נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Bamidbar, Chukat (3/3)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

Ce passage poursuit : par la Torah on fait descendre la vache rousse, Israël est parfait sans défaut, le joug de la Torah écarte le joug de la royauté et du monde et procure la liberté à l'égard de l'ange de la mort et des royaumes. Selon le Noam Elimele'h, le Livre des guerres de Hachem vise le tsadik qui illumine par le combat de la Torah et des mitsvot. « Vahev en Soufa » est l'amour et les dons des nations à la fin, déjà dits dès l'exil ; les torrents de l'Arnon sont la prière et la Torah. Du puits le tsadik mérite l'âme dite femme et, dans l'unité d'Israël, répand les miséricordes.

Aussi : les prières instituées par les pères expient à la place des temidin ; le tsadik adoucit les kelipot (écorces) sans les expulser au grand abîme ; Moché et Aharon creusent hayé, mezoné et bané, les nobles plus ténu

או יאמר עד"ז "ויקחו אליך פרה אדומה", ר"ל שע"י התורה ימשיכו למטה פרה אדומה כידוע, "תמימה", פירוש שיהיו ישראל תמימים שלא יהיה להם חסרון בשום אבר מאבריהם, "אשר אין בה מום" פירוש שלא יהיה להם חסרון בשום דבר הצריכה להם, "אשר לא עלה עליה עול", ר"ל שלא יהא כח לעלות עליהם עול מלכות ועול דרך ארץ, וכל זה יפעול ע"י התורה, דכל המקבל עליו עול תורה מעבירין ממנו כו' ועול דרך ארץ, וגורם חירות ממלאך המות ומשעבוד מלכיות.

Ou bien on peut dire sur cette même voie: "Et qu'ils prennent vers toi une vache rousse" (Bamidbar 19,2), c'est-à-dire que par la Torah on fait descendre en bas la "vache rousse", comme on sait. "Parfaite (temima)": cela signifie qu'Israël soit parfait, qu'il ne lui manque rien en aucun de ses membres.

"Qui n'a en elle aucun défaut": cela signifie qu'il ne leur manque aucune des choses qui leur sont nécessaires. "Sur laquelle n'est pas monté de joug": c'est-à-dire qu'aucune force ne puisse faire monter sur eux le joug de la royauté ni le joug de la conduite du monde (derekh erets).

Et tout cela s'accomplira par la Torah, car quiconque prend sur soi le joug de la Torah, on écarte de lui le joug de la royauté etc. et le joug de la conduite du monde; et cela procure la liberté à l'égard de l'ange de la mort et de l'asservissement aux royaumes.

‎וזהו פירוש "על כן יאמר בספר מלחמות ה' כו'", דדוד המלך ע"ה אמר "השמים מספרים כבוד אל", מספרים מלשון "ספיר", והיינו ע"י שאנחנו רואים בו את גבורת ה', עי"ז אנו מהללים ומשבחים כבוד תפארת גדולתו, "ומעשה ידיו מגיד הרקיע", דרקיע הוא לשון דקות ורוחניות כמ"ש וירקעו פחי הזהב, והצדיקים נקראין מעשי ידיו של הקב"ה, וזהו "מעשה ידיו" דהיינו הצדיק, "מגיד" הוא לשון המשכה, שהוא ממשיך דברים דקים ורוחניים במעשיו הקדושים שבורא עולמות בקדושתו.

Et c'est le sens de "C'est pourquoi il est dit dans le Livre des guerres de ה'" etc. (Bamidbar 21,14).

Car David le roi, la paix soit sur lui, a dit: "Les cieux racontent (mésaperim) la gloire de Dieu" (Tehilim 19,2) - "mésaperim" est du langage de "sapir" (saphir, éclat lumineux); c'est-à-dire que du fait que nous voyons en eux la puissance de ה', par cela nous louons et glorifions la gloire de la splendeur de Sa grandeur. "Et l'œuvre de Ses mains, le firmament (rakia) la déclare": car "rakia" est un langage de finesse et de spiritualité, comme il est écrit "et ils battirent en feuilles minces (vayeraku) les plaques d'or" (Chemot 39,3).

Et les tsadikim sont appelés "œuvres des mains" du Saint béni soit-Il; et c'est cela "l'œuvre de Ses mains", à savoir le tsadik. "Maguid" (déclare) est un langage de hamchakha (attraction, faire descendre l'influx d'en haut): car il fait descendre des choses fines et spirituelles par ses actes saints, lui qui crée des mondes par sa sainteté.

‎וזהו "על כן יאמר בספר מלחמות ה'", ר"ל ע"י הצדיק המאיר במאור הגדול ע"י מלחמת ה' שבו תמיד ללחום במלחמתה של תורה ומצוות, על הצדיק הזה יאמר "את והב בסופה", דלעתיד לבוא כשיבוא משיח צדקנו במהרה, נאמר בו ונהרו אליו גוים, והיינו שיהא לאומות גודל אהבה אליו ויתנו לו מתנות רבות, כמ"ש יובילו שי למורא וכהנה רבים, והצדיק בצדקתו גורם שגם בגלות המר הזה יהיה לנו חן בעיני האומות ושתהא אהבתם עלינו, וזהו "את והב בסופה" ר"ל האהבה הזאת והנתינות שיתנו לנו האומות בסופו כשיבוא משיח צדקנו, "יאמר" לנו כעת שגם עתה בגלות יהיה כן כנ"ל, "ואת הנחלים ארנון" ר"ל שזה פועל הצדיק הכל ע"י תפילותיו הזכים והטהורים וע"י התורה הקדושה, ש"נחלים" הוא רמז על התפילה, ע"ד דאיתא בגמרא המתפלל על חבירו צריך שיחלה עצמו עליו, ו"ארנון" הוא רמז על התורה שהיתה מונחת בארון, וזהו "ואת הנחלים ארנון" שכל זה הצדיק גורם ע"י "נחלים" שהוא לשון חולה והיינו תפילה, וע"י "ארנון" הוא לשון ארון דהיינו התורה.

Et c'est cela: "C'est pourquoi il est dit dans le Livre des guerres de ה'", c'est-à-dire: par le tsadik qui illumine d'une grande lumière grâce à la guerre de ה' qui est en lui constamment, pour livrer le combat de la Torah et des mitsvot - de ce tsadik-là il est dit "et Vahev en Soufa" (Bamidbar 21,14). Car dans le temps à venir, quand viendra le Messie de notre justice, rapidement, il est dit de lui "et les nations afflueront vers lui" (cf.

Yechayahou 2,2), à savoir que les nations auront pour lui un très grand amour et lui donneront de nombreux présents, comme il est écrit "ils apporteront un présent à Celui qu'on redoute" (Tehilim 76,12), et bien d'autres versets semblables. Et le tsadik, par sa justice, fait que même dans cet exil amer nous ayons grâce aux yeux des nations et que leur amour soit sur nous.

Et c'est cela "et Vahev en Soufa": c'est-à-dire cet amour (ahava, auquel fait allusion le mot והב) et ces dons que les nations nous donneront à la fin (be-sofo), lorsque viendra le Messie de notre justice, "il est dit" (yéamer) pour nous dès à présent que même maintenant, dans l'exil, il en soit ainsi, comme ci-dessus. "Et les torrents de l'Arnon": c'est-à-dire que le tsadik opère tout cela par ses prières limpides et pures et par la Torah sainte; car "néhalim" (torrents) est une allusion à la prière, dans le sens de ce qui est enseigné dans la Guemara: celui qui prie pour son prochain doit se rendre malade (chey-yehalé atsmo) pour lui.

Et "Arnon" est une allusion à la Torah qui était déposée dans l'arche (aron). Et c'est cela "et les torrents de l'Arnon": tout cela, le tsadik le provoque par les "néhalim", qui est un langage de "holé" (malade), à savoir la prière, et par "Arnon", qui est un langage de "aron" (arche), à savoir la Torah.

"ואשד הנחלים אשר נטה כו'", דאיתא בגמרא כנחלים נטיו כאהלים נטע ה' למה נסמכה אהלים לנחלים מה נחלים מעלים את האדם מטומאה לטהרה אף אהלים שהם התורה מעלים את האדם מכף חובה לכף זכות, ואיתא בגמרא תפילות אבות תיקנום ר' יהושע אומר תפילות כנגד תמידין תיקנום, וי"ל דמר אמר חדא ומר אמר חדא ולא פליגי, דהיינו באמת האבות תקנו התפילות, אלא דבזמן שבהמ"ק קיים היו הקרבנות מכפרים, תמיד של שחר על עבירות שבלילה ותמיד של בין הערבים על העבירות של יום ונמצא היו תמיד בלא חטא, ועתה בעו"ה שחרב בית המקדש התפילות מכפרין במקום התמידין ולזה תקנו התפילות. וזה יכול להיות שרמזו חז"ל "מה נחלים" ע"פ דברינו הנ"ל שהנחלים היינו תפילות, "מה נחלים כו' מטומאה לטהרה" דהיינו שמכפרים, "כך אהלים נטע" היינו התורה מכפרת.

וזהו פירוש "ואשד הנחלים" כפרש"י שפך הנחלים, דהיינו השורש הנמשך מהנחלים הם התפילות, "אשר נטה" היינו התורה כנ"ל כאהלים נטע, דעי"ן מתחלפת בה"א, ועי"ז נמשך שאנחנו קיימין בגלות המר, וזהו "לשבת ער" הוא לשון עורר, שאנחנו יכולים לישב בין האומות העוררים עלינו, "ונשען לגבול מואב" ר"ל השורש הנשען שהתפילות גורמים לנו כל הנ"ל הוא באבות, שהם תקנו לנו שלא יהיו האומות יכולים לשלוט בנו לעבור הגבול, כמ"ש והיה זרעך כחול הים, והיינו כמו שהים יש לו גבול ואינו יכול להעבירו כך האומות לא יהיו יכולים לעבור הגבול עם זרעך להרע להם ח"ו, והוא מחמת התפילות שלנו שמכפרים עלינו אין כח בידם לעבור הגבול, וזהו "ונשען לגבול מואב" הוא לשון מאב דהיינו מאבות, "ומשם בארה", דהנה האבות נזדמנה להם זיווגם אצל הבאר, יצחק ויעקב ומשה, ו"אשה" הוא כינוי להנשמה כידוע, וזהו "ומשם בארה" דהיינו שהצדיק הנ"ל שאנחנו עסוקין בו, בהיותו מתנהג כסדר האמור למעלה, זוכה עי"ז לנשמה הנקראת בשם אשה שנזדמנה לצדיקים על הבאר, וזהו ומשם בארה, וכשזוכה לנשמה אז יכול להשפיע לכל ישראל כל טוב שפע רחמים, רק יראה הצדיק ההוא שיהיה לישראל אחדות, וזהו "היא הבאר" פירוש כשזוכה לנשמה, "אשר אמר ה' למשה" ר"ל שאז פועל הצדיק שהש"י אומר למשה, רמז לצדיק המכונה בשם משה, ע"ד שמצינו בגמרא "משה שפיר קאמרת", "אסוף את העם" פירוש שיהיה להם אחדות, "ואתנה להם" אז אתן להם רחמים גדולים המרומזים בשם "מים". וק"ל.

"Et l'épanchement des torrents qui s'incline" etc. (Bamidbar 21,15).

Car il est enseigné dans la Guemara: "comme des torrents (néhalim) qui s'étendent, comme des tentes (ohalim) que ה' a plantées" (Bamidbar 24,6) - pourquoi les tentes sont-elles juxtaposées aux torrents? De même que les torrents élèvent l'homme de l'impureté à la pureté, de même les tentes, qui sont la Torah, élèvent l'homme du plateau de la culpabilité au plateau du mérite.

Et il est enseigné dans la Guemara: les prières, ce sont les patriarches qui les ont instituées; Rabbi Yehochoua dit: les prières ont été instituées en correspondance avec les sacrifices perpétuels (temidin). Et l'on peut dire que l'un dit une chose et l'autre en dit une autre, et qu'ils ne sont pas en désaccord.

À savoir: en vérité ce sont les patriarches qui ont institué les prières; seulement, au temps où le Temple existait, ce sont les sacrifices qui expiaient - le tamid du matin pour les fautes de la nuit et le tamid de l'après-midi pour les fautes du jour - de sorte qu'ils étaient toujours sans faute. Et maintenant, à cause de nos nombreuses fautes, le Temple étant détruit, les prières expient à la place des temidin, et c'est pour cela qu'elles ont été instituées.

Et il se peut que ce soit à cela que nos Sages, de mémoire bénie, ont fait allusion par "de même que les torrents", selon nos paroles ci-dessus, que les torrents sont les prières: "de même que les torrents etc. de l'impureté à la pureté", à savoir qu'elles expient; "ainsi les tentes qu'Il a plantées", à savoir que la Torah expie. Et c'est le sens de "ve-éched ha-néhalim", selon Rachi "l'écoulement des torrents", à savoir la racine qui découle des torrents, ce sont les prières.

"Qui s'incline (acher nata)", c'est la Torah, comme ci-dessus "comme des tentes qu'Il a plantées (nata)", car le ayin permute avec le hé. Et par cela il découle que nous subsistons dans l'exil amer, et c'est cela "pour demeurer à Ar": "Ar" est du langage de "orer" (élever des contestations), à savoir que nous pouvons demeurer parmi les nations qui élèvent des contestations contre nous.

"Et s'appuie sur la frontière de Moav": c'est-à-dire que la racine sur laquelle s'appuie le fait que les prières nous procurent tout ce qui précède se trouve dans les patriarches, car ce sont eux qui ont institué pour nous que les nations ne puissent pas nous dominer au point de franchir la frontière, comme il est écrit "et ta descendance sera comme le sable de la mer" (cf. Berechit 32,13): de même que la mer a une limite et ne peut la franchir, de même les nations ne pourront franchir la limite avec ta descendance pour lui faire du mal, à Dieu ne plaise; et c'est en raison de nos prières qui expient pour nous qu'ils n'ont pas la force de franchir la frontière.

Et c'est cela "et s'appuie sur la frontière de Moav": c'est un langage de "me-av" (du père), à savoir "des pères", les patriarches. "Et de là vers Béera (le puits)" (Bamidbar 21,16): car voici, les patriarches ont rencontré leur conjointe auprès du puits - Yits'hak, Yaakov et Moche - et "icha" (femme) est une désignation de l'âme (nechama), comme on sait.

Et c'est cela "et de là vers le puits": à savoir que le tsadik dont nous parlons, lorsqu'il se conduit selon l'ordre énoncé plus haut, mérite par cela l'âme appelée du nom de "femme", celle qui se présentait aux tsadikim auprès du puits; et c'est "et de là vers le puits". Et lorsqu'il mérite cette âme, il peut alors répandre sur tout Israël tout bien, un flux (chefa) de miséricorde; seulement, que ce tsadik veille à ce qu'il y ait unité en Israël.

Et c'est cela "c'est le puits", ce qui signifie: lorsqu'il mérite cette âme; "dont ה' dit à Moche", c'est-à-dire qu'alors le tsadik fait que le Saint, béni soit-Il, dise à Moche - allusion au tsadik désigné du nom de "Moche", dans le sens de ce que nous trouvons dans la Guemara: "Moche, tu as bien parlé (Moche chapir kaamart)". "Rassemble le peuple": cela signifie qu'il y ait entre eux unité.

"Et Je leur donnerai": alors Je leur donnerai de grandes miséricordes, auxquelles il est fait allusion par le mot "mayim" (eaux). Et cela se comprend aisément.

לנשמה, "אשר אמר ה' למשה" ר"ל שאז פועל הצדיק שהש"י אומר למשה, רמז לצדיק המכונה בשם משה, ע"ד שמצינו בגמרא "משה שפיר קאמרת", "אסוף את העם" פירוש שיהיה להם אחדות, "ואתנה להם" אז אתן להם רחמים גדולים המרומזים בשם "מים". וק"ל.

באר חפרוה שרים כרוה כו' במשענותם. יראה לפרש דהנה מלת "חפרוה" הוא גדולה, ו"כריה" הוא מלשון חפירה קטנה ודקה, ורמז לזה ג"כ דכתיב "כי יכרה איש בור ונפל שמה שור או חמור בעל הבור ישלם", נראה דהתורה מרמזת להצדיק אשר בידו הכח וגבורה להמתיק הדינים והקליפות, והיינו "כי יכרה איש" הוא הצדיק הנקרא "איש" יעשה כריה דקה ב"בור" הם הקליפות הנרמזים בתיבת בור, רק לא יבטל אותם לגמרי היות כלה גרש יגרש אותם לנוקבא דתהומא רבא רק ימתקם קצת, וזהו "ולא יכסנו" בתהומא רבא, ועדיין כח בהם להיותם נאחזים בעם הדומים לשור ולחמור, וזהו "ונפל שמה שור כו'", ואמר הכתוב "בעל הבור ישלם" הוא הקב"ה הוא בעל הגבורות לעשות בהם כרצונו, "ישלם" ר"ל יתקן אותם בני אדם הדומים לשור וחמור להיותם שלמים לבל ידח מהם נדח.

‎וזהו ג"כ פירוש הפסוק "באר חפרוה שרים" הם משה ואהרן שהם שקולים נגד כל ישראל, עשו חפירה גדולה בבאר הזאת שהוא חיי ומזוני ובני, ש"באר" הוא רמז להשלש האלה, והיו הם יכולים לפעול גם להשפיע לישראל, ואף בגשמיותם היו יכולים לפעול, "כרוה נדיבי העם" דהיינו שע"י משה ואהרן נמשך שגם נדיבי העמים הם הצדיקים המנדבים את לבם ונפשם בשביל כל ישראל שיכולים גם הם להמשיך ולהשפיע אותם לישראל ע"י כריה דקה, "במחוקק במשענותם" היינו גם המחוקקים שהם הצדיקים שאינם עושים כי אם חקיקה בעלמא, שהיא יותר דקה מכריה, גם הם יכולים להמשיך ולתקן "במשענותם" משען לחם ומים, ונכלל ג"כ בזה חיי, כי למאן יהיב מזוני? לחיים.

... cette âme; "dont ה' dit à Moche", c'est-à-dire qu'alors le tsadik fait que le Saint, béni soit-Il, dise à Moche - allusion au tsadik désigné du nom de "Moche", dans le sens de ce que nous trouvons dans la Guemara: "Moche, tu as bien parlé". "Rassemble le peuple": cela signifie qu'il y ait entre eux unité.

"Et Je leur donnerai": alors Je leur donnerai de grandes miséricordes, auxquelles il est fait allusion par le mot "mayim" (eaux). Et cela se comprend aisément.

"Un puits que des princes ont creusé (haferouha), que les nobles du peuple ont foré (karouha) etc. avec leurs appuis" (Bamidbar 21,18). Il semble qu'on puisse expliquer ainsi: voici, le mot "haferouha" désigne une grande excavation, tandis que "kriya" (forage) est du langage d'un creusement petit et ténu.

Et il y a aussi une allusion à cela dans ce qui est écrit: "Si un homme creuse (yikhré) une fosse (bor) et qu'y tombe un bœuf ou un âne, le maître de la fosse paiera" (Chemot 21,33-34). Il apparaît que la Torah fait allusion au tsadik qui a en main la force et la puissance d'adoucir les dinim (rigueurs) et les kelipot (écorces, forces d'impureté).

À savoir: "si un homme creuse", c'est le tsadik, appelé "ich" (homme), qui fait un creusement ténu dans le "bor" (fosse), ce sont les kelipot auxquelles il est fait allusion par le mot "bor"; seulement, il ne les annulera pas entièrement jusqu'à les chasser et les expulser totalement vers la noukva de-tehoma raba (la cavité du grand abîme), mais il les adoucira quelque peu. Et c'est cela "et il ne la couvrira pas" (Chemot 21,33), dans le grand abîme; et il leur reste encore la force de s'accrocher à ceux du peuple qui ressemblent au bœuf et à l'âne, et c'est cela "et qu'y tombe un bœuf" etc.

Et le verset dit "le maître de la fosse paiera", c'est le Saint béni soit-Il, qui est le maître des guevourot (rigueurs) pour en faire selon Sa volonté; "il paiera (yechalem)", c'est-à-dire qu'Il réparera ces hommes qui ressemblent au bœuf et à l'âne pour qu'ils soient entiers (chelemim), afin qu'aucun banni d'entre eux ne demeure banni. Et c'est aussi le sens du verset "un puits que des princes ont creusé": ce sont Moche et Aharon, qui équivalent à tout Israël; ils ont fait un grand creusement dans ce puits, qui est la vie, la subsistance et les enfants (hayé, mezoné ou-bané), car "béer" (puits) est une allusion à ces trois-là; et ils pouvaient agir et aussi répandre l'influx sur Israël, et même dans leur matérialité ils pouvaient agir.

"Les nobles du peuple l'ont foré": à savoir que, par Moche et Aharon, il découle que même les nobles des peuples - ce sont les tsadikim qui offrent volontairement leur cœur et leur âme pour tout Israël - peuvent eux aussi faire descendre et répandre ces biens sur Israël par un creusement ténu. "Avec le législateur, avec leurs appuis": à savoir que même les mehokekim (graveurs), ce sont les tsadikim qui ne font qu'une simple gravure (hakika), laquelle est encore plus ténue que le forage, eux aussi peuvent faire descendre et réparer "avec leurs appuis", l'appui du pain et de l'eau (cf.

Yechayahou 3,1); et la vie y est aussi incluse, car à qui donne-t-on la subsistance? Aux vivants.

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