« Et qu'ils prennent vers toi » (Bamidbar 19,2) : Rachi a expliqué « élekha », et le Noam Elimele'h dit qu'un service-don a été donné au tsadik : le Saint béni soit-Il décrète et le tsadik annule, et il fait descendre l'influx (hachpaa), vie, subsistance et enfants. Il livre son âme unie à tout Israël et ressemble au Créateur ; D.ieu a appelé Yaakov « El », force pour annuler les décrets. On s'incline jusqu'à voir l'issar (petite pièce) face au cœur, afin que la subsistance n'empêche pas cette unité. Tout Israël se prend vers Moché : il rend la vache rousse, les rigueurs, intègre, sans défaut dans le don de l'âme.
Aussi : l'empreinte de la Torah par quoi l'on guérit ; l'étude lichma jusqu'à ordonner au Nom et y revêtir toute chose ; la vache, techouva qui purifie les impurs puis éloigne pour que l'on se renforce
או יאמר דהנה התורה הוא מרפא לכל, ולכאורה אסור להתרפאות בדברי תורה, אלא שהענין הוא כך, שהרשימה הנשארת באדם והקדושה שנרשם בו ע"י לימוד התורה, על ידם יכול האדם הזה לרפאות חולים, וזהו "זאת חקת" מלשון חקיקה, הוא רשימה הנשארת באדם מהתורה, אבל באיזה אופן יהיה לימוד התורה שיורשם בו קדושה? "וזאת התורה אדם כי כו'" פירוש שימסור נפשו עליו בגודל אהבה ויראה. כן יזכנו ה' הטוב ללמוד תורתו.
אמן.
Ou bien on peut dire: car voici, la Torah est une guérison pour tout (Michle 4,22), et a priori il serait interdit de se soigner par des paroles de Torah. Mais la chose est ainsi: l'empreinte (rechima) qui demeure dans l'homme et la sainteté qui s'inscrit en lui par l'étude de la Torah, c'est par elles que cet homme peut guérir des malades.
Et c'est le sens de "Voici le décret (zot houkat)", du langage de "hakika" (gravure): c'est l'empreinte qui demeure dans l'homme du fait de la Torah. Mais de quelle manière l'étude de la Torah doit-elle se faire pour que la sainteté s'inscrive en lui?
"Et voici la Torah: un homme lorsque..." etc. (Bamidbar 19,14), ce qui signifie qu'il livre son âme pour elle, avec un grand amour et une grande crainte.
Ainsi puisse ה', dans Sa bonté, nous rendre dignes d'étudier Sa Torah. Amen.
או יאמר "זאת חקת התורה כו'", דהנה הצדיק הוא גוזר אומר ויקם והרי הוא כאילו מצוה להשי"ת כביכול והשי"ת מקיים את דבריו, וזהו "ויאמר ה' אל משה ואהרן לאמר" לישראל "זאת חקת התורה", ר"ל באופן זה צריך להיות לימוד התורה כ"כ בקדושה וטהרה לשמה עד שיוכל לצוות להש"י כביכול, וזהו "אשר צוה ה' לאמר" בכדי שיוכל לומר צוה להשם שיהיה כך והש"י ב"ה יקיים את דבריו לטוב.
Ou bien on peut dire "Voici le décret de la Torah..." etc. Car voici, le tsadik décrète une parole et elle s'accomplit (Iyov 22,28), et le voici comme s'il ordonnait, pour ainsi dire, au Nom qu'Il soit béni (HaChem Yitbarakh), et le Nom qu'Il soit béni accomplit ses paroles.
Et c'est le sens de "ה' parla à Moche et à Aharon, pour dire", c'est-à-dire pour dire à Israël "Voici le décret de la Torah": cela veut dire que de cette manière doit être l'étude de la Torah, avec tant de sainteté et de pureté, pour elle-même (lichma), jusqu'à ce qu'il puisse ordonner, pour ainsi dire, au Nom qu'Il soit béni. Et c'est "que ה' a ordonné, pour dire": afin qu'il puisse dire et ordonner au Nom qu'il en soit ainsi, et le Nom qu'Il soit béni accomplira ses paroles pour le bien.
או יאמר "זאת כו'", דהצדיק כשרוצה לפעול איזה דבר צריך להלביש אותו הדבר באיזה תורה, והתורה היא העולה ומעלה אותו הדבר לפני הש"י ב"ה, ואין לך דבר בעולם שלא יהא לו לבוש בהתורה, וזהו "זאת חקת התורה" ר"ל שהתורה נאמרה כדבר חוק, ועי"ז יוכל אדם לפרש בה ולהלביש בה כל דבר שע"י התורה יפעול כרצונו, וזהו "לאמר" שיוכל לומר על ידה כל מה שירצה. וק"ל.
Ou bien on peut dire "Voici..." etc. Car le tsadik, lorsqu'il veut opérer une chose, doit revêtir cette chose d'une parole de Torah, et c'est la Torah qui monte et fait monter cette chose devant le Nom qu'Il soit béni; et il n'est pas une seule chose au monde qui n'ait son vêtement dans la Torah.
Et c'est "Voici le décret (houkat) de la Torah": cela veut dire que la Torah a été dite à la manière d'un décret (hok), et par là l'homme peut l'interpréter et y revêtir toute chose, de sorte que par la Torah il opère selon sa volonté. Et c'est "pour dire (lemor)": qu'il puisse dire par elle tout ce qu'il veut.
Et cela se comprend aisément.
ויקחו אליך. הנה רש"י ז"ל פירש מלת אליך.
ואמנם עוד לאלוה מלין. ואפשר לפרש כי הנה עבודת מתנה נתונה להצדיק להיות מושל באלקים, הקב"ה גוזר והצדיק מבטל, ואף גם זאת ביד הצדיק להשפיע לכל העולם, ושלש אלה יעשה להם לישראל בפעולותיו ומעשיו הקדושים, הלא המה חיי ומזוני ובני, ואיזה היא עבודה שהצדיק יכול על ידה לבטל גזירות ולהשפיע לעולם? הוי אומר זו מסירת נפשו הקדושה והטהורה בשביל כל ישראל ונתאחד באחדות השלימות האמיתי, ועי"ז הצדיק נדמה להבורא ב"ה שהוא יחיד בעליונים ובתחתונים, וכמו כן הצדיק במסירת נפשו ובאחדותו עם כל ישראל נקרא כן, ועי"ז מבטל גזירות ומשפיע להם כנ"ל.
ומצינו כתוב בתורה "ויקרא לו אל אלקי ישראל", ואיתא שהקב"ה קרא ליעקב אל, ו"אל" הוא לשון כח כמו שנאמר ואת אילי הארץ לקח, ר"ל שהקדוש ברוך הוא נתן ביד הצדיק כח של עוז ותעצומות לבטל גזירות.
"Et qu'ils prennent vers toi (élekha)" (Bamidbar 19,2). Voici, Rachi (Rabbi Chelomo Yitshaki), de mémoire bénie, a expliqué le mot "élekha".
Et pourtant "il y a encore des paroles pour Dieu" (Iyov 36,2). Et l'on peut expliquer ainsi: voici, un service-don (avodat matana) a été donné au tsadik, celui d'être gouvernant par la crainte d'Elokim: le Saint béni soit-Il décrète et le tsadik annule; et de plus il est au pouvoir du tsadik de faire descendre l'influx (hachpaa) sur le monde entier.
Et ces trois choses, il les fait pour Israël par ses actions et ses œuvres saintes, à savoir la vie, la subsistance et les enfants (hayé, mezoné, bané). Et quel est le service par lequel le tsadik peut annuler les décrets et faire descendre l'influx sur le monde?
Dis: c'est le don de son âme sainte et pure pour tout Israël, s'unissant dans l'unité parfaite et véritable. Et par là le tsadik ressemble au Créateur béni soit-Il, qui est Un dans les mondes d'en haut et dans les mondes d'en bas; de même le tsadik, par le don de son âme et par son union avec tout Israël, est appelé ainsi.
Et par là il annule les décrets et fait descendre sur eux l'influx, comme il a été dit. Et nous trouvons écrit dans la Torah "et il l'appela El, Dieu d'Israël" (Bereshit 33,20), et il est enseigné que le Saint béni soit-Il a appelé Yaakov "El"; et "el" est un terme de force, comme il est dit "et il prit les puissants (ele) du pays" (Ye'hezkel 17,13).
Cela veut dire que le Saint béni soit-Il a placé dans la main du tsadik une force de puissance et de vigueur pour annuler les décrets.
והנה הדבר הזה צריך זיכוך וטהרה גדולה, ולבל ימנע לצדיק א' מאלה הנ"ל, והיינו מחשבת מזוני כי פן ואולי עי"ז יהיה קצת מניעה לצדיק מעבודתו, לזה תקנו לנו אנשי כנה"ג התפילה, והם שלש ראשונות ושלש אחרונות ואמצעיות, ואמרינן בגמרא "המתפלל צריך שיכרע עד שיראה איסר כנגד לבו", ר"ל שצריך לכרוע ולהשפיל ולהכניע עצמו עד שיראה איסר היינו "מעות" הפרנסה כנגד לבו, פירוש כאילו הוא מזומנת ומוכנת כנגד לבו, שלבו בטוח בהש"י שיש לו כל צרכו, ועי"ז אין לו שום מניעה ויכול להיות מסירת נפשו בזכות ובצלילות ויגיע לאחדות האמיתי, כדבר הידוע למביני שכל ומדע ששלש ראשונות בלתי אפשרי להיות כי אם ע"י מס"נ ואחדות, ואחר זה הם הברכות האמצעיות, ונכלל בתוכם השלש אלה הם בני חיי ומזוני. ואמנם האמת שהברכות האמצעיות הם סודות נפלאות אין חקר כידוע ליודעי חן, שהם כנגד י"ב גבולי אלכסון, אך הג' הנ"ל ג"כ נכללים בתוכם.
Et voici, cette chose requiert un affinement (zikoukh) et une grande pureté, et il faut que rien de ce qui a été dit ne fasse obstacle au tsadik, à savoir le souci de la subsistance, de peur que par là il n'y ait quelque empêchement au tsadik dans son service. C'est pourquoi les Hommes de la Grande Assemblée (Anche Knesset haGuedola) ont institué pour nous la prière, à savoir les trois premières bénédictions, les trois dernières et celles du milieu.
Et nous disons dans la Guemara: "celui qui prie doit s'incliner jusqu'à voir un issar face à son cœur" (Berakhot 28b), ce qui veut dire qu'il doit s'incliner, s'abaisser et se soumettre jusqu'à voir l'issar (petite pièce de monnaie), c'est-à-dire l'argent de la subsistance, face à son cœur: comme s'il était déjà prêt et disposé devant son cœur, son cœur ayant confiance dans le Nom qu'Il soit béni qu'il a tout ce dont il a besoin. Et par là il n'a plus aucun empêchement, et le don de son âme peut se faire dans la pureté et la limpidité, et il parviendra à l'unité véritable.
Comme c'est chose connue de ceux qui ont intelligence et savoir, les trois premières bénédictions ne peuvent avoir lieu que par le don de soi (mesirout nefech) et par l'unité. Et après cela viennent les bénédictions du milieu, et ces trois choses y sont incluses: les enfants, la vie et la subsistance.
Et en vérité, les bénédictions du milieu sont des secrets merveilleux et insondables, comme le savent ceux qui connaissent la sagesse cachée (la Kabbale), car elles correspondent aux douze frontières diagonales; mais les trois choses susdites y sont elles aussi incluses.
וזהו ג"כ שלש ארונות שעשה בצלאל, והאמצעי של עץ שהוא דבר גשמי והוא כנגד מזוני, ואמר הכתוב "ועשית לו זר זהב סביב", ר"ל שהצדיק אוכל בקדושה ובטהרה ובמחשבות קדושות, ואם היה באפשרי בלא אכילה לא היה אוכל כמבואר בספרים, והצדיקים אוכלים בסתר וביחידות מחמת הבושה שבושים לאכול, כי נפשם חשקה תמיד בדביקות הש"י ולהיותם כמלאכי אלקים שאין בהם אכילה, אך מחמת שהוא דבר בלתי אפשרי הם עושים "זר זהב" סביב לאכילתם בקדושה גדולה. וזהו ג"כ נרמז גבי שולחן הקודש שהוא ג"כ נגד מזוני, נאמר בו ג"כ "ועשית זר זהב".
Et c'est aussi le sens des trois arches que fit Betsalel (Yoma 72b): celle du milieu était de bois, chose matérielle, et elle correspond à la subsistance. Et l'Écriture dit "et tu lui feras une couronne (zer) d'or tout autour" (Chemot 25,11), ce qui veut dire que le tsadik mange dans la sainteté, dans la pureté et avec des pensées saintes; et s'il était possible de vivre sans manger, il ne mangerait pas, comme cela est expliqué dans les livres.
Et les tsadikim mangent en cachette et dans la solitude, à cause de la honte qu'ils ont de manger, car leur âme désire toujours l'attachement (dvekout) au Nom qu'Il soit béni, et d'être comme les anges d'Elokim, en qui il n'y a pas de manger. Mais parce que c'est chose impossible, ils font une "couronne d'or" tout autour de leur repas, par une grande sainteté.
Et cela est aussi allusionné à propos de la table sainte, qui correspond elle aussi à la subsistance, et dont il est dit également "et tu feras une couronne d'or" (Chemot 25,24).
ושורש הדבר נמצא שהצדיק מחמת מס"נ והגיעו באחדות האמיתית, מביא רחמים גדולים לעולם לבטל כל הגזירות ולהשפיע להם כל טוב וכל מיני ברכה. ולזה רמז הכתוב "מי יתן טהור מטמא לא אחד", ר"ל הכתוב מתמה מי הוא זה שיכול ליתן טהור מטמא, דהיינו רחמים גדולים מהדינים והקליפות להפכם לרחמים, "לא אחד" זהו בלתי אפשרי כי אם ע"י אחדות של הצדיק המוסר נפשו באחדות שלימות.
Et la racine de la chose se trouve être que le tsadik, par le don de son âme et parce qu'il est parvenu à l'unité véritable, attire de grandes miséricordes sur le monde, pour annuler tous les décrets et faire descendre sur eux tout bien et toute sorte de bénédiction. Et c'est à cela que l'Écriture fait allusion: "qui donnera un pur à partir d'un impur? pas un" (Iyov 14,4), ce qui veut dire que l'Écriture s'étonne: qui est celui qui peut donner un pur à partir d'un impur, à savoir de grandes miséricordes à partir des rigueurs (dinim) et des kelipot (écorces, forces d'impureté), en les renversant en miséricordes?
"Pas un (lo ehad)": cela est impossible, si ce n'est par l'unité du tsadik qui livre son âme dans une unité parfaite.
וזהו ג"כ אמר איוב "והוא באחד ומי ישיבנו ונפשו איותה ויעש", פירוש איוב היה מתמה מאחר שהקב"ה אחד ואין יחיד כיחודו, "ומי ישיבנו" לבטל גזירותיו? ואמר "נפשו איותה" ר"ל נפש של הצדיק המתאוות ומשתוקקת ומוסר נפשו ומגיע לאחדות אמיתי, והוא ג"כ נקרא "אחד" כנ"ל, "ויעש" הוא העושה העשייה הזאת לעורר רחמים גדולים ולבטל כל הגזירות.
Et c'est aussi ce qu'a dit Iyov: "et Lui est en Un, et qui Le fera revenir? et Son âme a désiré, et Il a fait" (Iyov 23,13). Explication: Iyov s'étonnait, puisque le Saint béni soit-Il est Un et qu'il n'est pas d'unique comme Son unicité, "et qui Le fera revenir" pour annuler Ses décrets?
Et il dit "son âme a désiré", ce qui veut dire l'âme du tsadik qui désire et aspire, qui livre son âme et parvient à l'unité véritable, et lui aussi est appelé "un", comme il a été dit. "Et Il a fait": c'est lui qui accomplit cette œuvre, d'éveiller de grandes miséricordes et d'annuler tous les décrets.
וזהו ג"כ נרמז בגמרא "שמעון העמסוני היה דורש כו' כיון שהגיע לאת ה' אלקיך תירא פירש עד שבא רבי עקיבא כו' לרבות תלמידי חכמים", והנה כמו זר נחשב ששמעון העמסוני לא היה יכול לדרוש הדרש הזה של ר"ע, וע"פ דברינו יבואר, שדוקא ר"ע היה דורש, דאיתא בגמרא בשעה שהוציאו את ר"ע להריגה זמן ק"ש היה וקיבל עליו עול מלכות שמים שלימה, אמרו לו תלמידיו רבינו עד כאן, אמר להם כל ימי הייתי מצטער על פסוק זה בכל לבבך ובכל נפשך אמרתי מתי יבא לידי ואקיימנו כו', ואיתא בספרים שח"ו שיאונה לצדיק מקרה זה, אך שנדמה להם דמות אותו צדיק, והנידון היה מהם רק שר"ע בהגיע זמן ק"ש קיבל עליו עול מ"ש ומסר נפשו ביחודא שלים והיה מתחזק יותר ויותר במס"נ, אמרו לו תלמידיו רבינו עד כאן, ופרש"י בחידושי אגדות עדיין אינך מניח כוונתך, אמר להם כו' ואקיימנו. פירוש שהיה מצפה תמיד שע"י מס"נ יפעול כ"כ שיהא הדבר קיום לדורות הבאים שגם הם יהיו יכולים לפעול במס"נ, וזהו לשון "ואקיימנו" שאקיים הדבר ההוא לדורות.
וזהו "לרבות תלמידי חכמים", ר"ל שת"ח אף שהם רבים, בהתאחדם באחדות שלימות והצדיק השלם העולה על גביהם הכולל כולם במס"נ ביחודא שלים, ידמה לה' לבטל גזירות להשפיע, לכן נקרא "את ה'".
Et cela est aussi allusionné dans la Guemara: "Chimon haAmsoni interprétait [chaque 'et' de la Torah]... lorsqu'il parvint à 'tu craindras ה' ton Dieu' (Devarim 6,13), il se retira, jusqu'à ce que vienne Rabbi Akiva... [qui dit: c'est] pour inclure les sages de la Torah (talmide hakhamim)" (Pessahim 22b).
Or cela paraît étrange, que Chimon haAmsoni n'ait pas pu faire cette interprétation de Rabbi Akiva. Mais selon nos paroles cela s'explique: c'est précisément Rabbi Akiva qui pouvait l'interpréter.
Car il est enseigné dans la Guemara qu'à l'heure où l'on fit sortir Rabbi Akiva pour l'exécuter, c'était le moment du Chema, et il accepta sur lui le joug du royaume des cieux de manière parfaite. Ses disciples lui dirent: "Notre maître, jusque-là?" Il leur dit: "Tous mes jours j'ai été peiné à cause de ce verset, 'de tout ton cœur et de toute ton âme'; je disais: quand cela me viendra-t-il en main, que je puisse l'accomplir?" etc.
(Berakhot 61b). Et il est écrit dans les livres qu'à Dieu ne plaise qu'un tel événement advienne au tsadik: c'est seulement l'image de ce tsadik qui leur apparut, et c'est elle qui fut jugée par eux; seulement Rabbi Akiva, lorsque vint le moment du Chema, accepta sur lui le joug du royaume des cieux et livra son âme dans une unification parfaite (yihouda chelim), et il se renforçait toujours davantage dans le don de son âme.
Ses disciples lui dirent: "Notre maître, jusque-là?", et Rachi a expliqué dans les Hidouché Aggadot: "tu n'abandonnes toujours pas ton intention". Il leur dit...
"que je puisse l'accomplir". Explication: il attendait toujours que, par le don de son âme, il opère au point que la chose devienne un établissement durable pour les générations à venir, de sorte qu'elles aussi puissent opérer par le don de leur âme.
Et c'est le sens de l'expression "que je puisse l'accomplir (veakayemenou)": que j'établisse cette chose pour les générations. Et c'est "pour inclure les sages de la Torah": cela veut dire que les sages, bien qu'ils soient nombreux, lorsqu'ils s'unissent dans une unité parfaite et que le tsadik parfait qui s'élève au-dessus d'eux les inclut tous dans le don de son âme et dans une unification parfaite, il ressemble à ה' pour annuler les décrets et faire descendre l'influx; c'est pourquoi il est appelé "et ה'".
וזהו "המה מי מריבה אשר רבו בני ישראל את ה'", דהמן וענני כבוד ובאר היו בזכות השלשה צדיקים משה ואהרן ומרים, והשלש האלה הם כנגד חיי ומזוני ובני, דהיינו מן הוא מזוני, וענני כבוד הוא חיים שהיה מגין עליהם מאבני בליסטראות, והבאר הוא בני ע"פ דאיתא ג' נזדמנו להם זיווגם ע"י הבאר. והצדיק יכול להמשיך ולהשפיע כל זאת במס"נ כנ"ל, ולא היו מאמינים ע"ז שהצדיק יכול לפעול זאת, לכן נקרא שרבו בני ישראל "את ה'" אלו תלמידי חכמים.
Et c'est le sens de "Ce sont là les eaux de Meriba, où les enfants d'Israël se querellèrent avec ה'" (Bamidbar 20,13). Car la manne, les nuées de gloire et le puits étaient au mérite des trois tsadikim, Moche, Aharon et Miryam (Taanit 9a); et ces trois-là correspondent à la vie, la subsistance et les enfants: à savoir la manne, c'est la subsistance; les nuées de gloire, c'est la vie, car elles les protégeaient des pierres de baliste; et le puits, ce sont les enfants, selon ce qui est enseigné que trois ont rencontré leur conjointe près du puits.
Et le tsadik peut attirer et faire descendre tout cela par le don de son âme, comme il a été dit; or ils ne croyaient pas que le tsadik puisse opérer cela. C'est pourquoi il est dit que les enfants d'Israël se querellèrent "avec ה'": ce sont les sages de la Torah.
וזהו ג"כ הפירוש כאן, "זאת חוקת התורה ויקחו אליך", פירוש חקה שתלכו בחוקותי, פירוש במדותי, שתתאחדו במסירת נפשכם ועי"ז תבואו למדריגה הזאת, ומפרש "ויקחו אליך" שהקב"ה אמר למשה שכל ישראל יקחו עצמם אליך ויתאחדו בך כאיש אחד, ואתה הוא הצדיק הכולל את כולם תפעול במס"נ ובאחדותך שתהא "פרה אדומה", דהיינו "אדומה" הם הדינים הנקראים אדום ע"ש אם יהיו חטאיכם כשנים כו', תגרום שתהא "תמימה" שתהפכם לרחמים גדולים, שיהא הכל בתמימות ושלימות. וגם רמז לזה שע"י יחודך השלם תגרום להעלות השכינה הנקראת פרה אדומה כידוע, רק שיהא באופן זה "אשר אין בה מום" דהיינו שלא יהא במס"נ ויחודך שום מום, כי אם הכל בשלימות וזיכוך וצלילות גדול.
וק"ל.
Et c'est aussi l'explication ici: "Voici le décret de la Torah, et qu'ils prennent vers toi". Explication: "houka" signifie que vous alliez dans Mes décrets, c'est-à-dire dans Mes attributs (midot), que vous vous unissiez par le don de votre âme, et par là vous parviendrez à ce niveau.
Et il précise "et qu'ils prennent vers toi": le Saint béni soit-Il dit à Moche que tout Israël se prenne vers toi et s'unisse en toi comme un seul homme; et toi, qui es le tsadik qui les inclut tous, tu opéreras par le don de ton âme et par ton unité que ce soit "une vache rousse (para adouma)", c'est-à-dire "rousse (adouma)": ce sont les rigueurs (dinim), qui sont appelées rouge d'après "si vos fautes sont comme l'écarlate..." etc. (Yechayahou 1,18); tu feras qu'elle soit "intègre (temima)", en les renversant en grandes miséricordes, de sorte que tout soit dans l'intégrité et la perfection.
Et il y a aussi là une allusion: par ton unification parfaite tu feras monter la Chekhina, qui est appelée vache rousse, comme on le sait. Seulement, que ce soit de cette manière: "en laquelle il n'y a pas de défaut" (Bamidbar 19,2), c'est-à-dire qu'il n'y ait dans le don de ton âme et dans ton unification aucun défaut, mais que tout soit dans la perfection, l'affinement et une grande limpidité.
Et cela se comprend aisément.
או יאמר "ויקחו אליך כו'", דאיתא בגמרא על פסוק "אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני", ודרשו חז"ל שהפסוק הזה אמר שלמה המלך ע"ה על מעשה הפרה שמטהרת הטמאים ומטמאת הטהורים, ולכאורה היה לו לומר אמרתי חכמתי כו' לשון עבר, אך נראה דהנה האדם המתחיל להתחזק בעבודתו ית', אז הבורא ב"ה מתרחק ממנו לטובת האדם כדי שיתחזקו עוד יותר ויותר בכל פעם כמ"ש "מרחוק ה' נראה לי", וזהו פירוש "ביום השלישי וישא כו' וירא את המקום מרחוק", דשלישי הוא רמז על הקדושה הגדולה, כמ"ש ביום השלישי יקימנו ונחיה לפניו, וכאשר בא אברהם בקדושה הגדולה ראה את המקום מרחוק. וזהו "אמרתי אחכמה כו'", ר"ל שאמרתי שאתחיל לבא אל החכמה עליונה "והיא רחוקה כו'" כנ"ל, ופרה הוא רמז על התשובה, שמחויב האדם לתקן את חטאיו, ד"פרה" היא רמז על השכינה כידוע, וה' של תיבת פרה היא רמז על הה"א אחרונה שבשם שמעלה אותה האדם בעשותו תשובה, דתשובה היא "תשוב ה"א", וכמו שדרשו רז"ל למה כרעיה דה"א תלויה כו' ע"ש, וכבר פרשתי זה פעמים הרבה.
וזה שדרשו חז"ל על "מעשה פרה שמטהרת הטמאים", דהיינו בעשות האדם תשובה כהלכתו ומתקן את מעשיו אזי הוא טהור מחטאיו, ואח"כ כשיעלה אדם בקדושה יתירה אז הקב"ה מתרחק ממנו כנ"ל כדי שיתאמץ יותר בקדושתו, ואז נראה לו לאדם שהוא חלילה טמא בעוונות וחטאים ועי"ז הוא מתחזק מאד בקדושה רבה בכל פעם, וזהו "שמטמא את הטהורים".
Ou bien on peut dire "et qu'ils prennent vers toi..." etc. Car il est enseigné dans la Guemara sur le verset "j'ai dit: je serai sage, mais elle est loin de moi" (Kohelet 7,23), et nos sages, de mémoire bénie, ont interprété que le roi Chelomo, que la paix soit sur lui, a dit ce verset au sujet de l'œuvre de la vache, qui purifie les impurs et rend impurs les purs.
Or a priori il aurait dû dire "j'ai dit: j'ai été sage..." etc., au passé. Mais il apparaît ainsi: voici, l'homme qui commence à se renforcer dans le service de Celui qui est béni, alors le Créateur béni soit-Il s'éloigne de lui pour le bien de l'homme, afin qu'il se renforce toujours plus, chaque fois davantage, comme il est écrit "de loin ה' m'est apparu" (Yirmiyahou 31,2).
Et c'est l'explication de "le troisième jour, Avraham leva les yeux... et il vit le lieu de loin" (Bereshit 22,4): car "troisième" est une allusion à la grande sainteté, comme il est écrit "le troisième jour Il nous relèvera et nous vivrons devant Lui" (Hochea 6,2); et lorsque Avraham parvint à la grande sainteté, il vit le lieu de loin. Et c'est "j'ai dit: je serai sage..." etc., ce qui veut dire: j'ai dit que je commencerais à venir vers la sagesse d'en haut ('hokhma ilaa), "mais elle est loin..." etc., comme il a été dit.
Et la vache (para) est une allusion à la techouva (retour), car l'homme est tenu de réparer ses fautes; car "para" est une allusion à la Chekhina, comme on le sait, et le hé du mot "para" (פרה) est une allusion au hé final du Nom, que l'homme fait monter en faisant techouva, car techouva veut dire "tachouv hé" (que le hé revienne). Et comme l'ont interprété nos sages, de mémoire bénie: pourquoi la jambe du hé est-elle suspendue... etc.
(Menahot 29b), vois-y. Et j'ai déjà expliqué cela bien des fois.
Et c'est ce qu'ont interprété nos sages sur "l'œuvre de la vache qui purifie les impurs": à savoir que lorsque l'homme fait techouva selon la règle et répare ses actes, alors il est pur de ses fautes. Et ensuite, lorsque l'homme s'élève dans une sainteté supplémentaire, alors le Saint béni soit-Il s'éloigne de lui, comme il a été dit, afin qu'il redouble d'effort dans sa sainteté; et alors il paraît à cet homme qu'il est, à Dieu ne plaise, impur de fautes et de transgressions, et par là il se renforce fortement dans une grande sainteté, chaque fois davantage.
Et c'est "elle rend impurs les purs".
וזהו שאמרו בגמרא "מטמאין היו הכהן השורף את הפרה" רמז לדברינו, שהכהן השורף היה טעון פרישה ז' ימים ומחמת פרישה זאת היה בא אל הקדושה רבה והיה נראה בעיניו שהוא רחוק מאד מהבורא ית' כנ"ל, וזהו "מטמאין כו'" פירוש כאילו מטמאין אותו, "כדי להוציא מלבן של צדוקין כו' במעורבי השמש היתה נעשית", פירוש שהרשעים היו אומרים שרשות לעשות הכל בערבוביא, דהיינו לערב הבהירות והקדושה המרומז בשם "שמש" לערבו חלילה עם הטומאה, והיינו באמרם שהחטאים אינם מזיקין למצוות שעושה, ולא כן הוא, דבאמת עבירה מכבה מצוה וכל הגדול מחבירו בקדושה יותר צריך שימור מכל נדנוד חטא ועוון קל, כמ"ש וסביביו נשערה מאוד, והקדושה והפרישה של הכהן הוא מוציא מכללם, פירוש שאין מידות כמדתם של צדיקים.
Et c'est ce qu'ils ont dit dans la Guemara: "on rendait impur le kohen qui brûlait la vache" (Para 3,7; Yoma 2a), ce qui est une allusion à nos paroles: car le kohen qui brûlait la vache devait se séparer sept jours, et du fait de cette séparation il parvenait à une grande sainteté, et il lui semblait qu'il était très éloigné du Créateur béni soit-Il, comme il a été dit. Et c'est "on rendait impur..." etc., c'est-à-dire comme si on le rendait impur.
"Afin de contredire l'opinion des Tsedokim (Sadducéens)... qui disaient qu'elle devait être faite par celui dont le soleil s'est couché (méorvé chemech)". Explication: les impies disaient qu'il est permis de tout faire en mélange, c'est-à-dire de mêler la clarté et la sainteté, allusionnées par le mot "soleil (chemech)", avec l'impureté, à Dieu ne plaise; à savoir en disant que les fautes ne nuisent pas aux commandements que l'on accomplit.
Mais il n'en est pas ainsi, car en vérité la transgression éteint le commandement, et quiconque est plus grand que son compagnon en sainteté a besoin d'une protection plus grande contre le moindre soupçon de faute et de transgression légère, comme il est écrit "et autour de Lui cela tempête fortement" (Tehilim 50,3, lu par les sages comme: Il est exigeant à un cheveu près). Et la sainteté et la séparation du kohen le font sortir de leur catégorie, c'est-à-dire qu'il n'est pas de mesures comme les mesures des tsadikim.
וזהו "ויקחו אליך פרה אדומה" רמז על התשובה למטהר את הטמאים. ואחר כך מפרש מדרגת הקדושה, והיינו "ואסף איש טהור את אפר הפרה", דאל"ף הוא רמז על התורה הפותחת באנכי ה' כו', והצדיק גמור מתחילה שומר ומקיים את התורה בתחילתו מיד, וכמו כן צריך הבעל תשובה להתאמץ ולהתחזק בהתורה הקדושה שיעשה מפרה אפר, ר"ל דאלף הוא רמז על התורה כנ"ל, וצריך האדם להיות מוכנע עם התורה שלומד ומקיים שלא יתגאה בה חלילה, ולזה רמז אפר כמו שאמר אברהם אבינו ע"ה ואנכי עפר ואפר, לפי שאברהם היה מוכנע בעיניו כעפר שהוא באמת דבר עב מאד, אך אם היה צריך לתפילה להתפלל, היה מתנשא קצת לאמר שמקיים מצוותיו ותורתו ית' הנרמז באלף של אפר כנ"ל, ובכל זאת בהכנעה גדולה כנ"ל, וזהו "ואסף כו'" כמו אסף את חרפתי, "את אפר הפרה" ר"ל כנ"ל שמתחילה צריך לתקן הה"א אחרונה ולבוא אל מדרגת אלף שהיא התורה הקדושה ובכל זאת יהיה מוכנע כמו אפר, "והניח אל מחוץ למחנה", פירוש שכל מעשיו הטובים וקדושתו יניח ממחשבתו, דהיינו שידמה לו שעדיין הוא מחוץ למחנות קדושים, "אל מקום טהור" פירוש כל כוונתו יהיה לשמים שיהיה תמיד אצל הקדושה.
Et c'est "et qu'ils prennent vers toi une vache rousse", allusion à la techouva qui purifie les impurs. Et ensuite il précise le niveau de la sainteté, à savoir "et un homme pur recueillera la cendre (efer) de la vache" (Bamidbar 19,9): car le alef est une allusion à la Torah, qui s'ouvre par "Je suis ה' [ton Dieu]" etc.
(Chemot 20,2), et le tsadik parfait garde et accomplit la Torah dès le commencement, immédiatement. De même le baal techouva doit redoubler d'effort et se renforcer dans la sainte Torah, afin de faire de la vache (פרה) de la cendre (אפר), c'est-à-dire que le alef est une allusion à la Torah, comme il a été dit.
Et l'homme doit être soumis avec la Torah qu'il étudie et accomplit, afin de ne pas s'en enorgueillir, à Dieu ne plaise; et c'est à cela que fait allusion "efer" (cendre), comme l'a dit Avraham notre père, que la paix soit sur lui: "et moi je suis poussière et cendre (afar vaéfer)" (Bereshit 18,27), car Avraham était soumis à ses propres yeux comme la poussière, qui est en vérité chose très grossière; mais lorsqu'il avait besoin de prier, il s'élevait quelque peu, pour dire qu'il accomplit Ses commandements et Sa Torah, ce qui est allusionné par le alef de "efer", comme il a été dit, et malgré tout cela dans une grande soumission, comme il a été dit. Et c'est "et il recueillera (véassaf)", comme dans "Il a ôté (assaf) ma honte" (Bereshit 30,23); "la cendre de la vache", ce qui veut dire, comme il a été dit, qu'il doit d'abord réparer le hé final et parvenir au niveau du alef, qui est la sainte Torah, et malgré tout cela être soumis comme la cendre.
"Et il le déposera hors du camp": explication, toutes ses bonnes actions et sa sainteté, il les ôtera de sa pensée, c'est-à-dire qu'il lui semblera qu'il est encore hors des camps saints. "En un lieu pur": explication, toute son intention sera pour le Ciel, afin d'être toujours auprès de la sainteté.
וזהו "ויהי דוד לכל דרכיו משכיל" פירוש בכל מעשיו היה משכיל תמיד עליהם ומסתכל בהם שאינם עשויים על מכונם, "וה' עמו", ואעפ"כ היה תמיד אצל הקדושה של שמו ית'.
Et c'est "David réussissait dans toutes ses voies, et ה' était avec lui" (Chmouel I 18,14). Explication: dans tous ses actes il portait toujours sur eux un regard réfléchi (maskil) et les examinait, voyant qu'ils n'étaient pas faits comme il convient; "et ה' était avec lui", et malgré cela il était toujours auprès de la sainteté de Son Nom, qu'Il soit béni.
וזהו "מקצה הארץ אליך אקרא" פירוש אחר שאני בקצה ארץ למטה, דהיינו שאני מאשים עצמי שאני בגשמיות וארציות בקצה האחרון, "אליך אקרא" ע"ד ה' מרחוק נראה לי. והבן.
Et c'est "du bout de la terre je crie vers Toi" (Tehilim 61,3). Explication: puisque je suis au bout de la terre, en bas, c'est-à-dire que je m'accuse moi-même d'être dans la matérialité et la terrestreité, à l'extrémité dernière, "je crie vers Toi", selon "de loin ה' m'est apparu".
Et comprends.