו'", ותרגום אונקלוס: ארי לא נחשיא צבן דייטב לדבית יעקב כו' כעידן יתאמר ליעקב ולישראל מה עבד אלהא.
ויש לדקדק איך תליא הא בהא, משום דנחשיא אינם רוצים שייטיב לישראל "לכן יאמר ליעקב כו'" דהיינו דמלאכי השרת שואלין "מה פעל אל" והאיך תליא זה בזה? ועוד יש לדקדק במקראות הקודמין "ויבא אלקים אל בלעם לילה ויאמר לו אם לקרוא לך באו האנשים קום לך אתם", ואח"ז כתיב "ויחר אף ה' כי הולך הוא", וכי אפשר שהקב"ה אמר לו בעצמו ואחר כך יחרה אפו בהילוכו, וח"ו לחשוב כזאת. אמנם רש"י ז"ל הרגיש בזה אך דברי תורה כפטיש כו'.
"Car il n'y a pas de divination en Yaakov" etc. (Bamidbar 23,23).
Et le Targoum Onkelos traduit: "ארי לא נחשיא צבן דייטב לדבית יעקב כו' כעידן יתאמר ליעקב ולישראל מה עבד אלהא" - car les devins ne veulent pas qu'il soit fait du bien à la maison de Yaakov etc.; en ce temps-là il sera dit à Yaakov et à Israël ce que Dieu a fait. Et il y a lieu de s'interroger: comment ces deux choses dépendent-elles l'une de l'autre?
Du fait que les devins ne veulent pas qu'il soit fait du bien à Israël, "c'est pourquoi il sera dit à Yaakov" etc., à savoir que les anges de service demandent "ce que Dieu a opéré" - en quoi cela dépend-il de cela? Et il y a encore lieu de s'interroger sur les versets précédents: "Et Elokim vint vers Bilaam la nuit et lui dit: si ces hommes sont venus pour t'appeler, lève-toi, va avec eux" (Bamidbar 22,20); et après cela il est écrit "et la colère de ה' s'enflamma parce qu'il allait" (ibid.
22,22). Est-il possible que le Saint béni soit-Il le lui ait dit Lui-même et qu'ensuite Sa colère s'enflamme de ce qu'il y aille?
À Dieu ne plaise de penser une telle chose. En vérité Rachi, de mémoire bénie, a bien senti cette difficulté; mais les paroles de Torah sont comme un marteau [qui fait jaillir de nombreuses étincelles] etc.
ונלע"ד לפרשו, דהנה המפרשים מהדרים ליתן טעם על כי מאין להם לישראל לנחול ג"כ בעוה"ז, אחר שיעקב ועשו חלקו בנחלת ב' עולמות ובחר יעקב בעוה"ב ומאין בא להם עוה"ז. ונ"ל טעם לשבח, דהנה הצדיק השלם במדרגתו ע"י הרהורי תשובה ומעשיו הקדושים הולך ממדריגה למדריגה עד הגיע למדרגת עלמא דאתכסיא הנעלם מקום שאין רשות ואחיזה להמנחשים שם, ומשם הוא ממשיך השפעות לישראל, נמצא באמת כן הוא שבמקום יניקת המנחשים שם אין לישראל שייכות בגוייהו, רק ישראל יונקים שפעותיהם ממקום גבוה ויקר מאד אשר אין להם רשות שם.
Et il semble, selon ma modeste opinion, de l'expliquer ainsi. Voici, les commentateurs s'efforcent de donner une raison à ceci: d'où vient à Israël d'hériter aussi de ce monde-ci (olam hazeh), puisque Yaakov et Essav se sont partagé l'héritage des deux mondes et que Yaakov a choisi le monde à venir (olam haba) - d'où donc leur vient ce monde-ci?
Et il me semble qu'il y ait une bonne raison à cela. Voici: le tsadik parfait dans son degré, par ses pensées de techouva et ses actions saintes, va de degré en degré jusqu'à parvenir au degré du alma de-itkassia (le monde dissimulé), le lieu caché où les devins n'ont ni pouvoir ni prise; et de là il fait descendre les influx (chefa) vers Israël.
Il se trouve donc qu'en vérité il en est bien ainsi: là où puisent les devins, Israël n'a rien de commun avec eux; seulement, Israël puise ses influx d'un lieu très élevé et très précieux, où eux n'ont aucun droit d'accès.
וזהו שאמר שלמה המלך ע"ה "גם את העולם נתן בלבו" ר"ל "עולם" הוא מלשון נעלם הוא עלמא דאתכסיא, "נתן בלבו" של צדיק שיכול לעלות במדרגתו עד מקום הנעלם. וזהו ג"כ "עולם חסד יבנה", דהיינו מהעולם הנעלם כנ"ל ממשיך הצדיק חסד למידת בינה, כי יבנה אותיות בינה, ומה שנכתב היו"ד בתחילת התיבה הוא רמז למידת חכמה, כי יו"ד הוא חכמה, "והחכמה מאין תמצא" הוא עלמא דאתכסיא, והצדיק הולך במעשיו הקדושים עד המצאו מדריגה הזאת ומשם הוא ממשיך השפעות לישראל.
וזה ג"כ נרמז בגמרא "שלשה דברים באים בהיסח הדעת ואלו הן נחש ומציאה ומשיח", והיינו שהנחשים מסיחין דעת הזאת שלא יהא לישראל חלק בעוה"ז, ולעומת זה גם הם מסיחין דעתם עד הגיעם לעולם המציאה הוא עולם הנעלם שהוא כמציאה ומשם המשכת השפעתם.
Et c'est ce qu'a dit Chelomo le roi, la paix soit sur lui: "Il a aussi mis le olam dans son cœur" (Kohelet 3,11). Cela veut dire que "olam" (monde) est du langage de "neelam" (caché): c'est le alma de-itkassia; "Il l'a mis dans le cœur" du tsadik, qui peut s'élever dans son degré jusqu'au lieu caché.
Et c'est aussi le sens de "le monde sera bâti par le 'hessed" (Tehilim 89,3): à savoir que depuis le monde caché, comme ci-dessus, le tsadik fait descendre le 'hessed vers la midda de bina, car יבנה (yibaneh, sera bâti) a les mêmes lettres que בינה (bina); et le fait que le youd soit écrit au début du mot est une allusion à la midda de 'hokhma, car le youd c'est la 'hokhma, et "la 'hokhma, d'où (me-ayin) se trouve-t-elle?" (Iyov 28,12) - c'est le alma de-itkassia. Et le tsadik va par ses actions saintes jusqu'à trouver ce degré, et de là il fait descendre les influx vers Israël.
Et il y a aussi à cela une allusion dans la Guemara: "trois choses viennent par distraction de l'esprit (hessah hadaat), et ce sont: le serpent (nahach), l'objet trouvé (metsia) et le Messie (machiah)" (Sanhédrin 97a). À savoir que les devins (menahachim) détournent leur esprit de ceci, afin qu'Israël n'ait pas de part dans ce monde-ci; et en contrepartie, eux aussi [les tsadikim] détournent leur esprit jusqu'à parvenir au monde de la "metsia" (de la trouvaille), qui est le monde caché, lequel est comme une trouvaille, et c'est de là que vient l'attraction de leur influx.
וזהו ג"כ "על זאת יתפלל כל חסיד", דהיינו שהצדיק יתפלל על כללות ישראל שיהא להם חסד ורחמים, כי חסיד הוא לשון חסד, והיו"ד הוא רמז ג"כ למדת חכמה שביד הצדיק להמשיך משם חסדים והשפעות, ואמר "לעת מצא" כשיגיע הצדיק לעת הזאת וימצא אותה, כי המידות נקראים "עתים", כי הא"ס ב"ה אין שייך בו עת, רק המידות היו כמוסים בכח הא"ס ב"ה והגיע העת שיוציאם מכח אל הפועל ולכן נקראים עתים, וכשימצא הצדיק המידה הזאת, כי זה א"א להיות עומד במדריגה הזאת בתמידות רק הוא במציאה, והיינו לעת מצא, "רק לשטף מים רבים אליו כו'", ר"ל "רק" הוא מיעוט, שממעט לשטף מים רבים הם הקליפות והנחשים מהשפעה הזאת ש"אליו לא יגיעו" שאין להם שייכות להשפעה זאת כנ"ל.
Et c'est aussi le sens de "Sur cela priera tout hassid" (Tehilim 32,6): à savoir que le tsadik priera pour l'ensemble d'Israël, afin qu'il y ait pour eux 'hessed et rahamim (bonté et miséricorde), car "hassid" est du langage de "'hessed"; et le youd [de hassid] est aussi une allusion à la midda de 'hokhma, car il est au pouvoir du tsadik de faire descendre de là les hassadim (bontés) et les influx. Et il est dit "le-et metso" (au temps de trouver): lorsque le tsadik parviendra à ce temps et le trouvera.
Car les middot sont appelées "itim" (temps), puisque à l'égard du Ein Sof (l'Infini) béni soit-Il il n'est pas pertinent de parler de "temps"; seulement, les middot étaient dissimulées dans la puissance du Ein Sof béni soit-Il, et vint le temps qu'Il les fasse sortir de la puissance à l'acte - c'est pourquoi elles sont appelées "itim". Et lorsque le tsadik trouvera cette midda - car il est impossible de se tenir constamment dans ce degré-là, mais cela est de l'ordre de la trouvaille, et c'est cela "le-et metso" - alors: "seulement, au débordement des grandes eaux, vers lui" etc.
Cela veut dire que "rak" (seulement) est un terme de restriction: il restreint le débordement des grandes eaux, ce sont les kelipot (écorces, forces d'impureté) et les devins, en les écartant de cet influx, de sorte que "vers lui elles n'arriveront pas", car elles n'ont aucune part à cet influx, comme ci-dessus.
היוצא לנו מזה שהצדיק הולך במעשיו הקדושים ממדריגה למדריגה עד המצא ימצא המדריגה הזאת שאין להמנחשים שייכות בגווה. וזהו פירוש הכתוב "ויאמר אם לקרא לך באו האנשים" ובפרש"י שתקבל שכר והוא העוה"ז, "קום לך אתם" כי זה חלקך המגיע לך.
אך "ויחר אף ה' כי הולך הוא" ר"ל כי תפס אומנותן של ישראל להיות הולך ממדריגה למדריגה כישראל, ויחר אף ה' כו', ולכן בסופו הרגו אותו בחרב. וזהו כוונת התרגום אונקלוס ארי לא נחשייא צבן דייטיב לדבית יעקב כו', דהיינו שהם באים בטענה שהעוה"ז הוא חלקם המגיע להם ומעתה מאין להם לישראל חלק ונחלה בעוה"ז, ולכן אמר "כעת יאמר ליעקב כו'" פירוש לזה צריך הצדיק להעלות למעלה עד עלמא דאתכסיא לפנים ממחיצת מלאכי השרת ושם הוא רחמים גמורים וחסדים גדולים.
Ce qui ressort de là pour nous, c'est que le tsadik va par ses actions saintes de degré en degré jusqu'à trouver ce degré auquel les devins n'ont aucune part. Et c'est l'explication du verset "et Il dit: si ces hommes sont venus pour t'appeler" - et selon Rachi: afin que tu reçoives ton salaire, qui est ce monde-ci - "lève-toi, va avec eux", car telle est ta part qui te revient.
Mais "la colère de ה' s'enflamma parce qu'il allait": c'est-à-dire parce qu'il s'est emparé du métier d'Israël, d'aller de degré en degré comme Israël; c'est pourquoi la colère de ה' s'enflamma etc., et c'est pourquoi à la fin ils l'ont tué par l'épée. Et telle est l'intention du Targoum Onkelos: "ארי לא נחשייא צבן דייטיב לדבית יעקב" etc. - à savoir qu'ils viennent avec cette prétention que ce monde-ci est leur part, celle qui leur revient, et dès lors d'où viendrait à Israël une part et un héritage dans ce monde-ci?
C'est pourquoi il est dit "en ce temps il sera dit à Yaakov" etc.: pour cela, il faut que le tsadik s'élève en haut jusqu'au alma de-itkassia, en deçà de la cloison des anges de service, et là ce sont des rahamim parfaits et de grands hassadim.
טובו אוהליך כו'. איתא בגמרא שכל הברכות שנאמרו ע"י בלעם נתבטלו חוץ מן הפסוק הזה מה טובו.
והטעם לזה נראה בהקדים לפרש פסוק "ולא אבה כו' לשמוע כו' ויהפוך כו'", יש לדקדק דמעיקרא אמר "ולא אבה לשמוע" משמע שלא רצה לשמוע אליו כלל, והדר כתיב "ויהפוך כו'" משמע ששמע אלא שהפכה לברכה. ונראה שהפירוש כך, דאיתא בגמרא "מתוך ברכתו של אותו רשע אתה יודע מה היה בלבו לקללם אלא שהפך הש"י לברכה", וכך פירוש הפסוק "ולא אבה" ר"ל שהקב"ה לא רצה לשמוע קללתו ולברכם בברכה שהיא היפך הקללה שחישב בלעם, אלא ברכם בברכה שאינו היפך הקללה, וכוונת הש"י ב"ה היה בזה כדי שלא יסבור בלעם שהקב"ה אינו חפץ לברך את ישראל אך לבטל מהם הקללה שלא תחול ולכך ברכם בהיפך מקללה, ולכן ברכם ב"ה בברכה אחרת למען ידע שכוונתו אינה כי אם לברך את ישראל ממש תמיד, וזהו "ולא אבה כו' ויהפוך" שהפך מחשבתו שרצה לקללם, והש"י ב"ה ברוב רחמיו לא די שביטל קללתו אף ברכם ברכה אחרת.
"Que tes tentes sont bonnes" etc. (Bamidbar 24,5).
Il est enseigné dans la Guemara (Sanhédrin 105b) que toutes les bénédictions prononcées par Bilaam ont été annulées, hormis ce verset-ci, "ma tovou". Et la raison en apparaîtra si l'on explique d'abord le verset "et Il n'a pas voulu etc. écouter etc. et Il a transformé" etc.
(Devarim 23,6). Il y a lieu d'être précis: au début il est dit "et Il n'a pas voulu écouter", ce qui implique qu'Il n'a pas du tout voulu l'écouter; puis il est écrit "et Il a transformé" etc., ce qui implique qu'Il a écouté, mais qu'Il a transformé [la malédiction] en bénédiction.
Et il semble que l'explication soit celle-ci. Il est enseigné dans la Guemara: "de la bénédiction de cet impie tu sais ce qu'il avait dans le cœur pour les maudire, sinon que Hachem Yitbarakh l'a transformé en bénédiction".
Et voici l'explication du verset: "et Il n'a pas voulu" - cela veut dire que le Saint béni soit-Il n'a pas voulu écouter sa malédiction et les bénir d'une bénédiction qui serait l'inverse de la malédiction que Bilaam avait pensée, mais Il les a bénis d'une bénédiction qui n'est pas l'inverse de la malédiction. Et l'intention de Hachem Yitbarakh béni soit-Il en cela était que Bilaam ne pense pas que le Saint béni soit-Il ne désire pas bénir Israël mais seulement annuler d'eux la malédiction pour qu'elle ne prenne pas effet, et que ce serait pour cela qu'Il les aurait bénis de l'inverse de la malédiction.
C'est pourquoi Il les a bénis, béni soit-Il, d'une autre bénédiction, afin qu'il sache que Son intention n'est que de bénir véritablement Israël en tout temps. Et c'est cela "et Il n'a pas voulu etc. et Il a transformé": Il a transformé sa pensée, lui qui voulait les maudire; et Hachem Yitbarakh béni soit-Il, dans Sa grande miséricorde, non seulement à annulé sa malédiction, mais les a encore bénis d'une autre bénédiction.
וזהו פירוש הפסוק "וירא בלעם כי טוב בעיני ה' לברך כו'", פירושו ג"כ כדלעיל, דהיינו שבלעם הבין שהקב"ה אין כוונתו רק לברך את ישראל ולא לבטל קללתו לבד, שאל"כ היה לברכם בברכה שהיא היפך הקללה, ולכך עלה בלבו של בלעם ג"כ לברך את ישראל וחישב מחשבה טובה עליהם, ונתן הש"י בפיו ברכת מה טובו, ולכך נתקיימה כי לא היה בה משום מחשבת קללה משא"כ בשאר הברכות.
Et c'est l'explication du verset "et Bilaam vit qu'il était bon aux yeux de ה' de bénir" etc. (Bamidbar 24,1): son explication est aussi comme ci-dessus, à savoir que Bilaam comprit que l'intention du Saint béni soit-Il n'est que de bénir Israël, et non pas seulement d'annuler sa malédiction - car s'il n'en était pas ainsi, Il les aurait bénis d'une bénédiction qui est l'inverse de la malédiction.
C'est pourquoi il monta aussi au cœur de Bilaam de bénir Israël, et il pensa à leur égard une bonne pensée; et Hachem Yitbarakh mit dans sa bouche la bénédiction de "ma tovou". Et c'est pourquoi elle s'est réalisée, car il n'y avait en elle aucune pensée de malédiction, à la différence des autres bénédictions.
וזהו פירוש הגמרא "מברכתו של אותו רשע" כו', והיינו ברכת מה טובו, והיא נקראת "ברכתו" כי לא חישב בה קללה, משא"כ שאר הברכות שהיה בהם תערובות קללה וזה היה עיקר מחשבתו של אותו רשע בהם, ולכך נתקיימה זו דווקא . ופירוש "איך היה בלבו" קאי על שאר הברכות.
והבן כי מתוק לחיך.
Et c'est l'explication de la Guemara "de la bénédiction de cet impie" etc.: à savoir la bénédiction de "ma tovou", et elle est appelée "sa bénédiction" à lui parce qu'il n'y a pas pensé de malédiction - à la différence des autres bénédictions, dans lesquelles il y avait un mélange de malédiction, et c'était là l'essentiel de la pensée de cet impie à leur sujet. C'est pourquoi celle-ci précisément s'est réalisée.
Et l'expression "ce qu'il avait dans le cœur" se rapporte aux autres bénédictions. Et comprends, car c'est doux au palais.
יזל מים מדליו וזרעו במים רבים. ידוע כי הצדיק הוא הממשיך השפעות להעולמות ולזה נקרא "דליו" שעל ידו בא השפע, וקי"ל ניצוק חיבור והוא כשר לטבול בו כמו במקוה עצמה, מאחר שנוזל מן הדלי אל הבור הוי חיבור לטהרה.
והצדיק ג"כ הוא כך, שהשפע בא אליו ונוזלת ממנו אל מקורה למעלה ע"י דביקותו והוי ג"כ ניצוק והוי חיבור, ויכול להמשיך השפעות תמיד בלי הפסק בלי שום פעולה כלל רק בכח צדקותו כנ"ל. אך לפעמים צריך לעשות איזה פעולה כדי שלא יהיה למקטרג פתחון פה לקטרג, צריך לעשות איזה עובדא, מצוה או תורה או תפילה, ועל ידם ממשיך השפע, ואז נסתם פי המקטריגים מעליו ואין להם שליטה, כי בא בכח העובדא ההיא, והפעולה נקראת "זריעה", שהיא דבר הנראה כמו זריעה שזורעין כדי לפעול שיגדל התבואה אח"כ, כן הפעולה היא כדי להמשיך השפע.
"L'eau coulera de ses seaux, et sa semence sera dans de grandes eaux" (Bamidbar 24,7). Il est connu que le tsadik est celui qui fait descendre les influx vers les mondes, et c'est pourquoi il est appelé "son seau" (dalyo), car c'est par lui que vient le chefa (influx).
Et nous tenons pour établi que le "nitsok" (le filet d'eau continu qui s'écoule d'un récipient dans un autre) constitue une connexion, et qu'il est valide de s'y immerger comme dans le mikve lui-même, puisque du moment que l'eau coule du seau vers la citerne il y a connexion pour la pureté. Et le tsadik est lui aussi ainsi: l'influx vient à lui et s'écoule de lui vers sa source d'en haut par son attachement (devekout), et c'est aussi un nitsok, et c'est une connexion; et il peut faire descendre les influx continuellement, sans interruption, sans aucune action, seulement par la force de sa tsidkout, comme ci-dessus.
Mais parfois il lui faut accomplir quelque action, afin que l'accusateur (mekatreg) n'ait pas matière à accuser: il lui faut accomplir un acte, une mitsva, ou de la Torah, ou une prière, et par leur moyen il fait descendre l'influx; alors la bouche des accusateurs est fermée devant lui et ils n'ont sur lui aucune emprise, car [l'influx] est venu par la force de cet acte. Et cette action est appelée "semaille" (zeria), car c'est une chose visible, comme la semaille que l'on sème afin d'obtenir que la récolte pousse ensuite; de même l'action est faite pour faire descendre l'influx.
וזה פירוש הפסוק "יזל מים מדליו", פירוש הצדיק ברוב דביקותו בלי פעולה יכול להמשיך ג"כ השפע הנקרא "מים" שהם החסדים, אך "וזרעו במים רבים" ר"ל שהפעולה היא בשביל "מים רבים" הם הקליפות הנקראים "מים רבים" שלא יקטרגו. והבן.
Et c'est l'explication du verset "l'eau coulera de ses seaux": cela signifie que le tsadik, par la force de son grand attachement, sans aucune action, peut lui aussi faire descendre l'influx appelé "eaux", ce sont les hassadim. Mais "et sa semence dans de grandes eaux" - cela veut dire que l'action est faite à cause des "grandes eaux", ce sont les kelipot appelées "grandes eaux", afin qu'elles n'accusent pas.
Et comprends.